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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 14:30

 

 

fruncut.org - Posté le 3 janvier 2012 à 11:59:00


Mouvement d'occupation des agences Pôle Emploi le mardi 17 janvier 2012. Occupation par les chômeurs et précaires, tout le monde peux venir en aide !


Le gouvernement se refuse à répondre positivement au mouvement des chômeurs et précaires. Gérer l’exclusion ce n’est pas la combattre. Voilà pourquoi nous devons nous mobiliser. Le développement du rapport de force qui doit nous permettre de gagner des droits sociaux pour tou-te-s dépend de chacun d’entre nous.

 

"Date de la fin de l’évènement indéterminé !" "On occupera jusqu'à obtenir gain de cause !"

 

L'occupation de Pôle Emploi c'est le 17 janvier. Après la coordination nationale, "nous" expliquerons où en sont les occupations, et quelles sont les prochains temps forts.


la Coordination nationale de Occupons Pôle Emploi
http://www.facebook.com/groups/290380860999119/

la journée d'action du 17 Janvier 2012
http://www.facebook.com/events/317023654982365/

le blog officiel
http://occupons-pole-emploi.blogspot.com

Occupons Pole Emploi : On veut un Vrai Travail , un Vrai Salaire, on veut Vivre !

 


 

 
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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 14:23

 

 

Les indignés de tous les pays s'organisent pour une Journée Mondiale des Assemblées Populaires.

LE 14 JANVIER 2012

 

 

 

 

Semons la démocratie lors de la Journée Mondiale des Assemblées Populaires - #14JA

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 14:21

 

  mail.google.com Indignés d'Annecy

 

Indignés, indignez-vous !


Quand l'Injustice devient Loi, la Résistance devient un Devoir ... When Injustice is Law, Resistance is Duty.


Nous sommes les 99% et nous refusons la dictature des 1%: politiques, multinationales, actionnaires, banquiers ...
Nous ne payerons pas leur crise, celle d'un système à bout de souffle qui nous divise et nous appauvrit.
Nous ne voulons plus nous taire ... Nous ne voulons plus leur obéir.nousSommesLes99-black-300x194

 

Contact

276728 188894887829335 5330863 n

 

 

Rendez vous à tous les Indignés d'Annecy :

- le lundi à 18h30 à l'Alterlocal, 3 Chemin des Grèves à Cran Gevrier ( direction Meythet, passer la Mairie de Cran, puis première à droite après le rond point.)

- le samedi à 15h place de l'Hotel de Ville.

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 14:19

« Aucune armée ne peut arrêter une idée dont le temps est venu… » Victor Hugo

 

2011 a été l’année des révolutions à travers le monde…


Alors que nous sommes réunis de façon solidaire pour exprimer un sentiment d’injustice générale, nous ne devons pas perdre de vue ce qui nous a réunis. Nous écrivons ceci pour que tous les individus qui se sentent trompés par des entreprises mondiales sachent que nous sommes leurs alliés. En tant que peuple uni, nous constatons cette réalité : l’avenir de l’espèce humaine exige la coopération de ses membres ; notre système doit protéger nos droits, et en cas de corruption de ce système, ce sont les individus qui doivent protéger leurs propres droits et ceux de leurs voisins.

 

Un gouvernement démocratique tire son pouvoir légitime du peuple, mais les entreprises se passent d’autorisations pour extraire les richesses du peuple et de la Terre. Aucune VRAIE DEMOCRATIE n’est atteignable si le processus est déterminé par le pouvoir économique. Nous venons à vous à une époque où les entreprises, qui placent le profit au-dessus des personnes, l’intérêt personnel au-dessus de la Justice et l’oppression au-dessus de l’Egalité, pilotent nos gouvernements. Nous sommes réunis pacifiquement comme le droit nous l’y autorise, pour rendre ces faits publics.

 

Ils ont pris nos maisons par des procédés de liquidation illégaux, sans détenir les hypothèques originales. Ils ont pris les budgets de sortie de crise et continuent à s’octroyer des bonus exorbitants. Ils perpétuent les inégalités et la discrimination sur els lieux de travail, en se basant sur l’âge, la couleur de peau ; l’appartenance, l’orientation et l’identité sexuelle. Ils ont empoisonnés nos ressources alimentaires par négligence et ont déstabilisé le monde rural par des pratiques monopolistiques. Ils ont profité de la torture, du confinement et des traitements cruels envers d’innombrables animaux et cachent activement ces pratiques. Ils ont continuellement cherché à enlever le droit des employés à négocier pour un meilleur salaire et des conditions de travail sécurisées. Ils ont pris pour otages les étudiants en les endettant de plusieurs milliers de dollars afin de recevoir une éducation qui est un droit. Ils ont constamment délocalisé le travail et utilisé cette ressource extérieure comme levier pour diminuer les couvertures de santé et les salaires. Ils ont influencé les tribunaux pour atteindre le droit des peuples, sans la moindre culpabilité et sans la moindre responsabilité. Ils ont dépensé des millions de dollars dans des équipes juridiques pour pouvoir échapper à leur obligation en assurance santé. Ils ont vendu notre intimité comme une marchandise. Ils ont utilisé les forces de police et l’armée pour empêcher la presse d’exercer en toute liberté. Ils ont délibérément « oublié » de rappeler des produits défaillants mettant des vies en danger dans la poursuite de profits. Ils déterminent des politiques économiques malgré les faillites catastrophiques qu’elles ont engendrées et qu’elles continuent de le faire. Ils ont donné des sommes importantes d’argent aux politiciens chargés de les contrôler. Ils continuent à bloquer le développement des énergies alternatives pour nous garder dépendant du pétrole. Ils continuent à bloquer des médicaments génériques qui pourraient sauver des vies ou les soulager, afin de protéger leurs investissements dont ils ont déjà substantiellement profité. Ils ont volontairement couvert les marées noires, les accidents, les falsifications comptables et les produits inactifs dans la recherche de profits. Ils gardent la population dans la désinformation et la peur au travers de leur contrôle des médias. Ils ont accepté des contrats privés pour assassiner des prisonniers, même lorsqu’il y avait de sérieux doutes sur leur culpabilité. Ils ont perpétué le colonialisme, ici comme à l’étranger. Ils ont participé aux actes de torture et aux meurtres de civils innocents à l’étranger. Ils continuent à créer des armes de destruction massive afin de bénéficier de contrats étatiques.

 

A LA POPULATION DU MONDE, NOUS ASSEMBLEE GENERALE DE NEW YORK CITY, occupant Wall Street dans le Square Liberty, nous vous recommandons d’affirmer votre pouvoir. Exercer votre droit à vous rassembler de façon pacifique, occupez l’espace public, créez un processus pour appréhender le problème auquel nous faisons face, et générez une solution à la portée de tous.

 

A toutes les communautés qui agissent et forment des groupes dans l’esprit de la démocratie directe, nous vous offrons soutien, documentation et toutes les ressources à notre disposition. Rejoignez nous et faites entendre votre voix !

