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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 14:10

 

Le Monde.fr avec AFP | 02.09.2012 à 08h49 • Mis à jour le 02.09.2012 à 16h17

 
 
De jeunes Pakistanaises musulmanes passent devant la maison de Rimsha, la jeune fille chrétienne accusée d'avoir brûlé des versets du Coran.

La police pakistanaise a écroué ce week-end l'imam à l'origine de la plainte contre Rimsha, cette chrétienne accusée d'avoir profané le Coran. Il est soupçonné d'avoir fabriqué des pièces à conviction, un rebondissement spectaculaire dans cette affaire qui soulève les passions jusqu'en Occident.

Rimsha, une adolescente illettrée âgée d'environ 14 ans, qui habite le quartier pauvre de Mehrabad, à la périphérie d'Islamabad, est écrouée depuis plus de deux semaines pour avoir, selon des voisins, brûlé des versets du Coran, un crime passible de la prison à vie au Pakistan.

Le 16 août, un voisin s'était rendu chez l'imam de la mosquée du quartier pour lui dire que l'adolescente venait de brûler sous ses yeux dans un terrain vague, de nombreuses feuilles de papier, y compris des versets du Coran en arabe. L'imam de la mosquée avait alors mobilisé ses fidèles et fait pression sur la police pour qu'elle arrête la jeune chrétienne. L'affaire avait aussitôt fait la une des journaux au Pakistan et émue de nombreux pays comme les Etats-Unis, la France et le Vatican.
 

Lire :  Rimsha, handicapée mentale, risque la peine de mort pour blasphème au Pakistan

"IL AVAIT AJOUTÉ DES PAGES DU CORAN AUX FEUILLES BRÛLÉES"

Or, de nouveaux témoignages, suggèrent la piste d'un coup monté par l'imam afin d'incriminer l'adolescente. "L'imam Hafiz Mohammed Khalid Chishti a été arrêté, après que son assistant, Maulvi Zubair, et deux autres personnes eurent affirmé devant la justice qu'il avait ajouté des pages du Coran aux feuilles brûlées qu'un témoin lui avait rapporté", a déclaré à l'AFP un enquêteur de la police, Munir Hussain Jaffri.

L'imam Hafiz Mohammed Khalid Chishti, écroué dimanche 2 septembre au Pakistan.

L'assistant et les témoins ont prié l'imam de ne pas fabriquer de fausses preuves contre Rimsha, selon la police. "Mais l'imam Chishti a répondu : 'il s'agit de la seule façon d'expulser les chrétiens de ce quartier'", selon l'enquêteur Munir Hussain Jaffri. "En plaçant des pages du texte sacré sur des cendres, il a profané le Coran et a donc aussi été accusé de blasphème", a précisé le policier.

DIFFÉRENDS CULTURELS ET FONCIERS

Les relations entre chrétiens et musulmans s'étaient dégradées au cours des derniers mois dans le quartier populaire de Mehrabad sur fonds de différends culturels et fonciers. Des musulmans reprochaient aux chrétiens de jouer de la musique, qui était entendue dans le quartier parfois au moment de la prière musulmane, et souhaitaient reprendre les terrains qu'ils occupaient, selon des témoins.

Un tribunal d'Islamabad a ordonné dimanche la détention préventive pour deux semaines de M. Chishti lors d'une audience sous haute surveillance policière. Les charges de fabrication de faux et de blasphème visent à "saboter" notre dossier contre Rimsha, a déclaré l'avocat de l'accusateur, Rao Abdur Raheem à la sortie du tribunal, accusant aussi les autorités d'avoir elle-même scénarisé cette nouvelle version des faits. Un audience est prévue lundi sur la demande de libération conditionnelle de la jeune Rimsha.

Me Rao Abdur Raheem est un défenseur farouche de la loi sur le blasphème et même un supporter de Mumtaz Qadri, meurtrier du gouverneur de la province du Pendjab, Salman Taseer, qui avait appelé à réformer ce texte controversé.

LOI SUR LE BLASPHÈME

Au Pakistan, insulter le prophète Mahomet est passible de la peine de mort, et brûler un verset du Coran de la prison à vie, selon la loi sur le blasphème. Soutenue par les islamistes radicaux mais contestée par les libéraux, cette loi est devenue un sujet explosif et le gouvernement s'est gardé de la modifier malgré les pressions de la communauté internationale en faveur d'une réforme.

Fait étonnant, le Conseil des oulémas du Pakistan, un organisme représentant des dizaines d'associations musulmanes, dont certaines radicales, avait demandé une enquête "impartiale et approfondie" dans l'affaire Rimsha et des "mesures strictes" contre les accusateurs s'il s'agissait de fausses allégations. L'appel des oulémas doublé de l'arrestation de l'imam Chishti semblent traduire la volonté d'apaisement des autorités dans cette affaire hyper-sensible au Pakistan, pays majoritairement musulman de 180 millions d'habitants où vit aussi une minorité chrétienne réduite souvent aux tâches ingrates.

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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 14:05

 

 L’Edito 02/09/2012 à 16h19

 Pierre Haski | Cofondateur Rue89

 

Les seuils psychologiques ont leur importance : l’annonce par le ministre du Travail, Michel Sapin, dimanche, que la France a passé cet été le double cap des trois millions de demandeurs d’emploi sans activité et de 10% de la population active au chômage, fait partie de ces statistiques qui frappent.

Et ce n’est pas fini ; au point que Michel Sapin, interrogé sur RadioJ, a refusé de se prononcer sur le taux de chômage dans un an, car il y a peu de chance, avec les taux de croissance, ou plutôt de non-croissance, annoncés, qu’il soit en régression. Le ministre s’est néanmoins voulu volontariste :

« La question est : est-ce que cela va augmenter encore beaucoup ? Oui, cela va augmenter. Est-ce qu’à un moment donné on peut l’inverser, oui on peut l’inverser. Ce sont des décisions économiques, ce sont des décisions européennes qui sont là »

Ce chiffre rond de trois millions est d’autant plus inquiétant qu’on sait bien qu’il ne permet pas de prendre réellement la mesure de la gravité de la situation, avec

  • l’outremer qui n’est pas pris en compte dans cette statistique,
  • les gens radiés des listes,
  • les précaires,
  • les temps partiels,
  • ceux qui acceptent un emploi bien en dessous de leurs qualifications, etc.

Il ne donne pas non plus la mesure de l’insécurité que cette donne crée chez ceux qui ont encore la « chance » de travailler mais qui vivent avec la peur au ventre de perdre cet emploi si leur secteur est fragile ou carrément menacé.

Un consultant ayant visité plusieurs usines d’un grand groupe plutôt prospère a été frappé, en début d’année, par ce sentiment d’insécurité chez les salariés redoutant que la direction privilégie telle usine aux dépens d’une autre, avec un impact sur l’emploi.

La France vit depuis longtemps avec un chômage de masse, en particulier celui des jeunes, au point que seuls les plus anciens se souviennent d’un temps où la question de trouver un travail ne se posait pas.

Comparatif européen

Le comparatif européen montre que la situation française n’est ni la meilleure (on s’en doute !), ni la pire. Les dernières statistiques de l’Union européenne font apparaître un taux de chômage moyen chez les 27 de 11,3% de la population active en juillet, soit au total 18 millions de personnes. Accablant et sans précédent.

Les plus touchés sont l’Espagne, avec un taux de chômage de 25,1%, devant la Grèce (23,1% selon les derniers chiffres disponibles, celles de mai), soit plus du double du taux de chômage français.

Mais à l’opposé, plusieurs pays font bien mieux que la France, à commencer par l’Autriche qui enregistre le taux de chômage le plus faible à 4,5%. Les Pays-Bas suivent avec 5,3%, ainsi que l’Allemagne et le Luxembourg avec 5,5% chacun.

Trois millions de chômeurs, ce chiffre devrait faire sonner le tocsin dans tous les esprits et faire que cette rentrée soit toute entière placée sous le signe de l’emploi.

Trois millions de chômeurs, ça devrait relativiser toutes les polémiques stériles qui polluent le climat politique ; ça devrait être le point de départ de toute réflexion, de toute argumentation.

Trois millions de chômeurs, un chiffre qui devrait amener à réfléchir à l’organisation de notre société au lieu de ne penser qu’à rafistoler l’existant à bout de souffle...

Trois millions de chômeurs, un électrochoc national.

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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 13:57

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 02.09.2012 à 13h55 • Mis à jour le 02.09.2012 à 14h49

  

 

 

Le seuil des trois millions de demandeurs d'emploi a été franchi, selon le ministre du travail.

