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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 23:22
citizenside.com
Info vérifiée


envoyé par
nicolasm
Paris : les indignés réclament "vérité et justice" pour Hakim Ajimi

 Les indignés manifestent, samedi 7 janvier 2012 à 14h, Arche de la Défense à Paris, pour demander que justice soit faite sur la mort de Hakim Ajimi, survenue à Grasse le 9 mai 2008, les policiers impliqués devront comparaître au Tribunal de Grasse du 16 au 20 janvier 2012 :

Soit, 2 policiers de la BAC (brigade anti criminalité) pour « homicide involontaire », 1 policier municipal et 4 agents de Police Secours pour « non-assistance à personne en danger »

Faible présence des forces de l'ordre, environ 40 manifestants.

 

 

nicolasm
2012_01 13_9918b
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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 23:16

 

Ajoutée par indignadatoutlemonde le  7 janv. 2012

 

http://www.youtube.com/watch?v=b0zFkk_23Ro

 

 

 

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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 23:13

 

Démocratie réelle maintenant – Poitiers (Vienne)

Poitiers toma la calle

 

Indignés arrêtés à Paris

Le 7 janvier 00:43 Une cinquantaine d´Indignés arrêtés à Paris…
Une cinquantaine d´Indignés arrêtés à Paris suite à une tentative d’action de soutient au mouvement Occupy Russia face au consulat Russe.
Dernières nouvelles de Paris (Commission com de Paris 07-01-12 4:00) : “tout le monde a été libéré, on leur avait fait un petit comité d’accueil avec à manger, c’était sympa…
Conditions de détention pas cool : fouille au corps, ils ont attendu 4 heures dehors dans le froid (il y a des photos dans une cour avec barbelés genre Auschwitz…)
Demain on essayera de faire une note pour info.”

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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 23:09

Les Indignés Stéphanois

Démocratie Réelle Maintenant !

Posted: 7th janvier 2012 by admin3 in Actualités

Présentation-Débat (2): Face à la dette publique : Quelles propositions?

 


 

 

 

Venez nombreux et merci d’avance si vous pouvez nous aider à diffuser les infos à vos réseaux.
Si vous pouvez imprimer et afficher les infos à votre lieu de travail, d’études, association etc. voici la version n&b de l’affiche A4 :  http://les-indignes-stephanois.forcinfo.com/wp-content/uploads/2012/01/Tract-Débat-Dette-02.jpg
ou un tract A5 : http://les-indignes-stephanois.forcinfo.com/wp-content/uploads/2012/01/Tract-double-Débat-Dette-02.jpg

 

 

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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 23:05

 

  • Actualutte - 07jan

     

    Un appel international a été lancé par des Indignés.

    Cet appel a la forme d’un texte et surtout un rendez-vous : le 14 janvier. L’appel est simple: faire se rencontrer des gens partout dans des assemblées populaires le 14 janvier. Le texte n’a pas vocation à représenter et est dissociable de l’appel du #14JA.

    Voici le texte de l’appel, appel traduit en 16 langues :

    Depuis le 15 mai 2011 un mouvement inédit par sa forme et son fond remet en cause la « démocratie représentative ». Ce mouvement parti d´Espagne s´est répandu sur toute la planète malgré les innombrables manipulations médiatiques et répressions policières subies. La probabilité d´une révolution globale a rarement été aussi forte.
    La démocratie est un régime politique ou le « peuple » ait le pouvoir. Le terme « démocratie représentative » est une manipulation destinée à nous faire croire que nous sommes en démocratie. Mais nous n´avons jamais vécu en democratie, la liberté d´expression ne suffit pas. Dans nos régimes politiques, les masses donnent les touts pouvoirs à une minorité, sans aucun contrôle.
    Les crises sociales, économiques et environnementales que nous connaissons tous sont liées à la nature oligarchique de nos systèmes politiques.
    Pour que les intérêts communs passent avant les intérêts privés, il n´y a qu´une solution : que la majorité participe directement a la politique.
    La réelle démocratie n´a pas de modèle preconçu, c´est à nous tous de la construire dans la rue.
    Pour construire cette démocratie mondiale, nous vous appelons tous a créer et participer à des assemblées populaires, où que vous soyez, le samedi 14 janvier 2012.
    Créez des évènements, sur internet, dans la rue, dans chaque ville et dans chaque quartier, diffusez.

    Lisez ce texte en assemblée, dans les camps occupy, avec vos amis.

    Demain l´Humanité retrouvera le chemin du progrès.

    Les signataires sont tous ceux qui diffusent cet appel.

    *Une vidéo traduite dans 8 autres langues circule aussi pour promouvoir cette journée.

    Les Indignés de Marseille ont eux aussi lancé un appel à faire des assemblées lors de cette journée. A Marseille et à Toulouse par exemple des AP (Assemblées Populaires) auront lieu dans plusieurs quartiers simultanément (4 à Toulouse, 5 à Marseille)

    Une carte recense les différents rendez-vous du 14 janvier et du 15 (journée internationale de manifestation) dans le monde entier.

*vidéo déjà postée sur le blog dans un article précédent

 

 

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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 22:58
Agoravox - par Mathieu Lamour (son site) samedi 7 janvier 2012   
 

En cette année d'éléctions présidentielles (France, Etats-Unis, Sénégal, Vénézuela...) il est de bon ton de prendre un peu de recul sur la marche démocratique. Fausse solution ou réelle possibilité ? La monté des contestations révèle un manque dans ce choix de gouvernance.

D'ici quelques mois, les français décideront qui sera le ou la présidente de notre pays. Cette élection est LE rendez-vous démocratique pour beaucoup d'entre nous. Etrangement, la fonction de président est celle qui nous représente le moins comparée aux éléctions locales ou législatives. Cette mise en exergue de la personification masque la réalité de notre impuissance en procurant une frustration bien réelle. Né l'année dernière, le mouvement des indignés apprend à combler un espace vide, celui de la parole citoyenne.

Peu de gens y croient et pourtant, beaucoup y porteny un regard bienveillant et envieux. A-t-on encore le droit de rêver ?

