Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 15:53

Rue89 - Emilie Brouze Journaliste

 

Face à l'explosion des demandes, les moyens engagés ne permettent pas au gouvernement de mettre en place la stratégie du « housing first » adoptée en 2009.

 


Un bénévole du Samu social d'Angers prépare des couvertures (Stéphane Mahé/Reuters)

En 2009, la France a vécu un changement radical de stratégie quant à la prise en charge des sans-domicile.

Le gouvernement a en effet adhèré au principe du « housing first » (ou « logement d'abord ») : plutôt que de balader les SDF d'un hébergement d'urgence à un autre, la stratégie consiste à les accompagner au plus vite vers un logement pérenne, où ils recevront un suivi social.

1

Une situation « terrible » qui empire depuis dix ans

 

Depuis des années, la France assure une prise en charge en « escalier » des sans-abri, avec différents paliers d'hébergement successifs.

Quand une personne appelle le numéro d'urgence 115 et si le service n'est pas saturé, elle est dirigée vers une structure d'accueil. A Paris, c'est plutôt l'hôtel. Sinon, en moyenne, les nuitées sont attribuées...

  • à 53% dans des centres d'hébergement d'urgence,
  • à 40% en hôtel,
  • à 7% dans une autre structure (hébergement de stabilisation ou d'insertion, maison relais ou résidence sociale).
150 000 SDF
En France, 150 000 personnes seraient sans-abri, contre 85 000 il y a dix ans. La population est composée de familles, de jeunes, de travailleurs pauvres et d'étrangers.

Sur le terrain, la situation est « terrible », rapportent les responsables des associations. En cette fin d'année, 150 à 200 demandes au Samu social se retrouvent non pourvues. Eric Molinié explique :

« On loge toutes les familles qui appellent. Mais pour les personnes isolées, il manque des places. C'est pire que l'année dernière : la précarité augmente. »

L'équation est implacable. Les places sont plus nombreuses mais pas suffisantes pour satisfaire les demandes croissantes :

  • il y a 58% de places en plus entre 2004 et 2011 ;
  • les besoins ont bondi de 75% entre 2001 et 2010.

Résultat : ça embouteille, autant au niveau des entrées que des sorties vers la suite de la réinsertion.

La Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (Fnars) a procédé à une enquête sur les appels reçus au 115 durant une journée de juillet 2011. La conclusion est effarante : 65% des demandes donnent lieu à un « non » par manque de places disponibles.

« Il est évident qu'on manque de moyens »

« Il est évident qu'on manque de moyens », élude Eric Molinié. Une observation attestée par la Cour des comptes dans son rapport critique sur les politiques d'hébergement, rendu le 15 décembre 2011. La cour demande notamment une augmentation des capacités d'hébergement en zones tendues (Ile-de-France ou Provence-Alpes-Côte d'Azur).

Mais les juges préconisent aussi d'accélérer la politique d'insertion engagée par le gouvernement, estimant que la politique du « logement d'abord » ne concerne pas assez de mal-logés, et que les « résultats escomptés ne sont pas encore atteints ».

2

Le « logement d'abord », une belle stratégie sur le papier

 

« Housing first »
A New-York, des programmes de « housing first » ont débuté dans les années 1990 puis ont été généralisés sur tout le territoire. Entre 2005 et 2007, 30% des sans-abri ont été relogés.

Sur le principe, les responsables d'association se félicitent de cette stratégie. Avec quelques nuances : pour Eric Molinié du Samu social, « le slogan est un peu raccourci ».

Il préfère l'idée de « soigner d'abord, loger (au plus vite) ensuite » : beaucoup de SDF ne sont pas prêts à emménager de suite. Un tiers souffre d'ailleurs de maladies, précise-t-il.

Autre problème : le manque de logements tout court. Un point que relève Xavier Emmanuelli et dont le ministre est conscient : « Il faut continuer à construire », reconnaît Benoist Apparu

Débat sur le principe du « logement d'abord »

Benoist Apparu, Xavier Emmanuelli et Pierre Chauvin (septembre 2011).

Il existe en France une myriade de micro-projets pour réinsérer les sans-domicile. Mais il est impossible de chiffrer le nombre de places exact afin de mieux articuler les politiques, regrette Matthieu Angotti, directeur du Fnars :

« On a déjà un problème de connaissance de l'existant. »

La loi DALO
Votée en 2007, cette loi doit permettre aux mal logés de disposer d'un recours pour trouver un toit. Elle reste très mal appliquée : selon un rapport publié en décembre, l'Etat est toujours plus « hors-la-loi ». Matthieu Angotti du Fnars observe : « C'est un indicateur assez terrible des difficultés de mise en oeuvre du logement d'abord. »

En novembre, dix territoires pilote (dont l'Ile-de-France, le Gard ou l'Isère) ont été selectionnés pour expérimenter le « logement d'abord » en 2012.

Le dispositif Solibail, qui permet à une association de jouer le rôle de tiers entre le bailleur et l'occupant, a déjà permis de capter 1500 logements en Ile-de-France depuis 2009.

En juillet, Benoist Apparu assurait, dans une interview au Monde parue en juillet :

« D'ici la fin de l'année, 4 500 places d'hôtel seront substituées par 4 500 places de logement. »

Mais avec 1 800 places effectives en décembre, on est loin des comptes. Le ministre réagit :

« Oui, ça ne va pas assez vite. Mais attention, on n'a pas fermé de chambres d'hôtel. »

Pour Matthieu Angotti, deux moyens permettraient d'avancer : engager une « politique de logement ambitieuse » et « investir dans des programmes d'accompagnement au logement. »

L'hébergement d'urgence ne va pas disparaire entièrement

Au téléphone avec Rue89, Benoist Apparu assure que les places d'hébergement ne seront pas toutes remplacées par des logements :

« L'hébergement va devenir subsidiaire. On aura toujours besoin d'un sas. Une partie du public n'a aussi pas l'autonomie suffisante pour aller dans des logements tout de suite. »

Le ministre rappelle également que les SDF sans-papiers ne peuvent pas être logés.

Pour Eric Molinié, l'hébergement sera, comme dans un hôpital, le lieu où l'on traite les urgences et où l'on trouve la porte de sortie vers l'insertion. Dans ce sens, une institution comme le Samu social, concentrée sur l'hébergement d'urgence, est amenée à évoluer.

