Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 15:06

 

Par LEXPRESS.fr, publié le 17/11/2012 à 10h42, mis à jour à 15h51

 

 

Des milliers d'opposants au projet de transfert de l'aéroport de Nantes vers Notre-Dames-des-Landes sont attendus ce samedi pour leur grande mobilisation. Suivez les informations en direct.

 

15h25 :

La manifestation a réuni environ 40 000 personnes, a déclaré l'Acipa, l'une des principales organisations de lutte contre le projet de Notre-Dame-des-Landes. La préfecture de Loire-Atlantique avait auparavant estimé que 13 500 personnes se trouvaient sur zone, sur la base du nombre de véhicules entrés dans le secteur. 

 

L'Express

15h00 : Des tracteurs, des manifestants et du matériel pour le chantier de reconstruction, à Notre-Dame-des-Landes. Des tracteurs, des manifestants et du matériel pour le chantier de reconstruction, à Notre-Dame-des-Landes. - REUTERS/Stephane Mahe

L'Express

14h35 :

Le chantier de reconstruction commence. Dans un premier lieu situé en face du Bois de Rohanne, où plusieurs squatteurs anti-aéroport avaient érigé des cabanes dans les arbres avant d'être expulsés mi-octobre, un grand champ a été ouvert pour ce chantier, à l'occasion de la manifestation de ce samedi. Des cercles de poudre blanche ont été tracés pour ériger un chapiteau géant et des volontaires s'affairaient pour y planter des pieux en métal, puis sa charpente. Des stands d'information et des crêperies ambulantes se sont mis en place pour réaliser un lieu de réunion festif. Un peu plus loin, au bout d'un long chemin boueux, des dizaines de jeunes militants faisaient la chaîne avec d'immenses planches de contreplaqué qu'ils conduisaient à une clairière en cours de défrichage. Les éléments de la plateforme d'un grand plancher surélevé étaient déjà en place pour poser les contreplaqués. 

L'Express

14h05 :

EELV, très représenté dans le cortège, précise, par la voix de son secrétaire national Pascal Durand: "Nous ne manifestons pas" contre Ayrault ni le gouvernement, "au contraire". Une position digne de funambules pour les écologistes, alliés au PS mais... Explications politiques ici. 

L'Express

14h01 :

13 500 personnes sont rassemblées d'après la préfecture. "Il y a 4500 personnes dans le cortège et 13 500 si on compte l'ensemble des personnes qui se trouvent dans le secteur", a indiqué à l'AFP une porte-parole de la préfecture. 

L'Express

13h57 :

Une photo pour illustrer un parallèle que de nombreux manifestants et responsables écologistes font entre Notre-Dame-des-Landes et le Larzac. Pour certains, la lutte contre le transfert de l'aéroport ressemble à un "nouveau Larzac". 

Notre-Dame-des-Landes, Larzac, même combat... Notre-Dame-des-Landes, Larzac, même combat... - REUTERS/Stephane Mahe

L'Express

13h45 :

Pour le sénateur EELV Jean-Vincent Placé, François Hollande doit écouter la mobilisation contre le projet de futur aéroport de Nantes. Réagissant aux propos du président, qui a soutenu le projet d'aéroport cher à son Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, Jean-Vincent Placé a estimé qu'il faudrait que le président "écoute la mobilisation sur le terrain". "Le gouvernement ne peut pas rester sur une position aussi figée et aussi caricaturale", a déclaré le sénateur écologiste lors de la manifestation. 

L'Express

13h36 :

Olivier Besancenot, figure du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), est là aussi. Et il se montre optimiste: "Cette bataille, je pense que la mobilisation pourra la gagner". Evoquant la "répression" et le "bras-de-fer qui s'engage face au gouvernement", il a dénoncé "un scandale social et écologique, avec des subventions publiques qui vont être massivement données à un groupe qui fait des profits". La concession du futur aéroport a été accordée pour 55 ans au groupe de BTP Vinci. Faisant allusion à la présence des écologistes d'EELV au gouvernement, il a ajouté: "que ce soit sur les questions sociales ou environnementales, ce n'est pas en étant dans le gouvernement qu'on peut changer les choses, mais en établissant un rapport de forces". 

L'Express

13h15 :

Environ 10 000 personnes sont attendues ce samedi à Notre-Dame-des-Landes pour protester contre la construction du nouvel aéroport. Un conflit local à la résonance nationale qui ne date pas d'hier. Retour en images sur dix ans de tensions. 

Un manifestant anti-aéroport en mars dernier. Un manifestant anti-aéroport en mars dernier. - REUTERS/Stephane Mahe

L'Express

12h52 :

François Hollande et Jean-Marc Ayrault commettent "une lourde erreur" en cherchant à imposer le projet du futur aéroport de Nantes, a déclaré samedi Jean-Luc Mélenchon, présent à la manifestation de Notre-Dame-des-Landes. D'après le coprésident du Parti de gauche, "le projet est absurde. Il y a un choix dicté par le nouveau gouvernement, qui est le choix du rapport de force brutal et violent." "Les gens montrent du doigt Jean-Marc Ayrault, c'est normal, c'est son projet, c'est lui qui le porte", a aussi observé l'ancien candidat à la présidentielle. 

L'Express

12h30 :

Nouveau coup de griffe entre socialistes et écologistes: d'après le premier secrétaire du PS Harlem Désir, EELV ne "devrait pas s'impliquer dans des manifestations" ciblant Jean-Marc Ayrault. Il a qualifié ce projet comme faisant partie des "dossiers mineurs". 

"Un parti de la majorité gouvernementale ne devrait pas s'impliquer dans des manifestations qui prennent pour cible le Premier ministre sur un projet soutenu par les collectivités locales et leurs habitants très majoritairement. (...) Je ne comprends pas que l'on remette en cause la participation de sa formation politique à la majorité, quand nous sommes engagés dans l'action, car nos devoirs à l'égard de la France sont bien plus grands que les petits états d'âme personnels ou les querelles de partis"

Harlem Désir

L'Express

11h58 :

Le défilé s'étalait déjà sur près de deux kilomètres avant que les derniers manifestants aient pu commencer à marcher, d'après l'AFP. La préfecture avait indiqué vendredi qu'elle attendait environ 8000 personnes. Le cortège se dirige vers la zone d'aménagement différé (Zad), dédiée au projet d'aéroport et rebaptisée par ses opposants "Zone à défendre". 

JFrancois80

Commentaire de JFrancois80 sur EN DIRECT. Notre-Dame des Landes: 13 500 opposants rassemblés selon la préfecture

Cet aéroport est avant tout du grand n'importe quoi, vu le nombre d'aéroport dans le Grand Ouest qui sont déjà sous utilisé comme Angers

L'Express

11h39 :

D'après l'élu local écologiste Alexis Braud sur Twitter, les bus qui amènent les manifestants sur le site sont arrêtés à 2km avant le village de Notre-Dame-des-Landes. 

L'Express

11h37 : Une manifestante interpelle le gouvernement socialiste. Une manifestante interpelle le gouvernement socialiste. - AFP/JEAN-FRANCOIS MONIER

L'Express

11h30 :

D'après la préfecture, la manifestation démarre avec 2000 personnes

L'Express

11h25 :

Pourquoi Pascal Canfin, le ministre écolo du Développement, ne sera-t-il pas à Notre-Dame-des-Landes ce samedi? "J'irais manifester si je n'étais pas ministre", explique-t-il à Mediapart (lien payant)

L'Express

11h20 :

Le début du parcours vu par le conseiller régional d'Europe Ecologie-Les Verts Julien Bayou sur Twitter. 

L'Express

11h14 :

Un dirigeable gonflable jaune portant l'inscription "Crash climatique-Greenpeace", domine la foule. Sur la façade de la mairie de Notre-Dame-des-Landes, un drap déroulé proclame: "Veni, vidi, pas Vinci", le groupe auquel a été accordée la concession du projet d'aéroport. 

L'Express

11h11 :

Plusieurs centaines de manifestants - des habitants de la zone, des associatifs en blouse blanche portant l'inscription verte "Greenpeace" et des militants déguisés - attendent le départ de la manifestation, prévu à 11 heures, sur la place du village et les rues adjacentes. Certains portent des drapeaux blancs avec un avion barré d'un cercle rouge "interdit". Des tracteurs transportant dans des remorques d'importantes quantités de matériaux de construction, comme des planchers et des planches, sont également entrés dans le bourg. 

L'Express

10h41 :

En début de matinée samedi, plusieurs dizaines de voitures étaient déjà garées le long des routes de la zone du projet d'aéroport contesté, à quelques heures de la manifestation. Des pancartes étaient posées le long de la mairie, où l'on pouvait lire des slogans comme "Hollande touche pas à Notre-Dame-des-Landes", "le changement c'est maintenant, l'aéroport c'est jamais", "aujourd'hui enterrement du projet Notre-Dame-des-Landes, ni pleurs ni couronnes". 

L'Express

10h30 :

Les partisans du transfert de l'aéroport de Nantes à Notre-Dame-des-Landes en parlent déjà au présent. Ses opposants n'évoquent eux qu'un "projet" et jouent ce samedi leur va-tout. L'Express fait le point

L'Express

10h24 :

Photo emblématique de la première grosse journée de mobilisation ce vendredi, José Bové et Eva Joly démontant un panneau de bois devant une maison

José Bové, Eva Joly et de très nombreux cadres d'EELV ont participé ce vendredi à une manifestation contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Ils démontent ici un panneau de bois qui bloque une maison située sur l'emplacement du futur aéroport. José Bové, Eva Joly et de très nombreux cadres d'EELV ont participé ce vendredi à une manifestation contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Ils démontent ici un panneau de bois qui bloque une maison située sur l'emplacement du futur aéroport. - AFP PHOTO / JEAN-FRANCOIS MONIER

L'Express

10h13 :

Notre-Dames-des-Landes, un nouveau Larzac? Les "anti" ont commencé par n'être qu'une poignée d'agriculteurs, avant de rallier à leur cause élus et militants. Notre analyse à lire ici

L'Express

10h08 :

La présence massive des élus d'EELV, déjà sur place vendredi, n'a rien d'anodin: l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, projet phare de Jean-Marc Ayrault lorsqu'il était député-maire de Nantes au point de susciter le surnom d'"Ayraultport", est en passe de devenir une "épine dans le pied" du Premier ministre, tant il suscite une opposition grandissante dans sa majorité. 

