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30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 13:30
| Par Mathilde Mathieu et Michaël Hajdenberg

La question vaut son pesant d'or: lorsque Nicolas Sarkozy discourt à Toulon devant 5.000 sympathisants, le 1er décembre, est-il chef de l'État ou candidat? Aux yeux des socialistes, c'est un pur «meeting» électoral, dont le coût doit être supporté par l'intéressé, non par le contribuable. Mais pour l'Élysée, Nicolas Sarkozy n'est toujours pas entré en campagne et ne fait là que son métier: «présider». Pourquoi lui faire payer la note?

Pour sa part, le Conseil supérieur de l'audiovisuel a tranché la question du caractère partisan -ou non- d'un tel déplacement. D'après des chiffres inédits communiqués à Mediapart, l'autorité administrative indépendante chargée de contrôler la répartition des temps de parole entre l'opposition et la majorité dans les médias, a considéré que la plupart des propos tenus par Nicolas Sarkozy à Toulon relevaient du pur «débat politique», et qu'une minorité correspondait aux fonctions régaliennes du chef de l'État: 30 minutes d'un côté, 21 minutes de l'autre. De quoi alimenter les critiques socialistes sur les dépenses d'aménagement du Zénith, payées rubis sur l'ongle par l'Élysée.

 

Meeting de Toulon, devant 5.000 personnes, le 1er décembre.
Meeting de Toulon, devant 5.000 personnes, le 1er décembre.© (dr)

 

Depuis le 1er septembre 2009, en effet, le CSA décortique tous les propos télévisés de Nicolas Sarkozy et les classe en deux catégories: d'un côté, les phrases liées à sa fonction d'arbitre, de chef de guerre ou de garant de l'indépendance nationale, qui ne sont pas décomptées; de l'autre, les déclarations qui s'inscrivent dans le «débat politique national» et sont ajoutées au temps de parole de la majorité.

Avant 2009, aucune parole présidentielle n'avait jamais été prise en compte, au motif que la Constitution place le chef de l'État au-dessus des partis. Si le CSA a mis fin à cette sorte d'“immunité verbale”, c'est sous la contrainte du conseil d'État, qui a considéré dans un arrêt d'avril 2009 que les «interventions» du chef de l'État ne pouvaient plus «être regardées comme étrangères, par principe et sans aucune distinction (...), au débat politique national».

Depuis que le verbe présidentiel est ainsi placé sous surveillance, 52% des propos de Nicolas Sarkozy ont été considérés comme relevant du “débat national”, 48% du “régalien”, d'après des chiffres inédits communiqués par le CSA à Mediapart. En résumé, Nicolas Sarkozy s'exprime plus souvent en homme politique partisan qu'en chef de l'État neutre et impartial.

 

Pour Christine Kelly, membre du Conseil en charge du pluralisme, «le distinguo se fait sans difficulté»: «Quand on s'assoit et qu'on écoute, la répartition saute aux yeux; c'est sans ambiguïté. D'ailleurs, les chaînes et les radios font en général le même décompte que nous, à 1 ou 2% près.»

Cette statistique de 52%, les socialistes pourraient s'en emparer dès la rentrée, pour insister sur le caractère partisan des déplacements présidentiels et réclamer que leur coût soit, au moins en partie, assumé par Nicolas Sarkozy en personne plutôt que par l'Élysée. Le 19 décembre, déjà, lors d'un débat à l'Assemblée nationale sur le financement de la campagne présidentielle, ils ont encouragé la commission chargée du contrôle des comptes de campagne (la CNCCFP) à s'inspirer de l'attitude du CSA et à considérer, elle aussi, que les interventions de Nicolas Sarkozy n'étaient «pas réductibles» à ses missions d'arbitre, loin de là.

À la tribune, le député Jean-Jacques Urvoas a prôné un «parallélisme des formes» entre les deux autorités. Très grossièrement: si 52% des propos de Nicolas Sarkozy sont jugés partisans, pourquoi ne pas facturer 52% du coût de ses déplacements à l'intéressé?

L'«équité» à partir du 1er janvier

À partir du 1er janvier, date à laquelle «l'équité» des temps de parole entre candidats à la présidentielle devra être respectée sur les radios et télés, le CSA va même considérer Nicolas Sarkozy comme un «candidat présumé» et le traiter comme ses concurrents «déclarés» – tous les propos de ses soutiens seront comptabilisés.

«Nous n'attendons pas qu'il soit officiellement dans la course, explique Christine Kelly. Pour le CSA, ça ne change rien qu'il se déclare en décembre, janvier ou mars.» La définition de «candidat présumé»? «Celui qui recueille des soutiens publics significatifs en faveur de sa candidature.»

Du côté de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, chargée de contrôler les comptes des candidats une fois le scrutin terminé et de vérifier qu'ils prennent bien à leur charge l'intégralité des frais engagés pendant leur campagne, on a une tout autre vision. «En principe, c'est la déclaration publique de candidature, ou le cas échéant l'investiture par une formation politique, qui est considérée comme marquant pour un candidat le début des opérations (financières)», explique le président de la Commission dans un courrier, en réponse au PS qui accuse Nicolas Sarkozy de mener campagne aux frais de l'Élysée. Avant cela, «en principe», aucune dépense ne peut lui être imputée.

La CNCCFP, tout de même, prévoit des exceptions à son principe. Certaines dépenses de Nicolas Sarkozy antérieures à sa déclaration de candidature, liées à ses multiples déplacements en province, devront ainsi être insérées dans son compte de campagne: chaque fois qu'il «est amené à exposer les éléments d'un programme». La Commission se laisse une sacrée marge d'appréciation…

En 2002, elle avait réintégré une partie des coûts relatifs à cinq réunions publiques préalables à la déclaration de candidature du président Chirac. Celui-ci avait en effet “omis” de les déclarer dans son compte – sans doute pour s'assurer qu'il ne dépasserait pas le plafond de dépenses autorisées. La Commission, cependant, n'avait comptabilisé que quelques milliers d'euros. D'après les socialistes (qui ne disposent d'aucun chiffre fiable à ce stade), le meeting de Toulon de Nicolas Sarkozy pourrait avoir coûté plusieurs centaines de milliers d'euros.

