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5 mars 2016 6 05 /03 /mars /2016 19:03

 

 

Source : http://la-bas.org

 

 

 

LÀ-BAS Hebdo n°38 RETRAIT DE LA LOI TRAVAIL

ON VAUT MIEUX QUE ÇA ! 9 MARS, LA RIPOSTE

Le

 

 

 

 

 

 

Le « socialisme libéral » est-il au bout du rouleau ? Autrefois, on disait « social-traître », toujours habile à « trahir la classe ouvrière qu’elle prétend représenter », "serviteur dévoué de la bourgeoisie". Aujourd’hui la Loi Travail est écrite par le MEDEF, la moitié des électeurs ne votent plus et parmi ceux qui votent, un tiers vote pour l’extrême droite. Cette nouvelle trahison renforce les voix pour le FN. Avec toutes ces régressions, l’actuel pouvoir fait le jeu de l’extrême droite. Le mouvement qui s’annonce doit réunir toutes ces luttes, battre cette fausse gauche, et réinventer, et reprendre confiance, et reprendre espoir

 

LÀ-BAS Hebdo n°38 (extrait)

LÀ-BAS Hebdo n°38, en public et au Lieu-Dit, avec, autour de Daniel MERMET :
- Stéphane LAMBERT, cofondateur de la chaîne Youtube Osons Causer
- Camille LAINÉ, coordinatrice nationale du Mouvement des Jeunes communistes de France
- « Sylvie », de la Coordination citoyenne de l’Appel du 9-Mars
- Claire PAUCHET, membre de la Coordination des chômeurs et précaires d’Ile-de-France
- David VAN DER VLIST, avocat spécialiste en droit du travail
- YOUNÈS, assigné à résidence durant trois mois et dix jours... jusqu’au 25 février dernier
- Gérard MORDILLAT
- Guillaume FARLEY

 

 

L’appel lancé par le collectif #OnVautMieuxQueCa 

 

 

« Je n’ai pas le sentiment de trahir la gauche mais celui de servir mon pays »

C’est un des « éléments de langage » qu’elle répète partout. La ministre du Travail et du Dialogue social le dit et le répète : « Je n’ai pas le sentiment de trahir la gauche mais celui de servir mon pays. »

Ce sont donc eux qui n’ont pas compris. Presqu’un million de signatures pour la pétition Loi travail : non merci ! et autant de clics sur la plateforme des « Youtubeurs » #OnVautMieuxQueCa : les lycéens du Mouvement des Jeunes communistes, les initiateurs de la Coordination citoyenne parisienne, les « Youtubeurs » de la chaîne Osons Causer, tous rejettent ce projet de réforme. Et le disent dans ce LÀ-BAS Hebdo n°38.

Le Code du travail, véritable barricade juridique contre le diktat des employeurs

Le projet El Khomri subordonne clairement les droits et libertés des salariés au « bon fonctionnement de l’entreprise ». Écrit noir sur blanc.

De quoi retourner dans leurs tombes les 1 099 mineurs de Courrières, victimes, le 10 mars 1906, d’un coup de grisou. Les recherches à peine lancées que le patron de la Compagnie des mines exigeait que le travail reprenne.

Douze jours plus tard, quatorze mineurs refont surface. Et, avec eux, la création d’un ministère du Travail et du Code du travail, véritable barricade contre le diktat des employeurs et de l’Économie.

110 ans plus tard, l’inverse est à l’œuvre.

À la manœuvre, Hollande réécrit l’Histoire. Dans le sens de la régression sociale

« En ne voulant plus de durée légale du travail pour tous, en actant le règne de la dérogation, les projets El Khomri, Badinter, Macron et Valls cassent les relations du travail au détriment du corps humain, de sa santé, de la vie de famille et de l’emploi pour tous. »

À l’inverse même de ce nouveau Code du travail en cours d’écriture par une dizaine de chercheurs, qui réhabilite le droit au temps libre et prévisible, renforce les 35 heures et milite en faveur du partage du temps de travail.

Contre cette « dystopie », véritable récit d’anticipation pessimiste diagnostiqué par Gérard Mordillat ce mercredi au Lieu-Dit, et en mémoire des 1 099 de Courrières, TOUS DANS LA RUE LE 09 MARS !

Destruction du droit du travail : le grand renversement #OnVautMieuxQueCa par Osons Causer

 

« Réforme du Droit du Travail et autres Filsdeputeries royales », Bonjour Tristesse #55 du 19 février 2016 :

 

 

Bonjour Tristesse #55 19.02.16 Réforme du Droit du Travail et autres Filsdeputeries royales. par Bonjour Tristesse

 

« Loi Travail : pourquoi il faut agir », une vidéo de DanyCaligula :

 

Loi Travail : pourquoi il faut agir. par DanyCaligula

 

Pour voir l'ensemble de l'émission, cliquer ici

 

 

Source : http://la-bas.org

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5 mars 2016 6 05 /03 /mars /2016 17:26

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Loi sur le travail: #1 million de non merci!

5 mars 2016 | Par Dan Israel
 
 
 

Mediapart a donné carte blanche, pour un événement exceptionnel de deux heures, au collectif « Loi travail : non merci ! » à l'origine de la pétition numérique qui a franchi le million de signataires ce vendredi soir 4 mars. Deux heures d'explications et d'appels à la mobilisation. Récit et vidéo intégrale.

 

#1milliondenonmerci © Mediapart

 

À 20 heures, ils étaient 999 740. Puis 999 800 à 20 h 30. Et c’est à 21 h 12 qu’a été franchie la barre du million. Un million de signatures pour la pétition s’opposant au projet de loi sur le travail, lancée pile deux semaines auparavant. Cette initiative est celle de tous les records, à commencer par celui du plus grand nombre de signatures réunies par une pétition numérique en France. Ce franchissement hautement symbolique aura eu lieu en direct, en plein cœur de la soirée organisée par les activistes à l’initiative de la pétition et accueillie par Mediapart, qui a fourni ses locaux et ses équipes techniques pour assurer la diffusion.

 

Au moment fatidique du million, nul doute qu’est passée dans les esprits la fugace image d’une célèbre émission de télé, arrachant un sourire aux participants. L’occasion était trop belle, aussi, d’ironiser sur la pétition concurrente, soutenue par le Medef et atteignant péniblement les 15 000 signatures. Les organisateurs de la soirée n’ont pas raté cette cible facile.

Ces deux sourires auront été précieux : ce sont les seuls que le spectateur de la soirée aura pu savourer. En deux heures denses de déclarations et d’explications, sans pause, il n’y aura guère eu d’occasion de se réjouir. L’émission aura dressé un tableau très sombre des réformes que l’exécutif entend imposer à travers le projet de loi porté par la ministre du travail Myriam El Khomri.

La présentation du texte en conseil des ministres, initialement prévue le 9 mars, a été reportée de deux semaines, mais pour l’heure, le gouvernement a indiqué qu’il n’entendait pas modifier le fond de sa réforme. À moins que la mobilisation jamais vue sur Internet, qui sera relayée par des manifestations le 9 mars, ne le fasse changer d’avis. Cette mobilisation, nous l’avons raconté ici, est partie de nulle part, ou presque. Dans le rôle de catalyseur, la pétition montée à l’initiative de la responsable Ugict-CGT Sophie Binet, du « designer politique » Elliot Lepers, qui a participé à la campagne présidentielle de la Verte Eva Joly en 2012, et de la militante féministe Caroline de Haas (qui fut attachée de presse de Benoît Hamon, fondatrice d’Osez le féminisme, et membre du cabinet de la ministre Najat Vallaud-Belkacem, avant de couper les ponts avec le gouvernement et le PS).

Mercredi 2 mars, Caroline de Haas, voyant le nombre de signatures monter sans faiblir, a proposé à Mediapart d’accueillir une soirée spéciale pour célébrer le million de paraphes qui allait arriver. C’est donc au milieu de la soirée que le cap a été atteint. « Mediapart est un journal indépendant, mais qui ambitionne d’être au carrefour de tous les débats publics et des mobilisations de la société. C’est pourquoi nous avons très vite accepté la proposition », a indiqué en ouverture de la soirée le directeur éditorial de notre site, François Bonnet, assumant d’offrir « une totale carte blanche à ce collectif ».

La soirée a été animée par de Haas et par le militant syndical Karl Stoeckel, qui était en 2006 le leader de l’Union nationale des lycéens, en première ligne pour faire capoter le CPE, ce contrat première embauche que le gouvernement de Dominique de Villepin voulait imposer pour les jeunes. Dix ans plus tard, Stoeckel salue « cette dynamique assez impressionnante » qui porte la pétition. Cette dernière, d’ailleurs, n’est « qu’un élément parmi d’autres de la mobilisation », souligne le syndicaliste. La soirée laissera en effet la place aux autres piliers du mouvement, en faisant intervenir l’un des initiateurs de l’appel sur Facebook à la grève et à manifester le 9 mars, et en diffusant une partie des témoignages réunis par le collectif de YouTubeurs « On vaut mieux que ça », qui appellent les internautes à raconter leurs conditions de travail.

« En découvrant ce projet de loi, on s’est sentis insultés en tant que salariés, dénonce la maîtresse de cérémonie. Soit ces gens sont complètement déconnectés du monde du travail, soit ce sont des robots inhumains. » Les organisateurs de la soirée ont pris le soin de faire appuyer leur propos par les représentants des syndicats lycéens et étudiants. William Martinet, le président de l’Unef, critique « l’incompréhension complète de la réalité sociale de la part de ce gouvernement », qui croit le patronat lorsqu’il lui explique qu’il a peur d’embaucher, car il ne peut pas licencier. « Le parcours du combattant avant d’entrer en CDI, il existe déjà. Si un patron veut se rassurer sur l’emploi d’un jeune, il a déjà tous les outils disponibles », lance le syndicaliste étudiant. Samya Mokthar, présidente de l’Union nationale lycéenne (UNL), appelle également à manifester le 9 mars : « Nous sommes déjà précarisés. À la sortie de nos études, nous n’avons aucune garantie d’avoir un emploi stable. Nous nous sentons trahis par ce qui est proposé par le gouvernement. »

 

Défilé de réquisitoires implacables contre la loi

Mais l’essentiel de la soirée aura surtout consisté en un défilé d’avocats en droit du travail (dont beaucoup sont affiliés au Syndicat des avocats de France, le SAF) et de syndicalistes, souvent CGT. Les uns après les autres, à raison de deux ou trois minutes d’intervention chacun, ils ont dressé un réquisitoire implacable contre les réformes en germe dans le texte. L'effet de consternation devant le démontage sec, point par point, de la future loi, est redoutable.

Pour Alexandra Soumeire, « cette loi bouleverse totalement la question du temps de travail », et « c’est un peu le rêve du Medef qu’un gouvernement socialiste fait devenir réalité ». David Van der Vlist, auteur d’une brillante vidéo d’explication du texte, insiste sur le « dynamitage » des temps de repos, puisque la loi prévoit de mettre fin aux 11 heures consécutives obligatoires de repos quotidien, en permettant de les interrompre par le travail réalisé lors d’une astreinte. Jean-Luc Molins, cadre chez Orange, craint « une banalisation des heures supplémentaires ».

Ludivine Denys et le militant CGT Marc Woto se sont inquiétés de la modulation autorisée du temps de travail, qui permettra à l’employeur de payer les heures supplémentaires des salariés seulement au bout de trois ans d’activité sous tension. « Les dérives sont simples, résume le CGTiste : s’il y a un accord d’entreprise, mon patron pourra presser un salarié comme un citron pendant deux ans, puis le faire travailler seulement 10 heures par semaine pendant la troisième année. Sans rémunération supplémentaire, donc. »

L’avocate Emmanuelle Boussard-Verrachia souligne les dangers des « accords en faveur de l’emploi », qui seront généralisés : en dehors de tout motif économique, un accord d’entreprise pourra imposer aux salariés de travailler plus longtemps tout en gardant la même rémunération. Et s’il refuse, le salarié récalcitrant sera licencié. Quant au référendum d’entreprise, il sera utilisé pour aller vers « le moins-disant » social, grince Olivier Dupuis, cadre en ressources humaines du groupe EDF.

