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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 18:08

 

 

Toujours une dizaine d’enragés et quelques visiteurs dont un Marocain, ancien militant marxiste léniniste, combattant contre Mohammed V, ce vieux fumier.

Il paraît, d’après Hollande que « la démocratie fait des progrès au Maroc ».

Mohammed VI, ce jeune salaud, devrait se faire du souci : le dernier pays en date où la démocratie  « faisait des progrès »  selon la voix officielle de la Françafrique, c’était la Tunisie de Ben Ali…

 

A l’ordre du jour :  

 

Maison du peuple :

Les choses avancent, plusieurs associations et organisations participent régulièrement. Certains qui ont de l’ambition soulignent que une seule maison c’est pas assez et qu’il en faut surtout dans les quartiers. Cela en ferait sept, si j’ai bien compris. Cela existe à Montpellier par exemple et c’est un bon objectif, il faut être là où sont les gens.

Le compte rendu de la réunion du 16 devrait bientôt circuler.

Pour ce qui concerne les Indignés une petite mise au point va être nécessaire et un texte est en cours d’élaboration pour cela. Nous nous engageons pour une Maison du Peuple, un lieu d’accueil autonome et ouvert à tous, ‘Maison des Associations’ c’est un peu trop restrictif à notre goût et largement en deçà de notre objectif. Trop tiède et mettant la charrue avant les bœufs. La structure que nous voulons n’est pas au service des associations, ce seront elles qui seront à son service, au service ‘du peuple’.

Nous gardons cependant la revendication d’une ‘Maison des Associations’ et son extension dans les quartiers mais pour nous c’est un objectif secondaire, une retombée du mouvement en quelque sorte.

 

Grève Générale du 14 Novembre.

Un appel à la grève générale circule, venant d’Espagne et de Grèce notamment. En France les syndicats commencent à évoquer la question car puisqu’on nous enferme dans l’Europe prix Nobel du Foutage de Gueule, c’est bien un mouvement Européen qui est nécessaire.

Inutile de rappeler qu’ici aussi la démocratie « fait des progrès »…

Un appel à la base, aux militants, va être rédigé. Dans l’ordre logique des choses c’est à eux de décider localement ce qui doit être fait.

Aucun mouvement de masse ne peut se faire sans les syndicats et les organisations politiques, c’est donc de leur responsabilité, à l’appel de la population et avec son soutien, d’appuyer un mouvement général de protestation. Si ils restent isolés et uniquement dans une stratégie de revendications catégorielles, ils seront laminés. Pour l’instant c’est le patronat qui est à l’offensive, à nous d’inverser les choses en dépassant la négociation corporatiste et en s’attaquant aux fondements des problèmes.

 

Autres points :

 

Vidéo surveillance

A l’initiative d’un collectif Lyonnais, un site de géolocalisation des caméras de vidéo-surveillance a été crée. Il permet de pointer sur une carte toutes les caméras, publiques ou privées. Aux Nîmois de se mettre au travail sur http:// nimes.sous-surveillance.net/.

 

Gaz de schiste

Les Désobéissants se réunissent pour organiser des actions contre la mission de recherche sismique qui va débuter sur le permis d’Alès. Des Indignés y seront. Réunion de travail et d'organisation le vendredi 19 octobre à 18 heures 30 au 8 rue de la croix de fer à Nîmes.

 

 

 

Fête de la Conf’ :

Des Indignés y étaient. Bilan, pas grand monde et surtout des ‘vieux’. Débats sur l’action légale/illégale et sa légitimité. A l’heure ou l’étude de Séralini démontre le danger OGM, la ‘victoire’ semble t-elle acquise ? Mais la Conf’, c’est un syndicat paysan et des paysans y’en a de moins en moins…

 

Points d’organisations

 

La mobilisation ne faiblit pas : nous nous réunirons un jour de plus par semaine, le Samedi à 13 h, à la Maison Carrée, pour assemblée informelle, repas en commun et tractage divers.

C’est sur la place publique que nous voulons agir et c’est en se rencontrant et en rencontrant la population que nous serons plus réactif. Une réunion par semaine c’est pas assez et ralentit l’action.

 

Rédaction d’un nouveau tract

Le vieux tract doit être renouvelé, le stock s’épuise. Du coup on va en changer le texte et la présentation. Il y aura une base invariante avec :

Présentation rapide du mouvement

Comment nous contacter et où nous rencontrer

La Charte des Indignés.

 

Les textes s’intègreront dans cette base invariante et devront être renouvelés plus souvent qu’on ne l’as fait jusqu’à présent pour mieux coller aux actions du moment.

Le premier texte qui a fait l’unanimité sera celui de JP et le nouveau tract présenté et discuté à l’Assemblée de Mercredi.

 

Prévoir l’hiver :

Nous allons démarcher les cafés pour trouver une salle de réunion lors des mauvais jours. Le bar ‘portuguais’ de la Place St Charles semble accueillant.

 

Brocante :

MARLEEN

Bilan financier assez moyen : une cinquantaine d’euros. Par contre il s’est révélé utile d’aller faire un peu de propagande là où est le peuple. Nos tracts et slogans ont un certain succès d’estime parmi la population, c’est un fait.

Signe des temps, les vendeurs étaient deux fois plus nombreux que l’année dernière. Il ne s’agit pas de professionnels de la Brocante mais du vulgum pecus, des gens qui cherchent à récupérer trois sous pour boucler les fins de mois difficiles en revendant leurs ersatz en toc, dérisoires objet ‘transitionnels’. Ce qui ‘normalement’ devait partir en déchetterie (et ‘normalement’ ne devrait pas être consommé) est maintenant recyclé par une sorte de troc à bas coût. Vive la décroissance !

Mais du coup on avait de la concurrence…

 

Casserolade :

Les quelques Indignés présents Samedi dernier à la casserolade ont fait trois heures d’un joli barouf. Le bruit attire et nos slogans font sourire ou réfléchir. Bilan positif donc malgré la faible participation. A renouveler, c’est une excellente manière de tracter, un peu offensive, surtout en soignant la ‘mise en scène’ avec slogans imprimés et tracés à la craie sur toute la place. Mais à ne pas faire trop souvent sinon on va lasser et il faudra aller plus loin pour attirer l’attention, genre ‘Tous à poil sur la Place’ si vous voyez ce que je veux dire.

Il faudra aussi mieux généraliser et diffuser l’appel, on s’est pas vraiment décarcassés pour qu’il y ait du monde.

 

C’est tout. On lâche RIEN !


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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 17:25

 

http://www.etuc.org/a/10440

 

Déclaration adoptée par le Comité exécutif de la CES lors de la réunion du 17 octobre 2012

 

1. Le Comité exécutif de la CES, réuni le 17 octobre 2012, appelle à une journée d’action et de solidarité le 14 novembre prochain en vue de mobiliser le mouvement syndical européen derrière les politiques de la CES telles que décrites dans le contrat social pour l’Europe. Cette journée prendra diverses formes : grèves, manifestations, rassemblements et autres actions.

2. Il exprime sa ferme opposition aux mesures d’austérité qui font plonger l’Europe dans la stagnation économique, voire la récession, ainsi qu’au démantèlement continu du modèle social européen. Ces mesures, loin de rétablir la confiance, ne font qu’aggraver les déséquilibres et créer des injustices.

