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Egypte

Samedi 30 mars 2013 6 30 /03 /Mars /2013 18:30

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 30.03.2013 à 13h23 • Mis à jour le 30.03.2013 à 16h23

 

 
L'animateur de télévision égyptien Bassem Youssef.
 

Le procureur général égyptien a ordonné, samedi 30 mars, l'arrestation d'un célèbre animateur de télévision satirique, Bassem Youssef, accusé d'insulte à l'islam et au président issu des Frères musulmans Mohamed Morsi, a rapporté l'agence de presse officielle Mena.

Selon des sources judiciaires, plusieurs plaintes ont été déposées contre M. Youssef. Il est accusé d'offense à l'islam pour s'être "moqué du rituel de la prière" dans son émission, et d'insulte envers le président Morsi pour avoir "raillé son image à l'étranger", selon ces sources. L'auteur d'une des plaintes a demandé que des mesures légales soient prises contre lui afin de dissuader d'autres personnes de suivre son exemple, selon une des sources.

 

 ÉMISSION INSPIRÉE DU "DAILY SHOW"

Son émission satirique hebdomadaire "Al-Bernameg", inspirée du "Daily Show" américain de Jon Stewart, tourne en dérision les figures politiques du pays et n'épargne ni le président ni les dirigeants des Frères musulmans.

Le 1er janvier, le procureur général avait décidé d'ouvrir une enquête visant cet animateur. Une plainte avait en effet été déposée par un avocat, Ramadan Abdel Hamid al-Aqsari, qui a par le passé cherché à poursuivre en justice nombre de personnalités du monde politique et médiatique.

 

Archives : Un humoriste égyptien poursuivi pour ses railleries contre le président Morsi (édition abonnés)


L'augmentation du nombre de plaintes déposées contre des journalistes a fait planer le doute sur l'engagement de M. Morsi concernant le respect de la liberté d'expression, une revendication-clé du soulèvement populaire qui avait provoqué la chute de l'ancien président Hosni Moubarak en 2011.

Le procureur de l'Etat nommé par M. Morsi, Talaat Ibrahim, avait ordonné le 27 décembre l'ouverture d'une enquête contre trois dirigeants de l'opposition accusés d'inciter au renversement de M. Morsi, premier président civil et islamiste d'Egypte. Mais l'avocat ayant déposé la plainte à l'origine de cette enquête s'est depuis rétracté.

 

Vidéo : En Egypte, la liberté des médias inquiète


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Lundi 4 février 2013 1 04 /02 /Fév /2013 18:43

 

Le Monde.fr | 04.02.2013 à 12h10

 

 

 

La scène prend place devant le palais présidentiel au Caire, vendredi 1er février, et met l'Egypte en émoi. On y voit un homme déshabillé par la police, battu et traîné au sol au cours d'une manifestation. Interrogé le lendemain des faits par la télévision d’État, la victime de 48 ans a assuré que ce n'était pas la police mais des manifestants qui s'en étaient pris à lui. Les images, pourtant, montrent clairement que ce sont des agents qui l'ont molesté. Le président Mohamed Morsi a promis qu'une enquête serait ouverte afin de faire toute la lumière sur l'incident, alors que près de 60 personnes ont trouvé la mort dans des manifestations ces derniers jours.

Images : Reuters - vendredi 1er février 2012
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Vendredi 25 janvier 2013 5 25 /01 /Jan /2013 21:13

 

Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 25.01.2013 à 07h20 • Mis à jour le 25.01.2013 à 19h55

 

 

 

Dans un climat de tension politique et de crise économique, l'Egypte vivait, vendredi 25 janvier, une nouvelle journée de manifestations à l'occasion du deuxième anniversaire du début du soulèvement populaire, qui contraignit Hosni Moubarak à la démission début 2011. L'opposition a appelé à défiler à travers le pays contre le président islamiste Mohamed Morsi et les Frères musulmans dont il est issu, en reprenant les mêmes mots d'ordre qu'il y a deux ans : "Pain, liberté, justice sociale". "Sortons vers les places pour finaliser les objectifs de la révolution", a appelé sur Twitter Mohamed ElBaradei, l'une des figures de proue de l'opposition laïque.

 Au moins 110 personnes ont été blessées dans ces manifestations, selon les services de secours. Selon des témoins, des manifestants hostiles au pouvoir attaquaient des bâtiments officiels. 

