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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 18:07

 

 

« En finir avec la compétitivité ». Tel est l'objectif poursuivi par sept militants d'Attac et de la fondation Copernic, économistes pour la plupart, qui, dans une étude de 27 pages, critiquent les principaux points du rapport de Louis Gallois sur la compétitivité et dénoncent le « triple ralliement » du pacte du gouvernement « aux dogmes libéraux : à celui des salaires et des cotisations sociales comme cause de la désindustrialisation et du chômage, à celui de la nécessité de la baisse des dépenses publiques et à celui de la TVA antisociale ».

« Un tel pacte faustien, par lequel la gauche vend sa raison d'être, ne donne hélas rien en échange », assurent ensemble Thomas Coutrot, Jean-Marie Harribey, Norbert Holcblat, Michel Husson, Pierre Khalfa, Jacques Rigaudiat et Stéphanie Treillet. La tonalité générale de leurs travaux est donnée, et elle n'est guère surprenante, compte tenu de l'appartenance de la majorité de ces auteurs à la mouvance altermondialiste ou anti-libérale.

Leur étude mérite qu'on s'y attarde. Elle note d'abord et à juste titre que le thème de la compétitivité est « un marronnier des débats de politique économique » et qu'il est difficile d'en proposer une définition claire et admise par tous, « sinon sous une forme tellement vague qu'elle se prête à toutes les interprétations ».

Le diagnostic du rapport Gallois sur l'état de l'industrie française, sur son décrochage et sur son déficit d'innovation est partagé. En revanche, Attac et la Fondation Copernic apportent un éclairage différent sur les causes des faiblesses industrielles françaises : ils contestent l'argument patronal selon lequel le niveau historiquement bas du taux de marge des entreprises empêcherait celles-ci d'investir dans l'innovation et font observer que, dans les années 1990, ce taux de marge avait augmenté mais que l'effort en R&D était resté globalement stable.

Constatant que la part des revenus nets distribués par les sociétés non financières en 2011 a atteint 9% de leur valeur ajoutée, soit le point le plus haut depuis la seconde guerre mondiale, les auteurs en concluent que les entreprises ont choisi de continuer à augmenter les dividendes plutôt que d'investir dans l'innovation. Ils font aussi observer que les PME et les ETI françaises sont asservies à la logique financière des grandes groupes, contrairement à leurs homologues allemandes ou italiennes, et que les exportations françaises sont plus sensibles que les exportations allemandes au taux de change de l'euro.

L'alourdissement du « coût du travail » n'est pas la cause des pertes de parts de marché françaises. Depuis 10 ans, les coûts salariaux unitaires français (salaire par unité produite) ont évolué comme la moyenne européenne, rappellent nos sept auteurs en faisant remarquer que « la mondialisation près de chez nous brouille les cartes ». Et de rappeler que l'amélioration de la compétitivité-prix de l'Allemagne ne s'explique pas seulement par le gel des salaires mais aussi par la délocalisation de segments productifs entiers vers les pays d'Europe centrale et orientale (PECO).

La contribution des grandes firmes « nationales » aux performances de leur pays de rattachement peut se dégrader à partir du moment où elles réalisent une partie croissante de leur chiffre d'affaires à l'étranger (cf Renault et  la Roumanie), ce phénomène pouvant être amplifié par l'utilisation des prix de transfert entre sociétés membres d'un même groupe de manière à localiser le bénéfice final dans un pays à fiscalité avantageuse.

Plutôt que de se focaliser sur le coût du travail, mieux vaut s'intéresser à celui du capital. « En l'espace de douze ans, la part des revenus distribués par les sociétés non financières a pratiquement doublé par rapport à leur excédent brut d'exploitation (EBE), et presque doublé par rapport à leur valeur ajoutée brute (VAB), déjouant donc la coupure avant/après la crise, au point d'absorber plus des 4/5 de leur EBE », écrivent les auteurs. « Crise ou pas crise, la part de plus en plus lourde que les entreprises choisissent de distribuer aux propriétaires du capital affaiblit leur capacité à faire face à tous les aspects de la compétitivité ».

On ne sera pas surpris qu'Attac et la Fondation Copernic préconisent d'abandonner la logique même de la compétitivité, cette « voie sans issue, économiquement absurde et socialement destructrice »  et proposent un autre modèle de développement qui rompt avec le consumérisme.

 

 

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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 18:00

 

 

Le Monde.fr | 08.11.2012 à 14h25 • Mis à jour le 08.11.2012 à 14h42 Par Samuel Laurent

 

 

Louis Gallois et Jean-Marc Ayrault, le 5 novembre à Matignon.

Qui se souvient du rapport Malinvaud de 2001 ? Du rapport Charpin de 1992 ? Ou de celui de Dominique de la Martinière et Alain Demarolle en 1996 ? Mis à part pour quelques historiens, ces documents sont tombés dans l'oubli. Ils ont pourtant un point commun avec le rapport que Louis Gallois vient de remettre au gouvernement Ayrault : ils plaidaient déjà pour un allègement des cotisations sociales payées par les entreprises. Comme le fera après eux Jacques Attali en 2007, entre autres.

 

 DEPUIS 1990, LES ALLÈGEMENTS SE MULTIPLIENT

La question des cotisations sociales des entreprises, généralement appelées "charges sociales", est en effet tout sauf nouvelle. Depuis vingt ans, c'est même une antienne régulièrement reprise à la fois par le patronat et nombre d'économistes. Dès le début des années 1990, estimant que le coût du travail au niveau du smic est trop élevé – et explique en partie l'incessante hausse du chômage, notamment dans l'industrie –, gouvernements et économistes sont unanimes : il faut réduire les charges sur les bas salaires afin d'inciter les employeurs à embaucher.

Et c'est ce qui est fait, par une série de mesures prises sous les gouvernements Balladur, Rocard et Juppé. MM. Balladur, puis Juppé, cibleront les salaires voisins du salaire minimum (1,1, puis 1,3 smic). En juillet 1993, Edouard Balladur exonère totalement de cotisations sociales les salaires jusqu'à 1,1 smic, puis à 50 % jusqu'à 1,2 smic, avec extension progressive jusqu'à 1,6 smic. En 1995, les cotisations patronales d'assurance maladie sont aussi réduites.

