Quantcast

Québec

Lundi 17 juin 2013 1 17 /06 /Juin /2013 23:47

 

 

Le Monde.fr avec AFP

17.06.2013 à 13h41 • Mis à jour le 17.06.2013 à 18h33

 

 

 

 

 
Michael Applebaum, à droite, a été élu maire de Montréal le 5 novembre après avoir démissionné du parti de Gérald Tremblay.

Nouveau rebondissement dans les scandales qui frappent la métropole québécoise. Le maire de Montréal, Michael Applebaum, a été arrêté lundi 17 juin au matin et accusé de "complot, abus de confiance et actes de corruption".

 Interpellé à l'aube à son domicile, Michael Applebaum est arrivé vers 6 h 45 au siège de la sûreté du Québec (SQ, police provinciale). Les faits reprochés s'étendent de 2006 à 2011 – avant qu'il ne soit maire de Montréal – et portent "essentiellement sur l'obtention d'autorisations et d'appuis politiques concernant deux projets immobiliers" dans l'arrondissement qu'il dirigeait alors, a déclaré André Boulanger, responsable des enquêtes sur la corruption à la SQ.

 

"FRAUDE ENVERS LE GOUVERNEMENT"

Quatorze chefs d'accusation ont été retenus contre lui, dont "complot, abus de confiance et actes de corruption dans les affaires municipales", a indiqué de son côté l'unité permanente anti-corruption (UPAC) lors d'une conférence de presse.

Depuis le début de l'année, les investigations menées par la commission d'enquête publique Charbonneau et par l'UPAC ont mis à jour un système de corruption impliquant responsables de la mairie, entrepreneurs en bâtiment et membres de la mafia. M. Applebaum, premier maire anglophone de Montréal depuis plus de cent ans, avait été élu en novembre dernier dans la foulée de la démission de Gérald Tremblay, qui avait dû jeter l'éponge face à des révélations en série incriminant son administration.

Lire (édition abonnés) : " Le Québec lance une offensive anticorruption" 

Deux autres hommes ont également été arrêtés, lundi, dans le cadre de cette offensive anti-corruption : Jean-Yves Bisson, ancien haut fonctionnaire du même arrondissement, et Saulie Zajdel, ancien conseiller municipal et ex-candidat aux législatives fédérales du Parti conservateur au pouvoir à Ottawa. En tout, 23 accusations, dont celles de "fraude envers le gouvernement" et "commissions secrètes", ont été portées contre MM. Applebaum, Bisson et Zajdel. La police a indiqué qu'ils devraient être remis en liberté plus tard dans la journée et qu'ils comparaîtraient en octobre devant la justice.
 

"Dans les dossiers qui touchent la ville de Montréal, nos enquêtes se poursuivent, c'est pourquoi nous ne pouvons préciser davantage les faits reprochés", a précisé à la presse Robert Lafrenière, numéro un de l'UPAC.

 

BRANCHE MONTRÉALAISE DE LA MAFIA ITALIENNE

L'opposition de la ville a réclamé la nomination d'un maire intérimaire d'ici trente jours pour diriger Montréal jusqu'aux élections municipales de novembre. En conférence de presse, la chef de l'opposition, Louise Harel, a demandé que soit "totalement exclue" la mise sous tutelle gouvernementale de la métropole. Une telle mesure avait été récemment mise en œuvre pour Laval, la troisième ville du Québec, frappée elle aussi par des scandales de corruption.

Créée en 2011, la commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction – surnommée commission Charbonneau, du nom de sa présidente, la juge France Charbonneau – doit faire la lumière sur les stratagèmes de corruption dans l'industrie du bâtiment et éclaircir leurs liens avec le financement occulte de partis politiques.

 

Lire : Scandales immobiliers de grande ampleur au Québec


Le système de corruption consistait, selon plusieurs déclarations, en appels d'offres truqués, les entrepreneurs reversant une partie de leurs gains au parti du maire précédent, Gérald Tremblay, et à la branche montréalaise de la mafia italienne. A la tête de Montréal pendant dix ans, M. Tremblay a toujours affirmé son innocence. Bien qu'entendu par la commission Charbonneau, aucune accusation n'a été portée contre lui.

 

 

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Québec
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 18 avril 2013 4 18 /04 /Avr /2013 21:24

 

http://blogues.radio-canada.ca/rive-sud/2013/04/16/longueuil-manifestation-p6-montrea/

 

 

 

Manifester à Longueuil plutôt qu’à Montréal pour éviter les contraventions

 

Manifester à Longueuil plutôt qu’à Montréal pour éviter les contraventions

 

 

À défaut de pouvoir manifester sans se faire interpeller dans la métropole, certains opposants au règlement qui encadre les manifestations à Montréal comptent venir se faire entendre sur la Rive-Sud. Les policiers de Longueuil se disent prêts, mais leur marge de manœuvre est réduite, si on la compare à celle de leurs collègues montréalais.

Lors de la manifestation du 5 avril, 279 personnes avaient été interpellées en vertu du règlement municipal P-6 et avaient reçu des constats d’infractions de 637 $. Lors de celle du 19 mars, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) avait interpellé 45 personnes en vertu du P-6.