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30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 13:26

| Par Martine Orange

La grande braderie  va pouvoir commencer en Grèce. Alors que le plan de restructuration de la dette grecque, officiellement arrêté en fin octobre, est toujours en discussion, le gouvernement de Lucas Papademos est sur le point de faire de nouvelles propositions. Pour convaincre les financiers d'accepter  d'échanger leurs titres contre des obligations de plus longue durée ou avec une décote, celui-ci  s'apprête à leur faire une nouvelle offre. Les nouveaux titres émis seraient gagés sur des biens publics.   Electricité, autoroutes, chemin de fer,  ports, immobilier, foncier , tout pourrait servir de garantie.

Appelées obligations de privatisation, ces nouveaux titres d'une durée de cinq ans devraient avoir des taux d'intérêt peu élevés, selon  les informations publiés par le quotidien grec Imerisia. Mais ils pourraient par la suite être transformés en actions, lorsque les sociétés sur lesquelles ils sont adossés, seraient privatisées. Ainsi les créanciers privés, qu'il convient toujours de rassurer, disposeraient de la double garantie d'avoir des actifs tangibles en contrepartie de leur prêt  et de pouvoir mettre la main sur des actifs publics intéressants à bon compte, le moment venu. Car naturellement, les créanciers obligataires se verraient offrir une prime au moment de la privatisation, pour avoir accepté de  renégocier la dette.

Ce projet est vivement encouragé par les instances européennes  et le fonds monétaire international. Dans le cadre du plan de sauvetage de la Grèce, ceux-ci ont exigé un programme de privatisation d'au moins 50 milliards d'euros d'ici à 2015, en contrepartie de leur aide financière. Mais ce programme tarde à être mis en œuvre. Et l'Europe et le FMI s'impatientent. La procédure imaginée  a l'avantage, à leurs yeux,  d'enclencher rapidement les privatisations attendues.

Le dispositif devrait être précisé d'ici à la mi-janvier, au moment d'une nouvelle inspection des membres de la Troïka ( BCE, Europe, FMI) à Athènes. Le gouvernement envisagerait de lever quelques 100 milliards d'euros par ce biais. C'est la somme à laquelle les créanciers privés sont censés renoncer dans le cadre de la restructuration de la dette. Leur sacrifice, compte tenu du dispositif envisagé, s'annonce toutefois que momentané.

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30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 13:23

Rue89 - Fabrice Praz

Infosud

Les « freegans » on choisi de se nourrir avec ce qu'ils glanent dans les poubelles des supermarchés, entre choix éthique et nécessité. Exemple en Suisse.


De la nourriture dans des poubelles à New York (Petrr/Flickr/CC)

« A chaque fois, c'est Noël », lance Miriam assise sur le siège passager. « ça fait une année que je fais de la récup » et je suis toujours autant surpris par la quantité », ajoute Nico alors qu'il positionne sa voiture en marche arrière, le coffre face aux bennes prêt à engloutir les kilos de nourriture jetés par le supermarché.


Le fruit de la récup (Fabrice Praz)

On est en plein mois d'octobre, la nuit est déjà bien avancée dans cette petite ville de Suisse romande. L'air est glacial. Mais pas le temps de se refroidir, le petit groupe de cinq personnes part à l'assaut des poubelles dans une étrange harmonie.

Nico assure :

« On est des habitués. Moi, je me nourris uniquement de cette façon depuis des mois ».

Une fois par semaine, le groupe fait la tournée de leurs différents « spots » pour récupérer légumes, fruits et autres produits laitiers. En toute légalité si les containers se trouvent sur la voie publique. Pour le pain, ils préfèrent se ravitailler dans une grande boulangerie du coin qui leur donne les invendus.

« Il y en a tellement qu'on les congèle pour le reste de la semaine. »

Ils sont tous « freegans », un concept né à New- York au tournant du millénaire. Une simple contraction de « free » (libre/gratuit) et de « vegan » (végétalien).

Plutôt que de freeganisme, déchétarisme et autre glanage alimentaire inventés par les médias, le groupe préfère parler simplement de récup'. Un mode de consommation qui consiste à se nourrir en récupérant les aliments consommables dans les poubelles de supermarchés.

Mais au-delà du choix éthique - lutter contre le gaspillage de notre société de surconsommation-, cette descente hebdomadaire dans les poubelles est une nécessité pour la petite équipe. Un véritable moyen de subsistance, dû à un constat sans appel : ils ne pourraient pas s'offrir une telle quantité de nourriture en passant par la caisse enregistreuse.

« Au début je trouvais ça dégoûtant »

Loin des gratte-ciels de Manhattan, la cueillette avance. Malgré l'heure tardive, des fenêtres s'éclairent dans la barre d'immeuble voisine. Des têtes apparaissent, sûrement des curieux attirés par le jeu de lumière des lampes de poche.

« La première fois que mes amis m'ont parlé de la récup », j'ai plutôt trouvé ça dégoûtant », confie Miriam avant d'inciser d'une main d'experte un sac-poubelle noir. Un tas de tomates s'en échappe, une bonne pioche.

« Mais ce que je craignais le plus au début, c'est que quelqu'un vienne me taper sur l'épaule et m'accuse de faire quelque chose de mal. Je crois que ça doit être mon éducation ! »

Aujourd'hui, finie l'appréhension : Miriam replonge en toute quiétude dans un autre container. Car si parfois des rencontres nocturnes se produisent, elles se passent plutôt bien.

Tout en scrutant un brocoli douteux, Nico raconte :

« Les gens sont surpris au premier abord. Mais après ils comprennent. Ils ont surtout peur qu'on s'intoxique ».