 

 

Les indignés s'appuient sur l'idéologie de "démocratie réelle" qui par ses principes, dénonce la supercherie de la "démocratie représentative". Etre président en France, ou dans une des "grandes démocraties", tient plus du rôle de manager en charge de répondre aux peurs populaires tout en les entretenant, de concilier lobbies et intérets de la nation en s'assurant de maintenir une machine sans laquelle il n'existerait pas. Ces considérations éloignent du bien commun et de la population. Le fossé entre le peuple et nos élites entretient cette incompréhension réciproque quant aux préaucupations des deux parties. L'éxcerbation de ce décalage en résigne beaucoup quand d'autres voient dans les indignés une nouvelle force d'expression populaire.

Les causes des "vrais problèmes des français" sont-elles remises en questions ?

 

 

Il est séduisant de considérer l'Europe, de moins en moins démocratique, comme source de nos problèmes, Mélenchon et Marine l'ont bien compris. Cela n'est pas dénué de sens mais leur réponses sont extrèmes, voire effrayantes. Mis à part ces deux là, l'offre politique dominante et rassurante (UMP et PS) ne propose que des réformes cosmétiques dans la continuité. Dans les assemblés générales des indignés, les propositions sont à des années lumières de ce qui est envisagé dans ces programmes politiques. La remise en cause de la société est beaucoup plus profonde et les propositions vont plus loin. Elles manques souvent de construction et prennent à rebrousse poil les fondamentaux. Pourtant, elles expriment un malaise populaire profondément réaliste car elles s'appuient sur le vécu de la masse.

 

De par sa pluralité et sa non représentativité, les indignés n'ont pas pour idée de se présenter aux élections, dommage. Dans le cadre de la 5e république, c'est aux politiciens de s'appropier le dialogue et de reconsidérer la parole populaire. Le pays des lumières et qui a inspiré de nombreuses démocratie sera-t-il à la auteur de sa réputation ?

 

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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 22:51

 

 
© Nathanaël Charbonnier

Le lendemain de cette aube revigorante, les médias se comportèrent comme des affamés devant une pitance. Ils rivalisèrent de trouvailles pour attirer le chaland.

Chaque journal choisit son angle d'attaque en fonction de sa ligne éditoriale. Les uns -les plus neutres politiquement- affichèrent en première page les photos prises lors de la libération des noctambules. Ceux-là titrèrent platement: «Les Visiteurs du Stade», «La nuit à guichets fermés», «La nuit au Stade», «Stade de France, asile de nuit». D'autres quotidiens montrèrent des soldats dépités, débordés par les habitants des ZATRA. Et cela donna: «La ronde de nuit tourne à la contredanse», «Ordres et désordre», «Désarmés!», «Les veilleurs de nuit sont dans de beaux draps». Il y eut aussi, imprimés pleine page et sans illustration, des titres clairement engagés tels que «Ratage nocturne», «Urgence d'Etat» ou «Noctambules:1 - Caillard: 0».

Incontestablement, les plus gros tirages échurent à ceux qui accrochèrent en Une les bouches en cœur d'Imogène et de Luisa, poing contre poing, majeurs tendus. Les journaux qui firent ce choix eurent la saillie facile, titrant: «Deux doigts de colère» et «Message personnel». Moins timoré que ses confrères, «L'Emplumé», hebdomadaire  satirique paraissant le jeudi, barra sa première page d'un: «... Si même sa femme le dit!!!».

Une fois de plus, les éditorialistes n'y allèrent pas de main morte. Au passage, plusieurs d'entre eux revinrent sur l'épilogue des lamentables poursuites engagées contre Suzanne. Comme prévu, la jeune femme sourde et muette s'était présentée la veille au Palais de justice pour y répondre de «tapages nocturnes». A la surprise générale, l'audience n'avait pas duré plus d'une minute trente. Avant d'appeler  l'affaire suivante, le Président de la Chambre correctionnelle avait lu un communiqué. Par ce très court texte, il s'était déclaré «incompétent pour juger une affaire d'Etat». Il avait mis en avant l'interpellation, la nuit précédente, de ces milliers de gens que l'on avait conduits au Stade de France. Il les avait vus comme les clones de la prévenue; si on la jugeait elle, il fallait les juger tous. Ce ne pouvait être le rôle d'un tribunal d'instance. Suzanne était donc sortie libre de l'enceinte. Son apparition en haut  des marches s'était accompagnée d'un barouf qu'elle n'avait pu entendre, évidemment, mais qui ne lui avait pas échappé. Face aux amis venus l'attendre au-delà des grilles du Palais, elle avait marqué un temps. Puis, les bras tendus vers le ciel, hilare et ivre de reconnaissance envers son comité de soutien, elle avait expulsé de sa gorge un interminable son rauque qui avait saisi d'effroi tout le  voisinage. Sur une photo de la scène, un journal avait titré: «Le cri de la muette a déchiré Paris».

 

***

 

Jamais Keller n'avait vu Constance aussi furieuse. Jamais.  Le Quotidien des Parisiens était ouvert devant elle sur une photo de foule, l'un des nombreux clichés pris l'autre nuit à Saint-Denis. Sur cette illustration, le flot des noctambules «enstadés» (comme l'écrivait le QP) s'écoulait hors de la prestigieuse enceinte sportive par groupes épars; cette nuit d'enfermement et de discussions avait rapproché les gens les uns des autres; de nouvelles tribus s'étaient formées. Dans cette paisible marée humaine fixée par un photonaute, deux silhouettes attiraient le regard du lecteur comme si leur présence sur le cliché relevait d'une erreur. Un peu à l'écart du flot humain, un Asiatique d'une soixantaine d'années tenait par la taille une femme belle, et sans bras.

 

***

 

«A votre avis... En France, l'Etat est-il: très bien, bien, assez bien, assez mal, mal ou très mal dirigé?»...

