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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 16:45

Ces indignés ordinaires qui compliquent la vie des autorités

Ce sera incontestablement le slogan de l'année 2011 : "Indignez-vous". Une indignation Hesselienne très contagieuse puisque même les Etats-Unis, patrie du capitalisme, voient se lever des citoyens ordinaires pour dire pacifiquement "non" à une société à la dérive. Face à eux, les autorités peinent à trouver une parade sans tomber dans certains cas dans la violence comme aux Etats-Unis ou dans des procès ridicules comme en France.

Les américains et les banques, c'est une longue histoire mais, trop c'est trop. Sitôt le risque de collapsus passé, les grandes banques sont reparties de plus belle dans la course à tous les excès notamment les golden salaires pour une poignée de dirigeants ou de cadres. Des avantages largement financés par des frais exorbitants de gestion imposés aux clients. Face à cette situation "intolérable" les cousins indignés américains ont trouvé une parade pour régler leurs comptes avec les grands établissements financiers.

Pragmatiques, ils ont donc décidé d'attaquer là où ça fait mal. Des dizaines de milliers d'individus ont tout simplement décidé de clôturer leurs comptes dans les banques commerciales et d'aller voir ailleurs, de préférence des banques mutualistes et coopératives. Le 5 novembre dernier avait ainsi lieu le "Bank Transfert Day" (Journée du transfert de banque). Pour le seul mois d'octobre, plus de 650 000 comptes ont été ouverts, dans des banques coopératives censées donner la priorité au consommateur, et non à l'actionnaire et offrir des services bancaires moins chers. Seul bémol, elles offrent généralement moins de services.

Paradoxalement, les banques commerciales ne sont pas mécontentes de perdre leurs clients moins fortunés, car depuis les nouvelles régulations fédérales comme celle plafonnant les frais liés aux découverts bancaires, ces clients sont moins rentables pour les banques. Mais peu importe, l'important est de prouver que tout un chacun détient une part du levier pour bousculer le système.

Autre exemple : le mouvement Occupy Wall Street (OWS) démarré le 15 septembre et qui suscite la polémique en raison des violences policières qui émaillent la gestion des manifestations.

Le 4 novembre dernier, en Californie, une journée de mobilisation dégénére avec le saccage des commerces du centre ville et une confrontation avec la police. Bilan : 80 arrestations et 8 blessés dont un vétéran de la guerre d’Irak qui se retrouve hospitalisé avec la rate perforée après être passé entre les mains de la police malgré son absence d'agressivité.

Le 17 novembre, ce sont 30 000 personnes qui manifestent à New York, quelques jours après avoir été délogée par la police de Zuccotti Park, à deux pas de Wall Street. Parallélement, le mouvement s'étendait à 30 grandes villes américaines.

"Les 99%" comme ils s'appellent, en opposition au 1% de la population la plus fortuné qui détient un tiers de la richesse nationale, n'entend pas baisser les bras. Les violences policières perpétrées à leur encontre, qui tournent en boucle sur le web, les renforcent un peu plus dans leur détermination à poursuivre le bras de fer avec les autorités.

En France, autre lieu, autres mœurs. Patricia Jolly dans Le Monde relatait début novembre la convocation le 31 octobre dernier de neuf indignés devant la 29e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris pour avoir, très précisément, « décollé », en s'y appuyant, le haut d'une vitre d'un fourgon de police.

Les faits remontent au 21 septembre quand des indignés français organisent un sit-in, place de la Bourse. En fin d'après-midi, quatre-vingt-onze personnes sont interpellées. A l'intérieur des camions de police, avec nos doigts collés aux vitres, on formait des coeurs car c'est le symbole de la paix. Puis le camion a démarré, un camarade a perdu l'équilibre et s'est appuyé à la vitre qui s'est un peu décollée explique l'une des manifestantes.

Résultat onze personnes renvoyées devant le tribunal correctionnel et une procureure qui va jusqu'à requérir trois mois de prison ferme contre une indignée déjà condamnée quatre fois pour conduite en état d'ivresse et violences. Pour chacun des dix autres prévenus au casier vierge, la représentante du ministère publique demande 500 euros d'amende.

Le jugement a été rendu le 14 novembre. Tous les prévenus ont été relaxés.