L'Express

10h04 :

Des milliers de personnes sont attendues ce samedi sur le site pour marquer le point d'orgue d'un mois de mobilisation contre le projet cher à Jean-Marc Ayrault, ancien maire de Nantes devenu Premier ministre. Associations, collectifs, citoyens et certains partis politiques comme le Parti de gauche (PG) et Europe Ecologie-Les Verts (EELV) ont appelé à manifester. 

L'Express

10h00 :

Agriculteurs, élus locaux, écologistes, militants anticapitalistes... Plusieurs milliers d'opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes sont attendus ce samedi pour leur plus grand rassemblement. Notre dossier pour comprendre le débat. 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Notre Dame des Landes
commenter cet article
17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 14:48

 

http://www.europe1.fr/Politique/Notre-Dame-des-Landes-ebranle-la-majorite-1314555/

 

 

Par Fabienne Cosnay et Gaétan Supertino avec agences

Publié le 16 novembre 2012 à 18h28 Mis à jour le 17 novembre 2012 à 15h33

Notre-Dame-des-Landes ébranle la majorité

Quelque 13.500 personnes se trouvaient samedi en début d'après-midi sur le site de Notre-Dames-des-Landes, où était organisée une manifestation contre le projet de nouvel aéroport de Nantes, a indiqué la préfecture. © REUTERS/Stephane Mahe

Le projet d'aéroport, qui a réuni entre 13 et 40.000 manifestants contre lui samedi, divise vivement la gauche.

>> Dernière info. Quelque 13.500 personnes se trouvaient samedi en début d'après-midi sur le site de Notre-Dames-des-Landes, où était organisée une manifestation contre le projet de nouvel aéroport de Nantes, a indiqué la préfecture de Loire-Atlantique. "Il y a 4.500 personnes dans le cortège et 13.500 si on compte l'ensemble des personnes qui se trouvent dans le secteur", avait estimé une porte-parole. Les organisateurs, eux, assurent avoir réuni 40.000 personnes.

>> LIRE AUSSI : Notre-Dame-des-Landes: 13.500 personnes

Le clash entre les socialistes et le reste de la gauche, au sujet de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, a encore rebondi samedi, jour d'une manifestation contre le projet. Harlem Désir, le premier secrétaire du PS, s'en est vivement pris à Europe-Écologie-Les Verts (EELV), opposé au projet. "Un parti de la majorité gouvernementale ne devrait pas s'impliquer dans des manifestations qui prennent pour cible le Premier ministre", a prévenu le socialiste, lors du Conseil national de son parti. Et pour cause : les écolos ont récemment intensifié leurs pressions sur Jean-Marc Ayrault, ardent défenseur de l'aéroport, le surnommant même Monsieur "Ayraultport". Plusieurs leaders écologistes s'étaient même rendus dès vendredi matin, sur le site de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, afin de demander à leurs alliés PS au gouvernement de renoncer au projet d'aéroport qui y est prévu.

 

Toute la gauche ébranlée

Placé polémique, le PS réplique

© MAXPPP

• Placé interpelle directement le Premier ministre. "Cet aéroport, c'est celui de Jean-Marc Ayrault. Il y a un moment, quand on est Premier ministre, il faut intégrer la question des finances publiques et l'intérêt général du pays", avait sermonné le chef de file des écologistes au Sénat, Jean-Vincent Placé. Invité sur Europe 1, le 9 novembre, l'élu avait déjà dénoncé "un acharnement incroyable du gouvernement et en particulier du Premier ministre pour construire cet aéroport d'un autre temps".

• Pascal Canfin solidaire du gouvernement mais... Le ministre EELV du Développement, Pascal Canfin, a même fait savoir vendredi soir qu'il aurait manifesté s'il n'était pas membre du gouvernement, dans un entretien à Médiapart. "Oui, j'irais manifester, comme l'ensemble des parlementaires écologistes disponibles. Mais il serait incompréhensible qu'un membre du gouvernement manifeste contre un projet défendu par une partie du gouvernement", a-t-il avancé. De quoi s’attirer les railleries de la droite. "On a même un ministre qui ferait mieux de se taire ou de démissionner", a ainsi taclé samedi sur Europe1 Dominique Bussereau, ancien secrétaire d’État (UMP) aux Transports.

• Mélenchon n'aime ni l'aéroport, ni la méthode du gouvernement. Samedi, présent au milieu des manifestants tout comme Jean-Vincent Placé, le leader du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, en a remis une couche. "Le projet est absurde. Il y a un choix dicté par le nouveau gouvernement, qui est le choix du rapport de force brutal et violent. C'est une lourde erreur", a-t-il dénoncé.

 

"EELV ne manifeste pas contre Ayrault"

Notre-Dame-des-Landes ébranle la majorité

© MAXPPP

• L'action symbolique. A l'aide de tournevis et de pieds de biche, une importante délégation d'élus EELV - dont Eva Joly, José Bové ou encore Noël Mamère - avaient également ouvert vendredi une des maisons qui avait été condamnée par les autorités sur le site du futur aéroport qui doit ouvrir ses portes en 2017.

 

link

 

 

 

• Pascal Durant nuance. Le secrétaire national d'EELV, présent lui aussi au sein de la manifestation de samedi, a toutefois déclaré "ne pas manifester contre Jean-Marc Ayrault, au contraire." "Nous manifestons pour que le gouvernement respecte les engagements de changement qu'il a pris devant les Français et les Françaises, notamment lors de la conférence environnementale où le président et le Premier ministre ont rappelé qu'il fallait faire baisser les émissions de gaz à effet de serre, qu'il fallait protéger les terres agricoles et la biodiversité", a-t-il expliqué.

 

"Le petit caillou, dans le pied des écolos"

La cote de Hollande et Ayrault en berne

© MAXPPP

• Ce qu'en dit Matignon. Dans l'entourage du Premier ministre, on prend soin de rappeler qu'il y a "un consensus très large dans l'Ouest" sur ce projet. "Le petit caillou, il n'est pas dans le pied de ceux qui sont cohérents, il est dans le pied des écologistes qui participent au gouvernement", confie un proche de Jean-Marc Ayrault. "Notre-Dame faisait partie des désaccords dans l'accord de gouvernement", rappelle au Monde une source à Matignon.

• Ce qu'en dit François Hollande. Depuis la Pologne où il est en déplacement, François Hollande a rappelé vendredi que le projet était validé par l'Etat. "Je respecte le droit de manifestation mais, en même temps, il y a aussi la force du droit (et) la primauté de la volonté, non seulement de l’État mais aussi des élus", a souligné le président.

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Notre Dame des Landes
commenter cet article
17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 13:33
GAZA URGENCE GAZA!
Rassemblement samedi 17/11 à 15h Carré d'Art à Nîmes Association France Palestine Solidarité


Une offensive israélienne préméditée contre Gaza

Sergio Yahni - AIC



L’assassinat du chef militaire du Hamas, Ahmed Jabari, mercredi, était le début d’une opération militaire israélienne contre la bande de Gaza. L’opération, « Pilier de Défense », n’est pas une réponse à cinq jours d’escalade militaire à la frontière de Gaza, mais une offensive préméditée, préparée plusieurs mois auparavant par l’armée et les services de Sécurité générale (GSS) d’Israël.