Au Caire, des manifestants se sont rassemblés aux abords de l'immeuble qui abrite la télévision d'Etat et le ministère de l'information, avant de se rendre place Tahrir dans le centre-ville. Une foule de milliers de personnes y est rassemblée. Certains ont passé la nuit sur cette place, qui fut l'épicentre de la révolution de janvier-février 2011.

Un manifestant lance un cocktail Molotov contre les forces de l'ordre, dans une rue près de la place Tahrir au Caire, le 25 janvier. Manifestants sur la place Tahrir, au Caire, le 25 janvier.

Depuis jeudi soir, des accrochages sporadiques opposent, dans les rues autour de cette place, la police à des centaines de jeunes gens. En lançant pétards et cocktails Molotov, ils ont notamment tenté de démanteler un barrage de blocs de béton pour permettre aux manifestants de circuler librement dans le centre-ville.

Le ministère de l'intérieur, qui a indiqué que cinq policiers avaient été blessés, a appelé les manifestants à éviter les confrontations avec les forces de l'ordre. D'autres rassemblements sont prévus devant le palais présidentiel d'Héliopolis dans la banlieue de la capitale, ainsi que dans plusieurs villes de province comme Alexandrie (nord) et Assiout (centre).

Un manifestant jette des pierres aux forces de l'ordre, vendredi 25 janvier à Alexandrie.

A Alexandrie, des heurts ont éclaté vendredi entre la police et des manifestants, qui ont fait brûler des pneus. La police a fait usage de gaz lacrymogènes, selon des témoins. "Il y a beaucoup de fumée à cause des pneus brûlés. Et il y a des gens étendus par terre qui n'arrivent pas à respirer à cause du gaz lacrymogène", a dit à l'AFP Racha, une habitante de la ville.

Les manifestants ont aussi pris d'assaut le siège du gouvernorat dans la ville d'Ismaïliya, dans l'Est, et dans le delta du Nil, d'autres ont encerclé un bâtiment du gouvernorat à Damiette, et ont lancé une attaque contre la cour d'un autre à Kafr El-Sheikh, provoquant des heurts avec les forces de l'ordre, selon les témoins.

Dans la ville d'Ismaïliya, sur le canal de Suez, le siège local du parti des Frères musulmans a également été incendié par les manifestants. De la fumée noire sortait des fenêtres de locaux du Parti de la liberté et de la justice (PLJ). Les Frères musulmans ont indiqué par ailleurs que des manifestants avaient tenté d'envahir un de leurs locaux au Caire.

 PAS D'APPEL DES FRÈRES MUSULMANS

Des manifestants, vendredi, place Tahrir.

Les Frères musulmans n'ont pas officiellement appelé à manifester vendredi. Pour marquer le deuxième anniversaire de la "révolution", ils ont lancé une initiative intitulée "Ensemble nous construisons l'Egypte", rassemblant une série d'actions sociales et caritatives. "Les Frères sont très préoccupés par l'escalade, c'est pourquoi ils ont tenté de ne pas apparaître au premier plan le 25 janvier", analyse Shadi Hamid, directeur de recherches du Brookings Doha Center. 

Les laïques et les libéraux, rassemblés au sein du Front du salut national (FSN), accusent les Frères musulmans de vouloir dominer le pays et de restreindre les libertés civiques, notamment depuis l'adoption, en décembre par référendum, d'une Constitution controversée.

Lire :  Après le 'oui' à la Constitution, quelle stratégie pour l'opposition égyptienne ?

 CRISE POLITIQUE ET ÉCONOMIQUE

Un jeune manifestant, vendredi, place Tahrir.

Deux ans après le séisme politique de la révolte, l'Egypte peine toujours à trouver son équilibre entre un pouvoir qui se prévaut de la légitimité des urnes et ses adversaires qui dénoncent l'émergence d'un système autoritaire dominé par les Frères musulmans. Il doit également affronter une grave crise économique, avec l'effondrement des investissements étrangers, la chute du tourisme et un déficit budgétaire en hausse notamment.

Le climat est alourdi par l'annonce attendue samedi, du verdict dans le procès des responsables présumés de la mort de 74 personnes à l'issue d'un match de football à Port-Saïd (nord-est) en février 2012. Les "Ultras" du club cairote d'al-Ahly, qui assurent compter la grande majorité des victimes, menacent de manifestations violentes et d'une "nouvelle révolution" s'ils n'obtiennent pas justice.

