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13 juin 2016 1 13 /06 /juin /2016 14:31

 

Source : https://blogs.mediapart.fr/pascal-maillard

 

 

Sept actions pour en finir avec la loi Travail

 

 

 

Ni l’Euro de foot, ni les manipulations polico-médiatiques contre le mouvement social ne doivent nous détourner des impératifs citoyens d’aller jusqu’au bout pour obtenir le retrait de la loi Travail et de soutenir celles et ceux qui luttent courageusement pour tous les autres. Sept propositions d’actions simples et efficaces dans ce billet. Dont le partage d’une vidéo, à diffuser largement.

                                       « Ce qui n’était pas prévu, c’est que les peuples puissent refuser

                                       ce que proposent les gouvernements »

 

                                                             Michel Rocard, cité par Serge Hamili

 

    Après le « bashing » anti-social et anti-syndical du gouvernement, du MEDEF et des médias, une communication de masse s’est emparée de l’Euro de foot pour en faire l’étouffoir du mouvement social : le sport le plus lié au capitalisme financier et à la société du spectacle est cet opium du peuple dont Valls et Hollande espèrent qu’il leur permettra d’imposer, in fine, la loi Travail. Cette immense diversion appelle une réponse proportionnée à la violence des attaques contre la démocratie sociale et nos droits fondamentaux, dont le droit de grève est l’un des plus précieux. Cette réponse doit être plurielle dans ses formes, massive dans sa mise en œuvre, déterminée dans la définition de son but : le retrait sans condition de la loi travail, qui n’est ni amendable, ni négociable. Plus que jamais il faut aller jusqu’au bout.

Parmi la série des 7 propositions qui suivent, les 5 premières sont des actions accessibles à chacune et chacun, qui ne coûteront que peu de temps, et en feront certainement gagner beaucoup. Les deux dernières impliquent un engagement physique, sans lequel aucune lutte sociale ne peut être gagnée.

 

1.    DIFFUSER

 

Parce que l’engagement d’intellectuels qui se battent pour la vérité et la liberté est aujourd’hui vital à notre démocratie attaquée de toutes parts, écoutons Serge Halimi. Devant l’intersyndicale du Havre, le 3 juin dernier, le directeur du Monde diplomatique a prononcé un discours important. Il mérite d’être entendu et largement diffusé. En 13 minutes, avec des mots justes et des idées fortes, l’auteur des Nouveaux chiens de garde a exprimé tout ce que nous devons savoir sur la loi Travail et son monde. « Les résistances ne cessent pas », nous dit-il. Merci Serge Halimi ! Pour ne pas oublier ce qui est en jeu avec cette loi inique, pour informer inlassablement le plus grand nombre, regardons, partageons largement et recommandons cette vidéo! 

© Fakirpresse

 

2.    PARTICIPER

 

Parce qu’ils se battent pour tous les citoyens et l’intérêt général, parce qu’ils le font avec courage et détermination, parce qu’ils méritent notre solidarité financière, soutenons les grévistes en participant au pot commun. Modeste ou généreux, votre don les aidera à tenir dans la durée, motivera d’autres salariés à entrer dans la grève et compensera les pertes de salaire qu’ils subiront. Cet appel s’adresse à tous les citoyens, mais en particulier à tous les fonctionnaires opposés à la loi Travail qui ne sont pas en grève et qui savent pourtant qu’ils subiront le mêmes régressions sociales que les salariés du privé.

 

3.    VOTER

 

Parce que nous sommes majoritaires à refuser la loi Travail, parce que nous avons été plus de 1,3 millions à signer la pétition Loi travail : non, merci !, parce que nous devons être encore plus nombreux à exprimer notre refus, participons à la votation citoyenne initiée par CGT, FO, FSU, SOLIDAIRES, UNEF, UNL et FIDL. Nous ferons ainsi la démonstration, contre ceux qui mentent et manipulent, que nous sommes le nombre et que le gouvernement est illégitime à décider contre le peuple.

 

4.    BOYCOTTER 

 

Parce que les médias mainstream insultent les grévistes, manipulent l’opinion, truquent les sondages, dénaturent les débats, abîment le pluralisme et constituent autant d’armes de destruction massive de l’intelligence citoyenne, initions une campagne de boycott des chaines de télévision, des radios et des journaux qui se comportent comme des relais idéologiques serviles et mensongers du gouvernement ! Ils soutiennent la loi Travail sur ordre des patrons propriétaires de ces médias, lesquels font partie des dix premières fortunes de France. Mode opératoire : zapper les chaines idéologiques, soutenir la presse indépendante, préférer l’audiovisuel public (France Culture, France Inter, France 24, France 3…), ou même éteindre son téléviseur. Oui, éteindre son téléviseur, c’est faire un geste d’écologie sociale et politique et c’est aujourd’hui une mesure de salubrité mentale contre un abrutissement généralisé.

 

5.    CONVAINCRE

 

Parce qu’une chaine citoyenne des luttes est plus forte que la lutte capitaliste des chaines, parce que l’intelligence et la solidarité sont plus contagieuses que la bêtise et l’égoïsme, persuadons 5 personnes autour de nous de mettre en œuvre les actions ici décrites. Convaincre 5 personnes qui en convaincront à leur tour 5 autres. Construire partout des réseaux de solidarité est le levier le plus fort pour gagner la bataille contre la loi Travail, une réforme synonyme de destruction des conquêtes sociales.

 

6.    MANIFESTER

 

Parce que la rue appartient au peuple et que manifester est un droit qui ne souffre aucun état d’urgence et aucune exception, faisons de la manifestation nationale du 14 juin une démonstration de force du mouvement social contre la loi Travail et son monde. A celles et ceux qui sont trompés par la fabrique de la violence dont le premier responsable est le gouvernement, il faut dire de ne pas avoir peur de manifester, car des citoyens qui craignent l’exercice d’une liberté fondamentale empruntent le chemin de la servitude volontaire.

 

7.    SOUTENIR LES ROUGES EN SOUTENANT OU NON LES BLEUS

 

Parce que notre gouvernement, dans un prurit de dérive dictatoriale, a tenté de bannir des stades toute possibilité d’expression politique, parce que les salariés en lutte ne doivent pas être sommés de choisir entre la grève ou le foot, parce que les stades peuvent devenir des agoras de citoyens, saisissons-nous de l’Euro comme d’un amplificateur de mobilisation. Antoine Perraud nourrissait récemment un vœu que nous devrions partager : « Et si des supporters devenus citoyens se saisissaient de l’occasion en or qu’offrent de telles foules rassemblées ? La (géo)politique en sortirait transformée… ». L’insurrection ne viendra peut-être pas du stade, mais que ce lieu devienne un espace de réappropriation de la chose publique est un espoir auquel il faut donner corps. Alors, tractons devant les stades, déployons pancartes, ballons et banderoles en leur sein, sur travée et gradins ! LOI TRAVAIL NON ! LES BLEUS AVEC LES ROUGES ! Commentaires ici ouverts aux slogans et montages les plus inventifs!

 

 

 

 

Parlant de la naissance du politique dans la Grèce antique, une Grèce aujourd’hui détruite par la volonté d’une Commission européenne non élue, Hannah Arendt nous rappelait que « le langage et l'action » étaient considérés dans la démocratie athénienne  « comme choses égales et simultanées ». « Cela signifiait, poursuivait-elle, non seulement que l'action politique, dans la mesure où elle ne participe pas de la violence, s'exerce généralement au moyen du langage, mais de façon plus fondamentale, que les mots justes trouvés au bon moment sont de l'action » (1). Sachons agir avec des mots justes pour défendre une cause juste. Les mots sont l’arme la plus noble des citoyens éclairés et des résistances vraies.

Pascal Maillard

(1) Hannah Arendt, Condition de l'homme moderne, Pocket, p. 63. Je recommande en particulier la lecture des chapitres 3 ("Le travail") et 5 ("L'action") de ce livre important.

PS : L'efficacité de ce billet qui propose des actions concrètes étant subordonnée à sa diffusion, merci de le relayer, si du moins vous en soutenez les propositions.

 

 

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Source : https://blogs.mediapart.fr/pascal-maillard

 

 

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13 juin 2016 1 13 /06 /juin /2016 14:17

 

Source : https://npa2009.org

 

SNCF : Une grève attendue depuis deux ans

 

 

 

 

Mi-février a été publié par le gouvernement un premier « décret socle » pour fixer les nouvelles conditions de travail. A la suite de celui-ci doit être mis en place une convention collective entre le patronat du transport et les syndicats, puis enfin des accords d’entreprises, notamment à la SNCF. Une déclinaison de la loi travail à la SNCF avec une remise en cause sans précédent des conditions de travail des cheminotEs (nombre de repos, encadrement de ceux-ci, flexibilité). 

 

Le lien est évident : des dispositions de la loi travail s’appliquent ou s’appliqueront à court terme à la SNCF (hiérarchie des normes, validité des accords d’entreprise, etc). 

 

Un mouvement long

Si la mobilisation a commencé en même temps que la loi travail, il y a trois mois, le rythme de mobilisation à la SNCF n’a pas été le même. Rapidement, la question de la grève reconductible a été posée. Suite à de nombreuses grèves de 24h, le mouvement de grève reconductible a démarré le 18 mai. D’abord à l’appel de Sud Rail, puis à partir du 31 mai de la CGT.

Depuis bientôt un mois, il y a à la SNCF de nombreux cheminotEs en grève qui participent quotidiennement aux assemblées générales, ce qui fait un des mouvement les plus long qu’ait connu l’entreprise. La grève se maintient avec des taux de grévistes qui peuvent être très forts dans certains métiers, comme chez les conducteurs (50 % voire plus). Cette fois-ci, la mobilisation est un peu plus forte en Île-de-France qu’en province. Le mouvement combine une radicalité et un ras-le-bol qui dépassent en partie la loi travail, et dont on avait déjà pu apprécier l’étendue à l’automne, notamment par la popularité suscitée par « l’affaire » de la chemise du DRH d’Air France. C’est donc l’exaspération des politiques d’austérité qui s’exprime sur des questions éminemment concrètes : nos conditions de travail et de vie.

 

Dissensions au sommet

Pour tenter de désamorcer cette grève, le gouvernement tente depuis le début de la déconnecter de la loi travail, appuyé pour l’occasion par les principales bureaucraties syndicales de la SNCF. Ainsi, une pression a été exercée sur la direction de la SNCF, qui a même été mise de côté par le gouvernement, pour la négociation de l’accord d’entreprise. La CFDT s’est précipitée pour expliquer que « grâce à leur négociation », ce dernier était à la hauteur du RH 077, voire mieux ! Totalement faux : l’accord prévoit par exemple un article 49 qui introduit l’équivalent de l’article 2 de la loi travail sur l’inversion de la hiérarchie des normes ou met encore en place une délai de prévenance qui permettra à l’entreprise de modifier les journées de travail la veille pour le lendemain et les horaires de travail jusqu’à une heure avant la prise de service. Plus flexible, ce n’est pas possible...

De plus, avec la loi travail, un accord d’entreprise ne sera valable que 5 ans et dénonciable à tout moment par l’entreprise. Or, si l’accord d’entreprise est jugé « trop avantageux » par rapport à la concurrence, basée sur le décret socle et la convention collective, les cheminotEs SNCF seront vite considérés comme « pas assez concurrentiels » et l’accord d’entreprise sera encore revu à la baisse. Il est évident que le décret socle et la convention collective doivent reprendre le meilleur de la réglementation du travail pour l’ensemble des cheminotEs, qu’ils soient du public ou du privé.

 

Chantage patronal

En faisant mine de lâcher du lest sur l’accord d’entreprise, le gouvernement tente de calmer la contestation afin de préserver la loi travail. Le tout est accompagné d’un chantage odieux dont seuls les patrons ont le secret : les syndicats qui ne signent pas l’accord d’entreprise pourront toutefois le signer à tout moment, à la condition qui ne l’aient pas dénoncé. S’ils l’ont dénoncé en revanche, ils ne pourront pas intervenir dans les « négociations locales », laissant la CFDT et l’UNSA qui représentent 30 % des voix des salariéEs, faire ce qu’ils veulent avec la direction. Il est hors de question d’accepter cet accord d’entreprise au rabais, de plus sous la menace de ce chantage. CGT et Sud-Rail réunis doivent non seulement ne pas signer la convention collective et l’accord d’entreprise mais également les dénoncer, ce qui obligerait le gouvernement et la direction de la SNCF à revenir à la table des négociations. C’est ce qui ressort des nombreuses motions votées dans les assemblées générales.

Voyant que la grève ne faiblissait pas, le gouvernement a fait planer le doute sur la réquisition des cheminotEs pour le lancement de l’Euro. Cette intimidation avait pour objectif de montrer à celles et ceux qui relèvent la tête que ce gouvernement est prêt à tout pour étouffer la contestation. En brandissant cette menace, il a surtout rajouté de l’huile sur le feu. 

 

Et la convergence des luttes ?

Le rythme d’une grève reconductible ne correspond pas au rythme des journées d’actions, mises en place par les confédérations, d’autant que celles-ci peuvent être espacées de 20 jours. Si à cela on ajoute que ceux qui sont prêts à partir en grève reconductible, comme à la SNCF ou dans les raffineries, ne le font pas de manière coordonnée, on peut aisément comprendre que construire la convergence des luttes est un combat de tous les instants. C’est pourquoi, dans plusieurs gares, des cheminotEs n’hésitent pas à s’adresser aux collègues de la RATP ou d'autres transports urbains, des raffineries, de l’automobile, des déchetteries, d’ErDF ou plus largement aux usagers dont l’accueil est bien plus encourageant que ce que l’on peut voir dans les médias. C’est dans ce sens qu’il faut militer.

Enfin, il est également primordial de favoriser tout ce qui peut aller dans le sens d’une auto-organisation de la lutte. En 2014, sur l’Île-de-France par exemple, avait été mis en place une « AG des AG » qui réunissait régulièrement des cheminotEs, syndiqués et non syndiqués, de différentes gares. Cette fois-ci, preuve que chaque expérience enrichit la suivante, ces rencontres se sont mises en place bien plus rapidement et à un niveau supérieur. Des cheminotEs des différentes assemblées générales se réunissent régulièrement à la Bourse du travail de Paris. Dans plusieurs gares, des comités de mobilisation ont été aussi mis en place qui, bien qu’encore modestes, tentent de faire vivre la grève au quotidien. Un acquis précieux de la mobilisation de ce printemps.

Basile Pot

 

 

Source : https://npa2009.org

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13 juin 2016 1 13 /06 /juin /2016 14:07

 

Source : http://www.revolutionpermanente.fr

 

 

Entretien avec le secrétaire général de la CGT des services

Pour la CGT des services publics : « Il faut passer au blocage économique du pays, et de ce point de vue, le secteur des ordures ménagères est important »

 

Publié le 13 juin 2016

 

Entretien. Jeudi 9 juin, nous avons rencontré Baptiste Talbot, secrétaire général de la CGT des services publics, à l’usine de traitement et d’incinération des résidus urbains (TIRU) d’Ivry-sur-Seine (94). Cette usine est en grève depuis lundi 30 mai (cf. l’Anticapitaliste n°340).

Propos recueillis par Robert Pelletier

SOURCE

 

Quelle est la situation aujourd’hui ?

Sur Paris, le TIRU, plus grosse usine de traitement des déchets de France, une des plus grosses d’Europe, est occupée depuis 12 jours par des éboueurs et égoutiers de la ville de Paris. Les sites de Saint-Ouen et d’Issy-les-Moulineaux ont été plusieurs fois à l’arrêt du fait de grèves des salariés des usines. Dans le même temps ,les chauffeurs des camions-bennes chargés du ramassage des ordures sont en grève, ce qui fait qu’aucune benne de ramassage ne passe sur la moitié des arrondissements parisiens. En région, il y a eu des actions de blocage comme à l’incinérateur de Fos qui couvre notamment Marseille, dont les salariés sont en grève depuis hier. Sont également bloqués des centres de traitement des déchets dans le Gers, les Hautes-Pyrénées et en Ariège. A Saint-Étienne, les grévistes ont été contraints d’arrêter la grève suite à une décision de la justice bourgeoise. S’ils ont obtenu quelques avancées sur les effectifs et les salaires, ils continuent à être mobilisés contre la loi travail.

 

Quelles sont les revendications plus spécifiques de la profession ?

Cela tourne autour des conditions de travail, de la pénibilité, de l’âge de départ à la retraite. Mais c’est l’exigence du retrait de la loi travail qui est au cœur de la mobilisation. Il y a la dimension de la solidarité avec le privé, notamment en défense de la place des conventions collectives, mais aussi la compréhension qu’une fois le code du travail saccagé par le gouvernement avec l’appui du Medef, le statut de la fonction publique sera l’objectif suivant... comme le martèlent les candidats à la primaire à droite et Macron.

 

A ce propos, quelle est la place du privé dans la profession ?

Sur Paris, la moitié des arrondissements sont en régie publique. Cela permet actuellement à la Mairie de faire tourner les salariés des boites du privé plus largement sur le « secteur public ». Bien sûr, il ne faut pas exclure que le privé entre dans le mouvement, mais de toute façon, le blocage et la grève des usines de traitement limitent les possibilités de contournement des grévistes, car les dépôts périphériques intermédiaires sont à saturation.

 

Pourquoi la grève dans le secteur public contre la loi travail démarre-t-elle trois mois après le début du mouvement ?

Il y a eu une phase de mûrissement, puis la pétition, puis le 9 mars et les premières manifs. Il a fallu aller au débat avec les collègues pour faire comprendre le lien entre la loi travail et les attaques contre le statut de la fonction publique. Les territoriaux ont participé à ces étapes. Le déclencheur pour le mouvement sur les déchets a été l’entrée dans la bagarre des routiers, des raffineurs, des cheminots. Tout le monde a commencé à estimer que les manifs de masse ne suffiraient pas. Il faut passer au blocage économique du pays, et de ce point de vue, le secteur des ordures ménagères est important.

 

Quelle est l’attitude des autres forces syndicales ?

Dans le secteur, la CGT est largement majoritaire, mais des actions unitaires ont lieu, notamment en Seine Saint-Denis, avec FO et Solidaires, en Ariège... Il serait utile que FO s’engage davantage.

 

Les partis politiques sont globalement peu visibles…

Ils sont présents aux manifs, le plus souvent avec des points fixes. Philippe Poutou pour le NPA et Pierre Laurent et Didier Le Reste pour le PCF sont venus ici. Pour notre part, dans la fédération, nous sommes depuis longtemps favorables à la recherche de convergences dans les mobilisations mais aussi pour les perspectives. Ce qui doit laisser la maîtrise de la mobilisation aux organisations syndicales, sans empêcher le soutien politique à ceux qui se battent.

 

Et la suite ?

Pour ce 14 juin, c’est une grosse mobilisation qui s’organise. Mais nous nous projetons plus loin, face à un gouvernement qui est minoritaire mais déterminé. La lutte devra continuer après le 14, jusqu’au retrait de la loi travail.

 

 

Source : http://www.revolutionpermanente.fr

 

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13 juin 2016 1 13 /06 /juin /2016 13:57

 

Source : http://www.lefigaro.fr

 

À Nancy, Macron chahuté par un manifestant qui voulait lui offrir un bleu de travail

 

 

 

La manifestant a été rapidement évacué par la sécurité.

LE SCAN POLITIQUE/VIDÉO - Un manifestant a fait interrompre le discours du ministre de l'Économie avant d'être évacué.

 
 

Plus une sortie sans incident pour Emmanuel Macron. Après avoir été la cible de jets d'oeufs, lundi, à Montreuil, le ministre de l'Économie a été chahuté ce vendredi en marge d'un déplacement à Nancy. Alors qu'il intervenait devant les invités du Forum Mondial des matériaux, un manifestant a fait irruption dans la salle, bleu de travail à la main. «Ce n'est pas en mettant un costard qu'on travaille. C'est en mettant un bleu de travail, je vous l'offre», a crié le manifestant en brandissant le vêtement. Une référence à une altercation du ministre fin mai à Lunel (Hérault) avec deux militants de la CGT, auxquels Emmanuel Macron avait dit: «Vous n'allez pas me faire peur avec votre tee-shirt. La meilleure façon de se payer un costard, c'est de travailler».

 

Un manifestant opposé à la loi travail éjecté de la salle pendant le discours de à .

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12 juin 2016 7 12 /06 /juin /2016 21:13

 

Info reçue par mail

 

 

TAFTA/CETA : MONTEZ SUR VOS GRANDS CHEVAUX Mercredi 15 Juin AVEC LE COLLECTIF STOP TAFTA DU GARD

 
 

 

 

Mercredi 15 juin Place de l'Esplanade, de 12h00 à 16h00 : "CETA, le cheval de Troie du TAFTA".

 

Venez mettre à bas ce cheval de Troie avec le collectif Stop TAFTA du Gard

 
 
Le symbole du cheval de Troie, qui désigne les dangers dissimulés dans une apparente bonne nouvelle, a souvent été utilisé pour dénoncer les risques liés au traité de libre-échange en cours de négociation avec les Etats-Unis, le TAFTA. Ce même symbole est d’autant plus pertinent au sujet du traité équivalent négocié avec le Canada (le CETA), dont la négociation est conclue et que la Commission européenne espère rapidement faire signer et ratifier. Les autorités françaises sont pleinement favorables à ce traité, arguant des nouveaux marchés qu’il ouvrirait aux PME et agriculteurs français.
 
Bienvenue avec ta bonne humeur pour dire NON à la toute-puissance des multinationales !
Et merci de diffuser autour de toi, il faut que nous soyons nombreux !
 
Et pour suivre le tour de France du cheval de Troie cliquez sur le cheval :

 

 

CETA, le cheval de Troie du TAFTA : des mobilisations dans toute la France du 4 au 25 juin.

 

Face à la propagande forcenée des promoteurs du CETA, gouvernement français en tête, la tournée nationale d’un immense cheval de Troie en dénoncera les dangers, à partir du samedi 4 juin à Paris et tout au long du mois de juin dans une douzaine de villes de France. Programme complet.

 

Communiqué de presse

Le Collectif Stop Tafta organise, avec le "pole anti-CETA/TAFTA NuitDebout Paris", une journée de mobilisation, samedi 4 juin à partir de 14h sur la place de la République [1], qui marquera le point de départ d’une tournée nationale dans une douzaine de grandes villes françaises [2] - voir les détails de la tournée ci-dessous.

Le symbole du cheval de Troie, qui désigne les dangers dissimulés dans une apparente bonne nouvelle, a souvent été utilisé pour dénoncer les risques liés au traité de libre-échange en cours de négociation avec les Etats-Unis, le TAFTA. Ce même symbole est d’autant plus pertinent au sujet du traité équivalent négocié avec le Canada (le CETA), dont la négociation est conclue et que la Commission européenne espère rapidement faire signer et ratifier. Les autorités françaises sont pleinement favorables à ce traité, arguant des nouveaux marchés qu’il ouvrirait aux PME et agriculteurs français.

Pour Johan Tyszler de l’association Aitec, « alors qu’il charge le traité avec les Etats-Unis de tous les maux, le gouvernement français fait une promotion éhontée du CETA, qui contient pourtant les mêmes dangers : une juridiction spéciale pour les investisseurs face aux Etats, le mécanisme de coopération réglementaire qui menace nos normes sanitaires, environnementales et sociales, la suppression des droits de douane agricoles. C’est aberrant. ».

Comme le rappelle Thomas Borrell des Amis de la Terre, « aujourd’hui on veut faire croire que le CETA respecte et protège l’agriculture française alors qu’il va mettre en compétition paysans français et européens au profit des multinationales. C’est un leurre grossier, car la reconnaissance sur le marché canadien d’une poignée d’"Indications Géographiques" ne protégera pas les éleveurs français d’une baisse des prix liée, par exemple, aux importations détaxées de viande canadienne, ni les consommateurs de méthodes sanitaires et technologiques inacceptables en Europe, par exemple sur les OGM ou le rinçage et le traitement chimique des viandes. »

Le Collectif StopTAFTA, qui regroupe 75 organisations de la société civile et partis politiques, entend bien multiplier les initiatives tout au long du mois de juin et lors des différentes étapes de la tournée du cheval de Troie géant, pour alerter l’opinion publique française sur la réalité du CETA, dont la ratification faciliterait l’introduction du TAFTA, quel que soit le double discours du gouvernement.

 

Contexte

Cette nouvelle mobilisation interviendra seulement 48h après une tournée à Bruxelles et à Paris de la ministre canadienne du Commerce international, Chrystia Freeland, au cours de laquelle elle a plaidé pour une entrée en vigueur rapide de l’accord de libre-échange avec son pays (Voir : http://nouvelles.gc.ca/web/article-fr.do?nid=1078179).

Le CETA sera probablement à l’ordre du jour du Conseil européen des affaires étrangères les 20 juin et 18 juillet, et la Commission espère, d’ici le Conseil des 22 et 23 septembre, obtenir la signature des 28 Etats membres pour ensuite le soumettre à la ratification du Parlement européen à partir d’octobre ou novembre. En parallèle, la Commission entend toujours faire avancer les discussions sur le TAFTA, et demandera les 28 et 29 juin aux chefs d’Etats et de gouvernements européens de confirmer le mandat qui lui a été confié en 2013, juste avant un nouveau round de négociations prévu à Bruxelles le 18 juillet.

 

Dates de la tournée du Cheval de Troie

       
Date Ville
Samedi 4 juin Paris avec Nuit Debout, Place de la République : LIEN de l’évenement
Dimanche 5 juin Caen, avec Alternatiba : LIEN de l’évenement
Jeudi 9 juin Limoges : LIEN de l’événement
Samedi 11 juin Bordeaux
Dimanche 12 juin Toulouse : LIEN de l’événement
Lundi 13 juin Marseille
Mercredi 15 juin Nîmes
Vendredi 17 juin Grenoble
Samedi 18 juin Lyon
Mardi 21 juin Chambéry
Mercredi 22 juin Dijon
Jeudi 23 juin Nancy
Samedi 25 juin Lille

Notes

[1Voir le programme complet de la journée du 4 juin sur https://www.facebook.com/events/283325425334038/

[2Après cette journée thématique à Paris, l’immense cheval gonflable sera successivement installé à Caen, Limoges,Bordeaux, Toulouse, Marseille, Nîmes, Grenoble, Lyon, Chambéry, Dijon, Nancy et Lille, programme consultable sur collectifstoptafta.org

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12 juin 2016 7 12 /06 /juin /2016 12:24

 

Info reçue par mail

 

 

QUAND LE CRÉDIT FONCIER

DÉTROUSSE LES CONTRIBUABLES DE NÎMES MÉTROPOLE

DE 57,4 MILLIONS D’EUROS

 

Nîmes Métropole a contracté en 2008, auprès du Crédit Foncier de France (Filiale du Groupe

BPCE), un emprunt toxique de 12,5 millions d’euros dont le taux d’intérêt, indexé sur la parité

euro/franc suisse, dépasse aujourd’hui 25 % ! Afin de mettre un terme à cette situation,

 le 29 mars dernier, la Métropole a décidé de rembourser cet emprunt par anticipation et de

signer un protocole avec la banque. Mais en plus des 10 millions d’euros du capital restant dû

de l’emprunt, le Crédit Foncier exige le paiement d’une indemnité colossale de 57,4 millions

d’euros ! En clair, les contribuables vont devoir rembourser près de 7 fois le montant de

l’emprunt ! Un véritable racket !

 

57,4 millions d’euros représentent 4 années de frais de personnel de la collectivité, plus de la

totalité des taxes foncières et d’habitation perçues annuellement, ou encore le coût prévisionnel

du Musée de la Romanité qui doit voir le jour début 2018 à Nîmes !

Or le Crédit Foncier de France n’aurait jamais dû faire souscrire à  Nîmes Métropole un emprunt

dont le taux sans plafond est indexé sur la parité des monnaies, car la loi interdit aux collectivités

d’engager leurs finances dans des opérations de nature spéculative. Ainsi, au lieu d’accepter de

payer des intérêts usuraires et une indemnité léonine à la banque, la Métropole aurait dû refuser

de payer et porter l’affaire devant les tribunaux. Circonstance aggravante, le conseil

communautaire a pris sa décision sans que les élus aient été destinataires de l’information qu’ils

auraient dû recevoir.

 

Face au refus du président de Nîmes Métropole et de sa majorité d’opter pour cette position, le

collectif d’audit citoyen de Nîmes (CAC 30) s’est rapproché de deux élus, François Séguy et

Sylvette Fayet, ainsi que d’un contribuable de la ville, pour engager une action contre les

délibérations litigieuses, qui plus est adoptées en violation du droit à l’information des élus.

Quatre recours, dont deux en référé suspension, ont été engagés devant le tribunal administratif

de Nîmes. Le CAC 30 a également lancé une pétition pour dénoncer cette opération. Même si la

collectivité va bénéficier d’une aide de l’État (c'est-à-dire des contribuables) de 36,6 millions

d’euros, il restera à la charge de la Métropole un reliquat de 20,8 millions d’euros sur les 57,4

millions de pénalité.

 

Aujourd’hui, le CAC 30 et le CAC national à l’initiative de l’action ainsi que les auteurs des

recours appellent la population à soutenir et à renforcer leur combat citoyen pour faire respecter

les intérêts de la Métropole nîmoise, les intérêts de ses habitants, l’intérêt public et le droit.

 

Pour faire toute la lumière sur ce dossier, pièces en mains et preuves à l’appui, et répondre à

leurs questions, le CAC 30 invite les habitants de la Métropole à venir

assister à une Réunion publique le 24 juin 2016 à 19 h 30 Maison des Adolescents du Gard

(MDA 30) 34 ter rue Florian à Nîmes

 

Contact pour le CAC 30 : mél : cac30@auditcitoyen.org

 06 81 50 86 67 ou 06 16 65 19 81

 

Contact pour le CAC national : Patrick Saurin, patricksaurin@wanadoo.fr 06

62 88 05 17

 

 

https://webmail.laposte.net/service/home/~/?auth=co&loc=fr&id=39740&part=2.2

 

 

 

            

 

 

 

 

 

                                      

 

Afficher l'image d'origine

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

du Collectif d’audit citoyen de la dette publique de Nîmes

 

Nîmes, le 10 juin 2016

 

 

Fait inhabituel à Nîmes, dans une démarche impulsée par le Collectif d’audit citoyen de

la dette publique de Nîmes (CAC 30), deux élus et un contribuable local ont déposé

jeudi 26 mai devant le tribunal administratif quatre recours, dont deux en référé,

pour faire annuler deux délibérations de la Métropole nîmoise.

 

Quelles sont les raisons de cette procédure?

 

Le 29 mars dernier, le président du conseil de la Métropole, Yvan Lachaud, a fait voter deux

délibérations dont l’objet était le remboursement anticipé d’un emprunt toxique dont le taux

d’intérêt indexé sur la parité euro/franc suisse dépasse aujourd’hui 25 %.Mais pour réaliser

cette opération, la Métropole a dû accepter de payer à la banque, en plus des 10 millions

d’euros du capital restant dû de l’emprunt, une indemnité de remboursement anticipé de

57,4 millions d’euros. En clair, les contribuables vont devoir rembourser près de 7 fois le

montant de l’emprunt!

 

57,4 millions d’euros représentent 4 années de frais de personnel de la collectivité, plus de la

totalité des taxes foncières et d’habitation perçues annuellement, ouencore le coût prévisionnel

du Musée de la Romanité qui doit voir le jour à Nîmes début 2018 !

 

Même si la collectivité va bénéficier d’une aide de l’État (c’est-à-dire des contribuables) de

36,6 millionsd’euros, il restera à la charge de la Métropole un reliquat de 20,8 millions d’euros

sur les 57,4 millions. Pourtant, malgré le caractère hors norme de l’opération et l’énormité des

sommes en jeu, le conseil communautaire a pris sa décision sans disposer des éléments

indispensables pour se prononcer, qu’il s’agisse de la convention entre la Métropole et l’État,

du protocole passé avec le Crédit Foncier de France (filiale du Groupe BPCE) ou du mode de

calcul de l’indemnité. Toutes les demandes d’éclaircissement sont restées lettre morte.

Cet état de fait est d’autant plus scandaleux que la collectivité n’aurait jamais dû accepter les

conditions d’un tel protocole, au contraire,il était de son devoir d’attaquer la banque en justice,

en suivant l’exemple de nombreuses collectivités. En effet, la réglementation est formelle en cette

matière puisque selon une circulaire du 25 juin 2010, reprenant une circulaire de septembre

1992, «les collectivités territoriales ne peuvent légalement agir que pour des motifs d’intérêt

général présentant un caractère local. L’engagement des finances des collectivités locales

dans des opérations de nature spéculative ne relève ni des compétences qui leur sont

reconnues par la loi, ni de l’intérêt général précité»

 

Ainsi, le Crédit Foncier de France n’aurait jamais dû faire souscrire à Nîmes Métropole le contrat

spéculatif indexé sur l’euro et le franc suisse. Quant à la collectivité, au lieu d’accepter de payer

des intérêts usuraires et une indemnité léonine, elle aurait dû refuser de payer et exiger devant

les tribunaux l’annulation de la clause de taux d’intérêt du contrat pour y substituer le taux légal

(ce taux est de 1,01 % pour le 1esemestre 2016). Ce sont ces raisons qui ont amené le CAC 30

et le CAC national à se rapprocher de deux élus, François Séguy et Sylvette Fayet, ainsi que

d’un contribuable de la ville, pour engager un recours contre les délibérations litigieuses, qui

plus est adoptées en violation du droit à l’information des élus.

 

Aujourd’hui, le CAC 30 et le CAC national(audit-citoyen.org), à l’initiative de l’action, ainsi que les

auteurs des recours, appellent la population à soutenir et à renforcer leur combat citoyen pour

fairerespecter les intérêts de la Métropole nîmoise, les intérêts de ses habitants, l’intérêt public

et le droit. Ils invitent les habitants de la Métropole à signer la pétition sur papier ou en ligne

avec le lien

:

http://www.mesopinions.com/petition/justice/refuse-credit-foncier-france-detrousse-contribuables/20335

 

Le CAC 30 invite les habitants de la Métropole à venir nombreuses et nombreux assister à la

réunion publique organisée

 

le 24 juin 2016 à 19 h 30 à la Maison des Adolescents du Gard (MDA 30), 34 ter rue Florian à Nîmes

.

Lors de cette réunion, le dossier sera présenté dans le détail. Les citoyennes et les citoyens

pourront poser leurs questions, échanger avec les initiateurs de ces recours et voir avec eux

comment s’associer à cette action.

 

Contact pour le CAC 30: mél: cac30@audit-citoyen.org - 06 81 50 86 67 ou 06 16 65 19 81

Contact pour le CAC national: Patrick Saurin, patricksaurin@wanadoo.fr - 06 62 88 05 17

 

 

 

 

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11 juin 2016 6 11 /06 /juin /2016 15:32

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

L’incarcération, nouvelle politique pénale anti-manifestants

10 juin 2016 | Par Karl Laske
 
 

À Rennes, le vice-président du tribunal Nicolas Léger fait tomber les peines de prison ferme sur les militants. Il vient d'en envoyer quatre en prison : des jeunes, sans casier, venus poser des autocollants sur les tables de la terrasse de la sandwicherie Bagelstein de Rennes.

La police n’est donc pas la seule à n’avoir reçu aucune consigne de retenue. Les juges non plus. À Rennes, le vice-président du tribunal Nicolas Léger, et président de la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS), réputé pour être « le plus répressif » de « tout le grand Ouest », a condamné à des peines de prison ferme, fin mai, quatre étudiants sans casier venus poser des autocollants sur les tables de la terrasse de la sandwicherie Bagelstein de Rennes, en réaction à ses publicités sexistes et homophobes. L’initiative s’était terminée en bagarre entre le patron et l’un des militants, mais – en principe – pas de quoi faire partir les quatre jeunes à la maison d’arrêt. La stratégie de tension des autorités face aux opposants de la loi sur le travail se propage, comme une onde de choc, jusqu’aux palais de justice, où s’improvise apparemment une nouvelle politique pénale.

À Rennes, vingt jeunes militants mis en examen pour « association de malfaiteurs » à la suite d’une action dans le métro ont évité de peu la détention provisoire réclamée par le procureur de la République Nicolas Jacquet. Dix-huit d’entre eux ont l’interdiction de manifester. À Lille, un jeune militant de la CGT, Antoine C., interpellé lors d’une manifestation le 17 mai, est resté trois semaines en détention provisoire pour s’être seulement débattu lors de son interpellation. Jeudi, malgré les témoignages et les vidéos – lire ici –, il a été condamné à dix mois de prison avec sursis et deux ans d'interdiction de manifester ! Le parquet avait requis deux mois de prison ferme contre lui.

 

Bernard Cazeneuve lors de sa visite à Rennes le 15 mai, dernière lui le procureur Nicolas Jacquet (à droite) © DR Bernard Cazeneuve lors de sa visite à Rennes le 15 mai, dernière lui le procureur Nicolas Jacquet (à droite) © DR

 

Le sort des quatre jeunes incarcérés à Rennes dans l’affaire du Bagelstein continue d’inquiéter. « Le caractère absolument disproportionné de la peine laisse sans voix, ont fait savoir jeudi des enseignants-chercheurs et personnels administratifs de l’UFR de philosophie de l’université de Rennes 1 dans un texte de soutien à Quentin, l’un des quatre étudiants. Quentin L. n’a ni porté de coup ni dégradé quoi que ce soit. Son casier judiciaire était vierge. Présenté comme un “activiste” par la presse, on ne lui connaît pourtant aucune affiliation à quelque groupe politique que ce soit. » Les professeurs témoignent « d’un étudiant sérieux, investi, doux, très apprécié de ses camarades, à mille lieues de la caricature d’agitateur violent que pourrait suggérer la qualification pénale des faits (“violence en réunion dans le cadre d’une manifestation”) ».

Le père de Martin est lui aussi « tombé de sa chaise comme les autres parents  » : « Je connais le garçon… Il n’y a pas plus pacifiste, même s’il a des convictions. » « Je suis inquiet, poursuit-il. Je suis indigné, J’ai l’impression d’être dans un pays totalitaire. Mettre en prison des jeunes parce qu’ils sont allés discuter avec un commerçant excité des publicités de son restaurant… Ils ont mis en prison des jeunes qu’ils ne connaissent pas. Je suis assez fier du sujet que défendaient Martin et ces jeunes contre ces propos discriminants, et insultants. Je les félicite. Malheureusement, la justice n’a pas la même approche. »

Le 26 mai, les jeunes entrent sur la terrasse de la sandwicherie dans l’intention de coller des autocollants sur les tables, et de lire à haute voix les slogans de l’entreprise. Un collectif féministe de Rennes 2 avait déjà dénoncé ces publicités de la chaîne Bagelstein : « Il existe trois catégories de femmes : les putes, les salopes, et les emmerdeuses », « J’en ai marre de ces gays-là », « L’amour, c’est sportif surtout quand y en a un qui n’est pas d’accord »… Les jeunes sont interrompus par la fille du patron, puis par le patron lui-même. « Mon père a saisi le bras du plus virulent d’entre eux pour le faire sortir de la terrasse », a rapporté la jeune femme aux policiers. Une bagarre commence, un coup de poing part. « Mon père le maintenait par le col pour éviter de recevoir d’autres coups, poursuit-elle. Ils ont fait tomber toutes les tables en se débattant, et ils ont fini au sol. » Les policiers de la BAC arrivent. Pour faire bonne mesure, ils font s’aligner les étudiants contre le mur, armes pointées sur eux. Le gérant du restaurant, Patrick Q., questionné à son tour, explique que « tout s’est passé très vite ». « Nous sommes intervenus à temps, déclare-t-il, et ils n’ont pas eu le temps de coller leurs autocollants. » Il se dit incapable « d’établir le rôle précis » des autres jeunes. « Je ne pense pas avoir reçu de coups de leur part, reconnaît-il. Ils ont essayé d’intervenir pour libérer leur camarade. »

L’échange de coups a valu au gérant de la sandwicherie une ITT de deux jours… Le tribunal présidé par Nicolas Léger a condamné Quentin et Raphaël à un mois de prison ferme, Martin à deux mois, et Amaël à trois de prison ferme. Aucun d’entre eux n’avait de casier judiciaire. Tous ont fait appel, mais compte tenu de l’agenda de la cour d’appel, il faudra quelques mois avant qu’ils ne soient audiencés. Tous ont fait des demandes de remise de liberté, mais il faudra attendre jusqu’au 9 août pour qu’elles soient examinées. Quentin et Raphaël auront purgé leur peine, le 27 juin, Martin le 27 juillet. Les familles viennent seulement d’obtenir un premier parloir pour la semaine prochaine.

 

Le vice-président du tribunal et patron de la JIRS, Nicolas Léger © DR Le vice-président du tribunal et patron de la JIRS, Nicolas Léger © DR

 

« Ça s’appelle faire des exemples », commente une avocate. Lors de la visite de Bernard Cazeneuve, le 15 mai, la maire de Rennes Nathalie Appéré avait enjoint à l’État de « prendre ses responsabilités » face aux dégradations commises dans le centre-ville, l’avant-veille, jour de l’expulsion des opposants à la loi sur le travail de la salle de la cité. « Il y aura d’autres convocations devant les tribunaux. Je le dis, ici à Rennes la fermeté sera totale », avait déclaré le ministre de l’intérieur. « La police et la justice mettent de l’huile sur le feu, estime le père de Martin. Ils veulent rassurer le centre-ville, mais l’effet obtenu est inverse : il y a une pétition qui a recueilli des milliers de signatures en faveur des jeunes, les manifestations se poursuivent… On ne fait qu’alimenter la tension de ces jeunes adultes. À chaque fois, on leur met la tête sous l’eau avec des décisions iniques. Ils n’ont plus du tout confiance. »

Pour le père de l’étudiant, cette politique de maintien de l’ordre « risque de faire basculer une partie de ces jeunes contre l’ordre républicain ». « Je me pose des questions sur la sortie de prison de mon fils, et sur le regard qu’il aura sur la société, conclut-il. Ça ne m’étonne pas que des jeunes se radicalisent dans ce contexte-là. »

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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11 juin 2016 6 11 /06 /juin /2016 15:02

 

Source : https://communismeouvrier.wordpress.com

 

 

A Albi, les manifestants anti-loi travail emmaillotent 80 parcmètres

France 3 Midi-Pyrénées, 9 juin 2016 :

 

 

Les opposants albigeois à la loi travail ont trouvé une façon originale de manifester. Jeudi matin, ils ont emmailloté 80 parcmètres de la ville, les ornant de surcroît d’un appel à la manifestation du 14 juin prochain.

 

Dans les mouvements sociaux qui s’éternisent, il faut trouver la bonne idée pour attirer l’oeil et l’attention du grand public…

 

A Albi, les opposants à la loi travail (dans le cadre d’une action intersyndicale CGT, FO, FSU et Solidaires.) ne s’y sont pas trompés, en s’attaquant aux parcmètres de la ville, à l’occasion de cette nouvelle journée d’action.

80 d’entre eux ont été solidement emmaillotés dans des mètres d’adhésif, jeudi matin. Rendus inutilisables, ils ont été reconvertis en panneaux d’affichage puisque redécorés par les manifestants avec des tracts appelant à la grande manifestation nationale du 14 juin prochain pour le retrait pur et simple de la loi.

 

 

 

Source : https://communismeouvrier.wordpress.com

 

 

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social Ils réagissent
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11 juin 2016 6 11 /06 /juin /2016 14:58

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

 

18 mois de prison requis contre les lanceurs d'alerte «LuxLeaks»

10 mai 2016 | Par Dan Israel
 
 

Lors de la septième journée d'audience, le procureur luxembourgeois a demandé au tribunal de condamner Antoine Deltour et Raphaël Halet, tout en se disant « pas opposé » à des peines avec sursis. Contre le journaliste Edouard Perrin, il a demandé une simple amende. Cela ne l'a pas empêché de critiquer durement ceux qui sont à l'origine de la révélation du scandale.

 

En apparence, le procès LuxLeaks n’aura pas fait bouger les lignes. Mardi 10 mai, au septième et avant-dernier jour des audiences où comparaissent les anciens employés de PriceWaterhouseCoopers (PwC) Antoine Deltour et Raphaël Halet aux côtés du journaliste Edouard Perrin, le procureur David Lentz a prononcé un réquisitoire implacable envers les « soi-disant lanceurs d'alerte » et le journaliste qui serait « allé trop loin ». Auparavant, ce mardi et le mercredi précédent, les avocats des prévenus s’étaient démenés pour démontrer que les actions de leurs clients, qui ont copié, transmis et diffusé des centaines d’accords fiscaux secrets entre le Luxembourg et des multinationales, n’ont répondu qu’à un souci d’intérêt général. Les avocats ont par conséquent tous demandé la relaxe de leurs clients.

La situation semble donc être restée figée à ce qu’elle était avant l’ouverture du procès. Et pourtant, le procureur paraît être moins sûr de son fait que ses mots ne l'ont laissé entendre. Aussitôt après avoir demandé 18 mois de prison pour Antoine Deltour et Raphaël Halet, il a précisé qu’il ne serait « pas opposé » à ce que ces peines soient intégralement assorties d'un sursis. On est donc loin des 10 ans de prison et du million d’euros qu’ils encouraient au maximum, pour « vol domestique », « divulgation de secrets d’affaires » et « violation du secret professionnel ». Et après avoir durement critiqué Edouard Perrin, jugeant que « la liberté d'expression journalistique ne prévaut pas sur la violation du secret professionnel » (comme l’ont rapporté les journalistes sur place, lire notre boîte noire), le procureur n’a demandé qu’une amende à son encontre, laissant le montant à l’appréciation du tribunal. Il a même conclu en félicitant Edouard Perrin « pour son travail et son opiniâtreté », et a reconnu que le scandale LuxLeaks avait contribué à mettre au jour des « pratiques fiscales douteuses ».

 

Antoine Deltour et son avocat William Bourdon, au tribunal de Luxembourg le 26 avril. © Reuters - Vincent Kessler Antoine Deltour et son avocat William Bourdon, au tribunal de Luxembourg le 26 avril. © Reuters - Vincent Kessler

 

Pour autant, le procureur n’a pas rechigné à endosser son « rôle », celui de « protéger la société contre les abus ». « Si une infraction a été commise, il ne peut y avoir que condamnation », a-t-il déclaré, en s’appuyant sur le fait que les trois mis en cause reconnaissent la matérialité des faits qui leur sont reprochés. Le représentant du parquet luxembourgeois est allé plus loin. « La justice, ça se rend. Ça ne se vole pas », a-t-il fait valoir, extrêmement soucieux de casser l’image de justicier au service de l’intérêt général à laquelle Deltour et Halet ont été associés tout au long des audiences. Pour lui, aucun doute, le premier avait même « une volonté de nuire » à son employeur, en violant le secret des affaires.

David Lentz a expliqué que l’impunité ne pouvait être accordée aux deux hommes, car même si une loi locale existe depuis février 2011, elle ne protège que ceux qui dénoncent des agissements contraires à la loi, alors que les accords fiscaux dévoilés par le scandale LuxLeaks étaient légaux. « Pas question d'ouvrir les portes aux délateurs de tout poil », a-t-il prévenu. Quant au chef d’accusation de vol, il l’a maintenu, bien que les avocats des accusés aient plaidé que les biens immatériels n’étaient pas concernés par la loi luxembourgeoise qui définit ce délit. De fait, dans la jurisprudence du pays, une seule décision de la Cour de cassation englobe les « meubles immatériels », et elle a été contredite depuis.

Revenant sur le rôle d’Edouard Perrin, le procureur a ensuite maintenu que le journaliste avait téléguidé Raphaël Halet. Pour ce faire, il est resté arc-bouté sur les déclarations de l’ex-employé de PwC devant les policiers et la juge d’instruction, mais n’a apparemment pas tenu compte de sa déposition au procès, où il avait fermement démenti cette version. Rappelons aussi que Perrin a bénéficié d’un non-lieu pour les accusations de complicité de vol, rendu le 25 novembre dernier par la chambre du conseil du tribunal, qui décide des poursuites ou non après la conclusion de l’enquête d’un juge d’instruction. Qu’importe, le magistrat l’a jugé coupable de complicité de viol du secret professionnel et du secret des affaires. « Il y a des limites à la liberté d'expression », a-t-il assuré, faute de quoi on sombrerait « dans l'anarchie ».


« Le secret des affaires, ce n’est pas le secret de magouilles » 

Le réquisitoire du procureur a dû satisfaire PwC. Lors de l’audience précédente, mercredi 4 mai, son avocat avait demandé à la justice de ne pas céder à la « stratégie de défense très efficace à l'égard de la presse », consistant à présenter Deltour et Halet comme des lanceurs d’alerte. Pour PwC, « au regard des faits », ni Deltour ni Halet n'avaient l'« animus du lanceur d'alerte », et ce statut dont ils se revendiquent serait une « invention ex post facto, concoctée pour les  besoins de la défense ». Concernant Antoine Deltour, l’avocat de PwC avait particulièrement insisté sur son non-respect du secret professionnel, pourtant détaillé dans son contrat de travail. « M. Deltour n'est pas un lanceur d'alerte chimiquement pur. Il n'est pas un lanceur d'alerte du tout », avait-il lancé, assurant que, en copiant des documents de formation en plus des « rulings », son « but premier » avait été de « piller le “know how” [le savoir-faire – ndlr] de PwC ».

Le cabinet d’audit avait demandé une indemnisation d'un euro à l’égard de ses anciens employés, car il ne serait pas possible de mesurer l’impact réel de leurs actions. Pourtant, en décembre 2014, l’entreprise avait fait signer un accord de confidentialité à Halet en lui faisant reconnaître qu’elle avait perdu au moins 10 millions d’euros du fait de la fuite des seize documents dont il était l’auteur… En ne demandant qu’un euro de dommages et intérêts, « PwC ne souhaite en aucun cas montrer qu’elle n’aurait pas subi de préjudice », assurait son avocat, martelant qu’il « s’agit d’une affaire grave ».

Ce mardi, la réplique de William Bourdon, l’avocat français d’Antoine Deltour et figure emblématique de la défense des lanceurs d’alerte, a été cinglante. « Les lanceurs d'alerte ne savent pas encore qu'ils le sont lorsqu'ils agissent », a-t-il asséné, invitant le tribunal à être « au rendez-vous de l'Histoire », s’attirant les applaudissements d’une partie de la salle, où étaient réunis les soutiens des trois accusés. Le mercredi précédent, c’est Bernard Colin, l’avocat de Raphaël Halet, qui avait enthousiasmé le public, en demandant d’« appeler un chat un chat » et en dénonçant l'« évasion fiscale », et non l'« optimisation fiscale », organisée par PwC pour les multinationales. Très en verve, il avait déclaré se trouver « face à des tordus de la finance », et clamé : « Pour moi, le secret des affaires, ce n’est pas le secret de magouilles. »

Les uns après les autres, tous les avocats présents ont plaidé pour une relaxe générale, en s’appuyant notamment sur la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme et sur l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme, qui définit la liberté d’expression et la liberté de la presse. Selon les règles européennes, qui s’imposent aux droits nationaux de chaque État membre,  défendre l'intérêt général peut permettre de violer la confidentialité, dans certains cas. May Nalepa, qui défend Raphaël Halet, a notamment détaillé point par point les conditions qu’il faut remplir pour se prévaloir de cette jurisprudence, et a plaidé qu’elles étaient toutes remplies. « M. Halet a défendu les intérêts de la nation européenne », a-t-elle lancé. « Que valent les petits secrets de PwC face au droit à l'info de 500 millions d'Européens ? » a surenchéri Olivier Chappuis, avocat d’Edouard Perrin. Le procureur ne les a pas suivis sur ce point. Il leur reste un dernier droit de réplique, mercredi 11 mai, pour convaincre le tribunal que ce sont eux qui ont raison.

Le jugement devrait être connu pendant la seconde quinzaine de juin.

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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11 juin 2016 6 11 /06 /juin /2016 14:47

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Comment le néolibéralisme a défait la démocratie

11 juin 2016 | Par christian salmon
 
 

Les violences policières lors des manifestations contre la loi sur le travail s'inscrivent dans un cycle plus large de régression démocratique qui affecte toutes les libertés fondamentales. Cette régression est la conséquence directe de la victoire du néolibéralisme. Un néolibéralisme qui ne se contente pas de limiter les contre-pouvoirs mais désactive et rend caduc le projet politique même de la démocratie. Il est l'explication de l’échec démocratique du quinquennat de François Hollande.

 « Il faudrait une histoire des rapports entre répression et lexique, twittait récemment le philosophe Mathieu Potte-Bonneville. 1986, pelotons voltigeurs motocyclistes. 2016, grenade de désencerclement. » 1986 : c’est l’année des manifestations contre la loi Devaquet, c’est aussi la mort de Malik Oussekine sous les coups de CRS opérant sur des motos tout-terrain. 2016 : c’est la mobilisation contre la loi sur le travail, marquée par des violences policières sans précédent qui ont fait de nombreux blessés, dont deux grièvement.

À cette occasion, le lexique de la répression policière s’est enrichi de nombreux termes, comme Flash-Ball ou LBD, les armes utilisées contre les manifestants, mais aussi des mots nouveaux comme gazage, nasse et même d’anglicismes comme kettling, cette technique anglo-saxonne qui vise à encercler, immobiliser, couper les cortèges en deux ou trois, créer des « souricières » pour réguler le flux et noyer de gaz lacrymogènes les manifestants. L’usage des smartphones sur les lieux de manifestation a permis de documenter de nombreuses violences des forces de l’ordre que Mediapart a récemment rassemblées dans un ensemble accablant.

 

L'éducateur et syndicaliste Guillaume Floris quand les CRS l'évacuent, le 26 mai, à Paris. © Jérôme Chobeaux L'éducateur et syndicaliste Guillaume Floris quand les CRS l'évacuent, le 26 mai, à Paris. © Jérôme Chobeaux
 

L’inspection générale de la police a elle-même lancé en 2013 un site « anti-bavures » dans le but de donner une bonne image des forces de l’ordre. Mais le mot même de « bavures », qui réduit la violence policière à des dérapages isolés, exclut de fait toute analyse systémique de ces violences alors que l’évolution du lexique répressif constitue un bon indicateur des changements à l’œuvre dans la stratégie de maintien de l’ordre.

 

Cette stratégie articule la nature des armes utilisées, le mode opératoire des forces de l’ordre, leur mise en place et leur déploiement, mais aussi la logique qui préside à l’encadrement de la foule par les forces de l’ordre, logique qui substitue au simple maintien de l’ordre le contrôle et l’occupation de l’espace public, et à la protection des manifestants, la confrontation avec eux. Les provocations incessantes de la police contre les occupants de la place de la République à Paris en sont le signe manifeste.

 

  • Une « acculturation » démocratique

Cette histoire du lexique répressif devrait embrasser non seulement les techniques de répression policière et de maintien de l’ordre pendant les manifestations mais également les formes nouvelles de répression politique. Car ce phénomène de répression s’inscrit dans un cycle de régression démocratique qui affecte toutes les libertés fondamentales depuis plus d’un an : état d’urgence ou d’exception, perquisitions de jour et de nuit, assignations à résidence, projet de déchéance de nationalité, gardes à vue, notes blanches, interdictions administratives de manifester, filatures, écoutes téléphoniques, surveillance numérique, couvre-feu, interdictions de réunion, de circulation, fichage en dehors de tout cadre légal, fiches S, contrôles au faciès, reconduites aux frontières...

Le lexique se fait inventaire à la Prévert. Il désigne des interdits mais aussi des licences que s’accorde le pouvoir exécutif, usant d’un droit d’exception banalisé, des interdits d’actes mais aussi des interdits de langage, comme l’apologie du terrorisme, ou des injonctions comme celle de chanter La Marseillaise dans les écoles ou de brandir le drapeau aux fenêtres. Il s’étend par nappes de mots, redessine les frontières du licite et de l’illicite, du légitime et de l’infâme. Tous ces interdits se croisent, formant, comme le disait Foucault dans L’Ordre du discours, « une grille complexe », qui ne cesse de se resserrer sur les zones en crise : l’identité, la nation et la nationalité, la religion et son double, la laïcité…

Le débat sur la déchéance de nationalité en a été l’exemple le plus éloquent. Les applaudissements qui ont salué, lors du Congrès réuni à Versailles, cette proposition transpartisane du président de la République sont le symptôme d’une véritable « acculturation » démocratique chez ceux qui sont les garants des institutions démocratiques. Mais ce n’est pas le seul. L’arsenal législatif de lois scélérates adopté à la suite des attentats terroristes de janvier et de novembre 2015 a rendu possible une régression démocratique qui concerne toutes les libertés fondamentales.

Ainsi à la faveur de la mise en place de l’état d’urgence, héritage colonial s’il en est, les lois liberticides se retournent aujourd’hui contre des citoyens français et en dehors de tout contrôle judiciaire. Et encore cette régression démocratique déborde-t-elle les mesures de l’état d’urgence, elle participe d’un climat liberticide général. Le nouveau lexique de la répression nourrit une novlangue désormais partagée par nos élites médiatico-politiques par-delà les affiliations idéologiques ; du Front national au Parti socialiste en passant par Les Républicains. Une novlangue avec son lexique, sa sémantique et sa syntaxe.

 

  • Un moment crucial

C’est un moment crucial et à ce titre peut-être plus important que ne le fut Mai-68 : l’accouchement au forceps du néolibéralisme en France. Le néolibéralisme considéré non pas comme une simple politique économique (la politique de l’offre) mais comme une logique rationnelle générale qui vise à « reformuler » toutes les formes d’expériences et d’existences en termes purement économiques. Ce travail de réécriture, la loi El Khomry l’effectue en partie, elle en est le symbole et le test.

Mais la preuve et la signature de cette entreprise de reformulation, c’est la régression démocratique qui affecte toutes les libertés fondamentales dans ce pays. La liste des atteintes aux droits fondamentaux s’allonge, à l’abri de l’autocensure de plus en plus flagrante de médias passés aux mains de quelques milliardaires. Le licenciement politique d’Aude Lancelin, la directrice adjointe de L’Obs, en offre une image presque caricaturale.

La logique managériale néolibérale qui est celle des actionnaires de cet hebdomadaire s’impose à toute autre logique et au principe même du débat d’idées qui est l’oxygène du journalisme et de la démocratie. Les sociétés de rédacteurs du groupe Le Monde, qui appartient au même trio d’actionnaires, ne s’y sont pas trompées : elles ont dénoncé d’une seule voix cette ingérence des actionnaires dans la politique éditoriale. Les raisons managériales invoquées pour justifier ce licenciement ne sont pas le masque qu’on a voulu y voir, celui d’une éviction à l’évidence politique comme l’a démontré Mediapart ; elles sont le vrai visage de l’absolutisme néolibéral qui ignore et exclut toute autre rationalité politique ou même démocratique. Nous y reviendrons à la fin de cet article…

 

Les habits neufs de l’hégémonie culturelle

À l’évidence, ce licenciement participe de cette « bataille des idées » qui fait rage, selon les éditorialistes qui recyclent le vieux concept d’« hégémonie culturelle » d’Antonio Gramsci, selon lequel la victoire des idées précède toujours les victoires politiques. L’état-major de cette guerre culturelle, Gramsci le qualifiait d’« intellectuel organique ». Mais qu’en est-il aujourd’hui de l’intellectuel organique ? Où est-il donc passé après 2008 et la crise financière ? Faut-il le chercher (le repêcher) à gauche où il a sombré corps et âme avec le Mur de Berlin ? Ou bien se cache-t-il à droite, dans quelque think tank ou agence de lobbying ? On ne peut, dans le cadre limité de cet article, que formuler quelques hypothèses :

 

1. Première  hypothèse : l’intellectuel organique n’est pas là où on le croit. D'Alain Finkielkraut à Éric Zemmour, les figures médiatiques d’une pensée de droite centrée sur les questions de l’identité nationale, de l’immigration et de la laïcité occupent les plateaux de télévision et les pages débats des journaux mais sont totalement inopérantes s’il s’agit de penser les questions de la souveraineté, du pouvoir et des formes nouvelles de gouvernance. Ces auteurs, qu’on les qualifie de philosophes, de publicistes ou d’éditorialistes, ne sont nullement une spécialité made in France. Ils participent d’un phénomène que je propose de qualifier de « trumpisation des esprits ». La « trumpisation des esprits » n’a rien à voir avec l’hégémonie culturelle et ce pour plusieurs raisons, que l’on peut décliner conformément aux hypothèses suivantes.

 

Donald Trump et son air martial en meeting dans le New Hampshire. © Thomas Cantaloube Donald Trump et son air martial en meeting dans le New Hampshire. © Thomas Cantaloube
 

2. Deuxième hypothèse : la « trumpisation des esprits » n’est pas un courant d’idées, c’est l’expression d’un ressentiment. Elle exprime un ras-le-bol indistinct qui vise aussi bien l’étranger que l’élite, le religieux comme l’athée, l’exclu et le milliardaire. Son succès dans l’opinion n’en fait pas une pensée hégémonique car elle ne vise pas à créer une nouvelle subjectivité mais se contente de faire écho à des ressentiments. En ce sens, les intellectuels « trumpistes » ne sont pas « organiques » mais « allergiques » : ils se contentent de nourrir la nostalgie du récit perdu, la grandeur de la Nation, blanche, chrétienne, uniculturelle et monolingue, sa culture, son empire et ses satellites ou colonies.

 

C'est une pensée réactive plutôt que réactionnaire, qui sert tout au plus d’exutoire au malaise « identitaire » qui, en effet, travaille les sociétés dans toute l’Europe et aux États-Unis. Pensée allergique mais sûrement pas régulatrice, pour rester dans la métaphore organique qu’utilisait Gramsci pour penser l’hégémonie culturelle.

 

3. Troisième hypothèse : l’hégémonie culturelle d’un courant de pensée ne se mesure pas seulement à son influence ou à son audience médiatique mais à sa centralité dans le fonctionnement et la légitimation du système social. L'« intellectuel organique » tel que l’avait défini Gramsci peut donc se reconnaître à sa capacité à transformer un corpus d’idées et de valeurs. Il est celui qui œuvre en faveur de la construction d’une hégémonie en produisant du discours, des concepts et des instruments de gouvernance, nous dirions aujourd’hui des récits, un nouvel « ordre » narratif capable d’inspirer et de « conduire les conduites » (Foucault).  

Dans l’immédiat après-guerre, « l’intellectuel organique » en Occident était représenté par le courant keynésien qui élabora, scénarisa et répandit le grand récit fordiste du welfare state. Nous en connaissons l’intrigue et les personnages. Mais en coulisses, un autre « intellectuel organique » était en gestation : l’intellectuel organique néolibéral. La Société du Mont-Pèlerin (en anglais Mont Pèlerin Society, MPS) en fut la couveuse et l’atelier d’écriture. Fondée en 1947 par Friedrich Hayek, Karl Popper, Ludwig von Mises ou Milton Friedman, la Société du Mont-Pèlerin élabora le récit d’un nouvel ordre social, « néolibéral », qui allait s’imposer peu à peu dans les cercles du pouvoir, les médias puis le grand public, avant de triompher à la fin des années 1970 en jetant le discrédit sur le welfare state et en proposant une nouvelle intrigue et un nouvel héros : non plus le consommateur enchanté, mais « l’entrepreneur de soi ».

Cette vision nouvelle de l’homo œconomicus allait inspirer une nouvelle manière de considérer l’État, la gouvernance, les rapports sociaux et internationaux. Ce récit néolibéral allait trouver ses grands narrateurs en la personne de Ronald Reagan et Margaret Thatcher. « L’économie est le moyen, déclara cette dernière en 1988. L’objectif est de changer les âmes. » Pour l’essentiel, l’objectif est atteint. Les ingénieurs de l’âme néolibéraux ont achevé leur travail. Un nouveau sujet néolibéral s’est imposé, dont les qualités et les valeurs sont la flexibilité, l’agilité, l’adaptabilité, la capacité à changer de stratégie en fonction des circonstances, un nouveau moi volatil, axé sur le court terme et libéré du poids de l’expérience passée.

 

4. Quatrième hypothèse : comprendre l’hégémonie suppose donc de partir non des idées et de leur influence, mais d’une description de ce système, de ses rouages essentiels. Une récente enquête de La Revue du crieur (à lire ici sur Mediapart) dresse le portrait d’un de ces praticiens et producteurs d’idées qui fabriquent les concepts et techniques du néocapitalisme mondialisé.

L’auteur de cette enquête, le sociologue Razmig Keucheyan, a rencontré l’un d’eux : Emmanuel Gaillard. En 2014, le magazine Vanity Fair l’a classé à la seizième place des « Français les plus influents du monde », juste derrière Xavier Huillard, le PDG de Vinci (et avant l’actrice Eva Green !). Le portrait de cet « intellectuel discret au service du capitalisme » bouleverse bien des idées reçues sur l’hégémonie. Gaillard est un expert en arbitrage international. Son grand œuvre est un austère traité de théorie du droit intitulé Aspects philosophiques du droit de l’arbitrage international. Rien d’un Sartre ou d’un Foucault !

En quoi peut-il être qualifié d’« intellectuel organique » ? L’arbitrage international répond à un problème crucial du néocapitalisme : comment gérer les inévitables frictions ou conflits qui résultent de la mondialisation du capital ? Comment, plus généralement, produire un espace mondial lisse, où le capital puisse circuler sans entraves ? Gaillard est un « courtier » du capitalisme. Se faisant l’intermédiaire entre plusieurs cultures juridiques, lui et ses semblables œuvrent à la mondialisation du capital par le droit.

 

La démocratie comme un murmure

5. Cinquième et dernière hypothèse : l’hégémonie de l’intellectuel organique ne repose pas sur l’orthodoxie idéologique, la consistance propre à une pensée ou une idéologie mais au contraire sur l’hétérodoxie, la récupération, le braconnage conceptuel. Elle puise sa force dans une sorte de « hacking idéologique », pour reprendre une expression de Jérôme Batout dans un article récent. Il prend pour exemple le primat de l’économie sur le fonctionnement social, matrice fondamentale de la gauche marxiste mais qui a pour effet de légitimer à droite une certaine méfiance à l’égard de la politique. « Si l’infrastructure économique commande la superstructure politique, alors il en découle que la politique est une illusion. La politique n’a pas de réalité propre. »

Un autre exemple : dans ses cours au Collège de France, en 1979, Michel Foucault insistait sur le fait que le néolibéralisme n’appréhendait pas les individus comme des consommateurs, mais comme des producteurs et qu’il visait à « substituer à un homo œconomicus partenaire de l’échange, un homo œconomicus entrepreneur de lui-même ». Les idées de Foucault ont inspiré bien des théoriciens du néolibéralisme. Emmanuel Gaillard, lui, s’inspire des concepts de l’œuvre de Pierre Bourdieu ! « L’arbitrage, déclare-t-il, est devenu un véritable champ social au sens de Bourdieu ; il se caractérise par une lutte entre acteurs possédant des “capitaux” économiques, culturels et sociaux différents. »

Cet exemple de braconnage idéologique est l’un des traits d’une pensée hégémonique. Capter et mettre à profit les idées de l’autre camp permet de parvenir à un degré de compréhension et de conscience de soi supérieur, en intégrant et en « dépassant » la critique. Cela permet aussi de désamorcer ce que ces idées ont de subversif en les intégrant au bloc d’idées hégémonique.

 

  • Comment le néolibéralisme a défait la démocratie

Reste la question centrale : en quoi la régression démocratique participe-t-elle du triomphe du néolibéralisme ? C’est là que l’horizon temporel choisi par Mathieu Potte-Bonneville pour son histoire lexicale de la répression prend tout son sens : 1986-2016. Il recouvre grosso modo le cycle des trois décennies de la révolution néolibérale. L’épisode grec de l’été 2015 a mis en évidence la férocité de la lutte que mènent les néolibéraux lorsqu’il s’agit de disqualifier, d’affaiblir et finalement d’abattre tout ce qui s’oppose à la gouvernance néolibérale. Comment articuler le processus de régression démocratique et le cycle historique au cours duquel le néolibéralisme s’est imposé ? La démocratie serait-elle soluble dans le néolibéralisme ?

Le néolibéralisme n’a rien d’une politique du « laisser faire », comme le libéralisme avec lequel on le confond. C’est une politique volontariste, qui se propose de construire les conditions sociales et individuelles d’une forme de gouvernance nouvelle qui reconfigure tous les aspects de l’existence en termes économiques et financiers.

Dans un livre événement encore inédit en France, Wendy Brown décrit comment le néolibéralisme ne se contente pas de limiter les contre-pouvoirs dans l’exercice de la démocratie. Il désactive et rend caduc le projet politique même de la démocratie libérale comme forme sociale et historique autonome.

Wendy Brown faisait déjà ce constat en 2007 dans un précédent essai (Les Habits neufs de la politique mondiale, éditions Les Prairies ordinaires, 2007). « Dans les pays où domine la rationalité politique néolibérale », écrivait-elle, la tendance veut que la « classe dirigeante ne soit plus constituée d’hommes de loi mais d’hommes d’affaires, que les juges soient critiqués et les légalismes soient dénoncés comme des verrous, et que le gouvernement fasse un usage stratégique de la loi comme – pourquoi pas ? – de la transgression de la loi. »

 

Wendy Brown. Wendy Brown.
 

Son nouveau livre, Undoing the Demos, va plus loin. Selon Wendy Brown, le néolibéralisme a pour effet structurel de débrancher toutes les formes de la délibération démocratique en les faisant basculer dans un registre purement économique. « La démocratie se réduit à un murmure dans les nations euro-atlantiques, affirme Wendy Brown. Alan Greenspan peut déclarer que les élections ont perdu de leur importance parce que, grâce à la mondialisation, le monde est régi par les forces du marché. Ainsi le sens de la démocratie se réduit-il à ce qu’il reste de la liberté personnelle. » Brown décrit en détail comment le néolibéralisme reformule, conformément à sa propre rationalité, tous les ingrédients de la démocratie : la jurisprudence, la gouvernance, la culture politique, les pratiques de citoyenneté, les formes du leadership, le vocabulaire et l’imaginaire démocratiques…

 

Son argument diffère des critiques habituelles du néolibéralisme, selon lesquelles l’argent et le marché corrompent ou dégradent la démocratie, ou qui décrivent comment les institutions démocratiques sont dominées par la finance. L’analyse de Wendy Brown, et c’est ce qui fait sa force et son originalité, se concentre sur la manière dont la raison néolibérale est en train de subvertir le caractère propre de la raison politique en la reformulant en termes économiques. Les institutions démocratiques ne peuvent survivre à cette transmutation. La modernisation néolibérale ne pourrait donc s’imposer qu’au prix d’une régression démocratique. Nul besoin de dictateurs comme Pinochet au Chili pour cela ! Le néolibéralisme y suffit quand il n’a pas recours à sa forme néoconservatrice pour précipiter le mouvement.

Le livre fournit une série d’études de cas qui illustrent cette déconstruction du Dèmos. Citons-en deux. L’exemple de l’Irak : Wendy Brown montre comment l'Autorité provisoire de la coalition, dirigée par Paul Bremer, a cherché à transformer l'Irak en un paradis néolibéral. Par un simple décret, Bremer a brisé l’autosuffisance céréalière des Irakiens en imposant des restrictions à la réutilisation des semences, ouvrant ainsi la voie aux importations de Monsanto et à ses semences génétiquement modifiées.

 

Penser l’échec de François Hollande

L'arrêt Citizens United, rendu le 21 janvier 2010 par la Cour suprême des États-Unis. C'est un autre exemple de cette pénétration de la logique néolibérale dans le fonctionnement démocratique. Afin de supprimer les limitations fixées par la loi en matière de financement des campagnes électorales américaines, cette décision assimile les dons des entreprises à l’exercice du droit d’expression défini dans le premier amendement de la Constitution. Brown fait valoir qu’une telle extension du droit d’expression au financement des campagnes par les entreprises a pour effet de mettre sur un même plan le lobbying des entreprises et l’expression de la souveraineté populaire. De fait, la libre expression se trouve assimilée à une forme d’activité économique et les flux discursifs sont identifiés à des flux financiers. Les uns et les autres peuvent être alors considérés comme également légitimes, jouissant des mêmes droits. Ce qui constitue une refonte complète du concept même de Dèmos.

  • « Ce TINA que donc je suis »…

« Undoing the Demos est un livre pour l'âge de la résistance, affirme Costas Douzinas, directeur du Birkbeck institute for the Humanities, pour les occupants des places, pour la génération d'Occupy Wall Street. La philosophe offre une critique dévastatrice de la façon dont le néolibéralisme a évidé la démocratie. Mais la victoire de l'homo œconomicus sur l’homo politicus n’est pas irréversible. Après avoir lu Brown, seule la mauvaise foi peut justifier la tolérance à l’égard du néolibéralisme. »

Ainsi le prétendu déblocage des sociétés opéré par les néolibéraux partout dans le monde s’effectue-t-il sous les modalités concrètes d’un verrouillage brutal des droits fondamentaux. Le livre de Brown permet de comprendre, au-delà des conjonctures et des tactiques locales, comment le néolibéralisme reconditionne les lois et les formes de la démocratie. Il fournit une base solide à la réinvention de formes démocratiques nouvelles. Il permet aussi de penser l’échec démocratique du quinquennat de François Hollande autrement qu’en termes moralistes ou mélancoliques et de comprendre comment un président « normal » est devenu un président d’« exception », responsable d’un rétrécissement historique des droits et des libertés.

 

François Hollande, 9 juin 2016. © Reuters François Hollande, 9 juin 2016. © Reuters

 

L’oligarchie néolibérale qui gouverne le pays serait bien ingrate de ne pas lui en savoir gré, car ce président, plus qu’aucun autre, a réussi l’impossible : discipliner la société, soumettre tout le champ social au calcul économique, faire accepter l’idée que la souveraineté populaire doit être soumise non plus seulement à une autorité politique incarnée, mais à une logique absolutiste désincarnée à laquelle le souverain est lui-même soumis. Ce n’est donc pas seulement de « trahison » qu’il faudrait accuser François Hollande (la trahison de ses promesses, de ses alliances, de son électorat…) mais aussi d’allégeance et de loyauté à l’égard de Bruxelles, du Medef, de l’Otan et surtout de soumission à la raison néolibérale, ce TINA (There is no alternative) qui les inspire et les gouverne.

C’est la leçon du quinquennat sans doute la plus révoltante. Nous sommes dominés non pas par des tyrans, mais par des fondés de pouvoir, une classe « dirigée » et non pas dirigeante, soumise à une autre rationalité que celle qui inspire la démocratie depuis les Lumières. TINA est son cogito et François Hollande, son interprète. En jouant sur les verbes « être » et « suivre », à la manière de Jacques Derrida, son slogan de campagne pourrait être : « Ce TINA que donc je suis »…

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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