Chine

Mercredi 6 août 2014 3 06 /08 /Août /2014 16:35

 

 

Source : www.marianne.net

 

 

scandale alimentaire

En Chine, McDonald’s ne vend plus de burgers !

Mercredi 6 Août 2014 à 14:00

 

Régis Soubrouillard
Journaliste à Marianne, plus particulièrement chargé des questions internationales En savoir plus sur cet auteur

 

Depuis les révélations par une télévision chinoise des pratiques douteuses du premier fournisseur de viandes de McDonald's en Chine, le géant du Burger est dans la ligne de mire des autorités de Pékin. En attendant, les résultats de l'enquête, McDo a mis fin à ses relations avec son fournisseur et est incapable d'approvisionner ses magasins en burgers. Au delà, on assiste à une vraie guerre d'influence lancée par les autorités chinoises, ravies de s'en prendre à une multinationale américaine, prise en défaut.

 

Ng Han Guan/AP/SIPA
Ng Han Guan/AP/SIPA

Un McDo sans burgers. C’est le cauchemar du « Big Mac addict ». C’est ce que vit la Chine depuis une quinzaine de jours suite à un scandale alimentaire qui paralyse les fournisseurs du géant américain du Burger. 

 

Le 20 juillet, un reportage en caméra cachée d’une télévision locale de Shanghaï montrait des travailleurs de Shanghaï Husi Food, l’un des principaux  fournisseur chinois de McDo et du groupe Yum (KFC  et Pizza Hut) ramasser de la viande à même le sol avant de les remettre dans le circuit de transformation ou mélanger de la viande avariée à de la viande saine. 

 

Une autre séquence dévoile les pratiques douteuses des équipes de contrôles qui envoyaient des mails aux employés pour leur demander de repousser de plusieurs mois la date d’expiration sur certains produits. Des salariés ont fait savoir que ces pratiques étaient en vigueur depuis plusieurs années.  

 

Ces révélations ont été largement relayées par les médias chinois, ravis de dénoncer le système de fraude et les dérives d’une multinationale américaine dont l’implantation timide sur le sol chinois à la fin des années 80 avait fait grincer quelques dents au plus haut niveau de la hiérarchie du Parti communiste. « Dans le burger se cachent les germes du capitalisme et du mode de vie occidental » disaient certains idéologues communistes de l’époque.

 

Depuis la Chine s’est éveillée et a largement adopté le Burger. Mais la méfiance est toujours de mise (dans un autre domaine, la Chine bannit de nombreux de fournisseurs américains de matériel informatique –notamment Apple- de ses administrations).   

 

Dans le Quotidien du Peuple, journal officiel du Parti, un professeur de l’Ecole Centrale du Parti évoquait récemment « la guerre sans canon menée par les forces hostiles de l’ouest » dans une allusion très nette au scandale McDonalds. 

 

Des dizaines d’employés du fournisseur ont été rapidement arrêtés et McDonald’s a immédiatement interrompu ses relations avec le fournisseur. Conséquence : impossible pour McDonald’s de fournir en viande de bœuf et poulet les 2.000 MacDo du pays et une vraie pénurie dans le nord et le centre de la Chine. Même chose pour KFC et ses 4500 enseignes.  

 

La société américaine OSI propriétaire de Shanghaï Husi Food, a dépêché ses propres enquêteurs sur place et dit « coopérer » pleinement avec les inspecteurs du gouvernement chinois. 
 

C’est que l’enjeu est d’importance pour le géant du burger. La Chine est le troisième marché mondial de McDonald’s, représente 10% de son chiffre d’affaires et le scandale pourrait avoir des répercussions dans toute l’Asie, continent où McDo a encore un fort potentiel de croissance, notamment en Asie du Sud-Est.


« Le Burger Power  »
 

Encore faut-il que la firme se montre un peu plus exigeante avec ses fournisseurs. Car ce n’est pas la première fois que des sociétés de fast-foods sont pointés du doigt en Chine pour non respect des normes sanitaires. En 2012, un autre fournisseur de McDo avait été épinglé pour des doses trop importantes d’antibiotiques relevées dans ses poulets. 

 

Derrière, le scandale McDonald’s c’est aussi une guerre d’influence qui se joue : le « Burger power ».  Chaque  camp tente de diaboliser l’autre : la Chine dénonçant les incursions occidentales dans la culture chinoise, l’occident pointant l’inadaptation chinoise aux normes occidentales. 

 

Si le gouvernement chinois prend un malin plaisir à pointer le géant américain, la Chine, régulièrement en proie à des scandales médicaux, ou agro alimentaires est loin d’être une référence en matière de normes sanitaires. Des scandales sur le lait en poudre et des boulettes de viande contaminées aux insecticides ont émaillé l’actualité chinoise. Certains commentateurs américains font notamment savoir que les procédures de contrôle chinoises sont tellement laxistes et aléatoires, que cela contraint les entreprises étrangères à contrôler beaucoup plus strictement toute la sécurité de leur chaîne d’approvisionnement, pour pallier en amont les défauts du système chinois.
 

Mais il y a urgence pour la Big Mac company. Un jour sans burger vendu en Chine est une perte financière importante pour MacDo dont les résultats s’en ressentent déjà. Dans un communiqué diffusé le 3 juillet, la société a fait savoir qu’elle ne pourrait pas tenir ses objectifs de ventes 2014 en raison de ses problèmes en Chine.

MacDonald’s espère réapprovisionner tous ses magasins en viande cette semaine. En attendant le grand retour du Big Mac, les chinois peuvent encore se gaver de Filet’o’fish. 

 

 

Source : www.marianne.net

 

 

 

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Dimanche 26 janvier 2014 7 26 /01 /Jan /2014 19:17

 

 

Source : www.mediapart.fr

Chine: le Mouvement des nouveaux citoyens est lourdement condamné

|  Par Louis Sabot

 


Le pouvoir chinois s'inquiète du réveil de la société civile. Le juriste chinois Xu Zhiyong a été condamné, dimanche 26 janvier, à quatre ans de prison. Il est l'une des figures du Mouvement des nouveaux citoyens, un réseau informel qui mobilise la société contre la corruption et les passe-droits.

 

 Pékin, correspondance

Le juriste chinois Xu Zhiyong a été condamné, dimanche 26 janvier, à quatre ans de prison pour avoir « assemblé une foule dans le but de troubler l’ordre public », à l’issue du premier d’une série de procès contre le Mouvement des nouveaux citoyens. Il s’agit d’une peine sévère, la peine maximale pour ce type de crime étant de quatre ans. Son avocat, Zhang Qingfang, a été emmené dans un fourgon de police à la sortie du tribunal après avoir parlé avec des journalistes étrangers. Le professeur Xu est une figure importante du mouvement des droits de l’Homme. En 2003, il a joué un rôle majeur dans l’affaire Sun Zhigang, qui a conduit à l’abolition des centres de rapatriement dans les villes chinoises. En 2008, il a défendu plusieur familles d’enfants victimes du scandale du lait mélaminé.


Xu Zhiyong. 
Xu Zhiyong. © (dr)

Six autres membres du Mouvement des nouveaux citoyens (Zhao Changqing, Hou Xin, Yuan Dong, Zhang Baocheng, Ding Jiaxi et Li Wei) doivent répondre de la même accusation. Zhao Changqing a déjà été condamné à plusieurs peines de prison pour sa participation au mouvement de Tiananmen et pour ses appels répétés à la démocratisation de la République populaire. Les autres accusés ont tous commencé leur activisme en rejoignant ce mouvement.

