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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 17:05

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Transition énergétique

3500 personnes bloquent l’une des plus grandes mines de charbon au monde

par , Sophie Chapelle

 

 

Ils sont plus de 3500 militants à avoir bloqué pendant 48 heures, entre le 13 et le 15 mai, l’une des plus grandes mines de lignite d’Europe. 20 millions de tonnes de lignite, un « charbon brun » très polluant, sont extraites chaque année de cette mine à ciel ouvert située à Welzow Sud en Allemagne, pays qui figure parmi les plus gros producteurs [1]. Conséquence de cette exploitation, tout ce qui est présent sur les zones convoitées – villages, champs, forêts, exploitations agricoles – a été rasé (voir notre reportage). « Aucune autre énergie ne cause autant d’émissions de CO2 », selon le président de l’association écologiste Bund.

Le vendredi 13 mai, des centaines de militants en combinaisons blanches ont donc pris le chemin de la mine de Welzow Sud. L’enjeu : tenter par tous les moyens, en restant non violents, de paralyser l’exploitation de lignite.

 

 

Alors que la compagnie suédoise Vattenfall, qui avait anticipé l’action, avait déserté le champ d’exploitation, les militants ont pu occuper et bloquer les gigantesques excavatrices qui sortent 240 000 tonnes de charbon par jour. Au même moment, un autre groupe de militants a bloqué les voies ferrées pour barrer la route aux convois de charbon.

 

 

En parallèle, environ 400 personnes sont parties occuper la centrale le samedi après-midi. Trente minutes après avoir pénétré l’enceinte, les militants se sont faits déloger par la police. Au total, 120 personnes ont été arrêtées, avant d’être libérées le dimanche.

 

 

Faute d’approvisionnement en charbon, la centrale de Vattenfall a cessé sa production d’électricité dimanche à la mi-journée. Un signal marquant la fin du blocage pour les militants estimant avoir réussi leur action, en empêchant « le ravitaillement du 10e plus gros émetteur de CO2 pendant plus de 48 heures ». Cette opération baptisée « break free », pour « libérons-nous des énergies fossiles », était initiée par une coalition d’ONG environnementales, au premier rang desquelles figure 350.org.

Leur demande ? Laisser 80 % des hydrocarbures dans le sol afin de rester sous le seuil critique des 2°C de réchauffement que les 195 pays associés à l’accord de Paris sur le climat se sont engagés à ne pas dépasser. Or, cet accord ne mentionne nulle part un engagement des pays à sortir de l’ère des énergies fossiles, pas plus qu’il n’enjoint à aller vers la sobriété énergétique (voir notre décryptage). Les engagements des pays sont seulement volontaires, et sans valeur contraignante...

Depuis le 4 mai, une série d’actions coordonnées ont été menées dans 12 pays – Royaume-Uni, Philippines, Nouvelle-Zélande, Brésil, Australie, Nigeria, Indonésie, Afrique du Sud, États-Unis, Allemagne, Canada et Turquie – pour réclamer une réduction drastique de l’exploitation des énergies fossiles. Selon les relevés publiés par la Nasa, le mois d’avril 2016 est le plus chaud jamais enregistré sur terre.

 

texte : Sophie Chapelle
photos : © Eros Sana - Collectif OEIL

 

 

 

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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 16:32

 

Source : http://reporterre.net

 

 

Déchets radioactifs : le Sénat déroule le tapis rouge à Cigéo

18 mai 2016 / Emilie Massemin (Reporterre)
 


 

C’est passé presque inaperçu : mardi 17 mai, en fin d’après-midi, les sénateurs ont voté pour la relance du projet de stockage géologique des déchets nucléaires Cigéo. Une adoption massive et transpartisane, qui a mis d’accord gouvernement, élus socialistes et des Républicains. « Vous jouez à la roulette », a dénoncé un des rares opposants au texte...

 

- Sénat (Paris), reportage

Un consensus massif en faveur de l’enfouissement en profondeur des déchets nucléaires les plus radioactifs. Tel est le résultat du vote de la proposition de loi du sénateur (LR) de la Meuse Gérard Longuet, mardi 17 mai à partir de 17 h 45 au Sénat.

333 élus de la Chambre haute - sur 343 suffrages exprimés – se sont prononcé en faveur du texte, pour 10 votes contre. Par ce résultat, les élus ont décidé une relance de Cigéo, le projet de stockage à 500 mètres sous terre des déchets les plus radioactifs de la filière nucléaire française.

Pourquoi un tel vote, pourquoi maintenant ? La loi du 28 juin 2006 a décidé que ces déchets seront stockés « en couche géologique profonde » sur le site de Bure, à la frontière entre la Meuse et la Haute-Marne, où l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) possède un laboratoire de recherche. Mais le texte précise que l’enfouissement devra être « réversible », sans préciser en quoi consiste exactement cette réversibilité. La définition de la notion était repoussée à une loi ultérieure.

Cette définition légale est chose faite avec le texte de M. Longuet, qui décrit la réversibilité comme « la capacité, pour les générations successives, soit de poursuivre la construction puis l’exploitation des tranches successives d’un stockage, soit de réévaluer les choix définis antérieurement et de faire évoluer les solutions de gestion ». Elle précise en outre que la mise en route de Cigéo démarrera par « une phase industrielle pilote permettant de conforter le caractère réversible et la démonstration de sûreté de l’installation ».

 

Sénteurs socialistes et de Les Républicains sur la même longueur d’onde

Le vote, comme le débat, s’est déroulé avec une facilité déconcertante. Entre trente et quarante sénateurs étaient présents dans l’hémicycle. La discussion, en présence de la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Economie, de l’industrie et du numérique Martine Pinville, a duré à peine plus de deux heures, pour un texte comportant un article seulement. Sénateursocialistes et du groupe Les Républicains ont affirmé en chœur l’impérative nécessité de ce projet et leur foi dans l’industrie nucléaire française.

« Notre débat n’est pas entre pro et antinucléaires, la question est celle de la gestion des déchets radioactifs existants, a souligné Michel Raison, sénateur (LR) de la Haute-Saône et rapporteur de la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable. Le texte de la commission (...) a été adopté à la quasi-unanimité. En l’adoptant, nous prenons nos responsabilités pour assurer nos choix énergétiques passés et présents. C’est affaire d’éthique et de continuité de l’État. »

A sa suite, Mme Pinville n’a pas manqué de saluer « l’initiative de M. Longuet et des auteurs de cette proposition de loi, étape importante d’un processus transpartisan de long terme qui nous engage envers les générations futures ». « La France a fait le choix stratégique du nucléaire et s’est dotée d’un parc de 58 réacteurs qui fournit une électricité décarbonée et compétitive, a-t-elle dit. Comme les parlementaires, le gouvernement a le souci de sa responsabilité vis-à-vis des générations futures. Ce texte apporte des précisions nécessaires. Je vous invite à l’adopter. »

Cette intervention a été vivement applaudie du côté des groupes Les Républicains, UDI-UC, socialistes, même si le sénateur (UDI-UC) de la Meuse, Christian Namy, a déploré « l’absence de la ministre de l’énergie [Ségolène Royal, retenue à l’Assemblée nationale pour le projet de ratification de l’Accord de Paris], qui démontre une fois de plus son désintérêt pour le sujet ».

 

Un texte « consensuel et transpartisan »... sauf pour les écologistes

Du côté des sénateurs du groupe socialiste, même enthousiasme : « Cette proposition de loi reprend un texte déposé par les députés socialistes en novembre 2015, preuve de son caractère consensuel et transpartisan », a souligné la sénatrice (socialiste et républicain) de la Seine-Maritime Nelly Tocqueville. La question n’est pas de nous prononcer pour ou contre le nucléaire, mais d’assumer notre responsabilité dans la gestion des déchets à l’égard des générations futures.(...) Nous voterons ce texte, en restant attentifs à la transparence et à l’association du public à toutes les étapes du projet ».

Ronan Dantec, sénateur (écologiste) de Loire-Atlantique s’est retrouvé bien seul à dénoncer un « déni collectif ». Son principal motif d’inquiétude est le coût du projet, évalué à 35 milliards par l’Andra pour l’ensemble de Cigéo (25 milliards par la ministre de l’Environnement Ségolène Royal), dont 6 milliards uniquement dédiés à la phase pilote. Une somme dont EDF, surendettée, ne dispose pas, a martelé l’élu. « Changeons de logiciel », a-t-il plaidé après avoir rappelé que la consommation d’électricité a été presque entièrement couverte par les énergies renouvelables en Allemagne le 8 mai dernier et que les investissements dans les énergies renouvelables dans le monde ont représenté 286 milliards de dollars en 2015, deux fois plus que pour le charbon ou le gaz et bien plus que pour le nucléaire.

« La France est le seul pays à miser sur le stockage profond, a-t-il poursuivi. La moins mauvaise solution serait le stockage à sec en subsurface utilisée aux États-Unis et en Allemagne, bien moins coûteuse et qui garantit une bien meilleure réversibilité. » Avant d’étayer ses propos par l’exemple du Waste Isolation Pilot Plant (Wipp), un centre de stockage de déchets radioactifs au Nouveau-Mexique (États-Unis) dont l’activité a été suspendue en 2014 à la suite d’un incendie. « Idem à Asse en Allemagne où la mine de fer est rongée par les infiltrations », a-t-il rappelé.