Rachel Saada, elle, rappelle que c’est Valéry Giscard d’Estaing qui avait imposé, en 1973, une indemnité minimum de six mois de salaire dans le cas d’un licenciement jugé abusif aux prud’hommes. Ce plancher disparaît, et il est remplacé par un plafond maximum de douze mois de salaire, pour les salariés avec la plus grande ancienneté. « C’est la fin du droit du licenciement, et donc du droit du travail », balance l’avocate.

Sylvain Roumier complète, en insistant sur la très large facilitation du licenciement économique, sur le critère de variables facilement modifiables au gré des désidératas des entreprises. « Des salariés pourront être licenciés dans un groupe florissant qui n’aura pas fait d’investissement en France, qui les aura sacrifiés », souligne de son côté la syndicaliste Anne de Haro, juriste et salariée de Wolters Kluwer, qu’elle a participé à faire condamner pour un montage d’optimisation fiscale trop acrobatique.

Les avocats Pierre Bouaziz et Judith Krivine rappellent un autre point incontournable : les accords d’entreprise vont devenir prioritaires sur toutes les conventions collectives et tous les accords de branche existants. « On va se retrouver dans une inégalité généralisée » selon les entreprises, s’inquiète Pascal Pavageau, secrétaire confédéral Force ouvrière, qui dénonce « un affaiblissement des droits, individuels comme collectifs, pour l’ensemble des salariés ». Même discours pour Sidi-Mohammed Takioullah, technicien informatique et négociateur de branche pour la CGT : « La convention collective a un rôle, celui de rééquilibrer le déséquilibre structurel qui existe entre l’employeur et le salarié. Si cette loi vient donner la primauté à la négociation au niveau de l’entreprise, les salariés vont devenir l’instrument de la concurrence entre les entreprises. »

Pour couronner ces alarmes à répétition, ne restait plus à Cécile Gondard-Lalanne, porte-parole de l’union syndicale Solidaires, qu’à rappeler que dès qu’une réforme aggrave la flexibilité du monde du travail, ce sont les femmes qui trinquent le plus. Une donnée à garder en tête à l’approche du 8 mars, journée des droits des femmes.

Pour enrichir encore le débat, il aura peut-être seulement manqué une voix dissonante au milieu de cette avalanche d’analyses convergentes et bien noires. Cette voix différente aurait pu venir d’un des économistes (dont le prix Nobel Jean Tirole) qui avaient signé quelques heures plus tôt un appel dans Le Monde en défense de la loi. Selon eux, la réforme « va dans le bon sens » et pourrait « donner accès à un emploi durable » aux moins diplômés et aux plus fragiles, qui sont les plus durement touchés par le chômage. Des arguments balayés sur le plateau par l’économiste Anne Eydoux (que nous avons récemment reçue). « On a l’impression que les nouveaux précaires, ce sont les employeurs », ironise-t-elle, avant de s’élever contre les théories qui opposent les insiders, ces « travailleurs stables, qui savent défendre leurs conditions d’emploi », au détriment des outsiders, « les chômeurs qui ne parviendraient pas à rentrer dans l’emploi ». C’est justement la philosophie qui sous-tend l’appel des économistes au Monde. Le débat entre ces deux mondes intellectuels n’a pas eu lieu, et reste à organiser.

 

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

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5 mars 2016 6 05 /03 /mars /2016 17:03

 

Communiqué de presse de l'intersyndicale:

SOLIDAIRES, CGT Nîmes, CNT, UNEF, FSU

 

 

Ni amendable, ni négociable:Retrait de la Loi Travail

Avec la loi travail dite loi El Khomri, le gouvernement lance une attaque sans précédent contre tous et toutes les salarié-es !

Dans ce projet la loi du patronat et des exploiteurs devient la règle d'un code du travail vidé de sa substance.

Ce sont 100 ans de droits acquis par la lutte qui sont ainsi balayés d'un revers de la main.

Et ce n'est pas son report de présentation devant les Parlementaires, ce qui constitue une première reculade du gouvernement face à la montée de la grogne, qui nous démobilisera.

Bien au contraire.

Nous nous opposons fermement à cette politique rétrograde, qui vise, depuis des années, gouvernement après gouvernement, réforme après réforme, à nous précariser tout en nous culpabilisant. Nous réaffirmons au contraire que ce ne sont pas les travailleur-euse-s qui «coûtent cher», comme se plaît à l’asséner le patronat, mais ce sont les capitalistes. Car

qui est responsable de la crise économique ? Qui fait des placements aventureux ? Qui licencie des salarié-e-s pour éponger les dettes des aventures boursières ? Qui spécule et

enrichit les actionnaires en utilisant notre force de travail ?

L'intersyndicale du Gard composée des syndicats

Solidaires, CGT Nîmes, FSU, CNT et UNEF dénonce avec force ce projet de loi El Khomri et appelle les salarié-e-s du privé comme du public à se mettre en grève à partir du 9 mars et à rejoindre le rassemblement qui sera organisé ce jour, de 12h à 13h30 devant la Préfecture du Gard.

Face à des attaques multiples qui répondent à une seule et même logique,

le capitalisme triomphant, notre réponse doit passer par une convergence des luttes entres les secteurs publics et privés et à la construction d'un rapport de force qui imposera le retrait, sans condition et sans amendement, de la Loi Travail et de la loi Macron.

Au soir du 9 mars 2016, nos organisations se retrouveront en réunion intersyndicale afin de définir ensemble des suites du mouvement.

 

A Nîmes le 04 mars 2016

 

Contact:

Jérémie Berthuin SOLIDAIRES 30:06.64.97.58.05

Niko CNT 30:07.68.34.32.20

 

 

                                                     

 

NI AMENDABLE,

NI NEGOCIABLE !

RETRAIT DE LA LOI TRAVAIL

 

 

Avec la loi travail dite loi El Khomri, le gouvernement lance une attaque sans précédent contre tous et toutes les salarié-es !

Dans ce projet la loi du patronat et des exploiteurs devient la règle

d'un code du travail vidé de sa substance. Ce sont 100 ans de droits acquis par la lutte qui sont ainsi balayés d'un revers de la main.

Le projet de loi El Khomri-Macron n’est pas une simple réécriture du code du travail mais bien sa destruction.

Le bon fonctionnement de l’entreprise est placé au même niveau que les droits fondamentaux. «les libertés et droits fondamentaux sont

garantis sauf si des limitations sont justifiées par l’exercice d’autres libertés et droits fondamentaux ou par les nécessités du bon fonctionnement de l’entreprise».

 

UN CADEAU POUR LE PATRONAT !

 

La réécriture du Code du Travail devrait donner la primeur aux

accords d’entreprise !

C’est une régression sans équivalent dans l’histoire sociale française, réclamée depuis toujours par le patronat.

Avec le taux de chômage actuel, le rapport de forces est déséquilibré et c’est un boulevard qui est ouvert aux patrons pour exploiter sans limites les salarié-es.

Des conditions minimales seront imposées au niveau local dans un contexte où les salarié-es ne seront pas en position de se défendre.

Cette loi s’en prend à l’ensemble des travailleurs et des travailleuses,

jusqu’aux plus précaires :

Par exemple, les apprenti-e-s mineur-es à partir de 16 ans pourront être contraint-e-sà travailler 40 heures par semaine et/ou jusqu'à 10 heures par jour, et pour un salaire dérisoire par rapport à un salarié «adulte».

Le gouvernement Sarkozy avait déjà abaissé l'âge légal du travail de nuit, le gouvernement Hollande offre quant à lui la jeunesse en pâture au patronat.

Aujourd'hui presqu'un-e étudiant-e sur deux doit travailler pour financer ses études avec des emplois précaires.

Quand ils-elles veulent rentrer sur le marché du travail, leur statut reste toujours précaire (CDD, stages, service civique...). Avec le projet de loi El Khomri, leur perspective c'est la précarité à vie !

Toutes et tous les salarié-es sont concerné-es y compris les agent-es

titulaires ou non de la Fonction Publique avec pour exemple :

la légalisation de la précarité. Le projet de loi prévoit le recrutement de

«contractuel-les à temps complet ou incomplet en fonction des besoins du service» dans les «groupements d'établissements scolaires publics» et dans les «établissements d'enseignement supérieur».

Toute la déréglementation des 35 heures sera immédiatement transposable par simple décret aux trois versants de la Fonction Publique.

Cette loi ouvre en outre la voie à toujours plus de dérégulation et de flexibilité dans l’entreprise, au détriment des travailleur-euse-s :

en plus d’un plafonnement aux prud’hommes des indemnités en cas de licenciement illégal, cette loi facilite les licenciements économiques, et privilégie les accords d’entreprise, au cas par cas, au détriment d’une réglementation collective et commune à tous et toutes.

Le but est évidemment de diviser et de singulariser les problématiques,

afin de briser toute revendication collective.

 

CONSTRUISONS ENSEMBLE LA MOBILISATION

 

Nous nous opposons fermement à cette politique rétrograde, qui vise, depuis des années, gouvernement après gouvernement, réforme après réforme, à nous précariser tout en nous culpabilisant. Nous réaffirmons au contraire que ce ne sont pas les travailleur-euse-s qui «coûtent cher», comme se plaît à l’asséner le patronat, mais ce sont les capitalistes.

Car qui est responsable de la crise économique? Qui fait des placements aventureux ? Qui licencie des salarié-e-s pour éponger les dettes des aventures boursières ?

Qui spécule et enrichit les actionnaires en utilisant notre force de travail ?

Face à des attaques multiples qui répondent à une seule et même logique, le capitalisme triomphant, notre réponse doit passer par une convergence des luttes entres les secteurs publics et privés et à la

construction d'un rapport de force qui imposera le retrait, sans condition et sans amendement, de la Loi Travail et de la loi Macron

 

 

L'intersyndicale du Gard composée des syndicats Solidaires, CGT

Nîmes, FSU, CNT et UNEF dénonce avec force ce projet de loi El Khomri et appelle les salarié-e-s du privé comme du public à se mettre en grève à partir du 9 mars et à rejoindre la mobilisation initiée dans

les autres secteurs attaqués par le gouvernement.

 

 

RASSEMBLEMENT

MERCREDI 09 MARS

A PARTIR DE 12H00

 

DEVANT LA PREFECTURE DE NIMES

 

 

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5 mars 2016 6 05 /03 /mars /2016 16:25

 

*A lire ou à écouter, (vidéo en fin d'article), plus que jamais, d'actualité

 

 

Source : http://www.fakirpresse.info

 

 

Le plan de bataille des marchés : entretien avec le stratège

par Adrien Levrat, François Ruffin 12/04/2012

 

 

On a besoin de vous

Le journal fakir est un journal papier, en vente dans tous les bons kiosques près de chez vous. Il ne peut réaliser des reportages que parce qu’il est acheté ou parce qu’on y est abonné !

 

 

« Les gens de marché s’expriment de façon très directe. » Dans sa note (largement traduite ici), le « chief economist de Cheuvreux » conseille en effet à François Hollande de « tromper le peuple » pour mettre fin au « fameux CDI ».
« On ne s’embarrasse pas de finasseries », poursuit-il dans un entretien diffusé dans l’émission Là-bas si j’y suis. Raison de plus, cette franchise, pour aller rencontrer ce « senior advisor », Nicolas Doisy. Car il ne faut pas mépriser l’adversaire : il est prêt à livrer bataille. Il a déjà son plan. Présentation.