Si le régime « freegan » semble enfreindre les règles de base en matière d'hygiène alimentaire, les glaneurs s'en remettent à leur bon sens. Devant l'abondance de produits, la sélection est impitoyable. La viande et le poisson sont automatiquement écartés. Les moindres traces de pourritures sur des légumes ou des fruits les condamnent.

Pour Miriam :

« Le seul désavantage de ce régime, c'est que parfois on est obligé de se nourrir de produits non-bio ».

Les cagettes en plastique commencent à se remplir de briques de lait, d'oeufs, de café, de pizzas, de brioches, de pommes de terre…La quantité est impressionnante. Les poubelles débordent de denrées comestibles.

Si certains aliments ont légèrement dépassé la date de péremption, d'autres ont été à peine touchés, sûrement jetés car ils n'étaient plus esthétiquement présentables. La plupart sont ainsi passés directement de l'étalage réfrigéré aux ordures. Soit une masse d'invendus considérables.

« Un gaspillage qui fait mal au cœur »

En Suisse, cette gabegie s'élèverait à 250000 tonnes par an. Une réalité insoutenable pour les freegans. Miriam :

« C'est un tel gaspillage au regard de ceux qui ont travaillé dur pour produire ces aliments. Ça me fait mal au cœur. Je préfère me nourrir dans les poubelles que voir partir cette nourriture dans les centrales d'incinérations ».



Les têtes plongent de plus en plus profondément dans le ventre des containers, une main gantée agrippée au rebord et l'autre qui ausculte les profondeurs. L'équilibre est instable. Parfois, il faut intervenir pour extraire un plongeur trop aventureux.

Les minutes passent. Des sacs-poubelles à moitié vide tapissent le bitume. Les premières cagettes sont minutieusement chargées dans le coffre. Il faut être stratégique, la masse à ranger s'annonce conséquente.

« Ils cadenassent leurs poubelles »

Une fois que les quatre containers ont livré tous leurs secrets, les sacs poubelles éventrés sont soigneusement refermés puis remis dans les bennes. Par discrétion, plus que par manie :

« Si les propriétaires découvrent qu'on opère dans leur magasin, ils cadenassent immédiatement leurs poubelles. On a déjà perdu plusieurs spots ces derniers temps ».


Les lampes frontales s'éteignent. La voiture démarre péniblement avec ses dizaines de kilos de denrées dans le coffre. La pêche a été bonne, comme à chaque fois, de quoi nourrir tout un bataillon.

Mais aucune « grande bouffe » n'est au programme ce soir. De retour au quartier-général, la cueillette est triée entre les glaneurs. Et le reste ?

« Au début, on ramenait le surplus la semaine suivante dans les containers. Mais maintenant, on a créé un petit magasin gratuit. La demande est très grande ! »

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30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 13:17

LEMONDE.FR avec AFP | 29.12.11 | 20h28

 
 

 

L'homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine, ici le 14 septembre à Paris.

L'homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine, ici le 14 septembre à Paris.AFP/THOMAS SAMSON

L'intermédiaire franco-libanais Ziad Takieddine, inculpé dans le volet financier de l'affaire Karachi, un scandale lié à des ventes d'armes, avait été contrôlé en juillet 1994 par les douanes françaises à la frontière suisse avec une forte somme en liquide dans sa voiture, a assuré, jeudi 29 décembre, le site Médiapart.

A en croire un procès-verbal de la direction générale des douanes cité par Mediapart, M. Takieddine a été interpellé le 28 juillet de cette année-là à un poste-frontière avec la Suisse, à Ferney-Voltaire, en possession de 500 000 francs (76 000 euros actuels) dissimulés sous un siège de sa voiture.

Interrogé par un agent des douanes, il aurait déclaré avoir retiré cette somme dans un coffre lui appartenant dans une banque suisse, selon Mediapart, qui précise que les douaniers ont saisi les "marchandises en fraude [numéraire]" et que M. Takieddine a ensuite subi un contrôle fiscal.

"J'AI PAYÉ UNE AMENDE ET JE SUIS REPARTI"

Contacté par l'AFP, M. Takieddine a reconnu l'existence de ce contrôle mais a précisé qu'il n'avait rien à voir avec les procédures judiciaires le visant, notant que cette somme était destinée à des dépenses personnelles. "J'ai payé une amende et je suis reparti," a-t-il souligné. Dans la tentaculaire affaire Karachi, M. Takieddine a notamment été mis en examen en septembre pour complicité et recel d'abus de biens sociaux.

>> Voir l'infographie : "Comprendre l'affaire Karachi en trois minutes"

Les magistrats cherchent à déterminer si d'éventuelles rétrocommissions en marge de contrats d'armement conclus en 1994 avec le Pakistan (sous-marins Agosta) et l'Arabie saoudite (frégates Sawari II) auraient pu servir au financement illicite de la campagne présidentielle de l'ex-premier ministre Edouard Balladur en 1995.

Hélène Gaubert, l'épouse d'un ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, Thierry Gaubert, avait affirmé aux enquêteurs que M. Takieddine s'était rendu en Suisse avec son époux sur la période 1994-1995 afin de récupérer des valises "volumineuses de billets" qui étaient ensuite récupérées par le directeur de campagne de M. Balladur. Des accusations rejetées par les intéressés qui ont été inculpés. Nicolas Sarkozy était à l'époque l'un des plus proches collaborateurs de M. Balladur.

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30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 13:13
| Par Fabrice Arfi et Karl Laske

Des valises d'argent liquide ont bien circulé dans l'entourage de Nicolas Sarkozy. Durant la campagne présidentielle d'Édouard Balladur, puis durant les années 90, et jusqu'à une période relativement récente. Les juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire, chargés de l'affaire Takieddine, en ont obtenu, courant décembre, plusieurs confirmations.

Réinterrogée le 9 décembre dernier, Nicola Johnson, l'ex-épouse de M. Takieddine, a déclaré que Brice Hortefeux, longtemps proche conseiller de Nicolas Sarkozy, avant de devenir ministre délégué à l'aménagement du territoire, puis de l'intérieur, avait reçu en 2005 une somme en espèces du marchand d'armes lors d'une visite à son domicile avenue Georges-Mandel, à Paris, en compagnie de Thierry Gaubert. Un témoignage vivement contesté par M. Hortefeux.