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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 16:41

cyberpresse.ca - Publié le 22 novembre 2011 à 06h10 | Mis à jour à 09h21

Les indignés de Montréal n'ont pas l'intention de partir

 

Les indignés

La centaine d'«indignés» qui campe toujours au square Victoria à Montréal entend rester. En assemblée tard lundi soir, le groupe a voté en faveur d'une grande manifestation pour une «occupation responsable» de la place.

Ils déclinent ainsi l'invitation du maire Gérald Tremblay, qui a affirmé lundi soir qu'ils pouvaient maintenant «partir la tête haute».

La Presse a assisté aux délibérations qui se sont déroulées sous terre, tard lundi soir, dans la station de métro square Victoria. Soixante-dix personnes se sont montrées enthousiastes à l'idée de poursuivre Occupons Montréal.

«Nous n'avons pas l'intention de partir. Nous avons l'intention de réviser le message: d'expliquer que l'on veut rester et occuper responsablement», a expliqué Alain Berger, l'un des occupants.

Pour souligner à grands traits sont désir de rester, Occupons Montréal prépare un grand rassemblement ce samedi après-midi, au square Victoria. C'est sous un tonnerre d'applaudissements que cette proposition a été acceptée.

Alain Berger souligne aussi que le point de presse organisé par quelques membres du groupe plus tôt ce lundi ne «représentait pas l'opinion de la majorité». Des indignés de la première heure ont quitté le campement afin de poursuivre leurs actions militantes à l'extérieur.

Plusieursdénoncent les problèmes de gestion d'Occupons Montréal, aux prises avec des problèmes d'itinérance et de toxicomanie.

Cette prise de position publique a déplu à plusieurs occupants. En assemblée hier soir, un groupe a tenté de faire accepter une proposition pour limiter les contacts des participants avec la presse, en vain.

D'autres admettent ouvertement que l'occupation mène à des accrochages préoccupants, mais gardent l'espoir de tout concilier: le militantisme, les tâches sur le site et la gestion de la sécurité. «On veut démontrer que l'on peut gérer notre communauté, ici, mais on ne peut pas le faire seuls, affirme Paul Bode, un des occupants. On ne veut pas juste l'aide de la Ville. On veut l'aide de tout le monde.»

 

 

Les indignés expulsés à Québec

radio-canada.ca -

Mise à jour le mardi 22 novembre 2011 à 8 h 05 HNE

Expulsion des indignés Les indignés ont été expulsés par les autorités de la Ville de Québec.

 

Les indignés ont été expulsés par les autorités de la Ville de Québec.

La Ville de Québec a mis à exécution sa menace d'expulser les indignés de la place de l'Université-du-Québec. Le campement a été démantelé dès 6 h, mardi matin, par des employés municipaux.

Un périmètre de sécurité avait été établi autour du site pour empêcher les gens d'y accéder. Des dizaines de policiers escortaient les employés municipaux qui ont complété le démantèlement des tentes vers 7 h 15.

Seulement quelques personnes étaient présentes, tôt mardi, lors de l'intervention des autorités municipales. Les indignés ont accepté de quitter les lieux sans résister.

L'un des manifestants, Guy Wera, a critiqué l'attitude du maire Régis Labeaume en affirmant qu'il allait continuer de porter le message du mouvement. « On s'attendait à ce qu'il arrive quelque chose. Nous, on est là pour parler de démocratie, on est là pour montrer au peuple comment notre démocratie ne marche pas et qu'on a des dictateurs élus. Le comportement du maire est un comportement de dictateur. »

Le porte-parole de la Ville de Québec, Jacques Perron, a rappelé que les manifestants devaient quitter les lieux uniquement pour des raisons de sécurité. « La position de la Ville est claire. Une fois que les installations vont avoir été démontées, les gens pourront revenir sur la place publique. On n'est pas contre la liberté d'expression. Les gens pourront revenir manifester et prendre la parole. Cependant, la Ville ne tolérera plus aucune installation, ça, c'est clair. »

Le maire de Québec, Régis Labeaume, avait lancé lundi soir un ultimatum aux indignés pour qu'ils quittent les lieux, affirmant que sa patience avait atteint sa limite.

Les indignés occupaient la place de l'Université-du-Québec depuis le 22 octobre.

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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 16:37

 

Comment vivre collectivement en ayant son chez soi ? Être locataire et propriétaire ? En accord avec la nature et la ville ? La coopérative d’habitants tente de répondre à tous ces paradoxes. Mais en l’absence de loi spécifique, son montage relève du parcours du combattant. A Villeurbanne, la toute première coopérative française va voir le jour. Une première pierre a été posée la semaine dernière. Petit mode d’emploi.
 

