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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 21:33

 

 euronews  - 14/05 01:33 CET

 

 

Dix-huit personnes ont été interpellées ce week-end pour avoir passé la nuit Puerta del Sol. Ces “Indignados” doivent comparaître aujourd’hui devant la justice espagnole. Inacceptable pour les manifestants qui ont célébré samedi le premier anniversaire d’un mouvement né sur la péninsule ibérique, en pleine crise économique.

Sole ne comprend pas pourquoi “les mesures d’austérité sont justifiées par la crise alors qu’il y a de l’argent pour sauver les banques, faire des voyages officiels, et chasser les éléphants en Afrique”.
 
Des manifestations ont été organisées dans 80 villes à travers le pays. Des centaines de milliers de voix s‘élèvent contre le plan d’austérité du gouvernement conservateur, n plan soutenu par la Commission européenne.

Plus d'actualités sur : Indignés, Madrid

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 21:26

 

newsring.fr - Monde -  Indignés

 

Emmanuel Poilane 
 

Directeur de la fondation France Libertés

 

Avec le dernier scandale de JP Morgan ou la PDG elle même nous explique qu'elle a été stupide alors qu'elle a gagné 15 millions de dollars l'année dernière, trouvez vous que nos sociétés, que dis je, nos civilisations soient sur la bonne voie quand la stupidité est rémunérée par millions de dollars ?

Cela devrait il nous indigner ?

1000 fois oui !

Les indignés représentent cette idée formidable qu'il est plus que temps de remettre les citoyens au cœur de la société pour imaginer que nous puissions vivre ensemble dans une volonté de partage, de coopération avec un sens de l'éthique exacerbé.

Pourquoi quelque chose qui nous parait évident ne se met il pas en œuvre naturellement ?

Pourquoi la politique est elle si souvent discrédité par les affaires et autres dérives souvent liées à un peu d'argent ?

Le temps est venu de ne plus se satisfaire de la légalité qui permet à JP Morgan de déraillé en jouant continuellement au casino et d'envisager enfin une période de notre civilisation ou l'éthique, l'équité, la justice puissent revenir au cœur de notre capacité à vivre ensemble.

Pourquoi la justice est elle devenu la garante de l'application de la loi seulement ?

Les lois sont elles toujours justes ?

Malheureusement non, car l'humain est tellement près à les utiliser pour les détourner de leurs fondements que la légalité n'est plus synonyme de justice. JP Morgan en est la preuve vivante. Plus de 2 milliards évaporés en toute légalité !

Le mouvement des indignés est donc plus que jamais nécessaire pour nous obliger à réfléchir sur le fonctionnement de notre pays, de nos nations et pour envisager une autre possibilité de construire un monde respectueux de l'environnement, respectueux des équilibres d'une économie réelle rénovée avec l'espoir de l'offrir aux générations futures.

 

 

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 21:18

 

Sophie Malherbe avec AFP - publié le 14/05/2012 à 18:12, mis à jour à 18:17

 

Depuis le 8 mai, des centaines de jeunes opposants campent dans un parc du centre de Moscou, une forme de contestation jamais vue dans la Russie de Vladimir Poutine. En réponse à la violente répression par la police d'une manifestation la veille de son investiture, les opposants organisent chaque jour des rassemblements en divers endroits de la capitale, sur des boulevards ou dans des parcs.

 

Précédent poutine Suivant

Leur mouvement est né en réaction à la répression violente d'une manifestation de l'opposition près du Kremlin, la veille de l'investiture de Vladimir Poutine, redevenu président le 7 mai après un intermède de quatre ans comme Premier ministre.

Crédit photo : REUTERS/Denis Sinyakov

à 18:17

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A l'instar des indignés de Madrid, ou ceux d'Athènes et de Wall Street, ces militants, très jeunes pour la plupart, se sont installés voilà une semaine dans le parc de Tchistye Proudy (les Etangs Propres) où l'atmosphère est bon enfant.

Crédit photo : REUTERS/Maxim Shemetov

Des opposants russes dessinent des pancartes, pour protester contre la présidence de Poutine, le 11 mai 2012 à Moscou 

Car il s'agit d'une forme de contestation pacifique. Affiché sur les arbres, le "règlement intérieur" du camp rappelle les règles en vigueur: pas de boissons alcoolisées, courtoisie dans les rapports avec la police, reespect de l'environnement...

