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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 14:57


La situation en Grece est de plus en plus critique.Syriza et Alexis Tsipras sont le cible des pressions et d'attaques inimaginables par tous les grands medias et l'ensemble des autres partis pour qu'ils renoncent a leurs engagements de ne payer la dette et d'annuler les mesures d'austerite, mais pour le moment ils tiennent bon.  Et cela bien que les autres partis et organisations de la gauche grecque persistent a ne pas exprimer  la moindre solidarite a Syriza et Alexis Tsipras, quand evidemment ils ne les attaquent pas (c'est le cas surtout du PC grec) avec une violence inouie.    C'est donc a ce moment, c'est a a dire maintenant, que Syriza a besoin de votre solidarite, de la solidarite des mouvements sociaux et de la gauche partout en Europe!  Alors, c'est a vous de decider comment exprimer cette solidarite, mais l'essentiel est de la manifester le plus vite possible.


salutations internationalistes


Yorgos Mitralias

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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 14:50

GAUCHE UNITAIRE 05

14.05.2012

Les élections en Grèce du dimanche 6 mai dernier se sont déroulées dans le contexte d’une véritable décomposition de l’État et d’une régression sociale violente, provoquées par les divers plans brutaux d’austérité imposés par la « troïka » (FMI, BCE, Union Européenne) et acceptés et mis en place par les deux principaux partis historiques, le PASOK (social-démocrate) et la Nouvelle démocratie (droite).

Le bilan économique des plans d’austérité est désastreux. Le paysage social du pays est effrayant. Les privatisations sont massives dans tous les domaines, au grand bénéfice des grands groupes capitalistes, parmi lesquels figurent Véolia (pour la distribution de l’eau à Athènes) et EDF (pour le gisement sous-marin de gaz de Kevala). Des coupes sombres dans les salaires paupérisent l’ensemble de la population. Les fonctionnaires, considérés comme des boucs émissaires, doivent faire face à 20000 licenciements en un an, 150000 licenciements prévus d’ici 2015, à une baisse de salaire de 15%, à la suppression des primes et à la ponction à la source d’un impôt dit de « solidarité nationale ». Les salariés du secteur privé ne sont pas en reste. Le SMIC est ramené à 489 euros net par mois. La jeunesse figure au premier rang des victimes, avec une diminution du SMIC de 30% (440 euros nets). Le code du travail est fracassé à coups de massue par le non renouvellement des conventions collectives qui arrivent à expiration, afin de mettre en place des contrats individuels négociés au niveau de l’entreprise et de faciliter les licenciements. C’est la fin de tout cadre légal du travail. Les retraités ne sont pas davantage épargnés. Les pensions sont diminuées de 20% en moyenne. Par ailleurs, la TVA a été augmentée de 19% à 23%. Des coupes sombres ont été réalisées dans le domaine de la santé (instauration d’un ticket de 5 euros pour pouvoir accéder aux soins) et de l’éducation (fermeture de cantines).

Au total, les droits et les rémunérations des travailleurs sont ramenés au niveau des années 1950.

Cela engendre une explosion de la misère : les soupes populaires se généralisent, des maladies disparues réapparaissent, le nombre de suicides a augmenté de 40% depuis 2009. Des suicides politiques sont commis : immolation d’une personne devant une banque à Salonique, suicide d’un couple de parents qui ne pouvait plus payer les soins de leur enfant malade, suicide d’un retraité sur la place Syntagma, en plein centre d’Athènes, le 4 avril dernier.

Même dans la logique de la Troïka, une telle politique est destructrice. Depuis 2009, la dette est passée de 120% à 170% du PIB. L’objectif de ces mesures d’austérité est qu’en 2020 la dette soit ramenée à son niveau de 2009. On peut s’interroger sur les raisons d’un tel acharnement ayant conduit à une mise sous tutelle du pays, qui rappelle le temps où les puissances occidentales, dites « puissances protectrices », avaient placé le jeune État grec « sous contrôle » après son indépendance en 1832. On peut d’autant plus s’interroger que la Grèce ne représente que 2% du PIB de la zone Euro et que sa dette n’est même pas le tiers de la somme prêtée par la BCE aux banques à des taux ridicules. Sur le papier, la question de la dette grecque pourrait se résoudre assez facilement. Ce n’est pas le chemin que la Troïka a choisi. Elle a choisi la liquidation de la société et de la démocratie grecques. Il s’agit pour elle de faire un exemple, une victime expiatoire. De montrer aux peuples d’Europe ce qui leur arriverait s’ils n’acceptaient pas la politique d’austérité généralisée constitutionalisée par le Mécanisme européen de stabilité et le pacte budgétaire. De mettre les peuples devant une impossible alternative : la Grèce ou la rigueur. La Troïka semble aujourd’hui prête à asséner le coup de grâce en expulsant la Grèce de la zone Euro, voire de l’Union Européenne. Le tout est agrémenté d’un discours populiste (le sud, ce n’est pas bien sérieux).

Cette situation désastreuse fait le lit des sentiments xénophobes. Cela est encouragé par le gouvernement « technique » de Papademos, ex responsable de Goldmann Sachs qui avait réalisé le maquillage des comptes grecs. Ce gouvernement, arrivé au pouvoir à la suite d’un véritable coup d’État financier, rassemblant sociaux-démocrates, droite et un temps extrême-droite, a un terrible bilan. De par les conditions antidémocratiques de son arrivée au pouvoir, l’inclusion de l’extrême-droite dans la scène politique et les politiques menées, il a délégitimé la démocratie et donné du poids aux thèses d’extrême-droite. Il a laissé faire la mise en place de milices privées anti-immigrés dans les quartiers. Il a envisagé l’ouverture de 30 centres de rétention dans le pays. Un appel est en cours pour constituer une « milice citoyenne », entraînée par l’armée et la police et bénéficiant de financement privé, pour lutter contre des « ennemis » non précisés.

