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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 19:52

 

Rue89 - Dégaine l'oseille 17/11/2011 à 18h48
 

Un élève travaille sur un exercice scolaire à la maison dans une famille américaine (Brandi Jordan)

Chatou, dans les Yvelines. Une banlieue chic à 10 kilomètres à l'ouest de Paris. Christine R., qui préfère conserver l'anonymat, travaille en profession libérale. Avec son mari, directeur général d'une grande surface, ils ont quatre enfants : Camille, 20 ans, Adrien 18 ans, Antonio, 10 ans, et Cassandra, 8 ans. Le couple gagne environ 8 000 euros par mois.

Comme tous les parents, ils veulent que leurs enfants réussissent. Lorsque leur aînée était en première ES, elle n'avait pas l'esprit mathématique ? Ils ont fait appel à un professeur particulier. Elle voulait suivre des études de commerce, son orientation actuelle ? Les parents ont re-signé pour la terminale. Coefficient 7 au bac, il s'agissait de ne pas perdre pied.

A 45 euros par heure, deux heures par semaine pendant quinze mois, la facture est salée : 5 400 euros sans abattement fiscal. « Nous avions essayé avec un organisme, mais ce n'était jamais le même professeur », précise Christine R.

« Son prof de lycée nous avait encouragé »

Adrien, lui, faisait partie des élèves un peu juste en mathématique. Une moyenne de 9/20 en seconde, un peu limite pour intégrer une première S et être sûr de réussir son bac. Donc de la seconde à la terminale, même prof, même tarif : 8 640 euros pour vingt-quatre mois.

« Son professeur de lycée nous avait encouragé », ajoute la mère de famille. Car si des cours de soutien existaient au sein de l'établissement pour les queues de classe, rien n'était proposé aux élèves moyens.

« Nous avions la chance de pouvoir le faire, alors nous l'avons fait », souligne Christine R., consciente qu'avec ses revenus le ménage appartient aux privilégiés.

Prix d'ami : 72 h de cours pour 4 320 €

D'autant que les doutes d'Adrien et de Camille ne portaient pas seulement sur les dérivations ou les fonctions polynômes. A l'approche du bac de français, l'angoisse monte également à l'idée des commentaires de texte et dissertations sur Flaubert ou Balzac.

Ce fut donc deux heures de cours hebdomadaires. Malgré un « prix d'ami », les parents ont dû débourser 4 320 euros supplémentaires pour aider leurs deux adolescents à appréhender Molière à raison de 72 heures de cours chacun.

Même si à l'heure actuelle, les deux petits derniers ne sont pas concernés, les Yvelinois n'en ont pas pour autant fini avec les cours de soutien. Adrien, désormais étudiant en première année de médecine (PAES), suit en complément une prépa privée (850 euros l'année) et des cours particuliers de biophysique avec un professeur spécialisé (deux heures par semaine à 70 euros de l'heure).

Objectif : maximiser ses chances aux concours de janvier et de mai dont les taux de réussite ne dépassent pas 17% en moyenne. Au total, 5 890 euros pour un an. Le prix du succès ? « Mon fils m'a assuré que c'était indispensable », ajoute la mère de famille nombreuse, dubitative. Elle attend de voir les résultats.

Au total, le soutien scolaire aura coûté 23 700 euros pour 528 heures de cours particuliers sur un peu plus de quatre ans, soit 5 925 euros par an, plus 850 euros de prépa, la question se pose.

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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 19:50
Rue89 - Tribune des droits humains 19/11/2011 à 17h19
Tribune des droits humains"
John Dyer
Infosud
 

Une poche vide (stuartpilbrow/Flickr)

 

(De Boston) L'économie américaine est à nouveau minée par un problème de dette. Cette fois-ci, ce sont les étudiants qui sont directement visés, avec une dette globale de mille milliards de dollars en 2010.

C'est le chiffre que donne la réserve fédérale new-yorkaise pour la dette issue des prêts bancaires des universitaires : un record.

Selon le College Board, un groupe d'intérêt des universités, les étudiants empruntent deux fois plus qu'il y a dix ans (taux d'inflation inclus).

Une situation qui ne peut que s'aggraver : aux Etats-Unis, la plupart des étudiants doivent financer eux-mêmes leurs études et le coût de l'éducation continue à fortement augmenter. Sans autre choix que de cumuler des crédits pour paradoxalement assurer leur avenir, ils peuvent s'endetter pour plusieurs dizaines de milliers de dollars chaque année.

Pas le droit à l'erreur

Cette spirale est d'autant plus intenable que les étudiants doivent commencer à rembourser leur emprunt une fois le diplôme obtenu. Cela quelles que soient les difficultés que peut rencontrer le débiteur.

Même en cas de faillite personnelle, cette dette ne s'efface pas, contrairement aux autres types de dette. Alisa Cunningham, chercheuse à l'Institute for Higher Education Policy à Washington, confie :

« Les conséquences sont tellement graves que les étudiants n'ont pas le droit à l'erreur. »

Or, avec un taux de chômage avoisinant les 9% aux Etats-Unis, de nombreux diplômés ne peuvent pas rembourser leur emprunt. En 2009, 8,8% d'entre eux étaient en défaut de paiement contre 6,7% deux ans plus tôt.

Le pire marché de l'emploi

Un business juteux et sur le long terme pour les organismes de crédit qui n'a pas échappé à certaines universités : elles sont de plus en plus nombreuses à développer des entreprises rentables de prêts sur le dos des étudiants.

Les critiques se font de plus en plus virulentes contre ce fonctionnement, les facultés incriminées ciblant délibérément les étudiants issus de familles pauvres.

Une politique clairement irresponsable pour Jake Stillwell, porte-parole de l'Association des étudiants américains. Selon lui, alors que ces universités font miroiter de bonnes chances d'emploi grâce à leur diplôme, elles passent sous silence les conséquences de contracter un prêt.

