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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 12:07
resistance-politique.fr - Lundi 14 mai 2012

Indignés place Puerta del SolQuestion de points de vue. Pour le représentant des commerçants, l’image de la Puerta del Sol pleine de personnes et de tentes, qui fit l’année dernière le tour du monde, a causé un dommage incalculable pour l’Espagne, une perte bien supérieure à trente millions d’euros pour les magasins ayant pignon sur la place centrale madrilène. Demetra, quarante-cinq ans, assistant social au chômage et militant du mouvement 15-M, a quant à lui une vision radicalement différente de la situation : « tout d’abord, les chiffres sont exagérés, mais surtout, ce genre d’arguments est d’une insondable bêtise. Qui parle comme le président des commerçants ne comprend pas la nécessité de réveiller les consciences, chose que nous faisons depuis un an et que nous continuons de faire. Nous ne pouvons pas continuer à vivre dans une société dominée par le Dieu argent et où l’humain ne compte pas ».

 

Il est facile de deviner lequel des deux points de vue épouse le gouvernement espagnol, qui n’a pas perdu une occasion ces derniers jours pour répéter qu’il ne tolèrerait pas que se répètent les occupations de l’an dernier, tant dans la capitale que dans les autres villes. Une attitude jugée comminatoire y compris par le quotidien El Pais, pourtant sur des bases libérales. Dans son éditorial d’hier, on se demandait quel était le véritable objectif de l’exécutif de Rajoy : « éviter de nouveaux rassemblements ou laisser entendre que l’utilisation de la force est envisageable ».

 

A l’apparente nervosité de la droite au pouvoir, les Indignés ont répondu par la force de leurs arguments, en défilant dans plus de quatre-vingts communes, grandes ou petites, dans toute la péninsule ibérique. Dans la capitale, de nombreux cortèges sont partis dès les premières heures de l’après-midi des quartiers périphériques pour converger vers la place Puerta del Sol.

 

Les revendications du mouvement 15-M sont nombreuses et pouvaient se lire sur Internet ou sur les banderoles portées par les manifestants, dont beaucoup portaient un maillot vert, symbole de la lutte en faveur de l’école publique. 

 

« En peu de mots, nous demandons un changement radical des politiques économiques », nous dit encore Demetria, engagé dans le groupe 15-M et plus particulièrement en charge de la désobéissance fiscale. « Nous voulons payer le coût de la dette publique que nous avons souscrit, nous, citoyens. Et nous en avons marre de soutenir à bout de bras la monarchie et l’Eglise catholique », finit par ajouter Demetria.

 

« Mariano, Mariano, no llegas a verano » (Mariano, tu n’arriveras pas à l’été), est un slogan répété en chœur. Un objectif apparemment difficile à atteindre étant donné la majorité absolue que détient le parti populaire au Parlement, mais il est en revanche tout à fait envisageable de penser que le gouvernement en place puisse ne pas tenir jusqu’à la fin de la législature : les enquêtes d’opinion montrent chaque jour un peu plus que le consensus vis-à-vis de l’exécutif est en train de s’effriter.

 

Mais les Indignés espagnols regardent aussi au-delà de leurs propres frontières, vers cette Europe où les choses commencent peu à peu à bouger. Dans le cortège madrilène figurait Alex, chômeur de 28 ans, qui portait une pancarte sur laquelle était inscrit : « je suis reconnaissant au peuple grec d’avoir donné une leçon aux partis favorables à l’austérité ». « Nous devons nous joindre à eux pour crier fort notre refus d’un système inhumain comme le capitalisme », ajoute-t-il.

 

A quelques pas de lui, Inès, étudiante âgée de 19 ans, argumente : « la fin de la crise ne peut passer que par la sortie de l'union européenne, pilier de l'ordre néolibéral mondial. Si l'on ne reprend pas la souveraineté monétaire, on est livré aux marchés et aux intérêts de la dette, et aux politiques de rigueur ».

 

Nombreux sont celles et ceux qui s’informent des initiatives prises à travers le monde, de Jérusalem à Londres en passant par Paris et Londres. Un énorme drapeau palestinien rappelle le drame que vit ce peuple.

 

A la fin de cette édition, la place Puerta del Sol est noire de monde. Pour les Indignés commence une soirée que tous espèrent très longue, en dépit des avertissements proférés par le gouvernement de Mariano Rajoy, manifestement aux abois. La police a délogé comme prévu les manifestants encore présents place Puerta del Sol ce dimanche matin.

