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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 19:02

Rue89 - Eva Galsori

Indignée catalane. Parfois, journaliste.
Publié le 26/11/2011 à 01h02

Le saucisson symbolise la protestation contre la classe politique, déporvue de préstige à l'heure actuelle. (J. Kalvellido, revue sindicaliste Rojo y negro)

A 20 kilomètres de la ville natale de Mariano Rajoy, qui a remporté la majorité absolue aux élections législatives dimanche, le bureau de vote de la commune de Val do Dubra (Galice, nord-ouest) a validé un bulletin pour le Parti populaire (PP) qui contenait une rondelle de chorizo à l'intérieur de l'enveloppe.

Le bulletin, d'abord annulé, avait été reconsidéré par les membres du bureau, le nom du parti inscrit restant lisible. Le Bloc nationaliste galicien (BNG) a réclamé sa nullité pour « intention de vote douteuse ».

Le chorizo, mot qui en argot espagnol signifie « voleur », a été popularisé comme bulletin non officiel de protestation depuis les élections locales de mai 2011, après le succès du mouvement des Indignés et de leur devise « No hay pan para tanto chorizo » (« Il n'y a pas assez de pain pour tant de chorizos »).

Le vote nul comme moyen de contestation

Dans un pays où le vote blanc, qui est compté dans le total de votes pour la distribution des sièges, désavantage les partis minoritaires et favorise le bipartidisme, le vote nul est utilisé comme un moyen de contestation, à l'origine d'une vague électorale des plus créatives.

Dans ces dernières élections, la quantité des votes nuls a doublé par rapport à 2008, représentant 1,29% des suffrages pour les élections au Congrès des députés et 3,71% pour celles au Sénat.

De son côté, le vote blanc, qui a obtenu un résultat légèrement supérieur au Congrès (1,37%) par rapport aux élections précédentes, a fortement augmenté au Sénat : 2,06% des votes en 2008, 5,37%, en 2011.

Le Sénat, institution chargée de représenter les intérêts des régions, semble être perçue comme superflu par une partie de l'électorat espagnol. « Ça ne sert à rien », avait déclaré Moisès Broggi, le candidat d'Esquerra Republicana de Catalunya (ERC), la formation républicaine et indépendantiste catalane, au Sénat.

Broggi, le chirurgien de 103 ans qui avait inspiré un des personnages de Hemingway pendant la Guerre civile espagnole, avait déploré que la Chambre haute, dites « des Cortes générales », servait de « destination à tous ces planqués » de la politique. Le programme d'ERC prévoyait d'ailleurs la suppression de l'institution.

Le parti de la chaise vide n'a pas eu d'élu

Il faut tenir compte aussi des résultats d »Escaños en blanco (EB, « Sièges blancs »), une formation qui a pour but représenter de façon graphique le mécontentement de la société en laissant des sièges vides au Parlement.

Le parti, dépourvu de tout autre programme politique, a obtenu un 0,4% du scrutin. Un chiffre minuscule, mais supérieur à celui de la coalition gauche basque Geroa Bai (GBAI, « Oui au futur »), qui occupera lui un siège au Congrès espagnol – grâce à un bon score au Pays basque.

Que devrait faire un candidat d'EB si d'aventure il était élu ? Voilà ce qu'avait prévu Sebastià Llorach, son représentant :

« Il s'agit de ne pas accepter la fonction, mais de ne pas y renoncer non plus : pendant quatre années, l'élu ne participera pas aux sessions et ne percevra pas non plus le salaire de député. »

Lors des élections locales de mai 2011, EB avait obtenu deux « non-conseillers municipaux » dans les villes de Foixà et de Gironella, dans le nord-est de la Catalogne. Ces derniers continueront à militer pour une réelle comptabilisation du vote blanc.

Et il n'y a pas que la politique de la chaise vide. Les bureaux électoraux ont enregistré un vote pour l'équipe du Barça à Cardedeu (Barcelone), un autre pour le parti Pokémon à Fuenlabrada (Madrid), avec Bulbasaur, Ivysaur, Venusaur et Charmander en tête.

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 18:57

 

Rue89 - Sur le terrain 26/11/2011 à 10h31

Sid Ahmed Hammouche et Pierre-André Sieber

 

Armes chimiques ou simples lacrymogènes ? Les gaz utilisés par les forces de l'ordre provoquent saignements, spasmes et divers troubles. Et mettent l'Egypte en émoi.


Un manifestant inhale un remède contre l'asthm près de la place Tahrir vendredi (Amr Dalsh/Reuters)

(Du Caire) Quel gaz les forces de l'ordre ont-elles utilisé sur la place Tahrir pour disperser les manifestants ? Sur le terrain, de nombreux témoignages, notamment de médecins, décrivent des effets assez terrifiants, comme des troubles neurologiques. « C'est comme si les yeux allaient sortir des orbites », décrit un insurgé gazé, victime de troubles respiratoires et de perte de la vue.

Dans une vidéo postée sur Facebook, on voit une personne à terre secouée de spasmes.

Le site d'information indépendant égyptien Bikyamasr.com dévoile une photo de cartouche tirée par la police et les militaires contenant un gaz lacrymogène très agressif, le « CR » (dibenzoxazepine), décrit comme six à dix fois plus puissant que le gaz lacrymogène « CS » (dichlorobenzal et dérivés), employé en France notamment.

Fumée jaune et fumée blanche

Un mort au Caire au petit matin

Un manifestant a été tué samedi au Caire dans des affrontements entre la police et des militants qui bloquaient l'entrée du siège du gouvernement. C'est la première victime depuis la trêve conclue jeudi entre la police anti-émeutes et les manifestants. Rue89

Sur la photo diffusée par le site d'information égyptien, on peut lire que le fabricant est américain, Combined Tactical Systems basé à Jamestown (Pennsylvanie, USA). Mais cette firme ne donne aucune information à la presse. La branche du lacrymogène aime conserver une certaine opacité.

On se souvient de la cargaison française à destination de la Tunisie repérée à Roissy au début des révoltes... La livraison avait toutes les autorisations légales.

La France n'achemine plus ce matériel dans les pays du Maghreb, au Moyen-Orient ou en Afrique depuis qu'on débuté les révoltes du Printemps arabe.

Un contact tenté par La Liberté avec un producteur français de gaz lacrymogène autorisé n'a rien donné.

Un professionnel de la branche actif en France – qui souhaite garder l'anonymat – s'étonne toutefois des effets décrits par les gaz utilisés sur la place Al-Tahrir pense qu'il ne s'agit pas de lacrymogène usuel, ce dernier ne provoquant pas de troubles neurologiques.

Même si, comme le rapporte Bikyamasr.com, il s'agirait de cartouches périmées depuis plusieurs années.

C'est aussi l'avis de spécialistes en Suisse. « Il y a trois sortes de gaz lacrymogènes : le CR, le CS et le CN », explique Hugo Kupferschmidt, directeur du Centre d'information toxicologique basé à Zurich :

« Les cartouches de gaz CR dégagent normalement une fumée jaune, or celles aperçues à la télévision émettaient de la fumée blanche. »

Selon lui, les gaz lacrymogènes usuels, même fortement dosés, ne provoquent pas de troubles neurologiques :

« Les effets décrits me font penser que les cartouches employées contenaient des gaz de type nervins, qui sont de vraies armes chimiques de guerre. [...]

Il s'agit peut-être d'un produit semblable à celui utilisé par les forces spéciales russes lors de la prise d'otage du théâtre de la Doubrovka de Moscou du 23 octobre 2002. »

Des tirs de lacrymo à bout portant

L'utilisation de gaz nervins qui peuvent provoquer des lésions aux poumons, cœur et foie, c'est aussi ce qu'a avancé le prix Nobel de la paix Mohammed el-Baradei sur Twitter le 22 novembre. Le candidat déclaré à l'élection présidentielle prévue avant fin juin 2012 en Égypte a dénoncé la violence dont ont fait preuve les forces de l'ordre :

« Du gaz lacrymogène contenant des agents inervants et des balles réelles sont utilisés contre les civils à Tahrir, c'est un massacre. »

Human Rights Watch affirme aussi que des tirs de lacrymogènes effectués à bout portant ont tué des manifestants sur le coup.

