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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 22:18

Le Yéti, voyageur à domicile

Chroniques d'un voyageur à domicile qui ne voulait pas conquérir le monde, mais être conquis par lui.

« Grande perdition » : seuls les « Indignés » ont la clé

Rue89 - Le Yéti

voyageur à domicile
Publié le 28/11/2011 à 10h30

La crise de la « Grande perdition » arrive à son dénouement. L'acte de décès du système relève de l'évidence cruelle. Au point, élément tout à fait nouveau, que les dirigeants qui s'en portaient jusqu'alors garants commencent à lâcher prise et à s'y résigner.

Beaucoup moins de volontarisme dans leurs réunionnites : ainsi lors du mini-sommet de Strasbourg où Sarkozy parla sans trop de conviction de « compromis positif » quand Merkel retoquait sèchement la demande franco-italienne d'euro-bonds et d'intervention de la BCE.

Ainsi encore de l'échec au 23 novembre des négociations entre républicains et démocrates américains au sein de la super commission antidéficit, qui fut accueilli avec une bien molle torpeur par les deux parties, Obama compris.

Plus d'échappatoire à l'intérieur du cadre

Devant cette faillite généralisée, plus guère d'échappatoire pour nos maîtres du monde interloqués :

  • soit, conscients ou non de la vacuité de leurs efforts, ils s'ingénient en dépit du bonssens à essayer de sauver ce qui reste de leur cadre vérolé (croissance, plein emploi sont d'évidence des mythes obsolètes) ;
  • soit, comme le note le blogueur Caleb Irri, « ils ont une idée derrière la tête pour reprendre le contrôle des événements, et il s'agirait de savoir laquelle » (hypothèse très certainement envisagée, mais guère envisageable sans plongée meurtrière dans le drame) ;
  • soit encore – c'est moi qui rajoute – il existe une voie nouvelle, tout à fait inédite, mais de plus en plus incontestable : celles de ces « Indignés » qui commencent à trépigner aux quatre coins du globe.

Oui, oui, j'entends déjà les tollés, les soupirs entendus, les sarcasmes, « ha ha ha », cette poignée de braillards vaporeux, sans structures, sans partis, sans syndicats, sans programmes ! En clair, hors du cadre.

Des forces disparates mais convergentes

Or, c'est précisément parce qu'ils sont hors du cadre que peut venir d'eux le salut. Entre les deux territoires, le cadre saccagé, l'autre en devenir, une frontière inconciliable. Un fossé béant.

« J'appelle “Indignés” tous ceux qui ont compris l'impérieuse nécessité de jouer la partie hors du cadre systémique imposé. »

Le mouvement des « Indignés » relève d'une nébuleuse de forces disparates, naissantes, mais possiblement convergentes. Ceux, mais pas seulement, qui occupent la Puerta del Sol à Madrid, le parc Zuccotti à New York, les places Syntagma à Athènes, Tahrir au Caire, le parvis de la Défense à Paris...

Mais aussi, pour ne citer que les francophones, des personnalités convaincues (Jorion, Lordon...). D'autres qui ne le sont pas encore tout à fait, qui pensent encore pouvoir influer sur le cadre en déroute, mais que la pression des événements fera inévitablement basculer (Todd, Mélenchon...).

La convergence de ces forces battra en brèche bien des préjugés étriqués. Car les troupes ne viendront pas seulement du seul flanc gauche, mais d'horizons multiples, parfois contradictoires (Dupont-Aignan et les vieux gaullistes outragés, croyants ou athées aux convictions morales bafouées...) Rappelez-vous la composition hétéroclite du Conseil national de la résistance dès 1943.

L'inertie des foules ? Celle-ci tient à la peur et aux carcans mentaux socio-culturels qui font apparaître le monde d'avant comme unique piste empruntable. La débâcle de celui-ci entraînera suffisamment de défections dans ses rangs (jeunes sans avenir, classes moyennes ruinées, retraités spoliés...).

Que ces défections ne soient pas majoritaires n'a guère d'importance. En temps de crise grave, ce ne sont plus les majorités qui influent, mais la résolution des minorités actives. Les résistants de la première heure étaient moins nombreux que les campeurs du parvis de la Défense.

Un mouvement contraint et forcé

Pisse-vinaigre et fesse-mathieu – tous dans le cadre, cela va de soi, qu'ils s'en revendiquent partisans ou adversaires de principe – brocarderont à qui mieux mieux les troupes étiques de ces va-nu-pieds idéologiques.

Ils ont tort. Ces bataillons déguenillés n'agissent pas par idéalisme, utopie ou rêve de Grand soir fumeux. Mais par pragmatisme, urgence et réflexe de survie, celle de l'espèce, ni plus ni moins, Avec l'opiniâtreté de ceux qui savent n'avoir plus rien à perdre, mais tout à gagner.

Ainsi de ces Egyptiens retournant résolument sur la place Tahrir pour ne pas se laisser voler leur révolution. Ainsi de ces révoltés grecs, portugais, espagnols, islandais, syriens, tunisiens, américains...

Deux vents contraires soufflent aujourd'hui sur le monde. L'un mauvais (et ses terribles risques de tourbillons régressifs) conduit inexorablement à une tragédie comme le siècle précédent en connut deux. L'autre, incertain, est le seul à même d'en enrayer les ravages, d'en apaiser les souffrances.