 

Un préalable pour comprendre la suite : la propriété est collective. Au Village Vertical, les habitants qui se nomment eux-mêmes les « Villageois », ont une double casquette : ils sont d’une part locataires de la coopérative de 14 logements, et d’autre part coopérateurs, c’est-à-dire détenteurs du capital de la société coopérative qui est l’unique propriétaire. Et dans la prise de décision, finis les tantièmes des copro’, chacun d’entre eux dispose d’une voix.

 

 


1/ Constituer un groupe de militants, plus que de copains

 

Le noyau dur des Villageois s’est formé, il y a six ans, au gré des rencontres dans les mouvements sociaux, écolo ou altermondialistes. Avec l’envie de vivre différemment. Ils sont appuyés depuis 2006, par l’association Habicoop qui a fait du Village Vertical son projet pilote.
Quand on écoute le discours prononcé lors de la pose de la première pierre, on comprend de quelles valeurs ils se réclament :

 « L’urgence sociale et l’urgence climatique n’ont jamais été aussi fortes. Ce projet s’inscrit dans une transition des modes de vie, plus sobres et plus solidaires. Nous voulons un cadre de vie qui facilite les rencontres et les solidarités entre voisins. C’est la meilleure réponse possible au consumérisme et à la compétition de chacun contre tous ».

Le statut coopératif collait parfaitement à leurs attentes. Il leur permet de sortir du « système spéculatif ». Car, par principe, les coopérateurs ne peuvent faire de plus-value sur la revente de leurs parts sociales.

 

 

2/ Aller à la pêche aux soutiens institutionnels

 Pour trouver le terrain où construire sa coopérative d’habitation, mieux vaut trouver une ZAC (Zone d’Aménagement Concerté) car on peut négocier directement avec les collectivités qui possèdent le foncier.

 

Le Village Vertical a d’abord convaincu le bailleur HLM, Rhône Saône Habitat (RSH), pour partager un bâtiment dans le quartier de Grand Clément, à Villeurbanne : un tiers pour le Village et deux tiers pour un programme de RSH.

 

Il a fallu également convaincre le Grand Lyon et la Ville de Villeurbanne de se porter garants de cette première nationale. Le bailleur HLM a également garanti qu’en cas de problème au Village Vertical, il reprendrait les logements. Ce qui a fini de rassurer les collectivités.

 

 


3/ Rêver les pieds dans le béton… écolo

Les Villageois et le bailleur HLM se sont mis d’accord sur des architectes spécialistes dans la construction bioclimatique. Mais la réalité de la promotion immobilière a vite rattrapé les utopistes qui voulaient aller le plus loin possible dans la construction écologique. Antoine donne un exemple de ces renoncements :

« On a notamment dû abandonner la VMC double flux. Un système qui garde les calories à l’intérieur du logement tout en assurant le renouvellement de l’air. C’est trop cher et trop complexe à installer pour des entreprises françaises ».

Panneaux solaires, récupération des eaux de pluie, mur en bois-béton, l’écologie tient bien sa place dans le projet final. Quant à la vie collective, elle est toujours au cœur du Village Vertical. Les 14 appartements pour les Villageois partageront buanderie, salle commune (dont une cuisine), quatre chambres d’amis et potagers.

 

Village vertical

 

 

4/ Créer une coopérative (en priant pour que la loi change)


Avec les garanties du Grand Lyon et de Villeurbanne, la coopérative emprunte au taux réduit du logement social (PLS). Les Villageois n’apportent que 20% du montant de l’opération, qui sont convertis en parts sociales de la coopérative. Pour un T3, la personne doit apporter 33 000 euros.

 

Tous les mois, les coopérateurs verseront une redevance comprenant un loyer (80%) et un compte courant d’associé (prêt du coopérateur à la coopérative correspondant à 20 %), en fonction de la taille de leur logement. Pour un T3 de 66 m2, la redevance est comprise entre 700 et 750 euros. Cette redevance permettra principalement à la coopérative de rembourser ses emprunts.