 

Brice et Valérie Hortefeux et Nicola Johnson-Takieddine Brice et Valérie Hortefeux et Nicola Johnson-Takieddine© dr

Présenté il y a peu comme un possible directeur de campagne du président en 2012, M. Hortefeux, vice-président de l'UMP, a été questionné le 19 décembre par le juge Roger Le Loire sur ses contacts téléphoniques avec Thierry Gaubert, avant la garde à vue de ce dernier dans l'affaire Takieddine. L'ancien ministre l'avait notamment prévenu du fait que sa femme, Hélène Gaubert, «balançait beaucoup».

Mediapart venait de révéler qu'un témoin − sans donner son nom − avait évoqué des transports d'espèces effectués par Thierry Gaubert. Et M. Hortefeux lui révélait qu'il s'agissait de sa femme. Une «intuition», dira-t-il.

Amis de trente ans, les deux hommes se sont connus à la mairie de Neuilly, avant de travailler vingt mois ensemble au cabinet de Nicolas Sarkozy, en 1993 et 1994, comme l'a rappelé Brice Hortefeux le 19 décembre. En 1995, M. Hortefeux animait la «cellule meeting» du candidat Balladur, qui aurait apporté, selon les enquêteurs, des espèces non justifiées au siège de campagne.

Comme leurs ex-femmes l'ont indiqué aux juges, MM. Gaubert et Takieddine ont effectivement manipulé des espèces. Les policiers en ont retrouvé la trace. Thierry Gaubert a été interrogé le 16 décembre sur ses dépôts d'argent liquide à la banque Safdié, à Genève, un établissement dont Nicola Takieddine avait révélé l'existence aux enquêteurs. Mis en examen pour recel d'abus de biens sociaux et subornation de témoin, il n'a pas pu justifier l'origine des fonds déposés en 1995 − un million de francs suisses −, ni même les dépôts suivants.

Par un procès-verbal de la direction générale des douanes qui leur a été récemment communiqué, les juges ont aussi appris que Ziad Takieddine avait été interpellé en juillet 1994 à la frontière franco-suisse, à Ferney-Voltaire, en possession de 500.000 francs en espèces, qu'il n'avait pas déclarés. L'incident ne l'a pas dissuadé, en mars dernier, de revenir de Libye avec une mallette contenant 1,5 million d'euros, alors qu'il raccompagnait des journalistes français reçus par Kadhafi.

Le 5 décembre, M. Takieddine a reconnu avoir versé des fonds à Thierry Gaubert, mais toutefois pas en liquide. À la question du juge Van Ruymbeke «lui avez-vous remis de l'argent ?», M. Takieddine a répondu : «Oui, sur différentes périodes, par des virements, sur sa demande. Il avait besoin d'argent, il voulait que je lui prête de l'argent. Il ne m'a remboursé que très partiellement.»

Des espèces pour Brice Hortefeux ?

Très récemment, en octobre 2010, le marchand d'armes a par exemple versé une somme de 100.000 dollars sur le compte “Cactus” de M. Gaubert − c'est le nom de sa propriété en Colombie sur laquelle Mediapart a enquêté (ici, ici et ). M. Takieddine a précisé qu'il retrouvait parfois M. Gaubert à Genève, chez un marchand de cigares, “Gérard”. «Je tiens à préciser que je n'ai jamais accompagné M. Gaubert ou l'inverse, pour lui donner une quelconque valise ou pour rencontrer un banquier», a-t-il déclaré le 5 décembre.

Mais la comptabilité personnelle de M. Takieddine fait apparaître d'autres versements qui pourraient embarrasser M. Gaubert. Daté de mars 2001, un document intitulé “Yoghurt” (voir ci-dessous) mentionne ainsi les sommes de 250.000 et 300.000 francs portées au crédit de «TG». En outre, M. Takieddine a confirmé à Mediapart avoir été sollicité par M. Gaubert pour finaliser la construction de sa villa en Colombie, en 2002.

 

Nicola Johnson a pour sa part confirmé que son mari soutenait financièrement l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy. «Je me souviens que de temps en temps, il aidait Thierry Gaubert financièrement mais je ne savais pas si c'était pour les services rendus ou si c'était une sorte de prêt», a-t-elle déclaré.

Selon Nicola Johnson, Brice Hortefeux aurait, lui aussi, été “aidé” par M. Takieddine. «En 2005, nous vivions avenue Georges-Mandel, a-t-elle expliqué aux policiers. Je me trouvais à l'étage. Ziad est arrivé énervé dans la chambre et il m'a dit qu'il fallait qu'il trouve de l'argent car Brice et Thierry étaient en bas. J'avais cru comprendre que cet argent était pour Brice, mais je ne l'ai pas vu lui remettre. Je ne savais pas non plus pour quelle raison il rémunérait Brice.»

La scène a marqué l'ex-épouse. «Ce jour-là, je m'en rappelle, car Ziad fouillait dans sa mallette, dans le coffre-fort et dans son bureau. Il a rassemblé une somme d'argent mais je suis incapable de vous dire le montant.»

Contacté par Mediapart, M. Hortefeux a vigoureusement contesté le témoignage de Mme Takieddine. «C'est une plaisanterie, a-t-il réagi. Je commence à en avoir par-dessus la tête de cette histoire. Je ne laisserai pas passer de tels propos.»

 

MM. Hortefeux et Gaubert MM. Hortefeux et Gaubert© dr
Questionné par les juges, l'ancien ministre de l'intérieur, qui figurait parmi les invités de M. Takieddine au cap d'Antibes, n'a toutefois pas contesté avoir «croisé» le marchand d'armes «au début des années 2000». «J'ai pu mesurer à l'occasion de la négociation d'un contrat important pour notre pays, le contrat Miksa (de sécurisation des frontières d'Arabie Saoudite, ndlr), la qualité de ses relations avec les autorités saoudiennes», a déclaré Brice Hortefeux au juge Le Loire, le 19 décembre.

