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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 14:16

 

http://www.radio-totem.net/actualite/journal/correze/article-55399-des-indignes-en-correze/?page=&filtre=all

28 Mars

L'INFO

 

le 27/03/2012 09h54



Les indignés ont repris la route. A un peu plus de 40 jours de l’élection présidentielle, un groupe de citoyens parti de Toulouse le 11 mars dernier a franchi, à pied, la frontière de la Corrèze ce week-end. Les marcheurs doivent arriver à Paris le 21 avril, veille du 1er tour du scrutin présidentiel, pour dénoncer ce qu’ils appellent «la mascarade présidentielle et son lot de tromperies et d’illusions démocratiques». Les indignés étaient à Uzerche, lundi soir. Ils seront à Chamberet ce mardi soir.

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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 13:51
| Par Ludovic Lamant


De notre envoyé spécial à Bruxelles

A la tribune, les trois hommes en costume n'en mènent pas large. Convoqués mardi dans les locaux bruxellois du Parlement européen, ils répondent aux dizaines de questions d'élus qui fusent de la salle, dans un anglais pas toujours limpide, sans jamais sortir la tête des notes rédigées par leurs conseillers. Ce trio, inconnu de l'immense majorité des Européens, fixe, depuis bientôt deux ans, les grandes lignes de la sortie de crise de la Grèce. Avec des résultats difficiles à défendre sur le terrain – une récession de 6,9 % en 2011, un taux de chômage à plus de 21 % en ce début d'année, et toujours autant d'inquiétudes sur l'avenir de ce pays à bout de souffle.

Ces trois experts sont les dirigeants de la « Troïka » : Olli Rehn, commissaire européen aux affaires économiques (finlandais, à gauche), Jörg Asmussen, membre du directoire de la Banque centrale européenne (allemand, au centre), et Poul Thomsen, chef de la mission du Fonds monétaire international (FMI) à Athènes (danois, à droite). Ensemble, ils ont rédigé la longue feuille de route qui s'impose aux autorités grecques (le « mémorandum »), en l'échange de quoi Bruxelles débloque, avec le FMI, des méga-prêts pour éviter au pays la faillite.

 

Au Parlement européen, cette convocation est une première, que l'on doit au groupe socialiste, la deuxième force politique de l'hémicycle. «La Troïka n'est pas assez transparente dans son fonctionnement, et ne semble pas non plus très efficace. Elle doit rendre davantage de comptes devant les élus, et cette rencontre constitue une première étape encore modeste», explique Hannes Swoboda, le chef de file des socialistes, à l'initiative du débat.

Depuis deux ans, les eurodéputés sont relégués au rang d'observateurs de la gestion de crise. Ils ont assisté, frustrés, à la batterie de conseils européens « de la dernière chance », où se réunirent les chefs d'Etat et de gouvernement, sans avoir prise sur quoi que ce soit.

«Les trois hommes de la Troïka me rappellent les trois singes du conte chinois : ne pas voir, ne pas entendre, ne pas parler...», a ironisé, en pleine séance, Robert Goebbels, un élu luxembourgeois socialiste, fraîchement rentré d'une mission à Athènes. Les députés sont nombreux, pendant les deux heures d'échanges ce mardi, à avoir critiqué les effets contre-productifs de la politique d'austérité, la surdité de la Troïka à l'égard du malaise social en Grèce, ou encore l'échec du premier programme d'«ajustement budgétaire» enclenché en mai 2010.

«Plus la Grèce met en œuvre le remède, et plus elle tombe en récession. Est-ce que la Troïka va finir par reconnaître qu'elle fait fausse route ?» s'est emportée la socialiste portugaise Elisa Ferreira. «On est une fois de plus en plein déni», a regretté Philippe Lamberts, un élu Verts de Belgique, qui estime que l'action de la Troïka, dès 2010, n'a fait qu'aggraver la crise, et qu'elle doit répondre de ces actes. «Vous est-il arrivé, messieurs, de douter un jour de la pertinence des hypothèses sur lesquelles reposent vos politiques ?» a demandé de son côté Liêm Hoang-Ngoc, socialiste français.

« Des humains au bout du rouleau »


Droits dans leurs bottes, les « experts » à la tribune ne se sont pas démontés et ont défendu les vertus de l'austérité. Le premier programme d'aide n'a pas fonctionné, a rétorqué Jörg Asmussen (BCE), «non pas parce qu'il était mauvais, mais parce qu'il n'a pas été correctement appliqué» par les Grecs. Et le commissaire européen Olli Rehn d'avancer les «deux talons d'Achille» de la Grèce : la «capacité de l'administration», que la Troïka aurait, dans un premier temps, sur-estimée, et surtout «le manque d'unité politique» qui compliquerait la donne.

«Le salaire minimum en Grèce est supérieur de 50 % à celui du Portugal, et de 20 % à celui de l'Espagne (...) Il faut donc aligner les salaires, pour s'attaquer au niveau inacceptable du chômage des jeunes», a poursuivi Poul Thomsen, du FMI, sans ciller. «Derrière vos chiffres, il y a des humains qui sont au bout du rouleau», lui a retourné un élu grec du Parti populaire européen (PPE, droite), Konstantinos Poupakis.

Est-ce que le deuxième plan, conclu en mars de cette année, a davantage de chance de réussir que le premier ? Travaillez-vous déjà sur des alternatives, B, C ou D, en cas d'échec du plan en cours ? Réponse prudente d'Asmussen : «Ce programme peut réussir (...) s'il est mis en œuvre à 100 %, sur toute la durée du programme, et si tous les partis politiques le font leur.»

Cette rencontre intervient à quelques semaines d'élections anticipées, en Grèce (prévues pour fin avril ou début mai), qui s'annoncent délicates. Les sondages donnent la droite de Nouvelle démocratie en tête, mais rien ne dit que ce parti obtiendra une majorité pour gouverner seul. Et beaucoup de formations font campagne contre le programme d'austérité de la Troïka. Le scénario est donc très incertain, tout comme l'avenir du « mémorandum ».

«Je constate que vous n'avez pas fait référence au concept de justice sociale, pendant vos interventions», a conclu la socialiste française Pervenche Berès, qui co-présidait les débats. «J'ai un regret, j'aurais dû vous apporter un exemplaire du livre de [l'économiste britannique Richard] Wilkinson, qui montre que l'efficacité économique repose aussi sur la justice sociale...»

Dans son rapport sur la crise, bouclé en juin 2011, la socialiste française proposait d'intégrer, au sein de la Troïka, un représentant de l'Organisation internationale du travail (OIT), afin de mieux prendre en compte les réalités du marché du travail sur le continent. Le groupe des socialistes européens a également mis sur pied, depuis peu, une « troïka alternative », qui s'est rendue à Athènes en mars. Cette petite équipe propose, entre autres pistes, le lancement en Grèce d'une « agence pour l'investissement et la croissance ». Alternative – aux contours encore très flous – à la politique de rigueur carabinée en vigueur à Athènes ?

 


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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 13:43
Marianne - Mercredi 28 Mars 2012 à 05:00

 

Laurent Pinsolle
Porte-parole du parti Debout la république dirigé par Nicolas Dupont-Aignan, ancien président... En savoir plus sur cet auteur

Douce avec les riches, dure avec les pauvres : la Grande-Bretagne présente un budget néo-libéral, l'inverse des politiques européennes. Avec de nouvelles mesures qui augmentent l'imposition des classes modestes tout en baissant les taxes sur les plus grosses fortunes et les sociétés, c'est un véritable « budget pour millionnaires » qui s'impose !

 

(SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA)
(SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA)
La semaine dernière, le ministre des Finances britanniques a annoncé de nouvelles mesures pour les années à venir. Après avoir monté les impôts des plus pauvres, le gouvernement conservateur a décidé de baisser l’impôt des plus riches et des multinationales !

Deux poids deux mesures

La comparaison entre le plan annoncé récemment et le premier train de mesures décidé par l’équipe de David Cameron en 2010 est surprenant. Il y a un peu moins de deux ans, il avait mis en place un plan d’austérité sévère, comprenant notamment une augmentation de 2,5 points de la TVA, une augmentation des taxes sur la finance (limitée finalement à l’impôt de bourse) et une baisse sévère des dépenses des ministères et notamment du traitement des fonctionnaires.
 
