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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 15:25

 


THE ASSOCIATED PRESS

 

PASADENA, États-Unis - Des milliers d'indignés se sont invités au 123e défilé annuel du Rose Bowl, lundi.

Ils ont manifesté à la fin du défilé. La manifestation avait fait l'objet d'une entente avant la présentation de l'événement.

Le tintamarre des dernières fanfares à défiler s'est mélangé au slogan «Les banques s'en sont sorties, nous avons été vendus» que scandaient les manifestants. Ces derniers ont parcouru environ 2,4 des 8,8 kilomètres de l'itinéraire du défilé. Ils ont dévié de leur route près de l'Hôtel de Ville.

Ils portaient une bannière longue de 76 mètres sur laquelle on pouvait lire «We the People (nous, le peuple)» représentant la constitution américaine. D'autres tenaient une pieuvre de 21 mètres fabriquée de sacs de plastiques récupérés, une allégorie des activités tentaculaires auxquelles ils associent les grandes corporations.

«Il s'agit d'éliminer l'argent de la politique, a déclaré Greg Stevens, de l'Université de la Californie du sud. J'appuie tout ce que ce mouvement représente.»

Certains spectateurs ont crié «trouvez-vous un emploi» aux manifestants tandis que d'autres les photographiaient et les encourageaient.

«C'est un peu fou mais c'est aussi emballant», a déclaré Alana Olvick, de Valencia, en Californie.

Trois camions de transport d'agents de police du comté de Los Angeles vêtus des habits de l'anti-émeute suivaient les manifestants mais aucune arrestation n'a été effectuée.

Les manifestants étaient bruyants mais pacifistes. Ils étaient au moins 5000 selon l'organisateur de la marche, Pete Thottam.

 

Tags : indignés

journalmetro.com

Publié: 02 janvier 2012 15:46

Mis à jour: 02 janvier 2012 17:26

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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 15:21

 


 

Bonjour à tous, c’est Billal, si vous avez encore un peu de force pour nous aider, nous avons besoin:
  • de lait
  • d’eau
  • de rallonge
  • de goblet
  • de pain
  • de pates, sauces
  • gruyère
  • fruits
  • balai
  • pelle
  • éponge
  • lentilles
  • ravioli
  • rideau noir
  • ficelle
  • scotch
  • assiette jetables
  • couvert jetables
  • sacs poubelle
  • Javel
  • produits laitiers (yaourt, fromage…)
  • produits vaisselle
  • poêle et casseroles
  • café
  • papier A4
  • stylo
  • stabilo
  • classeurs
  • casiers
  • agrafes
  • marqueurs
et tout ce qui vous passe par l’esprit merci à tous les indignés de la défense !
les indignés sont toujours à la défense
PS: nous ne faisons pas que des copier-coller des belles phrases, nous les appliquons.


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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 15:13

Agoravox - par Luc-Laurent Salvador (son site) mardi 3 janvier 2012


Le problème des Indignés est celui de l’unité avec les 99 %. Or, cette unité qui conditionne la réussite du mouvement ne pourra se faire que si ce dernier est porté par UNE demande claire et nette, comme celle qu’avaient les Egyptiens de la place Tahrir. Cette « one demand » n’a pas encore été trouvée. Elle fait cruellement défaut. Dès lors, pourquoi les 99 % agoravoxien(ne)s ne tenteraient-ils pas de rejoindre les Indignés en apportant leur soutien à une demande très capable de les rassembler : la réforme 100 % monnaie, seule à même de remettre le système financier au service de l’humain ?

 

Le problème des Indignés et des OWS est celui de l’unité avec les 99 %.
 
Il importe qu’elle soit réalisée au plus tôt car sans cela, ils resteront impuissants à faire bouger des politiciens de plus en plus en cheville avec le pouvoir financier, comme l’était déjà Pompidou (d’où le surnom de loi Rothschild pour la fameuse loi de 1973).
 
Ce serait terrible car les Indignés peuvent être les opérateurs d’une formidable prise de conscience nationale et mondiale qui n’a que très peu de chance d’arriver autrement.
 
Il est en effet devenu difficile de croire que quelque chose d’intéressant puisse encore sortir des urnes dès lors les élections sont « sous contrôle » du parti unique UMPS. Les candidats ne parlant pas la langue de bois libérale et atlantiste de l’Empire n’ont quasiment pas accès aux médias. Ils ne bénéficient que de très peu de temps de cervelle citoyenne disponible.
 
Quoi qu’il en soit, actuellement l’espoir des Indignés et des OWS est toujours que les 99 % descendent dans la rue les rejoindre comme cela s’est passé au cours du printemps arabe.
 
A cette fin, ayant compris que les peuples qui ont réussi leurs « révolutions de velours » savaient très exactement ce qu’ils voulaient (la chute du régime), les Adbusters ont, le 13 juillet, lancé le mouvement OWS en proposant que celui-ci soit porteur d’une simple et unique demande, gage d’unité et donc de réussite :

« Tahrir a réussi avant tout parce que le peuple d’Egypte a posé un ultimatum très clair — Moubarak doit partir — dont il n’a pas démordu jusqu’à la victoire. En suivant ce modèle, quelle est notre tout aussi claire demande ? » [1]

L’affiche du 17 septembre — date du rassemblement initial des OWS dans le Zuccotti Park — avait ainsi pour slogan : « Quelle est notre première et unique demande ? » (What is our one demand ?).
 
Le problème est qu’étant à la forme interrogative, ce slogan annonçait d’emblée l’échec des organisateurs à réaliser ce qu’ils avaient, avec raison, jugé tellement souhaitable : disposer d’une demande unique qui puisse rassembler la population autour d’elle parce que, précisément, elle ferait consensus.
 
 Pour dire toute l’importance et l’urgence de disposer au plus vite de cette demande avant d’aller occuper quelqu’espace symbolique ce soit, les Adbusters ont employé l’expression anglaise to « zero in on » qui peut, entre autres, se traduire par l’expression « plonger en piqué », comme le faisaient les fameux zéros kamikazes de l’aviation japonaise durant la deuxième guerre mondiale.
 
A l’évidence, malgré cette conscience de l’urgence, malgré la multitude des propositions et des discussions qui ont tourné autour de cette question, la cible n’a pas été repérée par les OWS, de sorte qu’actuellement, les Indignés et autres Occupy ne sont porteurs d’aucune demande clairement identifiée et assumée comme telle.
 
Comme de nombreuses assemblées populaires sont prévues à l’occasion de la journée mondiale du 14 janvier prochain, on pourrait imaginer que la question se trouvera à nouveau mise sur le tapis.
 
Mais peut-on sérieusement espérer qu’une nébuleuse d’assemblées populaires en vienne à converger sur une demande unique ? Après quatre mois déjà écoulés, combien de temps faudra-t-il encore patienter ?
 
Et en attendant, combien de 99 % iront rejoindre les Indignés dès lors que ces derniers n’ont toujours pas cette « demande qui éveille l’imagination et qui, si elle était accomplie, nous propulserait dans la démocratie radicale du futur [2] » ?
 
Pourtant, nous sentons tous l’urgence, nous sentons tous ce climat lourd et oppressant qui donne furieusement envie de plonger en piqué sur cette « one demand » avant qu’il ne soit trop tard.
 
C’est pourquoi, il nous faut, je crois, nous poser la question : pourquoi nous, agoravoxiens de bonne volonté, qui grâce à ce beau site qu’est Agoravox, contribuons depuis des années, chacun à sa manière, à nourrir une joyeuse conscience prérévolutionnaire qui ne demande qu’à s’actualiser, ne pourrions-nous aider ce processus à converger ? Nous sommes des Indignés depuis tant d’années, ne pourrions-nous nous rassembler autour d’une idée qui, même si elle ne devait pas être la « one demand » finale, contribuerait néanmoins à rassembler sans délai les Indignés et les 99 % ?
 
Il est parfaitement possible qu’il existe quelque part une meilleure option et il y a sûrement mille choses qui paraîtront aux uns et aux autres plus urgentes ou plus importantes, mais essayez de voir que là n’est pas la question. Ce qui importe, c’est que, si on se base sur ce qui s’est écrit ici sur Agoravox ces dernières années, ces derniers mois, nombreux sont ceux d’entre nous qui, quelles que soient leurs convictions théoriques ou politiques, sont probablement prêt à soutenir l’idée de retirer aux banques tout pouvoir de création monétaire pour le restituer entièrement au peuple (réforme 100 % monnaie[3].
 
Quoi que ce soit que nous penserions par ailleurs avec une infinité de délicates nuances, ne reconnaissons-nous pas tous volontiers qu’il serait certainement bon que l’humanité puisse accéder à un système économique dans lequel le pouvoir de création monétaire appartiendrait intégralement aux peuples et non aux banques ? Ne pensez-vous pas qu’un consensus puisse se former à ce sujet au sein de l’assemblée populaire virtuelle que constitue la population agoravoxienne ici présente ?
 