 

Problème, quand l’emprunt arrivera à échéance dans 40 et 50 ans (40 pour le bâti et 50 pour le foncier), les Villageois devront continuer à verser un loyer. Cette aberration vient du montage juridique. Le Village Vertical a dû utiliser les statuts d’une entreprise commerciale classique, une SAS, à laquelle elle a ajouté un fonctionnement coopératif. Valérie Morel d’Habicoop explique :

« Dans les statuts de l’entreprise, l’objet principal est de fournir à ses membres l’usage d’un logement en le louant. La location doit donc être effective et le montant du loyer doit correspondre aux valeurs du marché. Si vous ne le faites pas, les services fiscaux risquent de redresser l’entreprise, en disant que vous auriez dû percevoir des loyers à telle hauteur et payer tant d’impôts. Cette problèmatique devra être résolue dans le cadre de la modification de loi  ».

 

5/ Faire du lobbying (pour continuer à penser aux autres)

Habicoop accompagne directement une demi douzaine de projets de coopératives d’habitants à Lyon, et d’autres en partenariat ailleurs en France. En parallèle, l’association tente de sensibiliser les parlementaires. Une proposition de loi socialiste devrait être déposée prochainement, créant un statut juridique propre, notamment pour lever les aberrations actuelles.

Un article de loi  devra également  prévoir que les parts sociales ne soient pas taxées lors de la revente. Aujourd’hui si vous vendez votre logement principal vous n’êtes pas taxé sur la plus value. Par contre, si des Villageois vendent leurs parts sociales, ils seront taxés.

L’idée est aussi de pouvoir bénéficier du prêt à taux zéro pour pouvoir acheter des parts sociales d’une coopérative d’habitation. « Actuellement, ce n’est pas dans la mentalité des banques de prêter à des particuliers pour acquérir des parts sociales », justifie Valérie Morel.

 L’objectif des Villageois est de créer un « laboratoire d’écologie urbaine » : un habitat convivial, sorti de la spéculation, écolo mais aussi mixte socialement. Globalement, les habitants sont issus de la classe moyenne alors qu’ils voudraient ouvrir le Village aux plus modestes.

 C’est pourquoi, la coopérative a trouvé un montage complexe pour atteindre cette objectif de mixité. Par le biais d’un bail à construction, Les Villageois ont transmis à Rhône Saône Habitat la possibilité de construire quatre logements trés sociaux pour des jeunes en insertion qui seront  gérés par AILOJ, association partenaire du Village Vertical. A la fin du bail à construction, le Village redeviendra propriétaire des quatre logements.

A raison d’une réunion minimum par semaine depuis 2005, voilà ce que sont en train de réaliser les habitants du Village Vertical, première coopérative d’habitants. Inauguration prévue en 2013.

 

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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 16:29
Mme Mitterrand vous avez fait quelque chose de bien de votre vie, de la vie

Gérard Filoche sur Marianne2

 

La veuve de l'ancien président François Mitterrand est décédée dans la nuit de lundi à mardi. Présidente de la fondation France Libertés, elle avait milité ces dernières années en faveur de l'accès à l'eau.



Une grande dame, comme on dit, mais surtout une militante, une femme d’un courage, d’une indépendance, et d’une obstination à gauche exceptionnelle vient de disparaître. Danielle Mitterrand, on lui doit toutes et tous un hommage profond, sincère, admiratif. Pas seulement des mots émus, mais des salutations politiques exemplaires et reconnaissantes.

C’est celle qui a défendu Cuba contre l’infâme blocus économique des USA, quand presque personne n’osait plus le faire autant qu’il le fallait.

C’est elle qui rappelait qu’on ne peut pas étrangler ainsi un pays et une révolution et qui faisait savoir ici, en France, devant l’incurie médiatique, que l’ONU condamne unanimement ce blocus insensé de la plus grande puissance du monde contre une île courageuse de 11 millions d’habitants, seulement parce que celle-ci n’est pas « alignée » sur la dictature de la finance mondiale.

C’est elle qui a pris position, contre toute sa proche famille, pour appeler à voter « non », courageusement au referendum du 26 mai 2005, à ce catastrophique Traité constitutionnel européen qui conduit maintenant l’Europe au bord du gouffre.

C’est elle qui menait campagne pour la protection de l’eau comme le bien humain n°1 dans le monde entier, et qui n’a pas hésité à dénoncer les faux sociaux démocrates assassins qui tiraient à la mitrailleuse lourde en Bolivie contre le peuple lorsque celui-ci exigeait que l’eau pillée par un trust français lui soit rendue.

C’est elle qui menait campagne pour les droits de l’homme, là, où les préjugés des banques et des capitalistes interdisaient de le faire.