En ces termes, l'ICAS (l'Institut Cyber Actif de Sondages) avait posé la question par internet à un échantillon représentatif de 1.037 individus âgés de 18 ans et plus. Cette enquête d'opinion avait été réalisée le lendemain et le surlendemain de la mémorable nuit du Stade de France.

A peine publiés, les résultats donnaient du grain à moudre aux commentateurs politiques. Les «très bien», «bien» et «assez bien» totalisaient tout juste 17% des réponses.  Deux et demi pour cent des sondés ne se prononçaient pas... L'addition des mécontents dépassait donc les 80%.

Louis Muzeau de la Chaizière se hâtait prudemment dans les couloirs de la Présidence. Il avançait d'une démarche étriquée, retenant ses petits pas pour ne pas glisser sur les dalles fraîchement lavées du Palais. Les bras croisés sur une grande enveloppe de papier kraft, il se dandinait jusqu'au bureau du chef de l'Etat.

Tout contre lui, comme s'il se fût agi du code nucléaire de la France, le conseiller tenait le sondage détaillé et les conclusions alarmantes des politologues de l'ICAS. On était tout près des élections législatives. Muzeau de la Chaizière gambergeait à s'en faire saigner le cortex. Ces maudits pourcentages et ces commentaires d'experts annonçaient un cataclysme. Pour le Président, il était grand temps de réagir. Caillard devait frapper un grand coup, s'adresser à la Nation pour dire combien il comprenait ses compatriotes, à quel point il partageait leurs doutes. Par l'un de ces tours de passe-passe qui lui avaient si bien réussi dans le passé, il lui fallait se ranger de leur côté, leur certifier que le temps des souffrances nécessaires était bien révolu, se poser en unique artisan de la guérison sociale, être celui qui souffle affectueusement sur le genou écorché de l'enfant pour atténuer la douleur de sa chute. Il devait le faire en se parant des valeurs éternelles de la République, en étant capable d'offrir la lune à tous ces affamés : une lune de miel sur un lit de pain d'épices.

Parvenu devant le bureau présidentiel, il toqua par trois fois. Faute de réponse, Louis Muzeau de la Chaizière chercha des yeux l'huissier à chaîne qui fit de son  mieux pour éviter son regard.

Le conseiller toqua une fois encore, assez fort pour s'en meurtrir les jointures des doigts. Et encore une fois, il n'obtint que le silence en retour. Il se décida donc à ouvrir le premier battant, pénétra dans le sas, et poussa la porte capitonnée.

En se glissant dans l'embrasure, le cou tendu comme celui d'une tortue, la tête de Muzeau de la Chaizière effectua un large mouvement de périscope. La vision panoramique s'arrêta sur une image d'abord confuse, puis de plus en plus précise jusqu'à devenir tout à fait claire en dépit de l'obscurité de la pièce.

Tout à gauche de l'entrée, en suivant la cloison sur six ou sept mètres, il y avait un immense canapé d'angle fait d'un cuir marronnasse. Maurizio Caillard l'avait fait placer-là le jour même de son installation dans le Salon doré. Ce meuble  avait toujours tranché avec les ors et le style Louis XV qui formaient la marque du lieu. Quand le canapé avait été livré, on avait beaucoup glosé dans les emprises du Palais sur l'utilité de cet objet au confort certain mais à l'esthétique très contestable. Sa présence avait fini par trouver un sens et même un nom. Dans les antichambres malicieuses du bureau présidentiel, on avait appelé ce canapé: «la sieste d'Imogène».

Sans bouger de son observatoire, la main toujours sur la poignée de la porte, Louis Muzeau de la Chaizière s'efforça dans un premier temps de définir ce que supportait l'accoudoir; on y avait posé une sorte de gros livre d'une épaisseur deux fois supérieure à celle d'un dictionnaire et d'une hauteur tout aussi respectable.

Le conseiller s'enhardit et lâcha la poignée pour accomplir discrètement quelques pas dans la pièce en direction du meuble.

Le parquet se mit à gémir sous les souliers de cuir ressemelés depuis trois jours. En marchant au ralenti et sur la pointe des pieds, Louis Muzeau de la Chaizière commençait à regretter sa hardiesse. Sous ses yeux, devant lui, le gros livre se faisait plus visible. La jaquette était matelassée et le dos de l'ouvrage portait quatre lettres qu'il fallait lire verticalement pour composer le mot «NOUS». Il progressa encore d'un mètre, un mètre cinquante ou deux, s'arrêta et s'accroupit, les fesses sur les talons. Ne sachant que faire de l'enveloppe kraft, il la coinça entre ses genoux et il se mit en tête de tendre un bras, puis l'autre, vers l'ouvrage matelassé qu'enfin il attrapa.

C'était un album de tirages photographiques à l'ancienne, une galerie de souvenirs liés aux voyages plus ou moins officiels du chef de l'Etat et de sa «Première Dame». C'était étrange, d'ailleurs. Page après page, Imogène semblait n'apparaître sur ces clichés que pour mettre son époux en valeur; cela se faisait tantôt par un regard enamouré et soumis -lui sur un escalier, elle une marche plus bas-, tantôt par un sourire de donzelle pâmée  d'admiration pour son maître... Et quand le photographe n'avait pas capté une posture plus qu'une pose, il avait fixé un mouvement. C'était là qu'était l'étrangeté. Dans ces cas-là (c'était fréquent), Imogène Caillard effectuait un quart de rotation qui soustrayait son visage repulpé à l'œil de l'objectif. Elle faisait comme si quelqu'un, soudain, l'appelait dans son dos, l'obligeant à se retourner. A cet instant, Maurizio souriait à la vie tandis que sa belle le tenait par le bras. D'elle, il ne restait qu'un corps élancé vêtu comme une gravure de mode et l'impression que cette femme collée à lui était d'au moins quinze ans sa cadette.

