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31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 21:22

 

Source : https://www.youtube.com/watch?v=LaVBD9aT7eY

 

Comprendre le chômage structurel de masse (+ Reconstruction de l'école) - Franck Lepage.

 

 

 

Affranchi PresseTV

 

Ajoutée le 30 mai 2015

 

 

 

 

Source : https://www.youtube.com/watch?v=LaVBD9aT7eY

 

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31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 21:12

 

Source : https://www.youtube.com/watch?v=x7FLnjD-ZyY&feature=share

 

Revenu de base / Salaire à vie : quelle différence ? - Bernard Friot

 

 

 

Affranchi PresseTV

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31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 20:56

 

 

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com

 

 

Les Suisses vont voter sur un revenu universel (prévu à 2.260 euros)

 

 

 

Les Suisses vont voter sur un revenu universel (prévu à 2.260 euros)
 

L'initiative n'a pas été portée par la gauche, mais par un collectif hétérogène composé majoritairement de libéraux. Les sondages ne sont pas favorables mais le débat progresse.

 

Dimanche 5 juin, les Suisses sont invités à voter l’introduction dans la constitution fédérale du principe d’un revenu de base inconditionnel (RBI) qui "doit permettre à l'ensemble de la population de mener une existence digne et de participer à la vie publique". La loi en fixerait les modalités mais d’ores et déjà, les initiateurs du référendum proposent de fixer ce revenu à 2.500 francs suisses (FS) mensuels par adulte (2.260 euros) et 625 francs (565 euros) par enfant, non imposables.

Marxiste, libéral, social, chrétien : l'ADN complexe du revenu de base

Si cette réforme était votée dimanche, tout Suisse serait assuré de recevoir au moins cette somme à la fin de chaque mois, sans condition. Ceux qui, par leur travail, gagnent moins que 2.500 FS recevraient un complément pour atteindre ce montant. Ceux qui ne travaillent pas recevraient la somme totale. Ce revenu de base inconditionnel se substituerait à diverses prestations sociales. Il ferait disparaître à jamais le stress face au risque de perdre son emploi, ou de ne pas en retrouver ; il renforcerait le pouvoir des individus face à leur entreprise ou à l’Etat ; il simplifierait radicalement l’Etat providence, supprimant des montagnes de paperasse...

Mais ne fantasmons pas trop vite. La probabilité pour que ce projet de loi référendaire soit voté dimanche est très mince. Il faudrait que la majorité des Suisses l’approuve dans les 26 cantons. Or, à croire les sondages, moins de 40% des électeurs interrogés affirment soutenir l’initiative.

Une défaite annoncée, mais une avancée

Et pourtant, le fait qu’un pays riche se penche ainsi collectivement sur le revenu de base, une idée utopique restée marginale pendant plus d’un siècle, est en soi une nouvelle victoire pour ceux qui la défendent. Les auteurs du projet référendaire sont contents de leur coup :  "Même si on ne gagne pas cette fois, je suis bien plus optimiste que je ne l’étais il y a deux ans", nous déclare Gabriel Barta, membre du comité d’initiative, qui se bat depuis dix ans pour l’idée :

"Il y a désormais un grand débat dans tout le pays, il a été plus intense que sur la plupart des autres votations. C’est un premier stade. La première grève générale pour la rente de vieillesse [la retraite, NDLR] a eu lieu en 1918, mais elle n’a été instaurée que trente ans plus tard ! Je pense qu’à la prochaine votation sur le revenu de base, dans cinq ou dix ans, ça passera."

Le gouvernement suisse a fait campagne contre ce projet : à l’écouter, il risque d’inciter les Suisses à quitter leur travail et il coûterait 25 milliards de francs suisses par an au contribuable : il faudrait pour le financer recourir à de nouveaux impôts ou amputer des dépenses publiques.

Les défenseurs du revenu de base rétorquent que la Suisse est un pays suffisamment riche pour pouvoir mettre en place cette petite révolution : une taxe minime sur toutes les transactions électroniques permettrait aisément de la financer.

La somme de 2.500 FS peut sembler très élevée (les défenseurs français du revenu de base évoquent plutôt une somme inférieure à 1.000 euros), mais il faut savoir qu’en Suisse, le seuil de pauvreté est estimé à 2.200 FS. Quant au risque d’une course vers la sortie du travail, les sondages semblent le minimiser : selon un sondage de janvier, seuls 2% des sondés ayant un travail affirment qu’ils le quitteraient si un tel mécanisme était mis en place.

 

Un collectif hétérogène (plutôt de droite)

C’est un collectif de citoyens d’horizons divers qui a lancé ce débat en Suisse. On ne peut imaginer plus hétérogène : des libéraux de Zurich, des entrepreneurs, des amis "antroposophes" de Bâle, un social démocrate de Bern, un socialiste de Genève…  "C’est bien simple, je suis le seul type de gauche du comité d’initiative. Il y a bien un autre socialiste, Oswald Sigg, mais il est très centriste", s'amuse Gabriel Barta. En dehors des Verts, aucun grand parti, aucun grand syndicat ne soutient l’initiative.

Une récolte de signatures a été lancée par le collectif en 2012. Elle a réuni plus de 100.000 signatures (126.000 exactement), le seuil nécessaire pour avoir le droit de déclencher une "votation". Pour leur campagne, les défenseurs du RBI n’ont pas mis en avant la lutte contre la pauvreté ou contre les inégalités : ils ont surtout vanté la liberté individuelle qu’apportera à chacun l’existence de ce revenu de base. Chacun sera libre de ses choix de vie ; et en remplaçant les diverses allocations publiques par un revenu inconditionnel, on rendra, selon eux, le pouvoir aux citoyens.

Les initiateurs du projet référendaire insistent également beaucoup sur la poussée actuelle de l’automatisation (algorithmes, robots…), qui va, selon eux, détruire massivement des emplois. Professeur de finances à l’Université de Zurich, Marc Chesley, qui défend le RBI,  explique ainsi dans une vidéo :  

"De plus en plus de robots et d’ordinateurs sont présents, donc la production est plus efficace, l’offre est plus efficace. Mais la demande souffre, parce que les robots ne vont pas au cinéma, ne partent pas en vacances."

 

 

Et fin avril, une "manifestation de robots" (des militants déguisés) a été organisé à Zurich pour marteler l’idée de la nécessité d’un contrat social entre l’homme et la machine. Slogan : "Humains, on veut travailler pour vous !"

 

 

 

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31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 20:17

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Emmanuel Macron rattrapé par son ISF

31 mai 2016 | Par Mathilde Mathieu
 
 
 

Jusqu’ici, Emmanuel Macron estimait ne pas être redevable de l’ISF. Mais d'après nos informations, les vérifications fiscales déclenchées après sa nomination au gouvernement viennent de déboucher sur une réévaluation du patrimoine de son couple. À l’issue de plus d’un an et demi de discussions avec le fisc, ayant notamment porté sur la demeure de son épouse au Touquet, le ministre a dû admettre qu’il devait payer l’ISF et même déposer une déclaration rectificative pour 2013 et 2014.

Désormais, Emmanuel Macron va devoir payer l’ISF. Alors que le ministre de l’économie et son épouse estimaient ces dernières années ne pas être redevables de l’impôt de solidarité sur la fortune, ils sont aujourd’hui rattrapés par l’administration fiscale.

D’après nos informations, les vérifications entreprises sur la situation d’Emmanuel Macron au lendemain de son entrée au gouvernement en août 2014 (comme sur tous les ministres depuis les lois « post-Cahuzac ») viennent de déboucher sur une réévaluation du patrimoine immobilier du couple, qui lui fait franchir le seuil de l’ISF fixé à 1,3 million d’euros (d’actifs nets taxables).

 

Emmanuel Macron, le 3 mai 2016 © Reuters Emmanuel Macron, le 3 mai 2016 © Reuters

 

À l’issue de plus d’un an et demi de discussions avec le fisc, ayant porté en particulier sur la valeur de la demeure de son épouse au Touquet, Emmanuel Macron a finalement admis qu’il devait payer l’ISF et déposé une déclaration rectificative pour les années 2013 et 2014.

Le barème de l’ISF étant faible sur les premières tranches du patrimoine (inférieur à 1 % jusqu’à 5 millions d’euros), le rattrapage pourrait toutefois rester inférieur à 10 000 euros, intérêts ou pénalités compris.

Sollicité par Mediapart, son cabinet n’a souhaité faire aucun commentaire, se retranchant derrière le « secret fiscal ». Aujourd’hui, « la situation fiscale de M. et Mme Macron est tout à fait régulière, toutes les déclarations auxquelles ils sont assujettis ont été effectuées », répond simplement son entourage. Et d’insister sur un point : « Ils n’ont fait l’objet d’aucune notification d’un redressement. »

D’autres (ex)-ministres de François Hollande, tels Laurent Fabius, Michèle Delaunay ou Marisol Touraine, n’ont jamais fait mystère du fait qu’ils payaient (ou avaient payé) l’ISF.

Emmanuel Macron, lui, s’est récemment autorisé à critiquer les fondements mêmes de l’impôt de solidarité sur la fortune, à l’occasion d’un entretien accordé à la revue Risques (destinée aux professionnels de l’assurance). « Si on a une préférence pour le risque face à la rente, ce qui est mon cas, il faut préférer la taxation sur la succession aux impôts de type ISF », théorisait le ministre en avril dernier. Cette sortie, à rebours du programme du PS, lui a d’ailleurs valu un recadrage immédiat de Manuel Valls : « Supprimer l’impôt sur la fortune, qu’on peut toujours améliorer, rendre plus efficace d’un point de vue économique, serait une faute », a répliqué le premier ministre.

À la banque Rothschild, Emmanuel Macron avait gagné 2,4 millions d'euros entre 2011 et mai-2012, si l’on en croit sa déclaration de patrimoine disponible sur le site de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Après l’élection de François Hollande, il avait ensuite intégré l’Élysée comme secrétaire général adjoint. Malgré la nature de ses activités passées, malgré sa promotion au cœur même du pouvoir, on croit aujourd’hui comprendre qu’il n’a fait l’objet d’aucune vérification fiscale approfondie pendant ses deux années à l’Élysée.

 

 

 

 

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31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 17:03

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Violences policières: ouvrez les yeux !

