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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 16:01

 

Rue89 -  Témoignage 16/09/2012 à 10h28

Marwan K., étudiant à Tunis

 

Marwan, étudiant tunisien, condamne les violences antiaméricaines et « cette frange de salafistes qui essaye de profiter de la révolution pour propager des conneries ».

 

 


Des manifestants jettent des pierres contre l’ambassade américaine à Tunis, le 14 septembre 2012 (FETHI BELAID/AFP)

Dès que j’ai su qu’une épaisse fumée noire sortait de l’ambassade américaine et que des cartouches sifflaient aux abords du bâtiment, je me suis dit : « Ces imbéciles de salafistes sont encore tombés dans le panneau. » Entendons-nous bien : je ne suis pas contre le fait de se révolter quand on se sent agressé, mais là, j’ai beau chercher, je ne vois pas où est la provocation.

Making of

J’ai passé deux semaines avec Marwan, 27 ans, en octobre dernier, au moment où les Tunisiens votaient pour élire une Assemblée constituante.

 

Samedi matin, je l’ai appelé pour connaître sa réaction aux violences, à l’initiative de salafistes et en réaction à la diffusion d’un film anti-islam, qui ont fait quatre morts et des dizaines de blessés à Tunis. Dans la foulée, j’ai retranscrit son témoignage. Avant de raccrocher, il a insisté pour me dire que ces incidents ne remettaient pas en cause « les bienfaits de la révolution », que la Tunisie ne se réduisait pas à quelques centaines de voyous et de salafistes.

 

« Nous sommes sur la bonne voie, mais il va y avoir des moments difficiles à gérer, comme celui-là. » Ramsès Kefi

Je n’ai pas vu le film sur YouTube. J’ai juste entendu ici et là qu’un Israélien aux Etats-Unis [il s’agirait en réalité d’un Américain d’origine égyptienne et de confession copte, ndlr] avait tourné un truc insultant pour notre prophète.

Et alors ? Si cela devait avoir des conséquences négatives pour les musulmans, je serais certainement en tête de cortège. Sauf que là, la donne est radicalement différente : c’est une œuvre inutile qui, chez nous, ne devrait susciter que l’ignorance. Et encore.

En octobre dernier, certains Tunisiens s’offusquaient que Nessma TV diffuse le film « Persepolis ».

Je me souviens de la réaction de mon voisin – un poltron –, qui voulait à tout prix manifester contre la chaîne et son propriétaire. Il me disait : « Je mourrai s’il le faut. » Mon père lui avait ri au nez :

« Il y a près de 5 000 chaînes disponibles sur ta télé. Tu n’as qu’à pas regarder si tu n’es pas d’accord. Ou ne plus regarder la chaîne du tout. Mais mourir pour un film, je ne crois pas que Dieu veuille ça. »

Propagation de conneries

Notre prophète Mohamed non plus. L’islam a bon dos pour « les cerveaux » de ces violences, pour lesquels je n’ai aucun respect. Non seulement ils ne valent pas mieux que cet Israélien en matière d’intelligence, mais à cause d’eux, des personnes sont mortes. Pour le coup, ils en endossent l’entière responsabilité.

« Eux », c’est cette frange de salafistes qui essaye de profiter de la révolution pour propager des conneries. Des opportunistes, qui ne la ramenaient pas quand Zine [Zine el-Abidine Ben Ali, ndlr] était aux manettes et qui, là, se prennent pour des héros et des surhommes. Des incultes, qui vivent en décalage avec la réalité, mais qui, malheureusement, savent faire du bruit au moment où la Tunisie a besoin de silence pour travailler à sa reconstruction.

Sous Ben Ali, les salafistes étaient planqués

Où étaient ces salafistes quand une barbe un peu trop longue pouvait valoir une surveillance policière ? Quand tu te faisais ramasser par la police à peine sorti de la prière du matin, car l’assiduité à la mosquée était quasiment synonyme d’appartenance à un réseau terroriste ?

Quand des femmes voilées se faisaient insulter et embarquer au commissariat pour qu’elles enlèvent leur hijab ? Quand les juges faisaient incarcérer et torturer des Tunisiens jugés trop pieux, donc forcément islamistes ?

Parce que tout ça, à mon sens, est bien plus insultant pour les musulmans qu’un film sur YouTube.

Ils n’étaient pas là. Planqués et, pour certains, à l’étranger. Voilà maintenant qu’ils bombent le torse et se prennent pour des révolutionnaires. Se baladent avec des drapeaux noirs et croient qu’avec quelques bâtons et des cailloux, ils vont changer la face du monde. Non, notre prophète ne veut pas ça et d’ailleurs, les Tunisiens non plus.

Le film, juste un prétexte

Un ami était près de l’ambassade. Il m’a raconté. Il n’y avait pas que des salafistes. Le problème est que la majorité de ces personnes ne sait même pas pourquoi elle est venue manifester. La Palestine, Israël, les Etats-Unis, le gouvernement actuel : ils mélangent tout. Le film ? C’est juste un prétexte.

Et quand mon ami me dit qu’ils ont porté un sacré coup à l’Amérique, je ne peux m’empêcher de rigoler. Si ça peut le rassurer, celle-ci continuera à piller le monde musulman et à y balancer des bombes.

De plus, cela encouragera tout plein d’imbéciles avec une caméra et une connexion Internet à mettre en ligne des vidéos du même genre. Ils prendront ensuite un immense plaisir à voir une poignée d’imbéciles leur faire de la publicité quand ils ne méritent que l’anonymat.

Le producteur de cette merde a réussi son coup

Je me dis aussi qu’une ambassade qui brûle, ça arrange le gouvernement. Avoir quelques milliers de crétins à disposition, ça sert toujours. Surtout quand ils savent faire dans le spectaculaire. Ça permet, par exemple, de détourner l’attention sur les vraies questions, celles sur lesquelles je ne suis pas sûr qu’ils aient des réponses : l’emploi, le pouvoir d’achat, la pauvreté.

Le producteur de cette merde doit rigoler. Il a réussi son coup. Ça lui donnerait presque raison.

Ce matin, j’étais assis avec mon ami Montassar dans un café. Forcément, on a parlé des évènements d’hier [vendredi 14 septembre 2012, ndlr].

