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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 15:13

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 10.10.2012 à 20h51

 

La centrale nucléaire de Ringhals, située dans le sud-ouest de la Suède.

Deux militants de Greenpeace ont réussi à se cacher un jour et demi, mardi et mercredi 10 octobre, dans une centrale nucléaire suédoise où ils avaient pénétré pour démontrer les failles de la sécurité, selon l'organisation écologiste. "Nos deux militants sont partis d'eux-mêmes pour être au journal télévisé du soir. On ne les a jamais trouvés", a affirmé le porte-parole de Greenpeace en Suède, Daniel Bengtsson.

Les deux faisaient partie d'une soixantaine de militants entrés mardi matin dans deux des trois centrales nucléaires du pays, pour y mener ce que Greenpeace a appelé "un test pacifique de résistance". "C'est vraiment surprenant qu'ils aient pu se cacher si longtemps. Nous pensions rester vingt-quatre heures, et cela a duré trente-huit heures", a souligné M. Bengtsson, ajoutant qu'il avait trouvé cela "bien sûr" inquiétant.

 

Lire aussi : Des militants de Greenpeace s'introduisent dans des centrales nucléaires suédoises


Alors qu'à Forsmark, dans l'est du pays, ils ont déjoué toutes les fouilles, d'autres militants entrés dans la centrale de Ringhals, dans le Sud, ont été retrouvés par la police mercredi après-midi. Une militante de Greenpeace contactée par la radio publique SR a dit mercredi matin se trouver "à environ 75 mètres du réacteur 1" de Ringhals.

 

  UN INCIDENT "SÉRIEUX" POUR LE GOUVERNEMENT SUÉDOIS

L'exploitant, le groupe public Vatenfall, a cependant nié qu'il y ait eu un danger. La directrice de la centrale de Ringhals, Eva Halldén, a affirmé à l'agence de presse TT que des procédures de sécurité plus spectaculaires auraient pu être déclenchées si les intrus n'avaient pas été considérés comme inoffensifs.

L'affaire a provoqué la colère du gouvernement, qui a sommé mercredi Vatenfall et l'Autorité de sécurité des radiations de s'expliquer sur ce fiasco. "C'est un incident sérieux car il met à mal la confiance dans l'industrie du nucléaire", a déclaré à TT le président de cette autorité, Lennart Carlsson. La ministre de l'environnement, Lena Ek, a indiqué lors d'une conférence de presse que le gouvernement allait réfléchir aux mesures qui amélioreraient la sécurité des centrales. Elle a aussi qualifié l'incident de "sérieux".

 

 

 

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 15:09

 

 

Toutes ces dernières années, il ne s’est agi que "d’incivilités". Mais samedi soir, les choses ont changé : on est passé au stade de la vraie délinquance. La nuit du 6 au 7 octobre a été chaude à Florange, même si la plupart des 11 000 habitants de cette petite ville de Moselle n’ont appris que le lendemain, par la presse locale, ce qui s’était passé : voitures saccagées, poubelles incendiées, agression homophobe… Tout cela était l’œuvre de jeunes, certains mineurs, d’un même quartier, dit "sensible". Rien de vraiment dramatique, mais un tournant pour Florange.

 

© Florence Beaugé/LeMonde

 

Vingt-quatre heures plus tard, nouveau choc : la population découvre, là encore par la presse, qu’un inconnu s’amuse ces temps-ci à lâcher dans les rues des morceaux de saucisses fourrées de… lames de rasoir. "Qui veut la peau de nos chiens ?", se demandent les Florangeois, abasourdis.  "C’est ignoble ! Quand je pense qu’un enfant pourrait ramasser ça...", s’indigne Brigitte, propriétaire d’un berger américain. "On est aux aguets tout le temps, à présent. C’est la première fois qu’il nous arrive une chose pareille. Les gens ne respectent plus rien. Il n’y a plus d’entraide, plus de savoir-vivre", répète-t-elle plusieurs fois, l’air dégoûtée.

Florange a le sentiment de vivre la fin d’un monde. Pas de psychose, mais une fatigue manifeste, une incompréhension douloureuse. Ils avaient déjà ArcelorMittal et la fermeture des hauts-fourneaux. Les voilà en plus confrontés à la violence, ouverte ou, encore pire, sournoise…

 

© Florence Beaugé

 

Philippe Tarillon est sur tous les fronts. Lundi, la poitrine barrée de son écharpe de maire, il défilait aux côtés des syndicalistes CFDT à travers les rues de Florange, pour, disait-il, protester contre "le cynisme" de Mittal, "ce patron que personne n’a jamais vu, sauf la seule fois où il est venu ici en hélicoptère".

Dans l’ensemble, les gens aiment bien leur maire. S’ils le reconduisent à la tête de la municipalité depuis 2001, ce n’est pas tant pour son étiquette socialiste – le Front national a fait un carton à Florange, au premier tour des présidentielles et des législatives de mai dernier  - que pour sa personnalité. Ils l’admirent pour son dévouement, même si quelques uns ronchonnent contre le fait que, disent-ils, "il en fait trop pour les étrangers, plus que pour nous". Philippe Tarillon, c’est vrai, mène une politique sociale très active. Florange, dont la population compte quelque 15% d’immigrés, essentiellement maghrébins, offre ainsi 30% de logements sociaux.

 

Le maire Philippe Tarillon (à droite) au milieu des sidérurgistes de ArcelorMittal © DR

Le maire Philippe Tarillon (à droite) au milieu des sidérurgistes d'ArcelorMittal © DR

 

Sinistrée, sa ville ? Le maire refuse de se laisser gagner par le pessimisme ambiant. La tache est rude pourtant. Le vent a tourné à partir de 2008. En quatre ans, les chiffres du chômage ont plus que doublé sur la commune pour s’établir à 15%. "On encaisse à la fois la crise nationale, la crise de la sidérurgie et celle qui se produit au Luxembourg. Même modeste, comparé à la France, le ralentissement dans le grand Duché a un impact direct chez nous, souligne l'élu. Les frontaliers sont les éléments de flexibilité. On voit maintenant arriver au Pôle emploi des gens qui travaillaient jusque là au Luxembourg ».

ArcelorMittal et le Luxembourg sont aujourd’hui encore les deux principaux employeurs de Florange et sa région. Un actif sur deux, dans la commune, travaille dans le grand Duché. Les salaires y sont plus élevés qu’en France, les avantages sociaux aussi. Du coup, Florange a des allures de ville dortoir, tandis le Luxembourg fait figure d’Eldorado. La réalité est cependant moins rose. Beaucoup s’usent les nerfs et la santé en trajets et en embouteillages, n’ayant pas les moyens de s’offrir un logement de l’autre côté de la frontière.

