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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 20:32

 

 

En matière littéraire, il n’y a rien de plus grave que le plagiat. Celui qui commet cette vilenie s’expose à une lourde condamnation pénale et à un discrédit, le plus souvent, irréversible. En matière économique, en revanche, il semble que les usages ne soient pas exactement les mêmes : il arrive que les plagiés ne réclament aucun droit d’auteur et applaudissent même celui qui s’est approprié leurs idées, pour peu que celles-ci progressent et gagnent en notoriété.

En caricaturant à peine, voilà la vraie morale de tout cet invraisemblable psychodrame que l’on vient de vivre depuis plusieurs semaines autour du rapport sur la compétitivité que le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, avait demandé à Louis Gallois, et qui a été rendu public ce lundi 5 novembre. Car maintenant que l’on connaît le détail des réformes préconisées par l’ancien patron d’EADS, le constat saute aux yeux : le fameux document, qui a mis en émoi de si longues semaines toute la presse et qui a alimenté d’innombrables rumeurs, n’est qu’une compilation de nombreux autres rapports écrits auparavant par… des officines patronales ! Lesquelles officines sont aujourd’hui naturellement trop contentes que leurs idées progressent sous une présidence socialiste. En creux, l’histoire des emprunts faits par Louis Gallois – avec l’aide d’un rapporteur adjoint qui est membre de… l’UMP ! – en dit donc très long sur les vraies sources d’inspiration de la politique économique française impulsée aujourd’hui par François Hollande.

Voyons d’abord ce rapport, et examinons ce qu’il propose. Le voici :


Competitivite: le rapport Gallois (*A voir sur le site de Médiapart ou en suivant ce "link"

                                                                                                                                                                                                                           Un rapporteur adjoint adhérent de l'UMP

Ce rapport réserve en fait une surprise qui a trait à la qualité de l’un de ses rédacteurs. Élaboré comme prévu par Louis Gallois, qui est actuellement Commissaire général à l’investissement, il a bénéficié de l’aide de deux rapporteurs adjoints. Et l’identité de l’un d’eux est pour le moins inattendue. Il s’agit en effet d’un certain Pierre-Emmanuel Thiard, qui est un contributeur occasionnel d’Atlantico. Sur ce site Internet, qui a pour positionnement éditorial d’établir des passerelles entre la droite et la droite radicale, l’intéressé est présenté de la manière suivante : « Pierre Emmanuel Thiard, militant UMP à Paris, est haut fonctionnaire. » Et les points de vue du haut fonctionnaire publiés sur ce site (elles sont ici) témoignent en effet de son affiliation à l’UMP.

Adhérent de la fédération de Paris de l’UMP, Pierre-Emmanuel Thiard, est aussi l’un des animateurs d’une association dénommée « La boîte à idées », qui est une dépendance du même parti et qui présente son activité sur un site Internet que l’on peut consulter ici. « La Boîte à idées » a déposé une motion pour le prochain congrès de ce parti, avec le soutien de nombreux hiérarques (ici un article du Point). Sur ce site, le collaborateur de Louis Gallois est présenté de la manière suivante : « Pierre-Emmanuel Thiard est haut fonctionnaire et enseigne à Sciences-Po. Ancien président de l’UMP Sciences-Po entre 2004 et 2005, il a été co-rapporteur des groupes ayant travaillé sur les questions économiques, les finances publiques et la politique industrielle dans le cadre de la préparation du programme présidentiel de Nicolas Sarkozy. »

Voilà donc une première indication qui n’est pas indifférente : l’UMP, ou du moins l’un de ses cadres, a contribué à ce rapport.

Mais pour le reste, le moins que l’on puisse dire, c’est que ce rapport ne réserve strictement aucune autre surprise. Beaucoup moins riche et documenté que ne l’est le récent rapport du Haut conseil du financement de la protection sociale (lire Compétitivité : sous le choc, l’intox), il se borne à énumérer quelques poncifs et lieux communs sur la compétitivité, que l’on retrouve depuis des lustres dans toutes les publications patronales. « Sanctuariser le budget de la recherche publique et celui du soutien à l’innovation » ; « conditionner les soutiens de l’État aux actions des grandes entreprises à leur capacité à y associer leurs fournisseurs et sous-traitants » ; « doubler le nombre de formations en alternance sur la durée du quinquennat » : voilà quelques-unes des 22 propositions de Louis Gallois et de ses deux rapporteurs adjoints.

Aucune surprise, donc, d’autant qu’au milieu de cet inventaire à la Prévert figure bien naturellement la fameuse proposition – c’est la quatrième – visant à créer un « choc de compétitivité ». Voici exactement ce qu’est cette proposition : « 4e proposition : créer un choc de compétitivité en transférant une partie significative des charges sociales jusqu’à 3,5 SMIC – de l’ordre de 30 milliards d’euros, soit 1,5 % du PIB – vers la fiscalité et la réduction de la dépense publique. Ce transfert concernerait pour 2/3 les charges patronales, et pour 1/3 les charges salariales. »

Et la proposition est ensuite décryptée de la manière suivante : « Il appartiendra à la concertation prévue sur le financement de la protection sociale d’examiner dans quelles conditions ce transfert peut être organisé et quelles ressources fiscales de substitution peuvent être mobilisées. Sans préjuger ce débat, on peut indiquer les voies possibles et les fiscalités mises à contribution. On ne pourra pas faire “l’économie” de l’utilisation d’un impôt à large assiette. Certes, la hausse de certains taux intermédiaires de la TVA (hors produits de première nécessité) devrait être envisagée (5 à 6 milliards d’euros). Il en est de même de la fiscalité écologique (taxe carbone), de la fiscalité immobilière, du réexamen de certaines niches et de l’éventuelle taxation des transactions financières (2 à 3 milliards d’euros au total). Mais, si on ne peut pas faire appel au taux normal de la TVA, la plus grande part devra provenir – probablement de l’ordre des 2/3 – du relèvement de la CSG, soit l’équivalent de 2 points (20 à 22 milliards d’euros). La réduction à hauteur de 10 milliards des cotisations salariales réduit de manière significative l’impact de ce relèvement sur le pouvoir d’achat des salariés et donc sur la demande des ménages. »

En clair, comme on s’y attendait, le rapport de Louis Gallois préconise bel et bien de mettre en œuvre la fameuse réforme, improprement appelée « TVA sociale », voulue par Nicolas Sarkozy, ou à défaut une variante, en relevant la CSG. En clair, il s’agit d’organiser un « choc » pour transférer massivement des cotisations sociales à la charge des employeurs sur des prélèvements acquittés par les consommateurs ou les salariés. Autrement dit, Louis Gallois recommande aux socialistes de faire l’exact contraire de ce qu’avait promis… François Hollande.

Du coup, on ne peut s’empêcher de se poser une nouvelle fois la question : mais pourquoi donc François Hollande a-t-il eu l’idée incongrue d’ouvrir ce chantier de la compétitivité dès le début de son quinquennat et d’enfourcher le cheval de bataille qui était jusque-là celui du patronat et de l’UMP ? Et pourquoi ce travail de réflexion a-t-il été confié à Louis Gallois ?

En vérité, on comprend mieux l’enjeu de ces questions lorsque l’on connaît la genèse de cette idée du « choc de compétitivité ». Car – nous y voilà ! –, ce n’est pas Louis Gallois qui peut en revendiquer la paternité. C’est une idée qui est véhiculée depuis de longs mois par les milieux d’affaires français et les cercles dominants du patronat. Elle a donc alimenté une cascade de rapports – tous sur le même thème – dans lesquels Louis Gallois est venu ensuite puiser son inspiration.

Ainsi, il y a d’abord eu, en janvier 2012, une note de l’Institut de l’entreprise. Créé en 1975 par François Ceyrac, le patron des patrons de l’époque, cet institut est resté, depuis, une annexe du Medef. Au sein de son Conseil d’orientation (il est ici), on retrouve pêle-mêle les patrons de Vinci, de Sodexo, d’Axa, de Schneider Electric, de Lafarge, de GDF Suez, de BNP Paribas, et de biens d’autres.

