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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 16:54

 

Rue89 - Travail au corps 31/10/2012 à 15h42

Nour K. | Journaliste

 

Nour a travaillé six ans à McDonald’s. Il nous raconte comment il a vécu son boulot : les maux, le manque de reconnaissance, les liens tissés avec le reste de l’équipe.

 

 


Les mains de Nour (Audrey Cerdan/Rue89)

 

« Mon entretien d’embauche n’a duré qu’une dizaine de minutes. C’était en juin 2005. Le directeur m’a toisé du regard puis, sourire en coin, m’a dit qu’il m’engageait comme cuisinier. Il m’a averti que, dans son McDo, les caissiers et les cuistots démissionnaient au bout de six mois. “Ici, c’est le charbon.” J’ai tenu six ans.

Le premier jour, je me suis brûlé la main droite avec un toaster. Le deuxième jour, avec de l’huile bouillante. Le troisième, avec les deux. Toute la première semaine, ce sont les sonneries de grills et de cuves qui résonnaient dans ma tête quand j’essayais de fermer les yeux pour m’endormir.

D’ailleurs, au début, mes parents me reprenaient : je ne m’entendais pas, mais je hurlais à force de travailler dans la cacophonie et de crier “OK” toute la journée.

Au bout de deux ans, j’ai pris du galon : manager. Je gérais une équipe, mais pas seulement. Je courais partout pour colmater les brèches. Au moindre problème, c’est sur moi que ça retombait.

 


Les douleurs de Nour

 

Une nuit, en rentrant, je me suis endormi sur mon canapé, avec mes vêtements de travail. Ça ne m’était jamais arrivé. Quelques minutes plus tard, j’ai sursauté, parce que je m’étais rendu compte que je n’avais pas sorti assez de mousses au chocolat et de muffins pour le lendemain.

Ma tête allait exploser, mon dos était en miettes et mes jambes me faisaient mal après quatorze heures de travail non-stop.

J’ai pris une douche, puis réfléchi quelques minutes. J’ai compris que mon boulot m’avait complètement bouffé, que j’allais craquer si je restais. Je suis parti quelques semaines plus tard. »

Questions/réponses

  • Quel était votre contrat ?

Un CDI.

A la sortie de mes études en 2007, je n’ai pas trouvé d’emploi en lien avec mon cursus (sciences humaines). Mon directeur était au courant. Comme j’étais déjà assistant – manager à temps partiel –, il m’a proposé les 35 heures et un poste de manager laissé vacant. J’avais besoin d’argent, je trouvais l’expérience enrichissante et l’équipe de gestion – managers, directeur adjoint et directeur – formidable. J’ai accepté.

  • Quel était votre salaire ?

Un peu plus de 1 650 euros brut en tant que manager à plein temps.

Il y avait des primes pour compléter. Atteindre certains objectifs – en matière de gestion de la main-d’œuvre, d’inventaires, de temps de service, etc. – pouvaient rapporter environ 200 euros net de plus tous les mois. Sauf que les objectifs étaient irréalisables au regard des moyens mis à notre disposition.

Il y avait aussi des primes annuelles. Une augmentation de quelques euros, en fonction des évaluations, que le franchisé avait quand même du mal à nous accorder. Donc une année sur deux, il s’arrangeait pour nous faire passer pour des insuffisants.

  • Quels étaient vos horaires ?

J’avais droit à un week-end par mois et trois jours de repos par semaine, sachant qu’il fallait batailler pour avoir deux jours « off » d’affilée. Les plannings étaient décousus et le schéma était souvent le suivant : fermeture dimanche (2 heures du matin), repos lundi, ouverture le mardi (7h30).

Les journées de travail duraient 9h15. Officiellement. Les heures supplémentaires n’étaient pas payées. La réponse du franchisé était rodée :

« Vous devez apprendre à gérer votre temps. Vous traînez trop. »

  • A quel moment vous débarrassiez-vous de votre tenue de travail ?

Certains collègues venaient déjà habillés et repartaient en tenue. Moi, je me changeais systématiquement. Je ne supportais pas l’odeur de la friture.

  • Quel rôle estimiez-vous jouer dans l’entreprise ?

Je dirigeais, pendant les heures d’affluence, jusqu’à trente employés. J’étais celui qui motivait, corrigeait, félicitait et mettait la pression quand il le fallait. Celui qui désamorçait les conflits. Au sein de mon équipe, mais aussi avec les clients mécontents, souvent très agressifs.

J’étais celui qui avait toutes les demi-heures en moyenne un œil sur les chiffres. Du côté de la main-d’œuvre, il fallait s’assurer de ne pas dépasser un pourcentage fixé au préalable par le franchisé, quitte à faire dépointer des employés, ce qui est illégal. Il fallait aussi surveiller la quantité de sandwichs en perte, le nombre de voitures passées en un quart d’heure, les temps de service, etc.

On manquait d’équipiers, de matériel, de reconnaissance. Nous passions notre temps à bricoler pour obtenir tant bien que mal des résultats. Je crois que ce côté « commando » – réussir avec pas grand-chose – me plaisait et me motivait.

  • Votre travail vous demandait-il un effort physique ?

Il arrivait que pendant mon service, de 9h15, je ne trouve pas le temps de m’asseoir. Je faisais des allers-retours incessants entre la cuisine, la caisse, le « drive » pour pallier le manque d’employés et soulager mon équipe, qui en bavait pas mal aussi.

Il fallait aussi donner de la voix. Donner des directives de loin, en esquissant parfois de grands gestes pour conférer plus de force à mon propos. Un vrai coach. Plus largement, votre équipe doit vous entendre à certains moments – pas tout le temps – parce que les salariés ont besoin de savoir que vous vous intéressez à ce qu’ils font pour ne pas se démotiver.

  • Votre travail laissait-il des traces sur votre corps ou dans votre tête ?

Au bout d’un an, je ressentais quelques douleurs au niveau des jambes. Cela se manifestait systématiquement quand j’enchaînais les trois plus gros rushes de la semaine (les vendredis, samedis et dimanches soir).

Au bout d’un an et demi, mon dos a aussi commencé à me faire mal. A force d’être penché sur la table à garniture en cuisine pour garnir les pains, mais surtout à cause des livraisons. Nous devions être trois, sauf que le plus souvent, nous nous retrouvions à deux à soulever des charges très lourdes et de manière très maladroite, parce qu’il fallait finir le plus vite possible pour retourner donner un coup de main sur le terrain.

Mon directeur portait une ceinture autour de la taille car son dos était complètement abîmé. Il avait plus de douze ans de McDo derrière lui. « Si je ne m’assois jamais, c’est parce que j’ai peur de ne pas me relever », répétait-il. Sur la fin, il m’arrivait d’avoir la même crainte.

Mes mains ont aussi pas mal été malmenées. Par les brûlures notamment, mais aussi par les entailles que je pouvais me faire avec différents objets – spatules pour ramasser les viandes, éléments en fer contondants de certaines machines qu’il fallait démonter pour les nettoyer, etc. – que, dans le feu de l’action, je maniais sans précaution.

Enfin, j’avais de plus en plus de maux de tête. Le bruit incessant, la pression, la fatigue. Je récupérais assez mal du fait des plannings décousus qui, au cours d’une semaine, me faisaient alterner matins et nuits, au point d’être déjà arrivé au travail complètement épuisé et à fleur de peau.

Depuis mon passage chez McDo, j’ai appris à apprécier les silences.

  • Votre travail vous demandait-il un effort mental ?

Il fallait faire preuve d’empathie avec mon équipe. Et m’adapter dans mon discours. Un étudiant n’aspire pas à la même chose qu’une mère de famille, comme un jeune n’est pas sensible aux mêmes mots que quelqu’un de plus âgé.

Et puis, le manque de reconnaissance de ma hiérarchie était compliqué à gérer. Je ne parle pas forcément d’argent, seulement de retours positifs quand les choses étaient bien faites. Ça n’arrivait jamais, alors que nous étions très bien cotés au siège national de McDonald’s.

Le superviseur n’hésitait pas à humilier et rabaisser les managers devant son équipe ou même des clients. C’était très difficile de se remotiver après. L’impression que tous nos efforts étaient réduits à néant.

  • Aviez-vous l’impression de bien faire votre travail ?

Nous n’avions pas les bonnes conditions pour travailler, mais j’ai toujours pris mon job à cœur, en essayant d’être à chaque fois le meilleur possible. Quand je me faisais inspecter – par le siège, les laboratoires pour l’hygiène, les clients mystères –, mes notes ont toujours été bonnes.

J’avais surtout la confiance et le respect de mon équipe. Ça me suffisait amplement pour être sûr de faire du bon boulot.

  • Si vous deviez mettre une note à votre bien-être au travail dans cette entreprise, sur 20, quelle serait-elle ?

10/20. Mon bien-être, je l’ai tiré dans les liens très forts que j’ai pu tisser avec certains membres de l’équipe et dans ma soif d’apprendre des choses nouvelles (gestion, RH...), qui m’ont depuis énormément servi, notamment sur le plan humain.

Aujourd’hui, je suis journaliste et ça m’aide à m’adapter à n’importe quelle situation. Au McDo, j’ai appris à assimiler très vite, à être autonome et me poser beaucoup moins de questions.

Seulement, ça ne suffit pas pour tenir dans la boîte. C’est épuisant quand il n’y a pas de reconnaissance tout en haut et surtout, quand il n’y a pas de moyens.

 

MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato
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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 16:37

 

 

Roe89 - Edito 01/11/2012 à 11h18
Pascal Riché | Redchef Rue89

 

 


Un mètre mesureur (Bradhoc/Flickr/CC)

 

Les socialistes français, parfois, donnent l’impression de n’avoir rien appris. Ils s’accrochent aujourd’hui à un chiffre-totem (3% : le déficit public à atteindre en 2013) comme ils l’avaient déjà fait il y a vingt ans avec un autre chiffre-totem (3,41 : la parité franc-mark à défendre contre vents et marées).

Dans l’un et l’autre cas, leur obsession pour un chiffre est justifiée par leur « responsabilité européenne » et, mezza voce, par la crainte de décrocher face à l’Allemagne. Dans l’un et l’autre cas, de telles stratégies sont grosses de drames à venir.

Au début des années 1990, l’obsession de la parité franc-mark avait conduit à des taux d’intérêt bien trop élevés ; ils avaient envoyé la croissance dans le décor et, en 1993, le gouvernement Bérégovoy dans le mur électoral. Aujourd’hui, l’obsession des 3% a engendré une austérité complètement inadaptée en période de quasi-récession ; elle promet d’avoir des effets économiques et politiques similaires.

Pour avoir vécu une situation similaire à celle d’aujourd’hui, la France devrait être la première à crier casse-cou et alerter les autres pays européens. Au lieu de cela, bon élève, elle a écrit « cap sur les 3% » sur la première page d’un beau cahier noir, et elle fait ses devoirs consciencieusement.

