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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 18:35

 

Etat autoritaire ? 16/03/2012 à 19h17

Martin Untersinger | Rue89


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Un œil à travers une loupe (Pink Sherbet/Flickr/CC)

Surveiller en temps réel l'intégralité des communications mondiales – Internet, téléphone, satellite –, même « cryptées », un rêve d'espion impossible ?

La NSA – l'agence américaine chargée du contre-espionnage, l'équivalent de notre DCRI – s'est lancée dans plusieurs projets qui vont lui permettre de réaliser ce rêve. C'est ce que révèle une longue enquête du magazine américain Wired, écrite par James Bamford, un des meilleurs spécialistes de la question.

Un gigantesque complexe

A Bluffdale, une bourgade de l'Utah de la banlieue de Salt Lake City, l'agence s'est lancée début 2011 dans la construction d'un complexe – top secret –, d'une ampleur totalement inédite, destiné à stocker et à analyser des quantités phénoménales de données. Les chiffres donnent le tournis :

  • un coût de deux milliards de dollars ;
  • une surface d'un million de m2, soit cinq fois la taille du Capitole à Washington ;
  • 10 000 ouvriers habilités « top secret » ;
  • une consommation électrique de 65 mégawatts (soit un quart de la puissance électrique consommée par Google) ;
  • plusieurs milliers de m2 de serveurs, parqués sous deux gigantesques hangars.

A compter de sa mise en service, programmée en septembre 2013, ce centre va être abreuvé des données recueillies par les satellites, les antennes à l'étranger et les postes d'écoute secrets de la NSA dispatchés sur tout le territoire américain.

L'objectif ? Etre capable de traiter des « yottabits » de données. Soit environ 1 000 milliards de fois plus que les disques durs de grande taille disponibles dans le commerce aujourd'hui. Bamford écrit :

« Etant donné la taille des bâtiments et le fait qu'un terrabit de données peut désormais être stocké sur un disque grand comme le petit doigt, la quantité d'informations qui pourront être stockées à Bluffdale est réellement prodigieuse. Tout comme la croissance exponentielle de la quantité de données qui sont récoltées par la NSA et les autres agences. »

Opération Vent stellaire

Bamford apporte de nouvelles informations concernant l'opération Vent stellaire, lancée en 2001 par la NSA afin de surveiller toutes les connexions Internet et téléphoniques entre les Etats-Unis et le reste du monde, mais aussi à l'intérieur du pays. Bamford explique que l'ampleur de la surveillance opérée par l'agence est bien plus grande qu'imaginée jusqu'ici :

« L'opération Vent stellaire ne comportait pas seulement la surveillance des conversations téléphoniques, mais également l'inspection des e-mails. »

William Binney, ancien mathématicien de la NSA, révèle à Wired que pour ce faire, l'agence a déployé sur tout le territoire des Etats-Unis des postes d'écoute, positionnés sur tous les nœuds importants d'Internet.

Il nous apprend également que la NSA utilise le « deep packet inspection » (DPI), une technique complexe qui permet d'inspecter le contenu de tout ce qui passe par le réseau : e-mails, messagerie instantanée (tchats), contenu des pages Internet consultées, notamment grâce à un logiciel développé par une filiale de Boeing. Bamford écrit :

« Le logiciel cherche dans les e-mails des adresses précises, des lieux, des pays, des numéros de téléphone, des noms de personnes recherchées, des mots-clés, des phrases. Toute communication qui éveille les soupçons est automatiquement copiée, enregistrée. »

« On est à ça d'un Etat totalitaire »

On apprend également que ce programme avait accès aux détails de facturations – l'équivalent des fameuses fadettes – du mastodonte des télécoms américain AT&T, ce qui lui permettait de savoir « qui appelait qui aux Etats-Unis et à travers le monde ».

Binney a quitté la NSA pour protester contre la direction prise par l'agence. Peu avant, il lui avait suggéré d'adapter la surveillance des gens en fonction de leur proximité avec une cible. La NSA a rejeté cette suggestion. « Ils stockent tout ce qu'ils récoltent », estime Binney.

Avec ces données, il est facile de tracer un portrait extrêmement fidèle d'un individu, explique-t-il : « On peut regarder tout le monde, tout le temps. » Et d'ajouter :

« On est à ça d'un Etat totalitaire clé en main. »

Un « super-ordinateur » top-secret

On connaissait l'existence du « jaguar », ce super-ordinateur lancé en 2004, classé un temps comme le plus puissant au monde (aujourd'hui dépassé par un ordinateur chinois).

Mais on apprend dans l'article de Wired que la NSA a également mené un projet parallèle, un super-ordinateur top secret bien plus puissant que son homologue public, achevé en 2006.

Cryptographie : « Une énorme percée »

On apprend (encore) que, dotée de cette puissance de calcul sans équivalent dans le monde, la NSA s'est lancée dans une course que tout le monde croyait perdue d'avance : parvenir à casser les systèmes de chiffrage (la terminologie correcte pour ce qu'on appelle généralement « cryptage ») de données les plus complexes jamais conçus.

L'un d'eux – appelé AES – est aujourd'hui réputé inviolable. La NSA elle-même l'a adoubé. Il est aussi l'un des plus utilisés (par les services secrets, les entreprises, les activistes, les terroristes...). Et l'auteur de nous apprendre que l'agence américaine a récemment établi une « énorme percée » dans ce domaine... sans préciser laquelle. Il explique :

« Le super-ordinateur secret de la NSA est modifié spécialement pour la crypto-analyse, et utilisé pour déchiffrer un ou plusieurs algorithmes spécifiques, comme l'AES. »

C'est ainsi que les pièces du puzzle se mettent en place. Jamais rêve d'espion n'avait été aussi proche de la réalité : des capacités de stockage dantesques, des super-ordinateurs d'une puissance inouïe, des sources de données quasi-illimitées et des technologies de chiffrage susceptibles d'être cassées.

Les contre-espions américains sont « à ça » de pouvoir surveiller, intercepter, analyser et comprendre toutes les télécommunications qui transitent sur la planète.

Image de page d'accueil : Anarchosyn/Flickr/CC.


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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 18:26
Vendredi 16 Mars 2012 à 18:00

Anaïs Toro-Engel - Marianne

 

A l’occasion du sixième Forum international de l’eau, qui se tient à Marseille du 12 au 16 mars 2012, nous revenons sur des projets novateurs et de nouvelles solutions pour éradiquer les grandes problématiques autour de l'eau et son usage. Bien sûr, la route est encore longue avant de parvenir à l'instauration d'un véritable droit à l’eau pour tous.

 

(Widou Thiengoli, nord du Sénégal - © Axel Ducourneau)
(Widou Thiengoli, nord du Sénégal - © Axel Ducourneau)
« Le temps des solutions ­­­­­­» : l’ambition du Forum de l'eau est claire, apporter des réponses concrètes aux problèmes liés à l'eau. Nous le savons tous, même si l’eau abonde sur notre planète, tout le monde n’est pas égal en ce qui concerne son accès et sa consommation.
Le Conseil Mondial de l'Eau, organisation internationale fondée en 1996 et qui regroupe des Etats, ONG et organisations internationales autour du problème de l'eau dans le monde, organise ce grand rassemblement tous les trois ans. Et pour sa sixième édition, le Forum mondial de l’eau a mis l'accent sur l’innovation, et la participation citoyenne avec l’implication d’acteurs « organisés » de la société civile, notamment des ONG.