On voit donc que les dernières élections législatives se sont déroulées dans un contexte de crise majeure dans tous les domaines. Les partis qui ont participé au gouvernement Papedemos se sont effondrés, parmi lesquels on compte les deux grandes formations historiques de la politique grecque qui s’échangeaient de père en fils les postes de responsabilité depuis des décennies : le PASOK a perdu les deux tiers de ses voix et Nouvelle Démocratie la moitié. Le LAOS, parti d’extrême-droite qui a participé un temps au gouvernement Papademos, disparaît du Parlement. Les formations qui ont soutenu et mis en œuvre les plans d’austérité sont donc durement sanctionnées. A cause d’un tour de passe-passe de la loi électorale grecque, la Nouvelle-Démocratie, qui a perdu la moitié de ses voies, gagne cependant 17 députés.

Gauche Unitaire salue et soutient les camarades de Syriza, qui devient le premier parti à gauche et le deuxième parti du Parlement, en obtenant 17% des voix. Syriza est même en tête dans les grandes villes (agglomération d’Athènes-Le Pirée, Salonique…) et chez les jeunes, qui figurent parmi les catégories de la population les plus durement touchées par les mesures d’austérité.

Les résultats montrent également des facteurs très inquiétants. Comme l’entrée d’un parti ouvertement nazi au Parlement, « Aube dorée », dont le principal chef fait le salut nazi au conseil municipal d’Athènes, publie les panégyriques du IIIe Reich et se réclame ouvertement des organisations fascistes grecques d’avant-guerre et des gouvernements collaborateurs de Tsolakoglou et de Rallis durant l’occupation fasciste. Ce parti cherche à intimider les journalistes (ses gros bras leur intimant l’ordre de se lever en signe de « respect dû au chef », lorsque celui-ci entre pour tenir conférence de presse) et organise de véritables expéditions punitives d’une rare violence contre les populations d’origine immigrée et « les traîtres à la patrie ».

Face à la catastrophe, il y a des bases de résistance : la vingtaine de journées de grèves générales, la mobilisation du monde du travail. Cela explique le très bon score de Syriza.

Il est absolument vital pour l’avenir de la société et de la démocratie grecques que la gauche s’unisse sur des bases de gauche, telles que Syriza les propose : suspension immédiate et inconditionnelle du paiement de la dette le temps de réaliser un audit citoyen de cette dette, l’annulation des mesures d’austérité imposées par la Troïka depuis 2010, la nationalisation d’une partie importante du secteur bancaire et la nécessité de mettre en place un gouvernement de résistance sur ces bases. L’enjeu est d’une importance incommensurable.

 

20:26 Publié dans gauche unitaire 

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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 12:21

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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 12:15

 

Il faut parler du 15M. Faut-il ? Certains journaux espagnols en font une couverture exhaustive. Publico, journal de gauche qui vient d’annoncer sa faillite, continue de publier sur Internet. Son site est rempli d’articles sur le 15M. El Pais, dont les éditorialistes se sentent pousser des ailes d’indignation -certains diront qu’ils surfent sur la vague, comme des mouettes autour d’un poisson- assume une couverture importante de la célébration du premier anniversaire de la naissance de l’indignation en politique espagnole, un mot encore nouveau et dont on ne sait toujours pas jusqu’où il va mener. Qui ne parle pas du 15M aujourd’hui, date de son premier anniversaire ? Personne, sauf François Hollande. Faut-il ? Tout dépend comment et pourquoi, pourrait-on dire. Si c’est pour soutenir le mouvement, alors il sera intéressant pour le lecteur d’aller lire ce qui se dit depuis le mouvement. Car le 15M est devenu non seulement le symbole d’une révolte, mais aussi d’une appropriation des mécanismes de communication autour de la révolte. Comptes Twitter, facebook, wordpress, blogs, chaîne de télévision sur le web, journaux papiers : les indignés communiquent sur leur mouvement au cas où les médias seraient décidés à ne pas parler d’eux, ou à en parler d’une manière qui ne les arrange pas trop.

 

Comme le fait La Razon par exemple, en invitant à des individualités, placés sous l’étiquette d’intellectuels, à dévaloriser les indignés : »Le répéter comme anniversaire supprime l’émotion et l’adrénaline, c’est un ennui supplémentaire », estime Francisco R. Andrado. Cet « intellectuel », serviable, nous précise quelques lignes plus bas le sens de sa tribune : »A moi, inévitablement, tout ça me rappelle les minirévolutions contre Franco à l’Université, vers 1966. Bien sûr, elles avaient un objectif, mais elles ne sont parvenues à rien d’autre qu’à déranger, comme tant d’autres mini-révolutions étudiantes. » Merci Francisco. On se demande un peu pourquoi, plutôt qu’à un linguiste spécialisé dans le grec ancien, La Razon n’a pas donné la parole à un politologue ou un spécialiste des mouvements sociaux. Mais après tout, il publie sur la démocratie athénienne, non ? Ne pourrait-il y voir une belle coïncidence, une continuité émouvante entre les racines de la démocratie et leur récupération aujourd’hui sur les places publiques espagnoles ? Même le conseiller de l’Intérieur du gouvernement catalan, M. Puig, a salué la « conscience civique » des indignés, c’est pour dire. Car c’est tout de même lui qui a envoyé une armée de Mossos d’Esquadra les expulser de la dite place publique le 27 mai dernier, faisant 121 blessés parmi la foule assise par terre.

 

La Razon a donné ses 15 critiques au 15M pour lui faire sa fête le jour de son premier anniversaire. Parmi elles, on dénonce que le mouvement est celui de jeunes qui veulent continuer à faire la fête au détriment de leurs parents, les contribuables. Une belle preuve de solidarité avec des jeunes diplômés qui doivent souvent émigrer pour faire quelque chose du diplôme qu’ils ont financé grâce à leurs parents ou à un emprunt bancaire. Je doute que tous les indignés soient des gosses de riche qui se foutent de l’argent que leurs parents leur ont avancé pour étudier, pensant qu’ils investissaient dans leur avenir, sans compter la crise qui en a placé un sur deux sur la liste du chômage.

