Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 14:37

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Partenariats public-privé

Euro 2016 : de nouveaux stades trop grands et trop chers qui bénéficieront d’abord aux géants du BTP

par , Vincent Grimault

 

 

 

Le championnat d’Europe de football, qui se déroulera en France du 10 juin au 10 juillet, échappera-t-il aux scandales qui accompagnent régulièrement le coût pharaonique des nouveaux stades, comme en Grèce pour les JO de 2004, ou au Brésil pour la coupe du monde 2014 ? Pour la construction et la rénovation des stades de l’Euro 2016, les collectivités françaises ont une nouvelle fois mis la main au portefeuille. Bien souvent à travers des partenariats publics-privé engageant les finances publiques pour plusieurs décennies, pour le plus grand bénéfice des concessionnaires des stades, les grands groupes du BTP. Enquête sur des opérations coûteuses et risquées, en partenariat avec le mensuel Alternatives économiques.

Ils sont grands, ils sont beaux, ils sont neufs, et l’espace de quelques matchs, ils seront pleins et colorés. Ensuite ? La plupart des stades utilisés pendant l’Euro 2016 seront réinvestis par les clubs français. Et ils retrouveront probablement leur visage plus classique : des enceintes surdimensionnées, aux gradins clairsemés. Qui laissent une belle facture à de nombreuses villes françaises.

Après l’obtention de l’organisation de l’Euro 2016 en mai 2010, plusieurs nouveaux stades ont été lancés et d’autres rénovés. A l’époque, les partenariats public-privé (les fameux PPP, voir schéma) sont à la mode. Ce mode de gestion permet aux villes d’être propriétaires des stades au final tout en investissant peu à court terme, car une part importante de l’investissement initial est prise en charge par un acteur privé. En échange, la ville s’engage à lui verser un loyer annuel convenu à l’avance. Les villes auraient pu choisir de laisser les grands clubs financer eux-mêmes leur stade, comme cela se pratique au Royaume-Uni ou en Espagne, mais en France, « les maires préfèrent que les stades appartiennent à la ville, parce qu’ils tiennent à être chez eux dans leur stade », explique un ancien membre des plus hautes instances du football français. D’où les centaines de millions d’euros de dépenses publiques engagées pour des stades qui hébergent surtout des clubs et des compétitions privées. Les villes de Nice, Bordeaux, Lille ou encore Marseille ont signé des partenariats de ce type. Six ans après, le bilan alterne entre mauvais et catastrophique.

 

Syndrome de la « cathédrale vide »

Selon nos informations, la Cour des comptes a d’ailleurs lancé une enquête nationale pour estimer le coût de l’Euro, et notamment celui des stades. « A l’époque, les PPP étaient la panacée. On en a tous mésestimé les effets, y compris les analystes », confesse Olivier Monna, économiste du sport au Centre de droit et d’économie du sport de Limoges (CDES). Parmi ces effets, l’engagement de long terme pris par les municipalités ressemble à une bombe à retardement : au Mans par exemple, depuis la liquidation du club professionnel suite à de mauvais résultats, la ville paie 3,2 millions par an à Vinci pour un stade qui n’accueille plus de rencontres régulières, et dont elle ne sera effectivement propriétaire qu’en… 2044.

Outre la question du financement, celle de la taille de ces stades se pose également. Les nouveaux stades et les rénovations ont permis d’augmenter fortement la capacité des enceintes françaises, mais le public n’a pas suivi au même rythme : « jusque-là, on a créé plus de sièges vides qu’on a occupé de sièges supplémentaires », observe Jérôme Latta, journaliste et fin connaisseur du football. Ce syndrome de la « cathédrale vide » [1] qui guette (voir graphique) vient surtout de l’envie de copier le « modèle allemand ».

 

D’autres voies possibles

En 2006, l’Allemagne organise la Coupe du monde et profite de l’événement pour construire ou rénover la plupart de ses grands stades. Dix ans après, les enceintes allemandes sont pleines et rapportent à elles seules un quart des recettes des clubs d’outre-Rhin, contre 10 % seulement pour les clubs français, notamment grâce aux « sièges à prestations », ces places VIP très chères qui donnent droit à des services supplémentaires (repas, loges privées, etc.).

Problème : les décideurs politiques et sportifs ont établi un diagnostic erroné de l’exemple allemand. « Dans leur esprit, le stade est une sorte de pierre philosophale qui doit enclencher par magie un modèle économique rentable, explique le sociologue Ludovic Lestrelin. C’est oublier que la culture foot est beaucoup plus enracinée en Allemagne. On vient au stade pour le club, son histoire, et pas seulement lorsque les résultats sont bons. » Certes, pour se prémunir de l’aléa sportif, les nouveaux stades français ont été conçus pour être multifonctionnels et pouvoir accueillir des concerts ou des événements d’entreprise. Mais cela ne suffira sans doute pas, notamment parce que « les nouvelles enceintes sont loin des centres-ville, mal desservies, regrette James Rophe, président de l’Association nationale des supporters. Globalement, nous n’avons pas été associés à leur conception ». Ces enceintes ont tout de même vu le jour « parce qu’un grand stade neuf, ça fait rêver les élus, qui espèrent en tirer des bénéfices en termes d’image », ajoute Jérôme Latta.

Si des stades plus modernes étaient nécessaires pour améliorer la compétitivité des clubs français et pour pouvoir accueillir l’Euro, rien n’obligeait à dépasser autant les critères requis par l’UEFA. D’autres voies étaient en effet possibles. A Rennes, Nantes ou Saint-Étienne, les stades ont été rénovés à moindres frais. Les sièges des tribunes populaires du Stade Geoffroy-Guichard à Saint-Étienne sont par exemple désormais rétractables : ils peuvent avoir un dossier — condition exigée par l’UEFA pour l’Euro 2016 — ou ne plus en avoir pour les matchs de club, pendant lesquels les supporters préfèrent rester debout. Un investissement certes moins vendeur qu’une enceinte neuve, mais plus conforme aux moyens des collectivités locales.

 

Bordeaux : « Pas d’obligations de service public »

- Stade Matmut Atlantique
- 42 000 places
- Construction : 197 M€
- Propriétaire : ville de Bordeaux
- Gestionnaire : filiale de Fayat et de Vinci

Le nouveau stade bordelais « sera essentiellement dédié à la pratique du football professionnel. La ville ne souhaite pas imposer d’obligations particulières de service public. » Cette phrase, inscrite dans un rapport de 2010, ne figure pas dans le contrat final liant la ville aux exploitants du stade. « Mais dans les faits, on en reste là, dénonce Matthieu Rouveyre, conseiller municipal PS : Vous avez payé le stade, mais si vous voulez y faire courir les bambins des écoles, vous devez le louer ! » La mairie de Bordeaux a versé 17 millions d’euros pour la construction. Si l’on ajoute les autres collectivités publiques, l’investissement public initial s’élève à 75 millions, sur un montant total de 197 millions. Il faut ajouter à cette mise de départ les loyers versés pendant trente ans par la ville à la Société Bordeaux Atlantique (SBA) – filiale de Fayat et de Vinci – qui exploite le stade. En 2011, la ville parlait de 3,6 millions d’euros annuels.

« Les taux d’intérêts ont baissé, c’est aujourd’hui 1,5 million », explique Nicolas Florian, adjoint en charge des finances. La mairie va aussi rembourser chaque année à SBA une partie des impôts locaux : pour 2,6 millions d’euros, affirme l’opposition... 1,2 million « seulement », répond la majorité. Combien le stade coûtera-t-il au final à la ville ? « On le saura dans trente ans », grince un juriste qui s’est penché sur ce partenariat public-privé (PPP). Le Conseil d’État, saisi par Matthieu Rouveyre, vient de forcer la mairie à revoter la délibération autorisant la signature, jugeant l’estimation des coûts en 2011 « incomplète ». « Cela fera jurisprudence, se réjouit l’opposant, au sujet de ces contrats où tous les risques, et notamment sportif, pèsent sur la personne publique ! » « L’actionnaire des Girondins, M6, a signé une lettre d’intention », répond Alain Juppé : même si l’équipe descend en Ligue 2, il continuera à payer son loyer (3,85 millions). Cela reste une lettre « d’intention », rappelle Matthieu Rouveyre.

 

Lille : un partenariat public-privé attaqué en justice

- Stade Pierre-Mauroy
- 50 000 places
- Construction : 324 M€
- Propriétaire : Métropole européenne de Lille
- Gestionnaire : filiale d’Eiffage

Un stade tout neuf avec un toit ouvrant et une pelouse rétractable, cela coûte cher : 324 millions d’euros plus 161 millions d’aménagements autour à la charge des collectivités. Une facture qui pourrait encore s’alourdir : selon nos informations, le tribunal administratif a été saisi par Elisa, la filiale d’Eiffage créée pour ce PPP, après l’échec d’une procédure de conciliation avec la Métropole européenne de Lille (MEL). Le géant du BTP réclame en effet 167 millions d’euros pour des travaux non prévus : « cela va des normes parasismiques à la moquette des loges pour les invités », énumère une source qui souhaite rester anonyme. Ce n’est ni le premier surcoût ni la première procédure en justice dans la jeune histoire du Stade Pierre-Mauroy. Une autre instruction est toujours en cours, au pénal cette fois, au sujet de l’attribution du contrat à Eiffage.

Le juge d’instruction Gentil s’interroge sur le revirement des élus de la MEL : en janvier 2008, un premier rapport considérait que l’offre de Bouygues était la plus compétitive avec un loyer de 10,7 millions par an sur trente et un ans, devant celle d’Eiffage (14,2 millions par an). Un second rapport inversait ensuite le classement. La chambre régionale des comptes y a vu « une procédure opaque ». Eric Darques, ancien élu à l’origine de la plainte, qualifie le second rapport de « faux grotesque et antidaté ». Deux fonctionnaires ont été mis en examen et le siège de la MEL a été perquisitionné. « Cette différence de loyer annuel représente au total 108 millions pour les contribuables sur les trente et un ans de contrat », clame Eric Darques.