 

 

 

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Dimanche 9 décembre 2012 7 09 /12 /Déc /2012 19:27

 

Le Monde.fr avec AFP | 08.12.2012 à 12h16 • Mis à jour le 09.12.2012 à 10h55

 

 

Des membres de l'opposition à Mohamed Morsi campent sur la place Tahrir, au Caire, samedi 8 décembre.

Le président égyptien Mohamed Morsi a accepté samedi 8 décembre d'abandonner ses pouvoirs renforcés pour sortir de la plus grave crise depuis son élection, mais a maintenu au 15 décembre un référendum sur un projet très controversé de Constitution.

Ces décisions ont été annoncées à l'issue d'une rencontre entre le chef de l'Etat islamiste et des personnalités politiques, quelques heures après que l'armée égyptienne eut appelé au dialogue pour éviter que la crise ne débouche sur un "désastre". "Le décret constitutionnel est annulé à partir de maintenant", a déclaré Selim Al-Awa, homme politique islamiste et conseiller de M. Morsi, en faisant le compte-rendu de la rencontre lors d'une conférence de presse à la présidence, en présence du porte-parole du chef de l'Etat.

Ce décret, qui plaçait les pouvoirs de M. Morsi au-dessus de tout recours en justice, avait provoqué une tempête de protestations et déclenché une fronde au sein de la magistrature. Il est remplacé par un nouveau décret qui supprime cette clause et qui prévoit en outre l'organisation d'un nouveau scrutin pour élire une Assemblée constituante, "au cas où les électeurs décideraient de rejeter le projet de Constitution lors du référendum de samedi prochain".

L'opposition avait dénoncé une dérive autoritaire, M. Morsi se défendant en faisant valoir que la mesure ne durerait que jusqu'à l'entrée en vigueur de la nouvelle Constitution. M. Morsi a en revanche confirmé la date du 15 décembre pour la tenue du référendum sur le projet de Constitution, car la modifier est juridiquement impossible, a-t-il ajouté en présence du porte-parole du chef de l'Etat.

Le référendum doit légalement être organisé deux semaines après la remise du projet de loi fondamentale au chef de l'Etat, ce qui a été fait le 1er décembre. L'opposition souhaitait qu'un report permette d'élaborer un texte plus consensuel. Elle accusait la mouture actuelle d'ouvrir la voie à une islamisation accrue de la législation et de manquer de garanties pour les libertés, en particulier d'expression et de religion.

 POURSUITE DE LA PROTESTATION

Samedi, la principale coalition d'opposition, le Front du salut national (FSN), a toutefois appelé à la poursuite du mouvement de protestation. "L'humeur du peuple égyptien s'oriente vers la grève générale", prévient également le FSN, dans un communiqué lu à la presse par Mohamed Abou Al-Ghar, l'un de ses responsables.

Dans la journée, une centaine de manifestants étaient toujours à proximité du palais, dans le quartier d'Héliopolis, surveillés sans tensions par les soldats qui bloquent l'accès au site à l'aide de barbelés et de blindés. Ils exprimaient toujours leur détermination : "Je suis prêt à mourir, comme tous mes camarades. Je suis contre la violence, mais si on essaie de nous opprimer, il faut nous soulever", affirmait Moustafa El-Tabbal, 27 ans, qui a passé la nuit sur place.

La veille au soir, plus de 10 000 opposants au président s'étaient massés devant la présidence. Nombre d'entre eux étaient parvenu à franchir les barbelés pour s'approcher sans incident des murs du complexe présidentiel, sans toutefois y pénétrer. Les manifestants ont lancé des slogans appelant M. Morsi à "dégager", et le traitant de "mouton" aux ordres des Frères musulmans, le puissant mouvement dont il est issu. De nombreux slogans rappelaient ceux de la révolte contre le régime de Hosni Moubarak début 2011.

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Samedi 8 décembre 2012 6 08 /12 /Déc /2012 19:03

 

Marianne - Samedi 8 Décembre 2012 à 05:00

 

Propos recueillis par Régis Soubrouillard

 

Plus de 10.000 opposants au président Mosrsi ont de nouveau investi vendredi les abords du palais présidentiel au Caire, alors que la crise politique se durcit en Egypte. Entretien avec Tewfik Aclimandos, chercheur associé à la chaire d'histoire contemporaine du monde arabe au Collège de France et spécialiste de l'Egypte.