Désormais assis à même le sol dans l'antique position du tailleur, Muzeau de la Chaizière referma l'album et le replaça sur l'accoudoir. C'est alors qu'il aperçut le coin usé  d'un magazine: il dépassait de sous le canapé. Du bout des doigts, il fit glisser le journal jusqu'à lui. C'était l'un de ces torchons à grand tirage dont l'impudeur, le voyeurisme et la vulgarité faisaient chaque semaine la joie de millions de lecteurs décervelés. Avec une moue dégoutée, le conseiller examina la couverture de papier glacé polychrome, ses clichés scandaleux, ses titres courts et exclamatifs. A droite et en bas de page, un encadré à fond mauve contenait deux photos-vignettes  accolées. Sur celle de gauche, l'épouse du Président se montrait sous un jour solennel: on la voyait posée en biais sur son fauteuil préféré. A droite, les traits du visage tordus par l'obscénité, une harpie aux pupilles dilatées brandissait un majeur; elle était la copie déjantée de la dame assise à côté. Au-dessus de ce montage, on pouvait lire: «Madame Caillard et Miss Caillera». Mais ce n'était pas l'essentiel. Le plus fort de l'affaire était écrit juste au-dessous de ce montage comparatif. A côté de la mention «Exclusif», on avait ajouté: «Le nouvel amour d'Imogène». Le lecteur était invité à se rendre en page 3.

 

***

 

-  Oui papa. Je t'embrasse. Oui. Moi aussi.

Constance reposa le combiné. Toujours en colère mais un peu rassurée, elle se résolut à expliquer à son patron la raison de l'accès de fureur dont il avait été fortuitement le témoin une vingtaine de minutes plus tôt. Elle sortit de son bureau et alla voir Keller.

Comme elle s'y attendait, le chef de cabinet écouta son récit avec une très grande attention.

La jeune femme évoqua d'abord brièvement le handicap de sa mère. Le soir où les militaires mobilisés par la vice-Présidente avaient pris l'initiative de transformer le Stade de France en lieu de détention, Nguyen et Brigitte Tranh avaient du prolonger tard leur présence à la pharmacie. Ils avaient du faire face à deux urgences médicales de dernières minutes à l'heure de la fermeture.

Dans le premier cas, un enfant turbulent avait heurté une baie vitrée en tentant de renvoyer une balle de chiffons avec une batte de baseball beaucoup trop lourde pour lui. La vitre avait explosé sous le choc. Le gosse n'avait rien eu de cassé mais les éclats lui avaient entaillé l'épiderme et le cuir chevelu. Avant de désinfecter les coupures, il avait fallu retirer patiemment chaque écharde de verre à l'aide d'une pince à épiler et d'une aiguille passée sur la flamme.

Le second contretemps s'était invité dans leur soirée au moment où les Tranh s'apprêtaient à baisser le rideau de fer. Une ordonnance à la main, un jeune homme affolé avait surgi d'une voiture. Sa grand-mère n'allait pas bien. Il avait du appeler un médecin qui avait tenu compte d'une sévère intolérance de la vieille dame aux composés chimiques utilisés dans la fabrication de nombreux médicaments. Féru de phytothérapie, le toubib avait donc prescrit à sa patiente deux cocktails de plantes exotiques dont les pharmaciens du quartier, il le savait, maîtrisaient l'usage. Face aux supplications du petit-fils inquiet, les parents de Constance avaient du rouvrir la pharmacie, ressortir pilons, mortiers, balance de précision, plaques chauffantes, éprouvettes et pipettes, disposer le tout sur la paillasse et se remettre au labeur.

Ils n'avaient pu rentrer chez eux que bien après le début du couvre-feu et ne s'en étaient pas inquiétés. Leur petit appartement était situé à seulement trois cents mètres de l'officine et ils connaissaient bien les gardiens de la paix du secteur. Même sans dérogation, ils ne se souciaient pas d'être contrôlés au milieu de la nuit. Ils ignoraient évidemment l'existence du plan B, et donc que le soin de veiller au respect du couvre-feu avait été confié à l'armée.

Après avoir remis au jeune homme inquiet les préparations hypoallergéniques que sa grand-mère attendait, Nguyen et Brigitte Tranh avaient du débarrasser leur plan de travail de tout ce qui l'avait encombré au cours de cette folle soirée. Avant de tout ranger, ils avaient soigneusement lavé et stérilisé les objets dont ils s'étaient servis ; en toute circonstance, chaque chose devait revenir à sa place, proprement. Croisant les doigts pour que plus rien ne vienne perturber leur envie de rentrer se coucher sans dîner, ils s'étaient ensuite dirigés vers la sortie.

Fourbus, épuisés d'avoir passé tant d'heures debout, ils s'étaient alors lentement mis en route vers leur immeuble. Au bout d'une centaine de mètres, ils avaient été interpellés par un groupe de soldats.

L'adjudant qui les commandait n'avait rien voulu entendre des explications pourtant convaincantes de Nguyen Tranh. Il avait reculé d'un pas en montrant du doigt les avant-bras de la mère de Constance. Au lieu des mains de silicone qu'elle arborait dès qu'elle sortait de son officine, la pharmacienne portait encore les prothèses fonctionnelles dont elle s'équipait pour travailler. Ces merveilles technologiques dotées de pinces très maniables pouvaient être utilisées comme des ciseaux. Il n'en avait pas fallu davantage au sous-officier pour les confisquer au motif que le port d'arme de sixième catégorie constituait une infraction à la loi.

 

***

 

La photo de la page 3 avait beau être très floue, on parvenait à reconnaître le profil d'Imogène Caillard qui se penchait vers Arnaud Pillorègues : c'était apparemment pour déposer sur sa bouche un baiser. Louis Muzeau de la Chaizière reposa le magazine et ferma les yeux en pensant au choc que la vue de cette image prise au téléobjectif  avait dû causer au Président. Il releva les paupières pour remarquer sur le canapé, juste derrière l'accoudoir, la présence d'une forme indéfinissable, un peu comme un paquet de linge sale. Curieux de comprendre ce qu'il voyait, le collaborateur du chef de l'Etat se releva et s'avança encore d'un pas.

