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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 15:47

 

http://lesmoutonsenrages.fr/2012/01/11/loic-blondiaux-nous-vivons-la-fin-de-l%E2%80%99evidence-democratique/

Posté par voltigeur sous Actualité générale, Réflexion 11 janvier 2012

 

 

Ca!! nous nous en sommes aperçu depuis belle lurette………

image/r-éveillez-vous.fr

 

Professeur en science politique, Loïc Blondiaux exprime dans cette interview pour La Vie des idées ce que nombre d’entre nous ressentons et avons déjà pu exprimer sur AgoraVox : nous avons fini de croire ce qui paraissait une évidence, à savoir que nous vivons en démocratie.

Il rappelle que la « démocratie » représentative inventée au XVIIIe siècle, l’a été contre la démocratie véritable. Cette usurpation d’identité avait fini par être acceptée, le régime représentatif finissant, insensiblement, par être assimilé à la démocratie. Cette illusion commence à prendre fin aujourd’hui : « Les masques tombent, et l’on découvre que nous ne sommes pas, et que nous sommes de moins en moins en démocratie« .

 

 

 

Alain Cotta, auteur du Règne des oligarchies, avait été l’un des premiers à dire dans un média, le 14 février 2011, que la démocratie était « un leurre« . L’idée était encore peu répandue. Etienne Chouard, au fil de ses interventions sur Internet, l’a popularisée. Depuis, elle s’est répandue comme une traînée de poudre, jusqu’à s’incarner en Espagne dans le mouvement des Indignés. Même s’il est encore faible en France, ce mouvement qui conteste la représentation témoigne, selon Blondiaux, de cette prise de conscience.

Loïc Blondiaux considère que le vote n’est plus suffisant pour faire vivre notre démocratie, le processus représentatif doit être enrichi par une implication plus forte des citoyens : « Il faut multiplier, entre les élections, les épreuves de légitimité, il faut donner la possibilité aux citoyens d’interpeller le pouvoir, il faut obliger le pouvoir à rendre des comptes. » Il faut aussi permettre aux citoyens de participer davantage. Des capacités d’auto-organisation existent selon lui à l’intérieur de la population, comme en témoignent les Indignés, et le processus politique doit apprendre de ces expériences.

Blondiaux évoque, en guise d’exemple, l’expérience islandaise, injustement méprisée en France : « L’Islande a pensé un dispositif constituant, dans lequel une assemblée de citoyens tirés au sort a élaboré des projets, a essayé de définir des perspectives, qui ont été reprises par un groupe de citoyens ordinaires élus, c’est-à-dire qu’on s’est débarrassé des représentants. Ces citoyens ont consulté, sous la forme d’une wiki-constitution, le peuple entier, qui a annoté cette constitution, et cette constitution sera soumise in fine au référendum. Ce mélange de démocratie participative, de débat public approfondi, et de démocratie directe, qui laisse à chacun la possibilité de peser sur le processus, me paraît aller dans le bon sens. » Une bonne idée sans doute, à injecter – comme un gentil virus – dans la campagne présidentielle…

Auteur : Taïké Eilée

Source : www.agoravox.tv partagé avec TerreSacree


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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 15:26

 

http://fr.euronews.net/2012/01/11/les-indignes-americans-et-les-primaires-republicaines/

11/01 01:04 CET

 

 

Les primaires républicaines du New Hampshire n’ont pas entamé la mobilisation du mouvement “Occupy”. Ces “indignés” ont installé leur campement dans un park de Manchester. Certains ont fait un long chemin pour arriver jusqu’ici et faire entendre leurs voix. Pour eux les candidats de l’opposition ne représentent en rien leurs idées, mais sont un symbole de l’injustice sociale.

“Ce ne sont que des hommes blancs et riches qui sont au pouvoir, s’insurge Wendy. Ils n’ont aucune idée de la façon dont les 99% vivent.”

Les 99% dont parle Wendy, ce sont les classes moyennes ou défavorisées, l’essentiel de la population américaine, par opposition aux multimillionnaires tels que le favori de ces primaires, Mitt Romney.

Mais les militants ne sont pas plus tendres avec les démocrates. Ainsi Steve, pour qui “Obama et ses pairs ont contribué au déclin du pouvoir d’achat des travailleurs”, et selon lui, “ils continuent à distribuer d’immenses sommes d’argents à ceux qui sont à l’origine de la crise, aux capitalistes qui en ont déjà beaucoup trop.”

Ces indignés ont peu de chance d’influencer le cours de ces primaires. Mais ils bénéficient de la médiatisation des élections. L’occasion de rappeler que le mouvement perdure.

Plus d'actualités sur : Élection présidentielle américaine de 2012, Manifestation, Républicain

Copyright © 2012 euronews

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 15:22

Dimanche 15 janvier, de 9h30 à 18h00, se tient à Paris une conférence internationale organisée par l'association Attac en partenariat avec Mediapart. Intitulée Leur dette, notre démocratie, cette université populaire abordera, en trois tables rondes et un intermède théâtral, la question des réponses citoyennes à la crise. Des indignés venus de Grèce, de Tunisie, d'Espagne, des Etats-Unis, d'Allemagne ou d'Islande participeront aux débats qui seront notamment conclus par Stéphane Hessel.