Alain Juppé fusionne les deux mesures en 1996, et permet, en 1997, à des entreprises de bénéficier d'allègement sur les salaires de 5 millions d'employés, ce qui abaisse le coût du travail au niveau du smic de 12 %. Dans un rapport de 2005, le ministère du travail résume dans une série de graphiques ces baisses de cotisations sociales et leur effet sur les salaires peu qualifiés, qui montrent bien l'effet de ces allègements. 

Comme le rappelle un rapport du conseil économique et social, à partir de 1997, le gouvernement Jospin maintient l'ensemble de ces dispositifs, et en ajoute d'autres, destinés à accompagner le passage aux 35 heures, et qui touchent cette fois toutes les entreprises. Ce sont les "lois Aubry", qui instaurent des allègements plus élevés, tant en montant que dans le niveau des salaires en bénéficiant (jusqu'à 1,7 smic). 

En 2003, la droite, revenue au pouvoir, poursuit cette politique, fusionne les allègements de charge Aubry, Juppé et Balladur en "allègements Fillon", et met en place une réduction de cotisations sociales pour les employeurs, qui les diminue de 26 points au niveau du salaire minimum. En 2007, l'exonération est à nouveau augmentée, jusqu'à 28 points. Le coût de ces allègements explose, représentant, en 2009, 22,9 milliards d'euros de manque à gagner pour l'Etat.

Ce graphique, extrait d'un rapport parlementaire de 2009, montre bien les allègements de charge successifs sur les bas salaires au cours des années 1990 et leur coût, qui augmente régulièrement. Quant à leur effet, il est discuté. Si on estime que les allègements ont contribué à diminuer, voire stabiliser, la chute des emplois peu qualifiés, le rapport entre leur coût et leur effet sur le chômage reste peu efficient. Cependant, la plupart des experts s'accordent à dire que leur suppression entraînerait des dizaines de milliers de destructions d'emplois.

  SUPPRESSION DE TAXE PROFESSIONNELLE ET AIDES DIVERSES

Malgré ces allègements, la compétitivité française, et la part de la fiscalité dans cette dernière, ne cesse d'être remise en question, notamment par les représentants patronaux. Et les gouvernement successifs continuent de mettre en place des dispositifs fiscaux destinés à aider les entreprises. Dans un rapport de 2010, le Conseil des prélévements obligatoires (CPO) de la Cour des comptes en recense 293, contre 252 en 2002. Toujours selon le Conseil, ces dépenses représentaient en 2010 (en y incluant les baisses de charges) 35,3 milliards d'euros, un chiffre en hausse de 33 % depuis 2005.

Parmi ces niches, les exonérations de cotisations sociales représentent une part non négligeable. Et font de la France un cas à part en Europe. Le CPO écrit que "la France se caractérise comme un pays où les dépenses fiscales [niches fiscales] sont particulièrement nombreuses et diversifiées et ont un impact relativement plus important que dans d'autres pays de l'OCDE sur l'imposition effective des activités économiques correspondantes". 

 Mais malgré ces aides successives, la France reste fiscalement moins intéressante que ses voisines pour les entreprises. Selon la Cour des comptes, le taux effectif moyen d'imposition sur les sociétés était, en France, de 34,6 % en 2009, soit 7,3 points au-dessous du taux de 1998... Mais 12,5 points au-dessus de la moyenne européenne (22,3 %) et 5,4 points au-dessus du taux effectif moyen allemand.

Ce graphique montre l'évolution des recettes de l'impôt sur les sociétés, et illustre ce décrochage franco-allemand. Il faut cependant rappeler que l'Allemagne était, en 2009, le pays d'Europe où la part de l'impôt sur les sociétés dans le PIB était la plus faible.

En 2010, le gouvernement Fillon fait un geste majeur pour les entreprises, avec la suppression de la taxe professionnelle. Cette cotisation, créée en 1975, finance les collectivités locales en fonction de la valeur locative des locaux des entreprises. Selon le Sénat, les entreprises y gagnent entre 7,5 et 8,2 milliards d'euros, même si d'autres taxes (et notamment la contribution économique territoriale, CET) sont créées en remplacement. Néammoins, cette aide n'a pas d'effet immédiatement visible.

 

PERCEPTION ET RÉALITÉ

Il y a pourtant un contraste certain : à rebours des diagnostics qui fustigent le manque de compétivité de la France, le pays reste fortement attractif depuis longtemps. Et si études et rapport plaidant des baisses de charges pour les entrepreneurs se succèdent, il en est de même pour les enquêtes et les travaux montrant que la fiscalité n'est pas le premier critère d'implantation d'une entreprise étrangère en France. 

On peut ainsi citer une étude de 2004 du Conseil des impôts, qui concluait en estimant que "si l'on considère tout d'abord la localisation des entreprises, l'examen des critères et des indicateurs macroéconomiques de l'attractivité de la France ne fait pas apparaître de rôle observable de la fiscalité. L'examen au niveau microéconomique suggère de même que la fiscalité est un paramètre pris en compte au même titre que les autres, dont l'effet n'est souvent pas explicité." D'autres enquêtes plus anciennes parvenaient aux mêmes conclusions.

Il faut d'ailleurs rappeler que la France était, en 2011, la seconde destination des investissements étrangers en Europe, derrière le Royaume-Uni, mais devant des pays généralement jugés comme bien plus "attractifs" fiscalement, comme l'Irlande, la Pologne ou les ex-pays de l'Est. Et que notre pays reste parmi les premières destinations mondiales en matière d'investissements. Parmi les raisons citées le plus souvent, la qualité des infrastructures françaises, la productivité horaire des salariés et le degré élevé de qualification sont autant d'atouts pour la France.

Autre point qui va à l'encontre de certaines idées reçues : selon une étude du cabinet KPMG, qui a comparé les coûts d'implantation d'une entreprise dans neuf pays, la France est au 4e rang, devant les Etats-Unis, l'Allemagne ou le Japon, bon dernier.

