Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 15:13

 

 

LE MONDE | 04.05.2012 à 14h10

Par Olivier Razemon

 
 
La Cyclofficine, qui se définit comme un "atelier coopératif", se fixe pour objectif d'enseigner les gestes élémentaires, de façon que chacun apprenne à se débrouiller.

 

Ramy, 12 ans, plonge la chambre à air dans un seau à demi rempli d'eau et observe les bulles remonter à la surface. Un petit trou est localisé, il reste à enduire de colle le caoutchouc, poser une rustine puis serrer la chambre à air entre les paumes, très fort. L'enfant demande l'aide d'un adulte.

Aurélien Morin, barbe et tignasse rousses, vêtu d'une combinaison kaki, lui prête volontiers ses mains pleines de cambouis. Le jeune homme est l'un des bénévoles de la Cyclofficine, une association, créée en 2010, qui promeut la réparation et l'entretien des vélos. Avec une autre volontaire, il assure une permanence devant le collège Henri-Wallon, d'Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne).

Les habitants de ce quartier tranquille connaissent bien cet atelier en plein air où l'on peut obtenir de l'aide, le samedi ou le mercredi, pour réparer son vélo. Au cours de l'après-midi se succèdent un adolescent débrouillard et son VTT, des parents dont le jeune fils pleure la crevaison de son premier vélo et une salariée à peine sortie du bureau, avec sa bicyclette hors service depuis un an. M. Morin les accueille et livre rapidement son diagnostic. Il faut changer tel câble rouillé, démonter le pédalier ou dévoiler cette roue.

Les bénévoles ne travaillent pas seuls. La Cyclofficine, qui se définit comme un "atelier coopératif", se fixe pour objectif d'enseigner les gestes élémentaires, de façon que chacun apprenne à se débrouiller. Devant le collège d'Ivry, M. Morin se montre disponible, serviable, à l'écoute, mais il n'intervient que lorsqu'on a besoin de lui. La formule fait recette. La Cyclofficine a inauguré, jeudi 3 mai, un atelier dans une ancienne salle de danse du 20e arrondissement de Paris. Le local, ouvert depuis quelques semaines aux habitants du quartier, est en pleine effervescence. Les bénévoles, tee-shirts de couleur maculés de graisse, se mêlent aux adhérents à la recherche d'une suggestion et aux voisins du quartier qui passent la tête, par curiosité. Le tutoiement est de rigueur. On s'échange des clés à molette et des conseils.

Mira Bjornskau, une étudiante norvégienne vivant à Paris, a passé une bonne heure à réparer un pédalier, aidée par des bénévoles. "C'est le vélo de ma soeur ; je l'avais laissé dehors et quelqu'un l'a endommagé. Je vais pouvoir le lui rendre comme neuf", dit-elle. Pour pouvoir bénéficier de ces services, la jeune femme a versé sa cotisation à l'association, 25 euros pour un an, et acheté les pièces détachées pour une somme modique, 5 euros pour une roue, par exemple. L'atelier se révèle bien plus avantageux que les "vélocistes", garagistes pour vélos, qui réclament 15 à 20 euros pour une crevaison, et parfois jusqu'à 100 euros pour remettre à neuf une bicyclette.

Derrière les bons conseils et les petits gestes d'entraide émerge une ambition militante. "Nous faisons sortir les vélos des caves. Les gens les remettent en état et les utilisent davantage, ce qui contribue à pacifier les rues et rendre la ville plus agréable", assure Julien Allaire, administrateur de L'Heureux Cyclage, un réseau regroupant, outre la Cyclofficine, une cinquantaine d'ateliers vélo répartis dans toute la France.

Ces associations prospèrent aussi bien dans les villes universitaires telles que Bordeaux ou Rennes qu'à Pamiers (Ariège) ou Romans-sur-Isère (Drôme). Elles proposent à leurs quelque 25 000 adhérents des vélos soigneusement retapés, vendus entre 50 et 80 euros. A Lille, forte de ses 1 800 membres, l'association Droit au vélo réclame des aménagements cyclables aux élus locaux. A Grenoble, Un P'tit Vélo, qui dispose de deux ateliers, dans le centre et sur le campus universitaire, organise des "vélos-parades" destinées à accroître la visibilité des cyclistes en ville.

