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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 21:30

Le Monde.fr | 09.05.2012 à 20h34 • Mis à jour le 09.05.2012 à 20h39

 
 

 

Des étudiants en petite tenue défilent dans les rues de Montréal le 3 mai 2012 pour protester contre l'augmentation des frais d'inscription à l'université

 

Après treize semaines de grève, un accord avait été trouvé le 5 mai entre le gouvernement et les étudiants québécois au sujet de l'augmentation des frais de scolarité. Trois jours plus tard, l'accord est finalement rejeté par les associations étudiantes. La grève a depuis repris dans plusieurs universités, prolongeant le conflit le plus long de l'histoire du Canada.

  • Pourquoi les étudiants font-ils grève ?

Au plus fort du conflit, près de la moitié des étudiants de la province, soit 180 000, étaient en grève "illimitée" pour empêcher une hausse de 75 % des droits d'inscription sur cinq ans. Les grévistes souhaitent faire revenir le gouvernement sur sa décision d'augmenter d'ici à 2017 les frais de scolarité de près de 2 200 dollars canadiens (environ 1 700 euros) par an à près de 3 800 dollars (3 000 euros). Il en va de l'accessibilité de tous aux études supérieures, expliquent-ils. Pourtant, même augmentés, ces frais resteront largement inférieurs à la moyenne canadienne. En Ontario, dans la province voisine, ils sont déjà trois fois plus élevés.

A lire : "Après douze semaines de grèves, les négociations s'ouvrent avec les étudiants Québecois"

A lire : "Au Québec, une grève étudiante paralyse les universités"

  • Comment se sont déroulées les négociations ?

Le premier effort de dialogue a été entamé lundi 23 avril. Il s'est soldé par un échec moins de 48 heures plus tard, la ministre de l'éducation, Line Beauchamp, excluant l'un des trois groupes d'étudiants grévistes, sous prétexte qu'il ne respectait pas une trêve exigée pour négocier.

Le vendredi 27 avril, Jean Charest, le premier ministre du Québec a fait une offre aux grévistes, leur proposant l'étalement de la hausse des frais sur sept ans au lieu de cinq et un élargissement de l'accès aux prêts étudiants. Pas suffisant, tranchent alors les manifestants. Après de violentes émeutes le 4 mai à Victoriaville, faisant deux blessés graves, les deux parties arrivent finalement à un accord le 5 mai.

  • En quoi consiste l'entente du 5 mai ?

Au terme de l'accord, les droits de scolarité à l'université vont, comme prévu, augmenter de 1 780 dollars sur sept ans (environ 254 dollars/an). En contrepartie, les frais annexes imposés aux étudiants par les universités seraient réduits en fonction de potentielles économies. Un conseil provisoire scrutera les dépenses des universités dans le but de trouver des économies substantielles.

  • Pourquoi l'accord a-t-il été rejeté par les associations étudiantes ?

C'est sur le dernier point de l'accord que des divergences majeures sont apparues, renforcées par des déclarations faites depuis l'accord par Jean Charest et la ministre de l'éducation, Line Beauchamp, qui ont affirmé qu'il pourrait bien ne pas y avoir de diminution des frais annexes. La plupart des assemblées étudiantes qui étaient appelées hier à se prononcer dans une dizaine d'institutions ont rejeté l'accord de principe, reconduisant la grève. Des manifestations étudiantes ont eu à nouveau lieu à Montréal lundi 7 et mardi 8 mai, sans incidents majeurs.

 


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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 21:23

 

LE MONDE | 09.05.2012 à 14h48 • Mis à jour le 09.05.2012 à 17h19

Par Frédéric Lemaître

 
 
Pour le ministre des finances allemand, Wolfgang Schäuble, a déclaré : "Ce n'est pas un problème que les salaires augmentent actuellement chez nous davantage que dans les autres pays de l'Union européenne".