 

« Ne soyons pas hypocrites ! »...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://reporterre.net

 

 

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Source : http://reporterre.net

 

 

Vingt heures de garde à vue pour des anti-nucléaires munis de sacs poubelles

18 mai 2016 / Michel
 


 

 

Dimanche 15 mai, une trentaine de militants opposés au projet de centre d’enfouissement des déchets nucléaires dit Cigéo ont fait le tour de permanences d’élus socialistes équipés de sacs-poubelle et de tracts. Huit d’entre eux ont connu une garde à vue au cours de laquelle les policiers ont multiplié les provocations et les humiliations. L’un des militants raconte cette vingtaine d’heures d’absurdité.

Dimanche 15 mai, à 18 h, nous nous sommes retrouvés à une trentaine sur la place de la République vibrionnante pour agir contre le projet de centre d’enfouissement de déchets nucléaires Cigéo discuté au Sénat à partir du 17 mai dans le cadre d’une proposition de loi. Combinaisons blanches, masques, logos du collectif BureStop et sacs-poubelle remplis de vieux journaux forment la panoplie des militants « liquidateurs » du projet de poubelle atomique.

L’enjeu de notre rassemblement ? Comme dans plusieurs villes de France, interpeller par une action symbolique les parlementaires pour les amener à prendre position par rapport au texte dans les semaines à venir. Les liquidateurs d’un jour se groupent, le poing serré sur les sacs-poubelle, derrière la banderole qui proclame : « De Bure au 49-3 : non à l’enfouissement des déchets nucléaires et de la volonté populaire ! » Michel (son prénom a été changé), un habitant intermittent de la Maison de résistance à la poubelle nucléaire à Bure, explique : « En 2015, les parlementaires pro-Cigéo avaient tenté d’introduire à 15 reprises un amendement autorisant le projet dans la loi Macron... elle même votée par 49-3 ! Bure et la loi travail sont tous deux des projets imposés ! »

 

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La permanence de la députée PS Fanélie Carrey-Conte.

Nous décollons direction Gambetta pour le premier arrêt. La permanence de la députée PS Fanélie Carrey-Conte y est décorée d’une trentaine de sacs-poubelle, d’affiches, d’une lettre d’interpellation et de quelques phrases griffonnées au marqueur sur la porte. Des tracts sont distribués aux passants, qui n’ont pas ou peu entendu parler du projet (à seulement 3 h de Paris), et les invitations sont lancées pour converger vers Bure le 5 juin pour la manifestation des 200.000 pas. L’ambiance est bon enfant. La déambulation se poursuit ensuite du côté du 17e arrondissement, où un groupe rhabille les locaux d’Annick Lepetit (PS). Puis, au soleil couchant, la petite dizaine de faux liquidateurs restants converge vers le 18e arrondissement et la permanence du député Christophe Caresche (PS).

 

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Devant la permanence du député Christophe Caresche, où l’interpellation a eu lieu.

« Profitez bien des manifestations car en 2017, tout ça, c’est fini » 

À 21 h 30, alors que nous finissons de la décorer, nous nous faisons interpeller par deux patrouilles de policiers. Leur ton est d’abord courtois puis, inexplicablement, la situation se tend, quatre patrouilles arrivent et nous conduisent, sirènes hurlantes et pneus crissants, au commissariat de la Goutte d’Or, dans le 18e, pour poursuivre la vérification. L’officier de police judiciaire, qui veut nous impressionner, nous reproche des « dégradations en réunion » qui peuvent aller jusqu’à « 5 ans d’emprisonnement et 75.000 euros d’amende ». L’objet du délit ? Une trentaine de sacs-poubelle remplis de vieux journaux, quelques affiches scotchées, et une petite phrase griffonnée à la va-vite au marqueur sur le rideau : « On fera pas disparaître le nucléaire avec des Caresche... » Au bout d’une heure, on nous annonce d’un coup que nous sommes tous placés en garde à vue. Il est 23 h 30.

Les huit sont répartis dans quatre cellules et rejoignent principalement des jeunes du quartier de la Goutte d’Or suspectés de vol ou de détention de stupéfiants. Certains se serrent à cinq dans une cellule de 8 m2, sans paillasse — « il n’y en a plus » — ni couverture — « des gens ont déféqué sur celles qu’on avait, mais si vous insistez, on peut vous les donner ! ». Une personne asthmatique doit négocier pendant des heures avant d’obtenir le droit d’utiliser sa Ventoline. Pas de papier toilette dans les WC. Dans ce « commissariat de combat » qui traite 11.000 gardes à vue par an, les droits du gardé à vue, « on s’en branle, pour être clair », dixit le policier qui nous referme la porte de la cellule au nez. C’est le début de 20 h d’absurdité et, pour certains militants, d’humiliation.

À partir d’1 h du matin, les huit interpellés sont appelés chacun leur tour par les officiers de police judiciaire pour une première audition. En l’absence des avocats, choix est fait de garder le silence et de faire valoir nos droits (à un médecin, à l’appel à la famille, et à un avocat). Vient mon tour. « Rien à déclarer ? Ça c’est la meilleure ! T’es au courant que c’est un film de Dany Boon ? » Le ton est lancé : ce qui devait être la formalité du relevé de la grande identité (état civil plus quelques autres informations) va se transformer en un âpre interrogatoire de près de 4 h où les policiers, tour à tour moqueurs, menaçants, injurieux, faussement amicaux ou agressifs, tenteront par tous les moyens de me faire plier. Tout ça pour obtenir le code de déverrouillage de mon portable et en extraire des photos qu’ils espèrent compromettantes.

En présence de deux à six officiers de police hilares, j’ai droit aux invectives plus ou moins lourdes sur mon appartenance politique supposée : « Alors, l’anarchiste, je suis sûr que tu détales quand on charge les cortèges ! Profitez bien des manifestations, car en 2017, tout ça c’est fini ! » ; « Alors, ça baise dans le milieu anarchiste ? » Sur mon apparence : « Tu sais que t’es moche ? Ça ne doit pas trop bien marcher avec les filles. » ; « Tu sais que tu pues ? » À un feu d’artifice insoutenable de remarques sexistes et machistes toutes plus salaces les unes que les autres. Ou homophobes : « En fait, t’es une tantouze, non ? » Bref : un concentré d’ambiance de vestiaire, uniformes et holsters en plus.

 

« Vous n’avez pas griffonné le garage du coin » 

N’oublions pas les allégations frauduleuses : « Mais, tu viens de me faire un doigt d’honneur en te grattant l’oreille ? Je vais te mettre un outrage ! » Ou encore, l’officier agitant un sachet de cocaïne sous mon nez : « Dis donc, ça vient de tomber de ta poche quand tu t’es levé, mais c’est beaucoup plus grave que prévu cette affaire ! » En passant par l’humiliation physique : « Lève-toi, retourne à ta cellule ! Non, c’est pas vrai, rassieds-toi ! » ; imposition de la station debout pendant 30 minutes — « T’as mal aux jambes ? Tu sais, moi, j’ai tout mon temps… ». Tout est fait pour briser et humilier. Les officiers visiblement repus, le calvaire prend fin à environ 5 h 20. J’essaie de me souvenir ce qui nous a amenés initialement dans cet endroit sordide mais, tombant de fatigue, je n’arrive plus à faire le rapprochement. C’est un visage totalement caricatural, et pourtant tristement réel, de l’intérieur d’un commissariat qui se montre à moi...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://reporterre.net

 

 

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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 16:16

 

Source : http://www.francetvinfo.fr

 

 

Violences policières : un comité de l'ONU "préoccupé" par la situation en France

 

Mis à jour le , publié le

 

Dans une série d'observations publiée vendredi, le Comité contre la torture fait part de ses préoccupations après les manifestations de ces derniers mois.

 

Un CRS pointe son arme sur des manifestants, le 12 mai 2016 à Paris.

Un CRS pointe son arme sur des manifestants, le 12 mai 2016 à Paris. (CITIZENSIDE / LUCAS ARLAND / AFP)

 

 

Les forces de l'ordre françaises dans le viseur des Nations unies. Dans une série d'observations mises en ligne vendredi 13 mai, le Comité de l'ONU contre la torture fait part de sa préoccupation face aux violences policières en France. "Le Comité est préoccupé par les allégations d'usage excessif de la force par les fonctionnaires de polices et de gendarmerie ayant, dans certains cas, entraîné des blessures graves ou des décès", écrit-il, sans plus de précision. Il fait probablement référence aux manifestations de ces derniers mois, ainsi qu'au décès de Rémi Fraisse en octobre 2014 à Sivens.

Composé de dix experts indépendants, le Comité contre la torture contrôle l'application de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, ratifiée par la France en 1986. Tous les quatre ans, chaque Etat signataire doit soumettre un rapport au Comité, qui lui fait suivre ensuite ses observations. C'est à cette occasion qu'il s'est dit préoccupé des violences policières.

 

L'Etat d'urgence, un autre motif d'inquiétude

Le comité onusien s'inquiète également des "obstacles rencontrés par les victimes pour porter plainte", de "l'absence de données statistiques", du "manque d'informations détaillées sur les condamnations judiciaires" des policiers, des violences contre les migrants de Calais, ainsi que de la faiblesse des sanctions administratives et des nombreux non-lieux. Par conséquent, "le Comité recommande à l'Etat de renforcer la lutte contre tout usage excessif de la force par la police et la gendarmerie", indique le texte.

Ces violences policières ne sont pas les seuls motifs d'inquiétude du comité. Le texte évoque également les perquisitions menées dans le cadre de l'état d'urgence, "ayant dans certains cas, entraînées des séquelles psychologiques""Le Comité s'inquiète de ce que l'application de certaines mesures dans le cadre de l'état d'urgence puisse constituer une atteinte aux droits", indique le rapport.