 

Dans l’histoire du monde, seules quelques générations ont eu pour mission de défendre la liberté dans des instants de dangers maximums. Vous êtes cette génération ! C’est votre rôle ! C’est maintenant le moment ! La liberté dit être défendue de chaque assaillant, à chaque coin de ce pays et en dehors de ce pays, de l’intérieur, et en particulier de ce gouvernement qui se détourne de nous.

 

Vous êtes les 99% ! Le moment est venu ! Diffusez ce message … Internet est puissant …

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 14:12

 

Partagez SVP - France Uncut http://www.fruncut.org/
Big Brother, on te suis à la trace ! Ceci est une partie de Occupy The Movie, une série de film indépendants dont l'objectif est d'être financé entièrement par les 99%. Rejoignez-nous, devenez producteur sur http://www.indiegogo.com/OccupyTheMovie

 

 

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 14:06

 

lamarseillaise.fr

02-01-2012

« Si vous aussi vous êtes indignés de la situation politique, économique, sociale, et écologique et que vous désirez un vrai changement rejoignez-nous. » D.R.
« Si vous aussi vous êtes indignés de la situation politique, économique, sociale, et écologique et que vous désirez un vrai changement rejoignez-nous. » D.R.
Toulon. Le mouvement prend peu à peu racine dans le port du Levant gagnant chaque jour de nouveaux adeptes qui viennent renforcer les rangs et enrichir le débat. Rencontres.

« Ca fait un moment que ça me trottait dans la tête. Je faisais toutes les manifs, toutes les grèves… mais en rentrant chez-moi, je me disais : ça sert à rien, on n’est jamais écouté », commence Carine. Elle est prof d’espagnol et appartient au cercle restreint des membres fondateurs du groupe des Indignés toulonnais et varois. Elle exprime à notre demande les raisons de son engagement d’aujourd’hui, la germination dans son esprit de celui-ci, le déclic, la rencontre d’avec les autres…

Elle est installée à la terrasse d’un café de la place de la Liberté en compagnie de Martine (généalogiste), Laurent professeur des écoles, Ackim, (SDF sans emploi), Fred (salarié et syndicaliste)… Et bien d’autres, puisque la réunion de travail de ce mercredi 28 décembre, à laquelle 5 personnes seulement au départ s’étaient inscrites, voit ses effectifs gonfler de minute en minute : on se salue, s’écarte un peu pour faire de la place, on rajoute des tables… et c’est reparti. « C’est toujours comme ça ! », plaisantent les militants.
L’étincelle pour Carine ce sont les 60 000 « indignados » espagnols qui la produisent le 15 mai dernier sur la Puerta del Sol de Madrid. Avec un mot d’ordre ce jour-là : « Nous ne sommes pas des marchandises aux mains des politiques et des banquiers. »
« Je suis à gauche, bien bien à gauche même. Mais force est de constater que voter ne suffit pas, j’aimerais aujourd’hui que le peuple reprenne la main ! », explique cette Indignée.
 
 
Pique-nique populaire
 
 
« Nous nous sommes rencontrés le 15 octobre à Marseille lors de la première journée de manifestation planétaire des Indignés. Cinq Toulonnais et Varois qui décident à ce moment-là de constituer le groupe et de se réunir tous les samedis place de la Liberté à Toulon. Dès le 22 on était déjà en place. »
« C’est la guerre : les privilégiés contre le reste du monde », prévient Laurent, « indigné depuis longtemps », pour souligner l’urgence qu’il y a à se mettre debout. En commençant par exemple par refuser d’accepter de prendre l’idéologie libérale comme un fait inéluctable.
« Je voudrais que les gens comprennent avant d’avoir touché le fond », exhorte Martine. Pour faire accéder la population à cette prise de conscience, ils comptent bien multiplier les initiatives. Des rencontres et des débats qui promettent d’être, comme ce soir, bouillonnants.
Ils organisent d’ailleurs en ce sens, dimanche 15 janvier aux Lices, une journée de pique-nique populaire « où chacun portera son repas à partager… » Avec au programme, des ateliers et des groupes de musique, ainsi que vraisemblablement l’intervention d’un économiste, pour corser un petit peu la réflexion et l’enrichir. Bref, une initiative citoyenne, revendicative et conviviale ouverte à tous.
« Nous réclamons une nouvelle Constitution », reprend Laurent, en développant ensuite sur la nécessité d’augmenter le lien social à travers, aussi, une nouvelle façon de consommer. Avant de conclure par un réquisitoire tranchant contre « ceux qui s’accaparent les richesses au détriment de l’immense majorité », coupables, selon lui, de crime contre l’humanité et de haute trahison. « Je pense que toute cette clique sera balayée un jour ».
En attendant, bien des combats devront être menés sur tous les terrains. Celui des luttes sociales et des mobilisations citoyennes, bien entendu, mais également sur-le-champ des futures batailles électorales… à gagner. C’est évident.
THIERRY TURPIN
 
  
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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 14:04

Posté le

Lors d’une émission télé sur la chaine Radio Canada, des humoristes quebecquois ont parodié différents clips vidéos en modifiant les paroles et en les adaptant à l’actualité de 2011.

Ils ont parodié les Indignés en faisant à leur manière le clip de Britney Till The World Ends.

 

 

 

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 14:01

 

| Par Louise Fessard

 

Le syndicaliste CGT Xavier Mathieu doit être à nouveau jugé, en appel, mercredi 4 janvier 2012, à Amiens, pour avoir refusé de se soumettre à un prélèvement ADN. Presque trois ans après la fermeture, en mars 2009, de l'usine de pneus de Continental, à Clairoix, le chef de file des Conti a dénoncé, lundi lors d'une conférence de presse, un «acharnement judiciaire contre ceux qui ont eu l'audace de lutter contre des licenciements».

 

Xavier Mathieu, le 2 janvier.  
Xavier Mathieu, le 2 janvier.© LF

A l'échéance du plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) fin décembre 2011, seuls 212 des 1.110 salariés Conti avaient retrouvé un CDI, selon Le Parisien

Déjà condamné à 4.000 euros d'amende pour avoir participé au saccage de la sous-préfecture de Compiègne en avril 2009, Xavier Mathieu avait ensuite été poursuivi pour avoir refusé, en juillet 2010, un prélèvement ADN. Le 28 juin 2011, le tribunal correctionnel de Compiègne l'avait relaxé, estimant «inadéquat, non pertinent, inutile et excessif» le recueil des empreintes génétiques d'un syndicaliste, condamné pour des «faits commis en plein jour, dans le cadre d'une manifestation organisée, (...) dans une démarche parfaitement lisible de combat syndical, et non dans une démarche à vocation purement délinquante et antisociale».

Mais le parquet avait immédiatement fait appel. «On aurait pu imaginer qu'on laisse enfin Xavier Mathieu en paix, mais le parquet, qui est le bras armé de l'exécutif, a décidé du contraire, a estimé lundi son avocate, Marie-Laure Dufresne-Castets. Le gouvernement utilise le fichier ADN comme une méthode d'intimidation à l'égard des syndicalistes qui se battent. La semaine dernière, on m'a ainsi demandé d'assister deux syndicalistes CGT de chez Toyota à Valenciennes qui avaient refusé un prélèvement ADN.»