Je ne dis pas que la réforme 100% monnaie serait forcément le « choix du public », cela je ne le sais pas. Mais, encore une fois, il suffit de lire ce qui s’écrit sur Agoravox pour voir que l’idée de prendre le pouvoir de création monétaire aux banques est une idée qui séduit, c’est une idée « porteuse » et, par conséquent, elle est une occasion de rassemblement. Or, pour le moment, c’est tout ce qui compte !
 
Dès lors, plutôt que de se lancer dans un débat infini pour faire émerger la meilleure idée possible, je propose que nous, les Indigné(e)s agoravoxien(ne)s qui souhaitons que le pouvoir de création monétaire soit retiré aux banques pour devenir privilège exclusif du peuple, nous le disions, tout simplement, tous ensemble, ici même.
 
Constater combien d’entre nous adhèrent à cette idée pourrait être le point de départ d’une belle aventure car si la participation est bonne, si nous sommes nombreux à prendre position, nous accèderons à une forme d’identité de groupe similaire à celle que connaissent des manifestants qui se rassemblent dans la rue ou sur des places pour faire entendre leur voix.
 
Même réalisé dans le cyberespace, ce rassemblement citoyen nous fera nous sentir plus forts. Nous aurons réalisé une forme élémentaire de cybermanifestation qui sera, tout naturellement, appelée à grandir et qui pourrait constituer un appui déterminant pour le rassemblement des Indignés et des 99 %.
 
Que faudrait-il pour enchaîner de la sorte, dès lors que nous ne pouvons obliger les 99 % à adhérer à Agoravox ?
 
Nous aurions besoin que l’un(e) d’entre nous qui en a la capacité, un(e) geek façon Anonymous, veuille bien nous construire un site dédié [4] où, comme cela se passe pour une pétition en ligne, toute personne pourrait venir déclarer son soutien à cette revendication en donnant simplement son nom et sa ville de résidence ainsi qu’un e-mail pour la vérification.
 
Un tel site pourrait simplement présenter le texte demandant la souveraineté populaire sur la création monétaire et offrir la possibilité de parcourir la base de donnée des personnes signataires en fonction du nom ou du lieu de résidence — avec, cela va de soi, la possibilité de s’inscrire.
 
On pourrait imaginer bien des améliorations (comme la possibilité de choisir ou d’écrire des slogans, la possibilité pour les cybermanifestants de se contacter via le site, ou celle d’uploader leurs photos, la visualisation de la cybermanifestation sur une google map, etc.) mais elles ne sont pas indispensables. Car l’important est de parvenir très vite à la conscience de nous-même, à la conscience de notre rassemblement, de notre force.
 
Mettons les choses au clair : il n’y a pas à attendre du mouvement des Indignés, OWS ou autres qu’il nous donne son soutien ou sa reconnaissance. Il s’agit d’un mouvement sans leader, sans autorité qui soit en position de donner son accord à telle ou telle initiative. Dès lors que nous nous pensons Indignés, nous sommes des Indignés et nous sommes d’autant plus fondés à nous auto-organiser comme nous l’entendons que c’est précisément dans l’esprit de ce mouvement qu’il en aille ainsi.
 
C’est comme cela que peut se réaliser le rassemblement des 99 % et des Indignés : lorsque tout un chacun en vient à déclarer qu’il est avec les Indignés, qu’il est lui-même un(e) Indigné(e).
 
Rejoignez les dans les rues et les places si vous le pouvez, mais que cela ne vous empêche pas de vous déclarer publiquement comme Indigné(e) en soutenant ce qui deviendra peut-être la « one demand » des OWS, en demandant que le pouvoir de création monétaire cesse d’être aux mains des banques car de là vient la puissance démesurée de la finance et la principale cause de l’exploitation de l’Homme et de la Nature par l’Homme.
 
Accomplir l’acte individuel consistant à déclarer publiquement son soutien à cette demande indignée, c’est accomplir l’acte citoyen par excellence, celui qui donne au peuple son « âme », c’est-à-dire, la conscience de lui-même et de sa capacité à décider hors de la tutelle infâme des politiciens asservis aux groupes de puissance.
 
En des temps où nous cherchons à ressourcer la démocratie moribonde qui sert de paravent à l’Empire, la cybermanifestation pourrait constituer un appui majeur puisqu’elle permet l’expression des volontés populaires que la servilité des médias interdit désormais.
 
Car il existe une multitude de questions cruciales pour lesquelles notre avis ne nous est pas demandé alors qu’il devrait être déterminant.
 
Songeons par exemple à l’arrêt de l’intervention française en Afghanistan, à la sortie du nucléaire ou à la réouverture d’une enquête internationale sur le 11 septembre 2011. Il est très probable que l’opinion publique serait très favorable à chacune de ces demandes. Mais ni les urnes, ni les médias ne permettent à cette opinion de s’exprimer. Des cybermanifestations dédiées seraient un parfait moyen de revendication populaire puisque tout un chacun pourrait y venir à tout moment et y rester autant que nécessaire même si cela devait durer des années. Aucun mouvement « mortar » ne permet cela, seul le clicktivism met la manif à la portée de tous.
 
C’est en songeant à tout cela que je vous invite donc pour finir à passer à l’acte en entrant ici dans la première cybermanif des Indigné(e) d’Agoravox.
Bienvenue et merci à vous !


[1] « Tahrir succeeded in large part because the people of Egypt made a straightforward ultimatum – that Mubarak must go – over and over again until they won. Following this model, what is our equally uncomplicated demand ? »
[2] « a demand that awakens the imagination and, if achieved, would propel us toward the radical democracy of the future »
[3] Peut-être faudrait-il lui associer le fait de dénoncer la dette souveraine actuelle comme illégitime. On pourrait toujours considérer qu’il s’agit d’une seule et même idée comportant deux volets : le passé (le passif de la dette souveraine) et le futur (restauration de la souveraineté populaire sur la création monétaire). La présente demande serait cohérente et, ainsi, bel et bien UNE car il serait, je crois, illogique de demander la souveraineté populaire sur la création monétaire tout en fermant pudiquement les yeux sur quarante années de sodomisation du peuple par les banques.
[4] Je veux payer pour l’hébergement.
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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 15:07

 bastamag.net - Par Emmanuel Haddad (3 janvier 2012)


Chaque jour, en Espagne, 300 familles sont expulsées de leur maison ou de leur appartement. Dans la lignée du mouvement des Indignés, des collectifs pour le droit au logement se multiplient. À Barcelone, des occupations d’immeubles vides viennent d’être reconnues « légitimes » par la justice. Le début d’un mouvement social massif face à la spéculation immobilière ?

 

 

Dans l’« edificio 15 O », à Barcelone, neuf familles vivent sans craindre l’expulsion. À l’issue des grandes mobilisations de l’automne pour s’opposer aux coupes budgétaires dans la santé et l’éducation, ainsi qu’au manque de logements publics, les indignés ont pris possession de cet immeuble vide de la rue Almagro. Grâce à un petit miracle juridique, les familles qui s’y sont installées ne craignent désormais plus les poursuites pénales. Le procès pour occupation illégale s’est achevé sur un non-lieu, le 7 novembre. La fête organisée en l’honneur de ce jugement a sonné comme un coup de départ pour d’autres occupations du même genre.

300 familles expulsées chaque jour

Inoccupé depuis cinq ans, cet immeuble de la rue Almagro appartient à la banque Cajamar. Il a été racheté par la banque suite à la faillite de la société immobilière en charge des travaux. L’ancien propriétaire a tout perdu dans l’affaire, et la banque attend patiemment que le cours du marché de l’immobilier espagnol reprenne pour revendre le bâtiment. L’« edificio 15 O » n’est pas un cas isolé : en Espagne, 3 millions de logements vides, parfois inachevés, prennent la poussière dans l’attente d’une reprise de la spéculation. Pendant ce temps, 300 familles sont expulsées chaque jour de leur logement, incapables de rembourser l’emprunt contracté pour devenir propriétaire, à une époque où l’hypothèque coûtait souvent moins cher qu’une location (voire notre reportage).

« En Hollande et dans d’autres pays, il y a des amendes, voire plus, au bout d’un an et demi d’inoccupation des logements. Mais l’Espagne est à la traine. Si l’État est incapable d’octroyer un logement digne, l’occupation devient une alternative légitime », considère Jon Aguirre Such, membre de Democracia Real Ya et de Paisaje Transversal une plateforme qui travaille sur de nouveaux modèles de gestion urbaine. « Tous les Espagnols ont le droit de jouir d’un logement digne et adéquat », énonce l’article 47 de la Constitution. Le 7 novembre, le juge d’instruction a pris acte de ce droit, en tenant compte des circonstances exceptionnelles de la crise : l’occupation est liée « au chômage des jeunes, au difficile accès au logement, à la spéculation urbanistique et aux alternatives autogérées. » Un jugement qui fera désormais jurisprudence.