Martine Aubry répond qu’elle a depuis renégocié le deal, pour parvenir à un loyer net proche de celui proposé par Bouygues. Dans le budget primitif 2016, « 9,7 millions d’euros sont consacrés au partenariat public-privé du stade ». « Une simple astuce comptable, affirme Bruno Bogaert, fondateur de l’association Les 2sous du Grand Stade. Certaines sommes ont été réintégrées dans les crédits, certaines taxes réaffectées à la métropole, etc. ». Pour ne rien arranger, si le Losc, le club résident, descend en Ligue 2, il ne verserait plus qu’un million d’euros par an à la MEL, contre 4,7 actuellement. Contactée, la MEL n’a pas donné suite à nos sollicitations.

 

Lyon : un stade « 100 % privé », vraiment ?

- Parc Olympique Lyonnais
- 59 000 places
- Construction : 410 M€
- Propriétaire : Olympique Lyonnais
- Gestionnaire : Olympique Lyonnais

« C’est un stade qui ne coûtera pas un sou au contribuable ! » Jean-Michel Aulas, le président de l’Olympique Lyonnais (OL), n’a cessé de le répéter, son projet est « inédit » en France : un stade neuf, construit entièrement sur fonds privés. La belle histoire n’a qu’un défaut, elle n’est qu’à moitié vraie. Si 410 millions d’euros pour la construction de ce stade de près de 60 000 places sont bien sortis des proches de l’OL, de ses actionnaires et des emprunts bancaires, « sans l’intervention publique, le stade n’aurait pas pu voir le jour », explique un important investisseur qui a choisi de s’implanter sur le site du stade. D’abord, parce que l’OL a eu besoin d’une loi en 2009 pour que le stade, bien que privé, soit déclaré d’intérêt général, débloquant les recours juridiques déposés depuis des années par les associations d’opposants. Ensuite, parce qu’un stade a besoin d’infrastructures pour acheminer les spectateurs. Le Grand Lyon estime avoir ainsi investi 200 millions d’euros dans ce but.

Les opposants avancent plutôt le chiffre de 450 millions d’euros, accusant la métropole de masquer certains coûts. « Tout dépend du périmètre retenu », arbitre Michel Forissier, sénateur-maire de Meyzieu, voisine du stade. « Il est normal que le public finance l’accès à des équipements privés. Mais une part de ces investissements n’a été pensée que pour le stade et pas pour le développement global de l’est lyonnais », regrette-t-il. Si tous les acteurs reconnaissent que le montage lyonnais est préférable à un partenariat public-privé, les opposants rappellent que le conseil général du Rhône a permis le bouclage du projet en se portant garant à hauteur de 40 millions d’euros. « Si Jean-Michel Aulas n’arrive pas à tout rembourser, le conseil général prendra le reste à sa charge, fulmine Étienne Tête, opposant historique (EELV) au projet. C’est ça, le 100 % privé ? »

- Lire aussi : Quand le foot business aggrave la spéculation et exproprie des paysans

 

Marseille : « C’est surréaliste ! »

- Stade Vélodrome
- 67 000 places
- Rénovation : 268 M€
- Propriétaire : ville de Marseille
- Gestionnaire : filiale de Bouygues

En 2009, quand la mairie de Marseille décide d’agrandir et de couvrir le stade Vélodrome, elle parle d’un coût entre 120 et 160 millions d’euros. Ce sera finalement 268 millions, dont 43,5 pour la ville et 90 pour l’État et les autres collectivités. Le reste a été avancé par Arema, filiale de Bouygues. Pendant les trente-cinq ans du contrat, la mairie va lui verser un loyer de 12 millions d’euros selon Jean-Claude Gaudin, le maire de Marseille. Mais la mairie a provisionné 15,2 millions dans le budget 2016. Un chiffre plus conforme aux calculs de la chambre régionale des comptes, qui l’estime à 14,6 millions par an en moyenne. Ce partenariat public-privé a été voté, à la quasi-unanimité du conseil municipal, sur la promesse que l’OM, le club résident, verserait à la ville entre 7 et 8 millions d’euros par an. Mais rien n’avait été signé.

« C’est surréaliste de ne pas avoir trouvé d’accord avec l’OM avant de signer le PPP », s’étrangle Jean-Christophe Lapouble, maître de conférences à Sciences-Po Bordeaux et spécialiste des PPP. En position de force, le club a en effet pu ramener le loyer à 3 millions en 2015, 4 millions les deux années suivantes, plus une part variable : 20 % des recettes de billetterie au-delà de 20 millions d’euros. « Une arnaque », dénonce Stéphane Mari, président du groupe PS au conseil municipal. En 2015, malgré une bonne affluence (53 130 spectateurs), l’OM n’a en effet versé que 3,75 millions d’euros, a reconnu Roland Blum, l’adjoint aux finances. Cette année, les Marseillais ont déçu sur le terrain… et n’ont pas rempli le stade (42 015 spectateurs en moyenne). « Quand les joueurs perdent, c’est le contribuable qui paie », résume Hervé Menchon, conseiller d’arrondissement EELV. Contactée, la mairie n’a pas donné suite à nos sollicitations.

 

Nice : cher, et beaucoup de questions sans réponse

- Allianz Riviera
- 36 000 places
- Construction : 209 M€
- Propriétaire : ville de Nice
- Gestionnaire : filiale de Vinci

Nice a enfin son nouveau stade, l’Allianz-Riviera et ses 35 000 places, après deux projets avortés, dont l’un du fait de la justice en 2006. Est-ce pour autant la fin des problèmes ? Pas vraiment, comme l’illustrent les perquisitions menées en juin 2015 dans les bureaux de la mairie de Nice. Cette enquête fait suite à un rapport de la chambre régionale des comptes sur le partenariat public-privé (PPP) signé entre la ville et Vinci. Premier élément troublant : l’attitude de Bouygues. Alors que son offre initiale était nettement moins chère que celle de ses concurrents Vinci et Cari, Bouygues a fortement augmenté son prix dans l’offre finale. Un élément qui soulève, selon le président de la chambre régionale Louis Vallernaud, des « interrogations » auxquelles la ville de Nice « n’a pas apporté de réponses satisfaisantes ». « C’est grave, s’insurge Jean-Christophe Picard, président de l’association anticorruption Anticor. On va donc se constituer partie civile pour avoir accès aux éléments de l’enquête », qui se poursuit dans la plus grande discrétion.

La chambre note aussi que la ville a annulé les pénalités que lui devait Vinci pour avoir livré le stade en retard (3,3 millions d’euros). Elle estime également qu’un partenariat public-privé ne se justifiait pas, notamment parce que le stade accueille aussi Nice One, un centre commercial, dont l’un des propriétaires est actionnaire… de l’OGC Nice, le club de football résident. « Comme prévu, le grand perdant du nouveau stade, c’est le contribuable niçois », se désole Patrick Allemand, élu de l’opposition. Le maire, Christian Estrosi, s’était engagé à ce que le stade ne coûte pas plus de 8,3 millions d’euros par an à la ville. Cette année, celle-ci a pourtant prévu de dépenser 11,9 millions d’euros.

Textes : Vincent Grimault et Jean Saint-Marc


- Ce dossier a été réalisé en collaboration avec la rédaction du mensuel Alternatives économiques dans le cadre d’un projet commun de développement du journalisme d’investigation économique et social, soutenu par la Fondation Charles Leopold Meyer

Repost 0
6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 14:22

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Souveraineté alimentaire

Des riverains de plantations d’huile de palme bloquent l’AG du groupe Bolloré

par

 

 

 

Le blocage est décidément à l’ordre du jour en France. C’est au tour du siège du groupe Bolloré, à Puteaux (Hauts-de-Seine), de subir cette méthode de protestation. Le 3 juin au matin, pendant près de trois heures, une centaine de manifestants sont venus pacifiquement bloquer différentes entrées du siège de l’un des plus puissants groupes français. Ces personnes ont tenté d’interpeller les actionnaires du groupe Bolloré qui se rendaient à leur assemblée générale.

Représentant des organisations de la société civile en France (Confédération paysanne, ReAct, Survie etc.), mais aussi au Cameroun, au Congo démocratique, en Sierra Léone, en Côte d’Ivoire et au Cambodge, ces hommes et ces femmes veulent attirer l’attention sur les conditions d’exploitations de milliers d’hectares de plantations par des filiales de sociétés dans lesquelles le groupe Bolloré détient une participation déterminante.

 

 

Particulièrement visée, la société luxembourgeoise Socfin, dont l’actionnaire principal est le groupe Bolloré, avec 39 % des parts. C’est cette holding, aux ramifications nombreuses, qui détient ou exploite des plantations industrielles de palmiers à huile et d’hévéas dans de nombreux pays d’Afrique et d’Asie. Depuis 2008, année après année, hectare après hectare, elle connaît une expansion continue. Avec des conséquences sur la vie des riverains des exploitations et, à la clef, de nombreux conflits sociaux.

« Les surfaces plantées des sociétés africaines de la Socfin sont passées de 129 658 à 185 324 hectares entre 2009 et 2015, soit une augmentation de plus de 40%. Ces expansions provoquent de graves conflits avec les populations riveraines qui sont privés de terres et voient leurs conditions de vie sans cesse se dégrader », estime l’association ReAct.

