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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 12:27

LEMONDE.FR avec AFP | 13.12.11 | 23h04   •  Mis à jour le 14.12.11 | 07h47

 
 

L'Assemblée a adopté mardi 13 décembre, en deuxième lecture, une proposition de loi visant à empêcher l'usurpation d'identité, notamment à travers la création d'un fichier centralisant éléments d'état civil et données biométriques.

La proposition de loi des sénateurs UMP Jean-René Lecerf et Michel Houel vise à mettre en place une carte d'identité sécurisée, à l'image de ce qui se fait déjà avec le passeport biométrique, pour contribuer à la lutte contre les usurpations d'identité, estimées à plus de 200 000 par an. Cette carte d'identité "nouvelle génération" comportera deux puces électroniques. L'une contiendra les données sur l'identité : état civil, adresse, taille, couleur des yeux, empreintes digitales, photographie. L'autre, dite "e-carte", facultative, servira de signature électronique sur Internet pour des échanges commerciaux et administratifs.

"FICHAGE GÉNÉRAL"

Après les différentes navettes entre les deux chambres, un seul article restait en débat : quelle architecture donner au fichier centralisé qui recueillera les éléments d'état civil et les données biométriques. Le Sénat avait imposé l'utilisation de fichiers dits à "lien faible" : dans ce cas, les données biographiques et biométriques d'une personne ne peuvent pas être croisées, sauf au moment de la délivrance du titre. En effet, à une empreinte correspond techniquement dans de telles bases de données non pas une identité mais un ensemble d'identités. Les sénateurs avaient justifié leur choix en faisant valoir le respect des libertés publiques.

Mais l'Assemblée a confirmé en deuxième lecture son choix initial pour une base de données à "lien fort", qui permet de faire correspondre données biométriques et données biographiques. Ce système, défendu par la majorité et par le ministre de l'intérieur, Claude Guéant, permet donc d'identifier, le cas échéant, un fraudeur.

En vain, les députés de gauche ont tenté de s'opposer à la création de ce dispositif, qui selon Marc Dolez (Parti de gauche) "équivaut à un fichage général de la population française, disproportionné au regard de l'objectif poursuivi".

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 12:23

LEMONDE.FR avec AFP | 14.12.11 | 13h00

 
 

 

Le nombre d'emplois publics a chuté de 67 000 durant l'été, dans le cadre du plan d'austérité mis en œuvre par le gouvernement du premier ministre conservateur, David Cameron.

Le nombre d'emplois publics a chuté de 67 000 durant l'été, dans le cadre du plan d'austérité mis en œuvre par le gouvernement du premier ministre conservateur, David Cameron.AFP/CARL COURT

C'est un nouveau record depuis dix-sept ans, le nombre de chômeurs britanniques s'élevait à la fin octobre à 2,64 millions, selon des chiffres officiels, publiés mercredi 14 décembre. Le taux global reste lui inchangé, à 8,3 %.

Le nombre de personnes à la recherche d'un emploi a augmenté de 128 000 ; le chômage des 16-24 ans poursuit sa progression au-delà de la barre symbolique du million ; le nombre de femmes sans emploi est d'environ 1 million, un chiffre record depuis 1988. Autre indicateur scruté de très près, le nombre d'emplois publics, qui a chuté de 67 000 durant l'été, dans le cadre du plan d'austérité mis en œuvre par le gouvernement du premier ministre conservateur, David Cameron. Selon les dernières projections officielles, ce plan devrait se traduire par la perte de 700 000 postes en six ans dans le secteur public.

Le gouvernement comptait sur le secteur privé et les exportations pour prendre le relais et créer des emplois, mais l'anémie de l'économie en a décidé autrement. M. Cameron a notamment pointé du doigt l'impact de la crise dans la zone euro, avec laquelle son pays réalise plus de 40 % de ses échanges commerciaux. L'opposition travailliste l'accuse pour sa part d'avoir "tué la croissance" en imposant son plan de rigueur à marche forcée dans un contexte international de plus en plus défavorable.

 LA PERSPECTIVE DE 3 MILLIONS DE CHÔMEURS

Du côté des syndicats, Unite, le premier du pays, a qualifié les derniers chiffres du chômage de "désastreux", estimant que le gouvernement devait "revoir sa stratégie de toute urgence". Les experts sont en tout cas pessimistes sur l'évolution de la situation de l'emploi britannique. Pour James Knightley de la banque ING, "la perspective des trois millions de chômeurs se rapproche de plus en plus", couplée à un risque accru du retour du pays dans la récession.

Conséquence de cette montée du chômage, la Banque d'Angleterre devrait injecter dès que possible de nouveaux fonds dans l'économie pour soutenir l'activité, d'autant que l'inflation est en train de ralentir, repassant sous le seuil des 5 % le mois dernier.

Le gouvernement a lancé le mois dernier un programme de grands travaux, de plus de 35 milliards d'euros sur dix ans, pour tenter de contre-balancer les effets du plan de rigueur, qu'il refuse d'assouplir.

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 12:15

Glimpse into an Alternate Future

In #globalrevolution on 11 December 2011 at 13:11

Piedralaves, December 11

Dear people,

The four day encounter in Piedralaves is almost over. It has become an overwhelming success. Indeed, there were too many people present. If we were half as many, things would have been much easier to handle. But everything worked out without any trouble, and all the merit of it goes to the excellent (self)organisation of this place.

The countryside has proved to be an excellent environment for this type of projects, because practically everybody who comes here has something to do with the movement. In the cities, on the squares and in the squats, you will always be a magnet for drunks, thieves, addicts etc., and you will have to spent a lot of energy in trying to cope with that in a human way. Energy which could have been spent on many different things.

In Piedralaves this energy was spent on workshops ranging from yoga, ‘collective consciousness’, eco structures and rural repopulation, to woodcraft and tantric sex (“behind the log cabin”).

People are making connections here, and when the evening falls, they drink, they sing, and they have fun. Yesterday we held a stupendous collective jam session in the dark, where the positive vibe of this place spontaneously turned into rhythm.

Apart from the spiritual side, people here in Piedralaves focussed mainly on the rural side of the revolution. One of the important aspects of this is the institution of a seed bank. A place where countless ancient varieties of seeds are stored and protected for use by organic farmers. A place which is a practical necessity in a country where only few varieties of fruits and vegetables are actually planted and where genetic engineering is a common practice.

The practical side of the revolution is taking shape in various Cooperativas Integrales. Many of these are still in the planning phase. The idea of an integrated cooperative is that a group of people get together and put up a project at the margin of society where they can be completely autonomous on all counts. Food production, artisanal industry, health and education services, currency, housing etc.

Cooperatives of this type are being prepared in Madrid, Valencia, Euskadi, the Rioja, Extremadura and Catalonia. The Catalan Cooperative is probably the most advanced at this point, although it doesn’t seem to be fully operational yet.

On the urban side of the revolution, one of the issues that was brought to the general attention was that of ‘time banking’. This idea has existed for a couple of decades. It comes down to a simple exchange of services, which can be particularly useful in a social environment. For example, you commit an hour of your time to baby sitting, or to taking care of the elderly, or to giving language classes and instead of being paid in regular currency, you can deposit a ‘time dollar’ in the time bank. With this social currency you can buy an hour’s worth of time of someone else. Maybe someone who can help you paint your house, or mow your lawn or whatever. The idea behind it is that there is no difference in value between different types of work. An hour of your labour is worth an hour of someone else’s labour. It cannot be exchanged against regular currency, and it isn’t subject to inflation.

So, dear people, let no-one tell you that there are no valid alternatives to modern day capitalism. There are. As many as you like. What you have to do is find the right people with whom to put them into practice. And this is what I felt here in Piedralaves, above all: a desire to get to know each other, and to build up something new, together.