Vers un mouvement d’occupation de masse ?

L’occupation comme arme politique ? L’idée n’est pas nouvelle. Mais à Barcelone, elle est en train de subir un « saut qualitatif  », selon un voisin de l’edificio 150 venu apporter de la nourriture aux habitants. « Il est difficile de parler d’okupa – terme qualifiant la mouvance des squats de Barcelone – dans le cas de l’« edificio 15 O ». Car ses nouveaux locataires ne sont pas des militants, des professionnels du squat, mais des victimes de la crise du logement », explique Manuel Delgado, anthropologue à l’Université de Barcelone. Une partie du mouvement okupa est en train de se convertir en mouvement de masse. « Un large pan de la gauche, des plus radicaux jusqu’à des membres du parti socialiste, soutiennent l’évolution du mouvement. En stoppant des centaines d’expulsions et en relogeant des familles, ils montrent qu’il est encore possible d’obtenir des victoires », s’enthousiasme Manuel Delgado, proche du mouvement Miles de Vivienda, le collectif de « réappropriation urbaine » filmé par le documentaire Squat, la ville est à nous.

Ce nouveau type de squat a surtout un objectif social [1]. Les familles qui vivent aujourd’hui dans l’immeuble de la rue Almagro ont déjà subi au moins une expulsion. Dans l’immeuble inachevé, où il a fallu attendre un mois avant d’installer l’eau courante, on trouve des appartements neufs et de qualité, mais sans meubles. Certains ont dégoté un four pour cuisiner. Pour les autres, les indignés qui s’occupent de l’organisation de l’immeuble font tourner une cantine communautaire au rez-de-chaussée.

Quand les collectifs de squatteurs remplacent les services sociaux

Adrián passe la plupart de ses journées à chercher du travail et ne profite de la cantine que le soir. Ce jeune roumain vit au premier étage avec sa femme. Ils sont un des seuls couples sans enfant de l’immeuble : leur fils de 11 mois a été prise en charge par les services sociaux à Cadix. Ils font tout pour le récupérer. Une séparation douloureuse pour tous ceux qui, parmi les 150 000 familles espagnoles menacées d’expulsion, ne sauront pas trouver un toit pour leurs enfants.

À l’instar des autres familles, ils n’ont ni le temps ni la tête aux tâches quotidiennes de l’immeuble. « Au début il y avait beaucoup d’échanges, mais à présent seules quelques familles viennent manger et cuisiner de temps en temps avec nous », souligne Natacha. La jeune femme fait partie de ceux qui se sont portés volontaires pour organiser la vie quotidienne. Cette photographe dort depuis le 15 octobre dans l’immeuble, après avoir passé ses nuits avec les Indignés de la Plaza Catalunya. Une suite logique, pour elle. Et un quotidien éreintant, entre nettoyage et assemblées à répétition, où se décident les questions internes à l’immeuble, les fêtes de quartier ou les relations avec la presse. Pour beaucoup de ces jeunes issus du mouvement okupa, c’est une nouveauté de vivre avec des habitants qui ne suivent pas leur mode de vie communautaire. « On n’est pas une secte ! Nous sommes ici pour les soutenir et leur permettre de vivre le mieux possible », précise Natacha. Balai en main, elle nettoie une salle destinée à accueillir des jeux d’enfants.

Spéculation privée ou logements sociaux ?

Soutenir les familles expulsées : une mission des services sociaux de la ville. Mais leurs efforts ne suffisent plus face à la vague quotidienne de gens jetés à la rue. « Les services sociaux construisent un hôtel d’urgence pour accueillir les familles dans le besoin. Mais celles-ci doivent quitter les lieux au bout de trois jours... C’est la seule solution qu’ils ont trouvée », rélève Antonio, membre de « 500x20 ». 500 logements avec un loyer à moins de 20% du revenu de ses habitants : telle est la revendication de ce collectif de quartier né à Nou Barris en 2006, qui dénonce la pénurie de logements publics à Barcelone. Chaque semaine, ils reçoivent plusieurs cas de familles sur le point d’être expulsées : « On les dirige vers un avocat et, pour les cas sans solution légale, on se charge de les "reloger" ». Avec un occupation de de logements vides. « Nous devons agir de manière subtile pour ne pas être accusés d’incitation au délit », souligne-t-il.

Indignés, 500x20, Miles de Viviendas... Si ces collectifs en viennent à outrepasser la loi, c’est, soutiennent-ils, parce que la politique du logement à Barcelone privilégie la spéculation privée au détriment de l’offre publique. Récemment, 500x20 a envahi le siège de l’Agence du logement de Catalogne pour dénoncer la spéculation immobilière. En réponse, l’agence publique s’est engagée à consacrer 3 000 logements vides à la location publique, à des prix accessibles. Preuve pour Antonio que la municipalité préfère réserver ses immeubles vides au marché privé plutôt qu’aux familles désœuvrées.

Des centaines de maisons murées par la municipalité

Une critique dure à avaler pour Gerard Capó, directeur technique au Consortium du logement de Barcelone. Depuis 2009, le programme pour lequel il travaille a permis de reloger 337 familles modestes, avec un loyer à 20% de leurs revenus. « La situation actuelle à Barcelone nous dépasse tous, on ne peut financer des logements que selon nos capacités », reconnaît Gerard. Le programme se charge de trouver des logements, mais aussi de financer 80% du loyer.

Beaucoup de militants du droit au logement négligent de souligner les efforts de l’administration publique, regrette Gerard. Des efforts réels, souligne-t-il, dans la même veine que le programme « location accessible » lancé le 10 novembre par la Fondation sociale de la Caixa. La fondation de cette banque va permettre l’accès à 3 000 logements pour des familles précaires, à des loyers accessibles. « Ils nettoient leur image. C’est un bon début, mais il faudrait qu’il n’y ait plus aucun logement vide à Barcelone », considère Antonio, de 500x20. « Dans le quartier de Bon Pastor, il y a des centaines de maisons murées, aux toits détruits par la propre municipalité de Barcelone !, témoigne Manuel Delgado. Pourquoi ne les utilise-t-on pas ? ». En attendant, les indignés continuent de « libérer » des logements vides. Suivant l’exemple de l’« edificio 15 O », cinq nouveaux bâtiments ont été occupés en novembre.

Emmanuel Haddad

Notes

[1] Dans Désobéissance civile et démocratie, l’historien états-unien Howard Zinn définit la désobéissance civile comme une « violation délibérée de la loi dans un objectif social ». L’auteur américain évoque des actions, comme celle de « voisins qui empêcheraient l’expulsion d’une famille incapable de payer son loyer » :« Même s’ils ne concernent qu’un individu ou une famille, [ces actes] adressent un message plus général sur les défaillances de la société. »

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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 15:01

 

© Nathanaël Charbonnier

En cette belle journée de printemps, les parages du Palais présidentiel, d'habitude si tranquilles, étaient en proie à une agitation. Des C.R.S. casqués allaient et venaient dans les voies principales comme dans les rues adjacentes. La partie basse des Champs-Elysées grouillait de treillis bleu-marine. Ce n'était pas à proprement parler une manifestation: il s'agissait plutôt d'une gigantesque patrouille. Accoudés aux fenêtres et aux balcons, les riverains et les employés du quartier contemplaient la marée étincelante que produisait la conjonction du soleil sur les visières des casques et la déambulation serrée de ceux qui les portaient. Car ils étaient venus en grand nombre, sans armes ni ordres, chacun n'ayant qu'une chose à dire: l'épouse d'un C.R.S. est intouchable.

Lakshmi Payet était passée tout près d'une comparution immédiate et d'une peine de prison ferme. L'activisme des femmes de flics-ou-esclaves.com lui avait rendu sa liberté. Grâce aux épouses des C.R.S., ses semblables, ses sœurs, qui avaient contraint leurs maris à flâner en une masse menaçante autour du Sanctuaire présidentiel pendant leurs jours de repos, elle avait retrouvé Kevin. Elle et lui, enfin ensemble, ils étaient allés récupérer les enfants chez la veuve du cousin éloigné. Après avoir couché leurs petits, Lakshmi et son homme s'étaient mutuellement demandé pardon.

Avant de pouvoir se réconcilier avec son homme, l'épouse du Brigadier Payet avait subi deux nuits et deux jours de garde à vue. Pendant cette interminable captivité, les policiers étaient venus régulièrement chercher Luisa pour l'interroger. 

A chaque fois, la Franco-Espagnole était rentrée exténuée de ces interrogatoires. Ils duraient parfois trois heures. Elle semblait sincèrement dépassée par les évènements et ne cessait de dire: «Ils mé démandent qui est Chatgritch, qui est Doupleitch. Ils continuent à m'appéler Napitch jé-né-sé-quoi... Et quand jé réponds qué jé mé prénomme Luisa, ils récommencent... Mais pourquoi?».