Il tressaillit quand la chose informe se mit à bouger. Le cœur du conseiller s'emballa, le sang se mit à battre dans ses artères plus fort que de coutume, son crâne fut parcouru par un bourdonnement chaud, il eut la sensation d'enfler jusqu'à l'explosion. La panique l'incitait à  retenir sa respiration alors que ses poumons réclamaient de  l'oxygène. Comme pétrifié, il resta là ne sachant plus que faire, cherchant la fuite mais ne la trouvant que dans un couinement de parquet susceptible de le trahir, de le dénoncer à la chose en chuchotant: «C'est Muzeau! Il est là!... Il est entré sans y avoir été invité!..».

Son instinct lui dit de prendre ses jambes à son cou  sans réfléchir davantage. Tandis qu'il tournait les talons et se dirigeait fissa vers la sortie, une voix pâteuse retentit derrière lui: «Muzeau?... C'est vous, Muzeau?... C'est vous?». Les épaules du  conseiller pivotèrent, mais ses pieds restèrent au sol dans la position de celui qui s'apprête à prendre la porte. Et là, dans cette posture inconfortable, il vit s'extirper de la boule de linge un Maurizio Caillard presque méconnaissable. Le visage et la gorge du Président s'ornaient d'une barbe sale. Son crâne n'était plus qu'un champ de mèches rebelles, de paquets de cheveux collés par un gel archi-sec. Un millefeuille de rides lui barrait le front, ses tempes étaient parcourues de nervures veineuses. Enfin, au creux de cernes humides  perçait le regard enfiévré de l'homme qui devient fou à force de ne pas comprendre.

-  Dieu merci, vous êtes là, Muzeau, balbutia le Président.

-  Je suis là, Monsieur, répondit doucement Louis Muzeau de la Chaizière qui hésitait, devant ce spectacle, entre le dégoût et la pitié.

Tel un ressort, Caillard se détendit soudain. Il se leva d'un coup, laissant à ses pieds un petit tas de tissus fins parmi lesquels Muzeau de la Chaizière crut apercevoir des nuisettes, une paire de bas de soie, des petites culottes et même un string de satin. Il n'eut pas le temps d'en finir l'inventaire car, à peine le temps de dire ouf, le Président l'étreignait avec force et s'effondrait en larmes dans ses bras.

Un quart d'heure plus tard, une ambulance militaire sortait de la cour du Palais escortée par des motards de la Garde républicaine. L'homme qu'elle transportait était agité de spasmes. Il sanglotait sous la barbe qui lui mangeait les traits. Une pendule sous le bras gauche, il n'était vêtu que d'un caleçon jaune constellé de cœurs roses et d'un t-shirt bleu pâle au dos duquel on pouvait lire: «Ma Reine, c'est Imogène». C'était signé: «Richou Ier».

 

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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 22:43

La Grèce poussée hors de la zone euro? La Hongrie exclue de l'UE? La Grande-Bretagne sur le banc de touche, lors des négociations sur le futur traité... Alors que le spectre de la «déconstruction» de l'Union menace à Bruxelles, Hans Magnus Enzensberger enfonce le clou, dans un pamphlet vif, mais pas toujours très convaincant.

L'intellectuel allemand, ovationné en 2010 pour son roman Hammerstein ou l'instransigeance (Flammarion), s'est lancé, cette fois, dans la description de la machine bruxelloise, qui court, selon lui, à sa perte. Dans Le doux monstre de Bruxelles (Flammarion, 7,50 euros), il fait de l'Union une «chimère» - cet être composite «lion par-devant, serpent derrière et chèvre au milieu». C'est-à-dire une «invention fabuleuse», «un rêve ou une vision», voire «une image trompeuse ou une idée extravagante».

 

Sans grande surprise, Enzensberger, poète et essayiste né en 1929 en Bavière, dresse l'inventaire des «monstruosités» de l'Union, et bouscule la «bureaucratie éclairée» en poste dans la capitale belge. Le manque de légitimité démocratique de l'Union? «On le désigne par un euphémisme, le 'déficit démocratique': il est considéré comme une maladie de carence, chronique et manifestement difficile à traiter (...) Pourtant, cela n'a rien d'une énigme médicale. Ce déficit n'est rien de plus qu'une formulation distinguée pour dire la mise sous tutelle politique des citoyens».

Sur la novlangue bruxelloise: «Même le traité de Lisbonne, cet ersatz de Constitution qui sert de base juridique à l'Union, se caractérise par le fait que sa lecture met devant d'insurmontables difficultés même le citoyen européen le mieux disposé. On dirait un barrage de barbelés». Quant aux fonctionnaires qui «incarnent la raison d'Etat d'un Etat qui n'a pas d'existence», ils tiennent, estime l'auteur, à garder leur distance «avec le monde où vivent les Européens»: «Ce splendide isolement n'est pas un défaut, il est même souhaité; c'est la seule façon de marquer de façon convaincante qu'on est impartial».

Mais comment expliquer, alors, que les Européens consentent à cette «tutelle»? Sans trop se fouler, Enzensberger renvoie à La Boétie, et à son Discours sur la servitude volontaireCe sont les peuples eux mêmes qui se laissent ou plutôt se font gourmander»). En fait, ce pamphlet sur une Europe mal en point produit un curieux effet de décalage temporel, comme si Enzensberger n'avait pas voulu ajuster ses critiques, aussi vieilles que le projet européen, à ce moment si particulier que traverse le continent aujourd'hui.

D'où cette impression d'un texte trop peu précis, pas assez documenté sur le dos de la bête bruxelloise, et qui choisit trop souvent la facilité du mot-valise «Bruxelles», quitte à faire l'impasse sur la désignation des véritables responsables de l'impasse actuelle. Sa tentative de dire son amour pour «l'Europe la vraie», par-delà la bureaucratie de l'Union, ne convainc pas non plus.

