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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 16:50

LEMONDE | 17.01.12 | 17h34

 
 

 

Le juge espagnol Baltasar Garzon risque d'être suspendu par l'administration judiciaire vendredi 14 mai 2010.

Le juge espagnol Baltasar Garzon risque d'être suspendu par l'administration judiciaire vendredi 14 mai 2010.AFP/DOMINIQUE FAGET


Madrid Correspondance - Le premier procès contre le juge espagnol Baltasar Garzon a débuté, mardi 17 janvier, au Tribunal suprême de Madrid. Le célèbre magistrat est accusé de "prévarication" pour avoir ordonné des "écoutes illégales" sur plusieurs accusés d'un vaste réseau de corruption impliquant des élus du Parti populaire (PP), baptisé "l'affaire Gurtel". Il encourt entre dix et dix-sept ans d'exclusion de la magistrature.

Le parquet, qui requiert son acquittement, avait demandé que les trois plaintes, déposées par les deux cerveaux présumés de l'affaire Gurtel, Francisco Correo et Pablo Crespo, ainsi que l'avocat d'un autre accusé, soient classées. Mais le juge instructeur, Alberto Jorge Barreiro, n'a pas suivi ses recommandations. Il estime que M. Garzon a pu porter atteinte aux droits fondamentaux des accusés en plaçant sur écoutes leurs conversations en prison, notamment celles avec leurs avocats.

Baltasar Garzon se défend en assurant que ces écoutes n'avaient en aucun cas pour but de connaître la stratégie de la défense mais, s'appuyant sur l'enquête policière qui pointait une possible connivence entre les avocats et leurs clients, d'éviter le blanchiment par des tierces personnes des fonds détournés.

Ironie du sort, M. Garzon s'est donc retrouvé sur le banc des accusés, mardi, avant les deux responsables présumés du réseau de corruption Gurtel qui, en prison préventive, attendent toujours d'être jugés pour avoir offert des millions à des élus du Parti populaire (PP, droite, actuellement au pouvoir en Espagne) en échange de juteux contrats publics.

La veille du procès, l'avocat du juge Garzon, Francisco Baena, se disait "confiant". "Je crois en la justice", affirmait-il au Monde.

Pourtant, la défense a des raisons d'être pessimiste. Le juge instructeur a refusé les éléments qu'elle souhaitait apporter, aussi bien le témoignage du juge du Tribunal suprême de Madrid qui, après avoir récupéré l'instruction de l'affaire Gurtel, a prolongé les écoutes, que celui des procureurs anticorruption qui les ont validées.

La cour se contentera donc des seules explications du juge Garzon, raison pour laquelle le procès ne devrait durer que trois jours, selon les prévisions du Tribunal.

Mais quel que soit le jugement rendu, les péripéties du juge Garzon ne s'arrêteront pas là. Le 24 janvier, le magistrat, suspendu depuis mai 2010, a de nouveau rendez-vous avec la justice, soupçonné derechef de "prévarication", cette fois-ci pour avoir voulu juger les crimes franquistes.

Le syndicat d'extrême droite Manos Limpias ("mains propres") l'accuse d'avoir ouvert une enquête sur la dictature de Francisco Franco tout en sachant l'existence d'une loi d'amnistie, votée en 1977 pour faciliter la transition démocratique. "Il a créé une brèche dans la société et rouvert des blessures que le temps avait fermées. Garzon est un cancer pour la justice espagnole", commente au Monde le président de Manos Limpias, Miguel Bernad, décoré en décembre 2011 par la Fondation Francisco-Franco pour "défendre les idéaux du mouvement".

Enfin, un troisième procès, encore en phase d'instruction, attend le juge Garzon. Il est soupçonné d'avoir perçu de la banque Santander de l'argent - qu'il n'a pas déclaré - pour deux séminaires donnés à New York. M. Garzon dément avoir été payé.

En Espagne, Baltasar Garzon est autant haï que vénéré. Connu internationalement comme le juge ayant prononcé un mandat d'arrêt international contre l'ancien dictateur chilien Augusto Pinochet, ses coups médiatiques, comme lorsqu'il demanda le certificat de décès de Franco ou tenta d'enquêter sur les atteintes aux droits de l'homme dans la prison de Guantanamo, lui ont valu autant d'amis que d'ennemis, et des jalousies au sein de la magistrature.

La presse de droite souligne que M. Garzon a tout fait pour retarder le procès pour écoutes illégales, espérant que sa première comparution ait lieu dans le cadre du procès sur l'enquête contre les crimes du franquisme. Un procès beaucoup plus médiatique et qui lui vaut le soutien d'une grande partie de la population et d'organisations non gouvernementales, telle Human Rights Watch.

La plateforme Solidaire avec Garzon, formée par des associations pour la "mémoire historique", les principaux partis politiques de gauche (dont le PSOE) et les syndicats, ainsi que des artistes espagnols de renom comme le réalisateur Pedro Almodovar ou l'écrivain Almudena Grandes, ont appelé à des rassemblements les 17, 24 et 31 janvier devant le Tribunal suprême.

"Démocrates, victimes du franquisme, défenseurs de la liberté et de l'Etat de droit, nous ne pouvons pas accepter avec indifférence la possibilité de sa condamnation, qui supposerait, écrit la plateforme, un coup irréparable et un énorme retour en arrière dans la consolidation de notre démocratie."

Sandrine Morel


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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 16:43

 

LEMONDE.FR avec AFP | 17.01.12 | 16h14   •  Mis à jour le 17.01.12 | 17h21

 
 

 

Le procureur de Nanterre, Philippe Courroye, le 18 novembre 2010.

Le procureur de Nanterre, Philippe Courroye, le 18 novembre 2010.AFP


Le procureur de Nanterre, Philippe Courroye, a été mis en examen, mardi 17 janvier, dans le cadre de l'enquête dite des "fadettes", sur la violation des sources de journalistes du Monde en marge de l'affaire Bettencourt.

M. Courroye a aussitôt contesté "vigoureusement, sur la forme et sur le fond", cette mise en examen par la juge parisienne Sylvia Zimmermann pour "collecte illicite de données à caractère personnel par un moyen frauduleux déloyal et illicite" et pour "violation du secret des correspondances". Le procureur a immédiatement déposé deux recours à la cour d'appel de Paris pour contrer cette mise en examen "d'une extrême gravité" selon lui, "puisqu'elle touche au pouvoir d'enquête du procureur de la République".