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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 23:27

danone_compo.jpg

 

les yaourts et vous : DANONE OBLIGÉ DE RETIRER SA PUBLICITÉ MENSONGÈRE

Article du Canard Enchainé (http://leblog.sourcefraiche.com/?p=1175 novembre 2009)

La pub est ENFIN retirée il y a très peu de temps (2011)...

ACTIVIA ET ACTIMEL
DANONE OBLIGÉ DE RETIRER SA PUBLICITÉ MENSONGÈRE APRÈS 15 ANS DE MATRAQUAGE ET DE DÉGÂTS.

Le « pavé dans le pot de yaourt » qu’à lancé Didier Raoult, chercheur français dans la prestigieuse revue scientifique « Nature » de septembre 2009 a fini par être payant.

Pour le patron du labo de virologie de la Timone à Marseille, les yaourts et autres boissons lactées farcis aux probiotiques que l’on nous fait avaler depuis près de 20 ans auraient une grosse part de responsabilité dans l’épidémie d’obésité qui frappe les enfants.
Les probiotiques que Danone ajoute à tout va dans divers yaourts sont selon les allégations de la marque assénées à la télévision, censées « booster » les défenses immunitaires.

On en trouve plus de 1 milliard par pot d’Activia ou d’Actimel. Le hic est que ces bonnes bactéries « actives et vivantes , dixit Danone, sont les mêmes que celles utilisées depuis longtemps dans les élevages industriels comme activateurs de croissance pour faire grossir plus rapidement cochons et poulets. Un porc ainsi gavé de probiotiques, c’est plus de 10 % de gagné sur la balance.

Danone pousse donc à « élever » nos enfants comme des cochons ou des poulets….


En fait, en début d’années, des chercheurs ont eu l idée de comparer la flore intestinale des obèses et des non obèses. Et là, surprise, les premiers étaient bourrés de probiotiques – ceux qu'on trouve justement dans les yaourts « santé plus ».

Didier Raoult commente : « On a autorisé pour l'alimentation humaine des activateurs de croissance utilisés dans les élevages, sans chercher à savoir quel serait l’effet sur les enfants ».

Du coup, celui-ci a réclamé des études pour connaître le rôle précis de TOUS les produits lactés dans l épidémie d'obésité infantile. En outre, il n y a pas que les enfants qui sont victimes de cette supercherie ; j’ai rencontré de nombreuses femmes potelées bien que sous alimentées, et qui cherchaient désespérément à maigrir en se limitant à quelques yaourts par jour plus quelques babioles. Et désespérante désillusion, elles continuaient à grossir, étaient de plus en plus fatiguées et fragiles, surtout en hiver où il est indispensable de se YANGUISER, alors que les yaourts sont hyper YIN.

D’où l’article « Aigle moqueur » que j’avais passé dans « Pratique de Santé » sous le titre « DEVENEZ XXL AVEC DES YAOURTS » Finalement, les semeurs d alerte indépendants ont fini par émouvoir les services officiels avant que le scandale n'éclate trop au grand jour.

C’est ainsi qu’ils viennent de mettre la pression sur le groupe Danone, l'obligeant, selon les termes délicats des grands journaux «à revoir sa copie» (Un monstre comme Danone, ça se ménage…). Il faut tout de même réaliser que cela pourrait être un coup dur pour le lobby puisque les groupes Actimel Europe et Activia Europe pèsent ensemble  1,5 milliards d’euros sur un chiffre total Danone de 15 milliards, soit 10 %.
 
On ne se fera guère de soucis pour cette entreprise de tricheurs, car entre ses discrètes et adroites manœuvres de retrait publicitaire et les addictions de beaucoup de consommateurs automatisés, il n’y a pas vraiment le « feu au lac », en attendant qu’on nous invente une autre « salade à la mode » c'est officiel depuis fin septembre 2011, c'est pourquoi il n'y a plus de pub à la télé

Faites passer……

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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 23:21

mondialisme.org -

publié le mardi 13 décembre 2011

 

Cette lettre de Barcelone est parue dans Echanges n° 138 - Automne 2011 - Sommaire.

Après les gran­des assem­blées de la place de Catalogne que je t’ai racontées (voir Lettres de Barcelone, place de Catalunya) on conti­nue à se ras­sem­bler dans les quar­tiers, à peu près 25 quar­tiers. Les com­mis­sions acti­ves à la place de Catalogne se sont dis­sou­tes dans les assem­blées de quar­tier, sauf quel­ques-unes trans­ver­sa­les (tra­vail, genre, santé...), ce qui a posé beau­coup de pro­blèmes et des méfi­ances et la mul­ti­pli­ca­tion d’actions.

Je te raconte donc un peu com­ment ça se passe dans notre quar­tier de Sant Andreu. Nous avons com­mencé fin mai par une assem­blée très large (700 per­son­nes) qui se répète chaque mardi (le nombre après l’été a dimi­nué, mais nous ne sommes jamais moins d’une cen­taine) sur la place en face de la mairie de quar­tier. L’appro­pria­tion de l’espace public sera une caractér­is­tique essen­tielle de toute la dém­arche ; on a com­mencé avec un cam­ping pen­dant une semaine active de prés­ence sur la place avec beau­coup d’acti­vités : débats, cinéma, cui­sine en commun... Beaucoup de ces acti­vités conti­nuent : mar­ches dans le quar­tier pour affi­cher nos argu­ments contre ce système capi­ta­liste ; éch­ange de savoirs dans une sorte d’uni­ver­sité popu­laire ; débats, manger en commun, occu­pa­tion des endroits pour cons­truire un jardin pota­ger ; essayer d’empêcher les expul­sions (on a réussi déjà quatre fois). Cette acti­vité pour empêcher les expul­sions (à Barcelone il y en a 18 chaque jour) est une des plus soli­dai­res, obli­geant à nous ren­contrer de bon matin à plus de 100 pour empêcher l’action judi­ciaire protégée par la police...

Je reviens à l’assem­blée heb­do­ma­daire : c’est le pivot qui sou­tient tout. Il y a une rota­tion des modé­rateurs, et l’ordre du jour qui se pré­pare une heure avant de com­men­cer com­prend tou­jours la prés­en­tation de ce qu’a fait chaque com­mis­sion (action, com­mu­ni­ca­tion, santé, aide mutuelle…), et une heure de débat sur la ques­tion qu’on envi­sage la plus per­ti­nente, plus adéq­uate à la situa­tion (par ex. la vio­lence, la répr­ession concrète, les formes de lutte, l’exten­sion au quar­tier, la rela­tion avec les ins­ti­tu­tions, les pro­chai­nes élections...). Dans les débats on va au-delà de la stricte reven­di­ca­tion contre les coupes budgét­aires (par exem­ple dans la santé ou l’édu­cation, pour ne pas perdre ce qu’on avait), on fait la cri­ti­que de l’école compé­ti­tive actuelle ou de la méde­cine et de la médi­ca­li­sation de notre vie… Après, il y a un tour de parole : éch­ange d’idées, de points de vue, de considé­rations vrai­ment riches… Pour des choses concrètes, par exem­ple, com­ment affron­ter la répr­ession déjà prés­ente, on crée des grou­pes de tra­vail qui se dis­sou­dront après avoir atteint leur objec­tif. L’assem­blée a lieu sur la place, les mardi, de 20 heures à 22 h 30 ou 23 heures. Nous ne sommes pas pressés, géné­ra­lement on arrive au consen­sus sans arri­ver à un vote qui nous sépare.