Xavier Mathieu a fait appel lundi «à tous les présidentiables de gauche pour nous soutenir et exiger la fin du harcèlement judiciaire contre nous et tous ceux qui défendent leurs droits». D'après leurs représentants présents lundi, Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche), Eva Joly (EELV), Nathalie Arthaud (LO) et Philippe Poutou (NPA) seront présents mercredi matin dans le cortège de la manifestation de soutien qui ira de la gare à la cour d'appel.

Le député communiste Pierre Gosnat avait déjà déposé, en septembre 2010, une proposition de loi visant à interdire le fichage génétique des militants syndicaux afin qu'ils ne soient pas «traités à l'égal de criminels et de terroristes». Me Marie-Laure Dufresne-Castets dénonce également le caractère arbitraire du fichier ADN, le parquet pouvant décider ou non de convoquer une personne mise en cause ou condamnée pour prélever son ADN et, ensuite en cas de refus, de la poursuivre ou pas.

Les peines encourues vont jusqu'à un an de prison et 15.000 euros d'amende (deux ans et 30.000 euros dans le cas d'une personne condamnée pour crime). Entre 2004 et 2009, les condamnations pour refus de prélèvement sont passées de 245 à 555 (dont 83 à des peines d'emprisonnement ferme). A l'origine uniquement destiné aux délinquants sexuels, le fichier ADN français contenait 1,79 million de profils génétiques en novembre 2011.

Retrouvez notre série sur ce fichier ADN contesté :

Empreintes génétiques: «Refuser le prélèvement, c'est aggraver son cas»

Ils ont refusé de donner leur ADN

«L'empreinte génétique renseigne sur l'appartenance ethnique»

«Commandos brosse à dents»: le fichage ADN façon corse

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 13:55

Marianne - 04 Janvier 2012 Par Alain LE GOUGUEC

 

 
© Nathanaël Charbonnier

Assise à son bureau, Marie-Michèle Laborde réglait les affaires courantes. Elle dirigeait l'exécutif en l'absence du Président. Les rênes du pays étaient tenues d'une main sûre. Personne ne devait en douter.

C'était comme à l'école quand on lui laissait le soin de surveiller la classe. C'était une marque de confiance offerte  à la meilleure élève, « la meilleure d'entre vous » disait d'elle la maîtresse. Ça, c'était autrefois. La petite classe de l'enfance avait radicalement changé de dimension. Marie-Michèle occupait à présent et pour quelques jours la place de premier personnage de l'Etat. Pas moins.

Même si elle n'était que temporaire, cette position lui procurait une sensation d'ivresse doublée d'une aspiration légitime: elle désirait seule prendre de grandes décisions. La vice-Présidente (son conseiller en communication le lui disait souvent) n'était «pas encore assez entrée dans l'histoire». Peut-être le moment était-il venu de combler cette lacune...

L'interphone grésilla. On lui annonçait la présence du Commandant de la C.R.S. 63.

Sommé de radier l'un de ses hommes sans autre forme de procès, il venait implorer la clémence de son Autorité de tutelle. On le fit entrer.

L'officier de police portait impeccablement bien l'uniforme. Son plastron s'ornait d'une quantité de décorations comme la vice-Présidente n'en avait jamais vues.

De toute évidence, ce C.R.S. gradé avait connu d'autres champs de bataille que les rues de Paris. Sans doute s'agissait-il d'un ancien militaire rompu aux vrais combats? Revenu à la vie civile, il ne s'était certainement pas résolu à lâcher l'engagement viril, la discipline, la vie rangée des casernements. Il n'avait pas renoncé à servir.

A cette pensée, Marie-Michèle Laborde frissonna.

-  Mes respects, Madame.

-  Prenez place, Commandant.

L'entretien s'ouvrit sur de lapidaires formules de politesse et l'officier, très vite, en vint au fait d'une voix de baryton.

En s'exonérant de tout pathos superflu, il expliqua à la vice-Présidente ce qu'avaient du subir sans broncher, pendant les mois d'hiver, les hommes de sa compagnie. Il raconta le sang-froid dont ils durent faire preuve pour ne pas réduire les noctambules en charpie. Il évoqua les heures de veille, la sournoise action de l'épuisement, le lourd ressentiment des femmes de C.R.S. à l'encontre de l'Institution.

Son interlocutrice ne lui intima pas l'ordre de se taire. En acceptant de le recevoir, pourtant, elle s'était convaincu qu'elle mettrait au pas ce Commandant trop proche de ses troupes.

C'est ainsi qu'il déroula sa plaidoirie, passant des épouses délaissées aux couples en péril. Il eut alors ces mots: «Pour affronter les coups, l'homme doit être assuré qu'un corps à corps plus doux l'attend à la maison».

Les yeux écarquillés, Marie-Michèle Laborde le fixa avec beaucoup d'intensité en attendant la suite.

-  Je sais que vous comprenez, Madame la Présidente.

«Pourquoi donc chauffe-t-on cette pièce au printemps?» se dit Marie-Michèle Laborde. La soie lui collait à la peau tellement il faisait chaud.

Oui, bien sûr, elle comprenait fort bien ce que ce guerrier voulait dire. Après l'effort, le réconfort. Cela n'était pas discutable évidemment, mais il y avait autre chose. Avec infiniment de tact, le Commandant venait d'affirmer sa respectueuse considération envers la mission qu'elle remplissait en l'absence du chef de l'Etat. En disant très  opportunément «Madame la Présidente», il avait su naturellement s'adapter aux circonstances. Vraiment, ce gaillard en uniforme était un parfait légaliste doté d'un grand sens des convenances.

Elle toussota dans sa main.

-  En effet, en effet. Je vois très bien ce que vous voulez dire, Commandant. Continuez, je vous prie.

Il revint assez longuement sur les couples qui n'avaient pas résisté aux cadences imposées vingt-quatre heures sur vingt-quatre aux C.R.S.  Il en vint au forum de discussion que leurs épouses avaient créé sur internet. Elles s'étaient unies pour tenter de résoudre leur mal-être.

En bravant le couvre-feu, ces femmes n'avaient pas exprimé leur mépris de la loi. Pas du tout. Elles avaient seulement voulu attirer l'attention de maris devenus sourds à la détresse de leurs familles. L'interpellation de Lakshmi Payet avait accentué l'impact de cet appel au secours. Les «déambulations» étaient nées de ce «remue-ménage», c'était le cas de le dire. Depuis sa libération, la paix était revenue dans les foyers des C.R.S... La page était tournée.

La vice-Présidente se sentit chanceler.

Elle se ressaisit et se redressa sur son fauteuil.

-  Commandant, comme vous y allez!... La page est tournée, dites-vous... Elle le sera, voyez-vous,  quand les meneurs... Euhyyy... quand les meneurs auront été sanctionnés. Pas avant. Le rôle que l'épouse du Brigadier Payet a joué dans ces évènements a mis à mal la confiance que les pouvoirs publics plaçaient dans l'allégeance des C.R.S., sachez-le !

L'officier opta prudemment pour la soumission.