 

Hassan Ammar/AP/SIPA
Hassan Ammar/AP/SIPA
Marianne.net: Alors que la contestation à son encontre grandit, le président égyptien, Mohamed Morsi, s'est exprimé en direct à la télévision, jeudi 6 décembre. Il a notamment invité l'opposition au dialogue samedi tout en maintenant le référendum sur la constitution. Après de nouvelles manifestations, il se dit désormais prêt à un report du référendum sous condition que ce report ne rende pas « le texte caduc ».  Comment analysez-vous la situation ? 
 
Tewfik Aclimandos: Morsi n’a fait aucune concession, il est dans la confrontation. Il ne retire pas la déclaration constitutionnelle qui est absolument infâme, il ne revient pas sur le projet de constitution et le référendum aura lieu. Il n’a fait que camper sur ses positions, lancer toutes sortes d’accusations pour finir par dire « j’invite ceux qui n’ont rien à se reprocher au dialogue ». Il s’est essentiellement adressé aux siens et peut-être indirectement aux capitales occidentales mais il ne s’agit là que de cosmétique.  C’est une déclaration extrêmement décevante.
 
Que cherche Mohamed Morsi en accaparant ainsi tous les pouvoirs ? 
 
Morsi  a tout simplement abrogé l’état de droit, c’est un coup d’Etat.  Il a déclaré que les décisions du président de la république n’étaient plus susceptibles d’être remises en cause par un recours devant la justice. Moubarak n’avait jamais osé dire ça. Ajouté à cela que sa dépendance à l’égard des salafistes l’oblige à se positionner très à droite de l’échiquier politique. Trop à droite. 
Ce n’est pas une surprise, les Frères musulmans ont toujours eu l’intention de s’accaparer tous les pouvoirs. Leur  objectif  est d’instaurer une théocratie. La seule chose qui les intéresse, c’est d’établir leur programme sans se soucier du reste.
 
Quel est aujourd’hui l’état des forces en présence ?
 
C’est assez simple. Les pro Morsi sont essentiellement composés des Frères Musulmans et une grosse partie du courant salafiste. En termes de classe vous avez une coalition de certains éléments de l’appareil d’Etat avec l’immense exception que sont les juges. Le reste du pays, mais essentiellement les classes moyennes et les plus pauvres sont contre Morsi. 
 
Il y un très grand désenchantement vis-à-vis des Frères Musulmans. Jamais ils n’ont été si impopulaires dans le pays. Les Frères Musulmans sont le groupe le plus organisé, ils ont une capacité de mobilisation importante, ils détiennent les clés de l’appareil d’état mais ils ne sont plus majoritaires dans le pays. 
 
Au moment de son accession au pouvoir, Mohamed Morsi a pourtant été présenté, tant par les médias, que par les diplomaties occidentales comme un modéré. Aujourd’hui, on semble découvrir que l’Egypte est gouverné par un clone de Moubarak allié aux fondamentalistes musulmans. Que s’est-il passé ?  
 
Le mot modéré est un mot qui a été complètement galvaudé. Un modéré est quelqu’un qui croît à la mesure, à la pluralité des choses humaines mais il y a des gens pour qui le sens du mot est très différent : les Frères Musulmans pensent qu’ils doivent vous tuer mais comme ils sont « modérés », ils ne vont pas le faire. En plus, techniquement, Morsi n’a jamais fait partie des modérés de la Confrérie. Ceux qui emploient ce mot confondent avec pragmatisme, c’est à dire qu’au lieu d’appliquer la charia en deux mois, il mettra deux ans, et j’aurais personnellement des doutes sur son pragmatisme. Enfin, si le fait de ne pas recourir au terrorisme est un signe de modération, alors, oui, ils sont modérés. 
 
Mais comment expliquez-vous cette bienveillance des diplomaties occidentales ?
 