Plus particulièrement, il me fut donné à un moment, il y a quelques années, de répondre à son appel, pour un délicat problème et de l'aider, ce fut pour moi l’occasion personnelle de découvrir toute sa dignité, son attention scrupuleuse aux droits, et chacun des échanges que nous eûmes alors, me revient aujourd’hui avec émotion et tristesse.

Bravo Mme Mitterrand vous avez fait quelque chose de bien de votre vie, de la vie. Quelque chose d’exemplaire qui vaut des larmes, de l’honneur et de la fierté à gauche.

 

Mardi 22 Novembre 2011
Gérard Filoche
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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 16:18

LEMONDE.FR avec Reuters | 22.11.11 | 16h08

 
 

 

Liliane Bettencourt, le 12 octobre 2011, à Paris.

Liliane Bettencourt, le 12 octobre 2011, à Paris.AFP/FRANCOIS GUILLOT

Le fisc français réclame près de 78 millions d'euros d'impôts impayés à l'héritière de L'Oréal, Liliane Bettencourt, après la découverte de comptes occultes à l'étranger et d'une île des Seychelles achetée clandestinement, révèle Mediapart, mardi 22 novembre. Le site d'information fait état de documents officiels annonçant ces poursuites, qu'il ne publie pas. Contacté, le cabinet de la ministre du budget, Valérie Pécresse, n'a pas répondu dans l'immédiat.

Cette procédure fiscale fait suite à l'enquête pénale engagée après la remise à la justice d'enregistrements clandestins de conversations de 2010 entre Mme Bettencourt et son gestionnaire de fortune. Les sommes aujourd'hui exigées au titre de l'impôt sur la fortune (ISF) pour les années 2004 à 2010 et au titre de l'impôt sur le revenu, pour les années 2006 à 2009, sont encore en négociation avec le fisc, précise Mediapart.

Ces discussions devraient être menées avec les avocats de Françoise Meyers, fille de Liliane Bettencourt, qui a obtenu de gérer la tutelle de sa mère ordonnée fin octobre par la justice du fait d'un état de "démence" constaté par des experts. Le fisc, qui mène ses enquêtes en parallèle à celles de la justice pénale, a découvert douze comptes bancaires cachés en Suisse et à Singapour, qui recelaient près de 100 millions d'euros fin 2010. Arros, l'île des Seychelles où Liliane Bettencourt passe ses vacances, a été acquise en 1997 via le Liechtenstein sans être déclarée.

3E FORTUNE DE FRANCE

La milliardaire de 89 ans, considérée comme la troisième fortune de France avec environ 17 milliards d'euros, selon un classement de Challenges, avait annoncé le rapatriement en France de ses avoirs cachés en 2010, après la publication des enregistrements compromettants. L'enquête pénale en cours à Bordeaux vise notamment des soupçons de financement politique illégal au profit supposé de l'UMP et de Nicolas Sarkozy, ce qui avait conduit l'opposition à estimer que la milliardaire bénéficiait de favoritisme fiscal.

Le Parti socialiste s'est félicité de ce redressement fiscal dans un communiqué, tout en s'étonnant de son caractère tardif. "Il aura fallu des mois de révélations de journalistes, des interventions répétées de l'opposition pour que la loi soit respectée. La responsabilité n'est manifestement pas au programme pour tous", écrit-il. "A l'heure où la droite (...) ne cesse d'exiger des bénéficiaires du RSA et même des malades d'être responsables, la différence de traitement entre les citoyens selon qu'ils soient riches ou pas est intolérable", ajoute-t-il.

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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 16:15

 

Le Monde - 22 novembre 2011

 

C'est une maison qu'ils appellent "le lavomatic". A une époque, ils accueillaient, le temps d'une lessive, des amis en panne de machine à laver. Le nom est resté. Dans cette maison  de plain-pied du quartier de Figuerolles, à Montpellier, vivent deux filles et deux garçons âgés de 23 à 30 ans. Il y a Sarah, qui travaille dans une association de vulgarisation scientifique, Pauline, employée d'une association culturelle, Jérôme, infirmier, et Simon, le dernier venu, qui étudie le journalisme à Montpellier. Ils ont chacun leur chambre à l'étage et se partagent le rez-de-chaussée et la courette qu'on imagine comme une agréable extension du salon à la belle saison.

