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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 21:04

 

Le Monde.fr avec AFP | 09.05.2012 à 14h34 • Mis à jour le 09.05.2012 à 14h50

 
 
La centrale nucléaire de Fessenheim, en mars 2011.

Le réacteur numéro deux de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) a été mis à l'arrêt automatiquement mardi pendant un exercice, pour des raisons encore indéterminées, a-t-on appris mercredi 9 mai auprès de la direction de la centrale. "Des investigations techniques sont en cours pour déterminer l'origine de l'arrêt automatique", avant de pouvoir relancer l'unité de production "dans les meilleurs délais", a indiqué la direction, précisant que l'arrêt "n'a eu aucun impact ni sur la sûreté des installations, ni sur l'environnement".

L'autre réacteur de la centrale était, lui, en fonctionnement et connecté au réseau électrique national. L'exercice pendant lequel s'est déclenché l'arrêt automatique de l'unité de production est un "essai technique périodique", dit "essai d'îlotage". Il consiste à déconnecter une unité de production du réseau national pour réaliser une série de tests. Il est réalisé à la demande du gestionnaire du réseau de transport d'électricité.

La centrale de Fessenheim, doyenne du parc nucléaire national, compte deux réacteurs d'une capacité de 900 mégawatts chacun, tous deux raccordés au réseau électrique national. François Hollande avait affirmé durant la campagne présidentielle qu'il fermerait la centrale d'ici à 2017. L'installation aura alors quarante ans.

 

 

 

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 20:57

 

Le Monde.fr | 09.05.2012 à 09h16

Par Marc Dufumier, professeur émérite à AgroParisTech

 
 

Pesticides sur les fruits et les légumes, antibiotiques dans le lait, hormones dans la viande, dioxine dans les œufs et les poulets, algues vertes sur le littoral breton, effondrement des abeilles, abaissement des nappes d'eau souterraines, pollution de l'air et des eaux, érosion des sols et risques accrus d'inondation, émissions de gaz à effet de serre... Notre agriculture industrielle et productiviste se trouve accusée de tous les maux et les agriculteurs français ne supportent plus d'en être tenus pour responsables. Et le syndicalisme agricole majoritaire est alors parfois tenté de pratiquer la politique du déni, avec pour effet d'accroître encore davantage la méfiance des consommateurs et des protecteurs de l'environnement à l'égard de la paysannerie.

Mais inutile de le nier : de façon à produire aux moindres coûts monétaires et répondre aux exigences de standardisation des industries agro-alimentaires et de la grande distribution, nos agriculteurs ont été pour la plupart contraints de s'équiper en infrastructures et matériels de plus en plus coûteux. Lourdement endettés, ils durent spécialiser exagérément leurs systèmes de culture et d'élevage de façon à pouvoir amortir au plus vite ces nouveaux équipements. Et ils ne disposent plus désormais pour ce faire que d'un nombre très limité de variétés végétales ou races animales à haut potentiel génétique de rendement, souvent très sensibles aux éventuels insectes prédateurs et agents pathogènes. D'où le recours à toujours plus de produits phytosanitaires (fongicides, herbicides, insecticides, etc.) et vétérinaires dont les procédures d'autorisation de mise sur le marché sont de plus en plus sujettes à caution.

Disons le clairement : les agriculteurs sont bien souvent les otages et les premières victimes de cette évolution dictée par la nécessité de rester compétitifs dans un monde où les règles du jeu et le comportement des consommateurs sont de plus en plus formatés par de puissants oligopoles. Ils sont eux-mêmes directement exposés à l'épandage des pesticides mais ne supportent parfois plus de se voir brutalement et tardivement interdits d'employer des produits finalement considérés comme dangereux. La politique agricole commune ne devrait-elle donc pas plutôt les inciter à mettre en œuvre des systèmes de culture et d'élevage plus respectueux de l'environnement et des équilibres écologiques ?