C’était une erreur massive. L’argument valable jusqu’en juillet pour les Frères musulmans, était qu’ils avaient un programme économique relativement sérieux, qu’ils étaient ouverts aux principes de réformes structurelles économiques, ils avaient promis de calmer le Hamas ce qui était important pour les relations avec Israël. Ils pouvaient contrer l’Iran dans le cadre d’une coalition mais il ne fallait pas attendre d’eux des réformes démocratiques, accepter la pluralité des sociétés. Ils ont montré qu’ils n’étaient pas capables de stabiliser le pays car la polarisation ne vient pas des laïques. 
Il faut ajouter à cela qu’une  grande partie de l’administration Obama a pensé qu’en favorisant l’islamisme dit « modéré », ils affaibliraient l’islamisme radical. Il y a beaucoup de diplomates américains qui gobent tout le discours des Frères Musulmans. 
D’autres vont jusqu’à dire que ce sera soit les Frères Musulmans soit le déluge. Obama aimerait croire qu’il a affaire à un pouvoir modéré. Il joue cette carte là, mais il n’arrive pas à s’en convaincre totalement. C’est un très mauvais pari. 

Existe-t-il des alternatives au pouvoir de Mohamed Morsi? 
 
On peut imaginer un renversement de Morsi, un coup d’état militaire mais ce serait une autre catastrophe. Des élections présidentielles anticipées à supposer que les anti-Morsi gagnent. Je ne crois pas une victoire  du camp démocrate même si je la souhaite. De toutes façons, le président aura les mêmes problèmes que Morsi. Il faudra qu’il ait retenu la leçon que l’on ne passe pas en force dans ce pays. La dernière possibilité est que le camp Morsi apprenne à gouverner mais ils n’ont pas l’air d’être partis pour. 
Du temps de Moubarak, les militaires tenaient une bonne partie du pouvoir. Quel rôle joue aujourd’hui l’armée  ? 
 
On peut penser que l’armée a intérêt à ce que ce pouvoir tienne  ne serait ce que parce que elle ne veut pas gouverner le pays qui n’a pas d’alternative très claire. Est-ce que cet intérêt va jusqu’à ouvrir le feu sur la foule ? Je pense que la réponse est non. L'engagement, jeudi, des militaires égyptiens à ne pas recourir à la force contre les manifestants traduit une forme d'équilibre dans le bras de fer entre les Frères musulmans et l'armée. Mais la neutralité de l’armée signifie une forme de soutien au pouvoir en place. 
 
Pensez-vous que le référendum du 15 décembre va pouvoir se tenir ? 
 
La situation évolue chaque jour, donc je ne me prononcerai pas. Le principal problème est que si Morsi veut organiser un référendum crédible, il faudra une supervision judiciaire et les juges ne sont pas avec lui. Donc je ne crois pas à un référendum « honnête ». 
 
Comment voyez-vous évoluer la situation ? 
 
C’est difficile à dire. Je suis rentré d’Egypte il y a trois semaines. Je vous aurais dit : le camp anti-Frères est majoritaire mais ils ne savent pas s’organiser donc les Frères Musulmans feront ce qu’ils voudront. Aujourd’hui Morsi, a avancé trop vite, trop brutalement. Il a braqué tout le monde. Nous sommes en plein bras de fer. Je ne sais pas qui va plier. Morsi a néanmoins des cartes en main. Notamment l’appui de certaines capitales occidentales qui continuent à voir en lui un modéré, l’appui des milieux financier et son camp est très organisé alors que ses opposants ne le sont pas. Tout dépendra de sa capacité à diviser l’opposition, mais les frères Musulmans font preuve de tellement peu de finesse qu’ils peuvent parvenir à unir l’opposition contre eux. L’opposition tiendra tant que la population suivra. En face, les Frères Musulmans ont une organisation quasi-militaire. 
 
Parleriez vous aujourd’hui d’un pouvoir dictatorial ? 
 
Nous n’y sommes pas mais on en prend le chemin. 
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Vendredi 7 décembre 2012 5 07 /12 /Déc /2012 19:33

 

 

Libération

7 décembre 2012 à 17:59

Manifestation hostile au président égyptien Morsi vendredi au Caire.
Manifestation hostile au président égyptien Morsi vendredi au Caire. (Photo Mohamed Abd El Ghany. Reuters)

Des milliers de personnes manifestaient vendredi après-midi au Caire contre le président islamiste Mohamed Morsi en assurant vouloir rester pacifiques, mais sans cacher être à bout de patience face à un chef de l’Etat accusé de faire revenir le pays à la dictature.

«Nous utiliserons tous les moyens pour faire tomber le régime», affirme Ahmed Dewedar, un jeune manifestant présent sur la place Tahrir, où un village de tentes abrite depuis deux semaines les anti-Morsi les plus déterminés.

«Il n’y aura pas de stabilité tant que nos revendications ne seront pas satisfaites», poursuit-il sur ce site emblématique de la révolte populaire qui a provoqué la chute de Hosni Moubarak en février 2011.

Un peu plus loin, une banderole proclame: «A bas Adolf Morsi, à bas le nouveau Hitler».

Les manifestants réclament l’abandon d’un décret par lequel le président s’est octroyé le 22 novembre des prérogatives s’apparentant à des pleins pouvoirs, en plaçant en particulier ses décisions au-dessus de tout contrôle par la justice.

La volonté de M. Morsi, qu’il a réaffirmée jeudi soir, de soumettre le 15 décembre à un référendum un projet de Constitution très critiqué par l’opposition, n’a fait que doper la détermination de ses adversaires, qui dénoncent une volonté d’islamiser les institutions et de saper les libertés.

«Nous aurions pu envahir le palais présidentiel mercredi», affirme Mahmoud Ghazawi, 35 ans, en référence à la marche sur la présidence qui s’est achevée en affrontements de rue meurtriers avec les partisans du chef de l’Etat.

«Nous ne resterons pas pacifiques éternellement», prévient-il, alors que des milliers d’opposants se rassemblaient à nouveau vendredi après-midi aux abords du palais désormais gardé par l’armée.

La crise actuelle a aggravé la polarisation du pays entre islamistes d’un côté, forces libérales, de gauche et chrétiens de l’autre.

«A la libanaise»

«Cela pourrait devenir un scénario à la libanaise», en référence à la guerre civile qui a ravagé le Liban de 1975 à 1990, affirme Mohammed al-Cheikh, 27 ans, partisan de l’une des figures de l’opposition, Mohammed ElBaradei.

«Ce qui se passe en Egypte est déjà une guerre civile», insiste un autre militant, qui demande à garder l’anonymat. «Morsi et les Frères musulmans ont divisé le peuple en cherchant à imposer leur Constitution nulle, malhonnête», ajoute-t-il.

«Nous mourrons ici place Tahrir, de faim ou de maladie, au nom de nos martyrs», lance au mégaphone un imam de la prestigieuse institution théologique sunnite d’al-Azhar, qui a demandé à M. Morsi de suspendre son décret sur ses pouvoirs élargis pour favoriser l’apaisement.

D’autres manifestants en appellent désormais à l’armée, alors qu’il y a quelques mois encore la place Tahrir résonnait de slogans contre le pouvoir militaire de transition, qui a dirigé l’Egypte pendant 18 mois, entre la chute de M. Moubarak et l’élection en juin de M. Morsi.

«Il y aura de la violence c’est sûr, tous les bords veulent l’escalade. Mais quand l’armée viendra, ce sera la fin du président et des Frères musulmans, et nous pourrons avoir une nouvelle vie», estime Magdi Hossein, 50 ans. «L’armée a toujours été du côté du peuple», affirme-t-il.

D’autres estiment que l’épreuve du pouvoir a fait fondre la popularité des Frères musulmans. «Aujourd’hui, Morsi ne représente pas plus de cinq millions de personnes sur 85 millions d’Egyptiens», assure Mahmoud Ghazawi.

(AFP)

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Mardi 4 décembre 2012 2 04 /12 /Déc /2012 20:07

 

http://sciencesetavenir.nouvelobs.com

 Créé le 04-12-2012 à 19h05 - Mis à jour à 19h31

Des dizaines de milliers d'opposants au chef de l'Etat égyptien Mohamed Morsi ont encerclé mardi soir le palais présidentiel au Caire pour exiger qu'il retire un décret par lequel il a considérablement élargi ses pouvoirs et qui a provoqué une profonde crise dans le pays. (c) Afp

Des dizaines de milliers d'opposants au chef de l'Etat égyptien Mohamed Morsi ont encerclé mardi soir le palais présidentiel au Caire pour exiger qu'il retire un décret par lequel il a considérablement élargi ses pouvoirs et qui a provoqué une profonde crise dans le pays. (c) Afp

LE CAIRE (AFP) - Des dizaines de milliers d'opposants au chef de l'Etat égyptien Mohamed Morsi ont encerclé mardi soir le palais présidentiel au Caire pour exiger qu'il retire un décret par lequel il a considérablement élargi ses pouvoirs et qui a provoqué une profonde crise dans le pays.