Il est inconscient de nier la gravité du premier, mais suicidaire de déprécier le second, clé désormais vitale pour échapper à la « Grande perdition ». La peur, l'inertie, l'indifférence laissent toujours le champ libre au désastre.

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 22:09

francetv.fr - Publié le 28/11/2011 | 20:45, mis à jour le 28/11/2011 | 20:58

 

 

 

La police de Los Angeles refuse de déloger les centaines de militants anti-Wall Street qui campent face à l'hôtel de ville depuis deux mois.

Le maire de la ville californienne avait pourtant demandé aux manifestants de quitter les lieux. Une partie des "indignés" a déserté la place, tandis que d'autres resteraient jusqu'à le tombée de la nuit.

FTVi et Reuiters

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 22:05

Communiqué de Presse sur la nuit du 26 au 27 novembre 2011

Commission Communication

Dimanche 27 novembre, 3h du matin devant l’Arche de La Défense : les forces de l’ordre en uniforme et en civil  frappent sans motifs de nombreux citoyens tirés du sommeil, et saccagent une œuvre d´art des indigné-e-s.

Bilan : un bras cassé et de nombreux campeurs  contusionnés.

 Pour fêter la troisième semaine d’occupation sur le parvis de la Défense, les indigné-e-s avaient organisé un lâcher de ballons avec des chèques symboliques.

La déclaration de présence pour une semaine avait été déposée en préfecture et présentée au commissaire qui ne l’a pas contestée.

Malgré l’interdiction de fait de laisser entrer quoi que ce soit qui aide au confort du campement, les indigné-e-s ont réussi à amener les pièces détachées d’une structure préparée par des artistes et étudiants comme contribution au mouvement des indigné-e-s. Le montage de ce dôme de 5 mètres de diamètre, une œuvre d´art en carton, était effectif à 19h.

 L’après-midi avait été accompagnée de fanfares et fut suivi d´un concert le soir, dans la bonne humeur. Environ 200 personnes, dont des familles, se sont retrouvées sur place.

 En fin de soirée, les personnes présentes sur le parvis ont souffert de provocations verbales et physiques de la police. 

 Vers 3h30 du matin, les forces de l’ordre composées de gendarmes mobiles et de CRS (environ une centaine d’hommes) ont chargé sans sommation le campement où 70 indigné-e-s dormaient.

Un groupe de 30 à 40 personnes de la police avaient investit le campement dans les minutes précédentes.

Les CRS ont détruit l´œuvre d´art démontable et le lieu de cuisine.

Une chaîne humaine pacifique a alors été formée par les campeurs.

 Les policiers en civil ont pris le relais des forces de l’ordre en uniforme et ont très violemment agressé la plupart des indigné-e-s sous l´approbation des premiers.

Selon des témoins, leurs visages étaient à demi-couverts.

Ils ont également volé des téléphones et appareils photographiques qui les filmaient et proferré des menaces.

 Une dizaine d’indigné-e-s ont été frappés pour certains à plusieurs reprises.

 Cette nuit les gardiens de la paix se sont de  nouveau attaqués aux indigné-e-s pacifiques, mais de plus à une œuvre d’art !

 Face  à ce nouvel abus de la part des forces de l’ordre, les indigné-e-s, qui restent avant tout des citoyens, vont déposer une nouvelle plainte collective et constituer une banque de témoignages audiovisuels sur les faits de la nuit du 26 au 27 novembre. 

Nous invitons d’une part tous et toutes à témoigner en apportant les contributions écrites, photos, vidéos sur dr.paris.media@gmail.com.

Les victimes et témoins peuvent d’autre part porter plaine collectivement ou attester des faits dans l’optique d’une deuxième « plainte commune » en suivant la procédure sur : http://paris.reelledemocratie.com/node/709

 Le 10 décembre, nos organisons une marche de la place de Clichy (14h) jusqu’à la place Stalingrad pour des danses et une assemblée populaire.

 Nous sommes intrigués de connaître l’accueil que nous réserve le Ministère de l’Intérieur pour la journée internationale des Droits de l’Homme…

 ES (source)

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 21:58

 

 

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 21:57

Paris Démocratie réelle - 28 novembre 2011

 


Dimanche 27 novembre, 3h du matin devant l’Arche de La Défense : les forces de l’ordre en uniforme et en civil frappent sans motifs de nombreux citoyens tirés du sommeil, et saccagent une oeuvre d´art des indigné-e-s.

Bilan : un bras cassé et de nombreux campeurs contusionnés.

Pour fêter la troisième semaine d’occupation sur le parvis de la Défense, les indigné-e-s avaient organisé un lâcher de ballons avec des chèques symboliques.

La déclaration de présence pour une semaine avait été déposée en préfecture et présentée au commissaire qui ne l’a pas contestée.

Malgré l’interdiction de fait de laisser entrer quoi que ce soit qui aide au confort du campement, les indigné-e-s ont réussi à amener les pièces détachées d’une structure préparée par des artistes et étudiants comme contribution au mouvement des indigné-e-s. Le montage de ce dôme de 5 mètres de diamètre, une oeuvre d’art en carton, était effectif à 19h.

L’après-midi avait été accompagné de fanfares et fut suivi d´un concert le soir, dans la bonne humeur.Environ 200 personnes, dont des familles, se sont retrouvées sur place.