En Europe, chacun importe l’austérité de l’autre

Les pays européens, de conserve, se sont donc lancés dans la rigueur. Le FMI a eu beau les alerter que c’était dangereux, ils n’en ont cure. Derrière l’Allemagne et la France, ils font aussi sagement leurs devoirs, sans se soucier de l’accident qui vient.

Le plus dingo, dans cette affaire, c’est que cette politique risque d’être contreproductive dans la lutte même contre les déséquilibres des finances publiques. C’est la conviction de très nombreux économistes [PDF] qui étudient la crise en Europe. L’austérité permet certes de faire quelques économies, mais elle peut aussi étouffer la croissance et donc de nombreuses recettes fiscales.

L’Institut national de recherche économique et sociale britannique vient ainsi de tester, sur son modèle économétrique (un logiciel reproduisant les rouages de l’économie) différents scénarios de politiques budgétaires. Résultat : en Europe, dans la conjoncture actuelle, les politiques d’austérité ne sont pas les plus efficaces pour réduire les déficits.

Les deux auteurs de l’étude, Jonahan Portes (directeur de l’institut) et Dawn Holland, jugent que les politiques de rigueur, qui peuvent paraître rationnelles sur le plan national, conduisent en Europe à une « folie collective ». Ils parlent même de « suicide ».

« Les plans de consolidation budgétaire qui sont en route vont conduire à des ratios de dette publique plus élevés – et non moins élevés – en 2013 pour l’Union européenne en moyenne. C’est également valable pour presque tous les pays de l’UE pris individuellement. »

Selon les auteurs, les politiques d’austérité ont un impact sur le ratio dette/PIB, mais dans le sens de la hausse de 5 points en Europe. La potion de la rigueur n’a de vertu que sur la dette publique de l’Irlande (-2,5 points), mais elle est contreproductive en France (+2 points) et en Allemagne (+6 points).

3% de déficit, 97% de langue de bois

En France, quand on demande à des responsables gouvernementaux ou des conseillers, « off the record », ce qu’ils pensent de cette quête des 3%, rares sont ceux qui la défendent avec enthousiasme.

Tel conseiller s’emporte : « Mais si on renonce aux 3% en 1993, que ne va-t-on pas lire encore dans la presse sur nos reculs ? », argument assez faible.

Tel autre, constatant le ralentissement économique actuel, reconnaît qu’il faudra bien « retarder les 3% », mais ajoute que « cela ne doit pas venir de nous ».

Autrement dit, la stratégie est de convaincre le FMI, l’Union européenne et l’Allemagne de prescrire une rigueur moindre, afin de donner une légitimité à un tel changement de pied...

Pour l’instant, en France, seul le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, s’est débarrassé de la langue de bois sur le sujet. L’objectif des 3% a « un côté absurde par rapport à la situation que nous connaissons », a-t-il déclaré il y a deux semaines sur RTL. A la lecture de l’étude britannique, qui montre que cet objectif ralentira en réalité le désendettement du pays, le mot « absurde » semble désormais un peu faible.

 

MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato
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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 16:33

 

 

Rue89 - Jeux concours 01/11/2012 à 15h30
Emilie Brouze | Journaliste Rue89
Infosignalée par un internaute

 

Par une affichette épinglée sur leur tableau de service, les contrôleurs SNCF de la région Centre ont découvert lundi le nouveau « challenge », censé les amuser du 1er novembre au 31 décembre. Défi : la « lutte anti-fraude » dans le TER.

 


L’affichage de la SNCF sur le tableau de service (DR)

 

Pour espérer remporter un netbook, une console de jeux, un appareil photo numérique ou des chèques cadeaux, il faudra attraper de l’abonnement falsifié, ferrer du voyageur hors-la-loi et faire payer de l’amende.

L’affichette précise les règles :

  • 50 gagnants seront récompensés : 40 agents du service commercial trains (ASCT), le terme administratif pour dire contrôleur) et dix groupes de contrôle renforcé (GCR, les équipes dédiées au contrôle à bord) ;
  • pour les agents, sera pris en compte les « meilleurs taux d’application des barèmes bord/contrôle » (c’est-à-dire les tarifs majorés, réglés à bord auprès du contrôleur) et les meilleures progressions depuis début 2012 ;
  • pour les GCR, les critères retenus seront le plus grand nombre de cartes, billets, abonnements falsifiés ou utilisés par un tiers.

Louis (un pseudo), contrôleur basé à Orléans, a écrit à Rue89 pour rapporter ce procédé qu’il trouve « honteux » :

« La plupart des collègues et moi-même sommes outrés par ce procédé d’incitation aux chiffres qui peut entraîner bien des dérives dans notre travail. »

Moins de « petites fleurs » à bord

« On n’a jamais été poussés à faire du chiffre avant », précise le contrôleur en contact avec Rue89. Il assure ne pas compter changer pour autant ses pratiques. Avec ce type de challenge, explique-t-il, le risque est de laisser de côté les autres missions des agents (sécurité, service commercial) au profit de plus de contrôle.

« Il nous arrive, par exemple, de faire des tarifs guichet dans le train, pour des abonnés qui ont oublié de renouveler leur carte en début de mois... Avec ce système, il y a aura moins de “petites fleurs” à bord, ça va se durcir. »

Les contrôleurs touchent déjà un pourcentage sur les billets vendus à bord, qui représente environ 40 à 150 euros par mois. « Ça ne faisait pas notre salaire, donc ce n’était pas notre priorité. »

« Surprenant », note Louis : le challenge est lancé au moment où les cheminots ont plusieurs fois alerté la direction sur le manque d’effectif (« on se bat pour être au moins deux dans les trains, on est souvent seul ») et les agressions :

« On a des soucis de sécurité, d’incivilité, ça ne va pas s’arranger si on nous pousse à faire du contrôle. »

Louis dit avoir écrit à Rue89 pour avertir les usagers :

« C’est important de diffuser cette info, la SNCF nous pousse à harceler les clients. Ces derniers ont donc le droit de savoir. »

« Bâcler le service public »

Fraude
Le taux de fraude à bord des TER avoisinerait les 11% (cabinet d’audit Transversales). En mars dernier, la direction de la SNCF avait évoqué des pistes de travail pour s’attaquer à l’évasion des recettes liées à la fraude, estimées à 23 millions d’euros par an. Comme une meilleure communication sur les tarifs ou une cartographie des points noirs du resquillage – les « challenges » n’étaient alors pas avancés.