Le chancelier Osborne a annoncé le 21 mars un nouveau train de mesures qui montre bien que les deux côtés de la Manche ne fonctionnent pas du tout de la même manière. Malgré les immenses efforts demandés à tous depuis deux ans, le gouvernement a annoncé deux mesures très marquantes : une baisse de la tranche marginale d’impôt sur le revenu de 50 à 45 % (et potentiellement 40 %) et une baisse de l’impôt sur les sociétés de 26 à 24 %, puis 22 %.
 
Naturellement, les travaillistes ont fortement attaqué ce « budget pour millionnaires ». Le parti conservateur a critiqué l’augmentation de la tranche marginale d’impôt sur le revenu (décidée par le gouvernement de Gordon Brown) en soulignant qu’elle n’avait rapporté que 100 millions de livres. En fait, cela s’explique par l’optimisation fiscale des ménages qui gagnent plus de 150 000 livres par an, dont la base taxable a baissé de 25 % l’année de la réforme (87 vs 116 milliards).

La logique néolibérale à l’œuvre

Ces mesures démontrent extrêmement bien la logique de cette mondialisation néolibérale, douce pour les plus forts et dure pour les plus faibles. Il est proprement sidérant qu’en Grande Bretagne, le gouvernement baisse les impôts des multinationales et des plus riches et montent ceux de toute la population. Pourtant, les inégalités ne cessent de progresser. Et le gouvernement en rajoute de manière incompréhensible en les augmentant plus encore par le biais des impôts.
 
La logique avancée par les néolibéraux est simple : dans un monde globalisé et sans frontière, les hauts revenus et les multinationales sont mobiles, donc il ne servirait à rien d’augmenter leur taux d’imposition car cela ne reviendrait qu’à les faire fuir. Du coup, dans leur logique, il faut baisser les taux d’imposition, même dans un contexte de forts déficits et de sacrifices importants pour l’immense majorité de la population, comme le réclament les Tea Party aux Etats-Unis.
 
Mais cette logique est bien entendu totalement absurde. Tout d’abord, cette course au moins-disant fiscal est sans fin car il y aura toujours un Etat pour baisser davantage les impôts. En fait, dans un second temps, elle entretient les déficits qui permettent aux néolibéraux de demander de couper dans les budgets de l’Etat. Quel meilleur moyen que de baisser les impôts pour imposer un agenda néolibéral de privatisations des services publics et de coupes du budget de l’Etat !
 
Non contente d’augmenter les inégalités, l’anarchie néolibérale pousse les Etats non pas à compenser cette hausse par plus de redistribution, mais, en mettant en concurrence les fiscalités des Etats, à les faire accentuer les inégalités, comme le montre cet exemple.
 

Retrouvez Laurent Pinsolle sur son blog.

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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 13:34

 

Rue89 - Miracle ou mirage ? 28/03/2012 à 13h07

Elsa Fayner | Journaliste


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Un mirage dans le désert (Michael Gwyther-Jones/Flickr/CC)

 

Un taux de croissance de 3%, pour 1,7% en France ; un taux de chômage en diminution, à 6% aujourd'hui ; une place de troisième exportateur mondial ; une compétitivité boostée : l'Allemagne détonne dans une Europe en crise.

Pour Nicolas Sarkozy, c'est une évidence, comme il le formule le 20 janvier devant les salariés de l'entreprise SEB de Pont-l'Evêque, en Isère :

« Il faut […] qu'on arrive à alléger le coût du travail, ce n'est pas une question idéologique. […] Je ne peux accepter qu'on produise plus cher que nos voisins allemands. »

Baisser le coût du travail, la solution miracle ?

Des salaires allemands à la baisse

En tout cas, c'est celle que l'Allemagne a mise en œuvre. Les salaires mensuels ont diminué de 4% au cours de la décennie 2000-2010, représentant une perte moyenne de 100 euros, selon une étude de l'institut économique allemand DIW.

Toutefois, l'Allemagne partait de haut, et ses salaires n'ont fait que rejoindre ceux de la France dans l'industrie, selon plusieurs études de l'Insee.

En cause, principalement, dans cette évolution, d'après l'étude DIW : le travail partiel, qui a explosé ces dix dernières années.

Des candidats français fascinés

En France, on préfère réduire les cotisations sociales pour diminuer le coût du travail. En espérant enclencher un cercle vertueux pour réduire le chômage, et doper la compétitivité :

  • le « contrat de génération » de François Hollande prévoit que le maintien dans l'emploi d'un senior jusqu'à sa retraite et l'embauche d'un jeune, dont il serait le tuteur, donne droit à des réductions de cotisations pour l'employeur ;
  • baisser le coût du travail – et faire contribuer la consommation, par une hausse de la TVA –, tel est l'objectif de la TVA sociale envisagée par Nicolas Sarkozy. Le Président-candidat propose également une exemption de cotisations pour chaque embauche de senior en CDI ou en CDD de plus de six mois ;
  • tandis que François Bayrou prévoit des exonération de charges patronales pendant deux ans pour les entreprises de moins de 50 salariés qui embauchent un jeune en CDI.

Et pourtant, baisser le coût du travail peut provoquer des effets secondaires indésirables.

 

1 Déshabiller Paul pour habiller Jacques

 

Alléger les cotisations sur les salaires de certaines populations ? Il existe un précédent avec les contrats jeunes, lancés en 2003 par François Fillon. Eric Heyer, directeur adjoint au département analyse et prévision de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), rappelle leurs décevants résultats :

« Ce genre de dispositif doit être mis en place en phase de reprise économique, quand des emplois sont vraiment créés. Sinon, le risque, c'est un effet de substitution : au lieu d'embaucher un salarié de 42 ans, vous en prenez un de 21. Pour les contrats jeunes Fillon, plus de 90% des embauches jouaient sur l'effet d'aubaine, selon les travaux de la Dares. »

2 Un risque de déflation comme au Japon

 

Pour que la TVA sociale permette de créer de l'emploi et de la croissance, il faut que la baisse des salaires s'accompagne d'une hausse de la consommation. Or, commente Eric Heyer, l'Union européenne traverse actuellement une profonde crise de la demande.

« La TVA sociale peut nous entraîner au contraire dans une spirale déflationniste et mener à la catastrophe. Comme au Japon »

3 Une stratégie qui repose sur l'asphyxie des voisins

 

Comme le rappelle l'économiste de l'OFCE :

« Le miracle allemand tient au fait que les autres pays européens ont laissé faire. En baissant ses salaires, l'Allemagne a joué le jeu de la concurrence avec ses voisins européens. Le pays a d'ailleurs gagné des parts de marché à l'intérieur de l'Union européenne, pas à l'extérieur. Il a décidé d'étouffer ses voisins et de mener une stratégie à court terme. Si ceux-ci avaient réagi en faisant la même chose, en baissant les salaires, l'Allemagne n'aurait pas aussi bien réussi. »

Autrement dit :

  • dans l'Union européenne, baisser le coût du travail ne fonctionne que si les pays d'à côté ne font pas de même ;
  • c'est un choix « court-termiste » qui vise à mettre les pays d'à-côté en difficulté.

Pour Eric Heyer, cette stratégie doit se réfléchir à l'échelle européenne :

« Pour savoir quel pays a le plus besoin de dévaluer. La France ? Cela revient à se demander si nous voulons faire payer notre modèle social par les Espagnols, les Italiens, etc. Comme l'Allemagne a fait financer sa réunification par les Européens. »

4 Il y a bien d'autres raisons au succès allemand

 

Le coût du travail n'est pas le seul responsable de la compétitivité allemande, rappelle Charlotte Emlinger, du Centre d'études prospectives et d'informations internationales (Cepii) :

« L'Allemagne importe plus que la France des biens intermédiaires de pays moins cher, notamment des pays de l'Est, où elle a beaucoup délocalisé. Elle a choisi de produire à l'extérieur, moins cher, les différents éléments qui entrent dans la composition de ses produits et de les assembler sur son sol. »

Autres déterminants de la compétitivité allemande, poursuit l'économiste :

« Un ensemble de facteurs objectifs et subjectifs : qualité du produit, image de marque, adaptation au marché local, étendu du réseau de distribution, disponibilité du service après-vente, etc.

