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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 11:11

 

 

 

Dette : les grecs et la Debtocracy.

13 juillet par Aldous

 

 

Un documentaire intitulé Debtocracy – Chréokratia (Chréos est le mot grec pour "dette") fait fureur en Grèce depuis la mise en coupe réglée du pays sous les fourches caudines du FMI. Voici une traduction de ce film qui explique les mécanismes de l’assujetissement d’un pays par ce que les économistes appellent la Dette Odieuse.

 


Debtocracy International Version par BitsnBytes

Ce documentaire est en quelque sorte un "retour sur le futur" pour la plupart des pays endettés d’Europe, car la situation vécue par la Grèce est un scénario qui va se répéter dans tous les pays confrontés à l’impossibilité de rembourser une dette souveraine en croissance exponentielle.

http://www.youtube.com/watch?v=3z8f...

Son echo a attiré de nombreux spectateurs de par le monde, dont certains ont laissé des commentaires regrettant qu’il ne soit pas disponible en d’autres langues que le grec, langue que je maitrise.

Il m’a paru suffisamment édifiant pour valoir la peine d’être traduit et mis à disposition des lecteurs Français. Je retranscris donc ici une première partie du documentaire de Catherine Kitidi et de Harry Hadji-stéphanou.

Cette partie (qui ne correspond cependant pas au début du film) explique le concept de la Dette Odieuse, de son utilisation politique et raconte comment l’Equateur s’est sorti de ce piège en 2006.

Cette histoire commence dans les années 1920 avec Alexandre Sac, ministre du Tsar et spécialiste de droit. Après la révolution de 1917, Sack se retrouve à donner des cours dans les universités Européennes et des USA. En 1927 il présente une trouvaille lumineuse : la notion de Dette Odieuse.

Pour définir une Dette Odieuse, il faut réunir trois conditions :

1) La dette a été contractée par les dirigeants sans l’agrément ni l’approbation des citoyens.

2) Les fonds empruntés sont investis dans des biens qui n’ont pas profité aux citoyens ou au pays.

3) Le prêteur était parfaitement informé de ces faits mais sifflotait en toute indifférence.

La proposition de Sack est perçue comme progressiste voire révolutionnaire. Dans la réalité ils servaient à cette époque les intérêts d’une grande puissance en construction : les USA. Les USA avaient créé un antécédent à la théorie de la Dette Odieuse en 1898, époque où, victorieux de la guerre Hispano-Américaine, ils prennent le contrôle de Cuba. Le problème est qu’en prenant Cuba ils ont également acquis la dette laissé derrière lui par le colon espagnol.

La colonisation espagnole ayant duré 400 ans depuis que Colomb avait posé le pied en Amérique, la dette était assez considérable. Les USA décident que la dette de Cuba répond aux critères de la Dette Odieuse et refusent de la rembourser. Une semblable histoire s’est produite au Mexique quelques années avant. Quand l’armée démocratique détrône l’empereur Maximilien, les révolutionnaires décident que les dettes contractée par le souverain étaient Odieuses.

Maximilien avait emprunté des sommes considérables pour combattre les forces de l’opposition. Comme il devait beaucoup, tant envers ses prêteurs qu’envers le peuple mexicain, on l’a mis à dix pas et on l’a fusillé.

La plupart des exemples de Dette Odieuse du XIXe et XXe siècle concerne des pays d’Amérique du Sud. En réalité, derrière toutes ces cessations de payement, on retrouve une puissance unique : les USA.

C’est cette puissance qui introduira aussi la Dette odieuse dans l’histoire du XXIe siècle. Décembre 2002. La maison blanche met la touche finale aux préparatif d’invasion et d’occupation de l’Irak. Avant même que les armes ne parlent, les officiels préparent le jour suivant la chute de Saddam Hussein. Le département d’état sait qu’il devra gérer l’immense dette souveraine de l’Irak. C’est pourquoi il lui faut démontrer qu’elle constitue une Dette Odieuse. Il réunit donc une équipe de travail secrète qui organise l’avènement de l’équipe gouvernementale qui dès sa prise de pouvoir décrétera que le peuple Irakien ne doit pas rembourser la dette national. Tout est prêt pour l’attaque.

Eric Toussaint, président du CADTM (en français dans le texte) : "Rappelez vous, en 2003 les Etats Unis avec leurs alliés envahissent l’Irak, c’est en mars 2003, et 3 semaines plus tard, le secrétaire au trésor des Etats Unis, convoque ses collègues du G8 a Washington et leur dit « la dette de Saddam Hussein est une Dette Odieuse. Son régime est un régime dictatorial, nous devons renoncer à récupérer cette Dette Odieuse, le nouveau régime qui va venir en Irak doit étre libéré du poids de cette dette. George W Bush demandera à James Baker de persuader la communauté internationale que la dette de Saddam Hussein est Odieuse et que le dictateur gaspillait les sommes qui lui étaient prêtées en palais et en armes. Les expert ont établit que l’Irak devait des milliards de $ à la France et à la Russie, en achat de missiles exocets, mirages F1 et Migs. Dans la réalité, le comportement de Saddam Hussein ne différait guère de celui des autres dirigeants. Les palais sont pour les peuples arabes l’équivalant des jeux olympique : des démonstrations de puissance économique et d’organisation sociale. La diplomatie américaine finira par imposer que la dette de l’Irak et Odieuse et que le peuple Irakien ne doit pas la rembourser. Mais Washington se rend compte alors qu’elle ouvre l’outre d’Eole (donnée à Ulysse et contenant les vents selon l’Odyssée) et décide de cacher l’affaire sous le tapis.

