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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 22:45

letelegramme.com - Europe

 

9 mai 2012 à 12h16

 

Ils avaient surpris l'Espagne, et le monde, en surgissant pour dénoncer la crise, la corruption et un chômage record. A l'occasion de leur 1er anniversaire, les "indignés" veulent reprendre la rue du 12 au 15 mai et contredire ainsi ceux qui prétendent qu'ils ont disparu.

 

Lire également :
> Tous nos articles sur les indignés

Sous le slogan "Nous ne sommes pas des marchandises aux mains des politiques et des banquiers", des manifestations sont convoquées dans environ 80 villes d'Espagne le 12 mai, dont Madrid et Barcelone. Des rassemblements sont également prévus hors des frontières espagnoles ce jour-là, surtout en Europe, aux Etats-Unis et en Amérique latine, sous le mot d'ordre "Unis pour un changement global".

En France, plusieurs manifestations sont également prévus. A Rennes, un rassemblement sous la forme d'un pique-nique est organisé à 11 h 30, place de la mairie, le 12 mai 2012. "Chacun amène son sandwich et sa boisson, et on se pose tous ensemble sur place ! En conformité avec la loi, cet apéro est bien entendu sans alcool dont la consommation sur la voie publique est interdit", indique un blog spécialement dédié à cet événement.

La carte des manifestations prévues dans le monde : ( Pour la visualiser, appuyer sur la touche "Ctrl" de votre clavier + cliquer gauche sur ce "link"


Quatre jours d'assemblées
A Madrid, les manifestants prévoient de poursuivre la mobilisation en organisant des assemblées thématiques tous les jours jusqu'au 15 mai, dont une "permanente" qui devrait s'installer sur la Puerta del Sol. C'est sur cette place, au coeur de la capitale, qu'avait éclos un campement il y a un an, véritable ville champignon surgie après une manifestation convoquée sur l'internet par un collectif de citoyens alors méconnu, Democracia Real Ya (DRY). Pendant un mois, cet amas de tentes et de bâches en plastique était devenu le symbole d'un ras-le-bol qui avait surpris un pays où, malgré la crise, le mécontentement s'était jusque-là peu exprimé.

Cette année, les autorités ont autorisé des rassemblements temporaires du 12 au 15 mai sur la Puerta del Sol. Mais la tension plane autour de l'éventualité que certains décident d'y camper. "Evidemment qu'il n'y aura pas de campements parce qu'ils sont illégaux", a mis en garde le ministre de l'Intérieur, Jorge Fernandez Diaz.

 

 

Les indignés moins visibles
Reste le doute pesant sur l'ampleur que prendra cette fois la mobilisation en Espagne. Le taux de chômage vient d'atteindre un nouveau record, avec un actif sur quatre (24,4%) sans emploi. Le gouvernement conservateur a présenté le budget le plus austère de son histoire et ordonné de lourdes coupes dans les secteurs sensibles de la santé et de l'éducation. Un terrain fertile, a priori, pour que l'anniversaire du mouvement soit un succès.

Mais à la différence d'il y a un an, les rues d'Espagne vibrent désormais presque chaque semaine au rythme de nombreuses manifestations convoquées par les syndicats contre la rigueur. Les "indignés" pourraient être noyés dans ce flot de mobilisations, d'autant qu'ils ont déjà perdu en visibilité.

Pas d'interlocuteurs identifiés
"Le mouvement est toujours là, mais il n'est plus dans la rue: il est sur l'internet, sur les réseaux sociaux", explique Noelia Moreno, 30 ans. "Faute d'avoir une tête visible, il s'est dilué aux yeux de l'opinion publique et des médias", admet cependant cette chômeuse qui s'était précipitée à Madrid depuis Pampelune (nord) le 16 mai, pour s'installer dans le campement improvisé.

Conscient de cette perte d'influence, une partie de DRY a décidé fin avril de créer une association. Mais le retour de bâton a été violent: les insultes ont fusé sur l'internet, d'autres "indignés" les accusant de trahison. "Une structure totalement horizontale n'était pas opérationnelle", a expliqué Fabio Gandara, jeune architecte et l'un des fondateurs de DRY, au journal El Mundo

 

 

 

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 22:35

 

| Par Stéphane Alliès

 

On la redoutait esquintée, mais elle est requinquée. Maintenant qu'Eva Joly a goûté au premier plan médiatique, elle entend rester dans le jeu. Au lendemain du vote favorable à une participation gouvernementale du conseil fédéral d'Europe Ecologie–Les Verts (78 pour, 15 contre et 14 abstentions), l'ancienne candidate écolo à la présdientielle (2,3 % des voix) a convié une dizaine de journalistes à déjeuner pour faire connaître son souhait de « participer au changement ». Alors qu'une pétition a été lancée mardi, dont elle jure, preuve à l'appui, qu'elle n'y est pour rien, mais s'empresse de demander si le nombre de signataires « monte toujours aussi vite » (mercredi soir, il avait passé la barre des 11 000), Joly lâche d'emblée, de sa petite voix : « Ça me plairait bien d'avoir une mission dont on puisse mesurer l'efficacité. »

Consciente qu'elle n'a aucune chance pour occuper le poste de garde des Sceaux (« Ce serait une déclaration de guerre à Sarkozy », dit un de ses proches), l'ancienne magistrate anti-corruption ne veut pas se laisser enterrer par ses camarades écologistes, et s'estime capable de « bosser sur la régulation financière, la limitation de la spéculation et la lutte contre les paradis fiscaux ». Si elle sait que « dans la Ve République on ne postule pas, mais on est choisi », Eva Joly continue à casser les codes, se voyant bien « ministre déléguée » ou à la tête d'un « haut-commissariat ». « François Hollande a dit que son ennemi était la finance. Je le prends au mot, et je sais ce qu'il faut faire pour ça. » Présidente de la commission développement au Parlement européen depuis 2009, elle a été « consultante en délinquance financière » pour les gouvernements norvégiens et islandais durant les années 2000.

