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30 mai 2016 1 30 /05 /mai /2016 16:47

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

Le nombre de travailleurs détachés en France a bondi de 25% en 2015

Alors que se tient ce lundi 30 mai à Matignon un conseil national de la lutte contre le travail illégal et la fraude au détachement, on apprend que le nombre de travailleurs détachés enregistrés en France a crû de 25% en 2015, ce qui les porte à plus de 286.000 personnes.
 
Plus de trois quarts des contrôles anti-fraude au détachement ont été menés dans le BTP en 2015. - Sipa/Illustration
 

Au programme à Matignon ce lundi 30 mai : l'épineux sujet des travailleurs détachés, source de dumping social et de fraudes. Et le chantier est immense : le nombre de travailleurs détachés enregistrés en France n'a jamais été aussi élevé. Selon des données provisoires transmises à la Commission nationale de lutte contre le travail illégal (CNLTI) et publiées samedi 28 mai par l'AFP, ils sont 286.025 à avoir été déclarés à l'administration française en 2015, soit une progression de 25% par rapport à l'année précédente.

 

La France en première ligne

La forte hausse du nombre de travailleurs détachés enregistrés en France, qui a décuplé en dix ans (ils étaient 26.466 en 2005), est rendue publique alors que le gouvernement tente de modifier la législation européenne. Le conseil national contre le travail illégal qui se réunit ce lundi 30 mai à Matignon devrait réitérer à la Commission européenne. La ministre du Travail avait alors demandé l'inscription dans une directive du principe : "à travail égal, salaire égal sur un même lieu de travail". Un mois plus tard, par la commissaire européenne à l'Emploi Marianne Thyssen.

Actuellement, un employeur doit rémunérer un travailleur détaché au moins au salaire minimum imposé par le pays d'accueil, mais n'est pas contraint par les règles européennes de tenir compte des autres avantages salariaux dont bénéficient ses collègues, comme les primes, indemnités ou tickets-restaurant. Avec l'application de ce principe, les travailleurs détachés seraient couverts par les lois et les conventions collectives des pays d'accueil.

 

Pas d'évolution sur les cotisations

46.816 travailleurs polonais en FranceLa Commission européenne a répondu favorablement en mars à l'appel de Paris, en retenant d'autres propositions françaises comme la limitation à deux ans de la durée du détachement, contre 30 mois aujourd'hui, ou l'arrêt du recours en cascade de détachements des salariés intérimaires. Mais Bruxelles ne compte pas pour autant revenir sur l'épineuse question des cotisations sociales. L'employeur continuera à payer les cotisations du salarié détaché selon la législation de son pays d'origine, et non celle du pays d'accueil. De cette façon, un travailleur venu par exemple d'un pays de l'Est coûte bien moins cher à un employeur français. La Pologne est le principal pays d'origine des salariés détachés en France avec 46.816 travailleurs.

Les règles concernant le paiement des cotisations sociales n'étant pas prêtes d'évoluer, le ministère du Travail renforce son arsenal répressif contre la fraude au détachement. Depuis l'été 2015, l'inspection du travail a intensifié ses contrôles, passant de 600 interventions en juin 2015 à 1.504 en mars 2016. Plus de trois quarts ont été effectuées dans le BTP (76%). Des contrôles de plus en plus nombreux qui "montrent une augmentation du nombre de fraudes", précise le gouvernement. Et d'expliquer que la forte hausse du nombre de travailleurs détachés en 2015 est "probablement"  due aux "contrôles de plus en plus fréquents" et aux "sanctions nouvelles" qui ont poussé certains employeurs à déclarer des "détachements précédemment non déclarés"… En somme, les 286.000 travailleurs détachés enregistrés en 2015 auraient été déjà présents les années précédentes… mais tous n'auraient pas été déclarés.

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

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30 mai 2016 1 30 /05 /mai /2016 16:33


Source : http://www.lesechos.fr

 

 

Rémunération : le rappel à l'ordre du patronat français à Carlos Ghosn

Maxime Amiot Le 26/05 à 19:06

Le double PDG conseil d’administration Renault pression Le double PDG et le conseil d’administration de Renault sont sous pression - Christophe Ena/AP/SIPA

 

+DOCUMENT – Dans une lettre confidentielle obtenue par « Les Echos », l’Afep-Medef pointe la double rémunération du PDG de Renault-Nissan et appelle le patron à la « mesure ».

Les relations se tendent entre le patronat français et Carlos Ghosn. Dans une lettre envoyée au PDG de Renault et de Nissan le 19 mai 2016, et dont « Les Echos » ont obtenu une copie (lire ci-dessous), le haut comité de gouvernement d'entreprise (HCGE) de l'Afep-Medef, met directement en cause le montant de la rémunération globale du double PDG.

Ce document de deux pages livre le point de vue du patronat sur le rejet par les actionnaires de Renault (à 54 %) de la rémunération attribuée à Carlos Ghosn au titre de 2015. Une « première en France » rappelle le HCGE, qui a depuis fait couler beaucoup d'encre et conduit cette semaine les députés à voter un texte sur le sujet avec l'aval de Manuel Valls et Emmanuel Macron.

 

La « mesure » érigée en principe

Le HCGE n'avait publié qu'un bref communiqué le 19 mai. Sa lettre détaillée donne certes en préambule un « satisfecit » sur la structure même de la rémunération en question (fixe, variable, action de performance), qui reflète à la fois des résultats en hausse, et qui affiche dans le document de référence des « indications suffisantes » (objectifs, différents avantages...). Mais le ton se durcit ensuite.

La rémunération des dirigeants doit tenir compte des réactions des autres parties prenantes de l'entreprise, et de l'opinion en général.

Le Haut comité regrette la trop grande « rapidité » avec laquelle le conseil d'administration de Renault a décidé de maintenir la rémunération contre l'avis des actionnaires. Surtout, il pointe sans fard le « montant global », source selon lui de l'opposition des actionnaires. Soit les 7,2 millions d'euros attribués à Carlos Ghosn côté Renault, mais aussi les 8 millions d'euros perçus chez Nissan. Le HCGE souligne que le code Afep-Medef érige la « mesure », comme un principe, et doit « tenir compte des autres parties prenantes de l'entreprise, et de l'opinion en général ».

 

L'ambiguïté du double statut

Le comité rappelle que les 7,2 millions constituent « l'un des montants les plus élevés attribués aux dirigeants des sociétés du CAC 40 ». Mais plus profondément, il milite pour une vision plus « exhaustive » du package de Carlos Ghosn, en intégrant celui de Nissan, soit 15 millions d'euros en tout. Selon lui, la polémique en cours provient de l'« ambiguïté » créée par le statut très particulier du dirigeant, à la fois aux manettes de Renault et de Nissan. De deux choses l'une, indique le HCGE. Ou bien Renault et Nissan sont deux sociétés « autonomes », et dans ce cas, il faudrait, selon le HCGE, justifier « soigneusement » comment, en terme de disponibilité, la direction « peut être exercée par une seule personne », afin de répondre aux critiques qui jugent que la rémunération de Renault équivaut à un mi-temps.

 

Ou bien, au vu des relations financières étroites entre Renault et Nissan, la performance du patron du groupe français est « indissociable » de celle du président de Nissan. Et dans ce cas, le conseil français doit raisonner sur « l'ensemble des deux fonctions », et donner des indications détaillées sur le package attribué chez Nissan, qui n'est pour l'heure pas détaillé en France. Un exercice nécessaire, insiste le HCGE, d'autant que la valeur des actions de performance attribuées à Carlos Ghosn chez Renault (4,2 millions) dépend étroitement de la contribution de Nissan aux résultats de Renault.

 

Demande de « mesures significatives »

Le HCGE s'invite ainsi sur un terrain miné : la gouvernance de l'alliance Renault-Nissan. C'est-à-dire le statut atypique d'une alliance dotée d'un même PDG rendu incontournable, au risque de brouiller les frontières entre ses fonctions chez Renault et Nissan. C'est sur ce terrain qu' Emmanuel Macron avait croisé le fer l'année dernière avec Carlos Ghosn .

Nul doute que ce front commun ne sera pas du goût du double PDG, qui n'a jamais apprécié que ses actionnaires français, et en particulier l'Etat, s'immiscent dans ses affaires japonaises. Le HCGE demande que le conseil de Renault se réunisse « d'ici quelques semaines au plus tard » et « annonce des mesures significatives ». Le comité rappelle que la position de Renault aura des conséquences importantes pour « préserver le régime de régulation professionnelle » du patronat...

 

La lettre envoyée par le HCGE à Carlos Ghosn

 

Salaire des patrons, une polémique sans frontières

La question de la paie des PDG n'est pas une question franco-française. Elle se pose dans tous les pays occidentaux, rappellait cette semaine l'éditorialiste des « Echos » Jean-Marc Vittori dans sa chronique : Bob Dudley, chez le pétrolier britannique BP, Lloyd Blankfein chez la banque d'affaires américaine Goldman Sachs ou encore les dirigeants de l'allemande Deutsche Bank ont subi la semaine dernière l'opposition de leurs actionnaires. Et d'autres assemblées générales risquent d'être houleuses dans les prochaines semaines. Plusieurs grands fonds d'investissement, à l'image du fonds souverain norvégien, commencent à d'ailleurs à prendre position sur la question.

