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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 18:29
| Par François Bonnet

La dégradation de la note de la France n’est pas une surprise. Dès novembre, nous l’annoncions comme imminente (lire ici l'article de Martine Orange), tant l’évolution de la crise des dettes publiques en Europe et l’incapacité du couple franco-allemand à l’endiguer la rendaient inéluctable. Elle peut même apparaître comme logique, voire bienvenue si l’on veut bien considérer qu’enfin, le vrai débat va pouvoir commencer. Combien de gesticulations politiques, de compromis médiocres et de confiscations démocratiques (lire ici) ont-ils été effectués ces derniers mois au seul prétexte de ne pas « agacer » les marchés et ces chères agences de notation ?

Au moins le paysage est-il éclairci. L’ampleur de la crise, comme nous n’avons cessé de le répéter dans nos éditoriaux et analyses, ne peut se satisfaire d’une gestion désordonnée faite sur fond de calendrier électoral en France, mais aussi en Allemagne. Cette perte du triple A de la France vient à point nous rappeler comment l’Europe, faute de volonté et d’ambition politique depuis deux ans, a été incapable de forger des accords qui auraient permis d’imposer aux banques, aux marchés et par conséquence aux agences de notation une politique basée sur la régulation, la solidarité et l’ambition sociale.

 

Nicolas Sarkozy, le 9 décembre, conférence de presse. 
Nicolas Sarkozy, le 9 décembre, conférence de presse.© (Elysée.fr)

 

Puisque ce même vendredi les représentants des banques ont en plus suspendu les négociations sur la restructuration de la dette grecque, c’est donc tout le village Potemkine construit à coup de « sommet européen de la dernière chance » qui s’écroule. Nous en étions restés au faramineux conseil européen du 9 décembre, et à son accord censé sauver l'euro et éteindre la crise des dettes souveraines. Comme prévu (lire ici notre article : Sarkozy et l’« accord européen », les dessous d’une supercherie), il n’en reste rien.  

Avant cette nouvelle initiative de Standard and Poor’s, l’Europe elle-même s’employait à détricoter habilement ce que Nicolas Sarkozy et Angela Merkel avaient imposé en décembre : un nouveau traité européen définissant une nouvelle gouvernance européenne. A Bruxelles, notre collègue Ludovic Lamant (lire ici son confidentiel) a justement constaté que le processus de ratification de ce texte par les Etats membres pourrait être bien plus long que prévu : même s’il était formellement adopté par les chefs d’Etat et de gouvernement avant mars – voire dès la fin janvier –, la ratification s’échelonnerait jusqu’en… 2013.

Bip-Bip vs Coyote

Cette perte du Triple A – « ce trésor national », selon l’oracle Alain Minc  n'est donc pas une surprise. Mais elle est un événement et il concerne en tout premier lieu Nicolas Sarkozy. Depuis le 31 décembre et ses vœux télévisés aux Français, le président est engagé dans une ébouriffante tentative de storytelling, visant à force d’agitations, d’annonces tous azimuts, de « cellule riposte », de cérémonies de vœux (la dernière aura lieu après le 25 janvier), à nous construire une France virtuelle dotée d’un président-candidat autre, lui-même armé d’un tout nouveau programme !  

Vous pensiez assister à une campagne électorale ? Pas du tout. Nous sommes en début de mandat et le président engage de vastes réformes structurelles : la TVA sociale ; la taxe Tobin ; la réforme de la justice (généralisation des jurés populaires dans les tribunaux correctionnels) ; l’intégration progressive des salariés précaires dans la fonction publique. Sans oublier un vaste sommet pour l’emploi, une reprise des négociations avec les syndicats, un projet de formation des chômeurs, une réforme de l’éducation. Vous avez dit crise de la zone euro ?  

C’est cet activisme hypnoptique que François Fillon a relayé ces derniers jours, en rencontrant les parlementaires de la majorité. Pour leur annoncer une session exceptionnelle du Parlement, sans doute jusqu’à début mars ! Et pour présenter une batterie de projets de lois à examiner en urgence ! Pour tous ceux qui se souvenaient de l’humble interview présidentielle au Figaro Magazine, en mars 2010, ce tournis d’annonce a semblé aberrant : « Au second semestre 2011, le gouvernement marquera une pause pour que le Parlement puisse, s'il le souhaite, délégiférer et compléter toutes les réformes pour les améliorer », disait alors Nicolas Sarkozy.

L’Elysée, toujours fier de délivrer quelques formules guerrières, a défini la stratégie. Après la « cellule riposte », voici la campagne dite « cible mouvante » : vous le croyez ici, il est déjà là-bas. C’est le feu follet version derviche tourneur. Ou plus simplement le remake du vieux comics de la Warner, Bip-Bip/Sarkozy contre Coyote/Hollande :

 

 

 

Bip-Bip Sarko pensait ainsi dicter l’agenda, créer l’actualité, redevenir ce qu’il fut en 2007-2008 : le grand rédacteur en chef de la France et des médias, contraints de soupeser le moindre soupir présidentiel et de demander aux concurrents leurs réactions.  

Standard and Poor’s a au moins le mérite de mettre fin au dessin animé. La réalité est de retour ! Etats en faillite, égoïsmes nationaux, peuples écrasés par l’austérité, chômage de masse, échecs européens. Et pour comprendre ce qui est en train de survenir, anticiper les prochaines crises, cela signifie regarder en arrière, faire le diagnostic des actions conduites depuis deux ans, de cette avalanche d’annonces non suivies d’effet, de plans mirifiques devenus mesurettes.


Un florilège Baroin

Nul doute que gouvernement et UMP vont maintenant se livrer à une pédagogie active du « Ce n’est rien ». François Baroin a commencé dès vendredi soir au journal de France-2, estimant que ce n'était "pas une catastrophe" (lire ici notre article). Tant pis pour le bavard Alain Minc qui déclarait le 28 octobre dernier, sur Europe1 : « Nicolas Sarkozy est accroché au AAA de la France de manière totale, il joue sa peau d'une certaine façon. C'est un choix profond. Il ne peut pas se permettre une dégradation. »

Il est vrai que l’essayiste ne faisait alors que relayer la parole gouvernementale. Le 17 octobre, François Fillon assure que ce triple A « est un acquis extrêmement précieux qu'il ne faut en aucun cas fragiliser et c'est un acquis […] qui n'est pas intangible ». En écho, le ministre des finances, François Baroin, s’emploie à rassurer les Français : « Nous serons là pour conserver ce triple A. C'est une condition nécessaire pour protéger notre modèle social, ose-t-il alors. Nous prendrons toutes les mesures, donc il n'y a pas d'inquiétude. Tout est mis en œuvre depuis trois ans pour ne pas être dégradés. »

Rassurant et assuré, François Baroin ose même presque tout : puisqu’il s’agit de décrédibiliser le candidat Hollande, voilà le ministre qui, deux jours plus tard, s’emballe. Si le programme du PS était mis en œuvre, dit-il, cela « vaudrait à la France de voir sa note dégradée en deux minutes ».

Début décembre, il a fallu faire oublier ce bêtisier, tant il devenait évident que l’évolution de la crise de la zone euro et les échéances d’emprunt de la France provoqueraient la dégradation de sa note. François Fillon et François Baroin se sont donc livrés à l’exercice inverse : non à l’émotion des marchés, aux humeurs des agences, à « l’immédiateté ». Seule compte « la direction », « la trajectoire politiquement structurée et budgétairement rigoureuse que l'Europe, que la France ont décidé d'adopter », croit savoir le premier ministre.

Voilà donc l’agenda de campagne de Nicolas Sarkozy bouleversé. Le président l’acceptera-t-il ? Ce n’est pas certain tant le dernier trimestre 2011 a montré combien son action européenne était d’abord déterminée par les enjeux de politique intérieure. Mais l’accélération probable de la crise, le réveil des institutions européennes (Parlement et commission) jusqu’alors marginalisées et les actions demandées par d’autres pays obligeront sans doute l’Elysée à dévier de son programme. La vraie campagne présidentielle débute enfin. Tant mieux.

 

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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 17:16

 

finance.blog.lemonde.fr

13 janvier 2012

 

 

L’échec des négociations avec le secteur privé, dans un contexte où les notations des pays de l’Eurozone vont être abaissées, ne peuvent qu’enflammer les pires craintes liées de la dette souveraine. Comme la Grèce doit refinancer 14,4 milliards d’euros en mars, cette situation pourrait confronter le pays à une échéance infernale.

L’enjeu est considérable en effet : cette négociation est la première de ce type qui ait été tentée sans que le pays émetteur soit en défaut de paiement. Dans la plupart des crises, les restructurations interviennent après l’interruption des paiements.

L’accord arraché par  Herman van Rompuy, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy au milieu de la nuit du 15 au 16 octobre n’a toujours pas été exécuté, notamment parce que l’idée d’augmenter le Fonds Européen de Stabilité Financière est très vite apparue comme irréalisable.

A l’issue de ce sommet, le chiffre utopique d’une réduction de la dette grecque de 100 milliards d’euros grâce à une concession majeure des détenteurs privés des obligations grecques avait même été cité alors qu’aucune analyse ne permettait de « trouver » plus de 50 milliards d’euros.

Le mécanisme prévu dans cet accord est un échange  volontaire des dettes à échéance courte contre des obligations à trente ans dont le montant nominal serait le même. Il ne s’agit donc pas de renoncer à la créance ce qui évite aux banques de prendre leur perte immédiate.

Le taux d’intérêt étant à un niveau beaucoup plus bas que le taux de marché, la Grèce gagne sur deux fronts : d’une part, elle ne doit pas rembourser le principal de la dette pendant dix ans. D’autre part, la charge d’intérêt est substantiellement plus basse que n’importe quel financement. C’est donc une réduction des charges d’intérêt et des montants de remboursement du principal. Le premier réduit le déficit budgétaire tandis que le second réduit le recours a l’endettement.

Pourquoi les discussions sont-elles rompues ?

Officiellement, selon le communiqué de l’International Institute of Finance, parce que l’offre n’a pas recueilli la repose constructive attendue de toutes les parties. Ce que cela cache est simple : La Banque Centrale Européenne a refusé de prendre sa part dans l’effort collectif du secteur privé pour permettre d’atteindre le montant de 100 milliards qui ne pouvait, comme prévu, provenir du seul secteur privé. Dans ce contexte, le nombre d’institutions financières privées qui ont accepté cette proposition n’a pas recueilli le minimum requis pour que le résultat soit significatif et reparti de manière équitable.

Ma prévision est que cette rupture va amener les participants à comprendre quelle sera la situation de la Grèce sans cette participation du secteur privé et peut être permettre de trouver des solutions adéquates avant mars. Elle n’est bonne pour personne : même la BCE en souffrirait. Dans un contexte tres tendu sur les marches des obligations souveraines, il est peut être utile de constater que l’inaction de l’Europe a permis aux obligations grecques a dix ans de perdre tellement de valeur que le rendement que l’on peut obtenir est passé de 10 a 35%. Je rappelle que la crise grecque dure depuis plus de deux ans.

 

 

Ce graphique est une condamnation de tout le processus de gestion de la dette grecque par les dirigeants politiques de l’Eurozone.

 

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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 17:12
| Par La rédaction de Mediapart

Des milliers de Tunisiens se sont rassemblés samedi 14 janvier sur l’avenue Bourguiba à Tunis pour fêter le premier anniversaire de la chute de Ben Ali et clamer leur droit au travail et à la dignité. Certains participants ont réclamé la reconnaissance pour les «martyrs» abattus lors du soulèvement de décembre-janvier.

Plusieurs blessés de la révolution ont d'ailleurs entamé un sit in devant le palais gouvernemental à la Kasbah. Selon un décompte de l'ONU, 300 Tunisiens ont été tués et 700 blessés durant le soulèvement. «Nos blessés et nos martyrs n'ont pas eu la reconnaissance qu'ils méritent», a estimé, la veille, le président tunisien Moncef Marzouki dans une déclaration diffusée sur la chaîne nationale.

D'autres manifestants ont défilé sur l'avenue en criant: «Le peuple tunisien est libre et ne veut pas de l'ingérence américaine ni de celle du Qatar!», alors que l'émir de ce pays, cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani, est actuellement l'invité des autorités tunisiennes, en compagnie d'autres leaders arabes dont le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, et le chef du Conseil national de transition libyen, Moustapha Abdeljalil. Le Qatar et le parti islamiste tunisien Ennahda, vainqueur des élections du 23 octobre, entretiennent des relations étroites. Une cérémonie officielle commémorant le 14 janvier 2011 est prévue dans la journée au Palais des Congrès à Tunis en présence de ces responsables arabes et de diplomates occidentaux.

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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 17:07

Leur dégradation, notre réponse: la perte, vendredi 13 janvier, par la France de son triple A financier rend d'autant plus pertinente et actuelle l'initiative prise par Attac en partenartiat avec Mediapart: l'organisation, dimanche 15 janvier, à Paris, d'une conférence internationale, initulée Leur dette, notre démocratie.

Dimanche 15 janvier, de 9 h 30 à 18 h, se tient donc à Paris une conférence internationale organisée par l'association Attac en partenariat avec Mediapart. Intitulée Leur dette, notre démocratie, cette université populaire abordera, en trois tables rondes et un intermède théâtral, la question des réponses citoyennes à la crise. Des indignés venus de Grèce, de Tunisie, d'Espagne, des Etats-Unis, d'Allemagne ou d'Islande participeront aux débats qui seront notamment conclus par Stéphane Hessel. Dans l'édition participative du Club de Mediapart consacrée à cette initiative (à lire ici), vous trouverez plusieurs textes de référence produits par Attac sur la crise financière et sa gestion catastrophique pour les peuples par nos actuels gouvernants.

 

 

Depuis sa création en 2008 et, surtout, depuis l'accélération de la crise historique que traversent nos sociétés, tout à la fois financière, sociale, démocratique, Mediapart appelle de ses vœux un sursaut populaire qui redonne force et vie aux idéaux de liberté, d'égalité et de fraternité. Certes, il va sans dire que nous souhaitons sans barguigner, comme le rappelle notre prochain ouvrage collectif Finissons-en!, suite et fin de N'oubliez pas!, tourner en 2012 la page d'une présidence sarkozyste catastrophique, accélératrice d'une dégradation nationale déjà advenue et dont le triple D se décline en division (du peuple par la désignation de boucs émissaires), destruction (du pacte social et démocratique issu du programme du CNR de l'après-guerre) et dépression (de l'esprit public d'un pays miné par la corruption, les privilèges et les oligarchies).

Mais, dans la diversité des approches de ses journalistes comme des sensibilités de ses lecteurs, notre journal participatif n'a cessé de rappeler que cette condition nécessaire ne sera pas suffisante pour inventer une réponse qui soit à la hauteur des défis que nous lance la réalité du monde dans l'affrontement incertain d'espérances nouvelles et d'inquiétudes profondes, entre progrès et régressions, guerres et révolutions, destructions et inventions, désastres et métamorphoses. Aboutissement extrême de la dérive présidentialiste qui dévitalise notre démocratie, cette présidence devrait nous avoir définitivement avertis qu'il ne suffira pas de changer de président pour changer le système qui est au ressort du déclin de notre République, ici entendue comme l'horizon toujours en chantier d'une exigence radicalement démocratique (c'est l'alerte d'un autre livre de Mediapart, Le Président de trop, paru en 2011 et présenté ici sur mon blog).

 

 

Si Indignez-vous!, le libelle de Stéphane Hessel conçu à la manière des brochures révolutionnaires qui accompagnèrent l'aube démocratique de 1789, a eu un tel succès, c'est qu'il portait cette invitation à prendre en charge notre destin nous-mêmes, dans l'engagement individuel et la solidarité collective. Ce fut l'invite d'un résistant de toujours à nous souvenir que nous sommes les premiers responsables de notre liberté et que, si les circonstances déterminent les hommes, les hommes font aussi les circonstances s'ils savent se dresser contre la fatalité et l'inéluctable, en faisant mentir une histoire qui serait écrite par avance. Dans le registre qui, professionnellement, est le nôtre – l'information –, c'est ce que Mediapart a voulu démontrer, en comptant sur ses seuls lecteurs pour dire non au journalisme de gouvernement et à la presse industrie (retrouvez ici et  nos engagements initiaux).

 

 

Chacun aura compris, avec ce rappel, pourquoi la rencontre entre Attac et Mediapart est naturelle. Née en 1998, aujourd'hui présente dans une cinquantaine de pays et comptant près de 10 000 membres regroupés dans plus de 170 comités locaux, l'Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne (Attac) se définit comme « un mouvement d’éducation populaire tourné vers l’action, considérant que le premier outil pour changer le monde est le savoir des citoyens » (pour tout savoir sur Attac, consultez son site ici). Soucieuse de pluralisme, ses adhérents relevant de diverses sensibilités partisanes ou intellectuelles, Attac a pour premier objectif d'impulser la réflexion dans une élaboration collective qui évite les pensées de système figées ou les systèmes de pensée rigides, se méfiant des sectarismes et des exclusives.

Attac illustre la vertu de l'entêtement et de la persévérance dans la fidélité au refus premier de l'inacceptable et de l'intolérable. Cette année 2012 commence ainsi par cette ironie de voir la mesure phare portée par l'association à son origine – une taxation des transactions financières, inspirée des travaux de l'économiste américain James Tobin – aujourd'hui reprise avec démagogie, voire muflerie par ceux-là mêmes qui n'ont cessé de la combattre, de la ridiculiser et de la piétiner (lire ici l'article de Laurent Mauduit sur le mensonge à ce propos de Nicolas Sarkozy). Faudra-t-il autant de temps pour que la dernière proposition lancée par Attac, totalement pertinente par sa rationalité et son efficacité, fasse son chemin jusque parmi des démagogues affolés par leur propre impuissance à juguler la crise ? D'emblée relayée par Mediapart, cette nouvelle campagne inaugurée à l'automne 2011 réclame un audit citoyen de la dette publique (lire ici l'article de Ludovic Lamant et là le texte de l'appel). Et combien de temps faudra-t-il pour que cesse de se déverser cette morgue qu'incarne jusqu'à la caricature l'entremetteur Alain Minc, cette boussole qui indique toujours le sud, lequel, non content d'avoir jugé « grotesquement psychologique » la crise à ses débuts, jette toute sa bile acrimonieuse sur cette indignation contre l'injustice qui n'a pas d'âge parce qu'elle sera toujours la jeunesse du monde (lire ici le billet où Laurent Mauduit lui réplique).

De même que nous avions accompagné – et que nous accompagnerons encore – le travail salutaire des « économistes atterrés » (lire ici nos premiers articles et là le compte-rendu de notre réunion publique), dont certains sont parallèlement animateurs d'Attac, qui ont tiré à temps un signal d'alarme sur la crise que n'ont pas voulu entendre des élites dirigeantes asservies au système capitaliste, Mediapart a donc accepté comme une évidence d'être partenaire de la conférence internationale organisée par Attac dimanche 15 janvier à Paris. C'est ainsi que Martine Orange, Ludovic Lamant et Laurent Mauduit animeront les trois tables rondes de la journée que j'introduirai aux côtés d'Aurélie Trouvé, co-présidente d'Attac.

Sous l'intitulé Leur dette, notre démocratie, ce sera une journée de réflexion et de discussion (de 9 h 30 à 18 h) autour de l'analyse de la crise, de ses causes véritables et des réponses possibles qui ne seraient pas une nouvelle capitulation devant le monde tel qu'il est et court à la catastrophe, et par conséquent un renoncement à le transformer. Susan George, du collège des fondateurs d'Attac, et Jean-Marie Harribey, de son conseil scientifique, tireront la conclusion des travaux en compagnie de Stéphane Hessel. L'entrée est libre, et en venant nombreux vous signifierez qu'au-delà de l'alternance par le bulletin de vote, vous souhaitez une alternative pour laquelle vous êtes disponibles. 

Voici le programme complet de cette journée:

Conférence internationale 
« Leur dette, notre démocratie »
Paris, 15 janvier 2012
Espace Reuilly, 21, rue Hénard, Paris XIIe


9h30-10h Introduction Edwy Plenel (Mediapart), Aurélie Trouvé (Attac)

10h-12h La dette publique contre les peuples
animation: Martine Orange (Mediapart)

– comment la dette publique est-elle instrumentalisée pour placer les pays (à commencer par la Grèce) sous tutelle de l'Union européenne et du FMI ? 
– d'où vient-elle ? à quoi sert-elle dans le capitalisme d’aujourd’hui ? 
– est-elle légitime, peut-on la restructurer et comment ?
– comment remettre la dette dans le champ du débat démocratique ?

Geneviève Azam (CS Attac), Marie Laurence Bertrand (CGT), Annick Coupé (Solidaires), Raquel Freire (Movimento 12 Março), Dominique Plihon (CS Attac), Chafik Ben Rouine (Comité pour l'audit de la dette tunisienne),  Eric Toussaint (CADTM)

12h-13h Déjeuner

13h-15h Indignation et luttes citoyennes : comment dépasser les limites de la représentation ?
animation : Ludovic Lamant (Mediapart)

– quelle est la portée de la critique des banquiers et des politiciens par les Indignés, d’Europe et d’ailleurs ? 
– de quelles pratiques démocratiques, de quelle nouvelle citoyenneté les mouvements de résistance à l'hyperaustérité sont-ils porteurs ? 
– démocratie directe, délibérative, participative, tirage au sort : quelles innovations institutionnelles pour une souveraineté populaire active ?

Cristina Asensi (Movimiento 15M, Attac Espagne), Aris Chatzistefanou et Katerina Kitidi (réalisateurs de Debtocracy, Grèce), Isham Christie (Occupy Wall Street), Thomas Coutrot (Attac), Nicolas Haeringer (CS Attac), Yves Sintomer (politiste), Katrin Oddsdottir (membre de l’Assemblée constituante islandaise), Jean-Baptiste Eyraud  (DAL)

15h-15h45 Le tribunal populaire des banques
(une coproduction théâtrale Naje-Attac)

Courte pièce satirique sur les délires et les dérives de la finance, coproduite par la Compagnie Naje (voir son site ici) et Attac.

16h-17h30 Quels remèdes à la crise démocratique européenne ?
animation: Laurent Mauduit (Mediapart)

– ils veulent accélérer l’intégration européenne pour rassurer les marchés : l’austérité permanente sous tutelle des agences de notation est-elle durablement compatible avec la démocratie ?
– pour une alternative à l'Union européenne : sur quelles bases refonder l'Europe, avec quelles forces ?

Max Bank (Attac Allemagne), Philippe Corcuff (sociologue), Bernadette Groison (FSU), Pierre Khalfa (Fondation Copernic),  Frédéric Lordon (économiste)

17h30 -18h Conclusion :  Susan George, Stéphane Hessel, Jean-Marie Harribey.

 

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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 17:01

 

Rue89 - 14/01/2012 à 17h34

Signalé par Blandine Grosjean Validé par Laurent Mauriac

 

à lire sur NYTimes.com  

Les conflits entre riches et pauvres surpassent les frictions raciales entre les immigrants et les Américains natifs et tendent à devenir la principale source de tensions dans la société américaine, selon une étude rendue publique mercredi dernier dont rend compte le New York Times.

Selon cette étude du Pew Research Center, les deux tiers des Américains pensent maintenant qu'il y a des « conflits forts » entre riches et pauvres aux Etats-Unis, signe que le sujet des inégalités de revenus brandi par le mouvement Occupy Wall Street ou par le parti démocrate inquiète de plus en plus l'opinion publique.

Ce thème est aussi en train de devenir un sujet majeur du débat politique. Le président Barack Obama le prend à son compte à l'approche de la campagne pour sa réélection et il agite également les primaires républicainesSi ça continue, il sera bientôt question de « lutte des classes »...

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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 16:54

LEMONDE | 14.01.12 | 14h31   •  Mis à jour le 14.01.12 | 14h42

 
 

 

Pendant près de vingt ans, Jean-Claude Mas a déjoué tous les contrôles en s'assurant de la complicité de ses salariés.

Pendant près de vingt ans, Jean-Claude Mas a déjoué tous les contrôles en s'assurant de la complicité de ses salariés.AFP/ERIC ESTRADE



Il faut au moins lui reconnaître cela, à Jean-Claude Mas, l'ex-patron de Poly implant prothèse (PIP), prince déchu des prothèses mammaires. Un talent de persuasion, un art de la supercherie à rendre jaloux les rois du boniment. Pendant plus de vingt ans, cet ancien visiteur médical passé par le négoce en vin et l'assurance avant de se reconvertir dans les seins en silicone a réussi à embobiner ses salariés en leur faisant croire que son gel maison, non agréé, était "le meilleur" pour doper les poitrines de ces dames, et surtout de "bien meilleure qualité" que le Nusil, le gel médical des Américains. Avec le même aplomb, il a juré durant des années aux inspecteurs venus le contrôler qu'il n'utilisait que du silicone homologué.

L'histoire pourrait faire rire si cette tromperie à grande échelle n'avait débouché sur un vaste scandale sanitaire. On compte pas moins de 400 000 victimes dans le monde. Pas un jour ne passe sans qu'au Venezuela, en Argentine, en Grande-Bretagne, en Chine ou en France, des femmes se palpent la poitrine pour s'assurer que leur prothèse n'a pas rompu. Toutes traquent le moindre ganglion, signe d'irritation ou de dispersion du produit dans le corps.

Il a fallu qu'un trio de chirurgiens marseillais s'interroge, que les inspecteurs de l'Agence française de sécurité sanitaire (Afssaps) s'arrêtent sur une photo envoyée par un ancien de PIP pour que la supercherie soit mise au jour, en mars 2010. Les gendarmes de Marseille ont pris le relais dans le cadre d'une enquête préliminaire, ouverte par le parquet.

Depuis le 14 octobre 2011, celle-ci est close et ses conclusions, sans équivoque. Jean-Claude Mas, qui a reconnu "avoir sciemment fabriqué des prothèses mammaires en gel PIP (...) pour son rapport qualité-prix" et "avoir volontairement dissimulé à l'organisme certificateur - TÜV - l'existence de ce gel PIP", ainsi que quatre anciens cadres dirigeants de PIP devraient être cités à comparaître pour tromperie devant le tribunal correctionnel avant la fin de l'année.