Les manifestants, dont beaucoup font partie de groupes laïques et de gauche, ont pu s'approcher du palais après avoir coupé les barbelés installés à quelques centaines de mètres de là.

La police anti-émeutes a fait usage de gaz lacrymogène pour tenter de les disperser, sans succès, et a battu en retraite.

Une source à la présidence a indiqué à l'AFP que le président Morsi ne se trouvait pas dans le palais.

Quelques personnes ont tenté d'escalader les murs du palais mais en ont été empêchées par d'autres. Les manifestants entourent désormais le palais sur trois côtés.

"Dégage!", "Le peuple veut la chute du régime", slogans phares de la révolte qui a renversé Hosni Moubarak début 2011, ont scandé les protestataires, dont certains cognaient sur des lampadaires.

Beaucoup, agitant des drapeaux égyptiens, accusent les Frères musulmans, dont M. Morsi est issu, d'avoir "vendu la révolution".

Des milliers de personnes continuaient d'affluer vers le palais dans le quartier d'Héliopolis, dans la banlieue du Caire, pour protester contre les nouveaux pouvoirs du président Morsi, que l'opposition qualifie de "dictatoriaux", et contre un projet de Constitution devant être soumis à référendum dans moins de 15 jours.

Plusieurs groupes et partis d'opposition avaient appelé à marcher "pacifiquement" sur le palais, dont les jeunes du 6-Avril, qui avaient contribué à lancer le soulèvement de l'an dernier, et le parti de la Constitution du Nobel de la paix Mohamed ElBaradei.

Des milliers de personnes manifestent également sur l'emblématique place Tahrir, dans le centre du Caire.

L'Egypte vit une profonde crise politique depuis le décret du 22 novembre, par lequel M. Morsi, premier président islamiste du pays, a notamment mis ses décisions et la commission chargée de rédiger la future Constitution à l'abri de tout recours en justice.

Opposants et partisans de M. Morsi ont manifesté en masse après le décret, et l'annonce par le président de la tenue d'un référendum sur le projet de Constitution le 15 décembre a creusé le fossé entre les deux camps.

Le pouvoir judiciaire, à qui le président a interdit de contester ses décisions, est aussi divisé.

Le Conseil supérieur de la justice, en charge des affaires administratives de la magistrature, a décidé lundi de déléguer des magistrats pour superviser le référendum malgré l'appel au boycott de plusieurs juges, ouvrant la voie à la tenue du scrutin. Les élections doivent en effet être placées sous supervision judiciaire en Egypte.

Mais mardi, le Club des juges, un syndicat professionnel en faveur du boycott, a campé sur sa position.

"Nous ne pardonnerons pas" aux juges qui superviseront le vote, a lancé son président, Ahmed al-Zind, en affirmant que le nombre de juges opposés à la supervision du référendum dépassait de loin le nombre de ceux y étant favorables.

M. Morsi assure que son décret est "temporaire" et qu'il vise à accélérer les réformes démocratiques et à mettre fin à une tumultueuse période de transition. L'opposition estime qu'il s'engage dans la voie dictatoriale qui a coûté la présidence à Hosni Moubarak, et exige qu'il annule ses décisions.

Pour les autorités, le référendum aura bien lieu et les Egyptiens de l'étranger sont appelés à voter à partir du samedi 8 décembre.

Le projet de loi fondamentale, adopté en toute hâte par une instance dominée par les islamistes, est accusé de ne pas protéger certains droits fondamentaux, dont la liberté d'expression, et d'ouvrir la porte à une application plus stricte de la loi islamique.

Pour protester, plusieurs quotidiens indépendants et d'opposition ont décidé de ne pas paraître mardi.

 

 

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Mardi 4 décembre 2012 2 04 /12 /Déc /2012 19:08

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 04.12.2012 à 10h24 • Mis à jour le 04.12.2012 à 11h36

 

 

Plusieurs quotidiens indépendants et d'opposition égyptiens ont décidé de ne pas paraître, mardi 4 décembre, pour protester contre les articles concernant la presse et les libertés dans le projet de Constitution devant être soumis à référendum le 15 décembre.

Il s'agit de "faire face à la tyrannie", a affirmé le quotidien Al-Tahrir sur son site Internet. Les journaux entendent "protester contre les articles concernant la presse et les libertés dans le projet de Constitution (...) et rejeter le décret publié par le président de la République le 22 novembre", a de son côté indiqué Al-Masry Al-Yom.

