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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 15:50

LEMONDE.FR avec AFP | 10.11.11 | 21h59   •  Mis à jour le 10.11.11 | 23h24

 

 

Ce choix, qui est une victoire pour les opposants, est fondé sur des inquiétudes concernant des zones naturelles fragiles dans l'Etat du Nebraska, dans le centre du pays.

Ce choix, qui est une victoire pour les opposants, est fondé sur des inquiétudes concernant des zones naturelles fragiles dans l'Etat du Nebraska, dans le centre du pays.AFP/JUSTIN SULLIVAN


L'administration américaine a annoncé jeudi 10 novembre son intention d'étudier un nouveau tracé pour un projet controversé d'oléoduc entre les Etats-Unis et le Canada, repoussant la décision au début de 2013, soit bien après l'élection présidentielle américaine de novembre 2012.

Ce choix, qui est une victoire pour les opposants, est fondé sur des inquiétudes concernant des zones naturelles fragiles dans l'Etat du Nebraska (dans le centre du pays), indique le département d'Etat.

La région de Sand Hills "comprend une forte concentration de marais fragiles, un écosystème sensible et d'importantes zones de nappes phréatiques peu profondes". Ce sont ces dernières qui ont suscité le plus de commentaires lors de l'étude d'impact, admet la diplomatie américaine, chargée de la décision finale dans la mesure où l'oléoduc traverse une frontière.

OPPOSITION FAROUCHE

Le projet, porté par le consortium TransCanada, s'étend sur 2 700 km entre la province canadienne d'Alberta et le golfe du Mexique. Il suscite une opposition farouche dans les régions traversées et de la part des défenseurs de l'environnement. La décision finale devait jusqu'à présent être rendue à la fin de l'année.

>> Lire notre éclairage : La contestation monte contre l'oléoduc géant Canada-Texas (édition abonnés)

Le président Barack Obama a lui-même expliqué dans un communiqué qu'il fallait "prendre le temps de s'assurer que l'on [avait] bien étudié toutes les questions", et qu'il en allait "de la santé et de la sécurité du peuple américain, tout comme de l'environnement".

La Maison Blanche a également rappelé l'autre enjeu du projet d'oléoduc, "le renforcement de la sécurité énergétique du pays", qui passe notamment par "l'augmentation responsable de la production nationale de pétrole et de gaz". Keystone XL est au cœur de cette stratégie visant à rechercher des sources non conventionnelles d'hydrocarbures, dans l'espoir d'échapper à la dépendance à l'égard des régions pétrolifères traditionnelles.

SABLES BITUMINEUX

Outre les inquiétudes pour l'environnement des régions traversées, l'oléoduc est ainsi décrié en raison de l'origine de l'or noir qu'il transporterait : les sables bitumineux de la province d'Alberta, une source de pétrole qui nécessite une extraction énergivore et productrice d'un grand volume de gaz à effet de serre.

Des groupes amérindiens aux Etats-Unis et au Canada sont également farouchement hostiles au projet. L'ONG Les Amis de la Terre, l'un des opposants les plus actifs à Keystone XL, a envisagé dès jeudi son abandon définitif. Le président de l'association, Erich Pica, dit espérer que cette réévaluation du tracé "va mettre fin aux efforts de TransCanada pour obtenir cet oléoduc".

Les opposants au projet avaient accusé en octobre le département d'Etat de partialité en faveur de TransCanada. Les Amis de la Terre avaient notamment cité des courriels au ton chaleureux entre une fonctionnaire de l'ambassade des Etats-Unis à Ottawa et Paul Elliott, le lobbyiste américain employé par TransCanada.

Les ONG pointaient aussi le fait que Paul Elliott avait travaillé pour la campagne de la secrétaire d'Etat Hillary Clinton pour l'investiture démocrate à la présidentielle américaine de 2008.

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 15:47

Le Monde - 11 novembre 2011

Sarah Holmberg, Puerta del Sol, profite d'un Forum sur la bulle immobilière organisé par les indignés mercredi 9 novembre pour distribuer son questionnaire. (S.M./lemonde.fr)

 

Sara Holmberg est partout où il y a des "indignés". Cette jeune et jolie Suédoise, grande blonde aux yeux clairs, va de la Puerta del Sol au parc du Retiro en passant par l'hôtel Madrid distribuer son questionnaire. Une page A4 recto verso et 15 questions pour savoir "qui sont exactement les 'indignés', quelles sont leurs valeurs, pourquoi sont-il indignés, si leur raisons sont d'ordre personnel ou collectif", détaille cette jeune femme de 23 ans.

Simple curiosité ? Pas vraiment. Cette étudiante en sciences politiques à l'université d'Uppsala, en Suède, a choisi de faire son mémoire de maîtrise sur ce mouvement citoyen né le 15 mai dernier. Elle a envoyé son questionnaire dans les assemblées d'indignés de quinze villes et à la plateforme Democracia real ya (Démocratie réelle maintenant), considérée comme étant à l'origine du "mouvement du 15-M", pour qu'ils le fassent circuler.

