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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 17:59

 

http://www.francetv.fr/info/live/message/4f8/898/131/cc6/f02/c3f/2e6/615.html

FTVi - il y a 20 heures

 

Un peu de yoga avant d'aller manifester. Les indignés d'Occupy Wall Street ont installé leurs duvets au coin de la rue du même nom, bien décidés à reprendre leur mouvement contre la finance toute puissante. Plusieurs manifestants ont été arrêté aujourd'hui. 

 

ANDREW BURTON / REUTERS 

 

 

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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 17:55

 

Publié par Poetes Indignes le 13/04/2012

 

Les discussions sur les soldes des actifs nationaux grecs se sont terminées, Athènes est passé aux actes concrets. Gazprom participe par exemple à l’appel d’offres lancé pour l’achat du géant gazier DEPA.  
Les compagnies pétrolières et les compagnies des eaux, les autoroutes et les chemins de fer, les aéroports, les ports maritimes et les stations balnéaires sont mis en vente. Cependant, il ne s’agit pas de la perte de la souveraineté, racontent les experts.

Le gouvernement grec vend ses parts dans l’économie nationale aux investisseurs étrangers dans le cadre de la privatisation, coordonné avec les créditeurs de l’UE et le FMI. Pour recevoir leur  aide les Grecs doivent réduire les dépenses budgétaires de 20 milliards d’Euros d’ici à 2015. D’ici à 2017 cette somme doit atteindre 50 milliards. L’année dernière Athènes hésitait à procéder à la privatisation et elle négociait avec les investisseurs potentiels en les rebutant par leur lenteur. Cependant, la situation a poussé la Grèce à se dépêcher. Le Vice-président de l’Association des entrepreneurs Delovaya Rossia Anton Danilov-Danilian a raconté à La Voix de la Russie que ces derniers temps les Grecs en Russie sont devenus beaucoup plus actifs. Les représentants de l’ambassade grecque et l’ambassadeur  visitent souvent des forums différents où participent les investisseurs russes et ils les invitent activement en Grèce.

 

En octobre 2011 les grecs ont négocié avec le monopoliste russe les Chemins de fer de Russie sur la vente possible  des Chemins de fer de Grèce. Les Grecs ont également intéressé la partie russe par la participation possible à la privatisation de la compagnie minière de nickel  « Larco ». Cette année plusieurs investisseurs russes  vont prétendre aux compagnies grecques: le géant gazier DEPA et la compagnie pétrolière Hellenic Petroleum.

 

La Turquie est très intéressée par les ventes qui commencent en Grèce. Les voisins les plus proches des Grecs  s’intéressent aux ports maritimes du Pirée et de Thessalonique, aux stations balnéaires et aux biens immobiliers qui s’y trouvent. Bien sûr les soldes grandioses ne vont pas se passer sans la participation des compagnies américaines et européennes.  Cependant, si cette liquidation peut résoudre même partiellement les problèmes grecs, finalement elle pourrait mettre le pays dans une situation encore plus difficile, a souligné dans son interview accordée à La Voix de la Russie le Directeur de l’Institut des problèmes de la mondialisation Mikhaïl Deliaguine.


Le problème de la Grèce ne consiste pas en ce qu’elle a des dettes, mais il consiste en ce que l’industrie n’y est pas très développée. Et quand elle aura vendu ce qui travaille et rapporte, elle aura encore moins de production. Il n’est pas certain qu’elle puisse “exister” après cela. Après l’adhésion de la Grèce à l’UE il ne s’agissait plus de l’indépendance économique. Surtout, après son entrée dans la zone euro. Toutes les décisions économiques sont prises par d’autres. L’UE définie tout ce qui est lié aux règles du jeu. C’est pourquoi heureusement la perte de la souveraineté ne menace pas la Grèce parce qu’elle n’en a pas depuis longtemps “.

 

Du point de vue stratégique l’économie grecque ne pourra pas sortir elle-même de cette impasse, croit Deliaguine, parce que la Grèce  fait partie du problème européen et c’est un fragment de la crise globale. Cependant, le fait que les investisseurs russes peuvent devenir possesseurs des actifs grecs est une très bonne nouvelle.


La Voix de la Russie

 

Cri du Peuple 1871 : http://www.mleray.info/article-la-grece-a-commence-la-braderie-de-ses-actifs-nationaux–103286454.html

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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 17:48

 

Publié par Poetes Indignes le 13/04/2012

 

 

Alors qu’en France, 2ème pays le plus surévalué d’Europe, l’immobilier est en passe de corriger, voire de plonger, dans d’autres pays les prix s’envolent en raison des politiques monétaires irresponsables des banques centrales.

“À Berlin, les prix immobiliers ont augmenté de près de 10% en un an. À Toronto, où il se construit deux fois plus de gratte-ciel qu’à New York, les prix sont en hausse de 30% depuis 2006. En Australie, ils ont augmenté de 15,5% depuis 2007. Malgré la crise – ou à cause d’elle ! -, les bulles immobilières resurgissent.

Au Canada, les autorités s’en inquiètent. Les prix nationaux seraient surévalués de 75% par rapport aux loyers. En Australie, la bulle reste alimentée par  l’immigration et la hausse des prix des matières premières, mais personne ne s’en soucie. “Cela fait pourtant penser à l’Espagne des années 2006-2007 !”, remarque l’économiste Patrick Artus.

En Europe, où les dernières bulles n’ont pas fini d’éclater en Espagne, en Irlande ou au Royaume-Uni, c’est le cas allemand qui intrigue le plus. En un an, les prix de l’immobilier ont grimpé de plus de 5% outre-Rhin. Dans le centre de Munich ou de Hambourg, les prix s’envolent, alimentés par des acheteurs étrangers.

Le phénomène est si nouveau, en Allemagne, qu’il mobilise l’attention des médias. Le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, s’en est ému dans une note officielle. Il tire argument de la hausse des prix immobiliers allemands pour demander à la Banque centrale européenne (BCE) de replier ses mesures d’assouplissement monétaire, qui ont abouti à injecter quelque 1000 milliards d’euros de liquidités dans le circuit du crédit depuis le mois de décembre.

Le bulle allemande a beau être modeste, comparée au reste du monde, le président de la “Buba” n’a pas tardé à trouver le coupable: cet argent frais injecté par milliards par les banques centrales depuis le début de la crise, en sus des taux d’intérêt maintenus à des taux historiquement bas, entre 0,25% et 1% de part et d’autre de l’Atlantique.

La politique monétaire de la Fed, la Banque centrale américaine – sur laquelle se calque la Banque centrale du Canada – et la thérapie de choc de la BCE écrasent les taux d’intérêt à court et long terme, notamment les rendements des obligations d’État à 10 ans, à partir desquels sont calculés les taux d’emprunts immobiliers des ménages qui s’endettent à taux fixe.