DÉCOUVRIR LES INFORMATEURS

Le procureur Courroye est soupçonné d'avoir tenté de découvrir qui informait illégalement, en 2010, des journalistes du Monde travaillant sur l'affaire Bettencourt, en réclamant leurs factures téléphoniques détaillées, communément appelées "fadettes".

 

Dans un autre volet de cette affaire d'espionnage de journalistes du quotidien, la juge Zimmermann avait déjà mis en examen en octobre le patron du renseignement intérieur, Bernard Squarcini, un proche du chef de l'Etat. Son supérieur, le directeur général de la police nationale (DGPN), Frédéric Péchenard, avait quant à lui été entendu sans être judiciairement mis en cause.

>> Lire l'article : "'Fadettes' : ce que Bernard Squarcini a dit à la juge"

PAS D'IMPÉRATIF D'INTÉRÊT PUBLIC

En décembre, le procureur de Nanterre avait affirmé ne pas avoir commis "la moindre infraction" pénale dans son enquête sur l'affaire Bettencourt. La Cour de cassation venait alors d'annuler la procédure après avoir conclu à une violation du secret des sources des journalistes.

"L'atteinte portée au secret des sources des journalistes n'était pas justifiée par l'existence d'un impératif prépondérant d'intérêt public et la mesure n'était pas strictement nécessaire et proportionnée au but légitime poursuivi", avait ainsi considéré la Cour de cassation.

En pleine affaire Bettencourt, le procureur de Nanterre, Philippe Courroye, avait adressé aux enquêteurs "des réquisitions" afin d'identifier les sources de Gérard Davet et Jacques Follorou, après des fuites dans Le Monde au sujet d'une perquisition ordonnée par la juge Isabelle Prévost-Desprez.

>> Lire le décryptage : "Comment la police a fait parler les 'fadettes' du 'Monde'"

"CHANT DU CYGNE"

Autrefois auréolé d'une réputation d'intransigeance vis-à-vis du pouvoir, alors qu'il était juge d'instruction à Paris, Philippe Courroye est la cible de vives critiques ciblant sa proximité supposée – qu'il réfute – avec le président Nicolas Sarkozy.

Lundi, lors de l'audience solennelle de rentrée du tribunal de grande instance de Nanterre, alors qu'il se savait convoqué dans le cabinet de Mme Zimmermann, il avait fustigé les "donneurs de leçon fielleux dépourvus de mémoire et de bilan". Le président de l'Union syndicale des magistrats, Christophe Régnard, présent à cette audience, avait qualifié ce discours de "chant du cygne", rempli "d'autosatisfaction et d'autojustification" et manquant de "prise de recul".

 

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 16:38

LEMONDE.FR | 17.01.12 | 13h52   •  Mis à jour le 17.01.12 | 17h40

 
 

 

"Les conseillers allemands, suédois ou britanniques semblent avoir plus d'autonomie et de leviers que les conseillers français" de Pôle emploi, notent les deux rapporteurs.

"Les conseillers allemands, suédois ou britanniques semblent avoir plus d'autonomie et de leviers que les conseillers français" de Pôle emploi, notent les deux rapporteurs.AFP/JEFF PACHOUD


“Former et pas seulement indemniser, tel doit être notre but”. A quelques semaines de la fin de son mandat, Nicolas Sarkozy a fait des chômeurs et de leur formation l'une de ses priorités, qui sera abondamment discutée lors du sommet pour l'emploi. Une nouvelle fois : sommet social en 2009, lois, décrets, et discours sur ce thème ont ponctué le quinquennat. Pourtant, la formation des chômeurs n'est pas au mieux.

Fin 2009, la Dares comptabilisait 8% des demandeurs d'emploi en formation, contre 10% fin 2004. On comptait 637 000 entrées en formation de demandeurs d'emploi en 2003, on n'en recense plus que 516 000 en 2008, un recul de 18% en cinq ans.

 

 RIGIDITÉS

La France consacrait, en 2009 pas moins de 31 milliards d'euros à la formation continue des adultes, dont 15% destinés aux chômeurs. Une manne qui ne se traduit pas en efficacité. Les associations de chômeurs parlent de “parcours du combattant” pour parvenir à décrocher une place, ou d'offres “inadaptées”. Ce que confirment les chiffres.Selon l'Insee, citée dans un rapport de Jean-Marie Marx sur la formation des chômeurs, rendu en janvier 2010, seuls 10 % des chômeurs anciens ouvriers, sont entrés en formation, contre 27% de ceux qui étaient cadres avant de perdre leur emploi. De même, 18 % des 26-49 ans étaient formés, contre seulement 5,6% des 55-59 ans et 10,6 % des moins de 25 ans.

Président d'ABCDE, une association de chômeurs en Alsace, Marc Desprats juge que “les formations sont essentiellement tournées vers des gens proches de l'emploi”, et visent trop, selon lui, à fournir un emploi direct à leur sortie plutôt qu'une aide à la réorentation professionnelle. De fait, aucun métier liée à l'informatique ou aux nouvelles technologies ne figure dans les dix formations les plus demandées auprès de l'association pour la formation professionnelle des adultes (AFPA).

>>> Lire aussi Albert Rose, 57 ans, employé "comme un stagiaire, à faire des photocopies"


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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 16:33

LEMONDE.FR avec AFP | 17.01.12 | 06h51   •  Mis à jour le 17.01.12 | 07h36

 
 

 

Photo prise le 29 février 2009, dans une agence Pôle emploi de Dijon, d'un employé conseillant un demandeur d'emploi.

Photo prise le 29 février 2009, dans une agence Pôle emploi de Dijon, d'un employé conseillant un demandeur d'emploi.AFP/JEFF PACHOUD


Pôle Emploi se trouve aujourd'hui "au bord de l'implosion", avec dans certains départements 200 chômeurs suivis par chaque conseiller, et même un record de 655 chômeurs pour un agent dans l'Essonne, révèle, mardi 17 janvier, Le Parisien-Aujourd'hui en France.

Une enquête réalisée par le quotidien montre que, contrairement aux chiffres officiels qui évoquent une moyenne de 115 chômeurs par conseiller, "la moyenne flirte avec les 200 chômeurs par conseiller" dans les départements de la Seine-Saint-Denis ou le Val-de-Marne. A Garges-les-Gonesses (Val-d'Oise), un conseiller est même censé suivre 516 personnes par mois et un autre à Yerres (Essonne) le chiffre record de 655 chômeurs.

