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Italie

Samedi 18 mai 2013 6 18 /05 /Mai /2013 18:06

 

 

Le Monde.fr

avec Reuters | 18.05.2013 à 17h31

 


 

 
Les manifestants s'étaient rassemblés place San Giovanni.

Des milliers de personnes ont manifesté à Rome contre la politique d'austérité et le taux de chômage élevé, samedi 18 mai, enjoignant au gouvernement de coalition d'Enrico Letta de se concentrer sur la création d'emplois pour sortir la deuxième économie de la zone euro de la récession.
 

Lire : Lueurs d'espoir en Espagne, inquiétudes en Italie

"Nous espérons que ce gouvernement finira pas nous entendre, parce que notre patience est à bout", a déclaré un manifestant, au milieu d'une foule brandissant des drapeaux rouges et réclamant plus de droits pour les travailleurs et de meilleures conditions de travail.
 

"On ne peut plus attendre" et "Il nous faut de l'argent pour vivre", pouvait-on lire sur les banderoles et calicots brandis par les manifestants.

  CONFIANCE EN BAISSE

La confiance dans le gouvernement de coalition rassemblant la droite, le centre et la gauche, piloté depuis avril par Enrico Letta, commence déjà à s'éroder. Vendredi, un sondage SWG montrait une chute de 43 % à 34 % d'opinions favorables depuis le début du mois.

Des milliers de personnes ont manifesté samedi 18 mai à Rome contre la politique d'austérité.

Le nouveau président du Conseil a promis de faire de la création d'emplois sa priorité, après deux mois de blocage politique consécutif à des élections parlementaires n'ayant pas dégagé de majorité claire.

Samedi, certains manifestants lui ont reproché de revenir sur son engagement et de concentrer tous ses efforts sur une réforme de la taxe foncière.
 

"Il faut tout recommencer à partir de nouveaux investissements privés et publics, faute de quoi il n'y aura pas de création d'emplois", a souligné Maurizio Landini, secrétaire général du syndicat de la métallurgie Federazione Impiegati Operai Metallurgici (FIOM), classé à gauche.

 

"CE GOUVERNEMENT NE VA PAS DURER LONGTEMPS"

D'autres participants à la manifestation ont émis des doutes quant à la capacité du successeur de Mario Monti au palais Chigi et à sa coalition fragile d'agir avec efficacité.
 

"Ce gouvernement ne va pas durer longtemps", avance un manifestant. "Ce qu'il nous faut, c'est un nouveau parti de gauche qui se batte pour les droits des gens."

L'Italie s'enfonce dans sa plus longue récession enregistrée depuis qu'elle établit des statistiques trimestrielles, en 1970. Le taux de chômage approche un sommet, avec notamment 38 % des jeunes sans emploi.

 

Lire :  Crise européenne : L'économie italienne est dans le coma



Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Italie
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Mardi 26 février 2013 2 26 /02 /Fév /2013 23:51

 

 

Il faudrait donc pleurer ! Se lamenter des choix électoraux des Italiens, maudits inconscients, qui viennent mettre toute l’Europe en péril. Il faudrait s’horrifier de voir un « histrion populiste et démagogue », Beppe Grillo, et son Mouvement 5 étoiles devenir la troisième force politique du pays. Il faudrait s’incliner devant la dépouille de Mario Monti, passé sous le laminoir électoral et plaindre tous ces brillants experts-ministres congédiés par un peuple irresponsable. Il faudrait s’indigner de cette intolérable manie italienne de rendre « ingouvernable » leur pays.

Ce mardi, le fameux « cercle de la raison » est donc en deuil. Les tenants d’une Europe libérale, où ont été engagés quarante plans d’austérité en cinq ans, voient à nouveau le suffrage universel déjouer leurs plans. « Plus de la moitié des Italiens ont voté pour une forme ou une autre de populisme, c’est un refus puéril de reconnaître la réalité », résume le quotidien conservateur allemand Die Welt, mettant sous une même étiquette populiste Grillo et Berlusconi.

 

Mario Monti, à peine 10 % des voix et un échec flagrant. 
Mario Monti, à peine 10 % des voix et un échec flagrant.© Reuters

Il faut au contraire, malgré les obstacles et les complexités, se réjouir des résultats de ces élections. Car ils obligent à poser d’autres questions ou à les poser différemment. En ce sens, le scrutin italien vient éclairer la plupart des pays européens, et tout particulièrement la France, en mettant au premier plan une interrogation simple : la gauche social-démocrate peut-elle prétendre gagner, puis gouverner, en menant une politique social-libérale classique ; ou faut-il repenser radicalement programmes et alliances ?

Ce débat a été indirectement posé dès ce mardi matin par deux ministres français, et pas des moindres. Pierre Moscovici, ministre de l’économie et tenant d’un social-libéralisme hérité de DSK, s’est dit désolé, presque inquiet, de résultats « compliqués » et qui « créent des difficultés » ! Au même moment, Arnaud Montebourg estimait tout au contraire que « les peuples ne sont pas prêts à passer sous la table, et c'est la démonstration italienne. (…) Les Italiens ont dit qu'ils n'étaient pas d'accord avec la politique imposée par les marchés. » Et de dénoncer au passage Angela Merkel, qui « ne peut diriger seule l'Europe ».

Quatre points méritent d’être soulignés au vu de ces résultats.