En fin de soirée, les personnes présentes sur le parvis ont souffert de provocations verbales et physiques de la police.

Vers 3h30 du matin, les forces de l’ordre composées de gendarmes mobiles et de CRS (environ une centaine d’hommes) ont chargé sans sommation le campement où 70 indigné-e-s dormaient.

Un groupe de 30 à 40 personnes de la police avaient investi le campement dans les minutes précédentes.

Les CRS ont détruit l’oeuvre d´art démontable et le lieu de cuisine.

Une chaîne humaine pacifique a alors été formée par les campeurs.

Les policiers en civil ont pris le relais des forces de l’ordre en uniforme et ont très violemment agressé la plupart des indigné-e-s sous l´approbation des premiers.

Selon des témoins, leurs visages étaient à demi-couverts.

Ils ont également volé des téléphones et appareils photographiques qui les filmaient et proféré des menaces.

Une dizaine d’indigné-e-s ont été frappés pour certains à plusieurs reprises.

Cette nuit les gardiens de la paix se sont de nouveau attaqués aux indigné-e-s pacifiques, mais de plus à une oeuvre d’art !

Face à ce nouvel abus de la part des forces de l’ordre, les indigné-e-s, qui restent avant tout des citoyens, vont déposer une nouvelle plainte collective et constituer une banque de témoignages audiovisuels sur les faits de la nuit du 26 au 27 novembre.

Nous invitons d’une part tous et toutes à témoigner en apportant les contributions écrites, photos, vidéos sur dr.paris.media@gmail.com.

Les victimes et témoins peuvent d’autre part porter plaine collectivement ou attester des faits dans l’optique d’une deuxième "plainte commune" en suivant la procédure sur : http://paris.reelledemocratie.com/n...

Le 10 décembre, nos organisons une marche de la place de Clichy (14h) jusqu’à la place Stalingrad pour des danses et une assemblée populaire.

Nous sommes intrigués de connaître l’accueil que nous réserve le Ministère de l’Intérieur pour la journée internationale des Droits de l’Homme...

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 21:52
latribune.fr - BCE - 28/11/2011 | 07:37 -

Reportage au coeur de la BCE : drôle de cohabitation à Francfort...

Copyright Reuters
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La BCE cohabite avec les "indignés" du mouvement Occupy. Entre survie au quotidien et ateliers de haut niveau sur la finance, le camp s'apprête à passer l'hiver au pied de la Banque centrale européenne (BCE). À l'intérieur comme à l'extérieur de l'institution, les discussions et les interrogations vont bon train sur l'avenir de l'Europe.

Assis à une table du café Fellows, dans le centre financier de Francfort, Hans Scharpf ne ressemble pas à un « alter ». La soixantaine, les mains soignées, cet avocat spécialisé dans l'immobilier, « à l'abri du besoin », soutient le mouvement des « occupiers » qui campent depuis six semaines dans le petit parc situé au pied de la Banque centrale européenne (BCE). « Le camp offre un lieu de contacts avec le milieu environnant », explique-t-il.

C'est surtout le soir, après les heures de bureau, et le week-end que les discussions entre occupants et salariés du quartier se multiplient. « Les gens nous voient là dans le froid, ils viennent nous parler. Les banquiers sont dans une situation privilégiée. Mais ils savent que leur avenir est aussi fragile que le nôtre », explique Erik. La vingtaine, il passe quatre jours par semaine au camp, le restant à l'université et à son travail. Le week-end précédent, s'est tenu un atelier où il a été question du Fonds européen de stabilité financière (FESF) et des différents scénarios pour la zone euro. Hans Scharpf y a exposé ses vues sur les dysfonctionnements du système.

« L'essentiel se joue dans l'immobilier car c'est un phénomène d'économie de bulle... », explique l'avocat. « Les gens y sont financièrement incités à distribuer du crédit, l'économie est surfinancée, ce qui crée une pression au refinancement, et ainsi de suite », dit-il. Trois jours avant, au Centre d'études financières à Francfort, Adair Turner, président de la Financial Services Authority (FSA) britannique, ne disait pas autre chose. Transparent et chiffres à l'appui, il décrivait le cercle vicieux de l'accumulation de crédit... et les risques du processus de « deleveraging » en cours.

Dans le petit parc envahi de tentes, les préoccupations de Frank sont plus prosaïques : « Une bataille au couteau a eu lieu il y a deux jours. J'ai démissionné de mon poste de porte-parole », dit-il. « Le camp est chaotique, admet Erik, mais quand vous êtes ici, vous vous sentez optimiste pour l'avenir. »

La police n'est apparemment pas présente autour du camp, dont l'installation a été autorisée après les manifestations du 15 octobre. « Mon modeste voeu est que nous soyons plus nombreux et de réussir à passer l'hiver », dit Pablo, artiste et aide de vie pour handicapés « six jours par mois, vingt-quatre heures d'affilée ». Et le grand ? « Ce qui serait marrant, ce serait d'abolir le capitalisme sans le dire » espère-t-il. « L'effondrement a déjà eu lieu, intervient Claudia. Les gens n'ont pas de quoi nourrir correctement leurs enfants, ils se sentent seuls, on manque d'argent pour l'éducation. »