Face à cette situation catastrophique, due à la crise économique, à la montée brutale du chômage et au manque de moyens de Pôle Emploi, des conseillers interrogés par le quotidien se sont dit "obligés de jongler" et de se concentrer sur les cas les plus urgents. L'un voit ses 300 demandeurs d'emploi "une fois par trimestre", l'autre leur accorde dix minutes d'entretien par téléphone au lieu de les rencontrer personnellement, affirmant que "c'est devenu une pratique officielle". Enfin, indique Le Parisien, certains conseillers choisissent de convoquer les chômeurs par petits groupes.

Le quotidien ajoute que la nouvelle direction de Pôle emploi a décidé que désormais, "seuls les chômeurs les plus en difficulté bénéficieront d'un accompagnement renforcé".

 

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 16:29

 

Le Monde - 17 janvier 2012

 

Au petit matin, la « marche funèbre » des « indignés »

Cercueil en carton peint en noir, masques de "V", panneaux au slogan percutant... Pour leur première manifestation, les "indignés" dunkerquois semblent avoir tout compris de la meilleure façon d'attirer les médias locaux : leur promettre de belles images. Ils sont  une douzaine à s'être ainsi donné rendez-vous à 8 heures du matin pour participer à une "marche funèbre" pour l'emploi à l'occasion du sommet social de mercredi.

 

Sous le soleil levant, les "indignés" transportent le cercueil de l'emploi. © Elodie Ratsimbazafy

Sous le soleil levant, les "indignés" transportent le cercueil de l'emploi. © Elodie Ratsimbazafy

 

A l'arrière du cortège, Alain Marsy, 56 ans, ouvrier depuis 1970, est convaincu que ce mouvement "va prendre de l'ampleur". Adepte du théâtre de rue , il se prête volontiers aux demandes des photographes et des cameramen. Le grand manteau noir et l'écharpe rouge, c'est son "clin d’œil" à Jean-Luc Mélenchon et aux militants du Front de gauche qui attendent le cortège devant l'agence Pôle Emploi de Bazennes.

 

Alain Marsy pose devant un bateau de SeaFrance. © Elodie Ratsimbazafy

Alain Marsy pose devant un bateau de SeaFrance. © Elodie Ratsimbazafy

 

Pas question pour autant de confondre les combats, précise Guillaume, 27 ans, qui a initié le mouvement à Dunkerque en novembre, au retour d'un stage en Espagne. "Nous ne sommes pas fermés à une collaboration ponctuelle avec le Front de gauche ou des syndicats, mais nous n'avons pas de visée politique. Nous sommes un rassemblement de citoyens déçus par les partis." "On aimerait que le mouvement soit encore plus représentatif et encore plus large que notre noyau dur de jeunes diplômés", ajoute Mathieu, 34 ans, surveillant dans un collège depuis une dizaine d'années.

 

Devant l'antenne Pôle Emploi de Bazennes, les "indignés" retrouvent quelques militants du Front de gauche. © Elodie Ratsimbazafy

Devant l'antenne Pôle Emploi de Bazennes, les "indignés" retrouvent quelques militants du Front de gauche. © Elodie Ratsimbazafy

 

Au-delà des belles images, les "indignés" dénoncent les différents projets du gouvernement visant, selon eux, à "imposer aux travailleurs une flexibilité à outrance : CDD de 30 mois ou CDI intérimaire, chômage partiel facilité, modulation à la carte du temps de travail avec une baisse de salaire". Alain Marsy compte d'ailleurs bien interpeller le candidat François Bayrou sur toutes ces questions "d'avenir et de société"  lors de sa venue jeudi à Dunkerque pour un meeting de campagne.

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 16:21

 

Vive le sport 17/01/2012 à 11h03

François Krug Journaliste Rue89


 

Les salariés du groupe Atos, « partenaire informatique » des Jeux olympiques, sont gâtés. Leur PDG, l'ancien ministre de l'Economie Thierry Breton, propose aux volontaires d'assister aux JO... en venant travailler à Londres pendant leurs vacances.

 

Voir le document

(Fichier PDF)

 

La bonne nouvelle a été annoncée aux salariés le 23 décembre, dans un e-mail du PDG – pardon : dans une « CEO communication », puisque l'anglais est la langue officielle du groupe français.

Ce n'est donc pas une expérience unique que leur propose Thierry Breton, mais carrément une « once in a lifetime chance » : quarante volontaires vont pouvoir partir à Londres et assister aux Jeux olympiques.

Ils auront accès aux coulisses de l'événement, et pourront croiser des athlètes... et surtout des collègues. Il s'agit en effet d'aller renforcer l'équipe travaillant déjà à Londres :

« L'équipe s'agrandit vite et doit être complétée de quarante volontaires au moment des Jeux – nous vous invitons donc à postuler pour devenir un volontaire ! [...] »

Plaisir d'offrir

Thierry Breton offre en fait aux salariés une « once in a lifetime chance » de prendre des vacances pour travailler :

« Conformément à l'esprit du mouvement des Jeux olympiques, ce programme repose sur le volontariat. Vous offrirez votre temps de vacances et vos talents à la famille des Jeux olympiques, en échange d'une expérience olympique unique dans une vie. La performance de chaque volontaire contribue au succès olympique de milliers d'athlètes, de millions de spectateurs et de milliards de téléspectateurs ! »

Dans son message, le PDG d'Atos détaille d'ailleurs les profils recherchés : des experts de Windows et d'Unix, des spécialistes des systèmes de données, des techniciens pour assurer la transmission des résultats des compétitions...

« Il ne s'agit pas de travailler 24 heures sur 24 »

Atos cherche simplement à « faire plaisir » aux amateurs de sport, explique-t-on au service communication. Le système était déjà en place lors des précédents JO, dont le groupe était aussi partenaire :

« C'est une opportunité qui est offerte aux salariés. Ils sont volontaires parce qu'ils ont envie d'aller aux JO. Il ne s'agit pas de travailler 24 heures sur 24 ! Vous pouvez aller aux compétitions, suivre les JO en direct... »

Plus excitant, effectivement, que de regarder les Jeux à la télévision comme les autres vacanciers...

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 16:16

LEMONDE.FR avec AFP | 17.01.12 | 16h06   •  Mis à jour le 17.01.12 | 16h19

 
 

 

L'estuaire de la Loire à Paimboeuf pollué par une centaine de tonnes de fioul d'une raffinerie Total, le 18 mars 2008.

L'estuaire de la Loire à Paimboeuf pollué par une centaine de tonnes de fioul d'une raffinerie Total, le 18 mars 2008.AP/DAVID VINCENT


Le géant pétrolier Total a été condamné mardi 17 janvier par la justice française à une amende de 300 000 euros pour pollution, conformément aux réquisitions du parquet, après la fuite de fuel de sa raffinerie de Donges (ouest) en 2008 qui avait pollué l'estuaire de la Loire. En revanche, les réparations pour préjudice écologique demandées par des associations qui se sont portées parties civiles, ont été rejetées par le tribunal de Saint-Nazaire.

Il était reproché à la société Total raffinage marketing, en tant que personne morale, le déversement de fioul-soute "dans les eaux souterraines superficielles ou de la mer", le rejet de cet hydrocarbure "nuisible pour le maintien ou la consommation de la faune ou de la flore" et l'"exploitation non conforme d'une installation classée autorisée". Le groupe a cependant été relaxé de cette dernière infraction.

 

500 TONNES DE FUEL DANS LA NATURE

Le département de Vendée et la région des Pays de la Loire se sont vu par ailleurs accorder 50 000 euros chacun au titre du préjudice moral. Le tribunal a également accordé 20 000 euros à la Ligue de protection des oiseaux (LPO) et au réseau d'associations France Nature Environnement (FNE).

Le procureur avait requis lors du procès, en octobre dernier, une peine d'amende de 300 000 euros contre le groupe pétrolier français pour sa "négligence" en matière de prévention des risques, qu'elle avait qualifiée de "coupable".

Le 16 mars 2008, une fuite de fuel était signalée par Total sur une canalisation de la raffinerie. D'abord sous-évaluée, la pollution se révélera bien plus importante que prévu avec 500 tonnes de perdues, dont 180 tonnes se sont dispersées dans le milieu très fragile de l'estuaire de la Loire.

 

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 12:17
*Rappel à Nîmes les Indignés se mobilisent depuis ce matin  et jusqu'à 16h30. Pour commencer, au pôle emploi qui se trouve en face du parc des expositions.

| Par La rédaction de Mediapart

A la veille du «sommet social» voulu par Nicolas Sarkozy, plusieurs associations de chômeurs ou de précaires (AC!, la CGT-Chômeurs, Génération précaire, Recours-Radiation, etc.), syndicats (FO Intérim, CNT, CGT-Pôle Emploi, SUD, SNU, etc.) et partis politiques (Front de gauche, NPA...) appellent à occuper les agences de Pôle Emploi.

 

La liste des lieux de rendez-vous.

 

 

 

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 12:14
| Par Ludovic Lamant
Lire aussi

Les Islandais pourraient faire d'une pierre deux coups, le 30 juin prochain: voter, comme il est prévu de longue date, pour un chef d'Etat, et se prononcer, au même moment, sur le projet d'une nouvelle constitution, censée tourner la page de la crise financière sur l'île. L'avocate Katrin Oddsdottir, l'une des membres de cette Assemblée constituante, veut y croire. Elle était l'invitée, aux côtés d'autres activistes et «indignés» à travers le monde, d'une journée organisée à Paris le 15 janvier, par Attac-France, autour des questions de dette et démocratie.

Son témoignage a posé une question revigorante à la salle: le scénario à l'islandaise pourrait-il se propager à l'Europe toute entière, alors que l'Union semble plus que jamais menacée d'implosion? En octobre 2008, l'Islande fait faillite. Les 320 000 insulaires découvrent, abasourdis, l'essor extravagant des banques islandaises au cours des années 2000, et la corruption de leur classe politique, à l'origine du krach. Des citoyens en colère s'emparent de la rue.

Ils seront près de 50.000, au plus fort de la mobilisation, à se rassembler, devant le Parlement islandais, en fin d'année. Le gouvernement conservateur démissionne. De nouvelles élections sont organisées début 2009, qui donnent la victoire à un gouvernement de centre gauche. Surtout, un scrutin un peu particulier désigne, l'année suivante, 25 citoyens, chargés d'écrire une nouvelle Constitution. Leur idée: pour sortir de la crise, l'Islande doit aussi en finir avec sa Constitution sclérosée, un simple copié collé d'une vieille constitution danoise.

 

Le Parlement islandais, à Reykjavik. Février 2011. 
Le Parlement islandais, à Reykjavik. Février 2011.


Les débats durent plusieurs mois, retransmis sur un site internet, alimentés par des contributions d'internautes. A l'été 2011, le texte est finalisé, et traduit en anglais. Depuis, les députés, soucieux de conserveur leurs positions, freinent des quatre fers pour organiser un référendum en bonne et due forme. Mais l'élection présidentielle pourrait offrir l'occasion rêvée de proposer ce texte aux citoyens (Mediapart a déjà raconté l'aventure islandaise à travers une série de reportages à Reykjavik, et un article plus récent).

Pourrait-on lancer une «constituante» en Europe, pour réconcilier les citoyens avec l'Union, sur le modèle islandais? Le projet séduit en tout cas Yves Sintomer, sociologue à l'université Paris-8, lui aussi présent autour de la table, dimanche lors du débat organisé par Attac. Ce chercheur, spécialiste des techniques de la démocratie et des «votations citoyennes», a même dessiné, à grands traits, un scénario possible: un tirage au sort, à grande échelle, de citoyens aux quatre coins du continent, qui seraient appelés à écrire une nouvelle constitution européenne. Un texte qui pourrait, pourquoi pas, être soumis au vote lors des européennes de 2014.

Re-politiser une «Europe usée»?

 

 

Avantage de cette technique, selon Sintomer: elle ignore les partis politiques, qui tendent à nationaliser les débats sur l'Europe. Et pourrait aboutir à la formation d'un véritable espace public européen, comme l'Union en a connu à de trop rares occasions (les manifestations contre la guerre en Irak, en 2003, par exemple). Dans un long entretien accordé à Mediapart en décembre, le sociologue expliquait déjà: «Au vu de la profondeur du décrochage des classes populaires par rapport à la politique, je trouverais utile de réactiver l’idée de recourir au tirage au sort. Cela augmenterait la diversité sociale des représentants qui se prononcent sur les affaires publiques du pays».

Egalement présente à la table dimanche, Cécile Stratonovitch, une «indignée» française, a précisé, de son côté, que l'écriture d'une loi fondamentale, pour l'Europe, serait mise en débat, au sein de son collectif, en février.

Bien sûr, cette proposition, alternative énergique au laborieux «pacte budgétaire» voulu par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, en cours de rédaction à Bruxelles, peut faire sourire certains. Totalement irréaliste, jugeront-ils, et ils n'auront pas tout à faire tort. D'autant que l'Islande et ses 320.000 habitants, ne pèsent pas lourd face aux 400 millions d'Européens. Cette idée s'inscrit pourtant dans un débat décisif, si l'on veut sortir l'Europe du marasme actuel.

S'il n'aboutit pas aux mêmes propositions, Maxime Lefebvre, directeur des relations internationales à l'ENA, dresse à peu près le même diagnostic, dans un article publié par la revue Politique étrangère, qui consacre son dernier numéro à la «déconstruction» de l'Europe. Le projet européen, écrit-il, est englué dans une triple crise: celle de sa gouvernance (rongée par le «déficit démocratique»), de son identité (une Europe de plus en plus fragmentée, malmenée par les élargissements à répétition) et de son moral («l'Europe apparaît comme usée»).

Dans ce contexte, l'un des remèdes, pour avancer et «réenchanter le rêve européen», consisterait, selon Maxime Lefebvre, à «re-politiser» l'Union. Par exemple en constituant «des listes transnationales aux élections européennes», et en organisant «des primaires transnationales pour désigner le candidat à la présidence de la Commission». Alors que la zone euro s'approche toujours plus près du ravin, une bonne nouvelle prend forme, dans l'urgence: les langues se délient, et le chantier institutionnel se rouvre.

 

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 12:08
| Par Edwy Plenel

Avec Finissons-en!, qui sort cette semaine aux éditions Don Quichotte, Mediapart achève l'inventaire du bilan de la présidence Sarkozy commencé avec un premier tome, N'oubliez pas !, paru il y a deux ans. Manuels civiques, avec une chronologie détaillée et des index, par noms et par thèmes, ces deux ouvrages donnent la mesure de la dégradation française depuis 2007, aussi bien sociale que démocratique, morale qu'internationale. En avant-première, voici son introduction en guise de présentation de ce livre collectif, coordonné par Sophie Dufau.


 

Les journalistes devraient être interdits d’avenir. Empêchés de prédictions, de pronostics ou de scénarios futuristes. Il suffit déjà qu’ils s’occupent avec soin du présent, lui-même encombré de passé. Qu’ils le décryptent dans ses moindres recoins, qu’ils arpentent tous ces territoires, qu’ils fouillent dans ses placards à mémoires, qu’ils révèlent ses réalités occultées, qu’ils dévoilent ses potentialités cachées. C’est à cette condition-là, à cette condition seule, qu’ils rempliront la fonction démocratique qui, socialement, les légitime : satisfaire le droit de savoir des citoyens, leur offrir toutes les informations d’intérêt public sans lesquelles ils ne pourraient contrôler ce qui est fait en leur nom, leur donner ainsi les moyens d’être libres et autonomes dans leurs choix et leurs décisions, leur permettre en somme d’assumer véritablement cette souveraineté qui, en démocratie, est théoriquement la leur.

 

Prendre en charge le présent, sans oublier le passé, c’est ce que n’a cessé de faire l’équipe de Mediapart face à l’hyperprésidence de Nicolas Sarkozy dont le moteur est l’oubli. Ce pouvoir a inventé la politique essuie-glaces, ce va-et-vient des agendas et des discours avec l’obsession de la survie plutôt que de la cohérence : d’une annonce à l’autre, d’une manœuvre à une mise en scène, d’un mensonge à un revirement, il s’est toujours appliqué à effacer ses propres traces, des promesses envolées d’hier au bilan désastreux d’aujourd’hui. C’est à la fois sa ruse et son talent. Ruse d’une politique sans principes qui s’attache à piéger ses adversaires en leur imposant d’incessants virements de bord, changements d’angles ou variations de thèmes. Talent d’une politique de coups qui, cherchant obsessionnellement son rebond dans l’actualité, érige la maîtrise de l’agenda médiatique en règle d’or.

 

Depuis sa création en mars 2008, précédée de son annonce le 2 décembre 2007, Mediapart s’est efforcé de relever ce défi lancé au journalisme par un pouvoir qui ne supporte ni son indépendance ni son impertinence. Agendas contre agendas. Informations contre communications. Révélations contre fictions. En somme, ne pas laisser le pouvoir dicter au peuple son ordre du jour. Ne pas être dupe, ne pas céder aux artifices, ne jamais cesser d’être curieux et ne jamais perdre la mémoire. De cet entêtement témoigne cet ouvrage, Finissons-en !, achèvement d’un travail commencé en janvier 2010 avec N’oubliez pas ! : le décryptage au jour le jour des faits et gestes de la présidence Sarkozy.

 

 

Dans l’entrelacement d’une chronologie méticuleuse et détaillée, d’articles fouillés rebondissant sur l’une ou l’autre des dates clés, de synthèses transversales développant une thématique et de contributions de nos abonnés, issues du Club participatif de notre journal en ligne et présentées sous l’intitulé « Discussion », ce deuxième tome propose, tout comme le premier qu’il prolonge et complète, un manuel citoyen indispensable à la veille de l’élection présidentielle de 2012. En se souvenant, pas à pas, de ce qui fut fait et défait, dit et contredit, on comprend mieux avec quoi il convient d’en finir : non pas seulement avec ce président-là, qu’il suffirait de remplacer par un autre, mais avec le système qui l’a produit et qu’il a servi, lequel système entend bien tout faire pour survivre aux échéances électorales, fussent-elles marquées par une alternance partisane.

 

« Un journaliste en possession de faits est un réformateur plus efficace qu’un éditorialiste qui se contente de tonitruer en chaire, aussi éloquent soit-il. » Cette affirmation de Robert E. Park, fondateur de l’école de sociologie de Chicago et, surtout, ancien journaliste lui-même, pourrait résumer la ligne éditoriale de Mediapart telle que l’illustre Finissons-en ! Nous nous efforçons de mettre sur la table du débat démocratique des informations qui ne soient ni redondantes ni confortables : des faits qui réveillent, dérangent, bousculent, éclairent autrement, interpellent différemment. Convaincus, pour citer encore Park, que « ce sont les informations plutôt que les commentaires qui font l’opinion », notre curiosité journalistique nous entraîne vers l’inconnu et ses surprises plutôt que vers le connu et ses confirmations.

 

Cette quête collective de l’inédit, dont nos révélations inaugurales dans tous les grands scandales du quinquennat – les affaires Tapie, Karachi, Bettencourt, Wildenstein, Takieddine… – ne sont qu’une des facettes, ne relève pas d’un goût particulier pour le spectaculaire, comme le laissent parfois entendre les détracteurs de ce journalisme d’enquête qui ne se satisfait pas des apparences. Elle témoigne plutôt d’une conviction démocratique, illustrée par une pratique professionnelle : il ne saurait y avoir de délibération démocratique véritable, loyale et sincère, pluraliste et inventive, si le peuple n’est pas informé largement des affaires publiques, autrement dit sans transparence sur tout ce qui est d’intérêt public. « La publicité de la vie politique est la sauvegarde du peuple » : l’énoncé inaugural de ce principe en août 1789 par le président du tiers état, Jean-Sylvain Bailly, a inspiré notre manifeste en défense d’une presse libre (Combat pour une presse libre, Galaade, 2009).

 

Mais, dans notre modernité médiatique, d’abondance et d’instantanéité, de trop-plein et de temps réel, d’uniformisation marchande d’un bien démocratique qui, du coup, perd en valeur, en crédit et en rareté, l’information peut aussi bien tuer l’information : l’effacer, l’étouffer, la zapper, l’enfouir et l’égarer, voire la corrompre. D’où l’urgente nécessité d’en revenir à la jeunesse de notre métier : la nouvelle qui étonne, l’information qui fait événement, la vérité de fait qui dérange. Autrement dit de créer des ruptures dans ce flux d’informations qui nous emporte sans laisser le temps de réfléchir ou de discuter, nous transformant en foule anonyme et passive plutôt qu’en public renseigné et actif. L’information qui surprend est aussi celle qui provoque un arrêt stupéfait ou une pause intriguée, qui nourrit la conversation publique et qui appelle un débat contradictoire.

 

Le danger du monstre doux

Cet étonnement de la nouvelle inédite renvoie donc à une pratique sensible de la démocratie, d’une démocratie réellement partagée parce que faisant vivre la promesse initiale de l’égalité des droits. D’une démocratie dont la délibération, sans cesse renouvelée et créatrice, respecte le droit d’alerte, accepte l’interpellation dérangeante des nouvelles indociles et tire profit des alarmes venues de la société elle-même. Tout le contraire d’une démocratie confisquée par une minorité qui, prétendant savoir ce qui est bon pour le peuple à sa place, confond le bien public avec son intérêt personnel. En aggravant tous les travers du présidentialisme français, cette réduction de la volonté populaire au pouvoir d’un seul, le quinquennat de Nicolas Sarkozy en aura été l’illustration accomplie, que n’a cessé de documenter Mediapart.

 

Au croisement de la politique et de l’argent, d’une politique devenue profession et d’un argent devenu son maître, cette présidence s’est affirmée, depuis le premier jour, comme un pouvoir privatisé au service d’une petite cohorte de privilégiés, bénéficiant de ses cadeaux et profitant de ses injustices. Ce ne fut pas le président des riches, mais celui des très riches, dans une accentuation aussi accélérée qu’impudente des inégalités.  Non pas une présidence efficace, mais une présidence intéressée – où les intérêts particuliers l’emportent sur les idéaux collectifs. Mais cette description, où se mêlent violence symbolique, irresponsabilité morale et impuissance effective, est encore trop rassurante. A trop personnaliser le bilan, on risque en effet de louper l’essentiel : le signal d’alarme que nous lance cette réalité politique, mélange de déclin démocratique et de décadence nationale.

 

L’excès individuel cache ici le danger systémique. Dans son outrance particulière, cette hystérisation égocentrique du pouvoir, Nicolas Sarkozy n’est que l’instrument de la dangereuse dérive d’un système en faillite. Combinant une crise historique du capitalisme, une troisième révolution industrielle et un décentrement géopolitique mondial, l’époque de transition incertaine que traversent nos sociétés confronte un vieux monde qui ne veut pas mourir à une jeune alternative qui peine à naître. De cette tension, l’avenir n’est pas écrit, entre course à l’abîme et éveil de l’espérance. Le sarkozysme siège à ce carrefour, indiquant une voie inédite dont il est l’un des laboratoires, celle de ce « monstre doux » récemment décrit par l’Italien Raffaele Simone où l’ascension du divertissement accélère l’endormissement des consciences, dans la confusion entre fiction et réalité (cf. Raffaele Simone, Le Monstre doux, Gallimard, coll. « Le Débat », 2010).

 

Sous-titré L’Occident vire-t-il à droite ?, l’essai de Simone eut le grand mérite d’exhumer une vieille prophétie d’Alexis de Tocqueville dans De la démocratie en Amérique (1840), cette réflexion fondatrice sur la nouveauté démocratique par le détour de son laboratoire nord-américain. « Si le despotisme venait à s’établir chez les nations démocratiques de nos jours, écrit ainsi Tocqueville, il serait plus étendu et plus doux, et il dégraderait les hommes sans les tourmenter. » Dès lors, il imagine cette « chose nouvelle » que serait ce despotisme inconnu, né d’une société dont chacun des membres serait « comme étranger à la destinée de tous les autres », n’existant « qu’en lui-même et pour lui seul », perdu dans « une foule innombrable d’hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils remplissent leur âme ».


Cette dépossession démocratique à l’abri d’un vernis démocratique verrait l’ascension, au-dessus de ceux qu’il gouverne, d’« un pouvoir immense et tutélaire qui se charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort ». Ce pouvoir-là « ne brise pas les volontés, mais il les amollit, les plie et les dirige ; il force rarement d’agir, mais il s’oppose sans cesse à ce qu’on agisse ; il ne détruit point, il empêche de naître ; il ne tyrannise point, il gêne, il comprime, il énerve, il éteint, il hébète, et il réduit enfin chaque nation à n’être plus qu’un troupeau d’animaux timides et industrieux, dont le gouvernement est le berger ».