 

Eva Joly et François Hollande, au concert de SOS-Racisme, le 14 juillet 2011 
Eva Joly et François Hollande, au concert de SOS-Racisme, le 14 juillet 2011© Phototèque EELV

 

Mais après avoir estimé qu'on ne pouvait pas faire d'accord avec le PS sans sortie du nucléaire, comment justifier finalement une telle offre de service ? « J'étais dans mon rôle, et c'était avant qu'il ne soit signé. Après, je me suis seulement exprimé sur la disparition du paragraphe sur le MOX, admet-elle. Mais ce n'est pas parce que le gouvernement socialiste sera contre le nucléaire qu'il n'y a pas d'écologie à faire dans un gouvernement socialiste. Il y a déjà la fermeture de la centrale de Fessenheim, et surtout la transformation énergétique, qui sont des engagements de François Hollande. Et la situation peut être évolutive, comme à Notre-Dame-des-Landes aujourd'hui. » (lire ici).

Ainsi que l'explique son conseiller Stéphane Pocrain, « la séquence d'Eva Joly et son petit score est terminée, car elle a vu depuis quel était son capital de popularité. Lors des meetings de Limoges et de Bercy, lors du défilé du 1er mai, ou dimanche soir à la Bastille, elle était l'une des plus applaudie à chaque fois. On ne se débarrasse pas d'elle comme ça, elle a une légitimité très forte, toute aussi grande que les autres prétendants de chez EELV ». « Je ne prendrai la place de personne avec mon profil atypique, je ne suis pas interchangeable », dit-elle, après s'être sentie « comme Madonna » à la Bastille, chauffant la scène avant le discours de François Hollande.

Car on sent aussi, à l'entendre, que Joly n'a pas digéré les critiques internes de « certains Machiavel de bas-étage », et ne voit pas pourquoi elle devrait s'effacer devant d'autres cadres du mouvement écolo qui rêvent de maroquins (sont notamment cités Jean-Vincent Placé, Yannick Jadot ou François de Rugy). « À part Cécile Duflot, personne n'est incontestable, considère Patrick Farbiaz, membre de son équipe de campagne. Et un ministre n'a pas à représenter un sous-courants des Verts, mais à être connu et reconnu dans l'opinion. » « C'est Dany Cohn-Bendit et les eurodéputés qui sont venus me chercher pour que je fasse la campagne, s'irrite Joly. Et je l'ai fait jusqu'au bout, et ce fut dur. Ça, on ne peut pas me l'enlever. »

À l'entendre, le divorce est définitivement consommé avec celui qui l'a fait venir à Europe-Ecologie, qui s'en est encore pris à elle la veille : « un mauvais choix de candidate », et d'indiquer qu'il verrait bien ministres Yannick Jadot et Stéphane Gatignon. « Dany a déjà dit que sa seule erreur avait été de ne pas se présenter à la primaire du PS, où il aurait bien sûr fait 30 %. Ça en dit long sur son égo, sabre-t-elle. Il y a chez lui une part de jalousie et de mysoginie. Ce n'est pas à lui de dire qui doit être ministre et ne pas l'être. »

Le 25 avril dernier, l'ancienne candidate a discuté en face-à-face avec Hollande durant une demi-heure, mais sans parler d'avenir. Son entourage assure qu'elle a un « très bon interlocuteur » chez le nouveau président de la République, et qu'elle a défendu auprès de lui un « périmètre d'utilité ». Reste à savoir si le même président juge utile de prendre en compte sa proposition.

 

 

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 22:29

 

Rue89 - Tribune 09/05/2012 à 10h00

Albert Herszkowicz | Memorial98

Il semble que Nicolas Sarkozy tienne à soigner sa sortie de scène. Après avoir mené une campagne entièrement tournée vers des thèmes nationalistes et xénophobes, après avoir proclamé que le Front national est un parti démocratique et républicain, il tente maintenant de prendre de la hauteur. Cela annonce sans doute des plans de futur retour.

Ainsi il a invité François Hollande à présider avec lui la cérémonie du 8 mai commémorant la défaite du nazisme en 1945, comme le veut d’ailleurs la tradition constante de la présidentielle qui se tient toujours début mai.

Or Sarkozy lui-même a au contraire boycotté la cérémonie du 8 mai 2007, alors qu’il venait d’être élu. Il pestait alors contre la « repentance » qu’il avait dénoncée tout au long de sa campagne, notamment à propos de la collaboration des autorités pétainistes avec les nazis et aussi à propos des crimes de la colonisation.

Il ne voulait donc pas se retrouver le 8 mai au côté de Chirac, qui avait quant à lui reconnu, dans un discours historique en 1995 la responsabilité des autorités françaises dans la déportation.

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 22:24

 

Rue89 - Enquête 09/05/2012 à 19h04

Rozenn Le Carboulec et Anaïs Condomines | Journalistes

Fondée par l’idéologue Alain Soral, cette association vante la nation, l’honneur et la virilité, mais se défend (mal) d’être d’extrême droite.

Chez Egalité & Réconciliation, chaque parti en prend pour son grade, qu’il s’agisse du NPA ou de l’UMP. La revendication d’« E&R », c’est la « réconciliation nationale ». Dans l’optique de dépasser les clivages partisans, ethniques ou religieux, Egalité & Réconciliation prétend être une association qui rassemblerait plus de 800 « patriotes » en France. Sa devise : « Gauche du travail, droite des valeurs. »

Si ses membres refusent les étiquettes politiques, certains ne manquent pas d’en créer pour eux. Perçue comme une association d’extrême droite par le collectif antifasciste rennais, Egalité & Réconciliation fait tache dans une ville comme Rennes, connue pour sa modération politique. Le 25 mai 2011, une altercation violente opposait ses membres à des militants d’extrême gauche, devant ce même café où nous les avons rencontrés.

Pas de photo, « par sécurité »

Les opposants (gauchistes) à E&R protestaient alors contre la venue de l’écrivain Laurent James, mais le face-à-face a vite dégénéré. Il s’est soldé par l’intervention des patrons du bar, munis de flashballs. Les deux gérants ont récemment fait l’objet d’un procès, pour emploi illégal de matériel policier. Depuis, les forces de l’ordre leur ont vivement conseillé de ne plus accueillir les réunions d’E&R.