 

Source : http://www.lesechos.fr

        

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Source : http://www.lesechos.fr

 

 

Salaire des PDG : une polémique sans frontières

Jean-Marc Vittori
 
 

image:

Salaire PDG : polémique frontières Salaire des PDG : une polémique sans frontières

Les patrons sont-ils trop payés ? Le débat touche tous les pays occidentaux. Il faudra trouver des moyens pour que leur rémunération renforce la solidarité dans l'entreprise, comme le stipule… le code Afep-Medef.

En pleine tempête sur le salaire des patrons, ce sondage aurait dû attirer l'attention. Les trois quarts des sondés trouvent que les PDG touchent trop par rapport au salarié moyen. Près de deux sur trois estiment qu'il faudrait plafonner leur salaire - même les électeurs de droite sont majoritaires à le penser. Et ce plafond ne devrait pas être fixé à cent fois le salaire minimum, comme l'ont proposé récemment quarante personnalités généreuses dans le quotidien « Libération », mais à six fois le salaire moyen de l'entreprise. Petite précision utile pour éviter l'apoplexie des lecteurs dirigeants : ce sondage n'a pas été réalisé en France, ni dans une Europe de l'Est nostalgique du communisme, ni en Corée du Nord... mais aux Etats-Unis. Pour le compte de la première « business school » du pays, celle de Stanford.

La paie des PDG n'est pas une question franco-française. Elle se pose dans tous les pays occidentaux. Carlos Ghosn, PDG de Renault, n'est pas le seul chef d'entreprise à la rémunération remise en cause par les actionnaires. C'est aussi le cas de Bob Dudley, patron de la major pétrolière britannique BP. Ou de l'équipe dirigeante de la grande banque allemande Deutsche Bank. Même Lloyd Blankfein, le boss de la célèbre banque d'affaires américaine Goldman Sachs, a senti passer le vent du boulet la semaine dernière avec un tiers des actionnaires opposés à sa rémunération, pourtant en baisse de 1,4 million de dollars.

Et ce n'est sans doute pas fini. D'autres assemblées générales risquent d'être houleuses dans les prochaines semaines. Les investisseurs s'impatientent. Yngve Slyngstad, qui pilote le fonds souverain norvégien (750 milliards d'euros d'actifs), déclare que «  nous devons examiner de près ce qu'est un niveau adéquat de salaire pour un dirigeant ». Chez le gestionnaire d'actifs Aberdeen (près de 400 milliards d'euros sous gestion), on évoque une «  perte de confiance » envers certains comités de rémunération, qui élaborent le système de paie des dirigeants au sein des conseils d'administration. Les actionnaires du leader mondial du secteur, l'américain BlackRock (plus de 4.500 milliards de dollars sous gestion), vont se prononcer cette semaine sur une motion qui demande aux gérants du fonds d'intervenir davantage sur le sujet. La question est bien sûr aussi politique. Aux Etats-Unis, le président Barack Obama espère faire passer une loi renforçant l'encadrement de la rémunération des banquiers avant la fin de son mandat. Les candidats qui aspirent à lui succéder promettent de taper sur le salaire des PDG. Bernie Sanders bien sûr, mais également Hillary Clinton et même Donald Trump.

Cette levée de boucliers n'est pas très étonnante. Les salaires des dirigeants se sont envolés depuis trois décennies. La transparence des rémunérations, devenue la norme, a déclenché un alignement par le haut. Les inégalités de revenu et de patrimoine ont beaucoup augmenté dans la foulée, en particulier dans les pays anglo-saxons. Le livre de Thomas Piketty, « Le Capital au XXIe siècle », en est à la fois le révélateur (avec son contenu) et l'indice (par son succès planétaire). Le lien entre la rémunération du dirigeant et l'efficacité de l'entreprise est souvent ténu. Parfois, il semble se faire à l'envers. Une étude récente de la petite banque d'investissement Keefe, Bruyette & Woods montre par exemple en deux graphiques frappants que la rémunération des patrons américains de banque dépend de la taille de leur banque et non de sa performance.

Face à ces mutations, le code Afep-Medef, rédigé en 2013, indique la bonne direction. Il stipule que «  la rémunération des dirigeants mandataires sociaux de l'entreprise doit être mesurée, équilibrée, équitable et renforcer la solidarité et la motivation à l'intérieur de l'entreprise. Le souci d'explication et d'équilibre doit également prévaloir à l'égard des actionnaires. Elle doit aussi tenir compte, dans la mesure du possible, des réactions des autres parties prenantes de l' entreprise, et de l'opinion en général ». Mais force est de constater, au vu des réactions de ces dernières semaines qui vont bien au-delà de la France, que ces principes ne sont pas devenus une règle générale. L'action n'est pas une option, c'est une nécessité.

Mais comment agir ? Réglons d'abord la question du «  say on pay ». A partir du moment où les actionnaires votent contre la politique de rémunération des dirigeants, il est inéluctable que ce rejet s'impose au conseil d'administration. Cela relève du «  bon sens », pour reprendre l'expression employée par le patron de Total, Patrick Pouyanné. Le bras d'honneur qu'a fait récemment le conseil de Renault en maintenant la rémunération de Ghosn juste après un vote de refus doit rester une faute isolée. Il ne faut cependant pas être naïf. Les contrats doivent être respectés. Il faudra donc agir en amont, comme le font les actionnaires britanniques en votant la politique de rémunération des trois années à venir.

Au-delà, c'est plus compliqué, en particulier pour le législateur. Dans un monde ouvert, un plafonnement sous une forme ou une autre dans un seul pays serait destructeur pour ce pays - sauf peut-être s'il s'agit des Etats-Unis. Mais il est possible de fixer trois grands axes. D'abord, faire la distinction entre l'entrepreneur bâtisseur d'empire et l'innovateur d'un côté, le gestionnaire et le rentier de l'autre. Les premiers sont rares et peuvent légitimement gagner des montagnes d'argent, pas les seconds. Ensuite, renforcer le conseil d'administration, en particulier pour qu'il ne puisse plus être « capturé » par le chef d'entreprise. Enfin, repousser encore dans le temps les bonus liés à la performance de l'entreprise, pour encourager les stratégies de long terme. L'attribution d'actions devrait être un moyen privilégié. Et pour mieux en faire la pédagogie, pour les faire accepter, il faudra aussi en attribuer aux salariés. Le débat ne fait que commencer.

 

Jean-Marc Vittori

@jmvittori

 

 

Source : http://www.lesechos.fr

 

 

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30 mai 2016 1 30 /05 /mai /2016 16:13

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

El Khomri

Cisco va former 200 000 personnes. Bordel, à quoi sert la fac ?

 

L’allégresse avec laquelle la ministre du Travail annonce la délégation au privé d’une mission qui devrait revenir au service public, dont les moyens sont constamment essorés, est d’un cynisme inédit.

 

C’est un tweet de Myriam El Khomri vendredi 27 mai. Du genre de ceux qui ont le don de me plonger dans des abimes de perplexité auxquels succèdent des tréfonds de dépit qui à leur tour se muent immédiatement en furieuse envie d’éparpiller tout ça façon puzzle.

Donc Myriam El Khomri a tweeté :

« Notre objectif commun avec @CiscoFrance est de former en 3 ans 200 000 personnes aux métiers des réseaux numériques »

C’est chouette. Pour une fois y a un collègue qui a été plus prompt de moi au niveau de la réaction épidermique en tweetant à son tour :

« Ah ah ah, dans vos gueules les formations universitaires réseau/télécom. #pitoyable »

Voilà. On en est là. Franchement si vous n’aimez pas les grossièretés vous pouvez directement arrêter de lire ce billet.

Making of
Ce billet a d'abord été publié sur l'excellent blog Affordance.info, tenu par le maître de conférences en sciences de l'information et de la communication Olivier Ertzscheid. Il nous a aimablement autorisé à le reproduire sur Rue89 (les intertitres sont de la rédaction). Mathieu Deslandes

Vous êtes toujours là ? OK. Donc franchement ça me fout le cul en larmes. Bah oui. Parce que dans mon petit IUT je les croise tous les jours les collègues du département réseau et télécom. Pas plus tard que l’autre jour justement on discutait du fait qu’ils avaient trop d’offre d’emploi et de contrats pro par rapport aux candidatures qu’ils reçoivent.

Plus globalement ils sont comme tous les universitaires en charge de formations : on se démène pour créer des formations « à budget constant » (« budget constant » étant le petit nom administratif d’un volume horaire et de dotations en baisse mais passons ...), à « budget constant » donc, on se tape une paperasserie dans laquelle tous les patrons qui se lamentent sur la lourdeur administrative du code du travail seraient ravis de venir se vautrer tant elle leur paraîtrait légère, souple et quasiment éthérée, on est évalué en permanence par des organismes à l’utilité aussi discutable que l’acronyme les désignant est sexy, et nos institutions, nos autorités de tutelle, elles tweetent que grâce à Cisco France on va former 200 000 personnes en trois ans.

 

Avaler notre chapeau, encore et encore

Mais bordel. Bordel. What. The. Fuck. Mais bordel à quoi on sert ? Mais sans déconner nous à l’université on fait quoi ? On forme à quoi ?

