Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 16:39

LEMONDE.FR | 13.01.12 | 20h30   •  Mis à jour le 13.01.12 | 20h33

 
 

 

Logo de l'industriel français.

Logo de l'industriel français.AFP/JOHN MACDOUGALL


Un désastre financier et un dossier aux multiples zones d'ombres. Les conditions de rachat de la start-up canadienne Uramin par Areva sont au cœur de la bataille entre l'ancienne présidente du directoire, Anne Lauvergeon – qui a quitté ses fonctions en juin – et le numéro 1 du nucléaire français.

 

  • L'acquisition d'Uramin

En 2006-2007, le cours de l'uranium s'envole sur les marchés mondiaux, dépassant alors les 100 dollars la livre. Face à cette montée, le groupe nucléaire français Areva souhaite sécuriser son approvisionnement. Le 15 juin 2007, il annonce une offre publique d'achat d'une junior entreprise canadienne, Uramin, qui dispose de permis miniers dans plusieurs pays d'Afrique, en Namibie (Trekkopje), en Centrafrique (Bakouma) et en Afrique du Sud (Ryst Kuil).

Pourtant, Uramin n'était pas la cible prioritaire d'Anne Lauvergeon. A l'époque, l'Etat a mis son veto à l'acquisition du géant australien Olympic Dam et par manque de réactivité, Areva n'a pu acquérir la société australienne Summit Resources.

L'offre est finalisée en juillet de la même année pour un montant de 2,5 milliards de dollars américains (soit 1,82 milliard d'euros), ce qui en fait l'une des plus importantes acquisitions de l'histoire du groupe, détenu à 87 % par l'Etat. Un "beau succès", estimait alors l'Agence des participations d'Etat, un service rattaché au ministère de l'économie, des finances et de l'industrie.

  • Déroute du projet

Mais les ressources des mines d'uranium de la start-up canadiennes se sont révélées moins riches qu'escompté. Le 12 décembre, Luc Oursel, actuel président du directoire d'Areva, annonce une dépréciation de 1,46 milliard d'euros de sa filiale minière, soit une perte de 80 % de la valeur de rachat d'Uramin. Motifs invoqués : des réserves apparemment surévaluées, une chute des prix de l'uranium – en 2007, Goldman Sachs, notamment, prédisait que la livre d'uranium atteindrait 200 dollars, elle s'échange aujourd'hui à près de 50 dollars – ou encore de capacités de production finalement pas mises en place. Ce fiasco financier alimente aussi les soupçons de tromperie, déjà présents depuis plusieurs mois.

Car d'autres éléments viennent renforcer le climat de suspicion autour de ce dossier. Le cours du titre Uramin a été multiplié par six pendant les six mois précédant l'acquisition de la société minière par Areva, passant de 300 millions d'euros lors de son entrée en Bourse en décembre 2006 à 1,8 milliard en 2007. Un rapport de Goldman Sachs pour EDF, daté du mois d'avril 2007 et révélé fin décembre 2011 par L'Express, soulignait les risques concernant le rachat de la société d'exploration Uramin.

  • Deux enquêtes internes

En interne, l'opération de rachat des gisements soulève aussi de nombreuses questions. Le 25 décembre, Le Journal du dimanche dévoile que deux enquêtes avaient été commanditées début 2010 pour clarifier ses conditions d'acquisition. A l'époque, Anne Lauvergeon est candidate à sa propre succession pour un troisième mandat à la tête d'Areva.

Ainsi, en mars 2010, une première recherche a été confiée par la direction du patrimoine du groupe à la société d'intelligence économique Apic. Dans un entretien au Parisien, daté du vendredi 13 janvier (en accès payant), Marc Eichinger, l'auteur du document confidentiel, affirme que le groupe nucléaire a été victime d'une "escroquerie". "Areva n'avait rien à faire avec Uramin, société qui n'avait aucune production ni aucune ressource prouvée", explique-t-il. L'expert financier avance "un soupçon de délit d'initié avec des opérateurs ayant connaissance très tôt" de la future OPA en 2007. Une hypothèse renforcée par le fait que le groupe s'est basé sur des documents d'une unique société américaine, SRK, "rémunérée par le vendeur". Aucune équipe n'a été dépêchée sur place et aucune expertise indépendante n'a été sollicitée par le groupe, souligne aussi l'expert.

>> Lire : "Soupçons d'escroquerie lors du rachat d'Uramin par Areva"

Les investigations de la société basée à Sciez (Haute-Savoie) se sont également portées sur Daniel Wouters, directeur de la division des mines chez Areva, sur qui planent des soupçons de conflit d'intérêts. Ce banquier franco-belge a été recruté en 2006 pour trouver une mine d'uranium au moment où le groupe cherchait à sécuriser ses sources d'approvisionnement. Lors de sa nomination, il était également responsable de Swala Ressources, une société d'exploitation minière en Afrique. Un double statut qui ne correspond pas "aux bonnes mœurs des affaires", estime M. Eichinger. Daniel Wouters "connaissait le mari d'un cadre dirigeant", ce qui a facilité et accéléré son intégration dans le groupe. "Je n'ai pas pu prouver d'enrichissement indu", précise toutefois l'expert.

Chez Areva, on suspecte aujourd'hui le mari de Mme Lauvergeon, Olivier Fric, d'être à l'origine de ce recrutement, rapporte Le Parisien. Une information démentie par l'avocat d'"Atomic Anne". Le couple a par ailleurs assuré que M. Wouters n'était "pas à l'origine de l'intérêt d'Areva pour Uramin" et que M. Fric ne le connaissait pas avant son embauche par Areva.

Pour le député socialiste Daniel Goua, rapporteur de la mission sur EDF et Areva, l'arrivée de l'ancien banquier s'est faite par un chasseur de tête : "Il fallait quelqu'un qui avait à la fois un profil de banquier et une bonne connaissance du secteur minier". Joint par Le Monde.fr, le rapporteur souligne que les éléments révélés par l'Apic ne permettent pas d'incriminer clairement M. Wouters.

  • Les rôles de Mme Lauvergeon et de son époux

La seconde enquête mandatée par le groupe nucléaire a été révélée le 21 décembre par Le Canard enchaîné. Le journal dévoilait l'existence d'un rapport d'enquête datant du 26 septembre réalisé par une officine privée suisse, Alpes Services, et ciblant notamment le conjoint d'Anne Lauvergeon.

