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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 19:22

 

 

« Ce n’est pas pour ça que vous avez été élu(e)s », dénoncent une centaine de personnalités (Daniel Cohn-Bendit, Myriam Martin, Olivier Besancenot, Patrick Chamoiseau, Pierre Laurent, Philippe Lioret, Martine Billard, Lilian Thuram, Richard Moyon, etc.), dans une pétition ouverte  à l'adresse de François Hollande et des élu(e)s de la majorité en pointant les reculs sur les contrôles d’identité, le droit de vote des étrangers, les régularisations: « C'est maintenant qu'il faut mettre  en chantier ces mesures qui feront qu’à l’avenir, l’immigration cessera de n’être considérée que comme "un problème"».



 

Dix années durant, nous avons combattu côte à côte la politique d’immigration dévastatrice de Sarkozy. Nous nous sommes retrouvés dans la rue, devant les préfectures et les centres de rétention, signataires d’innombrables pétitions, parrains et marraines d’enfants, de jeunes et de familles, proclamant notre refus d’une politique stérile et malfaisante qui dévaste des vies et nous déconsidère aux yeux des peuples du Sud. Des milliers de photos et de vidéos, chargées d’émotions, témoignent de ces combats communs.

Même si le candidat François Hollande s’est montré timoré dans ses prises de position sur l’immigration, le 6 mai laissait espérer un véritable changement sur ces questions. Des mesures en faveur des sans papiers, certes, du droit de vote des étrangers, la fin des contrôles au faciès, bien sûr. Mais aussi des gestes qui disent à tous les habitants de ce pays qu’ils sont ici chez eux, qu’ils sont légitimement de ce pays, qu’ils sont ce pays.

Au-delà de ceux qu’elle visait explicitement, les sans papiers, les Roms, les jeunes des quartiers, la politique d’exclusion de Sarkozy atteignait et blessait en réalité toutes celles et tous ceux dont le nom, le prénom, la couleur de peau ou le visage disent que leur patrimoine génétique n’est pas que berrichon, mâtiné, auvergnat et, par ricochet, tous ceux qui vivent avec eux, travaillent quotidiennement ou partagent des loisirs avec eux, les aiment et font des enfants avec eux.

Les mesures courageuses attendues du nouveau président auraient eu valeur de symbole, bien au-delà des catégories directement concernées. Le recul sur les contrôles d’identité, la poursuite de la destruction des bidonvilles Roms, les tergiversations sur le vote des étrangers, le refus répété d’une régularisation massive sont d’inutiles dérobades. Ce n’est pas pour ça que vous avez été élu(e)s. L’électorat de droite, travaillé par l’extrême-droite, ne s’en satisfera pas. La base sociale, le pays réel, auquel le gouvernement devrait s’adresser est déçue, désorientée bientôt dépitée. Il s’agit d’un malaise profond et d’une question grave. Des pans entiers de la société française se sentent exclus, marginalisés, méprisés, suspectés. La précarité et l’exclusion sont les terreaux de l’incivilité et de la délinquance. Quand la seule réponse est la répression, comme ce fut le cas des années durant… et comme cela semble devoir l’être encore, la machine à produire des Mohamed Merah a de beaux jours devant elle. L’actualité le prouve.

Les réponses à ces problèmes existent. Le président Hollande a les moyens de les donner. Tenir bon sur les contrôles d’identité, accorder le droit de vote aux étrangers aux élections locales. Régulariser ceux que la politique de Sarkozy a transformés en sans papiers. Autant de gestes qui affirmeraient publiquement, avec éclat, que les divisions artificielles entretenues délibérément par le régime précédent n’avaient plus lieu d’être. Que le métissage de la population est irréversible et un enrichissement pour tous. Que Mohamed et Aminata sont maintenant des prénoms français comme François ou Valérie et autant que Manuel ou Carla. Que blacks blancs et beurs sont de plein droit de ce pays et qu’ils y ont un avenir commun.

La société y est prête. Les actions de solidarité avec les lycéens sans papiers, avec les parents sans papiers d’enfants scolarisés, avec les travailleurs sans papiers en grève ont mis au jour une évolution en profondeur de la population de ce pays qui se sait métissée, l’assume, voire le revendique. Ce n’est pas pour rien que Yannick Noah, Zinedine Zidane et Omar Sy sont les personnalités préférées!

Certes, les sondages montrent un certain recul de l’opinion sur ces questions. C’est ainsi qu’alors qu’il était très majoritairement souhaité, le vote des étrangers ne le serait plus. Ce n’est pas étonnant: à ce jour non seulement le gouvernement ne s’est pas engagé dans la bataille idéologique qu’il faudrait mener, mais il a même rendu des points au camp d’en face.

Le droit de vote des étrangers, l’acceptation des migrants sans papiers établis en France et la reconnaissance de leurs droits seraient des gestes éclatants à l’adresse de tous ceux qui ne se sentent pas pleinement acceptés et d’abord des milieux populaires précarisés et métissés. Qui pourrait générer quelque chose comme l’enthousiasme de la coupe du monde jadis ou, plus près de nous, celui de la foule mélangée qui, à sa grande surprise, avait accueilli le vainqueur de Le Pen à la Concorde. Mais en mieux.

Sans doute est-il tard. Il aurait probablement été préférable que cette bataille soit engagée dès le début du quinquennat. Mais ce n’est pas une raison pour ne pas la mener. Il n’y a rien à gagner à ménager les thèses de la droite modérée qui suit la droite décomplexée qui elle-même file le train à l’extrême-droite.

Il y a urgence à engager cette bataille pour rendre la fierté d’appartenir à la société aux catégories exclues et adresser un message de fraternité à toutes celles et tous ceux perpétuellement renvoyés à leur condition « d’immigré », de la première, de la deuxième, de la nième génération, comme une éternelle malédiction.

A ce jour, l'action du gouvernement ne soulève guère d’enthousiasme. Il y a pourtant urgence ! Pour aboutir, pour triompher des idées toutes faites et de l’immobilisme, ces réformes doivent être mises en chantier très vite, dans les premières semaines, les premiers mois tout au plus, du mandat d’un président nouvellement élu, symbolisant la rupture avec l’ordre ancien et mettant au jour des évolutions en profondeur des mentalités.

C’est maintenant, dans les semaines qui viennent qu’il faut mettre ces réformes en chantier, celles qui resteront dans l’histoire comme l’acquis de François Hollande. Les mesures qui feront qu’à l’avenir, l’immigration cessera de n’être considérée que comme « un problème ». Ca ne règlera pas tout le reste. Mais ce sera quand même un progrès. Un vrai. Et, peut-être, la mise en mouvement du potentiel d’énergie, de créativité et d’enthousiasme aujourd’hui bridé par le poids du passé.

Pour s'associer à cet appel:  www.lapageaecrire.org

 

Premiers signataires:

Gabriel Amard, Président de la Communauté d'agglomération Les Lacs de l'Essonne et Président de l’association des élu(e)s du PG et apparentés, «La gauche par l’exemple»
Michel Andrieu, cinéaste
Eliane Assassi, Présidente du groupe CRC  au Sénat
Dante Bassino, responsable commission migration PCF Paris
Francine Bavay, présidente de  ECVF (élus contre les violences aux femmes), conseillère régionale EELV
Delphine Beauvois, Secrétaire nationale du Parti de Gauche à l'égalité Femmes-Hommes
Willy Beauvallet-Haddad, Enseignant-Chercheur, Collaborateur parlementaire
Tarek Ben Hiba, Conseiller régional Ile-de-France, président de la Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR)
Mohamed Ben Said, médecin, UTAC (Union des Tunisiens pour l'Action Citoyenne), membre de la FTCR
Richard Béraud, Secrétaire général de la FERC-CGT
Olivier Besancenot, porte-parole du NPA
Jean Bigot, producteur de films
Alain Bihr, Professeur émérite de sociologie à l'Université de Franche-Comté
Martine Billard, Co-présidente du Parti de Gauche
Damien de Blic, Maître de conférence en science politique à l'Université Paris 8
Antoine Boulangé, militant antiraciste, syndicaliste enseignant
Alima Boumediene-Thiéry, juriste internationale, ex-parlementaire, responsable associative
Ian Brossat, Président du groupe PCF/PG au Conseil de Paris
Philippe Camo, conseiller régional PCF
Laurent Cantet, cinéaste
Maria Grazia Catelli, chercheur en biologie médicale, retraitée
Brigitte Cerf, RESF Paris, syndicaliste FSU
Patrick Chamoiseau, écrivain
Christiane Chombeau, Conseillère municipale de Colombes, Secrétaire nationale du PG
Clarika, chanteuse
Daniel Cohn-Bendit, Député européen
Yves Contassot, Conseiller de Paris
Eric Coquerel, Conseiller régional IDF et secrétaire national du PG
Alexis Corbière, Conseiller de Paris, secrétaire national du Parti de Gauche
Michel Corbou, auteur photographe
Didier Daeninckx, écrivain
Jacques Daguenet, adjoint au maire paris 11eme, divers gauche
Jean-Michel Delarbre, RESF 93, membre du Comité central de la LDH
Pierre Olivier Deschamps, photographe
Marie-Jésus Diaz, photographe, RESF 94
Marc Dolez, Député du Nord du Parti de Gauche
Nathalie Edme-Fessol, RESF Belgique
Mireille Fanon-Mendès-France, experte ONU, groupe de travail sur les personnes d'origine africaine
Eric Fassin, sociologue, Paris VIII
Hélène Franco, membre du BN du PG en charge des questions de justice et libertés
Jacques Gaillot, Evêque de Parténia
Jean Ganeval, Délégué régional LDH IDF pour le comité régional de la LDH Ile de France
Pierre Garçon, plasticien sculpteur, co-secrétaire du SNAPcgt
Armelle Gardien, RESF 92
Vincent Gazeilles, Conseiller général des Hauts-de-Seine
Riva Gherchanoc, membre du bureau national du PG, animatrice de la commission Migrations
Pierre Gineste, Association pour une citoyenneté européenne de résidence (ACER)
Frédéric Goldbronn, cinéaste
Serge Guichard, Président de l’ASEFRR (Association de Solidarité en Essonne aux familles Roumaines, Roms)
Jean-Louis Hess, artiste
Michel Husson, économiste à l'IRES, membre du Conseil scientifique d'Attac
Albert Jacquart, professeur en humanistique
Odile Jouanne, RESF 78
Christiane Klapisch-Zuber, Directrice d'études à l'EHESS
Pablo Krasnopolsky, RESF 94, syndicaliste  CGT
Jean-Marc Lachaud, Philosophe, Professeur des Universités, Université de Strasbourg
Pierre Lafrance, RESF 94
Pierre Laurent
, sénateur de Paris et secrétaire national du PCF
André Landrain, militant du réseau Migrations-citoyenneté, PCF 92
André Lejarre, photographe, Paris
Pascale Lenéouannic, conseillère régionale IDF, secrétaire nationale du PG
Jacques Lerichomme, Conseiller régional PACA, Gauche Unitaire
Philippe Lioret, cinéaste
Isabelle Lorand, Secrétaire nationale, responsable du secteur libertés et droit de la personne du PCF
Martine Maleval-Lachaud, Maîtresse de Conférences, Arts contemporains, Université de Lorraine
Noël Mamère, Député EELV
Jean-Claude Mamet, Romainville
Elisa Martin, conseillère régionale Rhône Alpes
Myriam Martin, Porte-parole Gauche Anticapitaliste
David Mbanza, Conseiller régional Ile de France
Nathalie M'Dela-Mounier, écrivain
Christophe Miqueu, membre du Bureau national du PG
Claire Monod, Conseillère Régionale IdF, Vice présidente du groupe EELV
Professeur Marie-Rose Moro, université Paris Descartes
Richard Moyon, RESF 92
Laurent Mucchielli, sociologue
Sylvain Mustaki, producteur de spectacles, Rock sans papiers entre autres       
Nadia Nguyen Quang, RESF 91
Claude Pascal, journaliste, Paris
Guillaume Pigeard de Gurbert, Professeur de philosophie de première supérieure
Patrick Pelloux, médecin, syndicaliste
Patrick Peugeot, président de la Cimade
Christian Picquet, Porte-parole Gauche Unitaire
Christine Poupin, porte-parole du NPA
Philippe Poutou, porte-parole du NPA
Catherine Rauscher, artiste peintre
Jacqueline Reynier, artiste Plasticienne
Christophe Ruggia, cinéaste
François Salvaing, écrivain
Laurence Sauvage, Conseillère régionale Nord Pas-de-Calais, secrétaire nationale Front des Luttes
Michel Séméniako, photographe
Judith Shan, Conseillère régionale Ile de France
Danielle Simonnet, Conseillère de Paris, secrétaire nationale du PG aux Migrations
Anthony Smith, responsable CGT Ministère du Travail, Châlons en Champagne
Mylène Stambouli, avocate, Paris
Pierre Tartakowsky, président de la LDH
Michel Tavet, conseiller municipal PCF de Neuilly sur Marne
Jean-Pierre Thorn, cinéaste
Lilian Thuram,  président de la fondation éducation contre le racisme
Catherine Tourier, RESF Lyon
Marcel Trillat, journaliste, réalisateur
Jérôme Valluy, Professeur de sociologie politique à l'Université Panthéon-Sorbonne-Paris 1
Agnès Verdurand, RESF
Marie-Christine Vergiat, Députée européenne
Brigitte Wieser, RESF 75
Henriette Zoughebi, Vice-présidente du Conseil régional Ile de France, PCF groupe Front de gauche

