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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 13:52

L'Expansion.com avec AFP - publié le 21/11/2011 à 11:35

Le cabinet de lobbying Clark Lytle Geduldig & Cranford offre 850 000 dollars à l'Association des banques américaines pour saper médiatiquement le mouvement Occupy Wall Street.

 

Ces indignés de Wall street protestent contre les financiers à l'origine de la crise, l'inégalité croissante et les défaillances des politiques, qu'ils accusent d'être soumis aux grands patrons de la finance ou des entreprises. Ils affirment représenter les aspirations de 99% des américains, arguant que 1% de la population possède l'essentiel des richesses et est constamment privilégié.
Ces indignés de Wall street protestent contre les financiers à l'origine de la crise, l'inégalité croissante et les défaillances des politiques, qu'ils accusent d'être soumis aux grands patrons de la finance ou des entreprises. Ils affirment représenter les aspirations de 99% des américains, arguant que 1% de la population possède l'essentiel des richesses et est constamment privilégié.
Lucas Jackson / Reuters

Des lobbyistes réputés, liés aux banques, ont proposé un plan de 850.000 dollars pour attaquer le mouvement Occupy Wall Street (OWS) et les hommes politiques qui lui seraient favorables, a rapporté samedi la chaîne de télévision américaine MSNBC. Dans un mémo de quatre pages, la firme de Washington Clark Lytle Geduldig & Cranford (CLGC) propose à l'Association des banques américaines (ABA) de mener une "recherche" sur Occupy Wall Street pour "construire un récit négatif" sur le mouvement, "à placer dans les médias", ainsi que sur "ceux qui les soutiennent", selon ce mémo publié par MSNBC. Si les démocrates soutiennent OWS, "cela voudrait dire davantage qu'une gêne passagère pour Wall Street. Cela peut avoir un impact de très longue durée, politique et financier, pour les compagnies au coeur" de Wall Street, ajoute ce mémo.

"C'est peut-être facile de rejeter OWS comme un groupe de manifestants désordonnés mais ils ont démontré qu'ils devaient plutôt être traités comme des concurrents organisés, très habiles et capables de travailler les médias. Pour contrer cela, nous devons faire de même", écrit CLGC qui s'inquiète également d'un possible terrain d'entente entre le Tea Party et Occupy Wall Street, qui pourrait devenir "explosif".

Deux des associés de CLGC travaillaient précédemment pour John Boehner, le républicain président de la chambre des représentants, selon MSNBC. Un porte-parole de l'ABA a confirmé avoir reçu ce mémo. "Nous ne l'avions pas demandé et nous avons décidé de ne pas y donner suite", a-t-il précisé à "Up w/Chris Hayes", l'émission de MSNBC qui en a fait état.

Le mouvement Occupy Wall Street, né il y a deux mois à New York, dénonce la cupidité du monde de la finance et les 1% les plus riches. Un an avant les élections présidentielles et législatives, il assure vouloir rester indépendant.

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 13:45

Un pays en «état de necessité» est autorisé par le droit international à cesser de rembourser, soulignent Renaud Vivien et Yorgos Mitralias, du Comité pour l'annulation de la dette du tiers-monde (CADTM).



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puceinvite.jpgUn gouvernement d'union nationale vient de se former en Grèce avec comme premier ministre Lucas Papademos, ancien vice-président de la Banque centrale européenne (BCE). La priorité de ce nouveau gouvernement est de défendre le «plan de sauvetage» européen élaboré le 27 octobre à Bruxelles. Cette soumission des autorités grecques à leurs créanciers, en plus de constituer un déni démocratique supplémentaire à l'égard du peuple qui continue à se mobiliser contre les plans d'austérité à répétition, risque bien d'entraîner tout le pays dans un suicide collectif.

Comme le souligne la Commission (citoyenne) grecque d'audit sur la dette publique, l'accord du 27 octobre ne résout pas le problème de la dette, mais au contraire donne lieu à de nouveaux fardeaux. La restructuration de la dette prévue dans le plan de sauvetage entraînera notamment, une fois encore, la réduction des retraites, des allocations sociales et des salaires ainsi que des licenciements massifs de travailleurs du secteur public, appauvrissant encore davantage le peuple grec. L'objectif officiel serait de réduire la dette publique à 120% du PIB à l'horizon 2020, ce qui ne lui enlèvera pas son caractère «insoutenable». En effet, si ce niveau était «soutenable», pourquoi l'Italie, qui affiche le même ratio, est-elle sommée par la Troïka (Banque centrale européenne, Commission européenne et FMI) de réduire sa dette?

Pour la Commission grecque d'audit sur la dette publique, il ne faut rien attendre des créanciers. La suspension unilatérale du paiement de la dette publique combinée à l'audit sont d'une nécessité vitale. Cet audit, qui doit être démocratique (placé sous le contrôle de la population), permettra de faire la lumière sur la partie de la dette illégale, illégitime et non conforme à la Constitution. Rappelons, en effet, que les dettes contractées depuis 2010 à l'égard de la Troïka sont issues d'accords odieux qui violent de façon manifeste la Constitution, notamment en supprimant le salaire minimum légal.

Aujourd'hui, la population grecque est en situation de détresse. En octobre 2011, le taux de demandeurs d'emploi a atteint 22%, culminant à 40% chez les jeunes. Les contrats à temps plein sont convertis en contrat à temps partiel ou soumis au chômage partiel, avec d'importantes réductions de salaire. Sur une période de 1 à 4 mois, un tiers des salariés du privé n'a pas été payé; des dizaines de milliers d'entreprises ont déjà mis la clé sous la porte (14 000 au premier trimestre 2011) tandis que d'autres sont actuellement en procédure de liquidation judiciaire. A cette crise économique et sociale s'ajoute aujourd'hui une crise sanitaire. Selon Médecins sans frontières, 30% des Grecs se soignent dans des cliniques de rue (contre 5% auparavant). Certaines entreprises pharmaceutiques refusent même de livrer certains hôpitaux, de peur de ne pas être payées. Les retraités, les chômeurs, les sans-abri, les personnes touchées par le VIH et la tuberculose sont privées de couverture maladie. A ceux-là s'ajoutent les 22% de la population active non déclarée, qui n'ont donc aucune couverture sociale. Les coupes dans certains budgets liés à la santé comme l'assistance sociale et le traitement de certaines maladies peuvent aller jusqu'à 80% (1) !