 

 

Depuis sa création en 2008 et, surtout, depuis l'accélération de la crise historique que traversent nos sociétés, tout à la fois finacière, sociale, démocratique, Mediapart appelle de ses vœux un sursaut populaire qui redonne force et vie aux idéaux de liberté, d'égalité et de fraternité. Certes, il va sans dire que nous souhaitons sans barguigner, comme le rappelle notre prochain ouvrage collectif Finissons-en!, suite et fin de N'oubliez pas!, tourner en 2012 la page d'une présidence sarkozyste catastrophique, accélératrice d'une dégradation nationale déjà advenue et dont le triple D se décline en division (du peuple par la désignation de boucs émissaires), destruction (du pacte social et démocratique issu du programme du CNR de l'après-guerre) et dépression (de l'esprit public d'un pays miné par la corruption, les privilèges et les oligarchies).

Mais, dans la diversité des approches de ses journalistes comme des sensibilités de ses lecteurs, notre journal participatif n'a cessé de rappeler que cette condition nécessaire ne sera pas suffisante pour inventer une réponse qui soit à la hauteur des défis que nous lance la réalité du monde dans l'affrontement incertain d'espérances nouvelles et d'inquiétudes profondes, entre progrès et régressions, guerres et révolutions, destructions et inventions, désastres et métamorphoses. Aboutissement extrême de la dérive présidentialiste qui dévitalise notre démocratie, cette présidence devrait nous avoir définitivement averti qu'il ne suffira pas de changer de président pour changer le système qui est au ressort du déclin de notre République, ici entendue comme l'horizon toujours en chantier d'une exigence radicalement démocratique (c'est l'alerte d'un autre livre de Mediapart, Le Président de trop).

Si Indignez-vous!, le libelle de Stéphane Hessel conçu à la manière des brochures révolutionnaires qui accompagnèrent l'aube démocratique de 1789, a eu un tel succès, c'est qu'il portait cette invitation à prendre en charge notre destin nous-mêmes, dans l'engagement individuel et la solidarité collective. A nous souvenir que nous sommes les premiers responsables de notre liberté et que, si les circonstances déterminent les hommes, les hommes font aussi les circonstances s'ils savent se dresser contre la fatalité et l'inéluctable, en faisant mentir une histoire qui serait écrite par avance. Dans le registre qui, professionnellement, est le nôtre – l'information –, c'est ce que Mediapart a voulu démontrer, en comptant sur ses seuls lecteurs pour dire non au journalisme de gouvernement et à la presse industrie (retrouvez ici et nos engagements initiaux).

Chacun aura compris, avec ce rappel, pourquoi la rencontre entre Attac et Mediapart est naturelle. Née en 1998, aujourd'hui présente dans une cinquantaine de pays et comptant près de 10.000 membres regroupés dans plus de 170 comités locaux, l'Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne (Attac) se définit comme «un mouvement d’éducation populaire tourné vers l’action, considérant que le premier outil pour changer le monde est le savoir des citoyens» (pour tout savoir sur Attac, consultez son site ici). Soucieuse de pluralisme, ses adhérents relevant de diverses sensibilités partisanes ou intellectuelles, Attac a pour premier objectif d'impulser la réflexion dans une élaboration collective qui évite les pensées de système figées ou les systèmes de pensée rigides, se méfiant des sectarismes et des exclusives.

Attac illustre la vertu de l'entêtement et de la persévérance dans la fidélité au refus premier de l'innaceptable et de l'intolérable. Cette année 2012 commence ainsi par cette ironie de voir la mesure phare portée par l'association à son origine – une taxation des transaction financières, inspirée des travaux de l'économiste américain James Tobin – aujourd'hui reprise avec démoagogie, voire mûflerie par ceux-là même qui n'ont cessé de la combattre, de la ridiculiser et de la piétiner (lire ici l'article de Laurent Mauduit sur le mensonge à ce propos de Nicolas Sarkozy). Faudra-t-il autant de temps pour que la nouvelle proposition lancée par Attac, totalement pertinente par sa rationalité et son efficacité, fasse son chemin jusque parmi des démagogues affolés par leur propre impuissance à juguler la crise? D'emblée relayée par Mediapart, cette campagne inaugurée à l'automne 2011 réclame un audit citoyen de la dette publique (lire ici l'article de Ludovic Lamant et là le texte de l'appel).

De même que nous avions accompagné – et que nous accompagnerons encore – le travail salutaire des «économistes attérés» (lire ici nos premiers articles et là le compte-rendu de notre réunion publique), dont certains sont parallèlement animateurs d'Attac, qui ont tiré à temps un signal d'alarme sur la crise que n'ont pas voulu entendre des élites dirigeantes asservies au système capitaliste, Mediapart a donc accepté comme une évidence d'être partenaire de la conférence internationale organisée par Attac dimanche 15 janvier à Paris. C'est ainsi que Martine Orange, Ludovic Lamant et Laurent Mauduit animeront les trois tables rondes de la journée que j'introduirai aux côtés d'Aurélie Trouvé, co-présidente d'Attac.

Sous l'intitulé Leur dette, notre démocratie, ce sera une journée de réflexion et de discussion (de 9h30 à 18h) autour de l'analyse de la crise, de ses causes véritables et des réponses possibles qui ne seraient pas une nouvelle capitulation devant le monde tel qu'il est et court à la catastrophe, et par conséquent un renoncement à le transformer. Avec Susan George, du collège des fondateurs d'Attac, Jean-Marie Harribey, de son conseil scientifique, tireront la conclusion des travaux en compagnie de Stéphane Hessel. L'entrée est libre, et en venant nombreux vous signifierez qu'au-delà de l'alternance par le bulletin de vote, vous souhaitez une alternative pour laquelle vous êtes disponibles.