Une partie de l'enquête détaille, selon Me Versini-Campinchi, l'avocat de Mme Lauvergeon et de son époux, l'agenda, les comptes en banque et les données téléphoniques d'Olivier Fric, ainsi que son casier judiciaire et son parcours universitaire. Figurent ainsi "une centaine de numéros joints par le mari d'Anne Lauvergeon de février à juin 2011", indique l'hebdomadaire satirique, qui cite également un extrait du rapport d'enquête selon lequel "les recherches préliminaires menées sur M. Fric n'ont pas permis d'obtenir des informations laissant penser qu'il aurait pu bénéficier de manière illégitime du rachat d'Uramin par Areva".

L'enquête a conduit l'ex-patronne du groupe et son époux à porter plainte contre X, fin décembre, pour "complicité et recel de violation de secret professionnel", "complicité et recel de divulgation de données portant atteinte à la vie privée" et "complicité et recel d'abus de confiance". Le conseil estime que l'affaire Uramin a servi de prétexte pour l'éviction de sa cliente de la tête du groupe nucléaire, en juin. Mme Lauvergeon a par ailleurs assuré fin décembre que l'acquisition d'Uramin s'est faite "dans des conditions de gouvernance irréprochables", et que le montant de l'opération était justifié par le cours très élevé de l'uranium à l'époque.

>> Lire : "Des officines privées ont espionné des proches de l'ex-présidente d'Areva" (édition Abonnés)

Jeudi 12 janvier, Areva a annoncé avoir suspendu le versement des indemnités de départ à Mme Lauvergeon aux conclusions d'une étude sur l'acquisition des gisements d'uranium de l'entreprise canadienne – un comité de trois experts indépendants a été désigné, fin décembre, par le conseil de surveillance d'Areva pour examiner à nouveau ce dossier. La veille, l'avocat de Mme Lauvergeon avait révélé qu'il venait d'assigner en référé Areva pour qu'il verse à sa cliente 1 million d'euros d'indemnités de départ et 500 000 euros au titre d'une clause de non-concurrence, en vertu d'un accord "irrévocable" négocié lors de son éviction.

>> Lire : "Areva suspend les indemnités de Lauvergeon à un audit sur le fiasco Uramin"

  • L'intervention de M. Ricol

En avril 2010, l'Etat, actionnaire majoritaire du groupe nucléaire, a demandé à René Ricol de vérifier les comptes d'Areva. L'ancien expert comptable a ainsi été nommé nouvel administrateur du groupe nucléaire et, surtout, coprésident de son comité d'audit. Sa feuille de route était d'établir la vérité sur des comptes jugés opaques et de regarder de près cette fameuse acquisition. "J'étais venu pour faire la clarté sur les comptes d'Areva, dira-t-il lors de l'assemblée générale du groupe, le 27 avril 2011. La clarté existait avant mon arrivée. J'ai perdu mon temps avec bonheur."

  • Le rapport de la Commission des finances

Pourtant, le 21 juin 2011, l'Etat relance le dossier Areva. Le bureau de la commission des finances a chargé le député socialiste de Maine-et-Loire Marc Goua de conduire un audit financier sur le groupe, notamment sur les modalités de l'acquisition de la start-up canadienne immatriculée dans les îles Vierges (un paradis fiscal situé dans les Caraïbes). Les premiers résultats obtenus ont été présentés en octobre 2011, devant l'Assemblée nationale. Le rapport souligne notamment l'opacité des informations disponibles au moment de l'acquisition et la précipitation dans laquelle s'est effectuée l'OPA.

Les dates des notes consultées dans les services de l'APE remontent aux 7 et 25 mai 2007, soit à une période d'installation ou de transition politique entre le second tour de l'élection présidentielle et le premier tour des élections législatives. Le rapporteur s'étonnait également du caractère "d'urgence" du rachat. Uramin avait semble-t-il fixé au 31 mai 2007 la date limite d'une opération d'achat de ses titres. "Personne ne s'étonne que le calendrier puisse être fixé par le vendeur. Dans ces circonstances, tout devrait inciter à la retenue", indiquait M. Goua.

Joint vendredi par Le Monde.fr, ce dernier appelle à la prudence. "Il y a tellement de rebondissements dans ce dossier... Je me garderais bien de conclure. Aujourd'hui, toutes les hypothèses sont possibles." Et de décliner les possibilités d'une escroquerie du vendeur, d'une escroquerie en interne, d'une décision "prise à la légère" mais pas frauduleuse, voire d'un possible investissement qui se révélerait rentable à long terme... Le rapporteur de la mission sur EDF et Areva devait rendre les conclusions de son audit fin janvier. Une échéance qui sera repoussée à la mi-février, confie-t-il.

 

Aude Lasjaunias

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 17:23

 

Journée internationale des Indignés

 

 

Bonjour à toutes et à tous.


Action prévue le samedi 14 janvier à 14h

Place de la Maison Carrée


pour la journée internationale des Indignés (pique nique à 13h).


Le thème : Carnaval Électoral.

l-eacutezard-comique-thumb15808351.jpg 

Confection de panneaux humoristiques :
Exemple : Votez....... Personnages imaginaires ou Ubuesques .


Vos idées , vos instruments de musique seront les biens venus.


Merci de transmettre cette invitation à toutes vos listes.

 


Venez nombreux.


El Pueblo Unido Jamas Sera Vincido
Le Peuple Uni Jamais Sera Vaincu

 

                                                                                Le-pilote-du-dessin-anime-de-Captain-Vegeto.jpg            

 

Le Capitalisme est à terre Écrasons le



Les Indignés de Nîmes

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Les Actions
commenter cet article
13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 17:14
MARSEILLE
le samedi 14 janvier 2012
Assemblées populaires à 13 h 30
Ne laissons pas les affaires du monde au monde des affaires !

Journée mondiale des Assemblées populaires

 

Les Indignés Marseille

Le samedi 14 janvier, lors de la journée mondiale des assemblées populaires, les Indignés vont expérimenter la démocratie directe dans les quartiers de Marseille. Dans plus de cinq quartiers des personnes vont s’exprimer, s’écouter et construire.

