Québec

Dimanche 8 septembre 2013 7 08 /09 /Sep /2013 17:45

 

Rue89

 

Marie Pâris - Journaliste

Publié le 08/09/2013 à 11h32

 

 


Le drapeau canadien dans l’herbe (Morgan/Flickr/CC)

 

Suite à notre série des 100 bonnes idées repérées à l’étranger et à importer en France, voici une sélection de dix bonnes idées québécoises dont on pourrait s’inspirer en France.

                                                                                                                                                                                                                             1 Les massages remboursés par l’assurance maladie

 

Au Québec, la plupart des régimes d’assurance santé remboursent les soins de massothérapie [PDF], à raison de 500 dollars par an en moyenne ; de quoi s’offrir à peu près une dizaine de massages. C’est aussi le cas si on va voir un acupuncteur ou un naturopathe.

                                                                                                                                                                                                                             2 Les fontaines d’eau potable

 

Il y a des fontaines d’eau potable [PDF] à peu près partout dans les lieux publics de la Belle Province. Elles ont été installées pour deux raisons :

  • diminuer la consommation d’eau embouteillée dans le cadre du développement durable ;
  • et lutter contre l’obésité.

Pratique, surtout pendant la canicule (parce que non, il ne fait pas toujours -40°C au Québec).

                                                                                                                                                                                                                                 3 Amener son vin au resto

 

Assez parlé d’eau : passons au vin. Dans certains restos, on peut apporter sa propre bouteille de vin. Pratique pour alléger un peu la facture, sachant que le vin au Québec est assez cher. Et on a parfois chez soi un meilleur choix de vin que sur la carte du resto.

 


Un restaurant de Montréal (RG)

                                                                                                                                                                                                                             4 Un congé maternité de 50 semaines

 

Pendant son congé, la salariée québécoise reçoit 55% de son salaire pour 17 semaines, et un des deux parents peut ensuite prendre 35 semaines supplémentaires.

Les Canadiens sont donc parmi les mieux lotis au monde pour ce qui est du congé maternité, derrière la Suède et la Croatie – et loin devant la France.

                                                                                                                                                                                                                             5 Versement du salaire toutes les deux semaines

 

On ne parle pas de « fins de mois difficiles » ici : dans la province, la loi oblige les employeurs à verser la paye aux travailleurs à intervalles réguliers de seize jours maximum. Une fois le loyer et les factures mensuelles payés, on sait qu’on n’a que deux semaines à tenir avant le prochain versement...

                                                                                                                                                                                                                              6 Faire des barbecues dans les parcs publics

 

Il fait beau, chaud, les brochettes sont prêtes... Au lieu de faire des grillades sur leurs balcons, les Montréalais peuvent aller s’installer sur l’herbe de l’un des nombreux parcs de la ville, par exemple. Dans certains parcs, il y a même des barbecues à disposition. Allez, viens « chiller » !

                                                                                                                                                                                                                             7 Les factures détaillées

 

Dans les centres d’achats (supermarchés), les courses sont divisées en catégories sur le ticket de caisse : épicerie, légumes, viandes, etc. Bonne idée pour gérer son budget ou surveiller mieux son alimentation – faudrait par exemple acheter un peu moins de chips et un peu plus de carottes.

Au resto, quand on ne demande pas d’additions séparées, la facture est divisée par clients ; ça évite de se faire avoir avec le classique « On divise en deux ? » quand t’as pris qu’une salade et ton voisin une « Assiette du bûcheron ».

                                                                                                                                                                                                                             8 Culture gé dans le métro

 

« Qui veut tuer un grand taureau le caresse d’abord. »

Voilà le genre de phrases qui défilent sur les écrans installés dans les wagons du métro de Montréal (ici, un proverbe nigérien). Lire des petites annonces, des définitions de vocabulaire ou des infos de culture générale pendant son trajet, c’est quand même mieux que de regarder dans le vide – ou de regarder les « gougounes » (tongs) de son voisin.