Voici le programme complet de cette journée:

Conférence internationale
« Leur dette, notre démocratie »
Paris, 15 janvier 2012
Espace Reuilly, 21 rue Hénard, Paris 12è


9h30-10h Introduction Edwy Plenel (Mediapart), Aurélie Trouvé (Attac)

10h-12h La dette publique contre les peuples
animation: Martine Orange (Mediapart)

- comment la dette publique est-elle instrumentalisée pour placer les pays (à commencer par la Grèce) sous tutelle de l'Union européenne et du FMI ?
- d'où vient-elle ? à quoi sert-elle dans le capitalisme d’aujourd’hui ?
- est-elle légitime, peut-on la restructurer et comment ?
- comment remettre la dette dans le champ du débat démocratique ?

Geneviève Azam (CS Attac), Marie Laurence Bertrand (CGT), Annick Coupé (Solidaires), Raquel Freire (Movimento 12 Março), Dominique Plihon (CS Attac), Chafik Ben Rouine (Comité pour l'audit de la dette tunisienne),  Eric Toussaint (CADTM)

12h-13h Déjeuner

13h-15h Indignation et luttes citoyennes: comment dépasser les limites de la représentation ?
animation: Ludovic Lamant (Mediapart)

- quelle est la portée de la critique des banquiers et des politiciens par les Indignés, d’Europe et d’ailleurs ?
- de quelles pratiques démocratiques, de quelle nouvelle citoyenneté les mouvements de résistance à l'hyperaustérité sont-ils porteurs ?
- démocratie directe, délibérative, participative, tirage au sort: quelles innovations institutionnelles pour une souveraineté populaire active ?

Cristina Asensi (Movimiento 15M, Attac Espagne), Aris Chatzistefanou et Katerina Kitidi (réalisateurs de Debtocracy, Grèce), Isham Christie (Occupy Wall Street),  Thomas Coutrot (Attac), Nicolas Haeringer (CS Attac), Yves Sintomer (politiste), Katrin Oddsdottir (membre de l’Assemblée constituante islandaise), Jean-Baptiste Eyraud  (DAL)

15h-15h45 Le tribunal populaire des banques
(une coproduction théâtrale Naje-Attac)

Courte pièce satirique sur les délires et les dérives de la finance, coproduite par la Compagnie Naje (voir son site ici) et Attac.

16h-17h30 Quels remèdes à la crise démocratique européenne ?
animation: Laurent Mauduit (Mediapart)

- ils veulent accélérer l’intégration européenne pour rassurer les marchés : l’austérité permanente sous tutelle des agences de notation est-elle durablement compatible avec la démocratie ?
- pour une alternative à l'Union européenne: sur quelles bases refonder l'Europe, avec quelles forces ?

Max Bank (Attac Allemagne), Philippe Corcuff (sociologue), Bernadette Groison (FSU), Pierre Khalfa (Fondation Copernic),  Frédéric Lordon (économiste)

17h30 -18h Conclusion:  Susan George, Stéphane Hessel, Jean-Marie Harribey

 

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 15:20

LEMONDE.FR | 11.01.12 | 12h31   •  Mis à jour le 11.01.12 | 14h06

 
 

 

L'idée de base de la "TVA sociale" est assez simple : il s'agit d'un transfert d'un certain nombre de cotisations, actuellement payés par les salariés et les employeurs, vers la consommation.

L'idée de base de la "TVA sociale" est assez simple : il s'agit d'un transfert d'un certain nombre de cotisations, actuellement payés par les salariés et les employeurs, vers la consommation.AFP/MYCHELE DANIAU


Alors que la TVA sociale est désormais une priorité de Nicolas Sarkozy, son instauration aura des impacts concrets sur le pouvoir d'achat des Français.  Mais pas de la même manière pour tous.

Catégorie par catégorie, Le Monde détaille comment le scénario privilégié par l'Elysée (un relèvement de plusieurs points de la TVA, associée à une baisse des charges patronales sur le travail) va faire des gagnants et des perdants.

  • Les gagnants

Les employeurs Ce n'est pas pour rien que le Medef soutient fermement les projets actuels de l'exécutif. Une baisse des charges patronales va immédiatement abaisser le coût du travail pour les employeurs. Le scénario généralement envisagé par les défenseurs de la TVA sociale est ainsi le transfert des cotisations destinées à la branche famille, qui représentent actuellement 5,4 % du salaire. Pour un salarié payé 2 000 euros bruts, un patron peut ainsi espérer gagner 108 euros.

Toutefois, tous les employeurs ne gagneront pas de la même façon selon les charges qui seront finalement abaissées. Les salariés au smic sont actuellement largement exonérés de cotisations patronales, et ces exonérations sont dégressives jusqu'à 1,6 du smic. Si le scénario du transfert de la branche famille devait se confirmer, les employeurs qui versent des salaires plus élevés seront donc plus gagnants que ceux qui n'emploient que des "smicards".

Par ailleurs, au sein même du patronat, l'impact ne serait pas les même selon les secteurs. L'industrie est ainsi très demandeuse de TVA sociale, en espérant ainsi gagner en compétitivité au niveau international, mais les services sont moins concurrentiels. La grande distribution, par exemple, s'inquiète d'une hausse trop brutale de la TVA qui pourrait lui faire perdre des clients.

  • Ni gagnant, ni perdant

Les retraités Les retraites du régime général et de la fonction publique sont indexées sur les prix. Au 1er janvier, elles sont ainsi augmentées d'autant que l'inflation prévisionnelle telle qu'elle est calculée par l'Insee. Si la hausse de la TVA devait se traduire par une hausse des prix, les retraités devraient donc voir cette hausse répercutée dans leurs retraites.

Les allocataires de minimum sociaux Comme les retraites, le RSA et l'allocation spécifique de solidarité sont généralement revalorisés en fonction de l'inflation. En ce qui concerne, l'allocation adulte handicapé et le minimum vieillesse, ils ont été largement augmentés depuis 2007 pour se conformer à la promesse de Nicolas Sarkozy de les augmenter de 25 % sur le quinquennat. Tout dépend donc de la manière dont ils seront indexés par la suite.