Un groupe s’est donc formé au début du mois pour appeler à manifester contre les mesures d’austérité du gouvernement, le 26 avril prochain, sur la place Charles-Le Moyne à la sortie du métro Longueuil–Université-de-Sherbrooke.

Le créateur du groupe, qui n’a pas souhaité donner d’entrevue, estime sur la page Facebook de l’événement qu’il ne semble plus possible d’exercer “son droit à la liberté d’expression et d’association”, à Montréal. Depuis juin 2012, le règlement municipal P-6 oblige les manifestants à remettre leur itinéraire à l’avance aux policiers, et interdit le port du masque. À Longueuil, la situation est différente, indique Martin Simard, porte-parole du Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL). “Il n’existe aucun règlement sur le port du masque et il n’y a aucune obligation de donner son itinéraire”.

 

La police a mis en place un plan de déploiement

Plus de 300 personnes ont indiqué sur Facebook qu’elles allaient participer au rassemblement.

Les policiers de Longueuil ont tenu une réunion de planification la semaine dernière à ce sujet. “C’est certain que c’est un gros déploiement”, explique M. Simard. Il y a aura notamment des policiers “à la sortie des métros”.

 

En 2012, des manifestants, certains masqués, avaient bloqué les entrées d’un édifice administratif, près de la place Charles-Le Moyne. (Crédit: Bahador Zabihiyan)

 

Des réactions mitigées sur Facebook

Irène Yaconowsky, qui demeure à Longueuil, ira manifester sur la place Charles-Le Moyne. Cette citoyenne engagée estime qu’il devient trop difficile de s’exprimer dans la métropole. « À Montréal, c’est compliqué de manifester, c’est sûr que j’ai pas envie de me faire arrêter, j’ai pas assez de courage pour me faire encercler et attendre pendant des heures dehors », explique-t-elle. Elle souhaite dénoncer les mesures d’austérité du gouvernement Marois, en manifestant.

Mais certains estiment qu’il faut continuer de manifester à Montréal. “Mon opinion là-dessus c’est que c’est exactement ce que la ville veut, balayer son « problème » de manifestations ailleurs qu’à Montréal”, écrit Marc Beaulieu, sur la page Facebook de l’évènement.

En 2012, un rassemblement de plusieurs dizaines de personnes opposées à la hausse des droits de scolarité avait eu lieu devant un édifice de la place Charles-Le Moyne abritant des bureaux du ministère de l’Éducation. Des policiers en tenue antiémeute du SPAL avaient vigoureusement dispersé les manifestants, dont certains étaient masqués.

“On va encadrer les gens, on ne tolérera aucun acte criminel”, prévient M. Simard.

Les manifestations ont aussi un coût important pour le SPAL. Les rassemblements du printemps érable avaient coûté plus de 800 000 $ à la ville. Contrairement à Montréal, le ministère de la Sécurité publique avait refusé de rembourser la Ville de Longueuil pour cette dépense.

Et vous, pensez-vous que les Montréalais doivent venir manifester à Longueuil?

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Québec
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 23 mars 2013 6 23 /03 /Mars /2013 19:21

 

 

Le Monde.fr | 23.03.2013 à 04h10


 

 

La police de Montréal a interpellé près de deux cents manifestants vendredi 22 mars lors d'une marche déclarée illégale, organisée par deux associations étudiantes, à l'occasion du premier anniversaire de la plus grande manifestation du "printemps érable". Deux groupes d'une centaine de personnes chacun ont été encerclés en début de soirée par les policiers anti-émeute dans le centre ville. Les manifestants "ont tous été identifiés, se sont vu infliger une amende et ensuite ont été libérés", selon un responsable de la police. Il n'y a eu aucun incident ni aucune arrestation, selon la même source

Une militante du parti d'opposition de gauche Québec solidaire, Manon Massé, citée par Radio-Canada, a réaffirmé la demande de sa formation de mettre en place une commission d'enquête publique indépendante sur le comportement de la police lors des manifestations. La marche avait été organisée par une association de la faculté de sciences politiques et de droit de l'université du Québec à Montréal (UQAM) et par le syndicat radical étudiant ASSE, qui demande la gratuité complète des études.

Les manifestants entendaient protester contre l'indexation des droits de scolarité, soit une augmentation de 3 % par an, décidée par le gouvernement provincial de Pauline Marois. Le mouvement étudiant du "printemps érable", marqué par de nombreuses manifestations de masse et quelques violences ponctuelles, avait obtenu l'annulation de la hausse relativement importante de ces droits, que voulait imposer le gouvernement libéral précédent de Jean Charest.

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Québec
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 1 décembre 2012 6 01 /12 /Déc /2012 19:10

 

 

Le Monde.fr | 01.12.2012 à 12h22 • Mis à jour le 01.12.2012 à 12h24 Par Anne Pélouas (Montréal, Canada, correspondance)

 

Au neuvième étage d'un immeuble du centre-ville de Montréal, des dizaines de témoins défilent devant la juge France Charbonneau. Dans la salle d'audience spécialement aménagée, journalistes et grand public se pressent chaque matin. La Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction, dite "commission Charbonneau", en entend de toutes les couleurs sur des cas de corruption, de collusion, d'infiltration du crime organisé sur les chantiers et de financement occulte de partis depuis quinze ans.