Fort heureusement, des agriculteurs "résistants" ont su déjà mettre au point divers systèmes de production agricole adaptés chacun aux conditions locales de leurs terroirs. Ils font un usage intensif des ressources naturelles renouvelables (l'énergie lumineuse et le gaz carbonique en excédent dans l'atmosphère pour les besoins de la photosynthèse et la production de nos calories alimentaires, l'azote de l'air pour la fabrication de nos protéines végétales, etc.), tout en ayant le moins possible recours aux énergies fossiles et n'employant pas nécessairement de produits agro-toxiques. Très savantes, ces formes d'agriculture paysanne inspirée de l'agro-écologie n'en sont pas moins bien plus artisanales et exigeantes en travail que l'agriculture dite "conventionnelle". Elles méritent donc d'être mieux rémunérées ; et c'est tout l'intérêt de l'agriculture bio de pouvoir bénéficier de prix plus rémunérateurs en échange du respect d'un cahier des charges particulier et d'une procédure de certification rigoureuse. Mais s'ils doivent rester plus chers, les produits issus de l'agriculture bio ne risquent-ils pas de devenir à tout jamais inaccessibles aux couches sociales les plus modestes ? L'essor de cette forme d'agriculture semble bien être conditionné à une répartition plus équitable des revenus, pour ne pas être réservée à la seule niche des bourgeois-bohêmes.

Mais il faudra pourtant bien qu'un nombre croissant de nos agriculteurs adhèrent à celle-ci ; car c'est bien toute l'agriculture française et européenne qui va devoir opérer un tel virage à 90 degrés pour garantir la qualité sanitaire de nos aliments et préserver la fertilité de nos écosystèmes. Les actuelles subventions de la Politique agricole commune (PAC), actuellement distribuées sous la forme d'aides presque totalement "découplées" de la production, devraient donc être prioritairement réorientées en faveur de cette forme d'agriculture bio, en échange des services sanitaires et environnementaux qu'elle procure à l'ensemble de la société. Les paysans qui œuvrent pour l'intérêt général pourraient être alors ainsi correctement rémunérés sans que les consommateurs aient à supporter des prix trop élevés.
A la veille d'une réforme programmée de la PAC pour l'après 2013, nos candidats aux législatives ne pourraient-ils pas se prononcer clairement sur ce point.


Marc Dufumier est l'auteur de Famine au Sud. Malbouffe au Nord (NiL ; 2012).

Marc Dufumier, professeur émérite à AgroParisTech

 

 

 

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 20:50

 

Le Monde.fr | 09.05.2012 à 14h16 • Mis à jour le 09.05.2012 à 14h30

 
 
Des manifestants dans les rues de New York, le 29 février 2012.

Le site de micromessagerie Twitter a reçu, lundi 7 mai, une assignation (.pdf) du procureur de Manhattan. Les autorités réclament des informations sur l'un des participants aux manifestations Occupy Wall Street de l'automne dernier.

Après l'arrestation de Malcolm Harris, l'un des membres du mouvement, le bureau du procureur a demandé au réseau social de pouvoir accéder à "toutes les informations de l'utilisateur" échangées entre le 15 septembre et le 31 décembre 2011 : tweets, messages privés, etc.

 LES ASSOCIATIONS DE PROTECTION DE LA VIE PRIVÉE SE FÉLICITENT

Twitter a alors refusé de délivrer ces informations à la justice, au motif que cela porterait atteinte au quatrième amendement, qui impose de disposer d'un mandat pour obtenir des informations d'ordre privé. Assigné par la justice pour avoir refusé de communiquer ces informations, le site de micromessages a demandé une annulation mardi.

Certaines associations de défense des libertés individuelles se félicitent de cette initiative de Twitter. "Si les internautes ne peuvent pas protéger leurs propres droits constitutionnels, le seul espoir est que les entreprises le fassent", affirme Aden Fine, représentant de l'Union américaine des libertés civiles (ACLU).

