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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 14:05

Boulogne INDIGNÉS -

lasemainedansleboulonnais.fr -mercredi 14.12.2011, 14:00


Créer le dialogue avec la population


D'une poignée, ils sont passés à une vingtaine  
D'une poignée, ils sont passés à une vingtaine "d'indignés".

- Le collectif Occupy a organisé un rassemblement des "indignés" à côté du théâtre pour se faire entendre et créer le dialogue avec la population.

« On sent que les gens sont au bout du rouleau », explique Christine Merlin, de l'association. « On leur demande des sacrifices pour des choses qui leur sont loin, on leur parle d'une dette mais c'est tellement loin d'eux », renchérit-elle.
Lors du premier rassemblement le 11 novembre, seules 7 personnes "indignées" avaient répondu présentes. Là, une vingtaine a fait le siège sur la place Carpentier.
« Nous voulons trouver des alternatives aux restrictions qu'on nous impose et on veut en parler avec les passants. On aimerait que les gens sachent qu'ils ne sont pas seuls devant la télé avec leurs préoccupations », ajoute la porte-parole qui va au devant des passants.
En cette journée internationale des droits de l'Homme, peut-être que le mouvement des indignés face au système sera plus entendu ? « En tout cas, à mon avis, Noël va être triste cette année », terminent les personnes présentes.

A.S.

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 14:01
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AG du samedi 17 décembre = Rassemblement contre l’OMC

Article par mayuska

.occupygeneva.ch - Publié le 13/12/2011 | Catégorie(s) : Actualité  

Consensus du lundi 12 décembre 2011

L’AG du samedi 17 décembre 2011 14h00 sera remplacée par le rassemblement populaire contre l’Organisation Mondiale du Commerce

Rendez-vous devant le Centre International de Conférences Genève (CICG), au croisement av. de france et rue de varembé (Tram 15 : arrêt Sismondi)

Pour plus de détails, voir sur l’agenda.

 

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 13:51

Manifestations

12. novembre 2011, 17h38

LeMatin.ch & les agences

 

A Francfort et à Berlin, plusieurs milliers d'«indignés» ont dénoncé samedi les excès de la spéculation financière et demandé au gouvernement allemand le démantèlement des grandes banques.

Plusieurs milliers d'«indignés» allemands manifestaient samedi à Francfort et Berlin.

Plusieurs milliers d'«indignés» allemands manifestaient samedi à Francfort et Berlin. © KEYSTONE

Plusieurs milliers d'«indignés» allemands manifestaient samedi à Francfort et Berlin pour dénoncer les excès de la spéculation financière et demander au gouvernement le démantèlement des grandes banques.

A Francfort, quelque 9000 personnes, selon la police, manifestaient dans le calme près des bureaux de la Banque centrale européenne (BCE) au coeur de la ville. A Berlin, les manifestants ont formé une chaîne humaine pour encercler des parties du quartier des ministères. La police parlait de "plusieurs milliers" de manifestants dans la capitale allemande.

Les organisateurs faisaient de leur côté état d'environ 8000 manifestants à Berlin et 10'000 à Francfort.

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 13:43

 

Mercredi 14 décembre 2011

coeur 2

Le mouvement indigné qui commençait à péricliter, repart pour mon plus grand bonheur.

j'étais présent à la manifestation des indignés pour le 63éme anniversaire des droits de l'homme, selon la police ils étaient 200, selon moi un peu plus de 1000, mais bon les chiffres on s'en fout.

Bref pour plus d'info allez sur l'excellent site Voxpopulivoxdei.fr link , link , link

MERCI et soutenez les ils se battent pour vos droits et pour ne pas payer la dette qui nous mettra tous la tête dans un sac plastique financièrement parlant.

La lutte ne fait que commencer, pour les aider vous pouvez passer sur le parvis de la défense, vous y trouverez les plus résistants, ceux qui dorment la bas, mais ils ne sont pas tout seul, des tas de gens du peuple (avocats, journalistes, étudiants, retraités, syndicalistes...) passent tous les jours leur apporter, des couvertures, à manger, à boire...et un soutien moral ou juste un petit "coucou on est avec vous".

Merci pour eux, merci aux Anonymous pour leur combat, merci aux 99%, merci aux indignés de la défense, big up à tous

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 13:23

 

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realdryindignesvannes.wordpress.com - Publié par universsab 14 décembre 2011

Assemblée et soupe populaire à Vannes du peuple indigné

Nouveau RDV du peuple indigné de Vannes pour une assemblée et une soupe populaire, le jeudi 15 décembre 2011 à partir de 18h, sous les Halles, place des Lys, en haut du parking.

Vu le temps, nous ne serons pas sur le port mais bien place des Lys, en haut du parking, sous les halles.

Nous vous attendons nombreux pour partager une soupe et nos voix d’indignés !

Les transformations sociales se feront lorsque, nous acteurs de nos vies, citoyens-nes, Être Humains-nes seront en synergie.

Réfléchissons ensemble, dans nos rues pour une société autrement.

Indigné-e-s  !

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 13:18

npa2009.org -


Cet été, Tel Aviv a connu la plus grosse manifestation des Indignés. Clairement antilibéral, ce mouvement citoyen pourrait donner naissance à une nouvelle société civile israélienne définie par la citoyenneté plutôt que par l’appartenance au « peuple juif ».

Qui l’aurait prédit ? La plus grande manifestation des Indignés (proportionnellement à la population du pays) a eu lieu à Tel Aviv, capitale d’un des pays les plus réactionnaires de la Planète : 400 000 personnes, c’est-à-dire l’équivalent de 4 millions de personnes en France. Plus même que la manifestation qui faisait suite aux massacres de Sabra et Chatila, en 1982. Qu’exigeaient les Indignés israéliens ? « Le peuple veut la justice sociale » et « contre les privatisations – (retour à) l’État providence ».

Un mouvement de masse

Quand, le 14 juillet 2011, Daphné Leef, une jeune femme de 24 ans, plante sa tente sur le Boulevard Rothschild à Tel Aviv pour protester contre l’impossibilité de trouver un logement, elle ne se doutait pas qu’en moins de dix jours, elle serait suivie par des milliers de jeunes et de moins jeunes qui, dans toutes les villes du pays, plantent à leur tour une tente, transformant le pays en un immense campement de protestation. Pour les jeunes couples, la question du logement est le symbole du démantèlement de l’État social : pendant deux générations, ce dernier se devait d’avoir une politique de logement social pour installer les millions d’immigrants venus s’installer dans l’État juif. La dérégulation néoliberale qui commence dans les années 1980 et la privatisation de l’immobilier font que le logement cesse d’être un droit et devient une marchandise. Puis ce sera le tour de l’éducation et de la santé qui, s’ils restent en principe gratuits, reviennent en fait de plus en plus cher si l’on veut obtenir un peu plus que le minimum.