 

 

Regroupés depuis le 5 juin 2013 autour d’un collectif international, l’Alliance Internationale des Riverains des plantations Bolloré-Socfin, ils dénoncent, entre autres, « l’accaparement aveugle des terres ne laissant aux riverains aucun espace vital et mise en terre de cultures vivrières », ainsi que « la faiblesse des compensations accordées aux populations riveraines ».

Raphaël est cambodgien, le cou enserré d’un krama, le foulard traditionnel cambodgien. Il parle avec calme et détermination alors que la police et les vigiles tentent de le repousser : « Ce que nous voulons dire, c’est que Bolloré et ses filiales ne doivent pas faire la loi, ni au Cambodge, ni en Afrique ». Lucien vient du Congo et il est en colère : « Je ne comprends pas que le groupe Bolloré fasse des milliards de bénéfices en Afrique alors que la misère y est toujours si forte, que les gens n’arrivent pas à se nourrir ! ».

 

 

La souveraineté alimentaire des pays où la Socfin est présente constitue l’une des principales préoccupations des activistes français venus en soutien. Une discussion ubuesque s’engage entre un agriculteur français et un actionnaire du groupe Bolloré. Ce dernier évoque le « génie des ancêtres Bolloré à qui les chinois ont révélé les secrets du papier à rouler ». « Je suis paysan français, rétorque le militant de la Confédération paysanne, et je ne saurais accepter qu’on empêche d’autres paysans de vivre de leurs propres terres ».

 

 

Les organisations ont demandé à rencontrer la direction du groupe Bolloré, mais leur sollicitation n’a pas abouti. En fin de matinée, les forces de l’ordre sont intervenues, sans violence, pour faciliter l’accès des actionnaires à l’assemblée générale. Au moment où nous publions ces lignes, les représentants du groupe Bolloré n’ont pas répondu à nos demandes de réaction. Un porte-parole du groupe a cependant déclaré à l’AFP que « cette manifestation est une recherche de spectaculaire qui était inappropriée car le groupe Bolloré est un actionnaire minoritaire, non gestionnaire de la Socfin » (voir ici). Le groupe envisage de porter plainte contre les organisations qui ont manifesté pour « viol de propriété » et « destruction de matériel ».

 

Texte : Eros SANA
Photos : © Eros Sana - Collectif OEIL

 

A lire également :
- Accaparement de terres : le groupe Bolloré accepte de négocier avec les communautés locales
- L’article de synthèse de Basta ! sur l’accaparement des terres

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social Ils réagissent
commenter cet article
6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 14:18

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

VIDEO - En déplacement à la Poste de Montreuil, Macron touché par des jets d'oeufs

 
 
VIDEO - En déplacement à la Poste de Montreuil ce 6 juin au matin, Emmanuel Macron a été visé - et touché - par des jets d'oeufs lancés par des opposants à la loi Travail. L'un des membres du service d'ordre le protégeant en a pris un en plein visage.
 
Un membre du service d'ordre de Macron reçoit un oeuf en plein visage - Capture d'écran
 

Si l'un des hommes qui l'accompagnaient n'avait pas fait barrage de son corps, Emmanuel Macron se serait à coup sûr pris un oeuf en plein visage. Lors d'un déplacement à la Poste de Montreuil ce 6 juin au matin, dans le but de dévoiler le timbre émis pour les 80 ans du Front Populaire, le ministre de l'Economie a été accueilli par des manifestants anti-loi Travail, très hostiles, jetant des boulettes de papiers et des oeufs dans sa direction.

Selon , une centaine de militants de la CGT et du Parti communiste attendaient le ministre ce matin-là. Macron, encadré de très près par le service d'ordre, s'est déplacé difficilement entre sa voiture et l'entrée de la poste, les hommes l'entourant étant obligés de le protéger de leurs mains contre les jets d'oeufs. L'un d'eux s'en est d'ailleurs pris un en plein visage, comme le montre la fin de cette vidéo postée par l'Union régionale CGT d'Ile-de-France :

 

 

Le ministre n'a pas été totalement épargé. Comme l'a repéré , une femme présente a posté une photo d'Emmanuel Macron visiblement touché par des éclats d'oeufs :

 

Arrivée de

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social Ils réagissent
commenter cet article
5 juin 2016 7 05 /06 /juin /2016 21:16

 

Source : http://www.lemonde.fr/big-browser

 

 

Vidéo et lacrymo : leurs vies de reporters en manif

LE MONDE ECONOMIE | • Mis à jour le | Par

 

 

Manifestation du 1er mai a Paris.

Depuis le début de la contestation contre la loi travail, des grappes de caméras et de smartphones fleurissent dans les cortèges. Dans le no man’s land qui sépare la ligne des CRS et les premiers manifestants, les preneurs d’images sont toujours plus nombreux et forment désormais une sphère aux profils divers. Certains sont de toutes les manifestations, casques sur la tête parfois surmonté d’une petite caméra GoPro, avec lunettes et masques à gaz. La plupart sont jeunes, certains sont photographes ou vidéastes pour des agences ou des sites indépendants, certains ont été militants, d’autres ont des liens avec les médias traditionnels.

 

En première ligne, ils se sont imposés au fil du mouvement. Et revendiquent l’immersion comme méthode de travail. Chez Taranis News, un site d’information centré sur les mouvements sociaux, on ne produit que des reportages longs, parfois jusqu’à 20 ou 30 minutes. Depuis le début de la mobilisation, Taranis News a dépassé les 4 millions de vues sur la plateforme Youtube. Pour Gaspard Glanz, le fondateur, âgé de 29 ans, le format long s’impose : « J’en ai tellement marre de ces sujets de télé ou tout est verrouillé politiquement : en une minute trente, il y a une seule analyse, s’agace-t-il. Nous, on montre ce qui s’est passé, en plans longs, sans commenter. Ce sont vos yeux et vos oreilles qui vous donnent l’info. »

Et de là, rien de plus simple pour Gaspard Glanz que de balayer d’un revers de main les accusations de « militantisme » qui lui collent à la peau, notamment en raison de ses engagements passés contre le contrat première embauche, en 2006, puis à l’université Rennes-2. Lui se place en « journaliste ». « Je fais mon maximum pour montrer les violences des deux côtés, précise son complice de terrain Alexis Kraland, fondateur de la chaîne Youtube Street Politics. Et finalement, à part les syndicats policiers, il y a peu de gens pour me traiter de propagandistes d’extrême gauche. »

Dans une manifestation contre la « haine anti-flic » organisée par le syndicat policier Alliance le 18 mai dernier, le secrétaire général de l’UNSA-police Philippe Capon a dénoncé les « pseudo-reporters, ennemis déclarés du camp de la paix publique qui relaieront outrancièrement le geste malheureux d’un collègue excédé ». En retour, les concernés assurent que la police les « vise » délibérément.

 

Les journalistes, « des cibles identifiées » ?

Les actions des forces de l’ordre touchent d’ailleurs tous types de preneurs d’images, qu’ils soient amateurs, indépendants ou affiliés à des grands médias. « On a aujourd’hui atteint un degré de violence inédit envers les journalistes », regrette Olivier Laban-Mattei, photographe qui a travaillé sur le mouvement pour Le Monde. « Notre matériel ne se distingue pas de celui des autres. Difficile de faire la différence entre un observateur qui travaille pour un média ou un blog et un manifestant qui est dans une démarche d’activisme », raconte-t-il. Tout en soulevant cette question : « Les policiers confondent-ils les journalistes avec les manifestants qui filment ou sommes-nous devenus des cibles identifiées ? »

 

Vendredi, les syndicats de journalistes SNJ, du SNJ-CGT et de la FIJ/FEJ ont clairement dénoncé des « violences » policières, dans un communiqué commun.

Car sur ce point, tous ne tarissent pas d’exemples : le 2 juin, à Rennes, plusieurs journalistes indépendants et affiliés, notamment à Ouest-France et Libération, ont été pris à partie par la police. Mais il y a aussi cette image du photographe « Nnoman » visé par un lanceur de balles de défense (LBD) au cours d’une Nuit Debout. Ou cet appareil photo que l’on tente d’arracher à Simon Guillemin, photographe, qui filme la scène avec une GoPro fixée sur son casque. Ces multiples coups de matraque sur des casques siglés « TV » ou « presse ».

 

 

Les images de violences font « bondir » l’audience

Certains ont connu un baptême du feu. « La première fois que j’ai pris un éclat de grenade de désencerclement dans la jambe, je ne savais même pas ce que c’était », avoue Pierre Gautheron, un photographe de 20 ans qui a signé pour le site Streetpress un reportage « au coeur du black bloc ». « Vous le sentez pendant quelques jours », abonde Rémy Buisine, 25 ans, qui n’était pas du tout habitué aux manifestations. S’il a commencé à filmer le mouvement Nuit debout en direct avec son smartphone, c’est plutôt comme spécialiste des réseaux sociaux : le jour, il est « community manager » pour Voltage et Ado FM.

Celui dont les « live » avec l’application Periscope sont suivis par 10 000 à 80 000 internautes interviewe longuement des manifestants mais constate que les violences font toujours « bondir » l’audience. Dans les « têtes de cortèges », certains s’en prennent au mobilier urbain ou à ce qu’ils considèrent comme des symboles du capitalisme. Rémy Buisine se tient alors un peu à l’écart car il filme au téléphone, mais aussi par « sécurité », en raison des « intimidations » de manifestants.

 

« Ceux qui nous disent d’arrêter de filmer sont les premiers à réclamer des images quand il y a des violences policières, en tant que preuves », remarque Rémy Buisine. Ce dernier, ainsi qu’Olivier Laban-Mattei, ont été témoins de la scène où un manifestant a été gravement blessé à la tempe après un lancer de grenade de désencerclement, le 26 mai à Paris. Taranis a également « fait acquitter » un manifestant grâce à une vidéo. De son côté, Mediapart a publié, le 31 mai, une compilation de violences policières. Aucune image n’est issue d’un média traditionnel.

