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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 11:28

| Par Mathieu Magnaudeix

Sur la place de la République, la République, justement, s'est fait la malle. Le tribunal de commerce a fermé en 2009. Le tribunal d'instance a déserté l'année suivante. Le café du Palais, juste en face, a baissé le rideau depuis des années. A l'exception de la boulangerie, les autres boutiques de la place ont mis la clé sous la porte.

A part quelques pigeons, on n'entend pas un bruit cet après-midi-là dans la vieille ville de Joigny,  jolie cité de l'Yonne classée « Ville d'art et d'histoire », avec maisons à colombages, vieilles demeures aristocratiques et rues tortueuses à souhait. Et 10 000 habitants. Tout récemment, le tribunal d'instance et sa chapelle classée ont trouvé preneurs : 200 000 euros. Le nouveau propriétaire est un numismate dijonnais. « Franchement, je ne pensais pas que ça se vendrait. Je ne sais pas trop ce qu'il va en faire », grommelle l'ancien patron du café, qui vit toujours dans son établissement fermé.

 

Joigny, 10.000 habitants au bord de l'Yonne. 
Joigny, 10.000 habitants au bord de l'Yonne.

Joigny la paisible, chef-lieu d'un territoire rural acquis à la droite depuis des lustres, n'en revient toujours pas. En quelques années, l'Etat s'est massivement désengagé. La maternité et la chirurgie avaient déjà quitté l'hôpital en 2004, alors qu'un bloc opératoire tout neuf venait juste d'être inauguré. Puis est arrivée la Révision générale des politiques publiques (RGPP), vaste mouvement de restructuration des services publics lancé en 2008 par Nicolas Sarkozy. Les tribunaux sont partis. Et puis le coup de massue : le départ de l'armée, en 2010. Le 28e Groupement géographique imprimait ici les cartes militaires. Les 400 militaires, leur famille et leurs 650 000 euros de salaires mensuels faisaient vivre le commerce local.


 

Le 28e Groupement militaire, fermé en 2010. 
Le 28e Groupement militaire, fermé en 2010.

La communauté de communes s'est retrouvée propriétaire pour l'euro symbolique d'une immense friche de 10 hectares en pleine ville, et de milliers de mètres carrés de bâtiments, pour certains amiantés.

« Un cadeau empoisonné, grince Nicolas Soret, le jeune président (PS) de la communauté de communes, en charge du développement économique. Ici, on a tout pris sur la tête : la carte judiciaire, la carte scolaire, les réformes de l'hôpital... On se dit parfois qu'on aurait voulu faire mettre un genou à terre à la ville qu'on ne s'y serait pas pris autrement. » Au total, Nicolas Soret estime que la ville a perdu 500 emplois en seulement quelques années.

« Joigny est un peu la ville-martyre de la RGPP, l'exemple de ce qu'elle a pu produire de pire », explique Romain Derache, chargé de mission à l'Association des petites villes de France (APVF). C'est le résultat d'une application mécanique, sans aucune volonté de concertation avec les élus. »

Le gouvernement, aidé par des cabinets privés, a défini des seuils de rentabilité (taux d'utilisation, nombre d'actes rédigés...) pour définir la carte des tribunaux et des services publics supprimés. 84 % des maires interrogés par l'APVF estiment que la RGPP a eu un impact « négatif ou très négatif » sur le fonctionnement de leurs services publics.

Désert médical


 

L'ancienne imprimerie militaire 
L'ancienne imprimerie militaire

A Joigny, le départ de l'armée a plombé le commerce local de 2,5 millions d'euros de chiffre d'affaires par an, selon la préfecture de l'Yonne. « Il y avait plein de locations dans le Vieux-Joigny. Le soir quand les militaires avaient fini leur journée, ils dépensaient, faisaient un peu la fête, ils vivaient quoi ! Ça nous faisait travailler. Du jour au lendemain, juillet 2010, on a fait 15 % en moins », raconte Yannick Dussault, qui tient avec son mari une supérette dans la rue piétonne du centre-ville. Les affiches « à vendre » et les devantures badigeonnées de blanc y pullulent. En général, les nouveaux magasins (des solderies, des discounts alimentaires) ne tiennent pas longtemps.