 

Gérald Tremblay, mis en cause dans le financement illégal de son parti, a dû démissionner, le 5 novembre, de son poste de maire de Montréal.

 

Des fonctionnaires de la voirie, des entrepreneurs du BTP, des collecteurs de fonds de partis politiques et spécialistes de la mafia italienne racontent jour après jour ce qu'ils savent d'un formidable "système", mêlant industrie du bâtiment, fonctionnaires, politiciens, syndicalistes et mafioso. Une « industrie » qui a coûté très cher aux contribuables québécois, surtout dans les années 1990 et 2000.

"C'est curieux comme le système s'effrite depuis qu'on a pris les grands moyens", ironise Jacques Duchesneau, député à Québec et ancien chef de police de Montréal. C'est par lui que le scandale est a éclaté en 2011, par le biais d'une enquête de fond sur les malversations liées aux contrats de travaux routiers au Québec, à laquelle le premier ministre libéral de l'époque, Jean Charest, n'avait consenti qu'à reculons. Le "rapport Duchesneau" établissait un lien direct entre industrie, financement occulte de partis et corruption de fonctionnaires.

"Depuis le début de l'enquête en 2010, souligne-t-il, le seul ministère des transports aurait épargné un milliard de dollars sur les contrats", certains réfrénant leurs instincts pour toucher une quote-part ! La Commission Charbonneau "a déjà fait tomber deux maires", ajoute-il, en espérant qu'elle parvienne à "démontrer les stratagèmes derrière les individus".

 

UNE UNITÉ PERMANENTE ANTICORRUPTION, CRÉÉE EN 2011

L'Unité permanente anticorruption, créée en 2011, s'y attelle aussi avec son armée de vérificateurs, enquêteurs et analystes du gouvernement. Plus les policiers de "l'escouade Marteau" qui, depuis 2009, auraient conduit le "cartel des égouts" de Montréal à mettre la pédale douce sur les gonflements de contrats... Ces dernières semaines, elle a procédé à des perquisitions en série et porté des accusations pour fraude et corruption contre des élus municipaux, comme Frank Zampino (Montréal) et Richard Marcotte, maire d'une ville de banlieue.

Le prochain sur la liste serait Gilles Vaillancourt, qui vient de démissionner de son poste de maire de Laval, troisième ville du Québec. Il est soupçonné d'avoir empoché des pots-de-vin à répétition en échange de contrats publics. Sont formellement accusés par ailleurs des ingénieurs à la voirie de Montréal et des entrepreneurs d'origine italienne, dont Tony Accurso (figure du BTP québécois et notoirement soupçonné d'avoir des liens avec la mafia) et Lino Zambito.

Ce dernier a fait sensation en expliquant à la commission la mécanique du "système" d'obtention de contrats publics. Lui-même a versé pendant des années 3 % de la valeur des contrats obtenus à Montréal à un intermédiaire lié à la mafia qui reversait l'argent à Union Montréal, le parti du maire Gérald Tremblay. M. Zambito a semé à tous vents dans les années 2000, donnant plus de 88 000 dollars canadiens (environ 68 000 euros) à des partis provinciaux, surtout aux libéraux alors au pouvoir. Il avouait aussi avoir organisé une collecte de fonds illégaux pour l'ex-vice-premier ministre libérale, Nathalie Normandeau.

 

DES CONTRATS D'ÉGOUTS DONT IL GONFLAIT LES COÛTS

A Montréal, le "système" de corruption fonctionnait rondement. Gilles Surprenant, ex-ingénieur en travaux publics, l'a bien détaillé devant la commission : en dix ans, il a reçu d'entreprises de construction cadeaux, invitations à des voyages, tournois de golf, restaurants, matchs de hockey et pots-de-vin totalisant 736 000 dollars, en échange de contrats d'égouts dont il gonflait les coûts.

D'autres fonctionnaires de la voirie ont avoué s'être fait graisser la patte en gonflant de 30 % à 40 % les factures, par de faux extras. Puis un organisateur du parti du maire, Martin Dumont, a accusé M. Tremblay d'avoir délibérément fermé les yeux sur un budget parallèle alimentant ses caisses avec de l'argent sale. A la suite de ces révélations, M. Tremblay a démissionné début novembre, plongeant Montréal dans une crise majeure.

 Chantal Rouleau a été l'une des premières élues de Montréal à tirer la sonnette d'alarme. Maire de l'arrondissement de Rivière-des-Prairies, à l'est de l'île, elle s'insurge dès 2010 contre la vente d'un terrain municipal acheté 5 millions de dollars et revendu... 1,6 million à des promoteurs, en plein boom immobilier.  

 

70 % D'ARGENT SALE DANS LES CAMPAGNES ÉLECTORALES

De l'enquête qui sera finalement mise en place, elle dit qu'elle "tire sur un fil permettant de comprendre le fonctionnement du système, infiltré par des fourmis, pour stopper la gangrène et épingler les fautifs". Le processus, dit-elle, est "douloureux mais positif. On est en train de nettoyer la plaie mais il faudrait une unité d'enquête propre à Montréal et une veille, pour ne pas voir revenir les pratiques douteuses. Comme on fait le ménage. Régulièrement."