Finalement les autres pays ont dit « Ok on supprime 80% de la dette Irakienne, au sein du Club de Paris », mais ils ont dit « n’utilisez pas officiellement la notion de Dette Odieuse » car si on l’utilise d’autres pays vont faire appel à la jurisprudence, par exemple le Congo va dire « la dette de Mubutu il ne faut pas la rembourser », les Philippines vont dire, « La dette du dictateur Marcos on veux pas la rembourser », l’Afrique du sud (…) donc pour éviter une extension de la notion de Dette Odieuse dans les années 2000 on a pris une solution Ad hoc qui concerne l’Irak. Mais pour nous, c’est clairement la démonstration que la doctrine de la Dette Odieuse s’applique. Les USA continueront à aider l’Irak à se débarrasser de ses anciennes dettes mais personne à Washington ne veux plus entendre les mots « Dette Odieuse ». Ainsi l’Irak est parvenue à annuler une grandes partie des dettes souscrites par la dictature. Un autre pays a choisi de se confronter au FMI et de faire face à ses grands débiteurs par ses propres moyens. Il est parvenu à démontrer que sa dette est non seulement Odieuse mais aussi illégale et anticonstitutionnel."

Raphael Correa, Président de l’Equateur : « Nous mettons nos priorités nationales au dessus des intérêts internationaux. Quand l’heure viendra, si nous pouvons le faire, nous nous occuperons des intérêts internationaux mais la priorité d’abord à la vie et ensuite seulement à la dette. »

L’Equateur pourrait être un des pays les plus riches de l’Amérique Latine. Mais à partir du moment où il a découvert du pétrole, le pays n’a connu que les dictatures, la pauvreté, la dette, et les tueurs économiques.


John Perkins, tueur économique
 :« Mon vrai job consistait à faire souscrire des prêts à des pays étrangers, des prêts considérables, bien au-delà de ce qu’il leur était possible de rembourser. Par exemple, un milliard de $ à l’Indonésie ou l’Equateur, et ce pays aura à redonner 90% du prêt à des entreprises US en contrats publics d’infrastructure. Des sociétés comme Halliburton ou Bechtel, qui construisent des infrastructures électriques ou des ports, ou des autoroutes, et cela ne sert que les quelques familles les plus riches du pays. Les pauvres héritent juste de l’énorme dette qu’ils ne peuvent pas rembourser. »

En 1982, le FMI arrive en Equateur et un groupe d’expert représentant les créanciers du pays. L’Equateur s’engage à emprunter d’avantage pour régler ses dettes antérieures.


Hugo Arias, président de la cours des comptes de l’Equateur
 : "C’était simplement un tribu permanent que l’Equateur devait payer aux pays du nord. Pour prendre un exemple, de la décennies 80 jusqu’en 2005, les intérêts de la dette ont représenté 50% du budget de l’état, atteignant 3 à 4 milliards de $ annuels alors que les dépenses de santé n’en représentait que 4%. 4 milliards pour les intérêts de la dette, 400 millions seulement pour la santé ! 800 millions pour l’éducation. Nous tuions notre propre population."

L’Equateur s’est révolté. La crise semblait sous contrôle quand Lucio Gutierres a pris les choses en main et promet des réformes. Il se présente presque comme socialiste. Mais une fois aux affaires, il passe de nouveaux engagement auprès du FMI et impose une extrême rigueur.

Les citoyens décident qu’il doit partir, par le même moyen que les présidents Argentins : par hélicoptère. Le vice président Palacio, qui prend la succession, commence avec de bonnes intentions, mais se soumet bientôt à Washington. Le peuple se tourne alors vers le seul responsable à s’être opposé aux USA : Raphael Correa.

Corea a étudié l’économie en Europe est aux USA et sait comme on peut faire face au FMI et à la Banque Mondiale quand on a la volonté politique de le faire.