« Ça manque vraiment de dynamisme, ça descend, on est devenu une ville-dortoir », déplore Marie-Claude Ecosse, une ancienne aide-soignante de 69 ans. « Tout ferme peu à peu », se désole Irène, 66 ans. Elle habite Annecy, mais vient une fois par mois pour faire les courses avec sa mère, Renée, 90 ans. « On ne peut même pas acheter de jolies fringues. »

Le marché immobilier, déjà très bas, a été plombé plusieurs mois par l'afflux de biens. Et les assistantes maternelles qui gardaient les bébés des militaires ont dû se reconvertir.


 

A l'entrée de l'ancienne base militaire. 
A l'entrée de l'ancienne base militaire.

La liste des services publics qui ont supprimé des effectifs depuis quelques années est impressionnante. Pour son audition devant une mission d'information du Sénat sur les conséquences territoriales de la RGPP (on peut lire le rapport de juin 2011 ici), Nicolas Soret a fait son enquête. D'après ses calculs, EDF et GDF ont supprimé trente emplois (et le bâtiment près de la gare reste inoccupé), de même que l'assurance-maladie (huit agents en cinq ans), la trésorerie (dix agents en six ans), ou Pôle emploi.

Une vingtaine de postes ont été perdus au collège et au lycée, et les parents se mobilisent actuellement contre la fermeture d'une classe de primaire au Clos-Muscadet alors même que le quartier gagne des habitants. Selon la Ville, la gendarmerie a perdu treize temps-plein. La restructuration des services départementaux de l'équipement, autre conséquence de la RGPP, a aussi touché les communes rurales environnantes, selon Nicolas Soret : « Les DDE aidaient les collectivités à établir leurs plans locaux d'urbanisme (PLU). C'est fini. Résultat : la communauté de communes du Béon a dû récemment payer un cabinet privé pour établir le sien ! »

« On est en voie de désertification. Mieux vaut ne pas avoir de gros problèmes de santé », déplore Philippe Baron, le libraire de la rue piétonne. Le dernier pédiatre a pris sa retraite il y a plusieurs années : en cas d'urgence pour les enfants, il faut désormais se rendre à l'hôpital de Sens. Le seul ophtalmo de la ville n'est plus très loin de raccrocher. Certains habitants qui en ont les moyens ont même pris l'habitude de se rendre à Paris pour se soigner, raconte un médecin. Les autres encombrent les urgences de l'hôpital. « 80 % de l'activité des urgences, c'est de la bobologie », explique Viviane Mutti, la directrice des soins.

Avec 15 000 passages par an, les urgences tournent à plein (ce qui assure d'ailleurs l'équilibre financier de l'hôpital), un niveau d'activité enviable qui est aussi la conséquence de l'absence cruelle de spécialistes en ville. Les généralistes, débordés, sont de plus en plus nombreux à ne pas se déplacer après 20 heures, alors qu'ils doivent en théorie assurer les gardes.

La directrice des soins de l'hôpital assure que son établissement n'est pas menacé. « Nous nous sommes transformés et adaptés à la population locale, qui vieillit. La maternité ne faisait pas assez d'accouchements pour garantir la qualité maximum. Nous avons ouvert un service de réadaptation cardiaque et respiratoire reconnu, nous allons ouvrir un nouveau service de gériatrie. » Les élus croisent les doigts : l'hôpital avec ses 400 salariés est désormais le plus gros employeur de la ville. Réduction des coûts oblige, il embauche moins qu'auparavant. Qu'il disparaisse, et Joigny vivrait un nouveau drame.

« Mécanisme rouillé »

 

La rue piétonne de Joigny.La rue piétonne de Joigny.
Elue d'opposition de droite au conseil municipal, Isabelle Bourassin-Lange ne nie pas les difficultés induites par la RGPP. Mais elle les minimise. « Le départ de l'armée a été un moment dur. Ça a un peu déstabilisé le tissu économique et social. Mais plus on en parle, plus ça alimente la complainte. C'est comme la crise, si on en parlait moins on aurait un peu plus le moral ! »

Elle conteste tout de même le bien-fondé de certaines décisions. « L'idée de la RGPP est bonne mais certaines mesures ont été prises sans qu'on nous demande notre avis ! C'est très facile avec son papier et son crayon de faire des choses à Paris, mais les élus votent des lois dont ils ne mesurent pas toujours les conséquences. Les énarques oublient trop souvent que la proximité, ça coûte en réalité moins cher pour les finances publiques. La fermeture des tribunaux, par exemple, a obéi à la volonté de l'Etat de regrouper les pôles administratifs. Ça partait d'un bon sentiment, mais désormais il faut se rendre au tribunal d'instance à Sens pour les formalités », à une trentaine de kilomètres.