Des formations « professionnalisantes » voire « professionnelles » on en a déjà plein. On a encore le gosier encombré et le transit bouché du nombre de fois où il a fallu avaler notre chapeau en sacrifiant la pédagogie à la rentabilité supposée ou au côté « bankable » de tel ou tel métier momentanément porteur ou déficitaire sur tel ou tel bassin d’emploi, mais faut croire que c’est pas assez. On est arrivé à des situations totalement aberrantes dans lesquelles on nous oblige à recruter de mauvais étudiants disposant d’un contrat quelconque (professionnel, apprentissage) plutôt que de bons étudiants qui ne rapporteront pas une thune à l’université qui les forme.

Tous ces chapeaux là, je les avais avalés, on les avait collectivement avalés. On se battait encore mais à la marge, en embuscade, en loucedé, davantage pour préserver notre capacité à encore se regarder dans la glace que pour combattre un système dont on savait qu’il avait déjà broyé la plupart des idéaux qui nous avaient, il y a longtemps, convaincus de pouvoir se rendre utile en y entrant pour transmettre un savoir et quelques compétences techniques et méthodologiques à des étudiants. Bref des trucs que Cisco semble être capable de faire mieux que nous.

A côté de ce qui est en train de se passer à l’heure actuelle, la LRU de Valérie Pécresse c’était Oui-Oui au pays des fées. Naturellement c’est la même chose. Je veux dire que la LRU, avec « l’autonomie » des universités (dont plus de la moitié d’entre elle est en faillite autonome ou sous-tutelle autonome ou a dû, en toute autonomie, fermer un nombre hallucinant de formations), la LRU était juste là pour préparer le terrain.

 

Cisco, Microsoft, Amazon et Elsevier

Parce que cet accord avec Cisco est loin, très loin d’être le premier.

Souvenez-vous de l’accord que la ministre de l’Education nationale a passé avec Microsoft, juste avant d’en passer un autre avec Amazon.

 

La ministre du Travail Myriam El Khomri à l'agence Pôle Emploi de Saint-Ouen (93), le 24 février 2016

La ministre du Travail Myriam El Khomri à l’agence Pôle Emploi de Saint-Ouen (93), le 24 février 2016 - MARS JEROME/SIPA
 

Souvenez-vous qu’en même temps que l’on sucre plus de 250 millions d’euros aux grands organismes de recherche français (voir le récent Appel des Nobels) on file chaque année la même somme d’argent public à Elsevier et quelques autres grands éditeurs pour racheter des travaux financés sur fonds publics par des chercheurs payés sur fonds publics.

Et là, toute guillerette le matin, Myriam El Khomri nous tweete le partenariat sur fonds publics avec Cisco pour former 200 000 personnes aux métiers des réseaux numériques (lequel partenariat date d’ailleurs d’il y a plus de six mois mais bon ...).

Moi je suis juste au-delà de l’au-delà du ras-le-bol. Des impôts j’en paie comme tout le monde. Et franchement je m’en félicite tous les jours. Mais bordel de merde je ne paie pas des impôts pour financer Microsoft, Amazon, Cisco, Elsevier ou je ne sais quel autre grand groupe privé, a fortiori dans un contexte où les universités n’ont plus une thune, et où ces acteurs privés se vautrent déjà allègrement dans le détournement organisé du crédit impôt recherche (on parle quand même de plus de 5,5 milliards d’euros...).

Et je n’aborde même pas les questions de remise en cause des modèles du logiciel libre que l’on essaie de défendre en balançant des cailloux sur des chars d’assaut.

 

Flinguer le droit à un service public de la formation

Au moins me direz-vous y’a un truc qui est désormais limpide et qui ne m’a bizarrement sauté aux yeux que ce matin à la lecture du tweet de la guillerette Myriam El Kohmri.

L’objectif de tout ça est de faire avec l’enseignement public, l’enseignement supérieur et la recherche et le droit à la formation la même chose qu’avec le droit du travail : inverser la hiérarchie des normes.

Quand Cisco fera le boulot des départements réseaux et télécom avec la thune, les moyens et l’accompagnement qui auraient dû leur revenir de droit, quand Elsevier fera le boulot des bibliothèques avec la thune, les moyens et l’accompagnement qui auraient dû leur revenir de droit, quand Microsoft fera le boulot des formateurs au numérique avec la thune, les moyens et l’accompagnement qui auraient dû leur revenir de droit, quand Amazon fera le boulot des éditeurs de manuels scolaires avec la thune, les moyens et l’accompagnement qui auraient dû leur revenir de droit, on se retournera, on regardera les dernières fumerolles s’échappant de ce qui fut un temps l’enseignement public de la maternelle à l’université et on organisera des colloques pour pleurer avec les familles des défunts ou aller pisser sur la tombe de Jean Zay.

Et Myriam, Najat, Valérie, Manuel, François, Nicolas et leurs copains ils rigoleront tranquillou en touchant les dividendes de leur impéritie pondérés à l’aune de leur soumission. On aura achevé de flinguer le droit à un service public de la formation mais on aura en contrepartie largement financé (sur fonds publics) Cisco, Amazon, Microsoft et Elsevier qui, c’est vrai, en avaient grandement besoin.

 

Le grand projet

Inverser la hiérarchie des normes dans le code du travail, dans le droit à la formation, dans l’enseignement supérieur et la recherche. Le voilà le grand projet. La voilà la seule doctrine. Tout aura été fait en ce sens. Plus j’y pense et plus c’est clair.

Ils nous ont fait le coup d’abord « à l’ancienne » : sabrer dans les crédits et les postes. Et puis ils nous l’ont refait mais en mode filou : rendre les universités « autonomes » (et en profiter pour sabrer dans les crédits et les postes). Et pour parachever le tout ils nous le refont encore une fois en mode « ça ose tout » : passer des contrats léonins avec des acteurs privés en expliquant qu’on n’a plus les moyens les crédits et les postes pour faire faire le boulot par les acteurs publics. Jusque là personne n’avait encore osé songé à s’en vanter sur Twitter avec le hashtag #guilleret. Myriam El Khomri et Najat Vallaud-Belkacem, si.

Vous savez quoi ? Ça me fout le cul en larmes. La destruction de l’université française bien sûr. Mais surtout l’abrutissement organisé comme projet social, l’autoritarisme comme principal mode de gouvernance, et le cynisme comme principal mode de négociation.

D’ailleurs Myriam El Kohmri le disait aussi sur Twitter, quelques heures après son autre tweet :

 

 permet aux étudiants bénéficiant des formations de rencontrer des entreprises qui recrutent

 

Pour les autres étudiants en revanche, ceux qui devront juste subir l’infâmie de bénéficier des formations universitaires réseau et télécom non estampillées #Cisco, ceux-là sont les bienvenus à la #Fuckingconnection qui leur permettra de rencontrer des agences pour l’emploi qui n’inversent pas la courbe du chômage.

L’abrutissement organisé comme projet social, l’autoritarisme comme principal mode de gouvernance, et le cynisme comme principal mode de négociation. Merde.

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

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30 mai 2016 1 30 /05 /mai /2016 16:03

 

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com

 

 

Opposée à la loi Travail, une rescapée d'Oradour-sur-Glane de 93 ans refuse d'être décorée par Manuel Valls

 

 

: une rescapée d'Oradour-sur-Glane refuse d'être honorée par Manuel Valls https://www.francebleu.fr/infos/politique/un-rescapee-du-massacre-d-oradour-sur-glane-refuse-d-etre-honoree-par-manuel-valls-1464603880?PageSpeed=noscript 

 

Solidaire avec le mouvement contre la loi Travail, Camille, 93 ans, vient de refuser une des plus hautes distinctions nationales : celle de commandeur de l'Ordre national du mérite, que devait lui remettre Manuel Valls.

L'une des dernières rescapées du massacre d'Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne), perpétré par les SS en 1944, a écrit une lettre au Premier ministre pour lui signifier son refus, comme le rapporte "Le Progrès" ce lundi : "Dans le contexte actuel, il m’est impossible d’accepter de votre part cette distinction [...] alors que je suis totalement solidaire des luttes menées depuis deux mois par les salariés, les jeunes, une majorité de députés et de Français contre la loi Travail que vous tentez d'imposer par le 49-3".

Pour elle, accepter d'être élevée au rang de commandeur de l'Ordre national du mérite équivaudrait à "renier" toute sa "vie militante pour plus de justice et de solidarité, de liberté, de fraternité et de paix". Cette ancienne secrétaire générale du syndicat des chèques postaux, qui a perdu toute sa famille proche le 10 juin 1944, s'est ensuite notamment engagée pour son syndicat et la cause féministe.

 

 

 

 

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com

 

 

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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 21:28

 

Source : https://blogs.mediapart.fr/cbonneuil/blog

 

« On bloque tout ! », force des sans-pouvoir

 

Depuis l'invention de la grève générale en 1842, le blocage des approvisionnements énergétiques s'est maintes fois révélé une force des faibles, une arme du mouvement social et une fête émancipatrice...
 

Angleterre, été 1842. Devant le refus des capitalistes d’augmenter les salaires alors que le coût de la vie s'envole, de réduire la durée du travail, et devant le refus du gouvernement de donner suite à une pétition de 15.000 signataires en faveur du suffrage universel, un immense mouvement social naît en mai de cette année-là : la première grève générale du monde. « Bloquer … c’est inacceptable », s’indignent le premier ministre, les patrons et la presse des privilégiés.