-  Madame la Présidente...  Madame la Présidente, je vous suis. Il faut sanctionner, c'est incontestable. Je vous l'assure, j'y suis prêt.

Elle se détendit; il poursuivit.

-  J'aimerais seulement vous faire observer que nous risquerions de faire repartir le feu si jamais nous nous avisions de radier le Brigadier Payet pour une faute commise par son épouse. Dans les Compagnies, et pas seulement dans la mienne, la braise est encore chaude...

-  ....Hyyyeuuhh... Que suggérez-vous, Commandant?

-  Nous pourrions infliger à Payet une mutation-sanction. Eloignons-le de l'épicentre, en quelque sorte. Je saurais m'en occuper personnellement.

La Présidente par intérim contempla le plafond et rendit son verdict.

-  ...Accordé. Va pour -comment dites-vous?- une mutation-sanction. Je compte sur vous, Commandant, pour prendre les dispositions sans tarder.

-  Sans tarder, Madame la Présidente.

Il avait à peine quitté son bureau que déjà Marie-Michèle Laborde se demandait quelle médaille elle allait pouvoir ajouter à toutes celles qu'arborait fièrement cet homme. Elle prendrait plaisir à épingler une breloque de plus sur la poitrine de ce beau Commandant. Elle se laissa dissiper par un rêve d'accolade jusqu'à ce qu'un importun vint frapper à sa porte.

 

***

 

Face aux flots miroitants du lac, au lieu-dit Hajosgáldi, la terrasse du gros manoir résonnait des rires de Maurizio Caillard. Dans une pose très étudiée, Imogène passait le temps en scrutant l'horizon. Elle ne s'extrayait de ses pensées que pour tourner lascivement la tête vers son mari qui gesticulait devant elle, le col amplement ouvert, les pans de chemise sortis du bermuda. Un peu à l'écart, Arnaud Pillorègues pianotait sur une tablette de trader à la recherche des produits spéculatifs les plus rentables du moment. De temps à autre, il surveillait son petit monde et s'amusait de ce qui se jouait sous ses yeux.

Les cheveux mouillés retenus en arrière par un peigne serre-tête, Caillard pérorait en désignant du doigt le jet-ski que trois hommes venaient de sortir de l'eau. En sautillant, il s'exclamait:  Personne -vous m'entendez?-, personne  n'avait jamais piloté ce bolide comme je l'ai fait cet après-midi!». Dans un luxe de détails à sa gloire, le Président revenait sur ce qu'il appelait «ma course», il moquait ses deux gardes du corps qui avaient été «bien incapables» de le rattraper. Dès le départ du ponton, il avait pris une longueur d'avance sur ses poursuivants. Il s'était plu à les arroser copieusement dans son sillage à chaque fois qu'il l'avait pu.

Il riait à l'évocation de ses enfantillages. «Quand j'suis plein gaz, moi, on m'rattrape pas» serinait-il. Ensuite, il interpellait ses anges-gardiens de quelques brefs coups de menton: «Hein, Messieurs... Hein?... Ha! Ha!». Les gorilles opinaient: «Monsieur le  Président, vous êtes le Champion des champions». Moqueur, il leur répondait aussitôt: «Vous n'êtes que des amateurs!».

 

***

 

Mèche au vent, en t-shirt uni clair et pantalon «battle», Aurélien Fenaux pédalait sans se presser à l'ombre de la «Catedral». Au passage, il leva les yeux vers le clocher de l'édifice. La «Giralda» avait d'abord été le minaret d'une mosquée à l'époque almohade.

En l'admirant, il se dit que rien n'était jamais taillé d'un seul bloc. Ce qui ne se voyait pas toujours à l'œil nu apparaissait souvent à la lumière ou dans l'examen minutieux du détail. Tout était inattendu car tout était chimique, constitué de rencontres impossibles, de mélanges explosifs, de miraculeuses synthèses. Il en allait ainsi des êtres humains comme des objets les plus insignifiants. Le projet le plus encadré, le mieux calibré, ne pouvait se concevoir sans qu'y fut ajouté au dernier moment un soupçon de faits imprédictibles. L'imprévu. C'était le sel et le piment de tout dessein. La perfection, au fond, n'était rien d'autre qu'une salade impeccable que le destin assaisonnait d'imprévu.

Aurélien appuya sur les pédales pour s'éloigner de l'odeur piquante de l'urine de cheval qui commençait à monter du sol sous l'effet de la chaleur. C'était le matin. Rangées sagement l'une derrière l'autre, les calèches vernissées noires attendaient les touristes dont les cochers devinaient la nationalité au premier coup d'œil. Le chapeau à la main, ils interpellaient les flâneurs dans leur langue. D'un geste accorte, ils les invitaient gentiment à s'asseoir sur le velours rouge des banquettes pour un dédale inoubliable dans les rues de la capitale andalouse.

Les guichets postaux n'étaient plus très loin. Sitôt derrière Santa-Maria, le jeune Français prit garde de ne pas glisser malencontreusement les roues de son vélo dans les rails du tramway sévillan. Il avait vu pas mal de cyclistes chuter lourdement à cet endroit par manque de vigilance. La voie était libre de véhicules. Il traversa donc l'avenue en diagonale jusqu'à sa destination, attacha la bicyclette et fila récupérer le courrier de Paris qui l'attendait en poste restante.

Un peu plus tard, assis dans l'air climatisé du BlackStick, il sirotait un café américain dans un gobelet de carton king size. La lettre qu'il venait de retirer était posée devant lui dans son enveloppe. Il ne la quittait pas du regard. Aurélien Fenaux repensa à ce jour de septembre. En pensée, il revit très précisément cette jeune et jolie femme blonde d'une mise un peu classique à qui il avait emprunté son téléphone portable, un vieux modèle équipé d'une antenne apparente. Le détail l'avait amusé car, avant même de l'aborder, il la savait fille d'un milliardaire. Du père de Luisa, il connaissait ce qu'en rapportait la presse; de sa mère, en revanche, il ignorait tout jusque-là.

Du bout des doigts, il saisit sur la table du BlackStick le courrier envoyé par son correspondant parisien. Il le plia soigneusement, le glissa dans l'une des poches latérales de son pantalon, en referma le battant. Puis, la main sur la cuisse, il chuchota comme pour lui-même: «Luisa, maintenant je sais qui est ta maman».

 

***

 

Seule dans son grand lit, Marie-Michèle Laborde n'avait pas fermé l'œil de la nuit. Afin d'être sûre de ne croiser personne en chemin, elle n'attendit pas l'aube ce matin-là pour réveiller son chauffeur. Elle se fit conduire à son bureau très tôt.

Le jour se levait à peine, le ciel de Paris ne s'annonçait pas très clair; pourtant, elle sortit de chez elle avant l'heure du laitier avec de larges lunettes de soleil sur le nez. Elle remarqua l'étonnement de son conducteur et les regards furtifs qu'il jeta dans le rétroviseur intérieur tout au long du parcours. La vice-Présidente et Présidente par intérim ne voulait pas que l'on voit à quel point ses yeux étaient gonflés. Ils étaient encore plein de larmes. Elle était triste à pleurer.