Crédit photo : afp.com/Andrey Smirnov

Interior Ministry officers detain leftist opposition leader Udaltsov during a rally in central Moscow Suivant

Sergueï Oudaltsov, le dirigeant du Front de gauche et un des leaders de l'opposition, est passé au campement avant d'être détenu pour 15 jours pour "obstruction à la police".

 

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C'est aussi le cas d'une autre figure de l'opposition, le blogueur anti-corruption Alexeï Navalny, qui écope de la même peine pour "désobéissance aux injonctions de la police".

Crédit photo : REUTERS/Maxim Shemetov

 

Précédent Participants walk along a street during a march lead by opposition literary activists in Moscow Suivant

Dimanche, une dizaine de milliers de Moscovites se sont joints pendant quelques heures aux jeunes du campement, à l'issue d'une marche anti-Poutine organisée par l'écrivain Boris Akounine.

Crédit photo : REUTERS/Maxim Shemetov

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 21:16

 

Rue89 - Le Yéti

yetiblog.org
Publié le 14/05/2012 à 10h55

 

 

Qui sait ce qui se passe vraiment en Islande ? Sinon que la population y a vaguement envoyé bouler ses créanciers par référendum. Et qu’un de ses volcans est venu faire tousser nos aéroplanes. A part ça, rien ou pas grand-chose. Chape de plomb des médias microcosmiques sur ce genre de cousin honteux dont les familles rangées préfèrent en général taire l’existence.

D’infos parcellaires en révélations inédites, on peut pourtant commencer à se faire une idée de ce qui se passe dans ce petit pays nordique célèbre pour ses sources chaudes et son audace sociale : trouvez donc un autre pays où la Première ministre est officiellement mariée à une autre femme.

Un petit qui n’a pas eu peur des grands

Revenons à ce qui nous intéresse : la fameuse crise financière de 2008 qui faillit couler l’île et de la façon dont celle-ci échappa brillamment au naufrage en plusieurs étapes qui méritent de rester dans les annales des hauts faits démocratiques :

  • gouvernement contraint à le démission par pression populaire ;
  • nationalisation des banques du pays ;
  • gel de la dette après référendum renvoyant les créanciers assoiffés à leurs chères cassettes ;
  • assemblée constituante de 25 citoyens lambda élus par leurs pairs pour réécrire une nouvelle constitution ;
  • l’ex-Premier ministre jugé pour sa gestion de crise et mise en détention de plusieurs banquiers jugés responsables de la banqueroute (du moins ceux qui n’ont pas réussi à s’enfuir du pays) ;
  • et au bout du compte, une situation économique et financière rétablie en cinq ans !

 

 

« Ce qui se passe en Islande »

Une contamination démocratique

Hé hé, oui, je sais que beaucoup, en apprenant ce genre de nouvelles, se sentiront des velléités d’Islandais. Je sais aussi que ceux qui s’efforçaient d’enterrer ces informations, vont sortir leur ultime argument-massue :

« On ne gouverne pas un petit pays riquiqui de 320 000 habitants comme on gouverne une grande puissance de 65 millions de citoyens. »

Tiens donc ! Moi qui m’imaginais que la puissance était justement un moyen de mieux faire entendre son autorité. Mais il se pourrait bien que le modèle islandais contamine certains pays de l’Union européenne en difficultés et qu’on ait des expériences à d’autres dimensions.

La Grèce, par exemple, 11 millions d’habitants, qui pourrait bien donner un nouveau sévère coup de semonce électoral à ses notables politiques ; l’Espagne, 46 millions, où les indignés sont en train de redescendre dans la rue ; l’Italie, 59,5 millions, où gouvernée par des technocrates qu’elle n’a pas élus, une population excédée multiplie les attaques contre les symboles de l’austérité.

Oui, oui, il se pourrait bien très tôt que l’expérience islandaise fasse de beaucoup plus grands petits. Et qui n’entend pas les grommellements rageurs des importants marris : « Purée, fait chier, leur démocratie ! »

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 21:09

 

Austérité 14/05/2012 à 07h11

Marie Telling | Rue89

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Un homme porte un poster cartonné d’Angela Merkel à Duesseldorf, le 11 mai 2012 (Patrik Stollarz/AFP)

 

Sérieux revers pour la CDU, le parti chrétien-démocrate de la chancelière allemande Angela Merkel, qui obtient dimanche son plus mauvais score depuis 1945 dans le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, le plus peuplé et le plus industrialisé du pays. De quoi modifier l’ambiance de la première rencontre Hollande-Merkel mardi soir.

Le parti conservateur recule de 9 points depuis la dernière élection en 2010 et remporte seulement 26% des suffrages, contre 38% pour l’opposition sociale-démocrate (SPD). Les Verts obtiennent eux 12%, ce qui permet à la coalition SPD-Verts de continuer à gouverner le land. Autre score intéressant, celui du parti des Pirates qui obtient 8% des suffrages et fait ainsi son entrée au parlement régional.

Rejet d’une vision unilatérale des solutions contre la crise

Angela Merkel sort affaiblie de ce scrutin, seize mois avant les élections législatives. Son parti avait axé la campagne sur un mot d’ordre : l’épargne. Les électeurs ont préféré celui de l’opposition : la croissance d’abord.

Après la victoire de François Hollande et le rejet de l’austérité par les Grecs dimanche dernier, la vision unilatérale de la chancelière allemande sur les solutions à apporter à la crise est de plus en plus contestée.

Un état des lieux à relativiser tout de même, puisqu’il semblerait que l’austérité séduise toujours une partie des Allemands. Le FDP, parti libéral, obtient ainsi 8,5% des voix dans le Land, alors que les sondages ne lui en prédisaient que 3%. Et, selon un sondage de l’hebdomadaire Stern, 59% des Allemands sont opposés aux mesures de croissance si elles doivent entraîner de nouvelles dettes.

Mais il faudra tout de même, pour Angela Merkel, prendre en compte les positions d’une opposition toujours plus forte. De quoi peser dans sa relation avec François Hollande que la chancelière allemande doit rencontrer pour la première fois mardi soir, quelques heures seulement après l’investiture du nouveau Président.

 

 

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 21:03

 

Le Monde.fr avec AFP | 14.05.2012 à 16h45

 
 
Ce "pass-lunettes" s'adresse aux personnes éligibles à l'ACS (aide à la complémentaire santé), dont les revenus sont compris entre 648 et 816 euros.

L'association Optique solidaire a lancé lundi 14 mai un "pass-lunettes" à destination des personnes âgées aux revenus modestes, afin de faciliter leur accès aux soins d'optique, mal pris en charge par la sécurité sociale.

Ce pass s'adresse aux personnes éligibles à l'ACS (aide à la complémentaire santé), dont les revenus sont compris entre 648 et 816 euros. En dessous de 648 euros, la CMU-C (complémentaire de la couverture maladie universelle) garantit une paire de lunettes par an.

Cette population est "doublement pénalisée car elle a des besoins optiques plus importants en raison de son âge, nécessitant un équipement coûteux, et a une prise en charge plus faible car ses contrats de complémentaires sont plus chers avec l'âge et souvent minimaux", explique Xavier Subirana, le président de l'association.

 

483 OPTICIENS ASSOCIÉS À L'OPÉRATION

Le "pass-lunettes" leur permet d'obtenir sous moins de trois mois une consultation avec un ophtalmologiste facturée au tarif sécu, puis de prendre rendez-vous chez un opticien de l'association, qui lui propose un choix de monture parmi 11 modèles. Au total, 483 opticiens, 13 complémentaires santé, 5 lunetiers et le verrier Essilor, ainsi que les ophtalmologistes par le biais de leur syndicat, sont associés à l'opération.

Lunetiers et verrier ont fait en sorte de réduire le coût des lunettes tout en proposant un "service de qualité identique à celui rendu à des personnes plus aisées", souligne Martin Hirsch, ancien haut-commissaire du gouvernement et président du comité d'éthique de l'association. Ainsi, le prix d'un équipement progressif a pu passer de 350 euros TTC à 120 euros. Le but est "de réduire très substantiellement le reste à charge, de 300 euros normalement à 0 euro voire quelques euros", pour cette population qui "renonce aux soins et à l'équipement" optiques pour des raisons financières, a-t-il ajouté.

 

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 20:57

 

Le Monde.fr | 14.05.2012 à 22h23 • Mis à jour le 14.05.2012 à 22h23

 
 
Des milliers d'étudiants manifestent contre l'augmentation des frais de scolarité le 22 mars 2012.

Après trois mois d'un conflit estudiantin sans précédent, la ministre de l'éducation du Québec, Line Beauchamp, a annoncé sa démission lundi 14 mai. La fronde a été provoquée par l'annonce de la hausse de 82 % des frais de scolarité sur sept ans.

Line Beauchamp a pris cette décision à la suite du rejet par les étudiants d'une proposition du gouvernement provincial pour sortir de la crise, affirmant avoir perdu confiance dans la volonté des dirigeants étudiants de trouver une solution. Visiblement émue, la ministre a annoncé sa démission lors d'un point de presse retransmis en direct à la télévision : "Je ne démissionne pas devant l'intimidation. Je ne cède pas devant le vandalisme, devant la désobéissance civile (...). Je démissionne parce que j'estime que je ne fais plus partie de la solution".

 UN "CHOIX PERSONNEL"

La ministre, qui abandonne également son mandat de députée libérale, a tenté d'expliquer sa décision : "Personnellement, à titre de ministre de l'éducation, je n'ai jamais réussi à leur faire faire un compromis. Alors moi, personnellement, j'ai fait l'ultime compromis que je puisse faire, je cède la place". Le premier ministre québécois, Jean Charest, qui était à ses côtés au moment de l'annonce, a insisté sur le "choix personnel" de sa ministre et lui a rendu hommage.

Consulter le portfolio  "'Printemps érable' : retour sur trois mois de grève étudiante au Québec" 

La démission de Mme Beauchamp intervient au début de la quatorzième semaine de grève et de manifestations de 165 000 étudiants québécois, parfois émaillées d'incidents violents. Le dernier accord proposé par le gouvernement prévoit une augmentation des droits de scolarité à l'université de 1 780 dollars sur sept ans, au lieu de cinq ans initialement, pour arriver à près de 4 000 dollars par année, plus près de la moyenne nord-américaine. En contrepartie, les prêts et bourses augmenteraient également et les frais annexes imposés aux étudiants par les universités pourraient être réduits, mais sans que cela soit assuré.

 

 

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 20:51

 

Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 14.05.2012 à 15h27 • Mis à jour le 14.05.2012 à 18h08

 
 
A Rafah, dans la bande de Gaza, le 8 mai.

Les représentants des prisonniers palestiniens d'Israël et l'administration pénitentiaire ont signé lundi 14 mai un accord pour lever la grève de la faim de plus d'un millier de détenus palestiniens, selon des sources concordantes. Cet accord a pu être trouvé grâce à une médiation égyptienne a-t-on appris de source officielle proche des négociations.

Les représentants des prisonniers palestiniens d'Israël avaient entamé lundi 14 mai des consultations sur un projet d'accord pour mettre un terme à leur grève de la faim. Conformément au projet d'accord alors évoqué par les sources, Israël devait libérer les "détenus administratifs", selon un haut responsable du Fatah. Selon un responsable palestinien présent au Caire, Israël auvait également accepté d'autoriser de nouveau la visite des familles de prisonniers originaires de la bande de Gaza. Ces visites ont été suspendues après l'enlèvement du soldat franco-israélien Gilad Shalit en 2006 par des activistes palestiniens. L'administration pénitentiaire israélienne s'était cependant refusée à tout commentaire.

Entre un tiers et environ la moitié des quelque 4 700 détenus palestiniens d'Israël (dont près de 310 en détention administrative) étaient en grève de la faim, dont sept depuis plus d'un mois et demi, selon l'administration pénitentiaire, des sources palestiniennes et des organisations humanitaires. Ils réclamaient l'abolition de l'isolement carcéral et de la détention administrative, qui permet l'incarcération sans inculpation ni jugement pour des périodes de six mois renouvelables indéfiniment, ainsi que des visites pour les prisonniers originaires de Gaza.

Lire, sur le blog Guerre ou paix, une analyse du "printemps" des prisonniers palestiniens

 

 

 

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 20:44

 

 

LE MONDE | 14.05.2012 à 13h09 • Mis à jour le 14.05.2012 à 14h41

Par Ziad Majed, professeur des études du Moyen-Orient à l'Université américaine de Paris

 
 

En 1986, Michel Seurat, chercheur en sociologie, meurt entre les mains de ses ravisseurs dans la banlieue sud de Beyrouth, capitale libanaise ravagée par la guerre civile et déjà sous le contrôle des services de renseignement syriens.

Il a passé une année en captivité durant laquelle il fut confronté à la barbarie qu'il avait si bien cernée dans ses travaux sur la Syrie. En relisant ses textes aujourd'hui, après la réédition de son ouvrage L'Etat de barbarie (Seuil, 1989), on est saisi par leur actualité et leur pertinence, trois décennies après leur première publication dans la revue Esprit, en 1983.

Dans le contexte de la révolution syrienne actuelle, deux questions développées par Michel Seurat semblent particulièrement intéressantes à revisiter.

Dans son analyse du système fondé par Hafez Al-Assad, Michel Seurat utilise un concept d'Ibn Khaldoun, historien et sociologue maghrébin du XIVe siècle : la «'asabiyya » (ce que Durkheim appelle « la solidarité mécanique »). Ce concept lui permet d'expliquer le rôle du pouvoir et des associations que le clan Assad a créées dans la transformation de la communauté alaouite en une confession politique (et pas seulement religieuse). Cette transformation s'est opérée à travers un discours, une réactivation dans la mémoire collective d'une hostilité à la ville et son « histoire d'exploitation des ruraux » et un recrutement des jeunes de la communauté dans l'armée et les services de renseignement.

Elle a également été renforcée par un contrôle du parti Baas et une instrumentalisation de ce dernier pour soumettre les institutions de l'Etat et les organisations de la société, notamment urbaines, à ses commandes. Ainsi, Hafez Al-Assad a soudé la communauté et établi une'asabiyya dominante dans le pays, tout en élargissant progressivement l'assise sociale et les réseaux économiques de son pouvoir.

La question communautaire de même que celle des rôles des forces armées et du parti Baas restent aujourd'hui omniprésentes pour la compréhension de ce qui se passe en Syrie, celle du fils et héritier de Hafez, Bachar Al-Assad. La'asabiyya persiste en tant que solidarité de corps pour maintenir la base fidèle au régime et est de ce fait le principal atout qui lui reste, après la décomposition de son autorité, de son contrôle symbolique, de son discours et de sa métamorphose en une simple machine répressive depuis mars 2011.

Par contre, la démographie et les évolutions socio-économiques ont modifié la donne du paradoxe urbain-rural. Le mouvement de contestation n'est plus uniquement citadin, comme Michel Seurat le décrivait au début des années 1980. Il est également rural, et le rapport entre les villes et les campagnes ne peut plus le contenir ou dresser ses frontières. Ces dernières sont dépassées par la nouvelle génération qui reconstitue son champ politique, à la fois dans des régions périphériques, dans les nouveaux espaces rattrapés par l'élargissement des agglomérations et dans le coeur même des cités syriennes.

Michel Seurat utilise cette « controverse hégelo-marxienne » pour intituler un de ses textes sur la confrontation qui opposait les Frères musulmans (et des formations politiques et syndicales islamistes comme de gauche) au pouvoir Assad entre 1979 et 1982. Une confrontation qui s'est soldée par les massacres de la ville rebelle de Hama et des campagnes d'arrestations massives contre les opposants politiques.

Hafez Al-Assad est parvenu en fin de compte, en s'appuyant sur la'asabiyya à l'intérieur du pays et sur la complicité ou le silence à l'extérieur (notamment au niveau international), de même que sur sa rhétorique idéologique (se réclamant du nationalisme arabe et de la lutte contre l'impérialisme et le sionisme), à réduire en cendres le champ politique syrien et à éradiquer les Frères musulmans du pays.

Mais, s'il a réussi, c'est aussi parce que les Frères n'ont pas pu étendre horizontalement leur soulèvement que Damas et sa bourgeoisie ne les ont pas suivis, et que la terreur s'est rapidement installée, érigeant les murs de la terreur et du silence. La Syrie est devenue un espace fragmenté, ses habitants solitaires, des « hommes écrasés les uns contre les autres » comme le décrit Hannah Arendt dans son analyse de la tyrannie.

Si cette lourde défaite de la société syrienne a anéanti toute possibilité d'action politique collective pendant des décennies (exception faite du court printemps de Damas en fin 2000 et début 2001), la révolution syrienne aujourd'hui marque la sortie définitive de la solitude.

De Deraa à Homs, de Deir Ezzor à Hama, de Damas à Idlib, de l'université d'Alep à Salamiyya et de Kfernabel à Kamechlie, les Syriens dans leurs manifestations quotidiennes et dans leur résistance à la machine de mort reconstruisent leur champ politique sur les décombres de la peur.

Ils rétablissent dans leur solidarité citoyenne des liens territoriaux et se réapproprient la géographie, l'espace, afin de dépasser le déchirement, la fragmentation et retisser les rapports sociaux.

Ainsi, la société syrienne se libère chaque jour un peu plus de la tyrannie. Elle renaît, se découvre et constitue une nouvelle mémoire. Seul le pouvoir déclinant demeure encore ce qu'il fut il y a trois décennies : un Etat de barbarie.

Ziad Majed, professeur des études du Moyen-Orient à l'Université américaine de Paris

 

 

 

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 20:37
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