Il reste le pro­blème de la coor­di­na­tion entre quar­tiers : on a mis en place un espace de coor­di­na­tion des assem­blées des quar­tiers, avec délégués rota­tifs, sans pou­voir de décisions… sans pér­io­di­sation fixe… Nous sommes au début. A partir de tout ça la réalité d’une nou­velle rela­tion se dér­oule… Tout ça dans un contexte que expri­ment bien par exem­ple les leit­mo­tive « Nadie nos repre­senta » (per­sonne ne nous représ­ente), cri­ti­que de la représ­en­tation (partis, syn­di­cats, admi­nis­tra­tion…) et recher­che de nou­vel­les formes d’asso­cia­tion hori­zon­tale ; « Somos lentos porque vamos lejos » (on est lents parce qu’on va loin), qui exprime la cons­cience qu’on n’est pas ici pour réc­lamer deux ou trois choses, mais pour chan­ger un peu en pro­fon­deur….

Bien entendu, tout ça ne va pas sans contra­dic­tions : il faut pas mythi­fier l’assem­blée, qu’on peut bien sûr mani­pu­ler ; il y a les pro­blèmes de coor­di­na­tion ; les gros­ses ques­tions sur les buts : aller contre les dys­fonc­tion­ne­ments du système capi­ta­liste, en modérer ses effets plus mau­vais, ou aller – et com­ment ? – contre les causes mêmes dudit système… ; la diver­sité d’âge, d’idéo­logies, de pers­pec­ti­ves, des rela­tions avec la tech­ni­que, les médias… Mais on essayes de trou­ver des rép­onses à tout ça en avançant…contre la situa­tion de malaise aggravée par les mesu­res «  anti­crise  » chaque fois plus dures.

Q.

Voir aussi En Espagne, la rév­olte citoyenne de mai 2011 : malaise social et régé­nération démoc­ra­tique, Chronique d’une journée intense, le 27 mai 2011 à Barcelone, Indignes et indi­gnés.


Dans les publi­ca­tions

◆ En mai 2011, les Indignés espa­gnols, couvés par les médias, ont occupé des places dans plu­sieurs villes espa­gno­les une semaine avant les élections rég­io­nales et muni­ci­pa­les. Un arti­cle, « La place prend la parole : Espagne, mai 2011 », dans le n° 48 (juin 2011) de la revue bar­ce­lo­naise Etcétera, (« La plaza tiene la pala­bra »), sou­li­gne les ambi­guïtés d’un mou­ve­ment qui prospère du buzz alors que les mou­ve­ments de base (de quar­tiers, contre des atta­ques concrètes du capi­tal, comme par exem­ple à Barcelone, contre les expul­sions de squatts ou de loca­tai­res, etc.), peu méd­iatisés, se sont par­fois vus pha­go­cytés par les Indignés. « Il n’est pas facile de faire une lec­ture de la signi­fi­ca­tion de ces mou­ve­ments dans les­quels nous savons être impli­qués ».

◆ Le mou­ve­ment des Indignés espa­gnols s’orga­nise de manière anar­chiste selon les nos 380 (juillet 2011) et 381 (août-sep­tem­bre 2011) de l’organe de la Confédération natio­nale du tra­vail espa­gnole, CNT.

◆ Une des­crip­tion du mou­ve­ment des Indignés en Espagne dans le cahier n° 219 (août 2011) de la revue alle­mande Die Aktion, « Révolution espa­gnole : Feu de paille ou com­men­ce­ment d’incen­die de savane ? », par Horst Rosenberger, un Allemand vivant à Barcelone.

« Mouvement des “indi­gnés” en Espagne » dans Le Prolétaire n° 500 (mai-sep­tem­bre 2011).

« Les indi­gnés : écart ou sur­place ? », texte de Temps Critique repro­duit dans A Contre Courant n°227, sep­tem­bre 2011.

« Agoraphilie madrilène » et « Séville ville ouverte » dans CQFD n° 90, juin 2011.

« De l’indi­gna­tion à la rév­olte » dans Alternative liber­taire, n° 208, juillet-août 2011.

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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 23:15
french-revolution.fr
Posté par SoldatduWeb décembre - 12 - 2011  

Plusieurs centaines d'"indignés" ont manifesté dans le calme samedi à Paris, se rassemblant place de Clichy en début d'après-midi, a constaté un journaliste de l'AFP. ( © AFP Fred Dufour)

 

Les indignés demandent un « droit de l’humain » – Paris

 

Les Indignés à Jaurès « La bourse est morte ce soir » – Paris

 

 

PARIS (AFP) – Plusieurs centaines d’ »indignés » ont manifesté dans le calme samedi à Paris, se rassemblant place de Clichy en début d’après-midi, a constaté un journaliste de l’AFP.

Les manifestants (200 selon la préfecture de police) brandissaient des banderoles sur lesquelles on pouvait lire: « Indignez-vous », « Je suis indigné parce que je ne vois pas le peuple vivre avec plaisir », ou encore « Céder ou s’aider ».

Une délégation venue de Lyon était présente dans leurs rangs. Parmi les participants, figuraient des jeunes comme des personnes âgées.

Ils devaient se rendre place Stalingrad pour y tenir une assemblée générale, suivie d’un concert.

© 2011 AFP

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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 23:12

Médiapart - 12 Décembre 2011 Par MARIE THERESE FERRISI

 Written by Kevin Figuier de l'équipe Carré d'info, Toulouse

Photo CC François NYS

 

 http://carredinfo.fr/toulouse-sous-le-masque-des-indignes-4033

Puerta del Sol, Wall Street, La Défense… Aux Etats-Unis, en Espagne ou en France, les « Indignés » manifestent pacifiquement et demandent un changement de politique. Ils dénoncent par leur mouvement qui ne se revendique d’aucune obédience politique ni partisane, le manque de volonté claire de changement de politique des partis traditionnels face à la crise économique et aux dérives de la finance mondiale.

Opération de « nettoyage des banques » à Toulouse

Le mouvement étonne parfois par son absence de toute hiérarchie et les difficultés de mises en place d’opérations type « Occupy » comme nous nous en faisions l’écho à Toulouse.

Parmi les nombreuses actions récurrentes entreprises par les « Indignés » ou #occupy de Toulouse, ont organisé le samedi 10 décembre une action de « nettoyage » dans les grandes banques de la ville.

Au-delà de la manifestation qui revendique « sus à l’argent sale » préviennent les « Indignés », nous avons voulu savoir qui étaient ces indignés toulousains. (voir le diaporama sonore).

Place du Capitole: Xavier Lalu

 

 Photo :Xavier Lalu

 

 

 

Place Arnaud Bernard (Toulouse)© youtube
 
 Un nouveau média toulousain est né sur le Net : Carré d’info. Ce site généraliste, d’accès gratuit, a pour créateurs deux jeunes journalistes : Xavier Lalu et Bertrand Enjalbal. Carré d’info se propose de parler de Toulouse et de son agglomération sur « des thèmes jusqu’ici peu ou mal traités » par les médias. Il y est question de culture, de sport, de société et bien sûr de politique : « Nous voulons faire naître le débat, donner la parole à tout le monde », explique Xavier Lalu. Carré d’info revendique son indépendance et se veut complémentaire de l’offre d’information déjà existante. Le nouveau média espère atteindre l’équilibre économique en attirant des annonceurs. Objectif : 100.000 visiteurs par mois d’ici un an.

 

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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 23:05

Romandie News - (©AFP / 13 décembre 2011 00h38)

 

USA/Canada: Les "indignés" tentent de bloquer les ports du Pacifique
OAKLAND, 12 décembre 2011 (AFP) - Des manifestants "indignés" du mouvement "Occupy" ont tenu des rassemblements dans plusieurs ports américains et canadiens des côtes du Pacifique lundi, perturbant le trafic de marchandises et entraînant quatre arrestations.

Quelque 200 personnes ont manifesté de cette manière à Oakland, en Californie, où les "indignés" avaient fait fermer ce grand port pendant 24 heures le mois dernier.

Les animateurs du mouvement avaient annoncé le blocage des ports "d'Oakland à Anchorage" en Alaska il y a quinze jours sur leurs sites internet.

"Les opérations maritimes continuent avec des perturbations sporadiques dues aux manifestations", a indiqué le port d'Oakland dans un communiqué publié après que les contestataires eurent commencé leur action avant l'aube.

Les autorités d'Oakland avaient adressé aux manifestants une lettre ouverte la semaine dernière pour leur demander de ne pas interrompre le travail du port qui voit transiter quelque 39 milliards de dollars de marchandises par an, ce qui donne du travail à 73.000 personnes dans la région et à plus de 800.000 dans le pays.

Le message a été répété lundi, alors que les manifestants préparaient de nouvelles actions et que d'autres personnes devaient se joindre au mouvement plus tard dans la journée, selon un organisateur.

A Long Beach, au sud de Los Angeles, deux personnes ont été interpellées lors d'une manifestation au terminal de SSA Marine, une société contrôlée par la banque Goldman Sachs, une des principales cibles du mouvement anti-Wall Street. Dans l'après-midi, les autorités du port ont affirmé que cette action avait eu un "impact minimal sur le fonctionnement du port".

Plus au nord, à Portland en Oregon, deux manifestants ont aussi été interpellés pour possession d'armes, selon une chaîne de télévision locale. A Seattle (Etat de Washington), le rassemblement était programmé plus tard dans la journée, tandis qu'aucune manifestation n'était signalée à Anchorage, en Alaska.

Au Canada, quelques dizaines de manifestants du mouvement Occupy Vancouver ont bloqué des entrées du grand port, sans entrer en conflit avec la police, a indiqué cette dernière. Ils ont empêché l'entrée de camions dans le port et des dockers ont signalé des difficultés pour se rendre à leur travail, mais la police a dit n'avoir noté aucun délit.

Le mouvement de contestation avait commencé cet automne par l'érection de nombreux villages de tentes à travers l'Amérique du nord. Plusieurs d'entre eux ont été démantelés depuis par la police.


(©AFP / 13 décembre 2011 00h38)

 

 


 

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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 22:59

france24.com -

 

 
Après avoir dû évacuer les campements installés à travers les Etats-Unis, des Indignés ont choisi de ne pas rentrer chez eux et d’occuper des maisons abandonnées par des propriétaires victimes de la crise des subprimes.
 
Ainsi, dans une vingtaine de villes, les Indignés ont investi depuis le 6 décembre plusieurs maisons saisies par les banques. Ils ont commencé à les rénover afin de pouvoir les rendre de nouveau habitables. Cette nouvelle forme de protestation, qui a pris le nom de Occupy Our Homes [Occuper nos maisons], est pour eux une autre manière de dénoncer les "pratiques frauduleuses en matière de prêt " et les "expulsions illégales" menées par les banques.
 
Les participants de la campagne "Occupy Our Homes" ont aidé une famille sans-abri à emménager dans une maison saisie à New York.
 
La campagne "Occupy Our homes" a également pour objectif de perturber les mises aux enchères des maisons saisies et d’encourager les personnes recevant des avis de saisie à continuer à occuper leur maison. Selon une récente étude, la crise immobilière est loin d’être achevée alors que 4 millions de maisons sont menacées de saisie.
 
Squatter des maisons en signe de contestation n’est pas nouveau. Mais cette stratégie semble donner un second souffle au mouvement "Occupy Wall Street", après le démantèlement par la police des plus importants campements installés à travers le pays. Le 15 novembre, les Indignés du camp le plus emblématique, celui du Zucotti Square (près de Wall Street à New York), ont dû plier bagages. Des clôtures ont depuis été érigées autour de la place.
 
Contributeurs

"Ce n’est pas aussi facile pour la police de nous faire partir maintenant que nous sommes à l’intérieur d’une maison"

Karanja Gaçuça travaillait dans la finance. Après avoir été licencié en septembre, il a rejoint en octobre le mouvement "Occupy Wall Street".
 
Cela a toujours fait partie des projets du mouvement "Occupy Wall Street" de faire la lumière sur les injustices économiques en mettant un visage sur les pratiques dangereuses des banques, notamment les "prêts prédateurs" qui ont conduit aux saisies immobilières. C’est donc une progression naturelle pour nous.
 
Je fais partie d’un groupe qui occupe une maison dans l’est de New York. Nous sommes en train de la nettoyer et de la rénover pour permettre à une famille sans-abri de venir s’y installer. Cette famille occupe actuellement une autre maison menacée de saisie. C’est une mère célibataire avec deux enfants de cinq et neuf ans qui vivent dans une situation impossible : la maison où ils vivent n’a pas d’eau courante et n’avait pas d’électricité il y a encore peu de temps. La mère a été accueillie dans plusieurs centres d’hébergement au cours des dernières années. Quand elle a finit par recevoir l’autorisation d’emménager dans un nouvel appartement, son déménagement a été annulé presque aussitôt en raison du manque de ressources du programme social de la ville.
 
“D’une manière ou d’une autre, 'Occupy' sera présent pendant encore quelque temps"
 
 
Le voisinage a réagi de façon très positive à notre occupation. Les saisies immobilières se sont multipliées dans tout le quartier. Les voisins nous ont dit : "Notre communauté a été abandonnée par les banques et les autorités." Nous sommes ici pour leur montrer que nous nous intéressons à eux, que nous faisons tous partie des 99% . Les voisins sont ravis que nous nous engagions dans cette rénovation. Plusieurs maisons du quartier ont été condamnées, elles sont remplies d’ordures, ce qui attire des rongeurs, entre autre. Sans un entretien régulier, les maisons abandonnées finissent par s’effondrer.
 
Les politiques essaient de rejeter la faute sur les propriétaires qui ne paient pas leurs prêts. Mais on ne peut pas s’attendre à ce qu’une personne qui a commencé par payer 1 500 dollars par mois continue de faire des remboursements à hauteur de 4 000 dollars quelques années plus tard. Cela doit être rendu illégal d’augmenter à ce point les remboursements.
 
Je crois que "Occupy Our Homes" donne à notre mouvement un nouvel élan, mais nous prévoyons aussi beaucoup d’autres choses dans l’avenir, notamment des occupations de ports. D’une manière ou d’une autre, "Occupy" sera présent pendant encore quelque temps.”
 
 
Une maison "occupée" en Californie.
 
Une maison "occupée" dans le quartier est de New York.
 
Une maison "occupée" à Atlanta, en Géorgie.
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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 22:57

Médiapart - 12 Décembre 2011 Par Gabriel Colletis


Conférences pour l'ADA et pour le GREP Toulouse, novembre/décembre 2011

 La crise actuelle n'est évidemment pas une crise grecque ou qui serait née en Grèce et qui se serait propagée ensuite à la zone Euro que la Grèce aurait en quelque sorte contaminée (on parle souvent de contagion).

C'est une crise mondiale, européenne, grecque.

La crise comporte des traits communs à l'ensemble des pays. C'est aussi une crise transversale : la crise d'un système : celui du capitalisme financiarisé. Chaque pays, bien sûr, subit ses crises en fonction de son histoire, ses institutions.

 

PLAN :

  1. Les spécificités de la crise grecque
  2. Une crise importée et instrumentalisée (crise d'un système)
  3. Un risque de "contagion" ? (thèse souvent développée)
  4. Que faire ?
  5. Enseignements pour la France (conclusion)

 

1.       Les spécificités de la crise grecque

 La crise grecque est une crise en partie "importée" et instrumentalisée, en partie une crise intérieure.

Le lien entre les deux crises, la crise intérieure, liée aux spécificités de la Grèce, et la crise importée (et instrumentalisée) s'effectue par des "vecteurs de transmission".

 

Une crise intérieure liée aux spécificités du contexte grec : spécificités économiques et institutionnelles

1.1.      Des spécificités économiques

 

La faiblesse de l'industrie : les effectifs employés par l'industrie grecque représentent environ 10% de l'emploi total dans ce pays (un peu moins de 20% au début des années 90). En Allemagne, ce pourcentage est de l'ordre de 30%, en France aux environ de 16-17%.

La Grèce ne dispose donc que d'une faible base industrielle, laquelle s'est sévèrement contractée depuis 10 ans (désindustrialisation)

 

Le résultat de cette faiblesse aggravée est un très important déficit extérieur qui représente environ 10% du Pib. À titre de comparaison, le déficit extérieur de la France représente environ 2% du Pib français.

Dit autrement, les Grecs consomment beaucoup de produits qu'ils doivent importer (des biens de consommation aux achats d'armes…ces derniers représentant 4% du Pib) sans parvenir à exporter de façon significative.

 

L'excédent constaté dans les services (principalement le tourisme) ne suffit pas ou plus pour équilibrer le solde de la "balance courante".

Ce solde intègre, en effet, les intérêts nets sur la dette extérieure (160% du Pib) qui n'ont cessé de croître représentant aujourd'hui environ 7.5% du Pib.

En d'autres termes, d'un côté un excédent des services (tourisme), de l'autre un déficit important de la balance commerciale et des intérêts nets croissants sur la dette.

 

Sur le plan financier, la Grèce a longtemps bénéficié d'aides européennes (différents Fonds, dont le Fonds FEDER) conséquentes. Mais celles-ci ont décru dans la dernière période

La part de l'aide européenne dans le budget de l'État grec est passée de 1.3% en 1981 (1979, signature du traité d'adhésion de la Grèce à la CEE) à 8.5% en 1985 (multipliée par plus de 6 en une demi-décennie).

Depuis la fin des années 1990, avec l'élargissement de l'Union économique, les montants reçus au titre des Fonds européens ont cependant considérablement diminué.

Ceux-ci représentaient 4.2% du Pib en 1999 et ne représentent plus que 2.5% en 2010.

 

La diminution de l'aide européenne attribuée sur le budget des Fonds structurels explique en partie l'appel croissant de l'État grec aux marchés financiers.

La dette publique grecque, déjà assez élevée au début des années 2000 (environ 100% du Pib contre 60% "autorisés" par le traité de Maastricht), a fortement progressé depuis (160% du Pib aujourd'hui) du fait du coût des Jeux Olympiques mais aussi comme conséquence de déficits publics croissants couverts par l'emprunt.

Déficits aggravés par une récession qui dure depuis 4 ans.

 

Au final, le tableau économique et social est plutôt sombre :

Un taux de chômage très élevé, surtout parmi les jeunes : près de 20%, et plus de 40% des 15-29 ans

Une population angoissée devant l'avenir, un taux de suicide inquiétant

Une croissance économique en berne

Un important déficit extérieur doublé d'un déficit des finances publiques (déficits jumeaux)

Une dette importante, aggravée par la récession et le coût élevé des emprunts.

 

1.2.      Des spécificités institutionnelles

 

Les économistes ou les sociologues ont coutume de considérer des institutions formelles –les organisations- et des institutions informelles, qui relèvent de la culture et des usages.

Les institutions constituent ce qui permet à une société d'exister et de fonctionner. Elles produisent des normes, des valeurs et assurent le lien social.

La faiblesse ou la dégradation des institutions en temps de crise est synonyme de tensions sociales exacerbées, de perte de repère anxiogène (l'état de santé des Grecs, le taux de suicide en forte progression en témoignent), de difficulté à maintenir ou renouveler les compromis constitutifs du fonctionnement d'une société.

 

Parmi les institutions grecques, deux institutions jouent un rôle déterminant : la famille et l'Église. Ce rôle est ambivalent, affaire de contexte.

La famille joue, en Grèce, un rôle essentiel, à la fois protecteur (on le voit aujourd'hui avec le retour ou le maintien de nombreux jeunes dans leur famille du fait de la crise) et relai d'un certain contrôle de la norme sociale.

Cette norme promeut davantage l'individu que le groupe et nombre d'observateurs se sont accordés pour dire que la Grèce était composée de 10 (11) millions d'individualités.

Nous reviendrons sur ce point.

 

L'Église joue également un rôle important avec une coupure sans doute plus forte qu'ailleurs entre le clergé (les popes) qui vit avec le peuple et le haut-clergé, très institutionnalisé.

Comme cela est à présent connu, l'Église grecque ne participe que très modérément à l'effort fiscal alors qu'il s'agit du premier propriétaire immobilier de Grèce.

 

Mais ici, nous voudrions insister davantage sur deux autres spécificités institutionnelles de la société grecque : la faiblesse de l'État et la difficulté à faire prévaloir le bien commun et le bien public.

 

La faiblesse de l'État est sans doute le legs le plus lourd de l'époque ottomane et de la période qui a suivi l'accès à l'indépendance (à partir de 1821).

Cette période a vu le jeune État grec être totalement manipulé par les grandes puissances (Angleterre, France, Bavière, Russie) qui ont contribué à l'aider à secouer le joug ottoman mais qui l'ont traité en État mineur.

L'État grec, avec un effectif pléthorique du au clientélisme, n'aura jamais réussi à mettre en place une administration fiscale digne de ce nom. De nombreux repères d'un État de droit n'existent pas en Grèce ou existent dans un état de forte désorganisation. On pense ici au cadastre, inexistant dans certaines régions ou existant dans d'autres, mais de façon très approximative, ce qui explique sans doute les très nombreux litiges concernant la propriété immobilière.

Les services publics sont connus pour leurs graves disfonctionnements et insuffisances, voire la corruption qui y règne.

Le système politique grec est marqué non seulement par le clientélisme mais aussi le poids des grandes familles. Plus grave cependant, la classe politique grecque semble incapable de faire émerger des solutions répondant à la gravité de la crise et semble s'être coupée du peuple (comme dans de nombreux autres pays, y compris les pays considérés comme démocratiques).

 

Le rapport des Grecs à la chose publique et aux biens communs est, comme nous l'avons dit, un rapport souvent dégradé. La collecte de l'impôt est difficile non seulement en raison de l'état de faible organisation de l'administration fiscale mais aussi parce que les Grecs, prenant prétexte de la corruption et de la déficience des services publics, sont réticents à payer l'impôt.

Or sans impôt, comment envisager des services publics de qualité et comment assurer la nécessaire redistribution synonyme de plus grande équité ?

De ce point de vue, la protection des armateurs grecs par la Constitution du pays s'exprime par le fait que ceux-ci sont exemptés du paiement de l'impôt sur les bénéfices. Les armateurs peuvent alors jouer le rôle "d'évergètes". Les évergètes sont des bienfaiteurs qui décident librement de leurs dons. Plutôt que d'avoir à payer l'impôt de la république (ou de la démocratie), les armateurs grecs préfèrent décider par eux-mêmes d'acheter des ambulances, financer un hôpital ou une école.

L'Église ne paie donc pas d'impôt, les armateurs non plus alors qu'il s'agit de deux des principaux détenteurs du patrimoine grec.

Dans une conférence antérieure, nous avons pu dire que si certains Grecs étaient riches, voire très riches, la Grèce, elle, était pauvre.

 

Mais le rapport le plus dégradé au bien commun concerne le rapport à la nature. La pollution en Grèce est une des plus importantes d'Europe pour ce qui est des déchets ménagers. Il est fréquent de voir des plages sales, des bords de route souillés, des lacs en train de mourir, des décharges sauvages dans des lieux où la nature est à la fois belle et fragile.