Un important dispositif de sécurité a été mis en place par les autorités avant et pendant les quatre jours des procès. Plusieurs militants pékinois des droits de l’Homme ont affirmé que leur surveillance par la police politique s’était renforcée dès le 20 janvier. Les personnes venues soutenir les accusés devant les tribunaux ont été arrêtées et emmenées dans des commissariats ou des prisons secrètes. Les diplomates étrangers voulant assister aux procès, théoriquement publics, n’ont pas pu entrer dans les salles d’audience, jugées « trop petites » par le personnel du tribunal. Enfin, le matériel de certains journalistes étrangers a été confisqué. Les autorités ont empêché toute mention des procès par les médias officiels pour bien s’assurer que les nouveaux citoyens soient jugés en silence.

Né en mai 2012 à la suite d’un article publié par le professeur Xu, ce Mouvement des nouveaux citoyens est un réseau informel qui vise à pousser les citoyens chinois à s’unir pour défendre leurs droits constitutionnels, établir un État de droit en Chine et lutter contre la corruption des fonctionnaires du Parti et du gouvernement par le moyen de manifestations publiques. Ce mouvement s’est consolidé à travers l’organisation de « dîners républicains » pendant lesquels les convives discutent de la situation politique et sociale en Chine. À l’apogée du mouvement, ces dîners se tenaient le dernier samedi de chaque mois dans plus de trente villes chinoises.

Il s’agit du premier mouvement d’envergure nationale regroupant toutes sortes de citoyens chinois. Une pétition de soutien aux accusés a d’ailleurs circulé sur Internet les jours précédant l’ouverture des procès et a été signée par des centaines de personnes, journalistes, avocats, professeurs, mais aussi paysans, ouvriers et chômeurs. Le succès du mouvement s’explique par le fait qu’il a réussi à capter les aspirations d’une partie de la classe moyenne chinoise. La corruption endémique du système et la violation des droits constitutionnels sont des problèmes auxquels la majorité de la population fait face de façon quotidienne, indépendamment du milieu social.

Entre mars et septembre 2013, soit immédiatement après l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping, une répression sévère s’est abattue sur ce mouvement, culminant avec l’arrestation de Xu Zhiyong en juillet dernier. Il a été accusé en décembre d’avoir été l’organisateur de manifestations qui se sont tenues à Pékin en 2012 et 2013. Celles-ci exigeaient la publication du patrimoine des hauts cadres du gouvernement chinois et l’égalité d’accès à l’éducation pour les enfants qui vivent à Pékin mais dont le permis de résidence (hukou) dépend d’une autre province. Aujourd'hui, seuls les habitants de Pékin munis d’un permis de résidence pékinois ont le droit de s’inscrire au lycée et de passer l’examen d’entrée à l’université dans la capitale. Les autres enfants sont forcés de rentrer dans le lieu de résidence inscrit sur leur permis, qui peut se trouver à plusieurs milliers de kilomètres.

D’autres manifestations, de plus petite envergure, visant à promouvoir l’égalité d’accès à l’éducation, se sont tenues à Pékin devant le ministère de l’éducation en 2012 et en 2013, sans donner suite à des arrestations, à l’inverse de celles exigeant la transparence des dirigeants (à Pékin ou ailleurs, dans la province du Jiangxi notamment). Il semble que c’est ce second type de revendications qui dérange les autorités et ce bien qu’il soit en adéquation avec le programme de Xi Jinping.

Violations des droits en série

Au cours de ces procès politiques, le gouvernement chinois a violé plusieurs fois la nouvelle loi de procédure pénale, entrée en vigueur en janvier 2013, ainsi que les interprétations de cette loi faites par la Cour suprême à l’issue du 3e plénum du Parti, en novembre dernier. Outre le fait que Xu Zhiyong n’a été informé de la tenue de son procès que cinq jours auparavant, ses avocats n’ont pas eu le droit de citer des témoins et encore moins d’interroger les témoins à charge.

 

Une manifestante, venue soutenir Xu Zhiyong, est arrêtée près du tribunal. 
Une manifestante, venue soutenir Xu Zhiyong, est arrêtée près du tribunal. © Reuters

De plus, son procès s’est tenu devant le tribunal intermédiaire n°1 de la ville de Pékin (comme celui du prix Nobel de la paix emprisonné, Liu Xiaobo, en 2009), quand ceux des autres personnes accusées du même crime se sont tenus devant le tribunal de base du district de Haidian de Pékin. Selon le droit chinois, des personnes accusées d’avoir fomenté ensemble le même crime doivent être jugées ensemble devant le même tribunal. Pour casser la solidarité entre les accusés et dans l’espoir qu’ils s’accusent réciproquement, les autorités ont donc décidé de tenir plusieurs procès, en faisant fi des procédures qu’elles se sont elles-mêmes fixées.

Pour protester contre ces multiples abus, Xu Zhiyong et ses avocats ont fait le choix de rester silencieux pendant la plus grande partie du procès. Ce silence n’a été rompu par l’accusé que par sa déclaration finale : « Pour la liberté, la justice et l’amour – ma déclaration finale devant le tribunal » (elle peut être lue en anglais ici). Il a été interrompu par le juge au bout de dix minutes.

Le lendemain, Zhao Changqing a décidé de protester à son tour en renvoyant ses avocats en raison des multiples violations de procédures commises par le tribunal, qui les ont empêchés de le défendre efficacement. Cette manœuvre lui a permis de disposer de quinze jours pour reconstituer une équipe de défense et être à nouveau jugé après le Nouvel an chinois en espérant que davantage de soutiens pourront se rendre au tribunal. Zhao voudrait ainsi contrer la stratégie des autorités qui ont choisi d’ouvrir les procès quelques jours avant le Nouvel an chinois pour en minimiser l’impact.

Le déroulement de ces procès et le verdict de ce matin confirment que le pouvoir ne laissera pas la société civile chinoise se développer facilement. Selon Nicholas Bequelin, chercheur à la division Asie de Human Rights Watch (HRW), « les autorités ont clairement voulu donner un coup d'arrêt au mouvement et faire un exemple de Xu Zhiyong afin de signaler que, sous la nouvelle ère Xi Jinping, le pouvoir continuera à veiller et réprimera toute forme d'activité de la société civile qui pourrait menacer le Parti. C'est un calcul qui vise à renforcer le pouvoir mais qui lui aliène également beaucoup des forces réformatrices et libérales dans la société dont Xi a besoin s'il veut réellement mener à bien son programme de réforme et vaincre les groupes d'intérêts particuliers au sein du Parti et des élites ».

À l’inverse du procès qui a clos l’affaire Bo Xilai, où l’accusé, ancien secrétaire général du Parti de Chongqing,  condamné à la prison à vie pour corruption, avait eu le droit de parler et d’interroger les témoins de l'accusation, les militants du Mouvement des nouveaux citoyens n’ont pas pu le faire. Malgré les campagnes lancées par Xi Jinping contre la corruption et en dépit des recommandations du 3e plénum, la justice chinoise continue d’être bienveillante pour les dirigeants du Parti et impitoyable envers les citoyens qui s’expriment spontanément et exigent que les autorités passent des paroles aux actes.

La peur du Parti unique de voir émerger un mouvement populaire autonome continue de primer sur la nécessité de consulter la société civile pour mettre en œuvre des réformes profondes indispensables à l’amélioration du système politique. Dans sa déclaration finale, Xu Zhiyong affirme : « Je comprends clairement que quelqu’un doit faire des sacrifices et je suis prêt à payer le prix nécessaire pour ma foi dans la liberté, la justice, l’amour et un avenir meilleur pour la Chine (…). Mais ne pensez pas une seconde que vous pouvez mettre un terme au Mouvement des nouveaux citoyens en me jetant en prison. Nous vivons dans une ère ou la civilisation moderne domine et dans laquelle un nombre grandissant Chinois  prennent leur citoyenneté et leurs responsabilités civiques à cœur. Le jour viendra où les 1,3 milliards de Chinois quitteront leur état de soumission et deviendront des citoyens fiers et responsables. »

Le parti communiste chinois, comme bien d’autres dynasties avant lui, espère qu’une fois encore le vieux proverbe chinois selon lequel il faut « couper la tête du poulet pour faire peur au singe » s’appliquera et lui permettra de conforter son pouvoir.