3. Tout en soutenant l’objectif d’assainissement des budgets, le Comité exécutif considère qu’on ne pourra mettre fin à la récession que par un assouplissement des contraintes budgétaires et la suppression des déséquilibres. Ceci afin d’aboutir à une croissance économique durable, à la cohésion sociale et au respect des valeurs garanties par la Charte des droits fondamentaux.

4. La consolidation budgétaire a eu un impact plus néfaste qu’originalement prévu par les institutions, y compris la Commission européenne et le Fonds monétaire international (FMI). En effet, le FMI reconnaît, aujourd’hui, qu’il a fait de graves erreurs dans ses calculs concernant les conséquences des mesures d’austérité sur la croissance. Ces erreurs ont un impact incalculable sur la vie quotidienne des travailleurs et des citoyens que la CES représente, et remettent en cause le fondement des mesures d’austérité avancées par le pacte budgétaire et imposées par la Troika.

5. Le Comité exécutif prend acte de l’opposition qui grandit parmi les citoyens et les travailleurs des pays concernés et réaffirme son soutien aux syndicats affiliés qui luttent pour des conditions de travail et de vie décentes. Cette situation résulte du manque de coordination des politiques économiques et de l’absence de standards sociaux minimum en Europe. Dans un contexte de liberté de circulation des capitaux, cela a laissé libre cours à la concurrence entre les États, en particulier dans les domaines de la fiscalité, du coût du travail et des conditions sociales.

6. Il réitère que le dialogue social et la négociation collective sont des éléments centraux du modèle social européen. Il s’oppose fermement aux attaques frontales contre ces droits, aux niveaux national et européen. Le Comité exécutif de la CES appelle de façon urgente à l’adoption immédiate et à la transposition des accords des partenaires sociaux européens actuellement sur la table du Conseil.

7. Il rappelle que l’Union est tenue, de par le traité, « d’œuvrer pour le développement durable de l’Europe fondé sur une croissance économique équilibrée et sur la stabilité des prix, une économie sociale de marché hautement compétitive, qui tend au plein emploi et au progrès social, et un niveau élevé de protection et d’amélioration de la qualité de l’environnement ». Il rappelle aussi que le soutien de la CES au Traité de Lisbonne était basé sur la pleine application de ces principes.

8. Il note que des discussions sont actuellement en cours entre les institutions et les gouvernements concernant l’opportunité de nouvelles modifications des traités. Un changement de cap est nécessaire et la priorité doit être donnée à la résolution de la crise suivant les trois piliers de la proposition de la CES de contrat social qui reçoit un soutien croissant. Celui-ci s’articule autour du dialogue social et des négociations collectives, de la gouvernance économique pour une croissance et des emplois durables et de la justice économique, fiscale et sociale.

9. Il insiste sur le fait qu’une solidarité active, le progrès social et la responsabilité démocratique doivent faire partie du projet européen. Il considère essentiel qu’un protocole de progrès social soit une part intégrante et opérationnelle de tout nouveau traité. La CES évaluera, sur cette base, tout nouveau progrès de l’intégration européenne.


 Déclaration de la CES

 

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 17:16

 

Diam's TF1 30 septembre 2012 
Diam's TF1 30 septembre 2012
Certains ont cru voir une fanatique d’Al Qaeda sur TF1 le 30 septembre dernier, Didier Porte une sorte d’« adolescente attardée »…plutôt une simple quête spirituelle après une vie au bord du gouffre…

 

 

Dans les années 1970, les babas auraient adoré : la recherche d’une spiritualité hors des miroitements superficiels de l’argent roi et une volonté de dépouillement après des années de « bling bling ». Mais on a connu, depuis, l’islamophobie, entendue comme la stigmatisation discriminatoire des musulmans (et non la légitime critique des religions), avec tous les amalgames entre terrorisme, intégrismes et islam.

 

Didier Porte en général Custer ?

 

Ainsi nombre de réactions dans les médias et sur internet au livre de Mélanie Georgiades dite Diam’s, publié récemment aux éditions Don Quichotte sous le titre Diam’s, autobiographie, et à l’entretien de TF1(1) dessinent plutôt le portrait d’une monstruosité, qu’on va montrer du doigt comme au zoo (« Regardez comment ils sont ! », avec une pointe de tremblement dans la voix pour se faire un peu peur, entre voyeurisme, répulsion et sentiment de supériorité). Le camarade Didier Porte, dont j’apprécie habituellement les chroniques sur Mediapart (et avant sur France Inter), la joue moins dramatique. Il nous fait plutôt le coup du mépris misérabiliste au nom d’une bonne conscience antiraciste qui révèle cependant des côtés troubles : regardez cette « neuneu » qui fait le jeu des islamophobes avec son voile à la con(ne)(2) ! Car, pour celui qui s’est transformé - pour un temps seulement, espérons-le – en général Custer de l’humour franchouillard « de gôche », « un bon musulman est un musulman invisible » !

 

Certes, je me battrais pour que Didier Porte continue à avoir le droit d’exprimer une telle ironie acerbe sans pour autant être menacé de mort comme l’ami Charb. C’est ce que nous avons voulu dire avec Philippe Poutou il y a quelques temps en associant la lutte contre l’islamophobie à la défense du droit à la caricature de Charlie Hebdo(3). Certains ont vu alors en nous des « islamophobes » (à cause de l’appui à Charlie Hebdo) et d’autres des « islamistes » (à cause de la critique de l’islamophobie). Comme si c’était si difficile de prendre en compte deux facteurs face à ce type de problème, alors que nombre d’événements qui nous sollicitent présentent trois, quatre, cinq…arêtes ! Malheureusement, c’est le manichéisme et non pas les complications et les fragilités humaines qui ont le vent en poupe aujourd’hui dans les médias (jusque chez les critiques des médias eux-mêmes) et sur internet. Ce qui participe à l’actuelle décomposition intellectuelle des gauches, mais c’est une autre histoire(4)…

 

Á distance du climat islamophobe, la biographie de Diam’s peut être lue autrement et son entretien sur TF1 peut émouvoir, non pas sur un mode paternaliste un peu en surplomb mais dans une relation à égalité face au témoignage singulier d’une sœur humaine. Cet entretien m’a donc ému. Il faut dire que nous avons un goût commun avec Diam’s pour le personnage principal de Forrest Gump : un attrait pour la naïveté humaniste comme antidote aux séductions contemporaines du cynisme. Bref, le camarade Didier Porte pourra me rajouter aussi à sa liste de « neuneus »…

 

 

 

"La boulette"

 

 

Bonheurs et souffrances d’une aventure dans le rap

 

 

 

"Ma France à moi"

 

La plus grande partie du livre de Diam’s raconte son parcours dans le rap et dans le showbiz. Les incertitudes de l’adolescence et l’absence du père sont au point de départ, avec une tentative de suicide à 15 ans. Toutefois, à travers les premiers contacts avec le  rap, s’ébauche très tôt une tentative de trouver du sens dans le brouillard. Mélanie Georgiades, née en 1980 à Chypre, devient Diam’s dès 1993. L’écriture se présente comme un bonheur inédit, les amitiés nourrissent, l’attente du succès concentre l’attention, les joies de la communion avec un public grandissant font battre le cœur, mais sans pour autant éteindre les fêlures internes. La célébrité atténue et en même temps attise les angoisses, dans des moments différents. La superficialité d’un milieu dont la rebellitude affichée cache mal la fascination pour l’argent la laisse même de plus en plus solitaire : « Dès que j’étais seule, et que je redevenais Mélanie, je ne pouvais que faire le constat de mon mal-être, de ma carence d’amour, de mon manque de repères ».