Nous n'évoquerons pas les terribles incendies qui se sont produits il y a deux ans et qui condensent la plupart des problèmes : terres abandonnées et laissées en friche, contestations sur la propriété, manque de moyens de lutte contre les incendies, désorganisation, recul de l'esprit civique.

 

Dans l'inventaire des institutions que nous venons de faire, nous aurions pu ajouter des institutions comme les banques, la sécurité sociale, le droit du travail…

Ce qui frappe, le dénominateur commun des observations que nous venons de faire est l'état d'extrême faiblesse des institutions grecques.

Nul doute que la faiblesse extrême des institutions grecques ainsi que l'anémie des capacités productives sont deux traits constitutifs de la profonde crise que traverse la société grecque en même temps qu'ils sont des vecteurs de transmission de la crise cette fois externe que la Grèce aura importée.

 

2.       Une crise importée et instrumentalisée

 

La Grèce fait partie du monde capitaliste et, sur le plan institutionnel comme économique, elle est membre de la zone Euro.

Il ne fait pas de doute que combinée aux spécificités singulières de ce pays, la crise du monde capitaliste en général et celle de la zone Euro en particulier ont produit en Grèce un mélange particulièrement délétère (poison, en grec).

 

2.1.1      De quelle crise voulons-nous parler ?

 

Le thème est large et nous serons ici succincts par nécessité.

Plus large ou plus profonde qu'une crise des finances publiques, la crise actuelle du capitalisme est celle d'une rupture du pacte social.

Le passage de l'internationalisation à la mondialisation marque une rupture signifiant une mise en concurrence généralisée des travailleurs ainsi qu'une rémunération privilégiée des détenteurs du capital au détriment à la fois de l'investissement productif et des salaires.

Le compromis capital/travail noué après-guerre est rompu partout même si cela se fait dans des conditions particulières à chaque formation sociale nationale (en France, la désindexation des salaires sur les prix et les gains de productivité, mars 1983).

Les États restent du côté des intérêts dominants (capital financier, capital industriel) mais le destin de ceux-ci ne coïncide plus avec celui des Nations. La conséquence politique considérable de ce basculement est que les États, désormais, ne sont plus en capacité de promouvoir un projet national de développement.

Partout se multiplient les niches fiscales dont bénéficient principalement les grands groupes alors que la contribution de ceux-ci à la croissance et à la cohérence du tissu économique et industriel national devient de plus en plus ténue, voire devient négative (les groupes français comme américains sont en large partie responsables de la dégradation du commerce extérieur).

Partout le droit du travail est déconstruit, partout les salaires sont contenus ou baissent au nom de la compétitivité, objectif dissimulant (mal) celui de rentabilité.

Partout, les banques centrales et les États socialisent les pertes et privatisent les bénéfices, prenant le risque de dégrader considérablement la crédibilité de la monnaie et d'affecter durablement les comptes publics.

 

Non satisfaits d'avoir provoqué une crise d'une exceptionnelle gravité, les forces politiques et financières à la manœuvre en profitent pour opérer une grave régression sociale et démocratique.

Pour ce faire, ils prennent appui sur la nécessité de "rassurer les marchés financiers" (sic), faute de quoi le coût de la dette publique deviendrait exorbitant rendant impossible tout rétablissement des comptes de l'État considéré comme un préalable au retour de la croissance.

La séquence semble à présent bien rôdée, répété à satiété par moultes experts, journalistes et politiques : rassurer les marchés (ces éternels inquiets) en réduisant les déficits par une action sur les impôts (à la hausse) et sur les dépenses publiques (à la baisse).

L'État est appelé partout (par les marchés financiers, les agences de notation, de nombreux "experts", des journalistes avisés…tout un monde) à mettre en œuvre sans tarder davantage des plans d'austérité synonymes de baisse des salaires et des retraites (sans lien évident avec les déficits publics) et à privatiser ce qui peut l'être.

 

Enfin, en Europe, le pouvoir politique est cédé à des technocrates "apolitiques" en même temps que le mot de "gouvernance" revient sans cesse davantage pour signifier la mort progressive programmée des gouvernements nationaux.

On nous annonce une réforme des traités (qui semble devoir être décidée sans que les peuples n'aient leur mot à dire) dans le sens d'un plus grand fédéralisme qui passerait, notamment, par une mise sous contrôle des budgets nationaux qui seraient d'abord examinés par les instances européennes avant d'être débattus par les représentations nationales. On nous annonce aussi des sanctions contre les États qui ne respecteraient pas les règles de discipline budgétaire…

 

2.1.2      La crise du capitalisme importée en Grèce

 

Le premier plan d'austérité adopté en Grèce l'est au lendemain des élections remportées par le Pasok (Parti socialiste grec).

En l'espace de quelques jours, le peuple grec doit constater, médusé, la mue conduisant à abandonner toute référence à un programme appelant au progrès social pour une politique considérant que la baisse des salaires et celle des retraites est un impératif.

Les Grecs apprennent que la situation de leur pays serait nettement plus grave que celle décrite jusque-là. Les déséquilibres des comptes publics sont réévalués, la croissance dévaluée.

 

Les Grecs ont donc triché avec leurs comptes…mais ils ne l'ont pas fait seuls.

Il est inexact de dire que les institutions européennes et internationales ignoraient les manipulations des comptes publics et des comptes nationaux. Mieux ou pire, elles ont été des acteurs majeurs de ces manipulations.

Sans chercher à stigmatiser des personnes, il est difficile de ce point de vue d'oublier que le nouveau patron du Saint-Siège européen de la finance, la BCE, Mario Draghi, supposé surprendre par sa rigueur et sa rapidité d'esprit, entre 2002 et 2005, a été au service de Goldman Sachs. Plus précisément, il était "vice-président pour l'Europe-Goldman Sachs International, entreprises et dette souveraines". Il a donc assuré le suivi du contrat grec de cette banque vendu au gouvernement socialiste Simitis consistant en un swap en devises permettant à la Grèce de se protéger des risques de change en transformant en Euros la dette initiale émise en dollars. "L'astuce" a permis à la Grèce d'inscrire cette nouvelle dette en Euros dans son hors-bilan et de la faire, momentanément, disparaître...

Non content d'avoir contribué à ce maquillage des comptes, Mario Draghi l'a, à l'époque, conceptualisé en signant un article avec un prix Nobel d'économie, un certain Robert Merton que d'aucuns ont peut-être en mémoire. Dans cet article, le recours à ces pratiques légales de dissimulation de créances est décrit comme ayant pour but de "stabiliser les revenus de l'impôt et éviter la soudaine accumulation de dettes".

On peut se demander –en marge de cette conférence- comment des personnes ayant commis de tels actes peuvent aujourd'hui accéder à des fonctions aussi importantes que celle de gouverneur de la Banque centrale. Mais il est vrai que la BCE n'est pas la seule institution dans ce cas. Il suffit de penser aux responsables au plus haut niveau du FMI, les français DSK et Christine Lagarde (cette dernière ayant quelques ennuis liés à l'homme d'affaires, lui aussi particulièrement "astucieux", Bernard Tapie).

 

Les Grecs ont donc triché avec leurs comptes publics mais cela était parfaitement connu et ils ne l'ont pas fait seuls. Du reste, en Europe, qui ne triche pas avec ses comptes publics ?

Certainement pas l'Allemagne. Ce que les Allemands appellent le "Sondervermögen", un Fonds spécial, leur a permis depuis 2008 de comptabiliser des dizaines de milliards d'Euros déboursés ou offerts en garantie afin de relancer l'économie et sauver le secteur financier allemand…sans que ces sommes ne soient prises en compte dans le calcul du déficit public. Si ces sommes avaient été prises en compte, le déficit public allemand en 2009 aurait été non de 3.2% du Pib mais de 5.1%, soit un pourcentage proche de celui observé pour l'État français.