En 2005, quand il était ministre des finances, Raphael Correa a dit « ce n’est pas normal que le supplément de revenu pétrolier qui arrive dans les caisses du pays reparte intégralement au remboursement de la dette. C’est injuste pour la population. 80% des revenus pétroliers doivent être destinés à améliorer les dépenses sociales dans l’éducation, la santé, la création d’emplois. Seuls 20% doit aller dans le remboursement de la dette".
La Banque Mondiale a dit qu’il n’était pas question qu’elle continue à prêter de l’argent à l’Equateur s’il maintient une telle loi. C’était clairement une immixtion de la Banque Mondiale dans les affaires intérieures de l’Equateur, ce que Raphael Correa a refusé. Il a préféré démissionner plutôt que de plier devant la BM. Ca l’a rendu extrêmement populaire. Il a préféré sa dignité à son poste.

Correa finit par devenir président de l’Equateur en 2006. L’une de ses premières décisions fut de limoger le représentant de la Banque Centrale, d’en chasser les représentant du FMI. Parmi eux, Bob Thra, qui viendra ensuite sévir en Grèce, s’était fait particulièrement détester par la population. Six mois plus tard, Corea fit un pas de plus en établissant une commission de contrôle internationale.


Eric Toussaint, président du CADTM
 : "J’ai fait partie des personnes désignées par le président Correa pour faire partie de cette commission, il y a avait 18 membres et 4 organes de l’état. Nous étions chargé d’auditer tous les contrats qui avaient entrainé l’endettement du pays entre 1976 et 2006. Nous avons travaillé 14 mois, nous avons analysé la dette sous forme de bons, les dettes à l’égard du FMI, de la BM et d’autres organismes internationaux et les dettes à l’égard d’autres pays, France, Japon, Allemagne et enfin les dettes publiques intérieures de l’Equateur. La bataille pour accéder aux documents fut terrible. Au ministère des fiances, un de nos collaborateur, Alexandro Olmos et moi même avons été déclarés persona non grata. Les services du ministère des finances ont envoyé au ministre des lettres de plainte disant que Alexandro et moi-même avions fait du mal aux employés du ministère. Ca nous a fait rire, mais nous avons compris à quel point ce serait difficile quand nous avons été désigné comme les méchants de l’affaire. »

En dépit des difficulté la commission a mené à bien sa mission et a constaté qu’une grande part des dettes étaient sous-évaluée. L’état a communiqué ces résultats aux citoyens.

Eric Toussaint, président du CADTM : « En fait ce qui était important au niveau de la commission d’audit des finances de l’Equateur, c’est que tous nos travaux ont été rendus publics. Donc la population Equatorienne a été informé de pourquoi la dette qui avait été contractée par le gouvernement antérieur au cours notamment de l’année 2000 était frappée d’illégitimité. »

Possédant les résultats de la commission, le gouvernement démontra que la dette était infondée et a bloqué 70% de son remboursement.

Hugo Arias : « Les créanciers se mirent à solder leurs parts de la dette à 20% de leur valeur et le gouvernement les a secrètement racheté. Avec 800 millions de $ elle a racheté les 3 milliards de la dette. Ce fut une réduction très significative qui a permis de changer les conditions de vie du peuple. »

Eric Toussaint : « Il faut aussi compter dans l’économie faite par l’Equateur les intérêts qu’il aurait fallu payer jusqu’en 2012 ou 2030. Et si on prend tout en compte c’était une économie de plus de 7 mille millions de dollars pour l’équateur, donc une économie très importante pour le pays, qui a permis au gouvernement d’augmenter de façon très importante les dépenses d’éducations, de santé, de création d’emploi et l’amélioration d’infrastructures. »

En Grèce, les historiens, les économistes et les analystes débattent quotidiennement de la façon avec laquelle nous allons faire face à la dette. Il reste cependant une question que peu se posent. Le peuple grec est-il véritablement redevable de tout ce qu’on lui demande de rembourser ?


Eric Toussaint
 : « La dette plus récente de la Grèce, je dirais que c’est une dette frappée d’illégalité et d’illégitimité. Alors quels sont les signes de ça ? Et bien, quand les autorités d’un pays reçoivent des pots-de-vin de la part de sociétés transnationales, et c’est le cas de Siemens, qui, avec sa filiale Siemens Hellas, a distribué de l’argent, des pots-de-vin, à des responsables, à des ministres, à des hautes fonctionnaires, depuis plus de 10 ans, pour gagner des contrats, là on peut dire qu’il y a une marque d’illégalité et d’illégitimité. Et que ces dettes là doivent être remises en cause, c’est absolument évident pour moi. »

La justice grecque s’est montrée timorée dans l’affaire Siemens et très lente dans d’autres cas de transactions passées dans le dos du peuple grec et qui ont augmenté le poids de la dette qui repose sur ses épaules. Avec les transactions de swaps effectuées en 2001, le gouvernement a hypothéqué l’avenir afin de maquiller le présent avec un bien meilleur bilan factice. Elle a fait artificiellement baisser la dette du pays en convertissant un prêt en Yen en Euro et en se basant sur un taux de change passé. Pour aider à faire cette cuisine, c’est Goldman Sachs qui a mis la main à la pate, empochant au passage des millions dans ce deal.