3

En Europe, plusieurs pays adoptent une approche décentralisée

 

Les stratégies de prise en charge des sans-domicile, qu'on peut voir sur la carte en haut de cette page, varient en Europe. On remarque cependant que :

  • Dans plusieurs pays les services sont décentralisés et donc organisés au niveau régional et local. Exemple : l'Allemagne, l'Italie ou l'Espagne.
  • Plusieurs pays développent le « logement d'abord ». Exemple : la Finlande (le modèle en la question) ou le Danemark.
Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 15:46

 

28/12/2011 à 14h39

Pascal Riché Redchef Rue89


 

Turner : Le déclin de l'empire carthaginois, 1817. (Tate Gallery)

Le « déclinisme », vous vous souvenez ? Ce courant de pensée qui, derrière l'intellectuel libéralo-gaullo-aronien Nicolas Baverez, au début des années 2000 décrivait une « France qui tombe » sous le poids de ses rigidités étatiques.

Les libéraux semblaient baisser les bras face à l'inertie de la société. Des économistes de gauche, comme Jean-Paul Fitoussi, haussaient les épaules : si la France connait une telle crise, disaient-ils, c'est que les politiques mises en oeuvres sont mauvaises : il suffirait d'une bonne politique (keynésienne) pour que tout reparte.


David Brooks, dit « bobo » (Bibliothèque du Congrès)

Après « Trois hommes et un coufin » et « Les Visiteurs », cette production franchouillarde est en train de connaître un remake aux Etats-Unis.

Le Baverez local est un éditorialiste conservateur très réputé, David Brooks.

On lui doit en France un sociostyle usuel, le « bobo » (un mot qui a quasi-disparu aux Etats-Unis, après un été de célébrité en 2000).

Dans un éditorial remarqué, publié le 26 décembre, Brooks rejette la comparaison de la crise actuelle avec les années 30 :

« Dans les années 1930, les gens pouvaient compter sur l'Etat pour apaiser leurs craintes et restaur leur confiance. Aujourd'hui, les Américains ont davantage tendance à craindre l'Etat que d'être par lui rassurés. »

« L'Amérique a besoin d'une “mid-life crisis” »

Il y a un siècle, écrit-il encore, l'économie américaine était une vibrante « job machine » ;

« L'industrialisation était volatile et cruelle, mais elle produisait des millions de nouveaux emplois, aspirant le travail sur l'ensemble du territoire et à l'étranger.

Aujourd'hui, l'économie n'est pas une machine à emplois et son moteur tourne au ralenti. Le nombre de créations d'entreprises déclinait avant même la crise financière de 2008.

Les grandes entreprises découvrent qu'elles peuvent s'accommoder d'effectifs moindres. Comme le Président l'a remarqué, des usines qui employaient 1 000 travailleurs peuvent maintenant être aussi productives avec moins de 100 d'entre eux. »

Sa conclusion : au début du XXe siècle,

« l'économie était à l'âge de l'adolescence et il s'agissait de la contrôler. Aujourd'hui, l'économie a atteint l'âge mur et il s'agit de la rajeunir ».

Le pays a besoin d'une « mid-life crisis », une crise de la cinquantaine.

Par « rajeunir », il faut comprendre, chez Brooks : faire maigrir l'Etat et se débarrasser des règlementations inutiles. Revenir à une morale basée sur la « rectitude » et les « sacrifices ».

Economie libertaire et valeurs conservatrices

Au début du XXe siècle, par exemple, « l'idée même de dette était une horreur morale » et les hommes devaient épouser les femmes qu'ils mettaient enceintes, écrit l'essayiste.

« Il y a un siècle, nous avions une économie libertaire et des valeurs conservatrices. Aujourd'hui, nous avons une économie oligarchique et des valeurs morales libertaires – une mauvaise combinaison. »

Paul Krugman, prix Nobel d'économie, solide keynésien, lui aussi chroniqueur dans le New York Times, a endossé le rôle de l'anti-décliniste. Dans un billet titré « le défaitisme de la dépression », il prend le contre-pied des thèses de Brooks :

« On entend partout des gens déclarer que les bons jours sont désormais derrière nous, que l'économie a subi une perte générale de dynamisme, qu'il est irréaliste de s'attendre à un retour rapide au plein emploi. Des gens disaient la même chose dans les années 30 !

A l'approche de la Seconde Guerre Mondiale, une relance budgétaire enfin adaptée à la situation a soudain permis de créer suffisamment d'emplois et ceux qui étaient considérés comme des travailleurs inemployables et inutiles sont devenus très productifs, merci. »

« Une élite qui préfère coller à ses préjugés »

Selon Krugman, absolument rien ne permet de dire que cette récession est due à autre chose qu'un bête problème de demande insuffisante.

« On pourrait le surmonter en quelques mois en engageant des politiques adéquates. Notre problème n'est pas, au final, économique ; il est politique, généré par une élite qui préfère coller à ses préjugés plutôt que faire redémarrer la nation. »

Dans un article du Monde titré « Déclin ou régression sociale ? », publié le 17 septembre 2003, Jean-Paul Fitoussi disait la même chose :

« Pourquoi les politiques publiques ne mettent-elles pas plus d'acharnement à
rechercher le plein emploi ? »

Que ce soit dans le débat sur le déclinisme en France ou celui sur le « defaitism » aux Etats-Unis, on retrouve la même fracture idéologique :

  • d'un côté, une pensée conservatrice qui fait des peuples les responsables de leur propre sort, tant ils sont incapables de se défaire du confort de la croissance passée ;
  • de l'autre, une pensée progressiste qui refuse le discours sur le « sacrifice » ou le « travailler plus » : les anti-déclinistes sont convaincus que le mal vient avant tout de politiques erronées, imposées par des élites politiques faisant le jeu de la classe dominante. Qui, elle, n'est pas sur le déclin, ni aux Etats-Unis, ni en France.
Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 15:41

28/12/2011 à 16h04

Pierre Haski Cofondateur Rue89


 

L'affaire Parmalat, le plus gros scandale financier d'Europe au début des années 2000, aurait pu servir de signal d'alarme sur les dangers de la financiarisation de l'économie.

Ce scandale qui a secoué l'Italie se retrouve porté à l'écran avec « L'Empire des Rastelli », mi-comédie à l'italienne, mi-thriller politico-financier, accablant. A voir comme un cours sur la dérive du système capitaliste.

Bande annonce de l'empire des Rastelli

Parmalat est une PME familiale italienne installée près de Parme, spécialisée dans les produits laitiers.

Son entrée en bourse, dans les années 90, lui donne des moyens supplémentaires de se développer, et la PME se transforme du jour au lendemain en multinationale agressive sur tous les continents, allant jusqu'à compter 36000 salariés dans une trentaine de pays.