« Plus rien qui me surprend, moi », assure Alain Lefaucheux, chef de gare et membre du bureau de la CGT d’Orléans. Il a découvert le challenge mardi :

« On essaie de diviser les cheminots entre eux... Ça ne va pas améliorer le dialogue social, y compris avec les usagers. »

Pour lui comme pour Louis, ce type de procédé est symbolique d’un tournant : la « logique d’entreprise » gagne le service public.

« Aujourd’hui, la direction travaille avec des objectifs de rentabilité à tout prix, une façon de bâcler le service public. »

La CGT d’Orléans doit encore se concerter avant de réagir : elle devrait demander une audition à la direction.

« Action managériale »

Au téléphone avec Rue89, le service presse de la SNCF est moins bavard sur l’« action managériale » (expression répétée plus de cinq fois en dix minutes).

Impossible de savoir si le procédé est en vigueur dans d’autres régions de France : « On n’a pas de réponses à apporter là-dessus ». Clément Nourrit du service presse justifie :

« C’est une action managériale de lutte contre la fraude, animée par un chef d’équipe. Une action managériale comme on peut en trouver ailleurs, dans une autre entreprise. »

 

 

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 16:21

 

 

 

Une femme sort d'un fast-food avec une grande boisson sucrée, à New York, où le maire Michael Bloomberg , a décidé d'interdire les sodas et boissons sucrées de plus d'un demi-litre dans les restaurants, les stades et les cinémas. (AFP PHOTO/Emmanuel Dunand)

 

On se souvient de l'ouvrage Golden Holocaust qui, en février dernier, esquissait une histoire de l'industrie du tabac "qui a de quoi rendre paranoïaque", relatait un article du Monde. A travers des millions de "tobacco documents", on découvrait comment les manufacturiers américains ont "préparé et exécuté – et continuent à préparer et exécuter – un vaste complot depuis un demi-siècle pour tromper le public" sur la dépendance et les risques sanitaires de la cigarette.

 

>> Lire : "Les conspirateurs du tabac"


Ce sont désormais des documents sur l'industrie du sucre – plus de 1 500 pages de notes internes, lettres, rapports d'entreprises archivées – qui semblent démontrer le même type de stratégies et de manipulations destinées à promouvoir coûte que coûte un produit, malgré des risques sanitaires majeurs. C'est du moins ce qu'assure le magazine américain Mother Jones, dans une série d'articles sur les "doux mensonges" des entreprises du sucre.

Dans les années 1970, commence la revue, l'opinion prend de plus en plus conscience des risques sanitaires liés à la consommation de sucre, mise en cause dans la hausse de l'obésité (elle a depuis doublé aux Etats-Unis), du diabète (qui, aux Etats-Unis et depuis les années 1970 toujours, a triplé) et des maladies cardio-vasculaires. Un impact qui a d'ailleurs été de nouveau documenté dans un article paru dans Nature en février dernier, qui affirmait que "la menace sur la santé publique constituée par la consommation excessive de sucre, en particulier de fructose, est telle qu'elle justifie la mise en place de mesures comparables à celles prises afin de limiter la consommation de tabac et d'alcool", rapportait Le Monde. En cause, le lien entre le sucre et ces maladies non-transmissibles, "qui provoquent plus de 35 millions de morts par an dans le monde, soit davantage que les maladies infectieuses".

 

>> Lire : Trop de sucre nuit gravement à la santé


Dans les années 1970 donc, la prise de conscience est telle que la consommation de sucre décline de 12 % en deux ans, relate Mother Jones. Une tendance qui n'est pas au goût de la gourmande industrie. Regroupés dans l'Association du sucre, dont le budget annuel s'élève alors à 800 000 dollars, les firmes se mettent, notamment, à recruter "une écurie de professionnels de la médecine et de la nutrition pour dissiper les peurs du public", et à financer des articles scientifiques susceptibles de leur attirer le soutien des agences gouvernementales, et notamment de la FDA (Food and drug administration). En parallèle, "les recherches sur le lien suspecté entre le sucre et les maladies chroniques sont largement mises à l'arrêt à la fin des années 1980, et les scientifiques en viennent à constater que ce genre d'activités est susceptible de mettre un terme à leur carrière", dit Mother Jones.

Alors que des mémos montrent que l'Association du sucre reconnaît dès 1962 les impacts potentiellement dangereux de leur marchandise, elle s'efforce de braquer les projecteurs sur des scientifiques qui prônent le scepticisme, l'absence de preuve, la nécessité de mener de nouvelles études... Entre 1975 et 1980, l'association aura dépensé 655 000 dollars en études conçues pour "maintenir la recherche comme principal support de défense de l'industrie", est-il écrit dans un document interne. Des études sont même commandées pour rechercher si le sucre stimule la sérotonine, et pourrait donc agir comme remède contre la dépression.