Les banques centrales doublement responsables

Profitant de l’aubaine, les ménages des pays les moins touchés par la crise financière de 2010 – Allemagne, Pays-Bas – s’endettent, parfois jusqu’à l’excès, comme au Canada, et font grimper les prix. Les spéculateurs, comme toujours, se joignent à la partie, moins à Berlin qu’à Vancouver, où les prix au mètre carré, comparés aux revenus disponibles, sont les plus élevés du monde anglo-saxon.

Les banques centrales sont doublement responsables. Non seulement elles baissent les taux, mais, en imprimant des billets, elles alimentent les craintes d’inflation et l’appétit pour les valeurs sûres, dont la pierre fait partie.

En Europe, la crise de la dette a propulsé l’immobilier au sommet des valeurs refuge, notamment en Allemagne. Alors qu’ils privilégiaient les dettes d’État italiennes ou espagnoles jusqu’en 2010, les investisseurs institutionnels allemands placent désormais leurs excédents d’épargne dans l’immobilier commercial. Les ménages qui ont de l’épargne à placer font le même raisonnement”.


Le Figaro, le 2 avril 2012

Source: http://olivierdemeulenaere.wordpress.com

 


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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 17:42

 

leparisien.fr

AURÉLIE FOULON | Publié le 14.04.2012, 09h16

 

Les Indignés entament demain une marche de 200 km à travers la banlieue parisienne. La première étape les conduit à Villiers-le-Bel via Sarcelles.

 

 

| LPI


Ils espèrent rassembler plusieurs milliers de marcheurs. Un an après la naissance du mouvement des Indignés qui a puisé son nom dans le petit manifeste de Stéphane Hessel célébrant l’esprit de résistance contre le creusement des inégalités, les contestataires tentent de relancer la mobilisation. Ils se retrouvent aujourd’hui à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) avant de s’élancer demain pour la Marche des banlieues, un périple de 200 km passant par une vingtaine de communes d’Ile-de-France.


« Injustices, pauvreté, précarité, chômage, contrôles et violences policières… » : les Indignés pointent « les conditions de vie qui se dégradent de jour en jour » et dénoncent « l’absence de démocratie réelle », critique Christophe Berteloot, l’un des membres du mouvement qui rêve de la fin de l’organisation de l’exercice du pouvoir en « structure pyramidale ».

Après avoir établi un campement dans le quartier d’affaires de La Défense à l’automne dernier, comme leurs homologues l’avaient fait avant eux en Espagne, en Grèce, en Belgique, au Portugal ou aux Etats-Unis, les Indignés veulent donner de l’ampleur à leur mouvement. « Il est temps de sortir de Paris pour aller à la rencontre des Parisiens qui, en fait, habitent majoritairement la banlieue », notent-ils.

Dans le 95, ils parleront des violences policières et de l’argent


Un rassemblement se tient aujourd’hui à Saint-Denis, où ils ont prévu de « se greffer au lancement du comité antiexpulsions constitué avec le DAL (Droit au logement) ». Leur départ pour Villiers-le-Bel, via Sarcelles, se fera demain à 15 heures. « On a choisi les étapes en fonction des invitations ou des tensions sociales. Villiers-le-Bel, c’est parce qu’on a été très présents au procès des jeunes accusés d’avoir participé aux émeutes en 2007 », affirme Christophe Berteloot, rappelant que la collision avec une voiture de police qui a coûté la vie à deux ados « n’a toujours pas fait l’objet d’un procès ». « Nous sommes des personnes ordinaires qui vont à la rencontre des citoyens », ajoutent encore les Indignés,, qui comptent tenir des « assemblées populaires » et établir un campement pour la nuit à chaque étape. Après « les violences policières » à Villiers-le-Bel et Argenteuil, ils ont prévu de parler « logement » à Montreuil (93), « fracture sociale » à Champigny-sur-Marne (94), « travail et aliénation » à Bagneux (92) ou encore de « l’argent, une drogue » à Enghien-les-Bains. Les Indignés espèrent ainsi « créer une articulation, faire converger les luttes existantes sur les différentes thématiques et peut-être créer des alternatives qui vont dans le sens de la dignité humaine, de la transformation sociale ».

Le Parisien

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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 17:37

 

| Par La rédaction de Mediapart

Au menu de ce quatrième épisode de notre grand débat : Les économistes sont-ils coupables?

 


 

Avec :
Anton Brender, chef économiste de Dexia Asset Management, professeur associé à Paris-Dauphine 
Xavier Timbeau, directeur du département analyse et prévision à l'OFCE
Gilles Raveaud, professeur d'économie à Paris-8
Laurent Mauduit pour Les Imposteurs de l’économie (éd. Jean-Claude Gawsewitch)

Voici les différents articles publiés avant cette émission :

Les agents doubles de la pensée unique

L'OPA de la finance sur la recherche économique

L'économie doit sortir de la pensée unique

Les imposteurs de l'économie, le débat à Chaillot (1)

Les imposteurs de l'économie, le débat à Chaillot (2)

 

*Pour accéder aux liens, appuyer sur la touche "Ctrl" de votre clavier + cliquer gauche sur la ligne du lien


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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 17:23
| Par Jade Lindgaard

 

C’est l’une des questions les plus déterminantes du débat énergétique européen : en sortant du nucléaire, l’Allemagne va-t-elle brûler plus de charbon et de gaz, et détériorer son bilan carbone ? Bien évidemment, assurent les défenseurs de l’atome, pour qui l’argument climatique est devenu premier (voir par exemple ce billet de l’association Sauvons le climat).

En réalité, cette affirmation est contredite par les données énergétiques allemandes : en 2011, l’Allemagne n’a pas compensé la fermeture d’une partie de ses centrales nucléaires en brûlant plus de gaz et de charbon, mais en réduisant ses exportations d’électricité et en augmentant sa production d’énergie de source renouvelable. Telle est l'analyse du chercheur Andreas Rudinger dans une passionnante note rédigée pour l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri). Cela ne garantit pas qu’elle parvienne à respecter ses objectifs de réduction des gaz à effet de serre (– 80 % en 2050). Mais c’est un sérieux indicateur qu’elle s’est mise en situation de le faire.

« Les décisions post-Fukushima ne constituent ni un renversement brutal de la politique nucléaire existante, ni un obstacle majeur à la réalisation des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre », explique ce spécialiste en politiques énergétiques et climatiques. A la suite de l’accident japonais de Fukushima Daiichi, Berlin a décidé l’arrêt anticipé de huit réacteurs (sur un total de dix-sept). Long d’une vingtaine de pages, cet article détaille, chiffres à l’appui, les paradoxes du tournant énergétique allemand. Sa lecture va à l’encontre de bien des idées reçues si souvent claironnées en France.