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

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Dimanche 26 janvier 2014 7 26 /01 /Jan /2014 19:14

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

Inique 26/01/2014 à 09h28

Chine : quatre ans de prison pour Xu Zhiyong, le citoyen anticorruption

Pierre Haski | Cofondateur Rue89

 

 

 


Dimanche 26 janvier, Pékin, la police empêche la presse de parler à l’avocat de Xu Zhiyong après sa condamnation à quatre ans de prison (Andy Wong/AP/SIPA)


Xu Zhiyong, en 2009 (Greg Baker/AP/SIPA)

Ce n’est qu’un paradoxe apparent : en pleine campagne officielle anticorruption, le pouvoir chinois a condamné dimanche à quatre ans de prison un des activistes les plus en vue de Chine, qui combattait lui aussi la corruption.

Le message est clair dans cette lourde condamnation : la lutte contre la corruption est l’affaire du Parti communiste lui-même, et pas de la société civile. Ce qui fixe les limites très étroites des réformes politiques de l’ère Xi Jinping, qui n’est pas prêt à remettre en cause le monopole du Parti.

Xu Zhiyong a été condamné officiellement pour avoir « réuni des foules pour perturber l’ordre social », au nom du Mouvement des nouveaux citoyens dont il est le fondateur.

Transparence des dirigeants sur le patrimoine

Il avait lancé une pétition pour demander la transparence des dirigeants chinois sur leur patrimoine, en s’inscrivant dans le cadre de la lutte anticorruption dont la nouvelle équipe au pouvoir a fait son cheval de bataille.

Sa condamnation survient la semaine où une enquête d’un réseau international de journalistes d’investigation a révélé comment des milliers de membres de la nouvelle élite chinoise utilisent les paradis fiscaux pour sortir leur argent à l’étranger.

A 40 ans, Xu Zhiyong appartient à une nouvelle génération d’activistes chinois qui usent du droit pour faire évoluer la société chinoise. Je l’avais interviewé à Pékin il y a dix ans, alors qu’il tentait de faire valoir ses vues à l’intérieur du système, se présentant aux élections au parlement de la ville de Pékin.

Constatant qu’il n’arrivait pas à se faire entendre à l’intérieur, il a créé le Mouvement des nouveaux citoyens, organisation non-gouvernementale qui s’est vite heurtée à l’intolérance du pouvoir face à une société civile encore embryonnaire et fragile.

Il avait été arrêté une première fois pendant plusieurs semaines en 2009, puis condamné à une forte amende pour « fraude fiscale », le même prétexte employé contre l’artiste-activiste Ai Weiwei lors de son arrestation pendant trois mois en 2011.

La lutte anticorruption monopole du Parti

Cette fois, c’est son appel à la transparence des dirigeants sur leur fortune qui a précipité la répression. Xu Zhiyong et ses amis ont touché une corde sensible, car si Xi Jinping et la nouvelle équipe dirigeante ont lancé une vaste opération anticorruption, qui touche des dizaines de milliers de cadres du Parti dont certains sont très haut placés, ils ne tolèrent pas que cette campagne puisse être menée de l’extérieur du Parti communiste.

Il s’agit à la fois de protéger des intérêts privés, ceux de proches et de leurs familles comme l’ont montré les récents documents « ChinaLeaks » sur la fortune des « princes rouges », ces « fils de » du système communiste, et de garantir le monopole politique du Parti, de peur de voir la Chine suivre la voie de la désintégration politique « à la Gorbatchev » en URSS, le cauchemar absolu des maîtres de Pékin.

Xu Zhiyong est donc condamné pour l’exemple. Il rejoint le prix Nobel de la paix, Liu Xiaobo, un activiste de la génération précédente, qui purge une peine de onze années de prison pour avoir lancé la « Charte 08 » appelant à la démocratie en Chine.

Dans sa remarquable plaidoirie, en 2010, Liu Xiaobo avait exprimé l’espoir d’être « la dernière victime de l’inquisition intellectuelle en Chine ». Cet espoir n’a pas été réalisé car Xu Zhiyong, et bien d’autres, comme l’intellectuel ouïgour Ilham Tohti qui vient d’être arrêté, continuent de subir les foudres d’un pouvoir autoritaire.

« Il s’agit en fait de vos propres peurs »

A son tour, Xu Zhiyong a tenté de lire une longue plaidoirie personnelle au cours de son procès qui s’est tenu à huis clos. Mais le juge l’a interrompu au bout de dix minutes en estimant que ce n’était pas pertinent. Voici ses premières phrases qui résument l’enjeu, simple, à ses yeux :

« Vous m’avez accusé d’avoir perturbé l’ordre public en raison de mes efforts en faveur de l’égalité d’accès à l’éducation, pour permettre aux enfants de migrants de passer les examens d’entrée à l’université là où ils résident, et pour mes appels aux dirigeants pour qu’ils déclarent leurs avoirs.

Alors que, superficiellement, il pourrait s’agir d’un confllit entre le droit d’expression d’un citoyen et l’ordre public, il s’agit en fait de savoir si oui ou non vous reconnaissez les droits constitutionnels d’un citoyen.

A un niveau plus profond, il s’agit en fait de vos propres peurs :

  • peur d’un procès public ;
  • peur de la liberté des citoyens de pouvoir suivre un procès ;
  • peur de voir mon nom apparaître en ligne ;
  • peur de la société libre qui approche.

En tentant de réprimer le Mouvement des nouveaux citoyens, vous mettez des obstacles sur la voie de la Chine dans sa tentative de devenir une démocratie constitutionnelle par des voies pacifiques ».

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 


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Mardi 14 janvier 2014 2 14 /01 /Jan /2014 16:15

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

Le Grand entretien 13/01/2014 à 16h14

« Comment le mouvement ouvrier chinois peut changer le monde »

Pierre Haski | Cofondateur Rue89

 

 


Han Dongfang au micro de Radio Free Asia à Hong Kong (MIKE CLARKE/AFP)

 

Han Dongfang est un activiste chinois pas comme les autres. Basé à Hong Kong, il défend les droits des ouvriers chinois en favorisant les négociations collectives dans les conflits sociaux, une approche constructive, qu’il veut déconnecter au maximum des enjeux idéologiques et de pouvoir.

Agé de 50 ans, cet ancien syndicaliste engagé dans le mouvement démocratique de Tiananmen en 1989, emprisonné puis exilé, explique sa démarche dans un livre, « Mon combat pour les ouvriers chinois » (éd. Michel Lafon, 16 janvier 2014), écrit avec le journaliste français Michaël Sztanke.

De passage à Paris, il explique à Rue89 en quoi son approche pragmatique de l’action sociale dans un pays autoritaire peut transformer la Chine, mais aussi avoir un impact sur le reste du monde en faisant passer les travailleurs chinois du statut de victime ou de concurrent des ouvriers occidentaux à celui d’alliés dans un monde globalisé, en faveur de meilleures normes sociales.


Han Donfang à Paris, le 9 janvier 2014 (Pierre Haski/Rue89)

 

Rue89 : Vous appartenez à la génération des activistes de Tiananmen en exil, mais vous ne vous définissez pas comme « dissident » et ne participez pas au combat pour la démocratie mais pour les droits des travailleurs. Pourquoi ce choix ?

Han Dongfang : En 1992, quand j’ai pu quitter la Chine, j’ai passé un an aux Etats-Unis à observer le mouvement dissident en exil. J’étais malade, sous traitement, incapable de faire quoi que ce soit, et ça a été une « chance ».

J’avais déjà décidé de tenter de rentrer en Chine, car je suis un militant du mouvement social, et vous ne pouvez pas agir loin des travailleurs.

Et, quand j’ai essayé de rentrer en Chine, j’ai eu la chance que le gouvernement chinois m’expulse vers Hong Kong [territoire autonome au sein de la Chine, ndlr], pas vers les Etats-Unis ou l’Europe. C’est une chance car Hong Kong est en prise directe sur la Chine continentale. Vous ne pouvez pas traverser la frontière, mais vous êtes juste de l’autre côté.

Quand j’ai démarré mon programme sur Radio Free Asia [une radio financée par le Congrès américain, ndlr] mon émission s’est vite transformée de commentaire en conversation téléphonique permanente avec des ouvriers en Chine. Ça me permettait de ne pas être éloigné de la réalité quotidienne des Chinois.

Tout ceci a conduit à la création du China Labour Bulletin, à Hong Kong, et son implication de plus en plus grande dans l’aide aux travailleurs chinois dans leur action, en particulier sur le terrain légal, pour faire valoir leurs droits.

Mais pour cela, il faut reconnaître l’autorité des tribunaux, même si c’est dans un système corrompu. Reconnaître l’autorité, cela ne signifie pas que vous en acceptez la réalité. Mais vous entrez dans un dialogue avec ce système corrompu pour le changer.

L’implication des travailleurs dans ce combat, sur leurs propres dossiers, permet de faire la différence.

Vous pensez qu’il existe une possibilité de changer le système de l’intérieur ?

Oui, il y a toujours un espace pour ça, sinon c’est désespérant de penser que quelque chose est immuable.

J’ai visité la Pologne. Beaucoup de gens pensent que la voie polonaise [Solidarité, l’action clandestine, etc., ndlr] est la seule voie. Mais ce qui me dérange, c’est que j’ai fait de la prison, ce n’est pas une expérience agréable même si on apprend beaucoup.

Je suis à Hong Kong, et c’est moralement insupportable de me dire que je pourrais envoyer en prison les gens avec qui je travaillerais dans la clandestinité, tandis que je resterais confortablement dans mon refuge hongkongais.

J’ai cherché d’autres voies que le syndicat clandestin sur le modèle de Solidarité en Pologne. La victoire de Solidarité est historique, unique, pas nécessairement reproductible. En Chine, nous ne pouvons pas attendre le moment où il sera possible d’en faire de même...

En vingt ans, le paysage social chinois a beaucoup changé. Quels en sont pour vous les principales raisons ?

Il y a plusieurs différences. D’abord le facteur générationnel. Les jeunes nés après 1989, qui ont maintenant 23-24 ans, dont beaucoup travaillent en usine depuis plusieurs années, ne connaissent pas la peur.

Ils n’ont pas l’angoisse de 1989 [le massacre de Tiananmen, ndlr], or la peur est un facteur puissant qui affecte l’esprit et l’action des gens. Si vous avez peur, c’est elle qui vous contrôle, si vous n’avez pas peur, vous faites ce que vous pensez juste.

Lorsque cette génération se met en grève, elle n’a pas le réflexe de la génération précédente, qui s’attend immédiatement à la répression du gouvernement. Ce n’est pas dans leur tête. Ils pensent que leur action n’a rien à voir avec le gouvernement, qu’elle est juste dirigée contre leur patron qui les traite mal. Je me mets en grève pour mes droits, un point c’est tout.

Et comme ils n’ont pas peur, le gouvernement n’a pas non plus besoin d’avoir peur. La peur de l’un génère la peur de l’autre, car la peur cache souvent un agenda parallèle. L’absence de peur permet des possibilités nouvelles.

La deuxième raison est économique. La Chine a globalement réussi sa transformation d’économie planifiée en économie de marché. Il y a plein de problèmes, mais c’est globalement une réussite.

Mais si les biens de consommation sont soumis aux prix du marché, le coût du travail, lui, n’est pas soumis au marché. C’est une décision unilatérale des employeurs, et le niveau de salaire ne correspond pas aux besoins de consommation des gens. Il y a un fossé trop grand et il doit être réajusté.

Il n’y a pas de système de négociation en Chine, et lorsque les gens pensent qu’une situation est injuste, ils se mettent en grève pour faire connaître leurs revendications.

Enfin, Internet et les médias sociaux ont changé la donne. Les gens participent activement.

 


La Google Map des grèves et des conflits sociaux en Chine établie par le China Labour Bulletin à Hong Kong (Capture CLB.org.hk)

 

Le développement économique de la Chine a été longtemps basé sur le faible coût de la main-d’œuvre. C’est en train de disparaître avec la fin du modèle entièrement tourné vers les exportations. Mais quelle est la place des travailleurs dans cette mutation ?

C’est un moment idéal pour l’émergence d’un mouvement ouvrier qui pousse à la création d’un système de négociations collectives.

Au cours des 30-35 années de réforme économique [depuis la mort de Mao Zedong en 1976 et le lancement des réformes par Deng Xiaoping en 1979, ndlr], le gouvernement n’a réalisé qu’une partie de la promesse faite au peuple. Un groupe de millionnaires a émergé, mais pour des centaines de millions de personnes, c’est encore une économie de survie.

Aujourd’hui, les gens en sont conscients grâce à la circulation de l’information. Avant, les gens pouvaient se dire « je n’ai pas de chance, je suis stupide, je n’ai pas eu la chance de faire des études »... Aujourd’hui, ils savent ce qui se passe aux quatre coins du pays, les gens se plaignent sur les médias sociaux des mêmes choses.

Une conscience de classe, et pas seulement individuelle, émerge, et ça fait une grande différence.

Si vous voulez réorienter l’économie vers la consommation plutôt que l’exportation, comme le dit le gouvernement, vous ne pouvez pas échapper au sujet de l’amélioration de la vie des ouvriers.

Nous ne nous voyons pas seulement comme des ouvriers faisant des objets pour un faible salaire, mais comme des éléments d’une activité économique globale. Ça nous permet de convaincre le gouvernement d’accepter l’idée des négociations collectives, pour aider les ouvriers dans l’économie moderne avec un pouvoir de consommation.

 

 

Extrait de « Asie, le réveil ouvrier »

Un documentaire de Michaël Sztanke

Le Parti communiste chinois peut-il accepter de passer de questions individuelles à collectives sans se mettre en péril ?

La mentalité de la guerre froide est encore forte, plus de vingt ans après la chute du Mur de Berlin. Cette mentalité, c’est de fixer son agenda à l’avance, de désigner votre ennemi... Ce qui voudrait dire, créer un syndicat indépendant, type Solidarité en Pologne.

Nous devons sortir de cette équation et de cette mentalité. C’est une époque différente.

Le China Labour Bulletin a choisi cette approche. Nous nous sommes d’abord demandés ce que veulent les gens : une vie meilleure. La question est donc, faut-il d’abord créer un syndicat indépendant pour y arriver, ou peut-on démarrer là où nous pouvons pour améliorer la vie des gens ?

Nous pensons qu’il faut être réaliste et pragmatique, chercher à améliorer la vie des gens.

Pouvez-vous donner un exemple concret de processus de ce dont vous parlez ?

En 2011, il y a eu une grève des ouvriers d’une usine de montres japonaises Citizen. Les ouvriers demandaient des indemnités car pendant six ans, la direction leur a fait travailler vingt minutes de plus par jour pour compenser le temps de pause, de toilettes, etc. Ils l’ont longtemps accepté, avant de réaliser que c’était illégal, même selon la loi chinoise.

Il y a eu une grève, et le gouvernement a décidé de ne pas envoyer la police contre les grévistes car leurs demandes étaient fondées sur la loi, et il n’y avait aucune colère dirigée contre le pouvoir politique, uniquement contre l’employeur.

Notre partenaire à Shenzhen (sud de la Chine) est intervenu à la demande des ouvriers pour les aider à élire leurs représentants et négocier avec la direction. Et cette confrontation a débouché sur une négociation et un accord.