La journée de la veille avait pourtant bien commencé.

Marie-Michèle Laborde avait beaucoup apprécié cet entretien inattendu avec le sympathique Commandant de la C.R.S. 63. Il l'avait convaincue de prendre une décision humaine à l'encontre de ce Brigadier Payet dont les soucis conjugaux avaient bien failli transformer ses collègues en factieux. Ce garçon allait être muté d'autorité: la vice-Présidente y avait vu une sanction juste, ni trop légère ni trop lourde. Le Commandant avait eu la bonne formule à propos de ce Payet... Il avait dit: «Eloignons-le de l'épicentre».

Alors que la voiture officielle accédait à la cour pavée de la vice-Présidence, sa passagère fut secouée de sanglots qu'elle cacha rapidement derrière une quinte de toux. Arrivée devant le perron, elle n'attendit pas que le chauffeur vienne lui ouvrir la portière. Elle jaillit littéralement, son sac dans une main, une chemise cartonnée grège dans l'autre. Après la visite impromptue du Préfet de police de Paris, Marie-Michèle Laborde avait compris que «l'épicentre» de ses ennuis s'était sérieusement déplacé.

 

***

 

De la fenêtre de sa chambre de villégiature située plein sud, la «Première Dame» contemplait le Balaton. Imogène Caillard se nourrissait du spectacle «si naturel» des oiseaux de toutes tailles dont la chatoyante présence  animait les rives du lac. Elle surveillait leurs cris,  s'amusait de voir s'ébattre les canards et leurs petits («ils sont si choux!») et se sentait infiniment reconnaissante envers son hôte, le charmant Monsieur Pillorègues.

Depuis le début de la matinée, elle avait pris son temps. Loin du tumulte de Paris, minute après minute elle appréciait de voir son Richou revivre. Dès l'aurore, elle l'avait entendu sauter du lit puis descendre l'escalier avec un enthousiasme contagieux. En passant près de la chambre de ses gardes du corps (située plein nord), il avait tambouriné contre la grosse porte ouvragée en s'écriant: «Debout, tas d'faignants!». Elle l'avait entendu rire, il avait parlé fort pendant un bon moment.  Les échos de la voix du Président lui étaient enfin parvenus assourdis et elle avait perçu au loin les bruits de trois plongeons dans les eaux fraîches du Balaton. Elle avait alors accouru jusqu'à la fenêtre et lui avait crié: «Sois prudent, mon Richou!». Portée par l'onde calme du lac, la réponse de Caillard s'était essentiellement adressée aux deux nageurs partis l'accompagner dans sa baignade; tout en brassant l'eau, il leur avait dit: «La Première Dame est inquiète».

Imogène n'avait pas aimé l'ambiance de ces derniers mois. Elle avait même eu peur pour sa vie. Les comptes-rendus de la presse à propos des rassemblements nocturnes, elle les avait tous lus. Ces récits avaient très souvent viré pour elle au cauchemar. L'épouse du Président avait vu ses nuits peuplées de milliers de zombies carnassiers aux lèvres maculées de sang.  Dans ses plus mauvais rêves, elle voyait ces hordes sanguinaires faire irruption dans ses appartements privés. C'était comme si Maurizio les aimantait. Pendant qu'il dormait, elle tentait bien de crier, d'appeler à l'aide, mais les sons restaient dans sa gorge. Le Palais était déserté, plus aucun Garde républicain n'était là pour les protéger.

D'avance, elle redoutait le moment où il faudrait rentrer. Pour dire la vérité, que comprenait-elle à tout cela? Elle n'avait jamais fait de politique, ça ne l'intéressait pas. Le vacarme silencieux des noctambules lui importait autant que les manifestations gueulardes des syndicats entre République et Nation. Ça lui paraissait loin, très éloigné de sa vie de «Première Dame de France». Imogène ne demandait rien d'autre que la tranquillité. Ce qu'elle voulait par-dessus tout, c'était voir son époux rayonner; à l'occasion,  elle prenait un peu de sa lumière... Etait-ce trop demander? Pourquoi ces gens ne restaient-ils pas chez eux? Pourquoi protestaient-ils tout le temps? Pourquoi n'acceptaient-ils pas simplement d'être gouvernés par ceux dont c'était le métier? Tout cela la dépassait et commençait à la lasser.

Pour ne plus se gâcher l'existence, elle avait fini par éviter de lire les journaux français. Elle avait fait en sorte qu'on lui livrât chaque après-midi la presse étrangère. Elle y trouvait souvent matière à comparaison. Tout semblait tellement plus facile chez les autres!... Chez les autres, les rois régnaient, les Présidents présidaient, les premiers ministres administraient... et les peuples paraissaient heureux. On ne bloquait pas la libre circulation des braves gens en manifestant en nombre pour un oui, pour un non. La nuit, les honnêtes citoyens pouvaient s'endormir en toute quiétude: les policiers veillaient sur leur sommeil et leur sécurité. Ceux que l'on appelait «Visiteurs du Soir» ou«V.S.» ne venaient pas perdre leur temps sous la lumière des lampadaires à minuit pour y faire le pied de grue sans décrocher un mot!...  Ailleurs, -là où vivre ne prenait pas l'allure d'une épreuve-, le mot «noctambule» désignait un couche-tard, un fêtard, un noceur; en clair, il signalait une réjouissance et un jouisseur, pas le mécontentement d'un pisse-froid.

Elle était assise dans le salon de lecture du manoir quand un employé de maison hongrois prénommé Attila vint lui porter sur un plateau sa ration quotidienne de médias étrangers. Elle se mit aussitôt à feuilleter ces journaux pour y prélever sa dose d'optimisme et regretter peut-être de n'avoir pas épousé le roi de Prusse.

Elle parcourut d'abord les pages du journal espagnol à vocation internationale «Nosotros News». Sous un article consacré à la flambée passagère des cours du «Pata Negra», elle vit alors un entrefilet dont le titre disait: «La fille du riche industriel Villaluenga interpellée en France». Suivaient quelques lignes selon lesquelles Luisa Bajos de Villaluenga était fortement soupçonnée d'être à l'origine des troubles qui secouaient le territoire français depuis plusieurs mois. Sur ordre direct de la vice-Présidente Marie-Michèle Laborde, la jeune femme avait été appréhendée à l'aéroport d'Orly. Aussitôt conduite dans les locaux de la police judiciaire pour y être interrogée, elle refusait catégoriquement de parler. Sa garde à vue avait été prolongée. Elle totalisait déjà cinq jours de détention sans aveu.

Imogène Caillard releva la tête. Le quotidien espagnol lui glissa des mains et elle resta prostrée jusqu'au soir, assise  dans ce petit boudoir qu'elle trouvait, à son arrivée, «si cosy!».

Elle ne bougeait toujours pas d'un cil quand son mari refit son apparition en début de soirée. Il avait passé l'après-midi à Budapest. Arnaud Pillorègues et lui s'y étaient rendus en hélicoptère dans le but d'assister à une vente aux enchères de prestige. Maurizio y avait fait l'acquisition d'un poudrier. L'objet avait appartenu à l'impératrice d'Autriche, reine de Hongrie, Elisabeth Amélie Eugénie de Wittelsbach, dite «Sissi». Le Président des Français avait l'intention d'offrir ce poudrier à sa belle, ce serait son cadeau d'anniversaire. La «Première Dame», en effet, allait avoir 50 ans.