 

Cachets, dépression, séjours en clinique psychiatrique, nouvelle tentative de suicide… La vie de Mélanie, pourtant adulée sur scène, ressemble aux personnages de ses chansons les plus tristes : leur existence « ne tenait qu’à des branches trop fragiles comme la mienne ».

 

Les interrogations se précipitent alors : « J’avais, certes, mais qui étais-je ? Quel était le sens de ma vie ? Où était le bonheur ? La gloire ? Elle m’éblouissait. L’argent ? Je n’arrivais pas à le transformer en sérénité. » Elle aurait pu devenir une héroïne ordinaire de nos quêtes communes de sens…Mais la diabolisation actuelle de l’islam a largement fait écran à l’émotion et au partage des questionnements spirituels.

 

 

"Si c'était le dernier" en live ("Ce soir ou jamais", 18 novembre 2009)

 

Spiritualité musulmane et sérénité (lecture d’un agnostique)

 

Des grands-parents maternels catholiques pratiquants, une éducation dans un rapport flou au christianisme, son histoire ne prédisposait pas Mélanie à la rencontre avec l’islam. Toutefois, dans les tempêtes intérieures, une expérience inopinée de prière l’apaise, puis la lecture du coran vient illuminer sa vie : « Je me sentais libérée de mes chaînes, de mes démons, de mes angoisses, de mes craintes ». Agnostique, je ne peux pas dire grand-chose des apaisements du religieux. Ayant mis entre parenthèses la question de dieu, je m’efforce de frayer des sentiers spirituels plus cahoteux et incertains hors des religions et des divers absolus (y compris anti-religieux et laïcs). Mais je ne ressens pas le besoin de salir et de crétiniser les chemins pris par d’autres. Si la spiritualité, c’est-à-dire l’interrogation sur le sens et les valeurs de l’existence humaine et plus largement du monde, n’appartient pas aux croyants, ils en constituent historiquement une modalité importante.

 

Le rapport à l’islam de Mélanie est tout à la fois inscrit dans la consolidation de son individualité et dans l’ouverture aux autres. Le rapport au religieux apparaît bien fortement individualisé : « la première fois que j’ai prié seule a été un grand jour, j’étais heureuse et fière de moi », « prier, se recueillir et lire la parole de Dieu : me voilà seule avec mon Seigneur », « Moi et Lui, c’était tout »…Tout en stimulant un certain goût des autres : de la convivialité lors de la rupture du jeûne pendant le ramadan à l’implication dans le projet humanitaire Big Up Project pour les enfants d’Afrique orphelins.

 

Le voile ? « Le fruit d’une réflexion personnelle, intime et mûrie, le fruit de mes lectures et de mes convictions ». Un certain besoin de ressourcement personnel comme d’humilité après les années de starisation et de valorisation de l’avoir. Point ici de contrainte patriarcale directe, ni de contrainte collective indirecte. Pas de discours sur la subordination de la femme. Pas de construction politique islamiste, non plus, ni d’hostilité à l’égard de l’incroyance, des autres religions ou de la laïcité. Certes Diam’s n’aborde pas la question des origines historiques discriminatoires du voile vis-à-vis des femmes par rapport aux hommes dans les diverses religions. Pourquoi ce qu’elle appelle « la pudeur » appartiendrait-elle par « nature » aux femmes et non aux hommes ? La question n’est pas posée par elle, mais aujourd’hui des féministes musulmanes, voilées ou non voilées, s’interrogent et réfléchissent à des lectures non discriminatoires des voiles et autres foulards. La question est en tout cas ouverte et ne peut pas être définitivement tranchée par le stéréotype essentialiste de « la femme soumise ». Bien au-delà du traitement de l’islam et du voile, l’essentialisme, c’est-à-dire la tentation de la réduction de réalités sociales composites et contradictoires à des « essences » homogènes et stables, constitue d’ailleurs une des pathologies les plus vivaces contribuant à plonger actuellement les gauches dans un coma intellectuel profond(4).

 

Loin des clichés et des stéréotypes en cours, n’a-t-on affaire simplement là à la manière personnelle d’une sœur humaine de réagir aux tourmentes du sens, en stabilisant une sérénité bienfaisante ? Certes, comme souvent dans les rapports avec des absolus (les absolus religieux ou athées), il y a un risque que le libre-arbitre personnel finisse par abdiquer devant les prophètes des dits absolus. Mais ce n’est pas un risque plus grand chez Diam’s ou chez les musulmans en général que chez les catholiques, les juifs ou… les communistes. Il n’y a peut-être pas d’aventures humaines sans chausse-trappes, mais peut-on se passer pour cette raison de la quête spirituelle ?

 

 

* Mélanie Georgiades : Diam’s, autobiographie, éditions Don Quichotte, 309 p., 19,90 euros *

diam-s.jpg

* Sur le Big Up Project, la Fondation pour les enfants d’Afrique lancée par Mélanie Georgiades/Diam’s, voir ici

 

Notes :

(1) « Diam’s, une autre vie », entretien avec Thierry Demaizière, émission « Sept à huit », TF1, dimanche 30 septembre 2012, voir la version intégrale ici

(2) Didier Porte : « Diam’s dans sa robe de bure », Mediapart, 1er octobre 2012

(3) « Contre l’islamophobie, pour le droit à la caricature de Charlie Hebdo », communiqué de Philippe Corcuff et Philippe Poutou, 20 septembre 2012

(4) Voir Philippe Corcuff, La gauche est-elle en état de mort cérébrale ?, éditions Textuel, collection « Petite Encyclopédie Critique », 80 p., octobre 2012 ; et à propos du livre l’entretien avec Mathieu Deslandes, Rue 89, 4 octobre 2012

 

 

* Déjà paru sur ce blog autour de l’islamophobie et de l’antiracisme :

- « Périls sur l’antiracisme en France », 1er-6 août 2008 : 1) « Entre islamophobie, judéophobie et Proche-Orient », 1er août 2008 ; 2) « Nous sommes tous des juifs musulmans ! », 4 août 2008 ; 3) « Le cas Ilan Halimi », 5 août 2008 ; et 4) « Du Proche-Orient à l’affaire Siné », 6 août 2008

- « Le NPA, le foulard et l’émancipation : avec Ilham Moussaïd », 12 février 2010

- « De la diabolisation de l’islam », 11 avril 2011

- « Nous sommes tous des juifs musulmans laïcs ! », 29 mars 2012 (paru initialement sur Libération.fr, 26 mars 2012)

- « Contre l’islamophobie, pour le droit à la caricature de Charlie Hebdo », communiqué de Philippe Corcuff et Philippe Poutou, 20 septembre 2012

 

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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 21:01

 

 

Pierre Mendès France est mort le 18 octobre 1982, à 75 ans. Il avait prononcé l'un de ses discours les plus poignants dans une patinoire, en mars 1967, à Grenoble, où il se présentait aux élections législatives, sous la bannière du PSU. Georges Pompidou, le premier ministre de l'époque, était venu lui porter en personne la contradiction. Rencontre formidable, grand moment d'affrontement, malgré les sbires de la formation gaullistes sifflant et huant « PMF ».

Écoutez celui-ci : sa voix rappelle celle du comédien Claude Piéplu, sa rhétorique atteint des sommets propres à cette République des avocats, qui précéda celle des énarques. PMF répond à Pompidou, qui vient de l'étriller. PMF rend un hommage déchirant au résistant Charles de Gaulle, pour mieux fustiger ensuite la verticalité brutale et indigne de la Ve République.

Quarante-cinq ans plus tard, l'admonestation de Mendès n'a rien perdu de son éclat : nous vivons dans un système qui ne veut voir qu'une seule tête, étouffe le débat public, méprise le citoyen, dégrade la politique ; aujourd'hui comme hier...

Grenoble 1967 : Pierre Mendès France, 60 ans, répond à Georges Pompidou (débat public commenté par Jean-Pierre Elkabbach). (* A écouter sur le site de Médiapart )

Venu à l'action publique dès la fin des années 1920 par admiration pour la rigueur efficace d'un homme de droite intègre, Raymond Poincaré (qu'il jugeait néanmoins trop éloigné des réalités sociales), Pierre Mendès France allait évoluer jusqu'à déclarer, en 1959, devant le nouveau parti socialiste autonome (PSA), auquel il devait adhérer après son exclusion du parti radical : « Le socialisme est le prolongement normal de la démocratie parce qu'il fait entrer dans le domaine des décisions politiques la vie économique et sociale qui s'en trouvait exclue dans le cadre libéral. »

Admirateur de Roosevelt, il pensait qu'un contrat doit lier un responsable et ceux qui l'ont élu, pour sortir leur pays de l'ornière : définir une politique et en rendre compte, éclairer l'opinion plutôt que l'endormir, voilà ce à quoi il s'attela dès qu'il fut désigné président du conseil, en juin 1954, au lendemain de la raclée de Diên Biên Phu, quand la France apparaissait au trente-sixième dessous. Chaque dimanche, PMF allait se lancer dans une causerie radiophonique, histoire d'établir et de maintenir le contact avec ses mandants. Voici un extrait de la première adresse dans le poste du président Mendès France : le vieux style peut-être, mais le seul qui vaille...

 

Première causerie radiodiffusée de Pierre Mendès France, le 26 juin 1954 (* A écouter sur le site de Médiapart )

 
Mendès, alors moderne dans son type d'intervention, n'annonçait pas la société du spectacle. Il croyait le pays majeur et les électeurs respectables. Il refusait le pouvoir à n'importe quel prix. Il affirmait : « L'intégrité dans la vie publique est au moins aussi nécessaire que dans la vie privée. » Persuadé, après Gambetta (discours au Théâtre du Château d'Eau le 20 octobre 1878), que « la République, c'est la forme qui emporte le fond », Pierre Mendès France causait parce qu'il avait quelque chose à dire.

Trente ans plus tard, Laurent Fabius, premier ministre, convoquera le journaliste Jean Lanzi pour de petits speeches télévisuels, « Parlons France », qui ne seront que du sous-Mendès sur-déclamé : il n'aura rien à déclarer, ne se souciera que d'une forme sans fond, ce sera tragiquement nul.

Mendès, dans son dernier ouvrage au titre si peu anodin, La vérité guidait leur pas (1976), avait vu juste : « L'usage de la télévision a entraîné une dégradation civique supplémentaire. Elle devait populariser, démocratiser la politique ; elle a, au contraire, reproduit sur une échelle plus vaste encore les défauts de l'ancien système. Le théâtre politique est plus ouvert mais plus faussé, plus falsifié, plus censuré que jamais. Il est plus que jamais un théâtre de vedettes. »

Dans ce même ouvrage, il notait que « le désordre financier frappe d'abord les pauvres ». Il combattait l'irréalisme, l'extrémisme et les mythes en politique, avec cette conviction si peu partagée : « La rigueur financière est plus nécessaire aux gouvernements de gauche qu'à ceux de droite. Parce qu'ils prennent plus de risques, dans leur action économique et leur politique générale, ils doivent éviter les erreurs, les faiblesses, les imprudences qui, dans le passé, les ont souvent condamnés à l'échec. » Fort de cette morale, il morigénait sans complexe les traînards subventionnés, les profiteurs patentés, les nonchalants d'une France sur le flanc ; comme ce 26 septembre 1954, où, président du Conseil revêche et enrhumé, il rappelle la nation à ses devoirs...


Pierre Mendès France à la foire exposition d'Annecy, le 26 septembre 1954.   (* A écouter sur le site de Médiapart )


« Régression au détriment de la classe ouvrière »

 

Ce volontarisme intraitable faisait de Pierre Mendès France le meilleur rempart contre le libéralisme effréné. En 1957, l'année du traité de Rome visant à instituer une communauté économique européenne, un député de 31 ans, Valéry Giscard d'Estaing, proclamait à la Chambre : « Je suis persuadé que nous ne franchirons pas la première échéance du marché commun si nous n'avons pas accompli au préalable une politique de préparation à la libération des échanges. »

PMF prit le contre-pied d'une telle vulgate dont nous connaissons toujours les ravages, en un de ses discours les plus prophétiques prononcés au Palais-Bourbon : « Nos partenaires veulent conserver l’avantage commercial qu’ils ont sur nous du fait de leur retard en matière sociale. Notre politique doit continuer à consister, coûte que coûte, à ne pas construire l’Europe dans la régression au détriment de la classe ouvrière et, par contrecoup, au détriment des autres classes sociales qui vivent du pouvoir d’achat ouvrier. La thèse française, à laquelle nous devons nous tenir très fermement, c’est l’égalisation des charges et la généralisation rapide des avantages sociaux à l’intérieur de tous les pays du marché commun. L’unification, la péréquation des charges doit se faire, elle doit être générale et elle doit toujours se faire par le haut. D’ailleurs, on peut se poser une question : la tendance à l’uniformisation n’implique-t-elle pas que les pays les plus avancés vont se voir interdire, au moins momentanément, de nouveaux progrès sociaux ? (...)

« Il est prévu que le Marché commun comporte la libre circulation des capitaux. Or, si l’harmonisation des conditions concurrentielles n’est pas réalisée et si, comme actuellement, il est plus avantageux d’installer une usine ou de monter une fabrication donnée dans d’autres pays, cette liberté de circulation des capitaux conduira à un exode des capitaux français. Il en résultera une diminution des investissements productifs, des pertes de potentiel français et un chômage accru. (...)

« L’abdication d’une démocratie peut prendre deux formes, soit le recours à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un homme providentiel, soit la délégation de ces pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle, au nom de la technique, exercera en réalité la puissance politique, car au nom d’une saine économie on en vient aisément à dicter une politique monétaire, budgétaire, sociale, finalement “une politique”, au sens le plus large du mot, nationale et internationale. »

Pierre Mendès France s'adressait aux petits et aux grands avec la même force de conviction. Écoutez-le, en tant que président du Conseil, dispenser, pour la rentrée des classes, un cours de morale laïque et républicaine aux enfants de France, par le truchement des ondes nationales...

 

Pierre Mendès France : causerie radiophonique du 18 septembre 1954.     (* A écouter sur le site de Médiapart )

 

 

Pierre Mendès France n'était pas un saint laïc et ses prêches dominicaux ont forcément vieilli. Serions-nous néanmoins capables de recevoir, aujourd'hui, un propos semblable ? Pas sûr. Pour les cinquante ans de l'investiture de PMF, Laure Adler m'avait confié une émission de deux heures à France Culture. J'ai fait écouter et commenter des archives à quelques témoins (François Stasse et Claude Nicolet, notamment). J'ai tenté une expérience générationnelle en soumettant à Jean Daniel, 84 ans à l'époque, et à Aurélie Filippetti, 31 ans en 2004, le discours tenu le 23 décembre 1944 par Pierre Mendès France, 37 ans, ministre de l'économie nationale du gouvernement provisoire de la République française dirigé par le général de Gaulle.