Lakshmi était sensible à cette complainte. Inlassablement, elle tentait de convaincre la jeune femme désemparée de prévenir sa mère au plus vite. «Dans la foulée, un avocat viendra t'aider» soulignait-elle.

D'un geste, Luisa chassait systématiquement cette suggestion pourtant raisonnable. Elle disait être la victime d'une méprise, le cauchemar finirait par se dissiper, ce ne pouvait être qu'une question de minutes. Et puis, elle savait sa mère d'une nature inquiète et craignait de lui infliger un choc, sans compter que.... Et là, elle s'arrêtait. Elle n'allait jamais jusqu'au bout de sa phrase. Cela avait pour effet d'attiser la curiosité de la Réunionnaise que les histoires de famille, tout bonnement, fascinaient. Après le troisième ou quatrième «sans compter que...», Lakshmi finit par reprendre dans sa voix cette énigmatique procession de mots qui finissaient en cul de sac; à plusieurs reprises, elle posa cette question: «...sans compter que quoi, Luisa?...». Elle insistait. Et la réponse ne venait pas.

Les enquêteurs n'obtinrent pas davantage de succès. Ils ne s'en formalisèrent d'ailleurs pas. Bientôt leur parviendrait d'Espagne un joli catalogue d'informations précises. Elles leur avaient été promises. Ils connaitraient alors tout -ou presque tout- sur cette Luisa Bajos de Villaluenga, incendiaire patentée du web, perturbatrice des nuits françaises. Ils sauraient tout sur cette innocente Luisa, alias napix310, qui avait su venir à bout des Compagnies Républicaines de Sécurité et des unités de gendarmerie mobile en leur ôtant, pendant les mois d'hiver, le droit de dormir et de se reposer.

La coopération entre la police française et son homologue de la région autonome d'Andalousie souffrait toutefois d'un contretemps. Les «déambulations» massives des C.R.S. en colère  étaient devenues régulières (ayant l'interdiction de manifester, ils «déambulaient»). Leurs collègues avaient suivi le mouvement, tant en France que de l'autre côté des Pyrénées où la situation économique se traduisait par une réduction drastique des effectifs policiers et -c'en était la conséquence- par une hausse inverse des actes de délinquance. Bref, là-bas comme ici, la machine policière était salement grippée. Ce ralentissement des actes administratifs ne plaidait pas pour une libération imminente de Luisa. Les faits dont on la suspectait (et qu'elle n'avouait pas) autorisaient ses «tortionnaires», comme elle les appelait, à prolonger sa garde à vue tant que cela leur semblait nécessaire. Les jours passaient, l'enquête n'avançait pas.

D'elle, on ne disposait donc que des maigres éléments que la Garde civile espagnole avait transmis à Paris le soir de l'arrivée de Luisa à Orly.

La lecture de la note envoyée de Madrid révélait que la suspecte était la fille du PDG du groupe Villaluenga. Etudiante en histoire de l'art à Séville, elle avait très tôt pris ses distances avec ce papa plein aux as. L'héritière de Villaluenga S.A. avait cherché économiquement à exister par elle-même.

Non, nul n'aurait pu accuser cette fille d'être vénale. Elle s'était mise à travailler le soir jusqu'à onze heures dans un bar à tapas et tous les week-ends dans une cave à flamenco dont elle tenait le vestiaire. Sa volonté d'indépendance lui avait d'abord fait refuser toute espèce de fil à la patte, tout ce qui aurait pu l'entraver dans sa quête d'autonomie. Ni téléphone, ni ordinateur. Son père, qui se plaignait continuellement de manquer de nouvelles d'elle, avait fini par lui faire accepter un GSM de son entreprise. Elle s'était résignée à cette concession car elle aimait son paternel et ne souhaitait pas rompre le lien affectif qui les unissait.

Or, ce portable était bien celui que napix310 avait utilisé pour faire parvenir à chatgrix le message-étincelle qui avait peu à peu mis le feu à la toile. De là était parti le signal, ce SMS qui disait: «La nuit est à nous». Ces cinq petits mots avaient tout déclenché. Ils avaient conduit les protestataires internautes, grappe après grappe, à occuper silencieusement les rues des communes de France autour des douze coups de minuit.

***

 

Depuis son installation du côté de Pernéty au cours de l'été précédent, Constance Tranh avait rapidement pris ses quartiers au zinc de «L'Angelo». Le petit chafouin aux narines dilatées et le gros à l'accent parigot lui étaient devenus familiers. Ils allaient jusqu'à l'interpeller en guettant ses réactions dès qu'ils balançaient leurs blagues  de comptoir; même Angelo, toujours bourru derrière son bar, ne manquait jamais de la saluer d'un «Salut ma copine!» en lui servant illico presto l'arabica qu'elle n'avait pas encore commandé. Tous ignoraient la profession de «la demoiselle», comme ils disaient quand ils la prenaient à témoin à la troisième personne («la demoiselle, elle pense comme moi», «demande donc à la demoiselle», «attention, il y a une demoiselle ici!»). Elle appréciait cette atmosphère joviale et n'hésitait jamais à rire ou à sourire, même quand le cœur n'y était pas.

Ce jour-là, justement, le cœur n'y était pas.

Elle venait de comprendre dans la douleur les limites de son métier. Depuis ses débuts professionnels, on avait répété au Lieutenant Tranh qu'un policier n'est jamais propriétaire de son enquête. Elle croyait avoir intégré ce paramètre, mais l'épilogue de cette première affaire la laissait sur sa faim. C'était un peu comme si une main inconnue avait pris son assiette à son insu avant la fin du repas et l'avait offerte à un tiers à l'instant même où Constance s'apprêtait à en saucer le fond, la mie de pain  encore entre les doigts.

«C'était une femme!», se dit-elle. Ce plaisantin de Keller avait vu juste. L'art divinatoire devait être l'apanage des grands innocents. Le chef de cabinet du Préfet de police avait senti, elle pouvait en témoigner, que napix310 était une femme et non un homme. Et à présent, cette Luisa Bajos de Villaluenga était en garde à vue, ici, à Paris. Trahie par une puce gabonaise. Pendant que le chafouin et le Parigot tentaient d'attirer son attention en faisant assaut de vannes à deux balles, Constance Tranh ne parvenait pas à oublier l'affaire et son actrice principale. Cette fille appartenait-elle à une organisation politique? Quelle cause défendait-elle?... Pourquoi avait-elle commis l'imprudence de venir en France au risque de s'y faire arrêter? Lâcherait-elle ou avait-elle lâché les noms de ses complices?... Et puis, au fait... A quoi ressemblait donc Luisa?

-    Ho, ma copine!

-    Mmmhhh?

Le visage d'Angelo était à moins de quinze centimètres de celui de sa cliente. Il tapotait le zinc qu'il percutait de ses phalanges et il interrogeait Constance du regard avec l'air de lui avoir posé une question.

-    Vous m'avez demandé quelque chose?

-    Oui, mademoiselle. Je vous dis que le perco est en rade et qu'on ne servira pas de café avant une heure. J'attends le réparateur. Alors? Qu'est-ce que je vous sers?

En effet, Angelo n'avait pas posé cette fois devant elle la tasse d'arabica fumant qu'elle ne prenait plus la peine de lui commander. Percolateur en panne.

-    Eh bien, donnez-moi...

A un mètre d'elle, la nouvelle copine du chafouin (il en changeait comme de chemises) parcourait avec voracité la  rubrique «faits-divers» du journal «Le Quotidien des Parisiens»; les abonnés préféraient dire «Q.P.», deux initiales qu'inversaient volontiers et très injustement les détracteurs de ce grand titre de presse. Le visage roussi de la petite boulotte aux mollets de lanceuse de poids bulgare disparaissait entièrement derrière son journal. Elle le tenait bien haut devant elle, comme pour bien en faire profiter la cantonade. Accoudée au zinc tout près d'elle, Constance pouvait en détailler la première page sans se contorsionner. Elle comprit ainsi et instantanément que l'interpellation de Luisa Bajos de Villaluenga n'était pas passée inaperçue. Le «Q.P.» titrait: «Voici la prêtresse des Visiteurs du Soir». Sous ces grosses lettres, le visage étonné d'une jeune femme blonde occupait toute la photo de Une. Apparemment, le photographe du journal l'avait shootée au moment précis où elle s'était retournée vers les policiers venus l'interpeller dans l'aérogare. Dans le coin inférieur gauche du cliché, on apercevait la main de Luisa qui tenait son G.S.M.

-    Eh ! Ho ! Mademoiselle !... Qu'est-ce que je vous sers?

Constance Tranh tourna brusquement la tête vers Angelo qui commençait à s'impatienter sérieusement. Il  s'adoucit quand il lut sur le visage de sa cliente une expression aussi effrayée qu'insolite, quelque chose comme la tête d'un quidam qui viendrait de croiser un Martien.

Elle lui répondit enfin.

-    Un guignolet-gin, Angelo, s'il vous plaît.

Puis elle ajouta: «Un double. J'en ai besoin».

 ***

 

Sur le perron, côté jardins, le Président tentait de distraire sa colère dans la contemplation des bourgeons. Maurizio Caillard avait lu cette méthode dans une revue féminine qui avait publié la fiche de lecture d'un essai intitulé: «Comment trouver le calme en toutes circonstances». Il cessa de mirer les bourgeons quand il se surprit à penser qu'ils ne poussaient pas assez vite à son goût. Il regrettait de n'avoir pas le pouvoir de les faire éclore sur leurs branches juste en prononçant le mot «fleur». Tout semblait être fait pour l'irriter. Le chef de l'Etat était impatient et furieux. Et cela se voyait bien.

Imogène et lui partaient ce matin-là vers le lac Balaton. Un riche homme d'affaires de leurs amis les avait invités pour quelques jours à venir décompresser dans son château hongrois. En cette demi-saison, les eaux du lac étaient encore très fraîches. Caillard  avait pensé à prendre sa combinaison de jet-ski et ses gants préférés à picots antidérapants. Il avait hâte de prouver à son hôte que si le scooter nautique avait été élevé au rang des disciplines olympiques, lui, Maurizio, en aurait été le premier des champions.

En attendant de dompter la surface ondoyante du Balaton, l'empereur méconnu du jet-ski faisait les cent pas sur le perron du Palais présidentiel. Cette aberrante histoire de C.R.S. en colère qui employaient leurs jours de repos à «déambuler» en treillis autour de chez lui l'excédait au plus haut point. La force publique et tout ce qui l'incarnait, c'était l'affaire de la vice-Présidente. De fait, il l'avait convoquée et elle n'arrivait pas. 

Marie-Michèle Laborde finit par se pointer en nage, bouffie de chaleur, rouge écarlate d'avoir couru. Elle devinait ce qui l'attendait. Incontestablement, il lui fallait un courage certain pour se présenter à son chef dans des dispositions aussi peu favorables.

Quand elle le vit, elle marqua un léger temps d'arrêt, simple réflexe de survie. Mais elle en avait vu d'autres et n'avait pas pour habitude de flancher quand se présentait à elle un danger. La main tendue pour le saluer, elle s'avança d'un pas volontaire vers son chef. Il bouillait, la tête penchée sur le côté droit, les mains jointes derrière le dos, le corps entier oscillant d'arrière en avant. Et ce mouvement s'achevait sur la pointe des pieds en un ridicule effet de ressort qui parachevait en lui tout ce qui pouvait ressembler à un signe d'agacement. Ça sentait la curée.

Elle consulta sa montre. A la vue de l'heure, elle afficha une expression qu'on lit plus souvent sur les traits de celui qui attend que sur le visage de celle qui est attendue. Sur ce, elle prit les devants et entreprit de déposer ses excuses aux pieds du Président.

-    Pardonnez-moi ces douze minutes de retard, Monsieur le Président. J'aurais été à l'heure... euhyyyeuuhh...  si les C.R.S... euhyyy...

-    ...Oui, Madame la vice-Présidente?... Que disiez-vous? Les C.R.S.?... Que faisaient-ils, les C.R.S.?

-    Euhyyyyyyy... Eh bien... Ils déambulaient, Monsieur le Président, lorsque...

La colère de Caillard explosa.

Sur le ton sarcastique de l'instituteur sadique qui tance et terrorise un écolier réfractaire au B.A.BA, il assomma de questions Marie-Michèle Laborde.

-    Madame Laborde, dites-moi... A qui ai-je donc confié la vice-Présidence quand on m'a réélu?

-    Yyyyeuuuh... A moi, Monsieur le Président?

-    Bien. Maintenant, Madame Laborde, pourriez-vous me rappeler en quoi consiste votre tâche?

-    J'ai la responsabilité de la sécurité de la France, dans ses frontières et ...hyyyeuuu... et hors de ses frontières.

-    BBBiiieeen!... «Dans ses frontières» précisez-vous, Madame Laborde. Qu'entendez-vous par là?

Son interlocutrice perçut un piège. Elle regarda le bout de ses mocassins, prit son temps pour répondre, fixa un point dans le ciel pour tenter une diversion: rien n'y fit. La voix du Président se fit soudain plus forte, moins onctueuse. Comminatoire.

-    Qu'en-ten-dez-vous-par-là, Madame Laborde?

-    Monsieur le Président euhyyyeeeuhhhhhh... Je veux dire qu'à cette fin j'ai autorité sur toutes les forces de police présentes sur notre territoire.

Elle faillit ajouter mais se retint à temps: «J'ai juste? Est-ce la bonne réponse?». Plus raide que jamais dans son tailleur-pantalon, elle attendit la suite.

-    Alors, Madame Laborde... (Reprenant le contrôle de ses nerfs, il prit une large inspiration et se mit à parler plus lentement en articulant bien comme s'il énonçait les données d'un problème d'arithmétique)... Reprenez-moi si je me trompe: les Compagnies Républicaines de Sécurité formant une composante essentielle des forces de police présentes sur notre territoire, est-il bien normal, est-il acceptable que ces mêmes Compagnies Républicaines de Sécurité passent les journées de récupération que vous leur avez généreusement octroyées à «déambuler» en nombre autour du Palais présidentiel au point de bloquer votre véhicule officiel et de vous faire accuser ici un retard de douze minutes alors que l'avion privé de mon ami Arnaud Pillorègues n'attend que moi pour partir?

Il reprit son souffle et la regarda droit dans les yeux.

-    Madame Laborde, je suis tout ouïe. J'écoute votre réponse. Et pas de salamalecs, s'il vous plaît. J'ai déjà perdu beaucoup de temps.

Elle rassembla ses forces, puis, adoptant une posture toute militaire elle résuma sa mission.

-    Monsieur le Président, vous pouvez partir tranquille. Demain, les hommes des C.R.S. seront rentrés dans leurs casernements. Les congés de récupération seront suspendus jusqu'à nouvel ordre au nom des nécessités du service. Quant aux meneurs de ces derniers jours, ils seront fermement sanctionnés.

Incrédule, il la toisa pendant que se consumaient les secondes. Tout cela lui paraissait trop beau.

-    Et l'incident de la rue Poulet?

-    Cet incident restera comme une exception, Monsieur le Président. Le couvre-feu sera respecté. En cas de nouveau désordre, j'activerai le plan B.

Maurizio Caillard n'écoutait déjà plus sa vice-Présidente. Il se focalisait sur un détail, un seul, un minuscule détail qui retenait toute son attention: depuis quelques secondes, Marie-Michèle Laborde n'avait pas glissé le moindre petit «Yyyeuuhh» dans la conversation.

 ***

 

Constance n'appréciait guère les alcools forts. En d'autres temps, le double guignolet-gin d'Angelo l'aurait envoyée au tapis. Mais là, elle ne vacillait pas. Elle tenait droit, tout à la surprise d'avoir vu ce qu'elle avait vu.

Après avoir vidé son verre d'un trait, elle posa un billet sur le comptoir et n'attendit pas la monnaie. Elle s'engouffra dans les sous-sols du métro, station Pernéty; ligne 13, changement à Champs-Elysées Clémenceau pour éviter les longs couloirs de Montparnasse et la sempiternelle panne des tapis roulants; ligne 1 direction Châtelet; bords de Seine à pied, traversée du Pont Notre-Dame, place Lépine... Et enfin, l'immeuble de la P.P..

Ces trente minutes de trajet, le Lieutenant Tranh les avait vécues dans un flot d'interrogations en boucle. En arrivant à destination, tout à ses pensées, elle n'eu­t pas un regard pour les anémones, les narcisses, les muscaris qui ensoleillaient les parterres du marché aux fleurs. Plus la jeune femme tentait d'assembler et de rassembler ses souvenirs pour comprendre, plus elle avait l'impression d'être le jouet de quelque chose qui la dépassait.

Les épreuves que ses deux parents avaient surmontées auraient pu la faire verser, enfant, dans un monde dominé par le Divin et l'immatériel. Elle n'avait jamais cédé à l'appel d'une dévotion béate ni à l'acceptation fataliste de ce qui viendrait d'en haut. A la justice immanente, elle avait toujours préféré  celle des juges de chair et d'os. Si la loi s'écrivait avec un «L» majuscule, c'était bien celle des hommes. Tout devait être démontrable. Rationnellement. Constance Tranh n'avait pas choisi d'intégrer la police par l'opération du Saint-Esprit.

Quand elle parvint à l'étage où se trouvait son bureau et celui de Jacques-Julien Keller, elle vit qu'il y régnait une vibrante agitation. Les gens pressés y croisaient des îlots de conciliabules, on se transmettait de bouche à oreille un secret à faire peur, il se passait indéniablement quelque chose.