 

***

La vice-Présidente et Présidente par intérim avait encore la main sur le combiné téléphonique. Cette journée, elle l'avait espérée calme. Elle n'avait pas digéré la nouvelle de la veille, et sa nuit n'avait été qu'une longue insomnie. A présent qu'elle savait ce qu'elle savait et que ce qu'elle savait elle ne pouvait pas l'envisager tant qu'on ne le lui avait pas appris, elle appela le directeur de la police judiciaire. Au prétexte que la garde à vue avait assez duré, elle l'enjoignit de transmettre le dossier napix310 au Parquet en vue d'une mise en examen. La suspecte serait libérée dans la foulée et placée sous contrôle judiciaire. Cela permettrait de limiter les dégâts et d'amorcer un sérieux rétropédalage en toute discrétion.

Elle s'était tout juste acquittée de cette tâche prioritaire quand sa directrice de cabinet demanda à la voir toutes affaires cessantes. C'était une énarque quadragénaire, célibataire au service exclusif de l'Etat.

En pénétrant dans le bureau, elle afficha la mine des mauvais jours. On venait de lui communiquer les chiffres de la délinquance et de la criminalité pour les trois mois passés. Tous les voyants étaient dans le rouge. La France semblait être livrée aux assassins et aux voleurs, la courbe des délits routiers sortait du cadre, les morts par accident s'empilaient. Et toutes ces données déprimantes avaient un dénominateur commun : la pleine nuit n'était plus le décor préféré des contrevenants. Depuis quelque temps, pour commettre leurs forfaits, ils préféraient tous la lumière à l'obscurité. Ils violaient la loi en plein jour.

Marie-Michèle Laborde soupira en se disant que les pires nouvelles n'arrivaient décidément jamais seules. Songeuse, elle repensa à la judicieuse image de «l'épicentre» que le Commandant de la 63 avait empruntée aux sismologues... Elle pensa que d'autres répliques ne tarderaient pas à se faire sentir... C'est alors qu'un raisonnement lui traversa l'esprit.

-  Supposons», dit-elle, que l'épicentre du séisme se trouve en un point A. Il est urgent de s'en éloigner et donc d'aller de A en B. Il faut mettre en œuvre le plan B.

Réfléchissant à voix haute, la vice-Présidente repassa le film des derniers mois. Elle égrena la chronologie des évènements, l'apparition incendiaire des Visiteurs du Soir, l'épuisante contagion des mécontentements, les arrêts de travail qui s'étaient multipliés dans les rangs des C.R.S. et des gendarmes mobiles soumis à des cadences impossibles « sans répit ni repos », la réquisition nocturne des agents de police des commissariats et postes de quartier. Ceux-là, il fallait les extraire de la nuit « au plus vite », les réaffecter à la journée, remettre des uniformes « partout au coin des rues »...

-  ... Et dans ce cas, Madame... à qui confierions-nous les patrouilles de nuit ? Qui s'emploierait à faire respecter le couvre-feu ?

La directrice de cabinet était perplexe. Elle avait tout suivi du raisonnement mais ne comprenait pas bien où sa patronne voulait en venir. La réponse ne tarda pas.

-  A l'armée, ma Chère. A l'armée.

***

Fin du dixième épisode, la suite demain

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 13:49

 

| Par rachida el azzouzi et Mathieu Magnaudeix

«Avant, ici, c'était la campagne, dit une habitante. C'est presque devenu une cité-dortoir.» A la fin des années 1980, Crepoil n'était encore qu'un hameau cerné par les champs, tout au nord de la Seine-et-Marne. Depuis, ce village aux confins de la région parisienne, survolé à longueur de journée par les avions qui décollent de l'aéroport de Roissy, a accueilli les néo-ruraux: jeunes couples à la recherche d'une vie au vert, familles de la proche banlieue parisienne inquiètes de voir leurs enfants grandir au milieu des tours. Tous attirés par des prix de l'immobilier bien plus bas qu'à Paris et le rêve d'une maison rien qu'à eux, avec jardin et potager. Et tant pis pour les kilomètres: Paris est à 75 kilomètres en voiture, à 45 minutes en RER.  

 

© MM/Mediapart

En vingt ans, le hameau de Crepoil (photo) a pas mal changé. Les vieilles maisons ont retrouvé une deuxième jeunesse, retapées par des familles venues de Paris ou de la proche banlieue. Sur la route qui mène à La Ferté-sous-Jouarre, la ville la plus proche, ont éclos quelques pavillons Phénix. En plein centre du bourg, un entrepreneur local a retapé une ferme et construit une volée de maisons neuves qu'il loue sans difficulté.

 

Crepoil (en rouge), tout à l'est de Paris © Google  
Crepoil (en rouge), tout à l'est de Paris © Google

A Crepoil, il y a beaucoup d'ouvriers et d'employés. Chaque jour, une partie transhument jusqu'à Roissy, Marne-la-Vallée ou Paris. Des heures passées en voiture ou dans les transports en commun, des journées interminables.

Le mari de Virginie, assistante scolaire qui habite une jolie maison dans la rue principale, est contremaître à Paris. Il part le matin à 5 heures, revient le soir à 21 heures. Trois heures de trajet par jour, en voiture, quand il n'y a pas de bouchons. «La semaine, on ne se voit pas beaucoup en fait», soupire Virginie.

Propriétaire d'un pavillon à l'entrée du village, Bruno Sourmant, chauffeur-livreur à Paris et sa femme, responsable d'un rayon charcuterie dans une grande surface, se lèvent chaque jour à 3 heures et demie du matin. La galère quotidienne, mais aussi la fierté de gagner simplement sa vie, mêlée du sentiment d'avoir réussi mieux que d'autres. «On est bien, on a notre petite vie», dit Bruno.

La France de Crepoil est celle des petites classes moyennes. Ces «petits-moyens», comme les ont nommés en 2008 des sociologues qui ont travaillé sur les lotissements du Val-d'Oise (voir sous l'onglet Prolonger). Une France des ouvriers ou des employés, encore majoritaires dans le pays – ils représentent six actifs sur dix. Une grande partie d'entre eux habitent désormais hors des métropoles, souvent au-delà de la banlieue, dans le "périurbain" ou le "rural". Ils gagnent le Smic et parfois un peu plus. Ils ne sont ni aisés ni pauvres. D'eux, on parle peu, car ils sont mal représentés par les partis politiques et les syndicats. La gauche ne leur parle plus beaucoup, la droite les mobilise par épisodes. Le Front national leur fait des clins d'œil appuyés.