 

Les indignés, c’est ce qu’on entend en Espagne, sont moins mobilisés que l’an dernier. Peut-être. Mais les indignés qui se sont mobilisés sont beaucoup mieux organisés que l’an dernier. Ils savent déjà les combats qu’ils veulent mener. En ce moment même, mardi 15 mai 2012, quatre banques à Barcelone sont occupées par des missions, à suivre averc le hashtag #bancodacionya, qui comptent négocier avec les banques pour que les personnes incapables de rembourser leur hypothèque à la banque ne soient pas obligés, une fois expulsées de leur logement, de continuer à rembourser le manque-à-gagner de la banque. Pour l’instant, une fois expulsées, les familles doivent légalement continuer de rembourser la banque, qui avait pourtant sciemment accordé des subprimes à des clients non solvables. Les banques dans lesquelles les membres de la Plateforme des Victimes de l’Hypothèque (PAH) négocient la « dacion en pago » ne sont pas dupes. Elles savent que leur envie de gagner plus avec des crédits moins solides est à l’origine de la crise. Mais elles pensent avoir toujours un coup d’avance, un pouvoir de négociation plus élevé, ainsi qu’un soutien politique derrière qui leur permet de faire peu ou prou ce qu’elles veulent. Dernier exemple en date, Bankia, une des banques les plus réticentes à entendre parler de « dacion en pago », vient d’être nationalisée par l’Etat après avoir accumulé des millions d’actifs pourris.

 

Les indignés réalisent d’autres actions, mon bon monsieur Francisco Marhuenda. Ils préparent une assemblée constituante, considérant que le système électoral actuel en Espagne ne permet pas aux représentants de défendre la souveraineté populaire. Selon eux, Mariano Rajoy, élu à la majorité absolue, ne représente que 30% des élus et Artus Mas, président du gouvernement catalan, n’a pas été élu par 86% de la population catalane. Il serait temps, disent ceux qui se sont fait connaître par leur cri #nonosrepresentan, de changer le système électoral.

 

Les indignés sont en train de préparer un audit citoyen de la dette. Une question d’une actualité brûlante, mais également vielle de 5000 ans, si l’on se réfère au livre Debt : The First 5000 Years de l’anthropologue David Graeber. Dans un article publié sur Mediapart.fr de Joseph Confavreux, on découvre que l’accent porté sur le remboursement de la dette dans l’Europe contemporaine n’est pas une fatalité. Le caractère presque religieux du remboursement masque un aspect moral lié à la dette, qui permettrait peut-être de repenser la relation entre le créancier et le débiteur. D’autant qu’à l’instar des indignés, syndicats, mouvements altermondialistes et partis politiques de gauche, notamment en Grèce, demandent de réaliser un audit citoyen de la dette afin de savoir qui la détient, cette dette, et selon, si elle doit impérativement être remboursée à tout prix et pour tous, au détriment des services sociaux de base comme la santé et l’éducation.

 

Les indignés ne sont pas sur la place pour faire la fête. Ils ne prennent pas non plus leur pied quand ils se font insulter et violenter par les policiers qui les délogent de la Place de la Puerta del Sol à Madrid depuis la nuit du 12 mai 2012. Ce n’est pas de l’opinion ni du goût des journalistes de La Razon, qui publient le clip de promotion du partido popular (PP) au pouvoir expliquant le bienfait de ses réformes budgétaires intitulé Laverdaddelareforma (la vérité de la réforme). Parole contre parole, certains disent les réformes inévitables, d’autres les jugent suicidaires et ne manquent pas de rappeler qu’un prix Nobel de l’économie, Paul Krugman, partage leur vision de Cassandres.

 

Ah, les indignés ne sont pas non plus riches. Contrairement à ce que veut laisser entendre La Razon, qu’une « internationale de la déstabilisation » composée de groupes anti-système financerait les activités des indignés qui, comme nous l’avons tous vu sur les photos, détiennent des tentes plus luxueuses encore que Kadhafi et des banques alimentaires à destination des familles expulsées de leur logement outrageusement bien garnies (pour avoir goûté un sandwich jambon sans beurre préparé par les iaioflautas, le troisième âge indigné, le jour de la grève générale du 29 mars, un ami m’a confirmé qu’ils étaient livrés chez Fauchon.)

 

Où vont-ils ces manifestants post-modernes, en rejetant ainsi les partis et les syndicats traditionnels ? Beaucoup d’indignation et pas beaucoup de propositions, entend-on aussi ces jours-ci. Certes, les indignés pataugent un peu dans la soupe par moments. Certaines choses ne sont pas claires, comme le fonctionnement en assemblée populaires avec des commissions thématiques dont les membres finissent par concentrer la majorité de l’attention et des initiatives. Les propositions existent : revenu minimum universel, « dacion en pago », éducation et santé publique de qualité, fin de la distribution d’argent public aux banques… Seulement il n’y a pas de parti politique derrière eux pour les porter au devant du parlement et les graver dans la pierre de la loi. Pourtant ils se disent représentant du peuple, de ses attentes qu’eux connaîtraient mieux que les représentants des partis. Il y a un paradoxe essentiel qui n’a pas encore été résolu un an après la naissance du mouvement des indignés. Ils n’en sont pas forcément les seuls responsables. Mais à l’heure actuelle, il n’existe d’autre outil que la loi pour garantir la volonté populaire. Or en rejetant le système des partis, les indignés s’excluent du seul outil qui leurs permettraient de faire fructifier des idées bien souvent lucides. Evidemment, créer un parti serait tomber dans les travers de la « démocratie imparfaite » dénoncée avec verve par Vicenç Navarro devant l’assemblée des indignés le 13 mai sur la plaça Catalunya de Barcelone. Mais alors que faire pour ne pas rester au stade de l’indignation et rentrer dans celui de la proposition négociée ?

 

C’est à ce moment précis que les membres du 15M vous diront : prend le micro !