(JPG)
Après l’assassinat extrajudiciaire par Israël d’Ahmed Jabari, à Gaza.
Press TV
L’offensive israélienne a été déclenchée alors qu’à l’évidence, l’Égypte avait réussi à négocier une trêve entre Israël et les factions palestiniennes, trêve qui aurait mis fin à la flambée de violences de la semaine passée.
Durant la semaine qui a précédé l’offensive israélienne contre la bande de Gaza, l’armée de l’air israélienne a attaqué des bâtiments civils de même que plusieurs sites d’entraînement de la résistance palestinienne. De plus, les forces israéliennes ont tué six civils palestiniens, dont trois enfants, et deux membres de la résistance palestinienne dans la bande de Gaza. La même semaine, 53 civils, dont 12 enfants et 6 femmes, ont été blessés par les attaques israéliennes à Gaza.
Le 8 novembre, les forces israéliennes ont tué un enfant en entrant dans le village d’‘Abassan, à l’est de Khan Yunis. Vers 8 h du matin, le même jour, ces mêmes forces se sont déplacées à l’est d’al-Qara, village au nord-est de Khan Yunis, saccageant les terres au milieu de tirs aveugles. L’opération de nivellement des terres s’est étendue au village d’‘Abassan quelques heures plus tard, les soldats israéliens continuant de tirer à l’aveuglette. Un hélicoptère israélien, en soutien des troupes israéliennes, a lui aussi fait feu sur la zone.
16 h 30, conséquence de ces tirs indiscriminés, Ahmed Abu Daqqa, 13 ans, est gravement blessé d’une balle dans le ventre, alors qu’il joue au foot avec ses copains, devant sa maison.
Mohammed Abu Daqqa, 14 ans, qui jouait avec Ahmed, dit que celui-ci était en tenue de sport et qu’il jouait comme goal. Mohammed ajoute qu’ils se sentaient en sécurité malgré l’incursion de l’armée israélienne, « car nous étions relativement loin de la zone attaquée ».
« A quatre heures et demie, j’ai vu qu’une balle avait touché la porte de la maison d’Ahmed. J’ai vu bientôt Ahmed tomber à terre. Il s’est relevé, en serrant ses mains sur son ventre et il criait ».
Ahmed Abu Daqqa est mort de ses blessures pendant qu’on l’évacuait vers l’hôpital.
Un obus de mortier palestinien a blessé légèrement un soldat israélien le long de la frontière, plus tard dans la journée.
Le lendemain, 9 novembre, les Palestiniens ont tiré un missile antichar sur une jeep israélienne qui patrouillait le long de la frontière avec Gaza, blessant quatre soldats. Immédiatement après, des chars d’assaut israéliens tiraient sur le quartier d’al-Shoja’iya, à l’est de Gaza ville, tuant cinq Palestiniens, dont deux enfants, et en blessant 38 autres. Les Palestiniens ont tiré ensuite plusieurs roquettes Qassam sur le sud d’Israël. L’un des blessés palestiniens est décédé le 13 novembre.
Le 11 novembre, un membre de la résistance palestinienne a été tué dans l’attaque d’un drone. Un civil a été blessé par des tirs d’obus d’artillerie israéliens sur l’aéroport international de Gaza, au sud-est de Rafah.
Le 13 novembre, onze civils, dont cinq femmes et deux enfants, ont été blessés par des obus d’artillerie israéliens à Khuza’a, village à l’est de Khan Yunis. Un combattant palestinien, des Brigades Al-Quds, a été tué dans le nord de la bande de Gaza dans l’attaque d’un drone israélien contre des membres des Brigades Al-Quds (la branche armée du Jihad islamique) dans le nord de la bande de Gaza.
Plus tard le même jour, l’Égypte réussissait dans sa médiation pour un cessez-le-feu entre Israël et les factions palestiniennes, garanti par le Hamas. Les deux parties conditionnaient leur silence par la fin des agressions de la partie d’en face.
Dans la bande de Gaza, Mohammed Jabari, chef militaire du Hamas, ordonnait à ses troupes de s’opposer à toute tentative de tirs de missiles sur le territoire israélien. Et lee Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu met en garde contre de nouvelles frappes, disant « Je suis chargé de choisir le bon moment pour exiger le prix le plus élevé possible - et il en sera ainsi. »
Le lendemain, 14 novembre, dans l’après-midi, Israël assassine Mohammed Jabari, lançant ainsi une offensive d’importance contre la bande de Gaza. Le ministre israélien de la Défense, Ehud Barack, affirme, « les frappes de mercredi marquent le début, et non la fin, des opérations militaires ».
15 novembre 2012 -

AIC : http://www.alternativenews.org/english/index.php/news/news/5640-israeli-premeditated-offensive-against-gaza.html]
Sergio Yahni : http://sergioyahni.wordpress.com/2012/11/15/israeli-premeditated-offensive-against-gaza/] - traduction : JPP

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Palestine
commenter cet article
16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 20:15

 

 

Notre-Dame-des-Landes, envoyée spéciale

A la veille de la grande manifestation prévue samedi, l'opposition au futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes a pris un tour très politique. Une importante délégation d'Europe Ecologie Les Verts se trouvait sur place vendredi, non sans quelques oppositions, certains dénonçant le double discours d'un parti officiellement opposé au projet mais dont deux membres sont ministres (lire par ailleurs notre interview de Pascal Canfin).

Côté PS, on insiste sur le consensus « très large » (les mots sont du premier ministre Jean-Marc Ayrault) sur ce projet. De fait, dans cette bataille de communication 36 parlementaires socialistes du "Grand Ouest" ont réaffirmé jeudi leur soutien au projet. Selon eux, les choix « ont été faits démocratiquement (...). Leur contestation par des activistes radicaux et violents n'est pas admissible ».

Derrière cette bataille politique, se cache une bataille économique. Le projet, destiné à remplacer à l'horizon 2017 l'actuelle plateforme, Nantes Atlantique, doit coûter plus de 550 millions d'euros. Il a été attribué sous forme de concession pour 55 ans au groupe Vinci. Mais Vinci n'est pas le seul à avoir un intérêt économique à la poursuite du projet. La chambre de commerce et d’industrie de Nantes, une banque associée, une compagnie de taxis rêvant de transporter les passagers vers ce coin reculé de la périphérie nantaise ou encore, une multinationale spécialisée dans le transport collectif. Tous, d'une façon ou d'une autre, ont intérêt à la naissance de NDDL.

Un intérêt justifié au nom du nécessaire dynamisme d'un territoire. Ainsi, le président socialiste du conseil général de Loire-Atlantique, Philippe Grosvalet : « Nous sommes dans une société où les flux sont de plus en plus nombreux et rapides. Un territoire qui ne serait pas relié par la route et l'avion, les entreprises en partent. »

Même analyse, chez le président de Vinci Airports, Nicolas Notebaert, quand nous l’interrogions l’année dernière : « C’est la région la plus dynamique de France : les Pays de Loire et la Bretagne, c’est l’endroit où la croissance de la population et de l’économie est la plus forte, la plus durable. Les villes très dynamiques qui ont des cadres et des universités ne peuvent pas simplement rayonner dans leur relation avec Paris. » Les opposants à l’aéroport « ignorent que la qualité des infrastructures de transport est l’un des principaux atouts de la France pour attirer des activités économiques et des investissements créateurs d’emplois, dont nous avons tant besoin », affirme Dominique Luneau, directeur de l’API, agence de presse spécialisée dans l’économie.

Est-ce pour autant le bon cadre d’analyse ? Le développement local, les créations d’emplois, les retombées financières, la satisfaction des élites urbaines sont-ils les bons critères de décision de la validité d’un aéroport ? C’est ce que croient les collectivités locales (ville, département, région) regroupées dans le syndicat mixte de l’aéroport, qui, depuis le début des années 2000, mettent en place ce projet.

 

Philippe Grosvalet, président du conseil général Loire-Atlantique 
Philippe Grosvalet, président du conseil général Loire-Atlantique

 

Tout le processus légal et juridique incontournable à l’approbation officielle de ce type de projet a été respecté : le débat public conduit entre 2002 et 2003, l’enquête publique entre 2006 et 2008, année de la déclaration d’utilité publique, le décret approuvant le contrat de concession à Vinci en 2010. La construction de l’aérogare doit commencer en 2014, son exploitation démarrer au 1er janvier 2018.

Le calendrier est public. Les élus socialistes et communistes, défenseurs du nouvel aéroport depuis le début – et pas seulement Jean-Marc Ayrault, comme pourrait le faire croire le slogan « non à l’Ayraultport » – gagnent à la chaîne les élections locales sur ce programme. Autrement dit, les instances de la démocratie représentative, régulièrement convoquées, valident la pertinence de ce choix d’équipement.

 

Un tournant dans la mobilisation

Et pourtant, ça ne passe pas. Encore pire, non seulement l’opposition à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes continue, résolue, depuis la quinzaine d’années que le projet a été relancé sous le gouvernement Jospin, mais elle semble connaître un tournant. Depuis que policiers et gendarmes expulsent les occupants de la zone d’aménagement différé (ZAD), les 1 700 hectares réservés pour l’aéroport, l’attention braquée sur cet îlot de bocage en plein paradis du péri-urbain n’est pas seulement médiatique.

Elle est surtout politique, avec un engagement jusqu’ici jamais vu des mouvements sociaux et des ONG écologistes contre l’aéroport. De Greenpeace, pourtant non spécialiste des enjeux de transport, à la Ligue des droits de l’homme, de la Confédération paysanne à Attac, en passant par les syndicalistes de Solidaires et Droit au logement, c’est un véritable front associatif qui s’est formé en défense des opposants et contre l’aéroport. Le projet est désormais systématiquement accompagné de l’épithète « inutile » dans les nombreux communiqués qui affluent dans les rédactions. Une position très minoritaire il y a quelques mois encore.

 

Dans la ZAD, octobre 2011 (JL) 
Dans la ZAD, octobre 2011 (JL)

 

Les images de l’expulsion manu militari de la zone, les photos de bras de pelleteuse secouant les arbres de la forêt de Rohanne pour en faire chuter les cabanes ont d’un coup incarné la violence d’État à l’encontre de militants pacifiques et de cultivateurs autogestionnaires. L’agression encore non élucidée d’un vigile dans la nuit du 12 au 13 novembre, condamnée par tous les acteurs associatifs de la lutte, ne retire rien à la nature profondément non violente du mouvement d’occupation de la ZAD depuis trois ans. Ce ne serait pas le moindre de ses effets secondaires si le surdimensionnement des forces de maintien de l'ordre déployés sur le terrain entraînait un durcissement des affrontements.

Très loin de la caricature qu’en a livrée le ministre de l’intérieur Manuel Valls, s’emportant contre « des groupes violents gravitant autour de projets comme la ligne ferroviaire à grande vitesse Lyon-Turin ou l’aéroport de Notre Dame des Landes en France », les squatteurs de la ZAD y défendent un projet alternatif de vie, fondé sur l’autonomie, l’égalité entre tous, l’amour de la nature et l’exil de la société marchande. Quel rapport avec un projet d’aéroport ? La force de l’exemple et la politique des modes de vie.

Ce n’est pas contre un simple aérogare à toit végétalisé que militent les opposants, mais contre la logique qui le produit aujourd’hui : cet agglomérat de rationalité économique (ou supposée), de lobbying industriel, de mépris pour la nature qui s’y est développée depuis les quarante ans que le site est réservé, d’ignorance des enjeux pour un monde agricole en pleine réinvention autour des Amap et des circuits courts. À l’inverse, la quête de croissance, de rentabilité, de profits pour le business, n’est-ce pas précisément le modèle qui déraille depuis 2008 et l’éclatement de la crise financière ?