Et de la loi pour condamner l’atteinte au sacré qu’Ennahdha veut faire passer. Je suis contre, « Monta » est pour, mais nous sommes tombés d’accord sur un point : ce qui s’est passé hier est une atteinte au sacré, car le prophète n’aurait pas voulu que son message de paix soit sali par cette violence qui n’honore pas l’islam. Et pourtant, « Monta » est salafiste.

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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 15:52

 

Le Monde.fr avec AFP | 15.09.2012 à 20h39 • Mis à jour le 16.09.2012 à 17h06

 

 

Manifestation contre l'austérité à Lisbonne, le 15 septembre.

 

Un ténor de la coalition de centre droit au pouvoir au Portugal, le chef de la diplomatie Paulo Portas, a préconisé dimanche 16 septembre une révision des mesures d'austérité, contre lesquelles plusieurs centaines de milliers de Portugais ont manifesté la veille du nord au sud du pays.

"Le gouvernement doit avoir une position d'ouverture pour évaluer la situation avec les partenaires sociaux et les institutions du pays", a déclaré M. Portas, leader des conservateurs du Parti populaire (CDS-PP) qui fait partie de la coalition au pouvoir aux côtés du Parti social-démocrate du premier ministre, Pedro Passos Coelho.

M. Passos Coelho a annoncé la semaine dernière de nouvelles mesures pour renforcer l'austérité. Un flot de critiques s'en est suivi qui ont culminé, samedi, avec des manifestations d'une rare ampleur à Lisbonne et dans une trentaine de villes du pays.

 

"CE GOUVERNEMENT VA TUER LE PORTUGAL"

"Stop au terrorisme social", "Ceux qui volent le Portugal doivent être jugés", "Bientôt l'Etat volera les morts", pouvait-on lire, samedi, sur les nombreuses banderoles et affiches brandies à Lisbonne par les manifestants. "Que la troïka aille au diable" était le principal slogan pour signifier le rejet des mesures de rigueur imposées par les trois bailleurs de fonds du Portugal, l'UE, le FMI et la BCE, en échange du plan de sauvetage de 78 milliards d'euros accordé au pays en mai 2011. "Ce gouvernement va tuer le Portugal, et si nous ne faisons rien ce sera pire", déclarait Ivan Rodriguez, un trentenaire qui reconnaissait manifester pour la première fois.

 

Lire l'éclairage : Face à l'austérité, les Portugais se rebiffent

  Les manifestations qui, outre Lisbonne, avaient également lieu dans une trentaine de villes portugaises, convoquées sur Facebook par des universitaires, artistes, poètes ou musiciens, revendiquaient un caractère apolitique. Elles étaient toutefois soutenues par des partis d'extrême-gauche et le principal syndicat portugais, la CGTP qui a prévu un grand rassemblement le 29 septembre.

A Lisbonne, dans une ambiance bon enfant, de nombreux manifestants frappaient sur des tambours, donnaient des coups de sifflets, actionnaient de petits avertisseurs ou tapaient dans leurs mains pour faire le plus de bruit possible. A Porto, la grande ville du nord du pays, des milliers de personnes ont réclamé samedi la démission du premier ministre.

 

 RENFORCEMENT DE L'AUSTÉRITÉ

Le mécontentement s'est nettement amplifié après les récentes décisions du gouvernement du premier ministre Pedro Passos Coelho de procéder cette année à de nouvelles augmentations d'impôts et de prévoir pour l'année prochaine une hausse de 11 % à 18 % des cotisations salariales, une mesure qui, selon des experts, équivaut à la perte d'un mois de salaire.  

Depuis l'obtention du plan de sauvetage, le gouvernement a déjà procédé à des baisses de salaires des fonctionnaires et des augmentations d'impôts avec en particulier des hausses sensibles de la TVA. "Les impôts et la TVA m'ont étranglée. Il m'est impossible de conserver mon personnel", indiquait Ana Paulo Figueiredo, une restauratrice d'une cinquantaine d'années. "Il faut un referendum. Le peuple doit donner son avis", ajoutait-elle.  

Depuis qu'il a annoncé un renforcement de l'austérité, le premier ministre essuie un flot de critiques non seulement de la part de l'opposition de gauche, mais aussi de plusieurs de ses alliés politiques et même du patronat. Principal axe de sa politique, l'austérité a entraîné une forte contraction de l'économie – 3,3 % au deuxième trimestre –, tandis que le chômage dépasse les 15 % de la population active. Pris à la gorge, le gouvernement a dû admettre qu'il ne pourrait remplir cette année son engagement de ramener le déficit public à 4,5 % du PIB. Face à cette situation, la troïka a accordé au gouvernement un délai supplémentaire pour réduire les déficits.

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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 15:38

 

A la Fête de « L’Huma », des militants communistes remontés

Le Monde - Blog

A la Fête de "L'Humanité", le 15 septembre. Photo Fred Dufour/AFP

 

"Dix ministres au Medef. Comment ici ?" Avec cette petite phrase glissée lors d'une de ses interventions, samedi 15 septembre, Jean-Luc Mélenchon a résumé l'état d'esprit des militants communistes lors de la Fête de L'Humanité.

Il faut dire qu'au Parti socialiste, on ne s'est pas pressé pour faire le déplacement à La Courneuve. Harlem Désir, le futur patron du PS, s'est fait représenter par son futur numéro deux, Guillaume Bachelay, et David Assouline, porte-parole du PS. Martine Aubry avait décliné. La sénatrice PS Marie-Noëlle Lienemann, qui devait participer à plusieurs débats, a dû annuler à la dernière minute. Du coup, Jean-Vincent Placé, le président du groupe écologiste au Sénat, a lui aussi annulé sa participation au débat sur l'Europe.

 

Deux ministres présentes samedi

Côté ministres, ce n'est guère mieux. Seules George Pau-Langevin, ministre déléguée chargée de la réussite éducative, Dominique Bertinotti, ministre déléguée chargée de la famille, et Najat Vallaud-Belkacem, ministre du droit des femmes, étaient présentes. Cette dernière ne risque d'ailleurs pas d'oublier son passage à la Fête de L'Humanité, elle qui s'est faite huer samedi lors d'un débat sur l'égalité homme-femme lorsqu'elle a abordé la question du traité européen. Annoncé samedi, Frédéric Cuvillier, ministre délégué chargé des transports, lui, n'est tout simplement pas venu. Bref, pas vraiment l'image d'une gauche unie pour cette première Fête de L'Humanité du quinquennat Hollande.