Pensez-y : la direction retrouve sa production, les ouvriers ont obtenu non pas 100% de leur demande mais 70%, tandis que le gouvernement, qui a pu être tenté d’envoyer la police, n’est pas intervenu et il ne s’est rien passé de dramatique. C’est donc une situation où tout le monde est gagnant.

Si nous avions pris le problème dans l’autre sens, en réclamant d’abord un syndicat indépendant, que se serait-il passé ? Quelle aurait été la réponse du gouvernement et quel aurait été le résultat pour les ouvriers ? C’est la direction qui gagnait car la colère des ouvriers aurait été redirigée sur le pouvoir politique...

 


Grève des ouvriers d’une usine Honda dans le sud de la Chine en 2010 (AP/SIPA)

 

En quoi cela change-t-il la Chine ?

Cela réduit la peur. Les questions des droits des travailleurs, la question syndicale, étaient des tabous absolus, des sujets hypersensibles. Certains pensent que la répression de 1989 était notamment due à la participation d’ouvriers au mouvement étudiant.

Le Parti communiste a pris le pouvoir en proclamant qu’il était le parti des travailleurs. Si les travailleurs sont mécontents du parti des travailleurs, celui-ci n’a plus de légitimité... L’exemple de Solidarité en Pologne a montré qu’un syndicat pouvait conduire à la fin du pouvoir du Parti communiste...

Pour ces raisons, c’était un sujet tabou. Mais à travers les négociations collectives, vous ouvrez une porte qui apaise les peurs et les tensions. Vous n’avez pas besoin d’avoir peur, nous vivons dans un nouveau monde, ce n’est plus celui de la guerre froide, tout est aujourd’hui une question d’intérêt économique...

Les travailleurs ont fait le premier pas. Nous ne sommes pas dans une démarche d’ennemis, et nous l’avons prouvé par les faits, sur le terrain.

Ainsi, le sujet le plus sensible est devenu l’un des moins sensibles, même si l’on compare avec les questions environnementales qui sont devenues très délicates.

Qu’est-ce que ça signifie pour le reste du monde ?

Pour le mouvement syndical international et le mouvement ouvrier, tout ça est très important. Les ouvriers chinois sont exploités, constituent une main-d’œuvre bon marché, c’est une réalité.

Mais la montée du mouvement ouvrier chinois et la demande d’un droit de négociations collectives devraient être considérées comme un atout pour le mouvement syndical mondial, ce qui n’est pas encore le cas. C’est le message que j’essaye de faire passer à Paris [Han Dongfang doit rencontrer la CGT, CFDT et FO, ndlr].

Les syndicalistes du reste du monde devaient le réaliser. Voici des centaines de millions de travailleurs qui réclament leur droit de négociations collectives, c’est important, même si ce n’est que le début de la route.

Mais ça peut permettre d’effacer ou d’atténuer les effets négatifs des dernières décennies, qu’ont été l’affaiblissement des normes sociales dans le monde, la perte d’emplois y compris en France...

Une partie de la production va quitter la Chine – ça a commencé – car les coûts montent, et se délocaliser au Bangladesh, au Sri Lanka, etc. Ce n’est pas un problème. Une partie importante va rester en Chine, nous avons des bonnes infrastructures, un marché intérieur...

Donc il faut cesser de voir les travailleurs chinois comme des victimes ou comme des concurrents, mais comme des alliés ?

Exactement. D’autant qu’une partie de la production va revenir chez vous dans ce processus. Les grandes centrales syndicales doivent prendre ça en considération.

Les syndicats étrangers doivent-ils parler au syndicat officiel chinois ?

C’est pertinent, mais seulement en partie. Le syndicat officiel ACFTU garde la porte d’entrée au monde ouvrier chinois, mais cela ne suffit pas de rester à la porte... Autrement vous risquez de passer à côté du potentiel du mouvement ouvrier.

Je conseille aux syndicats étrangers de se concentrer sur la négociation collective et d’aider le syndicat officiel chinois à s’y rallier.

Il ne s’agit pas seulement de savoir s’il faut ou pas leur parler, mais leur parler de quoi et pour quoi faire ?

Vous dites dans le livre que le Parti communiste est devenu un parti capitaliste. Cela signifie-t-il que la lutte des classes est de retour ?

Le Parti communiste a perdu la partie dans son sens historique ; il doit faire face à une nouvelle réalité.

Après 1989, il y a eu un pacte diabolique : le parti avait surtout besoin de la loyauté de ses membres, et il l’a échangée contre le droit de s’enrichir par n’importe quel moyen.

C’est pour cela que la corruption est devenue folle en Chine au cours des vingt dernières années, avec un pouvoir politique qui fermait les yeux.

C’est un peu comme lorsque vous avez soif et que vous buvez votre propre sang. Il y a un moment où ça prend fin. C’est ce qui se passe aujourd’hui. Boire son propre sang atteint ses limites : vous changez ou vous mourrez.

Le capitalisme aussi est devenu fou. Car le pouvoir des officiels corrompus ne les enrichit pas en tant que tels, c’est uniquement dans leur interaction avec le monde de l’économie qu’ils peuvent en tirer un profit.

C’est de cette manière que le Parti communiste est devenu capitaliste. Ce n’est pas une question idéologique, mais une question d’intérêt. C’est cette évolution qui touche à sa fin.

Le pouvoir actuel, le groupe de Xi Jinping [le président et chef du parti, ndlr] le sait très bien. Ils savent mieux que vous et moi quelle est la température réelle du pays. Ils doivent trouver une solution, et rétablir la légitimité du parti. C’est un groupe pragmatique, qui n’a pas d’autre choix que d’agir pour changer les choses.

Il peut dès lors y avoir un intérêt commun au parti et aux travailleurs, pourquoi pas ?

Vous êtes parfois critiqué en disant que vous faites le jeu des Américains qui veulent affaiblir la Chine, que vous intervenez sur une radio financée par Washington, etc.

[Rires.] J’ai aussi la critique opposée : on me reproche d’accepter la réalité du pouvoir du Parti communiste, d’accepter la négociation, et je serais donc un traître à la cause de la démocratie, à la cause de 1989...

Je pense que toutes ces critiques sont des héritages de la guerre froide, de gens qui refusent d’accepter que nous vivons dans un monde différent.

J’ai fait mes choix, je les assume, j’accepte ces critiques, mais je me concentre sur mon action pour améliorer la vie des travailleurs, et faire que ce pays s’améliore. Et peut-être, au passage, aurons-nous aidé à transformer ce régime communiste en régime démocratique, une première, pourquoi pas ? ...

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

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Lundi 28 octobre 2013 1 28 /10 /Oct /2013 19:57

 

lemonde.fr

 

Chine : le mystérieux "incident de la circulation" place Tiananmen alimente les spéculations

Le Monde.fr | 28.10.2013 à 17h37 • Mis à jour le 28.10.2013 à 18h50 | Par Brice Pedroletti (Pékin, correspondant)

 

 

 

 

 

 

 De brèves dépêches, pas de grand titre ni d'image, et un journal télévisé du soir muet : le mystérieux "incident de la circulation" qui a coûté, lundi 28 octobre un peu après midi, la vie à cinq personnes, dont deux touristes, à l'entrée de la Cité interdite, au nord de la place Tiananmen, est couvert a minima par les médias chinois. Et ce, même si toute la Chine est désormais au courant via Weibo, le site de microblog chinois, malgré la censure qui efface à tour de bras les messages trop explicites. Les connexions sont devenues extrêmement lentes au cours de la journée et il est difficile d'accéder aux sites non autorisés via les outils de contournement du pare-feu chinois.

