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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 17:26

 

 

 

François Hollande avait annoncé l’extension du bonus-malus à toute une série de biens de consommation, pour intégrer dans leur prix le coût de leur pollution. Jean-Marc Ayrault n’a pas repris cette idée dans son discours de clôture de la conférence environnementale samedi 15 septembre – la liste des produits concernés est encore à l’étude, précise Matignon. En attendant, Mediapart a passé les deux jours de débats, de réactions et de propositions à ce filtre, tentative de tri sélectif entre les nouvelles idées et les vieilles lunes, les bonnes trouvailles et les promesses d’impasses.

Malus

  • Le discours de Jean-Marc Ayrault

Sentiment de descente après l’excitation de la veille, samedi après-midi,  à la clôture de la conférence environnementale : le discours de Jean-Marc Ayrault était très attendu, son premier sur l’écologie depuis qu’il occupe Matignon. Mais pour quelques annonces (objectif de limiter la consommation de carburant des voitures à 2 litres au 100 km d’ici dix ans, augmenter la taxe générale sur les activités polluantes – TGAP – et réduire les avantages fiscaux des agrocarburants, créer un guichet unique de financement pour la rénovation des logements, nommer une personnalité pour piloter la concertation sur la reconversion de la centrale nucléaire de Fessenheim, mobiliser l’éducation nationale), beaucoup étaient déjà connues (feuille de route environnementale pour les ministres, rénovation thermique des logements, création de tarifs progressifs sur l’énergie, aides aux précaires énergétiques, loi sur la biodiversité...). Ou même déjà existantes (l’interdiction du bisphénol A fait l’objet d’une loi en cours de vote, l’épandage aérien des pesticides est déjà interdit). 

 

  • Les réactions syndicales

De la CGT au Medef, les syndicats se sont montrés dans l’ensemble très réticents, voire opposés au discours de transformation écologique portée par le gouvernement. C’est un recul par rapport à la période du Grenelle de l’environnement. Au moment du sommet de Rio+20, la centrale de Bernard Thibault semblait défendre une vision plus volontaire du développement humain durable. Cette fois-ci, Mohammed Oussedik, de la fédération des travailleurs du verre et de la céramique, a martelé son opposition à la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim mais aussi son soutien aux forages des gaz de schiste.

Laurence Parisot ne ménage pas non plus son soutien aux hydrocarbures non conventionnels, mais ne s’arrête pas là : lors de la table ronde sur l’énergie, elle s’oppose à la présence d’experts internationaux dans le débat sur la transition énergétique, car « c’est un débat franco-français ». Elle croit même entendre l’éloge de la « décroissance » dans les tables rondes de la conférence et critique les financements publics aux énergies renouvelables : « Nous n’espérons que cela, le développement du green business. Mais avant d’avoir un retour sur investissement, avant de créer des emplois, il faut des capitaux pour lancer les projets. Nous n’avons pas des moyens aussi importants que certains le croient pour lancer actuellement toutes ces filières. Il faut pour cela de la croissance économique que nous n’avons pas aujourd’hui. »

La veille, Bernard Thibault s’en était pris, lui, aux annonces d’investissements dans la rénovation des bâtiments : « On n’a pas les moyens humains et financiers de former tous les gens qu’il faut pour rénover un million de logements. »

  • La pénétration du discours de financiarisation de la nature

La biodiversité est « un capital », un « potentiel de développement », notamment pour de nouveaux médicaments. Dans son allocution, Jean-Marc Ayrault a repris à son compte le discours des avocats de la financiarisation de la nature, qui parle de valorisation des « systèmes éco-systémiques », ou comment étendre les logiques financières au patrimoine naturel. C’est la rhétorique de l’économie verte, désormais décriée à l’international (et notamment au sommet de Rio+20). Elle soulève un gros problème philosophique et éthique : la nature est-elle à vendre ? Ou encore, est-ce vraiment une bonne idée de ne préserver l’écosystème que pour engranger plus de profit.

  • Le tabou de Notre-Dame-des-Landes

Impossible d’aborder le sujet du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes – près du fief nantais du premier ministre – pendant les deux jours de conférence. Interrogé, Stéphane Le Foll, ministre de l’agriculture, s’enfuit littéralement : « Notre-Dame-des-Landes ? Je ne sais pas où c’est... » Quant à Delphine Batho, elle se contente de répéter : « J’ai déjà répondu à cette question. » Pendant ce temps, des opposants au projet occupaient un bout de trottoir à quelques dizaines de mètres du conseil économique et social.

  •  Pour les énergies renouvelables, priorité aux grosses entreprises

Le gouvernement promettait d’alléger les autorisations administratives pour les renouvelables, il ne l’a fait qu’a minima en annonçant la suppression des « zones de développement économique ». Mais souhaite maintenir le régime des installations classées ou encore la règle des cinq mâts obligatoires. Ainsi que le système des appels d’offres pour le photovoltaïque sur les toitures.

En revanche, Matignon se dit prêt à réagir en cas d’annulation du tarif d’achat garanti de l’éolien terrestre (attaqué devant Bruxelles, voir ici à ce sujet), et s’engage à trouver « des mesures équivalentes » le cas échéant. Mais en attendant, le gouvernement ne propose aucun dispositif de soutien en urgence à la filière. Selon France Energie Eolienne (Fée), un regroupement de professionnels du secteur, près de 1 000 emplois seraient aujourd’hui menacés. Compte tenu de l’incertitude juridique que crée ce recours, les banques se montreraient trop frileuses, refusant de prêter aux constructeurs et promoteurs de parcs éoliens. « Dans les semaines et les mois qui viennent, on va voir des PSA-Aulnay dans les renouvelables », se désole Marc Jedliczka, du réseau Négawatt. « Il ne faudrait pas se lancer tête baissée dans un nouveau gigantisme, il faut continuer à travailler sur certains sujets », commente la ministre du logement, Cécile Duflot. Les parlementaires écologistes prévoient de déposer des amendements à ce sujet dans la proposition de loi sur les tarifs progressifs de l’énergie.

 

BONUS

  • Le consensus sur la sobriété et l’efficacité

De Delphine Batho à François Hollande en passant par Jean-Marc Ayrault, le mot d’ordre de sobriété énergétique (c’est-à-dire l’objectif de moins consommer) figure désormais dans la doctrine gouvernementale. « C’est quand même une victoire d’entendre ces mots repris à la tête de l’Etat, c’est une bataille de plusieurs années ! » se réjouit Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire pour Greenpeace. Reste à voir, bien sûr, s’il sera réellement mis en œuvre. En tout cas, la ministre de l’écologie a insisté, et semble-t-il obtenu, que le débat sur l’énergie commence par un état des lieux des besoins avant de se pencher sur l’état de l’offre. Une démarche intellectuelle prônée depuis des années par les défenseurs des économies d’énergie. Lors de la table-ronde sur l’énergie, le syndicat FO s’est démarqué de cette ligne en refusant de parler de sobriété, qui relève pour eux d’un débat de société.