 

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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 12:07
resistance-politique.fr - Lundi 14 mai 2012

Indignés place Puerta del SolQuestion de points de vue. Pour le représentant des commerçants, l’image de la Puerta del Sol pleine de personnes et de tentes, qui fit l’année dernière le tour du monde, a causé un dommage incalculable pour l’Espagne, une perte bien supérieure à trente millions d’euros pour les magasins ayant pignon sur la place centrale madrilène. Demetra, quarante-cinq ans, assistant social au chômage et militant du mouvement 15-M, a quant à lui une vision radicalement différente de la situation : « tout d’abord, les chiffres sont exagérés, mais surtout, ce genre d’arguments est d’une insondable bêtise. Qui parle comme le président des commerçants ne comprend pas la nécessité de réveiller les consciences, chose que nous faisons depuis un an et que nous continuons de faire. Nous ne pouvons pas continuer à vivre dans une société dominée par le Dieu argent et où l’humain ne compte pas ».

 

Il est facile de deviner lequel des deux points de vue épouse le gouvernement espagnol, qui n’a pas perdu une occasion ces derniers jours pour répéter qu’il ne tolèrerait pas que se répètent les occupations de l’an dernier, tant dans la capitale que dans les autres villes. Une attitude jugée comminatoire y compris par le quotidien El Pais, pourtant sur des bases libérales. Dans son éditorial d’hier, on se demandait quel était le véritable objectif de l’exécutif de Rajoy : « éviter de nouveaux rassemblements ou laisser entendre que l’utilisation de la force est envisageable ».

 

A l’apparente nervosité de la droite au pouvoir, les Indignés ont répondu par la force de leurs arguments, en défilant dans plus de quatre-vingts communes, grandes ou petites, dans toute la péninsule ibérique. Dans la capitale, de nombreux cortèges sont partis dès les premières heures de l’après-midi des quartiers périphériques pour converger vers la place Puerta del Sol.

 

Les revendications du mouvement 15-M sont nombreuses et pouvaient se lire sur Internet ou sur les banderoles portées par les manifestants, dont beaucoup portaient un maillot vert, symbole de la lutte en faveur de l’école publique. 

 

« En peu de mots, nous demandons un changement radical des politiques économiques », nous dit encore Demetria, engagé dans le groupe 15-M et plus particulièrement en charge de la désobéissance fiscale. « Nous voulons payer le coût de la dette publique que nous avons souscrit, nous, citoyens. Et nous en avons marre de soutenir à bout de bras la monarchie et l’Eglise catholique », finit par ajouter Demetria.

 

« Mariano, Mariano, no llegas a verano » (Mariano, tu n’arriveras pas à l’été), est un slogan répété en chœur. Un objectif apparemment difficile à atteindre étant donné la majorité absolue que détient le parti populaire au Parlement, mais il est en revanche tout à fait envisageable de penser que le gouvernement en place puisse ne pas tenir jusqu’à la fin de la législature : les enquêtes d’opinion montrent chaque jour un peu plus que le consensus vis-à-vis de l’exécutif est en train de s’effriter.

 

Mais les Indignés espagnols regardent aussi au-delà de leurs propres frontières, vers cette Europe où les choses commencent peu à peu à bouger. Dans le cortège madrilène figurait Alex, chômeur de 28 ans, qui portait une pancarte sur laquelle était inscrit : « je suis reconnaissant au peuple grec d’avoir donné une leçon aux partis favorables à l’austérité ». « Nous devons nous joindre à eux pour crier fort notre refus d’un système inhumain comme le capitalisme », ajoute-t-il.

 

A quelques pas de lui, Inès, étudiante âgée de 19 ans, argumente : « la fin de la crise ne peut passer que par la sortie de l'union européenne, pilier de l'ordre néolibéral mondial. Si l'on ne reprend pas la souveraineté monétaire, on est livré aux marchés et aux intérêts de la dette, et aux politiques de rigueur ».

 

Nombreux sont celles et ceux qui s’informent des initiatives prises à travers le monde, de Jérusalem à Londres en passant par Paris et Londres. Un énorme drapeau palestinien rappelle le drame que vit ce peuple.

 

A la fin de cette édition, la place Puerta del Sol est noire de monde. Pour les Indignés commence une soirée que tous espèrent très longue, en dépit des avertissements proférés par le gouvernement de Mariano Rajoy, manifestement aux abois. La police a délogé comme prévu les manifestants encore présents place Puerta del Sol ce dimanche matin.

 

Capitaine Martin

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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 11:46

 

 

Ainsi, François Hollande commence son mandat présidentiel par un hommage à Jules Ferry et à Marie Curie. Si cette dernière fait consensus, la figure de Jules Ferry est l’objet d’un débat. On loue le fondateur de « l’école laïque, gratuite et obligatoire » ; on récuse le « colonialiste acharné », partisan de la supériorité de la « race » blanche. Dans les deux cas, il convient pourtant de complexifier les choses.

Si Ferry a indéniablement été le promoteur de la loi du 28 mars 1882 qui a laïcisé l’école publique (mais n’est toujours pas appliquée en Alsace-Moselle !), il n’a jamais fondé, pour autant, une « école laïque, gratuite et obligatoire ». Ce stéréotype, encore répété par le ministre de l’éducation, Luc Chatel, sur France-Inter le 2 mai dernier, devrait valoir un bonnet d’âne à tous ceux qui le colportent. Avec Ferry, l’instruction devient obligatoire (1882) et l’école publique gratuite (1881) et laïque (1882), ce qui est fort différent.

Que cela plaise ou non, Ferry est partisan de la liberté de l’enseignement. Il explique clairement pourquoi au Sénat : la « concurrence » des « établissements libres » –pas forcément confessionnels– est nécessaire au plan pratique : ils « courent des aventures », font des « expériences » que l’Etat ne peut se permettre ; et au plan des principes : il ne faut pas aboutir « à une sorte de religion laïque d’Etat », ni « imposer aux consciences une foi philosophique ». Certains laïques tenteront d’établir ultérieurement un monopole jacobin de l’enseignement d’Etat. Ils n’y réussiront jamais. Le statut de l’école privée, très largement subventionnée depuis la “loi Debré” quand  ses établissements passent contrat avec l’Etat, est historiquement une des questions majeures de l’histoire de la laïcité. Le stéréotype est une des façons de l’ignorer et de réduire la laïcité aux relations  “laïcité - islam”.

Que Ferry fût colonialiste n’est pas douteux. On aurait pu rappeler, à la chute de Ben Ali, qu’il fut le responsable de l’annexion de la Tunisie comme protectorat en 1881. Influencé par Gambetta, il croyait qu’une grande politique coloniale couperait court aux « railleries » allemandes. Pour Clemenceau, au contraire, cette « diversion » méditerranéenne détourne la France de sa frontière de l’Est. Ferry partage les préjugés dominants de l’époque sur les « droits » des « races supérieures ». Clemenceau a le mérite de s’en distancer nettement : il est le seul qui vote à la Chambre contre le traité du Bardo et, en 1885, il prononce un discours maintenant célèbre (mais considéré alors comme incongru) qui réfute la distinction « races supérieures » et « races inférieures ». Cependant, au pouvoir de 1906 à 1909, Clemenceau fait une « exception » à son anticolonialisme et mène une politique qui va favoriser l’occupation de la majeure partie du Maroc en 1912.

Les propos colonialistes de Ferry sont très souvent cités, le plus souvent avec une indignation très compréhensible, même si les historiens en pointent l’anachronisme. Les historiens ont à la fois raison et tort. Raison, car effectivement il s’agissait d’idées communes, presque tout le monde parlait en ces termes, et Ferry était persuadé d’accomplir une « noble tâche » en complétant les « droits » des « civilisations supérieures » par le « devoir d’éduquer les races inférieures », contre les réactionnaires qui pensaient que ces dites « races » étaient… inéducables. Tort, parce que lorsqu’on parle d’anachronisme, il ne faut pas s’arrêter là.

A mon avis, il faut alors soulever un problème essentiel que les personnalités politiques, médiatiques, intellectuelles feraient bien de “ruminer” : quand vous partagez, et prônez, les valeurs communes d’une époque, ses « nobles tâches », qui vous dit que vous n’êtes pas en train de faire exactement la même chose que Jules Ferry en son temps?  Le plus probable, c’est que si jamais vos propos sont encore connus dans cinquante ou cent ans, ils susciteront raillerie ou indignation, apparaîtront comme de vulgaires « préjugés ». Et ce sont celles et ceux dont les idées étaient très minoritaires qui, tels Clemenceau, apparaîtront lucides. On ne peut pas critiquer Jules Ferry et partager les idées dominantes d’aujourd’hui. Le « devoir de mémoire » dont on se gargarise n’est qu’un masque couvrant d’inavouables dessins s’il n’induit pas une prise de distance avec les lieux communs véhiculés à haute dose par la communication de masse, et que certains beaux esprits tentent de transformer en croyances obligatoires.

Surtout que Ferry lui-même est un peu moins enfermé dans les préjugés de son temps qu’on ne le répète. Il préside, en 1892, une Commission sénatoriale qui visite l’Algérie et en revient atterré : « Nous les avons vues, ces tribus lamentables, que la colonisation refoule, que le séquestre écrase, que le régime forestier pourchasse et appauvrit. (…) Il nous a semblé qu’il se passait là quelque chose qui n’est pas digne de la France, qui n’est ni de bonne justice, ni de politique prévoyante. » Le colon français est jugé sévèrement : s’il possède « l’esprit d’entreprise, (…) il ne demande pas mieux qu’exploiter l’indigène et la métropole. » Et Ferry précise : « Du Code civil, la famille arabe n’a retenu, pour son malheur, que l’article 825, la licitation obligatoire, qui régularise, au profit des spéculateurs, la spoliation des indigènes»

Ferry prend également une distance avec les idées assimilationnistes  républicaines qu’il partageait plutôt jusqu’alors. Il estime qu’il faut reconnaitre que les lois françaises « n’ont point la vertu magique de franciser tous les rivages sur lesquels on les importe ; que les milieux sociaux résistent et se défendent, et qu’il faut en tout pays que le présent compte grandement avec le passé. »

Ferry propose enfin une politique de réformes économiques, politiques et culturelles que J.-M. Gaillard (Jules Ferry, Fayard, 1989) synthétise ainsi : « Arrêter les limites de la colonisation en mettant un terme à “ l’odieux refoulement ” ; réformer la fiscalité ; redéfinir le régime forestier pour permettre aux Arabes de cultiver les enclaves et d’avoir le nécessaire droit de pacage ; leur donner une représentation municipale et djemmas, assemblées élues ou nommées pour défendre leurs intérêts ; rendre aux conseillers municipaux musulmans le droit de vote pour l’élection du maire et des adjoints français et augmenter le nombre des assesseurs musulmans dans les conseils généraux ; restituer une partie de la juridiction aux cadis ; conserver la langue arabe pour ne pas faire en Algérie ce que font les Allemands en Alsace-Lorraine. »

Ce rapport restera lettre morte. Et le fameux « devoir de mémoire », à géométrie très variable, ne l’a pas ressuscité ! Mais, pour en revenir au sujet d’aujourd’hui, Ferry  n’a donc pas été uniquement un chantre de la colonisation : il a su, partiellement au moins, changer d’avis. Même si sa lucidité n’a été que relative, il n’est pas sûr que tous ses détracteurs (tel son arrière-petit-neveu Luc  Ferry, sur France-Inter le 14 mai et d’autres) prennent, eux, une distance, même partielle, avec les idées dominantes du jour !

 

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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 11:27

 

GRECE. Vers un gouvernement de technocrates ?

Créé le 15-05-2012 à 07h47 - Mis à jour à 13h41 

Les dirigeants des partis politiques grecs se réunissent une nouvelle fois mardi pour discuter d'une gouvernance non politique du pays.


 
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L'annonce de Karolos Papoulias a été faite par le chef du Pasok à l'issue d'une réunion présentée comme celle de la dernière chance. (Petros Giannakouris/AP/SIPA)

L'annonce de Karolos Papoulias a été faite par le chef du Pasok à l'issue d'une réunion présentée comme celle de la dernière chance. (Petros Giannakouris/AP/SIPA)

Les dirigeants des partis politiques grecs se réunissent mardi 15 mai à Athènes pour tenter d'éviter au pays de nouvelles élections et rassurer la zone euro. Cette rencontre doit être précédée d'un tête à tête entre le chef de l'Etat grec Karolos Papoulias et le conservateur anti-austérité Panos Kammenos.

La Grèce se trouve en effet dans l'impasse politique depuis les élections législatives du 6 mai, les chefs de partis n'ayant pour le moment pas réussi à s'accorder quant à la formation d'un nouveau gouvernement. Lundi soir, Karolos Papoulias a abattu sa dernière carte en proposant une gouvernance emmenée par des personnalités non politiques.

Panos Kammenos a été appelé en renfort des trois partis qui tentent d'éviter une sortie du pays de l'euro, après avoir été dans un premier temps tenu à l'écart des tractations entre conservateurs, socialistes et gauche. Son parti nationalo-populiste, "Anexartitoi Ellines" [Grecs indépendants, NDLR], a remporté 33 sièges sur 300 aux législatives du 6 mai.

Boycott des néonazis et des communistes 

Le dirigeant de la gauche radicale du Syriza, propulsé deuxième force politique du pays pour son rejet total des recettes UE-FMI d'austérité, a accepté de participer à la réunion de mardi. Seuls le parti communiste KKE, qui campe sur un isolement assumé, et la formation néonazie "Chryssi Avghi" [Aube Dorée, NDLR] seraient absents.

L'annonce de la proposition de Karolos Papoulias a été faite par le chef du Pasok socialiste Evangélos Vénizélos à l'issue d'une nouvelle réunion - jusque-là présentée comme de la dernière chance - au palais présidentiel avec les dirigeants conservateur, Antonis Samaras, et de la gauche modérée, Fotis Kouvelis.

Pour être soutenu au Parlement, un gouvernement de technocrates doit pouvoir prétendre réunir 151 députés au moins, sur les 300 que compte le Parlement.

La proposition fait mouche

La Constitution ne limite pas le temps donné à Karolos Papoulias pour tenter d'arracher un accord des chefs politiques à son projet. Mais le délai expirera de fait à la formation, le 17 mai, du nouveau Parlement.

Evangélos Vénizélos, dont le parti a été laminé par les électeurs le 6 mai (41 députés seulement), a immédiatement apporté son soutien à la proposition du chef du gouvernement, qu'Antonis Samaras s'est également dit prêt à examiner en invoquant le "mandat du peuple" en faveur, selon lui, d'une coalition gouvernementale. Son parti, la Nouvelle démocratie, a obtenu 108 sièges de députés.

Fotis Kouvelis a, lui, réitéré son refus d'un attelage gouvernemental auquel ne participerait pas son rival à gauche, Alexis Tsipras. Cette position, également avancée par Antonis Samaras, a bloqué la formation, jugée la plus probable dans un premier temps, d'une équipe associant le Dimar [Dimokratiki Aristera, la Gauche démocrate, NDLR] aux conservateurs et aux socialistes, qui bénéficierait pourtant d'une large majorité de 168 sièges sur 300.

Professant leur attachement à l'euro, la Nouvelle démocratie, le Pasok et Dimar ont émis des propositions proches en vue de la formation d'un gouvernement "de deux ans" ayant pour but la renégociation et l'allègement des mesures de rigueur imposées depuis 2010 par les bailleurs de fonds du pays, UE et FMI, et fortement contestées lors du scrutin du 6 mai.

Si la dernière tentative de Karolos Papoulias échouait, la Grèce s'acheminerait vers de nouvelles élections le 17 juin, qui pourraient voir le Syriza arriver en tête. 

Le Nouvel Observateur avec AFP

Par Le Nouvel Observateur avec AFP

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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 11:11
| Par Louise Fessard

Gémenos, de notre envoyée spéciale

Si certains attendent avec impatience l'installation du gouvernement de gauche, ce sont bien les salariés de Fralib à Gémenos (Bouches-du-Rhône). En lutte depuis près de 600 jours contre la fermeture de leur usine, qui produit les sachets de thé Lipton et d’infusion Eléphant pour la multinationale Unilever, ils ont repris son occupation le 11 mai, après avoir été avertis que la direction locale comptait déménager les machines.

 

L'usine Fralib, le 14 mai. 
L'usine Fralib, le 14 mai.© LF

Le 14 mai, la direction a saisi la justice en référé expulsion, l'audience étant prévue ce mardi à 14 heures au tribunal correctionnel de Marseille. « De toute évidence, la multinationale ne voulait pas laisser au prochain gouvernement le temps de se saisir de ce dossier », estime Olivier Leberquier, délégué syndical CGT.

« L'essentiel aujourd'hui est qu'on ne nous prenne pas nos machines, parce que sans nos machines le projet alternatif (de reprise par les salariés - ndlr) n'existe pas », dit Pierrette Beuriot, 58 ans, entrée à 20 ans chez Fralib. « 38 ans de travail pour en arriver là », soupire-t-elle. Pour le secrétaire général de la fédération agroalimentaire CGT, Jean-Luc Bindel, présent le 11 mai, « le combat des Fralib est devenu, par la détermination (des salariés - ndlr) et les enjeux industriels qu’il pose, un symbole de la résistance des travailleurs face à la politique de Sarkozy et du Medef ».

Depuis la reprise de l’usine, les salariés se vivent en état de « légitime défense », se relayant toutes les quatre heures, surveillant les allées et venues des voitures devant le portail de l'usine, guettant les passages des vigiles qu'ils ont délogés vendredi. « Des mercenaires de la société Escort sécurité, auxquels la direction a fait appel en violation du code du travail, lâche avec mépris Gérard Carzola, représentant CGT au Comité d'entreprise. Depuis des semaines, cette milice patronale gérait l'accès pour les salariés, contrôlait nos cartes d'identité, ils nous coupaient l'électricité dans les locaux syndicaux le soir et provoquaient en permanence. »

Vers 10 heures lundi matin, mouvement de repli des salariés et des renforts CGT venus de tout le département des Bouches-du-Rône, qui courent se dissimuler derrière un mur. « Qu'est-ce qu'il faut pas faire pour bosser ! » lance l'un d'eux, mi-rigolard mi-consterné. « Ils viennent avec leur huissier pour nous filmer, nous prendre en photo, bref nous identifier, comme ils l'avaient déjà fait, afin qu'ils puissent nous considérer en grève pour nous sucrer notre salaire », explique Marie Ange Diaz, entrée à Fralib en 1976 et membre du comité d'hygiène et de sécurité.

Car la lutte se poursuit devant le tribunal de grand instance de Marseille, où les Fralib sont régulièrement assignés. Le président d'Unilever France, Bruno Witvoët, qui a dénoncé dimanche « un coup de force avec des individus cagoulés, armés de battes de base-ball et de matraques », a déposé plainte pour menaces physiques.

 

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Le 20 avril, le tribunal de grand instance de Marseille avait débouté le comité d'entreprise de sa demande d'annulation du plan social concernant les 103 salariés encore en lutte (sur 182 à l'origine). Quelque 80 d'entre eux (les salariés non protégés) ont depuis reçu leur lettre de licenciement et leur offre de reclassement. Et la direction tentait depuis quelques jours de précipiter la fermeture du site, pratiquant selon les représentants CGT « une politique de la terre brûlée pour décrédibiliser le projet alternatif ». Après avoir annoncé début avril la vente du terrain (dont Unilever n’est que le locataire) à un industriel voisin, Angel Llovera, le directeur de Fralib, a envoyé le 10 mai un courrier aux représentants du personnel les prévenant du démontage imminent des machines, tandis qu'une entreprise de déménagement industriel venait sur le site effectuer un devis.

L'intervention de Xavier Bertrand en faveur d'Unilever

L'élection de François Hollande, qui avait rencontré les Fralib au moins cinq fois et leur avait promis en août 2011 « une table ronde avec l'Etat, les salariés et les collectivités locales pour faire pression sur Unilever », n'est sans doute pas étrangère à cette précipitation. Alors candidat aux primaires socialistes, François Hollande, interviewé par La Provence, avait pris des engagements précis, qu'il a depuis répétés : « Les convaincre de céder la marque Eléphant, les machines et le savoir-faire, puis d'assurer un fonds de roulement pour faire redémarrer l'activité. » Pour Gérard Carzola, « ce sont des portes nouvelles qui doivent s'ouvrir, alors que dans l'ancien gouvernement, elles étaient toutes fermées ».

Le projet alternatif des salariés voudrait en revenir à des circuits courts et des échanges solidaires avec des producteurs étrangers. «On voudrait privilégier des producteurs locaux, comme le tilleul de Carpentras, au lieu d'aller chercher les plantes en Roumanie pour les infusions, et reconstruire un circuit d'achat des thés passant par le port de Marseille, au lieu de les faire venir d'Allemagne», nous décrivait Gérard Cazorla en août dernier. Un projet jugé suffisamment cohérent pour avoir reçu le soutien des collectivités locales (PS), notamment de la communauté urbaine de Marseille qui pourrait préempter le terrain. Un rapport d'étape, financé par le Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur et rendu public le 26 juillet, concluait à la viabilité du site.

Les attentes sont donc très fortes parmi les salariés de Fralib, et les syndicalistes CGT venus de toute la France le 11 mai, afin de les soutenir. Certains sont également en lutte comme les salariés de Continental Nutrition dans le Vaucluse, qui depuis fin janvier 2012 surveillent leur usine d'alimentation animale 24 heures sur 24 pour éviter son démantèlement et la perte d'une centaine d'emplois directs.

D'autres, comme les syndicalistes de Spie, une société spécialisée dans la maintenance industrielle, venus de Lavéra, craignent eux pour l'avenir, et notamment le départ de l'industrie pétrochimique dont dépendent de nombreux sous-traitants au bord de l'étang de Berre. Qu'ils viennent du Puy-de-Dôme, du Nord ou des Bouches-du-Rhône, tous font le même constat de « désertification » de leurs territoires et demandent que « l'emploi industriel soit placé au cœur des politiques publiques ».

Le 11 mai, rassemblement à Fralib (11 minutes)

Les salariés comptent également sur le nouveau gouvernement pour faire la lumière sur ce qui représente, selon eux, « un scandale d'Etat ». Comme l'avait révélé Le Monde et comme Mediapart a pu le vérifier, le gouvernement de François Fillon est intervenu directement dans le conflit, non pour aider les salariés, mais pour donner un coup de pouce à la multinationale Unilever.

Fin février 2012, le cabinet du ministre du travail, Xavier Bertrand, a en effet bloqué l'envoi à la direction de Fralib d'une lettre d'observation préparée par les fonctionnaires de la Direccte (l'ancienne direction du travail). Cette lettre de « sept pages », selon les représentants CGT, relevait les irrégularités de la troisième version du plan social et aurait pu jouer en leur faveur lors de l'audience devant le TGI de Marseille, qui, le 20 avril, a donné raison à la direction de Fralib.

 

 
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Alors que le deuxième plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) avait été invalidé mi-novembre 2011 par la Cour d’appel d’Aix-en-Provence, Fralib avait en effet négocié, en dehors de tout plan social, le départ de 77 des salariés, moyennant une surprime de 90 000 euros. Début décembre 2011, la Direccte avait rappelé à la direction de Fralib qu’il ne pouvait y avoir « de protocole transactionnel » et que « les suppressions d'emploi envisagées ne pourraient être opérées que dans le cadre d'un nouveau PSE ». 

« Sous prétexte qu'ils avaient négocié des départs avec 77 d'entre eux, sans aucune consultation du comité d'entreprise, ce qui est irrégulier, Fralib a présenté un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) pour seulement 103 salariés, alors que les salariés sont 182 », explique Me Amine Ghenim, l'avocat du CE. Il a fait appel de la décision du TGI, mais cet appel n’est pas suspensif. Xavier Bertrand n’a, de son côté, jamais démenti l’intervention de son cabinet en faveur du géant anglo-néerlandais.

Les salariés et syndicalistes rencontrés vendredi comptent donc maintenir la pression sur le futur gouvernement. « Nous n’arrêterons le conflit qu’à partir du moment où on recommencera à faire des sachets de thé », prévient Olivier Leberquier, délégué syndical CGT.

 

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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 11:03

 

Le Monde.fr avec AFP | 15.05.2012 à 12h54 • Mis à jour le 15.05.2012 à 12h53

 
 
Des observateurs de l'ONU inspectent une voiture brulée le 14 mai 2012 à Deir Azzor.

De nouvelles violences ont coûté la vie à douze civils mardi 15 mai en Syrie, où la crise est entrée dans son quinzième mois sans qu'aucune initiative internationale ne soit parvenue à la résoudre. Les pays du Golfe ont annoncé lundi douter "sérieusement" du succès du plan de l'émissaire Kofi Annan.

Sur le terrain, bien que deux tiers des observateurs que l'ONU soient déjà sur place, douze nouveaux civils et un déserteur ont péri mardi, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Quatre civils ont été abattus par les troupes à Deir Ezzor (est), trois, dont une fillette de six ans, ont été mortellement touchés par des tirs de l'armée dans la région de Damas, un dans la région de Deraa (sud) et quatre autres ont été tués lors d'une explosion dans la ville côtière de Banias.

"BLOCUS THÉRAPEUTIQUE"

De retour d'une mission clandestine en Syrie, une équipe de Médecins sans frontières (MSF) accuse Damas de mettre en place un "blocus thérapeutique pervers", en arrêtant les médecins et visant les pharmacies. "D'après les docteurs syriens, il est au moins aussi dangereux d'être pris en train de soigner des blessés qu'avec des armes à la main", a affirmé un chirurgien de MSF qui faisait partie du voyage. "C'est un énorme problème pour les malades chroniques, qui souffrent par exemple de diabète, d'insuffisance rénale... Pour moi, qu'une armée régulière pille des pharmacies, les détruise, c'est complètement inédit. C'est un pas en avant dans la barbarie", a-t-il ajouté.

Le ministre français sortant des affaires étrangères, Alain Juppé, a également évoqué des "blessés achevés dans les hôpitaux", espérant que ces témoignages feraient évoluer la Russie vers un soutien à des sanctions de l'ONU contre le régime de Bachar Al-Assad. Il a aussi jugé "probable" l'échec de la mission Annan, au lendemain de déclarations similaires du chef de la diplomatie saoudienne. "La confiance dans les efforts de l'émissaire international commence à faiblir sérieusement et rapidement", avait jugé lundi le prince Saoud Al-Fayçal, qui s'exprimait au nom des six monarchies du Golfe réunies à Riyad.

LE POUVOIR SE FÉLICITE D'ÉLECTIONS "DÉMOCRATIQUES"

Dans le même temps, la commission électorale syrienne a annoncé un taux de participation de 51,26 % aux premières législatives "multipartites" tenues le 7 mai sur fond de violences et raillées par la communauté internationale. Son chef a refusé de donner les résultats par partis et le détail de la participation, notamment dans les régions où les militants anti-régime avaient appelé au boycottage, se félicitant toutefois d'élections "transparentes et démocratiques".

A l'étranger et dans l'opposition, de nombreuses voix avaient dénoncé des élections "ridicules" et "cyniques". L'avocat des droits de l'homme Anouar Al-Bounni a qualifié ce scrutin de "mort-né" du fait de la loi électorale et du contexte dans lequel il s'est tenu.

GHALIOUN RESTE À LA TÊTE DE L'OPPOSITION

Burhan Ghalioun, chef du Conseil national syrien (CNS), lors de la conférence de l'opposition au régime de Dams, à Istanbul, le 27 mars.

Mardi, le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition au régime, a réélu à sa tête Burhan Ghalioun, pour un nouveau mandat de trois mois. Lors d'une réunion à Rome du secrétariat général du CNS qui compte une quarantaine de membres, M. Ghalioun a été élu avec 21 voix, face à son principal concurrent, Georges Sabra, qui en a recueilli 11.

Au Liban voisin, enfin, où des heurts confessionnels sur fond de rivalités entre pro et anti-régime syrien ont fait neuf morts, le calme est revenu mardi matin à Tripoli, la principale ville du Nord.

 

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 21:51

euronews - 14/05 17:49 CET

 

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A la veille de l’anniversaire de leur mouvement, les Indignés ont ciblé le siège de la Bankia à Madrid ce lundi. Et ce, après avoir été une nouvelle fois évacués de la place de la Puerta del Sol dans la matinée.
La Bankia, est la quatrième banque espagnole. Le gouvernement en a pris le contrôle la semaine dernière. “Cette banque ment, trompe, jette les gens hors de chez eux”, affirment les Indignés, en allusion aux expulsions de propriétaires surendettés. Les manifestants ont appelé les clients de la Bankia à clôturer leur compte bancaire.

Le mouvement des Indignés, qui dénonce le pouvoir de la finance, le chômage et la corruption, est né le 15 mai 2011. Ils avaient installé l’an dernier leur campement pendant un mois à la Puerta del Sol.
Cette année, le gouvernement de droite a interdit tout nouveau campement et a imposé aux manifestants de quitter la place chaque soir à 22 heures.

Avec AFP et Reuters

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