Rapidement la revendication sur le droit au logement va s’étendre à une remise en question de l’ensemble de la contre-reforme néolibérale : « l’éducation n’est pas une marchandise », « la santé n’est pas une marchandise » deviennent des slogans populaires dans les manifestations de plus en plus massives qui accompagnent les campements au cours de l’été. Pour culminer, le 3 septembre, avec la manifestation des 400 000.

Dès ses premiers pas, le mouvement insiste, à travers ses porte-parole sur son caractère « social mais pas politique ». Décodée, cette définition signifie le refus de se positionner sur les questions liées au conflit israélo-arabe. « Ni droite, ni gauche » affirment Daphné Leef et ses amiEs, « nous sommes le peuple uni : religieux et laïques, Ashkenazes et Séfarades, droite et gauche » mais elle ajoute aussi « Juifs et Arabes », ce qui, en Israël, est loin d’aller de soi.

Les citoyens palestiniens d’Israël (20 % de la population) n’ont d’ailleurs pas attendu Daphné pour se mobiliser, et dans les villes mixtes, comme par exemple Haïfa ou Beer Sheva, nous sommes témoins, pour la première fois peut-être dans l’histoire d’Israël, de manifestations populaires véritablement judéo-arabes.

Du centre à la périphérie

Au départ, le mouvement reste cantonne a Tel Aviv et à Jérusalem, et sa composition sociale est essentiellement petite bourgeoise. La présence active de l’Union nationale des étudiants donne, dans une certaine mesure, le ton et le caractère de classe du mouvement, d’où sont absentes les classes populaires. Conscients de cette limite qui est à la fois géographique et sociale, les dirigeants décident de se tourner vers la « périphérie ». Par périphérie on entend, en Israël, ce qui n’est ni Tel Aviv ni Jérusalem, et plus particulièrement les villes dites dedéveloppement, c’est-à-dire sous-développées où, dans les années cinquante et soixante, on a parqué les immigrants juifs venus des pays arabes.

Pari gagné : fin août, de grandes manifestations mobilisent les couches populaires dans ce qui est l’équivalent des banlieues en France. C’est alors que le gouvernement décide enfin de réagir. Jusque-là Netanyahou, architecte en chef de la contre-réforme néolibérale, avait haussé les épaules, persuadé qu’il s’agissait d’un happening de jeunes bobos (« sushi et narguilé », selon un de ses ministres) qui s’éteindrait de lui-même, au plus tard à la fin des vacances scolaires.

Comme chaque fois où il a été confronté à un mouvement de masse, le gouvernement décide de la mise en place d’une commission nationale d’experts dont le mandat est de suggérer de nouvelles priorités budgétaires, tout en s’abstenant d’élargir le budget. En d’autres termes, réduire le budget de l’éducation pour améliorer le système de santé… ou le contraire. Sous la direction du professeur Manuel Trachtenberg, économiste plus proche des solutions sociales-démocrates que néolibérales, cette commission a eu le mérite d’affirmer dès le début qu’on ne pouvait pas ne pas toucher au budget militaire qui dévore près d’un tiers des ressources nationales. Plus intelligents que leur ministre Ehoud Barak, qui s’était frontalement opposé à toute coupe dans le budget de ladéfense, en disant avec l’arrogance d’un kibbutznik devenu millionnaire, « Ici, c’est pas la Suisse », les chefs de l’armée avaient anticipé les suggestions de la commission Trachtenberg et proposé de réduire eux-mêmes les dépenses de leur ministère, pensant éviter ainsi une intervention extérieure dans le plus opaque des budgets gouvernementaux.

Commission alternative

Les dirigeants du mouvement ne sont pas tombés dans le piège de la commission Trachtenberg et décidèrent de mettre en place une commission alternative, composée d’économistes, de sociologues et de militants du mouvement social. À la tête de cette commission, un sociologue militant, Yossi Yona, et l’ancien adjoint du Gouverneur de la Banque d’Israël, Avia Spivak. Contrairement à la commission officielle, les Arabes sont bien représentés, de même que les femmes et d’autres secteurs sociaux qu’on a l’habitude de marginaliser. Le fait que le porte-parole de cette commission soit un des dirigeants du Mouvement Solidarité Cheikh Jarrah est plus que symbolique. Car la commission Yona-Spivak, refusant de déshabiller Paul pour vêtir Pierre, s’est positionnée sur des choix politiques : ses propositions de coupes substantielles dans le budget de la défense et de réductions massives des subventions aux colonies, l’identification de la population arabe comme une priorité nationale, s’inscrivent dans ce qu’elle appelle elle-même des choix stratégiques, à savoir un tournant vers une politique de paix, même si celle-ci n’est décrite que d’une manière très générale.

Le gigantesque fossé entre les propositions de la Commission Trachtenberg, qui ont été ratifiées à la hâte et du bout des lèvres par le gouvernement, et celles de la commission alternative ont amené Daphné Leef à annoncer une reprise des manifestations. Celles-ci restent cependant peu probables : un mouvement tel que celui que nous avons connu cet été, sans structure et sans direction, ne se réorganise pas d’un coup de baguette magique, certainement pas quand il mobilise essentiellement les classes moyennes. En effet, si la participation de la grande majorité des travailleurs est indéniable, c’est en tant que citoyens qu’ils ont participé, pas comme classe, avec ses organisations et ses directions. L’absence de la Histadrout – principale confédération syndicale – dans les mobilisations a été remarquée. Au moment où se négocient les effets de ces mobilisations en termes d’acquis et de réformes, son retour est programmé.

Le retour à la maison des classes moyennes a laissé le champ libre aux couches les plus défavorisées, voire marginales: les vrais sans-logis, les mères célibataires sans emploi fixe, les employés des compagnies de main-d’œuvre. Ce sont eux que l’on rencontre dans ce qui reste des campements où ils s’accrochent non par protestation mais parce qu’ils n’ont vraiment pas où loger. Ils squattent les nombreux immeubles vides, et n’hésitent pas à réagir violemment à la violence policière. Le temps des manifestations bon enfant est bien fini, la lutte de classe reprend ses droits.