 

Le ministre du travail, Michel Sapin, a affirmé dimanche 2 septembre, sur Radio J, que le seuil symbolique des 3 millions de demandeurs d'emploi sans activité était désormais franchi, ainsi que le taux de 10 % de chômeurs.

"L'année prochaine quel sera le taux de chômage ? Personne ne le sait. Les 3 millions [NDLR, de demandeurs d'emplois sans activité] c'est déjà fait. Les chiffres que vous commentez qui sont les chiffres du mois de juillet sont aujourd'hui dépassés, on est en septembre. Ce n'est pas la peine de s'interroger sur 10 %. C'est déjà fait", a déclaré le ministre à la radio.

Le nombre de demandeurs d'emploi sans activité en France métropolitaine avait augmenté pour le 15e mois consécutif en juillet, de 41 300 personnes, la plus forte hausse depuis plus de trois ans, pour atteindre 2,987 millions de personnes. Avec l'outre-mer, 4,733 millions de demandeurs d'emploi étaient recensés fin juillet, dont 3,232 millions sans aucune activité (catégorie A).
 

"NE NOUS BATTONS PAS SUR DES SYMBOLES"

"D'ailleurs, l'outre-mer fait partie de la France, donc si vous prenez le chômage en outre-mer, vous avez dépassé les 3 millions et dépassé les 10 %. Ne nous battons pas sur des symboles qui sont des symboles déjà dépassés", a d'ailleurs souligné le ministre.
 

"La question est : est-ce que cela va augmenter encore beaucoup ? Oui, cela va augmenter. Est-ce qu'à un moment donné on peut l'inverser, oui on peut l'inverser. Ce sont des décisions économiques, ce sont des décisions européennes qui sont là, a-t-il ajouté. Il faut de la croissance pour pouvoir créer des emplois et ainsi lutter véritablement contre le chômage."

 LE CONTRAT DE TRAVAIL N'EST "PLUS STABLE"
 

Le ministre a par ailleurs estimé que le contrat de travail "n'est plus un contrat stable" et qu'il fallait "revoir cela" avec les partenaires sociaux pour "donner plus de sécurité de l'emploi". "Aujourd'hui le contrat de travail n'est plus un contrat stable, n'a plus aucun sens, c'est complètement détourné: les CDD, les missions d'intérim, les ruptures conventionnelles utilisées de manière extrêmement libérale. Tout cela fait qu'il y a une insécurité dans l'emploi", a affirmé le ministre du travail.

"Il faut revoir cela pour donner plus de sécurité dans l'emploi. Il y a du temps partiel totalement imposé aux gens. Tout ceci doit être abordé par les partenaires sociaux. Cela doit être limité au strict minimum nécessaire", a-t-il ajouté.

 "ADAPTATION"

Mais, pour Michel Sapin, "de l'autre côté", les entreprises doivent aussi "pouvoir s'adapter" aux nouvelles donnes économiques. "Il faut permettre une adaptation en terme d'organisation du travail, en terme de localisation de l'emploi, aussi en terme de quantité d'emplois", a estimé le ministre, choisissant, à l'instar du premier ministre Jean-Marc Ayrault, de parler d'"adaptation" plutôt que de "flexibilité".

"Je ne sais pas ce que c'est que la flexibilité, je sais ce que cela veut dire dans la bouche de certains, cela veut dire qu'il faut que les salariés courbent l'échine", a-t-il lancé. "Et bien non, c'est la possibilité pour chacun de sécuriser l'emploi du salarié, comme l'emploi dans l'entreprise", a-t-il dit.

Le gouvernement doit transmettre le 10 septembre aux partenaires sociaux un document d'orientation qui lancera cette négociation sur la sécurisation de l'emploi, qui s'annonce difficile.

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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 13:48

 

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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 17:17

 

http://www.iew.be/content/actualites/les-semences-de-vari%C3%A9t%C3%A9s-traditionnelles-ne-peuvent-plus-%C3%AAtre-commercialis%C3%A9es

 

  24/07/2012

La Cour de Justice de l’Union Européenne a confirmé le 12 juillet dernier l'interdiction de commercialiser les semences de variétés traditionnelles et diversifiées qui ne sont pas inscrites au catalogue officiel européen. Ecolo propose une réforme de la réglementation, qualifiée d'"absurde".

 

Des associations comme Kokopelli ou Semailles se retrouvent dans l’illégalité: elles préservent et distribuent ces semences.

Pourtant, il suffirait d'inclure ces variétés anciennes au catalogue officiel pour les commercialiser en toute légalité. Seulement voilà, elles se trouvent dans le domaine public et après 20 ans, si personne ne les a réinscrit au catalogue, elles en sortent. Il faut pour cela payer assez cher, explique Catherine Andrianne de Semailles. "A cause de cette réglementation, il y a plus de 80% de la biodiversité qui a disparu", dit-elle.

Il ne suffit pas de payer pour inscrire une semence au catalogue officiel, il faut aussi que l'espèce réponde aux critères de Distinction, Homogénéité, Stabilité (DHS). Ces critères sont discriminants, selon Kokopelli, "puisqu’ils impliquent que les semences soient… très peu variées. Seules des variétés hybrides F1 ou des variétés lignées, quasi cloniques, répondent à ces critères, qui ont été établis dans le seul but d’augmenter la productivité selon des pratiques industrielles".

Malgré un assouplissement de ces critères pour les variétés dites de conservation, ceux-ci restent inadaptés pour les variété traditionnelles. Pour Nature & Progrès et les défenseurs des semences paysannes, "cette décision est un contresens historique grave qui s’apparente à un déni de la sélection végétale réalisée par l’être humain depuis 10 000 ans".

Certains producteurs alternatifs comme Semailles ne comptent pas arrêter la commercialisation de leurs semences, qu'ils considèrent comme un produit vivant et non un produit d'usine.

L'industrie, elle défend les variétés nouvelles: la réglementation permet de garantir le financement de la recherche. Pour le Prof. Bernard Bodson de Gembloux Agro Bio Tech ULg, les variétés issues de la recherche sont plus résistantes et plus productives.

De là à parler de concurrence déloyale, il y a peut-être un pas à ne pas franchir... On pourrait pourquoi pas classer les anciennes variétés au patrimoine naturel sans que cela ne gêne la création de nouvelles variétés plus standardisées pour les agriculteurs.

Extrait de l'article de JFH avec Pascale Bollekens, publié sur le site de la RTBF

Cliquez ici pour lire l'article complet et voir l'extrait du JT du 23 juillet 2012


Le point de vue de Kokopelli

Réaction publiée le 13 juillet. Cliquez ici pour en lire l'intégralité sur le site de Kokopelli

La Biodiversité sacrifiée
sur l'autel de la productivité

La Cour de Justice de l'Union Européenne désavoue
Kokopelli et son avocat général

La Cour de Justice, par sa décision rendue hier dans l'affaire Kokopelli c. Baumaux, vient de donner un satisfecit intégral à la législation européenne sur le commerce des semences.

Pourtant, le 19 janvier dernier, son Avocat Général nous donnait entièrement raison, en estimant que l'enregistrement obligatoire de toutes les semences au catalogue officiel était disproportionné et violait les principes de libre exercice de l'activité économique, de non-discrimination et de libre circulation des marchandises. (V. ses conclusions)

Ce changement de cap absolu ne manque pas de nous surprendre et de nous interroger.

La Cour, aux termes d'une analyse étonnament superficielle de l'affaire, et d'une décision qui ressemble plus à un communiqué de presse qu'à un jugement de droit, justifie l'interdiction du commerce des semences de variétés anciennes par l'objectif, jugé supérieur, d'une "productivité agricole accrue" !

L'expression, utilisée 15 fois dans la décision de la Cour, consacre la toute puissance du paradigme productiviste. Ce même paradigme, qui avait présidé à la rédaction de la législation dans les années soixante, a donc encore toute sa place en 2012. La biodiversité peut donc être valablement sacrifiée sur l'autel de la productivité.

Cela fait 50 ans que cela dure et le fait que ce raisonnement nous ait déjà amenés a perdre plus de 75% de la biodiversité agricole européenne n'y change donc rien. (V. les estimations de la FAO)

Si la Cour mentionne les dérogations supposément introduites par la Directive 2009/145 pour les "variétés de conservation", son analyse s'arrête à la lecture des grands titres. Comment les juges n'ont-ils pas voulu voir que les conditions d'inscription des variétés de conservation, dans la réalité, étaient restées pratiquement identiques à celles du catalogue officiel normal 1? Le critère d'homogénéité, par exemple, particulièrement problématique pour les variétés anciennes, ne connaît aucune modération.