 

De haut en bas, de g. à d. : Sarah, Jérôme, Pauline, Simon. © Elodie Ratsimbazafy

De haut en bas, de g. à d. : Sarah, Jérôme, Pauline, Simon. © Elodie Ratsimbazafy

 

Quand on arrive, un soir de semaine, une compote de pommes — format familial — mijote dans la cuisine ouverte sur le séjour. C'est presque l'heure du repas et on attend Jérôme l'infirmier le seul à "avoir des horaires un peu particuliers". Sans plus de cérémonie, on ajoute deux assiettes pour les auteurs de ce blog. On nous explique qu'ici viennent pas mal de gens, des copains des uns et des autres ou d'anciens colocataires qui passent par là, comme Quentin, étudiant en science, qui partagera le plat de nouilles à la bolognaise. Un hasard que ce cliché de la vie étudiante puisqu'ils mettent un point d'honneur à diversifier et équilibrer leur alimentation.

S'ils ont choisi de vivre ensemble, c'est évidemment pour des raisons économiques. Un loyer de 1 200 euros à couper en quatre est un argument de poids quand le moindre studio se loue plus de 400 euros dans le centre de la ville, à une dizaine de minutes à pied de là. Mais, ils insistent sur ce point, "c'est aussi un choix de vie" plus qu'une contrainte puisqu'ils pourraient presque tous "se payer un petit appartement". Ils partagent plus qu'un loyer et profitent d'une vie commune, d'une grande maison et de l'esprit qui va avec.

 

Ici, les casseroles sont toutes grand format. Le fait-tout orange est un ustensile historique de la colocation. © Elodie Ratsimbazafy

Ici, les casseroles sont toutes grand format. Le fait-tout orange est un ustensile historique de la colocation. © Elodie Ratsimbazafy

 

Ici on partage tout. Les courses sont faites en commun et on divise le tout par quatre chaque mois. En théorie. Parfois les tickets de caisse traînent quelques semaines de plus, au risque de déséquilibrer des budgets serrés. Mais, ils en ont la certitude : "au final, tout s'équilibre". C'est la seule règle à peu près établie. Le reste se conçoit en bonne intelligence, sans qu'il y ait besoin de l'écrire noir sur blanc. Un peu comme dans une famille.

La propriétaire et ses enfants ont quitté Montpellier il y a quelques années après une séparation et un héritage. Elle a accepté de louer à de jeunes gens. Ce n'était pas eux. Ils sont arrivés les uns après les autres, remplaçant peu à peu l'équipe originelle. Sarah est la plus ancienne. Originaire de la région parisienne, elle est arrivée alors qu'elle "ne connaissait personne à Montpellier". Les autres ont suivi, recrutés par affinité et jamais par petite annonce. Pauline parce que la maison où elle habitait, en colocation déjà, a été vendue ; Simon et Jérôme parce qu'ils arrivaient dans la ville. Il n'y a pas eu de "procédure de recrutement" particulière. "Je connaissais Sarah. Je suis venu pour dîner, avec une bouteille de vin. C'était juste une discussion, pas un entretien", se souvient Simon qui a posé sa valise début 2011.

 

Pauline, Jérôme et Sarah. © Elodie Ratsimbazafy

Pauline, Jérôme et Sarah. © Elodie Ratsimbazafy

 

La propriétaire s’accommode de ce va-et-vient. "On fait une lettre pour obtenir un avenant à l'état des lieux, on organise une rencontre", raconte Sarah qui a vu arriver tout ce petit monde. Il y eut à une époque quelques frictions, se souvient Quentin, mais celle qui possède la villa a apprécié que les lieux soient bien tenus et entretient depuis de "bons rapports". 

Jérôme est rentré. Le repas est prêt. Nous avons juste eu le temps d'aller à l'épicerie du coin acheter une bouteille de vin pour honorer nos hôtes. Dans ce quartier populaire en pleine gentrification, on trouve à peu près de tout, à toute heure. Autour de la table, on discute de sa journée et de celle du lendemain, de la pluie, du beau temps et du concept de colocation choisie, puisque nous sommes venus pour ça. A les entendre, c'est du velours. "On dîne ensemble, on discute, on regarde un film de temps en temps. On ne fait pas trop de fêtes la semaine", détaille Simon.