Naissance d’une société civile

Sans présager du futur, on peut d’ores et déjà affirmer que l’acquis numero un des mobilisations sociales de l’été 2011 aura été la naissance d’une société civile israélienne, autonome de l’État, voire en conflit avec celui-ci. Formée dans la colonisation de la Palestine et en conflit avec son environnement arabe, pendant plus de cinq décennies, la société israélienne ne s’est pas réellement démarquée de l’État : elle se devait de servir le projet sioniste et lui était soumise. Certes, au cours de ses 65 ans d’histoire, Israël a connu des mobilisations sociales, des explosions populaires, des grèves parfois dures. Mais celles-ci restaient des événements circonscrits dans le temps, et en général dans l’espace, d’autant plus qu’il était très facile de les démobiliser par une tension aux frontières ou tout simplement en brandissant la bannière de la sécurité.

Cette fois, les tentatives de ce genre ont fait long feu comme l’a montre le refus d’annuler les manifestations après l’attentat près d’Eilat… dont les circonstances laissent d’ailleurs planer de sérieux soupçons sur son authenticité. Sans nécessairement se positionner politiquement, le nouveau mouvement social israélien ne se laissera pas aussi facilement piéger que ceux qui l’ont précédé.

Osons même tenter une hypothèse plus audacieuse, celle d’une redéfinition du concept de « peuple ». Jusqu’à cet été, le « peuple israélien » ne signifiait pas l’ensemble des citoyens du pays, mais plutôt le « peuple d’Israël » tel qu’il apparaît dans la Bible, à savoir les Juifs. Les mobilisations sociales des derniers mois seraient-elles le baptême d’un nouveau peuple, défini non pas par ses origines ethnico-confessionelles mais par la citoyenneté ? Auquel cas, elles marqueraient alors le début de la fin du sionisme et le remplacement de l’État juif par l’État de tous ses citoyens, comme le revendique la gauche antisioniste ? Il est bien trop tôt pour l’affirmer, mais l’été 2011 nous permet au moins d’y rêver et surtout nous appelle à redoubler nos efforts pour faire de ce rêve une réalité.

Michel Warschawski

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 13:11

Sortir des sentiers battus et rebattus des chiffres de la délinquance : tel est l'objectif de l'observatoire régional de la délinquance et des contextes sociaux (ORDCS), créé à Aix-en-Provence.

Créé au printemps 2011 à la maison méditerranéenne des sciences de l'homme et subventionné par la région Provence Alpes Côte d'Azur (à hauteur de 60.000 euros), ce programme de recherche se veut indépendant de tout pouvoir politique ou économique, au moment où selon son fondateur, le sociologue Laurent Mucchielli, les questions de sécurité n'ont jamais été tant idéologisées.

«Je ne suis même pas franc-maçon», a-t-il plaisanté mardi 13 décembre, alors qu'il présentait, en compagnie de plusieurs jeunes chercheurs et doctorants, les premiers chantiers de l'observatoire.

Doté de deux statisticiennes (Emilie Raquet et Claire Saladino), l'observatoire se positionne sur le terrain de la recherche fondamentale, mais entend également proposer aux collectivités territoriales une aide de diagnostic, en concurrence directe avec «les audits que réalisent en série certains cabinets de sécurité», selon Laurent Mucchielli.

En cause le manque de lisibilité et de continuité dans les données nationales de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), ainsi que la détérioration des données au niveau local.

«Depuis 2010, la présentation du rapport annuel de l'ONDRP ayant changé, on ne peut plus comparer avec les années précédentes, déplore Laurent Mucchielli, chercheur au CNRS. On a aussi vu apparaître de nouveau regroupements d'une précision diabolique tels que «phénomènes de types urbains». Quant à Cartocrime (qui permet de localiser différents indicateurs de délinquance), l'échelle la plus fine est celle du département !»

L'historienne Céline Régnard, maître de conférence à l'université de Provence, a justement rappelé que les historiens français ont pendant longtemps prétendu mesurer l'évolution de la criminalité à partir des données judiciaires et policières, «effectuant en réalité une histoire des pratiques répressives et non de la délinquance».

Pour le chercheur du CNRS, les agrégats administratifs sous lesquels les chiffres de la délinquance sont traditionnellement présentés (atteintes aux biens, atteintes aux personnes, etc.) sont de vastes fourre-tout sans grande utilité pour les décideurs locaux.

Après consultation d'un procureur et de responsables de la gendarmerie et de la police, l'observatoire a donc tout bonnement créé ses propres catégories à partir de l'état 4001 (qui recense l'ensemble des procès-verbaux dressés par la gendarmerie et la police nationales à partir de plaintes ou d'infractions constatées). `

A savoir la petite et moyenne délinquance économique (qui regroupe l'ensemble des vols et cambriolages), les violences interpersonnelles, la délinquance organisée (braquages, proxénétisme, trafics de stupéfiants, etc.), la délinquance liée aux conflits sociaux (infractions concernant majoritairement les habitants des quartiers populaires) et délinquance en col blanc (faux en écriture publique, abus de biens sociaux, travail dissimulé, etc.).

Ces deux dernières catégories visent donc ouvertement non un type de délinquance, mais le niveau social des délinquants, élite d'un côté, pauvres de l'autre. Que faut-il entendre au juste par «délinquance  liée aux conflits sociaux» ?

«Les procédures qui résultent pour une bonne partie d'une pression discriminante des forces de l'ordre et de la justice, explique Laurent Mucchielli. Les enquêtes en population générale montrent qu'un grand nombre de jeunes consomment du haschich dans toutes les catégories sociales, mais l'immense majorité des poursuites pour usage de stupéfiants concerne les jeunes des milieux populaires.»

En ramenant les chiffres du nombre d'infractions constatées à ceux du nombre d'habitants, l'équipe s'amuse également à montrer comment Marseille, capitale de la délinquance en chiffres absolus, se fait soudain surclasser par la circonscription de sécurité publique de Cannes. «Les quartiers Nord de Marseille étant très peuplés, on s'aperçoit, quand on prend en compte un taux par habitants, que les quartiers populaires d'autres villes de la région Paca peuvent être bien plus touchés par la délinquance», souligne Laurent Mucchielli.

Et d'avancer d'autres pistes, en superposant cartes de la délinquance et de différents indicateurs sociaux : «Les hypothèses les plus solides relient les indicateurs de petite et moyenne délinquance économique et les indicateurs de délinquance liée aux conflits sociaux aux territoires où les écarts de revenu entre habitants sont les plus importants».

Des homicides conjugaux en région Paca aux infractions au droit à l'urbanisme (la Cour d'appel d'Aix-en-Provence concentre un quart des plaintes françaises en la matière), en passant par la vague de crimes racistes à Marseille dans les années 1970, sept jeunes universitaires ont également présenté hier l'état de leurs recherches.