 UNE SEULE SOLUTION : TRICHER

Jean-Claude Mas découvre le marché de la prothèse mammaire en rencontrant sa compagne, Mme Lucciardi, dans les années 1980. L'époque est aux gros seins, les poitrines généreuses triomphent et la chirurgie esthétique se démocratise. La société MAP, gérée par Mme Lucciardi, propose des prothèses remplies de sérum physiologique et un modèle en silicone, mis au point par le Dr Arion, "chirurgien plastique, chimiste". Embauché comme commercial, M. Mas apprend tout des secrets de fabrication avant de créer sa société, au début des années 1990. Le siège de PIP - il choisit intentionnellement un acronyme grivois - est installé à La Seyne-sur-Mer, dans le Var. L'objectif : produire à grande échelle, inonder le marché mondial.

A l'époque, l'Europe n'a pas encore unifié sa réglementation sur les dispositifs médicaux. Lorsqu'elle le fait, en 1993, M. Mas décide de ne pas en tenir compte. Son gel maison, en fait celui du Dr Arion, n'est pas homologué, mais il est commercialisé depuis des années et personne n'y trouve rien à redire. "Bien meilleur" que celui des concurrents, jure-t-il, il est surtout dix fois moins cher et lui permet d'économiser un million d'euros. Pourquoi y renoncerait-il ?

Comme il n'a pas les moyens de s'offrir une validation en bonne et due forme, le patron de PIP ne voit qu'une solution : tricher. C'est ainsi que, pendant des années, il va faire croire à TÜV Rheinland, l'organisme allemand qui lui délivre le label "CE" - sésame indispensable pour écouler ses stocks -, qu'il utilise bien du Nusil. Et pendant des années, les inspecteurs n'y verront que du feu.

L'UTILISATION DU GEL MAISON EST UN SECRET DE POLICHINELLE

Chez PIP, l'utilisation du gel maison est un secret de Polichinelle. "Je savais que le marquage CE mentionnait que les prothèses devaient être remplies de Nusil, mais comme le gel PIP était fabriqué depuis des années, je pensais que ça n'avait pas d'incidence", explique l'un des salariés aux gendarmes. La préparation, un peu particulière, de la visite annuelle du TÜV aurait pu leur mettre la puce à l'oreille. Mais le patron est obtus et caractériel, les salaires sont bons et aucun retour n'est à signaler. Pourquoi s'inquiéter ?

TÜV, qui "ne part pas avec l'hypothèse que le client (lui) cache quelque chose", annonce toujours ses visites. Dix jours avant, c'est le branle-bas de combat à La Seyne-sur-Mer. Les salariés de PIP doivent faire disparaître toute trace de matières premières non homologuées. Ainsi le responsable du service informatique efface-t-il du système les bordereaux de commande des fournisseurs maison, et les remplace par ceux de Nusil.

Dans la cour de l'entreprise, les magasiniers chargent les fûts sur des palettes et les stockent à l'extérieur de l'établissement. D'autres bidons sont cachés dans un transformateur EDF. Le surplus est chargé dans le camion de l'usine, lequel prendra le large le jour J.

Pendant ce temps, à la production, on relance la fabrication de "vraies prothèses". Rien n'est laissé au hasard. "On se sentait mal, il suffisait qu'on laisse un fût traîner et on risquait de tout perdre. On avait la pression de la direction : si on perdait le marquage CE, on perdait tout", raconte l'ancien responsable de la production.

Mais TÜV est venu plus de dix fois, et à plus de dix reprises, la certification CE a été reconduite. "Lors du dernier audit (...), j'étais à deux doigts de pleurer quand ils ont dit que la boîte était sérieuse", confie Nadine C., aux achats. TÜV parti, un pot est organisé dans chaque service puis tout "repart comme avant". Cette "véritable organisation au sein de l'entreprise avant les audits a permis de garder le secret pendant dix ans", résument les gendarmes.

 DES PROTHÈSES ROMPENT PAR DIZAINES

L'imposture aurait encore pu durer si les prothèses n'avaient commencé à rompre par dizaines. En 2007, PIP reçoit des appels d'Angleterre, des fax de Colombie. L'année suivante, trois chirurgiens marseillais s'inquiètent à leur tour d'une recrudescence d'incidents et se retournent vers le fabricant.

Celui-ci se contente d'envoyer une nouvelle paire de seins à la patiente, deux autres au chirurgien, ainsi que 1 000 euros "en dédommagement des frais d'explantation et d'implantation". Mais la débandade continue. Les chirurgiens somment les commerciales PIP d'assister aux "explantations", pour qu'elles constatent que le gel se transforme... en huile.

"Le problème, c'est qu'avec le temps les composants se désolidarisaient et l'huile remontait à la surface, expliquera plus tard l'un des ingénieurs aux gendarmes. Les cuves restaient dans le couloir la nuit et parfois plusieurs jours (...). Quand la production reprenait, on testait juste la pénétrabilité du gel et (...) on reprenait une production sans même remélanger."

La multiplication des ruptures est indéniable, mais Mas nie l'évidence. "La France, on s'en fout, vous ne représentez que 10 % du chiffre d'affaires et les chirurgiens ne comprennent rien", rétorque-t-il aux commerciales. Il a les yeux rivés vers les 25 % de marché de la Colombie et du Venezuela. A bout, Fabienne B. finit par démissionner. "C'était devenu impossible à vendre déontologiquement."

En novembre 2009, le système Mas se fissure de toutes parts. Lors d'une réunion houleuse, les salariés exigent le retour au tout-Nusil. "Impossible", répondent Jean-Claude Mas et Claude Couty, son directeur. Les comptes sont au plus mal. Un seul mot d'ordre, produire, produire, et à moindre coût. Secrètement, Mas espère que sa nouvelle recette, le PIP 2, concoctée de manière aussi artisanale que la première, portera ses fruits.

C'était sans compter les chirurgiens marseillais qui ont décidé d'alerter l'Afssaps par courrier en octobre 2009 et février 2010. L'inspection de l'agence aura lieu un mois plus tard. Devant les gendarmes, Jean-Claude Mas, finalement trahi par ses poubelles, avoue tout. La fraude, la tromperie, le mensonge. Mais ses "prothèses ne présentent aucun risque pour la santé", jure-t-il. A-t-il un mot pour les victimes ? questionnent les gendarmes. Pas un. "Elles ne déposent plainte que pour recevoir de l'argent."

Emeline Cazi et Laetita Clavreul


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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 16:48

LEMONDE | 14.01.12 | 14h42   •  Mis à jour le 14.01.12 | 17h24

 
 

 

Le juge antiterroriste Marc Trévidic au Palais de justice de Paris, en janvier 2011.

Le juge antiterroriste Marc Trévidic au Palais de justice de Paris, en janvier 2011.AFP/FRED DUFOUR


Le juge d'instruction Marc Trévidic a bien failli demander sa mutation en septembre 2011. Sa hiérarchie lui livre "une guerre larvée" et multiplie les "brimades vexatoires", comme le relate, samedi 14 janvier, l'hebdomadaire Marianne. Au point que le magistrat antiterroriste, de guerre lasse, a saisi en décembre 2011 l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) pour pouvoir travailler en paix.

Marc Trévidic est vice-président chargé de l'instruction au pôle antiterroriste à Paris, instruit des dossiers sensibles (l'attentat de Karachi, le Rwanda, les moines de Tibéhirine), et n'a pas sa langue dans sa poche. Président de l'Association française des magistrats instructeurs (AFMI), il avait déclaré, le 7 février 2011 à France Info, après les accusations du chef de l'Etat lors de l'affaire de Pornic - le débat sur la récidive relancé après le meurtre d'une jeune femme, Laetitia Perrais -, qui ont provoqué une tempête chez les magistrats, que Nicolas Sarkozy était "un multirécidiviste" et qu'il était "largement temps de lui appliquer la peine plancher".

Le premier président de la cour d'appel, Jacques Degrandi, avait assez peu apprécié. Lors de son installation, le 18 mai 2010, il avait insisté sur la nécessité de résister "aux dérives qui consistent à instrumentaliser le procès au service d'une cause ou d'une idéologie". Le premier président est lui-même bien en cour et partage heureusement les choix du gouvernement : avant que le texte ne soit enterré, il s'était prononcé pour la suppression du juge d'instruction, "à cinq conditions", dont les quatre premières étaient justement satisfaites par le projet gouvernemental.

Marc Trévidic s'inquiétait de ne plus recevoir de nouveaux dossiers depuis deux ans, mais c'est l'affaire du Niger qui lui a clairement fait comprendre qu'il n'était pas en odeur de sainteté. Le juge avait été invité à Niamey, avec Guillaume Portenseigne, un magistrat du parquet, pour former des juges antiterroristes locaux, du 20 au 23 juin 2010. La présidente du tribunal avait donné son feu vert, les magistrats et leurs gardes du corps avaient fait leurs vaccins, pris leurs billets, et M. Trévidic en avait avisé le premier président par courrier du 25 mai. Il a appris, à quatre jours du départ, qu'il ne partait plus : on lui a d'abord expliqué que c'était en raison de sa "surcharge de travail", puis qu'on ne pouvait envoyer au Niger qu'un premier vice-président, c'est-à-dire Yves Jannier, le magistrat avec qui il instruit l'affaire Karachi, mais qui n'était pas volontaire. Guillaume Portenseigne est parti seul.

Nouvel épisode le 22 septembre 2011. Marc Trévidic avait été contacté par un petit magazine, L'Essentiel des relations internationales, pour parler du terrorisme. Le juge avait indiqué qu'il n'était pas possible de prendre des photos galerie Saint-Eloi, le couloir des magistrats antiterroristes, mais la photographe avait quand même sorti son appareil avant d'entrer dans le bureau. Alertés par les caméras de vidéosurveillance, le commandement militaire, le secrétaire général du tribunal et la première vice-présidente chargée du pénal ont aussitôt débarqué dans le bureau du juge.

Il a été rapidement vérifié qu'aucune photo n'avait été prise galerie Saint-Eloi, la photographe s'est excusée, Marc Trévidic a fait un petit rapport et pensé que l'affaire était classée. Mais un mois plus tard, le 22 novembre, il a été convoqué par Chantal Arens, la présidente du tribunal, qui lui a signifié qu'il avait mis en danger la sécurité du tribunal et qu'elle envisageait de faire une procédure de "mise en garde", versée à son dossier. Le juge a exigé que dans ces conditions, sa réponse le soit aussi, la présidente a fini par laisser tomber.

Mais Marc Trévidic a senti cette fois qu'il y avait péril et saisi les syndicats. Christophe Régnard, le président de l'USM, et Corinne Goetzmann, pour l'AFMI, se sont inquiétés de "cette procédure quasi disciplinaire", manifestement irrégulière, qui n'est "prévue par aucun texte". Chantal Arens les a reçus le 29 novembre, s'est longuement expliquée sur le peu de nouveaux dossiers attribués à Trévidic, mais pour le Niger, a dit qu'elle n'y était pour rien. Le premier président les a reçus à son tour le 16 décembre, et a indiqué qu'il lui semblait inacceptable que des journalistes entrent galerie Saint-Eloi. Quant au Niger, il assure qu'il n'a jamais reçu le courrier du juge...

"On a voulu faire comprendre à la hiérarchie judiciaire que cela suffisait, a expliqué Christophe Régnard, ce genre de tracasseries n'est pas acceptable. J'ai la fâcheuse impression de revivre ce qui s'est passé avec la juge Isabelle Prévost-Desprez à Nanterre." Jacques Degrandi, dans un communiqué à l'AFP, a récusé "toute intention d'empêcher" le juge Trévidic d'instruire "en toute indépendance", et se dit soucieux de préserver les juges "de toutes pressions". Il rappelle que chacun "doit exercer la plénitude de ses attributions dans le respect des règles éthiques et déontologiques", et considère que l'article de Marianne présente "des amalgames de faits, des contractions de propos épars" qui "nourrissent une présentation manichéenne et tendancieuse de la réalité".

Ce n'est évidemment pas le sentiment des collègues de M. Trévidic. "Le premier président a dit que tous les juges d'instruction étaient des caractériels, dit Gilbert Thiel, le seul magistrat qui accepte d'être cité. C'est que les autres doivent être dépourvus de caractère et peut-être d'autres attributs."

Franck Johannès


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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 16:43

LEMONDE.FR avec AFP | 14.01.12 | 12h31

 
 

Une capture d'écran de vidéo, réalisée par un étudiant, montre un moine tibétain en train de s'immoler le 21 novembre 2011 dans la province du Sichuan.

Une capture d'écran de vidéo, réalisée par un étudiant, montre un moine tibétain en train de s'immoler le 21 novembre 2011 dans la province du Sichuan.AFP/Students for a Free Tibet


Un Tibétain a tenté de s'immoler par le feu, samedi 14 janvier en Chine, près du monastère de Kirti dans la province du Sichuan, dans le sud-ouest du pays, ont annoncé les associations International Campaign for Tibet (ICT) et Free Tibet, sans être en mesure de préciser son état de santé ni son sexe.

Une femme a par ailleurs été atteinte par un tir des forces de l'ordre lorsque celles-ci ont ouvert le feu sur une foule qui tentait de se porter au secours du Tibétain, selon Free Tibet. Le sort de la femme n'était pas connu.

Un témoin a décrit une scène "terrifiante" et affirmé qu'un "gaz fort" avait été utilisé contre la foule. Plusieurs personnes ont été battues et arrêtées, a assuré ce témoin à Free Tibet.

Joint par téléphone, un responsable de la propagande du Parti communiste local a déclaré à l'AFP tout ignorer de la tentative d'immolation et de heurts entre habitants et forces de l'ordre. "La situation est normale en ville", a-t-il dit.

 

NEUF DÉCÈS PAR IMMOLATION EN MOINS D'UN AN

Au moins 15 Tibétains, en majorité moines ou nonnes bouddhistes, se sont immolés ou ont tenté de le faire en moins d'un an en Chine, la plupart dans le Sichuan, proche de la Région autonome du Tibet. Au moins neuf d'entre eux sont décédés.

Les immolations des moines – désapprouvées par leur chef spirituel, le dalaï lama – illustrent, selon les ONG, le désespoir face à la répression religieuse et culturelle menée par Pékin dans les régions tibétaines.

La Chine affirme avoir "libéré pacifiquement" le Tibet en 1951 et amélioré le sort des Tibétains en fournissant des fonds pour le développement économique de cette région pauvre et isolée. Mais de nombreux Tibétains ne supportent plus ce qu'ils considèrent comme une domination grandissante des Hans, ethnie fortement majoritaire en Chine, et la répression de leur religion et de leur culture.

 

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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 16:39

LEMONDE.FR | 13.01.12 | 20h30   •  Mis à jour le 13.01.12 | 20h33

 
 

 

Logo de l'industriel français.

Logo de l'industriel français.AFP/JOHN MACDOUGALL


Un désastre financier et un dossier aux multiples zones d'ombres. Les conditions de rachat de la start-up canadienne Uramin par Areva sont au cœur de la bataille entre l'ancienne présidente du directoire, Anne Lauvergeon – qui a quitté ses fonctions en juin – et le numéro 1 du nucléaire français.

 

  • L'acquisition d'Uramin

En 2006-2007, le cours de l'uranium s'envole sur les marchés mondiaux, dépassant alors les 100 dollars la livre. Face à cette montée, le groupe nucléaire français Areva souhaite sécuriser son approvisionnement. Le 15 juin 2007, il annonce une offre publique d'achat d'une junior entreprise canadienne, Uramin, qui dispose de permis miniers dans plusieurs pays d'Afrique, en Namibie (Trekkopje), en Centrafrique (Bakouma) et en Afrique du Sud (Ryst Kuil).

Pourtant, Uramin n'était pas la cible prioritaire d'Anne Lauvergeon. A l'époque, l'Etat a mis son veto à l'acquisition du géant australien Olympic Dam et par manque de réactivité, Areva n'a pu acquérir la société australienne Summit Resources.

L'offre est finalisée en juillet de la même année pour un montant de 2,5 milliards de dollars américains (soit 1,82 milliard d'euros), ce qui en fait l'une des plus importantes acquisitions de l'histoire du groupe, détenu à 87 % par l'Etat. Un "beau succès", estimait alors l'Agence des participations d'Etat, un service rattaché au ministère de l'économie, des finances et de l'industrie.

  • Déroute du projet

Mais les ressources des mines d'uranium de la start-up canadiennes se sont révélées moins riches qu'escompté. Le 12 décembre, Luc Oursel, actuel président du directoire d'Areva, annonce une dépréciation de 1,46 milliard d'euros de sa filiale minière, soit une perte de 80 % de la valeur de rachat d'Uramin. Motifs invoqués : des réserves apparemment surévaluées, une chute des prix de l'uranium – en 2007, Goldman Sachs, notamment, prédisait que la livre d'uranium atteindrait 200 dollars, elle s'échange aujourd'hui à près de 50 dollars – ou encore de capacités de production finalement pas mises en place. Ce fiasco financier alimente aussi les soupçons de tromperie, déjà présents depuis plusieurs mois.

Car d'autres éléments viennent renforcer le climat de suspicion autour de ce dossier. Le cours du titre Uramin a été multiplié par six pendant les six mois précédant l'acquisition de la société minière par Areva, passant de 300 millions d'euros lors de son entrée en Bourse en décembre 2006 à 1,8 milliard en 2007. Un rapport de Goldman Sachs pour EDF, daté du mois d'avril 2007 et révélé fin décembre 2011 par L'Express, soulignait les risques concernant le rachat de la société d'exploration Uramin.

  • Deux enquêtes internes

En interne, l'opération de rachat des gisements soulève aussi de nombreuses questions. Le 25 décembre, Le Journal du dimanche dévoile que deux enquêtes avaient été commanditées début 2010 pour clarifier ses conditions d'acquisition. A l'époque, Anne Lauvergeon est candidate à sa propre succession pour un troisième mandat à la tête d'Areva.

Ainsi, en mars 2010, une première recherche a été confiée par la direction du patrimoine du groupe à la société d'intelligence économique Apic. Dans un entretien au Parisien, daté du vendredi 13 janvier (en accès payant), Marc Eichinger, l'auteur du document confidentiel, affirme que le groupe nucléaire a été victime d'une "escroquerie". "Areva n'avait rien à faire avec Uramin, société qui n'avait aucune production ni aucune ressource prouvée", explique-t-il. L'expert financier avance "un soupçon de délit d'initié avec des opérateurs ayant connaissance très tôt" de la future OPA en 2007. Une hypothèse renforcée par le fait que le groupe s'est basé sur des documents d'une unique société américaine, SRK, "rémunérée par le vendeur". Aucune équipe n'a été dépêchée sur place et aucune expertise indépendante n'a été sollicitée par le groupe, souligne aussi l'expert.

>> Lire : "Soupçons d'escroquerie lors du rachat d'Uramin par Areva"

Les investigations de la société basée à Sciez (Haute-Savoie) se sont également portées sur Daniel Wouters, directeur de la division des mines chez Areva, sur qui planent des soupçons de conflit d'intérêts. Ce banquier franco-belge a été recruté en 2006 pour trouver une mine d'uranium au moment où le groupe cherchait à sécuriser ses sources d'approvisionnement. Lors de sa nomination, il était également responsable de Swala Ressources, une société d'exploitation minière en Afrique. Un double statut qui ne correspond pas "aux bonnes mœurs des affaires", estime M. Eichinger. Daniel Wouters "connaissait le mari d'un cadre dirigeant", ce qui a facilité et accéléré son intégration dans le groupe. "Je n'ai pas pu prouver d'enrichissement indu", précise toutefois l'expert.

Chez Areva, on suspecte aujourd'hui le mari de Mme Lauvergeon, Olivier Fric, d'être à l'origine de ce recrutement, rapporte Le Parisien. Une information démentie par l'avocat d'"Atomic Anne". Le couple a par ailleurs assuré que M. Wouters n'était "pas à l'origine de l'intérêt d'Areva pour Uramin" et que M. Fric ne le connaissait pas avant son embauche par Areva.

Pour le député socialiste Daniel Goua, rapporteur de la mission sur EDF et Areva, l'arrivée de l'ancien banquier s'est faite par un chasseur de tête : "Il fallait quelqu'un qui avait à la fois un profil de banquier et une bonne connaissance du secteur minier". Joint par Le Monde.fr, le rapporteur souligne que les éléments révélés par l'Apic ne permettent pas d'incriminer clairement M. Wouters.

  • Les rôles de Mme Lauvergeon et de son époux

La seconde enquête mandatée par le groupe nucléaire a été révélée le 21 décembre par Le Canard enchaîné. Le journal dévoilait l'existence d'un rapport d'enquête datant du 26 septembre réalisé par une officine privée suisse, Alpes Services, et ciblant notamment le conjoint d'Anne Lauvergeon.

Une partie de l'enquête détaille, selon Me Versini-Campinchi, l'avocat de Mme Lauvergeon et de son époux, l'agenda, les comptes en banque et les données téléphoniques d'Olivier Fric, ainsi que son casier judiciaire et son parcours universitaire. Figurent ainsi "une centaine de numéros joints par le mari d'Anne Lauvergeon de février à juin 2011", indique l'hebdomadaire satirique, qui cite également un extrait du rapport d'enquête selon lequel "les recherches préliminaires menées sur M. Fric n'ont pas permis d'obtenir des informations laissant penser qu'il aurait pu bénéficier de manière illégitime du rachat d'Uramin par Areva".

L'enquête a conduit l'ex-patronne du groupe et son époux à porter plainte contre X, fin décembre, pour "complicité et recel de violation de secret professionnel", "complicité et recel de divulgation de données portant atteinte à la vie privée" et "complicité et recel d'abus de confiance". Le conseil estime que l'affaire Uramin a servi de prétexte pour l'éviction de sa cliente de la tête du groupe nucléaire, en juin. Mme Lauvergeon a par ailleurs assuré fin décembre que l'acquisition d'Uramin s'est faite "dans des conditions de gouvernance irréprochables", et que le montant de l'opération était justifié par le cours très élevé de l'uranium à l'époque.

>> Lire : "Des officines privées ont espionné des proches de l'ex-présidente d'Areva" (édition Abonnés)

Jeudi 12 janvier, Areva a annoncé avoir suspendu le versement des indemnités de départ à Mme Lauvergeon aux conclusions d'une étude sur l'acquisition des gisements d'uranium de l'entreprise canadienne – un comité de trois experts indépendants a été désigné, fin décembre, par le conseil de surveillance d'Areva pour examiner à nouveau ce dossier. La veille, l'avocat de Mme Lauvergeon avait révélé qu'il venait d'assigner en référé Areva pour qu'il verse à sa cliente 1 million d'euros d'indemnités de départ et 500 000 euros au titre d'une clause de non-concurrence, en vertu d'un accord "irrévocable" négocié lors de son éviction.

>> Lire : "Areva suspend les indemnités de Lauvergeon à un audit sur le fiasco Uramin"

  • L'intervention de M. Ricol

En avril 2010, l'Etat, actionnaire majoritaire du groupe nucléaire, a demandé à René Ricol de vérifier les comptes d'Areva. L'ancien expert comptable a ainsi été nommé nouvel administrateur du groupe nucléaire et, surtout, coprésident de son comité d'audit. Sa feuille de route était d'établir la vérité sur des comptes jugés opaques et de regarder de près cette fameuse acquisition. "J'étais venu pour faire la clarté sur les comptes d'Areva, dira-t-il lors de l'assemblée générale du groupe, le 27 avril 2011. La clarté existait avant mon arrivée. J'ai perdu mon temps avec bonheur."

  • Le rapport de la Commission des finances

Pourtant, le 21 juin 2011, l'Etat relance le dossier Areva. Le bureau de la commission des finances a chargé le député socialiste de Maine-et-Loire Marc Goua de conduire un audit financier sur le groupe, notamment sur les modalités de l'acquisition de la start-up canadienne immatriculée dans les îles Vierges (un paradis fiscal situé dans les Caraïbes). Les premiers résultats obtenus ont été présentés en octobre 2011, devant l'Assemblée nationale. Le rapport souligne notamment l'opacité des informations disponibles au moment de l'acquisition et la précipitation dans laquelle s'est effectuée l'OPA.

Les dates des notes consultées dans les services de l'APE remontent aux 7 et 25 mai 2007, soit à une période d'installation ou de transition politique entre le second tour de l'élection présidentielle et le premier tour des élections législatives. Le rapporteur s'étonnait également du caractère "d'urgence" du rachat. Uramin avait semble-t-il fixé au 31 mai 2007 la date limite d'une opération d'achat de ses titres. "Personne ne s'étonne que le calendrier puisse être fixé par le vendeur. Dans ces circonstances, tout devrait inciter à la retenue", indiquait M. Goua.

Joint vendredi par Le Monde.fr, ce dernier appelle à la prudence. "Il y a tellement de rebondissements dans ce dossier... Je me garderais bien de conclure. Aujourd'hui, toutes les hypothèses sont possibles." Et de décliner les possibilités d'une escroquerie du vendeur, d'une escroquerie en interne, d'une décision "prise à la légère" mais pas frauduleuse, voire d'un possible investissement qui se révélerait rentable à long terme... Le rapporteur de la mission sur EDF et Areva devait rendre les conclusions de son audit fin janvier. Une échéance qui sera repoussée à la mi-février, confie-t-il.

 

Aude Lasjaunias

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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 17:23

 

Journée internationale des Indignés

 

 

Bonjour à toutes et à tous.


Action prévue le samedi 14 janvier à 14h

Place de la Maison Carrée


pour la journée internationale des Indignés (pique nique à 13h).


Le thème : Carnaval Électoral.

l-eacutezard-comique-thumb15808351.jpg 

Confection de panneaux humoristiques :
Exemple : Votez....... Personnages imaginaires ou Ubuesques .


Vos idées , vos instruments de musique seront les biens venus.


Merci de transmettre cette invitation à toutes vos listes.

 


Venez nombreux.


El Pueblo Unido Jamas Sera Vincido
Le Peuple Uni Jamais Sera Vaincu

 

                                                                                Le-pilote-du-dessin-anime-de-Captain-Vegeto.jpg            

 

Le Capitalisme est à terre Écrasons le



Les Indignés de Nîmes

 

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