Le Comité contre la Torture demande enfin à la France de mieux protéger les populations visées par des actes haineux, comme les Roms, les musulmans, les juifs et les migrants. D'autres dossiers, comme les soupçons de viols contre des soldats français en Centrafrique et les conditions de vie dans les prisons françaises, figurent aussi dans ce rapport. La France a jusqu'au 13 mai 2017 pour faire part des suites qu'elle a données aux recommandations du Comité.

 

 

image il y a 7 minutes

INFO FRANCETV INFO. Loi Travail : 29 enquêtes sur de possibles violences policières ont été ouvertes par l'IGPN

 

 

Source : http://www.francetvinfo.fr

 

 

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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 16:05

 

Source : http://reporterre.net

 

Qui vient à Nuit debout ? Des sociologues répondent

17 mai 2016 / Stéphane Baciocchi, Alexandra Bidet, Pierre Blavier, Manuel Boutet, Lucie Champenois, Carole Gayet-Viaud et Erwan Le Méner

 

 

 

 

Une trentaine de sociologues ont parcouru la place de la République en interrogeant les participants à Nuit debout. Ils partagent, dans cette tribune, les premiers enseignements tirés de ces centaines d’entretiens.

 

Stéphane Baciocchi (EHESS), Alexandra Bidet (CNRS), Pierre Blavier (EHESS), Manuel Boutet (université de Nice), Lucie Champenois (ENS Cachan), Carole Gayet-Viaud (CNRS), Erwan Le Méner (EHESS) sont chercheurs en sciences sociales.


Sur Nuit debout, on a tout entendu : “la moyenne d’âge est de 25 ans”, c’est “un entre-soi de bobos parisiens”, on n’y trouve “aucun vrai prolétaire”, mais “une bourgeoisie blanche urbaine”, “des SDF et des punks à chien qui boivent de la bière”, “un rassemblement d’étudiants déclassés, de militants de l’ultra-gauche et de semi-professionnels de l’agitprop”… Ces énoncés, souvent tranchants, mobilisent des catégories toutes faites, disent quoi penser, clament ce que le mouvement est, doit ou ne doit pas devenir, négligent les ordres de grandeur, hiérarchisent les endroits ou les moments de la place, le « vrai » et le « faux » Nuit debout. On plaide ici pour une autre approche : commencer par établir les faits, en enquêtant collectivement.

Depuis les premiers jours de Nuit debout, une trentaine de chercheurs en sciences sociales se sont relayés à Paris, place de la République. Nous y avons travaillé durant six soirées, entre le 8 avril et le 13 mai, de 17 h à 22 h 30. À ce jour, près de 600 personnes ont répondu à notre questionnaire, passé en face-à-face sur la place. Contrairement à nos craintes, les refus de participer à l’enquête ont été rares : les personnes rencontrées, même de culture anarchiste ou libertaire, ont plutôt perçu l’enquête comme un prolongement de leur propre questionnement, et l’occasion de contribuer à une description mieux fondée que celles des observateurs pressés qui saturent les médias.

L’analyse de ces données, produites parallèlement à une ethnographie, commence à peine. Mais les 328 premiers questionnaires exploités dissipent déjà bien des idées reçues sur les gens « debout » au cours des premières semaines du mouvement.

 

Des jeunes ?

Des jeunes ? Non : les personnes présentes n’ont pas principalement la vingtaine. La palette des âges est en réalité très large et varie suivant les heures. Entre 18 h et 18 h 30, par exemple, la moitié de la population a plus de 33 ans. Et une personne sur cinq a plus de cinquante ans.

 

Des hommes ?

Des hommes ? La population sur la place est bien aux deux tiers masculine. Cela peut s’expliquer en partie par le lieu – un espace public urbain – et les horaires tardifs, qui ne favorisent pas la présence des femmes, du fait de possibles engagements familiaux et de l’exposition au harcèlement de rue. Cette distribution inégale est l’objet de réflexions et d’actions au sein du mouvement, en commissions féministes comme en Assemblée générale.

 

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La bibliothèque debout, fin avril.

 

Des Parisiens ?

Des Parisiens ? Le Figaro écrivait que les gens viennent « d’abord des quartiers centraux de Paris ». Or les quartiers les plus représentés sont plutôt ceux de l’Est parisien, comme le montre la carte des lieux de résidence, et 37 % des participants habitant en Ile-de-France viennent en fait de banlieue. Un participant sur dix n’habite pas même en région parisienne.

 

 

Des diplômés ?

Un entre-soi de diplômés, sans catégories populaires ? En première approximation, oui : la majorité des participants est diplômée du supérieur long (61 %), alors que ce n’est le cas que du quart de la population française. Mais l’image se brouille à y regarder de plus près : non seulement le taux de chômage est de 20 % parmi les participants, soit le double de la moyenne nationale ; mais on compte 16 % d’ouvriers parmi les actifs - trois fois plus qu’à Paris, et autant que dans l’Ile-de-France prise dans son ensemble.

 

Apolitiques ?

Une fête a-politique ? Plus d’un tiers des personnes a participé à une manifestation contre le projet de loi El Khomri. La proportion des enquêtés déclarant avoir déjà été membre d’un parti politique est même remarquable dans un contexte de désaffection militante : 17 %. Et 22 % ont déjà cotisé à un syndicat. Les engagements citoyens, associatifs ou caritatifs sont également très représentés : plus de la moitié en ont eu un ou plusieurs (aide aux réfugiés, aux sans-papiers, maraudes, associations de parents, de quartier, défense de l’environnement, soutien scolaire, festivals, cafés associatifs, etc.).

 

Egocentriques ?

Une foule amoureuse d’elle-même ? L’émotion vive, le frisson dans le dos de « l’être ensemble », sont loin de primer : la palette des engagements et des ambiances est plus large. Prendre au sérieux le fait que ce mouvement est un rassemblement de place, c’est admettre que la présence, aussi discrète, distraite ou ponctuelle soit-elle, vaut participation : flâner le long des stands, diffuser auprès d’amis ou de collègues des mails, photos ou vidéos.

Certains viennent pour la première fois, parfois de loin, « pour regarder », se tenir au courant, ou pouvoir dire qu’ils y ont été ; d’autres viennent observer, explorer, voir s’ils peuvent être saisis par le mouvement, être utiles. Deux enquêtés sur trois ont apporté du matériel ou des denrées, donné de l’argent, pris la parole en Assemblée générale ou participé à une commission. La participation active et assidue aux commissions (prise de note, statut de “référent”) peut aussi devenir un engagement à temps plein. Près de 10 % des enquêtés sont même devenus des quasi permanents, qui se rendent à la République tous les jours. En leur sein, les mondes professionnels associés au numérique et les ouvriers sont sur-représentés.

 

Sans lendemain ?

Un phénomène sans lendemain ? Il est étonnant que, pour être jugée utile, l’ouverture d’espaces de débats citoyens sur les affaires communes doive promettre de déboucher sur autre chose qu’elle-même. Comme si la politique ne valait qu’à l’horizon d’un but, l’accès au pouvoir et ses échéances électorales. C’est d’autant plus étonnant que le goût du politique et la participation à la gestion des affaires communes sont ce dont on déplore souvent le supposé reflux. S’agissant du devenir de Nuit debout, seules 20 % des personnes enquêtées les 28 avril et 11 mai ont déclaré souhaiter la transformation en parti politique. Beaucoup hésitent, tiraillés entre le désir “que cela prenne forme”, le refus des formes partisanes déjà connues, et le sentiment que l’exploration doit encore se poursuivre....

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://reporterre.net

 

 

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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 13:22

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

Loi sur le travail: le mouvement se durcit

 
 
 

La manifestation parisienne, qui a vu s'affronter manifestants et forces de l'ordre, mais aussi manifestants et services d'ordre syndicaux, a donné la tonalité de la semaine sociale, certainement plus radicale que les précédentes. Partout en France, des blocages et des actions ont eu lieu, alors que plusieurs secteurs inaugurent la grève reconductible.

Derrière Sophie, les ballons syndicaux masquent le dôme doré des Invalides, à Paris. Il est 15 heures. La jeune fille a terminé ses examens universitaires, et pris pour la première fois le chemin de la lutte contre la loi sur le travail, avec sa copine Fabienne, dans le joyeux cortège Interfac. Une bonne heure plus tard, sur la place Denfert-Rochereau, les yeux clairs de la jeune fille sont noyés de larmes, les gaz lacrymogènes formant un épais brouillard sur la place.

La manifestation du 17 mai n’a pas failli à la règle de trois établie depuis le mois de mars : une présence policière importante, un cortège sans cesse interrompu par des affrontements entre les plus radicaux et les CRS, et pour finir, un gazage massif de tous les manifestants en guise de dispersion.

 

A Raspail dans le cortège parisien © Mathilde Goanec A Raspail dans le cortège parisien © Mathilde Goanec

 

Seul fait nouveau, préfiguré en réalité par la manifestation de jeudi dernier, une tension renouvelée entre les services d’ordre syndicaux et les manifestants. « Le SO de Force ouvrière veut jouer le match retour », glisse un représentant syndical en début de manifestation, en référence aux affrontements ayant opposé les jeunes et les services d’ordre CGT et FO lors de la manifestation de la semaine dernière (lire notre article ici). Après un défilé encadré au plus près par les forces de police, empêchant les plus jeunes de passer devant le carré de tête, les services d’ordre syndicaux se sont retrouvés « à découvert » sur les Invalides, en confrontation directe avec des manifestants excédés, la situation provoquant plusieurs blessés de part et d’autre. 