Voilà ce qui met l'Egypte en ébullition, en plus d ela contestation du pouvoir militaire et les désillusions à la suite du discours du maréchal Tantaoui. Dans le pays, une forte polémique au sujet de l'emploi de ces gaz prohibés a éclaté. L'armée tente de s'en laver les mains et le ministère de la Santé égyptien dément formellement l'utilisation de tels moyens.

Effets à long terme

Mais ce qui inquiète, c'est que les gens subissent depuis cinq jours les tirs de ces gaz. Quels sont les effets à long terme ? Un professeur en neurologie de l'université Ain-Shams du Caire, contacté par nos soins, a testé les effets sur lui en s'exposant longuement sur la place Tahrir :

« Il provoque plusieurs symptômes tels que des crises convulsives, des spasmes oculaires et une détresse respiratoire. »

Selon ce spécialiste, le type de gaz utilisé est encore indéterminé, mais il est certainement plus corrosif que celui qui a été utilisé par les forces de Moubarak en janvier. Il invite les Egyptiens à collecter le maximum de vidéos et de douilles possible pour d'éventuelles poursuites judiciaires.

Un masque d'hôpital ne suffit pas

Recettes de révolutionnaire
Pour lutter contre les effets des gaz utilisés par les forces de l'ordre, les manifestants rivalisent d'imagination. Sur Facebook, un jeune donne la recette d'une solution pour spray à base de levure de malt. D'autres misent sur le bicarbonate de soude, le Synthol, ou même du vinagre et des oignons.

Contactée par téléphone, Sibiya a dû fuir son appartement situé à proximité de la rue Mohamed Mahmoud, à côté de l'université américaine du Caire, là où se déroulent les affrontements. « Un masque d'hôpital ne peut pas vous sauver de ce gaz », explique-t-elle :

« Les enfants portant aussi un masque sont très fortement incommodés. Il y a tellement de gaz que les premiers jours, on ne pouvait pas ouvrir les fenêtres de la maison. Au deuxième jour, nous avons été obligés de quitter l'appartement. »

Elle poursuit :

Et dire que depuis cinq jours, les bombes de gaz pleuvent sur la rue Mohamed-Mahmoud ! Dès les premiers jours nous avons eu des nausées, des maux de têtes. Aujourd'hui, on a les yeux gonflés de sang.

Les petits sont complètement perturbés. Ils sont stressés et agités de tremblements comme s'ils subissaient en continu des crises semblables à l'épilepsie. »

Quant à Salem al-Chirabi, animateur culturel, il ne quitte plus son masque à gaz :

« On panique. On dit que le gaz est cancérigène, qu'on va crever ! Je me suis déjà évanoui. J'ai vu des amis faire des crises. Certains accusent le gouvernement égyptien d'utiliser des armes chimiques contre nous.

Aujourd'hui il y a plus de 400 personnes dans un état grave. La police a même balancé des gaz dans les bouches d'aérations du métro de la place Al-Tahrir pour nous intoxiquer. »

« J'ai perdu conscience et puis vomi du sang »

Magda, une étudiante de 23 ans, a également été prise au piège dans un nuage de gaz lacrymogène. « Je suis tombée comme une mouche », déclare-t-elle au bout du fil.

« Des gens m'ont évacuée sur une moto. J'ai été aspergée par un liquide et j'ai repris conscience difficilement, comme si je venais de sortir d'une narcose complète. J'ai vomi du sang.

Oui, le maréchal Hussein Tantaoui, chef du Conseil suprême des forces armées, nous fait vomir du sang. Alors moi, j'ai décidé de mourir sur la place Al-Tahrir pour libérer le pays de la junte militaire. »

Autre cas encore, Rania, membre du comité révolutionnaire. « L'air est irrespirable sur la place Tahrir », peste-t-elle au téléphone :

« Il y a cette odeur de gaz qui est si forte qu'il est impossible de rester sur place plus de cinq minutes. Les gens sont tous munis de masques achetés sur place 2 euros ou offerts par des infirmiers sur la place Al-Tahrir.

Mais même avec un masque, on suffoque à cause du gaz. »

Autre malheur : l'acte II de cette révolution a fait beaucoup de blessés aux yeux, dont beaucoup sont devenus borgnes. Rania :

« Ils n'en sont pas pour autant démoralisés et affirment qu'ils ont perdu un œil mais pas la vision sur le futur de l'Egypte qui se débarrassera coûte que coûte de la junte militaire. »

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 18:51

 

Rue89 - Enquête 17/11/2011 à 18h50

Julia Zimmerlich

 

CFPJ
 

Dans une école primaire de Vincennes. (Charles Platiau/Reuters)

 

Le mammouth, au piquet ! Bousculée par le développement du soutien scolaire privé, l'Education nationale multiplie les dispositifs d'accompagnement des élèves depuis 2008.

Stages d'anglais, de remise à niveau, stage passerelles, cours en ligne, tutorat, accompagnement personnalisé… De l'école primaire au lycée, l'offre du public ressemble (sur le papier) à s'y méprendre à celle des entreprises de soutien scolaire.

A grands renforts de communication, le ministre fait la tournée des établissements qui proposent du soutien scolaire gratuit. Comme annoncé sur le site de Matignon, la réforme du lycée « vise à donner plus de chances de réussite aux élèves en adaptant le lycée au monde contemporain ».

Des déclarations de bonnes intentions qui ne sont pourtant corroborées par aucun bilan chiffré. Le ministère de l'Education, contacté par Rue89, n'a pas été en mesure de communiquer des bilans précis sur aucun de ces dispositifs.

« Des idées, mais les moyens ne suivent pas »

Le soutien scolaire, nouvelle cause nationale ? La réalité du terrain est toute autre. L'accompagnement personnalisé des lycéens, mesure phare de la réforme du lycée, cache de nombreuses inégalités de mise en œuvre.

Deux heures par semaine, tous les lycéens sont censés bénéficier d'un soutien scolaire et d'une aide à l'orientation avec un de leurs professeurs. Le dispositif a débuté à la rentrée 2010 pour les classes de seconde, cette année pour les premières et s'étendra aux classes de terminale à la rentrée 2012.

« L'idée n'est pas inintéressante, mais les moyens ne suivent pas », juge Claire Krepper, secrétaire nationale du syndicat SE-Unsa. Chaque établissement dispose d'une enveloppe globale pour financer les heures d'accompagnement personnalisé, les options et les dédoublements de classes pour les travaux pratiques :

« La dotation globale n'étant pas suffisante pour tout financer, les proviseurs se retrouvent devant un choix cornélien. Ils doivent opérer un arbitrage et optent le plus souvent pour le financement des options et des dédoublements de classe. »

« On ne repêche pas un élève en 20 heures »

Au primaire, des stages de remise à niveau pendant les vacances sont proposés aux niveaux CM1 et CM2 depuis le printemps 2008. Des sessions de trois heures pendant cinq jours par petits groupes d'élèves pour renforcer les acquis en français et en maths. Sur la période de janvier à août 2011, près de 250 000 écoliers ont participé à ces stages, soit 16% des élèves.

Le même dispositif est proposé aux lycéens depuis la rentrée 2010. Combien d'élèves en ont bénéficié ? Silence total du ministère et des rectorats sur le sujet. Valérie Sipahimalani, secrétaire national chargé du lycée au Syndicat national des enseignements de second degré (Snes-Fsu), est plus bavarde :

« Ça se fait à dose homéopathique. Au lycée, l'objectif annoncé par le ministre est de réduire les redoublements. Mais ce n'est pas en vingt heures que l'on repêche un élève. Ça peut éventuellement donner un coup de main aux élèves moyens. »

Même diagnostic pour les stages intensifs d'anglais d'une semaine. Dans un communiqué du ministère, daté de février 2011, il est fait mention du chiffre de 50 000 élèves ayant participé à ce type de stage depuis leur mise en place en 2008. Soit 2,3% seulement des lycéens.

« C'est une aberration supplémentaire, alors même que toute l'année, des professeurs de langues se retrouvent avec des classes de 30 à 35 élèves. »

L'Académie en ligne ? Des PDF à télécharger

Autre dispositif lancé au début de l'été 2009 : l'Académie en ligne. Un site Internet du Centre national d'enseignement à distance (Cned), qui rend accessible gratuitement l'ensemble des cours du CP à la terminale. Xavier Darcos, alors ministre de l'Education, déclarait au journal France Soir le jour du lancement :

« Je connais des enfants qui occupent leurs vacances comme ils le peuvent, tandis que d'autres, du même âge, passent de livrets de révision en stages de soutien payants, accentuant ainsi l'écart entre les puissants, les riches, et ceux qui ne le sont pas. »

Une bonne initiative qui ne tient pas la comparaison avec les sites payants. Académie en ligne se résume à un corpus de cours à télécharger au format PDF. De l'aveu de Serge Bergamelli, directeur du Cned : « Académie en ligne n'a pas une visée de e-learning, mais de démocratisation des savoirs. »

Bilan de l'opération : le site compte 20 000 connexions par jour en période scolaire et 12 000 pendant les vacances.

Et pour accéder à des contenus interactifs et bénéficier d'un accompagnement en ligne, il faut payer 99,9 euros pour se connecter à un autre site de l'opérateur national : Atout Cned.

« Le ministère ne regarde pas l'essentiel »

Les mesures affichées par le ministère seraient donc de la poudre aux yeux, c'est l'avis général des syndicats et des spécialistes de l'éducation que nous avons interrogés sur ces dispositifs. Jean-Jacques Hazan, président de la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE), accuse :

« Il vaudrait mieux que l'école fasse son travail plutôt que de trouver des ersatz de solutions. Ça ne sert à rien de rajouter des heures de cours aux élèves, si on ne repense pas les modèles pédagogiques. Le ministre ne regarde pas l'essentiel. »

Un modèle voué à l'échec, selon le sociologue spécialiste de l'éducation François Dubet : « Ce n'est pas dans la culture du monde enseignant. » Pour Claire Krepper, au SE-Unsa : « L'Education nationale cède à la pression des parents et nourrit le cercle infernal de la réussite scolaire, alors qu'elle a elle-même créé cette situation. »

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 18:44

LEMONDE | 25.11.11 | 14h12   •  Mis à jour le 26.11.11 | 13h51

 
 

D'ordinaire, ils se font plutôt discrets, les "précaires" de l'éducation nationale. Avec le chômage comme épée de Damoclès, "le moindre faux pas, et c'est la porte", disent-ils. Mais comme si la coupe était pleine, ils ont décidé de témoigner à travers le "Livre noir des non-titulaires de l'éducation nationale" . Quarante pages qui lèvent le voile sur des situations kafkaïennes.

A l'origine, une poignée d'enseignants contractuels qui se sont rencontrés sur le forum Internet "Profs précaires". A l'approche de l'examen par le Parlement, en décembre, du projet de loi sur la résorption de l'emploi précaire dans la fonction publique, ils ont rassemblé une centaine de témoignages et les ont envoyés aux parlementaires, ainsi qu'au ministre de l'éducation nationale, Luc Chatel. "L'objectif est d'être visible, dit l'un d'eux. Nos problèmes pris isolément peuvent sembler anodins, mais, rassemblés, ils donnent une vue d'ensemble sur quelque chose de grave." Trois députés ont assuré qu'ils se feraient l'écho de ces revendications. M. Chatel ne leur a pas répondu.

Dans le livre, ils se disent "bouche-trous", "enseignants de seconde zone" et "prisonniers d'un statut". Ils seraient 21 200 contractuels, selon le ministère de l'éducation : 15 000 à durée déterminée (CDD), 5 200 à durée indéterminée (CDI), et près de 1 000 vacataires (un contrat qui porte sur un maximum de 200 heures par an). Leur nombre augmente depuis 2007. "Une augmentation légère", selon Josette Théophile, la DRH du ministère. "Une explosion de 25 %", réplique le SNES-FSU, principal syndicat des enseignants du secondaire.

Depuis 2007, 66 000 postes de fonctionnaires ont été supprimés dans l'éducation nationale. Pour compenser, l'administration a recruté des contractuels. Luc Chatel l'assume et le revendique. En mars 2010, il demandait aux recteurs de se doter d'un "vivier" de contractuels, composé de retraités et d'étudiants, pour "subvenir à des besoins urgents de remplacement". Depuis, "les chefs d'établissement vont parfois directement chercher leurs remplaçants chez Pôle emploi", rapporte Philippe Tournier, secrétaire général du SNPDEN-UNSA, le principal syndicat des chefs d'établissement.

Problème : dans l'éducation nationale, quand la précarité s'installe, elle s'installe durablement... "Je suis un pion, envoyé d'établissement en établissement depuis 1999 !" Michael Médiouni est professeur de français dans l'académie de Grenoble. Son CV est une longue liste de vacations, de CDD à mi-temps, à temps plein... Trente contrats au total, en passant par la case chômage. "Le plus dur, c'est ce stress, chaque été, de ne pas savoir si le rectorat va nous proposer un nouveau contrat à la rentrée et où il va nous affecter."

Dans l'éducation nationale, les périodes de CDD sont limitées à six ans "sans interruption", contre dix-huit mois dans le secteur privé. Après quoi on peut en principe bénéficier d'un CDI. "Mais les rectorats savent s'arranger pour ne pas reconduire un salarié à l'issue de sa sixième année", rapporte Angélina Bled, du syndicat SE-UNSA. Ou bien justifier d'interruptions entre deux contrats pour "remettre les compteurs à zéro".

Le plan de titularisation que prépare le gouvernement devrait permettre à quelque 500 enseignants d'obtenir un CDI, et à 10 000 autres de passer un examen pour être titularisés. Mais, selon le conseiller d'Etat Marcel Pochard, il s'agit d'un "plâtre sur une jambe de bois". "La résorption de l'emploi précaire est un serpent de mer de la fonction publique", explique l'ancien directeur général de l'administration et de la fonction publique. Le premier plan de résorption de la précarité date de 1950. Puis il y eut la loi Le Pors en 1983, la loi Perben en 1996, le plan Sapin en 2000... "On passe l'éponge régulièrement, mais les contractuels constituent un vivier qui ne peut pas ne pas se reconstituer", rappelle M. Pochard.

En cause, la "dimension de masse de l'éducation nationale, combinée à sa complexité", soutient l'inspecteur général Didier Bargas : 860 000 enseignants, 65 000 établissements, 12 millions d'élèves, 35 disciplines au collège et au lycée et 360 dans l'enseignement professionnel... "La machine ne peut être d'une précision telle qu'il y ait, partout, à chaque rentrée, l'enseignant dont on a besoin", conclut M. Pochard. Ceux qui dénoncent l'inefficacité des plans de titularisation préconisent une meilleure gestion des personnels, plus humaine, plus souple. "L'Etat, mauvais employeur", la formule est bien connue. "L'administration fonctionne de manière mécanique, elle gère de manière impersonnelle des carrières, des statuts", analyse Luc Rouban, sociologue et directeur de recherches au CNRS.

Le "Livre noir" regorge d'exemples. Rectorats injoignables, délais de paiement interminables, contrats qui arrivent à terme une veille de vacances pour reprendre le jour de la rentrée, affectations improbables... "Il y a deux ans, on m'a affecté à 170 kilomètres de chez moi. L'an dernier, j'avais 120 kilomètres par jour. Et, bien sûr, le rectorat ne rembourse pas l'essence", témoigne M. Médiouni. Un professeur de philosophie s'est "tapé la tête contre les murs" lorsqu'il a appris son affectation à une heure de route de sa ville, alors qu'"un poste en philo était vacant dans le lycée à côté de chez (lui) ".

Côté salaire, "on est au ras des pâquerettes, le plus souvent entre 1 200 et 1 400 euros net, même après dix ans", rapporte Vincent Lombard, du SNES-FSU. Quant aux indemnités chômage, c'est une "usine à gaz", poursuit-il : "Comme Pôle emploi n'indemnise pas les contractuels du public, il renvoie la demande au rectorat. Le temps que la machine se mette en route, il faut attendre deux mois avant de toucher ses indemnités."

Seule solution : passer le concours interne, dont le nombre de postes offerts, ces dernières années, s'est réduit. Tout comme l'espoir des contractuels d'être un jour considérés comme de "vrais profs".


Le "Livre noir" sur le Web :
http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Documents/Livrenoirnon-titulaires.pdf

Aurélie Collas
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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 18:39

Libération - Dépêches Aujourd'hui à 18h49

Des autocars en provenance de plus de 150 villes allemandes ont fait le voyage avec des militants voulant participer aux opérations de blocage. ( © AFP photo AFP)

 

DANNENBERG (Allemagne) (AFP) - Plusieurs milliers de personnes manifestaient samedi contre le stockage de déchets nucléaires à Dannenberg (nord de l'Allemagne), d'où un convoi de résidus hautement radioactifs s'approchait lentement malgré des altercations, sans gravité, avec la police.

A une vingtaine de kilomètres de la mine de sel de Gorleben, destination finale du dernier convoi de déchets nucléaires allemands retraités en France, un collectif d'associations écologistes voulait rappeler que la sortie programmée de l'Allemagne du nucléaire n'a pas encore réglé la question des résidus.

Quelque 8.000 opposants étaient sur place en milieu d'après-midi selon la police, 23.000 selon les organisations écologistes.

Plusieurs centaines de personnes occupaient, sous les yeux des policiers, une portion de voie ferrée entre Lüneburg et Dannenberg dans une ambiance bon enfant, a constaté un photographe de l'AFP.

Le convoi n'y était pourtant pas attendu ce samedi: les 60 km à voie unique et dans la forêt doivent être parcourus à vitesse très réduite et de jour, pour des raisons de sécurité. Le train ne devrait donc pas arriver avant dimanche au plus tôt à Dannenberg, où les conteneurs seront transférés dans des camions pour parcourir les derniers 20 km jusqu'à Gorleben.

"Ceux qui pensaient cet été qu'ils en avaient fini avec la lutte contre l'atome vont être surpris" par l'ampleur de la mobilisation, a prévenu Jochen Stay, porte-parole de l'association Ausgestrahlt ("Irradiés").

Le calendrier de sortie du nucléaire d'ici à 2022 en Allemagne, c'est "comme si un ami vous disait qu'il allait arrêter de fumer dans dix ans", commentait-il. "Vous n'allez quand même pas le féliciter".

Les opposants à l'atome réclament une accélération du processus et surtout une solution durable et sûre pour le stockage des déchets les plus dangereux.

"Tous ces déchets viennent ici, et personne ne sait vraiment quels effets ils peuvent avoir", a regretté Kim, 15 ans, venue avec deux amies le visage peint en jaune et noir, les couleurs du sigle de l'énergie atomique.

Des autocars en provenance de plus de 150 villes allemandes ont fait le voyage avec des militants voulant participer aux opérations de blocage.

Personne ne s'attendait toutefois à ce que la mobilisation atteigne les sommets de l'an passé, quelques semaines après l'annonce par le gouvernement de la chancelière allemande Angela Merkel de prolonger la durée de vie des centrales nucléaires : 50.000 personnes y avaient participé.

Les déchets sont actuellement entassés dans l'ancienne mine de sel de Gorleben. Les associations comme Greenpeace accusent régulièrement les autorités de sous-estimer, voire de manipuler, les mesures de la radioactivité dans la région.

Les deux nuits précédentes été marquées par des accrochages entre militants et forces de l'ordre - quelques cocktails molotov et parfois des canons à eau en action - surtout vers Metzingen, non loin de Dannenberg, où est installé le plus grand camp d'antinucléaires.

Quelques petits groupes d'opposants ont été délogés de la voie ferrée, sans parvenir à ralentir durablement l'avancée du train, suivie quasiment minute par minute par les organisations écologistes, grâce à un réseau d'observateurs.

La police, de son côté, renforçait également progressivement son emprise sur la région. Présente pratiquement à toutes les intersections de routes, elle installait parfois des barrages pour fouiller les coffres des véhicules et contrôler l'identité des passagers.

Près de 20.000 policiers ont été mobilisés dans toute l'Allemagne pour protéger le convoi.

© 2011 AFP

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 18:35

LEMONDE.FR avec AFP | 26.11.11 | 12h02

  
 

 

Une grande manifestation est prévue en début d'après-midi à Dannenberg, où les conteneurs devraient être transbordés du train sur des poids lourds pour effectuer les derniers kilomètres par la route vers la mine de sel de Gorleben

Une grande manifestation est prévue en début d'après-midi à Dannenberg, où les conteneurs devraient être transbordés du train sur des poids lourds pour effectuer les derniers kilomètres par la route vers la mine de sel de GorlebenREUTERS/ALEX DOMANSKI

Des milliers de manifestants attendent son arrivée. Le dernier convoi de déchets nucléaires retraités en France approche lentement samedi de Gorleben, sa destination finale, dans le nord de l'Allemagne. Alors que le convoi a passé la frontière franco-allemande vendredi dans la matinée, une série d'incidents -jets d'engins incendiaires contre des véhicules de police ou manifestants délogés de la voies ferrées- ont émaillé la nuit, mais sans faire de blessés, selon les autorités et les protestataires.

Une grande manifestation est prévue en début d'après-midi à Dannenberg, où les conteneurs devraient être transbordés du train sur des poids lourds pour effectuer les derniers kilomètres par la route vers la mine de sel de Gorleben. Quelque 150 bus en provenance de tout le pays sont attendus, les écologistes tablant sur 20 000 personnes prêtes à gêner autant que possible l'avancée des onze conteneurs.

 DES RADIATIONS QUI SERAIENT AU-DESSUS DES SEUILS AUTORISÉS

L'Allemagne a annoncé sa sortie du nucléaire, après la catastrophe à la centrale nucléaire de Fukushima causée par le tremblement de terre et le raz-de-marée du 11 mars 2011, avec la fermeture immédiate des plus vieux réacteurs allemands et l'extinction progressive d'ici 2022 des autres. Mais le pays n'a en revanche pas tranché la question du stockage des déchets nucléaires qui suscite l'opposition des organisations écologistes. Celles-ci affirment que les radiations dans la zone de Gorleben se situent au-delà des seuils autorisés.

L'année dernière, à la même époque, un convoi semblable avait mobilisé près de 50 000 manifestants, qui avaient livré une véritable guérilla écologiste.

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 18:31
Marianne - Benoît Duteurtre - Marianne | Samedi 26 Novembre 2011 à 16:01

Jusqu'ici l'un des plus puissants au monde, le réseau culturel français est partout en charpie. Coupes budgétaires drastiques, mise en place chaotique du nouvel Institut français sur fond de guéguerres sarkozystes, l'avenir paraît bien sombre pour notre rayonnement international.



L'élégant Quai d'Orsay, à deux pas de l'Assemblée nationale, est un ministère de première importance. Politiquement s'entend, car la voix de la France, pour se faire entendre, ne dispose que d'un modeste carnet de chèques : à peine 1 % du budget de l'Etat, moins que les Anciens Combattants ! Pis encore, ce ministère se voit soumis depuis dix ans à une politique de restriction particulièrement sévère. Le faste des réunions internationales est une chose souvent dotée de budgets spéciaux et pilotée directement par l'Elysée. L'action de terrain en est une autre, comme en témoigne la cure d'amaigrissement imposée au «réseau culturel français». Cet ensemble de moyens destinés à promouvoir la culture française reste aujourd'hui le premier au monde, avec ses 161 services de coopération et d'action culturelle, ses 132 centres et instituts culturels, sans oublier les 445 Alliances françaises. Mais la révision générale des politiques publiques (RGPP) a des conséquences très concrètes : fermeture de centres culturels jugés secondaires, suppressions de postes, regroupements des institutions existantes... Autant de coupes qui permettront, c'est juré, de rayonner davantage avec moins de moyens !

Il fut peut-être un temps rêvé où la France n'avait pas besoin de politique culturelle extérieure, parce que sa langue ou sa littérature s'exportaient «naturellement» - comme celles des Etats-Unis aujourd'hui. Mais ce que nous croyons naturel est souvent le fruit d'une politique avisée. Les Etats-Unis furent parmi les premiers à réfléchir à l'importance de la culture : ce softpower dont l'expansion, en pleine guerre froide, mettait même à contribution les services secrets. La France, lorsqu'elle était une grande puissance, s'était attachée elle aussi à créer des instruments de diffusion culturelle. Dès 1918, l'éminent pianiste Alfred Cortot prenait la direction d'un service destiné à promouvoir la création artistique au-delà des frontières. Au cours des décennies suivantes, l'Association française d'action artistique (Afaa), sous la double tutelle des ministères de la Culture et des Affaires étrangères, a soutenu financièrement quantité de tournées d'orchestres, d'opéras ou d'expositions d'arts plastiques. En 2000, elle a fusionné avec d'autres institutions sous le nom de Culturesfrance, qui est chargé des mêmes missions.

Mais la diffusion de la culture française s'appuie également sur les très nombreux centres et instituts culturels rattachés aux ambassades, un peu partout dans le monde. Ces établissements sont de véritables maisons de la culture, avec leurs saisons de spectacles, leurs médiathèques, leurs expositions. Présents dans les capitales et dans les villes de moindre importance, ils forment avec les Alliances françaises (qui s'attachent plus particulièrement à l'enseignement de la langue) un réseau sans équivalent par son maillage planétaire. Leur ambition dans le domaine artistique est également plus marquée que celle de leurs homologues allemand (Goethe-Institut) ou anglais (British Council).

Lakis Proguidis, écrivain grec installé en France, se rappelle les heures glorieuses des instituts français dans son pays : «Ils ont joué un rôle considérable, non seulement sous la dictature, en permettant à de grandes figures comme Iannis Xenakis ou Cornelius Castoriadis d'obtenir des bourses d'études, mais encore jusqu'à la fin des années 80. A Athènes, comme dans les petites villes, ces lieux représentaient une ouverture sur le monde par leurs spectacles, leurs festivals de cinéma. La France était "le" pays de la culture, et c'est cela qui nous a donné envie d'apprendre cette langue plutôt qu'une autre. Aujourd'hui, malheureusement, beaucoup de centres ont fermé. Et, dans ceux qui restent, une place croissante revient à l'actualité, avec ses vedettes en tournée de promotion.» Un témoignage qu'on retrouve, presque à l'identique, chez nombre de Tchèques ou de Polonais.
Tout n'était certes pas rose dans cet appareil culturel d'Etat. Les services du ministère des Affaires étrangères ont agi, parfois, comme les relais caricaturaux d'un certain art officiel. Il fallait posséder la «carte» du chic parisien pour bénéficier du soutien généreux de l'Afaa, à l'image des Arts florissants de William Christie, systématiquement aidés dans leurs tournées quand nombre d'autres compagnies baroques restaient sur la touche. Les bureaux du livre des ambassades étaient par ailleurs souvent confiés à de jeunes étudiants en lettres, pleins de certitudes sur la «bonne littérature» - celle qu'il fallait soutenir à tout prix, quand bien même elle pouvait paraître touffue et inexportable !

Notre pays sait également nourrir de vaines querelles entre ceux qui devraient poursuivre le même objectif. Il n'est pas rare, à New York, d'entendre les employés des services culturels ironiser sur les programmes ringards de l'Alliance française, quelques rues plus bas... Enfin, la répartition des pouvoirs n'est pas toujours simple entre les conseillers culturels des ambassades et les directeurs de centre culturel désireux d'affirmer leur autonomie.

Baisse des effectifs

Face à ces questions récurrentes, l'arrivée de Nicolas Sarkozy à l'Elysée et celle de Bernard Kouchner au Quai d'Orsay ont donné lieu à une soudaine ardeur de réforme. Simple effet d'annonce ? Culturesfrance, regroupé avec d'autres institutions, s'est transformé en 2010 pour devenir l'Institut français, dirigé par Xavier Darcos et conçu pour devenir progressivement la principale vitrine de la culture française à l'étranger. L'ancien ministre de l'Education insiste volontiers sur ses compétences nouvelles, comme la formation du personnel des institutions culturelles. Il souhaite favoriser la diffusion du «débat d'idées». Il affirme également être là «pour exporter, mais aussi pour importer, en découvrant des talents à l'étranger».

Pour autant, cet organisme est encore loin de faire autorité. Comme l'explique un ambassadeur de France : «Qu'on le veuille ou non, tout passe par les ambassades. C'est nous qui avons la connaissance de chaque pays et de ses besoins spécifiques.» A propos des réformes en cours, il ajoute : «Le vrai problème, c'est que la culture, au Quai d'Orsay, n'a jamais représenté un grand enjeu ; on le voit au petit nombre de diplomates de carrière qui dirigent des centres culturels. Pourtant, dans beaucoup de pays, la culture reste l'une des plus sûres valeurs françaises.»

Dans ce domaine, les décalages entre la communication politique et la réalité du terrain sont flagrants. Tandis qu'on lance solennellement l'Institut français, en regroupant des moyens déjà existants, les finances continuent à exercer leur pression. La dotation des ambassades est, dans beaucoup de pays, en chute libre. Mais ces coupes s'accompagnent d'un vocabulaire néolibéral prônant la «lisibilité», la «fusion» et les «économies d'échelle».

Parmi les principales mesures - avec pour objectif déclaré la baisse des effectifs - figurent le regroupement des postes de conseiller culturel et de directeur d'institut, la fermeture d'établissements dans les villes petites et moyennes, la fusion avec les Alliances françaises partout où il y a doublon et l'appel massif au personnel «sous contrat local» (donc beaucoup moins coûteux). En Allemagne, plus de la moitié des centres culturels français ont fermé depuis dix ans. Curieux signal en plein rapprochement politique franco-allemand ! Tout est fait également pour favoriser l'autofinancement, sur le modèle des PME. L'ambassade d'Italie a mis en location ses prestigieux salons du palais Farnese. Dans certains pays, la vente pure et simple des biens de la République est au programme.

Concentration

Une autre tendance consiste à concentrer l'énergie et les moyens sur les «grands» pays émergents - entendez ceux qui représentent des enjeux économiques considérables, comme la Chine et l'Inde. Dans ces territoires, la France ouvre de nouveaux centres culturels... au détriment du tiers-monde. Il devient également fréquent d'entendre l'administration se réclamer de modèles extérieurs, comme celui du British Council - pourtant principalement dévolu à l'apprentissage de la langue. Il est vrai que l'enseignement du français est une activité rentable, notamment à travers les 400 000 élèves des Alliances françaises.

L'obsession de la «bonne gestion» offre-t-elle une réponse à toutes les questions ? L'Europe, où l'on a fermé de nombreux centres culturels, n'est-elle pas précisément le lieu où les peuples ont besoin de se connaître, au lieu de s'unir uniquement par le biais de la crise économique et de la culture mainstream ?

En juillet 2010, dans le Monde, Alain Juppé cosignait avec Hubert Védrine une tribune dénonçant l'affaiblissement des moyens du Quai d'Orsay. Quelques mois après sa nomination aux Affaires étrangères, il aura tout juste obtenu... un ralentissement de la baisse qui se poursuit. Ces restrictions ne bouleversent évidemment pas la population française, soumise à trop de préoccupations immédiates pour s'alarmer de la disparition d'une bibliothèque en Allemagne ou d'un centre culturel en Afrique sub-saharienne. Les autorités budgétaires peuvent donc continuer à dénoncer une administration «pléthorique», à l'image de la fonction publique tout entière. Dans son récent ouvrage Bug Made In France (Gallimard), Olivier Poivre d'Arvor insiste également sur les enjeux de la révolution technologique qui bouleverse les modes de diffusion culturelle et rend un peu désuettes les méthodes de nos vieilles institutions tricolores.
Pourtant, au bout du compte, ce sont surtout deux idées de la France qui s'affrontent. D'un côté, le discours récurrent de ceux qui s'agacent chaque fois que ce pays prétend rester une puissance culturelle - quand la mondialisation démontre chaque jour le contraire et appelle seulement au pragmatisme. De l'autre, ceux qui croient que la «civilisation française» peut encore incarner quelque chose, au moment où la Chine développe son propre réseau d'instituts Confucius (déjà près de 300 dans 90 pays) et où l'Espagne, avec ses instituts Cervantès, semble à nouveau croire à son influence. Ne pouvons-nous pas faire aussi bien, sinon mieux, en misant sur ce domaine ? Il faudrait pour cela ne pas réformer pour réformer, ni agir dans la précipitation qui menace, plus que jamais, à quelques mois de l'élection présidentielle.
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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 18:27

LEMONDE | 26.11.11 | 13h25

 
 

Il est interdit de crier des slogans politiques. Il est interdit de monter une tribune. Il est interdit à tout parti politique d'entrer sur la place" : les révolutionnaires égyptiens ont érigé en lettres rouges les règles de "Tahrir" sur des bâches en plastiques amarrées au terre-plein central. Un par un, les hommes politiques de tous bords qui se sont aventurés, depuis le 19 novembre, sur le "coeur battant de la révolution égyptienne" s'en sont fait expulser sans concession.

Avec une détermination chaque jour plus forte, la place Tahrir cultive un tropisme politique qui subjugue les analystes. Les jeunes révolutionnaires qui l'animent refusent obstinément les règles du jeu politique tel qu'elles ont été établies par le Conseil supérieur des forces armées et les partis. Pour eux, la révolution ne fait que commencer. Il ne s'agit pas d'une "transition vers la démocratie", mais de la mise à plat d'un système. Battre les cartes et les redistribuer, inventer une nouvelle grammaire politique. Le poids des Frères musulmans au sein de la vie politique égyptienne en dépendra, ils en sont convaincus. Ils réclament le transfert immédiat du pouvoir du conseil militaire à un gouvernement civil de salut national.

Après quelques semaines d'une campagne largement improvisée, même ceux qui se sont aventurés dans l'arène politique le temps d'un tour de cirque médiatique sont de retour sur la place pour crier leur rejet du cadre politique dans lequel doivent se jouer les élections, prévues le 28 novembre.

Dispersés entre les partis, faisant campagne en solitaires ou refusant de jouer le jeu électoral, les révolutionnaires ne sont pas parvenus, en dix mois, à imposer un véritable leadership susceptible de contrer l'emprise croissante du Conseil supérieur des forces armées (CFSA) sur la vie politique égyptienne. Pas plus qu'ils n'ont été en mesure de renouveler les règles du jeu électoral.

Les mouvements de jeunesses formés sur Internet ont vu émerger des figures emblématiques sans véritable expérience politique. Le Mouvement du 6 avril, qui avait joué un rôle de déclencheur dans le lancement des premières manifestations, n'a pas développé de véritable agenda politique et ne s'est pas transformé en parti. La Coalition des jeunes de la révolution, symbole du mouvement auprès des médias, a perdu de sa crédibilité en se montrant incapable d'adopter une position politique claire. Venus d'horizons très divers, les cinquante candidats issus de ses rangs ont choisi de se lancer en politique à travers les différents partis (libéraux, de gauche ou islamistes) fondés après la révolution.

Mais intégrer un parti, même neuf, revient aux yeux de beaucoup de jeunes révolutionnaires à faire de la politique "à l'ancienne". C'est souvent avec résignation qu'ils ont intégré des formations politiques et se sont prêtés au jeu d'un système électoral jugé insatisfaisant, en essayant de contrer l'état d'esprit clientéliste encore très présent au sein des gouvernorats.

"La campagne électorale en Egypte se mène à un niveau très basique, constate amèrement le célèbre blogueur Mahmoud Salem - alias Sandmonkey -, candidat du parti des Egyptiens libres (libéral) à Héliopolis. Des affiches, des flyers, des distributions de nourriture et d'argent, des subsides. Le Parlement a toujours été un substitut pour le gouvernement : les gens votent pour des services, ils ne sont pas habitués à ce qu'on leur parle politique, et ce n'est pas sûr qu'ils aiment ça..."

Certaines figures emblématiques de la révolution, symboles de la génération Facebook, ont tenté de tirer parti de leur célébrité pour se faire élire en indépendants. Mais leur difficulté à conclure des alliances les a menés souvent à se livrer une concurrence qui est apparue à beaucoup comme lamentable. A Héliopolis, trois célèbres révolutionnaires (Mahmoud Salem, Amr Hamzaoui et Asmaa Mahfouz) se présentent l'un contre l'autre face à une poignée d'anciens membres du Parti national démocratique d'Hosni Moubarak.

"Bloguer, c'est bien. Ça te donne une notoriété internationale. Les Américains et l'Union européenne t'arrosent de billets, ils t'invitent aux quatre coins du monde pour donner des conférences. Ils te paient des formations pour t'apprendre la démocratie. Mais, au final, tu n'as pas de véritable compétence politique, pas d'expérience de terrain. Tu ne sais pas mener des gens, ni ce que c'est qu'une campagne électorale", estime Mohammed Naim, membre du Parti social-démocrate.

Cette débandade politique semble donner raison à ceux qui, depuis des mois, jugent que, face aux abus de pouvoir du CSFA et à l'opportunisme des Frères musulmans, il n'y a qu'une carte à jouer : Tahrir. Au contraire de la dispersion des révolutionnaires en politique, la place est en effet un espace de cohésion inédit, où les leaders sont malvenus mais où il règne une véritable organisation spontanée. "Un rêve d'anarchie", soupire Fadi, qui y ête ses 33 ans. C'est la force de Tahrir, et son pouvoir d'attraction.

Quand la nuit tombe, les irréductibles se répètent le défi de Tahrir. "Cette fois-ci, les Frères ne sortiront pas indemnes de s'être désolidarisés de Tahrir. Ils en paieront les frais aux élections... quand il y aura de vraies élections", murmurent les ombres sur la place, emmitouflées dans leurs duvets.


 

coco.boer@yahoo.fr

Claire Talon

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 18:23
Vivre à Nîmes autrement 
On se croit souvent impuissant face aux décisions de nos grands hommes, et pourtant... 
Quelques exemples des actions entreprises sur Nîmes :  


 
/ TCSP                                    / ARBRES 
/ COULEE VERTE                         / CENTRE DE TRI 
/ AV POMPIDOU                     / MUR ROUTE D'ALES 
/ TREMIE ESPLANADE              / CARREFOUR PARATONERRE 
/ PPRI                                     / PONT DE VIERNE 
/ DETTE PUBLIQUE               / UNIVERSITE CRITIQUE ET CITOYENNE 
                                               / MANIFESTATION LUNDI 28 NOV 


 
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TCSP 
Dès le début de ce projet de Bus au gasoil, l’ASPIQ a pointé ses insuffisances (goulet d’étranglement sur certains points de passage, gare non desservie alors que tous les autres transports en commun s’y rejoignent et donc non participation financière de la région...). Les travaux ont cependant commencé. Nous avons donc déposé un référé.  
En parallèle, ARBRES a obtenu la suppression de l’abattage illégale des arbres et donc l’arrêt des travaux sur l’écusson (point d’arrivé de la ligne).  
Le projet global étant entre les mains de la justice et n’ayant plus accès au centre ville, il eut été raisonnable de suspendre les travaux et donc les coûts engendrés. Au contraire, l’aménagement de la ligne côté A54 fut accéléré... Depuis, le juge des référés a rejeté notre demande d’annulation des travaux mais nous continuons la bataille judiciaire car : la ligne partant du futur parking de l’autoroute A54 est en terre inondable ; elle ne peut plus entrer dans l’écusson et s’arrêtera donc aux arènes où ce bus de 18 m ne pourra pas faire demi-tour... 
A l’heure des restrictions budgétaires, stopper maintenant les travaux économiserait 20 millions d’euros, mettrait fin à l’asphyxie qui étouffe le centre ville de Nîmes, et permettrait de reprendre le projet en concertation avec les acteurs de la ville. 
 
+ d’infos : aspiq30@gmail.com / 06 74 41 06 36 
 
 
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ARBRES Gardiens de l’ombre 
6 mois de mobilisation citoyenne. Deux requêtes au Tribunal Administratif ont abouti à l’annulation du permis d’aménager du TCSP dans le secteur sauvegardé et l’interdiction d’abattre les arbres protégés. Il enjoint la commune de Nîmes de remettre en état les lieux endommagés. Forte de son expérience, l’association apporte son soutien à des citoyens d’autres villes rencontrant des problèmes similaires et s’associe à d’autres collectifs nîmois soucieux d’une urbanisation dans les règles et le respect du bien commun. 
 
+ d’infos : Association Responsable du Bien être et du Respect de l’Environnement Sur Nîmes Métropole / 06.66.74.17.34 
arbres.nimes@laposte.net  
 
 
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Coulée verte 
Le rachat des pépinières Pichon par la ville de Nîmes prévoit depuis longtemps la création d’un parc (derrière le triangle de la gare), futur poumon vert au coeur de la ville. La forte mobilisation des quartiers concernés a permis d’éviter qu’il ne soit coupé en deux par un futur axe routier. .Cette première étape, doit s'accompagner de la suppression des autres réservations de voiries dans le quartier. Affaire à suivre avec la 4ème révision du PLU (Plan Local d’Urbanisme)... 
 
+ d’infos : Association Parmentier Environnement
 parmentier-environnement@hotmail.fr
  
 
 
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Centre de tri chemin du Mas de Cheylan, plaine du Vistre 
Le projet de construction d’un centre de tri des ordures ménagères sur l’une des zones agricoles les plus fertiles du Gard témoigne d’une vision à court terme. Nous aurons besoin de ces terres pour nourrir la région ! Elles ne sont pas déplaçables ! Situées sur une zone bientôt classée «risque inondable aggravé» par le futur PPRI (Plan de Prévention des Risques d’Inondation), il sera interdit d’y construire... Alors, pourquoi ne pas plutôt adapter à moindres frais le centre de Tri de Grézan ?  
 
+ d’infos : COPOLNIM 04 66 38 23 28 / http://copolnim.over-blog.com / et copolnim@gmail.com 
 
 
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Travaux hydrauliques av Pompidou 
2011 : Début des travaux hydrauliques détruisant en partie les travaux d’embellissement réalisés entre 2003 et 2006. Qui paie la facture ?  
Mais ce n’est pas tout... 
Toutes les études menées depuis 20 ans aboutissent aux mêmes conclusions : pour éviter les inondations à Nîmes, il faut conserver les collecteurs existants et en construire un nouveau. Quelques mois après avoir entériné cette décision prise en commun avec tous les acteurs, la mairie décide seule de faire autrement... Les travaux engagés seront moins performants et plus chers que ceux prévus initialement. Nous avons déposé un référé pour expertise au Tribunal Administratif de Nîmes.  
 
+ d’infos : ASEHN / http://buzzanimes.wordpress.com/ 
 
 
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Mur de la route d’Ales
Un mur de 7 m de haut quand le PLU (Plan Local d’Urbanisme) en autorise 2 au maximum ! Nous avons fait annuler le permis de construire en 2010. Mais le maire refuse de dresser procès verbal d’infraction. Nous menons de nouvelles actions en justice pour faire appliquer la loi, mais cela peut encore prendre des années.
+ d’infos : Union des Comités de Quartier de Nîmes Métropole / 09 77 73 87 83 / ucqnm@wanadoo.fr
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Trémie du Parking de l’Esplanade
Le déplacement de l’accès au parking Esplanade de quelques centimètres implique l’abattage de 3 platanes. L’accès actuel au parking posera éventuellement des soucis dans 10 ou 15 ans pour le passage de la ligne 2 du TCSP. Il semblerait pourtant que les nîmois soient plus attachés à leurs arbres qu’à un TCSP plus que controversé. Peu importe, on coupe. Notre avocat demande l’annulation du permis de construire qui comporte en plus 3 irrégularités.
+ d’infos : Union des Comités de Quartier de Nîmes Métropole / 09 77 73 87 83 / ucqnm@wanadoo.fr
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Carrefour du Paratonerre
En direction d’Alès, à la sortie de Nîmes est prévu depuis longtemps un aménagement facilitant la circulation de tous (riverains, poids lourds, convois exceptionnels). Un pont, établi en concertation avec tous les acteurs est validé, puis modifié (abaissé de quelques cm) sans préavis par la mairie. Problème : les convois exceptionnels ne passeront plus ! Il faut donc construire une contre allée empiétant sur le Bois des Espeisses (zone protégée)... Une association de riverains porte plainte au Tribunal Administratif et gagne. M. Borloo, pourtant ministre de l’Environnement à cette date, fait appel auprès de la cour d’Aix en Provence qui casse la décision du Tribunal Administratif sans aucune justification. On comprendra ensuite qu’il s’agit de préserver la vue de quelques villas de standing dont la construction est prévue par un ami promoteur de monsieur le maire sur un terrain que la municipalité n’avait pas le droit de vendre (zone verte). Petits arrangements entre amis au détriment de l’intérêt général ?
+ d’infos : aspiq30@gmail.com / 06 74 41 06 36
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PPRI
Suite aux tragiques inondations de 1988, les nîmois ont exigé un plan de protection (PPRI). Il vient d’aboutir. La ville de Nîmes s’y oppose car il se pose en garde fou à une urbanisation galopante sur des terres inondables. De son côté l’ASPIQ, bien qu’ayant relevé certaines incohérences, demande à ce que ce PPRI soit adopté au plus tôt, afin de protéger les personnes et les biens. Par la suite, une étude fiable permettrait aux nîmois de choisir en connaissance de cause quelles zones seront protégées, à quel coûts et pour y construire quoi, et de corriger certaines incohérences relevées.
+ d’info : aspiq30@gmail.com / 06 74 41 06 36
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Pont de Vierne
La circulation a été établie à double sens sur le Pont de Vierne de manière définitive sans aucune concertation. La rue Pasteur devient de fait voie de transit connectée à la percée Clérisseau. Or, elle dessert 3 écoles (Marie Soboul, Françoise Dolto et Révolution). Les écoliers sont en danger sur des trottoirs très étroits et souvent encombrés (poubelles, voitures mal garées). Les voies de ce quartier ne sont pas adaptées à une telle densité de circulation. Cela met de nouveau à jour un plan de circulation totalement aberrant.
+ d’infos : Pétition sur http://nimesquotidien.wordpress.com/
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Audit de la dette publique
ATTAC a créé un collectif national afin de lever le voile sur la réalité des finances publiques et porte le débat au cœur de la société : De quoi est constituée la dette ? Comment en est on arrivé là ? Avons-nous trop dépensé pour l’école et la santé? Les cadeaux fiscaux ont-ils asséché les budgets ? D’où vient la dette ? Faut-il la rembourser ? Doit-on rassurer les marchés ? Pour savoir ce qu’il en est dans le Gard, un collectif départemental est créé. . Déjà 85 millions d’euros Toxiques repérés à Nîmes.
+ d’infos : CAC30 cac30@laposte.net
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Université Critique et Citoyenne
L’UCCN vous invite à une série de conférences-débats (gratuite) sur le thème de «la cité» autour d’intervenants pluridisciplinaires (historiens, sociologues, philosophes, littéraires, architectes, urbanistes...).
Les Grecs ont défini la cité comme l’ensemble des citoyens qui organise la vie commune et les règles du vivre ensemble. Questionner la cité amène naturellement à nous interroger sur ce qu’est être citoyen, sur l’engagement que cela implique pour chacun d’entre nous, essayer de mieux comprendre le monde pour agir. / Le mardi soir de 19h à 21h à l’IUFM.
+ d’infos : http://uccn.webuda.com
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Mobilisation citoyenne lundi 28 novembre à 12h30 place de la Maison Carrée
Le centre ville se meurt ; la circulation est impossible ; 40 commerces sont en cours de dépôt de bilan. Nous demandons : La remise en état immédiate de la voierie. / La réouverture de l’ensemble des accès y compris Boulevard de Prague. / L’annulation du projet d’extension de la nouvelle zone commerciale côté Carré Sud. / L’aménagement depuis la Ville Active. / L’arrêt des travaux liés au TCSP avec remise à plat du projet.
Pas de couleur politique, un seul mot d’ordre : «Ensemble, Sauvons Nîmes».
+ d’infos : Association des commerçants NIMES POUR TOUS / nimespourtous@hotmail.co.uk
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PERSPECTIVES
Nous citoyen(ne)s avons remis la gestion et le devenir de notre ville à des élus censés agir pour le bien de tou(te) s. Ceux qui ont le pouvoir aujourd’hui semblent privilégier les intérêts particuliers à l’intérêt général, au détriment de la qualité de vie en ville.
L’aménagement urbain de notre Cité, sans concertation et sans respect des règles, relève d’une vision à court terme, engage des sommes pharaoniques, sans cesse revues à la hausse... Alors ? Allons nous laisser les élus continuer ? Ravager notre ville au plan économique et écologique sur des décennies ? Quelle sera la dette laissée à nos enfants, aux générations qui suivront ? Nous disons STOP ! Les citoyen(ne)s de Nîmes se mobilisent, agissent pour arrêter le désastre, proposent une autre vision de ce que pourrait être leur ville. Aujourd’hui, chacun(e), est en mesure de s’impliquer, en fonction de ses moyens, grands ou petits, dans la Cité de Nîmes.
Une belle aventure humaine se construit, source d’énergie créatrice et transformatrice. Il ne tient qu’à vous maintenant de redevenir citoyen(ne)...
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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 18:21

The shocking truth about the crackdown on Occupy

The violent police assaults across the US are no coincidence. Occupy has touched the third rail of our political class's venality

Brandon Watts lies injured as Occupy Wall Street protesters clash with police in Zuccotti Park
Occupy Wall Street protester Brandon Watts lies injured on the ground after clashes with police over the eviction of OWS from Zuccotti Park. Photograph: Allison Joyce/Getty Images

US citizens of all political persuasions are still reeling from images of unparallelled police brutality in a coordinated crackdown against peaceful OWS protesters in cities across the nation this past week. An elderly woman was pepper-sprayed in the face; the scene of unresisting, supine students at UC Davis being pepper-sprayed by phalanxes of riot police went viral online; images proliferated of young women – targeted seemingly for their gender – screaming, dragged by the hair by police in riot gear; and the pictures of a young man, stunned and bleeding profusely from the head, emerged in the record of the middle-of-the-night clearing of Zuccotti Park.

But just when Americans thought we had the picture – was this crazy police and mayoral overkill, on a municipal level, in many different cities? – the picture darkened. The National Union of Journalists and the Committee to Protect Journalists issued a Freedom of Information Act request to investigate possible federal involvement with law enforcement practices that appeared to target journalists. The New York Times reported that "New York cops have arrested, punched, whacked, shoved to the ground and tossed a barrier at reporters and photographers" covering protests. Reporters were asked by NYPD to raise their hands to prove they had credentials: when many dutifully did so, they were taken, upon threat of arrest, away from the story they were covering, and penned far from the site in which the news was unfolding. Other reporters wearing press passes were arrested and roughed up by cops, after being – falsely – informed by police that "It is illegal to take pictures on the sidewalk."

In New York, a state supreme court justice and a New York City council member were beaten up; in Berkeley, California, one of our greatest national poets, Robert Hass, was beaten with batons. The picture darkened still further when Wonkette and Washingtonsblog.com reported that the Mayor of Oakland acknowledged that the Department of Homeland Security had participated in an 18-city mayor conference call advising mayors on "how to suppress" Occupy protests.

To Europeans, the enormity of this breach may not be obvious at first. Our system of government prohibits the creation of a federalised police force, and forbids federal or militarised involvement in municipal peacekeeping.

I noticed that rightwing pundits and politicians on the TV shows on which I was appearing were all on-message against OWS. Journalist Chris Hayes reported on a leaked memo that revealed lobbyists vying for an $850,000 contract to smear Occupy. Message coordination of this kind is impossible without a full-court press at the top. This was clearly not simply a case of a freaked-out mayors', city-by-city municipal overreaction against mess in the parks and cranky campers. As the puzzle pieces fit together, they began to show coordination against OWS at the highest national levels.

Why this massive mobilisation against these not-yet-fully-articulated, unarmed, inchoate people? After all, protesters against the war in Iraq, Tea Party rallies and others have all proceeded without this coordinated crackdown. Is it really the camping? As I write, two hundred young people, with sleeping bags, suitcases and even folding chairs, are still camping out all night and day outside of NBC on public sidewalks – under the benevolent eye of an NYPD cop – awaiting Saturday Night Live tickets, so surely the camping is not the issue. I was still deeply puzzled as to why OWS, this hapless, hopeful band, would call out a violent federal response.

That is, until I found out what it was that OWS actually wanted.

The mainstream media was declaring continually "OWS has no message". Frustrated, I simply asked them. I began soliciting online "What is it you want?" answers from Occupy. In the first 15 minutes, I received 100 answers. These were truly eye-opening.

The No 1 agenda item: get the money out of politics. Most often cited was legislation to blunt the effect of the Citizens United ruling, which lets boundless sums enter the campaign process. No 2: reform the banking system to prevent fraud and manipulation, with the most frequent item being to restore the Glass-Steagall Act – the Depression-era law, done away with by President Clinton, that separates investment banks from commercial banks. This law would correct the conditions for the recent crisis, as investment banks could not take risks for profit that create kale derivatives out of thin air, and wipe out the commercial and savings banks.

No 3 was the most clarifying: draft laws against the little-known loophole that currently allows members of Congress to pass legislation affecting Delaware-based corporations in which they themselves are investors.

When I saw this list – and especially the last agenda item – the scales fell from my eyes. Of course, these unarmed people would be having the shit kicked out of them.

For the terrible insight to take away from news that the Department of Homeland Security coordinated a violent crackdown is that the DHS does not freelance. The DHS cannot say, on its own initiative, "we are going after these scruffy hippies". Rather, DHS is answerable up a chain of command: first, to New York Representative Peter King, head of the House homeland security subcommittee, who naturally is influenced by his fellow congressmen and women's wishes and interests. And the DHS answers directly, above King, to the president (who was conveniently in Australia at the time).

In other words, for the DHS to be on a call with mayors, the logic of its chain of command and accountability implies that congressional overseers, with the blessing of the White House, told the DHS to authorise mayors to order their police forces – pumped up with millions of dollars of hardware and training from the DHS – to make war on peaceful citizens.

But wait: why on earth would Congress advise violent militarised reactions against its own peaceful constituents? The answer is straightforward: in recent years, members of Congress have started entering the system as members of the middle class (or upper middle class) – but they are leaving DC privy to vast personal wealth, as we see from the "scandal" of presidential contender Newt Gingrich's having been paid $1.8m for a few hours' "consulting" to special interests. The inflated fees to lawmakers who turn lobbyists are common knowledge, but the notion that congressmen and women are legislating their own companies' profitsis less widely known – and if the books were to be opened, they would surely reveal corruption on a Wall Street spectrum. Indeed, we do already know that congresspeople are massively profiting from trading on non-public information they have on companies about which they are legislating – a form of insider trading that sent Martha Stewart to jail.

Since Occupy is heavily surveilled and infiltrated, it is likely that the DHS and police informers are aware, before Occupy itself is, what its emerging agenda is going to look like. If legislating away lobbyists' privileges to earn boundless fees once they are close to the legislative process, reforming the banks so they can't suck money out of fake derivatives products, and, most critically, opening the books on a system that allowed members of Congress to profit personally – and immensely – from their own legislation, are two beats away from the grasp of an electorally organised Occupy movement … well, you will call out the troops on stopping that advance.

So, when you connect the dots, properly understood, what happened this week is the first battle in a civil war; a civil war in which, for now, only one side is choosing violence. It is a battle in which members of Congress, with the collusion of the American president, sent violent, organised suppression against the people they are supposed to represent. Occupy has touched the third rail: personal congressional profits streams. Even though they are, as yet, unaware of what the implications of their movement are, those threatened by the stirrings of their dreams of reform are not.

Sadly, Americans this week have come one step closer to being true brothers and sisters of the protesters in Tahrir Square. Like them, our own national leaders, who likely see their own personal wealth under threat from transparency and reform, are now making war upon us.

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Les indignés d'ici et d'ailleurs
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