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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 14:57

2011 : encore une année faste pour les actionnaires du CAC 40

| Par La rédaction de Mediapart

Les entreprises du CAC 40 ont versé 44,6 milliards d'euros à leurs actionnaires en 2011, soit 15% de plus par rapport à 2010. Les Echos livrent le détail, entreprise par entreprise, des sommes versées sous forme de dividendes et de rachats d'actions. En tête du palmarès, le pétrolier Total qui a versé à lui seul 5,1 milliards d'euros.

A lire sur lesechos.fr

 

 

 

lesechos.fr - 18/01 | 07:00 | mis à jour à 09:35 | Marina Alcaraz Journaliste

 

  Le CAC 40 a versé 44,6 milliards d'euros à ses actionnaires l'an dernier

 

Les sommes versées aux actionnaires en 2011 - dividendes et rachats d'actions -ont progressé de 15 %, à presque 45 milliards. Les rachats d'actions ont quasiment triplé.

 

 

Les sommes versées aux actionnaires ont progressé en 2011. Les groupes du CAC 40 ont distribué 44,6 milliards d'euros sous forme de dividendes et de rachats d'actions, en hausse de 15 % par rapport à 2010, selon la lettre Vernimmen.net (1). « Cela témoigne de la confiance des entreprises l'an dernier, alors que les marges sont au plus haut. Sur toute la première partie de 2011 du moins, elles ne considéraient pas la crise comme critique », commente Yann Le Fur, coauteur du Vernimmen et professeur affilié à HEC.

Total et France Télécom figurent toujours dans le palmarès de tête des plus gros « payeurs », Sanofi complétant le trio de tête. Ensemble, ces trois mastodontes représentent quelque 30 % des sommes versées l'an dernier. Phénomène notable, ce sont les rachats d'actions qui ont le plus progressé dans le total, sur fond de baisse des cours : les rachats (nets des cessions) ont atteint 5,7 milliards d'euros, soit un quasi-triplement par rapport à 2010 (1,95 milliard). Bouygues, qui a lancé l'été dernier un vaste programme de rachats de ses titres, en est le principal contributeur. « Cette forme de distribution de liquidités aux actionnaires est totalement discrétionnaire et joue le rôle de variable d'ajustement, explique le spécialiste. Les sociétés ont dégagé d'importants cash-flows. Mais, en l'absence de gros investissements compte tenu du manque de visibilité, elles ont préféré le redistribuer à leurs actionnaires. »

Lisser les dividendes

De leur côté, les dividendes versés l'an dernier ont augmenté de 6 %, à 38,9 milliards euros, alors que les résultats 2010 ont enregistré un net rebond. « Les entreprises cherchent à lisser leurs dividendes dans le temps : comme les coupons étaient restés relativement élevés au plus fort de la crise, les sociétés ont hésité à les relever fortement. Le taux de distribution - dividendes rapportés aux résultats -(à 47 %) s'est rapproché de sa moyenne constatée ces dernières années. » Les grandes entreprises ont été moins nombreuses à proposer des dividendes en actions (6 contre 10 en 2010). Mais les montants ont augmenté, passant de 3 milliards en 2010 à 4,3 milliards en 2011.

MARINA ALCARAZ

(1) Dividendes versés en 2011, au titre de l'exercice 2010. Les calculs portent sur la composition du CAC fin 2010 et fin 2011.

 

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 14:53
| Par La rédaction de Mediapart

 

Deux ans et demi après sa mise en place, le statisticien Bernard Gomel et la sociologue Dominique Méda tirent à boulets rouges sur le Revenu de solidarité active (RSA) dans un rapport du centre d'études de l'emploi (CEE) intitulé « Le RSA, innovation ou réforme technocratique ? », publié en novembre 2011. Le RSA, entre ses effets de seuil dévastateurs, son fonctionnement ultra-bureaucratique, son décalage avec le public concerné, est une « absurdité » qui peut se muer en « instrument de torture morale », selon les auteurs.