Sans le reconnaître explicitement, l'Allemagne est peut-être en train de réorienter sa politique économique, quitte à sacrifier une partie de sa compétitivité. Une interview du ministre des finances le laisse penser. Interrogé dans le magazine Focus du 7 mai, Wolfgang Schäuble déclare : "Ce n'est pas un problème que les salaires augmentent actuellement chez nous davantage que dans les autres pays de l'Union européenne. Ces hausses de salaires contribuent à supprimer les déséquilibres à l'intérieur de l'Europe. Mais nous devons faire attention de ne pas exagérer." Des propos qui interviennent dans un contexte particulier : depuis le 2 mai, le syndicat de la métallurgie, IG Metall, multiplie les grèves tournantes pour obtenir 6,5 % d'augmentation de salaire pour les 3,6 millions de salariés du secteur.

Alors que les négociations entrent dans une phase décisive, les propos du ministre donnent des arguments au syndicat. Ils éclairent également d'un jour nouveau plusieurs accords. A la surprise générale, le syndicat des services Verdi avait obtenu fin mars les 6,3 % d'augmentation qu'il revendiquait pour les deux millions de fonctionnaires de l'Etat et des communes. Ceux-ci vont recevoir 3,5 % de plus le 1er mars (avec effet rétroactif), 1,4 % le 1er janvier 2013 et 1,4 % le 1er août 2013. Prochaines négociations en mars 2014.

"Cet accord ne doit pas constituer une référence mais doit être jugé séparément" : gardien de la lutte contre l'inflation, Jens Weidmann, président de la Bundesbank, avait tenté de circonscrire l'incendie. C'est évidemment l'inverse qui se produit et Berthold Huber, le président d'IG Metall, ne manque pas de s'y référer.

D'ailleurs, lundi 7 mai, Verdi a obtenu une hausse des salaires de 6,5 % pour les 50 000 salariés de Deutsche Telekom. Un accord valable jusqu'au 31 janvier 2014 qui prévoit une augmentation de 2,3 % au 1er mai, 2,1 % au 1er janvier 2013 et 2,1 % au 1er août 2013. Aux échelons les plus bas, une augmentation de 3 % est prévue, rétroactivement au 1er février.

CORRECTION DE CERTAINS EXCÈS

Autre signe de l'inflexion de la politique sociale : la décision de la CDU d'introduire un salaire minimum. Certes, ce n'est pas l'Etat qui en fixera le montant, mais une commission paritaire. Néanmoins, cette mesure, revendiquée par l'opposition et les syndicats, constituerait une révolution dans un pays où, en 2010, près d'un quart des salariés - 7,84 millions de personnes - touchaient un salaire qualifié de "bas", c'est-à-dire inférieur à 9,15 euros brut de l'heure, soit les deux tiers du salaire médian dans le pays.

Au moment même où l'Allemagne engrange le succès des réformes sociales entreprises à partir de 2002, le gouvernement semble donc vouloir en corriger certains excès. De fait, l'Allemagne est compétitive. Mais, de 2004 à 2009, le revenu réel brut par salarié aurait reculé chaque année. Même si la situation évolue depuis 2010, les gains en termes de pouvoir d'achat restent modérés.

Alors que la conjoncture européenne reste atone, la relance de la consommation par des hausses de salaires peut permettre de soutenir la croissance. Mais en reconnaissant que les salaires doivent "davantage augmenter" que dans le reste de l'Union européenne, M. Schäuble va plus loin.

"Si l'on veut que les pays du Sud redeviennent compétitifs, il faut que les pays du Nord acceptent d'avoir un peu plus d'inflation et que la Banque centrale européenne reconnaisse que l'objectif de 2 % d'inflation n'est qu'une moyenne et ne doit pas s'entendre pays par pays", analyse l'économiste Jean Pisani-Ferry, de l'institut Bruegel.

Le gouvernement allemand ne peut revendiquer une hausse de l'inflation. Mais tout se passe comme si, à quelques jours du G8 de Camp David, il entendait les critiques formulées récemment par des économistes américains comme Josef Stiglitz. "Quelles que soient leurs raisons, les pays excédentaires imposent des coûts aux autres et la persistance de ces surplus a des conséquences qui ne sont pas soutenables", avait déclaré le 13 avril le Prix Nobel d'économie à quelques mètres de la porte de Brandebourg.

Frédéric Lemaître

 

 

 

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 21:15

 

Le Monde.fr | 09.05.2012 à 16h11 • Mis à jour le 09.05.2012 à 16h47

Par Aurélie Collas

 
 
Une enseignante prépare l'une des classes de l'école primaire Jules Sagary à Saint-Jans-Cappel, le 1er septembre 2009, avant la rentrée scolaire des élèves.