D’abord, la production d’électricité d’origine fossile n’a pas augmenté en 2011 par rapport à 2010, calcule Andreas Rudinger. Une stabilité permise par la diminution de la consommation intérieure brute (2 TWh), alors que la production de renouvelables a gonflé de 19 %. A l’avenir, les scénarios officiels font état, de plus, de l’ambition de ne pas compenser la perte des capacités nucléaires par un recours accru aux centrales à combustion fossile. Pourtant, l’Allemagne est bien en train de construire des centrales fossiles (10 Gigawatt). Mais, les installations en construction « visent en premier lieu à remplacer des centrales vétustes et polluantes par des centrales plus efficaces (…) et à réduire la part des centrales thermiques à charbon au profit de centrales à gaz et à co-génération», révèle le chercheur. C’est ce paradoxe qui explique que, contrairement à ce qu’affirment les pro-nucléaires, l’Allemagne peut à la fois construire de nouvelles centrales à gaz et améliorer son bilan carbone.

 

La fin du plus important conflit technico-politique

Ensuite, l’Allemagne a « considérablement réduit sa marge d’exportation » sans pour autant devenir exportatrice nette d’électricité, sur l’ensemble des échanges avec les pays transfrontaliers. Sur ce sujet, il y a bien une exception française, puisque l’année dernière, la France est, pour la première fois depuis de longues années, devenue exportatrice d’électricité vers son voisin allemand.

Mais cette exception n’est pas représentative de la situation de la balance commerciale de notre voisin : l’Allemagne est exportatrice nette sur toute la période observée, malgré la fermeture de réacteurs nucléaires, avec une marge d’exportation de 6,3 Terrawattheure (TWh). Les importations ont progressé de 18 % entre 2010 et 2011, mais les exportations n’ont diminué que de 6,5 %. Surprise : l’Allemagne a été importatrice nette pendant les mois les plus chauds, pourtant moins consommateurs, et fortement exportatrice pendant la période la plus froide. Pourquoi ? « Elle souhaite maintenir des capacités à l’export pour profiter de la variation des prix du marché dans une logique d’optimisation économique », analyse le chercheur.

Ce n’est pas qu’une question de kilowatt et de tuyau, mais aussi de consensus politique, pointe par ailleurs l’article de l’Iddri. La réforme de la politique nucléaire, le 30 juin 2011, a reçu 83 % d’approbation, avec le soutien des quatre grands partis (CDU, SPD, FDP et Verts). Cette union nationale signe la fin du « plus important conflit technico-politique de ces quarante dernières années ». C’est un « déclencheur politique ». Et elle rend ainsi possible l’adhésion collective à un ambitieux projet de transition énergétique à l’horizon 2050.

Finalement, conclut le chercheur, la décision de sortie du nucléaire n’apparaît que comme « une étape intermédiaire » de la transformation du modèle énergétique allemand. Une difficulté supplémentaire, dans la perspective de la sortie du carbone pour lutter contre le changement climatique. Mais un problème surmontable.

Un an après l’accident de Fukushima, l’Allemagne emprunte donc la voie d’une sortie du nucléaire et d’une lutte maintenue contre le changement climatique. Preuve, pour l’instant, que ces deux horizons ne sont pas incompatibles.


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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 17:15

Médiapart - 13 Avril 2012 Par Michel Puech


Asma le 19 février 2011 sur l'avenue Habib Bourguiba  
Asma le 19 février 2011 sur l'avenue Habib Bourguiba © Hamiddedine Bouali

Depuis le 15 mars et jusqu’au 28 juin, l’Hôtel de la Région PACA à Marseille offre une vue exceptionnelle sur les faits, les gestes et les visages des héros inconnus qui,  depuis plus d’un an, font les révolutions arabes dans les rires et le sang.


Le 15 mars dernier nous étions au vernissage,  un tout petit groupe de journalistes, principalement composé de photographes auteurs de quelques unes des 194 images exposées et de Jean-Pierre Perrin, grand reporter au quotidien Libération, rédacteur des textes qui éclairent le cheminement des évènements dans tous les pays arabes. Il y avait deux ou trois confrères locaux, mais  j’étais, comme on dit sur la Cannebière, le seul « parisien » !  Aucun titre national n’avait daigné dépêcher ne serait-ce qu’un stagiaire pour le vernissage d’une exposition de cette ampleur sur un tel sujet ! Cela dit quelque chose sur la situation de la presse française.

 

Hamiddedine Bouali devant sa photo 
Hamiddedine Bouali devant sa photo© Michel Puech / www.a-l-oeil.info

 

Même les hebdomadaires qui se vantent d’être « culturels »,  n’ont, à l’heure où j’écris, osé affronter trois heures de TGV.  Télérama que l’on trouve pourtant en bonne place dans une recherche Google sur «Printemps arabes à Marseille » n’offre en fait, si on à l’imprudence de cliquer,  que quelques publicités sans grand rapport.  De la pure escroquerie à l’audimat ! 

 

« L’analphabète de demain » écrivait déjà en 1928 Läzlo Moholy-Nagy « ne sera pas celui qui ignore l’écriture, mais celui qui ignore la photographie.»

 

Si je commence par un coup de gueule, c’est qu’à la lecture des commentaires qui suivent parfois les hommages aux  reporters qui ont trouvé la mort sur ces terrains, je lis trop souvent la « connivence », le « corporatisme », bref la suspicion envers une profession qui serait proche, trop proche des élites et qui se complairait dans l’autocongratulation. 

 

Michel Vauzelle écoute les commentaires d'Alain Mingam 
Michel Vauzelle écoute les commentaires d'Alain Mingam© Michel Puech

 

Disons le tout net,  si l’on juge d’après « les retombées presse », Michel Vauzelle président de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur  n’a pas l’air d’être en cour dans les rédactions.  Pourtant son initiative de lancer un appel d’offres pour une telle manifestation dans ce port de la Méditerranée trop connu par ces faits divers ne manquait pas de panache, ni d’embûches.  Quant au commissaire de l’exposition, Alain Mingam, ancien photographe récompensé par le World Press Photo, il a sûrement le tort, entre autres missions, d’avoir été rédacteur en chef des agences photo Sygma et Gamma.  Cette somme d’incompétences notoires a dû dissuader les confrères de venir voir le travail. Et pourtant, il a surmonté les embûches !

 

« Qu’il dégage ! » crient les manifestants

 

 
© Rafael Yaghobzadeh

 

Imaginez, à quelques centaines de mètres de la Gare Saint-Charles, en face de la célèbre Porte d’Aix qui est à Marseille ce qu’est l’Arc de Triomphe à Paris, mais en plus pacifique, l’édifice fut construit certes en l'honneur de Louis XIV, mais également en mémoire de la paix qui mettait fin à la guerre de l'indépendance américaine. Donc, en face de cette Porte d’Aix, la Région a construit son Hôtel qui abrite l’hémicycle où se réunissent les élus.  Pour accéder à ce lieu démocratique par essence, les notables comme le public passent devant de très grands portraits d’inconnus des révolutions réalisés par le photographe  Johann Rousselot.

 

Naziz, étudiant syrien de 22 ans 
Naziz, étudiant syrien de 22 ans© Johann Rousselot



Ensuite  le visiteur de « Printemps arabes » se retrouve dans un enchaînement de couloirs et se croit tout à coup, au milieu d’une gigantesque manifestation grâce aux  sons collectés et mis en boucle par Nicolas Mathias.


Asma, la passionaria de la Tunisie

Hamiddedine Bouali 
Hamiddedine Bouali© Michel Puech / www.a-l-oeil.info

 

Sur  un fond rouge,  de la couleur du drapeau tunisien et du sang des révolutionnaires, éclate littéralement le portrait d’une jeune femme : Asma. C’est l’œuvre d’un photographe tunisien Hamiddedine Bouali. Une photo prise lors d'une manifestation organisée le 19 février 2011 sur l'avenue Habib Bourguiba par des associations citoyennes pour la laïcité et la tolérance entre les religions. La photo a fait le tour du monde.

 

Visite de l'exposition© Michel Puech

 

Hamiddedine Bouali  est là, tout content d’entendre à nouveau les slogans et de constater que les revendications, « Emploi, Liberté, Dignité, Citoyenneté » sont écrits en français et en arabe.  On poursuit la visite à travers deux grands sas où en vis-à-vis s’étalent des portraits de «héros inconnus» dus pour les couleurs au photographe Peter Hapak de Time Magazine et, en N&B, à Alfred Yaghobzadeh de Sipa press qui conserve quelques bosses des bastonnades auxquelles il a eu droit en Egypte.

 

 
© Alfred Yagotzabeh

 

S’ouvre alors devant le visiteur le grand hall de l’Hôtel de Région, plus de quarante mètres de long ! Mais l’attention est tout de suite retenue par deux grands écrans de télévision qui diffusent France 24, l’un en français, l’autre en arabe. Ce 15 mars, quand je visite les lieux, la Syrie s’étale sur les deux, et hélas, on sait que les massacres s’y poursuivent encore aujourd’hui.  Autant dire que la scénographie de cette exposition ne sacrifie pas l’actualité à l’esthétique !

 

Rester dans l’actualité, avec une programmation sur deux mois et demi, tel est le défi qu’a relevé, et gagné, le commissaire Alain Mingam.  Quand il m’a appris qu’il se lançait dans cette folle aventure, j’avoue avoir trouvé l’exercice « casse-gueule ».  D’une part, la production photographique et télévisuelle sur tous ces évènements était déjà énorme. Et le flux n’a pas cessé, même si la répression en Syrie tempère les ardeurs. On peut parler en dizaines de milliers d’images disponibles et en centaines de milliers vues à un moment ou un autre : d’autre part, personne ne pouvait prédire ce qui allait se passer entre le projet de l’exposition, son vernissage et sa fermeture en juin !

 

Aujourd’hui, je peux dire que cette exposition est une réussite exceptionnelle parce que les thématiques développées permettent de rendre compte de ce qui s’est passé et de ce qui se passe. Dans cet immense hall, le côté gauche est occupé par une thématique par pays : Syrie, Lybie, Tunisie, Yémen, Bahreïn. Au milieu de ces cinquante-cinq mètres linéaires de cimaises, dix mètres sont consacrés à l’implication des réseaux sociaux.

 

Face à cela, sur l’autre pan, à droite, trois thèmes forts : les immigrés, les jeunes et les femmes. Quinze à vingt photographies par thème - ou l'on trouve quelques images d'Algérie et du Maroc - montrent les visages et les actions de ces populations. Les textes de Jean-Pierre Perrin et d’Hala Kodmani racontent, expliquent. Les web-documentaires intégrés dans les panneaux montrent le mouvement, restituent les cris, les espoirs et les douleurs. 

 

 
© Michel Puech

 

Les lecteurs de Mediapart pourront y retrouver les vœux  de bonne année 2012 de Moncef Marzouki, président de la République tunisienne, recueillis par Sophie Dufau et Edwy Plenel. J’en retiens cette phrase qui résonne particulièrement après l'exploitation des meurtres de Toulouse et de Montauban : 

« Ce que j'aimerais souhaiter au peuple français pour 2012 ? Que cette année ne soit pas trop dure pour lui au plan économique et social, je sais que vous avez aussi vos ennuis, que les élections se passent bien et que, mon dieu, certains politiciens n'utilisent pas trop la carte de l'islamophobie car ce serait vraiment un choix qui n'aurait aucune valeur. La France n'est grande que dans la mesure où elle reste le pays d'accueil, le pays de refuge, le pays de la tolérance, le pays de la diversité culturelle et je souhaite effectivement que ces élections se passent au mieux sans que nos concitoyens ou les étrangers en fassent les frais, surtout qu'aujourd'hui de l'autre côté de la Méditerranée les peuples arabes se réveillent à la dignité. »

 

Devant le panneau des femmes, le lendemain matin du vernissage, j’ai vu la première visiteuse, une femme, une mère certainement, se mettre à pleurer. « Excusez-moi » me dit-elle en sortant de sa manche un mouchoir brodé « C’est de voir tout ça… Et d’être ici… J’aimerais tant être là-bas… » Elle ne pouvait m’en dire plus. Je l’ai laissé à son émotion, connaissant un peu les divers déchirements qui peuvent traverser les maghrébins vivant en France. D’ailleurs était-elle arabe, berbère, européenne, musulmane, juive ou chrétienne, je ne peux  dire, n’ayant pas comme nos ministres ces à priori de faciès si souvent trompeurs.

 

« Une onde  de choc sans précédent depuis l’effondrement de l’Empire Ottoman » Jean-Pierre Perrin

Le voyage vers l'Europe 
Le voyage vers l'Europe© Olivier Jobard

« Le 17 décembre 2010, à Sidi Bouzid en Tunisie, l’immolation par le feu de Mohamed Bouazizi, jeune diplômé et chômeur, concourt au déclenchement de la révolution tunisienne. Il s’ensuit une vague de révoltes qui va parcourir le monde arabe jusqu’à certains Etats du Golfe.» a rappelé Michel Vauzelle dans son discours inaugural 

 

« Très rapidement, les manifestations, essentiellement non violentes, gagnent les pays voisins, l’Égypte et la Libye. Les peuples se soulèvent contre des régimes dictatoriaux et la corruption de leurs dirigeants. Ces révoltes prennent de court non seulement les régimes de ces pays, mais aussi les chancelleries occidentales généralement assurées de la solidité des gouvernements en place. Ces révoltes soudaines étaient pourtant nourries d’un long mécontentement, de frustrations, d’une aspiration trop longtemps comprimée à la liberté. La chute rapide des présidents tunisien et égyptien, considérés comme des remparts contre l’islamisme radical, a pris au dépourvu nombre de capitales qui ont tardé à réagir. »

 

Egypte 
Egypte© Alain Buu

 

On ne saurait mieux dire, quand depuis un an les milliers de morts s’accumulent en Syrie et, qu’au tout début de décembre 2010, une ministre de la France ne trouvait rien de mieux à offrir à la Tunisie que « notre savoir-faire » en matière de répression…  Lucas Dolega, le jeune photographe de l’agence EPA atteint par une  grenade lacrymogène issue vraisemblablement de « notre savoir-faire », a payé de sa vie l’efficacité de la répression.

 

« Cette exposition offre l’originalité de confronter toutes les écritures journalistiques, documentaires, photo journalistiques, sur tout support jusqu’aux réseaux sociaux pour nous maintenir en état de vigilance sur Internet comme dans l’urgence de toutes les solidarités. » a déclaré Alain Mingam qui, outre d’être commissaire de l’exposition, est membre du conseil d’administration de Reporters sans frontières. Il a voulu dédié la manifestation à tous les confrères morts dans l’exercice de ce métier depuis le début de ce « Printemps arabe ».

 

Michel Vauzelle et Alain Mingam devant le panneau des morts en Syrie 
Michel Vauzelle et Alain Mingam devant le panneau des morts en Syrie© Michel Puech

 

La liste est longue et nous les avions pourtant tous en tête, eux qui n’étaient plus là :  Lucas Dolega d’EPA, Ahmed Mohamed Mahmoud d’Al-Ahram, Jamal Al-Sharabi d’Al-Masdar, Karim Fakhrawi fondateur du quotidien Al-Wasat, Tim Hetherington de Vanity Fair, Anton Hammer  photographe indépendant, Chris Hondros de Getty images,  Mohamed Al-Nabbous de Libya Al-Hurra,  Ali Hassan Al Jaber d’Al-Jazeera, Hassan Al-Wadhaf d’Al-Hurra, Shoukri Ahmed Ratib Abu Bourghoul - Al-Thawra Wael Mikhail de Christian Dogma TV et Gilles Jacquier de France 2, Marie Colvin du Sunday Times…  Et Rémi Ochlik de l’agence IP3 Press, ce jeune espoir du photojournalisme qui ne participera pas à la remise des prix du World Press Photo dont il est lauréat cet année.

 

Maintenant, j’espère vous avoir faire comprendre qu’aligner 194 photographies commentées et savamment entourées de web-documentaires dans une exposition d’actualité, c’est non seulement exceptionnel, mais c’est aussi au prix de vies, pour témoigner d’autres vies. J’espère vous avoir fait comprendre mon coup de gueule de début d’article, et qu’avec moi, vous penserez que tous les quotidiens et tous les hebdomadaires auraient dû, devraient rendre compte de cette exposition. Si la presse papier perd tant de lecteurs, c’est peut-être aussi parce qu’elle croit que Marseille est trop loin de Lyon, de Bordeaux, de Paris… Alors que la jeunesse sait bien qu’il n’y a qu’une heure d’avion de Marseille à Tunis, comme de Paris à Marseille!

 

Finissons sur une note optimisme et un rendez-vous de rattrapage : le 21 mai prochain, Françoise Joly et Guilaine Chenu  qui présentent chaque jeudi l’émission « Envoyé Spécial » sur France 2, animeront  avec Alain Mingam sous l’égide de RSF un débat en hommage à leur reporter Gilles Jacquier tué en Syrie ainsi qu’à tous les confrères victimes de ces conflits.

 

J’emprunte ma conclusion au discours d’Alain Mingam : Henri Cartier-Bresson avait pour habitude de dire que « la photographie c’est mettre sur la même ligne de mire la tête, l’œil et le coeur. C’est une façon de vivre ».
L’exposition « Printemps arabes » s’inscrit pleinement dans cette ligne.

Michel Puech

Pratique
Exposition Printemps arabe
Du 15 mars au 28 juin
Hôtel de Région, 27, place Jules Guesde 13002 Marseille
Métro Jules Guesde
Entrée libre du lundi au vendredi 9 h-19 h
fermeture exceptionnelle les 11, 12 et 13 avril 2012 ainsi que les jours fériés
Tél. 04 91 57 52 11

Remerciements aux participants de l’exposition
Les photographes : Hamiddedine Bouali, Eric Bouvet, Alain Buu, Patrick Chauvel, Pedro Da Fonseca, Lucas Dolega, Antoine Gyori, Peter Hapak, Olivier Jobard, Augustin Le Gall, Emilio Moneratti, Rémi Ochlik, Caroline Poiron, Johann Rousselot, Alfred et Raphaël Yaghobzadeh, Yuri Kozyrev
Avec  les quatorze photographes rassemblés par l’agence Noor au Caire : Mohamed Messara/EPA, Algeria, Maher Malak Iskandar, Egypt, Mohammed El Mashad, Egypt, Fadi Ezzat, Egypt, Muhammad Abdel Ghany, Egypt, Myriam Abdelaziz, Egypt/France, Amira Murtada, Egypt, Sardasht Aziz Mahmoud, Iraq, Anas Damra, Jordan, Abdellah Hiloui, Morocco, Chafik Arich, Morocco, Aymen Omrani, Tunisia, Yusef Ajlan, Yemen, Jameel Subay, Yemen
Sans oublier  tous les envoyés spéciaux de l’agence Reuters  , Estelle Veret,   avec Goran Tomasevic (Serbie), et Patrick Baz et ses collègues de l’AFP.
Les réalisateurs : Amal Ramsis avec Arte et   Jean –Michejl Rodrigo( Mecanos Production), Sofia Amara avec Arte et  Marc Berdugo( Magneto Presse), Manon Loizeau  avec Capa, Julien Pain - Best of des Observateurs  de France 24, Nathalie Lenfant – France 24, Sophie Dufau de Mediapart, Jean -Marie Fardeau  et Valérie Lombard - Human Rights Wacht, Pascal Manoukian . CAPA, Steeve Baumann – « L’effet papillon » Canal + et Capa, Paul Moreira , Premières lignes
Architecte- scénographe :Maddalena Giovannini
Les  chercheurs :  Vincent Geisser de l’Institut français du Proche-Orient, Myriam Catusse et Stéphanie Latte-Abdallah de la Maison méditerranéenne des Sciences de l’homme à Aix-en-Provence
Maddalena Giovannini ; architecte scénographe

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« www.a-l-oeil.info » ?

« A l’œil » s'intéresse essentiellement au photojournalisme, à la photographie comme au journalisme, et à la presse en général. Il est tenu par Michel Puech, journaliste honoraire (carte de presse n°29349) avec la collaboration de Geneviève Delalot, et celle de nombreux photographes, journalistes, iconographes et documentalistes. Qu'ils soient ici tous remerciés. Tous les textes et toutes les photographies ou illustrations sont soumis à la législation française, en particulier, pour les droits d'auteur. Aucune reproduction même partielle n'est autorisée hormis le droit de citation.

 

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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 16:55

 

Marianne - Samedi 14 Avril 2012 à 05:00

Jacques Sapir - Economiste

 

Où l'on apprend que la crise de la dette rebondit avec les tensions sur les taux d'emprunt de l'Italie et de l'Espagne. Jacques Sapir nous explique pourquoi cela ne fait que commencer et comment il faudrait en sortir.

 

(JAUBERT/SIPA)
(JAUBERT/SIPA)

 

Au début de cette année, nous nagions dans l’optimisme et – s’il faut en croire notre Président – la crise était « derrière nous ». Les crédits à trois ans de la Banque centrale européenne (LTRO ou Longer Term Refinancing Operations) semblaient avoir calmé la vague de spéculation qui avait failli emporter l’euro au mois de novembre dernier. La BCE avait injecté 489 milliards d’euros en décembre et 530 à la fin du mois de février. Le Mécanisme européen de stabilité (MES), adossé à des plans de rigueur généralisés officialisés dans le Pacte budgétaire européen, était censé nous garantir contre un retour de la crise. Enfin, la question de la Grèce était apparemment réglée par la restructuration de la partie de sa dette détenue par des investisseurs privés.
 
Toutes ces illusions ont éclaté cette semaine. Les taux espagnols et italiens se sont à nouveau brutalement tendus à la suite de l’échec d’une vente de bons du trésor espagnols. Mercredi matin, les taux à dix ans sur la dette espagnole dépassaient 6%. Des rumeurs, entretenues par des membres de la BCE, les faisaient redescendre mercredi et jeudi à 5,8%. Mais, ce vendredi, ils étaient à nouveau à 5,99%. Les taux italiens à dix ans sont quant à eux à 5,50%, tandis que les taux à trois ans sont montés de plus de 1% cette semaine. Plus inquiétant encore : les primes des CDS, ces « assurances de crédits », montrent une ascension constante depuis deux semaines. L’Espagne a ainsi dépassé son précédent maximum, qui datait de décembre dernier.
 
Les LTRO n’ont pas donné les résultats escomptés. Cela se comprend si l’on prend en compte le doute croissant sur la capacité de l’Espagne et de l’Italie à rétablir tant leur solvabilité interne (la capacité à maintenir une dette stable et à en servir les intérêts) que leur solvabilité externe (la capacité du pays à rembourser les emprunts qu’il contracte pour payer son déficit de la balance commerciale).

Les banques espagnoles ont d’ailleurs dû emprunter à la BCE pour 316 milliards d’euros en mars, alors qu’elle n’avaient emprunté « que » 170 milliards en février. La perception de la qualité du crédit, qu’il soit public ou privé, se dégrade rapidement en Espagne.

En ce qui concerne l’Italie, une part croissante des investisseurs pense que ce pays devra restructurer sa dette avant la fin de l’année. Or, l’exemple de la Grèce, où les gouvernements avaient fait pression sur leurs banques pour qu’elles acceptent l’échange de titre à des conditions très défavorables, est encore frais dans toute les mémoires. Les banques sont donc de plus en plus réticentes non seulement à acheter des dettes nouvelles de l’Italie mais même à conserver les titres italiens qu’elles ont acquis dans leur portefeuille.
 
À cette situation s’ajoute une fuite des capitaux massive de l’Espagne et de l’Italie, que ce soit vers des pays considérés comme « surs » dans la zone euro (essentiellement l’Allemagne, les Pays-bas et le Luxembourg) ou vers l’extérieur de la zone (la Suisse, les États-Unis et, de plus en plus, les pays asiatiques). Depuis le 1er août 2011, ce ne sont pas moins de 155 milliards d’Euros qui ont quitté l’Espagne pour aller vers les pays « surs » de la zone Euro, dont 65 milliards rien que pour le mois de mars dernier. Cette fuite des capitaux nous indique la mesure de la défiance des investisseurs. Si l’on regarde maintenant la fuite des capitaux hors de la zone Euro, nous avons aussi la mesure de la défiance vis-à-vis de l’euro.
 
Si l’on ne tient compte que des mouvements à l’intérieur de la zone euro, on peut faire trois constatations :

- Le mouvement, qui a commencé au début de 2010 a connu un premier pic à la fin de la même année, s’est calmé par la suite, pour reprendre de manière continue et explosive depuis août 2011.

- Concentré au départ sur la Grèce, le Portugal et l’Irlande, il a vu la part de l’Espagne et de l’Italie se développer de manière spectaculaire depuis août 2011.

- Si les flux se sont toujours dirigés sur l’Allemagne, en proportion de la taille de cette économie, sa part comme receveur de ces flux tend à diminuer au profit des Pays-Bas, pays dont l’orthodoxie monétaire semble plus rassurer les investisseurs, mais aussi pays plus ouvert et d’ou on peut bien mieux – le cas échéant – faire glisser ses capitaux vers des paradis fiscaux…

 

(Source : Bloomberg, 13/04/2012 et CEMI-EHESS)
(Source : Bloomberg, 13/04/2012 et CEMI-EHESS)
Quelles sont alors les options pour la BCE ? Elle peut reprendre ses LTRO. Mais, on l’a déjà écrit, leur efficacité est désormais faible devant les inquiétudes que suscitent la solvabilité de l’Espagne et de l’Italie. Elle peut aussi reprendre ses achats de titres sur le marché secondaire. Mais, d’une part, elle a déjà acheté pour plus de 214 milliards de titres de dettes de pays en difficulté, ce qui pèse sur son bilan si l’on y ajoute les achats de dettes privés « toxiques » fait pour soulager les banques et les prêts consentis à ces dernières. D’autre part, cette politique rencontre désormais l’opposition de plus en plus nette non seulement des représentants allemands mais aussi des représentants néerlandais et finnois en son sein.
 
La démonstration est désormais faite que la politique monétaire ne peut à elle seule venir à bout de cette crise. Il faut, aussi, un volet de politique budgétaire, et non pas seulement sous la forme de politiques d’austérité mais de politiques de croissance. Il ne peut en effet y avoir de retour à la solvabilité, qui conditionne l’accès à la liquidité, pour les pays en détresse qu'à deux conditions (conjointes) : une forte croissance ou à une croissance modérée avec une forte inflation (il faut une croissance nominale du PIB de 5% à 6%) ; des transferts importants (à hauteur de 3% à 4% du PIB) de l'Allemagne vers les pays à problèmes (Grèce, Portugal, Espagne, Italie) pendant une période de 4 à 6 ans.
 
Si l'Allemagne est incontestablement prête à faire un geste en direction de la croissance, il ne sera pas à la hauteur de ce qui serait nécessaire, et l’on ne doit entretenir aucune illusion à ce sujet. Dès lors le Pacte budgétaire et le MES vont s’avérer des pièges redoutables dans lesquels les pays européens se seront d’eux-mêmes enfermés. Si l’on ne veut pas que cette crise emporte avec elle tous les acquis sociaux de ces cinquante dernières années et plonge l’Europe dans la misère et le désespoir, il ne nous reste que deux solutions : soit on peut renégocier en profondeur, et non à la marge, le Pacte budgétaire mais il convient de le faire sur la base de mesures unilatérales et en assumant le risque d’une rupture au sein des pays de la zone euro ; soit il faudra déconstruire cette dernière, et le plus vite sera le mieux.
 
Ni François Hollande, ni Nicolas Sarkozy ne sont prêts à l’une ou à l’autre de ces options. L’avenir de la France s’annonce donc fort sombre.

 

Jacques Sapir est directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) et professeur associé au Collège d'économie de Moscou (MSE-MGU).
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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 16:51
Marianne - Samedi 14 Avril 2012 à 12:00

 

Jack Dion
Directeur adjoint de la rédaction de Marianne et grand amateur de théâtre En savoir plus sur cet auteur

 

Nathalie Arthaud épinglée d'étrange façon par Nathalie Saint-Criq sur France 2, Jean-Luc Mélenchon crucifié par le Nouvel Observateur... Jack Dion pourfend des médiacrates prompts à ruer dans les brancards contre ceux qui ne respectent pas leurs codes.

 

THOMAS SAMSON/AFP-PO/SIPA
THOMAS SAMSON/AFP-PO/SIPA
 
C’était jeudi soir, lors de l’émission « Des paroles et des actes », sur France 2, lors de l’intervention de Nathalie Arthaud. Cette dernière, par ailleurs professeur d’économie, développait les thèmes habituels de « Lutte Ouvrière », passablement caricaturaux il est vrai, devant les yeux ébahis de quatre journalistes guère habitués à ce que l’on entende quelqu’un proposer de traiter un patron voyou comme le serait n’importe quel autre voyou.

Soudain, sur un ton patelin, Nathalie Saint-Criq, de France 2, demanda à la candidate de Lutte Ouvrière si elle enseignait l’économie à ses élèves en développant de telles thèses. Nathalie Arthaud, qui n’est pas plus ébranlable que ne l’était Arlette Laguillier, en est restée quelques secondes interloquée.
Quoi que l’on pense de « Lutte Ouvrière » et de sa candidate, l’interrogation est pour le moins saugrenue. En somme, pour Nathalie Saint-Criq et ses trois compères de la soirée, qui n’ont pas moufté sur le sujet, il est inconcevable que la Nathalie Arthaud candidate cède la place à la Nathalie Arthaud enseignante, et que cette dernière puisse exercer sa mission comme n’importe quel autre professeur.

Ses cours d’économie sont forcément des appels voilés à l’insurrection en vue de l’instauration de la dictature du prolétariat. A la limite, on se demande même s’il est acceptable de confier un poste d’enseignante à une femme de cette engeance et si elle ne devrait pas être rayée d’office des rangs de l’éducation nationale. 

Un tel procès d’intention fonctionne évidemment à sens unique. Jamais on ne posera une question semblable à un quelconque professeur adepte des thèses néolibérales ou ultralibérales ou à un  membre de la caste des éditocrates cumulards. Eux,  par définition, savent ne pas mélanger leurs engagements de citoyens et leur profession de journalistes. Jamais on ne demandera à l’un des « experts » de la pensée unique entourant Nicolas Sarkozy ou François Hollande (ils sont parfois  interchangeables) et qui envahissent les plateaux télé, s’ils peuvent prétendre à l’objectivité alors qu’ils développent les dogmes en vigueur au Medef et qu’ils sont parfois largement rétribués par des groupes privés où ils ont des fonctions diverses et variées. Jamais on ne demandera à François Langlet s’il trouve normal d’officier sur le service public tout en reprenant les obsessions ultralibérales qui lui permettent de doubler allègrement Jean-Marc Sylvestre ou Dominique Seux sur la droite. 

C’est ainsi : les membres de la caste médiatico-idéologique qui (dé)font l’opinion ont toujours du mal avec ceux qui ne respectent pas les codes de leur Eglise. Ils leur prêtent forcément des intentions masquées, des arrières-pensées inavouées, et des présupposés diaboliques transformant toute esquisse  de débat en procès ad hominem. 
D’un certain point de vue, c’est le sorte que réserve cette semaine « Le Nouvel Observateur » à Jean-Luc Mélenchon,  passé à la moulinette idéologique comme s’il était l’équivalent d’un agent du KGB à l’époque de la guerre froide. L’hebdomadaire étant à la social-démocratie ce que la Pravda était à l’URSS, il faut croire que la gauche bon chic bon genre commence à avoir des chatouillements dans le cortex.      
Dans son éditorial, Laurent Joffrin fait cet aveu incongru : « A l’Obs, on aime bien Jean-Luc Mélenchon ». La preuve, c’est que « L’Obs » châtie bien. 
Mélenchon vu par « Le Nouvel Obs », c’est qui ? En gros: un allié de Sarkozy, un descendant des coupeurs de tête de 1793, un suppôt de Castro et un agent de la Chine, bref un personnage infréquentable passible du Tribunal Pénal International. 
D’après « L’Obs », Mélenchon a « une sourde fascination » pour l’actuel président, et la social-démocratie est son « ennemi principal ». Et d’expliquer que le candidat du Front de Gauche a fréquenté Patrick Buisson, le conseiller de l’Elysée quand ils participaient ensemble à l’émission « Politiquement Show », sur LCI, avant 2007, époque à laquelle Mélenchon était encore membre du PS. Ce dernier était donc un ennemi de la social-démocratie de l’intérieur, comme quoi avec les anciens trotskystes, il faut toujours se méfier.
Dans ce même numéro, le candidat du Front de Gauche est également accusé de sympathie castriste et chavézienne par Cohn-Bendit, lequel n’oublie pas d’en faire également un espion idéologique de la Chine. Quant à l’ineffable Michel Onfray, philosophe libertaro-médiatique ayant déjà réglé son compte à Sartre, il  publie un « réquisitoire » (c’est « L’Obs » qui le précise) de deux pages où l’on apprend qu’outre Chavez et Castro, Mélenchon est un admirateur de Robespierre et de Saint-Just, ce qui ne se pardonne pas. A croire que s’il s’était pâmé pour Marie-Antoinette, il serait respectable. 

De plus, Mélenchon est toujours fasciné par Mitterrand. Il y aurait certes beaucoup à dire sur le sujet, mais aux yeux de Michel Onfray, c’est le crime suprême. En vertu de quoi ce dernier annonce qu’il glissera un vote blanc dans l’urne au premier comme au deuxième tour. Faire sonner la charge contre un Mélenchon accusé de crime anti social-démocrate par un penseur qui ne votera même pas Hollande au second tour, c’est le témoignage évident d’une rare perspicacité. 
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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 16:41

 

 

Indigné 14/04/2012 à 12h03

Sophie Verney-Caillat | Journaliste Rue89


 

Albert Jacquard chez lui à Paris le 5 avril 2012 (Audrey Cerdan/Rue89)

 

Albert Jacquard, le généticien « indigné » de 86 ans, publie un livre avec Stéphane Hessel (« Exigez ! Un désarmement nucléaire total », Stock) et votera Mélenchon. Il a décidé de le faire savoir.

« Mes forces sont déclinantes », reconnaît le vieil homme. Parfois comparé à un « abbé Pierre laïc », il vient d’être mis à la retraite forcée de la radio (il animait une émission sur France Culture jusqu’à récemment). Sa voix peine à se faire entendre, mais il a encore beaucoup à dire :

« J’ai envie d’écrire “désapproprions-nous”, disons à tous les humains que rien sur la Terre ne leur appartient. »

Au soir de sa vie, le scientifique apparu sur les écrans télé lors de la réquisition de l’immeuble de la rue du Dragon par Droit au logement, à Paris en 1994, vient aussi de sortir un livre de souvenirs, « Dans ma jeunesse » (Stock).


Dans ma jeunesse (Stock)

 

Il y explique « comment on devient soi-même » et revient pour la première fois sur l’accident de voiture qui l’a défiguré à l’âge de neuf ans.

Un tram a percuté la voiture familiale. Son frère de 5 ans et ses grands-parents sont morts, son père a été blessé. Voici comment il décrit l’événement :

« Un choc de fin du monde, suivi d’un silence qui semble définitif. J’ouvre les yeux et me vois moi-même debout au milieu de la route ; dédoublé, je suis à la fois cet enfant blessé, extérieur à lui, figé comme une image, et moi qui le regarde, incapable, durant un court instant, d’un mouvement ou d’une sensation, mais contraint d’accepter l’irréparable : mon univers vient, en un instant, d’être bouleversé. »

Ce livre-là, il a eu « de la peine » à l’écrire, confie-t-il :

« Je ne savais pas que ça me libérerait. Ça m’a transformé de le dire. »

Il voit dans son alliance avec Stéphane Hessel l’occasion de donner plus d’audience à ses opinions anciennes sur le nucléaire :

« On est en train de suicider l’humanité et personne ne réagit ; c’est monstrueux. »

Albert Jacquard serait-il en train de transformer l’indignation du nonagénaire en programme politique, de faire une OPA sur la campagne présidentielle ? Pas si vite. L’utopiste a juste décidé d’expliquer sur qui se portera son choix.

Rue89 : Si vous étiez candidat à l’élection présidentielle, quel message porteriez-vous ?

Albert Jacquard : Je serais le candidat des mutations, pas le candidat des crises. Moi, je pense que la crise n’existe pas. Une crise, par définition, ça passe. On dit bien une crise de toux, de larmes... Là, elle n’est pas destinée à passer. On édulcore l’événement en faisant comme si elle allait disparaître.

Là, on est dans une mutation, un appel au renouveau, c’est-à-dire que ce qui était bon avant ne l’est pas nécessairement après, c’est une occasion extraordinaire de tout changer. Il est normal de revoir le système économique, sanitaire... Or, dans cette campagne, personne ne profite de l’occasion pour définir ces mutations. Les politiques ont peur du changement, ils n’y croient pas.



Exigez ! Un désarmement nucléaire total

 

Cette campagne parle peu d’utopie et beaucoup de chiffres.

C’est une vraie maladie ces chiffres. Si j’allume la télé, il ne se passe pas trois minutes sans qu’il y ait un pourcentage d’augmentation qui diminuera, comme l’autre jour Sarkozy nous a expliqué que ça baissait, ce qui signifiait que ça montait... On a une fascination pour les nombres car on croit qu’ils permettent d’accéder à la vérité.

Néanmoins, le chiffre de la dette est une réalité....

Je voudrais bien la définir cette réalité. Pourquoi on n’en parlait pas il y a dix ans ? Je crois que le moment grandiose où on a oublié les nombres, c’est à la Libération : on a supprimé certains critères économiques comme l’inflation, et on s’en est sorti. Le Conseil national de la résistance était une utopie totale... Réalisée !

Que pensez-vous des candidats ?

Ma sympathie va naturellement à François Hollande. L’autre [Nicolas Sarkozy, ndlr], on ne peut pas lui faire confiance, il se moque du monde de façon éhontée, il a dit tout et son contraire.

Je me suis trouvé en sa présence, invité par un ami à la remise d’une Légion d’honneur. On m’a présenté à lui, il m’a serré la main et a tourné la tête. Il aurait pu avoir envie de me connaître, mais non. Il n’est même pas poli, et j’ai senti une espèce de mépris de sa part. On ne sent aucun souffle.

Et Hollande ?

Ce n’est pas l’homme d’un grand souffle. Au premier tour, il y a Mélenchon. Je voterai pour lui, même en ayant le sentiment de ne pas faire mon devoir qui serait de voter pour Hollande afin d’éviter que Sarkozy revienne. Je suis sensible à sa vigueur, à sa façon de me faire penser à Jaurès. J’espère ne pas faire une sottise au premier tour en laissant Sarkozy trop devant.

Mélenchon, il a une bonne tête, aucun doute, il a une sincérité qui est le contraire de ce que provoque Sarkozy. Si j’avais pu, je serais allé à La Bastille.

L’élection est très personnalisée...

C’est dommage. Apparemment, on a besoin d’un grand homme. Mélenchon, c’est un tribun, voire un populiste, mais pourquoi pas écouter le peuple ?
Avec Sarkozy, on est sûr d’avoir l’horreur, avec Hollande on aura sans doute des choses moins grandioses, mais qui sait ?

Vous prônez toujours une décroissance joyeuse ?

Oui, et je ne serais pas triste qu’on supprime Las Vegas. En tant qu’espèce consciente, nous pouvons développer une réflexion sur l’objectif : pourquoi Las Vegas ? La dernière fois que je suis passé aux Etats-Unis, j’ai été frappé de voir que toute la côte Est était éclairée en continu de New York à Boston. Mais pour quoi faire ? Ce gâchis d’énergie pourrait être supprimé.

Il faut réfléchir ensemble : à qui appartient le pétrole ? Dire qu’il appartient à Abu Dhabi est ridicule, il appartient aux 7 milliards d’hommes. Les ressources ne peuvent être que mondiales.

Pourtant, au sommet de Copenhague, en 2009, les Etats ont été incapables de se mettre d’accord...

Il faut réessayer, que les égoïsmes nationaux disparaissent. On en est loin si on regarde l’Europe ces temps-ci. De toutes façons, ou bien c’est la fin totale avec la guerre nucléaire, ou bien on admet qu’il faut tout repenser.

 

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