L'enquête a été menée dans le département de Paris (ce sont les départements qui sont chargés du versement du RSA), tant auprès des agents de Pôle emploi et des structures d'insertion que des allocataires eux-mêmes. « Un des principaux enseignements de notre enquête (…) est que l'accompagnement de la majorité des allocataires par Pôle emploi n'est ni une réalité, ni, sans doute, souhaitable, au moins dans les conditions dans lesquelles Pôle emploi exerce aujourd'hui ses activités », chargent les chercheurs.

Voté le 1er décembre 2008 et entré en vigueur le 1er juin 2009, le RSA remplace le Revenu minimum d'insertion (RMI), à la suite du rapport de Martin Hirsch, alors Haut-commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté et ancien président d'Emmaüs. Tout en accusant le RMI d'être « une trappe à pauvreté », le diagnostic de la commission Hirsch est à l'époque sans appel : « C'est parce que pour une part de plus en plus importante de la population, les minima sociaux sont devenus des maxima indépassables et que, pour une proportion de plus en plus importante des ménages, le travail ne permet pas de franchir le seuil de pauvreté, qu'il faut transformer nos prestations sociales. »

Oui mais voilà, selon le rapport du CEE, la révolution sociale du RSA annoncée n'a pas eu lieu. Les auteurs du rapport mettent en avant de nombreux dysfonctionnements. Voici les principaux d'entre eux.

  • Effets de seuil

Les effets de seuil que le RSA était censé éliminer sont toujours une réalité pour les allocataires. L'enquête montre que les allocataires sont incités à travailler mais à très faible dose car « la reprise d'une activité d'un certain volume fait perdre, dans un premier moment, la couverture maladie universelle (CMU) complémentaire, la gratuité des transports et l'allocation de logement complémentaire de la ville de Paris ».

  • Bureaucratie

Le rapport pointe des concordances informatiques entre département et Pôle emploi hasardeuses, des délais de prise en compte de changement de dossier très long et un dédale administratif et bureaucratique obscur qui « rend peu crédible l'idée de simplicité promue lors de sa mise en place ». D'ailleurs, « les deux tiers des foyers éligibles au RSA activité seul ne recourent pas à la prestation », remarque de son côté le Comité national d'évaluation du RSA dans son rapport du 15 décembre 2011 (consultable en cliquant ici), lacune imputée à « un manque de connaissance précise du dispositif ».

  • Mauvaise connaissance du public

Dominique Méda et Bernard Gomel estiment que le dispositif d'accompagnement des allocataires du RSA est totalement inadapté. Selon eux, « une partie importante de la population qui survit avec le RSA connaît de grandes difficultés, et des formes variées de détresse qui nécessitent, pour être adoucies, des traitements également diversifiés ». Pis encore, selon les témoignages recueillis, les chercheurs affirment que « tout se passe donc comme un jeu de rôles dans un théâtre où l'on obligerait les allocataires à singer la recherche frénétique d'emploi alors qu'il n'y a pas d'emplois… En l'absence d'emplois, la mécanique des droits et devoirs, même mise en œuvre de la façon la plus humaine possible, peut se transformer en instrument de torture morale… Le travail principal des travailleurs sociaux consiste à prendre le temps d'écouter des individus au bord de l'implosion », ajoutent-ils.

« La grande partie des allocataires se rend compte que pour elle rien n'a changé et qu'elle doit continuer à tenter de survivre avec 467 euros par mois pour une personne seule », conclut l'étude. En septembre 2011, 1,85 million de foyers percevaient le RSA pour un budget total d'environ 9,8 milliards d'euros. En presque trois ans de fonctionnement, seules 150.000 personnes ont franchi le seuil de pauvreté grâce au RSA, soit 2 % des personnes sous le seuil de pauvreté, selon le rapport du Comité national d'évaluation du RSA. 

Voici le rapport complet du CEE : (* voir sur le site Médiapart)

 

 

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 14:51
| Par La rédaction de Mediapart

La Commission européenne suspecte les trois géants français de la distribution de l'eau, Veolia, Suez environnement et Saur d'entente sur les prix et a formellement ouvert une procédure sur d'éventuelles pratiques anti-concurentielles, annonce-t-elle dans un communiqué. Bruxelles soupçonne également la Fédération professionnelle des entreprises de l’eau (FP2E) d'avoir joué le jeu. 

Déjà, en avril 2010, des agents de la commission avait effectué des visites surprises dans les locaux des entreprises. A l'issue de trois jours d'enquête, la commission avait déclaré qu'elle avait «des raisons de croire que ces entreprises pourraient notamment avoir imposé des prix de l'eau et de l'assainissement inéquitables aux collectivités locales, et in fine aux consommateurs».

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 14:43

Ce sera probablement la principale mesure du sommet social du 18 janvier.  Le gouvernement a en effet décidé de donner une suite favorable à une demande persistante du patronat: transférer le financement de la sécurité sociale des entreprises vers les ménages. Dans le contexte difficile qui s’annonce en 2012, une telle mesure se fera au détriment des consommateurs et notamment des plus démunis. Elle aura des effets incertains pour l’industrie, en particulier à court-terme. Elle sera à l'inverse particulièrement avantageuse pour le secteur financier, qui est exempté de TVA.

 

Le projet UMP anticipe que la TVA sociale renforcera la compétitivité de nos entreprises en abaissant le coût du travail. Si les baisses ciblées du coût du travail peuvent être favorables à la création d'emplois, ses effets bénéfiques seront, d'après différentes études, compensés par les effets défavorables de la hausse des prix sur la demande intérieure: ainsi la TVA sociale n'aura pas d'effet sensible sur le niveau global de l'emploi en France. D'autant plus que dans nombre de secteurs, ce n'est pas le coût du travail qui conditionne le niveau de l'emploi mais la demande adressée aux entreprises. Au niveau international, ces bénéfices sur la compétitivité prix de nos industries sont incertains, une part importante de la compétition s'effectuant sur la qualité des produits.

 

Cette nouvelle hausse de la TVA est aussi supposée dynamiser la demande pour les biens produits localement en frappant d'abord les produits d'importation. Cet argument semble particulièrement fragile, dans la mesure où il est difficile d'isoler les produits d'importation du circuit économique et que c'est bien l'ensemble de l'économie qui sera frappé par la hausse de la TVA. Par ailleurs, ce protectionnisme déguisé ne sera pas efficace quand il n’existe pas de substitut français aux importations étrangères. Il sera sans effet sur les problèmes de qualité et de positionnement de gamme qui expliquent la dégradation des performances commerciales de la France.

 

Par ailleurs, la TVA sociale va renforcer le capital dans le partage de la valeur ajoutée au détriment du travail, même si une partie des cotisations salariales devait être reversée sous forme de salaire. Elle va particulièrement fragiliser la classe moyenne et les ménages modestes, dont la part des revenus consacrée à la consommation est la plus élevée. Le principe de solidarité sera à nouveau remis en cause, la contribution au financement de la sécurité sociale n'étant plus progressive mais au contraire régressive. Les classes moyennes et les moins fortunés paieront davantage, les plus aisées paieront moins en proportion de leurs revenus.

 

Ne peut-on imaginer une alternative plus juste et efficace que la hausse de la TVA? Les arguments en faveur d'une diversification du financement de la sécurité sociale ne sont pas à négliger, en particulier pour les secteurs les plus ouverts de notre économie. Mais financer la baisse du coût du travail sur le compte du pouvoir d'achat des ménages est une option socialement inacceptable et économiquement incertaine. A l'inverse, une refonte globale de la fiscalité, permettant de rendre le système des prélèvements obligatoires plus progressif, supprimant nombre de niches fiscales et sociale, et engageant les entreprises sur la base de leurs performances sociales et environnementales, devra permettre de diversifier les financements de la sécurité sociale et réduire les charges associées à l'emploi.

 

A retenir: 

  • Les effets de la TVA sociale sur l'emploi seront marginaux, la baisse du coût du travail étant totalement ou partiellement compensée par la baisse de la demande intérieure des ménages;
  • Les implications de la TVA sur les importations sont incertaines, la baisse du pouvoir d'achat induisant un report vers les produits de basse qualité, essentiellement des produits d'importation;
  • La TVA sociale va conduire à une perte de pouvoir d'achat des ménages au bénéfice des actionnaires des entreprises, et notamment des entreprises du secteur financier;
  • Une refonte plus large de la fiscalité permettrait de diversifier le financement de la sécurité sociale de manière plus efficace et plus juste que ne le prévoit ce projet de TVA sociale
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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 14:37

Rue89 - Le Yéti

voyageur à domicile
Publié le 18/01/2012 à 09h32

C'est encore ce diable d'Olivier Berruyer sur son site les-crises.fr qui donne les clés du problème : par

quelque bout que vous le preniez, non, la finance internationale n'a aujourd'hui aucune chance de

réchapper à la crise de la « Grande perdition ». Regardez bien le graphique ci-dessous.