 

 

François Ruffin : On se trouve au siège de la Corporate Investment Bank du Crédit agricole. Premier broker indépendant sur actions européennes, Cheuvreux possède quatorze bureaux à travers le monde, y compris New york, San Francisco, Tokyo, Zurich… Donc Cheuvreux conseille 1200 banques, fonds de pension et ainsi de suite.

 

Nicolas Doisy : Tout à fait.

 

F.R. : Mais pourquoi une société de courtage comme Cheuvreux a un département recherche ? Et pourquoi cette recherche s’intéresse à la politique française ?

 

Nicolas Doisy : Pourquoi la politique ? Parce qu’en fait, ce dont on se rend compte, c’est que dans politique économique, eh bien, il y a « politique », y a pas qu’économique. Depuis finalement le début de cette crise, la crise de Lehman en 2008, le cycle économique, financier, est beaucoup dirigé et conduit par la politique, et du coup, tout ce qui est politique prend énormément d’importance, et détermine beaucoup des événements sur lesquels les investisseurs gardent leurs yeux.

 

Hollande : le choix

F. R. : Vous avez publié un papier là, dont le titre est, en anglais, « François Hollande and France’s labour-market rigidity : the market will rock both ». François Hollande et la rigidité du marché du travail : le marché va chahuter, bousculer les deux.

 

N. D. : Tout à fait. Quand on regarde un petit peu la façon dont se déroulent les élections, dont les marchés perçoivent le problème européen, on se rend compte qu’il y a des chances non négligeables que François Hollande se trouve pris entre deux forces contradictoires : les marchés qui attendent de lui un certain nombre de réformes dites structurelles, qui vont porter sur l’assainissement des comptes publics évidemment, mais aussi des réformes qui sont appelées à rendre l’économie française plus performante. Or, c’est le type de réforme dont très vraisemblablement une partie de l’électorat de François Hollande se méfie, et si vous regardez bien, pour l’instant, François Hollande s’est abstenu de clarifier de façon nette sa position sur ce sujet.
Et pour cause : il sait qu’il sera pris à terme, à un moment, entre la pression de ses électeurs et la pression des marchés. Déjà on a des investisseurs qui s’étonnent du faible détail des candidats dans leurs programmes, les anglo-saxons que je rencontre me demandent souvent : « Où est le programme ? » Je leur dis : « Il n y en a pas ! », et pour cause, c’est un jeu tactique pour l’instant, le programme on le saura une fois l’élection finie. Et en fait on le connaît déjà, il sera imposé par l’appartenance à la zone Euro.

 

La fin du CDI

F.R. : Vous dites non seulement François Hollande ne va pas tenir ses promesses, mais en plus c’est lui qui va devoir flexibiliser le marché du travail, c’est lui qui doit remettre en cause ce que vous appelez « the famous CDI » le fameux CDI, contrat à durée indéterminée.

 

N.D. : C’est lui qui va devoir le faire dans la mesure où c’est lui qui sera élu. En d’autres termes, de toute façon, qui que soit le prochain président de la république française, c’est un travail qu’il va devoir faire, parce que tout simplement il y aura la pression des pairs dans la zone euro, c’est-à-dire de l’Italie, de l’Allemagne, de tous les autres pays. Quand vous regardez bien l’Allemagne au milieu des années 2000 a fait ce genre de réformes, l’Italie, l’Espagne sont obligés de le faire aujourd’hui, la Grèce aussi. Pourquoi la France pourrait-elle s’en dispenser ?

 

F.R. : Quel type de réforme ?

 

N.D. : Quelles réformes ? J’y viens. C’est le package typique de réformes qui a été imposé à la Grèce, qui est demandé aussi à l’Italie, qui est demandé aussi à l’Espagne, et c’est, si vous voulez, si on fait référence aux années 80, c’est ce qu’on appelle l’économie de l’offre, c’est ce qu’avaient fait en leur temps Reagan et Thatcher. L’Europe continentale a estimé qu’elle pouvait ne pas adopter ce modèle, c’est un choix de société, c’est un choix politique. Il se trouve qu’aujourd’hui le modèle traditionnel français, le modèle du CDI que vous mentionnez est en train d’arriver en bout de course. Il est à bout de souffle, quelque part. Et donc ce qu’il faut faire maintenant, c’est tout simplement le genre de réformes qui a été faite en Espagne récemment.

 

F.R. : Vous avez un encadré pour dire, en gros, le Royaume Uni et l’Irlande ont flexibilisé leur marché du travail, et ça a marché. En revanche, en Europe continentale, et notamment en France on a fait de la résistance, et finalement, on obtient des moins bons résultats.

 

N.D. : Oui, tout à fait. En Europe continentale, on a voulu s’épargner l’idée de faire un contrat de travail unique qui soit suffisamment flexible, et tout est dans le « suffisamment », c’est une question de bon dosage de la flexibilité, mais l’important c’est un contrat de travail unique, donc le CDI tel que nous l’avons connu, nous ne le connaîtrons plus normalement, ça c’est clair.

 

F.R. : Alors vous dites, « ça ne s’est pas fait en Europe continentale, alors que ça s’est fait au Royaume-Uni et en Irlande, donc aujourd’hui le moment est venu de flexibiliser le marché du travail en Europe continentale, on le voit en Espagne, on le voit en Italie, on le voit en Grèce… La France ne peut pas être le seul ilot à maintenir une rigidité sur son marché du travail dans une Europe qui flexibilise. »

 

N.D. : L’idée c’est de permettre aux entreprises d’avoir une plus grande flexibilité dans la gestion de leurs ressources humaines, de façon à ajuster au mieux leur personnel, leur force de travail, de façon a être les plus performantes. En d’autres termes, ça revient finalement à réduire substantiellement un certain nombre de garanties dont bénéficient, dont ont bénéficié jusqu’à présent les titulaires de CDI notamment. Et donc à imposer plus de flexibilité aussi sur les travailleurs. C’est là que ça va coincer, c’est là que ce sera problématique, parce que je ne suis pas certain qu’on pourra maintenir le modèle français tel qu’il est. C’est ça le point important. C’est que le conflit d’objectifs que va avoir François Hollande, c’est rester dans la zone euro et satisfaire les demandes de son électorat naturel. Les deux ne sont plus compatibles maintenant, on le voit depuis la crise grecque, il faudra qu’il fasse un choix. C’est pourquoi il est resté très prudent jusqu’à présent dans son expression publique.

 

F.R. : Juste une question qui vient comme ça… Vous vous êtes en CDI ou vous êtes pas en CDI M. Doisy ?

 

N.D. : Je suis en CDI, bien évidemment… Euh voilà… (Rires.)

 

 

L’Eurozone

F.R. : Alors dans votre papier vous écrivez : « C’est regrettable pour François Hollande, mais la nécessité d’une libéralisation du marché du travail est le résultat direct d’une appartenance de la France à la zone euro, aussi ne peut-on avoir l’une sans avoir l’autre. » Donc la seule question est de savoir si François Hollande va ne serait-ce qu’essayer de respecter ses promesses, ou s’il va volontairement revenir dessus aussitôt élu.

 

N.D. : C’est exactement ça, et effectivement je vous remercie de citer ce passage, c’est probablement un des plus importants de la note – en passant la traduction est très bonne – c’est exactement ça, on est au pied du mur, alors beaucoup de français penseraient « c’est la victoire du modèle libéral »… Oui en quelque sorte, mais ensuite effectivement, la France sera au pied du mur, tout au temps que l’Espagne l’est, tout autant que l’Italie, tout autant que la Grèce, tout autant que tous les pays qui n’ont pas fait ce genre de réformes…

 

F.R. : Ce que vous dites dans votre note, c’est, y aura quelqu’un de déçu.

 

N.D. : Oui, le marché ou les électeurs seront déçu.
Quelque part c’est un peu une répétition de 81-83. Pour ceux qui n’étaient pas nés à cette époque on va faire un petit point d’Histoire : en 81, alors qu’on venait d’avoir le choc pétrolier de 73- 74 et puis de 79, la France avait besoin précisément d’être plus flexible, mais François Mitterrand est élu sur un programme on va dire vraiment de gauche, très de gauche, très socialiste keynésien, relance par la consommation, etc. etc. Et tout ça pour qu’au bout de deux ans à peine, trois dévaluation du franc, en mars 83, après avoir perdu les élections municipales, François Mitterrand soit obligé de faire un complet demi-tour, et d’adopter les politiques de Madame Thatcher, de Monsieur Reagan à l’époque… Évidemment pas aussi ambitieuse, mais tout de même.

Qu’est-ce qui s’est passé à cette époque ? Le choix avait été très simple pour François Mitterrand, la question c’était : rester dans la construction européenne, dans le projet européen, ou en sortir. Et après avoir hésité, et apparemment failli quitter le SME, et donc le projet européen, la France a décidé d’y rester. Et donc la traduction de ça, ça a été ce qu’on a appelé la politique d’austérité, qui a duré des années, des années, des années, de désinflation compétitive…

Eh bien là la situation est un peu la même, si la France veut rester dans la zone Euro, il faudra très vraisemblablement qu’elle se plie à un certain nombre de programmes de réformes qui sont maintenant imposés, ou sinon l’idée sera que la France devra quitter la zone euro. Autant en 83 il était peut-être moins compliqué de quitter le projet de construction européenne, autant aujourd’hui ça risque d’être beaucoup plus compliqué. On l’a vu : si l’idée même de la sortie d’un petit pays comme la Grèce a causé une crise comme nous l’avons connue l’an dernier, je vous laisse imaginer pour la France…

 

 

La confiance

F.R. : Dans un premier temps vous dites, en gros, les marchés peuvent avoir confiance en François Hollande, parce que d’abord c’est quelqu’un de pragmatique, c’est un européen de cœur, donc il ne va pas remettre en cause l’appartenance de la France à la zone Euro et ainsi de suite… Et le troisième point : il était conseiller de François Mitterrand lorsque François Mitterrand a négocié le tournant de la rigueur en mars 1983, donc il en a gardé le souvenir de ça, donc il ne va pas commettre la même erreur aujourd’hui.

 

N.D. : Il me semblerait inconcevable qu’un homme de la formation et de l’intelligence de François Hollande qui a vécu l’expérience dont on vient de parler, c’est-à-dire 81-83, ne s’en souvienne pas. En gros l’alzheimer peut pas être aussi précoce que ça, et du moment où il s’en souvient, je ne vois pas comment à partir de là il serait capable de ne pas prendre en compte la réalité du marché telle qu’elle s’imposera à lui. Parce qu’il faut pas l’oublier : le marché s’imposera.
Donc je dis « ne vous inquiétez pas : a priori même si je ne suis pas dans le cerveau de François Hollande, ce que je vois ce qu’il y a tous les éléments nécessaires pour qu’il ait une approche tout à fait pragmatique… »
Et en plus, c’est visible pour ceux qui prennent le temps de scruter, François Hollande n’a pas promis le Grand soir. François Hollande n’a rien promis, parce que dans votre phrase y avait, l’hypothèse la plus optimiste, c’est celle où François Hollande prend ses fonctions et « revient sur ses promesses », mais il n’en a pas fait ! C’est ça mon point : il n’en a pas fait, ou il en a fait si peu que, finalement, de toute façon c’est comme si ça comptait pas. Donc il a gardé les mauvaises nouvelles pour plus tard.

 

Le danger

N.D. : Maintenant il y a un danger qui se présente, c’est la semaine qui vient de s’écouler, en particulier le week-end qui vient de s’écouler : on voit que Mélenchon est vraiment en phase ascendante, on a bien entendu ce week-end, François Hollande qui dit « oui, croyez moi, ça va être du sérieux ma renégociation du traité ». Mais bien sûr, il est bien obligé, parce que avant de gagner le deuxième tour, ceux qui ont connu 2002 savent qu’il faut gagner le premier, donc il est bien obligé de faire quelques concessions verbales à son électorat. Mais là encore je suis pas sûr qu’il ait été très spécifique sur sa renégociation. Et c’est pour ça, j’en reviens à ce point, il n’a pas fait de promesses, parce qu’il sait qu’il va devoir se renier par la suite, donc il essaie d’en promettre le moins possible pour que le retour de bâton soit le moins violent possible.