Si la France n'est pas toujours bien placée en Europe en matière de fiscalité des entreprises, le vieux continent est, en général, fiscalement plus avantageux pour les entreprises que l'Amérique du Nord ou l'Asie, comme le montre ce graphe extrait de cette étude de l'Assemblée.

Mais ces chiffres et ces faits sont souvent oubliés par les entrepreneurs français. Selon une enquête menée par Ipsos, en 2011, auprès des chefs d'entreprises européens, les patrons hexagonaux sont 48 % à juger la fiscalité nationale "très élevée", loin au-dessus de la moyenne européenne (36 %) et devant des pays à la fiscalité plus importante, comme l'Espagne ou la Suède

On retrouve la même dichotomie lorsqu'on demande aux patrons européens s'ils jugent que leur pays est attractif : seuls 9 % des patrons français jugent la France "plutôt" attractive, contre un écrasant 84 % d'entre eux qui estiment qu'elle ne l'est "plutôt pas" ou "pas du tout". Une perception, on l'a vu, à l'opposé de la réalité, qui fait de la France l'un des pays les plus attractifs pour les investissements étrangers.

Samuel Laurent

 

 

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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 17:57

 

 

Le Monde.fr | 08.11.2012 à 17h29 Par Antoine Reverchon

 

 

Quartier d'affaires de la Défense, qui abrite de nombreux sièges sociaux de grandes entreprises.

Près des deux-tiers (64%) des salariés français estiment que les entreprises mettent en avant les notions d'éthique et de déontologie "pour se donner une bonne image" plutôt "qu'avec sincérité pour mener des actions concrètes" (24 %), selon un sondage BVA pour le Cercle d'éthique des affaires et La Poste, publié par le quotidien "20 minutes" le 6 novembre.

Pourtant, ces mêmes salariés de grandes entreprises (505 personnes travaillant dans des sociétés de plus de 500 salariés ont été interrogées par téléphone du 20 au 29 septembre, un échantillon sans doute un peu faible pour ce type de sondage) se préoccupent du sujet, puisque 86 % estiment "important" d'avoir un interlocuteur responsable de l'éthique et de la déontologie dans leur entreprise, ce qui n'est le cas que pour seulement 58 % d'entre eux.

Car pour discuter d'un problème éthique ou déontologique, un quart estime ne pas pouvoir faire confiance à leur supérieur hiérarchique ou à un collègue, un tiers au responsable des ressources humaines ou à un syndicat, la moitié à une personne extérieure à l'entreprise.

 

 SOUCI DE L'IMAGE

Si les trois quarts des salariés interrogés apprécient positivement ce qui se fait et les progrès enregistrés dans ce domaine dans leur entreprise, leur constat est plutôt sévère en ce qui concerne les motivations et les pratiques réelles. Concernant les motivations, le souci de "l'image" et de "la confiance" des partenaires et des clients vient en tête (plus de 90 % de réponses), suivis des objectifs plus concrets d'écarter "les risques juridiques" (88 %) et, à égalité (80 %), "d'améliorer les résultats économiques" et l'"attractivité sur le marché du travail".

En dernier lieu apparait le souci "d'améliorer la confiance" (73 %) ou le "bien-être" (70 %) de son propre personnel.

Dans la pratique, les salariés constatent que leurs employeurs mettent au premier rang de leurs actions d'amélioration éthique ou déontologique "le respect des clients" (93 %) et "la conformité aux règles et règlements" (92 %), loin devant les sujets qui fâchent réellement, tels que  "la prévention des conflits d'intérêt", "l'intégrité du management", "le respect des salariés" (71 %) ou "la lutte contre la corruption" (68 %).

Antoine Reverchon

 

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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 17:54

 

Le Monde.fr avec AFP | 08.11.2012 à 17h02

 

 

La collecte du lait auprès des 12 400 producteurs de la coopérative restera inchangée, précise le groupe.

Le groupe coopératif Sodiaal a annoncé jeudi 8 novembre le projet de fermeture de trois sites de conditionnement de lait de consommation de Candia d'ici à 2014, ce qui impliquerait la suppression de 313 postes. Sont concernés les sites de Lude (Sarthe), de Saint-Yorre (Allier) et de Villefranche-sur-Saône (Rhône), détaille-t-il dans un communiqué.

Le groupe envisage "le regroupement de la production de la société Candia sur cinq sites de conditionnement de lait de consommation à l'horizon 2014, au lieu de huit actuellement" afin "de renforcer" l'entreprise dans le secteur du lait de consommation qui "voit, année après année, sa compétitivité se dégrader face à la concurrence européenne".

La collecte du lait auprès des 12 400 producteurs de la coopérative restera inchangée, précise le groupe. Ce projet de fermeture de sites a été présenté jeudi matin aux syndicats au cours d'un comité central d'entreprise (CCE) et doit faire maintenant "l'objet d'une concertation approfondie", précise-t-il.

 

 

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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 17:51

 

 

 

 

Dans les kiosques jeudi matin 8 novembre, El Pais offre une version allégée, avec quelques rares signatures, essentiellement des correspondants américains, et un nombre de pages dédiées à l’actualité nationale réduit au minimum.

Les salariés du premier quotidien espagnol en sont à leur troisième jour de grève, suivie par près de 80% des effectifs, selon la direction, et par plus de 90%, selon les syndicats. Une mobilisation qui témoigne de l’inquiétude suscitée par le plan social annoncé début octobre par la direction.

Qu’adviendra-t-il du journal de référence espagnol si, comme l’exige la direction, près d’un tiers de ses salariés est licencié ? La question est sur toutes les lèvres alors que, ce jeudi, se déroule la réunion "de la dernière chance" entre la direction et les représentants des salariés.

Après plus de quinze jours de négociations, il semble difficile d’imaginer qu’un accord puisse être trouvé tant les divergences sont grandes. La direction souhaite encore se défaire de 139 personnes (contre 149, dont 109 journalistes selon le plan initial) et abaisser le revenu des salariés restants de 13% en moyenne, de manière échelonnée en fonction des salaires (contre 15% pour tous). Un tiers des licenciements se feraient par le biais de départs en préretraite volontaires pour les salariés de plus de 58 ans et le reste via licenciements dans les délégations régionales et au siège.