France, mai 2016. Sourd à une pétition de plus d’un million de signataires, aux syndicats et au parlement qu’il balaye d’un coup de 49-3, autiste à la colère d’une jeunesse qui se remet « debout », Manuel Valls déclare que « bloquer … c’est inacceptable et on ne peut pas bloquer un pays… s’en prendre ainsi aux intérêts économiques de la France ». Il oublie que sans la grève, le sabotage et le blocage, et les luttes sociales depuis le XIXe siècle nous en serions encore aujourd’hui au monde de Dickens et Zola, du travail des enfants et du suffrage censitaire.

Quel était en effet le mode d’action des inventeurs de la grève générale en 1842 (et de bien d’autres depuis, en 1905, 1936, 1947 ou 1968)? Aller de mines en mines pour y casser les machines à vapeurs ou en voler les rondelles fusibles (« plug ») de sécurité. D’où l’appellation de « Plug Riots », les « émeutes des rondelles », donnée à cette mobilisation phare du mouvement chartiste. Comme le note un journal de l’époque, les mineurs avaient compris « le pouvoir qui était entre leurs mains de stopper tous les moulins, les usines et les trains ». En bloquant l’extraction et le transport de charbon pendant plusieurs semaines les travailleurs réussissent en effet à mettre à l’arrêt même les usines qui ne sont pas en grève, avant d’être suivis peu après par une grande grève des ouvriers textiles. Certains affirment : « mieux vaut mourir face à l’armée que de mourir… sous la machine du capitaliste » (1).

Cette Loi travail que le gouvernement et le MEDEF prétendent imposer à coup de 49-3 et de répression du mouvement social, n’est-elle pas précisément un retour au capitalisme sauvage du XIXe siècle ? Celui que des socialistes authentiques combattirent par le passé. Celui qui fut rendu en France moins invivable au XXe siècle : retraite, médecine du travail (affaiblie par le projet de Loi actuel), interdiction du travail des enfants (la première version de la Loi rétablissait des journées de 10h pour les apprentis mineurs !), démocratie sociale insérant les citoyens (via le parlement et le code du travail, que le socialisme patronal détricote à présent) et les syndicats dans la décision (via la primauté des accords de branche que l’article 2 du projet supprime, livrant les salariés au chantage patronal à l’emploi même quand l’entreprise dégage de juteux bénéfices !).

Cette régulation relative du capitalisme qui s’institutionnalise en Europe au milieu du XXe siècle n’aurait pu advenir sans le pouvoir de blocage énergétique des travailleurs comme l’a démontré l’historien Timothy Mitchell dans Carbon Democracy (2). Mais après 1945, la « pétrolisation » de l’Europe, d’ailleurs encouragée par le Plan Marshall, réduit le rapport de force des travailleurs (le pétrole vient du Moyen-Orient néo-colonial) et instaure une démocratie consumériste (des blocages, plus difficiles, restent possibles comme en 1968 et 2010). Selon Tim Mitchell, pétrolisée, la qualité de la démocratie change et cela prépare progressivement le terrain aux régressions néolibérales à partir des années 1970 : défiscalisation des riches, chômage, précarité, hausse de la part de la plus-value allant à la rémunération du capital au détriment du travail.

Bloquer serait aujourd’hui illégitime ? Alors que des millions de travailleurs pauvres sont en galère, sous le chantage du chômage de masse, et que le poids du patrimoine privé par rapport à la richesse nationale après avoir diminué après 1945, est maintenant revenu en France au niveau du temps de de Zola (3) ?

Non !

Jour debout et nuit debout, la grève, le blocage des sites de production et l’occupation des places sont la dernière arme des victimes d’un système économique injuste, d’un capitalisme ré-ensauvagé ; la contre-offensive des sans-voix d’un système politique à bout de légitimité (inégalités croissantes, démocratie représentative qui ne représente pas le pays réel, parlement godillot, état d’urgence permanent).

Bloquer, sera peut-être aussi un déclencheur de nouveaux liens. Dimanche dernier, la convergence des Zadistes et les étudiants allant soutenir à vélo le blocage syndical de la raffinerie de Donges (44) ; aujourd’hui les rencontres inattendue entre voisins qui ne se parlaient pas avec le boom du covoiturage… Quels nouveaux surgissements demain ?

Le blocage rend sensible à chacun.e d’entre nous les flux (énergétiques, financiers…) qui trament nos vies. Qu’est-ce qui est bloqué ? Manuel Valls et Emmanuel Macron nous le disent sans ambages : ce qu’ils veulent débloquer c’est une France-entreprise en guerre économique et sociale permanente pour satisfaire les intérêts gourmands de flexibilité et de paradis fiscaux. Ce qui vacillent aussi, ce sont aussi des flux d’énergies et des infrastructures technico-industrielles (le pétrole, les centrales nucléaires) qui structurent nos vies quotidiennes sans pourtant faire l’objet de réels choix collectifs alors qu’ils menacent l’habitabilité de notre Terre sans pour autant avoir réalisé dans nos pays riche leur vieille promesse de bonheur par l’abondance matérielle, à laquelle plus personne ne croit. EDF s’indigne et le PDG de Total menace de fermer ses raffineries en France ? Mais syndicalistes et deboutistes imaginent déjà ensemble une société post-pétrole et post-nucléaire, partageant le travail, le pouvoir et les richesses !

_______

(1) Les citations sont issues du livre tout récent d’histoire sociale et environnementale de la révolution industrielle d’Andreas Malm, Fossil Capital. The rise of steam power and the roots of global warming (Verso, 2016), p 228-229.

(2) Timothy Mitchell,  Carbon Democracy (La Découverte, 2013).

(3) Thomas Piketty, Le Capital au XXIe siècle (Seuil, 2015)

 

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Source : https://blogs.mediapart.fr/cbonneuil/blog

 

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social Ils réagissent
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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 21:13

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Transition

En Australie, une centrale exploitée par Engie confronte les habitants à un cruel dilemme : la pollution ou le chômage

par

 

 

 

En Australie, la multinationale française Engie possède une centrale électrique au charbon, Hazelwood, qui figure parmi les plus polluantes du monde. Il y a deux ans, la mine qui l’alimente a subi un immense incendie, qui a ouvert les yeux des habitants sur les risques environnementaux et sanitaires importants que ces activités industrielles font peser. Mais la peur d’une fermeture abrupte de la mine et de la centrale, dans une région économiquement sinistrée, reste forte. Après des années à subir des conséquences de l’exploitation du charbon, les travailleurs et les riverains vont-ils se retrouver une nouvelle fois victimes, cette fois de la transition pour sortir des énergies fossiles ?

« C’était abominable », se souvient une habitante. Il y a deux ans, un gigantesque incendie a ravagé pendant 45 jours la mine à ciel ouvert Hazelwood, dans l’État de Victoria en Australie. Un événement marquant dans l’histoire du site et de la centrale électrique adjacente, toutes deux propriétés du groupe énergétique français Engie (ex-GDF Suez). Cette centrale au lignite, la forme la plus « sale » du charbon, figure parmi les plus polluantes de monde. Et beaucoup s’accordent à dire que le sous-investissement imposé à Hazelwood par sa société mère est responsable de l’énorme incendie de la mine.

Les dernières braises ont été éteintes en mai 2014. Les dégâts se chiffrent en dizaines de millions de dollars. La petite ville voisine de Morwell, à 150 kilomètres de Melbourne, a été plongée dans la fumée, mais plusieurs semaines se sont écoulées avant que les autorités n’encouragent les habitants à partir. Les gens se sont plaints de difficultés respiratoires, de maux de tête, de problèmes de peau. « Les taxis refusaient de venir à Morwell », se souvient Wendy Farmer, habitante de Morwell qui a fondé le groupe « Voices of the Valley » suite à l’incendie de la mine. « La plupart des enfants ont été évacués, mais de nombreuses personnes âgées ont refusé de partir. Elles mettaient des serviettes humides autour de leurs portes et de leurs fenêtres pour empêcher la fumée d’entrer. »

Chacun à son histoire à raconter : « D’abord, ce sont les petits animaux qui ont commencé à mourir, puis les gros. Mes voisins, une famille avec des enfants en bas âge, ont abandonné leur maison et ne sont toujours pas revenus un an après : les enfants ont trop peur à cause de leur chat et de leur chien qui sont morts. » « La cendre était partout : mon ordinateur a cessé de fonctionner, je l’ai ouvert pour regarder dedans, il en était plein. » Presque tous dénoncent la lenteur de la réaction, les problèmes de coordination et l’absence de communication des dirigeants locaux d’Engie et des autorités de l’État de Victoria. Pendant que la mine brûlait, la centrale continuait à opérer.

 

Un incendie aux conséquences minimisées

Une fois l’incendie maîtrisé, les autorités s’empressent d’en minimiser les conséquences, alors même que des taux extrêmement élevés de particules fines et de monoxyde d’azote sont mesurés dans l’air. Une responsable des services de santé de l’État va même jusqu’à dire que son avis personnel est que le feu a eu un bilan globalement positif sur la mortalité dans la zone — une affirmation démentie par les études partielles réalisées depuis ! Engie estime pour sa part qu’il n’y a pas de preuve que l’incendie ait entraîné une surmortalité dans la région.