  • Objectif de “zéro artificialisation nette” à l’horizon 2025

En clair, il s’agit non pas d’empêcher de construire sur de nouveaux terrains, mais d’organiser une compensation systématique en cas de bétonnage de la campagne. Si cette mesure se met en place, c’est une vraie révolution qui se profile, notamment pour l’urbanisme. Le Medef s’est fâché quand le rapporteur du groupe a présenté la mesure comme « consensuelle ». Cette philosophie générale devrait se retrouver dans la loi «  de transition écologique des territoires » que prépare Cécile Duflot, et qui pourrait intégrer une meilleure prise en compte de la loi verte et bleue face aux projets de grandes infrastructures.

  • Inventivité

A la faveur des tables-rondes, beaucoup de propositions sont désormais sur la table. Certaines pourraient changer beaucoup de choses à la conduite des politiques de protection de l’environnement. Ainsi, le groupe sur la gouvernance propose de créer une obligation de résultats pour les collectivités locales en échange du transfert de compétences et de moyens dont elles pourraient bénéficier dans le cadre de la loi Lebranchu. D’autres proposent que le débat sur l’énergie ouvre des groupes de travail  très précis sur les professions ou les pratiques quotidiennes (entre boulangers, ou sur l’éclairage public des villes, ou le mode veille des appareils électro-ménagers).  Autre suggestion, la prise en compte de « servitudes écologiques », qui permettraient de metre en œuvre au niveau très local la stratégie nationale de biodiversité (par exemple, conditionner la location d’un champ au non usage de pesticides).  Ou encore, la création d’ « espace de continuité écologique » plus fin et précis que les schémas administratifs existants.

  • Arnaud Montebourg et l’éloge de l’auto-production

Contre toutes attentes, le ministre du redressement productif s’est livré à un éloge de la décentralisation de la production d’énergie, lors d’une table-ronde, samedi matin. Il a expliqué que tout le monde devait pouvoir produire de l’énergie, raconte un participant, encore ébahi. Une sortie qui a semblé un peu redoré son blason auprès des associations environnementales.

  • Réduire la consommation des voitures

Annonce enveloppée d’un  magnifique lapsus de Jean-Marc Ayrault, appelant de ses vœux une consommation de 2 litres aux « 1000 kilomètres », avant de se reprendre… « aux 100 ». C’est qu’il en fixe l’horizon à dix ans, et non dans un siècle…  « C’est nouveau, c’est bien, il n’y a pas que la voiture électrique », se réjouit Denis Baupin, sénateur EELV et ancien adjoint aux transports de la mairie de Paris.


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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 17:02

 

Médiapart - Article d'édition

 

 

Dans quelques semaines nos députés vont devoir se positionner sur le nouveau traité européen. On l'appelle Pacte budgétaire européen, ou par son nom officiel Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG). C'est un petit texte de vingt-cinq pages seulement qui cristallise de nombreuses inquiétudes.

En cause: l'article 3 du traité dans lequel figure la «règle d'or». Elle stipule que les pays signataires devront s'astreindre à de lourds efforts financiers. À terme, dépasser les 0,5% de déficit budgétaire sera formellement interdit.

- Qu'est-ce que cela veut dire?
- Quelles conséquences sur l'emploi?

L'amiénois Hosni Tekaya, enseignant à l'Université de Picardie Jules-Verne et au lycée Michelis, nous explique les enjeux du Pacte budgétaire européen. Pour cet économiste antilibéral, proche des économistes atterrés, l'heure est à l'inquiétude. Entretien.

Hosni Tekaya enseigne l'économie à l'Université de Picardie Jules-Verne et au lycée amiénois Michelis


Le Télescope d'Amiens: Commençons par le commencement, c'est quoi un déficit budgétaire?

Définissons d'abord ce qu'est un budget d'État. C'est un programme gouvernemental de recettes et de dépenses. Les recettes sont les rentrées d'argent provenant des impôts, des taxes, des amendes et des profits éventuels des entreprises publiques. Les dépenses sont de deux types: les dépenses de fonctionnement (salaires des fonctionnaires, frais de chauffage des bâtiments publics, etc.) et celles consenties pour l'investissement dans de nouvelles infrastructures (ports, routes, etc.). On parle de déficit quand les dépenses sont supérieures aux recettes.

Depuis le traité européen de Maastricht en 1992, les États signataires dont la France se sont engagés à maintenir leur déficit au dessous de la barre des 3% du Produit intérieur brut (PIB). D'où provient ce chiffre de 3%?

Scientifiquement, il n'a aucun sens. C'est un chiffre absurde et arbitraire. Le chiffre de 0,5% du Pacte budgétaire européen l'est tout autant.

Est-ce grave pour un État d'être en déficit?

Non, pas du tout. C'est le discours libéral dominant qui fait dire cela à tout le monde, médias compris. On compare souvent le déficit d'un État à celui d'un ménage mais ça n'a aucun sens. Un État ne peut pas faire faillite. Creuser le déficit public peut permettre une relance de l'économie par la demande.

Qu'est-ce que ça veut dire «relancer l'économie par la demande»?

Il s'agit, lors des périodes de crise, de stimuler l'économie par la consommation et l'investissement. Si ça marche, les gens consomment, on crée des emplois, la croissance revient, les caisses de l'État se remplissent et le déficit se résorbe.

Et quand ça ne marche pas?

C'est arrivé en France en 1981, lors de l'arrivée au pouvoir de François Mitterrand. Le plan de relance n'a pas fonctionné. Mais nous connaissons bien les raisons de cet échec. D'abord, il n'a pas duré assez longtemps, rapidement les socialistes se sont tournés vers une politique de rigueur. Ensuite, à l'échelle nationale, il n'y a pas eu de grands travaux entrepris. Enfin, le Smic a été augmenté mais les Français en ont profité pour acheter des produits importés, qui provenaient souvent du Japon à cette époque. Le plan de relance n'a pas fonctionné car nous étions déjà dans un marché ouvert. Aujourd'hui, un plan de relance n'est envisageable qu'au niveau européen, et à condition d'instaurer des taxes aux importations.

Ce n'est pas le chemin qui est entrepris en ce moment...