Et surtout, leurs emplois sont rarement qualifiés. "On nous fait faire tous les petits boulots dont personne ne veut au Luxembourg : les femmes font le ménage, les hommes sont éboueurs ou manutentionnaires. Ils sont rares, ceux qui réussissent à être cadres dans une banque. Et le pire, c’est qu’on est mal considérés là bas, avouent les plus lucides de ces transfrontaliers. Faut dire la vérité : on est un peu leurs « bougnoules », aux Luxembourgeois".

 

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A lire également : Bons baisers de Florange !

 

 

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 21:12

 

Affiche rencontre sociale 17 11 12

 

 

Forum social 17 11 12

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 20:59

 

ASTRID - Nouvelles menaces nucléaire à Marcoule

L’avenir (i)radieux du nucléaire passe-t-il par le plutonium ?

C’est en 2012 que l’Etat doit décider de la construction d’Astrid!

 

Pour le lobby du nucléaire, l’avenir n'est limité ni par les risques pour les populations, ni par l’accumulation des déchets, comme on aurait pu l’espérer, mais tout simplement par la raréfaction de l’uranium et les difficultés de son exploitation. Pour assurer la relève des réacteurs actuels , le CEA cherche à promouvoir à grands frais depuis 50 ans, et avec pour ambition explicite « Le nucléaire durable » (...)

la « fusion », avec le projet Iter* à Cadarache, considérée par beaucoup comme une « immense arnaque d’extrême dangerosité »*

La filière du plutonium** d’autre part, à travers le projet Astrid dont la construction à Marcoule se prépare subrepticement, et qui succède à Phénix qui a connu de multiples difficultés et incidents, et Superphénix qui fut un immense fiasco.

En ce qui concerne Astrid, il s’agit de construire un prototype de réacteur appelé indifféremment « réacteur à neutrons rapides » ( RNR ), « réacteur de 4ème génération » ou encore « surgénérateur », dont la caractéristique principale est d’utiliser le plutonium, l’élément le plus dangereux issu de l’industrie nucléaire, et le sodium fondu comme fluide caloporteur, sodium qui s’enflamme au contact de l’air et explose au contact de l’eau !

Cette filière est, de ce fait, excessivement dangereuse dans tout son cycle. Malgré sa dangerosité, le plutonium est actuellement introduit dans des combustibles de nos réacteurs à eau : il s’agit du MOX élaboré également à Marcoule.

Un petit rappel historique est nécessaire : L’industrie du nucléaire « civil » occidental s’est développée essentiellement sur le modèle des réacteurs à eau, dont le prototype avait été mis au point aux USA pour équiper les sous-marins nucléaires (le premier, le Nautilus, avait été lancé en 1954).

Trois ans plus tard, la technologie était transposée vers la production électrique sous licence Westinghouse, d’où découlent tous les réacteurs à eau PWR actuels, et EPR dit de 3ème génération tels que celui en construction à Flamanville, ou celui en projet, Atméa.

Mais en fait la première production expérimentale d’électricité nucléaire aux USA fut réalisée en 1951 par un réacteur à neutrons rapides, RNR, alimenté alors en uranium enrichi, moins performant que le plutonium dont on ne disposait pas suffisamment à l’époque, plutonium qui est produit en petite quantité dans les réacteurs (voir en annexe comment de l’uranium irradié peut muter en plutonium).

Ainsi, pour disposer de plutonium, militaire ou civil, on a construit une usine à la Hague destinée à extraire le plutonium à partir des combustibles usés issus des centrales à eau. Cette usine est responsable de contaminations importantes dans la Manche et le Cotentin.

Les difficultés et l’échec de Phénix et Superphénix ont fait fondre l’espoir de développer la filière plutonium rapidement, et voilà qu’on se trouve avec un stock de plutonium qui va croissant (près de 100 tonnes, alors qu’avec 4 à 5 Kg on peut faire une bombe...), stock excessivement dangereux et encombrant. Il a alors été imaginé d’en utiliser dans les réacteurs à eau, en en ajoutant en petite quantité à l’uranium : c’est le « MOX » élaboré à Marcoule dans l’usine Melox (annexe). Rappelons au passage que toute cette industrie fait de Marcoule l’une des sources de contamination radioactive les plus importantes avec, entre autres, du plutonium dans les boues du Rhône. Ses voisins Tricastin et Cadarache ne sont pas en reste, et l’ensemble constitue l’une des zones les plus nucléarisées et les plus dangereuses d’Europe, menacée de plus par des séismes (cf celui de Lambesc en 1909). N’oublions pas non plus les multiples transports routiers de plutonium entre la Hague et Marcoule, puis de livraison du Mox vers différentes centrales de France et d’ailleurs. Il y en a eu jusqu’à Fukushima dans le réacteur 3 qui a de ce fait été particulièrement détruit, et du plutonium se trouve ainsi dispersé aux alentours!

Quant à la filière Superphénix, on pouvait espérer en être débarrassé. Eh bien non : elle renait de ses cendres sous la forme d’Astrid. Marcoule, géré par le CEA, hérite évidemment du nouveau projet.

Astrid un projet pour Marcoule qu’il faut remettre en cause avant qu’il ne soit trop tard : C’est en 2012 que l’Etat doit décider de la poursuite du projet ! 

Malgré les difficultés et même l’échec de cette filière, les nucléocrates s’entêtent, et obtiennent de l’Etat 650 millions d’€ dans le cadre de l’Emprunt National de 2010, pour préparer la construction à Marcoule d’un réacteur dit de 4ème génération, ASTRID. Ils s’appuient sur la loi Loi n° 2006-739 du 28 juin 2006 de programme relative à la gestion durable des matières et déchets radioactifs. Ce nouveau réacteur sera d’une puissance de 600 MW (soit un demi superphénix!), fonctionnant avec du plutonium et du sodium liquide.

Le but inavoué de ce projet est de garder la mémoire de cette filière française à laquelle travaille le CEA depuis plus de 50 ans, avant que tous ses acteurs ne partent à la retraite, et ainsi de la sauver. Officiellement, outre démontrer la fiabilité de cette technique, Astrid est destiné à montrer la capacité à « incinérer » le plutonium et ses voisins qui l’accompagnent, les actinides dits mineurs, atomes d’extrème radiotoxicité. On voit là la subtilité rassurante du langage, car on n’incinère pas des atomes comme les ordures, ils ne brûlent pas. Par contre on peut les briser sous bombardement neutronique, en génèrant de ce fait, de nouveaux éléments radioactifs et de nouvelles nuisances. Mais un rapport du Sénat avait déjà exprimé en 99, que cette voie n’était pas crédible, seule une faible proportion de déchets serait ainsi gérée à un coût exhorbitant.

Le calendrier prévoit avant fin 2012 un avant-projet phase 1, permettant à l’Etat de décider de la poursuite du projet. Dès maintenant Bouygues s’est mis sur les rangs pour la construction ! Puis fin 2014 finalisation de l’avant projet, 2016 début de fabrication, pour mise en service en 2020.