 

 

 

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 20:43

Tous-en-Blanc.JPG

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 20:38

 

 

LES INDIGNE/E/S  Lundi et Mercredi à 18h /Samedi 13h * Maison Carrée * Assemblée + repas partagé

Chaque 1er samedi du mois : Tour de Vélo  RV Palais de justice à 11h

Chaque mardi Repas à l’Assoc Côté Jardins Solidaires

Dates

Evènement

Lieu

heure

Mercr 9 mai

Collectif Nîmes anti gaz de schiste

La Brasserie

18h30

Mercr 9 mai

RESF Nîmes

APTI

18H

Jeudi 10 mai

Ass Citoyenne Front de Gauche Nîmes « 2012 :Construire l’école de l’égalité »

Local cheminots, rue B.Malon

18h30

Jeudi 10 mai

CNT :Rencontre avec 3 militants Syndicalistes libertaires GRECS/ ESE

Bourse du Travail Alès

19h

10/11 et 12 mai

Ciné Filles , Comédie musicale en V.O. avec M.H.Courtin et M.Lého

Télémac théâtre

21h

Vendr 11 mai

« Monologues polyphoniques en rafales » de Doumée

Librairie Diderot

18h30

Vendr 11 mai

Conf« La monnaie complémentaire Euro RES

Anduze

19h30

Vendr 11 mai

Théâtre »Avenir radieux,une fission française »2ème partie.Ecrite et jouée par N.Lambert Cie « un pas de côté »

St Christol les Alès

20h30

Sam 12 mai

Quinzaine commercre équitable :Artisans du Monde : Stand et dégustation

Place aux Herbes

9 à 19h

Samedi 12 mai

Conseil Municipal

Mairie de Nîmes

18h

Samedi 12 mai

Journée Internationale des INDIGNE/E/S

Maison Carrée

14h

12 et 13 mai

Coordination Nationale des Alternatifs

Paris

 

Dim 13 mai

Vide Grenier Quartier Gambetta

Place St Charles +

8 à 18h

Dim 13 mai

« Faites des courts circuits » Manger local au fil du Vidourle

Junas

 

Lundi 14 mai

Conf /débat par A.GRESH, dir adjoint Monde Diplo « Etat des lieux et perspectives des révolutions  arabes et de la question palestinienne »par l’AFPS, l’Univ Populaire, la Librairie Diderot

CSCS VALDEGOUR

19H repas convivial + 20h conf

Lundi 14 mai

Débat « Quel débat voulons nous pour nos enfants ? » avec la FSU et les candidats aux Législatives

FSU

18h30

Mardi 15 mai

Voyage lectures « Partir au bout des mots »Cie Rouge et Vert

Médiathèque Marc Bernard Pissevin

18h15

Mardi 15 mai

UCCN Laurent Mucchielli « Sécurité et vivre ensemble dans la cité »

IUFM Nîmes

19 à 21h

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 20:31

 

Expanding Darkness

In Athens on 8 May 2012 at 17:10

Shopping cArt

Athens, May 8

Dear people,

Days are slow in our camp on the hill. The heat signs the time. In the afternoon, people are snoozing on the steps of the theater in the shadow.

Most of us will be here at least until the 12th, or else until the 15th, the day the agora officially ends. Some will stay a little longer.

Apart from our camp on the mountain we can dispose of a squat in the center of Exarchia, for showers, electricity, internet. People move up and down, but most of us prefer to camp in the public space. Lots of different people in a squat leads to trouble.

On Syntagma things were pretty quiet. Many cameras but no field battles or demonstrations. A thematic assembly on immigration was organised as a part of the agora. It’s a very weighty matter in Greece, it was well organised, but it didn’t catch a lot of attention from the locals.

It’s early evening. My mom is here for a revolutionary visit, together with a friend of hers. We walk through Exarchia, on the way to the hill. I tell them to be careful.

“There are anarchists on the loose here.”

“They don’t bite, do they?”

“Sometimes.”

Tourists waiting to capture the change of the guard at parliament

On the central square of Exarchia, by pure chance, we encounter the comrades who suspected José Miguel of being an infiltrator. They had abbandoned the squat before the march arrived and they hadn’t shown their faces to anyone. They are about to take the plane and leave. Two other comrades from the march to Brussels who had come here to organise the agora had already left.