 


 

En rouge l'évolution de la production des richesses en France, en violet l'évolution du « patrimoine financier ».

Vous avez vu le fossé ? Un abîme !

L'argent prétendument en circulation (les actifs financiers) représente plus de 23 fois la quantité

disponible de richesses produites (PIB). Au niveau de la planète, le rapport est encore pire, franchissant

allègrement les limites du délire  !

Dans une économie saine, l'argent n'a de valeur que par les échanges de richesses qu'il permet. C'est-

à-dire que la quantité d'argent en circulation doit à peu près être équivalente à la quantité de richesses produites.

Imaginez le taux de croissance qu'il faudrait pour que la petite barre rouge se hisse au niveau des actifs

financiers en violet ? Ah oui, ils sont marrants ceux qui voient comme unique solution à la crise une relance de la croissance !

A ce niveau-là, ce n'est plus une relance, mais une explosion atomique qu'il faudrait !

 

Une bulle bien grasse

 

Tout ça est évidemment absurde. L'argent créé artificiellement lors de ces trente dernières années

vraiment foireuses n'est que le produit obscène de la spéculation éhontée. Un jeu hautement suicidaire,

qui ne s'adosse à rien de concret, danse sur un précipice de vide.

Phénomène très récent (il date du début des années soixante-dix) ce jeu imbécile est joué par une

poignée de crétins, défendu par des cornichons, gobé par des gogos (ceux qui croient encore que c'est

en faisant payer la petite barre bleue riquiqui du graphique – les salaires – qu'on va combler les trous

hallucinants). Un tel jeu imbécile ne peut évidemment avoir qu'un temps.

Voulez-vous pour finir que je vous en rajoute une couche (toujours grâce à cet animal de Berruyer) ?

Regardez bien la grosse bulle bien grasse qui suit. Elle n'est pas le produit d'une imagination gauchiste

enflammée, mais des doctes études du BRI et du FMI réunis.

A-t-elle besoin de commentaires, la grosse bulle ? Leur argent, en fait, ne vaut pas un clou. Du vent !

On sait tous ce qu'il advient des grosses bulles trop grasses pleines de vent, n'est-ce pas ? Boum !

 


 

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 14:31

LEMONDE.FR | 18.01.12 | 15h22

 
 

 

"Travaille, consomme et ferme ta gueule", peut-on lire sur la pancarte d'une militante qui occupe une agence Pôle Emploi de région parisienne mardi 17 janvier.

"Travaille, consomme et ferme ta gueule", peut-on lire sur la pancarte d'une militante qui occupe une agence Pôle Emploi de région parisienne mardi 17 janvier. LeMonde.fr


D'un pas sûr, Leïla Chaibi se dirige vers le Pôle emploi de Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine) ; à quelques mètres de l'entrée, elle dissimule hâtivement l'autocollant flanqué sur son manteau. Leïla Chaibi ne se rend pas à cette agence de la région parisienne pour chercher un travail, mais pour l'occuper. Sur l'autocollant qui pointe sous son écharpe : "Spécule ta mère" et le nom de son collectif, "L'Appel et la pioche". Par téléphone, on vient de lui donner la consigne de rester discrète avant que le reste du groupe n'arrive.