 

Intitulée « Pour un choc de compétitivité en France », cette note, la voici :

Competitivite: le rapport de l'Institut de l'entreprise(suivre ce "link" )

Des notes patronales en pagaille

Comme on l’aura deviné, cette note lance donc une campagne, qui va être celle de tout le patronat durant les mois suivants, en pleine campagne présidentielle, en faveur de ce « choc de compétitivité », dont le but est d’alléger les cotisations employeurs, par exemple les cotisations familiales, en assommant de nouveaux impôts les salariés ou les consommateurs. Sous l’intitulé « Transférer une partie des cotisations sociales vers la fiscalité pesant sur les ménages », voici en particulier ce qu’écrit ce document : « Le poids du financement de la protection sociale pèse de manière démesurée sur les coûts de production. Le système de protection sociale étant le résultat de nos préférences collectives, c’est aux ménages qu’il convient d’en assurer d’abord la charge. Une réforme de l’assiette de financement de la protection sociale, qui verrait une partie des cotisations sociales employeurs rebasculée vers les ménages (au-delà de la TVA, la CSG et la fiscalité écologique – via la TICPE – pourraient être mises à contribution) doit être envisagée. Au-delà de sa portée économique – dont l’effet, en termes de compétitivité, doit toutefois être relativisé du fait de son caractère transitoire – et de son coût nul pour les finances publiques, un tel transfert aurait aussi la vertu symbolique d’envoyer le signal déterminé d’une nouvelle politique de l’offre. »

La campagne est donc engagée. Et elle rebondit peu après, en mars 2012, avec une autre note, élaborée cette fois par l’Institut Montaigne. Il s’agit là encore d’un club patronal. Créée par Claude Bébéar, le fondateur du groupe Axa, cette instance est connue pour ses travaux conservateurs ou en faveur des systèmes d’assurance privée.

Cette note de l’Institut Montaigne, la voilà :

 

 

Sous l’intitulé « Le schéma proposé : un choc de compétitivité », voici donc ce qu’explique notamment ce rapport : « Pour avoir un effet réel sur l’emploi et la compétitivité, le transfert de charges doit être suffisamment important. Ce qu’il faut rechercher, c’est un choc d’offre. Ainsi, ce sont plus de 30 milliards d’euros de prélèvements qui pourraient être transférés, selon les modalités suivantes : les cotisations maladie et famille sont les premières candidates à un basculement des prélèvements vers la consommation, en raison de leur caractère universel, c’est-à-dire de leur vocation à financer des politiques publiques ne bénéficiant pas aux seuls salariés cotisants, comme la retraite ou les accidents du travail, mais à l’ensemble des personnes ayant une résidence stable en France. »

On comprend donc mieux pourquoi, interrogé le 7 juillet, devant le Cercle des économistes (conservateurs), à Aix-en-Provence, sur ce que pourrait être un « choc de compétitivité », Louis Gallois embraye tout aussitôt (vidéo ci-dessous) en préconisant un allègement de 30 milliards d’euros des cotisations patronales, financé par un alourdissement de la TVA ou de la CSG.

 

 

Sous les applaudissements de Laurence Parisot

Ce qu’il y a de stupéfiant dans toute cette histoire, c’est que les dirigeants socialistes savent tout cela. De même qu’ils connaissent la genèse de cette idée de « choc de compétitivité », qui a éclos dans les cercles dominants du patronat. De même qu’ils n’ignorent pas que Louis Gallois est, sur ce sujet, leur porte-parole. Ce qui n’empêche pourtant pas Jean-Marc Ayrault de confier quelques jours plus tard, le 10 juillet, à Louis Gallois le soin de réaliser ce rapport.

Dès lors, l’histoire était écrite d’avance : avec l’aide notamment d’un militant de l’UMP, Louis Gallois s’est borné à peu de choses près à recopier tous les rapports antérieurs, écrits par divers cénacles patronaux. Et c’est ce qu’il y a de sidérant dans ce feuilleton : ce sont ces cercles patronaux qui donnent depuis plusieurs mois le « la » de la politique économique française.

Pour être précis, ils ne sont pas les seuls à faire campagne en ce sens. Sous la houlette de Christine Lagarde, même le Fonds monétaire international (FMI) est entré ce lundi dans la danse, en publiant un rapport sur la France (ici la dépêche de l’AFP), sommant le gouvernement socialiste d’engager une réforme pour améliorer sa… compétitivité. « Les perspectives de croissance de la France demeurent fragiles en raison des faibles conditions économiques en Europe, mais la capacité de la France à rebondir est aussi contrainte par un problème de compétitivité », écrit le FMI. Lequel se prononce en faveur d'un transfert des charges salariales vers la TVA plutôt que vers la CSG : « transférer le coût des allégements de cotisations patronales vers les taxes indirectes (TVA par exemple) aurait plus d'avantages économiques » qu'une augmentation de la CSG, qui pourrait n'avoir que des « effets temporaires » et pourrait accroître la pression fiscale sur les revenus du capital.

Voilà donc Jean-Marc Ayrault prévenu : le rapport Gallois n’est qu’une compilation de vieux rapports patronaux, complétés par quelques obsessions ultralibérales dont le FMI a le secret. Aux dernières nouvelles, cela ne devrait pas dissuader le premier ministre de reprendre à son compte une partie de ses préconisations.

D’ici là, les militants socialistes pourront se réconforter en lisant plusieurs fois – on ne s’en lasse pas – le communiqué de victoire de la présidente du Medef, Laurent Parisot (ici dans sa version intégrale). Intitulé « Rapport Gallois : une étape décisive vers un big bang économique salvateur », il rapporte les propos enthousiastes de la patronne des patrons : « La “compétitivité équitable” est notre cheval de bataille depuis plusieurs années. Le diagnostic posé par le rapport Gallois est juste. La plupart de ses recommandations sont issues des réunions de travail entre Louis Gallois et les chefs d'entreprise. Il s'agit désormais de savoir quand et comment ses propositions seront mises en œuvre. Le chantier est vital pour l'économie de notre pays et il est de grande ampleur. Le Medef y contribuera dans un esprit constructif. »

Même son de cloche chez Jean-François Copé, qui appelle tout simplement François Hollande à « avoir le courage » d'appliquer les mesures contenues dans le rapport. « Les mesures préconisées par le rapport Gallois, moi je les approuve totalement, elles correspondent exactement à ce que nous souhaitons pour l'économie, (...) à ce que nous avons initié avec Nicolas Sarkozy tout au long des années qui viennent de s'écouler », a déclaré le secrétaire général de l'UMP lors d'un point de presse.

Et dire qu’il y a des mauvaises langues pour prétendre que la politique économique et sociale n’a pas franchement des accents de gauche…

 

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 19:51

 

Rue89 - Témoignage 04/11/2012 à 17h40

Sarah Richardier | Téléopératrice

 

Diplômée, polyglotte, Sarah a travaillé huit mois dans un « call center » de Barcelone, en plein boom, qui se sert des nouvelles lois pour payer moins ou virer son personnel.

 


Call Center à Barcelone (DR)

 

Barcelone comptait début 2011 environ 35 000 Français inscrits au consulat sur un total estimé à 60 000. Aux curieux qui cherchent encore la raison de cette transhumance, la réponse est assez simple : climat, plage, vie culturelle, bière à un euro, crevettes à l’ail et une vie nocturne parmi les plus trépidantes et riches d’Europe.

Une main-d’œuvre diplômée et polyglotte

L’attractivité de la ville de Gaudi reposait également, jusqu’à peu, sur une économie florissante. Mais l’effondrement du secteur de la construction, les vagues de crises successives (financière, boursière, économique et plus récemment bancaire avec la faillite de Dexia) ont eu raison du miracle espagnol.