 

 

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Ils réagissent
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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 19:03

 

(Une bonne vingtaine de participants).

 

A-Discussions sur l’action de Samedi contre Vinci :

 

Résumé des faits :

En soutien aux opposants à Notre Dame des Landes nous appelons à une action symbolique contre les intérêts du principal (et probablement seul) bénéficiaire de l’histoire : le groupe de BTP Vinci. Un parking Vinci est voisin de la Place de la Maison Carrée où nous tenons nos assemblées. Il est décidé de le ‘tagguer’ et de bloquer l’entrée.

Une quarantaine de personnes d’horizons divers se déplacent et se rassemblent place de la Maison Carrée, certaines venues de loin. Avec la banderole et les affichettes conçues sur place dans l’après midi, nous nous rendons en groupe devant l’édicule de l’ascenseur du parking et le barbouillons de blanc de Meudon (Ayrault plane, Vinci vole, Non à l’Ayrault-porc etc…). L’un d’entre nous, à la demande de tous, monte sur l’auvent de l’entrée et scotche quelques tracts en haut pour compléter le taggage.

Une voiture de police arrive alors. Un seul policier intervient vraiment pour faire descendre le grimpeur, allant jusqu’à lui attraper les jambes hors qu’il est encore là-haut. On le fait descendre et le policier, assez arrogant et agressif, l’empoigne et l’entraîne sans ménagements vers la voiture. Nous nous interposons en groupe devant lui, demandons ce qu’on lui reproche, nous tentons aussi un dialogue tout en essayant de retenir notre ami. Obstination policière ? Nous recevons au passage quelques baffes et des coups de pieds violents. Quelle menace étions nous ?

D’autres policiers arrivent,  sortent leurs bombes lacrymogènes, nous aspergent copieusement à bout portant, dispersant le groupe. Le tout a duré moins de deux minutes.

Le copain est emmené menoté et nous irons en délégation le récupérer au commissariat principal, gardé par une rangée de flics qui en barre l’entrée derrière leurs boucliers. Simple contrôle d’identité, pas de poursuites (= pas de motifs de poursuite, pas d’infraction grave). Nous déposons une main courante pour témoigner de ce qu’il s’est passé.

 

En guise de bilan: il ressort des discussions à propos de cette action

-démarrage très lent.

-action mal définie, objectif flou.

-pas de rôles attribués :personne pour s’interposer ou discuter avec la police, personne pour filmer.

-pas assez de matériel (pinceaux, scotch…)

Certains ont de plus notés une certaine ‘agressivité’ du rassemblement et d’autres souligné  que le geste de peindre est interprétable comme étant relativement agressif si l’on ne sait pas de quelle sorte de peinture il s’agit.

D’autres se sont sentis entraîné à participer à quelque chose qu’ils n’avaient pas prévu ou compris.  D’autres se sont posés la question de l’image que nous renvoyons en faisant de telles actions.

 

Globalement, un amateurisme de gribouilles en quelque sorte.  

 

Il est clair pour tout le monde que la prochaine fois on essayera de mieux définir les rôles, les répartir, imaginer des scénarios probables. Pour une meilleure expression il faudrait aussi mieux définir l’action, son objectif, sa pertinence, le message transmis. Il vaudrait mieux être plus nombreux pour en discuter avant, tenir compte des impressions ou des expériences diverses.

Ces critiques sont constructives, même si elles viennent après coup, cette réunion est un bilan, avec forcément des leçons à tirer.

 

Par contre il y a plusieurs réponses aux critiques concernant l’agressivité du rassemblement et de l’action :

-nous avons dit : rassemblement pacifique et c’est bien ce qui a eu lieu, de notre part. Pour un simple contrôle d’identité nous avons été bousculés, frappés, gazés. Qui a perdu son contrôle ?

-nous avons dit à l’annonce de l’action : pas de dégradation réelles et sur place nous avons expliqué la nature de ce que nous allions faire : peindre au blanc de Meudon, bloquer l’entrée auto du parking, scotcher des affichettes. Chacun était libre de participer ou non, d’accompagner ou d’être spectateur.

-nous avons choisi un bien inoffensif moyen de protester et il n’y avait pas lieu d’imaginer milles scénario pour une action aussi basique. Le geste de peindre, même ouvertement sous l’œil des caméras qui parsèment les lieux, est une provocation assez tiède, elle n’est pas la cause de la violence, même si elle a pu être mal interprétée par le policier.

 

Il faut noter que c’est un concours de circonstances qui a fait le dérapage :

-nous n’avons pas informé préfecture ou ‘RG’ de notre action. Nous n’informons jamais les autorités de nos actions, nous ne sommes pas tenus de le faire et nous ne le voulons pas.

Certes si nous l’avions fait la police serait peut-être restée en simple observation et il ne se serait rien passé. Et c’est bien là le problème : un policier zélé, s’est alors mêlé de défendre ‘sa République et son autorité’, gravement menacées apparemment. Il a du agir de la manière dont il se sentait autorisé à le faire (même s’il a rajouté quelques fioritures de son cru…) et c’est assez révélateur des moeurs usuels et quotidiens d’une police chauffée à blanc par la propagande sécuritaire et l’obligation de rendement (la productivité, c’est un certain choc...).

  

Sur la question de l’image que nous renvoyons au public renversons le problème : quelle est l’image qu’a donné la police et le gouvernement?

La communication lisse et tolérante n’a pas ici marché. On nous désigne comme des agitateurs professionnels, des extrémistes d’ultra gauche…

Intolérance, brutalité, violence disproportionnée c’est bien eux qui ont renvoyé une sale image qui éclaire un peu mieux le réel.

 

Ceci étant, nous n’agissons pas que pour faire des images. Nous agissons parce que nous pensons que nous avons d’excellentes et très (trop) nombreuses raisons de nous opposer aux politiques qu’on nous impose.

 

Pour conclure l’assemblée a décidé :

1) De séparer plus nettement l’action du collectif arbre et du stand d’information de celle de ce qu’on peut baptiser de ‘collectif informel et provisoire de soutien aux opposants à Notre Dame des Landes’. Si les objectifs sont les même, les moyens diffèrent, à chacun de choisir ce qu’il pense devoir faire.

2) De réunir les témoignages sur ce qu’il s’est passé et de faire une lettre d’information au Procureur de la République, au préfet et au commissaire principal. La lettre doit rappeler nos intentions non violentes, décrire et interpeller sur les méthodes utilisées contre nous.

3) De refaire, ce Samedi une action similaire, sans peinture cette fois

 

 

B. Les protestations sociales

Nous ne sommes pas les seuls à lutter, bien d’autres gens font les mêmes constatations que nous et s’insurgent contre la logique monolithique des défendeurs du capitalisme pur et dur, contre le mensonge et la désinformation sur les conséquences réelles de ce qu’ils appellent un ‘choc de compétitivité’.

L’austérité pourquoi faire ? Pour rembourser la dette jusqu’au moindre sou et en reprendre encore et encore ? L’austérité pour perpette en oubliant que le nombre des salariés licenciés ou constamment menacés de l’être, que les chômeurs en fin de droits, que les gens qui survivent de petits boulots instables est de plus en plus grand et que c’est tout le corps social qui s’en trouve déstabilisé pour longtemps ? En oubliant que les plus ardents défenseurs de ce système qui concentre les richesses et généralise la misère sont bien évidemment ceux qui en profitent le plus. Ils ont l’argent, ils achètent l’opinion et placent leurs amis en politique pour se garantir la force de la Loi.

Un certain nombre de gens pensent qu’il est grand temps que chacun se mobilise pour défendre ses droits, au travail comme ailleurs. La contestation des hiérarchies établies et du verrouillage des institutions grandit. De plus en plus sentent qu’il ne s’agit plus seulement de résister mais de passer à une offensive, vaincre ou mourir en quelque sorte.