Côté militants, on ne s'en offusque même plus. "On n'a pas l'impression d'être méprisé, c'est une réalité, soupire Yahia Bouchouicha, responsable du PCF à Colombes (Hauts-de-Seine). S'ils ne viennent pas, c'est qu'ils ne doivent pas être très à l'aise avec cette politique." "On les comprend : sur la Fête, ils y auraient eu beaucoup de salariés, de jeunes, qui leur auraient demandé des comptes sur le changement", renchérit Jacques Poirier, militant à Laval (Mayenne). Par contre, le peuple socialiste, lui, est venu et il commence à se poser des questions..."


A la Fête de "L'Humanité" le 15 septembre. Photo Fred Dufour/AFP

 

La plupart de ces militants ont voté au deuxième tour pour François Hollande et se sentent partie prenante de sa victoire. "Nous avons participé à la défaite de Sarkozy", rappelle M. Bouchouicha. "Et tous ceux qui ont voté pour se débarrasser de Sarkozy n'y trouvent pas leur compte", renchérit son "camarade" de Colombes, Hugues Liese. Si certains avaient pu avoir quelques espoirs, ils ont vite été balayés. "Il y a toujours un espoir de voir les promesses tenues, estime M. Poirier. Mais là, on rentre dans une période où on se dit que si on ne se bat pas, il ne se passera rien."


"Le changement, c'est tout de suite !"

Dans la Fête, on ne se prive d'ailleurs pas pour moquer l'action du gouvernement. Un orchestre joue ainsi une version remaniée de "Vive le vent" avec pour paroles "Le changement, c'est pas maintenant..." Sur une banderole déployée un peu plus loin, on peut lire : "Le changement, c'est maintenant. Maintenant, c'est quand ?" "Le changement, c'est pas maintenant, c'est tout de suite, reprend Sylvie, une sympathisante PCF toulousaine. On n'attend pas l'été pour agir." "J'aurais aimé qu'ils mettent les bouchées double dès leur arrivée, regrette aussi Béatrice, militante du Maine-et-Loire. C'est vrai aussi qu'on ne change pas les choses en deux jours mais il faut montrer aux gens qu'on veut vraiment le changement."

Ces militants se montrent très critiques à l'égard du gouvernement. "On veut que la gauche réussisse mais il faut être lucide, il n'y a pas eu grand chose à part quelques mesures en faveur des enseignants et encore ce n'est qu'un redéploiement", estime M. Bouchouicha, de Colombes. "Sur les questions de société, comme le mariage homosexuel, ils ne vont pas être mauvais mais sur ce tout ce qui touche aux questions sociales, je ne suis pas sûr qu'ils soient très bons", juge également Julien, un jeune militant d'Ile-de-France. "Sur PSA, on voit bien que le gouvernement ne se bat pas pour reconquérir une production industrielle en France", déplore aussi M. Poirier.

 

"C'est la même politique que Sarko en light"

PSA, traité européen, salaires, pouvoir d'achat... "Ce n'est pas à la hauteur !", se désole M. Liese, de Colombes, avant d'ajouter : "Ce n'est pas la politique de la droite mais juste une politique social-démocrate." Sylvie, la sympathisante communiste toulousaine, va plus loin. Pour elle, "c'est la même politique que Sarko mais en light". "Par exemple, ils auraient dû nationaliser PSA direct. Sur le traité, on nous rabâche que c'est pour les Grecs mais c'est surtout pour les banques !"

Pour autant, ces militants ne sont pas découragés. "On va tout faire pour que le gouvernement tienne ses engagements", promet Jacques Poirier. En ligne de mire, la manifestation du 30 septembre contre le traité budgétaire européen avec laquelle ils  comptent bien se rappeler au bon souvenir du gouvernement. "Il faut mettre une pression telle que cela empêchera la ratification du traité, estime M. Liese, de Colombes. Le PS aujourd'hui est en train de sentir cette pression monter, y compris en interne." "Il y aura du monde", espère aussi M. Poirier, qui dès lundi commencera à distribuer un quatre pages spécial, tiré jeudi à près de deux millions d'exemplaires par L'Humanité, pour décrypter le traité.

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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 13:26

 

Nous serons à Terrabio à Remoulins les samedi 15 et dimanche 16 septembre pour la 22 ième édition du grand marché bio et forum éco


téléchargez le programme complet (5,6 Mo) de la manifestation
http://www.natureetprogres-gard.org/IMG/pdf/Programme_Terrabio_2012.pdf


                                                                    +  +  +  +  +  +  +  +  +  +  +  +  +  +  +  +  +  +  +  +  +


Visite citoyenne Monsanto Nîmes le mercredi 19 septembre à 9 heures RDV parking du domaine de La Bastide

          Suite à nos multiples rencontres avec Monsanto Nîmes (ex-Séminis, chemin des Canaux) et à l'absence de réponse à notre demande de visite du site en avril 2012, nous avions obtenu un accord de principe  en mai 2012 lors de la rencontre à la Préfecture du Gard.
Après des contacts et courriers et devant ce silence, nous nous rendrons en cortège et à pied sur le site de Monsanto, chemin des Canaux sur la D135.
         Depuis 2010, nous essayons de savoir ce qu'il se passe derrière les grilles de ce semencier mondialement connu mais si discret sur ces pratiques.
Nous en avons assez qu'ils nous racontent des salades !

          Rendez-vous mercredi 19 septembre à 9h au terrain municipal de La Bastide (de Nîmes en direction de Générac sur la D613) au fond de l'allée de platane prendre à droite.

          Venez nombreux ! Merci de faire suivre dans vos réseaux.

 


                                                                  + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + + +

 

Samedi 22 septembre mobilisation contre les gaz et huile de schiste à Saint Christol les Alès à partir de 10 heures


Collectif des Faucheurs volontaires Gard/Lozère

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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 13:00

 

 
Alors que François Hollande a annoncé vendredi 14 septembre dernier l'"arrêt" de l'exploration et de l'exploitation des gaz de schiste, la société Mouvoil a déposé le 16 août dernier en préfecture du Gard (et de l'Ardèche) un dossier de déclaration d’ouverture de travaux pour le permis du Bassin d'Alès (07 & 30) qu'elle détient.

Les Maires de neuf communes du Nord Gard concernés par ce permis (Barjac, Potelières, Rivières, Rochegude, Saint-Bres, Saint-Denis, Saint-Jean de Maruejols et Avéjean, Saint-Victor de Malcap, Tharaux) sont convoqués en Préfecture de Nimes, ce mardi 18 septembre à 16h30. Ils exposeront leur opposition totale à ces travaux.