 

Dans son dernier chapitre, Enzensberger imagine un dialogue plutôt drôle entre un fonctionnaire de la Commission (A) et lui (B), autour d'un osso-buco partagé dans un restaurant bruxellois - et certaines de ses intuitions touchent juste, en particulier quandil épingle cette capacité qu'a l'Union à persévérer dans la même direction, sûre de son fait, lorsque tout le monde, ou presque, lui indique pourtant qu'elle s'égare (cf. les politiques d'austérité):

«B: Pourquoi les ténors de l'Union ne connaissent-ils qu'une seule direction? On continue! On ferme les yeux et l'on fonce! Est-ce qu'une perpétuelle croissance est une loi de la nature? Tout ce qui s'est passé est-il irréversible?
A: C'est-à-dire?
B: Clausewitz, le plus perspicace des stratèges, fait l'éloge de la retraite comme étant la plus difficile de toutes les opérations. Celui qui se jette dans une impasse d'où il ne peut ressortir ne provoque-t-il pas sa propre défaite?
»

Pour poursuivre le débat - on peut écouter la Grande Table de lundi dernier, l'émission du midi sur France Culture, orchestrée par Caroline Broué, où le cinéaste et critique Jean-Louis Comolli a défendu coûte que coûte l'essai.

 

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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 22:37

 

| Par Laurent Mauduit

 

C'est une véritable entourloupe qui se prépare autour du Livret A. Alors que le niveau de l'inflation devrait conduire à un relèvement du taux de rémunération du livret d'épargne de 2,25% actuellement à 2,50%, ou plus vraisemblablement à 2,75% le 1er février, le gouvernement pourrait choisir de violer les modalités d'indexation prévue, en arguant de circonstances exceptionnelles. C'est ce qui transparaît de propos tenus par le gouverneur de la Banque France, qui veut aussi éviter à Nicolas Sarkozy d'avoir à endosser l'impopularité d'une baisse du Livret A, le 1er mai prochain, entre les deux tours de l'élection présidentielle.

 

Au passage, l'affaire révèle ce dont on se doutait déjà : le pouvoir d'achat des Français est le dernier souci de l'Elysée, même si le chef de l'Etat prétend le contraire, notamment pour justifier son passage en force dans le dossier de la TVA.

 

L'entourloupe, la voici. La loi a codifié de manière stricte les conditions dans lesquelles le taux de rémunération du Livret A peut être modifié. Voici le texte réglementaire qui fait référence : (à voir sur Médiapart)

 

Concrètement, deux formules d'indexation sont prévues, étant entendu que c'est à chaque fois la plus avantageuse qui doit jouer. Celle qui est actuellement la plus avantageuse et qui devrait donc jouer à l'occasion du prochain calcul, c'est celle qui prévoit que le taux soit égal à l'inflation majorée de ¼ de point. A l'occasion de la publication, jeudi 12 janvier, par l'Insee du prochain indice des prix, celui de décembre, on saura donc exactement comment devra jouer la formule d'indexation.

 

Mais dès à présent, il n'y a guère de mystère. A fin novembre, les prix (hors tabac) accusaient en glissement annuel une hausse de 2,4% (les chiffres peuvent être consultés ici). Et il est assez probable que le résultat, à fin décembre 2011, soit strictement identique. Dans cette hypothèse, la formule d'indexation voudrait donc que le taux du Livret A, actuellement de 2,25%, soit porté à 2,65%. Mais la formule d'indexation prévoit par ailleurs un système d'arrondis tous les quarts de points, le quart de point finalement retenu étant celui qui est le plus proche du résultat de l'indexation. En clair, si l'indexation poussait à 2,65%, le système d'arrondi devrait conduit à un taux final d'indexation de 2,75%.

Le tour de bonneteau du gouverneur de la Banque de France

C'est donc cela qui, initialement, semblait se profiler : un relèvement du taux du Livret A de 2,25% actuellement à 2,75% le plus vraisemblablement, ou, dans le pire des cas pour les épargnants, à seulement 2,50%, dans le cas d'un recul inattendu de l'inflation en décembre.

 

Le règlement que l'on a pu consulter ci-dessus est en effet très explicite sur la procédure. Une fois que la formule d'indexation est connue, voici ce qui se passe : « La Banque de France calcule ces taux chaque année les 15 janvier et 15 juillet. Elle transmet le résultat du calcul dans les quatre jours ouvrés au directeur du Trésor. Lorsque le résultat du calcul conduit à modifier les taux, le directeur du Trésor fait procéder à la publication des nouveaux taux au Journal officiel de la République française. Ces nouveaux taux sont applicables à compter du 16 du mois de leur publication ou, si la date de publication est comprise entre le 16 et la fin du mois, du premier jour du mois suivant leur publication. » Donc, le 1er février, dans le cas présent.

 

Ainsi est la loi. Et nul ne peut y déroger. Dans ce règlement, il est juste prévu une clause (c'est celle qui figure au dernier paragraphe de la deuxième page du document ci-dessus) qui permet au gouverneur de la Banque de France de suspendre la mise en œuvre de la formule d'indexation en cas de « circonstances exceptionnelles ». En clair, en cas de tempête sur les prix du fait d'un choc pétrolier, de krach majeur, la règle d'indexation peut être suspendue.

 

Or – et c'est là le tour de passe-passe – le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, envisage de faire jouer cette clause de « circonstances exceptionnelles » pour laisser le taux de rémunération du livret  à 2,25% au 1er février prochain. C'est ce qu'il a laissé entendre vendredi matin sur Europe-1 :

 

Pour entendre Christian Noyer sur Europe 1 : cliquer ici

Et quel est l'argument de Christian Noyer pour justifier cet éventuel recours aux « circonstances exceptionnelles » ? Le gouverneur de la Banque de France fait valoir que les prévisions des grands instituts de conjoncture escomptent un recul de l'inflation d'ici l'été prochain – ce qui est exact –, et qu'il n'y a pas de raison de relever le taux du Livret A si, les mois suivants, les règles de l'indexation, le repoussent vers le bas : «Ce que je regarderai, c'est l'inflation qui va venir, parce que ça ne servirait à rien que le taux augmente légèrement pour rebaisser immédiatement ensuite (...)  Si l'inflation baisse il n'y a pas de raison d'augmenter le Livret A, en effet.»