L'association se lance également dans une bataille contre les édulcorants utilisés dans les produits light, de plus en plus prisés par des Américains soucieux de leur poids. Avec succès : le cyclamate est par exemple interdit par la FDA en 1969, sur la base d'une étude sur des rats dont les preuves, a-t-il été établi plus tard, ne valent rien pour les humains. L'industrie n'hésite pas, enfin, à promouvoir le sucre comme moyen de contrôler, voir de perdre du poids. (Ci-dessous, une publicité publiée par Mother Jones : "Si le sucre fait tellement grossir, comment se fait-il que tant d'enfants soient minces ?" Et, plus bas : "Le sucre n'a pas seulement bon goût, c'est aussi un bon aliment".)

 

Promotion de la consommation de sucre.

 

Les efforts de l'Association du sucre se voient en tout cas couronnés d'un certain succès : après ce "revirement" du milieu des années 1970, la consommation de sucre repart significativement à la hausse aux Etats-Unis. Le nombre de cas de maladies chroniques aussi. La FDA souligne que le sucre "est généralement reconnu comme sûr". Et jusqu'à aujourd'hui, nul consensus ne se dégage sur les impacts sanitaires de ce produit, note Mother Jones.

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 16:17

 

Inhumaines prisons marocaines

 

 

Driss El Yazami, président du CNDH

 

Les détenus subissent des "traitements cruels, inhumains ou dégradants" dans la plupart des prisons du Maroc surpeuplées. Tel est le triste constat dressé à l'issue de visites de terrain par le Conseil national des droits de l’homme (CNDH), dans un rapport intitulé "La crise dans les prisons, une responsabilité partagée", rendu public à Rabat, mardi 30 octobre. Souvent dénoncées par les militants des droits de l'homme, et notamment par l'Observatoire marocain des prisons, ces violations sont cette fois reconnues par un organisme officiel, présidé par Driss El Yazami, et dont tous les membres ont été nommés par le roi Mohammed VI.

Le CNDH, qui déplore "l'absence de contrôles et d'inspections efficaces", le "recours excessif" à la détention provisoire et la lenteur des procès, ou bien encore les abus de transfert administratif souvent employé comme mesure disciplinaire à l'encontre des salafistes, précise que les mauvais traitements "se manifestent par des coups portés aux moyens de bâtons et de tuyaux, la suspension sur des portes à l'aide de menottes, les coups administrés sur la plante des pieds, les gifles, les pincements à l'aide d'aiguilles, les brûlures, (...) le déshabillage forcé". Dans ses recommandations, l'organisme en appelle à "l'élaboration d'un plan d'action pour l'éradication de la torture" en partenariat avec "les autorités judiciaires, le Parlement, le gouvernement et la société civile".

 

"absence totale de tout contact avec le monde extérieur"

La situation des femmes détenues est pire encore : elles "pâtissent davantage, pour des considérations d'ordre socioculturel, de traitements cruels et comportements dégradants [insultes, humiliations], aussi bien dans les postes de police qu'en prison".
Les prisonnières qui accouchent se voient contraintes, à l'expiration du délai qui leur est accordé après la naissance de leur enfant, et en l'absence ou devant le refus de leurs proches de le prendre en charge, "d'abandonner leur progéniture à des tiers qui les exploitent dans certains cas dans la mendicité, ou les placent dans des orphelinats".

Les personnes vulnérables et les étrangers, en particulier les migrants subsahariens, ne sont pas mieux lotis.  Aux mauvais traitements qu'ils subissent comme les autres, s'ajoute "le manque, voire l'absence totale de tout contact avec le monde extérieur".

La publication du rapport de la CNDH intervient alors que 76 Européens, Français, Belges ou Espagnols - possédant pour nombre d'entre eux la double nationalité - emprisonnés au Maroc, ont commencé le 22 octobre une grève de la faim pour protester contre les actes de torture et les procès inéquitables dont ils estiment avoir été victimes, et pour s’élever face à l’absence d’assistance de leurs gouvernements respectifs.

 L’ACAT-France (Action des chrétiens contre la torture), qui soutient leur initiative, a annoncé avoir saisi le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture pour deux de ces grévistes, Adil Lamtalsi, producteur de cinéma, et Moustapha Naïm, animateur social. Ces deux Franco-marocains, détenus à la prison de Salé, près de Rabat, ont été condamnés pour des crimes de droit commun. Leurs récits sont similaires, dénonce l'ACAT dans un communiqué : "plusieurs jours de sévices au centre de détention secret de Temara, aux mains de la Direction générale de la surveillance du territoire, des aveux signés sous la contrainte, des magistrats complices et des plaintes pour torture restées lettre morte".
Le 11 septembre, le CNDH avait déjà établi un constat critique sur la situation dans les hôpitaux psychiatriques, la qualifiant "d'archaïque et inadaptée".

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 16:03

 

 

Rue89 - Global Voices Online 01/11/2012 à 15h11
Global Voices"

Andrea Arzaba · Traduit par Marie Andre

 

 

Selon les statistiques du Mouvement mésoaméricain des migrants (Movimiento migrante mesoamericano), au cours des six dernières années, 70 000 immigrants ont disparu au Mexique.

Pendant plusieurs années, les mères de migrants d’Amérique centrale enlevés ou disparus ont parcouru le pays de long en large, à la recherche de leurs fils ou de leurs filles disparus lors de leur voyage vers le Nord.

La route fréquentée par les migrants qui tentent d’atteindre les Etats-Unis est une randonnée mortelle. Beaucoup d’entre eux y sont morts, et ceux qui parviennent au Mexique souffrent des conditions climatiques extrêmes, de la faim, du harcèlement et d’abus sexuels de la part de bandes du crime organisé et des autorités.