Culture d'autonomie

Au vigile qui garde l'entrée de la cantine de l'opéra, face à la BCE, à 50 mètres des tentes, Matthias glisse : « Nous sommes du camp. » L'entrée de service réservée au personnel s'ouvre miraculeusement. Ici, on peut se restaurer pour quatre euros. « Depuis des années, j'ai l'idée que quelque chose ne fonctionne pas. Le 15 octobre, je suis venu à la première manifestation. Je ne pensais pas que j'allais rester », explique le jeune homme. Pendant l'entretien, le patron de son agence d'intérim l'appelle. Il ne veut pas reprendre. Pas pour l'instant. « On n'a jamais appris à travailler ensemble. On ne nous a appris que la concurrence. Il faut sortir de ce système, de cette prison qui est mauvaise pour les gens et pour la nature », affirme-t-il.

Le parti de gauche Die Linke sponsorise une tente, mais Oskar Lafontaine, son président, n'a pas fait le détour quand il est venu faire un discours sur la place du vieil opéra au début du mois. Les activistes d'Attac passent régulièrement. Le député européen écologiste allemand, ancien d'Attac, Sven Giegold, est aussi venu. Mais les occupants cultivent une culture d'autonomie et assurent ne vouloir se rallier à aucune chapelle.

Qu'est-ce qu'Occupy Frankfurt ? Claudia rit puis tranche : « C'est être ici. » « C'est un mémorial. Aussi longtemps que nous sommes là, ils se souviennent que ça s'est passé. » « Ça », c'est Lehman, l'effondrement financier, la domination de la finance sur la politique. Pablo ramène du bois. Le brasero dégage autant de fumée âcre que de chaleur.

« Ils sont pacifiques, assure un employé de la BCE, ils en veulent aux banques commerciales, pas à nous. » Le 23 novembre, la BCE a annoncé un programme de fourniture illimité de liquidités à trois ans à un secteur bancaire au bord de l'asphyxie. « Les gens sont de plus en plus en colère contre les banques, avec raison », explique une source financière. Que pense-t-elle des occupants qui campent sous ses fenêtres ? « C'est ce que chaque génération doit faire. » Et d'ajouter : « Je préférerais que ma fille soit là plutôt que devant Facebook. » Sur Facebook, Occupy Frankfurt compte 16.000 « amis ».

Florence Autret, envoyée spéciale à Francfort

Florence Autrey, envoyée spéciale à Francfort - 28/11/2011, 07:37

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 19:55
Rue89 - Mickey en CDI 28/11/2011 à 18h54

Nolwenn Le Blevennec


 

Jose et Irene ont profité d'une vague de recrutement du parc d'attraction pour fuir une Espagne minée par la crise et le chômage, « le temps que ça s'arrange ».


Irene à Disneyland Paris, en novembre 2011 (Audrey Cerdan/Rue89)

Fin novembre, en milieu de semaine, quasi-vide, Disneyland Paris a des bons côtés. De là à y travailler ?

Devant l'attraction pour enfants « Tapis volant », on retrouve Irene, 27 ans, souriante. Jose-Maria, 24 ans, nous rejoindra dès qu'il le pourra. Tous deux nous racontent le quotidien dans le monde merveilleux de Disney, loin de l'Espagne-qui-va-si-mal.

Tout serait parfait si Irene et Jose n'étaient pas en manque de famille et légèrement surqualifiés. Détenteurs d'un bac+5, ils ont été « castés » en septembre dernier par le parc de Marne-la-Vallée. Leur CDI « opérateur animateur d'attraction » a démarré le 15 octobre dernier, pour 1 500 euros brut par mois.

Le taux de chômage des jeunes Espagnols de moins de 25 ans a atteint environ 46% (selon les chiffres Eurostat), alors qu'il est d'environ 21% dans l'ensemble de l'Union européenne, et, à la différence de la France, il touche plus les diplômés. Les cerveaux espagnols partent en Grande-Bretagne, en Allemagne, au Brésil, dans les pays d'Europe du Nord et en France.

« Je ne veux pas vivre de mes parents »

Des diplômés traversent les Pyrennées

En septembre dernier, Disneyland Paris a organisé un casting de quatre jours à Madrid. Le nombre de postulants était impressionnant : 950 personnes (deux fois plus qu'en Italie). « Il y avait 600 excellents profils, plus de diplômés et de vieux que lors des précédentes session de recrutement », dit Disney. Le prochain casting aura lieu à Alicante, en décembre.

Autre exemple : en avril, l'Allemagne a lancé un programme de recrutement de jeunes ingénieurs espagnols. En quelques mois, 17 000 candidatures ont été remplies, selon l'Agence allemande pour l'emploi.

Petit, Jose-Maria voulait être médecin. Il vient d'un petit village de campagne, au sud de l'Espagne.

Il a finalement fait des études de traduction à l'université de Cordoue (niveau master). Et il est parti parce que la situation de son pays n'est « pas très bonne », dit-il dans un français un peu maladroit.

Il a envoyé des dizaines de CV l'été dernier et n'a eu aucune réponse :

« Je suis réaliste, il va falloir que je passe une bonne période à l'étranger, le temps que ça s'arrange...