« Ils nous ont dit que l’exposition aux fumées et aux particules fines ne poserait pas de problèmes de santé, mais ils nous ont quand même donné de l’argent. Pendant quelques semaines, il y avait foule chez les marchands d’alcool de Morwell, à cause de tout cet argent liquide distribué. » En termes de compensation concrète, les mesures sont dérisoires : le conseil municipal distribue à tous les habitants un seau, un masque et des gants pour nettoyer leur maison, avec un bon d’achat pour le pressing et un autre pour le lavage de leur voiture…

 

Un désastre évitable

Pour expliquer la catastrophe, les dirigeants locaux d’Engie ont fait valoir que l’incendie a été causé par un concours de circonstance exceptionnel, et suggéré que le départ du feu, à l’extérieur de la mine, était dû à une intervention humaine. Mais les habitants de Morwell donnent une autre version de l’histoire. Selon Wendy Farmer, les dirigeants de l’usine étaient absents pendant le week-end où s’est déclaré l’incendie, alors même qu’ils savaient bien que des feux ravageaient les environs et que la saison — l’été austral — était propice à leur contagion. D’autres, y compris d’anciens travailleurs, dénoncent les effets du sous-investissement sur le site, le non remplacement des équipements anti-incendie, la réduction de la maintenance au strict minimum, alors même qu’un précédent incendie, en 2008, aurait dû servir d’avertissement. D’autres encore pointent le lignite laissé à l’air libre en plein été, malgré son caractère hautement inflammable, et l’absence de réhabilitation des sections de la mine après leur exploitation. Un incendie serait survenu le même jour dans la mine de Yallourn, à quelques kilomètres de là, et aurait été rapidement contenu parce que celle-ci est beaucoup mieux entretenue et revégétalisée.

 

Engie a toujours réfuté ces accusations, faisant valoir que les mesures de sécurité en place étaient conformes à la législation. L’entreprise indique avoir entrepris depuis l’incendie des efforts significatifs pour réhabiliter la mine et renforcer les dispositifs de prévention. Elle a aussi cherché à améliorer sa communication à destination de la communauté et à retisser des liens avec celle-ci, en donnant davantage d’argent aux clubs sportifs et aux groupes locaux.

 

Nouvelle enquête et procédures judiciaires

Les choses auraient pu en rester là. Une première commission d’enquête, mise en place en 2014 avec un mandat restreint, a confirmé que l’incendie aurait pu être facilement évité avec des mesures de sécurité et de prévention adéquates. Engie s’est empressée de suivre ses recommandations. Mais c’était sans compter sur le mécontentement persistant des habitants, et sur l’arrivée au pouvoir de l’opposition travailliste dans l’État de Victoria, à la fin de l’année 2014. Une nouvelle commission d’enquête, plus large, a été mise en place, avec les mesures de suivi environnemental, sanitaire et épidémiologique à long terme réclamées depuis de nombreux mois par les habitants de Morwell. Et l’incendie a fini par donner lieu à des procédures judiciaires.

Ce sont d’abord les pompiers qui ont engagé des poursuites pour forcer la filiale locale d’Engie à régler la facture de l’extinction de l’incendie, estimée à 18 millions de dollars australiens (11,5 millions d’euros). L’entreprise avait refusé de payer, sous prétexte qu’elle paie déjà une taxe spécifiquement destinée à financer les services des pompiers. Puis ce fut au tour de l’agence de l’État de Victoria en charge de la santé et sécurité au travail d’initier une procédure contre Engie pour violation de ses obligations réglementaires. Enfin, en mars dernier, l’Agence de l’environnement de l’État s’est résolue à initier des poursuites contre Engie, pour pollution de l’air.

Les amendes encourues par l’entreprise française – qui a vigoureusement dénoncé ces deux dernières procédures, les estimant « sans base sérieuse » — s’élèveraient au maximum à une quinzaine de millions de dollars australiens (10 millions d’euros).

 

Peur que la centrale ne plie bagages

A l’occasion de la Conférence sur le climat de Paris, Engie et EDF ont annoncé qu’elles abandonnaient tout nouveau projet dans le secteur du charbon, principale source de gaz à effet de serre au niveau mondial, pour rediriger leurs investissements vers des sources d’énergies plus vertes. Une bonne nouvelle, sans doute. Mais la page du charbon est loin d’être définitivement tournée pour nos deux champions nationaux, qui possèdent encore plusieurs dizaines de centrales au charbon dans le monde, pour la plupart anciennes. Tout dépend également de la manière dont s’opère cette « sortie » du charbon. Et dans l’État de Victoria en Australie, cette question est loin d’être simple.

Autrefois florissante, la ville de Morwell a vu sa situation économique et sociale se dégrader progressivement depuis la privatisation de la mine Hazelwood, dans les années 1990. Si les habitants s’inquiètent de plus en plus des conséquences de la mine et de la centrale pour leur santé, cette préoccupation le dispute à une autre peur, plus immédiate : celle que les dirigeants d’Engie, à des dizaines de milliers de kilomètres, ne décident soudain de tout arrêter et de partir, ne laissant derrière eux que des sommes dérisoires pour la réhabilitation du site et la reconversion des employés.

Ayant déjà souffert de la gestion purement financière des propriétaires successifs de Hazelwood, les travailleurs et les riverains craignent aujourd’hui les conséquences d’une nouvelle décision financière, de désinvestissement cette fois, parée des habits de la « transition énergétique ». Une histoire terrible et typique à la fois, comme il en existe des centaines dans le monde, partout où des communautés se sont soudées et ont prospéré autour de mines ou de centrales électriques. Elles sont aujourd’hui confrontées à la perspective de voir s’évanouir définitivement ce qui avait fait leur richesse et leur identité.

 

Une des centrales les plus polluantes du monde

Inaugurées au tout début des années 1970, la centrale et la mine de Hazelwood sont situées au cœur de l’un des principaux gisements de lignite au monde, dans la vallée de Latrobe. « Ce sont des gisements faciles à exploiter, explique Nicholas Aberle de l’organisation écologiste Environment Victoria. Ils permettent de produire une électricité bon marché. » La vallée compte deux autres mines, celles de Loy Yang et de Yallourn, ainsi que trois autres centrales électriques, dont celle, moins ancienne, de Loy Yang B, dont Engie détient 70 %. Ce sont des acquisitions récentes pour le groupe français [1].

 


La vallée de Latrobe : en rouge, les centrales ; en gris foncé, les mines ; en gris clair, les zones urbaines.

 

Côté pile, la mine de Hazelwood, qui s’étend sur 3 500 hectares, produit 15 millions de tonnes de charbon, tandis que la centrale, d’une capacité de 1 542 MW, génère un quart des besoins en électricité de l’État de Victoria. Les deux sites emploient quelques centaines de personnes. Côté face, Hazelwood émet presque 16 millions de tonnes de carbone dans l’atmosphère chaque année – soit 2,8% des émissions totales de l’Australie. Comme le rappellent les Amis de la terre, elle figure dans le peloton de tête des classements des centrales à charbon les plus polluantes et les plus inefficientes au monde. Sans parler de la dégradation de l’environnement local et de ses conséquences pour la santé : leur coût a été estimé à 900 millions de dollars australiens annuels (580 millions d’euros) par une étude commanditée par Environment Victoria !

 

Pour Engie, revendre plutôt que fermer

Depuis de nombreuses années, les écologistes cherchent à obtenir, à coup de manifestations et d’actions de blocage, la fermeture de Hazelwood. Selon eux, l’offre d’électricité dans l’État de Victoria serait déjà excédentaire de 2 000 MW, plus que la capacité de la centrale. À l’occasion de la COP21, ils ont adressé une lettre solennelle à François Hollande pour lui demander de faire pression sur Engie, propriété de l’État français à 33%, afin d’obtenir cette fermeture. En vain. L’industrie du charbon reste puissante en Australie. La préservation de l’emploi, dans une région économiquement sinistrée, est presque une question de vie et de mort. Et les entreprises comme Engie et EDF ne cherchent en aucun cas à fermer leurs centrales à charbon. L’objectif est plutôt de les revendre.

Mais le bénéfice pour le climat de telles opérations est nul : « L’impact de ces ventes pourrait même être négatif : afin d’obtenir des retours sur investissement suffisants, dans un contexte mondial de déclin du marché du charbon, les acquéreurs seraient poussés à maintenir les centrales en activité, peut-être plus longtemps encore que ne l’auraient fait les opérateurs français », dénoncent les Amis de la terre, le Réseau action climat et Oxfam France dans une note récente. Les repreneurs risquent également de se montrer moins scrupuleux du point de vue social.

 

 

De fait, le recentrage stratégique affiché aujourd’hui par Engie est au moins autant dû à des raisons financières qu’à des considérations environnementales. Il signe surtout l’échec des acquisitions tous azimuts du groupe, presque exclusivement dans le secteur des énergies fossiles, suite à la fusion entre GDF et Suez [2]. L’entreprise a déjà annoncé la vente de plusieurs centrales à charbon, en Inde, en Indonésie, aux États-Unis [3]. Autant d’opérations doublement gagnantes pour Engie : d’un côté, l’entreprise renfloue ses caisses, de l’autre elle voit son portefeuille énergétique devenir de plus en plus vert par la magie des cessions. Mais pour Hazelwood, la tâche paraît autrement plus ardue. Engie avait déjà signalé sa volonté de s’en débarrasser bien avant la COP21, sans trouver de repreneur [4].