La direction assure que la qualité du journal ne s’en ressentira pas et défend ce plan social en alléguant des pertes futures et trois trimestres consécutifs de baisse des revenus, comme le lui permet la très polémique réforme du travail approuvée par le gouvernement en début d'année. Car, jusqu’à présent, et contrairement à ses principaux concurrents, El Pais a maintenu des bénéfices, même si ces derniers se sont très sensiblement réduits avec la crise. Cette année, la société estime que pour, la première fois, le journal entrera dans le rouge avec des pertes de 2 à 3 millions d’euros.

Pour les syndicats et les salariés, cette situation, qui s’explique dans le contexte de la crise de la presse écrite, mais surtout de la récession qui frappe de nouveau l’Espagne et a réduit drastiquement les budgets publicitaires, ne justifie pas des licenciements qui mettraient en péril la qualité et donc le futur du quotidien. Les propos de Juan Luis Cebrian, le président du groupe de communication Prisa, propriétaire du journal El Pais, ont ajouté au malaise. “Nous ne pouvons pas continuer à vivre aussi bien,” aurait-il déclaré lors de l’annonce du plan social le 5 octobre, alors qu’il aurait lui-même empoché en 2011 près de 13 millions d'euros grâce à l'entrée au capital du fonds d'investissement Liberty (dont une grande partie sous forme d’actions de la compagnie, dont la valeur a dégringolé de 63% en un an).

Mais, outre les aspects économiques que M. Cebrian a égrenés, ce dernier a aussi exprimé sa volonté de rajeunir une rédaction qu’il considère trop âgée pour affronter les défis de l’ère d’Internet. De quoi laisser planer des doutes sur le futur de l’édition papier, d’autant plus que M. Cebrian multiplie depuis plusieurs mois les interventions publiques annonçant la mort imminente de la presse écrite au profit d’Internet. Mais de quoi aussi susciter la colère des rédacteurs de "plus de 50 ans", visés par M. Cebrian, dont de nombreuses plumes expérimentées et reconnues.

La colère des salariés est aussi due à la situation de Prisa, qui est passée sous le contrôle des investisseurs du fonds Liberty fin 2010 et affiche 3,5 milliards de dettes. Les investissements du groupe, après le décès du fondateur Jesus de Polanco en 2007, en particulier dans la télévision payante et les droits de retransmission du football, ont miné ses bénéfices et augmenté sa dette de manière vertigineuse. Et les salariés d’El Pais considèrent qu’ils payent pour les errements d’autres.

Ces dernières semaines, les mobilisations n’ont pas cessé : grève des signatures, débrayages de deux heures, allusions aux licenciements dans les mots croisés, minutes de silence avant les réunions de rédaction, tribunes multipliant les sous-entendus et même distribution par les salariés eux-mêmes d’une lettre aux lecteurs avec le quotidien du dimanche 28 octobre. Jusqu’à ce que lundi, devant les maigres avancées des négociations, les salariés entament une grève inédite dans l’histoire du quotidien.

 

 

Hier, mercredi, les salariés se sont réunis Puerta del Sol et ont compté tout haut le nombre de licenciements prévus par la direction sous une pluie drue dans ce qui avait l'allure d'un chant funèbre.

Sandrine Morel

 


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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 17:42

 

Par Jim Jarrassé Mis à jour le 08/11/2012 à 15:16 | publié le 08/11/2012 à 15:08

Les locaux de la permanence PS du Ve arrondissement de Paris vandalisés. Crédits: zad.nadir.org
Les locaux de la permanence PS du Ve arrondissement de Paris vandalisés. Crédits: zad.nadir.org

Depuis mi-octobre, une quinzaine de permanences socialistes ont été dégradées et recouvertes de tags hostiles au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, soutenu par Jean-Marc Ayrault.

«Trop, c'est trop!». Mercredi, le porte-parole du PS, David Assouline, a haussé le ton suite à la multiplication des actes de vandalisme contre des locaux du parti ces derniers jours. La liste est impressionnante. A Brest, Besançon, Tulle, Bordeaux, Limoges… Depuis le 16 octobre, une quinzaine de fédérations, de sections ou de permanences socialistes ont été dégradées. Les murs des locaux ont été systématiquement recouverts de tags hostiles au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, défendu de longue date par le premier ministre Jean-Marc Ayrault.

Les actes de vandalisme anti-PS depuis trois semaines:


Afficher Les actes de vandalisme contre les permanences PS sur une carte plus grande

(Cliquez sur les repères pour plus d'informations sur les dégradations)

A Paris, par exemple, quatre façades ont été successivement dégradées depuis le 22 octobre. Sur le mur de la permanence de la députée socialiste du XXe arrondissement, cette inscription: «La ZAD est partout». ZAD comme la «zone d'aménagement différée» où doit être construit l'aéroport, rebaptisée «zone à défendre» par ses détracteurs. L'acronyme est devenu une signature pour les 150 opposants au projet qui occupent illégalement l'espace de 2000 hectares dédié à l'aéroport et en sont régulièrement expulsés par les forces de l'ordre. Pour la plupart d'entre eux, des jeunes radicaux, issus des mouvements anarchistes libertaires, qui disposent d'importants relais sur Internet.

«La vraie violence, c'est de détruire des maisons»

Certains soutiens au mouvement n'hésitent d'ailleurs pas à publier sur le web le récit de leurs «sorties punitives» contre le PS. Comme celle qui a visé la permanence de Besançon, dans la nuit du 30 au 31 octobre: «Au total, trois tags ont été inscrits sur le local: «ZAD vaincra», «Stop AyraultPorc» et un «A» (symbole anarchiste, ndlr). En plus de cela, nous avons également fracassé trois vitres de la permanence à l'aide de trois gros parpaings: pour l'une, le pavé est parti si vite qu'il a traversé la vitre et laissé un gros trou au milieu. Les deux autres ont été littéralement explosées», raconte un activiste sur un blog.

