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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 11:53

 

Le Monde.fr avec AFP | 23.05.2012 à 12h16 • Mis à jour le 23.05.2012 à 12h16

 

  Vue depuis la salle réservée aux témoins dans le palais de justice de Paris et pourvue d'une glace sans tain.

 

Une femme a été surprise dans une salle du palais de justice de Paris réservée normalement aux témoins, munie d'un appareil photo, mardi 22 mai. Il s'avère qu'il s'agissait en réalité d'une policière du renseignement, selon une source policière, affirme l'AFP, confirmant une information d'Europe 1.

Jean-Marc Manach, journaliste sur le site Owni, raconte comment il l'a surprise, avec d'autres témoins, dans une salle face à la dix-septième chambre du tribunal de grande instance de Paris, où sont souvent jugées les affaires de presse, d'où l'ont peut observer à travers une glace sans tain les personnes venues assister à un procès. Ce jour-là se tenait dans la chambre voisine, la dixième, le procès de la mouvance "anarcho-autonome", suspectée d'avoir planifié des actes de terrorisme. La policière pouvait ainsi observer les allées et venues des soutiens aux personnes jugées.

 

Lire (zone abonnés) : Six militants d'ultragauche en procès à Paris


L'huissier de justice qui accompagnait les témoins s'est étonné de sa présence et lui a demandé de sortir après qu'elle eut expliqué qu'elle était photographe. L'huissier a ensuite alerté la présidente du tribunal, qui a demandé aux témoins de raconter la scène.

 

"UNE ERREUR REGRETTABLE"

Cette policière, appartenant à la direction du renseignement de la préfecture de police de Paris, selon cette source, était entrée dans "cette salle vide sans savoir qu'elle n'en n'avait pas le droit".

"Les policiers du renseignement effectuent régulièrement des missions de surveillance de la mouvance radicale autonome. Mais là, c'est clairement une erreur de positionnement, une erreur regrettable", a expliqué cette source policière.

Les chefs de juridiction du TGI de Paris ont dit mardi à l'AFP "qu'ils ignoraient totalement la présence de cette femme munie d'un appareil photo dans la salle des témoins". "Ils souhaitent que toute la lumière soit faite sur cette affaire", avait-on précisé au TGI.

 

 

 

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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 11:47
| Par Martine Orange

 

 

Soudain, la confiance a disparu. Dans la multitude de scénarios qu’envisagent les dirigeants européens depuis le début de la crise de la zone euro, ils avaient pensé à tout sauf à celui-ci : que les petits épargnants européens se mettent brusquement à douter de la monnaie unique et du système bancaire, et se retirent sur la pointe de pieds. C’est ce qui est en train de se passer depuis une semaine. Les responsables politiques sont pour beaucoup dans ce nouveau développement de la crise. En évoquant la semaine dernière la sortie de la Grèce de l’euro, comme une issue possible voire souhaitable, des responsables allemands et de la Banque centrale européenne ont ancré eux-mêmes l’idée d’une rupture de l’Europe  et celle d'une contagion. 

 

 

Effrayés par la menace, les Grecs ont été les premiers à réagir. Au début de la semaine dernière, ils ont retiré plus de 1,2 milliard d’euros des banques en deux jours. Depuis, les responsables bancaires européens se gardent bien de donner des chiffres afin de ne pas augmenter la panique. Mais de multiples témoignages en Grèce font état de distributeurs vides, de difficultés à retirer de l’argent dans les banques. Le ruisseau de la défiance paraît grossir tous les jours.

La crainte a également gagné l’Espagne. L’annonce par le gouvernement espagnol de la nationalisation partielle de Banxia, la quatrième banque du pays, née de la fusion de plusieurs caisses d’épargne en difficulté, a alimenté les peurs des déposants. Selon le journal El Mundo, les retraits des déposants ont dépassé le milliard d’euros la semaine dernière. Ce que le gouvernement s’est empressé de démentir, sans vraiment convaincre.

La dégradation par Moody’s de seize banques espagnoles a plutôt confirmé les Espagnols dans leurs appréhensions sur l’état de leur système bancaire. Selon l’agence de notation, les créances douteuses, liées à l’explosion de la bulle immobilière, ne cessent d’augmenter : elles représenteraient désormais quelque 80 milliards d’euros sur un total de 350 milliards d’euros de crédits accordés au secteur du bâtiment et de l’immobilier. Jamais les banques espagnoles n’avaient connu une telle dégradation. Signe de nervosité ambiante : les déposants britanniques de la filiale anglaise de Santander, la plus grande banque espagnole, se sont précipités aux guichets vendredi pour retirer 200 millions de livres, soit 250 millions d’euros.

Pour tenter de rassurer, le gouvernement espagnol a engagé Goldman Sachs et le cabinet Roland Berger pour l’aider à faire un état des lieux complet du système bancaire espagnol et évaluer les besoins de recapitalisation. Selon les estimations, il faut entre 50 et 100 milliards d’euros pour consolider les banques. Des sommes qui semblent impossibles à trouver autant sur le marché qu’auprès du gouvernement. Déjà, certains dirigeants européens pressent le gouvernement espagnol de faire appel au Fonds monétaire international. D’autres ont remis au centre des discussions, au sommet du G 8 à Washington,  la possibilité d’utiliser directement le Fonds européen de stabilité financière pour recapitaliser les banques, sans passer par l’intermédiaire des gouvernements. La chancelière allemande Angela Merkel a de nouveau réitéré son opposition à de tels changements.

Tous redoutent un emballement, surtout si la Grèce sort de l’euro, ou si le résultat des nouvelles élections prévues le 17 juin aboutit à un nouveau chaos politique. La peur de la contagion ne pourrait que gagner. Selon une étude de la banque Citigroup, se référant au précédent de la faillite en Argentine en  2001, les banques irlandaises, italiennes, portugaises et espagnoles pourraient rapidement perdre 90 milliards d’euros de dépôts, si la Grèce sortait de la monnaie unique.

Les milieux financiers demandent donc aux gouvernements européens d’envoyer en urgence des messages rassurants. « Quand une panique bancaire commence, il est très difficile de l’arrêter sans une garantie crédible des dépôts », explique Tristan Cooper, analyste au fonds d’investissement Fidelity, cité par l’agence Dow Jones.

Fuite massive de capitaux

Le paradoxe est que les banquiers demandent aux déposants de leur accorder une confiance qu’ils ne sont plus prêts à se donner entre eux, ni même dans la zone euro. Depuis deux ans, des établissements bancaires sont totalement coupés de tout le marché interbancaire et ne dépendent plus que de la Banque centrale européenne. En avril, les prêts de la BCE aux banques espagnoles ont atteint un nouveau record, totalisant plus de 235 milliards d’euros.

Ces derniers jours, les tensions se sont à nouveau aggravées sur un marché interbancaire désormais presque totalement gelé. Les banques, qui ont des excédents de liquidités, notamment grâce aux prêts à long terme (LTRO) de la BCE, qui leur a accordé 1 000 milliards d’euros au début de l’année, préfèrent les déposer chaque soir auprès de la banque centrale à 0,25 % plutôt que de s’aventurer à les prêter à un établissement bancaire tiers.

Parallèlement, on assiste à des mouvements massifs de capitaux au sein de la zone euro depuis plusieurs mois, l’argent fuyant les pays considérés comme dangereux pour être rapatrié vers des zones jugées plus sûres. Ainsi, plus de 60 milliards d’euros de dépôts ont fui la Grèce depuis un an, pour se réfugier pour les deux tiers en Suisse, pour le reste en Grande-Bretagne, selon le ministre des finances grec. Les grandes fortunes espagnoles sont aussi en train de trouver refuge vers des cieux plus sûrs, qui en Suisse, qui en Grande-Bretagne, qui au Brésil.

Mais la fuite ne concerne pas seulement les grandes fortunes. C’est tout le système financier qui est en train de rapatrier ses avoirs. Le fonds souverain de Norvège a annoncé une réduction massive de sa présence en Europe du Sud. Il a revendu toutes les obligations publiques portugaises et irlandaises et a diminué son exposition aux dettes espagnoles et italiennes. Il entend désormais se tenir à l'écart de ces pays jugés dangereux.