Constance frappa à la porte du chef de cabinet au moment précis où il allait sortir de la pièce. Keller tenait sur son thorax une chemise cartonnée de teinte grège; le Préfet de police l'attendait.

«Ah, vous voilà...  remarqua-t-il simplement à voix haute. Elle voulut lui parler. Elle avait une révélation à lui faire, c'était très important. Il sembla ne pas l'entendre. Il  ajouta: «...C'est bien que vous soyez là. Je peux avoir besoin de vous. Attendez-moi ici, je reviens dans cinq à sept minutes». Puis il s'éloigna hâtivement.

Constance entra dans le vaste bureau. Le patron ne l'avait pas invitée à s'asseoir, elle l'attendit debout. Le temps lui parut long jusqu'au retour de Keller. Pourtant, quand il revint, il ne s'était pas écoulé plus de sept minutes depuis son départ. Il ferma la porte derrière lui et marqua une pause en considérant avec bienveillance sa collaboratrice préférée. Il avait laissé chez le Préfet la chemise grège, celle qu'il tenait tout à l'heure contre son corps comme s'il se fut agit d'un bien des plus précieux.

-    Vous n'imaginez pas à quel point je suis ravi de vous voir, lui dit-il.

Elle marcha vers lui en parlant confusément. Enfin elle trouvait à qui parler. Il lui fallait se libérer de ce poison, de cette parole qu'elle gardait pour elle seule depuis l'instant du choc ressenti chez Angelo.

Celui à qui elle destinait ses confidences l'interrompit.

-    Un moment, chère Mademoiselle! Croyez-le bien, je vais vous écouter. Mais auparavant, soyez attentive à ce que je vais vous dire. Il arrive ici quelque chose d'inouï, de totalement imprévisible. C'est une histoire de fou.

Elle resta bouche bée, coupée dans son élan par le devoir de préséance. Elle adressa donc un signe de tête un peu mou à son supérieur hiérarchique. Keller entreprit à la seconde de tout lui raconter.

-    Les échanges de fichiers entre l'Espagne et la France ont repris. Nous en savons plus -beaucoup plus!- sur la personnalité et surtout sur les proches de Luisa Bajos de Villaluenga. En recoupant les informations données par nos partenaires espagnols, nous avons découvert l'impensable. Tenez-vous bien, Constance...

Elle ne le laissa pas continuer.

-    C'est inutile, Monsieur le chef de cabinet. Je sais ce que vous allez me dire. Je suis prête à le parier.

Lui que rien ne surprenait, il fut interloqué. Elle le vit pâlir.

-    Que voulez-vous dire, Constance ?

-    Quand j'ai connu Luisa Bajos de Villaluenga, elle se faisait appeler Maria-Luisa Bajos. C'était à Madrid, il y a  cinq ans. Je suivais là-bas une partie de mes études dans le cadre d'un programme européen. Elle et moi, nous nous sommes rencontrées au cours d'une petite fête organisée par mon colocataire.

-    Votre colocataire?

Constance Tranh baissa les yeux et reprit le fil de son récit.

-    Maria... -car tout le monde l'appelait Maria- n'était pas dans son assiette ce soir-là. Elle était déprimée. Elle avait un peu forcé sur la sangria et avait tiré sur quelques joints. Une fois l'appartement vidé de ses occupants, nous sommes restées là, toutes les deux, au milieu des gobelets et des assiettes de plastique sales. Elle était malade. Je ne voulais pas la laisser rentrer dans cet état. Entre deux ou trois visites à la cuvette des toilettes, nous avons discuté, elle et moi...

-    Et votre colocataire, Constance, il était là, lui-aussi?

Keller faisait une fixette et ce n'était pas le moment de finasser. Pour ne pas se laisser distraire une fois de plus, elle lui servit avec aplomb une fausse réponse qui le fit taire pour de bon.

-    Non. Lui, il avait abrégé la soirée. En fait, il était allé finir la nuit chez l'un de ses invités, un type qui lui plaisait... si vous voyez ce que je veux dire.

Le chef de cabinet s'en tint là. Constance put  reprendre le cours de son histoire sans être interrompue.

-    ... Donc, Maria, Maria-Luisa... -Luisa si vous préférez- allait plutôt mal, et pas seulement parce qu'elle avait bu. Sans vouloir lui tirer les vers du nez, j'ai obtenu qu'elle vide son sac. J'étais sûre que ça lui ferait du bien. Ah ça ! Pour le coup, elle l'a vidé, son sac ! Et ce qu'il y avait dedans, si j'ai bien compris, c'est ce que vous venez d'apprendre...

Sans dire un mot, une moue sur les lèvres, le front plissé, Jacques-Julien Keller lui répondit lentement oui de la tête. Alors, avant de lui céder enfin la parole, elle conclut...

-       ...Si tout le monde connaît le papa de Luisa, peu de gens ont une idée de qui peut être sa maman. Oui, Monsieur le chef de cabinet, je sais ce qui vous met en émoi ce matin. Je crois qu'en faisant procéder à l'interpellation de cette fille, quelqu'un a fait une grosse boulette.

 

Fin du neuvième épisode, la suite demain

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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 14:57

 

Créé le 03-01-2012 à 15h00 - Mis à jour à 16h25    

Par Le Nouvel Observateur


Qu'est-ce que la TVA sociale ? A qui profiterait-elle ? Pourra-t-elle être adoptée avant la présidentielle ? Décryptage par Donald Hébert et Laura Thouny.

 

 

La TVA sociale consiste à baisser les cotisations sociales payées par les entreprises et à augmenter la TVA dont s'acquittent les consommateurs. (JAUBERT/SIPA )

La TVA sociale consiste à baisser les cotisations sociales payées par les entreprises et à augmenter la TVA dont s'acquittent les consommateurs. (JAUBERT/SIPA )

 

1. Qu'est-ce que la TVA sociale ?    

 

Cet impôt n'a de social que le nom. Son principe est simple : il consiste à baisser les cotisations sociales, payées par les entreprises pour financer la Sécurité sociale. Et à augmenter la TVA, la taxe sur la valeur ajoutée, dont s'acquittent les consommateurs lors d'un achat.

2. A quoi ça sert ?

L'objectif du gouvernement : alléger le coût du travail pour les entreprises produisant en France, tout en maintenant le même niveau de financement pour la Sécurité sociale.

Les entreprises sont censées répercuter cet allégement en baissant leurs prix. Ce qui compenserait la hausse de la taxe pour le consommateur.

Conséquence : les prix ne devraient augmenter que pour les produits importés, les fabricants étrangers ne bénéficiant pas de cet allègement de charges. Plus compétitives, les entreprises implantées en France y gagneraient. En théorie.

3. A qui profiterait la TVA sociale ?

Aux entreprises. C'est d'ailleurs pour cette raison que le Medef, syndicat patronal, la défend avec ferveur. Le risque est d'ailleurs qu'elles en profitent trop, en ne répercutant pas totalement la baisse des cotisations sociales sur leurs prix.

"Les baisses de TVA à 5,5% dans les travaux immobiliers en 1999 et dans la restauration en 2009 n'ont été répercutées qu'à 57% et 60%", affirme Christiane Marty, de la fondation Copernic, dans une tribune à "Libération". "Les entreprises en profitant pour augmenter les taux de marge et les dividendes versés."

4. La TVA sociale est-elle une mesure anti-délocalisation ?

 Pas évident. En favorisant les entreprises produisant en France, la mesure semble favoriser l'activité sur le territoire. Cependant, le coût du travail, ou la fiscalité, n'est pas le seul critère pour le choix d'une localisation de la production.

Par ailleurs, le coût du travail en France n'est pas, selon de nombreux économistes, à l'origine de la désindustrialisation française. Pour preuve, le coût de l'heure de travail dans l'industrie manufacturière était de 35,1 euros en Allemagne et  de 35,4 en France en 2011, contre 26,1 en Italie, et 29,5 dans la zone euro, selon Eurostat. Ce qui n'empêche pas l'Allemagne d'être le premier exportateur en Europe.

De plus, la hausse de 2 points de la TVA pour l'ensemble des produits et de 0,75 points de CSG - comme le préconise le scénario minimal du Medef - ne suffira pas à rendre plus chères les importations de Chine, où le coût de production est parfois 30 fois inférieur.

Enfin, il n'y a plus de production française dans de nombreux secteurs. Faute d'alternative, le consommateur sera ainsi obligé de consommer le produit importé, majoré.

5. Qui seraient les plus pénalisés par la TVA sociale ?

Bien que la TVA touche l'ensemble des consommateurs de la même manière, les plus bas revenus seraient les plus touchés par cette mesure. En effet, rappelle Mathieu Plane dans La Tribune, 10% des revenus les plus bas acquittent 11,5% de la TVA, et les 10% les plus élevés n'en supportent que 5,2%.