Publier un décret controversé au lendemain d'une élection présidentielle qui a vu la droite échouer ? Luc Chatel, encore ministre de l'éducation nationale pour quelques jours, l'a fait ! Mercredi 8 mai, il a fait paraître au Journal officiel sa très décriée réforme de l'évaluation des enseignants, qui vise à confier cette mission au chef d'établissement - en lieu et place de l'inspecteur d'académie -, et ce dès la rentrée de septembre. Ce sont aussi les chefs d'établissement qui détermineront l'avancement de carrière des professeurs.

Lire "Le quinquennat Sarkozy a divisé profs et chefs d'établissement" (zone abonnés)

Réforme publiée... aussitôt recalée. Dans un communiqué envoyé le 9 mai au matin, Vincent Peillon, conseiller "éducation" durant la campagne de François Hollande et pressenti pour succéder à Luc Chatel, annonce que "le texte sera abrogé dès la prise de fonction de François Hollande et la mise en place du nouveau gouvernement ". Autrement dit, à partir du 15 mai.

Voilà de quoi réconforter l'ensemble des syndicats de l'éducation qui, depuis la publication du texte, crie au "passage en force". "Le fait de sortir un décret une fois l'élection passée, quand on sait que le nouveau gouvernement ne souhaite pas l'appliquer, ce n'est pas républicain !, s'insurge Thierry Cadart, secrétaire général du SGEN-CFDT. Cela consiste à déposer des mines sur le parcours du nouveau gouvernement !"

"ULTIME PROVOCATION"

"Faire paraître ce décret alors que l'élection a eu lieu, c'est une ultime provocation, dénonce de son côté Christian Chevalier, du SE-UNSA. Le dialogue social n'a vraiment pas fonctionné sur ce dossier."

C'est peu de le dire. Depuis la révélation, en novembre 2011, d'un premier projet de décret sur l'évaluation des enseignants, les mobilisations se sont succédé. Une grève le 15 décembre 2011, une autre le 31 janvier. En mars, un second projet de réforme - quasiment identique au premier - a été rejeté par l'ensemble des syndicats d'enseignants. Le ministère a maintenu malgré tout le projet tel quel.

Le décret publié le 8 mai supprime la "double notation" des enseignants : la note "administrative" - attribuée par le chef d'établissement sur des critères comme la ponctualité, l'assiduité et la prise d'initiatives - et la note "pédagogique", la plus importante pour la carrière, donnée par l'inspecteur après sa visite en classe. Dans la nouvelle organisation, c'est le chef d'établissement qui endosse le rôle d'évaluateur. Il doit mener, tous les trois ans, un "entretien professionnel" pour chaque enseignant. Le décret modifie aussi l'avancement de la carrière des professeurs.

La question de l'évaluation des enseignants sera évidemment soulevée par le prochain gouvernement. "C'est une question qui devra s'inscrire dans un dialogue global sur l'évolution du métier d'enseignant : ses missions, sa formation, son temps de travail, son mode d'évaluation...", prévient Christian Chevalier. Ce "dialogue global" pourrait démarrer dès l'été.

Aurélie Collas

 

 

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 21:09

LE MONDE | 09.05.2012 à 10h52 • Mis à jour le 09.05.2012 à 11h32

Par Anne-Sophie Mercier

 
Manifestation à Nantes d'opposants à la construction d'un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes, le 3 mai 2012.

Après des décennies de lutte, les opposants au projet d'aéroport du grand-ouest (AGO), dit aéroport de Notre-Dame-des-Landes, viennent de marquer un point. En grève de la faim depuis près d'un mois, les paysans qui s'opposent aux expropriations et aux expulsions ont signé un accord, mardi 8 mai, avec une délégation du PS de Loire-Atlantique et décidé dans la foulée de se réalimenter.

Depuis qu'ils se sont lancés dans cette nouvelle action, les opposants au projet ont eu l'intelligence politique de limiter leurs revendications. Sans aborder la question de fond, c'est-à-dire l'arrêt des travaux, ils demandaient que les expulsions s'arrêtent, le temps, comme ils le disent, de "laisser parler le droit", c'est-à-dire d'avoir épuisé tous les recours judiciaires en cours. But atteint. 

LES CARACTÉRISTIQUES D'UN NOUVEAU LARZAC

Des recours, il y en a plusieurs, déposés contre la concession accordée pour les travaux au groupe Vinci, d'autres contre les expropriations, sans oublier une QPC (question prioritaire de constitutionnalité), qui devrait être examinée, le 15 juin, par le Conseil constitutionnel.

Dès le 30 avril, François Hollande, interrogé par le quotidien Ouest-France, leur tendait une perche en estimant qu'il fallait attendre que la justice se prononce pour lancer les travaux. Les recours déposés devant la Cour européenne des droits de l'homme, ne font pas partie de l'accord signé entre les deux camps, mais il sera difficile aux défenseurs du projet, mairie de Nantes, conseil général de Loire-Atlantique et conseil régional des Pays de la Loire, d'ignorer les décisions européennes.

Pourquoi ce déblocage, et pourquoi maintenant ? Désireux, selon des rumeurs persistantes, de nommer Jean-Marc Ayrault, député socialiste de Loire-Atlantique et maire de Nantes, à un poste ministériel important, le nouveau président de la République ne pouvait laisser pourrir un dossier qui avait toutes les caractéristiques d'un nouveau Larzac.

Lire : Un "nouveau Larzac" sous les pieds de Jean-Marc Ayrault

L'affaire Notre-Dame-des-Landes, laissée en l'état, aurait été politiquement complexe à gérer pour M. Hollande. "Difficile de dire qu'on va incarner une présidence "normale", en se montrant autiste sur un dossier aussi conflictuel", analyse le député européen José Bové, qui a beaucoup œuvré pour une sortie de crise.

UN ENJEU NATIONAL

Géraud Guibert, un des conseillers de François Hollande sur les questions environnementales, qui a toujours défendu l'idée d'un moratoire, a tiré aussi la sonnette d'alarme côté socialiste : "François Hollande a fait comprendre à Jean-Marc Ayrault qu'un compromis était nécessaire." Ce qu'il faut bien appeler un moratoire est le résultat d'un travail acharné de certains écologistes.

José Bové et Daniel Cohn-Bendit ont longuement discuté au Parlement européen avec le socialiste Stéphane le Foll, très proche de M. Hollande. M. Cohn-Bendit et son frère Gabriel ont mobilisé l'ensemble de leurs réseaux. "Dany" a appelé Michel Sapin, "Gaby" a contacté son ami Vincent Peillon. Ils ont contacté Louis Joinet, fondateur du syndicat de la magistrature après 1968, et qui fut un des grands organisateurs de la bataille juridique des paysans du larzac contre l'Etat dans les années 1970. M. Joinet, a, raconte M. Bové, "donné quelques coups de fil".

Les écologistes de Loire-Atlantique n'ont jamais non plus baissé les bras. "Notre stratégie, qui consiste à avoir un pied dans les luttes, et un autre à l'épreuve du pouvoir, montre son efficacité", dit Jean-Philippe Magnen, vice-président (EELV) du conseil régional Pays de la Loire.

Les opposants au projet ont réussi à faire de leur dossier un enjeu national, sur lequel tous les candidats à l'élection présidentielle se sont prononcés. Ils ont obtenu le soutien de François Bayrou, celui, évidemment, d'Eva Joly, celui, à titre personnel, de Jean-Luc Mélenchon, sans oublier Marine le Pen. Plus de mille élus locaux les soutiennent désormais.

Anne-Sophie Mercier

 

 

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 21:04

 

Le Monde.fr avec AFP | 09.05.2012 à 14h34 • Mis à jour le 09.05.2012 à 14h50

 
 
La centrale nucléaire de Fessenheim, en mars 2011.

Le réacteur numéro deux de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) a été mis à l'arrêt automatiquement mardi pendant un exercice, pour des raisons encore indéterminées, a-t-on appris mercredi 9 mai auprès de la direction de la centrale. "Des investigations techniques sont en cours pour déterminer l'origine de l'arrêt automatique", avant de pouvoir relancer l'unité de production "dans les meilleurs délais", a indiqué la direction, précisant que l'arrêt "n'a eu aucun impact ni sur la sûreté des installations, ni sur l'environnement".

L'autre réacteur de la centrale était, lui, en fonctionnement et connecté au réseau électrique national. L'exercice pendant lequel s'est déclenché l'arrêt automatique de l'unité de production est un "essai technique périodique", dit "essai d'îlotage". Il consiste à déconnecter une unité de production du réseau national pour réaliser une série de tests. Il est réalisé à la demande du gestionnaire du réseau de transport d'électricité.

La centrale de Fessenheim, doyenne du parc nucléaire national, compte deux réacteurs d'une capacité de 900 mégawatts chacun, tous deux raccordés au réseau électrique national. François Hollande avait affirmé durant la campagne présidentielle qu'il fermerait la centrale d'ici à 2017. L'installation aura alors quarante ans.

 

 

 

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 20:57

 

Le Monde.fr | 09.05.2012 à 09h16

Par Marc Dufumier, professeur émérite à AgroParisTech

 
 

Pesticides sur les fruits et les légumes, antibiotiques dans le lait, hormones dans la viande, dioxine dans les œufs et les poulets, algues vertes sur le littoral breton, effondrement des abeilles, abaissement des nappes d'eau souterraines, pollution de l'air et des eaux, érosion des sols et risques accrus d'inondation, émissions de gaz à effet de serre... Notre agriculture industrielle et productiviste se trouve accusée de tous les maux et les agriculteurs français ne supportent plus d'en être tenus pour responsables. Et le syndicalisme agricole majoritaire est alors parfois tenté de pratiquer la politique du déni, avec pour effet d'accroître encore davantage la méfiance des consommateurs et des protecteurs de l'environnement à l'égard de la paysannerie.

Mais inutile de le nier : de façon à produire aux moindres coûts monétaires et répondre aux exigences de standardisation des industries agro-alimentaires et de la grande distribution, nos agriculteurs ont été pour la plupart contraints de s'équiper en infrastructures et matériels de plus en plus coûteux. Lourdement endettés, ils durent spécialiser exagérément leurs systèmes de culture et d'élevage de façon à pouvoir amortir au plus vite ces nouveaux équipements. Et ils ne disposent plus désormais pour ce faire que d'un nombre très limité de variétés végétales ou races animales à haut potentiel génétique de rendement, souvent très sensibles aux éventuels insectes prédateurs et agents pathogènes. D'où le recours à toujours plus de produits phytosanitaires (fongicides, herbicides, insecticides, etc.) et vétérinaires dont les procédures d'autorisation de mise sur le marché sont de plus en plus sujettes à caution.

Disons le clairement : les agriculteurs sont bien souvent les otages et les premières victimes de cette évolution dictée par la nécessité de rester compétitifs dans un monde où les règles du jeu et le comportement des consommateurs sont de plus en plus formatés par de puissants oligopoles. Ils sont eux-mêmes directement exposés à l'épandage des pesticides mais ne supportent parfois plus de se voir brutalement et tardivement interdits d'employer des produits finalement considérés comme dangereux. La politique agricole commune ne devrait-elle donc pas plutôt les inciter à mettre en œuvre des systèmes de culture et d'élevage plus respectueux de l'environnement et des équilibres écologiques ?

Fort heureusement, des agriculteurs "résistants" ont su déjà mettre au point divers systèmes de production agricole adaptés chacun aux conditions locales de leurs terroirs. Ils font un usage intensif des ressources naturelles renouvelables (l'énergie lumineuse et le gaz carbonique en excédent dans l'atmosphère pour les besoins de la photosynthèse et la production de nos calories alimentaires, l'azote de l'air pour la fabrication de nos protéines végétales, etc.), tout en ayant le moins possible recours aux énergies fossiles et n'employant pas nécessairement de produits agro-toxiques. Très savantes, ces formes d'agriculture paysanne inspirée de l'agro-écologie n'en sont pas moins bien plus artisanales et exigeantes en travail que l'agriculture dite "conventionnelle". Elles méritent donc d'être mieux rémunérées ; et c'est tout l'intérêt de l'agriculture bio de pouvoir bénéficier de prix plus rémunérateurs en échange du respect d'un cahier des charges particulier et d'une procédure de certification rigoureuse. Mais s'ils doivent rester plus chers, les produits issus de l'agriculture bio ne risquent-ils pas de devenir à tout jamais inaccessibles aux couches sociales les plus modestes ? L'essor de cette forme d'agriculture semble bien être conditionné à une répartition plus équitable des revenus, pour ne pas être réservée à la seule niche des bourgeois-bohêmes.