Qui sont les Lejeune ?

Lorsque le contrat Miksa se négocie, M. Hortefeux est en effet au cabinet de M. Sarkozy, au ministère de l'intérieur. Et il effectue au moins un voyage en Arabie Saoudite pour préparer le déplacement du ministre, en décembre 2003. Une opération finalement annulée par l'Élysée. Comme nous l'avons expliqué, le contrat préparé par le ministère de l'intérieur prévoyait le paiement d'une commission de 350 millions d'euros à une société off-shore, pilotée par M. Takieddine.

Par la suite, en 2005, M. Hortefeux, devenu ministre délégué à l'aménagement du territoire, est également associé à des préparatifs diplomatiques du marchand d'armes visant à conclure plusieurs marchés de sécurité avec la Libye. Sa mise en cause par Nicola Johnson devrait, en toute logique, provoquer des investigations sur son train de vie et ses liens avec le marchand d'armes. Cela d'autant plus qu'il est cité par plusieurs témoins dans le cadre de l'enquête sur le financement de la campagne d'Édouard Balladur.

Le 19 décembre, Brice Hortefeux a toutefois déclaré n'avoir «pas eu d'informations» sur les modalités de paiement des sociétés de sécurité utilisées pour les meetings, dont les dirigeants ont confirmé avoir été payés en liquide. «Je n'ai aucune information sur les conditions de financement de la campagne d'Édouard Balladur, a déclaré M. Hortefeux au juge Le Loire, puisque ni de près ni de loin, ni à aucun moment, je n'étais associé à ce sujet (...), cela ne relevait pas de mon niveau de responsabilité à cette époque.»

 

Jacques Lejeune Jacques Lejeune© dr
Selon les éléments de l'enquête, Thierry Gaubert a aussi présenté M. Hortefeux à certains de ses contacts genevois, en particulier à l'homme d'affaires Jacques Lejeune, un richissime papetier français installé en Suisse, choisi comme «protecteur» de son trust Cactus aux Bahamas. Valérie Hortefeux, la femme de l'ancien ministre, sera par ailleurs l'hôte des Lejeune, sur leur yacht de 44 mètres, l'Idyllwild. «M. Lejeune est une relation amicale que je vois tout au plus une fois par an, je sais qu'il est très riche», a indiqué M. Hortefeux à Mediapart.

La famille Lejeune occupe une place singulière dans le dossier judiciaire. Les enfants du milliardaire, Alain Lejeune et sa sœur, Annika, ex-conseillère technique au cabinet de Jean-François Copé, sont en effet les propriétaires de l'appartement de Nicolas Bazire, rue d'Eylau, à Paris. Et M. Gaubert a reconnu avoir reçu à plusieurs reprises des commissions des Lejeune, en 1995 et 2002, pour justifier des rentrées d'argent en espèces sur ses comptes suisses.

«Je me souviens de Thierry Gaubert comme d'une personne très discrète qui parlait peu, a déclaré Mauricio Safdié, l'un des banquiers suisses de Thierry Gaubert, au procureur de Genève le 24 octobre dernier. Il est exact qu'il est venu plusieurs fois à la banque, pour retirer des sommes en liquide. Il me téléphonait avant pour m'avertir. Je n'ai pas souvenir qu'il s'agissait de sommes importantes.»

Ouvert le 2 mai 1995, sous le nom de code Legris, ce compte a aussitôt été approvisionné de plusieurs sommes en espèces, pour un total d'un million de francs suisses, entre le 2 mai et le 12 juillet 1995.

500.000 francs cachés dans un sac plastique

«M. Takieddine vous a-t-il remis les fonds que vous avez versés entre le 2 mai et le 12 juillet 1995 sur votre compte Safdié, fonds pour lesquels vous ne fournissez aucun justificatif?», a questionné le juge Van Ruymbeke. «Je ne vois pas bien pour quelle raison M. Takieddine m'aurait donné de l'argent», a rétorqué M. Gaubert, qui assure avoir fait la connaissance du marchand d'armes après 1995. Une rencontre que M. Takieddine situe pourtant «en 1993 ou 1994».

 

T. Gaubert T. Gaubert© Reuters
Lors de son audition du 9 décembre, Nicola Johnson a reparlé des allers-retours effectués par son ex-mari à Genève, en compagnie de Thierry Gaubert. «Ses déplacements à Genève avaient pour principal intérêt d'aller à la banque», a-t-elle souligné. Selon elle, Ziad Takieddine «louait des véhicules à l'aéroport côté français» et il se rendait ensuite en Suisse «en empruntant une petite route». «Ziad allait à la banque pour retirer de l'argent en espèces. Ensuite, il reprenait la voiture et repassait la frontière par la route peu fréquentée, ce qui lui permettait de rentrer en France sans être contrôlé.»

Les enquêteurs ont d'ailleurs retrouvé des factures de location de véhicule qui montrent qu'effectivement M. Takieddine utilisait des voitures pour de courtes durées. «Vu la durée de location, c'est certain qu'il n'a pu aller qu'à la banque», a-t-elle commenté.

M. Gaubert, de son côté, a confirmé avoir fait quelques voyages éclairs à Genève avec M. Takieddine, mais il a contesté l'avoir accompagné dans une banque. Il a signalé lui aussi les rendez-vous donnés à M. Takieddine chez un marchand de cigares genevois. «C'est vrai que j'avais fait découvrir à Ziad Takieddine le plaisir du cigare», a-t-il commenté.

Faux, selon Nicola Johnson: «Ziad n'est pas un fin connaisseur, ni un fin consommateur de cigares, a-t-elle dit aux policiers. C'est exceptionnel lorsqu'il en fume un. Peut-être une fois par an. En tout cas, cela me paraît très étonnant qu'il se déplace spécialement pour en acheter. Par contre, Ziad me disait que lorsqu'il allait à Genève, il allait à la banque, ça je m'en souviens.»