6. Quel serait le calendrier ?

Coup de com' ou projet de loi adopté in extremis avant la présidentielle ?  La majorité veut avancer vite sur la mise en place d’une TVA sociale. "Nous allons la faire et nous allons la faire avant l'élection présidentielle", affirme la ministre du Budget Valérie Pécresse ce mardi 2 janvier, après la sortie de Xavier Bertrand sur France 2.  

Lors de ses voeux aux Français, Nicolas Sarkozy avait évoqué l’échéance du sommet social prévu le 18 janvier prochain pour aborder "le financement de notre protection sociale", promettant que des "décisions importantes" seraient prises juste après.

Une telle mesure pourrait donc être présentée devant le Parlement dès le mois de février. Pas sûr toutefois qu’elle franchisse l’étape du Sénat avant l’élection, celui-ci ayant basculé à gauche en septembre.  "Il faut ‘cranter’ le sujet en faisant la preuve de notre détermination, même si l’entrée en vigueur de la réforme pourrait être postérieure à la présidentielle", confie de fait un membre du gouvernement aux "Echos" ce mardi.

7. Pourquoi en parler maintenant ?

A quatre mois de la présidentielle, le gouvernement semble vouloir afficher sa détermination sur le thème de la compétitivité et de la sauvegarde de l’emploi. Avec le retour du "produire en France" dans le débat politique, remis à l’ordre du jour par François Bayrou, la "TVA anti-délocalisation" apparaît soudainement dans l’air du temps pour l’UMP.

En 2007, Jean-Louis Borloo avait pourtant fait perdre une cinquantaines de sièges à la droite à l'Assemblée, en glissant que le gouvernement y songeait. Depuis, seuls le centriste Jean Arthuis et le chef de l'UMP Jean-François Copé se risquaient vraiment à défendre cette mesure largement impopulaire.

8. La "TVA sociale", une expression taboue ?

Depuis les élections législatives de 2007 - ce thème avait pénalisé l'UMP lors de la campagne -  la majorité n’évoque le sujet qu’à grand renfort de précautions. Lors de ses vœux aux Français, Nicolas Sarkozy s’est bien gardé d’employer les mots de "TVA sociale", préférant parler d’"alléger la pression sur le travail". Dans son programme pour 2012, l’UMP plaide prudemment en faveur d’une "fiscalité anti-délocalisation". Mais ce mardi, Xavier Bertrand et Valérie Pécresse assument de nouveau les mots tabous.

9. Qu’en dit le Parti socialiste ?

"Non à cette TVA anti-sociale !" Depuis que Nicolas Sarkozy a remis la "TVA anti-délocalisation" sur le tapis, le PS tire à boulet rouge sur cette mesure chère au Medef. Pour Michel Sapin, chargé du projet présidentiel de François Hollande, "ce serait une faute économique d'augmenter la TVA, ce serait une faute sociale". L’ex-ministre de l’Economie accuse le gouvernement de chercher à "alléger les charges des entreprises en faisant payer ces charges par l'ensemble des Français".

Augmenter la TVA "ne peut pas être social", et est au contraire "injuste", s’est offusqué de son côté Pierre Moscovici, directeur de campagne de François Hollande.  "Nous ne la ferons pas", a promis le député du Doubs. Pour autant, le Parti socialiste s’est lui aussi rangé à l’idée d’une baisse du coût du travail. Le candidat du PS "proposera des mesures", a ainsi prévenu Michel Sapin.

Mais tout le monde n'est pas du même avis. "La solution, c’est la TVA sociale", avait prôné Manuel Valls lors de la primaire socialiste - il est à présent chargé de la communication de François Hollande. Le candidat de la "démondialisation" Arnaud Montebourg avait quant à lui dénoncé une "solution de droite", tandis que Martine Aubry fustigeait une mesure qui "va toucher d'abord les classes populaires et les classes moyennes". Pour sa part, François Hollande se montrait plus modéré, suggérant plutôt une "contribution écologique, qui permet de se substituer à la taxe sur le travail".

Donald Hébert et Laura Thouny - Le Nouvel Observateur

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 14:53
Laurence Dequay - Marianne | Lundi 2 Janvier 2012 à 18:46

 

Les réformes adoptées sous l'ère Sarkozy pour favoriser la formation des chômeurs peinent à faire leurs preuves. Face à la montée du chômage et au chemin de croix qu'est devenu le retour à l'emploi, ces mesures semblent largement insuffisantes au vue de leur inefficacité.



Manifestation des indignés à Bastille - Wikimédia - Slastic - cc
Manifestation des indignés à Bastille - Wikimédia - Slastic - cc
« Nous devons changer notre regard sur le chômage et faire en sorte que la formation des chômeurs devienne la priorité absolue afin que chacun puisse se reconstituer un avenir. » En se fixant cet objectif, à l’occasion de ses vœux, Nicolas Sarkozy a endossé devant tous les Français, un nouveau costume : celui de Président patriarche qui apaise le corps social en retissant ses solidarités. Las, gageons qu’en la matière, les incantations d’un chef de l’Etat, handicapé dans la course à la Présidentielle par l’explosion du sous-emploi dans l’Hexagone, ne suffiront plus.
 
Permettre à toutes et à tous de rebondir dans une économie mondialisée, c’était en effet déjà le cœur de la réforme  de 2009 qui a introduit dans l’Hexagone la flexi-sécurité chère aux pays nordiques, en créant conjointement le fond de sécurisation des parcours professionnels( FPSPP)…et la rupture conventionnelle du contrat de travail. Or discrètement en décembre dernier, le Conseil Economique et social ( CESE), dans un avis fort instructif que le chef de l’Etat s’est bien gardé de mentionner, a dressé un bilan plutôt ravageur de cette réforme. Et pour cause.

Si le nombre des licenciements « conventionnels » s’est envolé à plus de 600 000 depuis 2008, pesant lourdement sur les finances des caisses de chômage, le FPSPP lui est loin d’avoir atteint ses objectifs. Ainsi alors qu’il devait permettre de former chaque année 500 000 salariés et 200 000 demandeurs d’emploi de plus, l’année de sa création, seulement 8% des chômeurs inscrits à Pôle Emploi ont eu accès à une formation professionnelle !

Dans la même veine, le nouveau dispositif de Préparation Opérationnelle à l’emploi (POE) — une formation proposée par Pôle Emploi à un chômeur pour qu’il satisfasse une offre de job déjà collectée — a poussivement démarré. De sorte qu’en dépit de 31,3 milliards d’euros consacrés à la formation continue, (1,6 point de PIB !), la France reste en 2012, selon le CESE, l’un des pays développés qui forme le moins ses adultes de plus de 25 ans. Tout particulièrement ceux qui ont le plus besoin : les salariés des entreprises de 10 à 20 salariés, les jeunes, les séniors et les femmes les moins diplômés.
 
Plus accablant encore : relevant du seul pouvoir de gestion des employeurs, la formation professionnelle n’a concerné...qu’1,4% des accords conclus en entreprise. C’est dire si la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences passionne les DRH (2) !

Conçus pour pallier ces inégalités d’accès des salariés à la formation, les congés et droits individuels à la formation (CIF et DIF), patinent largement. En dépit de la crise, moins d’un dossier déposé sur deux est au final financé. De fait, ces dispositifs ne jouent plus suffisamment le rôle d’ascenseur social que leur avaient dévolu les partenaires sociaux. Ainsi, en 2009, en dépit des déclarations de bonnes intentions, moins de 11 200 salariés en CDD sur plusieurs millions ont bénéficié d’un CIF-CDD. Et à ce jour, le droit à la formation initiale différée —un an d’éducation pour ces 25% de salariés qui n’ont aucune qualification reconnue — n’a fait l’objet d’aucune concertation alors les partenaires sociaux le réclamait…
 
De ce décollage raté de la flexi-sécurité en France, le gouvernement est donc en partie responsable. Notamment parce qu’il a « fragilisé, notent les experts du CESE, le réseaux des collecteurs de fonds de la formation, les OPCA dont l’expérience était reconnue, en élargissant leurs missions et en les plaçant, en pleine tourmente économique, en concurrence. Cela pour complaire au Conseil de la Concurrence Européen qui considère que la formation professionnelle, bien que d’intérêt général,  est une activité économique soumise au droit de la concurrence.

Mais ce positionnement dogmatique oblige désormais les Pôles emploi et les régions à recourir systématiquement à des procédures d’appel d’offres pour conclure et embaucher des formateurs. Et ces procédures complexifient leurs démarches tout en minant leur réactivité puisque les délais de réponse peuvent excéder plusieurs mois. Par ailleurs regrette l’ARF, l’Association des Régions de France citée par le CESE, la décentralisation de la formation professionnelle est restée au milieu du gué. Ce qui pénalise l’articulation des politiques de l’emploi aux politiques de développement économiques locales.