                                                                                                                                                                                                                             9 Les autoroutes gratuites

 


Autoroute au nord de Québec (MP)

 

Quand on prend la route, il faut juste payer l’essence ; il n’y a pas de péage au Québec. Pour le moment.

                                                                                                                                                                                                                           10 Les « doggy-bags » au resto

 

T’as commandé une « Assiette du bûcheron » pour ton brunch, et t’arrives pas à finir ? Pas de problème, il suffit de demander un « doggy-bag » à la serveuse, et de repartir avec les restes du repas pour lequel on a payé – sans pour autant passer pour un radin.

D’une part, ça évite le gâchis, d’autre part, ça fait un repas pour le surlendemain (après l’« Assiette du bûcheron », on ne peut plus rien manger pendant 24 heures).

 

 

 

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Québec
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 9 août 2013 5 09 /08 /Août /2013 15:05

 

rtbf.be

SOCIETE | jeudi 20 septembre 2012 à 22h21

 


Pauline Marois, le 4 septembre 2012 à Montréal

Pauline Marois, le 4 septembre 2012 à Montréal

Le nouveau gouvernement québécois, entré en fonction mercredi, a annoncé jeudi la fermeture de l'unique centrale nucléaire de la province ainsi que le maintien du moratoire sur l'exploration et l'exploitation des controversés gaz de schiste.

La Première ministre Pauline Marois a déclaré à l'issue de son premier conseil des ministres qu'elle mettait en oeuvre "l'engagement pris lors de la campagne de procéder à la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2".

Ouverte en 1983 et arrêtée depuis fin juillet en raison d'une panne, cette centrale devait être rénovée pour poursuivre son activité. Le remplacement de son réacteur avait été évalué en 2008 à 1,9 milliard de dollars.

"Je veux que ce geste devienne un symbole pour le Québec, pour l'environnement et le bien-être des générations futures", a dit Mme Marois lors d'une conférence de presse, précisant avoir demandé un rapport devant permettre à la fermeture de se faire "correctement".

La majeure partie de l'électricité du Québec provient des immenses barrages hydro-électriques du nord de la province, Gentilly-2 ne contribuant que pour environ 2% de la production totale.

Par ailleurs, la ministre québécoise des Ressources naturelles Martine Ouellet a affirmé que le gouvernement indépendantiste souhaitait "un moratoire complet, tant sur l'exploration que sur l'exploitation du gaz de schiste".

Face à l'indignation d'une partie de la population québécoise, le gouvernement sortant avait rendu quasi-impossible en mars 2011 de forer pour extraire ou chercher ce gaz naturel, et ce, le temps qu'un comité d'évaluation environnementale et stratégique sur le gaz de schiste enquête sur l'impact de cette industrie naissante sur le milieu naturel. Son rapport est attendu en octobre 2013.

Mais pour la ministre Ouellet, il n'y a guère de doute: "Je ne vois pas le jour où il y aura des technologies qui permettront une exploitation sécuritaire", a-t-elle affirmé aux journalistes.


AFP

 

 

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Québec
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 17 juin 2013 1 17 /06 /Juin /2013 23:47

 

 

Le Monde.fr avec AFP

17.06.2013 à 13h41 • Mis à jour le 17.06.2013 à 18h33

 

 

 

 

 
Michael Applebaum, à droite, a été élu maire de Montréal le 5 novembre après avoir démissionné du parti de Gérald Tremblay.

Nouveau rebondissement dans les scandales qui frappent la métropole québécoise. Le maire de Montréal, Michael Applebaum, a été arrêté lundi 17 juin au matin et accusé de "complot, abus de confiance et actes de corruption".

 Interpellé à l'aube à son domicile, Michael Applebaum est arrivé vers 6 h 45 au siège de la sûreté du Québec (SQ, police provinciale). Les faits reprochés s'étendent de 2006 à 2011 – avant qu'il ne soit maire de Montréal – et portent "essentiellement sur l'obtention d'autorisations et d'appuis politiques concernant deux projets immobiliers" dans l'arrondissement qu'il dirigeait alors, a déclaré André Boulanger, responsable des enquêtes sur la corruption à la SQ.