 

Assemblée populaire de la Belle-de-Mais (Place Caffo)
Assemblée populaire du Cours d’Estinne d’Orves
Assemblée populaire de Noailles (Place des Halles Delacroix)
Assemblée populaire du Panier (Place de Lenche)
Assemblée populaire du Cours Julien

 

Ensuite, à partir de 19 heures les Indignés invitent tout le monde au Cours Julien pour une soupe festive.

Prenez vous aussi l’initiative d’organiser une assemblée populaire dans votre quartier ou dans votre ville, où que vous soyez.
Voir ici :
http://marseille.indigne-e-s.net/

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Les indignés d'ici et d'ailleurs
commenter cet article
13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 17:11

[CLIQUEZ ICI POUR TÉLÉCHARGER LE TRACT]


Qui sème la précarité…

récolte des indigné(e)s !

Citoyen, Citoyenne,

 

Ce Samedi 14 janvier 2012 sera pour toil’occasion de pouvoir manifester ton indignation à travers l’appel que nous te lançons à venir soutenir pour une journée de mobilisation et de propositionsur le thème de la lutte contre la précarité et pour l’emploi, dans le cadre de la journée mondiale des assemblées populaires !

 

Alors rendez-vous PLACE KLEBER

Le 14 janvier à partir de 12h !
 Programme :
 
12h-14h : PIQUE-NIQUE CITOYEN !

Amène tes victuailles et ripaillons de bon aloi !
14h-15h : ASSEMBLEE GENERALE

sur le thème de la précarité :

Viens t’exprimer, c’est gratuit !
15h-17h : Travail en atelier

sur les thèmes de la lutte contre le chômage, le logement et le pouvoir d’achat. Si tu as des solutions, emmène-les avec toi !
17h-18h : Travaux de synthèse en AG !

Faut bien travailler un peu !


Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Les indignés d'ici et d'ailleurs
commenter cet article
13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 17:07

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Les indignés d'ici et d'ailleurs
commenter cet article
13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 17:00
| Par La rédaction de Mediapart

 

L'Initiative sur la menace nucléaire (NIT) a publié une étude comparative sur la sûreté nucléaire dans le monde, évaluant la sécurité des installations nucléaires dans 32 pays possédant du combustible nucléaire. La Corée du Nord, le Pakistan et l'Iran sont considérés comme les pays les moins fiables – des critères comme la stabilité politique, les procédures de contrôle ou la corruption entrant dans la mesure –, tandis que l'Australie, la Hongrie et la République tchèque tiennent le haut du classement. La France se classe, elle, 19e, la NIT insistant sur la nécessité d'améliorer la réglementation sur le transport de combustible, de ratifier les engagements internationaux ou de consolider les installations militaires.

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Nucléaire
commenter cet article
13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 16:57

Alors que le gouvernement s'apprête à autoriser la construction du réacteur Iter, Michèle Rivasi, députée européenne EELV, Jean-Pierre Petit, physicien et ancien directeur de recherche au CNRS, Christian Desplats, conseiller régional Paca, dénoncent «un fiasco scientifique et financier programmé».

-----------

Mardi 17 janvier 2012, un exercice national simulera un séisme impactant le site du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) à Cadarache (Bouches-du-Rhône) et dans nombre de communes environnantes. Au cours des siècles, des événements sismiques majeurs ont en effet laissé des traces dans cette zone!

Après l’avis favorable rendu en septembre 2011 par la commission d’enquête qui, aux dires mêmes de son président, n’a pas eu assez de temps, dans le cadre réglementaire imposé par l’Etat, pour se prononcer convenablement, le gouvernement français s’apprête à délivrer, au terme d’une procédure précipitée, l’autorisation de création du réacteur thermonucléaire expérimental Iter (International thermonuclear experimental reactor) à Cadarache.

Sourd aux appels de trois prix Nobel de physique, de scientifiques reconnus dans le domaine de la physique nucléaire, de personnalités morales incontestées et de milliers de citoyens, le gouvernement s’entête à ignorer les aléas, les risques et les dangers de ce programme international mené à marche forcée, au mépris du principe constitutionnel de précaution, entraînant ainsi notre pays vers un fiasco scientifique et financier inéluctable.

Un fiasco scientifique?

Le réacteur Iter, chambre de confinement d'un gaz ionisé porté à 100 millions de degrés, est la version d'une très grande taille de réacteurs appelés tokamak, fonctionnant actuellement dans de nombreux pays. La grande taille du réacteur est définie pour espérer atteindre le seuil permettant de dégager suffisamment d'énergie d'origine nucléaire par fusion d'atomes légers pour produire de l’électricité. Il s'agit du principe de fonctionnement de la bombe H.

Dans le cas du projet  Iter, le dossier de plusieurs milliers de pages, soumis cet été à enquête publique dans douze villages autour de Cadarache, comprend nombre d’incohérences, de lacunes et de questions non résolues. Il est tout à fait clair que les scientifiques et les ingénieurs promoteurs de ce projet ont délibérément ignoré un grand nombre de «verrous» scientifiques et technologiques qui conduisent de nombreux  spécialistes de cette discipline à être particulièrement sceptiques sur le succès éventuel de ce projet Iter.

Parmi ces interrogations fondamentales, il convient de mentionner entre autres:

- la fragilité des bobines supraconductrices servant à confiner le plasma dans le réacteur Iter: ce seront les plus grands bobinages supraconducteurs jamais réalisés. Mais leur tenue au flux de neutrons est très incertaine; n’ayant résisté que pendant quelques secondes dans les réacteurs expérimentaux, il n'est pas du tout certain qu'ils resteront fonctionnels durant un laps de temps de plusieurs années permettant réellement de mener à terme le programme de recherche prévu. «Croire que ces bobines pourront résister toute la durée de vie du réacteur est complètement fou», disait Pierre-Gilles de Gennes, prix Nobel de physique. Qu’en sera-t-il pour une phase d’expérimentation prévue sur 25 ans?

- le risque de disruption majeure, qui est la perte brutale du contrôle du confinement du plasma en régime thermonucléaire: ce risque n’est jusqu’à présent pas du tout maîtrisé. Des études récentes précisent que ces disruptions, qui génèrent en quelques millisecondes une perte totale du confinement d'un plasma où circulent quinze millions d'ampères, peuvent provoquer des dégâts catastrophiques sur les structures du réacteur. Ces disruptions, véritables foudroiements cent fois plus intenses que la foudre atmosphérique, frappent l'enceinte interne du réacteur. Elles sont inhérentes à la technologie des réacteurs de type tokamak et ne peuvent être totalement évitées. Elles induiront une destruction partielle de la machine et des aimants supraconducteurs. Il faut donc rechercher une méthode d’amortissement de leurs conséquences et un programme intensif de recherche est en cours sur ce sujet. Cependant, les dernières recherches tendent à indiquer que ce risque a été largement sous-estimé lors de la conception technique d'Iter. En effet, la taille considérable du réacteur Iter rend caduques les solutions qui semblaient efficaces dans des réacteurs de taille modeste. Ainsi, un chercheur anglais écrit récemment que «les effets des disruptions sur les futurs tokamaks, comme Iter, auront des conséquences sévères. Dans des machines dimensionnées comme des générateurs d’électricité, une disruption serait catastrophique». De même, une thèse récente menée sous l’égide de l’Ecole polytechnique et du CEA confirme que les disruptions des plasmas des tokamaks sont des phénomènes menant à la perte totale du confinement du plasma en quelques millisecondes et peuvent provoquer des dégâts considérables sur les structures des machines. Or, ce point particulièrement inquiétant a été totalement occulté dans l’étude de risque du projet Iter soumis à l’enquête publique!

- la tenue de la première paroi du réacteur, qui contiendra un plasma à plus de 100 millions de degrés, construite avec du béryllium,  matériau léger, fragile et toxique, résistant à 1287 degrés seulement: sa résistance face à un flux intense de neutrons, aux chocs thermiques et à l’abrasion est pour le moins incertaine. Le programme international de recherche IFMIF (International Fusion Materials Irradiation Facility) associé à Iter et piloté par le Japon a été conçu pour apporter la solution technique à ce problème avant la fin de la construction du réacteur Iter, mais il est jusqu’à présent resté dans les limbes et le restera sans doute encore longtemps, car il ne semble toujours pas financé (3 à 5 milliards d’euros). Qu’en sera-t-il en 2023, quand le réacteur Iter sera exploité en phase tritium?

- la conception des modules tritigènes, situés juste derrière la première paroi en béryllium, destinés à reconstituer le tritium, matière rare, particulièrement dangereuse et qui n’existe pas dans la nature, est basée sur une circulation d’un mélange lithium-plomb à l’état liquide, refroidi par eau contenue dans une céramique refroidie à l’hélium. Ces éléments sont d’une effrayante complexité et n’ont pas encore été totalement testés. Que se passera-t-il en cas de rupture de la céramique, le mélange de l’eau et du lithium étant extrêmement dangereux?

- le risque sismique enfin est sous-évalué: l’impact d’un tremblement de terre sur le site de Cadarache, notoirement sismique, aura des conséquences sur la stabilité du plasma à l’intérieur du réacteur Iter, même sans destruction du réacteur. En effet, une secousse provoquant un déplacement des structures de seulement quelques millimètres entraînera irrémédiablement une disruption majeure aux conséquences fatales. La dalle anti-sismique sur laquelle sera installée le réacteur, en cours de construction sans même attendre les conclusions des stress-tests post-Fukushima, même si elle garantit une sauvegarde globale des infrastructures, ne permettra pas de garantir l'intégrité du réacteur dans son ensemble après un séisme, ce qui rendra très aléatoire, voire impossible, une remise en service de l'installation.

Tous ces éléments inquiétants sont reconnus par le directeur général d’Iter, qui s’empresse d’en conclure que le programme Iter est justement conçu pour apporter des réponses à ces questions au cours de l'exploitation! Force est de constater que le projet a été présenté ces dernières années de façon tronquée et sans souci d’objectivité, à l’opposé de la déontologie élémentaire de toute démarche scientifique et technique qui doit comprendre une validation collégiale et transparente.

Qu’une seule de ces questions reste sans réponse avant le démarrage du projet, et c’est tout le programme Iter qui s’effondre, dans un gâchis scientifique et financier incommensurable!

Notre pays et l'Union européenne, qui financent ce projet à hauteur de 45%, ont-ils vraiment les moyens de prendre un tel risque…?

Un fiasco financier?

 Engagé en 1985 suite à un accord Reagan-Gorbatchev, le programme Iter était évalué à 8 milliards d'euros environ en 1998, ce qui fut jugé tout à fait excessif par les instances internationales, eu égard aux avancées scientifiques attendues. Un projet moins ambitieux fut alors établi et lancé en 2001 sur la base d’une évaluation financière à 5 milliards d’euros. Aujourd'hui, le programme Iter est estimé à plus de 15 milliards d’euros! Et ce n’est sans doute pas fini…

En effet:
- le retard annoncé par le Japon, contributeur à hauteur de 9%, d’un an minimum pour la livraison du matériel qui doit être fabriqué à proximité de Fukushima, va sans nul doute avoir un impact sur les coûts.
- les déboires de construction des EPR de Flamanville et de Finlande, qui accusent des retards de livraison de plusieurs années, avec les surcoûts considérables qui en résultent, démontrent bien que les inévitables aléas de construction ont un impact inévitable sur les coûts des chantiers d’une telle importance.
- la révision probable des normes de sécurité, notamment sismiques, après les audits de sûreté demandés par le gouvernement sur les installations nucléaires à la suite de la catastrophe de Fukushima, risque d’entraîner elle aussi une réévaluation du coût du projet Iter.
- les difficultés rencontrées aujourd’hui par l’Europe pour financer sa part de 1,3 milliard d’euros manquants sur l’augmentation de l’estimation initiale montre bien la fragilité financière du  projet.

Tous ces éléments laissent à penser que le coût du projet Iter va encore exploser; avancer aujourd’hui un coût final de 30 milliards d’euros n’est malheureusement plus une aberration!

De plus, le projet Iter n’étant pas assurable, et donc pas assuré, toutes les conséquences dommageables qui pourraient en résulter seront, avec le démantèlement, à la charge des contribuables français…

Après des habillages juridiques contestables, les travaux ont commencé, avant même la délivrance de l’autorisation de construction du réacteur Iter; mais il n’est pas trop tard…

Avec Georges Charpak, prix Nobel de physique, nous déclarons que «plutôt que de masquer une programmation initiale insatisfaisante à la fois sur le plan scientifique et technologique par une escalade budgétaire plus mauvaise encore, mieux vaudrait admettre enfin que le gigantisme du projet Iter est disproportionné par rapport aux espérances, que sa gestion apparait déficiente, que nos budgets ne nous permettent pas de le poursuivre, et de transférer cet argent vers la recherche utile».

Alors, aujourd'hui, pourquoi ne pas reconvertir le projet Iter en technopole de recherche sur les énergies renouvelables qui pourrait bénéficier des investissements déjà réalisés (accès, plateforme, bureaux, lycée international…) et y transférer les crédits de recherche déjà mobilisés? Nous avons des chercheurs et des personnels d’une grande qualité et une mine de nouveaux emplois locaux durables en perspective!

Il ne nous manque pour en décider que le courage politique de résister au lobby nucléaire.

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Nucléaire
commenter cet article
13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 16:50
| Par Louise Fessard

« Enlisée, l'affaire s'est complètement enlisée », estime Me Thierry Lévy, l'un des avocats des mis en examen de Tarnac, accusés d'avoir saboté plusieurs lignes à grande vitesse (LGV) entre octobre et novembre 2008. Trois ans après les faits et l'arrestation en fanfare de Julien Coupat, de sa compagne Yildune Lévy, ainsi que de sept autres personnes, à l'époque désignés comme appartenant à la « mouvance anarcho-autonome », l'information judiciaire pourrait se terminer beaucoup plus discrètement d'ici l'été.

Dès leur arrestation, la ministre de l'intérieur de l'époque Michel-Alliot Marie s'était empressée de saluer devant les micros une « opération réussie » et « rendue possible grâce au travail » de la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), et de la sous-direction antiterroriste (Sdat). Politiquement, l'« opération » tombait à pic. Elle tourne maintenant au fiasco, un fiasco que le gouvernement tente de faire oublier.

A l'époque, ces spectaculaires arrestations étaient censées prouver l'efficacité du tout nouveau service de renseignement, la DCRI, née en juillet 2008 de la fusion de la direction de la surveillance du territoire (DST) et de la direction centrale des Renseignements généraux (RG). Plus encore, elle venait valider l'obsession de la ministre à l'égard des « risques d’une résurgence violente de l’extrême gauche radicale », dénoncés dès février 2008 dans une interview au Figaro.

Mais le spectre d'un ennemi intérieur, déployé internationalement, s'est rapidement dégonflé, et Michèle Alliot-Marie a disparu, contrainte de quitter le gouvernement pour avoir proposé, il y a un an, son savoir-faire sécuritaire... à Ben Ali. En revanche, à l'instigation des avocats, le feuilleton médiatique de l'affaire de Tarnac est devenu celui de la contre-enquête sur les méthodes de la police antiterroriste. « Si procès il y a, ce sera celui de l'antiterrorisme », met en garde Me Jérémie Assous, un des avocats du groupe.

Dernier épisode en date, le 3 janvier 2012, une information judiciaire a été ouverte à Brive-la-Gaillarde pour enquêter sur les écoutes sauvages de l'épicerie de Tarnac (Corrèze) gérée par plusieurs des suspects. Suite à une plainte avec constitution de partie civile déposée en février 2011 par Me William Bourdon, au nom de magasin général de Tarnac, un juge d'instruction devra déterminer s'il y a eu « atteinte au secret des correspondances » et « atteinte à la vie privée ».

 

L'épicerie de Tarnac, reprise en 2007 par les jeunes militants. 
L'épicerie de Tarnac, reprise en 2007 par les jeunes militants.

En mars 2008, sollicité pour des problèmes de terminal carte bleue à l'épicerie de Tarnac, un agent de France Télécom avait découvert et désinstallé un boîtier connecté à l'une des lignes téléphoniques du magasin. Il ne pouvait s'agir d'une écoute judiciaire, l'enquête préliminaire visant le groupe de Tarnac pour « association de malfaiteurs à visée terroriste » n'ayant été ouverte que le 16 avril 2008.

Le mode opératoire ne correspond pas non plus à une écoute administrative (avec demande d'autorisation à la commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité). « On est dans une logique de bricolage style Canard enchaîné (des agents de la DST avaient été surpris en train de poser des micros dans les bureaux du journal - ndrl)», estime Me William Bourdon. Le groupe de Tarnac a donc été écouté, vraisemblablement illégalement, dans un contexte policier et politique de paranoïa à l'égard des mouvements d'extrême gauche.

Quelques mois plus tard, la mise en examen de Julien Coupat pour avoir « organisé un groupement en vue de la préparation d'actes terroristes » porte d'ailleurs sur des faits « allant de 2002 au 10 novembre 2008 », preuve de la surveillance prolongée dont a fait l'objet celui tenu pour être le leader du petit groupe de Tarnac.

« Si preuve est rapportée que le point de départ de l'enquête n'a été possible qu'en raison d'écoutes clandestines, c'est tout le dossier qui serait fragilisé », estime M  William Bourdon. Le parquet de Paris avait ouvert l'enquête en avril 2008, à la demande de la sous-direction antiterroriste (Sdat) de la direction centrale de la police judiciaire, qui soupçonnait l'existence d'« une structure clandestine anarcho-autonome entretenant des relations conspiratives avec des militants implantés à l’étranger et projetant de commettre des actions violentes ».

Une balise encombrante

Deux autres enquêtes, touchant deux pièces majeures du dossier, ont été ouvertes après le dépôt des plaintes par les avocats.

– A Clermont-Ferrand, une enquête préliminaire pour « subornation de témoin » vise la déposition d'un témoin sous X, qui aurait fait l'objet de pressions policières.

– A Nanterre, une information judiciaire a été ouverte par le parquet en novembre 2011 pour « faux et usage de faux en écriture publique » concernant le procès-verbal de filature de Yildune Lévy et Julien Coupat.

C'est ce procès-verbal, dit PV 104, qui démontre leur présence, la nuit du 7 au 8 novembre 2008, à Dhuisy (Seine-et-Marne), à proximité des lieux du sabotage sur la ligne TGV-Est. Il est d'autant plus important, qu'alors que trois autres fers à béton avaient été fixés cette nuit-là sur différentes lignes à grande vitesse (Nord, Est et Sud-Est), l'enquête s'est focalisée sur ce sabotage à hauteur de Dhuisy.

Or, d'après les avocats, le PV 104, qui retrace 17 heures de filature par une vingtaine de policiers de la sous-direction antiterroriste (Sdat) et de la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), est truffé d'incohérences.

 

Pont auprès duquel la voiture de Julien Coupat aurait été vue, sur la ligne TGV Est. 
Pont auprès duquel la voiture de Julien Coupat aurait été vue, sur la ligne TGV Est.

L'usage d'une balise GPS clandestine pourrait expliquer certaines de ces contradictions, comme le fait que les policiers affirment avoir perdu la voiture porte de Châtillon, dans un parking souterrain, où une balise ne pouvait plus émettre. Julien Coupat « était suivi à bonne distance grâce à une balise GPS placée sur sa vieille Mercedes », avait expliqué en février 2011 dans Le Nouvel Obs une « source proche de l'enquête ». « A midi, le signal a disparu comme cela arrive quand la cible entre dans un parking souterrain. »

Autre élément troublant, les policiers affirment avoir repéré la Mercedes du couple à l'arrêt en pleine nuit aux abords de la ligne LGV où un crochet sera découvert au matin, sans avoir jamais vu Julien Coupat et Yildune Lévy eux-mêmes sur les voies. Ce qui paraît curieux vu la configuration des lieux, surtout si le couple (qui nie par ailleurs s'être trouvé sur les lieux) s'était aidé d'une frontale comme le soupçonnent les policiers.

« Les policiers ont dû interrompre la filature, puis ont essayé de la reconstituer à partir de constations incomplètes réalisées grâce à la balise », pressent Me Thierry Lévy. Dans Libération (15 novembre 2008) puis dans Le Nouvel Obs (18 février 2011), des policiers ont confirmé avoir utilisé une balise GPS en complément de la filature, avant de nier son existence au juge d'instruction Thierry Fragnoli. 

« La Sdat n’a pas été amenée à faire usage de dispositif "GPS" sous le véhicule Mercedes (…) les 7 et 8 novembre 2008 », dément Eric Voulleminot, patron de la Sdat dans un courrier du 26 juillet 2011. Sans préciser si c'était également le cas pour la DCRI, qui suivait aussi la voiture de Julien Coupat.

Le code pénal français est muet sur l'utilisation de balises GPS. Elles ne sont donc pas explicitement soumises à une autorisation du juge, mais pour Me William Bourdon, il est évident que « tous les modes clandestins de surveillance, que ce soit de la parole ou des mouvements, sont illégaux ». « S'il n'y a pas de balise, les constations faites sont impossibles et le PV 104 plonge, mais si les policiers reconnaissent son existence, ils sont dans l'illégalité », résume Me Lévy.

Bref, trois ans après les faits, la justice antiterroriste en est encore à supputer l'utilisation ou non d'un dispositif GPS potentiellement illégal par les policiers chargés de la filature.

Du terrorisme vraiment ?

La qualification terroriste des faits elle-même reste en débat. Les jeunes militants de Tarnac et de Rouen ont été mis en examen pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste », Julien Coupat étant lui poursuivi pour « direction et organisation ». Mais jusqu'à l'ordonnance de renvoi devant les assises ou le tribunal correctionnel, les juges d'instruction peuvent décider d'abandonner cette qualification terroriste. Ils n'ont pas tranché pour l'instant.

La définition pénale française du terrorisme est assez floue : il s'agit d'un certain nombre d'infractions « ayant pour but de troubler l'ordre public par la terreur ou l'intimidation ». Jusqu'ici, elle ne s'était jamais étendue aux atteintes aux biens. « Même s'il n'y a pas d'accord international sur la question, globalement on considère que le terrorisme, c'est faire couler le sang, explique Me William Bourdon. Si le juge Fragnoli décide d'étendre cette définition aux atteintes aux biens, il prend une lourde responsabilité, car il ouvre la possibilité de criminaliser demain les formes les plus violentes de la contestation sociale. C'est une jurisprudence qui mettrait la France en marge d'une espèce de consensus international. »

Une déqualification ouvrirait en tout cas une porte de sortie aux trois juges en charge de l'instruction, Thierry Fragnoli, Edmond Brunaud et Yves Jannier, dans un dossier que le gouvernement s'efforce aujourd'hui de faire oublier. Après les premières déclarations tonitruantes de la ministre de l'intérieur Michèle Alliot-Marie, ses successeurs place Beauvau se sont bien gardés de s'exprimer sur un dossier aussi contesté. 

« C'est une affaire qui avait un intérêt politique évident et qui a complètement disparu aujourd'hui, estime Me Thierry Lévy. Le temps de l'exploitation politique passé, reste à trouver une solution judiciaire. » Et il n'est pas certain que les mis en examen de Tarnac se contentent d'une sortie par la petite porte.

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Informations diverses
commenter cet article
13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 16:43
Tefy Andriamanana - Marianne | Vendredi 13 Janvier 2012 à 15:01

 

L’affaire de l’IGS se télescope avec les présumées bavures d’Aulnay et Clermont-Ferrand. Mais les pontes de la police semblent bénéficier de plus de mansuétude.



La police française traîne nombre de casseroles ces derniers temps. Après les affaires Neyret et du Carlton, un autre scandale vise l’IGS, la police des polices, accusée d’avoir monté un faux dossier contre plusieurs fonctionnaires de la préfecture de police de Paris. Le préfet Michel Gaudin, proche de l’Elysée et de Guéant, a été entendu comme témoin assisté dans cette affaire mais a dénoncé des « allégations » à son égard. Il est accusé d'avoir prononcé la suspension de fonctionnaires faussement accusés sur la base d'éléments d'enquête judiciaire qu'il n'avait pas à connaître.
 
Mais pour l’heure Claude Guéant a maintenu sa confiance en ses services. Il a même annoncé avoir porté plainte pour diffamation contre le PS Bruno Le Roux, porte-parole de Hollande, qui l’a accusé d’être « au cœur » de l’affaire de l’IGS. L’Inspection est également impliquée dans un des volets de l’affaire des écoutes du Monde. C’est ce service qui a épluché les fadettes de journalistes du quotidien sous ordre du procureur Courroye, toujours en place lui aussi. 
                
Dans l’autre volet de l’affaire des fadettes, Bernard Squarcini, patron du renseignement intérieur, a été mis en examen, mais a aussi été maintenu à son poste. Comme Frédéric Péchenard, patron de la police nationale et entendu comme témoin assisté, qui a avoué avoir été le donneur d’ordre de Squarcini.

Inégalité de traitement

Bref, qu’il s’agisse de Gaudin ou de Squarcini, des pontes de la police, proches de l’Elysée, ont pu sauver leur tête malgré leur implication dans des affaires judiciaires. La droite répond qu’ils bénéficient tous de la présomption d’innocence. Sauf que certains policiers de base risquent de protester contre l’inégalité de traitement entre simples agents et grosses huiles des forces de l’ordre.
 
En effet, l’affaire de l’IGS se téléscope avec deux affaires de bavures à Clermont-Ferrand et Aulnay. Lundi et Mardi, deux hommes sont morts après leur arrestation par la police. Des troubles ont eu lieu dans les deux villes par la suite. A Clermont, une information judiciaire a été ouverte pour « violences volontaires ayant entrainé la mort sans l’intention de la donner par personne dépositaire de l’autorité publique », un crime passible de 20 ans de prison. A Aulnay, l’enquête pour « recherche des causes de la mort » est toujours sous le contrôle du parquet de Bobigny.
 
Les défenseurs des droits de l’Homme et la gauche ont alors rapidement posé la question de la suspension des policiers de Clermont accusés de bavures. Claude Guéant a écarté cette solution estimant qu’il n’avait pas encore d’éléments à charge mais a en revanche annoncé que les policiers concernés étaient « hors service » et « en congés ». Des termes polis pour écarter les agents de leur commissariat tout en évitant de paraître trop sévère. Pour l’heure, aucune mise en examen n’a eu lieu. Mais les syndicats craignent qu’on ouvre une chasse à l’homme. Synergie, classé à droite, dénonce déjà les « inquisiteurs » s’en prenant à la police.  

L'IGS discréditée

Là est le problème, si les affaires de Clermont et de l’IGS n’ont évidemment rien à voir sur le fond, les simples policiers mis en cause n'ont pas bénéficié de la même protection que Squarcini et autres. Une fracture risque de se créer entre pontes proches du pouvoir politique et policiers de base qui prennent les risques sur le terrain et doivent déjà subir la baisse des moyens humains et matériels
 
Bernard Squarcini, mis en examen dans l’affaire des fadettes, est toujours en place, les policiers de Clermont, qui n’ont pas encore été accusés formellement, sont mis « hors service ». Une fracture risque aussi d’apparaître avec la justice. La juge Ganascia qui avait mis en examen 4 fonctionnaires en se basant sur le faux dossier de l’IGS avant d’être dessaisie et désavoué par la Cour d’appel n’a pas encore été inquiété mais le CSM a été saisi de son cas. De son côté, le procureur Courroye continue de dormir sur ses deux oreilles.
 
Le sentiment d’inégalité de traitement est d’autant plus fort que Le Monde a révélé qu’en 2009, le parquet et le ministère de la Justice ont bloqué une enquête sur le faux dossier de l’IGS. Pour la petite anecdote, Claude Bard, n°3 de l’IGS à l’époque du faux dossier, a été promu n°1 du service en juillet 2010. Autant d'éléments qui peuvent faire croire aux policiers de base qu'un certaine impunité règne en haut lieu. Pire, l'implication de l'IGS dans les affaires des fadettes et de la préfecture de police de Paris risque de discréditer toute enquête interne sur des bavures. Un service chargé de faire respecter la déontologie policière, lui-même suspecté d’avoir outrepassé ses droits, certains policiers doivent hésiter entre le rire et les larmes.
Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Informations diverses
commenter cet article
13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 16:39

 

Rue89 - Les initiés 18/12/2011 à 19h27 Alexis Buisson
 

On aimerait croire que les analystes à l'origine de la notation des dettes souveraines sont des monstres sans cœur. Et si cela n'était pas le cas ?

 


Des hommes portant des masques (Photography King/CC)

« Des gens intelligents dans une culture d'entreprise merdique. »

Un employé de hedge fund, qui a souhaité rester anonyme, ne mâche pas ses mots pour décrire les analystes de Moody's. Impossible de vérifier cette affirmation, l'agence de notation ayant refusé nos demandes d'entretiens. Sans surprise.

Qui sont donc ces analystes secrets qui ont le pouvoir, par simple communiqué, de mettre des gouvernements sens dessus dessous ? Eh bien, si l'on en croit une demi-douzaine d'entretiens anonymes avec d'anciens employés de Moody's, des gens ordinaires qui ont des envies… ordinaires, bien loin des fantasmes de la presse.

Un d'eux prétend qu'avant la crise, on choisissait de travailler à Moody's parce que la compagnie offrait un environnement de travail confortable, pas trop mal rémunéré et relativement stable, parfaitement « adapté à ceux qui voulaient aller à l'opéra à 20h ». Pepère quoi.

D'autres décrivent un job peu « glamour ». Rien à voir avec le train de vie de ces traders flambeurs de Wall Street. Un ancien de la division de finance structurée va même jusqu'à comparer la compagnie à – tenez-vous bien – l'« IRS », l'équivalent américain de notre bon vieux trésor public, pour son organisation hiérarchique et son image vieillotte.

« Imaginez la tête de votre maman quand vous lui dites que vous avez trouvé un travail aux impôts ! Moody's, c'est pareil », s'exclame cet ancien, qui conseillait aux analystes « junior » de privilégier les « hedge funds » ou les grandes banques s'ils voulaient gagner leur vie. « Ce n'est pas un endroit où l'on reste toute sa vie. »

Les intellos de la notation

Moody's est un mastodonte de 4900 employés dans le monde, dont 1093 analystes. Le service des investisseurs de l'entreprise est divisé en plusieurs entités qui offrent chacune des services de notation divers à destination des entreprises et des banques.

Son « sovereign risk unit », la cellule qui traite les demandes de notation d'entités publiques, aurait plus de 860 000 dossiers de dettes municipales et nationales en cours de traitement selon l'agence de presse Reuters. Une activité lucrative si l'on en croit le Washington Post qui chiffrait à jusqu'à 220.000 dollars le montant d'un service de notation, dans un article publié en 2004

Nos faiseurs de rois n'ont beau être qu'une petite quarantaine derrière les imposants murs du quartier général de l'agence, à quelques pas d'un Ground Zero en chantier, ils occupent néanmoins une place bien à part dans l'agence.

Tout d'abord parce qu'ils incarnent l'activité historique de Moody's et l'exigence d'intégrité que l'entreprise promet à ses clients depuis sa naissance en 1909. Ensuite, parce que cette unité très spéciale serait composée de vétérans du « risque-pays » qui partagent le point commun d'avoir parcouru le monde à la différence de leurs collègues des autres divisions, pour rencontrer leurs clients et se familiariser avec la culture et les traditions de leur pays.

Historiquement, l'unité s'est distinguée par la « diversité » de son recrutement. A sa création en septembre 1985, à la suite d'une restructuration des services de notation après le fiasco de la crise vénézuélienne de 1983 – Moody's avait accordé un triple A au pays alors qu'il était en défaut de paiement – elle comprenait aussi bien des banquiers que des économistes, multilingues, issus de grandes universités nord-américaines.

Les plus âgés d'entre eux avaient travaillé dans le secteur bancaire ou dans les institutions internationales, type Fonds monétaire international, pendant la crise de la dette latino-américaine des années 70 et 80. Parmi les managers, on comptait un Américain diplômé d'économie internationale à Georgetown et à l'université McGill de Montréal, un ancien de la banque de France et du FMl et un Mexicain diplômé de l'université de San Diego en Californie. L'actuel directeur de l'unité, Bart Oosterveld, est Hollandais et a étudié à l'université de Columbia à New York.

Passion et émotion pour convaincre

L'interaction de ces profils aurait donné lieu, pour ceux qui ont travaillé au sein de l'unité, à un environnement particulièrement stimulant sur le plan intellectuel pour une division d'une grande institution financière. Vincent Truglia, qui a dirigé l'unité de 1992 à 2007, se souvient de confrontations de points de vue et d'échanges d'expérience « passionnés » et « émotionnels » lors des comités de notation au cours desquels l'auteur de l'analyse doit « convaincre » ses pairs de son bien fondé.

Ces débats étaient d'autant plus chauds que « jusqu'en 2003-2004 » la promotion interne n'existait presque pas au sein de la petite unité, poursuit Truglia. Ce qui signifiait que les managers étaient recrutés à l'extérieur de l'entreprise pour favoriser l'expression d'opinions diverses et que les analystes « junior » pouvaient avoir jusqu'à « 10-15 » ans d'expérience au sein de Moody's. Rare dans le monde fluctuant de la finance.

Aujourd'hui associé dans une firme de gestion d'actifs, Truglia insiste sur l'indépendance de son unité : seuls les analystes décidaient de la note finale, assure-t-il, tout simplement parce que la batterie de paramètres, financiers, politiques, institutionnels et économiques qui fondait leur décision, était trop complexe pour des cerveaux extérieurs au groupe.

Il raconte par exemple que quand un dirigeant sud-américain dont le pays venait d'être noté s'est adressé au PDG de l'époque John Rutherfurd pour plus d'informations, celui-ci lui a répondu :

« Je suis l'administration de l'hôpital, adressez-vous aux médecins ».

Pour ces « médecins », la fierté de l'analyste ne venait pas de l'argent engrangé pour la notation, poursuit-il, mais de la finesse de l'analyse :

« Nous voyions notre travail comme une combinaison de commercial, car nous travaillions pour une firme financière, et d'académique. Les employés se voyaient comme des universitaires. Lors de nos débats en comité de notation, les analystes rappelaient souvent à leur collègues des positions qu'ils avaient défendues il y a cinq ans ».

Matheux contre académiciens

Il est difficile de dire si cette sous culture au sein de Moody's perdure dans ce monde post-crise dans lequel la crédibilité des agences de notation est fragilisée.

En tout cas, un changement est intervenu en 2000, quand, pressé par ses clients et la « Securities and exchange comission » (SEC), l'organisme américain de contrôle des marchés financiers, Moody's s'est lancé dans une initiative de mathématisation accrue de ses modèles de notation afin de les rendre plus transparents et objectifs. Dans une interview récente, l'ancien dirigeant de l'unité David Levey a dit avoir « résisté » à cette évolution, préférant l'approche « pluridisciplinaire, hautement qualitative » qui avait été pratiquée jusqu'alors.

Cet effort de mathématisation a entraîné ce que la presse a vu comme des « couacs » de notation. En 2007, un nouveau modèle appelé « Joint Default Analysis », censé intégrer dans le calcul de la note la capacité d'un gouvernement à soutenir financièrement une banque en difficulté, a artificiellement gonflé le niveau de certaines notes. Le modèle a été revu et corrigé depuis.

Pour Kevin Selig, un analyste auteur d'une étude de cas sur la crise et les agences de notation :

« Il ne fait aucun doute que les employés d'agences de notation sont incroyablement intelligents. La complexité des modèles avec lesquels ils travaillent est impressionnante (…) Ces “ smart guys ” ont juste été rattrapés par un business, la notation de crédit, pressé de toute part pour changer ses standards. »

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article

Présentation

  • : Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • : Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
  • Contact

Texte Libre

INFO IMPORTANTE

 

DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

OVERBLOG NOUS IMPOSE ET PLACE DES PUBS

SUR NOTRE BLOG

CELA VA A L'ENCONTRE DE NOTRE ETHIQUE ET DE NOS CHOIX


NE CLIQUEZ PAS SUR CES PUBS !

Recherche

Texte Libre

ter 

Nouvelle-image.JPG

Badge

 

          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



  Th-o indign-(1)

55

9b22