Mardi, les CRS ont à nouveau fermement bloqué la tête de cortège. Les plus radicaux ont donc investi le cœur du défilé, assemblage hétéroclite tout près du ballon Force ouvrière. Autonomes, membres du Mili, mais aussi jeunes gens tenant une banderole Nuit debout rouge pétard, militants syndicaux casqués et masqués, comme une bonne partie des manifestants du reste. Des jeunes et des moins jeunes : « Moi, pas question de marcher au pas derrière les flics », lance un militant CGT, fluet sous sa casquette.

À partir du boulevard du Montparnasse, presque chaque rue est barrée par une rangée de CRS. Les jets de pierre et les bouteilles fusent, et la réponse arrive sans tarder : sommations tonitruantes, puis gaz lacrymogène. Le scénario se répétera à grande échelle à l’angle du boulevard Raspail, la scène étant survolée par un hélicoptère.

Rue Campagne-Première, rebelote, le cortège tente une diversion, avant de se faire repousser dans les clous du trajet bordé par la préfecture. « Allez vous faire foutre ! », hurle une jeune fille, jupe à fleurs, juchée sur son vélo et cigarette au bec. Bravache, un homme passe près d’elle, fait un doigt d’honneur éloquent aux forces de l’ordre. Certains manifestants se plaignent des « provocations » des plus jeunes. « C’est eux qui lancent des trucs, franchement ça rime à quoi », soupire l’un d’entre eux. 

 

Dans la manifestation parisienne © Christophe Gueugneau Dans la manifestation parisienne © Christophe Gueugneau

 

Cahin-caha, la manifestation débouche enfin sur la place Denfert-Rochereau, cernée par la police. Une voiture FO avance au pas, plusieurs dizaines de membres du service d’ordre sortent du coffre une volée de bâtons sanglés de tissu rouge. Le service d’ordre CGT fait de même, alors que les CRS laissent entrer du boulevard Arago un autre groupe FO armé de manches de pioche. Immédiatement, la tension monte d’un cran. « SO, collabo », crient ceux qui plus tôt hurlaient « Tout le monde déteste la police », alors que les pierres volent au-dessus des têtes.

 

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Un militant CGT pointe d’un doigt menaçant l’un de ses camarades du service d’ordre, qui tente d’expliquer qu’il est là pour « la sécurité ». « Pourquoi tu fais ça ? La manif n’est pas la propriété de la CGT, elle est à tout le monde ! En 68, déjà, les syndicats ont déconné, c’est une honte ! » Un jeune homme ne décolère pas non plus. « Nous, on n’a pas le droit de manifester avec des lunettes de piscine mais vous, vous rentrez avec des battes, à l’aise ! » Plusieurs personnes ont témoigné de fouilles des sacs à dos par les forces de l'ordre à la sortie des métros en début d'après-midi, avec tentative de confiscation des masques et des casques. Sa voisine renchérit : « Ça fait deux mois que je me bats avec la CGT, et là, je me fais insulter par vos potes ? »

Sous un abribus, les « médics » soignent un manifestant. « Je suis un mec qui fait du média citoyen, et je filmais le SO à son arrivée, j’ai reçu un coup de coude dans le nez », raconte le blessé. « Il faut suturer, passe aux urgences après », lui conseille l’un des secouristes improvisés. Sur le camion de FO, qui traverse finalement la place, le harangueur de foule continue de chanter « tous ensemble, tous ensemble », avant de s’étrangler et de laisser s’échapper un juron au micro, incommodé comme toute le monde par les gaz lacrymogènes.

« C’est la guerre, prophétisait plus tôt un instituteur, dans le petit cortège de Nuit debout-Malakoff, à la vue des gendarmes mobiles installés aux quatre coins du cortège. On expérimente de nouvelles formes de maintien de l’ordre, de nouveaux outils, de nouvelles méthodes. Du coup, il y a chez les jeunes une vraie envie d’affrontement, que je peux comprendre. » Cette radicalité s’entend aussi dans les discours syndicaux plus classiques, quel que soit le syndicat : « Les manifestations perlées, depuis deux mois, ça a quel sens ? interroge Rémi Scoppa, de la fédération Énergie de FO. Peut-être que seule une grève générale dure peut changer la donne, puisque le gouvernement ne nous écoute pas. »

 

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Marie-Laëtitia, enseignante à Paris également syndiquée FO, explique la position de la confédération dirigée par Jean-Claude Mailly, plutôt timide sur l’appel à la grève reconductible jusqu’ici : « On n’est pas une organisation où quelqu’un va décréter d’en haut “grève générale”, et décider qui va perdre ou pas une journée de salaire. Mais ça ne veut pas dire que rien ne se passe. Plusieurs lycées dans Paris ont voté aujourd’hui en AG la grève reconductible. » 

Antoine est pour une « grève dure, totale, reconductible, pour le retrait de la loi Travail, et même pour renverser plus largement la table ». Cet administratif dans une université parisienne concède cependant la difficulté de l’exercice : « Mes collègues sont moins politisés, ont perdu la tradition des luttes. Mais il va falloir sortir des manifestations gentillettes. »

 

Partout en France, manifestations et blocages

De fait, au-delà du cortège parisien, qui a rassemblé à peu près autant de monde que jeudi dernier (12 000 personnes selon la police, et 50 000 selon les syndicats), c'est un paysage un peu nouveau qui s'est dessiné ce mardi. Des manifestations au bord des routes, dans les centres commerciaux, à l'extérieur des villes ainsi qu'une série d'actions coup de poing, mêlant parfois des étudiants ou des participants de Nuit debout. 

 

 

La CGT, notamment, mise sur les grèves à répétition pour inverser le rapport de force. « On est au-delà du bras de fer. On n'a aucune raison d'arrêter le mouvement, ce projet de loi n'est ni amendable, ni négociable. La posture de François Hollande ne nous surprend pas, il ne fait que montrer au grand jour le visage antisocial de ce gouvernement », a réagi Olivier Mateu, secrétaire général de la CGT dans les Bouches-du-Rhône, après la déclaration de François Hollande – « Je ne céderai pas » – en début de journée sur Europe 1.

Les chauffeurs routiers, mobilisés notamment contre l'inversion de la hiérarchie des normes, c'est-à-dire le fait que les accords d'entreprise puissent primer sur le code du travail ou les conventions collectives, et la baisse de la rémunération des heures supplémentaires (qui pourrait passer de + 25 % à + 10 %), ont donné le coup d'envoi des mobilisations dans la nuit de lundi à mardi. Les fédérations FO, CGT et Sud-Solidaires ont appelé à une grève reconductible avec le blocage de zones logistiques et de sites dits sensibles, ainsi que la tenue de barrages filtrants et d'opérations escargot. 

• Dans le Nord-Pas-de-Calais, les routiers se sont mobilisés dès lundi soir, sur plusieurs sites stratégiques ou symboliques comme le péage de Saint-Omer. Ils ont aussi mené d’autres actions mardi matin au Centre régional de transport et de distribution (CFTD) de Lesquin, autour de la plateforme multimodale de Dourges ou de la zone industrielle et du centre-ville de Boulogne-sur-Mer, et bloqué l’entrée de Béthune. Les différentes opérations étaient prévues pour durer jusqu’en début d’après-midi, au départ des manifestations.

À Calais, près de 150 personnes se sont rassemblées dans la matinée devant la sous-préfecture. Dans la foule, des drapeaux des syndicats Sud, Force ouvrière, FSU et CGT, ainsi que des lycéens et des membres du mouvement Nuit debout. Un lycéen a été interpellé dans l'après-midi alors que des actions se poursuivaient au rond-point de la sortie d’autoroute Calais/Saint-Pierre, a rapporté la Voix du Nord

Une centaine de manifestants se sont rassemblés à Arras, 200 à Cambrai, 400 à Valenciennes et autant à Douai. À Maubeuge, c'est l'entrée de la ville qui a d'abord été bloquée par les manifestants, qui ont ensuite bloqué les accès au magasin Auchan.

• En Seine-Maritime, une quinzaine de points de blocage, aux entrées majeures du Havre, notamment au niveau de l'autoroute, du pont de Normandie et devant le dépôt de la raffinerie Total de Gonfreville-L'Orcher, ont regroupé 3 000 personnes, selon l'intersyndicale CGT, FO, FSU, Solidaire et Unef. Réunis en assemblée générale sur chacun des seize points de blocage au Havre, sur les zones portuaire et industrielle, les manifestants ont décidé, unanimement, de reconduire le mouvement demain mercredi dès 5 h 30, au moins jusqu'à 14 heures. 

 

Premiers feux allumés par la CGT près du Zénith de Rouen pour accueillir @fhollande . Les CRS ne sont pas loin.

 

À Grand-Quevilly, François Hollande, en visite au laboratoire pharmaceutique Ethypharm – protégé par plusieurs cars de CRS, les manifestants tenus à bonne distance – a estimé qu’il fallait « trouver les bons compromis, l'équilibre entre protection et libéralisme ». 

 

Les CRS bloquent l'accès aux manifestants à Ethypharm, lieu de visite de @fhollande à Grand-Quevilly.

 

À Rouen, les locaux du Parti socialiste ont de nouveau été visés. Bilan : la vitrine cassée.

Attaque bureau parti socialiste

 
 

 

 

• En Loire-Atlantique, « le port de Saint-Nazaire a complètement cessé ses activités depuis hier [lundi] soir, comme tous les ports français », a précisé au Télégramme Pascal Pontac, secrétaire général CGT du port de Nantes/Saint-Nazaire. Quasiment tous les accès à la zone portuaire de Montoir-de-Bretagne, près de Saint-Nazaire, mais aussi au terminal portuaire de Bouguenais, près de Nantes, ont été bloqués mardi matin.