 

"FRAUDE ENVERS LE GOUVERNEMENT"

Quatorze chefs d'accusation ont été retenus contre lui, dont "complot, abus de confiance et actes de corruption dans les affaires municipales", a indiqué de son côté l'unité permanente anti-corruption (UPAC) lors d'une conférence de presse.

Depuis le début de l'année, les investigations menées par la commission d'enquête publique Charbonneau et par l'UPAC ont mis à jour un système de corruption impliquant responsables de la mairie, entrepreneurs en bâtiment et membres de la mafia. M. Applebaum, premier maire anglophone de Montréal depuis plus de cent ans, avait été élu en novembre dernier dans la foulée de la démission de Gérald Tremblay, qui avait dû jeter l'éponge face à des révélations en série incriminant son administration.

Lire (édition abonnés) : " Le Québec lance une offensive anticorruption" 

Deux autres hommes ont également été arrêtés, lundi, dans le cadre de cette offensive anti-corruption : Jean-Yves Bisson, ancien haut fonctionnaire du même arrondissement, et Saulie Zajdel, ancien conseiller municipal et ex-candidat aux législatives fédérales du Parti conservateur au pouvoir à Ottawa. En tout, 23 accusations, dont celles de "fraude envers le gouvernement" et "commissions secrètes", ont été portées contre MM. Applebaum, Bisson et Zajdel. La police a indiqué qu'ils devraient être remis en liberté plus tard dans la journée et qu'ils comparaîtraient en octobre devant la justice.
 

"Dans les dossiers qui touchent la ville de Montréal, nos enquêtes se poursuivent, c'est pourquoi nous ne pouvons préciser davantage les faits reprochés", a précisé à la presse Robert Lafrenière, numéro un de l'UPAC.

 

BRANCHE MONTRÉALAISE DE LA MAFIA ITALIENNE

L'opposition de la ville a réclamé la nomination d'un maire intérimaire d'ici trente jours pour diriger Montréal jusqu'aux élections municipales de novembre. En conférence de presse, la chef de l'opposition, Louise Harel, a demandé que soit "totalement exclue" la mise sous tutelle gouvernementale de la métropole. Une telle mesure avait été récemment mise en œuvre pour Laval, la troisième ville du Québec, frappée elle aussi par des scandales de corruption.

Créée en 2011, la commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction – surnommée commission Charbonneau, du nom de sa présidente, la juge France Charbonneau – doit faire la lumière sur les stratagèmes de corruption dans l'industrie du bâtiment et éclaircir leurs liens avec le financement occulte de partis politiques.

 

Lire : Scandales immobiliers de grande ampleur au Québec


Le système de corruption consistait, selon plusieurs déclarations, en appels d'offres truqués, les entrepreneurs reversant une partie de leurs gains au parti du maire précédent, Gérald Tremblay, et à la branche montréalaise de la mafia italienne. A la tête de Montréal pendant dix ans, M. Tremblay a toujours affirmé son innocence. Bien qu'entendu par la commission Charbonneau, aucune accusation n'a été portée contre lui.

 

 

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Québec
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 18 avril 2013 4 18 /04 /Avr /2013 21:24

 

http://blogues.radio-canada.ca/rive-sud/2013/04/16/longueuil-manifestation-p6-montrea/

 

 

 

Manifester à Longueuil plutôt qu’à Montréal pour éviter les contraventions

 

Manifester à Longueuil plutôt qu’à Montréal pour éviter les contraventions

 

 

À défaut de pouvoir manifester sans se faire interpeller dans la métropole, certains opposants au règlement qui encadre les manifestations à Montréal comptent venir se faire entendre sur la Rive-Sud. Les policiers de Longueuil se disent prêts, mais leur marge de manœuvre est réduite, si on la compare à celle de leurs collègues montréalais.

Lors de la manifestation du 5 avril, 279 personnes avaient été interpellées en vertu du règlement municipal P-6 et avaient reçu des constats d’infractions de 637 $. Lors de celle du 19 mars, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) avait interpellé 45 personnes en vertu du P-6.