Moi, je ne veux pas vivre de mes parents. »

Si la France s'effondre à son tour (il n'y croit pas, il a confiance), il ira ailleurs. Où se voit-il dans cinq ans ? « En Espagne, ce serait bien. »

Derrière lui, il a laissé des copains au chômage. Un agronome, chômeur depuis deux ans. Un autre, architecte, exilé à Londres.

Dans le cadre de ce sujet, un espagnol kinésithérapeute nous a aussi parlé d'un ami doctorant en architecture « qui bosse chez Zara ». (Le syndicat des architectes espagnols dit que 73% de ces professionnels envisagent de s'installer à l'étranger à cause, essentiellement, des conditions de travail précaires et du taux de chômage élevé.)

« C'est difficile de quitter le foyer »

Irene est une optimiste énergique aux cheveux courts. Le genre agacée par les gens qui se plaignent ou remettent des choses au lendemain. Elle a commencé le français à 12 ans. En Espagne, elle a fait des études de maître d'école.

L'année dernière, elle était prof de français à Madrid (elle regrette un système scolaire espagnol sapé). Elle a choisi de partir en France pour apprendre des expressions courantes, comme « il pleut des cordes ». Mais surtout, Irene souhaitait s'éloigner de ses parents :

« En Espagne, il y a une chose qui s'appelle les parents. Je les aime, mais j'avais besoin d'air. C'est difficile de quitter le foyer : le logement revient au même prix qu'ici, mais notre smic est divisé par deux. On est coincés. Les jeunes de mon âge ne quittent pas le foyer ou vivent en colocation à trois ou quatre. »

C'est un choix. Irene subit moins que Jose. Avec son salaire de prof, elle aurait pu se payer un appartement, mais elle aurait dû serrer toutes les autres dépenses, « j'aurais dû dire au revoir aux petits vêtements ».

Parmi les amis espagnols de Disneyland d'Irene, il y a une fille qui est venue en France parce qu'elle n'en pouvait plus d'être payée au noir à Madrid (sans cotiser pour la retraite).

Emigrants « hautement qualifiés »

Un autre, Juan, qui travaillait à « un grand poste » dans une usine de voitures, et qui a fait deux ans de chômage, « a dû tout vendre », avant d'être embauché par Disney. Il travaille à l'attraction « Animagique », un spectacle avec Donald.

Selon l'Institut national de la statistique (INE), l'Espagne a perdu 36 967 nationaux au cours du premier semestre. 18 838 d'entre eux avaient entre 18 et 45 ans.

Jose Antonio Herce, ancien professeur d'économie à l'université Complutense et membre du conseil des analystes financiers, s'inquiète dans le quotidien argentin Clarin du phénomène d'exil « qui s'accélère » comme dans les années de crise de 1940 et 1950.

La différence, c'est que ces émigrants du XXIe siècles sont, comme Irene et Jose, « diplômés, hautement qualifiés et sans famille ».

Une véritable « fuite des cerveaux » selon la branche espagnole de l'agence l'Interim Adecco :

« Le nombre de candidats pour travailler hors d'Espagne s'est multiplié par dix. Ce sont des chiffres surprenants car traditionnellement, les Espagnols n'avaient pas une grand propension à la mobilité géographique. »


José Maria à Disneyland Paris, en novembre 2011 (Audrey Cerdan/Rue89)

Logés à la lisière du golf de Disney

Le soir, les Espagnols de Disney tente de recréer « un ambiente ». Ils vivent en autarcie (les Italiens sont parfois acceptés). Ils dînent toujours entre eux par groupe de cinq ou six.

Ils habitent dans des résidences proches du parc, gérées par Disney. A Magny-le-Hongre, à la lisière du golf de Disney, où Jose et Irene sont logés, l'activité nocturne est limitée. Même quand elle va à Paris, Irene est frustrée :

« En Espagne, on sort la nuit, puis on trouve un “after”, et on dort tout le lendemain. Ici, à 2 heures, c'est bon, c'est fini. »

Le matin, Irene et Jose prennent le bus, ligne 34, à 8h05, pour être devant leur attraction à 8h45, quinze minutes avant l'ouverture du parc. Tous les deux travaillent sur les attractions « Tapis Volant » ou « Cars », selon les jours. Irene préfère « Cars », parce que la musique est plus supportable :

« C'est du rock, c'est mieux que “hin hin hin” [elle imite la musique de charmeur de serpent de l'attraction “Tapis Volant”, ndlr]. »

La journée de travail dure dix heures (avec une pause pour le déjeuner à midi, un peu tôt pour eux).

« J'ai le temps de faire des choses à côté »

Tous les quinze minutes, il faut changer de poste sur l'attraction : accueil à l'entrée, démarrage du manège. « Cela permet de ne pas faire toujours les mêmes gestes », dit Irene. Le cycle – déroulé des opérations pour un tour de manège – est de quatre minutes. Les salariés ne doivent pas être aperçus assis dans les allées. Une question d'image.

Jose trouve le boulot « dynamique » et ne s'ennuie pas, mais il rêve déjà d'être transféré au « Crush's Coaster » – des montagnes russes dans l'univers du « Monde de Nemo », attraction plus excitante – ou devenir guide VIP du parc. Ce sont ses ambitions à moyen terme.