  • 1. Non, l’Italie n’est pas « ingouvernable »

Ce serait le blocage, la paralysie, l’impasse… La coalition de centre gauche de Bersani emporte une large majorité absolue à la chambre des députés, avec 345 sièges sur 630. La paralysie serait donc créée par le Sénat (à la différence de la plupart des pays, les deux chambres du Parlement italien disposent de pouvoirs identiques, quand l’Assemblée nationale française a, par exemple, le dernier mot sur le Sénat). Au Sénat, cette coalition Bersani arrive en tête. Elle dispose donc d’une majorité relative mais non absolue : 123 sièges sur 315 contre 117 à Berlusconi, 54 au Mouvement 5 étoiles, 19 aux centristes soutenant Monti.

 

Démocratie parlementaire

Le défi posé aux sociaux-démocrates du parti démocrate et à leurs alliés écologistes et de la gauche radicale de SEL est donc simple : construire des majorités de projet au Sénat, réforme après réforme, des majorités relatives en obtenant l’abstention de parlementaires, ou absolues en trouvant 35 voix alliées (la majorité absolue est de 158 sièges sur 315). C'est, après tout, la règle commune à toute démocratie parlementaire, celle qu'avait par exemple connue Michel Rocard en 1988 en ne disposant que d'une majorité relative à l'Assemblée nationale !

En forçant le trait, on pourrait même remarquer que Bersani n’est pas dans une situation si différente de Hollande : majorité absolue de députés, majorité relative de sénateurs. Certes, le Sénat français n’a pas de capacité de blocage, mais les rejets par les sénateurs UMP et Front de gauche de plusieurs mesures gouvernementales (projet de budget 2013, texte sur les tarifs sociaux de l’énergie, etc.) ont souligné les difficultés politiques des socialistes au pouvoir.

L’Italie peut être donc gouvernable, comme elle l’avait été sous Romano Prodi, qui ne disposait pas plus de majorité absolue dans les deux chambres, de 2006 à 2008. Mais la condition est pour Bersani de conclure de vrais accords politiques avec des représentants d’autres forces, en particulier avec les 54 nouveaux sénateurs du Mouvement 5 étoiles

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Pier Luigi Bersani en meeting à Florence, le 1er février © Reuters. 
Pier Luigi Bersani en meeting à Florence, le 1er février © Reuters.
  • 2. Le retour de la politique et de la démocratie

Les mêmes, commentateurs et responsables, qui enragent aujourd’hui face à une Italie « ingouvernable », sont pourtant ceux qui avaient applaudi, en novembre 2011, à ce qui fut comme un coup d’État à froid (. Car les résultats complexes de ces élections italiennes doivent beaucoup, voire tout, aux conditions dans lesquelles Mario Monti s’est alors installé au pouvoir. Sans élection ; sur pression directe de Merkel et de Sarkozy, qui ont alors « congédié » Berlusconi ; sur pression constante des institutions de Bruxelles et des marchés financiers.

La confiscation démocratique (comme en Grèce, quand ordre fut donné à Papandréou, alors premier ministre, de renoncer à organiser un référendum sur le plan d’austérité demandé par Bruxelles) qui s’ensuivit avec la mise en place d’un gouvernement « de technocrates » (en Grèce, ce fut un gouvernement d’ « experts ») chargé d’imposer l’austérité a, par ricochet, scandalisé une partie de l’opinion et donné des ailes au mouvement de Beppe Grillo. Ce dernier a d’autant plus pu dénoncer « une gauche et une droite interchangeables », que le parti démocrate n’a rien trouvé à redire au professeur Monti dont il a voté l’essentiel des réformes…

Ce rétablissement de la démocratie par le suffrage universel, au terme d’une campagne qui ne fut pas aussi médiocre que veulent le faire croire la plupart des observateurs, remet au moins la politique au centre du jeu.

  • 3. Le « populisme », une paresse intellectuelle

La politique est donc de retour et vient souligner la complexité toute particulière de la situation italienne. L’étiquette « populiste », hâtivement collée sur Berlusconi dès 1994 et sa première accession au pouvoir, empêche plus que jamais de comprendre les évolutions politiques italiennes. Le bon score de Berlusconi (qui pourrait presque dire, comme Sarkozy, « Une semaine de campagne de plus et je l’emportais ») vient souligner combien la droite italienne a été durant vingt ans reconstruite et remodelée de fond en comble pour le service de son leader. Malgré procès et scandales inouïs, Berlusconi est toujours là, profondément enraciné dans le corps électoral italien.

 

Beppe Grillo. 
Beppe Grillo.© (dr)

Et voilà que surgirait un autre populisme, peut être pire encore parce que plus nouveau et incontrôlable : celui de Beppe Grillo. Là aussi, l’étiquette empêche de saisir les particularités de ce mouvement atypique (lire notre article « Grillo, l'empêcheur de voter en rond »). C’est oublier d’abord que l’humoriste italien campe sur la scène politique depuis une bonne dizaine d’années ; qu’il dénonce avec une constance certaine la corruption, l’incompétence, le clientélisme, le mépris des électeurs par bon nombre de responsables politiques. C’est oublier ensuite que le Mouvement 5 étoiles ne doit pas tout à Beppe Grillo, mais beaucoup aux innombrables mobilisations citoyennes et associatives, qui ont prospéré ces dernières années, à la marge et en rejet de la politique.

C’est oublier enfin que Grillo a su surfer sur des demandes profondes de la société : renouvellement politique, justice sociale, protection, autre politique européenne. Mélange étrange d’une gauche radicale (comme Syriza en Grèce) et de thèmes fleurant l’extrême droite (sur l’immigration, par exemple), le Mouvement 5 étoiles se distingue d’abord par une furieuse envie de faire de la politique autrement. En Sicile, ses élus régionaux ont voté régulièrement avec la gauche, rivalisant de transparence en voulant inventer une démocratie participative intégrale. À Parme, le nouveau maire issu de ce mouvement tente de remettre de l’ordre dans une ville dévastée par les gestions claniques et corrompues antérieures.