Même si les mères de ces migrants ne retrouvent pas leurs fils ou leurs filles, ces femmes espèrent attirer l’attention des médias et provoquer une prise de conscience sur ce problème largement ignoré jusqu’à présent.


Une mère tient une photo de son fils Jose Leonidas Moreno, un migrant disparu (Mario Marlo/@Somoselmedio)

Omar Sanchez de Tagle, sur Animal Politico, retrace l’objectif principal et l’itinéraire de ces mères d’Amérique centrale :

« L’idée de la caravane est de suivre la route dite “des migrants”, qui s’étend sur près de 4 600 kilomètres, traverse quatorze Etats et 23 agglomérations.

Selon diverses organisations non-gouvernementales de défense des migrants, ce parcours a pour objectif de démontrer que l’insécurité, les enlèvements et les meurtres de migrants ont été en constante augmentation au cours des six dernières années. »


Suyapa Socorro défile dans les rue de Reynosa, au Mexique, avec une photo de sa fille disparue (Mario Marlo/@Somoselmedio)

Sur le blog Somos El Medio, les représentants du Mouvement mésoaméricain des migrants expliquent les différentes étapes de la caravane :

« Dans chacune des 23 agglomérations où nous avons prévu de nous arrêter, nous serons accueillis localement par un grand nombre d’acteurs et de partisans mexicains :

  • foyers de migrants ;
  • groupes ;
  • organisations ;
  • Instituts de l’immigration des gouvernements de Tamaulipas et de Tlaxcala ainsi que de la ville de Mexico ;
  • universités ;
  • activistes ;
  • défenseurs des droits des immigrants.

Leurs noms seront mentionnés dans le programme d’activités de la caravane. »


Des mères d’Amérique centrale qui participent à la caravane déposent une offrande au pied d’une croix en hommage aux migrants (Mario Marlo/@Somoselmedio)

Marcela Salas Cassani, sur le blog Desinformemonos, commente le succès remporté par la caravane de cette année :

« La caravane d’Amérique centrale “Libérons l’espoir”, qui prévoit de traverser quinze Etats du Mexique en vingt jours pour retrouver des migrants disparus sur la route des Etats-Unis, commence à porter ses fruits. Jusqu’à maintenant, quatre personnes ont retrouvé leurs familles : Max Funes, Marvin Celaya, Gabriel Salmerón et Silverio Mateo. »


Une mère qui participe à la caravane pose devant les photos des migrants disparus (Mario Marlo/@Somoselmedio)

La caravane se terminera le 3 novembre au Chiapas, au sud du Mexique.

 

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 15:58

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 01.11.2012 à 15h03 • Mis à jour le 01.11.2012 à 15h05

 

 

A Paris, sur les mille deux cents appels que reçoit le SAMU social chaque soir, quatre cents restent sans solution.

Le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a déclaré, jeudi 1er novembre, qu'il recevrait "dans quelques semaines" un inventaire des bâtiments pouvant être réquisitionnés afin d'y loger des personnes sans domicile, lors d'une visite d'un centre gérant les appels au SAMU social à Créteil. "Si les besoins le nécessitent, nous le ferons, mais ça passe par cette étape qui est celle de l'inventaire des bâtiments disponibles", a indiqué M. Ayrault.

"C'est le travail que j'ai demandé à [la ministre du logement] Mme Duflot de faire, elle est en train de faire un inventaire des bâtiments disponibles, ça sera souvent des bâtiments appartenant à des institutions, des administrations, des grandes entreprises", a-t-il ajouté. "Cet inventaire est en cours, nous en aurons le résultat dans quelques semaines, ensuite autant que de besoin nous prendrons nos décisions, s'agissant bien sûr de le faire dans le respect du droit et de la propriété, mais les lois existent et nous entendons les appliquer", a-t-il ajouté.

 

Lire aussi : Réquisition de logements vacants : une procédure rarement utilisée


La ministre du logement, Cécile Duflot, avait annoncé le 27 octobre qu'elle n'excluait pas de réquisitionner des logements vacants. Une annonce faite alors que les températures ont fortement chuté et que les demandes d'hébergement d'urgence sont en forte hausse depuis quelques semaines. A Paris, sur les mille deux cents appels que reçoit le SAMU social chaque soir, quatre cents restent sans solution.

 

Lire : Mal-logés : Duflot confirme d'éventuelles réquisitions d'immeubles


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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 22:59

 

 
© Flickr : MillionsAgainstMontsanto
 

Un article de Charlotte Persant, doctorante à Princeton University

  Le 6 novembre prochain, les habitants de l’Etat de Californie devront voter pour élire le prochain président des Etats-Unis et se prononcer pour ou contre l’étiquetage obligatoire des produits contenants des OGM. L’Etat de Californie est un état qui pratique régulièrement la démocratie directe depuis un siècle. Si la proposition 37 est adoptée, la Californie deviendra le premier état à imposer l’étiquetage systématique de tous les produits commercialisés contenants des OGM. Une révolution alimentaire dans un pays où selon les estimations entre 40% et 70% des produits contiennent des OGM. L’enjeu est à la mesure de la guerre que se livrent depuis plusieurs semaines les lobbies des deux camps.

            Le combat est déséquilibré. D’un coté, le camp en faveur de la proposition 37 invoque le droit de savoir (the right to know) afin de garantir la liberté de choix de son alimentation. De l’autre, les puissants lobbies alimentaires refusent que l’Etat impose une réforme de cette ampleur et accusent l’autre camp d’instiller le doute sur la sécurité alimentaire. Ils envahissent les espaces publicitaires de campagnes négatives dans les medias et invoquent l’augmentation immédiate des prix de l’alimentation comme conséquence directe de cette proposition. A ce jour, plus de 35 millions de dollars ont été dépensés par les industries agroalimentaires contre 7 millions de dollars environ par les défenseurs de l’étiquetage des produits OGM.