 

Autour de la grande table, centre névralgique de la colocation. © Elodie Ratsimbazafy

Autour de la grande table, centre névralgique de la colocation. © Elodie Ratsimbazafy

 

"On se respecte beaucoup plus qu'avec certains précédents colocataires", renchérit Sarah qui fait allusion aux mœurs noctambules des "anciens" de la villa. Et quid des révisions pour l'étudiant du groupe ? "Je n'ai aucun problème pour bosser, même si la maison n'est pas silencieuse. Je peux m'isoler dans ma chambre et descendre le temps d'une pause cigarette", se réjouit Simon. Les grosses fêtes, on les réserve pour le week-end en prenant soin de prévenir le voisinage. La dernière en date remonte à huit jours. Ils avaient invité 80 personnes pour fêter... l'arrivée d'un lave-vaisselle, cédé par un proche. "Ça révolutionne la vie", rigolent-ils en chœur.

C'est l'heure de la tisane, rituel immuable des fins de soirée au "lavomatic". A Montpellier, il existe des centaines de colocations, qu'elles se soient formées par nécessité économique ou par choix. Beaucoup de leurs amis ont choisi le même mode de vie et l'idée leur est venue de se lier. "On essaye de monter un réseau d'entraide sur le modèle des coopératives agricoles [les CUMA]", note Pauline. Pour le moment, l'idée n'est formalisée que par un document partagé, mais ils ont l'ambition de mutualiser tout ce qu'ils peuvent : les appareils qui ne servent que de temps en temps, les compétences des uns et des autres, les achats en gros... Parce qu'au-delà de la colocation, le modèle de société auquel ils aspirent commence par là.

 

Les 4 colocataires actuels et l'ancien, Quentin, au milieu. © Elodie Ratsimbazafy

Les 4 colocataires actuels et l'ancien, Quentin, au milieu. © Elodie Ratsimbazafy

 

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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 16:07

Le Monde - 22 novembre 2011

MÈME – Internet s’empare de la figure d’un policier aspergeant au gaz des manifestants anti-Wall Street

 

Les caricatures d'un policier de l'université de Californie accusé d'avoir aspergé de gaz au poivre sans raison des manifestants anti-Wall Street se multiplient sur Internet, et des pirates informatiques d'Anonymous ont diffusé lundi ses coordonnées personnelles.

 

L'agent avait vaporisé vendredi, de très près et parfois directement sur le visage, à plusieurs reprises, un gaz orange sur des manifestants tranquillement assis par terre. Deux étudiants ont été brièvement hospitalisés après avoir reçu du gaz et neuf ont été traités sur place, ont indiqué des responsables de l'université.

 

 

Depuis, la moustache rousse de cet agent, son air buté sous le casque qui masque en partie ses yeux, ses joues rebondies, sa démarche alerte, en ligne, un pied posé strictement devant l'autre, ses hanches et son buste frontalement projetés vers le regardeur, son geste simple : un bras dégagé de la ligne des épaules, levé à 45 degrés, d'où s'échappe le nuage poivré… Tout cela se démultiplie sur Internet, s'incruste et asperge posément La Liberté guidant le peuple, des soldats à terre dans une des premières photographies de guerre moderne,  un pot de fleurs des Beatles, un chevalier mal en point dans le film Sacré Graal, des Monty Pythons, le monstre Godzilla, etc.

Dans la vraie vie, ce policier pourrait avoir à affronter des ennemis moins coriaces mais plus nombreux, après la diffusion lundi de son adresse postale, de son courriel et de ses numéros de téléphone dans une vidéo YouTube attribuée à Anonymous. Une voix y qualifie le policier de "lâche" et engage les internautes à lui exprimer leur "colère".

La présidente de l'université Davis, Linda Katehi, a par ailleurs annoncé lundi qu'elle avait décidé de suspendre la chef de la police de l'université, Annette Spicuzza. "Après avoir rassemblé plus d'informations sur ce qui s'est passé vendredi, il m'a semblé absolument nécessaire de prendre cette décision pour restaurer la confiance sur le campus", a déclaré la doyenne, qui a dit ce week-end ne pas envisager de démissionner.

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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 16:03

Le Monde - 22 novembre 2011

 

Dans la géographie de la révolution égyptienne, après l'iconique place Tahrir, il faudra réserver une place de choix à la rue Mohamed Mahmoud. Cette artère de moyenne taille, qui débouche sur la grande esplanade du centre du Caire est depuis trois jours le théâtre de combats acharnés entre les insurgés et les unités anti-émeutes de l'Amn Al-Merkazi, la Sécurité centrale.