Non mais je suppose que l'on retournera à cette politique de relance par la demande. Il faudra du temps, peut-être quinze ans. Aujourd'hui, nous ne sommes qu'au début de la crise. Celle des années 1930 a bien conduit à des politiques de relance en Europe, mais entre le début de la crise et la relance, il y a eu la Seconde guerre mondiale. J'espère que l'histoire ne se répètera pas.

Approuver le Pacte budgétaire européen, c'est donc interdire toute politique de relance?

Oui, il est même prévu des amendes conséquentes pour les pays qui creuseraient leurs déficits. Dans ce cadre, faire une politique de relance par la demande est du domaine du fantasme!

Et si un chef d'État était élu sur un tel programme? Quid de la démocratie?

Historiquement, quand les contraintes économiques se font plus fortes, c'est la démocratie qui en pâti. Le Pacte budgétaire européen prévoit que le budget de la France, par exemple, soit d'abord validé par la Commission européenne [non élue, ndlr] avant de passer en France par le Sénat et l'Assemblée nationale.

La semaine dernière, le ministre des Affaires européennes, Bernard Cazeneuve, est venu à Amiens pour expliquer que la relance économique était possible dans le cadre du Pacte budgétaire grâce à l'ajout par François Hollande d'un Pacte de croissance.

Je vois mal comment c'est possible. Ce Pacte de croissance est de 120 milliards d'euros, c'est largement insuffisant. Barack Obama a injecté 700 milliards de dollars dans l'économie américaine et ça n'a pas suffit. On est vraiment loin d'un plan Marshall! Ou alors il s'agit d'une relance par l'offre.

Une relance par l'offre?

Le principe de la relance par l'offre est d'abaisser le coût du travail pour être compétitif sur le marché mondial. Si l'on suit cette logique jusqu'au bout, il faut s'aligner sur les salaires chinois. Par ailleurs, le retour à la croissance n'est pas certain et s'il advient il sera probablement bref.

On est donc dans une impasse?

Le principal problème est lié aux recettes fiscales. L'impôt progressif, qui augmente en fonction des revenus, a été inventé par la Révolution française. Cet impôt est découpé en tranches et c'est le nombre de tranches qui détermine la progressivité de l'impôt, qui permet la redistribution des richesses. Dans le passé, on a compté 14 ou 15 tranches. Mais depuis 30 ans, cette progressivité a été laminée. Aujourd'hui, il ne reste que 5 tranches. Cette architecture entraîne un assèchement des finances publiques. Donc les déficits se creusent.

Quel lien y a-t-il entre déficit budgétaire et dette publique?

Le lien entre les deux est organique. Jusque dans les années 1970, la France utilisait l'emprunt uniquement pour les investissements publics, pas pour le fonctionnement. Depuis le milieu des années 1980, tout a changé, la France se finance systématiquement par l'emprunt.

Comment ça marche?

La France émet des obligations, aussi appelées bons du Trésor, qui sont achetées sur les marchés financiers par des banques ou de grosses fortunes. Rembourser la dette de la France signifie donc rembourser aux banques et grosses fortunes ces obligations auxquelles il faut ajouter des intérêts. C'est absurde et cela coûte très cher. Au final, au cours des 30 dernières années, les plus riches ont payé de moins en moins d'impôts et se sont enrichis grâce aux intérêts des bons du Trésor donc grâce à l'argent public.

François Hollande avait dit qu'il s'attaquerait à la finance...

Il veut ménager la chèvre et le choux, les salariés et les patrons. C'est pour cela que son discours est creux. Lorsque Nicolas Sarkozy est arrivé au pouvoir, il a tout de suite soigné sa «clientèle» avec le bouclier fiscal, puis la baisse de l'ISF. Pour que François Hollande ait le courage politique de faire les changements nécessaires, il lui faudrait un mouvement social fort, pour le pousser. Comme c'est arrivé en 1936 avec le Front populaire. Mais vu qu'il n'y a pas de mouvements sociaux pour l'instant, je reste assez pessimiste.

 

 

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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 16:43

 

Rue89 - Le Yéti
yetiblog.org
Publié le 14/09/2012 à 15h54

 

 

La finance internationale, par les décisions récentes de deux de ses principales banques centrales – la Banque centrale européenne (BCE) et la Réserve fédérale américaine (FED) – vient de basculer au-delà des limites du possible, dans l’abîme de terres inconnues, avec tous les dangers qu’une telle aventure insensée représente.

Après Mario Draghi (BCE) promettant un rachat « illimité » des dettes pourries d’Etats européens rincés, voici que Ben Bernanke (Fed) vient de lancer un troisième « assouplissement » quantitatif ( « quantitative easing ») qui ne dit pas son nom. 40 milliards par mois pour racheter des titres avariés. Jusqu’à ce que la machine économique américaine affiche « une amélioration soutenue ».

« No limit ! »

Autant dire « no limit ! » là aussi, parce que vu le succès des deux premières injections massives en dollars, Ben Bernanke a toutes les raisons de se faire un fichu souci d’encre. Et « raisons », façon de parler, parce que la planche à billets naît quand la raison trépasse, surtout quand elle est destinée à racheter de la camelote putride.

D’ailleurs, passée l’euphorie hallucinée de ces junkies de marchés, il est des opérateurs qui s’interrogent sur ce maintien d’une politique monétaire ultra-accommodante « pendant un temps considérable ».

Euh, s’interrogent en substance les experts du cabinet RDQ Economics, « terre inexplorée », là, isn’t it ? Pour les deux premiers « quantitive easing », on avait au moins « une connaissance assez concrète du montant total des achats et du délai », renchérit son confrère de Barclays Capital.

Perte de contrôle

Il en est qui remettent carrément en cause cette fuite en avant, beaucoup plus contrainte par des coups de pieds au cul venant de derrière que par la carotte promise à l’horizon. Boris Pilichowski, gestionnaire de fonds à Londres, est de ceux qui dessinent des murs vachards à l’infini proposé par nos zèbres financiers avec l’aval morveux des politiques.