On voit la montée en puissance de Mélenchon. Ce qu’on se dit tout simplement, c’est que à partir de maintenant, il va bien falloir que Hollande commence à donner quelques gages à sa gauche, et c’est là que ça va devenir un peu plus compliqué pour lui, parce que les marchés vont commencer à comprendre, vous commencer à le sentir, c’est pour ça qu’il est resté très prudent jusqu’à présent dans son expression publique.

 

Tromper le peuple

F.R. : François Hollande dit « je vais demander la renégociation du dernier traité européen », vous, vous écrivez ça :

« François Hollande va avoir à naviguer à travers des forces dans la gauche, notamment à cause du référendum manqué de 2005, et dans cette perspective, vous écrivez, il serait politiquement intelligent que ses pairs de l’eurozone, ses partenaires allemands, belges italiens et ainsi de suite, permettent à François Hollande de prétendre qu’il leur a arraché quelques concessions, même si c’est faux en réalité. La demande de renégociation du traité serait alors utilisée pour tromper le public français, pour rouler – j’ai lu to ‘trick’ : rouler, tromper – pour tromper le public français, en lui faisant accepter des réformes convenables, dont celle du marché du travail. »

 

N.D. : Oui, alors, avant d’entrer dans le fond du sujet je voudrais préciser un point : les gens de marché s’expriment de façon très directe, donc le vocabulaire que j’ai pu choisir dans la citation que vous venez de lire, ça paraîtra peut être excessif a beaucoup de vos auditeurs. Maintenant, c’est vrai que voilà, on ne va pas s’embarrasser de finasserie, on va aller directement au point.
De « rouler » les électeurs français, c’est peut être un mot quand même excessif, l’idée c’est de dire : ce sera une concession en quelque sorte de façade qui aura été faite à François Hollande et au peuple français entre guillemets, de façon à ce que tout le monde constate qu’à la fin des fins, il les faut bien les autres réformes, les fameuses réformes structurelles dont personne ne veut entendre parler.
Le mot rouler les électeurs est peut être un peu fort, je regrette qu’il soit traduit comme ça en français, peu importe, c’est pas très grave, mais à défaut de les rouler, ça va leur permettre de peut-être prendre conscience qu’il y a un certain nombre d’idées qu’ils ont en tête, qui ne peuvent pas marcher, même s’ils en sont convaincus. Ce que je suis en train de dire, c’est qu’il y a un petit théâtre, le script est un peu écrit, si on est malin on s’écartera pas trop du script, et de cette façon là on arrivera peut être à faire passer la pilule de façon un peu plus simple que ça n’avait été le cas au début des années 80.

 

F.R. : Alors je reviens sur cette phrase. Ce que vous dites c’est, admettons, y a un sommet à Bruxelles, François Hollande demande une partie sur la croissance, les autres européens ils vont faire comme si « bon ben d’accord, on t’accorde ça », il rentre ici en France en disant « regardez ce que j’ai obtenu », et du coup il peut dire derrière « eh ben, en échange nous on va libéraliser notre marché du travail ».

 

N.D. : Vous avez parfaitement compris le sens de mon propos, c’est exactement ça. C’est une petite mise en scène, c’est un petit théâtre, alors faut pas avoir l’impression que je fais de la théorie du complot et qu’on manipule tout le monde, et c’est juste que vous avez un électorat qui a un certain nombre d’idées préconçues. Elles sont fausses peut être, n’empêche que c’est les idées que l’électorat porte, et là y a de la pédagogie à faire.

 

F.R. : C’est déjà un peu ce qu’il s’est passé en 1997 : en 1997, Lionel Jospin est élu avec la gauche plurielle en disant ce pacte de stabilité je n’en veux pas, donc il va à Amsterdam, on lui fait rajouter Pacte de stabilité et de croissance, et il revient en disant « regardez y a le mot croissance dans le titre ».

 

N.D. : Vous avez tout compris. C’est pas l’exemple que j’avais en tête quand j’ai écrit la note, mais oui vous avez raison, c’est exactement ça. J’avais pas en tête l’exemple, mais vous avez entièrement raison, c’est exactement ça. C’est…
Alors certains pourraient considérer que c’est une manipulation, moi je pense pas que ce soit une manipulation, c’est juste une façon d’arrondir les angles, on va dire, voilà.

 

 

La formule

F.R. : Vous concluez sur les deux mesures nécessaires. C’est :
1) couper dans les dépenses publiques
2) libéraliser le marché du travail ; et vous dites le vrai défi pour François Hollande est de trouver la formule politique pour le vendre au public français.

 

N.D. : Bien entendu, il faut trouver la formule pour vendre ça au peuple français. Je suis pas le conseiller de François Hollande, c’est pas mon rôle de définir le message qu’il doit porter. Mais je voudrais quand même citer un exemple historique, c’est celui de la Pologne qui quitte le communisme et qui fait sa transition vers l’économie de marché au début des années 90. La Pologne est connue pour avoir subie ce qu’on appelait la thérapie choc, c’est-à-dire que eux ils se sont pas embarrassés de beaucoup de précautions, ils y sont allés franco d’un seul coup dès le début. Ils ont fait la totale des réformes quasiment en un an ou deux. Ça a été extrêmement douloureux pour la population polonaise, mais ce qu’il faut savoir c’est que la Pologne est le pays qui s’en est sorti le mieux, le plus vite, quand on le compare à ses pairs.

Le sujet n’est pas là, le sujet c’est comment cela est il possible ? Pas seulement parce qu’il y avait la détestation des communistes, mais parce qu’il y avait aussi un gouvernement où il y avait un ministre des affaires sociales et du travail qui allait régulièrement à la télévision expliquer à la population pourquoi on fait ces réformes, que certes c’est douloureux, certes ça fait mal aujourd’hui, mais les bénéfices viendront plus tard. Que si on ne fait pas ce genre de travail aujourd’hui, demain ce sera encore pire qu’aujourd’hui, et ainsi de suite. C’est un effort de pédagogie.
Regardez maintenant Monti. Mario Monti aux affaires en Italie, c’est quand même assez frappant. C’est un homme qui fait les réformes les plus impopulaires que le peuple italien pouvait imaginer, et qui se trouve être le Premier ministre le plus populaire de l’après guerre ou presque. Donc y a vraiment un sujet sur la communication avec l’électorat, le peuple, et une façon de faire passer les messages. Ça, moi j’ai envie de dire, c’est ce pourquoi les hommes politiques sont payés, c’est leur métier, j’espère juste que François Hollande trouvera la bonne formule.

 

L’angoisse

F.R. : Si je fais un récapitulatif, je me suis amusé à faire des cas à partir de votre document :
Le cas n°1, c’est François Hollande est conciliant et il revient de lui même sur ses maigres promesses de campagne et il libère le marché du travail et en finit avec le CDI comme norme de travail.
Cas n°2, il lui faut une petite pression de ses partenaires européens, une petite concession qui lui sert de prétexte, et derrière il libéralise le marché du travail.
Cas n°3, il refuse de se plier à ce programme, à cette injonction, et alors les marchés vont le punir, le rappeler sérieusement à l’ordre.

 

N.D. : Oui.

 

F.R. : Donc là, jusque-là dans les trois cas, quand vous dites, « soit les électeurs, soit les marchés seront déçus », dans les trois cas c’est toujours les électeurs qui seront déçus et les marchés qui gagnent ?

 

N.D. : Oui oui. Eh bien regardez la Grèce, regardez l’Espagne, regardez l’Italie, regardez tout ce qui se passe en Europe depuis 2010, on a bien vu que de toute façon, à la fin, c’est le marché qui l’emporte. Je ne vais pas encore dire que le marché a nécessairement raison au sens moral du terme, en tout cas il aura raison factuellement puisqu’il s’imposera, c’est clair. Donc, c’est de ce point de vue-là que je le dis, oui en effet. Vous avez raison, les électeurs risquent d’être plus perdants que les marchés.

 

F.R. : Je propose un quatrième cas, l’irruption du peuple sur la scène de l’Histoire.

 

N.D. : La prise de la Bastille numéro 2.

 

F.R. : Hier, à Paris, y avait, bon, on va pas chipoter, 80 000, 90 000, 100 000, 120 000 manifestants à l’appel du Front de gauche. Si, comme en 1936, on avait une élection qui s’était suivie de mouvements de masse, de manifestations, de grèves…

 

N.D. : Qu’est-ce qui se passerait en Europe ? Ben là je crois que c’est le gros coup d’angoisse, parce que si, quand les grecs manifestent, on a déjà une Europe qui se sent sur le point d’exploser, je vous laisse imaginer pour la France.
C’est bien pour ça que je passe mon temps à répéter dans cette note que j’espère bien que François Hollande se souvenant de ses années de formation en 81-83 auprès de François Mitterrand évitera précisément de laisser se développer ce genre de scénario à nouveau, ou en d’autres termes trouvera la formule politique qui lui permet de vendre les réformes à la population française d’une façon qui soit acceptable…

 

À la revoyure…

F.R. : Je vous propose quelque chose pour terminer : qu’on se retrouve dans six mois, par exemple, à l’automne, et on fait le point pour voir où on en est dans votre scénario.

 

N.D. : Lequel des trois...

 

F.R. : Voilà, lequel des trois advient ?, où est ce qu’on en est ?, est-ce qu’effectivement y a eu des négociations ?, on a rajouté croissance dans le titre à la fin ?, vous voyez, ce genre de choses là.

 

N.D. : Eh pourquoi pas, avec plaisir, on a une conférence je crois à Paris au mois de septembre, je vous recevrai à ce moment là avec plaisir.

 

 

Source : http://www.fakirpresse.info

 

Un sujet de François Ruffin, réalisé par Olivier Azam - Les Mutins de Pangée avec Fakir et la-bas.org / Avril 2012 -. Pour donner suite voir lesmutins.org

 

 

Source : https://vimeo.com/40577072

 

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4 mars 2016 5 04 /03 /mars /2016 17:13

 

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com

 

 

Loi El Khomri : 19 chercheurs proposent un code du travail alternatif

 

 

 

Loi El Khomri : 19 chercheurs proposent un code du travail alternatif
Un code du travail revu de fond en comble : 19 universitaires portent un projet alternatif. (FRED TANNEAU / AFP)

 

Droit au "temps libre" et à "la déconnexion", forfaits jours encadrés, heures sup' revalorisées... Contre la loi El Khomri, des universitaires réécrivent le code du travail de fond en comble.

Après la bataille politique, la guerre juridique ? Au lendemain des coups de semonce contre la loi El Khomri, fuitée début février dans la presse, une escadrille de chercheurs organise déjà la réplique. 19 universitaires, exerçant dans dix universités différentes (réparties dans Paris, Lyon, Nantes, Rennes, Bordeaux), planchent désormais sur l'écriture d'un autre code du travail. Un code allégé, réécrit de fond en comble, qui protège les salariés, consolide les 35 heures, invente même un "droit au temps libre", plutôt que de sécuriser les patrons. Le chantier est monumental.

Piloté par le professeur agrégé en droit du travail, Emmanuel Dockès, de l'université Paris Ouest-Nanterre, le projet, sobrement titré "Pour un autre Code du travail" (PACT), se veut moderne sans être révolutionnaire. Il vise à pallier l'obésité du droit actuel, son jargon et son caractère poussiéreux. "Le code du travail actuel, aucun être humain normal ne pourrait le lire", plaisante le juriste Dockès, joint par "l'Obs". L'ébauche du texte, que "l'Obs" s'est procuré, débute comme suit :

 
La proposition qui suit est une véritable refonte. Elle rénove, simplifie, réorganise et, au final, divise par presque trois le volume de la législation qu’elle remplace."