Cette France qui se lève (très) tôt avait cru voir en Nicolas Sarkozy un sauveur: en 2007, Cocherel, la commune dont dépend Crepoil, a voté à 63% pour l'actuel président. Cinq ans plus tard, «on est déçus, très déçus», dit Bruno Sourmant. Ce chauffeur-livreur à Paris avait choisi Sarkozy en 2007. Il ne cache guère que, cette fois, il votera «Marine». Dans cette partie de la Seine-et-Marne, le FN a fait de gros scores aux dernières cantonales. A Cocherel, il a frôlé les 30% au premier tour.

Bien sûr, l'abstention fut très élevée. Mais tout de même: ici, il y a peu d'immigrés – trois fois moins que la moyenne d'Ile-de France. Le chômage n'est pas très élevé. Souvent, l'homme et la femme travaillent. Le taux de bénéficiaires du RSA est au plus bas. Difficile a priori d'expliquer le bon score du FN et la très forte abstention par une simple haine de l'étranger ou des raisons strictement économiques.

Relégués en deuxième couronne

Après les cantonales, l'urbaniste Laurent Davezies, surpris par la percée du FN dans cette partie de l'Ile-de-France, a repris les chiffres. Ils sont riches d'enseignements. Les cantons de La Ferté-sous-Jouarre et de Lizy-sur-Ourcq, au nord du département, où la poussée du parti de Marine Le Pen a été particulièrement marquée, ont attiré 60% de nouveaux habitants entre 1975 et 2006, mais cette hausse se tasse, signe d'une moindre attractivité. Sept habitants sur dix, en très grande majorité des ouvriers ou employés, sont propriétaires.

«Ils se sont précipités en deuxième couronne pour acheter le pavillon, c'est d'abord ce qui caractérise leur mode de vie», insiste Davezies. Chaque matin, ils font trois fois plus de kilomètres que le Français lambda pour aller travailler (49 kilomètres en moyenne). «Bref, ils se tapent tous les inconvénients», commente le chercheur. Leur revenu par habitant est supérieur de 20% à la moyenne nationale, mais ils touchent moins de prestations sociales, type retraites ou RSA.

Pour Davezies, ces «petits-blancs» vivant dans la «non-ville» traversent une profonde crise, un déclassement silencieux, à la fois économique et culturel. «Ils ont un travail, mais vivent tout de même dans une précarité absolue du point de vue de leur insertion économique, dit l'urbaniste. Leur boulot est remis en cause car l'emploi industriel est d'abord dans le périurbain. Le prix du carburant pour la voiture augmente. Ils se sentent méprisés par les élites: leur empreinte environnementale est considérable, ils vivent en pavillon, ils ont tout faux et ils le savent.»

Politiquement, «ils sont "out", car jusqu'ici ils n'ont guère été pris en compte dans l'offre politique»: aucun leader ne s'adresse à eux, et leurs élus locaux ne sont pas des personnalités nationales. «C'est d'ailleurs une constante dans les territoires où le FN a explosé aux cantonales», constate Davezies.

A Crepoil, les habitants interrogés ne votent pas tous la même chose: centre, FN, UMP... Certains, comme Babette la postière, parlent même des «acquis sociaux» des «anciens», comme la retraite à 60 ans ou les congés payés, même si elle ne croit plus vraiment à la gauche. Pourtant, tous disent la même inquiétude. Le sentiment que les classes moyennes «disparaissent». Que les politiques ne s'intéressent qu'aux «assistés» et aux riches, mais pas à eux.

Ils constatent que le travail paie moins, que le pouvoir d'achat baisse et que leurs enfants galèrent de plus en plus. Certains, pas tous, comme Bruno ou Frédéric ne cachent pas être tentés par le vote FN. «On a essayé la droite, la gauche, alors pourquoi pas Marine Le Pen...»


 Cliquer ci-dessous pour regarder le diaporama sonore (5') :

A une dizaine de kilomètres de là, La Ferté-sous-Jouarre a beaucoup fait parler d'elle lors des dernières cantonales. Au premier tour, c'est la candidate FN, une inconnue, qui est arrivée en tête devant la maire socialiste de La Ferté, réalisant notamment des scores élevés dans les petits villages alentour. «Ici, le FN a beaucoup de clients», commente un des deux bijoutiers du village, Lionel Decleve, quadra avenant aux faux airs de Tintin. Après les élections, une équipe d'Envoyé spécial est venue tourner un reportage. «Ils ont voulu nous faire passer pour des demeurés, des gros racistes, la France profonde assaillie par des bandes délinquantes. Mais ici, ce n'est quand même pas le Bronx», dit une autre commerçante qui n'a pas digéré l'épisode.

«Vies de dingues»

 

Lionel Decleve, bijoutier
Lionel Decleve, bijoutier© Mathieu Magnaudeix

Pas le Bronx, certes, mais l'atmosphère est tout sauf sereine. L'an dernier, la ville a connu six braquages à main armée en neuf mois, selon la mairie. Lionel Decleve, le bijoutier (photo), s'est fait attaquer deux fois. «Le 23 décembre 2010 par des pros qui avaient sorti la grosse artillerie, et le 18 juin 2011 par des jeunes des cités qui se faisaient la main. Depuis, je me suis un peu barricadé.»

Lionel en veut aux revendeurs d'or qui multiplient les annonces dans les journaux locaux, crise et hausse du métal précieux obligent. L'opticien, la parfumerie ont aussi été braqués, parfois à plusieurs reprises. De quoi créer un «sentiment d'insécurité», admet la maire socialiste, Nathalie Pierre.

Depuis, les commerçants appellent les gendarmes dès qu'ils croient voir passer devant leurs fenêtres des jeunes qui ne sont «pas d'ici», dit une commerçante franco-algérienne (elle ne veut pas dire son nom). La jeune femme est désolée de la situation politique. Elle aurait aimé voter DSK, c'est raté. Devant elles, «bien des clients parlent sans gêne des "bougnoules": ils pensent que comme je suis commerçante, je suis juive», raconte-t-elle en haussant les épaules. Elle ajoute: «Les gens ont de moins en moins peur de dire qu'ils vont voter Marine Le Pen.»

Pendant les fêtes, la police municipale a effectué des rondes pour prévenir les braquages. Vers 17 heures, juste avant Noël, on croisait des gendarmes mobiles, défilant l'arme en bandoulière par groupes de trois dans les rues commerçantes. Au printemps, la ville va faire installer vingt-cinq caméras de vidéosurveillance, sans compter celles de la gare SNCF. «Il n'y a que la présence humaine qui peut ramener le sentiment de sécurité, dit la maire, dans son bureau où trônent deux diplômes récompensant les prouesses florales de la ville. Le problème, c'est que les grandes villes autour de nous mettent en place la vidéosurveillance. Les délinquants viennent donc où il n'y a pas de caméras. Donc on fait ça par nécessité, pas par goût ni par philosophie.»

 

La Ferté-sous-Jouarre. Hôtel de ville.  
La Ferté-sous-Jouarre. Hôtel de ville.© MM

Dans la ville, la présence fréquente de jeunes d'origine étrangère devant le bar et le PMU de la place de l'Hôtel-de-Ville alimente tous les fantasmes. Au Bon coin, un bistrot vieillot surchargé de décorations de Noël, Roger, 56 ans, petite moustache, chemise de bûcheron rembourrée de laine, tape du poing sur le comptoir et fustige les «bandes».

