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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 18:01

http://poetesindignes.wordpress.com/2012/04/05/indignes-de-tous-les-pays-2/

 

Publié par Poetes Indignes le 05/04/2012

 Repoétiser nos existences

Avec la participation de nombreux auteurs connus ou anonymes : Samir Amin, Gustavo Massiah’, Alain Accard, Miguel Benasayeg, Thierrv Brugvin, Yann Fiévet, Angélique del Rey, Adam Ratsken, Xavier Renou ; Romain Lauferon, Philippe Pignare, badi Baltazar, Evelyne Perrin, etc.

« Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas. C’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles. » (Sénèque)

« Là où croît le péril croît aussi ce qui sauve. » (Hölderlin)

——————————-

La liste des pays où fleurissent des mouvements susceptibles de se réclamer plus ou moins ouvertement de l’Indignation va devenir interminable. Bientôt, on comptera aisément les pays totalement étrangers à ce phénomène qu’il serait politiquement vain et intellectuellement malhonnête de mettre au rang des évènements passagers ou purement circonstanciels. Par un raccourci audacieux, ces mouvements aux formes mouvantes et aux discours diversifiés ont été associés à la publication de  l’opuscule revigorant de Stéphane Hessel. « Indignez-vous ! » nous a-t-il enjoint du haut de son intacte lucidité que tant d’individus semblent avoir perdue en nos démocraties formelles.

 

Pourtant, la lucidité commande de reconnaître également que la plupart des mouvements pouvant relever de l’indignation auraient éclos en l’absence même de l’injonction de notre alerte compatriote. On lui ferait un honneur qu’il ne revendique pas un instant en lui attribuant une abusive paternité. Autrefois ambassadeur de profession, il est cependant devenu en son grand âge ambassadeur symbolique de luttes nombreuses contre l’outrancière et grandissante injustice nourrie par la mondialisation capitaliste. Le paysage de l’indignation dépasse évidemment de beaucoup le sympathique parrainage de celui qui ne peut se résoudre au sacrifice si souvent réitéré de la dignité humaine sur l’autel du Profit dévorant. Tout citoyen un tant soit peu curieux ne peut qu’être attiré par ce paysage aux méandres profonds et arcanes changeants. Parsemons-le de quelques modestes jalons.

Une idée reçue à étouffer

Les indignés ne feraient que prolonger la longue histoire de la contestation de l’ordre établi par les maîtres – et leurs valets – de l’économie dominante. Au contraire, ils marquent une rupture historique dans le sens où ils entendent inscrire leurs mouvements dans un contexte nouveau, celui de l’effondrement annoncé du capitalisme et de ses tentatives de sauvetage de plus en plus violentes. C’est bien pour préserver le ressort majeur du capitalisme, à savoir la génération du profit maximal par l’engagement d’un coût direct minimal, que l’économie désormais globalisée détruit le lien social, endommage gravement les écosystèmes, épuise les ressources les plus rares. Un autre aspect de la nouveauté de la revendication pour le changement tient précisément au fait que le capitalisme est aujourd’hui planétaire et qu’une telle configuration a été construite par la volonté et l’action d’acteurs économiques puissants – les firmes transnationales – et des instances politiques non démocratiquement mandatées – FMI, OMC, BCE, Commission européenne – en étroite collusion les uns avec les autres. Si les mouvements d’indignés ne sont pas unifiés – et ne le seront probablement jamais – ils font partout le même terrible constat de la morbidité de l’économie de la prédation générale et revendiquent l’instauration d’une économie de la restitution. C’est à ce dernier titre – de noblesse ! – qu’ils doivent être pris pour une avant-garde offensive en marche contre les résistants défensifs d’un système condamné par sa logique suicidaire. En attendant « l’extension du domaine de la lutte », l’essentiel ne réside pas dans le nombre des combattants mais dans la qualité de leurs prises de parole.

L’ampleur de l’Indignation est sous-estimée

Au temps de l’information marchandisée et de la communication envahissante, les mouvements d’indignés ont un droit de cité pour le moins comprimé. Il est patent que les médias « grand public » de plus en plus soumis à des logiques mercantiles et financières ne sont pas enclins à s’intéresser à des mouvements citoyens ne se mobilisant pas autour d’intérêts particuliers mais préférant réclamer des comptes à ceux qui gouvernent si mal le monde. Ainsi, on a tourné en dérision l’affirmation des indignés espagnols consistant à ne pas vouloir du pouvoir et à exiger des représentants du peuple qu’ils agissent enfin dans le sens de l’intérêt général. Cela est tout sauf dérisoire. C’est même fondamental. Les indignés n’ont aucune envie de créer un parti politique supplémentaire qui n’aurait tout au plus que quelques élus au sein d’un système inchangé pour l’essentiel. Comme l’on disait jadis : il faut penser le changement et non changer le pansement ! La nécessité du changement est une affaire trop sérieuse pour être confiée aux seuls partis politiques. La société civile dans son entier devrait s’en emparer. Quand les médias dominants n’envisagent la vie politique qu’au travers des déclarations lénifiantes des représentants du peuple méprisé dans ses aspirations profondes soigneusement dissimulées derrière les sondages d’opinion, ils en arrivent à ne plus comprendre la réalité sociale ni à définir les enjeux fondamentaux d’une construction intelligente du monde. C’est ainsi que dans « la crise grecque » tant de journalistes croient que majoritairement les Grecs font confiance à leurs dirigeants actuels pour sortir leur pays du gouffre vers lequel leurs prédécesseurs l’ont précipité. Pourtant, là-bas, l’indignation fait rage depuis des mois pour qui veut la voir en dehors des canaux habituels de la contestation encadrée.

Des Révolutions indignes ?

Il paraît que « le Printemps arabe » 2011 a fait pousser des ailes à divers mouvements contestataires ailleurs dans le monde. Nous nous permettons d’espérer que leurs mobiles n’avaient guère besoin de cet opportun catalyseur. S’il est vrai que le courage certain affiché par les populations de plusieurs pays arabes, trop longtemps maintenues sous la férule de dictateurs corrompus et parfois sanguinaires, avait de quoi réveiller les citoyens endormis par la tiédeur de nos vieilles démocraties, l’exemplarité a tourné court pour le moment. Nous ne pouvons parler à ce propos de Révolution ou alors de révolutions conservatrices. Partout dans le monde arabe qui bouge, les franges « progressistes » des rebellions sont très minoritaires. Il est bien trop tôt pour dire si la revendication légitime de ces peuples pour un autre partage des richesses se doublera d’une volonté de construire une alternative au capitalisme dont le caractère éminemment prédateur est dénoncé ailleurs par les mouvements d’indignés. Si les courants politiques conservateurs l’emportent dans les processus de transformation en cours, les « pays du Nord » n’auront qu’à se féliciter de trouver là des aubaines leur permettant de surseoir à l’entrée du capitalisme en phase terminale. La Tunisie va-t-elle se vendre davantage au tourisme international comme le Niger brade son uranium à Areva au mépris de la santé de ses habitants ou comme le Sénégal qui a ruiné la pêche artisanale, ressource vitale de nombre de Sénégalais, en signant avec l’Europe des accords de pêche intensive organisant le pillage de ses fonds marins autrefois très poissonneux ? Samir Amin augure que le Printemps des peuples du Sud sera l’automne du capitalisme. Il y faudra le soutien des mouvements contestataires du Nord. Les indignés des nations riches trouveront-ils leurs homologues au sein des sociétés fraîchement libérées du joug de leurs anciens dirigeants longtemps soutenus indéfectiblement par les gouvernements occidentaux ? On veut y croire !

La riche mosaïque de l’Indignation

Le recensement exhaustif des mouvements d’indignés est certainement impossible. Nous avons connaissance de ceux que les médias de masse montent en épingle comme pour mieux passer sous silence la plupart d’entre eux. Du reste, beaucoup de ces mouvements nous sont inconnus en raison de leur situation en des pays où la liberté d’informer est fort mesurée. Ainsi, le climat social de la Chine est tout sauf calme. La sauvagerie de son capitalisme suscite des révoltes durement réprimées et nous n’en savons trois fois rien. La moindre énumération des mouvements d’indignés nous révèle, en filigrane de leur apparente disparité, un rejet de la domination capitaliste du monde. Chaque mouvement choisit sa manière originale de dénoncer le même monstre. Aux États-Unis, le mouvement « Occupy Wall Street » met d’abord l’accent sur l’énormité des inégalités de revenus et de patrimoines au sein de la première puissance économique de la planète. Son slogan « 99 contre 1 » illustre à la fois le fait que la multitude ne possède pas grand-chose quand le centième accapare presque tout et le fait que c’est pourtant ce centième-là qui décide de tout. Au Japon, ce sont les conséquences de la catastrophe de Fukushima qui mobilisent des citoyens trop souvent présentés chez nous comme viscéralement fatalistes. Le 23 décembre dernier était « vendredi jaune ». Des manifestations ont eu lieu partout dans le pays, surtout dans l’est où la majorité des denrées alimentaires sont contaminées au césium 137. Dans certaines villes la manifestation regroupait majoritairement des personnels de centres hospitaliers très préoccupés notamment par la grande vulnérabilité des enfants en ce qui concerne la « contamination interne ». L’incurie des autorités politiques est dénoncée, entre autres, par une association de jeunes, la DYLJ (Ligue Démocratique de la Jeunesse du Japon). Ces mobilisations ne sont sûrement pas étrangères au fait qu’un an après la catastrophe la majorité des centrales nucléaires japonaises est à l’arrêt. En Sicile, depuis le début de cette année, souffle un vent de révolte. Le plongeon de l’Italie dans la crise, les plans de rigueur successifs, les appels à de nouveaux sacrifices ont fini par exaspérer une population touchée par un chômage record de 25 %. Des agriculteurs et des artisans ont fondé le mouvement des Forconi, ceux de la Fourche, appelant à la révolte et au refus de cette situation intenable. Dans la vaste Russie, des mouvements d’une ampleur surprenant le pouvoir central s’organisent pour la défense de forêts menacées par des projets industriels ou routiers. On ne peut clore ce trop bref florilège sans faire allusion à une lutte transnationale qui pourrait préfigurer le combat écologique planétaire des vingt prochaines années : la forte résistance à l’exploitation – on ne peut plus dévastatrice – des gaz et pétrole de schiste. Aux États-Unis, au Québec, en Suisse, en Suède, en France ou en Afrique du Sud de tels projets capotent ou sont mis en sommeil sous l’influence de mouvements d’opposition déterminés qui ont pertinemment montré à quel point la fracturation hydraulique, seule technique « efficace » pour cette exploitation, est la marque d’un système capable de s’autodétruire par nature interposée. Une « Internationale écologique » est en train de naître que l’on retrouvera en contrepoint de tous les futurs Sommets officiels sur l’environnement ou le climat. Elle nous donne rendez-vous dès le mois de juin prochain au Brésil pour le « Rio + 20 ».

…unissez-vous !

L’Indignation a pour elle les techniques de communication d’aujourd’hui, particulièrement précieuses pour la diffusion massive et rapide des idées neuves, des rapports officiels à analyser, des manifestations à annoncer ou organiser dans l’urgence, des débats à alimenter. Ils sont là les vrais réseaux sociaux… et environnementaux. Ils sont prometteurs d’unification de mouvements épars géographiquement mais proches philosophiquement. Ils pourraient damer le pion aux réseaux des technocraties froides et des oligarchies étriquées. Ils sont faits d’hommes et de femmes vivants. Qui vivent pour être demain contre ceux qui ne protègent que l’avoir d’aujourd’hui.

Yann Fiévet

Publié le 22 mars 2012 by werdna01
Altermonde sans frontières -21 mars 2012

Les indignés – Revue trimestrielle – N° 2 – Mars 2012 – vendu en kiosque

Source: http://resistanceinventerre.wordpress.com

 

 

 

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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 17:53

Le Monde.fr avec AFP | 05.04.2012 à 13h44

 

Ecoles occupées, lycées bloqués, grèves : les actions locales se multiplient en Ile-de-France contre des suppressions de postes. Les enseignants de l'académie de Créteil, qui regroupe les départements de la Seine-Saint-Denis, du Val-de-Marne et de la Seine-et-Marne, ont appelé à un rassemblement, jeudi 5 avril, à 15 heures devant le rectorat.

Les syndicats FSU, FNEC-FP-FO, SE-UNSA, SUD-Education, SGEN-CFDT s'étaient unanimenent opposés, le 26 mars, aux réductions d'effectifs. Au total, 460 postes d'enseignants, de conseillers principaux d'éducation, de conseillers d'orientation psychologues, administratifs, infirmiers, assistants sociaux vont être supprimés, malgré un nombre d'élèves stable. "On ne peut pas assurer la rentrée. C'est une catastrophe, on va avoir des classes très chargées", dénonce Martine Damien, secrétaire académique de FO à Créteil.

Jeudi, les parents de Sevran (Seine-Saint-Denis) n'ont pas envoyé leurs enfants au collège, comme l'avaient fait ceux de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) le 3 avril. Le maire de Sevran, des professeurs et des parents ont écrit une lettre ouverte aux candidats à la présidentielle "pour demander à chacun de prendre position sur le sort des collèges" de la commune.

Plusieurs milliers d'enseignants avaient défilé, le 31 janvier à Paris, contre les 14 000 suppressions de postes prévues en France à la rentrée 2012 (6 550 dans le secondaire et 5 700 dans le primaire). Depuis, les actions se multiplient localement, menées par les professeurs, les parents, souvent avec les élus locaux. Entre 2007 et 2012, quelque 80 000 postes auront disparu en France.

 INITIATIVES LOCALES

Samedi dernier, une centaine de personnes ont défilé dans les rues de Sevran, environ 150 devant la mairie de Colombes (Hauts-de-Seine), 400 à Massy (Essonne). Dans cette dernière ville, les enseignants du lycée professionnel Eiffel sont en grève reconductible depuis le retour des vacances d'hiver.

A Evry (Essonne), les lycées professionnels Baudelaire et Perret sont occupés en alternance tous les soirs jusqu'à 23 heures depuis plus d'un mois par une trentaine d'enseignants et parents, selon Frédéric Moreau, de la CGT-Educ'action. Dans ces établissements en zones sensibles, une quinzaine de postes vont disparaître.
 

Enseignants et parents ont organisé une "soirée des écoles à Paris" vendredi dernier, après une "nuit des écoles" la semaine précédente dans trois établissement de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne). Pour autant, un syndicaliste a fait part de la "difficulté à mobiliser" avant le week-end de Pâques et surtout à l'approche de l'élection présidentielle.

La fédération de parents d'élèves FCPE a appelé à une nouvelle manifestation, le 11 avril, devant le rectorat de l'académie de Versailles (Yvelines, Hauts-de-Seine, Essonne et Val-d'Oise). Un rassemblement d'enseignants et parents est prévu le même jour à Melun (Seine-et-Marne).

 

 

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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 17:45

LE MONDE | 05.04.2012 à 15h28

 

Il y a cinq ans, Nicolas Sarkozy avait dessiné les contours d'une France "où chacun pourra accéder à la propriété de son logement". Le candidat s'était fixé l'objectif de faire passer le taux de propriétaires de 57 %, en 2007, à 70 %. Pour y parvenir, il avait introduit la déductibilité du montant de ses revenus des intérêts payés pour un emprunt immobilier. Coup d'épée dans l'eau : cinq ans plus tard, seuls 58 % des Français - et 20 % des ménages les plus modestes - sont propriétaires. Et la crise du logement est toujours là.

Deux études - l'une de l'Insee, l'autre du Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Credoc) - le confirment : le logement coûte de plus en plus cher, et le clivage entre propriétaires et locataires ne cesse de se creuser. Aujourd'hui, si l'on prend en compte les loyers, les charges, les taxes, les dépenses d'eau et d'énergie, les remboursements d'emprunts - autant de postes qui sont en hausse -, un ménage sur deux consacre près d'un quart de ses revenus à son habitation principale. Mécaniquement, le logement pèse plus lourd dans les budgets modestes.

La crise du logement nourrit la fracture sociale que les politiques promettent de réduire depuis plus de quinze ans. Quand on paie de plus en plus cher pour se loger, il faut rogner sur les dépenses de base, c'est-à-dire essentielles pour vivre décemment : l'alimentation, la santé, les transports. Ainsi, quand une famille voit son taux d'effort pour se loger passer de moins 20 % de ses revenus à 20 % et plus, elle va réduire ses achats alimentaires de près de 100 euros par mois. Les privations touchent aussi la santé, alors que déjà l'accès aux soins est de plus en plus difficile pour les plus démunis : 44 % des personnes qui peinent à assumer leur charge logement restreignent leurs dépenses médicales, une proportion en hausse de 23 points en l'espace de trente ans !

La cherté du logement provoque une spirale dépressive et oblige les ménages les plus touchés à une austérité dans les conditions de vie. On rogne sur les transports, mais aussi sur ces dépenses dites superflues mais qui aident à vivre mieux : les loisirs, la culture, l'habillement, les pratiques sportives et festives, les télécommunications, les vacances, les cadeaux... Le lien social se délite, la convivialité se raréfie, le moral des ménages s'en ressent : 57 % qui ont un taux d'effort important éprouvent un sentiment de solitude, d'isolement. Il en ressort aussi un sentiment de déclassement social : 41 % des locataires estiment appartenir aux classes populaires ou défavorisées, contre 30 % il y a dix ans.

Jeudi 5 avril, des acteurs du logement - dont la Fondation Abbé Pierre, qui avait lancé, le 2 février, un "nouveau contrat social pour une nouvelle politique du logement" - ont entendu les candidats à la présidentielle. Tous ont avancé des propositions, mais, pour 73 % des Français, selon un sondage Ipsos, ils n'en parlent pas assez. Il leur faut encore prendre la mesure d'une crise du logement qui devrait être aujourd'hui une cause nationale.

 

 

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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 17:37

 

Le Monde - 05 avril 2012

Elle scrutent l'horizon, les mères. Le soleil n'est pas encore levé qu'elles observent déjà avec inquiétude le bout de la rue, rassemblées au pied de la grande barre d'immeuble où elles vivent illégalement depuis plus de deux ans. Cette nuit encore, elles n'ont pas fermé l'œil :  "Nous sommes trop stressées... Tu te lèves, tu regardes tes enfants et tu te dis : mais où on va aller ?"

 Par quatre fois en six jours, policiers et déménageurs ont débarqué au petit matin pour expulser d'autres familles africaines qui squattaient comme elles le Mail Maurice de Fontenay, la dernière de ces grandes barres HLM qui ont rendu célèbre la cité des 4000. Ce matin, comme une dizaine de personnes rassemblées là, elles craignent que ce soit leur tour.

Ces hommes et ces femmes viennent de Côte d'Ivoire, de Guinée, du Mali. Leurs enfants sont nés en France. Certains sont sans-papiers mais la plupart ont une carte de séjour en règle et travaillent dans le nettoyage ou l'aide à domicile pour les femmes, dans la sécurité ou la restauration pour les hommes. La plupart sont arrivés là en 2009,  guidés par des marchands de sommeil qui leur ont ouvert les portes d'appartement vides. Ils y ont fait installer l'électricité, le gaz, la télé.

Le soleil se lève sur le Mail, les familles patientent déjà depuis une heure au pied des halls 13 et 15, occupés en journée par les dealers. © E.R

Le soleil se lève sur le Mail, les familles patientent déjà depuis une heure au pied des halls 13 et 15, occupés en journée par les dealers. © E.R

L'office HLM les a rapidement repérés : une procédure judiciaire a été lancé en 2010 pour les faire expulser. Dans le même temps, l'office leur a demandé le versement d'une "indemnité d'occupation" : 300 à 400 euros dont ils s'acquittent tous les mois, sorte de loyer spécial squatteur. "Nous travaillons, nous avons les moyens de payer. Mais nos demandes de HLM, pour avoir un vrai bail, n'aboutissent pas. Or nos salaires sont trop bas pour les exigences des propriétaires privés qui demandent de gagner deux ou trois fois le loyer, explique Bangaly, 43 ans. Comment faire ?" Dans la barre, il y eut d'abord un, puis deux, puis cinq et jusqu'à quinze appartements occupés aujourd'hui illégalement, la plupart dans les cages d'escaliers les plus dégradées, occupées par les dealers.

En prenant des notes, en regardant les documents qu'ils nous tendent pour montrer qu'ils payent ou qu'ils sont régularisés, nous sommes soudain saisies d'un drôle de vertige. Squatteurs, expulsion, barre HLM, dealers. Cette histoire-là, la même, nous l'avons déjà écrite. C'était en juillet 2010. Pas au Mail, mais au pied de la barre Balzac à 400 mètres de là. A l'époque, ce n'était pas 15 mais 41 appartements qui étaient occupés. Les squatteurs (plus de 130 adultes et une trentaine d'enfants) avaient été expulsés tous en même temps, aux aurores, et leurs affaires éparpillées dehors*. Un spectacle impressionnant que les autorités ont vraisemblablement voulu éviter cette fois en procédant appartement par appartement, sur une semaine, avec des camions de déménagement.

Les expulsés ou en voie d'expulsion sont soutenus par le DAL. © E.R

Les expulsés ou en voie d'expulsion sont soutenus par le DAL. © E.R

"A La Courneuve, 3 000 demandes de logement sont en attente. C'est 60 000 sur le département de la Seine-Saint-Denis, tous bailleurs confondus. On ne peut pas accepter que des personnes s'installent par la force dans des logements vacants alors que tant d'autres patientent, explique Stéphane Troussel, conseiller général PS et président de l'office public départemental des HLM. D'autant que ceux qui permettent à ces familles de s'installer sont souvent les trafiquants eux-mêmes dont un certain nombre sont spécialisés dans la revente ou relocation d'appartements qui ne leur appartiennent pas. Les familles qui squattent là sont ensuite évidemment fragilisées par rapport à ces trafiquants. Et cela participe du fait qu'ils prospèrent dans ces cages d'escalier en particulier."

Il y a cependant parmi les dossiers qu'ils nous tendent un document qui n'était pas dans les précédents, et qui rend la situation de certains bien différentes au regard de la loi : car parmi les familles déjà expulsées la veille, et en instance d'expulsion ce matin-là, au moins 3 ont officiellement été reconnues prioritaires par la commission DALO du département. Rappelez-vous, ce "droit opposable au logement" a été instauré il y a tout juste cinq ans, le 5 mars 2007, pour permettre de reloger en urgence dans des logements sociaux les personnes aux situations les plus délicates. Parmi les critères, "être menacé d'expulsion sans relogement" et "ne pas être en mesure d'accéder par ses propres moyens à un logement décent et indépendant ou de s'y maintenir".

Les papiers de Mme Diallo et Mme Traore : compte-rendus d'audience les définissant comme prioritaires au DALO, et justificatifs de paiements de "loyers" délivrés par l'office HLM. © E.R

Les papiers de Mme Diallo et Mme Traore : compte-rendus d'audience les définissant comme prioritaires au DALO, et justificatifs de paiements de "loyers" délivrés par l'office HLM. © E.R

 Il y a là comme une absurdité administrative qui ferait sourire si, pour les gens qui nous font face, elle n'était pas tragique : l'Etat français a jugé que ces familles remplissaient tous les critères pour être prioritaires à avoir un logement social ; et le même Etat a accordé le recours de la force public à l'office HLM pour mettre ces personnes à la rue.

Kadiatou Traoré montre son précieux papier, à l'abri dans une épaisse pochette rose qu'elle garde toujours dans son sac. Par une décision du 20 octobre 2010, la commission de médiation DALO de Seine-Saint-Denis l'a reconnue "prioritaire" et "devant être relogée en urgence". Ce matin, elle craint que ce ne soit son tour. "J'ai tapé à toutes les portes, toutes, pour éviter ce qui est en train de se passer, mais sans succès", explique-t-elle d'une voix angoissée. Elle est aide à domicile chez des personnes âgées, en CDI dans une grande société. "A mon travail, ils ont été compréhensifs, j'ai pu libérer mes matinées pour être là si on m'expulse, mais ça ne durera pas. En plus de mon logement, je risque de perdre mon boulot. J'ai deux enfants !"

Cette fois-ci, contrairement à l'expulsion massive de la barre Balzac en 2010, les appartements sont vidés un à un. Chaque matin, tous se lèvent sans savoir sur qui cela va tomber... © E.R

Cette fois-ci, contrairement à l'expulsion massive de la barre Balzac en 2010, les appartements sont vidés un à un. Chaque matin, tous se lèvent sans savoir sur qui cela va tomber... © E.R

Expulsée la veille, avec ses trois enfants de 14, 16 et 18 ans, scolarisés dans les collèges et lycées des environs, Djene Diallo nous présente une décision du tribunal du 13 mars 2012 qui enjoint le préfet de Seine-Saint-Denis d'assurer son hébergement rapidement "sous une astreinte destinée au fond national d'accompagnement vers et dans le logement de 250 euros par jour de retard à compter du 14 avril 2012". Elle a été expulsée quand même. "Ecris ça dans le journal, nous demande-t-elle désabusée. Avec mon nom, tout. J'ai 55 ans, ça fait 20 ans que je suis en France, femme de ménage. J'ai toutes les cartes qu'il faut, je suis en règle. Depuis que je suis ici, je n'ai jamais trouvé de vrai logement : que des hôtels. Je suis fatiguée, j'ai un problème au pied. Quand est-ce qu'on va enfin pouvoir s'installer?"

Ironie du sort : le fait d'avoir été expulsée va peut-être permettre de faire accélérer son dossier. Elle a pu, la veille, montrer tous ses papiers, et un quatre pièces à Stains va peut-être lui être attribué. En attendant, ses affaires auront été déménagées de force, en présence de policiers.

Escalier 5 : la première opération consiste à murer un appartement vide. © E.R

Escalier 5 : la première opération consiste à murer un appartement vide. © E.R

"Le fait qu'il y ait des demandeurs DALO, indique Stéphane Troussel à qui nous l'apprenons, montre que le système marche sur la tête, car quand la commission DALO a rendu son avis, c'est bien qu'elle avait connaissance qu'ils étaient squatteurs ! En même temps, le nombre de "DALO" prioritaires est tellement important qu'il est impossible de tous les reloger en urgence. Par ailleurs, si toutes les villes respectaient aussi bien que La Courneuve la loi SRU [qui oblige les villes de plus de 3 500 habitants à disposer de 20% de logements sociaux], on ne connaîtrait pas de telles situations !"

"Occupant sans droit ni titre" mais "par nécessité"

Quelques militants du DAL (Droit au logement) sont venus soutenir les familles dans ce petit matin froid. Parmi eux le porte-parole de l'association, Jean-Baptiste Eyraud, infatigable combattant du droit au logement depuis plus de 20 ans. La situation du jour lui évoque ce qu'il appelle la "jurisprudence René Coty". "Déjà, en 1993, la cour d'appel de Paris avait donné droit à une famille de continuer à squatter un immeuble avenue René-Coty à Paris pendant six mois considérant qu'ils en étaient en effet 'occupant sans droit ni titre' mais 'par nécessité, rappelle-t-il. Mais, estime-t-il, on a avancé un peu quand même. Le DALO est un droit supplémentaire pour des gens qui n'en avaient aucun. Ça ne résout pas tout, cela va peut-être cependant permettre à cette femme d'être plus rapidement relogée" constate-t-il en évoquant le cas de Mme Diallo.

Les déménageurs embarquent les affaires qui seront stockées un mois dans un garde-meuble. © E.R

Les déménageurs embarquent les affaires qui seront stockées un mois dans un garde-meuble. © E.R

"Pour le prochain quinquennat, dit-il, commençons juste par appliquer les lois ! Peut-être en les rendant plus efficientes. Les astreintes DALO, au lieu d'être versées à un fond national qui va aider aussi bien les communes riches que pauvres à faire leurs 20 % de logements sociaux, ne devraient-elles pas permettre des actions efficaces rapidement pour les gens "prioritaires" qui se retrouvent à la rue ? Et la loi de réquisition ? Il faut qu'on réquisitionne les logements vides ! Enfin, il faut vraiment baisser les loyers: plus les logements sont chers, plus la crise est grave et plus les moins bien armés sont écrasés !"

Soudain les visages se crispent : "la camionnette blanche... C'est eux, ils arrivent !" Une voiture de police pointe son nez au bout de la rue, et en quelques minutes, plusieurs agents s'engouffrent dans un des halls et en bloquent l'accès : un autre que celui où les squatteurs les attendaient. Kadiatou part en courant. C'est celui où elle vit. Derrière elles, ses deux petites filles, Fatima et Mariam, 3 et 5 ans : le mercredi, il n'y a pas école.

Les policiers empêchent l'accès de l'escalier où opèrent les déménageurs. © E.R

Les policiers empêchent l'accès de l'escalier où opèrent les déménageurs. © E.R

La tension monte pendant quelques minutes où les policiers repoussent sans ménagement ceux qui essayent de passer quand même. Ça crie, ça s'affole. Mariam prend la main de sa petite sœur, elles se mettent à pleurer. Puis doucement, les esprits se calment. Les familles reculent, elles ne passeront pas. Les policiers se détendent. "Qu'est-ce qu'ils font, maman?" demande Mariam. "Ils vont sortir toutes nos affaires", répond la mère la voix serrée. "Mais on va aller où ?" "Je ne sais pas."

Au bout de quelques heures, Kadiatou apprendra que son appartement n'était pas visé. Pas  cette fois. Cette nuit, elle dormira mal. Et demain, il faudra encore se lever tôt, pour guetter l'horizon.

A.L

* Deux ans après la situation des ex-squatteurs de la barre Balzac n'est pas réglée : une partie de ces familles a été relogée mais la majorité vit aujourd'hui dans des hôtels certains même dans de nouveaux squatts, après avoir campé au milieu de la cité pendant de longs mois pour attirer l'attention sur leur situation.

 


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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 17:28

Le Monde.fr avec AFP | 04.04.2012 à 21h12 • Mis à jour le 05.04.2012 à 09h17

 
L'homme, un pharmacien à la retraite âgé de 77 ans, s'est tiré une balle dans la tête à quelques mètres du Parlement grec, sur une pelouse de la place Syntagma.

Un peu avant neuf heures du matin, sous un arbre de la place Syntagma, à quelques mètres de la sortie du métro et du Parlement, un retraité de 77 ans s'est tiré une balle dans la tête, mercredi 4 avril, au cœur de la capitale grecque. L'annonce de ce suicide a suscité une vive émotion en Grèce. Des milliers de personnes sont venues, tout au long de la journée, porter des fleurs, des bougies et des messages, accrochés tout autour du tronc du cyprès. "Ce n'est pas un suicide, c'est un assassinat politique", disait une affiche.

Selon le correspondant du Monde à Athènes, Alain Salles, le pharmacien à la retraite a laissé une note manuscrite, non signée. Dimitris Christoulas y revendique la portée symbolique de son acte : "Puisque mon âge avancé ne me permet pas de réagir de façon dynamique (mais si un Grec attrapait une Kalachnikov, je serais juste derrière lui), je ne vois pas d'autres solutions que cette fin digne de ma vie. Ainsi, je n'aurai pas à fouiller les poubelles pour assurer ma subsistance." Il a ajouté : "Je crois que les jeunes sans avenir prendront un jour les armes et pendront les traîtres de ce pays sur la place Syntagma, comme les Italiens l'ont fait avec Mussolini en 1945."

La lettre fait également référence au "gouvernement Tsolakoglou", le premier gouvernement collaborationniste, pendant l'occupation allemande. Certains manifestants dénoncent régulièrement "l'occupation de la troïka" en la comparant à l'occupation nazie. Une affiche placée sur le cyprès accusait : "la junte des prêteurs l'a assassiné", assimilant le Fonds monétaire international, la Commission européenne et la Banque centrale européenne au régime des colonels qui a plongé le pays dans la dictature de 1967 à 1974.

Environ un millier de personnes a afflué sur les lieux du drame en début de soirée. Au pied d'un cyprès, elles ont déposé des bouquets de fleurs et des dizaines de messages appelant notamment "au soulèvement du peuple".

 

La plupart des manifestants, silencieux et émus, refusaient de parler aux médias mais certains scandaient le mot "Assassins". "Soulevez-vous, son sort sera le sort de nous tous", "Que cette mort soit la dernière de citoyens innocents. J'espère que les prochaines victimes seront les politiciens traîtres", pouvait-on lire sur les notes déposées par les Athéniens. La police a bouclé l'avenue longeant le Parlement.

"Soulevez-vous, son sort sera le sort de nous tous", pouvait-on notamment lire sur les notes déposées sur les lieux du drame.

"Il est tragique qu'un de nos concitoyens ait mis fin à ses jours. Dans ces moments difficiles pour notre société, gouvernement et citoyens, nous devons soutenir les gens qui se trouvent dans la détresse", a indiqué le premier ministre, Lucas Papadémos, dans un communiqué.

Le porte-parole du gouvernement, Pantélis Kapsis, a souligné que "les circonstances précises" de cette "tragédie humaine" n'étaient pas encore connues. Selon les médias, plusieurs témoins ont entendu l'homme crier qu'il ne voulait pas léguer de dettes à ses enfants. Selon la police, Dimitris Christoulas souffrait d'un cancer du pancréas.

AUGMENTATION DES SUICIDES

Plusieurs études ont rendu compte ces derniers mois d'une augmentation des dépressions et suicides en Grèce, où la crise économique et sociale a fait bondir le taux de chômage, chuter salaires et retraites, paupérisant des pans entiers de la population. A l'image de ses voisins du Sud, la Grèce affiche toutefois un taux de suicide beaucoup plus bas que les pays du nord de l'Europe.

Alors que des élections législatives anticipées sont attendues début mai dans le pays, ce drame a fait réagir l'ensemble de la classe politique, qui y voit le signe du "désespoir" et de "la dépression" de la population grecque. "Je suis ébranlé, malheureusement ce n'est pas la première victime, nous avons un taux record de suicides. Il faut faire sortir les Grecs du désespoir", a déclaré Antonis Samaras, chef de Nouvelle Démocratie (conservateur), en tête dans les sondages.

"RÉFLÉCHIR À LA SITUATION DU PAYS"

De son côté, le Parti communiste a appelé "les coupables et les responsables du désespoir du peuple grec à se taire devant les résultats abominables de la crise capitaliste".

Plus mesuré, Evangélos Vénizélos, chef des socialistes du Pasok, parti majoritaire dans le gouvernement de coalition et artisan du deuxième prêt international accordé récemment au pays, a estimé que "les commentaires politiques n'ont pas leur place après cet incident choquant", ajoutant : "Il faut réfléchir à la situation du pays et faire preuve de solidarité et de cohésion."

En Italie, également sous le coup d'une sévère cure d'austérité, un maçon poursuivi pour fraude fiscale à Bologne et un Marocain de Vérone qui n'était plus payé depuis des mois se sont immolés par le feu la semaine dernière.

 

 

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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 17:23

 

Des militants anti-corruption arrêtés en Chine après une manifestation

Le Monde.fr | 05.04.2012 à 18h28 • Mis à jour le 05.04.2012 à 18h28

Par François Bougon

 
 

Samedi 31 mars, une dizaine de militants pro-démocratie ont étonné les passants d'une rue de la ville de Canton avec une action surprise, appelant à soutenir le premier ministre Wen Jiabao et demandant au secrétaire général du parti communiste et président Hu Jintao de donner l'exemple en publiant son patrimoine.

Leur rassemblement pacifique n'a pas été du goût des autorités, qui ont arrêté au moins quatre d'entre eux, selon le réseau China Human Rights Defenders (CHRD). L'un des militants arrêtés, Xiao Yong, originaire de la province du Hunan et qui travaille à Canton, avait diffusé des photos du rassemblement sur les réseaux sociaux.

Images de la manifestation à Canton diffusées sur les réseaux sociaux chinois.

Sur Sina weibo, le principal site de microblog, des appels à sa libération circulent. Selon les informations du CHRD, Xiao Yong, né en 1975, accusé de "rassemblement illégal", s'est vu refuser l'aide d'un avocat. Son épouse a indiqué avoir reçu l'autorisation de lui apporter, vendredi 6 avril, des vêtements et de l'argent au centre de détention où il se trouve, mais elle ne pourra pas le voir.

Lors d'une conférence de presse à la fin de la session parlementaire, en mars, Wen Jiabao avait jugé qu'il était urgent de "procéder à des réformes politiques structurelles", précisant "en particulier au niveau de la direction du pays et du parti". Le même mois, lors d'une réunion du gouvernement, il avait aussi mis en garde contre le fléau de la corruption. " Si cela n'est pas réglé proprement, le problème pourrait aboutir au changement du régime politique, voire y mettre fin ", avait-il dit.

Sur Sina Weibo, un appel à libérer Xiao Yong.

François Bougon

 

 

 

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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 17:16

 

LE MONDE | 05.04.2012 à 11h12 • Mis à jour le 05.04.2012 à 16h01

Par Eric Albert (Londres, correspondance)

 
La plateforme d'exploitation d'hydrocarbures de Elgin-Franklin de Total, en avril 2012.

C'est un article technique passé inaperçu hors des milieux spécialisés, publié en octobre 2011 dans le Journal of Petroleum Technology. Son titre est sec et universitaire : "Forage avancé haute pression, haute température (HP/HT) : l'expérience de Total à Elgin/Franklin." Elgin, c'est le nom du gisement gazier qui fuit depuis le 25 mars en mer du Nord. Lu à la lumière de cet accident, l'article est édifiant. Il expose les très sérieuses difficultés techniques que connaissait ce gisement : déformations profondes de certaines pièces du puits, ensablement et déplacement inattendu de poches de gaz. Elgin était-il un désastre en préparation, utilisant des techniques mal maîtrisées ?

"Non, ce ne sont pas des techniques dangereuses, mais elles demandent beaucoup de préparation, de la rigueur et de la qualification, répond au Monde Jean-Louis Bergerot, l'auteur de l'article et l'ingénieur qui a supervisé le forage du réservoir Elgin. Si c'était dangereux, on ne le ferait pas." Pourtant, depuis plus de dix jours, le puits G4 (il y en a douze à Elgin) fuit.

Dans le milieu pétrolier, Elgin représente une nouvelle frontière technologique. Exploité à partir de 2001, ce gisement gazier était à l'époque l'un des premiers au monde à haute pression (1100 fois la pression atmosphérique) et haute température (200 degrés), le tout à 5500 mètres sous terre et à 240 kilomètres des côtes écossaises. Dans son article, M. Bergerot décrit une technique de forage qui a permis de creuser un puits supplémentaire à Elgin, alors même que ce gisement HP/HT était déjà en exploitation. C'était pratiquement une première mondiale.

 BOUTEILLE DE CHAMPAGNE

Mais, en expliquant son succès, M. Bergerot a dévoilé les extrêmes difficultés auxquelles ses équipes faisaient face sur le terrain. En particulier, un tube en acier situé au fond des puits d'Elgin - une pièce appelée "liner" - subit de telles pressions qu'il est souvent violemment déformé. Dans certains cas, son diamètre a été réduit de 60 %, et "ces déformations s'aggravent avec le temps". "A terme, le liner pourrait finir par complètement se boucher", écrit-il. En d'autres termes, le tube par lequel passe le gaz ne résiste pas à la pression.

Cette déformation pourrait-elle être à l'origine de la fuite ? M. Bergerot rejette cette idée. "Le liner est situé tout au fond du puits, alors que la fuite actuelle provient de bien plus loin, plus de 1000 mètres au-dessus du réservoir, une hauteur à laquelle nous n'avons pas enregistré de déformation à Elgin."

Pourtant, le graphique illustrant la déformation du liner dans son article est inquiétant : une section est courbée vers la gauche, avant de repartir brusquement vers la droite. "Le liner n'a aucun impact sur l'intégrité du puits", assure M. Bergerot, précisant que cette pièce ne fait pas partie de l'enveloppe qui permet de faire remonter les hydrocarbures vers la surface.

Autre problème rencontré à Elgin : au fur et à mesure que le gisement est exploité, sa pression baisse fortement, d'autant plus vite qu'elle était forte auparavant. Le phénomène est similaire à une bouteille de champagne dont on a fait sauter le bouchon et qui perd sa pression rapidement.

ENSABLEMENT DES PUITS

Résultat, le gaz situé dans le réservoir se déplace et rejoint parfois des poches jusqu'alors vides.
Ce problème semble parfaitement s'appliquer à la fuite actuelle, qui provient d'une zone à 4000 mètres sous terre où aucun gaz n'avait été identifié jusqu'à présent. "A ce stade, ce n'est qu'une hypothèse parmi d'autres, nuance M. Bergerot. Il est trop tôt pour se prononcer sur le scénario à l'origine de la fuite."

Le troisième gros problème des puits d'Elgin est leur ensablement, par l'accumulation de graviers et rochers qui bloquent l'extraction du gaz. Dans les gisements HP/HT, maîtriser l'amoncellement de ces dépôts est particulièrement difficile. C'est pourquoi deux puits d'Elgin avaient été abandonnés, dont le puits G4, en janvier 2011. Ils s'étaient progressivement bouchés et leur production était devenue très faible.

Cette accumulation de problèmes techniques met-elle en cause l'exploitation même des réservoirs HP/HT ? Pour Greenpeace, la réponse est évidente. "L'accident prouve que même en mer du Nord, où la sécurité est censée être très bonne, on ne maîtrise pas bien les techniques, souligne Anne Valette, chargée de campagne climat. Qu'est-ce que ça va être dans l'Arctique ?"

Mais M. Bergerot refuse pour l'instant de spéculer. "Il faudra mener une analyse pour comprendre ce qu'il s'est passé et en tirer les leçons", dit-il. Néanmoins, dans une conférence en février, il avertissait que le vieillissement des réservoirs HP/HT en mer du Nord était un des "défis" à venir. Il ne croyait pas si bien dire.

Eric Albert (Londres, correspondance)

 

 

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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 17:08

 

Le Monde.fr avec AFP | 05.04.2012 à 17h11 • Mis à jour le 05.04.2012 à 18h46

 
Dix camions de pompier se sont mobilisés pour stopper l'incendie dans la centrale nucléaire de Penly, en Seine-Maritime.

Un incendie "sans gravité", selon EDF, s'est déclenché dans un local pourtant situé dans le bâtiment du réacteur n°2 de la centrale nucléaire de Penly, en Seine-Maritime. Une alarme incendie s'est mise en route, jeudi 5 avril à 12h20, en raison d'un dégagement de fumée et le réacteur s'est arrêté automatiquement. "Il n'y a pas de blessés et les installations sont en sécurité", a déclaré un porte-parole de la société.

Le président de la Commission locale d'information (CLI), Serge Boulanger, a précisé à l'AFP avoir été informé en début d'après-midi par EDF "d'un dégagement de fumée au niveau d'une pompe d'alimentation d'eau qui se serait mise à fumer suite à un manquement d'huile, au niveau de l'enceinte du réacteur 2". Selon ces informations, "il y aurait eu de la fumée mais pas de flammes", a ajouté M. Boulanger.

Une dizaine de camions de pompier sont venus en renfort des équipes de lutte anti-incendie d'EDF, déjà sur place. L'Autorité de sûreté nucléaire, la préfecture de région, la sous-préfecture de Dieppe et la CLI ont été immédiatement informées de cet évènement.

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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 12:05

 

Message du 03/04/12 



Voilà un scandale qui, s'il était connu d'un grand nombre de Français, ferait sans doute une onde de choc à travers tout le pays..

Vous savez sans doute que le gouvernement a récemment publié un décret qui oblige chaque automobiliste à détenir dans sa voiture un éthylotest – enfin deux, l'un pour se tester en cas de doute, et l'autre à présenter aux gendarmes en cas de contrôle.


Officiellement, le but est de lutter contre l'alcoolisme au volant. Tout le monde aimerait voir moins de drames sur la route liés à l'alcool, c'est incontestable. Mais je vais vous montrer qu'il s'agit de bien autre chose ici...


L'affaire est tellement scandaleuse qu'il fallait absolument que je vous envoie un mail pour vous informer !


Alors, voilà ce qui se passe :


En juillet, une association, "I-Test" se crée pour militer en faveur d'éthylotests obligatoires dans toutes les voitures. Ils interpellent le Ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, et hop quelques mois plus tard le décret sort. La nouvelle infraction est créée, avec une amende de 17 euros à la clef.


Quand on sait qu'il faut des années d'habitude pour obtenir quoi que ce soit quand on est une association, nous avons été saisis par cette rapidité !


Vous le savez, ici à la Ligue de Défense des Conducteurs, nous enquêtons depuis plus de trois ans sur la répression routière – il ne nous a pas fallu longtemps pour découvrir le pot aux roses !


Qui sont les membres de cette "association" ? S'agit-il, comme on aurait pu le croire, d'un collectif de familles qui ont perdu un proche sur la route à cause d'un chauffard qui avait trop bu ?


Pas du tout : ce sont tout simplement... des fabricants d'ethylotests ! Le Président de "l'association" est chargé de mission chez Contralco, le plus grand fabricant d'éthylotests chimiques (les fameux "ballons").
Et là, il vient de réussir un coup de maître : assurer à sa boîte un marché 100 % garanti sur 38 millions de voitures !


Le calcul est vite fait : 38 millions de voitures x 2 éthylotests à 1€ pièce = 76 millions d'euros garantis dès l'application du décret en juillet prochain.
Mieux : le décret comporte une obligation de norme NF pour les éthylotests... norme que cette entreprise est la seule à avoir !
Voilà : un marché juteux, 100 % garanti, qui va rapporter des millions à une grosse entreprise...


... Et nous, on vient nous dire que c'est pour notre sécurité ? Et que si l'éthylotest venait à manquer dans notre boîte à gants, ce serait tellement grave qu'on devrait payer une amende ?


Franchement, de qui se moque-t-on ?

C'était déjà la même chose avec les radars : au départ ils sont venus nous dire que c'était pour notre sécurité, et il n'y avait pas de raison de ne pas y croire. Enfin, au début...


Car vu les bénéfices colossaux que raflent maintenant, chaque année, les grandes entreprises qui installent et entretiennent les radars (plus de 200 millions d'euros par an, directement issus de vos PV), qui peut encore venir nous parler de sécurité ??


Année après année, les pouvoirs publics tirent un peu plus sur la corde, en se disant que ça va passer, que les Français ne vont rien dire... Alors depuis 2003 et la mise en place des premiers radars vitesse, on a eu les radars feu rouge, les radars tronçon, les radars discriminants, les radars "zones de chantier", les radars mobiles embarqués dans des véhicules en mouvement, etc... L'Etat fait rentrer de plus en plus d'argent, et la cagnotte des entreprises productrices de radars gonfle, gonfle...
Ces entreprises sont devenues tellement puissantes que, désormais, elles ne se cachent même plus pour faire leurs magouilles : le fameux lobbyiste qui vient d'obtenir le marché du siècle, avant de se lancer dans le business de l'éthylotest, dirigeait une société de radars ! C'est même lui qui a vendu les premiers radars feu-rouge au gouvernement !


Quelques entreprises bien placées veulent grossir facilement leur chiffre d'affaire sans prendre de risque, ils sollicitent les pouvoirs publics, lesquels nous jouent la carte de la sécurité routière, et hop le tour est joué, le business est installé, et vous êtes ses clients forcés.
Comment en est-on arrivés là ? Tout simplement parce qu'à chaque fois qu'ils tiraient un peu plus sur la corde, aucune voix ne s'élevait assez fort pour que ça fasse scandale et que ça s'arrête.


Mais tout cela n'a que trop duré : quel autre business vont-ils réussir à implanter demain ? L'éthylotest anti-démarrage obligatoire dans toutes les voitures (coût : 1000 euros par véhicule) ? Des boîtes noires comme dans les avions, ou la géolocalisation obligatoire ?


Ne vous en faites pas pour eux : ils trouveront toujours un prétexte de sécurité routière pour donner mauvaise conscience à ceux qui voudraient contester.
En vérité, c'est eux qui devraient avoir honte de leurs pratiques. Agiter sous le nez des gens des images horribles d'accidents, profiter du deuil des familles des victimes, pour engraisser un business juteux, ce sont des pratiques inqualifiables ! Mais tant que des millions de Français ne leur auront pas fait savoir à quel point ils sont indignés, rien ne les arrêtera.

Notre atout, en tant que simples citoyens, c'est que les élections approchent et qu'aucun candidat ne peut se permettre d'ignorer la colère de plusieurs millions de Français. Nous devons mettre, sur chacun des candidats en campagne, une pression telle que le Président qui sortira des urnes n'aura pas d'autre choix que de faire cesser ces pratiques honteuses.


Nous devons agir dès maintenant, c'est pourquoi je vous demande de faire deux choses simples mais essentielles :
 --- Signez la pétition aux candidats
que vous trouverez sur ce lien. Dans quelques jours, je veux pouvoir amener à chaque candidat plusieurs centaines de milliers de signatures, puis le double la semaine prochaine, et encore plus la semaine suivante, pour leur coller une telle pression avant l'élection qu'ils ne pourront pas l'oublier une fois élus ;


--- M'aider à faire connaître ce scandale au plus grand nombre de Français possible, en transférant ce message à tous vos amis, vos proches, ou vos collègues. Ne les laissez pas tomber dans le piège de la propagande des pouvoirs publics qui utilisent la sécurité routière comme un alibi pour engraisser un business juteux.


 Je vous remercie.
  Bien cordialement,


  Christiane Bayard - Secrétaire Générale
  Ligue de Défense des Conducteurs

    LIGUE DE DEFENSE
  DES CONDUCTEURS 

    Stop à la répression absurde
   Oui à une conduite responsable

   

    116, rue de Charenton 75012 PARIS

 

 

POUR SIGNER LA PETITION : APPUYER SUR LA TOUCHE "Ctrl" DE VOTRE CLAVIER + CLIQUER GAUCHE SUR CE link

 

http://www.liguedesconducteurs.org/petition-aux-candidats.html

 

 
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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 11:57

Traces of Romanticism

In March to Athens on 4 April 2012 at 16:33


March to Athens
Day 149-LXXV, Μεσολόγγι.

Mesolonghi, April 4

Dear people,

After four centuries of eastern domination, Greece rose up against the Turks in 1821. It had been carefully planned for some time, and it was supported by many graecophiles from the west.

Initially the uprising was repressed with the help of the navy of the Ottoman satrapy of Egypt. The rebels had to retreat to their strongholds in the mountains. But on the coast, the city of Mesolonghi kept resisting, twice, to an Ottoman siege.

In 1825 the city was besieged again. It held out for an entire year, but this time the Turks were determined to succeed.

When the end was in the sight, the brave people of Mesolonghi decided that they would rather die in combat than surrender.

They attempted the famous, desperate exit of Mesolonghi. And they were betrayed. The Turks knew everything when the gates opened and the starving Greeks swarmed out of the city with whatever kind of weapons they could muster.

It became a massacre. Very few of the Greeks made it to the hills. Those who had remained in town were brutally slaughtered by the Turks. Their heads were planted on the city walls.

Delacroix, Greece expiring on the ruins of Mesolonghi

At the end of the day, disaster was complete. But Mesolonghi had become a symbol of determination. It stands in the history of modern Greece like the resistance of 300 Spartans against the Persians at Thermopylae stands in the history of ancient Greece.

Every year the feat is subject to grand celebrations. That’ll be next week. Already the town is dressing up. One of the banners on the town hall is the Jolly Roger, the pirate’s flag. It’s there, waving from an official government building, because the pirates of the Mediterranean had come to the aid of the Greeks during the siege by attacking the Egyptian navy.

After the massacre at Mesolonghi, the international community of the day reacted – England, France and Russia. In the 1990s they would have bombed the Turks into submission with their air force, but in the early 1800s they sent their powerful navies. The Ottomans were decisively defeated at sea, and the balance in the conflict started to shift. The Greeks finally won recognition for their independence in 1832.

Acampada Mesolonghi. Check out the Jolly Roger in the background.

Fighting for liberty in Greece in the nineteenth century was a romantic’s dream, it was a sort of ‘cultural crusade’ to liberate the cradle of western civilization. From all over the west, people came to the aid of the Greek struggle.

The most famous among them was definitely Lord Byron. He died right here in Mesolonghi. Not in battle though. History says he died of fever. Gossip says it was syphilis.

Of the famous romantic poets – Byron, Keats and Shelley – Byron lived the longest. He was thirty-six years old when he died.

Personally I like to define a romantic poet as someone who dies young and whose life is more interesting than his work. As Lord Byron goes, he had many exploits to brag about. Drunk of ancient myths, he famously swam across the Dardanelles one day, mindful of Hero and Leander.

Hero was a mythical princess in a tower, and Leander was her lover on the other side of the straight. Every night Hero would light a candle on her balcony, and Leander would swim across the sea to be with her, following the fragile light as a beacon. It went on all summer, unnoticed. Then one stormy winter night the wind blew out the candle, and while he was struggling in the midst of the waves, Leander lost his direction and drowned. When his body washed up on the shore, Hero threw herself out of her tower to be with him forever more.

All the graves of the three great romantic poets have been touched by the March to Athens. Keats died of tuberculosis in Rome, next to the Spanish steps, at twenty-five. Shelley died at sea, in the gulf of La Spezia near Genoa at twenty-nine. It came to be known as ‘the Poets’ Gulf’.

If I remember well the story, Shelley had gone on a boat trip with one of his mistresses, the wife of his editor. They were caught by a storm and drowned. When his body washed up, Byron was there to give him solemn funeral on the beach, together with fellow poet Trelawney and editor Hunt.

They burned the corpse. And legend has it that the skull and the heart remained perfectly in tact. Byron had wanted to keep the skull as a souvenir, but Trelawney didn’t let him. He knew that Byron would use Shelley’s skull as a cup to drink from.

The heart was lifted from the flames and wrapped in a piece of poetry. The three men sent it to Shelley’s wife Mary, who would take good care of it. Years later, she still had the heart of her husband locked away in her desk when she wrote the story of Frankenstein.

Lunch reunion on front of town hall

The coasts of the Mediterranean are covered with the traces left by the romantic poets. One of them, who failed to die young, was Gabriele D’Annunzio. During World War I he once commanded a squadron of biplanes with which he flew over the enemy capital Vienna, dropping off sacks full of sarcastic pamphlets. After the war he scrambled a private army and conquered the city of Fiume, modern day Rijeka in Croatia.

On the balcony of the town hall, he proclaimed the Aesthetic Republic of Fiume, where Beauty would be the only law…

Back in Misolonghi, the Garden of the Heroes is closed. This doesn’t seem to be a poet’s town. There is no air of old here. I’ve been noticing that almost everywhere we went in Greece, and I don’t understand it. The Greeks take so much of their national identity from the past, but the past isn’t visible in the towns. Also here in Mesolonghi, every building that looks even slightly old is abandoned, in ruin, and about to be replaced by something new.

On the outskirts of the town, the statue of Lord Byron, next to the Philhellenic Study Center, looks strangely out of place.

Byron in Mesolonghi

 

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