 Jacques Duchesneau note de son côté que "des fonctionnaires ont volé des centaines de millions de dollars", mais s'inquiète surtout du rôle d'"élus au courant du stratagème", quand ils ne trempaient pas dans la magouille ! Estimant à 70 % la part d'argent sale dans le financement des campagnes électorales au Québec, il ironise : "On m'a dit que ce n'était qu'un pâle reflet de la réalité."

Le gouvernement québécois propose de limiter à 100 dollars les dons aux partis mais cela ne changera pas la donne, selon lui : "Tant qu'on ne limitera pas strictement les dépenses électorales, il y aura de l'argent sale en politique." Lui prône une révision complète du système d'octroi de contrats publics et de financement des partis: "On ne peut pas aller plus bas; aller au fond des choses, avec courage, permettra de rebâtir la maison sur des bases plus solides, avec davantage de contrôles et de lois."

Si cette histoire ternit l'image internationale du Québec et de Montréal, M. Duchesneau invite ceux qui en rient à regarder dans leur propre cour...

Anne Pélouas (Montréal, Canada, correspondance)

 

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Québec
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 13 novembre 2012 2 13 /11 /Nov /2012 19:49

 

Le Monde.fr avec AFP | 13.11.2012 à 19h38

 
Selon les 51 organisations réclamant la tenue d'une enquête indépendante, 3 418 personnes avaient été interpellées lors du mouvement étudiant du printemps, dont "plusieurs" ayant subi des blessures graves.

 

Une coalition de 51 associations québécoises a réclamé mardi 13 novembre la mise en place d'une commission d'enquête publique devant faire la lumière sur les centaines d'arrestations du "printemps érable", le conflit étudiant qui a donné lieu, selon elles, à des excès policiers.
 

"Dans une société de droit comme la nôtre, on ne peut pas rester les bras croisés et passer sous silence les événements du printemps dernier", a lancé Eliane Laberge, présidente de la FECQ, l'un des syndicats étudiants en première ligne lors des manifestations du premier semestre de 2012. "On demande à la première ministre [du Québec] Pauline Marois d'intervenir rapidement" pour déclencher une enquête publique, a ajouté de son côté Martine Desjardins, qui dirige la FEUQ, autre syndicat étudiant.

 

 "PERTES D'ŒIL" ET "FRACTURES DU CRÂNE"

Selon les 51 organisations réclamant la tenue d'une enquête indépendante sur les agissements des forces de police du Québec lors de ces manifestations inédites dans la province francophone, 3 418 personnes avaient été interpellées, dont "plusieurs" ont subi des blessures graves telles que des "pertes d'œil" ou des "fractures du crâne".

Le Québec, comme le Canada, ne possède aucune agence indépendante chargée d'enquêter sur ses forces de police, les enquêtes sur les cas litigieux étant confiées à d'autres services que celui en cause. Pour cette raison, Jérémie Bédard-Wien, de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ, l'un des syndicats les plus radicaux), a souligné que le Québec devait rapidement mettre en place "un mécanisme permanent de surveillance des actions policières", sans quoi "le gouvernement ne peut pas parler de retour à la normale".


Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Québec
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 21 septembre 2012 5 21 /09 /Sep /2012 14:43

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 21.09.2012 à 09h57 • Mis à jour le 21.09.2012 à 10h00

 
Les étudiants s'étaient à nouveau réunis pour manifester avec des drapeaux rouges le 22 août, à Montréal.

La nouvelle première ministre québécoise Pauline Marois a indiqué jeudi 20 septembre que son gouvernement indépendantiste entérinait l'annulation de la hausse des frais universitaires décidée par le cabinet sortant, qui avait plongé la province dans un conflit social sans précédent.

"En premier lieu, j'annonce dès aujourd'hui l'annulation de la hausse des droits de scolarité prévue par l'ancien gouvernement", a déclaré à la presse Mme Marois après avoir tenu son premier conseil des ministres. Le Parti québécois a remporté d'une courte tête les élections du 4 septembre et dès le lendemain Mme Marois avait annoncé son intention de revenir sur cette mesure qui avait poussé au printemps des milliers de Québécois à descendre dans la rue.

La hausse des frais de scolarité, de 82 % sur sept ans, avait été décidée par le gouvernement libéral sortant de Jean Charest. Face à la succession des manifestations, parfois violentes, les libéraux avaient fait voter le 18 mai une loi spéciale, officiellement censée garantir le libre accès aux cours des étudiants non grévistes mais imposant aussi des limitations aux manifestations.

 

"LE TRIOMPHE DE LA JUSTICE ET DE L'ÉQUITÉ"

"J'annonce que nous abrogeons par décret dès demain [vendredi], les dispositions de la loi 78, la loi 12, concernant l'interdiction de manifester", a ajouté Pauline Marois, qui s'était rangée du côté des étudiants lors du "printemps érable". Selon la chef de gouvernement, "ces deux décisions permettront de ramener la paix et de rétablir les droits et libertés".