 

Pour l'heure, un chapitre est prêt, consacré au temps de travail. Le code complet devrait sortir des rotatives en septembre.

 

1 Un nouveau code, lisible et moderne

L'ébauche du PACT contient des mesures allant à total contre-sens de la pente prise aujourd'hui, celle de la "flexibilisation" des salariés. Il choisit l'emploi plutôt que l'augmentation de la durée de travail. Le document de travail prône ainsi un "droit au temps libre" et prévisible (avec des préavis et des droits au refus), des forfaits jour contrôlés par le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) pour empêcher les burn-outs, et des mesures de souplesse pour les PME… 

 

"Nous voulons monter qu'il est possible de faire un code du travail simple, simplifié, moderne, sans sacrifier les droits des salariés et sans renier les enseignements de l'histoire", explique Emmanuel Dockès.

 

Une petite pique contre les plus obtus, pour lesquels toute refonte est suspecte de compromission avec le patronat. 

Autre indicateur de modernité, l'idée de "faciliter l'intégration au salariat des travailleurs ubérisés", via une plus large définition du salariat, ainsi que "une sixième semaine de congé payés", contre l'abandon de certains jours fériés. 

 

2 Un droit au "temps libre" et à la "déconnexion"

Pour quiconque ayant déjà parcouru un manuel de droit, le PACT est une sinécure en comparaison. L'article 12.1, par exemple, pose une définition claire du temps de travail : "Le temps pendant lequel le salarié exécute sont travail, celui auquel il obéit aux directives de l'employeur, et celui pendant lequel il reste à sa disposition."

Le PACT instaure la notion de "temps libre" qui prévoit un "préavis" avant toute modification d'emploi du temps. Naît également un "droit au refus" de ces modifications et un "droit à la déconnexion" pendant tout temps libre. En conséquence, l'article 13.2 rend "illicite" toute interruption du temps libre par l'employeur. Toute astreinte doit être rémunérée par au moins un tiers du salaire habituel.

Autre barrage contre l'exploitation, l'article 13.3 : "Les deux heures précédant et les deux heures suivant le travail réalisé par le salarié sont requalifiées en temps d'astreinte." Le texte sanctifie le temps libre hebdomadaire : 35 heures consécutives minimum, pas de travail le dimanche.

 

3 Des heures sup' mieux payées, pour l'emploi

Majorées au minimum à 25%, puis à 50% dès la septième, les heures supplémentaires s'offrent une cure de jouvence. Des contreparties sont prévues pour le salarié si l'employeur module son temps de travail. Le recours aux heures supplémentaires devient plus onéreux, pour pousser le patron à embaucher plutôt qu'à moduler. En cas d'annualisation du temps de travail, la semaine peut être abaissée jusqu'à 32 heures. 

Sur le travail de nuit, "exceptionnel", celui-ci doit être "justifié" et "proportionné" et "préserver la santé et la sécurité des travailleurs". "Lorsque le travail de nuit est incompatible avec des éléments de sa vie personnelle, le salarié peut demander son affectation sur un poste de jour", pose l'autre code. Le patron est alors obligé de reclasser son salarié. 

Toutes ces mesures, très protectrices, hérissent un texte dont le sort est encore précaire. Pour Dockès, il s'agit d'une "boîte à idées". Mais d'ici septembre, ils auront trouvé un éditeur, promet-il.

Paul Conge

 

L'ébauche du PACT : ici

 

 

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com

 

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4 mars 2016 5 04 /03 /mars /2016 17:02

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Alimentation

Crise du monde agricole : « En 2008, on a sauvé les banques, et si en 2016, on sauvait les agriculteurs ? »

par , Sophie Chapelle

 

 

 

Ils élèvent des porcs ou des vaches laitières, mais ne s’en sortent pas. Ils continuent pourtant de suivre à la lettre les prescriptions des coopératives auxquelles ils adhèrent, des banques qui les financent et des lycées agricoles où ils ont étudié. Ces institutions prônent le modèle intensif qui mènent ces agriculteurs à leur perte : les côtes de porcs ou le litre de lait sont achetés au même prix au producteur depuis plus de quinze ans… quand les grandes surfaces ne cessent d’augmenter leurs marges. Alors que le Salon de l’agriculture ouvre ses portes, Basta ! a rencontré ces agriculteurs en plein désarroi. Longtemps dédaigneux vis-à-vis de l’agriculture bio, ils sont de plus en plus nombreux à s’y intéresser.

Il règne parmi les agriculteurs de l’ouest de la France une forte colère et une infinie tristesse : leur travail ne leur permet plus de vivre. « Qui supporterait de bosser dix ou douze heures par jour, à longueur d’année, sans pouvoir payer une entrée au cinéma à ses enfants ? », interroge Sonia, éleveuse laitière en Normandie, des larmes dans la voix. « On a beau nous dire que c’est la santé qui compte, quand on perd de l’argent à travailler 70 heures par semaine..., la santé, elle, en prend un coup ! ajoute François, à la tête d’une exploitation porcine. En fait, on n’est plus rien du tout. Pour soi, pour ses enfants, pour sa femme. C’est difficile. Vraiment difficile. J’ai dû prendre des somnifères et des anxiolytiques tellement j’étais mal. » Pourtant, quand il a lancé la construction de sa nouvelle porcherie de 160 truies, en 2005, François était sûr de son coup. De même que le groupement de producteurs auquel il appartient et qui lui achète ses cochons une fois qu’ils sont engraissés [1].

Passionné, maniaque, et très attentif, François a ce que l’on appelle « de bons résultats techniques » : chacun de ses cochons produit de belles quantités de viande. Tout le monde – techniciens, banquiers, revues agricoles – le félicitent pour ça. Il a en plus fait le choix de nourrir ses cochons sans OGM et ne leur donne pas d’antibiotiques. Mais voilà, cela ne suffit pas pour gagner de l’argent. « Pour que je puisse simplement payer mes emprunts et assurer le coût de fonctionnement de la ferme, sans même me payer, il faudrait que le cochon soit vendu 1,65 euro le kilo. En ce moment, il se vend environ 1,10 euro ! », souligne-t-il.

Le problème est identique chez Sonia et Yannick Bodin, éleveurs laitiers. « Pour être à l’équilibre, il faut que nous vendions la tonne de lait 388 euros, explique Yannick Bodin, par ailleurs président de la branche normande du syndicat agricole Coordination rurale. Actuellement, la laiterie Lactalis nous l’achète 270 euros ! » Résultat : depuis un an, Yannick et Sonia perdent 5 000 euros par mois.

 

« Le lait est payé le même prix qu’il y a trente ans »

Quand ils vont voir leur banquier, ce dernier leur conseille... de produire plus. « Alors même qu’il n’y a pas de marché, et que personne ne veut du lait. C’est vraiment nous faire courir sur un volume qui nous tuera », tempête l’agriculteur. « Le lait est payé le même prix qu’il y a trente ans, remarque Jules, éleveur laitier proche de la retraite, en haussant les sourcils. On était à 28 centimes d’euros le litre en 1986, 30 centimes en 2000, et, en 2016, nous sommes à 26 centimes. Sachant que nous ne fixons pas le prix, ni ne facturons le lait que nous vendons alors que les laiteries nous enlèvent deux euros tous les mois pour frais de facturation ! »

Des données confirmées par l’Observatoire de la formation des prix et des marges alimentaires qui recense les prix de la filière lait depuis 2000. Ces quinze dernières années, le prix de vente pour les agriculteurs est descendu jusqu’à 20 centimes d’euros et n’a jamais dépassé les 31 centimes d’euros. À l’inverse, le prix moyen du litre de lait UHT demi écrémé acheté en supermarchés (grandes et moyennes surfaces, GMS dans le graphique) est passé de 59 à 75 centimes d’euros.

 

 

Comme en témoigne le graphique ci-dessus [2], la marge opérée depuis 2000 a donc bénéficié exclusivement à l’industrie qui transforme le lait (en vert dans le graphique) et aux distributeurs (en rouge). La production laitière demeure l’une des seules professions où les prix de vente de leurs produits ont stagné, voire diminué depuis trente ans. Selon l’Institut de l’élevage, un quart des éleveurs laitiers a dégagé en 2015 un revenu annuel avant impôt inférieur à 10 000 euros [3].

Jules et Christiane ont réussi à sauver leur revenu, 1 200 euros par mois pour deux, parce qu’ils n’ont plus guère de dettes, et plus d’enfants à charge. Mais le coût de reprise de leur exploitation chute au fil du temps. Et ils comptaient sur cette revente pour augmenter un peu leur retraite : 900 euros par mois pour Jules à partir de 2017, après une vie de rude labeur.

 

Encourager un système à bout de souffle au détriment de la protection sociale

Pour tâcher d’endiguer la fureur et le désespoir des agriculteurs, le Premier ministre Manuel Valls a annoncé le 17 février dernier une baisse des cotisations sociales ainsi qu’une « année blanche sociale » pour ceux qui ont dégagé de très faibles revenus en 2015. « Quand on ne peut de toute façon pas payer ces charges, c’est une maigre consolation », déplore Yannick Bodin.

« C’est un très mauvais signal pour notre système de protection sociale », réagit Josian Palach, secrétaire national de la Confédération paysanne, en charge de l’élevage. Car, derrière les cotisations sociales, très souvent appelées « charges », il s’agit de financer l’Assurance maladie et les retraites. « Seule l’année blanche à destination des éleveurs les plus en difficulté pourra avoir un sens, ajoute Josian Palach. Il est temps d’admettre que la crise est structurelle et que c’est toute l’organisation de la production qui est à revoir. Il s’agit notamment de réorienter les aides de la politique agricole commune (PAC) vers des systèmes plus autonomes. »

 

 

Certaines banques proposent elles aussi des « années blanches », au compte-gouttes. « Les banquiers nous font grâce des remboursements des intérêts et des capitaux pour un ou deux prêts seulement, pendant un an, détaille Yannick Bodin, qui cumule pas loin de 40 prêts bancaires ! Et nous devrons de toute façon les payer ensuite sur neuf ans au lieu de dix. » Selon l’éleveur, « il faudrait légiférer pour pouvoir répartir les marges équitablement. Nous faisons actuellement pression sur les parlementaires pour qu’ils travaillent sur le sujet. Nous pensons que c’est plus efficace que d’aller mettre le feu aux routes ».