Bref, cinq ans après l’élection de Nicolas Sarkozy, non seulement, un vrai service public de la formation continue, incluant les universités, reste à construire. Mais encore, il est plus qu’urgent de s’assurer que le chômage partiel que subiront cette année les salariés dans nombre d’entreprises, servira aussi à préparer leur rebond. Ce sera l’un des enjeux du sommet social convoqué par le chef de l’Etat le 18 janvier.


(1) « 40 ans de formation professionnelle : bilan et perspectives. »  CESE.

(2) Parce ce que leurs employeurs les jugent bien assez qualifiés pour leurs tâches, ou parce que ces dernières sont trop lourdes pour qu’ils puissent s’absenter…

Rapport sur la formation professionnelle

2011_15_formation_professionnelle.pdf 2011_15_formation_professionnelle.pdf  (3.76 Mo)

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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 14:51

 

à lire sur BBC.co.uk (en anglais) 02/01/2012 à 16h41

Rue89 - Signalé par Martin Untersinger

 

Contre la censure et le contrôle d'Internet, il existe de nombreuses solutions, des systèmes d'anonymisation comme Tor jusqu'aux réseaux « parallèles » comme le projet Commotion. Des hackers ont cependant proposé une solution inédite... Et ambitieuse.

Ces derniers ont pour projet de mettre en orbite un satellite de télécommunications ainsi qu'un réseau de stations au sol pour contourner les dispositifs de contrôle et de surveillance d'Internet.

Ce projet a été dévoilé lors du Chaos Communication Camp, organisé cet été en Allemagne et remis sur le tapis fin décembre lors du Chaos Communication Congress, un autre grand rassemblement de hackers.

La BBC rappelle que des amateurs sont déjà parvenus à mettre de petits satellites en orbite (notamment grâce à des ballons) mais que les commander à distance est difficile sans moyens financiers conséquents. Ces hackers, structurés au sein du Hackerspace Global Grid, se sont donc donnés comme priorité la mise en place d'un réseau de stations de contrôle au sol.

Un professeur d'université interviewé par la BBC a jugé le projet faisable mais a souligné la difficulté d'établir une connexion rapide et permanente entre la Terre et le satellite. Ce projet intervient alors qu'est débattue aux Etats-Unis une loi controversée qui faciliterait le filtrage à grande échelle d'Internet.

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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 14:43

 

Rue89 - Arrêt sur images 03/01/2012 à 10h36

Daniel Schneidermann Fondateur d'@rrêt sur images


 

Un employé de SeaFrance à Calais, le 16 novembre 2011 (Pascal Rossignol/Reuters)

 

A quoi reconnaît-on un animal politique aux abois ? A la magnifique manœuvre de Sarkozy dans le dossier SeaFrance, par exemple.

En quelques minutes, lundi matin, Sarkozy a amené deux de ses ministres, Mariani et Kosciusko-Morizet, à se dédire, et à soutenir le plan de création d'une coopérative ouvrière par la CFDT de l'entreprise maritime de Calais, plan qu'ils jugeaient irréaliste quelques heures plus tôt.

Mais tout est dans le détail supplémentaire : avec cynisme, le pouvoir fait aux salariés le cadeau empoisonné d'une indemnité de licenciement « supra-légale », à charge pour eux de la réinvestir dans la future éventuelle Scop.

JT de lundi soir, et informations radio du mardi matin, ont repris l'information, insistant comme il se doit sur le reniement de Mariani, parfait dans le rôle du mangeur de chapeau, et laissant déjà entrevoir l'embarras des salariés.

La Cour des comptes, sévère avec la CFDT

Au-dessus du coup de poker, plane une image-souvenir : Jospin, en 2002, étalant son impuissance devant les ouvriers licenciés de Lu.

Tout, plutôt qu'être pris en flagrant délit d'impuissance. Encore le tam-tam audiovisuel a-t-il, comme d'habitude, gommé les détails.

D'autres informations soulignent encore mieux l'ampleur du reniement gouvernemental. Ainsi, il faut bien chercher dans les coins, pour apprendre que la CFDT a refusé une offre de reprise, qui aurait préservé 460, voire 600, des 880 emplois de l'entreprise.

Et il faut encore mieux chercher, pour lire le détail d'un rapport de la Cour des comptes, sévère pour la même section CFDT de SeaFrance (accusée de porter une lourde responsabilité dans la déconfiture de la filiale de la SNCF, notamment pour avoir favorisé les recrutements de complaisance, etc). Ce rapport avait pourtant été publié dès octobre dernier.

En période ordinaire, on imagine quelle utilisation de ce rapport de la Cour des comptes aurait été faite par le pouvoir et ses relais, pour justifier leur intransigeance. Mais on n'est pas en période ordinaire : par exemple, Le Figaro de ce jour ne fait même pas état du rapport cité par Atlantico, dont il se fût pourléché dans un autre contexte.

Impression rétinienne du Président sauveur

Dans cette manœuvre, le cynisme est partout : dans le cadeau, dans le poison, dans le tempo. Le plus fascinant, dans la manip, c'est que rien n'est caché, ni ce cynisme ni les pièges, pour peu que l'on fouille un peu.

Mais peu importe. Sarkozy compte désormais sur le rythme du sprint, pour ne laisser dans l'œil des électeurs que l'impression rétinienne du Président qui tente tout pour sauver l'emploi. Cela fonctionnera-t-il ? Impossible à discerner déjà. C'est le propre des coups de poker : ça passe ou ça casse.

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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 14:37

LEMONDE.FR | 02.01.12 | 19h59   •  Mis à jour le 03.01.12 | 11h01

 
 

 

Le logo d'Areva sur son site de Beaumont-Hague vu à travers un drapeau de Greenpeace.

Le logo d'Areva sur son site de Beaumont-Hague vu à travers un drapeau de Greenpeace.AFP/KENZO TRIBOUILLARD

Nouveau rebondissement dans l'affaire d'espionnage concernant le numéro un mondial du nucléaire, Areva : après la plainte d'Anne Lauvergeon, ex-présidente du directoire, et de son époux, Olivier Fric, c'est désormais Greenpeace qui a déposé plainte contre X auprès du procureur de la République de Paris, pour intrusion frauduleuse dans un système informatique et complicité et recel d'informations à caractère secret ou personnel.

L'ONG environnementale réagit aux révélations faites par le JDD dimanche 1er janvier, à propos d'un document "strictement confidentiel" daté du 11 mars et émanant d'Alp Services, un cabinet d'intelligence économique suisse, qui visait Greenpeace, mais également Transparency international et Worldwatch. L'enquêteur suisse aurait ainsi proposé "une veille préventive, et infiltration/lobbying" de ces trois organismes, proposition à laquelle Areva assure ne pas avoir donné suite.

"LES FLEURONS DE L'INDUSTRIE FRANÇAISE"

Greenpeace rappelle dans un communiqué qu'en novembre, c'est une autre entreprise publique liée au nucléaire, EDF, qui avait été mêlée à des opérations d'espionnage informatique menées à son encontre. L'entreprise avait écopé d'une amende d'1,5 million d'euros, et deux de ses anciens responsables de la sécurité avaient été condamnés à des peines de prison ferme. EDF a fait appel.

>> Lire : "Les mots durs du tribunal de Nanterre"

" Que des entreprises publiques, qui ont pignon sur rue et sont présentées comme les fleurons de l'industrie française, puissent se livrer à ce type de pratiques illégales est indigne", dénonce Adélaïde Colin, porte-parole de Greenpeace France. "Commanditer des opérations d'espionnage illégales à l'encontre de Greenpeace, est-ce là la seule réponse que les majors de l'industrie nucléaire ont à apporter aux questions que nous soulevons ?" poursuit-elle.

Greenpeace souligne également le problème du "contrôle comptable d'entreprises publiques comme EDF ou Areva". Si les faits sont avérés, "cela signifierait que le contribuable français aura, via Areva, financé l'espionnage illégal de Greenpeace et de deux autres ONG à hauteur de 40 à 60 000 euros chaque mois".

ÉCOUTES ILLÉGALES

Fin décembre, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire, suite aux plaintes d'Anne Lauvergeon et de son époux, Olivier Fric, concernant des écoutes illégales qui auraient été menées par la même officine privée suisse. Son objectif : obtenir des informations sur l'acquisition par Areva de la société canadienne d'extraction d'uranium UraMin en 2007.

Dans un document daté du 26 septembre et estampillé "strictement confidentiel" – dévoilé par le Canard enchaîné – figurait en effet l'agenda, les comptes en banque et les données téléphoniques de M. Fric, ainsi que son parcours universitaires, ses voyages en Suisse et son casier judiciaire. Le document concluait que les recherches "menées sur M. Fric n'ont pas permis d'obtenir d'informations laissant penser qu'il aurait pu bénéficier de manière illégitime du rachat d'UraMin par Areva".

Anne Lauvergeon devrait être entendue par la police cette semaine.

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