La population se mobilise : il est important d'apporter de toute urgence notre soutien à ces petites communes dans leur lutte.
 
1. ACTION DE MOBILISATION GÉNÉRALE    Permis du BASSIN d'ALES
DIMANCHE 16 ET LUNDI 17 SEPTEMBRE
 
Nous vous proposons de créer un mail dont l'objet serait :
 
NON AUX TRAVAUX SISMIQUES SUR LE PERMIS DU BASSIN D'ALES
 
puis de copiez la phrase suivante dans le corps de ce nouveau mail :

Je soutiens sans réserve les maires convoqués en Préfecture de Nîmes ce mardi 18 septembre dans leur détermination à refuser les travaux annoncés par la société Mouvoil.

Signez svp ce mail et envoyez le svp avant lundi 17 (18h00) à :
laurence.barnoin@gard.gouv.fr  (fonctionnaire suivant le dossier en préfecture de Nîmes).
et à
vian180912@gmail.com
cette seconde adresse est destinée à établir un comptage de la participation.
 
Merci à tous
No Gazaran
 
 
2. ACTION DE MOBILISATION GÉNÉRALE    Permis du BASSIN d'ALES
MARDI 18 SEPTEMBRE
Soyons nombreu-ses-x à accompagner en cortège citoyen les maires des 9 communes vers la préfecture de Nîmes ce mardi 18 septembre. Rassemblement à 16h00 sur le parvis des arènes. Pas de violence, pas de récupération.

 
3. Le communiqué de presse :

 
Les collectifs stop au gaz et huile de schiste appellent à soutenir les maires convoqués à la préfecture.

18 septembre 2012 à 16h30, les Collectifs du Gard et de l’Ardèche appellent à soutenir, devant la préfecture du Gard à Nîmes, les maires de 9 communes convoqués par le Préfet pour une « information » concernant le dossier de déclaration d’ouverture de travaux sur le Permis « Bassin d’Alès ».

Il n’est visiblement pas prévu, au cours de cette réunion, de demander leur avis aux maires. Ceux-ci sont même contraints de « bien vouloir informer le public par voie d’affichage ». Les Collectifs Stop au gaz et huile de schiste appellent les citoyens à se rassembler à 16h00 sur le parvis des Arènes.

Les maires de Barjac, Potelières, Rivières, Rochegude, Saint-Bres, Saint-Denis, Saint-Jean de Maruejols et Avéjean, Saint-Victor de Malcap, Tharaux ont tous reçu le 13 septembre 2012 le dossier de déclaration d’ouverture de travaux d’exploration dans le cadre du Permis Exclusif de Recherche dit « Permis Bassin d’Alès ». Les maires ardéchois de Beaulieu, Bessas, Vagnas et Labastide de Virac, également impactés par ces travaux, vont sans doute recevoir le même type d'invitation du Préfet d'Ardèche.

Ce dossier contient les trajets prévus des camions pour la campagne de recherche sismique qui sera réalisée par la société « GEO2X SA » http://www.geo2x.com/ pour le compte de la société détentrice du permis, « Mouvoil SA » ainsi que le calendrier prévisionnel des travaux :

- La première phase, de repérage, a semble t-il été réalisée en août dernier.

- La deuxième phase est en cours afin de prendre contact avec les propriétaires et exploitants des parcelles traversées par ces travaux. Les Collectifs invitent les propriétaires approchés à refuser le passage des camions sur leur terrain et à prendre contact avec les Collectifs.
Les élus sont également invités à refuser les autorisations de passage et informer les Collectifs des démarches administratives en cours.

- Les travaux sismiques constituent la troisième phase : circulation des camions vibrateurs à travers les terrains prospectés. 3 à 4 camions circulent en ligne et génèrent une onde sismique. Celle-ci est renvoyée par les différentes couches géologiques. Cet écho est collecté par des capteurs le long du trajet et transmis à un camion laboratoire.

Jeudi 13 septembre 2012, 400 citoyens dont certains des élus concernés se sont retrouvés à la Mairie de Barjac pour s’informer sur le permis « Bassin d’Alès » et préparer une action citoyenne non-violente afin de bloquer ces travaux.

Une journée de mobilisation internationale est prévue à Saint-Christol lez Alès le 22 septembre 2012.

Camion
- Photo du camion sismique de la société GEO2X

Carte Bassin
- Carte des communes impactées par les travaux

Les collectifs du Gard et de l’Ardèche
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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 17:26

 

 

 

François Hollande avait annoncé l’extension du bonus-malus à toute une série de biens de consommation, pour intégrer dans leur prix le coût de leur pollution. Jean-Marc Ayrault n’a pas repris cette idée dans son discours de clôture de la conférence environnementale samedi 15 septembre – la liste des produits concernés est encore à l’étude, précise Matignon. En attendant, Mediapart a passé les deux jours de débats, de réactions et de propositions à ce filtre, tentative de tri sélectif entre les nouvelles idées et les vieilles lunes, les bonnes trouvailles et les promesses d’impasses.

Malus

  • Le discours de Jean-Marc Ayrault

Sentiment de descente après l’excitation de la veille, samedi après-midi,  à la clôture de la conférence environnementale : le discours de Jean-Marc Ayrault était très attendu, son premier sur l’écologie depuis qu’il occupe Matignon. Mais pour quelques annonces (objectif de limiter la consommation de carburant des voitures à 2 litres au 100 km d’ici dix ans, augmenter la taxe générale sur les activités polluantes – TGAP – et réduire les avantages fiscaux des agrocarburants, créer un guichet unique de financement pour la rénovation des logements, nommer une personnalité pour piloter la concertation sur la reconversion de la centrale nucléaire de Fessenheim, mobiliser l’éducation nationale), beaucoup étaient déjà connues (feuille de route environnementale pour les ministres, rénovation thermique des logements, création de tarifs progressifs sur l’énergie, aides aux précaires énergétiques, loi sur la biodiversité...). Ou même déjà existantes (l’interdiction du bisphénol A fait l’objet d’une loi en cours de vote, l’épandage aérien des pesticides est déjà interdit). 

 

  • Les réactions syndicales

De la CGT au Medef, les syndicats se sont montrés dans l’ensemble très réticents, voire opposés au discours de transformation écologique portée par le gouvernement. C’est un recul par rapport à la période du Grenelle de l’environnement. Au moment du sommet de Rio+20, la centrale de Bernard Thibault semblait défendre une vision plus volontaire du développement humain durable. Cette fois-ci, Mohammed Oussedik, de la fédération des travailleurs du verre et de la céramique, a martelé son opposition à la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim mais aussi son soutien aux forages des gaz de schiste.

Laurence Parisot ne ménage pas non plus son soutien aux hydrocarbures non conventionnels, mais ne s’arrête pas là : lors de la table ronde sur l’énergie, elle s’oppose à la présence d’experts internationaux dans le débat sur la transition énergétique, car « c’est un débat franco-français ». Elle croit même entendre l’éloge de la « décroissance » dans les tables rondes de la conférence et critique les financements publics aux énergies renouvelables : « Nous n’espérons que cela, le développement du green business. Mais avant d’avoir un retour sur investissement, avant de créer des emplois, il faut des capitaux pour lancer les projets. Nous n’avons pas des moyens aussi importants que certains le croient pour lancer actuellement toutes ces filières. Il faut pour cela de la croissance économique que nous n’avons pas aujourd’hui. »

La veille, Bernard Thibault s’en était pris, lui, aux annonces d’investissements dans la rénovation des bâtiments : « On n’a pas les moyens humains et financiers de former tous les gens qu’il faut pour rénover un million de logements. »

  • La pénétration du discours de financiarisation de la nature

La biodiversité est « un capital », un « potentiel de développement », notamment pour de nouveaux médicaments. Dans son allocution, Jean-Marc Ayrault a repris à son compte le discours des avocats de la financiarisation de la nature, qui parle de valorisation des « systèmes éco-systémiques », ou comment étendre les logiques financières au patrimoine naturel. C’est la rhétorique de l’économie verte, désormais décriée à l’international (et notamment au sommet de Rio+20). Elle soulève un gros problème philosophique et éthique : la nature est-elle à vendre ? Ou encore, est-ce vraiment une bonne idée de ne préserver l’écosystème que pour engranger plus de profit.

  • Le tabou de Notre-Dame-des-Landes

Impossible d’aborder le sujet du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes – près du fief nantais du premier ministre – pendant les deux jours de conférence. Interrogé, Stéphane Le Foll, ministre de l’agriculture, s’enfuit littéralement : « Notre-Dame-des-Landes ? Je ne sais pas où c’est... » Quant à Delphine Batho, elle se contente de répéter : « J’ai déjà répondu à cette question. » Pendant ce temps, des opposants au projet occupaient un bout de trottoir à quelques dizaines de mètres du conseil économique et social.

  •  Pour les énergies renouvelables, priorité aux grosses entreprises

Le gouvernement promettait d’alléger les autorisations administratives pour les renouvelables, il ne l’a fait qu’a minima en annonçant la suppression des « zones de développement économique ». Mais souhaite maintenir le régime des installations classées ou encore la règle des cinq mâts obligatoires. Ainsi que le système des appels d’offres pour le photovoltaïque sur les toitures.

En revanche, Matignon se dit prêt à réagir en cas d’annulation du tarif d’achat garanti de l’éolien terrestre (attaqué devant Bruxelles, voir ici à ce sujet), et s’engage à trouver « des mesures équivalentes » le cas échéant. Mais en attendant, le gouvernement ne propose aucun dispositif de soutien en urgence à la filière. Selon France Energie Eolienne (Fée), un regroupement de professionnels du secteur, près de 1 000 emplois seraient aujourd’hui menacés. Compte tenu de l’incertitude juridique que crée ce recours, les banques se montreraient trop frileuses, refusant de prêter aux constructeurs et promoteurs de parcs éoliens. « Dans les semaines et les mois qui viennent, on va voir des PSA-Aulnay dans les renouvelables », se désole Marc Jedliczka, du réseau Négawatt. « Il ne faudrait pas se lancer tête baissée dans un nouveau gigantisme, il faut continuer à travailler sur certains sujets », commente la ministre du logement, Cécile Duflot. Les parlementaires écologistes prévoient de déposer des amendements à ce sujet dans la proposition de loi sur les tarifs progressifs de l’énergie.

 

BONUS

  • Le consensus sur la sobriété et l’efficacité

De Delphine Batho à François Hollande en passant par Jean-Marc Ayrault, le mot d’ordre de sobriété énergétique (c’est-à-dire l’objectif de moins consommer) figure désormais dans la doctrine gouvernementale. « C’est quand même une victoire d’entendre ces mots repris à la tête de l’Etat, c’est une bataille de plusieurs années ! » se réjouit Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire pour Greenpeace. Reste à voir, bien sûr, s’il sera réellement mis en œuvre. En tout cas, la ministre de l’écologie a insisté, et semble-t-il obtenu, que le débat sur l’énergie commence par un état des lieux des besoins avant de se pencher sur l’état de l’offre. Une démarche intellectuelle prônée depuis des années par les défenseurs des économies d’énergie. Lors de la table-ronde sur l’énergie, le syndicat FO s’est démarqué de cette ligne en refusant de parler de sobriété, qui relève pour eux d’un débat de société.

  • Objectif de “zéro artificialisation nette” à l’horizon 2025

En clair, il s’agit non pas d’empêcher de construire sur de nouveaux terrains, mais d’organiser une compensation systématique en cas de bétonnage de la campagne. Si cette mesure se met en place, c’est une vraie révolution qui se profile, notamment pour l’urbanisme. Le Medef s’est fâché quand le rapporteur du groupe a présenté la mesure comme « consensuelle ». Cette philosophie générale devrait se retrouver dans la loi «  de transition écologique des territoires » que prépare Cécile Duflot, et qui pourrait intégrer une meilleure prise en compte de la loi verte et bleue face aux projets de grandes infrastructures.

  • Inventivité

A la faveur des tables-rondes, beaucoup de propositions sont désormais sur la table. Certaines pourraient changer beaucoup de choses à la conduite des politiques de protection de l’environnement. Ainsi, le groupe sur la gouvernance propose de créer une obligation de résultats pour les collectivités locales en échange du transfert de compétences et de moyens dont elles pourraient bénéficier dans le cadre de la loi Lebranchu. D’autres proposent que le débat sur l’énergie ouvre des groupes de travail  très précis sur les professions ou les pratiques quotidiennes (entre boulangers, ou sur l’éclairage public des villes, ou le mode veille des appareils électro-ménagers).  Autre suggestion, la prise en compte de « servitudes écologiques », qui permettraient de metre en œuvre au niveau très local la stratégie nationale de biodiversité (par exemple, conditionner la location d’un champ au non usage de pesticides).  Ou encore, la création d’ « espace de continuité écologique » plus fin et précis que les schémas administratifs existants.

