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11 juin 2016 6 11 /06 /juin /2016 14:45

 

Source : http://leplus.nouvelobs.com

 

 

Mon collègue de LIDL s'est suicidé: il faisait le travail de 3 personnes. Trop de pression

 
 

LE PLUS. Vendredi 29 mai, Yannick, 33 ans, employé du groupe de distribution LIDL, s’est suicidé dans les locaux d’un entrepôt à Rousset (Bouches-du-Rhône). Pour ses collègues, son geste serait lié à une surcharge de travail et une pression grandissante de sa hiérarchie. Marc C. travaillait avec Yannick. Pour lui, il est primordial que l’entreprise reconnaisse sa part de responsabilité.

 

Édité et parrainé par Louise Auvitu

 

 

Yannick, 33 ans, s'est suicidé dans les entrepôts de LIDL à Rousset. (P. STOLLARZ/AFP)

 

Le soir du vendredi 29 mai, la femme de Yannick a contacté l’entrepôt car elle était sans nouvelle de son mari. Ce dernier devait aller récupérer son enfant à la sortie de l’école. Il ne s’y était pas rendu. À l’entrepôt, on lui a répondu que Yannick avait quitté son travail et qu’il ne se trouvait plus sur le site.

 

Au bout de quelques heures, sa femme, inquiète, a décidé de venir directement sur place. Vers une heure du matin, la pièce des compresseurs, qui était bloquée de l’intérieur, a été ouverte. Le corps de Yannick a été retrouvé. Il s’était pendu à l’aide d’une chaîne.

 

En solidarité, l’ensemble des travailleurs du site sont en arrêt de travail depuis lundi.

 

Je m’en veux de ne pas avoir pu déceler son mal-être

 

Ce drame a occasionné une immense souffrance. Yannick était notre collègue, tout le monde le connaissait, tout le monde l’appréciait. Pendant 10 ans, j’ai travaillé à ses côtés. C’était quelqu’un de très gentil, toujours disponible et à l’écoute des autres.

 

Il était déjà venu vers moi pour me dire qu’il n’allait pas bien. Il se sentait surchargé de travail et souffrait d’un manque de respect de la part de la direction. Il m’avait dit qu’il voulait quitter l’entreprise, mais ne savait pas vraiment comment s’y prendre. Je lui avais conseillé de tenter une rupture conventionnelle avec la direction. Je ne sais pas s’il avait fait la démarche.

 

Comme d’autres collègues, je m’en veux de ne pas avoir pu déceler son mal-être, de ne pas avoir réussi à désamorcer ses intentions. Il y avait bien quelques signes, mais comme la plupart d’entre nous.

 

Yannick emmagasinait le travail de 3 personnes

 

Le groupe LIDL a été restructuré il y a quelques années et notre site en a été directement impacté. L’entrepôt de Rousset est une vieille structure qui nécessiterait d’être repensée et rénovée. Nous sommes clairement en fin de vie.

 

En changeant de direction, LIDL est passé du "discount" à la supérette classique, mais le problème c’est qu’au lieu d’injecter de l’argent pour améliorer nos conditions de travail, ils ne nous ont pas pris en considération.

 

Yannick, comme nous autres, était surchargé de travail. Il était toujours en train de courir dans tous les sens. À lui seul, il emmagasinait le travail de deux ou trois employés. Et pour cause, notre entrepôt tourne en sous-effectif constant. La direction préfère cumuler les emplois précaires, les profils polyvalents, ce qui ne favorise pas un fonctionnement stable.

 

Par exemple, au pôle palettes, il est toujours très difficile de faire évacuer cartons et plastique dans le temps imparti. C’est impossible à gérer et cela entache considérablement notre productivité.

 

Au travail, personne ne se sent serein et en sécurité. On craint toujours un accident.
 

"Votre travail serait mieux fait par des enfants"

 

Le souci, c’est que nous n’avons personne à qui parler. Dès qu’il s’agit d’aborder les problèmes de fonctionnement de l’entreprise, la direction fait tomber un rideau de fer. Pire encore, elle nous manque de respect.

 

En façade, on nous dit que tout se passe bien, qu’il n’y a aucun problème et que nous faisons du bon boulot.

 

Mais en entretien individuel, il est fréquent qu’on lance à des jeunes de 25/35 ans que le travail qu’ils font serait mieux réalisé par des enfants de trois ans. Si vous avez le malheur de poser un arrêt maladie, on vous explique qu’il n’y a pas de problème… car de toute façon, on aura trouvé quelqu’un pour vous remplacer quand vous reviendrez.

 

Voici le genre de pression quotidienne que nous subissons.

 

Nous ne sommes pas de la matière première

 

Les plages horaires sont très variées car l’entrepôt est ouvert quasiment 24 heures sur 24, trois équipes tournent matin, midi et soir. On commence à 5 heures du matin, pour parfois finir à 19 heures… sans compter ceux qui travaillent la nuit.

 

Ce qui nous dérange, ce n’est  nos conditions de travail, mais aussi le manque de considération à notre égard. Ce qui est arrivé à Yannick ne doit jamais se reproduire. Et pour cela, il faut que Lidl se remette en question, qu’il réfléchisse sérieusement à la part de responsabilité qu’ils ont dans ce terrible drame.

 

J’espère qu’un jour on nous écoutera, que l’entreprise appliquera cette transparence nécessaire au bon fonctionnement d’une société. Plus question d’être traité comme de la simple matière première.

 

 

Propos recueillis par Louise Auvitu

 

 

 

Source : http://leplus.nouvelobs.com

 

 

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11 juin 2016 6 11 /06 /juin /2016 14:17

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

La menace de la réquisition face aux mouvements sociaux

10 juin 2016 | Par Rachida El Azzouzi
 
 

Le gouvernement voudrait en finir avec les grèves à l'heure où l'Euro de football commence. Mais la tension sociale ne faiblit pas. La grève dure à la SNCF, dans le traitement des ordures et elle commence à Air France.

La stratégie du gouvernement consistant à faire de l’Euro de football l’arme qui éteindrait les colères et les tensions sociales à travers le pays, et qui ressouderait grâce à la passion du ballon rond une France au bord de l’implosion, ne fonctionne décidément pas. Les grèves se poursuivent dans plusieurs secteurs, comme les déchets ou à la SNCF. D’autres s’annoncent, comme la grève des pilotes à Air France ce samedi, au grand dam de l’exécutif qui martèle que le temps de la grève est révolu. « Il faut, selon une formule célèbre, savoir arrêter une grève », avait déclaré en début de semaine dans un entretien à la Voix du Nord François Hollande. Le chef de l’État empruntait la citation à Maurice Thorez mais il la tronquait de moitié et de l’essentiel puisque le 11 juin 1936, le secrétaire général du Parti communiste français déclarait : « Il faut savoir terminer une grève dès que satisfaction a été obtenue » (lire ici l’article d’Antoine Perraud).

Michel Sapin lui a emboîté le pas jeudi, poursuivant la surenchère verbale depuis plusieurs semaines pour décrédibiliser les mouvements sociaux et monter l’opinion publique contre les grévistes, « radicaux », « inconscients », « irresponsables », « preneurs d’otage », « terroristes », etc. « Pour qu'une grève soit comprise, il faut qu'elle ait un sens. Aujourd'hui, cette grève n'a plus aucun sens. Quel est le sens de la grève des conducteurs de camions qui ramassent les ordures ? Personne n'est capable de le dire. Quel est le sens de ceux qui bloquent l'entrée de Rungis ? On est dans des manifestations qui n'ont plus aucun sens », a lancé jeudi sur les ondes de France Info le ministre des finances. Le secrétaire d'État en charge des transports, Alain Vidalies, a renchéri ce vendredi matin sur Europe 1 en pointant des grèves qui sont « une action contre la France et contre les Français ». Il a même évoqué un recours « aux réquisitions [de conducteurs de trains – ndlr] » pour acheminer les supporters de foot dans les stades. Soit la réaffirmation de ce que François Hollande et Manuel Valls ont également laissé entendre, sans toutefois prononcer le mot « réquisition ».

 

Ce dernier a décrété jeudi : « Maintenant, c’est le temps de la fête », lors d'un déplacement à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Comme si c’était au premier ministre de décider des agendas et d’imposer l’heure (le leurre) de « la fête ». Comme si la grand-messe footballistique devait et pouvait faire oublier l’état social critique de la France. Les dernières réquisitions dans l’Hexagone, qui sont légalement très encadrées, datent de l’automne 2010, lors du conflit sur la réforme des retraites. Dans les raffineries bloquées, Nicolas Sarkozy avait utilisé cette arme qui sera condamnée un an plus tard par l'Organisation internationale du travail pour atteinte au droit de grève. Fin mai, déjà, au plus fort des blocages de raffinerie, l’exécutif avait émis l’idée d’y recourir à son tour sans franchir le pas. Le fera-t-il dans les prochains jours ? L'évoquer est fou car, à la SNCF, le taux de grévistes est tombé à 8 % !

 

Blocage de l'usine de déchets d'Ivry-sur-Seine, en juin 2016. © Rachida El Azzouzi Blocage de l'usine de déchets d'Ivry-sur-Seine, en juin 2016. © Rachida El Azzouzi

 

« C’est une décision lourde de responsabilités, très grave », accuse Éric Santenelli de Sud-Rail, qui dénonce « un 49.3 social après le 49.3 parlementaire ». La CGT aussi. En tête de pont dans les mouvements sociaux depuis des semaines même si elle n’est pas seule, la centrale de Montreuil n’a pas “l’esprit football” tel que l’exécutif voudrait le définir. Celle qui est encore la première force syndicale du pays n’envisage pas de bloquer l’Euro. « Ce ne serait pas une bonne image de la CGT à donner aux supporters », a réaffirmé Philippe Martinez, le secrétaire général, qui veut que l’Euro soit « une vraie fête populaire dans les stades et les fan-zones ». Mais le syndicat n’envisage pas non plus d’appeler ses troupes à cesser la contestation au prétexte d’une compétition sportive internationale. À moins que le gouvernement n’accepte d’ouvrir des négociations autour de son projet de réforme d’ici à la manifestation nationale du mardi 14 juin, à l’appel de l’intersyndicale rassemblant la CGT et six autres organisations (FO, Solidaires, FSU, Unef, FIDL, UNL).

« Notre calendrier n’est pas celui de l’Euro, mais celui de la loi sur le travail », réaffirme Fabrice Angei, du bureau national de la CGT. « Le gouvernement se place en commentateur de la situation alors qu’il en est acteur. C’est lui qui prend en otage les Français, qui joue la carte du pourrissement du conflit », déplore le syndicaliste, qui cite le sondage Ifop pour Atlantico publié vendredi, indiquant que 59 % des Français interrogés trouvent justifié le conflit social sur la réforme du code du travail. La centrale de Montreuil, qui joue gros en adoptant une ligne dure dans le dossier enflammant la France depuis quatre mois, s’étonne dans un communiqué ce vendredi que « Myriam El Khomri se soit déclarée devant la presse prête à recevoir Philippe Martinez dans la minute si cela peut permettre de lever tous les blocages dans le pays alors qu’elle a fait savoir, la veille, jeudi, que son agenda ne lui permettait pas de recevoir le numéro un de la CGT avant vendredi 17 juin », soit trois jours après la manifestation contre la réforme du code du travail. La ministre du travail, qui avait reçu la CFDT la semaine passée, a rencontré ce vendredi après-midi Jean-Claude Mailly. Si Force ouvrière est engagé dans le même bras de fer que la CGT, il n’y a jamais eu de silence radio entre lui et le pouvoir.

 

Dans les déchets

C’est l’une des grèves qui se fait le plus “sentir”, notamment à Paris où les déchets débordent des poubelles dans une dizaine d’arrondissements donnant, par endroits, à la capitale des airs de Naples : celle qui affecte la collecte des ordures ménagères, à l’appel de la CGT des services publics, pour peser dans le rapport de force avec le gouvernement sur la réforme du code du travail. Depuis plus de dix jours, les principaux sites de collecte et de traitement des déchets de la région parisienne sont perturbés par des grèves continues ou temporaires des personnels et agents de la Ville de Paris – éboueurs, agents territoriaux, chauffeurs de camions-bennes. Le plus important incinérateur de France (et d’Europe), Ivry-sur-Seine/Paris 13, qui traite d'habitude 1 800 tonnes d'ordures ménagères par jour pour un bassin d’1,2 million d’habitants, est en grève continue depuis douze jours (lire ici notre reportage).

Les grévistes qui bloquent cette usine d'incinération ont reconduit jeudi leur grève jusqu'à mardi 14. Si la semaine dernière, et face à l’argument sanitaire de la maire de Paris Anne Hidalgo – que les ordures ne gagnent pas la Seine du fait de la crue –, ils ont repris du service le temps du week-end, ce n’est pas le cas aujourd’hui même si, dans les garages à bennes, les grévistes ont laissé ce vendredi matin sortir les camions des chauffeurs non grévistes. « Nous ne sommes pas imperméables aux problèmes d’insalubrité qui se posent dans certains endroits. On aurait pu tout bloquer, mais on a fait ce geste pour donner de l’air à certains quartiers », explique Baptiste Talbot, le secrétaire général de la CGT des services publics. Il applaudit la prise de position de la maire de Paris Anne Hidalgo, qui s’est montrée très critique du gouvernement sur RMC et BFMTV et qui l’exhorte à ouvrir le dialogue avec les syndicats et à « réécrire » l’article 2 du projet de loi sur le travail, qui promeut les accords d’entreprise majoritaires.

Jeudi, la Ville de Paris a annoncé « redéployer » son dispositif afin de faire enlever les poubelles par des entreprises privées, qui se chargent déjà en temps normal de la moitié des arrondissements parisiens, les dix autres étant gérés en régie publique : « Dès hier soir [jeudi], nous avons pu faire sortir une cinquantaine de camions de plus pour ramasser les ordures normalement et essayer de récupérer le surplus. » « Ce matin [vendredi], nous avons trente camions de plus dans Paris. » Mais pour « revenir à une situation normale, il faut quelques jours bien évidemment », a indiqué la maire de Paris sur RMC-BFMTV. Des blocages touchent aussi Marseille (Fos-sur-Mer), l'Ariège, les Hautes-Pyrénées et viennent de gagner la ville du Havre (Seine-Maritime).

 

Paris 12, juin 2016 © Rachida EL Azzouzi Paris 12, juin 2016 © Rachida EL Azzouzi

À la SNCF

 

Reconduite ce samedi, pour une dixième journée consécutive, par de nombreuses assemblées générales mais avec souvent des scrutins plus serrés, la grève lancée par la CGT-Cheminots (et aussi l’UNSA qui s’est très vite retirée), soutenue aussi par FO (non représentatif), a perdu de la force mais elle dure. Jeudi, la direction recensait encore 7,9 % de grévistes, tous métiers confondus, contre 17 % le 1er juin, mais ce sont les personnels roulants qui sont les plus mobilisés, d’où les incidences notables sur le trafic. Cette grève qui mêle revendications internes sur la future organisation du travail et contestation du projet de réforme du code du travail (lire ici notre article) fait enrager le gouvernement. Lui qui n’avait qu’une hantise – que les cheminots rejoignent les cortèges et paralysent les transports ferroviaires à quelques jours de l’Euro – a manœuvré en coulisses pour éviter un mouvement de grève généralisé à la SNCF. S’il avait obtenu que la CFDT-Cheminots, quatrième syndicat de l’entreprise (15 %) mais l’un des plus représentés chez les conducteurs, rentre dans le rang et se retire de la mêlée, il n’a pas réussi à la veille de l’Euro à faire cesser la grève.

Mardi, l'entreprise a annoncé un projet d'accord sur l'organisation du temps de travail, consacrant le régime de travail actuel à la SNCF. Mais pour être valable, il doit recueillir la signature de syndicats représentant au moins 30 % des voix aux dernières élections, et ne pas rencontrer d'opposition de la part d'organisations dépassant 50 %. Les organisations ont jusqu’au 14 juin pour le signer ou pas. L’UNSA et la CFDT, dépassant les 30 % requis, l’ont signé. Mais Sud-Rail (17 %) et la CGT, premier syndicat de l’entreprise (34,5 %), majoritaires à eux deux, ont la capacité de s'opposer à l’accord et de faire jouer le droit de veto, qui ferait capoter l’accord. Sud-Rail a annoncé qu’elle ne le signerait pas, jugeant l’accord mauvais, notamment l’article 49 qui offre la possibilité de déroger par établissement à ses propres dispositions. Elle l’estime contraire à l'esprit des règles de représentativité syndicale et porteur d'un risque lourd de dumping social. Elle a proposé à la CGT de faire de même en le dénonçant. Mais la CGT-Cheminots prend son temps pour se positionner, depuis près de 48 heures, certainement fracturée en interne. Officiellement, elle ne donne pas de mot d'ordre et s'en remet aux « assemblées générales souveraines » pour décider des « suites », consulte ses adhérents. Mais dans ses rangs, comme du côté de Sud, on craint qu’elle ne dépose les armes d’ici à mardi.  

À Air France

« La grève la plus absurde de l’année », « Les pilotes d’Air France prennent l’Euro 2016 en otage » la grève des pilotes annoncée à Air France pour au moins quatre jours, à compter de samedi, est très mal perçue dans les médias. Elle arrive au plus mauvais des moments pour le gouvernement et n’a rien à voir avec la contestation contre la loi sur le travail. Les pilotes d'Air France sont appelés par le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), le Syndicat des pilotes d’Air France (SPAF) et Alter – les trois syndicats de pilotes représentatifs – à défendre l'emploi et leurs conditions de rémunérations. Mais pas seulement

Les syndicats de pilotes français réclament notamment des garanties sur l'activité de la compagnie Air France, en perte de vitesse selon eux par rapport aux autres composantes du groupe Air France-KLM (Transavia, Hop! et KLM). Après trois jours de négociations avec la direction, les trois syndicats représentants de pilotes ont rejeté à l’unanimité le nouveau protocole de sortie de crise ce jeudi. 

Air France « prévoit d'assurer plus de 80 % de ses vols » samedi, au premier jour d'une grève qui mobilisera 25 % des pilotes, a indiqué la compagnie vendredi dans un communiqué. Elle annonce le maintien de « plus de 90 % » des vols long-courriers, « 90 % » des vols intérieurs et « autour de 75 % » des vols moyen-courriers de et vers Paris Charles-de-Gaulle, sans exclure « des annulations et des retards de dernière minute ». Elle estime le coût de la grève entre 5 et 6 millions d'euros par jour. En 2014, une grève unitaire des pilotes contre l'essor de la filiale low cost Transavia avait cloué au sol la moitié des vols durant deux semaines.

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
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11 juin 2016 6 11 /06 /juin /2016 14:06

 

« Gratiferia » & « Merci patron ! » - samedi 103 mars ( 11 juin ) à Nîmes - Nuit Debout Nîmes

www.nuitdeboutnimes.fr

 

 

 

Ce soir

 

PROJECTION-DEBAT "MERCI PATRON!"

 

SAMEDI 103 mars, 11 juin 2016

 

SQUARE DE LA BOUQUERIE,

 

boulevard Gambetta à Nîmes

(en cas de pluie, la projection aura lieu au London Tavern boulevard Amiral Courbet)

 

 

Nuit Debout Nîmes vous invite à la projection-débat autour du film de François Ruffin, " Merci Patron!",

à quelques jours d'une mobilisation cruciale contre la loi El Khomri, il était temps de revenir aux sources de ce qui a fait éclore le mouvement Nuit Debout à Paris il y a maintenant 103 jours.

Ce sera l'occasion pour l'assemblée d'échanger librement sur les questions qui nous préoccupent et nous concernent tous-tes: Travail, salariat, précarité, inégalité, répartition des richesses...

Une gratiferia, soit la possibilité d'amener des choses à donner et d'en trouver gratuitement, commencera dès 18h, suivi d'un repas partagé à 20h et enfin,

la diffusion du film est prévue pour 21h30 et sera suivi d'un débat libre sur le sujet.

Nous espérons vous y voir nombreux-ses!

Nuit Debout Nîmes

 

 

Programme:

 

  • 18 H – GRATIFERIA
    Vêtements, objets divers, amenez ce que vous voulez donner et repartez avec ce qui vous intéresse !
  • 19 H – POINT INFO SEMAINE
  • 19 H 30 – EXPRESSION LIBRE
  • 20 H – REPAS PARTAGÉ
    Repas "fallait pas", collaboratif et partagé, n'hésitez pas si vous le pouvez à amener un petit quelque chose à manger sur le pouce.
  • BUVETTE DE SOUTIEN CONTRE LA RÉPRESSION
  • 21 H 30 – DIFFUSION DU FILM : « MERCI PATRON ! »
    Réalisé par François Ruffin

 

 

 

Merci_Patron_Nimes

 

 

« Gratiferia » & « Merci patron ! » - samedi 103 mars ( 11 juin ) à Nîmes - Nuit Debout Nîmes

www.nuitdeboutnimes.fr

 

 

 

 

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11 juin 2016 6 11 /06 /juin /2016 13:53

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

Faut-il ouvrir la cage aux animaux ?

 
 
 
"Oh la belle girafe ! Et l'orang-outan !" Des décennies d'émerveillement enfantin nous y avaient habitués... Mais de plus en plus de voix s'élèvent : l'enfermement des animaux sauvages, qui conduit à leur dénaturation, nous honore-t-il ?
 
Peut-on enfermer des bêtes sauvages pour le seul plaisir de s'en distraire ? Ici, des éléphants du cirque Barnum & Bailey
 

Avant, Marineland, c'était des orques qui effectuaient des sauts périlleux sur une musique techno assourdissante. Des dresseurs en Néoprène qui couraient autour du bassin en tapant furieusement des mains comme des GO du Club Med, ou qui faisaient du surf sur le dos des prédateurs. Mais ça, c'était avant. Ouvert au début des années 70, le parc aquatique situé à Antibes le jure, une main sur le cœur : tout a changé.

 

Fini le bling-bling, désormais Marineland est tout entier tourné vers sa mission pédagogique, résumée par un nouveau slogan chic et choc : «Apprendre, découvrir, s'amuser». Dorénavant, le show avec les orques s'intitule «Représentation sur la protection des océans». Inouk, le mâle, continue à faire coucou avec la nageoire, à dire oui et non avec la tête et à lever la queue sur commande, mais un film diffusé sur l'écran au-dessus du bassin débite des infos sur la puissance de l'animal, sa vitesse de nage et la répartition des individus (libres) sur le globe. La bande-son, aussi, a changé, passant de la discothèque de station de ski au film de Walt Disney, ambiance symphonie grandiloquente un brin tire-larmes.

 

Nouveau statut d'"êtres sensibles"

Hélas, ces ajustements ne sont pas de nature à calmer les centaines de manifestants massés à l'entrée du parc. «En milieu naturel, les orques peuvent parcourir jusqu'à 160 km dans une journée. Une piscine en béton, ce n'est pas leur place, c'est tout !» assène une jeune femme habillée tout en noir. Depuis l'été dernier, tous les quinze jours ou presque, ces militants anticaptivité transforment l'entrée du parc en cimetière, plantant une croix symbolique pour chaque cétacé ayant trouvé la mort dans les bassins. «On n'insulte personne, on ne fait qu'informer les visiteurs, souligne l'une des chefs de file de la mobilisation, Christine Grandjean, fondatrice du collectif C'est assez ! Par exemple, on rappelle qu'en Europe 14 pays ont déjà interdit les delphinariums.» Avec deux autres associations, C'est assez ! a porté plainte en décembre 2015 pour «maltraitance animale». Fin mars, l'ONG Sea Shepherd leur a emboîté le pas en assignant Marineland en justice pour le même motif. Les activistes ne visent pas les soigneurs, dont l'attachement aux mammifères n'est pas remis en question, mais le principe même de la captivité.

 

En quelques années, le traitement que nous réservons aux animaux s'est invité dans les débats. Les parlementaires ont amendé le code civil pour leur accorder le statut d'«êtres sensibles». Les conditions d'abattage des cheptels déclenchent des polémiques nationales. L'opinion publique s'insurge lorsqu'un dentiste américain abat un lion de manière illégale au Zimbabwe. Pas de doute, notre niveau de tolérance à l'égard de la souffrance animale est en baisse. Et ni les zoos, dont Marineland fait partie, ni les cirques n'échappent à cette lame de fond. Peut-on enfermer des bêtes sauvages pour le seul plaisir de s'en distraire ? Au carrefour de l'éthique, de l'écologie et de l'économie, la question déchaîne les passions et provoque des engueulades qui atteignent le célèbre point Godwin à la vitesse de l'éclair.

 

En mars 2016, il a suffi que le maire de La Ciotat, Patrick Boré, annonce l'interdiction dans sa commune des cirques détenant des animaux sauvages pour qu'il soit instantanément traité de «nazillon» par Gilbert Edelstein, le PDG du cirque Pinder. «Les cirques ne peuvent offrir aux animaux sauvages un espace et des conditions de détention et de transport adaptés à leurs aptitudes et à leurs mœurs», insistait Patrick Boré dans une tribune au site LePlus. Dans la foulée, pas moins de six communes ont pris des arrêtés similaires, portant à 21 le nombre de villes refusant les cirques qui présentent des numéros avec des tigres, des lions, des éléphants, des hippopotames, des chameaux ou encore des ours.

Une sensibilité que Franck Schrafstetter, président de l'association Code animal, spécialisée dans la défense de la faune sauvage captive, voit aussi monter auprès du grand public. «Nous recevons tous les jours des demandes de citoyens qui souhaitent devenir "enquêteurs", relève le quadragénaire. Aujourd'hui, nous avons une cinquantaine de personnes sur le terrain qui nous envoient des photos ou des vidéos de ce qu'ils observent dans les cirques ou les zoos.» Sur le site, on trouve en effet des dizaines de séquences, récentes, présentant pour la plupart ce que les spécialistes appellent des «stéréotypies». Des éléphants qui balancent leur trompe de droite à gauche pendant des heures. Ou l'ours polaire de Marineland qui fait des allers-retours sur une bande de 1 m de largeur, se retournant toujours au même endroit, empruntant exactement le même trajet, encore et encore, à l'infini. «Pourquoi il fait ça depuis des heures ? s'interroge un petit garçon devant l'enclos. Il est bête ou quoi ?» Nul besoin d'être éthologue pour comprendre que cet ours, plus équipé pour la banquise que pour les températures azuréennes, a fondu les câbles. Très fréquents chez les animaux en captivité, ces gestes répétitifs sont le signe d'une frustration qui tourne à la folie.

 

Mais les quelques dizaines d'agitateurs qui s'appliquent à les filmer n'inquiètent nullement Raoul Gibault, directeur du cirque Medrano. «C'est une minorité d'extrémistes qui fait beaucoup de bruit, balaye-t-il. Si encore le public était contre les animaux dans les cirques, on se poserait la question ! Mais nous avons 17 millions de spectateurs par an, c'est notre chance.» Il est vrai que les Français ne sont pas dépourvus de paradoxes : sur le papier, ils se sentent concernés par le bien-être animal. Mais, alors que 23 pays interdisent déjà la présence d'animaux dans les cirques, parmi lesquels la Belgique, les Pays-Bas, la Grande-Bretagne, la Slovénie, la Croatie ou encore l'Inde, le public hexagonal continue à se presser sous les chapiteaux pour admirer des acrobaties sans rapport avec leurs dispositions naturelles.

 

àA Nice, au pied des gradins de 1 400 places du cirque Medrano, une ombre immense se dessine derrière le rideau vert. Un pachyderme fait son apparition. Puis un deuxième, un troisième, un quatrième, envahissant la piste qui tout à coup semble minuscule. On lève la tête sur ces mastodontes à la peau grise, saisi par ce qui apparaît spontanément comme une incongruité, un monstrueux contresens. L'expression populaire parle d'«éléphant dans un magasin de porcelaine» ; l'éléphant de cirque, assis sur un tabouret, ou posant ses pattes avant sur le dos de celui qui le précède, procure le même effet. Le terme «déplacé» saute à l'esprit. Le dresseur est accompagné de ses quatre fils en costume de scène bleu électrique ; le petit dernier se fait soulever par la trompe d'un des animaux. En dépit de leur envergure et de leur démarche fatiguée, les éléphants passent d'un tour à l'autre à une vitesse remarquable. On cherche du regard le fameux ankus, le crochet en métal utilisé par les dresseurs pour blesser les éléphants quand ils n'obéissent pas. Mais il semble que celui-ci n'en utilise pas. Même ses cris semblent superflus tant les bêtes agissent mécaniquement. En dix minutes, c'est bouclé, et tout le monde repart, sous les exclamations enthousiastes.

 

Un peu plus tard, le dresseur nous reçoit dans sa caravane. Jovial, Joy Gartner est moitié italien, moitié allemand. Il parle français avec sa femme, italien avec ses enfants, et «allemand avec les éléphants». Pendant que son épouse, Candy, prépare les cafés, il envoie un petit chercher les photos de famille. «On est dresseur de père en fils, je suis la sixième génération !» annonce-t-il fièrement. Il tourne les pages de l'album : paillettes, pachydermes, paillettes. «Moi, je suis né là-dedans. Je sais si les éléphants ont soif, s'ils ont faim, s'ils sont de mauvaise humeur. C'est une culture, on vit avec eux !» dit-il en écartant le rideau. Effectivement, la tête de Belinda est là, à moins de 1 m de la fenêtre. «Elle me cherche, sourit Joy. Il y a des cirques qui les maltraitent, c'est vrai, il y a des directeurs qui s'en foutent complètement. Mais ici, pour les bêtes, on peut dire que c'est le top du top.» Le top du top, c'est donc un coin de parking en bordure d'une voie rapide. Des bottes de foin, un peu d'eau, une tente pour s'abriter du soleil ou de la pluie. Et les tigres qui tournent en rond dans leur cage, à quelques mètres de là. Sinistre, mais légal.

 

Des contrôles casse-tête

Le cirque Medrano dont Joy Gartner vante les mérites a pourtant été pris en défaut. En mai 2015, les caméras de France Télévisions* ont montré que les cages extérieures réglementaires pour les fauves, d'une dimension de 30 m2, n'étaient pas systématiquement installées, condamnant les bêtes à l'espace confiné du camion. «Nos activités sont définies par un cadre juridique, se défend Raoul Gibault, directeur de Medrano. Les réglementations sanitaires sont extrêmement strictes, c'est d'ailleurs pour ça qu'il y a de moins en moins d'artistes qui travaillent avec des animaux.» En France, on estime qu'un millier d'animaux sauvages vivent dans des cirques. Deux organismes sont chargés de faire respecter la loi : les directions départementales de la protection des populations (DDPP) et l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). «Nous essayons d'effectuer des visites régulièrement», nous dit-on à l'ONCFS, sans plus de détails. Comprendre : on fait comme on peut. Car, en pratique, le contrôle des cirques itinérants relève du casse-tête. «Les numéros avec des animaux sont présentés par des artistes indépendants qui travaillent tantôt dans un cirque, tantôt dans un autre, explique Eric Hansen, délégué ONCFS des régions Centre et Ile-de-France. En plus, ils ont des prête-noms, il y a au moins une dizaine de Zavatta, autant de Bouglione... On essaie de les repérer pour constituer une base de données nationale. Mais on peut très bien visiter un cirque qui est aux normes aujourd'hui, et qui ne le sera plus dans quinze jours. Il suffit qu'il embauche de nouveaux artistes

 

Autre problème : lorsque tout indique qu'il faut saisir des animaux maltraités, il arrive que les autorités ne sachent pas quoi en faire, ni ou les replacer. En 2013, en Seine-et-Marne, un éléphant échappé d'un cirque a fauché un joueur de pétanque d'un coup de trompe. L'homme, âgé de 84 ans, n'a pas survécu. Le dénouement de ce fait divers funeste laisse pantois : le directeur du cirque a été relaxé, et l'animal est toujours utilisé dans les spectacles. Lorsqu'on lui demande quel avenir il prédit aux cirques avec animaux, Eric Hansen, le délégué de l'ONCFS, brandit son joker «devoir de réserve». «C'est sûr que passer son temps sur la route, pour des espèces comme ça...» souffle-t-il sans terminer sa phrase. «Les animaux dans les cirques vont finir par être interdits, c'est une certitude, affirme pour sa part Franck Schrafstetter, le fondateur de Code animal. La seule question, c'est : quand ?» Pour l'instant, cette perspective paraît inimaginable aux quatre fils de Joy Gartner, qui lézardent sous le soleil niçois avec leurs animaux de compagnie de 5 t chacun. «Moi, si je ne peux plus travailler avec les éléphants, j'irai dans un zoo, ou j'irai en Inde, affirme Moichel, 16 ans. Sans éléphant, je suis perdu.» Bien qu'il soit conditionné, des deux côtés, par des années de cohabitation imposée, l'attachement mutuel entre l'homme et l'animal ne fait aucun doute.

 

"Les animaux dans les cirques vont finir par être interdits, c'est une certitude. La question, c'est : quand ?" le fondateur de Code animal

 

Cette complicité constitue d'ailleurs l'argument phare de ceux qui mettent en scène des animaux sauvages. A Marineland, la communication du parc a longtemps répété qu'on ne dressait pas les orques, et que leurs cabrioles étaient réalisées par jeu, dans le seul but de faire plaisir à leurs soigneurs. Une démonstration qui aurait du mal à convaincre les spectateurs ayant assisté, en direct, à la mise à mort de Dawn Brancheau, attaquée en plein show par l'orque dont elle s'occupait tous les jours. L'accident a eu lieu en 2010, au parc SeaWorld d'Orlando, aux Etats-Unis. Il est le point de départ du documentaire Blackfish, qui raconte en détail l'histoire de l'orque en question, Tilikum, depuis sa capture au large de l'Islande en 1983. La direction de SeaWorld a bien tenté de faire passer le carnage pour un «jeu» ayant mal tourné. Manque de bol, les documentaristes ont exhumé le rapport d'autopsie, qui évoque un corps scalpé, fracturé et disloqué, précisant pour finir que le bras de la victime n'a jamais été retrouvé. Tilikum n'a pas voulu taquiner sa soigneuse, il l'a dévorée, renouant avec un instinct de prédateur qui, en milieu naturel, se cristallise sur les phoques. La diffusion de ce film a entraîné une chute spectaculaire du nombre d'entrées à SeaWorld, qui a fini par capituler : le 17 mars dernier, le parc a non seulement annoncé qu'il arrêtait les spectacles avec les orques, mais surtout qu'il mettait fin à son programme de reproduction. Les cétacés qui vivent aujourd'hui à Orlando seront donc les derniers. Rideau.

 

Evidemment, cette décision radicale, saluée par C'est assez ! et les autres associations anticaptivité, a donné un sacré coup de chaud aux responsables de Marineland. Lesquels ont déjà essuyé une tempête, de celles dont le Sud cévenol a le secret, qui a ravagé les installations en octobre 2015 et provoqué la fermeture du site pendant près de six mois. Valentin, âgé de 19 ans seulement - la longévité moyenne des orques mâles à l'état naturel est de 30 ans -, est mort quelques jours après les inondations. L'année précédente, c'était sa mère, Freya, qui mourait elle aussi à un âge prématuré pour une orque. Pas de quoi arranger les rapports avec les militants qui campent à l'entrée du site. A sa réouverture en mars 2016, le parc a donc décidé de tout miser sur un axe marketing déjà testé et approuvé par les zoos traditionnels : l'argument pédagogique. Désormais, Marineland «sensibilise les visiteurs à la conservation de la nature et aux espèces marines». Sauf que, pour l'instant, les soigneurs, auxquels on a demandé d'ajouter un vernis scientifique à leur spectacle, pataugent dans la semoule. Durant la représentation intitulée «Les Missions d'un zoo moderne», les otaries marchent sur les nageoires et dansent en tournant sur elles-mêmes sur une musique de dessin animé. L'animatrice du show essaye, elle, de distiller quelques infos sérieuses : «Marineland finance une association sur place, qui va... éduquer les populations locales aux... euh... à la chasse, pour essayer de protéger et renforcer ces animaux.» On ne connaîtra ni l'association, ni où elle officie, et on n'aura pas plus de renseignements sur les «populations locales» auxquelles on apprend à chasser - et peut-être à jouer aux échecs ? Nul doute que les enfants sont sortis édifiés par cette démonstration hautement éducative.

 

Jean-Claude Nouët, professeur de médecine et cofondateur de La fondation droit animal (LFDA), est excédé par ce qu'il appelle la «malhonnêteté fondamentale» des zoos. «Ça ne peut pas être scientifique de donner à voir des animaux qui n'ont pas des comportements normaux. Ils s'adaptent pour survivre, mais ce ne sont pas des exemples de l'espèce !» tonne cet infatigable pourfendeur de la captivité. Selon lui, on n'apprend rien à observer un lion qui ne sait plus chasser, une orque qui n'a jamais croisé une algue, ou un éléphant qui vit seul, quand ses congénères ne se déplacent jamais sans une harde d'une dizaine d'individus. Dans les années 70, ces arguments avaient affecté l'image des zoos, qui s'étaient trouvés en sérieuse perte de vitesse. «Mais maintenant ils ont confié leur image à des agences de pub, déplore le professeur Nouët. Le zoo de Beauval, c'est l'un des pires : c'est vraiment de la communication faite pour les andouilles, ces affiches avec les gorilles et les pandas.» Outre l'astuce de faire de quelques individus des «superstars», les zoos ont aussi travaillé leur vocabulaire. Les animaux ont écopé du titre d'«ambassadeurs». Les enclos sont des «biozones». Enfin, on ne va plus au zoo, c'est «la nature qui reçoit».

 

Il serait pourtant malhonnête de prétendre que les conditions de détention des animaux dans les zoos ne se sont pas améliorées. La mode n'est plus aux perroquets qui ne peuvent pas voler, ni même déployer leurs ailes. Il reste bien quelques zoos du genre, comme celui de Strasbourg, où un malheureux lynx dépérit sur son trottoir. Mais les parcs modernes misent sur des enclos plus vastes, mieux «végétalisés», où les animaux peuvent se soustraire au regard des visiteurs s'ils le souhaitent. «On n'a pas la prétention de dire qu'on a recréé leur environnement naturel, mais on a essayé de coller aux comportements biologiques des espèces qu'on accueille», indique Alexis Lécu, le directeur scientifique du Parc zoologique de Paris. Plus connu sous le nom de «zoo de Vincennes», le parc célèbre pour son grand rocher artificiel en béton a rouvert ses portes en avril 2014, après six ans de fermeture et une refonte complète. Avec un succès mitigé. Dans les semaines qui ont suivi l'inauguration, les premiers visiteurs ont tiqué. Motif ? Ils ont payé - cher : 22 € l'entrée - et ils n'ont rien vu. Ou pas assez à leur goût. «Les animaux n'étaient pas encore acclimatés, ils se cachaient, reconnaît la directrice, Sophie Ferreira. Mais il y a aussi quelque chose de plus structurel : les enclos sont grands, il faut accepter que tout ne soit pas immédiat. Quitte à revenir un peu plus tard si on n'a pas pu admirer un animal.» En visitant la serre tropicale, on comprend vite à quoi Sophie Ferreira fait allusion. Collée à la vitre, cherchant désespérément un python parmi les branchages, une dame d'une soixantaine d'années râle à voix haute : «On les voit tout de même mieux au Jardin des Plantes !» Un peu plus loin, un petit garçon se montre lui aussi franchement déçu : «Ça y est, je l'ai vu, il est là. C'est un tout petit lézard de rien du tout.» Le gecko de Madagascar en prend pour son grade.

 

"Ce que veulent les gens, c'est retrouver un contact avec la nature, analyse Pierre Gay, qui dirige avec son fils le Bioparc de Doué-la-Fontaine, près d'Angers. Il faut susciter l'émotion, c'est la clé du tourisme, quel qu'il soit. J'essaye de rapprocher les visiteurs d'une nature qui ne soit pas trop "disneyïsée".» Pour le coup, on peut dire qu'il a fait fort. Dans ce qu'il a tenu à appeler «bioparc» et non «zoo», les primates évoluent sur des îles, sans barrière ni grillage. Un mince bras d'eau suffit à éviter qu'ils ne s'échappent. Les tigres dorment, planqués dans des bosquets ; il faut monter dans un perchoir et se contorsionner pour les apercevoir. La volière est haute de 13 m, les girafes se baladent dans une immense carrière qu'elles partagent avec des zèbres. «Etre confronté réellement à un animal, ce n'est pas la même chose que le voir dans un documentaire, ajoute Sophie Ferreira, directrice du Parc zoologique de Vincennes. Il y a une question d'échelle, il y a le bruit, l'odeur.» Mesurer sa petitesse par rapport à un rhinocéros, éprouver sa vulnérabilité face à un guépard : ces zoos new look affirment qu'ils proposent une expérience émotionnelle qui laisse des traces. «Pourquoi pas ? concède Jean-Claude Nouët, de La fondation droit animal. Mais il faut être clair sur ce que l'on fait. On ne préserve pas une espèce, on conserve des spécimens. Pour vraiment préserver les animaux, il faut préserver leurs espaces naturels, leurs biotopes. Ces animaux sont les vestiges d'une nature que l'on détruit, c'est d'une grande tristesse.»

 

Les parcs modernes misent sur des enclos plus vastes, mieux "végétalisés", où les animaux peuvent se soustraire au regard des visiteurs

 

Les réintroductions dans un milieu naturel, sur lesquelles les zoos aiment communiquer, sont rares, compliquées, et souvent vouées à l'échec. «Ça ne peut fonctionner qu'avec des animaux qui n'ont pas été trop au contact des hommes, souligne Franck Schrafstetter. Ça reste très minoritaire.» Le directeur de Code animal estime même que les zoos contribuent, indirectement au moins, à l'extinction des espèces : «Un enfant qui voit un perroquet magnifique, plein de couleurs, va dire à ses parents : "Je veux un perroquet !" C'est un oiseau qui devrait vivre dans des canopées, et qui va se retrouver dans un salon. Les zoos transforment les animaux en produits de consommation courante. Il faut sortir de cette logique.» Un ours polaire à Nice, une orque à Antibes, un éléphant en Seine-et-Marne : autant d'espèces qui n'ont rien à faire sous nos latitudes. Sollicitée par Marianne pour faire connaître sa position sur le sujet, la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, n'a pas donné suite à nos demandes répétées. Pour l'instant, les politiques ne semblent pas vraiment pressés de passer la seconde. Liberté du commerce oblige...

 

Car les animaux sauvages sont, encore et toujours, au centre d'un business lucratif : les cirques vendent leurs places entre 22 et 46 €, Marineland revendique pour l'année 2014 un chiffre d'affaires de 37 millions d'euros. Toujours à l'affût d'un bon coup, deux chaînes de télévision se sont emparées du filon. Le personnel du zoo de Beauval est filmé par les équipes de l'émission «Vétérinaires, leur vie en direct», diffusée le dimanche après-midi sur TF1. On y voit des professionnels dévoués, investis, qui n'hésitent pas à annuler leurs jours de congé pour prendre soin de leurs «ambassadeurs» captifs, le tout dans une mise en scène qui ne craint jamais de tirer les ficelles du pathos. Sur France 4, l'émission «Une saison au zoo» propose de suivre le quotidien des soigneurs du zoo de La Flèche, dans la Sarthe, entre acclimatation d'un tigre blanc fraîchement débarqué et «syndrome de dépérissement du ouistiti». Plus de 700 000 téléspectateurs enthousiastes ont assisté au lancement de la saison 5. Comme quoi, la nature, c'est bien, mais la nature spectacle, c'est encore mieux.

* Cirque Gruss : une tradition en danger ?, documentaire diffusé le 4 mai 2015 sur France 5.

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

 

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10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 20:52

 

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com

 

 

VIDEO. Plumage à vif : comment est vraiment produit le duvet de vos oreillers

 

 

 
 

 

VIDEO. Plumage à vif : comment est vraiment produit le duvet de vos oreillers
Un employé tient le cou d'une oie pendant qu'il la plume. (Peta)

 

L'association de défense des animaux Peta a enquêté dans les élevages d'oies en Chine, d'où provient 80% du duvet mondial. Derrière les labels "responsables", se cache de la maltraitance animale.

 

Comment est vraiment produit le duvet de votre oreiller ou de votre doudoune ? En 2012, une première enquête de l’association de défense des animaux Peta dénonçait le plumage à vif, qui consiste à arracher les plumes des oies vivantes, laissant sur leur corps des plaies béantes. Les enseignes avaient réagi en annonçant la mise en place d'un label "responsable" garantissant selon elles le non-recours à cette pratique. Mais rien n'aurait changé à ce jour : l'ONG a enquêté de 2012 à 2015 dans les élevages d’oies en Chine, d’où provient selon elle 80% du duvet mondial. Et les images obtenues sont toujours aussi glaçantes.

 

 

On y voit des employés qui arrachent les plumes des oies alors que ces dernières sont conscientes, laissant leur corps à l'état de plaie géante. Beaucoup d'entre elles subissent cette torture plusieurs fois avant de finir à l'abattoir, selon la Peta. On y voit aussi des oisons blessés ou malades livrés à l'agonie, des oiseaux morts que l'on laisse pourrir "comme des déchets". La confection d'une doudoune garnie de plumes peut nécessiter jusqu'à sept oies, fait valoir l'ONG. Un des élevages aurait admis produire 15 tonnes de duvet d'oie plumé vivant par an, soit 250.000 plumages à vif annuel.

 

"Le plumage est fait en secret"

Et qu'importe le label. Tous les élevages figurant dans cette vidéo seraient liés à des fournisseurs d'enseignes qui ont obtenu la certification "normes de duvet responsable" (Responsible Down Standards, ou RDS), explique la Peta. L'autre certificat existant est le Non Live-Plucked Products Guarantee.

 

 

(Images : PETA)

 

Dans cette vidéo filmée en caméra cachée, un représentant de la société chinoise Jilin City Bailing Down Products, qui s'approvisionne en plumes arrachée à vif produites par une coopérative visée par l'enquête, admet tromper ses clients :

"Le plumage est fait en secret, nous ne voulons pas arracher les plumes publiquement. Pour faire simple, nous déclarons que tout est déplumé après l'abattage. Si vous dites que c'est plumé à vif, alors personne n'ose en acheter." 

"Il n'y a tout simplement aucune garantie que les plumes garnissant n'importe quelle veste ou coussin n'ont pas été arrachées à la peau d'une oie hurlante", renchérit Cyril Ernst, porte-parole de Peta France.

"On pense que c'est un produit anodin alors que lorsque l'on visionne ces images, la plupart des gens ne sont pas à l'aise avec ça."
"Peta appelle les enseignes et les consommateurs qui ont une éthique à laisser de côté le duvet et à préférer les fibres synthétiques modernes qui sont à la fois chaudes, imperméables, hypoallergéniques et respectueuses des animaux."

Laura Thouny

Laura Thouny

Laura Thouny

Journaliste

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Source : http://tempsreel.nouvelobs.com

 

 

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10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 14:49

 

Source : http://www.marianne.net

 

SNCF, Air France, éboueurs, loi Travail : la crise sociale inquiète l'exécutif pour l'Euro 2016

Alors que l'Euro de foot débute ce vendredi 10 juin, l'exécutif s'efforce de désamorcer la grève reconduite à la SNCF. Et de faire face à un blocage des centres de déchets qui se propage, avant une grève des pilotes d'Air France prévue du 11 au 14 juin…
 
La SNCF connaît son dixième jour de grève consécutif ce vendredi 10 juin. -Sipa
 

Ce vendredi 10 juin, l'équipe de France de football – ou la sélection roumaine qu'elle affronte – donne le coup d'envoi de l'Euro de football. Le bon déroulement de la compétition, que la France accueille jusqu'au 10 juillet, est l'une des principales préoccupations de l'exécutif qui compte donner la meilleure image du pays aux 2,3 millions de personnes attendues dans les stades et les 6,5 millions dans les "fan zones". Un impératif pour François Hollande, qui a même , et qui a affirmé à Tulle ce jeudi que "l'Etat prendra toutes les mesures nécessaires" pour faire cesser les grèves. Une perspective de plus en plus compromise...

 

 

► SNCF : la grève pas près de s'arrêter

Le mouvement est parti pour durer à la SNCF. Alors que l'Unsa et la CFDT ont annoncé qu'elles signeraient le projet d'accord de sortie de grève proposé par la direction ce mardi, SUD-rail s'y refuse. La balle est désormais dans le camp de la CGT, qui en rejoignant la position de SUD, acterait le rejet du projet de résolution du conflit.

 

 

Ne s'étant pas encore prononcé sur son choix de ratifier ou non le texte, le premier syndicat de la SNCF laisse les assemblées générales de salariés décider de la poursuite du mouvement, initié le premier juin. Un peu moins de 8% des agents étaient ainsi en grève jeudi, et les AG ont voté une reconduction pour ce vendredi. Depuis le début de la semaine, près de 20% des TGV et 40% des Intercités ne peuvent pas circuler. En Ile-de-France, le trafic s'améliore : seules quelques rares perturbations sont à prévoir sur le RER B.

Les syndicats ayant jusqu'au 14 juin pour signer l'accord, il est probable que la circulation des trains soit encore perturbée pendant l'Euro. Mais le leader de la CGT, Philippe Martinez, a confié jeudi ne pas être "sûr que bloquer les supporters soit la meilleure image que l'on puisse donner de la CGT".

Pourtant, l'accès au Stade de France, qui reçoit ce vendredi le premier match de l'Euro, sera bien perturbé sur les rails. Les conducteurs SNCF des RER B et D, qui desservent l'enceinte dyonisienne, seront massivement en grève ce vendredi, selon la CGT-cheminots et SUD-rail. De son côté, la direction a prévu d’assurer 50 trains pour acheminer les supporters, ce qui sera insuffisant.

 

► Poubelles : le privé à la rescousse à Paris

Les poubelles s'amoncellent sur les trottoirs parisiens depuis plusieurs jours. Trois sites de traitement de déchets de la région parisienne sont encore bloqués ce vendredi, dont l'usine d'Ivry-sur-Seine, la plus importante d'Ile-de-France. La maire de Paris, Anne Hidalgo, a annoncé ce matin que "toutes les ordures seraient ramassées" aujourd'hui dans la capitale. La Ville va recourir à des agents du privé pour assurer ce ramassage.

 

 

Les poubelles dans Paris

 

Le mouvement se propage en province. Dans le Sud-Est, l'incinérateur de Fos-sur-Mer est bloqué, empêchant le ramassage des ordures dans la région marseillaise. Deux autres centres sont également bloqués dans l'Ariège. A Saint-Etienne, le maire est parvenu à dénouer le conflit avec les services en grèves, l'installation des espaces dédiés à l'Euro n'est plus menacée.

Dans d'autres villes hôtes, comme à Lyon, l'acheminement de matériels par les services municipaux étant compromis, la tenue d'animations prévues pour l'Euro est menacée d'annulation.

 

► Air France : une grève annoncée du 11 au 14 juin

Le préavis de grève des pilotes de la compagnie française n'est pas levé. Prévue du 11 au 14 juin, cette grève impacterait fortement l'arrivée et le déplacement des supporters au début de l'Euro.

Un "protocole de fin de conflit" a été remis mardi aux syndicats par le PDG d'Air France Frédéric Gagey, à la suite d'une journée de tractations. Véronique Damon, secrétaire générale du SPNL, premier syndicat de la compagnie, se félicite d'une 'inflexion du discours de Frédéric Gagey". Mais le document "n'apporte pas de réponse concrète" à la principale demande des syndicats : le rééquilibrage entre Air France et KLM. Les pilotes demandent pas moins de vingt avions supplémentaires, soit un investissement de plus de trois milliards d'euros. Les syndicats  ont rejeté ce jeudi le nouveau protocole de fin de conflit transmis dans la nuit par la direction, qu'ils considèrent comme "un copier-coller" du précédent, et qui ne contient "aucune proposition" permettant de lever la grève débutant samedi.

Le PDG d'Air France estime que 20 à 30% des vols ne seront pas assurés ce samedi, date du début de la grève.

 

► Loi Travail : la mobilisation resurgit

Plusieurs centaines de manifestants opposés à la loi El Khormi ont bloqué temporairement l'accès au Marché d'intérêt national de Rungis ce jeudi matin. Le blocage a duré de 3 à 6 heures du matin.

Cette action symbolique, conduite essentiellement par des syndiqués CGT, annonce la prochaine journée de mobilisation nationale contre la loi Travail, mardi 14 juin. L'intersyndicale appelle en effet les opposants au texte à manifester à Paris et en province, en plein Euro de football. La dernière manifestation, .

 

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

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10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 14:44

 

Source : http://www.europe1.fr

 

 

Grève massive vendredi sur les RER B et D desservant le Stade de France

 
 
 
Grève massive vendredi sur les RER B et D desservant le Stade de France
100% des conducteurs de la zone Paris-Sud-Est (RER D) et plus de 90% sur la zone Paris-Nord (B et D) seront en grève, selon les syndicats.@ FRANCK FIFE / AFP
 

Sur les lignes B et D du RER qui desservent le Stade de France, les cheminots seront massivement en grève vendredi, jour de l'ouverture de l'Euro.

 

Les conducteurs SNCF des RER B et D, qui desservent le Stade de France, seront massivement en grève vendredi, jour du match d'ouverture de l'Euro de football, selon SUD-rail et la CGT-cheminots.

 

La quasi-totalité des conducteurs déclarés grévistes. 100% des conducteurs de la zone SNCF Paris-Sud-Est (RER D) sont déclarés grévistes pour vendredi, et plus de 90% sur la zone Paris-Nord (B et D), ont indiqué Emmanuel Grondein (SUD-rail) et Kevin Quehen (CGT). Interrogée, la SNCF a répondu "disposer de chiffres inférieurs", "certifiés par huissier de justice". Mais elle n'a pas souhaité les communiquer. Selon Emmanuel Grondein, le taux de grévistes "va remonter car un certain nombre de nos collègues attendaient l'Euro pour rentrer en grève". Il était selon lui de 78% jeudi à Paris-Nord.

 

Dixième journée de grève consécutive. Le trafic sur ces deux lignes était déjà fortement perturbé jeudi avec un train sur trois sur le RER B et quatre sur 10 sur le RER D, selon les prévisions qui avaient été communiquées par la SNCF. Dans la matinée, le directeur de SNCF Transilien avait invité les spectateurs du match d'ouverture de l'Euro à se rendre vendredi "le plus tôt possible" au Stade de France pour le match d'ouverture France-Roumanie en raison de la grève des cheminots. Le mouvement a été reconduit à vendredi, pour une dixième journée consécutive, dans la plupart des départements.

 

50 trains vers et depuis le stade. Sur ces deux lignes RER desservant le stade, la SNCF a prévu de faire circuler 50 trains "vers et depuis le stade" pour acheminer "entre 20.000 et 30.000 voyageurs". "La SNCF va mettre les moyens pour transporter les supporteurs, ce sont les banlieusards qui vont être affectés", selon Emmanuel Grondein.

 

Revendications. Personnellement, "j'aime le foot mais ce qui se passe dans le rail, c'est énorme. Je ne veux pas me gâcher la vie pour ne pas gâcher l'Euro", a commenté le syndicaliste de Sud-rail en ajoutant que les cheminots "veulent juste que la réglementation qu'ils ont aujourd'hui s'applique à toutes les entreprises de chemin de fer roulant en France". Pour son collègue de la CGT Kevin Quehen, "il est encore temps de remettre tout le monde autour de la table pour aboutir à une véritable négociation" sur les règles d'organisation du travail, "c'est un combat convergent avec les usagers, pour garantir un haut niveau de sécurité ferroviaire".

 
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10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 14:38

 

Source : http://www.frontsyndical-classe.org

 

 

 

 

 

La CGT de Toulouse annonce un renforcement des actions con

tre la loi Travail pendant l’Euro de football

 

Publié le par FSC

 

 

 La CGT de Toulouse annonce un renforcement des actions contre la loi Travail pendant l’Euro de football

 

Voilà!

ils instrumentalisent le sport pour peser sur le mouvement social.

Ils font du sport (en plus d'une activité pervertie par l'argent), Hollande en tête un simple spectacle et un outil de diversion disons de la question sociale.

Oui mais voilà la réalité est têtue et les travailleurs qui ont engagé le combat cotre la loi travail ne sont pas dupes et ne se laissent pas "divertir" de leur objectif qui est le retrait et sa renégociation!

ce qui est prévu à Toulouse : un exemple à suivre

_________________

Source : le site de Jean Lévy et France Info

Pas question de relâcher la pression sur le gouvernement au moment de l’Euro. Au contraire. C’est en substance ce qu’ont expliqué les syndicats CGT et SUD de Midi-Pyrénées. Grève, locage, manifestation, meetings internationaux, pas question de faire la trêve du ballon rond.

Les syndicats CGT et Solidaires de Midi-Pyrénées annoncent qu’ils comptent bien profiter des 4 matchs de l’Euro à Toulouse pour amplifier la contestation contre la loi Travail. ​

Une manifestation régionale aura lieu le 20 juin, le jour du match Pays-de-Galles-Russie.

Le 13 juin, jour du match Espagne-République tchèque, un meeting en plein-air sera organisé avec d'autres syndicats européens près de la fan zone toulousaine.

Ces matchs auront lieu les 13,17,20 et 26 juin ... mais lors d'une conférence de presse, les deux syndicats ont annoncé qu'il n'y aura pas de trève, les manifestations auront bel et bien lieu. Des négociations ont eu lieu avec l’UEFA pour des distributions de tracts en plusieurs langues près du Stadium de Toulouse lors des matchs.

 

 

 

Source : http://www.frontsyndical-classe.org

 

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10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 14:34

 

Source : http://www.revolutionpermanente.fr

 

 

Les ordures sont à Matignon

À la violence policière, les éboueurs de Paris répondent par la démocratie ouvrière

Publié le 8 juin 2016

 

 

 

Mercredi matin, les CRS ont tenté de déloger les éboueurs de la propreté de la ville de Paris, sans succès. En effet, en assemblée générale, les grévistes ont reconduit la grève à 95%, rendant inutile l’intervention des briseurs de grève.

Arthur Nicola

 

C’est l’occasion de faire le point sur la grève des territoriaux de la ville de Paris alors que les poubelles commencent à s’entasser dans certains quartiers. Après 10 jours de blocage, l’incinérateur d’Ivry est maintenant à l’arrêt total : il faudra 900 tonnes de bois et un jour et demi pour le redémarrer. C’est contre la loi travail, mais aussi plus généralement pour la reconnaissance de la pénibilité de leur métier que les ouvriers sont en grève. L’ambiance sur le piquet était très bonne : pour beaucoup de salariés, c’est aussi l’occasion de rencontrer les collègues dans un cadre autre que celui imposé par les chefs.

A Paris, le dépôt de déchets de Romainville était bloqué par les territoriaux de ce matin. D’autre part, l’incinérateur de la TIRU de Saint Ouen sera en grève demain. Les garages des camions sont eux aussi bloqués : ceux d’Ivry Victor Hugo, et de Romainville sont en grève majoritaire, tandis que ceux de Saint Ouen, Issy les Moulineaux, Aubervilliers et Porte de Clichy sont en grève minoritaire. Quoiqu’il en soit, une grande solidarité s’installe, les grévistes d’un site n’hésitant pas à se déplacer pour bloquer d’autres dépôts.

La stratégie de division des salariés et de libéralisation des services publics marche en partie. Sur Paris, les déchets de près de la moitié des arrondissements (1er, 3ème, 4ème, 7ème, 10ème, 11ème, 13ème, 15ème, 18ème, 19ème) sont collectés par des entreprises privées comme Derichebourg ou Veolia : ce sont les camions de ces entreprises qui acheminent difficilement les déchets jusqu’à Chartres. Souvent en situation précaire, il est difficile pour les salariés du privé de se mettre en grève : beaucoup sont en intérim et ne peuvent risquer de ne pas se faire réengager.

Crédits photo : Gueules de Parisiens

 

 

 

Source : http://www.revolutionpermanente.fr

 

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10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 14:23

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Gabegie

Euro 2016 : des retombées économiques surestimées, les bénéfices de l’UEFA exonérés d’impôts

par

 

 

 

L’Euro 2016 et son cortège de dépenses somptuaires, s’accompagneront-ils vraiment des « retombées économiques » tant promises ? La Fédération européenne des ligues de football — la puissante UEFA — s’arroge l’essentiel des bénéfices directs, tout en étant exonérée d’impôts. Quant au reste, plusieurs spécialistes s’accordent pour considérer les bénéfices indirects de l’opération comme étant largement surévalués. Le moment serait-il venu de remettre en question la primauté des « grands événements » sportifs ?

« C’est une chance pour la France, pour nos clubs, pour nos territoires. » Amoureux du ballon rond, François Hollande ne manque jamais une occasion de répéter combien l’Euro 2016 doit être bénéfique à la France. Il y a pourtant lieu d’en douter. Parce que si on ne sait pas précisément combien l’Euro rapportera à la France, on sait qu’il va lui coûter cher. Comme en témoigne la répartition des coûts et des bénéfices entre les différents acteurs. Côté coûts, l’UEFA assure l’organisation du tournoi, pour un montant estimé à 650 millions d’euros (location des stades, gestion des billets…). Tout le reste (stades, infrastructures, sécurité, fan-zones) est à la charge des pouvoirs publics français, et notamment de l’État et des villes hôtes.

 

UEFA : le beurre, l’argent du beurre, et plus si possible

La répartition des bénéfices est encore plus claire : « C’est simple, l’UEFA garde tout », commente un professionnel de l’économie des grands événements sportifs. Droits de retransmission télévisée, sponsoring et billetterie…, l’UEFA s’attend à toucher 1,9 milliard d’euros de recettes grâce à cette compétition. Ce record est notamment permis par l’élargissement du nombre d’équipes participantes — 24 cette année, contre 16 pour les éditions précédentes. Cerise sur le gâteau : l’UEFA a exigé de ne payer aucun impôt sur ses activités en France liées à la compétition. Accordée sous la présidence Sarkozy, confirmée sous le quinquennat Hollande, cette exonération devrait coûter entre 150 et 200 millions d’euros à la France, selon l’Assemblée nationale. Elle donne de plus un mauvais exemple : le gouvernement a étendu en juillet 2014 cette exonération à tous les autres grands événements sportifs organisés dans l’Hexagone.

En plus de cette répartition peu favorable à la France, l’UEFA a imposé un cahier des charges très directif. Il contient notamment des exigences sur les stades, les infrastructures obligatoires ou les normes de sécurité. Outre ce cahier des charges, l’instance européenne a formulé plusieurs requêtes très osées. Elle a par exemple demandé aux commerçants installés à proximité immédiate des stades de lui payer une redevance de 600 euros par jour de match et de ne servir que des produits des sponsors officiels (Coca-Cola, Carlsberg…). En cas de refus ? Le commerce aurait dû fermer et aurait été recouvert d’une bâche de 2,50 mètres de haut les jours de match… « L’UEFA a vendu à ses sponsors des critères d’exclusivité fantaisistes, écrits par des avocats suisses un peu loin de la réalité, explique un élu qui a participé aux négociations. Mais ils ont compris qu’on ne pouvait pas accepter ça. » Finalement, les commerçants vendront ce qu’ils veulent.

Mais pour éviter que d’autres marques ne profitent de l’événement pour gagner en visibilité, les concurrents des sponsors officiels ne pourront pas faire de publicité dans un rayon d’un kilomètre autour des stades. Enfin, l’UEFA oblige les collectivités locales qui veulent diffuser les matchs sur écran géant à lui payer une redevance supérieure à 1 000 euros : « On a déjà mis la main à la poche pour accueillir l’Euro, mais on nous demande quand même de payer en plus pour pouvoir organiser un événement gratuit à destination des habitants », grince Gérard Caudron, maire de Villeneuve-d’Ascq, commune voisine de Lille sur laquelle est construit le Stade Pierre-Mauroy. Avant de conclure : « Vu le train de vie de l’UEFA, c’est encore plus choquant que d’habitude. Malheureusement, on observe ce genre de comportements avec tous les sports professionnels. »

 

Collectivités : balance coût-bénéfices « déséquilibrée »

La façon dont se comporte l’UEFA n’est en effet ni nouvelle ni propre au football. « Les fédérations internationales de sport se sont professionnalisées depuis vingt ans. Désormais, elles organisent beaucoup de choses seules et imposent leurs conditions », explique Loïc Ravenel, du Centre international d’études du sport (Cies). Après la Coupe du monde de football 1998, organisée en France, la Cour des comptes notait déjà que « les rapports de force (…) sont défavorables aux responsables nationaux ». Mais la situation a empiré depuis, estime Pascal Bolo, vice-président de Nantes Métropole, en charge des finances et du sport de haut niveau : « On a accueilli la Coupe du monde de football 1998 à Nantes parce qu’on avait le sentiment qu’on pouvait en faire une fête populaire. Vu les demandes de l’UEFA pour l’Euro 2016, on a estimé que la balance globale des coûts et des bénéfices était trop déséquilibrée. Nous avons retiré notre candidature. »

Pour autant, « il est trop facile de se plaindre du cahier des charges. Au moment de la candidature, c’est l’enthousiasme général ; une fois qu’on a obtenu l’Euro, on s’insurge. C’est hypocrite », tranche Loïc Ravenel. Il est vrai que la plupart des points de crispation étaient écrits noir sur blanc dans le cahier des charges. De plus, pour Jean-Loup Coly, chef de projet Euro 2016 à la ville de Lyon, l’UEFA n’en a pas rajouté : « Il nous a fallu du temps pour nous apprivoiser et nous comprendre, mais la relation de travail est devenue progressivement bonne et constructive avec l’UEFA. » Une analyse partagée, hors micro, par plusieurs personnes qui traitent avec l’instance européenne.

Malgré tout, comment expliquer que la France ait accepté de telles conditions ? Comme toujours, les décideurs les justifient en évoquant les retombées économiques attendues. Un million de visiteurs étrangers devraient venir en France pour suivre la compétition. Selon une étude du Centre de droit et d’économie du sport (CDES) de Limoges, ils entraîneront 1,3 milliard d’euros de dépenses supplémentaires, de quoi occuper l’équivalent de 26 000 emplois à temps plein et apporter 180 millions d’euros de rentrées fiscales additionnelles via leur consommation. Mais même si le CDES est un organisme respecté, la plupart des économistes se montrent sceptiques sur l’impact économique des grands événements sportifs.

 

Retombées économiques : un « enfumage » ?

« La surestimation des retombées économiques est aujourd’hui la règle », écrit Patrice Bouvet, maître de conférences à l’université de Poitiers [1]. « La très grande majorité des études académiques montrent que les méga-événements ont un impact économique limité », confirme le chercheur britannique Victor A. Matheson [2] « De nombreuses études ont pu conduire dans le passé à surestimer sensiblement les retombées (...), parfois de façon outrancière », met encore en garde Colin Miège dans un rapport remis en décembre 2014 à Valérie Fourneyron, alors ministre des Sports. Logique, « ces études se penchent toujours sur les retombées positives, mais rarement sur les négatives », explique Wladimir Andreff, professeur d’économie [3]. Ainsi, beaucoup de touristes éviteront la France cette année, précisément en raison de l’Euro.

« Cette histoire de retombées économiques, c’est de l’enfumage, estime carrément Loïc Ravenel. Assumons qu’à ce niveau de sport spectacle, le foot ne rapporte pas. Aujourd’hui, on accepte que la culture soit déficitaire parce qu’on estime que c’est important pour une société. Reconnaissons qu’on veut l’Euro pour des questions d’image, de fête populaire, mais arrêtons de vouloir le justifier économiquement. » Cette analyse est partagée par Christophe Lepetit, pourtant coauteur de l’étude du CDES sur les retombées de l’Euro : « Nous avons cherché à mesurer l’impact économique de l’Euro, mais pas le bénéfice ou le déficit qu’il créera en France. Il ne faut jamais justifier ce type d’événements par sa rentabilité. La France ne gagnera à l’Euro que si elle arrive à lui donner un héritage au-delà du mois de compétition. » Même si l’UEFA a accordé une enveloppe de 20 millions d’euros aux villes hôtes pour y développer le football amateur, il n’est pas sûr que cela suffise.

Dans ces conditions, faudrait-il tirer un trait sur l’accueil des grands événements sportifs ? Pas sûr, car les États pourraient rééquilibrer la balance à l’avenir. « Le sport professionnel est allé trop loin », concède anonymement un ancien haut responsable du football. La preuve, les candidatures à l’accueil des grands événements sportifs sont de moins en moins nombreuses, comme en témoignent les retraits de Boston ou de Hambourg pour les jeux Olympiques de 2024. Joint par nos soins, l’UEFA dit par exemple regretter « qu’une ville avec une telle tradition footballistique que Nantes ne fasse pas partie des villes hôtes ». Un mouvement de bascule est sans doute enfin en train de s’opérer.

Vincent Grimault


- Ce dossier a été réalisé en collaboration avec la rédaction du mensuel Alternatives économiques dans le cadre d’un projet commun de développement du journalisme d’investigation économique et social soutenu par la Fondation Charles Leopold Meyer

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