Des équipes bénéficiant d’un large financement travaillent donc à Saclay, Cadarache et bien sûr Marcoule. Elles nous préparent cet avenir i-radieux dont on ne veut pas, compte-tenu des dangers encore plus importants qu’avec les centrales actuelles. Et que dire de cet immense gachis financier (Superphenix c’est 10milliards d’€ de construction, et peut-être autant pour son démentèlement) qui pourrait être mieux utilisé dans l’économie et la maitrise de l’énergie, et le développement des renouvelables ?

Le plutonium est la substance la plus dangereuse jamais fabriquée ; c’est toute la filière plutonium qu’il faut combattre.

Comment ferait-on pour refroidir les réacteurs de Fukushima s’ils avaient été des RNR, déjà que l’un d’entre eux avait reçu du Mox et qu’on retrouve maintenant du plutonium dispersé dans l'environnement ?

Pierre Péguin, physicien, 2012. tel 04 66 85 03 35. * « Immense arnaque d’extrême dangerosité- Iter » Janv 2012 :

 

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?

post/2012/01/09/Une-immense-arnaque-d-extreme-dangerosite-Iterpar-

 

Pierre-Peguin ** Observatoire du nucléaire « Réacteurs nucléaires "de 4ème génération" le grand bluff ! » : http://observ.nucleaire.free.fr/

 

ANNEXES

Quel sera le calendrier d’Astrid? Une convention du 9 septembre 2010 entre l'Etat et le CEA encadre l'enveloppe de 650 millions attribuée au CEA. on y lit qu'il faudra 7 ans pour aboutir à l'avant-projet détaillé avec 3 étapes :La première échéance fixée par la loi du 28 juin 2006 se situe fin 2012, date à laquelle les pouvoirs publics devront pouvoir disposer de premiers éléments budgétaires et techniques, pour une prise de décision de poursuite des études du prototype. Aussi, le CEA a-il prévu de réaliser un avant-projet sommaire (APS) en deux phases : une première phase pour l’échéance de 2012 (198 millions d’€), puis une fois la décision de construire accordée, une deuxième phase qui sera conduite de 2013 à fin 2014 (210md’€) pour clore l’APS. Ensuite, l’avant-projet détaillé (APD 243 md’€) est prévu entre 2015 et 2017 pour une réalisation proprement dite qui débutera fin 2017, et une mise en service au début de la décennie 2020.

La convention précise que le CEA devra, avant fin 2012 « augmenter les cofinancements privés sur le programme », ce qui explique probablement l'annonce d'un partenariat avec Bouygues il y a quelques jours. La convention précise même que 20 à 30% de partenaires sont nécessaires.

Dernier point sur l’avancement du projet : A la grande satisfaction du CEA, le projet ASTRID a franchi le 15 mars son premier jalon important

marquant la fin de la phase préparatoire et le lancement de l’avant-projet sommaire

(AVP1) : Mise en place des équipes et premières études techniques dites « d’orientation ». Ces dernières sont principalement réalisées à l’établissement de Lyon, à l’exception des parties contrôle-commande et systèmes électriques qui sont traitées à Paris et Offenbach. 82 personnes travaillent actuellement à la conception d’ASTRID.

Voyons de plus près l’origine des réacteurs à neutrons rapides

Commençons par Rapsodie. Le Commissariat à l’Energie Atomique (CEA) a pu dès 1957 concevoir un prototype, Rapsodie, à Cadarache, démarré en 1967, et arrêté en 1983. Ce petit réacteur nucléaire est le premier de la filière à neutrons rapides au plutonium et au fluide caloporteur sodium. Les ingénieurs du CEA ont cherché à développer avec Rapsodie une utilisation civile du plutonium. De plus, les réacteurs à neutrons rapides peuvent, sous certaines conditions, être surgénérateurs, c'est-à-dire produire du plutonium en même temps qu’ils en consomment. C’est donc un eldorado qui paraît s’ouvrir, l’énergie surabondante pour des siècles, un des plus anciens fantasmes de l'humanité, l'équivalent du moteur à eau !

Mais le 31 mars 1994, alors qu'une équipe effectue un travail de nettoyage dans un réservoir de sodium, celui-ci explose causant la mort de l'ingénieur René Allègre et blessant quatre techniciens. Il s'agit d'une réaction chimique violente due à la dangerosité des conditions d'utilisation du sodium.

En effet cette filière utilise comme fluide caloporteur le sodium fondu qui présente l’avantage de permettre un fonctionnement à haute température et donc un bon rendement de la transformation de la chaleur du réacteur en électricité. Mais il y a un énorme inconvénient : le sodium explose au contact de l’eau, et brûle au contact de l’air. De plus, en cas de fuite, cela peut provoquer un emballement des réactions nucléaires du coeur, pouvant conduire au scénario catastrophe de fusion.

Quant au plutonium, matière première, c’est la pire substance jamais élaborée par l’industrie, d'une très grande toxicité chimique comme tous les métaux lourds (rappelons-nous les assassinats au polonium). Émetteur alpha en se désagrégeant, il est d’une très grande radiotoxicité en cas d’inhalation de microparticules aériennes, ou par ingestion. Pour disparaître naturellement il lui faut au moins 250000 ans, pendant lesquels les générations futures auront à le gérer....

L’étape suivante à été Phénix à Marcoule : Construit en 1968, et fonctionnant à partir de 1973, arrêté en 2009, il était alors le plus vieux des réacteurs français en fonctionnement. D’une puissance électrique de 250 MW, Phénix a été exploité pendant 36 ans conjointement par le CEA pour recherche de destruction (« incinération », ou transmutation) de déchets radioactifs à vie longue, et par EDF pour la production d’électricité.

Son démantèlement est prévu pour une durée de 15 ans, mais dans ce domaine et compte-tenu des difficultés pour Brennilis et Superphénix, c’est évidemment l’incertitude. Le coût en est estimé à près d'un milliard d'euros, assuré par le CEA, c’est à dire par l’Etat, il ne pèsera pas dans le prix du Kwh nucléaire....

Démantèlement particulièrement délicat du fait que contrairement aux autres réacteurs il ne baigne pas dans l'eau mais dans du sodium liquide.

En fait ce réacteur a souvent été à l’arrêt, marqué par nombre de difficultés dont des fuites et des « petits » feux de sodium. Entre autre, en 2002, une explosion a lieu dans un réservoir raccordé à une cheminée qui débouche en toiture de bâtiment. Il s'agirait d'une réaction entre le sodium résiduel présent dans ce réservoir et de l'eau qui y aurait pénétré accidentellement suite à des pluies abondante, 

Superphénix enfin, qui aura coûté au moins 10 milliards d’euros, qui devait devenir le fleuron de l’industrie nucléaire française, et dont l’histoire fut émaillée d’incidents techniques et de manifestations écologistes, sera finalement arrêté en 1997 par le Premier ministre Lionel Jospin après 20 ans de polémique.