Pour beaucoup encore à l'état d'études exploratoires, mais sur lesquelles nous tenterons, promis, de revenir au fil de leur avancement.

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 13:03
| Par La rédaction de Mediapart

Par Caroline Donati

L'ONG Human Rights Watch publie jeudi un nouveau rapport sur les exactions en Syrie. Ce document traite des ordres qu'ont reçus les membres des forces de sécurité et de l'armée qui ont fait défection. Une chose est certaine: contrairement aux affirmations de Bachar El-Assad, les forces de sécurité ont des ordres très précis. La torture, le meurtre, les mutilations ne sont pas le fait d'individus ou de groupes isolés mais relèvent d'une véritable stratégie pour terroriser la population et empêcher les manifestations.

Dès son premier rapport, rendu public en juin dernier, HRW qualifiait de « crimes contre l'humanité » les meurtres et actes de torture commis dans la ville de Dera'a, assiégée et soumise à un blocus.

« Nous n'avons jamais vu pareille horreur », lançait déjà Human Rights Watch. « Passages à tabac prolongés », «torture sur des grils improvisés en métal et en bois », « viol avec matraque dans au moins un cas », « exécutions », « disparitions », les récits recueillis à Dera'a sont glaçants. Le silence des témoins et victimes, trop effrayés pour raconter « ce qu'ils ont vu à Dera'a », l'est davantage. Les habitants se murent dans le silence, non seulement en raison de ce qu'ils ont vu mais aussi de ce qu'ils redoutent de voir.

Depuis ce premier rapport, qui recensait 418 personnes tuées dans le gouvernorat de Dera'a et plus de 887 autres dans toute la Syrie, la spirale des morts et des horreurs s'est emballée. Au 1er août, Navi Pillay, la Haut-Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU évoquait un bilan de 2000 morts, 3000 disparus, et 13.000 détenus. Cinq mois plus tard, elle fait le constat que la répression a tué 5000 personnes. Les enfants sont devenus des cibles comme les autres : Navi Pillay a ainsi affirmé devant le Conseil de sécurité, ce lundi 12 décembre, que plus de 300 mineurs ont été tués, dont 56 pour le seul mois de novembre.

« On voit beaucoup d'enfants parmi les victimes, non seulement parce que beaucoup de jeunes âgés de 10 à 18 ans manifestent mais aussi parce que les parents les ont emmenés avec eux, pensant qu'on n'allait pas tirer sur des enfants, témoigne Michel Fournier, responsable pour la région Afrique du Nord, Moyen-Orient de la section française d'Amnesty International. C'est une forme de répression rarement vue ailleurs. »

Le décompte macabre des victimes de la répression paraît loin de refléter la situation d'autant que le travail d'enquête des humanitaires et des ONG se heurte au black-out imposé par les autorités syriennes qui ont fermé le territoire aux observateurs indépendants, ONG et presse.

« Peut-être sommes-nous trop prudents ou trop lents, mais cette lenteur s'explique par notre souci de vérification des informations, affirmait ainsi Françoise Lemelle, de la section française d'Amnesty en octobre. Nous sommes certains que la réalité est nettement plus grave que ce que nous avançons aujourd'hui. »

Les témoignages livrés par les Syriens qui ont fui le pays le laissent à penser. Certains de ces récits ont pu être corroborés par les ONG et rendus publics : à l'instar de la mort en détention sous la torture du jeune Hamza Ali al-Khatib, 13 ans, après avoir été arrêté à la suite d'une marche pacifique organisée pour briser le blocus de Dera'a, le 29 avril. « Selon des vidéos rendues publiques et des documents confidentiels obtenus par Amnesty International, son visage, sa tête et son dos portaient des blessures, et son pénis avait été coupé », lit-on dans le rapport de l'organisation consacré aux morts en détention.

http://www.youtube.com/verify_age?next_url=/watch%3Fv%3Dp_syR-jrWVg%26feature%3Dplayer_embedded

D'autres ne le seront peut-être jamais. Comme le témoignage de Rami, originaire de Lattaquié et qui vit maintenant en Turquie. Il raconte comment des centaines de manifestants, tués début avril, auraient été entassés dans des containers, avant d'être jetés à la mer... Il dit encore les pressions exercées sur sa famille en raison de son engagement pour la Révolution : « De père, je n'en ai plus», affirme le jeune activiste en mimant de ses mains la disparition de celui-ci. Son père est toujours en vie... mais il a dû, sous la pression, renier son fils, sur les registres de l'état civil.

Dans cette même ville du littoral, l'Organisation générale de la révolution syrienne rapportait le 8 octobre le témoignage de détenus, contraints à assister au viol d'une jeune femme de 23 ans par un officier syrien, devant les yeux de son mari.

A Dera'a, des témoins ont encore indiqué à HRW l'exécution d'un groupe « de plus de vingt » personnes, dans une prison improvisée sur un terrain de football. Ces récits effrayants font dire aux humanitaires que le niveau de violations des droits humains atteint est comparable à celui des pires conflits. « Ce sont les précédents de la Tchétchénie et du Kosovo qui nous viennent à l'esprit », affirme l'un d'eux.

«Tirer pour tuer»

La stratégie de terreur mise en œuvre par le régime sert un objectif : punir les « dissidents » et dissuader à tout prix la population de manifester. Le régime recourt à des méthodes en cours depuis des décennies dans les geôles syriennes, comme les nombreux coups ou les décharges électriques. Mais de nouvelles pratiques de tortures apparaissent, inédites tant pour la Syrie que l'ensemble de la région.

« Il y a un acharnement que l'on n'avait jamais vu comme ces mutilations corporelles, et les mutilations des organes génitaux, confirme Michel Fournier. On ne sait pas si les mutilations ont été commises avant ou après la mort, mais ces corps mutilés sont remis aux familles ou sont laissés sur la voie publique alors qu'auparavant, les victimes disparaissaient. Cet acharnement à montrer ces mutilations relève d'une stratégie d'intimidation.»

De cette manière, c'est l'ensemble de la société qui est tenue en joue par la machine coercitive du régime syrien, y compris dans les villes qui paraissent échapper à la contestation. Comme à Alep, où le dispositif sécuritaire y est particulièrement redoutable afin de prévenir tout basculement. Depuis les affrontements des années 1980, la métropole du Nord est particulièrement redoutée par le pouvoir. Pour s'être rendu aux Etats-Unis pour un voyage professionnel, un Alépin a été tué à son retour en Syrie. « Il n'était pas manifestant, il se rendait à un congrès professionnel, mais soupçonné par le régime d'avoir livré des informations sur ce qu'il se passait en Syrie, il a disparu à son retour : son corps mutilé a été retrouvé dans un fossé », rapporte Michel Fournier.