Le blocage s’est étendu à la raffinerie Total de Donges, où un mouvement de grève de 24 heures avait été voté lors d'une assemblée générale par « 92 % » des salariés, a indiqué Fabien Privé Saint-Lanne, secrétaire général CGT de la raffinerie. « Plus aucune goutte de pétrole ne rentre ni ne sort », a assuré Christophe Hiou, responsable CGT.

Du côté de Nantes, les chauffeurs routiers de la CGT transports et FO transports ont bloqué de grandes centrales de distribution de marchandises dès lundi soir et empêché le départ de plus de 300 camions et camionnettes. Dans la ville, la manifestation s'est une nouvelle fois tendue.

 • En Bretagne

À Rennes, 2 500 à 3 000 manifestants ont défilé sans incidents, puis quelques centaines se sont dirigés vers la rocade entourant la ville pour converger avec les barrages routiers, où les forces de police ont fait usage de grenades lacrymogènes. Plusieurs centaines de manifestants ont en effet convergé dans une zone comprise entre le centre commercial Alma et l'entrée de la rocade. Le centre commercial a été fermé près d'une heure par mesure de sécurité.

Environ 800 personnes ont défilé à Brest, 300 à 500 à Saint-Brieuc, le trafic des trains a été perturbé à Quimper et près de Morlaix tandis qu'à Lanester, la RN 165 a été complètement bloquée une partie de la matinée. 

• À Toulouse, la journée de mobilisation a débuté par une action de la CGT qui a muré la permanence du député PS Christophe Borgel, lequel n’a pas apprécié : « Je veux condamner fermement la dégradation contre ma permanence parlementaire. À ce jour, plus de trente parlementaires ont été victimes de ce type d’agissements. Ces actes n’ont rien à voir avec le débat démocratique », a-t-il déclaré dans un communiqué. La manifestation a rassemblé 2 300 manifestants selon la police et 8 000 selon la CGT.

En Gironde, des chauffeurs-routiers, accompagnés de membres de Nuit debout et d'intermittents du spectacle, ont quitté dans la nuit leur point de blocage à Cestas (Gironde), pour installer un nouveau blocus devant les transports Perguilhem à Ambès, près de Bordeaux.

À Bordeaux, la manifestation, qui a rassemblé environ 2 000 personnes selon Sud-Ouest, a démarré sous tension avec une bagarre entre CNT et CGT puis a été émaillée de quelques affrontements. 

 • À Lyon, 2 000 personnes selon la police, 7 000 selon la CGT, sont parties en fin de matinée de l’ancienne gare des Brotteaux pour rejoindre la place Bellecour. Surtout, « il n’y a plus une seule goutte d’essence qui sort de la raffinerie Total de Feyzin », affirme Rue89Lyon« En fonction de la mobilisation, dans 72 heures, on pourrait arrêter l’exploitation », précise Frédéric Seguin, le secrétaire FO (majoritaire) du comité d’entreprise de la raffinerie.

• À Marseille, entre 6 200 (selon la police) et 80 000 (selon les syndicats) personnes ont défilé du Vieux-Port à la place Castellane. « Aujourd'hui le mouvement s'intensifie, comme au port où un arrêt de travail de 72 heures a été voté. La réaction de François Hollande n'arrange rien. Il joue le tout pour le tout, c'est dangereux pour le pays », estime Pascal Galéoté, secrétaire général CGT du port de Marseille. En fin de manifestation, « deux cents jeunes casseurs ont été à l’origine de jets de projectiles sur les forces de l’ordre et ont envahi les voies ferrées entre les gares de la Blancarde et de Saint-Charles, occasionnant une interruption du trafic ferroviaire durant une heure », a indiqué la préfecture de police dans un communiqué. Cinquante personnes ont été contrôlées et huit interpellées.

Des barrages routiers ont eu lieu à Fos-sur-Mer et Vitrolles.

 

Manifestation barrage filtrant à un rond-point à Fos/Mer. Une centaine de véhicules bloqués

• À Grenoble, le cortège est parti de la gare à 10 heures. La préfecture évoque 1 600 manifestants contre 7 000 selon les syndicats. Après la manifestation, des jeunes se sont dirigés vers le lycée Champollion, relate France 3, puis jusqu'au boulevard Joseph-Vallier où les manifestants comptaient bloquer les accès à l'A480 à hauteur du pont de Catane. Là, un cordon de CRS les a arrêtés et, pendant une petite heure, les deux camps se sont regardés en chiens de faïence. 

• Un millier de manifestants se sont réunis à Bayonne.

 

 

À la SNCF, la CGT-cheminots et SUD-rail appellent à la grève reconductible à la fois pour peser dans les négociations sur les conditions de travail des cheminots et protester contre le projet de loi. Les organisations ont opté pour des modalités différentes de grève, chaque mercredi et jeudi pour la CGT-Cheminots et tous les jours pour Sud-Rail.

Le trafic aérien devrait être perturbé jeudi avec l'appel à la grève lancé par l'Usac-CGT, premier syndicat de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC). L'impact sur la navigation aérienne devrait être connu mardi. Mercredi 18 mai, une manifestation à l'appel des syndicats policiers à Paris ainsi qu'une série d'actions contre les violences policières risquent d'occuper l'agenda dans la capitale.

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 12:48

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Les «interdits de manifester» emportent une victoire de circonstance

17 mai 2016 | Par Michaël Hajdenberg
 
 

Neuf des dix personnes interdites de manifester ont obtenu gain de cause devant le tribunal administratif. Les notes blanches produites étaient quasiment vides, comme le montre l'une d'entre elles, publiée par Mediapart. Mais le fait que l'un des militants n'ait pas obtenu gain de cause prouve qu'il est possible d'interdire a priori de manifester. 

Il s’en est fallu de très peu pour que la préfecture de police de Paris soit complètement ridiculisée. Neuf opposants à la loi sur le travail ont obtenu gain de cause devant le tribunal administratif, dans le cadre d’une procédure de référé-liberté. Fort de l’état d’urgence lié au terrorisme, le préfet de Paris leur avait interdit de rejoindre les rangs du cortège au motif « qu’il y a tout lieu de penser que leur présence aux rassemblements organisés contre le projet de loi vise à participer à des actions violentes ». La juge a considéré qu’il s’agissait d’une « atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d’aller et venir et à la liberté de manifestation », le préfet de police ne produisant « aucun élément permettant de retenir qu'ils ont personnellement participé à ces dégradations et violences » (voir une des ordonnances en intégralité – elles sont presque toutes similaires). Le tribunal a cependant considéré que pour un dixième opposant, l’interdiction était justifiée.

Sur quoi se fondait concrètement la préfecture ? Rien de bien précis, comme le montre une des notes blanches (a priori rédigées par les services de renseignement) que Mediapart publie ci-dessous.

 

Note blanche produite par la préfecture pour justifier une interdiction de séjour Note blanche produite par la préfecture pour justifier une interdiction de séjour

 

 

Dans les jours précédents, la préfecture était même allée plus loin. Elle avait adressé une interdiction de séjour à NnoMan (un pseudonyme), photographe de son état. L’État allait-il bafouer la liberté de la presse ? Lundi soir, devant le tollé suscité, la préfecture a préféré reculer en plaidant l’ignorance : elle ne savait pas que l’homme était membre du collectif OEIL (Our Eye is Life) et qu’il était journaliste. Ce qui en dit long sur la profondeur des enquêtes menées.

Fin de l’histoire ? Même pas. Mardi après-midi, et alors que l’arrêté le concernant avait été levé depuis plusieurs heures, le photographe a été interpellé par les forces de l’ordre au seul motif qu’il portait un casque et un masque. « Incompréhensible », a réagi son avocat, Me Hosni Maati. Avant que NnoMan soit de nouveau autorisé à faire son travail…

Ce même flou, peu artistique, était perceptible mardi matin devant le tribunal. Dans le cadre d’une procédure d’urgence rendue nécessaire par l’imminence de la manifestation, les avocats des militants y ont vigoureusement contesté l’« interdiction de séjour » ordonnée par la préfecture et rendue possible par l’état d’urgence.

Dix des quelque trente individus concernés par les arrêtés du préfet de Paris avaient en effet décidé de contester les arrêtés. Seulement un quart d’heure avant l’audience, leurs avocats, Me Raphaël Kempf et Me Aïnoha Pascual, avaient eu connaissance de notes blanches les concernant. Jusque-là, ils n’étaient accusés que d’avoir pris part à des manifestations dans lesquelles des violences étaient survenues (voir notre précédent article). Or les manifestants ne nient pas avoir participé à des rassemblements contre la loi sur le travail. Ils expliquent seulement n’avoir jamais commis le moindre acte violent. Ils n’ont jamais été déférés devant la justice, encore moins condamnés.

Surprise à l’audience : dans les notes blanches, les affirmations sont à peine plus étayées. Le représentant du préfet de police, Jean-Paul Lambin, fait valoir que deux d’entre eux ont été interpellés au cours d’une manifestation, munis d’une arme (sans qu'on en connaisse la catégorie). Et finalement, c’est à l’un d’entre eux, résidant dans les Yvelines, que le tribunal donnera tort. Selon la note, le 30 janvier, au cours d’une manifestation contre la déchéance de nationalité et contre l’état d’urgence, il a « été identifié comme l’auteur de violences volontaires sur deux militaires ». Rien d’autre n’est évoqué : ni certificat médical, ni témoignage. « Mon client aurait été identifié pour ces faits graves, et cela n’aurait donné lieu à aucune procédure judiciaire ? », s’étonne Me Kempf.