  • Les perdants

Les salariés A court terme, les salariés seront probablement perdants. Si les prix augmentent, ils devraient en effet perdre en pouvoir d'achat. Toutefois, les négociations salariales au sein des entreprises sont généralement basées sur l'inflation. Les économistes estiment ainsi qu'à moyen terme, les effets s'annulent, les salariés obtenant des augmentations de salaires compensant la hausse des prix.

Les fonctionnaires Si la revalorisation des pensions de la fonction publique évoluent dans la même ampleur que ces dernières années, les fonctionnaires seront perdants. Depuis deux ans, le point d'indice de la fonction publique a ainsi été gelé. Si ce gel se poursuivait, les fonctionnaires pâtiraient d'une inflation élevée découlant de la hausse de la TVA.

Les allocataires Pour limiter les déficits, le gouvernement a décidé dans son deuxième plan de rigueur cet automne de ne revaloriser que de 1 % les prestations familiales au 1er avril. Les bénéficiares d'allocation familiale ne verraient donc pas ces prestations suivre le niveau de l'inflation.

L'impact de l'instauration de la TVA sociale dépend donc essentiellement de la manière dont les employeurs vont répercuter l'accroissement de leur marge. S'ils réduisent leurs prix, l'inflation devrait être limitée, la hausse de la TVA étant compensée par la baisse ds prix hors taxes pour les produits français. S'ils augmentent les salaires ou s'ils empochent les gains, l'inflation devrait largement en pâtir.

 

Jean-Baptiste Chastand


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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 15:13

LEMONDE.FR avec AFP | 11.01.12 | 15h13

 
 

 

Cette décision est la première rendue par la justice française concernant ce type de fraude d'un nouveau genre.

Cette décision est la première rendue par la justice française concernant ce type de fraude d'un nouveau genre.AFP/PHILIPPE HUGUEN


Des peines allant d'un an de prison ferme à cinq ans de prison ferme et 1 million d'euros d'amende ont été prononcées, mercredi 11 janvier, par le tribunal correctionnel de Paris à l'encontre de cinq prévenus pour avoir participé à une fraude à la TVA sur le marché européen des émissions de carbone, dit ETS.

Ce marché permet aux industries et aux compagnies électriques, soumises à un plafond annuel d'émissions de CO2, d'acheter les crédits d'émissions des compagnies qui se situent, elles, en dessous de leur plafond. Ces crédits sont notamment négociés sur la plate-forme Bluenext, basée à Paris et filiale commune de la Caisse des dépôts et consignations et de NYSE Euronext.

Les cinq personnes condamnées devront également verser solidairement 43 millions d'euros de dommages et intérêts à l'Etat français. Quelque 13 millions d'euros ont en outre été bloqués par la justice sur les comptes israéliens de deux des prévenus. Cette décision est la première rendue par la justice française concernant ce type de fraude d'un nouveau genre.

Poursuivie pour ces mêmes faits, une sixième prévenue a été relaxée sur le volet taxe carbone, mais condamnée par ailleurs pour blanchiment à un an de prison avec sursis. Le principal protagoniste, Fabrice Sakoun, un grossiste en textile, a écopé de la peine la plus lourde : cinq ans de prison et 1 million d'euros d'amende. Ses avocats n'ont pas souhaité s'exprimer à l'issue du délibéré.

Les quatre complices de Fabrice Sakoun ont été condamnés à des peines allant d'un an à quatre ans de prison, assorties ou non d'amende, de 100 000 à 1 million d'euros.

 

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 15:08

 

LEMONDE.FR avec AFP | 11.01.12 | 10h36   •  Mis à jour le 11.01.12 | 12h42

 
 

Manifestation hostile à Bachar Al-Assad, le 9 janvier, à Homs.

Manifestation hostile à Bachar Al-Assad, le 9 janvier, à Homs.REUTERS/HANDOUT


Des centaines de militants syriens et d'autres pays tenteront, jeudi 12 janvier, de pénétrer en Syrie depuis la Turquie et la Jordanie. "Nous souhaitons […] apporter une aide humanitaire aux populations sinistrées exposées aux bombardements sauvages perpétrés quotidiennement par l'armée syrienne", affirment dans un communiqué diffusé sur Internet les organisateurs de cette initiative, intitulée "Caravane de la liberté".

Le groupe, qui dit être composé d'environ 1 500 "jeunes Syriens indépendants accompagnés de jeunes pacifistes de différentes nationalités", entend franchir la frontière jeudi depuis Gaziantep, dans le sud-est de la Turquie, et Ramtha, en Jordanie. En cas de refus des autorités syriennes de les laisser pénétrer en Syrie, les militants annoncent qu'ils organiseront un sit-in devant la frontière pendant trois jours "avec la participation d'artistes syriens".

Interrogée sur les rapports entre ces militants et l'opposition syrienne, Bassma Qodmani, membre du bureau exécutif du Conseil national syrien (CNS), qui regroupe la plupart des courants d'opposition, a affirmé que le CNS "soutient pleinement cette initiative". Zeyna Adi, une militante de la caravane présente à Gaziantep, a confirmé que son groupe tenterait jeudi d'entrer en Syrie par le poste-frontière de Kilis, à environ 70 km au sud de Gaziantep, sur la route d'Alep, la deuxième ville de Syrie.