Les circonstances du drame, qui a vu une voiture de type tout terrain – une Jeep, selon l'agence Xinhua – quitter l'avenue Chang'an 400 mètres avant l'impact, grimper sur le trottoir et foncer en direction de la "Porte de la paix céleste" (littéralement "Tiananmen"), où est suspendu le portrait de Mao Zedong, sont assez perturbantes pour laisser imaginer qu'il s'agit d'un geste intentionnel, même si rien ne le confirme à ce stade. La Chine a connu ces dernières années une série d'"attentats" en solitaire perpétrés par des désespérés, souvent des pétitionnaires au long cours, à l'instar de l'homme qui a tenté de se faire exploser sur son fauteuil roulant à l'aéroport de Pékin, en juillet dernier.

 

INTERFACE ENTRE LE POUVOIR ET LE PEUPLE

Lors de l'incident de ce lundi, le véhicule a heurté des obstacles – sans doute des barrières – et a ensuite pris feu. Des témoins ont parlé d'une explosion, et plusieurs photos diffusées sur les réseaux sociaux montrent une voiture engloutie par les flammes, non loin du pont sur lequel les touristes se photographient.

La Porte de la paix céleste a toujours représenté l'interface symbolique entre le pouvoir et le peuple, aussi bien au temps de l'Empire que sous les communistes, Mao ayant proclamé la République populaire depuis cette tribune, en 1949. Lieu privilégié des doléances et des manifestations à travers toute l'histoire de la Chine, la place Tiananmen est, depuis les événements de 1989, un espace sous haute surveillance, où aucun écart n'est permis. La présence policière y est visible et tous les Chinois savent combien le lieu est "sensible".

Les lieux de "l'incident" du 28 octobre, place Tiananmen, à l'abri des regards.

Tiananmen reste toutefois la destination privilégiée des pétitionnaires de tout acabit, qui sont en général interceptés avant d'y parvenir quand ils sont en groupe, ou se font immédiatement embarquer dès qu'ils sortent un tract ou une banderole. La place a connu son lot d'incidents graves : un pétitionnaire avait ainsi tenté de s'immoler par le feu devant le portrait de Mao en octobre 2011. En 2001, cinq personnes, accusées d'être des membres du mouvement religieux banni Falun Gong, s'étaient immolées lors d'un incident controversé, le Falun Gong accusant le gouvernement d'avoir mis en scène l'événement. En 1982, une femme chauffeur de taxi avait foncé sur les passants après avoir été renvoyée de son travail, tuant cinq personnes…

 

 LA PLACE FERMÉE POUR UNE "ACTIVITÉ"

Lundi, quelques heures après le drame, les accès piétonniers de la partie nord de la place étaient toujours bloqués, tandis que la police s'affairait à remettre en ordre les barrières de protection. Des barricades ont très vite été érigées devant la scène du drame après l'incident, puis ôtées une fois que le véhicule carbonisé a été emporté. Lors de notre passage, des policiers s'affairaient également à l'angle de la première rue à l'est de la place, d'où aurait débouché le véhicule.

Les touristes chinois et étrangers qui n'ont pas assisté au drame et n'ont pu accéder à la Cité interdite se sont entendu dire que la place était fermée en raison d'une "activité". Alors que les premières informations faisaient état de trois morts – les occupants du véhicule –, le bilan s'est alourdi dans la journée, l'agence Xinhua annonçant qu'une touriste philippine et un touriste chinois du Guangdong avaient succombé à leurs blessures. Près de 38 personnes auraient été blessées, dont un Japonais.

 Brice Pedroletti (Pékin, correspondant)
Journaliste au Monde

 

 


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Jeudi 24 octobre 2013 4 24 /10 /Oct /2013 20:07

 

marianne.net

 

Chine : la liberté de la presse au cœur du débat

Jeudi 24 Octobre 2013 à 18:34

 

Lucille Fonteny

 

Après l’arrestation d’un journaliste qui a suscité une vague de protestations, le régulateur des médias chinois intervient pour protéger les « droits fondamentaux à informer ».

 

Site internet de Xinkuai Bao
Site internet de Xinkuai Bao
Détenu depuis trois jours, le journaliste Chen Yongzhou du journal cantonais Xinkuai Bao (New Express) a été arrêté pour avoir enquêté sur une puissante société d’ingénierie, Zoomlion, l’accusant d’avoir publié des bilans comptables frauduleux afin de faire monter sa cote boursière. Il a été interpellé en fin de semaine dernière, soupçonné d’avoir « porté atteinte à la réputation d’une entreprise ».
 
Dans une publication du bureau officiel de l’Administration générale de la presse et des publications de la radio, des films, et de la télévision (GAPPRFT), le régulateur chinois se dit « très préoccupé » par la détention du journaliste, rapporte l’AFP. L'organisation, qui permet au gouvernement de surveiller l’activité des médias, souhaite que l’affaire soit gérée de façon « juste et adéquate ».
 
C’est le deuxième journaliste de Xinkuai Bao à être arrêté dans une affaire de diffamation, après Liu Hu mis en examen le 24 août dernier pour avoir dénoncé la corruption d’un haut gradé. Selon Le Monde, les deux journalistes sont les victimes d’une vaste campagne du gouvernement pour lutter contre la corruption. Après avoir été incitées à dévoiler ces scandales par le gouvernement central, les autorités locales se livrent à une véritable chasse aux sorcières pour se venger de ces dénonciations. Il faut dire que Zoomlion, qui est détenu à 20% par l’Etat, représente une grande partie des revenus de Changsa, capitale de la province du Hunan.

Protestations

S’opposant aux autorités, le journal a publié en couverture de son édition de mercredi les mots « Relâchez-le s’il vous plaît » en grands caractères. Le correspondant du journal Le Monde fait état d’un geste inédit de la part de Xinkuai Bao, qui consacre toute sa couverture à l’arrestation. Un extrait de l’éditorial très ironique est traduit sur le site China Media Project.
 
Le journal cantonais a reçu de nombreux soutiens sur les réseaux sociaux et membres de la blogosphère. Le Monde cite le blog du chercheur Yu Jianrong, chercheur de l’académie des sciences sociales Yu Jianrong : « L’abus de pouvoir, surtout de la part de la police, est le plus grave des abus de pouvoir actuel ».

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Mardi 1 octobre 2013 2 01 /10 /Oct /2013 16:31

 

mediapart.fr

 

En Chine, le trafic d'ivoire en toute liberté

|  Par Jordan Pouille

 

 

 

40 000 éléphants ont été tués l'an dernier en Afrique. La Chine est le premier consommateur d'ivoire de la planète. En voulant contrôler le marché, l'État chinois a créé des structures qui servent en fait à “blanchir” les pièces illégales. Des milliers de défenses ont été saisies ces derniers mois. Reportage à Pékin.

 

 Pékin, de notre correspondant

De l’extérieur, le Arts and Crafts Emporium de l’avenue Wangfujing ne paie pas de mine. Comme les Champs-Élysées, la principale artère touristique de Pékin dégaine les boutiques de luxe, fast-foods et enseignes mondialisées. L’Emporium, ce parangon de l’artisanat chinois, se retrouve pris en sandwich entre un McDo et un KFC. Le rez-de-chaussée du magasin est dédié aux métaux précieux : de la chevalière en platine jusqu’à la maquette en or du porte-avions Liaoning. Devant chaque présentoir, les touristes comptent et recomptent le nombre de zéros avant de quitter le magasin, hébétés.

Le quatrième étage est un festival de jade blanc et d'ivoire. Dès la sortie de l’escalator, le visiteur affronte une armée de bouddhas, de Guanyin et autres statuettes de divinités finement sculptées, censés apporter fortune et longévité et qu'il est interdit de photographier. Ceux qui ont déjà tout s’intéressent à cette jolie paire de défenses d’éléphanteaux, à 220 000 euros. Les ascètes se contentent de paires de baguettes à 1 700 euros ou d’un bijou. Une jeune cliente en lunettes de soleil Dior essaie un bracelet de la même blancheur lactée que son visage poupon. « Tout est authentique et certifié », susurre une vendeuse en tailleur. Chaque objet de plus de 50 grammes dispose d’un certificat en plastique affichant un hologramme, sa photo “d'identité” et un numéro de série vérifiable sur Internet.