Pour le cas de cet homme de 26 ans, militant antifasciste, le tribunal a suivi les services de renseignement les yeux fermés. Ce qu’il n’a pas fait pour les neuf autres mis en cause, sans qu’on comprenne pourquoi il opérait ce distinguo. Le représentant du préfet s’est en effet plusieurs fois senti bien nu à la barre. À tel point que depuis son pupitre, il a tenté d’appeler on ne sait qui, afin qu’on lui transmette de supposés procès-verbaux d’interpellation, qu’il ne produira finalement pas. 

 

« La préfecture de police engage sa responsabilité sur ces notes »

Si les notes blanches mentionnent l’interpellation de certains militants, parfois munis d’une arme, ceux-ci nient farouchement. Et là encore, la cohérence semble faire défaut : certains auraient été contrôlés casqués avec une arme, ce qui est une infraction pénale. Mais cela n’aurait donné lieu à aucun déferrement en justice ?

Et les autres ? Certains sont accusés d’avoir participé à des rassemblement non autorisés, voire d’avoir été violents, sans plus de détails. « Évidemment, s’ils avaient été interpellés en flagrant délit, on ne serait pas ici, explique le représentant du préfet. Là, on est dans le cadre de la prévention. »

Un autre manifestant est « fortement soupçonné d’avoir agressé un militaire » lors d’un rassemblement en février en hommage à Ilan Halimi. Le préfet parle d’une enquête préliminaire en cours, plaide qu’il faut du temps pour aboutir dans ce type d’affaires où les « groupes sont casqués, organisés, masqués ». En attendant, il n’a aucun élément à apporter. Le jeune homme, présent, explique qu’il n’a jamais entendu parler de cette affaire. « En face non plus, ils n’ont pas d’éléments pour contester », argumente la préfecture, qui, faute de preuves, tente l’argument d’autorité : « La préfecture de police engage sa responsabilité sur ces notes. »

Tout juste le représentant du préfet consent-il à lâcher un peu de lest sur une situation incongrue : si l'arrêté est confirmé, six des mis en cause ne pourront rester chez eux alors qu'ils habitent un des arrondissements dans lesquels il leur est interdit de se rendre. « On n’ira pas les chercher chez eux », explique la préfecture. Et s’ils doivent acheter du pain ou des cigarettes ?

La préfecture évoque pêle-mêle un lycéen interpellé ce week-end pour tentative d’homicide sur un policier, les casseurs qu’on voit témoigner à la télévision et qui discréditent les bons manifestants, la lutte antiterroriste qui fait que les policiers ont autre chose à faire que de gérer des violences au sein des manifestations, le service d’ordre de la CGT qui a été agressé. Certes. Mais en quoi cela concerne-t-il les mis en cause ?, ont beau jeu de plaider leurs avocats.

« Le préfet aurait pu interdire la manifestation. Il fait le contraire. Il tente de l’encadrer », tente encore Jean-Paul Lambin, qui s’appuie par ailleurs sur une décision du 11 décembre 2015 du Conseil d’État. À l’époque, il s’agissait de savoir s’il pouvait être légitime d’assigner à résidence des militants écologistes n’ayant rien à voir avec le terrorisme, fait générateur de l’état d’urgence. Le Conseil d’État avait répondu par l’affirmative dès lors que pesait une « menace pour la sécurité et l'ordre publics ».

Une interprétation contestée par les mis en cause, qui s’attardent cependant davantage sur un autre point : en droit, il n’existe pas de possibilité d’interdire préventivement de manifester. Ce type d’interdiction ne peut survenir que dans le cadre d’une peine complémentaire, quand une personne a été reconnue pénalement coupable d’une infraction.

À ces militants anti-loi sur le travail, âgés d’une vingtaine d’années, il est reproché d’« entraver l’action des pouvoirs publics ». Mais n’est-ce pas là l’objectif de chacun des manifestants ? Faire que la loi ne passe pas ? « Avec cette logique, toute personne devrait être interdite de manifester », explique Me Kempf.

Dans les notes blanches qui comportent juste une date, mais pas de signature, il est aussi reproché à ces proches du collectif Action antifasciste (AFA) Paris-Banlieue ou du Mouvement interluttes indépendant (Mili) d’être des « membres actifs de l’ultragauche ». « Mais qu’est-ce que c’est, l’ultragauche ? Et quelles difficultés cela pose ? Le but est seulement d’arrêter des opposants politiques ? », demande Me Kempf.

Me Aïnoha Pascual enchaîne : « On vous parle de violence, mais le Mili a été créé après l’expulsion de Leonarda, pour apporter un soutien aux sans-papiers, pour le droit au logement. Son dernier combat portait sur l’avortement en Espagne. Cela n’a rien de violent. Quant à l'AFA, son but est de lutter contre les discriminations, et il affiche sa solidarité avec les sans-papiers. Il suffit de lire leur site internet pour voir qu’ils récusent toute violence, même en réponse à l’extrême droite. »

Les avocats peuvent être satisfaits : le tribunal leur a donné raison 9 fois sur 10. Mais derrière ce quasi raz-de-marée, la condamnation d’un militant montre que la plupart des arguments de principe (« détournement de pouvoir », impossibilité d’interdire a priori de manifester, état d’urgence pour terrorisme instrumentalisé) n’ont pas été entendus. Dans ces conditions, il n’est pas impossible que la préfecture tente de nouveau sa chance dans les semaines qui viennent. 

 

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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16 mai 2016 1 16 /05 /mai /2016 15:43

 

Source : https://www.buzzfeed.com

 

Loi Travail: deux mois de violences policières présumées, résumés en un tableau

Depuis le début du mouvement contre la loi Travail et la naissance de «Nuit Debout», plus de 30 personnes se disent victimes de violences policières. BuzzFeed News les recense.

 

Des journalistes pris pour cible

Enfin, les journalistes qui couvrent ces manifestations depuis deux mois ne sont pas non plus épargnés. De nombreux reporters indépendants avaient dénoncé être la cible de la police auprès de BuzzFeed News. Encore mardi, un journaliste-stagiaire des Inrocks a dû être hospitalisé après avoir reçu une grenade de désencerclement.

Dans un communiqué, l’ONG Reporters sans frontières a d’ailleurs appelé le Premier ministre Manuel Valls à «adopter une position claire et à condamner publiquement les attaques ciblées contre les journalistes lors des récentes manifestations du 1er mai et de la “Nuit Debout”».

CORRECTION

Elodie, journaliste, a déposé plainte et eu plusieurs jours d’ITT après avoir été menacée et reçu des projectiles d’un CRS. Dans une première version de cet article, notre tableau disait qu’elle n’avait pas porté plainte et qu’il n’y avait pas de suite médicale.

 


Ce tableau de recensement n’étant pas exhaustif, n’hésitez pas à nous écrire pour nous informer de nouvelles violences policières présumées sur lesquelles nous enquêterons, ou pour nous signaler des corrections à david.perrotin@buzzfeed.com.


 

 

 

 

 

 
 
David Perrotin est journaliste société chez BuzzFeed News France et travaille depuis Paris. Il écrit notamment sur les sujets liés aux discriminations.
Contact David Perrotin at david.perrotin@buzzfeed.com.
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16 mai 2016 1 16 /05 /mai /2016 14:47

 

Source : http://reporterre.net

 

 

En catimini, le Sénat veut donner le feu vert à l’enfouissement des déchets nucléaires

16 mai 2016 / Émilie Massemin (Reporterre)
 


 

Bientôt une nouvelle étape vers l’enfouissement de nos déchets nucléaires les plus dangereux ? Mardi 17 mai, une proposition de loi destinée à mettre un coup d’accélérateur au projet Cigéo sera discutée au Sénat. Les opposants dénoncent un déni de démocratie et préparent leurs mobilisations.

Les partisans du projet de centre de stockage géologique de déchets radioactifs Cigéo reviennent à la charge. La proposition de loi du sénateur (LR) de la Meuse Gérard Longuet, qui apporte plusieurs précisions sur le projet — définition de la notion de réversibilité du stockage et phase pilote — sera discutée ce mardi 17 mai en séance publique au Sénat. Un come back sur la grande scène après plusieurs tentatives ratées de passage en catimini par des amendements dans la loi de transition énergétique puis dans la loi Macron.

Pourquoi un tel acharnement ? Parce que la loi de 2006 qui prévoit la construction d’un centre de stockage réversible des déchets radioactifs dans le sous-sol de Bure est incomplète sur la notion de réversibilité. Tant qu’un nouveau texte définissant ce principe n’est pas adopté, le projet Cigéo ne peut pas aboutir. D’où la proposition de loi de M. Longuet.