 

180 000 euros de frais bancaires en huit ans

Les banquiers ? « Ils gagnent tout le temps, soupire de son côté François. Et nous, on est asphyxiés en permanence. L’enveloppe de 700 millions annoncée par le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll, en septembre dernier, va permettre de ré-étaler nos prêts avec des taux à 2 %. Cela va libérer un peu de liquidités, on est donc tenus d’accepter puisque nous n’avons plus rien. Mais les garanties ont été fixées à 7,5 % ; ce qui pour moi revient à allonger 24 000 euros de plus. » Les dettes de François s’élèvent actuellement à 320 000 euros. « Il faut y ajouter les agios, refus de chèques et compagnie : 180 000 euros en huit ans, empochés par la banque ! »

Les manifestations et blocages qui se succèdent depuis un mois se concentrent sur les magasins de la grande distribution et les préfectures. Mais certains iraient volontiers se garer devant leurs agences bancaires. « J’ai siégé au conseil d’administration de l’agence locale du Crédit agricole, se souvient Jules. Dès la première réunion, la direction nous annonce que nous sommes là pour défendre la banque plutôt que les sociétaires qui sont nos collègues ; sachant que ce sont ces derniers qui nous ont élus ! J’ai protesté, assez vivement, mais j’ai été le seul ! J’ai décidé de démissionner, mais personne ne m’a suivi. »

 

Les erreurs des agriculteurs

De plus en plus d’éleveurs succombent au rêve industriel. Le nombre de fermes en France équipées de robot de traite a ainsi été multiplié par cinq en cinq ans [4]. « Il faut reconnaître qu’on s’est un peu fait du mal tout seuls, estime Jules. Combien d’entre nous, par exemple, ont investi dans des tracteurs énormes, l’année dernière, au prétexte que les cours du lait étaient plus hauts ? Nous devons aussi nous interroger sur nos organisations professionnelles et nos coopératives : ces structures avec lesquelles nous travaillons tous les jours, et qui nous dictent nos conduites, elles sont dirigées par des conseils d’administration où il y a des agriculteurs ! Soit ils ne font pas leur boulot, soit ils sont d’accord avec la situation dans laquelle nous sommes aujourd’hui ! »

La quasi-totalité des agriculteurs qui siègent dans ces diverses organisations appartiennent à la puissante Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), omniprésente dans les campagnes françaises. Mais la cote du syndicat agricole majoritaire s’effrite. « Nous nous sentons tellement loin et différents de Xavier Beulin, le président, business man qui ne met jamais de bottes », souffle un éleveur. « Manifester avec la FNSEA, c’est manifester pour nos fossoyeurs, dit carrément Yannick Bodin. Ils sont ultralibéraux, cogestionnaires et coresponsables de la situation actuelle ! »

 

 

Quand le manque d’autonomie en aliments rend dépendant

Acculés par des prêts bancaires déraisonnables, les éleveurs sont aussi coincés par leur obligation d’acheter des aliments. Jules et Christiane, qui produisent du maïs et de l’herbe pour leurs cinquante vaches, achètent trois tonnes de soja par mois, soit un budget de 11 000 euros par an. Pour François, qui achète la totalité de l’alimentation de ses porcs, le budget est largement plus élevé : il en a pour plus de 300 000 euros par an ! Sur les cinquante hectares de terres qu’il possède ou loue, il fait pousser du blé, de l’orge, du colza et de l’avoine. Aucune de ces céréales ne termine jamais dans les mangeoires de ses cochons. « Le bâtiment n’a pas été conçu pour cela, explique-t-il simplement. Ce n’était pas la politique du groupement de producteurs au moment où j’ai investi. » Résultat : l’ardoise s’alourdit au fil du temps et elle s’envole à chaque flambée des prix des céréales, soumis aux caprices des marchés mondiaux.

Certains éleveurs de porcs ont fait des choix différents. En Auvergne, Véronique et Nicolas cultivent un mélange céréalier sur leur ferme et le complètent avec d’autres céréales achetées chez un agriculteur bio du coin, en vue de limiter leurs dépenses en aliments (lire leur portrait réalisé par Basta !). Mais dans la filière porcine, la situation de François reste malheureusement la plus courante. Entre 2009 et 2014, l’aliment représente entre 59 et 66 % du coût de production moyen des porcs en élevage [5].

À l’escalade des prix des céréales s’ajoute, comme le montre le graphique ci-dessous, un prix du porc régulièrement en-dessous du coût de production, notamment en 2011 et 2013. Sur la période 2009-2014, la perte est ainsi évaluée à 1 centime par kilo en moyenne pour les éleveurs de porcs. Concrètement, les éleveurs perdent de l’argent en travaillant...

 

 

La responsabilité de l’enseignement agricole et des consommateurs

Pour tâcher de retrouver un peu d’autonomie, et de couvrir leurs besoins essentiels au quotidien, certains producteurs se mettent à la vente directe, « au black ». « C’est aussi l’occasion pour nous de renouer avec les consommateurs, dit l’un de ces éleveurs. Ils voient la vie qu’on a, ils prennent conscience de ce que l’on fait, ils peuvent comparer avec les prix pratiqués par la grande distribution. » « Les consommateurs sont mal habitués, nuance un éleveur laitier. Ils ne veulent que certains morceaux de viande, et toujours les mêmes. Il faudrait que les cochons aient six ou douze jambons, et les vaches, 70 côtes. En plus, la part financière que les gens accordent à leur alimentation ne cesse de baisser, alors que leur budget nouvelles technologies ne cessent d’augmenter. Les consommateurs sont aussi en train de nous tuer. »

L’autre responsable que les exploitants agricoles osent désormais nommer, c’est l’enseignement [6]. Quand il a repris la ferme de ses parents, à 21 ans, Yannick Bodin sortait tout juste du lycée. « Je n’avais rien vu d’autre, témoigne-t-il. Et j’ai suivi le modèle économique qu’on nous vend tous les jours, dans les revues, dans les salons, à l’école : j’ai investi pour m’agrandir. »

Ce discours véhiculé par les lycées agricoles est fortement critiqué par André Pochon, pionnier breton de l’agriculture durable. Pour contrer la « propagande » autour des modèles intensifs, il a participé à la création du Cedapa (Centre d’études pour un développement agricole plus autonome). Objectif : « Renverser la vapeur et montrer qu’un autre modèle agricole est possible. On va mener des études technico-économiques qui vont prouver que l’on peut installer des jeunes sur des petites unités, et que c’est rentable. » (lire notre entretien « Cet autre modèle agricole français qui rend les paysans heureux »).

 

 

« En 2008, on a sauvé les banques. En 2016, on sauve les agriculteurs ? »

Être au pied du mur provoque parfois des changements radicaux. Longtemps sujet de mépris, voire de franche rigolade dans les campagnes, le bio est maintenant considéré comme une alternative plausible. Dans le secteur laitier, celles et ceux qui se sont convertis en 2009, dans la foulée de la précédente crise du lait, n’ont pas de difficultés aujourd’hui. « Ils sont contents, c’est sûr », témoigne une de leur voisine, elle-même en plein marasme financier.

« C’est l’agriculture de demain », dit même Jules, qui a arrosé ses terres de pesticides pendant trente ans. « Il n’y a pas d’autre moyen pour préserver la ressource en eau », avance-t-il. « Si on me supprime toutes mes dettes, je suis prêt à repartir complètement différemment, en menant plus souvent mes vaches à l’herbe, en faisant moins d’investissement. Voire en faisant du bio », annonce un autre éleveur laitier qui a longtemps tenu les écolos en piètre estime. « En 2008, on a sauvé les banques, conclut Yannick Bodin. On pourrait décider qu’en 2016, on sauve les agriculteurs. »

 

@Nolwenn Weiler et @Sophie_Chapelle

Photo : la ferme bio du Loriot, en Auvergne / © DR

Notes

[1Le groupement de producteurs auquel appartenait François en 2005, Cap 50, a été racheté par la coopérative des agriculteurs de Mayenne (CAM) au printemps 2015. La CAM est elle-même membre de la coopérative agroalimentaire Terrena, qui appartient au groupe coopératif InVivo.

[2GMS signifie grandes et moyennes surfaces, PGC signifie produits de grande consommation. Source : Rapport 2015

[3Elsa Casalegno, Karl Laske, Les cartels du lait : comment ils remodèlent l’agriculture et précipitent la crise, ed. Don Quichotte, 2016.

[4Selon l’Institut de l’élevage, 4 387 exploitations étaient équipées d’un robot de traite fin 2014, sur les 60&nsp;000 comptabilisées en France. Source : Les cartels du lait, ibid.

[5Source : Rapport 2015 de l’Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires, page 100.

[6En France, l’enseignement agricole dépend du ministère de l’Agriculture, qui dispose d’une direction générale de l’enseignement et de la recherche. L’enseignement agricole est donné dans les lycées d’enseignement général, technologique et professionnel agricole, ainsi que dans les centres de formation d’apprentis (CFA), établissements publics, ou dans des établissements privés.

 

 

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3 mars 2016 4 03 /03 /mars /2016 22:15

 

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La Commission européenne pulvérise un engagement-clef de la COP21 !

 

 

Dans une communication publiée mercredi, la Commission européenne refuse de se donner plus d'ambition d'ici à 2030 et institutionnalise la procrastination à l'échelle mondiale. En repoussant à demain ce qu'elle ne veut pas faire aujourd'hui, elle pulvérise l'objectif des 2°C de réchauffement maximal. Choquant et criminel.

Un statu quo synonyme de capitulation climatique

En clôture de la COP21, même les plus enthousiastes des commentateurs avaient reconnu que les « contributions » des Etats étaient insuffisantes, conduisant la planète vers un réchauffement climatique supérieur à 3°C. Mais l'essentiel n'était pas là, nous avaient-ils assuré. L'important était que les Etats se soient engagés à revoir leurs contributions à la hausse dans des délais relativement courts (2018, 2020 ou 2023 selon les commentateurs) ! En acceptant ce principe, nous a-t-il été dit, les Etats ont ouvert la possibilité de revenir en dessous des 2°C fatidiques. Le discours final de François Hollande, promettant de « réviser au plus tard en 2020 les engagements de réduction d’émissions de gaz à effet de serre » de la France, était pris en exemple de cette bonne volonté.

 

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Patatras. Dans sa communication intitulée « la voie après Paris », la Commission européenne balaie d'un revers de la main cette jolie petite histoire qui nous a été racontée, avec plus ou moins d'emphase, depuis le 12 décembre dernier. La Commission estime que l'objectif dont l'UE s'est doté, à savoir une réduction de 40% des émissions de GES d'ici à 2030, est largement suffisant puisque « basé sur des projections mondiales qui sont en ligne avec l'ambition à moyen terme de l'Accord de Paris ». Pour la Commission, l'UE doit donc se limiter à « mettre en œuvre le paquet énergie climat 2030 tel que validé par le Conseil européen ». Rien de plus. Pas question de soumettre auprès de l'ONU une contribution plus ambitieuse d'ici à 2020. La Commission ne laisse même pas cette option ouverte, à la discrétion des ministres de l'environnement ou du Conseil des chefs d'Etat et de gouvernment. Pour la Commission, revoir à la hausse l'ambition des objectifs que l'UE s'est fixée ne fait simplement pas partie des options possibles. La promesse de François Hollande du 12 décembre dernier est déjà à ranger aux oubliettes de l'histoire (la contribution française n'est rien d'autre que la déclinaison nationale des objectifs fixés au niveau européen).

 

Une proposition irresponsable qui nie les données scientifiques

En osant affirmer que les objectifs fixés sont suffisants, la Commission européenne fait basculer la politique de l'UE dans le déni climatique et le négationnisme scientifique. Les données scientifiques dont nous disposons, notamment celles réunies par le GIEC, sont claires : l'UE, tout comme les autres puissances économiques de la planète, est invitée à s'orienter le plus rapidement possible vers une décarbonisation complète de son économie. Les objectifs fixés ne le permettent pas : un objectif de 40 % de réduction d'émissions d'ici à 2030 revient à une réduction effective d'à peine 33 % compte tenu des surplus considérables de quotas existant sur le marché carbone européen.

Un si faible objectif revient également à repousser à l'après 2030 l'essentiel des efforts à mener pour obtenir une réduction de 80 % des émissions en 2050 par rapport à 1990 – le minimum exigible de l'UE selon les données du GIEC. A supposer que l'objectif de – 40 % d'ici à 2030 soit atteint, il faudrait encore diviser quasiment par trois les émissions de l'UE entre 2030 et 2050. Ce qui revient à planifier une diminution de 5 % par an de 2030 à 2050 – ce que personne ne sait faire et ne peut garantir – alors qu'un effort continu dans le temps permettrait de tabler sur un taux de réduction d'émissions plus raisonnable de 2,5 % par an : pour 2030, le taux planifié est d'à peine 1,3 % par an.

 

En visant trop bas, on rate sa cible !
En visant trop bas, on rate sa cible !

 

Pour le climatologue Kevin Anderson du Tyndall Centre for Climate Change Research, un si faible objectif pour 2030 montre que l'UE s'affranchit du budget carbone que le GIEC lui a assigné pour rester en deçà des 2°C. Cela revient à donner la priorité à « l'opportunisme politique au détriment de l'intégrité scientifique », écrivait-il dans une lettre ouverte rendue publique en octobre 2014. C'est au nom de cette intégrité scientifique que la majorité des ONG en Europe réclament de l'UE un objectif minimal de 55% de réduction d'émission de GES d'ici à 2030. C'est donc en toute connaissance de cause, hypothéquant de fait les objectifs assignés par l'Accord de Paris, que la Commission refuse de revoir ses objectifs à la hausse.