            Le décalage phénoménal des ressources financières mobilisées est un résultat direct de la décision de la Cour Suprême Citizens United (2010). Les grands groupes agro alimentaires Monsanto, Pepsi, Nestle, coca-cola ont dorénavant la possibilité légale de dépenser sans aucune limite afin de mener des campagnes indépendantes. Dans ce cas précis, les grandes entreprises concernées ont mobilisées leurs ressources pour financer des publicités négatives dans les medias. Jusqu’à présent, la décision de la Cour a d’ailleurs eu des conséquences surtout au niveau des états fédérés. L’impact des sommes dépensées, pour contrer cette proposition est frappant. En septembre, les divers instituts de sondages annonçaient des intentions de votes en faveur de la proposition 37 autour de 61% contre 25% contre. Début octobre les sondages indiquent des intentions de votes qui se resserrent entre 48% pour et 40% contre. A mesure que le débat s’intensifie et que les campagnes négatives envahissent les écrans, les intentions de votes en faveur de la proposition 37 baissent.

            Pourtant, si la Californie vote en faveur de cette proposition, la révolution sera plus symbolique que réelle. Le projet de loi exclu de nombreux produits tels que la viande, l’alcool et les produits laitiers. La proposition vise à interdire l’utilisation de l’appellation « naturelle » pour les produits contenants des OGM et veut imposer un étiquetage spécifique. Néanmoins la seule existence de cette proposition et le débat qu’elle entraine ont déjà modifié sensiblement les représentations. La proposition instille le doute dans l’esprit des californiens là où il semblait y avoir un consensus.

            Pourquoi mettre en exergue, sur des emballages, la présence d’OGM si ce n’est pour interpeller le consommateur ? Sommes nous si sûrs de vouloir acheter des produits contenants des OGM ? Le doute s’installe dans les esprits. Souvenons nous de cette phrase d’Alfred Sauvy  « Bien informés, les hommes sont des citoyens ; mal informés ils deviennent des sujets.» L’information est aujourd’hui l’enjeu de ce débat. Cette réforme s’inscrit dans un mouvement plus large, celui qui vise à inscrire un droit à être informé dans la pratique juridique californienne.

            Le mouvement pour le droit de savoir (The Right to know mouvement) est né dans les années 1960 à la suite du célèbre ouvrage de la biologiste Rachel Carson intitulé  « le Printemps Silencieux » (1962). Ce livre provoqua un débat national sur la dangerosité des pesticides et la pollution de l’environnement.  Depuis, ce mouvement a eu pour ambition d’instaurer un « droit de savoir » c’est à dire un accès à l’information par le droit afin d’éviter toute manipulation des citoyens. L’accès à une information indépendante  est l’essence de la liberté de choix et conditionne l’existence même de la citoyenneté.  Le débat américain sur les OGM a donc des spécificités qui le différencient de son homologue européen. En effet, le principe de précaution tel qu’il s’est développé en France repose sur la notion de sécurité. Aux Etats-Unis, le fondement juridique du mouvement pour le droit de savoir est différent car il repose sur le principe de liberté et la pratique de la transparence qui en découle.

            Ainsi, la proposition 37 a le mérite de lancer une conversation qui ne se limite pas aux frontières de la cote Ouest car au delà de l’étiquetage, l’enjeu est celui de la dangerosité des OGM. La Californie va t-elle initier une « révolution alimentaire » ? Réponse le 6 novembre prochain.

Charlotte Persant
Doctorante à l’Université de Princeton (USA), Boursière Fulbright 2012-2013.
Diplômée de Sciences Po Lyon et  de l’Université Paris II - Assas
Stagiaire au Congrès des Etats-Unis 2009/2010
University of Virginia (USA) alumn


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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 22:53

 

 

Rue89 - Lyon - 31 octobre 2012 - 16:10

  • par Laurent Burlet

 

y a quinze jours, la ministre du logement, Cécile Duflot, en visite à Lyon, promettait un « plan hivernal » qui s’adaptera aux besoins. La veille de son entrée en vigueur, les professionnels de l’urgence sociale annoncent que des centaines de personnes ne trouveront par d’hébergement.


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Le calcul est simple : sur les 810 places d’hébergement d’urgence qui doivent ouvrir pour cet hiver (contre 650 l’hiver dernier) dans le Rhône, seulement 250 seront disponibles à partir du 2 novembre, date réelle du début du dispositif hivernal qui est censé mettre tous les SDF à l’abri pour la chute des températures.
Or, ces derniers jours, plus de 600 personnes ne trouvent pas d’hébergement dans les foyers de Lyon, faute de places disponibles. Des chiffres de « sans solution » jamais atteints :

  • 584 « sans solution » le 28 octobre
  • 738 « sans solution » le 29 octobre
  • 646 « sans solution » le 30 octobre

Résultat, près de 400 personnes ne devraient toujours pas dormir au chaud en ce début de mois novembre malgré l’entrée en vigueur du plan hivernal. Davantage même, nous dit le réseau des professionnels de l’urgence sociale qui travaillent au quotidien auprès des SDF.
La moitié des 250 places devraient, en effet, être affectée pour héberger une partie des 270 personnes logées à l’hôtel suite à un recours (ou une menace de le faire) contre la préfecture du Rhône.