Par ce décret, le président islamiste Mohamed Morsi a considérablement élargi ses pouvoirs, mettant notamment ses décisions et la commission chargée de rédiger la future Constitution à l'abri de tout recours en justice. Le président a convoqué un référendum pour le 15 décembre sur le texte adopté en toute hâte par la commission constituante, auquel il est reproché de ne pas protéger certains droits fondamentaux, dont la liberté d'expression, et d'ouvrir la porte à une application plus stricte de la loi islamique.

PROFONDE CRISE POLITIQUE

 

"Vous lisez ce message parce qu''Egypt Independent' s'oppose aux restrictions continues contre les libertés des médias, surtout après que des centaines d'Egyptiens ont donné leur vie pour la liberté et la dignité".

 

Le pendant anglophone d'Al-Masry Al-Yom, Egypt Independent, affichait un message sur fond noir sur son site Internet. "Vous lisez ce message parce qu'Egypt Independent s'oppose aux restrictions continues contre les libertés des médias, surtout après que des centaines d'Egyptiens ont donné leur vie pour la liberté et la dignité", a-t-il expliqué.

Les quotidiens gouvernementaux, comme Al-Ahram, étaient pour leur part disponibles mardi en version papier.

Des chaînes privées, comme ON-TV et Dream, doivent rejoindre le mouvement de protestation mercredi en ne diffusant pas de programme. Lundi, les journaux indépendants et d'opposition avaient déjà exprimé leur rejet des décisions du président en titrant simultanément "Non à la dictature".

L'Egypte vit une profonde crise politique qui divise le pays ainsi que le pouvoir judiciaire depuis le décret du 22 novembre. L'opposition a prévu une nouvelle manifestation mardi, dite du "dernier avertissement", devant le palais présidentiel.

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Egypte
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Mercredi 28 novembre 2012 3 28 /11 /Nov /2012 17:29

 

 

 

Plusieurs dizaines de milliers d’Égyptiens étaient rassemblés, mardi 27 novembre, sur la place Tahrir au Caire pour protester contre le président Mohamed Morsi et sa décision de renforcer provisoirement ses pouvoirs.

Les manifestants, qui avaient commencé à se rassembler dès vendredi sur la célèbre place, ont défilé avec des banderoles comparant le président élu au mois de juin dernier à un « dictateur » ou un « pharaon ». De nombreux slogans visaient également les Frères musulmans, le mouvement islamiste dont est issu Mohamed Morsi.

 

 

Un reportage d'Euronews ce mercredi matin

 

Malgré les appels au calme, et l’annulation par les Frères musulmans d’une contre-manifestation, de nombreux affrontements ont été signalés, au Caire, mais également dans d’autres villes du pays, comme à Mahala, dans le Delta du Nil, où des manifestants se sont attaqués au siège du Parti de la liberté et de la justice, lié au Frères musulmans.

Au Caire, un militant du parti de gauche, l’Alliance populaire, est mort asphyxié lors d’incidents. Au total trois personnes sont mortes ces derniers jours lors des manifestations anti-Morsi. Les partisans du président, eux, ont recensé environ 80 blessés dans leurs rangs.

Les opposants avaient commencé à réinvestir la place Tahrir vendredi, au lendemain de la prise d’un décret accordant des pouvoirs élargis au chef de l’État, officiellement de manière temporaire et afin de mener certaines réformes politiques, économiques et sociales. Mais beaucoup d’Égyptiens voient dans ce texte le signe d’une dérive autocratique du pouvoir.

Le décret contesté permet, notamment, au chef de l’État de prendre toute mesure justifiée par « la défense de la révolution », une formule particulièrement vague. De plus, il prévoit également que les décisions prises à ce titre seront incontestables devant la justice. Mohamed Morsi a d'ores et déjà interdit le dépôt de tout nouveau recours devant la Haute cour constitutionnelle contre la commission chargée de rédiger la future constitution du pays, une commission dominée par les Frères musulmans.

Enfin, le décret prévoit la possibilité de lancer « de nouvelles enquêtes et de nouveaux jugements » dans les dossiers liés aux morts de manifestants lors de la révolution du printemps 2011. Ces nouveaux procès se tiendraient en outre devant une nouvelle juridiction. Les opposants craignent que le régime n'utilise ces procédures spéciales pour s'attaquer à des hauts fonctionnaires et des policiers actuellement en place.

 

 

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Egypte
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