En attendant, Sara a déjà pu sortir quelques conclusions, qu'elle devra affiner avant de soutenir son mémoire, le 5 janvier. "Les 'indignés' insistent pour dire qu'ils représentent toute la société, qu'ils sont comme tout le monde, mais pour le moment, je n'ai vu que des gens qui se considèrent à gauche. En revanche, il est vrai que tous les âges et toutes les conditions sont représentés. On trouve beaucoup de retraités et de travailleurs, et pas seulement des étudiants. De fait, la moyenne d'âge n'est pas très jeune. Et il semblerait qu'il y ait plus d'hommes que de femmes."

Sara a eu l'idée de réaliser ce mémoire au printemps, alors qu'elle passait quelques mois en échange Erasmus à Grenade. "J'ai été surprise de voir les citoyens demander une 'vraie' démocratie alors que l'Espagne est considérée comme un pays avec une démocratie consolidée. C'est de là que m'est venue l'idée." Avant d'avouer : "Quand le mouvement est né, j'ai pensé qu'il ne survivrait pas et pourtant..."

Sandrine Morel

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 15:45

LEMONDE | 11.11.11 | 12h50   •  Mis à jour le 11.11.11 | 16h12

 
 

 

Fuyant la guerre civile de 1946-1949 et les soubresauts politiques, Aristote Onassis (ici en octobre 1970) et d'autres riches armateurs grecs se sont réfugiés à Londres.

Fuyant la guerre civile de 1946-1949 et les soubresauts politiques, Aristote Onassis (ici en octobre 1970) et d'autres riches armateurs grecs se sont réfugiés à Londres.AFP


Londres Correspondant - A lire un petit entrefilet publié récemment dans le Times, plusieurs appartements de Hyde Park One, le nouveau quartier de super-riches bâti à Knightsbridge, ont été achetés par des armateurs grecs à la recherche d'un sanctuaire.

L'agent immobilier Knight Frank, en charge de la vente, a refusé de divulguer l'identité de ses clients. "The London Greeks", comme on appelle les magnats grecs du transport maritime installés à Londres, sont d'une discrétion à toute épreuve.

Le Lloyd's List, le quotidien de référence du transport par mer, estime qu'une centaine de compagnies maritimes grecques, employant 1 500 personnes, ont pignon sur rue dans la capitale britannique.

Les plus grands noms de la profession y sont présents : Chandris, Goulandris, Embiricos, Lemos, Hadjipateras, Niarchos ou Tsakos. Ce dernier groupe représente un bon quart des membres du Baltic Exchange, la Bourse des affrètements maritimes de la City. Ils contrôleraient 10 % à 20 % de la flotte grecque.

Pourtant, la liste des 1 000 plus grandes fortunes britanniques, publiée annuellement par le Sunday Times, ne comprend qu'un seul nom grec, celui de John Goulandris. Dans le classement 2011, les avoirs de cet "empereur du shipping" sont évalués à 200 millions de livres (234,4 millions d'euros), ce qui le place à la 337e position. M. Goulandris se situe loin derrière les oligarques russes, les industriels des pays émergents ou autres nababs du Golfe ayant élu domicile outre-Manche.

"Il est impossible d'en savoir plus" sur ces London Greeks, "car ce sont des sociétés privées qui recrutent les meilleurs avocats pour tenir les curieux à distance. La plupart contestent même le fait qu'ils vivent à Londres, affirmant qu'ils n'y disposent que d'un simple pied-à-terre", souligne Philip Beresford, l'auteur du hit-parade du Sunday Times.

Conservateurs

La première raison de cet ancrage est fiscale. Les London Greeks bénéficient du statut de "résidents non domiciliés". Cette qualification leur permet de n'être imposés que sur les revenus générés au Royaume-Uni et non pas sur l'ensemble de leur patrimoine.

Autre motif, Londres reste le premier carrefour mondial des affaires maritimes en matière de financement, d'assurance, de courtage et d'affrètement. S'ajoutent à tout cela l'avantage des fuseaux horaires et l'expérience des professionnels aux méthodes bien rodées.

Les premières familles d'armateurs grecs sont arrivées à Londres dans les années 1850 pour acheter des bateaux à vapeur. En 1935 a été fondée le Greek Shipping Cooperation Committee, une organisation de représentation liée à l'Union des armateurs grecs établie au Pirée.

Fuyant la guerre civile de 1946-1949 et les soubresauts politiques, les Niarchos, Onassis et consorts se sont réfugiés à Londres. L'existence, à l'époque, d'une royauté grecque et le mariage du prince Philip (d'ascendance grecque et danoise) avec la future reine Elizabeth II leur a ouvert les portes de l'establishment britannique.

Conservateurs, voire réactionnaires, beaucoup ont soutenu la dictature des colonels (1967-1974). Aujourd'hui, ils financent l'ancien roi Constantin, qui vit en exil à Londres, des causes philanthropiques et des chaires d'études helléniques dans les universités britanniques.

Les armateurs grecs constituent un lobby d'une grande efficacité. Quand le gouvernement de Gordon Brown, en 2008, a essayé de taxer davantage les résidents non domiciliés sur une partie de leurs avoirs détenus à l'étranger, ces derniers se sont mobilisés, menaçant de partir en masse au Pirée, à Nicosie, à Genève ou à Singapour.

Cette campagne a eu raison du projet de relèvement de l'impôt. Le ministère des finances s'est contenté de frapper les non-résidents installés depuis plus de sept ans d'un impôt fixe annuel ridiculement bas de 30 000 livres.

Marc Roche

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 15:40

Reportage | LEMONDE | 11.11.11 | 12h51   •  Mis à jour le 11.11.11 | 16h12

 
 

 

Pratiquement tous les armateurs grecs sont installés dans le port du Pirée près d'Athènes, (ici des bateaux à quai en octobre 2011).

Pratiquement tous les armateurs grecs sont installés dans le port du Pirée près d'Athènes, (ici des bateaux à quai en octobre 2011).AFP/LOUISA GOULIAMAKI

Athènes Correspondance - Pour vivre riche et heureux dans une Grèce en crise, mieux vaut rester discret. L'idée de parler au président de l'Union des armateurs grecs - ou à un membre de cette Union - semble saugrenue à son assistante : "Seul, explique-t-elle, le président parle aux journalistes, et il ne parle que lors de conférences de presse." Qui sont rares.

"Nous aimons parler business, mais nous n'avons pas besoin de communiquer", relève Georges Gourdomichalis, armateur, quadragénaire, né à Londres mais revenu aux pays : "Tous les Grecs veulent retourner à la maison, comme Ulysse."

Ses bureaux sont au Pirée, sur l'Akti Miaouli, un quai à grande circulation, où se trouvent pratiquement tous les armateurs, mais aussi les banques spécialisées, les brokers, les assurances, tout ce qui gravite autour de la marine marchande.

Le bureau de M. Gourdomichalis est sans luxe particulier. Les maquettes de bateau, les marines au mur, et les exemplaires de la Lloyd's list indiquent la vocation du lieu. Une salle de conférences permet de parler avec les capitaines des bateaux.

M. Gourdomichalis est un petit armateur, représentatif de la majorité de la profession. Les trois quarts des armateurs grecs ont moins de dix bateaux.

"Les armateurs sont les chauffeurs de camionnettes de la mer, qui transportent n'importe quoi, n'importe où, pour n'importe qui", explique Nicolas A. Vernicos, l'un des rares armateurs aimant parler. Lui appartient à une famille d'armateurs originaire de Sifnos, dans les Cyclades, qui a développé une flotte de remorqueurs.

Ces armateurs sont fiers de la Grèce, mais pas à n'importe quel prix. "Je me suis installé ici par choix, explique M. Gourdomichalis. Le cadre légal est l'un des meilleurs du monde. Il y a une grande expérience professionnelle. Si ce cadre changeait, je pourrais revoir mon implantation. C'est un business mondial que je peux pratiquer aussi depuis Chypre ou Hongkong."

Le message a toujours été bien reçu par les divers gouvernements grecs. Aucun d'entre eux n'a jamais eu envie de voir ces armateurs - espèce sacrée et qui représente plus de 6 % du produit intérieur brut (PIB) - quitter le pays.

"Ce sont les entrepreneurs les plus intelligents du monde", s'enthousiasme Haris Pamboukis, qui a quitté le gouvernement fin août : "Ils demandent simplement de la stabilité et de l'anonymat." Et que l'Etat les aide à tenir leur rang de numéro un mondial du secteur.

Les armateurs ne veulent surtout pas qu'on coupe le "cordon ombilical" - l'expression est du président de l'Union des armateurs, Théodore Véniamis - qui les relie à l'Etat grec.

Ce cordon, c'est l'article 107 de la Constitution. En termes techniques, celui-ci renvoie aux dispositions d'une loi portant sur "l'imposition des navires, l'établissement d'une taxe pour le développement de la marine marchande, l'installation d'entreprises maritimes étrangères et la réglementation de matières connexes".

Cette loi indique que les armateurs ne payent pas d'impôts sur leurs bénéfices, mais seulement une taxe en fonction du tonnage du navire.

"Sans cette protection constitutionnelle, avec cette culture grecque de changer de lois et d'impôts tous les ans, aucune banque ou investisseur n'accepterait de nous prêter de l'argent, assure M. Vernicos. C'est un métier cyclique, avec des hauts et des bas. Si la Constitution ne protège pas notre investissement, c'est la réaction des marchés financiers qui nous obligera à changer de drapeau."

Un avocat d'affaires résume : "Je peux changer le régime fiscal d'un bateau en moins de sept heures."

Même si, dans les manifestations, les armateurs sont associés à la ploutocratie, le gouvernement des riches, leur statut privilégié ne fait pas débat en Grèce, beaucoup moins que les exemptions fiscales de l'Eglise.

"Cela n'a pas été discuté depuis très longtemps, ce n'est pas dans l'agenda politique", explique Georges Kastrougkalos, professeur de droit à l'université de Thrace et membre du groupe qui demande un audit sur la dette grecque.

"Ils ne payent pas d'impôts sur leurs activités en dehors de Grèce, comme c'est le cas dans d'autres pays, explique Michalis Chryssohoïdis, ministre du développement et de la marine marchande dans le dernier gouvernement Papandréou. C'est une industrie très importante, qui rapporte au pays entre 12 et 15 milliards d'euros par an. Et ils payent des impôts pour leurs immeubles, leurs maisons, y compris sur les investissements immobiliers offshore."

"A un taux prohibitif de 10 % par an, s'indigne M. Vernicos, ce qui a comme résultat de geler les investissements immobiliers internationaux en Grèce."

Si la Grèce dispose de la première flotte du monde, ses bateaux portent le plus souvent des pavillons libériens, chypriotes ou maltais. Seulement un sur quatre a le drapeau grec.

"Le choix du drapeau est une décision commerciale, explique M. Vernicos. Les bateaux à pavillon grec sont obligés d'employer un certain pourcentage de salariés grecs. Les armateurs sont aussi patriotes que les autres Grecs. Mais je préfère un bateau rentable qui appartient à des Grecs avec un pavillon des Kerguelen ou de Chypre plutôt qu'un bateau à pavillon grec qui appartient à une société qui a déposé son bilan, et qui ressemble à un "cercueil" emballé dans un drapeau grec."

Les relations entre les armateurs et le gouvernement de Georges Papandréou n'étaient pas bonnes. Ils n'ont jamais admis qu'on supprime ce qu'ils considèrent comme leur ministère, celui de la marine marchande.

Le ministre des finances, Evangelos Venizélos, avait aussi demandé, en septembre, un effort pour aider davantage le pays en crise. Les armateurs n'ont pas entendu.

Citant les fondations des plus riches armateurs, Onassis ou Niarchos, les investissements qui sont faits dans les musées, les hôpitaux, les îles, les armateurs trouvent qu'ils en font déjà beaucoup. M. Vernicos sort l'arme suprême : "Les armateurs sont les plus grands bienfaiteurs du pays et en particulier des îles d'où ils viennent."

Alain Salles

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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 14:23

actuchomage.org - Mercredi, 09 Novembre 2011 13:00

Judith Bernard, professeure de lettres modernes et chroniqueuse d'Arrêt sur Images, est passée hier soutenir les valeureux Indignés de La Défense, leur prodiguant couvertures et thé bouillant. Elle les a quittés plus indignée qu'avant, puis rédigé ce billet rempli de honte...

J’écris dans le RER qui me ramène de la station «Grande Arche de la Défense», où résiste tant bien que mal la mobilisation des Indignés de France. Enfin disons d’Ile-de-France. Et puis disons esquisse de mobilisation : à peine un commencement, peut-être déjà la fin, et surtout l’impression d’un immense écart, douloureux, pathétique, entre la grandeur du principe, de l’enjeu, du propos, et les dimensions dérisoires de l’événement…

Bref, disons plutôt la vérité : j’écris dans la honte.

La honte d’être de France

La honte d'être de ce pays jamais las d’arpenter les boulevards entre République et Bastille, en cortèges inoffensifs qui ne font plus frémir personne — pas la police, et pas même ceux qui manifestent et ne le font (sans enthousiasme, encore) que pour la forme, forme d’ailleurs infiniment impropre puisque aucun des lieux réellement stratégiques n’est visé par ce parcours obsolète.

Honte d’être de France, ce pays incapable de passer à l’action et d’imiter — ne serait-ce que d’imiter ! À quoi en est-on réduit ? — ... les Indignados d’Espagne, ... les Américains d’Occupy Wall Street, ... et ceux de la City, ... tellement plus nombreux et plus courageux que nous autres les râleurs professionnels, tout occupés de maudire la finance mondialisée sur les forums internautiques où nous noyons par milliers notre colère dans l’abyssal océan de la toile, tandis que sur le parvis de La Défense ils sont aujourd’hui cinquante à peine, debout, mais gelés et fatigués, à attendre — en vain ? Pour combien de temps encore ? — que nous les rejoignions.

J’en reviens de ce parvis où j’ai porté couvertures, bonnets, gants et thé bouillant à des jeunes gens un peu perplexes, qui s’inquiétaient : où sont les gens ? Où sont les Indignés de France dont on entend partout la colère, mais une colère sans bras ni jambes, où sont-ils et qu’ont-ils fait de leurs forces, les Parisiens si prompts à défiler dans les manifs, à remplir les métros bondés et les magasins les jours de soldes, les petits trottoirs des jolis quartiers de promenade quand vient le dimanche et l’envie de prendre l’air ?

Tandis que souffle le vent de l'Histoire

Ah ça, le vent souffle sur le parvis, c’est un lieu dur, austère, ingrat pour une occupation, mais c’est une dureté qui fait symbole pour celle du monde économique, et d’autant mieux voir la détermination de ceux qui viennent d’y passer quatre nuits.

Figurez-vous cela : quatre nuits sur le béton, sous la méchante petite pluie glacée, et sans tentes puisque les Forces de l’ordre les leur ont dès le premier soir arrachées — ah ces images (voir plus bas) : des CRS robocopiés, l’humain dissout dans l’armure, tiraillant sur les toiles de tentes jusqu’à les déchirer — «trouble à l’ordre public» ? Mais quel trouble ? Le parvis est immense et fussent-ils deux mille, les Indignés n’empêcheraient pas encore qu’on y circule, qu’on s’y presse, pour foncer tête baissée vers les longues tours où l’on travaille toujours plus pour toujours moins de sens, sinon celui de la pente dégringolant droit dans le mur.

Faut-il donc que la France le manque, ce rendez-vous historique ? Tandis que les mois passés ont vu, aux quatre coins du monde, se réveiller les peuples, les faire prendre la rue et parfois le pouvoir, il faudrait que ce soit là, dans le berceau des Lumières dont tous les mouvements d’émancipation du monde peuvent encore se réclamer, qu’on soit les plus résignés, les plus inertes et les moins ambitieux ? C’est à nous, les enfants de Voltaire et de Montesquieu, que revient l’indigne tâche d’enterrer le mouvement dans le désarroi de sa faiblesse ? On la voit venir, depuis un moment, cette basse besogne qui nous incombe, à nous qui n'avons pas encore assez mal. Car c'est la seule hypothèse qui tienne pour expliquer la faiblesse du mouvement Indigné en France : la jeunesse française, comparée à l'espagnole par exemple (et apparemment à l'américaine et à l'anglaise, aussi), ne souffre pas encore assez.

[...] Ce qu'en termes grossiers on pourrait traduire comme suit : les Français ne sont pas encore assez dans la merde pour en avoir plein le cul au point d'aller se les geler sur le parvis de La Défense.

Il faut donc avoir atteint le dernier degré du tragique pour entrer sur la scène de l'Histoire ? Etre vraiment au désespoir pour oser enfin embrasser l'espérance de l'action ? Il faudrait donc souhaiter qu'on en arrive là pour que ça bouge ?!

=> Lire la suite de l'article sur @si


Pourtant, vendredi soir, ça semblait bien parti :



Aujourd'hui, ils ne sont plus qu'une poignée... Explication :

Dès le premier soir...



Et le cinquième...


Le Journal des Indignés => www.occuponsladefense.net

Le 11/11/11 – Tous à La Défense !

Dans le cadre de la journée d’action mondiale du 11 novembre 2011, nous lançons un appel à tous les citoyens : Rejoignez les Indignés qui occupent La Défense depuis le 4 novembre et qui subissent les agressions répétées des forces de l’ordre et la dureté du climat.

Pour nous rejoindre, 2 possibilités :

• Soit participer à la “Marche des 99%” qui partira du Mur pour la Paix (Champ de Mars, au pied de la Tour Eiffel) à 11h11 et se dirigera vers La Défense,
• Soit rejoindre le camp à n'importe quelle heure, devant la Grande Arche de La Défense.

Une grande assemblée populaire sera organisée à La Défense à partir de 14 heures. Venez nombreux !

 

 

 


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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 14:21

Publié par Poetes Indignes le 10/11/2011

 

Une nouvelle webcam dans la rubrique à suivre (colonne de droite)

Cliquez sur l’image pour accéder à la webcam

Source: http://bambuser.com

 

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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 14:15
radio-canada.ca - Mise à jour le mercredi 9 novembre 2011 à 22 h 23 HNE
Installations des indignés de Montréal

Les indignés ont bien l'intention de rester au square Victoria, malgré les avis de la Ville de Montréal. Mercredi, les protestataires n'ont observé aucune des demandes formulées la veille par la Ville.

 

Ils n'ont non seulement pas l'intention de démonter les cabanes de bois installées au square Victoria, dans le centre-ville, mais ils ont même construit une nouvelle cabane dans la journée. Ils ont également prévu installer deux abris Tempo de plus, jeudi soir, là où se trouve la cuisine des protestataires.

Le maire Gérald Tremblay a qualifié la position des indignés « d'irresponsable et d'inacceptable » mais il ne leur a pas lancé d'ultimatum, comme l'a fait, en Ontario, la Ville de London. Le maire dit qu'il veut toujours s'entendre avec eux.

Les indignés disent pour leur part que la Ville est hypocrite et que tout ce qu'elle veut, s'est de s'assurer de leur faire quitter l'endroit avant l'hiver.

Mardi, la Ville de Montréal a affirmé qu'elle ne tolérerait pas les abris permanents au square Victoria, et a demandé aux indignés d'enlever ceux qu'ils sont en train de construire. Montréal a aussi demandé aux indignés de retirer les objets inutilisés, dont les vieux meubles, et de démanteler les tentes qui ne sont pas utilisées pour minimiser les risques d'incident.

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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 14:11

 

 

 

Résumé : Depuis vendredi, les Indignés occupent le parvis de la Défense à Puteaux. Malgré la destruction systématique par la police de leurs tentes et même des bâches, ils entendent poursuivre leur action.

 

  • Durée : 2 min 53
  • Date : 10 novembre 2011
  • Auteur : Emmanuel RAOUL


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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 14:08

Le Monde - 09 novembre 2011

 

Le carnet de comptes, sur lequel est noté l'apport en capital de chaque membre. (MG/Le Monde.fr)

"Antonia, tu mets combien ?
– Je vais mettre 20 euros.
– D'accord, alors je note, 'Antonia Avalos Torres, 20 euros'. Et maintenant, tu signes le registre. Alfonso, combien mets-tu ?
– 50 euros.
– 50 euros ? Eh bien, tu es riche ! Mais moi aussi je crois que je vais déposer 50 euros."

 Bienvenue au lancement de la première CAF (communauté auto-financée) de Séville. Avec pour simples outils une caisse métallique et un registre, sept femmes et un homme, tous amis, réinventent le principe historique des banques de village : mettre de l'argent de côté, s'en prêter, à des conditions claires, définies en amont et en commun.

 

Alfonso Mariscal Copano, le banquier et seul membre masculin de la CAF. (MG/Le Monde.fr)

 

Le local associatif qui les accueille à Mairena de Aljarrafe, village de la banlieue de Séville, est celui de la Fondation Ana Bella, une association locale qui lutte contre les violences domestiques et par laquelle se sont connues les sept femmes du groupe. Toutes ont fui un mari violent et sont restées unies par leur passé douloureux. Ces femmes dynamiques, qui ont payé cher leur indépendance, essayent aujourd'hui d'imaginer leur équilibre économique de demain. Alfonso Mariscal Copano est lui un ami de longue date. Il travaille dans une banque... ce qui a certainement rassuré ce groupe très féminin, et contribué à son inclusion comme membre.

 

Antonia Avalos Torres a quitté son village du Guanajuato au Mexique il y a quatre ans, pour fuir un mari violent. (Mathilde Gérard/Le Monde.fr)

 

"Jamais dans ma vie je n'avais mis d'argent de côté. D'abord parce que je n'en ai jamais eu, et ensuite parce que je n'avais pas confiance. Avec mon banquier, on ne s'est jamais entendus", explique en riant Antonia Avalos Torres, sémillante Mexicaine qui vit depuis quatre ans à Séville, avec un garçon de 27 ans et une fille de 16 ans. Il y a quelques mois, Antonia a été invitée à Barcelone pour animer des ateliers sur les violences faites aux femmes. N'ayant pas de quoi se payer le billet d'avion, elle emprunte à une amie, mais se dit qu'il serait bien utile d'avoir de l'argent de côté pour de telles occasions. A ce moment, les membres de la fondation Ana Bella entendent parler des CAF. Ces caisses auto-financées se sont multipliées ces dernières années à Barcelone et à Madrid sous l'impulsion de Jean-Claude Rodriguez, professeur d'économie à l'université Ramon Llull de Barcelone et militant d'une micro-finance responsable (voir le site de son association). Les dynamiques femmes de Séville contactent Jean-Claude Rodriguez et sollicitent une formation à la création d'une CAF.

 

Chary Claro Contreros et Antonia Avalos Torres (MG/Le Monde.fr)

 

Après un atelier organisé en octobre, Antonia, Chary, Gloria, Carmen, Ana, Gracia et Alfonso sont prêts à officialiser le lancement de la caisse. Les règles sont simples : "Pour la première réunion, il y a un apport minimum de 10 euros. On peut emprunter un crédit représentant jusqu'à quatre fois son apport en capital", explique Antonia. Le montant du crédit ne peut dépasser un quart de la somme totale dont dispose la caisse. "Pour chaque crédit demandé, deux autres membres doivent se porter garants. Pendant la durée de remboursement du crédit, ils ne pourront pas emprunter."

"Il y a un taux d'intérêt de 1,5 %, qui sert à financer la communauté, poursuit Gracia Prada. Mais si un mois on ne paye pas son échéance, le taux d'intérêt double le mois suivant. En tout, on a six mois pour rembourser son crédit."

D'autres règles font l'objet de plus de discussions, comme celle qui oblige à assister à chaque réunion, faute de quoi une amende de 3 euros est imposée. "C'est important que tous participent aux réunions, parce qu'on n'est pas une simple banque, on est un réseau de solidarité", souligne Antonia. Certains voudraient assouplir cette amende, mais Chary Contreros tranche : "Les statuts sont les statuts. On ne va pas faire des exceptions dès la première réunion." Et Gracia rajoute : "Dès qu'on parle d'argent, il faut que les règles soient très claires. Donc on s'en tient aux statuts."

Au fil de la réunion, les billets de 10 et 20 euros s'accumulent dans la caisse. (MG/Le Monde.fr)

La méthodologie des CAF est suivie à la lettre : établir la liste des membres présents, collecter les apports de chacun, évaluer les demandes éventuelles de crédit (lors de cette première réunion, il n'y en aura pas), signer le livre de comptes... Chacun s'émerveille de l'accumulation des billets de 10 et 20 euros dans la caisse, qui compte, à la fin de la séance, 170 euros. La date du prochain rendez-vous est fixée. Par sécurité, la caisse et la clé ne partiront pas dans les mêmes poches : Antonia garde la clé et Alfonso, le banquier, la caisse.

Sur le trajet du retour vers le centre de Séville, Antonia confie : "C'est la première fois que j'épargne et je suis vraiment émue de pouvoir le faire avec des amis de confiance." Ses projets ? "Ça paraîtra peut-être frivole, mais je rêve de pouvoir offrir un voyage à mes enfants. Et sinon, j'aimerais pouvoir m'acheter des livres." Sous sa gouaille et son charme, Antonia est pudique, mais on imagine que dans un passé pas si lointain, sous la poigne d'un mari violent, s'offrir un livre ou s'adonner à une lecture solitaire pouvaient passer pour de la "frivolité". Le groupe a décidé qu'Antonia serait présidente de cette caisse. Elle en rit : "Moi qui ait toujours été fâchée avec les chiffres, imaginez, présidente d'une caisse d'épargne !"

Mathilde Gérard

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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 14:01
chronique le 08/11/2011 par Judith Bernard

Indignes de France

Reportage (honteux) sur les (valeureux) Indignés de la Défense
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J’écris dans le RER qui me ramène de la station «Grande Arche de la Défense», où résiste tant bien que mal la mobilisation des Indignés de France. Enfin disons d’Ile de France. Et puis disons esquisse de mobilisation : à peine un commencement, peut-être déjà la fin, et surtout l’impression d’un immense écart, douloureux, pathétique, entre la grandeur du principe, de l’enjeu, du propos, et les dimensions dérisoires de l’événement…

Bref, disons plutôt la vérité : j’écris dans la honte.

La honte d’être de France

La honte d'être de ce pays jamais las d’arpenter les boulevards entre République et Bastille, en cortèges inoffensifs qui ne font plus frémir personne – pas même ceux qui manifestent, et ne le font (sans enthousiasme, encore) que pour la forme, forme d’ailleurs infiniment impropre puisque aucun des lieux réellement stratégiques n’est visé par ce parcours obsolète.

Honte d’être de France, ce pays incapable de passer à l’action, et d’imiter – ne serait-ce que d’imiter! à quoi en est-on réduit? –

... tellement plus nombreux et plus courageux que nous autres les râleurs professionnels tout occupés de maudire la finance mondialisée sur les forums internautiques où nous noyons par milliers notre colère dans l’abyssal océan de la toile, tandis que sur le parvis de La Défense ils sont aujourd’hui cinquante à peine, debout, mais gelés et fatigués, à attendre – en vain? pour combien de temps encore? – que nous les rejoignions.

Drapeau

J’en reviens de ce parvis où j’ai porté couvertures, bonnets, gants et thé bouillant, à des jeunes gens un peu perplexes, qui s’inquiétaient : où sont les gens? Où sont les Indignés de France, dont on entend partout la colère, mais une colère sans bras ni jambes, où sont-ils et qu’ont ils fait de leurs forces, les Parisiens si prompts à défiler dans les manifs, à remplir les métros bondés et les magasins les jours de soldes, les petits trottoirs des jolis quartiers de promenade quand vient le dimanche et l’envie de prendre l’air?

Tandis que souffle le vent de l'Histoire

Ah ça, le vent souffle sur le parvis, c’est un lieu dur, austère, ingrat, pour une occupation, mais c’est une dureté qui fait symbole pour celle du monde économique, et d’autant mieux voir la détermination de ceux qui viennent d’y passer quatre nuits. Figurez-vous cela : quatre nuits sur le béton, sous la méchante petite pluie glacée, et sans tentes puisque les Forces de l’ordre les leur ont dès le premier soir arrachées – ah ces images : des CRS robocopiés, l’humain dissout dans l’armure, tiraillant sur les toiles de tentes jusqu’à les déchirer – «trouble à l’ordre public»? Mais quel trouble? Le parvis est immense et fussent-ils deux mille, les Indignés n’empêcheraient pas encore qu’on y circule, qu’on s’y presse, pour foncer tête baissée vers les longues tours où l’on travaille toujours plus pour toujours moins de sens, sinon celui de la pente dégringolant droit dans le mur.

Faut-il donc que la France le manque, ce rendez-vous historique? Tandis que les mois passés ont vu, aux quatre coins du monde, se réveiller les peuples, les faire prendre la rue et parfois le pouvoir, il faudrait que ce soit là, dans le berceau des Lumières dont tous les mouvements d’émancipation du monde peuvent encore se réclamer, qu’on soit les plus résignés, les plus inertes et les moins ambitieux ? C’est à nous, les enfants de Voltaire et de Montesquieu, que revient l’indigne tâche d’enterrer le mouvement dans le désarroi de sa faiblesse? On la voit venir, depuis un moment, cette basse besogne qui nous incombe, à nous qui n'avons pas encore assez mal. Car c'est la seule hypothèse qui tienne, pour expliquer la faiblesse du mouvement Indigné en France : la jeunesse française, comparée à l'espagnole par exemple (et apparemment à l'américaine et à l'anglaise, aussi), ne souffre pas encore assez. C'est en tout cas ce qui était ressorti du débat qu'Arrêt sur images avait consacré en juin au mouvement espagnol... Ce qu'en termes grossiers on pourrait traduire comme suit : les Français ne sont pas encore assez dans la merde pour en avoir plein le cul au point d'aller se les geler sur le parvis de La Défense.

Il faut donc avoir atteint le dernier degré du tragique pour entrer sur la scène de l'Histoire ? Etre vraiment au désespoir pour oser enfin embrasser l'espérance de l'action ? Il faudrait donc souhaiter qu'on en arrive là pour que ça bouge ?! Je songe à cet entêtant problème, ce bourbeux paradoxe, en faisant les cent pas parmi les cinquante debout là, ça me plombe et ça me fait baisser la tête, et par terre il y a ça :

Télé

Ça m'arrache un rire triste : vieux slogan, vieux boulot - depuis le temps qu'on le dit, à Arrêt sur images, qu'il faut se méfier de la télé... Mais à la place de la télé, qu'on a éteint bien sûr, on mit l'écran d'ordi, qui nous englue tout autant (combien d'entre vous ont transformé les colères-analyses-indignations draînées par écran interposé en acte bien concret fermement posé dans le réel ?) Et pour la fenêtre, si elle donne sur le parvis, ce n'est pas joli joli. Non que le mouvement soit laid : il est superbe, et ses acteurs sont héroïques. Mais de les voir si seuls, si rares, ça me fait mal au bide. Et mal à la gueule de le dire - Oh dis donc, est-ce que tu ne joues pas contre le mouvement en montrant qu'il est fragile ? Tu crois que ça donne envie de venir si tu montres le côté glauque ? Je ne sais pas. Je n'ai pas envie de mentir : j'ai envie de comprendre. De comprendre pourquoi on n'est presque rien, là, alors que presque tout devrait se jouer là.

Nous sommes les 99%... d'immobiles ?

Pourtant, sur le diagnostic, en France il semble qu’on soit désormais assez nombreux et assez d’accord : le néolibéralisme et «l’efficience des marchés» se sont révélés pour ce qu’ils sont – d’énormes machines à creuser les inégalités, s’emballant démesurément au péril de l’humain. L’hypothèse de travail, formulée depuis quelques années, commence à être audible sur les grands médias : la marche du monde ne saurait être laissée aux desiderata des seuls marchés, et le politique (au sens noble: l’élaboration du bien commun) doit pouvoir reprendre la main sur les règles économiques. Dans les conversations de comptoir, et de plateaux télévisés, on tombe à peu près d’accord, et sur l'idée aussi qu'il faudrait que les politiques en prennent acte, et donc que nous les y poussions. Mais quand ils s’agit de le montrer – qu’on n’est pas très contents, qu’on est nombreux («nous sommes les 99%», disent les indignés) et qu’on est légitimes à réclamer d’être traités en êtres humains plutôt qu’en agents asservis au profit du capital, alors plus personne? Juste cinquante gamins, deux ou trois chiens et parfois un SDF – d’ailleurs, il faut leur dire, aux SDF, d’aller là-bas, sur le parvis de la Défense : les dons en nourriture excèdent les besoins des mobilisés, trop peu nombreux pour consommer tout ça ; qu’au moins le stock serve à tous ceux qui traînent leur estomac creux sur les trottoirs parisiens.

Mais surtout il faut dire aux autres, les intégrés, les fixés, les immobiles, ceux qui comme moi, comme vous, ont toit et travail, et peut-être aussi des enfants, qu’il y a mille et une manières de soutenir le mouvement sans forcément abandonner les siens et se geler le cul toute la nuit, par exemple en leur amenant des casseroles, c’est tout bête. Des casseroles, pour pouvoir préparer des repas chauds ; car la mobilisation, c’est du concret, c’est tout bête, il faut des trucs comme ça:

liste

 

Filer le coup de main, amener un thermos de café, rester une heure pour faire nombre, ça prend quoi pour un Parisien, un Francilien : deux heures ? Deux heures pour donner geste à nos colères, soutien à nos semblables, concret à nos analyses et consistance à nos espoirs – c’est encore trop pour les intégrés, les fixés, les immobiles ? Deux heures, est-ce trop pour laver un peu de la honte française et de son indigne résignation ?

Alors, les colibris, combien sommes-nous? Et de nos petits becs, pouvons faire un autre usage que la sempiternelle râlerie vaine et passive qui nous vaut les sarcasmes de la planète entière? On me dit, par écran interposé, que la Défense n'est pas le bon endroit, que c'est trop dur, que ça ne prendra pas, qu'il faut changer de stratégie ; fort bien. Allez leur dire : ils y sont, eux, ouverts à l'action, au dialogue, aux idées, à la mobilité, dotés de bras et de jambes, d'oreilles pour vous écouter et de voix pour vous faire entendre - allez-y, c'est le moment. Ou : jamais (mais qu'on n'aille pas se plaindre après).

Espagne

Wall street

Londres

... les Indignados d’Espagne,

 

 

 

 

 

... les Américains d’Occupy Wall Street

 

 

 

 

 

 

 

... et ceux de la City,

Colibri Deux heures, pourtant, c’est bien assez pour faire le colibri : souvenez-vous du colibri, dont Patrick Chamoiseau nous avait parlé. Comment le colibri, si petit, prend sa part, une minuscule goutte d’eau dans le bec contre l’immense incendie – et l’emporte à la fin car il n’est pas tout seul et que chacun a pris sa part.
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