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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 16:19

Jean-Pierre Filiu Universitaire


Publié le 14/04/2012 à 10h25

La révolution syrienne, un an et un mois après son déclenchement, est parvenue à un tournant majeur. Le régime de Bachar el-Assad est condamné, la seule question est de savoir s’il tombera du fait du soulèvement démocratique de sa population, ou si cette chute sera la conséquence d’un conflit de plus en plus militarisé, avec d’inévitables débordements confessionnels.

Le despote de Damas a tout fait pour plonger son pays dans la guerre civile, ses nervis ont méthodiquement traqué les militants non-violents pour les torturer, les liquider ou les contraindre à l’exil. Les comités de coordination, ces « tansiqiyyat » qui animent la contestation sur une base locale et décentralisée, ont été systématiquement visés, démantelés ou pourchassés.

Le soulèvement continue

La résistance est aujourd’hui en Syrie exsangue et épuisée. Et pourtant, malgré les plus de 9 000 morts et les dizaines de milliers de disparus, malgré les centaines de milliers de réfugiés, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, le soulèvement continue, envers et contre tout.

Les manifestants ont une fois de plus bravé la mort, le 13 avril, en exigeant dans la rue la chute du régime, au nom de « la Révolution pour tous les Syriens ».

Des images de Syrie, vendredi 13 avril 2012

La résistance continue et elle continuera jusqu’au bout. Tout simplement parce que le retour en arrière est impossible, inconcevable. Parce qu’une hypothétique restauration de la barbarie des Assad signifierait des massacres encore plus épouvantables que les carnages déjà perpétrés à Homs, à Idlib ou à Deraa.

Parce que toute une partie du territoire syrien, peut-être la moitié, échappe déjà au contrôle direct des forces de répression et que le retour de cette soldatesque revancharde vaudrait cauchemars sans fin.

Dans ces villes mêmes de Damas ou d’Alep que l’on dit si « calmes », l’agitation est permanente, les incidents sont quotidiens, l’insubordination est à fleur de peau.

Les manifestations éclair, dispersées aussi vite que convoquées, se multiplient et les gestes de défi public, telle cette femme drapée de rouge devant le parlement syrien pour dénoncer la poursuite des massacres, sont applaudis par les badauds.

Une femme en rouge manifeste contre la poursuite des massacres à Damas

Vers la désobéissance civile

Et les activistes ne désespèrent pas des vertus de la désobéissance civile.

L’Armée syrienne libre (ASL), initialement composée de déserteurs des forces gouvernementales, est passée progressivement d’actions d’auto-défense des quartiers insurgés et des zones rebelles à des opérations de plus en plus audacieuses (embuscades de patrouilles, éliminations d’informateurs, attaques de postes de sécurité).

Cette posture offensive s’est accompagnée d’un recrutement ouvert aux motivations de tous ordres, depuis le patriotisme le plus désintéressé jusqu’à la vendetta tribale en passant par la délinquance recyclée. L’ASL ne dispose pas de chaîne de commandement claire et cet éclatement organisationnel, même s’il permet aux groupes locaux d’échapper au rouleau compresseur gouvernemental, est lourd de toutes les dérives miliciennes.

Le soutien déclaré de l’Arabie saoudite encourage les formations de type salafiste, qui mènent explicitement un combat communautaire, au nom d’un sunnisme intransigeant, contre les « hérétiques » au pouvoir à Damas.

Cette polarisation confessionnelle ne peut, en retour, que rassembler la communauté alaouite autour de Bachar el-Assad et cantonner les autres minorités dans une expectative angoissée.

On ne soulignera jamais assez combien c’est le régime qui porte la responsabilité principale de cette fracture communautaire, par lui sciemment creusée et aggravée. Il aura fallu un an de terreur pour que cette prophétie autoréalisatrice parvienne à maturité. Mais le fait est que les garanties répétées et réitérées par le Conseil national syrien (CNS) comme par les Frères musulmans n’ont pas suffi à apaiser ces inquiétudes minoritaires.

Car s’il est une bataille que Bachar el-Assad croit avoir gagné haut la main, c’est bien celle de l’information. Certes ce fut au prix de la mort de journalistes étrangers, de l’élimination des reporters-citoyens de Homs et d’ailleurs, du black-out agressif imposé à tout un pays, d’une propagande orwellienne déversée jour après jour.

Mais le doute a été instillé, complaisamment relayé par des conspirationnistes variés, le tout pour mieux jeter le trouble en Syrie comme dans la diaspora.

Eviter les querelles intestines

Le débat est ouvert pour savoir si une reconnaissance déterminée du CNS n’aurait pas justement évité que l’opposition s’absorbe dans des querelles de personnes, de courants et d’exil.

Une telle reconnaissance aurait en effet conféré à une direction incontestée la capacité de rassemblement qui peut, seule, faciliter les défections. C’est une piste que suggèrent, entre autres, de distingués professeurs de Harvard.

L’essentiel est, encore et toujours, l’intérieur, cette population de Syrie bâillonnée, piétinée, martyrisée. L’appel à la résistance civile n’est pas que le seul moyen de conjurer les démons alimentés par Bachar. Il est aussi l’unique voie pour reconstruire une société meurtrie par tant d’horribles épreuves.

C’est pourquoi, le 17 avril, la célébration de l’indépendance syrienne doit s’accompagner d’une injonction citoyenne à l’arrêt immédiat des violences. Il en va du destin de la Syrie, bien au-delà du sort du dictateur et de sa clique.

 

 

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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 16:13

 

 

Rue89 - « Soyez à la hauteur » 14/04/2012 à 11h45

Laurent Mauriac

nfosignalée par un internaute

 


Nicolas Sarkozy visite ce samedi en fin de matinée un campus privé d’écoles d’informatique. Un étudiant d’Epitech, l’une de ces écoles du Kremlin-Bicêtre, souhaitant garder l’anonymat « par peur d’être sanctionné », nous a transmis un e-mail envoyé la veille par la direction du groupe d’enseignement aux étudiants pour les appeler à « faire le meilleur accueil à notre Président » et à « être à la hauteur ».

Pourtant, selon notre étudiant, les risques de débordement sont plutôt limités :

« Il semblerait que les étudiants soient plutôt enthousiastes à l’idée
de rencontrer monsieur Sarkozy. En revanche, je perçois ce message comme une menace, et il n’est pas approprié. [...] On nous empêche ainsi de manifester nos opinions. »

« Il a droit à notre respect »

 


Capture d’écran de l’e-mail envoyée aux étudiants par la direction de l’établissement

 

Dans son message, le vice-président du groupe Ionis Education se félicite d’abord de la visite du candidat UMP :

« L’accueillir dans nos murs a un sens profond pour nous : la reconnaissance de nos écoles comme étant un lieu essentiel du numérique pour préparer l’industrie de demain. »

Il exhorte les étudiants à recevoir le Président avant le candidat :

« En démocratie, le Président que nous recevons, fût-il en même temps candidat, est toujours l’élu des Français. A ce titre, il a droit à notre respect, quelles que soient nos opinions. »

Puis demande aux élèves d’être « à la hauteur de ce [qu’ils ont] toujours été : des élèves passionnés, inventifs, curieux, qui participeront dans l’avenir à façonner un monde meilleur, ouvert, transparent et connecté ».

Quelle est la raison d’être de ce message ? Eviter que les étudiants ne s’en prennent au Président ou tout simplement se féliciter de sa visite ? Nous avons tenté en vain de joindre la direction du groupe Ionis Education.

 

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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 16:08

 

Rue89 - Embarquement interdit 14/04/2012 à 16h59

Laurent Mauriac

Infosignalée par un internaute

Ils devaient être 1 500 – dont 500 à 600 Français – et se retrouver ce dimanche à Bethléem pour inaugurer une école et manifester contre la politique d’Israël dans les territoires occupés. Des dizaines de militants propalestiniens se sont vu refuser la possibilité d’embarquer dans plusieurs villes européennes et ne pourront participer à ce rassemblement organisé par le mouvement Bienvenue en Palestine.

Ils viennent de recevoir un e-mail de leur compagnie aérienne (Air France, Lufthansa, easyJet ou Jet2.com) leur annonçant leur refus de les embarquer à la demande d’Israël.

L’un d’eux nous a transmis l’e-mail envoyé vendredi par easyJet :

« Nous avons le regret de vous informer que les services israéliens de l’immigration nous ont informés que votre entrée sur le territoire israélien vous était refusée et nous ont donné comme instruction de vous refuser le transport. Nous n’avons donc d’autre choix que d’annuler votre réservation [...].

Vous recevrez un remboursement complet de votre réservation [...]. Ne vous rendez pas à l’aéroport où les services israéliens de l’immigration nous ont donné comme instruction de vous refuser le vol. »

Puis easyJet cite la réglementation l’obligeant à suivre les consignes des autorités israéliennes avant de renvoyer son passager vers l’ambassade d’Israël pour toute autre question.

« Dans le cadre de la convention de Chicago, Air France refuse d’embarquer tout passager non admissible par Israël », a déclaré une porte-parole d’Air France, précisant que la liste des passagers lui avait été fournie par Israël.

Günter Grass, persona non grata

Dans un communiqué, les organisateurs du rassemblement indiquent que les passagers « se présenteront, comme prévu, dans leurs aéroports d’embarquement, ce week-end, pour rappeler que la Cisjordanie, pas plus que le reste de la Palestine, n’appartient pas à Israël, et pour exiger le respect du droit international ».

« Tous aux aéroports d’embarquement dimanche matin », lance le site de Bienvenue en Palestine sur sa page d’accueil.

Le rassemblement organisé dimanche vise à lutter contre les restrictions de déplacement vers et depuis les territoires palestiniens.

L’an passé, en juillet 2011, Israël avait aussi donné des consignes aux compagnies aériennes pour empêcher l’embarquement de militants propalestiens. 124 militants, la plupart français, avaient malgré tout réussi à se rendre à Tel Aviv. Ils avaient alors été arrêtés et expulsés.

Dans un registre semblable, Israël a déclaré dimanche dernier l’écrivain allemand Günter Grass persona non grata, après la publication la semaine précédente dans le quotidien Süddeutsche Zeitung d’un poème en prose dans lequel le prix Nobel de littérature affirmait que l’Etat hébreu menaçait la paix mondiale en disant vouloir frapper l’Iran préventivement.

 

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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 17:01

 

 

 

 

Publiée le 20 mars 2012 par TheJackPicasso

http://www.facebook.com/jackpicasso1
Les gouvernements Américano-Israéliens sont à la base de tout ce désordre!
Ils attaquent le monde entier contrairement à l'Iran
Les peuples ne peuvent payer les erreurs ou stratégies de leurs dirigeants.
Ça suffit
Sur ma chaîne, vous pouvez profiter de la Web-Série: QUESTIONS

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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 16:54

 

http://www.generations-futures.fr

 

 

 

 

Publiée le 28 mars 2012 par Summitata


SOUTENEZ GENERATIONS FUTURES ICI
http://mdrgf.cotiserenligne.fr
Rencontre avec Eric Guéret réalisateur du film lors du congrès pesticides et santé au palais du Luxembourg. 23-24 mars 2012.
http://www.congrespesticides.org

 

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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 16:47

 

A Safe Haven

In March to Athens on 13 April 2012 at 14:27


March to Athens
Day 157-LXXXIII, from Μαραθιάς to Άγιος Νικόλαος, 20 km.

Day 158-LXXXIV, from Άγιος Νικόλαος to Εράτεινη, 10 km.

 


Eratini, April 13

 

Dear people,

 

The hard core of the march is still the same as ever. We are now a little less than twenty people. In Agrinio we lost our American comrade Diego. He keeps on reporting about the revolution from Athens. In Patras we lost almost our entire Italian contingent, the ‘conspirators’. The only Italians left now are Max and me.

We also left behind one of our Catalan comrades. He is in hospital. He was feeling really bad, and so they did al kinds of checks on him. I haven’t understood well what happened, but according to rumours he is suffering from a severe case of broken heart.

Acampada Marathias

 

On the road to Agios Nikolaos

Fortunately, there have also been people who joined us lately. In Mesolonghi comrade Mimo has returned. Mimo had already participated in the early stages of the march, and he caused quite a stir in Emilia Romagna, as a result of being a schizophrenic with a special love for knives.

Mimo is a Moroccan from Bruxelles. He has spent much of his life on the dark side of the system, or in prison. He used to be a professional car-jacker and a home-jacker, someone who steals your car or breaks into your house without minding that you are there. At the stoplight in broad daylight he would just open the door, force you out of the driver’s seat, take your car and race off. For a high class Mercedes he would make about five thousand euros.

He served eight years in total. He caused a lot of pain and distress to many people, but he says he never physically hurt any of them. He is done with his old life, and amazingly it doesn’t seem to weigh him down. He maintains an air of innocent childish happiness, which is exactly what the march needs right now, because overall, morale is still very low.

Siesta along the way

 


Apart from Mimo we have been joined by two Algerians from Patras. They are ‘illegal’ immigrants without ID, trapped in Greece. For years they have been trying to find a way to go to France, to their family, and they were delighted to hear that our policy is to refuse identification to police.

That’s why they came along. When our French contingent returns to France through the Balcans after Athens, they might try to join them.

One of them told me what it’s like to be an Algerian. At home, you suffer poverty without the prospect of ever getting out of it. The country isn’t poor, but it’s irredeemably corrupt. There’s oil, and on the coast the climate is favourable enough for many types of cultivation. But all the riches of the nation are divided among each other by a small clan of generals.

About twenty years ago people rose up against the establishment, under the banner of islamism. When the islamists won the elections, the generals reacted by cancelling the results and by starting a campaign of state terrorism. Everyone who was suspected of supporting the islamists became a target. And even if you weren’t, security forces could enter your house and shoot you through the head, as an example for your neighbours.

Hundreds of thousands of people died, the country was pacified, and the system of endemic corruption went on like before.

Today, as a normal Algerian, you can either live your life on the edge of hunger, or you can join the police, to control the masses and receive a decent pay. The only other possibility is to emigrate.


In the last few years, Spain and Italy have been stepping up their border patrols to prevent immigration. By now Greece is the weak spot from whence to enter fortress Europe. For us, priviliged European citizens, it’s no problem to cross from Greece to the rest of the EU, but for someone who comes from the other side of the wall, it’s much more difficult.

The sans papiers here live in a permanent state of fear. When they get arrested, they risk being deported to a concentration camp for immigrants, where they are either held indefinitely, or forced to negotiate their return back home.

View of Agios Nikolaos

And if isn’t the police they fear, it’s the fascists. With the economic situation degenerating, it’s easy for some people to blame the immigrants, and to make unprovoked attacks on them.

“All I want is to live a normal life, to work, to take care of my family,” Ali says, “that’s why I came to Europe. I thought Europe was the land of human rights.”

He couldn’t have been more wrong. Life may be hard for the Greeks nowadays, but for an Algerian without ID life is much harder still.

Then the March to Athens comes by, waving its flag of peace and shouting its slogans about a different world without borders. After all they have been through, we present a sign of hope. So they come along, and we welcome them into our tribe.

Here in the march they found three things that they had hoped to find in France.

 Liberté. Egalité. Fraternité.

 

 

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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 16:42

 

http://poetesindignes.wordpress.com/2012/04/12/espagne-eurovegas-loasis-qui-cache-le-desert/

Publié par Poetes Indignes le 12/04/2012

 

Pour réaliser en Espagne son projet d’EuroVegas – un gigantesque complexe dédié au jeu – le milliardaire américain Sheldon Adelson a transmis aux autorités espagnoles sa liste d’exigences : exemption de la TVA, des impôts sur le jeu, des cotisations sociales, réforme du code du travail, régime légal dérogatoire durant 30 ans, subventions européennes, don des terrains, autorisation de jeu pour les mineurs, autorisation de fumer dans les bâtiments, etc …

Le cynisme brutal du promoteur de cette zone de non droit – que se disputent aujourd’hui Madrid et Barcelone, donne la mesure de ce qu’ont abandonné les nations européennes en se mettant à la merci des marchés et des fortunes privées : non seulement leur souveraineté, mais aussi leur dignité.

15 milliards d’euros d’investissements, 260 000 emplois directs et indirects créés : tel est le deal que fait miroiter aux régions de Barcelone et de Madrid Sheldon Adelson, 16e fortune mondiale avec un patrimoine estimé à plus de  21 milliards de dollars et par ailleurs président et actionnaire principal de la société Las Vegas Sands, « l’empire du jeu ».

Son projet ? Créer en Espagne une « zone de jeu » identique à celles qu’il a déjà implantées au Nevada, à Singapour et à Macao : 6 casinos, 18 000 machines à sous, 3 terrains de golf, des théâtres et des cinémas, une douzaine d’hôtels, des centres commerciaux… bref, toute l’apparence d’un « paradis » dans un pays où le chômage atteint des records (plus de 20 % de la population active), où la récession frappera dur en 2012 et 2013, où la crise immobilière, née d’une spéculation sur le prix des biens et de conditions de prêts immobiliers délirantes (emprunts jusqu’à 50 ans), paupérise à vitesse grand V les classes moyennes qui ont eu la mauvaise idée d’acheter pour se loger.

Comme au football, Madrid et Barcelone, rivales traditionnelles, se disputent les faveurs du groupe Las Vegas Sands pour que ce complexe de jeu s’installe sur leur territoire. Et, comme au football où le Real et le Barça sont prêts à payer des sommes extravagantes pour attirer les meilleurs joueurs du monde, les deux villes sont prêtes à toutes les concessions pour convaincre Las Vegas Sands de les favoriser de son choix.

Toutes les concessions ? Jugez-en plutôt. Réparties en 5 thèmes par le journal espagnol El Pais qui a eu accès aux documents de travail des négociations en cours, cette longue liste donne une idée du rapport de forces qui s’est désormais établi entre puissance privée et (im)puissance publique :

1. Droit du travail

● Modification du Code du travail afin d’assouplir « la rigidité des conventions collectives », notamment dans les secteurs présents dans le complexe de casinos (hôtellerie, restauration, jeu, commerces…) ;

● Réduction du temps nécessaire pour admettre des travailleurs étrangers (hors UE) en Espagne, via la création d’un régime spécial qui accélèrera la délivrance d’un permis de travail ;

● Exemption totale pendant deux ans des cotisations de Sécurité sociale, puis 50 % de remise les trois années suivantes. À compter de la 5e année, les travailleurs non espagnols pourront être rattachés au régime social de leur pays d’origine ;

● Création d’un MBA spécialisé dans l’industrie du jeu ;

● Appui du gouvernement à une demande de subvention d’aide à l’emploi de plus de 25 millions d’euros auprès de la Banque européenne d’investissement ;

● Financement par les autorités publiques de 60 % des frais de formation des employés recrutés par Las Vegas Sands ;

● Perception par Las Vegas Sands de subventions pour l’emploi, tant en ce qui concerne les emplois directs qu’indirects créés durant la construction du complexe.

2. Infrastructures

● Prise en charge par les autorités espagnoles de la construction d’une nouvelle station de métro, d’une interconnexion avec le TGV, de nouvelles lignes d’autobus, de nouvelles routes et autoroutes…

● Autorisation des vols en hélicoptère entre l’aéroport et le complexe de jeux, construction d’un ou plusieurs héliports dans le complexe ;

● Suppression ou enfouissement des infrastructures de gaz, d’eau et d’électricité, renforcement des services d’urgence (pompiers, ambulances, etc.) dans le complexe…

3. Urbanisme

● Cession gratuite, à Las Vegas Sands, de toutes les terres que les autorités publiques possèdent dans la zone ;

● Expropriation des terres privées de la zone afin que Las Vegas Sands en prenne rapidement possession ;

● Suppression des règles d’urbanisme, y compris des critères de construction, afin que Las Vegas Sands ait toute latitude pour construire.

4. Réglementation

● Vote d’une loi spécifique, ne pouvant être modifiée pendant au moins 30 ans, déclarant le projet d’intérêt général, créant un régime dérogatoire en ce qui concerne le jeu et le commerce, supprimant les limites aux investissements étrangers dans les casinos ainsi que la nécessité d’une autorisation préalable si plus de 5 % du capital social change de mains ;

● Autorisation d’accès aux casinos pour les mineurs, les majeurs incapables et les interdits de jeu ;

● Modification de la loi sur le blanchiment d’argent avec, notamment, autorisation de transférer les fonds sans limites ;

● Autorisation, pour les casinos, d’accorder des prêts aux joueurs, suppression des interdictions publicitaires concernant le jeu, modification de la législation sur les dettes de jeu qui réserve actuellement l’exécution des sanctions à la seule justice civile, légalisation du système d’intermédiaires et de « rabatteurs » incitant les joueurs potentiels à se rendre au complexe ;

● Homologation automatique des jeux déjà autorisés dans d’autres pays de l’Union européenne ou aux États-Unis, autorisation donnée à Las Vegas Sands pour approuver de nouveaux jeux et traiter des questions administratives afférentes ;

● Création d’une commission des jeux, formée de membres du gouvernement régional et d’« experts indépendants » ;

● Autorisation de fumer dans les espaces clos à l’intérieur du complexe, liberté totale des horaires dans tous les commerces.

5. Fiscalité

● Remboursement de la TVA aux entreprises du complexe, statut de « zone franche » (donc, pas de paiement de TVA ni de taxes) pour les joueurs extra-communautaires ;

● Suppression des taxes et simplification des procédures pour tous les produits importés qui rentrent dans le complexe ;

● Modification des règles fiscales d’amortissement, de déduction du résultat fiscal, d’imposition des non-résidents et des impatriés ;

● Exemption pendant 10 ans de la taxe sur les jeux ;

● Réduction de 95 % de l’impôt sur les transmissions patrimoniales, ainsi que des impôts fonciers ;

● Réduction de 50 % de l’impôt sur les activités économiques ;

● Négociation préalable et obligatoire avec Las Vegas Sands avant toute entrée en vigueur de nouvelles taxes.

Pour effarantes qu’elles paraissent, les prétentions de Las Vegas Sands n’en sont pas moins, dans leur globalité, accueillies avec bienveillance tant à Madrid qu’à Barcelone. Les représentants d’Adelson n’ont d’ailleurs pas caché qu’ils donneraient la préférence à la ville qui leur ferait le plus de concessions, d’où la déclaration de la présidente de la région de Madrid : « s’il faut effectuer des modifications légales qui sont en accord avec mes principes, elles se feront. »

Cet accord en voie de conclusion entre une TGE (très grande entreprise) et les responsables politiques d’une région et d’un État illustre parfaitement le transfert de pouvoirs et compétences des autorités publiques vers les TGE que nous avons analysé dans plusieurs billets. On y retrouve en effet la plupart des caractéristiques de la décadence des États-nations :

● remplacement de la loi par le contrat, lequel acquiert ainsi une force supra-législative, au mépris absolu de la pyramide des normes juridiques qui, de la Constitution au simple arrêté municipal, sert de fondement à tout notre système juridique ;

● « liquéfaction » complète des individus, coupés de leurs racines culturelles et nationales : Las Vegas Sands ne dissimule même pas son intention d’aller chercher des employés dans des pays à très bas salaires et sans protection sociale et de les transposer « tels quels » en plein milieu de l’Europe, des pions que l’on déplace sur un échiquier planétaire, et que l’on remplacera dès que les signes d’usure apparaîtront ;

● création d’une zone de « non-droit », ou plutôt d’une zone placée sous la quasi-juridiction d’une TGE. Nous y voyons là l’indicateur d’une évolution dont nous avons tracé les contours dans Après le capitalisme : la primauté de la force : des entreprises privées prennent de facto le contrôle par la force d’une zone géographique. Nous n’en sommes plus très loin : la présence de la milice privée qui assurera demain l’ordre dans la zone des casinos sera la confirmation, s’il en était besoin, de la confiscation des prérogatives publiques qui est en train de s’opérer en Espagne.

Il est de surcroît significatif que ce « déshabillage » de l’État-nation s’opère au profit d’une activité – le jeu – qui n’apporte aucune valeur ajoutée à la collectivité. Nous retrouvons ici – pardonnez les références multiples à cette période – une caractéristique de la chute de l’Empire romain : quand le système s’effondre, il faut bien occuper la plèbe et détourner son attention de la gravité de la situation, que ce soit en multipliant les jeux du cirque ou les bandits manchots.

On aurait pu à la rigueur comprendre que des avantages du type de ceux exigés par Las Vegas Sands soient accordés pour bâtir une Silicon Valley européenne qui aurait eu pour objectif d’attirer chercheurs et entreprises high tech du monde entier. Mais il ne s’agit ici que de recréer un ersatz de Circus maximus, un monde d’illusions et d’oubli de la réalité.

Le précédent espagnol pourrait bien faire des émules : selon nous, le jour n’est pas très éloigné où, sur le territoire d’un État membre de l’Union européenne, on installera une « zone franche » où des entreprises de type Foxconn implanteront leurs usines dans le cadre d’un contrat qui se résumera à : « nous ne payons pas d’impôts, nous faisons la loi et nous maintenons l’ordre selon nos critères à l’intérieur de la zone, remerciez-nous de proposer un peu de travail à vos nationaux, mais à nos conditions »… celles du contrat de servage du XXIe siècle.

Source: http://globalpresse.wordpress.com

Source: http://www.egaliteetreconciliation.fr

 

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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 16:31

L’Appel pour une meilleure qualité de l’information : François Bayrou, Jacques Cheminade, Eva Joly, Jean-Luc Mélenchon et Philippe Poutou soutiennent l’Appel des Indignés du Paf

Indignés par les dérives accumulées des médias dans le traitement de l’information, des citoyens ont crée en décembre un collectif débattre de la question des médias en France. Ils s’appellent « les Indignés du PAF (et des médias) ». Après moultes rencontres et débats, ils ont rédigé un « Appel pour une meilleure qualité de l’information » autour de 4 principes fondamentaux:

1. Associer les citoyens au fonctionnement des médias via les organes de régulation
2. Réformer structurellement le secteur des médias pour plus de transparence, d’indépendance éditoriale, politique et économique
3. Repenser la politique de soutien au secteur pour favoriser le pluralisme et l’innovation
4. Eduquer aux médias dès le plus jeune âge

Pour « Les Indignés du PAF », la nécessité d’une action se justifie par l’inaction des organes de régulation et par le refus des médias d’accepter la critique citoyenne. Ils veulent des médias libres, indépendants, transparents et pluralistes et souhaitent que les journalistes cessent d’être victimes des maux qui les minent profondément et nuisent à leur crédibilité : l’auto-censure et le manque de moyens (en temps, notamment). Les propositions mentionnées dans « l’Appel des Indignés du PAF pour une meilleure qualité de l’information » vont dans ce sens avec une détermination bienveillante. L’Appel est consultable sur le site www.lesindignesdupaf.org où celles et ceux qui veulent soutenir les « Indignés du PAF » peuvent le signer.

Les candidats à la Présidentielle ont tous été interpelés sur la question et :

Soutiennent le mouvement et l’Appel:
- François Bayrou (MoDem): soutient le mouvement, son porte-parole média, Yann Wehrling signe l'Appel
- Jacques Cheminade (Solidarité et Progrès): soutient et signe
- Eva Joly (EELV): soutient et signe
- Jean-Luc Mélenchon (Front de Gauche): soutient le mouvement (l'a annoncé publiquement au Bataclan), son porte-parole Jean-Michel Grémillet signe l'Appel
- Philippe Poutou (NPA): soutient et signe

Soutient le mouvement, mais en attente de réponse quant à l’Appel :
- François Hollande (PS) : soutient le mouvement, pas encore de réponse sur l’Appel

Soutient le mouvement, mais ne signe pas l’Appel :
- Nathalie Arthaud (LO): soutient le mouvement, mais trouve l'Appel trop timide

Autres :
- Nicolas Sarkozy (UMP): considère que sa Présidence a démontré son attachement à la Liberté de la Presse, ne signe aucun appel
- Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République): pas de réponse
- Marine Le Pen (FN): pas de réponse

En quelques jours, plus de 400 personnes (citoyens/usagers des médias, professionnels, artistes, …) ont également signé l’Appel des Indignés du Paf
(et des Médias) !

 

Mail: contact@lesindignesdupaf.org
Twitter: @indignesdupaf
Site: lesindignesdupaf.org
Page Facebook: les Indignés du Paf

 

Pour signer l'Appel: http://lesindignesdupaf.org/appel_indignes_du_paf/

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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 16:23
| Par La rédaction de Mediapart

Deux agriculteurs opposés au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, ont entamé mercredi 11 avril une grève de la faim. C’est « un cri de colère envers l'obstination du monde politique à vouloir détruire et bétonner », explique leur comité de soutien dans un communiqué. Propriétaire chacun d’une parcelle de terrain se trouvant dans la zone déclarée d’utilité publique pour les travaux, Michel Tarin et Marcel Thébaud, tous deux membres de la Confédération paysanne, viennent de recevoir une ordonnance d’expropriation. Au total, une centaine de propriétaires et d’exploitants agricoles refusent de céder leur terre à Vinci, la multinationale qui a remporté le contrat de partenariat public privé pour la construction et l’exploitation de l’aéroport (voir ici et ici nos enquêtes sur le sujet).

Fin mars, sur 1 650 hectares de zone d’utilité publique, il manquait toujours un peu moins de 600 hectares aux porteurs du projet – Vinci a obtenu un accord de vente pour 92 parcelles couvrant 144,5 hectares, et le conseil général de Loire-Atlantique en possède près de 900 hectares. Mi-mars, les opposants à l’aéroport ont déposé 50 dossiers de pourvoi en cassation contre les ordonnances d’expropriation.

Contesté depuis plusieurs décennies par des habitants du bocage concerné, l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes est en revanche défendu par le député-maire de Nantes et proche de François Hollande, Jean-Marc Ayrault.

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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 16:15
| Par Vincent Truffy

La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a condamné la France, jeudi 12 avril, pour une perquisition des locaux du quotidien Midi Libre, près de Montpellier, accomplie en 2006 pour des motifs « pertinents mais non suffisants »

.

 

Le journal avait publié en 2005 une série d'articles mettant en cause la gestion de la région Languedoc-Rousillon par Jacques Blanc (Démocratie libérale, aujourd'hui UMP, président de région jusqu'en 2004) sur la foi d'un rapport provisoire de la Chambre régionale. Le document mettait en relation la société Prodexport, chargée de la promotion des produits régionaux, les dépenses de communication de la région, les généreux salaires accordés à divers membres du cabinet, les cumuls de fonction, les importants frais de déplacement et de restaurant, mais aussi les subventions accordées à la Lozère, dont M. Blanc était sénateur, notamment les 4,4 millions d'euros dont a bénéficié La Canourgue, petite commune lozérienne de 1 922 habitants qui a longtemps eu M. Blanc comme maire.

Le sénateur avait alors porté plainte pour “violation du secret professionnel” et “recel de violation du secret professionnel”. Le juge d'instruction Stéphane Tamalet avait perquisitionné les locaux du journal le 5 juillet 2006 et saisi notamment une copie du rapport. Quatre journalistes de Midi Libre, Francois Martin, Jacky Vilacèque, Anthony Jones et Pierre Bruynooghe, avaient été mis en examen et obtenu, en 2007, un non-lieu.

La Cour de Strasbourg estime que la justice française s’est rendue coupable de « violation de la liberté d'expression » : « Il y a eu ingérence dans la liberté des journalistes de recevoir ou de communiquer des informations. (...) La Cour se demande si d'autres mesures que la perquisition au siège de la rédaction du journal n'auraient pas pu permettre au juge d'instruction de rechercher s'il y avait eu violation du secret professionnel. »

Elle juge également que les journalistes se sont tenus à « une présentation claire de la nature du rapport en cause et démontré ainsi leur bonne foi et un souci du respect de la déontologie de leur profession ». Dès lors, la CEDH estime que la France « n'a pas démontré que la balance des intérêts en présence, à savoir d'une part la protection des sources et d'autre part la prévention et la répression d'infractions, a été préservée », et conclut que « la perquisition litigieuse est à considérer comme disproportionnée et a violé le droit des requérants à la liberté d'expression ».

L'État devra verser 5 000 euros à chaque journaliste, pour dommage moral.

 

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