They look pale and tired. The city has worn them down, both physically and mentally. They go back. It has been a delusion. I hope Spain will give them new strength.

A day earlier I had encountered Timo the flamboyant Finn on Syntagma. He has been here about as long as our other comrades, but he is not thinking about going away. He adores this place.

Athens is grim. You have to be able to cope with that, Timo explains. ‘The dream of the Greek middle classes is over. And with it, the bourgeois way of life. This attracts a whole different type of people.’

Many of them are concentrated in Exarchia. Artists, squatters and punks from over the world in a maelstrom of drugs, repression, resistance, creation and destruction. And no hope.

It’s fascinating to see. The years of the big boom are definitely over. This is a city in full decline. You don’t even have to walk through the streets to notice it. You can see it from above, from the mountain of Exarchia.

At night, the city fails to shine. It’s no happy blanket of lights, like you would expect a metropolis to be. You can see patches of darkness, especially in the neighbourhoods of the center.

For the moment only the Acropolis is still immune against the expanding darkness. She remains a golden rock, suspended in the air while the city around her loses its exuberance, and lights are dimming, every day.

Acampada teatro

 

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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 15:52

 

Le réseau Observatoire critique de Cuba se joint à la mobilisation mondiale appelée par les mouvements sociaux le 12 mai afin de marquer le premier anniversaire du 15-M.

Les raisons sont les mêmes que celles qui provoquèrent l’année dernière la création du mouvement du 15-M. Le monde continue à vivre une crise politique provoquée par les politiques et les banquiers, cette crise va de paire avec une absence totale de démocratie réelle, une corruption incurable, des exclusions et des discriminations de toutes sortes, et une opinion publique complètement manipulée par les médias et par le manque de pensée critique que favorisent les systèmes d’éducation dominants.

Cet appel mondial vise à montrer au monde le mécontentement des citoyens face au modèle politique et économique qui domine de façon autoritaire. Puisque le système nous affecte tous, la réponse doit être unitaire et globale.

Défendre la souveraineté des peuples par le biais de leur souveraineté politique, sociale, culturelle, économique et alimentaire est essentiel pour une véritable démocratie, une égalité réelle et une nouvelle étape évolutive pour notre société.

Ce qui fait que nous, les ami-e-s du réseau Observatoire critique nous nous retrouverons le samedi 12 mai à 14h 00, au parc Carlos III et Belascoaín, à côté du buste de Karl Marx, en relation avec tout le mouvement anticapitaliste global.

À bas les capitalismes !


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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 15:45
Marianne - Mardi 8 Mai 2012 à 05:00

 

Greek Crisis
Historien et ethnologue, ancien correspondant en France pour la revue grecque Nemecis, Panagiotis... En savoir plus sur cet auteur

 

Depuis Athènes d'où il raconte régulièrement le quotidien d'une Grèce en crise, notre blogueur associé Panagiotis Grigoriou apporte son analyse de l'élection du week-end. Avec recul et anticipation, malgré son immersion.

 

(L'élection en Grèce - Thanassis Stavrakis/AP/SIPA)
(L'élection en Grèce - Thanassis Stavrakis/AP/SIPA)
« Respirez librement, respirez enfin librement, c'est la prise de la Bastille du bipartisme, l'effondrement du système collaborationniste du Pasok et de la Nouvelle Démocratie. Ce n'est qu'un début, les forces du Mémorandum, les forces de l'occupation ont été délégitimées par le vote du peuple. Nous avons résisté à la guerre économique et psychologique, nous n'avons plus peur du chantage, car le peuple grec sait désormais que les sommes prétendument prêtées à la Grèce dans le cadre des accords illégaux passés avec la Troïka, iront dans les poches de ces rapaces des marchés et aux banques. Nous pouvons désormais les menacer, et c'est aussi un message adressé à la chancellerie de Berlin. Le cobaye a bougé, il a crié, il a dit « Non ». Si finalement ils décident notre dynamitage, nous dynamiterons aussitôt toute la zone euro. Nos agents au ministère de l'Economie, vomissent chaque jour davantage la présence des contrôleurs Allemands au sein de leurs services. Les Allemands sont encore là, mais ils partiront par un vol direct Lufthansa, au départ de l'aéroport d'Athènes. Par la même occasion, tous les médias contrôlés par les armateurs ou par les promoteurs BTP, viennent de recevoir aussi une raclée historique, les peuple a préféré les ignorer. Il ont été délégitimés, ainsi que toute la politique du Mémorandum avec, bon débarras, la lutte continue. »