CARGO REMPLI DE MUNITIONS

Un cargo transportant des munitions vers la Syrie, le M/V Chariot, battant pavillon de Saint-Vincent et ayant appareillé de Saint-Pétersbourg, en Russie, a été intercepté par les autorités chypriotes au port de Limassol, rapporte le Cyprus Mail. Le navire avait fait escale pour faire le plein de carburant.

Selon la presse locale, jusqu'à 60 tonnes de munitions se trouvaient à bord à destination de Lattaquié. "Le navire a décidé de changer sa destination et de ne pas se rendre en Syrie, et nous avons décidé de le laisser repartir", a déclaré le porte-parole du gouvernement, Stefanos Stefanou, interrogé à la radio. Il n'a pas souhaité faire de commentaires sur la nature du chargement du bateau et n'a pas précisé vers quel port il mettrait le cap.

En 2009, Chypre avait confisqué des munitions à bord d'un navire venu d'Iran à destination de Syrie, cette cargaison violant le régime de sanctions imposé par l'ONU. De son côté, la Turquie aurait intercepté quatre camions venant d'Iran et transportant du matériel militaire destiné à la Syrie, indique un journal turc.

400 MORTS DEPUIS LE DÉBUT DE LA MISSION DE LA LIGUE ARABE

Au moins quatre civils ont été tués mercredi par des tirs des forces de sécurité syriennes à Hama, dans le centre de la Syrie, où des affrontements opposaient l'armée régulière à des déserteurs, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme. Par ailleurs, les forces de sécurité ont tiré à balles réelles et lancé des gaz lacrymogènes pour disperser une manifestation d'étudiants à Daraya, dans la province de Damas.

Selon Anouar Malek, un des observateurs de la Ligue arabe déployé en Syrie, la mission des observateurs est une farce. Les attaques contre les observateurs soulèvent des doutes sur la poursuite de leur mission, a estimé mardi le ministre des affaires étrangères turc, Ahmet Davutoglu. De son côté, le chef de l'organisation panarabe, Nabil Al-Arabi, a fait état dans un communiqué d'attaques "menées par des éléments pro-régime" à Lattaquié ainsi qu'à Deir ez-Zor, dans l'Est.

 

 

Quatre cents personnes ont été tuées en Syrie depuis le début de la mission des observateurs de la Ligue arabe le 26 décembre. Ce chiffre a été mentionné par le sous-secrétaire général de l'ONU B. Lynn Pascoe, cité par l'ambassadrice américaine à l'ONU Susan Rice, lors d'une réunion des quinze pays du Conseil de sécurité sur la Syrie. Les Nations unies avaient jusque-là fait état d'un bilan de plus de 5 000 morts depuis le début des manifestations contre le régime du président Bachar Al-Assad en mars dernier.

 

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 15:02

 

LEMONDE.FR avec AFP | 11.01.12 | 14h16   •  Mis à jour le 11.01.12 | 14h53


 

 

Selon le préfet de Bucarest et des ONG la capitale roumaine compte environ 40 000 chiens errants.

Selon le préfet de Bucarest et des ONG la capitale roumaine compte environ 40 000 chiens errants.AP/SIMON DAWSON


La décision a fait la joie des défenseurs des animaux : la Cour constitutionnelle a jugé mercredi 11 janvier qu'une loi, adoptée en novembre, autorisant l'euthanasie des chiens errants violait la Constitution.

Le projet de loi avait été adopté en novembre par la Chambre des députés.  Après consultation des habitants, à travers des sondages d'opinion, des référendums locaux ou des réunions de comités de quartiers, il visait à autoriser l'euthanasie des quadrupèdes. A l'origine de ce projet de loi controversé dans un pays qui compte de nombreux défenseurs des animaux  : le Parti démocrate libéral, au pouvoir. Il justifiait sa démarche en évoquant une "prolifération des chiens errants dans les grandes villes" et une multiplication des victimes de morsures.

Dans cette chronique, le correspondant du Monde à Bucarest raconte la "guerre" que se livrent depuis dix ans dans la capitale partisans de l'euthananise et défenseurs des animaux. "Sous la férule de Ceausescu, la moitié de la capitale a été rasée pour faire place aux HLM socialistes. Du jour au lendemain, les Bucarestois ont dû abandonner leurs maisons, et leurs chiens se sont retrouvés dans la rue, où ils se sont multipliés sans aucun contrôle", explique le journaliste.

LES ONG POUR LA STÉRILISATION

Les chiffres invoqués par le gouvernement, soit 100 000 chiens errants et quelque 12 000 personnes mordues par an rien qu'à Bucarest, ont toutefois été contestés, y compris officiellement. En mai, le préfet de Bucarest, pourtant favorable à la loi,  et des ONG avaient indiqué que la capitale roumaine comptait en réalité environ 40 000 chiens errants.

Les magistrats avaient été saisis par plus d'une centaine de députés de l'opposition socio-démocrate et libérale, qui s'opposaient à l'euthanasie des chiens errants, dits également "chiens communautaires" en Roumanie. Les ONG de défense des animaux plaident pour une stérilisation massive des chiens et dénoncent l'"irresponsabilité" des hommes politiques. Selon ces organisations, près de 145 000 chiens errants aurient déjà été tués à Bucarest entre 2001 et fin 2007, avant que l'euthanasie soit interdite.

 

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 14:48

LEMONDE | 11.01.12 | 14h38

 
 

Cela devrait être le dernier épisode "d'un feuilleton interminable", comme le qualifie son comité de soutien. Mouad Belghouate, de son nom d'artiste L7a9d, comparaissait une sixième fois, mardi 10 janvier, devant le tribunal de Casablanca, au Maroc pour "coups et blessures avec préméditation". L'audience aura duré plus de douze heures, se terminant mercredi à 6 heures du matin. Le rappeur de 24 ans est incarcéré depuis le 9 septembre pour avoir participé à une rixe en bas de chez lui, dans le quartier d'Al Wifak. Magasinier dans une société de câblage, L7a9d est rappeur : il ne commercialise pas ses disques, mais enregistre des vidéos sur Youtube et grave des CD pour son entourage.

Dans ses textes, El Haqed ("l'enragé" en arabe, son nom écrit en lettres romaines, les chiffres 7 et 9 remplaçant respectivement le H et le Q) n'y va pas avec le dos de la cuillère. Contrairement à d'autres rappeurs marocains, Bigg, M-Snoop ou H-Kayne, L7a9d ne soutient pas la politique monarchique. Au contraire, il participe au Mouvement du 20 février (M20) qui, dans la foulée des révoltes en Tunisie et en Egypte, demandait la fin de "la tyrannie". Dans ses textes, il réclame "ses droits tout de suite", préfère "vive le peuple" à "vive le roi" et précise que dans la Constitution marocaine "le roi est mentionné soixante et une fois, et le peuple qu'une seule fois".

En juillet dernier, le M20 et L7a9d obtenaient en partie gain de cause puisque l'article de la Constitution garantissant la sacralité du roi a été modifié et remplacé par "le respect dû au roi". Le 9 septembre, ce n'est pas un rappeur concurrent qui vient réclamer des comptes à L7a9d, mais un membre de l'alliance des jeunes royalistes, Mohamed Dali. Celui-ci dit avoir été attaqué par les proches de Mouad, et avoir reçu du rappeur un coup sur la nuque. Lors des audiences, il assure avoir perdu connaissance et ne s'être réveillé que le lendemain. Mais le procès-verbal de la police démontre qu'il a déposé une plainte le soir même de son agression. Ce n'est pas la seule incohérence. Il a obtenu un arrêt de travail de quarante-cinq jours ; or, trente jours après la rixe, il était photographié (le 9 octobre) en train de participer à une manifestation contre le journal Akhbar Al Yaoum, selon le comité de soutien de Mouad.

Liberté provisoire refusée

"Ce procès dépasse l'entendement, confie la réalisatrice Maria Karim, qui mène le comité de soutien. On veut faire payer à Mouad sa liberté, sa clarté et sa détermination." Depuis son arrestation, ses avocats ont demandé en vain sa mise en liberté provisoire. Elle lui a été refusée malgré les garanties : pas de passeport, un travail et un domicile fixe. Pour Karim Tazi, industriel dans le textile, directeur de la banque alimentaire au Maroc et mécène des musiques urbaines, le traitement imposé à L7a9d est un message envoyé à ceux qui voudront critiquer le roi à l'avenir, quitte à utiliser la justice : "Voilà, un jeune rappeur qui tient des propos irrévérencieux envers le chef de l'Etat et qui est coffré pour une simple rixe, résume-t-il. Le pouvoir nous dit : "Ne vous trompez pas, nous sommes dans un rapport de force et rien d'autre. Et dans celui-ci, nous vous envoyons un message clair. Nous ne rigolerons pas avec la ligne rouge que constitue la personnalité du roi.""

Le juge rendra sa décision jeudi 12 janvier, à midi.

Stéphanie Binet


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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 14:44

LEMONDE.FR avec AFP | 11.01.12 | 07h53   •  Mis à jour le 11.01.12 | 13h26

 
 

 

On n'a pas signalé mardi de victimes dans le cadre d'une grève générale contre la fin des subventions sur les carburants, alors qu'on avait dénombré six morts dans des affrontements entre policiers et manifestants la veille.

On n'a pas signalé mardi de victimes dans le cadre d'une grève générale contre la fin des subventions sur les carburants, alors qu'on avait dénombré six morts dans des affrontements entre policiers et manifestants la veille.REUTERS/AFOLABI SOTUNDE


Les violences ethniques et religieuses au Nigeria ont à nouveau embrasé le pays mardi, faisant au moins onze morts dans le Nord musulman et cinq dans le Sud chrétien. Le mitraillage d'un bar attribué au groupe islamiste Boko Haram a coûté la vie à huit personnes, dont cinq policiers, dans le Nord. Au cours d'autres heurts, trois habitants d'un village majoritairement chrétien du Nord ont été tués par des inconnus armés.

Dans le Sud, des assaillants ont attaqué et incendié en partie la mosquée centrale de la ville de Benin City après avoir visé lundi une première mosquée. Cinq personnes ont été tuées et 10 000 déplacées depuis lundi par ces violences dans un quartier haoussa, une communauté nordiste musulmane, selon la Croix-Rouge locale. Mardi, dans cette ville d'un million d'habitants, capitale de l'Etat d'Edo, une école islamique du complexe religieux ainsi qu'un bus ont été incendiés. Il s'agirait de possibles représailles antimusulmanes dans le Sud depuis la multiplication ces deux dernières semaines des attaques contre des chrétiens dans le Nord.

En revanche, on n'a pas signalé mardi de victimes dans le cadre d'une grève générale contre la fin des subventions sur les carburants, alors qu'on avait dénombré six morts dans des affrontements entre policiers et manifestants la veille. Cependant, les autorités ont imposé mardi un couvre-feu à Kaduna (Nord) après des tentatives de grévistes émeutiers de "semer le trouble". D'après des habitants, la police a violemment dispersé des milliers de personnes tentant de forcer les portes du gouvernement local.

 MENACE D'INTERRUPTION DE LA PRODUCTION DE BRUT


La grève – qui n'affecte pas à ce stade la production pétrolière du plus gros producteur d'Afrique – paralyse le pays, compliquant encore la tâche du président Goodluck Jonathan, un chrétien du Sud. Mercredi 11 janvier, troisième journée du mouvement, un syndicat des ouvriers du pétrole a menacé d'interrompre la production de brut. Le syndicat déclare attendre les résultats des discussions entre partenaires sociaux et gouvernement mercredi et menace d'arrêter la production si l'issue n'est pas favorable.

Les confédérations syndicales, à l'origine de la grève générale, exigent que le gouvernement rétablisse les subventions dont la suppression, le 1er janvier, a entraîné une brusque hausse des prix de l'essence qui affecte la plupart des Nigérians, tant pour les transports que pour l'alimentation des générateurs d'électricité. Mardi soir, le gouvernement a ordonné aux fonctionnaires grévistes de reprendre le travail, menaçant de suspendre leurs traitements.

>> Lire des témoignages de Nigerians : "le sentiment de peur est omniprésent"

"VERS UNE GUERRE CIVILE"

Dimanche, s'exprimant sur les violences religieuses le président Jonathan s'était alarmé d'une situation "pire que la guerre civile" des années 1960, en référence à la guerre sécessionniste du Biafra (1967-1970), et au caractère imprévisible des attaques religieuses. Alarmé, le Prix Nobel de littérature nigérian Wole Soyinka lui a donné raison mardi, en estimant que son pays "se dirigeait vers une guerre civile" et en accusant certains dirigeants politiques d'attiser l'intolérance religieuse.

Lors d'une interview avec la BBC, l'écrivain a même dit craindre un éclatement du Nigeria : "Quand vous êtes face à une situation où des gens peuvent aller dans un lieu de culte et tirer par la fenêtre, vous avez atteint un triste tournant dans la vie d'une nation." Dans un entretien au Monde.fr, Benjamin Augé, chercheur à l'Institut français des relations internationales, relève également les risques de guerre civile, estimant que la secte islamiste Boko Haram, qui a revendiqué les attentats visant des chrétiens, cherchait à provoquer l'affrontement interconfessionnel.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a rencontré mardi le ministre des affaires étrangères, Olugbenga Ashiru, alors que l'ONU a exprimé son inquiétude quant aux violences ethniques et religieuses dans ce pays.

 

>> Lire l'édito du "Monde" "Le Nigeria et la menace d'une guerre civile"

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 14:36

Le Monde - 11 janvier 2012

 

Interviewé sur RMC et BFM TV mardi 10 janvier, dans le cadre d'une série d'annonces concernant la politique d'immigration, le ministre de l'Intérieur Claude Guéant a déclaré qu'« il y a un taux de délinquance parmi la population étrangère qui est entre deux et trois fois supérieur à la moyenne ». Le ministre a précisé qu'il avait « fait faire des études par l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) », dont « les conclusions arrivent peu à peu » et qui montreraient que « il y a une augmentation ». Il s'agit donc à nouveau de petites phrases suggérant un lien important entre population étrangère et délinquance, sous couvert d'une apparente neutralité du fait des études d'un organisme dépendant en réalité directement du pouvoir politique (l'Observatoire national de la délinquance), le tout dans une grande imprécision.

Le procédé est ancien, c'est même un classique politique en période électorale. Il s'agit au fond de conforter les électeurs plus ou moins ouvertement xénophobes qui verront dans ces affirmations et dans les statistiques - si imprécises soient-elles - la traduction directe d’une « évidence » dans la réalité. Mais les apparences sont parfois trompeuses et surtout le racisme est un genre de myopie qui empêche de voir précisément les choses. Les recherches disponibles révèlent et mesurent en effet les multiples discriminations qui, depuis les contrôles au faciès jusqu’à l’exécution des peines, expliquent au moins en partie la « surreprésentation » des personnes de nationalité étrangère dans la délinquance enregistrée par les institutions pénales.

 

Des consignes politiques et des pratiques policières qui ciblent les étrangers

Lorsque l'on connaît la matière, il est amusant de lire que le ministre a fait faire de « nouvelles études » à l'ONDRP, dont « les conclusions arrivent peu à peu ». En réalité, la seule et unique donnée utilisée par l'ONDRP (voir sa publication précédente sur le sujet) et par le ministre est toujours la même depuis le début des années 1970 : c'est le comptage des personnes « mises en cause » par les policiers et les gendarmes dans leurs enquêtes, qui a toujours donné trois informations de base : s'agit-il d'un homme ou d'une femme, d'un mineur ou d'un majeur, d'un Français ou d'un étranger. Comment faire du neuf avec de l'ancien... Et les problèmes d'interprétation de cette donnée policière sont également toujours les mêmes, rappelés par les chercheurs depuis bien longtemps.

Pour commencer, les « mises en cause » policières dépendent en amont de l’élucidation des affaires. Or la majorité des faits constatés ne sont pas élucidés et les taux d’élucidation sont de surcroît extrêmement variables selon les types d’infractions. En outre, l’élucidation dépend en amont des plaintes mais aussi des initiatives policières, en particulier les contrôles sur la voie publique. Or, c'est un fait que ces contrôles ciblent les étrangers en raison principalement de la couleur de la peau. C’est ce que l’on appelle couramment en France les « contrôles au faciès » et, à l'étranger, le « profilage ethnique ». Cette pratique s'est certainement encore renforcée ces dernières années, pour deux raisons. La première est que, depuis 2002, l’arrestation d’étrangers en situation irrégulière est l’un des moyens qu’ont trouvé les policiers et gendarmes pour répondre à l’injonction politique d’augmentation de leurs taux d’élucidation. La seconde est que, depuis 2007 et la création du ministère de l’Immigration, le gouvernement français a décidé d’organiser une « chasse » aux étrangers irréguliers, avec des quotas statistiques imposés aux policiers et aux gendarmes afin de « faire du chiffre » dans ce domaine également (voir par exemple ici).