Making of

Sarah Richardier, 25 ans, diplômée de Sciences-Po à Lyon, vit depuis deux ans à Barcelone où elle a travaillé pendant huit mois comme téléopératrice avant de se faire « démissionner » en juillet dernier, dans la vague de la réforme des licenciements adoptée par le gouvernement conservateur. Lundi, elle reprend un nouveau poste dans un centre d’appel et se lance en parallèle dans un projet d’épicerie-restaurant bio, locale et « bon marché ».

En Espagne, le taux de chômage a atteint le taux historique de 25% – il est de 52,34% pour les jeunes de 16 à 24 ans.

Les perspectives professionnelles qu’offre désormais Barcelone à ses expatriés se sont considérablement obscurcies. Mais comme souvent, le malheur des uns fait le bonheur des autres.

Les uns (j’étais de ceux-là) sont la multitude des jeunes ayant eu recours à une délocalisation volontaire à la recherche du soleil.

Les autres, ce sont ComputaCenter, mais aussi Avis, Sellbytel, Colt… les « call center », entreprises ayant eu recours à l’externalisation stratégique vers Barcelone dans le but de « capturer » une main-d’œuvre diplômée et polyglotte.

La relation entre ces jeunes et les centres d’appels était initialement brève. Mais la précarisation du marché du travail a scellé le lien qui les unit ; de couple libre, on glisse progressivement vers le mariage forcé. S’il est relativement facile d’entrer dans un call center, savoir par quelle porte en sortir devient réellement problématique.

Par chance, la dernière réforme du travail espagnol a grandement aidé à trouver l’issue de secours, donnant enfin la possibilité à l’un des mariés de rompre le contrat sans se ruiner [les indemnités maximales de licenciements sont passées de 45 jours à 33 jours de salaire par année travaillée, ndlr].

La vie d’un téléopérateur

J’ai passé ces huit derniers mois dans un call center, à recevoir des appels du monde entier, de jour comme de nuit (je faisais partie de l’équipe 24 heures/24, 7 jours/7). J’étais chargée de fournir une assistance téléphonique à des employés de multinationales, en délicatesse avec leurs boîtes e-mails Outlook et autres applications défaillantes.

La mission était la suivante : feindre une connaissance en IT (technologies de l’information, en anglais) souvent inexistante, et transférer le problème vers une autre équipe, externalisée en Inde. Une belle complicité est ainsi née entre moi et les ingénieurs indiens, sous-payés comme il se doit : j’étais leur voix auprès des clients, ils étaient mon cerveau.

La tâche était répétitive, et son utilité sociale difficilement identifiable. Pour nous aider à ressentir l’émotion qui nous faisait parfois cruellement défaut, l’entreprise nous offrait gracieusement des motivations plus concrètes :

  • perte d’une journée de salaire après trois retards supérieurs à 59 secondes ;
  • suspension d’une à deux semaines non rémunérées après un certain nombre de « fautes » ;
  • publication systématique des retards de chacun à toute l’équipe ;
  • journées de huit à douze heures face à un écran ;
  • mise sur écoute des appels reçus.

Mais ne vous méprenez pas, la société savait aussi nous gâter quand il le fallait. Nous avions droit à de nombreux avantages, tels que des réductions pour des centres de beauté et salles de sport, une option pour une nuit d’hôtel à 99 euros, de régulières « beuveries » organisées, et l’acquisition d’une mutuelle qui ne rembourse qu’une visite médicale et ne prend en charge aucun soin.

« Résète » moi le « password » du « user », « por favor »

Voilà ce qu’offre Barcelone à ces troupeaux de Français fraîchement débarqués, obsédés par la recherche fanatique d’une vie facile au soleil : division du travail et infantilisation.

Malgré moult émerveillements qu’apporte le travail en milieu multiculturel, quelques dommages collatéraux sont à déplorer. Dans mon cas, un massacre en règle de la langue française.

En effet, au bout d’un certain temps dans un centre d’appel, on oublie que l’on vit dans un pays avec des traditions, des spécificités culturelles et… des langues (en l’occurrence à Barcelone, le Catalan et le Castillan). On barbote en permanence dans un immense « boulgi-boulga » multilinguistique, aseptisé et formaté. Il en résulte une sorte de novlangue orwellienne qui aboutit à des dialogues surréalistes :

« – Marie, “résète” moi le rpassword’ du “user” que j’ai en ligne, “por favor”. J’ai eu un mauvais “feedback”, je dois vérifier immédiatement mon “backlog”

– Je peux pas, Martin, je viens de me “déloguer” pour prendre mon “coffee break” ! »

1 100 euros par mois, un don du ciel

Téléopérateurs du monde barcelonais, tranquillisez-vous. Les centres d’appels ne connaissent pas la crise. L’équipe du site Internet de CursusMundus, portail de mobilité internationale pour les jeunes Français, nous confirme la bonne nouvelle :

« La grande majorité des annonces dans lesquelles l’employeur précise qu’il recherche une personne parlant français à Barcelone concernent des jobs de conseiller clientèle ou de télé-opérateur. »

Mieux encore, Telefonica (premier opérateur de télécommunications national) a annoncé, dans un élan patriotique, qu’il rapatriait l’intégralité de ses call centers sur le territoire espagnol.

Une chose pourtant a changé depuis les crises successives : le turnover diminue dangereusement. Dans un pays qui compte 53% de chômage chez les jeunes, et un salaire minimum de 748 euros par mois, les 1 100 euros proposés par les call center font figure de don du ciel. Et on ne sépare pas un téléopérateur de son don du ciel si facilement...

Historiquement constituée de postadolescents venus se brancher sur le pouls de la ville, la main-d’œuvre se transforme doucement en une population plus stable, plus âgée, parfois même parents. Oui, car le temps passe, les chances de reconversion diminuent, le téléopérateur reste et, inexorablement, vieillit (au grand dam des entreprises concernées, qui aiment pouvoir jouir de la liberté de changer de personnel qui leur est due, et d’ajuster les conditions de travail à leur guise, au rythme des réformes d’austérité).

« Sortir de notre zone de confort »

Fort heureusement, la dernière réforme en date est venue éclaircir ce sombre tableau. Deux mois seulement après l’annonce du gouvernement, et un mois après le communiqué de presse de l’entreprise faisant état d’un record de profits pour la sixième année consécutive, nous avons été invités, mes seize collègues de « l’équipe 24/7 » et moi-même à choisir entre travailler quatre heures de plus par semaine – sans augmentation de salaire – ou partir avec les indemnités (passées donc, après réforme, de 45 à 33 jours payés par année travaillée).

Une franchise louable dans les explications fournies :

« L’entreprise grandit, nous nous devons de niveler les revenus. »

Bêtement déconcertée, j’ai innocemment demandé s’il était réellement possible de rompre un contrat pour cause de surplus de bénéfices ? C’est possible, en effet, et notre hiérarchie s’empressa de nous rappeler qu’ils avaient le droit et le devoir de nous faire sortir de « notre zone de confort ». Face à nos protestations, nous avons été informés que ce changement devait être vu comme une « opportunité pour voyager ».

L’équipe dont je faisais partie comptait huit parents, avec une moyenne d’âge de 30 ans : les seuls voyages qui les attendent sont les trajets entre la garderie et les bureaux du SEPE, équivalent local du Pôle Emploi.

Douze des seize téléopérateurs ont ainsi quitté le navire, indemnités en poche. Ainsi, les call center peuvent enfin lâcher du lest (virer leur personnel encombrant) sans se ruiner, pour permettre à la montgolfière de s’élever (réaliser des chiffres d’affaires toujours plus grands) tout en contribuant fièrement à la « stabilisation du marché du travail ».