Or, cet argument est proprement stupéfiant, pour de multiples raisons. D'abord, on ne peut naturellement pas dire qu'une inflation de 2,4% en rythme annuel relève de ces « circonstances exceptionnelles » évoquées par la loi. A l'échelle de l'histoire économique française, cela reste un taux d'inflation bas. De surcroît, le fait qu'il ne serait pas opportun de relever le taux du Livret A car il faudrait bientôt le rebaisser quelques mois plus tard est d'une flagrante mauvaise foi. Car, dans cette hypothèse, l'argument pourrait tout autant s'inverser : il ne faut pas baisser le taux du Livret A parce l'inflation pourrait un jour repartir à la hausse. Mais de cet argument, le gouverneur de la Banque de France ne jouera jamais.

 

Car, c'est cela le plus choquant. Depuis plus de dix ans, la législation encadrant le Livret A a été sans cesse remaniée, et tout particulièrement depuis 2007, comme en fait foi l'en-tête du règlement que nous avons inséré ci-dessus. Et à chaque fois, les modifications sont intervenues dans les mêmes conditions: pour changer les règles d'indexation quand elles jouaient à l'avantage des épargnants. Et c'est encore à ce tour de bonneteau que veut procéder le gouverneur de la Banque de France.

 

Menaces multiples sur le pouvoir d'achat

Le gouverneur de la Banque de France prépare ainsi le terrain à... un viol de la loi qui encadre la rémunération du Livret A. Et selon de très bonnes sources, il l'a fait en accord avec l'Elysée. Balladurien de vieille obédience, proche de Nicolas Sarkozy, Christian Noyer n'a visiblement pas pris sur lui d'annoncer une mesure politiquement aussi sensible sans s'assurer de ses arrières.

 

Les raisons de ce tour de passe-passe sont, au demeurant, transparentes. La loi prévoit en effet que les changements des taux du Livret A entrent en vigueur chaque 1er février et 1er août, mais si les variations d'inflations ont été fortes, des changements de taux de rémunération peuvent aussi intervenir le 1er mai et le 1er novembre.

 

En clair, la loi devrait faire obligation à Christian Noyer de procéder à une hausse du taux du Livret à 2,75% au 1er février prochain, quitte à rabaisser le taux le 1er mai suivant, c'est-à-dire... entre les deux tours de l'élection présidentielle! Or, Nicolas Sarkozy ne veut pas endosser l'impopularité d'une telle mesure, qui entrerait en vigueur quelques jours à peine avant le second tour du scrutin présidentiel. D'où cette intervention de Christian Noyer, qui a sans doute jugé qu'il valait mieux contrevenir à la loi plutôt que de placer le chef de l'Etat sortant dans cette délicate position.

 

Les « circonstances exceptionnelles », ce sont donc celles-là, et aucune autre: pour voler au secours du chef de l'Etat, le gouverneur de la Banque de France envisage de violer la loi, en même temps que les obligations de sa charge. Et ce sont les épargnants du Livret A qui vont financièrement faire les frais de l'opération, avec un taux de rémunération de leur épargne inférieure pendant au moins un trimestre à ce que la loi prévoyait.

 

Il est d'ailleurs possible d'évaluer le manque à gagner dont vont pâtir les épargnants. Puisque le Livret A et le livret qui lui est adossé, le Livret de développement durable (LDD), totalisent environ 270 milliards d'euros de dépôts, auxquels il faut ajouter les quelque 50 milliards d'euros du Livret d'épargne populaire (LEP), soit 320 milliards au total, un point de variation du taux de rémunération équivaut à 3,2 milliards d'euros sur un an, soit 800 millions d'euros par trimestre.

 

Alors, si d'aventure Christian Noyer met en œuvre son dispositif et si 0,5 point de rémunération de ces livrets est soustrait à leurs bénéficiaires, cela voudrait dire que les épargnants seraient spoliés d'environ 400 millions d'euros sur un trimestre. Juste pour que Nicolas Sarkozy en soit avantagé. Et il va sans dire que ces 400 millions d'euros ne seraient pas imputés sur le compte de campagne du candidat.

 

Les arguments du gouverneur de la Banque de France sont d'autant plus de mauvaise foi que les prévisions des économistes en matière d'inflation risquent d'être contrariées par la politique économique de Nicolas Sarkozy. Car si l'Insee prévoyait effectivement en décembre dernier un recul de l'inflation (voici ce qu'étaient ses prévisions) au cours du premier semestre de 2012, la donne a changé.

 

D'abord, à la hussarde, le gouvernement a fait voter en décembre un relèvement de 5,5% à 7% du taux normal de TVA, qui pèse depuis le 1er janvier sur le pouvoir d'achat des Français, tout comme sur l'inflation. De surcroît, l'Elysée veut aussi imposer, toujours à la hussarde, le vote d'ici la fin de la session parlementaire, en faveur de la TVA dite sociale – qui est en réalité une TVA très anti-sociale. Et par-delà les questions sémantiques, on sait aussi ce qui pourrait en résulter : une nouvelle rafale de hausses de TVA, avec à la clef encore moins de pouvoir d'achat pour les ménages et plus d'inflation.

 

Certes, ce n'est pas à cette aune-là qu'il faut apprécier la sortie du gouverneur de la Banque de France. Sa mission devrait être d'appliquer strictement la loi – et la formule d'indexation qu'elle prévoit – et non de juger en opportunité. C'est la raison pour laquelle sa sortie est très préoccupante. Rien ne l'autorise à prendre des libertés avec les codes et règles de la République.

 

Il reste que cette possible transgression de la loi se double d'une faute économique et politique. Car ce mauvais coup intervient au moment précis où le pouvoir d'achat des Français est en train de flancher (lire Alerte, récession ! et Les 7 péchés du sarkozisme 2- L'avarice). Le premier souci du gouvernement et de l'Elysée devrait donc être de prendre des mesures pour soutenir ce pouvoir d'achat. En confortant le Livret A, qui est le produit fétiche des Français, puisque plus de 60 millions d'entre eux en détiennent un. Ou encore en soutenant le Smic. Ou enfin en évitant toute mesure fiscale qui frappe la consommation populaire.