Un groupe s’est donc formé au début du mois pour appeler à manifester contre les mesures d’austérité du gouvernement, le 26 avril prochain, sur la place Charles-Le Moyne à la sortie du métro Longueuil–Université-de-Sherbrooke.

Le créateur du groupe, qui n’a pas souhaité donner d’entrevue, estime sur la page Facebook de l’événement qu’il ne semble plus possible d’exercer “son droit à la liberté d’expression et d’association”, à Montréal. Depuis juin 2012, le règlement municipal P-6 oblige les manifestants à remettre leur itinéraire à l’avance aux policiers, et interdit le port du masque. À Longueuil, la situation est différente, indique Martin Simard, porte-parole du Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL). “Il n’existe aucun règlement sur le port du masque et il n’y a aucune obligation de donner son itinéraire”.

 

La police a mis en place un plan de déploiement

Plus de 300 personnes ont indiqué sur Facebook qu’elles allaient participer au rassemblement.

Les policiers de Longueuil ont tenu une réunion de planification la semaine dernière à ce sujet. “C’est certain que c’est un gros déploiement”, explique M. Simard. Il y a aura notamment des policiers “à la sortie des métros”.

 

En 2012, des manifestants, certains masqués, avaient bloqué les entrées d’un édifice administratif, près de la place Charles-Le Moyne. (Crédit: Bahador Zabihiyan)

 

Des réactions mitigées sur Facebook

Irène Yaconowsky, qui demeure à Longueuil, ira manifester sur la place Charles-Le Moyne. Cette citoyenne engagée estime qu’il devient trop difficile de s’exprimer dans la métropole. « À Montréal, c’est compliqué de manifester, c’est sûr que j’ai pas envie de me faire arrêter, j’ai pas assez de courage pour me faire encercler et attendre pendant des heures dehors », explique-t-elle. Elle souhaite dénoncer les mesures d’austérité du gouvernement Marois, en manifestant.

Mais certains estiment qu’il faut continuer de manifester à Montréal. “Mon opinion là-dessus c’est que c’est exactement ce que la ville veut, balayer son « problème » de manifestations ailleurs qu’à Montréal”, écrit Marc Beaulieu, sur la page Facebook de l’évènement.

En 2012, un rassemblement de plusieurs dizaines de personnes opposées à la hausse des droits de scolarité avait eu lieu devant un édifice de la place Charles-Le Moyne abritant des bureaux du ministère de l’Éducation. Des policiers en tenue antiémeute du SPAL avaient vigoureusement dispersé les manifestants, dont certains étaient masqués.

“On va encadrer les gens, on ne tolérera aucun acte criminel”, prévient M. Simard.

Les manifestations ont aussi un coût important pour le SPAL. Les rassemblements du printemps érable avaient coûté plus de 800 000 $ à la ville. Contrairement à Montréal, le ministère de la Sécurité publique avait refusé de rembourser la Ville de Longueuil pour cette dépense.

Et vous, pensez-vous que les Montréalais doivent venir manifester à Longueuil?

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Québec
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 23 mars 2013 6 23 /03 /Mars /2013 19:21

 

 

Le Monde.fr | 23.03.2013 à 04h10


 

 

La police de Montréal a interpellé près de deux cents manifestants vendredi 22 mars lors d'une marche déclarée illégale, organisée par deux associations étudiantes, à l'occasion du premier anniversaire de la plus grande manifestation du "printemps érable". Deux groupes d'une centaine de personnes chacun ont été encerclés en début de soirée par les policiers anti-émeute dans le centre ville. Les manifestants "ont tous été identifiés, se sont vu infliger une amende et ensuite ont été libérés", selon un responsable de la police. Il n'y a eu aucun incident ni aucune arrestation, selon la même source

Une militante du parti d'opposition de gauche Québec solidaire, Manon Massé, citée par Radio-Canada, a réaffirmé la demande de sa formation de mettre en place une commission d'enquête publique indépendante sur le comportement de la police lors des manifestations. La marche avait été organisée par une association de la faculté de sciences politiques et de droit de l'université du Québec à Montréal (UQAM) et par le syndicat radical étudiant ASSE, qui demande la gratuité complète des études.