Mark Kirk, Sénateur US
 : « Je suis particulièrement concerné par le rôle joué par les institutions financières US, en particulier Goldman Sacks, qui, quand la Grèce s’est trouvé droguée au crédits, Goldman a joué le rôle du dealer de Crack. »

L’astuce a fait illusion pendant de nombreuses années, et les élites politiques grecques ont montré qu’elles savaient récompenser leurs partenaires. Ils reprirent de nouveau Goldman Sacks comme conseillers en laissant l’ardoise aux citoyens.


Jean Quatremer, journaliste à Liberation
 : « La Goldman Sack a conseillé le gouvernement grec d’une main et de l’autre main attaquait le gouvernement grec. »

Le scandale est découvert en 2010. Quelques jours avant, un ancien employé de Goldman Sacks avait été nommé à la tête de l’organisme de gestion de la dette nationale grecque.

Jean Quatremer : « Embaucher quelqu’un qui a été chez Goldman Sacks, c’est comme embaucher un criminel pour surveiller votre maison… Quelqu’un qui est un braqueur de banque, vous l’embauchez pour surveiller votre maison. Là c’est la même chose. Effectivement il connaît bien les opérateurs et sait comment empêcher quelqu’un d’entrer dans votre maison, mais objectivement, le risque est bien plus grand qu’un jour il profite de votre absence pour tout piquer. Qu’est-ce qui me garantit que ce personnage qui est passé chez Goldman Sacks va gérer de façon optimale les affaires grecques ? »

Un bon nombre de pays critiquent la Grèce pour ses errements avec Goldman Sacks, mais ce sont les mêmes qui utilisent leurs relations avec le gouvernement grec pour fourguer leur armes et systèmes de défense au pays.

Zara Vangenkecht, porte parole de Die Linke : « Quand l’Allemagne s’est rendue compte de la position de la Grèce, il y a un an de cela, le mot d’ordre a été de ne pas arrêter les exportation d’armements allemands. La Grèce devait économiser sur les retraites, et les services publiques mais pas sur l’armement. Cela montre l’implication de certains intérêts. Le gouvernement allemand se comporte comme le protecteur des fabricants d’armes allemands et de l’industrie de l’exportation. Ils veulent que les exportation continuent en dépit de la crise. »


Daniel Cohn Bendit (Eurodéputé vert)
 :« On est quand même hypocrites ! Ces derniers mois la France a vendu 6 frégates à la Grèce pour 2 milliards et demie d’Euros, des Hélicoptères pour plus de 400 millions, des Rafales à 100 millions l’unité. Mon « espionnage » ne m’a pas permis de dire si c’est 10 ou 20 ou 30 Rafales. Ca fait presque 3 milliards ! L’Allemagne a vendu 6 sous-marins, pour 1 milliard dans les prochaines années. Mais on est complètement hypocrites ! On leur donne de l’argent pour acheter nos armes ! »

Face à l’hypocrisie européenne, des reculades coupables complètent les décisions criminelles. Toujours au prétexte du bien de la nation, cette nouvelle Grande Idée (nom d’un projet nationaliste avorté) a laissé derrière elle des friches immobilières en ruine et des dettes immenses.

George Voulgarakis, ministre des finances : « Nous avons dépensé des sommes considérables, le double de ce qui a été dépensé à Sydney. Le cout final ne sera connu qu’a la fin des jeux Olympiques. »


C-STAN TV
 : « Vous avez parlé de 1,2 milliard de $ pour la sécurité. D’où vient tout cet argent ? »

George Voulgarakis : « Nous avions cet argent. »


C-STAN TV
 :« C’est de l’argent grec ou ce sont des fonds provenant du comité olympique ou bien encore des USA ? »

George Voulgarakis : « Nous parlons d’argent Grec. Sans doute est-ce plus que ce que nous pouvons fournir mais il ne s’agit que de sécurité."


Eric Toussaint
 : « On a fait des dépenses somptueuses, tout à fait exagérées, payées par la population grecque, parce que pour rembourser les dettes contractés pour réaliser ses jeux olympiques, on utilise une grande partie des impôts payés par les citoyens grecs. Il est tout à fait normal que les citoyens grecs demande qu’on fasse une analyse très claire de pourquoi le budget des jeux olympiques a explosé et à quoi les dépenses ont servies. »

Les JO et les rapports avec les entreprises comme Siemens et Goldman Sacks ne représentent que la partie émergée de l’iceberg de dettes qui reposent sur les citoyens. Il existe cependant des malversations bien plus importantes qui ne concernent pas seulement la Grèce, mais tous les pays de la périphérie de l’Europe.