Partout, les associations cherchent le soutien des municipalités. "Nous ne demandons pas nécessairement des subventions, mais des locaux pour stocker le matériel ainsi que la possibilité d'accéder aux déchetteries municipales", précise M. Allaire. Car les vélos cassés ou abîmés, dont les utilisateurs se débarrassent en les jetant ou en les abandonnant à un poteau, ne sont pas perdus pour tout le monde. Ils constituent une source abondante de pièces détachées, permettant notamment de réparer des modèles qui ne sont plus en vente depuis des décennies. Toutes les mairies ne coopèrent pas avec autant d'enthousiasme. A Ivry, la Cyclofficine réclame la possibilité d'occuper un local appartenant à la municipalité, mais se heurte à un refus. "Si cela ne tenait qu'à moi, ils auraient depuis longtemps un lieu pour travailler", indique Chantal Duchêne, adjointe au maire (EELV), qui ne parvient pas à convaincre la majorité communiste à laquelle elle est pourtant associée.

Olivier Razemon

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Consommer et agir autrement
commenter cet article
4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 15:08

 

“Golpe”

In March to Athens on 3 May 2012 at 22:45


March to Athens
Day 177-CIII, from Ελευσίνα to Δάφνι, 14 km.
Day 178-CIV, Δαφνί.

 

Monastery of Dafni, May 3

Dear people,

In Eleusis three of our French comrades took control of the Route commission. I ceded them the maps, I gave them all requested clarifications, and I was actually relieved that it was out of my hands.

We had crossed the hills in two legs to be at Eleusis on the 30th, hoping that our comrades from Athens would be there, so that we could decide on our entry in assembly all together. They didn’t show up, and what’s more, some of them insulted one of our comrades.

‘If you touch one of us, you touch us all,’ is what we sing to police. And the same goes for anyone who betrays us. It left a scar on the march.

Waiting to leave Eleusis

In this situation, with no first hand information to go on, one route or another doesn’t matter. It was going to be a surprise for everyone.

There were two important reasons for the junta to stage a coup. One was the desire to take a day off in nature before entering. We didn’t do so in the mountains, so this would be the last opportunity. The other reason was to counter certain ‘manipulations’ of the march by people who had accepted an invitation of the assembly of Peristeri to go there as our last stop, without discussing it in assembly.

The junta consists of comrades Nicolas, Mimo and Ollie, of which Ollie is one of the two persons who did the entire march from Nice. As far as I know they never made the route before.

Yesterday they would have guided us to a lake, or to a place on the coast where we could take a holiday. Nicolas and Mary departed as vanguard in the morning to localise the place. In the afternoon, the group would follow.

It became an infernal day. We marched along the highway under the hot sun to a rendez-vous spot without any shadow. All along the way we had to bear the stench of the refineries. No place here to camp in the green.

 

 

Deciding where to go

 

Comrade Max, one of the supposed ‘manipulators’, was enraged with the Route commission for not doing a good job, but it would have been hard anyway. They took control of the route at the most difficult moment. I wouldn’t have done a better job myself.

In the end, after frying for hours on the contaminated coast we decided to move inland to the Byzantine monastery of Dafni. We found a park, hills and fresh water. The place is in a gorge along the main artery leading into Athens, and it’s located exactly at the entrance of the metropolis. On the one side, there is nature, on the other side the first houses.

We put up camp, we start cooking and exploring the surroundings. It’s already dark when four jackals on motorbikes arrive. Police. They ask what we’re doing here. We’re camping, we come walking from France and we go to Athens.

They go, and fifteen minutes later they return with reinforcements. Four bikes, eight officers this time. They say it’s illegal to camp, we have to show id, and we have to go immediately.

We explain who we are, and that we have been camping all over Greece.

“This isn’t Greece. This is Athens. Things are different here. You must go, now.”

So we put up our little piece of theater. We call an assembly, and we start with lengthy translations into four different languages to speak about what to do and put their patience to the test. All the while some of us keep calmly discussing with the officers. Police make phone calls to head quarters, and they go.

Frying potatoes next to the monastery

The tension remained. They could have come back to arrest all of us, and here we don’t have the advantage of the square. No-one will see us. We have to know how to act.

I stand in the middle of camp with comrade Mimo.

Mimo has emerged as the strong man of the junta. He has his history of carjacking, violence and schizophrenic tendencies, but he has joined the revolution with all his inphantile enthusiasm and he was miraculously cured at Easter in the church of Eratini. At this crucial moment, to protect our principles of horizontality, Mimo has adopted the title of ‘supreme commander’ and the rank of field marshall.

Among all the other things, he has also done the military.

As we are waiting for the cops to return, he explains the situation to me.

“We have to retreat to the edge of the forest. We form a first line of strong people. With four or five of them we immobilise one of the flicks and we take his gun. Then we fire a shot in the air. The other cops will be running like rabbits to get reinforcements. At that point we take the hills. We will dominate the battlefield from above, and we will start a guerilla.”

“With one gun?”

“Gun? What gun? No, no, no. We are non violent. Taking the hills would be a strategic error. Look, there are two paths that connect the monastery to the road. When police arrive, we have to secure at least one of them. We would take the highway and block the entrance of all traffic into the city.”

Field Marshall Mimo is in charge of all the maps. To avoid any further manipulations, they are only accessible to the members of the junta. And even though I knew about these ‘manipulations’, Mimo has appointed me his ‘first councillor’ with the rank of general. My task is to advice him on our advance to the center of the city.

It’s going to be fun. But contrary to what I said before, we will not be alone. We don’t need the support of our former vanguard, we have the support of all the Greeks we met along the way. From Preveza, from Agrinio, from Misolonghi, from Patras, from Itea, from Thebes, from Kriekouki. They made us feel at home when we arrived, and after we left they have come to visit us when morale was low, they brought us gas when we couldn’t cook, they brought us food, drink and joy. I’m sure that many of them will come to meet us in Athens.

They are more than comrades, they are friends.

Internal assembly in Dafni

 

 

 

Friends.

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Marche des indignés vers Athènes
commenter cet article
3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 21:03
_______________



Forum Citoyenneté Monde Arabe - FCMA
Arab World Citizenship Forum - AWCF
forum.citoyennte.monde.arabe@gmail.com

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Réunions - conférences et débats
commenter cet article
3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 20:58

 

 

LES INDIGNE/E/S :  Lundi et  Mercredi à 18h / Samedi 13h / Maison Carrée/ Assemblée + repas partagé

Chaque 1er samedi du mois : Tour de Vélo  RV Palais de justice à 11h

Chaque mardi Repas à l’Assoc Côté Jardins Solidaires

RESF Nîmes :le  mercredi 18h local APTI


Dates

Evènement

Lieu

heure

3, 4 et 5 Mai

Avec le  Beau Parleur : « La Résistance expliquée à mon père »de J.F.Homo

Télémac Théâtre

21h

Vendre 4 mai

Performance  collectif halte au nucléaire Nîmes

Marché Jean Jaurès

11h

Samedi 5 mai

Tour de Vélo

Palais de Justice

11 h

Samedi 5 mai

Femmes en Noir pour la Palestine

Place de l’Horloge

11 à 12h

Samedi 5 mai

Assemblée  Gén Artisans du Monde

Foyer M. Albaric

14 à 18h

Samedi 5 mai

Assemblée  Gén Assoc France Palestine Solidarité Nîmes

Entraide Gardoise Rue Richelieu

15h

Samedi 5 mai

Spectacle d’ Amparo Sanchez

Jazzpanazz

22h

Dimanche 6 mai

Votons et Chassons SARKOPEN

Bureaux de vote

8 à 18h

Mercr 9 mai

Collectif Nîmes anti schiste

La Brasserie

18h30

Mercr 9 mai

RESF Nîmes

APTI

18H

Jeudi 10 mai

Ass Citoyenne Front de Gauche Nîmes « 2012 :Construire l’école de l’égalité »

Local cheminots, rue B.Malon

18h30

Jeudi 10 mai

CNT :Rencontre avec 3 militants Syndicalistes libertaires GRECS/ ESE

Bourse du Travail Alès

19h

Vendr 11 mai

« Monologues polyphoniques en rafales » de Doumée

Librairie Diderot

18h30

Samedi 12 mai

Conseil Municipal

Mairie de Nîmes

18h

Dim 13 mai

Vide Grenier Quartier Gambetta

Place St Charles +

8 à 18h

Dim 13 mai

Journée mondiale des INDIGNE/E/S

Nîmes +++

 

Dim 13 mai

« Faites des courts circuits » Manger local au fil du Vidourle

Junas

 

Lundi 14 mai

Conf /débat par A.GRESH, dir adjoint Monde Diplo « Etat des lieux et perspectives des révolutions  arabes et de la question palestinienne »par l’AFPS, l’Univ Populaire, la Librairie Diderot

CSCS VALDEGOUR

19H repas convivial + 20h conf

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Réunions - conférences et débats
commenter cet article
3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 20:52

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Réunions - conférences et débats
commenter cet article
3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 16:23

6-Mai.JPG

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Photos - Vidéos - Sons
commenter cet article
3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 16:16

Les-Faux-travailleurs.JPG

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Photos - Vidéos - Sons
commenter cet article
3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 16:10

 

France Inter - l'émission du jeudi 3 mai 2012

Le vicking qui défia le gouvernement islandais

 

Interview de Gian Paulo Accardo de Courrier International.

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Photos - Vidéos - Sons
commenter cet article
3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 16:03

 

 Ce mois de mai sera le premier anniversaire du mouvement international des indignés qui a vu le jour en Espagne. Depuis, ce mouvement n’a cessé de trouver un véritable écho dans plusieurs villes à travers le monde. Le 15 octobre 2011 fut une date clé qui a réuni simultanément près d’un million de personnes dans 985 villes.

A l’occasion de cet anniversaire, les indignés de Madrid ont lancé un appel à la mobilisation qui fut rapidement relayé par Occupy Wall Street. Cet appel s’adresse à toutes les personnes qui s’indignent de la situation mondiale actuelle tant au niveau global que local. En raison de son importance stratégique et des liens qui se sont créés entre les indignés espagnols, américains,belges, et français, Caen et le Calvados répondent présents à l’appel du 12 mai 2012 : « 12M-15M »
.
12M fera l’objet d’une importante mobilisation, porteuse de résistance pacifique. Chacune et chacun est invité à se rassembler à cette date. Pour rappel, ce mouvement se veut horizontal et non-hiérarchique, chaque individu est donc invité à participer à titre personnel en laissant nos logos à la maison. Unissons-nous au-delà de nos appartenances quelles soient étudiantes, syndicales, politiques, ou autres.

Ce rendez-vous s’adresse à tout citoyen qui souhaite marquer sa solidarité et participer à ce mouvement international grandissant. Ensemble, répondons à cet appel et devenons acteur d’une réelle démocratie maintenant pour un changement de société.

Rendez-vous à 14h Place de la République à Caen.

 


Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Les indignés d'ici et d'ailleurs
commenter cet article
3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 15:51

 

Publié par Poetes Indignes le 03/05/2012

 

 

Le mouvement des Indignés Espagnols, qui éclot en temps de crise et d’austérité affectant les plus démunis, soulève une réflexion profonde sur la justice sociale et la démocratie représentative. Pourtant, malgré sa légitimité et sa grande visibilité, le faible leadership politique et le manque d’institutionnalisation du mouvement apparaissent comme d’importants obstacles à sa longévité.

Les Indignados Espagnols, l’élévation de la voix des plus démunis face à la crise

En mai 2011, s’organise sur la Plaza del Sol à Madrid le mouvement des Indignados, plus connu en Espagne comme le 15M. La place est occupée par des milliers d’espagnols, en grande partie des jeunes, qui sont profondément affectés par la crise. Effectivement, le pays connaît une forte hausse du chômage et sombre dans des politiques d’austérité. 40% des jeunes se retrouvent sans emploi et les salaires sont  à la baisse. Un nouveau  phénomène apparaît : celui des milleuristas : des jeunes diplômés qui peuvent espérer gagner au plus mille euros par mois. Ainsi, la jeunesse, et plus généralement la population espagnole, tombe dans la désillusion. La classe politique est amplement remise en cause, notamment suite à des affaires de corruption. La population a l’impression d’être déprotégée, sans voix. C’est dans ce contexte que le mouvement des Indignés a gagné de plus en plus d’ampleur, étant repris dans plusieurs villes d’ Espagne ou d’ Europe. Celui ci a tout d’abord le mérite de donner du poids à une partie des citoyens démunis et exclus de la vie politique. En ce sens, il a surpris les analystes, partis et syndicats habitués à la passivité d’une société démobilisée. Selon Antonio Santamaria, il « résulte de l’expression d’un phénomène complexe de rejet d’un système politique oligarchique et un malaise social dû aux dures conditions de vie aggravées par l’impact de la crise ». C’est là que réside sa légitimité : Le 15 M est à première vue un mouvement pour la démocratie.

Effectivement, sa force est, dans un premier temps, la représentativité. Les Indignés ne sont officiellement affiliés à aucun mouvement politique : ni de gauche, ni de droite, ni séparatiste. Il s’agit tout simplement du soulèvement d’une tranche de la population qui exprime son profond mécontentement. Le profil sociologique des manifestants est d’ailleurs très divers : étudiants, immigrés, vétérans militaires, membres de la gauche radicale: tous ceux qui sont exaspérés par les inégalités. Ainsi, une nouvelle génération fait irruption dans la vie politique, apprenant ses premières leçons, et surtout, comptant avec la sympathie d’une grande partie de la société espagnole et internationale.

On entend dire que le « pouvoir est sur les places ». Mais surtout, il y a une prise de conscience générale des problèmes politiques et sociaux amplifiés par la crise. Les divers comités et assemblées générales réunies sur les places proposent des mesures concrètes pour la réforme du pays comme la modification de la loi électorale ou des mesures d’amélioration du système éducatif et de santé publique : c’est le fameux manifeste «  Democracia Real Ya ». Plus qu’une prise de conscience, le mouvement représente aussi un moyen direct d’action contre les injustices. Diverses flash mobs sont organisées dans les quartiers des grandes villes contre les expulsions de familles de leurs logements hypothéqués.

Une influence et une visibilité internationale : vers un mouvement global des Indignés

Suite à une grande visibilité sur le territoire espagnol, le mouvement des Indignés s’internationalise. Les propres Indignados Espagnols organisent une marche vers Bruxelles : ils bénéficient de la solidarité d’une grande partie des habitants rencontrés sur leur chemin et même de leur adhésion car certains les rejoignent dans leur marche. Et pourtant, dans les grande villes européennes, ils se retrouvent face à un accueil sec de la part des gouvernements qui ayant, à tort ou à raison, peur de dérives violentes, effectuent des contrôles et les évacuent manu militari.

La marche connaît ainsi ses hauts et ses bas mais il est indéniable que les Indignados ont conquis une grande visibilité. Tout d’abord, par le moyen des réseaux sociaux comme Facebook et Twitter qui ont servi d’outils de mobilisation ou de plateformes de débat. Ensuite, par les mouvements inspirés de l’initiative espagnole qui s’organisent à la Bastille à Paris, à Rome ou même à Sydney ou aux Etats Unis (Occupy Wall Street).  Pourtant, toutes les manifestations n’ont pas le même caractère. A Rome, elles dégénèrent dans la violence et le vandalisme; à Sydney, elles ne mobilisent pas assez. Après un certain temps, le mouvement commence à s’estomper. Beaucoup de critiques font remarquer que quelques mois après les mouvements de mai en Espagne, plusieurs étudiants qui menaient directement la contestation politique et l’organisation des assemblées quittent les campements pour reprendre les cours. Ceux qui continuent leur combat sur les places commencent à être marginalisés. A Barcelone, le maire Felip Puig tente de les faire expulser manu militari. A Madrid, la police a l’ordre de ne pas intervenir et l’occupation se poursuit, mais les conditions d’hygiènes parfois déplorables portent préjudice aux commerçants des environs. Ainsi, le mouvement reçoit ses premières critiques.

Pourtant, pour le raviver en octobre 2011, les Indignés espagnols lancent l’initiative de manifestation « Unis pour le changement »  relayée dans quatre-vingt pays du monde dont Israël et les Etats Unis. Les manifestants critiquent l’influence des institutions financières dans l’élaboration de politiques publiques, le sauvetage des banques, les privatisations, les socialisations des pertes, la dureté des Institutions européennes et le maintien de mesures d’austérité qui affectent de plus en plus durement la population. S’ensuit un manifeste traduit en dix-huit langues appelant pour un « soulèvement pacifique pour la vraie démocratie ».

Un mouvement qui pourtant ne s’institutionnalise pas

Si les Indignés sont un exemple parfait de la liberté d’expression dans une démocratie, peut-on dire pour autant qu’ils représentent un exemple de mouvement démocratique en soi ?

Rappelons tout d’abord que du point de vue de la démocratie représentative, le système requiert des institutions, des élections, des partis politiques. Or, ici réside le principal défaut du mouvement : s’il a obtenu le soutient populaire, la légitimité et une visibilité globale, il n’ a pas pu s’institutionnaliser. Effectivement, les syndicats et la majorité des partis n’ont pas concrètement adhéré à l’initiative à l’exception d’un petit parti nouvellement créé, Equo, et de l’extrême gauche (Izquierda Unida, avec laquelle le mouvement maintient des relations complexes). Deuxièmement, on constate que le soulèvement des Indignés n’a pas pu faire effectivement reculer les mesures d’austérité.

Pour ce qui est de la démocratie participative, malgré les organisations d’assemblées délibératives, certains critiques font remarquer que la cacophonie régnant dans de telles rencontres porte préjudice au consensus et à la clarté des revendications formulées. Il n’y a notamment pas de leadership politique et certains semblent désorientés par l’hétérogénéité environnante. Antonio Santamaria remarque tout particulièrement que non seulement les jeunes ne sont pas encore prêts à l’exercice du débat idéologique et à sa dureté, mais que les plus anciens semblent incapables de transmettre leur savoir politique. Il y a ainsi un manque de communication entre les générations. Enfin, les causes et solutions de la crise étant complexes et dépassant le seul cadre des frontières des Etats-Nations, les possibilités concrètes d’actions se retrouvent fortement limitées.

L’illustration d’un malaise en Espagne : une transition inachevée vers la démocratie ?

Cependant, une des critiques les plus sévères contre les Indignés s’attaque aux plus extrémistes, à ceux qui ont eu tendance à associer la démocratie au Franquisme et de demander une transition réelle. On touche là à des sujets sensibles, qui font appel à la mémoire historique et qui pour certains sont très douloureux. Le professeur Gregorio Peces Barba rappelle que pour ceux qui ont lutté contre le Franquisme, il s’agit d’une calomnie de la plus grande gravité. Ainsi apparaît un des plus grands problèmes qui affecte la longévité du mouvement : sa démesure. Celle ci est une démesure en termes idéologiques, mais aussi en termes d’action. Ainsi, les manifestations  dans les villes espagnoles ont parfois connu des épisodes de violence urbaine.

Enfin, un dernier problème est lié à la forme de démocratie promue par le mouvement. Celui-ci est interprété comme une tentative de réinventer la démocratie participative. Par conséquence, il ne prend pas en considération l’utilité des élections ou des institutions. Or, pour beaucoup de critiques du mouvement, la meilleure forme de démocratie est le vote et la Constitution de 1988. Le professeur de droit émérite Gregorio Peces Barba indique que celle ci contient, dans son Titre VIII, les outils légaux nécessaires pour défendre la démocratie du pays, mener des réformes et défendre son économie contre les vents du néolibéralisme. Il est notamment souligné que l’élection, en novembre 2011, du candidat conservateur Rajoy pour pénaliser le gouvernement socialiste de Zapatero constitue un grand échec pour le mouvement. Tout d’abord car le mouvement du 15M n’a presque pas été évoqué pendant la campagne. Ensuite, car l’augmentation des restrictions et des politiques d’austérité proposées par le candidat élu ont l’effet contraire de celui recherché par les Indignés. Les conséquences pour la crédibilité, l’adhésion et la survie à long terme de leur cause sont pourtant encore incertaines.

Conclusion

Le mouvement des Indignados espagnols soulève une réflexion profonde sur la justice sociale et la démocratie représentative. Pourtant, malgré sa légitimité et sa grande visibilité, le manque de leadership politique et le manque d’institutionnalisation du mouvement apparaissent comme d’importants obstacles à sa longévité. Le dernier mot n’est pourtant pas dit, car comme le rappelle Antonio Santamaria (2011;25): « ce mouvement est le symbole d’une nouvelle génération qui apparait dans la vie publique et dont le futur reste à écrire ».

Par Piera Sciama

Source: http://www.nouvelle-europe.eu

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Les indignés d'ici et d'ailleurs
commenter cet article

Présentation

  • : Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • : Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
  • Contact

Texte Libre

INFO IMPORTANTE

 

DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

OVERBLOG NOUS IMPOSE ET PLACE DES PUBS

SUR NOTRE BLOG

CELA VA A L'ENCONTRE DE NOTRE ETHIQUE ET DE NOS CHOIX


NE CLIQUEZ PAS SUR CES PUBS !

Recherche

Texte Libre

ter 

Nouvelle-image.JPG

Badge

 

          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



  Th-o indign-(1)

55

9b22