Les manifestants entendaient protester contre l'indexation des droits de scolarité, soit une augmentation de 3 % par an, décidée par le gouvernement provincial de Pauline Marois. Le mouvement étudiant du "printemps érable", marqué par de nombreuses manifestations de masse et quelques violences ponctuelles, avait obtenu l'annulation de la hausse relativement importante de ces droits, que voulait imposer le gouvernement libéral précédent de Jean Charest.

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Québec
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 1 décembre 2012 6 01 /12 /Déc /2012 19:10

 

 

Le Monde.fr | 01.12.2012 à 12h22 • Mis à jour le 01.12.2012 à 12h24 Par Anne Pélouas (Montréal, Canada, correspondance)

 

Au neuvième étage d'un immeuble du centre-ville de Montréal, des dizaines de témoins défilent devant la juge France Charbonneau. Dans la salle d'audience spécialement aménagée, journalistes et grand public se pressent chaque matin. La Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction, dite "commission Charbonneau", en entend de toutes les couleurs sur des cas de corruption, de collusion, d'infiltration du crime organisé sur les chantiers et de financement occulte de partis depuis quinze ans.

 

Gérald Tremblay, mis en cause dans le financement illégal de son parti, a dû démissionner, le 5 novembre, de son poste de maire de Montréal.

 

Des fonctionnaires de la voirie, des entrepreneurs du BTP, des collecteurs de fonds de partis politiques et spécialistes de la mafia italienne racontent jour après jour ce qu'ils savent d'un formidable "système", mêlant industrie du bâtiment, fonctionnaires, politiciens, syndicalistes et mafioso. Une « industrie » qui a coûté très cher aux contribuables québécois, surtout dans les années 1990 et 2000.

"C'est curieux comme le système s'effrite depuis qu'on a pris les grands moyens", ironise Jacques Duchesneau, député à Québec et ancien chef de police de Montréal. C'est par lui que le scandale est a éclaté en 2011, par le biais d'une enquête de fond sur les malversations liées aux contrats de travaux routiers au Québec, à laquelle le premier ministre libéral de l'époque, Jean Charest, n'avait consenti qu'à reculons. Le "rapport Duchesneau" établissait un lien direct entre industrie, financement occulte de partis et corruption de fonctionnaires.

"Depuis le début de l'enquête en 2010, souligne-t-il, le seul ministère des transports aurait épargné un milliard de dollars sur les contrats", certains réfrénant leurs instincts pour toucher une quote-part ! La Commission Charbonneau "a déjà fait tomber deux maires", ajoute-il, en espérant qu'elle parvienne à "démontrer les stratagèmes derrière les individus".

 

UNE UNITÉ PERMANENTE ANTICORRUPTION, CRÉÉE EN 2011

L'Unité permanente anticorruption, créée en 2011, s'y attelle aussi avec son armée de vérificateurs, enquêteurs et analystes du gouvernement. Plus les policiers de "l'escouade Marteau" qui, depuis 2009, auraient conduit le "cartel des égouts" de Montréal à mettre la pédale douce sur les gonflements de contrats... Ces dernières semaines, elle a procédé à des perquisitions en série et porté des accusations pour fraude et corruption contre des élus municipaux, comme Frank Zampino (Montréal) et Richard Marcotte, maire d'une ville de banlieue.

Le prochain sur la liste serait Gilles Vaillancourt, qui vient de démissionner de son poste de maire de Laval, troisième ville du Québec. Il est soupçonné d'avoir empoché des pots-de-vin à répétition en échange de contrats publics. Sont formellement accusés par ailleurs des ingénieurs à la voirie de Montréal et des entrepreneurs d'origine italienne, dont Tony Accurso (figure du BTP québécois et notoirement soupçonné d'avoir des liens avec la mafia) et Lino Zambito.

Ce dernier a fait sensation en expliquant à la commission la mécanique du "système" d'obtention de contrats publics. Lui-même a versé pendant des années 3 % de la valeur des contrats obtenus à Montréal à un intermédiaire lié à la mafia qui reversait l'argent à Union Montréal, le parti du maire Gérald Tremblay. M. Zambito a semé à tous vents dans les années 2000, donnant plus de 88 000 dollars canadiens (environ 68 000 euros) à des partis provinciaux, surtout aux libéraux alors au pouvoir. Il avouait aussi avoir organisé une collecte de fonds illégaux pour l'ex-vice-premier ministre libérale, Nathalie Normandeau.

 

DES CONTRATS D'ÉGOUTS DONT IL GONFLAIT LES COÛTS

A Montréal, le "système" de corruption fonctionnait rondement. Gilles Surprenant, ex-ingénieur en travaux publics, l'a bien détaillé devant la commission : en dix ans, il a reçu d'entreprises de construction cadeaux, invitations à des voyages, tournois de golf, restaurants, matchs de hockey et pots-de-vin totalisant 736 000 dollars, en échange de contrats d'égouts dont il gonflait les coûts.

D'autres fonctionnaires de la voirie ont avoué s'être fait graisser la patte en gonflant de 30 % à 40 % les factures, par de faux extras. Puis un organisateur du parti du maire, Martin Dumont, a accusé M. Tremblay d'avoir délibérément fermé les yeux sur un budget parallèle alimentant ses caisses avec de l'argent sale. A la suite de ces révélations, M. Tremblay a démissionné début novembre, plongeant Montréal dans une crise majeure.

 Chantal Rouleau a été l'une des premières élues de Montréal à tirer la sonnette d'alarme. Maire de l'arrondissement de Rivière-des-Prairies, à l'est de l'île, elle s'insurge dès 2010 contre la vente d'un terrain municipal acheté 5 millions de dollars et revendu... 1,6 million à des promoteurs, en plein boom immobilier.  

 

70 % D'ARGENT SALE DANS LES CAMPAGNES ÉLECTORALES

De l'enquête qui sera finalement mise en place, elle dit qu'elle "tire sur un fil permettant de comprendre le fonctionnement du système, infiltré par des fourmis, pour stopper la gangrène et épingler les fautifs". Le processus, dit-elle, est "douloureux mais positif. On est en train de nettoyer la plaie mais il faudrait une unité d'enquête propre à Montréal et une veille, pour ne pas voir revenir les pratiques douteuses. Comme on fait le ménage. Régulièrement."

 Jacques Duchesneau note de son côté que "des fonctionnaires ont volé des centaines de millions de dollars", mais s'inquiète surtout du rôle d'"élus au courant du stratagème", quand ils ne trempaient pas dans la magouille ! Estimant à 70 % la part d'argent sale dans le financement des campagnes électorales au Québec, il ironise : "On m'a dit que ce n'était qu'un pâle reflet de la réalité."

Le gouvernement québécois propose de limiter à 100 dollars les dons aux partis mais cela ne changera pas la donne, selon lui : "Tant qu'on ne limitera pas strictement les dépenses électorales, il y aura de l'argent sale en politique." Lui prône une révision complète du système d'octroi de contrats publics et de financement des partis: "On ne peut pas aller plus bas; aller au fond des choses, avec courage, permettra de rebâtir la maison sur des bases plus solides, avec davantage de contrôles et de lois."

Si cette histoire ternit l'image internationale du Québec et de Montréal, M. Duchesneau invite ceux qui en rient à regarder dans leur propre cour...

Anne Pélouas (Montréal, Canada, correspondance)

 

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Québec
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 13 novembre 2012 2 13 /11 /Nov /2012 19:49

 

Le Monde.fr avec AFP | 13.11.2012 à 19h38

 
Selon les 51 organisations réclamant la tenue d'une enquête indépendante, 3 418 personnes avaient été interpellées lors du mouvement étudiant du printemps, dont "plusieurs" ayant subi des blessures graves.