Les responsables de la ZAD, qui se décrit comme un mouvement non-violent, cautionnent-ils ces actes de vandalisme? «Nous ne les téléguidons pas, mais nous ne les condamnons pas non plus», résume Gaël, porte-parole du collectif. «Au moment où les expulsions ont démarré à Notre-Dame-des-Landes, à la mi-octobre, nous avons lancé un appel à des actions de solidarité. Cela peut être un paysan qui décide de tracter en notre faveur sur son marché. D'autres peuvent considérer que le PS est responsable et taguer leurs locaux… Mais la vraie violence, c'est celle qui consiste à transformer des hectares de forêt en aéroport et à détruire des maisons», ajoute le jeune homme, qui se décrit comme «anti-capitaliste» et «anti-autoritaire».

Au PS, l'agacement monte contre ces «actions concertées». «Aucune pseudo-cause ne peut justifier de tels actes de vandalisme politique», juge David Assouline. «Il doit y avoir maintenant une réaction énergique pour arrêter là cette dérive qui constitue une atteinte insupportable à la démocratie». Le PS a systématiquement déposé plainte auprès de la police ou de la gendarmerie. A Paris, où les dégradations se sont étendues jusqu'aux murs des stations de métro «Solférino» et «Assemblée nationale», l'enquête à été confiée au service de l'investigation transversale (SIT) de la préfecture de police. Aucun suspect n'a été arrêté pour le moment.

LIRE AUSSI:

» Aéroport de Nantes: Ayrault concentre la colère des écolos

 

 

 

 

Aéroport de Nantes: Ayrault concentre la colère des écolos

 

Par Anne Rovan Mis à jour le 31/10/2012 à 22:45 | publié le 31/10/2012 à 19:59 
Des manifestants ont été évacués, mardi, à Notre-Dame-des-Landes, sur le site du projet de l'aéroport situé à 30 kilomètres de Nantes.
Des manifestants ont été évacués, mardi, à Notre-Dame-des-Landes, sur le site du projet de l'aéroport situé à 30 kilomètres de Nantes. Crédits photo : STEPHANE MAHE/REUTERS

L'ancien maire de Nantes est en difficulté sur le projet de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Une nouvelle ligne de fracture entre Matignon et les Verts.

Cécile Duflot était hostile à la construction de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes (Loire-Atlantique), lorsqu'elle était secrétaire nationale d'Europe Écologie-Les Verts (EELV). Devenue ministre, elle ne dévie pas de sa ligne et s'offre même le luxe de mettre les pieds dans le plat. «Il y a un désaccord sur ce projet-là, qui est un désaccord ancien. (…) Mon désaccord sur ce point est connu par le premier ministre», a-t-elle dit mercredi sur RTL. «Je ne crois pas que sur des projets aussi compliqués la répression et le manque de dialogue, ce qui est le cas, soient la bonne méthode», a-t-elle ajouté à propos des expulsions des opposants au projet de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Un peu plus tard, avant le Conseil, alors que les ministres attendaient l'arrivée de François Hollande et de Jean-Marc Ayrault dans le salon Murat de l'Élysée, Cécile Duflot a même eu droit aux félicitations de quelques collègues. «Tu as été très bien ce matin sur RTL», lui ont-ils dit. Les membres du gouvernement ont-ils conscience que ce projet local est aussi celui de l'ex-maire de Nantes, Jean-Marc Ayrault? Mesurent-ils les tensions qu'il suscite chez les alliés écolos quand Jean-Philippe Magnen, porte-parole national d'Europe Écologie-Les Verts et élu nantais, affirme que cet aéroport est «la verrue dans le pied» du premier ministre? Manifestement pas.

«Zone militarisée»

Ce dossier, après celui du traité européen, est pourtant en train de créer une nouvelle ligne de fracture entre Matignon et les Verts. Entre l'exécutif et les ONG aussi. Les écolos sont vent debout contre les expulsions des opposants au projet, qui ont débuté mardi et se poursuivaient mercredi. «Le gouvernement a dépassé les limites. (…) On est en droit de s'interroger sur la poursuite de notre soutien à un gouvernement qui utilise la force comme ses prédécesseurs», estimait mardi l'élu EELV Noël Mamère. Le secrétaire national d'Europe Écologie-Les Verts, Pascal Durand, dénonce aussi le projet, sans toutefois remettre en cause la participation de son parti au gouvernement: «Le président et le premier ministre ont dit qu'il fallait réduire l'émission des gaz à effet de serre, protéger la biodiversité et préserver les terres agricoles. L'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, c'est l'exact opposé de leur promesse. Nous sommes en total désaccord.» Le patron d'EELV poursuit: «Jean-Marc Ayrault a déjà un problème avec l'aile gauche du PS et il va ouvrir un front avec ses alliés écologistes.» De fait, le modéré François de Rugy, qui copréside le groupe EELV à l'Assemblée peine à comprendre «une forme d'entêtement difficilement justifiable aux yeux des élus et de l'opinion». «Il n'est pas concevable que ce projet ne soit pas revisité», dit-il, d'autant qu' «il s'agirait du seul projet à survivre à la rigueur budgétaire».

Pour le moment, Matignon observe mais ne bouge pas. Mercredi, lors des questions au gouvernement, Jean-Marc Ayrault s'est bien gardé de répondre au député écologiste Sergio Coronado qui dénonçait «la zone militarisée» qu'est devenu le site et affirmait que «le changement, cela ne peut pas être la répression». C'est le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, qui lui a répondu. Matignon tente toutefois d'organiser la riposte en coulisse. Les expulsions? «Nous respectons strictement l'accord passé, après la présidentielle, avec les élus Verts et les associations. Ce ne sont pas les agriculteurs, les locataires et les propriétaires qui sont expulsés du site mais 150 à 200 squatteurs, des autonomes, des contestataires qui font de Notre-Dame-des-Landes le point de convergence des luttes», confie un proche conseiller d'Ayrault.

La fronde des écolos? «Pendant la présidentielle, ils ont mis sur le même niveau leurs positions sur le nucléaire et celles sur la construction de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes tant et si bien que cet aéroport est devenu un symbole», poursuit ce même conseiller. À ses yeux, cet aéroport n'est pas celui de Jean-Marc Ayrault, «mais celui d'élus de droite et de gauche, qui siègent dans deux régions, quatre départements et une vingtaine de communes».

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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 17:23

 

A l'initiative des syndicats et collectifs d'Espagne, de Grèce , du Portugal... une journée d'action, grève ou manifestation est prévue le 14 Novembre partout en Europe.

En France, relayant l'appel de la Confédération Européenne des Syndicats diverses centrales syndicales appellent à un rassemblement contre l'austérité. A  Nîmes, le Front de Gauche et le Collectif Citoyen pour un Audit de la Dette, divers syndicats (CGT) ont fait passer l'annonce d'un rassemblement à 14 h à l'Esplanade.

Les 'Indigné-e-s' malgré le fait qu'ils préfèreraient une action politique indépendantes des partis, venue du rassemblement des individus eux-mêmes, sans drapeaux ni étiquettes, participeront et demandent à chacun de participer et de se mobiliser pour cette journée d'action.

La situation politique est  suffisamment grave pour
que nous fassions taire un instant nos divergences: le parti dit 'socialiste', au pouvoir, se laisse dicter sa politique par le Medef, renie ses engagements, n'offre plus aucune alternative et entretien une confusion totale qui fait le jeu de la droite la plus extrême. L'heure est donc à une nécessaire convergence des luttes, en France et en Europe.

La lutte contre l'Austérité, contre la Dette illégitime, contre les dictats de la Troïka et la financiarisation du monde n'appartient à personne et nul parti ne peut en revendiquer le contrôle ou l'exclusivité. Les Indignés se sont concrètement mobilisés dans la rue depuis Mai 2011 sur ces thèmes mais ils ont de plus sans cesse rappelés que la légitimité politique ne devrait pas appartenir à des partis qui dictent d'en haut les opinions et les slogans, régissent le calendrier des actions. Ils nous ont régulièrement abusés, trompés, utilisés. Nous devons nous affranchir des tactiques politiciennes et/ou électoralistes, et c'est à chacun de s'emparer personnellement de ces questions pour ensuite élaborer par la base des réponses collectives.

La démocratie réelle c'est ici et maintenant.

On lâche rien!

 

 

 

 

 

JOURNEE INTERNATIONALE D'ACTION

MERCREDI 14 NOVEMBRE

 

Sous l'impulsion des Grecs, des Portugais et des Espagnols la Confédération Européenne des Syndicats (la CES) appelle à une journée internationale d'action.

 

En France, plusieurs confédérations et collectifs ont décidé de s'inscrire dans cette journée sous des formes qui restent à déterminer. Les thèmes sont :

- lutter contre les politiques d'austérité,

- promouvoir l'instauration d'un contrat social.

 

Les diktats de la Troïka n’entraîneront aucun progrès, ils promettent à tous d’être tirés vers le bas, la précarité ou la misère, ils organisent l’injustice sociale en concentrant la richesse et en généralisant la pauvreté et l’exclusion.

                                          

Le mouvement ouvrier doit organiser la résistance pour défendre ses intérêts mais aussi ses conquêtes qui seules ont permis le progrès social.

Il faut réaliser une convergence des luttes comme levier de transformation des politiques de l' Union Européenne.

 

Sur ces bases et face à la soumission des partis politiques, il revient aux travailleurs, aux sans emploi, aux militants comme aux personnes de se regrouper. Nous sommes tous concernés, nous serons tous touchés.

 

Allons nous rester les bras croisés pendant que les salariés luttent ?

Doit-on se laisser asphyxier par la succession de ces plans qui ne nous promettent que l’austérité à perpétuité?

 

il n'est pas possible, il n'est PLUS possible d'accepter cette politique imposée par la Troïka et que vient d'accepter notre gouvernement par la ratification du pacte budgétaire. Luttons ensemble pour une société plus égalitaire, plus solidaire, participez aux événements prévus pour la journée européen d´action et solidarité.

    

Le mercredi 14 novembre, la rue doit soutenir ce mouvement international des salariés !

 

 

Les Indignés de Nîmes    Contacts reelle.democratie.nimes@gmail.com

 


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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 17:20

 

 

   

  

 

 

Mercredi 14 novembre

Les peuples d’Europe se mobilisent contre l’austérité

Manifestations

  10 h 30 Sous-préfecture d’Alès

14h Parvis des Arènes de Nîmes

 

A l’appel de la Confédération Européenne des Syndicats (CES) des gréves et des manifestations auront lieu le 14 novembre en France mais aussi en Gréce, Italie, Espagne, Portugal et dans de nombreux autres pays européens … Le Parti de la Gauche Européenne (PGE) auquel certains des  partis politiques qui composent le Front de Gauche appartiennent,  soutient cette mobilisation contre les  politiques d’austérité dictées par la communauté Européenne et appliquées par des gouvernements libéraux ou sociaux libéraux. En France la plupart des organisations syndicales participent à cette journée pour l’emploi et la solidarité en Europe 


Le changement  à gauche c’est pour quand ?

 


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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 17:15

 

LE MONDE | 08.11.2012 à 11h13 • Mis à jour le 08.11.2012 à 16h11 Par Rémi Barroux (envoyé spécial à Notre-Dame-des-Landes)

 

 

 

Il aura fallu près de cinq heures aux deux escadrons de gendarmes mobiles, épaulés par des CRS, pour détruire, mercredi 7 novembre, les sept barricades dressées sur la départementale 281, entre Notre-Dame-des-Landes et La Paquelais, à 15 km au nord de Nantes, par les opposants au projet de nouvel aéroport.

C'est très exactement à cet endroit que devrait être construite l'une des deux pistes de la future plateforme aéroportuaire. La veille, Philippe, Charlotte, Romain et Renard, infirmier, étudiants, à peine cent ans à eux quatre, avaient allumé un feu qui a réchauffé le bitume et permis de mieux creuser à la hache l'excavation visant à retarder les véhicules des gendarmes.

Le doux bocage nantais est entré en guérilla. Face à face, deux camps se préparent à un combat de longue haleine qui pourrait tourner à la véritable guerre de tranchées. D'un côté, le gouvernement, Jean-Marc Ayrault en tête, premier ministre, ancien maire de Nantes, promoteur local de la nouvelle infrastructure depuis de longues années, et Aéroport du Grand-Ouest (AGO), filiale à 85 % de Vinci Airports, exploitant du futur aéroport qui doit accueillir ses premiers vols fin 2017.

De l'autre, une alliance détonante d'opposants au projet : des agriculteurs, des élus, des riverains promis ou non à l'expropriation qui doit permettre la construction de l'aéroport et des dessertes routières sur 1 650 hectares. Mais aussi des squatters, installés depuis deux ou trois ans dans plusieurs maisons vidées de leurs occupants et des "écoguerriers", arrivés récemment, militants rompus aux luttes "contre le système", ou "touristes", souvent jeunes, comme ces Australiennes ou cette Italienne croisées dans les chemins du bocage nantais. Le préfet de région, Christian de Lavernée, veut distinguer "riverains, agriculteurs, qui forment l'opposition institutionnelle, et les activistes, anarcho-libertaires, qui ont baptisé Notre-Dame-des-Landes, "le plus grand squat à ciel ouvert d'Europe"."


"VENI, VIDI, REPARTI"

Loin de réussir à diviser le front, l'opération d'expulsion débutée le 15 octobre – nom de code César qui a, du coup, inspiré des slogans tels que "Veni, vidi, Vinci" ou "Veni, vidi, reparti" – a au contraire soudé les rangs, suscitant émotion et solidarité. Et offre aux anti-Notre-Dame-des-Landes un nouvel élan pour réussir la manifestation du samedi 17 novembre, dont l'objectif sera de "réoccuper" et de reconstruire ce qui a été détruit. Pioches, fourches, poutres, clous, et "grands miroirs" pour empêcher les hélicoptères de la gendarmerie de filmer, font partie de la liste du matériel à apporter. Le rassemblement, qui pourrait accueillir des milliers de personnes, veut réunir familles, militants politiques, syndicaux et associatifs hostiles au projet jugé "pharaonique" de l'"Ayraultport", inutile économiquement et dangereux pour l'environnement, selon les militants.

Mercredi en fin de matinée, sous un soleil hivernal, les opposants font face à plusieurs dizaines de militaires, lourdement équipés. Ils sont pris en tenaille. Un jeune homme est plaqué au sol. "Enlevez-moi sa cagoule, je veux voir sa gueule", hurle un gradé. La plupart des manifestants qui portent cagoule et foulard parviennent à s'enfuir, sautant par-dessus les haies et les fossés qui bordent la D281.

La tension baisse un instant. Depuis les prés encore trempés des pluies diluviennes des jours précédents, les militants observent le ballet des véhicules de la gendarmerie. Ils protègent les engins de la direction départementale des territoires et de la mer Loire-Atlantique et les ouvriers qui comblent les tranchées et dégagent la route.

Cette fois-ci, les forces de l'ordre ne se risqueront pas dans les bois avoisinants pour déloger les cabanes et les campements dispersés. A l'instar du camp du "Far West", qui regroupe plusieurs dizaines de militants. "L'objectif était de rétablir la circulation sur cette route, impraticable depuis plusieurs jours", indique le colonel Frédéric Boudier, responsable du dispositif. Mais la route, à peine dégagée, est à nouveau obstruée quelques centaines de mètres plus loin par deux arbres couchés en travers.

 

FRONT JURIDIQUE

A chaque jour son combat. Mardi, il s'agissait de procéder à l'expulsion de squatters et de raser la maison occupée. En cette fin de semaine, ce sera peut-être au tour des gendarmes du peloton de haute montagne, venus spécialement de Briançon (Hautes-Alpes), de grimper aux arbres afin de déloger les militants haut perchés.

La préfecture a décidé de "nettoyer" la zone d'aménagement différé (ZAD) pour lancer au plus vite les premiers travaux. D'ici à fin novembre, explique le préfet, en vertu de l'arrêté pris sur la biodiversité, les premiers transferts d'insectes et de batraciens auront lieu. Les habitants de douze mares seront "déménagés", dont les tritons marbrés. Des fûts d'arbres abritant des grands capricornes seront déplacés. Les travaux de relevé archéologique commenceront au même moment. Février 2013 sonnera le début du déboisement. Le chantier de l'aéroport doit, en principe, démarrer au printemps 2014.

Quoi qu'il en soit, et en dépit de l'urgence, le gouvernement doit attendre l'issue des recours déjà engagés auprès des tribunaux. Car la bataille se mène aussi sur le front juridique.

D'autres procédures sont prêtes à être lancées dès la parution de l'arrêté préfectoral relatif à la "loi sur l'eau", d'ici à fin décembre. En vertu des diverses réglementations française et européenne, il y a obligation de préserver les têtes de bassin versant et de ne pas porter atteinte aux zones humides, éléments caractéristiques du bocage et de la zone du futur aéroport. "J'ai toujours pensé que ce dossier s'arrêterait avec la loi sur l'eau", dit Christophe Daugé, conseiller régional d'Europe Ecologie-Les Verts, qui estime que "Vinci ne pourra pas compenser la destruction des zones humides".

Du côté du gouvernement, comme de Vinci, on reste confiant. "La procédure de la loi sur l'eau et la compensation écologique des terres mobilisées seront respectées", insiste la ministre de l'écologie, Delphine Batho. Eric Delobel, directeur général adjoint chargé du futur aéroport chez Vinci Airports, assure, lui, que "9 millions d'euros au minimum sont réservés au titre de la compensation de la loi sur l'eau", sur un total de 446 millions, coût estimé des nouvelles installations aéroportuaires.

En attendant l'issue de ce combat juridique, les opposants restent mobilisés. Les plus anciens évoquent la lutte des paysans du Larzac dans les années 1970, quand agriculteurs et militants politiques avaient fait cause commune contre le projet d'extension du camp militaire. François Mitterrand, à peine élu en 1981, avait décrété l'abandon du projet.

Voir notre porfolio : Notre-Dame-des-Landes, le nouveau Larzac ?