 

Or, Nicolas Sarkozy a tout fait à rebours. Hausse en cascade de la TVA, refus depuis 2007 de tout coup de pouce en faveur du salaire minimum – ce qui est sans précédent depuis plusieurs décennies –, et maintenant mauvais coup contre le Livret A : cette présidence ne se soucie du pouvoir d'achat qu'en de rares circonstances. Seulement quand il s'agit du pouvoir d'achat de ses richissimes amis du Fouquet's.

 

Reste une question: que se passera-t-il si Christian Noyer passant à l'acte, un épargnant introduit un recours devant la justice administrative? En pleine campagne présidentielle, ce serait pour le moins cocasse...

 

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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 22:26
| Par La rédaction de Mediapart

Le directeur général du quotidien chinois Jinghua Shibao, impliqué dans un scandale de corruption mêlant la presse et une enseigne de mobilier de luxe, a été licencié, ont rapporté samedi les médias officiels. Cui Bin a été renvoyé vendredi 6 janvier, a annoncé le quotidien Les Nouvelles de Pékin. Il est accusé d'avoir offert contre rétribution ses services et son entregent à la firme Da Vinci, qui fournit la classe aisée chinoise en meubles de luxe, après que la probité de cette société eut été mise en cause.

Dans un reportage de juillet 2011, un journaliste de la télévision d'Etat CCTV avait reproché à Da Vinci de faire croire que certains de ses meubles étaient fabriqués en Italie, alors qu'en fait ils l'étaient en Chine puis transportés au port de Shanghai où leur «importation» était inventée. CCTV avait aussi critiqué la qualité des meubles Da Vinci, l'accusant de vendre pour du haut de gamme des pièces en fait composées de contreplaqué.

Cette mise à la porte met en lumière les liens fâcheux qui se tissent souvent en Chine entre le monde des affaires et celui de la presse, trop habituée à rapporter ce qu'on lui demande. L'affaire confirme aussi les mauvaises habitudes d'entreprises prêtes à payer grassement les journalistes pour étouffer des informations défavorables. 

À lire sur Le figaro.fr (voir ci-dessous)

Figaro.fr

AFP Mis à jour le 07/01/2012 à 11:53 | publié le 07/01/2012 à 10:58

 

Chine: un directeur de journal licencié

 

  

Un retentissant scandale illustrant la corruption au sein de la presse officielle chinoise a rebondi aujourd'hui avec l'annonce du licenciement du directeur d'un grand quotidien de Pékin, suspecté d'avoir extorqué de l'argent à une société de mobilier de luxe. Cui Bin, un ambitieux quadragénaire qui dirigeait le "Jinghua Shibao", a été congédié hier de ce journal faisant partie du groupe du Quotidien du Peuple, l'organe officiel du Parti communiste.  Cette mise à la porte met en exergue les liens viciés qui se tissent souvent en Chine entre le monde des affaires et celui de la presse, trop habituée à rapporter ce qu'on lui demande. L'affaire confirme aussi les mauvaises habitudes des entreprises prêtes à payer grassement les journalistes pour étouffer des informations défavorables.

En l'espèce, Cui est accusé d'avoir offert contre rétribution son entregent à la firme Da Vinci, qui fournit la classe aisée chinoise en meubles de luxe, après que la probité de cette société eut été mise en cause. Pour un Occidental qui se rend en Chine - ou bien en Malaisie, à Singapour ou en Indonésie, autant de pays à forte proportion de nouveaux riches chinois - la visite d'un magasin Da Vinci est une expérience inoubliable. Ces immenses temples du kitsch sont remplis de fauteuils surchargés de dorures, de lits à baldaquin, de secrétaires copiés sur ceux des maîtres ébénistes français, de pendules rococo et de lustres de modèle désuet bien que neufs. Un article peut dépasser les 10.000 euros. Pour Da Vinci, qui promet à ses clients millionnaires l'art de vivre des châteaux de France ou des palais vénitiens, le "made in Italy" est un argument de vente crucial.

Une "importation" inventée selon un reportage de CCTV

Pas étonnant, donc, que des révélations contraires de la télévision d'Etat CCTV aient fait l'effet d'une bombe. Dans un reportage de juillet 2011, un journaliste de la chaîne avait assuré que de nombreux meubles Da Vinci étaient fabriqués en Chine puis transportés au port de Shanghai où leur "importation" d'Italie était inventée. CCTV avait aussi critiqué la qualité de la production de la firme, lui reprochant de vendre pour du haut de gamme des pièces composées de contreplaqué. Après cette diffusion qui avait suscité une vive controverse, Cui Bin avait signé un contrat de 3 millions de yuans (375.000 euros) avec Da Vinci, officiellement pour l'assister à répondre aux attaques la visant. Mais, sous couvert d'une opération de conseil et de relations publiques, il s'agissait d'abord pour le directeur du Jinghua Shibao d'extorquer de l'argent à Da Vinci, a affirmé cette semaine le magazine économique Caixin, fer de lance du journalisme d'investigation en Chine.

De fait, la polémique ne s'est pas éteinte, bien au contraire. Fin décembre, les autorités de Shanghai ont même infligé à Da Vinci une amende de 1,33 million de yuans (166.000 euros) pour avoir menti sur la qualité de ses produits. L'enseigne de luxe affirme aujourd'hui avoir été victime d'une opération d'extorsion. Elle accuse Li Wenxue, le journaliste de CCTV auteur du reportage qui a tout déclenché, de lui avoir soutiré un million de yuans (125.000 euros), faute de quoi il aurait publié de nouvelles informations gênantes. Le reporter nie catégoriquement. Reste qu'une telle pratique - "taire" une nouvelle défavorable contre une "enveloppe" - n'est pas rare en Chine, de la part de journalistes (ou se prétendant tel). Cela est notamment le cas après des accidents de mine, où des médias corrompus minimisent les responsabilités ou le bilan des victimes.

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