« En moyenne, les dettes d'un diplômé s'élèvent à 25 000 dollars avant de se lancer sur le pire marché de l'emploi de l'histoire. »

La question de la dette estudiantine est au cœur des manifestations qui secouent tout le pays. « Je suis un jeune médecin, qui arrive tout juste à survivre avec mon salaire », écrit un membre du mouvement Occupy Wall Street sur le site We Are the 99 Percent.

« J'ai plus de 200 000 dollars de dette étudiante. Je dois payer près de mille dollars par mois. Même à ce rythme, je vais avoir besoin de 30 ans pour rembourser totalement. Dans ces conditions, comment pourrais-je acheter une maison, assumer des enfants et épargner pour l'avenir ? »

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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 18:53

Paru dans L’Humanité, vendredi 18 novembre-dimanche 20 novembre 2011

Rubrique « L’entretien », pp.16-17

  

 

Philippe Corcuff

 

« Pour reprendre vie, la forme parti devrait se faire plus expérimentale et mobile »

 

 

Maître de conférences en science politique, Philippe Corcuff analyse l’émergence de mouvements, comme ceux des Indignés, parallèlement au rejet de la forme parti et aux tentatives de rénovation des formations politiques. Á partir de son travail sociologique sur l’individualisme contemporain et l’individualité, il porte un regard critique sur les pratiques militantes ponctuelles et le « racisme social » qu’elles sous-tendent.

 

 

Existe-t-il, à l’aube du XXIe siècle, de nouvelles façons de s’engager ?

Philippe Corcuff. Il faut éviter de s’emballer sur la « nouveauté » supposée des formes d’engagement comme d’autres comportements sociaux. La proclamation tous les quatre matins du « nouveau » participe de l’inconscient médiatique et, plus largement, de ce que l’historien François Hartog appelle « le présentisme » (1), c’est-à-dire un culte du présent qui ne vit que dans l’instant. C’est une des tendances qui travaille le rapport au temps des sociétés occidentales en ce début de XXIe siècle. Cela ne veut pas dire que rien ne bouge. Il y a des conjonctures d’effervescence sociale variables et des passages entre elles. Ainsi on retrouve aujourd’hui des rapports à l’action qui ont déjà (ré-)émergé dans la période créatrice des années 1968-1970 : valorisation de l’autonomie individuelle plutôt que de la discipline collective, de la créativité culturelle face à l’uniformisation, de l’horizontalité par rapport à la verticalité, etc. Par ailleurs, aujourd’hui, comme dans les années 1968-1970, ces tendances au renouvellement ne sont pas exclusives. D’abord, elles percutent aussi les associations, syndicats et partis plus anciens. Ensuite, des phénomènes traditionnels, comme la délégation ou la spécialisation des tâches, persistent dans les structures nouvelles. Il faut voir l’inventivité ordinaire comme un bricolage mêlant des matériaux stabilisés, d’autres réactivés après une période d’oubli et d’autres encore plus neufs. La partition « ancien »/« nouveau » apparaît mal ajustée pour en rendre compte. En outre, il y a souvent dans la dichotomie « ancien »/« nouveau » une tendance à un racisme social situant les formes plus populaires du côté d’un « ancien » supposé « archaïque » et celles portées par des couches moyennes plus diplômées – comme les journalistes ! - du côté d’un « nouveau » supposé « inventif ».

 

Cette année a notamment été marquée par l’émergence du mouvement dit des Indignés qui, pour une part, rejettent les « carcans » des partis politiques traditionnels. Que révèle ce type d’expression démocratique ?

Philippe Corcuff.Les partis de gauche ont fréquemment été traversés par une double arrogance : prétention à définir seuls les clés de la politique « sérieuse » et rhétorique de « la direction » du mouvement social. Les prémisses de cette double arrogance ont été mises en cause par le syndicalisme révolutionnaire dès le début du XXe siècle, par exemple dans la Charte d’Amiens de 1906. D’autre part, comme les partis conservateurs, les gauches ont été entraînées progressivement dans le processus moderne de représentation politique professionnalisée ; la politique étant déléguée à divers spécialistes en faisant un métier quasi permanent.Un mouvement comme celui des Indignés exprime une résistance démocratique face à la toute-puissance de cette représentation politique professionnalisée, qui confond ce que le philosophe Jacques Rancière appelle justement « les États de droit oligarchiques » contemporains avec l’idéal démocratique (2). C’est donc une bonne nouvelle pour la promesse démocratique qui ne peut que se heurter aux institutions existantes.Toutefois ce type de mouvement développe aussi des illusions. Dans un article écrit avec Lilian Mathieu, nous avons montré que les mécanismes de capitalisation du pouvoir, de division des tâches, de hiérarchie dans l’accès à l’information et à la parole ne sont pas des phénomènes concernant seulement les partis, mais aussi les mouvement sociaux (3). Et cela de manière subreptice et plus invisible quand ces mouvements se gorgeant de leur « nouveauté » n’y prennent pas suffisamment garde, croyant avoir évacué tous les problèmes dans la dénonciation exclusive des partis.

 

Ces mouvements sont-ils un signe de l’individualisation de nos sociétés et de ses effets sur le politique ?

 Philippe Corcuff. L’individualisation constitue une des logiques principales à l’œuvre dans nos sociétés, mais qu’une de ces logiques. La logique de division en classes, à travers la contradiction capital/travail, en est une autre toujours prégnante. L’interaction des deux nous fait d’ailleurs mieux comprendre pourquoi la question sociale est fréquemment ressentie de manière davantage individualisée aujourd’hui. Rappelons-nous du succès du slogan « Je lutte des classes » inventé par le collectif d’artistes Ne pas plier et diffusé par L’Humanité au cours du mouvement des retraites ! Les Indignés pourraient être un laboratoire posant de manière mieux articulée au sein d’un mouvement social la double exigence d’action collective et d’autonomie individuelle, de justice sociale et de reconnaissance des individus. Les partis ont souvent incarné un « tout collectif », alors que semblent ici se chercher des modes plus souples de coopération des individus. Cet individualisme contemporain apparaît cependant ambivalent. Il inclut des aspects désagrégateurs, comme la décomposition des liens sociaux antérieurs ou des pathologies narcissiques, mais aussi des composantes émancipatrices, comme l’élargissement de marges quotidiennes d’autonomie ou le desserrement du carcan de la famille patriarcale sur les femmes et les enfants. Sur le plan de l’engagement, il a au moins une double face. D’une part, un désinvestissement relatif des formes représentatives, par exemple à travers l’abstention ou un vote plus « intermittent » ; d’autre part, l’émergence de formes déplacées d’engagement comme le mouvement des Indignés. Ce processus est porteur d’effets ambivalents du point de vue de la délégation. Il stimule la critique de la délégation dans les diverses organisations, mais nourrit aussi une demande de délégation des tâches militantes à d’autres afin de pouvoir s’occuper davantage de sa vie personnelle et familiale. Présentisme et individualisme peuvent alors interagir pour alimenter un zapping citoyen continu : un jour les retraites, un autre jour le gaz de schiste, un autre encore Montebourg, les Indignés, etc. etc., sans guère de mémoire du passé – à court terme : qui a fait le bilan des difficultés rencontrées par le mouvement des retraites ? ou à long terme : comment rendre compte des impasses totalitaires comme des divers échecs de deux siècles de combats pour faire émerger une société non-capitaliste démocratique ? – ni d’ouverture vers un avenir radicalement différent.

 

Comment, dans ce cadre, interpréter l’émergence de nouvelles forces politiques ces dernières années ou, plus récemment, la participation à la primaire socialiste ?

Philippe Corcuff. La participation, fort relative, à la primaire socialiste s’inscrit dans les contradictions de la période. D’abord, il faut relativiser cette participation : les couches populaires et les jeunes ont, semble-t-il, peu participé, et ce sont les milieux déjà les plus engagés dans la vie de la cité (syndiqués et militants associatifs) qui apparaissent s’être le plus mobilisés. Pour ce qui est des participants, on peut observer un effet du zapping présentiste. De ce point de vue, il pourrait y avoir une analogie paradoxale, dans la prépondérance du ponctuel par rapport au durable, entre le mouvement des Indignés et le dispositif de la primaire. Et puis, on perçoit une aspiration démocratique à peser sur le cours des choses, mais sous la forme d’une délégation à des professionnels de la politique, qui ont beaucoup de ressemblances, puisqu’ils incarnent différentes variantes d’une même politique sociale-libérale. Comme si, dans ce processus composite, il y avait à la fois la critique de la délégation et la demande de la délégation dont j’ai parlé. Ces logiques ambivalentes conduisent à ce que, bien que critiquées et relativement délégitimées, notamment par l’abstention populaire, les forces politiques traditionnelles demeurent hégémoniques sur l’espace politique institutionnel. Quant aux nouveaux partis (comme le NPA, le PG et Europe Écologie-les Verts) et regroupements (comme le Front de gauche et la Fase), ils continuent à être affectés par les critiques et les désaffections relatives vis-à-vis des organisations traditionnelles, sans pour autant avoir réussi à donner un sens renouvelé à la forme partisane dans des secteurs larges de la population. Ils peuvent tout au plus bénéficier à un moment ou un autre du zapping présentiste, mais c’est fort aléatoire et temporaire. Par ailleurs, l’inertie des habitudes et des logiques organisationnelles tend à entraver les dynamiques expérimentales. « Le mort saisit le vif », écrivait Marx : le passé mort tend à figer la créativité potentielle du présent vivant.

 

Peut-on éviter le rejet de la forme parti ou vous apparaît-elle inéluctable ?

Philippe Corcuff.Je vais ajouter ici à ma casquette de sociologue celle de mon expérience militante au NPA. La  tendance présentiste à privilégier en pratique le ponctuel sur la durée dans nombre de mouvements sociaux contemporains souligne en creux l’importance de la forme parti, afin d’apporter des formes de stabilisation relative à l’action émancipatrice. Le philosophe et militant Daniel Bensaïd a fourni, à la fin de sa vie, des ressources intellectuelles stimulantes pour que l’action présente retrouve tout à la fois des racines dans le passé, à travers une mémoire critique, et une projection vers un avenir inédit, en se dégageant de l’enlisement dans une immédiateté toujours recommencée (4). Toutefois, pour qu’elle reprenne davantage vie, la forme parti devrait se faire plus expérimentale et mobile : dans la rupture avec la représentation politique professionnalisée, dans les dispositifs démocratiques, dans la réévaluation des rapports populaires et ordinaires au monde, dans les relations entre le je et le nous, dans une démarche non hiérarchique et non instrumentale vis-à-vis des groupes extérieurs, dans l’exploration intellectuelle, dans une éducation populaire plus interactive, etc. De ce point de vue, deux gestes forts, mais trop isolés, ont été posés au sein du NPA : le retrait d’Oliver Besancenot de la course présidentielle, critique libertaire en acte de la professionnalisation politique, et la présentation d’un ouvrier, Philippe Poutou, pour porter, au sein d’un paysage politique sociologiquement peu varié, les aspirations à la dignité populaire dans la présidentielle. Cela ne justifie pas pour autant le qualificatif de « nouveau » dans le sigle du NPA et son pari rénovateur a même tendance à s’enliser. Ici, le dialogue entre les forces à gauche de la gauche peut être important. Non pas sur le plan électoral, où les stratégies butent inévitablement sur la question du rapport au PS, mais dans la perspective d’une mutualisation des expériences militantes. Il y a vraisemblablement au PCF, au PG, à Europe Écologie-les Verts, chez les Alternatifs, chez les Objecteurs de croissance, à Alternative Libertaire, à Lutte Ouvrière, au NPA et ailleurs, diverses expériences localisées mal connues pour fabriquer autrement de la politique à partir du quotidien des exploités et des opprimés : pourquoi ne pas échanger régulièrement sur un tel terrain, plus prometteur dans l’immédiat que le terrain électoral, trop obsessionnel ?

 

Entretien réalisé par Lina Sankari

 

Notes :

 

(1) Régimes d’historicité. Présentisme et expériences du temps, de F. Hartog,  Éditions du Seuil, 2003.

(2) La haine de la démocratie, de J. Rancière, Éditions La Fabrique, 2005.

(3) « Partis et mouvements sociaux : des illusions de "l’actualité" à une mise en perspective sociologique », de P. Corcuff et L. Mathieu, revue Actuel Marx, n°46, 2009, [http://www.cairn.info/revue-actuel-marx-2009-2-page-67.htm].

(4) Voir D. Bensaïd, Une radicalité joyeusement mélancolique, textes choisis et présentés par P. Corcuff, Textuel, 2010.

 

***************************************

 

Biographie express

 

 Né à Orant le 15 avril 1960, Philippe Corcuff est docteur en sociologie de l’École des hautes études en Sciences Sociales. Après une thèse sur la construction du mouvement ouvrier à partir de l’étude d’un syndicat de cheminots, il publie Bourdieu autrement, où il propose une lecture différente de sa sociologie. Il est aujourd’hui maître de conférences de science politique à l’IEP de Lyon, membre du conseil scientifique d’Attac. Philippe Corcuff a participé à la fondation de  l’université populaire de Lyon et de l’université critique et citoyenne de Nîmes. Après avoir milité au PS, il est aujourd’hui militant du NPA. Son dernier ouvrage s’intitule B.a.-ba philosophique de la politique pour ceux qui ne sont ni énarques, ni politiciens, ni patrons, ni journalistes (éditions Textuel, collection « Petite Encyclopédie Critique », 2011).

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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 18:50
Régis Soubrouillard - Marianne | Samedi 19 Novembre 2011 à 12:01

Mario Monti a été officiellement intronisé jeudi président du conseil italien après un vote de confiance du sénat italien. Pour prouver son indépendance, cet ancien cadre de Goldman Sachs répète qu'il a été qualifié de «Saddam Hussein du business» pour avoir empêché des fusions de grands groupes. Au-delà du personnage c'est le gouvernement Monti composé de technocrates hors du jeu démocratique, considérés comme seuls capables d'appliquer les mesures qui s'imposent, qui pose question.



Un gage de sérieux ou la confiscation du pouvoir par des technocrates « éclairés » ? C’est la question qui se pose après la nomination des 17 ministres du gouvernement Monti en Italie. Sans que l’une des propositions ne soit nécessairement exclusive de l’autre. La composition du gouvernement a surtout des allures de cellule de crise. Le PDG d’une banque au développement économique, une avocate à la justice, une préfète à l’Intérieur, un amiral à la Défense, une économiste aux retraites, un ambassadeur aux affaires étrangères, un professeur d’histoire du christianisme à l’intégration, Andrea Riccardi, fondateur de la très influente Communauté de Sant'Egidio, institution de l'Église. Enfin, un ancien recteur à l’éducation. La dream team de la technocratie.

Des techniciens, véritables managers d'Etat, reconnus pour leurs compétences, qui ne se feront pas tirer l’oreille pour appliquer au plus vite les mesures d’austérité préconisées par les organisations mondiales et européennes.
Mais, précisément, c’est cette Europe de technocrates construite trop vite, à l’abri des peuples, caractérisée par la fuite en avant de l’élargissement, avec cet euro pour totem, qui s’effondrent sous nos yeux. Une Europe de technocrates auxquels les nations européennes apportaient jusque là précisément un peu de la légitimité politique que Bruxelles n’était jamais parvenue à obtenir.

Dès 2004, Marcel Gauchet pointait cette dérive dans un texte intitulé Le problème européen : « En se développant, l’Europe politique a changé de nature, d’une manière qui eût exigé de repenser son objet et les institutions adéquates à son dessein. En n’assumant pas cette transformation et en s’acharnant à enfermer le nouveau dans le corset de l’ancien, elle est devenue un carcan anti-politique, ne répondant à aucune des attentes que les peuples placent dans une communauté politique et secrétant la désorientation et l’anxiété ».

Gouvernement de technos: le symptôme d'une crise dans la crise

Les gouvernements Mario Monti, à Rome, et Lucas Papademos, à Athènes, ne font ainsi que rajouter de la technocratie à la technocratie poussant la logique post-démocratique européenne à son paroxysme. Et l‘union européenne devient toujours un peu plus étrangère aux citoyens qui la composent.

Sur son blog, l‘essayiste belge Charles Bricman
fait ainsi remarquer que « l’arrivée au pouvoir des technocrates a les couleurs d’un contresens: nous venons d’un monde de nations politiques, théoriquement démocratiques, qui pour éviter de continuer à se détruire mutuellement dans des guerres barbares, ont fondé une agence intergouvernementale et concrètement technocratique qu’on appelle l’Europe; un esprit simple comme le mien en déduit que l’étape suivante devrait normalement consister à donner à l’agence une assise démocratique lui permettant de légitimer les limitations qu’elle impose aux anciennes souverainetés nationales; au lieu de quoi c’est l’inverse qui se produit: la prise du pouvoir au sein des anciennes nations par les technocrates de l’agence. Ce n’est pas seulement une faute de goût. C’est la cause première d’une crise qui vient dans la Crise et qui pourrait tout aussi bien nous ramener un siècle au moins en arrière, un peu avant août quatorze ». 

Quoi de plus normal après tout que d’appler les technos à la rescousse en temps de crise. Déjà le concept même de crise est une invention technocratique. De ces mots magiques brandis à tout va (crise financière, crise écologique, crise alimentaire) qui permettent à la technocratie de fuir ses responsabilités, nier ses errances, échapper à ses faillites, d’ignorer son incapacité à apporter des réponses aux évolutions du monde et de s’adapter ou résister au réel. Qu’est-ce qu’une crise sinon un imprévu, une révolution, l’aveu d’une impuissance face à un monde en évolution permanente. Rien à voir avec la notion immédiate de catastrophe auquel on associe le terme aujourd’hui. Etymologiquement, une crise n’est qu’une « décision ».  Ses conséquences pourront en revanche être terribles.

Gouverner sans les politiques, un rêve de technocrate

Après le premier krach de 2008, la plupart des élites européennes ont cherché à se rassurer, ne voyant là qu’une réédition de la crise de 1929, cherchant, dès lors, en toute logique, à appliquer les mêmes recettes qu’à l’époque de la crise des années 30. Patatras ! Les plans de relance ont fait long feu. Pis, croyant éteindre l'incendie, ils n’ont fait que l’attiser un peu plus.

Economiste formé aux Etats-Unis, passé par l’école Goldman Sachs, commissaire européen pendant dix ans, Mario Monti fait figure de casting idéal en ces temps tourmentés pour appliquer « les mesures qui s’imposent ». L’absence de représentants des partis « facilitera plutôt l’action gouvernementale » a lâché l’intéressé au moment de sa prise de fonction. Un lapsus politique qui vaut son pesant d’or. Les politiques envisagés comme des empêcheurs de gouverner en rond. Autant dire que la politique est un obstacle à l’exercice de la démocratie…

C’est là une des vertus de cette fameuse crise que de révéler toujours un peu plus les vices cachés de la construction européenne. Depuis sa fondation, la règle tacite en Europe est que moins le processus est influencé par la politique, plus grande sera la légitimité des technocrates.

Est-ce pour autant le bon moment pour rendre aux technocrates les clés de la maison Europe ? La crise financière n’ouvrait-elle pas une fenêtre de tir pour un retour en force des politiques au cœur du système.  Sans doute. Les politiques mais quels politiques ? Pour quelle politique ? Les politiques au pouvoir n'ont jamais montré leur capacité à mettre en oeuvre une vision européenne ambitieuse et mobilisatrice, pas plus que leur capacité à émanciper le projet européen d'un économisme désincarné.

Berlusconi applaudit des deux mains

On pourra se désoler de voir que le départ de Berlusconi doit plus aux pressions du FMI qu’à un désaveu du peuple italien, et nous ne verserons pas de larmes de crocodiles sur la figure d’Il Cavaliere. Mais cette victoire des technos ne signe qu’un nouvel échec majeur des politiques.

Déjà au niveau européen, les citoyens assistaient immobiles à un processus qui échappait à toute sanction. Ce sont désormais les gouvernements nationaux qui échappent à la sanction électorale.

Lorsque les gouvernements prennent des décisions ; si elles sont mauvaises ils en payent le prix. Le gouvernement Monti échappe à cette confrontation avec les électeurs, à la concurrence avec les autres partis. Le risque zéro. Un hors jeu démocratique le temps de faire le sale boulot. En Italie, la classe politique a vite compris tout l’intérêt qu’elle avait à ne pas taper trop fort sur le nouveau venu , affichant un soutien quasi-unanime au gouvernement.   Le gouvernement Monti a obtenu un vote de confiance historique au Sénat italien avec 281 voix sur 307.

Interrogé, Silvio Berlusconi a concédé : « Nous sommes entre de bonnes mains ». Des mains expertes et une bénédiction aux allures d’épitaphe pour tout le peuple italien.
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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 18:43

LEMONDE.FR avec AFP | 18.11.11 | 15h02

 
 

 

Renault avait licencié en janvier trois de ses cadres haut placés, les accusant à tort d'espionnage industriel. Il s'était avéré par la suite que l'histoire avait été montée de toute pièce par le service interne de sécurité du groupe automobile français

Renault avait licencié en janvier trois de ses cadres haut placés, les accusant à tort d'espionnage industriel. Il s'était avéré par la suite que l'histoire avait été montée de toute pièce par le service interne de sécurité du groupe automobile françaisAFP/SASCHA SCHUERMANN

Le juge d'instruction Hervé Robert a mené mercredi 16 novembre une perquisition au siège de Renault, à Boulogne-Billancourt, dans le cadre de l'enquête ouverte à la suite de la fausse affaire d'espionnage qui a secoué le constructeur automobile, a indiqué vendredi 18 novembre une porte-parole de ce dernier. "Dans le cadre de l'instruction ouverte mi-mars portant sur la tentative d'escroquerie au renseignement dont Renault a été victime, le juge d'instruction en charge du dossier, Hervé Robert, a effectué une perquisition au siège social de l'entreprise mercredi 16 novembre", a-t-elle fait savoir, confirmant partiellement une information de France-Soir.

Cette perquisition a eu lieu "y compris dans les bureaux de la direction générale" et notamment dans "le bureau de l'assistante de Carlos Ghosn", PDG de l'entreprise, selon cette porte-parole. France-Soir indiquait qu'une perquisition avait eu lieu vendredi matin dans les bureaux de M. Ghosn, en son absence. Hervé Robert s'était déjà rendu début juillet dans des locaux du constructeur au Plessis-Robinson (Hauts-de-Seine) pour y consulter des documents.

Renault avait licencié en janvier trois de ses cadres haut placés, les accusant à tort d'espionnage industriel. Il s'était avéré par la suite que l'histoire avait été montée de toute pièce par le service interne de sécurité du groupe automobile français et l'affaire avait coûté sa place à son numéro deux, Patrick Pélata, remplacé par Carlos Tavares. L'ancien responsable de sécurité, Dominique Gevrey, a été mis en examen pour escroquerie en bande organisée et est incarcéré depuis la mi-mars à Paris. Il est soupçonné d'avoir contribué à une escroquerie au renseignement en faisant accuser à tort d'espionnage industriel ces trois cadres, qui ont été depuis innocentés. Renault a aussi procédé en interne à une vaste refonte de son organisation dans l'espoir d'éviter à l'avenir qu'une telle affaire se reproduise.

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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 18:40

LEMONDE.FR avec AFP | 19.11.11 | 10h31   •  Mis à jour le 19.11.11 | 10h32

 
 

 

Jusqu'ici la loi prévoyait un délai de carence de trois jours en cas d'arrêt maladie, uniquement pour le secteur privé.

Jusqu'ici la loi prévoyait un délai de carence de trois jours en cas d'arrêt maladie, uniquement pour le secteur privé.AFP/FRED DUFOUR

Le tour de vis budgétaire décidé par le gouvernement sur l'indemnisation des arrêts maladie, centré sur l'allongement des jours de carence, est une mauvaise réponse tant sur le plan de la santé publique que de l'absentéisme, estiment médecins et experts. D'après le Dr Claude Leicher, président de MG France, le plus gros syndicat de médecins généralistes, le passage de trois à quatre jours du délai de carence, période non remboursée par l'assurance maladie, va frapper de plein fouet les très petites structures (20 % des entreprises) qui n'ont pas de contrats de complémentaire santé pour couvrir les arrêts de travail de leurs salariés.

D'après le médecin, ces travailleurs exercent souvent des métiers pénibles et vont être doublement pénalisés : financièrement car ils ne seront pas indemnisés et sur le plan de la santé car ils hésiteront à s'arrêter alors que leur état l'exige. "Il ne faut pas oublier que lorsqu'on a mis en place ce système de remboursement des arrêts maladie, un des objectifs était de permettre aux gens de reprendre leur activité le plus vite possible", rappelle-t-il.

"Il y a un certain nombre de situations dans lesquelles si vous vous arrêtez deux ou trois jours, vous allez pouvoir reprendre une activité dans des conditions bien meilleures et avec une productivité améliorée", explique le Dr Leicher."L'exemple le plus simple est celui de la lombalgie aiguë : quand vous avez un bon lumbago, vous n'êtes pas obligé de vous arrêter pendant quinze jours : très souvent un arrêt bref de deux à trois jours permet de passer la phase de douleur intense et de reprendre une activité dans de meilleures conditions", ajoute-t-il.

UN PROBLÈME DE "DÉMOTIVATION"

"Les personnes réagissent de façon très différente devant la maladie", indique pour sa part le Dr Claude Bronner, qui dirige la branche généraliste de la Fédération des médecins de France (FMF). Pour ces dirigeants médicaux, un travailleur non soigné immédiatement peut développer ensuite des pathologies plus graves, qui seront plus coûteuses à traiter ensuite.

Selon les chiffres officiels, les indemnités journalières d'arrêt maladie ont représenté 6,6 milliards d'euros en 2010. Il y a une progression de 5,1 % en 2009 mais de seulement 3,9 % en 2010. Le gouvernement estime que ces dépenses "progressent à un rythme élevé et difficilement justifiable". Les arrêts de travail de courte durée (de un à huit jours) sont les plus nombreux et représentent 37 % du total. Le gouvernement soupçonne que les arrêts abusifs soient plus fréquents dans cette catégorie.

En plus des restrictions au niveau des jours de carence – quatre dans le privé et, désormais, un pour les fonctionnaires –, le ministre de la santé Xavier Bertrand a menacé ceux qui abusent de devoir rembourser les indemnités indues. Mais la répression est-elle la meilleure réponse pour lutter contre l'absentéisme ? Pour les experts d'Alma Consulting Group, qui publie des baromètres de l'absentéisme (14,5 jours par salarié en 2010 dont 85 % pour arrêt maladie), celui-ci "n'est pas une fatalité uniquement liée à un état de santé mais une affaire de management". "Selon notre baromètre, plus de 60 % des racines de l'absentéisme sont relatifs à la démotivation", indique Olivier Gignoux, directeur du pôle social de cette société conseil. Pour lui, mieux vaut un plan de lutte contre l'absentéisme que des sanctions financières sur les arrêts maladie.

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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 18:34

LEMONDE.FR avec AFP | 18.11.11 | 19h45

 
 

 

Force ouvrière (FO), qui participait pour la première fois depuis deux ans à cette intersyndicale, a indiqué qu'elle ne signerait pas l'appel commun mais s'associerait à la journée du 13 décembre.

Force ouvrière (FO), qui participait pour la première fois depuis deux ans à cette intersyndicale, a indiqué qu'elle ne signerait pas l'appel commun mais s'associerait à la journée du 13 décembre.AFP/THOMAS COEX

L'intersyndicale a appelé vendredi 18 novembre à une "journée nationale de mobilisation interprofessionnelle, notamment avec des rassemblements" le 13 décembre, pour protester contre les plans d'austérité du gouvernement. Réunis au siège de la CGT à Montreuil, en Seine-Saint-Denis, cinq syndicats (CGT, CFDT, FSU, Solidaires et UNSA) ont également lancé un "appel commun" aux salariés pour "interpeller le gouvernement, les élus et les responsables d'entreprises dans la période du 1er au 15 décembre".

Dans leur communiqué commun, les cinq confédérations déplorent que "le gouvernement décide de mesures dans le domaine social sans rencontrer ni entendre les organisations syndicales". "Il fait porter les efforts sur les salariés, ce qui creuse les inégalités et plonge des milliers de familles dans les difficultés sociales", ajoute le texte.

 FORCE OUVRIÈRE NE SIGNERA PAS L'APPEL

Force ouvrière (FO), qui participait pour la première fois depuis deux ans à cette intersyndicale, a indiqué qu'elle ne signerait pas cet appel commun mais s'associerait à la journée du 13 décembre. La centrale de Jean-Claude Mailly revendiquera, dans le cadre de cette journée, un appel à la grève, option qui n'a pas été retenue par les autres organisations.

L'intersyndicale a prévu de se réunir à nouveau le 15 décembre, afin de "tirer le bilan" de la journée du 13 décembre et d'envisager "de nouvelles initiatives en janvier".

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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 18:29

LEMONDE.FR avec AFP | 18.11.11 | 20h01   •  Mis à jour le 18.11.11 | 21h07

 
 

 

Les ventes de l'Avastin se sont chiffrées à quelque sept milliards de dollars en 2010.

Les ventes de l'Avastin se sont chiffrées à quelque sept milliards de dollars en 2010. AP

L'Agence américaine des médicaments (FDA) a décidé, vendredi 18 novembre, de retirer du marché l'Avastin, anticancéreux le plus vendu au monde, dans le traitement des cancers avancés du sein. Le médicament du laboratoire suisse Roche reste toutefois autorisé pour traiter certains types de cancer du côlon, du poumon, du rein et du cerveau, a précisé la FDA dans un communiqué. L'institution américaine met notamment en cause son inefficacité et des effets secondaires graves.

"Les femmes qui prennent de l'Avastin pour traiter un cancer du sein métastasé s'exposent à des effets secondaires mettant potentiellement en danger leur vie", a déclaré la directrice de la FDA, citant des risques de crise cardiaque, d'hypertension ou d'hémorragie potentiellement fatals. Selon elle, les preuves de l'efficacité de cet anticancéreux pour retarder la croissance de la tumeur des patientes ou pour "prolonger leur vie ou leur confort" ne sont pas suffisantes pour justifier ce risque.

 EXPERTS UNANIMES

La décision de la FDA n'est pas une surprise : un comité d'experts indépendants qu'elle avait consulté s'était prononcé fin juin à l'unanimité contre le maintien sur le marché de l'Avastin pour le cancer du sein, administré en combinaison avec l'anticancéreux Paclitaxel (Taxol).

En décembre 2010, la FDA s'apprêtait déjà à révoquer l'autorisation de prescription de ce médicament, mais Roche et sa filiale américaine Genentech, qui a mis au point l'Avastin, avaient, chose rare, fait appel de cette décision, demandant plus de temps pour que le laboratoire effectue d'autres études.

UN MILLIARD DE DOLLARS DE PERTE PAR AN POUR ROCHE

Roche s'est déclaré vendredi "déçu" de la décision de la FDA, soulignant dans un communiqué qu'elle n'affecte pas le recours à l'Avastin pour traiter des cancers métastasés du sein dans 80 autres pays. La révocation de l'Avastin pour le cancer du sein pourrait potentiellement faire perdre un milliard de dollars par an au groupe helvétique, selon des estimations d'experts.

L'Avastin est un médicament qui empêche les tumeurs cancéreuses de développer des vaisseaux sanguins nourriciers. Combiné au Taxotere, un autre anticancéreux, l'Avastin avait, lors d'un premier essai clinique, permis un ralentissement de la progression de cancers avancés du sein et augmenté les chances de survie

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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 18:25

LEMONDE.FR avec Reuters et AFP | 18.11.11 | 14h57   •  Mis à jour le 18.11.11 | 21h31

 
 

 

50 000 Egyptiens rassemblés place Tahrir, vendredi 18 novembre.

50 000 Egyptiens rassemblés place Tahrir, vendredi 18 novembre.REUTERS/MOHAMED ABD EL GHANY

Plus de 50 000 Egyptiens ont afflué vendredi 18 novembre sur la place Tahrir, au Caire, pour exiger que l'armée transfère rapidement le pouvoir à un gouvernement civil. Libéraux et islamistes font front commun contre un texte présenté au début du mois par le Conseil suprême des forces armées (CSFA) accordant à l'armée l'autorité exclusive de la gestion de ses affaires et de son budget. Il ferait de l'armée un potentiel contre-pouvoir.

Une quarantaine d'associations et de partis politiques ont appelé à la manifestation pour "protéger la démocratie et le transfert du pouvoir" après l'échec des négociations entre le CSFA d'une part et les islamistes et libéraux d'autre part. Ce différend menace l'organisation des élections législatives, dont la première phase doit débuter le 28 novembre.

 LA PLACE DIVISÉE

Le rassemblement massif, qui a commencé jeudi soir, rappelait par son ampleur ceux du soulèvement populaire qui a fini par renverser le président Hosni Moubarak le 11 février. "Le gouvernement veut-il humilier le peuple ? Le peuple s'est révolté contre Moubarak et se révoltera contre la Constitution qu'il veut nous imposer", a lancé au micro un membre d'un groupe salafiste. Les partis et mouvements salafistes, partisans d'un islam rigoriste, ont été les premiers à appeler à la manifestation contre le projet du gouvernement militaire. Ils sont arrivés au Caire par milliers, venus de différentes régions du pays.

 

Si l'appel à manifester était unifié, la place Tahrir s'est divisée entre, d'un côté, le parti Liberté et justice des Frères musulmans, favori des futures élections, et de l'autre leurs rivaux salafistes, divisés en plusieurs partis. Chacun avait sa scène, ses discours et ses chants. Seule la prière du vendredi a été l'occasion d'une manifestation d'unité. "Nos objectifs sont les mêmes, mais il y a des différences entre nous en tant que groupes islamistes", faisait remarquer Abdullah Galil, un jeune salafiste. Les libéraux et partis de gauche étaient plus discrets.

Dans le port d'Alexandrie, des milliers d'islamistes et d'organisations de jeunesse ont également manifesté et prévoyaient de se diriger vers une base militaire pour montrer leur opposition à l'armée.

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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 18:21

L'air du temps|Chronique | LEMONDE | 19.11.11 | 14h16   •  Mis à jour le 19.11.11 | 16h45

 
 

Il se passe quelque chose d'étrange chez les millionnaires chinois. Alors que le monde entier a les yeux rivés sur la Chine, dont la prodigieuse ascension économique depuis trente ans exerce, à juste titre, une fascination sans bornes sur nos cerveaux engourdis par des statistiques anémiques, les nouveaux riches de l'empire du Milieu ne pensent qu'à une chose : nous rejoindre.