  • Arnaud Montebourg et l’éloge de l’auto-production

Contre toutes attentes, le ministre du redressement productif s’est livré à un éloge de la décentralisation de la production d’énergie, lors d’une table-ronde, samedi matin. Il a expliqué que tout le monde devait pouvoir produire de l’énergie, raconte un participant, encore ébahi. Une sortie qui a semblé un peu redoré son blason auprès des associations environnementales.

  • Réduire la consommation des voitures

Annonce enveloppée d’un  magnifique lapsus de Jean-Marc Ayrault, appelant de ses vœux une consommation de 2 litres aux « 1000 kilomètres », avant de se reprendre… « aux 100 ». C’est qu’il en fixe l’horizon à dix ans, et non dans un siècle…  « C’est nouveau, c’est bien, il n’y a pas que la voiture électrique », se réjouit Denis Baupin, sénateur EELV et ancien adjoint aux transports de la mairie de Paris.


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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 17:02

 

Médiapart - Article d'édition

 

 

Dans quelques semaines nos députés vont devoir se positionner sur le nouveau traité européen. On l'appelle Pacte budgétaire européen, ou par son nom officiel Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG). C'est un petit texte de vingt-cinq pages seulement qui cristallise de nombreuses inquiétudes.

En cause: l'article 3 du traité dans lequel figure la «règle d'or». Elle stipule que les pays signataires devront s'astreindre à de lourds efforts financiers. À terme, dépasser les 0,5% de déficit budgétaire sera formellement interdit.

- Qu'est-ce que cela veut dire?
- Quelles conséquences sur l'emploi?

L'amiénois Hosni Tekaya, enseignant à l'Université de Picardie Jules-Verne et au lycée Michelis, nous explique les enjeux du Pacte budgétaire européen. Pour cet économiste antilibéral, proche des économistes atterrés, l'heure est à l'inquiétude. Entretien.

Hosni Tekaya enseigne l'économie à l'Université de Picardie Jules-Verne et au lycée amiénois Michelis


Le Télescope d'Amiens: Commençons par le commencement, c'est quoi un déficit budgétaire?

Définissons d'abord ce qu'est un budget d'État. C'est un programme gouvernemental de recettes et de dépenses. Les recettes sont les rentrées d'argent provenant des impôts, des taxes, des amendes et des profits éventuels des entreprises publiques. Les dépenses sont de deux types: les dépenses de fonctionnement (salaires des fonctionnaires, frais de chauffage des bâtiments publics, etc.) et celles consenties pour l'investissement dans de nouvelles infrastructures (ports, routes, etc.). On parle de déficit quand les dépenses sont supérieures aux recettes.

Depuis le traité européen de Maastricht en 1992, les États signataires dont la France se sont engagés à maintenir leur déficit au dessous de la barre des 3% du Produit intérieur brut (PIB). D'où provient ce chiffre de 3%?

Scientifiquement, il n'a aucun sens. C'est un chiffre absurde et arbitraire. Le chiffre de 0,5% du Pacte budgétaire européen l'est tout autant.

Est-ce grave pour un État d'être en déficit?

Non, pas du tout. C'est le discours libéral dominant qui fait dire cela à tout le monde, médias compris. On compare souvent le déficit d'un État à celui d'un ménage mais ça n'a aucun sens. Un État ne peut pas faire faillite. Creuser le déficit public peut permettre une relance de l'économie par la demande.

Qu'est-ce que ça veut dire «relancer l'économie par la demande»?

Il s'agit, lors des périodes de crise, de stimuler l'économie par la consommation et l'investissement. Si ça marche, les gens consomment, on crée des emplois, la croissance revient, les caisses de l'État se remplissent et le déficit se résorbe.

Et quand ça ne marche pas?

C'est arrivé en France en 1981, lors de l'arrivée au pouvoir de François Mitterrand. Le plan de relance n'a pas fonctionné. Mais nous connaissons bien les raisons de cet échec. D'abord, il n'a pas duré assez longtemps, rapidement les socialistes se sont tournés vers une politique de rigueur. Ensuite, à l'échelle nationale, il n'y a pas eu de grands travaux entrepris. Enfin, le Smic a été augmenté mais les Français en ont profité pour acheter des produits importés, qui provenaient souvent du Japon à cette époque. Le plan de relance n'a pas fonctionné car nous étions déjà dans un marché ouvert. Aujourd'hui, un plan de relance n'est envisageable qu'au niveau européen, et à condition d'instaurer des taxes aux importations.

Ce n'est pas le chemin qui est entrepris en ce moment...

Non mais je suppose que l'on retournera à cette politique de relance par la demande. Il faudra du temps, peut-être quinze ans. Aujourd'hui, nous ne sommes qu'au début de la crise. Celle des années 1930 a bien conduit à des politiques de relance en Europe, mais entre le début de la crise et la relance, il y a eu la Seconde guerre mondiale. J'espère que l'histoire ne se répètera pas.

Approuver le Pacte budgétaire européen, c'est donc interdire toute politique de relance?

Oui, il est même prévu des amendes conséquentes pour les pays qui creuseraient leurs déficits. Dans ce cadre, faire une politique de relance par la demande est du domaine du fantasme!

Et si un chef d'État était élu sur un tel programme? Quid de la démocratie?

Historiquement, quand les contraintes économiques se font plus fortes, c'est la démocratie qui en pâti. Le Pacte budgétaire européen prévoit que le budget de la France, par exemple, soit d'abord validé par la Commission européenne [non élue, ndlr] avant de passer en France par le Sénat et l'Assemblée nationale.

La semaine dernière, le ministre des Affaires européennes, Bernard Cazeneuve, est venu à Amiens pour expliquer que la relance économique était possible dans le cadre du Pacte budgétaire grâce à l'ajout par François Hollande d'un Pacte de croissance.

Je vois mal comment c'est possible. Ce Pacte de croissance est de 120 milliards d'euros, c'est largement insuffisant. Barack Obama a injecté 700 milliards de dollars dans l'économie américaine et ça n'a pas suffit. On est vraiment loin d'un plan Marshall! Ou alors il s'agit d'une relance par l'offre.

Une relance par l'offre?