 

A l'Emporium, magasin accrédité d'ivoire gravé à Pékin 
A l'Emporium, magasin accrédité d'ivoire gravé à Pékin© JP

L’Emporium est l’un des 135 commerces d’ivoire légaux du pays, se distinguant par le panneau bilingue officiel : « Point de vente accrédité de gravures d’ivoire ». Ils se fournissent auprès de 37 usines de gravure agréées, devant elles-mêmes jongler avec un stock de 61 tonnes de défenses d’éléphants acquis par l’État chinois en 2008 auprès du Zimbabwe, du Botswana, de l’Afrique du Sud et de la Namibie, avec l’accord de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces menacées d’extinction), mettant un terme à un moratoire de vingt ans sur l’ivoire (le Japon l’ayant brisé plus tôt, en 1999).

Depuis, l’État chinois délivre ses défenses au compte-gouttes : six tonnes d’ivoire par an, sur dix ans. Soit au bout du compte, seulement 44 kilos par magasin : une somme bien dérisoire, aux antipodes de la réalité du marché. Face à une clientèle croissante de nouveaux riches en mal de prestige ostentatoire, l’afflux d’ivoire « frais » et de toute origine est irrépressible.

Le 6 août dernier, dans le port de Kwai Chung, les douaniers hongkongais annoncent une pêche miraculeuse : 1 120 défenses cachées au fond de deux conteneurs marchands en provenance du Nigeria. Un mois plus tôt, ils découvraient une cargaison de 1 148 défenses, principalement d’éléphanteaux, en provenance du Togo. En novembre 2012, 569 défenses apparaissent sous une montagne de graines de tournesol de Tanzanie. Le mois précédent, 1 200 défenses sont extirpées d’un amas de déchets de plastique africains destinés à être recyclés en Chine. Soit un total de 8 tonnes d’ivoire saisies en dix mois, rien qu’à Hong Kong. Les douanes hongkongaises disent détenir 16 tonnes d'ivoire dans leurs hangars. Parmi d'autres actions, une pétition en ligne a été lancée ce mois-ci, afin que le stock illicite soit incinéré.

En déplacement dans l’Anhui en juillet, nous avions rencontré par hasard un jeune menuisier de retour d’une mission de trois ans en Afrique du Sud. Il disait s’être octroyé un salaire confortable de 6 000 euros par mois en planquant de l’ivoire dans les conteneurs chargés de parquet massif à destination de la province côtière du Zhejiang.

 

Dans une boutique de Pékin. 
Dans une boutique de Pékin.© JP

Que les 135 boutiques d’ivoire chinoises autorisées et si bien approvisionnées servent aussi à blanchir l’ivoire braconné est un secret de Polichinelle. Dans un récent rapport diffusé par le Fonds international pour la protection animale (IFAW), les enquêteurs Ning Hua et Juan Wang déchantent : « Au départ, l’intention d’acheter ces stocks de défenses était d’inonder le marché d’ivoire légal afin de faire baisser les prix et dissuader le braconnage. Mais c’est l’inverse qui s’est produit. L’afflux limité d’ivoire légal sur le marché chinois a renforcé la demande, augmenté les prix et donné naissance à un marché gris dans lequel le marché légal apporte des lieux et des opportunités de vente pour l’ivoire braconné. »

Les ateliers d'Etat

 

Atelier de gravure d'ivoire, rue Guoru, à Pékin 
Atelier de gravure d'ivoire, rue Guoru, à Pékin© JP

Le grand retour de l’ivoire en Chine en 2008 a permis la réouverture de 37 ateliers de gravure. Ces entreprises publiques – Pékin en compte 8 – fournissent uniquement les 135 boutiques certifiées. « Comme les anciens ouvriers ont été mis à la retraite au moment du moratoire mondial sur l’ivoire (en 1989), il nous a fallu embaucher sept nouveaux sculpteurs. Le plus âgé n’a pas trente ans », se réjouit Xu Jian, 35 ans, commercial en bras de chemise et ceinturon Hermès chez l’atelier de gravure des dents d’éléphant de Pékin (Beijing Xiang Ya Diaoke Chang). C’est une usine discrète, cachée derrière la gare centrale depuis 1958. « Ici s’exprime un savoir-faire millénaire », assure-t-il, devant une pléthore de défenses finement ciselées. L’éléphant, qui gambadait encore au nord et au centre de la Chine sous les dynasties Shang et Zhou, doit son succès constant à la similarité entre son caractère (Xiang) et celui de la fortune (Jixiang).

Xu Jian dit ignorer si la marchandise de son atelier provient de mammifères morts de vieillesse ou empoisonnés au cyanure, comme ces  87 animaux du Zimbabwe. Et se moque d'apprendre que le trafic de l'ivoire profiterait aux combattants d'Al Shebab. « Ce n’est pas ce que les clients veulent savoir. Mais grâce aux certificats, ils ont la garantie qu’ils n’achètent pas du mammouth russe », ersatz fossile de l’ivoire africain, libéré des sols gelés sibériens grâce, notamment, au réchauffement climatique. Xu Jian bannit les photos : « L’an dernier, un photographe et un journaliste américains sont venus nous voir. Tout s’est bien passé mais ils ont publié une photo d’un de nos sculpteurs à côté de celle d’un éléphant meurtri. Le collègue était très triste car il est bouddhiste et refuse que l'on tue des animaux. »

Dans une enquête du journal cantonnais Nangfang Weekend publiée le 9 décembre 2011, l'auteur révèle qu'une poignée d'ateliers officiels s'approvisionne auprès du stock d'ivoire étatique, jugé cher et de mauvaise qualité. Ce qui laisse sous-entendre que la majorité achète son ivoire ailleurs, dans des hangars du Guangdong, du Zhejiang ou du Fujian, où échouent les défenses interdites.

Mammouth, ivoire, légal ou braconné : la confusion est grande dans les monts de piété et sur les marchés d’antiquités de la capitale. Comme à Panjiayuan, où exercent 3 000 marchands « civilisés et crédibles » d’après les écriteaux. Figés derrières leurs meubles anciens, les vendeurs sont nombreux à proposer, spontanément, des médaillons en ivoire et sans certificat. Plus loin, dans le marché climatisé de Chengtian, devant lequel stationnent les Audi noires d’officiels en goguette, un commerçant est fier de présenter ses huit grosses défenses certifiées… mais rechigne à montrer la plaque “point de vente accrédité” : « Si vous êtes acheteur, qu'est-ce que cela peut vous faire ? »


Défense de mammouth, au Mont de piété. 
Défense de mammouth, au Mont de piété.© JP

 Chez ce prêteur sur gage de l'avenue Chang’An, à côté du siège de la fédération nationale des femmes chinoises, deux défenses de mammouth offrent une haie d'honneur. Un coffret de bois laqué est posé sur l'étagère voisine, avec 144 tuiles de mahjong, toutes en ivoire selon le vendeur. Le scénario se répète au Beijing Antics Center, mitoyen d’un concessionnaire Cadillac : la “Boutique de l’Ancien Banquet”, au dernier étage, exhibe elle aussi quelques défenses à la patine chaude et brillante, mais sans certificat ni licence de vente. « Parce qu’elles datent de bien avant la Nouvelle Chine », soutient Deng Yamin, le patron.

Ailleurs, sur l’avenue Jianguomenwai, à l'entrée du quartier d'affaires, quelques palaces plébiscités par les businessmen chinois incitent à l’achat. Le Jinglun ou le China World Hotel ont installé des défenses et des statues d’ivoire incrustées de turquoises à quelques mètres de leurs boutiques de souvenirs.