Mendès préconisait une rigueur drastique, à l'encontre des arrangements et des facilités voulus par le ministre des finances René Pleven (en faveur duquel arbitrera Charles de Gaulle, jugeant que le pays, fourbu, se donnerait aux communistes en cas d'austérité prononcée). Écoutez la différence de réaction, à cette archive, de la part de Jean Daniel, vieil enthousiaste, puis d'Aurélie Filippetti, jeune incrédule (la toute dernière seconde est tronquée, il faut entendre l'actuelle ministre de la culture dire « on dirait qu'il y prend un petit peu de plaisir »)...

 

Pierre Mendès France, allocution du 23 décembre 1944, commentée, en 2004, par Jean Daniel et Aurélie Filippetti.
 (* A écouter sur le site de Médiapart )

Il est temps de contribuer à faire émerger une personnalité de gauche apte à déployer, en ce XXIesiècle, les ressources et les valeurs de Pierre Mendès France, qui assurait dans un célèbre discours : « L'événement a confirmé ce que la réflexion permettait de prévoir : on ne peut pas tout faire à la fois. Gouverner, c'est choisir, si difficiles que soient les choix. Choisir, cela ne veut pas dire forcément éliminer ceci ou cela, mais réduire ici et parfois augmenter ; en d'autres termes, fixer des rangs de priorité. »


Pierre Mendès France et Winston Churchill 
Pierre Mendès France et Winston Churchill

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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 20:31

Correspondance à Tanger de Driss Lakhdar

 

 

Le Maroc serait-il immunisé contre la crise ? « Moi, je n'ai pas peur de votre crise économique ! » lançait le 9 octobre à Strasbourg, pour l'ouverture du Forum mondial de la démocratie, le chef du gouvernement marocain, Abdelilah Benkirane. Le premier ministre demandait en substance aux Européens de ne plus faire grise mine et de se comporter en « partenaires honorables » : « Vous ne pouvez pas venir hier parce que ça vous arrangeait, et repartir aujourd'hui parce qu'il y a un petit son de cloche de crise (sic) », ajoutait-il.

Derrière l’optimisme d’Abdelilah Benkirane, se cache une réalité sociale toujours aussi tendue au Maroc, et elle n’échappe plus désormais aux décideurs économiques étrangers comme aux agences de notation. Le 11 octobre, l’agence Standard & Poors a modifié de « stable » à « négative » la perspective de la note de la dette à long terme du Maroc. Le Maroc pourrait perdre sa cotation « BBB» : « Si le chômage reste obstinément élevé, si le coût de la vie monte en flèche ou si les réformes politiques déçoivent les attentes de la population, il y a un risque de troubles durables et à grande échelle qui pourrait également conduire à une dégradation », précise Standard & Poors.

Les troubles sociaux qu’évoque l’agence internationale, le Maroc en connaît actuellement dans plusieurs régions, et notamment à Tanger, la principale ville du nord du pays, qui accueille le plus grand port d’Afrique et la nouvelle usine Renault, fraîchement installée sur le territoire marocain.

Place principale de Beni Makada 
Place principale de Beni Makada© Driss Lakhdar

 

À une quinzaine de minutes en voiture du centre-ville de Tanger, se trouve Béni Makada. Cet immense quartier populaire représente le tiers de la superficie de Tanger et accueille près de 250 000 habitants. Le contraste avec le centre-ville, ses rues propres et ses magasins fréquentés par les touristes et les promeneurs, est évident. L’avenue principale, le boulevard Moulay Ali Chérif, est en permanence bloquée par les vendeurs ambulants qui proposent des ustensiles en plastique, des vêtements pas chers et de la contrebande de toute sorte. Dès que l’on quitte cette grande artère, on se retrouve au milieu de ruelles non goudronnées, où s'accumulent des maisons étroites de deux étages, de 30 à 60 mètres carrés. C’est d'une de ces maisons, située dans le sous-quartier Ard Dawla, que sont parties les dernières manifestations.  

Le 2 octobre, une intervention de la police pour déloger une famille de onze personnes dégénère en affrontements avec la population du quartier. Les forces de l’ordre ont dû recourir à la force pour appliquer une décision de justice qui remontait à deux ans. Les témoignages relatés dans la presse marocaine parlent alors de scènes de guérilla urbaine. La police a fait usage de gaz lacrymogène, tiré des balles en caoutchouc. Des jeunes ont attaqué à jets de pierres les estafettes de police, bloquant les ruelles exiguës en enflammant des pneus. Une vingtaine de personnes ont été blessées dans les deux camps après plusieurs heures d’affrontements.

« La police a fait un usage disproportionné de la force, préférant l’affrontement au règlement social du problème. La famille n’avait nulle part où aller », explique Mourad Essabari, membre de l’Association marocaine des droits humains à Tanger (AMDH). Si la population s'est si vite révoltée contre cette expulsion, c'est que le cas de cette famille reflète la misère dans laquelle de nombreux habitants du Tanger vivent aujourd'hui.

5 euros pour jouer au football

L'histoire de cette expulsion ne s'est pas arrêtée là. Le 6 octobre, alors qu’il se trouvait en détention – il souffrait d’un cancer selon les autorités –, le décès du père de la famille expulsée a poussé les habitants du quartier à manifester une nouvelle fois, sans heurts cette fois-ci. Les autres membres de la famille, arrêtés à la suite de l’intervention, ont été relâchés et poursuivis pour « obstruction à une décision de justice ». Ils ont été provisoirement relogés ailleurs, loin du quartier, en attendant que des élus tiennent la promesse de leur offrir un nouveau toit.

Une ruelle de Beni Makada 
Une ruelle de Beni Makada© Driss Lakhdar

 

Mais à Béni Makada, la colère des habitants n'est pas retombée : « Je suis venu observer en tant qu’associatif, mais quand les émeutes ont éclaté, j'ai dissimulé mon visage et je me suis mis à caillasser la police moi aussi », confie un jeune du quartier. Pour lui et nombre de jeunes, cette violence est une réaction à la marginalisation que vit le quartier. Les infrastructures sociales se limitent aux écoles primaires, à un dispensaire et à un centre psychiatrique. Pour jouer au football, par exemple, les jeunes sont obligés de louer 200 dirhams l’heure (un peu plus de 15 euros) un stade de football privé. Ici, la plupart des jeunes n’ont pas un revenu fixe. Ils sont vendeurs ambulants ou multiplient les petits boulots, notamment en tant qu’ouvriers dans les usines qui entourent le quartier.

« Il n’y a rien à faire ici, à part peut-être se droguer », soupire Mohamed El Houari, un habitant qui accepte de nous faire visiter les arrière-cours des maisons ou de jeunes Marocains s’injectent de l’héroïne de piètre qualité, à l’abri des regards. Une précaution d'ailleurs bien superflue, tant la présence des autorités se fait rare dans le faubourg. À côté de l'école primaire, des seringues jonchent le sol.

La ville de Tanger a pourtant débloqué un important budget de 1,2 milliard de dirhams (plus de 100 millions d’euros) pour réaménager le quartier et le doter d’infrastructures, dans le cadre d’un programme étalé sur la période de 2007 à 2013. Les rues ont bien été refaites et embellies, mais cela se limite aux grandes artères. Au petit matin, les camions à ordures passent désormais à Beni Makada. Mais ils ne nettoient pas tout, et les ordures continuent de s’amonceler dans la grande place, « La place du changement » comme l’ont surnommée les jeunes du 20-février, mouvement né dans le sillage du printemps arabe.