  • 4. Le nouveau défi posé à Bersani et au centre- gauche

Bersani saura-t-il muer, échapper à lui-même et à un parti démocrate anesthésié, qui a mené une campagne en ayant peur de son ombre ? C’est désormais l’enjeu principal pour le leader de la coalition de centre-gauche et écologiste. Pier Luigi Bersani, 61 ans, fut à deux reprises ministre de Romano Prodi, en 1996, puis de 2006 à 2008. En charge du développement économique, il ne se distingua en rien de la politique néo-libérale conduite par Prodi, qui venait de quitter la présidence de la Commission européenne.

 

La catastrophe du Prodi-bis

Cette question de l’héritage est aujourd’hui essentielle. Pour n’avoir pas dit grand-chose durant sa campagne, Bersani ne peut manquer d’apparaître comme un Prodi-bis. Or c’est là un problème majeur pour la gauche italienne, tant Romano Prodi a empilé avec constance les échecs et les défaites électorales (lire ici notre article d’avril 2008, « Berlusconi 3,  Prodi triple zéro »). Le parti démocrate aiguillonné par le SEL, qui rassemble tenants d’une gauche radicale et écologistes, est-il politiquement armé pour se défaire de la tentation du centre mou ?

L’hebdomadaire libéral The Economist, qui voit avec constance ses choix électoraux désavoués par les électeurs, plaidait juste avant ces élections pour la reconduction de Mario Monti. Raté. À défaut, ajoutait-il, « un gouvernement conduit par M. Bersani avec M. Monti en charge de l’économie serait une issue décente pour l’Italie ». C’est aussi le choix d’Angela Merkel, de la commission de Bruxelles et des conservateurs européens. François Hollande et Pierre Moscovici n’auraient rien trouvé à y redire, au contraire.

Or c’est justement ce scénario, synonyme de politique européenne inchangée, de réformes ultralibérales et d'austérité continue, qui a été massivement rejeté par les électeurs. De la même manière que les Grecs avaient massivement désavoué les socialistes de Papandréou quand ces derniers acceptèrent la cure d’austérité imposée par l’Union européenne, les électeurs ont reporté leurs colères et leurs espoirs sur ce mouvement multiforme conduit par un Beppe Grillo qui n'était pas candidat, à l’inverse de tant d’autres.

L’Italie n’est pas ingouvernable. La gauche n’a pas perdu. Mais une question limpide lui est posée : est-elle prête à oublier Prodi, à franchir les limites de ce cercle étroit où les alternances servent d’abord à interdire les alternatives, est-elle déterminée à renouveler en profondeur les pratiques politiques (ce qu’elle a réussi à faire avec les primaires) ? Le parti démocrate est-il prêt à écouter le SEL et cette nouvelle gauche citoyenne qui se loge aussi au sein du Mouvement 5 étoiles ? De la réponse à ces questions, Pier Luigi Bersani trouvera – ou pas – les 35 voix qui lui manquent au Sénat. Et, dans ce cas, il pourrait rendre un fier service à l’ensemble des gauches européennes.

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  • Les résultats des élections à la chambre des députés et au Sénat.

Coalition de centre gauche, menée par le parti démocrate et Bersani :
Chambre des députés : 29,54 % des voix et 345 sièges
Sénat : 31,6 % des voix et 123 sièges

Coalition Silvio Berlusconi
Chambre des députés : 29,13 % des voix et 125 sièges
Sénat : 30,66 % des voix et 117 sièges

Mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo
Chambre des députés : 25,5 % des voix et 109 sièges
Sénat : 23,79 % des voix et 54 sièges

Coalition Mario Monti
Chambre des députés : 10,54 % des voix et 47 sièges
Sénat : 9,13 % des voix et 19 sièges

Antonio Ingroia (extrême gauche)
Chambre des députés : 2,25 %, 0 siège
Sénat : 1,79 %, 0 siège

 

L'infographie de La Stampa :

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Italie
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Vendredi 25 janvier 2013 5 25 /01 /Jan /2013 20:49

 

 

LE MONDE | 25.01.2013 à 10h25 • Mis à jour le 25.01.2013 à 13h41 Par Philippe Ridet - Rome correspondant

 

 

 
Le siège de Monte Dei Paschi à Sienne (Italie).

C'est plus qu'une banque, c'est une institution, un monument de l'histoire italienne, le poumon qui fait respirer toute une ville et une région jusque-là prospères. Monte dei Paschi di Siena (MPS), le plus vieil établissement bancaire du monde, avait déjà perdu une partie de sa bonne réputation établie depuis 1472, en quémandant, en 2012, sous forme d'obligations, un prêt de 3,9 milliards d'euros à l'Etat pour se renflouer. Il lui reste à sauver son avenir après le scandale de produits dérivés qui le frappe.

MPS, tout aussi vieille et respectable qu'elle soit – mais très exposée aux titres de dette italienne –, n'a pas boudé le recours à la "finance créative" : trois opérations sur produits dérivés vont ainsi alourdir ses pertes estimées déjà à plus de 2 milliards d'euros pour 2012, après 4,7 milliards en 2011.

L'opération menée, en 2009, avec la banque japonaise Nomura, devrait lui coûter 220 millions d'euros ; celle nouée, en 2008, avec la Deutsche Bank lui aurait permis de dissimuler 367 millions d'euros de pertes. Une autre, enfin, menée avec un établissement financier dont l'identité n'a pas été communiquée, porterait le total de l'addition à 760 millions d'euros.