Voilà en résumé, la prose du journaliste Georges Trangas ce matin sur la radio Real-Fm. Trangas a bu du petit lait car l'histoire immédiate lui donne raison, sur la plus longue durée par contre, rien n'est encore certain.

Mais d'abord les résultats :

Grèce libre?
Sur 99,42 % des bureaux de vote (lundi midi) :

Inscrits : 9.901.323
Participation : 65,06 %
Bulletins blancs/nuls 2,36 %

Voix exprimées : formations qui n'entrent pas au Parlement : 19,03 %
(seuil : 3 %)


(*) Formations politiques exprimant clairement leur opposition au Mémorandum.

 

Les journalistes mainstream avaient tous mauvaise mine dimanche soir derrière les écrans, dont le plasma se vidait au fil de la soirée. À minuit passé, des journalistes à la radio et à la télévision, évoquaient déjà « cette nouvelle époque du méta-mémorandum ». D'autres journalistes à la télévision encore, n'arrivaient plus à contenir, à dissimuler leur douleur. Leurs efforts dans la « systématisation intégrale», n'ont pas été couronnés de succès. S'exprimant en serrant leurs les dents, ils ont encore répété la même messe : « il faut honorer nos signatures, le FMI, la Troïka vont interrompre le financement ». En effet, ces « perroquets du système » comme on les surnomme chez nous, ont tout juste précédé de quelques heures la menace du FMI, allant dans ce sens : « La Troïka, reviendra en Grèce lorsque le nouveau gouvernement sera formé. Ce nouveau gouvernement doit confirmer les engagements pris, par le précédent gouvernement ». Peine perdue ?

Non, l'époque du méta-mémorandum n'est pas encore venue. Pourtant, l'air d'un autre temps, d'un autre calendrier politique, a soufflé très fort. Cet air du temps est d'abord celui de la dignité. Depuis, notre instantané historique se déchire enfin comme il se doit, en deux morceaux. L'ancien système politique du bipartisme a reçu un coup mortel, tandis que l'improbable (?) nouvelle coalition des anti-Mémorandum, ne se réalise pas encore. Même ce Vénizélos de l'ultime Pasok vient d'admettre que « l'ancien bipartisme n'a plus la légitimité nécessaire pour gouverner ». Il propose donc l'idée d'un gouvernent « national de coalition non pas sur la ligne de fracture du Mémorandum, mais sur celle existante, entre forces favorables à l'Europe et les autres », d'autres « journalistes », lancent ainsi l'idée d'un gouvernement « technocrate, pour ainsi garder une certaine stabilité, indispensable aux reformes entreprises ». C'est une honte. Le grand journal du soir en France, a adopté (sur son site), le même syllogisme : « Percée des néonazis en Grèce, Vénizélos appelle à l'union nationale. L'effondrement des partis de gouvernement à l'élection législative pourrait empêcher la formation d'un gouvernement de coalition pour poursuivre la politique de rigueur dictée par l'UE et le FMI ».