Souffrent-ils d'un manque de stimulation intellectuelle ? Irene :

« Il n'y en a pas beaucoup, on a seulement des petites conversations de quelques secondes avec les enfants, mais la journée n'est pas trop longue. J'ai le temps de faire des choses à côté, de parler à ma famille par téléphone. J'ai un week-end de trois jours [elle est aux 35 heures, ndlr]. »

Seule chose qui les contrarie : l'uniforme. Manteau bleu électrique, pantalon marron mal coupé et chemises à motifs « moches » (des cavaliers).

Le nouvel an sur les Champs-Elysées

Irene tient bon, elle est solide. Sa famille lui manque, mais elle a déjà prévu trois week-ends de retrouvailles d'ici la fin de l'année (« Vous n'avez pas le même sens de la famille que nous »). Son petit copain va venir le 31 décembre. « On va faire une soirée aux Champs-Elysée, avec du champagne », dit-elle en dansant.

Jose est, lui, clairement en manque. Il est plus jeune et quand il parle de sa famille, ses yeux s'humidifient :

« J'aimerais retourner les voir, mais je ne suis là que depuis un mois. »

L'idée est aussi de mettre de l'argent de côté : la chambre que Jose loue dans la résidence ne coûte que 300 euros. A la cantine, les repas ne coûtent que 4 euros, « pour un plateau copieux », dit la chargée de communication.

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 19:48

| Par Martine Orange

 

C'est un petit détail qui est passé inaperçu lors de l'échec de la dernière émission obligataire allemande. Lorsque le Trésor allemand a lancé, mercredi dernier, une adjudication de 6 milliards d'euros au taux très bas de 1,98%, il n'a pu en placer que 3,6 milliards, soit à peine 60%. Jamais le gouvernement allemand n'avait essuyé un tel revers. Cela n'aura pourtant eu aucune conséquence sur les finances allemandes : les 2,4 milliards d'euros qui n'ont pas été placés sur les marchés ont été repris directement par la Bundesbank, en attendant de meilleures conditions de placement.

Comment une telle opération, qui revient ni plus ni moins à donner à la banque centrale allemande un rôle de prêteur en dernier ressort, sur le marché primaire des émissions publiques, est-elle possible ? Car c'est précisément le rôle que l'Allemagne refuse de voir jouer à la BCE, en dépit des demandes pressantes des autres gouvernements européens. Et c'est cette question qui est au cœur de la crise de la zone euro.   

Pour Berlin, il convient de s'en tenir fermement au respect du traité de Lisbonne. Et l'article 123 est très précis en ce domaine : « Il est interdit à la Banque centrale européenne et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées "banques centrales nationales", d'accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions, organes ou organismes de l'Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres; l'acquisition directe, auprès d'eux, par la Banque centrale européenne ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite.»

Même le rachat de titres sur les marchés secondaires pour soutenir les obligations des pays malmenés est vu par Berlin comme une déviance inacceptable. L'ancien président de la Bundesbank, Alex Weber, qui devait succéder à Jean-Claude Trichet à la tête de la BCE, a même démissionné du directoire de la banque centrale européenne, en signe de protestation contre ce laxisme monétaire intolérable. 

Pourquoi cette rigueur affichée est-elle valable pour tous sauf pour la Bundesbank ? « Cela relève des usages », explique un ancien membre de l'agence France Trésor, l'organisme chargé de financer la dette publique française sur les marchés. « Les Allemands ne procèdent pas de la même façon que nous. En fonction des conditions de marché, nous ajustons les sommes que nous souhaitons emprunter. L'Allemagne fait autrement. Elle fixe un montant et elle s'y tient. Si elle ne trouve pas preneur, c'est la Bundesbank qui prend la différence », dit-il.

Discrètement, le gouvernement allemand aurait mis à profit cette latitude à plusieurs reprises, notamment en 1999, 2002  et 2008, au moment où il rencontrait des difficultés passagères pour se financer sur les marchés. « Mais à l'époque, cela n'a jamais atteint de tels montants », se souvient ce haut fonctionnaire.

Simple mesure technique

 

Jens Weidmann, président de la Bundesbank et Jean-Claude Trichet  
Jens Weidmann, président de la Bundesbank et Jean-Claude Trichet© DR

Mais, selon le gouvernement allemand, ces méthodes ne contreviennent ni à l'esprit ni à la lettre des traités. « Ils ont toujours justifié le recours à la Bundesbank par des arguments techniques », s'étonne un autre membre de l'agence France Trésor. « Les responsables allemands expliquent qu'ils n'ont pas de banques teneurs de compte, comme dans les autres pays. C'est la Bundesbank qui assume ce rôle et donc donne les garanties de placement. Son intervention ne peut donc être analysée comme une aide, selon Berlin, mais comme une mesure technique pour stabiliser le marché », raconte cet expert des marchés obligataires.

« La preuve qu'ils mettent en avant pour prouver qu'il ne s'agit pas d'un soutien :  c'est qu'ils replacent les titres sur les marchés, dès que les conditions de marché le permettent », ajoute-t-il, un peu dubitatif, face à l'argumentaire assez spécieux de l'Allemagne.