 

Une communauté déstabilisée par la privatisation

Si les écologistes de l’État de Victoria et au-delà ont fait de Hazelwood une cible prioritaire, la plupart des habitants de la vallée de Latrobe ne voient pas ces ingérences d’un très bon œil. Ils sont nombreux à évoquer l’époque où la mine et la centrale appartenaient encore à l’entreprise publique d’électricité du Victoria, aujourd’hui démantelée, comme d’un âge d’or. « Tout le monde avait un travail... du moins tous les hommes, se souvient Wendy Farmer. Ceux qui étaient intelligents étaient ingénieurs, la plupart étaient ouvriers, et même à ceux qui souffraient de handicaps mentaux, on donnait quelque chose à faire, ne serait-ce que de passer le balai. Au moins les sols étaient propres et tout le monde avait sa place. » L’entreprise s’occupait aussi de l’hôpital et de l’école. De quoi relativiser les problèmes liés à la pollution de l’air, la présence d’amiante dans la centrale, les cancers chez les ouvriers. « Les gens avaient l’habitude de plaisanter sur la "grippe de la vallée" chaque fois que quelqu’un se mettait à tousser. » Aujourd’hui, ce n’est plus vraiment un sujet de plaisanterie.

La privatisation de Hazelwood intervient en 1996. La situation commence alors à se dégrader, sans briser tout à fait l’enchantement. Le nombre d’emplois est drastiquement réduit par paliers successifs, mais ceux qui restent sont encore très bien payés. De nouveaux filtres sont installés, mais pas autant qu’il aurait été nécessaire pour atténuer l’impact environnemental de la centrale. Dans le même temps, la licence d’exploitation de la mine et de la centrale est prolongée de plusieurs décennies. « Il y a eu tellement de restructurations que nous perdons le fil », témoigne un leader syndical. « Les entreprises ont exploité l’outil industriel existant jusqu’à sa limite, en ne considérant que leur taux de profit. Nous avons été soumis à un chantage à l’emploi permanent. »

Les propriétaires successifs de Hazelwood ont cessé de redistribuer la richesse. L’hôpital et l’école sont délaissés, le taux de pauvreté augemente progressivement, tout comme le taux de délinquance. La ville de Morwell se retrouve divisée entre les habitants anciens, qui se souviennent des jours prospères et craignent le chaos social qu’entraînerait une fermeture abrupte de Hazelwood, et les nouveaux arrivants, surtout attirés par les logements bon marché. Jusqu’à ce fameux incendie de 2014, qui a complétement changé la perception des habitants.

 

« L’heure de prendre son destin en main »

Dans le Victoria, les opérateurs miniers doivent souscrire une obligation financière pour couvrir les frais de réhabilitation du site. Dans le cas de Hazelwood, cette obligation, fixée dans les années 1990, s’élève à 15 millions de dollars australiens. Or, selon les chiffres mêmes d’Engie, les frais réels de réhabilitation de la mine s’élèveraient à au moins 80 millions de dollars. Peut-être même jusqu’à 350 millions de dollars, à en croire certains experts. Cette disproportion contribue d’ailleurs à alimenter les craintes : il pourrait se révéler nettement moins cher pour Engie de quitter les lieux du jour au lendemain, en abandonnant les 15 millions, plutôt que de devoir couvrir les frais effectifs de la réhabilitation.

Le nouveau gouvernement de l’État de Victoria a récemment annoncé son intention d’augmenter significativement le montant mis en réserve par les opérateurs actifs dans la vallée de Latrobe pour la réhabilitation de leurs mines – avec pour effet de porter l’obligation d’Engie de 15 à presque 75 millions de dollars australiens. Reste à voir si les entreprises concernées accepteront de mettre la main à la poche.

Depuis l’incendie, les habitants de Morwell, jusqu’alors farouchement opposés à la fermeture de la mine et de la centrale, commencent à comprendre que celle-ci est inéluctable. Et à se demander si la préservation de l’emploi dans le secteur de charbon vaut réellement tant d’inquiétudes pour leur santé et celle de leurs enfants. « Jusqu’à l’incendie, la mine et la centrale bénéficiaient encore d’une acceptabilité sociale à Morwell – au contraire du reste de l’État de Victoria, admet le leader syndical. L’incendie y a porté un coup fatal. » Ce qui ne veut pas dire que le ressentiment contre les « écolos » de Melbourne, accusés de vouloir fermer Hazelwood sans se préoccuper de reconversion, soit apaisé. Les travaux de réhabilitation des mines créeraient certes de l’emploi, mais rien de durable ni de comparable aux conditions avantageuses offertes par Engie et ses concurrentes. Pour Wendy Farmer, dont le mari est employé de la centrale, l’heure est néanmoins venu pour la communauté de Morwell de « prendre son destin en main ».

Olivier Petitjean, à Hazelwood

— 
Photos : Mriya CC (une) ; Takver CC (vues de la centrale et de la mine de Hazelwood).

Cet article a été initialement publié sur notre Observatoire des multinationales

Notes

[1Le groupe les a récupérées en rachetant International Power en 2010-2012.

[2Le rachat à prix d’or d’International Power en 2010-2012, avec son portefeuille de centrales polluantes comme Hazelwood, en est l’exemple emblématique. Engie a dû déprécier ses actifs de 15 milliards d’euros en 2013, principalement sur des centrales au gaz européennes d’acquisition récente ; le groupe a à nouveau déprécié près de 9 milliards d’euros d’actifs en 2015, cette fois sur les activités de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Aujourd’hui, Engie déclare cibler principalement des cessions dans les activités exposées aux variation de prix du marché ou du cours des matières premières — autrement dit se recentrer sur les activités « régulées », où le taux de profit est largement garanti par les autorités publiques.

[3Engie a ainsi conclu la vente de centrales à charbon en Inde et en Indonésie, au profit de firmes respectivement indienne et qatari. Ses centrales et autres actifs aux États-Unis sont en cours de cession à la firme Dynegy alliée à un fonds d’investissement – une opération qui peut susciter des craintes quant à ses implications sociales et environnementales, au vu de l’histoire de Dynegy. Quant à la centrale au charbon de Rugeley, au Royaume-Uni, elle devrait cesser toute activité à l’été 2016.

[4Elle a tout de même réussi en 2013 à revendre 28% de ses parts dans Hazelwood et Loy Yang B au groupe japonais Mitsui. D’autres firmes asiatiques intéressées par l’acquisition du reste des parts semblent avoir renoncé. Voir ici.

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 13:09

 

 

Source : http://www.lefigaro.fr

 

L'Union européenne assume : la loi El Khomri, c'est elle

 

 

 

 

 

Jean-Claude Juncker, président luxembourgeois de la Commission européenne

 

FIGAROVOX/DECRYPTAGE - Jean-Claude Juncker a déclaré que «la réforme du droit du travail voulue et imposée par le gouvernement Valls est le minimum de ce qu'il faut faire».Pour Coralie Delaume, l'économie de notre pays est depuis longtemps l'application des orientations de l'Union européenne.


Coralie Delaume est journaliste. Elle a notamment publié Europe. Les Etats désunis (Michalon, 2014). Découvrez ses chroniques sur son blog.


La loi El Khomri est un produit d'importation made in Union européenne (voir explications détaillées ici). Les «Grandes orientations de politique économique» (GOPÉ), dont l'existence est posée par les traités, et le «Programme national de réformes» (PNR), qui s'inscrit lui-même dans le cadre de la stratégie Europe 2020 «pour une croissance économique intelligente, durable et inclusive» (tsoin-tsoin), prescrivent à de nombreux pays et depuis longtemps le malthusianisme budgétaire et la modération salariale.

Dans même temps, la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union (CJUE), n'a de cesse de promouvoir l'ordre concurrentiel et la dérégulation. Surtout, au travers d'arrêts à l'impact décisif mais mal connus du grand public, tels, par exemple, les arrêts Laval et Viking de 2007, elle œuvre à saper le droit du travail dans les pays membres, et à affaiblir la capacité de négociation des salariés dans les conflits sociaux.

Enfin, l'appartenance à l'euro interdit toute dépréciation de la monnaie. Dès lors, elle conduit les pays de l'eurozone non à renforcer leur coopération, non à développer entre eux la solidarité, mais à se mener les uns aux autres une véritable «guerre de la désinflation salariale», selon une expression de Steve Ohana. Pour livrer cette guerre, ajoute l'économiste, «la France ne semble plus avoir d'autre choix que de s'engager plus franchement dans des politiques de dévaluation interne, non plus seulement via la baisse de la fiscalité sur le travail, mais via la compression des salaires eux-mêmes ( …) c'est l'option qui sous-tend la loi El Khomri».

Face au caractère scandaleux de l'affaire, face à la blessure d'orgueil que ne peut manquer d'occasionner, chez n'importe quel peuple encore un peu conscient de lui-même, l'idée d'être «gouvernancé» depuis Bruxelles, Francfort ou Luxembourg au lieu d'être normalement gouverné par les dirigeants qu'il a élus, on pourrait s'attendre à ce que les «Européens de métier» fassent profil bas. Par décence. Par souci de ne pas attiser la colère. Parce que le fait de bénéficier de pouvoirs exorbitants dont ils ne doivent la titulature qu'à une série d'erreurs d'aiguillage de l'Histoire, devrait suffire à les contenter.