La crise économique et sociale a encore ajouté aux difficultés. En Bourgogne, le bassin d'emploi de Joigny, où vit une population d'ouvriers et d'employés en mal de qualification, a particulièrement souffert ­– le chômage avait augmenté d'un tiers au plus fort de la crise, record régional. Les stylos à plume Sypen (groupe Bic) ont été délocalisés à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais). Strulik, un fabricant de conduits de ventilation qui a repris ses locaux, est en grande difficulté. Le tôlier Ertop, 115 postes début 2009, a supprimé depuis un tiers de son effectif par vagues successives. Mais l'essentiel des départs s'est fait au fil de l'eau dans la kyrielle de petites entreprises qui constituent le tissu économique local. L'industrie et la construction ont particulièrement souffert, touchant particulièrement les hommes. Joigny compte environ 850 chômeurs selon l'Insee. Les Restos du Cœur suivent en permanence 260 familles à Joigny et les communes alentour.


 

 

« Gauche ou droite, ils ne peuvent rien faire, c'est un mécanisme qui est rouillé », dit une habitante. Ce n'est pas l'avis de Nicolas Soret, le président de la communauté de communes (photo). Soret, 30 ans à peine, est aussi le maire-adjoint de Joigny : en 2008, ce fief de la droite longtemps dirigée par un cacique du RPR, Philippe Auberger, est passé à gauche, grâce à la division de la droite. Proche de Martine Aubry, Nicolas Soret espère bien ravir le siège de députée à l'élue sortante, l'UMP Marie-Louise Fort, aux prochaines législatives. Selon lui, la gauche va faire une percée aux législatives dans le département.

« Il y a un risque » que la circonscription passe à gauche, s'inquiète Isabelle Bourassin-Lange. Ce serait un séisme politique local. L'élue s'inquiète du score du FN, qui a fait une percée dans l'Yonne aux dernières cantonales : « Ce sera bordure pour Nicolas Sarkozy, dit-elle. Il y a une mode pour Marine Le Pen dans l'électorat ces derniers mois. Je mets en garde les électeurs contre cette attitude qui risque de provoquer un second tour entre Marine Le Pen et François Hollande, c'est évident. » L'élue défend mordicus son président, même si elle a quitté l'UMP à cause des divisions de la droite locale : « On parle souvent de la soirée au Fouquet's mais au Fouquet's on mange aussi des pizzas ! »

De son côté, Nicolas Soret mène campagne en insistant sur le sort réservé par l'Etat à la ville. Il estime que Joigny n'a pas eu assez de temps pour se retourner. « Entre l'annonce et le départ de l'armée, il s'est passé deux ans, le double n'aurait pas été un luxe », dit-il.

L'Etat, l'Union européenne et les collectivités territoriales se sont engagés à recréer en trois ans les emplois perdus en injectant 17 millions d'euros. Reste désormais à attirer des entreprises dans la nouvelle zone d'activités. La mairie veut faire de Joigny une capitale départementale de la formation. Dans l'ancien bâtiment de l'état-major de la base militaire, un centre de formation d'ambulanciers et d'aides-soignantes a ouvert. L'UIMM, le patronat de la métallurgie, va bientôt construire un pôle régional dédié à l'industrie. Un village d'artistes pourrait même s'installer dans les hangars où étaient stockées les cartes militaires.

Plus que jamais, Joigny parie sur sa proximité avec la région parisienne (1 h 10, avec un train par heure) pour se développer. Depuis quelques années, des banlieusards lassés des longs trajets quotidiens en RER louent ou achètent à Joigny, profitant d'un marché immobilier encore bas. Selon l'agence immobilière près du PMU, il s'agit plutôt de ménages modestes, gagnant un peu plus que le Smic. D'après la municipalité, leur arrivée a un peu compensé l'hémorragie due à la restructuration des services publics. Le matin, les trains régionaux à destination de Paris sont pleins. « Joigny est en train de devenir la grande banlieue de Paris », explique Aude Besson, une secrétaire médicale à la retraite. 

Il sera pourtant difficile de les attirer en masse si la présence des services publics continue de reculer.