Les archives douanières ont d'ailleurs confirmé les déclarations de Mme Takieddine. Selon un procès-verbal de la direction générale des douanes, le marchand d'armes a ainsi été contrôlé le 28 juillet 1994, au poste frontière de Ferney-Voltaire. Il affirme d'abord n'avoir «rien à déclarer». En réalité, il joue les passeurs. «Le contrôle de la voiture permet de trouver dans un sac plastique sous le siège conducteur une somme totale en numéraire de 500.000 francs», relève l'agent des douanes. M. Takieddine est questionné sans succès sur la provenance exacte de ces fonds.

- «Qui vous a remis cet argent à Genève ?», demande le douanier.

- «Je l'ai pris dans un coffre à moi vers 22 heures», répond l'intermédiaire.

- «Où se trouve le coffre ?»

- «Je ne dis rien. Je précise que l'argent a été retiré d'une banque suisse et que je l'avais mis dans un coffre en attendant de le retirer.»

Il explique ensuite qu'il voulait se rendre à l'aéroport − ce qui confirme qu'il contournait effectivement les contrôles par la route.

- «Où vous rendiez-vous ?», questionne encore le douanier.

- «À Meyrin, répond M. Takieddine. Aux avions privés, pour avoir des renseignements pour savoir s'il y a des avions privés qui peuvent aller à Paris dès ce soir.»

Les douaniers ont finalement procédé à la saisie «des marchandises en fraude (numéraire)», et un contrôle fiscal s'en est suivi, à l'époque. Contacté par Mediapart, M. Takieddine a indiqué, mercredi, qu'il ne s'agissait que «d'argent liquide pour des dépenses personnelles».

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30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 13:06

LEMONDE.FR | 30.12.11 | 10h44

 
 

 

26% des Français ayant une activité professionnelle disent même n'avoir jamais pris d'arrêt maladie alors que le gouvernement affiche sa volonté de lutter contre la fraude sociale.

26% des Français ayant une activité professionnelle disent même n'avoir jamais pris d'arrêt maladie alors que le gouvernement affiche sa volonté de lutter contre la fraude sociale.AFP/FRED DUFOUR

Elle fait partie des mesures qui rentreront en vigueur dès le 1er janvier 2012 : le jour de carence sur les arrêts maladie des fonctionnaires. Avec la progression de la cotisation retraite des agents et le gel du point d'indice (base de calcul du salaire fixe) prolongé en 2012, cette mesure viendra pénaliser un peu plus le pouvoir d'achat des fonctionnaires, relève un article des Echos.

Voté par les députés le 15 novembre dans le cadre de l'examen du budget 2012, la mesure, qui vise à faire des économies, n'a pas manqué de déclencher les polémiques. Les 5,2 millions de fonctionnaires ne toucheront en effet plus rien pour leur premier jour d'arrêt lorsqu'ils tomberont malades. Côté privé, le gouvernement a renoncé au quatrième jour de carence, optant pour une réduction des indemnintés maladies des salariés gagnant plus de 2 500 euros brut.

>> Lire le décryptage "Arrêt maladie : quelles sont les différences entre public et privé ?"

En novembre, la mesure avait pourtant été dénoncée par les syndicats, qui accusent le gouvernement "d'instrumentaliser la fraude et de punir les malades", mais aussi par les médecins, qui estiment que l'allongement des jours de carence est contre-productif sur le plan de la santé notamment : "Il ne faut pas oublier que lorsqu'on a mis en place ce système de remboursement des arrêts maladie, un des objectifs était de permettre aux gens de reprendre leur activité le plus vite possible", rappelle le président du syndicat de médecins généralistes MG France, Claude Leicher.

Le Monde.fr

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30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 13:03

LEMONDE | 30.12.11 | 09h31

 
 

 

Le plan de rigueur du gouvernement, à travers les budgets de l'Etat et de la Sécurité sociale pour 2012, va se traduire par des hausses de prélèvements.

TVA Sont concernés par le passage du taux réduit de la TVA de 5,5 % à 7 %, le 1er janvier, la restauration, les travaux à domicile, les services à la personne, l'hébergement et les transports urbains. La hausse de la TVA pour les livres a été repoussée au 1er avril. Libre à chacun de répercuter ou non, sur ses prix, l'augmentation de la taxe. La SNCF majore ses tarifs grandes lignes de 3,2 % à partir du 3 janvier, ce qui inclut une augmentation de 1,7 % hors taxes. Le PS, les écologistes et le FN dénoncent cette double hausse, qui renchérit notamment les billets de TGV, au moment où la SNCF va verser des dividendes record à l'Etat.

Taxe boissons Les taxes sur les alcools au-delà de 18° sont augmentées. Une taxe sur les boissons sucrées est instaurée et s'applique aux sodas avec édulcorants. Elle pourrait entraîner une hausse d'environ 2 centimes par cannette.

Energie Le prix du gaz augmente de 4,4 % au 1er janvier. Celui de l'électricité ne bouge pas.
Logement La réduction d'impôt pour l'investissement immobilier locatif (dispositif Scellier) est abaissée de 22 % à 13 %. La taxe sur les loyers élevés entre en vigueur.

Capital et entreprises Le prélèvement forfaitaire libératoire sur les revenus du capital est relevé de 19 % à 21 %. L'impôt sur les sociétés est majoré pour les grandes entreprises.

Famille Contrairement aux années précédentes, les prestations familiales ne sont pas revalorisées au 1er janvier, mais au 1er avril. Elles n'augmenteront que de 1 %. Le revenu de solidarité active (RSA) est revalorisé de 1,7 %, passant, pour une personne seule, de 466,99 euros à environ 474 euros.

Smic Il est augmenté à 9,22 euros brut par heure, soit 1398,37 euros par mois. Il avait été augmenté de 2,1 % le 1er décembre pour tenir compte de l'inflation.

