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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 17:09
| Par Martine Orange

Aux prises avec le fisc, le groupe Wendel aimerait enterrer ses frasques passées dans la plus grande discrétion. Ses espoirs risquent cependant d'être déçus. Au fil des recherches et des explorations, de nouveaux faits émergent sur cette folle période du groupe, où le démon de l'argent paraît avoir saisi l'équipe dirigeante. Sous la houlette de Jean-Bernard Lafonta, alors président du directoire de Wendel, les montages les plus divers ont été imaginés pour favoriser un enrichissement rapide des dirigeants et de son président, Ernest-Antoine Seillière.

Selon de nouveaux documents, dont Mediapart a eu connaissance, il n'y a pas eu que le montage astucieux, qui a permis à quatorze dirigeants de prendre 4,7% du capital de Wendel à bas prix, ou des mécanismes d'investissements établis de telle sorte qu'ils ne pouvaient tourner qu'au seul avantage des managers (voir nos précédents articles sur Editis et sur Deutsch). D'autres opérations ont été montées dans l'unique but de protéger les intérêts de quelques dirigeants, et en particulier de Jean-Bernard Lafonta. Et celles-ci paraissent parfois bien éloignées de la juste rémunération du risque. Interrogé sur toutes ces opérations, le groupe Wendel n'a pas répondu à nos questions (voir onglet Prolonger).

Artisan de la transformation de Wendel à partir de 2001, Jean-Bernard Lafonta a toujours eu un statut à part dans le groupe. Ernest-Antoine Seillière admire cet homme qui comprend tout au capitalisme financier moderne et surtout qui lui fait gagner tellement d'argent. Il ne se voit pas lui refuser grand-chose. Quand Jean-Bernard Lafonta imagine et monte l'opération Solfur, Ernest-Antoine Seillière accepte donc de le récompenser à la hauteur de ses mérites.

Le président du directoire de Wendel devient ainsi le principal bénéficiaire du montage : à lui seul, il récupère 1,2 million d'actions Wendel pour une valeur de 156 millions d'euros, sur les 2,53 millions de titres que se partagent les membres de la direction de Wendel, soit 48% du total.

Le montage est débouclé à l'été 2007. Officiellement, tous les dirigeants s'engagent à conserver leurs titres au moins pendant dix-huit mois, afin de bien prouver la réalité de l'investissement. Ce que contestera le fisc par la suite, leur imposant un redressement record de 254 millions d'euros. Jean-Bernard Lafonta se montre d'autant plus intransigeant sur le respect de ces engagements auprès de ses équipes qu'au même moment, il est en train d'engager un raid caché sur Saint-Gobain. Il ne cesse de répéter aux uns et aux autres qu'ils sont des initiés permanents. Donc, pas question de faire le moindre geste qui pourrait attirer l'attention des autorités boursières et du fisc.  

Tous respectent la consigne, y compris Ernest-Antoine Seillière. Tous sauf un : Jean-Bernard Lafonta. Alors qu'il est en train d'engager le groupe sur la voie dangereuse d'une attaque surprise sur Saint-Gobain, dont Wendel ne s'est toujours pas remis, lui n'a qu'une idée en tête : réaliser au plus vite la plus-value sur ses titres. Il va donc se précipiter pour la concrétiser en toute discrétion.

Le mécanisme bancaire auquel il a recours est si évident, si discret, et offre un tel avantage de passer au travers de toutes les réglementations boursières imposées aux dirigeants, qu'il ne doit pas avoir été le premier à l'utiliser. Les bonnes recettes circulent vite dans le monde patronal. Tout passe par le canal le plus classique du prêt bancaire. Officiellement, Jean-Bernard Lafonta a souscrit en mai 2007 un prêt de 60 millions d'euros pour acquérir les fameuses actions Wendel auprès de la banque JP Morgan. Il est prévu que 525.000 titres, soit environ 1% du capital de Wendel, seront déposés en nantissement pour garantir l'emprunt auprès de la banque. Par contrat, la valeur des titres doit correspondre à 110% du montant du prêt, ce qui paraît très élevé pour un contrat avec appel de marge.

Mais dès septembre, JPMorgan Chase demande une révision de la clause de sauvegarde, « afin de tenir compte de la crise des marchés financiers intervenue depuis juillet 2007 et du niveau de la dette de l'emprunteur », explique-t-elle dans le contrat. De 110%, la garantie est portée à 155%. La demande paraît bien désavantageuse pour l'emprunteur. Pourtant, Jean-Bernard Lafonta l'accepte sans discuter.

 

Wendel Doc 1

Des ventes à point nommé

Dès le 27 septembre, le cours du groupe étant tombé à 118,72 euros, le président du directoire de Wendel est averti que la garantie qu'il a apportée n'est plus suffisante pour couvrir l'emprunt. « Sans notification de votre part d'un apport d'actif diversifié satisfaisant complémentaire en nantissement d'ici 24 heures, nous entamerons la vente au fil de l'eau pour un produit total de cession qui permettra un remboursement de 20 millions d'euros », avertit JP Morgan. C'est ce qui sera fait.

 

Officiellement, Jean-Bernard Lafonta n'y est pour rien. Il se voit juste imposer une vente forcée par la banque pour couvrir son prêt. Mais il échappe ainsi à toutes les obligations légales et réglementaires : pour lui, pas de période d'abstention, pas de déclaration de vente obligatoire. Les 525.000 actions de Wendel déposées en garantie du prêt seront vendues ainsi au fil de l'eau, selon nos informations, avant que le titre ne décroche. Ces cessions permettront à Jean-Bernard Lafonta de réaliser une plus-value au bas mot de 31 millions d'euros, couvrant largement et bien au-delà le prêt consenti. Aucune déclaration de cession de ces titres n'a été déposée auprès de l'AMF. 

Le montage est si intéressant que, selon nos informations, Ernest-Antoine Seillière et Bernard Gautier paraissent aussi y avoir eu recours. Les autres membres de l'équipe dirigeante de Wendel, eux, attendront d'être dégagés de leur obligation d'abstention de dix-huit mois pour commencer à vendre. Le titre Wendel est alors tombé autour de 30 euros. Pour eux, c'est au mieux une opération blanche. Car entre-temps, la situation du groupe s'est notablement détériorée, en raison des choix faits par Jean-Bernard Lafonta.

A l'étroit dans le groupe Wendel, celui-ci se voit des destinées plus hautes. Son choix s'est arrêté sur Saint-Gobain. Depuis des mois, des financiers tournent autour du groupe industriel, dans la perspective de le découper, le démanteler, et d'empocher les plus-values de la casse. Qu'il n'en reste rien n'est pas leur problème. Mais aucun fonds d'investissement n'a osé se lancer à l'assaut d'un groupe si gros. Jean-Bernard Lafonta a décidé, lui, de relever le défi : il va partir à l'assaut de Saint-Gobain. Déjà, il rêve d'être à la tête du groupe et songe à l'immense fortune qu'il va pouvoir réaliser.

 

A partir de la fin 2006, il monte donc un raid masqué, qui lui vaudra d'être lourdement condamné ainsi que le groupe Wendel par les autorités boursières pour avoir enfreint toute la réglementation. Tout l'assaut est bâti sur les dérivés, les options, les effets de levier. La crise prend à revers Wendel. Le raid masqué tourne au fiasco. Le groupe est piégé. Il a beau vendre des actifs, il se retrouve totalement asphyxié sous la dette et les frais financiers. Et les banques, qui sont elles-mêmes en pleine panique depuis l'effondrement de Lehman Brothers, n'ont pas du tout envie de se montrer compréhensives.

Fin février 2009, Wendel est au bord de l'écroulement. Dans la précipitation, Jean-Bernard Lafonta organise un rendez-vous avec le président du tribunal de commerce pour envisager de mettre le groupe sous procédure de sauvegarde. Ce n'est qu'à ce moment-là qu'Ernest-Antoine Seillière, jusqu'alors aveuglé par les discours de son protégé, prend conscience des dangers encourus. Dès lors, la rupture est consommée entre eux : Jean-Bernard Lafonta doit partir.

D'abord, ce dernier résiste puis accepte. Mais il pose ses conditions. D'une part, il entend présenter les derniers résultats de Wendel, afin de partir avec les honneurs. D'autre part, il veut avoir des dédommagements importants, au nom des services rendus, des risques pris. Wendel lui doit bien cela, insiste-t-il. D'autant, ajoute-t-il, qu'il est ruiné : il a acheté à crédit les actions Wendel et Saint-Gobain. Ernest-Antoine Seillière accepte les deux conditions.

Un calendrier bien choisi

Début avril 2009, Jean-Bernard Lafonta présente donc son dernier exercice annuel. Grâce aux beautés de la créativité comptable, rien dans les comptes affichés ne permet de se rendre compte de la situation réelle de Wendel. En utilisant une habileté, le groupe a décidé d'arrêter  la valorisation de ses participations au 6 mars plutôt qu'à fin mars, comme il en a l'habitude. Le subterfuge paraît léger. Mais à un moment où les marchés s'effondrent, il n'est pas sans conséquence : l'expédient permet de gommer une partie de la baisse des cours.

 

Le deuxième artifice comptable est plus lourd encore. Pour se prémunir de la chute des cours sur le titre Saint-Gobain, Wendel a pris des couvertures (puts). Ces puts ne cessent de gagner de la valeur, alors que l'action Saint-Gobain a dévissé de plus de moitié. Pour contrebalancer cette moins-value latente, Jean-Bernard Lafonta décide de prendre en compte l'augmentation de valeur des couvertures. Certaines banques, notamment la Société générale, feront exactement la même chose au même moment pour minorer leurs pertes sur les subprimes et autres produits toxiques. Ce n'est pas illégal mais c'est une étrange façon d'estimer son résultat. Pour Wendel, cela se traduit par 1 milliard de résultat net supplémentaire. Là aussi, le groupe se gardera bien d'en piper mot. Enfin, un crédit de 300 millions d'euros est opportunément oublié.

Officiellement, Wendel affiche donc une santé solide. Au 31 mars, son actif net réévalué – le critère utilisé pour estimer la valeur des sociétés de portefeuille – est de 22 euros. Le décalage est si grand avec la réalité que Frédéric Lemoine, qui succède à Jean-Bernard Lafonta, éprouvera par la suite le besoin de faire une épreuve de vérité discrète. Un document interne, daté de juin 2009, fait le point de la situation. En fait, l'actif net réévalué n'était pas de 22 euros mais de 15 euros à fin mars, soit une perte de valeur de plus de 300 millions pour le groupe. Une paille !

 

Les analystes ne comprendront jamais les comptes de Wendel dans cette période et émettront des jugements très négatifs sur le groupe. Discrètement, le groupe, quant à lui, entamera un processus de normalisation comptable, bien entendu, sans en rien dire.  

Mais sur l'instant, Wendel a sauvé la face. Grâce à ces expédients, Jean-Bernard Lafonta peut donc présenter son dernier bilan la tête haute, et partir avec les honneurs. Tout s'est fait avec l'aval d'Ernest-Antoine Seillière. Les deux dirigeants ont le même intérêt à brosser un tableau quelque peu arrangé du groupe. Si celui-ci rencontre des difficultés, c'est en raison de la crise, pas à cause de sa gestion.

Assurance tous risques

L'autre avantage de cette présentation un peu flatteuse est qu'elle permet de faire avaliser sans objection par le conseil toutes les indemnités accordées à Jean-Bernard Lafonta pour son départ. Dès sa démission officielle de la présidence du directoire, ce dernier a abandonné son statut de mandataire social et a pu retrouver son ancien contrat de travail. Ce qui lui permet de bénéficier de 955.000 euros d'indemnités accordées en sa qualité de salarié. Il obtient également de se faire racheter ses participations dans les sociétés de co-investissements, montées par l'équipe dirigeante, au prix d'origine, soit 2,5 millions d'euros.

Même les commissaires aux comptes tiquent. Dans le rapport annuel de 2009, ils soulignent que ce rachat a été fait selon une convention établie par les dirigeants qui leur permet de sortir au même prix qu'ils sont rentrés. Cela aussi est la reconnaissance du risque. La convention sera modifiée par la suite. Et les autres membres de l'équipe sur le départ se verront proposer le rachat de leurs parts dans les sociétés de co-investissement au prix d'un euro symbolique.

Comme si ces largesses ne suffisaient pas, Jean-Bernard Lafonta négocie secrètement un autre dispositif avec Ernest-Antoine Seillière et l'avocat Sébastien Prat. Il obtient une garantie de rachat du groupe pour 400.000 actions Wendel qui lui restent, au prix de 19,43 euros. Le cours est alors tombé jusqu'à 17,88 euros. L'ancien dirigeant, on le voit, a pleinement confiance dans l'avenir du groupe qu'il quitte, après avoir présidé à sa destinée pendant près de huit ans.

 

Cette convention, totalement hors norme, est approuvée sans difficulté par le conseil de surveillance. Il y a longtemps que celui-ci accepte tout ce qui lui est soumis par Ernest-Antoine Seillière. Naturellement, le contenu de cet accord ne sera jamais dévoilé. Il est vrai qu'il n'a pas été appliqué : le cours de Wendel est remonté après le départ de Jean-Bernard Lafonta. Ce dernier a pu vendre ses titres au fil de l'eau, sans anicroches.

Aux dernières nouvelles, après avoir colporté dans tout Paris qu'il était ruiné, Jean-Bernard Lafonta, qui a pu se constituer une fortune d'une bonne centaine de millions d'euros grâce à son passage chez Wendel, a monté un fonds d'investissement. Claude Bébéar et la famille Decaux lui ont apporté leur appui et de l'argent pour l'aider à repartir. Jean-Bernard Lafonta peut ainsi continuer à appliquer les formules du private equity et du co-investissement. Des métiers pleins de risque, comme il n'a cessé de le répéter, qu'il convient de rémunérer à leur juste valeur.

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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 17:00

 

Quotient familial au rayon X 05/01/2012 à 16h19

Rue89 - Renaud Février Journaliste


 

Pour justifier la réforme du quotient familial de Hollande, son conseiller Michel Sapin argue que le système actuel favorise les familles aisées. Rue89 a fait les comptes.

 


Un billet de 10 euros plié dans la forme d'un bateau (RedGlow82/Flickr/CC)

 

Michel Sapin, chargé du projet présidentiel de François Hollande, était mardi sur LCI pour expliquer le choix de son champion de « rapprocher », voire fusionner, la CSG, contribution sociale généralisée, et l'impôt sur le revenu.

Le député de l'Indre, qui multiplie depuis quelques jours ses apparitions médiatiques, s'en est pris au quotient familial, que le PS remplacerait bien par un crédit d'impôt forfaitaire pour chaque enfant. Une telle réforme permettrait aux parents qui payent peu ou pas d'impôts sur le revenu de profiter eux aussi du coup de pouce de l'Etat. Michel Sapin :

« Aujourd'hui, un enfant de riches, ça apporte beaucoup plus de baisse d'impôts qu'un enfant de pauvres. Est-ce normal ? Non. Il faut faire en sorte que ce soit juste. »

Mais que rapporte (ou coûte) au juste un enfant de riches ? Et un enfant de pauvres ?

Enfant de riches

Prenons un couple de « riches » qui gagne, selon le seuil avancé par François Hollande en 2007, 8 000 euros par mois : 4 000 euros par personne. Ce couple dispose donc d'un revenu annuel de 96 000 euros.

Sans enfant, il devrait s'acquitter, selon un simulateur disponible sur le site de l'administration fiscale, de 14 787 euros d'impôts au titre de l'impôt sur le revenu.

Imaginons à présent qu'il ait trois enfants à charge, âgés par exemple de 2, 8 et 16 ans. Le nombre de parts du foyer fiscal passe de deux à quatre et le montant du chèque au Trésor public chute alors à 6 740 euros, soit une « baisse » d'impôt de 8 047 euros !

Le couple bénéficie par ailleurs d'une réduction d'impôt pour frais de scolarisation de son aîné de 183 euros.

Si le couple engage un professeur à domicile pour ses enfants, il peut également bénéficier d'un crédit d'impôt. Montant : 7 500 euros maximum si le salaire du prof atteint 15 000 euros par an (soit 1 250 euros par mois).

Si le couple a recours à une garde d'enfant hors du domicile, pour son plus jeune enfant, il peut obtenir un second crédit d'impôt d'une valeur maximum de 1 150 euros.

Economies réalisées : 16 880 euros sur l'année.

Enfant de pauvres

Prenons maintenant un autre couple, avec le même nombre d'enfants, dont le revenu mensuel serait de 2 400 euros (deux salaires de 1 200 euros). Salaire annuel : 28 800 euros.

Ce couple ne paye pas l'impôt sur le revenu. Impossible donc de faire baisser, grâce à ses enfants, le montant du chèque dû à l'administration fiscale, ni d'obtenir de réduction d'impôt pour frais de scolarisation.

Le couple peut lui aussi obtenir un crédit d'impôt s'il emploie un professeur à domicile. Encore faut-il qu'il puisse le faire... Et quant à payer celui-ci 15 000 euros par an alors qu'il ne dispose que d'un salaire annuel de 28 800, c'est peu probable.

Le couple pourra par contre lui aussi obtenir un crédit d'impôt s'il a recours à une garde d'enfant hors du domicile de 1 150 euros.

Economies réalisées : 1 150 euros sur l'année.

Sapin est donc dans le vrai.

Et les prestations familiales ?

Certains pourraient lui opposer le fait que l'enfant de pauvres apporte à ses parents plus d'aides sociales que l'enfant de riches.

Vérifions. Plusieurs aides sociales sont liées à la présence d'enfants au sein d'un foyer. Elles ne sont pas toutes cumulables et correspondent parfois à des situations très particulières.

Certaines sont communes à toutes les familles. C'est le cas :

Aux économies réalisées par le couples de « riches », il faudrait donc ajouter 286,44 euros mensuels d'allocations familiales et 452,22 euros d'aide mensuelle pour la prise en charge par une assistante maternelle du plus jeune des enfants.

Total annuel des aides familiales et baisse d'impôt pour cette famille « riche » : 25 743,92 euros.

D'autres aides dépendent des ressources des parents. Un couple dit « pauvre » peut ainsi toucher :

Les parents « pauvres » d'un enfant de moins de 3 ans peuvent aussi recevoir :

Un parent qui élève seul son ou ses enfants peut, par ailleurs, bénéficier du RSA (Revenu de solidarité active) avant d'avoir ses 25 ans.

Si le deuxième parent est décédé ou s'il n'a pas reconnu l'enfant, le parent seul peut recevoir 88,44 euros par mois au titre de l'allocation de soutien familial.

Afin d'illustrer cela, reprenons notre couple de « pauvres » et ses trois enfants en imaginant que ces derniers soient âgés, eux aussi, de 2, 8 et 16 ans. Le couple pourrait donc toucher, en aides communes à tous les couples et en aides spécifiques aux couples « pauvres » :

  • des allocations familiales à hauteur de 286,44 euros par mois ;
  • une allocation de rentrée scolaire de 284,97 euros pour le cadet et de 311,11 euros pour l'aîné ;
  • une allocation de base, pour le petit dernier, de 180,62 euros par mois (qui n'est pas cumulable avec le complément familial) ;
  • une aide pour la prise en charge du plus petit par une assistante maternelle hors du domicile : 565,27 euros par mois.

Total annuel des aides familiales et crédit d'impôt pour cette famille « pauvre » : 14 134,04 euros.

Michel Sapin a toujours raison : un enfant de riches rapporte plus qu'un enfant de pauvres. Et « coûte » plus cher à l'Etat.

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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 16:54

 

Rue89 - Tribune 05/01/2012 à 17h28

Corinne Lepage Présidente de Cap21

 

Dans la centrale nucléaire du Bugey à Saint-Vulbas, le 19 avril 2011 (Benoit Tessier/Reuters)

 

L'argumentaire du lobby nucléaire, largement repris par Nicolas Sarkozy dans son discours de Pierrelatte, repose sur la sûreté maximale des centrales françaises, l'avantage compétitif dû au bas coût de l'énergie nucléaire et enfin l'avantage en termes d'emplois de la filière nucléaire.

Il s'agit de trois mensonges que le rapport de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et surtout les déclarations de Jacques Repussard, directeur de l'institut de recherche et de sûreté nucléaire (IRSN), anéantissent.

 

1  Le mensonge sur la sûreté

 

Tout d'abord, le rapport de l'ASN, s'il ne réclame pas la fermeture de centrales, met l'accent sur les incontestables faiblesses particulières de certaines centrales soumises au risque sismique ou aux risques d'inondations, voire aux deux comme Fessenheim.

Nos centrales sont exposées à des risques non maîtrisés et en conséquence, la sûreté absolue dont se gargarisent les défenseurs du nucléaire est un mythe. Ainsi, le directeur de l'IRSN déclare :

« EDF et Areva…n'ont pas fait leur “révolution culturelle”. Fukushima a changé la donne et révélé qu'un accident grave était possible, même dans un pays considéré comme sûr. Nous devons accepter que l'impossible puisse se produire et il faut pouvoir y remédier.

Depuis 2003, nous mettons les gouvernants en garde quant aux risques liés aux séismes, sans être vraiment écoutés. J'espère que nous le serons cette fois. Sinon, ils devront s'en expliquer. Il ne faut plus laisser croire que le nucléaire est une technologie parfaite. Le gouvernement et EDF ont sous-estimé le risque d'un accident et du rejet du nucléaire par la société. »

On ne saurait être plus clair. Il est évident que le gouvernement et EDF décident, en toute connaissance de cause, et alors que les travaux ne sont pas réalisés, voire pas même programmés, de laisser fonctionner des centrales à risque. Il en va d'autant plus ainsi que l'ASN a délibérément écarté de son champ d'application toute une série de risques dont ceux de chute d'avions et de terrorisme.

Pourtant, la démonstration faite par Greenpeace est particulièrement éloquente. Il conviendra du reste de savoir la position que choisira de prendre la commission dans le cadre du contrôle des stress tests sur ce sujet. Quoi qu'il en soit, la responsabilité qui est prise n'est pas seulement morale, elle est aussi juridique et engage à titre personnel ceux qui la prennent.

 

2 Le mensonge du nucléaire pas cher

 

Le rapport de l'ASN fixe une liste impressionnante de travaux à réaliser dont EDF considère qu'ils avoisineront les 10 milliards d'euros et dont les experts considèrent qu'ils seront beaucoup plus élevés.

Cela signifie donc que la poursuite de l'exploitation actuelle des centrales nucléaires va faire grimper brutalement le prix de revient du kilowatt-heure nucléaire des anciennes centrales. Le coût de revient du kilowatt-heure nucléaire des nouvelles centrales EPR pourrait s'élever jusqu'à 0,80 euro pour une centrale dont le prix de revient devrait être supérieur à 7 à 8 milliards d'euros.

A ces prix et à ces niveaux d'investissement, la question de la comparaison avec le prix de revient des kilowatt-heure d'énergies renouvelables est évidemment posée. Elle l'est d'autant plus que la comparaison avec les prix européens est faussée car la taxation est très différente selon les nations et car la France encourage la consommation électrique alors que d'autres pays la décourage.

La réalité des coûts est donc aujourd'hui de 0,97 euroo le kilowatt-heure en France entre 1,22 euro au Danemark et non pas 1,27 euro contre 2,69. Si, de surcroît, les prix n'étaient pas administrés et avaient suivi la courbe européenne, la France serait aujourd'hui dans la moyenne.

EDF reconnaît aujourd'hui qu'une hausse de 30% du prix de l'électricité sera nécessaire pour couvrir ces investissements. Rappelons que le cash-flow dégagé par la rente nucléaire financée par tous les Français a été utilisé à tout sauf à investir en France sur la sécurité des centrales, l'entretien des réseaux et les provisions raisonnables pour le démantèlement et le traitement des déchets à long terme.

Rappelons aussi que l'industrie nucléaire est une des seules au monde à n'être pas assurée, ce qui signifie que les citoyens français ont payé les centrales, vont payer plus cher leur électricité et sont de surcroît les assureurs d'une industrie non sécure ! Tout ceci fait que la prétention des défenseurs du nucléaire à une énergie moins coûteuse et plus rentable est totalement fausse.

 

3 Le mensonge sur les emplois

 

Enfin, la question des emplois est bien entendu centrale. Le lobby nucléaire n'a jamais osé prétendre que le nucléaire allait créer des emplois. Le président de la République défendait les emplois existants… Sauf que c'est la cécité et le déni de réalité dans lequel se complaisent industrie nucléaire et défenseurs qui menacent aujourd'hui les emplois et en particulier ceux d'Areva.

Et il est probable que le coût réel des travaux qui devront être réalisés conduira à la fermeture de Fessenheim et peut-être à d'autres centrales, avec, bien entendu les conséquences sur l'emploi quoique la fermeture d'un site nucléaire ne signifie en aucune manière la disparition de l'emploi. C'est au contraire une pérennisation des emplois pour des décennies et tout d'abord pour assurer la sûreté puis organiser le démantèlement.

En revanche, la destruction des emplois dans les filières renouvelables est bien réelle, à commencer bien sûr par celle du photovoltaïque.

Ainsi, l'industrie nucléaire vit sur trois mensonges dont les conséquences devront être assumées par les citoyens pour des décennies en termes économiques, en espérant qu'il n'y en aura pas d'autres.

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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 16:46

 

Rue89 - Tout doit disparaître 06/01/2012 à 12h38

Charlotte Penchenier Journaliste


Une femme de ménage cache les cendres sous le tapis, œuvre de « street art » de Banksy, (Fabbio/Flickr/CC)

A Marseille en cette fin d'année 2011, il fallait se pincer pour y croire :

« Mais créez donc des emplois ! Puisqu'on vous dit qu'il y a de l'argent ! »

La préfecture, Pôle emploi, la ville... s'y sont tous mis pour inciter les associations à signer des contrats aidés à tour de bras. Un cadeau de Noël qui fait « pschit ! », puisqu'il sera périmé aussitôt les élections (présidentielle et législatives) passées.

Des e-mails, des coups de fil, des relances en pagaille... De mémoire de responsable associatif, on n'avait jamais vu ça. Plusieurs d'entre eux ont dit avoir été harcelés pour profiter au plus vite des soldes de fin d'année sur l'emploi aidé.

 

Voir le document
(Fichier PDF)

 

C'est un arrêté préfectoral daté du 29 novembre qui a lancé les festivités en région Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca) : les conditions d'éligibilité à ces postes se retrouvaient subitement assouplies... jusqu'au 31 décembre.

Les contrats aidés sont en théorie destinés aux personnes les plus éloignées de l'emploi : chômeurs de longue durée, bénéficiaires du RSA, etc.

Par la grâce de cet arrêté, « toute personne sans emploi rencontrant des difficultés sociales et professionnelles particulières d'accès à l'emploi » peut postuler à un emploi de 20 heures par semaine rémunéré 796 euros brut pour une durée maximale de 6 mois.

Des aides exceptionnelles, offertes in extremis

Les contrats aidés, kézako ?

Appelés CUI (contrat unique d'insertion), ils se déclinent sous deux formes : les CIE (contrat initiative emploi) destinés au secteur marchand, les CAE (contrat d'accompagnement dans l'emploi) dans le secteur non-marchand, associations et administrations.

Les CUI-CAE représentent le gros du contingent des emplois aidés. Les aides s'élèvent actuellement à 70% ou 90% du coût total du poste, en fonction du profil de la personne recrutée.

Pour les associations qui ont besoin d'emplois aidés pour fonctionner, ce fut un appel d'air non négligeable. Xavier Blaise, directeur d'une association de quartier à Noailles (Le 1000 pattes), a pu créer deux nouveaux postes :

« Certaines personnes qui n'étaient pas éligibles le sont devenues. J'avais pas mal de contrats qui ne pouvaient pas passer en septembre mais qui ont pu passer en décembre... »

Une autre structure, qui fait de l'insertion par le logement pour les jeunes, s'est même vu proposer mi-décembre, in extremis, des aides exceptionnelles à 105% pour embaucher, alors qu'elle n'y était pas éligible.

Plus de 400 000 contrats aidés en 2011

Il était pourtant prévu de diminuer progressivement le nombre de CUI-CAE (contrats unique d'insertion et contrats d'accompagnement dans l'emploi) au niveau national : 400 000 en 2010, 340 000 en 2011... 200 000 en 2013. Mais au vu de la conjoncture et du chômage grimpant, au vu du risque que représentent ces mauvais chiffres pour la campagne présidentielle, le gouvernement a dû juger plus prudent de distribuer aux préfets des enveloppes supplémentaires d'emplois aidés.

Pour 2011, on devrait finalement dépasser les 400 000 CUI-CAE.

Pour 2012, l'objectif officiel est de 340 000 entrées en CUI-CAE. Avec une nouveauté de taille : les deux tiers devront être consommés pendant le premier semestre, autrement dit avant l'élection.

Il faut donc s'attendre à une fermeture des vannes au deuxième semestre : la plupart des contrats de six mois conclus aujourd'hui ne pourront sans doute pas être renouvelés.

« Une respiration dans une brasse coulée »

Le secteur associatif provençal en a déjà fait l'amère expérience. C'était il y a un an. Fin 2010, le préfet met soudainement un frein à tous les renouvellements de contrat. Beaucou^p se retrouvent sur le carreau du jour au lendemain, un collectif Paca emplois aidés se crée à Marseille, les mobilisations s'enchaînent. Malgré une petite rallonge, beaucoup de structures n'ont pu renouveler les contrats en 2011.

Ce fut le cas de B-Vice, centre culturel implanté dans la cité La Savine depuis vingt ans. Les sept contrats aidés qui lui permettaient de fonctionner se sont tous achevés au cours de l'année sans pouvoir être reconduits. En septembre dernier, il ne restait plus que le directeur, seul aux manettes, et soudainement en décembre, le Père Noël fait son apparition avec, dans sa hotte, sept nouveaux contrats aidés : l'équipe est reconstituée... pour six mois.

Parmi ceux qui n'ont pas répondu à l'appel du pied du préfet : Sophie Karddous, directrice d'un institut de beauté solidaire (Hygia). Si elle s'appuie sur ce type de contrats, c'est avec l'objectif de les transformer en CDI :

« On a toujours besoin de personnel, mais à quoi ça rime si j'embauche quelqu'un pour le remettre au chômage dans six mois ? Cela peut aider ponctuellement, mais quand on veut pérenniser des postes, cela n'a aucun sens. »

« C'est juste une petite respiration dans une brasse coulée », résume Alexandre Fassi, qui dirige une couveuse de projets dans l'économie sociale et solidaire (Intermade). Selon lui, un contrat aidé doit durer au minimum un an pour permettre de démarrer une activité ou envisager de pérenniser un poste.

« Je me pose des questions sur l'utilisation de l'argent public. Un coup, il y en a ; un coup, y en a plus. Les postes sont bloqués ou rouverts, sans jamais aucune justification. Il n'y a pas de cohérence, ni de ligne directrice claire. On ne fait que créer du sous-emploi de masse temporaire. »

Des milliers de chômeurs sortis des stats

Insertion, création d'emplois durables, ou simple baguette magique pour diminuer très temporairement les chiffres du chômage : à quoi servent les emplois aidés aujourd'hui ?

Si l'objectif a été atteint en région Paca pour 2011 – pas de chiffres officiels pour l'instant, dans l'attente de la conférence de presse du préfet de région Hugues Parant le 11 janvier –, quelques milliers de chômeurs sortiront des statistiques des demandeurs d'emploi... pour six mois, juste le temps de passer l'épreuve de la présidentielle.

 

Les contrats aidés, kézako ?

Appelés CUI (contrat unique d'insertion), ils se déclinent sous deux formes : les CIE (contrat initiative emploi) destinés au secteur marchand, les CAE (contrat d'accompagnement dans l'emploi) dans le secteur non-marchand, associations et administrations.

Les CUI-CAE représentent le gros du contingent des emplois aidés. Les aides s'élèvent actuellement à 70% ou 90% du coût total du poste, en fonction du profil de la personne recrutée.

 

 

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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 15:39

LEMONDE | 06.01.12 | 11h30   •  Mis à jour le 06.01.12 | 11h40

 
 

 

Lorsque l'affaire des sur-irradiés d'Epinal éclate à l'automne 2006, l'Igas estime qu'il s'agit du "plus important accident impliquant les rayonnements ionisants survenu en France".

Lorsque l'affaire des sur-irradiés d'Epinal éclate à l'automne 2006, l'Igas estime qu'il s'agit du "plus important accident impliquant les rayonnements ionisants survenu en France".REUTERS/STEPHANE MAHE


L'affaire des surirradiés d'Epinal, qui avait entraîné le plus grave accident de radiothérapie jamais recensé en France, donnera bien lieu à un procès. Les juges d'instruction parisiens Anne-Marie Bellot et Pascal Gand – les mêmes qui instruisent l'affaire du Mediator – ont signé, le 23 décembre 2011, une ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel pour "blessures et homicides involontaires" ainsi que "non-assistance à personne en danger". En ces temps de scandales sanitaires en série, leur ordonnance prend une résonance particulière : il y est question de "négligence", "d'imprudence" de la part de médecins, mais également d'un manque de réactivité des autorités de tutelle, qui ne fut pas sans conséquence sur l'état de santé des victimes.

 

Lorsque l'affaire des surirradiés d'Epinal éclate à l'automne 2006, la ministre de la santé de l'époque, Roselyne Bachelot, l'avait qualifiée de "catastrophe sanitaire". Près d'un demi-millier de personnes, tous des hommes, traités pour un cancer de la prostate entre2001 et 2006, ont été victimes de surdosage.

 

A l'époque, le centre de radiothérapie de l'hôpital d'Epinal accueille chaque année 700 nouveaux patients. En 2003, Jean-François Sztermer, alors chef de service, pousse pour passer à la technique dite de "coin dynamique", qui réduit l'inconfort du malade et permet d'adapter le volume d'irradiation aux formes de la tumeur. Le procédé est mis en place en mai 2004, mais il ne vient à l'idée de personne de réunir l'ensemble du service pour expliquer que cette pratique nécessite de diminuer les dosages. 24 patients reçoivent des doses surévaluées à 20%, dont au moins cinq sont décédées d'une suite des surdoses. Quelque 400 autres malades recevront entre 2001 et 2006 des doses supérieures à 8 % suite à des erreurs de calculs des médecins.

 

"FAUTES CARACTÉRISÉES"

Dans leur ordonnance de renvoi, les juges d'instruction se montrent plus sévères que le parquet à l'égard des deux radiothérapeutes, anciens chefs de service. "Ne pas s'être assurés de la sécurité de la nouvelle technique (…) en ne prévoyant au sein du service (…) aucune réflexion sur la sécurité (…) aucune formation" et "aucun protocole écrit" pour la mise en œuvre d'une nouvelle technique de soins "constitue des fautes caractérisées d'imprudence et de négligence". Alors que le parquet ne souhaitait renvoyer les deux hommes, ainsi que le radiophysicien, que pour "non-assistance en danger", les juges d'instruction maintiennent la qualification supplémentaire d'"homicides et blessures involontaires".

 

Les directrices de l'hôpital d'Epinal et de la direction départementale des affaires sanitaires et sociales (Ddass), le directeur de l'Agence régionale d'hospitalisation (ARH) de Lorraine ainsi que l'hôpital en tant que personne morale, sont poursuivis pour "non-assistance à personne en danger".


Comme en écho à d'autres dossiers récents, l'affaire des irradiés d'Epinal pointe également la défaillance des autorités sanitaires, lesquelles ne prendront conscience du drame qu'un an après les premières alertes.

 

Avertis de complications chez certains de leurs patients en août 2005, les radiothérapeutes, qui évaluent à 23 le nombre de dossiers concernés par l'erreur, préviennent la directrice de l'hôpital mi-septembre.Lors d'une réunion organisée le 5 octobre avec les autorités de tutelle, il est convenu de convoquer tous les patients et de diriger "ceux présentant des complications (…) sur la directrice". Mais cette décision restera lettre morte. Il faudra attendre juin 2006 qu'un médecin de l'ARH de Lorraine ayant eu vent d'accidents de radiothérapie à Lyon et Grenoble, s'aperçoive que rien n'a été vraiment fait pour ceux d'Epinal pour que les autorités de tutelle se réveillent.

 

Or, en cas d'accident de radiothérapie, un dépistage précoce permet de limiter les dégâts. D'un côté, estiment les juges, les médecins auraient dû "une fois le problème de surirradiation connu et les patients identifiés (…) informer les malades" – qui pour la plupart ont appris leur surirradiation par un autre patient ou par la presse – "et surtout de veiller à ce qu'ils bénéficient d'une assistance médicale appropriée".

Les autorités de tutelle se sont renvoyées la balle. Les magistrats estiment ainsi que Dominique Cappelli, la directrice de l'hôpital avait "l'obligation légale de signalement et d'information des patients victimes de complications". Tout comme la Ddass. Mais cette dernière a considéré que c'était à l'Agence régionale d'hospitalisation de gérer ce dysfonctionnement. Laquelle "agira pendant onze mois comme si cet accident n'avait jamais eu lieu"

 

Emeline Cazi


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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 15:34

 

LEMONDE.FR | 06.01.12 | 12h23

 
 

 

François Hollande à la raffinerie de Petit-Couronne, près de Rouen, le 5 janvier.

François Hollande à la raffinerie de Petit-Couronne, près de Rouen, le 5 janvier. AFP/KENZO TRIBOUILLARD


Rouen, correspondant - Les informations, les nouvelles et les rumeurs glissent sur les chasubles syndicales comme le vent qui souffle en tempête dans l'enceinte de la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne (Seine-Maritime). Alors qu'ils recevaient, jeudi 5 janvier au matin, François Hollande, accompagné de Laurent Fabius, député de la circonscription et président de l'agglomération de Rouen, les salariés de l'entreprise n'ont attaché qu'une importance relative à la visite de leur PDG, Jean-Paul Vettier, au premier ministre, François Fillon.

 

D'autant que Petroplus a annoncé dans l'après-midi la suspension de toutes les lignes de crédit et un accès aux comptes bancaires restreint. Pour eux, le groupe suisse n'a plus la main. "Il faut que l'Etat prenne ses responsabilités et saisisse cette raffinerie. C'est nous qui licencions Petroplus, pas l'inverse", a répété Yvon Scornet.

 

Le porte-parole (CGT) de l'intersyndicale (CGT, CFDT, CFE-CGC) ne croit plus en la capacité du raffineur suisse de redresser l'entreprise et rappelle que les salariés ne lâcheront pas le stock de produits finis dont la valeur est estimée à 200 millions d'euros. Depuis lundi, le site n'est plus approvisionné en pétrole brut et a enclenché la phase d'arrêt des productions.

 

"A ARMES ÉGALES"

Dans les jours qui viennent, les salariés de Petit-Couronne passeront à des modes d'action plus spectaculaires. On parle de blocage de dépôt, on compte sur la solidarité d'autres raffineries. "On se bat aussi pour sauver à long terme les 103 raffineries européennes", dit M. Scornet, à qui l'Europe doit permettre de se battre "à armes égales" avec les raffineries que construisent les majors pétrolières dans les pays de production.

 

Les salariés de Petroplus ne veulent pas entendre parler de reconversion de la filière. "On veut une raffinerie de pétrole, et non pas apprendre un autre métier", a bien précisé le porte-parole de l'intersyndicale en remerciant François Hollande de s'être arrêté à Petit-Couronne sur le chemin d'un déplacement programmé à Caen.

 

 "ENJEU LOCAL ET NATIONAL"

Le candidat à la présidentielle et les élus socialistes de la région sont restés une heure à huis clos avec l'intersyndicale. "Il y a un double enjeu : local et national", a décrit M. Hollande, d'une part les pertes d'emploi, l'impact sur toute la vallée de la Seine, et d'autre part "l'avenir du raffinage en France et au-delà de la chimie, la plasturgie". La crise qui frappe les salariés de Petroplus est "le symbole à la fois du comportement des banques, de l'absence de responsabilité de l'industriel et de Shell [ancien propriétaire de la raffinerie] et du désengagement de l'Etat".

 

M. Hollande a également montré du doigt l'Europe qui doit appliquer des règles de protection sur les importations par l'intermédiaire d'une taxe carbone. "Vous défendez bien plus que votre emploi et le site de Petit-Couronne, a-t-il lancé. Il s'agit d'une industrie nationale, et d'autres industries qui vont avec. La question de Petroplus, c'est une grande question par rapport au redressement productif que j'ai mis au cœur de mes priorités pour la prochaine élection."


Vendredi, à l'occasion de l'assemblée générale quotidienne, les salariés de Petroplus devaient recevoir simultanément le centriste Hervé Morin et le candidat du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon. Un mélange qui ne les effraie pas. "En revanche, il faudra gérer leurs équipes de campagne", s'amuse un syndicaliste.

 

Etienne Banzet


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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 15:30

 

LEMONDE.FR avec AFP | 06.01.12 | 16h01

 
 

 

Des apiculteurs occupent le site de la multinationale agro-alimentaire Monsanto à Monbéqui, dans le Tarn-et Garonne, le 6 janvier 2012.

Des apiculteurs occupent le site de la multinationale agro-alimentaire Monsanto à Monbéqui, dans le Tarn-et Garonne, le 6 janvier 2012. AFP/ERIC CABANIS


Une centaine d'apiculteurs ont entrepris, vendredi 6 janvier, d'occuper un centre de la compagnie américaine Monsanto à Monbéqui, en Tarn-et-Garonne, pour exiger du gouvernement l'interdiction rapide de la vente et de la culture de maïs génétiquement modifié en France.

 

"Nous demandons un arrêté interdisant la vente et la culture du Mon 810 et l'interdiction de tous les OGM produisant du nectar ou du pollen", qui pourraient polluer le miel, a déclaré un apiculteur de l'Hérault, Jean Sabench, porte-parole de la Confédération paysanne, à l'origine de l'action.

 

Une vingtaine d'apiculteurs entassés dans une camionnette se sont introduits en catimini sur le site en se faisant passer pour des livreurs, puis ont ouvert grand les grilles à plusieurs dizaines d'autres, venus de tout le Sud-Ouest. Revêtus pour certains de tenues blanches avec un voile protégeant leur visage, ils ont apporté dans les locaux deux ruches et des enfumoirs, avant d'appeler par téléphone des responsables du ministère de l'écologie.

 

LE MAÏS OGM MONSANTO N'EST PLUS INTERDIT EN FRANCE

Les apiculteurs réagissent à l'annulation par le Conseil d'Etat, à l'automne dernier, de la suspension de culture du maïs OGM Monsanto, suspension initialement décidée par le gouvernement en février 2008. La culture de maïs OGM risque de rendre leur miel impropre à la consommation humaine, s'alarment les apiculteurs.

 

Le président Nicolas Sarkozy a affirmé en novembre que le gouvernement maintenait son "opposition" à la culture du maïs OGM Monsanto 810 sur le territoire français, et la ministre de l'écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, a promis que la France déposerait une nouvelle clause de sauvegarde avant la prochaine saison de semis, au printemps.

 

>> Lire l'analyse : "La France peut-elle rétablir le moratoire sur le maïs OGM ?"


FILIÈRE MIEL EN PÉRIL

Mais les apiculteurs veulent une décision immédiate du gouvernement, car le maïs pourrait être semé dès février, étant donné les conditions climatiques actuelles. Les apiculteurs font valoir que ces cultures mettent leur filière en péril, car la Cour de justice de l'Union européenne a décrété tout produit contaminé par les OGM "impropres à la consommation humaine", a expliqué André Pruneddu, qui élève des abeilles dans l'Hérault.

 

Pour Jean Sabench, il y va de la survie de l'apiculture, "déjà en difficulté", mais aussi de celle des abeilles, des pollinisateurs essentiels dont la disparition aurait de lourdes conséquences sur l'environnement et l'agriculture. Le responsable du site Monsanto de Monbéqui, Luc Pélétengeas, s'est insurgé contre cette action, estimant que le dialogue aurait pu se nouer d'une autre manière.

 

>> Lire l'article "OGM : pétition de 17 associations pour protéger l'apiculture européenne"


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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 15:25

LEMONDE.FR avec AFP | 06.01.12 | 11h29   •  Mis à jour le 06.01.12 | 11h45

 
 

Le ministre des affaires sociales tunisien, Khalil Zaouia, a estimé vendredi que la tension sociale était "extrême" dans le bassin minier de Gafsa, au lendemain d'une visite dans cette région marquée par la tentative d'immolation d'un chômeur devant le gouvernorat.

"Il y a une situation de tension sociale extrême. Les attentes sont énormes et les nerfs sont à vif, a déclaré M. Zaouia au lendemain de sa visite à Gafsa, en compagnie des ministres de l'industrie Mohamed Lamine Chakhari et de l'emploi Abdelwahab Maatar. Hier, c'était la première fois depuis des dizaines d'années que des ministres se rendaient dans les mines. C'était un premier contact, on est désolé que cela se soit terminé par un drame, un geste de désespoir."


 "MÊME LES SYNDICATS SONT DÉPASSÉS"

Un quadragénaire qui faisait un sit-in avec d'autres chômeurs depuis plusieurs jours devant le gouvernorat de Gafsa a tenté de s'immoler jeudi et a été hospitalisé dans un état critique près de Tunis. La région de Gafsa, qui vit essentiellement sur l'extraction des phosphates, est l'une des plus défavorisées de la Tunisie et a connu en 2008 six mois d'émeutes souvent considérées comme les prémices de la révolution de 2010-2011.

 

"Il y a une accumulation de problèmes depuis des décennies, aujourd'hui les gens veulent que tout soit réglé immédiatement, même si on leur parle de quelques mois, pour eux c'est une éternité, a poursuivi M. Zaouia. Je suis rentré de là-bas avec des dizaines de demandes personnelles. Chacun veut une solution pour son cas, même les syndicats sont dépassés."


Il s'est prononcé en faveur de la constitution rapide d'une "task force" regroupant les représentants des ministères de l'emploi, des affaires sociales, de la santé, de l'environnement, du développement régional. "Il faut que les populations des gouvernorats de Gafsa, Sidi Bouzid et Kasserine [les trois grandes régions défavorisées de l'intérieur] aient le sentiment que leurs problèmes sont enfin pris en mains par Tunis", a-t-il dit. Le soulèvement qui a chassé Ben Ali du pouvoir il y a un an avait commencé le 17 décembre 2010 à Sidi Bouzid, après l'immolation par le feu d'un marchand ambulant.

 

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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 15:21

 

Le Monde - 06 janvier 2012

Rick Santorum (source site de campagne)

 

Le "palestinian bashing" avait été un trait commun des débats républicains qui ont précédé les premiers "caucus" de l'Iowa. Dans le concert des soutiens sans nuances à Israël (le libertarien Ron Paul excepté qui par conviction plaide pour la fin de toutes les aides américaines), Newt Gingrich avait même fait sensation en assurant que le peuple palestinien avait été une construction rhétorique tardive, puis en considérant que les Palestiniens étaient génériquement des "terroristes".

 

Le début officiel de la course à l'investiture n'a pas inversé la tendance, bien au contraire si on en juge par la "sortie" de Rick Santorum, candidat jusqu'alors très discret et qui a fait presque jeu égal avec le favori Mitt Romney le 3 janvier.

 

 

Ancien sénateur de Pennsylvanie, Rick Santorum a pratiqué une forme de négationisme en assurant, répondant le 2 janvier à un jeune militant, qu'il n'y avait pas de Palestiniens en Cisjordanie.

 

“There are no Palestinians. All the people who live in the West Bank are Israelis. There are no Palestinians. This is Israeli land." ("Il n'y a pas de Palestiniens, tous les gens qui vivent en Cisjordanie sont Israéliens. c'est une terre israélienne")

 

Même s'il ne reprend pas dans cette formule la dénomination nationale-religieuse israélienne de la Cisjordanie (Judée Samarie), appelation officielle en Israël, Rick Santorum se situe ainsi bien plus à droite que les autorités israéliennes qui considèrent officiellement les terres conquises en 1967 comme "disputées" et non "occupées" et surtout qui ne considèrent certainement pas les Palestiniens qui s'y trouvent comme "Israéliens" puisqu'une telle décision serait désastreuse pour la balance démographique israélienne. Dans le même échange, Rick Santorum justifie la conquête de terres dans une guerre défensive et dresse un parallèle avec le Texas américain, objet d'une guerre avec le Mexique. Cette sortie vaut quatre Pinocchios (une très sale note) au candidat dans le "facts checker" du Washington Post.) 

 

Si on se souvient qu'il y a quelques années encore, les candidats républicains étaient souvent considérés comme moins pro-israéliens que leurs homologues démocrates. Yasser Arafat avait ainsi ouvertement misé sur une victoire de George Bush en 2000 en espérant voir revenir au pouvoir une partie de l'équipe qui avait lancé le processus de paix à partir de la conférence de Madrid, en 1991 (erreur qui s'était avérée fatale). On mesure le glissement idéologique opéré au sein de ce parti en deux décennies.

 

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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 15:17

Sans détour | LEMONDE | 06.01.12 | 14h34

par Caroline Fourest, essayiste et journaliste (Sans détour)

 
 

Le gouvernement hongrois semble cumuler tous les traits, pour ne pas dire toutes les tares, de l'impasse nationaliste contemporaine. Viktor Orban et son parti ont été élus en 2010, grâce à un discours dénonçant les "diktats de Bruxelles", promettant un Etat fort, un patriotisme économique et de restaurer l'identité hongroise et catholique du pays. La première par rapport aux Roms. La seconde pour tourner la page du passé communiste.

 

Près de deux ans après son élection, le résultat n'est pas beau à voir. En guise d'Etat fort, les Hongrois ont droit à un Etat autoritaire. La reprise en main du pays ressemble à un quasi-coup d'Etat : une Constitution liberticide (dont de nombreux aspects n'ont jamais été évoqués pendant la campagne électorale), votée en un temps record grâce au système de vote d'articles en rafales. La République de Hongrie est morte. Voici venue l'ère de la Hongrie tout court, placée sous la bénédiction de Dieu, et d'une Constitution rétrograde, interdisant notamment le droit à l'avortement, le mariage gay et les sans-domicile-fixe.

 

Pour l'identitaire, comme souvent, Orban s'appuie sur la religion et sur les blessures de l'histoire. Dans un pays marqué par les défaites, rien de tel qu'un discours nostalgique sur la "Grande Hongrie", catholique et impériale, pour donner le sentiment de retrouver de sa superbe dans le grand bain de la mondialisation.

 

Va donc pour la Grande Hongrie et le ressassement du traité de Trianon signé en 1920, vécu comme l'équivalent du traité de Versailles pour l'Allemagne. Au nom du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, l'Autriche-Hongrie y a été démantelée et la Hongrie a perdu 60 % de son territoire au profit de nouvelles nations. Un vrai traumatisme, exploité par les nationalistes.

 

Le credo fut longtemps réservé au Jobbik, ce parti d'extrême droite violemment antisémite et anti-roms. Sous l'effet de la droitisation actuelle, il est aussi devenu celui du Parti conservateur de Viktor Orban, qui chasse sur ses terres. Avec succès, faute d'opposants crédibles. Du fait de l'occupation soviétique, la gauche hongroise est libérale sur le plan de l'économie. Elle est aussi proeuropéenne et proaméricaine. La droite hongroise, elle, dénonce les "diktats de Bruxelles", synonymes de rigueur, et donc de douleur.

 

Autant dire qu'avec la crise, l'opposition a du mal à trouver de l'oxygène, mais la contestation gronde. Le discours de fierté nationale retrouvée, faussement antilibéral, s'est révélé surtout liberticide et adossé à une politique fiscale injuste : favorisant les plus riches, sans permettre de renflouer les caisses du pays. Pour faire illusion plus longtemps, Orban pourrait promettre de tout régler d'un coup de baguette magique en sortant de l'euro. Mais voilà, la Hongrie n'y est pas. Sa monnaie (le forint) se déprécie, et les capitaux fuient. Sans que la compétitivité ne puisse compenser.

 

Moralité, les Hongrois perdent chaque jour des libertés publiques, mais continuent de dépendre du Fonds monétaire international et de l'Union européenne pour leurs finances. Voilà bien où conduit l'illusion nationaliste : à subir les inconvénients de l'Europe sans bénéficier de ses avantages. A méditer.

 


Caroline Fourest est rédactrice en chef de la revue ProChoix, elle est l'auteure notamment de La Tentation obscurantiste (Grasset, 2005) et de Libres de le dire, avec Taslima Nasreen (Flammarion, 2010).

 

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