Un ultime argument est peu mis en avant par les opposants au projet: le réchauffement climatique. Comme l’expliquent les scientifiques du GIEC depuis leur rapport de 2007, les émissions de gaz à effet de serre font monter les températures sur le globe terrestre. Au-delà d’une hausse de 2°C, les risques de bouleversements deviennent majeurs. Pour contenir ce danger, il faut massivement réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Ouvrir un nouvel aéroport, c’est comme construire de nouvelles autoroutes ou exploiter des gaz et des huiles de schiste, cela signifie faire exactement l’inverse de cette urgente requête. Tabler sur plus de flux aériens, plus de passagers, c’est promettre d’émettre plus de dioxyde de carbone et donc, d’accélérer le réchauffement planétaire.

Voilà la bataille qui se joue également à Notre-Dame-des-Landes. Faut-il construire un nouvel aérogare, même doté d’exceptionnels critères d’efficacité énergétique, quand le gouvernement parle -certes de manière floue- de transition énergétique? « Nous ne sommes armés que de science revue par les pairs », proclamait la banderole d’opposants à l’extension de l’aéroport d’Heathrow près de Londres, en 2007. De la même manière, si les opposants à l’aéroport ne gardaient qu’un seul argument des kilomètres de tracts et de rapports publiés depuis quarante ans, ils pourraient se contenter de dire : « C’est le climat, idiot ! »


Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Notre Dame des Landes
commenter cet article
16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 20:04

À la veille de la manifestation contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes et du conseil fédéral d'Europe Ecologie-Les Verts, qui promet un vif débat sur la présence au gouvernement des deux ministres écologistes, Pascal Canfin, ministre délégué au développement, défend une « participation exigeante ». Il revient aussi sur le lancement des Assises du développement, dans un contexte de réduction des crédits alloués à la politique française pour les pays du Sud.

Si vous n'étiez pas ministre, iriez-vous manifester samedi contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes ?

Pascal Canfin. Oui, j'irais manifester, comme l'ensemble des parlementaires écologistes disponibles. Mais il serait incompréhensible qu'un membre du gouvernement manifeste contre un projet défendu par une partie du gouvernement. Il y a un partage des rôles évident au sein d'Europe Ecologie-Les Verts. Les écologistes ont toujours été dans les institutions et dans le mouvement social – et c'est ce qu'on fait à Notre-Dame-des-Landes.

Mais avec l'ampleur que prend la mobilisation à Notre-Dame-des-Landes, la contradiction entre votre identité d'écologiste et votre statut de ministre ne devient-elle pas intenable ?

À partir du moment où le désaccord sur ce dossier est connu, nous avons, en tant qu'écologistes, une liberté de parole. Personne ne peut faire semblant de découvrir que nous sommes opposés au projet d'aéroport, tout comme personne ne découvre que Jean-Marc Ayrault y est favorable. La question est de savoir comment sortir par le haut de cette situation. EELV propose la nomination d'un médiateur pour permettre une reprise du dialogue sur le terrain. Les multiples acteurs, au-delà des socialistes et des écologistes, doivent se reparler pour faire retomber la pression.

Le premier ministre a-t-il répondu à cette proposition ?

Non, nous n'avons pas eu de réponse officielle.

Notre-Dame-des-Landes peut-il devenir le nouveau Larzac, alors que vous êtes au gouvernement ?

On verra bien, l'avenir n'est pas écrit. Que fera Airbus ? Quelle sera la part du financement public ? Que donneront les recours sur le non-respect des réglementations sur l'eau ? Tout cela est en suspens. En attendant, il faut recréer les conditions du dialogue, grâce à un médiateur.

Après avoir dénoncé l’annonce par Jean-Marc Ayrault du report de la fiscalité écologique en 2016, êtes-vous rassuré par la conférence de presse de François Hollande ?

En tant que ministre écologiste, je suis satisfait par cette décision de retour au calendrier initialement prévu (à 2014 –Ndlr). Qui pouvait croire qu’on allait lancer une fiscalité écologique en 2016, un an avant les élections ? Sans compter que, sur le fond, les pays les plus compétitifs en Europe sont ceux qui ont la fiscalité écologique la plus importante, comme l’Allemagne, le Danemark ou les Pays-Bas. Mardi, le président de la République a rappelé qu’une commission consacrée à la fiscalité écologique serait créée pour faire des propositions au premier trimestre 2013. Je peux difficilement croire que le gouvernement attende ensuite trois ans pour les mettre en œuvre.

 Mais pourquoi le premier ministre avait-il annoncé un report à 2016 ?

Mardi, le président de la République a remis le calendrier sur les bons rails, c’est l’essentiel. Et nous sommes extrêmement attentifs au fait que nous restions sur l’échéance de 2014. En 2016, c’est trop tard. On ne changera pas d’avis là-dessus.

La fiscalité écologique provoque de vives discussions au sein du gouvernement. La logique du pacte de compétitivité qui consiste à transférer des cotisations aujourd’hui payées par les entreprises vers les ménages sera-t-elle la même pour la fiscalité écologique ?

C’est d’abord à la commission qui sera mise en place de faire des propositions. Mais, plus généralement, on ne peut pas réduire la fiscalité écologique aux 3 milliards prévus par le pacte de compétitivité. Les niches fiscales anti-écolos s’élèvent aujourd’hui à 22 milliards d’euros. La fiscalité écologique a au moins trois objectifs : financer la transition écologique, modifier les comportements et enfin, financer un transfert pour moins taxer le travail et davantage taxer la pollution.

Pascal Canfin et Cécile Duflot 
Pascal Canfin et Cécile Duflot© Reuters

 

Cela signifie-t-il aussi taxer des secteurs industriels très polluants ? Le ministre du redressement productif Arnaud Montebourg est très réticent…

On est au cœur du débat entre socialistes et écologistes sur ce qui fonde la compétitivité de demain. Nous considérons que, dans une économie contrainte par le changement climatique et la rareté des matières premières, il faut absolument innover, être efficace et économiser ces ressources pour continuer à produire. Ce sont les pays et les entreprises qui feront ces ruptures technologiques qui gagneront dans le monde économique de demain. C’est un peu comme les diligences et les autos, il y a un siècle. Si on est parmi ceux qui continuent à faire du lobbying en faveur des diligences, quand d’autres commencent à fabriquer des autos, je ne donne pas cher de notre industrie !

Je ne sais pas si on va gagner. Mais, ce que je sais, c’est que si nous n’étions pas au gouvernement, nous n’aurions aucune chance de remporter cette bataille.

Mais n’est-ce pas soutenir ces industriels « des diligences » que de n'assortir le crédit d’impôt fait aux entreprises d’aucune condition ? Ni en terme d’emploi, ni en terme d’investissement, ni en terme écologique.

En effet, pour l’instant, il n’y pas de contre-partie. Le débat parlementaire peut faire évoluer les choses. Par ailleurs, nous nous battons pour que la Banque publique d’investissement soit la banque de la transition écologique. C’est un engagement du président de la République. Nous sommes là pour veiller à ce que cet engagement soit tenu. À nos yeux, cela doit se traduire par une filière verte très forte pour développer les innovations, mais aussi par une vision transversale pour que l’exigence de développement durable soit présente dans l’ensemble des projets.

Plus généralement, vous sentez-vous à l’aise, en tant qu’écologiste, dans l’orientation sociale-libérale donnée mardi par François Hollande, entre le coût du travail, la réforme de l’État ou la réduction des déficits ?

Je ne partage pas les présupposés de votre question, je ne pense pas que la conférence de presse ait marqué un tournant. Par exemple, sur les 3 % de déficit, la France pouvait-elle y renoncer seule ? Économiquement, pourquoi pas. Mais politiquement, les conditions n’étaient pas réunies. On aurait ajouté de la crise à la crise. Mais, nous, écologistes, devons continuer à pousser – et c’est une de nos valeurs ajoutées au sein du gouvernement – pour que la France poursuive la réorientation de l’Europe. Elle a commencé partiellement, avec un nouvel agenda – l’union bancaire, les investissements permis par les project bonds… Mais c’est objectivement encore insuffisant.

Nous avons fait le choix d’une participation exigeante au gouvernement. C’est notre stratégie d’être dans le match, sur le terrain, et non dans les tribunes à compter les points. Si on ne mène pas la bataille, on est sûr de la perdre. Ce qui ne veut pas dire qu’on soit sûr de la gagner quand on la mène. Mais notre participation est exigeante. Exigeante par rapport à l’écologie et exigeante par rapport aux propositions même du président de la République.

Vous venez de lancer les Assises du développement qui doivent redéfinir les priorités et l’organisation de la politique française de développement. Est-ce là une compensation à l’engagement financier de la France que les ONG jugent très insuffisant ?

La tenue des Assises était un engagement du président de la République. Ce n’est pas une compensation mais l’application d’une volonté de remettre en débat notre politique de développement pour la rénover. Cela fait quinze ans que cela n’avait pas eu lieu. Et le monde a changé depuis quinze ans ! Il est donc nécessaire de redéfinir nos orientations.

Mais le budget de l’aide, lui, diminuera l’an prochain, passant de 3,3 milliards à 3,1 milliards d’euros…

On a baissé de 200 millions la mission budgétaire aide publique au développement. Mais si on compare ce chiffre à ce qui a été réellement dépensé en 2012, et non à ce qui était prévu, on reste au même niveau. Et il faut également ajouter 160 millions d’euros qui vont provenir de la taxe sur les transactions financières et qui seront affectés au développement, c’est-à-dire concrètement à la lutte contre le changement climatique et à la santé mondiale. Autrement dit, nous avons stabilisé notre effort en faveur de la solidarité internationale ce qui est un choix important en période de contrainte budgétaire.

Pascal Canfin 
Pascal Canfin© Reutesr

 

Les ONG contestent pourtant la proportion de 10 % de la taxe sur les transactions financières réellement versée pour le développement ! Elles parlent de 3,75 % et de 60 millions seulement…

Il faut distinguer deux choses : les crédits de paiement, qui vont monter en puissance chaque année, à 60 millions en 2013, puis 100 et 160 millions d’euros en 2015 et la capacité d’engagement pour l’année prochaine. Sur les trois prochaines années, pour lesquelles nous avons une visibilité budgétaire, il y aura bien 480 millions d’euros, et donc 160 millions d’euros chaque année, en moyenne, qui seront engagés en faveur du développement grâce à la taxe sur les transactions financières.