Construit sur la commune de Creys-Malville près de Morestel dans l’Isère, en une dizaine d’années, son histoire commence par la répression violente de la manifestation de juillet 1977, organisée par les comités Malville, réunissant des dizaines de milliers d’opposants, et qui vit la mort de Vital Michalon et trois mutilations. Ce gigantesque projet, qui devait être une vitrine, a subi une contestation très forte des écologistes ; contestation également des milieux techniques et scientifiques du fait de son sur-dimensionnement 1200MW d’électricité. Souventà l’arrêt, il aura sans doute produit tout juste l’énergie dépensée pour sa construction.

Le gigantisme pharaonique est illustré par quelques chiffres : 5.500 tonnes de sodium inutilisables parce que contaminées, et qu’il faut, avec des précautions infinies, enfermer dans du béton ; 5 tonnes de plutonium sachant qu’avec 5Kg on a une bombe ; mais aussi 20.000 tonnes d’acier, pour l’essentiel contaminé, ainsi que 200.000 m3 de béton.

Les difficultés rencontrées par cette filière sont liées aux conditions extrêmes auxquelles sont soumises les matériaux : corrosion sous tension, fluage et modifications des structures cristallines sous l’effet du rayonnement et de la température.

Quelques données scientifiques :

Et des définitions : L’uranium naturel existe sous deux formes principales (on dit « isotopes »), le « U 235 » à 0,7%, forme pouvant se désintégrer naturellement (dite « fissile »), et donc être le « combustible » de la filière nucléaire actuelle, et le « U 238 » qui a la propriété de pouvoir muter en plutonium (« Pu 239 ») s’il capte un neutron émis justement par l’uranium 235.

C’est ainsi qu’a été conçu logiquement au Tricastin l’usine Georges Besse 1, destinée à « enrichir » l’uranium en isotope 235, de façon à disposer d’un combustible plus efficace pour les réacteurs à eau, et de façon aussi à fournir l’armée en uranium très enrichi pour la bombe. L’uranium résiduel est dit « appauvri » (car il contient moins de 235, et plus de 238), il est tout aussi radiotoxique, et son utilisation en tête d’obus contamine à très long terme les zones de combat en Irak ou ailleurs. Cette usine a consommé énormément d’électricité, celle fournie par 3 réacteurs. Elle s’arrête pour laisser la place à GB2 équipée en centrifugeuses (comme l’Iran...) moins gourmande. Il a fallu ensuite concevoir le « retraitement », destiné à extraire le plutonium qui s’est formé dans le combustible usé dans les réacteurs. Après avoir été expérimenté à Marcoule, c’est l’usine de la Hague qui assure cette tâche pour fournir le militaire, et le civil.

Pourquoi le nom de « réacteur à neutrons rapides » ?

Dans les réacteurs à eau, celle-ci joue le rôle de modérateur à neutrons, tout en refroidissant le coeur. Dans les RNR tels Phénix, Superphénix ou Astrid, n’y a pas de ralentisseur de neutrons.

La puissance et la chaleur dégagée par un tel réacteur ne peut être extraite que par un métal liquide. Le sodium a été sélectionné pour ses capacités neutroniques (transparence aux neutrons), ses propriétés thermiques (capacité calorifique, plage de températures d’utilisation) et son faible coût : il est obtenu par électrolyse du sel (NaCl). En outre, à 400°C, sa viscosité est voisine de celle de l’eau, ce qui facilite l’interprétation des essais hydrauliques réalisés sur maquettes en eau. Enfin, il fond à 98°C, et bout à 880°C, ce qui offre une grande plage de fonctionnement.

Pourquoi le Mox pose-t-il problème?

La France dispose du plutonium retraité à la Hague dont elle ne sait que faire. Elle se tourne alors vers la fabrication du Mox à partir des années 90, à Cadarache et à Marcoule. Elle l'impose à EDF par un arbitrage gouvernemental (Rocard), qui n'est pas enthousiaste, afin de justifier le maintien de la filière aval du cycle de combustible et la poursuite du retraitement des combustibles irradiés à La Hague. Actuellement, seule au monde, l’usine Melox de Marcoule en produit.

Ce choix a été uniquement décidé par les technocrates, sans consultation du parlement. Un seul rapport d'information est présenté en 1990 ! Curieusement d'ailleurs, les décrets d'autorisation autorisant l'utilisation du Mox ont été pris bien avant l'échec de Superphénix, comme si d'importants décideurs n'avaient qu'une confiance très limitée dans l'avenir de la surgénération et envisageaient un terrain de repli pour la filière plutonium et l'usine de retraitement.

Le Mox est constitué d'un mélange d'oxydes de plutonium et d'uranium appauvri contenant 5 à 8% de Plutonium. Il est utilisé actuellement dans 21 réacteurs des centrales 900MW, les plus anciennes, pour un tiers de leur combustible, et l'EPR pourrait fonctionner à 100% de Mox (la Finlande a choisi de continuer avec le combustible classique pour le sien). Il n'est donc pas indispensable.

L’avantage pour Areva d’imposer à EDF d’alimenter en mox les réacteurs est, dans l'immédiat, de faire diminuer le stock de plutonium (près de 90 tonnes actuellement): l'EPR moxé à 100% serait susceptible de consommer 3 tonnes de plutonium par an, et cela justifie ainsi de poursuivre le retraitement à la Hague. Cela permet d’utiliser aussi les stocks d'uranium appauvri issu de l'usine d'enrichissement de Tricastin.

Mais cette technologie présente d’énormes Inconvénients, risques, difficultés et augmentation des coûts engendrés par cette technologie. Outre son extrême dangerosité, la qualité du plutonium se dégrade dans le temps, formant d'autres isotopes moins fissiles qui rendent la conduite du réacteur plus délicate. Les pastilles de Mox sont plusieurs milliers de fois plus radioactives que celles d'uranium, rendant la fabrication, les manipulations et les transports plus dangereux. A la sortie du réacteur, il émet plus de radioactivité et de chaleur que le combustible classique, et il faudra attendre 60 à 100 ans avant de le conditionner comme déchet! Enfin, le Mox rentre en fusion beaucoup plus rapidement ( ce qui est arrivé au réacteur N°3 de Fukushima et du plutonium a été dispersé aux alentours!).

Pour finir, l’avenir du MOX n’a rien à voir avec le débat actuel sur l’arrêt du nucléaire. La France peut arrêter sa production sans réduire celle d’électricité. L’arrêt de la filière du plutonium est une exigence absolue.

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 19:58

 

 

Nouvel Observateur
Créé le 10-10-2012 à 12h39 - Mis à jour à 14h53

Des militants, interpellés alors qu'ils manifestaient contre le parti néo-nazi l'Aube dorée, témoignent de blessures et de traitements humiliants.

 

Des militants de l'Aube dorée manifestant devant l'ambassade de Turquie, en juin 2012 (AFP)

Des militants de l'Aube dorée manifestant devant l'ambassade de Turquie, en juin 2012 (AFP)

Le quotidien britannique "The Guardian" a publié, mardi 9 octobre, les témoignages de plusieurs dizaines de manifestants antifascistes affirmant avoir été victimes de tortures infligées par la police après leur arrestation lors d’une manifestation contre le parti néo-nazi grec, l’Aube dorée.