Mais non. Jouir en silence du confort sans risque qu'offre le séjour dans cet Olympe grisâtre depuis lequel ils nous surplombent n'est pas assez bien pour ces encravatés. Il faut encore qu'ils portent en bandoulière leur bonheur niais d'être là où ils sont, et qu'ils l'ouvrent à tout propos. Sans se rendre compte qu'à la fin, «les gens» commencent à comprendre. Et à s'agacer.

L'ouvrir très grand, c'est l'une des choses que Jean-Claude - «il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens» - Juncker fait le mieux. Aussi a-t-il trouvé judicieux, dans un récent entretien au journal Le Monde de formuler ces quelques regrets: «à voir les réactions que suscite la «loi travail», je n'ose pas m'imaginer quelle aurait été la réaction de la rue, à Paris ou à Marseille, si votre pays avait dû appliquer des réformes comme celles qui ont été imposées aux Grecs». Ah, ces Français rétifs! Comme il est dommage de ne pouvoir vitrifier leur économie avec cette même brutalité joyeuse dont on à usé contre l'économie grecque!

Ceci dit, rien n'est jamais perdu pour qui sait s'armer de patience. Durant l'été 2015, au cœur de la «crise grecque», le ministre hellène Yanis Varoufakis avait donné quelques clés pour comprendre la dureté des créanciers vis-à-vis de son pays. Selon lui, la véritable cible des «Européens» (et de l'Allemagne, plus encore que de l'Europe institutionnelle) était en fait l'Hexagone. «La Grèce est un laboratoire de l'austérité, où le mémorandum est expérimenté avant d'être exporté. La crainte du Grexit vise à faire tomber les résistances françaises, ni plus ni moins», avait-il osé. Pour lui, les cibles terminales étaient l'État-providence et le droit du travail français.

Or pour Jean-Claude Juncker, il se trouve que «la réforme du droit du travail voulue et imposée par le gouvernement Valls est le minimum de ce qu'il faut faire». Le minimum seulement. Et, avec un peu de chance, de constance et d'audace, une simple étape vers ce rêve éveillé que constitue l'idéal grec!

Autre grand bavard: Pierre Moscovici. Lui assume mieux encore que Juncker, et ses insinuations n'en sont plus. Ce sont même des aveux: oui, l'Union européenne veut la loi El Khomri. Dans un entretien publié ici le 18 mai soit, précisément, le jour de la parution des recommandations adressées par la Commission à la France dans le cadre du «semestre européen», le commissaire aux Affaires économiques faisait connaître sa volonté. S'il minaudait tout d'abord en prétendant qu'il ne lui appartenait pas de «juger» la Loi travail, il rappelait toutefois qu'il lui appartenait bien de l'exiger: «Tout ce que je peux dire, c'est que la réforme est indispensable et qu'y renoncer serait une erreur lourde (…) les Français ont souvent le même réflexe quand une réforme se présente: celui de s'y opposer. Cela ne signifie pas que la réforme n'est pas nécessaire et qu'elle ne doit pas être menée (…) En outre, je pense que la volonté du peuple doit s'exprimer dans les élections, pas dans les sondages».

C'est vrai. En principe, sauf à vivre dans le chaos de la démocratie d'opinion, les scrutins font foi bien plus que les sondages. Mais en principe aussi, le pouvoir exécutif français se situe à l'Élysée et à Matignon (Paris, France), et non dans le bâtiment du Berlaymont (Bruxelles, Belgique). Sauf à vivre dans le chaos de la démocratie congédiée.

Évidemment, si les choses en sont là, et Moscovici le dit fort bien, c'est en raison «des traités que les gouvernements et les Parlements de l'Union européenne, à commencer par celui de la France, ont signés». C'est là l'argument dont les européistes se prévalent sans cesse, car il n'y a plus que ça en magasin. Au passage, ils se hâtent d'oublier que le dernier des traités, celui de Lisbonne, a tout de même nécessité pour être signé que l'on s'assoie en 2005 sur les résultats de deux référendums, le néerlandais et le français. Tout comme on s'est assis sur le résultat de la consultation grecque de juillet 2015. Autrement, c'était début du détricotage de la zone euro.

Au sujet du mouvement social actuellement en cours, Myriam El Khomri a eu ces mots très contestés: «il n'est pas question que l'économie de notre pays soit prise en otage». Ils sont pourtant incontestables: l'économie de notre pays est, depuis longtemps, en situation de captivité. Simplement, les rançonneurs ne sont pas forcément ceux que l'on croit.

 

 

Source : http://www.lefigaro.fr

 

 

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28 mai 2016 6 28 /05 /mai /2016 00:32

 

Source : http://www.agoravox.fr

 

Vrais chiffres chômage Avril 2016, 51700 chômeurs de moins, 337700 radiés

par patdu49
jeudi 26 mai 2016
 
 

6 429 900 privés d'emploi et travailleurs occasionnels officieux, toutes catégories confondues, + 4 030 000 environ d'invisibles qui n'entrent pas ou plus dans les statistiques officieuses ( chiffres détaillés bas de page ).

Total : + de 10,46 MILLIONS de chômeurs en France (fourchette basse), et autant de pauvres largement sous les seuils de pauvreté.

Radiations des listes A,B,C,(D,E) de Pôle Emploi par motifs, moyenne mensuelle (basée sur 1 trimestre) de Avril 2016 :

- Défauts d'Actualisation (bugs informatiques + oublis + des découragés non indémnisés) : 238 400, 45,2 % des sorties des listes. (+ 15,6 % sur 1 an)

- Radiations Administratives (les punis) : 46 800, 8,9 % des sorties. (+ 4,5 % sur 1 an)

- Autres Cas (morts, suicidés, emprisonnés, expulsés etc) : 52 500 et 10 % des sorties. (+ 2,5 % sur 1 an)
 
soit 337 700 radiés des listes (64,1 % des sorties) ce mois (moyenne mensuelle sur 1 trimestre) pour autres motifs que :

- Stages parking : 52 900, 10 % des sorties. (+ 18,6 % sur 1 an)

- Arrêts maladie, maternité, départs en retraite : 39 300, 7,5 % des sorties. (+ 8 % sur un an)

- Reprises d'emploi déclarées : 97 000, ne représentent que 18,4 % des sorties des listes de pôle emploi. ( + 18,4 % sur 1 an )

 

Demandeurs d'emploi par catégories :

 
 
 
A : 3 511 000 -0,6 % ( - 0,6 % sur 1 an ).

B : 722 200 + 0,3 % ( + 3,9 % sur 1 an ) travailleurs pauvres moins de 78 heures.
C : 1 163 700 - 3,3 % ( + 5,1 % sur 1 an ) travailleurs pauvres de + de 78 heures. 

D : 280 600 +2,7 % ( + 1,2 % sur 1 an ) stages parking, occupationnels etc.
E : 422 100 -0,5 % ( +11,5 % sur 1 an ) contrats aidés etc.

TOTAL : 6 099 700 ( données corrigées ), hors DOM TOM, soit + 1,8 % sur 1 an, 51 700 chômeurs de moins, par rapport à Mars.

TOTAL, dom-tom compris : 6 429 900

Quelques chiffres qui parlent :

Chômage Longue durée (entre 2 et 3 ans) : + 1,7 % sur 1 an.
Chômage Très Longue Durée + de 3 ans : + 11,3 % sur 1 an.

Chômage des 50 ans et +, + 6,4 % sur 1 an.

1 chomeur inscrit à pôle emploi sur 2 (49,6 %) ne perçoit AUCUNE INDEMNITE, ni ARE (allocation retour à l'emploi), ni allocation de solidarité (ASS, AER)

Offres d'emploi disponibles, dernier chiffre connu : 607 495, environ 150 000 collectées via pole emploi, les autres via des "partenaires" privés, certaines pouvant apparaitre 7 fois, d'autres sont fictives et/ou mensongères (remplissages de candidatures de boites d'intérim, annonces faussement classées en CDI, etc).

Le + scandaleux, LE CHÔMAGE INVISIBLE, complètement en dehors des statistiques :

Ne sont pas comptés dans ces 6 486 100 demandeurs d'emploi et travailleurs pauvres occasionnels :
 
1 530 000 foyers bénéficiaires du RSA, en effet sur 2 530 000 environ de foyers (dernier chiffre connu) , seuls 1 000 000 environs sont inscrits à Pôle Emploi, les autres bénéficient d'autres suivis (associations, collectivités locales, etc.) en sachant qu'un foyer bénéficiaire, comporte parfois + d'un demandeur d'emploi en son sein, donc si on parle en nombre d'individus c'est pire.

+ encore 1 100 000 au bas mot, sur les environs 2 millions de bénéficiaires de l'AAH ou d'une pension d'invalidité, qui ne sont pas inscrits à Pôle emploi, malgré une aptitude et un désir d'accès à un emploi adapté.

+ encore 1 400 000 de SANS-DROITS, qui sont principalement :

- des jeunes de moins de 25 ans, primo demandeurs d'emploi, qui comme vous le savez n'ont même pas droit au RSA. (quasi unique en Europe), favorisant délits, crimes, trafics, prostitution, esclavagisme moderne, radicalisations etc.

- des sans droits, pour motif, dépassement des plafonds de ressources dans le foyer, exemple, votre conjoint(e) perçoit 700€ d'allocation chomage, ou 807€ d'allocation adulte handicapé, vous n'aurez même pas droit au RSA, car vous dépasserez le plafond couple qui est de 660€ par mois, si vous êtes NON SDF.