Non content d'utiliser la force létale contre les manifestants, tués par les forces de sécurité ou des francs-tireurs « qui tirent pour tuer », comme le démontrent les rapports de HRW et de AI, le pouvoir recourt à une stratégie de terreur éprouvée depuis des décennies : frapper pour l'exemple.

Sur les 22 millions de Syriens, un million d'agents civils ou militaires seraient engagés dans les missions de quadrillage et de répression. Auxquels viendraient s'ajouter de nouvelles recrues : des populations alaouites paupérisées, armées par le régime, et des gangs constitués par des clients du régime.

Vidéos d'Amnesty : Syrie, tirer pour tuer :

 

 

Une par une, les villes et les quartiers « rebelles » connaissent le même sort que Dera'a, tel que décrit dans le premier rapport de HRW: encerclés par les chars et blindés, les cités étant soumises à un blocus.

Les chars et les milliers de soldats qui sont envoyés pour mater la révolte ne sont pas des moyens appropriés pour mettre fin aux manifestations de rue et ce sont les unités d'élite du régime qui se chargent des campagnes d'arrestation et des opérations de fouilles systématiques, mais cette violence sans mesure vise à réveiller le traumatisme de l'écrasement du soulèvement de Hama en 1982. La ville, alors fief de la contestation emmenée par les Frères musulmans, avait été assiégée pendant plus d'un mois : les bombardements à l'arme lourde, le « nettoyage » systématique, maison par maison, avaient entraîné la mort de plus de 20.000 personnes.

Une violence «en quelque sorte contrôlée»

Devenu l'épicentre de la crise, après Dera'a, Homs vit dans un état de quasi-guerre, que décrit le second rapport de l'ONG publié en novembre dernier (à lire ici). « Depuis les grandes manifestations du 29 avril, Homs est devenu l'épicentre de la crise, explique Nadim Houry, spécialiste de la Syrie et du Liban pour HRW, si la répression y est plus intense que dans les autres villes, ce n'est pas qualitativement différent. Le déploiement des chars et des forces de sécurité, les campagnes d'arrestation s'inscrivent dans la même stratégie que l'on a vu ailleurs : arrêter à tout prix les manifestations. »

Rendu public ce jeudi, le prochain rapport de HRW, traite des ordres qu'ont reçus les membres des forces de sécurité et de l'armée qui ont fait défection. Dans une interview diffusée le 7 décembre par la chaîne américaine ABC, le président Bachar El-Assad niait toute responsabilité dans la répression en cours, affirmant que « quelques erreurs » individuelles avaient pu être commises de la part de responsables.

Si la solution militaire a échoué jusqu'à présent à faire taire « la capitale de la révolution », le régime est néanmoins parvenu à isoler les quartiers « rebelles » les uns des autres. Les blocus imposés aux fiefs de la contestation ont pour effet de fragmenter l'espace : les manifestations se déroulent désormais dans des réduits.

Vidéo ci-dessous : Homs, quartier Khaldiyé, manifestation menée par l'artiste Fadwa Soleiman, lettre à Alep pour amener la ville voisine à se solidariser avec Homs. Source : Conseil de la révolution syrienne de Homs.

 

 

Hésitant à répéter le massacre de Hama, en raison de l'étendue géographique de la contestation et parce que l'information circule malgré tout, le régime « dose » la violence et mime la répression de 1982.

« De plus en plus acculé, le régime tue davantage chaque jour, mais il n'est pas sûr qu'il répète la stratégie de Hama, de raser la ville, qui est une stratégie dangereuse, analyse Nadim Houry. Il y a un niveau intense de violence, mais elle reste en quelque sorte contrôlée. Le régime a besoin de convaincre ses soutiens qu'il combat des salafistes et des jihadistes et qu'il ne commet pas un nouvel Hama. »

Encerclés, les habitants sont privés d'électricité, de téléphone, d'eau et d'accès à la nourriture et aux soins. L'acheminement des médicaments et de la nourriture est bloqué en prévision du siège, et lors de l'assaut, les habitants qui se hasardent à sortir pour se ravitailler sont visés sans sommation.

« Il y a clairement une politique de privation d'accès aux soins, confirme un humanitaire. Ne pouvant accéder aux soins, les blessés sont quasiment laissés pour morts : on fait des blessés pour en faire des morts. » A Homs, le bilan quotidien de ces blessés est évalué entre 50 à 70 personnes depuis un mois. Mais les travailleurs humanitaires ont toutes les peines à établir des listes de victimes. « L'information remonte difficilement parce que le corps médical est occupé à soigner et à s'organiser et parce qu'il est aussi terrorisé », poursuit l'humanitaire. Car les médecins et les pharmaciens sont devenus des cibles à part entière, au même titre que les leaders du mouvement pacifistes, assassinés ou contraints à l'exil.

Se sentant menacé, le Dr Ibrahim Nahel Othman avait pris la fuite. Il a été tué le 10 décembre dernier, à la frontière turque, par des tirs des forces de sécurité de l'armée de l'air, la puissante unité des services de renseignement du régime réputée pour son allégeance au clan Assad (voir ici la page qui lui est consacrée).

Tensions confessionnelles

Surnommé « le docteur de la révolution », Ibrahim Nahel Othman était l'un des fondateurs de la coordination des médecins de Damas qui apportait des soins de manière clandestine aux blessés, contraints de fuir le dispositif officiel hospitalier. A Dera'a mais aussi dans la banlieue de Damas, les activistes racontent comment, au début du soulèvement, les manifestants s'improvisaient en boucliers humains pour empêcher l'entrée des sécuritaires dans les hôpitaux.

Les hôpitaux publics et même privés sont devenus des « outils de la répression », comme le confirme le rapport publié par Amnesty International le 25 octobre. Les blessés y sont arrêtés par les forces de sécurité, voire achevés. Pour avoir délivré des soins à des victimes de la répression, des manifestants, des personnels de santé, ont été à leur tour victime de la répression.

« Le plus choquant est de voir comment le personnel hospitalier participe à la répression, souligne Michel Fournier qui cite l'exemple d'un infirmier qui a délibérément débranché un malade placé sous appareil respiratoire. La Syrie a atteint un degré d'atrocité exceptionnel que l'on est en train de découvrir. »

Vidéo d'Amnesty International sur ce sujet :

 

 

« A Homs mais aussi dans toutes les régions, on tue les enfants, on s'attaque au corps médical ainsi qu'aux structures médicales, dans ce qui s'approche d'une logique d'éradication », conclut un autre humanitaire.

Les rapports publiés par les ONG confirment aussi que les opérations de répression sont menées par les forces de sécurité et services de renseignement, les milices loyalistes armées, la plupart issues de la communauté alaouite et engagées dans la même lutte de survie que le clan au pouvoir. Elles sont aujourd'hui désignées par les manifestants sous le terme de Chabiha, en référence à ces groupes de voyous qui sévissent dans le pays alaouite depuis les années 1980 et se livrent à des trafics et des rackets en tout genre avec la protection du clan Assad. Une désignation à forte consonance communautaire.

Largement « médiatisées » par les contestataires, leurs exactions dont les vidéos circulent sur Internet accroissent les tensions confessionnelles du pays, déjà avivées par la violence du discours officiel, qui agite la dissension confessionnelle et dénigre les contestataires en les accusant d'être des terroristes et des islamistes armés. La communication est un élément clef du dispositif répressif. Cette stratégie qui s'appuie sur des provocations réelles est particulièrement efficace car la société syrienne a en mémoire les affrontements interconfessionnels des années 1970 et 1980. Elle épuise les cadres du mouvement pacifiste et les élites, engagés dans un travail quotidien pour pacifier les tensions, éviter les dérapages et vérifier les récits.

Dans un rapport alarmant sur les derniers événements à Homs, les comités de coordination locale exhortent les réseaux sociaux à faire preuve de la plus grande retenue et intégrité lorsqu'ils rapportent ces incidents afin de ne pas aider les médias officiels à alimenter des instincts de revanche.

« Il y a des indications d'un début de tensions confessionnelles qui, dans certains cas, ont évolué en violences confessionnelles à Homs, qui est un microcosme de ce qui se passe en Syrie en raison de la composition mêlée de la ville, observe Nadim Houry. En armant des groupes alaouites, et en jouant la carte des jihadistes et des salafistes, le régime a avivé les tensions confessionnelles. Il y a eu quelques dérapages, des enlèvements des deux côtés. » Quelle est l'étendue exacte de ces dérives ? « Personne ne le sait aujourd'hui, conclut le chercheur. Ce qui est clair, c'est que le régime cherche à écraser militairement le soulèvement, reprendre l'initiative sur le terrain et faire des réformes superficielles. »

Une chose est sûre : la machine à rumeur est lancée à folle allure. Une arme redoutable dans la guerre de position que le régime syrien livre aux révolutionnaires et aux défenseurs des droits humains.

___________________

Retrouvez sous l'onglet Prolonger d'autres rapports d'Amnesty International ainsi que des vidéos.

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 12:54
| Par Philippe Ries

La «normalité» est à la mode en Europe, en France tout spécialement. S'il est élu en mai prochain, François Hollande promet aux Français une présidence de la République «normale», ce qui compte tenu de la nature aberrante des institutions de la Ve République, relèverait du miracle. En attendant qu'il se produise, une touchante unanimité, couvrant pratiquement tout le spectre des idéologies, s'exprime en faveur d'une Banque centrale européenne qui deviendrait enfin «normale» en acceptant de faire les fins de mois des Etats souverains de la zone euro que leur impéritie chronique a conduits dans une impasse budgétaire.

 

Mario Draghi  
Mario Draghi© Banca d'Italia

A ce jour, le nouveau président de la BCE, Mario Draghi, et le conseil des gouverneurs qui l'entoure, résistent à ces amicales pressions visant à ce que Francfort s'aligne sur Washington et Londres où la Réserve fédérale et la Banque d'Angleterre achètent à tour de bras sur le marché «primaire» les obligations émises par les Trésors américain et britannique, à proportion (à ce jour) de 10 à 15% du PIB.

Lors du dernier «sommet européen de la dernière chance» à Bruxelles, les 7 et 8 et décembre, M. Draghi a une nouvelle fois déçu les espoirs de tous ceux qui attendent de la banque centrale qu'elle sorte de son chapeau une solution miracle à la crise.

Mais, se rassurent-ils, ce n'est que partie remise. En mettant la main sur la gestion du futur Mécanisme européen de stabilité (MES), successeur du mal né FESF, et en obtenant par ailleurs une renaissance de ses cendres d'un Pacte de stabilité et de croissance sous stéroïdes, la banque centrale aurait créé les conditions lui permettant de faire son «devoir» si les exercices périlleux de refinancement des dettes souveraines tournaient mal sitôt la période des fêtes passée.

Avant même d'examiner l'accord «historique» de Bruxelles, dont le manque de précision et l'improbable mise en œuvre laissent au demeurant libre cours à de nombreuses interprétations, quelques petits rappels s'imposent.

En premier lieu, la banque centrale est le prêteur en dernier ressort... du système financier, pas de l'Etat. Le principe d'intervention en cas de crise bancaire a été établi outre-Manche, où la première banque centrale a vu le jour il y a plus de trois siècles, par le financier Walter Bagehot, par ailleurs fondateur du magazine The Economist, avec cette sentence devenue référence : «Lend freely, quickly, usually at punitive rates, and usually against good collateral» (Prêtez-leur librement, vite, normalement à des taux punitifs et contre des garanties solides).

De fait, depuis le début de la crise financière globale en août 2007, la BCE a prêté aux banques de la zone plus que librement, à des taux tout sauf punitifs, pour des durées de plus en plus longues (on en est à 36 mois) et contre des «collatéraux» de qualité de plus en plus suspecte. Ce que Bagehot n'avait pas anticipé, c'est le développement d'un système bancaire d'où l'idée même de faillite, même d'un établissement aussi vérolé que Dexia, soit bannie. La BCE, contrainte et forcée, a fait plus que son devoir de LLR (lender of last resort).

Prêteur en dernier ressort des banques, pas de l'Etat

En revanche, la banque centrale n'a pas vocation à être le prêteur en dernier ressort des Etats. Pour cela, il y a, dans l'architecture financière globale, une institution dédiée, le Fonds monétaire international. Mais les moyens disponibles au FMI sont aujourd'hui dérisoires par rapport aux besoins, après plus de trente années de dérive incontrôlée des finances publiques dans les pays avancés. Ils ont été maintenus à un niveau lui permettant tout juste d'intervenir dans les pays dits en développement ou émergents, qui n'en ont d'ailleurs plus besoin depuis qu'en 1997, le FMI a été contraint de mobiliser des ressources externes auprès de la «communauté internationale» afin de voler au secours des pays asiatiques.