 
 

Des dizaines de manifestants ont été blessés lors des manifestations contre la loi sur le travail. Le gouvernement a mis en place une stratégie de la tension, suite logique d’années de dérive. Il est temps qu’une commission d’enquête se saisisse de cette gestion incendiaire.

Un jeune homme de 28 ans est depuis le 26 mai maintenu dans un coma artificiel, œdème cérébral et boîte crânienne enfoncée, victime du tir d’une grenade dite de « décencerclement » (notre article ici). Un mois plus tôt, le 28 avril, un étudiant de 20 ans à l’université de Rennes perdait un œil à la suite d’un tir de lanceur de balles (LBD40), une arme plus puissante que les Flash-Ball. Depuis deux mois et demi, début des manifestations contre la loi sur la réforme du code du travail, plusieurs dizaines de manifestants ont été gravement blessés.

Un bilan exact est impossible à établir. Mais la multiplicité des témoignages que nous avons reçus, des photos et des vidéos documentées circulant sur les réseaux sociaux permettent bien d’évaluer à plusieurs dizaines le nombre de personnes victimes de blessures sérieuses. Un seul exemple : 49 personnes ont été blessées dont 10 gravement, le 28 avril à Rennes, selon une équipe de soignants déployée sur le cortège ce jour-là. Hématomes, nez cassés, fractures, mâchoires décrochées, traumatismes crâniens, suffocations, plaies ouvertes, évanouissements… Les opposants à la loi sur le travail le savent désormais : il est devenu risqué de manifester, dangereux de rester dans les cortèges jusqu’à leur dissolution, imprudent de « partir en manif’ » sans un minimum d’équipement de protection.

 

L'éducateur et syndicaliste Guillaume Floris quand les CRS l'évacuent, le 26 mai, à Paris. © Jérôme Chobeaux L'éducateur et syndicaliste Guillaume Floris quand les CRS l'évacuent, le 26 mai, à Paris. © Jérôme Chobeaux

 

Avec ces jeunes gens qui resteront traumatisés à vie, ces dizaines voire centaines de personnes blessées ou simplement violentées, ces milliers de manifestants défilant la peur au ventre – peur de tomber soudainement sous une charge de CRS –, ce basculement organisé dans la violence et la criminalisation d’un mouvement social devrait provoquer un vaste débat public. Il devrait susciter les interpellations sans relâche des membres du gouvernement. Il devrait provoquer – au nom du respect de nos libertés fondamentales – une mobilisation des députés et sénateurs. Il devrait conduire à l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire sur les stratégies de maintien de l’ordre, les fonctionnements des chaînes de commandement, les détails des instructions données.

C’est tout l’inverse qui se produit. Les signaux d’alerte se multiplient. Rien ne se passe, sauf une légitimation aveugle faite par ce pouvoir de la violence policière. Des accidents graves se produisent. Rien n’est dit, sauf un soutien inconditionnel aux actions des forces de l’ordre. Rien n’est répondu aux alertes qui proviennent de l’institution policière elle-même, de la part de syndicalistes qui s’inquiètent de l’extrême dégradation de la situation.

Que disent-ils, ces syndicalistes ? Que le gouvernement n’a rien appris de la mort de Rémi Fraisse, ce jeune manifestant pacifique tué par une grenade offensive le 25 octobre 2014 à Sivens. Depuis, la doctrine de maintien de l’ordre n’a pas changé, estime Alexandre Langlois, secrétaire général de la CGT-Police : « Ce qui a changé, c’est la gestion de la crise sociale par la répression. On favorise l’escalade de la violence. Tout est mis en place pour que cela se passe mal ! » Sur le terrain, ajoute-t-il, ses délégués chez les CRS lui font remonter qu’on les utilise « de manière très offensive. Il ne s’agit pas de contenir mais d’aller à l’affrontement ».

Philippe Capon, du syndicat Unsa-Police, lui-même ancien CRS, insiste sur « des groupuscules extrémistes très organisés, très mobiles, qui nous obligent à nous réorganiser, à aller au contact ». Mais il veut aussi mettre en avant l’argument du manque d'expérience des forces déployées : « La situation est terriblement tendue et avec l’état d’urgence, nous sommes débordés. On demande à des collègues de faire du maintien de l’ordre alors que ce n’est pas leur métier. Certains arrivent dans leur commissariat le matin et on leur dit : ‘’Tu mets un casque, tu prends une matraque et tu vas couvrir la manif !’’ Mais le maintien de l’ordre, ça s’apprend. C’est un métier à part. »

Niant ces préoccupations, le gouvernement s’en tient pour sa part à une version et une seule qui lui permet de justifier cette escalade de la violence : les « casseurs ». « Casseur », le mot est banalement utilisé par tous les pouvoirs depuis cinquante ans pour justifier ses propres turpitudes. Aussi Bernard Cazeneuve comme Manuel Valls assurent-ils avoir identifié une nouvelle génération de « casseurs ».

Ceux-là seraient « radicalisés », adeptes de l’« ultra-violence », « qui veulent tuer un policier », qui se battent « contre l'État et les valeurs de la République ». Une frange extrémiste d’un mouvement social qui, par ailleurs, « prend en otage » le pays par ses grèves et blocages… Dans une France vivant sous le régime d’exception de l’état d’urgence, déjà prolongé à deux reprises, ce vocabulaire ne peut être neutre : il ne manque que « terroriste » voire « djihadiste du social » pour compléter la panoplie sémantique d’un gouvernement jusqu’au-boutiste. Le pas vient d’ailleurs d’être franchi par le patron du Medef, Pierre Gattaz, qui appelle, dans Le Monde, à mater ces « minorités qui se comportent un peu comme des voyous, comme des terroristes ».

 

Médias à la mémoire courte

Le pouvoir peut d’autant plus aisément dérouler cet ahurissant mode de récit que les médias audiovisuels, télés d’info en continu en première ligne, n’aiment rien plus que les « casseurs » et ces images d’affrontements et de déprédations. L’« affaire » de la voiture de police incendiée a ainsi constitué un sommet dans la mise en spectacle de ces affrontements. Comme la chemise déchirée du cadre d’Air France, ces images ont provoqué un effet de souffle annihilant toute réflexion, ouvrant la voie aux déclarations martiales de Manuel Valls qui furent par la suite démenties par les faits. Trois des cinq personnes interpellées et placées en détention provisoire furent rapidement remises en liberté, les charges étant beaucoup moins lourdes qu'annoncé.

 

Valls et Cazeneuve sur le perron de l'Elysée, le 16 mars 2016. © Reuters Valls et Cazeneuve sur le perron de l'Elysée, le 16 mars 2016. © Reuters

 

Médias à la mémoire courte. Ils n’auront pas relevé que pour la première fois depuis des décennies, les pillages de magasins sont rarissimes, tout comme les violences collatérales (voitures brûlées, déprédations diverses) qui ont de tout temps accompagné les grandes manifestations. Ils ont oublié que c’est à l’occasion d’une manifestation de marins pêcheurs que le Parlement de Bretagne a brûlé à Rennes en 1994. Que les autonomes ont, tout au long des années 1980, dévasté les à-côtés des manifestations. Que ce sont des sidérurgistes qui, en 1979, avaient soumis le quartier de l’Opéra à un pillage en règle après avoir laminé les forces de l’ordre sous des pluies de boulons et de barres de fer et érigé des barricades sur les grands boulevards…

Il demeure cette réalité : quelques centaines, parfois milliers, de personnes sont toutes contentes de hurler « Tout le monde déteste la police » (mais en 1968, c’était « CRS-SS ! ») et prêtes à déclencher ou à assumer des affrontements avec les forces de l’ordre. Face à cela, tout pouvoir responsable n’a qu’un seul devoir : faire baisser la pression, organiser l’évitement, prendre bien en amont des mesures préventives, négocier avec les services d’ordre des organisations, maîtriser strictement l’usage des armes et des gaz par les forces de l’ordre, éviter les provocations.

C’est tout le contraire que Bernard Cazeneuve et Manuel Valls ont décidé de faire, assumant voire organisant une radicalisation dangereuse des manifestations. Ils l’ont assumé en écartant systématiquement toute interrogation pour mieux délivrer un feu vert inconditionnel aux forces de l’ordre. Manuel Valls a ainsi pu oser déclarer le 19 mai sur RTL : « Il n'y a aucune consigne de retenue, aucune consigne de ne pas interpeller, aucune consigne de ne pas aller jusqu'au bout pour ne pas appréhender les casseurs. »

« Aucune consigne de retenue » : le premier ministre (qui fut pourtant ministre de l’intérieur) a-t-il seulement conscience de l’irresponsabilité d’un tel propos quand sa fonction devrait justement l’obliger à dire l’inverse, c’est-à-dire à rappeler aux forces de l’ordre le devoir qu’elles ont de répondre de manière maîtrisée et proportionnée ? Au plus fort des affrontements de Mai 68, le préfet de police de Paris, Maurice Grimaud, écrivait une lettre à tous les policiers : « Je m’adresse aujourd’hui à toute la Maison (…) et je veux parler d’un sujet que nous n’avons pas le droit de passer sous silence : c’est celui des excès dans l’emploi de la force. » « Frapper un manifestant tombé à terre, c’est se frapper soi-même en apparaissant sous un jour qui atteint toute la fonction policière. Il est encore plus grave de frapper des manifestants après arrestation et lorsqu’ils sont conduits dans des locaux de police pour y être interrogés », écrivait-il (l’intégralité de la lettre est à lire ici). 

 

Rémi Fraisse, tué en octobre 2014 par une grenade offensive. © Reuters Rémi Fraisse, tué en octobre 2014 par une grenade offensive. © Reuters

 

« Aucune consigne de retenue » : voilà dans quels termes Manuel Valls fait écho au préfet Grimaud. Cette posture autoritaire, déjà présente dès le début du quinquennat quand Manuel Valls déclarait prioritaire la lutte contre « l'ennemi de l'intérieur » (lire ici), est la même que lors des événements de Sivens. Les semaines précédant la mort de Rémi Fraisse, le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve a laissé des milices locales et des gendarmes mobiles s’en prendre violemment aux militants écologistes et zadistes opposés au projet de barrage. Le 7 octobre 2014, trois semaines avant la mort de Rémi Fraisse, une jeune femme de 25 ans a été grièvement blessée à la main par une grenade de désencerclement tirée dans sa caravane par un gendarme. La scène a été filmée. L’enquête judiciaire est toujours enlisée.

Les alertes lancées par des élus locaux comme par Cécile Duflot et Noël Mamère, qui se sont rendus à la préfecture du Tarn pour demander une gestion plus fine du maintien de l’ordre, ont été écartées. Les deux députés se sont heurtés à un mur, le préfet du Tarn et son directeur de cabinet préférant insister sur la présence d’éléments violents sur place. C’était cinq jours seulement avant la mort de Rémi Fraisse, tué à 21 ans par la grenade offensive d’un gendarme mobile. Après cette mort scandaleuse, le lieutenant-colonel responsable des opérations dira sur procès-verbal avoir reçu « des consignes d’extrême fermeté » de la préfecture (lire notre article ici).

Quant au gendarme mobile qui a lancé la grenade offensive, ni lui ni ses supérieurs n’ont été mis en examen à ce jour. Rien ne dit que cette affaire, dans laquelle l’inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) a estimé qu’aucune faute n’avait été commise, ne se terminera pas par un non-lieu. Seul changement intervenu depuis ce drame : Bernard Cazeneuve a interdit l’usage des grenades offensives.

 

Près de 1 600 interpellations !

Le drame de Sivens s’inscrit lui-même dans un temps plus long qui a vu se développer les violences policières dans une impunité quasi systématique. Généralement ignorées par les médias, elles n’ont d’abord concerné que certaines marges de la société. Après la mort d’un supporter du PSG tué par un policier en légitime défense en 2006, puis d'un autre à l'issue d'une bagarre interne en 2010, un fichage spécifique et contraire aux recommandations de la Cnil a été mis en œuvre (lire ici et ici), et des interdictions de se déplacer ont été signifiées aux ultras du foot, comme elles le sont aujourd’hui à des militants. Les ultras ont été aussi blessés ou éborgnés par des tirs de Flash-Ball, comme à Montpellier (lire ici) ou à Reims (lire ici).

Les quartiers populaires ont également eu leur lot de victimes. Ce sont déjà des techniques policières qui sont remises en cause, comme l’étouffement (dite “technique du pliage”) dans l’affaire Ali Ziri (lire ici) ou Wissam El-Yamni (lire ici). Et judiciairement, l’impunité policière est à chaque fois constatée, comme dans les procès Zyed Benna et Bouna Traoré (lire ici), ou Amine Bentounsi (lire ici). Faut-il rappeler que le candidat François Hollande posait, il y a quatre ans, avec les militants de Stop contrôle au faciès, laissant entrevoir l’espoir d’un embryon d’expérimentation du récépissé de contrôle d’identité, sage outil de contrôle citoyen des abus policiers ? Faut-il rappeler que cette stratégie du maintien de l’ordre avait été déjà mise en cause lors des manifestations de soutien à Gaza, durant l’été 2014 ? À l’époque, Bernard Cazeneuve entra dans l’histoire, en étant le seul ministre de l’intérieur au monde à interdire des manifestations de soutien au peuple palestinien.

 

François Hollande candidat en 2012, lorsqu'il rencontrait les responsables de l'association Stop contrôle au faciès. © Reuters François Hollande candidat en 2012, lorsqu'il rencontrait les responsables de l'association Stop contrôle au faciès. © Reuters
 

Assumer la violence voire l’organiser… Quatre éléments permettent de souligner que ce choix de l’escalade est délibéré. Le premier est l’usage massif d’armements nouveaux qui démultiplient les violences : grenades de désencerclement, lanceurs de balles, Flash-Ball, spray de lacrymogènes. Le deuxième est la mise en contact direct des forces de l’ordre et des manifestants sur une grande partie des cortèges. Le troisième est l’utilisation systématisée des grenades lacrymogènes, en particulier lors des dispersions de manifestations. Le quatrième est la course aux interpellations au sein même des cortèges : près de 1 600 personnes ont ainsi été interpellées, déclenchant chaque fois de mini-affrontements entre manifestants solidaires et policiers…

 

Cette politique du chiffre, génératrice de violences, est âprement revendiquée par le ministre de l'intérieur. « Il y a eu depuis le début de ces manifestations près de 1 600 interpellations qui ont donné lieu à 1 000 gardes à vue, il y a 72 personnes qui sont d’ores et déjà condamnées », dont « une grande partie » écrouées, indiquait Bernard Cazeneuve, le 20 mai sur TF1. Lors des audiences en comparution immédiate, défilent toutefois beaucoup de simples badauds restés sur les lieux pour voir de leurs propres yeux comment la violence s’exerçait. Parfois, ils reconnaissent avoir jeté un projectile en direction des policiers, leur avoir montré leurs fesses. Et dans ce cas, les condamnations sont lourdes, pouvant aller jusqu’à plusieurs mois ferme. Les dossiers vides n’empêchent par le parquet de requérir des sanctions. Et même de faire appel, quand les condamnations lui semblent trop légères en dépit d’un manque évident de preuves.

« Aucune consigne de retenue », dit Manuel Valls. « De toutes les manifestations du pouvoir, celle qui impressionne le plus les hommes, c’est la retenue. » C’est cette phrase de Thucydide – elle date d’environ 2500 ans… – qu’ont choisi de mettre en exergue de leur étude deux des meilleurs spécialistes du maintien de l’ordre, Olivier Fillieule et Fabien Jobard. Dans cet article titré « Un splendide isolement » (il est à lire intégralement ici), les deux chercheurs soulignent l’obsolescence et les impasses du maintien de l’ordre « à la française ».

Car pendant quelques années, ce maintien de l’ordre « à la française », d’abord préoccupé d’éviter le décès ou les blessures graves des protestataires, a pu faire figure de modèle avancé, et exportable. Un constat partagé au plus haut niveau politique et policier, au point que Michèle Alliot-Marie, alors ministre de l’intérieur, avait pu proposer ses services à la Tunisie d’un Ben Ali contesté par les manifestants qui l’expulseront finalement du pouvoir, au motif que « le savoir-faire de nos forces de sécurité, reconnu dans le monde entier, permet de régler des situations sécuritaires de ce type ».

Pourtant, soulignent Fabien Jobard et Olivier Fillieule, « cela fut peut-être vrai par le passé, mais ce n’est plus le cas ». Au contraire, pour les deux auteurs, le maintien de l’ordre pratiqué en France est devenu « d’arrière-garde » et témoigne d’une « insularité » et d’un « retranchement doctrinal » inquiétants vis-à-vis de ce qui se pratique chez nos voisins européens. Les auteurs montrent notamment comment une « politique de désescalade » visant à éviter tout affrontement a été mise en place dans différents pays, à commencer par l’Allemagne, mais aussi dans plusieurs autres pays européens.

Comment expliquer ce qui est désormais un retard français. L’une des réponses tient à la faiblesse du politique : « Le retranchement doctrinal de la police française est redoublé de l’isolement dans lequel la laisse le politique : se laissant convaincre des arguments policiers sur la “violence extrême’’ des adversaires, les ministres de l’intérieur par cette seule posture s’empêchent tout examen au fond de l’action policière », écrivent les chercheurs.

 

« Quand on est responsable, on ne dit pas : allez-y, foncez »

 

Plaque à la mémoire de Malik Oussekine. © Reuters Plaque à la mémoire de Malik Oussekine. © Reuters
 

Plutôt que de camper dans le rôle de matamores de commissariat, Manuel Valls et Bernard Cazeneuve seraient mieux inspirés de se reporter aux débats parlementaires qui avaient suivi la mort du jeune étudiant Malik Oussekine, dans la nuit du 5 au 6 décembre 1986, à la suite d’une des manifestations contre la loi Devaquet. Dès le 6 décembre, Pierre Joxe, au nom du groupe socialiste, demandait « la création d’une commission d’enquête sur les instructions données par le ministre de l’intérieur aux forces de l’ordre », tandis que le RPR Philippe Séguin évoquait l’action de « petits groupes incontrôlés ».

 

Deux jours plus tard, le 8 décembre, le député socialiste Michel Sapin interpellait son adversaire RPR Jacques Toubon en demandant le retrait du projet de loi Devaquet pour contribuer « à l’apaisement nécessaire ». Et le 10 décembre, c’était au tour de Lionel Jospin de délivrer un réquisitoire contre l’action du gouvernement, réquisitoire qui sonne comme étrangement actuel aujourd’hui. S’en prenant à « un gouvernement sûr de soi, catégorique, imbu de ses références idéologiques, sourd à l’opinion des autres », il poursuivait en ces termes : « Vous avez ouvert la crise par un mauvais projet, vous tentez de la solder par un mauvais plaidoyer, mais surtout vous l’avez abordée avec une détestable méthode : refus de la discussion, sous-estimation du mouvement, utilisation de la violence et en même temps passivité devant elle ! »

 

Ces mêmes jours, Bernard Deleplace, au nom de la FASP, syndicat majoritaire à l’époque dans toute la police en tenue, membre du PS et proche de François Mitterrand, rappelait également au pouvoir politique ses devoirs et ses responsabilités par cette déclaration : « À ceux qui nous gouvernent, je dis que la responsabilité est aussi la leur et qu'elle est politique (...) Quand on est responsable, on ne dit pas : allez-y, foncez, je vous couvre, pour s'étonner ensuite des dégâts, s'étonner que certains collègues aient pris ces encouragements intempestifs au mot. Notre métier est suffisamment difficile, dangereux, pour que les hommes politiques n'y rajoutent pas leurs petites phrases démagogiques. On ne gouverne pas la police comme une campagne électorale. »

Trente ans plus tard, les rôles sont comme inversés. Michel Sapin est ministre d’un gouvernement qui veut criminaliser un mouvement social. Jacques Toubon est Défenseur des droits et vient d’ouvrir une enquête sur les conditions dans lesquelles a été très gravement blessé le jeune homme présent cours de Vincennes le 26 mai. Lionel Jospin est membre du conseil constitutionnel. Plaidera-t-il pour une censure de la loi sur le travail ?

Le 10 décembre 1986, Lionel Jospin interpellait en ces termes Charles Pasqua, alors ministre de l’intérieur : « Quelles instructions avez-vous données ? Quelles sanctions avez-vous prises à la suite de certaines opérations dont on connaît le prix en blessés, chez les policiers comme chez les jeunes ? » Charles Pasqua se gardait de répondre directement à la question. Il préféra alors cibler des « individus violents » armés de billes de verre, de manches de pioche et d’un couteau à cran d’arrêt… « La violence des manifestants ne peut pas être mise en doute », assurait-il. Avec la mort de Malik Oussekine, la droite perdait son honneur et, quelques mois plus tard, le pouvoir. Sauf à ce qu’ils consentent à s’expliquer dans le cadre d’un large débat, l’actuel premier ministre et son ministre de l’intérieur sont promis au même sort.

 

 

Un commentaire parmi d'autres...

 

Plus de "loi travail" donc plus de manifestations et donc plus de violences policières !  C'est pourtant pas compliqué à comprendre !

Les violences policières puissent ses source dans la "loi travail :

"L’Europe façon Wall Sreet exige la "Loi Travail" : corrosif rappel d’une historienne."

Jacques-Marie BOURGET

L'historienne Annie Lacroix-Riz consacre toute sa carrière à mettre au jour les actions de ce que l'on n'appelle plus "le grand capital"... Dommage car il demeure tout puissant. Voulue telle qu'elle est aujourd'hui par les Etats-Unis ( un marché qui obéit et une puissance supplétive au plan militaire), l'Europe, dopée par Washington à partir de 1945, vit maintenant son apothéose ultra libérale. Son dernier avatar : écrire puis imposer la "Loi Travail".

C’est sûrement faire injure au lecteur que d’étaler sous ses yeux une vérité trop première. Si le terrible virus social qu’est la « Loi Travail » nous tombe dessus, ce n’est pas pour, comme le bégaie Valls, « réformer la France en la modernisant ». Bien sûr que non. Ou alors expliquez-nous par quel miracle un gouvernement de droite en Belgique et un supposé de gauche en France, promulguent en même temps des règles identiques qui étranglent au mieux les travailleurs ? C’est tout simple, la consigne unique et mortifère vient de la Commission européenne, un machin livré à tous les lobbies. A Bruxelles, 40 000 personnes sont employées par ces officines « d’influence » qui soumettent au Parlement européen la version des lois qui convient le mieux à Wall Sreet. Ainsi soulagés d’une assommante besogne, avant de foncer à la buvette, les députés européens n’ont plus qu’à dire oui à ces lobbies qui s’activent à notre bonheur. Pendant ce temps, alors qu’ils devraient faire du tapage, peu de ceux dont le métier est de penser et de dire viennent nous mettre sous le nez l’extrait de naissance d’une Europe naguère fécondée par les Etats-Unis.

Pourtant, alors que les bataillons intellectuels sont aux arrêts de rigueur, Annie Lacroix-Riz, inoxydable sentinelle du temps, s’en vient par un livre, Les élites françaises entre 1940 et 1944, jeter boules puantes et verre pilé dans le lit de l’Europe. Cette chercheuse pour laquelle les archives ne sont pas des continents oubliés, nous rappelle, en plein blocages et fumées de lacrymos, l’origine de notre mal, pourquoi nous toussons. Ce catarrhe vient de ce que les « élites » du capitalisme français (banquiers ou élus) et nombre de leurs compères d’états voisins, ont la nécessité d’appuyer leur politique sur un pays qui joue pour eux le rôle de modèle. A partir de 1934 ce fut l’Allemagne nazie, projection d’un mode d’exploitation idéal. Plus tard, Hitler ayant hélas échoué dans la construction de sa nouvelle Europe, les trusts et les banques ont tourné leur veste pour courir au plus vite derrière le nouvel ami étasunien. Ouf. Depuis, le fleuve continue de couler tranquille, Juncker et autres perroquets de Goldman Sachs peuvent lancer leur fatwa de l’ultra libéralisme sur les travailleurs : « il n’y a pas d’alternative ». Voilà pourquoi une Loi Travail nous est tombée dessus, réclamée par ces fonds de pension étatsuniens qui sont à la justice sociale ce que Dracula est à la transfusion sanguine.

Lacroix-Riz, qui laboure le champ de ses connaissances avec une totale obstination, nous a déjà régalés d’un petit livre, Aux origines du carcan européen chez Delga. Belle Europe que cette construction confiée à deux « pères », Robert Schuman (ministre de Pétain) et Jean Monnet (agent de Washington). Cette fois l’historienne nous décrit les douloureux balancements, pour les maîtres de l’économie, entre le prodigieux Adolf Hitler et les plis de la bannière étoilée à mesure que, Staline broyant SS et Wehrmacht dans l’hiver soviétique, les « boys » pouvaient avancer vers La Manche. On plaint presque ces pauvres industriels et banquiers et leurs poulains politique d’avoir à affronter tant d’incertitude, faisant pivoter, comme les spectateurs du tennis, leurs têtes entre Washington et Berlin.

Dans L’Etrange défaite Marc Bloch qui analyse à chaud la déroute française de 40, classe les responsables de cette tragédie en cinq catégories : armée, politiques, presse, affaires et hommes de main. Annie Lacroix-Riz, spécialiste de la Cagoule, ne revient pas sur ces « hommes de main » qu’elle connait trop et qui ne sont que des exécutants (c’est le cas de le dire). Mais elle ajoute le clergé catholique accusé d’avoir été un truchement, un liant entre Vichy ou l’occupant et de trop nombreux français. D’emblée elle piétine le postulat de ces historiens bien-pensants qui écrivent que la collaboration a été essentiellement une affaire de petites gens dévoyés. Pas du tout, au-dessus de la pyramide brune, Lacroix-Riz distingue sans contestation les « élites » et autres puissants, les donneurs d’ordres.

Egale à elle-même, à ce qu’est son livre « culte » Le Choix de la défaite, la chercheuse avec son nouvel ouvrage en béton, nous démontre que plus qu’une affaire de miliciens en manteaux de cuir ou de diatribes de journalistes crapules, la collaboration fut massivement le choix des industriels et banquiers qui préféraient Hitler au Front populaire. Le verdict de l’historienne est tranchant : toute collaboration est létale, ce qui emporte le mythe des « résistants » de Vichy dont Mitterrand est la tête de gondole. Collaborer, même de façon « éloignée », c’est plonger les mains dans le sang nous montre Lacroix-Riz.

« Les élites françaises de 1940 à 1944 » porte un sous-titre qui dit tout « De la collaboration avec l’Allemagne à l’alliance américaine » et, dans cette mutation qui porte d’un amour l’autre, certaines « élites » seront plus perspicaces que d’autres. Ce n’est pas par haine du nazisme ou par désespoir de vivre dans un pays occupé que certains dirigeants ont très vite pris le parti des Etats-Unis. Ni patriotes ni démocrates, ces pragmatiques se sont appuyés sur le rapport du général Doyen en date du 16 juillet 1941, un officier qui a participé à la Commission d’armistice, ou sur de semblables analyses. Pour Doyen, étant donné son degré de culture, sa puissance économique, sa population importante, son obligation de défendre la Grande Bretagne, les Etats-Unis étaient à long terme certains de gagner la guerre. Jouant cette carte, ces « élites » qui collaboraient avec l’Allemagne depuis le Plan Dawes en 1924, et encore mieux à partir de 1933, ont donc sauvé leur réputation à défaut de leur honneur. Et les américains peu regardants n’ont pas hésité à discuter et échanger avec Vichy : il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier et garder une matraque fasciste capable, le moment venu, de lutter contre le communisme. D’autres « élites » moins avisées, ont poursuivi un peu plus leur chemin commun avec les nazis. Pas très grave puisqu’après 1944 les tribunaux d’épuration ont eu pour mot d’ordre de ne pas casser l’outil industriel restant debout, ni le reste d’une économie asthénique. Quelques malchanceux, comme Renault qui ne l’avait pas volé, ont payé pour le compte de tous, histoire de faire symbole.

Il est passionnant de suivre, au travers de ses envoyés spéciaux, de ses « pions », l’action des amis de l’Amérique choisis par Washington dans l’entourage de Pétain. Alger va devenir un roman de Le Carré où les intrigues pour imposer les hommes de demain sont parfois mortelles.

Au-dessus de tout cela il y a un homme détesté des yankees et peu aimé par Churchill, il s’appelle De Gaulle. Il va surfer, jouer sa carte avec pugnacité et l’aide de quelques héros.

En fin de compte Wall Sreet et nos « élites » ne pouvant se mettre en travers, vont laisser le grand général gouverner la France. Mais l’idée de construire cette Europe américaine, un marché aux ordres, demeure. Petit à petit, lui-même entouré de quelques « Atlantistes », De Gaulle va lâcher sa position de « non aligné ». Il ne reste plus qu’à être patient, Bruxelles va être le relais qui commande aux anciennes nations. Par exemple de promulguer des lois « modernes » comme cette monstruosité française sur le droit du travail.

Jacques-Marie BOURGET

PS. Sur Internet un entretien donné par Annie Lacroix-Riz est un élément très convainquant, il permet de saisir parfaitement les recherches de l’historienne.

source : http://www.legrandsoir.info/l-europe-facon-wall-sreet-exige-la-loi-travail-corrosif-rappel-d-une-historienne.html

 

 

 

 

 

Boîte noire : Ont participé à cet article Michel Deléan, Jade Lindgaard, Michael Hajdenberg, Matthieu Suc, Stéphane Alliès, Sophie Dufau, Fabrice Arfi, Christophe Gueugneau, Karl Laske, Donatien Huet.

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

 

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31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 16:18

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

Routiers, cheminots, intermittents... Le gouvernement caresse pour déminer la grogne

 
 
Derrière sa fermeté affichée sur le projet de loi de Myriam El Khomri, l'exécutif cherche à désamorcer les contestations secteur par secteur. Et mise sur l'essoufflement du mouvement anti-loi Travail.
 
François Hollande et Manuel Valls tentent d'éteindre un par un les foyers de contestation. - CHAMUSSY/SIPA

Officiellement, le gouvernement ne lâche rien. Pas question de revenir en arrière la loi Travail qui cristallise la grogne sociale depuis quatre mois. "Le projet de loi ne sera pas retiré. La philosophie et les principes de l'article 2 seront maintenus", martèle François Hollande dans un entretien à ce mardi 31 mai, en faisant référence à la disposition du texte qui fâche le plus, celle en matière de temps de travail. Manuel Valls, lui, a répété ce week-end qu'il irait "jusqu'au bout". Mais derrière cette fermeté affichée, le gouvernement se met en quatre pour satisfaire des revendications sectorielles qui risqueraient d'alimenter le climat de fronde et les blocages, alors que l'Euro de football commence dans dix jours. Une stratégie du salami, consistant à découper les unes après les autres les différentes contestations pour mieux les avaler.

Ce sont les chauffeurs routiers qui ont reçu la première caresse. Alors qu'ils protestaient contre la possibilité laissée par le projet de loi d'abaisser la majoration de leurs heures supplémentaires, le secrétaire d'Etat aux Transports Alain Vidalies leur a assuré le 21 mai qu'ils conserveraient leur régime dérogatoire : leurs heures sup' ne pourront pas être majorées de moins de 25%. C'est toujours ça de pris pour tenter d'enrayer les blocages sur les routes.

 

Lâcher du lest

Le gouvernement s'est aussi attaqué à d'autres revendications qui sont sans rapport avec la loi El Khomri, mais ajoutent de la grogne à la grogne. Il a ainsi pris en main les rudes négociations sur le temps de travail à la SNCF, dont l'Etat est l'actionnaire. Samedi dernier, Alain Vidalies a négocié lui-même avec les syndicats, court-circuitant le patron Guillaume Pépy. Et le secrétaire d'Etat a visiblement fait des concessions que refusait la direction de la SNCF, puisque la CFDT a levé son préavis de grève, comme le rapporte .

Le gouvernement a court-circuité le patron de la SNCF

 

Lâcher du lest, le mot d'ordre est à peu près le même pour les intermittents du spectacle. Les partenaires sociaux du secteur avaient conclu fin avril un accord sur leur régime spécifique d'indemnisation. Mais ils réclamaient à l'Etat une garantie financière pour assurer sa mise en œuvre, alors que les négociateurs de l'assurance-chômage ont échoué à se mettre d'accord lundi sur le montant des économies à réaliser. Qu'à cela ne tienne : alors que la CGT menaçait déjà de bloquer les festivals estivaux, Manuel Valls a assuré dans un communiqué que le gouvernement était "prêt à prendre en charge (…) certaines des mesures de l'accord". Autrement dit, à mettre la main au portefeuille pour sortir provisoirement de l'impasse.

 

Près de deux mois à tenir

L'exécutif ne se contente pas de signer des chèques pour éteindre les incendies en cours. Il surveille aussi les foyers qui pourraient s'étendre. Lundi, François Hollande a renoncé aux annulations de crédit de 134 millions d'euros qui menaçaient le budget de la recherche. Jeudi, il tentera de rassurer les maires réunis en congrès à Paris et inquiets de la baisse des dotations de l'Etat aux communes : le chef de l'Etat pourrait leur réserver une bonne nouvelle, selon … Pendant ce temps, la ministre de l'Education nationale chouchoute des enseignants toujours agacés : Najat Vallaud-Belkacem un milliard d'euros de hausses de salaires d'ici 2020.

Mais s'il compte appliquer son déminage catégoriel à toutes les contestations, le gouvernement a encore fort à faire. Entre la RATP, Air France, les aiguilleurs du ciel ou encore , un conflit chasse l'autre. Sans compter que la tactique de l'exécutif n'est pas forcément payante : son intervention directe dans les négociations à la SNCF n'a pas empêché la grève illimitée qui commence ce mardi soir. Et dire qu'il reste près de deux mois avant que le Parlement ne se prononce définitivement sur la loi Travail…

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

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30 mai 2016 1 30 /05 /mai /2016 20:42

 

Source : http://mus21.hautetfort.com

 

 

Quand "Nuit Debout Nimes" interpelle le millionnaire E Macron à Lunel

 

 

La vrai vidéo de la confrontation de Macron avec des militants de Nuit Debout Nîmes

Ce n'était pas des militants de la CGT comme les grands média l'on dit.

L’anecdote du tee-shirt est à la fin vers la 7mn si vous ne voulez pas voir la vidéo dans son ensemble.

 

https://youtu.be/dEjEfsyywO0#t=7m00s

 

 

 

Source : http://mus21.hautetfort.com

 

 

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30 mai 2016 1 30 /05 /mai /2016 18:52

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Solidarités

Conjuguer accueil des migrants, écologie et émancipation sociale : l’étonnant exemple de Grande-Synthe

par

 

 

Grande-Synthe, dans le Nord, est l’une des rares villes qui accueillent des centaines de migrants dignement. Malgré 30% de sa population active au chômage et un tiers de foyers vivant en dessous du seuil de pauvreté, c’est aussi là que se mènent des politiques écologiques et sociales ambitieuses. Le maire Damien Carême et son équipe y soutiennent une université populaire au service des habitants, y ont créé le premier stade à énergie positive de France et bâtissent un éco-quartier accessible aux populations pauvres. Un volontarisme politique auquel s’ajoute la solidarité à l’égard des réfugiés de passage vers l’Angleterre, bien loin du sort réservé aux migrants des bidonvilles glauques de Calais. Reportage.

Jusqu’il y a peu, le nom de Damien Carême était bien moins connu que celui de Natacha Bouchart, son homologue calaisienne de la droite dure, proche de Nicolas Sarkozy. Comme elle pourtant, le maire écologiste de Grande-Synthe a dû gérer sur sa commune, et dans des proportions comparables, l’arrivée depuis près d’un an d’un nombre conséquent de migrants qui souhaitent se rendre en Angleterre. Ce sont pour l’essentiel des Kurdes d’Irak. Ils ont représenté jusqu’à dix pour cent de la population locale – 21 000 habitants – en décembre dernier. La réponse humaniste et déterminée de Damien Carême et de son équipe, face à une crise humanitaire sans précédent depuis la Seconde guerre mondiale, fait que toute comparaison s’arrête là. La ville de Grande-Synthe a créé le premier camp français aux normes du HCR, l’agence des Nations Unies pour les réfugiés. Cet épisode très médiatisé a révélé par ailleurs une ville pionnière dans l’aménagement du territoire, qui s’efforce de conjuguer écologie et lutte contre les inégalités sociales.

 

La ville qui inventa le « revenu social garanti »

La maison communale de Grande-Synthe est à l’image de la ville : un bâtiment de briques rouges, inauguré en 1978. Elle jouxte une cité HLM et son immense jardin partagé. On ne vient pas à Grande-Synthe, troisième localité de la communauté urbaine de « Dunkerque grand littoral », pour les richesses d’un patrimoine historique entièrement disparu. Malmené en 1940, le secteur a été détruit par l’armée allemande en septembre 1944. Après l’installation de l’usine sidérurgique d’Usinor en 1958, le modeste village de maraîchers a connu une explosion urbaine. C’est aujourd’hui une ville en grande difficulté, avec 28% de la population active au chômage, soit un taux près de trois fois supérieur à la moyenne nationale, un faible niveau de qualification et un tiers de foyers vivant en-dessous du seuil de pauvreté.

En 1971, une première équipe municipale, portée par René Carême, père du maire actuel, mène une politique volontariste pour doter la ville d’équipements sociaux et culturels. Électricien syndicaliste formé à la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), membre du Parti socialiste, l’édile a pour devise « partage de l’avoir, du savoir et du pouvoir ». Il double la taxe professionnelle – elle représente aujourd’hui 90% des revenus de la ville – et ouvre ainsi la voie à une politique publique ambitieuse, notamment la création d’un « revenu social garanti », qui annonce le RMI mis en place en 1988 par Michel Rocard. René Carême quitte la mairie au cours de son quatrième mandat en 1992. Son fils Damien reprend le flambeau en 2001, trois ans avant que son père ne s’éteigne comme il a vécu, dans un modeste HLM.

 

Énergies renouvelables et transport gratuit le week-end

Socialiste passé à Europe Écologie - les Verts en 2014, Damien Carême multiplie les exploits environnementaux en milieu hostile, influencé par le « mouvement de transition » qui émerge de l’autre côté de la Manche [1]. Entourée de 14 sites classés Seveso, à quelques kilomètres de la plus grosse centrale nucléaire d’Europe de l’Ouest, Grande-Synthe est devenue la capitale mondiale de la biodiversité en 2010. Plus de la moitié de l’énergie consommée par la ville est renouvelable : panneaux solaires, éoliennes, « gaz vert » issu pour l’essentiel de la méthanisation des déchets ménagers. Les espaces verts représentent 127 mètres carrés par habitant – quatre fois plus que la moyenne nationale. Les transports en commun sont gratuits le week-end sur l’ensemble de la communauté urbaine, dont Damien Carême est le délégué à la transformation écologique et sociale, à l’environnement, à l’énergie et aux transports. En 2014, il est aussi devenu le président de l’association des maires ville et banlieue de France (AMVBF).

L’un des fleurons de cette politique novatrice est le « stadium du littoral », qui s’étend sur douze hectares avec trois terrains de rugby, deux de football, un pas de tir à l’arc, une piste de jogging et un anneau cycliste. Inauguré en 2011, il est aujourd’hui, grâce à l’acquisition d’une éolienne en 2013, le premier stade à énergie positive de France. L’autre exemple que l’élu aime citer, c’est l’écoquartier de Basroch, lancé en 2013, qui comptera une densité moyenne de 50 logements par hectare, 40% de logements locatifs sociaux et un îlot d’habitat participatif. Basroch est par ailleurs le siège de l’atelier université populaire et accueillait jusqu’en mars une population de migrants dont le nombre a littéralement explosé en 2015, amenant le maire à créer un nouveau camp.

 

Une université populaire au service des habitants

Le maire de Grande-Synthe a également soutenu la création d’une université populaire, financée par la mairie. Objectif : renouer avec l’éducation populaire et sa pédagogie de l’émancipation, délaissée par la gauche depuis trente ans. Ici comme ailleurs, le maire privilégie l’implication des futurs acteurs du lieu. « Je me fiche des diplômes, ce que je veux, ce sont des militants », explique-t-il sans détour. « La sociologie mène à tout », sourit Julian Mierzejewski, fonctionnaire municipal et animateur de l’université populaire, alors qu’il trie des graines sur la table de la « maison écologique », un prototype d’habitat à très haute performance énergétique perçu à la fois comme outil pédagogique et vitrine de l’architecture durable.

 

 

Julian Mierzejewski, militant dans l’âme, reste au fond toujours un peu étonné de pouvoir vivre pleinement son engagement comme fonctionnaire municipal. C’est lui qui anime l’Atelier université populaire. © Olivier Favier

Ce grand chalet de deux étages héberge une large part des activités de l’« Atelier », du nom de l’université populaire locale. C’est ici que, trois fois par semaine, des écrivains publics bénévoles aident des habitants à remplir un dossier, rédiger un courrier administratif, compléter un formulaire. « L’idée, confie Julian, c’est aussi que les classes moyennes s’allient avec les classes populaires. » À l’Atelier, les jardiniers viennent chercher conseils et semences. Derrière la baie vitrée, s’étend un jardin-pilote destiné entre autres à alimenter en graines les cinq jardins populaires de la ville, plantés en pied d’immeuble. Les parcelles sont accordées gratuitement à qui en fait la demande, en fonction des disponibilités. Si les clôtures qui ferment les jardins sont aisément franchissables, les dégradations constatées sont minimes.

L’atelier accueille aussi des actions autour de la « fabrique de l’autonomie » : on y apprend à concevoir ses produits ménagers, économiques et écologiques, ou encore à lire sa facture d’eau – en détectant, par exemple, les doubles facturations. Alliant savoir et savoir-faire, l’Atelier organise des projections et des conférences-débats bimensuelles destinées à apporter une information alternative à celle des médias traditionnels, mais aussi des cafés-citoyens basés sur l’échange des savoirs et des idées. Jusqu’à 400 personnes y participent. Enfin, pour donner accès à tous à des produits de qualité, un groupement d’achats a été constitué pour l’acquisition en gros, directement aux producteurs, de pain, de fruits et de légumes de qualité, bio si possible, et locaux.

 

Que faire face à l’arrivée de 3000 réfugiés ?

« Ces dix dernières années, explique Damien Carême, il n’y avait sur le territoire de Grande-Synthe qu’un groupe de trente à quatre-vingt-dix migrants. Ils ne restaient que quelques jours, le temps d’embarquer dans les camions en halte à la station-service sur l’autoroute qui mène à l’Angleterre. » Durant l’hiver 2008, où la température est descendue à -15°, l’installation de cabanes en bois a été testée pour la première fois à Basroch, dans la zone où se projette aujourd’hui le nouvel écoquartier. Mais après le blocage complet de la frontière à Calais, à l’été 2015, la situation devient préoccupante [2]. Fin septembre, on dénombre plus de 500 personnes, plus du triple fin novembre, puis 2800 fin décembre, dont 300 enfants. Les conditions sanitaires sont alors pires qu’à Calais, les maladies se répandent : rougeole, varicelle, gale ou tuberculose.

La nécessité d’un camp apparaît comme la seule solution envisageable, d’autant que Médecins sans frontières (MSF) s’engage à prendre en charge une très large partie des frais de création : 2,5 millions d’euros. La ville avancera les 700 000 euros restant, comptant sur un remboursement de l’Union européenne pour ne pas peser sur le budget des habitants. Le préfet ne s’y oppose pas mais émet un avis défavorable, prétextant des raisons de sécurité. L’expertise de MSF et la détermination du maire ont raison de ces atermoiements. Le camp est créé en mars à la Linière, une zone à l’écart de la ville, entre la gare de marchandises et l’autoroute, alors que la population de réfugiés est désormais de 1300 personnes. Une pétition lancée en opposition à la création du nouveau camp ne recueille que quelques dizaines de signatures. « Je crois que les gens sont plutôt fiers de l’image de leur ville », pense Damien Carême.

 

« Mon salaire ici, ce sont les sourires des enfants qui font du vélo »

Pour que le camp puisse fonctionner, il faut compter sur la présence simultanée de 120 personnes, dont une écrasante majorité de bénévoles. Ceux-ci sont dans un premier temps coordonnés par Utopia 56, une association de Lorient créée par Yann Manzi, gestionnaire de campings dans les festivals de musique – notamment Les Vieilles Charrues. « Je ne veux pas être payé, je gagne bien ma vie par ailleurs, répète cet intermittent du spectacle qui alterne des cycles de travail intense et des périodes de relâche, mon salaire ici, ce sont les sourires des enfants qui font du vélo. » Sa proposition de créer une équipe professionnalisée est refusée et une association locale entre en lice fin avril : l’Afeji, qui lutte contre l’exclusion. Elle a signé, ce 30 mai, un accord tripartite avec la ville de Grande-Synthe et l’État. Ce dernier prendra en charge « le nettoyage des sanitaires, le gardiennage 24 h sur 24, la médiation sociale et la sécurité ». Vêtements et nourriture seront toujours assurés par les bénévoles.

 

 

Les cabanons sont prévus pour accueillir 5 personnes. Lorsque les migrants rejoignent l’Angleterre, il n’est pas rare que le passeur conserve les clés du cadenas et cherche à louer l’accès du logement aux nouveaux venus. © Olivier Favier

Au cœur du camp, Fulgence s’est chargé de monter une école avec l’association Edlumino, qui réunit des enseignants français et britanniques venant en aide aux enfants dans les camps de réfugiés. Un bâtiment est destiné à accueillir les enfants de 3 à 7 ans, un second ceux de 7 à 17 ans. Parallèlement à l’enseignement de l’anglais, celui du français, encore sous-représenté, apparaît essentiel. Désormais 20% des migrants présents sur le camp font une demande d’asile en France. Le 12 mai, le préfet de région a annoncé son désir de scolariser les enfants « dans les écoles de la République », une préoccupation pour le moins surprenante quand on connaît le peu d’attention porté par les institutions aux mineurs de Calais, dont beaucoup sont sans famille.

 

L’État va-t-il fermer le seul camp de réfugiés à peu près digne

Les bénévoles qui sont sur le camp de Grande-Synthe viennent d’Angleterre, de Belgique, d’Allemagne, de toute la France. Ils y demeurent le week-end ou plusieurs semaines, parfois quelques mois. Tous ou presque sont logés pour cinq euros la nuit dans les bungalows d’un camping environnant. L’intérêt des tâches évolue bien sûr avec la durée du séjour. Les migrants vient sur le camp en moyenne plusieurs mois. Avant que l’État n’annonce son projet de reprise en main du camp, l’idée était d’évoluer vers une gestion mixte, de plus en plus autonome. L’organisation quotidienne n’est pas seulement logistique. De jour et surtout de nuit, il faut lutter contre l’influence des passeurs, souvent armés. De nombreux réseaux ont été récemment démantelés.

 

 

« Je laisse la police et la justice faire leur travail », répète Damien Carême, qui tient cependant à ce que la présence des forces de l’ordre aux abords du camp soit réduite et discrète. La sécurisation des abords, notamment les entrées et sorties des véhicules, est pour l’instant gérée par les bénévoles. Jusqu’à ce jour, il n’était pas question de contrôler les allers et venues des habitants, comme cela se fait à Calais dans le camp de containers. Ici, la priorité est d’apporter un minimum de confort et à faire, autant que possible, de ce lieu de passage un espace convivial et accueillant. La prochaine étape est l’érection d’un mur anti-bruit, pour protéger les migrants des nuisances sonores de l’autoroute et empêcher les incursions dangereuses sur la chaussée.

La gestion annuelle du camp a été estimée initialement à 4 millions d’euros. Très loin du budget de 18 millions d’euros du centre d’accueil Jules Ferry à Calais pour un nombre équivalent de migrants ! Ou des 54 millions d’euros dépensés pour la mobilisation de 18 unités de forces mobiles affectées à la surveillance du bidonville et de la zone portuaire. À la mi-mai, l’État semble faire de sa reprise en main du projet de Grande-Synthe la condition sine qua non pour le financement de son entretien. Parallèlement, les départs ont donné lieu au démontage des cabanons et non à l’accueil de nouveaux venus. La population du camp est désormais de 700 habitants. On peut craindre que n’ayant pu interdire sa construction, les autorités cherchent désormais à réduire le camp de la Linière au plus vite. Quelle que soit la pérennité du projet, il aura montré qu’un accueil digne est possible. Y renoncer par peur d’un « appel d’air » est non seulement indigne, mais parfaitement infondé.

Olivier Favier

Photo de une : Fulgence, les bénévoles et les enfants à l’entrée de l’école des petits. © Olivier Favier.

Notes

[1Ce mouvement entend d’une part inciter les citoyens d’un territoire (bourg, quartier, village…), à prendre conscience des profondes conséquences que vont avoir sur nos vies la convergence du pic du pétrole et du changement du climat et, d’autre part, de la nécessité de s’y préparer concrètement.

[2En juillet 2015, un « corridor sécurisé » est installé pour « protéger » le port de l’arrivée des migrants. D’autres stratégies se sont développées autour du site d’Eurotunnel, lesquelles ont été à l’origine de plusieurs décès. Cette année, 300 mètres de grillage seront ajoutés d’ici l’été. Des centaines d’hectares de végétation ont été rasés, des terres ont été inondées, des dunes aplanies. Les factures successives réglées par la Grande-Bretagne s’élèvent désormais à plusieurs dizaines de millions d’euros.

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

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30 mai 2016 1 30 /05 /mai /2016 18:08

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Blessé grave à Nation: la grenade de trop pour Bernard Cazeneuve

30 mai 2016 | Par Karl Laske
 
 

Mediapart s’est procuré plusieurs vidéos qui précisent dans quelles circonstances les policiers ont lancé une grenade de désencerclement dans la foule, cours de Vincennes, à Paris, blessant grièvement un jeune de 28 ans à la tête. Il n’y avait aucun danger imminent pour les fonctionnaires, qui ont lancé, dans les minutes qui ont suivi, une grenade lacrymogène en direction du blessé.

Comme à Sivens, en octobre 2014, une grenade lancée sans précaution a touché un jeune, jeudi 26 mai, près du cours de Vincennes, à Paris. Comme en octobre 2014, après Sivens, le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve a fait savoir qu’il fallait « établir les circonstances » de l’incident, tout en saluant « la mobilisation des forces de l’ordre », « engagées pour sécuriser » la manifestation.