Des agents du GADA, l'équivalent pour la région d'Athènes de la police judiciaire parisienne, se seraient en effet livrés à de véritables séances de violences collectives sur au moins deux groupes de manifestants interpellés lors de manifestations distinctes. Le "Guardian" affirme avoir pu constater les blessures infligées et en publie quelques photos.

L'attaque d'un centre communautaire

Le premier groupe, d’une quinzaine de personnes, a été interpellé lors d’une manifestation de protestation contre l’attaque par une centaine de personnes d’un centre communautaire tanzanien, situé dans un quartier d’Athènes connu pour être un bastion de l’Aube dorée et où plusieurs agressions d’immigrés ont déjà eu lieu. La manifestation avait dégénéré en affrontements avec des militants néo-nazis.

Les manifestants interpellés affirment avoir constamment fait l’objet de violences et d’humiliations au cours de leur détention. Régulièrement frappés et giflés, ils ont ainsi été "utilisés comme cendrier" par policiers car ces derniers estimaient qu’ils "puaient". D’autres affirment avoir été brûlés avec des briquets.

La police leur aurait également interdit de boire et de voir leur avocat durant 19 heures. "Nous avions si soif que nous avons bu l’eau des toilettes", témoigne une manifestante. Un autre, qui s'était cassé le bras et avait été blessé à la tête lors de la manifestation, s’est vu refusé tout traitement médical jusqu’au lendemain matin. Un des policiers se serait assis sur lui en disant : "vous allez mourir, comme vos grands-pères durant la guerre civile".

Durant l’ensemble de leur détention, les manifestants ont été empêchés de dormir à l’aide de lampes torches ou de lasers braqués dans les yeux. Ils étaient également filmés à l'aide de téléphones portables durant les moments les plus humiliants, les policiers menaçant de rendre publiques les vidéos, ou encore de transmettre leur identité aux militants de l’Aube dorée.

Des "tortures" dignes "d'Abou-Ghraib"

Le second groupe de manifestants, interpellé le lendemain, lors d’une manifestation de soutien au premier, affirme lui aussi avoir été victime de "tortures". L’un d’entre eux décrit des séances d’humiliations publiques dignes, selon un de leurs avocats, "d’Abou-Ghraib".

Nous devions tous passer devant un officier qui nous a fait nous déshabiller dans le corridor, nous pencher en avant et ouvrir notre fondement devant toutes les personnes présentes. Il faisait ce qu’il voulait de nous : nous gifler, nous frapper, nous dire de ne pas le regarder, de ne pas croiser nos jambes. D’autres officiers sont venus mais n’ont rien dit. Tout ce que nous pouvions faire, c’est nous regarder du coin de l’œil pour nous donner du courage. Il nous a gardés là pendant plus de deux heures. (…) Finalement seuls quatre d’entre nous ont été inculpés pour résistance à une arrestation."

Interrogée par "The Guardian", la police grecque a catégoriquement nié ces accusations :

Il n’y a pas eu d’usage de la force par des officiers de police contre qui que ce soit à la GADA. La police grecque examine et enquête en profondeur sur chaque signalement de violence policière. Si la moindre responsabilité est révélée, la police prend les sanctions disciplinaires qui s’imposent contre les officiers responsables. Il ne fait aucun doute que la police grecque respecte toujours les droits de l’homme et n’use pas de violence".

La police grecque a plusieurs fois été accusée de proximité avec l’Aube dorée, et encore plus depuis que le parti néo-nazi a fait son entrée, en juin dernier, au Parlement grec où il compte 18 députés. Le mois dernier, "The Guardian" révélait ainsi que certains policiers renvoyaient les victimes souhaitant porter plainte vers des militants de l’Aube dorée afin qu’ils assurent leur protection.

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 19:49

 

 

Nouvel Observateur

Créé le 10-10-2012 à 21h10 - Mis à jour à 21h10

 

 

ATHENES (AFP) - Les deux centrales syndicales grecques ont appelé à une grève générale de 24 heures le 18 octobre, pendant le sommet européen, la deuxième en moins d'un mois, contre le nouveau train de rigueur réclamé par les créanciers UE et FMI, a indiqué mercredi une source syndicale.

La Confédération générale du privé (GSSE) et celle du public Adedy ont lancé ce mot d'ordre à l'issue d'une réunion commune, pour poursuivre leur mobilisation entamée avec une journée d'action le 26 septembre. L'objectif est de protester contre les nouvelles mesures dont l'UE et le FMI réclament l'adoption pour reprendre leur perfusion financière en faveur du pays.

La GSEE et l'Adedy appellent en outre "à des rassemblements" à Athènes et dans d'autres villes pour "dénoncer la rigueur" et "faire entendre la voix des peuples et non des créanciers", a indiqué à l'AFP une responsable du bureau de presse de la GSEE.

"Si le gouvernement poursuit sa politique et présente au Parlement les nouvelles économies, nous continuerons notre lutte", a souligné cette responsable.

"Le gouvernement est tout près de boucler" ce train de mesures, d'un montant prévu de 13,5 milliards d'euros, a pour sa part indiqué son porte-parole, Simos Kedikoglou, dans un entretien à la radio To Vima.

Mais il s'est refusé à toute précision quant à la date à laquelle ce plan serait soumis au Parlement, alors que les négociations se poursuivent entre Athènes et ses créanciers, y compris sur le calendrier.

Une nouvelle réunion du ministre des Finances Yannis Stournaras avec la troïka représentant les créanciers (UE, BCE et FMI) a eu lieu mercredi soir en vue de la mise au point finale de ces mesures.

"Il y a eu des progrès dans les discussions", qui vont reprendre jeudi soir, a commenté une source du ministère à l'issue de cette réunion.

Le gouvernement grec a déjà convenu avec la troïka d'économies budgétaires de près de 10 milliards d'euros mais les tractations se poursuivent sur les réformes structurelles.

Ces économies sont la condition préalable pour le déblocage d'une tranche de 31,2 milliards d'euros des prêts UE et FMI, dont le versement était prévu au printemps mais que les créanciers ont décidé de reporter en raison de la crise politique à l'époque en Grèce.

"En raison du non versement des prêts, les finances publiques sont dans un état d'asphyxie", s'est alarmé mercredi le ministre adjoint des Finances, Christos Staïkouras lors d'un débat devant le Parlement sur le pré-projet de budget 2013.

"Cette pression va continuer jusqu'au versement de la prochaine tranche" du prêt, a-t-il souligné.

Le ministre a rappelé qu'une tranche de 31,2 milliards d'euros aurait dû être versée au deuxième trimestre de 2012, une deuxième de 5 milliards au troisième trimestre alors que pour le quatrième trimestre, la Grèce attendait une tranche de 7,2 milliards d'euros.