Les masques tombent, sauf que les lecteurs du Monde ne le réalisent pas encore. La percée de l'extrême droite nazifiante en Grèce est aussi... un élément rassurant si on analyse la situation autrement. Car je peux supposer par exemple, qu'après une telle politique du choc, pareillement appliquée en si peu de temps à d'autres pays de l'Europe occidentale, l'extrême droite, serait en phase de devenir vraisemblablement la première formation politique dans ces pays. Je trouve donc, que pour l'instant en tout cas, la Grèce a plutôt bien résisté à cette percée de l'extrême droite. Ensuite, le syllogisme suggéré par les rédacteurs du grand quotidien français, contient involontairement et en filigrane, la seule analyse juste de la situation. Car le vrai problème n'est pas l'extrême droite, mais plutôt, la poursuite de la politique de rigueur dictée par l'UE et le FMI, et celle-ci, n'est plus une affaire grecque me semble-t-il. C'est ainsi que le fascisme bancocrate est plus dangereux à mes yeux que celui des « néo-nazifiants » de toute sorte, et pour une raison évidente : c'est précisément ce premier fascisme qui est à l'origine du second, ainsi les larmes de crocodile au journal du soir ou au sein des instances de l'UE sur la percée de l'extrême droite en Europe, ne peuvent émouvoir que les lobotomisés du raisonnement politique.

Il se trouve alors que de nombreux grecs prennent conscience de cette grande fraude à l'échelle du continent Européen, à savoir le grand razzia sur ses peuples. L'incontestable gagnant de ces élections en Grèce, est le parti de la gauche radicale Syriza (16%), (à part l'extrême droite de l'Aube Dorée). 
Syriza arrive d'ailleurs en tête à Athènes, au Pirée et dans les grandes villes, ce qui peut annoncer le tempo de l'avenir sur le reste du pays. Et si la Grèce devient-telle, presque ingouvernable c'est parce que la loi électorale attribue les premiers deux cent cinquante sièges du Parlement par la règle proportionnelle, puis, les cinquante qui restent, sont « offerts en cadeau » au premier parti. Seulement, même ainsi, le bipartisme de la Baronnie a reçu un coup mortel. Pour la même raison, le parti communiste a été presque sanctionné, car il a réussi à peine d'améliorer son score, dans un contexte où la gauche dans son ensemble a doublé le nombre de ses voix. Je précise pour éviter tout malentendu, que lorsqu'en Grèce on dit « la gauche », ce n'est pas au Pasok que nous pensons, ce dernier, « est considéré comme étant un parti anti-populaire et anti-national, car il appartient à la bancocratie », selon les représentations collectives, après deux ans de Mémorandum.

Ce matin, dans un café athénien on ne disait pas autre chose : « Je suis enseignant, j'ai toujours voté Pasok jusqu'en 2009, je me considère toujours comme socialiste, mais je ne voterai plus jamais Pasok dans ma vie, c'est terminé, ces gens veulent nous faire mourir pour arranger les banques. À nos écoles, nous n'appliquerons pas la reforme dictée par l'Europe, nous n'avons plus peur. Ils veulent augmenter notre temps de travail alors que nos salaires ont été diminués. J'ai perdu 470 euros par mois sur les 1 400 que je touchais, il y a un an environ. Je pense aussi que désormais, nous pouvons ne plus payer les taxes exceptionnelles, surtout en cas de chômage, c'est la fin de la terreur ».

Voilà ce qui est déjà acquis ce lundi : pouvoir rêver. Tous les autres leviers, restent aux mains des bancocrates, sauf l'air du temps. Nos visages sont plus joyeux, exceptés ceux des adeptes du Pasokisme, plongeant très profondément dans leurs journaux ce matin. Le quotidien Ta Nea par exemple, qui a bien choisi son titre : « Le cauchemar d'un pays ingouvernable », mais « cauchemar », pour qui d'abord ? L'horizon demeure brouillé. Rien n'est définitif, sauf la fin du Pasok et de la Nouvelle Démocratie du Mémorandum. Tôt ou tard, on comprendra peut-être que pour se délivrer du Mémorandum, il va falloir se défaire aussi de l'Union Européenne, ainsi que de nos propres errements. En même temps, il faut bâtir une autre politique étrangère, plus équilibrée et moins exclusive. Ce n'est guère évident. Patience, l'avenir devient enfin incertain et chaotique. Bienvenue au pays d'Hésiode.

 

Retrouvez Panagiotis Grigoriou sur son blog.