« Ce procédé est aussi vieux que l’existence de la monnaie. Il s’agit d’imprimer de l’argent pour payer les dettes d’un Etat et de ses banques en faillite. »

Problème :

« Ce que l’Etat paye d’un côté avec de l’argent sorti de nulle part, il le reprend par l’augmentation des prix [...] L’inflation monétaire est une taxe lâche, puisque levée de façon détournée, et irresponsable, puisque non contrôlée. »

Les murs douloureux de l’infini

Premier mur :

« Les baby-boomers seront les grands perdants, mais à juste titre. Ce sont eux qui ont généré et accumulé les dettes du système depuis trente ans et prospèrent sans travailler sur des lauriers usurpés. »

Second mur :

« Les jeunes Européens ne vont pas tarder à comprendre que les solutions économiques proposées pour sauver l’Europe servent avant tout leurs aïeux. Ils auront alors perdu confiance dans des leaders discrédités et se tourneront vers des solutions politiques, certes alternatives, mais extrémistes et dangereuses. »

Vous rappelez-vous cette scène finale hallucinante du film de Kubrick, « 2001, l’odyssée de l’espace », quand les humains planétaires, à la quête de ce qu’ils ne comprendront jamais – la mégalithe noire – basculent au-delà des limites de l’infini (« beyond the infinite ») et sont ramenés aux mystères de leur propre existence terrestre : la naissance, la vieillesse, la mort ?

Eh bien c’est exactement ce qui est en train d’arriver à notre bonasse finance internationale prise de folie. Une plongée vertigineuse au-delà des limites du concevable. Une cavalcade démente vers sa propre fin. Mais à la différence près que les acteurs sont plutôt extraits de la série du Gendarme à Saint-Tropez.

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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 16:37

 

Médecine participative 15/09/2012 à 13h23

David Perrotin | Rue89

 

Salvatore Laconesi, hacker et artiste, est atteint d’un cancer du cerveau. Lorsqu’il demande à l’hôpital d’obtenir son dossier médical, il le reçoit dans un format qui l’empêche de le consulter dans son intégralité. Il décide donc de le « craquer » et de le publier sur son site pour demander leur aide aux internautes.

« Mon traitement “open-source” »

Dans une vidéo, il explique sa démarche, qu’il appelle son « traitement open-source » :

« Malheureusement, ces fichiers sont dans un format fermé et propriétaire, et donc je n’ai pas pu les ouvrir avec mon ordinateur, ou les envoyer dans ce format à toutes les personnes qui auraient pu me sauver la vie. […] Je les ai donc craqués. J’ai ouvert les fichiers et je les ai convertis en formats ouverts pour pouvoir les partager avec tout le monde. »

 

 

Salvatore Laconesi explique pourquoi il a craqué son dossier médical

En anglais

Même si son dossier n’est pas véritablement fermé, c’est un fichier Dicom [PDF] que l’on utilise dans l’imagerie médicale et qui est difficilement accessible. Sa démarche a permis à ce génie informatique – fondateur du mouvement Art Is Open Source qui promeut les données libres sur le Net – d’informer le monde entier de sa maladie, de mettre à disposition toutes ses radios, ses comptes rendus médicaux et ses IRM et de recevoir l’avis de spécialistes.

Médecine participative

Ce type de « médecine participative » peut-il le sauver ? Il y croit :

« Je publierai progressivement toutes les réponses que je recevrai, en utilisant des formats ouverts, afin que n’importe qui avec la même maladie puisse bénéficier des solutions que je trouverai. »


Capture d’écran du site de Salvatore Laconesi

Il sollicite toutes les cultures ou tous les remèdes (pas seulement médicaux) qui pourront l’aider à guérir :

« Ceci est une large invitation à participer au traitement. Le mot “traitement” n’a pas la même signification selon les cultures. Il y a des traitements pour le corps, pour l’esprit, pour la communication.

Si vous le voulez, prenez les informations sur ma maladie et donnez-moi un traitement : créez une vidéo, une œuvre d’art, une carte, un poème, un jeu, ou essayez de trouver une solution à mon problème de santé. »

Des médecins exposés à la critique

Salvatore Laconesi est italien. Ce cas de figure pourrait-il arriver en France ? Selon Robert Crépeaux, directeur technique du Syndicat interhospitalier de Bretagne (SIB), un patient français n’aurait pas besoin de pirater son dossier :

« La seule personne autorisée à publier son dossier en ligne est le patient. Il a donc le droit d’y accéder en version libre même si c’est vrai que c’est pas si facile. Mais cela comporte des risques, notamment vis-à-vis de son employeur ou encore des assurances ou des banques.

Et il y a une grande variété de gens qui vont lui répondre, des personnes qui se disent médecins vont répondre des absurdités. Je ne vois pas un organisme traitant des tumeurs répondre personnellement à cet homme. »

Contacté par Rue89, un médecin qui a longtemps travaillé dans un service hospitalier parisien nuance cette liberté d’accès :

« C’est un combat de titans pour accéder à son dossier. Je pense que beaucoup de médecins ne souhaitent pas rendre le dossier médical libre d’accès tout simplement parce que cela permettrait de prendre connaissance de leur avis et interprétations de radios, examens...

Inconsciemment, il veulent peut-être éviter que l’on critique leurs choix ou que l’on s’en prenne à eux, dans un monde toujours plus procédurier. »

Il rappelle que des réseaux internes aux hôpitaux existent pour discuter entre spécialistes du cas d’un patient. Mais leur force de frappe n’est pas comparable au pouvoir « illimité » d’Internet.

Une thérapie informatique

Pour Alexis Kauffmann, enseignant et fondateur du site Framasoft (spécialisé dans les réseaux et projets autour du logiciel libre), cette démarche est très intéressante car elle utilise la puissance du réseau et le partage des données à des « fins positives » :

« On remarque qu’Internet permet de se réapproprier des choses qui étaient réservées à des professionnels. En réalité, un hôpital est un endroit fermé. Sa démarche se rapproche des sites actuels où on demande aux gens de voter pour un projet, de construire en commun un logiciel, de participer à Wikipédia... »

Alexis Kauffmann a rencontré plusieurs fois Salvatore Laconesi :

« C’est un touche-à-tout, ingénieur, graffeur, DJ, et je pense que sa démarche fait le buzz car il est connu par un certain nombre de gens. Cela peut évidemment être dangereux si tout le monde adopte sa démarche mais pour lui, je suis sûr par exemple que ça ne le dérangerait pas qu’on récupère des éléments de son site dans un but artistique. On peut voir ce qu’il a fait comme une thérapie où il utilise son savoir-faire informatique au profit de sa guérison. »

Sa démarche relance en tout cas le débat sur l’accès libre des patients à leurs données médicales.

MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato
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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 15:31

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 15.09.2012 à 10h56

 

 

 

Le gouvernement japonais, qui avait annoncé vendredi l'arrêt progressif du nucléaire en 30 ans, a tout de même fait savoir samedi qu'il autorisait la poursuite de la construction des trois réacteurs nucléaires déjà en chantier, sans pour autant préjuger s'ils seraient ensuite autorisés à fonctionner.
 