 

 

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 15:11

 

Le Monde.fr | 10.10.2012 à 16h14 • Mis à jour le 10.10.2012 à 16h23

 

 

 

L'investissement mondial dans les énergies renouvelables est tombé à 56,6 milliards de dollars (44 milliards d'euros) au troisième trimestre, une baisse de 20% par rapport à la même période en 2011. Cette chute laisse présager un déclin global des investissements dans les énergies propres en 2012, une première après huit ans de hausse, selon un rapport de Bloomberg New Energy Finance publié mardi 9 octobre.

"Ces chiffres suggèrent que l'investissement dans l'énergie propre pour toute l'année 2012 va tomber juste en deçà des 280 milliards de dollars de l'année dernière", selon Bloomberg. 

Malgré les discours de nombreux dirigeants sur le potentiel de croissance de l'économie verte et sa capacité à sortir leur pays de la récession, l'incertitude politique sur le soutien à de nouvelles infrastructures solaires ou éoliennes a ralentit l'investissement dans des pays comme les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l'Italie, estime le rapport. 

 

 

Le Brésil fait figure d'exception dans ce paysage. Le pays a enregistré une hausse des investissements de 24% d'une année sur l'autre. Cela "illustre le changement géographique qui intervient sur les énergies propres, avec des marchés établis comme les Etats-Unis, l'Europe et la Chine qui perdent de leur élan, pendant que de nouveaux marchés en Amérique du Sud, en Asie et en Afrique sont en phase d'accélération", analyse Michael Liebreich, directeur de Bloomberg New Energy Finance.

Deux des plus gros projets d'énergies renouvelables lancés entre juillet et septembre étaient situés au Maroc. Le troisième se trouve au Brésil.

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 15:09

 

 

Le Monde.fr | 10.10.2012 à 09h34 • Mis à jour le 10.10.2012 à 11h11

Par Charlotte Chabas

 

A partir de 18 heures, les portes battantes qui marquent l'entrée de l'internat ne cessent de s'ouvrir et de se refermer dans un bruit sourd. Chaque claquement marque la fin d'une journée de travail, ou le début d'une autre. Entre la cuisine et la salle à manger, ceux qui vivent là se croisent dans un ballet incessant, rythmé par quelques anecdotes sur la journée achevée. "Le petit avec la crise d'asthme, j'ai pas du tout géré", débriefe, face au frigidaire en inox, une jeune femme brune qui achève sa première année d'internat, devant le visage compatissant d'une de ses aînées. "Et en plus, j'ai découvert cet après-midi que j'étais de garde ce soir", renchérit-elle, lugubre.

Sur la grande table de cantine en formica bleu qui trône au milieu de la salle à manger, les plateaux-repas sont vite engloutis. On se plaint du chauffage, qui ne sera pas réparé avant le 2 novembre. Pourtant, le thermomètre tombe déjà à 14 °C la nuit dans les chambres de cet internat de l'est de la France, qui accueille chaque semestre une vingtaine d'étudiants en médecine, venus faire leurs armes dans l'hôpital voisin pour un stage de six mois. Certains, restés en blouse blanche, stéthoscope autour du cou, s'accordent une courte pause avant de repartir assurer leur garde de nuit, et aligner ainsi au moins 24 heures de travail consécutives. Astreinte oblige, le plus âgé de la tablée, qui affiche déjà bac +10 au compteur, surveille du coin de l'œil ses deux téléphones qui pourraient à chaque instant le rappeler illico à son service.

A 21 h 30, la dernière interne fait son entrée dans le bâtiment, après une journée de travail de plus de douze heures. Pas de bol, "c'est toujours elle qui rentre le plus tard. Dans son service, ils font des horaires de fous", explique un de ses collègues.

Les internes – qui ont presque tous demandé à être cités anonymement pour ne pas compromettre leur carrière – ne sont officiellement encore qu'en formation. Mais la réalité hospitalière est toute autre. Tous assument déjà, souvent dans la plus grande illégalité, le travail et les responsabilités d'un médecin diplômé, poussés à bout par un système hospitalier en sous-effectif chronique, saturé par la demande.

85 % TRAVAILLENT PLUS QU'ILS NE LE DEVRAIENT

En septembre, le principal syndicat d'internes, l'Isnih (Inter-syndicat national des internes des hôpitaux), a publié les résultats d'une vaste enquête (PDF) menée dans les hôpitaux français. Dans ses conclusions, le rapport montrait ainsi que 85 % des internes – ils sont 21 000 au total – travaillaient bien au-delà des 48 heures hebdomadaires réglementaires, avec une moyenne de 60 heures par semaine. De même, le "repos de sécurité", imposé depuis 2002 après chaque garde de nuit pour empêcher un interne de travailler plus de 24 heures consécutives, n'est pas respecté dans 21 % des cas.

Selon le syndicat, "aucune région ne respecte aujourd'hui la législation", et ces entorses au règlement ne sont pas sans conséquences. D'après l'étude, 15 % des étudiants affirment avoir commis des erreurs de prescription, de diagnostic ou d'acte opératoire en lendemain de garde, alors que 39 % déclarent en avoir "probablement réalisé". Des chiffres dans l'ensemble largement "sous-évalués", selon de nombreux internes, qui reconnaissent avoir eux-mêmes minimisé leurs réponses au questionnaire.

 "L'OUVRIER DE L'HÔPITAL"

Les internes sont une "main d'œuvre corvéable et bon marché pour faire tourner les hôpitaux", conclut sans ménagement le syndicat dans son rapport. Un constat amer partagé par ceux qui ont répondu en grand nombre à un appel à témoignages publié sur Le Monde.fr, qui les interrogeait sur leurs conditions de travail.

Le "dernier maillon de la chaîne alimentaire de l'hôpital", le "bouche-trou", la "variable d'ajustement" ou encore "l'ouvrier de l'hôpital", c'est par ces titres peu enviables que se définissent de nombreux internes interrogés. "Dans les services, chaque corps de métier a une tâche bien définie, sauf l'interne qui n'a pas de charge précise. Du coup, tout ce que les médecins ne veulent pas faire ou n'ont pas le temps de faire, c'est sur nous que ça retombe, sous prétexte qu'on doit apprendre de tout", explique Manon, qui termine sa première année d'internat à Lyon. A l'interne revient alors la partie la plus chronophage de la relation avec le patient, mais aussi les basses besognes comme "gérer la paperasse", voire parfois "brancarder les patients" et "vider les poubelles".

CERTAINS ONT "PIQUÉ DU NEZ EN BLOC OPÉRATOIRE"

"Le travail ne diminue jamais, ça n'existe pas des lits fermés parce qu'il n'y a pas assez de médecins", explique Jean, 28 ans, interne à Paris. Et les conditions d'exercice s'en ressentent. Travailler vingt jours d'affilée sans un jour de repos, faire des semaines de plus de 80 heures de travail, ou encore travailler 36 heures consécutives, quand le repos de garde n'est pas respecté, n'est pas chose rare pour un interne. "Qu'on soit capable ou non de tenir le coup, la question ne se pose même pas, on doit continuer", explique Anne, 27 ans, qui s'estime "chanceuse" de ne pas avoir besoin de beaucoup de sommeil.