 

« Un nombre de places ridiculement insuffisant »

Le 18 octobre, lors de leur rencontre avec la ministre Duflot, les directeurs des associations l’avaient déjà. Ce sont elles qui, subventionnées par l’Etat dans le Rhône, mettent en place ce plan hivernal. Et pour leurs responsables, malgré une rallonge de 3 millions d’euros en Rhône-Alpes (sur une enveloppe de 50 millions au niveau national), on ne sera pas à la hauteur des besoins.

Comme chaque hiver, c’est le réseau des professionnels de l’urgence sociale qui donne de la voix pour dénoncer une situation où des personnes dorment à la rue. Dans un communiqué de presse, ces travailleurs sociaux demandent « l’ouverture immédiate de toutes les places d’hébergement prévues pour la période hivernale (les 810, ndlr) ».

Même s’il salue l’augmentation du nombre de places pour cet hiver, le porte-parole du réseau, Baptiste Meneghin, s’interroge sur l’action de la ministre du logement et des services de l’Etat :

« Cécile Duflot a promis une accélération de la mise en place du plan hivernal et une ouverture des places d’hébergement qui se ferait en fonction des besoins et non plus des températures. Que fait-elle ? Le nombre de places ouvertes est ridiculement bas. Madame la ministre se moque-t-elle ouvertement des sans abri ? Ou est-ce la préfecture du Rhône qui nie la réalité et l’urgence ? »

 

« Toutes les personnes qui appellent se sont pas à la rue »

A la préfecture du Rhône, on a resserré la communication sur le sujet. Pas de réaction aux propos des directeurs d’associations ou des travailleurs sociaux, seulement un court entretien du préfet délégué à l’égalité des chances dans les colonnes du Progrès (payant).

Alain Marc reprend l’argumentaire de la saison hivernal 2011/2012 : « toutes les personnes qui appellent le 115 ne sont pas à la rue ». Une personne qui appelle pour un hébergement d’urgence peut en effet loger dans une squat ou dans une cabane de bidonville. Difficile de les considérer comme un logement digne.

Le discours de la préfecture du Rhône manque en outre quelque peu de clarté. D’un côté, une porte-parole de la préfecture nous affirme que « l’ouverture des places se fera progressivement en fonction des besoins », reprenant les déclarations de Cécile Duflot. De l’autre, le dossier de presse affirme que « le dispositif hivernal sera activé en s’adaptant aux conditions climatiques ».

Y aurait-il comme de la friture entre la ministre et son administration déconcentrée ?

 

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 22:47

 

 

Rue89 - Le Yéti - voyageur à domicile
Publié le 31/10/2012 à 14h55

 

 

Il peut paraître paradoxal, après avoir envisagé le retour inéluctable à une politique de proximité du fait de la crise, de traiter d’une possible (et souhaitable) union européenne dans le cadre du monde nouveau à venir. En réalité, comme on va le voir, les deux sont complémentaires.

Dans une interview donnée à Rue89, Alexandre Delaigue, économiste « éconoclaste », voit dans une intégration économique renforcée, une possible piste de sortie de crise :

« Dans une zone intégrée économiquement, les productions, spécialement industrielles, se concentrent dans quelques endroits. L’intégration économique européenne implique que des régions, ou des pays, se spécialisent et que d’autres perdent totalement certaines activités. »

Ne pas confondre transfert et confiscation

Problème, c’est toujours la compétitivité, et non la complémentarité, qui règne entre les pays membres au sein de l’UE. Mais poursuivons avec Alexandre Delaigue :

« Les autres pays auraient dû avoir un droit de veto à faire valoir sur les réformes économiques allemandes, et vice versa. C’est l’ampleur des transferts de souveraineté qui sont nécessaires au fonctionnement de la zone euro. »

On voit tout de suite où le bât blesse : le transfert de souveraineté. Le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) et le projet en cours d’union bancaire traitent bel et bien d’un tel transfert de souveraineté.

Mais bien loin de toute possibilité de veto politique. Encore moins de contrôle populaire. Au lieu de transfert, c’est de confiscation pure et simple qu’il s’agit. Faute de tout contrôle démocratique possible.

Cela tient à la nature d’une UE régie par un traité de Lisbonne entièrement dédié à un seul système possible, néolibéral, celui-là même qui est présentement en train de tourner de l’œil sur toute la planète.

L’Union européenne est morte, vive l’union européenne !

Aujourd’hui, l’UE est morte, en voie d’implosion sous les coups de boutoirs de la crise. Les pays vont être contraints de se replier sur eux-mêmes. La politique, l’économie, la finance vont se relocaliser à des échelles nationales, sinon régionales.

Pourtant, Alexandre Delaigue a raison. Une partie de ces activités – « spécialement industrielles », précise-t-il à juste titre, ce qui laisse tout de même une grande part au développement d’une économie de proximité – gagnera à être traitée dans un esprit de collaboration au niveau européen.

J’ajouterais volontiers que le maintien d’une monnaie unique comme l’euro dépend lui d’une harmonisation au niveau social. Soit l’inverse de la démarche dérégulatrice adoptée par l’UE au nom de la loi des marchés.

Alexandre Delaigue fait erreur, je pense, en parlant de « transfert de souveraineté ». Mieux eût valu parler en l’occurrence de transfert de « responsabilités ». Transfert limité à l’essentiel. Et sous contrôle de souveraineté démocratique.

En l’état actuel des choses, je ne sais la faisabilité, pourtant précieuse, d’une telle collaboration supranationale, d’une telle harmonisation sociale. Mais reste qu’aujourd’hui le principal obstacle à une véritable union européenne est bien l’Union européenne.

 

 

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