Dans ces conditions, refuser de rembourser la dette publique pour donner la priorité aux droits du peuple grec n'est plus un choix mais une nécessité. La députée grecque Sofia Sakorafa l'a d'ailleurs clairement exprimé le 3 novembre dans l'enceinte du Parlement: «Plus que jamais, il est nécessaire de construire un mouvement social avec comme axe principal la survie économique et sociale de notre peuple et comme instrument la cessation des remboursements de cette grande partie de la dette qui est illégitime».

Mais est-ce qu'un gouvernement peut légalement décider de ne pas rembourser sa dette au motif que sa population est en danger? Oui, car l'argument juridique de l'état de nécessité le justifie pleinement. L'état de nécessité correspond à une situation de danger pour l'existence de l'État, pour sa survie politique ou sa survie économique. La survie économique se réfère directement aux ressources dont un État peut disposer pour continuer à satisfaire les besoins de la population, en matière de santé, d'éducation, etc. Le remboursement de la dette, l'application des mesures d'austérité et la perte de souveraineté engendrés par les accords conclus avec la Troïka mettent la Grèce, dont la première obligation en tant qu'État est de respecter les droits humains de sa population, en danger.

En droit international, un des éléments fondamentaux de l'État est sa population. L'État a des obligations vis-à-vis de ses nationaux et des étrangers qui se trouvent sous sa juridiction. Cette obligation l'emporte sur tous les autres engagements pris par l'État comme ceux à l'égard de ses créanciers. Comme le souligne la Commission du droit international de l'ONU à propos de l'état de nécessité: «On ne peut attendre d'un État qu'il ferme ses écoles et ses universités et ses tribunaux, qu'il abandonne les services publics de telle sorte qu'il livre sa communauté au chaos et à l'anarchie simplement pour ainsi disposer de l'argent pour rembourser ses créanciers étrangers ou nationaux. Il y a des limites à ce qu'on peut raisonnablement attendre d'un État, de la même façon que pour un individu.»

Il est de l'intérêt vital de la Grèce d'utiliser l'argument de l'état de nécessité pour se libérer de l'emprise de ses créanciers. Le pays a les moyens de se passer de la prétendue «aide» accordée par ses créanciers en échange de sa docilité. D'une part, les 8 milliards d'euros espérés au titre de la sixième tranche du prêt de 2010 ne resteront pas dans le pays mais serviront directement à rembourser les créanciers de la Grèce; d'autre part, ils ne pèsent pas lourd par rapport aux avoirs grecs placés à l'étranger, qui représentent des centaines de milliards d'euros. En plus du rapatriement de ses capitaux, d'autres mesures pourraient être prises comme la renationalisation (sous le contrôle des travailleurs) des secteurs stratégiques de l'économie, actuellement entre les mains de sociétés transnationales.

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 13:39

Le Monde - 20 novembre 2011

 

Le vendredi, entre 17h30 et 19h30, trente familles de Sucy se retrouvent dans l’enceinte du Fort pour un cérémonial hebdomadaire. Elles sont membres de l’Association pour le maintien de l’agriculture paysanne (Amap).

Pour les non-initiés, en voici, en gros, le principe : les adhérents signent un contrat annuel avec un producteur et s’engagent à lui acheter telle quantité de légumes qu’ils lui payent d’avance. Le maraîcher peut ainsi adapter sa production aux besoins. Il dispose en outre d’un revenu garanti et d'une avance de trésorerie en début de saison. Le système favorise les circuits courts, à tous les sens : proximité géographique et vente directe au consommateur. Il encourage également la consommation de produits de saison.

©Antonin Sabot / Le Monde.fr

L’Amap de Sucy a passé un accord avec une productrice en reconversion bio de Mandres-les-Roses, commune située comme Sucy-en-Brie dans le Val-de-Marne. Chaque semaine, de la mi-avril à la mi-décembre, des membres vont à tour de rôle chercher la cargaison qu’a sélectionnée le maraîcher. C’est une réelle contrainte d’emploi du temps et, chaque fois, une surprise quand le livreur ouvre le coffre de sa voiture : le producteur décide du contenu du panier, en fonction de la météo et de l'avancement de la pousse. Ce vendredi, c’était potimarrons, navets, topinambours, tomates de variétés tardives, céleris raves et bottes de persil.

Les membres de l'association découvrent sur place les légumes proposés. ©Antonin Sabot / Le Monde.fr

"Ca ne fait pas un peu beaucoup de persil ?", s’inquiète une adhérente devant la taille des bottes. "Mais, non, tu le coupes finement et tu le conserves au frais. Tu peux le garder plusieurs semaines", la rassure une autre. Des recettes pour accommoder le topinambour sont échangées, héritées de la grand-mère et sans doute expérimentées par l’aïeule pendant la guerre... Des légumes oubliés, négligés ou méprisés sont ainsi réhabilités, dont on ne sait quel accueil leur réservent les enfants, le soir à table.

Ce vendredi, l'arrivage de légumes de saison se compose de navets, topinambours, tomates tardives, céleris, potimarrons et persil. ©Antonin Sabot / Le Monde.fr

Peggy Mousseau débarque de son coffre des sacs de pain. Elle vient de Réau, en Seine-et-Marne, où un boulanger propose du pain bio, fait avec la farine d’un blé qu’il produit lui-même. Il y a également des œufs sur l’étal, venus d'un autre producteur bio local.

"En cas d’absence, il est possible de donner son panier à quelqu’un d’autre", explique Brian Gallay qui inscrit sur un tableau les quantités de chacun : on peut choisir un panier ou un demi-panier, selon la taille du foyer. D’autres petites mains pèsent et répartissent les légumes qui finissent dans les cabas.

Petit panier ou grand panier sont calibrés pour que chacun emporte la même quantité. ©Antonin Sabot / Le Monde.fr

©Antonin Sabot / Le Monde.fr

La pesée des topinambours. ©Antonin Sabot / Le Monde.fr

L’Amap de Sucy a été lancée il y a quatre ans (il en existe aujourd’hui plusieurs centaines dans toute la France). Un entrefilet dans le journal municipal et le succès a été immédiat. "Nous avons une liste d’attente d’une quinzaine de personnes", explique Catherine Bouriez, membre de l’association depuis deux ans. Les familles ont l’assurance de produits frais et, même si ce n’est pas la motivation première, moins chers.

Tous les produits sont bios. ©Antonin Sabot / Le Monde.fr

©Antonin Sabot / Le Monde.fr

Tout cela fleure bon le militantisme, évidemment. On imagine déjà les salves ironiques contre ces rétrogrades autarciques, ces adversaires de la mondialisation, ces écologistes des villes qui se donnent bonne conscience. Marianne Grange se moque de ces moqueries: "Il y a l’envie d’agir collectivement, de ne pas rester spectateur de notre mode de développement, en se contentant de bla-bla sur l’environnement." L’adhérente convient que cela demande de prendre un peu de temps, ne serait-ce que celui de cuisiner.