Il en a après «les fraudeurs comme Mme Bettencourt qui gagne combien de smic à la seconde pendant qu'on crève?» et «les assistés, pas les occasionnels, ceux qui perdent leur boulot, mais les professionnels, ceux qui squattent la place de la mairie et qui vont ensuite aux Restos du cœur», «les immigrés-chômeurs-délinquants-venus du 93, du 94, d'Afrique noire, du Maghreb».

La patronne, une quinqua dynamique, déboule au pas de charge avec des caisses de bouteilles et lance à la cantonade, bien fort: «Eh bien moi, j'ai voté Le Pen au premier tour en 2007 et j'ai boycotté le second tour. Parce qu'il y en a marre.» Cette année, elle hésite «entre Marine ou l'abstention». Fred, le serveur, interpelle la petite assemblée: «Qui va voter en mars prochain?» Aucun doigt ne se lève: «Voyez, ils nous ont découragés, écœurés.»

«Vous avez essayé de passer sur la place le soir? Allez-y, vous verrez!», lance le patron. En fait, les fameuses «bandes» ne sont pas si terribles, explique Lionel, le bijoutier. «Ce ne sont que quelques loulous qui s'ennuient.» «On est au fin fond de la Brie. Dès que les 40-80 ans voient trois Arabes et deux Noirs, ils paniquent», juge Gwendoline, attablée au Carré d'as, le bar face à l'hôtel de ville tenu par des Chinois. La jeune maman a quitté le Val-de-Marne pour s'installer en Seine-et-Marne, la vraie cité pour la campagne, parce que c'est «un milieu sain»

«Ici, c'est la déprime, l'ennui total, sourit Walid, un Algérien de 25 ans qui alterne entre intérim et période de chômage et passe son temps au PMU. On boit des cafés, on joue au Rapido et à la fin de la journée, on a perdu tous nos sous.» «S'ils mettaient rien qu'une salle, on serait moins nombreux à squatter sur la place de l'Hôtel-de-Ville», lance son voisin de comptoir. Pas très loin, Mehdi, 18 ans, d'origine tunisienne, sèche le lycée pour passer le permis de conduire plus vite. Il déteste La Ferté: «Les gens vous disent bonjour et le lendemain, ils portent plainte contre vous. On ne subit pas le racisme mais on le voit dans l'urne.»

 

Thilbault et Pierre devant les grilles du lycée Beckett  
Thilbault et Pierre devant les grilles du lycée Beckett© Rachida El Azzouzi

L'air de rien, La Ferté, bourgade jadis prospère et plutôt bourgeoise, décline en silence, au fur et à mesure qu'elle devient un dortoir de l'Ile-de-France. La journée, les rues sont vides. Devant le lycée Samuel-Beckett, Mathilde, bientôt 18 ans, rêve d'ailleurs. Employés de banque, l'un à Paris-Barbès, l'autre dans le Val-de-Marne, ses parents font la navette quotidienne entre Saacy-sur-Marne et Paris depuis quinze ans. Elle ne veut pas de cette vie-là, n'a qu'une ambition: travailler dans la capitale, devenir sexologue. «Il ne se passe rien, il n'y a rien à faire, se lamente-t-elle. On n'a pas de bar sympa où l'on pourrait aller se poser entre deux cours à part des PMU de vieux et le Mac Do. On n'a même pas de cinéma! Pour aller voir Intouchables, il faut aller à Meaux, à Disney ou à Paris.»

Thibault et Pierre, qui redoublent leur première scientifique, dressent le même constat: «On se fait chier, c'est la cambrousse, la prison.» Ils ont hâte de s'affranchir des transports en commun, de passer le permis de conduire pour «se tirer» de la Seine-et-Marne. Mathilde, Thibault et Pierre ont demandé plusieurs fois à leurs parents de déménager. Chaque jour, aux mêmes heures, souvent en fin d'après-midi, la minuscule salle d'attente de la gare SNCF est bondée. Un cortège de lycéens désœuvrés vient squatter les trois bancs et la cabine du photomaton.

«Les gens ici, ils courent tout le temps. Ils ont des vies de dingues, confie Sandrine, serveuse au PMU au style vaguement punk. Mais pour beaucoup c'est pareil: la carte bleue, elle devient rouge à partir du 13 du mois.» «Il y a un ras-le-bol, concède Nathalie Pierre, la maire de La Ferté. Les gens travaillent, ils font des horaires pas possibles mais ils n'y arrivent pas. Nous aussi, on subit la crise en direct. Le chômage augmente, notamment chez les plus de 50 ans. Il y a une paupérisation, plus de demandes au centre d'action sociale et plus de coupures d'électricité.» Une pause. «La Ferté a changé de visage en vingt ans. Nous sommes mieux desservis par les transports désormais, à 45 minutes de la gare de l'Est. C'est bien, mais ça crée plus de trafic, plus de petite délinquance. Il y a aussi un apport de nouvelles populations, parce qu'on essaie de construire des logements et que ça coûte moins cher qu'en banlieue. Il faut que le mélange se fasse.»

«Il y a un sentiment d'insécurité confus: les incivilités, la crise économique, l'euro... les gens confondent un peu tout», se désole Lionel le bijoutier, électeur de droite qui votera à nouveau UMP en avril prochain. Dans les conversations, revient sans cesse une obsession, celle d'une montée de la délinquance depuis que Jean-François Copé, le maire de Meaux, la grande ville toute proche, a commencé à détruire les tours de Beauval, un quartier populaire. «Copé a détruit des barres pour virer les cas sociaux et les disperser dans les cantons alentour, à commencer par La Ferté, grogne un agent immobilier. C'est sa stratégie avec le maire de Coulommiers [Franck Riester, un autre pilier de l'UMP, ndlr] pour récupérer la mairie à gauche. Ça marche à fond mais du coup, les habitants votent FN.»

Le commerçant se dit à deux doigts de fermer boutique, préfère garder l'anonymat pour éviter les «représailles»: récemment, la vitre de son agence a été brisée. «Les affaires ne marchent pas du tout en ce moment. Les classes moyennes sont au bord du dépôt de bilan. Elles nous demandent l'impossible: un pavillon avec trois chambres et jardin entre 110.000 et 200.000 euros. Il y a dix ou vingt ans, leur budget était beaucoup plus important.»

Depuis des années, le développement économique se fait dans le sud du département, ou ailleurs en Ile-de-France, à Roissy ou en Seine-Saint-Denis. A Lizy-sur-Ourcq, l'imprimerie Didier Mary, un des plus gros employeurs privés, vient encore de licencier 197 salariés. «C'est le cinquième plan social en huit ans», se désole Laurent Couzic, délégué syndical CGT qui fait lui aussi partie de la charrette. Dans la région, l'annonce récente a fait l'effet d'un coup de tonnerre. A côté de l'imprimerie, on s'attendrait à trouver des tracts de syndicats, de partis politiques de gauche. Mais au rond-point, il n'y a que quelques affiches Mélenchon, recouvertes de placards à la gloire de Marine Le Pen.

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