 

 
© Bloomberg

Tout le système financier – fonds d’investissement, banques – est en train de faire de même, comme s’il se préparait sans le dire à l’éclatement de la zone euro (lire notre précédent article “La crise est essentiellement bancaire : que se passe-t-il dans Target 2”). L’agence Bloomberg a essayé de tracer ces mouvements à partir des bilans des différentes banques centrales de la zone euro. Son graphique, que nous publions ci-contre, reproduit les mouvements au sein de la zone euro : au-dessus les pays, jugés sûrs, qui voient affluer des milliards, en dessous les pays considérés à risque – les fameux PIIGS qui assistent à une hémorragie de capitaux (curieusement, la France n’apparaît nulle part dans ces relevés). Sa conclusion est sans appel : « La fuite des capitaux atteint une échelle sans précédent dans la zone euro. »

Pour le seul mois de mars, selon ses calculs, quelque 65 milliards d’euros ont quitté l’Espagne pour d’autres pays de la zone euro. Au cours des sept derniers mois, les dettes des banques centrales espagnole et italienne se sont accrues respectivement de 155 et 180 milliards d’euros. Dans le même temps, les banques centrales allemande, néerlandaise et luxembourgeoise ont vu leurs crédits correspondants augmenter de 360 milliards d’euros. Cette progression, selon l’étude, correspond au double des dix-sept mois précédents. Les banques centrales des trois pays, considérés comme les plus sûrs, détiennent désormais 789 milliards d’euros de créances sur les autres banques. Jamais le déséquilibre n’avait été aussi grand.

« Ces chiffres sont partiels. Mais ils traduisent le mouvement d’inquiétude de la zone euro. Tout se passe comme si les anciennes frontières se redessinaient », remarque l’économiste Paul Jorion, qui avait signalé dès la parution de cette étude les dangers de l’éclatement de la zone euro. L’Europe peut-elle encore contrer de telles forces centrifuges ? Après trois années d’erreurs, de demi-mesures et d’atermoiements, il ne lui reste plus beaucoup de crédit.

 

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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 19:13
Transmis par Arcturius le 22 - mai - 2012


 

En ce 100e jour de grève étudiante, des dizaines de milliers de personnes ont marché dans les rues du centre-ville contre la hausse des droits de scolarité et contre la loi spéciale adoptée vendredi dernier.

Dès les premières minutes, la manifestation s’est divisée en trois groupes: un clan a suivi l’itinéraire connu des policiers, d’autres ont marché derrière la bannière de la CLASSE qui n’a pour sa part pas dévoilé son trajet.

 

 

Vers 16h45, la manifestation du troisième groupe a été déclarée illégale après que trois vitrines de banques eurent été fracassées. Après l’annonce d’un attroupement illégal, les protestataires de ce troisième groupe ont rapidement rejoint la manifestation de la CLASSE qui s’est déroulée pacifiquement.

Des dizaines de milliers de personnes ont participé aux manifestations. Une heure et demie après le début de l’événement, des personnes attendaient toujours de commencer à marcher à partir du point de départ, au Quartier des spectacles. La CLASSE estime que 250 000 personnes ont participé à l’événement. Des sources policières ont plutôt avancé le chiffre de 100 000 manifestants. Peu importe, la circulation routière a été perturbée dans le centre-ville de Montréal.

La plupart des regroupements avait fourni un itinéraire de la marche. «Il est essentiel de ne pas exposer inutilement nos militants et nos organisations aux mesures répressives [du] projet de loi. Les autorités municipales seront informées [de notre itinéraire] comme nous le faisons à chacune de nos manifestations. De plus, nous aurons notre service d’ordre », explique le Syndicat de la fonction publique (SCFP) sur son site web.

La CLASSE, instigatrice de ce rassemblement, avait pour sa part choisi de ne pas divulguer son trajet. On s’attendait à ce que ses membres empruntent le même chemin que les autres participants.

Avant le départ, le porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois a déclaré que le rassemblement pacifique prouvait que désobéissance civile n’est pas synonyme de vandalisme. Il croit que le succès de la manifestation est un geste «collectif, massif de désobéissance civile».

«Ce sont des dizaines de milliers de personnes qui sont dans les rues, dit-il. Si le ministre de la Justice est conséquent avec sa loi, il devra mettre à l’amende des dizaines de milliers de personnes.»

Ian Lafrenière, le porte-parole du SPVM, croit que les casseurs auraient pu être mieux contrôlés si les trois groupes avaient dévoilé et respecté leur itinéraire. «Quand tu dis : «nous autre, on va faire une marche, mais on va défier les autorité», en partant, tu invites des pas gentils à venir avec toi. La preuve, c’est que les deux grandes marches du 22 mars et du 22 avril derniers, les itinéraires étaient connus et il n’y a eu zéro problème», a-t-il dit.

 

Des militants tous azimuts

Une foule bigarrée, composée d’étudiants certes, mais aussi de militants tous azimuts, de sympathisants, de familles, de poussettes, et d’ainés, s’était réunie vers 14h pour le départ à la place des Festivals. Le thème de l’événement est: «100 jours de grève. 100 jours de mépris. 100 jours de résistance.»

Les associations étudiantes sont au rendez-vous, tout comme plusieurs grands syndicats et des politiciens, dont Amir Khadir, habitué des manifs étudiantes. Gilles Duceppe, venu assister à la manifestation avec un carré blanc épinglé à sa veste, croit que le gouvernement n’a plus qu’une porte de sortie: retourner aux négociations avec la FECQ et la FEUQ.

Plusieurs manifestants ont des mots durs pour le gouvernement. «Ce ne sont pas les étudiants qui sont violents, c’est le gouvernement qui est violent», rage Christine Coallier, professeure de philosophie au cégep. Elle en veut particulièrement au gouvernement de Jean Charest d’avoir fait la sourde oreille depuis 100 jours.

Lorraine Boutin et Marc Guénette, eux, manifestent avec leur fils gréviste Antoine, étudiant au Cégep Bois-de-Boulogne. «Cette loi spéciale est le constat d’échec d’un gouvernement qui n’a pas réussi à dialoguer avec des jeunes très intelligents. Notre jeunesse est très impressionnante», raconte Mme Boutin.

«L’éducation est le plus beau cadeau pour nos jeunes. La hausse des frais n’est pas le débat, il y en a de l’argent. Mais la loi spéciale a fait de moi un citoyen engagé. Je suis sur les réseaux sociaux comme Twitter et je suis ce qui se passe», raconte Marc Guénette.

«La loi spéciale m’a fâché. Ça va me rendre plus militant. Au mieux, cette loi ne changera rien. Au pire elle va empirer les choses», croit Antoine.

Maxime, un étudiant de 24 ans, demande que les parties retournent à la table des négociations. «En trois mois de grève, on a eu 22 heures de discussion. Ça dit quelque chose».

Tous les groupes de manifestants ont convergé vers le parc Lafontaine où des discours ont été prononcés.

Rappelons que les 22 mars et 22 avril derniers, des centaines de milliers de personnes ont pris la rue d’assaut, la première fois contre la hausse des droits de scolarité, la deuxième pour le jour de la Terre.

http://www.lapresse.ca/

 

PS: Vous pouvez aussi aller voir sur Facebook mes photos que j’ai prise lors de ce grand rassemblement

© 2012, Les Chroniques d'Arcturius.
Tous droits réservés pour tous pays.
Vous pouvez partager ce texte à condition d’en respecter l’intégralité et de citer la source: lespasseurs.com

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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 19:06

 

ATTAC-LOCAL - 21/05/12

 

Du 17 au 20 mai : 4 journées de blocage symbolique du centre de Francfort, en particulier le quartier de la Banque centrale européenne. La plupart des forum-débats, des campements et des occupations sur les places ont été interdits par les autorités. Un impressionnant dispositif de plus de 5000 policiers anti-émeute, casqués et bottés (y compris des policiers à cheval, des hélicoptères...) protégeait les accès du centre financier et toutes les rues qui y convergeaient étaient barrées. Du coup, la BCE a bel et bien été bloquée pendant ces 4 jours, pas par les manifestants, mais par la police, merci à eux !