Les investisseurs pressent la troisième banque d'Italie de sortir tous les "cadavres des placards". La révélation par le journal Il Fatto quotidiano d'une enquête de la justice sur ces maquillages a eu pour premier résultat la démission de l'ex-directeur de MPS – de 2006 à 2012 –, Giuseppe Mussari, de son poste de président de l'Association bancaire italienne. C'est aussi sous son mandat que MPS a acquis, fin 2007, Banca Antonveneta auprès de l'espagnole Santander pour 9 milliards d'euros, un prix jugé beaucoup trop élevé.

Dans la foulée de ce scoop, le titre MPS a chuté de 8,43 % à la Bourse de Milan mercredi et de 8,19 % jeudi, ce qui ramène la valeur du groupe à 2,725 milliards d'euros.

L'Etat devra-t-il remettre la main à la poche ? Alors qu'une assemblée générale d'actionnaires se tenait vendredi 25 janvier pour valider une augmentation de capital de 4,5 milliards d'euros, visant àaider la banque à rembourser ses emprunts et combler ses pertes, cette question empoisonne la campagne électorale en cours.

 

 "LÉGÈRETÉ"

Même si les actuels dirigeants de MPS écartent toute idée de nationalisation, Mario Monti, le président du conseil sortant et candidat à sa succession à la tête d'une coalition centriste, est dans le collimateur. Tout ce qu'il compte de concurrents, de la Ligue du Nord au Mouvement 5 Etoiles, lui reproche sa "légèreté" en permettant à l'Etat d'accorder à MPS un prêt "les yeux fermés".

Symbole assez encombrant : les 3,9 milliards de prêts à MPS de 2012 correspondent au montant de la taxe sur la résidence principale introduite par M. Monti et payée de mauvais gré par les Italiens.

Mario Draghi, le directeur de la Banque centrale européenne et autre défenseur de la "rigueur italienne", est aussi visé. N'était-il pas aux commandes de la banque d'Italie au moment de ces affaires ?

Mais c'est Pierluigi Bersani, candidat de la gauche et favori des sondages, qui pourrait pâtir le plus de ce scandale. La banque toscane a en effet pour principal actionnaire (à 35 %) une structure à but non lucratif nommée la Fondation. Son conseil d'administration est au trois quarts composé du gratin politique local. Or Sienne et la Toscane sont gérées depuis des lustres par la gauche dans la plus grande harmonie avec l'établissement.

Tous les maires de Sienne, à l'exception du dernier, ont été des dirigeants de MPS. La Fondation pouvait-elle ignorer les agissements de sa banque de référence et M. Bersani était-il ignorant de tout ? En attendant, les Siennois font les frais des errements de la banque. La Fondation MPS, qui a distribué 2 milliards de financements à la ville et à la région Toscane entre 1995 et 2008, doit limiter sa générosité. Les clubs de football et de basket verront leur dotation réduite. Même la célèbre course équestre du Palio fait les frais de la rigueur. Les contrade (quartiers) qui font courir chacune un cheval ne recevront plus les 15 000 euros que la Fondation leur octroyait jusqu'alors rubis sur l'ongle. 

Philippe Ridet - Rome correspondant

 

 

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Samedi 27 octobre 2012 6 27 /10 /Oct /2012 20:21

 

 

lepoint.fr - - Publié le 27/10/2012 à 17:08

 
Plusieurs dizaines de milliers de manifestants, pour la plupart jeunes, ont défilé samedi au coeur de Rome, à l'appel de partis d'extrême gauche, associations et syndicats autonomes, pour protester dans le cadre d'un "no Monty Day" contre les mesures d'austérité du gouvernement italien.

 

 

Plusieurs dizaines de milliers de manifestants, pour la plupart jeunes, ont défilé samedi au coeur de Rome, à l'appel de partis d'extrême gauche, associations et syndicats autonomes, pour protester dans le cadre d'un "no Monty Day" contre les mesures d'austérité du gouvernement italien.

Plusieurs dizaines de milliers de manifestants, pour la plupart jeunes, ont défilé samedi au coeur de Rome, à l'appel de partis d'extrême gauche, associations et syndicats autonomes, pour protester dans le cadre d'un "no Monty Day" contre les mesures d'austérité du gouvernement italien.

Le défilé a débuté vers 12H30 GMT et se déroulait dans le calme, sous une nuée de drapeaux rouges arborant la faucille et le marteau.

Les magasins ont fermé leurs devantures et le parcours était placé sous stricte surveillance policière pour éviter tout débordement, comme cela avait été le cas lors d'une manifestation analogue à l'appel des "indignés" il y a un an contre le gouvernement de Silvio Berlusconi, alors que l'Italie était dans la tourmente financière.

"Avec l'Europe qui se rebelle, chassons le gouvernement Monti", était inscrit sur une grande banderole en tête du cortège parti de piazza della Repubblica et arrivé plus d'une heure plus tard piazza San Giovanni à 1,5 km de là. Sur un autre calicot, on peut lire "le patron est mort".

Seuls petits incidents, des petits groupes de jeunes des centres sociaux ont envoyé des oeufs, des bouteilles et des pétards contre des succursales de banques italiennes.

Les manifestants arboraient des marionnettes géantes de Mario Monti, Angela Merkel et Barack Obama. Ils répondaient à l'appel notamment du Parti communiste des travailleurs et de Refondation communiste, et de syndicats autonomes.

Le collectif No Tav contre le train à grande vitesse devant relier Turin à Lyon, à l'origine d'une contestation ayant été parfois marquée par des incidents violents dans une vallée alpine, et des mouvements d'étudiants et de précaires qui protestent contre l'austérité et le chômage soutiennent l'initiative.

La préfecture de Rome a imposé un parcours au cortège, interdisant toute circulation automobile dans le quartier, et le maire de la capitale a lancé un appel aux manifestants à "respecter la ville".

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Italie
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Vendredi 26 octobre 2012 5 26 /10 /Oct /2012 19:43

 

 

Le Nouvel Observateur - Créé le 26-10-2012 à 18h22 - Mis à jour à 20h39

                                                                                                                                                                                                                             Le Cavaliere est condamné à 4 ans de prison dans l'affaire Mediaset. Une peine ramenée à 1 an mais qui sonne comme un jugement moral sur toute une époque.

 

Silvio Berlusconi, le 27 septembre 2012 à Rome. (AP Photo/Alessandra Tarantino)

Silvio Berlusconi, le 27 septembre 2012 à Rome. (AP Photo/Alessandra Tarantino)
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Aux yeux de la justice, Silvio Berlusconi est officiellement un "délinquant". Il y avait vingt ans que ses adversaires politiques attendaient ce moment. L'ancien chef du gouvernement italien est condamné à un an de prison ferme dans l'affaire Mediaset.

Dans le passé, "le Cavaliere" avait toujours jusqu'ici réussi à échapper à ses juges, grâce à d'habiles avocats qui pariaient systématiquement sur la prescription. Ou bien grâce à des lois providentielles comme celle sur la dépénalisation du délit de falsification de bilan, que les "berluscones" avaient votée in extremis au Parlement et qui avait paralysé pas mal d'accusations des tribunaux italiens.

Cette nouvelle condamnation a donc surpris le monde politique, qui s'était habitué à l'impunité de fait de l'ex-Président du Conseil. Les quatre ans de prison que le tribunal de Milan lui a infligés - condamnation ramenée à un an en vertu d'une loi d'amnistie datant de 2006 - marquent l'aboutissement de six années de procès pour le Cavaliere, convaincu de fraude fiscale (17 milliards de lires, près de 8,8 millions d'euros entre 1994 et 1999, alors que Berlusconi était Président du Conseil).

"La vérité éclate enfin"

Un verdict vu, du coté du Parti des libertés, comme "l'énième preuve de l'acharnement judiciaire de Milan contre Silvio Berlusconi". De l'autre coté de l'échiquier, Antonio di Pietro, ex-membre du parquet de Milan justement, a soutenu lui que "la vérité éclate enfin malgré toutes les lois spéciales votées par une majorité d'esclaves". Cette sentence "sanctionne pour la première fois au niveau judiciaire que Berlusconi est un délinquant", disent pour leur part des députés du Parti démocrate.

Vingt ans de hontes plus ou moins explicitées

Mais la population, elle, n'a manifesté jusqu'ici aucune surprise, l'impression générale est que la magistrature vient de tirer sur une ambulance, sur quelqu'un qui ne comptait plus pour rien, qui avait été évacué de l'histoire contemporaine. Personne évidemment n'est descendu dans la rue ni songe à y descendre, et l'espèce d'indifférence des passants interviewés par les télés romaines ou milanaises exprime en fait un jugement moral implicite sur 20 ans d'histoire italienne : vingt ans de hontes plus ou moins explicitées pour les bunga bunga, les fausses bonnes blagues, les maquillages outranciers, l'étalage de richesse, les vulgarités histrionesques dans les sommets internationaux.

Sans parler de l'état dans lequel l'ex Président du Conseil a laissé son pays lorsqu'il a donné sa démission, le 12 novembre 2011 : au bord de la faillite, sur le point de rouler dans l'ornière de l'insolvabilité.

Mais les politologues soulignent, eux, un deuxième aspect de cette condamnation : l'interdiction d'exercer une fonction publique pendant cinq ans. C'est un élément particulièrement intéressant de la sentence milanaise, dit Iginio Ariemma : "cela peut signifier que jusqu'à ses 82 ans (il en a 76 ) Berlusconi ne pourra plus briguer aucune charge élective ni gouvernementale", et encore moins songer à la Présidence de la République.

Entendons nous bien : il y a à peine deux jours, le Cavaliere annonçait publiquement qu'il renonçait à être le candidat au poste de premier ministre du centre droit "par amour pour son pays". En fait, c'était parce que les sondages donnaient son parti à 15% des suffrages, soit moins de la moitié du glorieux score de 2008.

Maintenant qu'il a été condamné par la justice de son pays, et même s'il s'agit d'un jugement en première instance, il semble totalement invraisemblable que Sua Emittenza puisse briguer une quelconque charge, ni qu'on puisse assister un jour à son "retour inopiné" sur la scène. Et quand bien même la sentence d'appel ou le recours en Cassation devaient démentir un jour le verdict historique qui frappe Silvio Berlusconi, l'histoire retiendra que la peine qui lui a été infligée ce 26 octobre 2012 a mis à la porte un "délinquant".

 

 

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Mardi 23 octobre 2012 2 23 /10 /Oct /2012 18:33

 

Publié le 23/10/2012 à 17h22

 

 

Les Italiens voient-ils le bout du tunnel ? Dans son dernier livre, intitulé « Heureux malgré tout », Enrico Finzi a travaillé sur une série de sondages, basée sur un échantillon de 5 000 citoyens italiens de 18 à 74 ans.

Au début du mois de juillet, 70% de cet échantillon affirmait que «  les choses vont mal ou très mal  » en Italie.

La péninsule, gravement touchée par la crise, était en proie à un malaise qui avait été résumé dans un rapport sur la sécurité réalisé en mars dernier.

Enrico Finzi souligne cependant la capacité des Italiens à s’adapter. En effet, alors que le dernier rapport de la caritas publié aujourd’hui fait état de toujours plus de pauvres en Italie, inversement, les Italiens feraient preuve de plus de débrouillardise.

Le sociologue écrit :

«  L’implication politique et sociale retourne en force. Presque un Italien sur deux s’implique pour améliorer son propre bonheur dans le domaine privé, à travers les liens affectifs mais aussi pour aider le pays à sortir de la crise. On revient aux valeurs de solidarité, coopération et responsabilité individuelle.  »

Bâtir un quotidien alternatif

C’est effectivement une réalité. Ainsi, bien avant que la crise vienne paralyser l’Europe, l’association Scec avait mis sur pied une économie alternative. L’idée  ? Associer différents citoyens, entreprises et commerces en utilisant une monnaie parallèle.

Cette monnaie fonctionne comme les chèques repas et est destinée à relancer une consommation de produits locaux et de services de proximité.

Andrea del Grosso, financier de profession et gestionnaire d’Arcipelago, l’association génératrice du Scec, m’avait indiqué :

« Ça permet de relancer l’économie locale. Et ça marche, notre téléphone n’arrête pas de sonner. »

Cette alternative connaît aujourd’hui un boom alors qu’un récent sondage démontrait que les Italiens ne croyaient plus en l’euro.

« Sept [de nos] lecteurs sur dix rêvent de l’ancienne monnaie », rapportait à la même période le quotidien Il Giornale après avoir organisé un sondage sur son site internet.

De plus en plus de secteurs font aujourd’hui appel à la solidarité collective.

Lors du tremblement de terre d’Emilie Romagne du printemps dernier, les producteurs de parmesan ont ainsi mis aux enchères des morceaux de ce savoureux fromage, faisant appel à leurs concitoyens pour aller de l’avant.

A cette même période, le gouvernement Monti venait tout juste de supprimer l’aide aux victimes de catastrophes naturelles... Rigueur oblige.

A l’heure où l’on parle de Pompéi qui s’écroule, de plus en plus d’initiatives visant à protéger et valoriser le patrimoine italien sont mises en place. A Naples, l’association Cleanap nettoie la ville, autrefois submergée par les ordures.

En politique enfin, les partisans du mouvement 5 Etoiles de Beppe Grillo (qui s’impose en deuxième position dans les sondages, à 17,7%) prônent une démocratie participative, lancent leurs candidatures sur Internet avec des budgets ridicules. Et organisent des meetings avec par exemple comme thème : « Au-delà de la crise, réflexions pour un nouveau modèle de développement ».

Une solution temporaire

Ces initiatives, éparses, souvent locales, ne sont pas, bien sûr, exhaustives. Elles ont aussi leur limite.

Pour Francesco Daveri, professeur en politique économique à l’université de Parme, l’adhésion des Italiens au Scec est la conséquence d’un appauvrissement de la population  :

«  Le taux de chômage oscille autour des 10%, les banques ne font plus de prêt pour acheter une maison, il n’y a pas de petite économie. »

Il ajoute :

«  Cette tendance du “ fait-maison ” sera difficile à réaliser dans un monde globalisé.  »

Ces « arrangements » sont aussi la conséquence d’une défiance toujours plus profonde envers l’Etat italien, aujourd’hui synonyme de rigueur et générateur de pauvreté.

« Une gigantesque machine génératrice de mal-être »

C’est l’autre point abordé par Enrico Finzi. Le sociologue souligne :

« [L’équipe de Mario Monti] constitue une gigantesque machine génératrice de mal-être sans précédent.  »

Si le Premier ministre est crédité à plus de 50% d’opinions favorables, le gouvernement de technocrates n’aurait pas la cote. La froideur et l’ironie dont font preuve certains ministres comme Elsa Fornero (ministre du Travail) ou Corrado Passera (ministre du Développement économique) sont aussi critiquées.

S’appuyer sur cette capacité des Italiens à s’arranger peut être le moyen de relancer le pays. Enrico Finzi explique :

« C’est proprement pendant les phases de crise que les Italiens donnent le meilleur d’eux-mêmes. Nous devons valoriser ces initiatives positives. »

Un enjeu de taille pour le futur du pays.

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Vendredi 5 octobre 2012 5 05 /10 /Oct /2012 19:44

 

Rue89 - Flora Zanichelli - Journaliste

Publié le 05/10/2012 à 17h52

 

Un matin en regardant Rai News 24, je suis tombée sur l’interview d’un monsieur. Il semblait fatigué et passablement énervé à la fois.

Je relevé son exclamation :

« Aujourd’hui, les politiques n’ont même plus honte. Avant quand on se faisait prendre la main dans le sac, au moins on se cachait de honte... Aujourd’hui, ce sentiment a complètement disparu. Honte, honte, honte ! ».

Recontextualisons.


« La loi est la même pour tous », proclame cette inscription au tribunal à Rome (GIUSEPPE ARESU / AFP)

Fêtes romaines, huîtres et champagne aux frais du contribuable

Ces dernières semaines, l’équipe politique en charge de la région du Latium (Rome) s’est complètement effondrée. En cause, la mise au jour d’un vaste système de corruption et détournement de fonds.

Des enquêtes menées par le parquet de Rome ont fait état des dépenses mirobolantes des membres du conseil régional du Latium.

A l’origine du scandale, Franco Fiorito, le trésorier du PdL (Peuple de la Liberté - parti de Silvio Berlusconi) en région et le chef de file au conseil régional.

L’individu a soulevé la curiosité de la justice italienne en ouvrant une dizaine de comptes sur lesquels étaient versés des milliers d’euros. Qui se sont révélés être ceux du parti.

Une enquête un peu poussée a permis de voir que cet homme en avait aussi largement fait profiter ses amis et collègues.