On peut trouver sur le blog The Arabist une vidéo qui donne une bonne idée de l'atmosphère de quasi-guérilla urbaine qui règne dans cette rue, que les activistes sillonnent avec des masque à gaz, des foulards et toute une série de produits dont ils s'aspergent le visage pour combattre l'effet irritant des gaz lacrymogènes :

 

La dynamique de l'affrontement repose sur un double soupçon. Les révolutionnaires accusent les forces de l'ordre d'attendre le moindre signe de relâchement de leur adversaire pour investir la place Tahrir, comme elles l'ont déjà fait samedi et dimanche après midi. Dans la logique du No Pasaran "(Ils ne passeront pas"), le cri de ralliement des républicains durant la guerre civile espagnole, les activistes égyptiens bloquent le début de la rue, où se situe l'ancien campus de la prestigieuse AUC, l'Université américaine du Caire, dont bon nombre d'activistes sont diplômés, comme la fameuse Gigi Ibrahim.

De son côté, la police qui redoute que les manifestants n'aient l'intention de prendre d'assaut le ministère de l'Intérieur, qui est situé juste à côté et qui est l'un des symboles les plus honnis de l'ancien régime, se refuse elle aussi à abandonner ses positions. Résultat, les deux camps se livrent depuis samedi à un jeu de gagne-terrain sanglant. Quand l'un recule, l'autre avance et vice-versa. Pas de ballon, bien sûr dans cette partie, mais des pierres et des cocktails molotov d'un côté, du gaz lacrymogène et des balles en caoutchouc de l'autre.

Le seul gagnant dans cette affaire est Mohamed Mahmoud, l'homme qui a donné son nom à la rue et qui s'offre depuis trois jours, une tardive renommée. Il s'agit d'un dissident du Wafd, le grand parti nationaliste des années 20-30, qui fut Premier ministre à deux reprises, sous le roi Fouad puis son fils Farouk 1er.

Benjamin Barthe

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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 15:57

Le Monde - 22.11 | 09h17

 

Pour la troisième journée d'affilée, policiers et manifestants réclamant le départ du pouvoir de l'armée se sont affrontés lundi sur la place Tahrir du Caire sur fond de crise politique avec la démission du gouvernement intérimaire. Les mouvements qui étaient à la pointe des journées révolutionnaires de l'hiver dernier ont appelé à une mobilisation la plus forte possible pour la journée de mardi.
Lundi, vers minuit, quelque 20 000 personnes restaient massées sur la place Tahrir du Caire, haut lieu de la contestation anti-Moubarak. Des milliers d'autres manifestants étaient également présents dans les rues adjacentes.
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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 15:54

LEMONDE.FR avec AFP | 22.11.11 | 08h21

 
 

La capitale sud-africaine Pretoria sera rebaptisée Tshwane d'ici à la fin de 2012, annonce son maire, Kgosientso Ramokgopa, mardi 22 novembre, à la "une" du quotidien Pretoria News. Le Congrès national africain (ANC, au pouvoir depuis 1994) souhaite depuis longtemps adopter le terme africain de Tshwane, car le nom actuel de la capitale honore le héros afrikaner Andries Pretorius, qui a écrasé une dizaine de milliers de Zoulous en 1838.

Le changement de nom avait été quasiment acté en 2005, avant que les autorités ne reculent au nom de l'unité nationale, devant la forte protestation d'une partie de la population blanche. Le terme Tshwane désigne déjà une vaste communauté urbaine de 2,5 millions d'habitants qui englobe Pretoria, sa banlieue, et d'autres localités des environs. Il est volontiers employé par le gouvernement pour désigner la capitale.

"Quand nous disons que nous voulons changer le nom de la ville de Tshwane et remplacer les noms des rues par des noms de héros de notre lutte [anti-apartheid], ils parlent de ce que ça coûte. Nous allons dépenser cet argent de façon à être sûrs que notre histoire soit correctement rapportée", déclare le maire (ANC). "En tant que dirigeants de cette ville, nous allons nous assurer que tous les espaces et symboles de cette ville soient transformés", ajoute-t-il, annonçant un certain nombre de changements de noms de rue.

Les principales artères portant des noms de héros afrikaners et de dignitaires du régime de l'apartheid sont concernées, mais aussi Church Street (rue de l'Eglise), la principale artère de la ville : "Church Street est la plus longue rue de cette zone, et elle doit être traitée en priorité à cause de son importance et de son exposition", a ajouté le maire. M. Ramokgopa regrette que l'actuel boulevard Nelson Mandela de Pretoria – seul axe de la ville rendant hommage à une personnalité de la "Nouvelle Afrique du Sud" – soit si court. "En fait, c'est manquer de respect à Nelson Mandela", juge-t-il.

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