- des bénéficiaires de pensions de reversions ( veufs, veuves ) de 55 ans et +, qui dépassent les plafonds du RSA ( 462€ pour une personne seule ), et qui n'ont pas l'âge pour prendre leur propre retraite ou pour percevoir le minimum vieillesse ( 65 ans ) qui s'appelle aujourd'hui "A-S-P-A" (allocation solidarité aux personnes âgées), qui est récupérable sur le patrimoine, au décès.

- des bénéficiaires de pensions alimentaires qui dépassent les plafonds du RSA (plafonds 2 fois inférieurs aux seuils de pauvreté, une véritable honte)

- des étudiants, boursiers ou non, qui cherchent des petits jobs alimentaires, qui sont donc bien demandeurs d'emploi, en concurrence avec les autres (même si beaucoup sont aussi exploités en stages sous payés, voire gratuits).

- des auto-entrepreneurs, qui ne gagnent rien ou presque, et sont demandeurs d'emploi en parallèle.

- on peut parler également de retraités qui cherchent un emploi car leur retraite ne couvre pas les charges fixes pour survivre ( loyer, énergie, assurances, voiture, téléphone, eau, nourriture, santé (lunettes, dentiste ..) incalculable.

Faites le calcul vous même, on arrive au total, à + de 10,46 MILLIONS demandeurs d'emploi en France, et travailleurs pauvres occasionnels.
 
Sources : Rapport complet de la DARES de 13 pages (et non pas le simple communiqué de presse envoyé aux médias) : http://dares.travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/pi-mensuelle-bvtd0416.pdf

Rendez-vous samedi 25 juin 2016, pour avoir les vrais chiffres du chômage de Avril 2016.

 

 

 

Source : http://www.agoravox.fr

 

 

 

 

 

 

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27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 21:57

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Débattre Perspectives historiques

« Sans la grève et les blocages, nous en serions encore au monde de Zola, de Dickens et du travail des enfants »

par

 

 

 

Haro sur les blocages, les grévistes et les syndicats qui y participent ! « Inacceptable », clame le gouvernement, « irresponsable », hurlent en cœur les éditorialistes des médias appartenant aux grandes fortunes françaises. C’est vite oublier que sans grèves ni blocages, nos démocraties n’auraient pas connu un tel progrès social, depuis plus d’un siècle. « Depuis l’invention de la grève générale en 1842, le blocage des approvisionnements énergétiques s’est maintes fois révélé une force des faibles, une arme du mouvement social et une fête émancipatrice... », rappelle l’historien Christophe Bonneuil dans cette tribune.

Angleterre, été 1842. Devant le refus des capitalistes d’augmenter les salaires alors que le coût de la vie s’envole, de réduire la durée du travail, et devant le refus du gouvernement de donner suite à une pétition de 15 000 signataires en faveur du suffrage universel – pétition qui dépassera ensuite les trois millions –, un immense mouvement social naît en mai de cette année-là : la première grève générale du monde. « Bloquer … c’est inacceptable », s’indignent le Premier ministre, les patrons et la presse des privilégiés.

France, mai 2016. Sourd à une pétition de plus d’un million de signataires, aux syndicats et au parlement qu’il balaye d’un coup de 49-3, autiste à la colère d’une jeunesse qui se remet « debout », Manuel Valls déclare que « bloquer … c’est inacceptable et on ne peut pas bloquer un pays… s’en prendre ainsi aux intérêts économiques de la France ». Il oublie que sans la grève, le sabotage, le blocage, et les luttes sociales depuis le XIXe siècle, nous en serions encore aujourd’hui au monde de Dickens et Zola, du travail des enfants et du suffrage censitaire.

 

Loi travail : « un retour au capitalisme sauvage du XIXe siècle ? »

Quel était en effet le mode d’action des inventeurs de la grève générale en 1842 (et de bien d’autres depuis, en 1905, 1936, 1947 ou 1968) ? Aller de mines en mines pour y casser les machines à vapeurs ou en voler les rondelles fusibles (« plug ») de sécurité. D’où l’appellation de « Plug Riots », les « émeutes des rondelles », donnée à cette mobilisation phare du mouvement chartiste. Comme le note un journal de l’époque, les mineurs avaient compris « le pouvoir qui était entre leurs mains de stopper tous les moulins, les usines et les trains ». En bloquant l’extraction et le transport de charbon pendant plusieurs semaines, les travailleurs réussissent en effet à mettre à l’arrêt les usines qui ne sont pas en grève, avant d’être suivis peu après par une grande grève des ouvriers textiles. Certains affirment : « mieux vaut mourir face à l’armée que de mourir… sous la machine du capitaliste » [1].

Cette Loi travail que le gouvernement et le Medef prétendent imposer à coup de 49-3 et de répression du mouvement social, n’est-elle pas précisément un retour au capitalisme sauvage du XIXe siècle ? Celui que des socialistes authentiques combattirent par le passé. Celui qui fut rendu en France moins invivable au XXe siècle : retraite, médecine du travail (affaiblie par l’actuel projet de loi), interdiction du travail des enfants (la première version de la loi rétablissait des journées de 10h pour les apprentis mineurs !), démocratie sociale insérant les citoyens (via le parlement et le code du travail, que le socialisme patronal détricote à présent) et les syndicats dans la décision (via la primauté des accords de branche que l’article 2 du projet supprime, livrant les salariés au chantage patronal à l’emploi même quand l’entreprise dégage de juteux bénéfices !).

 

Comment la « pétrolisation » a préparé le terrain aux régressions néolibérales

Cette régulation relative du capitalisme qui s’institutionnalise en Europe au milieu du XXe siècle n’aurait pu advenir sans le pouvoir de blocage énergétique des travailleurs comme l’a démontré l’historien Timothy Mitchell dans Carbon Democracy [2]. Mais après 1945, la « pétrolisation » de l’Europe, d’ailleurs encouragée par le Plan Marshall, réduit le rapport de force des travailleurs (le pétrole vient du Moyen-Orient néo-colonial) et instaure une démocratie consumériste (des blocages, plus difficiles, restent possibles comme en 1968 et 2010). Selon Tim Mitchell, « pétrolisée », la qualité de la démocratie change et cela prépare progressivement le terrain aux régressions néolibérales à partir des années 1970 : défiscalisation des riches, chômage, précarité, hausse de la part de la plus-value allant à la rémunération du capital au détriment du travail.

Bloquer serait aujourd’hui illégitime ? Alors que des millions de travailleurs pauvres sont en galère, sous le chantage du chômage de masse, et que le poids du patrimoine privé par rapport à la richesse nationale après avoir diminué après 1945, est maintenant revenu en France au niveau du temps de Zola [3] ?

Non !

Jour debout et nuit debout, la grève, le blocage des sites de production et l’occupation des places sont la dernière arme des victimes d’un système économique injuste, d’un capitalisme ré-ensauvagé ; la contre-offensive des sans-voix d’un système politique à bout de légitimité (inégalités croissantes, démocratie représentative qui ne représente pas le pays réel, parlement godillot, état d’urgence permanent).

 

Convergences

Bloquer sera peut-être aussi un déclencheur de nouveaux liens. Dimanche dernier, la convergence des Zadistes et les étudiants allant soutenir à vélo le blocage syndical de la raffinerie de Donges (Loire-Atlantique) ; aujourd’hui les rencontres inattendues entre voisins qui ne se parlaient pas grâce au boom du covoiturage… Quels nouveaux surgissements demain ?

Le blocage rend sensible à chacun d’entre nous les flux (énergétiques, financiers…) qui trament nos vies. Qu’est-ce qui est bloqué ? Manuel Valls et Emmanuel Macron nous le disent sans ambages : ce qu’ils veulent débloquer, c’est une France-entreprise, en guerre économique et sociale permanente pour satisfaire les intérêts gourmands de flexibilité et de paradis fiscaux. Ce qui vacille aussi, ce sont aussi des flux d’énergies et des infrastructures technico-industrielles (le pétrole, les centrales nucléaires) qui structurent nos vies quotidiennes sans pourtant faire l’objet de réels choix collectifs alors qu’ils menacent l’habitabilité de notre Terre, sans pour autant avoir réalisé dans nos pays riches leur vieille promesse de bonheur par l’abondance matérielle, à laquelle plus personne ne croit. EDF s’indigne et le PDG de Total menace de fermer ses raffineries en France ? Mais syndicalistes et deboutistes imaginent déjà ensemble une société post-pétrole et post-nucléaire, partageant le travail, le pouvoir et les richesses !

 

Christophe Bonneuil, historien des sciences, chargé de recherche au CNRS et membre du Centre Alexandre-Koyré.

Photo : © Laurent Guizard - Basta !

- Voir notre dossier « Transformer le travail »

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27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 21:51

 

 

Capture_Richard Abauzit

 

Un décryptage de la loi El Khomri [ Vidéo ]

Décryptage de la loi El Khomri par Richard Abauzit, ancien inspecteur du travail

 

Décryptage de la loi El Khomri par Richard Abauzit, ancien inspecteur du travail, militant syndicaliste à Solidaires 34 et co-auteur avec Gérard Filoche de Comment résister aux lois Macron, El Khomri et Cie ? dans le cadre d’une conférence organisée le 11 mai 2016 par l’intersyndicale nîmoise ( CGT, CNT et Solidaires ) :

 

 

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