Autre erreur ou manipulation des comptes publics, début novembre, la dette allemande s'est allégée de plus de…55 milliards d'Euros suite à un "impair comptable". Une "bad bank" allemande (structure dite en France de "défaisance"), propriété de l'État, a cumulé 55 milliards d'erreurs de trésorerie, les comptables mandaté par l'État ayant, apparemment, confondu…addition et soustraction.

 

Accusés de s'être comportés en cigales ayant trop chanté, les Grecs sont donc sonnés…ou sommés de mettre en œuvre des mesures d'austérité drastiques.

Nous n'entrerons pas dans le détail des mesures adoptées dont il est apparu de plus en plus nettement, d'un plan d'austérité à l'autre, qu'elles étaient conçues et désormais contrôlées dans leur mise en œuvre par le FMI, la BCE et la Commission européenne (la "Troïka").

Ceci vaut aussi pour le projet de budget 2012 du nouveau gouvernement dont il a été dit par le ministre grec des finances que "les chiffres n'ont pas été élaborés par nous-mêmes mais par les partenaires institutionnels de la Grèce, avec une grande rigueur" (on peut leur faire confiance, surtout s'il s'agit du nouveau patron de la BCE, orfèvre en la matière)

 

Nous n'évoquerons pas non plus la réaction des dirigeants européens lorsque l'ex-premier ministre grec a envisagé un moment (avant de démissionner) un référendum dont la question aurait pu ou dû être non pas "souhaitez-vous ou non rester dans la zone Euro ?" mais "acceptez-vous ou non les mesures prévues par l'accord du 27 octobre ?" (mesures dont on rappellera qu'elles prévoient un effacement partiel de la dette privée grecque en l'échange de la mise en œuvre de mesures d'austérité, de privatisations et de dérégulation du marché du travail).

 

Qu'il s'agisse du rôle de la Troïka dans la conception et le contrôle des mesures prévues dans les plans d'austérité, ou de la réaction des dirigeants européens suite à l'annonce du referendum vite avorté, ce qui est frappant est le peu de cas fait de la souveraineté de la Grèce. Ceci s'explique par l'extrême faiblesse des protections institutionnelles que nous avons évoquées précédemment.

 

Au final, la crise du capitalisme importée en Grèce a deux composantes essentielles :

-        La mise en œuvre d'une doxa économique qui prétend sortir de la crise en la faisant payer à ceux qui la subissent, sans issue possible sur le plan social comme économique puisque l'austérité aggravée enfonce le pays dans la dépression rendant impossible l'objectif énoncé de rétablissement des finances publiques

-        L'asservissement du pays par le service d'une dette sans cesse plus lourde. Si les besoins de financement de la Grèce, en principe, ne passent plus par les marchés financiers étant assurés par les aides européennes et le FMI, on remarque néanmoins que le rendement des emprunts à 10 ans de l'État grec a atteint plus de 16% contre moins de 2% pour les emprunts de l'État allemand.

 

Puisque le levier idéologique grâce auquel le cours régressif de la politique économique et sociale a été justifié, s'est appuyé sur l'objet que constituent la dette et les déficits, nous les évoquons à présent dans les termes qui sont ceux fréquemment employés du "risque de contagion".

 

 

3.       Un risque de "contagion" ?

 

Avec 2% du Pib européen, la Grèce serait en mesure de faire vaciller l'édifice européen…

La thèse d'une Grèce "laboratoire" exploratoire me semblerait plus convaincante.

 

L'image de la contagion est celle d'un virus qui naît quelque part puis se propage.

Mais quel virus est né en Grèce, autre, bien sûr, que celui de la démocratie ?

Certainement ni celui des déficits ni celui de la dette.

 

Plutôt que de contagion, j'utiliserai une autre image : celle de la "boule de neige".

Les États qui sont en récession (cas de la Grèce depuis 4 ans) ou en faible croissance (cas des autres pays européens, dont la France et l'Allemagne bientôt) et qui sont confrontés à une remontée de leurs taux d'intérêt (la Grèce…la France aussi, désormais) doivent se refinancer de plus en plus cher…si bien que le service de leur dette grève de plus en plus leur budget.

Ils semblent alors contraints de baisser leurs dépenses et/ou de relever leurs impôts (TVA, par exemple)…ce qui pèse sur l'activité économique =>spirale régressive.

 

Faible croissance + remontée des taux =>service de la dette plus coûteux => déficit croissant => hausse des impôts et/ou baisse de la dépense publique => récession…

 

Ce qui est arrivé à la Grèce –cette spirale récessive- était parfaitement prévisible (je l'ai indiqué dès le premier plan proposé par Papandreou, vérification aisée sur mon blog).

 

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, cela se produira en France…sauf si le peuple de ce pays dénonce cette impasse perverse qu'on cherche à lui imposer

 

La question est, alors, la suivante : puisqu'il s'agit d'une impasse, pourquoi les gouvernements persévérèrent-ils donc dans cette voie ?

 

 

Parce que cette machinerie est une machinerie contre les peuples et contre la démocratie. 

Sous prétexte de diminuer les déficits, on enclenche ou on aggrave en le sachant une récession et on accentue l'endettement, ce qui permet de légitimer :

-        La baisse des salaires (des fonctionnaires d'abord puis ceux du privé, au nom de la compétitivité) et celle des retraites

-        La décodification du droit du travail

-        Les privatisations

-        Le saut vers une Europe fédérale, tournant le dos à la démocratie (une gouvernance par les chiffres plutôt que des gouvernements responsables devant les peuples).

 

4.      Que faire ?

 

Sortir ou non de la zone Euro ?

Faire ou non défaut ?

Ce sont des questions immédiates que l'on ne peut éluder.

Répondre à ces questions est une nécessité mais la pertinence de la réponse apportée dépend de la façon dont elle s'insère dans une perspective d'ensemble.

En d'autres termes, la réponse n'a de sens que si elle est une composante d'un projet global, inscrit ou phasé dans le temps.

 

Il est sûr que l'appartenance à la zone Euro, après avoir produit bien des facilités, produit aujourd'hui des contraintes qui ne sont que trop évidentes.

La tentation est grande de répondre par la positive aux deux questions :

-        Sortir de la zone Euro donc

-        Et faire défaut.

 

L'exemple argentin est ici souvent mobilisé.

Comme la Grèce, l'Argentine a connu les éléments suivants :

-        Dévaluation impossible (arrimage au dollar)

-        Explosion des déficits publics

-        Spirale récessive

-        Intervention du FMI…

Et, en effet, l'Argentine a massivement dévalué sa monnaie (le peso est détaché du dollar) et le pays se déclare en défaut…

 

Alors ? Suivre l'exemple argentin ?

Il faut aussi examiner les différences Argentine/Grèce :

L'Argentine, avant cette double rupture :

-        A connu une croissance exceptionnellement forte pendant près de 10 ans

-        Disposait d'un secteur exportateur agricole très puissant

-        Et souffrait d'une situation d'hyperinflation : 5000% à la fin des années 80 !

-        Ne faisait pas partie d'une Union économique et monétaire (disposait donc encore de sa monnaie nationale, même si celle-ci était très dévalorisée).

 

Le principal obstacle à une sortie de la zone Euro pour la Grèce ne me semble pas être financier, dès lors que serait déclaré un défaut de paiement.

Certes, l'État grec ne recevrait plus les aides qu'il reçoit ou que ses banques reçoivent.

Mais l'État grec non seulement doit les rembourser mais il doit s'acquitter d'une charge écrasante de la dette (7.5% du Pib).

Précisons aussi que les plans d'aide successifs (chèrement payés en termes de "contreparties") ont surtout permis à Athènes d'honorer ses paiements pour préserver le système financier.