Mais qui ne seront pas disponibles l’an prochain ?

Certes, mais une partie de cet argent va alimenter le fonds vert pour le climat qui ne sera effectif qu’en 2014. Il n’est donc pas préjudiciable à notre action d'avoir prévu de “faire le chèque” en 2014 et non en 2013.

Au-delà de la bataille de chiffres, la France reste de toute façon très loin de sa promesse de consacrer 0,7 % de son PIB à l’aide publique au développement. Est-ce toujours un objectif ?

Oui, 0,7 % reste l’objectif de la France. Simplement, nous n’étions pas en capacité budgétaire de l’atteindre. Il aurait été compliqué de dire aux Français qu’on réduit des dépenses dans énormément de domaines qui les concernent directement, mais qu’on les augmente de 3 milliards pour la solidarité internationale. Mais les Assises doivent aussi permettre de redéfinir une trajectoire crédible pour atteindre l’objectif de 0,7 % du PIB. Même s’il faut s’interroger sur ce que recoupe aujourd’hui le calcul de l’aide publique au développement. On y met des tas de choses que les ONG elles-mêmes ne jugent pas pertinentes…

Comme l’aide aux étudiants étrangers ?

Par exemple. À l’inverse, il y a énormément de choses utiles au développement comme la transparence ou la lutte contre les paradis fiscaux, qui n’ont aucun coût budgétaire et n’entrent pas dans le calcul du 0,7 %. Pourtant,  c’est essentiel pour créer les conditions du développement au Sud. Et peut être même davantage que d’augmenter d’une décimale derrière la virgule… L’objectif de 0,7 % est important, mais il faut le remettre dans un contexte plus large.

Mais est-ce possible de l’atteindre avant la fin du quinquennat ?

Ce n’est pas moi aujourd’hui qui vais définir la trajectoire crédible pour parvenir à 0,7 % du PIB, puisque c’est un des éléments qui peut déboucher des Assises.

Après un rapport de la Cour des comptes, très critique sur la politique française de développement, vous aviez promis de travailler sur les études d’impact de l’aide de la France. Le dossier a-t-il avancé ?

La Cour des comptes critiquait, à juste titre, en juin l’absence de transparence et de visibilité de l’impact de notre aide que les précédents gouvernements ont échoué à améliorer. J’ai donc lancé ce chantier : en décembre, il y aura une première proposition de l’administration pour élaborer une méthodologie d’évaluation. La décision sera ensuite prise à la fin des Assises, en mars.

C’est vraiment nécessaire d’y parvenir, y compris pour rendre encore plus légitime l’aide au développement. On cite souvent la Grande-Bretagne et les pays scandinaves qui ont été capables d’atteindre l’objectif de 0,7 % du PIB pour le développement, et de s’y tenir. C’est vrai ! Mais pourquoi ? Parce que dans la société britannique, il y a une vraie mobilisation sur cette question, grâce à des ONG puissantes, mais aussi à une politique transparente, et donc légitime.

Comment réagissez-vous au récent rapport de l’OCDE qui pointe la France comme un mauvais élève en matière de lutte contre la corruption d’agents publics ?

La France a des progrès à faire, l’OCDE le montre. Dans mon champ de responsabilité, on progresse. L’AFD a formalisé son dispositif de sécurité financière dont la lutte contre la corruption. Ces règles viennent d’être adoptées par le conseil d’administration il y a quelques jours. Par exemple, l’AFD utilise la liste noire de la Banque mondiale des entreprises soupçonnées ou jugées pour des faits de corruption, avec lesquelles elle ne pourra plus travailler.

Nous sommes aussi parvenus à faire bouger les lignes sur la directive transparence (sur les investissements des entreprises européennes extractives et forestières – Ndlr) au niveau européen. Elle sera prête d’ici la fin de l’année et le nouveau gouvernement a joué un rôle extrêmement positif sur ce dossier pour faire évoluer l’Allemagne et le Royaume-Uni. La France est aussi le premier pays du monde à financer un nouveau fonds de la Banque mondiale pour les contrats équitables entre les pays du Sud et les grandes entreprises. Il va permettre de financer des conseils d’avocats et de fiscalistes, qui vont aider les gouvernements à mieux négocier ces contrats souvent complexes. En échange, les États qui vont y recourir s’engagent sur des conditions de transparence, et donc de lutte contre la corruption. Voila trois exemples d actions que nous avons menées depuis 6 mois.

Cette liste noire signifie-t-elle que l’AFD s’engage à ne pas participer à des projets dans lesquels seront impliquées des entreprises y figurant ?

Si l’entreprise est blacklistée, elle ne pourra pas gagner un appel d’offres financé par l’AFD.

Y compris des entreprises françaises déjà condamnées ? C’est par exemple le cas de Safran et d’Alstom.

La question qui sera posée est celle du lieu de la corruption avérée. La filiale X dans tel pays implique-t-elle toutes les autres filiales ? Devra-t-on s’interdire de travailler avec Alstom en Colombie si Alstom a été condamné ailleurs ? On regardera le degré de proximité par rapport aux faits de corruption et de responsabilité de la maison-mère, avérée par la justice.

Mais la maison-mère est très rarement condamnée…

Oui, mais on ne peut pas être plus royaliste que la justice ! C’est le seul critère possible.

Plusieurs ONG se sont inquiétées cette semaine de la réforme en cours au Fonds mondial contre le sida, dont elles affirment qu’elle va conduire à diminuer les dotations à certains pays… Pourquoi la France a-t-elle voté cette réforme ?

La France est attachée à l'objectif d'accès universel au traitement pour les personnes vivant avec le VIH. Le président de la République l'a rappelé à plusieurs reprises, notamment à l'occasion de la conférence mondiale sur le Sida du mois de juillet. Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et la paludisme a un rôle central pour contribuer à cet objectif. Le conseil d'administration du Fonds mondial, qui s’est tenu cette semaine, a notamment validé l'expérimentation d'une nouvelle méthode d'allocation des ressources du fonds.

Cette méthode est issue d'un compromis, discuté depuis plusieurs mois, entre les différents membres du Conseil d'administration, pour rendre les moyens disponibles mieux prévisibles pour les pays bénéficiaires. C'est une étape technique dans un processus qui est loin d'être terminé. C'est pourquoi la France a choisi de ne pas s'y opposer. Il ne s'agit en aucun cas d'envisager un plafonnement de l'aide par pays. Enfin, et comme je vous l'ai dit, cette méthode est mise en place à titre d'expérimentation, si elle ne fonctionne pas, je pense qu'il faudra mettre en place un autre système

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Notre Dame des Landes
commenter cet article
16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 19:56

 

http://lutteaeroportnddl.wordpress.com/2012/11/15/notre-dame-des-landes-ne-les-laissons-pas-abattre-notre-futur-un-reportage-a-diffuser-massivement-sur-les-expulsions-dans-la-foret-de-rohanne-et-sa-destruction-programmee/

 

 Fôret de Rohanne 18/10 terre détruit pour avance vers une Cabane pour la detruire 

Sur la ZAD (à Notre Dame Des Landes), une forêt magnifique de 47 hectares est menacée de destruction dans l’hiver, afin de la remplacer par leur béton putride et mortifère ! Des camarades de toute l’Europe avaient construits des cabanes dans cette forêt pour la défendre, mais ils/elles se font fait expulsé-e-s avec violence par les forces militaires, leur cabanes arasées aussitôt !

Les camarades occupant-e-s de la ZAD ont décidé de rester et de réoccuper cette forêt, mais ils/elles ont besoin de soutien et de gens qui viennent l’occuper avec eux/elles ! Afin d’appuyer leur appel à solidarité qui est urgent, ils/elles ont réalisé ce reportage sur la forêt et sur les expulsions qui s’y sont déroulés.

Merci de faire tourner ce reportage massivement et de les soutenir dans leur résistance !

Ne les laissons pas abattre notre futur ! Résistons à leur soif de profit !

Défendons nos vies et celles qui nous entourent !

Proverbe amérindien : « Quand le dernier arbre aura été abattu, quand la dernière rivière aura été empoisonnée , quand le dernier poisson aura été péché, alors on saura que l’argent ne se mange pas. »

L’appel à la réoccupation de la forêt : http://zad.nadir.org/spip.php?article568

 

Le reportage (en 4 parties) :

http://archive.org/details/ZadNddlQuandLesArbresSagitentWhenTheTreesShake

 

Vous trouverez ici des images de la forêt de Rohanne préservée parmi d’autres belles photos de la ZAD, mais aussi des photos des expulsions et de la destruction des cabanes de la forêt (photos prises majoritairement par les occupant-e-s de la ZAD) :

https://picasaweb.google.com/113382718807039752437

 

Galerie de notredame deslandes Albums (14)

Trier par :
Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Notre Dame des Landes
commenter cet article
16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 19:42

 

http://zad.nadir.org

samedi 17 novembre 2012, par zadist

 

Toutes les versions de cet article : [Deutsch] [English] [Español] [français] [italiano] [Nederlands] [òc]

la manif de réoccupation sera le 17 novembre. Elle partira de Notre-Dame-des-Landes à 11h

Nous vous invitons à relayer l’appel, le tract et l’affiche le plus largement et le plus rapidement possible, afin que chacun-e puisse s’organiser pour venir.

Pour ceux qui sont dans le coin, ils sont disponibles à la Vache-Rit (lieu-dit Les Domaines, Notre-Dame-des-Landes) et à B17 (Nantes). Sinon, ils sont téléchargeables en bas de cette page. Nous appelons tous les collectifs et individuEs qui soutiennent ce projet à commencer à mobiliser et s’organiser dès maintenant à ce sujet. Voir les RDV tractage et collage dans les environs

Voir le sommaire qui récapitule toutes les infos sur cette manif.