Rémi Barroux (envoyé spécial à Notre-Dame-des-Landes)

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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 16:58



Amis désobéissants,
 


nos camarades en lutte pour la défense des terres agricoles de Notre Dame des Landes, près de Nantes, ont besoin de notre aide ! Ils se battent contre un projet d'aéroport inutile et néfaste, ses commanditaires et exécutants Vinci et Ayrault, et le modèle productiviste et réchauffeur de climat qui va avec,

Le 17 novembre, nous réoccupons les terres d'où la police nous a expulsés, sur la "ZAD" de Notre-Dame des Landes. On peut venir avant, pendant, après, et de préférence par covoiturage pour ne pas être stoppés par les barrages de policiers !

RDV : le 17 novembre 2012, dans un village proche de la ZAD, à 11h.
Toutes les infos sur zad.nadir.org

LES DESOBEISSANTS PEUVENT AIDER AU FINANCEMENT DE COVOITURAGES, CONTACTEZ-NOUS. VOUS POUVEZ AUSSI METTRE UNE ANNONCE SUR LE FORUM COVOITURAGE DU SITE DESOBEIR.NET

Quelques sons pour plus d'infos :

- Emission Terre à Terre du 27/10 consacrée à la Zad sur France Culture
(environ 1h) :
http://www.franceculture.fr/emission-terre-a-terre-projet-d-aeroport-a-notre-dame-des-landes-2012-10-27

- Carte postale de la ZAD du 24/10 (7minutes) :
"Carte postale sonore d’un zadiste en lutte entre potager à défendre, vaches qui font peur aux flics et résistance aux expulsions. Carte postale accompagnée par l’envahissement du studio de France Culture en solidarité avec ceux et celles qui luttent contre l’aéroport."
http://sonsenluttes.net/spip.php?article510


- Jingle d'appel à la manif Long (2minutes) :
http://sonsenluttes.net/spip.php?article511

- Jingle d'appel à la manif Court (1minute) :
http://sonsenluttes.net/spip.php?article511

- Saint-Nazaire : Procès pour Sylvain et Clément du 28/08 (1h) :
"Juste pour l'énergie du rassemblement et des prises de paroles, et pour
la chanson à la fin !"
http://sonsenluttes.net/spip.php?article503

Faîtes tourner ce message partout !

www.desobeir.net

 

 

 

Comment soutenir le nouveau Larzac de Notre-Dame des Landes

 


Amis désobéissants, nos camarades en résistance sur les terres agricoles et sauvages de Notre-Dame des Landes, près de Nantes, où un nouvel aéroport
inutile et néfaste doit être construit, ont besoin de notre soutien pour tenir face aux bataillons de gendarmes mobiles...
 
Pour suivre cette bataille titanesque contre "l'aéroport et son monde" (le productivisme, le réchauffement climatique, la course au profits, la croissance et ses dégâts, le bétonnage de la nature, les pots de vin, l'absence de démocratie dans les grands choix de société, etc.) :
https://zad.nadir.org/
 
Deux façons de les aider sur le terrain :
 
1. Si vous ne pouvez pas y aller, envoyez des sous :
 
- en envoyant des chèques à l’association "Vivre sans aéroport"
 
“Vivre sans aéroport” :
La Primaudière
44130 Notre-Dame-Des-Landes
 
- en effectuant un virement :
La Banque postale
Etablissement 20041
n° de compte : 1162852D032
IBAN : FR83 2004 1010 1111 6285 2D03 236
BIC : PSSTFRPPNTE
 
 
2. Si vous pouvez y aller, apportez directement  :
 
[pour les parisiens, il y a des départs imminents pour la ZAD, on peut vous mettre en rapport avec ceux qui partent pour leur remettre vos objets. Pour les autres régions, il y a aussi des départs, contactez-nous pour voir si sait qui part dans votre coin. Contact : manifeste@desobeir.net]
 
- matelas, couvertures, sommier
- tentes, caravanes // tentes et caravanes


Les cuisines nous réclament
- des bouilloires, électriques ou pas ; des thermos et des cafetières ; des tupperware ; casseroles (2 ou 5 litres), poêles ;  assiettes ; produit vaisselle ;
- bouteilles de 1 et 5 litres pour l’eau/jerricans
- nourriture : vinaigre, ail et oignons, huile d’olive, légumineuses (lentilles, pois cassés, pois chiches, haricots), céréales   (boulgour, semoule...), épices (muscade, cumin, gingembre), trucs qui se transportent (barres de céréales, fruits secs, chocolat), lait, sucre, miel, confitures, œufs
 
Vêtements
- bonnets, gants, écharpes, cagoules, sacs à dos cirés, imperméables, etc. (à capuches !), ceintures, sous-vêtements, chaussettes, pulls, manteaux, bottes, pantalons, t-shirts
 
matos medic
- propolis, citro plus, ventoline, maalox ou xolaam, serum physiologique, citrons ou jus de citron, pansements, sparadrap, médoc contre le rhume, pansements contre les ampoules, boules Kiess, plantes médicinales et huiles essentielles, argile verte
 
Les dernières semaines, l’Etat a réussi à détruire la plupart des lieux d’habitations sur la ZAD, dont des cabanes dans les arbres. On veut tout de suite reconstruire : il y a besoin de coups de main, et de matériel de construction.
 
matos de reconstruction :
 
- bois (poutres, planches, palettes),
- bâches plastique, tôles ondulées,
- rallonges et multiprises
- paille
- outils : marteaux et masses, scies, tronçonneuse, haches, merlin, cordes
- gros clous et vis, gants de travail,
 
- matériel d’escalade : cordes, mousquetons, polypropylène de 4 et 10 mm, baudriers

Les trucs divers

- communication : radios portatives, stylos, jumelles, piles (AAA et AA), peinture (rose), marqueurs, feutres vélédas,  talkies, téléphones anonymes

- vélos et matos de réparation (rustines, pneus, chambres à air) // bikes and bike repair materials (tire patches, tires, inner tubes)

- lampes frontales

- pochettes plastiques pour protéger les cartes géographiques

- PQ, serviettes hygiéniques et tampons

- des instruments kamikazes pour égayer les barricades

N’hésitez pas à regarder dans votre grange, faire un tour à la déchetterie du coin....

Faîtes tourner ce message très largement ! Et le 17 novembre, on réoccupe
la ZAD !

www.desobeir.net

 

 

 


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