Quant à l'ampleur de ces discriminations dans les contrôles de police, elle commence à être connue. A l'initiative d'une fondation américaine, une équipe de chercheurs français a pour la première fois, en 2008, testé scientifiquement l'existence de contrôles au faciès (voir la source). L'étude s'est déroulée à Paris, sur des sites très fréquentés et où la présence policière est forte : dans et autour la gare du Nord et la station Chatelet-Les-Halles. Le résultat est une confirmation du fait que les contrôles de police se fondent sur l'apparence des gens : leur sexe (on contrôle surtout les hommes), leur âge (on contrôle surtout les jeunes), leur habillement (on contrôle surtout des styles comme « hip hop » ou « gothique ») et la couleur de leur peau (on contrôle davantage les Noirs et les Maghrébins). Concernant ce dernier point, les résultats sont sans appel : le fait d'avoir la peau noire entraîne un risque d'être contrôlé 3 à 11 fois supérieur selon les sites, et le fait d'avoir le type Maghrébin un risque 2 à 15 fois supérieur selon les sites étudiés.

Un poids global qui diminue au fil des ans

Pour toutes ces raisons, l’on ne peut en aucun cas considérer que les personnes mises en cause par la police constituent un échantillon représentatif de la délinquance constatée, a fortiori de la délinquance réelle. En outre, lorsque l’on raisonne sur la part des étrangers parmi ces personnes mises en cause, il faut prendre en compte le fait que certaines infractions concernent par définition les étrangers. Ce sont ce que l'on peut appeler la « délinquance administrative », constituée par les infractions à la police des étrangers, mais aussi les délits de faux documents d’identité et autres documents administratifs ainsi que le délit de travail clandestin. Pour calculer un taux d’étrangers parmi les mises en cause policières, il faut donc les soustraire.

Enfin, il faut avoir à l’esprit le fait que les étrangers mis en cause ne sont pas nécessairement des personnes résidant sur le territoire national. D’abord, la France est un pays carrefour pour la circulation des personnes et des marchandises ainsi qu'une des trois premières destinations touristiques dans le monde. Ensuite, certaines délinquances (trafic de drogue, proxénétisme...) sont par définition transfrontalières et certains ressortissants étrangers peuvent donc être arrêtés pour des délits commis en France lors même qu’ils n’y résident pas.

Tenant compte de tous ces biais, qu'en est-il de la délinquance des étrangers et de son évolution ces dernières décennies selon les statistiques de police ? Les atteintes aux biens sont stables sur l’ensemble de la période, de même que les infractions économiques et financières. Seules augmentent, surtout depuis le milieu des années 1990, les atteintes aux personnes. Mais ceci n’est pas propre aux étrangers, c’est le mouvement général qui concerne tout autant les nationaux.

En termes d'évolution, la part de la délinquance des étrangers dans les statistiques de police n'a cessé de diminuer d'environ 14 % des personnes poursuivies à la fin des années 1970 à environ 10 % de nos jours. A quelques rares exceptions près, comme les vols à l’étalage (délinquance des pauvres par excellence), la part des étrangers parmi les personnes mises en cause a baissé en trente ans dans quasiment toutes les catégories d’infraction. Ceci dément radicalement l'affirmation (volontairement floue) de Claude Guéant selon laquelle « il y a une augmentation ».

Du côté de la justice

Intéressons-nous aussi aux statistiques judiciaires, qui confirment que la structure de la délinquance des étrangers est globalement similaire à celle des nationaux. Toutefois, elles indiquent aussi que les étrangers sont plus lourdement sanctionnés que les nationaux, notamment plus souvent condamnés à des peines de prison, avec moins de sursis et des peines plus longues.

 

"Tribunal" par Min Master - flickr - licence cc

 

Comment comprendre – à infractions égales – cette plus grande sévérité à l’égard des étrangers et, en particulier, ce recours plus fréquent à la prison ferme ? Ce n'est pas une discrimination volontaire mais une sorte de cercle vicieux reposant sur la situation de précarité à la fois juridique et sociale de beaucoup d’étrangers. Qu’ils aient ou non des titres de séjour réguliers, les étrangers poursuivis pour des infractions commises sur le territoire français présentent par définition moins souvent que les nationaux des « garanties de représentation » aux procès : domicile, situation familiale, emploi. Dans de nombreuses situations, lorsqu’ils sont saisis par la police ou la gendarmerie, les magistrats peuvent craindre que les étrangers ne se présentent pas à des convocations ultérieures, voire même qu'ils ne puissent pas les convoquer faute d'adresse. Ils ont donc plus fréquemment recours à la procédure de comparution immédiate au cours de laquelle les magistrats décident plus souvent de les placer en détention provisoire, ce dont les condamnations finales tiendront généralement compte afin de « couvrir » les mois effectués en détention provisoire (voir le bilan des recherche à ce sujet). Enfin, toujours pour les mêmes raisons d’absence d’intégration économique et sociale, il y a fort à parier que les étrangers bénéficient moins que les nationaux des aménagements de peine.

Pour toutes ces raisons, les étrangers sont donc particulièrement visibles dans le système pénal, davantage que ce que leur poids véritable dans la délinquance justifierait. Utiliser des statistiques produites par le système pénal sans donner tous les éléments d'explication et d'interprétation que l'on vient de rappeler revient ainsi à faire un aveu : le but n'est pas de connaître objectivement la réalité ni de régler un quelconque problème, il est simplement de faire de la politique, avec un petit p.

 

 

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