Pour tous contacts : reclaimthezad@riseup.net.

PNG - 407.1 ko

APPEL POUR LA MANIFESTATION DE REOCCUPATION, 17 novembre 2012, sur la Zone A Défendre

Notre-Dame des Landes, Face aux expulsions

Manifestation de réoccupation !

Pour reconstruire - contre l’aéroport !

Fourches, poutres, planchettes, clous et outils en main...

Rendez-vous le 17 novembre dans la matinée.

Des occupant-e-s de la zad et collectifs solidaires, qui ne lâcheront rien

Lire l’appel complet

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Notre Dame des Landes
commenter cet article
16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 19:27

 

zad.nadir.org

vendredi 16 novembre 2012, par zadiste

 

Dernières précisions au sujet de la manifestation de réoccupation ICI

Fil d’infos

Une petite vidéo pour celleux qui ne seraient pas encore sûre de venir demain ...

 

- 17h40 : la manif se rapproche, les gens continuent d’arriver ... un petit rappel des infos qu’il peut être bon d’emmener avec vous pour arriver ici : à 19h, il aura un point info au niveau du terrain de camping face au Rosier

- dés que vous pouvez, écouter radio klaxon, sur 107.7
- si vous êtes bloqués sur la route autour de NDDL ( barrage policier) : prévenez le 06 31 80 49 54
- si vous êtes témoin ou victime d’interpellation : contactez la legal team : 06-75-30-95-45 ( à prévenir aussi quand on sort d’interpellation...)
- en cas de besoin, équipe médic : 06 43 28 15 97

n’hésitez pas à relire les conseils pour arriver jusqu’ici, et face à la police ... et non plus vos bottes ....

A demain pour une chouette manif !!

16h40 : des nouvelles des parisien-ne-s : une personne serait encore en gav, pour "outrage à agents en réunion". Après avoir été détenu à la Section Transversale d’Investigation du 19ème ils ont été transférés au Commissariat de Bastille.

- 13h42 : Appel à soutien au commissariat 27 boulevard Bourdon, métro Bastille pour les deux arretées contre l’Aeroport à Paris

- 13h40 : destruction de ce square Merecoeur pendant que tous le monde à les yeux tournés sur la ZAD, la mairie s’affaire : elle "réamenage" ce square. Il est impossible d’y accéder. Il est barricadé de tous coté. les camions et les bull s’y donnent à coeur-joie. verson une larme pour tous ces arbres qui vont etre abatus. Inutile de rappeler tous est au courant que Nantes est classé capitale verte européene.

- 13h20 : RADIO KLAXON est au retour !! 107.7 !!

- 13h12 : "2 personnes qui ont pris part au Collectif idf de lutte contre l’aéroport et sont partis en action cette nuit sont en Garde à Vue depuis 2h du matin. Pour le moment on a peu d’infos : on ne sait pas où ni pourquoi ils sont détenus. Plus d’infos dès que possible."

- 12h47 : breaking news :) Des ténors d’EELV réoccupent symboliquement une maison à Notre-Dame-des-Landes a lire içi et içi En tête, José Bové, pied-de-biche en main. Il précise qu’il s’agit d’une action « illégale mais légitime ». « Il faut poser des actes forts, poursuit-il. Il n’y a aucun compromis possible sur l’aéroport. »

et le maire de Notre dame des Landes a des choses a dire aussi : « A court terme, je ne vois pas de sortie possible. On a expulsé des maisons, mais les squatters sont toujours là, plus nombreux même. Il aurait fallu vider les squats il y a trois ans. » a lire içi

sympha, les verts ouvrient des maisons, les maire de Notre dame des Landes s’oppose aux occupantes. Drôle de situation quand même !!

- 12h10 : Voila, pour INFO : Pour les personnes que cela intéresse, nous serons quelques-un-es à partir en vélobus demain, organisé par la vélorution. 22 km le trajet. Départ : RV 9h place Saint Pierre à Nantes. Quelques conseils : Il va sans doute pleuvoir demain ! ==> prévoir une cape de pluie (ou équivalent) et de quoi se changer, genre chaussettes, tee-shirt sec, une autre écharpe, etc..., à l’arrivée et pour le retour, et de quoi avoir bien chaud sur place (en vélo, quand on roule, c’est moins le pb). Penser à protéger son sac à dos ou mettre un sac pastique dans ses sacoches... Prévoir aussi des gants pour bricoler sur place (différents de ceux pour rouler) si on construit une maison... Si possible (c’est mieux) : gilet fluo (obligatoire en campagne), lampes (obligatoire en vélo) et peut-être une en plus pour le retour, pour être bien visibles... Il faudra prévoir un pique-nique facile à porter, et peut-être un thermo de boisson chaude.

"Le groupe Vélorution Nantes vous propose un bus cycliste pour rejoindre la manifestation de réoccupation du 17 novembre, contre le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes. Vous pouvez nous rejoindre soit à 9h sur le parvis de la cathédrale Saint Pierre à Nantes, soit à 9h45 dans le bourg d’Orvault sur le parking de l’église. Merci de prévoir un gilet jaune et de l’éclairage sur vos vélos pour le retour !!"

- 10h20 : oops, petite erreure de jour/date de fil d’info d’aujourd’hui....desolé :)

- 8h 30 : Le Rosièr est expulsable depuis ce matin. Il y a un campement vers la bas. Pour l’instance tout se passe calme. À partir de 6h00, petit déjeuner. Toute la Journée à partir de 9h00 : ateliers cuisine, création de banderolles pour la manif du 1 7, ravalement de la façade de la maison, kermesse, jeux collectifs...Toutes vos propositions sont les bienvenues. voir ici
- 8h : Bonjour :) tout est calme !!!

Un documentaire sur la forêt de Rohanne avant et pandant les expulsions. Venez reconstruire avec nous ! http://archive.org/details/ZadNddlQ...

Ici, le lien vers un article sur le drapeau de la manif, qu’on n’arrive pas à mettre ailleurs : https://nantes.indymedia.org/articl... A vos pots de peinture !

Autre info : le contact presse a changé de tel : 06 38 17 36 19

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Notre Dame des Landes
commenter cet article
16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 19:07

 

 

Rue89 - Témoignage 16/11/2012 à 18h56

Sébastien Carré

 

 

Mercredi, des manifestations contre l’austérité ont eu lieu dans plusieurs pays d’Europe. En Espagne, elles ont dégénéré. Sébastien, 23 ans, étudiant français en Erasmus à Barcelone, a assisté aux affrontements entre manifestants et forces de l’ordre. Témoignage et récit d’une journée de protestations entachées de violences policières.

A 18 heures mercredi, j’ai rejoint le cortège plaça de Catalunya, là où était le rassemblement. Dès la première avenue, deux bus de la ville sont mis en plein milieu de la route. L’avenue est immense, ça ne pose donc aucun problème de les contourner mais je suis surpris.

Je demande à mes camarades catalans pourquoi ces bus sont là. Ils me répondent simplement que c’est pour bloquer le cortège. Je leur demande avec grande surprise s’il est interdit de manifester, ici en Espagne ; ils me répondent que non, mais qu’il faut se tenir prêt à courir parce qu’il est déjà arrivé qu’ils utilisent les flashballs dans la foule, que quelqu’un a déjà perdu un œil et qu’au Pays basque espagnol, un enfant d’une dizaine d’années a été tué par un tir de flashball dans la tête.

Nous redescendons ensuite l’avenue diagonale. L’ambiance est festive, tout se passe bien. Je me détends un peu mais je remarque tout de même que dans chaque rue perpendiculaire, il y a les forces spéciales avec leurs boucliers. Elles sont plutôt loin et restent discrètes.

Nous arrivons au terminus du cortège, au croisement de Carrer del Bruc et Ronda de Sant Pere. Tout le monde range les pancartes et commence a remonter en direction du centre. Il y a un monde fou entre ce croisement et Urquinaona. Les bouches de station de métro étant fermées, on doit marcher.

Quelques minutes plus tard, cinq fourgons se mettent au bout de la rue. Ils y attendent moins de cinq minutes avant de mettre toutes les sirènes en marche. Très impressionnant d’entendre tout ce bruit. Mais ils restent immobiles pendant encore deux minutes. On marche à la vitesse que l’on peut...

Il ne faut pas courir, « ça les attire »

D’un seul coup, ils se mettent à foncer à toute vitesse sur la place où se trouve la bouche de métro Urquinaona. Au loin, on voit qu’ils barrent la route. Le stress monte. Jusqu’à ce qu’on soit quasiment arrivés sur la place. Nous sommes à 50 m d’eux et on sent qu’ils sont énervés.

D’un coup, on voit tout le monde se mettre a courir vers nous. Et là commencent les premiers coups de feu. Une Espagnole me dit de rester calme, de ne pas courir, car « ça les attire ».

On voit une horde d’une trentaine de policiers foncer vers nous. On trouve alors refuge dans le hall d’un immeuble : nous sommes une bonne trentaine à nous y cacher.

Après dix minutes d’attente, ça a l’air de se calmer un peu. On ouvre la porte pour voir si la voie est libre. A peine sortis, des policiers descendent de trois camions, matraques en main, et nous courent droit dessus : impossible de retourner dans l’hôtel, ils nous font courir en sens inverse. J’ai l’impression d’être du bétail et qu’ils nous parquent.

 

 

Affrontements entre forces de l’ordre et manifestants en Espagne

Le 14 novembre 2012

 

Sur la place, ça tire de partout mais surtout sur ceux qui courent pour s’enfuir. Je pense qu’il y a facilement plus d’une bonne centaine de camions.

Les policiers ont un mode opératoire bien huilé : à chaque fois qu’ils voient un groupe, un camion fonce dessus, ils sortent matraques en main et un des leurs a un flashball pour tirer sur ceux qui s’enfuient.