« J’ai toujours cru, conclut Tocqueville, que cette sorte de servitude, réglée, douce et paisible, dont je viens de faire le tableau, pourrait se combiner mieux qu’on ne l’imagine avec quelques-unes des formes extérieures de la liberté, et qu’il ne lui serait pas impossible de s’établir à l’ombre même de la souveraineté du peuple. » Et de laisser tomber cette sentence définitive qui rejoint nos inquiétudes contemporaines : « Dans ce système, les citoyens sortent un moment de la dépendance pour indiquer leur maître, et y rentrent. » Nul hasard sans doute si cette alarme, trop longtemps oubliée, fut prise au sérieux et souvent citée par Pierre Mendès France, le plus entêté des républicains français dans le refus de la personnalisation du pouvoir induite par la Cinquième République – « Choisir un homme, fût-il le meilleur, au lieu de choisir une politique, c’est abdiquer. »

Réfléchissant en 1976 à la question du pouvoir, Mendès France s’inquiétait du possible avènement d’une « situation de despotisme de fait » conduisant « insensiblement à cette “tyrannie douce” dont parlait Tocqueville » (cf. Pierre Mendès France, La vérité guidait leurs pas, Gallimard, coll. « Témoins », 1976). « Appelés au gouvernement, expliquait-il, certains peuvent être tentés de transformer une mission conditionnelle et révocable en une sorte de délégation permanente : se croyant et se disant investis d’une grande mission, persuadés qu’ils font mieux que l’adversaire, ils peuvent chercher à conserver le pouvoir en abusant d’une propagande unilatérale, en exploitant le charisme d’un chef, les mythes, les peurs et les craintes, le chauvinisme et le racisme, l’égoïsme de classe, les promesses de la démagogie. »


Ces mots d’hier résument l’enjeu de 2012, alors qu’en France, une même famille politique, fût-elle traversée de querelles fratricides, tient la présidence de la République depuis dix-sept ans, de Jacques Chirac à Nicolas Sarkozy.

 

Les oligarques contre la démocratie

Plus que jamais, il importe d’enrayer cette confiscation du pouvoir sous le vernis d’une démocratie dévitalisée et dénaturée. Avec le renfort de son exception bonapartiste, ce césarisme lové au cœur de ses institutions et résumé par l’article 16 de sa Constitution qui, tel une épée de Damoclès suspendue au-dessus du peuple, autorise un coup d’Etat légal de l’exécutif, la France de Nicolas Sarkozy est peut-être le laboratoire européen où s’invente cette inédite tyrannie douce. Aussi vaudrait-il mieux interrompre d’urgence l’expérience.

 

Ce n’est pas gagné, tant nos temps de crise jouent en sa faveur, à moins d’un sursaut populaire. De la guerre libyenne à la crise financière, l’année 2011 a mis en scène cette dépossession démocratique où les peuples deviennent spectateurs de leur propre histoire, condamnés à subir sans savoir ni pouvoir. Le secret et la peur sont les armes de ce coup d’Etat rampant qui met en pratique la « stratégie du choc » si précisément décrite par Naomi Klein, cette « montée d’un capitalisme du désastre » (Naomi Klein, La Stratégie du choc, Leméac/Actes Sud, 2008). Le peuple français n’a pratiquement rien su de la guerre en Libye, qu’il s’agisse de ses moyens, largement travestis, ou de ses buts, clairement transgressés. Quant à l’accélération de la crise, résultat de l’imprévoyance et des renoncements du pouvoir quand elle débuta, en 2008, l’opacité y règne en maître, à l’image de cette dette abyssale, lourdement aggravée depuis 2007, qui échappe à un audit public permettant d’entrevoir ses responsables et de désigner ses profiteurs.

 

Ayez peur, et je m’occupe du reste ! Tel est le viatique habituel des politiques de la peur : enfermer le peuple dans des frayeurs qui lui ôtent discernement et curiosité, afin de pouvoir agir sans contrôle en son nom. De ce point de vue, l’épisode libyen fut un cas d’école, tant ce zèle guerrier pour, prétendument, secourir un peuple de culture musulmane s’est accompagné, en France même, d’une diabolisation accentuée de l’islam par le pouvoir. Face au réveil démocratique des peuples arabes, le sarkozysme s’est engouffré dans la brèche libyenne pour, à la fois, effacer les traces de ses compromissions avec les dictatures renversées ou ébranlées et imposer une pédagogie de la violence qui restaure une image de puissance et une logique de domination, alors même que des révoltes pacifiques les mettaient à mal.

 

Quant à la purge européenne imposée fin 2011 à la Grèce et à l’Italie par un directoire franco-allemand soumis aux volontés des marchés, elle fut une spectaculaire leçon de servitude, avec une démocratie congédiée et des peuples ignorés. Si nous n’y prenons garde, la crise sera le marchepied de cette nouvelle tyrannie où des fondés de pouvoir de l’oligarchie régnante, technocrates et experts, gouvernent à l’abri du peuple, loin de ses regards et de ses scrutins. Comme le rappelait en 2005 le philosophe Jacques Rancière, dans La Haine de la démocratie (La Fabrique, 2005), l’idéal démocratique affrontera toujours des périls oligarchiques, tant il les défie par sa promesse scandaleuse. Sans privilège de naissance, de fortune ou de savoir, j’ai le droit de m’en mêler, de m’exprimer, de voter, de gouverner : tel est son énoncé principiel où la démocratie s’affirme comme le régime de « n’importe qui », un espace vide qu’il nous revient tous de remplir et d’animer.

 

A l’inverse, les oligarques s’en veulent propriétaires, habillant les intérêts sociaux minoritaires qui les animent de la compétence que leur donnerait l’expérience, l’éducation ou la naissance. Dix ans avant la mise en garde de Rancière sur cette nouvelle haine de la démocratie, celle de ceux pour qui « il n’y a qu’une seule bonne démocratie, celle qui réprime la catastrophe de la civilisation démocratique », l’un des porte-parole immuable de l’oligarchie française annonçait sans fard le programme. En janvier 1995, Alain Minc publiait L’Ivresse démocratique (Gallimard, 1995), essai dont les juges trop indépendants et les journalistes trop curieux étaient les cibles privilégiées. En vue d’un rendez-vous présidentiel qui, d’Edouard Balladur à Nicolas Sarkozy, devra encore patienter douze ans, il s’y adressait à un futur Président de la République pour l’inviter à un coup d’Etat à froid – résumé par cet euphémisme : « un nouveau 1958 silencieux » – afin de « dominer l’ivresse démocratique qui nous guette et qui, insidieusement, commence à s’emparer de nos esprits ».