Pour le sénateur meusien, « la réversibilité doit permettre de garantir la possibilité de récupérer des colis de déchets déjà stockés pendant une période donnée et d’adapter l’installation initialement conçue en fonction des choix futurs ». Mais le principe énoncé tel quel ne passe pas auprès des opposants. « La définition de réversibilité est fournie clé en main dans le texte, ce qui évacue tout débat parlementaire à son sujet, dénonce Corinne François, du collectif Bure Stop 55. En plus, la loi sur les conditions concrètes d’exercice de la réversibilité en cours d’exploitation est repoussée à 2034, après l’autorisation de la mise en service de la première tranche et le stockage de 2.800 mètres cubes de déchets ! »

 

« La réversibilité, c’est bien gentil, mais ça ne résiste pas à l’épreuve de l’accident »

D’ailleurs, une fois que les fûts seraient enfouis, la militante ne croit pas à la possibilité d’un retour en arrière : « Regardez ce qui s’est passé en février 2014 dans le centre de stockage de déchets radioactifs de Wipp, au Nouveau-Mexique, aux États-Unis. À cause d’un incendie dans le sous-sol, des fuites radioactives d’américium et de plutonium ont été constatées en surface. Le site est toujours à l’arrêt et l’isolement des fûts par des barrières successives va coûter 500 millions de dollars ! La réversibilité, c’est bien gentil, mais ça ne résiste pas à l’épreuve de l’accident. »

 

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Le sénateur de la Meuse Gérard Longuet (LR) lors d’un meeting de Nicolas Sarkozy, le 2 avril 2012, à Nancy.

Les autres exemples de centres de stockage de déchets nucléaires ou toxiques ne sont pas plus convaincants, estime Michel Marie. « À Asse, en Allemagne, le gouvernement a décidé de récupérer les fûts à cause d’infiltrations d’eau ; à Stocamine, en Alsace, le déstockage de plus de 8.000 tonnes de déchets toxiques, après un incendie et face à un risque de contamination de la nappe phréatique, se révèle de plus en plus délicat... et coûteux », énumère le membre du Cedra, de Bure Stop 55 et de la commission locale d’information (CLI) de Bure.

Le rapporteur de la proposition de loi, le sénateur (LR) de la Haute-Saône Michel Raison, n’a pas prêté attention à ces contre-arguments. « Les auditions ont été réalisées à la hussarde, aucune des associations de riverains de Bure n’a été invitée à présenter son argumentation, rapporte M. Marie, encore effaré par ce dédain. Le CLI a été informé mais n’a pas été convié. Il a fallu se bagarrer pour que notre expert, Bernard Thuillier, qui a épluché les 4.000 pages du dossier technique de l’Andra et en a réalisé des fiches techniques, dispose de 45 minutes pour s’exprimer. »

 

« Une fois qu’on aura mis près de 6 milliards d’euros dans ce bazar, qui sera encore prêt à dire qu’on arrête tout ? »

Autre cheval de bataille des associations, l’introduction dans la proposition de loi d’une « phase industrielle pilote permettant de conforter le caractère réversible et la démonstration de sûreté de l’installation ». Cette première tranche comprend, selon l’analyse de Bure Stop 55, la construction de la voie ferrée, d’un terminal de 12 étages pour la réception et le conditionnement des colis de déchets, d’un transformateur électrique haute tension, d’une double descenderie de 5 kilomètres de long, de cinq larges puits verticaux et de 40 kilomètres de galeries...

« L’objectif de cette phase pilote serait de réaliser toutes les opérations d’essais, de mise en place de démonstrateurs, d’exploitation et de surveillance nécessaires au bon démarrage de Cigéo et à la montée en régime de l’exploitation, explique-t-on à l’Andra. La phase industrielle pilote comporterait les premiers essais de démarrage en “inactifs”, c’est-à-dire sans présence de déchets radioactifs, menés en parallèle avec la finalisation de la construction. Ils seraient suivis par des essais de mise en service, réalisés avec des colis de déchets radioactifs après autorisation de l’ASN de les recevoir. Une fois ces essais de mise en service réalisés et jugés concluant, l’Andra entreprendrait la montée en régime de l’exploitation. » Un nouveau passage devant le Parlement est prévu à l’issue de la phase industrielle pilote.

Le chantier est chiffré à 5,7 milliards d’euros, soit plus de 20 % du coût total, évalué à 25 milliards d’euros — un calcul d’ailleurs contesté. « C’est environ 95 % de l’argent provisionné par EDF et Areva pour financer Cigéo. Qui va payer pour la suite ? » s’inquiète Corinne François. Côté Andra, on assure que cette phase pilote est « l’une des modifications au projet apportées par l’Andra à la suite du débat public de 2013, qui fait notamment suite au compte-rendu de la conférence de citoyens qui pointait un calendrier trop tendu et la nécessité de procéder à des tests en grandeur réelle ». Ce que démentent fermement les opposants, qui dénoncent une décision unilatérale. « C’est le lapin qui sort du chapeau, accuse Michel Marie. On nous assure que cette nouvelle disposition est issue du débat public de 2013, mais c’est faux ! Nous avons épluché tous les comptes-rendus et les remarques : il y a dû avoir deux propositions dans ce sens sur une centaine. »

Pour Corinne François, cette phase pilote est une manœuvre destinée à verrouiller le projet : « On essaie de nous faire croire que c’est de la recherche, que ce n’est pas grave. Mais, une fois qu’on aura mis près de 6 milliards d’euros dans ce bazar, en cas de problème, qui sera encore prêt à dire qu’on arrête tout ? » Pour Michel Marie, cette phase pilote est tout simplement un « cheval de Troie qui a pour but d’aider à décrocher l’autorisation, comme l’a été la notion de réversibilité ».

Ronan Dantec, sénateur (groupe écologiste) de Loire-Atlantique et opposé au texte, est plus mesuré. « Cette phase pilote peut être un moyen de forcer le passage. Mais, elle peut tout simplement permettre de continuer à investir de l’argent dans un territoire en difficulté, même s’il n’y a pas de stockage de déchets nucléaires tout de suite », nuance-t-il. « Dans une interview accordée au quotidien régional L’Est républicain publiée le 7 mai, Gérard Longuet annonce des milliers d’emplois et la renaissance économique du département, rapporte Corinne François. Nous ne sommes pas d’accord avec ce point de vue. La région joue sa sûreté ! » Sollicité, Gérard Longuet n’a pas répondu à notre message.

 

« Cela nous laisse quelques semaines pour organiser nos actions »

Les opposants n’ont pas l’intention d’attendre les bras croisés que la proposition de loi soit adoptée. « En tant que membre du groupe écologiste, je vais bien sûr voter contre, assure Ronan Dantec. La position écologiste sur ce projet est claire : le coût de Cigéo est faramineux et l’enfouissement en profondeur n’est pas la solution. Pourquoi ne pas explorer des techniques de stockage réversible en couche superficielle, comme ça se fait déjà ailleurs ? »

Les associations du réseau Sortir du nucléaire, Mirabel LNE, Bure Stop 55 et Asodedra ont adressé un recours à la commission nationale du débat public...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://reporterre.net

 

 

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16 mai 2016 1 16 /05 /mai /2016 14:37

 

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com

 

 

Coca-Cola, McDonald's... Nuit debout lance sa liste noire des marques

 

L'ObsPublié le 16 mai 2016 à 11h35

 

 

Coca-Cola, McDonald's... Nuit debout lance sa liste noire des marques

Le mouvement souhaite dénoncer le comportement peu éthique de certaines multinationales. Une liste collaborative sera complétée au fur et à mesure par les internautes sur la plateforme "The NOlist".

 

 

Nuit debout entre en guerre contre les multinationales. Le mouvement a lancé dimanche 15 mai sa liste noire des marques "qui se comportent le plus mal", alors que 1.500 personnes s'étaient rassemblées dans la soirée place de la République.

Dans un communiqué, le mouvement explique que cette action "vise à promouvoir des alternatives aux produits des entreprises multinationales les plus contestées par les internautes participants". Baptisée "NOlist", cette campagne devrait pointer une nouvelle marque toutes les deux ou trois semaines. La première entreprise clouée au pilori est Coca-Cola.

"La liste est collaborative et condense toutes les critiques du comportement des multinationales, qu'il s'agisse de non respect des droits humains, du droit du travail, de l'environnement, de la santé, etc.", explique Marion, membre de la commission internationale de Nuit Debout Paris, contactée par "l'Obs".

Chacun est libre de proposer une marque sur la plateforme du mouvement, pour peu que ce choix soit argumenté et qu'une contre-proposition soit formulée. "On peut, par exemple, dénoncer la politique alimentaire de McDonald's, qui bourre ses hamburgers d'anti-vomitifs, et promouvoir les AMAP [Associations pour le maintien d'une agriculture paysanne, NDLR]", avance Marion.

La société qui réunit ensuite le plus de suffrages contre son action fait l'objet d'un boycott. En plus de la campagne de dénigrement sur les réseaux sociaux, Nuit debout entend entreprendre des actions concrètes visant les magasins et les sites physiques de l'enseigne (occupation d'usine, sit-in...) mais aussi des piratages de sites web. Pour l'instant, sur la plateforme française "The NOlist", deux enseignes sont visées : Coca-Cola et McDonald's.

"Ce sont les Indignés espagnols qui ont apporté cette campagne dans leurs valises et qui l'ont exposée, sur la place de la République, le week-end des 7 et 8 mai lors de la réunion internationale. Il s'agit d'une nouvelle forme d'action qui allie dénonciation et proposition d'alternative", souligne Marion.

Cette campagne a été lancée dans la foulée d'un appel à l'internationalisation du mouvement, qui a choisi la date du cinquième anniversaire du mouvement espagnol du 15 mai pour se donner un nouveau souffle. Dimanche, des rassemblements estampillés "Global debout" ont eu lieu dans 300 villes, dont 130 villes étrangères de 28 pays.

 

Pour Marion, le mouvement doit tendre à l'unité au-delà des frontières : "Nous sommes en train de mettre en place une plateforme internationale : 'The NOlist'. Nous visons un modèle de société qui lutte contre le dérèglement climatique, les dérives de la finance, les problèmes migratoires. L'avenir de Nuit debout est global."