Au total, des millions dépensés pour acheter des voitures de luxe, payer des repas à base de champagne et huîtres. Sans oublier les cadeaux de Noël ou les cravates de marques. Le tout bien sûr aux frais du contribuable italien.


les photos du scandale s’étalent dans la presse italienne (capture d’écran L’Espresso)

La politique décadente du Latium est illustrée dans une série de photos prises au cours d’une petite sauterie organisée par l’un des conseillers régionaux. Au programme, vestales, amphores et hommes travestis... en porcs.

La politique italienne affronte scandale sur scandale : la Ligue du Nord en avril dernier, suivie de près par la Marguerite, un parti de gauche, pour finir en beauté avec le Peuple de la Liberté.

Franco Fiorito a été arrêté ce mardi matin alors que la presse italienne continuait d’allonger la liste de ses forfaits.

L’homme a entraîné dans sa chute la présidente de la région, Renata Polverini, qui a déclaré jusqu’au bout tout ignorer de ces folles dépenses.

Loin d’avoir honte, « Je serai de nouveau candidat » a aussitôt proclamé Fiorito tandis qu’à Rome pullulent les affiches à l’image de Renata Polverini dont le slogan a tout d’une blague de mauvais goût.

On peut y lire : « Ora facciamo pulizia » (« Maintenant, nettoyons »).


« Maintenant, nettoyons » ! L’affiche électorale de Renata Polverini (ANDREAS SOLARO / AFP)

Quelle ironie à l’heure où le pays s’interroge sur les dépenses des politiques et l’impunité de certains de ses élus.

Les crapules doivent bien être représentées

Signe que les choses ne sont pas près d’avancer : l’immobilisme du Parlement face à la corruption qui ronge la politique italienne. Les chambres sont incapables de voter une loi anticorruption, plusieurs élus du parti de Silvio Berlusconi s’y opposant fermement.

Dans son premier rendez-vous de la saison, l’émission d’investigation Report établissait « le coût de la corruption » à 60 milliards d’euros par an.

La présentatrice, Milena Gabanelli, poursuivait :

« De 1994 à aujourd’hui, le conseil des autorisations de la chambre des députés (laissant la possibilité à un magistrat d’enquêter sur un élu) a relevé 500 requêtes de procédures judiciaires. »

S’ensuivait une interview surréelle du journaliste Bernardo Iovene avec Piero Longo, sénateur du parti de Silvio Berlusconi :

Piero Longo (sénateur PDL) : « (…) Mais, je vous dirai encore plus, une personne condamnée de manière définitive a toute sa place au Parlement. »

Bernardo Iovene : « C’est à dire les personnes ayant une charge publique... ? »

Piero Longo ; « Mais pourquoi, pardonnez-moi, le peuple ne serait-il pas libre de voter qui il veut ? »

B. I. : « Mais le parlementaire décide des lois qui régissent notre vie, il devrait être irréprochable. »

P. L. : « Pourquoi ? Le Parlement doit être la représentation moyenne du peuple qu’il représente. Pourquoi devrait-il être mieux ? »

Milena Gabanelli résumait :

« Si nous comprenons bien, comme le parlementaire représente tous les citoyens, mais aussi les criminels, les crapules, les mafieux et les corrompus, il est juste que quelqu’un au sein du Parlement les représente et protège leurs intérêts. C’est un point de vue que beaucoup de citoyens malhonnêtes de pays rigoureux nous envient. »

Une impunité qui dégoûte les Italiens et les éloignent de la politique, à la veille de la campagne électorale pour les législatives du printemps prochain.

Le pays tourne le dos à la politique traditionnelle : 65 % des Italiens déclarent s’en désintéresser.

Autre indice : la confiance accordée au technocrate Mario Monti qui vole dans les sondages à plus de 50 % d’opinions favorables, malgré sa dure politique de rigueur.

Ce dernier a au moins le mérite de ne pas être grossier. Impossible, en effet, de l’imaginer affublé d’un masque de cochon et entouré de jeunes Romaines à demi-nues.

 

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Mercredi 3 octobre 2012 3 03 /10 /Oct /2012 23:39

 


Le Monde.fr | 03.10.2012 à 10h58 • Mis à jour le 03.10.2012 à 12h43

Par Anna Villechenon

La Sicile est la région la plus endettée d'Italie, avec ses 5,3 milliards d'euros d'endettement sur les 50 officiellement cumulés par l'ensemble des régions - ici, la cathédrale de Noto.

Le répit aura été de courte durée pour la classe politique italienne. A peine les scandales liés au "Cavaliere" s'estompent-ils que ses alliés prennent la relève. Depuis fin septembre, en effet, un nouveau scandale politico-financier frappe Rome et sa région du Latium. En cause : le million d'euros de fonds publics dilapidé en deux ans par Franco Fiorito – l'ex-chef du groupe parlementaire régional du parti de Silvio Berlusconi – en notes de frais pour des courses, des vacances, des achats de voitures de luxe ou encore des repas aux factures très salées.

Surnommé "Batman" par ses amis, Franco Fiorito a été arrêté, mardi 2 octobre au matin, dans le cadre d'une enquête ouverte cet été par le parquet de Rome concernant une dizaine de conseillers régionaux du Peuple de la liberté (PDL, droite). Ces élus locaux sont soupçonnés de malversations financières, allant de fausses factures au détournement de fonds publics, pour un total de 6 millions d'euros sur deux ans. La présidente de la région, Renata Polverini, a déjà présenté sa démission.

 

Lire :  Scandales en Italie : le personnel politique accroît son discrédit (édition Abonnés)


 Et cela ne fait que commencer. Des enquêtes préliminaires ont été ouvertes en Emilie-Romagne et dans le Piémont, où le parquet de Turin a décidé de mener des auditions après qu'un élu du PDL a révélé à une chaîne de télévision locale qu'un conseiller régional réclamait 5 000 euros de remboursement de notes de frais... pour une semaine de ski.