"Nous ne comptons pas retirer la permission qui a déjà été accordée par le ministère", a déclaré le ministre de l'économie, du commerce et de l'industrie Yukio Edano lors d'une visite à Aomori, dans le nord du Japon. Deux des trois réacteurs concernés sont en construction à Aomori.

M. Edano a toutefois précisé qu'une fois les réacteurs terminés, leur démarrage serait soumis à l'approbation de la commission qui vient d'être créée par le gouvernement pour contrôler l'industrie nucléaire. Le gouvernement avait annoncé vendredi qu'il comptait prendre toutes les mesures possibles pour amener la production nucléaire à zéro en trente ans.

 LA PRESSE DIVISÉE

Avant l'accident de Fukushima, la production nucléaire représentait près de 30 % de la consommation d'électricité au Japon et les autorités prévoyaient d'augmenter cette part à 53 % d'ici à 2030.

Samedi matin, la presse japonaise était divisée dans ses commentaires. L'Asahi Shimbun y voyait une décision "réaliste" car "les centrales nucléaires représentent un énorme risque et les compagnies d'électricité ont totalement perdu la confiance de la nation".

Le Yomiuri Shimbun, journal populaire, estimait que le gouvernement aurait dû commencer par mettre en place des mesures pour augmenter la production d'électricité non nucléaire avant d'annoncer la fin du nucléaire.

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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 15:25

 

 

Le Monde.fr | 14.09.2012 à 16h31 • Mis à jour le 14.09.2012 à 16h49

 
Devant la raffinerie Petroplus à Petit-Couronne, près de Rouen, le 24 mars.

Quelques jours après les salariés du site PSA d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), ce sont les salariés de Petroplus à Petit-Couronne (Seine-Maritime) qui ont à leur tour lancé un ultimatum au président de la République François Hollande, ainsi qu'au premier ministre Jean-Marc Ayrault et au ministre du redressement productif Arnaud Montebourg.

"Voilà maintenant deux jours que l'intersyndicale a demandé la venue sur le site de Petit-Couronne du président de la République, du premier ministre et du ministre du redressement productif, écrivent vendredi 14 septembre dans un communiqué les représentants des 550 salariés de cette raffinerie menacée de fermeture. Mardi 11 septembre l'intersyndicale CGT-CFDT-CFE/CGC appelait en effet les trois hommes à venir sur le site "dans les plus brefs délais, et ce pour faire baisser la tension", rappelant que le 5 janvier, en pleine campagne présidentielle, François Hollande avait promis "de revenir autant que nécessaire pour sauver cette industrie viable".

DES NOUVELLES AVANT LE JEUDI 20 SEPTEMBRE
 

"A ce jour seul le ministre du redressement productif n'a répondu qu'à moitié à notre demande, poursuivent-ils dans leur communiqué. M. Arnaud Montebourg nous a proposé une rencontre à Bercy. L'intersyndicale a fait part de cette proposition aux salariés hier midi lors de l'assemblée générale hebdomadaire, et la quasi-totalité des salariés du site ont rejeté la proposition du ministre du redressement productif et exigé sa venue dans les plus brefs délais."

"Aujourd'hui, face au silence du président de la République nous pouvons nous poser la question qu'il avait posé lui-même lors de sa visite du 5 janvier : 'Mais que fait le président de la République pour les Petroplus ?'"A l'époque, Nicolas Sarkozy était encore chef de l'Etat.

Ils achèvent leur communiqué sur un ultimatum ressemblant fort à celui lancé mardi par les salariés de PSA, qui demandaient, eux, d'être reçus à l'Elysée entre le 17 et le 21 septembre : "Si nous n'avons aucune nouvelle pour une venue sur le site des responsables gouvernementaux avant le jeudi 20 septembre, nous pourrons considérer que les contacts sont rompus et nous mettrons en place d'autres types d'action, menacent-ils. Jusqu'à présent l'intersyndicale a toujours été responsable et constructive. Nous demandons à nos gouvernants de l'être également en répondant à la demande des salariés de la raffinerie."

Le tribunal de commerce de Rouen a donné jusqu'au 2 octobre à deux repreneurs potentiels pour démontrer leurs capacités financières et techniques et obtenir les autorisations administratives nécessaires.

Lire aussi : Petroplus : les juges donnent un mois aux repreneurs pour prouver leur sérieux

Cette raffinerie, ouverte en 1929, a été placée en redressement judiciaire le 24 janvier à la suite de la faillite de sa maison mère suisse. Arrêtées courant janvier, les activités ont repris temporairement à la mi-juin après la signature d'un contrat ponctuel avec Shell, qui fut longtemps propriétaire du site avant de le céder en 2008 à Petroplus.

Lire aussi : A Aulnay, les salariés de PSA remontés contre le gouvernement


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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 15:11

 

 

LE MONDE | 15.09.2012 à 14h12 • Mis à jour le 15.09.2012 à 14h12

Par Mark Greif

 

Zuccotti Park, à New York, premier lieu public investi par le mouvement d'opposition au capitalisme financier Occupy Wall Street le 17 septembre 2011, se trouve à deux pas de Ground Zero (le site des attentats du 11 septembre). A mon sens, les médias n'ont pas assez souligné la dimension symbolique de cet emplacement.

Le 11 septembre 2011, six jours avant le début du mouvement, était inauguré en grande pompe le mémorial aux victimes des attaques d'Al-Qaida aux Etats-Unis. Le dixième anniversaire de cette tragédie a fait l'objet d'une cérémonie froide, onéreuse et sans âme, à l'image de l'affreuse tour centrale, la Freedom Tower, toujours en construction, venue combler l'espace où s'élevait auparavant le World Trade Center. D'un charnier, il aura fallu que l'on fasse des bureaux pour servir le pouvoir économique new-yorkais.

Quelques jours plus tard, les citoyens affluaient en masse vers le Financial District, non pour donner une conférence de presse, non pour participer à une manifestation ponctuelle, mais pour occuper le terrain jusqu'à ce que l'on remarque leur présence, jusqu'à ce que l'on reconnaisse leur rôle d'acteurs politiques. Le peuple a fait irruption dans ce que l'on appelle la "société managériale" ou "postdémocratie".

Le véritable monument à la mémoire de nos compatriotes, c'était l'exercice de notre liberté d'expression et de réunion, des droits que la Constitution américaine garantit à tout citoyen et sur lesquels repose la démocratie.