 

Grèce libre?
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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 15:37

 

 

Explicateur 08/05/2012 à 16h26

Marièke Poulat | Rue89Imprimer

 

Alexis Tsipras après le résultat des élections législatives à Athènes, le 6 mai 2012 (ARIS MESSINIS/AFP)

 

Dimanche, le parti de gauche radicale Syriza a créé la surprise en Grèce en rassemblant 16,5% des voix aux élections législatives anticipées. Mené par Alexis Tsipras, le parti a triplé son score de 2009 et a raflé 52 sièges à la Vouli, la Chambre des députés grecque, devenant ainsi le premier parti de gauche du Parlement.

1 D’où sort Syriza ?

 

« Vague rouge », « tsunami électoral » : deuxième parti de la Vouli (après Nouvelle démocratie, parti conservateur) et premier de gauche avec 16,5%, le Syriza semble sorti de nulle part. Ce parti de la gauche radicale ne date pourtant pas de la crise financière. Nikos Sigalas, chercheur à l’Institut français des études anatoliennes (Ifea), explique qu’il trouve ses racines dans la scission du Parti communiste grec :

« Dans les années 70, à l’image de ce qui s’est passé en Italie, le parti communiste s’est divisé entre les communistes favorables à l’influence de l’Union soviétique et ceux qui préféraient s’en détacher. Syriza [fondé au début des années 2000, ndlr], est issu des courants communistes qui souhaitaient devenir indépendant de Moscou : la partie proeuropéenne du parti communiste. »

Le Parti communiste de Grèce, le KKE, a réalisé 8,48% aux élections législatives, soit une augmentation de 0,9 points par rapport à 2009 ; Syriza, lui, a explosé, de 4,6% à 16,5%.

2 Quelle est sa position sur l’Europe ?

 

Syriza critique ouvertement le « memorendum » par lequel la Grèce a engagé un sévère plan d’austérité en échange de crédits internationaux. Inquiet d’être doublé par sa gauche, le Pasok (gauche) a accusé Syriza de verser dans une dérive antieuropéenne et de préparer la sortie du pays de la zone euro, voire de l’UE.

Une menace qu’Alexis Tsipras, chef de file de Syriza, a balayé cette critique d’un revers de main :

« Affirmer que notre appartenance à l’euro est en danger est un mythe construit de toutes pièces, un chantage exercé par les partis favorables aux plans de renflouement et un outil visant à pressurer le peuple afin qu’il accepte des mesures qui nous amèneront la misère. »

Jean Marcou, professeur à l’Institut d’études politiques de Grenoble sur la politique des Etats du Sud de l’Europe, notamment de la Grèce, lui donne raison :

« Le Syriza n’est pas hostile à l’Europe. Bien au contraire : il est issu des courants communistes favorables à l’Europe et à la construction européenne. Cependant, il refuse l’Europe telle qu’elle a été construite : une Europe économique, de l’austérité... Il veut une Europe aux politiques sociales, favorisant la croissance. »

Comme François Hollande, souligne Nikos Sigalas :

« La candidature de François Hollande, contre l’Europe de l’austérité, a été utilisée par le Syriza durant sa campagne. En montrant qu’un candidat éligible en France proposait l’introduction d’un volet sur la croissance européenne, le parti grec a souligné sa propre crédibilité. »

Plus qu’une sortie de l’Europe et de l’euro, les chevaux de bataille du parti sont le gel du remboursement de la dette grecque et la renégociation du plan d’aide européen.

3 Pourquoi un tel succès ?

 

La crise a joué un rôle évident dans le score de Syriza. Le parti a rassemblé les déçus des deux partis majoritaires habituels que sont Nouvelle démocratie à droite, et Pasok à gauche.

Jean Marcou rappelle que ce mouvement avait été amorcé dès 2009 :

« Cet effritement des partis majoritaires avait déjà eu lieu lors des précédentes législatives en 2009. Le Syriza avait alors réalisé un peu moins de 5%. Dans le contexte de 2009, il s’agissait déjà d’un frémissement important, à l’image de ce qui s’est déroulé au Portugal. »

Le parti a aussi profité du dynamisme de son jeune leader, Alexis Tsipras, âgé de 37 ans. Pour Nikos Silagas, il est plus proche d’un Olivier Besancenot que d’un Jean-Luc Mélenchon :

« C’est un bon gars. Un bon jeune homme, dynamique. Il s’était fait remarquer au moment des émeutes lycéennes qui se sont déroulées au début des années 90 en Grèce, contre des réformes de l’éducation. Quand il a intégré le parti, il en a dépoussiéré l’image vieillisante. Il est très apprécié en Grèce. »

Il avait choqué en appuyant les émeutes grecques contre les mesures d’austérités.