Aucun autre pays de la zone euro ne bénéficie de tels privilèges. Tous sont priés de se soumettre à la dure loi du marché, quel qu'en soit le coût. Si certains gouvernements avaient pu recourir, même momentanément comme le fait l'Allemagne, à leur banque centrale lors d'opérations de refinancement compliquées pour les garantir, la crise de la zone euro aurait peut-être pris une autre tournure. Des dispositifs auraient pu être imaginés pour revendre les titres dans des conditions de marché plus favorables. Mais l'Allemagne y a mis son veto. La moindre des choses serait de lui demander de se mettre en conformité avec ses principes affichés et de renoncer aux libertés qu'elle prend et qu'elle refuse aux autres.

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 19:44
| Par Laurent Mauduit

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C'est une sorte de piège qui se referme sur la France, comme sur nombre de ses voisins. Comme l'Europe se refuse à prendre la moindre mesure contre la spéculation, celle-ci continue de se déchaîner, mettant à genoux les pays les uns après les autres. Et à chaque fois, c'est la même spirale qui s'enclenche : la spéculation renforce le coût du refinancement de la dette ; ce qui gonfle encore la dette elle-même; ce qui conduit à des nouvelles mesures d'austérité ; ce qui fait le lit de la récession et du chômage ; ce qui tarit encore davantage les recettes fiscales et sociales ; ce qui gonfle les déficits et la dette. Et ainsi de suite, jusqu'à la victoire définitive des marchés ; et l'asphyxie du pays auquel ils se sont attaqués...

La France est le nouveau pays à en faire aujourd'hui l'amère expérience. Tous les indicateurs économiques et sociaux disponibles l'attestent. Celui de la croissance : selon les statistiques publiées lundi par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), l'activité économique est dans une phase de brutal ralentissement, à tel point que la France est même « peut-être entrée dans une courte et légère récession ». Et celui du chômage : selon les chiffres publiés ce même lundi, le nombre des demandeurs d'emplois a progressé de 34.400 au cours du seul mois d'octobre, soit au total 2,814 millions de personnes sans emploi, un niveau jamais atteint depuis décembre 1999.

 

En quelques semaines, sous les effets de la crise de la dette qui s'est propagée à toute l'Europe, mettant d'abord la Grèce à terre, puis menaçant l'Italie, et maintenant l'Allemagne et la France, c'est tout l'environnement économique de notre pays qui s'est retourné. Jusqu'à la fin de l'été, Nicolas Sarkozy suggérait que la France était à l'abri des turbulences de la crise et que, moyennant quelques mesures d'économies budgétaires, elle ne perdrait jamais le fameux « AAA » que lui attribuaient les agences de notation.

 

Minimisant perpétuellement le danger, le gouvernement a donc préparé un projet de loi de finances pour 2012 sur des bases totalement irréalistes, adossé à une hypothèse de croissance de 1,75%. On sait la suite: en catastrophe, début novembre, le ministère des finances a dû admettre que cette prévision était exagérément optimiste. La prévision a donc été abaissée à seulement 1% de croissance pour 2012. Et dans la foulée, le gouvernement a dû prendre des mesures correctrices. Le 7 novembre, un deuxième plan d'austérité (intervenant pas même deux mois et demi, après un premier, révélé le 24 août) a été annoncé, portant sur 18,6 milliards d'euros, dont des mesures très impopulaires de relèvement des impôts et d'anticipation de la réforme des retraites (lire Plan d'austérité : travailler plus pour gagner moins). Avec ce plan, l'ambition du gouvernement était de garantir les engagements qu'il avait pris en matière de déficits publics, pour les ramener à 4,5% du produit intérieur brut en 2012, 3% en 2013, et à 0% en 2016).

Mais c'est le propre d'une spirale : elle fonctionne sans fin. Ce deuxième plan d'austérité n'est donc pas même entré en vigueur que l'OCDE jette un pavé dans la marre, en disant que cette nouvelle prévision de croissance de la France, même révisée à la baisse, ne tient toujours pas debout – ce qui est aussi l'opinion de la plupart des instituts de conjoncture économique.

10,4% de chômeurs fin 2012

C'est donc une très mauvaise nouvelle pour Nicolas Sarkozy car l'OCDE dit tout haut ce que tout le monde sait : à poursuivre dans la voie de cette politique économique, il faudra que la France prenne sans cesse de nouvelles mesures d'économies, qui à chaque fois vont peser encore un peu plus sur l'activité.

Concrètement, les experts de l'OCDE estiment que l'économie française ne croîtra que de 0,3% en 2012, soit bien moins que le 1% escompté désormais par le gouvernement. Ils vont même jusqu'à lâcher le mot qui fait peur, celui de récession. « Etant donné le net ralentissement déclenché par les problèmes non résolus de dette souveraine en Europe, la France est peut-être entrée dans une courte et légère récession », affirme ainsi l'OCDE.

 

Et pour justifier leur prévision, les experts mettent bien en évidence cette spirale qui est en train de happer la France. Ils soulignent que la forte exposition des banques françaises aux pays en difficulté financière « est devenue une source d'incertitude croissante » et a contribué à la hausse de l'écart de rendement entre les dettes souveraines française et allemande. Ce « spread » entre les dettes française et allemande à 10 ans a bondi ces dernières semaines, passant d'environ 40 points de base fin juin à environ 80 début octobre et plus de 150 désormais, après avoir dépassé 200 points de base.