Une ère de dix ans venait de se terminer. Une décade marquée par la "guerre contre la terreur", engagée en réaction aux attaques du 11 septembre, et par l'autocensure, le repli sur soi, le deuil, et qui a culminé dans l'humiliation de la crise financière. La date du 17 septembre n'était pas un choix anodin : c'est la Journée de la Constitution et de la citoyenneté, qui commémore l'adoption de ce texte fondateur en 1787 et rend hommage aux immigrés récemment naturalisés.

La contestation menée par Occupy Wall Street visait avant tout à dénoncer les dérives de la démocratie américaine, qui laisse la richesse aux mains d'une petite élite, au détriment du peuple. Dans les années 2007-2008, en pleine crise financière, l'Etat a largement renfloué les banques mais n'a rien fait pour venir en aide aux Américains surendettés. L'arrêt Citizens United rendu en 2010 par la Cour suprême a étendu la liberté d'expression aux personnes morales, autorisant ainsi les entreprises à financer sans limites les campagnes électorales.

En 1776 déjà, les artisans de la révolution américaine parlaient des "many " et des "few" : ils voulaient une démocratie qui parle au nom de tous, pas seulement de quelques riches et puissants. A propos des inégalités criantes qui se sont installées depuis 1980, les militants d'Occupy ont parlé du "1 %" de la population le plus riche, en opposition aux "99 %". A ses débuts, ce nouveau mouvement a bénéficié d'un très large soutien.

J'ai la chance d'avoir été parmi les premiers à occuper Zuccotti Park. Assis en cercle, camarades et inconnus échangeaient des idées susceptibles de rénover la démocratie. J'étais un protestataire ordinaire, pas un leader. Contrairement à certains manifestants, je ne dormais pas sur place. Je me suis contenté de revenir à Zuccotti Park plusieurs fois dans la semaine.

Malgré la présence massive des forces de police et des équipes de télévision, le campement s'est organisé sur le modèle d'une cité véritablement démocratique, dotée de conseils municipaux, d'un service de communication, d'une bibliothèque, d'une pizzeria où l'on pouvait manger gratuitement et de dortoirs. Au-delà d'une manifestation éphémère, il s'agissait de vivre l'expérience démocratique au quotidien.

Quel était le sens de tout cela ? Les revendications politiques étaient claires : il suffisait de lire les banderoles ou de prendre part aux discussions. Les militants ont pourtant choisi d'appliquer une stratégie déconcertante. Aux journalistes qui venaient leur demander ce qu'ils faisaient là, quelles étaient leurs revendications, ils ont répondu : "Vous êtes citoyens, vous aussi. A votre avis, que devrions-nous exiger ?"

Cela n'est pas sans rappeler une anecdote mettant en scène le philosophe Henry David Thoreau, qui s'est un jour trouvé emprisonné pour avoir refusé de payer des impôts levés pour financer l'invasion du Mexique et la restitution des esclaves fugitifs à leurs maîtres. A son ami et mentor Ralph Waldo Emerson qui lui demandait : "Henry, pourquoi êtes-vous en prison ?", il répondit : "La vraie question, monsieur, c'est pourquoi ne l'êtes-vous pas ?"

Pour revenir à Zuccotti Park, les campements ont bientôt été débordés par les problèmes pratiques auxquels notre riche démocratie nationale refuse de faire face. Au fil des semaines, ceux qui ralliaient ces petites villes étaient les sans-abri, les pauvres, les plus vulnérables, ceux que nous laissons à la rue.

Les campements d'Occupy se sont transformés en centres d'action sociale. Les tracts n'avaient plus vocation à diffuser des messages politiques, mais à recruter des travailleurs sociaux, des psychologues, des aides-soignants et des médecins, des bénévoles capables d'effectuer des démarches administratives, afin de venir en aide à tous ceux qui étaient trop démunis pour formuler des revendications citoyennes.

Ce phénomène a plutôt desservi la réputation du mouvement auprès du grand public. Ce visage-là du peuple, personne n'a envie de le voir. Les municipalités ont fini par démanteler les campements, disperser les résidents, qualifiés de "menaces sanitaires", et, même, jeter aux ordures les 5 000 volumes de la bibliothèque créée par les manifestants à New York. Des employés de la voirie ont nettoyé les trottoirs, et des barrières ont été érigées pour empêcher toute nouvelle occupation.

Un an après, on peut considérer qu'Occupy a échoué dans la plupart de ses objectifs. Le projet qui consistait à amender la Constitution pour renverser la décision Citizens United n'a rien donné. Il a été question de lutter contre le financement privé des partis politiques, mais, aujourd'hui, à l'approche de l'élection présidentielle aux Etats-Unis, les citoyens américains sont aujourd'hui matraqués de spots publicitaires financés par des intérêts privés.

Après avoir arrosé le président Barack Obama en 2008, Wall Street finance maintenant son rival républicain Mitt Romney. Les efforts déployés par les militants pour faire savoir aux banques et à la Bourse qu'ils étaient à leurs portes auront été vains : ces institutions sont si bien fortifiées qu'elles résistent à l'assaut.

Le mouvement Occupy a tout de même remporté une victoire significative. Les inégalités, jusqu'alors tabou, sont désormais un vrai sujet de débat. Répudié par Wall Street, Barack Obama a dû se rendre à la réalité : son électorat, c'est le peuple.

En ce moment même, des technocrates s'occupent de mettre en oeuvre la loi Dodd-Frank, qui prévoit de renforcer le contrôle des autorités sur le système financier. Des fonctionnaires engoncés dans leur costume-cravate tergiversent sur les mesures de protection des consommateurs, qui obligeraient les banques à s'acquitter de dédommagements pour malversations financières, saisies immobilières illégales et préjudice à leurs clients.

Ces petites décisions conventionnelles renvoient à des idées reçues sur "ce que veulent les citoyens". Occupy a profondément modifié ces idées reçues, comme en témoignent les dispositions réglementaires et les rapports de surveillance émis par les instances les plus conservatrices.

Dans une nation fondamentalement dualiste, où la politique se réduit à deux partis et où la justice n'entend que l'accusation et la défense, Occupy Wall Street a su faire contrepoids au mouvement ultraconservateur Tea Party (bien qu'il refuse toute comparaison avec ce courant idéologique). Ces deux mouvements témoignent de la diversité des revendications populaires. Nous avons montré que nous voulions davantage que ce qui a été envisagé ou était envisageable il y a un an.

Les politiques les plus frileuses - celles qui se sont exprimées dans la campagne de la présidentielle ou les réformes frileuses de la réglementation bancaire - ont été secouées et revigorées quand le peuple a choisi de prendre les choses en main en lançant : "A nous deux, maintenant, Wall Street !" Cette confrontation n'a hélas rien donné. Mais tous ceux qui en ont été témoins savent désormais de quoi la démocratie est capable.

Traduit de l'anglais par Myriam Dennehy

Mark Greif

Mark Greif

 

Professeur assistant à la New School University, à New York, il est l'un des cofondateurs de la revue littéraire "n + 1". Il est aussi l'auteur d'essais philosophiques et de critique sociale. En 2011, il a collaboré à la publication d'"Occupy ! Gazette", un quotidien gratuit de débats créé pour soutenir le mouvement de contestation. Certains textes ont été rassemblés dans "Occupy Wall Street !" (Les Arènes, 250 p., 17,50 €)

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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 15:02

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 15.09.2012 à 13h33 • Mis à jour le 15.09.2012 à 13h33

 
Au moins 20 000 personnes, selon une estimation de l'AFP, prenaient part à cette manifestation après le départ du défilé à 14H00 locales (10H00 GMT) place Pouchkine, à Moscou.

Des milliers de personnes se sont rassemblées samedi à Moscou pour une nouvelle marche contre le pouvoir de Vladimir Poutine, un test pour l'opposition quatre mois après le retour de l'ex-agent du KGB au Kremlin.

Au moins 20 000 personnes, selon une estimation de l'AFP, prenaient part à cette manifestation après le départ du défilé à 14H00 locales (10H00 GMT) place Pouchkine, d'où la marche devait rejoindre à travers le centre ville le lieu du meeting, sur l'avenue Sakharov. La police a estimé le nombre de participants à 11 000.

Les manifestants se sont scindés en deux colonnes des deux côtés du boulevard qui traverse le centre-ville, l'une, arborant de nombreux drapeaux rouges, représentant la gauche (Front de gauche et Parti communiste), et l'autre mêlant libéraux et nationalistes.

A la tête de cette dernière colonne se trouvaient notamment l'ancien champion d'échecs Garry Kasparov, engagé dans l'opposition libérale depuis des années, et l'avocat et blogueur Alexeï Navalny, militant de la lutte anticorruption mais aussi connu pour ses liens avec les nationalistes. "Notre slogan est 'le pouvoir aux millions (de Russes, ndlr) et non aux millionnaires'", a lancé le leader du Front de Gauche Sergueï Oudaltsov, en tête du défilé de gauche.

 

"LIBÉREZ LES PUSSY RIOT"

Une banderole était également visible dans la foule avec l'inscription "Libérez les Pussy Riot", les trois membres de ce groupe contestataire condamnées en août à deux ans de camp pour une "prière punk" anti-Poutine dans la principale cathédrale de Moscou. Une autre banderole, de 20 mètres de long, était ornée du drapeau noir-jaune-blanc de la Russie impériale.

D'importantes forces de la police et des troupes de l'intérieur (7.000 hommes selon les autorités) ont été déployées dans la ville dès l'aube, et étaient soit visibles sur le parcours de la marche, soit en renfort dans des cours ou ruelles en retrait du trajet. Des hélicoptères de police survolaient également le centre-ville à basse altitude.
 

"Les autorités ont peur de la population et tentent de faire pression. Je pense que les gens n'ont pas peur et nous devons, ici, dans la rue, exiger la fin de la répression", a déclaré un des leaders libéraux, l'ex-Premier ministre Mikhaïl Kassianov.

Des manifestations avaient également lieu à Saint-Pétersbourg, la deuxième ville du pays, et dans plusieurs autres villes du pays, avec une affluence moindre. A Vladivostok, cité portuaire d'Extrême-Orient située à sept fuseaux horaires de la capitale russe, seules quelques dizaines de personnes s'étaient rassemblées, selon la police et les organisateurs. La police a fait état de 350 manifestants à Ekaterinbourg (Oural).

L'opposition russe a souffert de l'essoufflement de la mobilisation après l'investiture de Vladimir Poutine à la présidence russe le 7 mai, ainsi que de sa division entre libéraux, nationalistes et communistes, et du durcissement du régime ces derniers mois.

 

 UN MOUVEMENT D'OPPOSITION EN PERTE DE VITESSE

Dernier événement en date, le retrait vendredi par la majorité pro-Kremlin à la Douma (chambre basse) du mandat parlementaire du député anti-Poutine Guennadi Goudkov, au motif d'activités commerciales incompatibles avec sa fonction, une sanction dénoncée par l'intéressé comme une "vengeance" ourdie par le pouvoir.

D'autres chefs de file de l'opposition sont visés par des enquêtes, dont Alexeï Navalny, qui encourt jusqu'à 10 ans de détention pour des accusations de malversation qu'il nie.

Seize personnes ont par ailleurs été inculpées pour leur participation présumée à des heurts avec la police le 6 mai à Moscou, lors d'une précédente manifestation d'opposition, et sont pour la plupart incarcérées.

En juin, M. Poutine avait promulgué une loi instaurant des amendes considérables pour punir les manifestants en cas de troubles ou de rassemblement non autorisé.

Les premières grandes manifestations de l'opposition avaient commencé en décembre 2011 après la victoire du parti au pouvoir Russie unie aux législatives avec près de 50 % des suffrages, au prix de fraudes massives selon l'opposition. Le mouvement a toutefois perdu de son élan depuis l'investiture de M. Poutine au Kremlin.

 

 

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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 13:56

 

.tv5.org - MADRID (AFP) - 15.09.2012 12:34 - Par Sylvie GROULT

 

Sous le slogan "Ils veulent ruiner le pays, il faut l'empêcher", une foule immense et multicolore, venue de toute l'Espagne, a envahi Madrid samedi pour protester contre la politique de rigueur, au moment où le pays, miné par le chômage, tente d'éviter un sauvetage financier global.

 

voir le zoom : Des manifestants disent Non aux coupes budgétaires en Espagne, le 15 septembre 2012 à Madrid 
Des manifestants disent "Non" aux coupes budgétaires en Espagne, le 15 septembre 2012 à Madrid
AFP - Dominique Faget

voir le zoom : Manifestants le 15 septembre 2012 à Madrid, contre l'austérité et pour la défense de l'emploi 
Manifestants le 15 septembre 2012 à Madrid, contre l'austérité et pour la défense de l'emploi
AFP - Pedro Armestre

voir le zoom : Des manifestants contre les coupes budgétaires dans les services publics, le 15 septembre 2012 à MadridDes manifestants contre les coupes budgétaires dans les services publics, le 15 septembre 2012 à Madrid
AFP - Dominique Faget

voir le zoom : La chancelière allemande Angela Merkel prise pour cible par un manifestant contre l'austérité, le 15 septembre 2012 à MadridLa chancelière allemande Angela Merkel prise pour cible par un manifestant contre l'austérité, le 15 septembre 2012 à Madrid
AFP - Pedro Armestre

 

Sous le slogan "Ils veulent ruiner le pays, il faut l'empêcher", une foule immense et multicolore, venue de toute l'Espagne, a envahi Madrid samedi pour protester contre la politique de rigueur, au moment où le pays, miné par le chômage, tente d'éviter un sauvetage financier global.