 

Procrastination institutionnalisée pour de nouveaux crimes climatiques

Ce statu quo voulu par la Commission européenne dynamite le story-telling construit autour de la COP21. Alors que l'Accord de Paris « note avec préoccupation que les niveaux d'émission globales de GES en 2025 et 2030 estimés sur la base des contributions prévues déterminées au niveau national ne sont pas compatibles avec les scénarios au moindre coût prévoyant une hausse de la température de 2°C » (point 2.17 de la décision), la Commission européenne institutionnalise la procrastination : elle repousse à plus tard ce qui devrait être fait aujourd'hui. Elle invite ainsi tous les grands pollueurs de la planète, des Etats-Unis à la Chine, à faire de même ! Bravo l'exemple !

Or, en matière de dérèglements climatiques, l'important n'est pas le niveau d'émissions une année donnée, mais l'accumulation des GES dans l'atmosphère au cours des années. Pour le dire autrement, l'important n'est pas tant de savoir quel sera le niveau d'émissions en 2050 que de connaître le chemin qui sera emprunté. Plus les émissions sont réduites fortement en début de période, plus le montant d'émissions accumulées dans l'atmosphère est faible. Plus on attend la fin de période pour réduire les émissions, plus le montant accumulé sera important. En repoussant à l'après 2030 l'essentiel des efforts, la Commission européenne maximise la quantité totale d'émissions que l'UE va accumuler dans l'atmosphère au cours de la période 2020-2050. Et elle invite tous les grands pollueurs de la planète à en faire autant.

Au final, le résultat est connu d'avance. On ne compte plus les rapports et études qui le montrent avec clarté : ce sont les populations les plus démunies, celles qui sont le moins à-même de faire face aux dérèglements climatiques – et qui n'en sont pas à l'origine – qui paieront le prix fort de l'inertie des politiques climatiques européennes et mondiales. C'est donc en toute connaissance de cause que la Commission européenne planifie ce qui s'apparente à de nouveaux crimes climatiques.

 

 

Couverture du livre Crime Climatique Stop ! Couverture du livre Crime Climatique Stop !

 

C'est inadmissible et intolérable que des telles propositions soient faites en notre nom. Au nom des populations européennes.

Les ministres européens de l’Environnement ont la possibilité de modifier l'orientation de cette communication lors de leur réunion de ce vendredi 4 mars.

Les Chefs d'Etat et de gouvernement des Etats-membres auront une possibilité identique lors du Conseil européen des 17 et 18 mars.

Le story-telling de la COP21 ne va plus fonctionner très longtemps.

Le voile va se lever sur la sincérité des paroles prononcées à Paris.

François Hollande voulait que la COP21 pose les jalons de la « révolution climatique ». Si révolution climatique il doit y avoir, c'est à Bruxelles qu'elle doit débuter.

François Hollande et Ségolène Royal ne pourront pas, cette fois-ci, se retrancher derrière de beaux discours – ni derrière la mauvaise volonté de la Pologne.

Des actes, il n'y a que cela qui compte.

 

 

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Maxime Combes, économiste et membre d'Attac France.

Auteur de Sortons de l'âge des fossiles ! Manifeste pour la transition,Seuil, coll. Anthropocène.

@MaximCombes sur twitter

 PS : je vous passe les autres inepties contenues dans la contribution de la Commission européenne. Signalons tout de même :

  1. l'erreur consistant à dire que 98% des émissions mondiales sont couvertes par l'accord de Paris alors qu'au bas-mot 10% des émissions mondiales ne le sont pas, puisque les émissions liées au secteur de l'aviation civile, du transport maritime et des armées ne sont pas assignées aux Etats et ne sont donc pas couvertes par l'Accord de Paris.

  2. l'importance donnée aux enjeux de compétitivité, de croissance, d'investissements et de marchés des capitaux, au détriment des politiques de sobriété et d'efficacité énergétiques ;

PPS : les journalistes et commentateurs, y compris ici sur Médiapart, qui ont expliqué que fixer un objectif de long terme à 1,5°C permettait de « consacrer l’idéal du dépassement des intérêts nationaux particuliers et de court terme » vont-ils revoir leur jugement ? ;-)

 

 

 

 

 

 

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Source : https://blogs.mediapart.fr/maxime-combes

 

 

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3 mars 2016 4 03 /03 /mars /2016 21:35

 

 

 

Note perso :

"Merci patron" sera diffusé au Sémaphore de Nîmes mercredi 09 mars à 20h15!

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

 

ça bouge ! Classes sociales

« Merci patron ! » : le film qui fait tanguer l’homme le plus riche de France

par

 

 

 

 

David peut-il encore l’emporter contre Goliath ? Des pieds nickelés picards faire tanguer la multinationale LVMH, premier groupe de luxe au monde, et effrayer son PDG, Bernard Arnault, l’homme le plus riche de France ? Le premier film de Fakir, « journal fâché avec tout le monde ou presque », sort en salle le 24 février. Un film-remède à la morosité ambiante, à gauche, dans les syndicats, les entreprises, les villages, les chaumières... Qui redonne un peu de sourire, d’espoir, donne l’exemple et libère la parole.

Jocelyne et Serge Klur fabriquaient des costumes Kenzo à Poix-du-Nord, près de Valenciennes. Mais leur usine délocalisée en Pologne, ils se sont retrouvés au chômage, criblés de dettes… « On doit vivre avec 4€ par jour pour nous trois, c’est l’assistance sociale qui a calculé le budget ! » Une intervention en assemblée générale des actionnaires suffira-t-elle à régler leurs soucis ? Du suspense, de l’émotion, de la rigolade, et même de l’espionnage pour ce thriller social…

 

A l’automne 2012, François Ruffin, rédac’ chef du journal Fakir, s’est lancé dans une course poursuite humoristique avec Bernard Arnault, l’homme le plus riche de France. Presque par inadvertance, ça a tourné au film d’espionnage. Des quiproquos incroyables. Au vu de cette récolte, l’équipe de Fakir a alors fait le choix de sortir de son « ghetto », de démarcher un producteur « normal », Mille et Une Productions (« Le cauchemar de Darwin », « Les chèvres de ma mère »). Puis un distributeur « normal », Jour2Fête (« Free Angela », « Les rêves dansants », « Des abeilles et des hommes »). Mais pour la première fois en quinze années d’existence, Mille et Une Productions a vu son dossier refusé par le Centre National du Cinéma, le CNC, et 80 000 euros d’aides leur être refusées.

Grâce à une collecte réussie sur une plateforme de financement participatif, le film a pu être achevé. Et tourne désormais dans les salles ! Pour être informés des avant-premières et projections, c’est par là.

 

Page facebook du film

 

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

 

Note perso :

"Merci patron" sera diffusé au Sémaphore de Nîmes mercredi 09 mars à 20h15!

 

 

 

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3 mars 2016 4 03 /03 /mars /2016 21:24

 

Source : http://reporterre.net

 

 

Voici comment la grande distribution écrase l’agriculture en France

3 mars 2016 / Émilie Massemin (Reporterre)
 


 

Intimidations, comportements abusifs, pratiques illégales… les quatre centrales d’achat de la grande distribution profitent d’un rapport de force disproportionné dans leurs négociations avec les producteurs. La guerre des prix fait rage et les paysans se noient.

Les négociations commerciales entre la grande distribution et ses fournisseurs se sont achevées lundi 29 février, à minuit. Mardi matin, concernant le prix du lait, le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, a apprécié au micro de Europe 1 que « les engagements qui avaient été demandés par le gouvernement à la grande distribution [et] aux industriels de stopper la course à la baisse des prix a été, semble-t-il, un engagement qui a été tenu ».

Faux, rétorque le président de l’Association nationale des industries alimentaires (Ania), Jean-Philippe Girard, pour qui ces négociations ont été « pires qu’en 2015 » avec « des demandes de baisse, jusqu’à moins 6 %, à minuit moins cinq et une inflation des demandes de promotions, qui ont doublé en un an ». « Aucune des grandes promesses de l’automne dernier faites par les patrons d’enseigne de la grande distribution n’a été tenue », affirme-t-il.

 

Un entretien « d’une heure à deux minutes » 

Ces négociations, commencées en octobre dernier, se sont déroulées dans un climat extrêmement tendu. Des éleveurs des filières laitière, bovine et porcine manifestent depuis plusieurs semaines pour protester contre la faiblesse des prix du lait et de la viande. « Entre 1953 et 1988, mon père a élevé cinq enfants grâce à trente hectares et trente vaches ; aujourd’hui, j’exploite 168 hectares et une centaine de vaches laitières, je produis dix à trente fois plus et je vis moins bien que lui », s’indigne Philippe Grégoire, éleveur laitier dans le Maine-et-Loire et président du Mouvement national des éleveurs de nos régions (Mner), à l’initiative de plusieurs blocages de plates-formes de distribution et de grandes surfaces en Vendée et dans le Maine-et-Loire.

Pour Philippe Monnet, éleveur de vaches laitières et de porcs et président de la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) du Doubs, les pratiques commerciales de la grande distribution ne sont pas étrangères à cette faiblesse des prix. Il dénonce « la grande distribution [qui] exerce une pression très forte sur [sa] coopérative, avec des demandes de baisse de prix sur le lait de l’ordre de 10 % ».

Comment se déroulent ces négociations commerciales annuelles ? Encadrées par la loi de modernisation de l’économie (LME) du 4 août 2008, elles débutent au mois d’octobre pour s’achever le dernier jour de février, à minuit. Les agriculteurs n’y prennent pas part : seuls négocient les intermédiaires, coopératives, abattoirs et industrie agroalimentaire. « Le fournisseur envoie les prix de vente de ses produits au distributeur, explique-t-on à l’Ania. Ces tarifs prennent en compte le coût des matières premières, les coûts de structure, les salaires et les marges. » Le fournisseur est ensuite convoqué par la centrale d’achat. Dans des box prévus à cet effet, il défend son produit et cherche à en obtenir le meilleur prix – ou plutôt le moins bas. La durée de l’entretien peut aller « d’une heure à deux minutes », selon l’Ania.

 

 

Problème, le rapport de force est « défavorable, si ce n’est complètement disproportionné », pointe Olivier Mevel, maître de conférences en sciences de gestion à l’université de Brest et consultant pour les entreprises agroalimentaires. Quatre super-centrales d’achat (Intermarché/groupe Casino, Carrefour/Dia, Auchan/Système U et E. Leclerc) détiennent 90 % du marché. « Chaque groupe pèse plusieurs dizaines de milliards d’euros de chiffre d’affaires – 44,3 milliards d’euros en 2015 pour E. Leclerc, 86,3 milliards d’euros pour Carrefour, rappelle M. Mevel. Face à eux, les 570.000 agriculteurs, 2.800 coopératives agricoles et 40.000 PME de l’agroalimentaire, atomisés et dispersés, ne font pas le poids. »

Ce déséquilibre se retrouve dans les box de négociations. « Un fournisseur, même le plus gros, ne représente que 1 ou 2 % du chiffre d’affaires du distributeur. Alors que ce dernier représente souvent de 20 à 40 % du chiffre d’affaires du fournisseur », souligne-t-on à l’Ania. La pression psychologique exercée par les acheteurs de la grande distribution est intense. « Le fournisseur vient souvent de province et il est convoqué à une heure précise. Mais le négociant de la centrale d’achat peut le faire patienter trois, quatre voire cinq heures avant d’expédier la discussion en deux minutes », rapporte l’association.