Même s'il peut y avoir quelques tiraillements sur qui fait quoi, les participants disent également apprécier comme une vraie richesse la convivialité de ce moment.

©Antonin Sabot / Le Monde.fr

Lire aussi sur le blog de Saint-Pierre-des-Corps, Les épines fortes: des batavias 24h/24

 

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 13:35
| Par Fabrice Arfi et Michel Deléan

Liliane Bettencourt, 89 ans, l'héritière de l'empire L'Oréal, et son mari André, mort en 2007, ont dissimulé pendant des décennies au fisc français l'existence de douze comptes bancaires domiciliés en Suisse et à Singapour, selon les données inédites d'un contrôle fiscal auquel Mediapart a eu accès. La dissimulation des avoirs bancaires étrangers de l'actuelle propriétaire du leader mondial des cosmétiques a été consignée par un agent de la Direction nationale des vérifications de situations fiscales (DNVSF) dans un rapport de synthèse daté du 31 août 2011.

 

L. Bettencourt  
L. Bettencourt© Reuters

Les douze comptes cachés de la milliardaire, sur lesquels dormaient 99.846.498 euros à la fin de l'année 2010 (contre plus de 121 millions d'euros deux ans plus tôt), ont été abrités par six établissements bancaires distincts: la Banque cantonale vaudoise (BCV), l'Union des banques suisses (UBS), Julius Bär, Hyposwiss, la banque genevoise Baring Brothers et, à Singapour, une succursale de la LGT – une banque du Liechtenstein à l'origine.

Cette dissimulation dépasse donc largement ce que laissait entrevoir le contenu des enregistrements clandestins réalisés au domicile de Liliane Bettencourt par son majordome, que Mediapart avait révélés à l'été 2010. Dans les bandes pirates, l'ancien gestionnaire de fortune de la milliardaire, Patrice de Maistre, évoquait en effet l'existence de – seulement – deux comptes en Suisse. Il y en avait, en réalité, dix de plus.

D'après les constatations du fisc, aidé dans ses recherches par les successeurs de M. de Maistre, l'héritière de L'Oréal était la bénéficiaire économique de tous ces comptes au moment de leur rapatriement en France, décidé fin 2010 après la révélation de l'affaire Bettencourt.

Les données bancaires, dont dispose aujourd'hui l'administration fiscale française, laissent apparaître que certains comptes ont connu une existence mouvementée ces trois dernières années, avec de vertigineuses disparitions de capitaux qui restent, pour l'instant, inexpliquées. Ainsi, un compte ouvert à la banque Hyposwiss au nom de la société Noblesse Trading Inc. a vu son solde passer, entre le 31 décembre 2007 et le 31 décembre 2009, de 23.421.267 euros à... zéro euro, sans que ledit compte soit clos.

5 millions de francs suisses pour les bonbons

Un autre compte, ouvert cette fois à la Banque cantonale vaudoise sous le nom de code «Sulki», a vu son solde passer, entre fin 2008 et fin 2009, de 59.709.756 euros à 1.848 euros, peut-on lire dans le rapport de la DNVSF.

 

A. Bettencourt  
A. Bettencourt© Reuters

Le plus fourni des douze comptes offshore des Bettencourt, baptisé «Bora», lui aussi ouvert à la Banque cantonale vaudoise, a été fermé en août 2008. Il était alors crédité de 92.422.137 euros. Or, d'après une quinzaine de virements bancaires auxquels Mediapart a pu avoir accès, ce compte, qui aurait été ouvert au milieu des années 1970 par André Bettencourt à l'époque de l'accord actionnarial passé entre L'Oréal et le groupe suisse Nestlé, n'a jamais cessé d'opérer des versements, suspects par nature.

Certaines sommes en jeu donnent le tournis. Le 11 juillet 2000, un virement de quatre millions de francs suisses (3,2 millions d'euros) est ainsi effectué vers la Discount Bank & Trust Company. Le 2 avril 2001, rebelote: la même somme vers la même banque. Le 11 juin 2003, à nouveau quatre millions de francs suisses qui décollent du compte «Bora» des Bettencourt en direction, cette fois, de la banque Hottinguer & Cie, à Zurich.

Le 1er novembre 2004, un virement de 5 millions de francs suisses (4 millions d'euros) part vers l'Union bancaire privée (UBP). Le libellé du virement indique «Communications: bonbons Boissier». Le 29 novembre 2005, quatre millions de francs suisses repartent vers l'UBP. Et le 2 octobre 2006, deux millions de francs suisses (1,6 million d'euros) sont virés de «Bora» à destination de «1 bénéficiaire», est-il benoîtement indiqué sur le bordereau de la Banque cantonale vaudoise.

Hormis tous ces montants qui se chiffrent en millions d'euros, le compte «Bora» des Bettencourt a également opéré de nombreux virements de moindre ampleur sur la même période, c'est-à-dire entre 2000 et 2008 : 262.000 francs suisses par-ci (janvier 2005), 276.000 par-là (janvier 2006), 314.000, 140.000 et 235.000 pour la seule année 2007, 140.000 en 2008.

Où est passé l'argent et à quoi a-t-il servi? Seule une commission rogatoire internationale diligentée par un juge d'instruction pourrait répondre à ces deux questions cruciales et, donc, identifier les heureux bénéficiaires du trésor caché des Bettencourt. Les juges de Bordeaux, chargés des différents volets de l'affaire Bettencourt, notamment ceux concernant le blanchiment de fraude fiscale et le financement politique, le feront-ils ?

« Ce compte-là, on va le mettre à Singapour »

 

Patrice de Maistre  
Patrice de Maistre© Reuters

Parmi les comptes cachés de Liliane Bettencourt, le fisc français a également appris l'existence de l'un d'entre eux hébergé à Singapour sur un compte de la LGT Bank, avec un solde créditeur de 3,2 millions d'euros au 31 décembre 2009. Il pourrait s'agir du compte évoqué par Patrice de Maistre dans l'une des conversations d'affaires qui ont été surprises grâce au dictaphone-espion du maître d'hôtel de Liliane Bettencourt.  