Usant et peu rémunérateur

Les relations entre les grands médias et les vidéastes embedded dans les défilés sont distantes mais existent : ces derniers se retrouvent parfois à jouer « l’office du tourisme de la manif » pour des journalistes de chaînes d’info en continu, chambre Gaspard Glanz, avec une pointe de morgue. Les télévisions et sites Web de presse reprennent régulièrement des images d’indépendants ou d’amateurs, comme celles de la voiture de police brûlée à Paris. L’AFP achète parfois des images repérées en ligne. Mais malgré ces succès ponctuels, suivre le mouvement rapporte très peu d’argent à ces reporters indépendants. « On a travaillé à perte jusqu’à mi-avril », explique M. Glanz, qui n’a pas de carte de presse et dont l’agence est notamment financée par les vues générées sur Youtube.

Malgré l’investissement physique consenti depuis trois mois, les preneurs d’images combattent l’usure. Trouver des façons de renouveler son travail est un autre défi. « C’est un mouvement assez hétéroclite et intergénérationnel, raconte Rafael Yaghobzadeh, collaborateur régulier du Monde. Il y a beaucoup de choses à photographier. » « Les manifestations ont évolué vers des formes nouvelles, avec des occupations de lieux et des manifestations spontanées de nuit », complète « Nnoman ».

Dans un témoignage très relayé sur Facebook, Pierre Gautheron explique : « C’est très formateur, un mouvement social pour un jeune photojournaliste. » Il y médite sur la difficulté de rester « neutre » ou de ne pas céder aux réflexes de la « meute » de journalistes. Avant de saluer la fraternité nouée sur les pavés au printemps : « On se répète au fil des semainesLe jour où ça se termine, on se voit tous ensemble et on fait la fête. »

 

 Alexandre Piquard
Journaliste médias

 


Source : http://www.lemonde.fr/big-browser

 

 

Repost 0
5 juin 2016 7 05 /06 /juin /2016 21:05

 

Source : https://www.francebleu.fr

 

 

Loi Travail - Manifestant tabassé à Caen : "cette police là n'a rien à faire dans un pays démocratique !"

Par Boris Letondeur, France Bleu Normandie (Calvados - Orne) vendredi 3 juin 2016 à 13:09

 

 

Monji Essanaa et son avocat Maître Claude Marand-Gombar

Monji Essanaa et son avocat Maître Claude Marand-Gombar © Radio France - Boris Letondeur

 

La vidéo de son tabassage par un policier lors de la manifestation contre la Loi Travail du jeudi 26 mai a fait le tour du web. Monji Essanaa, éducateur sportif de 54 ans, s'exprime une semaine après pour que lumière soit faite et que l'"agression gratuite" qu'il a subie ne reste pas impunie.

Monji Essanaa sort de son silence. Une semaine après avoir essuyé les coups de policiers lors de la manifestation contre la Loi Travail, l'éducateur sportif caennais de 54 ans reste dans l'incapacité d'exercer son métier. A l'arrêt de travail d'une journée délivré par son médecin dans les heures qui ont suivi l'agression, s'est ajouté une semaine d'ITT pour le quinquagénaire qui souffre notamment d'un décollement de la plèvre.

 

 

Mobilisé contre la Loi Travail depuis le départ

"J'avais déjà manifesté contre le CPE en 2006 et là, je suis mobilisé contre la Loi Travail depuis le début. Jeudi 26 mai, j'étais à la manifestation prévue par les organismes syndicaux, de l'EPSM du Bon Sauveur jusqu'à la place du Théâtre. J'ai estimé que faire une heure de marche pour se plaindre de la Loi Travail n'était pas suffisant donc j'ai suivi le cortège qui est reparti vers 12h30".

 

Frappé à 6 reprises au moins

 

 

 

"Place Gardin, je me suis assis sur un bloc de granit pour ranger mes lunettes cassées dans mon sac. Le temps de regarder à l'intérieur, je vois la police à ma hauteur. Le policier me passe devant, je me dit que je suis tranquille mais non, il fait un pas en arrière et me dit : "qu'est-ce que tu fous là toi ?". Je lui explique que je range mes lunettes mais il ne cherche pas à comprendre et me donne un coup sur l'épaule. Je tente de lui redire ce que je fais et là il me remet un coup dans le bas du dos. En tentant de me lever, je trébuche sur le bloc de pierre".

"Une fois à terre, il m'assène un coup de pied, de semelle, sur la poitrine. Je me dit que je n'ai plus qu'à me mettre en boule, à me protéger la tête. J'ai senti au moins deux coups, puis un policier me dit : "relève-toi, tu repars dans la manif !". J'ai été surpris et j'ai répondu que je ne voulais pas y retourner. On m'a ensuite menacé de me redonner des coups si je ne repartais pas. Alors j'y suis allé à travers les fumées des gaz lacrymogènes et en reprenant un coup au passage".

 

Décollement de la plèvre

"Dans l'après-midi, je suis allé chez le médecin parce que j'avais des douleurs à la poitrine puis je suis allé porter plainte dans la foulée. La policière a été compréhensive, on a essayé de bien détailler le déroulement de ce qu'il s'est passé. Le lendemain, j'ai eu la police des polices et j'ai passé une radio qui a révélé un pneumothorax, un décollement de la plèvre. J'ai eu deux arrêts de travail : l'un d'un jour et l'autre d'une semaine".

"J'ai toujours des douleurs à la poitrine lancinantes et puis quand je fais des inspirations ou expirations fortes. Mon médecin m'a conseiller d'aller aux urgences si j'avais le moindre essoufflement. Pour l'instant, je ne peux plus enseigner parce qu'en cas d'intervention, je prends le risque d'aggraver les problèmes pulmonaires".

 

Rien à faire dans la police s'il ne sait pas se contrôler

"La police peut être énervée après plusieurs semaines de mobilisation, mais on est professionnel. Moi, j'ai été pompiers de Paris, quand on est sur des feu très longs, fatigué ou pas, on doit se contrôler. Le comportement qu'il a eu n'est pas un comportement professionnel. J'ai l'impression qu'il s'est fait plaisir, qu’il s'est acharné sur moi. Ce type de personnage n'a rien à faire dans la police s'il ne sait pas se contrôler".

"Je comprends les jeunes qui sont énervés, "haineux" contre la police. On aime la police quand elle rend service, quand elle donne des coups de main, quand elle nous soutient. C'est comme dans un couple quand tout se passe bien qu'on est sympathique, on est content d'être avec mais quand elle un un comportement qu'elle ne devra pas avoir, d'agressivité, de violence, on n'a pas envie de l'aimer cette police, elle n'a rien à faire dans un pays démocratique".

 

Maître Marand-Gombar : "Les vidéos de l'agression sont essentielles dans l'affaire !"

Pour plaider sa cause devant la justice, Monji Essanaa a fait appel aux services de Maître Claude Marand-Gombar. L'avocat pénaliste caennais entend bien aider son client à clarifier les faits et obtenir des excuses de la part du policier incriminé.

"Il faut clarifier les choses, savoir pourquoi il y a eu des comportements inadmissibles. On veut en tirer des conclusion et des conséquences pour éviter la reproduction de comportements de même nature. Il est insupportable d'entendre que les policiers présents ce jour là puissent se dire en état de légitime défense. Toutes les conditions d'une éventuelle légitime défense ne sont pas réunies. Est-ce tellement compliqué dans notre société quand un personnel commet un acte totalement inapproprié, de présenter des excuses ?"

"Ce dossier est exceptionnel, non pas en raisons de la gravité des comportements parce qu'il y en a déjà eu dans le passé mais parce que nous avons des éléments de preuves. S'il n'y avait pas les vidéos, les photos, cette affaire  aurait eu beaucoup plus de mal à prospérer en terme de suites judiciaires. Ces images sont essentielles, quand on voit les coups de matraques, de semelles, on imagine assez mal que l'on puisse contester la réalité des coups d'une part et mettre en avant l'existence d'une possible ou prétendue légitime défense".

 

France Bleu Normandie (Calvados - Orne)

 

 

 

Source : https://www.francebleu.fr

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social Ils réagissent
commenter cet article
5 juin 2016 7 05 /06 /juin /2016 20:50

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

Le grand entretien

Tristan Harris : « Des millions d’heures sont juste volées à la vie des gens »

 

 

 

Cet ingénieur informatique a quitté Google après avoir été leur « philosophe produit ». Là-bas, il a réfléchi à des téléphones plus éthiques, qui ne nous feraient plus perdre de temps, en vain. Aujourd’hui, il veut déclencher une prise de conscience.

 

Tristan Harris a été le « philosophe produit » de Google pendant trois ans. Ça vous laisse perplexe ? Nous aussi, au début.

On a découvert cet ingénieur informatique américain formé à Stanford via un post de Medium passionnant titré « Comment la technologie pirate l’esprit des gens ». Il y explique (en anglais) comment les entreprises de la Silicon Valley nous manipulent pour nous faire perdre le plus de temps possible dans leurs interfaces.

Concrètement, Facebook a intérêt à ce qu’on scrolle son fil d’actu toute la journée, et pour ça, il nous détourne de notre intention initiale. Pour vérifier l’heure et le lieu du concert de ce soir par exemple, nous sommes obligés de passer par le newsfeed. C’est ce qu’il appelle des « stratégies de persuasion », et les ingénieurs de la Sillicon Valley l’apprennent à l’école.

Tristan Harris a créé un label, Time Well Spent, pour faire en sorte que les technologies nous redonnent du pouvoir au lieu de nous transformer en zombies boulimiques de notifications et de flux d’infos. Nous en avons discuté avec lui via Skype.