Guy Fradin, vice-président du Comité international du 6e Forum de l’Eau  : « Nous avons choisi de cibler les travaux du forum sur les solutions, car souvent l’on reproche à ce type de rencontre un aspect trop théorique et pas assez concret, se bornant à des analyses stratégiques, des généralités. Et derrière ce ciblage, il y a une incitation des partenaires à s’engager, donc à tout faire pour mettre en œuvre les projets présentés. »
 
Pour justement mieux faire connaître de nouveaux projets autour des grandes problématiques liées à l’eau (accès, potabilité, gouvernance), le site Des solutions pour l’eau a été mis en place il y a quelques mois en vue du forum. Au total, plus de 1 400 projets innovants ont été mis en ligne par différents acteurs, qui présentent ainsi leur travaux dont la plupart on déjà une application concrète. Cette plate-forme numérique perdurera au-delà de la rencontre et sera gérée par le Conseil international de l’eau.
Pour mieux faire connaître tous ces projets, un espace leur est dédié au Forum toute la semaine durant : le Village des solutions.

Des projets innovants

« C’est une nouveauté de scénarisation du Forum, poursuit Guy Fradin. Le village présente les innovations les plus frappantes, celles qui ont le plus retenu l’attention. Par exemple, ce kit présenté sous forme d’une valise et qui, fonctionnant à l’énergie solaire, peut transformer une eau de mauvaise qualité en eau potable avec un débit de trente litres par heure. Ou une autre solution, un peu plus intellectuelle : le projet de Wikiwater présenté par le Secours populaire, qui consiste en un réseau en ligne type Wikipédia mais entièrement consacré à l’eau. »
 
D’autres projets ont également retenu notre attention. Dans certains pays en voie de développement, le transport de l’eau est problématique : c’est une corvée difficile, souvent réservée aux femmes ou aux enfants. Le Keggo peut justement y remédier  : il s’agit d’un baril cylindrique de quarante litres avec une courroie métallique qui passe au milieu pour pouvoir ainsi faire rouler le bidon sans trop d'efforts et sur de longues distances.

Un projet d'apparence simpliste, mais dont l’efficacité a été prouvée dans certains quartiers autour de Cape Town (Afrique du Sud), également parce qu'il permet de maintenir l'hygiène de l'eau et d'éviter ainsi toute contamination .
 
Dans le même ordre d’idée, citons le projet des toilettes sèches, qui sont une bonne alternative au problème d’accès aux sanitaires. Le système d'évacuation classique des excréments est remplacé par une fosse remplie de sciure de bois située en dessous des sanitaires : le tout peut ensuite être réutilisé comme compost. Ce type de système est déjà utilisé notamment lors de certains festivals de musique, et a prouvé son efficacité. Une invention prometteuse d'autant plus qu'à l'heure actuelle, 2,5 milliards de personnes ne disposent pas de toilettes privatives.
 
L’eau n’est bien sûr pas dissociable de l’alimentation, et par conséquent de l’agriculture. Dans des pays arides, le manque d’eau peut justement être un fléau pour les agriculteurs ne disposant pas des moyens pour faire face à des périodes de sécheresse. Une invention testée dans des champs agricoles en Tunisie devrait leur faciliter la tâche : un diffuseur enterré combiné à de la micro irrigation.
L’irrigation des plantations est souterraine et se fait goutte à goutte, pour éviter le gaspillage. « Cette technologie utilise deux fois moins d’eau pour arriver au même rendement (…) et présente d’autres avantages, tel la baisse du recours aux herbicides, la réutilisation des eaux de pluie directement dans le diffuseur … »

De nouveaux concepts autour de l’eau

« Le forum est le temps fort d’une action qui se déroule sur le long terme, précise Guy Fradin. Trois domaines d’actions sont prioritaires : l’économie, pour éviter le gaspillage et la dégradation de l’eau, la mobilisation des ressources, par exemple en réutilisant les eaux usées, et le partage, avec une bonne gouvernance, une politique globale de conciliation pour éviter les conflits autour de la ressource. »
 
Même si de nombreux projets peuvent être mis en place, sans bonne gestion rien ne va.
La Commission Racine et Citoyenneté a ainsi organisé des groupes de travail autour « d’objectifs cibles », et notamment l’un d’entre eux nous a semblé particulièrement novateur : Eau et spiritualité.
Alain Cabras, maître de conférence à l’université Aix-Marseille et à Sciencespo Aix, y participe.

« Pour changer la vision matérialiste et technicienne de l’eau, en soi un peu limitée, nous cherchons à établir une vision plus respectueuse de l’eau comme élément fondamental à la vie et symbole dans certaines cultures et religions. La spiritualité ou l'éthique, consiste à rappeler en quoi l’eau est fondamentale pour toute civilisation, et ainsi développer une vision différente par rapport à l’eau et son usage. »
 
Le principe est donc d’établir un lien entre des héritages des différents cultures et religions pour déterminer des comportements globaux par rapport à l’eau, le but étant d’améliorer la vie de chacun en instaurant un « respect de l'eau ». Mais comment le concrétiser ? Alain Cabras poursuit :
 
« Nous allons faire une demande à l’ONU d’adoption d’une Charte universelle du droit à l’eau (pour l’accès universel) et du droit de l’eau, donc de la protection de l’eau comme élément fondamental par le biais d'une sorte de personnification de l’eau. »
 
Il est vrai qu’aujourd’hui, l’on a beaucoup tendance à parler d’or bleu, où l’eau est considérée comme une richesse économique plus que spirituelle, alors que le contraire serait préférable.
 
« Dans certaines cultures d’Amazonie, on ne doit rien jeter dans l’eau pour ne pas la blesser. L’enjeu que nous visons est ainsi de réintroduire une dose de sacré pour considérer l’eau comme un élément respectable. », note Cabras.
 
Pour espérer une prise de conscience autour de l’eau, il faut bien sûr que la mobilisation soit générale, et soutenue. De même que la plate-forme des solutions, les réflexions qui émergent de ces groupes de travail visent plus loin qu’un simple effet d’annonce, mais un réel changement des mentalités. Alain Cabras conclue :
 
« Notre projet porte l’espoir d’être un électrochoc pour la prise de conscience dans toutes les politiques à venir. Surtout qu’aujourd’hui, 50 % des eaux utilisées par les entreprises ou les collectivités sont gaspillées, ou ne sont pas réutilisées… L’eau n’est pas un bien comme un autre, et toutes les spiritualités se retrouvent sur ce point. »

Le grand écart

La prise de conscience mondiale autour de l’eau est en marche, et a d’ores et déjà eu des répercussions concrètes positives. En 2000, l’adoption des Objectifs millénaires pour le développement (OMD) avait parmi ses objectifs pour 2015 faire en sort que 88 % de la population mondiale ait accès « à des sources améliorées d’eau potable ».  L’objectif a déjà été atteint fin 2010, mais cela ne suffit pas : des millions de personnes demeurent à l’écart du développement, et sont exposés à toutes sortes de maladie dues à une eau contaminée, en particulier les enfants.
D’après un rapport de l’UNESCO de 2009 repris par Jean-Patrice Poirier dans son ouvrage L’eau, objectif du Millénaire ? :
« Près de 5 000 enfants meurent ainsi chaque jour. Oui, deux millions d’enfants meurent chaque année pour s’être désaltérés avec de l’eau polluée. »
 
Axel Ducourneau est anthropologue au CNRS, plus particulièrement à l’OHM (Observatoire homme-milieu), créé en juin 2009 à Téssékéré, au Sénégal. Il participe ainsi au projet de la Grande muraille verte, qui vise à lutter contre la désertification dans le Sahel, notamment avec le concours des populations locales dont l’une des préoccupations majeures est l’accès à l’eau au quotidien.