Tous reconnaissent pourtant qu'après 23 heures éveillé, on ne peut pas faire de la "bonne médecine". "La nuit, on fait du symptomatique, pas du curatif, pour aller plus vite", explique Claire, 25 ans, interne à Lyon, qui avoue penser souvent la nuit "plus que dix heures, et je pourrai pleurer". "On est dans le réflexe, donc on passe souvent à deux doigts des grosses erreurs, et on en fait des tonnes de petites", reconnaît Jérémy, 25 ans. Dans les témoignages, certains parlent notamment d'"échange de prescription entre deux patients", d'"erreur dans un dosage", d'autres racontent même avoir déjà "piqué du nez en bloc opératoire, avec la chaleur et la nécessité de rester immobile."

Pour Marie, 27 ans, "c'est le relationnel qui en pâtit le plus". A cette heure avancée de la nuit, la fatigue rend "plus agressif, à fleur de peau". "Parfois, j'aimerais avoir un cadran affiché sur ma blouse où s'inscrirait le nombre d'heures depuis que je suis réveillé", avoue Jean, interne en 4e année. "Les gens devraient savoir le prix humain de leur système de santé", renchérit Thibaut, spécialisé en médecine interne à Paris.

PASSAGE OBLIGÉ DE LA FORMATION ?

Du côté des chefs de service, on se défend d'exploiter outre mesure les internes. Tous ont leur propre interprétation de la législation, et les conditions changent du tout au tout en fonction des différents services. Une inégalité de traitement qui perturbe d'autant plus les internes, confrontés au règne de l'arbitraire. La justification est toujours la même : "c'est soit ça, soit on ferme boutique", confie un chef de service à l'hôpital parisien de La Pitié-Salpêtrière. S'ils ont conscience d'être dans l'illégalité, la plupart assument, sous couvert d'anonymat, tout de même. "De notre temps, c'était bien pire, on travaillait sans arrêt, je me souviens d'un week-end de Noël pendant mon internat où j'avais commencé le vendredi matin pour n'en sortir que le lundi", raconte un chef de service d'un CHU du grand Ouest.

L'épuisement des internes, passage obligé de la formation ? "L'argument 'de notre temps, c'était pire', on l'entend à longueur de temps", explique une interne en neurologie, qui met cela sur le compte "du mythe du sacrifice du médecin". Mais en réalité, beaucoup d'internes ont le sentiment que les conditions d'exercice à l'hôpital sont plus dures aujourd'hui. "Avant, on n'était pas appelés en permanence pour rendre un avis sur la moindre douleur", explique un interne en chirurgie digestive à Paris. "Maintenant, tout le monde cherche à se couvrir pour éviter l'erreur médicale, et surtout tout le monde cherche à refiler les patients à d'autres services, pour désengorger le sien."

LES PATIENTS, TOUJOURS PLUS NOMBREUX

Le trop grand nombre de patients est une souffrance quotidienne, surtout pour ceux qui tiennent à rappeler qu'ils "sont là parce qu'ils aiment leur boulot et veulent passer du temps avec leurs patients". Le défilé des urgences est surement le plus révélateur, pour les internes qui s'y essaient. "A 4 heures du matin, alors qu'on n'a même pas eu le temps de se reposer quelques minutes, on voit des gens arriver pour tout et n'importe quoi : des angines, des maux qui traînent depuis des mois, des bobos de rien du tout." Garder son calme, dans ces cas là, est un défi permanent.

Chaque interne dit redouter le moment où, lâché sans filet dans son service, il ira "trop loin". Cette "zone rouge" décrite par Guillaume, interne à Belfort, "celle où tu peux faire une gaffe, où il n'y a pas de retour en arrière possible". D'autant que pour ceux à qui on impose de rester en lendemain de garde, la responsabilité en cas d'erreur est entièrement à la charge de l'interne. "Mais on prend le risque, parce que si on se fait saquer, c'est fini, on n'a plus aucune chance d'approcher du bloc opératoire, et pour nous ça veut dire plus de formation, et autant d'études pour rien", explique un interne en 2e année de neurochirurgie, qui travaille en moyenne cent heures par semaine.

"SI J'AVAIS SU, JE SERAIS PAS VENUE"

Face à toutes ces difficultés, la question de savoir si tout ça "vaut le coup" trotte forcément dans les méninges de ces étudiants bien particuliers, excédés par les conditions matérielles précaires de l'hôpital public, où on peut même "attraper des puces dans le lit de garde" de son service. Certains parlent de "tout plaquer", de prendre une année de disponibilité, mais cela signifie repousser d'autant la fin des études.

A lire : Futur médecin, 'bac +10, 80 heures par semaine, 2 000 euros'

Beaucoup connaissent quelqu'un autour d'eux qui est au bord de craquer. "Je me suis rendu compte que j'étais en burn-out alors que je conduisais pour rentrer chez mes parents, après vingt-et-un jours de boulot consécutif. J'étais sur la quatre-voies, et je me suis demandé si c'était un rêve ou la réalité. J'ai réalisé à quel point j'étais épuisée", explique Nathalie, 27 ans. Dans ce cas là, "on se rend compte à quel point on est seuls, on n'a aucun interlocuteur". "On perd le sens de ce qui est normal ou de ce qui ne l'est pas", explique une interne en neurologie, qui affirme que le plus difficile est de "prendre du recul" sur ce rythme infernal.

Autour de la table de formica du petit internat de l'est de la France, certains parlent de "ras-le-bol". "Le soutien, on ne l'a jamais, on n'a pas le droit de craquer", reprend une jeune interne qui achève son stage aux urgences. Autour d'elle, les gens acquiescent. Une autre ose, sur le ton de la plaisanterie, "si j'avais su, je serais pas venue". Des hochements de tête saluent le bon mot.

Charlotte Chabas

 

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 15:04

 

"Vivre à genoux face à un prédateur qui s’appelle Mittal ? Eh bien non ! Nous on veut vivre debout… Mittal, ou t’es à genoux ou, nous, on te mettra à genoux ! » Ils sont environ 300, mardi 9 octobre à la mi journée, rassemblés au pied des bureaux d’ArcelorMittal à Florange, en Moselle, à écouter le héraut de la lutte des sidérurgistes lorrains, Edouard Martin. Le délégué CFDT veut croire à l’option Montebourg, autrement dit à la possible reprise, par un industriel, des hauts-fourneaux à l’arrêt depuis plus d’un an.

Dans les rues de Florange. © Florence Beaugé/LeMonde

Il faut du courage pour y croire. Jusqu’à présent, aucun candidat ne s’est manifesté.