Dans le film, on voit clairement le choc des cultures :

  • celle d'une famille de notables enrichis, disposant de solides relais politiques, solidement enracinée dans sa région, avec son management à l'ancienne, et Avec la folie des grandeurs – qui se traduit par comme l'achat d'un club de foot, d'un jet privé ;
  • celle de la mondialisation avec la conquête des nouveaux marchés, ici ceux de l'Europe de l'Est et de la Russie après la chute du mur de Berlin ;
  • celle de la finance avec l'arrivée dans le groupe d'une nièce ambitieuse et agressive, bardée d'un MBA en « fusions-acquisitions », qui bouscule, dans tous les sens du terme, le vieux gestionnaire traditionnel.

Tout cela, on s'en doute et on le sait dans la réalité, se termine en fracas, dans la cavalcade en milliards de dollars, vrais et faux, passés par les paradis fiscaux, les montages financiers qui brouillent les pistes, et une faillitte frauduleuse, spectaculaire, catastrophique pour toute une région, pour l'Italie.

Et surtout pour les dizaines de milliers de salariés et de petits épargnants qui croyaient du comme fer au miracle Parmalat.

Ce film, qui tourne autour de quelques personnages-clés, et en particulier le directeur financier, l'« ingeniere Botta », incarné par Toni Servello, dévoué corps et âme à une entreprise qu'il ne possède pas, mais dont il est convaincu que le succès est bon pour Parme, bon pour l'Italie.

A n'importe quel prix, même celui de la combinazione, c'est-à-dire de petits et gros arangements avec la loi, certain de retomber sur ses pieds grâce aux appuis politiques.

En 2003, lorsque le scandale a éclaté, toute l'Europe a assisté sur le mode rieur « Ah, ces Italiens »... Sans réaliser que ce que Parmalat révélait, tout comme le scandale Enron aux Etats-Unis, c'est un changement de modèle du capitalisme au profit de la finance, dont nous vivons aujourd'hui les conséquences.

Et plus personne ne rigole. Sauf en allant au cinéma...

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 15:34
Marianne - Emmanuel Lévy - Marianne | Mercredi 28 Décembre 2011 à 12:01

 

L’UFC-Que Chosir publie une enquête sur « la vérité du pouvoir d’achat ». Le magazine de l’association de consommateurs disculpe l’euro comme principale source d’augmentation des prix et incrimine le manque de concurrence. Marianne revient sur les calculs de l'UFC. Pour déterminer le temps de travail nécessaire a l’acquisition d’un bien, l’UFC a choisi le Smic brut, nous lui préférons le salaire moyen d’un employé net de charges sociale. Et les résultats sont détonants.



Combien de temps doit-on bosser pour se payer son pain quotidien ? Cette question de l’UFC dans son mensuel de janvier, qui ne se l’est pas posée ? Pour une baguette de 250 grammes, calcul l’UFC, un smicard devait travailler 5 minutes et 53 secondes en 2002, contre 5 minutes et 33 secondes en décembre 2011. Bref une baisse de 20 secondes de la quantité de travail nécessaire à l’acquisition d’un quart de kilo de pain. Si le résultat, une baisse, est contre intuitif, il est cependant confirmé par d’autres exemples de produits (riz, Chocolat en poudre, etc…).

Comment l'association en est-elle arrivée là, alors même que le prix de la baguette a augmenté de 27% ? La réponse se trouve dans le référent : le Smic brut… Outre qu’il est étonnant d’avoir retenu un salaire brut, quand une fois les cotisations sociales déduites ce qu’on a réellement dans la poche est au moins 20 % plus petit. Le référent Smic donne un sacré effet d’optique. En effet durant la période retenue, les 7 Smics nés à la suite des différentes lois sur les 35 heures ont été unifiées sur le haut de la fourchette sous le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin. Voilà comment, l’UFC retient, pour l’évolution des salaires, le chiffre extravagant de 34,5 % en 10 ans (qui n’a en réalité concerné que moins de 20 % des Smicards) ! Deux fois l’inflation laquelle sur la période atteint 15,2%…

 

Pouvoir d'achat : l'étonnante bourde de Que choisir
Marianne a donc refait les calculs de l’UFC en prenant comme base, non pas un Smic brut, mais le salaire moyen employé net. Le tableau en est différent. En effet, en 2002, un employé gagnait en moyenne 15 574 euros net par an, soit un peu moins de 1 300 euros par mois, et 8,7 euros par heure. Dix ans plus tard (nous avons fait une estimation sur 2010 et 2011), cela donnait respectivement 18 503 € annuel, soit 1 541 € mensuel, et 10,4 €/h.

 

Pouvoir d'achat : l'étonnante bourde de Que choisir
Voilà qui dessine une évolution bien moins favorable aux salariés que celle décrite avec le Smic. En l’espace de dix ans, le salaire moyen net des employés a progressé de 18,8 %, deux fois moins vite que le Smic horaire… L’Insee fournit également plusieurs indices des prix. Celui retenu par UFC fait référence à l’ensemble des consommateurs. Si l’on s’intéresse aux seuls employés, ce que fait également l’institut à travers l’indice des prix pour les employés et ouvriers en milieu urbain, leur panier moyen avait subit une progression de 17,2 % (estimation Marianne pour l’année 2011). Résultat, le pouvoir d’achat net réel d’un salaire ne s’est apprécié que de 1,4 % en dix ans !

Il faut donc non pas travailler moins pour se payer une baguette, mais au contraire affecter 18,5 secondes de plus à son effort pour gagner son pain quotidien. L'enquête de Que Choisir a fait au moins un heureux en la personne de Jean-marc Sylvestre pour l'aider à disculper à son tour l'euro , trop heureux de reprendre l'UFC et de titrer sur son blog « l'euro, bouc émissaire facile de la hausse des prix »... Démonstration qui, comme on l'a vu, ne démontre en rien l'absence d'impact majeur de la monnaie unique sur l'évolution des prix...
Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 15:31
Rédigé par Hervé Nathan - Marianne le Mercredi 28 Décembre 2011

D'ici au mois d'avril, la totalité des centrales nucléaires japonaises auront cessé leur activité. Le nucléaire représentait le tiers des ressources en électricité du pays. En un an, le Japon va s'en passer par des économies d'énergie et l'importation de gaz liquéfié. Des parlementaires français rendent compte de leur voyage d'étude au pays du Soleil Levant.