La matraque passe à dix centimètres

Je me retrouve collé contre un mur, complètement traumatisé. Je me dis : « Ne bouge pas, tu ne fais rien de mal. Tu es avec trois filles, il ne nous feront rien. » C’est à ce moment que j’aperçois du coin de l’œil un policier gigantesque qui s’apprête à me donner un coup de matraque dans la cuisse. Un seul réflexe : essayer de l’éviter et courir, avec la peur de me faire tirer dessus. La matraque passe à dix centimètres de ma jambe et frappe le mur. Le bruit est impressionnant.

C’est la panique totale. Certains essayent de trouver refuge sur les marches du métro. Mais les grilles sont fermées : ils se retrouvent bloqués au bas des marches, aucun moyen de sortir de là. Les policiers leur mettent des coups de matraque, sans faire de détail.

« La police pousse les manifestants dans les escaliers », selon Ichi sur Twitter

Porter une chasuble de journaliste

Je me retrouve seul en plein milieu de la place, j’ai envie de pleurer. Des murs de policiers à chaque coin de rue. J’aperçois mes amis dans la rue ou j’ai failli me faire matraquer ; je cours les rejoindre. Le réceptionniste d’un hôtel nous ouvre les portes. On reste plus de trente minutes dans le hall d’entrée, assistant à l’acharnement policier. Seul moyen de ne pas être pris pour cible : porter une chasuble de journaliste.

 

 

 

Interventions des forces de l’ordre pendant les manifestations

 

Nous finissons par sortir et prenons la direction inverse du centre pour les éviter, parce que les tirs de flashball se poursuivent. Sauf qu’il est impossible de fuir : ils sont partout dans le centre de Barcelone. Ils tirent dans la foule. Ils sont attirés par ceux qui courent, mais on ne peut pas faire autrement que de courir, sinon ils se mettent à plusieurs pour vous matraquer à terre.

Au mieux, ils laissent les gens au sol. Au pire, ils continuent à leur donner des coups de matraque pendant que l’un d’eux traîne la personne jusqu’à à la fourgonnette. J’ai vraiment l’impression qu’ils ont pris pas mal de personnes, mais le gouvernement annonce seulement une vingtaine d’interpellations [l’agence Reuters rapporte plus de 150 arrestations et 70 blessés dans toute l’Espagne pour la journée de mercredi, ndlr].

Ils tiraient dans la foule

On prend les petites rues pour les éviter. A chaque fourgonnette : tête basse, on marche au pas pour ne pas qu’ils nous regardent, on se cache parfois. Il y a des feux de poubelles, au final, détourner l’attention de la police est le seul moyen pour qu’on puisse avoir du répit et quitter cet enfer. Mais les feux ont commencé bien après le début des tirs.

Je ne sais pas quelles sont les dernières infos sur la destruction des vitres du Palais de la musique, juste à côté de là où j’étais, mais il semblerait que les tirs aient commencé bien avant, au moins dix minutes... Alors qu’aux informations, on nous dit que c’est ce qui a motivé les tirs.

 

 

 

Des manifestants dans une ruelle de Barcelone, repoussés par les forces de l’ordre

 

 

Je suis resté plus d’une heure pris au piège ; des touristes se sont retrouvés pris pour cible. Ils attaquaient sans distinction et à l’aveugle, ils tiraient dans la foule alors qu’il y avait des enfants dans les rues à cette heure-là.

Les Catalans sont habitués

« Suicidios por desahucio »

Les « suicides pour cause d’expulsion » se multiplient en Espagne. Trois personnes, sur le point de se faire expulser de leurs logements, se sont suicidées ce mois-ci en Espagne.

 

Le phénomène possède même sa page Wikipedia.

 

Hier, le gouvernement espagnol annonçait un moratoire sur les expulsions pour une durée de deux ans et à compter d’aujourd’hui. La mesure vise à protéger les propriétaires endettés les plus vulnérables.

Après une nuit d’insomnie, je suis parti en cours dans le centre de la ville avec une boule au ventre, mais aussi l’envie de montrer que cette situation n’était pas normale.

Je suis allé au rassemblement contre les violences policières de mercredi : j’y ai appris beaucoup de choses. Les Catalans sont habitués à ce que ça se passe comme ça. Depuis deux ans, il semblerait que ce soit monnaie courante.

Mercredi, plus de 9 000 balles de plastique ont été tirées dans Barcelone, d’après certaines sources. Une jeune femme a perdu un œil.

Une amie catalane m’a raconté que l’un de ses amis, qui est pompier, a vu une fille se faire matraquer et casser le tibia. Quand la police est partie, il est allé chercher cette fille et l’a ramenée jusqu’au camion de pompier le plus proche. Une fois sur place, alors que la fille commençait à être prise en charge par les pompiers, un camion des forces spéciales est arrivé et à commencé à prendre les pompiers, ce jeune homme et la fille – déjà bien abîmée – pour cible.

Aucune possibilité de se faire entendre

Le ministre de l’Intérieur de la Catalogne, Felip Puig, a confirmé qu’une personne avait été blessée à l’œil. Mais il a osé déclarer :

« De toute la journée, aucune balle en caoutchouc n’a été tirée. »

C’est un mensonge qui est relayé par toute la presse espagnole. En fin de compte, il s’excuse juste pour l’adolescent qui s’est pris un coup de matraque à Tarragone.

 

 

 

Adolescent de 13 ans blessé à la tête par les forces de police catalanes à Tarragone

 

Il est de notoriété publique en Espagne que les forces spéciales sont beaucoup plus violentes et agressives ici qu’à Madrid.

Prochaine manifestation : le 22 novembre, juste avant les élections régionales. Ça va encore mal tourner, sans aucun doute. Il faudrait que la presse européenne soit là, parce que l’information est cachée.

Je ne comprends pas comment, dans une démocratie comme l’Espagne, on peut laisser passer. On a le droit de manifester, mais après il faut courir chez soi pour ne pas se faire frapper... C’est scandaleux de voir ce système à l’œuvre en Europe, alors qu’on a eu le prix Nobel de la paix cette année. Les gens sont désespérés, ça se ressent tellement.

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Espagne
commenter cet article
16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 18:58

 

Rue89 - « Carnage social » 16/11/2012 à 11h28
Marine Marck | Rue89

                                                                                                                                                                                                                      Après son licenciement, Steffi, Allemande résidant en Lorraine, a découvert que la politique sociale de son pays était bien moins protectrice que celle de la France.

 

 


Une femme attend dans le couloir d’une Bundesagentur für Arbeit, le Pôle emploi allemand, à Berlin, le 29 mars 2012 (Markus Schreiber/AP/SIPA)

 

(De Moselle) Steffi (le prénom a été modifié), la soixantaine, est allemande. Célibataire, elle réside depuis le début des années 1990 à Grosbliederstroff, un petit village de Moselle. Elle parcourt tous les matins la dizaine de kilomètres la séparant de Sarrebruck, en Allemagne, où elle exerce la profession de comptable dans une agence de voyage.

Elle est classée dans la catégorie des travailleurs transfrontaliers atypiques : elle réside à « l’étranger », mais rejoint son pays natal tous les jours pour y travailler. Jusqu’en 2009.

Les nouveaux propriétaires de son agence ont décidé il y a trois ans d’« externaliser » le service de comptabilité – comprendre : licencier ses employés. Crise économique, explosion des réservations de voyage par Internet... Il faut tailler dans le tas pour survivre.

Après 40 ans passés dans la même entreprise, Steffi se retrouve au chômage, désemparée :

« Pendant les sept mois de préavis, j’ai travaillé en sachant que j’allais me faire virer. Tous les autres se sont mis en maladie. Moi, j’ai bossé jusqu’au dernier jour pour la boîte qui allait me licencier.

Et puis je me suis retrouvée à la maison, en ne sachant pas quoi faire. J’avais des tas de livres sur l’art, que je me promettais de lire depuis des années sans trouver le temps. Là, j’avais le temps, mais plus l’envie. »

Cinq propositions d’emploi en deux ans

Sans perspective d’emploi immédiate, Steffi doit s’inscrire dans une agence pour l’emploi. En tant qu’Allemande résidant en France, elle a le choix : effectuer les démarches dans son pays d’accueil ou d’origine. Elle décide de s’adresser à la Bundesagentur für Arbeit (BA), l’agence pour l’emploi allemande, malgré les désavantages :

  • en Allemagne, les chômeurs de plus de 55 ans n’ont droit qu’à un an et demi d’allocations chômage, contre trois ans en France ;

 

  • en Allemagne, les impôts étant retirés à la source, les allocations chômage sont calculées sur la base du salaire net. Steffi est imposée en France, mais la BA a calculé ses allocations comme si elle payait ses impôts en Allemagne. En clair, l’agence pour l’emploi a déduit des « impôts fictifs » de son salaire. Résultat : des allocations bien inférieures à celles que Steffi aurait perçues en France.

Steffi était consciente des sacrifices financiers auxquels elle consentait. Mais selon sa sœur, la décision semblait rationnelle :

« Steffi pensait qu’en s’inscrivant dans son pays d’origine, elle aurait des formations plus adaptées, plus d’opportunités d’emploi. Surtout qu’elle doutait de se voir proposer un poste en Allemagne depuis le Pôle emploi français. Elle a renoncé à beaucoup d’argent [près de 500 euros mensuels selon elle, ndlr] et à de nombreux mois d’allocation chômage dans l’espoir de retrouver un travail plus rapidement. »

Malheureusement pour Steffi, sa prise de risque ne sera pas récompensée :

« En deux ans, la Bundesagentur für Arbeit m’a fait cinq propositions. Rien dans mes compétences. »

« Je voulais que ça s’arrête »

Steffi ne se décourage pas. Elle épluche les journaux à la recherche de petites annonces, elle compulse les sites spécialisés, elle rédige plus d’une centaine de lettres de motivation et envoie des candidatures spontanées aux entreprises qui l’intéressent, elle suit des formations... Sans succès :

« Je recevais des réponses polies, me disant qu’il n’y avait pas de travail pour moi. Dans mon désespoir, je me suis inscrite dans une agence d’intérim. Contrairement à la France, les intérimaires sont très mal payés en Allemagne, mais je voulais travailler. »

Ces deux ans sont, en plus, marqués par une bataille judiciaire épuisante. En Allemagne, l’indemnisation de licenciement n’est pas automatique, elle s’obtient devant le tribunal. Selon la loi, les employés ont droit à un demi-mois de salaire par année travaillée. Avec 40 ans d’ancienneté, Steffi aurait dû toucher 20 mois de salaire. Une douce illusion :

« Mon employeur a plaidé la crise. Il a expliqué qu’en payant la totalité de mon indemnité de licenciement, il mettait son agence en danger. Le juge a proposé un arrangement : quatre mois de salaire. J’ai accepté tout de suite, parce que je n’en pouvais plus, je voulais que ça s’arrête.