 

RENFORCEMENT DU CONTRÔLE

Ces élus locaux qui piochent dans les fonds publics quand la population se serre la ceinture sous le coup de l'austérité témoigne d'un système défaillant en matière de contrôle des dépenses publiques locales, qui ont explosé ces dix dernières années, comme le souligne le quotidien italien Sole 24 Ore. Entre 2001 et 2010, les dépenses courantes annuelles des régions ont ainsi bondi de 40,3 %, atteignant 151 milliards d'euros, soit 11,5 % du PIB, selon les calculs du journal. Face à cette incurie financière – qui n'est pas sans rappeler celle des régions espagnoles –, Rome a donc décidé de prendre les devants.

Ce tour de vis doit notamment passer par un décret qui devrait être adopté d'ici à la fin de la semaine par le chef du gouvernement, Mario Monti. Il vise à renforcer le contrôle de la Cour des comptes sur les budgets locaux : régions, provinces et communes. A l'heure où la pression s'accroît sur le pays, qui s'est enfoncé dans la récession au deuxième trimestre, le chef du gouvernement italien veut éviter à tout prix un scénario à l'espagnole.

Pour Francesco Saraceno, économiste à l'Observatoire français des conjonctures économiques et spécialiste de l'Italie, il était temps. Selon lui, cette gabegie des finances régionales n'aurait, en théorie, pas dû arriver, et est la conséquence d'une réforme mise en place en 2001 par l'ancien gouvernement de centre gauche. Cette dernière avait pour objectif de réduire les dépenses de Rome et d'augmenter l'efficacité des services publiques, en transférant une partie des compétences et des dépenses de l'Etat aux régions.

 

 "PACTE DE STABILITÉ INTERNE"

"C'était utopique et cela n'a absolument pas marché. Les dépenses et les compétences, au lieu d'être transférées, ont été tout simplement dupliquées", explique-t-il, avant d'énumérer : "Les dépenses d'apparat politique (salaires, voitures de fonction, etc.) sont passées d'environ 450 à 900 millions d'euros entre 2001 et 2011. Autre exemple frappant, celui du système de santé (+ 53 % en dix ans), qui est en déficit de 40 milliards, et dont la moitié est concentrée par trois régions (Sicile, Latium, Calabre) sur un total de 21."

Les deux régions les plus dépensières durant la dernière décennie sont celles du Latium (+ 78 %) et de l'Emilie-Romagne (+ 57,7 %), qui font d'ailleurs partie de celles actuellement sous le coup d'enquêtes judiciaires. Mais dépensières ne veut pas dire endettées : sur ce point, c'est la Sicile qui prend la tête du classement, avec ses 5,3 milliards d'euros d'endettement sur les 50 officiellement cumulés.

 

Lire : 'La Sicile est la Grèce de l'Italie'


Pour autant, le "syndrome espagnol", en référence à la quasi-faillite de certaines de ses régions poids-lourds, selon les termes de la Cour des comptes italienne, est encore loin selon M. Saraceno. "Il y a en Italie un pacte de stabilité interne : le déficit des régions est absorbé par l'Etat, qui reprend la dette à sa charge." Résultat, contrairement aux régions espagnoles, ces dernières ne peuvent pas faire faillite elles-mêmes. Mais elles peuvent en revanche plomber les caisses de l'Etat.

D'où la volonté de Rome de faire passer ce décret, afin de rétablir la transparence et la crédibilité sur ses finances locales, et redonner in fine confiance aux investisseurs sur sa capacité à contrôler les dépenses publiques.

 

Lire aussi : Mario Monti s'attaque au train de vie de l'Etat italien (édition Abonnés)


Anna Villechenon

 

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Mardi 2 octobre 2012 2 02 /10 /Oct /2012 19:38

 

AP Photo/PETER DEJONG

Touristes attention ! Il est dorénavant interdit, dans le centre historique de Rome, de manger un sandwich devant le Colisée ou au bord de la fontaine de Trevi, à moins d'être attablé à une terrasse dûment homologuée. Les contrevenants se verront infliger une amende de 25 à 500 euros.

Pourquoi  ? La miette de sandwich attire-t-elle le pigeon, nuisible indécrottable de la ville-monde ? Le casse-croûte pas cher salami-olives a-t-il été banni par un lobby de restaurateurs âpres au gain ? Vous n'y êtes pas. Cette ordonnance prise par la mairie, de droite, entrée en vigueur mardi, est censée améliorer grandement la circulation des gens, des regards et des admirations dans le centre-ville envahi de touristes, de vagabonds et de sans-abris. Or certains parmi ces derniers ont le mauvais goût de s'installer devant les monuments, d'y bivouaquer, voire d'y mâchonner un jambon-beurre.

Selon les termes de cet arrêté antivagabondage étendu à la mangeaille, qui sera valable jusqu'au 31 décembre : "Il est interdit de bivouaquer ou de faire des abris de fortune et de s'arrêter pour manger ou boire, de manière à ce que les zones ayant une valeur historique et architecturale particulière soit utilisées exclusivement comme lieu d'où l'on peut jouir d'un panorama." Notons : "ou boire". Attention, touristes ! Planquez vos gourdes. Ou faites en sorte de n'avoir pas l'air de vagabonds quand vous les sortez.

Des ordonnances similaires ont déjà été prises dans plusieurs autres villes italiennes, comme Venise, Florence ou Bologne, où elles sont également appliquées uniquement dans le centre historique, près des sites les plus connus.

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