Noyés dans les drapeaux rouges et blancs des syndicats, ou sous les petites pancartes portant ce seul mot "NO", les manifestants ont déferlé par dizaines de milliers sur les avenues du centre de la capitale, pour se rassembler autour de la grande place Colon.

"Ils baissent les salaires, ils augmentent les impôts, nous revenons 20 ou 30 ans en arrière", lance Roberto Saldana, un pompier de 44 ans venu de Huelva, en Andalousie, uniforme bleu et casque rouge sur le crâne.

Avec un groupe de collègues, il a voyagé toute la nuit en bus. "Nous sommes cent pompiers à Huelva, et ceux qui partent en retraite ne sont pas remplacés", raconte-t-il.

Un peu plus haut, un joueur de flûte accompagne un groupe d'employés de la santé, autour d'une pancarte disant: "Les coupes dans la santé TUENT". Puis viennent ceux de l'audiovisuel, qui réclament "la défense d'une télévision publique de qualité". "Sauvez les gens, pas les banques", proclame encore un slogan en catalan, sur le tee-shirt noir d'un manifestant.

Tous dénoncent la politique de rigueur menée par le gouvernement de droite de Mariano Rajoy: enseignants, parents et élèves en vert pour défendre l'éducation, cortège blanc de la santé, marche noire pour les fonctionnaires, défilé orange pour les personnes dépendantes et âgées, femmes en violet.

Plusieurs dizaines de milliers d'entre eux sont descendus des bus arrivés de toutes les régions du pays, de Catalogne, d'Andalousie, ou du nord de l'Espagne, portant les drapeaux régionaux et les couleurs des deux grands syndicats, UGT et CCOO.

A la mi-journée, la foule se masse autour de la place Colon, pour écouter les leaders syndicaux, autour d'une immense banderole rouge barrée du slogan: "Ils veulent ruiner le pays, il faut l'empêcher". A deux pas de là, le siège du Parti populaire, au pouvoir, est transformé en camp retranché, le quartier étant protégé par des dizaines de fourgons de police.

"Nous voulons dire haut et fort au gouvernement que nous ne sommes pas d'accord, que sa politique fait trop de dégâts, que nous ne nous résignons pas", déclare le secrétaire général de CCOO, Ignacio Toxo.

"Une manifestation comme celle-ci, avec des gens de tout le pays, cela a plus d'impact que des manifestations en province", assure Rafael Navas, 52 ans, réceptionniste dans un hôtel venu de Cordoue, dans le sud de l'Espagne.

Il espère que l'Andalousie, avec un tiers de sa population au chômage, fera entendre sa voix "après avoir perdu depuis trois ans 195.000 emplois dans le commerce et plus de 200.000 dans le tourisme".

Le 19 juillet déjà, des centaines de milliers de personnes avaient défilé à Madrid pour crier leur colère contre les coupes budgétaires qui étranglent la population, durement éprouvée par un chômage frappant un quart des actifs.

Mais depuis le chef du gouvernement a annoncé que les efforts se poursuivraient, avec un total de 102 milliards d'euros d'économies d'ici à la fin 2014, provoquant un mécontentement social grandissant.

"Mariano, Mariano, tu ne termines pas l'été", prédit une petite pancarte, dans le hurlement des sifflets et les roulements de tambours.

"L'avenir, je le vois très noir", résume Rian de los Rios, une fonctionnaire madrilène de 55 ans.

"Mon salaire? De moins en moins, et de plus en plus d'heures", explique-t-elle dans un sourire amer, en racontant que ses deux filles de 26 et 28 ans, faute de trouver du travail malgré leurs diplômes d'études supérieures, ont rejoint le flot de jeunes Espagnols partis pour l'étranger.

Déjà, le gouvernement a sacrifié la prime de Noël des fonctionnaires, augmenté les impôts et la TVA, réduit les allocations chômage. L'objectif est de ramener le déficit public, qui a atteint 8,9% du PIB en 2011, à 6,3% cette année, 4,5% en 2013 et 2,8% en 2014.

Mais ces efforts pourraient ne pas suffire et l'Espagne risque de devoir demander à ses partenaires européens un sauvetage financier global, qui serait assorti d'une rigueur encore plus grande.

© 2012 AFP

 

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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 12:50

 


 

gaz de schiste

 

  

FRANCOIS CRAQUE ! 


Sept demandes de permis d’exploration d’hydrocarbures vont être rejetées « sans attendre » ( ?) a annoncé François Hollande vendredi lors de son discours d’ouverture de la « farce environnementale ». Actuellement plus d’une centaine de permis sont examinés par le ministère (66 départements concernés).

Le gouvernement actuel agit comme le précédent.

 

HOLLANDE A PEUR DE NOTRE COMBAT !!!


Ø Les médias retournent leur veste… 

 

Après les articles promotionnels offerts aux foreurs (pour quelles sommes ?), les journaux (Le Parisien, Le Monde, Les Echos…) publient des sondages sans appel : 74% des Français interrogés demandent l’interdiction définitive

de l’exploration et de l’exploitation des hydrocarbures issus de la roche-mère.

 


AFFUTONS NOS FOURCHES


Les maires du Gard concernés par le permis du bassin d’ALES sont convoqués par le préfet le mardi 18 septembre pour être informés du commencement des travaux d’exploration par la Sté Mouvoil.

 

RESISTANCE : Le jeudi 13 septembre 300 personnes se sont retrouvées à la salle des fêtes de BARJAC (30) à l’initiative des collectifs 30 et 07 pour organiser la suite de notre combat.

 

 

RENDEZ-VOUS URGENT :

 

Journée internationale contre le gaz de schiste

Samedi 22 septembre à St Christol-lez-Ales à partir de 11h


Un car de 59 places est prévu.

Départ du car 9h 30 Les Vans devant la poste, 9h 45 St Paul le Jeune, 10h St Ambroix.

Arrivée à St Christol 10h30.

Retour : Départ de St Christol 18h. Arrivée 19h Les Vans.

Réservez vos places auprès du stand GDS sur le marché aux Vans samedi matin (7€ aller-retour).  

http://comite-info-malarce.com.

 

NI MAINTENANT NI JAMAIS

 


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