Le principe de la relance par l'offre est d'abaisser le coût du travail pour être compétitif sur le marché mondial. Si l'on suit cette logique jusqu'au bout, il faut s'aligner sur les salaires chinois. Par ailleurs, le retour à la croissance n'est pas certain et s'il advient il sera probablement bref.

On est donc dans une impasse?

Le principal problème est lié aux recettes fiscales. L'impôt progressif, qui augmente en fonction des revenus, a été inventé par la Révolution française. Cet impôt est découpé en tranches et c'est le nombre de tranches qui détermine la progressivité de l'impôt, qui permet la redistribution des richesses. Dans le passé, on a compté 14 ou 15 tranches. Mais depuis 30 ans, cette progressivité a été laminée. Aujourd'hui, il ne reste que 5 tranches. Cette architecture entraîne un assèchement des finances publiques. Donc les déficits se creusent.

Quel lien y a-t-il entre déficit budgétaire et dette publique?

Le lien entre les deux est organique. Jusque dans les années 1970, la France utilisait l'emprunt uniquement pour les investissements publics, pas pour le fonctionnement. Depuis le milieu des années 1980, tout a changé, la France se finance systématiquement par l'emprunt.

Comment ça marche?

La France émet des obligations, aussi appelées bons du Trésor, qui sont achetées sur les marchés financiers par des banques ou de grosses fortunes. Rembourser la dette de la France signifie donc rembourser aux banques et grosses fortunes ces obligations auxquelles il faut ajouter des intérêts. C'est absurde et cela coûte très cher. Au final, au cours des 30 dernières années, les plus riches ont payé de moins en moins d'impôts et se sont enrichis grâce aux intérêts des bons du Trésor donc grâce à l'argent public.

François Hollande avait dit qu'il s'attaquerait à la finance...

Il veut ménager la chèvre et le choux, les salariés et les patrons. C'est pour cela que son discours est creux. Lorsque Nicolas Sarkozy est arrivé au pouvoir, il a tout de suite soigné sa «clientèle» avec le bouclier fiscal, puis la baisse de l'ISF. Pour que François Hollande ait le courage politique de faire les changements nécessaires, il lui faudrait un mouvement social fort, pour le pousser. Comme c'est arrivé en 1936 avec le Front populaire. Mais vu qu'il n'y a pas de mouvements sociaux pour l'instant, je reste assez pessimiste.

 

 

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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 16:43

 

Rue89 - Le Yéti
yetiblog.org
Publié le 14/09/2012 à 15h54

 

 

La finance internationale, par les décisions récentes de deux de ses principales banques centrales – la Banque centrale européenne (BCE) et la Réserve fédérale américaine (FED) – vient de basculer au-delà des limites du possible, dans l’abîme de terres inconnues, avec tous les dangers qu’une telle aventure insensée représente.

Après Mario Draghi (BCE) promettant un rachat « illimité » des dettes pourries d’Etats européens rincés, voici que Ben Bernanke (Fed) vient de lancer un troisième « assouplissement » quantitatif ( « quantitative easing ») qui ne dit pas son nom. 40 milliards par mois pour racheter des titres avariés. Jusqu’à ce que la machine économique américaine affiche « une amélioration soutenue ».

« No limit ! »

Autant dire « no limit ! » là aussi, parce que vu le succès des deux premières injections massives en dollars, Ben Bernanke a toutes les raisons de se faire un fichu souci d’encre. Et « raisons », façon de parler, parce que la planche à billets naît quand la raison trépasse, surtout quand elle est destinée à racheter de la camelote putride.

D’ailleurs, passée l’euphorie hallucinée de ces junkies de marchés, il est des opérateurs qui s’interrogent sur ce maintien d’une politique monétaire ultra-accommodante « pendant un temps considérable ».

Euh, s’interrogent en substance les experts du cabinet RDQ Economics, « terre inexplorée », là, isn’t it ? Pour les deux premiers « quantitive easing », on avait au moins « une connaissance assez concrète du montant total des achats et du délai », renchérit son confrère de Barclays Capital.

Perte de contrôle

Il en est qui remettent carrément en cause cette fuite en avant, beaucoup plus contrainte par des coups de pieds au cul venant de derrière que par la carotte promise à l’horizon. Boris Pilichowski, gestionnaire de fonds à Londres, est de ceux qui dessinent des murs vachards à l’infini proposé par nos zèbres financiers avec l’aval morveux des politiques.

« Ce procédé est aussi vieux que l’existence de la monnaie. Il s’agit d’imprimer de l’argent pour payer les dettes d’un Etat et de ses banques en faillite. »

Problème :

« Ce que l’Etat paye d’un côté avec de l’argent sorti de nulle part, il le reprend par l’augmentation des prix [...] L’inflation monétaire est une taxe lâche, puisque levée de façon détournée, et irresponsable, puisque non contrôlée. »

Les murs douloureux de l’infini

Premier mur :

« Les baby-boomers seront les grands perdants, mais à juste titre. Ce sont eux qui ont généré et accumulé les dettes du système depuis trente ans et prospèrent sans travailler sur des lauriers usurpés. »

Second mur :

« Les jeunes Européens ne vont pas tarder à comprendre que les solutions économiques proposées pour sauver l’Europe servent avant tout leurs aïeux. Ils auront alors perdu confiance dans des leaders discrédités et se tourneront vers des solutions politiques, certes alternatives, mais extrémistes et dangereuses. »

Vous rappelez-vous cette scène finale hallucinante du film de Kubrick, « 2001, l’odyssée de l’espace », quand les humains planétaires, à la quête de ce qu’ils ne comprendront jamais – la mégalithe noire – basculent au-delà des limites de l’infini (« beyond the infinite ») et sont ramenés aux mystères de leur propre existence terrestre : la naissance, la vieillesse, la mort ?

Eh bien c’est exactement ce qui est en train d’arriver à notre bonasse finance internationale prise de folie. Une plongée vertigineuse au-delà des limites du concevable. Une cavalcade démente vers sa propre fin. Mais à la différence près que les acteurs sont plutôt extraits de la série du Gendarme à Saint-Tropez.

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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 16:37

 

Médecine participative 15/09/2012 à 13h23

David Perrotin | Rue89

 

Salvatore Laconesi, hacker et artiste, est atteint d’un cancer du cerveau. Lorsqu’il demande à l’hôpital d’obtenir son dossier médical, il le reçoit dans un format qui l’empêche de le consulter dans son intégralité. Il décide donc de le « craquer » et de le publier sur son site pour demander leur aide aux internautes.

