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5 juin 2016 7 05 /06 /juin /2016 21:05

 

Source : https://www.francebleu.fr

 

 

Loi Travail - Manifestant tabassé à Caen : "cette police là n'a rien à faire dans un pays démocratique !"

Par Boris Letondeur, France Bleu Normandie (Calvados - Orne) vendredi 3 juin 2016 à 13:09

 

 

Monji Essanaa et son avocat Maître Claude Marand-Gombar

Monji Essanaa et son avocat Maître Claude Marand-Gombar © Radio France - Boris Letondeur

 

La vidéo de son tabassage par un policier lors de la manifestation contre la Loi Travail du jeudi 26 mai a fait le tour du web. Monji Essanaa, éducateur sportif de 54 ans, s'exprime une semaine après pour que lumière soit faite et que l'"agression gratuite" qu'il a subie ne reste pas impunie.

Monji Essanaa sort de son silence. Une semaine après avoir essuyé les coups de policiers lors de la manifestation contre la Loi Travail, l'éducateur sportif caennais de 54 ans reste dans l'incapacité d'exercer son métier. A l'arrêt de travail d'une journée délivré par son médecin dans les heures qui ont suivi l'agression, s'est ajouté une semaine d'ITT pour le quinquagénaire qui souffre notamment d'un décollement de la plèvre.

 

 

Mobilisé contre la Loi Travail depuis le départ

"J'avais déjà manifesté contre le CPE en 2006 et là, je suis mobilisé contre la Loi Travail depuis le début. Jeudi 26 mai, j'étais à la manifestation prévue par les organismes syndicaux, de l'EPSM du Bon Sauveur jusqu'à la place du Théâtre. J'ai estimé que faire une heure de marche pour se plaindre de la Loi Travail n'était pas suffisant donc j'ai suivi le cortège qui est reparti vers 12h30".

 

Frappé à 6 reprises au moins

 

 

 

"Place Gardin, je me suis assis sur un bloc de granit pour ranger mes lunettes cassées dans mon sac. Le temps de regarder à l'intérieur, je vois la police à ma hauteur. Le policier me passe devant, je me dit que je suis tranquille mais non, il fait un pas en arrière et me dit : "qu'est-ce que tu fous là toi ?". Je lui explique que je range mes lunettes mais il ne cherche pas à comprendre et me donne un coup sur l'épaule. Je tente de lui redire ce que je fais et là il me remet un coup dans le bas du dos. En tentant de me lever, je trébuche sur le bloc de pierre".

"Une fois à terre, il m'assène un coup de pied, de semelle, sur la poitrine. Je me dit que je n'ai plus qu'à me mettre en boule, à me protéger la tête. J'ai senti au moins deux coups, puis un policier me dit : "relève-toi, tu repars dans la manif !". J'ai été surpris et j'ai répondu que je ne voulais pas y retourner. On m'a ensuite menacé de me redonner des coups si je ne repartais pas. Alors j'y suis allé à travers les fumées des gaz lacrymogènes et en reprenant un coup au passage".

 

Décollement de la plèvre

"Dans l'après-midi, je suis allé chez le médecin parce que j'avais des douleurs à la poitrine puis je suis allé porter plainte dans la foulée. La policière a été compréhensive, on a essayé de bien détailler le déroulement de ce qu'il s'est passé. Le lendemain, j'ai eu la police des polices et j'ai passé une radio qui a révélé un pneumothorax, un décollement de la plèvre. J'ai eu deux arrêts de travail : l'un d'un jour et l'autre d'une semaine".

"J'ai toujours des douleurs à la poitrine lancinantes et puis quand je fais des inspirations ou expirations fortes. Mon médecin m'a conseiller d'aller aux urgences si j'avais le moindre essoufflement. Pour l'instant, je ne peux plus enseigner parce qu'en cas d'intervention, je prends le risque d'aggraver les problèmes pulmonaires".

 

Rien à faire dans la police s'il ne sait pas se contrôler

"La police peut être énervée après plusieurs semaines de mobilisation, mais on est professionnel. Moi, j'ai été pompiers de Paris, quand on est sur des feu très longs, fatigué ou pas, on doit se contrôler. Le comportement qu'il a eu n'est pas un comportement professionnel. J'ai l'impression qu'il s'est fait plaisir, qu’il s'est acharné sur moi. Ce type de personnage n'a rien à faire dans la police s'il ne sait pas se contrôler".

"Je comprends les jeunes qui sont énervés, "haineux" contre la police. On aime la police quand elle rend service, quand elle donne des coups de main, quand elle nous soutient. C'est comme dans un couple quand tout se passe bien qu'on est sympathique, on est content d'être avec mais quand elle un un comportement qu'elle ne devra pas avoir, d'agressivité, de violence, on n'a pas envie de l'aimer cette police, elle n'a rien à faire dans un pays démocratique".

 

Maître Marand-Gombar : "Les vidéos de l'agression sont essentielles dans l'affaire !"

Pour plaider sa cause devant la justice, Monji Essanaa a fait appel aux services de Maître Claude Marand-Gombar. L'avocat pénaliste caennais entend bien aider son client à clarifier les faits et obtenir des excuses de la part du policier incriminé.

"Il faut clarifier les choses, savoir pourquoi il y a eu des comportements inadmissibles. On veut en tirer des conclusion et des conséquences pour éviter la reproduction de comportements de même nature. Il est insupportable d'entendre que les policiers présents ce jour là puissent se dire en état de légitime défense. Toutes les conditions d'une éventuelle légitime défense ne sont pas réunies. Est-ce tellement compliqué dans notre société quand un personnel commet un acte totalement inapproprié, de présenter des excuses ?"

"Ce dossier est exceptionnel, non pas en raisons de la gravité des comportements parce qu'il y en a déjà eu dans le passé mais parce que nous avons des éléments de preuves. S'il n'y avait pas les vidéos, les photos, cette affaire  aurait eu beaucoup plus de mal à prospérer en terme de suites judiciaires. Ces images sont essentielles, quand on voit les coups de matraques, de semelles, on imagine assez mal que l'on puisse contester la réalité des coups d'une part et mettre en avant l'existence d'une possible ou prétendue légitime défense".

 

France Bleu Normandie (Calvados - Orne)

 

 

 

Source : https://www.francebleu.fr

 

 

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5 juin 2016 7 05 /06 /juin /2016 20:50

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

Le grand entretien

Tristan Harris : « Des millions d’heures sont juste volées à la vie des gens »

 

 

 

Cet ingénieur informatique a quitté Google après avoir été leur « philosophe produit ». Là-bas, il a réfléchi à des téléphones plus éthiques, qui ne nous feraient plus perdre de temps, en vain. Aujourd’hui, il veut déclencher une prise de conscience.

 

Tristan Harris a été le « philosophe produit » de Google pendant trois ans. Ça vous laisse perplexe ? Nous aussi, au début.

On a découvert cet ingénieur informatique américain formé à Stanford via un post de Medium passionnant titré « Comment la technologie pirate l’esprit des gens ». Il y explique (en anglais) comment les entreprises de la Silicon Valley nous manipulent pour nous faire perdre le plus de temps possible dans leurs interfaces.

Concrètement, Facebook a intérêt à ce qu’on scrolle son fil d’actu toute la journée, et pour ça, il nous détourne de notre intention initiale. Pour vérifier l’heure et le lieu du concert de ce soir par exemple, nous sommes obligés de passer par le newsfeed. C’est ce qu’il appelle des « stratégies de persuasion », et les ingénieurs de la Sillicon Valley l’apprennent à l’école.

Tristan Harris a créé un label, Time Well Spent, pour faire en sorte que les technologies nous redonnent du pouvoir au lieu de nous transformer en zombies boulimiques de notifications et de flux d’infos. Nous en avons discuté avec lui via Skype.

 

Tristan Harris à TedX Bruxelles

Tristan Harris à TedX Bruxelles - TedX
 

Rue89 : En tant que jeunes urbains connectés, on a parfois cette sensation d’étouffer de technologie, au point de vouloir parfois jeter nos smartphones par la fenêtre.

Mais est-ce que c’est si grave, pour toi ?

Ça nous rend vraiment fou, en fait (rire). Pour résumer, il faut penser ta vie comme une liste de choix. Là, maintenant, tu me parles sur Skype, et à cause des obligations sociales, ce serait grossier si tu commençais à regarder quelque chose d’autre.

Mais si d’un coup la conversation coupe, qu’est-ce qui détermine ce que tu fais ensuite ? Il y a une liste invisible de ce qui te semble le plus important ou le mieux à faire qui tourne dans ta tête.