Quant aux nostalgiques de la Banque de France d'avant la réforme de 1973, qui a interdit les avances de trésorerie au Trésor, ils commettent un contresens (à l'image de cette vidéo infantile, voir ici). Ces avances étaient, par définition, d'ampleur et de durée limitées. Imagine-t-on un instant une banque centrale qui apporte son concours permanent à des gouvernements dont les budgets sont déficitaires de manière récurrente pendant 35 années consécutives, conduisant à accumuler (avant la crise) une dette supérieure à 60% du PIB. Adossée à quel bilan et par quelle autre moyen que la planche à billets fonctionnant à jet continue?

Autre observation, en passant : «l'assouplissement quantitatif» de la Fed et de la Banque d'Angleterre, donnée en exemple à la BCE, n'a pas comme objectif avoué de refinancer durablement les gouvernements américain et britannique mais, comme ce fut le cas de la Banque du Japon qui inaugura cette stratégie, de rétablir le financement de l'économie: il s'agit de «dégeler» les circuits du crédit quand une économie est tombée dans une trappe à liquidités. Avec des résultats d'ailleurs tellement mitigés que l'économiste Kenneth Courtis estime qu'il faudrait rebaptisé «Titanic 2» le «QE2» piloté par Ben Bernanke.

Pour justifier l'entorse faite aux traités par les opérations de rachat de dettes publiques sur le marché secondaire (près de 200 milliards d'euros à ce jour) entamées en mai 2010, la BCE a d'ailleurs invoqué la nécessité de préserver ou rétablir le mécanisme de transmission de la politique monétaire.

Enfin, dans un pays qui, comme la Grande-Bretagne, ne jouit pas du privilège exorbitant de pouvoir financer ses déficits dans la principale monnaie de réserve (c'est-à-dire par les autres pays tant qu'ils acceptent de jouer le jeu), la contrepartie de cette politique monétaire ultra-laxiste est un programme drastique d'austérité budgétaire (suppression de 700.000 postes de fonctionnaires, par exemple), pour restaurer à marche forcée la solvabilité à moyen et long terme de l'Etat. «There is no such thing as a free lunch», tout se paye.

Le trompe-l'œil du «paquet Merkozy»

Ce n'est pas parce que la monétisation de la dette se révèle historiquement une pratique courante, avant même l'apparition des banques centrales, qu'elle relève pour autant de la “norme”. Bien au contraire, elle est la manifestation d'une rupture du contrat entre la société et sa monnaie, puisqu'elle revient de facto à en détruire la valeur, du “débasement” à l'hyperinflation en passant par la simple dévaluation (dollar et livre sterling aujourd'hui).

Ce qui ramène à la crise, non de l'euro comme monnaie, mais de la dette souveraine d'une partie des pays de la zone euro, et aux «solutions» que «Merkozy» vient d'imposer aux 26 (moins le Royaume-Uni) à Bruxelles. Passons sur le fait que l'Union européenne, embourbée depuis le calamiteux traité de Nice dans un interminable marathon constitutionnel, croit toujours répondre par la norme juridique à des problèmes de stratégie économique.

Mais sur le contenu même, «l'accord» est un trompe-l'œil. En premier lieu, la réaffirmation solennelle des «critères de Maastricht», notamment le plafond de 3% pour les déficits, est une mauvaise plaisanterie. Ce qui attend les pays les plus exposés, c'est la nécessité de dégager, pendant de longues années, un excédent primaire (avant charge de la dette) de leurs comptes publics. Ensuite, chacun sait que les sanctions financières, automatiques ou pas, sont inapplicables et ne seront pas appliquées aux pays en infraction. C'est comme pour l'arme nucléaire, leur efficacité ne peut être que dissuasive.

En fait, la disposition la plus significative du «paquet Merkozy» est l'engagement pris auprès du secteur financier privé, banques et assurances, qu'il ne sera plus jamais appelé à participer à la restructuration (c'est-à-dire à l'effacement partiel) de la dette souveraine d'un pays européen. Plus jamais la Grèce. Les banquiers, qui se rangent, c'est compréhensible, parmi les plus chauds partisans d'un rachat des dettes publiques par la BCE, sont ainsi exonérés de leurs erreurs de jugement ou de leur avidité passés. «Never say never again» : cet engagement contient un double pari, largement ouvert.

Soit la BCE sera en fin de compte contrainte de racheter les dettes, les pertes éventuelles étant assumées par les banques centrales nationales membres de l'eurosystème (c'est-à-dire le contribuable), à due concurrence de leurs moyens. Autrement dit, l'Allemagne paiera. Soit que la crise de la dette souveraine ne serait (Grèce exceptée) qu'une question conjoncturelle de liquidité et pas un problème structurel de solvabilité. Le premier scénario est à haut risque : il implique que la cavalerie, comme dans les westerns, arrive à temps pour sauver les pionniers du massacre.

Quant à la réponse positive à la deuxième question, elle n'est pas acquise et ne pourrait être que collective et dynamique. Et c'est ici que le couple franco-allemand joue petit bras, planté sur la ligne de fond de court avec une absence totale d'imagination et d'ambition. Pour le candidat Nicolas Sarkozy, le plateau européen reste, comme il l'est depuis quatre ans et demi, l'occasion de se mettre en scène.

L'affaiblissement des institutions européennes ne fait pas un programme, la méthode «intergouvernementale», qui flatte l'ego surdimensionné des dirigeants nationaux et repose sur une illusion de souveraineté, ayant fait la preuve de sa nocivité. Pour la fille de pasteur Angela Merkel, qui avance à reculons depuis le début de cette crise, l'Allemagne «réformée» donnée en exemple aux économies périphériques tient lieu de stratégie européenne.

Le testament de Jürgen Stark

Comme déjà expliqué (lire ici), les créateurs de l'euro étaient bien conscients que la monnaie unique n'était qu'un des éléments d'un saut qualitatif vers plus d'Europe : de nouvelles politiques communes (le Livre Blanc Delors-Lamy de 1993), un budget européen digne de ce nom alimenté par un impôt européen, la stratégie de Lisbonne, l'achèvement du marché intérieur dans les services, etc. Ces ambitions, éclipsées par la priorité donnée au pathétique débat constitutionnel, se sont brisées sur le mur des égoïsmes et des aveuglements nationaux.

L'euroland n'est pas une zone monétaire optimale ? La belle affaire. Les Etats-Unis non plus, qui ont pourtant la même monnaie depuis deux siècles et une banque centrale depuis bientôt cent ans. La monnaie est toujours une construction politique et sociale. C'est par la politique qu'elle peut vivre... ou mourir. L'euro n'échappe pas à la règle.