Du courage aussi pour défiler dans les rues de Florange, alors que les trottoirs sont vides. Il fait froid, humide et gris. La petite troupe passe devant l’Eglise, avec sa banderole "SOS USINE EN DANGER". Edouard Martin est en tête. Un camion qui diffuse des chansons militantes ferme la marche. Les rares passants jettent un coup d’œil désolé aux manifestants et continuent leur chemin. Un homme entre au Café de la Mairie et lance : "Moi, je défile pas. Mon soutien, il est moral !"

Le fronton de la mairie de Florange. © Florence Beaugé/LeMonde

A Florange et dans la vallée de la Fensch, tout le monde se sent concerné par cette dernière grande bataille pour la survie de la sidérurgie, mais le mouvement s’essouffle. "On se sent très seuls. Avant, les commerçants nous apportaient des cageots de victuailles. Les gens sortaient aux fenêtres. Ils applaudissaient à notre passage. Plus maintenant. Ils se sont habitués", avoue un syndicaliste, l’air las, après le défilé.

Dans la population, beaucoup ont le sentiment d’assister à "un combat d’arrière-garde", que "c’est foutu", et que la fin des hauts-fourneaux, programmée par l’Indien Mittal, est "inéluctable". "Il fait la pluie et le beau temps… Tout ce qui nous arrive, on s’y attendait. On n’est pas surpris", disent les gens, résignés.

Le Républicain Lorrain, qui suit de près la situation, ouvre ses colonnes aux lecteurs. Mardi, l’un d’eux faisait une suggestion : "Pourquoi ne pas tirer de ce cataclysme lorrain un scénario pour un film plein d’action et de suspens ? Le titre est déjà tout trouvé : Bons baisers de Florange !"

© Florence Beaugé/LeMonde

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Quotidiennement, jusqu'à la semaine prochaine, Florence Beaugé réalisera une chronique de Florange.

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 14:57

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 10.10.2012 à 13h15 • Mis à jour le 10.10.2012 à 16h27

 

La justice russe a remis en liberté mercredi 10 octobre une des membres du groupe Pussy Riot et confirmé en revanche la peine de deux ans de camp pour les deux autres jeunes femmes qui avaient chanté en février une "prière punk" anti-Poutine dans la cathédrale de Moscou.

"Libérez immédiatement" Ekaterina Samoutsevitch, dont la peine est transformée en condamnation avec sursis, a déclaré la présidente du tribunal, ajoutant que les peines des deux autres jeunes femmes, Nadejda Tolokonnikova et Maria Alekhina, étaient "maintenues sans changement" à l'issue de ce procès en appel.

 

"JE SUIS TRISTE POUR LES FILLES"

"Je suis bien sûr contente, mais je suis triste pour les filles, triste que leur peine n'ait pas été modifiée", a déclaré Ekaterina Samoutsevitch, 30 ans, devant une foule de journalistes à l'issue de l'audience devant le tribunal municipal de Moscou. Le père de la jeune femme l'a serrée dans ses bras et certains sympathisants d'Ekaterina Samoutsevitch l'ont chaleureusement félicitée avant qu'elle ne s'en aille en compagnie de ses avocats qui ont souligné qu'elle avait besoin de se reposer.

Les trois jeunes femmes du groupe de punk russe Pussy Riot, condamnées en août à deux ans de camp pour une "prière" anti-Poutine dans la cathédrale de Moscou, avaient réclamé leur remise en liberté et réaffirmé leur innocence mercredi à la reprise de leur procès en appel.

 

Lire : Les Pussy Riot, enfermées, mais pas muselées 


L'audience intervenait quelques jours après que le président russe Vladimir Poutine eut déclaré que la peine de deux ans de camp était "correcte", une prise de position vivement critiquée par l'un des avocats de la défense dénonçant une tentative d'influencer le tribunal.

Nadejda Tolokonnikova, 22 ans, Ekaterina Samoutsevitch, 30 ans, et Maria Alekhina, 24 ans, étaient accusées de "hooliganisme" et d'"incitation à la haine religieuse", devant le tribunal municipal de Moscou, pour avoir chanté en février dans la cathédrale du Christ-Sauveur, à deux pas du Kremlin, une "prière punk" demandant à la Sainte Vierge de "chasser Poutine" du pouvoir.

Le procès en appel s'était ouvert le 1er octobre, mais le tribunal avait renvoyé l'affaire après que la prévenue Ekaterina Samoutsevitch eut annoncé s'être séparée de ses avocats en évoquant des désaccords sur la ligne de défense adoptée.

 

"NOUS N'AVONS PAS VOULU OFFENSER LES CROYANTS"

Les trois accusées ont réitéré leurs excuses à ceux qui ont été choqués par leur action, tout en réaffirmant que leur geste était politique et dirigé contre Vladimir Poutine. "Nous n'avons pas voulu offenser les croyants", a déclaré Mme Samoutsevitch, s'exprimant dans une cage en verre au côté des deux autres prévenues. "Si cela a été le cas, nous nous en excusons. Notre action était politique", a-t-elle ajouté en s'exprimant de manière décontractée, main dans la poche.

"Nous sommes toutes les trois innocentes, nous sommes en prison pour nos opinions politiques", a renchéri Mme Alekhina, qui a réclamé, comme Mme Samoutsevitch, l'annulation du jugement en première instance et la liberté. La troisième, Nadejda Tolokonnikova, a elle aussi déclaré qu'elle était prête à s'excuser si elle avait offensé des croyants. Mais "un repentir est impossible car ce serait reconnaître que notre action était antireligieuse, ce qui n'est pas le cas", a-t-elle dit.

L'affaire des Pussy Riot a divisé la société en Russie et suscité l'indignation à travers le monde, ainsi de nombreux appels à la libération des jeunes femmes lancés notamment par l'icône de la démocratie birmane Aung San Suu Kyi et la star de la pop américaine Madonna.

 

Lire (abonnés) : Pussy Riot, icônes anti-Poutine


"NOUS NE NOUS TAIRONS PAS"

"Si notre condamnation est confirmée en appel et que nous partons dans un camp, nous ne nous tairons pas pour autant, même si on nous envoie en Sibérie ou en Mordovie", a ajouté Mme Alekhina.

L'audience a été marquée par d'apparentes tentatives de scinder le cas des trois jeunes femmes. La nouvelle avocate de Mme Samoutsevitch, Irina Khrounova, a affirmé que sa cliente n'avait pas participé à la "prière punk" anti-Poutine dans la mesure où elle avait été interpellée 15 secondes après être entrée dans la cathédrale.

"La prière punk a eu lieu sans Samoutsevitch. Elle avait déjà été emmenée hors de l'église", a déclaré Irina Khrounova. "Je dois répondre de ce que j'ai fait moi-même", avait déclaré peu auparavant Ekaterina Samoutsevitch. De manière inattendue, l'un des avocats des parties civiles, Lev Lialine, a soutenu cette déclaration en réclamant lui aussi que le tribunal prenne en compte l'implication individuelle de chaque prévenue. 


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