Vivre, c’est choisir des choses dans cette liste invisible, ce menu. Et le problème est que notre téléphone met un nouveau choix au menu, qui sera toujours mieux en apparence, plus gratifiant, que la réalité. Ce n’est pas vrai, mais ça nous donne cette impression.

 

Economie de l'attention : que tu veux/ce que l'entreprise veux

Economie de l’attention : que tu veux/ce que l’entreprise veux - Blog de Tristan Harris

 

Sauf, sauf, si tu as une meilleure connexion aux autres : quand tu as une discussion vraiment passionnante pendant ton diner, tu ne vas pas te dire « c’est pas top, allons regarder s’il y a mieux sur Internet ».

Mais si tu t’ennuies, que tu fais la queue, ça aura l’air mieux, tu te dis que ce sera plus productif, que tu pourras apprendre quelque chose, que tu ne te sentiras plus seul, que tu pourras envoyer ce message en plus, etc.

Le téléphone sera cette chose qui rentre en compétition avec la réalité, et gagne. C’est une sorte de drogue. Un peu comme les écrans de télévision, mais disponibles tout le temps et plus puissants.

Le problème, c’est que ça nous change à l’intérieur, on devient de moins en moins patient avec la réalité, surtout quand c’est ennuyeux ou inconfortable. Et parce que la réalité ne correspond pas toujours à nos désirs, on en revient à nos écrans, c’est un cercle vicieux.

Ce qui est mauvais, c’est que nos écrans, en nous « remplissant », tout en nous donnant faussement l’impression de choisir, menacent notre liberté fondamentale de vivre notre vie comme on l’entend, de dépenser notre temps comme on le veut. Et remplacent les choix que l’on aurait fait par les choix que ces entreprises veulent que l’on fasse.

 

Ça ne risque pas de s’arranger, j’imagine…

C’est vrai. Parce qu’on est dans une économie de l’attention, avec une compétition entre les applications, ça va devenir de pire en pire.

Comme la réalité virtuelle ou immersive, qui va devenir plus persuasive que la réalité physique. Et qui voudrait rester dans le réel quand on lui propose de faire l’amour avec la personne de ses rêves ou d’aller cueillir des arcs-en-ciel ? Et je ne suis pas dans un truc futuriste là, Facebook a déjà sorti son Oculus Rift.

 

Mark Zuckerberg au Mobile World Congress de Barcelone, le 21 février 2016

Mark Zuckerberg au Mobile World Congress de Barcelone, le 21 février 2016 - Facebook

 

Ce serait quoi un design « éthique », du coup ?

Ce serait des technologies qui nous rendraient notre liberté de choix. Si ton téléphone fonctionnait pour toi, il ne te dirait pas, comme aujourd’hui « voici tout ce que tu es en train de manquer ». Il ne te ferait pas entrer dans cette matrice créée de toutes pièces.

En fait, il y a un phénomène d’addiction à ces sollicitations. La première chose que font 80% des gens le matin, c’est d’allumer leur téléphone. C’est quelque chose qui va exister de toutes façons, donc la réponse n’est pas : jetons la technologie par la fenêtre.

La réponse à l’addiction n’est pas l’abstinence parce que ça serait transféré ailleurs. La réponse à l’addiction est de connecter les gens entre eux. Il y a beaucoup de recherches en ce moment là dessus : si tu mets des gens addicts dans une communauté très forte, alors ils ne se sentent plus seuls, et ils ne sont plus accros.

Pour que les technologies nous aident à combler ces besoins humains fondamentaux au lieu de prendre leur place, il faut qu’elles changent. Ce ne sera pas quantitatif comme avoir moins de notifications. Tous ces écrans seraient radicalement différents, ils créeraient, par design, du lien social.

 

« Wall-e » (film de 2008), que Tristan Harris prend en exemple - Andrew Stanton
 

Par exemple, au lieu de se coucher le soir ou de se lever le matin en ouvrant Facebook et en se comparant à tous nos autres amis, notre téléphone nous ferait de la place pour nous connecter aux gens auxquels on tient. Si on fait du yoga le matin, ça n’ouvre pas une application de yoga, mais ça te propose de le faire avec tes amis, ceux qui en font en même temps que toi.

 

Mais Facebook et d’autres créent du lien social. Ça me permet de garder contact avec des amis à l’autre bout de la terre par exemple.

Il faut se garder de penser en noir et blanc. Oui, d’une certaine façon la technologie est fantastique, elle fait plein de trucs incroyables. Mais il y a aussi un tas de ratés, si on veut, qui ont pour conséquence que les gens se sentent très mal.

Par exemple, LinkedIn, occasionnellement, nous aide à trouver un boulot. Tous les jours des gens y vont pour travailler et cette entreprise, au lieu de se demander comment les aider à ça, se demande « comment je fais pour qu’ils passent le plus de temps possible dans mon application » ?

C’est un peu tendu de dire ça, mais bon, c’est comme réveiller des gens qui sont dans une secte, qui croient en un système qui est vraiment puissant et fait vraiment des choses pour eux. Et c’est très inconfortable pour eux de voir la vérité en face, que ce système n’est pas totalement bon.

 

Comment es-tu devenu conscient de ces problèmes ?

Ça a commencé quand j’étais magicien — je n’étais pas un magicien très sérieux, je n’ai donné qu’un spectacle en terminale (rire). Mais il y a une façon de penser que la magie t’enseigne. Au lieu de penser à ce que l’esprit peut faire, il faut trouver ces petites asymétries de perception. Ce qui veut dire qu’il y a des choses qu’un magicien fait et que le public ne verra pas. Même si, quelque part, c’est juste devant leur nez. Ça t’enseigne les limites de l’attention et du choix.

Plus tard, à l’université, j’étais un ingénieur traditionnel en informatique à Stanford, j’ai travaillé chez Apple dans les logiciels en tant que stagiaire, à 19 ans, et j’étais très enthousiaste à l’idée que la technologie nous donnerait du pouvoir — il y avait Steve Jobs qui disait que les ordinateurs pouvaient être des bicyclettes pour notre esprit, nous donner le pouvoir de penser et d’agir différemment.

Ma dernière année à Stanford j’ai choisi le cours pour devenir membre du laboratoire de persuasion technologique de Stanford. Qui était assez connu en fait pour enseigner aux étudiants comment entrer dans la psychologie des gens, et rendre les produits plus persuasifs et efficaces.

« Persuasifs », ça semble bizarre comme mot dans ce contexte, mais ça veut dire : comment tu conçois un formulaire pour que les gens le finissent ? Si tu veux que quelqu’un ouvre un mail, comment tu le fabriques pour que ça soit le cas ?

On a appris toutes ces techniques, qui ressemblent à celles des magiciens. Dans ce cours, un des fondateurs d’Instagram était mon partenaire projet, et aussi beaucoup de gens qui avaient rejoint Facebook, qui sont ensuite devenus des designers et des psychologues importants dans l’entreprise. Donc j’ai vu sous mes yeux cette connexion entre les étudiants qui s’entrainaient à toutes ces stratégies et ces entreprises, qui utilisent ces principes tout le temps. Parce que c’est la clé du succès économique, faire en sorte que les gens passent le plus de temps possible sur leurs services.

La question est : quelle est la morale derrière ? Comment tu définis le bien ? Parce que ces gens, qui n’ont pas de mauvaises intentions en soi, ne sont pas des philosophes de 90 ans, mais de jeunes designers vivant à San Francisco.

 

Tu étais l’éthicien de Google pendant trois ans ou le «  philosophe produit  », ça veut dire quoi ?

En fait, j’ai été embauché chez Google après le rachat d’une application que j’avais lancé, Apture, qui était une sorte d’interface pour souligner et commenter des pages web.

Là-bas, j’ai rencontré des gens qui concevaient la sonnerie du téléphone, j’allais à des réunions où les gens se disaient « envoyons une notification à chaque mail ». J’étais dans des équipes qui allaient façonner l’attention de milliards de personnes.

Parce que j’avais été magicien, que j’avais appris la persuasion technologique à Stanford, je voyais à quel point Google et d’autres compagnies dans la tech allaient affecter la vie des gens et ça me préoccupait. Surtout qu’il n’y avait pas du tout de réflexion là-dessus, on ne se demandait pas si ça allait être bon pour les gens. Et c’est normal, parce que c’est difficile de prendre ses responsabilités pour tout l’impact que tu as. C’est un travail difficile déjà de faire marcher ces objets, donc si en plus tu dois penser à l’impact sur les utilisateurs, ça fait beaucoup.