Aussitôt, les organisations étudiantes ont crié victoire. "C'est le triomphe de la justice et de l'équité", a réagi en conférence de presse Martine Desjardins, présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ). "Collectivement, on vient d'écrire un chapitre de l'histoire du Québec. Collectivement, on vient de prouver qu'on est capables de se tenir debout et d'atteindre une des plus grandes victoires du mouvement étudiant", s'est-elle félicitée.

La question du sous-financement des universités québécoises doit maintenant être débattue lors d'un sommet sur l'enseignement supérieur qui doit se tenir prochainement. Et, pour Eliane Laberge, qui dirige la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), "l'histoire n'est pas terminée."

A lire : A la tête du Québec, une 'dame de béton' condamnée aux compromis (édition abonnés)


Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Québec
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 6 septembre 2012 4 06 /09 /Sep /2012 19:35

 

 

20minutes.fr - Mercredi 05 septembre 2012, 22:40

 

 

 

Rogerio Barbosa afp.comLa hausse des frais de scolarité, de 82% sur sept ans, décidée par le gouvernement libéral sortant de Jean Charest, a été à l'origine du conflit étudiant déclenché en février dernier et ayant débouché sur une grève des cours et de nombreuses manifestations, parfois violentes.

Pauline Marois, devenue la première femme chef de gouvernement du Québec, a annoncé mercredi qu'elle annulerait la loi spéciale limitant les manifestations et la hausse des frais de scolarité prévue par Jean Charest, mettant fin à six mois de mobilisation étudiante. «Mon gouvernement va annuler la hausse des droits de scolarité par décret», a annoncé Pauline Marois lors d'une conférence de presse à Montréal. La loi spéciale dite loi 78 «n'aura donc plus lieu d'être, j'ai l'intention de proposer son abrogation et je suis convaincue que les partis d'opposition vont être d'accord», a-t-elle ajouté, assurant qu'elle tiendrait ensuite un sommet sur l'enseignement supérieur.

L'annonce de Pauline Marois vient corroborer les dires de la présidente d'un des syndicats étudiants, la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Martine Desjardins, qui a précisé à l'AFP que la promesse de campagne de Mme Marois pouvait être réalisée sans vote au parlement, grâce à un décret ministériel. «Ça fait longtemps qu'on se bat pour obtenir ce gain, on peut dire mission accomplie», a commenté Martine Desjardins interrogée par la chaîne publique Radio Canada, confirmant que «la majorité des associations étudiantes avaient décidé de retourner en classe».

Carré rouge à l'Assemblée

La hausse des frais de scolarité, de 82% sur sept ans, décidée par le gouvernement libéral sortant de Jean Charest, a été à l'origine du conflit étudiant déclenché en février dernier et ayant débouché sur une grève des cours et de nombreuses manifestations, parfois violentes. Cette évolution du conflit a conduit le gouvernement libéral à faire voter le 18 mai une loi spéciale, officiellement censée garantir le libre accès aux cours des étudiants non-grévistes mais imposant aussi des limitations aux manifestations. Du coup, une partie de l'opinion publique, jusque-là favorable à la hausse des frais de scolarité justifiée par les besoins de financement des universités, s'est retournée contre le gouvernement, jugeant qu'il allait trop loin et empiétait sur les libertés fondamentales, notamment la liberté d'expression.

Pauline Marois a pris fait et cause pour les étudiants, arborant leur emblème, le carré rouge, à l'Assemblée nationale et promettant d'annuler, en cas de victoire aux législatives, les mesures prises par les libéraux. Jean Charest en a tiré argument pour l'accuser de se mettre du côté de «gens de la rue» pratiquant «la violence et l'intimidation».

Le PQ n'en a pas moins remporté mardi les législatives, d'une courte tête, et Pauline Marois doit former dans les prochains jours un gouvernement minoritaire.

 

 

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Québec
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mardi 4 septembre 2012 2 04 /09 /Sep /2012 20:12

 

 

LE MONDE | 04.09.2012 à 08h57 • Mis à jour le 04.09.2012 à 17h03

Par Anne Pélouas

 
201205121.0.959995965quebec_1

Je ne verrai plus jamais les cours de philo de la même manière", lâche Julien Sirois, 20 ans, étudiant en génie mécanique au Cégep du Vieux-Montréal, l'un des collèges assurant au Québec la transition entre lycée et université. La grève du printemps, lancée pour protester contre l'augmentation des frais d'inscription à l'université, les manifestations, les négociations avortées avec le gouvernement, l'adoption d'une loi limitant le droit de manifester et les concerts populaires de casseroles lui "ont ouvert les yeux sur une autre façon de voir de monde. Comme beaucoup, je suis nettement plus intéressé par la politique et la philosophie". Les questions de justice et de liberté ont trouvé selon lui dans le "printemps érable" un terrain concret de réflexions.

Julien Sirois n'est pas un intello. Il rêve de courses automobiles depuis qu'il est petit et passe, depuis trois ans, ses moments de temps libre au collège pour construire des voitures de course en vue de la compétition annuelle américaine Formule SAE, réservée aux projets étudiants. Mais celle de mai 2012, à laquelle il projetait de participer, lui est passée sous le nez : le collège a fermé ses portes en février pour cause de grève et risques de casse.