Santé Les indemnités journalières versées par l'assurance-maladie lors des arrêts maladie sont plafonnées à 40,30 euros par jour, contre 48,43 auparavant. L'indemnité peut être complétée par l'employeur. Un jour de carence (non indemnisé) est introduit pour les fonctionnaires. La hausse de la taxe sur les mutuelles va se répercuter sur les cotisations. L'aide à l'acquisition d'une complémentaire santé est élargie aux personnes bénéficiant de ressources jusqu'à 35 % supérieures au plafond pour bénéficier de la couverture maladie universelle (CMU) complémentaire, soit 875 euros, contre 816 auparavant.

Retraite L'âge de départ à la retraite de la génération 1952, qui atteindra 60 ans en 2012, est porté à 60 ans et 9 mois, soit un mois de plus que prévu, avant l'accélération de la réforme des retraites.

Jean-Baptiste Chastand

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30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 12:59

LEMONDE.FR avec AFP | 30.12.11 | 08h22   •  Mis à jour le 30.12.11 | 11h58

 

 

 

Le niveau de radioactivité dans la localité de Rosliakovo, lieu de l'incendie d'un sous-marin nucléaire russe, est dans la norme et ne présente "pas de menace pour la population", a indiqué vendredi 30 décembre l'antenne régionale du ministère des situations d'urgence. "Ces paramètres sont dans la fourchette de fluctuation de la radiation naturelle. Il n'y a pas de menace pour la population", a indiqué le ministère dans un communiqué. Selon le ministre des situations d'urgence russe, Sergueï Choïgou, l'incendie est éteint.

Peu avant, les agences russes qui citaient les autorités indiquaient que le feu était "maîtrisé", alors qu'une partie de l'équipage se trouvait à bord du submersible. "Une partie de l'équipage est à bord du sous-marin et contrôle en permanence les paramètres de températures et de dioxyde de carbone", selon le ministère de la défense.

Neuf pompiers ont été légèrement intoxiqués par la fumée de cet incendie, qui s'est déclaré à 16 h 20, heure de Moscou (13 h 20, heure de Paris), et ne présente aucun danger pour l'intérieur du bâtiment selon les autorités, a indiqué une source du ministère russe des situations d'urgence, citée par l'agence. "L'incendie a été circonscrit à 1 h 40 heure de Moscou (22 h 40, heure de Paris)", a déclaré le ministre Sergueï Choïgou, cité par Interfax. Il doit être "complètement éteint dans les heures qui viennent", a précisé à l'agence un porte-parole de l'antenne locale du ministère.

 SYSTÈME DE PROPULSION NUCLÉAIRE COUPÉ

Une enquête criminelle pour "destruction ou endommagement de biens militaires par imprudence" a été ouverte, selon un porte-parole du parquet militaire russe, cité par Ria Novosti. Aucune information n'a été donnée jusqu'ici sur les causes de cet incendie, alors que, selon les autorités russes, aucun système d'armement n'est à bord du sous-marin dont le système de propulsion nucléaire est coupé.

Le ministère russe des situations d'urgence, cité par Interfax, a précisé qu'il s'agissait du sous-marin nucléaire Ekaterinbourg et qu'aucune fuite de radioactivité n'avait été constatée en provenance de ce submersible, mis en service dans l'armée russe en 1985. Ce sous-marin nucléaire de classe Delta IV a été commandé par l'ex-URSS en 1985 et peut transporter jusqu'à 16 missiles balistiques intercontinentaux, selon le descriptif du sous-marin donné par des médias russes.

Le drame, dont le monde entier se souvient, fut celui du fleuron de la marine russe, le Koursk, qui avait coulé en 2000 et dont les 118 membres d'équipage avaient péri, faute de secours. La gestion de l'accident par Vladimir Poutine avait alors été vivement critiquée.
En 2008, le déclenchement intempestif du système anti-incendie à bord du sous-marin russe Nerpa avait provoqué la mort de 20 personnes, dans l'océan Pacifique.

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30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 12:54

Analyse | LEMONDE.FR | 30.12.11 | 09h49   •  Mis à jour le 30.12.11 | 10h21

 
 

 

La monnaie unique est en accusation, et est considéré - par la majorité des Français - comme un facteur aggravant de la crise.

La monnaie unique est en accusation, et est considéré - par la majorité des Français - comme un facteur aggravant de la crise.REUTERS/© Pichi Chuang / Reuters

Une décennie déjà. Le 1er janvier 2012, l’euro fêtera ses 10 ans de vie dans le porte-monnaie des Français. La monnaie unique avait remplacé le franc dans la vie courante –et les monnaies de onze autres Etats européens– trois ans après avoir fait son introduction sur les marchés financiers. Triste anniversaire, au moment où la zone euro traverse la plus grande crise financière de sa jeune histoire.

Bouc émissaire des angoisses inflationnistes, corset étriquant les pays européens, monnaie symbolisant les règles édictées par des bureaucrates de Bruxelles… l’euro est aujourd’hui accusé de tous les maux. Par les citoyens européens en général, les entreprises soulignant, elles, plus volontiers les bénéfices qu’elles tirent de cette monnaie unique.

Plus d’un tiers des Français (36%) souhaiteraient ainsi que l’on revienne au franc et 45% estiment que l’euro est un handicap pour l’économie française, selon un sondage Ipsos-Logica réalisé pour l’association Lire la société, publié au début du mois de décembre.

En juin, dans un sondage en ligne sur le site du Figaro, il apparaissait qu’un gros tiers des Français (37,2%) pensaient que l’euro n’existerait plus dans dix ans.

«Les consommateurs ont pris l’euro en grippe, juge l’économiste Philippe Moati. Cela tient aussi au fait que les gens n’ont pas le moral, qu’ils sont à la recherche d’une explication à leur malaise et que, dès lors, l’euro, qui est rattaché à des questions de mondialisation, devient un point de cristallisation de leur angoisse.»