 


A Barcelone, en mai 2012 (S. Richardier)

 

La « génération suspendue »

Les concepts fourre-tout et les formules chocs visant à nous caractériser – nous les jeunes de 18-30 ans ayant grandi dans les années 2000 – semblent fleurir de toute part.

Nous serions donc tous issus de la fameuse « génération Y ». En Espagne, ce sont les Ni-Ni (« Ni étudier, ni travailler ») et autres Indignés qui ont raflé la palme.

Mais puisque les spectateurs de notre débâcle semblent déterminés à nous coller une étiquette sur le dos, je revendique moi aussi le droit à l’auto-détermination conceptuelle : au vu de notre stagnation au sein d’entreprises mégalomanes, où l’individu de 20 ans est au même rang que celui de 40, où l’ancienneté est vécue comme une tare punissable, passant de périodes de chômage abrutissantes à des emplois dégénératifs, flottant entre des rêves de carrière et une réalité bouchée, nous sommes, fièrement et avec panache, la « génération suspendue ».

 

MERCI RIVERAINS ! Lem87
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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 19:26

 

Rue89 - Reporterre 05/11/2012 à 12h50
Reporterre"

Hervé Kempf et Eduardo Febbro

 

 

Dans une interview au site Reporterre, Stéphane Hessel appelle le Premier ministre à reconsidérer sa position sur le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Souhaitant la fin des violences policières, il juge le projet ni économiquement nécessaire, ni écologiquement innocent.

 


Stéphane Hessel en 2010 (Audrey Cerdan/Rue89)

 

Reporterre : Que pensez-vous du déploiement de forces policières, engagé depuis le 16 octobre, pour expulser les jeunes occupants de Notre-Dame-des-Landes ?

Stéphane Hessel : Je trouve toujours très regrettable que des problèmes, qui suscitent tout naturellement une opposition des uns et une opposition des autres, soit traités avec de la violence.

C’est le contraire de ce que nous a appris le mouvement socialiste, qui est un mouvement de remise ensemble des positions des uns et des autres, surtout lorsqu’il s’agit de ces jeunes « Indignés », dont j’ai eu l’occasion de marquer la vitalité. Il ne faut pas les brusquer, il ne faut surtout pas leur envoyer la police, il faut discuter avec eux.

 


Un panneau à l’entrée de Notre-Dame-des-Landes (Sophie Verney-Caillat/Rue89)

 

Le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes est très discuté, de longue date et de façon très argumentée. Que pensez-vous de ce projet ?

Je ne le connais pas suffisamment, ça n’a pas été un des sujets sur lesquels je me suis jusqu’ici engagé. Mais tout ce que j’en entends dire, et notamment de la part de mes amis d’Europe Ecologie-Les Verts, avec lesquels je me suis engagé pour essayer de donner le maximum de sens au programme écologique français, je n’entends qu’une chose, c’est que ce projet de Notre-Dame-des-Landes n’est ni véritablement nécessaire sur le plan économique, des études l’ont, je pense, démontré, ni suffisamment innocent sur le plan de problèmes comme la loi sur l’eau, comme la dégradation des terres agricoles.

Il me semble donc qu’il est normal que ceux qui se sont engagés derrière ce projet reconsidèrent leur position et au moins reviennent à une discussion, à un débat, à un débat conduit avec le respect de l’autre, et arrivent peut-être à la conclusion que véritablement on s’était fourvoyé en voulant à tout prix cet aéroport.

 

Qu’aimeriez-vous dire à Jean-Marc Ayrault à ce propos ?

A Jean-Marc Ayrault, je voudrais dire deux choses :

  • d’abord que j’ai beaucoup de respect pour lui, que je considère qu’il a fait à Nantes un travail remarquable. Et je suis heureux qu’il ait accepté le choix de François Hollande de diriger notre gouvernement ;

 

  • mais je voudrais lui dire que tout homme peut avoir des raisons de reconsidérer une position qu’il a prise, qu’il a prise sous je ne sais quelle influence particulière. Mais à laquelle il ne doit pas rester lié sans se demander s’il n’y a pas une solution qui ne mettrait pas en conflit des gens auxquels il doit l’amitié et le respect.

Ceux qui protestent, ceux qui n’en veulent pas, ce sont de bons citoyens français, ce ne sont pas des malotrus, des voyous, au contraire, ce sont des gens qui ont bien réfléchi.

J’aimerais que lui aussi réfléchisse bien. Je lui dis ça avec tout le respect que j’ai pour lui et avec la conviction que lorsqu’il tiendra compte de l’émotion provoquée, de la volonté citoyenne de faire autrement, eh bien que lui aussi se demandera s’il ne peut pas, s’il ne doit pas, faire autrement.

 

 

Stéphane Hessel et Notre-Dame-des-Landes
Publié initialement sur
http://reporterre.net/
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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 19:18

 

Polémique 04/11/2012 à 20h05

François Krug | Journaliste Rue89

 

 

L’extradition de la militante basque Aurore Martin en Espagne embarrasse le gouvernement. Manuel Valls tente de convaincre qu’elle a été arrêtée par hasard. Christiane Taubira assure que l’extradition était ensuite inévitable. Quant à François Hollande, il préférerait oublier le « principe de clémence » qu’il défendait l’année dernière.

1 Manuel Valls plaide l’arrestation par hasard

 

Un ministre de l’Intérieur de gauche refusant catégoriquement qu’on lui attribue l’arrestation d’une suspecte qui avait échappé à son prédécesseur de droite ? La situation a de quoi étonner.

Aurore Martin et ses soutiens avaient en effet ridiculisé Claude Guéant. Le 21 juin 2011, à Bayonne, des policiers antiterroristes avaient tenté d’interpeller la jeune femme, sortie de sa clandestinité. Une soixantaine de militants les avaient fait battre en retraite.

Aurore Martin a finalement été arrêtée ce jeudi à Mauléon (Pyrénées-Atlantiques). Un pur hasard, assure Manuel Valls dans un entretien à Sud Ouest ce dimanche :

« [Elle] a été arrêtée lors d’un contrôle routier, habituel en cette période de vacances. Un gendarme lui a demandé son permis, qu’elle n’avait pas avec elle. Il lui a demandé son identité, qu’elle a déclinée. Son nom figurait au fichier des personnes recherchées, et elle a été interpellée sans opposer de résistance. »

Les soutiens d’Aurore Martin ne croient pas à cette version des faits, évoquant au contraire « une opération préparée, réfléchie, anticipée par Manuel Valls ». Selon eux, « il y avait jeudi autour de Mauléon plusieurs dispositifs de gendarmerie pour l’empêcher de sortir de la ville ».

Dans la foulée, Aurore Martin a été extradée en Espagne, dans le cadre d’un mandat d’arrêt européen controversé, mais validé en décembre 2010 par la Cour de cassation française. Là encore, Manuel Valls assure ne pas avoir joué le moindre role :

« Je n’ai eu à prendre aucune décision. Si j’étais intervenu, j’aurais pu être accusé à juste titre de violation des règles fondamentales de séparation des pouvoirs. »

2 Christiane Taubira se réfugie derrière le droit

 

Avant Manuel Valls, c’est Christiane Taubira qui avait tenté d’étouffer la polémique. Et de se dédouaner. Samedi, la ministre de la Justice avait expliqué dans un communiqué :

« [...] La remise de Mme Martin à la justice espagnole s’est opérée dans le strict cadre du mandat d’arrêt européen [...]. Le mandat d’arrêt européen est une opération de juge à juge, les autorités gouvernementales n’intervenant plus. »

C’est justement ce fameux mandat d’arrêt européen qui alimente la polémique. Même le Front national s’en mêle. Dans un communiqué, Marine Le Pen s’insurgeait vendredi :

« En aucun cas, un gouvernement français ne doit extrader ses nationaux. »

Le gouvernement avait-il le choix ? En juin 2010, la cour d’appel de Pau avait rejeté un premier mandat visant Aurore Martin, insuffisamment motivé. Elle avait en revanche validé le second, six mois plus tard. Sa décision avait été ensuite approuvée par la Cour de cassation puis la Cour européenne des droits de l’homme.