"Tout est tombé à l'eau", regrette le jeune étudiant, qui a repris fin août sa session d'hiver avant d'entrer, en octobre, à l'Ecole de technologie supérieure de Montréal. Avoir raté la compétition de mai l'a "un peu déprimé mais c'était pour une bonne cause". Même si ses parents paient ses études, Julien a voté pour la grève, jugeant "absurde que les étudiants paient pour la mauvaise gestion des finances publiques et des universités" et dénonçant la "marchandisation de l'éducation".

Du passage en mai du conflit étudiant à une vraie crise sociale, il dira que "la goutte d'eau a fait déborder le vase" pour ceux qui rêvent d'une "société moins capitaliste et plus socialiste". Le mouvement étudiant a "réveillé les gens et lancé un débat de société alors que les libéraux au pouvoir laissaient pourrir la situation".

Dans son collège, Julien Sirois a voté mi-août contre la reprise de la grève étudiante en pleine campagne électorale. "A quoi aurait servi de faire pression sur un gouvernement qui n'existe plus ?" Mardi 4 septembre, il votera pour la première fois pour élire des députés à l'Assemblée nationale et croit que les jeunes pourraient faire la différence. "Je vais voter PQ [Parti québécois] et sûrement pas pour le Parti libéral", dont la réélection, prédit-il, entraînerait un retour en force des "carrés rouges", l'emblème de la lutte étudiante qui se présente sous la forme d'un morceau de tissu rouge agrafé sur le vêtement.

Joseph Baril, 27 ans, inscrit en arts numériques à l'université Concordia, le pense aussi : "La crise va reprendre de plus belle si cela arrive", ce qu'il juge improbable. L'acquis le plus important du mouvement étudiant est d'avoir, selon lui, suscité "la reprise d'un dialogue social dans la population. Même les jeunes avec qui j'ai campé cet été parlaient de démocratie, de modes de scrutin, de souveraineté, de l'importance des impôts !"

Avec son petit salaire de développeur de jeux vidéo et de sites Web à temps partiel, Joseph Baril estime qu'il profiterait personnellement d'une hausse des frais de scolarité en recevant davantage de "prêts-bourses" pour poursuivre ses études. "Mais je suis contre parce que ça limite l'accessibilité aux études. On serait plus performant si on travaillait moins pour les payer, affirme celui qui a voté pour la grève avec une majorité d'étudiants de sa faculté, alors que l'université imposait le maintien des cours. J'ai fait une fausse grève, en n'allant qu'aux cours donnés dans les couloirs en signe de solidarité, mais j'ai remis mes devoirs. Le reste du temps, j'ai participé aux manifestations et tenté de convaincre les étudiants de l'université Concordia, mais le mouvement n'a pas suivi dans les facs anglophones."

Joseph Baril est l'un des jeunes Québécois pour lesquels le "printemps érable" a servi de tremplin artistique, même si lui parle plutôt de "sa petite contribution en BD pamphlétaire à la cause étudiante". De son atelier à la Maison de la bande dessinée du Québec, il a conçu, avec d'autres, des BD et fanzines en relation avec le conflit. Quinze d'entre eux ont ainsi publié, le 28 mars, La Hausse en question : 8 arguments illustrés, une BD sur les effets d'une hausse des frais de scolarité qui a fait un tabac sur le site Hausse.aencre.org. "Je suis content qu'on ait pu démontrer l'utilité d'une BD pour transmettre ce genre d'infos."

Le collectif a réitéré en mai avec Dépasser la ligne, qui traite des affrontements du printemps. Lui y signait Briser le silence, une BD sur un couple en crise, symbole des relations difficiles entre étudiants et gouvernement. Elle vient tout juste d'être publiée, avec L'Armée terrible du carré rouge, dans un vrai livre, également collectif, intitulé Je me souviendrai, et publié par l'éditeur français La Boîte à bulles !

Martine Desjardins et Léo Bureau-Blouin, deux des leaders étudiants qui ont mené la bataille étudiante, n'ont pas non plus chômé cet été. La première, à la tête de la Fédération étudiante universitaire du Québec, a arpenté le pays pour inciter les étudiants à soutenir les candidats antilibéraux ! Quant au second, il a carrément fait le saut dans l'arène politique, comme candidat du Parti québécois...

Après trois semaines de vacances, elle a passé le reste de l'été sur les routes pour "faire sortir le vote des jeunes et convaincre la population de ne pas élire un parti favorable à la hausse des frais de scolarité". Elle croit dur comme fer que "la crise du printemps a marqué les gens et aura un impact sur les résultats d'une élection que Jean Charest [premier ministre du Québec] a déclenchée parce qu'il était incapable de contrôler la situation".

En 2011, la Montréalaise de 30 ans travaillait encore à sa thèse de doctorat en sciences de l'éducation. Elle l'a mise de côté pour "mener le combat du gel des droits de scolarité" à la tête de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ). Impossible aussi d'occuper un emploi. Elle "survit" avec une bourse d'étudiant "permanent élu" (8 000 dollars canadiens par an, environ 6500 euros) attribuée par le ministère de l'éducation.