Constantin Lapavitsas professeur d’économie : « Toutes les règles ont elle été respectées dans les procédures aboutissant à la monétisation de la dette souveraine grecque ? Y a-t-il des conflits d’intérêt dans le rôle joué par les banques dans la vente tant sur le premier que le second marché des bons de la dette grecque ? Qui sont ces banques ? Comment et selon quelles conditions ont elles été impliquées dans ces transactions ? »


Zara Vangenkecht, porte parole de Die Linke
 : Une part importante des dettes souveraines de la zone Euro est monétisée. Et cela résulte d’une politique menée à l’encontre de l’intérêts des peuples. C’est pour financer cela que les citoyens payent. »

L’exemple de l’Equateur nous a montré que les circonstances illégales dans lesquelles la dette a été générée peuvent être dévoilées par une commission d’enquête d’économistes.

« Pourquoi ne nous dit-on pas clairement de quoi est constitué cette dette ? Quel est son montant ? Et comment a-t-elle été générée ? Et auprès de qui nous sommes endettés ? C’est pour répondre à ces questions qu’il est urgent et impératif de créer une commission aux comptes chargée de cerner précisément la nature de cette dette. C’est pourquoi je dis que nous ne pouvons nous contenter des mensonges des banques, du gouvernement ou des perroquets qui sont payés pour répéter ces discours creux. »

Mais qui va créer cette commission de contrôle ? Et comment nous assurer qu’il ne s’agira pas encore d’une énième commission parlementaire constituée des mêmes personnes qui ont généré la situation actuelle ?


Constantin Lapavitsas
 : " Ca ne peut pas s’agir une simple commission d’experts. Car si il ne s’agit que d’une commission d’experts nommés par le gouvernement, même il fait venir des experts étrangers, même si il y a des représentants de la société civile, il y a le danger qu’ils soient orientés. »

Hugo Arias : « Il n’y a que le peuple qui soit légitime pour demander une commission des comptes. C’est pourquoi il est primordial de sensibiliser tout le peuple pour qu’il se mobilise afin de demander cet audit. »


Eric Toussaint
 : « Dans la situation grecque, effectivement, comme le parti de la Nouvelle Démocratie (droite) ou le Pasok (socialiste) ont bénéficiés eux-mêmes d’avantages en endettant le pays depuis une quinzaine d’années, il est certain que ces partis voient très mal de faire un audit car leur responsabilité va être démontrée aux yeux du public. Donc ce qu’il doit se passer c’est que l’opinion publique grecque doit se mobiliser, des organisation doivent aussi se mobiliser, des syndicats, la magistrature grecque, des intellectuels, des artistes… Les gens doivent faire connaître leur avis et faire monter la pression sur le pouvoir politique. »

Depuis mars, une équipe de personnes d’horizons politiques et professionnels variés, a lancé une initiative pour la création d’une commission d’enquête chargée d’auditer la dette grecque.

Des professeurs, des journalistes, des artistes ou des syndicaliste du monde entier ont soutenu cette initiative. La commission devra dire quelle part de la dette est illégitime et illégale et établira, en se basant sur le droit grec et international, que le peuple grec n’est pas obligé de rembourser cette part de la dette.

Cependant la décision demeure dans les mains des politiques et no des économistes. Quand bien même la dette serait légitime, aucun gouvernement na le droit d’assassiner sa population pour servir les intérêts des créanciers.

Constantin Lapavitsas  : « Même si il était démontré que l’intégralité des 350 milliards d’Euros de la dette souveraine grecque étaient légitimes, ce qui ne sera pas le cas, la Grèce ne pourrait de toute façons pas l’honorer. Il faudra donc l’effacer. Si le poids de la dette impose le démantèlement des hôpitaux, de l’éducation, des routes, dans ce cas c’est le cout social qui deviendra insupportable. En substance, le gouvernement dit qu’il va se mettre en défaut de payement vis-à-vis des citoyens grecs. Je ne comprends pas comment un gouvernement socialiste, élu démocratiquement, peut décider de faire défaut à ses citoyens plutôt qu’aux institutions financières. Il n’y a pas d’autre choix, dans les décennies qui viennent, que de ne pas honorer la dette car elle est basée sur le néolibéralisme. Et le comportement néolibéral était un crime contre l’humanité. Personne n’a l’obligation de payer cette dette, parce que cette dette a été accumulée à travers un fonctionnement vicieux du marché. »


Constantin Lapavitsas
 : « Il est odieux de payer une Dette Odieuse. »

La création d’une commission d’enquête économique n’est pas une finalité. Ce n’est qu’une arme politique dans une bataille plus vaste d’une guerre où s’affrontent depuis des siècles des forces antagonistes pour la maitrise du système. Même si nous effaçons cette dette, la dette renaitra de ses centres.


Constantin Lapavitsas
 : « Ce sera une arme dans une confrontation idéologique et politique. La dette est une arme également. »

Eric Toussaint : « N’ayez surtout pas peur, en tant que Grecs de revendiquer vos droits dans l’UE, par rapport au gouvernement grec. C’est fondamental, c’est en se battant qu’on fait respecter ses droits. C’est pas en se soumettant au diktat des créanciers. Regardez la Tunisie, regardez l’Egypte. C’est quand une population se met en action qu’elle peur réellement changer une situation. »

 

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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 20:57

Ajoutée par telelibre le 12 nov. 2011

Le 11.11.11 à La Défense

 

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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 20:51
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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 20:48

franceculture -10.11.2011 - 17:00

Un documentaire d'Alain Lewkowicz et Rafik Zenine

 

A. Lewkowicz©Radio France

Militance : une nouvelle génération arrive ! Qu’on les appelle « les indignés », « les occupants de Wall Street » ou encore les « uncutters », ils sont avant tout citoyens et avec les nouvelles technologies – Internet, Facebook, Twitter et les autres réseaux sociaux – ils ont en main de nouveaux outils pour s’organiser et se rassembler rapidement. Né au lendemain de la nomination de David Cameron au poste de Premier ministre britannique en mai 2010, le mouvement « Uncut », « contre les coupes », ….budgétaires,  se propage.  Après les Etats-Unis, l’Espagne et l’Italie, ses partisans sont désormais en actifs en France. Sur les docks les a rencontrés  à Quimper dans le Finistère.  Leur mode d’action favori : l’occupation non violente de lieux symboliques, notamment les entreprises françaises qu’ils soupçonnent de  pratiquer  l’évasion fiscale.
Après Orange et la BNP,  c’est Total  qui a été  leur  cible. Le petit groupe s’est  préparé  avec application pour occuper une station service de l’enseigne .A force de slogans, de déguisements et jeux, ils espèrent  mieux faire passer leur message auprès des consommateurs. Après les barricades et les  coktails molotov d’hier,  bienvenue dans une ère plus festive.

Avec Cécile, Baptiste, Agnès, Pascal et Ernest

 

 

 

 

 

 

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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 20:43

 

 

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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 20:39

Tribune de Genève - AP | 12.11.2011 | 17:38


Manifestations | A Francfort et à Berlin, plusieurs milliers d'«indignés» ont dénoncé samedi les excès de la spéculation financière et demandé au gouvernement allemand le démantèlement des grandes banques.

KEYSTONE
© KEYSTONE | Plusieurs milliers d'«indignés» allemands manifestaient samedi à Francfort et Berlin.

Plusieurs milliers d'«indignés» allemands manifestaient samedi à Francfort et Berlin pour dénoncer les excès de la spéculation financière et demander au gouvernement le démantèlement des grandes banques.

A Francfort, quelque 9000 personnes, selon la police, manifestaient dans le calme près des bureaux de la Banque centrale européenne (BCE) au coeur de la ville. A Berlin, les manifestants ont formé une chaîne humaine pour encercler des parties du quartier des ministères. La police parlait de "plusieurs milliers" de manifestants dans la capitale allemande.

Les organisateurs faisaient de leur côté état d'environ 8000 manifestants à Berlin et 10'000 à Francfort.

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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 20:33

Le Point - - Publié le 12/11/2011 à 15:39

 

Espagne: retour des "indignés" au centre de Barcelone pour les élections

afp.com/Cesar Manso

 

Les "indignés" qui avaient quitté fin juin la place de Catalogne, au centre de Barcelone (nord-est), ont installé un "point d'information" qu'ils entendent maintenir jusqu'aux élections législatives du 20 novembre, a indiqué samedi à l'AFP l'un de leurs porte-parole.

 

Les "indignés" qui avaient quitté fin juin la place de Catalogne, au centre de Barcelone (nord-est), ont installé un "point d'information" qu'ils entendent maintenir jusqu'aux élections législatives du 20 novembre, a indiqué samedi à l'AFP l'un de leurs porte-parole.

"Nous avons compté hier soir autour de 200 personnes et quelque-unes ont monté des tentes", a déclaré Roc Peris, ajoutant qu'un nouveau rassemblement était prévu samedi.

"L'intention était de monter un point d'information sur les différentes possibilités de vote qui existent et comment fonctionne le système", a-t-il ajouté, précisant que seule une dizaine d'entre elles restaient samedi matin.

Il a souligné que le mouvement ne donnait "aucun consigne de vote".

Selon lui, "l'objectif est de maintenir jusqu'au 20 novembre minimum ce point d'information". "Nous voulons maintenir un petit campement, calme, durant toute la semaine", a-t-il expliqué, ajoutant que la police régionale catalane était venu les déloger mais avait finalement renoncer. La police régionale n'était pas joignable samedi.

Fin juin, les "indignés" avaient levé leur campement de la place de Catalogne après l'avoir installé avant les élections municipales de mai.

Ce retour au centre de Barcelone coïncide avec plusieurs appels à manifester lancés à Madrid avant les élections par les "indignés", décidés à défier une interdiction décrétée par les autorités durant la campagne et frappant plus de 100 lieux de la capitale, dont la symbolique Puerta del Sol.

Sous le mot d'ordre "Changement de modèle, maintenant", une manifestation est prévue dimanche dans le centre de la capitale, pour la "défense du service public, de la participation citoyenne et pour condamner la corruption et la spéculation urbanistique".

Né spontanément le 15 mai d'une petite manifestation de citoyens, ce mouvement qui dénonce les excès du libéralisme et la corruption s'est vite propagé à toute l'Espagne, largement relayé par les réseaux sociaux. Il a essaimé dans plusieurs pays européens et jusqu'aux Etats-Unis et au Canada.

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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 20:30

cyberpresse.ca

Publié le 12 novembre 2011 à 14h58 | Mis à jour à 14h58

 

Quelque 300 manifestants se sont rassemblés à Grand... (Photo: PC)


Quelque 300 manifestants se sont rassemblés à Grand Parade, une place du centre-ville, pour démontrer leur colère.

Photo: PC

Les «indignés» néo-écossais ont réclamé samedi la démission du maire de Halifax, Peter Kelly, qui les avait expulsés d'un parc du centre-ville, la veille.

M. Kelly avait ordonné le démantèlement du campement, affirmant que les parcs municipaux devaient être admissibles à tous.

Les policiers locaux ont effectué 14 arrestations au cours de l'opération.

Quelque 300 manifestants se sont rassemblés à Grand Parade, une place du centre-ville, pour démontrer leur colère.

Ils ont affirmé que le maire avait négocié de mauvaise foi avec eux.

Plusieurs dizaines de policiers étaient sur les lieux.

La Presse Canadienne
Halifax

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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 20:27
Ciao 13/11/2011 à 01h55

Pierre Haski

--- Rue89

 

« Il Cavaliere » a présenté samedi soir sa démission au président Giorgio Napolitano, après l'adoption par les députés des mesures d'austérité européennes.


« Fail » (échec), la une du Time sur Berlusconi, revue par des Italiens saluant le départ de Berlusconi, à Rome, le 12 novembre 2011 (Tony Gentile/Reuters)

Silvio Berlusconi est parti. Humilié par des milliers d'Italiens en liesse venus l'attendre devant le palais du Quirinal, la résidence du président de la République où il était venu présenter sa démission dans la soirée, et qui lui criaient : « Mafieux », « Honte », « Bouffon »...

 

 

La fête à Rome lorsque Berlusconi est venu présenter sa démission au président italien

 

Après l'annonce de sa démission, les rues de Rome ont été envahies par la foule et les voitures klaxonnaient pour marquer la joie. Certains manifestants criaient « primavera, primavera » (printemps, printemps), en référence aux printemps arabes qui ont réussi à abattre des dictatures.

Ce départ humiliant met fin à un règne de près de dix ans au pouvoir sur les dix-huit dernières années, battu, plusieurs fois donné hors-jeu pour toujours, et pourtant réélu par les Italiens auxquels il disait qu'il ressemblait, pour le meilleur et pour le pire.


Berlusciao (Baudry)

Et, de fait, ce ne sont pas les Italiens qui ont chassé « Il Cavaliere » du pouvoir, mais les marchés financiers qui ont pénalisé l'Italie après avoir essoré la Grèce, au point que le maintien de Silvio Berlusconi aurait pénalisé l'économie italienne en raison de la défiance internationale à son égard. Le taux de l'argent qu'empruntait l'Italie sur les marchés internationaux avait atteint ces derniers jours un niveau record, insoutenable longtemps.

Victime, aussi, du lâchage de ses camarades de Sommet européen Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, dont l'échange de sourires complices, à Bruxelles il y a deux semaines, à une question sur la confiance qu'ils accordaient au président du Conseil italien en disait long sur son discrédit. Une scène qui avait profondément choqué l'Italie, celle des pro ou anti-Berlusconi confondus.

De fait, tout comme Georges Papandréou en Grèce, Silvio Berlusconi est à la fois la victime de la dernière poussée de fièvre autour de la zone euro, mais aussi la victime de sa propre incapacité à sortir son pays de l'ornière de la crise de la dette.

José Luis Zapatero, le chef du gouvernement espagnol, sera le prochain leader européen à tirer sa révérence à la fin du mois, à l'issue des élections législatives espagnoles.

Les défis de Mario Monti


Mario Monti (Wikipédia)

Pour remplacer cet homme dont le pouvoir magique d'embrouiller tout le monde avait fini par lasser et s'épuiser, le président Giorgio Napolitano devrait appeler l'ex-commissaire européen Mario Monti, attendu comme le Messie pour sa crédibilité dans les milieux financiers, qui devrait apporter un peu de répit dans le chahut de la dette italienne.

Mais si le départ de Berlusconi marque la fin d'une gestion à la petite semaine et la fin des pitreries dégradantes de l'homme du « bunga bunga », les Italiens sont loin d'être tirés d'affaire. C'est au contraire le début de la « purge ».

S'il est désigné à l'issue des tractations entre les partis politiques, Mario Monti aura un mandat simple : appliquer les mesures d'austérité promises à l'Europe, et approuvées par une très large majorité (380 pour, 26 contre, le Parti démocrate ne prenant pas part au vote) par la Chambre des députés.

Un plan qui affectera sérieusement le mode de vie des Italiens : cessions d'actifs publics, retraites, libéralisations, simplification des procédures administratives, incitations à l'embauche. La réforme du marché du travail, également promise et destinée à faciliter les licenciements, ne fait en revanche pas partie de ce paquet de mesures et doit être adoptée dans un deuxième temps, après une négociation avec les partenaires sociaux.

Le nouveau gouvernement devrait être formé d'ici dimanche soir pour être en place au moment de la réouverture des marchés lundi matin, si les derniers obstacles sont levés dans les négociations. La gauche devrait lui apporter son soutien.

Italie année zéro

Pour l'heure, les Italiens tournent la page Berlusconi avec un sentiment d'« Italie année zéro » comme après la guerre, ainsi que l'exprime Dario Franceschini, député du Parti démocrate, la principale formation d'opposition :

« Aujourd'hui, le rideau tombe sur une page longue et douloureuse de notre histoire.

L'Italie est un pays qui a envie de tourner la page et de recommencer à zéro. Demain, nous entrons dans une nouvelle ère : nous devons reconstruire sur les cendres : l'économie, la justice, la loi électorale... »

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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 20:23

Le Monde - 12 novembre 2011

Marta-Elena García, sympathisante des "indignées" depuis leur début, votera écolo. (S.M./Lemonde.fr)

 

Marta Elena García assiste à un forum organisé comme souvent par les indignés à la Puerta del Sol de Madrid. Ce jour-là, le thème est la bulle immobilière et une soixantaine de personnes assises par terre ou debout les bras croisés écoutent se succéder les économistes, les responsables écologiques et les autres orateurs invités par le mouvement. “Il existe des situations terribles ici avec des banques qui expulsent des gens de leur maison et exige en plus le remboursement d’une partie du prêt..., s’émeut Marta Elena quand on lui demande les raisons de sa présence. Le logement est un droit et on nous l’a ôté,” conclut-elle.

A 24 ans, cette jeune femme, diplômée d’architecture d’intérieur et actuellement étudiante en master d’illumination architecturale à l’université politecnica de Madrid est sympathisante du 15-M depuis ses débuts. “Cela m’a rendu très heureuse de voir des gens s’unir et lever la tête quand on pensait que les choses étaient inamovibles, dit-elle en souriant. Je crois qu’il faut regarder le monde différemment pour trouver des solutions et que celles-là ne peuvent venir que si depuis le haut mais surtout depuis la base, les gens se mobilisent pour permettre un changement de société.”

Le Forum sur la bulle immobilière organisé par les indignés Puerta del Sol mercredi 8 novembre. (Photo S.M./Lemonde.fr)

 

Les actions menées par les indignés contre les expulsions, les revendications dans la rue, devant le siège de partis politiques, de banques ou de grandes entreprises, elle y adhère entièrement. En revanche, les élections, elle n’y croit plus beaucoup. “Je ne veux pas être pessimiste mais je ne crois pas qu’elles apporteront des changements au pays”.

Une plate-forme pour faire pression sur les partis

Ancienne fidèle votante du Parti socialiste espagnol (PSOE), elle dit qu’elle a “perdu la foi dans la gauche”. Elle ira donc voter pour un des partis minoritaires, “sans doute les écologistes d’Equo”, un nouveau parti qui cherche à rassembler toutes les forces écologiques jusqu’à présent disséminées et divisées dans le pays, et récupérer un certain nombre de revendications des “indignés”.

“Je me suis sentie trompée par le PSOE, qui a mené une politique contraire aux droits sociaux. Maintenant, à deux semaines des élections, ils lancent des idées pour sortir de la crise mais ils sont au pouvoir, pourquoi ne les appliquent-ils pas?,” s’insurge-t-elle.

Marta a davantage confiance dans les indignés. Pourquoi alors ne pas créer un parti? “Le mouvement perdrait son aspect désintéressé. Les indignés sont intéressés par les gens, pas par le pouvoir!”

Quel rôle alors pourraient avoir les indignés? “Puisque nous sommes une majorité à ne plus croire dans le gouvernement, j’espère que nous sortirons de plus en plus dans la rue et que nous deviendrons une vraie plate-forme pour le changement, pour faire pression sur les partis afin que les gens obtiennent ce dont ils ont besoin.”

A commencer par un travail, un toit, de quoi vivre dignement. Marta Elena ne se fait pas d’illusion, elle sait que “la situation n’est pas facile” et qu’il lui sera difficile de trouver un emploi. Mais pour le moment, elle garde espoir. Elle habite toujours chez ses parents dans  le centre de Madrid et n’a pas de projets de partir. “Je vais chercher du travail ici. Si je n’en trouve pas, je finirai par partir, comme beaucoup d’amis l’ont fait, mais cela me ferait de la peine. Ce serait un peu comme abandonner le navire en plein naufrage...”

Sandrine Morel

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