C’est riche de son expérience de terrain qu’il témoigne :
« Ce sont souvent les solutions les plus simples qui sont les plus efficaces, comme le projet de toilettes sèches ou de bidon mobile pour transporter l'eau. Mais le problème majeur reste la diffusion des solutions.»
Il a pris ces photos il y a quelques jours à Widou Thiengoli, dans le Ferlo (nord du Sénégal), ce qui nous donne un aperçu de la difficulté pour les populations locales de trouver de l'eau.
(Widou Thiengoli, nord du Sénégal - © Axel Ducourneau)
(Widou Thiengoli, nord du Sénégal - © Axel Ducourneau)

 

(Widou Thiengoli, nord du Sénégal - © Axel Ducourneau)
(Widou Thiengoli, nord du Sénégal - © Axel Ducourneau)

 

(Widou Thiengoli, nord du Sénégal - © Axel Ducourneau)
(Widou Thiengoli, nord du Sénégal - © Axel Ducourneau)
Pour Axel Ducourneau, venir au Forum pour la semaine c’est proprement passer d’un lieu où les gens souffrent au quotidien de la désertification et du manque d’eau, à un autre où l'on en parle sans connaître réellement ni la soif ni la peur de trouver un puit asséché.
 
« Je suis arrivé directement depuis le Sahel au Forum de Marseille, et j’avoue que la transition est un peu rude : passer de ces endroits où les gens ont besoin de l’eau pour leur vie, à celui-ci où les gens qui en parlent sont tous en costume. Mais le pouvoir et l’argent ne sont que d’un seul côté...»

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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 18:18

 

Marianne - Rédigé par Gérard Filoche le Samedi 17 Mars 2012 à 17:18



Manifestation contre la Troïka au Portugal en janvier dernier NUNES PEDRO/SIPA
Manifestation contre la Troïka au Portugal en janvier dernier NUNES PEDRO/SIPA
Le plan de sauvetage des banques privées
 
La réalité est très loin des images d’Epinal qui nous présentent le « plan de sauvetage de la Grèce » comme un exercice d’équilibre entre les sacrifices « consentis » par le peuple grec et les « sacrifices » des banques. Les sacrifices ne sont nullement « consentis » par le peuple grec qui multiplie grèves et manifestations. Les « sacrifices » des banques ne sont en rien des sacrifices. La Grèce est loin d’être sortie d’affaire, au contraire. Quant à la crise de la dette publique européenne elle resurgit maintenant sous d’autres formes, tout aussi dangereuses.
 
Le « sacrifice » des banques 
 
Les créanciers privés et les banques qui sont les principales créancières privées de la Grèce se sont-ils « sacrifiés », comme le proclament à grands renforts de violons plaintifs la quasi-totalité des médias, en « effaçant » 53,5 % de leurs créances, c’est-à-dire 107 milliards d’euros ?
 
Il suffit pour répondre à cette question d’imaginer ce qui serait advenu en cas d’impossibilité pour la Grèce de rembourser ses créanciers. La Grèce n’aurait pas obtenu les 130 milliards d’euros versés par le Fonds européen de stabilité financière (FESF) et le FMI. Elle n’aurait donc pas pu faire face au remboursement de ses obligations arrivées à échéance (14,5 milliards d’euros à la fin du mois de mars). La panique aurait gagné les marchés financiers et se serait immédiatement étendue aux titres des dettes publiques italiennes et espagnoles qui représentent un total de près de 3 000 milliarsd d'euros en grande partie détenus par les banques et les assurances de l’Union européenne.
 
C’est donc pour sauver leurs créances de près de 3 000 milliards d’euros et leur propre peau (une crise bancaire aurait immédiatement suivi ce défaut grec), que les banques et les assurances européennes ont accepté de « perdre » 106 milliards d’euros.
 
Ensuite, sur les 130 milliards soi-disant versés par le FESF et le FMI pour « aider la Grèce », 25 milliards d’euros seront aussitôt utilisés à recapitaliser les banques grecques et retourneront donc aux banques.
 
Ensuite, la valeur des obligations grecques n’avaient plus rien à voir avec leur valeur d’émission. Une obligation de 100 euros lors de son émission (sa valeur faciale) ne valait plus sur le marché secondaire (la bourse) que 10 euros dans le meilleur des cas. Les nouvelles obligations reçues par les banques et les assurances en contrepartie de leurs anciennes obligations auront une valeur de 46,5 % de la valeur faciale des anciennes obligations. Soit une valeur de 46,5 euros pour une obligation de 100 euros qui ne valait plus que 10 euros sur le marché boursier. Un cadeau, donc, de 36,5 euros par obligation de 100 euros pour les banques !
 
Ensuite, les banques pourront faire jouer les assurances, les fameux CDS (Credit Default Swap) qu’elles avaient prises sur la dette publique grecque. Certes, d’autres banques devront cracher au bassinet les 3,2 milliards d’euros concernés mais se sont essentiellement des banques anglo-saxonnes, Morgan Stanley notamment.
 
Les banques et les assurances européennes s’étaient de toute façon déjà défaussées d’une bonne partie des titres de la dette publique grecque qu’elles avaient acquises aux dépens de la Banque centrale européenne (BCE) et du FESF. Un nouveau transfert, d’une rare discrétion, des dettes privées vers les dettes publiques, après celui de 2008-2009.
 
Les banques européennes avaient investi en titre de la dette publique grecque une partie des centaines de milliards d’euros que la Réserve fédérale américaine et la BCE leur avait fourni à taux zéro lors de la crise bancaire de 2008. Grâce à ce plan de sauvetage, elles auront sauvé l’essentiel de leurs fonds malgré l’échec de leur spéculation. Ce sera aux peuples européens de payer la facture puisque les dettes de la BCE et du FESF sont garanties par les Etats de l’Union européenne.
 
Les Grecs ne bénéficieront pas de l’ « aide » de l’UE et du FMI 
 
L’argent sera versé sur un compte bloqué comme l’avait exigé Merkozy. Les sommes ne seront débloquées que pour recapitaliser les banques ou payer les créanciers de la dette grecque au fur et à mesure de leur arrivée à échéance.
 
Les Grecs ne verront donc pas la couleur d’un seul euro des 130 milliards d’euros de l’UE et du FMI, comme cela avait déjà été le cas pour le précédent prêt de 110 milliards. Ce plan de sauvetage n’est pas un plan de sauvetage de la Grèce, bien au contraire puisqu’il l’enfonce encore plus dans la récession et la misère sociale. C’est uniquement un plan de sauvetage des banques.
 
 

 

La dette publique grecque ne diminuera pas 
 
La dette grecque s’élève à 365 milliards d’euro, c’est-à-dire à 160 % d’un PIB de 328 milliards d’euros fin 2011.
 
Merkozy et la finance annoncent qu’avec les « sacrifices » des banques et le prêt de 130 milliard d’euros, la dette grecque ne devrait plus s’élever qu’à 120 % du PIB de la Grèce en 2020. Pourquoi en 2020 ? Tout simplement parce que le prêt de 130 milliards du FESF et du FMI viendra s’ajouter à la dette publique actuelle de la Grèce : 106 milliards en moins et 130 milliards en plus, cela signifie à court terme une dette accrue de 24 milliards d’euros !
 
La Troïka (BCE, UE, FMI) prévoit pour arriver à une dette grecque de 120 % du PIB en 2020 une croissance de 1,1 % en 2012 et de 4 % par an ensuite. Ce scénario illustre parfaitement l’incroyable aveuglement de la Troïka. En 2011, le PIB de la Grèce a diminué de 6 %. Cela devrait être encore pire en 2012 et on ne voit pas comment la situation pourrait s’améliorer entre 2013 et 2020. Ce que la Troïka est incapable de comprendre c’est que les plans de destruction sociale imposée à la Grèce ont massacré sa consommation intérieure et que la généralisation de l’ « austérité » à l’ensemble de l’Europe détruisent ses débouchés extérieurs.
 
Il faudra bien, tôt ou tard, se rendre à l’évidence, la Grèce est insolvable, elle ne pourra jamais rembourser sa dette. La seule solution pour elle est d’annuler sa dette publique et d’éjecter de son sol les hommes en noir de la Troïka avec leurs plans de destruction sociale.
 