Beaucoup accusent en effet l’euro d’avoir fait grimper les prix et sapé le pouvoir d’achat. Selon les relevés effectués par le magazine Que Choisir du mois de janvier2012, une baguette de pain ordinaire, que l’on payait 4,39francs (67centimes d’euros) avant l’euro, vaut aujourd’hui 85centimes, soit une augmentation de 27%. Le petit café au comptoir, qui coûtait à l’époque 4,98francs (76centimes), revient désormais à 1,10euro, soit 45% de hausse.

Parmi les plus fortes progressions figurent aussi le kilo de pommes (65% plus cher), le poulet Label Rouge (+47%), ou encore l’huile de tournesol (+43%).

Ces poussées inflationnistes sur des produits du quotidien proviennent pour une bonne part de l’envolée des cours de certaines matières premières.

«Décalage»

Mais pour de nombreux biens, les prix en euros se sont souvent purement et simplement substitués aux prix en francs. «Même le mec qui fait la manche dans la rue et qui demandait 1 ou 2francs auparavant, demande aujourd’hui 2euros», relève Michel Godet, professeur au Conservatoire national des arts et métiers.

«Rétrospectivement, on voit très bien que la problématique du pouvoir d’achat émerge dans l’esprit des ménages au moment où l’euro entre en vigueur, alors qu’en fait leur pouvoir d’achat ne se met à se dégrader qu’après, relève M.Moati. On se rend compte qu’il y a un décalage, dû à une mauvaise appréciation des prix.»

A partir de l’arrivée de l’euro dans les porte-monnaie, inflation mesurée et inflation perçue ont nettement divergé. «Depuis l’euro, les ménages ont eu tendance à surestimer l’inflation, alors que l’indice des prix est resté sur sa trajectoire, poursuit M.Moati. En fait, la perception des ménages ne repose pas sur un inventaire exhaustif, comme celui de l’Insee. Ils appréhendent l’inflation à partir d’un petit nombre d’observations de prix qu’ils généralisent.»

Les données nationales sont en effet moins sévères. «Entre2001 et 2010, le prix de la dépense de consommation des ménages a augmenté en moyenne de 1,6% par an, soit à peine plus qu’entre1991 et 2001, où il avait progressé de 1,3%», rappelle Ronan Mahieu, chef du département des comptes nationaux de l’Insee. Quant au «pouvoir d’achat du revenu disponible brut des ménages», il a «augmenté de 1,7% par an entre2001 et 2010, contre 2% en moyenne par an sur les dix années antérieures», ajoute M.Mahieu.

Mais les données nationales sur l’évolution des prix intègrent l’automobile, l’électroménager, les téléviseurs, les télécommunications, des achats que les Français ne font pas tous les jours.
Les prix ont néanmoins progressé un peu plus vite que sur les dix ans qui ont précédé l’euro et les revenus un peu moins vite, entraînant une dégradation du pouvoir d’achat des ménages.
Mais c’est aussi parce que leurs charges fixes, et surtout le logement, n’ont cessé d’augmenter, grevant leur pouvoir d’achat, que les ménages se sentent moins riches aujourd’hui.
«En 2010, les dépenses pré-engagées (assurance, logement) représentaient 27,8% de leur revenu disponible brut, alors qu’en 2001 c’était 26,6% et 26,4% en 1994», précise M.Mahieu.

«Référentiels erronés»

La perception par les Français d’un choc inflationniste, qui serait dû à l’euro, tient aussi au fait que bon nombre d’entre eux convertissent encore en francs. «Lorsque les gens se mettent à douter d’un prix, ils convertissent, et comme on s’est habitué à des valeurs nominales plus petites, cela nous paraît exorbitant, explique M.Moati. De plus, on a gardé des référentiels de prix en francs, qui sont aujourd’hui erronés, car les prix auraient quand même continué à monter, même si on avait gardé le franc.»

Par ailleurs, certains produits ne sont plus comparables à la période d’avant l’euro. Par exemple, «la baguette de pain, aujourd’hui, intègre la plupart du temps dans son prix de vente celui de la franchise ou du contrat passé avec le fournisseur, et elle n’a plus rien à voir avec la simple baguette du boulanger que l’on pouvait acheter avant l’euro», constate Reine-Claude Mader, présidente de l’association Consommation, logement, cadre de vie.

De la même manière, les forfaits de télécommunications sont plus chers qu’il y a dix ans, mais ils incluent des prestations beaucoup plus importantes, avec des accès à Internet.

Cécile Prudhomme

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30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 12:50

LEMONDE.FR avec AFP | 30.12.11 | 13h01

 
 

Soixante-neuf bateaux appartenant à trois entreprises chinoises accusées de pratiques illicites ont été interdits de pêche dans les eaux congolaises, a indiqué vendredi 30 décembre un conseiller au ministère de la pêche et de l'aquaculture congolais, Dieudonné Kiessiekiaoua.

"Ces navires sont suspendus de pratique de la pêche industrielle dans les eaux territoriales congolaises, à cause du non-respect des lois et règlements en vigueur [depuis 2000]", a déclaré M. Kiessiekiaoua. "Ces bateaux ont exercé des activités dans la zone de 6 milles nautiques qui est une zone de reproduction", où la pêche est strictement prohibée, a-t-il ajouté. Les navires suspendus appartiennent à trois compagnies chinoises : Lulu, Rong Chang, Huayi Jinri.

En août, le conseiller Kiessiekiaoua avait annoncé que le Congo s'était doté d'un système satellitaire de surveillance des bateaux "pour mieux contrôler ses eaux". Le Congo a interdit récemment la pratique de la pêche avec des engins explosifs et des filets à petites mailles.

Selon les estimations du ministère de la pêche, pour que chaque Congolais consomme 25 kilos de poisson par an, il faut que le pays dispose de 100 000 tonnes de poisson. "Notre production est en deçà, et de temps en temps nous recourons aux importations pour combler le déficit", selon le conseiller Kiessiekiaoua. Le Congo importe chaque année des denrées alimentaires pour 130 milliards de FCFA (198 millions d'euros), selon l'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO).

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