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27 avril 2016 3 27 /04 /avril /2016 21:52

 

la photo de profil de NuitDebout - Nîmes

DEMAIN JEUDI 28 :
TOUS-TES DEBOUT pour la GRÉVE GÉNÉRALE

 

12h30 PIQUE-NIQUE aux Jardins de la fontaine (on se retrouve dans les jardins de la fontaine à gauche après l'entrée principale)


15h Manifestation au départ des jardins de la fontaine


19h AG

 

Vendredi 29:
12h30 Rassemblement devant la préfecture


SAMEDI 30:
20h Forum de convergence des luttes, rencontres avec les salariés, syndiqués, organisations et associations en lutte.

 

 

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26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 13:53

 

Source : http://www.numerama.com

 

 

Nuit Debout : mais qui contrôle le site NuitDebout.fr ?

 

 

 

Qui se cache derrière le site nuitdebout.fr ? Numerama est parti à la rencontre de ces militants qui font vivre le site, dont le nom de domaine a été réservé par une agence de communication parisienne, puis mis à disposition du mouvement.

Mouvement controversé et parfois incompris, Nuit Debout et ses militants occupent la place de la République depuis le 31 mars. Ceux qui sont appelés les nuit-deboutistes se sont réappropriés l’espace public mais aussi le temps, à la manière des révolutionnaires et de leur calendrier républicain puisque les nuit-deboutistes disposent de leur calendrier « marsien ». Dans le but de montrer que le mouvement ne s’essouffle pas mais aussi pour symboliser les veillées successives depuis le 31 mars, les nuit-deboutistes prolongent le mois de mars. C’est donc le 45 mars (14 avril) que nous avons rencontré des militants de la Nuit Debout qui sont à l’origine du site NuitDebout.fr.

Rendez-vous est pris au café Fluctuat Nec Mergitur de la Place de la République. Cet après-midi là, celle-ci est bloquée par des dizaines de CRS, placés à chaque artère menant à la place, dans le but de sécuriser la zone.

Deux des trois militants

Deux des trois militants, soucieux de garder l’anonymat

Ils étaient trois à nous rencontrer, Noémie, Pierre et Clément, à accepter notre invitation. Ils connaissaient parfaitement le lieu, ayant l’habitude d’y prendre régulièrement plusieurs cafés pour tenter de limiter les effets d’une succession de nuits écourtées. Autour de la table, ces nuit-deboutistes se sont livrés sur leur engagement, leur(s) vision(s) du mouvement et de son avenir, le tout à travers le prisme du numérique.

Une petite boîte de communication

Au-delà de l’intérêt porté au mouvement, le site nuitdebout.fr a attiré notre curiosité lorsque l’on a découvert au hasard d’une recherche WHOIS que le nom de domaine avait été acheté par une agence de communication parisienne, RAIZ.

 

nuitdebout-fr

 

Curieux de savoir qui se cachait derrière cette entreprise, et quel était son projet, nous la contactons. Après une certaine gêne au téléphone, c’est quelques heures plus tard que nous rencontrons l’une des co-fondatrices de la société, et deux autres militants engagés à ses côtés dans le mouvement.

« C’est compliqué d’avoir acheté le nom de domaine sans s’en être référé aux organisateurs initiaux »

Comment le nom de domaine nuitdebout.fr s’est-il retrouvé acheté par une boite de communication ? Tout part d’une histoire des plus banales, que Noémie Tolédano nous raconte. En rentrant chez elle, la nuit du 31 au « 32 mars », la co-fondatrice de RAIZ s’est dit que le mouvement Nuit Debout allait prendre : « On voyait les gens arriver par centaines et par milliers sur les réseaux sociaux, je me suis alors demandée si le nom de domaine Nuit Debout avait déjà été pris, et il était encore libre  ».

Dès lors, son premier réflexe a été de sortir sa carte bancaire et d’acheter le nom de domaine qui était encore libre. Noémie avoue travailler avec énormément d’associations pour qui elle achète des noms de domaines à qui elle les rend par la suite. Pour elle, « le nom de domaine appartient à Nuit Debout et à tous les gens qui y participent ». Mais c’est sa boîte qui est officiellement propriétaire.

Or cette appropriation fait grincer des dents malgré tout. Julien Bayou est Conseiller régional d’Île-de-France et porte-parole d’EELV. Co-fondateur de Génération précaire et du collectif Jeudi Noir, il est l’un des pionniers du mouvement Nuit Debout. Au détour d’un débat sur la place de l’éducation et de la censure dans la démocratie, sur la place de la République, il nous confie qu’il n’est pas un grand fan de l’initiative.

 

Julien Bayou (source: Talk Real)

Julien Bayou (source : Talk Real)

« Ça pose un problème », estime-t-il, même s’il ne doute pas des bonnes intentions des fondateurs de NuitDebout.fr. « C’est compliqué d’avoir acheté le nom de domaine sans s’en être référé aux organisateurs initiaux  ». Pour lui, le problème pourrait se poser si le site n’était plus articulé autour de l’organisation du mouvement, et s’il crée une divergence.

Un des pionniers du mouvement Nuit Debout s’est également exprimé sur l’achat du nom de domaine de nuitdebout.fr. Une vidéo hébergée sur YouTube le montre entrain de s’exprimer sur le sujet, celui-ci regrettant le fait que « RAIZ soit devenu propriétaire des outils qui sont censés parler pour Nuit Debout ». Il ajoute : « Chaque jour se pose le problème de laisser entrer les soraliens, les crypto-facistes et leurs idéologies ». « Benjamin Ball et Baki Youssoufou les ont fait entrer dans le mouvements des indignés à la Défense et ont permis que le mouvement soit pourri par ces personnes ».

 

Dans un article du Monde publié le 20 avril, le quotidien fait lui aussi mention de plusieurs plaintes répétées par de militants, accusant Noémie Tolédano et son associé Bakki Youssoufou de s’être appropriés le mouvement en achetant le nom de domaine nuitdebout.fr. Ils citent également le nom de l’hébergeur bénévole du site, Benjamin Sonntag, trésorier de l’association de militants du Web la Quadrature du Net. « On est plusieurs à fournir des petits bouts d’infrastructure Internet en attendant qu’un mouvement formel existe », explique-t-il. « Les espaces que je gère sont co-administrés, on est trois administrateurs systèmes à s’être retrouvés pour créer des listes de discussion, des boîtes mails, gérer le code du wordpress, etc ».

SONY DSC

 

L’histoire d’une rencontre

Mais quelle est la genèse de nuitdebout.fr ? Les trois animateurs que nous rencontrons ne se connaissaient pas deux semaines plus tôt. Pourtant, l’organisation du site pourrait faire penser le contraire. Noémie raconte avoir rencontré Clément le 31 mars et Pierre quelques jours plus tard. Celui-ci cherchait des gens avec qui travailler sur le web. Il raconte son histoire, comme quelqu’un qui raconterait une épopée : « On a mis cinq jours à les trouver, cinq ! Impossible de trouver les personnes qui étaient derrière le site ». «  Ils se cachaient parce qu’ils avaient plein de sollicitations un peu douteuses ».

C’est la problématique du cryptage versus l’ouverture vers le monde

Mais ils ne sont pas que trois derrière nuitdebout.fr. Il y aurait en réalité une cinquantaine de développeurs à coopérer sur le site. Pour s’organiser et de se coordonner, ils ont donc mis en place un espace de chat, sur lequel chacun peut échanger ses points de vue et apporter ses contributions.

« Déjà sur Paris c’est compliqué, mais quand on voit qu’on a des gens qui sont au Quebec ou à Berlin… Alors il a fallu se munir d’un truc rudimentaire mais qui fonctionne assez bien, c’est le chat », raconte Pierre. Tout le monde peut donc avoir accès à ce salon de discussion (sur inscription, validée automatiquement), et proposer ses services à nuitdebout.fr.

Le chat est chiffré, à travers une connexion TLS et un certificat délivré par Let’s Encrypt, mais il n’y a pas de recherche particulière de confidentialité des échanges ou de protection de l’anonymat des participants. « C’est la problématique du cryptage versus l’ouverture vers le monde », explique Pierre, qui utiliserait tout de même Telegram, une messagerie chiffrée, pour l’échange d’informations plus confidentielles.

 

Le chat de nuitdebout.fr

Le chat de nuitdebout.fr

Un chat reste un chat, et quand il est ouvert à tous, ça devient une boite de pandore impossible à contrôler. Quelques jours après cet entretien, nous nous sommes à nouveau rendu sur le salon de discussion. À la base créé pour permettre au mouvement de s’organiser, il est devenu un lieu de débats d’idées, sur lequel les connectés débattent sur le revenu universel et d’autres sujets de société. Si bien que les administrateurs du site sont obligés de rappeler les règles de vie.

 

Capture d’écran 2016-04-19 à 21.54.57

 

Derrière le site, toute une équipe de développeurs est là dans le but de « trouver les meilleures solutions et les meilleures approches de développement autour du mouvement Nuit Debout », nous assure Clément. 

Chacun des trois militants présents ce jour là est salarié et occupe un emploi à côté de son investissement au sein du mouvement Nuit Debout. Qu’est-ce qui a pu les pousser à s’investir de cette manière ? « C’est parce qu’on avait les compétences, qu’on y croyait et qu’on y croit encore ».

 

Un wiki pour la Nuit Debout

Clément s’occupe de toute la partie community management et il a constaté que les mobilisations telles que Nuit Debout bénéficiaient assez peu des compétences web. C’est ensuite le bouche à oreille qui a contribué au bon déroulement du site. Plusieurs équipes, sur différentes thématiques du web, se sont ensuite constituées.

En plus de nuitdebout.fr, les militants ont créé wiki.nuitdebout.fr. Ce site sert à centraliser toutes les informations relatives au mouvement, sur le principe de l’édition ouverte à tous du célèbre Wikipédia. Pierre, l’un des trois militants et community manager de profession, décrit le Wiki de Nuit Debout comme un « facilitateur d’échanges entre les uns et les autres ». L’outil collaboratif répertorie ainsi tous les rassemblements en province mais aussi à l’étranger. Pierre, est chargé de joindre toutes les personnes qui peuvent être en possession d’informations, chères à l’alimentation de la page.

 

wikidebout

 

Pour Noémie il s’agit surtout d’un état d’esprit basé sur l’intelligence collective : « On se dit tous qu’on sera plus intelligent ensemble qu’individuellement, et puis on croit tous en la démocratie participative ». Elle affirme que « c’est pour ça que personne n’a envie d’être le leader de ce mouvement, personne ne veut se mettre en avant ». De fait, Noémie aurait aimé préserver son identité, trahie par une recherche WHOIS, et par la publication de son nom dans Le Monde.

Mais au fond chacun y trouve son compte et y trouve une façon de s’épanouir personnellement. Pierre confesse que ça fait des années qu’il cherche des gens pour créer un outil d’e-démocratie, c’est grâce au mouvement Nuit Debout qu’il a réussi à trouver. « Ce qui est génial c’est quand tu t’aperçois que derrière il y a des centaines de personnes qui ont pensé à la même chose que toi », ajoute-t-il non sans entrain.

 

Mouvement parisiano-centré ?

Pour parler de NuitDebout.fr, les trois militants emploient des termes que n’importe quel community manager ou expert SEO emploierait pour parler du site et de son succès, le tout avec un brin d’humour dans la voix. Trois jours après sa mise en place, le site comptait déjà entre 40 000 et 60 000 visiteurs quotidiens. Pour Noémie, «  c’est beaucoup, surtout qu’au début c’était une seule page ».

Le site a désormais pour but d’intégrer et d’aspirer les informations des pages déjà existantes en province et ainsi leur apporter de l’audience. Pour eux, ce qui est important c’est de ne pas centraliser le contrôle de l’information puisque nuitdebout.fr c’est un nom de référence. « Alors autant que toutes les villes de province en profite et que le mouvement ne soit pas cantonné à Paris », ajoute Noémie. 

voir des gens debout sur la place de la République, ça a donné envie à beaucoup d’autres de se mobilise chez eux

Alors que les médias traditionnels ont tendance à braquer leurs caméras sur la seule Place de la République, réduisant ainsi la mobilisation à un seul mouvement parisien, les trois nuit-deboutistes refusent d’enclaver le mouvement au seul territoire parisien. D’ailleurs Clément monte au créneau : « A Lyon, un soir alors qu’il pleuvait des trombes d’eau, il y avait beaucoup plus de personnes mobilisées là bas qu’à Paris ». Noémie temporise : « On ne peut oublier le fait que tout vient de Paris, c’est la capitale qui a entraîné tout le reste du territoire ». 

Pour eux, il y a quelque chose de très symbolique et voir des gens debout sur la place de la République, ça a donné envie à beaucoup d’autres de se mobiliser chez eux, et de se soulever. D’ailleurs, ils prennent l’exemple d’une application Nuit Debout qui a été développée par une équipe de développeurs basée dans la région d’Aix-Marseille. L’équipe a contacté les militants basés à Paris et leur a offert l’application qu’ils ont développée en une nuit. Celle-ci, libre de droits, pourra être modifiée par n’importe qui. Pour les nuit-deboutistes, ça n’aurait pas été possible sans toute la communication autour du mouvement qui est faite sur les réseaux sociaux.

A plusieurs reprises, les trois collègues de Nuit Debout ont réitéré leur attachement à la « démocratie participative » et à « la démocratie liquide ». Pour eux, le web et le numérique sont les meilleurs moyens de pratiquer cette horizontalité.

 

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Cyber-militantisme, mort de la mobilisation IRL ?

Idéalistes, utopistes ou simplement engagés, les militants répondent à la question de l’avenir du mouvement avec un trait d’humour.

Pour Pierre, « l’avenir du mouvement c’est dans 10 minutes, et c’est ces enchaînements de minutes qui font l’avenir de Nuit Debout ». Le mouvement date d’un mois maintenant, et les militants refusent toute hiérarchisation. « Il est donc logique que Nuit Debout mette plus de temps à se développer qu’un mouvement politique basé sur schéma classique, à savoir un seul et unique chef en haut de la pyramide », dit Pierre.

L’avenir du mouvement c’est dans 10 minutes, et c’est ces enchaînements de minutes qui font l’avenir de Nuit Debout

Mais les militants se félicitent néanmoins d’une chose qui les fait bien rire : « On a 95 000 personnes qui ont liké la page Facebook de Nuit Debout, ce qui est bien plus que le nombre d’adhérents au Parti Socialiste ». Ils assurent récolter en moyenne 5000 likes chaque jour sur Facebook et atteindre 4 millions de personnes sur le réseau social.

Mais toute cette mobilisation sur les réseaux sociaux, n’est-ce pas la mort de la mobilisation dans la rue ? Les trois militants s’en défendent ; pour eux c’est une façon de donner l’opportunité à n’importe qui de participer à un événement. Noémie en est convaincue : « On pense aux gens qui sont à la campagne, là où il ne se passe rien et où il n’y a pas de Nuit Debout. On reçoit aussi des messages sur FB de personnes qui sont handicapées et qui ne peuvent pas sortir de chez elles et qui sont heureuses de suivre le mouvement grâce à internet ».

Pierre reprend d’ailleurs l’exemple du live Periscope de Rémy Buisine qui a été suivi par 80 000 personnes : « des dizaines voire des centaines de personnes se sont déplacées après avoir suivi le stream de Remy Busine, il a réussi à toucher 80 000 personnes dont des indécis qui ont ensuite pu se faire un avis sur le mouvement, ça c’est génial ». Ils sont tous d’accord sur un point, pour eux c’est les réseaux sociaux qui alimentent le mouvement. 

Ils voient tous à travers l’outil numérique « l’espoir d’une démocratie ouverte ». Pour eux le problème réside dans le fait que la politique et l’économie ont très peu innové en 200 ans. Pour Pierre, « c’est dingue de voir qu’on arrive à créer des intelligences artificielles et envoyer des trucs sur des planètes, alors qu’au niveau politico-économique c’est le moyen-âge ». Pour Nuit Debout, les outils numérique seraient donc une façon de relancer le progrès.

 

 

Source : http://www.numerama.com

 

 

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26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 00:54

 

Source : http://www.ouest-france.fr

 

 

Tafta/TTIP. Soutien en chute libre en Allemagne et aux États-Unis

 
 

 

Ici, une manifestation contre le partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (Tafta/TTIP) le 19 avril, à quelques jours d'une rencontre entre Merkel et Obama.

Ici, une manifestation contre le partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (Tafta/TTIP) le 19 avril, à quelques jours d'une rencontre entre Merkel et Obama. | AFP

 

Un sondage a été publié ce jeudi à quelques jours d'une rencontre entre Merkel et Obama autour du partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (Tafta/TTIP)

 

Selon cette enquête, réalisée par l'institut YouGov pour la  Fondation Bertelsmann, seuls 17% des Allemands estiment que le  TTIP est une bonne chose, contre 55% il y a deux ans.

Aux Etats-Unis, on ne trouve plus que 18% sondés pour penser  du bien du TTIP, contre 53% en 2014. Près de la moitié des  personnes interrogées aux Etats-Unis disent toutefois ne pas en  savoir assez sur l'accord en cours de négociation pour pouvoir  se prononcer. 

Obama et les dirigeants français, italien et britannique Le TTIP devrait figurer en tête de l'ordre du jour des  entretiens qu'auront la chancelière Merkel et le président  américain dimanche et lundi à Hanovre, dans le nord de  l'Allemagne. Lundi, Obama verra également à Hanovre les  dirigeants français, italien et britannique.

Avant cette rencontre, des responsables allemands se sont  dits optimistes quant à la possibilité de conclure un large  « accord politique » entre l'Union européenne et Washington avant  que Barack Obama ne quitte la Maison blanche en janvier.

Ces  responsables espèrent que le TTIP pourra être ensuite finalisé  avec le successeur d'Obama.

Un processus « gelé »De nombreux signes ont traduit ces dernières semaines une impatience de plus en plus grande des pays européens face à la lenteur des négociations, qui doivent reprendre à New York la semaine prochaine.

Mercredi, ainsi, le ministre allemand de  l'Economie, Sigmar Gabriel, a jugé le processus de négociations  « gelé » et s'est demandé si les Etats-Unis voulaient  véritablement un accord.

 

 

Source : http://www.ouest-france.fr

 

 

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26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 00:46

 

Source : http://www.placegrenet.fr

 

 

sep article REPORTAGE – Opération “coup de poing” au Carrefour Grand’Place d’Échirolles, ce samedi 23 avril. Les activistes de Nuit debout Grenoble ont partagé un pique-nique aux frais de la grande surface en plein milieu du magasin. Une action – digne d’une scène de film – contre la grande distribution, symbole, pour les manifestants, d’un système capitaliste néfaste à la société. « Arrêtez de me prendre en photo, je ne suis pas une star ! », proteste le directeur de Carrefour Grand’Place Échirolles, en tournant la tête… Et de chercher en vain à faire cesser le chahut qui règne dans son grand magasin, depuis dix bonnes minutes. C’est sans compter sur la détermination du mouvement Nuit debout Grenoble, organisateur de la petite fête surprise. Les activistes, qui tiennent leurs quartiers à la MC2 depuis le 9 avril dernier, ont savamment tout orchestré. NuitDeboutGrenobleCarrefour23AvrilCreditSeverineCattiaux Distribution de tracts par Nuit debout Grenoble à Carrefour Grand’Place Échirolles, samedi 23 avril 2016. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net Samedi 23 avril 2016, Carrefour Grand’Place d’Échirolles, à 18 heures tapantes, une quarantaine de manifestants de Nuit debout Grenoble se sont retrouvés en un claquement de doigts au rayon fruits et légumes. En quelques minutes, deux tables de salon de jardin étaient dressées. Les manifestants de Nuit debout ont déchargé leur caddie sur les tables et disposé une panoplie de produits de marques connues : yaourts, chips, boissons, sandwichs, boîtes de gâteaux, etc. Des articles – fabriqués par « Nestlé et Monsanto », précise un manifestant – prélevés dans les différents rayons de l’hypermarché. Le pique-nique sauvage peut démarrer. Les manifestants invitent les clients à venir le partager. Et tentent de les rassurer : « Nous sommes dans notre bon droit ! La loi autorise le consommateur à goûter avant d’acheter ! » Quelque peu étonnés, les clients de Carrefour qui viennent d’assister à ce grand déballage décident, pour les uns, de poursuivre leurs courses, pour les autres, de prendre une petite collation.

Source : article Pique-nique sauvage de Nuit debout Grenoble dans Carrefour Grand'Place | Place Gre'net - Place Gre'net
REPORTAGE – Opération “coup de poing” au Carrefour Grand’Place d’Échirolles, ce samedi 23 avril. Les activistes de Nuit debout Grenoble ont partagé un pique-nique aux frais de la grande surface en plein milieu du magasin. Une action – digne d’une scène de film – contre la grande distribution, symbole, pour les manifestants, d’un système capitaliste néfaste à la société. « Arrêtez de me prendre en photo, je ne suis pas une star ! », proteste le directeur de Carrefour Grand’Place Échirolles, en tournant la tête… Et de chercher en vain à faire cesser le chahut qui règne dans son grand magasin, depuis dix bonnes minutes. C’est sans compter sur la détermination du mouvement Nuit debout Grenoble, organisateur de la petite fête surprise. Les activistes, qui tiennent leurs quartiers à la MC2 depuis le 9 avril dernier, ont savamment tout orchestré. NuitDeboutGrenobleCarrefour23AvrilCreditSeverineCattiaux Distribution de tracts par Nuit debout Grenoble à Carrefour Grand’Place Échirolles, samedi 23 avril 2016. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net Samedi 23 avril 2016, Carrefour Grand’Place d’Échirolles, à 18 heures tapantes, une quarantaine de manifestants de Nuit debout Grenoble se sont retrouvés en un claquement de doigts au rayon fruits et légumes. En quelques minutes, deux tables de salon de jardin étaient dressées. Les manifestants de Nuit debout ont déchargé leur caddie sur les tables et disposé une panoplie de produits de marques connues : yaourts, chips, boissons, sandwichs, boîtes de gâteaux, etc. Des articles – fabriqués par « Nestlé et Monsanto », précise un manifestant – prélevés dans les différents rayons de l’hypermarché. Le pique-nique sauvage peut démarrer. Les manifestants invitent les clients à venir le partager. Et tentent de les rassurer : « Nous sommes dans notre bon droit ! La loi autorise le consommateur à goûter avant d’acheter ! » Quelque peu étonnés, les clients de Carrefour qui viennent d’assister à ce grand déballage décident, pour les uns, de poursuivre leurs courses, pour les autres, de prendre une petite collation.

Source : article Pique-nique sauvage de Nuit debout Grenoble dans Carrefour Grand'Place | Place Gre'net - Place Gre'net
REPORTAGE – Opération “coup de poing” au Carrefour Grand’Place d’Échirolles, ce samedi 23 avril. Les activistes de Nuit debout Grenoble ont partagé un pique-nique aux frais de la grande surface en plein milieu du magasin. Une action – digne d’une scène de film – contre la grande distribution, symbole, pour les manifestants, d’un système capitaliste néfaste à la société. « Arrêtez de me prendre en photo, je ne suis pas une star ! », proteste le directeur de Carrefour Grand’Place Échirolles, en tournant la tête… Et de chercher en vain à faire cesser le chahut qui règne dans son grand magasin, depuis dix bonnes minutes. C’est sans compter sur la détermination du mouvement Nuit debout Grenoble, organisateur de la petite fête surprise. Les activistes, qui tiennent leurs quartiers à la MC2 depuis le 9 avril dernier, ont savamment tout orchestré. NuitDeboutGrenobleCarrefour23AvrilCreditSeverineCattiaux Distribution de tracts par Nuit debout Grenoble à Carrefour Grand’Place Échirolles, samedi 23 avril 2016. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net Samedi 23 avril 2016, Carrefour Grand’Place d’Échirolles, à 18 heures tapantes, une quarantaine de manifestants de Nuit debout Grenoble se sont retrouvés en un claquement de doigts au rayon fruits et légumes. En quelques minutes, deux tables de salon de jardin étaient dressées. Les manifestants de Nuit debout ont déchargé leur caddie sur les tables et disposé une panoplie de produits de marques connues : yaourts, chips, boissons, sandwichs, boîtes de gâteaux, etc. Des articles – fabriqués par « Nestlé et Monsanto », précise un manifestant – prélevés dans les différents rayons de l’hypermarché. Le pique-nique sauvage peut démarrer. Les manifestants invitent les clients à venir le partager. Et tentent de les rassurer : « Nous sommes dans notre bon droit ! La loi autorise le consommateur à goûter avant d’acheter ! » Quelque peu étonnés, les clients de Carrefour qui viennent d’assister à ce grand déballage décident, pour les uns, de poursuivre leurs courses, pour les autres, de prendre une petite collation.

Source : article Pique-nique sauvage de Nuit debout Grenoble dans Carrefour Grand'Place | Place Gre'net - Place Gre'net

Pique-nique sauvage de Nuit debout Grenoble

dans Carrefour Grand’Place

 

Par SC | le 24/04/2016 | 20:02

sep article
 

 

REPORTAGE – Opération “coup de poing” au Carrefour Grand’Place d’Échirolles, ce samedi 23 avril. Les activistes de Nuit debout Grenoble ont partagé un pique-nique aux frais de la grande surface en plein milieu du magasin. Une action – digne d’une scène de film – contre la grande distribution, symbole, pour les manifestants, d’un système capitaliste néfaste à la société.

 

 

 

« Arrêtez de me prendre en photo, je ne suis pas une star ! », proteste le directeur de Carrefour Grand’Place Échirolles, en tournant la tête… Et de chercher en vain à faire cesser le chahut qui règne dans son grand magasin, depuis dix bonnes minutes. C’est sans compter sur la détermination du mouvement Nuit debout Grenoble, organisateur de la petite fête surprise. Les activistes, qui tiennent leurs quartiers à la MC2 depuis le 9 avril dernier, ont savamment tout orchestré.

 

NuitDeboutGrenobleCarrefour23AvrilCreditSeverineCattiaux

Distribution de tracts par Nuit debout Grenoble à Carrefour Grand’Place Échirolles, samedi 23 avril 2016. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

 

Samedi 23 avril 2016, Carrefour Grand’Place d’Échirolles, à 18 heures tapantes, une quarantaine de manifestants de Nuit debout Grenoble se sont retrouvés en un claquement de doigts au rayon fruits et légumes.

 

En quelques minutes, deux tables de salon de jardin étaient dressées. Les manifestants de Nuit debout ont déchargé leur caddie sur les tables et disposé une panoplie de produits de marques connues : yaourts, chips, boissons, sandwichs, boîtes de gâteaux, etc. Des articles – fabriqués par « Nestlé et Monsanto », précise un manifestant – prélevés dans les différents rayons de l’hypermarché.

 

Le pique-nique sauvage peut démarrer. Les manifestants invitent les clients à venir le partager. Et tentent de les rassurer : « Nous sommes dans notre bon droit ! La loi autorise le consommateur à goûter avant d’acheter ! » Quelque peu étonnés, les clients de Carrefour qui viennent d’assister à ce grand déballage décident, pour les uns, de poursuivre leurs courses, pour les autres, de prendre une petite collation...

 

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Source : http://www.placegrenet.fr

 

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25 avril 2016 1 25 /04 /avril /2016 15:50

 

 

Quand forer tue: le secret bien gardé de l’épopée du gaz de Lacq

24 avril 2016 | Par Jade Lindgaard
 
 

C’était le plus gros site de production de gaz en France. Une fierté nationale, une mythologie fondatrice des prétendues Trente Glorieuses. Cinquante ans après son ouverture, on découvre une inquiétante surmortalité parmi les riverains du gisement de Lacq. Mais ce sujet dérange les pouvoirs publics qui ont jusqu'ici enterré ou refusé les études épidémiologiques. Premier volet de notre enquête.

 

Rond-point à l'entrée de la ville de Lacq, avril 2016. (JL) Rond-point à l'entrée de la ville de Lacq, avril 2016. (JL)


Chacun savait que le gisement ne serait pas éternel. Mais personne n’imaginait à quel point il serait toxique. En 2002, un demi-siècle après le début de l’épopée de Lacq, des chercheurs font une autre découverte : à proximité de l’usine, une surmortalité est détectée. Mais leur étude n’est pas transmise au grand public. Les années passent. Aucune autre enquête épidémiologique n’est initiée par les pouvoirs publics. Le secret peut bien rester gardé quelques années de plus.

C’est pour briser cette omerta qu’une association locale de défense de l’environnement, la Société pour l'étude, la protection et l'aménagement de la nature dans le Sud-Ouest (Sepanso), la publie aujourd’hui et interroge les pouvoirs publics : que faites-vous pour comprendre ce qui s’est passé autour de Lacq ? Le site de forage le plus prestigieux de la Ve République a-t-il prospéré au détriment de la vie de ses riverains ?

 

Lien ici  

Quarante pages, des tableaux de chiffres bruts, des cartes d’exposition au risque et une conclusion glaçante : l’étude « met en évidence une surmortalité dans la zone définie comme exposée la plus proche de l’usine de Lacq par rapport à des zones éloignées ». L’Institut de santé publique, d’épidémiologie et de développement (Isped), auteur de de ce rapport de 2002, définit trois zones : une aire « exposée » au risque, constituée de 22 communes situées « sous le vent » de l’usine de Lacq, soit 23 000 habitants environ, et deux autres zones, non impactées a priori. Entre 1968 et 1998, ils établissent une surmortalité de 14 % pour les personnes de moins de 65 ans vivant dans la zone directement à proximité de l’usine de Lacq, par rapport aux habitants de la zone témoin la plus éloignée, à 12 kilomètres du site industriel. Mais les pourcentages sont des outils abstraits et froids. Ils ont donc pris la peine de compter les vies humaines qu’ils représentent. Au total, ils décomptent 136 décès supplémentaires parmi les 1 124 morts recensées sur une période de 31 ans. Plus de quatre disparitions par an.

Si l’on étudie les décès toutes causes confondues (en dehors des accidents), « un risque de mortalité significativement plus élevé est observé chez les hommes de moins de 65 ans » dans la zone la plus exposée. La tendance à la surmortalité apparaît dès 1976 et s’amplifie au cours du temps, pour atteindre 30 % sur la période 1991-98.

L’étude épidémiologique suit pas à pas la dégradation de la santé des habitants du bassin de Lacq. Jusqu’au milieu des années 1970, ils meurent moins de tumeurs de l’appareil respiratoire que la moyenne des habitants de la région Aquitaine. Mais cette sous-mortalité diminue, puis disparaît à partir de 1990. Pour l’ensemble des cancers, une surmortalité de 30 à 40 % est repérée entre 1991 et 1998 dans la zone exposée, alors qu’elle connaissait une sous-mortalité avant 1976.

 

« Urgence à savoir »

Que s’est-il passé ? Les chercheurs ne sont pas capables de l’expliquer. Il n’existe aucune preuve d’un lien de causalité directe entre la présence de l’usine et les morts supplémentaires du bassin de Lacq, écrivent-ils. En revanche, leurs résultats « soulèvent la question d’une possible relation » entre l’activité industrielle du bassin de Lacq et l’évolution de la mortalité, ainsi que d’un « possible impact sanitaire des polluants émis par cette industrie ». Ils appellent à conduire des travaux supplémentaires.

Pourtant, depuis 14 ans, ces recherches n’ont pas eu lieu. L’Agence régionale de santé (ARS) a reçu l’étude, puis a mené une évaluation des risques sanitaires, qui a révélé en 2007 que les habitants – y compris dans les écoles, les crèches, les hôpitaux et les maisons de retraite – étaient exposés à plus de 140 substances différentes dans l’air de Lacq. Des mesures ont été prises pour réduire la présence des cinq molécules jugées les plus préoccupantes. Mais ces études « ne prennent en compte que les polluants atmosphériques et non le risque global », « ne tiennent pas compte de l’éventuelle exposition professionnelle et ne sont pas en mesure d’estimer d’éventuels effets-cocktails », c’est-à-dire l’effet cumulé des molécules, analyse la Cour des comptes dans un référé adressé au gouvernement en janvier 2015. Elle signale que la recommandation d’un nouveau rapport sur l’impact sanitaire des habitants n’a pas été suivie.

 


Autre manquement des pouvoirs publics : l’échange d’informations anonymes entre la médecine du travail et les services de santé publics prévu par le Plan national santé n’a pas été mis en place. Rien n’a été tenté pour comprendre si les forages gaziers de Lacq tuent. Le 14 octobre 2013, Total arrête la production de gaz commercial à Lacq. En novembre, un supplément gratuit dans les éditions du journal Sud Ouest célèbre l’histoire qui « continue ». La mauvaise odeur du mercaptan, marqueur olfactif utilisé pour repérer les fuites de gaz, est évoqué. Pas un mot sur les dangers sanitaires. Le peu d’hydrocarbures restant à Lacq doit servir aux industries chimiques qui ont pris le relais sur le site et aux alentours : transformation du soufre, polymères, lauryl-lactame, nitrates d’ammonium, fibre de carbone, nanotubes de carbone, agrocarburant. En tout, 20 sites industriels pouvant représenter des dangers pour leur environnement (ICPE) se côtoient sur le bassin.

Pour la Sepanso, « la prétendue culture du risque industriel dont se vantent les industriels, politiques et leurs communicants, est inexistante à Lacq. Les risques sont passés sous silence » et c’est « scandaleux ». L’association réclame une nouvelle étude épidémiologique, un observatoire de la population et la délocalisation des études sanitaires hors de la tutelle de l’agence régionale de santé, « qui a failli à sa mission ».

Médecin urgentiste à Bayonne, nouvel habitant du Béarn et adjoint à la mairie de Laà-Mondrans, commune située à une vingtaine de kilomètres de Lacq, Loïc Coudry fait partie des rares élus locaux qui ont écrit à la ministre de la santé, Marisol Touraine, pour demander une nouvelle expertise sur l’impact sanitaire des industries du bassin de Lacq. « Cela fait 14 ans que l’étude de l’Isped est sortie, et personne ne s’est posé la question du lien entre les industries chimiques et la santé des gens ? En tant que médecin, ça me pose un problème. Les personnes nées après l’ouverture du site en 1949 vont-elles vivre moins longtemps ? Vont-elles tomber plus malades ? Il y  a une vraie urgence à le savoir. Il est choquant que l’état de santé de la population ne soit pas surveillé en permanence. On s’approche de la situation du Mediator. » Michel Rodes, secrétaire de la Sepanso Aquitaine, refuse « cette politique de l’autruche ». Pour Patrick Mauboulès, ancien délégué CGT de Total exploration production France (TEPF), l’entité qui exploitait récemment le gaz de Lacq, et aujourd’hui membre de l’association de défense de l’environnement Sepanso : « La moindre des choses, c’est de faire la suite de la courbe qui remonte ! »

 

En réalité, dès qu’ils ont découvert le gisement de Lacq, les ingénieurs en ont compris la particularité : il contient beaucoup d'hydrogène sulfuré (16 %). L'usine de désulfuration de ce gaz brut produit du soufre mais rejette beaucoup de dioxyde de soufre (SO2) dans l'atmosphère : 700 tonnes par jour. Ce polluant primaire peut causer des difficultés à respirer, des maladies respiratoires et des cancers. À partir de 1958, chaque année, trois milliards de mètres cubes de gaz sont sortis des sous-sols.

Le « petit cœur sensible » de Valérie Pécresse

 

Alarme sur la place centrale d'Artix, tout près du site de Lacq. (JL) Alarme sur la place centrale d'Artix, tout près du site de Lacq. (JL)

L’État a-t-il voulu occulter leur impact sur la santé des riverains ? L’agence régionale de santé le dément et assure avoir « pris en compte » la situation du bassin de Lacq. En octobre 2015, alors qu’une association de riverains se crée pour dénoncer une vague d’odeurs très irritantes, elle saisit l’Institut national de veille sanitaire (INVS) sur l’opportunité d’une nouvelle étude épidémiologique. Près de quinze ans après la première alerte. Leur réponse n’a toujours pas été rendue. Elle dit avoir transmis l’étude à tous les maires concernés dès 2002 – ce que la Sepanso conteste. Mais elle en minimise la portée par une présentation tronquée. Dans un communiqué de presse daté du 9 mars 2016, elle affirme que l’étude conclut à « une sous-mortalité de 13 % sur les zones étudiées ». C’est bien ce qu’écrivent les épidémiologistes. Sauf qu’ils ajoutent que ce n’est pas vrai pour les maladies de l’appareil respiratoire. Dans leur résumé, le premier point clef mis en exergue indique : « surmortalité chez les moins de 65 ans, en particulier pour les causes cancéreuses. » Le communiqué de l’ARS crée une confusion au détriment du message des chercheurs.

 

Joint par Mediapart, le responsable du pôle de santé publique et environnementale de l'ARS, Michel Noussitou, nie l’existence d’une surmortalité dans le bassin de Lacq et refuse d’employer ce terme « connoté ». « Vous voulez faire le buzz avec un mot qui a un sens très particulier en épidémiologie », affirme-t-il, concédant tout juste l’existence d’une « différence de mortalité ». Il y a eu selon lui « moins de sous-mortalités ». Une surmortalité « est toujours relative ». À ses yeux, « quand on parle de surmortalité, cela veut dire qu’on suspecte quelque chose ».

Et il ajoute que l’« auteur » du rapport – en fait ils sont quatre – n’était qu’un « étudiant ». Contacté par Mediapart, l’un de ces spécialistes, devenu un épidémiologiste reconnu, confirme la validité de leur méthode et de ses résultats. « Quand un résultat dérange, on met en cause la méthode », dit-il. Il ajoute que l’étude n’a pas été publiée à l’époque dans une revue scientifique car « il y avait des injonctions » en provenance de la préfecture. Mais Jean-Marc Tourancheau, directeur départemental des affaires sanitaires et sociales des Pyrénées-Atlantiques entre 2001 et 2006, « ne se souvient pas » : « Vous comprenez, c’était il y a 14 ans. »

 

Entrée du site d'Arkema sur le site de Lacq. (JL) Entrée du site d'Arkema sur le site de Lacq. (JL)

 

Pour Michel Noussitou, de l’ARS, « ce type d’étude ne permet pas de conclure » car le bassin de population n’est pas assez important. « Le rapport se lit dans son ensemble, il ne faut surtout pas en extraire un paragraphe. C’est un équilibre entre tout cela. Il ne permet pas de conclure ni dans un sens ni dans un autre. » Lors d’une seconde conversation téléphonique, il s’emporte : « Prenez du recul par rapport à vos certitudes ! » Devant le Haut Conseil de la santé publique, il a déclaré en 2009 que « dans le cas de Lacq, la demande sociale vis-à-vis de l’environnement ou de problèmes de santé repérés n’est pas très importante. Le lancement d’une étude fait courir le risque de briser la paix sociale, la population étant amenée à penser que les investigations en cours sont motivées par la suspicion du problème ». Il précise aussi que la décision avait été prise de ne pas conduire d’étude épidémiologique complémentaire de celle de 2002, car son utilité semblait « discutable » et son coût élevé. Devant le même conseil, le responsable départemental de l'environnement pour l'État (Dreal), Yves Boulaigue, reprend lui aussi en 2010 l’idée qu’une étude épidémiologique n’est pas possible à Lacq « à cause des effectifs trop faibles ».

Pendant de longues années, la puissance publique s’en est remise aux industriels pour mesurer les émissions de substances dangereuses et garantir le respect des normes. Mais dans l’histoire récente, ils ont souvent été pris en défaut de ne pas appliquer leurs obligations. L’étude de 2002 signale de « fréquents » dépassements de seuil (de recommandation mais aussi d’alerte) de dioxyde de soufre, bien qu’il puisse causer des difficultés à respirer et des maladies respiratoires. L’Union européenne a ouvert un contentieux avec la France pour non-respect des quotas d’émissions de SO2 entre 2005 et 2008. Dans son référé de 2015, la Cour des comptes explique que les émissions de tétrachlorure de carbone, substance suspectée d’être cancérigène pour l’homme, ont été « très fortement » supérieures aux limites autorisées, sur l’usine d’Arkema à Mont, commune du bassin de Lacq. Cette unité se spécialise dans la production de Lactame 12, un composant utilisé pour fabriquer des pièces techniques automobiles et des revêtements de tuyaux pour l’industrie pétrolière. Elle a été fondée par Elf, puis reprise par Total et cédée par le pétrolier lors de la fermeture des forages commerciaux de gaz en 2013. En 2012, l’État découvre que les émissions de l’usine étaient depuis des années « sans commune mesure » avec la limite fixée par arrêté préfectoral, décrit la Cour. En 2011, elles sont sept fois supérieures aux quotas alloués pour toute l’Europe (interdit de production depuis 1996, le CCl4 fait l’objet de dérogations dans certains cas). L’entreprise doit réduire ses émissions. Elle parvient à se voir attribuer la majeure partie des quotas européens de cette substance toxique, ce qui lui permet de régulariser ses rejets du point de vue de la norme, sans les réduire autant qu’elle aurait pu y être obligée. La Cour des comptes remarque aussi des problèmes de stockage de matières dangereuses, souvent laissées dans des véhicules citernes ou des wagons : une partie du risque est reportée sur les transports, les contrôles sont trop peu nombreux.

 

Le centre-ville de Mourenx, première ville nouvelle en France. (JL) Le centre-ville de Mourenx, première ville nouvelle en France. (JL)

 

Le bassin de Lacq figure parmi les points noirs du Plan national santé-environnement. À Mont, les pollutions des sols impactent la nappe phréatique. À Mourenx, l’eau de la nappe est colorée en son point de résurgence et l’usage des eaux souterraines est restreint. Il a fallu attendre 2013 pour qu’un arrêté préfectoral prescrive l’arrêt du panache de pollution hors du site industriel d’Arkema à Mont. La station d’épuration de Lacq, Mont et Mourenx a reçu une mise en demeure préfectorale en 2011 à la suite des rejets de substances médicamenteuses dans la rivière voisine, le gave de Pau.

Élus, représentants de salariés, associations, représentants de l’État et industriels ont l’occasion de se réunir dans le cadre des secrétariats permanents pour la prévention des pollutions et des risques industriels (SPPPI) et des conseils départementaux, de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques (Coderst). Mais les rendez-vous sont irréguliers. « Ils se renvoient la balle. Toutes les décisions sont collégiales et anonymes. Ils sont à la fois complaisants envers les industriels et se disent défenseurs de l'intérêt général », déplore Michel Rodes, le militant associatif qui depuis 40 ans dénonce les dangers du site de Lacq. Des maires de communes avoisinantes sont d’anciens salariés du site industriel. Seuls cinq élus locaux ont accepté de signer une lettre demandant à Marisol Touraine une nouvelle étude épidémiologique. Sur le bassin, la société Yara fabrique du nitrate d’ammonium, très explosif – c’est la substance que produisait l’usine AZF de Toulouse. Elle parvient à faire en grande partie payer par de l’argent public le mur de protection qu’elle fait ériger autour de son site. En 2011, David Habib, député socialiste des Pyrénées-Atlantiques, proche de Manuel Valls, fait voter une exonération de taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) portant sur les injections à 4 000 mètres sous terre d’effluents industriels du bassin de Lacq, qu’il décrit comme « simplement de l’eau salée ». Le groupe Total en est le principal bénéficiaire. Lors de l’examen de l’amendement à l’Assemblée, Valérie Pécresse, alors ministre du budget, soutient la proposition du parlementaire : « Le petit cœur sensible qui continue à battre dans le cœur de la ministre du budget estime qu'en effet ces effluents liquides doivent rester exonérés de la TGAP. »

Prochain épisode : La fabrique du silence.

 

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

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25 avril 2016 1 25 /04 /avril /2016 15:37

 

Source : http://www.bastamag.net

 

Sécurité

Comment la France impose ses centrales nucléaires vieillissantes à ses voisins européens

par

 

 

Sur les 19 centrales nucléaires françaises, cinq se trouvent à proximité des frontières du pays : Fessenheim, à la frontière allemande, Cattenom, tout près du Luxembourg, Gravelines et Chooz, près de la frontière belge, ou Bugey, à quelques dizaines de kilomètres de la Suisse. Nos voisins s’inquiètent de plus en plus d’avoir ces réacteurs vieillissants à leurs portes, sans aucun pouvoir sur la poursuite de leur exploitation ou leur degré de sécurisation. En matière de sécurité nucléaire, la coopération européenne n’est toujours pas à l’ordre du jour. Ce qui pose également de graves problèmes concernant l’efficacité des mesures de prévention et de gestion de crise.

Au printemps 1986, les autorités françaises tentent de nous convaincre que l’Hexagone ne risque rien face au nuage radioactif de Tchernobyl. Au même moment, les pays voisins prennent pourtant des mesures pour protéger leurs citoyens. 30 ans après l’explosion du réacteur nucléaire soviétique et cinq ans après Fukushima, la politique européenne en matière de prévention contre le risque nucléaire n’est guère plus cohérente. La France continue à exploiter des centrales nucléaires à quelques kilomètres de ses frontières, en dépit de l’opposition toujours plus grande des pays voisins.

La centrale de Fessenheim, la plus ancienne de France, est implantée au bord du Rhin, à deux pas de la frontière et à une trentaine de kilomètres seulement de la ville allemande de Fribourg-en-Brisgau (230 000 habitants). Celle de Cattenom se situe à côté de la Moselle, à la frontière directe avec le Luxembourg, à 25 kilomètres de la capitale du Duché. Celle de Chooz, sur une rive de la Meuse, se trouve à moins de 10 km de la Belgique, et celle de Gravelines, dans le Nord, à quelque 30 kilomètres. Enfin, la centrale de Bugey se trouve à 70 km de Genève. Conséquence logique, que ce soit en Allemagne, au Luxembourg, en Belgique ou en Suisse, des citoyens, des élus, des collectivités, s’inquiètent de plus en plus du risque que les réacteurs français frontaliers font peser sur eux.

 

Aucune coordination des plans d’évacuation

« Je vois la centrale depuis chez moi. Mais de ce côté-ci du Rhin, il n’y a même pas de campagne de distribution d’iode. C’est comme si la radioactivité s’arrêtait aux frontières », déplore Didier Nocus. Ce Français vit à deux pas de Fessenheim, mais en Allemagne. Directement exposé aux risques que présente la plus vielle centrale de France, mise en service en 1977, il est pourtant exclu des plans français de prévention des risques. Les plans de gestion des situations d’urgence – qu’on appelle des plans particuliers d’interventions (PPI) – sont « des dispositifs définis par le code de la sécurité intérieure, qui relèvent de la loi. Ils ne s’appliquent donc que sur le territoire français, sous l’autorité des préfets », explique Bénédicte Genthon, directrice de l’environnement et des situations d’urgence à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). La nouvelle campagne française de distribution de pastilles d’iodes (qui doivent limiter la fixation de l’iode radioactif dans l’organisme en cas d’accident nucléaire), lancée en début d’année, ne concerne donc que les riverains des installations qui habitent … en France. Pour les autres, ce sont les autorités locales des pays voisins qui doivent prendre en charge la distribution.

De même pour les plans d’évacuation. En cas d’accident, même grave, les autorités françaises ne se préoccupent que de l’évacuation des riverains qui habitent du « bon côté » de la frontière. Aux pays limitrophes de gérer les autres. « Je me suis penchée sur la question des plans d’évacuation. Il n’y a pas de coopération entre les autorités d’ici et celles de France. Nous ne savons pas du tout ce qu’il faut faire en cas d’accident nucléaire à Cattenom », accuse Ute Schlumberger, riveraine allemande de la centrale, qui milite pour sa fermeture.

 

Un manque de coordination qui « pourrait créer une situation de panique »

« Il existe des plateformes de coopération avec les pays voisins, assure pourtant la responsable de l’ASN Bénédicte Genthon. Il y a des échanges au niveau local, entre la préfecture et les Länder par exemple pour les centrales proches de l’Allemagne. Il y a aussi des accords bilatéraux d’échanges d’informations en cas d’accident, avec la Belgique, l’Allemagne, le Luxembourg, qui remontent aux années 1980. Il existe en outre des protocoles de coopération entre les différentes autorités de sûreté nucléaire. » L’ASN se réunit ainsi tous les ans avec les autorités de sûreté nucléaire luxembourgeoise et allemande, deux fois par an avec celle de Belgique. « La semaine dernière encore, nous avions une réunion d’un groupe de travail franco-allemand », insiste la responsable. Depuis quelques années, les autorités de sûreté nucléaire européennes tentent de développer une coordination transfrontalière plus cohérente dans la gestion des situation d’urgence.

Cette coordination est-elle au point ? « La zone autour de la centrale de Cattenom touche la France, deux États-régions différents d’Allemagne, la Belgique, et le Luxembourg. Le risque est donc important que l’une de ces cinq entités prenne une décision contraire aux autres, souligne Patrick Majerus, chef de division de la radioprotection au ministère de la Santé du Luxembourg. On a tout vu, au fil de nos exercices communs de gestion de crise. Par exemple, l’un des pays décide unilatéralement de fermer ses frontières. Pour nous, cela signifie que le personnel médical ne peut plus venir travailler, parce que nous avons beaucoup de frontaliers dans ce secteur. Ou bien, lors du dernier exercice, le Luxembourg a décidé seul d’interdire à la population de manger les salades du jardin. » Pourquoi interdire la consommation des légumes du potager au Luxembourg et pas à quelques kilomètres de là, en France ou en Allemagne ? « Il n’y a pas de plan commun d’urgence pour l’instant. Car cela ressort de la souveraineté nationale. Mais pour le grand public, ce ne serait évidemment pas très compréhensible, surtout en situation d’urgence, d’évacuer d’un côté de la frontière et pas de l’autre. Cela peut potentiellement créer une situation de panique. »

 

Des plans de prévention difficiles d’accès

Pour l’instant, les réponses apportées à Cattenom et Fessenheim sont différentes d’un côté à l’autre des frontières. « Avant, on ne pensait pas qu’un accident aussi grave que Fukushima puisse se produire sur un réacteur européen. Suite à Fukushima, nous avons adopté au Luxembourg un nouveau plan d’urgence nucléaire, indique Patrick Majerus. Dans ce plan, la zone d’évacuation a été élargie à 15 km de Cattenom [1]. » En France, les zones d’évacuation sont en général de cinq kilomètres seulement, nous indique l’ASN. Bien moins que ce qui est prévu chez notre voisin. Et largement en-dessous de la zone évacuée autour de Fukushima (20 kilomètres).

Il est beaucoup plus facile d’avoir accès au plan de prévention mis en place par notre voisin luxembourgeois qu’aux plans français. « Certains plans particuliers d’intervention (PPI) locaux ne sont toujours pas disponibles en ligne. En cas d’accident nucléaire grave, les populations riveraines ne connaissent pas les mesures de protection prévues et ne réagiront probablement pas comme attendu », pointe début avril l’Association nationale des comités et commissions locales d’Information (chaque installation nucléaire est pourvue d’une commission locale d’information composées d’élus locaux, d’associatifs, de représentants syndicaux et de l’économie) [2].

 

« Tout est décidé par la France »

« En France, il y a une négation du risque nucléaire de la part des autorités, déplore Charlotte Mijeon, de l’association Sortir du nucléaire. Une position française du « passez votre chemin, Il n’y a rien à craindre » de plus en plus mal acceptée chez nos voisins. « Je suis l’un des députés belges dont la circonscription est la plus proche de la centrale de Chooz. Régulièrement, j’interpelle le ministre de l’Intérieur belge au sujet de la centrale, sur les incidents, sur l’état des installations. Mais à chaque fois, j’obtiens comme réponse : "nous n’avons pas de contrôle direct, cela se passe du côté français", déplore l’écologiste Georges Gilkinet. Alors qu’un incident a Chooz aurait potentiellement plus d’impact sur la Belgique que sur la France, en tant que député belge, je ne peux pas demander de comptes aux autorités françaises ! »

La situation semble encore plus absurde aux yeux des élus allemands. « Ici, dans le canton, le malaise est d’autant plus grand que nous portons les coûts de la sortie allemande du nucléaire, tout en restant particulièrement exposés au risque à cause de la centrale française toute proche », témoigne Daniela Schlegel-Friedrich, conseillère du canton allemand frontalier de Cattenom.

Après la catastrophe de Fukushima, l’Allemagne prend la décision d’arrêter immédiatement huit réacteurs parmi les plus anciens du pays et de sortir définitivement du nucléaire d’ici à 2022. Mais les Allemands proches de nos frontières font toujours les frais du risque nucléaire français. Tout au plus, les élus locaux peuvent siéger à titre de simples observateurs dans les commissions locales d’informations et de surveillance. « Je vois les efforts faits du côté français pour nous informer. Ils essaient de faire les choses de manière transparente, même si nous sommes toujours informés des incidents après-coup. Mais peu importe que l’on soit informé, le problème est qu’il n’y a aucun endroit où on nous demande notre avis, critique l’élue. Nous n’avons aucun espace de codécision. Tout est décidé par la France. »

 

La fermeture de la centrale de Fessenheim toujours repoussée

À tous les niveaux, locaux, régionaux, et national, les autorités allemandes tentent de pousser la France à fermer au plus vite ses deux centrales frontalières vieillissantes de Cattenom et surtout de Fessenheim. La ministre allemande de l’Environnement a répété le mois dernier le souhait du gouvernement allemand de voir Fessenheim s’arrêter au plus vite, suite à des révélations sur des incidents survenus en 2014 et dont la gravité n’a pas été complétement transmise aux autorités allemandes. Suite à un rapport faisant état de failles de sureté, Anton Hofreifer, patron des Verts au Bundestag, a demandé au gouvernement allemand d’exiger la fermeture de la centrale de Cattenom par la France pour « danger imminent ».

Des efforts restés vains pour l’instant. Malgré la promesse de François Hollande de fermer la centrale de Fessenheim en 2016, la date de sa mise à l’arrêt n’est toujours pas fixée. « Nous attendons un décret cette année qui nous donnerait la date de retrait de l’autorisation d’exploitation de Fessenheim. Mais nous avons toujours des doutes. Est-ce que sera en 2016 ou en 2017 ? Et est-ce que ce sera avant ou après l’élection présidentielle ?, s’interroge Charlotte Mijeon. Cela changerait la donne. « Car Juppé, par exemple, a déjà dit qu’il rallongerait encore la durée de vie de Fessenheim. » Les riverains allemands ne sont donc pas au bout de leurs inquiétudes.

 

Nos voisins attaquent nos centrales en justice

Face à cette incertitude entretenue au plus haut niveau, nos voisins misent sur une voie moins diplomatique : la justice. En 2008, une association transnationale réunissant une centaine de communes d’Allemagne, de Suisse et de France – l’Association trinationale de protection nucléaire (ATPN) – lance une première procédure judiciaire pour fermer la centrale de Fessenheim. Puis une deuxième procédure, après Fukushima. Sans succès. « Mais cela a quand même fait pression sur les autorités françaises », estime Jürg Stöcklin, président de l’ATPN.

En mars 2016, c’est le canton suisse de Genève qui dépose une plainte contre la centrale de Bugey, mise en service à la fin des années 1970. Une plainte contre X pour « mise en danger délibérée de la vie d’autrui et pollution des eaux ». « Il s’agit cette fois d’une plainte non pas administrative mais pénale, pour des infractions », précise l’avocate du canton (et ancienne ministre de l’Environnement) Corinne Lepage, qui a aussi défendu l’ATPN sur le cas de Fessenheim. « Quand l’Allemagne, le Luxembourg et la Suisse disent que ça ne va plus, ça commence à vraiment poser un problème, estime l’avocate. Dans les années 1990, nous avons gagné en justice sur le cas de la centrale de Creys-Malville. » Celle-ci, implantée dans l’Ain, a finalement fermé en 1998.

La stratégie judiciaire est aussi celle choisie par la ville allemande d’Aix-la-Chapelle contre un des réacteurs de la centrale belge de Tihange 2, exploitée par le groupe Electrabel, filiale d’Engie, ex-GDF Suez (voir notre article). Le réacteur a été arrêté en 2014 suite à l’apparition de fissures, avant d’être remis en marche il y a quelques mois, sans consultation des collectivités frontalières directement exposées au risque. Que peut-on attendre de ces actions en justice ? Difficile de faire aboutir ces plaintes transfrontalières. La politique énergétique relève de la souveraineté nationale, rétorquent les juges. Une souveraineté qui semble passer avant la protection des populations.

Rachel Knaebel

Image : Centrale nucléaire de Cattenom. CC blockdev.

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Nucléaire
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25 avril 2016 1 25 /04 /avril /2016 15:35

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Sécurité

EDF cherche à censurer des révélations sur ses centrales nucléaires en invoquant la « propriété intellectuelle »

 

par , Sophie Chapelle

 

Il y a quelques semaines, le Journal de l’énergie révélait une série de notes internes d’EDF mettant en lumière l’état de délabrement de nombreux moteurs diesel de secours dans les centrales nucléaires françaises. Ces moteurs sont indispensables pour assurer le refroidissement des réacteurs en cas de coupure de l’accès au réseau électrique, comme c’est arrivé à Fukushima. En 2014, la majorité d’entre eux avaient été jugés par EDF elle-même en état « dégradé » ou « inacceptable » ; aucun n’était considéré comme en état correct. Les documents internes révélés par le Journal de l’énergie font également état de pannes graves survenues sur ces moteurs diesel en 2010.

L’entreprise a cherché à minimiser ces révélations, et a menacé nos confrères de poursuites si ces documents n’étaient pas retirés de leur site. L’argument invoqué ? La publication de ces notes sans autorisation porterait atteinte à la « propriété intellectuelle » d’EDF ! Ces informations d’utilité publique sur les risques des centrales françaises relèvent-elles vraiment de la propriété privée ?

« EDF n’a pas apprécié la publication sur notre site de ses rapports internes sur les diesels de secours », écrit le Journal de l’énergie. Ce dernier a reçu un recommandé d’EDF le 5 avril qui met en demeure le Journal de l’énergie de « retirer immédiatement » de son site les bilans de fiabilité des diesels de secours et les liens vers ces documents. EDF leur demande également de cesser « de divulguer, reproduire et diffuser ces notes techniques auprès de quiconque », rapporte le Journal de l’énergie. Selon le service juridique du groupe EDF, « ces notes internes sont "la propriété d’EDF" et le Journal de l’énergie n’a pas reçu l’autorisation d’EDF pour les publier ». Le Journal de l’énergie explique avoir « décidé de révéler ces rapports internes d’EDF à cause des informations inédites qu’ils apportent sur la fiabilité dégradée de moyens de secours vitaux à la sûreté des centrales nucléaires françaises ».

 

« Menace pour la liberté d’informer »

« Au vu des risques que font courir les centrales nucléaires aux populations, le Journal de l’énergie estime que ces dernières sont en droit de connaître l’état réel de ces installations », poursuivent nos confrères. EDF estime apparemment que ces défaillances ne la concernent qu’elle-même en tant qu’entreprise et que personne ne devrait s’en mêler.

« Il s’agit d’une stratégie classique pour faire taire les lanceurs d’alerte, réagit le réseau Sortir du nucléaire dans un communiqué. Une grande entreprise a les moyens de se payer des avocats et des procédures judiciaires longues. Tel n’est pas le cas des associations ou médias indépendants. Ce genre de menace est donc un moyen de dissuasion puissant, et représente une menace pour la liberté de la presse et l’exercice démocratique du droit d’informer le public. »

Le Réseau Sortir du nucléaire, qui dénonce « la tentative de censure et d’intimidation engagée par EDF », a décidé de mettre en ligne sur son site web l’intégralité de ces documents confidentiels, en soutien au Journal de l’Énergie.

- Lire l’intégralité de l’article sur le site du Journal de l’énergie

- L’enquête originale du Journal de l’énergie, en deux volets, est accessible ici et .

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25 avril 2016 1 25 /04 /avril /2016 15:30

 

Source : https://blogs.mediapart.fr/noel-mamere

 

 

Trente ans après, l'Etat-EDF persiste et signe

 
 
Rappelons-nous, il y a 30 ans, le 26 avril 1986, le plus grand accident nucléaire de l’histoire ravageait l’Ukraine. A Tchernobyl, près de  la vile de Pripiat, un réacteur de la centrale nucléaire, de type RBMK, explosait à la suite d’une montée en puissance incontrôlée. Un énorme nuage contenant de grandes quantités radioactives de césium 137 et d’iode 131, passait au-dessus de nombreux pays européens.

Rappelons-nous, il y a 30 ans, le 26 avril 1986, le plus grand accident nucléaire de l’histoire ravageait l’Ukraine. A Tchernobyl, près de  la vile de Pripiat, un réacteur de la centrale nucléaire, de type RBMK, explosait à la suite d’une montée en puissance incontrôlée. Un énorme nuage contenant de grandes quantités radioactives de césium 137 et d’iode 131, passait au-dessus de nombreux pays européens. En France, les hommes du lobby nucléaire prétendaient que le nuage avait été arrêté à nos frontières ! Alors présentateur du journal d’Antenne 2-Midi, je me souviens des difficultés rencontrées, y compris auprès des journalistes « spécialisés », pour qu’enfin on admette que la France n’était pas épargnée par cette catastrophe. Quelques années plus tard, évoquant cet épisode dans une émission de télévision, je fus l’objet d’un procès en diffamation, intenté par le professeur Pellerin (celui qui nous disait que tout était sous contrôle), qui dura dix ans … Jusqu’à ce que la Cour européenne des droits de l’homme condamne le gouvernement français et demande l’annulation de ma peine devant les tribunaux français ! Dix ans pour admettre une évidente vérité, c’est dire le poids du lobby nucléaire dans notre pays. Car, dire la vérité, c’était reconnaître que les radiations avaient atteint les animaux et les humains, les forêts et les cours d’eau, les champs et les villes… jusqu’en Corse.

En Ukraine, 400 000 personnes furent déplacées, 100 000 personnes irradiées, qui moururent dans d’atroces souffrances dont un nombre indéterminé de « liquidateurs », ces hommes envoyés de force sur le site de la centrale pour tenter de limiter les conséquences de l’accident en décontaminant le territoire impacté. L’accident de Tchernobyl accéléra la décomposition et l’effondrement de l’URSS, incapable d’organiser la prévention et les secours.

Cette catastrophe annonçait celle de Fukushima, comme cette dernière en annonce d’autres si l’on en croit l’Autorité de Sûreté nucléaire française qui évoque la possibilité d’un « accident nucléaire majeur » en France. Mais, à la différence de tous les autres accidents industriels, avec le nucléaire, il n’y a pas d’après. Parce que les conséquences sanitaires et environnementales dépassent les générations humaines et qu’elles sont irréversibles. On ne parle pas en années, mais en siècles, en centaines de siècles. De quoi donner le vertige. Et c’est en ce sens que le nucléaire, dont l’acte fondateur est Hiroshima, a inauguré l’ère de la démesure, de « la honte prométhéenne », pour reprendre l’expression de Gunther Anders, où l’Homme croit pouvoir échapper à sa condition.

Pourtant, trente ans après cette monstruosité et au lendemain de Fukushima, le nucléaire en France fait toujours consensus dans les élites politiques et techniciennes. Les nucléocrates français ne sont que des Docteurs Folamour qui, au nom d’un scientisme intéressé, manipulent le pouvoir politique et l’opinion en faisant croire que le nucléaire est incontournable. En fait, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, nous déléguons notre libre arbitre en matière d’énergie à un petit groupe d’ingénieurs qui échappent à tout contrôle de la puissance publique. Le nucléaire civil n’étant que le prolongement du nucléaire militaire, fondé sur le secret, et les deux fonctionnant en étroite collaboration, il ne faut donc pas s’étonner qu’ils nous dissimulent les risques inhérents à ce système. L’opacité et le secret sont la règle, et la transparence l’exception.

Cette régression démocratique s’est donc organisée sous De Gaulle et Pompidou, qui ont scellé un pacte d’acier avec les communistes. Les gaullistes considérant la maîtrise de l’atome comme un élément de notre indépendance, les communistes, qui avaient de solides bases chez les salariés d’EDF, estimant que le nucléaire allait dans le sens du « Progrès ». Les uns et les autres soutenaient l’idée fausse que le nucléaire permettrait à la France de garantir son indépendance énergétique ad aeternam. Dans un premier temps, ce consensus nucléaire fut partagé par une grande partie de la population. A l’exception des écologistes, très minoritaires à l’époque, mais à l’origine de combats historiques, comme celui de Creys-Malville, en 1977, où Vital Michalon perdit la vie dans les affrontements avec les forces de l’ordre. En 1981, après la victoire de François Mitterrand, le PS rejoignit le club des nucléocrates et depuis cette époque, droite et gauche célèbrent ensemble le culte du nucléaire, devenu religion d’Etat. Résultat : cette « exception française », vantée par la propagande politique et médiatique, est aujourd’hui une faillite économique, une impasse politique et un danger qui plane en permanence au-dessus de nos têtes.

Voilà pourquoi ce triste anniversaire devrait au moins nous permettre de relancer le débat autour d’une énergie qui induit l’acceptation d’un modèle de société centralisé, autoritaire et hors contrôle. Le nucléaire aujourd’hui n’est plus viable économiquement. Son coût a explosé. EDF est en faillite à cause de l’EPR, au point que l’Etat met la main à la poche en injectant trois milliards d’euros dans une augmentation de capital destinée à sauver la filière, plutôt que d’investir la recherche de l’efficacité énergétique et le développement des énergies renouvelables. L’Etat s’obstine à participer au sauvetage d’AREVA, à « sécuriser » des centrales nucléaires vieillissantes pour des coûts faramineux, au lieu de les démanteler et d’imposer partout le compteur Linky, contre la volonté des consommateurs. Mais rien ne semble pouvoir arrêter ce lobby, véritable Etat dans l’Etat. Tandis que le nucléaire régresse dans de nombreux pays, en France, les nucléocrates imposent leur loi, bafouant les accords politiques passés entre les écologistes et le PS, revenant sur la loi de transition énergétique, renvoyant la fermeture de la centrale de Fessenheim aux calendes grecques, empêchant tout investissement conséquent dans les énergies renouvelables…

Au moment où la France signe le traité sur le climat et où François Hollande tient sa quatrième conférence environnementale, dans l’indifférence générale et la suspicion légitime des écologistes et des ONG, le souvenir de Tchernobyl devrait faire honte à ces gouvernants qui s’obstinent dans cette voie dangereuse. Raison de plus pour rompre avec cette fausse gauche et cette vieille droite.

Comme l’indique le manifeste de la commission Ecologie climat de Nuit Debout : « Après Tchernobyl et Fukushima, Il est inadmissible et irresponsable, en particulier pour les générations futures, de continuer à promouvoir le mythe de l'énergie nucléaire soi-disant propre et à faible coût. La dangerosité de cette technique, la difficulté du démantèlement et de la gestion des déchets, ne sont plus à démontrer. Nous voulons la transparence totale sur la filière nucléaire et exigeons la fermeture immédiate des réacteurs de plus de trente ans et l’arrêt de la construction des EPR. ». On ne saurait mieux dire !  

Si nous voulons empêcher de nouvelles catastrophes, il faudra se débarrasser  du complexe  techno-politique qui dirige ce système. Pour sortir de la déraison du monde, il ne suffira pas de rester debout place de la République, mais c’est debout que les peuples s’émanciperont de cette servitude technicienne.

 

Noël Mamère

Le 25/04/2016.

 

 

Source : https://blogs.mediapart.fr/noel-mamere

 

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25 avril 2016 1 25 /04 /avril /2016 15:18

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Emmanuel Macron pris à partie lors d'une visite d'usine

25 avril 2016 | Par La rédaction de Mediapart
 
 

Le ministre de l'Economie a eu un échange musclé lundi avec des syndicalistes opposés au projet de réforme du Code du travail, lors d'une visite d'entreprise.

« Ce n'est pas par plaisir qu'on va dans la rue. Ce n'est pas par plaisir que les gens perdent leur salaire pour aller manifester ». Ces mots, ce sont des salariés syndiqués qui les ont adressé au ministre de l'économie Emmanuel Macron, ce lundi, sur le site de l'entreprise Rexiaa à Issoire (Puy-de-Dôme). « Vous ne faites rien, vous nous ignorez, vous nous méprisez », a également entendu le ministre.

 

 

Interrompu par les manifestants, Emmanuel Macron a gardé son calme malgré le ton parfois véhément des échanges. « Mais attendez, je viens vous parler. Je viens vous parler, je viens vous écouter, je n'entends pas si vous criez en même temps. » Le ministre de l'Economie, s'il « entend » les protestations de la rue, estime que « ce n'est pas une condition suffisante » et qu'« on ne protège personne si on promet des choses qui ne sont pas tenables ».

« Vous ne savez pas ce que c'est de se lever à 5 heures du matin pour gagner un SMIC de rien du tout », lui a-t-on reproché, tandis qu'un manifestant à lancé « Pourquoi vous ne pensez pas au peuple ? » Quelques minutes plus tard, à son entrée dans l'entreprise, Emmanuel Macron a estimé qu'« il faut expliquer, il faut entendre quand il y a de l'inquiétude, de la détresse ». Car « ça va pas mieux pour tout le monde, ça va mieux en moyenne, c'est la vérité, ce sont les chiffres », a-t-il dit en reprenant le message mis en avant par François Hollande lors de son intervention télévisée de la mi-avril.

(Reuters)

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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22 avril 2016 5 22 /04 /avril /2016 14:39
 
Source : http://rue89.nouvelobs.com
 
 
Coup de fil à un ami

Viber chiffre les conversations : quelle messagerie est la plus sûre ?

 

WhatsApp, Twitter, Snapchat, Signal, Skype, iMessage, Telegram, Viber... Quel est l’outil le plus sécurisé ? Voici notre banc d’essai, réalisé avec l’aide d’experts du chiffrement.

 
 

Vous venez de tuer malencontreusement votre patron.

Vous avez envie d’éviter que vos photos coquines se retrouvent dans la fournée du prochain piratage à la mode.

Vous venez d’être pris dans les filets des « Panama papers ».

Vous êtes un homme politique qui veut filouter en toute tranquillité avec son avocat.

Vous êtes parent et vos enfants vous demandent souvent le numéro de votre carte bleue par téléphone.

Ou vous n’avez tout simplement pas envie que quelqu’un sache que tous les soirs, à 19h47, votre chéri(e) vous envoie : « Pense à prendre le pain. »

De l’anodin au plus grave, en passant par le menu larcin ou la position de principe, on a tous quelque chose à cacher.

 

Un vieux téléphone

Un vieux téléphone « sécurisé maison » - Mollybob/Flickr/CC
 

A partir du classement établi par l’association américaine Electronic Frontier Foundation (EFF), nous avons demandé aux chercheurs interrogés sur le chiffrement lors du clash entre Apple et le FBI de nous aider à vous conseiller les applications mobiles les plus sûres pour communiquer. Situation par situation.

 

1 Sur votre téléphone, vous n’avez que les applis déjà installées lors de l’achat

Parce qu’un téléphone, « ça sert à téléphoner ! »

 

Communiquer en toute sécurité risque d’être un peu compliqué. Certes, depuis l’affaire Snowden, la sécurité des échanges et même le chiffrement – concept qu’on ne pensait jamais voir devenir grand public – sont devenus un argument de vente. Mais cela ne veut pas dire que les fabricants de téléphone sont aussi sûrs que le clament leurs plaquettes de com’.

  • Vous avez un iPhone : bonne pioche

On le sait particulièrement depuis son différend avec le FBI, Apple met un point d’honneur à protéger ses appareils, ainsi que les échanges via les applications qui y sont installées par défaut. Outre son système d’exploitation chiffré, la marque garantit une sécurisation solide pour iMessage et FaceTime

 

Envoyer un message sur iMessage : ça peut passer

Envoyer un message sur iMessage : ça peut passer - Capture d’écran

Attention toutefois à ne pas laisser traîner votre mot de passe permettant d’accéder à vos sauvegardes iCloud, stockées sur les serveurs d’Apple. Si vous n’en voulez pas, ne les activez pas.

  • Vous avez un Android : « it’s complicated »

Le système d’exploitation de Google propose bien une version chiffrée, le problème c’est que de nombreux équipementiers l’utilisent. Et l’adaptent à leur sauce. Samsung, HTC, LG, Motorola... Difficile d’être certains que ces fabricants ne tripatouillent pas Android de manière à affaiblir sa sécurité. Surtout qu’il paraît que c’est mieux pour la rapidité de l’appareil.
 

  • Vous avez un Blackberry : pas si mal

Blackberry a fait de la sécurité de ses clients un argument de vente bien avant Apple. Ce n’est pas pour rien que les businessmen et autres grands de ce monde y sont toujours scotchés. Même ’« El Chapo » s’y était mis : Sean Penn a expliqué devoir utiliser les téléphones de la marque pour communiquer avec le baron de la drogue. Sauf que ces messages auraient conduit à son arrestation. Blackberry a-t-il collaboré avec la police ? Pour certains analystes, l’application BlackBerry Messenger (BBM) n’est en effet pas identifiée comme étant parfaitement sûre : le fabricant détiendrait les clés pour déchiffrer les messages. Et aurait donc la possibilité de les filer aux forces de l’ordre.

 

2 Vous avez les ultra-basiques : Facebook, Twitter, Instagram

(et n’avez pas envie de vous prendre la tête)

 

Si vous ne voulez vraiment pas que quelqu’un tombe sur votre message, mieux vaut laisser tomber. Facebook, Twitter et Instagram ne rendent leurs échanges opaques que lorsqu’ils circulent entre votre téléphone et leurs serveurs. Et encore ! Instagram a été accusé de ne pas assurer ce service minimum.

Twitter a bien dit un temps que ses équipes bossaient sur un moyen de chiffrer les « Direct messages » (DM) mais le projet a été abandonné.

 

Envoyer un message sur Facebook Messenger : mauvaise idée

Envoyer un message sur Facebook Messenger : mauvaise idée - Capture d’écran
 

Résultat : les messages privés qui sont stockés chez ses trois services très populaires sont en clair sur leurs serveurs. Donc si quelqu’un le souhaite, il peut les lire. Policier avec une ordonnance judiciaire, personnes malveillantes avec quelques compétences en informatique, ou NSA.

Notre conseil : téléchargez d’autres applications. Ou utilisez un pigeon voyageur.

 

3 Vous ne jurez plus que par Snapchat et WhatsApp

(et n’avez pas non plus envie de vous prendre la tête)

 

Vous avez entre 12 et 25 ans (ou tentez de rester branché et fresh) et passez votre temps à faire des stories sur Snapchat. Sans compter que votre cousine vous a fait découvrir le monde merveilleux de Whatsapp pour s’assurer qu’après son mariage, vous et toute votre famille pourriez profiter des photos et de l’enregistrement du fameux karaoké de 3h42. Bref, vous êtes con-nec-tés.

  • A faire : utiliser WhatsApp

Bonne nouvelle : en plus d’être très simple d’utilisation, WhatsApp est a priori bien sécurisée.

Il y a quelques jours, l’application détenue par Facebook a en effet annoncé qu’elle allait chiffrer ses messages de bout en bout. A en croire les experts, c’est la meilleure formule puisque de votre téléphone à celui de votre destinataire, impossible de lire vos échanges. WhatsApp elle-même n’a pas la clé permettant de les déchiffrer ! Du coup, police ou délinquant, personne ne pourra se faufiler dans ses serveurs pour accéder à leur version lisible.

En plus, vous n’avez rien à activer : c’est ce qu’on appelle le « privacy by design » ; la protection de votre vie privée est pensée à l’intérieur même de l’application, sans que vous vous en aperceviez.

 

Envoyer un message sur Snapchat : mauvaise idée

Envoyer un message sur Snapchat : mauvaise idée - Capture d’écran
 
  • A éviter à tout prix : Snapchat

D’accord, c’est a priori éphémère. Et a priori pas conservé sur les serveurs de l’entreprise (à l’en croire, seuls les contenus non-ouverts sont stockés, pour 30 jours). Mais ça ne suffit pas.

Au-delà du risque, déjà grand et hautement probable, qu’un de vos potes fassent une capture d’écran de votre snap, sachez quils ne bénéficient pas de la plus haute protection. Le court laps de temps qu’elles y séjournent, images et vidéos demeurent lisibles pour Snapchat, qui détient la clé pour lever le chiffrement qui les brouille. Là encore, toute intrusion est donc possible.

 

4 Vous êtes prêt à installer une nouvelle application

Vous avez du wifi, le temps et l’envie.

 

  • Pour le confort d’utilisation : WhatsApp

Pour toutes les qualités évoquées ci-dessus, c’est peut-être le meilleur moyen de mettre un pied dans les communications vraiment sécurisées.

Sur WhatsApp, il est possible de s’assurer de l’identité de son interlocuteur – à condition de l’avoir rencontré une fois. Exemple : vous voulez parler avec Snowden mais vous ne savez pas si le compte « snowden » sur WhatsApp est le sien ou celui de la NSA. Vous devez aller le voir, flasher le QRcode associé à sa clé. Vous saurez alors que vos secrets seront bien gardés.

De même, le fait qu’une clé différente soit associée à chaque envoi permet d’éviter que les vieux messages soient subitement lisibles, si quelqu’un venait à mettre la main dessus – c’est ce qu’on appelle la « confidentialité persistante »

Seul bémol : les détenteurs d’iPhone peuvent réaliser des sauvegardes de leurs conversations sur iCloud. Comme cela ouvre une nouvelle porte vers vos données, autant se méfier.

  • Pour être blindés : Signal

C’est l’application de référence, la star dans le domaine. Tous les pontes du milieu recommandent le système sur lequel elle s’appuie, « Open Whisper Systems »  : Snowden, Poitras, Schneier... Elle cumule les bons points, sauf un, qui peut être très gênant : sa facilité d’utilisation.

Déjà, il faut que vos contacts soient dessus. Et puis, il faut que ça fonctionne : quelques heures avant la mise en ligne de cet article, il était impossible de se connecter aux serveurs de l’application pour la faire tourner. 

 

L'interface de Signal, en attente d'un nouveau message

L’interface de Signal, en attente d’un nouveau message - Capture d’écran

Ceci dit, en dehors de ces dysfonctionnements épisodiques, Signal n’est pas si compliqué à prendre en main.

 

Sur Telegram, il est nécessaire de le préciser lorsqu'on souhaite une conversation protégée

Sur Telegram, il est nécessaire de le préciser lorsqu’on souhaite une conversation protégée - Capture d’écran
  • On est sceptiques : Telegram et Viber

Elle a beau être présentée comme l’alternative à Signal ou WhatsApp (on la dit même employée par les terroristes, c’est dire), Telegram suscite trop de controverses pour être fiable.

Il est déjà nécessaire de bien préciser lorsqu’on veut une conversation chiffrée – toutes ne le sont pas. Et puis, les experts lui reprochent d’utiliser une boîte à outils pensée et développée à l’intérieur de Telegram. Or, en cryptologie, c’est rédhibitoire : on ne déploie pas sa petite solution perso, éprouvée nulle part ailleurs.

Telegram a réagi en invitant les râleurs à venir déjouer leur système de protection. 300 000 dollars sont à la clé. De quoi énerver un peu plus encore la communauté du chiffre, qui estime, démonstrations complexes à l’appui, que ce concours est pipé.

Mêmes doutes pour Viber : l’application a rejoint le mouvement du chiffrement ce 19 avril, mais ne donne pas assez d’infos pour nous assurer de sa fiabilité.

Si elle a dit avoir opté pour la protection la plus robuste (du bout en bout de la communication), et avoir mis en place un mécanisme pour être certain de l’identité de son interlocuteur, elle n’est en revanche pas très transparente sur l’outil qu’elle utilise pour y parvenir. Sans publier la moindre info technique sur son site, Viber a en plus confié à Daily Dot s’appuyer sur une sécurité maison, développée sur « le concept d’une solution établie en open-source ».

Franchement, tout ça sent mauvais : évitez.

 

 

5 Vous avez besoin de communiquer par vidéo

Un détail crucial ne peut passer que par la caméra.

 

  • FaceTime

Si vous avez un iPhone en poche, le plus simple est peut-être d’utiliser FaceTime. Attention néanmoins : la communication n’est possible qu’avec des Mac fans – tous les autres téléphones sont exclus. Pas toujours pratique.

  • Patients ? Signal, WhatsApp

Si vous avez un peu de temps devant vous, vous pouvez toujours tourner des saynètes, à envoyer par la suite via Signal ou WhatsApp. Forcément, c’est moins fluide : on n’est plus dans le papotage vidéo, mais bien dans l’envoi de petits films, dont la durée est en plus limitée (de 90 secondes à 3 minutes en moyenne pour WhatsApp). Il va donc falloir saucissonner.

  •  A éviter : Skype

Forcément, c’est l’application qui vient alors tout de suite en tête. Skype a longtemps été citée comme une gardienne efficace des communications sensibles – notamment pendant les révolutions arabes. Sauf que c’est un peu trop embrouillé pour être certain.

De nombreux spécialistes ont identifié des failles dans la protection que Skype revendique. Néanmoins, celles-ci datent : des mises à jour ont peut-être été faites. Sauf qu’on en sait rien : fin 2014, l’EFF s’est arrachée les cheveux pour le déterminer, mais Microsoft, la maison-mère de Skype, n’a pas répondu à ses questions. Tant pis pour eux.

 

Envoyer un message sur Twitter : mauvaise idée

Envoyer un message sur Twitter : mauvaise idée - Capture d’écran
 

6 Vous voulez l’app ultime

Vous avez du temps, du wifi et vous voulez le service le plus sûr.

 

Que garder alors ? Si ça fonctionne : Signal. Sinon, WhatsApp.

Après gardez en tête que malgré toutes ces précautions, un individu déterminé peut toujours trouver le moyen d’accéder à vos informations. Des entreprises en ont même fait leur business, comme la boîte israélienne Cellebrite – qu’on dit capable de pénétrer dans les derniers iPhone et Blackberry.

Sans aller jusque-là, en matière de sécurité, c’est souvent nous qui déconnons. En laissant traîner nos mots de passe, en ne verrouillant pas nos téléphones...

Et puis, même en restant irréprochables, il reste toujours des traces : les métadonnées. Qui disent à qui l’on parle, quand, où, combien de temps... Des infos qui peuvent en dire beaucoup, beaucoup, sur vous.

Ne vous résignez pas pour autant : une protection, même imparfaite, vaut toujours mieux que se balader à découvert !

Making of

Pour élaborer ce comparatif, nous avons étudié les critères suivants :

  • Caractéristiques du chiffrement : est-il de bout en bout ? Ou uniquement lors du transport des messages ? Ces derniers sont-ils stockés sur les serveurs de l'application ? Si oui, sont-ils lisibles ? Et l'entreprise possède-t-elle la clé pour les lire ?
  • Facilité d'utilisation : faut-il être un as de l'informatique ou un novice peut-il s'en sortir ? Ça bugue souvent ?
  • Ampleur du chiffrement : est-il activé par défaut sur toutes les conversations ? Ou ne porte-t-il que sur certains type de messages ?
  • Transparence du chiffrement : est-il possible de jeter un œil au code informatique ou doit-on uniquement se fier à la com' des boîtes ?
  • Durée de la protection : si quelqu'un met la main sur mes anciens messages ou sur une vieille clé, que deviennent mes vieilles conversations ?
  • Possibilité d'identifier ses interlocuteurs : existe-t-il des outils pour s'assurer que mon pote n'est pas un usurpateur ?

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

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