Mon ancien employeur ? Il a demandé à réfléchir ! Lui, il me proposait deux mois d’indemnité. Deux mois, pour 40 ans de services ! »

L’Allemagne la prive d’allocations chômage

Fin 2010, une mauvaise chute, elle se brise le poignet. Elle craque :

« J’ai été en arrêt maladie pendant un an. A cause de ma main, mais surtout parce que j’étais en dépression. J’étais finie. Mes nerfs ont lâché. Je n’en pouvais vraiment plus. Tout était tellement désespérant, tellement décourageant... »

Sa voix se brise. Elle cherche un mouchoir, essuie ses larmes.

Son assurance maladie prend le relais des allocations chômage pendant son arrêt. En novembre 2011, elle fait signer un certificat d’aptitude au travail :

« J’ai décidé de postuler aux mini-jobs à 400 euros par mois. L’Agence pour l’emploi pense que ça permet de remettre un pied dans le monde du travail. Il paraît que certains ont un vrai poste au bout. Moi, je voulais juste travailler. J’aurais fait n’importe quoi pour travailler. »

Lorsqu’elle souhaite renouveler son inscription au Pôle emploi allemand, elle apprend qu’elle ne touchera plus les allocations chômage. Un règlement européen, intervenu en mai 2010, pendant sa convalescence, impose aux frontaliers de réclamer les allocations dans le pays où ils habitent. Steffi raconte :

« Normalement, j’avais encore droit à trois mois d’allocation, mais ils n’ont rien voulu entendre. J’étais à leur merci. J’ai commencé par râler, puis je me suis résignée. J’ai fait transférer mon dossier à Pôle emploi en France. »

Nouvel échec. Steffi n’a pas droit aux allocations chômage en France, car elle ne s’est pas inscrite à Pôle emploi dès la perte de son travail. Elle ignorait qu’elle devait signaler son licenciement à son pays de résidence :

« Personne ne me l’a dit, nulle part. L’Agence pour l’emploi allemande connaissait ma situation, elle aurait dû me prévenir. »

« Vive la France ! »

En décembre 2011 et janvier 2012, Steffi ne touche plus rien : aucune aide, aucune allocation. Elle n’a même plus d’assurance maladie. Les yeux rougis, elle explique avec difficulté :

« J’ai vécu grâce à ma famille : ma sœur, mon beau-frère, ma mère. Le crédit pour mon appartement, je l’ai payé avec mes économies. Heureusement. »

Sa sœur s’emporte :

« Et si elle n’avait pas eu de famille pour la soutenir, si elle n’avait pas eu de logement, elle aurait fait comment ? Au bout d’un moment, tu perds tout, tu te retrouves sous un pont, tu vis dans la rue ! »

En janvier, des voisins français conseillent à Steffi de demander de l’aide en France : à la Caisse d’allocations familiales et à la Caisse primaire d’assurance maladie. Elle est assurée, provisoirement. Un soulagement :

« Je ne savais pas que tout le monde avait droit à une couverture sociale. J’avais envie de hurler “Vive la France !”. »

Un peu requinquée, elle décide de réclamer à l’Allemagne ses trois mois d’allocations chômage. Elle entre en contact avec le Comité de défense des travailleurs frontaliers de la Moselle (CDTFM), une association créée en 1973, qui lutte pour les droits des travailleurs frontaliers mosellans et allemands. Sur les quelque 23 000 actifs qui traversent la frontière chaque jour, plus de 10 000 sont affiliés au CDTFM.

Le Comité accepte de l’aider. Son avocat envoie une lettre à « Bruxelles », au service de coordination de la Sécurité sociale et des Affaires sociales, qui analyse les problèmes rencontrés par les citoyens européens.

La réponse est claire : « Oui, l’Allemagne devrait payer. » Le CDTFM transfère le courrier à la Bundesagentur für Arbeit. La réaction est quasi-immédiate : Steffi touchera, rétroactivement, les allocations refusées quelques mois plus tôt. Elle ressent la nouvelle comme une véritable victoire :

« Le fait que je puisse toucher mes droits, je le dois à cette association française. Ses membres s’engagent de manière totalement désintéressée pour les personnes en difficulté. Et si l’Agence pour l’emploi allemande avait refusé de payer, le Comité aurait assumé les frais d’avocat pour mener une action en justice à mon bénéfice. »

Des cas comme celui de Steffi, le Comité de défense des travailleurs en traite des centaines chaque année. Les permanences hebdomadaires, dans la ville de Sarreguemines, sont bondées. Des dizaines de personnes viennent requérir les conseils des bénévoles de l’association.

« L’Allemagne qui résiste à la crise ? Un mythe »

Arsène Schmitt, syndicaliste et président du CDTFM, affirme que la crise a engendré des situations dramatiques dans la région frontalière Moselle-Sarre :

« Nous nous battons, nous dénonçons cette Europe du capital, cette machine de guerre contre les travailleurs. C’est un carnage social en ce moment, on est en train de détruire nos acquis, nos droits, nos retraites. »

Et ces difficultés ne sont pas propres aux travailleurs français. Les Allemands aussi sont durement touchés, regrette Arsène Schmitt dans un rire désabusé :

« L’Allemagne va bien ? Pas du tout ! Les médias relaient des informations qui ne tiennent pas debout. Cinq à six millions de personnes travaillent pour des mini-salaires de 400 euros. On parle de pauvreté dans la vieillesse, de retraités qui doivent chercher des jobs pour survivre, de travail précaire.

L’Allemagne qui résiste à la crise ? C’est un mythe. En tout cas pour les travailleurs. »

Outre-Rhin, on a fait face à la crise avec plus de réussite, certes. Mais les classes moyennes et les ouvriers ont assumé les conséquences d’une politique sévère. Près de 7 millions de personnes ont un salaire inférieur à 8,50 euros de l’heure. Et 20% des salariés des PME allemandes se débrouillent avec moins de 10,36 euros horaires.

Du travail, enfin

Entre-temps, Steffi a retrouvé un emploi de comptable. Au début, c’était un mini-job à 400 euros, mais elle a demandé à son employeur de lui accorder un mi-temps. Aujourd’hui, elle travaille 20 heures par semaine. Son salaire est très inférieur à ce qu’elle gagnait il y a trois ans, mais elle s’en satisfait. Elle se dit « heureuse », « reconnaissante » envers son employeur.

On la sent encore fragile, prête à craquer. Sa voix n’est pas très assurée quand elle évoque ses difficultés, ses mauvaises expériences :

« C’était dur pour les nerfs. Pas seulement pour moi, mais pour toute ma famille. Je suis brisée. Trois ans après, quand je repense à la manière dont je me suis fait jeter, à ce que j’ai dû traverser...

A l’Agence pour l’emploi allemande, quand je me suis inscrite, j’ai été traitée comme une moins que rien. Par la suite, j’ai eu de la chance, mes conseillers étaient avenants. En France, j’ai toujours été bien reçue.

Mais ces mois ont été terribles. J’étais assise à la maison, je ne faisais rien. J’étais gênée de toucher des aides, j’avais honte, mais je devais les accepter pour vivre. »

« Un chômeur seul, son monde s’écroule »

Aujourd’hui, elle reconnaît avoir retrouvé une certaine indépendance. Elle n’est pas tout à fait sortie de la galère pour autant. Elle doit encore « se battre jusqu’à la retraite, à 65 ans et six mois », avec son petit salaire. « Une chance que je sois déjà si vieille ! », rit-elle.

Pendant toute la durée de l’entretien, sa sœur reste à ses côtés. Elle complète ses propos quand Steffi hésite, s’emmêle, s’émeut. Steffi, d’ailleurs, sait qu’elle peut compter sur elle. Elle en a conscience, la plupart des personnes en difficulté n’ont pas un tel soutien :

« Je ne meurs pas de faim, je pars tous les ans en vacances payées par ma sœur. Mais un chômeur tout seul, son monde s’écroule. En Allemagne, tu n’as même pas de tarifs préférentiels pour les chômeurs comme en France, tu ne peux plus rien te permettre. Tu es isolé socialement. »

Malgré – ou grâce à – ses nombreux travailleurs désemparés, au chômage ou accrochés à des mini-jobs, l’Allemagne affiche un taux de chômage envié par l’ensemble de la zone euro : moins de 7% de la population active. En fait, elle compte tellement peu de chômeurs qu’elle annonçait, l’année dernière, un plan de restructuration inédit : la suppression de 10 000 postes au sein de son Agence pour l’emploi, d’ici à l’horizon 2015.

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article

Présentation

  • : Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • : Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
  • Contact

Texte Libre

INFO IMPORTANTE

 

DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

OVERBLOG NOUS IMPOSE ET PLACE DES PUBS

SUR NOTRE BLOG

CELA VA A L'ENCONTRE DE NOTRE ETHIQUE ET DE NOS CHOIX


NE CLIQUEZ PAS SUR CES PUBS !

Recherche

Texte Libre

ter 

Nouvelle-image.JPG

Badge

 

          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



  Th-o indign-(1)

55

9b22