On connait les débats qui opposent les théologiens sur le sexe des anges. Jamais tranché, jusqu’à ce que le réel s’impose : les anges n’existent pas, donc n’ont pas de sexe !
En France la dernière cause qui confine au religieux, c’est le nucléaire civil. Il y a les croyants, qui tonnent « on ne sortira jamais du nucléaire, c'est impossible », et les iconoclastes, qui souhaitent au contraire casser l’idole atomique. Et puis il y a le réel. On le trouve en allant écouter la conférence de presse de l’Office parlementaire d’études des choix scientifiques et technologiques (Opesct). Cette commission positiviste bicamérale (Sénat et Assemblée) et transpartisane (PS, PC, UMP et même un Vert s'y cotoient) est plutôt acquise à la cause du nucléaire. N’empê...
Lire la suite sur : Antibobards (article ci-dessous)

 

Sortir du nucléaire en un an, c’est possible. La preuve, le Japon le fait !  

Traumatisé par l’accident de Fukushima, le Japon voit son parc de réacteurs nucléaires s’éteindre progressivement. L’arrêt total pourrait être atteint en avril 2012. Le pays perdrait un tiers de sa capacité de production électrique. Une leçon qui fait réfléchir en France.

(centrale nucléaire - wikimedia - cc)
(centrale nucléaire - wikimedia - cc)

On connait les débats qui opposent les théologiens sur le sexe des anges. Jamais tranché, jusqu’à ce que le réel s’impose : les anges n’existent pas, donc n’ont pas de sexe !
En France la dernière cause qui confine au religieux, c’est le nucléaire civil. Il y a les croyants, qui tonnent « on ne sortira jamais du nucléaire, c'est impossible », et les iconoclastes, qui souhaitent au contraire casser l’idole atomique. Et puis il y a le réel. On le trouve en allant écouter la conférence de presse de l’Office parlementaire d’études des choix scientifiques et technologiques (Opesct ). Cette commission positiviste bicamérale (Sénat et Assemblée) et transpartisane (PS, PC, UMP et même un Vert s'y cotoient) est plutôt acquise à la cause du nucléaire. N’empêche qu’elle a les pieds sur terre.
Son vice-président, le socialiste Christian Bataille qui a récemment fait un voyage d’études au Japon, confie aux journalistes, que ce grand pays technologique, victime d’un tremblement de terre et d’un tsunami en mars 2011 est en train de sortir du nucléaire.

Pour une raison simple : « 46 réacteurs, sur les 54 que compte le Japon, sont à l’arrêt. Ils sont soumis à des inspections à la suite du séisme de forte magnitude, qui les a secoués et à l’accident de Fukushima ». Et dans le climat politique qui suit le désastre de la centrale de TEPCO, aucune autorité ne serait en mesure de déclarer un réacteur apte à reprendre la production. Pire, « au mois de mars et avril, les huit réacteurs restant seront mis à l’arrêt pour subir les inspections obligatoires ».
A entendre les membres de l’OPESCT, un doute existe sur la possibilité, là encore, de voir un jour ces centrales redémarrer. Les Japonais seraient donc en passe de supprimer, en un an, un tiers de leur production électrique. Ce que les Allemands veulent faire en 10 ans au minimum… 
« J’ai rencontré les membres du Medef japonais. Ils substituent des économies d’énergies et des importations massives de gaz liquéfié », explique Christian Bataille. Et de plaisanter à moitié : « Les industriels électro-intensifs envisagent de quitter le Japon. Je leur ai suggéré qu’ils recevraient un bon accueil en France… »

Conclusion de Christian Bataille, pourtant farouche partisan de l’atome civil, à l’intention des pouvoirs publics français : « Le nucléaire est fragile et on se rend compte qu’un accident grave peut contraindre à la fermeture de tout le parc, puisque comme au Japon, nous utilisons la même technologie pour nos réacteurs »… Or le nucléaire français, c’est 75% de la prodcution électrique. Son arrêt total et subit serait absolument ingérable.

Du coup l’Opesct, dans le but de réduire les conséquences engendrées par un scénario « à la japonaise » en France, préconise de  pousser sur les économies d’énergie et de réduire graduellement la taille du parc électro-nucléaire français, pour qu’il ne représente à terme (en 2050…) que 40% de la production d’électricité.
Ce scénario a un avantage pour les pro nucléaires : permettre de construire quand même une vingtaine de réacteur EPR dans le temps imparti (chaque EPR remplacerait 2 réacteurs plus anciens) et de « boucler » avec la quatrième génération de centrales - dite à neutrons rapides - qui devraient être opérationnelles à cette échéance. Joli scénario.

A moins qu’une catastrophe vienne tout mettre par terre. Comme celle que, fine mouche, Cécile Duflot, secrétaire générale des Verts, a commencé à agiter sur les plateaux de télévision. « Imaginez qu’une catastrophe ait lieu à la centrale du Blayais. Est-ce que l’on se rend compte du coût économique que représenterait la perte du vignoble du bordelais, au milieu de la laquelle se trouve la centrale ? », interroge-t-elle. C’est plus intelligent que d’agiter le spectre de la mort atomique comme le font d’habitude les écolos béats. Et plus réaliste aussi. Pour l’heure,  on estime que TEPCO, l’exploitant de Fukushima, devra verser plus de 42 milliards d’euros d’ici 2013, pour indemniser les dommages extérieurs à la centrale. Ça ferait réfléchir plus d'un politique ?

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Nucléaire
commenter cet article
28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 15:23
Marianne - Variae - Blogueur associé | Mercredi 28 Décembre 2011 à 05:01

 

Le chef de l'Etat comme son ministre de l'Intérieur semblent atteints d'une maladie : la xénomanie. Notre blogueur associé Variae, soutien de François Hollande, nous en dit un peu plus sur cette obsession pour les étrangers, très contagieuse en phase de crise économique ou à l'approche d'élections...



La xénomanie obsessionnelle, qu’est-ce que c’est ?

La xénomanie obsessionnelle est une atteinte grave des fonctions cognitives, qui altère aussi bien la perception que le langage. Le patient atteint de xénomanie développe une obsession pour les étrangers, qui le conduit non seulement à les voir partout, en nombre sans proportion avec la réalité de leur présence, mais également à en parler en abondance et sans logique apparente.

Comment l’attrape-t-on ?

La xénomanie obsessionnelle est une maladie relativement contagieuse, mais dont les voies de transmission sont encore mal connues. Il y a un consensus pour dire que les épidémies se développent la plupart du temps en phase de crise économique, à proximité des élections ou quand un responsable politique se trouve en difficulté. Dans ce dernier cas en en particulier, la propension à la xénomanie augmente de façon spectaculaire, les étrangers devenant un sujet de discours central et répétitif pour la victime. Cela a pu faire croire, à tort, que les responsables politiques atteints tentaient de faire diversion en parlant des étrangers, quand il s’agissait en fait d’une pulsion irrépressible pour eux.

Quels sont les symptômes ?

La xénomanie peut être difficile à déceler, le malade développant souvent des stratégies de dissimulation de son mal, tentant de le camoufler sous un discours d’apparence rationnelle et responsable. Il faut, pour la repérer, surveiller le comportement du patient dans des situations où les « étrangers  » ne sont pas au cœur du problème, et où il s’ingénie malgré tout à les ramener au centre du débat.

Cas 1

Le patient Nicolas S., occupant un poste à responsabilité dans les relations publiques et l’industrie du luxe, rencontre des responsables des Restos Du Cœur, abordant avec eux la question de l’exclusion puis du mal-logement. Sa parole est au début remarquablement claire et argumentée, comme le montre un rapport d’expertise. Pour Nicolas S., « il y a “deux problèmes”. D’abord, “il se trouve dans ces logements des gens qui ne devraient pas y être”. Ensuite, “le turnover dans les logements sociaux ne fonctionne pas”. “On ne peut pas passer toute sa vie dans un logement qu’on a obtenu à l’âge de 30 ans”, a-t-il expliqué. ». C’est à ce moment qu’un symptôme apparaît, toujours suivant le rapport : « “A cela s’ajoute le problème de l’immigration”, a-t-il glissé sans en dire plus. ».

Cas 2

Le patient Claude G., travaillant pour sa part dans la sécurité, le gardiennage et la protection rapprochée. Arrivant en fin de contrat, il subit la colère de ses clients, qui estiment qu’il n’a pas tenu ses engagements sur la baisse de l’insécurité dans leur voisinage. L’intense stress résultant de ces critiques, renforcé par la peur de ne pas voir son contrat renouvelé, déclenche chez lui une crise de xénomanie aiguë. « J’ai fait un constat : c’est que la délinquance étrangère est supérieure à la moyenne enregistrée dans notre pays ». Et de partir alors sur ce qu’il préconise comme mesures contre ce phénomène, alors même qu’on le sollicitait sur l’insécurité en général et qu’il n’est en mesure de produire aucun chiffre pour appuyer son constat.

Quel traitement ?

La xénomanie ne se guérit pas, tout au plus peut-on travailler à éliminer les facteurs de déclenchement des crises. L’exercice d’une profession à responsabilité, de même que l’exposition répétée en public, sont connus pour être de tels facteurs. On veillera donc à mettre immédiatement au repos le xénomane obsessionnel, et si possible pour plusieurs années.

 

Sarkozy, Guéant et la «xénomanie» obsessionnelle
Retrouvez Romain Pigenel sur son blog.

La consultation du docteur Variae se poursuit ici.
Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 15:18
Marianne - Laurence Dequay - Marianne | Mercredi 28 Décembre 2011 à 05:01

 

Tel est le malheureux record atteint en novembre par la France : 2,8 millions de demandeurs d’emploi, le plus haut taux de chômage depuis douze ans. Sans compter les autres composantes du chômage (temps partiel, préretraites, etc) qui chiffrent le chômage réel à 35 millions de personnes, soit 4,5% de hausse en un an.



(Pole emploi - Lulu97417 - wikimedia - cc)
(Pole emploi - Lulu97417 - wikimedia - cc)
Mille chômeurs de plus, chaque jour en France, depuis le début de l’automne 2011. Les offres de jobs collectées par Pôle Emploi, qu'elles soient en baisse (-1,3% en octobre) ou en hausse (+6,3% en novembre), n’endiguent plus l’inexorable crue du chômage tricolore à un niveau inégalé depuis 1999.

Voilà un bilan calamiteux qui n’augure rien de bon pour le pays en 2012, « bien parti » pour renouer avec un taux de chômage supérieur à 10% quand Nicolas Sarkozy espérait le ramener à moins de 5% à la fin de son quinquennat. Et encore, ne comptabilise-t-on ici que les chômeurs officiels, ceux inscrits en catégorie A. Si l'on inclut les autres composantes du chômage, les personnes à temps partiel contraint qui cherchent cependant un emploi, celles dispensées de recherche, comme les salariés en préretraite, ou enfin les chômeurs qui poursuivent un stage, ce sont 4,835 millions de personnes qui sont maintenues en dehors de l'emploi, en hausse de 4,5% sur un an.

 

Chaque jour, 1 000 chômeurs de plus en France
Le gouvernement a beau tenter d’accréditer l’idée d’un cap économique difficile à passer, aucun phare n’éclaire l’horizon de l’emploi dans l’hexagone. Pour le ministre de l’emploi Xavier Bertrand, il conviendrait de partager, non plus le travail comme le faisaient les socialistes, mais le chômage via un recours accru à…  « l’activité partielle ». Une pirouette sémantique qui ne trompe guère sur celui qui, au final, paye l’addition : le salarié via ses cotisations et ses impôts !

Déjà les constructeurs automobiles et les banques ont annoncé le gel de leurs embauches et la mise à pied de leurs intérimaires sur le premier semestre 2012. Arcelor Mittal, qui a arrêté ses hauts fourneaux à Florange en Moselle, n’a fixé aucune date pour leur redémarrage. Pire, de la Champagne-Ardenne au Languedoc-Roussillon, le tissu économique glisse dans une dangereuse torpeur.

Ici et là, des salariés d’entreprises pillées par des fonds d’investissements, comme Venilia à Vénissieux, ou sacrifiées par des multinationales (Fralib Gémenos près de Marseille, délocalisée par Unilever), livrent des batailles homériques pour sauver leurs usines. Sans que les pouvoirs publics n’aient d’alternative miracle à leur proposer. Et pour cause !

 

Chaque jour, 1 000 chômeurs de plus en France
Nationalement, l’ancienneté moyenne des demandeurs d’emploi inscrits en catégorie A, B et C auprès de Pôle Emploi se monte à 457 jours. Signe indéniable que retrouvrer un travail stable est devenu un vrai parcours du combattant. Notamment pour les séniors de plus de 50 ans qui patientent en moyenne 393 jours avant d’être le plus souvent rayés des listes de chômeurs. En novembre dernier, si les offres d’emplois collectées par ce service public ont augmenté de 6,3%, c’est principalement parce que les stations de ski recrutaient leurs saisonniers et que... Mac Donald’s recherchait 8 000 nouvelles têtes pour animer ses restaurants et ses cafés. Pas vraiment de quoi respirer ! Même si Airbus et la SNCF, l’exception doit être soulignée, ont également annoncé d’importants plans d'embauches.

De fait, dès le premier semestre 2012, récession et rigueur budgétaire vont conjuguer leurs effets délétères.

Ainsi après l’industrie, la finance, c’est l’important secteur sanitaire, social et associatif qui risque d’être rattrapé par les plans d’économie décidés en cascades. Décidés tant par le gouvernement que par les différentes collectivités locales, à commencer par les départements. 
Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 15:12
Marianne - Hela Khamarou - Tribune | Mercredi 28 Décembre 2011 à 12:01 | Lu 1128 fois

 

Le 15 octobre dernier est né le mouvement « Occupy the London Stock Exchange » à Londres, progéniture globalisée du mouvement Occupy Wall Street à Zuccotti park, New York. Plus de deux mois plus tard, le campement londonien tient toujours et s’est imposé sur trois sites majeurs. Hela Khamarou, journaliste freelance irako-française, a rencontré quelques manifestants.



Des trois sites investis par le mouvement Occupy London, il y a tout d’abord celui situé à quelques mètres de la Bourse de Londres (the London Stock Exchange), en bas des marches de la célèbre cathédrale Saint Paul, celui de Finsbury Park et le squat de l’ancienne banque d’investissement UBS.

Il pleuvait en ce 20 décembre, aux pieds des marches de la Cathédrale, mais il ne faisait pas encore trop froid. Une chance pour les campeurs. Je rencontre sur place plusieurs personnes, principalement jeunes. Il faut dire que le chômage touche sévèrement les 18-30 ans en Angleterre et dans le reste de l’Europe. Ils sont les premiers en ligne de mire, et donc les plus enclins à se rebiffer contre le système. Les jeunes sont moins « peureux » que les générations plus âgées, plus « installées », et de fait ils se sentent plus libres et plus aptes à initier les campements. Beaucoup d’entre eux n’ont pas (encore) eu recours à des emprunts au logement, n’ont pas de dettes, et ceux qui vivent chez leurs parents n’ont pas de loyer ou de factures à payer.

Je rencontre Cathy, une jeune blonde souriante d’à peine 25 ans, mitaines aux poings et gros manteau – vous comprenez, faut pouvoir garder son corps à température pour tenir sur le long terme. Alors que nous commençons l’interview dans la « librairie ambulante », une jeune femme nous interrompt, portant un sac en toile contenant des oreillers et des couettes : « Où est ce que je peux déposer ça ? », nous dit-elle. « C’est pour les gens qui campent, pour que vous soyez un peu à l’aise et que vous n’ayez pas froid ». Cathy lui indique la tente prévue pour stocker les provisions.

Un geste totalement désintéressé, pour le bien des autres, pour soutenir leur combat, chacun à sa manière. La jeune fille me dit « je ne peux pas camper, mais je peux au moins donner des couvertures ». Certains passants jettent un regard furtif, mais la plus grande majorité passe son chemin en ignorant cette foule d’indignés qui s’attaquent au système financier moribond. Cathy me dit que cela arrive à longueur de journée de voir la foule en costar-cravate marcher d’un pas pressé vers ces banques d’investissement, ne se souciant que très rarement de cette contestation qui prend part en bas de leurs immeubles de verres et d’acier. Certains sont parfois même hostiles me confie-t-elle.

« Dans le monde occidental, on a fait de nous de confortables esclaves modernes »

Voilà trois semaines que Cathy campe devant la cathédrale. Le campement était initialement prévu devant le London Stock Exchange, la bourse de Londres, mais la police ne les a pas laissés passer la nuit. Revers de situation prévisible, tout comme ce fut le cas pour le mouvement Occupy Wall Street obligé de planter le campement à Zuccotti park, non loin du quartier financier de Manhattan, comme un message disant : « Protégeons les banques avant de protéger les gens ».

Selon Cathy, dès notre naissance, nous sommes conditionnés pour croire que ce qui se passe dans notre société est inchangeable, que c’est comme ça, et que même si c’est injuste, il faut faire avec. Et d’ajouter que « nous sommes devenus des animaux dociles, presque domestiqués » dans un monde occidental « où on a fait de nous des esclaves modernes ».
 
Lorsque je demande combien ils sont chaque nuit, Cathy me dit que le chiffre varie chaque jour, mais qu’ils sont environ de 75 à 100 personnes tous les soirs. Il n’y a pas de grossissement du mouvement, mais plutôt l’inverse, à savoir une stagnation, voir une diminution progressive due à la fatigue, à l’épuisement, les nerfs étant à vifs sous le froid d’un mois de décembre londonien. Lancer un mouvement à l’approche de l’hiver, c’est osé ou totalement désespéré. À vous de choisir, le fait est que je suis restée sur place du début de l’après-midi jusqu’à tard dans la nuit, et qu’il faut beaucoup de courage pour tenir. Rien à voir avec le campement de la Puerta del Sol en plein mois de mai à Madrid. Ces détails comptent forcément sur la durabilité d’un mouvement tel que celui-ci.

Le fonctionnement du campement

A quelques jours de Noël, le froid est donc le premier ennemi de ce « campement sauvage ». Il faut donc s’assurer que tout le monde a assez de couvertures, de vêtements chauds, de thé, de café. Cathy insiste sur le fait que chacun fait attention à son voisin, et que tout le monde s’entraide au sein de cette nouvelle communauté. Si quelqu’un est malade, il y a une tente premier secours. Il y a aussi la tente « bank of ideas », la banque à idées en français.

La « bank of ideas », un squat légal pour recréer un lien communautaire, se trouve à 15 minutes à pieds du campement de St Paul’s, dans les anciens locaux de la banque UBS. A l’entrée, on est gentiment fouillé par la « Occupy London’s Tranquility Team » (en d’autres termes, le service de sécurité). A l’intérieur, il n’y a ni alcool, ni drogue et interdiction de fumer. Il faut donner le bon exemple car ce genre de squat est vite pointé du doigt. Le mouvement se veut avant tout pacifique, rien à voir avec les manifestations étudiantes de 2010 et des émeutes qui ont eu lieu cet été dans le sud de la capitale.

Il y a deux semaines, les occupants de ce bâtiment abandonné depuis plus de dix ans ont gagné une victoire face à la Cours de Justice leur accordant le droit de rester dans les locaux alors qu’ils risquaient l’expulsion. Les propriétaires des lieux tentent toujours de trouver la faille judiciaire pour les y déloger, mais apparemment, la Bank of Idea passera le Nouvel An.

L’espace est essentiellement réservé à l’organisation du mouvement et des différents projets de la communauté des occupants. C’est aussi un espace pour les artistes, pour la création ainsi que la visibilité du mouvement. Il est composé d’une bibliothèque, de bureaux pour organiser des conférences journalières, une salle pour la retransmission vidéo en temps réel (live streaming), des studios télés improvisés, une cuisine, une partie pour le couchage ainsi qu’une garderie. Ce lieu qui n’avait plus de vie il y a trois semaines est devenu un centre créatif ouvert à tous. Le Banque des Idées a été ouvert le 18 novembre, étendant ainsi le mouvement Occupy London aux deux autres sites situés à Saint Paul et Finsbury Park.

Radiohead et Massive Attack à Occupy London

La semaine passée, le mouvement Occupy London recevait la visite de Thom Yorke, chanteur du groupe Radiohead et de Robert del Naja (3D) du groupe Massive Attack. Le LCDI Soundsytem a aussi organisé un DJ Set surprise qui sera bientôt disponible sur le label Occupation Records. Hier soir, c’était au tour de Kate Nash de venir soutenir les occupants à Saint Paul’s après un concert réunissant prêt de 300 personnes. L’Eglise est d’ailleurs très présente dans le soutien des occupants. Une estrade a été installée et tout le monde peut venir prendre la parole, connus et anonymes. Pour l’instant, aucun politicien n’est venu sur le site de St Paul’s m’affirme Cathy.  
A Finsbury Parlk, les occupants ont installé un jardin potager afin de produire leurs propres produits, tel que de l’ail, des carottes, des petits pois et des choux.

A Saint Paul, il y a aussi la tente Information, la tente Tech avec connexion Internet sans fil pour diffuser en temps réel les infos, les concerts, les débats tout ça en live streaming. Le compte Twitter est constamment mis à jour et tout le monde peut suivre le hashtag du mouvement. Et puis il y a la bibliothèque, cœur du campement, rempli de livres tels que ceux du philosophe slovénien Slavoj Zizek (« Welcome to the Desert of the Real », ou publié plus récemment « Living in the End of Times) ou « Multitude » d’Antonio Negri.

On trouve aussi « Intern Nation » de l’américain Ross Pelin publié au début de l’année 2011 et qui rassemble les chroniques de la jeunesse américaine face au dur marché de l’emploi et du croissant recours aux stages remplaçant des emplois réels à moindre coût.

Ce qui est essentiel, selon les gens sur place, c’est de faire comprendre aux gens que ce mouvement n’est pas celui de quelques manifestants, mais bel et bien de millions de personnes dans le monde. C’est un mouvement global, qui dépasse les frontières de nos pays surendettés, et qui fait des petits un peu partout des Etats-Unis à la Chine.

Nous voilà en présence de la diaspora des victimes du système financier actuel. Pedro, 34 ans, patron d’une société qui a fait faillite a lui aussi rejoint le mouvement, et selon lui « ce mouvement est puissant, nous sommes plus forts que ces mecs là (ceux de la City) parce qu’ils travaillent juste pour l’argent, mais nous travaillons 24h/7J pour quelque chose de bien plus grand que cela. Il est question de nos convictions, ce qui a une valeur bien plus importante. C’est pourquoi personne ne peut nous arrêter ».

 

http://www.dailymotion.com/video/xmutdm_radiohead-massive-attack-occupy-london_news
Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Les indignés d'ici et d'ailleurs
commenter cet article
28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 15:05

LEMONDE | 28.12.11 | 15h32   •  Mis à jour le 28.12.11 | 15h50

 
 

 

La réplique géante d'une pièce de l'ancienne monnaie espagnole (Fuengirola, sud de l'Espagne).

La réplique géante d'une pièce de l'ancienne monnaie espagnole (Fuengirola, sud de l'Espagne).REUTERS/JON NAZCA

Salvaterra de Mino (Espagne) - Envoyée spéciale - La veille encore, Ana Perez, esthéticienne dans la petite ville de Salvaterra de Mino en Galice, dans le nord-ouest de l'Espagne, a vu débarquer dans sa boutique une cliente ayant les poches pleines de pesetas. "Elle en avait 30 000 [l'équivalent de 180 euros], elle en a dépensé 20 000 ici pour acheter trois parfums, un pour elle, deux pour offrir", se réjouit la jeune femme.

Ce mardi 27 décembre, la journée est encore calme, mais depuis qu'a commencé cette curieuse opération "Peseta", le 1er octobre, permettant d'acheter tout ou presque à Salvaterra dans l'ancienne monnaie espagnole, Mme Perez voit défiler des clients d'un peu partout. Même les collectionneurs la sollicitent. N'a-t-elle pas entre les mains de vieux billets espagnols datant de 1949 ?

Comme Mme Perez, Sandra Ameijeira Rivas, l'opticienne, Fina Rodriguez, la vendeuse d'électroménager ou Montse Ledo, l'ancienne coiffeuse au chômage devenue cogérante d'un bar restaurant, la cinquantaine de commerçants de Salvaterra qui participent à l'événement organisé par l'association Unes ont retrouvé le sourire.

OPÉRATION "PESETA"

L'opération "Peseta" a ramené un peu de lumière à Salvaterra de Mino. Le village, perché dans les brumes de la Galice, sur les bords du fleuve Nino, souffre de la concurrence des boutiques de la jolie petite ville portugaise de Monçào, à quelques centaines de mètres à peine. Il n'y a qu'un pont à traverser pour se rendre au supermarché Continente au Portugal.

Pour Mme Perez, dont le fiancé est au chômage depuis un an, l'opération qui lui a permis de récolter 300 000 pesetas, est une vraie bouffée d'oxygène. Sa boutique ouverte en juin 2008 vivote. Ancienne esthéticienne salariée à Vigo, la grande ville de la région à une vingtaine de kilomètres, elle voulait devenir son patron, et Salvaterra de Mino était l'endroit idéal pour s'installer, pensait-elle.

La petite ville était en plein boom. Il était question de créer un projet pharaonique de "pentagone industriel", qui aurait attiré des entreprises comme Mitsubishi, PSA Peugeot Citroën pour désengorger Vigo. Les immeubles commençaient déjà à pousser pour accueillir les milliers d'employés potentiels. Le maire, Arturo Grandal Vaqueiro, en poste depuis trente ans, pensait enfin concrétiser ses rêves de grandeur...

COQUELUCHE DES JOURNALISTES

Mais fin 2008, Anna a su que les choses n'iraient pas ausssi bien. Pas aussi vite. La crise a commencé à ronger l'Espagne. Aujourd'hui, le pentagone n'est qu'une maquette d'architecte exposée à la mairie. La construction de cinq immeubles reste inachevée. Tout est paralysé.

Grâce à la "peseta", le village est ainsi devenu, au moins pour quelque temps, la coqueluche des journalistes. "Le succès a dépassé toutes nos espérances", note Pablo Pino, président de l'association de commerçants Unes. L'opération, qui ne devait durer qu'un mois, a été renouvelée deux fois et il est maintenant question de la prolonger jusqu'au 31 janvier.

Les pesetas, en pièces ou billets – pourvu qu'ils aient été imprimés après 1940 –, peuvent être échangées contre un café, un parfum, une télévision… avec le même taux de conversion que celui appliqué en 2002, à savoir 1 euro pour 166,386 pesetas. Les commerçants disposent d'un logiciel leur permettant de recalculer immédiatement leurs prix et de rendre la monnaie en euros.

LES CLIENTS VIENNENT DE LOIN

A ce jour, Salvaterra a récolté environ 1 million de pesetas. Et toute cette manne est, expliquent les professionnels, du "bonus". Les clients ne sont pas des habitués : ils viennent de Vigo et plus loin encore pour convertir les pièces et billets restés dans les maisons de campagnes, les coffres, ou les tirelires des grands-parents. Certains les gardaient en souvenir, mais avec la crise, la nostalgie n'a plus sa place, explique M. Pino. C'est Mme Ameijeira Rivas, l'opticienne, qui a eu l'idée de tout ceci, se souvenant que la banque d'Espagne avait calculé qu'il restait plus de 1,7 milliard d'euros de pesetas en circulation.

Or, dans le pays, il est possible de convertir ses vieilles pièces ou ses vieux billets sans limite de temps. Mais les Espagnols souvent l'ignorent ou rechignent à faire des kilomètres pour échanger la "blonde", la peseta, en euros.

Sur fond de crise de l'Union monétaire, quand on redoute de plus en plus l'abandon de l'euro, l'initiative de Salvaterra a tout de même des allures étranges. Alors que près de 70 % des Espagnols estiment que l'euro n'a rien amélioré ou peu dans leur vie selon un sondage du Real Instituto Elcano cité par El Pais, l'offre ne met-elle pas en évidence la forte hausse des prix qui a accompagné l'euro, sans faire bondir d'autant les salaires ?

Mme Ameijeira Rivas, comme les commerçants de l'Unes, réfute toute malice : "Ce qu' on voulait c'est dynamiser les ventes, pas laisser croire que revenir à la peseta est quelque chose d'enviable ou de facile." Et même si mois après mois l'opération s'étire en longueur, personne n'imagine que cela dure toujours. "On ne recycle pas les pesetas, après on les redonne à la banque d'Espagne", précise M. Pino.

Claire Gatinois

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 15:01

Editorial | LEMONDE | 28.12.11 | 14h30

En Egypte, le déroulement sans accroc de la seconde phase des élections législatives ne doit pas faire illusion. Le pays vit sur un volcan. Même si la place Tahrir a été rouverte à la circulation, les affrontements entre révolutionnaires et forces de sécurité peuvent recommencer du jour au lendemain.

Lors des derniers épisodes de violences, fin novembre, avant la première phase des élections (42 morts), puis à la mi-décembre, entre les deux tours de la deuxième phase (17 morts), une étincelle avait suffi pour transformer le centre-ville en champ de bataille et paralyser une bonne partie de l'activité économique du Caire. Au moindre abus des forces de l'ordre, les sans-culottes de Tahrir, exaspérés par trois décennies d'arbitraire policier, n'hésiteront pas à redescendre dans la rue.

On peut disserter sans fin sur ce nouvel avatar de la révolution égyptienne. Déplorer que le soulèvement euphorisant des mois de janvier et février ait tendance à se muer en combats de rue autodestructeurs ou en soliloques narcissiques sur Twitter. Critiquer la veine anarchiste, voire nihiliste, de certains manifestants. Ou encore regretter que les partis politiques, libéraux comme islamistes, n'aient pas su porter les revendications de la rue, préférant s'enferrer dans des débats stériles et abscons, comme celui sur la notion d'"Etat civil".

Reste une vérité irréductible. Le Conseil supérieur des forces armées (CSFA), qui gouverne le pays depuis la démission d'Hosni Moubarak, au mois de février, a démontré l'étendue de son incurie. Après la manifestation copte du 9 octobre écrasée, au sens propre du terme, sous les chenilles des blindés, l'assaut du 16 décembre contre le sit-in devant le siège du gouvernement, ponctué par le matraquage infamant d'une manifestante à moitié dévêtue, a ôté aux militaires le peu de crédibilité et de légitimité qui leur restait.

Non contents de reproduire les méthodes honnies de l'ex-police politique, ils ont échoué à stabiliser l'économie et à préparer la transition. A moins de deux semaines de la fin des législatives, nul ne sait quelles seront les prérogatives exactes de l'Assemblée du peuple, où les islamistes devraient disposer d'une confortable majorité. Détiendra-t-elle un droit de regard sur la composition du gouvernement et sur la rédaction de la Constitution ? Sur ces deux sujets cruciaux, les généraux laissent planer la possibilité d'une ingérence perpétuelle de l'armée dans les affaires de la nouvelle Egypte.

Le CSFA doit donc partir, et vite. Son maintien jusqu'à la date théorique de l'élection présidentielle, en juin, fait courir trop de risques au pays du Nil. Le calendrier du transfert du pouvoir aux civils doit être avancé, comme le suggèrent un nombre croissant de personnalités de l'opposition. Certaines d'entre elles proposent d'organiser le scrutin présidentiel le 25 janvier, à la date du premier anniversaire de la révolution.

Aussi longtemps que la superstructure sécuritaire de l'ex-régime Moubarak ne sera pas mise à bas - et l'armée en est un maillon essentiel -, la révolution égyptienne ne sera pas achevée.

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Egypte
commenter cet article

Présentation

  • : Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • : Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
  • Contact

Texte Libre

INFO IMPORTANTE

 

DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

OVERBLOG NOUS IMPOSE ET PLACE DES PUBS

SUR NOTRE BLOG

CELA VA A L'ENCONTRE DE NOTRE ETHIQUE ET DE NOS CHOIX


NE CLIQUEZ PAS SUR CES PUBS !

Recherche

Texte Libre

ter 

Nouvelle-image.JPG

Badge

 

          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



  Th-o indign-(1)

55

9b22