La manifestation du samedi, initialement interdite à été autorisée in-extremis sous l'injonction du tribunal qui avait été saisi par Attac Allemagne. Les habitants de Francfort étaient choqués par l'importance du dispositif policier mis en place pour protéger ce qui fait office aujourd'hui de parlement en Europe : le siège de la banque centrale européenne qui dicte les politiques pour les pays de l'UE. Ceux avec qui j'ai eu l'occasion de discuter encaissaient mal ce dispositif, car en Allemagne tout ce qui relève d'un état policier touche une corde sensible et douloureuse qui rappelle de tristes souvenirs.

Des actions de blocage et des ateliers-débats ont tout de même été improvisés (à l'Université, à la maison des syndicats qui avait prêté loué ses locaux au mouvement bloccupy francfurt, et aussi au théâtre-opéra du centre-ville).

Un des atelier débat, organisé par le réseau attac-europe : taxes, politique de la BCE et dettes publiques (en anglais)
http://www.youtube.com/watch?v=q5857_v_ijo&feature=relmfu
http://www.youtube.com/watch?v=_h6K_SVJ0WU&feature=relmfu
http://www.youtube.com/watch?v=XEfsBCxR9J0&feature=relmfu

Quelques vidéos, sur le site d'attac allemagne, des actions de blocages improvisées les jeudi et vendredi 17 et 18 mai
http://www.attac.de/aktuell/eurokrise/maiproteste/videos-von-aktionen

Pour ceux qui comprennent l'Allemand, les reportages sur les média locaux
http://www.attac.de/aktuell/eurokrise/maiproteste/tv-berichte/

Et aussi, ces images de la manifestation du samedi 19 mai (20 à 25000 personnes selon les media, plus de 30000 selon les organisateurs) : 40 minutes prises depuis une caméra statique au bord de la rue.
http://www.youtube.com/watch?v=t1hAOgOzb4Q&feature=plcp
http://www.youtube.com/watch?v=1sGZ5w8GerQ&feature=plcp
Ça commence avec les banderoles de tête, les internationaux,  les français étaient mélangés un peu partout, mais un petit noyau est bien visible derrière la banderole du CAC (collectif pour un audit citoyen de la dette publique) à partir de la 5e minute. Certains se reconnaîtront (Verveine au micro, Aurélie dans le cortège...). Mélangés avec les drapeaux d'Attac France, des drapeaux de Solidaires, du NPA, du Front de gauche, du PG, de la CGT (si, si, j'en ai vu 1 !), du Snes-FSU.

Une manifestation très colorée et mélangée, beaucoup de jeunes, mais les gens sont venus aussi en famille, avec les landaus, en vélo, faisant preuve de beaucoup d'imagination dans les slogans, dans les déguisements, en dansant sur les rythmes des battucada militantes, dont les sambactivistes de "Rhythm of resistance". Sur la Première vidéo, après le cortège d'Attac France, des italiens, puis l'imposant cortège de Die Linke (sans doute plusieurs milliers de sympathisants), puis les "no border", etc. Vers la fin de la première vidéo (le milieu de la manif) l'impressionnant cortège du black-bloc, très soudé, compact, enchainés entre eux pour éviter les provocations policières.
Sur la deuxième vidéo, on voit le cortège d'Attac Allemagne, très impressionnant avec des marionnettes géantes et l'hydre à 3 têtes (la troika BCE-FMI-Commission européenne).

La fin de la manif, on ne la voit pas sur ces vidéo, mais elle se terminait par une banderole ou était écrit en allemand "ici se termine la démocratie !". effectivement, derrière cette banderole suivait un redoutable troupeau de schtroumpfs kaki casqués et bottés.
*POUR ACCEDER AUX LIENS, APPUYER SUR LA TOUCHE "Ctrl" DE VOTRE CLAVIER + CLIQUER GAUCHE SUR LA LIGNE DU LIEN

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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 18:59

 

 

Marianne - Rédigé par J-C Slovar le Mardi 22 Mai 2012 à 17:54

 

Selon le Medef, autoriser des salariés ayant commencé à travailler dès 18 ans et cotisé 41 ans à partir à la retraite à 60 ans serait insupportable. Par contre se séparer des seniors à coup de ruptures conventionnelles serait une mesure ... sociale phare !

 

Retraite à 60 ans : L'insupportable chantage du Medef !

 

Il se dit qu'au Medef, nombreux sont ceux qui reprochent à Laurence Parisot ses prises de positions et diverses « déclarations d'amour »  à l'encontre l'ex président Sarkozy pendant la présidentielle. A tel point qu'elle déclenché des ricanements dans son propre camp en déclarant : « Les entreprises ne sont ni à gauche, ni à droite »
 
Néanmoins, si elle s'est vite reprise, en constatant les résultats, annonçant qu'elle était impatiente de travailler avec le nouveau gouvernement, il semble bien qu'elle ait décidé de faire payer aux salariés le très probable abandon de la TVA sociale et des accords compétitivité-emploi inclus dans le programme de son champion de candidat.
 
En effet, alors que la complicité entre le précédent gouvernement et le Medef a permis de mettre en place la rupture conventionnelle qui s'est avérée être un des meilleurs outils pour se séparer des seniors, les DRH affirmant avec délice que : « La rupture conventionnelle du contrat de travail est considérée comme la mesure sociale phare du quinquennat Sarkozy », Laurence Parisot a décidé de faire barrage à la possibilité pour les salariés ayant commencé à travaillé dès 18 ans et atteint 41 ans de cotisation à prendre leur retraite à 60 ans ! 
 
Quels sont les arguments de notre « amie» Laurence ?
 
Dans l'Usine Nouvelle « (...) Elle se demande par exemple si dans le prochain calcul seront pris en compte uniquement les trimestres cotisés ou, comme certains le demandent, des trimestres validés intégrant congés maternité, périodes de chômage etc. Dans cette hypothèse, l'impact financier n'est tout simplement pas le même (...) » Oubliant au passage de poser la question du coût pour l'UNEDIC des chômeurs seniors de longue durée. Mais, dans la mesure où l'indemnisation ne dure que trois ans, le compte est vite fait pour madame Parisot !
 
Bien que nous soyons opposés aux restrictions contenues dans le programme de François Hollande sur le sujet, la réponse figurait dans les engagements du candidat : Seules périodes de trimestres cotisées seront prises en compte. Donc, une polémique de plus donc madame Parisot est coutumière ! Ce qui ne l'empêche pas de menacer : « (...) si l'Agirc et l'Arcco devaient financer ce surplus, le Medef serait amené à poser des questions importantes et très structurelles sur ce que nous voulons faire de ces régimes (...) »
 
Polémique qui ne résout pas le problème principal : Est-il possible de rester dans l'emploi au delà de 50 ans ?
 
Rester dans l'emploi et surtout en retrouver un, une fois qu'on l'a perdu ! Mais, sur ce dernier sujet, il ne faut pas compter sur Laurence Parisot pour obtenir la moindre réponse. Car, selon la logique de l'organisation patronale, le salarié n'est qu'une variable d'ajustement dans une économie mondialisée. En clair, le jour où l'entreprise préfère recruter un plus jeunes (plus économique et moins revendicatif) à défaut de l'archaïque harcèlement moral, elle utilisera la moderne rupture conventionnelle. Par contre, pas question de perdre du temps avec les plus de 850 000 inscrits de plus de 50 ans à Pôle Emploi !
 
Soyons clairs madame Parisot, vous exigez que les salariés partent le plus tard possible à la retraite, votre objectif étant, comme votre ami François Fillon d'atteindre 67 ans. Mais pourquoi puisque vous refusez toute obligation ou quota en ce qui concerne les salariés âgés ?
 
En toute probabilité parce que vous savez qu'en repoussant au plus loin l'âge légal, il se trouvera bien un gouvernement qui mettra en place un pilier obligatoire de capitalisation permettant à ceux qui le peuvent de cotiser individuellement et de partir à la retraite à la carte en faisant l'impasse sur les pénalités du régime général !
 