 

Conclusion de l'OCDE : « La contagion ayant atteint la France, les coûts d'emprunt plus élevés affecteront l'ensemble de l'économie. » Les experts ne contestent pas les engagements français de réduction du déficit public. Mais pour atteindre 4,5% en 2012 un effort supplémentaire équivalent à 0,4% du PIB, soit environ 8 milliards d'euros, est nécessaire, font-ils valoir. En clair, il faut toujours plus d'austérité : « Il n'est pas possible de compenser la faiblesse économique actuelle par de simples mesures discrétionnaires sans mettre en danger la note souveraine », conclut l'OCDE.

 

Cette brutale dégradation de l'environnement économique de la France va donc avoir une conséquence prévisible : une nouvelle envolée du nombre des demandeurs d'emplois. Dans sa note, l'OCDE elle-même le signale, suggérant que le taux de chômage pourrait atteindre en France un sommet historique à 10,4% fin 2012.

 

Les dernières statistiques des demandeurs d'emplois, publiées également ce lundi, par Pôle emploi, viennent confirmer cette probable entrée en récession de France.

Sarkozy sur les traces de Pierre Laval

 

Si l'on prend seulement la catégorie A (la catégorie la plus restrictive, celle qui exclut des statistiques ceux qui ont une activité très réduite), on se rend donc compte que le nombre des demandeurs d'emplois est en phase d'accélération: 34.400 au cours du seul mois d'octobre, cela correspond en effet à une hausse de 1,2%. Et sur un an, la progression atteint +4,9%.

Mais si l'on prend en compte la totalité des demandeurs d'emploi (catégories A, B, C, D et E), on s'aperçoit que le nombre des demandeurs d'emploi progresse tout aussi rapidement. Dans ce cas-là, le nombre des demandeurs d'emploi s'établit en effet à 4.775.400, en hausse de 3,9% sur un an. Soit plus très loin de la barre des 5 millions de demandeurs d'emplois. Et encore, il faut avoir à l'esprit que ces chiffres sont ceux de la France... métropolitaine. Autrement dit, ils donnent une vision minorée de l'état réel du chômage dans la France entière.

 

Et il faut bien mesurer que ces indicateurs n'offrent qu'un petit aperçu des souffrances sociales que génère le ralentissement de l'économie. Car du même coup, c'est la misère, elle-même, qui gagne du terrain. Au dernier recensement par l'Insee, on décomptait ainsi plus de 8,2 millions de pauvres en France en 2010. Ce chiffre s'inscrira nécessairement en forte hausse en 2011. C'est ce que suggèrent toutes les associations. Les Restos du cœur, pour ne parler que d'eux, estiment que leurs besoins pour l'hiver qui vient seront en hausse de 15%.

 

Ces chiffres vont tous dans le même sens. En refusant de prendre des mesures pour encadrer et faire reculer la spéculation, tous les gouvernements sont pris dans le même étau. Et la France la première, qui en est déjà à son deuxième plan d'austérité, mais qui ne parviendra pas, malgré tout, à tenir ses engagements en matière de réduction des déficits. Alors, faudra-t-il un troisième plan d'austérité?

 

En fait, cette spirale a un nom : c'est la spirale Laval. La politique récessive conduite à marche forcée par Nicolas Sarkozy présente en effet quelques points communs avec la politique déflationniste conduite en 1935 par le gouvernement de Pierre Laval, au nom déjà du retour... à l'équilibre budgétaire (lire L'Europe de la déflation sociale).

 

C'est ce qu'il y a de pathétique dans le cours de la politique économique voulue par Nicolas Sarkozy : le pire est le plus probable. La France atteindra-t-elle donc les 5 millions de chômeurs ? Elle y chemine...

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 19:39

| Par La rédaction de Mediapart


Le Conseil d'État a annulé, lundi 28 novembre, la suspension de culture du maïs OGM de Monsanto prise par le gouvernement français en février 2008.

En septembre dernier, la Cour de justice européenne avait demandé à la France de revoir sa copie, estimant que sa décision ne reposait sur aucune base juridique acceptable. Le ministère de l'écologie avait alors annoncé qu'il prendrait «une nouvelle clause de sauvegarde» sur le maïs génétiquement modifié de Monsanto si la suspension actuelle était annulée, afin «d'éviter la mise en culture d'un OGM qui n'a pas été évalué suivant les nouvelles exigences demandées au niveau européen, ou pour lequel des incertitudes quant à ses impacts potentiels sur l'environnement persistent».

«Tirant les conséquences de l'arrêt de la Cour de justice européenne, le Conseil d'État relève que le ministre de l'Agriculture n'a pu justifier de sa compétence pour prendre les arrêtés faute d'avoir apporté la preuve de l'existence d'un niveau de risque particulièrement élevé pour la santé ou l'environnement», a indiqué la plus haute juridiction administrative dans un communiqué.

Une décision que regrette l'association Greenpeace qui souligne que «depuis février 2008, aucune étude scientifique sérieuse n'est venue lever les risques que représentent les OGM pour l'environnement ni nous assurer de leur innocuité pour la santé humaine».

Prenant acte de la «nouvelle situation juridique» créée par l'arrêt du Conseil d'État, le ministre de l'agriculture, Bruno Le Maire, entend «examiner tous les moyens qui permettront de ne pas cultiver le maïs Monsanto 810»: «Nous restons hostiles à (sa) culture (...) sur le territoire français car nous estimons qu'il reste encore trop d'incertitudes», a-t-il assuré.

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