 

Tristan Harris à TedX Bruxelles

Tristan Harris à TedX Bruxelles - TedX
 

Rue89 : En tant que jeunes urbains connectés, on a parfois cette sensation d’étouffer de technologie, au point de vouloir parfois jeter nos smartphones par la fenêtre.

Mais est-ce que c’est si grave, pour toi ?

Ça nous rend vraiment fou, en fait (rire). Pour résumer, il faut penser ta vie comme une liste de choix. Là, maintenant, tu me parles sur Skype, et à cause des obligations sociales, ce serait grossier si tu commençais à regarder quelque chose d’autre.

Mais si d’un coup la conversation coupe, qu’est-ce qui détermine ce que tu fais ensuite ? Il y a une liste invisible de ce qui te semble le plus important ou le mieux à faire qui tourne dans ta tête.

Vivre, c’est choisir des choses dans cette liste invisible, ce menu. Et le problème est que notre téléphone met un nouveau choix au menu, qui sera toujours mieux en apparence, plus gratifiant, que la réalité. Ce n’est pas vrai, mais ça nous donne cette impression.

 

Economie de l'attention : que tu veux/ce que l'entreprise veux

Economie de l’attention : que tu veux/ce que l’entreprise veux - Blog de Tristan Harris

 

Sauf, sauf, si tu as une meilleure connexion aux autres : quand tu as une discussion vraiment passionnante pendant ton diner, tu ne vas pas te dire « c’est pas top, allons regarder s’il y a mieux sur Internet ».

Mais si tu t’ennuies, que tu fais la queue, ça aura l’air mieux, tu te dis que ce sera plus productif, que tu pourras apprendre quelque chose, que tu ne te sentiras plus seul, que tu pourras envoyer ce message en plus, etc.

Le téléphone sera cette chose qui rentre en compétition avec la réalité, et gagne. C’est une sorte de drogue. Un peu comme les écrans de télévision, mais disponibles tout le temps et plus puissants.

Le problème, c’est que ça nous change à l’intérieur, on devient de moins en moins patient avec la réalité, surtout quand c’est ennuyeux ou inconfortable. Et parce que la réalité ne correspond pas toujours à nos désirs, on en revient à nos écrans, c’est un cercle vicieux.

Ce qui est mauvais, c’est que nos écrans, en nous « remplissant », tout en nous donnant faussement l’impression de choisir, menacent notre liberté fondamentale de vivre notre vie comme on l’entend, de dépenser notre temps comme on le veut. Et remplacent les choix que l’on aurait fait par les choix que ces entreprises veulent que l’on fasse.

 

Ça ne risque pas de s’arranger, j’imagine…

C’est vrai. Parce qu’on est dans une économie de l’attention, avec une compétition entre les applications, ça va devenir de pire en pire.

Comme la réalité virtuelle ou immersive, qui va devenir plus persuasive que la réalité physique. Et qui voudrait rester dans le réel quand on lui propose de faire l’amour avec la personne de ses rêves ou d’aller cueillir des arcs-en-ciel ? Et je ne suis pas dans un truc futuriste là, Facebook a déjà sorti son Oculus Rift.

 

Mark Zuckerberg au Mobile World Congress de Barcelone, le 21 février 2016

Mark Zuckerberg au Mobile World Congress de Barcelone, le 21 février 2016 - Facebook

 

Ce serait quoi un design « éthique », du coup ?

Ce serait des technologies qui nous rendraient notre liberté de choix. Si ton téléphone fonctionnait pour toi, il ne te dirait pas, comme aujourd’hui « voici tout ce que tu es en train de manquer ». Il ne te ferait pas entrer dans cette matrice créée de toutes pièces.

En fait, il y a un phénomène d’addiction à ces sollicitations. La première chose que font 80% des gens le matin, c’est d’allumer leur téléphone. C’est quelque chose qui va exister de toutes façons, donc la réponse n’est pas : jetons la technologie par la fenêtre.

La réponse à l’addiction n’est pas l’abstinence parce que ça serait transféré ailleurs. La réponse à l’addiction est de connecter les gens entre eux. Il y a beaucoup de recherches en ce moment là dessus : si tu mets des gens addicts dans une communauté très forte, alors ils ne se sentent plus seuls, et ils ne sont plus accros.

Pour que les technologies nous aident à combler ces besoins humains fondamentaux au lieu de prendre leur place, il faut qu’elles changent. Ce ne sera pas quantitatif comme avoir moins de notifications. Tous ces écrans seraient radicalement différents, ils créeraient, par design, du lien social.

 

« Wall-e » (film de 2008), que Tristan Harris prend en exemple - Andrew Stanton
 

Par exemple, au lieu de se coucher le soir ou de se lever le matin en ouvrant Facebook et en se comparant à tous nos autres amis, notre téléphone nous ferait de la place pour nous connecter aux gens auxquels on tient. Si on fait du yoga le matin, ça n’ouvre pas une application de yoga, mais ça te propose de le faire avec tes amis, ceux qui en font en même temps que toi.

 

Mais Facebook et d’autres créent du lien social. Ça me permet de garder contact avec des amis à l’autre bout de la terre par exemple.

Il faut se garder de penser en noir et blanc. Oui, d’une certaine façon la technologie est fantastique, elle fait plein de trucs incroyables. Mais il y a aussi un tas de ratés, si on veut, qui ont pour conséquence que les gens se sentent très mal.

Par exemple, LinkedIn, occasionnellement, nous aide à trouver un boulot. Tous les jours des gens y vont pour travailler et cette entreprise, au lieu de se demander comment les aider à ça, se demande « comment je fais pour qu’ils passent le plus de temps possible dans mon application » ?

C’est un peu tendu de dire ça, mais bon, c’est comme réveiller des gens qui sont dans une secte, qui croient en un système qui est vraiment puissant et fait vraiment des choses pour eux. Et c’est très inconfortable pour eux de voir la vérité en face, que ce système n’est pas totalement bon.

 

Comment es-tu devenu conscient de ces problèmes ?

Ça a commencé quand j’étais magicien — je n’étais pas un magicien très sérieux, je n’ai donné qu’un spectacle en terminale (rire). Mais il y a une façon de penser que la magie t’enseigne. Au lieu de penser à ce que l’esprit peut faire, il faut trouver ces petites asymétries de perception. Ce qui veut dire qu’il y a des choses qu’un magicien fait et que le public ne verra pas. Même si, quelque part, c’est juste devant leur nez. Ça t’enseigne les limites de l’attention et du choix.

Plus tard, à l’université, j’étais un ingénieur traditionnel en informatique à Stanford, j’ai travaillé chez Apple dans les logiciels en tant que stagiaire, à 19 ans, et j’étais très enthousiaste à l’idée que la technologie nous donnerait du pouvoir — il y avait Steve Jobs qui disait que les ordinateurs pouvaient être des bicyclettes pour notre esprit, nous donner le pouvoir de penser et d’agir différemment.

Ma dernière année à Stanford j’ai choisi le cours pour devenir membre du laboratoire de persuasion technologique de Stanford. Qui était assez connu en fait pour enseigner aux étudiants comment entrer dans la psychologie des gens, et rendre les produits plus persuasifs et efficaces.

« Persuasifs », ça semble bizarre comme mot dans ce contexte, mais ça veut dire : comment tu conçois un formulaire pour que les gens le finissent ? Si tu veux que quelqu’un ouvre un mail, comment tu le fabriques pour que ça soit le cas ?

On a appris toutes ces techniques, qui ressemblent à celles des magiciens. Dans ce cours, un des fondateurs d’Instagram était mon partenaire projet, et aussi beaucoup de gens qui avaient rejoint Facebook, qui sont ensuite devenus des designers et des psychologues importants dans l’entreprise. Donc j’ai vu sous mes yeux cette connexion entre les étudiants qui s’entrainaient à toutes ces stratégies et ces entreprises, qui utilisent ces principes tout le temps. Parce que c’est la clé du succès économique, faire en sorte que les gens passent le plus de temps possible sur leurs services.

La question est : quelle est la morale derrière ? Comment tu définis le bien ? Parce que ces gens, qui n’ont pas de mauvaises intentions en soi, ne sont pas des philosophes de 90 ans, mais de jeunes designers vivant à San Francisco.

 

Tu étais l’éthicien de Google pendant trois ans ou le «  philosophe produit  », ça veut dire quoi ?

En fait, j’ai été embauché chez Google après le rachat d’une application que j’avais lancé, Apture, qui était une sorte d’interface pour souligner et commenter des pages web.

Là-bas, j’ai rencontré des gens qui concevaient la sonnerie du téléphone, j’allais à des réunions où les gens se disaient « envoyons une notification à chaque mail ». J’étais dans des équipes qui allaient façonner l’attention de milliards de personnes.

Parce que j’avais été magicien, que j’avais appris la persuasion technologique à Stanford, je voyais à quel point Google et d’autres compagnies dans la tech allaient affecter la vie des gens et ça me préoccupait. Surtout qu’il n’y avait pas du tout de réflexion là-dessus, on ne se demandait pas si ça allait être bon pour les gens. Et c’est normal, parce que c’est difficile de prendre ses responsabilités pour tout l’impact que tu as. C’est un travail difficile déjà de faire marcher ces objets, donc si en plus tu dois penser à l’impact sur les utilisateurs, ça fait beaucoup.

Après un an là-bas donc, je pensais déjà à partir, et je sentais qu’il y avait ce débat qui manquait à Google. Donc avant de quitter l’entreprise, j’ai décidé de faire une présentation, un manifeste.

J’y ai expliqué comment une poignée de personnes, des hommes pour la plupart, vivant à San Francisco, décidaient de la façon dont des milliards de personnes dans le monde utilisaient leur attention.