 

Une coalition de 51 associations québécoises a réclamé mardi 13 novembre la mise en place d'une commission d'enquête publique devant faire la lumière sur les centaines d'arrestations du "printemps érable", le conflit étudiant qui a donné lieu, selon elles, à des excès policiers.
 

"Dans une société de droit comme la nôtre, on ne peut pas rester les bras croisés et passer sous silence les événements du printemps dernier", a lancé Eliane Laberge, présidente de la FECQ, l'un des syndicats étudiants en première ligne lors des manifestations du premier semestre de 2012. "On demande à la première ministre [du Québec] Pauline Marois d'intervenir rapidement" pour déclencher une enquête publique, a ajouté de son côté Martine Desjardins, qui dirige la FEUQ, autre syndicat étudiant.

 

 "PERTES D'ŒIL" ET "FRACTURES DU CRÂNE"

Selon les 51 organisations réclamant la tenue d'une enquête indépendante sur les agissements des forces de police du Québec lors de ces manifestations inédites dans la province francophone, 3 418 personnes avaient été interpellées, dont "plusieurs" ont subi des blessures graves telles que des "pertes d'œil" ou des "fractures du crâne".

Le Québec, comme le Canada, ne possède aucune agence indépendante chargée d'enquêter sur ses forces de police, les enquêtes sur les cas litigieux étant confiées à d'autres services que celui en cause. Pour cette raison, Jérémie Bédard-Wien, de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ, l'un des syndicats les plus radicaux), a souligné que le Québec devait rapidement mettre en place "un mécanisme permanent de surveillance des actions policières", sans quoi "le gouvernement ne peut pas parler de retour à la normale".


Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Québec
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 21 septembre 2012 5 21 /09 /Sep /2012 14:43

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 21.09.2012 à 09h57 • Mis à jour le 21.09.2012 à 10h00

 
Les étudiants s'étaient à nouveau réunis pour manifester avec des drapeaux rouges le 22 août, à Montréal.

La nouvelle première ministre québécoise Pauline Marois a indiqué jeudi 20 septembre que son gouvernement indépendantiste entérinait l'annulation de la hausse des frais universitaires décidée par le cabinet sortant, qui avait plongé la province dans un conflit social sans précédent.

"En premier lieu, j'annonce dès aujourd'hui l'annulation de la hausse des droits de scolarité prévue par l'ancien gouvernement", a déclaré à la presse Mme Marois après avoir tenu son premier conseil des ministres. Le Parti québécois a remporté d'une courte tête les élections du 4 septembre et dès le lendemain Mme Marois avait annoncé son intention de revenir sur cette mesure qui avait poussé au printemps des milliers de Québécois à descendre dans la rue.

La hausse des frais de scolarité, de 82 % sur sept ans, avait été décidée par le gouvernement libéral sortant de Jean Charest. Face à la succession des manifestations, parfois violentes, les libéraux avaient fait voter le 18 mai une loi spéciale, officiellement censée garantir le libre accès aux cours des étudiants non grévistes mais imposant aussi des limitations aux manifestations.

 

"LE TRIOMPHE DE LA JUSTICE ET DE L'ÉQUITÉ"

"J'annonce que nous abrogeons par décret dès demain [vendredi], les dispositions de la loi 78, la loi 12, concernant l'interdiction de manifester", a ajouté Pauline Marois, qui s'était rangée du côté des étudiants lors du "printemps érable". Selon la chef de gouvernement, "ces deux décisions permettront de ramener la paix et de rétablir les droits et libertés".

Aussitôt, les organisations étudiantes ont crié victoire. "C'est le triomphe de la justice et de l'équité", a réagi en conférence de presse Martine Desjardins, présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ). "Collectivement, on vient d'écrire un chapitre de l'histoire du Québec. Collectivement, on vient de prouver qu'on est capables de se tenir debout et d'atteindre une des plus grandes victoires du mouvement étudiant", s'est-elle félicitée.