Est-ce le seul objectif d'un gouvernement ?

 

 

 

Le vrai problème nous semble être ailleurs.

La sortie de la zone Euro signifie le retour de la drachme. La nouvelle drachme serait sans doute immédiatement fortement dépréciée par rapport à l'Euro et au dollar…

Ce qui entraînera ou entraînerait une très forte augmentation du prix de tous les produits que la Grèce importe.

Or une part de ces produits est difficilement compressible car les Grecs en ont besoin et ils ne les produisent pas ou plus.

La désindustrialisation de la Grèce va alors révéler sa principale conséquence, sa principale expression : l'appauvrissement du pays.

 

 

Que faire alors ?

La réponse doit être inscrite dans le temps, doit comporter des étapes.

Les mesures d'urgence et de moyen terme ne doivent pas être mises sur le même plan que les mesures de long terme.

 

  1. Mesures d'urgence et mesures de moyen-terme

À court terme, le défaut de paiement semble souhaitable ainsi que la sortie de la zone Euro.

Dans le même temps, le gouvernement doit stopper net la politique d'austérité et, au contraire, prendre des mesures de soutien de l'économie.

 

Un audit de la dette doit être entrepris et pendant ce temps la dette doit être gelée.

Comme l'a écrit récemment un économiste français, François Chesnais[1], un audit citoyen de la dette est avant tout un acte politique : faire pénétrer le peuple là où il n'est surtout pas convié : dans le monde de la finance. 

 

Les banques devront être nationalisées et la Banque de Grèce devra financer l'État mais aussi garantir les avoirs des déposants afin d'éviter les paniques bancaires et les fuites massives de capitaux

 

À terme, s'agissant de la dette :

-        La dette étrangère "incontestable" devra être renégociée avec les créanciers

-        La dette grecque (détenue par des résidents grecs) devra progressivement se substituer à la dette étrangère. Les nouveaux emprunts grecs devront faire appel prioritairement à l'épargne nationale, y compris à l'épargne populaire. La perspective est bien celle d'une nationalisation progressive de la dette (comme au Japon).

 

L'introduction de la drachme nouvelle aboutira à un renchérissement du coût des importations et donc à un choc négatif inévitable sur la demande intérieure.

Probablement, la demande intérieure pour les produits manufacturés importés reculera sensiblement. Mais dans le même temps, lorsque ces produits existent, les produits grecs regagneront en compétitivité.

Mais ce choc sur la demande semble préférable à ceux qui résultent des plans d'austérité successifs qui ne conduisent nulle part ailleurs que vers un asservissement et un déclin du pays.

 

À terme, l'objectif sera de reconstituer une offre grecque en faisant un effort d'intégration des filières. Par exemple, entre l'agriculture et l'industrie agro-alimentaire, entre l'industrie textile grecque et l'industrie de l'habillement, dans l'industrie du bois.

Les avantages constitutionnels concédés aux armateurs devront être renégociés et les outils de solidarité entre la construction navale, la réparation navale et l'armement naval repensés.

Toute la filière du bâtiment devra être repensée pour l'orienter vers la construction de bâtiments économes.

 

  1. Sur le long terme : le travail de (re)construction des institutions

 

La Grèce comme de nombreux autres pays européens devra construire ou reconstruire ses institutions nationales et locales.

En commençant par ses services publics : écoles, hôpitaux et système de santé.

En reconstruisant le droit : droit du travail et droit social d'abord mais aussi droit de l'entreprise, droit de la propriété.

Mais c'est l'État dans son ensemble que les Grecs devront se réapproprier.

Pour cela, un seul moyen : la démocratie directe.

L'intervention directe du peuple citoyen, le demos. Pour cela, nul doute que la Constitution devra être changée pour permettre au peuple citoyen de s'exprimer directement, sans médiation.

Ceci ne signifie pas que les partis politiques n'auraient plus de rôle. Leur rôle serait celui de transformer la volonté du peuple en projet puis en programme de gouvernement.

Les décisions politiques majeures (sur la dette, l'impôt, les grands investissements de la Nation) seraient toujours prises par le peuple citoyen et validées par lui.

L'économie serait, enfin, mise au service des hommes, dans le respect de la nature.

Cette économie devra répondre prioritairement non à des objectifs de compétitivité externe (une dangereuse obsession) mais aux besoins intérieurs, ce qui ne signifie nullement un repli du pays sur lui-même, au contraire.

La synthèse est bien celle d'un projet de développement inséparable d'une démocratie refondée.

 

L'avenir de la Grèce s'écrira en grec, de même que celui de la France sera écrit par le peuple de ce pays.

Nous allons donc conclure en essayant de tirer quelques enseignements pour la France.

 

 

5.      Quels enseignements pour la France  (conclusion)

 

…à quelques mois des élections présidentielles.

 

Le principal piège rhétorique ou politique est celui du discours sur la dette, le triple A, le risque de récession si l'État français perd son triple A.

 

Tout ceci conduit à deux propositions très proches (alternance sans alternative) :

-        Il n'y a d'autre issue que l'austérité

-        Tout ne sera pas possible…A la trappe donc les emplois jeunes, les postes d'enseignant.

 

Aux larmes citoyens pour défendre le triple A !

 

On se rappellera qu'un piège de même nature a été posé à la fin des années 70 avec la création du SME.

En 1981, lorsque le gouvernement français fraîchement élu a voulu mettre en œuvre son programme de relance, les déficits extérieurs (balance commerciale) et intérieurs (déficit public) se sont aggravés faute d'une volonté politique de prendre le chemin de la sortie du SME.

 

Ce fut alors ce que l'on a appelé le "débat interdit".

"La parole de la France a été donnée. La France doit respecter ses engagements internationaux", nous a-t-on dit.

 

On connaît la suite : un plan de rigueur en 82, la désindexation en 83 puis l'austérité salariale sans fin depuis.

 

Mutatis mutandis, la dette et les déficits, l'appartenance de la France à la zone Euro, ces nouvelles formulations de la "contrainte extérieure" ont comme objectif de poser un verrou sur les aspirations à une vie meilleure.

 

Mutantis mutandis…sauf qu'entre temps, nous avons basculé dans un capitalisme financiarisé, c'est-à-dire un capitalisme à la fois dérégulé et autoritaire.

 

Le combat pour la démocratie est partout l'impératif premier.

Le fondamentalisme religieux, le retour ou le maintien de l'armée au pouvoir ne sont de bonne solution pour aucun pays du monde.

En Europe (en Italie, en Grèce), la désignation de gouvernements dirigés ou composés de "technocrates" n'ayant reçu aucun mandat électif est un manquement grave à la démocratie. Idem d'une gouvernance européenne renforcée par une modification des traités, fût-elle légitimée par la mascarade que constituerait l'élection du Président de la Commission européenne au suffrage universel.

 

Il paraît que les marchés (qui sont-ils ? quels individus les manipulent pour leur propre avantage ? comment ne pas faire le lien avec la croissance très forte des inégalités ?) s'inquiètent des perspectives de croissance de la France.

Eh bien rassurons-les non en recherchant les moyens artificiels de la croissance (endettement) mais en proposant un nouveau projet de développement.

 

 

Pour cela, en France comme en Grèce, nous devons :

-        dénoncer le système actuel, les politiques qui le sous-tendent et l'idéologie qu'elles véhiculent (l'idéologie libérale et son modèle de base : le "consensus de Washington") 

-       Mais les dénonciations ne suffisent plus. Il convient de reconstruire nos institutions, notre démocratie et notre appareil productif.  

-       Le pouvoir appartient au peuple, s'il le décide ainsi. 

 

 



[1] François Chesnais, Les dettes illégitimes. Quand les banques font main basse sur les politiques publiques, Raisons d'Agir, 2011

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Grèce
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