 

Le 14 Novembre, dont on a déjà parlé à maintes reprises, l’Assemblée du 06.11, ne sachant rien des intentions d’autres mouvements qui viennent  de les déclarer aujourd’hui, pensait appeler à un rassemblement sur la Place de la Maison Carrée.

Il n’est évidemment pas nécessaire de faire plusieurs rassemblements et nous nous joindrons donc au gros du cortège puisqu’une manifestation jusqu’à la Préfecture est prévue. Notre tract est prêt ou en cours d’impression à cette heure, nous informerons de toutes les initiatives et appel à participation.

 

Le  15 Décembre une manifestation d’initiative locale est en préparation. Il est important qu’elle réussisse à réunir le plus de monde possible. Elle est le prolongement et un jalon dans une lutte unitaire contre le chômage, la précarité et la casse sociale, en faisant le lien avec les conflits sociaux en cours dans divers secteurs (PSA, Sanofi etc..). La préparation est en cours et nous y participerons. Lundi nous serons présents à la réunion du 12 novembre à 19 h salle 2 de Pablo Neruda. (Qui ira d’ailleurs ?)

C’est une dynamique unitaire qui s’enclenche, qu’elle vienne du mouvement syndical est un signe encourageant de radicalisation, du passage de la négociation à la revendication. La participation de diverses organisations permet d’élargir la mobilisation. La volonté de rallier les chômeurs et tous ceux qui sont isolés des luttes sociales (pour diverses raisons) est grande. La manifestation traversera les quartiers populaires de Nîmes, c’est bien aux 99% que l’on s’adresse.

 

Nous ne quémandons pas une aumône à nos patrons, nous ne nous satisferons pas de petits arrangements partiels. Ce n’est pas du ‘pouvoir d’achat’ qu’il s’agit d’obtenir, mais la possibilité d’avoir un travail et une vie digne, de se loger, se nourrir, s’habiller, faire grandir et espérer nos enfants qui croient en la fin du monde pour demain…On nous refuse de satisfaire ces simples besoins, nous coûtons trop cher. Pourtant, pour la plupart, nous savons qu’un peu de décroissance volontaire est nécessaire.

Mais nous savons que c’est au nom d’une logique hautement contestable qu’on nous impose rigueur et austérité, que la volonté de s’attaquer réellement aux désordres de notre temps est totalement étrangère à l’oligarchie qui nous gouverne car elle est à la fois trop engagée dans la défenses de ses intérêts, trop arrogante dans ses certitudes car enfermée dans des schémas de pensée obsolètes, faux et dépassés. Il n’y a aucune place pour nous dans leurs calculs, ils ne nous offrent aucun avenir, ils définissent les règles du jeu et se réservent le droit de tricher.

L’addition est lourde, qu’ils dégagent…

 

C. Pour finir : nous ferons une brocante, Dimanche place St Charles, la dernière de l’année. Il faut aller trier et emmener ce qu’on a de meilleur, samedi matin…et si vous avez des choses qui vous encombrent, amenez les donc…

 

  

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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 18:59

 

Marianne

 Vendredi 9 Novembre 2012 à 05:00

 

Journaliste à Marianne, notamment en charge des questions de santé En savoir plus sur cet auteur

 

Infirmières et médecins préssurés, patients traités tant bien que mal, l'hôpital est étouffé par les politiques financières imposées sous le précédent quinquennat.


(ZEPPELIN/DEMANGE/SIPA)
(ZEPPELIN/DEMANGE/SIPA)
Une hémorragie. Aux urgences, en médecine interne, dans les couloirs encombrés de brancards des établissements de santé parisiens, lyonnais ou orléanais, partout la même effusion, de plus en plus difficile à contenir : les soignants battent en retraite, épuisés par la désorganisation des hôpitaux publics depuis une dizaine d'années. «Je me sens devenir impuissant pour diriger le service. Nos moyens sont trop insuffisants ou inadaptés en regard de l'activité qui ne cesse de croître et de se compliquer», écrivait, début septembre, le Dr Pierre Taboulet en démissionnant de la chefferie des urgences de l'hôpital Saint-Louis (Paris). «Les conditions minimales ne sont plus réunies pour que nous puissions continuer à prendre en charge nos patients, tous, sans discrimination, dans la dignité», renchérissaient, quelques semaines plus tard, les Drs Adrien Kettaneh, Kiet Phong Tiev et Cécile Toledano en claquant la porte du service de médecine interne d'un autre hôpital parisien, Saint-Antoine.  

Endetté, soumis à des réductions budgétaires drastiques, plombé par des emprunts toxiques, pressuré par des objectifs de rentabilité, l'hôpital souffre. Et avec lui les soignants et les soignés. «La pression exercée sur le personnel est délétère : importante démotivation, mouvements de colère, augmentation de la souffrance au travail, augmentation de l'absentéisme, difficultés de recrutement», ne peut que constater Bernard Granger, psychiatre à l'hôpital Tarnier et un des animateurs du Mouvement de défense de l'hôpital public (MDHP). Un tiers des postes de praticiens ne sont pas occupés par des titulaires, les anesthésistes-réanimateurs ne sont plus assez nombreux, les infirmières manquent à tous les étages.

Grâce à une politique de recrutement attractive et à des primes d'installation de 2 000 €, les Hospices civils de Lyon (HCL) ont pu recruter 820 infirmiers en 2011-2012. Une soixantaine de postes sont toujours vacants. Idem à l'Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM), où le manque d'infirmières a été quelque peu comblé, passant de 200 en 2011 à 30 en 2012. Mais pour combien de temps ? Le turn-over est énorme dans la profession.

De l'AVC au rhume

L'usure des personnels s'accentue à mesure que l'hôpital se mue en véritable refuge, dernière soupape d'une société en voie de précarisation. L'afflux aux urgences, exponentiel depuis que les médecins libéraux ne prennent plus de gardes, devient de plus en plus ingérable. «Chaque année, on enregistre 10 passages quotidiens en plus. Tout ça avec des moyens, eux, constants», explique Hélène*, assistante sociale dans un service d'urgences parisien. Aux accidentés graves, aux victimes d'AVC ou de malaise cardiaque se sont ajoutés des travailleurs pauvres enrhumés, des classes moyennes grippées qui ne trouvent plus les moyens de se soigner ailleurs, des familles à la rue faute de place dans les hébergements du Samu social... En dix ans, les passages aux urgences ont doublé, jusqu'à atteindre 17 millions par an.

«Nous ne refusons personne. On prend, on prend, sans avoir de moyens. Le personnel finit par craquer, poursuit Hélène, épuisée de ne pouvoir apporter de solution à tous ces gens. Je suis attachée au service public, mais je ne me vois pas continuer encore longtemps. Ce n'est pas tant en raison de mes conditions de travail. Plutôt à cause du peu de perspectives qu'on offre aux patients. Partir, c'est encore ce qu'il y a de plus honnête pour soi, pour les patients.»

Il faut que ça dépote

Une des causes de ce mal qui ronge l'hôpital public et la foi des plus acharnés se résume en trois lettres : TAA, la tarification à l'activité, introduite en 2004. A cette époque, les pouvoirs publics veulent en finir avec la dotation globale et réduire le déficit hospitalier. La TAA doit permettre d'améliorer la gestion hospitalière. Chaque acte médical est tarifé et les établissements sont payés en fonction des actes.

En 2009, la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST), concoctée par Roselyne Bachelot, apporte le coup de grâce : les mots mêmes de «service public hospitalier» disparaissent des textes, public et privé sont mis en concurrence. L'hôpital entreprise est né ! Des économies sont faites sur les personnels. Ceux qui restent sont priés d'être «efficients». Consigne est donnée d'«optimiser le codage» des actes. «Les hôpitaux ont tout intérêt à favoriser les activités qui rapportent. Quitte à tricher, en multipliant les actes ou en les surcotant», indique Bernard Granger.

Dans les services, il faut que ça dépote. Les ressources matérielles et humaines sont mutualisées - à moins que vous ne soyez un «mandarin» à fort pouvoir médiatico-politique, à qui on ne refuse rien, même pas ses exigences coûteuses et inutiles. Le moindre soin est soumis à toute une montagne de procédures. Des indicateurs de qualité mesurent l'efficacité des services. Aux urgences, les délais d'attente doivent être réduits. Tant pis si le taux de retour croît d'autant plus que le passage est rapide... Aux soins palliatifs, il faut mourir en vingt et un jours, sans quoi on vous envoie dans un autre service, dans un autre établissement. «Pour l'administration, le malade ne représente plus grand-chose», se désole un médecin hospitalier. Dans leur culte de l'indicateur, les «panseurs» autoproclamés de l'hôpital avaient même envisagé d'afficher le taux de mortalité de l'établissement dans le hall d'entrée !

«Les procédures, le management par la performance, aboutissent à une perte de motivation et d'argent phénoménale», estime une toubib. «On est tout le temps sur le fil du rasoir. Il ne faudrait pas grand-chose pour que ça craque», souligne Joséphine, secrétaire médicale. Pourtant, la machine tourne ! «L'hôpital fonctionne encore parce qu'on pense aux patients, parce que l'on a à cœur que le service public de santé continue à remplir son rôle», renchérit Nathalie, infirmière à l'hôpital Beaujon, à Clichy. La soignante, aussi doctorante, planche actuellement, avec le soutien de la direction, sur l'évolution du métier d'infirmière hospitalière, prenant en compte les besoins des patients, les contraintes de la démographie et des impératifs économiques.

Carte Vitale contre carte Gold

«La finalité de l'hôpital, c'est la santé des gens, pas gagner de l'argent», rappelle Bernard Granger. A l'ère de la rentabilité à tous crins, les besoins de santé sont quelque peu occultés. En tout cas, ils ne sont plus prioritaires. C'est ainsi que l'été des lits sont fermés pour permettre aux personnels de dégonfler un peu leur compte épargne temps, saturé de jours de récup. Ailleurs, les activités jugées peu rentables, comme les centres d'IVG, sont laissées à l'abandon.

Pendant ce temps-là, quelques «médecins stars» utilisent les moyens de l'hôpital pour soigner leur ego, qui en exigeant la création d'un service là où il n'y en a pas besoin, qui en oubliant sa fonction de soignant à force de cumuler trop de casquettes, qui en explosant les compteurs légaux d'activité libérale... Les dépassements d'honoraires, véritable plaie de l'hôpital. Ce sont dans les couloirs aseptisés des établissements publics que sont facturés les plus extravagants, les plus excessifs. Dans l'opacité la plus totale. Paradoxe de l'hôpital public français : à mesure que l'accueil des patients qui n'ont qu'une carte Vitale se détériore, ceux qui dégainent la carte Gold ont droit à un traitement de VIP.

>> Lire aussi : Quand se soigner devient un privilège 

Un rendez-vous en privé s'obtient plus rapidement qu'une consultation en public. Pour obtenir une chambre simple, il faut banquer. Les patients les plus fortunés peuvent même s'offrir un «garde-malade» pour les veiller la nuit. «Le système de santé est devenu commercial, c'est très dangereux», s'alarme André Grimaldi, diabétologue et grand défenseur d'une santé égalitaire. L'arrivée prochaine de riches étrangers prêts à aligner les «biffetons» pour profiter de l'excellente réputation de la médecine française risque bien d'institutionnaliser l'hôpital à plusieurs vitesses. «Ces patients auront certainement des exigences particulières, demanderont des passe-droits. Pourquoi pervertir notre système ?» interroge André Grimaldi.

En pleine débandade financière, les hôpitaux ne rechignent pas à gratter un peu d'argent où ils le peuvent : tournages de films et de séries, ventes du patrimoine immobilier, développement d'activités non essentielles mais qui «rapportent», comme la chirurgie esthétique ou de l'obésité...

Le candidat Hollande avait promis que, lui, président, l'hôpital ne serait plus considéré comme une entreprise. Début septembre, Marisol Touraine, la ministre de la Santé, a lancé un «pacte de confiance» pour l'hôpital public. Laminés par le quinquennat précédent, les soignants attendent énormément du nouveau gouvernement, ils veulent que les paroles se transforment en actes. Sans quoi l'hémorragie reprendra de plus belle. C.C.

* Le prénom a été changé.

CONSOMMATION DE SOINS ET BIENS MÉDICAUX (2011)

Soins hospitaliers : 83,6 milliards d'euros (dont 63,8 dans les établissements publics)

Soins de ville : 45,7 milliards d'euros

Transports de malades : 3,9 milliards d'euros

Médicaments : 34,7 milliards d'euros

Autres : 12,2 milliards d'euros

Total : 180,1 milliards d'euros, pris en charge à 75,5 % par l'assurance maladie

L'ACTIVITÉ PRIVÉE À L'HÔPITAL

12 % des médecins du public ont une activité privée à l'hôpital (soit 4 500 blouses blanches). Un peu plus de 1 800 d'entre eux fixent librement le prix de leurs honoraires.

La moyenne des dépassements varie de 68 à 408 % du tarif de la Sécu pour une quarantaine d'actes

(Source : 60 Millions de consommateurs.)
 

* Article publié dans le numéro 811 du magazine Marianne paru le 3 novembre 2012

 

 

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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 18:48

Lire aussi

C’est devant l’Assemblée nationale que Stéphane Gatignon, maire Europe Écologie de Sevran, a décidé de débuter ce vendredi son action de la dernière chance : une grève de la faim. « On est à bout », explique l’élu, alors que le Parlement étudie actuellement le budget national et qu’il se penchera mardi sur la question des finances locales. « Cela fait 11 ans que je suis maire de Sevran et 11 ans que je fais face à une situation de pénurie financière structurelle, aggravée par la crise économique. Aujourd’hui je suis acculé. C’est ma dernière cartouche. Si on ne prend pas ce problème à bras-le-corps, moi demain je ne peux pas payer les employés municipaux et donc fournir les services de base à mes administrés, je ne peux pas payer les entreprises qui travaillent au renouveau de la ville de Sevran… Je n’ai pas d’autre choix. »

 


 

Ce « problème », c’est l’extrême difficulté pour les villes les plus pauvres de l’Hexagone à boucler leur budget annuel. Pour une ville comme Sevran et ses 51 000 administrés, les ressources de la municipalité sont réduites à peau de chagrin puisque dépendant fortement d’une taxe professionnelle très faible dans les zones sinistrées économiquement. Comme de nombreuses villes du Nord-Pas-de-Calais au Languedoc-Roussillon, en passant par la Seine-Saint-Denis, les villes comme Sevran, qui ont perdu une grande partie de leur activité à la suite de fermetures d’usine (Kodak, Westinghouse…), tirent la langue.

« C’est bien simple, par rapport à la moyenne des villes de 50 000 habitants, Sevran touche 30 millions d’euros de moins de budget chaque année. On est obligé d’augmenter les impôts locaux pour subsister mais il arrive un moment où on ne peut plus tirer sur la corde », explique le maire. « On en est rendu à une situation ubuesque où mes administrés, dont 16 % sont au chômage (près de 40 % chez les jeunes), qui ont des revenus inférieurs de moitié à la moyenne nationale, payent plus d’impôts locaux que ceux qui vivent dans les villes riches. »

Il suffit de se promener dans les rues de Sevran pour se rendre compte que la crise touche bien de plein fouet les collectivités locales. Selon Malik, un jeune Sevranais, les associations sportives municipales par exemple se réduisent chaque mois un peu plus, faute de subventions adéquates. « Il y a de moins en moins d’animateurs, de moins en moins de matériel… À Sevran, on n’a jamais eu les installations du Paris Saint-Germain, mais là ça devient pire que tout. Comment voulez-vous que les jeunes aient envie de participer, même les bâtiments partent en morceaux…»

Ce que veut éviter à tout prix Stéphane Gatignon, c’est l’exemple de la ville de Grigny. Dans une situation économique quasi similaire à celle de Sevran mais avec moitié moins d’habitants, Grigny a été mise en 2009 sous tutelle du préfet de l’Essonne, qui gère depuis ses finances. Résultat : une augmentation de 44,25 % de la taxe d’habitation et de 50 % de la taxe foncière, des coupes drastiques dans le fonctionnement de la mairie et des services municipaux (crèches, bibliothèques, conservatoire, équipements sportifs…). De quoi ghettoïser un peu plus une ville qui n’avait pas vraiment besoin de cela. « C’est l’absence de ce type de services qui pousse les familles un peu plus riches, ou en tout cas pas complètement pauvres, à déserter des villes comme Sevran, explique le maire. Vous pouvez construire autant de logements que vous voulez, les seuls qui viendront y habiter ce sont les familles précaires qui n’ont pas d’autre choix, tous les autres iront ailleurs… »

Sevran jaloux de Gennevilliers

Pourtant, Stéphane Gatignon, lui, se dit tout à fait pour une gestion serrée de sa mairie. « De toute façon, vu la situation actuelle, si on serre plus la ceinture, on attaque l’os. La rigueur, on connaît, je vous assure », plaisante-t-il. « On a tout de même baissé le nombre de salariés à la mairie de 25 %, ce n’est pas rien. » Mais pour lui, le problème est plus ample.

Son plus gros combat, c’est que cette gestion serrée soit partagée par toutes les communes de la région. Que l’effort soit partagé par les voisins. Dans l’intercommunalité de Sevran, on retrouve Villepinte, une commune moyenne, et surtout Tremblay-en-France, beaucoup plus riche, notamment grâce à l’aéroport de Roissy et à l’installation du siège social d’Air France sur son territoire. « Rentrer dans cette intercommunalité a rendu Sevran la pauvre artificiellement un peu plus riche. Comme certaines aides prennent en compte les revenus de l’intercommunalité, Sevran touche moins d’aide et Tremblay en touche plus », fait remarquer Stéphane Gatignon. (Voir les explications sur les différentes aides sous l'onglet Prolonger.)

 

La mairie de Sevran 
La mairie de Sevran
« Je ne demande pas la mise en place d’un nouvel impôt, ni de trouver de nouvelles ressources, celles qui existent sont suffisantes, il faut mieux les redistribuer », explique-t-il. Par exemple, la Dotation de solidarité urbaine (DSU), une aide de l’État aux communes confrontées à une insuffisance de ressources, devrait selon le maire être redistribuée aux 100 communes les plus pauvres et non pas aux 250 comme c’est le cas. « Une ville comme Gennevilliers par exemple, qui touche de fortes sommes en taxe professionnelle grâce à son port fluvial, a reçu cette année plus de 3 millions d’euros d’aide de l’État, alors qu’au niveau de l’Île-de-France, elle est considérée comme trop riche et reverse donc de l’argent au fonds de solidarité de la région », estime Stéphane Gatignon.

Une déclaration qui fait bondir le maire communiste de Gennevilliers, Jacques Bourgoin, qui met en avant la situation sociale très défavorisée de sa population : « À Gennevilliers, les revenus mensuels par personne sont les plus bas du département des Hauts-de-Seine, près de 50 % des foyers fiscaux ne sont pas imposables, le taux de chômage atteint les 17 %, la part des ménages touchant le RSA est de 13 %. Au classement des communes d’Île-de-France dont les populations sont les plus pauvres, Gennevilliers figure à la 19e place sur 1 242 communes, Sevran est à la 21e place. »

« La population de Gennevilliers, aussi pauvre que celle de Sevran, a autant besoin de services publics de qualité : logements, santé, culture, éducation », conclut le maire de Gennevilliers, même s'il se dit lui aussi « favorable à l’instauration d’un système de péréquation à l’échelle nationale et régionale ». En clair, si Gennevilliers doit reverser une aide au Fonds de solidarité de l’Île-de-France, c’est parce que celui-ci ne prend pas en compte la réalité sociale de la population, contrairement au Fonds de solidarité urbaine de l’État.

« Ma volonté par cette démarche n’est pas de monter une ville contre une autre », précise Stéphane Gatignon« je ne cherche pas à déshabiller Pierre pour habiller Paul, je dis juste qu’il y a un vieux système rigide en France qu’il faut réformer. Il y a des villes riches dans la région (Paris, Puteaux), il faut qu’elles acceptent une redistribution des cartes. Il y a suffisamment d’argent pour tout le monde. Il faut que les élus arrêtent de vouloir s’en sortir tous seuls, grâce au copinage avec le préfet, ou en se satisfaisant de ce qu’ils ont avec pour seul objectif d’être réélus. »

 

La stratégie des coups médiatiques

 

 

Au ministère de la Ville, les gesticulations de Gatignon commencent à faire grincer des dents. On indique d’ailleurs que des aides supplémentaires ont déjà été débloquées pour 2013 : +120 millions d’euros de dotation de solidarité urbaine (DSU), +50 millions d’euros d’augmentation pour la Dotation de développement urbain (DDU) reversée aux 100 communes les plus pauvres…

« C’est un effort de péréquation sans précédent qui est ainsi proposé pour 2013 », explique, dans une lettre ouverte à Stéphane Gatignon, le ministre délégué à la Ville François Lamy, avant d’assurer que la porte du ministère est grande ouverte à l'élu, « sans qu’il y ait besoin de recourir à la pression médiatique ».

Joint par Mediapart, le service du ministre de la Ville se veut apaisant : « Le fait de cibler la Dotation de solidarité urbaine (DSU) plus particulièrement sur les 100 villes les plus pauvres plutôt (plutôt que sur les 250 actuellement - ndlr) est étudié par le ministre. Il compte rencontrer M. Gatignon et a confié il y a un mois au maire de Sarcelles, François Pupponi, une mission de consultation qui doit rendre son rapport fin janvier 2013 », explique-t-on au cabinet du ministre.

Pour l’instant, Stéphane Gatignon dit ne pas avoir entendu parler d’une rencontre avec le ministre et ne compte donc pas fléchir sans avoir obtenu des réformes structurelles qui lui permettraient d’arrêter de venir « mendier chaque année pour ne pas mettre la clé sous la porte ».

« L’autre problème, dans ce système, c’est que le tout libéral est devenu la norme dans le monde des collectivités locales, sans prendre en compte le fait que nous soyons là pour répondre à des besoins sociaux, de proximité avec la population, et non avec des visées commerciales. Or aujourd’hui, on a institutionnalisé le fait qu’une collectivité locale devait être gérée comme une entreprise », assure Stéphane Gatignon.

L'édile prend l’exemple des prêts bancaires inévitables pour boucler un budget municipal. « Comme il y a eu des faillites de municipalités en Espagne ou au Royaume-Uni, les banques ne prêtent plus qu’aux villes riches, qui ont les reins assez solides pour rembourser, ou alors avec des taux toxiques, ce qui fait que certaines communes ont des prêts à 25 % d’intérêts aujourd’hui en Seine-Sant-Denis. Le problème, c’est que l’État et la Caisse des dépôts ne prêtent plus non plus. » 

 

Stéphane Gatignon dans son bureau, à la mairie de Sevran 
Stéphane Gatignon dans son bureau, à la mairie de Sevran© RC

Il y a même « pire » selon le maire. « Ce sont les communes qui prêtent de l’argent à l’État, lequel met des années à nous rembourser les programmes de rénovation urbaine mis en place dans la ville mais avec l’aval du gouvernement… Aujourd’hui, on a un retard de versement de l’État de 4,7 millions d’euros et moi, il me manque 5 millions pour boucler mon budget. C’est le serpent qui se mord la queue… »

C’est donc dans ce contexte que le maire a débuté vendredi à 16 heures sa grève de la faim. Avec ses 69 kilos pour 1,82 mètre, son médecin lui a conseillé de ne pas prendre de risques inutiles, mais lui assure qu’il ne lâchera rien, jusqu’à ce que les choses changent. À ceux qui l’accusent d’aller toujours plus loin dans les coups d’éclat médiatiques, il rétorque qu'il veut des résultats. « Ça fait huit ans qu’on nous promet la mise sous tutelle et jusqu’ici on y a toujours échappé, mais toutes mes victoires, je suis allé les chercher avec les dents. C’est peut-être dommage mais en tout cas dans ce pays, si on ne fait pas ce genre de sorties, personne ne vous écoute. Il a fallu mon appel aux casques bleus l’an dernier pour qu’enfin on m’envoie des compagnies de CRS supplémentaires pour arrêter les règlements de comptes entre bandes. Quand on est dans la merde, on a l’énergie du désespoir. »


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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 18:41

 

Rue89 - « C’est déplacé » 09/11/2012 à 13h05

Infosignalée par un internaute


Le 27 octobre dernier, 200 personnes défilaient à Paris à l’appel de l’association Droit au logement (DAL) pour revendiquer l’application du code de l’habitation concernant la réquisition de logements vacants. Prenant les devants, un Lillois a souhaité transformer des bureaux vides en logements. Récit d’un échec.

A l’instar des militants qui, à l’approche de l’hiver, occupent les logements inhabités – dont la métropole lilloise compte une proportion évaluée à 5,7% par l’Insee en 2009 –, Alain (le prénom a été modifié) nous explique avoir voulu faire sa B.A. pour lutter, à sa manière, contre la crise du logement.

L’idée de ce bijoutier écolo installé dans le centre de Lille ? Transformer des bureaux qu’il possède au-dessus de son commerce en « écostudios » à loyer modéré. Un changement de destination au regard du code de l’urbanisme. Mais il n’avait pas prévu que le plan local d’urbanisme (PLU) se dresserait en travers de son chemin.

« J’avais envie de faire un truc à l’allemande »

Le code de l’urbanisme
Depuis 2008, ce code définit le changement de destination par l’article R-123-9 et en donne les modalités, notamment, « les obligations imposées aux constructeurs en matière de réalisation d’aires de stationnement ». Ces dernières doivent figurer dans le plan local d’urbanisme élaboré par chaque ville.

Alain « avait envie de faire un truc à l’allemande, écolo avec du bois et tout ». Il nous raconte sa bonne surprise lorsqu’il est arrivé à la mairie de Lille pour soumettre son projet.

« Le jour où j’y suis allé, il y avait des stands organisés par les écolos consacrés aux logements HQE et au photovoltaïque au rez-de-chaussée ».

Il ne se doutait pas qu’à l’étage supérieur, on lui tiendrait un autre discours.

Surprise, c’est la taxe parking

Premier problème, Alain ne peut créer, au vu de la superficie disponible (150 m² sur cinq étages), que des studios et pour la mairie, les F3 c’est mieux.

L’agent qui le reçoit lui explique que la municipalité de Lille souhaite que 33% de la surface transformée le soit en F3, c’est-à-dire des appartements composés d’une cuisine, d’une salle à manger et de deux chambres à coucher.

Soit. Mais s’il veut faire des studios, il peut... à certaines conditions.

Le PLU de Lille Métropole

Le plan local d’urbanisme, dont la concertation a débuté en 2002, a été mis en œuvre à partir de 2005.

 

Pour les zones concernant la ville de Lille, on retrouve dans l’article 12 (zone UAa) du règlement, l’obligation, dans le cadre d’un changement de destination, de créer « pour les maisons individuelles et les immeubles collectifs une place de parking par logement à partir du deuxième logement créé. »

En effet, s’il veut transformer ses bureaux en logements, il lui faut créer une place de parking par logement.

« Je possède des bureaux dans un immeuble du XIXe siècle, c’est impossible ! »

Face à l’explication d’Alain, son interlocuteur lui propose une alternative : une taxe parking annuelle de 7 990 euros par logement.

« Ça me dérange pas de payer une taxe pour un nouveau logement ou pour un logement énergivore mais pour une voiture, c’est hors de question. »

Pour Alain, désabusé par les réponses de la mairie, il est « moralement impossible » de payer une telle taxe.

Une politique municipale « contradictoire »

Il était pourtant prêt à investir plus de 130 000 euros pour fidéliser sur le long terme une « clientèle » adhérant à son projet (plutôt qu’un turnover estudiantin) pour un loyer mensuel de 450 euros, charges comprises.

« J’avais mis de l’argent de côté... J’ai un cousin dans le photovoltaïque qui m’avait fait des devis... J’avais même prévu d’installer des toilettes sèches. »


Un homme déchire une feuille de papier (Munir Hamdan/Flickr/CC)

 

Une situation qui révèle une politique municipale contradictoire, selon lui :

« A Lille, l’hypercentre est vide, il y a des SDF partout, il fait très froid l’hiver et on vous demande des parkings pour créer des logements ? C’est déplacé ! »

Il note également que :

« La mairie a engagé plein de travaux pour réduire la circulation automobile et c’est très bien mais alors pourquoi vouloir des parkings ? »

Alain regrette ce grand écart entre la communication écologiste faite par la ville et les contraintes « hyperchoquantes » de la bureaucratie administrative.

Quand on évoque un éventuel assouplissement de la réglementation sur le changement de destination, Alain tranche : « Ça bougera pas ! »

La « réponse » de la mairie

Sollicitée sur le sujet, la municipalité a fini par nous contacter en fin de journée.

L’e-mail de Marc Santré, adjoint au maire en charge de la politique du stationnement, ne répond pas aux questions soulevées par le cas d’Alain.

Voici quelques chiffres fournis par le service de presse de la mairie de Lille, que nous reproduisons bien volontiers, le troisième point étant le plus intéressant :

  • d’ici la fin du mandat, 12 000 logements dont 1/3 de logements sociaux doivent être construits et 6 000 logements anciens rénovés ;
  • près de 2 000 logements privés sont suivis ou aidés chaque année dans le cadre de travaux de rénovation durable ;
  • la réglementation vise à protéger les Lillois « des promoteurs de logements ayant tendance naturellement à construire de petits studios plus immédiatement rentables ainsi pour toute opération de plus de 17 logements 30% de logements sociaux et de 25 à 50 % de logements familiaux de grande taille ».
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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 18:31

 

 

Marianne - Tribune

Vendredi 9 Novembre 2012 à 16:00

 

par Gabriel Amard*

 


TOURNERET/SIPA
TOURNERET/SIPA
Lundi 12 novembre, le conseil de la Communauté urbaine du Grand Lyon devrait se prononcer sur la délégation de service public pour l'eau potable. Confier la gestion de cette ressource au privé est un choix à courte vue qui ne préserve que les intérêts financiers des multinationales. Je connais un peu la situation pour m'être rendu à Lyon cinq fois en deux ans, à la demande d’élus ou d’usagers pour promouvoir la gestion publique de l’eau. Le Maire de Lyon et président du Grand Lyon, qui pourtant voit toujours grand pour son agglomération, passe à côté d’une chance historique de mettre en place une politique de l’eau basée sur le seul intérêt général.

Le conseil communautaire du 12 novembre sera sous haute pression, si j’en crois mes collègues Maires et Vice-Présidents Front de Gauche. Ils me font état des appels qu'ils reçoivent de l'entourage de Gérard Collomb, pour manifester la « solidarité de gestion » dont ils devraient faire preuve. Comme si les votes socialistes et UMP ne suffisaient pas pour que cette décision passe ! « Bien sûr qu’elle va passer ! Pas besoin de menacer, Monsieur Collomb ! ». Faut-il rappeler que le vote dans une assemblée est libre et que nul ne peut le contraindre ? C’est même illégal.

Alors pourquoi Monsieur Collomb s’entête ? Faut-il chercher la réponse en dehors du sujet ? Dans la stratégie de développement de son agglomération ? Dans ses convictions politiques toujours plus social-libérales ? La priorité accordée au capitalisme financier par Gérard Collomb n’a-t-elle donc aucune limite ? Pas même quand il s’agit d’un bien commun indispensable à la vie ?

« 3 jours sans eau et nous sommes morts ! L’eau est l’égal de l’air et du rayon de soleil », nous a enseigné Danielle Mitterrand. Mais rien ne les arrête et ils vont courber l’échine devant les rapaces de la finance, qui, calculette à la main, établissent le rendement financier de leur contrat. De l’aveu même d’un élu lyonnais qualifié sur le sujet, pendant une réunion publique à Villeurbanne le 24 octobre dernier, « Il faut reconnaître qu’on a obtenu des avancées, puisque Gérard Collomb ne voulait pas de la gestion publique. Un cahier des charges bien bordé et une marge bénéficiaire de seulement 5 % par an », ajoute-il ! Mais si pour les marchands d’eau il y a 100 millions d’euros de chiffres d’affaires, ça veut dire 5 millions d’euros ! Et sur dix ans, 50 millions d’euros de bénéfices pour les actionnaires sur le futur contrat si bien négocié ! Ainsi, quand de plus en plus de citoyens peinent à payer leurs factures, le maire (PS) de Lyon se féliciterait sans vergogne de 50 millions d’euros de surfacturation sur le dos de ses concitoyens ? De qui se moque-t-il ? Et puis la facture ne s’arrête pas là puisque nous savons calculer qu’avec les frais de siège et les mécanismes de remontées financières à la holding, ce sera au moins le double. Cent millions d’euros ! que les actionnaires dégageront en profits sur la facture des Lyonnais. Pourtant d’autres, comme Paris ou Viry-Chatillon, ont fait le choix inverse. Une autre voie est possible pour les Lyonnais.

Une Délégation de service publique (DSP) ne vaut jamais une régie publique. Parce qu’elle ne refacture ni frais de sièges, ni dividendes, ni impôts sur les sociétés. Les  résultats de fin d'année sont reversés dans le compte de l'année suivante et ne s’évaporent pas dans les bénéfices du délégataire. Cela permet plus d’investissements sur le réseau, pour protéger la ressource en eau et ne pas facturer des milliers de m3 d’eau qui fuient dans la nature. Face à l’opacité de la gestion des multinationales, la transparence de fonctionnement d’un conseil d’exploitation de régie peut être renforcée en l’ouvrant  aux représentants d'usagers, associations de familles et de consommateurs. L’usager est enfin traité comme un usager de service public et non comme un consommateur ou un client. Sans objectifs de rentabilité financière, la régie permet de bâtir une tarification juste et écologique : la suppression des parts fixes, la gratuité des mètres cubes indispensables à la survie ; la progressivité du tarif pour distinguer les consommations indispensables, de confort et de luxe ; la distinction entre l'usage domestique et l'usage professionnel…
 
Voilà la démarche démocratique dans laquelle aurait pu s’engager Monsieur Collomb ! Au contraire, tout était déjà ficelé avant le débat avec les usagers, la commission des services publics locaux ou les élus des conseils municipaux. C’était pourtant le moment de se poser les bonnes questions. Ce contrat vieux déjà de 30 ans a déjà largement rempli les poches de Véolia, avec l'un des accès au service de l'eau les plus chers de France et un taux de renouvellement moyen sur la période de 0,5 % (d'où le rendement très faible à 78 % seulement), et des marges annoncées à 12 % mais auxquelles il faut ajouter les marges réalisées par les sous-traitant affiliés à Veolia de près de 18%. 

Alors que vaut l’argument fallacieux de Monsieur Collomb qui met en avant la baisse immédiate de la part fixe (15 € par an !) pour les usagers ? On croit rêver quand on sait que les délégations prolongées ont fait chuter leurs prix d'en moyenne 20 %. L'intégration des personnels ne tient pas non plus la route. Gérard Collomb invoque le fait qu'en intégrant une régie, les salariés de Véolia jusque là dévolus au contrat seraient embauchés « pour la vie ». Le simple fait qu'il le regrette marque la considération qu'il a du service public. Mais plus encore, c'est faux : les agents d'une régie publique de l'eau (EPIC loi 1926) sont régis par des contrats de droit privé.

Pour améliorer la DSP, Gérard Collomb propose de mieux contrôler le délégataire... C'est à dire d'embaucher 15 à 20 fonctionnaires pour surveiller une mission de service public effectuée par une société privée, dans une structure supplémentaire dédiée. Cela invalide d'un coup l'argument précédent et c'est double peine pour les usagers du Grand Lyon : ils payeront le service plus cher en DSP et une part de leurs impôts ou de leur facture d'eau servira à financer le contrôle de cette DSP.

Enfin, la question du calendrier est troublante. Il était possible d'organiser un large débat avant d'opérer un choix, l'agenda le permettait. Mieux encore, avec tous les travaux d'hypothèses effectués en amont pour permettre aux citoyens de se faire une opinion, les élections municipales de 2014 auraient pu servir à trancher ce débat, pour ensuite soit créer une régie, soit repartir en DSP.

Il est du coup limite juridiquement et incorrect politiquement d'annoncer qu'on prend une décision maintenant à propos de ce contrat. En effet, il ne sera appliqué qu’après les prochaines échéances électorales et engagera la prochaine équipe communautaire. Ce contrat d'une durée minimale de 8 ans sera signé en 2015. Il s'imposera même aux deux prochaines équipes communautaires ! C'est faire fi du débat citoyen validé par le suffrage universel.

La durée de 8 ou 10 ans pose un dernier problème. La part des investissements réalisés par le délégataire (même si elle est allégée) sera amortie sur la durée du contrat. Plus la durée est courte, plus le montant du remboursement des emprunts est élevé. Compte tenu du montant de la part fixe, les compteurs sont en plus payés plusieurs fois par les usagers durant la durée du contrat. En cas de gestion en régie publique, c’est sur la durée d'usage des matériaux que les investissements peuvent être amortis, c'est à dire 12 ans, 30 ans ou plus.

Cette précipitation calendaire est troublante et demande à être éclaircie. Reste à espérer que ce choix n'est pas conditionné par des éléments extérieurs au dit contrat, et que seule la gestion de l'approvisionnement en eau justifie ce choix.


* Gabriel Amard est directeur et coordonnateur du Guide de la gestion publique de l’eau, auteur de L’eau n’a pas de prix, Vive la Régie publique (Editions Bruno Le Prince) et prrésident de l’Association nationale des élus du Parti de gauche et apparentés - La Gauche par l’exemple.

 

 

 

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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 18:22

 

 

Rue89 - Témoignage 09/11/2012 à 18h02

Cheryl Pereira | Habitante d'Echirolles

 

 

Un lundi, je découvre un tract contre les « nuisances » des Roms qui campent près de mon immeuble : « Il y a tout lieu de redouter les cambriolages. »

Les familles roms se sont installées mi-octobre sur l’herbe, juste devant chez nous. Une soixantaine de personnes, dont des femmes enceintes et beaucoup d’enfants.

Nous vivons à la frontière entre Grenoble et Echirolles (Isère), au sud du quartier des Granges (tristement célèbre). J’habite un des trois immeubles sociaux, entourés d’une majorité de copropriétés.

De nos fenêtres nous voyons le terrain de foot, un parking et cette étendue d’herbe où ils ont planté leurs pauvres tentes igloo dans des conditions insalubres : pas de poubelles, pas de toilettes, pas d’eau.

Un tract sur la porte du hall

Des voisins sont allés à leur rencontre, discuter avec eux, essayer de savoir d’où ils venaient. Personnellement je n’y étais pas allée jusqu’à ce qu’en rentrant chez moi, lundi 22 octobre, je trouve ce tract affiché sur la porte du hall.

 


Le tract affiché dans le hall de l’immeuble

« Un camp de Roms s’est installé depuis mardi dernier, dans le pré qui borde le parking d’Alpexpo, à la limite entre Grenoble et Echirolles.

Afin de ne pas subir une nouvelle fois des nuisances de toute sorte, tout comme cet été, nous devons nous mobiliser en masse et avertir les autorités compétentes (mairies de Grenoble et Echirolles, ainsi que la police afin que ces gens soient obligés de partir).

Chaque jour, de nouvelles tentes sont installées et chaque jour les ordures et déjections s’amoncellent un peu plus !

Ces gens se promènent la nuit dans nos environs, et il y a tout lieu de redouter les cambriolages...

Il faut donc agir au plus vite tant qu’il n’y a qu’une quinzaine de tentes, pour le bien de tous et surtout pour éviter une dégradation constante, depuis plusieurs mois, de notre quartier.

Mobilisez-vous pour le quartier des Granges. »

Ce n’était pas signé bien sûr. J’ai tout de suite pensé à Marseille, aux habitants qui ont chassé des Roms et brûlé leurs affaires, ça m’a vraiment choquée.

Je me demande comment quelqu’un a pu écrire ça. Les familles sous tentes sont roms mais toutes avaient peur de la réaction des riverains, elles ne se promenaient pas dans le quartier. On ne pouvait ressentir aucune menace de leur part. Furieuse, j’ai fait le tour des immeubles pour arracher ces tracts.

J’ai affiché un mot à la main, disant qu’il y avait des gens en détresse juste en bas de chez nous, et qu’on pouvait peut-être les rencontrer plutôt que leur taper dessus. Puis j’ai envoyé un e-mail à tous mes voisins du secteur – je fais partie d’une association de locataires mais je leur ai écrit à titre individuel – pour leur demander s’ils savaient d’où pouvait venir ce torchon raciste.

Une petite fille en sandalettes

Nous nous sommes concertés pour aller rencontrer les Roms, à six ou sept voisins. Au début, ils étaient sur leurs gardes, se défendaient : « C’est la police qui nous a dit de venir. » On leur a expliqué qu’on était simplement étonnés qu’ils se retrouvent ici.

Une dame m’a montré sa petite fille en sandalettes, qui marchait les pieds mouillés dans l’herbe. Une femme a dit qu’elle avait froid, une autre qu’elle avait peur des rats. Un gamin de 11 ans qui parlait français faisait la traduction, et de temps en temps il partait pour aller jouer.

Ils nous ont dit être macédoniens, serbes, kosovars, et ne se comprenaient pas tous entre eux. Un de nos voisins a pu converser en italien avec un Macédonien qui parlait bien cette langue. Plus tard, ce voisin a acheté des bâches et cordages pour protéger les fragiles tentes igloo des « campeurs ».

Nous avons sollicité le collectif La Patate chaude, qui a l’habitude de travailler avec les Roms. Ses membres parlant serbe nous ont accompagnés.

Gâteaux, couvertures, vêtements

Toute l’organisation s’est faite de manière spontanée, entre nous. Chacun a des talents spécifiques : certains parlent plusieurs langues, d’autres ont travaillé dans des crèches ou avec des personnes âgées, d’autres avaient un impressionnant carnet d’adresses, etc.

Les associations, déjà très occupées, nous ont donné de précieux conseils et orientés vers les « bons » interlocuteurs. Nous avons sollicité les élus et harcelé les autorités. Nous avons bombardé les mairies d’e-mails, d’appels. C’était toujours de la compétence de l’autre administration. Personne ne bougeait.

La nuit, la température tombe. Nous avons envoyé des e-mails à toutes nos connaissances pour obtenir de l’aide et donné aux familles des couvertures, de la nourriture, des vêtements. Nous avons emmené les malades chez les médecins du quartier ou à Médecins du monde.

On leur a prêté une pioche pour creuser des latrines, qu’ils ont ensuite rendue. Les familles ont gardé leur campement très propre, en entassant leurs déchets dans de grands sacs poubelles dans un coin, avant que nous les emmenions à la déchetterie en voiture.

A chaque fois qu’on repartait, on était mal de savoir que des enfants dormaient dans ces conditions.

Au centre social

Quand il s’est mis à pleuvoir au bout de quatre jours, nous avons débarqué au centre social et obtenu de pouvoir nous y réunir. Avec quelques hommes du campement évidemment, pour voir avec eux ce dont ils avaient le plus besoin.

Leurs demandes nous dépassaient complètement : ils disaient « maison », « école », « papiers », « travail ». Et « manger », ce qui nous faisait le plus mal au cœur. Nous avons essayé de comprendre leur situation administrative avec des interprètes macédoniens adorables.

Les secrétaires du centre social ont apporté du thé et du café à tous. Le directeur a accepté de nous laisser le centre pour le week-end et pour des réunions, sans accès aux toilettes cependant.

Samedi 27 octobre, mon compagnon, qui est restaurateur, a fait un mégarepas chaud. On a fait venir les familles au centre social à tour de rôle et avons pu servir plus de 70 personnes.

Déménagement au gymnase

Cet après-midi-là, le directeur général des services de la mairie d’Echirolles est venu nous annoncer l’évacuation des Roms vers un gymnase à Grenoble. Faute de véhicules, ils devaient y aller en tram.

Les téléphones ont marché à fond pour trouver de l’aide et des voitures. Pendant que les hommes démontaient le camp, nous avons emmené les femmes et les enfants.

Une douzaine d’habitants du coin ont fait le déménagement avec des membres du collectif de la Patate chaude et deux estafettes que la ville a fini par nous accorder.

Dès que les hommes sont arrivés au gymnase, ils ont couru comme des fous à l’intérieur pour s’assurer que les femmes et les enfants étaient bien là. On était sidérés et on s’est demandé ce qu’ils avaient subi dans leur vie pour avoir si peur. Nous avons passé le relais à la Croix-Rouge.

Collecte et couscous

Depuis, on s’est relayés tous les jours. Un restaurant près du gymnase a servi 100 repas le dimanche. Les parents de Sofiane, tué il y a un mois à Echirolles, ont fait un couscous. On a continué à récupérer des couvertures, des chaussures, des biberons, des chauffe-biberons, des médicaments pour les malades.

Certains on acheté du lait, des petits pots de fruits, des couches, d’autres des produits d’hygiène, on a distribué des serviettes de toilette, une dame est venue avec du chocolat chaud.

Nous avons accompagné une femme enceinte à l’hôpital pour l’accouchement. Elle a été renvoyée au gymnase avec un bébé de 3 jours. Tous ceux qui sont passés, assistantes sociales, médecins, pompiers, assistants parlementaires, étaient atterrés de ces conditions de vie.

Puis les familles ont été évacuées du gymnase. Les familles avec des enfants mineurs dans des centres d’accueil, les autres, à la rue.

Cynisme des pouvoirs publics

Je savais que le parcours de ces immigrants était difficile, mais pas à ce point. Il existe un véritable cynisme des pouvoirs publics. Avec ces phrases toutes faites comme « on ne peut pas accueillir toute la misère du monde », on a complètement occulté qu’il s’agissait d’êtres humains.

Je ne fais pas d’angélisme : il peut y avoir des chapardages, il peut aussi y avoir des réseaux mafieux, mais les Roms sont traités en sous-hommes un peu partout en Europe.

Nous comptons vraiment suivre ces familles et savoir ce qu’elles vont devenir. Nous avons décidé de nous appeler « Collectif citoyen des habitants des Granges et d’Echirolles, soutien aux gens de l’ex-Yougoslavie, atterris sous des tentes sur les terrains d’Alpexpo ».

C’est long, comme la liste des gens qui nous ont rejoints dans un formidable élan. Et pour moi ça a une autre signification que lorsque les associatifs prennent tout en main.

En catimini, beaucoup de gens pas concernés m’ont dit : pour les Français qui sont dans la mouise, personne ne bouge le petit doigt. Pour moi, cela ne s’oppose pas. La misère n’est pas acceptable, qu’elle vienne d’ici ou d’ailleurs.

Nous continuerons à interpeller les politiques et leur disons que ce que nous, simples citoyens, faisons avec nos modestes moyens, les autorités doivent le faire plus efficacement et humainement. Nous voulons le changement maintenant.

 

MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato
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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 18:09

 

 

Sattar Beheshti, mort sous la torture en prison

 

Le blogueur Sattar Beheshti, critique à l'égard des dirigeants iraniens, est mort dans la prison d'Evin à Téhéran, a confirmé sa famille. Il avait été arrêté le 30 octobre dans sa maison à Robatkarim, petite ville au sud-ouest de Téhéran, par la cyberpolice iranienne pour "propagande contre le régime" en raison de ses activités sur Facebook et sur le Net. Les proches de cet ouvrier de 35 ans ont reçu un appel des autorités de la prison, le mardi 6 novembre, leur demandant d'acheter une tombe et de venir récupérer le corps. Sattar Behesti a été enterré jeudi au cimetière de Robatkarim.

Le site proche de l'opposition Kaleme a dévoilé, jeudi, la plainte que ce dissident avait déposée auprès des autorités d'Evin à cause des tortures qu'il avait subies pendant ses premiers interrogatoires. La plainte a été rédigée pendant les douze heures que Beheshti a passé, le 1er novembre, dans la section 350 d'Evin, réservée aux prisonniers politiques. 

"Pendant ces deux derniers jours depuis mon arrestation, j'ai été menacé, tabassé et insulté. J'ai reçu des coups de pied et de poing, aussi à la tête, alors que j'étais attaché à une chaise. La cyberpolice m'a de nouveau convoqué et m’emmènera bientôt. Elle sera à l'origine de tout ce qui m'arrivera et, si je finis par faire des aveux, ils ne vaudront rien", a-t-il écrit dans un formulaire de plainte, destiné à "Monsieur Alaie, responsable de la section 350". Kaleme précise que les noms de ses deux compagnons de cellule, ainsi que leurs témoignages ont été "floutés" pour des raisons de sécurité.

Un site conservateur, Baztab, appartenant à Mohsen Rezaie, une personnalité politique proche du guide suprême Ali Khamenei, a également confirmé la mort de cet homme, "probablement en raison de la négligence ou de l'erreur des acteurs impliqués dans son dossier".

Sur son blog personnel, Sattar Beheshti dénonçait vivement la répression, la corruption des responsables politiques et les violations des droits de l'homme en Iran. Dans son dernier post de blog, il déplorait les menaces et les intimidations faites par le régime contre les dissidents iraniens. "Hier encore, on m'a menacé. On m'a dit que je devais annoncer à ma mère qu'elle serait bientôt obligée de s'habiller en noir [en signe de deuil]. Ils disent : 'On fait ce qu'on veut et que vous devrez vous taire (...).' Je ne resterai pas silencieux, bien que cela veuille dire la mort."

Selon les proches de Sattar Beheshti, il a été arrêté et incarcéré pour la première fois en 2003 lors de manifestations d'étudiants à Téhéran. L'organisation Reporters sans frontières (RSF) à publié une communiqué, demandant aux responsables iraniens d'enquêter sur cette affaire et de rendre publics les résultats.

En juillet 2003, la photographe irano-canadienne Zahra Kazemi avait trouvé la mort quelques jours après son arrestation à Téhéran. Kazemi avait été interpellée par les agents des services de renseignement alors qu'elle photographiait un rassemblement de familles de prisonniers politiques devant la prison d'Evin. Hospitalisée quelques jours avant sa mort, la photographe avait dit avoir reçu des coups à la tête pendant ses interrogatoires.

Les sites d’information précisent que la famille de Sattar Beheshti n'a pas été autorisée à participer à son enterrement, sous la pression des services de sécurité.

 Assal Reza

 


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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 17:55

 

http://zad.nadir.org/spip.php?article544

vendredi 9 novembre 2012, par zadist

 


Voir plus bas pour le fil d’infos de la journée

LA MANIF DE REOCCUPATION AURA LIEU LE 17 NOVEMBRE ! On a besoin de vous pour la préparer ! Voir ICI. On vous invite notamment à coller les affiches et tracter pour annoncer ça autour de chez vous.

For english translations of the Flash info see HERE All translated english HERE and here different other languages ITALIANO/ ESPAGNOLE ou resiste.squat.net/ NETHERLAND/ Infos in GERMAN

Voir PAR LA pour des infos générales, comment venir sur place, photos et vidéos, bilan de la semaine passée, matos à ramener (mis à jour aujourd’hui lundi 29)...

Un campement est installé dans un champ, entre la Vache Rit et la Rolandière (sur la D81 entre Les Ardillières et Vigneux) On cherche des chapiteaux, barnums, ou autres structures. On cherche aussi des chauffages à gaz ou à pétrole, des matelas et des couvertures. Faites-nous signe si vous pouvez nous prêter ça !

AIDE/HELP  : on en a besoin de traductions en anglais mais également des autres langues. Notamment les Flash infos et l’appel aux actions décentralisées // We could need some help with translations in english but also in other languages, mostly for the flash info since sunday and the call out for decentralized actions !!!!! Thank you !!

 


Rendez-vous

 

RDV quotidiens :
- Notre Dame des Landes, à partir de 9h : permanence sur la place de la poste (local des Syndicats - angle opposé à la Mairie) pour déplacement sur la zone
- Nantes, à partir de 10h : vigie citoyenne au Pont Morand
- Nantes, à 19h à présent un soir sur deux : rassemblement devant la préfecture (les prochains : vendredi 9)
- Rennes, à 18h tous les soirs : point à la maison de la grève

RDV Aujourd’hui :

-  9 novembre, Châteaubriant, à 18h30, devant la mairie Retrouvons nous TOUS LES VENDREDI, pour soutenir les expulsé-e-s et montrer notre désaccord au projet d’aéroport à Notre Dame des Landes. Apportez banderoles, pancartes, instruments, ou encore textes à lire...

- 9 novembre, Cologne : soirée d’information

19h au Autonomous Zentrum http://az-koeln.org/ai1ec_event/la-...

- 9 novembre, Liège : soirée d’info et de soutien au Centre Social Occupé Autogéré le Passe-Partout à Liège, Belgique

Au programme : repas / bar / info et projection / tombola / concerts (Ötis (punk lo-fi) et les Humbles tartines (anarcho-folk))

http://csoa.blablaxpress.org/?q=con...

" Nous tenons à exprimer toute notre rageuse solidarité avec les 200 personnes qui résistent activement à ces expulsions. Nous sommes heureux de lire leur détermination, leurs barricades, leurs réoccupations de maisons expulsées !

Et surtout nous n’allons pas rester inactifs : nous organisons cette soirée pour faire connaître la situation à Notre-Dame de Landes malgré le silence des médias et les bénéfices de cette soirée serviront directement à la lutte contre l’aéroport. Nous aimerions aussi nous organiser pour aller sur place défendre la ZAD."

- 9 novembre, Londres ; projection-discussion rdv 19h30 à LARC à Londres

projection de film "vainquons Vinci" (avec traduction en direct en anglais) et les dernières nouvelles des barricades et toute l’info pour la manif de réoccupation le 17 novembre

Pour tous les RDVs à venir, voir ICI

Voir aussi l’agenda de l’Acipa .

il y a besoinde monde pour préparer la manif de réoccupation, : voyez les RDV PAR LÀ-BAS.

ICI des RDV que des camarades de lutte nous ont fait savoir.

Une Carte bonne résolution ICI

Fil d’infos

- 15h45 : le procès en comparution immédiate au tribunal de Nantes aujourd’hui a été reporté au 14 décembre. Par ailleurs, deux autres personnes arrêtées mercredi passent en procès au tribunal de St Nazaire le 24 janvier.

- 12h30 : quelques nouvelles de la matinée : l’opération "Pillage Vinci" a repris sur la D281, dans la joie et la bonne humeur, les constructions se poursuivent, les préparatifs de la manif de réoccupation vont bon train ...

- 12h : on apprend qu’une personne en garde à vue depuis mercredi passe en comparution immédiate aujourd’hui à 14h au Tribunal de Nantes

pour rappel, un petit point sur la circulation sur la D81 :

La départementale 281 a été libérée cet après-midi ! ( jeudi)

En effet jusqu’à ce midi la circulation était impossible sur la route D 281 à partir des fosses noire jusqu’ à la Paquelais. Nous avons décidé de tenir cette route mais de permettre aux voyageur-euse-s de l’emprunter lors de notre opération "pillage" Vinci.

La départementale 281 avait été bloquée par les forces de l’ordre au début des expulsions puis nous y avions monté des barricades afin de ralentir l’arrivée des gendarmes et de mieux protéger nos lieux. Hier, le 7 novembre, plus de 250 flics sont venus nettoyé la route avec l’aide de la DDE mais leur opération de force est resté inutile puisque 10 minutes après leur départ. les barricades étaient de nouveau en place. Comme il ne nous convient pas de bloquer la route à ses usager-e-s, mais qu’ il ne nous est pas possible de laisser la police nous envahir, nous avons décidé qu’ il nous appartenait de prendre en main ce tronçon de la départementale, Le passage est donc possible mais il vous faudra ralentir et rester très prudent-e car des chicanes ont été mises en places. A partir de cinq heures cet après-midi, un pillage Vinci vous attendait : il nous a permis de distribuer des tracts expliquant notre démarche et vous invitant à nous rejoindre pour la manif de réoccupation, le 17 novembre. Restez vigilant-e-s et merci de levez le pied pour votre sécurité et la notre. A bientot !!

- 7h :il fait nuit noire et rien ne bouge ...

 

 

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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 17:33

 

Le maire de Sevran en grève de la faim pour les "villes pauvres"

 

LCI - Mis en ligne le 09 novembre 2012 à 18h26, mis à jour le 09 novembre 2012 à 18h44

  Stéphane Gatignon, élu EELV, a débuté son action vendredi devant le Palais Bourbon. Objectif: attirer l'attention sur la situation d'urgence financière dans laquelle se trouvent les villes les plus pauvres de France.

Il a choisi une "arme non violente". Stéphane Gatignon, maire EELV de Sevran en Seine-Saint-Denis et conseiller régional d'Ile-de-France, a décidé, vendredi, d'entamer une grève de la faim afin d'alerter l'opinon sur la situation d'urgence financière dans laquelle se trouvent les villes les plus pauvres de France. Une action qu'il a lancée devant le Palais Bourbon.

Il compte ainsi appeler les parlementaies à "aider ces villes, comme Sevran et ces 100 villes les plus pauvres pour aller au bout de leur projet, pour simplement continuer d'exister", explique-t-il dans une vidéo publiée par Mediapart. Il prévient qu'il est "prêt à aller jusqu'au bout", jugeant que "c'est [son] devoir de maire".

"Je reste là jusqu'à mardi s'il le faut"

Auparavant, il avait adressé un courrier aux parlementaires pour réclamer une aide exceptionnelle de cinq millions d'euros pour sa commune, à laquelle des banques refusent de faire crédit, sous peine de "mettre la clé sous la porte". Un autre avait été envoyé au ministre de la Ville François Lamy. Il avait aussi lancé une pétition "Urgence budget 2013, les villes pauvres n'ont pas à faire les frais de la crise financière".

"Les pétitions et les discours, ça ne suffit pas", a déclaré Stéphane Gatignon devant le Palais Bourbon, où une centaine de personnes, des élus et des habitants de Sevran, s'étaient déplacées pour l'encourager. "Je reste là jusqu'à mardi et plus s'il le faut", a-t-il ajouté.

 

                                                                                    *****************************

 

Le maire de Sevran en grève de la faim devant l’Assemblée

Gwenaelle Bourdon | Publié le 09.11.2012, 17h06 | Mise à jour : 18h00

Paris (VIIe), vendredi. Le maire EELV de Sevran, Stephane Gatignon (assis au premier plan), se met en grève de la faim devant le Palais-Bourbon. Il réclame une solidarité financière avec les villes pauvres

Paris (VIIe), vendredi. Le maire EELV de Sevran, Stephane Gatignon (assis au premier plan), se met en grève de la faim devant le Palais-Bourbon. Il réclame une solidarité financière avec les villes pauvres | LP / Gwenaelle Bourdon


Le maire (EELV) de Sevran, Stéphane Gatignon, a entamé ce vendredi à 16h30 une grève de la faim devant l’Assemblée nationale pour obtenir une augmentation de la dotation de solidarité urbaine, destinée à aider les villes les plus en difficulté.

La DSU doit être votée la semaine prochaine par les députés. L’élu réclame 5M€ pour sa commune de 50 000 habitants, l’une des plus pauvres de Seine-Saint-Denis. C’est le seul moyen de boucler le budget 2013, «sinon on va mettre la clé sous la porte», avait-il déclaré le mois dernier à l'édition 93 du Parisien.

Le maire, entouré d’élus de sa ville et d’habitants, a déployé une tente Quechua sur la place Edouard-Herriot, voisine du Palais-Bourbon et installé une banderole : «Les budgets des communes pauvres oint besoin de solidarité face à la crise».

LeParisien.fr

 

                                                                                   ***************************

 

 

Le Monde.fr | 09.11.2012 à 10h58 • Mis à jour le 09.11.2012 à 15h10 Par François Béguin

 

  Le maire de Sevran appelle ses administrés à manifester devant l'Assemblée nationale 

 

Lorsqu'on est maire d'une commune de Seine-Saint-Denis au bord de la banqueroute en raison de la crise financière et bancaire, que peut-on faire pour attirer l'attention des médias et des élus sur son sort ? On peut par exemple demander à ses administrés de venir manifester devant l'Assemblée nationale. Retombées médiatiques assurées.

C'est ce qu'a choisi de faire Stéphane Gatignon, le maire EELV de Sevran à qui il manque 5 millions d'euros pour équilibrer le budget 2013 de sa commune, une condition nécessaire pour obtenir des prêts des banques. "On est au bout du bout, dit-il. Au bord de l'implosion, Qu'on ne vienne pas ensuite se plaindre quand il y aura des problèmes dans les banlieues."


FAÇON "UN PEU VIRILE" D'ENGAGER LE "DIALOGUE" 

Près de 20 000 tracts ont donc été distribués mardi dans les boites aux lettres de la ville pour appeler à un rassemblement devant le Palais Bourbon ce vendredi. Un car a été affrété pour l'occasion et la municipalité mise sur la présence de 50 à 100 personnes. Dans l'entourage du maire, on admet qu'il s'agit-là d'une façon "un peu virile" d'engager le "dialogue" avec les parlementaires qui examinent en début de semaine prochaine la dotation de solidarité urbaine (DSU).

Le maire explique qu'il refuse "toute augmentation d'impôts locaux" ou "toute baisse des actions de service public" de la commune. Appelant à une meilleure péréquation entre les collectivités en Ile-de-France, Stéphane Gatignon juge que ce n'est pas à Sevran de faire les frais des difficultés de Dexia ou des retards de remboursement de l'Etat des fonds engagés par la ville dans le cadre des projets de rénovation urbaine (ANRU) .

 

 "DÉSAGRÉABLE IMPRESSION DE DEVENIR UN 'MAIRE MENDIANT'"

" Sans cette dotation, la ville mettra la clé sous la porte ", avait-il expliqué dans une lettre aux parlementaires le 19 octobre, dans laquelle il avouait avoir la "désagréable impression de devenir un 'maire mendiant'." Avec un budget de 69 millions d'euros en 2011, les moyens de Sevran sont inférieures de 35 % à la moyenne des villes de taille équivalente, selon les calculs de la mairie, qui met par ailleurs en avant sa bonne gestion.

Le ministre délégué à la ville, François Lamy, avait répondu le 29 octobre en mettant en avant "l'effort de péréquation sans précédent" du gouvernement pour 2013, soulignant notamment que la DSU, qui a atteint 1,37 milliard d'euros en 2012, progresserait de 120 millions d'euros l'année prochaine. "Ce n'est pas de 120 mais de 180 millions qu'il faudrait augmenter cette DSU, objecte Stéphane Gatignon. Et il faudrait arrêter de saupoudrer ces aides pour les concentrer sur les communes les plus en difficulté."

Le ministre délégué à la ville, se déclarant "soucieux des collectivités locales les plus en difficultés", ajoutait que la dotation de développement urbain (DDU) serait "reconduite à hauteur de 50 millions d'euros" et que le fonds de solidarité de la région Ile-de-France "devrait passer de 210 à 230 millions d'euros". "La porte de mon bureau est toujours ouverte aux élus qui souhaitent une rencontre, même en urgence, sans qu'il n'y ait besoin de recourir à la pression médiatique", concluait François Lamy.

François Béguin

 

 

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