Comme elle, ils étaient une trentaine à envahir l'agence du Pôle emploi, après un appel lancé sur Internet. Parmi eux, militants et membres de différentes associations de précaires et de chômeurs qui souhaitaient rendre leur voix plus audible, mardi 17 janvier, à la veille du sommet pour l'emploi organisé par l'Elysée, et alors que le taux chômage s'établit à 9,3 %.  Xavier Renou, porte-parole des Désobéissants et coordinateur de cette action, souhaitait rencontrer les salariés du Pôle emploi et dénoncer la politique de l'Agence : "On leur demande de radier du chômeur (...), on souhaite mettre la pression sur la direction pour changer la polititique de l'emploi." En Bretagne, trois agences ont été occupées, d'autres tentatives ont été observées à Lyon, à Nice, à Bordeaux, à Toulouse ou à Dunkerque.

"CASSER LA SOLITUDE DU CHÔMEUR"

Leïla Chaibi, cofondatrice de "L'Appel et la pioche" – un collectif qui organise des événements pour dénoncer la précarité "sur un mode festif", comme des pique-niques dans les supermarchés – vient de connaître une période de chômage avant de trouver un CDD de cinq mois, en faisant jouer ses réseaux. Le collectif rassemble une trentaine de personnes qui ont un profil similaire au sien, essentiellement des jeunes, raconte cette diplômée de l'IEP de Toulouse. "Ce qui est blessant, c'est que j'ai joué le jeu, je n'aurais jamais imaginé me retrouver dans la précarité (...). J'ai bientôt trente ans, et il est pourtant hors de question que je pense à avoir des enfants", déplore la jeune femme.

 

 

Pour Leïla Chaibi, de l'Appel et la pioche, il s'agit "de casser la solitude du chômeur".

Pour Leïla Chaibi, de l'Appel et la pioche, il s'agit "de casser la solitude du chômeur".LeMonde.fr


Lorsqu'elle était au chômage, elle affirme n'avoir eu qu'un seul rendez-vous, en-deçà de la rencontre mensuelle avec un conseiller promise par le Pôle emploi et n'avoir reçu ses premières indemnités que deux mois et demi après son inscription. Avec un autre membre du collectif, Xavier Duchaussoy, trente-sept ans, au chômage depuis un an et demi, ils évoquent une paperasserie lourde et le sentiment de se sentir seuls "derrière le combiné". Pour le collectif, ce genre d'actions vise à "casser le sentiment de solitude du chômeur qui est dans un rapport individuel à Pôle emploi, alors que les salariés peuvent s'appuyer sur les syndicats, les collègues".

Les militants arrivent au Pôle emploi en ordre dispersé. Ils sont moins nombreux que prévu : d'autres associations de chômeurs – l'Association pour l'emploi, Agir contre le chômage et la précarité, le Mouvement national des chômeurs et précaires – ne sont pas de la partie. Ces associations demandaient à participer au sommet social de mercredi et ont été reçues mardi dans l'après-midi par le ministère de travail. Avec, selon les organisateurs, une cinquantaine de militants en moins, l'occupation est moins spectaculaire qu'escompté.

Mais lorsque les militants s'introduisent dans l'agence du Pôle emploi, les objectifs tout dehors des journalistes sont probablement plus nombreux que les militants, pour ce qui ressemble avant tout à une opération médiatique.

"A PÔLE EMPLOI, LES CONDITIONS DE TRAVAIL NE FONT QUE SE DÉGRADER"

Une grande bâche est jetée sur les ordinateurs destinés aux usagers, pour symboliquement épargner la contagion de la précarité. Les salariés n'ont pas été prévenus, l'occupation de ce Pôle emploi était une solution de repli et a été décidée dans la matinée. Des conseillères observent l'agitation, avant de regagner leur bureau, au premier étage de l'agence. "Il est où le bureau de la directrice ?", apostrophe un militant, "là-bas", indique une employée. "Très bien, on va l'occuper !", rétorque le militant. Cette conseillère a tenu à rester anonyme, devant, dit-elle "la censure de la direction". Tendue et visiblement émue, elle estime l'action "bien fondée", mais évoque surtout "des conditions de travail qui ne font que se dégrader".


 

Une grande bâche a été jetée sur des ordinateurs, pour endiguer la "contagion de la précarité".