 

Capitaine Martin

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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 11:46

 

 

Ainsi, François Hollande commence son mandat présidentiel par un hommage à Jules Ferry et à Marie Curie. Si cette dernière fait consensus, la figure de Jules Ferry est l’objet d’un débat. On loue le fondateur de « l’école laïque, gratuite et obligatoire » ; on récuse le « colonialiste acharné », partisan de la supériorité de la « race » blanche. Dans les deux cas, il convient pourtant de complexifier les choses.

Si Ferry a indéniablement été le promoteur de la loi du 28 mars 1882 qui a laïcisé l’école publique (mais n’est toujours pas appliquée en Alsace-Moselle !), il n’a jamais fondé, pour autant, une « école laïque, gratuite et obligatoire ». Ce stéréotype, encore répété par le ministre de l’éducation, Luc Chatel, sur France-Inter le 2 mai dernier, devrait valoir un bonnet d’âne à tous ceux qui le colportent. Avec Ferry, l’instruction devient obligatoire (1882) et l’école publique gratuite (1881) et laïque (1882), ce qui est fort différent.

Que cela plaise ou non, Ferry est partisan de la liberté de l’enseignement. Il explique clairement pourquoi au Sénat : la « concurrence » des « établissements libres » –pas forcément confessionnels– est nécessaire au plan pratique : ils « courent des aventures », font des « expériences » que l’Etat ne peut se permettre ; et au plan des principes : il ne faut pas aboutir « à une sorte de religion laïque d’Etat », ni « imposer aux consciences une foi philosophique ». Certains laïques tenteront d’établir ultérieurement un monopole jacobin de l’enseignement d’Etat. Ils n’y réussiront jamais. Le statut de l’école privée, très largement subventionnée depuis la “loi Debré” quand  ses établissements passent contrat avec l’Etat, est historiquement une des questions majeures de l’histoire de la laïcité. Le stéréotype est une des façons de l’ignorer et de réduire la laïcité aux relations  “laïcité - islam”.

Que Ferry fût colonialiste n’est pas douteux. On aurait pu rappeler, à la chute de Ben Ali, qu’il fut le responsable de l’annexion de la Tunisie comme protectorat en 1881. Influencé par Gambetta, il croyait qu’une grande politique coloniale couperait court aux « railleries » allemandes. Pour Clemenceau, au contraire, cette « diversion » méditerranéenne détourne la France de sa frontière de l’Est. Ferry partage les préjugés dominants de l’époque sur les « droits » des « races supérieures ». Clemenceau a le mérite de s’en distancer nettement : il est le seul qui vote à la Chambre contre le traité du Bardo et, en 1885, il prononce un discours maintenant célèbre (mais considéré alors comme incongru) qui réfute la distinction « races supérieures » et « races inférieures ». Cependant, au pouvoir de 1906 à 1909, Clemenceau fait une « exception » à son anticolonialisme et mène une politique qui va favoriser l’occupation de la majeure partie du Maroc en 1912.

Les propos colonialistes de Ferry sont très souvent cités, le plus souvent avec une indignation très compréhensible, même si les historiens en pointent l’anachronisme. Les historiens ont à la fois raison et tort. Raison, car effectivement il s’agissait d’idées communes, presque tout le monde parlait en ces termes, et Ferry était persuadé d’accomplir une « noble tâche » en complétant les « droits » des « civilisations supérieures » par le « devoir d’éduquer les races inférieures », contre les réactionnaires qui pensaient que ces dites « races » étaient… inéducables. Tort, parce que lorsqu’on parle d’anachronisme, il ne faut pas s’arrêter là.

A mon avis, il faut alors soulever un problème essentiel que les personnalités politiques, médiatiques, intellectuelles feraient bien de “ruminer” : quand vous partagez, et prônez, les valeurs communes d’une époque, ses « nobles tâches », qui vous dit que vous n’êtes pas en train de faire exactement la même chose que Jules Ferry en son temps?  Le plus probable, c’est que si jamais vos propos sont encore connus dans cinquante ou cent ans, ils susciteront raillerie ou indignation, apparaîtront comme de vulgaires « préjugés ». Et ce sont celles et ceux dont les idées étaient très minoritaires qui, tels Clemenceau, apparaîtront lucides. On ne peut pas critiquer Jules Ferry et partager les idées dominantes d’aujourd’hui. Le « devoir de mémoire » dont on se gargarise n’est qu’un masque couvrant d’inavouables dessins s’il n’induit pas une prise de distance avec les lieux communs véhiculés à haute dose par la communication de masse, et que certains beaux esprits tentent de transformer en croyances obligatoires.

Surtout que Ferry lui-même est un peu moins enfermé dans les préjugés de son temps qu’on ne le répète. Il préside, en 1892, une Commission sénatoriale qui visite l’Algérie et en revient atterré : « Nous les avons vues, ces tribus lamentables, que la colonisation refoule, que le séquestre écrase, que le régime forestier pourchasse et appauvrit. (…) Il nous a semblé qu’il se passait là quelque chose qui n’est pas digne de la France, qui n’est ni de bonne justice, ni de politique prévoyante. » Le colon français est jugé sévèrement : s’il possède « l’esprit d’entreprise, (…) il ne demande pas mieux qu’exploiter l’indigène et la métropole. » Et Ferry précise : « Du Code civil, la famille arabe n’a retenu, pour son malheur, que l’article 825, la licitation obligatoire, qui régularise, au profit des spéculateurs, la spoliation des indigènes»

Ferry prend également une distance avec les idées assimilationnistes  républicaines qu’il partageait plutôt jusqu’alors. Il estime qu’il faut reconnaitre que les lois françaises « n’ont point la vertu magique de franciser tous les rivages sur lesquels on les importe ; que les milieux sociaux résistent et se défendent, et qu’il faut en tout pays que le présent compte grandement avec le passé. »

Ferry propose enfin une politique de réformes économiques, politiques et culturelles que J.-M. Gaillard (Jules Ferry, Fayard, 1989) synthétise ainsi : « Arrêter les limites de la colonisation en mettant un terme à “ l’odieux refoulement ” ; réformer la fiscalité ; redéfinir le régime forestier pour permettre aux Arabes de cultiver les enclaves et d’avoir le nécessaire droit de pacage ; leur donner une représentation municipale et djemmas, assemblées élues ou nommées pour défendre leurs intérêts ; rendre aux conseillers municipaux musulmans le droit de vote pour l’élection du maire et des adjoints français et augmenter le nombre des assesseurs musulmans dans les conseils généraux ; restituer une partie de la juridiction aux cadis ; conserver la langue arabe pour ne pas faire en Algérie ce que font les Allemands en Alsace-Lorraine. »

Ce rapport restera lettre morte. Et le fameux « devoir de mémoire », à géométrie très variable, ne l’a pas ressuscité ! Mais, pour en revenir au sujet d’aujourd’hui, Ferry  n’a donc pas été uniquement un chantre de la colonisation : il a su, partiellement au moins, changer d’avis. Même si sa lucidité n’a été que relative, il n’est pas sûr que tous ses détracteurs (tel son arrière-petit-neveu Luc  Ferry, sur France-Inter le 14 mai et d’autres) prennent, eux, une distance, même partielle, avec les idées dominantes du jour !

 

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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 11:27

 

GRECE. Vers un gouvernement de technocrates ?

Créé le 15-05-2012 à 07h47 - Mis à jour à 13h41 

Les dirigeants des partis politiques grecs se réunissent une nouvelle fois mardi pour discuter d'une gouvernance non politique du pays.


 
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L'annonce de Karolos Papoulias a été faite par le chef du Pasok à l'issue d'une réunion présentée comme celle de la dernière chance. (Petros Giannakouris/AP/SIPA)

L'annonce de Karolos Papoulias a été faite par le chef du Pasok à l'issue d'une réunion présentée comme celle de la dernière chance. (Petros Giannakouris/AP/SIPA)

Les dirigeants des partis politiques grecs se réunissent mardi 15 mai à Athènes pour tenter d'éviter au pays de nouvelles élections et rassurer la zone euro. Cette rencontre doit être précédée d'un tête à tête entre le chef de l'Etat grec Karolos Papoulias et le conservateur anti-austérité Panos Kammenos.

La Grèce se trouve en effet dans l'impasse politique depuis les élections législatives du 6 mai, les chefs de partis n'ayant pour le moment pas réussi à s'accorder quant à la formation d'un nouveau gouvernement. Lundi soir, Karolos Papoulias a abattu sa dernière carte en proposant une gouvernance emmenée par des personnalités non politiques.

Panos Kammenos a été appelé en renfort des trois partis qui tentent d'éviter une sortie du pays de l'euro, après avoir été dans un premier temps tenu à l'écart des tractations entre conservateurs, socialistes et gauche. Son parti nationalo-populiste, "Anexartitoi Ellines" [Grecs indépendants, NDLR], a remporté 33 sièges sur 300 aux législatives du 6 mai.

Boycott des néonazis et des communistes 

Le dirigeant de la gauche radicale du Syriza, propulsé deuxième force politique du pays pour son rejet total des recettes UE-FMI d'austérité, a accepté de participer à la réunion de mardi. Seuls le parti communiste KKE, qui campe sur un isolement assumé, et la formation néonazie "Chryssi Avghi" [Aube Dorée, NDLR] seraient absents.

L'annonce de la proposition de Karolos Papoulias a été faite par le chef du Pasok socialiste Evangélos Vénizélos à l'issue d'une nouvelle réunion - jusque-là présentée comme de la dernière chance - au palais présidentiel avec les dirigeants conservateur, Antonis Samaras, et de la gauche modérée, Fotis Kouvelis.

Pour être soutenu au Parlement, un gouvernement de technocrates doit pouvoir prétendre réunir 151 députés au moins, sur les 300 que compte le Parlement.

La proposition fait mouche

La Constitution ne limite pas le temps donné à Karolos Papoulias pour tenter d'arracher un accord des chefs politiques à son projet. Mais le délai expirera de fait à la formation, le 17 mai, du nouveau Parlement.

Evangélos Vénizélos, dont le parti a été laminé par les électeurs le 6 mai (41 députés seulement), a immédiatement apporté son soutien à la proposition du chef du gouvernement, qu'Antonis Samaras s'est également dit prêt à examiner en invoquant le "mandat du peuple" en faveur, selon lui, d'une coalition gouvernementale. Son parti, la Nouvelle démocratie, a obtenu 108 sièges de députés.

Fotis Kouvelis a, lui, réitéré son refus d'un attelage gouvernemental auquel ne participerait pas son rival à gauche, Alexis Tsipras. Cette position, également avancée par Antonis Samaras, a bloqué la formation, jugée la plus probable dans un premier temps, d'une équipe associant le Dimar [Dimokratiki Aristera, la Gauche démocrate, NDLR] aux conservateurs et aux socialistes, qui bénéficierait pourtant d'une large majorité de 168 sièges sur 300.

Professant leur attachement à l'euro, la Nouvelle démocratie, le Pasok et Dimar ont émis des propositions proches en vue de la formation d'un gouvernement "de deux ans" ayant pour but la renégociation et l'allègement des mesures de rigueur imposées depuis 2010 par les bailleurs de fonds du pays, UE et FMI, et fortement contestées lors du scrutin du 6 mai.

Si la dernière tentative de Karolos Papoulias échouait, la Grèce s'acheminerait vers de nouvelles élections le 17 juin, qui pourraient voir le Syriza arriver en tête. 

Le Nouvel Observateur avec AFP

Par Le Nouvel Observateur avec AFP

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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 11:11
| Par Louise Fessard

Gémenos, de notre envoyée spéciale

Si certains attendent avec impatience l'installation du gouvernement de gauche, ce sont bien les salariés de Fralib à Gémenos (Bouches-du-Rhône). En lutte depuis près de 600 jours contre la fermeture de leur usine, qui produit les sachets de thé Lipton et d’infusion Eléphant pour la multinationale Unilever, ils ont repris son occupation le 11 mai, après avoir été avertis que la direction locale comptait déménager les machines.

 

L'usine Fralib, le 14 mai. 
L'usine Fralib, le 14 mai.© LF

Le 14 mai, la direction a saisi la justice en référé expulsion, l'audience étant prévue ce mardi à 14 heures au tribunal correctionnel de Marseille. « De toute évidence, la multinationale ne voulait pas laisser au prochain gouvernement le temps de se saisir de ce dossier », estime Olivier Leberquier, délégué syndical CGT.

« L'essentiel aujourd'hui est qu'on ne nous prenne pas nos machines, parce que sans nos machines le projet alternatif (de reprise par les salariés - ndlr) n'existe pas », dit Pierrette Beuriot, 58 ans, entrée à 20 ans chez Fralib. « 38 ans de travail pour en arriver là », soupire-t-elle. Pour le secrétaire général de la fédération agroalimentaire CGT, Jean-Luc Bindel, présent le 11 mai, « le combat des Fralib est devenu, par la détermination (des salariés - ndlr) et les enjeux industriels qu’il pose, un symbole de la résistance des travailleurs face à la politique de Sarkozy et du Medef ».

Depuis la reprise de l’usine, les salariés se vivent en état de « légitime défense », se relayant toutes les quatre heures, surveillant les allées et venues des voitures devant le portail de l'usine, guettant les passages des vigiles qu'ils ont délogés vendredi. « Des mercenaires de la société Escort sécurité, auxquels la direction a fait appel en violation du code du travail, lâche avec mépris Gérard Carzola, représentant CGT au Comité d'entreprise. Depuis des semaines, cette milice patronale gérait l'accès pour les salariés, contrôlait nos cartes d'identité, ils nous coupaient l'électricité dans les locaux syndicaux le soir et provoquaient en permanence. »

Vers 10 heures lundi matin, mouvement de repli des salariés et des renforts CGT venus de tout le département des Bouches-du-Rône, qui courent se dissimuler derrière un mur. « Qu'est-ce qu'il faut pas faire pour bosser ! » lance l'un d'eux, mi-rigolard mi-consterné. « Ils viennent avec leur huissier pour nous filmer, nous prendre en photo, bref nous identifier, comme ils l'avaient déjà fait, afin qu'ils puissent nous considérer en grève pour nous sucrer notre salaire », explique Marie Ange Diaz, entrée à Fralib en 1976 et membre du comité d'hygiène et de sécurité.

Car la lutte se poursuit devant le tribunal de grand instance de Marseille, où les Fralib sont régulièrement assignés. Le président d'Unilever France, Bruno Witvoët, qui a dénoncé dimanche « un coup de force avec des individus cagoulés, armés de battes de base-ball et de matraques », a déposé plainte pour menaces physiques.

 

© LF

Le 20 avril, le tribunal de grand instance de Marseille avait débouté le comité d'entreprise de sa demande d'annulation du plan social concernant les 103 salariés encore en lutte (sur 182 à l'origine). Quelque 80 d'entre eux (les salariés non protégés) ont depuis reçu leur lettre de licenciement et leur offre de reclassement. Et la direction tentait depuis quelques jours de précipiter la fermeture du site, pratiquant selon les représentants CGT « une politique de la terre brûlée pour décrédibiliser le projet alternatif ». Après avoir annoncé début avril la vente du terrain (dont Unilever n’est que le locataire) à un industriel voisin, Angel Llovera, le directeur de Fralib, a envoyé le 10 mai un courrier aux représentants du personnel les prévenant du démontage imminent des machines, tandis qu'une entreprise de déménagement industriel venait sur le site effectuer un devis.

L'intervention de Xavier Bertrand en faveur d'Unilever

L'élection de François Hollande, qui avait rencontré les Fralib au moins cinq fois et leur avait promis en août 2011 « une table ronde avec l'Etat, les salariés et les collectivités locales pour faire pression sur Unilever », n'est sans doute pas étrangère à cette précipitation. Alors candidat aux primaires socialistes, François Hollande, interviewé par La Provence, avait pris des engagements précis, qu'il a depuis répétés : « Les convaincre de céder la marque Eléphant, les machines et le savoir-faire, puis d'assurer un fonds de roulement pour faire redémarrer l'activité. » Pour Gérard Carzola, « ce sont des portes nouvelles qui doivent s'ouvrir, alors que dans l'ancien gouvernement, elles étaient toutes fermées ».

Le projet alternatif des salariés voudrait en revenir à des circuits courts et des échanges solidaires avec des producteurs étrangers. «On voudrait privilégier des producteurs locaux, comme le tilleul de Carpentras, au lieu d'aller chercher les plantes en Roumanie pour les infusions, et reconstruire un circuit d'achat des thés passant par le port de Marseille, au lieu de les faire venir d'Allemagne», nous décrivait Gérard Cazorla en août dernier. Un projet jugé suffisamment cohérent pour avoir reçu le soutien des collectivités locales (PS), notamment de la communauté urbaine de Marseille qui pourrait préempter le terrain. Un rapport d'étape, financé par le Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur et rendu public le 26 juillet, concluait à la viabilité du site.

Les attentes sont donc très fortes parmi les salariés de Fralib, et les syndicalistes CGT venus de toute la France le 11 mai, afin de les soutenir. Certains sont également en lutte comme les salariés de Continental Nutrition dans le Vaucluse, qui depuis fin janvier 2012 surveillent leur usine d'alimentation animale 24 heures sur 24 pour éviter son démantèlement et la perte d'une centaine d'emplois directs.

D'autres, comme les syndicalistes de Spie, une société spécialisée dans la maintenance industrielle, venus de Lavéra, craignent eux pour l'avenir, et notamment le départ de l'industrie pétrochimique dont dépendent de nombreux sous-traitants au bord de l'étang de Berre. Qu'ils viennent du Puy-de-Dôme, du Nord ou des Bouches-du-Rhône, tous font le même constat de « désertification » de leurs territoires et demandent que « l'emploi industriel soit placé au cœur des politiques publiques ».

Le 11 mai, rassemblement à Fralib (11 minutes)

Les salariés comptent également sur le nouveau gouvernement pour faire la lumière sur ce qui représente, selon eux, « un scandale d'Etat ». Comme l'avait révélé Le Monde et comme Mediapart a pu le vérifier, le gouvernement de François Fillon est intervenu directement dans le conflit, non pour aider les salariés, mais pour donner un coup de pouce à la multinationale Unilever.

Fin février 2012, le cabinet du ministre du travail, Xavier Bertrand, a en effet bloqué l'envoi à la direction de Fralib d'une lettre d'observation préparée par les fonctionnaires de la Direccte (l'ancienne direction du travail). Cette lettre de « sept pages », selon les représentants CGT, relevait les irrégularités de la troisième version du plan social et aurait pu jouer en leur faveur lors de l'audience devant le TGI de Marseille, qui, le 20 avril, a donné raison à la direction de Fralib.

 

 
© LF

Alors que le deuxième plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) avait été invalidé mi-novembre 2011 par la Cour d’appel d’Aix-en-Provence, Fralib avait en effet négocié, en dehors de tout plan social, le départ de 77 des salariés, moyennant une surprime de 90 000 euros. Début décembre 2011, la Direccte avait rappelé à la direction de Fralib qu’il ne pouvait y avoir « de protocole transactionnel » et que « les suppressions d'emploi envisagées ne pourraient être opérées que dans le cadre d'un nouveau PSE ». 

« Sous prétexte qu'ils avaient négocié des départs avec 77 d'entre eux, sans aucune consultation du comité d'entreprise, ce qui est irrégulier, Fralib a présenté un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) pour seulement 103 salariés, alors que les salariés sont 182 », explique Me Amine Ghenim, l'avocat du CE. Il a fait appel de la décision du TGI, mais cet appel n’est pas suspensif. Xavier Bertrand n’a, de son côté, jamais démenti l’intervention de son cabinet en faveur du géant anglo-néerlandais.

Les salariés et syndicalistes rencontrés vendredi comptent donc maintenir la pression sur le futur gouvernement. « Nous n’arrêterons le conflit qu’à partir du moment où on recommencera à faire des sachets de thé », prévient Olivier Leberquier, délégué syndical CGT.

 

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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 11:03

 

Le Monde.fr avec AFP | 15.05.2012 à 12h54 • Mis à jour le 15.05.2012 à 12h53

 
 
Des observateurs de l'ONU inspectent une voiture brulée le 14 mai 2012 à Deir Azzor.

De nouvelles violences ont coûté la vie à douze civils mardi 15 mai en Syrie, où la crise est entrée dans son quinzième mois sans qu'aucune initiative internationale ne soit parvenue à la résoudre. Les pays du Golfe ont annoncé lundi douter "sérieusement" du succès du plan de l'émissaire Kofi Annan.

Sur le terrain, bien que deux tiers des observateurs que l'ONU soient déjà sur place, douze nouveaux civils et un déserteur ont péri mardi, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Quatre civils ont été abattus par les troupes à Deir Ezzor (est), trois, dont une fillette de six ans, ont été mortellement touchés par des tirs de l'armée dans la région de Damas, un dans la région de Deraa (sud) et quatre autres ont été tués lors d'une explosion dans la ville côtière de Banias.

"BLOCUS THÉRAPEUTIQUE"

De retour d'une mission clandestine en Syrie, une équipe de Médecins sans frontières (MSF) accuse Damas de mettre en place un "blocus thérapeutique pervers", en arrêtant les médecins et visant les pharmacies. "D'après les docteurs syriens, il est au moins aussi dangereux d'être pris en train de soigner des blessés qu'avec des armes à la main", a affirmé un chirurgien de MSF qui faisait partie du voyage. "C'est un énorme problème pour les malades chroniques, qui souffrent par exemple de diabète, d'insuffisance rénale... Pour moi, qu'une armée régulière pille des pharmacies, les détruise, c'est complètement inédit. C'est un pas en avant dans la barbarie", a-t-il ajouté.

Le ministre français sortant des affaires étrangères, Alain Juppé, a également évoqué des "blessés achevés dans les hôpitaux", espérant que ces témoignages feraient évoluer la Russie vers un soutien à des sanctions de l'ONU contre le régime de Bachar Al-Assad. Il a aussi jugé "probable" l'échec de la mission Annan, au lendemain de déclarations similaires du chef de la diplomatie saoudienne. "La confiance dans les efforts de l'émissaire international commence à faiblir sérieusement et rapidement", avait jugé lundi le prince Saoud Al-Fayçal, qui s'exprimait au nom des six monarchies du Golfe réunies à Riyad.

LE POUVOIR SE FÉLICITE D'ÉLECTIONS "DÉMOCRATIQUES"

Dans le même temps, la commission électorale syrienne a annoncé un taux de participation de 51,26 % aux premières législatives "multipartites" tenues le 7 mai sur fond de violences et raillées par la communauté internationale. Son chef a refusé de donner les résultats par partis et le détail de la participation, notamment dans les régions où les militants anti-régime avaient appelé au boycottage, se félicitant toutefois d'élections "transparentes et démocratiques".

A l'étranger et dans l'opposition, de nombreuses voix avaient dénoncé des élections "ridicules" et "cyniques". L'avocat des droits de l'homme Anouar Al-Bounni a qualifié ce scrutin de "mort-né" du fait de la loi électorale et du contexte dans lequel il s'est tenu.

GHALIOUN RESTE À LA TÊTE DE L'OPPOSITION

Burhan Ghalioun, chef du Conseil national syrien (CNS), lors de la conférence de l'opposition au régime de Dams, à Istanbul, le 27 mars.

Mardi, le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition au régime, a réélu à sa tête Burhan Ghalioun, pour un nouveau mandat de trois mois. Lors d'une réunion à Rome du secrétariat général du CNS qui compte une quarantaine de membres, M. Ghalioun a été élu avec 21 voix, face à son principal concurrent, Georges Sabra, qui en a recueilli 11.

Au Liban voisin, enfin, où des heurts confessionnels sur fond de rivalités entre pro et anti-régime syrien ont fait neuf morts, le calme est revenu mardi matin à Tripoli, la principale ville du Nord.

 

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 21:51

euronews - 14/05 17:49 CET

 

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A la veille de l’anniversaire de leur mouvement, les Indignés ont ciblé le siège de la Bankia à Madrid ce lundi. Et ce, après avoir été une nouvelle fois évacués de la place de la Puerta del Sol dans la matinée.
La Bankia, est la quatrième banque espagnole. Le gouvernement en a pris le contrôle la semaine dernière. “Cette banque ment, trompe, jette les gens hors de chez eux”, affirment les Indignés, en allusion aux expulsions de propriétaires surendettés. Les manifestants ont appelé les clients de la Bankia à clôturer leur compte bancaire.

Le mouvement des Indignés, qui dénonce le pouvoir de la finance, le chômage et la corruption, est né le 15 mai 2011. Ils avaient installé l’an dernier leur campement pendant un mois à la Puerta del Sol.
Cette année, le gouvernement de droite a interdit tout nouveau campement et a imposé aux manifestants de quitter la place chaque soir à 22 heures.

Avec AFP et Reuters

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 21:40

 

http://www.youtube.com/watch?v=-WIoiBNZfzM

 

 

Publiée le 14 mai 2012 par Danch666

Le vendredi 11 mai 2012.

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 21:33

 

 euronews  - 14/05 01:33 CET

 

 

Dix-huit personnes ont été interpellées ce week-end pour avoir passé la nuit Puerta del Sol. Ces “Indignados” doivent comparaître aujourd’hui devant la justice espagnole. Inacceptable pour les manifestants qui ont célébré samedi le premier anniversaire d’un mouvement né sur la péninsule ibérique, en pleine crise économique.

Sole ne comprend pas pourquoi “les mesures d’austérité sont justifiées par la crise alors qu’il y a de l’argent pour sauver les banques, faire des voyages officiels, et chasser les éléphants en Afrique”.
 
Des manifestations ont été organisées dans 80 villes à travers le pays. Des centaines de milliers de voix s‘élèvent contre le plan d’austérité du gouvernement conservateur, n plan soutenu par la Commission européenne.

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 21:26

 

newsring.fr - Monde -  Indignés

 

Emmanuel Poilane 
 

Directeur de la fondation France Libertés

 

Avec le dernier scandale de JP Morgan ou la PDG elle même nous explique qu'elle a été stupide alors qu'elle a gagné 15 millions de dollars l'année dernière, trouvez vous que nos sociétés, que dis je, nos civilisations soient sur la bonne voie quand la stupidité est rémunérée par millions de dollars ?

Cela devrait il nous indigner ?

1000 fois oui !

Les indignés représentent cette idée formidable qu'il est plus que temps de remettre les citoyens au cœur de la société pour imaginer que nous puissions vivre ensemble dans une volonté de partage, de coopération avec un sens de l'éthique exacerbé.

Pourquoi quelque chose qui nous parait évident ne se met il pas en œuvre naturellement ?

Pourquoi la politique est elle si souvent discrédité par les affaires et autres dérives souvent liées à un peu d'argent ?

Le temps est venu de ne plus se satisfaire de la légalité qui permet à JP Morgan de déraillé en jouant continuellement au casino et d'envisager enfin une période de notre civilisation ou l'éthique, l'équité, la justice puissent revenir au cœur de notre capacité à vivre ensemble.

Pourquoi la justice est elle devenu la garante de l'application de la loi seulement ?

Les lois sont elles toujours justes ?

Malheureusement non, car l'humain est tellement près à les utiliser pour les détourner de leurs fondements que la légalité n'est plus synonyme de justice. JP Morgan en est la preuve vivante. Plus de 2 milliards évaporés en toute légalité !

Le mouvement des indignés est donc plus que jamais nécessaire pour nous obliger à réfléchir sur le fonctionnement de notre pays, de nos nations et pour envisager une autre possibilité de construire un monde respectueux de l'environnement, respectueux des équilibres d'une économie réelle rénovée avec l'espoir de l'offrir aux générations futures.

 

 

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 21:18

 

Sophie Malherbe avec AFP - publié le 14/05/2012 à 18:12, mis à jour à 18:17

 

Depuis le 8 mai, des centaines de jeunes opposants campent dans un parc du centre de Moscou, une forme de contestation jamais vue dans la Russie de Vladimir Poutine. En réponse à la violente répression par la police d'une manifestation la veille de son investiture, les opposants organisent chaque jour des rassemblements en divers endroits de la capitale, sur des boulevards ou dans des parcs.

 

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Leur mouvement est né en réaction à la répression violente d'une manifestation de l'opposition près du Kremlin, la veille de l'investiture de Vladimir Poutine, redevenu président le 7 mai après un intermède de quatre ans comme Premier ministre.

Crédit photo : REUTERS/Denis Sinyakov

à 18:17

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A l'instar des indignés de Madrid, ou ceux d'Athènes et de Wall Street, ces militants, très jeunes pour la plupart, se sont installés voilà une semaine dans le parc de Tchistye Proudy (les Etangs Propres) où l'atmosphère est bon enfant.

Crédit photo : REUTERS/Maxim Shemetov

Des opposants russes dessinent des pancartes, pour protester contre la présidence de Poutine, le 11 mai 2012 à Moscou 

Car il s'agit d'une forme de contestation pacifique. Affiché sur les arbres, le "règlement intérieur" du camp rappelle les règles en vigueur: pas de boissons alcoolisées, courtoisie dans les rapports avec la police, reespect de l'environnement...

Crédit photo : afp.com/Andrey Smirnov

Interior Ministry officers detain leftist opposition leader Udaltsov during a rally in central Moscow Suivant

Sergueï Oudaltsov, le dirigeant du Front de gauche et un des leaders de l'opposition, est passé au campement avant d'être détenu pour 15 jours pour "obstruction à la police".

 

Précédent Poutine Suivant

C'est aussi le cas d'une autre figure de l'opposition, le blogueur anti-corruption Alexeï Navalny, qui écope de la même peine pour "désobéissance aux injonctions de la police".

Crédit photo : REUTERS/Maxim Shemetov

 

Précédent Participants walk along a street during a march lead by opposition literary activists in Moscow Suivant

Dimanche, une dizaine de milliers de Moscovites se sont joints pendant quelques heures aux jeunes du campement, à l'issue d'une marche anti-Poutine organisée par l'écrivain Boris Akounine.

Crédit photo : REUTERS/Maxim Shemetov

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