Lors de nos entretiens, aucun militantn’a souhaité être pris en photo, « par sécurité ». Quant à leur porte-parole, Guytan, 27 ans, il se présente toujours sous ce pseudonyme, jamais sous son vrai nom.

Bien qu’ils se fassent volontairement discrets, les membres d’E&R estiment n’avoir rien à se reprocher.

Pour Kévin, 31 ans, la comparaison avec l’extrême droite tiendrait au seul fait qu’Alain Soral ait été adhérent au Front National. Depuis que ce dernier a créé Egalité & Réconciliation en 2007, c’est sous sa coupe que l’identité du mouvement s’est cristallisée.

L’essayiste à la réputation sulfureuse a été militant du Parti communiste dans les années 1990, pour finalement se ranger derrière Jean-Marie Le Pen en 2005. Deux années plus tard, il devient membre du comité central du Front national, mais quitte le parti en 2009.

Depuis, il collectionne les casquettes. Soutenu par Dieudonné, avec qui il se lie d’amitié, Soral présente une liste « antisioniste » aux élections européennes de 2009.

Tantôt journaliste pour le bimensuel patriote Flash, tantôt écrivain, il enchaîne les publications, sur papier comme sur la Toile. En 2011, il publie l’une de ses œuvres phares, dont les fondements idéologiques sont largement repris par les membres d’E&R : « Comprendre l’empire : demain la gouvernance globale ou la révolte des nations ? ».

Aujourd’hui instructeur de boxe anglaise, il continue à railler les politiques à travers les nombreuses vidéos qu’il publie sur le Web. Des vidéos qui attirent chaque jour un peu plus de sympathisants.

Alain Soral, leur maître à penser

 


Alain Soral lors d’une conférence de presse pour les élections européennes de juin 2009, le 23 avril 2009 à Paris (Patrick Kovarik/AFP)

 

La majorité des membres d’E&R admettent ainsi que c’est avant tout le discours et la personnalité de ce maître à penser qui ont retenu leur attention. Kévin a adhéré à l’association il y a deux ans, après avoir lu un article d’Alain Soral, puis regardé ses vidéos :

« Tout ce qu’il dit ou fait ne me plaît pas, mais il m’a permis de mettre un fil conducteur à mes idées. »

A l’image du parcours de Soral, les jeunes d’E&R sont tous passés par des expérimentations politiques diverses, voire opposées.

Eduqué par un père de la droite gaulliste, « mais pas pour autant anticommuniste », Kévin estime avoir « toujours eu une conscience politique ».

Alors qu’il ne s’était jamais retrouvé dans un parti auparavant, il a récemment adhéré à l’Union populaire républicaine de François Asselineau. Actuellement inspecteur général des finances publiques, ce gaulliste et ancien proche de Charles Pasqua prône la sortie de l’Union européenne, « pour rétablir la démocratie en France ».

Kévin aurait voté pour lui s’il avait eu ses 500 signatures, mais il a finalement opté pour Dupont-Aignan. Bien qu’il ne soit membre d’aucun parti, après avoir été déçu par l’UMP, Guytan l’admet lui aussi : « Il n’y a rien à jeter chez Dupont-Aignan. »

« Le FN est le meilleur animal politique »

Si l’attrait de plusieurs membres d’E&R pour Debout la République semble évident, tout devient beaucoup plus flou dès qu’on évoque l’extrême droite. « Ah, le Front national, c’est compliqué… », souffle Cyril, qui a été membre du syndicat Force ouvrière pendant onze ans, puis s’est tourné vers le Parti ouvrier indépendant, avant de rencontrer Guytan.

A 22 ans, Jean-Christophe est lui étudiant en sciences politiques à la fac de droit :

« E&R appartient à une mouvance qui défend une certaine forme de nationalisme, et ça, c’est affilié à l’extrême droite. Mais les gens confondent radicalité et extrémisme. On n’est pas extrémistes. »

Pourtant, Rémy, 28 ans, ne cache pas son admiration pour Jean-Marie Le Pen. Finalement, tous s’accordent à dire que « le FN est le meilleur animal politique ». Autrement dit, le seul parti nationaliste qui aurait suffisamment de poids pour porter leurs revendications dans les sphères de pouvoir.

Vivier de recrutement pour le FN

Et à regarder d’un peu plus près les grands noms qui gravitent autour du FN d’une part, d’E&R d’autre part, il apparaît clairement que le lien entre les deux associations politiques n’est pas si ténu qu’on voudrait nous le faire croire. Frédéric Chatillon, cofondateur d’E&R, n’est autre que le conseiller en communication et l’ami proche de Marine Le Pen.

Autre initiateur du mouvement E&R, Philippe Peninque, ancien avocat, a rejoint l’équipe de campagne de la candidate FN en 2011. La frontière entre le Front national et Egalité & Réconciliation est poreuse pour ces conseillers de l’ombre, souvent hardis professionnels de la communication, qui savent jouer de l’ambiguïté entourant le groupuscule.

Pour Stéphane François, politologue spécialiste des droites radicales qui a étudié cette association, cette ambiguïté n’est pas entretenue par hasard :

« Il s’agit d’attirer des jeunes aux profils variés, qui serviront de vivier de recrutement pour le FN. »

Et cela se retrouve dans le choix de leur slogan – « Gauche du travail, droite des valeurs » – qui aurait également pour but d’attirer des jeunes de toutes sensibilités politiques. « C’est très bien travaillé pour recruter, ça fait partie d’une stratégie », analyse le politologue.

D’ailleurs, les explications des jeunes d’E&R restent floues sur cette « droite des valeurs ». Guytan finit par répondre :

« Ce sont les valeurs traditionnelles de l’honneur, de la parole donnée, du respect, de la camaraderie et de la justice. »

La gauche qu’ils défendent est quant à elle essentiellement inspirée du marxisme et favorise le travail.

« La maîtrise de son corps et de son esprit »

Malgré cette définition assez large de l’idéologie d’Egalité & Réconciliation, Guytan assure opérer une sélection à l’entrée de l’association. « A E&R, on est exigeants, on choisit les gens », défend-il.

Ainsi, pas question d’accueillir des personnes qui n’ont pas un minimum de culture politique, qui ne savent pas ce qu’ils veulent. Si l’on s’en tient à leurs témoignages, tous répondent à un certain nombre de critères, que l’on pourrait associer au proverbe latin « Mens sana in corpore sano » (un esprit sain dans un corps sain).

C’est avant tout par l’apprentissage de valeurs et d’un certain mode de vie que les membres de l’association se distinguent. Guytan décrit :

« E&R, c’est d’abord la maîtrise de son corps et de son esprit, c’est toujours intellectuel et physique. »

Pour Stéphane François, ce culte du corps relève bel et bien d’un système de valeurs d’extrême droite. « Cela fait partie d’un certain imaginaire », ajoute-t-il. Nombreux sont d’ailleurs ceux, à E&R, qui s’adonnent à une pratique sportive régulière, se tournant notamment vers les arts martiaux.

Lorsque Ludovic, 30 ans, décrit les apports d’un tel engagement, il est davantage question d’apprentissage personnel que de politique :

« C’est l’autonomie sur le corps, le sport, la voile, la découverte de différentes cultures… En un an, j’ai vraiment beaucoup progressé. »

Plusieurs fois dans l’année, le groupe organise des week-ends à la campagne, histoire de vivre à la dure pendant quelques jours.

Le plus important aux yeux de ces jeunes serait donc d’adopter une certaine hygiène de vie : manger sain, savoir bien s’entourer, lire les bons livres et faire du sport sont leurs principales lignes de conduite. Ils font sans cesse l’éloge d’œuvres vantant la nature et les grands espaces, comme celles de Jack London.

« Nationalistes révolutionnaires »

 


Logo d’Egalité & Réconciliation

 

Malgré la diversité de leurs parcours, tous ont un point commun, d’après Stéphane François : « Ce sont des nationalistes révolutionnaires. »

Le politologue décrit également :

« Ils ont une fascination pour l’islam, pour son aspect antimoderne et viril, qui vient clairement d’en haut. »

Marc George, ancien bras droit d’Alain Soral et ancien membre du FN, a lui-même affiché sa conversion il y a quelques mois. Ce qui n’empêche pas Alain Soral de vouloir combattre l’« arabisation de la France ».

La religion et la spiritualité occupent une place primordiale dans la vie de certains. « J’ai rencontré des camarades musulmans qui avaient les réponses à mes questions à E&R », confie Jean-Marie, anciennement catholique, qui s’est récemment converti à l’islam.

Ludovic, de son côté, est musulman depuis dix ans et vient de créer un club de musulmans patriotes : Fils de France. Pour son lancement, ce dernier a d’ailleurs bénéficié de la venue de Nicolas Dupont-Aignan, ou encore de Robert Ménard, fondateur de Reporters sans frontières, connu notamment pour ses prises de position en faveur de Dieudonné, et dont l’ouvrage « Vive Le Pen ! » avait suscité la polémique en 2011.

« Mon arrière-grand-père est juif, ma femme voilée »

Ces profils diversifiés sont-ils gages d’une ouverture culturelle ou une manière détournée de se défendre de tout lien avec l’extrême droite ? Toujours est-il que les arguments de Ludovic, comme ceux de ses camarades, sont bien rodés :

« Mon arrière-grand-père est juif, il a fait Auschwitz, ma femme est voilée, donc les mecs qui me traitent de fasciste… »

Là encore, les spécialistes se rejoignent pour affirmer qu’il s’agit d’une stratégie. Sylvain Crépon, spécialiste de l’extrême droite, analyse :

« Alain Soral essaye d’établir des passerelles entre les nationalistes et les jeunes musulmans. »

Il ajoute : « Ils sont obsédés par la virilité. »

Leur mouvement est très masculin. Aucune femme ne nous a d’ailleurs été présentée. Et pour cause : elles sont très minoritaires, voire quasiment absentes dans l’association. « Notre graphiste est une femme », défend Guytan. Mais à la minute d’après, la réalité reprend le dessus :

« Quand on fait des réunions, les femmes sont à la logistique, je mets les pieds sous la table. »

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 22:16

 

Rue89 - Sylvain Gouz

Journaliste
Publié le 08/05/2012 à 19h42

Une statut d’Athéna à Athènes, le 6 mai 2012 (ARIS MESSINIS/AFP)

 

En même temps qu’il recevait les suffrages d’une majorité d’électeurs, François Hollande a trouvé sur son chemin un renfort inattendu et peut-être décisif dans ce qui s’annonce devoir être un bras de fer avec l’Allemagne d’Angela Merkel.

La rébellion électorale des Grecs – c’est bien de cela qu’il s’agit –, mettant en minorité absolue les partis de gauche et de droite qui avaient joué le jeu de super-austérité imposé par Bruxelles et le FMI, met en effet l’Allemagne au pied du mur et la contraint à revoir en catastrophe ses positions, voire sa doctrine.

Un front du refus

La révolte du peuple grec s’est manifestée tant par des votes « à gauche de la gauche » et des votes de droite extrême. Autant dire que ce résultat n’a pas de cohérence globale – un peu comme le non français au référendum sur le traité constitutionnel – mais il dessine une sorte de « front du refus ». Que les électeurs grecs soumis à une purge économique et financière se rebellent était prévisible. Ce qui l’était moins, c’est qu’ils aient intériorisé à ce point que cette purge ne les menait nulle part.

Pas plus sots que les Grecs, les Italiens appelés à des élections municipales partielles ont manifesté aussi clairement leur rejet du chemin tracé par Mario Monti, le chef du gouvernement italien, sur injonction du couple infernal Sarkozy-Merkel qui faisait, si l’on peut dire, la pluie et le beau temps, plutôt la pluie d’ailleurs, sur les finances des pays de la zone euro.

Le pacte de discipline budgétaire inadapté

Et voici donc qu’on entre dans une nouvelle phase de la crise de la zone euro, face à laquelle le pacte dit de « discipline budgétaire » apparaît complètement inadapté.

Ce n’est pas que la résorption des déficits ne soit plus à l’ordre du jour. Elle est évidemment une nécessité incontournable. Mais c’est la façon d’y parvenir et le rythme auquel il convient d’y arriver qui sont manifestement remis en cause par les peuples eux-mêmes. Sauf à vouloir « changer les peuples » parce qu’ils ne conviennent pas au schéma pré-construit par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel avant-hier ou à entériner la venue au pouvoir de partis populistes à tendance autoritaire dont on voit poindre le bout du nez, il va bien falloir changer de cap.

Le mérite de François Hollande est d’avoir en quelque sorte anticipé cette nouvelle phase de la crise de l’euro. La France est certes endettée, mais ses déficits sont tout à fait gérables. De facto, le président français se présente un peu comme le héraut des Grecs, des Portugais, des Italiens, voire des Britanniques, bref de tous ceux qui ont compris vers quelle impasse conduit la seule austérité budgétaire et qui se révoltent, aujourd’hui dans les urnes, demain…

Hollande n’est pas, n’est plus, le vilain petit canard noir qui crie dans le désert « Croissance ! Croissance ! Croissance ! ». On le sait, il est rejoint par des chefs de gouvernements conservateurs, par certains des économistes allemands qui conseillent le gouvernement, et même par le gouverneur de la Banque centrale européenne.

Les libéraux ont perdu la main

Certes, chacun ne met pas la même chose derrière le mot croissance. Beaucoup évoquent des « réformes de structure » dont celle des marchés du travail – en gros, faciliter les licenciements pour aider les embauches.

François Hollande n’est pas de ceux-là. Il préconise une action de consolidation des dettes publiques en faisant que la Banque centrale européenne prête directement aux Etats endettés plutôt que de prêter aux banques qui prêtent à leur tour à ces Etats à des taux élevés, en prélevant leur dîme au passage.

Il propose aussi une série d’actions – émission d’obligations européennes (euro-bonds), utilisation de fonds européens non utilisés, implication de la Banque européenne d’investissement – pour doper les industries d’avenir dans les différents pays et investir dans les infrastructures.

On est là dans un débat somme toute classique entre keynésiens et libéraux. Ces derniers ont eu la main au cours des dernières années. Ils sont en passe de la perdre. L’impasse politique dans laquelle se trouve plongée la Grèce, plus encore que le vote des Français, les contraint manifestement à lâcher du lest. Angela Merkel ne sera sans doute pas la dernière à se réorienter. Sauf à risquer de faire éclater la zone euro par son intransigeance.

 

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 21:38

 

 

 

Le Monde.fr | 09.05.2012 à 19h08 • Mis à jour le 09.05.2012 à 22h01

Par Angela Bolis

 
 
En dix ans, seule une poignée d'agriculteurs ont obtenu la reconnaissance de leur maladie comme professionnelle et causée par les pesticides.

C'est un pas de plus vers la reconnaissance des maladies professionnelles des agriculteurs. Lundi 7 mai, est entré en vigueur un décret qui reconnaît la maladie de Parkinson comme maladie professionnelle et établit explicitement un lien de causalité entre cette pathologie - seconde maladie neurodégénérative en France après Alzheimer - et l'usage des pesticides.

Un pas de plus car, dans ce domaine où règnait jusqu'ici la loi du silence, la prise de conscience des effets des produits phytosanitaires sur la santé des agriculteurs commence seulement à émerger. Et à porter ses fruits. En février, la victoire d'un céréaliculteur charentais, Paul François, qui avait intenté un procès contre le géant américain Monsanto, a constitué une première en France. La firme a été jugée responsable de l'intoxication de l'agriculteur par les vapeurs d'un de ses herbicides, le Lasso - retiré du marché en 2007 en France, alors que sa dangerosité était connue depuis plus de vingt ans.

Quelques jours plus tard, ils étaient plusieurs dizaines d'exploitants à manifester au Salon de l'agriculture, devant le stand de l'Union des industriels de la protection des plantes. Leurs revendications : le classement des affections liées à l'usage des pesticides en maladies professionnelles et le retrait des produits dangereux.

Le 30 avril, c'est une autre décision, celle de la Commission d'indemnisation des victimes d'infraction (Civi) d'Epinal, qui est venu apporter de l'eau au moulin : ce jour-là, l'Etat a été condamné à indemniser un agriculteur céréalier de Meurthe-et-Moselle souffrant d'un syndrome myéloprolifératif. D'abord reconnue comme maladie professionnelle, la pathologie est alors associée par la Civi à l'usage de produits contenant notamment du benzène.

 

UN DÉCRET "TRÈS ATTENDU"

Dans ce paysage qui commence doucement à évoluer, le décret concernant la reconnaissance de la maladie de Parkinson était donc "très attendu", note Guillaume Petit. L'agriculteur appartient à l'association Phyto-victimes, créée en mars 2011, et avec laquelle Paul François a, l'un des premiers, brisé le silence en attaquant Monsanto. Lui a attendu quatre ans avant de voir sa pathologie reconnue comme maladie professionnelle. "Combien voient leur demande refusée ? Combien aussi y renoncent, devant la difficulté ?", interrogeait-il lors de la création de cette association.

Lire (édition Abonnés) : "Des agriculteurs victimes de pesticides veulent rompre le silence"

L'entrée de la maladie de Parkinson dans les tableaux des maladies professionnelles du régime agricole facilitera donc les démarches pour les agriculteurs chez qui cette pathologie aura été diagnostiquée moins d'un an après l'usage de pesticides - le texte ne précise pas lesquels. "C'est une reconnaissance officielle qui est, déjà, importante sur un plan symbolique, note Guillaume Petit. Mais c'est aussi le moyen, pour l'agriculteur, d'être pris en charge financièrement, en fonction de son taux d'incapacité à poursuivre son travail."


EN DIX ANS, CINQ MALADIES LIÉES AUX PESTICIDES RECONNUES

Jusqu'ici, selon Yves Cosset, médecin du travail national adjoint à la Mutuelle de la santé des agriculteurs (MSA), seuls vingt cas de maladies de Parkinson ont été rapportés aux comités de reconnaissance des maladies professionnelles en dix ans. Dix ont été acceptés, dix refusés. Dans la même période, seuls quatre ou cinq cas de maladies ont été officiellement reconnus comme causés par les pesticides.

Au total, ce sont 4 900 pathologies qui sont reconnues chaque année comme maladies professionnelles chez les agriculteurs. Mais plus de 90 % d'entre elles sont des TMS (troubles musculo-squelettiques), le reste des cas étant principalement liés aux animaux et à la poussière de bois ou d'amiante, selon Yves Cosset.

Dans les tableaux des maladies professionnelles du régime agricole, on trouve ainsi, par exemple, la maladie de Lyme - causée par les tiques -, le tétanos ou encore les hépatites. Mais aussi quelques pathologies liées aux produits phytosanitaires. Est notamment cité, depuis 1955, l'arsenic, responsable d'une large gamme d'affections - irritations, intoxications ou cancers. Ou encore le benzène, classé comme cancérogène certain, et le pentachlorophénol (PCP), interdit dans les pesticides depuis 2003.

Mais, rappelle Yves Cosset, "ces tableaux évoluent au fur et à mesure des connaissances de la science. Or, la plupart des pathologies liées aux pesticides apparaissent de manière différée, dix, vingt, voire trente ans après le début de leur usage. Dans la médecine du travail, on a commencé à parler de l'amiante dans les années 1960, et ce produit n'a été mentionné dans ces tableaux qu'en 1998 pour les cancers. Il n'est donc pas exclu que d'autres pathologies émergent et soient reconnues dans les années à venir..."

Angela Bolis

 

 

 

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 21:30

Le Monde.fr | 09.05.2012 à 20h34 • Mis à jour le 09.05.2012 à 20h39

 
 

 

Des étudiants en petite tenue défilent dans les rues de Montréal le 3 mai 2012 pour protester contre l'augmentation des frais d'inscription à l'université

 

Après treize semaines de grève, un accord avait été trouvé le 5 mai entre le gouvernement et les étudiants québécois au sujet de l'augmentation des frais de scolarité. Trois jours plus tard, l'accord est finalement rejeté par les associations étudiantes. La grève a depuis repris dans plusieurs universités, prolongeant le conflit le plus long de l'histoire du Canada.

  • Pourquoi les étudiants font-ils grève ?

Au plus fort du conflit, près de la moitié des étudiants de la province, soit 180 000, étaient en grève "illimitée" pour empêcher une hausse de 75 % des droits d'inscription sur cinq ans. Les grévistes souhaitent faire revenir le gouvernement sur sa décision d'augmenter d'ici à 2017 les frais de scolarité de près de 2 200 dollars canadiens (environ 1 700 euros) par an à près de 3 800 dollars (3 000 euros). Il en va de l'accessibilité de tous aux études supérieures, expliquent-ils. Pourtant, même augmentés, ces frais resteront largement inférieurs à la moyenne canadienne. En Ontario, dans la province voisine, ils sont déjà trois fois plus élevés.

A lire : "Après douze semaines de grèves, les négociations s'ouvrent avec les étudiants Québecois"

A lire : "Au Québec, une grève étudiante paralyse les universités"

  • Comment se sont déroulées les négociations ?

Le premier effort de dialogue a été entamé lundi 23 avril. Il s'est soldé par un échec moins de 48 heures plus tard, la ministre de l'éducation, Line Beauchamp, excluant l'un des trois groupes d'étudiants grévistes, sous prétexte qu'il ne respectait pas une trêve exigée pour négocier.

Le vendredi 27 avril, Jean Charest, le premier ministre du Québec a fait une offre aux grévistes, leur proposant l'étalement de la hausse des frais sur sept ans au lieu de cinq et un élargissement de l'accès aux prêts étudiants. Pas suffisant, tranchent alors les manifestants. Après de violentes émeutes le 4 mai à Victoriaville, faisant deux blessés graves, les deux parties arrivent finalement à un accord le 5 mai.

  • En quoi consiste l'entente du 5 mai ?

Au terme de l'accord, les droits de scolarité à l'université vont, comme prévu, augmenter de 1 780 dollars sur sept ans (environ 254 dollars/an). En contrepartie, les frais annexes imposés aux étudiants par les universités seraient réduits en fonction de potentielles économies. Un conseil provisoire scrutera les dépenses des universités dans le but de trouver des économies substantielles.

  • Pourquoi l'accord a-t-il été rejeté par les associations étudiantes ?

C'est sur le dernier point de l'accord que des divergences majeures sont apparues, renforcées par des déclarations faites depuis l'accord par Jean Charest et la ministre de l'éducation, Line Beauchamp, qui ont affirmé qu'il pourrait bien ne pas y avoir de diminution des frais annexes. La plupart des assemblées étudiantes qui étaient appelées hier à se prononcer dans une dizaine d'institutions ont rejeté l'accord de principe, reconduisant la grève. Des manifestations étudiantes ont eu à nouveau lieu à Montréal lundi 7 et mardi 8 mai, sans incidents majeurs.

 


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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 21:23

 

LE MONDE | 09.05.2012 à 14h48 • Mis à jour le 09.05.2012 à 17h19

Par Frédéric Lemaître

 
 
Pour le ministre des finances allemand, Wolfgang Schäuble, a déclaré : "Ce n'est pas un problème que les salaires augmentent actuellement chez nous davantage que dans les autres pays de l'Union européenne".

Sans le reconnaître explicitement, l'Allemagne est peut-être en train de réorienter sa politique économique, quitte à sacrifier une partie de sa compétitivité. Une interview du ministre des finances le laisse penser. Interrogé dans le magazine Focus du 7 mai, Wolfgang Schäuble déclare : "Ce n'est pas un problème que les salaires augmentent actuellement chez nous davantage que dans les autres pays de l'Union européenne. Ces hausses de salaires contribuent à supprimer les déséquilibres à l'intérieur de l'Europe. Mais nous devons faire attention de ne pas exagérer." Des propos qui interviennent dans un contexte particulier : depuis le 2 mai, le syndicat de la métallurgie, IG Metall, multiplie les grèves tournantes pour obtenir 6,5 % d'augmentation de salaire pour les 3,6 millions de salariés du secteur.

Alors que les négociations entrent dans une phase décisive, les propos du ministre donnent des arguments au syndicat. Ils éclairent également d'un jour nouveau plusieurs accords. A la surprise générale, le syndicat des services Verdi avait obtenu fin mars les 6,3 % d'augmentation qu'il revendiquait pour les deux millions de fonctionnaires de l'Etat et des communes. Ceux-ci vont recevoir 3,5 % de plus le 1er mars (avec effet rétroactif), 1,4 % le 1er janvier 2013 et 1,4 % le 1er août 2013. Prochaines négociations en mars 2014.

"Cet accord ne doit pas constituer une référence mais doit être jugé séparément" : gardien de la lutte contre l'inflation, Jens Weidmann, président de la Bundesbank, avait tenté de circonscrire l'incendie. C'est évidemment l'inverse qui se produit et Berthold Huber, le président d'IG Metall, ne manque pas de s'y référer.

D'ailleurs, lundi 7 mai, Verdi a obtenu une hausse des salaires de 6,5 % pour les 50 000 salariés de Deutsche Telekom. Un accord valable jusqu'au 31 janvier 2014 qui prévoit une augmentation de 2,3 % au 1er mai, 2,1 % au 1er janvier 2013 et 2,1 % au 1er août 2013. Aux échelons les plus bas, une augmentation de 3 % est prévue, rétroactivement au 1er février.

CORRECTION DE CERTAINS EXCÈS

Autre signe de l'inflexion de la politique sociale : la décision de la CDU d'introduire un salaire minimum. Certes, ce n'est pas l'Etat qui en fixera le montant, mais une commission paritaire. Néanmoins, cette mesure, revendiquée par l'opposition et les syndicats, constituerait une révolution dans un pays où, en 2010, près d'un quart des salariés - 7,84 millions de personnes - touchaient un salaire qualifié de "bas", c'est-à-dire inférieur à 9,15 euros brut de l'heure, soit les deux tiers du salaire médian dans le pays.

Au moment même où l'Allemagne engrange le succès des réformes sociales entreprises à partir de 2002, le gouvernement semble donc vouloir en corriger certains excès. De fait, l'Allemagne est compétitive. Mais, de 2004 à 2009, le revenu réel brut par salarié aurait reculé chaque année. Même si la situation évolue depuis 2010, les gains en termes de pouvoir d'achat restent modérés.

Alors que la conjoncture européenne reste atone, la relance de la consommation par des hausses de salaires peut permettre de soutenir la croissance. Mais en reconnaissant que les salaires doivent "davantage augmenter" que dans le reste de l'Union européenne, M. Schäuble va plus loin.

"Si l'on veut que les pays du Sud redeviennent compétitifs, il faut que les pays du Nord acceptent d'avoir un peu plus d'inflation et que la Banque centrale européenne reconnaisse que l'objectif de 2 % d'inflation n'est qu'une moyenne et ne doit pas s'entendre pays par pays", analyse l'économiste Jean Pisani-Ferry, de l'institut Bruegel.

Le gouvernement allemand ne peut revendiquer une hausse de l'inflation. Mais tout se passe comme si, à quelques jours du G8 de Camp David, il entendait les critiques formulées récemment par des économistes américains comme Josef Stiglitz. "Quelles que soient leurs raisons, les pays excédentaires imposent des coûts aux autres et la persistance de ces surplus a des conséquences qui ne sont pas soutenables", avait déclaré le 13 avril le Prix Nobel d'économie à quelques mètres de la porte de Brandebourg.

Frédéric Lemaître

 

 

 

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 21:15

 

Le Monde.fr | 09.05.2012 à 16h11 • Mis à jour le 09.05.2012 à 16h47

Par Aurélie Collas

 
 
Une enseignante prépare l'une des classes de l'école primaire Jules Sagary à Saint-Jans-Cappel, le 1er septembre 2009, avant la rentrée scolaire des élèves.

Publier un décret controversé au lendemain d'une élection présidentielle qui a vu la droite échouer ? Luc Chatel, encore ministre de l'éducation nationale pour quelques jours, l'a fait ! Mercredi 8 mai, il a fait paraître au Journal officiel sa très décriée réforme de l'évaluation des enseignants, qui vise à confier cette mission au chef d'établissement - en lieu et place de l'inspecteur d'académie -, et ce dès la rentrée de septembre. Ce sont aussi les chefs d'établissement qui détermineront l'avancement de carrière des professeurs.

Lire "Le quinquennat Sarkozy a divisé profs et chefs d'établissement" (zone abonnés)

Réforme publiée... aussitôt recalée. Dans un communiqué envoyé le 9 mai au matin, Vincent Peillon, conseiller "éducation" durant la campagne de François Hollande et pressenti pour succéder à Luc Chatel, annonce que "le texte sera abrogé dès la prise de fonction de François Hollande et la mise en place du nouveau gouvernement ". Autrement dit, à partir du 15 mai.

Voilà de quoi réconforter l'ensemble des syndicats de l'éducation qui, depuis la publication du texte, crie au "passage en force". "Le fait de sortir un décret une fois l'élection passée, quand on sait que le nouveau gouvernement ne souhaite pas l'appliquer, ce n'est pas républicain !, s'insurge Thierry Cadart, secrétaire général du SGEN-CFDT. Cela consiste à déposer des mines sur le parcours du nouveau gouvernement !"

"ULTIME PROVOCATION"

"Faire paraître ce décret alors que l'élection a eu lieu, c'est une ultime provocation, dénonce de son côté Christian Chevalier, du SE-UNSA. Le dialogue social n'a vraiment pas fonctionné sur ce dossier."

C'est peu de le dire. Depuis la révélation, en novembre 2011, d'un premier projet de décret sur l'évaluation des enseignants, les mobilisations se sont succédé. Une grève le 15 décembre 2011, une autre le 31 janvier. En mars, un second projet de réforme - quasiment identique au premier - a été rejeté par l'ensemble des syndicats d'enseignants. Le ministère a maintenu malgré tout le projet tel quel.

Le décret publié le 8 mai supprime la "double notation" des enseignants : la note "administrative" - attribuée par le chef d'établissement sur des critères comme la ponctualité, l'assiduité et la prise d'initiatives - et la note "pédagogique", la plus importante pour la carrière, donnée par l'inspecteur après sa visite en classe. Dans la nouvelle organisation, c'est le chef d'établissement qui endosse le rôle d'évaluateur. Il doit mener, tous les trois ans, un "entretien professionnel" pour chaque enseignant. Le décret modifie aussi l'avancement de la carrière des professeurs.

La question de l'évaluation des enseignants sera évidemment soulevée par le prochain gouvernement. "C'est une question qui devra s'inscrire dans un dialogue global sur l'évolution du métier d'enseignant : ses missions, sa formation, son temps de travail, son mode d'évaluation...", prévient Christian Chevalier. Ce "dialogue global" pourrait démarrer dès l'été.

Aurélie Collas

 

 

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 21:09

LE MONDE | 09.05.2012 à 10h52 • Mis à jour le 09.05.2012 à 11h32

Par Anne-Sophie Mercier

 
Manifestation à Nantes d'opposants à la construction d'un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes, le 3 mai 2012.

Après des décennies de lutte, les opposants au projet d'aéroport du grand-ouest (AGO), dit aéroport de Notre-Dame-des-Landes, viennent de marquer un point. En grève de la faim depuis près d'un mois, les paysans qui s'opposent aux expropriations et aux expulsions ont signé un accord, mardi 8 mai, avec une délégation du PS de Loire-Atlantique et décidé dans la foulée de se réalimenter.

Depuis qu'ils se sont lancés dans cette nouvelle action, les opposants au projet ont eu l'intelligence politique de limiter leurs revendications. Sans aborder la question de fond, c'est-à-dire l'arrêt des travaux, ils demandaient que les expulsions s'arrêtent, le temps, comme ils le disent, de "laisser parler le droit", c'est-à-dire d'avoir épuisé tous les recours judiciaires en cours. But atteint. 

LES CARACTÉRISTIQUES D'UN NOUVEAU LARZAC

Des recours, il y en a plusieurs, déposés contre la concession accordée pour les travaux au groupe Vinci, d'autres contre les expropriations, sans oublier une QPC (question prioritaire de constitutionnalité), qui devrait être examinée, le 15 juin, par le Conseil constitutionnel.

Dès le 30 avril, François Hollande, interrogé par le quotidien Ouest-France, leur tendait une perche en estimant qu'il fallait attendre que la justice se prononce pour lancer les travaux. Les recours déposés devant la Cour européenne des droits de l'homme, ne font pas partie de l'accord signé entre les deux camps, mais il sera difficile aux défenseurs du projet, mairie de Nantes, conseil général de Loire-Atlantique et conseil régional des Pays de la Loire, d'ignorer les décisions européennes.

Pourquoi ce déblocage, et pourquoi maintenant ? Désireux, selon des rumeurs persistantes, de nommer Jean-Marc Ayrault, député socialiste de Loire-Atlantique et maire de Nantes, à un poste ministériel important, le nouveau président de la République ne pouvait laisser pourrir un dossier qui avait toutes les caractéristiques d'un nouveau Larzac.

Lire : Un "nouveau Larzac" sous les pieds de Jean-Marc Ayrault

L'affaire Notre-Dame-des-Landes, laissée en l'état, aurait été politiquement complexe à gérer pour M. Hollande. "Difficile de dire qu'on va incarner une présidence "normale", en se montrant autiste sur un dossier aussi conflictuel", analyse le député européen José Bové, qui a beaucoup œuvré pour une sortie de crise.

UN ENJEU NATIONAL

Géraud Guibert, un des conseillers de François Hollande sur les questions environnementales, qui a toujours défendu l'idée d'un moratoire, a tiré aussi la sonnette d'alarme côté socialiste : "François Hollande a fait comprendre à Jean-Marc Ayrault qu'un compromis était nécessaire." Ce qu'il faut bien appeler un moratoire est le résultat d'un travail acharné de certains écologistes.

José Bové et Daniel Cohn-Bendit ont longuement discuté au Parlement européen avec le socialiste Stéphane le Foll, très proche de M. Hollande. M. Cohn-Bendit et son frère Gabriel ont mobilisé l'ensemble de leurs réseaux. "Dany" a appelé Michel Sapin, "Gaby" a contacté son ami Vincent Peillon. Ils ont contacté Louis Joinet, fondateur du syndicat de la magistrature après 1968, et qui fut un des grands organisateurs de la bataille juridique des paysans du larzac contre l'Etat dans les années 1970. M. Joinet, a, raconte M. Bové, "donné quelques coups de fil".

Les écologistes de Loire-Atlantique n'ont jamais non plus baissé les bras. "Notre stratégie, qui consiste à avoir un pied dans les luttes, et un autre à l'épreuve du pouvoir, montre son efficacité", dit Jean-Philippe Magnen, vice-président (EELV) du conseil régional Pays de la Loire.

Les opposants au projet ont réussi à faire de leur dossier un enjeu national, sur lequel tous les candidats à l'élection présidentielle se sont prononcés. Ils ont obtenu le soutien de François Bayrou, celui, évidemment, d'Eva Joly, celui, à titre personnel, de Jean-Luc Mélenchon, sans oublier Marine le Pen. Plus de mille élus locaux les soutiennent désormais.

Anne-Sophie Mercier

 

 

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