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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 18:21

 

Rue89 - Blog - Benjamin Sourice 6 Journaliste pigiste
Publié le 12/11/2012 à 13h15

Des grains de maïs MON810, génétiquement modifiés, produits par Monsanto, lors d’une manifestation anti-OGM à Trèbes, près de Carcassonne, le 23 janvier 2012 (ERIC CABANIS/AFP)

Pour enterrer définitivement l’étude controversée du professeur Gilles-Eric Séralini tendant à démontrer la nocivité potentielle d’un maïs OGM et de l’herbicide Roundup,ses détracteurs ont trouvé un moyen simple : obtenir de la très sérieuse revue Food and Chemical Toxicology (FCT) qui l’a publiée, qu’elle se rétracte et « retire » l’étude de la liste de ses publications.

C’est à quoi s’emploient de nombreux experts, dans une bataille qui ressemble à une opération savemment orchestrée. Une véritable guerre de relations publiques où tous les coups sont permis.

La revue scientifique a publié en ligne une vingtaine de lettres de détracteurs ainsi qu’une « réponse aux critiques » rédigée par l’équipe Séralini. Débat scientifique légitime, me diriez-vous ? Pourtant, derrière la cohorte des titres universitaires affichés, se dessine une « biotech-sphère » où s’entremêlent chercheurs en biotechnologie, spécialistes en politique de régulation et représentants de l’industrie.

La tactique de ces partisans de la biotechnologie ? Dénoncer la « mauvaise science » (« junk science ») de ces « chercheurs-militants » systématiquement présentés comme des « activistes liés à la cause écologiste » et « animés d’intérêts personnels ».

Un réseau international

L’une des premières lettres publiées est collective. Elle est signée par 26 personnes, pour la plupart des scientifiques, dont le détracteur national de Séralini : Marc Fellous de l’Association française pour les biotechnologie végétale (AFBV).

OGM : deux articles pour poursuivre le débat

Nous publions ce lundi deux articles extrêmement contradictoires mais qui nous semblent intéressants l’un et l’autre, deux pièces à apporter au dossier OGM

Notre blogueur Benjamin Sourice, journaliste mais aussi militant anti-OGM (il a fondé le collectif « Combat Monsanto ») a enquêté sur les liens entre les détracteurs de l’étude de Gilles-Eric Séralini sur la supposée nocivité des OGM. Il en ressort que nombre d’entre eux sont liés à l’industrie agroalimentaire, voire à Monsanto.

Jérôme Quirant, pour sa part, membre du comité éditorial de « Science et pseudo-science », récapitule avec une grande clarté toutes les critiques – qu’il partage – contre l’étude de Séralini.

P. Riché

L’AFBV est également derrière le communiqué vengeur des Académies [PDF] dénonçant l’« orchestration de la réputation d’un scientifique […] pour répandre des peurs » ou insistant sur le profil « militant » de Gilles-Eric Séralini.

Après enquête, nombre des co-signataires, aux côtés de Marc Fellous, sont liés au groupe pro-OGM Agricultural biotechnology world (AgBioWorld) animé par le généticien C.S Prakash, lui-même signataire de la lettre collective.

Prakash et son organisation sont également les auteurs de deux pétitions [la première recueille 57 signatures  ; la seconde 731] pour réclamer « la diffusion des données brutes » de Gille-Eric Séralini. Etonnamment, les premières signatures de chaque pétition correspondent aux mandataires de lettres envoyées à la revue FCT. Par ailleurs, de nombreux signataires anonymes profitent de ces pétitions en ligne pour écorner la réputation du Pr. Séralini

Campagnes virales et diffamation

En 2002, le quotidien britannique The Guardian révélait qu’AgBioWorld avait joué un rôle majeur dans une « campagne virale » de diffamation contre le lanceur d’alerte Ignacio Chapela après qu’il eut découvert la pollution génétique du maïs mexicain par des OGM.

L’enquête indique que le site de l’association était hébergé par le cabinet de communication Bivings, mandaté par Monsanto et dirigé par un certain Jay Byrne.

Celui-ci utilisait de fausses identités (« Mary Murphy et Andura Smetacek ») pour parler au nom « de la communauté scientifique » et insister sur les liens de Chapela avec les écologistes, assimilés à des « terroristes » et des « vandales ».

La société Bivings a été dissoute en décembre 2011 suite à une cyber-attaque des Anonymous dans la cadre de l’opération « End Monsanto ». Mais Byrne a depuis repris ses quartiers à Saint Louis (Illinois, USA), où siège Monsanto, avec sa nouvelle société V-fluence.

C’est le même type de stratégie de diffamation que suit Henry Miller, signataire du courrier collectif à FCT, référent « régulation sanitaire » d’AgBioWorld et membre du think-tank néoconservateur Hoover Institution.

Dans une série d’articles publiée par Forbes, il qualifie l’étude Séralini de « frauduleuse » et dénonce les « profiteurs de peur » issus d’une « industrie de la protestation financée par les intérêts du bio ».

Or, cette tribune au vitriol est cosignée... par Jay Byrne. Le magazine a dû révéler a-posteriori son CV de responsable de la communication virale pour Monsanto (1997-2001).

Le CV de Henry Miller est tout aussi intéressant puisqu’il s’agit du « père fondateur » (1989-1994) de la réglementation des OGM au sein de l’Agence fédérale américaine des produits alimentaires et médicamenteux (Food and drug administration). Il est l’architecte, avec l’ancien avocat de Monsanto Michael Taylor, du fameux « principe d’équivalence en substance », la pierre angulaire de la réglementation des OGM dans le monde entier.

Des conflits d’intérêts masqués

Autre tactique saisissante parmi les détracteurs de Séralini : dissimuler leur lien avec l’industrie en se présentant systématiquement comme des scientifiques rattachés à des universités ou des centres de recherche.

Il en va ainsi pour Anthony Trewavas et Bruce Chassy, référents « biologie » et « OGM » d’AgBioWorld. Tous deux auteurs de courriers réclamant la rétractation de Food and Chemical Toxicilogy.

Se présentant comme professeur émérite en sécurité alimentaire à l’université de l’Illinois, Chassy est un lobbyiste ayant participé à la rédaction de travaux pour Dow Chemicals, autre géant des biotech, afin de simplifier, voir supprimer, les réglementations sanitaires sur les OGM. Il est également le directeur de publication, avec un salarié de Monsanto, de deux rapports d’orientation [2004, PDF ; 2008, PDF] sur la réglementation des OGM pour l’International life science institute (ILSI), le principal lobby sur les questions de réglementation sanitaire touchant à l’agroalimentaire.

A noter que deux dirigeants du panel OGM de l’Agence européenne de sécurité alimentaire (EFSA), Harry Kuiper, qui l’a dirigé pendant près de dix ans (2003-2012) et Gijs Kleter, son actuel vice-président, ont travaillé sur ces documents stratégiques de l’ILSI sous la direction de Chassy.

Par ailleurs, si trois auteurs de lettres spécifient ouvertement leur lien contractuel avec Monsanto, le Dr. Andrew Cockburn se présente modestement comme « toxicologiste à l’université de Newcastle ». Pourtant, jusqu’en 2003, M. Cockburn était Directeur Scientifique pour Monsanto Europe/Afrique avant de monter sa société de lobbying Toxico-Logical Consulting Ltd...