 


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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 11:18

 

Rue89 - Global Voices Online 17/03/2012 à 08h52
Global Voices"

Afef Abrougui · Traduit par Samy Boutayeb

 

Amina, une jeune fille de 16 ans, originaire de Larache, au Nord du Maroc, et qui avait été mariée de force avec son violeur, a décidé de mettre fin à son existence en avalant de la mort aux rats, samedi dernier.

D'après le journal al-Masa'a, Amina avait été violée par un homme de 10 ans plus âgé qu'elle, alors qu'elle avait à peine 15 ans. Afin de préserver »l'honneur de la famille », le mariage d'Amina avec son violeur avait été arrangé. Ce mariage avait été approuvé par un juge.

Le même journal rapporte qu'Amina a avalé de la mort aux rats alors qu'elle se trouvait dans la maison de son mari (et donc de son violeur). Lorsque celui-ci s'est rendu compte que son état de santé se dégradait, il l'a traînée jusqu'à la maison de la famille de la jeune fille. Sur le chemin, il n'avait pas cessé de la battre, aurait confié Amina à sa famille, quelques heures avant de mourir.

L'histoire d'Amina a profondément touché et blessé les net-citoyens marocais, qui ont utilisé sur Twitter le hashtag (mot-clé) #RIPAmina (repose en paix, Amina) pour exprimer leurs condoléances après le décès de la jeune fille. Voici quelques-unes de ces réactions :

@marihaep : @Un_Marocain « Ne prenons pas nos rêves pour des réalités, personne ne sera jugé, personne ne payera pour son viol, encore - pour sa vie #RIPAmina »

@Un_Marocain : « En tant que marocain, je me sens plus coupable que triste pour ce qui est arrivé à cette petite fille. #RIPAmina »

@nadalouis : « Je refuse de vivre dans un monde où une fille est obligée de choisir entre être mariée à son violeur et mettre fin à ses jours #RIPAmina »

@mahamiou : « Combien y a-t-il d'autres Amina ? Forcée à épouser leur violeur ? #RIPAmina »

@mahi_elbarrad : « Le jour où le monde arabe commencera à considérer les femmes comme des créatures égales à l'homme, avec tous leurs droits, et méritant tout le respect, ce jour là seulement, la révolution aura gagné. »

@Tindars : « Et puis comme d'habitude nos tweets ne changeront absolument rien dans cette histoire. #RipAmina »

Amina est mon Bouazizi

En hommage à Amina, le blogueur marocain Mehdi B. Idrissi a écrit un billet intitulé Amina est mon Bouazizi. Il fait ainsi référence à Mohammed Bouazizi, le vendeur ambulant de Sidi Bouzid, en Tunisie, qui s'est immolé afin de protester contre les abus de la police, déclenchant ainsi une vague de manifestations qui a donné lieu à la révolution tunisienne et a provoqué la chute du régime Ben Ali.

L'acte désespéré de Bouazizi s'auto-immolant a changé la Tunisie, mais le suicide d'Amina changera-t-il la culture machiste au Maroc et chez ses voisins arabes ?

Mehdi écrit :

« Bouazizi a certes déclenché la révolution politique ; mais Amina a réveillé l'esprit humanitaire qui était enfoui si longtemps en moi. Des milliers de jeunes filles comme elle ont surgi sous nos pieds, la plupart réduites au silence sous la contrainte et la menace.

Pendant que vous autres vous préoccupez de mettre la main sur Joseph Kony au fin fond de la forêt en Ouganda, vos enfants vous sont soustraits sous vos yeux. Je pourrais rester assis ici pendant toute la journée à me reprocher mon désespoir, pleurer la mort de celle qui aurait pu un jour [être] ma fille ou mon amie, cela ne changera pas grand chose.

Si nous ne faisons pas cela ensemble, si nous ne nous battons pas avec énergie pour changer cette mentalité marocaine nous serons bloqués sans pouvoir faire de progrès. »

« Violée deux fois »

Sur le site Dernières Nouvelles d'Algérie, partenaire de Rue89, Amel Bouzidi ajoute :

Aux termes de la loi marocaine, le viol est puni de plusieurs années de prison en cas d'agressions sexuelles sur des mineurs. A moins que la victime et son agresseur se marient, ce qui le protège de poursuites judiciaires. Ce qui fut le cas avec le mari-violeur d'Amina

L'émotion au Maroc a forcé les politiques à s'exprimer sur la législation de protection des femmes. Fait rare : le gouvernement à majorité islamiste a largement consacré sa réunion hebdomadaire à l'examen de ce drame.