 

Maïté Hellio

L'Obs

Journaliste

 

 

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com

 

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15 mai 2016 7 15 /05 /mai /2016 15:39

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

Nucléaire : les très chers amis chinois d'EDF

 
Pourquoi Jean-Bernard Lévy, le président d'EDF, et Emmanuel Macron, son ministre de tutelle, s'acharnent-ils, contre l'avis des salariés et malgré les réticences de l'Elysée, à vouloir couler du béton et de l'acier outre-Manche, pour construire deux réacteurs nucléaires EPR, avec le chantier "Hinkley Point" ?La réponse est, en partie, à chercher très loin de Paris, à Canton et à Shanghaï, où résident deux électriciens chinois, CGN et CNNC, qui apporteraient 33 % du capital d'Hinkley Point.
 
Chantier Hinkley Point - Adrian Sherratt/REX/REX/SIPA
 

Mais qu'allons-nous faire dans cette galère ? De semaine en semaine, les employés et cadres d'EDF n'en finissent plus de ressasser la question. La galère, c'est le chantier d'Hinkley Point, dans l'ouest de la Grande-Bretagne, où l'électricien public envisage de construire deux réacteurs nucléaires EPR, des monstres de 1 600 MW de puissance chacun. L'enjeu est considérable et le chantier, à haut risque, car aucun des quatre réacteurs EPR actuellement en construction - en Finlande, en France et deux en Chine - n'est encore en fonctionnement. Pis, cette perspective s'éloigne chaque jour comme la ligne d'horizon puisque l'EPR, mal conçu et mal construit par un Areva en difficulté, multiplie les retards et les malfaçons.

 

Renvoi d'ascenseur

Alors pourquoi Jean-Bernard Lévy, le président d'EDF, et Emmanuel Macron, son ministre de tutelle, s'acharnent-ils, contre l'avis des salariés et malgré les réticences de l'Elysée, à vouloir couler du béton et de l'acier outre-Manche ? La réponse est, en partie, à chercher très loin de Paris, à Canton et à Shanghaï, où résident deux électriciens chinois, CGN et CNNC, qui apporteraient 33 % du capital d'Hinkley Point. Les Chinois viennent aider les Français en Europe ? Juste retour des choses, diront les naïfs, car c'est bien EDF et Areva qui ont initié CGN et CNNC aux joies de la production d'énergie atomique lorsqu'en 1988, profitant des réformes libérales de Deng Xiaoping, ils ont entamé la construction de réacteurs à Daya Bay, copiés sur ceux du parc nucléaire français. Depuis, le couple EDF-Areva a bâti ou aidé à bâtir pas moins de 17 réacteurs sur les 23 actuellement en activité dans l'empire du Milieu. «Le Commissariat à l'énergie atomique a formé près de 500 ingénieurs chinois depuis 1982», rappelait récemment Pierre-Yves Cordier, responsable international du CEA lors d'un colloque de la revue Passages. Des liens très étroits se sont donc tissés. «Dans cette aventure, les cadres de CGN ont appris les normes de sécurité des centrales dans les manuels français, et ils sont devenus quasiment tous francophones et francophiles», se réjouit un ingénieur français qui a fait partie de l'aventure chinoise.

Vrai. Mais CGN, la compagnie de Canton, a déjà renvoyé l'ascenseur. «En 2007, le gouvernement central de Pékin avait décidé de bâtir la filière nucléaire chinoise autour du réacteur AP1000 de Westinghouse [filiale du japonais Toshiba], mais les cadres de CGN ont plaidé pour construire à Taishan deux EPR français, plus compliqués mais plus puissants, raconte depuis Pékin François Morin, directeur Chine de la World Nuclear Association. Mais sans garanties de suite. Sauf s'ils prouvent une efficacité très supérieure à leur concurrent, il n'est pas certain que d'autres EPR soient commandés à l'avenir.» Les dirigeants chinois ont en effet pris conscience qu'ils avaient de l'or atomique entre les mains. «Sur 70 réacteurs actuellement en construction, 28 le sont dans l'empire du Milieu, raconte, admiratif, Dominique Minière, le directeur du parc nucléaire d'EDF. C'est le centre de gravité de l'industrie énergétique mondiale, c'est là que réside la croissance du secteur.»

Les Chinois, qui ont bénéficié des transferts de technologie occidentaux, sont en train de rattraper les maîtres. Ils construisent désormais des centrales au rythme effréné de six, voire bientôt 10 par an ! Avec un savoir-faire qui fait l'admiration de leurs homologues français : «Ce sont eux qui nous ont expliqué comment couler du béton plus vite pour construire le radier [le socle] des EPR», explique Jean-Christophe Fournel, un ingénieur qui a séjourné six ans sur place. Résultat : les EPR chinois de Taishan sont en avance sur leur équivalent de Flamanville, dont le chantier avait pourtant démarré plus tôt ! Ils n'attendent plus pour charger le combustible que l'Autorité de sûreté française (ASN) déclare conforme aux normes l'acier de la cuve de Flamanville, fabriquée par Areva !

 

Scénario "à la Tchuruk" ?

Pour les Français, coller aux Chinois serait donc devenu stratégique, voire vital. La filière, actuellement à genoux, n'a rien de solide à se mettre sous la dent avant le renouvellement du parc tricolore, qui commencerait en 2028. Selon Hervé Machenaud, directeur Chine d'EDF, «une centaine d'entreprises françaises travaillent sur l'électronucléaire chinois, ce qui est pour nous une opportunité, une chance, la condition même de la renaissance du programme français». A la CGT Energie, Marie-Claire Cailletaud fulmine à l'évocation d'un tel scénario : «Machenaud est tout le temps en Chine, on se demande s'il a une vision exacte de la filière française.» La principale organisation syndicale de l'entreprise, qui s'est toujours engagée dans les questions industrielles, redoute un scénario «à la Tchuruk», du nom du désastreux ex-patron d'Alcatel qui avait théorisé dans les années 2000 le concept d'«industrie sans usine». «On se demande si la direction du groupe et Emmanuel Macron ne rêvent pas eux aussi d'un nucléaire sans usine, s'inquiète la responsable syndicale. Jean-Bernard Lévy nous a dit qu'il était prêt à changer de fournisseur, et à aller acheter au Japon, qui possède les forges concurrentes d'Areva

Courte échelle

Le contrat d'Hinkley Point ne la démentira pas. Si CGN et CNNC ont accepté de monter dans la galère des EPR britanniques, c'est en échange d'un sacré service d'EDF, qui aidera à l'implantation, par la suite, d'un réacteur 100 % chinois sur le site de Bradwell, au nord-est de Londres. Les Français apporteront en particulier leur savoir-faire en matière de calculs et de simulation, domaine dans lequel ils possèdent une avance indéniable, pour obtenir l'accord de l'autorité de sûreté britannique sur le design du réacteur. «EDF peut ainsi faire gagner plusieurs années à CGN», se félicite François Morin, de la World Nuclear Association. «C'est un deal équilibré», renchérit Dominique Minière à EDF.

Seul hic : ce Hualong 1 («dragon» en chinois) est un mini-EPR, donc un concurrent potentiel du produit phare français, et la conquête d'un marché en Occident lui vaudra label d'excellence sur l'ensemble de la planète. Les petits Français feraient donc la courte échelle au géant chinois. Certes pas tout de suite, car «le Hualong ne sera pas opérationnel avant 2020-2022», note François Morin. Mais, sept ans, c'est après-demain dans l'industrie nucléaire, où l'on a l'habitude de compter en décennies. Et encore plus près en Chine, où l'on voit loin. «Dès le début du millénaire, le gouvernement stratège a fixé comme objectif à ses constructeurs nationaux de se projeter à l'extérieur dès les années 2010, après une phase d'appropriation des technologies étrangères, nous y sommes», explique un ingénieur revenu du Guangdong. Et, comme le dit lui-même Hervé Machenaud, «un jour la Chine aura achevé son équipement». Probablement dans une quinzaine d'années, lorsqu'elle aura égalé le parc américain en installant 100 GW de puissance. Elle disposera alors d'une filière complète à proposer au monde entier, en particulier aux pays en voie de développement, qui représentent 70 % du marché potentiel. Avec un avantage compétitif : la capacité de financement. «Les compagnies chinoises copient le modèle russe d'exportation en s'appuyant sur des prêts préférentiels des banques [étatiques] chinoises. C'est leur grande force à l'export», rappelle François Morin.

En France, les «champions nationaux» rament pour réunir des «syndicats de banques» de plus en plus frileux. Et se coltinent les incohérences du libéralisme à l'européenne. Machenaud, lui-même, ne dit pas autre chose lorsqu'il s'exclame : «Le problème, ce n'est pas de construire Hinkley Point, c'est l'effondrement des prix du marché de l'électricité en Europe [le prix du MWh est passé de 40 € à 26 € en peu d'années], qui menace les financements...» Pour son chantier britannique, EDF a vu s'évanouir ses partenaires : l'anglais Centrica (propriétaire de British Gas), qui devait assumer 20 % du projet, a jeté l'éponge dès 2013. Areva, qui devait en prendre 10 %, sera finalement absorbé par... EDF. Ne restent donc à bord que les Chinois. Avec ceinture et bretelles : malgré leur 33 % de participation au capital, ils n'assumeraient que 20 % des pertes éventuelles, contre 80 % pour EDF, selon une enquête de Mediapart. En attendant d'avoir leur part du gâteau, bien à eux, cette fois-ci.

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

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