4 Est-il apte à gouverner ?

 

Là est la plus forte inconnue. Jean Marcou remarque :

« La situation est totalement nouvelle, avec l’apparition de forces politiques qui n’ont jamais gouverné. C’est une grande première, avec une réduction des partis de gouvernement que sont Nouvelle démocratie et le Pasok. C’est presque une remise en cause du système parlementaire grec tel qu’il a existé jusqu’ici depuis 1975. »

En plus du renforcement de Syriza à gauche, de nouveaux partis comme Grecs indépendants (droite souverainiste) ou Aube dorée (néo-nazi), ont émergé lors de cette élection. Dans un système parlementaire tel que celui de la Grèce, la capacité à gouverner équivaut à la capacité à faire des alliances.

Nikos Sigalas décrit :

« Tout le monde attend maintenant que le Syriza présente au Président une bonne proposition de coalition. Je pense que le parti espère que Nouvelle démocratie n’arrivera pas à rassembler et tentera de présenter une alternative à gauche. Mais ça va être très dur... »

Le président de la République, Karolos Papoulias, vient de donner trois jours au parti Nouvelle démocratie pour former un gouvernement. Alexis Tsipras a déjà fait savoir à Antonis Samaras, le dirigeant de ND, qu’il refusait toute alliance avec son parti. Si ce dernier ne parvient pas à trouver un accord, ce sera à Syriza, qui a réalisé le second meilleur score, de proposer une coalition.

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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 15:33

 

Le Monde.fr avec AFP | 08.05.2012 à 13h18 • Mis à jour le 08.05.2012 à 16h34

 
 

La députée de l'opposition birmane Aung San Suu Kyi, longtemps maintenue en résidence surveillée, a obtenu un passeport et peut désormais voyager à l'étranger pour la première fois depuis 1988, a indiqué mardi 8 mai un responsable de son parti.

Ce porte-parole de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), a indiqué avoir appris vendredi que la lauréate du prix Nobel de la paix avait reçu ce document. "C'est son premier passeport depuis vingt ans, j'ai l'impression que tout est redevenu normal désormais", a-t-il ajouté, précisant que ce voyage historique aurait lieu mi-juin "comme prévu".

L'ancienne dissidente, réintégrée l'an passé dans le jeu politique légal par le président Thein Sein, prévoit de se rendre en Norvège pour y recevoir enfin le prix Nobel décerné en 1991, et en Grande-Bretagne, où elle avait fait ses études et rencontré son mari, décédé depuis.

INVITÉE AUX NATIONS UNIES

Revenue en Birmanie en 1988 au chevet de sa mère malade, Aung San Suu Kyi était entrée cette année-là en politique à la faveur d'un soulèvement populaire. Elle avait jusqu'ici toujours refusée de partir, de crainte de donner aux militaires une occasion de la maintenir en exil.

Mais la junte au pouvoir s'est autodissoute en mars 2011 et a transmis ses pouvoirs à un gouvernement civil d'anciens militaires qui a multiplié les réformes politiques. La "Dame" de Rangoun a même triomphalement remporté son premier siège de députée aux élections partielles du 1er avril, qui ont fait de la LND la première force d'opposition du Parlement. Elle y a prêté serment la semaine dernière.

Un responsable gouvernemental a confirmé mardi qu'elle était désormais totalement libre de ses mouvements. "Elle peut se rendre librement à l'étranger", a-t-il assuré sous couvert de l'anonymat. Aung San Suu Kyi a été par ailleurs invitée aux Nations unies par son secrétaire général Ban Ki-moon.

 

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