Le danger majeur est que les Européens, tétanisés par le défi immédiat de survivre à cette crise, perdent de vue la longue perspective. La tempête financière n'est pas née en Europe mais aux Etats-Unis. Après la crise financière asiatique de 1997, qui était, pour les pays avancés, un avertissement pratiquement sans frais, les responsables européens n'en ont tiré aucune leçon, estimant que l'existence même de l'euro, à partir de 1999, mettrait en quelque sort le Vieux Continent à l'abri des chocs exogènes provoqués par les déséquilibres globaux (qui impliquaient essentiellement les Etats-Unis d'un côté, l'Asie de l'autre) et de la contamination par une vérole financière venue d'outre-Atlantique. Erreur.

 

Jürgen Stark  
Jürgen Stark© BCE

Dans quelques jours, Jürgen Stark, le représentant de l'Allemagne au directoire de la BCE, quittera son poste pour des «raisons personnelles» auxquelles personne ne croit. Dans un discours-testament, prononcé le 29 novembre à la Réserve fédérale de Dallas, il revient sur les relations entre mondialisation et politique monétaire au cours des années qui ont conduit à la crise.

Même s'il évoque diplomatiquement l'action des banques centrales en termes généraux, ce texte est un réquisitoire contre «la normalité» dont rêvent en Europe tous ceux qui, ayant idolâtré Alan Greenspan avant de brûler ce qu'ils adoraient hier, démontrent qu'ils n'ont rien appris. Que Stark se soit exprimé ainsi chez Richard Fischer, «dissident» au sein du comité de politique monétaire présidé par Ben Bernanke, le continuateur de Greenspan, est peut-être dû au hasard. Ou peut-être pas.

Un réquisitoire contre la «normalité» à la mode Greenspan/Bernanke

Stark explique comment la relation «vertueuse» entre mondialisation et stabilité monétaire pendant la période de la «Grande Modération» a révélé des vices cachés lorsque la crise financière a changé de dimension en septembre 2008. Complaisance, croyance illusoire dans la capacité de «mircrogérer» («fine tuning») l'activité économique, absence de vision à moyen terme des processus inflationnistes, négligence dans la régulation et la surveillance des acteurs financiers, incompréhension de la dynamique du crédit et indifférence pour ne pas dire complicité à l'égard des phénomènes spéculatifs sur les actifs: y passe tout ce qui a caractérisé la politique de Greenspan/Bernanke et que la BCE n'a pas cru devoir critiquer publiquement à l'époque.

De leurs propres erreurs ou de leur impuissance à se faire entendre dans leurs mises en garde aux politiques (dans le cas de BCE), les banques centrales vont subir les conséquences.

«Les autorités monétaires, relève Jürgen Stark, courent le risque de devoir endosser le fardeau créé par les actions d'autres parties prenantes. Des défis cruciaux à cet égard incluent le danger de voir la politique monétaire surchargée par des régimes budgétaires dominants à cause du comportement budgétaire irresponsable des gouvernements et de finances publiques en ruines. Il y a aussi le danger que la politique monétaire soit dominée par des préoccupations de stabilité financière, la stabilité des prix étant prise en otage par la stabilité financière.»

Ce n'est plus un risque, c'est une réalité. Les pressions quasi unanimes pour que la BCE rentre enfin dans le rang, devienne une banque centrale «normale», ne peuvent que s'intensifier.

Avant de quitter le navire, le représentant de l'orthodoxie germanique affirme (il n'est pas le premier) que les «autorités monétaires doivent rappeler aux autres acteurs qu'il y a des limites à ce que la politique monétaire peut faire pour sortir l'économie globale d'un problème qui doit être traité à la racine». Propos frappé au coin du bon sens. La difficulté est que dans un asile de fous, c'est l'esprit sain qui n'est pas «normal».

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 12:41
Marianne - Francis Journot - Tribune | Mercredi 14 Décembre 2011 à 05:01is

 

Eugène publie sur son Blog économique et social une tribune du mouvement « Rendez-nous notre industrie ! » : « Pour recréer les millions d’emplois que vous avez détruits, sauver nos régimes de protection sociale, réduire notre déficit public et nous soustraire de l’emprise des marchés financiers ».



La trahison de nos dirigeants

Parmi tous les pays d’Europe, la France est le pays qui s’est le plus vite désindustrialisé car depuis 35 ans, nos gouvernements successifs ont volontairement détruit l’industrie française par allégeance économique au dogme néolibéral du libre-échange et pour servir les intérêts de grands groupes.

La délocalisation de l’industrie n’est pas une fatalité et plusieurs articles du traité de fonctionnement de l’Union Européenne dont les articles 32 et 63 du TFUE, encouragent la désindustrialisation de la France.

L’article 32 préconise plus d’échanges commerciaux et de compétitivité et, conformément à cette recommandation, les entreprises ont pu délocaliser leur production dans les pays à bas coûts avec la bénédiction de l’Europe et de l’Etat français. L’article 63 interdit les restrictions de capitaux et de paiements entre les pays membres mais aussi les pays tiers comme la Chine ou l’Inde. En libérant les mouvements de capitaux à destination et en provenance de la Chine ou de l’Inde, l’Union Européenne a largement contribué au démembrement de l’industrie française, à l’augmentation de la dette publique de la France et au déclin de notre pays.

Le danger de perdre notre indépendance

Nos dirigeants nous ont contraints à obéir aux directives européennes sans tenir compte de notre rejet du traité de Lisbonne lors du referendum de 2005. Ils sont aujourd’hui responsables de notre appauvrissement et de notre endettement.

Nicolas Sarkozy nous a trahis une fois de plus, en voulant maintenant brader notre indépendance à la Chine et en nous imposant plus de soumission à une politique Européenne qui ruine de plus en plus de travailleurs mais enrichit toujours davantage les financiers et les grands groupes.

En endettant et en désindustrialisant la France plus rapidement qu’aucun chef d’état ne l’avait fait avant lui, Nicolas Sarkozy nous livre pieds et mains liés au pouvoir de la finance et au bon vouloir des pays émergents.

Il est probable que la France soit aujourd’hui plus en danger de perdre son indépendance qu’elle ne l’a jamais été au cours de son histoire et peut-être conviendra-t-il de juger un jour nos dirigeants pour leurs infractions politiques, lourdes de conséquences pour l’avenir de notre pays.

Francis JOURNOT

Mouvement associatif  RENDEZ-NOUS NOTRE INDUSTRIE !

www.rendez-nous-notre-industrie.com et www.vetements-made-in-france.com sont des associations citoyennes indépendantes et sans appartenance politique.

Retrouvez Eugène sur son Blog économique et social.
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