C'est du moins ce que nous laisse entendre une étude publiée début novembre par la Bank of China et le Hurun Report, qui publie chaque année à Pékin la liste des Chinois les plus riches. Les enquêteurs ont sondé 980 millionnaires, tous à la tête d'un patrimoine supérieur à 10 millions de yuans, soit l'équivalent de 1,1 million d'euros. Plus de la moitié d'entre eux ont indiqué qu'ils songeaient à émigrer (46 %), ou bien qu'ils l'avaient déjà fait ou étaient sur le point de le faire (14 %). Il n'est, bien sûr, pas interdit de penser que si la Bank of China réalisait la même enquête en France, elle découvrirait quelques millionnaires français désireux d'émigrer en Suisse, en Belgique ou à Monaco... pour des raisons que l'on devine sans peine.

Les motivations des riches chinois sont différentes. Ce n'est pas le fisc qui les fait fuir, mais l'inadéquation de la qualité de la vie et de l'environnement social aux attentes générées par leurs moyens financiers. Les fruits d'un taux de croissance du PIB encore supérieur, en 2011, à 9 % peuvent être inégaux, mais les enfants des riches respirent le même air pollué que les enfants des pauvres, et les millions que gagnent les parents des premiers n'y changent rien. La politique de l'enfant unique s'applique aussi aux riches, et les exemptions dont ils ont pu jouir en se contentant de payer des amendes sont devenues plus difficiles à obtenir. Parmi les autres facteurs qui incitent au départ les millionnaires sondés, on retiendra la rigidité du système éducatif, les insuffisances du système de santé et l'absence de cadre juridique solide.

Invité par un journal économique chinois à commenter cette enquête - qui confirme une tendance déjà révélée il y a quelques mois -, un universitaire de Tsinghua, Cai Jiming, a, lui, mis l'accent sur l'insécurité. "Avons-nous vraiment installé l'idée que la propriété privée est sacrée et inviolable ?, demande-t-il. Ces dernières années, nous avons assisté à l'expropriation illégale de terrains, à la démolition brutale de maisons individuelles et à d'autres phénomènes qui montrent que ces principes ne sont pas encore respectés." Ces principes, lorsqu'ils sont gravés dans la loi, font partie de ce que l'on appelle l'Etat de droit.

Il n'y a pas, en Chine, d'Etat de droit digne de ce nom, et cela perturbe les millionnaires. Où vont donc ceux qui choisissent de partir ? Par ordre de préférence, aux Etats-Unis, au Canada, à Singapour et en Europe, où ils placent leur argent, achètent de l'immobilier et inscrivent leurs enfants à l'université. Sans, pour autant, rompre les ponts complètement avec leur pays : un pied dedans, un pied dehors.

Président d'une grande puissance dont on déplore aussi abondamment le déclin que l'on célèbre l'ascension de la Chine, Barack Obama achève une tournée de neuf jours en Asie et dans le Pacifique. Sa secrétaire d'Etat, Hillary Clinton, a décrété dans un article très remarqué, publié par Foreign Policy, que, si le XXe siècle a été le siècle de l'Atlantique, le XXIe serait celui du Pacifique.

D'Honolulu, où il a reçu ses partenaires du Forum de coopération économique Asie-Pacifique et lancé un accord de libre-échange transpacifique, M. Obama s'est rendu en Australie, où il a annoncé le déploiement futur de 2 000 Marines, puis à Bali, où il est le premier président américain à participer au sommet de l'Asie orientale. Ce n'est un mystère pour personne : les Etats-Unis renforcent leur présence dans la région parce qu'un géant, la Chine, s'y est levé et qu'il faut y contrebalancer son influence.

Si l'Amérique est de retour en Asie, c'est aussi parce que plusieurs pays de la région le lui demandent. Appelons cela le paradoxe asiatique : le premier partenaire commercial du Japon, aujourd'hui, n'est pas les Etats-Unis mais la Chine. Le premier partenaire commercial de l'Inde, c'est la Chine, de même que celui de la Corée du Sud et de Taïwan. Très soucieux de profiter du boom chinois, tous ces pays - et le Vietnam n'est pas le dernier - sont tout aussi soucieux de ne pas succomber aux ambitions géostratégiques, supposées ou déclarées, de Pékin. C'est donc au grand frère américain qu'ils demandent d'assurer la sécurité, notamment maritime, dans la région.

Cette rivalité apparente peut paraître digne des plus beaux jours de la guerre froide, qui opposait le bloc soviétique au bloc occidental. Il y a, pourtant, outre la Chine, de nouveaux acteurs dans la région, l'Inde, l'Indonésie, pour ne citer qu'elles. Mais ces acteurs ne veulent pas faire partie d'un bloc. Et il n'y a pas, pour l'instant, de bloc chinois : qui, à part la Corée du Nord, y serait d'ailleurs candidat ? Même la secrète Birmanie est en train de s'émanciper du giron de Pékin, au point qu'Hillary Clinton vient de décider d'y faire, le mois prochain, une visite - qui s'annonce historique.

Pourquoi, malgré tous ses efforts de soft power, la Chine a-t-elle si peu d'amis ? L'ouverture de centaines d'instituts Confucius à travers le monde n'y change rien : les millionnaires ont fourni la réponse. Un milliardaire d'Hongkong qui investit beaucoup en Chine continentale, Ronnie Chan, président de l'empire immobilier Hang Lung Properties, a écrit une très intéressante tribune dans le Financial Times du 15 novembre. Il y explique que l'Occident est aujourd'hui menacé pour avoir laissé la liberté s'exercer sans contrôle. La Chine, dit-il, est encore "trop restrictive", mais elle va dans le bon sens. Pour les deux géants, "la question n'est pas s'il doit y avoir de la liberté, mais combien de liberté".

Le problème, c'est que de même qu'on ne peut pas être à moitié enceinte, il est difficile d'être à moitié libre. Et, tant qu'ils ne seront qu'à moitié libres, les millionnaires chinois continueront à voter avec leurs pieds. Et les Etats-Unis à s'imaginer en puissance du Pacifique.

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