Jeudi, Romain D., 28 ans, a été atteint à la tête par l’éclat d’une grenade de désencerclement lancée dans la foule à l’issue de la manifestation contre la loi sur le travail. Victime d’une « fracture temporale avec enfoncement de la boîte crânienne », il s’est écroulé, puis a repris connaissance peu avant d’être emporté par les pompiers. Il a été plongé dans le coma, samedi, après avoir été opéré à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. Photographe indépendant, il portait une caméra Go-Pro et filmait les événements de l’après-midi.

 

Les policiers rejoignent leurs collègues, en avant le gradé tient déjà la grenade à la main droite. © Capture d'écran de la vidéo réalisée par LDC. Les policiers rejoignent leurs collègues, en avant le gradé tient déjà la grenade à la main droite. © Capture d'écran de la vidéo réalisée par LDC.

 

En dépit de l’existence de deux vidéos (que l'on peut retrouver ici et ) qui montrent sans ambiguïté un policier lancer une grenade de désencerclement dans la foule, Bernard Cazeneuve ne s’est pas exprimé sur les faits, dans l’attente des résultats de l’enquête. Il a souhaité, par communiqué, un prompt rétablissement au « jeune homme » blessé par la police. Le ministre de l’intérieur a aussi reçu sa famille samedi matin, en compagnie du préfet de police Michel Cadot.

Deux enquêtes sont ouvertes, toutes deux entre les mains de l’IGPN, la police des polices : l’une à la demande du ministre, qui vise examiner les conditions déontologiques de l’usage de cette arme et le respect des consignes de sécurité, l’autre a été ouverte, dès jeudi soir, par le parquet de Paris pour « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique », pour déterminer les circonstances dans lesquelles la victime a été blessée, et l'origine de ses blessures.

Selon le ministère de l’intérieur, le policier a lancé cette grenade « de manière conventionnelle » – vers le sol et non pas en l’air –, mais « le contexte » dans lequel il l’a fait reste plus incertain, reconnaît-on. L’autre point d’interrogation, plus technique, mis en avant par le ministère – « sans vouloir minorer les faits » – vise à déterminer comment la grenade – ou un éclat de celle-ci – a pu atteindre la tête de la victime.

L’incident, qui pourrait laisser d’importantes séquelles à Romain D., pose la question plus générale de l’arsenal utilisé ces dernières semaines par les forces de l’ordre pour contenir les manifestations contre la loi sur le travail à Paris et en province. De nombreuses personnes ont été touchées par des tirs de Flash-Ball, ou de grenades de désencerclement, dans des conditions non réglementaires – tirs tendus de Flash-Ball ou de grenades par exemple. L’usage de cet armement – « moyens de force intermédiaire » – répond de fait aux directives du ministre de l’intérieur.

« Des consignes politiques, signées du ministre, ont été données par l'intermédiaire des préfets de faire preuve de la plus grande fermeté face aux troubles, explique Luc Larcher, secrétaire général adjoint de l’UNSA officiers. Ce sont des moyens de fermeté, dans le respect des règles républicaines. » Le ministre « ne valide pas les dispositifs » de maintien de l’ordre parisien, précise-t-on cependant au ministère. Place de la Nation, lieu d’arrivée de la manifestation, le préfet avait disposé plusieurs unités de CRS, Gendarmes mobiles, Compagnie d’intervention (CI) et Compagnies de sécurisation et d’intervention (CSI, les anciennes « BAC secteurs ») afin de procéder à des « saute-dessus » au fur et à mesure de l’arrivée du cortège syndical sur la place. Cette course à l’interpellation s’est poursuivie jusqu’à la porte de Vincennes, où la grenade a été employée.

 

La ligne de policiers qui progresse cours de Vincennes en direction d'un groupe de manifestants © Video Claire Ernzen La ligne de policiers qui progresse cours de Vincennes en direction d'un groupe de manifestants © Video Claire Ernzen

 

De nouvelles vidéos obtenues par Mediapart montrent qu’en fait de « sécurisation », les policiers qui sont intervenus cours de Vincennes, membres d’une Compagnie d’intervention (CI) de la préfecture, ont utilisé cette grenade sans être confrontés à aucun danger imminent, au milieu d’une foule composée pour beaucoup de curieux et de journalistes. Ils rejoignaient trois collègues postés dans une cour d’immeuble avec un interpellé. Une habitante de l’immeuble au pied duquel s’étaient retranchés les policiers filmait la foule et le face-à-face, lorsque survient l’explosion. « Quand ils ont tiré cette bombe, je filmais, mais j’ai eu un mouvement de recul, j’ai eu peur, raconte-t-elle à Mediapart. Et puis, j’ai vu la personne au sol. Ça aurait pu être un enfant du quartier. Il y a plein d’enfants à cette heure-ci dehors ! »

 

© Mediapart

 

Dans les minutes qui suivent l’explosion de la grenade, plusieurs personnes portent Romain D. quelques mètres plus loin. À l’abri, pensent-ils. En réalité, les policiers lancent encore deux grenades lacrymogènes en direction de la foule, l’une d’elles atterrit à un mètre à peine du blessé.

 

© Mediapart

 

La puissance de l’explosion surprend l’immeuble. Introduite en 2004, la grenade à main de désencerclement (GMD) émet 160 décibels, et propulse des projectiles en caoutchouc – 18, au total – alentour, mais aussi les débris parfois coupants et plus moins gros de son emballage. Fabriquée notamment par la société SAPL, sous la dénomination commerciale DBD 95 (pour  « Dispositif balistique de dispersion », on l’appelle aussi « Dispositif manuel de protection », DPM), elle a été conservée dans l’arsenal des forces de l’ordre malgré des incidents mentionnés en novembre 2014 dans le rapport d’inspection sur « l’emploi des munitions en opérations de maintien de l’ordre ».

 

« Je suis extrêmement choquée »

À la suite de la mort de Rémi Fraisse, Bernard Cazeneuve avait choisi d’interdire la grenade offensive « OF F1», remettant en service la GLI-F4 (une autre grenade offensive à effet lacrymogène) dans les forces de gendarmerie, et conservant la grenade de désencerclement en dotation de toutes les forces de sécurité. Selon ce rapport, les gendarmes avaient utilisé 590 GMD entre 2010 et 2014, contre 571 pour les CRS entre 2009 et 2014. Des GMD ont été utilisées, boulevard Diderot à Paris, le 1er mai, à Paris, faisant plusieurs blessés parmi les photographes.

 

© DOC du réel

 

Les consignes d’utilisation de la grenade de désencerclement, du Taser et du lanceur de balles de défense, ont été rappelées par une circulaire des directeurs de la PJ et de la gendarmerie, le 2 septembre 2014 – avant Sivens. « La GMD est susceptible d’être utilisée lorsque les forces de l’ordre se trouvent en situation d’encerclement prises à partie par des groupes violents ou armés », avertit la circulaire, que l’on peut télécharger ici. Son usage « constitue un emploi de la force », « qui n’est autorisé que lorsque sont réunies les conditions de nécessité et de proportionnalité requises par la loi ». Le recours à la force « doit être proportionné, et il n’est possible que si les circonstances le rendent absolument nécessaire ».

Pour invoquer la légitime défense, les moyens de défense doivent être proportionnés à la gravité de l’attaque. « On ne peut pas prévenir une violence en lançant une grenade, explicite Anthony Caillé, du SGAP-CGT Police. Si elle a été lancée, c’est que les fonctionnaires se sont sentis en danger, mais on ne peut pas utiliser une arme en prévention d’un acte qui n’a pas eu lieu. La légitime défense, c’est compliqué mais c’est simple de ce point de vue-là. »

Dans le cas présent, les vidéos en notre possession montrent que les policiers, membres d’une Compagnie d’intervention (CI) de la préfecture de police, sont arrivés à pied, mais sans courir, sur le cours de Vincennes, poursuivant des manifestants qui refluaient vers la porte de Vincennes. Un groupe d’une centaine de personnes environ, des « grappes de jeunes », selon un témoin. Ces policiers portent des casques noirs avec un liseré bleu, ce qui les distingue des CRS (liseré jaune) et des gendarmes (casque bleu).

Arrivés à hauteur du métro Porte de Vincennes, et de la station de tramway, ils interpellent un jeune, en tenue de sport claire et vont se mettre à l’écart avec lui dans la petite cour de l’immeuble qui fait l’angle du cours de Vincennes et de la rue du Général-Niessel. C’est alors qu’un attroupement se forme devant l’immeuble. De nombreux journalistes filment et Romain D. s’approche.

 

Romain D. s'approche de l'entrée de la cour, où les policiers se sont retranchés © Vidéo Claire Ernzen Romain D. s'approche de l'entrée de la cour, où les policiers se sont retranchés © Vidéo Claire Ernzen

 

Un groupe de cinq policiers de la CI s’engage dans la rue Général-Niessel, pour rejoindre leurs collègues. L’un d’eux, un gradé – reconnaissable à la bande blanche sur l’uniforme –, tient une grenade à la main droite. Comme le rappelle la circulaire de septembre 2014, les forces de l’ordre doivent procéder à des sommations avant de lancer une grenade de désencerclement en direction d’un attroupement, et si elles ne le font pas, ce ne peut être qu’« en cas de violences et de voies de fait exercées contre les forces de l’ordre qui ne peuvent défendre autrement le terrain qu’elles occupent ».

 

Le policier lance la grenade, sous les yeux de Romain D., derrière la jeune femme qui filme la scène. © Capture d'écran de la vidéo réalisée par LDC. Le policier lance la grenade, sous les yeux de Romain D., derrière la jeune femme qui filme la scène. © Capture d'écran de la vidéo réalisée par LDC.*
 

« En cas d’usage de cette arme, l’utilisateur doit, dans la mesure du possible, prendre en compte dans son analyse les particularités environnementales afin de prévenir tous dommages collatéraux, tels que les risques pour les personnes se trouvant à proximité. » Il est recommandé au policier d’être protégé ou abrité, au moment du lancer. Les deux vidéos prises par les journalistes sur place permettent de voir ce mouvement de protection du tireur opéré par deux policiers avant d’entrer dans la cour d’immeuble. On aperçoit aussi Romain D. suivre la progression des policiers.

 

Romain D. s’est affaissé. La grenade a été lancée dans la foule, sans sommation, et alors que les policiers ne subissaient aucune violence, si ce n’est de l’hostilité verbale et des sifflets. Ils n’étaient pas « encerclés » contrairement à ce que plusieurs médias ont indiqué, notamment France 3. Comme on le voit sur notre vidéo, le jeune photographe n’a pas non plus heurté les plots qui bornent le passage piéton, autre thèse ayant circulé afin d’exonérer la grenade. « Après usage d’un GMD et en cas d’interpellation, il convient de s’assurer aussitôt de l’état de santé de la personne et de la garder sous surveillance permanente. Au besoin, un examen médical doit être effectué dans les meilleurs délais », stipule l’instruction officielle.

Confrontés aux cris et aux protestations de la foule, les hommes de la CI décident de lancer deux nouvelles grenades lacrymogènes pour éloigner les manifestants en colère. L’une d’elles atterrit près du blessé. « Ils ont continué à lancer des grenades à proximité du jeune homme, et des gens qui s'occupaient de lui, s'indigne une autre habitante de l'immeuble, la documentariste Claire Ernzen. Je suis terriblement choquée. »

 

Les policiers lancent deux nouvelles grenades pour éloigner la foule, l'une d'elles à proximité du blessé © Video Claire Ernzen Les policiers lancent deux nouvelles grenades pour éloigner la foule, l'une d'elles à proximité du blessé © Video Claire Ernzen

 

Des gendarmes mobiles et d’autres forces de police font par la suite leur apparition afin de sécuriser le périmètre où se trouve le blessé. L’interpellé est finalement extrait de la cour d’immeuble par un groupe de policiers qui se faufile entre les gendarmes. La compagnie d’intervention se met en rang par deux pour quitter les lieux. Elle traverse la foule, et subit encore quelques sifflets avant de rejoindre les camions blancs de son unité.

L’enquête devrait dire jusqu’à quel niveau la chaîne de commandement est impliquée dans ce lancer de grenade. « Dans les unités de CRS, une GMD ne peut être lancée que sur ordre du commandant de la compagnie, le chef d’escadron, explique Luc Larcher de l’UNSA. La GMD, c’est le dernier moyen. Est-ce qu’il était acculé ? Tous les cas sont particuliers mais il n’y a que la hiérarchie qui peut décider. La grenade se lance en dessous et en principe, ça pète dans les jambes. Elle se lance au roulé, parce qu’il y a une charge à l’intérieur. Et si ça vient à toucher le corps, ça blesse gravement. »

Lundi, Jacques Toubon, le Défenseur des droits, souvent saisi sur les questions de respect de la déontologie des forces de sécurité, a annoncé qu'il ouvrait une enquête sur l'usage d'une grenade de désencerclement ayant blessé Romain D. À la lecture des deux vidéos, un responsable d’Alternative Police CFDT a estimé sur France 3 qu’il n’y avait « pas d’erreur d’utilisation ». Et ce syndicat s'est prononcé formellement en défense des fonctionnaires, jugeant qu'il n'y a « aucun doute » : « Les conditions d'utilisation de la grenade ont bien été respectées. »

« Toute déclaration intempestive de pseudo-violences policières n'a pas lieu d'être », prévient même la CFDT. « Les images, je les ai vues, mais comme à chaque fois, on voit la fin de l'intervention des policiers, commente de son côté Philippe Capon, secrétaire général de l’UNSA. Je suis méfiant sur ce type d’images qui ne nous disent pas ce qui s’est passé avant. » Avant justement, il ne s’est pas passé grand-chose.

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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30 mai 2016 1 30 /05 /mai /2016 17:03

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

Loi Travail : le référendum syndical, faux ami des salariés

Pierre Gattaz et ses amis patrons de la Fnac ou des Galeries Lafayette n'en peuvent plus de voir les syndicats de salariés majoritaires bloquer les accords négociés avec les syndicats minoritaires, notamment ceux qui étendent le travail du dimanche. Alors Manuel Valls et Myriam El Khomri leur ont concocté une réforme sur mesure, intégrée dans la loi Travail, au nom qui fleure pourtant bon la démocratie : le référendum d'entreprise…
 
Le référendum d'entreprise est une mesure poussée par la droite et le patronat. - Sipa
 

Les syndicats, soit ils signent, soit on les évite. Dernier exemple en date de ce type de bras de fer direction-syndicats, le conflit au sein des Galeries Lafayette sur le travail du dimanche est en passe de finir devant la justice. La direction du groupe y conteste en effet la représentativité des syndicats majoritaires (CGT, FO et SCID) qui ont exercé leur droit d'opposition contre un accord proposé au sein de l'entreprise pour étendre le travail du dimanche. Mais si la loi Travail passait, elle offrirait à la direction une solution toute simple sur un plateau…

Résumé de la situation aux Galeries Lafayette : profitant des possibilités ouvertes par la loi Macron de 2015, la direction souhaite ouvrir tous les dimanches son magasin phare, boulevard Haussmann à Paris. A la suite de l'échec des négociations de branche, elle propose en mai un accord d'entreprise aux syndicats de salariés, rejeté à l'unanimité. Le 20 mai, elle parvient finalement à signer un compromis avec la CFE-CGC et la CFTC. Les deux syndicats sont habilités à le faire, puisqu'ils représentent à eux deux 37,94% des voix aux élections professionnelles, au-delà donc du seuil de 30% nécessaire à la validation de l'accord, prévu par la loi sur la représentativité syndicale de 2008. Mais cette même loi accorde aussi un droit d'opposition aux syndicats qui ne sont pas d'accord, à condition qu'eux représentent plus de 50% du personnel. C'est ce qu'il s'est passé vendredi : la CGT, FO et SCID, qui représentent 60,87% des salariés des Galeries, ont rejeté un "cadeau à la direction", dénonçant une signature "à la hâte" et "sous pression". Ce veto étant indépassable dans l'état actuel de la législation, l'accord est de facto rejeté.

 

"Le référendum d'entreprise, je n'y crois pas"

Pour tenter de faire valider son accord malgré tout, la direction des Galeries Lafayette conteste donc en justice la représentativité d'un des trois syndicats qui lui pose problème, le SCID (14,19%). La décision de la justice est attendue le 9 juin. Mais grâce à la loi El Khomri, adoptée en première lecture à l'Assemblée, les patrons pourront bientôt s'épargner ces imbroglios judiciaires. Et ce, grâce à une disposition intégrée au texte in extremis, annoncée à la surprise générale par Myriam El Khomri le 26 janvier dernier : le référendum d'entreprise à initiative syndicale. L'idée est lumineuse : quand un accord sera rejeté par les syndicats majoritaires, comme aux Galeries, ceux qui ont signé l'accord - à condition toujours qu'ils représentent au moins 30% du personnel - pourront lancer une consultation des salariés, laquelle aura le dernier mot.

Smart ou le chantage par référendum

A priori, quoi de plus démocratique que de faire voter les salariés ? Mais l'annonce de Myriam El Khomri a d'autant plus créé la surprise que le 20 octobre dernier, la ministre du Travail avait elle-même déclaré : "Le référendum d'entreprise, je n'y crois pas". A l'époque, elle réagissait au cas de l'usine Smart de Moselle, où les syndicats avaient rejeté un accord proposé par la direction pour relever de 37 à 39 heures le forfait d'heures payées 35. Menaçant de devoir recourir à des suppressions, la direction avait arraché l'accord de 56% des salariés lors d'un référendum. Le vote n'avait qu'une valeur consultative mais il a mis en valeur une chose : même quand leurs représentants syndicaux sont unanimes à rejeter un accord en leur défaveur, les salariés peuvent céder face au chantage à l'emploi. C'est pourquoi le gouvernement l'avait désavoué, Myriam El Khomri ajoutant : "Je n'y suis pas favorable, je crois aux syndicats dans notre pays. Pour moi les corps intermédiaires sont importants, ils représentent les salariés, ils ont été élus pour."

 

"On supprime le droit d'opposition"

Mais cela, c'était avant le cas Fnac, trois mois plus tard. Comme aux Galeries Lafayette, un accord sur le travail dominical est rejeté par les syndicats majoritaires alors qu'il avait été signé par trois syndicats représentant plus de 30% du personnel. Nous sommes le 20 janvier. Six jours plus tard, donc, coup de théâtre : le gouvernement intègre un référendum d'initiative syndicale dans son projet de loi Travail. Un nouvel "amendement Fnac", en somme, après le rejet de celui proposé dans la loi Macron l'an dernier, qui devait justement accorder de nouvelles possibilités d’ouverture aux distributeurs culturels. Et Myriam El Khomri a un argument tout trouvé pour expliquer que cela n'a rien à voir avec le chantage mené chez Smart, et que donc elle ne se contredit pas par rapport à ce qu'elle disait le 20 octobre :  il ne s'agit "pas d'un référendum à la main des entreprises mais d'un référendum à la main des organisations syndicales".

"Le referendum, c'est la mort du fait syndical !"
Sauf que comme l'a montré le cas Smart, les salariés ne sont pas toujours les mieux placés pour peser face à la direction… "Dans une période de chômage de masse, on est structurellement dans une forte situation de déséquilibre des rapports de force. Le chantage à l'emploi, individuel et collectif, d’un employeur envers ses salariés, ça existe, il y a eu des exemples", souligne pour Marianne Jérôme Pélisse, professeur de sociologie à Sciences Po et spécialiste des relations professionnelles. Lequel confirme un fait souligné par Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, au moment de l'annonce du référendum : "On supprime le droit d'opposition". "Cela revient à dire qu'aucun poids n'est donné aux élections professionnelles alors même que nous tirons notre légitimité de celles-ci", abondait Carole Couvert, présidente de la CFE-CGC. Résonnant avec les propos de Myriam El Khomri en octobre dernier, mais aussi avec cette maxime : "Le referendum, c'est la mort du fait syndical !". Celle-ci est de Jean Auroux, ministre du Travail de François Mitterrand, père de la "citoyenneté dans l'entreprise".


Source : http://www.marianne.net

 

 

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