C’est d’ailleurs ici que le mouvement organisait la plupart de ses marches, profitant du soutien de la population locale. « Les gens ont une âme contestataire ici : quand l’USFP (principal parti de gauche, ancienne opposition au roi Hassan II - ndlr) avait un poids important au Maroc, tous le monde parlait de socialisme... », explique Rochdi Aoula, natif de Béni Makada et membre en vue de la coordination du mouvement du 20-février à Tanger. 

 

Une crise qui rappelle celle de 1980

« Le roi Hassan II nous avait insultés, traités de “awbach” (sauvages - ndlr), se souvient Ahmed, un habitant du quartier. Son fils (Mohammed VI) est venu au quartier. Il montre de l’intérêt pour la région du Nord délaissée par son père, mais ce n’est pas encore cela. » Cette analyse est partagée par Driss Benali, professeur d’économie à l’Université Mohammed V à Rabat et auteur de chroniques économiques et politiques au ton souvent très corrosif. « Tanger vit une crise de croissance, analyse l'économiste. Elle a grandi trop vite. Elle est devenue une zone industrielle qui fait miroiter un avenir meilleur aux populations rurales miséreuses. Y installer des gens sans pouvoir satisfaire leurs besoins, comme cela a été la politique depuis tant d'années, entraîne ce sentiment de rejet. »

La contestation sociale n'est pas un problème propre à Tanger. Ce mois d'octobre, d’autres localités ont connu des échauffourées. Sidi Ifni, un petit port de pêche au sud d’Agadir, a vécu une nuit d’affrontements avec les forces de l’ordre le 3 octobre, quand un groupe d’une centaine d’individus a tenté de forcer l’entrée du district de police de la ville, selon la version officielle. Ils tentaient de libérer deux chômeurs que les forces de l’ordre avaient interpellés en marge d’une manifestation. Cet événement rappelle le soulèvement qu’a connu il y a quatre ans, en juin 2008, la même Sidni Ifni. Des chômeurs avaient alors bloqué le port pour réclamer du travail. La police était intervenue violemment, comme l’avait relevé une mission parlementaire officielle et plusieurs ONG.

« Sidi Ifni fait face au chômage alors que c’était un comptoir de pêche très prospère il y a quelques années », estime Driss Benali qui établit un lien entre les mouvements sociaux qui se produisent localement et la situation générale du pays. « La crise est bien là, estime-t-il. Le déficit budgétaire dépasse les 6 %, la dette dépasse les 50 % tandis que le commerce extérieur dégringole. Nos réserves de devises fondent à vue d'œil, on dit même qu'elles ne nous permettront pas de tenir plus de quatre mois », détaille-t-il. En 1980, ce fut lorsque le pays faisait face à la même insuffisance de devises que la Banque mondiale et le FMI imposèrent le fameux « plan d’ajustement structurel », qui devait conduire au processus de privatisation des services publics au Maroc.

Le Maroc n’en est pas encore à la crise de 1980. À l’époque, le pays avait connu des grèves générales et des émeutes meurtrières, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Mais « la population sent que les institutions ont perdu de leur consistance, confie l’économiste Driss Benali. Les partis et les syndicats ne jouent pas leur rôle, le PJD (Parti de la justice et du développement, musulman conservateur, qui dirige le gouvernement) vend un discours populiste qui montre ses limites. Le résultat est que les gens se prennent en main », conclut-il.

Les premières réponses concrètes du gouvernement sont attendues dans la prochaine loi de finance, qui est discutée à l'assemblée depuis le 12 octobre. En attendant de connaître le détail des arbitrages, le ministre de la communication et porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi, promet des « mesures sociales qui vont surprendre tout le monde, à travers la réforme de la caisse de compensation, dont les pauvres désormais bénéficieront plus ».

 

 

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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 19:58

 

Libération - 18 octobre 2012 à 11:43


Alcatel-Lucent va supprimer 5 490 postes dans le monde, 3 300 en Europe dont 1 430 en France.
Alcatel-Lucent va supprimer 5 490 postes dans le monde, 3 300 en Europe dont 1 430 en France. (Photo Eric Piermont. AFP)

En France, 1 430 emplois seront supprimés, sur les 9 000 que compte le groupe dans l'Hexagone.

L'équipementier en télécommunications Alcatel-Lucent va supprimer 5 490 postes dans le monde, 3 300 en Europe dont 1 430 en France, a-t-on appris jeudi auprès des syndicats réunis en comité de groupe européen.

«Il y aura 5 490 postes supprimés dans le monde, qui englobe l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique avec 3 300 suppressions de postes en Europe, dont 1 430 en France», a affirmé Claude Josserand, délégué central CGT. L'information a été confirmée par un responsable CFE-CGC.

Les syndicats, qui s’attendaient à un nombre important de suppressions d’emploi en France sont convoqués dans l’après-midi à un comité de groupe spécifique à la France pour avoir des précisions sur le plan de suppression de postes. «Pour l’instant, la direction n’a pas précisé si cela rentrait dans le cadre d’un Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE)», a souligné la CFE-CGC.

En juillet dernier le groupe avait annoncé à ses 78 000 employés, dont 9 000 en France, son intention de supprimer 5 000 postes dans le monde pour retrouver la confiance des marchés. Cette réduction d’effectifs s’inscrit dans un programme de réduction des coûts de 1,25 milliard d’euros.

(AFP)

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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 19:43

 

Ping-pong 18/10/2012 à 19h18

Aurélie Champagne | Journaliste Rue89


 

Depuis le 1er octobre, une polémique enfle chez les chercheurs. Elle connaît une ampleur inédite depuis la gueulante poussée par l’enseignant-chercheur Olivier Ertzscheid, relayée par Rue89.

L’« immense scandale » dénoncé concerne les pratiques d’un département du CNRS : l’Institut de l’information scientifique et technique (Inist), dont la mission est de « faciliter l’accès » aux résultats de la recherche.

Les grandes lignes de la polémique

Si l’accès est facilité, il n’est pas gratuit. L’Inist commercialise « un catalogue enrichi de 52 millions de notices » : articles de recherche, rapports, thèses, comptes-rendus de colloques, actes de congrès dans toutes les disciplines de la recherche. Il a répondu en 2011 à près de 200 000 commandes, pour des documents tirés de 4 500 revues.

Problèmes :

  • l’Inist commercialise des copies d’articles sans l’autorisation de leurs auteurs et sans même les avertir ;
  • aucun droit d’auteur ne leur est reversé ;
  • beaucoup d’articles vendus sont déjà disponibles gratuitement sur Internet, sur des plateformes en « open access ».

Or, comme de nombreux chercheurs, Olivier Ertzscheid milite pour que ses productions soient disponibles gratuitement sur son blog ou sur des plateformes d’archives ouvertes. Il insiste pour que ses contrats d’édition comportent « une clause permettant de déposer une version numérique dans des sites d’archives ouvertes, sans aucun délai d’embargo ».

L’archiviste paléographe et conservateur des bibliothèques Rémi Mathis rappelle sur son blog à quel point, dans le contexte de crise actuelle de l’édition scientifique, il est important « que les résultats de la recherche scientifique soient librement consultables par tous ».

D’autant que les prix des copies d’articles vendus par l’Inist (via son service de documentation Refdoc) sont exorbitants : Olivier Ertzscheid donne l’exemple de trois de ses articles, vendus chacun à 47,64 euros (avec dix jours d’attente) alors que ces mêmes articles sont disponibles gratuitement sur la Toile...

Comble du paradoxe, le CNRS promeut l’open access sur au moins deux de ses autres plateformes : Revues.org et HAL. Elles donnent accès, gratuitement, à des articles vendus sur Refdoc.

Le CNRS face à la justice

Les pratiques de l’Inist-CNRS ont déjà été condamnées. En 2010, un docteur en sciences politiques et juriste attaque l’Inist pour contrefaçon du droit d’auteur et obtenu gain de cause. Le CNRS est condamné en première instance, puis en appel l’année suivante.

Avec le CNRS, le Centre français d’exploitation du droit de copie (CFC) est aussi condamné. Agréée par le ministère de la Culture, cette société gère les droits de copie des textes vendus sur Refdoc.

« L’Inist ment délibérément aux chercheurs »

Sur son blog, Rémi Mathis raconte son dernier échange avec l’Inist, lorsqu’il découvre deux de ses articles, « vendus entre 31 et 124,38 euros » selon la durée d’attente :

« Bien évidemment, je n’ai pas été payé pour ces articles. J’adresse alors un courrier à l’Inist pointant cette anormalité et demandant quelle était la base légale de cette vente, étant donnée la condamnation de 2011. On m’envoie l’argumentation pré-procès. Je réponds que je connais cette argumentation mais que nous savons tous deux qu’elle n’est pas juridiquement valide. Pas de réponse.

C’est-à-dire que l’Inist, pour protéger un fonctionnement illégal, s’est mis à délibérément mentir aux chercheurs qui se renseignent auprès d’eux. Quand la tromperie et le mensonge s’ajoutent à la contrefaçon, cela devient très grave. »

Le CFC et le CNRS se renvoient la balle

Sur le fait que le CNRS commercialise les articles sans le consentement de leurs auteurs, « on est dans les clous », répond un porte-parole de Cyrille Macquart, directeur général de l’Inist-CNRS, contacté par Rue89 :

« Nous avons signé un contrat avec le CFC, une agence de l’Etat et qui nous donne les autorisations nécessaires. Et c’est au CFC de vérifier auprès des éditeurs qu’ils ont bien les autorisations. Mais nous, nous sommes en contrat, nous sommes couverts. »

Il ajoute :

« Les documents vendus et publiés dans des revues et les documents déposés dans des archives ouvertes sont rarement les mêmes versions : nos utilisateurs et nos clients veulent des publications “in fine”, validées et révisées par les pairs. Ça n’est pas le même document. Nous aussi, nous prônons l’open access. »

C’est pas moi, c’est l’autre

Sur la forme, il rappelle que le procès mettant en cause la politique de l’Inist et du CFC a été renvoyé en cassation : « Attendons le jugement. » Qui s’est pourvu en cassation ? Le CFC, affirme l’Inist-CNRS.

« Désolé de contredire l’Inist-CNRS », rétorque le CFC. « Le CNRS fait bien partie du pourvoi. »

Après vérification auprès de la Cour de cassation, c’est bien le duo Inist-CNRS qui a déclenché la procédure de pourvoi.

Le cafouillage peut faire sourire mais il résume assez bien l’habile jeu de ping-pong auquel se livrent à présent CNRS et CFC, face à la colère des chercheurs.

En termes très choisis, le CNRS « conseille de s’adresser au CFC » pour tout ce qui concerne les autorisations des auteurs. Côté CFC, le directeur général adjoint du CFC, Philippe Masseron, réagit aux prix de ventes exorbitants des articles, dénoncés par les chercheurs :

« La politique commerciale mise en œuvre par l’Inist-CNRS est le problème du CNRS. Il ne s’agit pas de leur renvoyer la balle, mais en l’occurrence, c’est d’abord leur problème »

Une mobilisation des chercheurs inédites

Ces temps-ci, la colère des chercheurs prend une dimension inédite. Sur Twitter, elle se décline sous le hashtag (mot-clé) #insistgate.

Le député UMP Lionel Tardy, par ailleurs grand utilisateur de Twitter, vvient de formuler une question à l’Assemblée nationale à paraître au Bulletin officiel, dans laquelle il interpelle la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche sur le sujet.

Une pétition est ouverte depuis le 15 octobre par le collectif SavoirCom1, et recueille environ 200 signataires – profs, maîtres de conférence, bibliothécaires, conservateurs – autour de la défense d’« une science ouverte au-delà du cercle académique » et de l’open acces.

Les signataires qui rejoignent « le collectif des auteurs en colère » demandent le retrait de leurs documents du site Refdoc.

L’Association des bibliothèques de France et ses 3 000 adhérents viennent aussi de demander à l’Inist de cesser la commercialisation de Bibliothèque(s) et Bulletin d’informations, des revues normalement gratuites... mais vendues sur Refdoc.

« A chaque fois qu’on nous demande de déréférencer, on déréférence. Il n’y a aucun souci », rassure l’Inist.

Que dit le CNRS ?

Le service com’ du CNRS a répondu tardivement aux critiques, via un lapidaire tweet de sa directrice de la communication, Brigitte Perucca.

L’Inist-CNRS annonce la publication imminente d’un « document » en réponse à la colère des chercheurs.

En attendant, la perte de son procès aurait de lourdes conséquences pour l’Inist-CNRS. Son image serait sévèrement amochée et le Redfoc n’y survivrait pas.

« Le CNRS est un pignouf »

En attendant, hors champ universitaire, des auteurs se réveillent et s’aperçoivent qu’ils sont concernés par l’affaire, tel François Bon, qui réagit sur son blog :

« Enorme surprise donc à découvrir que le CNRS commercialisait sans nulle autorisation deux textes miens au moins, même sous la forme caricaturale (50 euros pour vous faire délivrer ces cinq pages par porteur !) d’un article en hommage à Bernard Noël paru il y a dix ans au moins dans la revue Europe. »

Le même article étant disponible sur le suite Remue.net. Il s’associe à la protestation lancée par Olivier Ertzscheid et conclut :

« Je déclare donc que le CNRS est un pignouf. »

 

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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 19:24

 

 

rue89lyon.fr

12:29 - 18 octobre 2012 - par Dalya Daoud

 

Quatre mois à peine après avoir lancé un service en ligne de comparaison des tarifs des médecins, la dirigeante du site Fourmisanté a reçu une mise en demeure de la part de l’assurance maladie, lui ordonnant de cesser d’utiliser ses données, pourtant publiques. Un uppercut d’autant plus surprenant que ce comparateur a reçu un prix gouvernemental récompensant les meilleurs projets web utilisant… les données publiques. 

« La ministre de la Santé Marisol Touraine a décidé de se battre contre les dépassement d’honoraires des médecins. Apparemment, les négociations n’aboutissent pas et ils ne sont pas prêts de s’arrêter. Je ne comprends pas que, dans ce contexte, on empêche une initiative comme la nôtre. »

Pour Barbara N’Gouyombo, la situation est ubuesque. En 2011, cette ingénieure qui a travaillé au Japon et en Angleterre lance de Lyon un site baptisé Fourmisanté, avec un slogan censé résumer l’objectif : « soignez-vous près de chez vous et gérez mieux votre budget santé ».

En avril 2012, elle l’agrémente d’un nouveau service : un comparateur de prix fonctionnant par géolocalisation, qui permet de savoir, par exemple, quel est le médecin ou encore le dentiste le moins cher de la ville dans laquelle on se trouve. Pour cela, elle utilise et sélectionne les données du site de l’assurance maladie, ameli-direct.fr, sur lequel elle renvoie d’ailleurs par un lien. Ces données sont publiques et, par conséquent, utilisables.

L’initiative est rapidement saluée, puisqu’elle est lauréate du concours Etalab, organisme interministériel pour la transparence des données publiques.

Une fourmi qui fait concurrence à la sécu

Elle va rapidement devoir balayer les cotillons. Un premier courrier lui est envoyé le 13 juillet 2012 par l’avocat de la Caisse nationale de l’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS). Lequel organisme public s’offusque que les données présentes sur le site Ameli-Direct, « résultat d’investissement financier, matériel et humain substantiels » (ceux des services de l’Etat, donc), soient utilisées par fourmisanté.com, contrairement au Code la propriété intellectuelle.

Par ailleurs, pour la sécurité sociale, l’accord des médecins pour l’utilisation de ces informations serait nécessaire.

Barbara N’Gouyombo répond alors, par voie d’avocat, que l’utilisation des données publiques est bien autorisée, et que toutes les démarches ont été réalisées avant le lancement du comparateur auprès de la Cnil (commission national de l’informatique et des libertés).

Mais l’assurance maladie ne se démonte pas. Dans son second courrier, daté du 3 août, non seulement l’assurance maladie confirme sa position, estimant que ses données sont certes publiques mais non utilisables, mais accuse en outre fourmisanté.com d’induire l’internaute en erreur :

« A titre d’exemple, le site litigieux ne fait qu’indiquer le tarif d’une « consultation », sans opérer de distinction entre les « consultations classiques » et les « consultations approfondies », contrairement au site Ameli-Direct. »

Barbara N’Gouyombo ne voit pas le problème, ne prétendant pas donner autre chose, en effet, que le tarif d’une consultation classique, « ce pourquoi les gens se rendent souvent chez le médecin ».

Le site fourmisanté.com propose de simuler, à partir du tarif du médecin, et à partir de la part remboursée par la sécurité sociale et de celle qui le sera par la mutuelle, ce qui restera donc à payer par le patient. Et tandis que le site ameli-direct ne propose de connaître le tarif pratiqué par le médecin qu’en tapant le nom de ce dernier, fourmisanté.com fait dans la géolocalisation en fournissant une carte de France des soignants.

 

 

L’opendata, « de la communication politique »

L’assurance maladie semble donc se sentir d’une part spoliée et d’autre part en concurrence avec un site qui affiche 150 000 connexions par mois. Pour Barbara N’Gouyombo, cette posture défensive de la part de l’organisme public est en totale contradiction avec le mouvement opendata (ouverture des données publiques) encouragé par Jean-Marc Ayrault dès sa prise de fonction en tant que premier ministre.

« Le sujet de l’opendata n’est-il que de la communication politique ? Je ne comprends pas que l’assurance maladie veuille garder un monopole sur ses données. Il y a un vrai problème de transparence et d’information pour les citoyens qui, en période de récession, ont le droit de choisir leur médecin et de gérer leurs dépenses de santé. »

La directrice de cette TPE (très petite entreprise) a donc adressé des courriers à la ministre de l’Economie numérique, Fleur Pellerin, ainsi qu’à Marisol Touraine, la ministre des Affaires sociales, qui peine justement en ce moment à trouver un accord avec les médecins, pour qu’ils limitent leurs dépassements d’honoraires.

Désormais, le site de fourmisanté.com, qui propose d’autres services, s’ouvre sur une pétition demandant l’ouverture des données de l’assurance maladie, qui a recueilli pour l’heure 800 signatures.

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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 18:51

 

Rue89 - Témoignage 18/10/2012 à 16h27

 

 


Manifestation devant le siège de l’Unesco à Paris, le 15 octobre 2012 (Amélie Zaccour)

En stage à l’Unesco, je rentre tranquillement de ma pause déjeuner quand j’aperçois des dizaines de manifestants brandissant des pancartes, aux caractères de type indien, à l’entrée du bâtiment. Intriguée, je leur demande ce qui les amène ici, ils me répondent que des temples bouddhistes ont été incendiés au Bangladesh par des extrémistes musulmans le 30 septembre.

« On demande l’aide de l’Unesco car notre Président n’a rien fait pour retrouver les coupables […].

Personne n’en parle et regardez, Le Monde a même utilisé la photo d’un temple détruit en disant que c’est le résultat d’une tempête. »

« Un grand quotidien comme Le Monde... »

Ils me tendent alors un article intitulé « Bangladesh : des tempêtes tropicales font 26 morts et 60 disparus » publié le 12 octobre 2012 sur LeMonde.fr. Sous le titre, une photo d’un bouddha entouré de ruines fumantes et d’arbres et de maisons restés intacts.


Photo de l’article sur LeMonde.fr, le 12 octobre 2012 (Amélie Zaccour)

Barua Ranjan, membre de la communauté bouddhiste du Bangladesh en France, se désole et s’étonne :

« On n’arrive pas à croire qu’un grand quotidien comme Le Monde, qui est lu partout dans le monde, ait pu faire cette erreur. C’est vraiment triste. »

Je décide de mener l’enquête

Making of

L’objectif de ce témoignage n’est pas de pointer du doigt nos confrères du Monde.fr : « Errare humanum est ». En revanche, la correction en catimini, sans erratum ni réponse à la personne qui avait signalé l’erreur, contribue, à notre sens, à la décrédibilisation de la presse.

 

Certains, comme le New York Times, publient même leurs rectificatifs en page 2, de manière très visible. Sur Rue89, nous avons un système qui nous permet de faire apparaître toute mise à jour ou rectificatif apporté à un article déjà en ligne. Cette transparence est indispensable : c’est le message que nous adressent les manifestants bangladeshis de l’Unesco. Pierre Haski

Trouvant vraiment étrange que Le Monde ait pu faire une telle erreur, je décide de mener l’enquête.

J’appelle donc le service photo du quotidien, mais « on ne répond pas à ces questions par téléphone », je dois envoyer un e-mail. Je leur écris dans la foulée. Pas de réponse.

Je décide alors d’appeler le « desk » photo de l’AFP, source initiale de la photographie utilisée par LeMonde.fr. Confirmation par téléphone : la photo a bien été prise à Ramu, une ville à 350 km de Dacca, après les violences intercommunautaires du 30 septembre 2012. Aucun lien avec les tempêtes tropicales évoquées par l’article.

Mais lorsque je retourne sur LeMonde.fr, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que l’article avait été mis à jour le matin du 17 octobre – le lendemain de l’envoi de mon e-mail –, et que la photo avait tout simplement disparu !

Silence radio du Monde

Je n’ai toujours pas eu de réponse du service photo du Monde.fr, ni vu d’erratum publié sur le site. Silence radio.


Capture d’écran de l’article mis à jour sur LeMonde.fr, le 18 octobre 2012 

En recherchant l’article, directement sur Google, la photographie en question utilisée de manière inadéquate apparaît toujours liée à la page.


Capture d’écran des résultats de la recherche Google de l’article du Monde.fr, le 18 octobre 2012 

Les manifestants devant l’Unesco cherchaient à médiatiser cet événement qui n’a pas vraiment attiré l’attention des médias. C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles ils étaient d’autant plus choqués qu’une photo du temple incendié soit utilisée de manière erronée.

 

 

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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 18:39

 

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          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



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