 

« Il faut payer pour tout »

Au-delà de ces manœuvres d’intimidation, les centrales d’achat adoptent parfois des comportements abusifs, accuse l’Ania : « Une enseigne peut vous menacer de déréférencer brutalement votre produit, de ne plus le mettre en rayon pendant la durée des négociations, sans préavis. C’est illégal, mais en cas de contrôle elle invoque des problèmes logistiques. » Ou encore : « avant de négocier le prix, elle peut réclamer une remise, un montant que le fournisseur doit verser avant même de commencer à négocier », ce qui n’est pas légal non plus.

Ces abus, Christian Jacquiau, ancien expert-comptable et auteur de l’ouvrage Les Coulisses de la grande distribution, a eu l’occasion de les observer au cours de sa carrière. « J’ai été alerté pour la première fois dans les années 1985-1986 quand un de mes clients, un jeune chef d’entreprise fabriquant un produit de grande consommation, m’a demandé dans quelle colonne de sa comptabilité inscrire l’équivalent d’un million d’euros réclamé par un distributeur pour que son produit soit référencé », c’est-à-dire inscrit dans le catalogue de la centrale d’achat, se souvient-il, encore ébahi par le montant astronomique réclamé.

 

 

M. Jacquiau découvre alors l’engrenage dans lequel se retrouvent pris de nombreux fournisseurs : « Il faut payer pour tout : être référencé, être en tête de gondole, obtenir qu’un concurrent ne soit pas référencé… » Ces rémunérations additionnelles, appelées jusqu’en 2006 « marges arrière », sont désormais limitées et réglementées par la loi de modernisation de l’économie « qui a moralisé les pratiques de ticket d’entrée. Aujourd’hui, la coopération commerciale – affiches, promotions, têtes de gondole – doit être justifiée. Les marges arrière ne représentent aujourd’hui plus que 7 à 8 % du prix, ce qui est normal », assure M. Mevel. Le respect de la réglementation est assuré par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), qui signale sur son site les cas de fausse coopération commerciale (service facturé mais non mis en œuvre, service relevant des obligations de l’enseigne comme la mise en rayon, etc.).

Contactés par Reporterre, la Fédération du commerce et de la distribution, les Mousquetaires, le groupe Casino, Carrefour et Leclerc n’ont pas donné suite à nos questions.

Comment cette puissance de la grande distribution se traduit-elle dans les marges dégagées par les uns et les autres ? Difficile à dire, tant elles ont connu des fluctuations ces quinze dernières années. Depuis 2010, l’Observatoire de la fixation des prix et des marges, qui émane des ministères de l’Agriculture et de l’Économie, rassemble les données sur le prix des matières premières et les marges brutes de l’industrie et de la grande distribution pour les différents produits (laitiers, ovins, porcins, fruits et légumes, etc.). Les marges brutes de la grande distribution augmentent bien pour la longe de porc (côtes et rôti) et la viande bovine ; pour le lait, c’est moins évident.

 

 

Comment remédier à cette situation ? Pour parer au plus pressé, l’Ania a mis en place en octobre 2015 un Observatoire des négociations commerciales, qui permet aux fournisseurs de signaler de manière anonyme le comportement abusif d’un distributeur. Quand plusieurs plaintes concernant la même enseigne et la même pratique sont rassemblées, l’Ania envoie un courrier au distributeur concerné. « Nous avons déjà envoyé une petite dizaine de courriers, précise-t-on à l’Ania. Pour l’instant, tout le monde a répondu de manière plus ou moins ouverte. »

La DGCCRF a par ailleurs renforcé ses contrôles. « 88 établissements ont été contrôlés depuis novembre 2015, soit 70 % de plus qu’à la même période l’année dernière », indique la répression des fraudes dans un communiqué. Le 9 février, Carrefour a vu ses locaux de Massy (Essonne) perquisitionnés car « plusieurs fournisseurs reprochaient à cette enseigne de leur imposer, comme préalable à la négociation au titre de 2016, le versement d’une remise d’un montant significatif non négociable », précise la DGCCRF.

 

Les circuits courts pour mettre la grande distribution sous pression

Samedi 27 février, au Salon de l’agriculture, François Hollande a évoqué la possibilité d’une révision de la LME, accusée par les agriculteurs de déréguler les relations commerciales tout en tenant les producteurs à l’écart. « Il faut bien dire qu’avec la LME, nous avons un peu tout cassé », admettait, en juillet 2015 à l’Assemblée nationale, François Brottes, ex-député (PS) de l’Isère. Le président de la République a également évoqué la possibilité d’un étiquetage obligatoire « prix payé au producteur ».

Quant aux agriculteurs, ils continuent vaille que vaille à défendre leurs intérêts. M. Monnet a organisé une table ronde à Cussey-sur-l’Ognon (Doubs) avec les agriculteurs, le directeur de l’Intermarché de Quingey et Jean-François Longeot, sénateur (UDI) du Doubs. « Nous les avons prévenus qu’à force de baisser les prix, la grande distribution risquait de faire disparaître les exploitations et de ne plus avoir de marchandises à mettre sur ses rayons. Nous les avons ensuite invités à signer la charte laitière de valeurs lancée par la Fédération nationale des producteurs laitiers (FNPL) en novembre 2015 », rapporte l’éleveur. L’enseigne locale dépend des centrales d’achat nationales pour fixer ses prix ? Pas grave, « c’est là que peut jouer la pression syndicale : on leur dit que si les centrales d’achat ne respectent pas leurs engagements, nous débarquerons dans les magasins », affirme M. Monnet.

Tous les troisièmes week-ends d’août, Raymond Girardi, agriculteur dans le Lot-et-Garonne et secrétaire général du Mouvement de défense des exploitants familiaux (Modef), organise avec ses collègues une vente de fruits et légumes place de la Bastille à Paris. Objectif, sensibiliser les passants au « juste prix ». « L’an dernier, nous vendions le kilo de tomates 1,50 euro : 80 centimes pour le producteur, 20 centimes de conditionnement et 50 centimes de marge pour la grande distribution, explique M. Girardi. A cette même période, la grande distribution nous achetait le kilo de tomates à 40 ou 50 centimes, et les prix en magasin se situaient entre 2 et 2,50 euros ».

L’agriculteur milite pour qu’un coefficient multiplicateur des prix, par exemple 1,7, soit mis en place dans la grande distribution. Ainsi, l’enseigne qui achète un kilo de tomates 80 centimes ne pourrait pas le revendre plus de 1,36 €. « Cela permettrait diminuer les prix pour le consommateur tout en obligeant le distributeur à acheter le produit suffisamment cher pour avoir une marge suffisante », estime M. Girardi.

Sinon, les circuits courts se révèlent un bon moyen pour les agriculteurs d’améliorer leurs revenus. « Depuis mon installation en 1974, j’ai toujours vendu une grande partie de mes asperges en direct, raconte le syndicaliste. J’ai des collègues qui ont monté leur magasin de producteurs à Mont-de-Marsan : depuis sept ou huit ans qu’ils ont commencé, ils gagnent correctement leur vie et revivent ! »...

 

*Suite de l'article sur reporterre
 

 

 

Source : http://reporterre.net

 

 

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3 mars 2016 4 03 /03 /mars /2016 19:10

 

Source : http://www.lemonde.fr/les-decodeurs

 
 

Chômage : pourquoi des chiffres différents entre l’Insee et Pôle emploi ?

Le Monde.fr | • Mis à jour le

 

 

L'Insee a annoncé une baisse du chômage en 2015, alors que Pôle emploi a comptabilisé une hausse, avec des chiffres sans commune mesure. Explications.

En baisse pour les uns, en hausse pour les autres. Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), le taux de chômage a diminué de 0,1 point en 2015 en France, pour venir s’établir à 10 % de la population active, selon les chiffres publiés jeudi 3 mars. L’organisme a ainsi comptabilisé 2,86 millions de chômeurs sans aucune activité en métropole.

 

Pôle emploi avait, lui, comptabilisé davantage de chômeurs au 31 décembre 2015 que l’année précédente, avec 2,6 % de hausse pour un total de 3,5 millions de demandeurs d’emploi sans aucune activité. Pourquoi une telle différence ?

 

Le chômage selon l'Insee et Pôle emploi
Nombre de demandeurs d'emploi sans aucune activité (catégorie A) à la fin de chaque trimestre, chiffres de Pôle emploi corrigés des variations saisonnières, chômage au sens du BIT pour l'Insee.
 

1750000 2000000 2250000 2500000 2750000 3000000 3250000 3500000 3750000 Insee Pôle emploi T1.2007T3.2007T1.2008T3.2008T1.2009T3.2009T1.2010T3.2010T1.2011T3.2011T1.2012T3.2012T1.2013T3.2013T1.2014T3.2014T1.2015T3.2015

 
Source : Insee et Pôle emploi
 

 

Cet écart n’est pas nouveau. Depuis des années, les statistiques de ces deux organismes divergent de façon considérable, autant sur le nombre de chômeurs que sur l’évolution de la courbe.

 

 

Deux organismes calculent les chiffres du chômage

  • Pôle emploi : cet organisme public livre mensuellement les chiffres des demandeurs d’emploi inscrits chez lui en fin de mois.
  • L’Insee : l’Institut national de la statistique et des études économiques publie tous les trimestres le taux de chômage, issu de sondages, et calculé selon la définition du BIT. Ce sont les seules données internationalement reconnues.
 

Deux définitions du chômeur

  • La définition du BIT

Selon les explications fournies par le site de l’Insee, un chômeur est une personne en âge de travailler, de 15 ans ou plus, qui répond simultanément à trois conditions :

- être sans emploi, c’est-à-dire ne pas avoir travaillé, ne serait-ce qu’une heure, durant une semaine de référence

- être disponible pour prendre un emploi dans les 15 jours

- avoir cherché activement un emploi dans le mois précédent ou en avoir trouvé un qui commence dans moins de trois mois

  • La définition de Pôle emploi

Pour Pôle emploi, un chômeur est une personne inscrite sur ses listes. Qui peut y accéder ? Selon le site de l’organisme :

« Toute personne à la recherche d’un emploi, résidant sur le territoire national et ayant accès au marché du travail peut s’inscrire auprès de Pôle emploi si elle respecte les conditions de l’inscription, déclare sa domiciliation et fournit un des justificatifs d’identité exigé (les ressortissants étrangers relevant du régime général doivent en outre détenir un titre de séjour et de travail permettant une inscription). »

Un chômeur au sens du BIT n’est donc pas forcément inscrit à Pôle emploi, et l’inverse est aussi vrai.

La technique du sondage

L’Insee se base sur un sondage trimestriel auprès de 110 000 personnes, une technique qui pourrait aussi expliquer les écarts de ses chiffres avec ceux de Pôle emploi. L’organisme ne peut qu’avancer des hypothèses :

« On peut avoir des gens découragés qui disent à nos enquêteurs ne plus faire de recherche active d’emploi tout en restant inscrits à Pôle emploi. Mais on peut aussi avoir un phénomène chez les jeunes qui s’inscrivent plus à Pôle emploi pour bénéficier de certaines mesures, alors que, traditionnellement, ils n’y trouvent pas forcément d’intérêt. »

Ainsi, 16 % des chômeurs recensés par l’Insee ne se déclarent pas inscrits à Pôle emploi.

Des différences accrues en 2013

En 2013, l’Insee a changé les questionnaires de son enquête Emploi. Après la reformulation à la marge de certaines questions, les réponses ont été profondément modifiées. Ainsi, un enquêteur de l’Insee ne vous demandera plus si vous étiez « à la recherche d’un emploi, même à temps partiel ou occasionnel », mais si vous étiez « à la recherche d’un emploi » tout court.

Associée à d’autres, cette modification a suffi à faire pencher quelques « oui » du côté du « non ». Les experts de l’Institut estimaient en mars 2014 que le nouveau questionnaire a fait artificiellement baisser le taux de chômage, en mars 2014, de 0,5 point, soit 145 000 chômeurs de moins.


Source : http://www.lemonde.fr/les-decodeurs

 

 

 

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