La justice française n’avait pas retenu l’argument d’Aurore Martin, qui s’estime victime d’une procédure politique. Selon le Code pénal, la France peut en effet refuser d’exécuter un mandat d’arrêt europeen, notamment, « s’il est établi que ledit mandat d’arrêt a été émis dans le but de poursuivre ou de condamner une personne en raison [...] de ses opinions politiques ».

Interrogé par LeMonde.fr, Henri Labayle, professeur de droit à l’université de Pau, résume :

« A partir du moment où [Aurore Martin] est arrêtée et que les voies de recours ont été épuisées, la remise aux autorités espagnoles est une procédure dépolitisée qui se fait de juge à juge [...]. Si un ministre s’y était opposé, il l’aurait fait en contrariété des règles de l’Union européenne. »

3 Quand le candidat François Hollande évoquait la « clémence »

 

Les soutiens d’Aurore Martin le rappellent : lorsqu’il était candidat à la primaire socialiste, François Hollande avait évoqué « un principe de clémence à faire respecter » dans ce dossier. Le président de la République l’aurait-il oublié ?

Ses propos étaient en fait très prudents, selon l’enregistrement mis en ligne par Bixente Vrignon, journaliste à France Bleu Pays basque. François Hollande, en vacances dans la région, avait été interrogé par la radio le 27 juillet 2011, plus d’un mois après la réapparition publique d’Aurore Martin et son arrestation ratée :

« Il y a une justice, il y a des règles de droit, et en même temps, il faut les appliquer à bon escient. Et dès lors qu’elle s’est rendue d’elle-même, je pense qu’il y avait un principe de clémence à faire respecter [...].

C’est-à-dire regarder en bonne intelligence avec nos amis espagnols, parce qu’il y a des règles entre nos deux pays, de voir ce qu’il est possible de faire. Donc, ce que devraient faire les autorités françaises, c’est plutôt chercher une solution. »

François Hollande n’avait donc pas exclu de manière explicite le transfert d’Aurore Martin en Espagne. Les dirigeants socialistes, eux, étaient restés discrets. Au PS, seule la fédération des Pyrénées-Atlantiques avaient ouvertement apporté son soutien à la militante de Batasuna.

 

MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato
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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 19:12

 

Le Monde.fr avec AFP | 05.11.2012 à 07h50 • Mis à jour le 05.11.2012 à 19h54

 

 

 

Le ministre de l'intérieur, Manuel Valls.

Alors que Manuel Valls a estimé lundi qu'il n'avait pas à s'excuser après l'extradiction de la militante basque Aurore Martin vers l'Espagne, la famille de la jeune femme a assuré dans un communiqué que les déclarations du ministre de l'intérieur selon lesquelles la militante a été arrêtée à la suite d'un contrôle routier fortuit et qu'elle vivait dans la clandestinité étaient "fausses".  "Nous affirmons que Manuel Valls est un menteur", écrivent-ils dans un communiqué lundi 5 novembre.

Concernant le contrôle "fortuit", ils disent avoir reçu plusieurs témoignages "attestant qu'au moment de l'arrestation d'Aurore, d'autres contrôles de gendarmerie ont eu lieu" sur des routes qu'elle était susceptible d'emprunter. Ils ajoutent qu'ils seront en mesure de fournir d'ici à quelques jours des "éléments plus précis". S'agissant de la "clandestinité", les amis d'Aurore Martin assurent que depuis son retour à la vie publique le 18 juin 2011 lors d'un meeting politique à Biarritz, elle vivait "normalement au vu et au su de tout le monde".

 

APPEL À L'ARBITRAGE DE FRANÇOIS HOLLANDE

La police avait essayé de l'interpeller trois jours plus tard à Bayonne, mais Aurore Martin, aidée de nombreux amis, avait réussi à se réfugier dans un café où les policiers avaient en définitive renoncé à l'arrêter. A l'appui du communiqué de lundi, les soutiens produisent des photocopies de l'inscription d'Aurore Martin au Pôle emploi de Biarritz en avril 2012, de la carte grise refaite à sa demande en septembre et la lettre du conseil général attestant de son admission au RSA en octobre 2012, courriers envoyés à son adresse du village de Saint-Michel.

Dans leur communiqué, famille et amis d'Aurore Martin en appellent "à l'arbitrage de François Hollande qui lors de sa campagne présidentielle avait parlé de clémence pour Aurore". Ils demandent au président français de faire "tout (son) possible pour qu'Aurore revienne parmi nous et que la vérité sur les circonstances de son arrestation soit faite".

 

 PAS D'INTERVENTION DE L'INTÉRIEUR DANS L'EXTRADITION

Dans un entretien à Aujourd'hui en France/Le Parisien, le ministre de l'intérieur a déclaré : "Je ne vais pas m'excuser qu'une décision de justice soit appliquée", soulignant qu'"on ne peut avoir aucune complaisance à l'égard d'une personne qui a soutenu ETA". "D'une manière générale, nous ne cesserons pas de coopérer avec l'Espagne, l'Italie ou l'Allemagne lorsqu'il s'agit de terrorisme", a ajouté Manuel Valls.

Il a par ailleurs tenu à rappeler qu'il n'était "jamais" intervenu dans l'extradition de la militante basque, soulignant qu'il a "simplement été informé de son arrestation après la prise en charge par la police judiciaire".

 

Lire : " Les questions que pose l'arrestation d'Aurore Martin  et  Des élus basques scandalisés par la remise à l'Espagne d'une indépendantiste française 


"MENSONGE D'ÉTAT"

M. Valls a aussi affirmé lundi sur Europe 1 qu'il ne "comprend pas comment des parlementaires peuvent mettre en doute la justice" après l'extradition de la militante basque. Interrogé sur les critiques d'élus basques français qui ont affiché leur scepticisme dimanche après ses propos démentant toute intervention dans l'extradition d'Aurore Martin, le ministre de l'intérieur a dit que "ces mots étaient bien excessifs". Ainsi Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, avait fustigé un "mensonge d'Etat", disant ne "pas croire qu'il [Manuel Valls] n'est pour rien dans cette arrestation".

Le ministre de l'intérieur réfute les accusations selon lesquelles il serait à l'origine de l'application du mandat d'arrêt européen (MAE) qui a conduit les autorités françaises à livrer jeudi Aurore Martin à la justice espagnole. Aurore Martin faisait l'objet d'un MAE de la part des autorités espagnoles, accepté par la cour d'appel de Pau, depuis la fin de 2010. Une tentative d'arrestation par la police en plein Bayonne, en juin 2011, avait échoué, la jeune femme étant entraînée dans un café par ses amis, et les policiers renonçant à donner l'assaut.

La militante basque, 33 ans, a été arrêtée jeudi à Mauléon (Pyrénées-Atlantiques) puis remise dans la foulée aux autorités espagnoles. Incarcérée près de Madrid, elle encourt jusqu'à douze ans de prison en Espagne pour des "faits de participation à une organisation terroriste et terrorisme". Aurore Martin est membre du parti Batasuna qui est illégal en Espagne, où il est considéré comme le bras politique de l'organisation séparatiste basque ETA, mais est légal en France.

 

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 19:07

 

Le Monde.fr | 05.11.2012 à 17h12 Par Mathilde Gérard (Besançon, envoyée spéciale)

 

 

Nadine (qui n'a pas souhaité être prise en photos) offre un pot au personnel de la Maison de vie de Besançon.