 

« Aidez-nous à nous défendre de nous-mêmes », concluait benoîtement Alain Minc à destination de ses futurs César et Bonaparte réunis, dans une parfaite illustration de cette nouvelle servitude volontaire qu’appelle une monde universellement marchand, sans autre valeur que le profit et l’accumulation, doublement destructeur par l’exploitation sans freins de l’homme et de la nature. Depuis, sous nos yeux et sur notre continent, la « dictature des marchés » est devenue une réalité tangible, donnant brutalement raison à des dénonciations hier jugées caricaturales. La catastrophe, mélange de régression sociale et de dépossession démocratique, n’est donc plus seulement une hypothèse théorique, mais bien une possibilité concrète.

 

Une nécessaire révolution démocratique

A cette tyrannie douce dont il redoutait l’avènement, Pierre Mendès France opposait la force d’un imaginaire démocratique porté par la société elle-même, et non plus seulement par ceux qui, provisoirement, la représentent. « La démocratie, écrivait-il, c’est beaucoup plus que la pratique des élections et le gouvernement de la majorité : c’est un type de mœurs, de vertu, de scrupule, de sens civique, de respect de l’adversaire ; c’est un code moral. » Mediapart se situe résolument du côté de cette promesse, aussi précieuse que fragile. Moteur d’une révolution technologique dont nos usages sociaux détermineront le futur, l’univers numérique où notre journal a vu le jour permet d’entrevoir les immenses potentialités démocratiques qui, si nous le voulons, peuvent faire barrage aux immenses régressions actuellement à l’ouvrage.

 

La révolution numérique, écrit Dominique Cardon dans La Démocratie Internet (Seuil, coll. « La République des idées », 2010), « bouleverse notre conception et notre pratique de la démocratie car Internet aiguillonne toutes les expériences visant à dépasser la coupure entre représentants et représentés : délibération élargie, auto-organisation, mise en place de collectifs transnationaux, socialisation du savoir, essor de compétences critiques, etc. ». Ouvrant une scène sur laquelle la société se donne en représentation, le web permet d’entrevoir une démocratie étendue et approfondie, sortie de cet âge primitif où elle se réduit au vote et à l’élection. Dès lors, poursuit Cardon, « la société démocratique sort de l’orbite de la politique représentative », s’émancipant du paternalisme de l’espace public traditionnel qui « s’est toujours méfié du public et a inlassablement cherché à le “protéger” contre les autres et surtout contre lui-même ».

 

Laboratoire d’une nouvelle presse, indépendante et participative, Mediapart participe, sur le front de l’information, à cette quête d’une démocratie refondée et réinventée, rendue à tous ces « n’importe qui » dont l’expression tisse la volonté populaire. C’est une bataille de tous les jours, tant nous ne pouvons plus nous rassurer en laissant le temps au temps. Le présent nous requiert, dans le respect de ses fragilités et le souci de ses impatiences, l’écoute de ses souffrances et la recherche de ses espérances.

 

« Dis-moi comment tu traites le présent, et je te dirai de quelle philosophie tu es », lançait le dreyfusard Charles Péguy, cet inventeur d’un « journal vrai » qui serait un « cahier de renseignements ». Lequel Péguy nous avait aussi prévenu, entrevoyant les catastrophes à répétition d’une société de marché, ayant épousé cette utopie dévastatrice d’un monde réduit à ses marchandises, à ses échanges monétaires et à ses spéculations financières : « Pour la première fois dans l’histoire du monde, l’argent est seul en face de l’esprit. »


Juif allemand exilé en France, Walter Benjamin fut un grand lecteur de Péguy, dont il partageait l’instinctive méfiance envers un progrès sacralisé, imposant sa volonté à l’humanité et à la nature. Dans le testament qu’il nous a laissé au seuil de la catastrophe européenne du XXe siècle, ses thèses Sur le concept d’histoire écrites peu avant son suicide, le 26 septembre 1940, à Port-Bou, au passage de la frontière franco-espagnole, il nous invitait déjà à prendre particulièrement soin du présent (cf. Michael Löwy, Walter Benjamin : avertissement d’incendie, PUF, 2001). Tout simplement parce que de ce traitement dépend l’avènement des possibles, ces bifurcations improbables et ces discordances inattendues par lesquelles nous pourrons échapper aux fatalités économiques et politiques qui nous accablent en nous faisant croire qu’il n’y a pas d’autre alternative que de s’y soumettre.

 

Walter Benjamin rappelait qu’il s’agit d’une antique sagesse, celle du premier des monothéismes dont l’Ancien Testament interdit aux Juifs de prédire l’avenir. Dans la version croyante, c’est évidemment que l’homme ne saurait prendre la place de Dieu, seul maître de cet événement à venir, aussi imprévisible qu’impensable : la venue du Messie. Notre variante laïcisée, c’est qu’à ne pas s’attacher au présent à force de jouer les prédicateurs du futur, on ferme l’histoire au lieu de l’ouvrir, rendant plus difficile le surgissement des événements inattendus où se réinvente la liberté des peuples. Telle fut bien la leçon des révolutions pacifiques tunisienne et égyptienne de 2011 qui ont fait mentir toutes les histoires écrites par avance pour des peuples qu’elles congédiaient du même coup, les jugeant indignes d’en être les premiers acteurs.

 

L’histoire ne fait rien, et tout dépend de nous, de notre liberté et de notre volonté à l’assumer. De même que nous affrontons le risque de tyrannies inédites, nous vivons également au défi de ce possible : cet événement qui, de l’indignation à la révolte, donne soudain corps à une nouvelle espérance. En somme, des révolutions elles aussi inédites qui, loin d’écrire à marche forcée un récit imaginé par des avant-gardes autoproclamées, inventeraient avec précaution et patience un nouvel âge de la démocratie. Des révolutions comme les imaginait Walter Benjamin, dans ses notes de 1940 alors qu’il était minuit dans le siècle : « Marx, écrivait-il, dit que les révolutions sont la locomotive de l’histoire. Mais peut-être en va-t-il tout autrement. Peut-être que les révolutions sont le geste de l’espèce humaine voyageant dans ce train pour saisir le signal d’alarme. »


Oui, il est temps de tirer le signal de l’alarme. Et d’en finir avec ce système qui nous entraîne dans sa perdition.

 

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