La question du sous-financement des universités québécoises doit maintenant être débattue lors d'un sommet sur l'enseignement supérieur qui doit se tenir prochainement. Et, pour Eliane Laberge, qui dirige la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), "l'histoire n'est pas terminée."

A lire : A la tête du Québec, une 'dame de béton' condamnée aux compromis (édition abonnés)


Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Québec
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 6 septembre 2012 4 06 /09 /Sep /2012 19:35

 

 

20minutes.fr - Mercredi 05 septembre 2012, 22:40

 

 

 

Rogerio Barbosa afp.comLa hausse des frais de scolarité, de 82% sur sept ans, décidée par le gouvernement libéral sortant de Jean Charest, a été à l'origine du conflit étudiant déclenché en février dernier et ayant débouché sur une grève des cours et de nombreuses manifestations, parfois violentes.

Pauline Marois, devenue la première femme chef de gouvernement du Québec, a annoncé mercredi qu'elle annulerait la loi spéciale limitant les manifestations et la hausse des frais de scolarité prévue par Jean Charest, mettant fin à six mois de mobilisation étudiante. «Mon gouvernement va annuler la hausse des droits de scolarité par décret», a annoncé Pauline Marois lors d'une conférence de presse à Montréal. La loi spéciale dite loi 78 «n'aura donc plus lieu d'être, j'ai l'intention de proposer son abrogation et je suis convaincue que les partis d'opposition vont être d'accord», a-t-elle ajouté, assurant qu'elle tiendrait ensuite un sommet sur l'enseignement supérieur.

L'annonce de Pauline Marois vient corroborer les dires de la présidente d'un des syndicats étudiants, la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Martine Desjardins, qui a précisé à l'AFP que la promesse de campagne de Mme Marois pouvait être réalisée sans vote au parlement, grâce à un décret ministériel. «Ça fait longtemps qu'on se bat pour obtenir ce gain, on peut dire mission accomplie», a commenté Martine Desjardins interrogée par la chaîne publique Radio Canada, confirmant que «la majorité des associations étudiantes avaient décidé de retourner en classe».

Carré rouge à l'Assemblée

La hausse des frais de scolarité, de 82% sur sept ans, décidée par le gouvernement libéral sortant de Jean Charest, a été à l'origine du conflit étudiant déclenché en février dernier et ayant débouché sur une grève des cours et de nombreuses manifestations, parfois violentes. Cette évolution du conflit a conduit le gouvernement libéral à faire voter le 18 mai une loi spéciale, officiellement censée garantir le libre accès aux cours des étudiants non-grévistes mais imposant aussi des limitations aux manifestations. Du coup, une partie de l'opinion publique, jusque-là favorable à la hausse des frais de scolarité justifiée par les besoins de financement des universités, s'est retournée contre le gouvernement, jugeant qu'il allait trop loin et empiétait sur les libertés fondamentales, notamment la liberté d'expression.

Pauline Marois a pris fait et cause pour les étudiants, arborant leur emblème, le carré rouge, à l'Assemblée nationale et promettant d'annuler, en cas de victoire aux législatives, les mesures prises par les libéraux. Jean Charest en a tiré argument pour l'accuser de se mettre du côté de «gens de la rue» pratiquant «la violence et l'intimidation».

Le PQ n'en a pas moins remporté mardi les législatives, d'une courte tête, et Pauline Marois doit former dans les prochains jours un gouvernement minoritaire.

 

 

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Québec
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Présentation

Recherche

Texte Libre

ter 

Nouvelle-image.JPG

Badge

 

          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

        

  A partir du 12 Oct 2013

                     RV

    chaque mercredi à 18h

          et samedi à 13h 

toujours devant la maison carrée

         

               Rejoignez-nous  !


  Th-o indign-(1)

55

9b22

Calendrier

Avril 2014
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30        
<< < > >>

Images Aléatoires

  • DSC00881
  • DSC00967
  • DSC00887
  • 43
  • DSC00529
  • DSC00752-copie-1

Partager

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés