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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 13:27

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

CICE: un coût exorbitant sans création d’emploi

19 juillet 2016 | Par martine orange
 
 
 

Trois ans après son entrée en vigueur, un rapport sénatorial tente d’établir le premier bilan du crédit impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE). Le constat est accablant : le dispositif coûte 1 % du PIB de la France chaque année, sans qu’il soit possible d’en mesurer les effets tangibles. Un gaspillage d’argent public.

Depuis 2013, l’État a reversé 48 milliards d’euros aux entreprises, grâce au dispositif crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE). Pour quel résultat ? Personne ne sait en chiffrer l’impact. Alors que François Hollande a annoncé son intention d’augmenter les allégements consentis à toutes les entreprises pour les porter de 6 % à 7 % de la masse salariale jusqu’à 2,5 fois le Smic, un rapport de la commission des lois du Sénat, présenté par la sénatrice (PC) Marie-France Beaufils, mardi 19 juillet, prouve que cette mesure phare du quinquennat est pratiquement sans effet, sauf sur les finances publiques. « Le CICE peine à démontrer tant sa pertinence dans sa forme que son efficacité sur le fond », résume-t-il.

 

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La conclusion n’est pas surprenante. Dès son adoption en novembre 2012, de nombreux parlementaires avaient dénoncé cette mesure coûteuse, accordée sans distinction, sans justification et sans contrepartie. S’appuyant sur le rapport Gallois, qui préconisait un allégement des charges pour renforcer l’industrie, le gouvernement avait balayé toutes les critiques. Comme le dispositif était passé sous la forme d’un amendement à la loi de finances, il n’avait même pas fait l’objet d’une étude d’impact, comme le prévoient les textes. Qu’importe ! Le président du Medef, Pierre Gattaz, avait fait l’évaluation pour le compte de tous : le CICE allait permettre de créer 1 million d’emplois, assurait-il.

 

Trois ans plus tard, le compte n’y est vraiment pas. Le comité France stratégie, piloté par Jean Pisany-Ferry, chargé d’évaluer l’efficacité du CICE, n’a jusqu’à présent donné aucun chiffrage sur les emplois créés grâce à cette aide. Un rapport de l’OFCE de décembre estime que ce système de crédit d’impôt a permis de créer ou de sauvegarder 140 000 emplois. L’Insee, de son côté, chiffre l’impact du CICE à 160 000 emplois entre 2013 et 2016. Entre le soutien et l’effet d’aubaine, la différence devient à ce stade impossible à établir. Pourtant, de nombreux économistes, soutenus par le patronat, l’assuraient : l’allégement des cotisations sociales allait mécaniquement favoriser les créations d’emploi.

C’est l’aspect le plus criant et le plus décevant du CICE. Mais ce n’est pas le seul. Lorsque le gouvernement avait fait adopter le CICE, il avait mis en avant la nécessité de défendre l’industrie, les entreprises innovantes, les toutes petites entreprises. En un mot, toutes celles qui sont les plus exposées à la concurrence internationale et les plus fragiles.

À l’arrivée, le rapport constate « l’éloignement du dispositif par rapport à sa cible initiale ». C’est le commerce, et en particulier la grande distribution, qui est le premier bénéficiaire du dispositif, aux côtés de l’industrie. Les deux secteurs profitent chacun de plus de 19 % des aides. « Il est significatif que l’industrie ne soit que péniblement le premier secteur concerné (…). Moins d’un cinquième de la créance est donc destiné à la cible du CICE », relève le rapport.

Le même déraillement s’observe en fonction des tailles des entreprises. Le CICE, qui devait être un outil de soutien pour les plus petites entreprises, est dans les faits « majoritairement capté par les entreprises de taille intermédiaire et les grandes entreprises, alors même que celles-ci représentent moins de 1 % des dossiers », constate le rapport. Ainsi, en 2014, les grandes entreprises ont bénéficié de 30,2 % des crédits d’impôt accordés par ce biais, tandis que les PME en ont récupéré 32,7 %....

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 21:02

 

Source : https://www.objectifgard.com

 

BESSÈGES L’ouverture d’une épicerie solidaire fait des heureux

Malik est à l'origine de l'ouverture de l'épicerie solidaire. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard

Malik est à l'origine de l'ouverture de l'épicerie solidaire. Photo Élodie Boschet/Objectif Gard

 

 

Depuis le 5 juillet, une épicerie pas comme les autres a ouvert ses portes à Bessèges. Elle propose des produits peu coûteux pour celles et ceux qui ont du mal à joindre les deux bouts.

Cagettes de fruits et légumes à prix cassés, paquets de gâteaux à moins de un euro, maillot de bain à deux euros seulement… : la note n’est jamais salée lorsque les clients ressortent de l’épicerie solidaire de Bessèges. Installée au sein de la zone industrielle de Conroc, elle accueille depuis son ouverture de nombreux habitants du secteur qui n’ont pas toujours les moyens d’aller faire leurs courses dans les hypermarchés classiques.

« Il n’y a pas de travail ici. La zone est complètement sinistrée », déplore le Moliérois Malik Belazzoug, à l’origine du projet. Le quadragénaire, connu pour son engagement auprès de la jeunesse en difficulté, œuvre déjà au sein de l’entente sportive molièroise solidaire pour sortir certains de leur déchéance. Il a même réussi à faire signer des contrats aidés à deux d’entre eux. Et il n’a pas voulu en rester là. « J’avais envie de continuer à rendre service », confie-t-il pour expliquer l’ouverture de cette épicerie.

Aménagée dans un bâtiment de 150 m², les produits proposés sont issus du déstockage de certaines enseignes, sauf pour les fruits et légumes achetés chez un grossiste. « Rien n’est périmé », souligne t-il. En plus de l’alimentaire, des outils de bricolage en tous genres ou encore des accessoires sont aussi vendus à des coûts dérisoires. « Tout le monde peut venir s’approvisionner ici », insiste Malik. Au départ, ce sont d’abord les plus démunis qui ont poussé la porte du magasin avant d’être suivis par « des gens qui touchent le Smic et ne s’en sortent pas ».

Du mardi au dimanche, cinq bénévoles donnent de leur temps pour assurer le bon fonctionnement de l’épicerie. D’ici plusieurs mois, Malik espère embaucher un jeune en contrat d’avenir et faire ainsi un heureux de plus dans le bassin bességois.

Ouverture du mardi au samedi de 9h à 12h30 et de 16h à 19h30 et le dimanche de 9h à 13h.

 

Lire aussi :

MOLIÈRES-SUR-CÈZE Sortir les jeunes de leurs difficultés grâce au sport

 

 

Source : https://www.objectifgard.com

 

 

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19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 12:56

 

Source : http://alternatives.blog.lemonde.fr

 

 

Le Chef Raoni lance un mouvement mondial de défense de la planète

 
 
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Capture d'écran 2016-07-17 17.40.10

Leur appel au don rencontre un franc succès sur le web : depuis le 21 juin dernier, plus de 133 000 euros (sur un objectif de 150 000 euros) ont été collectés, et l’événement qu’ils préparent se veut unique dans l’histoire de l’Humanité. En rassemblant des centaines de représentants de peuples indigènes du monde entier et leurs principaux alliés, le Cacique Raoni, 86 ans, souhaite enfin concrétiser son aspiration à l’union mondiale des peuples.

 

Du cri d’alarme au cri de ralliement

« Il y a bien longtemps, un sage a dit « quand le dernier arbre aura été abattu, quand la dernière rivière aura été empoisonnée, quand le dernier poisson aura été pêché, alors on saura que l’argent ne se mange pas »… ce temps approche » déclare le chanteur Bernard Lavilliers, fraîchement revenu d’Amazonie, dans la vidéo ci-dessous :

Expliquant les raisons pour lesquelles les forêts sont saccagées (l’or, le minerais, le bétail, le soja, l’huile de palme, les grands barrages, etc.) et l’océan sur-pollué ou surexploité, il vient ainsi de rejoindre officiellement le rang des personnalités engagées auprès du Chef Raoni, représentant bien connu en France du peuple Kayapó, au Brésil. Avant lui, c’est l’acteur Pierre Richard, lui aussi face caméra, qui interpellait : « On ne peut pas continuer comme ça (…) investir pour les gardiens de mère nature, c’est investir pour nous-mêmes, nos enfants, nos petits enfants… »

 

Un soutien au mouvement des Gardiens de la Terre qui s’ajoute à celui de deux autres figures de l’écologie : Nicolas Hulot (président de la Fondation Nicolas Hulot) et Paul Watson (le défenseur de l’océan fondateur de Sea Sheperd) que l’on a plus souvent l’habitude d’entendre sur ces sujets

 

Tous s’unissent ainsi à la cause du Cacique Raoni et à la mission qu’il a confiée à l’ONG Planète Amazone. Objectif ? Réunir dans une dynamique encore inexistante les populations autochtones qui aujourd’hui représentent 370 millions d’individus regroupés dans plus de 70 pays, sur cinq continents. Si elles forment plus de 5.000 groupes différents et parlent plus de 4.000 langues, la plupart risquent de disparaître d’ici à la fin du XXIème siècle.

« L’alliance des gardiens de la nature vient d’un rêve du Grand Chef Raoni « , explique Gert-Peter Bruch, fondateur de Planète Amazone, « il veut générer une dynamique avec l’ensemble des peuples indigènes afin que leur cause soit plus efficace. Il ne s’agit pas pour eux de rester à l’âge de pierre, mais de s’intégrer à l’évolution sans subir les méfaits de la soit-disant ‘modernité’ des pays développés « . Raison, donc, de son appel au rassemblement véhiculé dans la vidéo suivante…

 

Sept autres chefs indiens tels que Davi Kopenawa Yanomami (rendu célèbre en France par le chef d’œuvre de l’anthropologue Bruce Albert « la chute du ciel »), les caciques Pirakuman et Aritana Yawalapiti ainsi que Afukaka et Tabata Kuikuro du parc du Xingu au Mato Grosso (qui ont fait face durant la dernière décennie à des déforestations records laissant peu à peu ce parc entièrement encerclé par les champs de monoculture de soja ou de coton ainsi que les pâturages) et Megaron Txucarramãe (le neveu de Raoni qui l’accompagne dans ces déplacements) se joignent à cette nouvelle dynamique.

 

Une alliance plus grande que nature

Lors du rassemblement organisé en septembre 2016 dans le village Kayapo de Piaraçu, des représentants indigènes et des personnalités engagées du monde entier seront invitées pour participer aux échanges (le tout sera filmé en caméra à 360°), mais aussi à l’ensemble des cérémonies et des présentations conçues pour faire aboutir la feuille de route et les propositions d’ores et déjà formulées par l’Alliance. « L’idée est que chaque année il y ait des rendez-vous en terres indigènes. C’est difficile d’allumer un calumet de la paix au sein de l’ONU, mais ça se fera au sein de l’alliance des gardiens de la nature. En s’organisant de la sorte nous serons en mesure de participer à la 22ième conférence internationale sur le climat (en novembre prochain à Marrakech, NDLR) et à tous les événements internationaux « , explique encore Gert-Peter Bruch.

De fait, les enjeux consistent aussi à jouer sur nos représentations de la Nature : les peuples indigènes en appellent à la diversité des cultures et des représentations pour répondre à l’urgence écologique. « Ces peuples entretiennent une relation ancestrale avec leur environnement, leur connaissance est basée sur d’autres approches que la science ou la technologie. Ils ne se sont pas déconnectés de la Nature et cherchent à préserver leurs savoirs, qui se perdent à une vitesse inégalée » note pour sa part Laurent Durieux, Conseiller Climat et Développement Durable de l’ambassade de France à Brasilia, membre organisateur. « Sans parler des jeunes indigènes qui ont honte de leurs origines et qui souhaite adopter sans concession le mode de vie occidental. C’est tout un système de réserves qui est en jeu. Il faut agir aujourd’hui car dans dix ans il sera bien trop tard « .

Pour Nicolas Bériot, ingénieur des ponts, des eaux et des forêts impliqué dans l’équipe organisatrice, « l’alliance va plus loin que les peuples indigènes, c’est un pont entre eux et ceux qui sont attachés à la défense de ces valeurs pour construire ensemble une nouvelle forme d’engagement. La maturité est venue pour une union sacrée d’hommes et de femmes conscients de leur dépendance à la terre « .

Si l’appel n’a à ce jour été lancé qu’en France, il va prochainement être lancé dans huit autres langues, avec un financement participatif spécifique pour le Brésil, afin que les fonds récoltés soient directement attribués à l’institut Raoni basé sur place. D’ici là, les organisateurs estiment que l’opération est déjà un succès : l’opération de financement participatif permet de faire connaître les combats menés par les peuples indigènes de façon inédite (les vidéos dépassent rarement les 100 000 vues, alors que le million a été dépassé sur cette opération). A moyen terme, la réussite s’évaluera sur la valorisation internationale du rassemblement (Gert-Peter Bruch est en train de réaliser un documentaire qui retrace la formation de l’alliance). Et à long terme, de fait, « ce sont la prise en compte et les retombées des propositions des peuples indigènes sur les solutions internationales apportées aux crises environnementales et climatiques que nous devrons évaluer » conclut Laurent Durieux.

Anne-Sophie Novel / @SoAnn sur twitter

 

 

 

Source : http://alternatives.blog.lemonde.fr

 

 

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19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 12:45

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

Attentats : repenser notre rapport au monde

 
 

Drapeaux en berne à Nice, le 16 juillet 2016.

La violence aveugle a encore frappé en France, à Nice. Tant de victimes qui n’ont eu qu’un tort, se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. Alors que l’enquête ne fait que débuter, qu’aucune explication crédible n’est démontrée, le bal des vautours médiatiques et politiques s’est ouvert en grande pompe.

 

J’ai tenu cinq minutes devant une chaîne d’information en continu.

Des pseudos experts se bousculaient déjà à l’antenne alors que je décelais une excitation malsaine de la part des journalistes en plateau. Lors de la finale de l’Euro de football, les trente secondes de publicité à la mi-temps coûtaient 260 000 euros. Pour les terroristes, la publicité est gratuite, elle est offerte par les médias et la classe politique. Le président de la République a qualifié l’acte de « terrorisme islamique » quelques heures après le drame et plus de trente heures avant les premiers éléments sur la « radicalisation très rapide » de l’auteur de l’attentat dévoilés par son ministre de l’intérieur. Est-ce la sérénité que l’on est en droit d’attendre d’un chef d’Etat ? C’est le temps de la compassion pour les victimes avant tout. Répandre la peur, c’est le boulot des terroristes, pas des hommes d’Etat ni des médias.

 

La peur est devenue un business

Sur les plateaux s’empilent les supputations, se succèdent les experts de la guerre et de la peur alors que le monde a cruellement besoin d’experts de la paix. Les témoignages diffusés à l’antenne ainsi que les images confinent bien plus au voyeurisme qu’au devoir d’informer. Ce n’est plus de l’information, c’est de la mise en scène. Dans de telles circonstances, le devoir d’informer impliquerait de reléguer au second plan l’obsession de l’audimat. Il faut croire que les terroristes savent mieux profiter de nos faiblesses que nous des leurs.

Lire aussi : L’opération « Barkhane », un « permis de tuer au Sahel »

La peur est devenue un formidable business. Les médias s’en donnent à cœur joie, les experts fleurissent, les politiques se prennent pour des chefs de guerre. L’hystérie a gagné notre République. Pas un homme ou une femme politique pour penser le monde différemment.

Affleurent à chaque propos la loi du talion, la loi de l’instinct animal, de l’instinct de vengeance. Gandhi disait qu’à appliquer la loi de l’œil pour œil, l’humanité finira aveugle. Elle l’est devenue. Nous n’offrons plus que la guerre comme réponse. La même réponse que les terroristes.

 

Combattre le terrorisme par l’éducation

Le moine bouddhiste vietnamien Thich Nhat Hanh, dans son remarquable livre Apaiser l’esprit face à la violence : la réponse du zen au terrorisme, nous montre la voie : « Les racines du terrorisme sont l’incompréhension, la peur, la colère et la haine, et les militaires ne peuvent pas les repérer. Les missiles et les bombes ne peuvent pas les atteindre et encore moins les détruire. » Lorsque la Pakistanaise Malala, prix de Nobel de la paix à 17 ans et rescapée des talibans, a rencontré Barack Obama, elle lui a dit une chose : arrêtez de combattre le terrorisme par la guerre et faites-le par l’éducation et l’instruction.

Lire aussi : « Monsieur le Président, vous êtes tombé dans le piège ! »

Nous autres, Occidentaux, prétendons diffuser des valeurs universelles au monde, mais la réalité est que nous avons une culture de la guerre profondément ancrée en nous. C’est la réflexion que je me suis faite lors du défilé du 14-Juillet. 80 % du défilé est consacré à la guerre. Le 14-Juillet est la fête de la nation. Si les forces armées méritent la reconnaissance de notre pays, elles ne peuvent pas à elles seules le symboliser. Pourquoi, en plus des sapeurs-pompiers, policiers et gendarmes, ne pas faire défiler des médecins, des professeurs, des infirmiers et infirmières, des assistantes sociales, des éboueurs, des jeunes, des personnes en situation de handicap et j’en passe ?

Je vous épargne aussi le côté totalement monarchique de la mise en scène dudit défilé, François Hollande étant le seul dans la tribune à avoir un fauteuil quand tous les autres officiels n’ont droit qu’à une chaise…

 

Hystérie et passage à l’acte

Repenser notre rapport au monde, voilà l’urgence. Nelson Mandela rappelait que les oppresseurs et les opprimés avaient un point commun : ils étaient tous privés de leur humanité. Les victimes et les terroristes sont dans le même cas. Il est vrai que regarder le monde ainsi nécessite de l’audace, beaucoup d’audace. Quand on a pour seul cap les sondages et l’audimat, alors la démagogie et le sensationnel paraissent de bien meilleurs alliés. Cette hystérie médiatico-politique diffuse la peur dans tout le pays. On peut se demander dans quelle mesure cette hystérie ne contribue pas non plus au passage à l’acte. Il serait utile de faire une pause après de tels événements pour que les médias et les politiques réfléchissent à leurs actions et discours comme antidotes à la violence. Aujourd’hui, ils ne sont pas un remède mais une formidable caisse de résonance surfant sur les émotions.

Lire aussi : En Afrique, la France déçoit

Si la riposte sécuritaire est incontestablement une partie de la réponse, elle ne peut pas être mise en scène ainsi ni promue comme le cœur de l’action politique. C’est d’abord ignorer les leçons d’Afghanistan, d’Irak et de Syrie, mais ce n’est surtout pas digne de la vieille Europe qui, par la voix de Dominique de Villepin en 2003, rappelait à la tribune des Nations unies que si « l’option de la guerre peut apparaître a priori la plus rapide, n’oublions pas qu’après avoir gagné la guerre il faut construire la paix ».

La France a envoyé 5 000 soldats au Mali pour faire la guerre et combien de personnes pour faire la paix ? Une seule, un diplomate de renfort à l’ambassade de France… On est capables de consacrer des milliards à la guerre, des années d’opérations militaires à travers le monde, mais sommes-nous capables de ces mêmes efforts pour la paix ? Il est vrai que construire la paix nécessite discrétion, humilité, persévérance et tolérance. Des qualités que je cherche toujours au sein de la classe politique française.

 

Laurent Bigot est un ancien diplomate français devenu consultant indépendant.


 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

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19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 12:32


Source : http://www.lemonde.fr

 

La BCE rachète les dettes des groupes du CAC 40

LE MONDE ECONOMIE | | Par

 

 

 

Le suspens est enfin levé. Lundi 18 juillet, la Banque centrale européenne (BCE) a dévoilé la liste des obligations d’entreprises qu’elle a commencé à racheter le mois dernier. Au total, l’institution a acquis pour 10,427 milliards d’euros de dettes privées entre le 8 juin et le 15 juillet. Si le montant par entreprise et par pays n’est pas connu, une chose est sûre : selon les analystes, les grands groupes tricolores arrivent en tête.

 

« Ce n’est pas une surprise : le marché obligataire français est le plus gros de la zone euro, devant l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Italie », explique Maxime Sbaihi, économiste chez Bloomberg Intelligence.

Dans le détail, la BCE a ciblé une bonne partie du CAC 40 : Axa, Total, Danone, Sanofi, Orange, Pernod Ricard ou encore Air Liquide et Schneider Electric ont vu une partie de leur dette rachetée par l’institution. Le luxe est également prisé, avec LVMH et Kering, tout comme l’énergie avec Engie et Total. Hors CAC 40, sont présents La Poste, JC Decaux ou EDF. Les groupes allemands, comme BMW, BASF et Daimler, ont également été privilégiés par la BCE.

 

Taux négatif

Celle-ci s’est lancée dans le rachat de dettes privées en complément de celui de dettes publiques, entamé en 2015. Au total, ces programmes représentent un volume de 80 milliards d’euros par mois, dont seule une petite partie est consacrée aux obligations d’entreprises (3 à 6 milliards par mois environ). Les dettes privées éligibles doivent être notées au moins « BBB – » par l’une des trois grandes agences de notation, afin de garantir leur qualité. Les titres de banques et de filiales de banques sont exclus, mais pas ceux des assureurs.

 

Lire aussi :   La BCE prolonge ses rachats massifs de dette jusqu’à mars 2017

 

Objectif ?

« En rachetant la dette de grands groupes, la BCE cherche à faire baisser leurs coûts de financement et, par contagion, celui d’entreprises plus petites », explique Jean-François Robin, chez Natixis.

A première vue, cela fonctionne : depuis que ce programme a été annoncé, les taux obligataires privés ne cessent de baisser. Un quart des titres d’entreprises de la zone euro s’échangent même à taux négatif !

 

Lire aussi :   Le monde s’enfonce un peu plus encore dans les taux négatifs

 

Une efficacité contestée

En outre, « ces achats augmentent la quantité d’euros en circulation et contribuent à tirer la monnaie unique à la baisse face au dollar », explique Pascale Seivy, chez Pictet WM. De quoi augmenter un peu les prix des produits importés, aidant ainsi la BCE à tirer l’inflation vers sa cible de 2 %.

Certains économistes restent néanmoins dubitatifs quant aux effets d’une telle mesure sur la croissance. Les PME, qui n’empruntent pas sur les marchés obligataires, mais auprès des banques, n’en profitent que très indirectement, tandis que les grands groupes, qui se financent sans problème, n’avaient pas tellement besoin d’un tel coup de pouce.

De plus, une poignée de titres rachetés par la BCE, notamment en Italie, sont classés en catégorie spéculative par deux agences de notation sur trois. « L’institut monétaire prend des risques inconsidérés », redoute ainsi l’institut allemand IFO. Ce que la BCE réfute, avançant qu’elle passe sérieusement au crible tous les titres qu’elle cible. Et que les dettes privées ne représentent qu’une part infime de ses achats…

 
 Marie Charrel

 


Source : http://www.lemonde.fr

 

 

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19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 00:05

 

Source : http://ecologie.blog.lemonde.fr

 

 

Dans les cirques chinois, des méthodes de dressage cruelles et violentes

 

 

 

Bear cubs were chained to a brick wall and forced to stand upright, putting them at risk of choking or hanging.

 

Des animaux terrorisés frappés, fouettés, enchaînés aux murs ou enfermés dans des cages. Dans une vidéo diffusée lundi 18 juillet, que Le Monde a pu consulter, l’association PETA révèle des méthodes de dressage des bêtes cruelles et violentes, ainsi que des conditions de vie « insupportables », dans les cirques de la ville de Suzhou, dans l’est de la Chine. Cette métropole proche de Shanghai, surnommée la « capitale mondiale du cirque », accueille 300 chapiteaux à l’année et des milliers d’animaux entraînés pour la piste. Une activité qui se fait, selon l’enquête de l’association, aux dépens de leur bien-être et de leurs besoins physiologiques.

Les images, les premières du genre, ont été tournées l’an dernier en caméra cachée par PETA Asie, dans 10 cirques et établissements de dressage. Elles montrent des oursons avec des chaînes autour du cou, forcés de rester debout sur leurs pattes arrière pendant des heures sous peine de s’étrangler. D’autres doivent tenir en équilibre sur une planche-balançoire ou marcher avec les pattes avant sur des barres parallèles. Tous crient, grognent et gémissent. Les grands félins tournent en rond dans des cages bien trop petites pour eux ou, lors de l’entraînement, sont contraints de se tenir en équilibre sur des ballons ou sauter à travers des cerceaux. Les dresseurs les traînent, les frappent, les fouettent et donnent des coups de pied aux animaux pour les faire obéir.

« Les animaux sauvages ne comprennent pas et ne veulent pas exécuter ces numéros qui n’ont pour eux aucun sens, ne sont pas naturels et sont souvent douloureux, mais ils sont obligés de les répéter encore et encore, sinon ils risquent d’être battus ou pire, déclare Isabelle Goetz, porte-parole de PETA en France. Mais ce genre de cruauté n’est pas inhérente à la Chine. Partout, les zoos emploient l’intimidation et la punition pour contrôler les animaux et les enferment dans des cages minuscules, des caravanes ou des wagons. »

Tigers were confined to barren cages.

Interdictions dans plusieurs pays

Des pratiques que certains pays refusent. En 2014, la Belgique a interdit les animaux sauvages dans les cirques. « Ces établissements ne respectent pas les normes en matière de détention des animaux, que ce soit l’hébergement ou le transport, expliquait alors au Monde Bruno Cardinal, conseiller scientifique pour le Conseil du bien-être animal, qui dépend du ministère belge de la santé publique. Les animaux sauvages doivent également pouvoir exprimer une série de comportements propres, tels que la fuite ou encore la recherche d’alimentation, ce qui n’est pas non plus possible dans l’enceinte d’un cirque. »

En Europe, l’Autriche et la Grèce (et la Catalogne en Espagne) ont également banni les animaux sauvages des chapiteaux tandis qu’une interdiction partielle – pour certaines espèces – existe en Allemagne, Hongrie, Danemark et Suède. La France, pays de grande tradition circassienne qui compte une centaine de troupes itinérantes, va-t-elle à son tour légiférer sur ce sujet ? La question divise. De nombreuses municipalités ont déjà pris des interdictions en ce sens, que ce soit Ajaccio (Corse-du-Sud), tout récemment, ou, bien avant, Montreuil et Bagnolet (Seine-Saint-Denis) ou Tourcoing (Nord). L’association PETA appelle d’ailleurs les citoyens à demander à leur maire d’interdire de tels spectacles dans leur ville.

« Ces villes restent minoritaires, rétorque Gilbert Edelstein, le PDG du cirque Pinder et président du syndicat national du cirque. Les lois en France sont strictes et on les respecte. Nos animaux sont bien traités et ne sont pas malheureux. Sans compter que toutes nos bêtes sont nées en captivité : elles ne tiendraient pas longtemps dans la nature. » Et d’asséner : « Un cirque sans animaux, ça n’est pas vraiment un cirque. »

This monkey, named Xiaohua by the investigator, was dragged and yanked around by a rope around her neck.

Quelques efforts ont certes été réalisés : depuis le 18 mars 2011, un arrêté durcit la réglementation française datant de 1978. Parmi les mesures prises, les cages intérieures abritant des tigres doivent mesurer un minimum de 7 m2 par animal, les éléphants doivent être attachés par des chaînes matelassées ou avoir accès au minimum une heure par jour aux installations extérieures (minimum de 250 m² pour trois animaux maximum) et les otaries et lions de mer doivent bénéficier de piscines intérieures et extérieures.

« C’est clairement insuffisant et personne ne peut vérifier que cette réglementation est appliquée, surtout dans les cirques itinérants, réagit Isabelle Goetz. On reste dans une optique d’exploitation des animaux en dépit de leurs besoins fondamentaux. » Des conditions de détention également dénoncées par l’ONG Code animal, spécialisée sur ce sujet, et la fondation 30 Millions d’amis, dont la pétition pour des cirques sans animaux sauvages a récolté plus de 160 000 signatures.

This tiger was forced to balance and walk on a ball while a trainer stood close by with a pole to hit and jab her if she failed to perform.

Ce débat autour du bien-être animal dans les cirques n’a jamais été véritablement tranché par les éthologues. « Une relation de complicité et d’amour peut se créer entre le dresseur et l’animal, estime la philosophe Vinciane Despret, professeur à l’université de Liège et spécialiste des relations homme-animal. Tout dépend du mode de dressage : certains s’opèrent selon un système de récompenses, de négociation et de douceur, tandis que d’autres fonctionnent avec des punitions et peuvent s’avérer violents. » Quant aux conditions de transport et d’hébergement « très difficiles pour les animaux dans les cirques itinérants », elles pourraient être « améliorées si toutes les troupes avaient des cirques d’hiver, disposant d’un espace suffisant », juge-t-elle.

« Il peut effectivement y avoir une relation qui se noue entre l’humain et le cheval par exemple, mais ce n’est pas la réalité du dressage et de la captivité dans les cirques. Les animaux sauvages ne veulent pas être en contact avec les humains », rétorque Isabelle Goetz. Les cirques n’ont effectivement pas toujours accueilli des animaux exotiques : avant le XIXe siècle, les numéros faisaient intervenir des chevaux et des chiens, rappelle Vinciane Despret. Et le succès actuel des spectacles sans animaux, comme ceux du Cirque du soleil, prouve que l’option reste ouverte.

Audrey Garric

Photos : captures écran de l’enquête de PETA

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>> Lire mes autres articles sur le site du Monde

 

 

Source : http://ecologie.blog.lemonde.fr

 

 

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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 21:37

 

Source : https://blogs.mediapart.fr/jean-pierre-favier/blog

 

 

La commission européenne autorise les américains à exploiter nos données personnelles

 

 

 

Après l'accord « Safe Harbor » invalidé en 2015 par la Cour de justice de l'Union européenne, l'accord « Privacy Shield » entre l’Union européenne et les Etats-Unis adopté le 12 juillet dernier établit un cadre légal pour les entreprises qui souhaitent transférer des données personnelles d’Européens aux États-Unis.

En octobre 2015, la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) avait invalidé l'accord  « Safe Harbor ». Cet accord, entre l’Union européenne et les États-Unis, autorisait le transfert et le stockage de données personnelles depuis l'UE vers des entreprises américaines comme Microsoft ou encore Amazon. La cour considére que « les États-Unis n'offrent pas un niveau de protection adéquat aux données personnelles transférées. »

Le successeur du Safe Harbor, l'accord « Privacy Shield » entre l’UE et les Etats-Unis  a été adopté le 12 juillet dernier. Il établit un cadre légal pour les entreprises qui souhaitent transférer des données personnelles d’Européens aux États-Unis. Mais comme le précise le journal Le Monde, « pour que l’accord soit conforme au droit européen, les États-Unis doivent offrir aux données européennes sur leur territoire une protection  essentiellement équivalente. Or rien n’indique à ce stade que les pratiques des services de renseignement américain aient significativement changé. » Impossible évidemment de ne pas penser aux révélations du lanceur d'alerte américain Edward Snowden sur plusieurs programmes de surveillance de masse américains. Et Télérama ajoute que « les services de renseignement américains pourront a priori toujours exploiter toutes les informations qu’ils souhaitent : il leur suffira d’invoquer l’impératif de sécurité intérieure, ou de lutte contre la criminalité. »

La Quadrature du net - association de défense des droits et libertés des citoyens sur Internet dont je vous ai déjà parlé - déclare qu'elle ne « peut que déplorer cette précipitation qui a forcé les États membres à analyser et à adopter le texte en seulement une semaine et ce alors même que les CNIL européennes ne se réuniront que le 25 juillet pour évaluer si leurs attentes et leurs réserves ont été prises en compte ». Et la Quadrature conclut en disant que l'accord « Privacy Shield »  passe « sciemment à côté du cœur de l'arrêt de la CJUE invalidant le Safe Harbor : la surveillance massive exercée via les collectes de données des utilisateurs ». Cet accord va sûrement se retrouver à nouveau devant la Cour de justice de l’Union européenne comme le Safe Harbor. Affaire à suivre.

 

Privacy Shield Privacy Shield

 

 

 

 

 

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Source : https://blogs.mediapart.fr/jean-pierre-favier/blog

 

 

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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 21:32

 

source : http://www.lemonde.fr/big-browser

 

 

Menteur, narcissique, sociopathe : Donald Trump vu par sa plume cachée

LE MONDE | • Mis à jour le | Par

 

 

Donald Trump lors de l’annonce du choix de son vice-président Mike Pence, le 16 juillet à New York.

Donald J. Trump est devenu, à la fin des années 1980, l’incarnation d’une certaine idée du rêve américain : le businessman charismatique et manipulateur, le self-made-man capable de vendre de l’eau à un homme qui se noie, l’homme qui ne doit rien à personne.

Cette image soigneusement entretenue a pris une autre dimension depuis que Trump s’est lancé, avec succès, dans la course pour la nomination républicaine à la Maison Blanche. A quelques heures de l’ouverture de la convention qui scellera son statut de candidat, un homme qui connaît très bien Donald Trump, et qui n’avait jamais abordé le sujet avec autant de détails jusqu’à présent, a parlé. C’est l’homme qui a façonné « le mythe Trump ».

En 1985, Tony Schwartz, alors journaliste, devient le nègre de celui qui n’est alors qu’un joueur parmi d’autres dans l’immobilier et les casinos de la côte Est. Après avoir passé plus de dix-huit mois en sa compagnie, il écrit Trump, the Art of the Deal, mi-hagiographie, mi-manuel de motivation pour devenir Donald Trump. Le livre fut un immense best-seller, rapportant des millions de dollars et cimentant dans l’imaginaire collectif l’image que Trump voulait donner de lui-même.

Or tout ou presque était romancé, exagéré ou carrément faux. Presque vingt ans plus tard, alors que le « héros » du livre peut potentiellement devenir l’homme le plus puissant de la planète, le désormais ex-journaliste qui a tout fait pour le rendre sympathique – « J’ai mis du rouge à lèvres sur un cochon »prend la parole dans le New Yorker pour dire qu’il « regrette profondément ». Et qu’il a de plus en plus peur. Car toutes les tares et les traits de caractère qu’il avait perçus à l’époque (le mensonge systématique, l’absence d’empathie, le narcissisme extrême, une coupure totale avec la réalité) se sont dangereusement exacerbés depuis.

 

  • C’est un « sociopathe »

 

Fresque de Julian Raven, soutien de Trump, à Cleveland (Ohio).

« Je pense sincèrement que si Trump gagne et obtient les codes nucléaires, il y a de très grandes chances que cela entraîne la fin de notre civilisation. »

Le constat de Tony Schwartz peut sembler exagéré, mais il le dit très sérieusement. Cela n’a rien à voir avec l’idéologie, dit-il, car il pense que Donald Trump n’en a pas. « Le problème était sa personnalité, que Schwartz considérait comme pathologiquement impulsive, égocentrique » et « obsédée par la publicité » écrit le New Yorker.

A ceux qui pensent que le Trump de la campagne, insultant, abrasif, moqueur, incohérent parfois, sera différent du Trump qui entrerait à la Maison Blanche, l’ex-journaliste répond : « Il n’y a pas un Trump privé et un Trump public […]. Tout ce qu’il veut, c’est de la reconnaissance extérieure, toujours plus. » S’il devait écrire à nouveau The Art of the Deal et être honnête, il l’appellerait Le Sociopathe.

« Les millions de personnes qui ont voté pour lui et croient qu’il représente leurs intérêts apprendront ce que tous ceux qui ont vraiment eu affaire à lui savent déjà : il se fiche complètement d’eux. »
 
  • Il n’a aucune capacité de concentration

 

Lors d’un meeting de campagne de Trump, à Raleigh (Caroline du Nord) le 5 juillet.

Tony Schwartz se rappelle que, pour écrire le livre, il a dû abandonner la technique de travail habituelle, qui consiste à poser des questions à la personne dont parle le livre, car Trump se comportait « comme un gamin de maternelle qui ne peut pas rester tranquille en cours ».

« Il est impossible de le faire se concentrer pendant plus de quelques minutes sur un sujet qui ne concerne pas son auto-glorification […]. Il est stupéfiant de voir à quel point ses connaissances sont superficielles […]. S’il devait être briefé dans la “situation room” [salle de crise de la Maison Blanche], je ne l’imagine pas rester concentré très longtemps. »

Sa nécessité d’être au centre des choses est aussi « complètement compulsive ». Schwartz use d’une métaphore un peu douteuse avec un junkie voyant dans la présidence des Etats-Unis le fixe ultime d’un homme qui s’est toujours shooté à la reconnaissance.

« Il a réussi à augmenter la dose pendant quarante ans. La seule chose qui lui manquait était d’être candidat à la présidence. S’il pouvait se présenter pour être empereur du monde, il le ferait. »

Lire aussi :   Donald Trump dans les pas de Ronald Reagan

 

  • Il ment comme il respire

 

Lors d’un meeting de campagne de Trump, à San Jose (Californie), le 2 juin.

Lors d’un meeting de campagne de Trump, à San Jose (Californie), le 2 juin. LUCY NICHOLSON / REUTERS

Le mensonge est un outil que tout homme politique qui veut durer a utilisé, mais pour Donald Trump, c’est plus profond – « une seconde nature » – et presque maladif, à en croire Tony Schwartz.

« Il a, plus que n’importe quelle autre personne que j’ai connue, cette capacité à se convaincre lui-même que tout ce qu’il dit est vrai, ou à moitié vrai, ou, au moins, devrait être vrai. »

Les mensonges que Schwartz a passés sous silence pour la biographie sont anodins (le prix d’un achat, le lieu de sa naissance), financiers (pour doubler un concurrent ou écarter un partenaire) ou plus profonds (le mythe du self-made-man s’effondre lorsqu’on sait que c’est le père, Fred Trump, qui a lancé le fiston), mais ils sont constants.

S’il était attaqué sur ses mensonges ou approximations, « Trump en remettait une couche et devenait agressif », ce qui n’est, note le New Yorker, « pas une qualité idéale pour un chef d’Etat ».

Donald Trump, qui n’a jamais caché ce comportement pendant la campagne, le prouve lorsque le New Yorker l’appelle pour les besoins de l’article. Il jure que Tony Schwartz – « très déloyal ! » – n’est que le « coauteur » et que c’est lui qui « a écrit le livre […], certains disent même que c’est le livre de business le plus vendu de tous les temps ». Ce que la maison d’édition dément totalement – « Trump n’a pas écrit une ligne ». Le milliardaire « s’est apparemment auto-convaincu de l’avoir écrit », constate le New Yorker.

 

  • La croix de Tony Schwartz

 

« The Art of the Deal », sorti en 1987, fut un immense best-seller, rapportant des millions de dollars et cimentant dans l’imaginaire américain l’image que Trump voulait donner de lui-même.

« The Art of the Deal », sorti en 1987, fut un immense best-seller, rapportant des millions de dollars et cimentant dans l’imaginaire américain l’image que Trump voulait donner de lui-même.

Après avoir lu cette longue confession, on comprend que Tony Schwartz a l’impression de porter une croix. Il se sent coupable d’avoir participé à la création d’un monstre, et à mesure que la candidature de Donald Trump passait de la blague à la réalité, il a décidé de dire sa vérité, même si cela s’apparentait à un crachat dans la soupe (en tant que coauteur, il a empoché la moitié des royalties, qui s’élèvent à plusieurs millions de dollars).

« J’ai de profonds remords d’avoir contribué à faire de Trump quelqu’un de plus attirant qu’il ne l’est réellement, et à lui avoir donné un public élargi […]. Je garderai cela en moi pour le reste de ma vie. Il n’y a aucune façon de le réparer. »

Pour tenter de « racheter son âme », il va donner sa part des royalties reçues en 2016 à des ONG et œuvres caritatives « qui défendent des personnes dont Trump veut réduire les droits ».

Sa contribution à détruire l’idole qu’il a en partie érigée a beau être l’équivalent politique d’un bombardement au napalm, on a bien vu, tout au long de la campagne, que même les polémiques les plus toxiques glissent sur Donald Trump comme de l’eau sur les plumes d’un canard.


 

 

 

Luc Vinogradoff
Journaliste au Monde.fr

 

 

source : http://www.lemonde.fr/big-browser

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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 21:22

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

Contrôle fiscal des entreprises : le "fantastique appel à la fraude" de Sarkozy

 
 
 
 
 
Sous couvert de faciliter la vie des entreprises, Nicolas Sarkozy veut abaisser pour elles le délai de prescription de la fraude fiscale de trois à un an. Des syndicats de Bercy dénoncent un "fantastique appel à la fraude".

 

Nicolas Sarkozy veut abaisser pour les entreprises le délai de prescription de la fraude fiscale. - Sipa

 

La proposition est passée inaperçue. S’il est à nouveau élu président en 2017, Nicolas Sarkozy veut alléger les contrôles fiscaux sur les entreprises afin, argue-t-il, de "refonder les relations entre les contribuables et l’administration fiscale autour du principe de confiance". Pour ce faire, le patron de Les Républicains (LR) propose, dans le projet pour 2017 qu’il a fait adopter aux forceps par le Conseil national du parti le 2 juillet dernier, de supprimer les contrôles sur place s’il n’existe pas d’élément précis de suspicion de fraude, et surtout d’abaisser le délai de prescription de la fraude fiscale de trois à un an. Concrètement, une entreprise qui a fraudé en 2016 n'aurait plus à en répondre dès 2018.

L’abaissement du délai de prescription dénoncé

"L'abaissement du délai de prescription constituerait un fantastique appel à la fraude", dénonce d'emblée auprès de Marianne un représentant de Solidaires, l'un des principaux syndicats de la Direction générale des Finances publiques (DGFIP). Le procédé provoquerait en outre, souligne-t-il, "un effondrement des résultats des contrôles fiscaux", en augmentation ces trois dernières années et qui ont ramené en 2015 quelque 7 milliards d’euros dans les caisses de l'Etat.

"Les contrôles fiscaux jouent un rôle dans la régulation de la concurrence"En outre, la CGT de la DGFIP souligne le problème d’équité entre les entreprises que poserait une telle mesure. Rappelant que contrairement à ce qu'affirme le programme de campagne du crypto-candidat Sarkozy, l’administration fiscale n’existe pas uniquement pour "empêcher et brider". "Les contrôles fiscaux jouent un rôle dans la régulation de la concurrence", nous explique ainsi un représentant du syndicat. "Quand on attrape un fraudeur, on l’empêche en effet de mener, en se soustrayant illégalement à l'impôt, une concurrence déloyale vis-à-vis des entreprises qui, elles, sont en règle", souligne-t-il. Et de faire un rapide calcul : "Nous effectuons entre 45.000 et 50.000 contrôles par an (46.266 en 2015, ndlr) et il y a environ un million d’entreprises en France. Si le délai de prescription est abaissé à un an, on pourra encore moins contrôler tout le monde !"

 

 

Considérant que les contrôles fiscaux effectués sur place sont "extrêmement perturbants" pour les entreprises, Nicolas Sarkozy propose aussi que ceux-ci ne puissent être engagés que s’il existe au préalable des éléments précis de suspicion de fraude. "Compte tenu des progrès de la technologie (…), les contrôles habituels pourraient parfaitement être réalisés depuis les bureaux de l’administration", fait ainsi valoir . Une "annonce politique vide de sens, pointe cette fois la CGT de Bercy, puisque les contrôles acutels sont déjà lancés sur la base d'éléments pertinents. Dans la philosophie, cela ne change donc rien".

 

"Méconnaissance et contradictions"

De son côté, Solidaires souligne la "méconnaissance" des pratiques de Bercy que traduit la proposition de Nicolas Sarkozy et ses "contradictions". Méconnaissance, car si les contrôles de comptabilité en ligne, qui existent déjà, "permettent de détecter des anomalies, celles-ci doivent être vérifiées en recoupant ces fichiers comptables avec les pièces justificatives qui se trouvent dans les locaux de l’entreprise contrôlée", nous explique un représentant du syndicat. Qui souligne d'ailleurs que le contact direct et les débats oraux "sont souvent favorables aux organisations contrôlées". Contradiction, dans la mesure où un tel changement ne serait pas aussi bénéfique aux entreprises que l'avance l'ex-Président : il les obligerait en effet à mettre à disposition sur Internet l’intégralité de leurs pièces justificatives, occasionnant… une charge de travail supplémentaire !

"Ces propositions ne répondent à aucun problème concret"Présentées par Nicolas Sarkozy comme des mesures en faveur des entreprises, il semble donc que "ces propositions ne répondent à aucun problème concret", pour reprendre les termes des deux principaux syndicats de Bercy, qui rappellent que "les contrôles fiscaux sont la contrepartie logique d’un système déclaratif". En revanche, elles contribuent bien à "entretenir le fantasme" de l’administration fiscale comme une "inquisition permanente".

 

 

 

Source : http://www.marianne.net


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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 21:09

 

Source : https://reporterre.net

 

 

A Bure, les opposants aux déchets nucléaires ont gagné leur pari et réoccupé la forêt

18 juillet 2016 / Hervé Kempf (Reporterre)
 


 

Sous le soleil, près de 500 manifestants ont réussi à Bure à occuper samedi 16 juillet la forêt où l’Andra veut commencer des travaux. Lundi en fin d’après-midi, la forêt restait occupée. Mais les occupants ne peuvent empêcher les engins de chantier de s’activer.

 

- Actualisation - Lundi 18 juillet 2016, 18 h - A 16 h, la centaine d’opposants à Cigéo qui occupait le bois Lejuc n’avait toujours pas été expulsée par les forces de l’ordre. Elle n’a toutefois pas réussi à empêcher les travaux. Michel (prénom changé), un activiste présent sur place et joint au téléphone, décrit un "ballet incessant d’engins de chantier" dans la forêt. Les équipes de bûcherons déjà à l’oeuvre sont protégées par des gendarmes mobiles et des vigiles.

"Nous prenons acte de la reprise des travaux et nous sommes conscients que l’occupation, pour chouette qu’elle soit, ne suffit plus", admet Michel. En conséquence, les activistes ont légèrement changé de tactique. Ils lancent désormais plusieurs actions simultanées visant à bloquer les flux d’engins et à harceler les équipes pour les empêcher de travailler. "Un groupe est allé bloquer une usine de sous-traitance située à Joinville, à une vingtaine de kilomètres de Bure, qui fournit des engins de chantier à l’Andra", décrit Michel. Qui envisage cette soirée de lundi avec "sérénité" : "Nous restons préparés à une éventuelle intervention des forces de l’ordre mais pour le moment nous sommes là, nous avons réussi notre pari. Et nous pensons que notre résistance très ferme de ce week-end a pu avoir un effet dissuasif."

Pour preuve de cet optimisme, les opposants ne manquent pas d’idées pour la suite de la mobilisation. Un collectif de Naturalistes en lutte du Bois Lejuc, , à l’image de celui de Notre-Dame-des-Landes, va être lancé samedi 23 juillet. "Ils se chargeront de réaliser des inventaires de la faune et de la flore pour essayer de ralentir les travaux", explique Michel. Enfin, un nouveau temps fort de mobilisation est envisagé les 13 et 14 août.


- Bure (Meuse), reportage

La Maison de la résistance, à Bure, n’avait sans doute jamais vu autant de monde. Samedi matin 16 juillet, c’est près de 500 personnes qui s’y retrouvaient. Objectif : aller occuper le bois Lejuc, situé sur la commune voisine de Mandres-en-Barrois, où l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) veut commencer des travaux préparatoires au complexe Cigéo d’enfouissement des déchets nucléaires.

Sous un soleil radieux, la colonne de manifestants gravissait la colline à travers champs, parvenant au bois Chaufour d’où l’on surplombe le bois Lejuc. En bas du chemin, un barrage de policiers. La colonne descendait sereinement.

 

La confrontation avec les gendarmes - un escadron de la gendarmerie mobile de Strasbourg - s’engage, jets de projectiles par des manifestants cagoulés contre tirs de grenades lacrymogènes. Disposés à la lisière du bois, les gendarmes cherchaient à empêcher les manifestants de pénétrer le bois, où se trouve une plate-forme de chantier installée par l’Andra.

Mais le bois fait plusieurs centaines de mètres de long, et peu à peu, les manifestants s’égaillaient tout au long de la lisière. La ligne des gendarmes s’étirait, mais les 72 hommes ne pouvaient contenir l’entrée dans le bois.

La foule pénétrait dans le bois, les gendarmes se retiraient sur leur position initiale, contrôlant la petite route d’entrée conduisant à la plate-forme. A leur propre surprise, les occupants avaient atteint leur objectif : réoccuper la forêt ! Dans l’après-midi, leur centre d’information, vmc.camp envoyait un message : « A Bure, bois de Mandres partiellement reconquis !! Besoin de monde à nouveau, de matos, de bouffe, que les gens viennent construire et dormir cette nuit et toute la semaine. »

Mais entre les arbres, la bataille s’engageait, la vingtaine de vigiles engagés par l’Andra pour protéger sa plate-forme attaquant les occupants à coups de battes de base-ball ou de manches de pioche. Les gendarmes semblaient les laisser agir pour intervenir ensuite. Des tirs de grenades et de lanceurs de balle de défense s’échangeant avec des jets de pierre. Selon vmc.camp, six manifestants ont été blessés par les vigiles et trois autres par les flash-balls. Quatre personnes ont de surcroît été interpellées et gardées à vue.

La situation se stabilisait cependant, gendarmes et vigiles ne parvenant pas à reprendre le contrôle du bois...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

 

Source : https://reporterre.net

 

 

 

 

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