Et ce jour, vos adhérents banquiers et assureurs pourront acheter la totalité du stock de vins de champagne pour fêter la captation sur le long terme de l'épargne des français en vue de financer leur retraite privée. Bien entendu, banques et assurances n'offriront aucune garantie à leurs clients (krachs financiers inclus) et pourront comme n'importe quel fond de pension spéculer et dépecer des entreprises pour verser au retraités leur pension.
 
Mais que vous importe, puisque vous auriez réussit là ou tous vos prédécesseurs ont échoué : liquider une bonne fois pour un des plus importants volet du programme du Conseil National de la Résistance. 
 
Alors, votre posture qui consiste à exiger une rencontre avec Marisol Tourraine la nouvelle ministre des Affaires sociales, pour faire revenir le gouvernement sur son projet de décret autorisant un départ à la retraite à 60 ans pour des salariés ayant commencé à travailler tôt, tout comme votre chantage, ne  trompent personne.
 
Mais peut être êtes, misez-vous sur une possible victoire des candidats de l'UMP aux législatives qui vous permettrait d'obtenir une précarisation généralisée des salariés, un nouveau report de l'âge légal de la retraite et ... son financement privé. 
 
Confirmant par là même que votre propos sur  « Les entreprises qui ne sont ni à gauche, ni à droite » était comme à l'accoutumée une aimable plaisanterie qui a du bien faire rire dans les couloirs du Medef ...


Crédit photo
FlickR CC - François Van Zon
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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 18:48

 

Marianne - Mardi 22 Mai 2012 à 12:00

SuperNo - Blogueur associé

Super No
Quadra d’origine lorraine, travailleur de l’informatique, et écologiste tendance... En savoir plus sur cet auteur

 

Après s'être ému devant des reportages sur l'esclavage des enfants, SuperNo se livre à une réflexion sur le capitalisme et ses ravages. Notre blogueur associé dénonce, avec virulence, cette obsession des dirigeants politiques qu'est la croissance et doute des capacités de Hollande et Obama de changer la donne.

 

(COLE CHARLIE/SIPA)
(COLE CHARLIE/SIPA)
Laissons, pour une fois, de côté les nouvelles fondamentales de la politique française (le jean de Cécile Duflot ou les parachutes de Le Pen et Mélenchon, par exemple) pour évoquer des sujets tellement secondaires que j’ai honte de devoir m’abaisser à en parler. Oui, je sais, j’ai déjà écrit là-dessus. Ici, il y a quatre ans. , il y a dix-huit mois. Depuis, rien n’a changé, bien évidemment.

L’émission Cash investigation de France 2 diffusait, la semaine dernière, un fort didactique reportage sur l’art et la manière qu’ont les multinationales, y compris françaises, de frauder le fisc à l’aide de montages abracadabrantesques élaborés par d’autres multinationales spécialisées, et qui ont pour point commun de passer par des filiales luxembourgeoises bidons.

Hier soir, France 2, décidément bien inspiré, a diffusé un nouveau reportage écœurant dans les ateliers de couture au Bangladesh et en Inde. Rien de bien nouveau sous le soleil, à vrai dire. On y apprend, images à l’appui, que dans ces ateliers travaillent des gamines de 12 ans, douze heures par jour, six jours par semaine, pour un salaire inférieur à un dollar par jour. Je pense qu’on peut parler d’esclavage. Il y a certes parfois des rebellions, mais dans l’ensemble, les multinationales n’ont pas à se plaindre. Merci pour elles.

Une fois les fringues cousues par ces esclaves, elles sont emballées dans des cartons et expédiées en occident par bateau dans des immenses conteneurs. Le voyage en bateau sert, en quelque sorte, de paravent entre la production et la consommation. Il transforme le malheur des uns en objet de désir des autres. Car, une fois arrivées ici, les fringues sont étalées dans des boutiques plus ou moins clinquantes, dans lesquelles le con-sommateur (et surtout -trice, il faut bien le dire) se précipite pour acheter, souvent pour quelques euros, de quoi vêtir toute la famille.

La publicité et le marketing font leur œuvre pour que le coût de fabrication, indécemment bas, fasse une multiple culbute, suffisante pour que les actionnaires deviennent milliardaires (c’est le seul but de la manœuvre), mais pas trop pour rester dans le business model de la con-sommation de masse, que la ménagère de moins de 50 ans revienne le plus souvent possible acheter, acheter et encore acheter.

Bien entendu, on n’affiche pas dans les boutiques la photo de ces milliers de gamines devant leur machine à coudre, dans un bruit infernal, sous la lumière des néons blafards et les aboiements du contremaître, ni dans leurs bidonvilles insalubres. Sinon les gens n’achèteraient pas, probablement. Au contraire, on y met les photos sur papier glacé de mannequins anorexiques ou de stars de cinéma soucieuses d’arrondir des fins de mois pourtant déjà bien rondelettes.

Tout cela a été parfaitement décrit dans le livre de Naomi Klein, No Logo , qui détaille le processus de décérébration des foules (et notamment des jeunes) qui conduit des humains en apparence ordinaires à être fiers de payer une fortune des objets fabriqués par des esclaves à un coût dérisoire.

Avant le bateau : le cauchemar. Après, le rêve.

Le reportage citait des marques. Monoprix, Ikea, Leclerc, Zara. Peu importe, il y a fort à parier que c’est partout pareil. On a pu assister à des scènes pathétiques de communicants à la langue d’ébène, niant que les images montrées aient pu exister, se cachant derrière des cahiers des charges, des chartes, des normes, des audits, jurant leurs grands dieux qu’ils avaient une éthique et que tout manquement à icelle devait être corrigé, et patati et patata.
Et ce sont les mêmes connards qui discutent des heures avec les fournisseurs pour baisser les prix d’un pouième de centime. Qui savent très bien que tous ces cahiers des charges sont du pipeau, que celui qui le signe sous-traitera et qu’au final les fringues seront fabriquées dans des conditions sordides par des gamines esclaves, tandis que les actionnaires se feront des couilles en or et se prélasseront sur leur yacht.

La richesse indécente a toujours besoin d’esclaves en nombre. Les bubons capitalistes purulents de Dubaï ou du Qatar  consomment environ 10 esclaves pour un habitant. Nous, c’est pareil, sauf que nos esclaves restent chez eux, fabriquant nos fringues, gadgets électroniques, bagnoles que les haut-parleurs de la pub et du dieu croissance nous ordonnent d’acheter frénétiquement et de jeter le plus vite possible.

Les magazines économiques, en plus d’appeler de leurs vœux la rigueur budgétaire, la baisse des impôts, et la disparition de tout secteur public, célèbrent ces grands entrepreneurs : regardez cette liste de milliardaires. Vous y reconnaîtrez le fondateur d’Ikea Ingvar Kamprad, première fortune européenne avec 33 milliards d’euros. Puis, un peu plus loin, entre Bernard Arnault et Liliane Bettencourt, vous trouverez Amancio Ortega, propriétaire de Zara, avec 30 milliards.

On marche sur la tête, non ?

L'indifférence assassine des millions d'enfants

Tant que j’y suis, je passe à autre chose. Non, en fait c’est la même chose. Je me souviens de la couverture de Libération au lendemain de l’assassinat des gamins devant l’école de Toulouse. (Vous la trouverez ) En voyant cette couverture, je m’étais dit que ce quotidien, dont le directeur Demorand semble avoir remarqué que les unes racoleuses avaient un effet bénéfique sur les ventes, d’où sa propension à en caser à toute occasion, aurait pu en faire une similaire, sur fond noir, mais aux caractères beaucoup plus petits, pour y faire figurer les noms et âges des 20 000 enfants morts de faim ce jour-là, comme tous les autres jours, d’ailleurs.

Comme le dit si justement Jean Ziegler, nous pourrions très bien nourrir ces enfants, et ils meurent quand même, c’est donc qu’ils sont assassinés.

Notre système trouve pourtant toujours les milliards, et même les dizaines de milliers de milliards, pour voler au secours de ces pauvres banquiers. Il a consacré plus de 1600 milliards l’an dernier à acheter des armes. Mais n’est pas foutu de trouver 30 pauvres milliards (la fortune de M.Ikea ou de M.Zara, tiens) pour nourrir la terre entière pendant un an. En même temps un banquier ou un marchand de canons, c’est quand même plus important que quelques millions d’enfants. Surtout noirs ou jaunes…

Gouvernement Ayrault : une supercherie

Tout ça, c’est la conséquence directe et indéniable de notre système capitaliste, libéral et croissanciste. De sa répartition incroyablement scandaleuse des richesses. De sa prédation par la finance et les spéculateurs. De ce phénomène incroyable qui fait que malgré les odes à la «valeur travail», ce ne sont jamais ceux qui travaillent qui s’enrichissent, mais des intermédiaires parasitaires. Ceux qui cultivent les fruits et légumes restent pauvres, tout comme la caissière du supermarché, mais pas le propriétaire de l’enseigne.

En France, nous avons de la chance : nous venons de chasser un gouvernement de droite, incapable et corrompu, pour le remplacer par un gouvernement de «gauche», qui respecte la parité et qui a signé une charte éthique.
Et surtout, son dicton est «le changement, c’est maintenant». Merveilleux, non ? Bon, on commence quand ?
Euh… Pour l’instant, le principal changement c’est qu’on peut venir au conseil des ministres en jean. Pour le reste, permettez-moi de douter. Car même si le QI moyen du gouvernement doit être au moins le double de celui du précédent, il suffit de gratter un peu pour constater la supercherie. Tous les postes importants sont occupés par des représentants de la «gauche de droite». Dominique Strauss-Kahn n’est plus là, mais ses disciples et ses idées sont restés. Enarques et membres du Siècle foisonnent. Pas un seul dangereux révolutionnaire gauchiste à l’horizon.
Pas une de ces personnes n’a l’intention de faire quoi que ce soit pour changer de paradigme. Tous se plaisent et se complaisent dans le capitalisme libéral, qui leur a d’ailleurs apporté richesse, puissance et gloire.

Le Premier ministre est le premier promoteur du projet mégalomaniaque et scandaleux de l’ayraultport de Notre Dame des Landes. Ce projet témoigne de son aveuglement total quant à l’évolution du monde et de ses ressources naturelles.

Quant au président Hollande, son déplacement aux Etats-Unis montre qu’il n’a rien compris non plus, pas plus qu’Obama, d’ailleurs. Délectez-vous de ces billevesées, reprises en boucle et sans le moindre sens critique par des médias tétanisés d’extase : «Le président François Hollande a fait état d’une “convergences” de vues avec son homologue américain Barack Obama sur la nécessité de relancer la croissance pour faire face à la crise, vendredi 18 mai à la Maison-Blanche, peu avant un sommet du G8. La croissance doit être une priorité (…).» La croissance, la croissance, la croissance… La même chose qu’avant, mais PLUS ! Plus d’esclaves, plus d’armes, plus de morts de faim, plus de paradis fiscaux. Plus de pétrole, plus de ressources naturelles, plus de pollution, plus de CO2. Et plus d’argent virtuel pour contourner les limites de l’économie réelle.

Pauvres aveugles ! Mai 2012, et ils n’ont toujours rien compris. Après avoir décidé de ruiner les peuples pour rembourser les banksters, ils décident désormais qu’il faudrait en fait encore emprunter aux banksters pour éviter la ruine des peuples…

Le secrétaire général adjoint de l’Elysée est aussi associé-gérant chez Rothschild

Quant à ceux qui croyaient que Hollande allait mettre la finance à genoux, même après la déclaration d’allégeance faite aux banksters de la City, pensaient-ils qu’il allait nommer Frédéric Lordon responsable du G20 pour la France ? Curieusement non, l’heureux élu de Hollande, secrétaire général adjoint de l’Elysée s’appelle Emmanuel Macron, 34 ans. C’est un disciple de Jacques Attali (dont l’ombre plane sur la «gauche» comme celle de Minc plane sur la droite), ex-membre de sa ridiculissime «commission sur le retour de la croissance». Et que fait-il dans la vie, ce petit génie ? Il est associé-gérant chez Rothschild, et le fait d’abandonner un salaire annuel de l’ordre d’un million d’euros est une preuve évidente de son désintéressement espoir de retour sur investissement.

Certains parlent de faire revenir ces usines en France… Les «socialistes» viennent même de créer un ministère marketing du Redressement productif, confié à Montebourg. Quelle rigolade ! Comment faire revenir en France des industries qui en sont parties, poussées par la perspective d’employer des esclaves et par les lois qui permettaient cette forfaiture ? Sans changer ces lois, sans revenir sur ce système ?

Juste pour rire, c’est un «socialiste» français, Pascal Lamy, qui dirige depuis sept ans l’Organisation mondiale du commence (OMC, ex GATT), le principal organisme responsable de la dérégulation du commerce mondial…
Tous ces gens sont d’accord sur un point : il faut améliorer la compétitivité de la France, et baisser le coût du travail. Pour l’aligner sur celui du Bangladesh, par exemple… Car tout le monde le sait, je l’ai même lu sur Twitter de la part de prétendus gauchistes : «Si on va fabriquer au Bangladesh, c’est que ça coûte trop cher de fabriquer en France.»
D'accord, réduisons donc le coût du travail… qui est principalement composé de plusieurs facteurs : le salaire ; les cotisations sociales (improprement baptisées «charges»). Réduire le coût du travail, cela signifie, au choix, réduire les salaires (ou travailler plus pour le même salaire), ou réduire les retraites, les remboursements de Sécu, les allocations chômage… Ou, pour être plus efficace, les deux. Supprimons par la même occasion toutes les «barrières à l’emploi», comme le salaire minimum, le code du travail, les congés, le paiement des arrêts maladie, et la retraite.

Pour finir, supprimons carrément tout salaire, et c’est le plein emploi garanti. Fort de cette compétitivité retrouvée, les entrepreneurs embaucheront massivement, et y vont voir, au Bangladesh, ce que c’est que la France compétitive ! Comment que Leclerc il va rapatrier fissa la fabrication de ses tee-shirts !

François Hollande, keynésien ?

Hollande semble devenu le héraut du keynésianisme, par opposition au néolibéralisme. Cette doctrine, qui prône la croissance par la demande, au besoin soutenue par l’Etat (et donc par l’endettement… On rêve !), a fait son temps pendant les Trente Glorieuses, qui ont suivi la deuxième guerre mondiale, avant d’être balayée par le n’importe quoi du néolibéralisme. Depuis, cette doctrine est caduque, anachronique.

C’est donc un grand bond en arrière de plus de trente-cinq ans que Hollande, tout ravi de jouer les vedettes au G8, propose au monde ébahi par tant d’originalité. Et même si la plupart de nos «socialistes» (Hollande lui-même, Ayrault, Fabius…) en sont effectivement restés à cette époque, le monde a changé, et va prochainement s’apercevoir que toute politique de croissance dans les pays occidentaux est vouée à l’échec et à la catastrophe.
Pénurie de pognon, pénurie de pétrole, pénurie généralisée de ressources (cf. «Peak everything », un très bon article dans Science et vie ce mois-ci sur la pénurie des métaux, mais Hollande et Obama ne lisent que le Financial Times), cette politique emmène l’humanité droit dans le mur. En klaxonnant.

Keynes, cité par Jean Gadrey (auteur de Adieu à la croissance ) avait tout de même prévu qu’après des décennies de croissance, un certain niveau de richesse serait atteint et l’objectif devait changer : «Il sera temps pour l’humanité d’apprendre comment consacrer son énergie à des buts autres qu’économiques.»
Hollande et Obama sont assurément moins cons que leurs prédécesseurs respectifs Sarkozy et Bush. Qu’ils le prouvent !

 

Esclavage, croissance, capitalisme... Le changement, c'est pour quand ?
Retrouvez SuperNo sur son blog.
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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 18:40

 

Marianne - Exclusif

Mardi 22 Mai 2012 à 15:10

 

Journaliste économique à Marianne En savoir plus sur cet auteur

 

François Hollande avait promis un «audit» des finances publiques par la Cour des comptes. Comme Marianne l'avait annoncé, la lettre de saisine étend l'audit à l'année 2013. Matignon attend des magistrats qu'ils soulignent la virtualité des 20 milliards d'impôts inscrits dans les documents fournis par Nicolas Sarkozy à Bruxelles. L'enjeu est de taille: ces 20 milliards conditionnent l'objectif de ramener à 3% le déficit budgétaire à cette date.

 

(Cour des comptes - WITT/SIPA)
(Cour des comptes - WITT/SIPA)
« Je demanderai un rapport bref sur l’état réel des comptes publics, sur ce qui a été promis durant la campagne par le candidat sortant et parfois dépensé », avait annoncé le candidat François Hollande. Chose promise, chose due. La Cour des comptes a reçu en debut de semaine sa lettre de course. Et celle-ci va un peu plus loin que ce qu'avait annoncé le candidat socialiste : « Savoir quelle est l’exécution de la finance modifiée pour 2012 » préliminaire à « un collectif budgétaire sur les comptes 2012. »


 

Ardoise de 2013 de Sarkozy : Matignon saisit la Cour des comptes
La lettre que nous publions montre bien que l'audit va au-delà de 2012. « L’objectif est d’évaluer la situation actuelle des comptes publics et les risques qui pèsent aujourd’hui sur la réalisation des objectifs de finances publiques pour 2012 et 2013 contenus dans les lois de finances et de financement de la sécurité sociale», peut-on y lire.

L'enjeu est de taille. Il s'agit ni plus ni moins que de demander aux magistrats de la rue Cambon d'invalider les chiffres fournis à Bruxelles par Paris sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Comme nous l'expliquions samedi 19 mai, dans L'ardoise de 20 milliards laissée par Nicolas Sarkozy, la promesse du précédent président d'atteindre les 3% de déficit budgétaire, promesse faite au nom de la France et conforme au  traité en voie d'élaboration, est soumise à une condition. Celle de voir débouler dans les caisses de l'Etat 20 milliards de prélèvements obligatoires nouveaux. Or ces milliards n'ont pas été votés au cour d'un des multiples plan de rigueur qui ont émaillé la fin du quinquennat.

Muni de cet audit, il sera dès lors plus loisible à François Hollande de se démarquer de l'objectif des 3% de déficit en 2013. A moins que le nouveau chef de l'Etat ne se décide à augmenter les impôts en plus des 29 milliards prévu dans son programme des 20 milliards manquants, ce qui semble non seulement inaccessible mais pour le moins incompatible avec ses déclarations sur la croissance.

Ce trou était cependant connu des socialistes qui n'ont eu de cesse de le dénoncer durant la campagne. Leur programme de finances publiques pour le quinquennat a cependant fait l'impasse, faisant comme si de rien n'était. Et pour cause, sans ces 20 milliards, François Hollande aurait été bien incapable de faire sienne la promesse de Nicolas Sarkozy d'atteindre les 3% de déficit en 2013. Passage obligé pour assurer sa stature de responsable et de sérieux.

Paris vaut bien une promesse.
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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 18:32
Porte-monnaie 22/05/2012 à 09h53

Emilie Brouze | Journaliste Rue89

  • En banlieue parisienne, Liliane vit avec une retraite de misère, comme de plus en plus de femmes âgées. Rue89 a passé son porte-monnaie au rayon X.

Liliane dans un café de Pontoise, en mai 2012 (Emilie Brouze/Rue89)

« Je préfère pas qu’on se voie chez moi, j’ai trop honte », lâche Liliane au téléphone, quelques jours avant notre rendez-vous. Une semaine plus tard, dans un café de Pontoise (Val-d’Oise), elle explique : « J’ai un appart’ de pauvre, ça se voit. »

La dernière fois, raconte-t-elle, un petit garçon de l’immeuble est passé devant sa porte entrebâillée et a dit : « C’est moche, il y a rien. » C’était un enfant mais ça l’a « blessée ». Liliane ne reçoit jamais personne chez elle, sauf Jennifer, qu’elle a rencontrée au Secours catholique – « Elle ne me juge pas. »

La vieille dame partage ce 40 m2 – un logement social niché dans un HLM du Nord de Pontoise – avec son frère qui, sans ça, serait à la rue. Une table de nuit sépare leurs deux lits. Il y a aussi « Ange », son petit chat, et ses deux chiens.

« C’est grâce à mes animaux que je tiens le coup. Peut-être que des gens vont pas comprendre, je m’en fous. C’est mon soutien. »

« Je n’étais plus qu’une merde »

La vie cabossée de Liliane a débuté à la prison pour femmes de Fresnes (Val-de-Marne), il y a 62 ans. Bébé, sa mère l’abandonne à l’assistance publique qui la place dans une famille d’accueil, puis une autre. Après son BEP cuisine-couture, elle se marie sur un coup de tête à la majorité avec un « alcoolique violent et coureur de jupes ». Cinq enfants plus tard, ils se séparent. Elle est alors veilleuse de nuit dans un hôpital et dort dans sa Peugeot 304, en attendant. Il lui fait la vie dure : elle finit par « fuir ».

La voilà sur les rails et les routes. Docker au havre, cueilleuse en saison, concierge et souvent sur les fichiers des agences d’intérim... Mais surtout à la rue.

« Le jour où je me suis assise sur le trottoir, je n’étais plus qu’une merde. »

Liliane parle sans s’arrêter, égraine avec détails différents moments de sa vie. A plusieurs reprises, ses yeux sont pleins de larmes. Parfois, elle s’arrête de parler. Ou sourit, et ça la rend plus vivante.

Son morceau de vie passé à Chambéry est le plus heureux. Un poste de femme de ménage dans un centre de tri la fait sortir de la rue, le 4 mars 1987. « Un samedi », précise-t-elle (Liliane cite toujours les dates au jour près). Elle reste six ans près des montagnes, jusqu’à son départ pour Paris, à la recherche de sa « vraie famille », et y retrouve l’un de ses frères.

« J’ai baissé les bras »

Femmes âgées

Dans son rapport de 2012 [PDF], l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale (ONPES) s’inquiétait de la précarité grandissante des femmes âgées. Le taux de pauvreté des plus de 75 ans s’établit à près de 15%.

 

Deux facteurs principaux sont avancés : la perte d’un conjoint et le bas niveau de pension, en raison d’une carrière incomplète.

Installée à Pontoise, Liliane boucle en deux ans une formation de poissonnerie. Son truc :

« J’aime le contact avec les gens. J’en ai rencontré de merveilleux, riches ou pauvres. Ça me manque. »

Mais une allergie l’oblige à laisser tomber son CDI. « Je l’ai pleuré. »

A Pontoise, elle tombe aussi amoureuse d’un grutier, Christian. Un cancer le ronge, elle le soigne. Il mourra quelques jours après leur mariage, le 31 août 1998. Elle porte toujours son alliance.

« Depuis, j’ai baissé les bras. Je n’ai jamais retrouvé du boulot. »

Aujourd’hui, Liliane vivote, usée par une santé fragile. Elle passe une grande partie de ses journées sur Internet où elle discute politique sur sa page Facebook et sur des forums du Front de Gauche (elle a voté « JLM » au premier tour de la présidentielle). Devant l’ordinateur, Liliane a aussi ses jeux préférés, comme « Cityville », dans lequel il faut vendre des bonbons pour construire des maisons.

Liliane milite dans plusieurs associations, dont ATD Quart Monde depuis 2003 (elle ne paye pas de cotisation). Elle se rend aux réunions et a sympathisé avec d’autres membres :

« On parle du combat de la misère, comment enrayer le fléau de la pauvreté. Ça m’apporte de la joie. Quand on a le savoir de la pauvreté, on peut en parler. Tout ça, j’en suis fière. »

Revenus : 634 euros par mois

  • Pension de retraite : 448 euros par mois

Liliane reçoit chaque mois une minuscule retraite : elle n’a pas cotisé en étant mère au foyer (comme beaucoup de retraitées), puis sans-domicile et chômeuse. Il lui manque soixante trimestres. « Encore trois ans comme ça avant de toucher ma retraite à taux plein. »

Seuil de pauvreté

Calculé par l’Insee, ce seuil correspond à 50% ou 60% du niveau de vie médian en France, suivant la définition adoptée. Soit de 795 euros (50%) ou 954 euros (60%) en 2009.

 

Avec l’augmentation des revenus, ce seuil n’a cessé d’augmenter ces quarantes dernières années. 4,5 millions de personnes étaient « pauvres » (seuil à 50%) en 2009 – dont 3,7% chez les plus de 60 ans.

Avec un revenu de 448 euros par mois, Liliane est largement en-dessous du seuil de pauvreté dressé par l’Insee (lire ci-contre).

Jusqu’au mois de septembre 2011, Liliane bénéficiait de l’allocation aux adultes handicapés : elle touchait environ 771 euros par mois.

Mais sa demande n’a pas été renouvelée malgré sa maladie orpheline, son arthrose et une dégénérescence musculaire dans le haut des cuisses. Elle se déplace d’ailleurs péniblement, appuyée sur une canne :

« Ils m’ont dit que je n’était plus assez handicapée. »

Liliane a appris il y a quelques semaines qu’elle pourrait demander l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa). « Il faut que je me renseigne. » Cette aide correspond à un versement maximum de 777,17 euros par mois, selon les revenus du bénéficiaire.

  • APL (aide personnalisée au logement) : 186 euros par mois

Dépenses fixes : 345 euros

  • Loyer : 272 euros par mois

Liliane loue un appartement au Logis social du Val-d’Oise. Elle paie 96 euros par mois et touche à côté 186 euros d’aide personnalisée au logement (APL).

La somme comprend le chauffage ; elle ne paie ni taxe foncière, ni taxe d’habitation.

Son frère participe financièrement ni au loyer, ni aux charges.

  • Gaz et électricité : environ 50 euros par mois
  • Eau : 11 euros par mois
  • Assurance habitation : 12 euros par mois
  • Internet : 0 euro

La retraitée a accès à Internet grâce la connexion de son frère. Ce dernier lui a prêté un ordinateur, il en possède un autre.

  • Mutuelle : 0 euro

Depuis janvier 2011, Liliane a laissé tombé sa mutuelle : son prix avait grimpé de 68 à 138 euros.

Liliane ne se soigne pas. Elle devrait par exemple se faire arracher une dent malade. Impossible, dit-elle, d’avancer l’argent pour une consultation chez le médecin et de payer un éventuel dépassement d’honoraire. Ses lunettes, dont le verre gauche est fendillé, lui ont coûté 10 euros à Leclerc il y a quelques années : elles ne sont pas à sa vue.

Elle ne pouvait pas toucher la couverture maladie universelle (CMU) avant septembre car ses revenus dépassaient alors le plafond fixé (9 164 euros par an). Elle compte faire rapidement la demande :

« J’attends de toucher la CMU pour tout reprendre mes examens. »

  • Impôts : 0 euro

Dépenses variables : 275 euros environ

  • Transports : 0 euro

Liliane a une carte Rubis : gratuite pour toutes les personnes âgées de plus de 60 ans, elle lui permet de se déplacer en bus dans toute la région Ile-de-France. Mais pas sur les lignes exploitées par la RATP.

Liliane s’est rendue à Paris pour la dernière fois en 2004. L’aller-retour de Pontoise au centre de la capitale, 40 minutes environ, coûte 11 euros. « Trop cher », explique-t-elle.

  • Alimentation : 185 euros

- courses : environ 180 euros par mois

Tous les 10 du mois, quand elle reçoit sa retraite, Liliane va faire ses courses dans les supermarchés hard discount Ed. Elle y achète principalement des gros paquets de pâtes – « les moins chères » – du riz et des pommes de terre – « des sacs à 2 euros les 10 kilos » – qu’elle prépare sautées à la poêle. Le tout agrémenté d’un peu de viande fraîche en promo, qu’elle congèle :

« Le mois dernier, j’ai fait un extra : deux rôtis pour 10 euros. J’ai trouvé ça valable. »

Liliane ne prend qu’un repas par jour. « Je tire au maximum de ce que je peux tirer », se justifie t-elle.

Les fruits sont trop onéreux et il est rare qu’elle ajoute des légumes à son panier. Parfois « une salade ou un kilo de carottes ». Liliane refuse d’aller aux Restos du cœur :

« Au début, j’y allais, mais j’ai trop honte. C’est pour ma fierté, ma dignité. »

La vieille dame compte, dans la somme de 180 euros, les produits ménagers et la lessive.

- petit déjeuner : 4,90 euros par mois

Une fois par mois, avant d’aller faire ses courses, Liliane s’accorde un « petit plaisir » : prendre le petit déjeuner au bar du Leclerc. Un café, un croissant et un verre de jus d’orange pour 4,90 euros.

« Des fois, je voudrais me payer une glace ou, quand je broie du noir, un café. Je peux pas. »

  • Animaux : 30 euros par mois pour des croquettes et de la pâté

Elle sait que c’est cher mais se défend : « Ils sont mon soutien. »

  • Téléphone : autour de 12 euros par mois

Elle recharge son portable avec des cartes prépayées. Le plus souvent, ce sont ses copines de l’association qui, connaissant sa situation, l’appellent.

  • Livres, magazines : 8 euros par mois environ

Tous les trois ou quatre mois, Liliane achète quelques livres et des magazines. Elle lit Le Parisien, Le Bien Public ou L’Express gratuitement sur Internet.

  • Dette : 10 euros par mois

Liliane raconte avoir eu un compteur d’eau chaude défectueux l’année dernière : elle n’a alors pas payé son loyer pendant quatre mois, pour protester. « J’ai eu tort. » Le 20 janvier 2012, elle reçoit un avis d’expulsion. Le juge, au regard de sa situation, a demandé en avril à étaler le remboursement de sa dette (980 euros).

  • Tout le reste : environ 30 euros

Cela comprend les produits hygiéniques ou l’huile, le beurre et, de temps en temps, quelques yaourts ou une salade. Sans oublier les achats ponctuels.

Liliane porte les mêmes vêtements depuis des années – « Je suis très précautionneuse. » Le mois dernier, elle a quand même acheté trois paires de chaussures en soldes – elle n’en avait plus. L’une à 8 euros, l’autre à 9 euros, et une troisième, plus chère :

« J’ai tiqué pour prendre la troisième : une paire un peu habillée, pour mes réunions, à 12 euros. »

« Je n’ai pas de loisirs. » Liliane est « fan de pêche » mais, après un coup d’œil sur Internet, a réalisé que le permis était trop cher. Elle allait au cinéma mais ne peut plus se le permettre. Ses seules distractions sont Internet et les associations dans lesquelles elle milite.

Epargne : rien

Autour du 15-20 du mois, Liliane n’a plus rien. Elle ne se plaint pas, explique qu’elle n’aime pas montrer ses conditions de vie et insiste :

« La santé, c’est un trésor, quand ça fout le camp, ça revient pas. »

Quand elle évoque sa vie, Liliane tient des paroles dures :

« J’ai l’impression que je suis arrivée au bout du rouleau. »


Liliane devant ses comptes dans un café de Pontoise, en mai 2012 (Emilie Brouze/Rue89)

 

 

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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 18:25

 

Rue89 - Elodie Cuzin Journaliste

Publié le 22/05/2012 à 11h53

Des machines à sous (Tedmurphy/Flickr/CC)

Pour lutter contre la crise, Madrid et Barcelone s’arrachent depuis des mois les faveurs du roi américain des casinos, rêvant de décrocher la construction d’un gigantesque temple du jeu, quitte à assouplir les lois... et retomber dans les pires excès qui ont justement précipité l’Espagne au cœur de la tourmente économique, dénoncent les opposants au projet.

Il ne reste que quelques jours : « La décision sera prise en mai » et annoncée d’ici l’été, ont affirmé les responsables de Las Vegas Sands, propriété du magnat américain Sheldon Adelson, quatorzième homme le plus riche du monde, selon Forbes.

Depuis des mois, la traque de ce roux dégarni et ventripotent occupe autant les paparazzis espagnols qu’une image de Penelope Cruz, Ronaldo et Messi dansant ensemble sur « Ai Se Eu Te Pego ».

Et les photos du milliardaire américain volées lors de ses visites discrètes auprès des gouvernements régionaux de Madrid et de Barcelone rythment un suspens haletant : qui des deux villes, éternelles rivales, remportera le juteux contrat d’Eurovegas ?

Sous ce petit nom donné en Espagne au projet, se cachent :

  • 6 casinos,
  • 12 hôtels avec 36 000 chambres,
  • 9 salles de spectacle,
  • 3 terrains de golf.

Soit un investissement global de 15 à 20 milliards d’euros, selon les médias. Et surtout jusqu’à 260 000 emplois directs et indirects. De quoi donner un travail à « plus de la moitié des Madrilènes au chômage », se réjouit la présidente de la région de Madrid, Esperanza Aguirre.

La récession frappe l’Espagne, où un actif sur quatre est au chômage, et plus d’un jeune actif sur deux n’a pas d’emploi. Cette manne hypothétique est donc « un grand projet », a renchéri le président de la Catalogne, Artur Mas.

Plutôt un « centre européen des congrès »...

Insistant sur l’activité plus « noble » que le jeu, celle des séminaires et congrès, qui, comme à Las Vegas, pourraient être organisés par centaines dans ce nouveau complexe hôtelier, le lobby œuvrant pour l’industrie espagnole du tourisme, Mesa del Turismo, bénit l’aubaine. Son président Abel Matute a déclaré L’Expansion :

« Dans des circonstances aussi dramatique que celles d’aujourd’hui, l’hypothèse que Madrid puisse compter sur des infrastructures de ce type et se convertir en centre européen des congrès doit être soutenue. »

La soutenir, quitte à assouplir les lois ? C’est ce que dénoncent les opposants au projet, qui se sont regroupés sous la banderole « Eurovegas No ». Lors de la présentation de la plate-forme à Madrid, l’un de ses membres, Carlos Ruiz, a dénoncé :

« Ça va être une zone franche où les lois seront fixées par cet investisseur. »

L’Américain exige de nombreuses faveurs

Sheldon Adelson aurait en effet réclamé, selon les médias, plusieurs faveurs au gouvernement espagnol et aux responsables locaux avant de se décider à construire ou non en terre ibérique. Notamment :

  • que la loi sur le blanchiment de capitaux soit modifiée sur cette « zone franche » ;
  • être exempté du paiement des cotisations sociales de ses employés pendant deux ans ;
  • bénéficier de l’obtention plus rapide de permis de travail pour les employés étrangers de Las Vegas Sands ;
  • bénéficier d’un moratoire de dix ans sur les impôts sur le jeu ;
  • que l’Etat espagnol se porte garant des emprunts contractés par Las Vegas Sands ;
  • suspendre l’interdiction de fumer dans le complexe, pourtant en vigueur en Espagne dans les bars, restaurants et autres lieux fermés depuis début 2011.

Rodrigo Fernández Miranda, l’un des porte-parole d’Eurovegas No dénonce « avant tout l’opacité qui couvre les négociations des autorités avec Las Vegas Sands ».

Plus de 200 000 emplois, vraiment ?

La plate-forme a bien demandé des informations plus précises sur les négociations en cours au gouvernement et aux autorités locales de Madrid (gouvernement régional et mairie), mais sans succès pour l’instant. « Silence administratif », regrette Rodrigo qui s’indigne :

« C’est ce qui nous rend suspicieux : que cherche-t-on à cacher ? A l’évidence, ces négociations ne se font pas pour le bien commun des citoyens espagnols. Et instrumentaliser la situation dramatique que traverse l’Espagne pour éviter l’opposition à ce projet est irresponsable. »

Surtout que la manne promise d’emplois (260 000), du moins dans les « fuites » publiées dans les journaux, est largement exagérée, selon Eurovegas No.

Ses militants estiment que le chiffre devrait être bien inférieur, en se basant sur le nombre d’employés des casinos déjà existants de Las Vegas Sands, à Singapour, Macao, et bien sûr Las Vegas (Le Venetian). Rodrigo Fernandez Miranda accuse :

« Il est fondamental de ne pas parler seulement de quantité d’emplois mais de qualité. Or ici, on parle d’un travail précaire. »

Alors, jackpot ou non ? Réponse, peut-être, le 7 juin, date fixée pour le conseil annuel des actionnaires où pourrait être révélé le nom du « gagnant ».

 

 

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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 18:19

acrimed.org - par Henri Maler, le 22 mai 2012

 

Sous ce titre de notre choix, nous publions, avec l’autorisation de son auteure, une lettre de Vicky Skoumbi, rédactrice en chef de la revue grecque αληthεια (Acrimed).

Chères amies, chers amis,

Le jeudi 16 mai, j’ai participé à l’émission d’Arte 28 minutes sur le thème : La Grèce, talon d’Achille de l’Europe ?

Je viens de visionner l’émission telle qu’elle a été diffusée et j’en crois pas mes yeux : le passage où je disais que l’aide accordée à la Grèce a été en réalité une aide aux créanciers du pays, et que les plans de sauvetage successifs ont été conçus pour protéger les créanciers d’un défaut éventuel de la Grèce, tout en plongeant le pays dans une récession de l’ordre de 20 % en le menant tout droit à la faillite, a tout simplement disparu ! Si vous regardez attentivement, vous constaterez les traces de coupure par des enchaînements assez abrupts et la non-fluidité de la parole après la première intervention de Benjamin Coriat.

De même est passé à la trappe, un passage vers la fin où j’avais évoqué une confrontation qui n’est pas de nature nationale entre Grecs et Allemands, mais bel et bien entre deux camps transnationaux, c’est-à-dire entre ceux qui, en marchant littéralement sur des cadavres, défendent les intérêts du secteur financier d’une part, et d’autre part ceux qui défendent les droits démocratiques et sociaux et en fin de compte le droit à une vie digne de ce nom. Je prends à témoin Benjamin Coriat qui participait à l’émission et qui pourrait certifier que j’ai bien tenu ces propos dont la trace disparaît sous les ciseaux du censeur.

Car, cela relève tout simplement de la CENSURE. Une question s’impose : Qui donc contrôle Arte et qui filtre les infos ainsi ?

Je l’avoue, je n’en reviens pas. L’émission a été enregistrée "dans les conditions du direct" deux heures et demie avant sa diffusion et que je sache cette formule veut dire qu’on ne coupe pas, à la limite on refait une prise si on a un souci, ce qui a été le cas pour les présentations. Et même si la pratique établie est de couper un peu les longueurs, comment se fait-il que les deux coupes principales portent, comme par hasard, sur des propos concernant les vrais bénéficiaires de l’aide à la Grèce, c’est à dire les banques, ainsi que sur le caractère fallacieux de la supposée confrontation gréco-allemande ?

Comme vous pouvez d’ailleurs sans doute le constater vous-même, mon temps de parole correspond à un tiers - peut-être même moins - de celui de monsieur Prévelakis. Celui-ci, avec sa proposition d’un médiateur, sous la tutelle duquel devrait se mettre la Grèce, proposait rien de moins que de suspendre les procédures démocratiques en Grèce et de donner à Sarkozy (!) la position d’un tuteur du peuple grec qui ne saurait être représenté par ses élus, surtout si ceux-là appartiennent par malheur au Syriza. J’ai bondi mais on ne m’a pas laissé le temps de réagir en coupant là l’émission.

Conclure l’émission sur ce propos est absolument scandaleux. Cela n’honore pas, loin de là, Arte qui se revendique d’une sensibilité démocratique. D’ailleurs, si vous regardez un peu attentivement le déroulement juste avant la fin, vous verrez que la dernière question s’adresse à moi, madame Quin se tourne bien vers moi et non pas vers M. Prévélakis. Et ma réponse concernant les deux Europe qui s’affrontent et qui précédait la conclusion de Georges Prévélakis, est passée complètement à la trappe.

Bref, les coupures, la répartition inégale du temps de parole, la conclusion sur un appel à suspendre la démocratie en Grèce, tout cela, si n’est pas de la manipulation de l’information, c’est quoi au juste ?

Voilà bien des questions sur le traitement de l’information par une chaîne européenne qui se veut indépendante.

Merci de diffuser ce message le plus largement possible et de l’afficher sur les réseaux, si vous voulez bien.

Vicky Skoumbi,
rédactrice en chef de la revue grecque αληthεια

 

 

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Grèce
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