Après un an là-bas donc, je pensais déjà à partir, et je sentais qu’il y avait ce débat qui manquait à Google. Donc avant de quitter l’entreprise, j’ai décidé de faire une présentation, un manifeste.

J’y ai expliqué comment une poignée de personnes, des hommes pour la plupart, vivant à San Francisco, décidaient de la façon dont des milliards de personnes dans le monde utilisaient leur attention.

Ce ratio n’a jamais existé auparavant : qu’un si petit nombre de personnes deviennent les architectes en chef de ces sortes de villes invisibles qui connectent des milliards de gens entre eux, pas par des routes mais par le design d’un téléphone.

C’était un gros succès et on m’a offert de rester, ce qui était très généreux, pour penser et travailler sur ce problème qui pourrait être résumé par : « Si un petit groupe de gens décide pour une masse de personnes, quelle éthique devraient-ils utiliser ? »

C’est très difficile mais on doit résoudre ce cas d’école parce que c’est ce qui est en train de se passer. Pendant trois ans, j’ai appris et lu beaucoup, j’ai inventé de nouveaux concepts, de nouvelles distinctions, un vocabulaire pour aider à penser ça.

 

Mais ça a mal tourné ?

En réalité, c’est difficile pour ces problèmes de devenir une priorité, quand l’entreprise doit atteindre ses objectifs du trimestre. Il y a des milliers de personnes dans ces entreprises qui sont accaparées par le produit qu’on doit sortir prochainement. Quand Apple fait une montre, Google doit faire une montre, et que la montre capte l’attention des gens ou les rende fous, n’était qu’une arrière-pensée, et encore.

Je ne suis pas parti parce que j’étais en colère, mais parce qu’une conversation très très importante n’avait pas lieu dehors sur comment ces technologies affectent les gens.

 

En partant de Google, en 2014, tu as décidé de créer ce label, « Time well spent », pour distinguer les technologies qui nous aident à mieux utiliser notre temps et redonne du pouvoir aux utilisateurs. Ça marche ?

Il y a pas mal de gens de l’industrie dans ce label, qui ont eu cette prise de conscience. On a fait des ateliers pour apprendre aux designers comment faire différemment. Mais en fait on s’est rendu compte qu’il était trop tôt pour ça. Il faut d’abord les convaincre que ça a du sens.

Pense au label bio, par exemple. Ça ne s’est pas fait d’un coup : « Coucou, il y a le bio, on en a fait un label, et voilà. » Ça a pris bien quinze ans pour sortir. Avant le bio, les gens se disaient « la nourriture c’est de la nourriture, je l’achète, je la mange, et voilà ».

Ce qu’a fait le bio, c’est créer un débat. Le système agro-industriel, comme la technologie, on le subit, ça nous influence, on est dedans, et le bio était cette prise de distance, qui a fait qu’on s’est demandé : D’où vient ma nourriture ? Est-ce que c’est vraiment ce qu’on veut ? Est-ce qu’on peut construire le système différemment pour que ça nous redonne du pouvoir ?

Et là, c’est encore plus difficile à labelliser, ce n’est pas juste enlever des produits chimiques. Avec cet obstacle : il n’y a pas assez de place laissée aux développeurs pour qu’ils imaginent des alternatives. Par exemple Apple ne va pas te laisser faire ton propre écran d’accueil, ou Android, c’est plus ouvert mais ça reste compliqué. Donc comment les consommateurs peuvent faire pression publiquement sur ces entreprises s’ils ne savent pas à quoi ça ressemblerait ?

Maintenant, la meilleure chose qu’on peut faire, c’est de déclencher une prise de conscience massive. ll faut prendre la parole tous ensemble si on veut que ça devienne une priorité.

Ce n’est pas le principal problème de l’humanité, c’est vrai, mais par exemple, la question de la vie privée, on en parle énormément. Parce que c’est un concept intuitif en fait : « Ne prends pas mes données. » Mais il y a cette autre chose : des millions d’heures sont juste volées à la vie des gens, manipulés tous les jours de leur vie, et il n’y a pas un seul débat public là-dessus !

 

Est-ce que ce débat est porté par d’autres personnalités aux Etats-Unis ou ailleurs, à ta connaissance ?

Je ne dis pas ça pour passer pour un prophète, mais non. Je vais être téméraire et dire : c’est une vérité inconfortable à regarder. Les gens de l’industrie n’auront pas cette conversation.

Parce que disons que tu travailles à LinkedIn ou Twitter : ta possibilité de nourrir tes enfants, de leur payer une école, de vivre dans une ville aussi chère que San Francisco (qui est très chère), dépend de la possibilité de maximaliser le potentiel économique de ces technologies. Donc tu ne veux pas creuser vraiment à l’intérieur de cette vérité.

 

Justement, concevoir des technologies qui nous feraient perdre moins de temps et nous rendraient notre liberté de choix, c’est tellement opposé aux intérêts économiques de l’industrie actuellement que ça me rend pessimiste.

J’entends ça. Je me sens aussi, pas pessimiste, mais frustré, que notre système soit si éloigné de ce qui serait bien pour les gens. Mais je veux vraiment qu’on capte l’attention de deux entreprises :  Apple et Google. Non pas parce qu’elles sont bonnes ou mauvaises, mais parce que ce sont celles qui ne vivent pas du temps que tu passes sur Facebook ou sur n’importe quelle application, ce n’est pas leur métier.

Ce sont les « gatekeepers », les principaux acteurs du marché. Pour filer avec la métaphore du bio, qui décide s’il y a des étals bio ou pas ? Ce sont les gens qui fabriquent les passerelles, ce sont les supermarchés pour le bio et en technologie ce sont les téléphones.

Il y a un espoir si on met la pression sur ces entreprises, pour qu’elles fabriquent un nouveau portable. A la place de sortir un portable qui brille dans le noir par exemple, ça pourrait être un portable « Time well spent », qui t’aide à mieux utiliser ton temps.

 

Qu’est-ce qu’on peut faire en attendant que Google et Apple se réveillent, si on veut dépenser mieux notre temps  ?

Pour ceux qui se sentent concernés par le problème, et veulent le faire, j’ai quelques conseils. Pour résumer :

  • Réduire le nombre de perturbations. Il y a un tas de recherches qui montrent que ton horloge interne, et de pensée, est perturbée par des interruptions trop fréquentes. Donc il faut changer tes réglages pour ne plus avoir de notifications, sauf les messages les plus urgents de véritables personnes. Ne pas mettre de notifications pour les mails par exemple, beaucoup de gens le font — très mauvais selon moi.
  • Réorganiser ton écran d’accueil. Il faut qu’il y ait le nombre minimal d’icônes dessus et que les applis qui y sont soient des outils basiques dans lesquels tu rentres et tu sors : le calendrier, les GPS, etc. Ce ne sont pas des applis qui vont t’embarquer là où tu ne veux pas aller, contrairement aux mails par exemple.
  • Ces autres applis, qui fontionnent, en gros, comme des écrans de télé, il faut les mettre dans des dossiers, sur le second écran. Et pas besoin d’organiser parfaitement ces dossiers. C’est pour éviter de faire cliquer inconsciemment sur l’icône lumineuse de l’application, parce que c’est ce qu’on fait le plus souvent.

 

Ça marche, tu te sens devenir moins fou qu’avant ?

Un peu. C’est important pour moi d’incarner ce que je prêche et je fais ce que je peux mais je reste très connecté, évidemment, je suis dans la sphère publique, donc j’ai beaucoup de sollicitations. Je veux faire plus.

 

Pour contacter Tristan, on a dû passer par une interface spécifique, qui priorise les sollicitations pour lui

Pour contacter Tristan, on a dû passer par une interface spécifique, qui priorise les sollicitations pour lui - Tristan Harris
 
 
 
 
 
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5 juin 2016 7 05 /06 /juin /2016 20:30

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

EDF veut reporter le démantèlement de ses centrales

5 juin 2016 | Par martine orange
 
 
 

Les tours de passe-passe comptable pour masquer les coûts cachés du nucléaire continuent. EDF a annoncé à l’Autorité de sûreté nucléaire son intention de reporter de « plusieurs décennies » le démantèlement des centrales arrêtées, dans le but d'améliorer son bilan. Au mépris de la sécurité collective.

Après l’allongement de la durée de vie des centrales, le report du démantèlement. Les tours de passe-passe comptable pour masquer les coûts cachés du nucléaire se poursuivent. En effet, sans crier gare, EDF semble bien vouloir changer ses engagements en matière de démantèlement de centrales nucléaires. Revenant sur toutes les dispositions légales et de sécurité prises, EDF envisage désormais d’étaler la déconstruction de ses centrales fermées sur plusieurs décennies voire jusqu’au début du XXIIe siècle. Les arrière-pensées d’EDF sont à peine voilées : tout se met en place, avec ce décalage, pour qu’à terme le groupe transfère toutes les charges de la fin de la vie des centrales et du nucléaire à quelque structure de défaisance, et en fasse assumer le coût par la collectivité.

C’est l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), manifestement surprise et furieuse, qui a dévoilé le pot aux roses dans un communiqué le 2 juin (lire ici). Lors d’une audition des responsables d’EDF le 29 mars, elle a découvert que l’électricien, selon ses termes, avait changé de « stratégie » en matière de démantèlement de centrales nucléaires de première génération. « Cette nouvelle stratégie conduit à décaler de plusieurs décennies le démantèlement de certains réacteurs au regard de la stratégie affichée par EDF en 2001 et mise à jour en 2013 », indique l’ASN dans son communiqué. L’autorité précise qu’elle attend des explications de la part du groupe et qu’elle analysera avec précision si ses intentions sont conformes avec ses obligations de sécurité et législatives.

 

Centrale de Chinon © EDF Centrale de Chinon © EDF
 

La loi stipule qu’EDF doit s’engager, sans période d’attente, à déconstruire les centrales arrêtées « dans les meilleurs délais ». Ces dispositions concernent pour l’instant les centrales de première génération, construites toutes à partir de la technologie uranium naturel graphite-gaz (UNGC), une technique abandonnée à la fin des années 1960 au profit de la technologie à eau pressurisée. Six centrales sont concernées. Trois sont implantées sur le site de Chinon (Indre-et-Loire), deux à Saint-Laurent-des-Eaux (Loir-et-Cher), une au Bugey (Ain).

 

Selon le calendrier fourni par EDF, le démantèlement de toutes ces centrales devait être achevé en 2045. Désormais, le groupe public se refuse à fournir la moindre date, estimant qu’il a besoin de plus de temps et de « retour d’expérience », à la suite d’un changement d’approche sur la méthode de démantèlement de ces centrales.

Jusqu’alors, les ingénieurs d’EDF envisageaient de recourir à un démantèlement sous l’eau des différents éléments des centrales, afin de limiter les risques de radioactivité. « Après examen, nous avons estimé que les technologies envisagées présentaient des risques beaucoup trop importants, et qu’il fallait abandonner le démantèlement sous eau », a expliqué au Monde Sylvain Granger, chargé des questions de démantèlement à EDF, mettant en avant les risques de corrosion et de fuites liquides.

Désormais, EDF envisage de recourir à une technique « sous air », ce qui lui permettrait d’utiliser plus commodément des robots. Mais elle estime qu’il lui faudra des années, peut-être vingt ans, afin de bien mettre au point cette nouvelle technique. Et pour ne rien laisser au hasard, EDF milite pour commencer par une seule centrale – celle de Chinon –, afin de tester les méthodes et les techniques idoines, avant de s’attaquer aux autres. Compte tenu des délais annoncés par EDF, la déconstruction de la première centrale ne devrait pas être achevée avant 2060. Quant aux autres, cela pourrait courir jusqu’au début de l’autre siècle. Peut-on encore parler de démantèlement « dans un délai aussi court que possible », s’interroge l’ASN ?

Depuis le lancement des premiers réacteurs nucléaires, il est prévu qu’EDF en assume la fin de vie et le démantèlement. Ces centrales graphite-gaz sont toutes arrêtées depuis plus de vingt ans. Comment expliquer qu’EDF réalise seulement maintenant qu’elle a fait fausse route dans le choix des techniques de démantèlement ? Comment a-t-elle analysé les expériences entreprises à l’étranger ?

L’étonnement de l’ASN en découvrant ce changement de technique est compréhensible. Avant cette réunion de mars, les responsables d’EDF ne lui en avaient jamais parlé. Aucune référence n’est faite à ce sujet dans le rapport annuel de 2015, alors que, selon les responsables d’EDF, cette stratégie est actée depuis l’an dernier. Sans aucune concertation, le groupe décide ainsi de s’affranchir de ses engagements passés, et même des dispositions législatives prises, bien que tous les textes aient été écrits quasiment sous sa dictée.

On en comprend la finalité. En repoussant sur des décennies le démantèlement de ses centrales, EDF allège mécaniquement la pression financière induite. Depuis longtemps, des experts – pas seulement des détracteurs du nucléaire – disent qu’EDF sous-estime le coût de démantèlement. Le groupe a toujours assuré que les charges de fin de vie du nucléaire étaient incluses dans la vente des prix de l’électricité.

Il a provisionné 23,4 milliards d’euros pour les coûts futurs de démantèlement dans ses comptes de 2015. Mais ce montant est appelé à diminuer si le réseau de distribution (RTE), qui figure parmi les actifs dédiés pour financer le démantèlement des centrales, est privatisé, comme le souhaite le gouvernement. Un rapport de la Commission européenne, publié début 2016, chiffre le coût de fin de vie des centrales françaises (déconstruction et gestion des déchets) à 74 milliards d’euros.

Au moment où EDF, pris en étau par la baisse des prix de l’électricité et la montée de ses obligations – notamment le grand carénage estimé à 100 milliards d’euros d’ici 2030 par la Cour des comptes –, affiche un bilan dégradé, tout report sur les dépenses de vie des centrales serait le bienvenu. L’habillage de bilan pourrait continuer pour masquer le coût réel du nucléaire. Le seul rempart à cette dérive est l’ASN, dernier gardien du respect des engagements pris et de la sécurité nucléaire.

Car le gouvernement, lui, affiche un soutien sans faille à EDF, dans son souci de maintenir « la filière nucléaire française » et lui souffle même sa conduite. L’État s’apprête à souscrire pour les trois quarts de l’augmentation de capital de 4 milliards d’euros, qui doit être lancée le 29 juillet, afin de permettre la réalisation des projets les plus aventureux, comme celui d’Hinkley Point. Pendant ce temps, la sécurité des populations, la gestion de fin de vie du nucléaire peut attendre. Au risque d’accroître les dangers, les problèmes et les coûts. Ce sera aux générations futures d’en assumer la charge. L’important pour les responsables d’EDF comme pour le gouvernement, c’est le résultat à trois mois.

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

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5 juin 2016 7 05 /06 /juin /2016 20:26

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Le revenu de base inconditionnel rejeté par 76,9% des Suisses

5 juin 2016 | Par La rédaction de Mediapart
 
 

L'initiative en faveur d'un revenu de base inconditionnel (RBI) a été rejetée par 76,9 % des électeurs lors d'une votation ce dimanche en Suisse, selon le résultat provisoire.

L'initiative en faveur d'un revenu de base inconditionnel (RBI) a été rejetée par 76,9 % des électeurs lors d'une votation ce dimanche en Suisse, selon le résultat provisoire. La nette défaite des partisans du RBI n'est pas une surprise, les sondages ayant prévu un rejet de cette ampleur.

Les partisans du RBI estiment que mettre en place un revenu mensuel de 2 500 francs suisses (2 250 euros) par adulte et de 625 francs suisses (560 euros) par enfant serait un progrès pour la dignité humaine et pour les services publics.

Les opposants à cette idée, au nombre desquels le Conseil fédéral (gouvernement), estiment que la mise en place d'un RBI aurait un coût trop élevé et affaiblirait l'économie de la confédération.

Le propriétaire de café bâlois Daniel Häni, l'un des coauteurs de l'initiative, a reconnu la défaite des partisans du RBI mais s'est targué d'avoir remporté dimanche une victoire morale. « En tant qu'homme d'affaires, je suis réaliste et je m'attendais à un "oui" de l'ordre de 15 %, mais il semble que nous soyons plutôt à plus de 20 % voire peut-être à 25 %. Je trouve ça fabuleux, sensationnel », a-t-il dit à la télévision suisse. « Quand je vois l'intérêt porté [au sujet] par les médias, y compris à l'étranger, je me dis que nous lançons là une tendance », a continué Daniel Häni.

La Suisse est le premier pays à tenir un référendum national sur l'idée d'un revenu de base garanti à chacun, mais d'autres pays, comme la Finlande, étudient des projets du même type.

Le Conseil fédéral avait appelé les électeurs à rejeter le RBI, parlant d'une menace pour la cohésion de la société et d'une réforme trop coûteuse. Si l'issue du référendum ne faisait guère de doute, le RBI a déclenché dans le pays un débat animé. Selon le Conseil fédéral, le RBI aurait un coût annuel de l'ordre de 208 milliards de francs suisses (187 milliards d'euros), et découragerait les gens de travailler, notamment ceux qui ont de faibles revenus, tout en affaiblissant l'économie.

Une bonne partie de ces coûts auraient pu être couverts par les organismes de prestations sociales existants, mais la partie restante, équivalant à 25 milliards de francs suisses (22,5 milliards d'euros), aurait dû être financée par des hausses d'impôts ou par une baisse des dépenses publiques.

Un mécanisme social vient d'ores et déjà en aide aux personnes qui ne peuvent plus subvenir à leurs besoins. Moins de 7 % de la population suisse vivait en 2014 dans la pauvreté, selon les statistiques fédérales.

Lors d'une autre votation, ce dimanche, les électeurs suisses ont rejeté à 67 % une initiative populaire fédérale "en faveur du service public", selon une projection de GfS diffusée par la radiotélévision helvétique. Cette initiative demandait à la Confédération de ne pas viser prioritairement les bénéfices au sein des sociétés contrôlées majoritairement par l'Etat, comme Swisscom, La Poste suisse ou la société des chemins de fer CFF. L'initiative émanait de magazines de protection des consommateurs. Le soutien en faveur de cette initiative, tout d'abord populaire, s'était nettement réduit au fil des sondages avant le vote.

(Reuters)

 

 

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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Source : http://www.marianne.net

 

 

Les Suisses disent "non" au revenu de base universel

Un vote était organisé ce dimanche 5 juin pour que les Suisses se prononcent sur l’instauration d’un revenu de base universel pour tous versé par l’Etat. D'après les premiers résultats, 78% d'entre eux se sont montrés défavorables au projet.
 
Les Suisses refusent l'instauration d'un revenu de base universel - GILE MICHEL/SIPA
 

Le projet était simple : que l’Etat verse un revenu minimum de base pour tous, afin d’éradiquer la pauvreté et de laisser la possibilité à tous de vivre dignement. Alors que l'idée de cette alternative aux formes d’aides financières existantes, nommée “revenu de base universel”, fait son chemin en France, les Suisses l’ont rejetée massivement, ce dimanche.

 

 

Les résultats définitifs seront communiqués dans la soirée, mais d’après un premier état des lieux, 78% de la population s'est prononcée contre ce projet qui avait engendré de vifs débats dans le pays. “On est très contents", a malgré tout déclaré Ralph Kunding, l’un des initiateurs de cette réforme, à l’agence suisse ATS, précisant qu’ils partaient “de très loin”.

C'est se revendiquant "indépendant de tout parti ou groupement politique" qui avait lancé la pétition à l'origine du projet. Elle proposait de verser chaque mois une allocation à tous les Suisses et étrangers vivant dans le pays depuis au moins cinq ans, soit 2.500 francs suisses (2.260 euros) par adulte et 650 francs suisses par mineur. Dans ce cas de figure, 25 milliards de francs suisses (22,6 milliards d’euros) par an auraient été nécessaires pour mettre à bien ce projet.

 

Les Suisses ne sont pas prêts à renoncer à la valeur travail

Être payé sans travailler, ça aurait été un grand pas. L’initiative n’était pas très claire, elle était surtout destinée à alimenter une discussion”, a réagi le politologue Andreas Ladner sur la chaîne RTS. Dans la sphère politique, on avait vite dénoncé un projet trop couteux et idéaliste. "C'est un vieux rêve, un peu marxiste. Pleins de bons sentiments irréfutables mais sans réflexion économique", avait ainsi déclaré à l'AFP le directeur du Centre international d'études monétaires et bancaires à Genève, Charles Wyplosz, qui considère que "les gens en feront moins" s'il advenait que la rémunération soit déconnectée de la valeur travail. En 2012, les Suisses s’étaient illustrés en refusant de voir passer leurs congés payés de quatre à six semaines.

 

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

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4 juin 2016 6 04 /06 /juin /2016 15:38

Le retour de la terreur

Le Journaliste (David Pujadas)

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4 juin 2016 6 04 /06 /juin /2016 14:19

Info reçue par mail

 

 

Info expresse : Manuel Valls et Michel Sapin actuellement à Athènes
 
VALLS FÉLICITÉ PAR TSIPRAS
PENDANT QUE SAPIN COORDONNE LE PILLAGE !

 
Depuis hier soir, Athènes est sous très haute surveillance. Une tentative d'enyaourtage(1) du premier ministre français a malheureusement échoué près du parlement, suite à la fermeture du centre-ville, notamment de la station de métro de la place Syntagma à partir de 18h. Les déploiements policiers sont immenses et les gardes du corps sur les dents.
https://www.youtube.com/watch?v=O8-Ssyy1p60
 
C'est avec un statut similaire à un chef d'Etat que Valls, visage fier et allure de colon, a passé en revue la garde nationale grecque devant le monument du soldat inconnu, avant de finir la soirée dans l'opulence, sur la terrasse du musée de l'Acropole, à quelques centaines de mètres seulement d'un campement de sans-abris (dont plusieurs enfants) expulsés de leur domicile suite à la réforme du code civil. Le repas gastronomique a été servi en compagnie du ministre de l'économie français Michel Sapin, coordinateur du pillage du bien commun en Grèce au bénéfice de grandes firmes françaises : EDF, Vinci(2), Thalès, Veolia, Suez ou encore la SNCF qui s'apprête à racheter pour une bouchée de pain la société grecque de chemin de fer, TRAINOSE, ce qui aura pour effet de doubler des prix qui étaient jusqu'ici parmi les plus bas en Europe, et qui convoite également des infrastructures ferroviaires. Harlem Désir, secrétaire d'État aux affaires européennes figurait également parmi les convives, ainsi que Giorgos Stathakis, le très controversé ministre grec de l'économie, héritier d'une grande famille d'armateurs, connu pour avoir oublié de déclarer au fisc 38 biens immobiliers (oui, vous avez bien lu : 38 !) et plus de 1,8 millions d'euros égarés sur un compte discret. Ce scandale dure depuis le mois de décembre en Grèce et les manifestants y font souvent allusion, parmi d'autres cas de corruption et de népotisme qui s'ajoutent au bilan désastreux de la capitulation du 13 juillet 2015.
 
Hier soir également, sous les applaudissements nourris d'une assistance triée sur le volet, Tsipras n'a pas manqué de féliciter Valls et de témoigner son « estime » à l'un des hommes politiques pourtant les plus détestés de l'hexagone, qu'il a même qualifié d' « ami ».
 
Ce vendredi matin, il a été également impossible de gêner la visite de Manuel Valls à l'Institut français d'Athènes, complètement encerclé de barrages filtrants. Depuis 10h30, Michel Sapin est en rendez-vous avec son homologue grec et quelques amis costumés pour la séquence « bonnes affaires », alors que depuis 11h, Manuel Valls est reçu au Palais Maximou, résidence du premier ministre, pour finaliser une feuille de route basée sur un « partenariat stratégique ».
 
Quel sera le contenu réel de cet accord ?
 
Valls et Tsipras vont évoquer un partenariat économique pour « sortir le pays de la crise » et rappeler le « soutien indéfectible de la France depuis l'entrée de la Grèce dans l'union européenne », en 1981. Mais en réalité, cet accord concerne les conséquences de la « seconde capitulation » du 24 mai 2016 (3), c'est-à-dire l'extension de la grande braderie qui prévoit désormais jusqu'à 597 îles mises en vente et 538 sites archéologiques. Le gouvernement français veut faire profiter ses amis grands patrons de cette juteuse affaire. C'est l'heure des soldes et tout le monde accourt en Grèce, à commencer par les responsables politiques russes et chinois, en début de semaine(4), accompagnés par des dizaines d'hommes d'affaires. Les domaines clés de la coopération gréco-française seront « le développement rural, la réforme de l'administration publique, l'innovation, le tourisme et, bien sûr, l'investissement », motif principal du séjour.
 
L'autre annonce qui va tenter de masquer la réalité mortifère, c'est la promesse du gouvernement français d'accueillir 400 ou 500 réfugiés par mois, en provenance de Grèce. Mais la face sombre de ce sujet, c'est que plus de 200 policiers et gendarmes français participent actuellement à la gestion calamiteuse de la question des réfugiés et migrants dans les îles grecques. Ces jours-ci, les mutineries se multiplient dans les camps inhumains de Lesbos et de Samos. Mercredi soir, le camp de réfugiés de Moria à Lesbos s'est encore rebellé, puis, hier soir, celui de Samos, entre 20h et minuit, suivi d'une répression terrible des gardiens et de la quasi-totalité des forces de police de l'île qui ont aussitôt convergé sur les lieux. Il y a au moins 30 blessés donc plusieurs adolescents. Certains sont dans un état grave et ont du être transportés vers un hôpital mieux équipé, celui de Samos étant complètement dégradé par les politiques d'austérité depuis quelques années.
 
Les mass-médias grecs, relayés par les agences de presse internationales, osent noyer le poisson en évoquant une obscure rixe entre des migrants, ce qui est totalement faux selon les témoignages directs recueillis depuis. C'est encore une mutinerie pure et simple contre des conditions de détentions violentes, arbitraires et inhumaines. Rien d'autre. D'ailleurs, au moins deux bungalows ont été incendiés et plusieurs prisonniers ont réussi à s'échapper.
 
Pour seule réponse, Tsipras et Valls annoncent la prochaine conversion de l'agence de surveillance Frontex en « armada de garde-côtes européens », directement coordonnée depuis Bruxelles. Valls a également évoqué le renforcement imminent de la présence policière française dans les îles grecques, avec 300 CRS et gendarmes supplémentaires d'ici peu.
 
« Tout va bien, Madame la marquise », semblent-ils entonner en trinquant : l'Euro de foot va commencer, ainsi que la saison touristique estivale ! Mais ils oublient d'évoquer les millions d'insoumis qui bloquent de plus en plus la Grèce(5), la France, l'Espagne, le Portugal et la Belgique, en attendant plus. Jusqu'à quand feindront-ils d'être sourds ? Et jusqu'où faudra-t-il aller dans nos luttes ?
 
Yannis Youlountas
 
 
1) équivalent en Grèce des « entartages » en France ou en Belgique (souvent préparés par Noël Godin et ses compagnons pâtissiers).

2) Xavier Huillard, le PDG de Vinci, avait même accompagné François Hollande en Grèce lors de son voyage des 22 et 23 octobre 2015.
3) durant l'Eurogroupe du 24 mai 2016.
http://www.economie.gouv.fr/accord-dette-grece-eurogroupe-des-24-mai-2016
(4) Tsipras a reçu Poutine à Athènes, puis s'est rendu à Pékin.
(5) Par exemple, il y a un mois :
http://blogyy.net/2016/05/08/le-blocage-de-la-grece-vu-de-linterieur/

 
- - - - - - -

APPEL POUR UN FOURGON SOLIDAIRE ET UN TROISIÈME FILM
Merci à toutes celles et ceux qui viennent de répondre, depuis deux jours, à l'appel à soutien de notre collectif de films (cf. mail précédent), et merci à celles et ceux qui songent à le faire durant les prochains jours.
a) rappel du lien créé par notre collectif sur le Pot commun pour nous aider :
https://www.lepotcommun.fr/pot/w6o8gwir
(vous pouvez accompagner d'un message votre contribution)
b) si vous ne souhaitez pas ou ne pouvez pas utiliser le Pot commun, vous pouvez aussi envoyer un chèque à :
ANEPOS - "Fourgon solidaire" - BP 10 - 81540 Sorèze (ordre : ANEPOS)
ou un virement à :
IBAN d'ANEPOS : FR46 2004 1010 1610 8545 7L03 730
BIC : PSSTFRPPTOU
en mentionnant "Fourgon solidaire" dans le libellé.
c) détails sur le projet :
http://blogyy.net/2016/05/30/en-route-pour-un-troisieme-film-mais/
d) contact : anepos@no-log.org

 

 

 

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3 juin 2016 5 03 /06 /juin /2016 13:49

 

Source : http://www.la-croix.com

 

 

Comment Emmaüs veut affronter Leboncoin.fr

À l’occasion de son salon annuel dimanche 5 juin, le mouvement Emmaüs présentera sa « place de marché en ligne » Label-emmaus.co censée rivaliser avec les géants du e-commerce.

Ce site solidaire défendra un contre-modèle sur le marché de la revente d’objets d’occasion. La Croix le présente en exclusivité.

 

Emmaüs enregistre 350 bric-à-brac et friperies solidaires répartis sur tout le territoire. / Alex Bonnemaison

L’affrontement s’annonce exaltant. David contre Goliath. D’un côté, Leboncoin.fr et ses 25 millions de petites annonces en ligne, qui sous ses faux airs de site improvisé, est le champion incontesté de la revente d’objets sur Internet en France.

De l’autre, Emmaüs, un challengeur de taille avec ses 350 bric-à-brac et friperies solidaires répartis sur tout le territoire, mais qui ne s’est encore jamais illustré dans la catégorie e-commerce.

 

« Amazon, Cdiscount, Price-minister… Ils ont tous proposé de nous héberger »

Dimanche 5 juin, à l’occasion de sa grande vente annuelle – prévue cette année au Paris Event Center de La Villette –, le mouvement exposera l’un des projets les plus décisifs pour son avenir : Label-emmaus.co. Ce site, qui a nécessité de gros moyens, sera lancé en octobre 2016. Il a été conçu pour prendre sa place au milieu des mastodontes du secteur.

Emmaüs a refusé bien des offres, avant de se lancer. « Amazon, Cdiscount, Price-minister… Ils ont tous proposé de nous héberger, c’est bien le signe que notre image est positive, attractive, et que nous avons notre carte à jouer avec notre marque, sans trahir qui nous sommes », souligne Maud Sarda, chargée de projet qui pilote ce dossier.

L’organisation tient bon sur ses principes : les objets continueront à être donnés par les particuliers, réparés par des exclus, et revendus dans l’unique but de financer l’activité de l’association. Sur ce point, elle se distingue d’autres acteurs émergents comme cestbonesprit.fr, dont une partie seulement de la revente est reversée aux associations.

 

Des partenaires restent à trouver pour la livraison des marchandises

Voilà le modèle. Contrairement à Leboncoin.fr, qui se contente de mettre en relation les vendeurs et les acheteurs, les internautes de Labelemmaus.co pourront acheter les objets en ligne.

Les annonces seront postées par les compagnons. D’abord dans une vingtaine de bric-à-brac, puis sur l’ensemble du réseau. Des partenaires restent à trouver pour la livraison des marchandises.

Emmaüs a monté un plan sur cinq ans. D’ici à 2017, l’organisation veut récolter 500 000 € de la revente d’objets en ligne grâce à une vingtaine d’équipes locales, ce qui correspond à son investissement de départ.

> Lire aussi : Contre l’exclusion, Paris et Emmaüs Défi gagnent leur pari

 

L’organisation met en avant sa différence

Après cela, ce sera le changement d’échelle. « Comme les autres enseignes, nous espérons atteindre en ligne de 5 à 10 % de ce que nous rapporte aujourd’hui la vente en magasin, soit 5 millions d’euros (contre 200 millions en boutique) », expose Maud Sarda.

Pour monter son projet, Emmaüs a dû créer une structure juridique à part. Là encore, l’organisation met en avant sa différence. Pour se lancer, le mouvement n’a pas créé une société marchande classique, mais une « société coopérative d’intérêt collectif » (SCIC).

Tous ceux qui adhèrent au projet pourront prendre des parts et entrer au capital – de 200 000 € pour commencer –, ainsi que participer aux assemblées générales qui décideront des grandes orientations du projet.

 

Une première expérimentation à Toulouse

En revanche, pas question d’en faire un objet spéculatif : « Une personne qui aura versé 100 € au capital pourra sortir de la coopérative quand elle veut, mais pas avec plus de 100 €, quels que soient les résultats que nous aurons obtenus », prévient Maud Sarda.

Les idées ne manquent pas pour faire grossir le chiffre d’affaires. Des événements seront organisés, avec par exemple des ventes flash thématiques de maroquinerie, d’objets anciens, ou, à la rentrée, de fournitures scolaires. Un système de vente privée pourrait aussi voir le jour, pour donner de temps en temps la priorité aux sociétaires qui ont investi dans la coopérative.

Emmaüs ne part pas de rien dans cette aventure. Plusieurs formules de bric-à-brac en ligne ont été expérimentées localement depuis octobre 2015. Emmaüs Toulouse, dont le portail atteint les 300 000 visiteurs, propose en permanence plus de 300 produits.

> Lire aussi : Emmaüs confronté à la concurrence

Une fois sur deux, ils se vendent en ligne avant de partir en magasin. Les internautes qui viennent chiner sont beaucoup plus jeunes que les acheteurs classiques des bric-à-brac, ce qui permet à l’organisation une nouvelle visibilité.

 

Un système de « Vitrine en ligne »

À Vannes, dans le Morbihan, la communauté tenait à ce que les acheteurs continuent à se déplacer en boutique, au moins dans un premier temps. Dans leur système de « vitrine en ligne » exposant près de 1 000 objets, on peut réserver l’objet convoité. Mais ensuite, il faut aller le chercher.

« Des personnes ont fait le déplacement depuis Rennes ou Nantes, cela nous a permis de nous faire connaître et de montrer nos ateliers », explique Essad Kadri. Originaire de Macédoine, ce jeune compagnon arrivé en France il y a trois ans croit à la révolution numérique d’Emmaüs.

Quand on lui demande pourquoi les gens iraient donner en ligne plutôt que de vendre en ligne, sa réponse est toute trouvée : « Il y a beaucoup de gens qui ne cherchent qu’à vider une maison après un décès. Aujourd’hui, ils ont le réflexe d’aller sur Leboncoin, mais cela pourrait faire sens pour eux de s’adresser à nous », argumente-t-il.

> Lire aussi : Le bon filon du « Bon Coin »

 

Les compagnons devront se former à de nouveaux métiers

Essad Kadri a participé à chaque étape de l’élaboration de Label-emmaus.co. Rien ne se fera sans les personnes en insertion. C’est une longue marche qui commence. Il faudra former les compagnons à de nouveaux métiers, comme la modération des annonces, à la logistique, en passant par le service après vente.

« Pour ne perdre personne en chemin, nous misons sur une croissance progressive. Nous n’allons pas nous mettre à acheter des mots-clés pour remonter dans les moteurs de recherche, mais garder un référencement naturel. Nous y perdrions à faire tout trop vite », explique Maud Sarda.

L’activité du site proprement dit sera confiée aux personnes accompagnées par Emmaüs qui ne sont pas aptes à la réparation ou au transport des marchandises. Une partie des compagnons d’Emmaüs s’activeront dans les bric-à-brac tablette à la main.

Un système de reconnaissance automatique des objets permettra de pré-enregistrer les annonces, qu’il ne restera plus qu’à compléter pour les personnes en réinsertion. D’ici à cinq ans, l’entrée d’Emmaüs dans son ère high-tech pourrait occuper une centaine de personnes en équivalent temps plein.

> À lire : Dans le recyclage, tous les opérateurs sont en difficulté

 

Jean-Baptiste François
 
 
 
 
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3 juin 2016 5 03 /06 /juin /2016 13:34

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Mouvement social

Grâce aux grévistes de la CGT, des usagers paient l’électricité moins cher

par

 

« A cette heure, ce sont plus de 1 100 000 abonnés en région parisienne qui ont été basculés en heures creuses. » C’est le bilan tiré à 9h30 le 2 juin par la Fédération nationale des mines-énergies de la CGT (FNME). La veille au soir, la CGT Mines-énergie avait mis en place un piquet de grève national reconductible dans toutes les centrales. « Les salariés mènent une grosse opération en région parisienne de passage en heures creuses, avec la volonté d’alléger la facture des abonnés », confirme Marie-Claire Cailletaud, porte-parole FNME CGT jointe par Basta ! [1]. Des passages en heures creuses ont aussi été effectués à Lorient, la Hague, le Val de Saône, le Contentin, Châlon-sur-Saône... [2] Les usagers concernés paient entre 2 et 40 centimes de moins par kWh. « Ces derniers mois, nous avons aussi mené des actions de rétablissement de courant chez des clients démunis faisant l’objet de coupures pour impayés », précise t-elle.

Le 28 mai au matin, 300 000 personnes autour de la Courneuve ont ainsi bénéficié du passage en heures creuses, suite à une action de la CGT Energie de Seine-Saint-Denis et des Robins des bois de l’énergie [3]. « Les salariés qui ont agi viennent de ces endroits-là et connaissent les conditions de vie de ces populations. Ce sont des actions qui les rendent fières, observe Marie-Claire Cailletaud. Si ce type d’actions existe depuis 2004, elles demeurent en général peu médiatisées. Objectif : « Que notre mouvement reste populaire. Nous sommes aussi très attachés à notre mission de service public. »

 

François Hollande et Pierre Gattaz visés par les coupures

Parallèlement à ces opérations « Robins des bois », des coupures ciblées ont visé la SCNF. « Nous nous sommes concertés en amont avec les cheminots pour couper des points concernant le fret ferroviaire », précise la porte parole de la FNME CGT évoquant par exemple des coupures sur des gares de triage. Le blocage d’une sous-station électrique SNCF par les salariés de RTE a néanmoins perturbé le trafic des trains, notamment entre Paris et Clermont-Ferrand. Autre conséquence fâcheuse : 20 000 foyers ont été privés d’électricité à Saint-Nazaire. La ville de Tulle, ancien fief de François Hollande, et le conseil départemental de Corrèze ont aussi fait l’objet de coupures d’électricité et de gaz. « C’est un message envoyé directement au président de la République, commente Marie-Claire Cailletaud. Nous maitrisons notre outil de travail et nous pouvons faire monter la pression auprès du gouvernement. »

L’électricité de la permanence du Medef dans le Morbihan a aussi été coupée. Dans le Var, la CGT Energie 83 a revendiqué la suspension de l’alimentation électrique et la dépose du compteur de la résidence secondaire de Pierre Gattaz, le patron du Medef. « Si nous étions des voyous ou des terroristes, comme l’affirme Pierre Gattaz, nous aurions coupé tout le quartier, voire la ville entière, ce qui n’a pas été le cas », a commenté Olivier Pontone, syndicaliste varois (voir la vidéo).

Suite aux crues, les salariés ERDF de Seine et Marne et de l’Essonne ont accepté la réquisition pour permettre le rétablissement du courant dans les communes inondées. « Ce sont les salariés qui décident tous les jours de leurs actions, avec des formes très variées. C’est eux qui perdent leurs salaires, c’est eux qui décident. » Le mouvement est-il amené à durer ? « Ce mouvement on l’a commencé avant la loi travail. On a le sentiment d’être à un tournant du secteur énergétique. L’application des directives européennes par le gouvernement et l’impact de la loi de transition énergétique ont détruit le service public de l’énergie avec la disparition de GDF dans Engie, l’ouverture à la concurrence dans les concessions hydrauliques, la suppression des emplois... » Pour élargir le mouvement, l’intersyndicale (CGT, FSU, FO, Solidaires, Unef, UNL, FIDL) a lancé une votation citoyenne sur la Loi travail jusqu’au 14 juin, avec l’espoir de mobiliser d’autres secteurs.

 

 

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3 juin 2016 5 03 /06 /juin /2016 13:12

 

Source : http://www.rue89lyon.fr

 

 

  • 6:04 - 2 juin 2016
  • par Laurent Burlet

Avec « LISA », Pôle emploi crée un fichier légal des chômeurs agressifs

 
 

Droit de suite / En novembre 2012, nous révélions l’existence au sein des services de Pôle emploi d’un fichage des chômeurs considérés comme agressifs, à travers la collecte des « fiches incidents clients ». Cette constitution de fait d’un fichier n’avait pas fait l’objet d’une quelconque déclaration, pourtant obligatoire, auprès de la CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés).

Trois ans et demi après, la direction de Pôle emploi vient de légaliser cette démarche en obtenant une autorisation de cette même CNIL.

 

Dans une délibération datée du 7 avril 2016, elle autorise la création d’un fichier nommé « LISA » :

La délibération autorise « Pôle emploi à mettre en œuvre un traitement automatisé de données à caractère personnel ayant pour finalité la gestion des incivilités et des agressions survenues à l’encontre de son personnel ».

Un fichier centralisé

Pôle emploi, police nationale : même combat
Pôle emploi a donc mis trois ans et demi à légaliser cette démarche sans que la CNIL s’en émeuve. Ce faisant, le service public de l’emploi se comporte comme la police.
C’est en effet l’histoire des fichiers policiers : ils sont d’abord créés sans déclaration, puis ensuite seulement « légalisés ». De 1995 à 2001, le STIC a, par exemple, fonctionné dans l’illégalité et JUDEX, créé en 1985, ne fut quant à lui légalisé qu’en 2006, comme le relevait le journaliste Jean-March Manach.

Ce fichage met en place une centralisation du repérage des chômeurs considérés comme indésirables.

Auparavant, un fichier était constitué de fait au niveau des directions régionales comme nous le montrions dans notre article, puisque les agents envoyés des fiches à la direction régionale qui jurait (même si ce n’était pas le cas) qu’elle anonymait les fiches.

Aujourd’hui, avec « LISA », Pôle emploi dispose donc à sa demande, d’un fichier centralisé légal.


De « Insulte/raillerie » à « Menace de mort »

« LISA » reprend le spectre très large des chômeurs qui peuvent se faire ficher.

Jusque là, à chaque problème, l’agent devait remplir une « fiche incident client » (déclinaison Rhône-Alpes du Logiciel de Gestion du Risque – LGR) et l’envoyer à la direction régionale.

La nature de l’incident était à cocher. Il pouvait aller de « Insulte/raillerie » à « Agression physique », en passant par « Menace de mort ».

Avec « LISA », la CNIL expose que les chômeurs peuvent être fichés pour « des incivilités et agressions » qui peuvent prendre la forme « d’agressions verbales, comportementales ou physiques, et intervenir sur leurs lieux de travail ou à l’occasion d’activités privées durant lesquelles un agent de Pôle emploi se retrouve en contact avec un usager mécontent ».

 

L'agence Pôle emploi du cours Albert Thomas à Lyon 8ème. ©LB/Rue89Lyon

L’agence Pôle emploi du cours Albert Thomas à Lyon 8ème. ©LB/Rue89Lyon


Des interdictions d’agence Pôle emploi prononcées

La finalité du fichier est toujours la « gestion des incivilités et des agressions », ce qui suppose l’enregistrement des faits et des suites données par la direction régionale.

Les mesures prises par Pôle emploi sont fonction de « la gravité du comportement litigieux », conformément à l’instruction Pôle Emploi n° 2015-57 du 18 novembre 2015 ».

Trois niveaux de réponses correspondant à trois types de courriers peuvent être adressés par le Directeur régional aux usagers mis en cause :

  • « Le premier niveau de réponse intervient en cas de propos discourtois, insultants ou diffamatoires, de menaces ou de comportement agressif et constitue un simple rappel à l’ordre sur les devoirs de chacun, et en particulier sur le nécessaire respect des conseillers de Pôle emploi, assorti d’une mise en garde sur les suites possibles en cas de réitération (dépôt de plainte et suspension de l’accès aux agences de Pôle emploi) ».
  • « Le deuxième degré de réponse intervient en cas de propos discourtois, insultants ou diffamatoires, de menaces ou de comportement agressif justifiant le dépôt d’une plainte, ainsi qu’une exclusion temporaire des agences de Pôle emploi pour une période allant de trois à cinq jours. A la différence du premier niveau de réponse, le dépôt d’une plainte est dans ce cas rendu nécessaire par la gravité du comportement ».
  • « Dans les hypothèses les plus graves, c’est-à-dire en cas d’agressions ou de dégradations, le Directeur régional adresse un courrier à l’usager en cause pour l’informer qu’une plainte a été déposée à son encontre et que l’accès aux agences de Pôle emploi lui est interdit pour une durée allant de dix à quinze jours ».

 

Des chômeurs « vont se retrouver fichés car les agents n’en peuvent plus »

La sanction est décidée sans prise de rendez-vous avec le chômeur. Le courrier reçu par le demandeur d’emploi doit seulement mentionner la possibilité d’exercer un recours contre la décision (recours gracieux ou recours pour excès de pouvoir devant le Tribunal administratif).

Rose-Marie Péchallat du site recours-radiation se montre inquiète :

« Comme pour le précédent fichage, cette procédure n’intègre pas le principe du contradictoire. C’est un vrai problème. Nous avons déjà été contactés par des personnes qui ont été fichés et interdits d’agence. Or nous nous sommes rendus compte qu’il n’y avait rien dans le dossier. Dans les trois affaires que nous avons suivies, toutes les plaintes de Pôle emploi ont été classées sans suite ».

Et d’ajouter :

« Les gens sont tellement à cran, en colère, qu’ils vont se retrouver fichés car les agents n’en peuvent plus. C’est un problème de conditions de travail ».

Mais la sanction prise par Pôle emploi, comme le relève la CNIL, ne peut pas avoir pour conséquence de priver les chômeurs de leurs indemnisations ou de « la possibilité d’accéder aux autres services offerts par Pôle emploi » (téléphone ou par Internet).


Des données conservées trois ans

« LISA » regroupe des données des chômeurs et des agents de Pôle emploi :
• « l’identité des agents concernés : nom, prénom(s), poste, entité (agence de Pôle emploi concernée) »
• « l’identité de l’auteur d’un comportement litigieux : nom et prénom(s), adresse, identifiant Pôle Emploi, situation professionnelle »
• « les incivilités et aux agressions commises par les usagers de Pôle emploi : exposés objectifs des faits »
• « les suites données à un comportement litigieux : date, nature, descriptif et accompagnement proposé à l’agent victime ; mesures prises à l’encontre de l’auteur de l’incivilité ou de l’agression ».

Même si les faits contenus dans le fichier « LISA » peuvent se rapporter à une infraction pénale, la CNIL considère que cette collecte de données pouvant se rapporter à des infractions pénales est « légitime et conforme » aux dispositions de l’article 9 de la loi du 6 janvier 1978.

La CNIL estime notamment que ce n’est pas « excessif » de collecter et de conserver ces données.
Les données sont ainsi conservées pour « une durée maximale de trois ans ».

La CNIL va dans le sens de Pôle emploi qui souhaitait conserver ces données le plus longtemps possible pour « permettre un traitement différencié lors d’une éventuelle réitération des faits ».

Idem, la CNIL valide la liste des personnes qui peuvent accéder au fichier « LISA ». En l’occurrence, cette liste de « membres habilités » est constituée d’agents en charge de la sécurité et/ou des conditions de travail.


« Les demandeurs d’emploi vont être informés »

Nous avons contacté ce mercredi la direction régionale Auvergne Rhône-Alpes. Une porte-parole nous a assuré que l’information en interne auprès des agents « a été faite ».

Mais lorsque nous sommes allés à la rencontre quelques employés dans deux agences de Pôle emploi, aucun n’avait été mis au courant de la création de ce nouveau système informatique « LISA ».

Contactés sur le sujet, trois syndicalistes de Pôle emploi n’étaient pas plus au parfum. Or, comme le précise la délibération de la CNIL, les agents comme les chômeurs doivent être informés :

« Les personnes concernées par le traitement « LISA » sont informées par une mention sur le site internet de Pôle emploi et les courriers adressés aux usagers, un affichage dans les agences de Pôle emploi à destination des usagers, ainsi que par des documents et des notes de présentation expliquant le dispositif aux agents de Pôle emploi ».

La direction régionale affirme que l’affichage dans les agences et la mention sur le site Internet de Pôle emploi est « en cours » et que les « demandeurs d’emploi vont être informés ». A voir.

 

 

Source : http://www.rue89lyon.fr

 

 

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3 juin 2016 5 03 /06 /juin /2016 12:25

 

 

 

Nîmes Zone Hors TAFTA / CETA – le samedi 96 mars ( 04 juin )

 

 

04 Juin 2016 par Nuit Debout Nîmes

 

Samedi 4 juin au square de la Bouquerie à Nîmes à partir de 17h

 

Non au TAFTA / CETA

NO-TAFTA-CROP

Le TAFTA est un accord de libre-échange négocié par l’Union Européenne et les États-Unis (le CETA -Comprehensive Economic and Trade Agreement- entre l’Union européenne et le Canada). Ces outils au service des puissants promet d’avoir des conséquences dramatiques sur les plans sociaux, sanitaires, culturels et environnementaux.
Refusant de nous soumettre, nous appelons à déclarer Nîmes zone hors TAFTA / CETA. Nous invitons tous les citoyens nîmois à rejoindre leur Nuit Debout afin de participer, ce samedi, à une soirée festive de débat et d’information au sujet de ce traité qui nous menace.

 

NO-Tafta

  • 17h – Décoration de la place
  • 18h – Apéro / expression libre
  • 19h – Assemblée Générale
  • 20h – Repas partagé, micro libre (couscous, tartes et desserts)
  • 21h – Diffusion de films sur le TAFTA

 

 

Événement Facebook : https://www.facebook.com/events/1763856023860306/

Nuit Debout Nîmes ( http://www.nuitdeboutnimes.fr )

 

 

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