L'Allemagne dépense aussi plus du double de la France en R&D. Un chiffre est plus marquant encore : on y a déposé en 2008 70 brevets pour un million d'habitants, contre quarante en France. »

5 Envers du décor germanique : inégalité, précarité

 

Si le chômage a diminué en Allemagne, le nombre de travailleurs intérimaires a augmenté de 13% en un an, atteignant 910 000 personnes en juin 2011, selon les statistiques publiées fin janvier par l'Agence fédérale pour l'emploi. La moitié de ces contrats intérimaires durent moins de trois mois.

L'Observatoire international du travail déplore une hausse de l'emploi finalement très modérée. Surtout, les inégalités de revenu se sont accentuées, « à un rythme jamais vu, même après la réunification ».

 

 

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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 13:27

LE MONDE | 28.03.2012 à 14h07 • Mis à jour le 28.03.2012 à 14h23

Par Jean-Baptiste Chastand et Laetitia Clavreul

 
Le professeur Bernard Debré, de l'hôpital parisien Cochin, ici lors d'une manifestation à Paris fin avril 2009.

Le professeur Philippe Juvin a-t-il cumulé une fonction de trop ? Depuis sa nomination à la tête des urgences de l'hôpital Georges-Pompidou, à Paris, la polémique n'en finit plus autour de celui qui est déjà député européen, maire de La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine) et qui ne compte pas ses efforts dans la campagne présidentielle pour représenter l'UMP.

Le Syndicat des praticiens des hôpitaux publics devait déposer, mercredi 28 mars, une demande de suspension en référé de cette nomination. "La lourdeur d'un service aussi important (...) et la nécessité de garantir la continuité du service public, dans une situation difficile, sont totalement irréconciliables avec l'ensemble des missions et fonctions du professeur Juvin", dénonce le syndicat.

Privilège pour les uns, scandale pour d'autres, cette affaire a mis au grand jour une curieuse pratique : le cumul du mandat de parlementaire et du titre de professeur d'université-praticien hospitalier (PU-PH). Outre ce parlementaire, quatre députés - Bernard Debré (UMP, Paris), Jean-Louis Touraine (PS, Rhône), Jacques Domergue (UMP, Hérault) et Olivier Jardé (Nouveau Centre, Somme) - cumulent ces deux fonctions, et les rémunérations qui vont avec. Un autre député-médecin, Arnaud Robinet (UMP, Marne), est lui maître de conférences.

Lire nos articles, Polémique sur le système de retraites des "mandarins" de l'hôpital public et  L'emploi du temps bien rempli de Philippe Douste-Blazy.

CHACUN SA MÉTHODE

Ces stakhanovistes jurent s'en sortir avec leur emploi du temps. Chacun a sa méthode : peu de sommeil, des journées à rallonge, un bon adjoint, moins de passages dans le service, un temps partiel à l'hôpital. Tous, surtout, assurent que cette pratique est légale. Pourtant, aucun n'a jamais saisi le Conseil constitutionnel pour s'en assurer. Car si le code électoral prévoit une exception pour les professeurs d'université à l'interdiction de cumuler un mandat parlementaire et un poste de la fonction publique, le cas des PU-PH n'est pas explicitement abordé. "Jamais nous n'avons été saisis de la question", assure-t-on au Conseil constitutionnel. L'exception au non-cumul pour les professeurs d'université est historiquement motivée par le fait qu'ils ne sont pas soumis au pouvoir exécutif comme les autres fonctionnaires. Jusque-là, le Conseil constitutionnel a pourtant eu une vision plutôt restrictive de l'exception réservée aux professeurs d'université.

En 2008, il a ainsi interdit à plusieurs parlementaires de donner des cours comme professeurs associés dans des universités. Le cas d'Arnaud Robinet, qui n'est pas professeur d'université mais maître de conférences, paraît encore plus étonnant. "Lors de mon élection, j'ai demandé au rectorat et au ministère. On m'a assuré qu'il n'y avait aucun problème pour cumuler", affirme ce toxicologue.

Tout le monde ne voit pas les choses ainsi. "Je suis simplement praticien hospitalier. Le lendemain de mon élection, mon directeur m'a convoqué pour m'annoncer ma mise en détachement. Je ne vois pas trop comment on peut cumuler les deux fonctions", témoigne Jean-Luc Préel, député Nouveau Centre de Vendée. "Une fonction médicale à haute responsabilité et un mandat à haute responsabilité, qui oblige à être absent plusieurs jours par semaine, ne sont pas compatibles", juge Michèle Delaunay, députée PS de Gironde. Responsable d'une unité de cancérologie au CHU de Bordeaux, elle a quitté son poste après son élection.

Parmi les intéressés, certains sont un peu gênés. "J'admets qu'il s'agit d'un privilège", confie M. Domergue. "Je ne suis pas un défenseur farouche du cumul", dit M. Touraine. D'autres n'ont pas ces états d'âme : "Il suffit de regarder la productivité de mon service", défend M. Debré. "J'ai une mission, réduire le temps d'attente aux urgences, je demande à être jugé sur des indicateurs", assène M. Juvin, qui estime qu'il a fait ses preuves comme chef des urgences de l'hôpital Beaujon, à Clichy, alors qu'il était déjà député européen.

DOUBLES SALAIRES

Il faut dire que les PU-PH profitent aussi d'un statut qui n'impose aucun décompte des heures de présence à l'hôpital ou à l'université. A chacun de gérer. Tous ont d'ailleurs une bonne raison de cumuler les fonctions. "Il est très difficile pour un chirurgien de reprendre une activité après cinq ou dix ans sans opérer", avance Jacques Domergue, chirurgien au CHU de Montpellier et directeur du centre anticancer du département. "On reproche beaucoup aux élus de ne pas connaître assez les difficultés de la vie de tous les jours. Là, je reste en contact", avance M. Touraine, adjoint au maire de Lyon et chef de service à l'hôpital Edouard-Herriot.

Pour M. Robinet, "il fallait bien quelqu'un pour continuer de donner des cours"."Mon activité me permet de garder ma liberté de parole, un député doit avoir un métier, sinon il est prêt à n'importe quoi pour rester élu", défend même M. Debré, élu député pour la première fois en 1986 et qui n'a jamais cessé d'exercer à l'AP-HP.

Ce flou leur permet de percevoir de grasses rémunérations, composées de leur indemnité de parlementaire, de leur salaire de PU et de leurs émoluments de PH. Certains, cependant, se sont mis en temps partiel et ne perçoivent qu'une partie de leur rémunération hospitalière, mais continuent de recevoir la totalité de leur salaire de professeur d'université. Deux d'entre eux ont choisi de conserver la totalité de leurs revenus, MM. Debré et Juvin. Ce dernier explique cependant qu'il lui arrive de poser un jour de congés quand il est très pris par son mandat, voire de demander une courte disponibilité. Et précise qu'il n'a pas d'activité privée à l'hôpital, pas plus qu'il ne touche de rémunération complémentaire de laboratoires pharmaceutiques ou pour des expertises. Ce qui peut rapporter beaucoup à certains.

Les rémunérations de ces madarins-parlementaires vont de 10 000 à 16 000 euros. Des doubles salaires qui flirtent avec ceux des ministres. Leur situation, si elle peut apparaître choquante, n'a pourtant rien de nouveau. "Bien sûr, la question du cumul d'activités se pose, mais Philippe Juvin n'est pas le premier, et ne sera vraisemblablement pas le dernier", fait remarquer Loïc Capron, président de la commission médicale d'établissement de l'AP-HP.

Jean-Baptiste Chastand et Laetitia Clavreul

De 10 000 à 16 000 euros par mois

Sur les six parlementaires qui cumulent leur fonction avec celle de professeur d'université-praticien hospitalier (PU-PH), cinq ont accepté de détailler leur rémunération. Olivier Jardé (NC, Somme) n'a pas répondu à nos questions.

Bernard Debré cumule 8 000 euros net par mois pour son activité à l'hôpital avec ses indemnités de parlementaire UMP et de conseiller de Paris, plafonnées à 9 857,49 euros brut. Il a aussi une activité privée à l'hôpital.

Jacques Domergue En plus de ses 5 189,27 euros net d'indemnités parlementaires (UMP, Hérault), il reçoit 20 % de son indemnité de PH, qu'il exerce à temps partiel, et la totalité de son salaire de PU, soit 5 700 euros net.

Philippe Juvin En plus de son indemnité de député européen de 6 200 euros net, il touche plus de 6 000 euros comme PU-PH. S'y ajoute sa rémunération de maire UMP de La Garenne-Colombes , soit 1 500 euros.

Arnaud Robinet Son activité de médecin lui rapporte 2 600 euros net, qu'il cumule avec son indemnité de parlementaire (UMP, Marne) et 2 500 euros brut perçus en tant que conseiller général.

Jean-Louis Touraine Il continue d'exercer à deux tiers de temps, pour 7 850 euros par mois. Auxquels s'ajoutent ses rémunérations de député (PS, Rhône) et d'adjoint au maire de Lyon, plafonnées à 9 857,49 euros brut.

Une réforme des retraites très avantageuse

Fin 2011, les professeurs d'université-praticiens hospitaliers (PU-PH) ont obtenu une réforme avantageuse de leur retraite, révèle Le Livre noir des médecins stars, écrit par la journaliste Odile Plichon (Stock) et paru mercredi 28 mars. Le livre épingle les privilèges liés à un statut qui regroupe de 6 000 à 7 000 médecins. Jusqu'en 2007, les PU-PH ne cotisaient pour la retraite que sur une partie de leurs revenus. Depuis, deux accords sont intervenus pour compter l'ensemble des revenus, avec un abondement de l'hôpital qui les emploie. Résultat : leurs retraites connaîtront "jusqu'à 30 % de revalorisation", assure Odile Plichon. "Un ajustement budgétaire", se défend le Syndicat national des médecins hospitalo-universitaires. Au ministère de la santé, on assure que cette mesure vise à "donner un signal clair à la communauté hospitalière en maintenant le caractère attractif des carrières à l'hôpital"

 

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Polémique sur le système de retraites des "mandarins" de l'hôpital public

 

Le Monde.fr | 28.03.2012 à 09h38 • Mis à jour le 28.03.2012 à 14h08

Par Simon Piel

 
Selon les calculs du "Parisien", la retraite des PU-PH, qui est en moyenne de 4 400 euros mensuels, sera augmentée de 1 200 à 1 300 euros par mois.

"Nous ne sommes pas des stars, simplement des serviteurs de la nation." Frédéric Bargy, président du Syndicat national des médecins hospitalo-universitaires (SNPHU), n'a guère apprécié le "ton polémique" de l'article paru mardi 27 mars dans Le Parisien [lien abonnés].

Le quotidien, qui relaie les révélations du Livre noir des médecins stars de la journaliste Odile Plichon (Editions Stock), assure que "l'hiver dernier, dans la plus grande discrétion, Xavier Bertrand, le ministre de la santé, a négocié [...] un accord conclu en janvier [qui] prévoit pour ces PU-PH [professeur des universités - praticien hospitalier] jusqu'à... 30 % de revalorisation de leurs pensions en fin de carrière". "Une réforme des retraites secrètes pour les stars de la médecine", titre Le Parisien, qui a calculé que si leur retraite est en moyenne de 4 400 euros aujourd'hui, elle pourrait atteindre 5 700 euros mensuels avec cette nouvelle mesure.

"Il ne s'agit pas d'une réforme, mais d'un ajustement budgétaire", explique M. Bargy, par ailleurs spécialiste en chirurgie pédiatrique au sein du groupe hospitalier Saint-Vincent-de-Paul-Cochin, à Paris. "L'accord principal date en effet de 2007 et était déjà destiné à compenser le fait que les hospitalo-universitaires n'avaient de retraites que sur leurs émoluments universitaires", ajoute-t-il.

Il s'agit en effet du décret relatif à "la participation des établissements de santé à la constitution de droits à la retraite au bénéfice des personnels enseignants et hospitaliers", publié le 5 avril 2007. Celui-ci prévoit que les établissements publics de santé participent à la constitution de droits à la retraite des PU-PH à hauteur de 5 % des émoluments hospitaliers bruts annuels dans une limite maximale de 2 000 euros. Cela signifie pour simplifier que si un médecin hospitalo-universitaire épargne 2 000 euros pour sa retraite, son établissement participe lui aussi à hauteur de 2 000 euros.

"UN VRAI SOUCI DE TRANSPARENCE"

Interrogé par Le Parisien, le professeur Roland Rymer, président du Syndicat national des médecins, chirurgiens, spécialistes et biologistes des hôpitaux publics (SNAM-HPK), précise : en 2007, cette mesure "a introduit une sorte de retraite à points : la cotisation volontaire du médecin était abondée par l'hôpital. Dans le nouvel accord signé cet hiver, le plafond de cotisation a été supprimé, ce qui rend le système plus intéressant encore." "Les bases étaient posées en 2007, explique-t-il au Monde.fr, mais ça n'allait pas loin, ce dont le ministère avait convenu. Or, nous étions la seule profession en France ayant une retraite calculée sur la moitié des revenus."

L'arrêté, qui n'a pas encore été publié au Journal officiel mais dont le projet est disponible en ligne, modifie en effet plusieurs points de celui de 2007. Le montant de la participation de l'hôpital passe à 9 % des émoluments hospitaliers, à l'exception des titulaires exerçant une activité privée avec des dépassements d'honoraires, qui restent à 5 %. En outre, le plafond des cotisations disparaît. M. Bargy explique pour sa part que celui-ci n'est pas supprimé, mais qu'il remonte.

Pour Odile Plichon, cette réforme pose plusieurs problèmes. "Il y a d'abord un vrai souci de transparence, explique-t-elle. Avant de négocier cette mesure dans le plus grand secret, Xavier Bertrand a commandé un rapport à l'IGAS sur la question des retraites des PU-PH. Ce rapport n'a jamais été rendu public. Et aujourd'hui, il faut chercher dans les annexes de l'accord-cadre sur l'exercice médical pour trouver le projet d'arrêté revalorisant les retraites de ces médecins."

Par ailleurs, souligne-t-elle, "cette revalorisation va à contre-courant de tout ce qui a été fait sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy au niveau des retraites. Comme il n'est juridiquement pas possible d'accorder aux PU-PH deux retraites d'Etat, le gouvernement a trouvé une astuce en créant ce système de retraite surcomplémentaire." Et la journaliste de s'étonner : "Ne s'agit-il pas là pour M. Bertrand d'opérer une reconquête de l'électorat de ces médecins influents après la période de désamour qu'ils ont connu sous l'ère Bachelot ?"

Des arguments balayés par M. Bargy, pour qui cette communication a minima est justifiée. "C'est une mesure annexe et banale. Et ça n'a rien d'un immense privilège, dans la mesure où nous n'avions pas avant de retraite sur nos émoluments hospitaliers. Qui plus est, ça ne grève pas le système de retraite par répartition. Quant à l'argument électoraliste, croyez-moi, les politiques ne sont pas à 5 000 voix près."

IL EXISTAIT DES AVANTAGES COMPENSATOIRES

Des serviteurs qui se sont vu accorder ces dernières décennies d'autres avantages pour compenser cette absence de retraite, de la possibilité d'exercer une activité privée à l'hôpital à la création du système de consultanat - un système qui permet au PU-PH qui en fait la demande de prolonger son activité pendant trois ans après son départ en retraite. Contre l'exercice de "mission transversale", le médecin garde son statut de PU-PH et la rémunération qui va avec. 

Contacté, le ministère de la santé explique que "l'arrêté ne concerne que le régime des retraites complémentaires" et ajoute "qu'il s'agissait ici de donner un signal clair à la communauté hospitalière en maintenant le caractère attractif des carrières à l'hôpital".

La question de la retraite des professeurs hospitalo-universitaires est un vieux débat. Dans l'ouvrage de Mme Plichon, le professeur Rymer date les premières revendications à l'année 1978. En 2005 dans Le Monde, les responsables de la "coordination nationale des médecins hospitalo-universitaires" estimaient que l'urgence était d'obtenir pour eux une retraite digne de ce nom, même s'ils reconnaissaient que leur dossier "n'est pas de nature à faire pleurer dans les chaumières".

Simon Piel

 


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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 13:20

 

Le Monde - 28 mars 2012

Ils sont un peu entassés les uns sur les autres, entre les marchands de fruits et légumes et les vendeurs de chaussures en vrac. Mais en plein milieu du marché, au moins, on ne pouvait pas manquer les grandes et petites affiches accrochées tout autour du stand. Rien à voir avec les militants du Front de gauche qui tractent à quelques mètres : aucun candidat à défendre ici, que des candidatures à présenter.

 

Les stands de l'opération "Quartier de l'alternance" sur le marché d'Aubervilliers, le 27 mars. © E.R

Les stands de l'opération "Quartier de l'alternance" sur le marché d'Aubervilliers, le 27 mars. © E.R

 

Consciente des difficultés que connaissent les jeunes de son territoire à trouver des entreprises qui les accueillent en stage ou les prennent en contrat en alternance, la communauté d'agglomération Plaine commune organisait mardi, lendemain de la publication des chiffres du chômage – en hausse pour le 10e mois consécutif – une opération spéciale sur le marché d'Aubervilliers : attablés, entrepreneurs et organismes de formations recevaient un par un les jeunes, originaires de La Courneuve et d'Aubervilliers pour la plupart, venus leur présenter leur CV.

Première arrivée, dès 9 heures, Jessica, 21 ans. Elle a quitté la Guadeloupe où "il n'y avait pas d'offres" pour venir s'installer en métropole. Titulaire d'une licence professionnelle en gestion des ressources humaines, elle cherche désespérément un emploi depuis dix mois.

 

Ousmane, 26 ans, cherche une formation en alternance pour un BTS. © E.R

Ousmane, 26 ans, cherche une formation en alternance pour un BTS. © E.R

 

A 26 ans, après plusieurs années de petits boulots, en tant que vendeur, caissier ou secrétaire, Ousmane a décidé de reprendre ses études pour obtenir un BTS assistant de gestion, lui qui n'a pas le bac. Il cherche une entreprise pour un contrat en alternance, mais sait que ce sera difficile : car plus l'étudiant est âgé, plus l'employeur doit le payer cher (25 % du smic la première année pour un mineur, 53 % du smic pour les plus de 21 ans).

Charlotte*, 25 ans, n'en peut plus de son CDI de 30 heures par semaine dans une grande chaîne de fast-food et du "micro-salaire" qui va avec. Sans aucun diplôme autre que son bac SMS (sciences et techniques médico-sociales), elle avait commencé ça "comme un petit boulot" : "je n'aurais jamais cru y passer quatre ans !" Ses trois demandes de CIF (congé individuel de formation) pour devenir secrétaire médicale ont été refusées. "Je galère, confie-t-elle. Je n'ai pas envie de quitter mon boulot et de me retrouver chez moi au chômage..."

Le chômage, Ammar, 28 ans, l'endure depuis un an et demi malgré son CAP d'installation en équipements électriques, ses cinq années d'expérience, et ses multiples envois de candidatures. "A Pôle emploi, ils ne sont pas efficaces : ils m'ont plusieurs fois fait parvenir des annonces déjà pourvues..." Faute d'emploi stable, il a dû revenir habiter chez ses parents après avoir, un temps, volé de ses propres ailes. "Y a peut-être moins de boulot avec la crise, mais j'ai surtout l'impression que les gens sont perturbés par le mot lui-même, déplore-t-il. Certains pourraient embaucher mais se disent 'pas maintenant' car 'on ne sait jamais'. C'est d'abord un blocage psychologique."


Stressy 23 ans cherche du travail depuis juin 2011. © E.R

Stressy, 23 ans, cherche du travail depuis juin 2011. © E.R

 

Stressy, 23 ans, s'est assise à toutes les tables, et a pris plusieurs dossiers, aussi bien pour des formations d'électricien que pour devenir adjointe de sécurité dans la police nationale. Elle n'a pas trouvé de travail après sa formation d'assistante de vie aux familles en juin. Pour payer le loyer et subvenir à leurs besoins son ami cumule deux emplois : le premier de 6h30 à 13h30, le second de 14heures à 21h30.

Régulièrement, on voit aussi des parents plein d'inquiétudes poser quelques questions sur les stands et téléphoner à leurs enfants pour qu'ils viennent voir. "C'est pour ma fille de 22 ans, elle n'a pas de travail", dit l'une. "Mon fils a un bac+4 mais voilà deux ans qu'il ne trouve rien", dit une autre. Pas besoin de sondages pour comprendre qu'ici comme partout en France, l'emploi est au cœur des préoccupations.

"Mon vote ne fait pas changer les choses, il n'a pas de poids"

Alors, à moins d'un mois du premier tour, on demande à chacun de ces jeunes s'ils se sentent entendus par les politiques, s'ils ont l'espoir que leur situation s'améliore après les élections. Pour ces cinq-là comme pour tous ceux que nous croiserons pendant trois heures, la réponse sera là même : non. "Je ne sais pas même pas si j'irai voter ! assène Charlotte presque étonnée de la question. Qu'est-ce que ça va changer ? Rien !"


L'emploi est au cœur des préoccupations, et le vote qui se profile en avril prochain n'intéresse que peu de personnes rencontrées. © E.R

L'emploi est au cœur des préoccupations, et le vote qui se profile en avril prochain n'intéresse que peu de personnes rencontrées. © E.R

 

Ammar est du même avis : "A l'échelle nationale, ma situation, elle est infime. Même s'il y a un changement, je ne crois pas que c'est le fait que ce soit Hollande ou un autre qui va me faire retrouver un emploi !" Lui n'ira pas voter c'est sûr : comme Stressy, il ne s'est pas ré-inscrit sur les listes électorales. "En décembre, franchement, par rapport aux difficultés de ma situation, j'avais d'autres priorités..." Il évoque ses nombreuses démarches pour retrouver du travail, ses inquiétudes pour l'avenir.

Et finit par confier qu'en 2007, il y avait cru : il avait pris sa carte pour voter pour "Ségolène". "Sa défaite, je crois que ça a pesé psychologiquement : on s'était tous mobilisés ici et elle a perdu. Donc tu te dis que ça ne sert à rien de voter : mon vote ne fait pas changer les choses, il n'a pas de poids."

De tous, seul Ousmane est sûr de se rendre aux urnes le 22 avril. Ce sera la première fois. Pourtant, il ne croit pas non plus que les "contrats d'avenir" de François Hollande, le quota de 5% d'apprentis dans les entreprises de Nicolas Sarkozy ou l'investissement promis par Jean-Luc Mélenchon dans l'enseignement professionnel (voir les programmes) puissent changer sa situation. "Vu la tournure des choses, avec la fusillade de Toulouse et tout ça, je vais surtout aller voter pour que l'extrême droite ne passe pas, explique-t-il. Je veux juste éviter que ça empire. Mais pour mon quotidien, je ne crois pas que ça changera grand-chose."

A. L.


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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 13:14

LE MONDE | 28.03.2012 à 11h55 • Mis à jour le 28.03.2012 à 11h55

Par Catherine Vincent

 
L'abattoir Soviba du Lion-d'Angers.

Près de 1 500 personnes selon la préfecture, 3 000 selon les organisateurs, et un message unique sur les banderoles et les tee-shirts : "Nos voix pour les animaux." Organisée à Nîmes, samedi 24 mars, par sept associations, la Marche des animaux avait pour objet d'interpeller les candidats à l'élection présidentielle sur la souffrance animale. Parmi leurs revendications : la gestion des dérives de l'abattage sans étourdissement, dont la pratique excède largement la demande des consommateurs de viande halal ou casher.
 

"Depuis 1964, l'étourdissement préalable des animaux est obligatoire en France afin d'éviter la souffrance lors de l'abattage. Une dérogation permet toutefois d'abattre les animaux en pleine conscience, sans insensibilisation, dans le cadre strict de l'abattage rituel. Or, sous couvert de cette dérogation, de nombreux abattoirs français ont généralisé cette pratique en dehors de tout cadre religieux", rappelle le manifeste publié par ces associations.

Logique économique oblige, de nombreux industriels renoncent en effet à s'équiper de deux chaînes d'abattage, et mettent dans le circuit classique, en l'absence de toute traçabilité, d'importantes quantités de viande issue de l'abattage rituel.
 

"Alors que la demande en viande halal ou casher devrait correspondre à environ 10 % des abattages totaux, on estime que le volume d'abattage rituel atteint 40 % des abattages totaux pour les bovins et près de 60 % pour les ovins. Ce qui ne devait être qu'une dérogation s'est généralisé", confirme le Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux dans un rapport datant de novembre 2011.

Un constat toutefois démenti par son propre ministre de tutelle, Bruno Le Maire, pour qui seuls 14 % des bovins et ovins en tonnage, et 26 % en nombre d'animaux, sont abattus sans étourdissement.

"MAUVAISES MANIPULATIONS"

Au-delà des chiffres, la vraie question que pose cette dérive en termes de protection animale est la suivante : les souffrances des bêtes tuées sans étourdissement sont-elles plus importantes que dans les abattages conventionnels, comme le soutiennent les associations ? Globalement oui, répondent les scientifiques. Mais avec des nuances.

Effectué par électronarcose, au moyen d'une tige perforante provoquant des lésions mécaniques du crâne et du cerveau, ou par recours au gaz (technique peu usitée en France), l'étourdissement a pour but de faire perdre conscience à l'animal avant la saignée fatale.

D'après plusieurs études européennes, la tige perforante et l'électronarcose provoquent une perte de conscience immédiate lorsqu'elles sont bien utilisées. Ce qui n'est pas toujours le cas.
 

"Un des inconvénients majeurs de l'électronarcose, surtout quand elle est automatisée, est lié aux mauvaises manipulations, aux difficultés de positionnement des électrodes et à leur paramétrage. Incorrectement employées, elles peuvent stimuler des récepteurs de la douleur sans induire l'inconscience", soulignait Pierre Le Neindre, chercheur à l'Institut national de la recherche agronomique (INRA), dans un rapport sur les douleurs animales réalisé en 2009.

De même avec la tige perforante, pour laquelle les taux d'échec, et donc les risques de douleur, vont "de 6% à 16% chez les bovins dans les abattoirs commerciaux".

Dans le cas d'une saignée sans étourdissement, c'est la perte de sang qui induit l'inconscience, puis la mort. En combien de temps ? C'est là tout le problème. "Les études sur les ovins saignés directement montrent des résultats assez constants : 14 secondes en moyenne jusqu'à la perte de conscience. Chez la volaille, les résultats sont plus variables, entre 14 et 44 secondes", indique Claudia Terlouw, éthologue à l'INRA de Clermont-Ferrand.

DE LONGUES MINUTES D'AGONIE

C'est chez les bovins que la perte de conscience tarde parfois le plus : entre 17 secondes et 5 minutes chez les veaux, entre 19 secondes et 11 minutes chez les bovins adultes. Une variabilité qui s'explique, précise Mme Terlouw, par un double phénomène.

"D'une part, cette espèce dispose d'une artère vertébrale, qui n'est pas coupée lors de l'égorgement. D'autre part, certains bovins développent des caillots au niveau des extrémités des carotides coupées, qui limitent le flux de sang vers l'extérieur. Dans ces cas-là, l'artère vertébrale peut prendre le relais et continuer à irriguer le cerveau", détaille-t-elle. D'où l'idée, défendue notamment par l'association Œuvre d'assistance aux bêtes d'abattoirs (OABA), de pratiquer systématiquement, pour cette espèce, un étourdissement "post-jugulation".
 

"Dans ce cas, l'animal est conscient -comme l'exige le rituel- lorsqu'il reçoit du sacrificateur le geste de l'égorgement, et c'est un autre opérateur qui lui donne, quelques secondes après, le coup de pistolet à tige perforante", précise le docteur vétérinaire Jean-Pierre Kieffer, président de l'OABA.

L'idée, semble-t-il, fait son chemin dans la communauté musulmane. Le producteur de viande Charal, dans son installation de Metz réservée à l'abattage rituel, pratique ainsi systématiquement l'étourdissement après l'égorgement. Sans pour autant avoir perdu sa clientèle halal.

Reste que la souffrance, durant la période de l'abattage, commence largement avant celle de la mise à mort. Elle débute avec le transport des animaux vers l'abattoir, se poursuit durant les longues heures d'attente qui précèdent leur exécution. Autant d'étapes durant lesquelles les interventions humaines, la qualité des équipements et la promiscuité avec les autres animaux peuvent occasionner des douleurs.

Citant l'enquête qu'elle a récemment menée dans un abattoir commercial, Mme Terlouw raconte ainsi comment l'opérateur, afin de respecter les cadences dans l'un des couloirs de l'abattoir, utilisait "de manière intensive l'aiguillon électrique" sur l'arrière des bovins pour les faire avancer.

Si l'on veut réellement tenir compte de la souffrance des animaux d'élevage, c'est toute la conception de leur fin de vie qu'il faudra repenser.

Catherine Vincent

 

 

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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 13:09

LE MONDE | 28.03.2012 à 12h17

Par Jean-Michel Bezat avec Eric Albert (à Aberdeen)

 
La plateforme d'exploitation d'hydrocarbures de Elgin-Franklin de Total, en mai 2009.

Il est rare qu'une compagnie pétrolière évacue d'urgence l'une de ses plateformes. La fuite de gaz détectée dimanche 25 mars sur la plateforme Elgin Franklin en mer du Nord, à 240 km à l'est d'Aberdeen (Ecosse), a paru suffisamment grave aux dirigeants de Total pour qu'ils décident de ramener à terre par hélicoptère les 238 employés travaillant sur le site, avant de couper totalement l'alimentation de l'une des plus importantes installations de la major française dans le monde.

Mercredi matin, la situation était "stable", selon Total, mais toujours hors de contrôle. Un nuage de gaz, visible des plateformes voisines, se concentrait au-dessus d'Elgin où une torchère brûlait toujours.

 

ZONE D'EXCLUSION MARITIME

Dès lundi, les autorités britanniques avaient décidé de mettre en place une zone d'exclusion maritime de 2 milles marins (3,7 km) autour de la plate-forme et d'en interdire le survol à moins de 5,5 km, le nuage de gaz pouvant s'enflammer à tout instant.  

"C'est le plus gros incident pour Total en mer du Nord depuis au moins dix ans", a reconnu un porte-parole du groupe.

Les causes de la fuite, qui se situe selon Total sur la plate-forme et non à la tête du puits sous-marin, restent inconnues. "Des études sont en cours", indique l'entreprise, qui a déclenché un "plan d'urgence". Ses ingénieurs ne savent pas encore quelle solution retenir pour arrêter la fuite. Ils n'excluaient pas, dès mardi, le creusement d'un puits de secours, qui prendrait environ six mois, pour faire baisser la pression dans le puits principal.

En revanche, une intervention sur la plateforme elle-même, plus rapide et sans doute moins coûteuse, risque d'exposer la vie des techniciens. Le souvenir de la tragédie de Piper Alpha reste ancrée dans la mémoire des pétroliers : l'explosion de cette plateforme gazière de la mer du Nord, le 6 juillet 1988, avait causé la mort de 167 personnes (62 survivants). Et entraîné un renforcement des normes et des consignes de sécurité.

A Aberdeen, capitale britannique de l'industrie pétrolière, l'accident a créé la stupeur. "C'est sans précédent, commente un dirigeant d'une entreprise de sous-traitance pétrolière. La plate-forme est entourée d'un nuage de gaz hautement explosif et cela va être très difficile de s'approcher et d'y travailler." Il rappelle qu'Elgin est un gisement dit "HP/HT", autrement dit haute pression (1100 bars) et haute température (190 ºC). "Cela complique d'autant plus la tâche", ajoute-t-il.

Total reconnaît que ces réservoirs enfouis à 5 300 m (pour seulement 100 m d'eau) sont "des sortes de gigantesques Cocotte-Minute". L'architecture géologique de la zone est d'une grande complexité. Et le gaz comme les condensats (pétroles très légers) sont acides et corrosifs en raison d'importantes teneurs en dioxyde de carbone et sulfure d'hydrogène. Autant de contraintes que Total avait surmontées pour mettre ces gisements en production en 2001 et qui en faisaient "une référence mondiale".

 

LE "PUITS DE L'ENFER"

Elgin n'en reste pas moins le "puits de l'enfer", y compris pour certains pétroliers. Cité sur le site de l'association écologiste norvégienne Bellona, un responsable des syndicats de salariés travaillant dans l'offshore britannique, affirme que Total avait déjà rencontré d'importantes difficultés, et à de nombreuses reprises, sur ce puits. Au point, selon Jake Malloy, d'avoir pris la décision, il y a quelques semaines, d'essayer de le "tuer". Il sera "difficile d'éviter une explosion" pour Frederic Hauge, président de Bellona, assurant qu'"il s'agit d'une situation critique qui est hors de contrôle".

Selon Alex Kemp, professeur à l'Université d'Aberdeen et l'un des meilleurs spécialistes des hydrocarbures en mer du Nord, l'accident est, potentiellement, de même ampleur que la marée noire dans le golfe du Mexique. Non pas au niveau de la pollution, puisque le gaz et les condensats s'évaporent en quelques heures, mais au niveau du temps nécessaire pour arrêter le flot de gaz s'échappant du puits. Mardi, Total estimait que les irisations constatées à la surface de la mer étaient dues à des boues de forages et des produits légers pour un volume estimé à 30 m3. "Les premières indications montrent qu'il n'y a pas d'impact significatif sur l'environnement", indiquait le groupe.

C'est un coup économique très dur pour Total, et pour son image. Les plates-formes d'Elgin et de Franklin produisent 130 000 barils d'équivalent pétrole par jour, dont 60000 vont au groupe français, opérateur avec 46,17 % des parts, le reste allant à ses partenaires, notamment l'italien ENI.

La production théorique pourrait même atteindre 230 000 barils. Avec Alwyn au Nord et Elgin Franklin, sa filiale britannique y extrait l'essentiel de ses hydrocarbures, plaçant le groupe en troisième position dans cette région derrière BP et Shell.

La mer du Nord britannique est stratégique pour le groupe dirigé par Christophe de Margerie. Elle ne représente que 7 % de sa production mondiale, mais il a décidé d'y réinvestir massivement depuis quelques années. Au nord-ouest des îles Shetland, Total a prévu de mettre en production, en 2014, les champs de Laggan et Tormore, et y investir 2,8 milliards d'euros. L'un de ses projets de développement stratégiques.

Jean-Michel Bezat avec Eric Albert (à Aberdeen)

6 milliards d'euros perdus à la Bourse de Paris

Le souvenir de la catastrophe de Deepwater Horizon dans le golfe du Mexique en avril 2010 a immédiatement joué sur les marchés : l'action Total a perdu 5,96 % (à 38,56 euros) à la Bourse de Paris, mardi 27 mars, soit 6milliards d'euros.

Les investisseurs redoutent que la compagnie soit confrontée aux mêmes types de difficultés rencontrées par BP après la marée noire de 2010. C'est en tout cas la crise la plus grave traversée par Total.

Les analystes de CM-CIC Securities chiffrent le coût de l'accident à 150 à 200 millions de dollars (112 à 150 millions d'euros), mais "beaucoup plus si la situation perdure des mois".

 

 

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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 13:02

Le Monde.fr | 28.03.2012 à 14h55 • Mis à jour le 28.03.2012 à 14h55

Par Cécile Chambraud

 
La réforme du marché du travail est contestée dans le sud de l'Europe.

Une grève générale en Espagne, jeudi 29 mars, un gouvernement en difficulté en Italie, des manifestations au Portugal et en Grèce : les réformes du marché du travail décidées par les Etats placés sous assistance financière ou menacés de l'être ne passent pas sans mal dans la zone euro. Elles cristallisent aujourd'hui les mécontentements de populations soumises par ailleurs aux conséquences souvent drastiques de sévères coupes budgétaires.

Lire En Italie, Mario Monti met sa démission dans la balance

Lire Les Espagnols en grève générale contre la réforme du marché du travail

Après les réformes des retraites conduites sans trop de tensions sociales un peu partout, les Etats revisitent un second pilier du "modèle social européen". Le statut des salariés, leur degré de sécurité dans l'emploi, leurs droits face à leurs employeurs et, par ricochet, le niveau de leur salaire, bref, tout ce qui conditionne leur vie quotidienne, leur fonctionnement familial et leurs perspectives d'avenir est en passe d'être modifié. Plusieurs pays ont conduit de telles réformes ces dernières années.

Voulu par le social-démocrate Gerhard Schroeder, l'Agenda 2010 a réformé le marché du travail allemand à partir de 2003. Ce tournant a favorisé le rétablissement spectaculaire de la compétitivité de la première économie européenne. Il a aussi provoqué le développement des "mini-jobs" et donc des travailleurs pauvres. Depuis le déclenchement de la crise, l'Estonie, la Slovaquie, la République tchèque entre autres ont assoupli leur marché du travail.

FLEXIBILISER LES CONTRATS DE TRAVAIL

Les réformes engagées dans les quatre pays du sud - Espagne, Portugal, Italie, Grèce - et qui valent aujourd'hui des difficultés à leurs gouvernements ont cela de particulier qu'elles ont été demandées par les bailleurs de fonds actuels ou potentiels de ces pays (Fonds monétaire international, institutions de l'Union européenne). Le 1er mars, douze chefs de gouvernement regroupés autour du Britannique David Cameron, de l'Italien Mario Monti, de l'Espagnol Mariano Rajoy et du Néerlandais Mark Rutte avaient d'ailleurs publié une feuille de route d'inspiration libérale pour sortir de la crise. Les réformes du marché du travail y figuraient en bonne place.

Ces réformes ont pour points communs d'assouplir les conditions de licenciement et de flexibiliser les contrats de travail dans le but affiché de favoriser les embauches. Les dirigeants d'entreprises, délestés de ce qui est présenté comme des obligations trop contraignantes, ne craindraient plus d'embaucher. Mariano Rajoy en a fait son premier acte de gouvernement après l'aide au secteur bancaire. Les Pays-Bas, l'Autriche et la Slovénie projettent aussi une telle réforme. La France aura du mal à rester à l'écart de ce mouvement général. Après l'élection présidentielle.

Cécile Chambraud

 

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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 11:55

 

 

ACTUALITE ET CONTEXTE DU MOUVEMENT EN FRANCE ET A L'INTERNATIONAL 
Newsletter n°3, mars 2012 https://n-1.cc/pg/pages/view/1203011


Précédentes (et prochaine) newsletters https://n-1.cc/pg/pages/view/1195240
I/ AGENDA
II/ COORDINATION : CONSTRUIRE ENSEMBLE...
III/ DES NOUVELLES D'ICI ET LA


I/ AGENDA
« 2012 : La route vers la dignité »
Agenda d'une "révolution mondiale"
MARS
  • 29 mars : Conférence médias concernant l'expérimentation du revenu de vie à Paris (et monnaie locale, théorie alternative de la monnaie).
AVRIL
  • 5 avril : Transition day*
  • 14 avril : départ de Saint Denis de la marche des banlieues d'Ile-de-France ( à confirmer) 
MAI 
  • 5 mai : transition day* 
  • 15 mai : appel à une grève internationale (https://n-1.cc/pg/pages/view/1011418?) ;  projet en Espagne d’organiser le départ des villes des familles  expulsées et sans emploi pour repeupler des villages abandonnés et les  autogérer (source : discussion à Rome, à vérifier) 
  • 15 mai - 15 juillet : organisation d'un référendum sur la dette en Espagne (projet en discussion en France)
JUIN 
JUILLET 
  • 5 juillet : transition day* 
  • 12-15 juillet :  forum social Maghreb/Mashreq à Monastir (Tunisie) avec projet  d’invitation aux différents mouvements pour une assemblée globale  (source : altermondialistes – global assembly, à confirmer) 
OCTOBRE
  • 15 octobre : mobilisation en Afrique pour l'anniversaire de l'assassinat de Sankara, jeune leader africain qui était engagé contre la dette ; projet de mobilisation euroméditerrannéenne contre la dette. 
*Transition day : le 5 de chaque mois (et en particulier le 5 mai), il est proposé d’appeler les citoyens à changer de banques (http://transitionday.takethesquare.net/,  https://n-1.cc/pg/groups/475371/5th-of-november-transition-day/,https://n-1.cc/pg/event_calendar/view/1075798)
II/ COORDINATION : CONSTRUIRE ENSEMBLE...
1) Coordination internationale
Espace de coordination 12M15M : http://titanpad.com/proposalfor12and15May 
Site international de préparation des mobilisations de mai 2012 http://www.globalmay.org/index.php/en/ 
Newsletter 12M15M: https://n-1.cc/pg/pages/view/1246594 (les 12M dans le monde)
Sites ressources à l'international :  
Site ressources des marches dans le monde : http://www.scoop.it/t/pie-rebelde
Marche vers Athène http://www.march2athens.tk/
Base de données sur les assemblées, actions, campements, manifestations : http://map.squaresdatabase.org/ 
Newsletters des différentes villes : https://n-1.cc/pg/pages/view/1205535 
Newsletters internationales de Londres : ttp://piratepad.net/PQ0My8wbUR.  
Occupy theory, occupy strategy, March 2012, spring is coming http://occupytheory.org/files/TIDAL2_FINAL.pdf 
2) Projet de grève internationale le 15 mai
Traduction française du projet en discussion d'appel à une grève internationale le 15 mai :https://docs.google.com/document/d/1nj4OnFT6th1DYkQJxa9Ge6mNFwYkxXmVUIqkK6quhCo/edit  
3) Coordination France 
4) Coordination marches Paris 2012 
Site des marches Paris 2012 : http://www.marche-paris-2012.com/ 
Blog de la marche des possibles de Marseille : http://marche-marseille-paris.blogspot.com/ (voir notamment le communiqué : http://marche-marseille-paris.blogspot.fr/2012/03/marche-marseille.html)
III/ DES NOUVELLES D'ICI ET LA
Portugal 
Grève générale le 22 mars http://takethesquare.net/2012/03/23/general-strike-report-from-lisbon/, rassemblements de solidarité à Paris, à Tunis, et à Athènes www.facebook.com/events/340570839322920/  
Marseille 
Les Indignés du quartier de la Belle-de-Mai, à Marseille, ont organisé une fête et des assemblées thématiques sur la place https://n-1.cc/pg/file/read/1246598/tract-marseille-24-mars
Les indignés de Marseille contre le le forum mondial de l'eau http://marseille.indigne-e-s.net/2012/03/tract-de-la-manifestation-contre-le-forum-mondial-de-leau/
Nantes 
Occupation de supermarchés le 24 mars pour protester contre l'implantation d'un aéroport, un centre commercial et l'autoroute qui va avec. http://www.fruncut.org/actions/284
Barcelonne 
Campagne pour fermer les centres de détention des étrangers et manifestation de 300 personnes le 24 septembre https://n-1.cc/pg/pages/view/1246500 
Occupations les 28-29 février d'université, de lycées, de centres de soins pour protester contre les coupes budgtétaires 
Autres nouvelles de Barcelone : https://n-1.cc/pg/pages/view/1246560 
Lilles 
Départ le 24 mars de la marche de Lille pour Paris (http://www.marche-paris-2012.com/category/marches/chti/) 
Athènes
Clermont-Ferrand
Occupation par les indignés de 2 banques vendredi 16 mars
Aix-en-provence
Organisation le samedi 31 mars d'une troisième rencontre avec les habitant-e-s du quartier du Jas Place des Dauphins, près du centre social des Amandiers, Jas de Bouffan  
Les marches internationales vers Athènes 
Les marches parties de Nice en novembre 2011 sont arrivée en Grèce le 15 mars après avoir traversé le Sud de la France, l'Italie et la mer Adriatique. Elles devraient arriver à Athène le 5 mai.  
Équateur
Le 11 mars 30 000 peronnes ont manifesté pour l'eau, la vie, la dignité, et contre le gouvernement de Correa, suite à la signature par le gouvernement d'un contrat avec l'entreprise minière Ecuacorriente pour l'exploitation de gisements de cuivre en Amazonie
Russie 
Suite aux élections du 4 mars qui ont vu la victoire de Poutine, mobilisation importante en Russie ; plusieurs milliers de manfiestants samedi 10 mars à Moscou 
interpellation d'une centaine d'opposants lors de rassemblements interdits à Saint Persbourg et Nijni Novgorod 
Montpellier 
Participation des indignés le 17 mars à la marche contre le racisme et le colonialisme.
Francfort 
Réunion de préparation des actions à Francfort en mai (blocage de la BCE le 18 mai, manifestation le 19 mai), adoption d'une résolution commune http://www.european-resistance.org/fr/ak/resolution
Pologne
Manifestation de solidarité avec la Grèce le 25 mars https://n-1.cc/pg/pages/view/1246505
Pays-Bas 
Suite à des restrictions dans les dépenses de nettoyage (marchés avec les sous-traitants), grève le 27 février de salariés des entreprises de nettoyages, occupation d'une université d'Amesterdam avec l'aide d'activistes indignés. 
Chili 
Royaume Uni
Campagne pour changer de banque le mois de mars http://www.moveyourmoney.org.uk/move-your-money-month 
Stockolm
Expulsion du campement le 29 février après 138 jours d'occupation, occupation à présent d'un nouveau lieu central à Stockolm
Toulouse
La marche de Toulouse est partie pour Paris le 11 mars. 
Paris 
Occupation de banques le 3 mars en solidarité avec la Grèce "Occupons les banques, occupons la dette, nous sommes tous grecs"
Rassemblement de solidarité avec le Portugal le 22 mars http://paris.reelledemocratie.net/node/1162 
Participation à la commémoration nationale des victimes de la police http://paris.reelledemocratie.net/node/1193 
Proposition de coopération de la commission juridique Paris aux autres assemblées http://paris.reelledemocratie.net/node/1203 concernant les moyens à mettre en oeuvre juridiquement pour défendre le droit à l'expression populaire dans l'espace public
Tricastin 
campement devant  la centrale  nucléaire sur le thème  du rapport entre démocratie et  politiques  industrielles et énergétiques  + coordination régionale https://www.facebook.com/events/167738386668747/
Londres 
Dublin 
Expulsion du campement de Occupy-Dublin le 8 mars  http://www.guardian.co.uk/world/2012/mar/08/irish-police-clear-occupy-site   
Columbia, Etas-Unis 
Prise de position commune d'étudiants et travailleurs de l'Université de Columbia contre les attaques de l'université contre les salaires, le système de santé, les frais d'université et les retraites.  http://www.columbiaspectator.com/2012/03/06/take-a-stand-for-Columbia-s-workers
  
Chicago 
Le sommet du G8 prévu à Chicago sera déplacé à Camp David, ce qui est considéré comme une victoire par Occupy Wall Street (il y avait un projet d'occupation de Chicago en perspective de l'OTAN) http://occupywallst.org/article/facing-mass-protest-obama-hides-g8-camp-david/    (http://takethesquare.net/2012/01/27/adbusters-tactical-briefing-25-occupy-chicago-on-may-1/) 
Ankara (Turquie) 
La confédération syndicale "DISK" a tenu une conférence de presse devant le ministère du Travail de Turquie, pour dénoncer un projet de loi sur les relations collectives qui viole les droits prévus par les conventions internationales n°87 et 98 de l'OIT (organisation internationale du travail), la Charte sociale européenne, la Convention des Nations Unies sur les droits économiques, sociaux et culturels ainsi que le 90ème amendement à l' Constitution de la République de Turquie. 
Portland
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