Tout le printemps, elle a "goûté à la médecine politique, celle des montées au front, des critiques, des attaques personnelles, des déceptions". "Nous sommes allés de surprise en surprise devant l'intensité historique de la mobilisation étudiante et sur le mouvement social qui a suivi. Il est sain pour une démocratie de voir des citoyens reprendre confiance dans leur pouvoir de contester une décision gouvernementale entre deux élections."

La rentrée d'automne, reportée en octobre, s'annonce, selon elle, "chaotique" pour les étudiants. Et si le "scénario catastrophe" - la réélection des libéraux - se réalise, elle prédit une relance du mouvement contestataire. "Les étudiants ont eu l'intelligence de voter une trêve pour ne pas donner de munitions aux libéraux en campagne électorale mais ils sont toujours mobilisés", soutient-elle.

Le 4 septembre, Léo Bureau-Blouin, 21 ans, votera pour la première fois au Québec... tout en espérant bien être élu député du Parti québécois. Parcours singulier pour cet ex-président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), sur la ligne de front de la lutte estudiantine au printemps avant de s'engager en politique. Une "grosse décision", avoue-t-il, prise avec la conviction qu'on peut "bâtir un Québec où il fait mieux vivre" et une démocratie plus participative. "Le gouvernement a creusé au printemps un fossé avec les protestataires", note celui qui croit pouvoir jouer un "rôle de courroie de transmission entre ces derniers et les institutions démocratiques, en montrant aux jeunes qu'ils peuvent être représentés à l'Assemblée nationale".

Le leader étudiant avait délaissé sa première année en droit à l'université de Montréal pour s'engager dans la lutte. "Nous n'avons pas fait reculer le gouvernement mais nous avons obtenu des élections. Peu importe l'issue du conflit, il va laisser une prise de conscience dans la tête et le coeur des gens. En se mobilisant, on peut faire avancer les choses."

Lui-même a traversé cette période effrénée en se mettant "en mode robot", centré sur l'objectif à atteindre mais le "pelleteux de nuages" (intellectuels n'ayant aucun sens pratique en québécois), comme il se définit, a eu son lot d'émotions, surtout en mai, quand le gouvernement a annoncé le dépôt d'une loi spéciale restreignant le droit de manifester. "J'étais très triste. Je savais que cette loi ne réglerait rien." Elle a plutôt, selon lui, donné un second souffle au mouvement étudiant et poussé la population dans la rue pour des concerts de casseroles.

Que les étudiants aient presque tous renoncé à la poursuite de la grève en août lui semble "un choix sage pour ne pas tomber dans le piège des libéraux". A l'élection, il espère bien que le taux de participation des jeunes atteindra un niveau historique. Lui-même se prépare au début d'une "nouvelle vie" s'il est élu, sinon il "restera engagé" et continuera ses études pour, peut-être, devenir avocat "et défendre les gens". Pour l'heure, son combat est ailleurs : "Je crois en l'action collective, c'est la raison de mon saut en politique. Il faut passer de la parole aux actes, de la rue à l'urne."

Anne Pélouas

 

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Québec
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 3 septembre 2012 1 03 /09 /Sep /2012 21:52

 

http://voir.ca/cyberboom/2012/09/02/elections-quebec-2012-lucidite-et-indignation/

2 septembre 2012 17h14 · Simon Jodoin

 

 

Un peu ennuyante sur le terrain, la campagne électorale qui se terminera demain mets en scène une polarisation à laquelle nous n’étions pas ou peu habitués, notamment grâce à deux nouveaux joueurs, Québec Solidaire etla CAQ, qui ont su se situer dans un nouveau marché idéologique où transigent désormais les valeurs politiques.

La CAQ demeure le véhicule le plus concret de l’idéologie des «lucides» comme nous les avons appelés depuis quelques années. Elle représente l’aboutissement politique du manifeste bien connu, Pour un Québec lucide,  publié en 2005 et signé par diverses personnalités (Bouchard, Facal, Pratte, etc). Alliant des positions diverses, notamment en ce qui concerne la question nationale, ce discours, qui présuppose une sérieuse remise en question du modèle québécois, concerne principalement la performance et l’optimisation des structures étatiques. Il s’agit purement et simplement d’un pari gestionnaire. Les inégalités sociales ne seraient pas tant le fruit d’une répartition de la richesse déficiente que le résultat d’une mauvaise gestion des fonds publics.

À l’opposé, c’est Québec Solidaire (qui donnait la réplique aux lucides, à l’époque, en publiant son propre manifeste, Pour un Québec solidaire) qui incarne le mouvement global des «indignés», selon l’expression désormais en vogue. Amir Khadir marche dans les rues, interpelle et défie les forces de l’ordre quand ce n’est pas le parlement lui-même, lance des souliers contre Bush, se fait menotter dans une manifestation. Bref, il occupe, au sens propre et avec un succès certain, l’espace politique, au même titre que les divers mouvements d’occupation campent sur les places publiques. La position des solidaires est en apparence diamétralement opposée à celle des lucides: Les inégalités ne sont pas simplement causées par une mauvaise gestion, mais bien plutôt par l’appétit trop vorace des puissants qui contrôlent l’ensemble des institutions politiques.