Et puisque ce monde est petit, le Dr. Cockburn est également directeur du Groupe d’Experts de l’ILSI sur l’évaluation des aliments contenant des nano-matériaux...

Un lobby à 13 milliards de dollars

La litanie des conflits d’intérêts et autres positionnements pro-biotech de la cinquantaine de détracteurs publics de l’étude Séralini pourrait se poursuivre sur des pages. On croise des représentants de syndicats indiens de promotion des biotechnologie, d’autres souhaitant stopper la faim dans le monde avec une ration d’OGM, ou encore des spécialistes de la communication pro-OGM (David Tribe) et autres lobbyistes travaillant entre São Paulo (Lucia de Souza), Washington et Bruxelles, le triangle d’or des OGM...

Un monde clos qui réagit de façon épidermique à l’étude Séralini, celle-ci menaçant la stratégie commerciale bien huilée d’une industrie des semences OGM engrangeant 13 milliards de dollars en 2011. Face au poids de ce lobby, déterminé à enterrer toute voix discordante, la revue Food and Chemicals Toxicology pourra-t-elle résister ?

 

 

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 18:03

 

Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 12.11.2012 à 16h39 • Mis à jour le 12.11.2012 à 19h01

 

 

Le premier ministre portugais, Pedro Passos Coelho, et la chancelière allemande, Angela Merkel, à Lisbonne le 12 novembre.

Les Lisboètes ont essayé par tous les moyens d'exprimer leur rejet de l'austérité et leur mécontentement à l'occasion de la première visite officielle au Portugal de la chancelière allemande Angela Merkel lundi 12 novembre, soigneusement tenue à l'écart de la foule par un imposant dispositif de sécurité.
 

"Le Portugal n'est pas le pays de Merkel", "Angela Merkel assassin", "Une Allemagne européenne oui, une Europe allemande non", pouvait-on lire sur les banderoles tandis que des protestataires, réunis à l'appel de mouvements apolitiques, lâchaient des ballons noirs en signe de deuil. Dans la matinée des Lisboètes en colère avaient recouvert de draps noirs plusieurs monuments de la capitale pour marquer leur mécontentement.

 "Nous venons protester contre le gouvernement, contre Merkel et tous ceux qui représentent un pouvoir qui agit en toute impunité alors que les gens sont dans la misère", déclarait Ricardo Castelo Branco du collectif Anonymous, un mouvement qui se manifeste plus habituellement sur Internet.

 

Lire en édition abonnés : Portugal : la montée de l'amertume


Angela Merkel, dont c'est la première visite officielle au Portugal, est venue à Lisbonne pour soutenir les efforts de redressement économique entrepris par le gouvernement de centre droit en échange d'un plan d'aide de 78 milliards d'euros, accordé en mai 2011 par l'Union européenne et le Fonds monétaire international. Hasard du calendrier, la visite de la chancelière a coïncidé avec le début d'une nouvelle mission de la "troïka" (UE, FMI et BCE) représentant les créanciers du Portugal et chargée d'évaluer, trimestre après trimestre, les mesures de réformes et d'austérité mises en œuvre par le gouvernement en contrepartie du plan de sauvetage.

 

 "LE FRANKENSTEIN DE L'ÉCONOMIE EUROPÉENNE"

"Dehors Merkel et la troïka" pouvait-on lire sur des petites affiches agitées par les manifestants devant la présidence, au moment où Mme Merkel s'entretenait avec le président Anibal Cavaco Silva. Le principal syndicat portugais, la CGTP, a prévu dans l'après-midi un défilé "en défense de la souveraineté nationale" en opposition à Mme Merkel, perçue comme imposant ses vues au gouvernement portugais.

Pour éviter d'autres mouvements de foule lors de l'entretien d'Angela Merkel avec le premier ministre, Pedro Passos Coelho, les autorités ont préféré organiser la rencontre loin du centre de la capitale, dans un ancien fort situé
à l'embouchure du Tage, dans la banlieue ouest de Lisbonne.

De manière inhabituelle, le principal quotidien économique portugais, Diario Economico, pourtant connu pour sa retenue, a joint sa voix aux critiques en affirmant dans un éditorial que "Merkel a fait du Portugal le Frankenstein de l'économie". "Merkel a voulu faire du Portugal et de la Grèce des cobayes pour ses expériences en matière économique économique. Elle a réussi. Le Portugal, sans monnaie pour dévaluer [...] est aujourd'hui un véritable Frankenstein de l'économie qui continue à rejeter la mise en œuvre de l'austérité pour l'austérité", a écrit le journal.

 

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 17:51

 

 

LE MONDE | 12.11.2012 à 14h00 • Mis à jour le 12.11.2012 à 17h45 Par Ulrich Beck, sociologue et philosophe allemand

 

 

 
La chancelière allemande, Angela Merkel, le 16 octobre 2012 à Berlin.

Nombreux sont ceux qui voient en la chancelière allemande la reine sans couronne de l'Europe. Quand on pose la question de savoir d'où Angela Merkel tient son pouvoir, on est renvoyé à l'une des caractéristiques qui définissent sa façon de faire : une habileté machiavélique.

Selon Nicolas Machiavel (1467-1529), premier penseur à se pencher sur la nature du pouvoir, le prince ne doit tenir sa parole donnée hier que si elle peut lui apporter des avantages. Si l'on transpose cette maxime à la situation d'aujourd'hui, cela donne : il est possible de faire aujourd'hui le contraire de ce que l'on a annoncé hier, si cela augmente les chances de gagner les prochaines élections. Les affinités politiques entre Merkel et Machiavel - le fameux modèle Merkiavel, comme je l'appelle - reposent en gros sur quatre composantes destinées à se compléter les unes les autres.

1. L'Allemagne est le pays le plus riche et économiquement le plus puissant de l'Union européenne. Dans l'actuel contexte de crise financière, tous les pays endettés dépendent de la bonne volonté des Allemands prêts à se porter garants des crédits nécessaires. Le machiavélisme de la chancelière tient au fait que, dans le conflit virulent qui oppose les architectes de l'Europe et les souverainistes, elle se garde de prendre parti - ou plutôt elle reste ouverte aux deux options.

Elle n'est pas solidaire des Européens (ni en Allemagne ni à l'étranger) qui demandent à cor et à cri des garanties allemandes, pas plus qu'elle ne soutient la fraction des eurosceptiques qui s'opposent à toute aide. Mme Merkel préfère - et c'est là toute l'ironie machiavélique de sa posture - faire dépendre la disposition de l'Allemagne à accorder des crédits de la disposition des pays endettés à accepter les conditions de la politique allemande de stabilité. C'est le premier principe de Machiavel : quand il s'agit d'aider les pays endettés avec l'argent allemand, la position d'Angela Merkel n'est ni un oui franc ni un non catégorique, mais un "mouais" entre les deux.

2. Comment est-il possible de faire passer cette position paradoxale dans la pratique politique ? Chez Machiavel, il conviendrait à cet endroit de faire preuve de vertu, mélange d'énergie politique et de pugnacité. C'est ici que nous touchons du doigt une autre forme d'ironie : le pouvoir de Merkiavel repose en effet sur le désir de ne rien faire, sur son penchant pour le ne-pas-encore-agir, à agir plus tard, à hésiter. Cet art de l'atermoiement sélectif, ce mélange d'indifférence, de refus de l'Europe et d'engagement européen est à l'origine de la position de force de l'Allemagne dans une Europe malmenée par la crise.

Certes, il y a de multiples raisons qui poussent à hésiter - la situation mondiale est si complexe que personne n'est capable de la débrouiller ; on n'a souvent plus le choix qu'entre des alternatives dont on ne peut mesurer les risques. Mais ces raisons justifient en même temps la politique de l'atermoiement comme stratégie de pouvoir. Angela Merkel a mené à un point de perfection la forme de souveraineté involontaire légitimée par le credo de l'austérité.

La nouvelle puissance allemande en Europe ne repose donc pas, comme ce fut le cas par le passé, sur la violence en tant qu'ultima ratio. Elle n'a besoin de recourir à aucune arme pour imposer sa volonté à d'autres Etats. Voilà pourquoi il est absurde de parler de "IVe Reich". La nouvelle puissance fondée sur l'économie est bien plus souple et bien plus mobile : elle est partout présente, sans qu'il soit nécessaire de lancer les troupes.

3. C'est de cette façon que peut être réalisé ce qui apparaissait comme la quadrature du cercle : réunir en une seule et même personne la capacité à être réélue dans son propre pays et à passer en même temps pour une architecte de l'Europe. Mais cela veut dire aussi que toutes les mesures nécessaires au sauvetage de l'euro et de l'Union européenne doivent d'abord réussir leur test d'aptitude à l'intérieur des frontières allemandes - savoir si elles sont propices aux intérêts de l'Allemagne et à la position de force de Merkel.

Plus les Allemands deviennent critiques à l'égard de l'Europe, plus ils se sentent encerclés par des pays peuplés de débiteurs qui n'en veulent qu'au porte-monnaie des Allemands, plus il sera difficile de maintenir ce grand écart. Merkiavel a répondu à ce problème en sortant sa carte "l'Europe allemande", qui est un véritable atout autant à l'intérieur qu'à l'extérieur des frontières de l'Allemagne.

En politique intérieure, la chancelière rassure les Allemands, qui ont peur pour leurs retraites, leur petit pavillon et leur miracle économique, et elle défend avec une rigueur toute protestante la politique du non - bien dosé -, tout en se profilant comme la maîtresse d'école seule capable de donner des leçons à l'Europe. En même temps, elle conçoit, dans les affaires extérieures, sa "responsabilité européenne", en intégrant les pays européens dans une politique du moindre mal. Son offre qui a aussi valeur d'appât se résume en cette formule : mieux vaut que l'euro soit allemand plutôt qu'il n'y ait pas d'euro du tout.

En ce sens, Mme Merkel continue à se révéler une très bonne élève de Machiavel. "Vaut-il mieux être aimé que craint ?" demande celui-ci dans Le Prince. "La réponse est qu'il faudrait l'un et l'autre, mais comme il est difficile d'accorder les deux, il est bien plus sûr d'être craint qu'aimé, si l'on devait se passer de l'un d'eux." La chancelière allemande recourt à ce principe de façon sélective : elle veut être crainte à l'étranger et aimée dans son pays - peut-être justement parce qu'elle a enseigné la crainte aux autres pays. Néolibéralisme brutal à l'extérieur, consensus teinté de social-démocratie à l'intérieur : telle est la formule qui a permis à Merkiavel de consolider sa position de force et celle de l'Europe allemande.

4. Angela Merkel veut prescrire et même imposer à ses partenaires ce qui passe pour être une formule magique en Allemagne au niveau économique et politique. L'impératif allemand est le suivant : Economiser ! Economiser au service de la stabilité. Mais dans la réalité, cette politique d'économie révèle qu'elle est surtout synonyme de coupes claires au niveau des retraites, de la formation, de la recherche, des infrastructures, etc. Nous avons affaire à un néolibéralisme d'une extrême violence, qui va maintenant être intégré dans la Constitution européenne sous la forme d'un pacte budgétaire - sans faire cas de l'opinion publique européenne (trop faible pour résister).

Ces quatre composantes du merkiavellisme - la liaison opérée entre souverainisme et leadership de la construction européenne, l'art de l'atermoiement comme stratégie de mise au pas, le primat donné aux échéances électorales et enfin la culture allemande de stabilité - se confortent les unes les autres et constituent le noyau dur de l'Europe allemande.

Et on trouve même chez Merkel un parallèle avec ce que Machiavel appelle la necessita, cette situation d'urgence à laquelle le prince doit être capable de réagir : l'Allemagne comme "aimable hégémon", position tant vantée par Thomas Schmid, directeur de la publication du quotidien Die Welt, se voit contrainte de placer ce qui résulte d'un danger au-dessus de ce qui est interdit par les lois. Pour élargir à toute l'Europe, et de façon contraignante, la politique d'austérité de l'Allemagne, les normes démocratiques peuvent, selon Merkiavel, être assouplies ou même contournées.

Certes on assiste en ce moment à l'émergence d'un front d'opposition constitué par tous ceux qui pensent que l'avancée rapide de l'européanisation met à mal les droits du Parlement allemand et qu'elle est contraire à la Loi fondamentale, l'équivalent de la Constitution. Mais, en habile manoeuvrière, Mme Merkel parvient à instrumentaliser ces bastions de résistance en les intégrant dans sa politique de domestication par atermoiement. Une fois de plus, elle gagne sur les deux tableaux : davantage de pouvoir en Europe et davantage de popularité à l'intérieur, tout en recueillant la faveur des électeurs allemands.

Il se pourrait néanmoins que la méthode Merkiavel touche peu à peu à ses limites, car il faut bien reconnaître que la politique d'austérité allemande n'a pour l'instant enregistré aucun succès. Au contraire : la crise de l'endettement menace maintenant aussi l'Espagne, l'Italie et peut-être même bientôt la France. Les pauvres deviennent encore plus pauvres, les classes moyennes sont menacées de déclassement et l'on ne voit toujours pas le bout du tunnel.

Dans ce cas, ce pouvoir pourrait bien conduire à l'émergence d'un contre-pouvoir, d'autant plus qu'Angela Merkel a perdu l'un de ses plus solides alliés en la personne de Nicolas Sarkozy. Depuis que François Hollande est arrivé au pouvoir, les équilibres ont changé. Les représentants des pays endettés pourraient se regrouper avec les promoteurs de l'Europe à Bruxelles et à Francfort pour mettre sur pied une alternative à la politique d'austérité de la chancelière allemande, souvent très populiste, surtout axée sur les seuls intérêts allemands et motivée par la peur de l'inflation, et repenser ainsi la fonction de la Banque centrale européenne pour qu'elle se cale davantage sur la politique de croissance de la Banque centrale américaine.

Un autre scénario est aussi possible : on pourrait assister à un duel entre Angela Merkiavel, l'européenne hésitante, et Peer Steinbrück, candidat du SPD contre Mme Merkel en 2013, passionné d'échecs, qui s'est découvert une vocation de Willy Brandt sur le plan européen. Si la formule gagnante de ce dernier était "le changement par le rapprochement" [entre l'Est et l'Ouest], la formule de M. Steinbrück pourrait être : plus de liberté, plus de sécurité sociale et plus de démocratie - par le biais de l'Europe. On pourrait alors assister à une surenchère de deux proeuropéens. Soit Peer Steinbrück parvient à mettre Merkiavel mat au niveau européen ; soit Merkiavel l'emporte parce qu'elle aura découvert l'importance stratégique de l'idée européenne et se sera convertie en fondatrice des Etats-Unis d'Europe.

D'une façon ou d'une autre, l'Allemagne est confrontée à la grande question de l'Europe : être ou ne pas être. Elle est devenue trop puissante pour pouvoir se payer le luxe de ne pas prendre de décision.

Traduit de l'allemand par Pierre Deshusses

Ulrich Beck, sociologue et philosophe allemand

Ulrich Beck est l'auteur notamment de "La Société du risque" (Aubier, 2001) et, avec Edgar Grande, de "Pour un empire européen" (Flammarion, 2007). Il enseigne à la London School of Economics et à Harvard. Dernier ouvrage : "L'Europe allemande" (non traduit, éd. Suhrkamp).

Nucléaire, eurobonds : l'art des volte-face

 

 

Angela Merkel s'est longtemps battue pour que soit prolongée la durée de vie des centrales nucléaires, tout en considérant avec désinvolture leur possible abandon par le reste de l'Europe. Après la catastrophe de Fukushima, on a assisté à une volte-face et elle a prôné l'abandon du nucléaire et l'ancrage dans l'Europe. Depuis, elle se révèle être une virtuose du "sauvetage de dernière minute".

 

A propos des eurobonds, forme de mutualisation de la dette publique européenne, son credo d'hier était : pas question, "tant que je vivrai". Aujourd'hui, elle laisse le soin au ministre des finances, Wolfgang Schäuble, de trouver un détour-retour et accepte que la Banque centrale européenne accorde des crédits aux banques et aux Etats en faillite, qui, si ça tourne mal, devront être remboursés en fin de compte par le contribuable allemand. Tergiverser pour mieux domestiquer - telle est la tactique de Merkiavel.

 

La contrainte ne prend plus la forme d'une intrusion agressive d'argent allemand, au contraire : il s'agit désormais de menace de repli, de report et de refus de crédits. Si l'Allemagne refuse de donner son aval, c'est la ruine sans appel pour tous les pays endettés. Il n'y a donc qu'une chose qui soit pire que d'être victime de l'afflux massif d'argent allemand, c'est de ne pas en être victime.

 

En même temps, il faut bien se rendre compte que, si l'Allemagne s'est hissée au niveau de puissance dominante dans "l'Europe allemande", ce n'est pas le résultat d'un plan de grande ampleur issu d'une tactique préméditée et d'une débauche de ruses. Tout s'est passé de façon involontaire et sans calcul ; ce fut d'abord le résultat de la crise financière et de l'anticipation de cette catastrophe. Mais au fil du temps (et c'est une chose que l'on peut supposer en voyant le déroulé des événements), on a assisté à une organisation plus planifiée et plus consciente des choses. La chancelière a bien vu que la crise était pour elle la grande occasion, "la faveur du moment". Dans un mélange de fortuna [hasard] et de vertu, elle a réussi à mettre à profit cette occasion historique pour en tirer parti, tant au niveau intérieur qu'extérieur.

 

 

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 17:37

 

humanite.fr - le 9 Novembre 2012

 

 

  

A l’appel de la Confédération Européenne de Syndicats et en France des syndicats CGT, CFDT, FSU, UNSA, Solidaires se tiendra une journée européenne d’actions, de manifestations et de mobilisations.

Chaque jour, dans toute l’Europe, les politiques d’austérité montrent leurs effets néfastes pour les salariés, les retraités et les privés d’emploi, pour la croissance et le bien vivre ensemble.
En France, les stratégies financières des grands groupes et les politiques d’austérité budgétaire ont comme effets : fermetures d’usines, délocalisations, chantage éhonté à l’emploi et aux salaires, précarisation, chômage record, taxation des pensions, restructurations des administrations et des services publics, coupes budgétaires...

Dans toute l’Europe, les syndicats expriment leur ferme opposition aux mesures d’austérité qui font plonger le continent dans la stagnation économique, voire la récession.

Les traitements de choc infligés aux travailleurs, notamment en Grèce, en Espagne et au Portugal, montrent l’impasse de politiques qui conduisent à la destruction des droits sociaux...

La France et l’Europe peuvent sortir de la spirale infernale ! à l’appel de la CES, la journée de mobilisation du 14 novembre permettra aux travailleurs de toute l’Europe d’agir, ensemble et solidairement, pour des conditions de travail et de vie décentes.

 

>>> Lire le communiqué commun des cinq organisations syndicales françaises


Avec les syndicats européens, nous exigeons :
- une véritable coordination des politiques économiques intégrant les dimensions sociales et des mesures de solidarité concrètes vis-à-vis des peuples les plus en difficulté ;
- la négociation d’un « contrat social » européen pour mettre fin au dumping social entre état ;
- des mesures de relance au plan européen pour renouer avec une croissance durable et favoriser l’emploi.

 

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 17:28

 

Le Monde.fr avec AFP | 12.11.2012 à 16h22 • Mis à jour le 12.11.2012 à 16h34

 

 
Des dizaines de manifestants rassemblés devant le siège du Parti Populaire à Madrid le 12 novembre.

Aux cris de "Assassins", des dizaines de manifestants se sont rassemblés lundi 12 novembre à Madrid sous les fenêtres du parti conservateur au pouvoir en Espagne, dénonçant la vague de milliers d'expulsions de propriétaires endettés qui a tourné au drame avec deux suicides en quinze jours. "Terrorisme immobilier, non !", "Stop aux expulsions", pouvait-on lire sur les pancartes brandies par les manifestants, pour beaucoup touchés directement, qui tapaient sur des casseroles.

Environ 350 000 propriétaires surendettés ont été expulsés depuis l'éclatement de la bulle immobilière en 2008, qui a précipité la crise en Espagne et fait bondir le taux de chômage à 25 %. Mais sous la pression sociale, accentuée après le suicide de deux personnes en quinze jours alors que les huissiers étaient sur le point de les expulser, les petits propriétaires risquant l'expulsion pourraient obtenir un sursis.

 

GEL TEMPORAIRE POUR LES CAS LES PLUS GRAVES

Lundi, l'Association espagnole des banques (AEB) et celle des Caisses d'épargne (CECA) ont annoncé le gel temporaire des saisies dans les cas les plus graves.  "J'espère que nous pourrons parler lundi de l'arrêt temporaire des expulsions qui touchent les familles les plus vulnérables", avait déclaré vendredi le chef du gouvernement, Mariano Rajoy. Des responsables de son Parti populaire devaient rencontrer lundi des représentants de l'opposition socialiste pour tenter de s'entendre sur des mesures d'urgence, qui pourraient inclure un moratoire.

Pas assez pour les militants de la plate-forme PAH, qui aide les personnes menacées d'expulsion et affirme avoir bloqué 463 saisies depuis 2009. Ces derniers exigent que toutes les expulsions de domiciles principaux soient paralysées, et que la saisie du logement suffise à solder la dette, contrairement à la législation espagnole en vigueur, amplement dénoncée.

 

 "PROBLÈMES DE CONSCIENCE"

Ils sont soutenus par un mouvement de protestation sociale croissant, alimenté par le drame des suicides mais aussi un fort sentiment de défiance envers les banques, dont certaines ont été sauvées par des fonds publics. Parmi elles, le géant Bankia, qui fait l'objet d'un sauvetage de près de 24 milliards d'euros. "C'est injuste qu'il faille les aider alors qu'eux refusent de nous aider", dénonce Maria Vivar, retraitée élégante de 70 ans venue manifester car elle risque d'être expulsée pour s'être portée garante du prêt de son fils, aujourd'hui au chômage.

Le malaise s'est même étendu à la police et la justice. Le principal syndicat de policiers, le SUP, a annoncé dimanche qu'il soutiendrait les agents refusant de participer à des expulsions pour "problèmes de conscience". Dans un rapport écrit en octobre, plusieurs magistrats espagnols ont eux dénoncé "des procédures juridiques extrêmement agressives" tandis que des juges sont de plus en plus critiques dans les médias.

Lire : Les juges au secours des expulsés en Espagne


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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 17:23

 

 

LE MONDE | 12.11.2012 à 13h57 • Mis à jour le 12.11.2012 à 16h08 Par Sandrine Morel

 

 

L'association espagnole des banques a annoncé lundi le gel, pour deux ans, des expulsions de propriétaires surendettés dans les cas les plus graves, après deux suicides en quinze jours qui ont provoqué un mouvement de protestation sociale.

Une femme de 53 ans, Amaya Egaña, s'est jetée dans le vide, vendredi 9 novembre, sautant de sa fenêtre, au quatrième étage d'un immeuble de Barakaldo, au Pays basque espagnol. Elle est morte sur le coup. Le 23 octobre, Manuel G., au chômage depuis quatre ans, s'était quant à lui lancé depuis son balcon, au deuxième étage, à Burjassot, près de Valence. Il est hospitalisé, dans un état grave. Le même jour, José Miguel Domingo s'était pendu dans le patio de l'immeuble où il résidait à Grenade, en Andalousie.

Dans les trois cas, ces Espagnols d'une cinquantaine d'années tentaient d'échapper, dans un geste désespéré, à l'arrivée de la police et des huissiers, venus les expulser de leur logement. Depuis le début de la crise économique, en Espagne, près de 400 000 familles ont été expulsées. Des drames devenus quotidiens dans un pays où le chômage frappe un quart de la population active.

Pour répondre à cette hémorragie, le gouvernement avait approuvé en mars un "code de bonnes pratiques" qui incite les banques, sans les obliger, à suspendre les processus d'expulsion dans les cas de dénuement les plus extrêmes, mais il a été très peu appliqué. Devant ces faits divers tragiques, qui ont bouleversé l'opinion publique, Madrid s'est engagé à revoir la législation, comme le leur demandent en outre les associations de magistrats. "Il existe des situations d'injustice si claire que l'on finit par questionner la loi", assure au Monde Edmundo Rodriguez Achutegui, juge au tribunal de commerce du Pays basque et porte-parole régional de l'association Juges pour la démocratie. Dans le cas des expulsions, "la protection donnée aux banques est déséquilibrée par rapport à celle accordée aux clients", poursuit-il.

Confrontés aux drames quotidiens et aux multiples visages que prend la crise en Espagne, les juges d'instance ont le blues. Ces dernières semaines, ils ont exprimé tout haut leurs cas de conscience face au nombre croissant d'expulsions immobilières. Dans un rapport mandaté par le Conseil général du pouvoir judiciaire (CGPJ) visant à l'"accélération et à la réforme des procédures civiles" et publié fin octobre, le groupe de six magistrats chargé de son élaboration a ajouté une annexe sur le surendettement familial, destinée à aborder le problème des expulsions.

Le texte critique les "mauvaises pratiques des banques" qui ont permis une "extension généralisée du crédit immobilier sans mesurer les possibilités réelles du débiteur". Et propose des mesures destinées à éviter l'"exclusion sociale" des familles "incapables de satisfaire les traites des prêts accordés durant le boom" du fait de la perte de leur emploi ou d'une forte baisse de leurs revenus. Le chômage touche un quart de la population active.

Les magistrats proposent qu'une fois défini le concept de "débiteur de bonne foi" - celui qui n'a pas recherché la spéculation -, il leur soit possible de dicter des moratoires sur les expulsions ou des périodes de carence sur les intérêts, de permettre aux anciens propriétaires de demeurer dans leur logement en échange d'un faible loyer et de permettre, dans certaines circonstances, la saisiedu logement comme moyen d'extinction du crédit. Car, en Espagne, rendre le bien hypothéqué ne suffit pas pour solder la dette. Lorsqu'il est saisi, la banque peut se l'adjuger pour 60 % de sa valeur actuelle et continuer d'exiger la différence. "Dans la plupart des pays européens voisins, la loi offre une seconde chance aux citoyens surendettés en leur permettant de repartir de zéro. En Espagne, non", résume M. Achutegui.

Toutes les associations de magistrats s'accordent pour dénoncer le drame des expulsions. Juges pour la démocratie a accusé les banques de "surcharger les tribunaux" après avoir "agi négligemment avec des opérations financières risquées". L'Association professionnelle de la magistrature (APM), majoritaire, a accusé les banques de transformer les tribunaux en "bureaux de recouvrement".

En attendant que la loi évolue, des juges font preuve d'imagination pour éviter les expulsions. Certains tentent de qualifier le prêt d'"abus de droit" ou qualifient la saisie d'"enrichissement injuste". Ou utilisent des "instruments" pour retarder les saisies, ainsi que l'explique M. Achutegui : chercher un accord avec la banque, poser une question d'inconstitutionnalité... Tout, pourvu que l'on ralentisse au maximum la procédure.

Le juge au tribunal de commerce n0 3 de Barcelone, José Maria Fernandez Seijo, a demandé en 2011 à la Cour de justice de l'Union européenne (Curia) de se prononcer sur la législation espagnole, qui ne permet pas d'empêcher l'expulsion lorsqu'un recours est déposé. "La loi communautaire défend les consommateurs en permettant de suspendre une procédure judiciaire le temps que soit résolu le recours, explique M. Seijo au Monde. Cela pourrait permettre au particulier de garder son logement ou de lui laisser le temps de retrouver un emploi." L'avocate générale de la Curia, Juliane Kokott, s'est rangée du côté du magistrat espagnol en considérant que la loi espagnole "ne constitue pas une protection efficace contre les clauses abusives".

M. Seijo, connu pour sa recherche d'alternative aux expulsions, s'en félicite. "Si le gouvernement ne résout pas les problèmes, c'est peut-être aux juges de le faire", affirme-t-il, reconnaissant qu'il existe un malaise dans la profession, "comme dans toute la société, chez les médecins, les enseignants... Le désespoir est grand".

sandrine.morel@gmail.com

Sandrine Morel

Les banques gèlent les expulsions dans les cas les plus graves

 

 

L'association espagnole des banques (AEB) a annoncé lundi le gel, pour deux ans, des expulsions de propriétaires surendettés dans les cas les plus graves, après deux suicides en quinze jours qui ont provoqué un mouvement de protestation sociale.

 

L'association dit avoir pris, jeudi dernier, "l'engagement de tous ses membres, pour des raisons humanitaires et dans le cadre de leur politique de responsabilité sociale, de bloquer les expulsions pendant les deux prochaines années, dans les cas d'extrême nécessité", selon un communiqué.

 

Elle ne précise pas les critères définissant ces "cas d'extrême nécessité" mais indique avoir été interpellée par "l'alarme sociale générée par les expulsions de propriétaires".

 

Cette annonce survient alors que le gouvernement présente lundi des propositions à l'opposition socialiste afin de s'accorder sur des mesures d'urgence dans ce domaine.

 

L'association des banques explique lundi que son nouvel engagement, pris auprès du secrétaire d'Etat à l'Economie, "a fait l'objet d'un débat intense et profond des banques membres de l'AEB, afin de contribuer à pallier la situation de détresse de beaucoup de personnes, en raison de la crise économique".

 

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 17:06

 

http://zad.nadir.org

Dernier ajout : 12 novembre.

 


 

 

La lutte contre le projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes n’a cessé de prendre de l’ampleur au cours des dernières années. Entre autres initiatives, un mouvement d’occupation s’est étendu sur les bâtis et bocages menacés.

Il y un an, face aux menaces croissantes sur les différentes maisons, cabanes et potagers, des habitant.e.s de la ZAD et collectifs solidaires appelaient à une manifestation de réoccupation en cas d’expulsion.

Elle aura lieu le 17 novembre.
Elle partira de Notre-Dame-des-Landes à 11h

Nous appelons tous les collectifs et individuEs qui soutiennent ce projet à commencer à mobiliser et s’organiser dès maintenant à ce sujet.

Pour tous contacts : reclaimthezad@riseup.net

Des informations restent à définir : lieu du rendez-vous, directions pour vous rendre sur le campement la veille. Consultez régulièrement le site web de la ZAD : http://zad.nadir.org

Appel à la manif de réoccupation

Nous vous invitons à relayer l’appel, le tract et l’affiche le plus largement et le plus rapidement possible, afin que chacun-e puisse s’organiser pour venir.

- le texte d’appel
- affiches, tracts, jingles
- l’appel relayé par d’autres
- communiqués de presse

Infos pratiques

- accès et points de rendez-vous
- covoiturage/bus
- hébergement
- programme
- le drapeau de la manif

Besoin de coups de main/de matos

Vous êtes les bienvenu-e-s à participer à la préparation et rejoindre les rendez-vous proposés par les commissions.

Et puis en attendant on cherche d’ores et déjà des cuisines collectives, chapiteaux, musiciens, batukadas, cabanes en kit, matériaux, outils, tracteurs...en vue de la réoccupation.

- tractage et affichage
- liste de besoin de matos
- appel à participation au programme
- appel à hébergement
- prochaines dates d’AG, réunions, chantiers...
- organisation depuis d’autres villes

Des manifs ailleurs le 17
- les manifs en parallèle à celles de NDDL

Histoire

- Les différents textes publiés avant les expulsions pour appeler à la manif de réoccupation

 

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 16:57

 

Via le site desobeir.net

 

 

Co voiturage : je cherche une voiture

http://nucleaireforum.free.fr/forum/viewforum.php?f=11&sid=1c9e277be4ef19719a479bd34da1108c

 

 

Co voiturage : je cherche un passager


*Pour accéder aux liens, appuyer sur la touche "Ctrl" de votre clavier + cliquer gauche sur la ligne du lien
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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 16:52

 

Par Okeanos

12 novembre 2012 - 11:44
(dernière modification le 12/11/2012 - 12:32)

 

La Grèce n’est pas seule…

Imaginons un pays.

 

Une crise financière sans précédent provenant de Wall Street va déstabiliser son économie. En moins d’un an, le pays plonge en récession et la baisse de la production combinée à l’augmentation du chômage de 9 à 14% de la population active vont gravement détériorer les finances de l’état. Ces finances étaient déjà fragiles à cause d’une dette importante contractée de manière plutôt contestable. Mais la nouvelle montée en flèche de l’endettement due à la crise économique inquiète les autorités qui procèdent à un changement de gouvernement et mettent au pouvoir un conservateur issu de la bourgeoisie, économiste formé à la London School of Economics.

Le gouvernement formé par ce dernier a alors un objectif prioritaire : faire baisser la dette du pays et relancer l’économie. La solution leur semble très simple : l’état va devoir économiser en coupant dans les dépenses et en augmentant les impôts. La souffrance engendrée sur les classes les plus pauvres est vue comme un mal nécessaire pour rétablir des finances « saines ».

Mais la situation politique est très instable, et passer de telles mesures au parlement n’est pas évident. C’est donc par une suite de décrets-loi exceptionnels que quatre plans d’austérité vont être successivement appliqués au pays au cours des deux années suivantes.

La liste des mesures prises est sans fin : baisse de 25% des salaires dans le secteur public, baisses à répétition de toutes les allocations sociales (chômage, famille, assurance maladie), augmentations à répétition de l’impôt sur le revenu, de la TVA, et des taxes sur des produits de consommation comme la cigarette et l’alcool.

Cette cure d’amaigrissement très violente du budget de l’état a des conséquences catastrophiques : l’économie s’écroule et le chômage explose de 14% à 22% en un an alors que la production économique (PIB) chute de 7,7%. La société est en état de choc et les orientations politiques se polarisent vers l’extrême gauche et le parti nazi, ce dernier connaissant subitement un succès fulgurant.

Malgré cette évolution, le gouvernement décide d’intensifier l’austérité, étant convaincu que son échec est dû à l’insuffisances des mesures prises. Un nouveau paquet d’austérité est adopté par décret alors que le chômage est à 22%. Dans une déclaration officielle, le gouvernement annonce « qu’il reste maintenant moins de 100 mètres jusqu’à la cible. »

La suite de l’histoire est connue : un an plus tard, le PIB chute à nouveau de 7,5% et le chômage passe à 28%. La radicalisation politique de la population s’intensifie, menant à l’arrivée au pouvoir en 1933 du parti nazi et d’Adolf Hitler, ce dernier s’étant servi de l’effondrement économique et social du pays comme levier pour sa campagne de propagande.

Car en effet, il n’est pas question ici de la Grèce. Cette description factuelle est celle des dernières années de la république de Weimar entre 1929 et 1933, les années sombres qui ont mené au nazisme et à la deuxième guerre mondiale. Le gouvernement dont il est question ici est celui du chancelier Heinrich Brüning, nommé à cette fonction en 1930 par le président fédéral Paul von Hindenburg. Son entêtement à mener une politique d’austérité extrême a fait imploser l’économie et la société allemande en l’espace de deux ans.

Cette expérience de cure d’austérité et ses conséquences, l’accession du parti nazi au pouvoir menant quelques années plus tard à la deuxième guerre mondiale, ne semble en fin de compte pas avoir été aussi traumatisante que cela. Il faut chercher très profond dans les archives internationales des trois dernières années pour trouver des journalistes ou des personnalités médiatiques faisant référence à ce précédent historique pour aborder la problématique actuelle.

Sous l’effet de l’austérité, le taux de chômage en Grèce est passé de 9,5% en juillet 2009 à 12,5% en juillet 2010, 17,8% en juillet 2011 et 25,1% en juillet 2012.