Une grande bâche a été jetée sur des ordinateurs, pour endiguer la "contagion de la précarité". LeMonde.fr


Le Parisien révélait mardi "l'asphyxie" des agences : alors que la direction du Pôle emploi fait état de 115 demandeurs suivis par conseiller, la moyenne tournerait autour de 200, avec un record de 655 pour un conseiller de l'Essonne. Un regard furtif sur les militants, cette conseillère affirme devoir traiter 200 dossiers : "on a toujours de plus en plus de demandeurs d'emploi à suivre et très peu de temps pour les gérer". "Dans cette agence, des personnes peu qualifiées se présentent à nous, elles parlent mal français et les seuls postes qu'on peut leur proposer sont beaucoup trop exigeants," ajoute-t-elle agacée. "Et [au Pôle emploi], ils n'embauchent plus que des CDD de six mois", poursuit la conseillère en désigant deux collègues, retranchées dans un bureau sur la coursive.

Ces deux agents, qui ont aussi souhaité s'exprimer anonymement, terminent un CDD de sept mois, payé 1 200 euros net par mois. Sur leur contrat, figurait "embauche pour accroissement d'action", précise une des deux femmes. "On n'a reçu que cinq jours de formation, ce n'est pas assez", explique l'employée, qui affirme s'être formée "sur le tas". Les deux conseillères disent se sentir démunies face au public qu'elles rencontrent, "des gens désespérés".

"PERDUE, C'EST LE MOT" 


 

La police est arrivée moins d'une heure après l'occupation de l'agence du Pôle Emploi.

La police est arrivée moins d'une heure après l'occupation de l'agence du Pôle Emploi.LeMonde.fr


En bas, l'ambiance s'agite : des policiers viennent de pénétrer dans le bâtiment. Après négociation avec les militants, ils acceptent de partir. D'autres, qui ne portent pas l'uniforme, restent, rapidement dénoncés par les "occupants" qui tentent d'organiser une assemblée générale. "Je ne suis pas des RG !", s'insurge un policier. "Vous avez quelque chose à cacher ?", questionne un autre, resté discrètement à l'arrière de l'assemblée générale après le départ de son collègue. Dans la confusion, les militants demandent tour à tour aux policiers de quitter les lieux, aux médias de ne pas filmer. Ils lancent alors leur discussion sur le fond : partage du temps de travail, répartition des richesses, obligation de l'embauche, et approuvent les messages en remuant la main vers le haut. "On n'est pas obligé de faire cette gesticulation à chaque fois !", conteste une militante.

Des demandeurs d'emploi, surpris par l'occupation, observent la réunion, espérant la reprise de l'activité du Pôle emploi. Certains sont venus pour soutenir l'occupation, après avoir repéré l'appel sur Internet. D'autres, comme Sonia Maazouz, 22 ans, ne s'attendait pas à rencontrer ces militants dans son agence, mais trouve cette occupation "normale". Au chômage depuis un an et demi et titulaire d'un BEP, elle cherche un emploi dans le domaine sanitaire et social. Elle est venue se réinscrire après un déménagement. "Je ne connais même pas le nom de mon conseiller", lâche la jeune femme. 

Flora Genoux


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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 14:27

LEMONDE | 18.01.12 | 11h06   •  Mis à jour le 18.01.12 | 11h15

 
 

 

L'usine Renault, à Douai (Nord), en février 2010.

L'usine Renault, à Douai (Nord), en février 2010.AFP/PHILIPPE HUGUEN


Recourir dans le même temps au chômage partiel financé par l'Etat et aux heures supplémentaires défiscalisées ? Cette pratique, qui peut sembler étonnante, est pourtant courante dans l'industrie automobile. Renault, PSA et Ford ne s'en cachent pas.

"Nous sommes dans une industrie drivée ["régie"] par les stocks, il peut arriver que l'activité doive s'arrêter pour certains salariés lors de problèmes d'approvisionnement qui ne se posent pas de la même façon pour tous les points de la chaîne", explique un porte-parole de PSA.

Les syndicats, eux, dénoncent une pratique qu'ils estiment bien plus systématique. "Il arrive fréquemment que la chaîne soit arrêtée, mais que les salariés en bout d'usine, chargés des révisions, fassent des heures sup'", assure Bruno Lemerle, délégué CGT à l'usine de Sochaux.

UN MILLION D'EUROS D'AIDES DE L'ÉTAT

240 000 heures de chômage partiel ont été totalisées en 2011 sur cette usine, ce qui représente une aide de plus d'un million d'euros versée par l'Etat, sans tenir compte de celles versées par l'Unedic. Dans le même temps, les heures sup' ont continué, avec les exonérations de cotisations patronales prévues par la loi TEPA, là aussi prises en charge par l'Etat, mais dont PSA n'a pas souhaité communiquer le montant.

Même refus chez Renault, alors que son usine de Douai est dans une situation similaire : trente-cinq jours ont été non travaillés en 2011 sur cette usine, dont une majeure partie dans le cadre du chômage partiel financé par l'Etat et l'Unedic. Mais là encore, des salariés ont continué à faire des heures sup' en venant travailler le samedi, parfois les mêmes qui étaient quelques semaines auparavant en chômage partiel, selon les délégués SUD et CFDT de l'entreprise.  

"Cette usine est en phase de transition parce qu'elle va accueillir les nouveaux véhicules haut de gamme. Cette flexibilité permet notamment d'opérer les travaux nécessaires à la production de ces futurs modèles", justifie-t-on à la direction de Renault.

DIFFÉRENCE D'ACTIVITÉ SELON LE MODÈLE

A l'usine Ford de Blanquefort, en Gironde, la CGT dénonce aussi l'usage simultané des heures sup' et du chômage partiel. Un porte-parole du groupe confirme, mais souligne aussi que l'usine est en phase de transition vers de nouveaux produits.

"La législation prévoit que l'entité prise en compte pour la demande de chômage partiel puisse être une chaîne de production spécifique au sein de l'usine, alors qu'une autre continue sa production. Dans l'industrie automobile, l'activité peut en effet être très différente selon le modèle produit", affirme-t-on au ministère du travail. "Si nous avons des retours de mêmes salariés qui cumulent chômage partiel et heures sup', l'inspection du travail sanctionne l'entreprise", assure le ministère.

Jean-Baptiste Chastand


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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 14:22

LEMONDE.FR avec AFP | 17.01.12 | 20h19   •  Mis à jour le 17.01.12 | 20h34

 
 

Le géant pétrolier Total a déposé un recours administratif pour contrer l'abrogation de son permis d'exploration des gaz de schiste dans le sud de la France. Cette interdiction avait été décidée par le gouvernement en octobre, suite à la loi interdisant l'usage de la fracturation hydraulique.

"Total respecte la loi. Notre position, c'est que la loi ne justifiait pas l'abrogation de ce permis", et "nous avons déposé un dossier devant le tribunal administratif de Paris" contre cette décision, a déclaré Bruno Courme, qui dirige les activités de Total dans les gaz de schiste en Europe, lors d'une conférence organisée à Paris par le club Energie et Développement.

4 327 KM2 DU NORD DE MONTÉLIMAR JUSQU'À MONTPELLIER

Le gouvernement avait annoncé le 3 octobre l'abrogation des trois permis d'exploration d'hydrocarbures visant la recherche de gaz de schiste, à la suite de la loi adoptée en juillet interdisant en France la technique controversée de la fracturation hydraulique, accusée de polluer les sous-sols.

Total avait fait part de sa "surprise" suite à cette décision, le groupe s'étant explicitement engagé à ne pas utiliser la fracturation hydraulique dans son dossier remis au gouvernement, contrairement à l'autre entreprise sanctionnée, l'américain Schuepbach. Mais le gouvernement avait reproché au groupe pétrolier de ne pas avoir "suffisamment explicité" les techniques de substitution auxquelles il comptait avoir recours.

Le permis accordé à Total, dit "de Montélimar", couvrait une vaste zone de 4 327 km2 du nord de Montélimar jusqu'à Montpellier, sur plusieurs départements dont l'Ardèche, la Drôme et le Gard, centres de la contestation contre le gaz de schiste en France. Les deux autres permis, également situés dans le Midi, étaient détenus par le groupe américain Schuepbach.

 

>> Voire le portfolio : "Dans le Gard, plusieurs milliers de manifestants contre les gaz de schiste"

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 14:16

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 18.01.12 | 09h00   •  Mis à jour le 18.01.12 | 10h08

 
 

 

Un panneau indiquant la direction de la centrale de Fukushima à Okuma, une ville à l'intérieur de la zone d'exclusion autour de la centrale endommagée par le tsunami du 11 mars 2011.

Un panneau indiquant la direction de la centrale de Fukushima à Okuma, une ville à l'intérieur de la zone d'exclusion autour de la centrale endommagée par le tsunami du 11 mars 2011.REUTERS/STRINGER


Le Japon prévoit d'inscrire dans la loi que les réacteurs nucléaires pourront être exploités durant soixante ans, sous réserve d'obtention d'une autorisation spéciale au-delà de quarante ans, limite initialement envisagée. "Les extensions seront exceptionnellement approuvées lorsque la sécurité est assurée", a expliqué, mercredi 18 janvier, le porte-parole du gouvernement, Osamu Fujimura.

Goshi Hosono, le ministre de l'environnement également chargé du traitement de l'accident de Fukushima, avait déclaré plus tôt dans le courant du mois que le gouvernement voulait fixer une durée maximum légale de quarante ans, alors qu'aucune limite d'exploitation n'est aujourd'hui précisée dans la loi. "Il n'y a pas de changement à la limite de base de quarante ans, mais des exceptions", a insisté M. Fujimura.

La proposition d'accorder une extension d'usage de vingt ans en sus des quarante ans prévus, une hypothèse évoquée mardi par la presse, a immédiatement suscité des critiques des opposants à l'énergie nucléaire, remontés depuis l'accident de la centrale de Fukushima provoqué par le séisme et le tsunami dévastateurs du 11 mars. Le gouvernement japonais compte soumettre des projets de loi limitant la durée de vie des réacteurs, lors de la session actuelle du Parlement, ce mois-ci.

Le gouvernement nippon envisage de suivre l'exemple des Etats-Unis, où l'exploitation des réacteurs nucléaires peut être prolongées de vingt années au-delà d'une limite de quarante ans, sous réserve d'approbation par les autorités fédérales. "Nous nous inscrivons dans une ligne mondiale", a justifié un responsable du gouvernement, lequel étudie actuellement une révision des règles de sécurité nucléaire censées permettre d'éviter une redite de la catastrophe de Fukushima, le pire désastre atomique depuis celui de Tchernobyl, en 1986. Sur le parc de cinquante-quatre réacteurs nucléaires japonais, trois ont plus de quarante ans et seize plus de trente ans.

 

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 14:10

 

LEMONDE.FR avec Reuters | 18.01.12 | 08h52   •  Mis à jour le 18.01.12 | 08h59

 
 

 

Ces dernières années, les augmentations étaient plutôt de l'ordre de 1 à 3 % par an.

Ces dernières années, les augmentations étaient plutôt de l'ordre de 1 à 3 % par an.AFP/JEFF PACHOUD


Les tarifs de l'électricité en France pourraient bondir de 30 % d'ici à 2016 étant donné les investissements prévus, selon des propos du président de la Commission de régulation de l'énergie (CRE), Philippe de Ladoucette, rapportés mercredi 18 janvier.

 

Selon plusieurs quotidiens, le président de l'autorité de régulation a précisé, lors d'un colloque organisé à Paris, que cette hausse, qui pourrait donc atteindre 6 % par an par rapport au prix de marché de 2012, résulterait de l'application de la réglementation actuelle. "Ces dernières années, les augmentations étaient plutôt de l'ordre de 1 à 3 % par an", écrit le quotidien Les Echos.

Dans le détail, Philippe de Ladoucette a pris pour hypothèse un doublement d'ici à 2016 de la contribution au service public de l'électricité (CSPE, qui sert notamment à financer le développement des énergies renouvelables), l'augmentation de 4 % par an du tarif d'utilisation des réseaux publics d'électricité (inflation comprise) et une hausse annuelle de 2 % du prix du nucléaire historique d'EDF, égale à l'inflation. "Pour la CRE, cette augmentation inclut les 10 à 15 milliards d'euros de travaux exigés sur les centrales par l'Autorité de sûreté nucléaire pour tenir compte de la catastrophe de Fukushima", précise le journal Les Echos.

 

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