Mais il faudra pourtant bien qu'un nombre croissant de nos agriculteurs adhèrent à celle-ci ; car c'est bien toute l'agriculture française et européenne qui va devoir opérer un tel virage à 90 degrés pour garantir la qualité sanitaire de nos aliments et préserver la fertilité de nos écosystèmes. Les actuelles subventions de la Politique agricole commune (PAC), actuellement distribuées sous la forme d'aides presque totalement "découplées" de la production, devraient donc être prioritairement réorientées en faveur de cette forme d'agriculture bio, en échange des services sanitaires et environnementaux qu'elle procure à l'ensemble de la société. Les paysans qui œuvrent pour l'intérêt général pourraient être alors ainsi correctement rémunérés sans que les consommateurs aient à supporter des prix trop élevés.
A la veille d'une réforme programmée de la PAC pour l'après 2013, nos candidats aux législatives ne pourraient-ils pas se prononcer clairement sur ce point.


Marc Dufumier est l'auteur de Famine au Sud. Malbouffe au Nord (NiL ; 2012).

Marc Dufumier, professeur émérite à AgroParisTech

 

 

 

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 20:50

 

Le Monde.fr | 09.05.2012 à 14h16 • Mis à jour le 09.05.2012 à 14h30

 
 
Des manifestants dans les rues de New York, le 29 février 2012.

Le site de micromessagerie Twitter a reçu, lundi 7 mai, une assignation (.pdf) du procureur de Manhattan. Les autorités réclament des informations sur l'un des participants aux manifestations Occupy Wall Street de l'automne dernier.

Après l'arrestation de Malcolm Harris, l'un des membres du mouvement, le bureau du procureur a demandé au réseau social de pouvoir accéder à "toutes les informations de l'utilisateur" échangées entre le 15 septembre et le 31 décembre 2011 : tweets, messages privés, etc.

 LES ASSOCIATIONS DE PROTECTION DE LA VIE PRIVÉE SE FÉLICITENT

Twitter a alors refusé de délivrer ces informations à la justice, au motif que cela porterait atteinte au quatrième amendement, qui impose de disposer d'un mandat pour obtenir des informations d'ordre privé. Assigné par la justice pour avoir refusé de communiquer ces informations, le site de micromessages a demandé une annulation mardi.

Certaines associations de défense des libertés individuelles se félicitent de cette initiative de Twitter. "Si les internautes ne peuvent pas protéger leurs propres droits constitutionnels, le seul espoir est que les entreprises le fassent", affirme Aden Fine, représentant de l'Union américaine des libertés civiles (ACLU).

 

 

 

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 20:43

Tous-en-Blanc.JPG

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 20:38

 

 

LES INDIGNE/E/S  Lundi et Mercredi à 18h /Samedi 13h * Maison Carrée * Assemblée + repas partagé

Chaque 1er samedi du mois : Tour de Vélo  RV Palais de justice à 11h

Chaque mardi Repas à l’Assoc Côté Jardins Solidaires

Dates

Evènement

Lieu

heure

Mercr 9 mai

Collectif Nîmes anti gaz de schiste

La Brasserie

18h30

Mercr 9 mai

RESF Nîmes

APTI

18H

Jeudi 10 mai

Ass Citoyenne Front de Gauche Nîmes « 2012 :Construire l’école de l’égalité »

Local cheminots, rue B.Malon

18h30

Jeudi 10 mai

CNT :Rencontre avec 3 militants Syndicalistes libertaires GRECS/ ESE

Bourse du Travail Alès

19h

10/11 et 12 mai

Ciné Filles , Comédie musicale en V.O. avec M.H.Courtin et M.Lého

Télémac théâtre

21h

Vendr 11 mai

« Monologues polyphoniques en rafales » de Doumée

Librairie Diderot

18h30

Vendr 11 mai

Conf« La monnaie complémentaire Euro RES

Anduze

19h30

Vendr 11 mai

Théâtre »Avenir radieux,une fission française »2ème partie.Ecrite et jouée par N.Lambert Cie « un pas de côté »

St Christol les Alès

20h30

Sam 12 mai

Quinzaine commercre équitable :Artisans du Monde : Stand et dégustation

Place aux Herbes

9 à 19h

Samedi 12 mai

Conseil Municipal

Mairie de Nîmes

18h

Samedi 12 mai

Journée Internationale des INDIGNE/E/S

Maison Carrée

14h

12 et 13 mai

Coordination Nationale des Alternatifs

Paris

 

Dim 13 mai

Vide Grenier Quartier Gambetta

Place St Charles +

8 à 18h

Dim 13 mai

« Faites des courts circuits » Manger local au fil du Vidourle

Junas

 

Lundi 14 mai

Conf /débat par A.GRESH, dir adjoint Monde Diplo « Etat des lieux et perspectives des révolutions  arabes et de la question palestinienne »par l’AFPS, l’Univ Populaire, la Librairie Diderot

CSCS VALDEGOUR

19H repas convivial + 20h conf

Lundi 14 mai

Débat « Quel débat voulons nous pour nos enfants ? » avec la FSU et les candidats aux Législatives

FSU

18h30

Mardi 15 mai

Voyage lectures « Partir au bout des mots »Cie Rouge et Vert

Médiathèque Marc Bernard Pissevin

18h15

Mardi 15 mai

UCCN Laurent Mucchielli « Sécurité et vivre ensemble dans la cité »

IUFM Nîmes

19 à 21h

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 20:31

 

Expanding Darkness

In Athens on 8 May 2012 at 17:10

Shopping cArt

Athens, May 8

Dear people,

Days are slow in our camp on the hill. The heat signs the time. In the afternoon, people are snoozing on the steps of the theater in the shadow.

Most of us will be here at least until the 12th, or else until the 15th, the day the agora officially ends. Some will stay a little longer.

Apart from our camp on the mountain we can dispose of a squat in the center of Exarchia, for showers, electricity, internet. People move up and down, but most of us prefer to camp in the public space. Lots of different people in a squat leads to trouble.

On Syntagma things were pretty quiet. Many cameras but no field battles or demonstrations. A thematic assembly on immigration was organised as a part of the agora. It’s a very weighty matter in Greece, it was well organised, but it didn’t catch a lot of attention from the locals.

It’s early evening. My mom is here for a revolutionary visit, together with a friend of hers. We walk through Exarchia, on the way to the hill. I tell them to be careful.

“There are anarchists on the loose here.”

“They don’t bite, do they?”

“Sometimes.”

Tourists waiting to capture the change of the guard at parliament

On the central square of Exarchia, by pure chance, we encounter the comrades who suspected José Miguel of being an infiltrator. They had abbandoned the squat before the march arrived and they hadn’t shown their faces to anyone. They are about to take the plane and leave. Two other comrades from the march to Brussels who had come here to organise the agora had already left.

They look pale and tired. The city has worn them down, both physically and mentally. They go back. It has been a delusion. I hope Spain will give them new strength.

A day earlier I had encountered Timo the flamboyant Finn on Syntagma. He has been here about as long as our other comrades, but he is not thinking about going away. He adores this place.

Athens is grim. You have to be able to cope with that, Timo explains. ‘The dream of the Greek middle classes is over. And with it, the bourgeois way of life. This attracts a whole different type of people.’

Many of them are concentrated in Exarchia. Artists, squatters and punks from over the world in a maelstrom of drugs, repression, resistance, creation and destruction. And no hope.

It’s fascinating to see. The years of the big boom are definitely over. This is a city in full decline. You don’t even have to walk through the streets to notice it. You can see it from above, from the mountain of Exarchia.

At night, the city fails to shine. It’s no happy blanket of lights, like you would expect a metropolis to be. You can see patches of darkness, especially in the neighbourhoods of the center.

For the moment only the Acropolis is still immune against the expanding darkness. She remains a golden rock, suspended in the air while the city around her loses its exuberance, and lights are dimming, every day.

Acampada teatro

 

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          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



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