Bien sûr, l’ivoire s’achète aussi en ligne, en toute illégalité. L’offre est discrète mais tenace car les connaisseurs utilisent des subterfuges pour éviter les ennuis policiers. Dans la barre de recherche du site marchand gucn.com ou du forum feiqu.com, on n’écrit pas « éléphant » mais plutôt « gros mammifère » ou ses initiales. Et parce qu’un nombre de zéros élevé paraîtrait suspect, les tarifs sont parfois remplacés par la mention « à négocier ».

À défaut d’être prohibé par un gouvernement qui en tire actuellement profit, le commerce de l’ivoire ne pourra s’estomper que par le remords collectif. Dans la terminologie chinoise, une défense se dit « dent » et laisse entendre qu’elle tombe de l’animal naturellement. L’association IFAW teste donc une campagne d’information dans les métros des grandes villes et sur les réseaux sociaux. Comme à Pékin, à la station Jiangguomen, sur la ligne 1. Pas de photo barbare, juste quelques mots feutrés et candides pour rappeler que l’ivoire ne s’obtient qu’à partir d’éléphants morts. Sur un millier de badauds sondés par IFAW après avoir vu la campagne, 68 % d’entre eux ont assuré qu’ils ne succomberaient jamais à l’or blanc. Dans le même esprit, l’association WildAid, défendue par l'icône du basket-ball Yao Ming, diffuse un clip dans les rames avec ce credo : « Si la tuerie s'arrête, le commerce aussi. »

Ces associations savent bien que leur temps d’action est limité : quand le stock d’ivoire étatique aura totalement disparu dans cinq ans, tous les commerces, légaux ou illégaux, ne s’alimenteront qu’en ivoire braconné.

 

 

 

 

 

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Samedi 13 juillet 2013 6 13 /07 /Juil /2013 18:09

 

Rue89

 

  NIMBY 13/07/2013 à 09h03
Pierre Haski | Cofondateur Rue89

 

 


Manif contre le projet d’usine de retraitement d’uranium à Jiangmen, Guangdong, le 12 juillet 2013 (Via Tealeafnation)

 

La réponse politique n’a pas tardé : 24 heures après une manifestation contre un projet à 7,6 milliards de dollars de construction d’une usine de traitement d’uranium dans une région très peuplée du Guangdong, dans le sud de la Chine, le gouvernement provincial a annulé le projet ce samedi.

Ce n’est pas la première fois qu’un projet de construction de site industriel comportant des risques pour l’environnement et la santé provoque de telles réactions et fait plier les autorités. Un phénomène politique baptisé de l’acronyme anglais « Nimby » (« not in my back yard », pas près de chez moi).

Cette fois, c’est l’ambition nucléaire du Guangdong, l’une des provinces les plus avancées dans cette filière énergétique, notamment en partenariat avec EDF avec les centrales de Daya Bay, non loin du site prévu pour cette usine, qui se trouve mise en échec par l’opinion publique chinoise. L’usine de Jiangmen devait être capable de produire la moitié du « carburant » nucléaire nécessaire pour les centrales chinoises.

« Respecter l’opinion publique »

Dans leur communiqué, les autorités provinciales affirment avoir pris leur décision d’annulation « afin de respecter l’opinion publique » – une attitude conciliante qui n’a pas toujours été de mise, mais va dans le sens de l’expérimentation sociale en cours dans le Guangdong, l’une des provinces les plus riches de Chine, qui assure à elle seule un tiers des exportations chinoises.

 


Manif contre le projet d’usine de retraitement d’uranium à Jiangmen, Guangdong, le 12 juillet 2013 (Via Tealeafnation)

 


Pétition géante contre l’usine de retraitement d’uranium à Jiangmen (Via Tealeafnation)

 

La manifestation de vendredi a réuni plusieurs centaines de personnes dans les rues de Jiangmen, la ville du Guangdong où devait être construite cette usine géante qui a suscité des remous au sein de la population lorsque le projet a été connu.

C’est via les réseaux sociaux que s’est organisée la mobilisation, et qu’ont été diffusées les photos du rassemblement et du face-à-face avec la police, sans toutefois provoquer d’incidents.

Tensions avec Hong Kong et Macao

Dans des situations comme celles-ci, en particulier lorsque les manifestants appartiennent à la nouvelle classe moyenne, les autorités évitent de recourir à la force directe, et tentent de désamorcer les crises politiquement. Un contraste avec les récents affrontements avec la minorité ouïghoure dans la province occidentale du Xinjiang, qui ont fait 27 morts.

 


Face-à-face tendu mais pas d’incidents, le 12 juillet 2013 à Jiangmen, Guangdong (Via Tealeafnation)

 

L’installation de cette usine dans une zone très peuplée, avait également suscité des tensions avec Hong Kong et Macao, deux territoires autonomes chinois situés à moins de 100 km de là et bénéficiant d’une presse relativement libre. Les autorités de ces deux régions avaient fait connaître les craintes de leurs citoyens au gouvernement du Guangdong.

La multiplication des accidents industriels

Les craintes des habitants sont liées à la multiplication des accidents industriels en Chine, souvent dus à des défauts de construction ou des processus de fabrication, et liés à la corruption. Les centrales nucléaires chinoises, notamment celles qui sont gérées en partenariat avec EDF dans le Guangdong, n’ont toutefois jamais été mises en cause.

Les questions environnementales sont de plus en plus présentes dans les protestations en Chine, alors que la dégradation de la qualité de l’air et de l’eau est nettement perceptible, notamment à Pékin, la capitale. Une récente étude faisait état de la réduction de l’espérance de vie de 5,5 ans pour les personnes confrontées à l’air pollué du nord de la Chine.

Dans un contexte de ralentissement économique – 7,5% de croissance « seulement » cette année contre une croissance à deux chiffres depuis le début du siècle –, le gouvernement a donc jugé plus sage de temporiser. Surtout avec une nouvelle équipe au poouvoir à Pékin depuis seulement quelques mois.

Cette victoire de la « rue » sur une décision technocratique du pouvoir chinois risque de donner des idées à d’autres dans ce vaste pays où, grâce à Internet, tout se sait à la vitesse d’un « tweet ».

 

MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato
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Samedi 18 mai 2013 6 18 /05 /Mai /2013 18:31

 

 

 

Le Monde .fr

avec AFP | 18.05.2013 à 11h19 • Mis à jour le 18.05.2013 à 12h35
 
 

Trois salariés d'une usine de Foxconn en Chine ont mis fin à leurs jours en moins de trois semaines en se précipitant dans le vide, selon une agence de presse officielle et une organisation de défense des ouvriers chinois, qui s'interroge sur les raisons de ces suicides.

Les trois suicidés était employés par la même usine du numéro un mondial taïwanais des composants pour ordinateur, à Zhengzhou, dans le centre du pays. Le premier, un homme de 24 ans, s'est jeté dans le vide par une fenêtre de son dortoir le 24 avril. Trois jours plus tard, une femme âgée de 23 ans mourait après avoir sauté du sixième étage de son immeuble, rapporte l'agence d'information Nouvelles de Chine. Mardi, un homme marié âgé d'une trentaine d'années mettait fin à ses jours en sautant du toit d'un bâtiment de cinq étages, selon la même source.

"Les raisons de ces sauts dans le vide ne sont pas claires", a commenté dans un communiqué, samedi 18 mai, China Labor Watch, une organisation dont le siège est à New York. Ils pourraient être liés à une politique "par laquelle les ouvriers sont menacés de renvoi s'ils parlent sur leur lieu de travail", poursuit cette organisation non gouvernementale.

Foxconn est très surveillé par les organisations de défense des droits des travailleurs en raison d'une série de suicides, au moins treize, dans ses usines chinoises en 2010, dus, selon les militants, aux dures conditions de travail.

Le groupe taïwanais assemble notamment des produits pour Apple, Sony et Nokia et emploie 1,2 million de personnes en Chine. 

 

 

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