Cette opposition, entre les «lucides» et les «indignés» n’est plus qu’une simple anecdote. Il faut la constater. Elle est désormais le moteur de tous nos débats et dépasse de loin nos frontières. Elle a éclaté au grand jour, ici, à l’automne 2011 pour atteindre son apogée au printemps dernier.

Minimiser cette polarisation du discours ou douter de son existence n’est plus possible. Elle donne lieu à des regroupements idéologiques qui pourraient sembler saugrenus dans un autre contexte mais qui nous apparaissent désormais comme allant de soi.

Or, c’est sur ce marché idéologique que les deux grands partis traditionnels, le PLQ et le PQ ont échoué. Car au lieu de prendre bonne note de ces nouvelles mouvances, ils ont persisté à se situer sur un axe désuet du débat public.

Le PLQ s’est tout simplement vautré dans la défense des institutions et de la constitution, ce en quoi il est devenu un parti conservateur soft assez éloigné de l’essence même du libéralisme. On se serait attendu que des libéraux puissent entendre à la fois l’entreprise des lucides et l’indignation des solidaires. Cela n’est jamais arrivé, ni pour les uns ni pour les autres, mais surtout pour les autres.

De leur côté, les péquistes se sont barricadés dans une sorte d’identitarisme tiède, sans jamais comprendre que les indignations les plus profondes, désormais, ne concernent que très peu la question nationale au sens strict. Dans toute l’effervescence des mouvements d’occupation, jusqu’au manifestations du printemps dernier, le débat constitutionnel a été mis complètement de côté. Des nationalistes plus motivés –et plus folkloriques aussi- ont bien tenté de profiter de cette grogne populaire, mais leurs quelques essais se sont soldés en échecs. Plus personne, ou presque, n’a envie de porter le vieux manteau identitaire.

Est-ce dire que le débat constitutionnel, en tant que tel, est désormais désuet, voir mort de sa belle mort? Non pas, mais il faut bien saisir l’ampleur cette nouvelle dynamique politique qui change considérablement la nature des débats auxquels nous avons pris part depuis la révolution tranquille.

Jean-Martin Aussant a bien compris cette nouvelle donne et distille ainsi un discours souverainiste en se situant constamment, à coups d’arguments économiques, sur l’opposition lucides/indignés et en évacuant presque complètement l’aspect identitaire du débat constitutionnel, ce qui semble d’ailleurs beaucoup plus plaire aux jeunes. Il faut lui donner ce mérite d’avoir bien saisi l’air du temps, mieux en tout cas que le parti qu’il a quitté.

///

Mon souhait électoral le plus cher serait que, mardi soir, l’Assemblée Nationale soit le lieu où pourront se tenir ces débats qui nous occupent assez bruyamment depuis plusieurs mois. C’est donc dire que j’espère voir les entrepreneurs lucides et les indignés solidaires s’affronter, enfin, sur le terrain parlementaire et non plus dans la rue.

Or, en remettant les clés du gouvernement à un PQ majoritaire, par stratégie ou par dépit, nous fermerions en quelque sorte le couvercle sur un débat en pleine ébullition pour simplement le remettre à plus tard. Il y a quelques semaines nous étions occupés à danser la claquette dans le métro, à jouer de la casserole dans les rues, à s’engueuler entre carrés verts et carrés rouges, à marcher toutes les nuits en défiant la loi. À l’automne dernier, c’était les campements sur les places publiques, à l’instar des indignés partout en occident et ailleurs dans le monde. C’est cette plaie, cette déchirure dans le tissu social entre les lucides et les indignés, qui apparaît désormais au grand jour. On peut certes vouloir l’oublier quatre ans de plus en y mettant un pansement, mais ce serait courir le risque d’une infection généralisée à moyen terme.

Afin d’assumer pleinement les positions exprimées ces dernières années et de faire en sorte que ce fameux printemps ne se transforme pas en vague souvenir d’un festival de camping urbain et de concerts d’ustensiles de cuisine, je souhaite que nous choisissions des membres de Québec Solidaire et de la CAQ pour continuer ce débat, urgent, au sein des instances parlementaires, tout en invitant Jean-Martin Aussant d’Option Nationale à se joindre à cette nouvelle conversation. Ce serait là, à mon humble avis, la carte la plus fidèle du territoire politique que nous habitons désormais.

 

 

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Québec
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Recherche

Texte Libre

ter 

Nouvelle-image.JPG

Badge

 

          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

        

  A partir du 15 Juin 2013

                     RV

         chaque mercredi 

          et samedi à 19h 

toujours devant la maison carrée

         

               Rejoignez-nous  !


  Th-o indign-(1)

55

9b22

Calendrier

Juin 2013
L M M J V S D
          1 2
3 4 5 6 7 8 9
10 11 12 13 14 15 16
17 18 19 20 21 22 23
24 25 26 27 28 29 30
             
<< < > >>

Images Aléatoires

  • DSCF1146
  • Pause
  • DSC00673
  • DSC00946
  • Le stand bye
  • 6188280861 cfff981351 o

Partager

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés