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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 18:51

 

 

Mediapart avait invité Nicolas Sarkozy à une émission exceptionnelle, en direct et en vidéo-streaming sur notre site, à la date de son choix avant le premier tour de l’élection. Le président-candidat a refusé. Pourtant, parmi les nombreuses questions que nous souhaitions lui poser, il en est 10 que nous estimons particulièrement importantes pour que les citoyens puissent voter correctement informés. Nous nous permettons donc d’insister en posant publiquement ces questions et en publiant nos échanges de courriels avec l’équipe du candidat UMP.<--break->

 

1. Vous avez déclaré avoir acquis un appartement sur l’île de la Jatte en 1997 grâce à des prêts contractés auprès de l’Assemblée nationale. Selon votre présentation du montage financier, ils se seraient élevés à 3.530.000 francs. Or l’Assemblée nationale affirme que vous n’avez pris qu’un seul emprunt immobilier à cette époque, de 1.680.000 francs. Avez-vous réellement payés les 1,85 millions de francs manquants ? Si oui, comment ?

 

2. Dans son journal intime, à la date du 26 avril 2007, le photographe François-Marie Banier prête ses propos à Liliane Bettencourt : « De Maistre me dit que Sarkozy demande encore de l’argent ». Le même jour, 400.000 euros sont retirés en espèces des comptes suisses cachés de la milliardaire. Avez-vous demandé de l’argent aux époux Bettencourt dans l’entre-deux tours de l’élection présidentielle de 2007 ?

 

3. L’enquête judiciaire menée à Bordeaux dans le cadre de l’affaire Bettencourt a permis d’établir que le 18 janvier 2007, le gestionnaire de fortune M. de Maistre a reçu 150.000 euros en liquide, la veille d’une rencontre avec Eric Woerth, le trésorier de votre campagne présidentielle de 2007. Le 5 février de la même année, 400.000 euros ont été débités en liquide de l’un des comptes suisses des époux Bettencourt, deux jours avant une nouvelle rencontre entre MM. Woerth et de Maistre près de votre siège de campagne. M. Woerth, mis en examen dans ce dossier, a-t-il pu financer à votre insu par des fonds en espèces votre campagne présidentielle ?

 

4. Les enregistrements du majordome de Liliane Bettencourt font apparaître que l’héritière de L’Oréal a signé, le 4 mars 2010, un chèque à votre ordre. Quel est le montant et l’objet de cette contribution, qui ne peut être un financement politique puisque vous êtes à cette date président de la République depuis presque trois ans ?

 

5. Votre ancien collaborateur Thierry Gaubert, mis en examen pour « recel d’abus de biens sociaux » dans l’affaire Takieddine, a-t-il pris en charge durant les années 1990 vos vacances à Venise et à Miami, comme l’indiquent des témoignages recueillis par la justice ?

 

6. Votre directeur de cabinet Claude Guéant a noué d’importantes relations à partir de 2003 avec le marchand d’armes Ziad Takieddine, en le mandatant auprès de dirigeants libyens, syriens et saoudiens pour des opérations de diplomatie parallèle et des ventes de matériels de sécurité, alors que vous étiez ministre de l’intérieur. Avez-vous cautionné ces contacts occultes, généralement prohibés par l’administration ?

 

7. Selon les notes de Ziad Takieddine saisies par la justice, une réunion s’est tenue le 16 mai 2009 à l’Elysée en présence de Claude Guéant et de votre avocat personnel, Thierry Herzog, afin de « mettre de côté » le mandat d’arrêt visant M. Abdallah Senoussi, l’un des patrons des services de renseignement libyens, condamné en France à une peine de perpétuité par contumace, dans l’attentat terroriste du DC10 UTA, en 1989. Vous êtes-vous engagé auprès du colonel Kadhafi à blanchir judiciairement M. Senoussi, aujourd’hui réclamé par la Cour pénale internationale ?

 

8. Selon des documents saisis en France et au Luxembourg, vous avez autorisé, alors que vous étiez ministre du budget, la création de la société Heine, par où ont transité, le 7 février 1995, 20,3 millions d’euros. Cette société basée au Luxembourg était chargée de distribuer pour le compte de l’entreprise d’Etat DCN des commissions occultes à deux hommes d’affaires (MM. Ziad Takieddine et Abdul Rahman El Assir) actuellement mis en examen dans l’affaire des ventes d’armes du gouvernement français au Pakistan et à l’Arabie saoudite. Vous avez également validé, au sein de l’organisme de garantie d’Etat Coface, le montant de ces commissions accordées tant par la DCN que la Sofresa à ces intermédiaires. Pouvez-vous soutenir n’être pas impliqué personnellement dans cette affaire ?

 

9. Au lendemain de la sentence arbitrale, le 7 juillet 2008, qui a octroyé 403 millions d’euros d’argent public à Bernard Tapie, l’Etat aurait pu faire annuler cette décision prise par cette justice privée. En novembre 2008, la ministre des finances, Christine Lagarde a été informée que l’un des trois arbitres n’avait pas respecté l’obligation de « révélations étendues » à laquelle il était astreint, et n'avait pas déclaré qu'il avait déjà participé par trois fois à des arbitrages auxquels étaient partie Me Maurice Lantourne, l’avocat de Bernard Tapie. Christine Lagarde pouvait donc suspendre le versement de cette somme. Pourquoi ne lui avez-vous pas donné des instructions en ce sens ? Pourquoi, au contraire, ce fait a-t-il été caché au Parlement ?

 

10. Selon des documents et témoignages réunis par Mediapart, des sommes importantes — jusqu’à 50 millions d’euros — auraient été versées en 2007 à votre entourage par le régime de Mouammar Kadhafi, ce que l’ancien dirigeant de la Libye, son fils Saïf al-Islam et Abdallah Senoussi, l’ancien chef des services secrets libyens, avaient affirmé publiquement. Seriez-vous favorable à l’ouverture d’enquêtes judiciaires sur ces soupçons ? 

 

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Après avoir reçu dans le cadre de notre émission Mediapart 2012 quatre candidats à la présidentielle (François Bayrou, Eva Joly, Jean-Luc Mélenchon, François Hollande), Mediapart a proposé à Nicolas Sarkozy un grand entretien diffusé en direct et en vidéo-streaming sur notre site. Edwy Plenel en a fait la demande, dès le 6 mars, auprès du conseiller presse de Nicolas Sarkozy, Franck Louvrier. Voici le verbatim de cette demande :

 

 

Le jour même, Franck Louvrier accusait réception en ces termes : « Merci pour votre invitation. Je prends en compte votre demande et vous tiens au courant.
Bien cordialement»

Après trois semaines d'attente, Edwy Plenel relancait Franck Louvrier, le 30 mars:

 

 

Franck Louvrier répondait le jour même: «A ce jour, je ne vois pas d'opportunité pour faire un entretien. Je vous tiens au courant,
Merci»

 

 

L'opportunité ne signifie pas l'occasion, en français, mais ce qui apparaît opportun. Tout était donc dit... A défaut d'un Nicolas Sarkozy faisant le choix de s'expliquer en direct devant une presse indépendante, nous venons d'adresser par écrit à son équipe nos dix questions. Il nous semble impératif que le président sortant daigne s'expliquer sur ces affaires révélées durant son quinquennat mais dont on s'aperçoit qu'elles ont accompagné une bonne partie de sa vie politique.

 

 

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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 17:08

 

 

Marianne - Rédigé par J-C Slovar le Mardi 17 Avril 2012 à 16:50

 

Alors que Laurence Parisot se déclare impatiente de négocier avec le prochain gouvernement les accords-compétitivité emploi rebaptisés « employabilité compétitive », les DRH font part de leur réserve sur l'application d'une telle mesure !

 

Même les DRH doutent des « accords compétitivité-emploi » du Medef !

 

Après avoir déclamé son amour au Président candidat pour son quinquennat, selon Reuters : Laurence Parisot serait « dans les starting-blocks pour la nouvelle législature » Le Medef étant : « impatient d'ouvrir les travaux de la prochaine législature, notamment la protection sociale et les réformes structurelles (...) »

Quelles sont-elles ?

Selon Laurence Parisot : « Quatre chantiers seront abordés : marché du travail et « employabilité compétitive », modernisation du dialogue social, qualité de vie au travail et égalité hommes-femmes, ainsi que protection sociale et grandes réformes structurelles liées à l'avenir de la protection sociale (...) »

« Employabilité compétitive » késako ?

Et bien, c'est semble t-il, une expression plus valorisante et surtout moins compréhensible des « accords compétitivité-emploi » qui se résument par : « baisse temporaire des salaires pour garder son emploi » et plus simplement : un chantage permanent à l'emploi !

En effet, comme nous vous l'avons déjà expliqué, la mise en place de tels accords consisterait à forcer les salariés à accepter un baisse temporaire de leurs salaires pour garder leur l'emploi. De plus : « (...) Ces accords s'imposeraient automatiquement aux salariés, sans nécessité de signer des avenants individuels au contrat de travail comme actuellement (...) »

Ce qui signifierait au passage que les réfractaires, seraient licenciés. Mais, selon le Medef, il ne s'agirait pas de licenciement pour faute ou de licenciement économique, une troisième voie, lui garantissant le versement d'indemnités et le droit à un préavis, restant à trouver ...

C'est dans ce contexte que les DRH de l'ANDRH ont publié leur baromètre « Défis RH », sur les propositions de réformes du marché du travail des principaux candidats à la présidentielle

Ils y évoquent les accords « compétitivité-emploi » qui figurent dans les propositions de Nicolas Sarkozy à l'initiative de l'UIMM et du Medef. Et là, surprise : « Ils sont réservés sur les accords « compétitivité-emploi » avec baisse de salaire, proposés par Nicolas Sarkozy : 19% seulement des DRH les jugent pertinents (...) Les DRH appréhendent de négocier ce type d'accord avec les syndicats, explique Jean-Christophe Sciberras, président de l'ANDRH et DRH France de Rhodia. Ils savent qu'en France il est très difficile de baisser les salaires sauf à passer par le chômage partiel. J'interprète donc leur réponse ainsi : ils trouvent que la mesure est intéressante mais ils savent par expérience qu'elle sera compliquée à mettre en œuvre »

Ce qui en clair signifie : Mesure inapplicable qui risque de déclencher des conflits sociaux ! Mais que les salariés ne se réjouissent pas trop vite, puisque les DRH de l’industrie automobile sont ... 63% à la plébisciter.

Au delà de ce désaccord, les DRH retrouvent le Medef sur un certain nombre de points comme : les exonérations de cotisations sociales, faisant toutefois la fine bouche (48%) sur les contrats de génération proposés par François Hollande, préférant utiliser intensivement les ruptures conventionnelles (81%) pour se séparer de leurs salariés seniors, tout en étant hostile (54%) à un retour à la retraite à 60 ans !

Salariés, vous êtes prévenus, il va falloir être vigilants et ... combatifs !


Crédit photo
FlickR CC - Rsepulveda
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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 17:00

 

Marianne - Lundi 16 Avril 2012 à 18:00

 

Greek Crisis
Historien et ethnologue, ancien correspondant en France pour la revue grecque Nemecis, Panagiotis... En savoir plus sur cet auteur

 

L'annonce a été faite mercredi soir par Lucas Papademos. Des élections législatives anticipées se tiendront le 6 mai en Grèce. Notre blogueur associé Panagiotis Grigoriou livre pêle-mêle les réactions d'une poignée d'Athèniens.

 

(Lucas Papademos peu avant l'annonce des législatives anticipées, mercredi - Louisa Gouliamaki/AP/SIPA)
(Lucas Papademos peu avant l'annonce des législatives anticipées, mercredi - Louisa Gouliamaki/AP/SIPA)
Ce dimanche nous fêtions, paraît-il, Pâques orthodoxe. Hier, à la sortie de la messe de minuit, le banquier Papadémos et des politiciens marionnettes ont été désapprouvés par les fidèles et les passants : « Allez-vous en, traîtres. » C'était à Kolonaki, quartier historiquement bourgeois de la capitale (reportage sur le site de l'hebdomadaire satyrique Topontiki ). Entre-temps, et vers 20 heures hier, « la Sainte Lumière est arrivée depuis Jérusalem, à bord d'un avion gouvernemental ; puis, sur l'aéroport d'Athènes elle fut accueillie, suivant le protocole d'accueil en usage pour un chef d'Etat. Par la suite, elle a été emmenée aux quatre coins de la Grèce par des vols spéciaux de l'aviation civile et militaire » (reportage sur le sur le site de l'hebdomadaire Epikaira ).

Je préfère ne pas commenter. Sous les Troïkans, certains usages ne changent guère. On murmure déjà à travers le pays que cette Res publica de l'Etat et de l'Eglise est aussi à revoir. Pour le reste, les gens peuvent toujours croire ou pas, c'est une affaire de conscience, comme la politique.
 
Sauf qu'en politique, il nous arrive encore de voter. Ainsi, les discussions encadrant le traditionnel méchoui d'agneau du dimanche de Pâques ont tourné autour des élections, les retrouvailles en plus. Déjà samedi, les jeunes au café du village se disaient vraiment passionnés par le scrutin.

Costas, soixante ans, chômeur, est revenu d'Allemagne exprès pour fêter Pâques à la maison. Il était parti à Noël retrouver son fils Manolis, qui travaille pour le compte d'un restaurateur grec originaire de la région. Ce dernier a émigré au bout de six mois de Mémorandum, il en avait assez de « cette survie permanente et du chômage ». « J'ai décidé de partir en attendant une retraite hypothétique. Je ne travaille pas vraiment, seulement j'aide mon fils et son épouse. Ma femme et moi gardons leurs deux enfants dont un bébé, ce qui permet au couple de faire carrière, si on peut dire, dans la restauration. Entre-temps, nous n'avons plus à payer les frais liés à la maison, au chauffage et à la voiture en Grèce. J'y retournerai je pense durant l'été. L'Allemagne se porte bien, les gens sont polis, c'est calme... C'est une vie un peu renfermée mais, de toutes façons, en Grèce nous ne sortions plus comme avant. J'ai été licencié de mon travail en septembre 2010 puis, ma femme, qui faisait tourner un petite épicerie ici au village, a déposé le bilan en juillet 2011 », explique Costas.

Par un hasard sans doute du calendrier journalistique, on vient d'apprendre que Ernst Elitz lance un appel aux Grecs, dans un commentaire, à travers les colonnes de Bild : « [Grecs] venez gagner de l'argent comme il faut en Allemagne ».

Ce petit commentaire a été très médiatisé par la presse grecque. Mais Costas et son fils n'ont pas attendu cette prise de position pour partir. « Je ne pense pas revenir pour les élections, c'est important, mais nos vies n'ont plus l'air d'en dépendre désormais, tant pis... allons y, occupons-nous de nos rôtis de Pâques maintenant », a ajouté Costas, l'air un peu gêné.

Étrange univers politique et festif, craquelé de partout. Dans les représentations collectives, il y a du basculement rappelant ainsi qu'une société n'est jamais une machine bien huilée, surtout par les temps qui courent. En Grèce centrale et rurale, un tout premier constat semble unanime : « Nous ne croyons pas du tout aux sondages, ils veulent nous faire peur, nous instrumentaliser, ces escrocs, ces voleurs, tous ces salopards » (paroles prononcées entre jeunes dans un café, samedi 14 avril). En effet, selon un dernier sondage, la droite (parti de la Nouvelle Démocratie) serait en tête des intentions de vote à 21% ; le PASOK serait à 15,5%, le parti SYRIZA (gauche anti-Mémorandum) à 11,5%, le KKE (parti communiste, clairement positionné en faveur de la sortie du pays de l'Union européenne) à 11,5%, le nouveau parti de droite des Grecs indépendants (anti-Mémorandum) à 9,5%, la Gauche démocratique (formation, pratiquement pro-Mémorandum) à 9%, l'extrême droite de l'Aube dorée à 5% et le LAOS à 3% (sondage Pulse du 11 avril 2012).

Tout semble si contradictoire, mais on oublie précisément que l'histoire se façonne dans les contradictions. « J'ai honte, c'était la plus grande idiotie de ma vie. En 2009, j'avais voté pour le PASOK. Je ne voterai plus jamais, qu'ils aillent tous se faire voir, je m'abstiens désormais, car nous sommes tous des c..., c'est pour cela que nous avons eu de tels politiciens... Mais au pire... je voterai pour les Grecs indépendants ou pour la Gauche démocratique. Tsipras (à la tête du parti SYRIZA) est un vendu, puis les communistes du KKE ne sortent jamais de leur bocal, ils sont sur une autre planète », explique un homme, la petite cinquantaine passée. Il a entrepris récemment la remise en culture d'une parcelle : « Mon frère et moi, nous irons produire des légumes secs de qualité. Nous les vendrons ici, dans le département, ou sinon au village, entre nous, adoptant le prix le plus bas possible. Nous voulons juste vivre, car la vieille manière est morte. Voyez-vous, tous ceux qui vendaient hors de prix les produits de terroir vont mourir. Leurs clients en ont acheté une fois, il n'y aura plus de deuxième fois. Plus qu'en faveur de la partitocratie, je voterai... pour mes légumes secs ; je m'en fiche de Papadémos. »

Pourtant, ce même homme, répondant à la question d'un autre villageois au sujet des notables politiques locaux et des élections de mai, a souligné que « Georges M., ami et proche de Samaras (chef de la Nouvelle démocratie), dans l'éventualité d'un cabinet majoritairement de droite, peut devenir le prochain ministre de l'environnement. Georges M. et moi, nous sommes parents par alliance. Avant-hier, comme il était de passage, je lui en ai glissé deux mots à l'oreille. Il ira m'arranger l'autorisation et des subventions si possible, afin d'installer des photovoltaïques sur mes autres champs ». Ressentir de la honte ou de l'indignation n'est pas forcement signe de renouveau radical dans les actes et les représentations du fait politique, y compris sous le Mémorandum. « Je n'irai pas voter non plus, par contre, je ne suis pas d'accord sur cette affaire des photovoltaïques, car c'est une arnaque », a aussitôt répondu le frère de cet homme.

Dans ce village de mille habitants, frappé par la crise et le chômage, d'autres habitants se disent prêts à faire un autre choix politique : « J'ai toujours voté à droite et j'ai été trahi. Mon dernier travail, situé à quarante kilomètres d'ici, me procurait sept cent euros par mois, et en plus c'était pas déclaré. Rien que les frais en carburant, à presque deux euros le litre d'essence, faisaient de ce travail une affaire vraiment non rentable. A présent, j'aide mes parents à entretenir notre troupeau. Nous possédons une centaine de moutons et quelques brebis. Tiens, ces deux agneaux que je suis en train de faire cuire ce jour de Pâques nous appartenaient. Nous survivrons ici dans nos campagnes, c'est clair. J'irai voter. Je voterai pour le candidat du KKE (parti communiste), je sais qu'il est pauvre comme moi, il n'a pas volé lui au moins », témoigne Dimitri.

Chez d'autres, de curieux revirements s'opèrent. Maria, très croyante, fréquentant l'église, est une grande adepte du tourisme des monastères à l'échelle locale. Elle jurait en février dernier « ne plus supporter les deux grands partis, ceux des menteurs et des voleurs ». Elle revient à présent sur ses propos : « Je voterai PASOK, Venizelos est un chef responsable, pas comme l'autre [Georges Papandréou] dont l'âme est vendue à Satan. De toute façon, PASOK ou pas, Troïka ou pas, en suivant le chemin du Christ, nous ne craignons plus rien car nous pouvons vaincre la mort. »

Giorgos, le doyen du village né en 1918, est un ancien résistant communiste et ex-soldat servant au sein de l'armée régulière durant la Guerre Civile (1946-1949, opposant les forces communistes à l'Etat officiel, semi-fascisant). Il a pris la parole répondant à Maria : « Tout cela, la mort, les popes, le PASOK, ce n'est que du vent. Notre histoire a pris tout simplement un vilain virage, comme du temps des mes 20 ans. Regardez les météores en face, ces rochets étaient là, bien avant les moines, me semble-t-il. Dans un virage, soit on reste debout, soit on bascule, c'est tout. Moi en tout cas, je vous quitterai debout, mais entre-temps, je suis toujours heureux de vivre et j'irai voter ».

 

Grèce : ce qu'inspirent les législatives
Retrouvez Panagiotis Grigoriou sur son blog.
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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 16:52

 

Mardi 17 Avril 2012 à 05:00

 

Régis Soubrouillard
Journaliste à Marianne, plus particulièrement chargé des questions internationales En savoir plus sur cet auteur

 

D'après l'étude menée par deux chercheurs de l'école d'Economie de Paris, les entreprises dont les patrons étaient présents à la soirée du Fouquet's ont largement profité de cette proximité avec le nouveau président de la République. Notamment celles dont les PDG étaient de véritables amis du président. En revanche, la victoire de Nicolas Sarkozy n’a pas eu d’effet particulier sur le marché en général ou sur un secteur spécifique. Les copains d'abord.

 

Sarkozy au Fouquet's le soir de sa victoire le 6 mai 2007 (Warrin/Sipa)
Sarkozy au Fouquet's le soir de sa victoire le 6 mai 2007 (Warrin/Sipa)
Ils n’étaient donc pas venus à la table de Sarkozy par hasard. Confortablement assis à la grande tablée du Fouquet’s, les grands patrons invités par le président à peine élu étaient bien venus dans l’idée de se goinfrer, comme pour célébrer par anticipation les « Cinq glorieuses » à venir.  

Selon une étude menée par deux chercheurs de l’Ecole d’Economie de Paris, les entreprises dirigées par des proches de Nicolas Sarkozy ont, en effet, largement bénéficié de son élection en 2007. Pour arriver à ce résultat, Renaud Coulomb et Marc Sangnier ont établi un panel de 19 entreprises représentatives de la galaxie sarkozyste à partir des grands patrons ou actionnaires présents à la soirée du Fouquet’s le 6 mai 2007. On y trouve, entre autres Bernard Arnault (LVMH), Vincent Bolloré (Havas), Martin Bouygues (Bouygues), Henri de Castries (Axa), Serge Dassault (Dassault), Jean-Claude Decaux (Decaux), Patrick Kron (Alstom) ou encore Michel Pébereau (BNP Paribas), Gilles Pélisson (Accor), François Pinault (PPR), Henri Proglio (Veolia Environnement), Arnaud Lagardère (Lagardère, EADS), Franck Riboud (Danone) etc.

En comparant ce groupe d’entreprises avec un panel d’entreprises dîtes « Ségolène Royal », les chercheurs ont souhaité calculer le « rendement anormal des entreprises » - la différence entre le rendement quotidien observé d’une action et son rendement prédit par sa corrélation avec le marché, avant la campagne électorale -.
Les auteurs étudient alors la corrélation entre les cours boursiers des différentes catégories d’entreprises et la probabilité de victoire de Nicolas Sarkozy entre le 1er janvier et le 22 avril 2007.

Sept milliards d'euros de gains en quatre mois

Si les entreprises du panel Ségolène Royal n’ont pas présenté de rendements « anormaux », en revanche, les entreprises qui devaient bénéficier de réformes annoncées par Nicolas  Sarkozy, ou dont les dirigeants et les actionnaires principaux sont des amis proches du président de la République, ont présentées des rendements positifs dits « anormaux ».

Mais appartenir à une vaste catégorie d’entreprises susceptibles de bénéficier des réformes du président Sarkozy ne garantit pas un rendement boursier optimal. Dans le détail, les entreprises qui ont le plus profité de l’élection de Nicolas Sarkozy sont celles dont les dirigeants appartiennent au premier cercle des réseaux Sarkozy. Les amis du président. L’effet sur les rendements « anormaux » est 50% plus important dans ce dernier cas.

A 1 euro de hausse du cours de bourse du premier groupe répond une hausse de 1,5 euro du second. Les entreprises connectées au futur président firent ainsi de jolis profits : les plus-values boursières des entreprises du réseau Sarkozy sont estimées à 7 milliards d’euros entre 1er janvier et le 22 avril 2007. En revanche, la victoire de Nicolas Sarkozy lors de l’élection présidentielle n’a pas eu d’effet particulier sur le marché en général ou sur un secteur spécifique. Les copains d'abord. Seulement les copains.

Pourtant en 2007, quelques jours après l’élection, dans un article des Echos, deux économistes, Augustin Landier, maître de conférences à l’université de New-York et David Thesmar, professeur associé à HEC, avaient justement étudié les liens entre l’évolution des cours de bourse et les amitiés politiques, composant déjà un panier d’actions d’entreprises dont les patrons étaient décrits comme des familiers du président de la République. Les auteurs de l’étude étaient arrivés à la conclusion que « le marché ne semble pas anticiper que son amitié soit pour les grands patrons un gage substantiel de profits faciles ».

Les voies –sarkozystes- du CAC 40 sont-elles vraiment impénétrables ?
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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 16:44

 

Mardi 17 Avril 2012 à 12:00

 

Grand reporter au journal Marianne En savoir plus sur cet auteur

 

Brocardé par le quotidien « Libération » pour sa négligence administrative à l'égard de son employée de maison, le secrétaire d'Etat en charge du Commerce extérieur laisse sa collaboratrice assumer. La grande classe !

 

(Pierre Lellouche - REAU ALEXIS/SIPA)
(Pierre Lellouche - REAU ALEXIS/SIPA)
Le procédé est suffisamment inélégant pour être épinglé. Brocardé par le quotidien Libération pour avoir employé Claudia M [1], une femme de ménage étrangère « sans papiers » mais détentrice, selon le secrétaire d'Etat en charge du Commerce extérieur, d'une autorisation provisoire de travail, Pierre Lellouche a laissé sa collaboratrice, la sémillante Delphine Bürkli, monter au filet. Conseillère UMP de la Ville de Paris en plus de ses fonction à Bercy – double engagement qui doit suffire à remplir son agenda –, cette dernière s'est donc acusée devant la presse, d'avoir initié avec retard la rédaction des bulletins de salaire de la fée du logis de son « patron », remunérée en chèques emploi-service. « Tout est de ma faute, a-t-elle conclu. J'ai été négligente. J'ai envoyé les déclarations Urssaf avec retard. » Et sur le fond, c'est bien là que le bât blesse !

 

Depuis quand, en effet, une femme politique, de surcroit conseillère ministérielle remunérée par le contribuable, doit-elle s'acquitter de l'intendance domestique de son « patron » ? « Mais chère Madame, depuis que le monde existe. Cela fait partie de la relation de confiance », s'est-on entendu répliquer, avec grandiloquence, parmi les soutiens de Pierre Lellouche qui, de son côté, dénonce avec force « la maneouvre politique », à la veille de la la présidentielle. Ah vraiment une question de confiance ? Dans d'autres pays pourtant, on sait faire preuve de plus de clairvoyance dans ce partage des tâches privées-publiques ! Et cela aussi, il faudrait bien que ça change en France. Chiche ?

[1] Cette femme d'origine mauricienne avait témoigné anonymement un première fois dans Les sans-papiers de la République, documentaire d'Allan Rothschild diffusé le 2 avril sur Canal Plus.
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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 16:36

 

Mardi 17 Avril 2012 à 12:05

 

Eva Joly - Tribune

 

Marianne2 l'a souvent écrit, la santé est l'une des impasses de la campagne. Eva Joly semble également regretter de n'avoir pu s'exprimer en profondeur sur le sujet. Selon elle, des progrès sont largement possibles pour diviser le prix des médicaments par deux: «J’entends construire un mur parfaitement étanche entre les intérêts privés et la décision publique».

 

(Médicaments trop chers - GILE MICHEL/SIPA)
(Médicaments trop chers - GILE MICHEL/SIPA)
Les Françaises et les Français consomment beaucoup de médicaments. C’est de notoriété publique. Ce qu’ils savent moins, c’est qu’ils les payent très cher, surtout les plus récents. Surconsommation et surfacturation : chaque année, nous consacrons aux médicaments presque 2% de notre production nationale, deux fois plus que nos voisins britanniques. Un surcoût de l’ordre de 16 milliards d’euros, soit plus que le déficit de toute la Sécurité Sociale en 2012 !
 
Comment en sommes nous arrivés là ? Parce qu’en France, malgré tous les grands discours sur la transparence, l’intérêt général n’est pas placé au dessus des intérêts privés. Parce nous ne sommes toujours pas sortis de la confusion entre l’Etat et les groupes pharmaceutiques. Parce que la République exemplaire n’est toujours pas une réalité.
 
Un des médicaments qui coûte le plus cher à la sécurité sociale est le Plavix, un antiagrégant plaquettaire dont la boîte coûte plus de 40 euros en France… et seulement 23 euros en Italie. Il pourrait d’ailleurs être remplacé dans bon nombre de cas (pas tous!) par de l'aspirine, beaucoup moins onéreuse. Quant aux génériques, ils restent peu utilisés et particulièrement chers dans notre pays.
 
Si nous en sommes arrivés là, c’est notamment à cause du poids des firmes pharmaceutiques dans la fixation des prix des médicaments. C’est l’Etat qui négocie avec les industriels le prix remboursable aux assurés sociaux de chaque médicament. Selon le discours marketing des laboratoires, les prix élevés sont indispensables pour couvrir le coût de la recherche. Sur une dizaine de milliers de molécules testées, une seule en arriverait au stade de la mise effective sur le marché. Résultat : 800 millions de dollars de R&D [Recherche et développement] pour chaque médicament.
 
Mais la réalité est tout autre. Les laboratoires gonflent les chiffres en y incluant  les dépenses de lobbying, de marketing, et tout ce qui entretient le système de désinformation : les visites médicales, la formation médicale continue – financée à 98% par les labos – le sponsoring de la presse médicale, d’associations... Au final, la recherche couterait 20 fois moins que ce que prétendent les entreprises. Elles continuent néanmoins à nous présenter comme révolutionnaires des médicaments qui ne le sont pas : le progrès thérapeutique est en panne depuis de nombreuses années. Nouvelles variantes à peine modifiées d'anciennes molécules, médicaments à brevets expirés sortis sous une forme légèrement remaniée… Sur les 278 nouveaux médicaments présentés en 2009 par les labos, seuls 5 représentent des avancées thérapeutiques majeures.
 
Les laboratoires sont donc à critiquer, mais aussi les autorités de régulation qui les adoubent, les médecins qui leur font une confiance aveugle, et surtout les politiques qui les choient. Le système entier est structurellement pharma-amical et cela n'a pas changé avec la loi Bertrand. L’industrie pharmaceutique fait parfaitement son travail, au mieux de ses intérêts. Il est temps que ceux chargés de préserver l’intérêt général et la santé publique exercent leurs responsabilités avec le même acharnement, avec un objectif : diviser par deux le coût des médicaments pour les Françaises et les Français !
 
Je propose une lutte sans relâche contre les conflits d’intérêts. Pour cela, je veux que non seulement les élus et les experts qui représentent l’Etat face aux laboratoires, mais aussi TOUS les médecins, rendent publics leurs liens avec l’industrie pharmaceutique. Réciproquement, je veux sanctionner plus durement les laboratoires qui ne déclarent pas leurs liens avec la formation des médecins – du financement d’un cocktail à celle de thèses : je propose une  pénalité à hauteur de 10% du chiffre d’affaire, qui nourrira la recherche publique et la formation des médecins.
 
Faire baisser le coût des médicaments, c’est aussi se débarrasser des médicaments qui ne servent  rien : seuls ceux ayant un réel intérêt thérapeutique doivent être remboursés. Enfin, je propose le « désarmement promotionnel » de l’industrie, par la restriction de son budget publicitaire et la réforme du système de visiteurs médicaux. Le déploiement des médicaments génériques passe en effet par l’évolution des visiteurs payés par l’industrie vers le métier d’ « informateurs pharmaceutiques indépendants ».
 
J’entends construire un mur parfaitement étanche entre les intérêts privés et la décision publique. Cette dernière doit être fondée uniquement sur l'intérêt général.
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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 16:30

 

Le Monde.fr | 17.04.2012 à 11h05 • Mis à jour le 17.04.2012 à 15h34

Par Franck Johannès

 
 

Nicolas Sarkozy est revenu, mardi 17 avril sur France Inter, sur l'affaire des fadettes et le procureur de Nanterre, Philippe Courroye, et ne voit toujours pas bien où il pourrait y avoir une difficulté.

Le journaliste de la radio publique, Patrick Cohen, après une question d'un "jeune auditeur" sur la moralisation de la vie publique, a rappelé au chef de l'Etat que la justice dans l'affaire Bettencourt avait été entravée et des journalistes espionnés. "Aucun journaliste n'a été espionné, a répondu Nicolas Sarkozy, il y a eu une procédure en violation du secret de l'instruction... Pourquoi espionner un journaliste pour savoir ce qu'il avait à dire le lendemain dans le journal ?" "Non, pour découvrir ses sources ", répond le journaliste.

Les factures détaillées (fadettes) de trois journalistes du Monde ont bel et bien été examinées, celles de Gérard Davet en juillet 2010 par la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI, le contre-espionnage), afin de découvrir ses sources. Un conseiller du ministre de la justice de l'époque, Michèle Alliot-Marie, a été aussitôt démis de ses fonctions. Les fadettes, à nouveau de Gérard Davet mais aussi de Jacques Follorou ont ensuite été requises, sur ordre du procureur de Nanterre, en septembre 2010, effectivement dans le cadre d'une plainte déposée par l'avocat de Mme Bettencourt pour violation du secret de l'enquête.

Les conversations n'ont pas été écoutées, mais il s'agissait "d'espionner" ou en tous cas d'identifier les sources des journalistes. Les fadettes de Raphaëlle Bacqué ont également été saisies, les policiers ayant confondu son numéro de téléphone avec celui de Jacques Follorou.

 

LES DÉRIVES RÉELLES DU SEPTENNAT DE MITTERRAND

Nicolas Sarkozy n'a pas mentionné ces éléments, aujourd'hui à l'instruction devant le doyen des juges à Paris. Il a contre-attaqué sur les dérives, réelles, des septennats de François Mitterrand.

-"J'ai connu une République où on faisait sauter le navire de Greenpeace et où un photographe mourait parce qu'on avait demandé aux services secrets de faire ça", a lancé M. Sarkozy.

- "Ca n'excuse pas les errements d'aujourd'hui", reprend le journaliste.

- "Il n'y a pas d'errements, assure Nicolas Sarkozy. Tant qu'il n'y a pas de condamnation, il n'y a pas d'errements".

Il y a cependant bien eu condamnation : la cour d'appel de Bordeaux a annulé le 5 mai 2011 l'enquête du procureur de Nanterre en raison de l'atteinte au secret des sources, décision confirmée, et donc définitive, par la Cour de cassation le 6 décembre 2011.

"J'ai connu une République où un président faisait écouter des centaines de personnes dans Paris, a repris Nicolas Sarkozy, parce qu'il ne voulait pas que sa vie privée soit transmise dans la presse", une allusion au scandale des écoutes de l'Elysée sous François Mitterrand. 

- "Le procureur de Nanterre Philippe Courroye s'est bien comporté ?", reprend Patrick Cohen.

- "A ma connaissance, oui, a répondu Nicolas Sarkozy. Mais moi, je ne suis pas le porte-parole du procureur de Nanterre ! M. Philippe Courroye a été pendant des années l'incarnation du juge indépendant. Je rappelle que c'est lui qui a fait mettre en prison Alain Carignon, que c'est lui qui a mis un terme à la carrière de Michel Noir. Que c'est lui à qui M. Pasqua a eu affaire. Ne présentez pas M. Courroye comme un suppôt d'un pouvoir qui serait le mien. C'est faux. La justice est indépendante et le République a beaucoup progressé, c'est la vérité et tout le monde le sait".

 

ATTEINTE AU SECRET DES CORRESPONDANCES

En réalité, les procureurs sont toujours soumis hiérarchiquement au pouvoir politique, et certains plus que d'autres, notamment Philippe Courroye. Nicolas Sarkozy n'est pas son porte-parole, mais c'est son "ami", selon ses propres mots le 24 avril 2009, lorsqu'il l'a promu officier dans l'ordre national du mérite. M. Courroye a effectivement instruit à Lyon des dossiers qui touchaient de près le RPR, mais il était alors juge d'instruction - statutairement indépendant. Le chef de l'Etat avait d'ailleurs annoncé en 2009 qu'il voulait supprimer les juges d'instruction.

Philippe Courroye a été à son tour mis en examen le 17 janvier pour atteinte au secret des correspondances, décision annulée par la cour d'appel de Paris sur un point de procédure, qui sera examiné prochainement par la Cour de cassation. Il devrait en outre comparaître dans les prochains mois devant la formation disciplinaire du Conseil supérieur de la magistrature.

Enfin, Alain Carignon a bien été condamné en 1996 pour "corruption, abus de biens sociaux et subornation de témoin a cinq ans de prison, dont un avec sursis. L'ancien maire RPR de Grenoble est cependant suffisamment rentré en grâce pour avoir été le conseiller politique officieux, au ministère de l'intérieur, d'un très proche du président Sarkozy, Brice Hortefeux, de 2009 à 2011.

Franck Johannès

 

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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 15:08

 

 

 

LE MONDE | 17.04.2012 à 14h54 • Mis à jour le 17.04.2012 à 16h47

Par Rémi Barroux et Justine Boulo

 
 
Le bilan carbone du panier des ménages français.

 

En 2009, chaque Français a acheté en moyenne 700 kg d'aliments, de boissons, de produits ménagers, de parfumerie et d'hygiène. Cela correspond à 1,4 tonne d'émissions carbone (équivalent CO2), soit autant qu'un aller-retour Paris-Pékin en avion. Première du genre, l'étude menée par le commissariat général au développement durable (CGDD) sur "Le contenu carbone du panier de consommation courante" (dans "Le point sur", n° 121, avril 2012) analyse la consommation courante de quelque 20 000 ménages du point de vue de son impact sur le climat.

Le champ étudié représente 16 % des dépenses de consommation des ménages. Premier enseignement, le poids en CO2 du panier varie en fonction de sa composition, de 1 à 25 environ selon les produits. La viande, par exemple, ne représente en moyenne que 8 % du poids du panier et 23 % des dépenses, mais environ un tiers de son contenu carbone.

CATÉGORIES SOCIALES

Le calcul est basé sur l'ensemble du cycle de vie d'un produit, ce qui, pour la viande, sous-entend notamment l'importation de produits servant à l'alimentation du bétail ainsi que le transport. A l'inverse, les fruits et légumes représentent 20 % du poids du panier mais ne contribuent qu'à hauteur de 7 % au contenu carbone.

L'impact carbone varie en fonction de la composition des familles, de l'âge des consommateurs et de leurs catégories sociales. Ainsi, expliquent les auteurs de la note, "le contenu carbone par kilogramme d'achat des ménages ouvriers est supérieur de 8 % à la moyenne, alors que les dépenses par kilo de produits sont inférieures de 10 % à la moyenne". Pour les ouvriers, le contenu carbone pour un euro dépensé est supérieur de 20 % à la moyenne. Pour les cadres, la situation s'inverse et le contenu carbone pour un euro devient inférieur de 15 %. De même, l'impact carbone varie en fonction de la préparation du produit : cru ou cuit, surgelé ou frais, en vrac ou emballé. La moyenne de l'impact carbone d'un légume frais est inférieure de 35 % à celle des conserves.

Cette 1,4 tonne de carbone du "Caddy moyen" est à rapprocher des 12,2 tonnes de gaz à effet de serre émis par habitant pour satisfaire la consommation française (chiffre 2007). Dans une autre étude ("L'empreinte carbone de la consommation des Français : évolution de 1999 à 2007", mars 2012), le CGDD a établi que l'augmentation de l'empreinte carbone était due à l'accroissement de la demande intérieure, + 39 % en dix-huit ans. La part de l'importation dans des secteurs comme les nouvelles technologies, le textile et l'automobile explique que si la quantité de gaz polluants émise sur le territoire a diminué de 7 %, l'empreinte carbone, elle, a augmenté de 14 %.

Rémi Barroux et Justine Boulo

 

 

 

 

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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 15:01

 

Le Monde - 17 avril 2012


Espèces protégées tuées en Roumanie, ours saoulés à la vodka miel pour une chasse en Russie... Ce n'est pas la première fois que Juan Carlos suscite la controverse avec ses parties de chasse.

 

 

La photo du roi d'Espagne, lors d'une chasse à l'éléphant en 2006, a fait la une des deux principaux quotidiens généralistes espagnols, El Pais et El Mundo, dimanche. (El Pais)

 

Décidément, la chasse n'est pas bonne pour la santé des Bourbons. Le roi d'Espagne, Juan Carlos I, se remet doucement de l'accident survenu samedi 14 avril alors qu'il participait à un safari au Botswana. Les médecins lui ont posé une prothèse à la hanche et il semble qu'il puisse déjà marcher avec des béquilles. En revanche, combien de temps lui faudra-t-il pour se remettre du vent d'indignation levé par le safari lui-même ? De plus en plus de voix en Espagne demandent l'abdication du monarque. Les médias, d'ordinaire réputés complaisants avec la monarchie, multiplient les tribunes sévères, insistant sur un voyage "inopportun" dans une Espagne meurtrie par la crise et qui traverse une nouvelle tempête sur les marchés. Un voyage dont l'objectif – chasser des éléphants – a de quoi heurter "la sensibilité de millions de personnes".

Chasse à l'ours en Roumanie et en Russie

Or ce n'est pas la première fois que les parties de chasse du roi d'Espagne suscitent la polémique. En octobre 2004, déjà, Juan Carlos I s’était rendu en Roumanie, dans la région de Covasna, au pieds des Carpathes, pour participer à une chasse à l'ours. Les médias roumains s'étaient émus de l’ampleur de la tuerie : neuf ours et un loup, espèces protégées selon les conventions signées par le pays.

Deux ans plus tard, le journal de Moscou Kommersant publiait une lettre de réclamation d'un guide forestier qui dénonçait que le roi d'Espagne ait participé à une partie de chasse organisée dans la région de Vologda et ait tué un ours auquel les participants avaient préalablement fait boire de la vodka au miel. Une information démentie par la Casa real mais qui vient compléter la revue de presse des déboires du roi avec la chasse.

Le petit-fils du roi se tire une balle dans le pieds

Ce n'est pas tout. La semaine dernière, quatre jours avant l’accident du monarque au Botswana, une autre polémique liée à la famille royale et aux armes nourrissait déjà les colonnes de la presse espagnole. Le 9 avril, le petit-fils de Juan Carlos I, Froilan, fils de l'infante Elena, a été hospitalisé d'urgence après s'être tiré accidentellement une balle dans le pieds avec un fusil de calibre 36. Que faisait ce jeune garçon de 13 ans avec une telle arme ? Son père assure qu'il était en train de la nettoyer mais il n'avait ni l'autorisation légale de la manipuler, ni les 14 ans minimum pour le faire. La polémique a vite gonflé et l'opinion publique s'est émue de "l'impunité" avec lesquels agissent certains membres de la famille royale, en référence à l’enquête ouverte contre le gendre du roi, Iñaki Urdangarin, dans une affaire de détournement de fonds publics.

Le frère du roi tué accidentellement

La garde civile a finalement ouvert une enquête sur l'accident de Froilan qui est sorti de la clinique lundi 16 avril. Un accident qui n'a pas manqué de rappeler celui qui en 1956 avait coûté la vie au frère cadet de Juan Carlos I, Alfonso, alors âgé de 14 ans. Avec l'actuel roi d'Espagne, qui en avait alors 18, les deux jeunes homme manipulaient une arme, un revolver "offert par Franco", selon le journal El Pais. Le coup est parti. Alfonso est mort d'une balle dans le front. Juan Carlos I, auteur involontaire de la mort de son frère, en aurait gardé un "sentiment de culpabilité".

L'"amie intime" du roi

Aujourd'hui, tous ces épisodes refont surface dans la presse espagnole, inquiète du "discrédit" qui frappe la figure du roi d'Espagne. Le tabou médiatique qui entourait la monarchie semble tomber. Preuve en est, pour la première fois, les secrets de la vie privée du roi, jadis tus par la presse généraliste, effleurent de manière plus ou moins explicite. Dans une tribune publiée par quotidien de centre-droit El Mundo, on pouvait lire ainsi que "depuis des semaines, le roi était hors de contrôle, tirant les dernières balles de son fusil dans des safaris organisés par la princesse Corinna".”

Corinna zu Sayn-Wittgenstein, âgée de 46 ans, ancienne épouse du prince allemand Casimirzu Sayn-Wittgenstein-Berleburg, est mentionnée dans plusieurs articles comme "l'amie intime" du roi, avec lequel elle maintient une "étroite relation". C'est elle qui aurait organisé le voyage de chasse à l'éléphant en Afrique. Sa photo, en compagnie du monarque, vient appuyer les articles des sites de journaux. Son nom apparaît dans le livre de la journaliste Pilar Eyre, La Soledad de la reina (La Solitude de la reine, non traduit en français). D'autres rappellent que le mariage avec la reine Sofia est "un échec notoire". Même le très respecté chroniqueur d'El Pais, Iñaki Gabilondo, ose conseiller au roi de réfléchir à l'abdication et au divorce dans une tribune vidéo virulente.

Aujourd'hui, on peut se demander si la royauté, qui s'appuyait davantage sur la sympathie que suscitait la figure du roi et sur la gratitude des Espagnols pour son rôle dans la transition démocratique que sur un véritable sentiment monarchique, résistera à tant d'attaques...

Sandrine Morel

 


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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 14:52

 

 

http://www.bbc.co.uk/news/business-17493024

 

                                                                                     ****************************

 

Le Monde - 17 avril 2012

 

Le nouveau directeur de la BM, Jim Yong Kim, a participé il y a quelques années à un show estudiantin dans lequel il dansait sur "Time of my life" des Black Eyed Peas. Rafraîchissant.

 

*Suivre ce lien "link" pour voir  la vidéo éditée par Le Monde (identique à celle qui apparait ci-dessus...)

 

Avant d'être élu directeur de la Banque mondiale, lundi 16 avril, l'Américain Jim Yong Kim, né en Corée du Sud, a réalisé de brillantes études médicales à Harvard, obtenu un doctorat en anthropologie et a connu l'honneur de devenir le premier Américain d'origine asiatique à diriger une université d'élite de la côte Est, Dartmouth College.

C'est à cette époque qu'il s'est fait connaître pour un de ses nombreux talents cachés, (outre le basketball et le golf, dans lequels il excelle) : le show du rappeur venu de l'espace, ou "singing spaceman". A l'occasion d'un spectacle estudiantin auquel il avait tenu à participer, celui qui n'était encore que président du Dartmouth College avait enfilé sa veste de cuir blanc, ses lunettes 3D et ses bracelets fluorescents pour une performance des plus réjouissantes au rythme de Time of my life des Black Eyed Peas. C'est frais, c'est inattendu, c'est américain, c'est asiatique, c'est sympathique.

Le nouveau patron de la Banque mondiale ne vient pas de la même planète politico-musicale que ses prédécesseurs. Le dernier en date, Robert Zoellick, faisait partie du cercle intime des conseillers en politique internationale de George W. Bush, surnommé par Condoleezza Rice "les Vulcains", du nom du dieu de la divinité du feu et du métal. Paul Wolfowitz, directeur de la Banque mondiale jusqu'en 2005, appartenait lui aussi au cercle très "pince-sans-rire" des néo-conservateurs de l'administration Bush. Une page se tourne.

 

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