L'échange est daté du 27 octobre 2009 :

Patrice de Maistre : «Je voulais vous dire que je pars en Suisse tout à l'heure pour essayer d'arranger les choses. Et vous allez voir Me Goguel (ancien avocat fiscaliste de Mme Bettencourt) aujourd'hui ou demain. Et il faut qu'on arrange les choses avec vos comptes en Suisse. Il ne faut pas que l'on se fasse prendre avant Noël.

Liliane Bettencourt : Que l'on se fasse prendre comment ?

PdM : A partir de janvier – c'est M. Woerth qui a fait la loi –, la France peut demander aux Suisses si vous avez un compte là-bas. Je suis en train de m'en occuper et de mettre un compte à Singapour. Parce qu'à Singapour, ils ne peuvent rien demander. Mais Goguel m'a dit que vous aviez un autre compte mais je ne suis pas au courant. (...) J'y vais toutes les semaines en ce moment (en Suisse).

LB : Vous pensez régler le problème?

PdM : Oui. Pour le moment, on est en train de s'en occuper. (...) Ce compte-là, on va le mettre à Singapour où vous aurez la paix.(...) Il est de 12 ou 13 millions, c'est beaucoup d'argent. Et vous en avez un autre, paraît-il, beaucoup plus important.»

Cette discussion est à l'image de nombreuses autres figurant dans les bandes pirates du majordome, où apparaît comme une obsession aux yeux de Patrice de Maistre le fait de ne surtout pas déclarer au fisc français les avoirs cachés des Bettencourt. Sa crainte ? Que « le fisc tire un fil », dira-t-il dans une conversation de novembre 2009.

Grâce aux révélations successives de Mediapart, le fisc a donc tiré le fil. Ce qu'il n'avait jamais fait jusqu'ici, suscitant de légitimes interrogations sur une clémence fiscale surpenante en faveur de Mme Bettencourt. Notamment à l'époque où Eric Woerth, dont la femme a travaillé au service de la milliardaire, a été ministre du budget, entre 2007 et 2010 ; à l'époque où, pendant que Liliane Bettencourt était l'une des plus généreuses donatrices de l'UMP et un soutien inébranlable de Nicolas Sarkozy, le même Eric Woerth était le trésorier du parti présidentiel.

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 13:32

LEMONDE.FR avec AFP | 21.11.11 | 14h27

 
 

 

En Turquie, à la frontière avec l'Iran, une zone militarisée à plus de 2 500 mètres d'altitude, les migrants "sont exposés à des traitements inhumains".

En Turquie, à la frontière avec l'Iran, une zone militarisée à plus de 2 500 mètres d'altitude, les migrants "sont exposés à des traitements inhumains".AFP/CARLO HERMANN


Près de 400 000 migrants ont été empêchés en 2010 de rejoindre l'Union européenne, qui continue de renforcer l'externalisation, voire la privatisation des contrôles aux frontières, selon le dernier rapport du réseau Migreurop. Cette troisième enquête, intitulée "Aux bords de l'Europe : l'externalisation des contrôles migratoires", s'intéresse particulièrement au sort des migrants à la frontière orientale de la Turquie avec l'Iran et aux "passagers clandestins" à bord des bateaux de la marine marchande.

"En 2010, plus de 393 000 ressortissants extracommunautaires ont essuyé un refus d'entrée aux frontières extérieures de l'Union européenne : 336 789 aux frontières terrestres, 50 087 dans les aéroports et 6 704 aux frontières maritimes", détaille le rapport.

"PASSAGERS CLANDESTINS"

Migreurop regroupe une quarantaine d'associations européennes et africaines militant pour le droit d'émigrer. Le réseau a fait le choix de s'intéresser aux "passagers clandestins" des navires de la marine marchande "parce que ces situations révèlent un transfert de responsabilité de l'autorité publique vers les acteurs privés sur les plans des contrôles frontaliers et de la prise en charge des migrants interceptés", explique-t-il.

Il a mené son enquête dans 23 ports situés dans sept pays de l'UE (Allemagne, Bulgarie, Chypre, Espagne, France, Italie, Pays-bas) et dans un pays du Maghreb (Maroc). Depuis la mise en place en 2004 du code international pour la sûreté des navires et des installations portuaires, conséquences des attentats du 11-septembre, le nombre de ces "passagers clandestins" a diminué du fait des contrôles plus sévères dans les ports où les conteneurs doivent être plombés.

Résultat : les migrants voyagent dans des conditions qui mettent leur vie en péril. Mais, comme la plupart des pays refusent de les laisser débarquer, ils poursuivent parfois leur périple, "trimballés de port en port, enfermés dans une cabine, sans possibilité d'en sortir". Quand les "clandestins" peuvent être expulsés, "des agents privés (sociétés de sécurité et de gardiennage) sont fréquemment mobilisés" au mépris des législations nationales, qui confient à la police et à la gendarmerie les missions de "recherche, arrestation et consignation de migrants en situation irrégulière", dénonce Migreurop.

En Turquie, à la frontière avec l'Iran, une zone militarisée à plus de 2 500 mètres d'altitude, les migrants "sont exposés à des traitements inhumains aussi bien de la part des passeurs que des autorités turques qui les arrêtent et les placent dans les geôles".

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 13:25

Cahier Géo&Politique du "Monde", daté du dimanche 20 - lundi 21 novembre | LEMONDE | 21.11.11 | 09h09

 
 

 

Les mineurs papous réclament des hausses de salaires mais le propriétaire du site, le groupe américain Freeport, refuse de céder.

Les mineurs papous réclament des hausses de salaires mais le propriétaire du site, le groupe américain Freeport, refuse de céder.REUTERS/Stringer Indonesia

Bali (Indonésie), envoyé spécial - C'est une grève lointaine qui paralyse depuis des semaines les activités d'une gigantesque mine d'or et de cuivre située au pied d'une montagne reculée, dans l'extrême orient de l'Indonésie. Une province peuplée en majorité par des tribus de l'ethnie papoue. Mais pour lointaine qu'elle soit, cette grève observée par plus d'un tiers des 23 000 mineurs est en train de faire flamber les cours sur les marchés mondiaux : possédée à 90,6 % par le géant américain Freeport McMoRan – le reste étant détenu par l'Etat indonésien –, cette mine recèle l'une des plus grandes quantité mondiale de cuivre et d'or.

Les mineurs protestent contre des salaires insuffisants compte tenu de leurs conditions de travail, des dangers qu'ils prennent et du coût de la vie dans cette province reculée de Papouasie, située à plus de 4 000 kilomètres à l'est de la capitale, Djakarta. Cela fait plusieurs semaines que la colère gronde dans la zone, où plus de 8 000 mineurs, en majorité papous, bloquent les routes d'accès, empêchant les non grévistes d'accéder au chantier. Le conflit est entré dans son troisième mois, le 16 novembre, sans aucun signe de règlement à l'horizon. Les appels du président indonésien, Susilo Bambang Yudhoyono, à une "résolution appropriée" de la querelle sont restés sans réponses.

GRAVES ATTEINTES AUX DROITS DE L'HOMME

La province où est située la mine englobe la partie occidentale d'une très grande île dont les régions orientales forment l'Etat de Papouasie Nouvelle Guinée, indépendant depuis 1975, après une longue tutelle australienne et allemande. Appelée province de "Papua" en indonésien, l'ouest de cette même île fut hollandaise avant d'être rattachée formellement à l'Indonésie en 1969.

Depuis, cette région est des plus instables : un conflit largement ignoré du monde extérieur perdure entre des séparatistes papous et l'armée indonésienne, restée toute puissante dans cette province placée sous quasi contrôle militaire. Et interdite aux journalistes occidentaux. Les soldats indonésiens sont perpétuellement accusés de graves atteintes aux droits de l'homme contre la population indigène. Des milliers de manifestants ont encore défilé, le 14 novembre, dans la capitale provinciale, Jayapura, pour réclamer l'indépendance.

Les mineurs de la mine Glasberg, qui sont payés l'équivalent de 1,50 dollar de l'heure, exigeaient, au début du mouvement, une augmentation vingt fois supérieure à leurs actuels émoluments, soit 30 dollars. Ils ont ensuite revu à la baisse leurs demandes, proposant 4 dollars. En face, les Américains ont suggéré une augmentation de 35% par rapport au tarif actuel de 1,50 dollar, c'est-à-dire 53 cents de plus… Les grévistes ont refusé. Depuis, c'est l'impasse.

 MANQUE À GAGNER POUR DJAKARTA

L'affaire coûte fort cher à Freeport McMoRan et à l'Indonésie. L'entreprise américaine, qui avait affiché des profits de 5 milliards de dollars tirés de l'exploitation de la mine en 2010, a annoncé des pertes se chiffrant à 19 millions de dollars par jour depuis le début de la grève. Le gouvernement de Djakarta a recueilli, grâce aux revenus de la mine, 1,4 milliard de dollars en impôts et royalties durant le premier semestre 2011, selon le quotidien The Jakarta Globe. On imagine le manque à gagner pour Djakarta.

Freeport a beau affirmer qu'une partie de ces revenus collectés par l'Etat sont reversés à la province et comptent pour 68% du budget de cette dernière, tel n'est pas l'avis des grévistes. Selon certains d'entre eux, rencontrés par un correspondant local de l'AFP, "les écoles publiques et les centres de soins sont en nombre insuffisants et trop éloignés les uns des autres". En outre, les Papous affirment toucher encore moins que leurs collègues d'Afrique et d'Amérique latine. "Durant toutes ces années, je n'ai jamais reçu ni promotion, ni augmentation", a confié Nus Magay, un mineur. "Et pourtant, a-t-il tonné, je travaille pour une compagnie minière de classe internationale !"

La "Une" du Cahier Géo&Politique du "Monde", daté du dimanche 20 - lundi 21 novembre.

La "Une" du Cahier Géo&Politique du "Monde", daté du dimanche 20 - lundi 21 novembre.DR


Bruno Philip

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 13:15

LEMONDE | 20.11.11 | 18h07   •  Mis à jour le 20.11.11 | 18h23

 

Un dormeur au pied d'un arbre dans le New Jersey.

Un dormeur au pied d'un arbre dans le New Jersey.AFP/Hunter Martin


Donnez-moi un arbre et je sauverai le monde, nous dit le botaniste Francis Hallé, qui vient de publier Du bon usage des arbres. Un plaidoyer à l'attention des élus et des énarques (Actes Sud). Prenons-le au mot. Par quel arbre commencer ? Le platane que planta Buffon en 1785, à l'entrée du Jardin des plantes, à Paris. Les visiteurs peuvent constater sa grande forme 226 années après, alors qu'il n'a jamais été taillé.

Car le platane vit très longtemps, comme beaucoup d'arbres. Il est même "potentiellement immortel", précise Francis Hallé : "Un homme est sénescent, c'est-à-dire programmé pour mourir. Pas un platane." Après la chute des feuilles, la vie repart au printemps et l'arbre retrouve son génome juvénile. S'il n'était pas agressé par les accidents, les maladies ou les humains, le platane vivrait des siècles. "Quand on dit un platane centenaire, on parle d'un gamin en culotte courte", s'amuse le botaniste, qui connaît un olivier âgé de 2000 ans à Roquebrune-Cap-Martin (Côte d'Azur).

Ajoutons que l'arbre crée des colonies. Sexué, il distribue des graines alentour, mais il étend aussi des racines à partir desquelles des descendants poussent. Voilà pourquoi on trouve des platanes centenaires entourés de vieux frères, des peupliers se renouvelant depuis 10 000 ans dans l'Utah, des crésotiers (Larrea) de 13 000 ans dans le désert de Mojave (sud de la Californie), et un houx royal de 43 000 ans s'étalant sur un kilomètre, en Tasmanie. "L'histoire de notre espèce zoologique tient dans la vie d'un arbre. Cela devrait nous ramener à l'humilité", philosophe Francis Hallé. C'est sans doute le premier service que nous rend l'arbre.

L'autre prodige de l'arbre est de résoudre ses problèmes sans bouger. C'est un bon citoyen, décoratif, taiseux, économe, calme et courageux. Il se contente de peu - lumière, eau, oligoéléments - et déjoue ses ennemis sans bruit, en développant un arsenal chimique. Un if produit des molécules qui éloignent souris et insectes et, ce faisant, il fournit le taxol à l'homme, un anticancéreux efficace. Et chacun sait que le tilleul ou le bouleau, le noisetier ou le citronnier donnent des médicaments.

UN ÉPURATEUR D'ATMOSPHÈRE

Nous, humains, avec nos 2mètres carrés de peau, sous-estimons la surface de l'arbre. Pour la calculer, il faut mesurer chaque feuille recto verso, ajouter la surface du tronc, des branches et rameaux, des racines longues et fines et des poils absorbants, sans oublier les poches dans l'écorce. Un arbre feuillu de 15 mètres occupe au total 200 hectares, l'équivalent de Monaco. Il double de poids quand il est mouillé. Toute cette surface respire, nous fait respirer.

"Grâce à la photosynthèse, l'arbre est notre meilleur allié dans la lutte contre le réchauffement climatique ", estime Francis Hallé. Le platane de Buffon, comme tout arbre, absorbe quantité de dioxyde de carbone (CO2), responsable de l'effet de serre. 20 % à 50 % de la matière produite par l'arbre - bois, racines, feuillages, fruits... - est constituée de CO2. Ainsi, en respirant, l'arbre épure l'atmosphère. Il séquestre le dioxyde de carbone et les polluants urbains tels que les métaux lourds, le plomb, le manganèse, les suies industrielles, les oxydes d'azote et de soufre, l'ozone... Ceux-ci sont dissous par l'eau intérieure, puis stockés dans le bois. C'est pourquoi il faut couper les vieux arbres le moins possible. Plus ils sont grands, plus ils purifient l'air.

En même temps, l'arbre libère l'oxygène qui nous fait vivre, l'O2. Un humain adulte consomme environ 700 grammes d'O2 par jour, soit 255 kg par an. Pendant ce temps, un arbre moyen en produit 15 à 30 kg. Il faut donc une dizaine d'arbres pour oxygéner un homme. En plus, l'arbre humidifie et rafraîchit l'atmosphère par évaporation et transpiration. Une zone boisée de 50 m2 fait baisser la température de 3,5 °C et augmente le taux d'humidité de 50 %. L'agitation des feuillages, surtout des conifères, libère des ions négatifs qui auraient un effet bénéfique sur la santé et l'humeur. Et l'arbre accueille nombre d'espèces utiles.

Pascal Cribier, jardinier talentueux, habite au-dessus du jardin du Luxembourg, à Paris. Il désigne la cime rougeoyante des arbres : "Nous ne voyons que la moitié d'un arbre. Nous n'imaginons pas l'activité souterraine, la taille et la force de ses racines, les espèces qui vivent en symbiose avec lui. Nous oublions que, sans les arbres, le sol se dégrade vite, et pour toujours." C'est cette part secrète, souterraine, qui a décidé de la vocation de Pascal Cribier, à 18 ans. Il voulait comprendre, planter, mettre les mains dans la terre.

Devenu un artiste du jardin, il a exposé dans des galeries des blocs de racines noueuses. Il faut savoir que sous-bois, racines et sous-sols font vivre champignons, lichens, fougères, plantes épiphytes, insectes, vers et mammifères. Sous terre, les racines font circuler des tonnes d'eau pour abreuver les feuilles. Souvent, elles dépassent en longueur les branchages. Ainsi, le jujubier de Libye, haut de 2 mètres, possède des racines de 60 mètres.

"L'homme ne saurait vivre sans l'arbre, et il le menace partout, s'étonne Francis Hallé. Pourtant, la réciproque n'est pas vraie..." Les Nations unies ont déclaré 2011 Année internationale de la forêt. Les arbres abritent 50 % de la biodiversité terrestre et apportent la subsistance à 1,6 milliard d'humains.

Les enquêtes de l'ONU et du REDD - programme des Nations unies qui vise à réduire les émissions de CO2 causées par la déforestation et la dégradation des forêts - montrent que la moitié des forêts de la planète a été détruite au XXe siècle. Ainsi, 7,3 millions d'hectares de forêts tropicales ont disparu chaque année entre 2000 et 2005, soit 20 000 hectares par jour. Résultat, la déforestation et la dégradation des forêts tropicales contribuent pour 15 % à 20 % aux émissions de CO2 : brûlés, abattus, les arbres libèrent leur carbone.

A l'inverse, l'ONU estime que des plantations d'arbres pourraient compenser 15 % des émissions de carbone dans la première moitié du XXIe siècle. "J'ai plaqué mon chêne/Comme un saligaud", chantait Georges Brassens...

De l'aspirine au papier

Prenons un citadin qui déguste en terrasse une salade à l'huile d'olive et au citron avec des pignons, puis commande une omelette aux truffes et un verre de chablis. Au dessert, poire belle-Hélène accompagnée d'un café à la cannelle. En digestif, une goutte de vieux gin. Ensuite, après une aspirine, il prend quelques notes avec un stylo jetable sur un carnet. Cet homme vient de mettre quinze arbres à contribution. Un frêne pour sa chaise, un orme pour la table, un olivier, un pin parasol, un citronnier, un chêne pour la truffe, un robinier (faux acacia) pour le fût du vin blanc, un poirier et un cacaoyer, un caféier, un cannelier, un genévrier, un saule pour l'aspirine, du ricin pour le plastique, un pin sylvestre pour le papier. Nous ne saurions vivre sans les arbres.

La ville non plus. Octobre 2011 était le Mois international de l'arbre et de la forêt des villes. Ainsi en a décidé la FAO. Pourquoi protéger l'arbre citadin ? En 2030, 70 % de la population de la Terre vivra en ville. Il faudra la nourrir. Le monde rural n'y suffira pas. Déjà, l'agriculture urbaine et périurbaine existe dans les friches et bidonvilles. Les citadins pauvres plantent des arbres et des légumes pour se nourrir. Depuis des années, la FAO leur procure assistance et crédits.

En Europe, Bruxelles protège les 5 000 hectares de la forêt de Soignes, en pleine ville ; Zurich fait de même, Barcelone a classé sa forêt riveraine, Nantes prévoit de planter 1 400 hectares d'arbres à ses portes. Julien Custot, expert à la FAO, explique : "L'arbre urbain est fondamental pour préserver les sols, contenir les inondations, apporter de l'énergie, pourvoir des aliments sains. Il rend les villes plus agréables, plus fraîches. Il nous faut une vraie politique de foresterie urbaine." Le jardinier écologiste Gilles Clément ajoute : "L'urbanisme jouit d'un grand prestige dans un monde assujetti au principe économique "quand le bâtiment va, tout va". Un jardinier penserait plutôt : "Quand le jardin va, tout va". Il faut nourrir le monde avant même de le loger."

L'économiste indien Pavan Sukhdev, codirecteur de la Deutsche Bank de Bombay, est une des têtes chercheuses des TEEB, The Economics of Ecosystems and Biodiversity. C'est lui qui, en octobre 2010, a chiffré les services rendus par les écosystèmes à la conférence de Nagoya sur la biodiversité, dont la France vient de signer le protocole. Il calcule la valeur économique de la nature et ses dégradations. Après trois ans d'enquêtes menées par cent experts, "les gros chiffres impressionnent", affirme-t-il. Si nous divisions par deux le rythme de la déforestation d'ici à 2030, les réductions d'émission de CO2 allégeraient de 2 600 milliards d'euros le coût du réchauffement. L'érosion de tous les écosystèmes terrestres - forêts, sols ou encore zones maritimes - nous fait perdre entre 1 350 et 3 100 milliards d'euros chaque année. "Cette invisibilité économique des écosystèmes, explique Pavan Sukhdev, a mené à la crise écologique."

En jardinier, Pascal Cribier s'inquiète de ces chiffres : "Un arbre est inestimable, ce qu'il nous apporte n'a pas de prix..."

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 13:11

LEMONDE.FR avec AFP | 21.11.11 | 14h08

 
 

 

Un requin dans un aquarium à Istanbul. 25/08/11

Un requin dans un aquarium à Istanbul. AFP/MUSTAFA OZER

La Commission européenne a proposé lundi 21 novembre d'interdire la coupe des ailerons des requins à bord des navires de pêche et le rejet à la mer les animaux encore vivants. Cette mesure vise ainsi à protéger les stocks de requins, dont une trentaine d'espèces sont menacées d'extinction dans le monde, essentiellement en raison de la forte demande d'ailerons qui, mijotés en soupe, sont un mets raffiné en Chine et dans d'autres pays asiatiques.

"En comblant le vide juridique dans notre législation, nous souhaitons éradiquer la pratique effroyable de l'enlèvement des nageoires de requin et assurer une protection nettement meilleure des requins", a déclaré Maria Damanaki, commissaire chargée de la pêche.

La nouvelle législation prévoit que les navires pêchant dans les eaux de l'Union européenne et les navires de l'UE pêchant dans le monde auront "l'obligation de débarquer les requins avec les nageoires attachées au corps". Les pêcheurs avaient jusqu'à présent la possibilité de débarquer les carcasses et les nageoires dans des ports différents, ce qui rendait les fraudes aisées.

73 MILLIONS DE REQUINS DISPARAISSENT CHAQUE ANNÉE

"Les contrôles seront désormais facilités, et il deviendra plus difficile de dissimuler l'enlèvement des nageoires", a spécifié Mme Damanaki. L'interdiction vise les flottes espagnoles et portugaises, qui pêchent dans tous les océans, a souligné la Commission. Les pêcheurs français, allemands et britanniques sont également concernés. Ils bénéficiaient d'exemptions pour la capture de requins, à condition de tout garder à bord à des fins de transformation. La mesure ne s'applique pas à la pêche artisanale, a-t-on précisé à la Commission.
 

"La proposition de la Commission est une étape positive pour la protection des requins", notamment dans l'Atlantique, a réagi la fédération d'ONG Shark Alliance. "L'UE, en particulier l'Espagne, est l'un des principaux fournisseurs d'ailerons à l'Asie", selon elle. La surpêche est responsable de la disparition de 73 millions de requins chaque année, selon l'association Environment Group (PEG), qui estime qu'une trentaine d'espèces sont directement menacées d'extinction.

A la différence des autres poissons, les squales sont fragilisés par leur cycle biologique car ils n'atteignent leur maturité sexuelle qu'après une dizaine d'années et n'ont que peu de petits à la fois. En Asie, les campagnes lancées par des ONG commencent à faire évoluer les traditions. Les hôtels de luxe Peninsula ont ainsi annoncé lundi le retrait de la soupe aux ailerons de ses restaurants.

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 13:07

LEMONDE.FR avec AFP | 21.11.11 | 13h20   •  Mis à jour le 21.11.11 | 13h31

 
 

 

La concentration des gaz à effet de serre dans l'atmosphère a atteint des niveaux record en 2010.

La concentration des gaz à effet de serre dans l'atmosphère a atteint des niveaux record en 2010.AFP/ERMAL META

Les principaux gaz à effet de serre à l'origine du réchauffement climatique ont franchi de nouveaux records de concentration dans l'atmosphère en 2010, a dénoncé lundi 21 novembre l'Organisation météorologique mondiale (OMM). "Même si nous parvenions à stopper aujourd'hui nos émissions, ce qui est loin d'être le cas, les gaz déjà présents dans l'atmosphère y subsisteraient encore pendant des dizaines d'années et continueraient de perturber le fragile équilibre de la Terre, planète vivante, et du climat", a précisé le secrétaire général de l'OMM.

Parce qu'ils captent une partie du rayonnement solaire, les gaz à effet de serre favorisent le réchauffement de la planète. Entre 1990 et 2010, le forçage radiatif de l'atmosphère par les gaz à effet de serre – indicateur qui mesure l'impact des facteurs modifiant l'équilibre entre le rayonnement solaire entrant et les émissions de rayonnements infrarouges sortant de l'atmosphère – a augmenté de 29 %, et à lui seul le dioxyde de carbone (CO2) est responsable de 80 % de cette augmentation. Le CO2 contribue à hauteur de 64 % au forçage dans l'atmosphère. Sa concentration dans l'atmosphère a augmenté entre 2009 et 2010 de 2,3 ‰ (ppm), soit plus que la moyenne des années 1990 (1,15 ppm), et que celle des dix dernières années (2 ppm).

L'OMM relève également qu'après "une période de stabilisation temporaire relative (1999-2006), la concentration de méthane dans l'atmosphère est repartie à la hausse, et les scientifiques s'efforcent d'en découvrir les causes". Le protoxyde d'azote (N2O), autre gaz de serre, a aussi contribué au réchauffement de la planète. En 2010, la teneur de l'atmosphère en N2O était supérieure de 20 % par rapport à l'époque préindustrielle selon l'OMM. Le taux d'accroissement est de 0,75 ppb (partie par milliard de molécules d'air sec), par an sur les dix dernières années, ce qui est dû surtout à l'utilisation d'engrais azotés, comme le fumier, qui "a profondément perturbé le cycle mondial de l'azote".

L'OMM, par le biais de son programme de la veille de l'atmosphère globale, coordonne les observations des gaz à effet de serre dans l'atmosphère, via un réseau de stations réparties dans plus de cinquante pays. Son rapport sur les gaz à effet de serre, publié lundi, est le septième depuis 2004.

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 13:02

 

Photos d'une action du 5 novembre à Caen  
Photos d'une action du 5 novembre à Caen

Appel du Comité Anti-Castor de Tarnac

Fukushima, c'était il y a huit mois. Il n'y a pas de « retour à la normale » après une catastrophe nucléaire. Il y a un nouvel état du monde, une nouvelle géographie du ravage dont l'information régnante voudrait que l'on s'accommode, par la force des choses. Le spectacle des explosions de Fukushima offert en live streaming à la planète entière, les dépêches sans queue ni tête livrées d'heure en heure à l'avidité des peuples obéissent à la même logique qui commande aujourd'hui le plus complet silence sur les conséquences de la catastrophe. Qui sait que le Japon a mis à l'arrêt à ce jour 44 de ses réacteurs, que seuls dix fonctionnent encore et qu'à Tokyo on préfère désormais les coupures d'électricité aux merveilles de l'atome ? Qui se soucie que 90 % des enfants naissant actuellement dans la zone contaminée autour de Tchernobyl soient frappés de tares génétiques ? La vie est assez dure comme ça pour s'épargner d'avoir, de surcroît, conscience de son horreur. Les pays les plus nucléarisés sont ceux où l'on se rebelle le moins contre le nucléaire. Les prisonniers finissent généralement par aimer leur geôlier, pour peu qu'on les résigne assez à leur sort. Dans l'ambiance de fin du monde, d'apocalypse symbolique, d'effondrement généralisé où nous baignons présentement, le nucléaire fonctionne comme un verrou sur la situation politique. C'est un ciel bas et lourd qui pèse comme un couvercle sur toute idée de bouleversement. Ce qui est en jeu là, ce n'est évidemment pas la révolution, tout juste sa possibilité. D'autant plus cette société épuise le peu de crédit qu'il lui reste, d'autant plus le réseau de centrales qui enserre le territoire nous fait l'effet d'un corset, d'une camisole. Comment un régime qui ne s'aventure plus à faire de promesse pour l'année suivante ? ose-t-il produire des déchets radioactifs pour encore cent mille ans ? Comment ignorer que la dépendance énergétique où l'on nous tient, et la sorte de chantage qui l'accompagne, réduisent à l'insignifiant toutes nos prétentions à la liberté ? Il y a quelque chose de morbide dans l'investissement libidinal dont l'État français a couvert ses centrales et ses bombes à neutrons. À mesure que gouvernements étrangers et capitalistes éclairés font savoir l'un après l'autre leur intention de renoncer au nucléaire, la France préfère se dire que si elle est de plus en plus seule dans son impasse, c'est simplement qu'elle est la meilleure. Alors que l'EPR est en bonne voie pour égaler Superphénix dans la catégorie des folies furieuses, EDF dévoile à présent son intention de relancer la surgénération. C'est un spectacle atterrant qu'un tel déni du réel, une telle imperméabilité à l'expérience, une telle façon d'exposer au monde entier ses verrues comme un titre de gloire.

Trois ans se sont écoulés depuis ce 11 novembre où la Sous-Direction Antiterroriste a trouvé bon d'investir le village de Tarnac et quelques autres domiciles en France, afin d'y arrêter une dizaine de personnes. Renseignements pris, nous avons fini par acquérir une idée assez précise de l'étonnante convergence d'intérêts qui a amené à ces arrestations. On arrive, selon le fil que l'on tire dans cette bobine, à d'obscures barbouzes grenouillant dans la « sécurité », à des services secrets agissant « informellement » à l'échelle européenne, à des conseillers du prince en veine de reconnaissance, à de vieux fachos ayant accédé aux ministères dans le sillage de Sarkozy et jugeant que l'heure était enfin venue de prendre leur revanche sur les gauchistes. On y trouve aussi les intérêts bureaucratiques bien compris d'ex-RG mis à mal par la fusion avec la DST au sein de la DCRI et les éternelles ambitions ministérielles de Michèle Alliot-Marie. Pour faire bonne mesure, on n'oubliera pas le rôle joué par l'infiltré britannique Mark Kennedy-Stone et l'effet des habituelles rivalités dont les milieux radicaux sont, au même titre que n'importe quel autre milieu, le siège détestable. Mais si l'on s'en tient aux faits, et non à leur cause, ce qui a fini par nous sauter aux yeux, c'est ceci : l'affaire de Tarnac fut d'abord une tentative forcenée, et à ce jour réussie, pour contenir aux frontières l'extension du mouvement anti-nucléaire allemand. Toute l'opération aura consisté à travestir une action de blocage de trains revendiquée par un groupe anti-nucléaire allemand et exécutée par une méthode assez usuelle et assez sûre - les fameux « crochets » - pour avoir été employée jusqu'à une centaine de fois en une seule année de l'autre côté du Rhin sans jamais blesser quiconque, en un « acte terroriste » immotivé visant à faire dérailler des trains. Il aura suffi pour cela, d'un côté, d'occulter la revendication allemande transmise dès le 9 novembre 2008 par Interpol, et de l'autre de faire le plus de bruit possible autour de l'arrestation d'un groupe que l'on avait depuis longtemps dans le viseur. Comme l'assassinat de Vital Michalon lors de la manifestation de Malville en 1977, comme les tendons tranchés volontairement, l'année dernière, aux militants du Groupe d'Action Non-Violent Antinucléaire (GANVA) qui s'étaient enchaînés sur la route du train de transport de déchets ultra-radioactifs CASTOR (CAsk for Storage and Transport Of Radioactive material), l'affaire de Tarnac témoigne de la nervosité pathologique qui atteint l'État français dès que l'on touche à la question nucléaire. Il est vrai qu'il a sur ce point des décennies de mensonges et des milliers de morts à faire oublier.

Cette année que se prépare, pour la première fois peut-être, une action de masse pour bloquer à son point de départ, le 24 novembre prochain à Valognes (Manche), le train CASTOR, nous ne pouvons décemment manquer le rendez-vous. Nous devons bien cela à l'État français, et à ses nucléocrates. Et il serait malséant, après Fukushima, qu'il y ait 50 000 Allemands pour le bloquer à son arrivée à Gorleben, et personne pour l'entraver en France. Alors que huit nouveaux trains de déchets provenant de Hollande doivent bientôt traverser les gares de RER franciliennes pour rallier La Hague, nous devons donner raison au collectif Valognes Stop Castor (http://valognesstopcastor.noblogs.org / *) : « La question des déchets constitue le maillon faible de l'industrie nucléaire, et l'illustration la plus frappante du scandale qu'elle est dans son ensemble ». C'est donc là qu'il faut l'attaquer. C'est là qu'il faut, à quelques milliers, lui porter un coup décisif. Polluer, c'est toujours s'approprier. En polluant pour les cent mille ans qui viennent, l'État nucléaire s'approprie tout futur pensable et toute vie possible. Nous sommes le futur. Nous sommes la vie. Nous arrêterons les centrales. Tous à Valognes !

Comité anti-CASTOR de Tarnac

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