Nadine trinque, lève sa coupe de champagne (sans alcool), grignote un morceau de millefeuille, mais le sourire est timide. Ce pot est synonyme de retour à domicile pour elle, après une semaine passée à la "Maison de vie" de Besançon. Une semaine comme une parenthèse, dans sa "deuxième maison", où elle vient régulièrement passer quelques jours de repos, comme une "piqûre de rappel de vie". Nadine est rongée par un lourd cancer qui la cloue dans un fauteuil roulant et la rend dépendante pour se nourrir, se laver, se déplacer... mais ne l'empêche pas de garder le sens de l'humour et vouloir faire la fête avec tout le personnel de la "maison". Pour les remercier, elle a demandé à ses filles et à son mari d'acheter des bouteilles de champagne (avec alcool) et des gâteaux. Mais Nadine est partagée entre la joie de rentrer chez elle et la tristesse de quitter ce lieu où la vie est plus légère.

C'est tout le paradoxe de cette maison expérimentale, qui accompagne des personnes en fin de vie ne nécessitant pas de soins hospitaliers trop lourds : aux rires et sourires des sept résidents et du personnel se mêlent parfois les larmes. Car ici, tout se partage : les repas, les apéros l'été sous le tilleul, les sorties ciné, mais aussi les départs. Installé dans le quartier bucolique de Saint-Ferjeux à Besançon, ce lieu a été imaginé et pensé pendant huit ans par Laure Hubidos avant de voir le jour en juin 2011. Bénévole de longue date dans l'unité de soins palliatifs du CHU de Besançon, cette quadragénaire dynamique et charismatique rêvait de créer un lieu qui soit une alternative à l'hôpital et au domicile pour des personnes en fin de vie. Un lieu entre la maison de soin et la maison de famille.

La plaque signalant l'entrée de la Maison de vie.

 

PAS DE BLOUSES BLANCHES

"Bien souvent, je voyais que des personnes malades, quand elles avaient le sentiment de devenir une charge trop lourde pour leurs proches, se rendaient à l'hôpital alors qu'elles n'avaient pas besoin d'être hospitalisées", raconte cette ancienne attachée de presse, dont la vocation a mûri au fil des ans. L'hôpital, avec ses règles strictes, son personnel débordé, ne répondait pas au besoin d'accompagnement de ces personnes et de leurs proches.

Le dossier financier est difficile à boucler, mais quand le gouvernement lance un plan national pour le développement des soins palliatifs en 2008, les fonds se débloquent peu à peu : le conseil régional s'engage à financer la maison aux deux tiers, la Croix-Rouge entre comme partenaire du projet, et les Sœurs de la charité installées à Saint-Ferjeux mettent à disposition une bâtisse. Après d'importants travaux de réfection, l'installation d'un ascenseur, de salles de bain accessibles aux handicapés et le recrutement d'une dizaine de personnels, la Maison de vie ouvre ses portes en juin 2011.

  

La bâtisse, datant du XVIIIe siècle, a été mise à disposition par les Sœurs de la charité, dans le quartier Saint-Ferjeux. "L'été, on vit plus dehors que dedans", dit Brigitte Camus.

Sous la garde de l'imposante basilique de Saint-Ferjeux, le site fait penser à une maison d'hôtes : parquet cérusé, meubles chinés, chambres personnalisées. "La déco, cela peut paraître superficiel, justifie Laure Hubidos, mais cela aide les résidents à se sentir chez eux." Pour comprendre les spécificités de ce lieu, il faut relever les petits détails, comme l'absence de blouses blanches du personnel. "On ne distingue pas qui est résident, qui travaille et cela nous met tous au même niveau, explique Rachel Lyautey, aide médico-psychologique. Au début, les résidents sont surpris, mais on leur a demandé leur avis, et ils préfèrent qu'on soit en civil."


UN MINIMUM DE RÈGLES
 

Avant d'être soignant, le personnel se veut surtout accompagnant. Les soins spécifiques des résidents sont ainsi réalisés par des infirmiers et médecins libéraux extérieurs à la maison. Quand les malades en font la demande, l'équipe mobile de soins palliatifs du CHU peut intervenir dans la maison. "C'est important de mettre le soin à distance, explique Brigitte Camus, infirmière coordinatrice. Cela permet de préserver les relations avec les résidents. Nous on s'occupe de la bobothérapie, des soins de confort ou à la demande du patient."

La règle dans la maison est... de limiter les règles au strict minimum. Les résidents peuvent fumer dans leur chambre ou boire un verre de vin le soir s'ils le demandent, rester dans leurs chambres ou se mélanger au groupe. Les horaires sont libres, les familles viennent quand elles le souhaitent et des lits de camp sont sortis quand un proche veut dormir sur place.  "Récemment, une résidente nous a demandé de contacter son mari dont elle était séparée. Il est venu passer deux semaines avec elle, l'a accompagnée jusqu'au bout, c'était un moment très fort", raconte la directrice de la maison. Souvent, les proches reviennent après ces tranches de vie. L'équipe se met parfois en quatre pour offrir des petits plaisirs aux patients. La semaine dernière, une sortie cinéma a été organisée pour aller voir le film Stars 80. Une aide-soignante a accompagné l'équipe sur sa journée de congés.

Véronique Ringenbach tient à se maquiller tous les jours, "par respect pour ceux qui m'entourent".

Ces attentions sont très appréciées. Véronique Ringenbach est arrivée dans la Maison de vie en avril, après qu'une IRM a révélé la présence d'une violente tumeur au cerveau, qui lui paralyse le corps. Elle ne peut sortir de son lit, mais reste très coquette, "par respect pour ceux qui m'entourent", dit-elle, les yeux parfaitement maquillés d'un trait fin et les mains manucurées. "L'autre jour, j'ai envoyé une des aides médico-psychologiques, Rachel, faire du shopping pour moi. J'avais besoin de pulls, d'un pantalon, d'une écharpe. J'ai décrit les formes et les couleurs que je souhaitais. J'ai fait confiance à Rachel, car j'aime bien son style."

"L'autre jour, j'ai écrit à ma fille, qui vit en Alsace, pour lui dire que l'équipe m'a promis de fêter mon anniversaire le 23 décembre, poursuit Véronique. Vu la date, on me l'a rarement fêté dans le passé. Ma fille m'a répondu : 'Je suis très heureuse que tu fêtes ton anniversaire avec ta nouvelle famille.' C'est curieux, je n'ai jamais employé ce terme de 'nouvelle famille' dans mes lettres, mais c'est ce que ma fille a compris par mon ton et c'est exactement ce que je ressens."


"TOUT SAUF UN MOUROIR"
 

Pour l'équipe et les résidents, les moments collectifs sont l'occasion de beaux moments de complicité (à droite, la directrice de la maison, Laure Hubidos).

 

Pour l'équipe, la liberté de travail est une aubaine. "Du fait d'être dans une petite structure, on fait notre métier de soin jusqu'au bout, note Rachel Lyautey. Le matin, par exemple, si on veut prendre une heure pour faire la toilette d'un patient, on le fait." "Chaque journée est différente", s'enthousiasme Aurélie Mastropietro, jeune assistante de vie de 28 ans, qui ne se verrait pas travailler ailleurs. "Des amis me disent : 'Mais à ton âge, c'est pas trop difficile ?' Mais ici, c'est tout sauf un mouroir." Les rôles se diluent parfois : la directrice part faire les courses, l'infirmière coordinatrice s'inquiète de la décongélation du riz pour le repas de midi, la psychologue prend le balai et le personnel de nuit, féru de pâtisserie, prépare des gâteaux qui embaument la cuisine pour le petit déjeuner.

 La difficulté, pour ce personnel ultra investi, est de réussir à se mettre à distance quand les souffrances se font trop vives. Ils sont aidés par un psychologue qui vient tous les quinze jours faire de l'analyse de pratique et leur faire prendre du recul. Toutes les interventions extérieures sont des occasions de souffler : quand des bénévoles organisent des ateliers de shiatsu ou de relaxation, les résidents comme le personnel peuvent en profiter. "C'est un métier qui pompe beaucoup d'énergie, justifie Laure Hubidos. Et pour donner, il faut recevoir." Brigitte Camus, l'infirmière coordinatrice, insiste : "On s'adapte aux résidents, mais on ne leur laisse pas croire non plus que la maladie leur donne tous les droits, car ce serait les tromper."

La mort fait bien évidemment partie du quotidien de cette maison, mais elle n'y est pas au premier plan. "La fin de vie est surtout triste pour ceux qui restent, explique Brigitte Camus. On cherche à éviter la tristesse avant la mort et à accepter le renoncement." Les décès sont toujours vécus dans la douleur. Cependant, le sentiment d'avoir accompli sa mission jusqu'au bout aide à accepter le départ. "En juillet, un patient dont j'étais très proche est parti, raconte Aurélie Mastropietro. J'ai tenu à l'accompagner jusqu'au bout et à lui faire sa toilette mortuaire. Ce geste était très important." Et puis les équipes sont vite rattrapées par le quotidien. "Quand quelqu'un part, on sait qu'un autre résident qui aura besoin de nous arrivera", poursuit Rachel Lyautey.  


 "BEAUCOUP D'OREILLES ET BEAUCOUP DE BRAS"

La sérénité avec laquelle la mort est abordée dans cette maison n'étonne pas Nathalie Voide, la psychologue qui vient, un jour par semaine, suivre les résidents. "On n'atterrit pas dans le soin vers la mort par hasard et chacun a cheminé sur ses questions", note-t-elle.  Nathalie Voide aide les patients à mettre des mots sur ce qui leur arrive, leur maladie, la fin qui approche. "Je fais des propositions mais je ne force jamais à parler d'un sujet. Pour certains résidents, cette maison sera la dernière. Il faut donc beaucoup d'oreilles et beaucoup de bras pour les accompagner."

La Maison de vie a ouvert sur la base d'une expérimentation de 18 mois, qui prendra fin en décembre, mais Laure Hubidos a confiance que sa mission sera prolongée. "Nous avons commis quelques erreurs au début, parfois accepté des patients aux pathologies trop lourdes, mais nous répondons à un réel besoin." En témoigne la liste d'attente pour obtenir une chambre dans la maison et les demandes qui affluent au-delà de la région Franche-Comté. Et si ce lieu a un coût (800 000 euros par an), il permet d'éviter des hospitalisations, en soins palliatifs ou à domicile, qui seraient aussi onéreuses mais moins adaptées.

Dans la salle à manger, la devise du fondateur de la Croix-Rouge, Henri Dunant, est inscrite en grandes lettres rouges : "Seuls ceux qui sont assez fous pour penser qu'ils peuvent changer le monde y parviennent !" Une phrase qui résume bien l'esprit qui anime ce lieu. "Quand on lit cette phrase, cela coupe toute envie de pleurer", note Colette Hoffmaier, arrivée deux jours plus tôt et qui se sent déjà "comme à la maison".

Mathilde Gérard (Besançon, envoyée spéciale)

Trois maisons en expérimentation

 

La Maison de vie a été lancée en même temps que deux autres structures expérimentales : la Maison de Lionel au Theil, en Ardèche, et L'Oasis, à Toulouse, également soutenues par la Croix-Rouge et le ministère de la santé, dans le cadre du plan national de développement des soins palliatifs.

L'Agence régionale de santé de France-Comté finance à hauteur de 500 000 euros annuels la Maison de vie, qui perçoit également 283 000 euros de prestation de compensation du handicap, versés par le Conseil général du Doubs. D'autres structures, telles la Mutualité sociale agricole ou la ville de Besançon participent également au financement. Le reste à charge pour les résidents, calqué sur le forfait hospitalier, est de 18 euros par jour, pris en charge par les mutuelles ou par l'assurance-maladie pour les bénéficiaires de la couverture médicale universelle.

Elle compte une quinzaine de salariés, correspondant à douze équivalent temps-plein, mais s'appuie également sur un réseau d'une trentaine de bénévoles. La moyenne d'âge des résidents accueillis depuis l'ouverture de la maison est de 48 ans. Une majorité d'entre eux souffre de cancers en phase terminale ou de maladies neuro-dégénératives, comme la sclérose latérale amyotrophique (aussi appelée maladie de Charcot).

La Maison de vie a fait l'objet de deux évaluations qui détermineront la poursuite de l'expérimentation : l'une en interne, l'autre en externe, dont les conclusions n'ont pas encore été rendues.

 

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 18:58

 

Le Monde.fr avec AFP | 05.11.2012 à 09h19 • Mis à jour le 05.11.2012 à 16h58

 

 
Des militants de l'association Droit au logement (DAL) investissent une ancienne agence bancaire de Lomme, le 12 mars 2007

La police est intervenue dimanche vers 23 heures, "à la demande de la Ville de Paris et de la Semidep (Société d'économie mixte immobilière interdépartementale de la région parisienne)", selon la préfecture de police de Paris, afin de déloger "trente-quatre personnes" qui venaient de s'introduire dans un immeuble situé au 141 de la rue de Charonne.

Une personne qui faisait partie des occupants a été placée en garde à vue, a-t-on appris de source policière. Cette une femme est accusée de "violences volontaires" sur un fonctionnaire de police.

"L'intrusion a été constatée dimanche soir. Une grande partie des personnes qui ont été délogées sont habituées à ce genre d'occupation d'immeuble", a précisé la préfecture de police de Paris, démentant que des familles et des enfants aient été évacués. Un porte-parole du Collectif des mal-logés acharnés avait assuré que dix enfants avaient été délogés de ce squat par la police.
 

"Le parquet de Paris a été consulté avant que la décision d'intervenir ne soit prise", a précisé la préfecture de police. Au total, vingt-huit personnes ont fait l'objet d'une vérification d'identité, selon une source policière. L'immeuble, qui appartient à la Ville de Paris et est géré par la Semidep, un bailleur social, doit être prochainement rénové "afin de créer près de douze logements sociaux", a précisé la préfecture de police de Paris.

 

 

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 18:53

 

Le Monde.fr avec AFP | 05.11.2012 à 10h59 • Mis à jour le 05.11.2012 à 17h42

 
Sur la façade de la Banque de Grèce, rebaptisée "Banque Merkel", un graffiti : "Leur richesse, notre sang".

La Grèce va traverser encore une semaine cruciale avec une vague de grèves dès lundi dans les secteurs public et privé, en vue du vote crucial mercredi sur de nouvelles mesures de rigueur réclamées par l'UE et le FMI.

Les transports en commun sont les plus touchés. Les employés du métro et du tramway à Athènes ainsi que les taxis ont ouvert le bal lundi. Les journalistes de tous les médias – écrit, radio-télévisé ou électronique – sont en grève pour ving-quatre heures. Le syndicat de la société publique d'électricité (Dei) a annoncé des grèves reconductibles de quarante-huit heures à partir de lundi soir. Les hôpitaux tournent également au ralenti, ne fonctionnant qu'avec du personnel d'astreinte.

La mobilisation prendra de l'ampleur mardi et mercredi en raison d'une grève générale de quarante-huit heures à l'appel de deux syndicats du privé et du public, GSEE et Adedy respectivement. Outre des arrêts de travail dans le métro, aucun bus et trolley ne circulera à Athènes tandis les dessertes maritimes vers les îles seront annulées pour cause de la grève de quarante-huit heures du syndicat des marins, PNO. Un arrêt de travail de trois heures des contrôleurs aériens mardi en fin matinée devrait perturber les lignes aériennes. Des manifestations sont également prévues par les syndicats mardi et mercredi dans le centre d'Athènes.

 

 TEST DE COHÉSION POUR LE GOUVERNEMENT

Les syndicats protestent contre un projet de loi comportant un nouveau tour de vis de rigueur avec des économies de 18,5 milliards d'ici à 2016, qui doit être déposé mercredi après-midi au Parlement par le ministère des finances. Il sera discuté en procédure d'urgence et le vote est prévu pour mercredi soir, un test de cohésion pour le gouvernement de coalition droite-gauche, dirigé par le premier ministre conservateur Antonis Samaras.

Les nouvelles économies prévoient des coupes dans les salaires et les retraites, la réduction du nombre des fonctionnaires et plus de mesures sur la dérégulation du marché de travail. Elles viennent s'ajouter à trois lois depuis 2010 qui ont soumis le pays à une austérité sévère, en échange des prêts UE-FMI pour lui éviter la faillite. Ce train de mesures est une condition préalable pour la poursuite des versements des prêts à la Grèce et plus particulièrement pour le versement d'une tranche de 31,2 milliards d'euros retardée depuis juin et vitale pour le pays dont les caisses sont vides.

 

Lire : Le premier ministre grec brandit la menace d'une sortie de l'euro


L'Eurogroupe du 12 novembre ne sera qu'un "point d'étape"

 

 

La réunion des ministres des finances de la zone euro du 12 novembre, un temps présentée comme décisive pour l'aide à la Grèce, ne sera qu'un "point d'étape" sans "décision formelle", a déclaré lundi un responsable européen en marge d'une réunion du G20 à Mexico.

Lors d'une réunion téléphonique fin octobre, l'eurogroupe avait dit espérer "arriver à une conclusion" le 12 novembre à Bruxelles sur le "programme d'ajustement de la Grèce".

 

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 18:47

 

Le Monde.fr avec AFP | 05.11.2012 à 10h07 • Mis à jour le 05.11.2012 à 18h22

 

 
La quatrième économie de la zone euro a enregistré en octobre une hausse de 2,73 % du chômage par rapport au mois de septembre, tandis que sur un an la hausse ressort à 10,84 %.

Le chômage a continué sa progression en Espagne en octobre, avec 4,83 millions de demandeurs d'emploi, a annoncé lundi 5 novembre le ministère du travail alors que le pays multiplie les mesures de rigueur, au risque de retarder sa sortie de la récession.

La quatrième économie de la zone euro a enregistré en octobre 128 242 chômeurs (+2,73 %) de plus qu'en septembre, tandis que sur un an la hausse est plus prononcée, avec 472 595 demandeurs d'emploi supplémentaires (+10,84 %), pour arriver à 4 833 521 chômeurs.

Selon l'Institut national de la statistique (INE), qui utilise une méthode de calcul différente, le taux de chômage a franchi au troisième trimestre la barre historique des 25 %, avec 25,02 % (plus de 52 % chez les 16-24 ans), le niveau le plus élevé, après la Grèce, dans l'ensemble du monde industrialisé. Le gouvernement continue pourtant de tabler sur un taux, fin 2012, de 24,6 %, puis sur une légère baisse en 2013, à 23,3 %.

En octobre, le nombre de chômeurs a surtout augmenté dans les services (97 610 demandeurs d'emploi en plus), comme conséquence de la fin de la saison touristique estivale, l'agriculture (+24 401) et l'industrie (+8 888), ne baissant que dans la construction (–3 670).

 

VASTE PROGRAMME DE RIGUEUR

L'Espagne, frappée par l'éclatement de la bulle immobilière en 2008, a renoué avec la récession fin 2011, moins de deux ans après en être sortie. Engagée dans une course à la réduction du déficit public, pour le ramener de 9,4 % du PIB en 2011 à 2,8 % en 2014, elle a lancé un vaste programme de rigueur pour récupérer d'ici cette date 150 milliards d'euros, multipliant les coupes budgétaires et les hausses d'impôts.

Mais selon les analystes, cette cure d'austérité repousse un peu plus la reprise économique du pays et le gouvernement conservateur s'est lui-même résigné à une nouvelle année de récession en 2013. Dans un pays où un actif sur quatre est au chômage, un tel régime de rigueur provoque un fort mouvement de grogne sociale et a un effet désastreux sur la consommation : entre 2007 et 2011, les foyers espagnols ont réduit leurs dépenses de près de 8 %.

Et sur le seul mois de septembre, les ventes de détail ont plongé de 10,9 %, la pire chute mensuelle depuis le début de la série statistique en 2003, selon l'INE. Pour cet indicateur, c'est le 27e mois de suite dans le rouge, signe de la morosité des ménages, auxquels un nouveau coup dur a été porté en septembre, avec la hausse de la TVA de 18 % à 21 %.

Le fonds espagnol d'aide aux régions prolongé en 2013

 

Le fonds espagnol public d'aide aux régions (FLA) en difficulté, auquel neuf sur dix-sept au total ont déjà eu recours cette année pour plus de 17 milliards d'euros, sera prolongé en 2013, a annoncé lundi le ministère du budget à l'AFP.

 

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 18:43

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 05.11.2012 à 15h30 • Mis à jour le 05.11.2012 à 15h38


 

Sea Shepherd est une ONG fondée en 1977 par Paul Watson, écologiste canadien, qui se consacre à la protection des océans.

L'organisation non gouvernementale de défense des océans Sea Shepherd, bête noire des baleiniers japonais, qu'elle harcèle chaque hiver dans l'océan austral, a officiellement ouvert lundi 5 novembre sa campagne 2012, baptisée "Tolérance zéro", en lançant son navire-amiral à la poursuite de la flotte nippone. Le Steve Irwin a quitté Melbourne pour prendre la tête de la neuvième campagne de l'association, la plus ambitieuse de son histoire, avec quatre navires – dont le Brigitte Bardot – un hélicoptère, trois drones et une centaine de personnes engagées.

La campagne est plus précoce que les années précédentes parce que les militants entendent perturber les baleiniers dans le Pacifique nord, au large du Japon, plutôt que de les attendre dans les eaux de l'Antarctique. "La mission, cette année, est de les intercepter dès que possible (...) pour les empêcher de tuer une seule baleine", a expliqué le directeur de la branche australienne de Sea Shepherd, Jeff Hansen.

 

 LA CHASSE COMMERCIALE AU CÉTACÉ INTERDITE DEPUIS 1986

Officiellement, les activités de la flotte nippone dans l'Antarctique sont destinées à la "recherche scientifique", une pratique tolérée par la Commission baleinière internationale, qui interdit la chasse commerciale au cétacé depuis 1986. Les autorités japonaises affirment que cette pêche fait partie intégrante de la culture nippone, sans cacher que la viande de baleine termine sur les étals.

Lire aussi : Le Japon se prépare à dix ans de pêche à la baleine

En 2011, le Japon avait néanmoins été contraint d'interrompre prématurément sa campagne de pêche à cause du harcèlement de militants écologistes, après avoir capturé seulement 172 baleines, soit un cinquième de leur objectif. En mars 2012, ils étaient rentrés après avoir capturé 266 baleines de Minke et un rorqual, soit moins d'un tiers des quelque 900 cétacés qu'ils comptaient tuer.

Lire aussi : Le militant écologiste Paul Watson, prisonnier des mers

 

Dirigeant de l'ONG Sea Shepherd, Paul Watson, ici à Sydney en avril 2008, a été arrêté à Francfort pour être extradé vers le Costa Rica, le 14 mai.

 

FINANCÉ PAR LE PRODUCTEUR DES "SIMPSONS"

 Outre le Steve Irwin et le Brigitte Bardot, la flotte de Sea Shepherd se compose cette année du Bob Barker et du Sam Simon, du nom du producteur des Simpsons, qui a financé l'achat de ce bateau, ancienne propriété du gouvernement allemand.

Sea Shepherd a été fondée en 1977 par Paul Watson, après son départ de Greenpeace. Son organisation n'a pas hésité à éperonner en 1979 le baleinier Sierra, qui a coulé dans le port de Lisbonne, même si elle assure tout faire pour "ne mettre personne en danger". Le Japon avait qualifié par le passé ses méthodes de "terroristes".

 

 

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