La Cour n'a-t-elle pas lu les témoignages de nos collègues européens, déjà confrontés à des inscriptions impossibles de leurs semences sur cette liste ?

Cette directive est un véritable leurre, que Kokopelli et tant d'autres organisations européennes ont déjà dénoncé, et ne vise pas à permettre la commercialisation des variétés anciennes ni même à conserver la biodiversité semencière.

De plus, cette biodiversité, qui a nourri les populations européennes pendant les siècles passés, est l'objet de la plus grande suspicion. La Cour va ainsi jusqu'a écrire, par deux fois, que la législation permet d'éviter "la mise en terre de semences potentiellement nuisibles" !

Cette remarque est totalement erronée puisque, comme l'avait justement relevé l'Avocat Général, l'inscription au Catalogue ne vise pas à protéger les consommateurs contre un quelconque risque sanitaire ou environnemental, auquel la législation ne fait même pas référence !

Cette remarque, surtout, est choquante, quand on pense que les semences du Catalogue, enrobées des pesticides Cruiser, Gaucho et autres Régent, ou accompagnées de leur kit de chimie mortelle, empoisonnent la biosphère et les populations depuis plus de cinquante ans !

Le lobby semencier (European Seed Association), qui a pris le soin, pendant le cours de la procédure, de faire connaitre à la Cour son désaccord avec l'avis de l'Avocat Général, se réjouit, dans tous les cas, de cette totale convergence de vues avec la Cour. (V. son communiqué et sa lettre adressée à la Cour.)

Nos adversaires directs dans cette procédure, c'est-à-dire la société Graines Baumaux, mais aussi la République Française, le Royaume d'Espagne, la Commission Européenne et le Conseil de l'UE, doivent également s'en frotter les mains.

Avec cette décision, les masques tombent : la Cour de l'Union Européenne est, elle aussi, au service de l'agriculture chimique mortifère et de son idéologie corruptrice.

Et Kokopelli, au contraire de tout ce qui a pu se lire ces derniers mois, n'a aucun intérêt convergent avec Monsanto et autres semenciers-chimistes. Ces craintes exprimées par certains n'étaient qu'élucubrations fantaisistes, voire malveillantes, à l'égard de l'association.

Mais tout cela se comprend par l'examen du contexte dans lequel prend place cette décision : en Europe, une réforme générale de la législation sur le commerce des semences est en cours. La procédure est placée sous le haut parrainage de l'industrie semencière. Les associations de sauvegarde de la biodiversité, petits producteurs, paysans et jardiniers passionnés, qui, à travers toute l'Europe, conservent clandestinement plus de variétés oubliées que tout ce que le catalogue des variétés appropriées n'en pourra jamais contenir, n'ont pas été invitées à la table des négociations...

Verra-t-on, dans ce cadre, le législateur européen redéfinir ses priorités ? Les semenciers veilleront à ce que cela ne soit pas le cas.

La France, dans ce cadre, joue un rôle particulier. Le Ministère de l'Agriculture a dépêché l'une des collaboratrices du GNIS 2, Mme Isabelle Clément-Nissou, auprès de la Commission Européenne (DG SANCO), afin de rédiger le projet de loi ! Mais les conflits d'intérêt, inadmissibles, ne semblent choquer personne au niveau des institutions européennes...

Ainsi, l'étau se resserre et les perspectives pour la biodiversité n'ont jamais été aussi sombres.

Et l'Association Kokopelli, qui depuis 20 ans veille avec passion à la préservation du patrimoine semencier européen, bien commun de tous, sans la moindre subvention publique, pourrait donc bien disparaître demain, car son activité, qui gêne l'une de nos sociétés commerciales les mieux installées, ne présente pas d'intérêt pour une "productivité agricole accrue". Cette décision nous sidère, autant qu'elle nous indigne.

Plus que jamais, Kokopelli a besoin du soutien moral de la population. Car il n'est pas admissible que les variétés anciennes, héritage de nos grands-parents, soient interdites de cité !
Nous en appelons également à notre gouvernement. La gauche, sous les précédents gouvernements de droite, nous a dit pouvoir compter sur son soutien à de nombreuses reprises. Il est temps maintenant qu'elle transforme ses promesses en actes (en commençant par retirer son mandat à Mme CLEMENT-NISSOU) !

Plus d'infos sur le site de Kokopelli

 

La position de Nature et Progrès

(...) Pour Nature & Progrès et les défenseurs des semences paysannes, cette décision est un contresens historique grave qui s’apparente à un déni de la sélection végétale réalisée par l’être humain depuis 10.000 ans.

L’avenir de nos agricultures, de nos potagers et de nos assiettes est menacé. Nature & Progrès, qui a fait des semences son thème bisannuel, se prépare à rassembler les citoyens et le monde associatif afin de réagir avec vigueur à cette décision
inacceptable.

Au vu de ce jugement, il reviendra donc au seul citoyen d’être acteur de la sauvegarde du patrimoine végétal.

Lire le communiqué complet de Nature et Progrès, publié ce mardi 24 juillet

  • 1. [1] La directive 2009/145 prévoit que les critères de distinction et de stabilité sont laissés à la discrétion des Etats membres et que, par contre, «pour l'évaluation de l'homogénéité, la directive 2003/91/CE s'applique» : art. 4 §2
  • 2. [2] Le GNIS représente les semenciers professionnels en France et dit officiellement «défendre les intérêts de la filière semence» V. son site Internet http://www.gnis.fr/index/action/page/id/10/title/Representer-le-secteur-...
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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 16:47

 

http://stefouxxx.wordpress.com/2012/07/27/un-exemple-detat-socialiste-modele-de-developpement-humain-en-lutte-contre-la-mondialisation-le-kerala/

 

26 juillet 2012 Posté par benji

 

 

Merci à Tangi N. pour cet article intéressant, maintenant, il ne s’agit que d’une région de l’Inde, qui serait prêt à copier ce modèle économique?

Au retour d’un voyage en Inde du Sud, lorsqu’on explique à des collègues qu’on est passé par le Kérala, un État indien essentiellement géré par les communistes depuis plus de cinquante ans, et qu’on a pu y ressentir un bien-être particulier chez ses habitants, on se rend compte, par la surprise et l’interrogation qu’on suscite (ex : « mais ils ont le droit de sortir ? ») que l’idée qu’un État communiste ne peut être que totalitaire et liberticide est bien ancrée dans notre société !

L’État du Kérala, en Inde du Sud, est un bel exemple du contraire…

Géré dès 1957 par le Parti Communiste (de tendance marxiste, élu démocratiquement), avec plus tard quelques alternances, le Kérala (33 millions d’habitants actuellement), l’un des 28 États de la République Fédérale Indienne, situé dans le Sud-Ouest de l’Inde, fut le premier État communiste indien. Cette gestion a été caractérisée par des politiques sociales exemplaires :

En ce qui concerne l’éducation, tous les enfants, sans distinction de sexe ni de caste, sont scolarisés jusqu’au niveau équivalent de fin de collège ; 98 % des enfants ont une école à moins de 2 km. La gratuité inclut les livres scolaires, les uniformes, le déjeuner et les transports. Cette politique d’éducation gratuite pour tous a déjà bénéficié à deux générations et se traduit actuellement par un taux d’alphabétisation de la population de 94%, 92% pour les femmes et 96% pour les hommes, loin devant les taux nationaux indiens de 48,3% pour les femmes et 60% pour les hommes. Sept grandes universités accueillent un nombre croissant d’étudiants pour des études supérieures de qualité. L’État du Kerala est reconnu aujourd’hui comme le seul État de l’Inde complètement alphabétisé et comme un pôle culturel exceptionnel.

Les transports en commun, bus et train, y sont considérablement développés et très peu onéreux, et de ce fait largement utilisés par la population, ceci étant vrai, de façon générale, en Inde. Nul besoin de voiture individuelle.

Il y existe un système de santé publique universel et gratuit unique qui a fait passer l’espérance de vie au Kérala à 77 ans, la moyenne en Inde étant de 67 ans ; 95% des accouchements se font en hôpital, avec une offre de soins aux enfants très développée, ce qui a permis d’abaisser la mortalité infantile à 12/1000, contre 55/1000 en Inde (en comparaison, elle est de 6/1000 dans les pays développés). Les hôpitaux sont nombreux, y compris en zones rurales, avec un personnel hautement qualifié, des traitements médicaux innovants et une offre de soins palliatifs exceptionnelle.

Un grand programme de planification familiale a permis d’éliminer la discrimination filles/garçons sévissant dans le reste de l’Inde et de faire diminuer fortement le taux de natalité (14,6/1000, contre 22/1000 en Inde). Le Kérala est le seul État indien où le « sex-ratio » est en faveur des femmes.

L’indépendance et la sécurité alimentaire de l’État ont été assurées grâce à des politiques agricoles redistributrices intelligentes mettant à profit la richesse naturelle du sol et la nature du climat, permettant une polyculture très diversifiée, riz, manioc, agrumes, canne, coco, épices, bananes, ananas et autres fruits tropicaux ainsi que les plantations de thé et café dans les « Ghats »(montagnes). Une Réforme agraire générale fut mise en place à partir de 1957, attribuant aux paysans des lopins de terre, abolissant le système de location des terres, limitant la taille des exploitations et garantissant les revenus des paysans. Cette réforme fut accueillie chaleureusement par la population et a largement contribué à la confiance envers la gestion communiste.
À l’heure actuelle, la distribution des denrées de base est assurée pour les plus pauvres et une majorité de la population a accès à des magasins subventionnés. L’activité de pêche est très importante, aussi bien au niveau local (nombreux villages de pêcheurs tout du long de la côte, avec un système de partage équitable de la récolte) que dans les grands ports (40% des exportations de produits halieutiques totales de l’Inde viennent du Kérala) ; l’aquaculture, poissons, crevettes en particulier, y est très développée, les « back-waters » étant propices à ce genre de production.

Un système de Société de Développement Communautaire (CDS) a été élaboré dans les années 80, qui a ouvert la voie à un processus d’implication de la base dans le développement local en fonction des besoins de la communauté, ceci en vue d’éradiquer la pauvreté. En 1993, une modification de la Constitution indienne accordant une plus grande autonomie aux collectivités locales a été mise à profit par le gouvernement du Kérala pour aller vers une décentralisation au niveau local des décisions et des actions de développement. Une véritable Démocratie Participative a ainsi été instaurée, les projets devant être conçus et discutés par les élus locaux et par les habitants eux-mêmes, les femmes y étant particulièrement actives. Cette organisation permet en outre d’éviter ou en tout cas de limiter détournements de fonds et corruption qui sévissent à tous les niveaux en Inde en général et contre lesquels de vastes mouvements citoyens se sont élevés dernièrement. Le système de coopératives est largement développé au Kérala.

L’industrie y est peu développée (14% du PIB). Les secteurs sont divers : agroalimentaire, textile, bois, fibre de coco, latex, électricité, chimie. Les entreprises étrangères hésitent à s’y installer en raison du fort taux de syndicalisation, du « droit du travail » et des salaires minimum élevés par rapport aux autres États indiens. L’économie repose donc essentiellement sur une production agricole importante exportée en grande part vers les autres États de l’Inde et les pays étrangers : riz, thé, épices, coprah, coco, noix de cajou, caoutchouc naturel …Le secteur tertiaire, transports, banques, tourisme représente 40% du PIB. Il faut ajouter que 20% du PIB provient des envois de fonds de Kéralais émigrés à l’étranger, en particulier dans les pays du Golfe.

Le modèle économique et social du Kérala à l’épreuve de la mondialisation

L’année 1991, marquée en Inde par l’assassinat par des séparatistes Tamouls, en pleine campagne électorale, de Rajiv Gandhi, leader du Parti du Congrès (à la tête de l’État Indien, qualifié de Centre-Gauche), a vu ce parti gagner, quelques semaines après cet événement, les élections au Kérala, ce qui s’est traduit, en accord avec les préconisations du gouvernement central, par une insertion dans la mondialisation et une libéralisation de l’économie en général, avec privatisation partielle des secteurs publics et traditionnels et, conséquemment, un « dumping » fiscal et social.
Cette politique anti-sociale a provoqué un mécontentement général des travailleurs du Kérala, d’importantes tensions sociales et des grandes grèves au début des années 2000. Grâce à leur implication active dans la vie politique et leur forte syndicalisation, les Kéralais ont su lutter pour garder leurs acquis sociaux, sauvegarder leurs services publics traditionnellement exemplaires, et tout ce qu’ils considèrent comme bien public.
Leur engagement citoyen s’est particulièrement fait remarquer en 2004, qui s’est traduit par une révolte des habitants contre la multinationale Coca Cola installée au Kérala, qui pompait abusivement l’eau des nappes phréatiques, asséchait les puits des paysans et, de plus, polluait l’eau et les sols par des pesticides et des métaux lourds ; cette révolte citoyenne a permis, après plusieurs années de lutte, et avec l’aide des élus locaux, la fermeture de l’usine, avec demande de dédommagement. Les femmes en particulier ont été actives dans ce combat (ref « les femmes du Kérala contre Coca-Cola », Le Monde Diplomatique, mars 2005). Cette lutte et cette victoire ont été exemplaires puisque, Coca Cola ayant récidivé ailleurs, en particulier cette fois au Rajasthan, les paysans subissant les mêmes conséquences ont violemment protesté, très récemment, contre la présence de cette multinationale venant, de façon honteuse, voler l’eau des pays pauvres et profiter du bas coût de la main d’œuvre.
Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres ailleurs en Inde ou dans le monde, d’accaparement par des multinationales des biens naturels de pays pauvres ou en voie de développement. Ces luttes citoyennes sont malheureusement souvent violemment réprimées par les autorités locales soumises à ces multinationales et à la manne financière qu’elles représentent.

L’année 1991 avait donc vu la coalition du Congrès reprendre le pouvoir et tenter une libéralisation de l’économie, mais la coalition menée par le CPI (Parti Communiste Indien), après avoir regagné en 1996, reperdu en 2001, a regagné les élections en 2006 par 48% des suffrages au premier tour. L’alternative des communistes au consensus libéral a été de sortir de la crise par le renforcement des services publics, par des travaux d’infrastructure, la consolidation d’aides sociales, le développement d’entreprises publiques et la taxation des plus riches.
Aux dernières élections, en avril 2011, la Coalition communiste a, de façon inattendue, reperdu, de très peu (à 1% de voix près), au profit d’une coalition régionale, le Front Démocratique Uni, menée par le Parti du Congrès.

Le 28 février 2012, une grève générale historique réunissant 100 millions de grévistes, salariés du privé et du public, paysans et ouvriers, a paralysé l’Inde entière.
À l’initiative de tous les syndicats réunis (11 fédérations y compris celles affiliées au Parti du Congrès, plus de nombreux syndicats indépendants), cette grève s’élevait contre les politiques anti-sociales du gouvernement central (dérégulation du code du travail, suppression du salaire minimum, généralisation des contrats précaires), contre l’augmentation du coût de la vie (matières premières et denrées de base), contre les privatisations, la sous-traitance et les délocalisations, etc. Les secteurs les plus concernés ont été les transports, les télécommunications, les services postaux, les banques, les mines, la métallurgie et les ports. Les mobilisations ont été les plus fortes dans les villes, dans les États les plus politisés, en particulier au Kérala où, malgré les menaces dissuasives du gouvernement de diminuer les salaires des grévistes, la mobilisation a été quasiment totale. Dans le reste de l’Inde, de nombreuses pressions ont été exercées pour dissuader les grévistes, menace de suppression de la retraite, d’abaissements de salaires et nombreuses arrestations de fait.
Cette grève générale a été un événement phénoménal mais a été relativisée par les autorités dont les moyens radicaux de dissuasion ont assez bien fonctionné ! Sans savoir, à l’heure actuelle, si cette grève a poussé le Gouvernement Central à prendre des mesures répondant aux revendications, l’ampleur de ce mouvement a clairement démontré que la mondialisation frappe de la même manière les travailleurs du monde entier.

Le Kérala, modèle de développement humain, et modèle de développement durable

Le Kérala, État traditionnellement socialiste, avec une garantie alimentaire, énergétique (hydraulique et éolien), des services publics (éducation, santé, transports) efficaces de haute qualité garantissant le respect des droits fondamentaux, un niveau de culture élevé, des droits sociaux acquis et préservés (grâce à un fort taux de syndicalisation), une organisation égalitaire de la société, avec une redistribution des richesses et un droit de subsistance garanti à chacun ainsi qu’une participation active de tous les citoyens dans les décisions et la gestion des affaires grâce à un système depuis longtemps établi de démocratie participative, est un exemple d’organisation sociétale : son IDH (Indice de Développement Humain) est de loin le plus élevé de tous les États indiens, estimé à 0,775 (en comparaison : Inde 0,547, France 0,884, en baisse) ; de plus, son empreinte écologique est faible (peu d’industries). Le Kérala, alliant donc indicateur économique (PIB) modéré, empreinte écologique très raisonnable et indicateur de développement social (IDH) de haut niveau, apparaît être un exemple de développement durable à reproduire. En effet, là est le dilemme pour les partis politiques en place : doivent-ils suivre la logique de croissance à tout prix, ce qui implique l’acceptation des règles néolibérales, et un fort impact sur l’environnement, ou plutôt se contenter d’une croissance modérée en privilégiant qualité de vie et préservation de l’environnement ? Loin de subir leur sort, les Kéralais font eux-mêmes leur choix ; ils sont intellectuellement armés pour se sentir et être acteurs de leur vie et de leurs conditions de vie ; leur organisation sociétale le leur permet ; n’est-ce pas là que résident leur dignité, leur fierté et tout simplement leur bonheur ?

Ils ont à affronter beaucoup de problèmes, bien sûr, chômage élevé (25%), (mais pourquoi ne pas partager le travail existant ?), émigration vers les pays du Golfe, surexploitation menaçante des sols et début d’ appauvrissement des eaux côtières, tentatives d’exploitation de minerais et de déforestation, mais gageons que la société kéralaise saura juguler les assauts intéressés et immoraux du capitalisme mondialisé pour préserver sa qualité de vie et son indépendance, contrairement à ce qui se passe ailleurs en Inde ou dans le monde, par exemple quand des dizaines de milliers de paysans indiens pris au piège de la mondialisation se suicident en ingérant les pesticides qu’ils ont achetés à Monsanto en même temps que ses semences OGM et qu’ils ne peuvent plus rembourser !

Alors que le socialisme est aujourd’hui violemment critiqué par la droite capitaliste, bien sûr, car contraire à ses intérêts, mais aussi souvent plus largement, perçu comme un déni de liberté individuelle, une emprise de l’État Providence sur des individus qui seraient passifs, le Kérala et ses habitants montrent le contraire ; ils démontrent qu’un socialisme démocratique et participatif est non seulement possible, mais efficace, qui garantit une société juste et égalitaire où les droits fondamentaux sont assurés et où chaque individu se sent responsable et agit effectivement sur sa propre vie et celle de sa communauté, ce système instituant ainsi un esprit de solidarité et de coopération entre les hommes ; ils démontrent que, devant les éventuelles tentations des gouvernements de céder au libéralisme, ils sont capables, en tant que citoyens, de réagir et de se révolter pour préserver leurs acquis sociaux, leur qualité de vie et leur environnement, capables s’il le faut de contrer ce qu’ils estiment inacceptable.
Cet esprit revendicatif qui les anime explique sans doute les alternances politiques qui ont eu lieu dès que les promesses ou les attentes n’étaient pas satisfaites, ou leur méfiance vis-à-vis du PC lui-même lorsque, par exemple, celui-ci s’est discrédité en se compromettant avec le marché mondial dans l’État du Bengale Occidental, autre fief du PC depuis 1977, où la volonté du gouvernement d’installer de grandes structures industrielles (voir les affaires TATA, WAL-MART, TESCO, CARREFOUR) a entraîné une révolte des habitants violemment réprimée par les autorités, ce qui a abouti à une défaite électorale totale du PCI dans cet État après plus de trente ans de gestion communiste. Au Kérala, les acquis sociaux sont solidement ancrés et un gouvernement qui tenterait d’y toucher, verrait le risque d’une réaction immédiate des syndicats et une révolte massive du peuple.

Lorsqu’on est au Kérala, on ne voit pas de richesse extérieure, mais on n’y voit pas de misère, contrairement à l’Inde en général ; on ressent une dignité, une ouverture d’esprit et une joie de vivre particulière chez ses habitants ; on n’y voit pas de mendiant, on voit les gamins monter gaiement dans les bus le matin pour aller à l’école, on peut s’y faire offrir une rose par une petite écolière, on peut discuter de micro-finance (avec ses dérives) et du prix Nobel d’économie indien avec sa voisine de bus en sari, on est surpris de voir autant de mosquées ou d’églises que de temples hindous (la religion y tient une moindre importance et on sait que tous se côtoient dans la plus grande tolérance)…et on espère finalement que le capitalisme mondialisé et ses effets destructeurs n’atteindront jamais le bien-être de ce peuple cultivé, volontaire, solidaire et libre, ni jamais ne défigureront leur si bel environnement.

Partout dans le monde une conscience collective se lève, contre l’oppression, contre des conditions de travail inadmissibles, contre l’exploitation des êtres humains et celle, désastreuse pour l’environnement, de la terre ; des hommes et des femmes luttent, à leurs risques et périls, bien souvent, contre les pouvoirs en place, contre les multinationales de toutes sortes qui font fi de toute morale humaine et environnementale ; des « indignés », partout, clament leur refus de ce monde insensé de la finance, de la spéculation, de la compétitivité, du profit à tout prix, à court terme, qui fait basculer les pays dans la pauvreté et la dépendance aux banquiers et aux spéculateurs ; ils rêvent et dessinent un monde totalement différent, non pas axé sur un consumérisme individuel forcené, mais basé sur la solidarité, la justice, le partage, l’entraide entre les pays, le respect de l’autre, le respect de la terre et de la biodiversité…ne faisons pas que rêver, coordonnons toutes ces luttes pour que soit exigée l’application de règles internationales qui feront que l’inadmissible ne soit plus possible, afin qu’enfin, le monde dont nous rêvons soit une réalité.

Anny Fradin, docteure en Biologie, Université de Paris Sud.

« Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière asséchée, le dernier poisson pêché, l’homme va s’apercevoir que l’argent, ça ne se mange pas ! » Proverbe d’un chef indien d’Amérique.

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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 16:21

 

 

 

Depuis samedi 1er septembre, le taux normal de TVA est de 21 % en Espagne. Cette hausse de 3 points de la taxe sur la valeur ajoutée et la consommation est la conséquence du vaste plan d'austérité mené par le gouvernement espagnol, qui entend ainsi réduire le déficit public à 6,3 % à la fin de l'année. Le taux réduit (appliqué au tourisme et aux transport) est porté de 8 % à 10 %.

Certains produits culturels, jusqu'ici taxés à taux réduit, passent au nouveau taux normal : les places de théâtre ou de cinéma vont donc augmenter de 13 % d'un coup.

Le gouvernement de Mariano Rajoy avait repoussé cette décision pendant de longs mois, mais il avait dû finalement s'y résoudre en juillet dernier.

L'Espagne, où un actif sur quatre est au chômage, veut économiser plus de 100 milliards d'euros d'ici 2014, comme l'exige Bruxelles.

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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 16:03

Question : entre deux médicaments d’efficacité équivalente, et également tolérés, mais dont l’un coûte vingt fois plus cher que l’autre, lequel faut-il recommander ? Si vous avez répondu « le moins cher », vous avez perdu ! En juillet, la Direction générale de la santé (DGS) a interdit l’utilisation de l’anticancéreux Avastin pour traiter la DMLA, une maladie de l’œil qui affecte environ un million de personnes en France et qui est la première cause de cécité après 50 ans. Or, la principale différence entre l’Avastin et le traitement de référence, le Lucentis, est qu’une dose du premier revient entre 25 et 50 €, alors qu’une injection du second coûte 1 000 €…


Scène telle que vue par une personne atteinte de DMLA 
Scène telle que vue par une personne atteinte de DMLA© DR

 

On peut estimer que dans les années à venir, l’utilisation exclusive du Lucentis – remboursé à 100 % – pour traiter la DMLA représenterait pour l’assurance maladie une dépense de 500 à 800 millions d’euros par an. Ce coût exorbitant – c’est le cas de le dire – n’est justifié ni par un avantage thérapeutique, ni par un risque médicamenteux, comme l’ont démontré des études scientifiques.

Comment en est-on arrivé à cette situation aberrante ? L'enquête de Mediapart met en évidence un lobbying organisé mené par le laboratoire concerné, Novartis, et relayé par une société savante dont les principaux dirigeants sont des consultants réguliers et rémunérés de cette firme. Changement de pouvoir ou non, réforme ou non, les conflits d'intérêts continuent d'influencer la politique du médicament.

La DMLA, ou dégénérescence maculaire liée à l’âge, est une maladie incurable, causée par la prolifération irréversible de vaisseaux sanguins dans la macula, la partie centrale de la rétine. Deux molécules peuvent cependant enrayer la progression de cette dégénérescence lorsqu’on les injecte directement dans l’œil : l’Avastin et le Lucentis. Bien que ces deux molécules soient extrêmement proches, seul le Lucentis dispose, en France, d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) comportant l’indication dans le traitement de la DMLA.  

La position de la DGS s’appuie sur un argument réglementaire : l’Avastin n’a pas d’AMM pour le traitement de la DMLA. La circulaire du 7 juillet précise que les pharmaciens hospitaliers ont interdiction de préparer des seringues pour injection intravitréenne (dans l’œil) d’une solution d’Avastin (bévacizumab), « compte tenu de l’existence d’une spécialité adaptée (Lucentis, ranibizumab) possédant une AMM pour le traitement de la DMLA et spécifiquement formulée et présentée pour les injections intravitréennes ».

Mais en pratique, les deux molécules ont les mêmes effets, et il suffit de reconditionner l’Avastin pour pouvoir l’utiliser en ophtalmologie. Pour des raisons budgétaires évidentes, depuis des années, un certain nombre de services ophtalmologiques ont donc utilisé l’Avastin plutôt que le Lucentis.

Selon le professeur Gilles Aulagner, chef du service pharmacie des Hospices civils de Lyon, « de l’ordre de 4 000 patients français en ophtalmologie ont été traités par l’Avastin en 2005 ; leur nombre a augmenté depuis, mais le Lucentis reste beaucoup plus important, alors qu’aux États-Unis, par exemple, entre deux tiers et trois quarts des malades atteints de DMLA sont traités à l’Avastin ».

Au Groupe hospitalier Cochin - Hôtel-Dieu (Paris Centre), à Paris, qui possède un des plus grands centres d’ophtalmologie de France, 4 367 injections intravitréennes d’Avastin ont été réalisées entre 2006 et 2012. Selon le professeur François Chast, chef de service pharmacie-pharmacologie-toxicologie de ce Groupe hospitalo-universitaire, un traitement à l’Avastin coûte, à l’Hôtel-Dieu, 25 € l’unité. Soit quarante fois moins qu’un traitement au Lucentis.

N’ayant plus le droit de recourir à l’Avastin, les services d’ophtalmologie laisseront donc leurs patients acheter le Lucentis dans une pharmacie de ville, et se faire rembourser à 100 %. Sur un million de personnes touchées par la DMLA en France, environ 200 000 pourraient être traitées : à raison de quatre injections annuelles, cela représente un coût pour le système de santé – et un chiffre d’affaires pour Novartis, qui distribue le Lucentis – de 800 millions d’euros par an !

La DGS affirme que des cas d’infection de l’œil liés à l’usage de l’Avastin ont été signalés dans la littérature scientifique. Mais d’après nos informations, ces cas, signalés notamment au Veteran Affairs Hospital de Nashville (États-Unis), remontent à 2011 et le problème a été réglé depuis. Dans les conditions normales d’une pharmacie hospitalière, le reconditionnement de l’Avastin peut être effectué en toute sécurité, confirme Gilles Aulagner : « Il y a des précautions naturelles à prendre, cela relève du métier de pharmacien. »

 

Avastin et Lucentis ont des profils de tolérance similaires

Une étude (CATT) menée aux États-Unis, publiée en 2011, a montré que les deux produits ont la même efficacité et présentent des profils de tolérance similaires. Ces résultats ont été confirmés par l’étude britannique IVAN. En France, une troisième étude (Gefal) est en cours, sous la direction du professeur Laurent Kodjikian, avec le soutien du ministère de la santé (sous forme d’un financement de Programme hospitalier de recherche clinique). Elle n’est pas encore publiée, mais les résultats préliminaires ne montrent pas de risque particulier avec l’Avastin. 

Dans ces conditions, de nombreux ophtalmologistes se demandent quelle mouche a piqué la DGS, et quelle urgence sanitaire justifiait une mesure dont l’effet principal va être d’aggraver le déficit de la Sécurité sociale.


Siège de Novartis, à Bâle 
Siège de Novartis, à Bâle© Andrew

 

Si l’intérêt public de la décision de la DGS ne saute pas aux yeux, les intérêts privés, eux, sont clairs : Novartis, qui distribue le Lucentis en Europe, n’aurait aucun avantage à voir son produit concurrencé par une molécule vingt à quarante fois moins chère. Qui plus est, Novartis et Roche, qui produit l’Avastin, sont liées. Ces deux firmes bâloises ont une longue histoire commune, et ont des interactions fortes dans le cas qui nous intéresse ici.

Bref résumé historique : en 1971, un médecin américain, Judah Folkman, avance l’idée qu’on pourrait combattre le cancer en stoppant la prolifération des vaisseaux sanguins qui permet à une tumeur de se développer ; ce concept, appelé « anti-angiogenèse », rencontre d’abord une forte opposition, mais finit par s’imposer ; il sera même étendu à des pathologies non cancéreuses mais associées à une prolifération de vaisseaux sanguins, comme la DMLA ou la rétinopathie diabétique.

Cette prolifération est stimulée par une molécule naturelle, le VEGF (vascular endothelium growth factor ou facteur de croissance de l’endothélium vasculaire).

Dans les années 1990, la société californienne de biotechnologies Genentech met au point des « anticorps monoclonaux » dirigés contre le VEGF : ce sont des molécules qui neutralisent le facteur de croissance et bloquent ainsi la prolifération des vaisseaux. Napoleone Ferrara, chercheur à Genentech, développe la molécule qui va donner l’Avastin, puis celle du Lucentis. En fait, toutes deux dérivent du même anticorps. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que ces deux molécules aient un mode d’action et des effets similaires.

La suite ne relève pas de la science, mais du business : Genentech a vendu la licence du Lucentis à Novartis pour le monde entier, sauf les États-Unis ; et a vendu l’Avastin à Roche. Puis Roche a racheté Genentech pour pas loin de 50 milliards de dollars ! Un retour sur investissement s’imposait dans les meilleurs délais. Résultat : Roche touche des royalties sur le Lucentis pour les ventes aux États-Unis. On comprend que Roche ne cherche pas à marcher sur les plates-bandes de Novartis.

L’harmonieuse concordance entre les stratégies des deux firmes a été vérifiée en 2011, à son corps défendant, par Dominique Maraninchi, directeur de l’Afssaps (devenue ANSM), l’agence responsable de la sécurité des médicaments. Le 16 mai 2011, le professeur Maraninchi envoie un courrier à la présidente de Roche France, Sophie Kornowski-Bonnet, pour suggérer que la société dépose une demande d’AMM pour l’Avastin en ophtalmologie. Maraninchi cite l’étude CATT (voir plus haut) et souligne « l’intérêt du bévacizumab (Avastin) pour la pratique clinique des ophtalmologistes ».

La réponse de Sophie Kornowski-Bonnet, datée du 26 mai 2011, est négative : « Avastin a été développé et autorisé dans le traitement de certaines formes de cancer… A contrario Lucentis (ranibizumab) a été développé et fabriqué pour une administration intraoculaire et est autorisé dans le traitement de la DMLA… » Et la présidente met l’accent sur les différences de profils de tolérance des deux produits, qui sont pourtant faibles lorsqu’on examine l’ensemble des résultats.

L’Afssaps défendait donc l’usage de l’Avastin en ophtalmologie un an avant que la DGS ne l’interdise… Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’attitude de l’administration ne brille pas par sa cohérence. Certes, entre-temps, il y a eu la « loi Mediator » du 29 décembre 2011, qui a renforcé la sécurité sanitaire des médicaments. Mais fin juin 2012, la Haute Autorité de santé (HAS) est encore favorable à l’usage étendu de l’Avastin : le président de la Haute autorité de santé, le professeur Jean-Luc Harousseau, annonce qu’il va saisir l’ANSM pour demander une RTU (recommandation temporaire d’utilisation) afin de permettre l’usage d’Avastin en ophtalmologie.

« Pourquoi la DGS a-t-elle fait cela maintenant ? »

Une RTU, ou recommandation temporaire d’utilisation, est une mesure qui permet de contourner légalement l’absence d’AMM en bonne et due forme. Elle permettrait donc de continuer à utiliser l’Avastin en ophtalmologie, sans problème réglementaire.

Le sujet est inscrit à l’ordre du jour d’une réunion du collège de la HAS prévue pour la mi-juillet. Or, c’est précisément quelques jours avant cette réunion, le 11 juillet, que la DGS publie sa directive. Elle coupe littéralement l’herbe sous le pied de Jean-Luc Harousseau, qui ne cache pas son étonnement : « Pourquoi la DGS a-t-elle fait cela maintenant ? C’est surprenant. Je rappelle que l’Afssaps (devenue ANSM) a émis en 2009 une recommandation sur la préparation d’Avastin pour une utilisation hors AMM. Depuis 2009, rien n’a changé » (déclaration à l’Agence de Presse médicale, 25 juillet 2012).

 

Structure cristalline d'une molécule VEGF extraite d'un venim de serpent 
Structure cristalline d'une molécule VEGF extraite d'un venim de serpent© Hannes Röst

 

Jean-Luc Harousseau annonce qu’il renonce à saisir l’ANSM en vue d’une RTU, mais qu’il va écrire au directeur de l’Agence, Dominique Maraninchi, afin de lui « demander quelles dispositions il entend prendre pour que le produit le plus efficient soit utilisé en France ».

Depuis, l’ANSM n’a fait aucune annonce nouvelle. En revanche, la DGS a publié une deuxième circulaire, le 10 août, destinée à compléter celle du 11 juillet. Cette circulaire autorise l’utilisation de l’Avastin pour un certain nombre de pathologies oculaires autres que la DMLA, pour lesquelles le Lucentis n’a pas d’AMM. Autrement dit, lorsque le produit de Novartis n’est pas remboursé, les ophtalmologues peuvent utiliser l’Avastin… malgré les risques évoqués dans la circulaire précédente, qui sont exactement les mêmes !

Ce qui confirme qu’il n’y avait vraiment pas d’urgence à produire la circulaire du 11 juillet. Cette cacophonie administrative contraste avec la cohérence économique de ces décisions successives : elles aboutissent à réserver le marché le plus important, celui de la DMLA, de la rétinopathie diabétique et de l’œdème maculaire, au Lucentis, et à donner les « miettes » au médicament moins cher de Roche (moins de 10 % des patients).

Dès lors, il est difficile de ne pas se demander qui a inspiré les deux circulaires de la DGS. Nous n’avons pas d’explication en ce qui concerne la première, celle de juillet, mais il existe une réponse tout à fait précise pour la deuxième circulaire : elle a été quasiment dictée à la DGS par les experts de la Société française d’ophtalmologie (SFO), société savante dont plusieurs dirigeants sont des consultants réguliers de Novartis. Signalons que la SFO a produit début 2012 un spot publicitaire pour la télévision, invitant au dépistage de la DMLA. Spot qui a bénéficié du financement de Novartis.

Mediapart a pu se procurer un échange de mails qui démontre le rôle de la SFO. Pour comprendre le contexte de ces mails, il faut savoir que la circulaire du 11 juillet a causé un certain trouble parmi les ophtalmologistes. Nous avons interrogé le professeur Laurent Kodjikian, qui a confirmé l’étonnement suscité par la circulaire de la DGS : « Il existe un certain nombre de pathologies oculaires autres que la DMLA, comme le glaucome néovasculaire, pour lesquelles le Lucentis n’est pas remboursé parce qu’elles ne sont pas dans l’AMM, explique Laurent Kodjikian. Dans ces cas, les ophtalmologistes utilisaient l’Avastin, le coût du Lucentis étant trop élevé. La circulaire du 11 juillet les a mis dans une situation difficile. »

Le problème des ophtalmologues est donc provoqué par le fait que la circulaire les empêche d’utiliser l’Avastin dans les cas où le Lucentis n’est pas remboursé. Les mails de la SFO s’inscrivent dans cette logique. Un premier courriel, daté du 31 juillet 2012, est signé du secrétaire général de la société, le professeur Christophe Baudouin : « Il me semble que nous n’avons aucun intérêt à contester ou même sembler contester une décision de la DGS, d’autant qu’il y a 18 mois, nous avons écrit un communiqué exactement dans le même sens : s’il y a AMM autant choisir le produit autorisé, écrit Baudouin. Ce que je remarque, c’est que ce sont nos propres collègues qui alimentent l’idée d’un scandale à utiliser le produit qui a l’AMM, en coulant les caisses de l’État… En réagissant à chaud contre l’avis de la DGS… nous ne faisons qu’aller nous opposer à eux dans un débat public… et je ne vois pas bien ce que nous y gagnerons. »

« Le Lucentis continue à être l'agent de référence »

Après le rappel à l’ordre de Christophe Baudouin, la SFO s’active pour obtenir que la DGS corrige son tir en autorisant l’Avastin dans les cas où le Lucentis n’est pas remboursé. Le secrétaire général adjoint de la SFO, le professeur Jean-François Korobelnik, ophtalmologiste au CHU de Bordeaux, prépare ainsi un communiqué destiné à faire pression sur la DGS. Korobelnik note au passage : « Je n’y ai aucun intérêt personnel, car le CHU de Bordeaux n’a pas bougé, et je peux continuer à utiliser l’Avastin en IVT (injection intravitréenne). » Si l’on a bien compris, le CHU de Bordeaux s’est assis sur les recommandations de la DGS…

Finalement, dans un mail du 1er août, le président de la SFO, le professeur Philippe Denis (par ailleurs chef du service d’ophtalmologie de Lyon, où est mené l’essai Gefal), fait la synthèse :

« Après en avoir longuement discuté, Christophe et moi-même avons décidé de contacter ce matin la DGS pour obtenir des éclaircissements concernant l’interdiction des préparations magistrales d’Avastin et une réunion a été organisée au ministère cet après-midi… J’ai expliqué à Monsieur Grall, directeur de la DGS, et à Madame Choma, Directrice adjointe de la Politique des pratiques et des produits de santé à la DGS, les motifs de notre émoi… Monsieur Grall… devrait très rapidement… diffuser une note circulaire explicative précisant que l’Avastin peut continuer à être préparé et utilisé dans toutes les indications thérapeutiques où le Lucentis n’a pas d’AMM. Nous sommes évidemment conscients qu’en l’état actuel des choses le Lucentis continue à être l’agent de référence…

« Parallèlement, Monsieur Grall va demander dès demain à l’ANSM de considérer l’obtention d’une RTU pour l’Avastin pour toutes les indications hors-AMM (du Lucentis). Et nous devons lui fournir incessamment une liste des situations cliniques concernées. C’est à Jean-François (Korobelnik)… que revient la charge de lister ces situations cliniques et nous transmettrons, avant la fin de la semaine (jeudi matin !), cette liste à madame Choma… »

Ainsi, la situation est parfaitement sous contrôle : le Lucentis reste le seul traitement de la DMLA, et la SFO fournit à la DGS la liste des cas où on peut utiliser l’Avastin. Le rédacteur de cette liste, Jean-François Korobelnik, est d’après ses propres déclarations d’intérêt consultant de Novartis pour le Lucentis depuis 2006. Il est aussi, selon sa déclaration de 2012, membre du groupe de travail de la HAS sur les implants rétiniens. Sans aucun doute, il connaît son sujet…

Par conséquent, en dépit des vertueuses déclarations des politiques de tout bord sur la fin des conflits d’intérêts dans le domaine du médicament, un consultant rémunéré d’un laboratoire peut, aujourd’hui, fournir à l’administration des conseils en rapport avec la stratégie du même laboratoire.

Contacté par Mediapart, le professeur Korobelnik nous a répondu qu’il n’était « malheureusement pas disponible »Le professeur Baudouin, secrétaire général de la SFO, nous a, lui, répondu (par mail) : « Malheureusement la rétine n'est pas mon domaine d'expertise et je ne pourrais pas vous donner d'informations pertinentes. » 

Dernier détail, Catherine Choma, mentionnée dans un mail ci-dessus, a une double casquette : elle fait à la fois partie de la DGS et du CEPS, le comité économique des produits de santé, dont le rôle est de fixer les prix des médicaments. En 2011-2012, Catherine Choma a négocié avec Novartis le prix du Lucentis, qui était de 1 109,15 € TTC la dose. Après accord avec la firme, le prix est passé à 1 002,38 € TTC le 1er juillet 2012, et doit être abaissé à 895,57 € TTC le 1er février 2013. Ces baisses ont été annoncées au Journal officiel le 22 juin 2012, peu avant le début de la séquence qui a abouti à exclure l’Avastin du marché de la DMLA.

À l’évidence, il s’agit d’une coïncidence, mais le hasard fait bien les choses : au moment où Novartis concède une baisse modérée du prix de son produit, l’administration lui garantit de facto la protection du marché le plus important, celui de la DMLA. Dans le monde français du médicament, avant ou après le Mediator, sous la gauche comme sous la droite, c’est toujours l’industrie qui gagne à la fin… sur le dos de la Sécu et de ses cotisants.

 

 

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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 15:39

 

Marianne - Jeudi 30 Août 2012 à 14:42

 

Aliocha - Blogueur associé

Aliocha Aliocha
Aliocha est le pseudonyme d’une journaliste économique diplômée en droit, qui traite plus... En savoir plus sur cet auteur

 

Jan Zijderveld, responsable de la multinationale Unilever, a affirmé que la «la pauvreté revient en Europe». Pour notre blogueuse associée Aliocha, la visibilité donnée à cette sentence est le signe que «nous nous sommes habitués à l’idée de n’être que de simples consommateurs».

 

(Logo d'Unilever à Prague - Krystof Kriz/AP/SIPA)
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Il y a quelques mois nous tremblions à l’idée que les agences de notation puissent nous dégrader et, ce faisant, mettre à genoux tout un peuple par l’effet conjugué de la folie médiatique et de la dinguerie des marchés financiers. Et puis l’affaire a laissé place à d’autres nouvelles suscitant d’autres angoisses. Qui aurait imaginé à l’époque qu’un fabricant de lessive se transformerait à son tour en oracle et nous prédirait comme ça tout-à-trac, le retour de la pauvreté en Europe ?

Et pourtant Unilever l’a fait.  Comme le note @si, on ignorait que la pauvreté avait disparu de nos aimables contrées. Le site relève également que tous les médias ont offert comme un seul homme une tribune au lessivier lui permettant de se faire de la publicité gratuitement. Car Unilever, fort de sa prédiction cataclysmique, annonçait dans le même temps la mise sur le marché de produits de plus petite taille à un prix moins élevé. Personnellement, j’ai entendu la nouvelle sur BFMTV qui est un des rares médias à avoir démaquillé l’information et posé la bonne question : ne risque-t-on pas de nous faire avaler une jolie augmentation du prix au litre ou au kilo, sous couvert d’une diminution du prix à l’unité ? Eh oui, c’est fort probable. Pourquoi les médias ont-ils relayé ainsi, me direz-vous ? Parce que les sujets « crise » ont le vent en poupe actuellement. Ecrivez « crise » dans un communiqué de presse et vous êtes sûr d’avoir un coup de fil de journaliste dans la seconde.

Qu’importe cette petite errance médiatique, le plus important à mon sens est ailleurs. La multinationale, dont on trouve les produits partout mais que l’on serait bien en peine de situer sur la carte si on nous demandait où se trouve son siège social, ce mastodonte qui ausculte en permanence le pouls de ses consommateurs dans chaque pays du monde, cet oeil gigantesque qui jamais ne se ferme a donc aperçu la déconfiture de la « région commerciale Europe » et nous l’annonce, sans ciller. On en frissonne. Que cela n’interpelle personne montre que nous nous sommes habitués à l’idée de n’être que de simples consommateurs. Dans ces conditions, comment s’étonner que ce soit une multinationale de lessive qui nous informe de notre prochaine disparition ?

Précipice

En cessant de consommer, nous cessons forcément d’exister. Je me souviens de la fin du roman « Plateforme » de Houellebecq. Le génial auteur, l’un des seuls romanciers en France qui fasse autre chose que de s’explorer le nombril en se demandant pourquoi il est moins rond que le trou de son derrière, ce visionnaire donc fait dire à son personnage principal alors qu’il imagine la fin de sa vie de modeste salarié français parti s’installer en Thaïlande : « Quelques vendeurs ambulants hocheront la tête. Mon appartement sera loué à un nouveau résident. On m’oubliera, on m’oubliera vite ».

Unilever, dont la crédibilité est infiniment supérieure à celle d’un marchand ambulant thaïlandais, nous donne pour morts, en tout cas au regard de notre capacité à consommer de la lessive. Il faut croire que nous mourrons salement, ce qui ajoute au tragique de la situation une connotation sordide. Imaginez donc des cohortes de consommateurs sans le sous errant à travers l’Europe dans leurs guenilles puantes ! Avec les anciens dieux au moins, nous avions le sentiment de pouvoir négocier, prier, supplier et qui sait peut-être obtenir un miracle, même si Alfred de Vigny trouvait cela lâche. Le dieu de la lessive quant à lui n’a trouvé, du haut de son Olympe surplombant notre société de consommation mondialisée, qu’une chose à faire : nous précipiter plus vite dans le précipice en nous vendant plus cher les produits de première nécessité.

Un truc à nous faire regretter les colères fracassantes du bon vieux barbu de la Bible ou les facéties de ces dévoyées de divinités romaines. Mais bon, il y en a qui voient dans l’éradication des superstitions infantiles de nos ancêtres un splendide progrès de civilisation. Tâchons de croire qu’ils ont raison, cela nous épargnera la souffrance indicible de mourir lucide. Et sale, de surcroît.

 

Unilever annonce la déconfiture de l'Europe...
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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 15:22

 

 

 Global Voices Online 01/09/2012 à 09h47

 Oiwan Lam · Traduit par Claire Ulrich

 

 

 

Le gouvernement chinois a annoncé la construction, au Tibet, d’un parc touristique à thème pour un investissement total de 30 milliards de RMB (environ 3,7 milliards d’euros). Avant son ouverture, le parc sera le décor du tournage du film « Princesse Wencheng », consacré à l’histoire de la nièce d’un empereur de la dynastie Tang, qui épousa un roi tibétain au VIIe siècle.

Situé à la périphérie de la ville de Lhassa, la capitale de la province, le parc couvrira 800 hectares.

Les opposants tibétains accusent ce projet d’être la « Disney-fication du Tibet » et ne croient pas à l’intention affichée de préserver et de partager la culture tibétaine.

Sans même parler des débats politiques et idéologiques autour du projet, qui agitent aussi les Chinois han, ce projet est très controversé.

Sur la plateforme de microblog Weibo, @1690737580 a publié des photos [désormais inaccessibles, ndlr] qu’elle a prises sur le site prévu pour le futur parc à thème, et avoue qu’elle éprouve un grand regret de perdre un si beau cadre :

 


Le futur site, le village de Shaolin. P (@1690737580 via Weibo)

« Le village Shaolin est situé à seulement deux kilomètres de Lhassa. Si on en croit la légende, c’est là que la princesse Wencheng et sa servante se sont installées.

C’est un endroit merveilleux pour les Tibétains qui viennent s’y promener. Le lieu est entouré de montagnes et de rivières, avec une grande étendue d’herbe. Vous pouvez voir le Potala [autrefois résidence du dalaï-lama, ndlr] de là-bas.

Dans trois ans, ce paysage aura disparu pour laisser place à un parc prétendument culturel, le parc à thème dédié à la princesse Wencheng, et à un hôtel quatre étoiles. Bien sûr, le tourisme apportera quelques bénéfices mais je voudrais vraiment que tout reste comme maintenant, ici. »

Sur la plateforme chinoise Netease, un forum a été ouvert pour rassembler les avis des internautes sur ce projet.

@0147739241 : « Je veux exprimer mon soutien à Lhassa. C’est certainement un bon projet. Le gouvernement est un facilitateur et ne peut pas investir tout cet argent, c’est un appel aux investisseurs. Cela aidera non seulement à développer le tourisme local mais aussi à construire de nombreux autres ouvrages, comme des routes et des ponts. C’est bon pour le peuple. Lhassa deviendra un site touristique international. »

@bayniwffg : « C’est bien de s’occuper du patrimoine. Je ne suis juste pas sûre que les fonds iront vraiment là où ils seront affectés, ou alors ils seront gâchés. Nous avons toujours beaucoup d’enfants qui ont faim et qui ne peuvent pas se permettre d’aller à l’école. »


Le Potala, ancienne résidence des dalaï-lamas, aujourd’hui ouvert aux touristes (Jamie Barras (CC : NC-SA) sur Flickr)

« Nous nous rendons au Tibet pour nous rapprocher du paradis »

Ci-dessous, des commentaires d’internautes opposés au projet :

@xsccld187 : « Nous ne devrions pas construire le parc à thème. Lhassa a beaucoup de richesses naturelles, de style tibétain et de culture. Pas besoin de faire des parcs à thème ou des constructions artificielles pour attirer les touristes.

Si le projet est un échec, il ruinera l’image positive qu’ont les gens de Lhassa et le nombre de touristes diminuera. Au bout du compte, ce sera un gâchis. »

@410753237 : « quand nous avons besoin d’argent pour une cause juste, vous pleurnichez et vous dites que vous êtes trop pauvres. Pour un projet mal fichu comme celui-ci, vous avez tout l’argent qu’il faut. »

@ratpetty : « Nous nous rendons au Tibet pour nous rapprocher du paradis et du monde spirituel, pour éprouver la pureté de la foi, entourés de montagnes et de rivières. Nous voulons voir l’authentique Tibet vivant, pas une construction artificielle et vulgaire, sous couvert d’un euphémisme de la culture et de l’art. 300 milliards de RMB ? Dépensez-les pour les gens, pour améliorer leurs conditions de vie. »

MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato
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