Ce ratio n’a jamais existé auparavant : qu’un si petit nombre de personnes deviennent les architectes en chef de ces sortes de villes invisibles qui connectent des milliards de gens entre eux, pas par des routes mais par le design d’un téléphone.

C’était un gros succès et on m’a offert de rester, ce qui était très généreux, pour penser et travailler sur ce problème qui pourrait être résumé par : « Si un petit groupe de gens décide pour une masse de personnes, quelle éthique devraient-ils utiliser ? »

C’est très difficile mais on doit résoudre ce cas d’école parce que c’est ce qui est en train de se passer. Pendant trois ans, j’ai appris et lu beaucoup, j’ai inventé de nouveaux concepts, de nouvelles distinctions, un vocabulaire pour aider à penser ça.

 

Mais ça a mal tourné ?

En réalité, c’est difficile pour ces problèmes de devenir une priorité, quand l’entreprise doit atteindre ses objectifs du trimestre. Il y a des milliers de personnes dans ces entreprises qui sont accaparées par le produit qu’on doit sortir prochainement. Quand Apple fait une montre, Google doit faire une montre, et que la montre capte l’attention des gens ou les rende fous, n’était qu’une arrière-pensée, et encore.

Je ne suis pas parti parce que j’étais en colère, mais parce qu’une conversation très très importante n’avait pas lieu dehors sur comment ces technologies affectent les gens.

 

En partant de Google, en 2014, tu as décidé de créer ce label, « Time well spent », pour distinguer les technologies qui nous aident à mieux utiliser notre temps et redonne du pouvoir aux utilisateurs. Ça marche ?

Il y a pas mal de gens de l’industrie dans ce label, qui ont eu cette prise de conscience. On a fait des ateliers pour apprendre aux designers comment faire différemment. Mais en fait on s’est rendu compte qu’il était trop tôt pour ça. Il faut d’abord les convaincre que ça a du sens.

Pense au label bio, par exemple. Ça ne s’est pas fait d’un coup : « Coucou, il y a le bio, on en a fait un label, et voilà. » Ça a pris bien quinze ans pour sortir. Avant le bio, les gens se disaient « la nourriture c’est de la nourriture, je l’achète, je la mange, et voilà ».

Ce qu’a fait le bio, c’est créer un débat. Le système agro-industriel, comme la technologie, on le subit, ça nous influence, on est dedans, et le bio était cette prise de distance, qui a fait qu’on s’est demandé : D’où vient ma nourriture ? Est-ce que c’est vraiment ce qu’on veut ? Est-ce qu’on peut construire le système différemment pour que ça nous redonne du pouvoir ?

Et là, c’est encore plus difficile à labelliser, ce n’est pas juste enlever des produits chimiques. Avec cet obstacle : il n’y a pas assez de place laissée aux développeurs pour qu’ils imaginent des alternatives. Par exemple Apple ne va pas te laisser faire ton propre écran d’accueil, ou Android, c’est plus ouvert mais ça reste compliqué. Donc comment les consommateurs peuvent faire pression publiquement sur ces entreprises s’ils ne savent pas à quoi ça ressemblerait ?

Maintenant, la meilleure chose qu’on peut faire, c’est de déclencher une prise de conscience massive. ll faut prendre la parole tous ensemble si on veut que ça devienne une priorité.

Ce n’est pas le principal problème de l’humanité, c’est vrai, mais par exemple, la question de la vie privée, on en parle énormément. Parce que c’est un concept intuitif en fait : « Ne prends pas mes données. » Mais il y a cette autre chose : des millions d’heures sont juste volées à la vie des gens, manipulés tous les jours de leur vie, et il n’y a pas un seul débat public là-dessus !

 

Est-ce que ce débat est porté par d’autres personnalités aux Etats-Unis ou ailleurs, à ta connaissance ?

Je ne dis pas ça pour passer pour un prophète, mais non. Je vais être téméraire et dire : c’est une vérité inconfortable à regarder. Les gens de l’industrie n’auront pas cette conversation.

Parce que disons que tu travailles à LinkedIn ou Twitter : ta possibilité de nourrir tes enfants, de leur payer une école, de vivre dans une ville aussi chère que San Francisco (qui est très chère), dépend de la possibilité de maximaliser le potentiel économique de ces technologies. Donc tu ne veux pas creuser vraiment à l’intérieur de cette vérité.

 

Justement, concevoir des technologies qui nous feraient perdre moins de temps et nous rendraient notre liberté de choix, c’est tellement opposé aux intérêts économiques de l’industrie actuellement que ça me rend pessimiste.

J’entends ça. Je me sens aussi, pas pessimiste, mais frustré, que notre système soit si éloigné de ce qui serait bien pour les gens. Mais je veux vraiment qu’on capte l’attention de deux entreprises :  Apple et Google. Non pas parce qu’elles sont bonnes ou mauvaises, mais parce que ce sont celles qui ne vivent pas du temps que tu passes sur Facebook ou sur n’importe quelle application, ce n’est pas leur métier.

Ce sont les « gatekeepers », les principaux acteurs du marché. Pour filer avec la métaphore du bio, qui décide s’il y a des étals bio ou pas ? Ce sont les gens qui fabriquent les passerelles, ce sont les supermarchés pour le bio et en technologie ce sont les téléphones.

Il y a un espoir si on met la pression sur ces entreprises, pour qu’elles fabriquent un nouveau portable. A la place de sortir un portable qui brille dans le noir par exemple, ça pourrait être un portable « Time well spent », qui t’aide à mieux utiliser ton temps.

 

Qu’est-ce qu’on peut faire en attendant que Google et Apple se réveillent, si on veut dépenser mieux notre temps  ?

Pour ceux qui se sentent concernés par le problème, et veulent le faire, j’ai quelques conseils. Pour résumer :

  • Réduire le nombre de perturbations. Il y a un tas de recherches qui montrent que ton horloge interne, et de pensée, est perturbée par des interruptions trop fréquentes. Donc il faut changer tes réglages pour ne plus avoir de notifications, sauf les messages les plus urgents de véritables personnes. Ne pas mettre de notifications pour les mails par exemple, beaucoup de gens le font — très mauvais selon moi.
  • Réorganiser ton écran d’accueil. Il faut qu’il y ait le nombre minimal d’icônes dessus et que les applis qui y sont soient des outils basiques dans lesquels tu rentres et tu sors : le calendrier, les GPS, etc. Ce ne sont pas des applis qui vont t’embarquer là où tu ne veux pas aller, contrairement aux mails par exemple.
  • Ces autres applis, qui fontionnent, en gros, comme des écrans de télé, il faut les mettre dans des dossiers, sur le second écran. Et pas besoin d’organiser parfaitement ces dossiers. C’est pour éviter de faire cliquer inconsciemment sur l’icône lumineuse de l’application, parce que c’est ce qu’on fait le plus souvent.

 

Ça marche, tu te sens devenir moins fou qu’avant ?

Un peu. C’est important pour moi d’incarner ce que je prêche et je fais ce que je peux mais je reste très connecté, évidemment, je suis dans la sphère publique, donc j’ai beaucoup de sollicitations. Je veux faire plus.

 

Pour contacter Tristan, on a dû passer par une interface spécifique, qui priorise les sollicitations pour lui

Pour contacter Tristan, on a dû passer par une interface spécifique, qui priorise les sollicitations pour lui - Tristan Harris
 
 
 
 
 
Repost 0
5 juin 2016 7 05 /06 /juin /2016 20:30

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

EDF veut reporter le démantèlement de ses centrales

5 juin 2016 | Par martine orange
 
 
 

Les tours de passe-passe comptable pour masquer les coûts cachés du nucléaire continuent. EDF a annoncé à l’Autorité de sûreté nucléaire son intention de reporter de « plusieurs décennies » le démantèlement des centrales arrêtées, dans le but d'améliorer son bilan. Au mépris de la sécurité collective.

Après l’allongement de la durée de vie des centrales, le report du démantèlement. Les tours de passe-passe comptable pour masquer les coûts cachés du nucléaire se poursuivent. En effet, sans crier gare, EDF semble bien vouloir changer ses engagements en matière de démantèlement de centrales nucléaires. Revenant sur toutes les dispositions légales et de sécurité prises, EDF envisage désormais d’étaler la déconstruction de ses centrales fermées sur plusieurs décennies voire jusqu’au début du XXIIe siècle. Les arrière-pensées d’EDF sont à peine voilées : tout se met en place, avec ce décalage, pour qu’à terme le groupe transfère toutes les charges de la fin de la vie des centrales et du nucléaire à quelque structure de défaisance, et en fasse assumer le coût par la collectivité.

C’est l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), manifestement surprise et furieuse, qui a dévoilé le pot aux roses dans un communiqué le 2 juin (lire ici). Lors d’une audition des responsables d’EDF le 29 mars, elle a découvert que l’électricien, selon ses termes, avait changé de « stratégie » en matière de démantèlement de centrales nucléaires de première génération. « Cette nouvelle stratégie conduit à décaler de plusieurs décennies le démantèlement de certains réacteurs au regard de la stratégie affichée par EDF en 2001 et mise à jour en 2013 », indique l’ASN dans son communiqué. L’autorité précise qu’elle attend des explications de la part du groupe et qu’elle analysera avec précision si ses intentions sont conformes avec ses obligations de sécurité et législatives.

 

Centrale de Chinon © EDF Centrale de Chinon © EDF
 

La loi stipule qu’EDF doit s’engager, sans période d’attente, à déconstruire les centrales arrêtées « dans les meilleurs délais ». Ces dispositions concernent pour l’instant les centrales de première génération, construites toutes à partir de la technologie uranium naturel graphite-gaz (UNGC), une technique abandonnée à la fin des années 1960 au profit de la technologie à eau pressurisée. Six centrales sont concernées. Trois sont implantées sur le site de Chinon (Indre-et-Loire), deux à Saint-Laurent-des-Eaux (Loir-et-Cher), une au Bugey (Ain).

 

Selon le calendrier fourni par EDF, le démantèlement de toutes ces centrales devait être achevé en 2045. Désormais, le groupe public se refuse à fournir la moindre date, estimant qu’il a besoin de plus de temps et de « retour d’expérience », à la suite d’un changement d’approche sur la méthode de démantèlement de ces centrales.

Jusqu’alors, les ingénieurs d’EDF envisageaient de recourir à un démantèlement sous l’eau des différents éléments des centrales, afin de limiter les risques de radioactivité. « Après examen, nous avons estimé que les technologies envisagées présentaient des risques beaucoup trop importants, et qu’il fallait abandonner le démantèlement sous eau », a expliqué au Monde Sylvain Granger, chargé des questions de démantèlement à EDF, mettant en avant les risques de corrosion et de fuites liquides.

Désormais, EDF envisage de recourir à une technique « sous air », ce qui lui permettrait d’utiliser plus commodément des robots. Mais elle estime qu’il lui faudra des années, peut-être vingt ans, afin de bien mettre au point cette nouvelle technique. Et pour ne rien laisser au hasard, EDF milite pour commencer par une seule centrale – celle de Chinon –, afin de tester les méthodes et les techniques idoines, avant de s’attaquer aux autres. Compte tenu des délais annoncés par EDF, la déconstruction de la première centrale ne devrait pas être achevée avant 2060. Quant aux autres, cela pourrait courir jusqu’au début de l’autre siècle. Peut-on encore parler de démantèlement « dans un délai aussi court que possible », s’interroge l’ASN ?

Depuis le lancement des premiers réacteurs nucléaires, il est prévu qu’EDF en assume la fin de vie et le démantèlement. Ces centrales graphite-gaz sont toutes arrêtées depuis plus de vingt ans. Comment expliquer qu’EDF réalise seulement maintenant qu’elle a fait fausse route dans le choix des techniques de démantèlement ? Comment a-t-elle analysé les expériences entreprises à l’étranger ?

L’étonnement de l’ASN en découvrant ce changement de technique est compréhensible. Avant cette réunion de mars, les responsables d’EDF ne lui en avaient jamais parlé. Aucune référence n’est faite à ce sujet dans le rapport annuel de 2015, alors que, selon les responsables d’EDF, cette stratégie est actée depuis l’an dernier. Sans aucune concertation, le groupe décide ainsi de s’affranchir de ses engagements passés, et même des dispositions législatives prises, bien que tous les textes aient été écrits quasiment sous sa dictée.

On en comprend la finalité. En repoussant sur des décennies le démantèlement de ses centrales, EDF allège mécaniquement la pression financière induite. Depuis longtemps, des experts – pas seulement des détracteurs du nucléaire – disent qu’EDF sous-estime le coût de démantèlement. Le groupe a toujours assuré que les charges de fin de vie du nucléaire étaient incluses dans la vente des prix de l’électricité.

Il a provisionné 23,4 milliards d’euros pour les coûts futurs de démantèlement dans ses comptes de 2015. Mais ce montant est appelé à diminuer si le réseau de distribution (RTE), qui figure parmi les actifs dédiés pour financer le démantèlement des centrales, est privatisé, comme le souhaite le gouvernement. Un rapport de la Commission européenne, publié début 2016, chiffre le coût de fin de vie des centrales françaises (déconstruction et gestion des déchets) à 74 milliards d’euros.

Au moment où EDF, pris en étau par la baisse des prix de l’électricité et la montée de ses obligations – notamment le grand carénage estimé à 100 milliards d’euros d’ici 2030 par la Cour des comptes –, affiche un bilan dégradé, tout report sur les dépenses de vie des centrales serait le bienvenu. L’habillage de bilan pourrait continuer pour masquer le coût réel du nucléaire. Le seul rempart à cette dérive est l’ASN, dernier gardien du respect des engagements pris et de la sécurité nucléaire.

Car le gouvernement, lui, affiche un soutien sans faille à EDF, dans son souci de maintenir « la filière nucléaire française » et lui souffle même sa conduite. L’État s’apprête à souscrire pour les trois quarts de l’augmentation de capital de 4 milliards d’euros, qui doit être lancée le 29 juillet, afin de permettre la réalisation des projets les plus aventureux, comme celui d’Hinkley Point. Pendant ce temps, la sécurité des populations, la gestion de fin de vie du nucléaire peut attendre. Au risque d’accroître les dangers, les problèmes et les coûts. Ce sera aux générations futures d’en assumer la charge. L’important pour les responsables d’EDF comme pour le gouvernement, c’est le résultat à trois mois.

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Nucléaire
commenter cet article
5 juin 2016 7 05 /06 /juin /2016 20:26

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Le revenu de base inconditionnel rejeté par 76,9% des Suisses

5 juin 2016 | Par La rédaction de Mediapart
 
 

L'initiative en faveur d'un revenu de base inconditionnel (RBI) a été rejetée par 76,9 % des électeurs lors d'une votation ce dimanche en Suisse, selon le résultat provisoire.

L'initiative en faveur d'un revenu de base inconditionnel (RBI) a été rejetée par 76,9 % des électeurs lors d'une votation ce dimanche en Suisse, selon le résultat provisoire. La nette défaite des partisans du RBI n'est pas une surprise, les sondages ayant prévu un rejet de cette ampleur.

Les partisans du RBI estiment que mettre en place un revenu mensuel de 2 500 francs suisses (2 250 euros) par adulte et de 625 francs suisses (560 euros) par enfant serait un progrès pour la dignité humaine et pour les services publics.

Les opposants à cette idée, au nombre desquels le Conseil fédéral (gouvernement), estiment que la mise en place d'un RBI aurait un coût trop élevé et affaiblirait l'économie de la confédération.

Le propriétaire de café bâlois Daniel Häni, l'un des coauteurs de l'initiative, a reconnu la défaite des partisans du RBI mais s'est targué d'avoir remporté dimanche une victoire morale. « En tant qu'homme d'affaires, je suis réaliste et je m'attendais à un "oui" de l'ordre de 15 %, mais il semble que nous soyons plutôt à plus de 20 % voire peut-être à 25 %. Je trouve ça fabuleux, sensationnel », a-t-il dit à la télévision suisse. « Quand je vois l'intérêt porté [au sujet] par les médias, y compris à l'étranger, je me dis que nous lançons là une tendance », a continué Daniel Häni.

La Suisse est le premier pays à tenir un référendum national sur l'idée d'un revenu de base garanti à chacun, mais d'autres pays, comme la Finlande, étudient des projets du même type.

Le Conseil fédéral avait appelé les électeurs à rejeter le RBI, parlant d'une menace pour la cohésion de la société et d'une réforme trop coûteuse. Si l'issue du référendum ne faisait guère de doute, le RBI a déclenché dans le pays un débat animé. Selon le Conseil fédéral, le RBI aurait un coût annuel de l'ordre de 208 milliards de francs suisses (187 milliards d'euros), et découragerait les gens de travailler, notamment ceux qui ont de faibles revenus, tout en affaiblissant l'économie.

Une bonne partie de ces coûts auraient pu être couverts par les organismes de prestations sociales existants, mais la partie restante, équivalant à 25 milliards de francs suisses (22,5 milliards d'euros), aurait dû être financée par des hausses d'impôts ou par une baisse des dépenses publiques.

Un mécanisme social vient d'ores et déjà en aide aux personnes qui ne peuvent plus subvenir à leurs besoins. Moins de 7 % de la population suisse vivait en 2014 dans la pauvreté, selon les statistiques fédérales.

Lors d'une autre votation, ce dimanche, les électeurs suisses ont rejeté à 67 % une initiative populaire fédérale "en faveur du service public", selon une projection de GfS diffusée par la radiotélévision helvétique. Cette initiative demandait à la Confédération de ne pas viser prioritairement les bénéfices au sein des sociétés contrôlées majoritairement par l'Etat, comme Swisscom, La Poste suisse ou la société des chemins de fer CFF. L'initiative émanait de magazines de protection des consommateurs. Le soutien en faveur de cette initiative, tout d'abord populaire, s'était nettement réduit au fil des sondages avant le vote.

(Reuters)

 

 

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

                                                                            **************************

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

Les Suisses disent "non" au revenu de base universel

Un vote était organisé ce dimanche 5 juin pour que les Suisses se prononcent sur l’instauration d’un revenu de base universel pour tous versé par l’Etat. D'après les premiers résultats, 78% d'entre eux se sont montrés défavorables au projet.
 
Les Suisses refusent l'instauration d'un revenu de base universel - GILE MICHEL/SIPA
 

Le projet était simple : que l’Etat verse un revenu minimum de base pour tous, afin d’éradiquer la pauvreté et de laisser la possibilité à tous de vivre dignement. Alors que l'idée de cette alternative aux formes d’aides financières existantes, nommée “revenu de base universel”, fait son chemin en France, les Suisses l’ont rejetée massivement, ce dimanche.

 

 

Les résultats définitifs seront communiqués dans la soirée, mais d’après un premier état des lieux, 78% de la population s'est prononcée contre ce projet qui avait engendré de vifs débats dans le pays. “On est très contents", a malgré tout déclaré Ralph Kunding, l’un des initiateurs de cette réforme, à l’agence suisse ATS, précisant qu’ils partaient “de très loin”.

C'est se revendiquant "indépendant de tout parti ou groupement politique" qui avait lancé la pétition à l'origine du projet. Elle proposait de verser chaque mois une allocation à tous les Suisses et étrangers vivant dans le pays depuis au moins cinq ans, soit 2.500 francs suisses (2.260 euros) par adulte et 650 francs suisses par mineur. Dans ce cas de figure, 25 milliards de francs suisses (22,6 milliards d’euros) par an auraient été nécessaires pour mettre à bien ce projet.

 

Les Suisses ne sont pas prêts à renoncer à la valeur travail

Être payé sans travailler, ça aurait été un grand pas. L’initiative n’était pas très claire, elle était surtout destinée à alimenter une discussion”, a réagi le politologue Andreas Ladner sur la chaîne RTS. Dans la sphère politique, on avait vite dénoncé un projet trop couteux et idéaliste. "C'est un vieux rêve, un peu marxiste. Pleins de bons sentiments irréfutables mais sans réflexion économique", avait ainsi déclaré à l'AFP le directeur du Centre international d'études monétaires et bancaires à Genève, Charles Wyplosz, qui considère que "les gens en feront moins" s'il advenait que la rémunération soit déconnectée de la valeur travail. En 2012, les Suisses s’étaient illustrés en refusant de voir passer leurs congés payés de quatre à six semaines.

 

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social Ailleurs dans le monde
commenter cet article
4 juin 2016 6 04 /06 /juin /2016 15:38

Le retour de la terreur

Le Journaliste (David Pujadas)

Repost 0
4 juin 2016 6 04 /06 /juin /2016 14:19

Info reçue par mail

 

 

Info expresse : Manuel Valls et Michel Sapin actuellement à Athènes
 
VALLS FÉLICITÉ PAR TSIPRAS
PENDANT QUE SAPIN COORDONNE LE PILLAGE !

 
Depuis hier soir, Athènes est sous très haute surveillance. Une tentative d'enyaourtage(1) du premier ministre français a malheureusement échoué près du parlement, suite à la fermeture du centre-ville, notamment de la station de métro de la place Syntagma à partir de 18h. Les déploiements policiers sont immenses et les gardes du corps sur les dents.
https://www.youtube.com/watch?v=O8-Ssyy1p60
 
C'est avec un statut similaire à un chef d'Etat que Valls, visage fier et allure de colon, a passé en revue la garde nationale grecque devant le monument du soldat inconnu, avant de finir la soirée dans l'opulence, sur la terrasse du musée de l'Acropole, à quelques centaines de mètres seulement d'un campement de sans-abris (dont plusieurs enfants) expulsés de leur domicile suite à la réforme du code civil. Le repas gastronomique a été servi en compagnie du ministre de l'économie français Michel Sapin, coordinateur du pillage du bien commun en Grèce au bénéfice de grandes firmes françaises : EDF, Vinci(2), Thalès, Veolia, Suez ou encore la SNCF qui s'apprête à racheter pour une bouchée de pain la société grecque de chemin de fer, TRAINOSE, ce qui aura pour effet de doubler des prix qui étaient jusqu'ici parmi les plus bas en Europe, et qui convoite également des infrastructures ferroviaires. Harlem Désir, secrétaire d'État aux affaires européennes figurait également parmi les convives, ainsi que Giorgos Stathakis, le très controversé ministre grec de l'économie, héritier d'une grande famille d'armateurs, connu pour avoir oublié de déclarer au fisc 38 biens immobiliers (oui, vous avez bien lu : 38 !) et plus de 1,8 millions d'euros égarés sur un compte discret. Ce scandale dure depuis le mois de décembre en Grèce et les manifestants y font souvent allusion, parmi d'autres cas de corruption et de népotisme qui s'ajoutent au bilan désastreux de la capitulation du 13 juillet 2015.
 
Hier soir également, sous les applaudissements nourris d'une assistance triée sur le volet, Tsipras n'a pas manqué de féliciter Valls et de témoigner son « estime » à l'un des hommes politiques pourtant les plus détestés de l'hexagone, qu'il a même qualifié d' « ami ».
 
Ce vendredi matin, il a été également impossible de gêner la visite de Manuel Valls à l'Institut français d'Athènes, complètement encerclé de barrages filtrants. Depuis 10h30, Michel Sapin est en rendez-vous avec son homologue grec et quelques amis costumés pour la séquence « bonnes affaires », alors que depuis 11h, Manuel Valls est reçu au Palais Maximou, résidence du premier ministre, pour finaliser une feuille de route basée sur un « partenariat stratégique ».
 
Quel sera le contenu réel de cet accord ?
 
Valls et Tsipras vont évoquer un partenariat économique pour « sortir le pays de la crise » et rappeler le « soutien indéfectible de la France depuis l'entrée de la Grèce dans l'union européenne », en 1981. Mais en réalité, cet accord concerne les conséquences de la « seconde capitulation » du 24 mai 2016 (3), c'est-à-dire l'extension de la grande braderie qui prévoit désormais jusqu'à 597 îles mises en vente et 538 sites archéologiques. Le gouvernement français veut faire profiter ses amis grands patrons de cette juteuse affaire. C'est l'heure des soldes et tout le monde accourt en Grèce, à commencer par les responsables politiques russes et chinois, en début de semaine(4), accompagnés par des dizaines d'hommes d'affaires. Les domaines clés de la coopération gréco-française seront « le développement rural, la réforme de l'administration publique, l'innovation, le tourisme et, bien sûr, l'investissement », motif principal du séjour.
 
L'autre annonce qui va tenter de masquer la réalité mortifère, c'est la promesse du gouvernement français d'accueillir 400 ou 500 réfugiés par mois, en provenance de Grèce. Mais la face sombre de ce sujet, c'est que plus de 200 policiers et gendarmes français participent actuellement à la gestion calamiteuse de la question des réfugiés et migrants dans les îles grecques. Ces jours-ci, les mutineries se multiplient dans les camps inhumains de Lesbos et de Samos. Mercredi soir, le camp de réfugiés de Moria à Lesbos s'est encore rebellé, puis, hier soir, celui de Samos, entre 20h et minuit, suivi d'une répression terrible des gardiens et de la quasi-totalité des forces de police de l'île qui ont aussitôt convergé sur les lieux. Il y a au moins 30 blessés donc plusieurs adolescents. Certains sont dans un état grave et ont du être transportés vers un hôpital mieux équipé, celui de Samos étant complètement dégradé par les politiques d'austérité depuis quelques années.
 
Les mass-médias grecs, relayés par les agences de presse internationales, osent noyer le poisson en évoquant une obscure rixe entre des migrants, ce qui est totalement faux selon les témoignages directs recueillis depuis. C'est encore une mutinerie pure et simple contre des conditions de détentions violentes, arbitraires et inhumaines. Rien d'autre. D'ailleurs, au moins deux bungalows ont été incendiés et plusieurs prisonniers ont réussi à s'échapper.
 
Pour seule réponse, Tsipras et Valls annoncent la prochaine conversion de l'agence de surveillance Frontex en « armada de garde-côtes européens », directement coordonnée depuis Bruxelles. Valls a également évoqué le renforcement imminent de la présence policière française dans les îles grecques, avec 300 CRS et gendarmes supplémentaires d'ici peu.
 
« Tout va bien, Madame la marquise », semblent-ils entonner en trinquant : l'Euro de foot va commencer, ainsi que la saison touristique estivale ! Mais ils oublient d'évoquer les millions d'insoumis qui bloquent de plus en plus la Grèce(5), la France, l'Espagne, le Portugal et la Belgique, en attendant plus. Jusqu'à quand feindront-ils d'être sourds ? Et jusqu'où faudra-t-il aller dans nos luttes ?
 
Yannis Youlountas
 
 
1) équivalent en Grèce des « entartages » en France ou en Belgique (souvent préparés par Noël Godin et ses compagnons pâtissiers).

2) Xavier Huillard, le PDG de Vinci, avait même accompagné François Hollande en Grèce lors de son voyage des 22 et 23 octobre 2015.
3) durant l'Eurogroupe du 24 mai 2016.
http://www.economie.gouv.fr/accord-dette-grece-eurogroupe-des-24-mai-2016
(4) Tsipras a reçu Poutine à Athènes, puis s'est rendu à Pékin.
(5) Par exemple, il y a un mois :
http://blogyy.net/2016/05/08/le-blocage-de-la-grece-vu-de-linterieur/

 
- - - - - - -

APPEL POUR UN FOURGON SOLIDAIRE ET UN TROISIÈME FILM
Merci à toutes celles et ceux qui viennent de répondre, depuis deux jours, à l'appel à soutien de notre collectif de films (cf. mail précédent), et merci à celles et ceux qui songent à le faire durant les prochains jours.
a) rappel du lien créé par notre collectif sur le Pot commun pour nous aider :
https://www.lepotcommun.fr/pot/w6o8gwir
(vous pouvez accompagner d'un message votre contribution)
b) si vous ne souhaitez pas ou ne pouvez pas utiliser le Pot commun, vous pouvez aussi envoyer un chèque à :
ANEPOS - "Fourgon solidaire" - BP 10 - 81540 Sorèze (ordre : ANEPOS)
ou un virement à :
IBAN d'ANEPOS : FR46 2004 1010 1610 8545 7L03 730
BIC : PSSTFRPPTOU
en mentionnant "Fourgon solidaire" dans le libellé.
c) détails sur le projet :
http://blogyy.net/2016/05/30/en-route-pour-un-troisieme-film-mais/
d) contact : anepos@no-log.org

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Grèce Economie et social Appels et pétitions
commenter cet article

Présentation

  • : Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • : Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
  • Contact

Texte Libre

INFO IMPORTANTE

 

DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

OVERBLOG NOUS IMPOSE ET PLACE DES PUBS

SUR NOTRE BLOG

CELA VA A L'ENCONTRE DE NOTRE ETHIQUE ET DE NOS CHOIX


NE CLIQUEZ PAS SUR CES PUBS !

Recherche

Texte Libre

ter 

Nouvelle-image.JPG

Badge

 

          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



  Th-o indign-(1)

55

9b22