« Mon traitement “open-source” »

Dans une vidéo, il explique sa démarche, qu’il appelle son « traitement open-source » :

« Malheureusement, ces fichiers sont dans un format fermé et propriétaire, et donc je n’ai pas pu les ouvrir avec mon ordinateur, ou les envoyer dans ce format à toutes les personnes qui auraient pu me sauver la vie. […] Je les ai donc craqués. J’ai ouvert les fichiers et je les ai convertis en formats ouverts pour pouvoir les partager avec tout le monde. »

 

 

Salvatore Laconesi explique pourquoi il a craqué son dossier médical

En anglais

Même si son dossier n’est pas véritablement fermé, c’est un fichier Dicom [PDF] que l’on utilise dans l’imagerie médicale et qui est difficilement accessible. Sa démarche a permis à ce génie informatique – fondateur du mouvement Art Is Open Source qui promeut les données libres sur le Net – d’informer le monde entier de sa maladie, de mettre à disposition toutes ses radios, ses comptes rendus médicaux et ses IRM et de recevoir l’avis de spécialistes.

Médecine participative

Ce type de « médecine participative » peut-il le sauver ? Il y croit :

« Je publierai progressivement toutes les réponses que je recevrai, en utilisant des formats ouverts, afin que n’importe qui avec la même maladie puisse bénéficier des solutions que je trouverai. »


Capture d’écran du site de Salvatore Laconesi

Il sollicite toutes les cultures ou tous les remèdes (pas seulement médicaux) qui pourront l’aider à guérir :

« Ceci est une large invitation à participer au traitement. Le mot “traitement” n’a pas la même signification selon les cultures. Il y a des traitements pour le corps, pour l’esprit, pour la communication.

Si vous le voulez, prenez les informations sur ma maladie et donnez-moi un traitement : créez une vidéo, une œuvre d’art, une carte, un poème, un jeu, ou essayez de trouver une solution à mon problème de santé. »

Des médecins exposés à la critique

Salvatore Laconesi est italien. Ce cas de figure pourrait-il arriver en France ? Selon Robert Crépeaux, directeur technique du Syndicat interhospitalier de Bretagne (SIB), un patient français n’aurait pas besoin de pirater son dossier :

« La seule personne autorisée à publier son dossier en ligne est le patient. Il a donc le droit d’y accéder en version libre même si c’est vrai que c’est pas si facile. Mais cela comporte des risques, notamment vis-à-vis de son employeur ou encore des assurances ou des banques.

Et il y a une grande variété de gens qui vont lui répondre, des personnes qui se disent médecins vont répondre des absurdités. Je ne vois pas un organisme traitant des tumeurs répondre personnellement à cet homme. »

Contacté par Rue89, un médecin qui a longtemps travaillé dans un service hospitalier parisien nuance cette liberté d’accès :

« C’est un combat de titans pour accéder à son dossier. Je pense que beaucoup de médecins ne souhaitent pas rendre le dossier médical libre d’accès tout simplement parce que cela permettrait de prendre connaissance de leur avis et interprétations de radios, examens...

Inconsciemment, il veulent peut-être éviter que l’on critique leurs choix ou que l’on s’en prenne à eux, dans un monde toujours plus procédurier. »

Il rappelle que des réseaux internes aux hôpitaux existent pour discuter entre spécialistes du cas d’un patient. Mais leur force de frappe n’est pas comparable au pouvoir « illimité » d’Internet.

Une thérapie informatique

Pour Alexis Kauffmann, enseignant et fondateur du site Framasoft (spécialisé dans les réseaux et projets autour du logiciel libre), cette démarche est très intéressante car elle utilise la puissance du réseau et le partage des données à des « fins positives » :

« On remarque qu’Internet permet de se réapproprier des choses qui étaient réservées à des professionnels. En réalité, un hôpital est un endroit fermé. Sa démarche se rapproche des sites actuels où on demande aux gens de voter pour un projet, de construire en commun un logiciel, de participer à Wikipédia... »

Alexis Kauffmann a rencontré plusieurs fois Salvatore Laconesi :

« C’est un touche-à-tout, ingénieur, graffeur, DJ, et je pense que sa démarche fait le buzz car il est connu par un certain nombre de gens. Cela peut évidemment être dangereux si tout le monde adopte sa démarche mais pour lui, je suis sûr par exemple que ça ne le dérangerait pas qu’on récupère des éléments de son site dans un but artistique. On peut voir ce qu’il a fait comme une thérapie où il utilise son savoir-faire informatique au profit de sa guérison. »

Sa démarche relance en tout cas le débat sur l’accès libre des patients à leurs données médicales.

MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato
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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 15:31

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 15.09.2012 à 10h56

 

 

 

Le gouvernement japonais, qui avait annoncé vendredi l'arrêt progressif du nucléaire en 30 ans, a tout de même fait savoir samedi qu'il autorisait la poursuite de la construction des trois réacteurs nucléaires déjà en chantier, sans pour autant préjuger s'ils seraient ensuite autorisés à fonctionner.
 

"Nous ne comptons pas retirer la permission qui a déjà été accordée par le ministère", a déclaré le ministre de l'économie, du commerce et de l'industrie Yukio Edano lors d'une visite à Aomori, dans le nord du Japon. Deux des trois réacteurs concernés sont en construction à Aomori.

M. Edano a toutefois précisé qu'une fois les réacteurs terminés, leur démarrage serait soumis à l'approbation de la commission qui vient d'être créée par le gouvernement pour contrôler l'industrie nucléaire. Le gouvernement avait annoncé vendredi qu'il comptait prendre toutes les mesures possibles pour amener la production nucléaire à zéro en trente ans.

 LA PRESSE DIVISÉE

Avant l'accident de Fukushima, la production nucléaire représentait près de 30 % de la consommation d'électricité au Japon et les autorités prévoyaient d'augmenter cette part à 53 % d'ici à 2030.

Samedi matin, la presse japonaise était divisée dans ses commentaires. L'Asahi Shimbun y voyait une décision "réaliste" car "les centrales nucléaires représentent un énorme risque et les compagnies d'électricité ont totalement perdu la confiance de la nation".

Le Yomiuri Shimbun, journal populaire, estimait que le gouvernement aurait dû commencer par mettre en place des mesures pour augmenter la production d'électricité non nucléaire avant d'annoncer la fin du nucléaire.

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