 

 

Petros Giannakouris/AP/SIPA
Petros Giannakouris/AP/SIPA
La démocratie grecque pulvérisée 
 
La formule employée par le ministre de l’économie grec, Evángelos Venizélos, illustre parfaitement ce qu’il en est, aujourd’hui, de la démocratie grecque. Ce triste personnage s’est félicité d’une participation « massive » des créanciers grecs qui constitue « un vote de confiance » de ces créanciers. Voilà le seul « vote » qui compte pour le gouvernement grec actuel. Il faut dire que Venizélos, venu dans les bagages de Papademos doit son poste actuel de ministre aux marchés financiers qui avaient imposé ce nouveau gouvernement dit d’ « union nationale » après que Papandréou ait osé (pas longtemps, hélas) s’opposer à Merkozy en annonçant un référendum.
 
Les sommes versées par le FESF et le FMI le seront sur un compte bloqué, contrôlé par la Troïka. Les nouvelles obligations émises par la Grèce seront soumises au droit anglais pour rendre plus difficile une restructuration ou une annulation de la dette grecque.
 
La Troïka siège en permanence à Athènes et se substitue de plus en plus au gouvernement et à l’Etat grec. Cela ne suffit pas à Merkel qui veut, de nouveau, imposer à la Grèce la présence d’un commissaire européen chargé d’administrer la Grèce.
 
La Troïka a exigé, avant les élections législatives, que les dirigeants des « partis de gouvernement » signe un document les obligeant à ne rien changer aux engagements pris par le gouvernement de Papadémos. Une façon évidente d’annoncer que ses élections ne serviront à rien, que le suffrage universel n’a plus aucune valeur.
 
Les élections législatives sont sans cesse repoussées. Elles devaient avoir lieu en février, le gouvernement parle maintenant de mai ou de juin. Il faut dire que les sondages donnent 40 % des suffrages aux partis de gauche qui refusent les plans de destruction sociale. Le PASOK, déjà affaibli par le refus courageux de 22 de ses députés de voter la dernier plan de destruction sociale, n’obtiendrait plus que 10 % des voix alors qu’il avait recueilli 44 % des suffrages en 2009.
 
La politique des oligarques européens est une quadruple catastrophe 
 
Une catastrophe démocratique comme nous  venons de le voir. Une catastrophe sociale avec les plans de destruction sociale à répétition imposés au peuple grec. Une catastrophe économique puisque ces plans plongent la Grèce dans une récession de plus en plus profonde.
 
Une catastrophe financière, enfin, puisque le déficit public de la Grèce s’accroît chaque année de 6 ou 7 %, contrairement aux objectifs des oligarques européens. Selon le dernier rapport de la Troïka, la Grèce pourrait revenir sur les marchés financiers en 2015. C’est complètement farfelu. Il faudrait pour cela que les marchés financiers exigent de la Grèce des taux de l’ordre de 5 % pour acquérir les obligations qu’elle émettrait afin de rembourser les titres de sa dette publique arrivés à échéance. Cela n’a aucun rapport avec la réalité : le taux de rendement des obligations grecques exigé par la finance est aujourd’hui supérieur à  34 % sur le marché secondaire (la bourse). L’hebdomadaire allemand « Der Spiegel » du 4 mars affirmait que la Troïka, dans une première version de son rapport, avait écrit que ce retour de la Grèce sur les marchés financiers était loin d’être évident et que les besoins en financement de ce pays pourraient alors atteindre 50 milliards d’euros entre 2013 et 2020. Ce passage, selon « Der Spiegel », avait été retiré à la demande du gouvernement allemand.
 
La crise de la dette publique européenne est, hélas, loin d’être terminée 
 
Sarkozy, à l’issue du sommet européen de Bruxelles, le vendredi 2 mars proclamait : « nous ne sommes pas sortis de la crise économique mais nous sommes en train de tourner la page de la crise financière ». Il n’avait toujours pas compris qu’il y avait un rapport étroit entre crise financière et crise économique. Sous prétexte de répondre à la crise financière en réduisant les déficits à marche forcée, les « plans de rigueur » imposés aux pays européens plongent leurs économies dans la récession. La récession, à son tour, empêche toute réduction des déficits publics et accroît la crise financière.
 
Pour sortir de ce cercle vicieux, les oligarques européens veulent imposer des « réformes de structure ». Ainsi, en Espagne, au nom de la lutte contre le chômage, le chef du gouvernement, Mariano Rajoy entend-il imposer une réforme du marché du travail qui passe par une suppression de toute entrave aux licenciements, une durée de stage avant titularisation passant de six mois à un an. La meilleure recette pour encore augmenter le chômage et accentuer la récession de l’avis des syndicats espagnols (UGT et CCOO) qui appellent à une nouvelle grève générale le 29 mars prochain. En attendant, la Commission européenne « attend des explication » et envoie ses « inspecteurs » à Madrid.
 
Sarkozy veut nous faire croire que le répit relatif que connaissent aujourd’hui les taux d’intérêts de l’Espagne et de l’Italie (5 à 6 % au lieu de 6 à 7 %) serait dû au pacte Merkozy. C’est entièrement faux, ce pacte aboutit exactement à l’effet inverse en enfonçant encore plus l’Europe dans la récession.
 
Le répit donné à ces deux pays a une seule origine, les 1 018 milliards d’euros prêtés aux banques européennes par la BCE au taux de 1 % : 489 milliards en décembre 2011et 539 milliards en mars 2012. Les banques (en particulier italiennes et espagnoles) utilisent les fonds qu’elles ont obtenus aux guichets de la BCE pour acheter des titres des dettes publiques espagnoles et grecques et faire baisser leurs taux de rendement. Mais la BCE aura du mal à renouveler ce type de crédit car les marchés financiers commencent (à juste titre) à s’inquiéter de l’addiction des banques à ce type de crédit. Et peut-être aussi les peuples espagnols et italiens commenceront-ils à se poser la question de savoir pourquoi les banques prêtent à l’Espagne et à l’Italie à des taux supérieurs à 5 % alors qu’elles obtiennent cet argent au taux de 1 % auprès de la BCE ?
 
 

 

A peine signé, le traité Merkozy ne peut déjà plus s’appliquer 
 
A peine le pacte budgétaire était-il signé (et non ratifié), le 2 mars, par 25 pays européens,  que les Pays-Bas et l’Espagne annonçaient qu’ils ne pourraient pas l’appliquer.
 
Le pays le plus acharné à imposer la « règle d’or » du pacte budgétaire de Merkozy, les Pays-Bas, annonçait que son déficit public atteindrait 4,5 % du PIB en 2012 et 4,1 % en 2013. Très loin des 3 % auxquels le gouvernement des Pays-Bas s’était engagé.
 
Le chef du gouvernement conservateur de l’Espagne annonçait, lui aussi, qu’il ne pourrait tenir les objectifs fixés par le traité Merkozy. Le  déficit public s’élevait à 8,51 % du PIB espagnol en 2001 et Mariano Rajoy ne voyait pas comment il pourrait atteindre les objectifs de 4,4 % en 2012 et de 3 % en 2013.
 
Les malheurs des oligarques européens ne s’arrêtent pas là. Les marchés financiers semblent maintenant comprendre (à la différence de Sarkozy) que, sans croissance économique, la détention des titres de la dette publique portugaise sera de plus en plus risquée. Et comme les prévisions de croissance négative au Portugal dépassent les 5 % en 2012, le taux de rendement des obligations portugaises à 10 ans atteignent maintenant 12,45 %. Ce qui rend illusoire la possibilité d’un retour du Portugal sur les marchés financiers en 2014. Il ne restera plus alors au Portugal que deux solutions : faire défaut de sa dette ou demander un nouveau prêt à la Troïka. Le Portugal apparaît donc maintenant comme le nouveau maillon faible de l’Union européenne.
 
Pire que tout, pour les oligarques européens, la démocratie qu’ils veulent à tout prix mettre au pas leur fait obstacle dans trois pays européens.
 
L’Irlande où l’annonce d’un référendum sur le traité Merkzoy leur à fait l’effet d’une douche glacée.
 
La France où l’élection présidentielle pose un gros problème à Merkozy dans la mesure où l’élection de François Hollande signifierait la disparition de la moitié de ce duo de droite et la volonté du nouveau gouvernement français de renégocier le traité.
 
L’Allemagne elle-même, enfin, puisque sa constitution exige une majorité des 2/3 pour ratifier le traité européen alors qu’une partie de la coalition de droite refuse le traité (pour ne pas « aider » ces horribles Grecs) et que le SPD et les Verts posent leurs conditions à ce vote : l’adjonction d’un volet destiné à assurer la croissance économique.
 
Gérard Filoche
Jean-Jacques Chavigné 
 
 

Le plan de Merkozy et de la finance

 
 
Ce plan comprend trois volets :
 
Premier volet : un prêt de 130 milliards d’euros à la Grèce financé par le FESF (112 milliards d’euros) et le FMI (18 milliards d’euros). L’octroi de ce prêt est conditionné à la réalisation des deux autres volets.
 
Deuxième volet : un abandon de créances de 107 milliards d’euros par les créanciers privés de la Grèce (banques, assurances, fonds spéculatifs…)
 
Les créanciers privés de la dette publique grecque détiennent des titres de cette dette pour un montant de 206 milliards.
 
Les créanciers privés qui détiennent 83, 5 % du montant total de ces titres (172 milliards d’euros) ont « volontairement » accepté de diminuer leurs créances de 53,5 %. Un titre qui valait 100 euros lors de son émission (sa valeur faciale) ne vaudra plus que 46,5 euros.
 
Le parlement grec a ensuite décidé d’actionner la « clause d’action collective » et tous les créanciers privés des obligations grecques régies par le droit grec verront la valeur faciale des obligations de l’Etat grec qu’ils détiennent diminuée de 53,5 %. Cela concerne au total 95,7 % des 206 milliards d’euros, soit 107 milliards d’euros.
 
En contrepartie de leurs anciennes obligations, les créanciers privés recevront des obligations émises par le FESF pour 15 % de la valeur initiale de leurs obligations et de nouvelles obligations grecques pour 31,5 %. Les 53,5 % restant seront « perdus ».
 
Troisième volet : un nouveau plan de destruction sociale infligé au peuple Grec. Ce plan (voir D&S de janvier 2012), la pire agression qu’un peuple européen ait eu à subir en temps de paix depuis des siècles, a été voté, en février 2012, par un Parlement grec assiégé par le peuple grec.
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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 18:10

*Note perso : ceux qui ont assisté à la conférence du phylosophe grec Yannis Youlountas  qui avait lieu aujourd'hui à 15 h à l'auditorium de pablo Néruda retrouveront certainement la parfaite illustration d'une partie de son discours dans cet article... A lire donc !

 


M le magazine du Monde | 16.03.2012 à 12h43 • Mis à jour le 17.03.2012 à 12h57

Par Par Alain Salles / Photos Eirinis Vourloumis

 

Ils sont rentrés au moment où beaucoup d'autres veulent prendre le chemin de l'exil. Electre, Kyriaki, Vassilis ou Elena étaient partis, heureux comme Ulysse, pour de longs voyages, de longues études. Ils ont commencé à travailler dans un autre pays, sont restés trois, douze, vingt ans... Puis ont décidé de revenir à Ithaque, alors que le pays s'enfonçait dans la crise. Combien sont-ils comme eux ? Impossible, pour le moment, de quantifier ceux qui partent ; encore moins ceux - moins nombreux - qui reviennent. Et si la Grèce a toujours été une terre d'émigration, les étudiants partant pour revenir "plein d'usage et raison" comme disait Du Bellay, cette fois, le retour a une autre teinte.
L'une est députée, l'autre chômeuse. Celui-ci combat le capitalisme, celle-là est contente de retrouver l'esprit de liberté des Grecs... Pour ceux qui ont pris le chemin du retour, l'atterrissage n'est pas toujours facile. Comment renoue-t-on avec son pays des années après ? Passée la joie de retrouver le soleil et la mer, l'adaptation est parfois cruelle. L'une se fait klaxonner parce qu'elle s'arrête aux feux orange, l'autre ne supporte pas la pesanteur "tragique" de l'administration. Et puis il y a cette crise, difficile à vivre à distance, mais tellement dure à subir sur place.
Ces nouveaux (re)venus évoquent le "nuage pesant" qui plane sur le pays, la montée du chômage et l'augmentation de la pauvreté. Ils sont si habitués en France ou aux Etats-Unis à voir de nombreux SDF, qu'il leur a fallu un moment avant de se rendre compte que ces SDF n'existaient pas en Grèce avant la crise. Depuis avril 2010, les plans d'austérité se succèdent, plongeant le pays dans la récession. Et même si depuis une dizaine de jours, le spectre d'une faillite désordonnée est désormais écarté, certains ont peur d'être obligés de repartir et le vivent mal. Mais ils veulent s'accrocher et cherchent des signes positifs dans la noirceur de la crise, voyant de nouvelles solidarités, de nouveaux modes de consommation se mettre en place. Electre Petropoulou en est sûre, comme elle, d'autres Grecs reviendront, "pour apporter quelque chose à la Grèce".

ELECTRE PETROPOULOU, 49 ANS, TRADUCTRICE

ELECTRE PETROPOULOU, 49 ANS, TRADUCTRICE
"On est en train de retrouver la fonction de l'agora antique"

En 2010, Electre Petropoulou ne pouvait plus supporter de vivre la crise grecque à distance. Elle jugeait les informations caricaturales et les coups de téléphone à Athènes ne lui suffisaient plus. "Je ne voulais pas devenir une immigrée de luxe à Paris, pendant que mon pays souffrait." Elle vivait depuis près de vingt ans en France et pensait, depuis quelque temps, à rentrer, pour transmettre à sa fille "une partie de son identité grecque". C'est pourtant bien la crise qui fut l'élément déclencheur.
Elle revient à Athènes durant l'été 2010. Son idée : créer une maison d'édition avec des amis. Si elle n'a pas renoncé à son projet, les temps sont difficiles et en attendant, elle vit de ses traductions. "J'étais très contente d'être revenue, de retrouver le soleil et la lumière, qui sont indispensables à la vie d'un Grec. Et je le suis toujours. C'est vrai que la vie est devenue très dure. Les gens sont sombres, ils sont pris dans leurs problèmes. Mais il y a un esprit de liberté très fort en Grèce. C'est d'ailleurs un prénom (Eleutheria au féminin ou Eleutherios au masculin). Et une façon d'être." En juin 2011, Electre a participé aux réunions des "indignés". Elle ne va pas à toutes les manifestations, mais aux plus symboliques, lors des votes importants au Parlement sur les mesures de rigueur. "Il y a des gens très différents, des familles, pas seulement des personnes politisées. J'étais contente de retrouver mes compatriotes dans les manifestations", explique-t-elle en riant, se souvenant de sa jeunesse militante.
"Tout le monde parle de la crise et exprime ses idées. On retrouve la fonction de l'agora antique. Après toutes les attaques sur les Grecs paresseux et tricheurs qu'il y a eues dans plusieurs pays européens, les Grecs veulent reconquérir leur honneur. Et ils cherchent des -solutions. On voit apparaître des petits mouvements qui ne font pas de bruit mais créent de -nouvelles solidarités."Elle a peur que la Grèce serve de "laboratoire" pour une Europe de moins en moins sociale. "Je me suis sentie européenne. J'ai cru à cette Europe sans frontières, où les gens pouvaient circuler librement. Mais je crois que c'était un rêve, une illusion. Et on a finalement une Europe des marchés." Repartir ? Electre entend bien rester à Athènes : "Nous vivons une crise européenne. Et je préfère vivre cette crise en Grèce où la société est plus humaine."

ELENA PANARITIS, 42 ANS, DÉPUTÉE

ELENA PANARITIS, 42 ANS, DÉPUTÉE
"C'est maintenant que mon pays a besoin de moi"

?Elena Panaritis est une Grecque internationale et polyglotte. Elle a quitté Athènes en 1989 pour accumuler les diplômes, aux Etats-Unis, en France ou en Italie. Parle anglais, espagnol, français, italien et grec. Et a fait l'essentiel de sa carrière à la Banque mondiale où elle partait en mission pour "restructurer" les pays, du Pérou à la Thaïlande. Elena est revenue quand l'ancien premier ministre socialiste Georges Papandréou lui a proposé de participer aux élections législatives d'octobre 2009.
"Quand je suis arrivée à Athènes, j'ai eu l'impression d'assister à un film que j'avais déjà vu plusieurs fois dans d'autres langues, d'autres pays, en Amérique latine, en Afrique ou en Asie. Et là, c'était mon pays. Un petit pays qui vivait dans sa gangue. Mais toute l'Europe vit dans une bulle." Avec un salaire de députée de 8 000 euros, Elena ne souffre pas vraiment de la crise, mais l'acclimatation à la vie politique grecque est difficile. "Je me sentais seule. Dès octobre 2009, j'ai com-mencé- à alerter le premier ministre et les parlementaires sur la gravité de la crise. On me traitait de Cassandre. En Grèce, on pense toujours qu'il est possible de trouver une solution 100 % politique."Elena a défendu et voté les réformes, pour moderniser le pays, même si elle considère que le mémorandum n'était pas vraiment adapté à la situation grecque : "Cela demande du temps de réorienter le développement d'un pays. Mais ni le FMI, ni la Banque centrale européenne, ni la Commission européenne n'ont une logique de développement. Nous sommes un pays avec une civilisation de 3 000 ans, mais avec une organisation moderne de 30 ans. Il faut nous laisser du temps."Les ultimatums condescendants des dirigeants de l'UE l'irritent : "J'en ai marre des Européens de Bruxelles ! Quand un petit pays qui représente 2,7 % du PIB européen est en position de menacer l'ensemble du système, ce n'est pas ce petit pays qui est le principal problème mais bien le système qui ne fonctionne pas." Elena est une self-made-woman ambitieuse qui jongle avec ses téléphones portables et sait gérer son agenda médiatique. Les prochaines élections législatives, prévues fin avril, devraient être une bérézina pour le Pasok. Elle était fidèle à Papandréou mais n'a guère apprécié son utilisation politicienne du référendum, qui lui a été fatal, en novembre 2011. "Si je quitte la vie politique grecque, je peux retourner aux Etats-Unis et reprendre mon travail sur l'économie internationale. Mais je me dis que c'est maintenant que mon pays a besoin de moi."

VASSILIS REVALAS, 29 ANS, INFORMATICIEN

VASSILIS REVALAS, 29 ANS, INFORMATICIEN
"Depuis que je suis rentré, je lis Le Capital"

Quand il est parti à San Francisco en 2008, ses amis d'Athènes lui conseillaient de rester. "C'est la crise, là-bas, n'y va pas !" Quand il a décidé de revenir trois ans plus tard, ses amis de San Francisco lui ont tenu les mêmes propos, alors que la Grèce s'enfonçait dans la crise économique.
Après avoir vécu une partie de son enfance en Afrique du Sud, puis fait des études d'ingénieur en Angleterre, Vassilis avait commencé à travailler dans une société d'informatique à Athènes. Il y appréciait peu les rapports de force. Tombé amoureux de San Francisco, le jeune homme a franchi le pas de l'expatriation... mais s'est rendu compte que la Grèce lui manquait.
"Quand je suis rentré, en avril 2011, j'ai été frappé par ce sentiment de pesanteur dans l'atmosphère, comme si tout le monde vivait avec un gros nuage noir au-dessus de la tête." Vassilis s'inquiète de voir progresser le nationalisme, l'extrême droite et la pauvreté. Cheveux longs, queue-de-cheval et barbe, il a le look de nombreux jeunes manifestants. Vassilis a l'esprit politique. "Depuis que je suis rentré, je lis Le Capital de Marx, alors qu'auparavant je lisais plutôt le dalaï-lama." Avec des amis il suit sur Internet les cours du théoricien marxiste David Harvey à New York sur Le Capital et ils en débattent.
Il réfute l'idée de "crise grecque". "C'est une crise du système financier mondial. Nous entrons dans l'hiver du capitalisme qui va durer longtemps. Se focaliser sur la situation de la Grèce, c'est se concentrer sur une petite partie du problème. On se sert de la crise pour faire passer des réformes néolibérales, comme cela s'est produit en Amérique latine."A San Francisco, Vassilis travaillait dans une coopérative d'informaticiens. Il voudrait reproduire ce système à Athènes, mais "il n'y a pas vraiment de cadre légal pour les coopératives en Grèce". Il est en train de finir un programme pour sa société aux Etats-Unis. Après, il avisera, mais sait qu'il ne veut pas "travailler pour un patron". Il a participé à la création d'une banque du temps, avec plusieurs personnes rencontrées sur la place Syntagma. C'est un échange de services : deux heures de cours contre deux heures de réparation d'un ordinateur, sans circulation d'argent. "C'est important de créer des structures et des expériences qui sont utiles d'un point de vue pratique, et qui montrent aussi une autre façon de faire les choses. Sans chercher de profit."

KYRIAKI M, 32 ANS, AU CHÔMAGE KYRIAKI M, 32 ANS, AU CHÔMAGE

"En Suisse, les gens ont tout et pourtant ils ne sont pas heureux"

Après avoir vécu douze ans à l'étranger, Kyriaki M. s'est rendu compte que le pays où elle voulait vivre, c'était la Grèce, là où elle a passé son enfance et son adolescence. Partie étudier en France - elle est franco-grecque et ne veut pas dévoiler son nom de famille -, elle s'est ensuite installée en Suisse. La jeune femme travaillait dans une entreprise spécialisée dans la finance, mais ne supportait plus la pression. Et le soleil et la mer lui manquaient. Elle démissionne et décide de réaliser son rêve : "Depuis que j'ai quitté le lycée, j'ai un plan. Je voulais partir à l'étranger pour étudier et travailler. Puis revenir avec cette expérience, pour développer un projet dans le tourisme, qui est la seule industrie qui marche."

 Kyriaki prend sa décision fin 2009, avant de s'installer à Athènes, en avril 2010. Elle part tout l'été pour travailler - au noir - dans un grand hôtel. Puis revient dans la capitale pour être embauchée au service marketing d'un groupe touristique qui travaille avec des tour-opérateurs. Son salaire est versé avec retard. Et il n'est pas gras. En six mois, elle subit deux baisses de salaire, peu importantes, mais qui font passer ses revenus sous la barre symbolique des 1 000 euros. Un matin d'octobre 2011, elle est convoquée par son patron, qui lui annonce sans préavis son licenciement.
Kyriaki travaillait depuis moins d'une année et n'a droit à aucune indemnité de chômage. "Récemment mon ami a rencontré un de ses anciens camarades. La première question posée, c'était : "Comment ça va ?" Et la deuxième : "Tu as encore un travail ?""
Elle imaginait un retour moins brutal. "Je revenais régulièrement, mais j'ai raté douze ans de mon pays. Il est totalement différent de celui que j'ai connu dans les années 1980. Il est dirigé par une bande d'incompétents. La bureaucratie est tragique. Les relations au travail sont très dures." Mais cette jeune femme blonde ne veut pas revenir en arrière et renoncer à son rêve.
"En Suisse, les gens ont tout - sauf le soleil et la mer -, et pourtant ils ne sont pas heureux. Quand tu luttes contre quelque chose, tu apprécies ce que tu as. Mais si mon compagnon perd son travail ou si le pays quitte l'euro, on sera obligé de partir. Et je me sentirais comme une réfugiée. Il y a douze ans, je suis partie de mon plein gré. Si cela m'arrivait demain, je vivrais ça comme une expulsion de mon propre pays."

Par Alain Salles / Photos Eirinis Vourloumis

 

 

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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 14:33

 

http://www.youtube.com/watch?v=pPvOnSFgU5g&feature=player_embedded

 

 

Ajoutée par PiqueteSombra le  5 mars 2012

Organiza-te e resiste | 22 de Março | adere à greve geral!

 

 

 

 

Ajoutée par PiqueteSombra le  4 mars 2012

Organiza-te e resiste | 22 de Março | adere à greve geral!

 

 

 

 

Ajoutée par PiqueteSombra le  2 mars 2012

Organiza-te e resiste | 22 de Março | adere à greve geral!

 

 

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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 14:29

Le Monde.fr | 16.03.12 | 14h51   •  Mis à jour le 16.03.12 | 15h04

 
 

 

La compagnie Thalys exploite les trains entre Paris, la Belgique, l'Allemagne et les Pays-Bas.

La compagnie Thalys exploite les trains entre Paris, la Belgique, l'Allemagne et les Pays-Bas.AFP/DIRK WAEM


Bruxelles, correspondant - La compagnie Thalys, qui exploite les trains entre Paris, la Belgique, l'Allemagne et les Pays-Bas "lance le système des castes à l'européenne". C'est du moins l'avis de Marc Tarabella, un eurodéputé socialiste belge qui a vu rouge en découvrant le projet de la société – dont la SNCF et la SNCB sont les actionnaires – de regrouper désormais les catégories d'usagers en fonction du prix acquitté pour le billet pour "améliorer l'expérience de bord".

En clair, ceux qui achètent des billets à prix réduit, moyen ou élevé se verraient rassemblés en fonction du seul critère du prix de leur billet. Lequel serait donc l'indicateur de leurs ressources financières présumées, et donc de leur statut social.

Gageons, au passage, que cela pourrait réserver quelques surprises : le riche radin et le pauvre gaspilleur appartiennent au genre humain et donc sans doute aussi à la catégorie des usagers du chemin de fer. D'où, peut-être des cohabitations inattendues…

Thalys n'a, en tout cas, pas prévu plus de lumières tamisées, de sièges tout cuir ou de boissons fortes pour les uns plutôt que pour les autres : chaque usager se retrouvera, il faut le préciser, dans un wagon parfaitement semblable, quel que soit son statut.

 

SOIGNER LA "CLIENTÈLE BUSINESS"

Mais il convenait, semble-t-il, de soigner la "clientèle business". Car c'est la crise qui serait la cause de cette réforme assortie, il faut le noter, d'une augmentation des tarifs les plus avantageux : depuis le 12 mars ils sont, par exemple, passés de 25 à 29 euros pour un Paris-Bruxelles en 2e classe.

Selon Thalys, une enquête menée à bord des rames au cours des derniers mois a en effet prouvé que les cadres sont de plus en plus victimes de la rigueur et contraints de voyager en seconde classe plutôt qu'en première. La société Thalys devait dès lors céder à l'appel au "regroupement privilégié" (sic) formulé par ceux "qui apprécient d'être ensemble, parce qu'ils veulent travailler, utiliser Internet et être un peu au calme", comme le résume une porte-parole.

On offrira donc désormais à ces pauvres voyageurs riches un accès gratuit au Web et on les éloignera des sièges proches du bar… Selon les juristes il n'y aurait pas de discrimination, puisque Thalys n'interdit à personne de monter dans ses trains.

Juste "une stratégie commerciale qui surfe sur le snobisme", commente Edouard Delruelle, le président-adjoint du Centre belge pour l'égalité des chances. Stigmatisation des groupes, distinction sociale, séparation physique des gens "bien" et des autres : le train des différences roule à grande vitesse.

Jean-Pierre Stroobants


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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 14:26

Le Monde.fr avec AFP | 16.03.12 | 15h38   •  Mis à jour le 16.03.12 | 16h09

 
 

 

Les ouvrières de Lejaby, le 20 janvier 2010 à Issingeaux.

Les ouvrières de Lejaby, le 20 janvier 2010 à Issingeaux.AFP/THIERRY ZOCCOLAN


Le nombre de plans sociaux enregistrés par l'administration en 2011 s'est élevé à 953, soit le même niveau qu'en 2007 et moitié moins que lors de l'année noire de 2009, selon des données du service statistique du ministère du travail (Dares).

En 2009, le nombre de plans sociaux, techniquement appelés plans de sauvegarde de l'emploi (PSE), avait atteint 2 260. Avant ce pic, le nombre déclaré était de 1 300 en 2006, 957 en 2007, et 1 030 en 2008, et 1 180 en 2010. En janvier 2012, le nombre de plans sociaux a été de 63, un chiffre en retrait par rapport à janvier 2011 (85) et janvier 2010 (99).

Toute entreprise d'au moins 50 salariés qui procède au licenciement pour motif économique d'au moins 10 salariés sur une durée de 30 jours est tenue d'élaborer un plan de sauvegarde l'emploi et de le notifier à l'administration. Un PSE doit comprendre des mesures pour favoriser le reclassement des salariés, en interne si possible mais également en externe.

LES ENTREPRISES PRIVILÉGIENT D'AUTRES OPTIONS

Le nombre de PSE est un indicateur de tendance mais il ne reflète pas l'ensemble des emplois supprimés car il ne s'impose pas aux entreprises de moins de 50 salariés et le nombre de personnes concernées pour chacun n'a pas été précisé.

Les postes supprimés sans licenciement ne sont pas non plus comptabilisés. Or, ces dernières années, pour réduire leurs effectifs, les entreprises optent de plus en plus pour des dispositifs parallèles tels que les plans de départs volontaires, les ruptures conventionnelles ou la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) qui vise à prévoir les besoins de main d'oeuvre à terme.

Malgré le recul du nombre de plans sociaux en 2011, le chômage a d'aileurs atteint l'an dernier son plus haut niveau depuis douze ans avec 2,87 millions de demandeurs d'emploi sans activité comptabilisés fin décembre 2011. L'Unédic, organisme d'assurance chômage, envisage pour 2012 quelque 214 200 demandeurs d'emplois supplémentaires sur l'année.

 

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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 14:21

Le Monde.fr avec AFP | 16.03.12 | 15h09

 
 

 

Le 13 janvier, EasyJet a déjà été condamnée à 70 000 euros d'amende et 6 000 euros de dommages et intérêts par le tribunal correctionnel de Bobigny (Seine-Saint-Denis) pour avoir refusé l'accès d'un avion à trois personnes handicapées non accompagnées, en avançant des raisons de sécurité.

Le 13 janvier, EasyJet a déjà été condamnée à 70 000 euros d'amende et 6 000 euros de dommages et intérêts par le tribunal correctionnel de Bobigny (Seine-Saint-Denis) pour avoir refusé l'accès d'un avion à trois personnes handicapées non accompagnées, en avançant des raisons de sécurité. AFP/MIGUEL VILLAGRAN


Déjà condamnée en janvier pour ce type de discrimination, la compagnie aérienne à bas coût EasyJet comparaît vendredi 16 mars devant le tribunal correctionnel de Paris pour avoir débarqué une passagère handicapée au motif qu'elle voyageait sans accompagnateur.

L'affaire remonte au 21 mars 2010. Marie, 39 ans, qui se déplace en fauteuil roulant depuis un accident survenu vingt ans plus tôt, enregistre et embarque sans encombre sur le vol Paris-Nice. La veille, elle a déjà accompli sans problème le voyage en sens inverse. Mais une fois dans l'avion, un membre de l'équipage lui demande si elle est capable de se rendre seule aux toilettes. Elle répond non. Le personnel lui indique alors qu'elle doit être escortée par un accompagnateur. Plusieurs passagers se proposent alors. Mais on leur rétorque que cette demande d'accompagnateur doit se faire au sol, avant l'enregistrement, sinon la procédure n'est pas valide.

La jeune femme est donc débarquée, contre son gré, sur ordre du commandant de bord. Elle embarquera quelques heures plus tard sur un autre vol pour retourner dans le Var où elle travaille pour une association de réinsertion. "Je me suis sentie mal, humiliée, rejetée", témoigne Marie. "En cinq minutes, on se retrouve totalement anéantie et on revient vingt ans en arrière, à tout recommencer…" Bien décidée à "défendre ses droits", elle s'est jointe à l'Association des paralysés de France (APF) pour citer EasyJet en justice. L'APF, qui épingle "une entrave à la liberté de circuler librement", dit "espérer de ce procès une décision exemplaire qui reconnaisse la discrimination envers cette passagère en raison de son handicap".

 

 "AUCUNE INFRACTION PÉNALE"

EasyJet brandit les réglementations aériennes. "Les autorités britanniques sont les seules en Europe à avoir établi un code de bonne conduite", conforme à la réglementation européenne, défend ainsi Me Philippe Van der Meulen. EasyJet, compagnie de droit britannique, embarque chaque année 350 000 personnes à mobilité réduite, rappelle le conseil, soit plus de 1 000 par jour. Et sur ce nombre, "même pas 1 % sont accompagnées". Selon lui, "le cas qui va être jugé est un cas particulier", car Marie a déclaré aux contrôles être autonome, alors qu'elle "ne présentait pas le degré d'autonomie suffisant pour ne pas être accompagnée". Pour l'avocat, la compagnie n'a jamais fait montre d'aucune "intention discriminatoire". "Il n'y a aucune infraction pénale."

Le 13 janvier, EasyJet a déjà été condamnée à 70 000 euros d'amende et 6 000 euros de dommages et intérêts par le tribunal correctionnel de Bobigny (Seine-Saint-Denis) pour avoir refusé l'accès d'un avion à trois personnes handicapées non accompagnées, en avançant des raisons de sécurité. Les plaignants s'étaient vu refuser l'embarquement dans un avion à Roissy-Charles-de-Gaulle, le 12 janvier 2009, ainsi que les 9 et 19 novembre 2008. La compagnie aérienne avait affirmé se conformer aux réglementations anglaise et européenne, évoquant des raisons de sécurité. EasyJet a fait appel.

 

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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 14:17

 

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=1YLp3xLTUnE#!

Ajoutée par magnoliacnmw1989 le 15 mars 2012

 

 

 

 

Site global: http://www.marche-paris-2012.com/
Blog: http://www.scoop.it/t/marches-lille-paris-2012
Page FB événement arrivée Paris: https://www.facebook.com/events/212208845535763/


Contact : marcheparis2012@gmail.com

- Marche Massilia: départ le 3 mars 2012 contact: marche2012marseilleparis@gmail.com
- Marche Baiona: départ le 5 mars 2012 contact: marchebaiona2012@gmail.com
- Marche Toulouse: départ le 11 mars 2012 contact: marchetoulouseparis2012@gmail.com
- Marche Lille: départ le 24 mars 2012 contact: marcheversparis2012@gmail.com
- Marche Angers: départ le 7 avril 2012.


Nous marcherons avec objectif principal de s'ouvrir à tous pour une convergence des luttes et de soutenir entre autres l'idée de la création d'une assemblée constituante. Aussi, un manifeste de revendications clair et précis, en cours d'écriture sera présenté tout au long de la marche et débattu lors des rencontres citoyennes thématiques.

Face au système actuel économique social et environnemental ayant oublié l'humain et le vivant, il est de notre devoir d'avoir une réponse collective affirmant notre exigence d'un changement. Cette réponse devra se manifester par notre faculté à nous unir pour converger vers un idéal commun. Cette démarche citoyenne appelle à la participation de tous, citoyen-e-s, collectifs, associations, etc... Créer un événement qui rassemble le plus grand nombre à Paris afin de faire entendre la voix du peuple à ceux qui sont censés nous représenter.

Cette convergence est une reprise en main de notre souveraineté. Face à la crise de représentation et au fossé chaque jour plus béant entre le politique et le citoyen, il est nécessaire d'envoyer un signal plus fort qu'une simple participation à une nouvelle mascarade électorale et de continuer à proposer une nouvelle vision de l'engagement politique.

La marche sera l'occasion de créer dans chaque ville traversée des événements thématiques autour des problématiques et alternatives locales au changement. Ex: Débats, assemblées populaires à thèmes, projections de films, actions non violente de désobéissance civile, concerts, projets artistiques, etc...

Nous soutenons l'appel de différents collectifs et assemblées de France d'exiger la formation d'une assemblée constituante. La nouvelle constitution devra être faite par et pour le peuple en toute transparence, en étant la plus participative et démocratique possible.

Toute personne ou groupe de personne peut lancer sa marche, son itinéraire, son moyen de déplacement. L'idée étant de partir des 4 coins de France. Un projet Paris à vélo est déjà envisagé. Toute moyen de locomotion est encouragé pour tous être à Paris (à pied, tracteurs, motos, chevaux, charrettes, side-cars, poussettes, brouettes, camions pompier, trottinettes, rollers, déambulateurs...). Plus de villes participeront avec une nouvelle route jusqu'à Paris, plus le projet prendra son sens.

De nombreuses idées sont toujours en réflexion sur la manière de défendre ces idées avec des pétitions, referendums, etc...Toute nouvelle idée est bienvenue.

Notre appel n'est pas pour une marche mais pour des marches Paris. ce projet est ouvert, chacun peut apporter sa touche à la construction du projet.

Nous sommes un,
Nous sommes un peuple,
Nous sommes un peuple en marche...

 

 

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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 14:10

 

http://www.marche-paris-2012.com/les-marches-populaires/marche-des-banlieues/

 

 

 

 

 

Il y a pas mal d’indignés qui habitent la banlieue et il n’y a pas d’assemblée de démocratie réelle sur place (une à Montreuil).

Nous pensons que le mouvement pour prendre de l’ampleur, doit pouvoir prendre dans tous les territoires. Il est temps pour le mouvement de sortir de Paris pour aller à la rencontre de la population parisienne qui, en fait, habite majoritairement la banlieue.

Il est temps que des indignés rencontrent d’autres indignés en vue de manifester notre mécontentement et notre volonté de mettre un terme au système qui nie nos intérêts et notre humanité.

Les marches comme les occupations correspondent à la culture de notre mouvement, elles sont ouvertes à tous et non violentes, elles sont rythmées par des assemblées populaires locales.

Ce mode de fonctionnement va dans le sens de l’écoute, l’échange et la prise en compte des personnes et de leur volonté.

 

 

 

 

 

Date Distance Parcourue Ville d'Arrivée
Samedi 14 Avril - Saint-Denis
Dimanche 15 Avril
6,5 km Enghien-les-Bains
Lundi 16 Avril 8,5 km Garges-lès-Gonesse
Mardi 17 Avril 11 km Aulnay-sous-Bois
Mercredi 18 Avril 2,5 km Sevran
Jeudi 19 Avril 4 km Clichy-sous-Bois
Vendredi 20 Avril 6,5 km Bondy
Samedi 21 Avril 3,5 km Bobigny
Dimanche 22 Avril 6,0 km Montreuil
Lundi 23 Avril 2,0 km

Vincennes

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Marche Paris 2012
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          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

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