Simultanément, on sait que  le parti néo-nazi grec « aube dorée » est passé de 0,46% des votes aux élections européennes de 2009 à 5,3% aux élections municipales d’Athènes en 2010, puis 6,92% aux élections législatives de Juin 2012, et que 12% des personnes sondées approuvaient l’attitude du parti en mai 2012, part qui atteint les 22% en Septembre 2012.

L’accumulation de ces faits ne cherche en aucun cas à prédire une accession, peu probable, d’un parti néo-nazi au pouvoir d’un pays subissant l’austérité européenne. Les mêmes causes ne peuvent avoir les mêmes effets dans le domaine si aléatoire des comportements sociaux. Ce qui est démontré par contre, c’est que la situation économique et sociale atteinte à l’automne 2012 en Grèce est du même ordre que celle de l’Allemagne en 1933.

Il est alors sidérant et inquiétant de constater que le niveau de préoccupation atteint par les institutions et les politiciens européens ne dépasse pas une sporadique phrase de compassion, pommade cynique servant à faire passer les nouveaux plans d’austérité et de privatisation.

Fin 2010, on a pu s’inquiéter des risques économiques que pourraient amener l’austérité.

Fin 2011, les conséquences dramatiques de ces mesures laissaient espérer une prise de conscience et un virage politique.

Fin 2012, le potentiel destructeur avéré et abouti de cette politique combiné à un aveuglement proportionnel des grands décideurs européens ne laisse plus beaucoup de place à l’optimisme pour les temps à venir.

Le grand traumatisme fondateur qui régit aujourd’hui la politique économique allemande et européenne est la peur de l’inflation et de l’instabilité monétaire. Pourtant, la grande crise d’hyperinflation a eu lieu en Allemagne en 1922-1923, une décennie avant la grande dépression et la montée du nazisme. Dans la conscience collective des décideurs, il semble que l’annulation par l’inflation de toutes les fortunes personnelles d’Allemagne ait un impact bien plus important que la destruction de l’économie et de la société allemande par les politiques d’austérité en 1930-1933.

Quelle explication trouver au fait qu’une erreur si grossière et dramatique soit reproduite 80 ans plus tard exactement à l’identique par l’élite du même pays? La seule différence, de taille, est que cette erreur est aujourd’hui infligée à un autre peuple et non au sien…

On pourra remarquer que le mot « Schuld » en allemand signifie aussi bien « dette » que « faute » ou « culpabilité ». Pour les élites conservatrices germanophones, le fait que les pays surendettés aient « fauté » n’est même plus un rapprochement facile : le concept linguistique est tout simplement équivalent. On peut alors se demander si ce n’est pas un excès d’antique morale religieuse qui pousserait la classe dirigeante allemande à assimiler le « mal nécessaire » de l’austérité à une « punition ».

La question de la responsabilité de ce drame restera probablement longtemps ouverte, mais il y a maintenant urgence à éviter le pire.

Etienne Haug – article à lire sur le site des Chroniques d’un hiver européen

L’article dans sa version anglaise : Similarities

Dans le cas ou vous souhaitez partager cet article, vous devez a minima copier également le texte ci-dessous (en conservant le lien) :
source : OkeaNews

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 16:45

 

Challenges.fr - Créé le 03-05-2012 à 06h06 - Mis à jour le 05-05-2012 à 09h36

STRATEGIE Le groupe français conjugue au mieux la complémentarité de ses métiers: l'énergie, la construction, et les concessions d'infrastructures. Un moteur à trois temps très performant.

 

 

 

Chantier Vinci (DR)

Chantier Vinci (DR)

Pour le citoyen moyen, le groupe Vinci est une horreur. Des péages d'autoroutes plus chers d'année en année et des parkings aux tarifs prohibitifs. Ce n'est pas tout. Désormais, un petit pourcentage du ticket d'entrée d'un match de football aux stades du Mans, de Bordeaux ou de Lyon revient au géant français du BTP. Pis, quelques euros d'un billet d'avion pris à Nantes, Quimper, Grenoble ou... Phnom Penh tombent dans son escarcelle. Plus étonnant encore, lorsque la ligne à grande vitesse (LGV) Tours-Bordeaux entrera en service en 2017, Vinci encore touchera sa quote-part!

Car Vinci n'est pas seulement un constructeur. Son business model repose largement sur un deuxième métier: concessionnaire. Aux antipodes de la route suivie par son grand rival dans le BTP, le groupe Bouygues. Son PDG, Xavier Huillard, explique sa stratégie par une image... qui fleure bon le béton: "La granulométrie continue dans le temps." C'est-à-dire? "Lorsque vous bâtissez une maison, pour que votre remblai soit solide, vous devez y mettre des gros, des moyens et des petits cailloux. Et bien, chez Vinci, on fait pareil avec le temps: on mise sur le court, le moyen et le long terme!" Et les résultats de l'année 2011 en témoignent: la granulométrie, ça paie. A près de 37 milliards d'euros, le chiffre d'affaires a augmenté de plus de 10%. Et son bénéfice net de 7,2%, à 1,9 milliard. Comme chaque année, la société redistribuera la moitié de cette manne à ses actionnaires.

Alors, la granulométrie, concrètement, comment cela marche-t-il? Vinci mise sur la complémentarité de trois métiers: les fameuses concessions pour le temps long, la construction pour le moyen terme, et l'énergie pour le court. Recette d'un excellent remblai.

ASF, un achat décisif

C'est connu, le BTP est cyclique. Il faut donc trouver des relais pour faire face aux temps mauvais. Si Bouygues a résolu l'équation en se diversifiant avec TF1, Bouygues Telecom et son ticket dans Alstom, Vinci s'est ouvert aux concessions, ces contrats d'exploitation du domaine public pendant vingt, trente, voire soixante-dix ans! Un bon filon que ces "gros cailloux": quand le BTP ne requiert aucun capital mais dégage une très faible marge (4,6%), les concessions pompent de très grosses sommes au départ mais avec une rentabilité opérationnelle record (41%). Pour le concessionnaire Vinci, le geste décisif est fait en 2006, avec le rachat du réseau autoroutier Autoroutes du sud de la France (ASF) pour 9,1 milliards d'euros. Depuis ce jour, Martin Bouygues n'a de cesse d'ironiser sur son concurrent "rentier". A l'état-major de Vinci, on rappelle que c'est Bouygues qui, pour emporter des marchés de BTP, a recours a des méthodes de rentier. L'Etat et les collectivités locales, qui n'ont plus d'argent en caisse, lancent de plus en plus fréquemment des appels d'offres sous forme de partenariats public-privé (PPP). Par exemple, pour construire le nouveau ministère de la Défense dans le quartier de Balard à Paris, le fameux Pentagone à la française, Bouygues touchera, par exemple, un loyer pendant vingt-sept ans, même si les effectifs et les moyens de l'armée ont été diminués! Une vraie rente que ces montages, selon Xavier Huillard, qui note que "dans un PPP d'hôpital ou de collège, on n'est pas payé en fonction du nombre de patients ou d'élèves, il n'y a pas de risque trafic". Tout l'inverse du métier classique de concessionnaire.

Sur les autoroutes, par exemple, Vinci assume pleinement le fameux risque trafic: si les voitures désertent, Vinci trinque. Et pour gagner de l'argent, il faut investir. Une concession ne rapporte qu'au bout de plusieurs années, voire de dizaines d'années, une fois la dette d'acquisition remboursée. Aussi le secret du bon concessionnaire est-il d'en allonger la durée, chaque année supplémentaire étant l'assurance d'un meilleur bénéfice. C'est l'Etat qui en décide, en fonction de la satisfaction des usagers. Xavier Huillard insiste: "Depuis huit ans, Vinci Autoroutes a dépensé 10 milliards d'euros dans les réseaux qui lui sont concédés. C'est pour cela que nous obtenons des contreparties."

Son excellente réputation rassure le donneur d'ordres public: quand Vinci l'emporte, c'est pour longtemps. Hervé Tricot, président de Lisea, qui gère la concession de la ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux, raconte qu'il a été demandé à Vinci de s'engager à ne pas sortir avant dix ans: "Cela n'a posé aucun problème à Xavier Huillard, c'est dans la mentalité du groupe." Une façon de se démarquer des autres. Eiffage n'a-t-il pas revendu 80% de sa participation dans la société Optimet, qui gère quatre prisons, deux ans après leur livraison? Un grand maître d'ouvrage l'assure: "Nous sommes sûrs que Vinci restera aux manettes jusqu'au bout, ce qui n'est pas le cas de ses concurrents."

Principe de sélection

Fort de ce savoir-faire, Vinci n'a de cesse d'élargir son spectre. Dans les aéroports, le ferroviaire ou les stades. Le groupe ne dirait pas non au rachat d'Aéroports de Paris (ADP) que l'Etat pourrait un jour privatiser pour de bon. Histoire de prendre date, Vinci a déjà mis un pied en achetant 3,3% de cette entreprise sous contrôle public, mais cotée à la Bourse de Paris. En revanche, l'eau ou les déchets, pas question : "Il y a bien assez à faire dans les concessions d'infrastructures." Et les ports? Pas pour l'instant: "Nous exerçons toujours en France un savoir-faire avant de partir à l'international." Mais avec les autoroutes, les avions et les voies de trains à grande vitesse, Vinci a déjà maillé son territoire: quelle que soit l'évolution des habitudes de circulation des Français, il s'y retrouve: ce qu'il perd sur la route, il le récupère sur le TGV ou l'avion!

Complémentarité, donc, au sein du pôle concessions, mais complémentarité aussi avec la construction. Du moyen terme qui s'échelonne sur deux à quatre ans. Et où Vinci est le plus rentable. A 4,6% de marge, il dépasse les 3,6% de Bouygues Construction et les 2,4% d'Eiffage. Avec la crise vient la guerre des prix. Xavier Huillard le répète: "Je privilégierai toujours la marge au volume. Ce qui compte, c'est de bien sélectionner les clients." Une attitude vécue comme une forme d'arrogance dans le milieu. "Ils arrivent un peu en terrain conquis, sûrs d'être les meilleurs. J'ai même entendu monsieur Huillard me dire: "C'est à vous de nous désirer" ! "raconte un important donneur d'ordres. Chez Bouygues, on insiste sur la morgue de ce concurrent qui, lorsqu'il perd, "ne comprend pas et brandit très souvent la menace judiciaire". Cet état d'esprit, c'est la botte secrète de Vinci: "Bouygues, c'est l'armée américaine. Nous, c'est la guérilla."

Xavier Huillard est fer de diriger une constellation de PME. Christian Labeyrie, le directeur financier, en soupirerait presque: "Vinci consolide 2 250 sociétés!" En Ile-de-France, par exemple, quand Bouygues s'affiche avec une filiale unique, Vinci en compte huit. Chacune, en principe, a son marché: Sicra pour la préfabrication, CBC pour les bureaux, ou GTM pour la rénovation sociale et les partenariats public-privé. Mais, en réalité, "elles se bastonnent franchement", s'amuse un avocat spécialisé. Sur le terrain, l'efficacité est redoutable. Un concurrent malheureux raconte: "Quand Vinci attaque un marché sur deux fronts, ils ont, évidemment, deux fois plus de chances de gagner!" Xavier Huillard a beau le nier, les exemples ne manquent pas.

Tactique du morcellement

Rien que sur Paris, GTM et Bateg s'affrontent pour construire le siège de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), comme CBC et GTM l'avaient fait pour le campus de l'Ensta et la rénovation du centre sportif de l'Insep dans le bois de Vincennes. GTM vient par ailleurs de gagner la Cité des loisirs de Courbevoie, contre un groupement Dumez et Sicra! Sans doute "un peu limite côté Code des marchés publics", selon un concurrent, la décentralisation est revendiquée par Xavier Huillard: "Grâce à ce système, je suis persuadé que Vinci peut grandir sans grossir. Car le plus grand péril de nos organisations, c'est la menace bureaucratique." C'est aussi sa seule angoisse: "Que l'une de nos filiales pousse trop loin de nous, hors de notre culture..." Faute de contrôle suffisant, certaines entités, en Hongrie ou en Pologne, se sont mises à "diverger".

Autre inconvénient du morcellement: la perte de compétitivité sur les grosses affaires. Sur les contrats à plusieurs centaines de millions d'euros, "nous sommes obligés de trouver un consensus entre nous, ce qui ne correspond pas forcément à l'optimum", reconnaît un baron de la constellation Vinci. Bruno Vieillefosse, responsable du projet du Pentagone à la française au ministère de la Défense, explique que Vinci "a perdu quelques points de marge en se présentant avec quatre sociétés chapeautées d'une autre structure". Pour quelques "points de marge" - qui valent de l'or en période de disette budgétaire -, c'est Bouygues qui a raflé ce marché à 1,8 milliard.

Pour bien colmater son remblai, entre concession et construction, Vinci s'est trouvé un troisième gisement, de microcailloux cette fois: Vinci Energies. Une foultitude de petites affaires - 40.000 euros en moyenne - sur quelques mois, à la rentabilité meilleure que le BTP (5,6%) et peu sensible aux cycles. Climatisation, chauffage, éclairage public, centrales solaires ou réseau de tramway, ce business explose. Comme Xavier Huillard à son évocation: "Les métiers de l'énergie sont superbes! Je ne serais pas étonné si nous doublions la taille de ce pôle dans dix ans."

C'est d'autant plus facile à dire qu'il l'a déjà fait: entre 2005 et 2011, Vinci Energies est passé de 3,5 à 8,7 milliards d'euros. Grâce à une action menée de main de maître par Xavier Huillard lui-même en 2010: l'acquisition de Cegelec. En 2008, le fonds Qatari Diar rafe le dossier en prenant le contrôle. Huillard ne se décourage pas: "Je leur ai fait comprendre que j'étais preneur. Un an plus tard, l'affaire était conclue." Vinci prend le contrôle de la société en offrant au fonds souverain, en échange, un ticket dans son propre capital. Aujourd'hui, le Qatar possède 5,6% de Vinci et, dans le secteur, le groupe a distancé la filiale énergie de Bouygues, ETDE. Mais chez Martin Bouygues, on s'endette 3,3 fois moins, et surtout, remarque un membre de l'état-major de Vinci, "jamais il n'aurait pu le faire, car la participation de 21% de la famille aurait été diluée". La constellation de Xavier Huillard a sa culture propre. Elle n'est pas celle du capitalisme familial.

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