« Cette fille a été violée deux fois, la dernière quand elle a été mariée », a déclaré le porte-parole du gouvernement Mustapha El Khelfi.

« Il faut étudier d'une manière approfondie cette situation avec la possibilité d'aggraver les peines dans le cadre d'une réforme de l'article du code pénal. Nous ne pouvons pas ignorer ce drame ».

La seule femme ministre du gouvernement islamiste, Bassima Hakkaoui, responsable du portefeuille de la solidarité, de la femme et de famille a reconnu un « vrai problème » et préconisé un « débat pour réformer cette loi », sur la chaîne de télévision publique 2M.

« C'est un cri de la société », a lancé une ex ministre, Nouzha Skalli, qui occupait le même poste dans le gouvernement précédent. Les deux femmes s'exprimaient sur la chaîne publique qui, fait rare, y consacrait jeudi la quasi totalité de son journal de la mi-journée.

Dans de nombreuses familles où le poids de la tradition et de la religion est très fort, la perte de la virginité hors du mariage est considéré un déshonneur pour la famille. Souvent, des arrangements sont trouvés, avec la contribution de la justice, pour que les filles violées épousent leur agresseur.

Le Maroc n'est pas le seul pays du Maghreb dans cette situation. En Tunisie et en Algérie également, si la victime épouse son violeur, celui-ci échappe aux poursuites.

 

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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 11:11

Le Monde.fr avec AFP | 18.03.2012 à 09h58 • Mis à jour le 18.03.2012 à 09h58

 
Portraits de Tibétains qui se sont immolés par le feu, à McLeod Ganj, en Inde.

Des milliers de personnes, moines et laïcs, ont bravé les forces de l'ordre samedi en se rassemblant sur les lieux d'une nouvelle immolation d'un Tibétain dans l'ouest de la Chine, a annoncé dimanche une ONG. Des forces de police armées se sont déployées avant de se retirer.

Sonam Dargye, 43 ans, un agriculteur père de trois enfants s'est transformé en torche humaine à Tongren, dans la province chinoise du Qinghai, voisine de la Région autonome du Tibet et qui compte une importante population tibétaine. Il s'agit de la troisième immolation par le feu d'un Tibétain en quatre jours en Chine.

Selon l'ONG Free Tibet, Sonam Dargye était un ami proche de Jamyang Palden, un moine qui s'est immolé à Tongren mercredi, jour anniversaire des émeutes qui avaient ensanglanté Lhassa en 2008 avant de s'étendre à d'autres villes du plateau tibétain. L'ONG Tibetan Centre for Human Rights and Democracy a confirmé l'immolation de Dargye "en signe de protestation contre le gouvernement chinois".

Le gouvernement et la police de la préfecture de Huangnan, dont dépend Tongren, ainsi que des propriétaires de restaurants, d'hôtels et des responsables de centres d'art de la ville ont refusé de s'exprimer. Un restaurateur a affirmé que les communications étaient écoutées et qu'il n'était pas "approprié" de parler. Près de 30 Tibétains, en majorité des moines bouddhistes, se sont immolés par le feu ou ont tenté de le faire depuis début mars 2011 dans les zones tibétaines chinoises.

De nombreux Tibétains se plaignent de la répression de leur religion et de leur culture et de ce qu'ils considèrent comme une domination grandissante des Han, ethnie fortement majoritaire en Chine.
Le mois de mars est une période sensible pour les Tibétains. Le dalaï lama, leur chef spirituel, avait en mars 1959 pris le chemin de l'exil après l'échec d'un soulèvement contre la Chine, traversant à pied l'Himalaya pour arriver en Inde.

Et en mars 2008, des manifestations de moines bouddhistes à Lhassa, la capitale du Tibet, à l'occasion du 49e anniversaire de ce ce soulèvement, avaient dégénéré en émeutes et gagné les provinces voisines à forte population tibétaine.

 

 

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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 11:07

Le Monde.fr | 18.03.2012 à 08h47 • Mis à jour le 18.03.2012 à 08h47

 
Des policiers arrêtent des membres d'Occupy Wall Street, le 17 mars 2012.

Des incidents ont opposé samedi soir à New York des policiers à des membres et sympathisants du mouvement Occupy Wall Street (OWS) qui ont tenté de réoccuper le Zuccotti Park, à l'occasion des six mois d'existence du mouvement.

Le réalisateur Michael Moore s'était joint aux quelque 600 manifestants qui ont tenté d'ériger une tente dans le square. La police est alors intervenue pour disperser les manifestants et a procédé à plusieurs interpellations. La police n'a pas fourni dans l'immédiat d'indications sur le nombre d'arrestations mais les journalistes ont vu une dizaine de personnes être interpellées. Trois femmes blessées lors des incidents ont été soignées dans une ambulance.

OWS, qui dénonce le trop grand pouvoir de l'argent sur la politique et les inégalités croissantes, avait occupé pendant deux mois, entre septembre et novembre dernier le Zuccotti Park, avant d'en être délogé par la police. Le mouvement avait annoncé son intention d'organiser sur le site un rassemblement samedi, pour fêter ses six mois d'existence.

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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 11:04

Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 18.03.2012 à 11h57

 
Vue de la centrale de Fukushima, le 13 mars 2012.

Les Japonais sont dans une très large majorité favorables à ce que leur pays sorte progressivement du nucléaire mais acceptent que certaines centrales redémarrent pour garantir une production d'électricité suffisante à court terme, montre un sondage publié dimanche par le Tokyo Shimbun.

Ils sont 80 % à se dire favorables à l'abandon du nucléaire comme source d'énergie, et seulement 16% à vouloir son maintien, selon cette enquête menée auprès de 3 000 personnes. Toutefois, 53 % estiment qu'il faut continuer à court terme à employer les réacteurs nucléaires lorsque la demande en électricité l'exige.

Depuis l'accident de l'an dernier à la centrale de Fukushima, à la suite du tremblement de terre suivi du tsunami le 11 mars 2011, la quasi-totalité des réacteurs ont été soit arrêtés pour vérification, soit maintenus à l'arrêt après leur période d'entretien en attendant de nouvelles règles de sécurité. Seuls deux des 54 réacteurs du pays sont actuellement en service. Les centrales nucléaires produisaient 30% de l'électricité du pays avant la crise de Fukushima.

 

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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 11:00

Economics of Fear

In March to Athens on 17 March 2012 at 19:13


March to Athens
Day 131-LVII, from Πλαταριά to Μαργαρίτη, 19 km.

Acampada Plataria

Margariti, March 17

Dear people,

We have turned inland, we are following the national road to Preveza. On both sides the valley is closed by wild green mountains. Near the coast you will find some small scale agriculture, but a little further down there is nothing. High up the slopes you can see a herd of goats and a shepherd.

Heading inland


This region is called Epirus, or Chameria. It was conquered by Greece during the Balcan wars which preceded WWI, in the early years of the 20th century.

At the time, the once mighty Ottoman empire was living the final stage of its long decline. For centuries it had dominated the Balcans, it had reached as far as the gates of Vienna, but when the Ottoman tide retreated, it left a myriad of nations in its wake. Serbia, Bulgaria, Montenegro, Albania.

Greece had conquered its independence from the Turks a century earlier, but she was much smaller than she is now. When war broke out in 1912, the Greeks wanted their part of the spoils.

The mountainous region of Epirus had been under the control of muslim warlords, and was largely inhabited by Albanians. When the christian Greeks took over, it caused conflict.

All through human history people have practiced ethnic cleansing. And even though it was widely denounced during the most recent Balcan conflicts, it wasn’t looked upon as a problem a century ago. Quite the contrary, it was considered a solution.

In the 1920s the Greek state expelled many muslim citizens and settled the emptied territories with its own citizens expelled from Turkey. It was all agreed on in the peace treaty.

Part of the Albanian population of Epirus was sent to Turkey. Not because they were Turks, but because they were muslims. The Albanians that remained were promised that they could keep their customs and language. The promise was never kept.

When Italy, and later Germany invaded Greece in World War 2, a great part of the Albanians collaborated and participated in atrocities. As a result of it, almost all of them were expelled at the end of the war.

“This is not Europe, this is the Balcans.” I will remember that phrase.

View of Margariti

In front of the former town hall

One of the things I heard about on the day of our arrival, was the strategy of fear. The Greek regime use the mass media to blackmail its subjects into accepting its measures, because otherwise… pandemonium.

Fear includes not only the fear for complete economic disaster, but also fear for the neighbours. ‘If the country collapses, then the Turks will come, and the Macedonians, and the Albanians. They will rip Greece apart. So there is no choice.’ The country is sold out to other nations and banks, and people are forced to accept to avoid worse.

Along the road today we encountered construction workers who were busy expanding a road on which there is hardly any traffic. They speak little English. But they let us know that they make 22 euros a day. It wouldn’t be so bad if prices were low, but they aren’t. They are about the same level as in Italy, which is about the same as in Spain, which isn’t much less than in France or even Holland.

Greeks are making starvation wages. And one of the funny things I heard is that some people want to keep cutting those wages. The idea is simple: if salaries in Greece are brought down to ‘Balcan levels’, then the multinationals will be stimulated to invest in the country, and the economy will grow again.

Symbolism...

It has been two days. We haven’t seen nothing yet. “Over here, one way or another, we will pull through. Because we have the land, we have the sea. You will find the real misery in the big cities.”

The land and the sea. I have a feeling I will fall in love with this country. Yesterday evening a fishing boat arrived near our camp. Immediately four of us walked down there like a bunch of cats to do some récup. The fishermen were sympathetic to our cause. They left us a small box of their catch which we fried this morning at breakfast, to give us strength before heading inland.

Cleaning the fish, this morning.

 

 

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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 20:17

chaineantinucl-aire.JPG

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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 20:04

Via Scoop.itMarches Paris 2012


Le groupe de marcheurs américains « Walkupy » partis de Washington DC en Décembre envoie son soutien aux marches françaises. Merci à eux

 


Occupy Walk Occupy Walk Walkupy Mayday Mobile to Montgomery Mass Marches on Paris March to Athens Image Map
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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 19:01

 

Libération - Monde Aujourd'hui à 16h45
Hamida, la sœur de la jeune femme qui s'est suicidée après avoir été contrainte d'épouser l'homme qui l'avait violée, à Larache le 15 mars.
Hamida, la sœur de la jeune femme qui s'est suicidée après avoir été contrainte d'épouser l'homme qui l'avait violée, à Larache le 15 mars. (Photo Abdelhak Senna. AFP)

Une semaine après le suicide d'une adolescente contrainte d'épouser son violeur, un sit-in s'est tenu ce samedi à Rabat pour réclamer la réforme d'une loi discriminatoire envers les femmes.

Une semaine jour pour jour après le suicide d'une adolescente contrainte d'épouser son violeur, plusieurs associations féminines marocaines ont organisé samedi un sit-in devant le parlement pour réclamer la réforme d'une loi discriminatoire envers les femmes.

"Nous sommes des Amina", "Halte aux violences contre les femmes", "Abrogez la loi" scandaient les militantes et sympathisantes de ces associations des droits de la femme, rassemblées à l'appel de Woman-Shoufouch, un groupe et réseau social anti-harcèlement.

Les femmes, au nombre de deux cents au début du rassemblement, brandissaient des banderoles réclamant l'abrogation ou la refonte d'un article du code pénal qui punit le violeur d'emprisonnement si la victime est mineure, sauf en cas de mariage. En cas de mariage, consenti par les parents de la fille violée, l'agresseur n'est plus poursuivi par la justice.

Electrochoc

"Amina martyre", "La loi m'a tuer", "Mettons fin au mariage des mineures", pouvait-on lire sur les pancartes tenues par des militantes de plusieurs associations féminines, rassemblées sous la houlette de la Fédération de la ligue démocratique des droits des femmes.

"Amina et les autres, victimes de l'article 475 du code pénal", lisait-on sur une banderole d'Anaruz, mot berbère qui signifie espoir. Anaruz est un mouvement d'écoute des victimes d'agressions sexuelles qui travaille en coordination avec l'Association démocratique des femmes du Maroc (ADFM).

"En 2008, le gouvernement avait déposé un projet, qui est resté lettre morte, pour réclamer la refonte du code pénal en vue de mettre fin à la discrimination et à la violence", a indiqué à l'AFP Houda Bouzil, présidente du bureau de Rabat de l'ADFM.

Le suicide le 10 mars d'Amina Al Filali, 16 ans, contrainte d'épouser l'homme qui l'avait violée, a fait l'effet d'un électrochoc au Maroc où se sont multipliés les appels à la réforme d'une loi qui bénéficie le plus souvent davantage au violeur qu'à sa victime.

"Je ne voulais pas aller avec eux chez le juge pour les marier. Mais ma femme m'y a obligé. Elle m'a dit qu'il fallait le faire pour que les gens arrêtent de se moquer de nous, pour faire taire la honte", a déclaré il y a quelques jours à l'AFP le père de la victime, Lahcen Al Filali, présent à un premier sit-in dans la localité de Larach, près de Tanger (nord) d'où la famille est originaire.

Nouvelle Constitution

"Est-ce qu'on peut imaginer qu'un homme qui force une fille à le suivre avec un couteau et qui la viole peut ensuite vouloir l'épouser?", a-t-il demandé.

Cette affaire est révélatrice des contradictions d'une société à la fois traditionnaliste et aspirant à la modernité, comme en atteste la nouvelle Constitution adoptée en juillet, qui prévoit l'égalité des sexes et bannit "toute discrimination".

Ce drame continue de susciter diverses réactions dans le pays, y compris au sein du gouvernement qui a promis un réexamen de la loi.

"C'est la loi, une règle sociale absurde, grotesque, que celle qui veut remédier à un mal, le viol, par un autre encore plus répugnant, les épousailles avec le violeur (...) Qui punissons-nous au final, la victime ou son bourreau?", écrit le journal Al Sabah (Le matin, indépendant) dans un long éditorial.

Un article du code de la famille prévoit que la décision du juge autorisant le mariage d'un mineur – comme cela a été le cas dans cette affaire – n'est susceptible d'aucun recours.

L'époux de l'adolescente a été entendu par la police, après le suicide de sa femme qui a absorbé de la mort aux rats, et laissé en liberté.

(AFP)

 

 

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Ailleurs dans le monde
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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 18:54

La campagne de Philippe Poutou se présente comme celle d'un ouvrier en campagne, dans un monde aux codes exclusifs. La volonté du NPA ne conduit-elle pas au contraire à l'élaboration d'un "produit" politique prétendûment pur ?

Je reproduis ci-dessous un commentaire d'un fil de discussion sur le blog de Philippe Corcuff :

 

J'ai beaucoup de respect pour les amis du NPA. Je travaille avec eux en Limousin et ils apportent leur contribution sans rechigner à notre succès collectif de Limousin Terre de Gauche.

J'apprécie l'apport singulier et rafraichissant de Philippe Corcuff à notre réflexion collective.

Je n'ai rien contre le candidat Philippe Poutou mais je pense que cette "intuition politique" là , aurait eu toute sa place dans le pot commun d'une candidature unitaire sous la bannière du Front de Gauche.

Cette évidence pour moi et pour de nombreux militants que je croise éviterait un certain nombre de raccourcis et notamment celui de la mise sur un même plan de défenseurs de l'ordre établi et de la catégorie des professionnels de la politique pris dans un grand tout qui finit par rimer à rien.

Mettre à égalité comme symptômes d'un même mal, les défenseurs zélés de l'ordre capitaliste et les tenants d'un savoir faire politique de gauche et d'une force pour porter la belle parole du peuple de gauche est incompréhensible.

Forcer le trait pour faire cette démonstration peut conduire à l'outrance en direction de Jean-Luc Mélenchon et  mettre le candidat du NPA dans l'impasse, dans une quête "donquichottesque" d'un espace politique introuvable.

Une impasse pour aujourd'hui et pour demain car quel est le contour du rassemblement anticrise appelé de ses voeux par le NPA. Toutes les forces organisées dehors !! Tous les élus (et donc ayant reçu validation populaire quelquepart tout de même) dehors, trop professionnels!!

La question de l'insupportable délégation de pouvoir doit se traiter. Elle se règle par le refus de la ligne politique solitaire toute puissante avant tout. Elle se règle par la recherche de points d'équilibres entre partenaires d'accord sur l'essentiel, faire pièce au système actuel d'exploitation. La recherche de points d'accord programmatiques ne signifie pas la recherche du plus petit dénominateur commun mais la mise en commun des intelligences collectives dans l'élaboration de quelquechose qui les dépasse toutes. C'est cela l'essence même d'une démarche révolutionnaire. Sans dépassement de ce que l'on est dans la construction d'un projet émancipateur, on ne peut espérer un dépassement de la situation telle qu'elle est. Dans la révolution, la face invisible devient visible, ce que nous ne savons pas de nous mêmes se fait jour dans le processus. Il ne peut il y avoir là que quelquechose de collectif, tendu vers un objectif commun.

Ce n'est malheureusement pas la stratégie choisie par le NPA qui a préféré la recherche certes exigeante mais solitaire d'une orientation et d'un candidat pour la porter.

 

 

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