Grèce

Vendredi 11 avril 2014 5 11 /04 /Avr /2014 00:26

 

 

Source : www.bastamag.net

 

Athènes : l’ancien aéroport transformé en un champ d’expérimentations alternatives

par Roxanne Mitralias 10 avril 2014

 

 

 

 

L’ancien aéroport d’Athènes, abandonné depuis 2001, est devenu un terrain d’expérimentations sociales et écologiques : dispensaire et épicerie solidaires, jardin autogéré, oliveraie « participative » de plus de 2 000 arbres ont trouvé refuge sur cet immense espace. Mais l’État grec vient de vendre le terrain à un promoteur immobilier. Dont le projet de luxueuse zone touristique est incompatible avec les alternatives qui ont fleuri. Devront-elles céder la place à une résidence pour nouveaux riches ?

L’ancien aéroport d’Athènes est coincé entre mer et montage. Niché parmi des quartiers résidentiels du sud de l’agglomération, il a été abandonné en mars 2001 au profit d’un aéroport plus grand et neuf installé sur la plaine fertile du Nord de la ville. Ce terrain de 623 hectares a également servi aux Jeux Olympiques de 2004. Sur cet espace, aujourd’hui entouré de barbelés et gardé par des entreprises de sécurité, se construisent depuis plusieurs années les résistances et les initiatives d’une ville en crise.

Elliniko est un filet, comme on dit en grec pour qualifier un terrain convoité. Malgré cela, « les installations sportives, les bâtiments construits à l’occasion des Jeux Olympiques de 2004 et même des hangars construits pour accueillir des expositions, ont été sciemment laissées à l’abandon par les différents gouvernements », déplore Nikos Belavilas, professeur émérite d’urbanisme à l’Ecole Polytechnique. Les pouvoirs publics avaient pourtant promis qu’un parc « métropolitain » devait voir le jour sur cette immense friche.

Les raisons ne manquent pas : la capitale grecque est une ville tentaculaire qui compte près de la moitié de la population grecque (entre 4 et 5 millions d’habitants). Elle fut construite suite à l’énorme exode rural d’après-guerre. « Athènes compte le moins d’espaces verts par habitant au mètre carré en Europe », indique Natassa Tsironi, architecte et militante de l’Initiative pour un parc métropolitain à Elliniko. Mais, les uns après les autres, les différents gouvernements ont repoussé la réalisation de ce « poumon vert » d’Athènes, en aiguisant la convoitise des promoteurs.

Liquidation des biens publics, bradés au plus offrant

Dans le but d’augmenter ses recettes, l’État grec cherchait à se séparer des terres de Elliniko : plus de 600 hectares, avec 480 bâtiments, sans oublier la plage, le port de plaisance et les antiquités qui s’y trouvent. Le tout pour moins d’un milliard d’euros. « L’équivalent de la vente de 100 à 300 villas luxueuses avec vue sur mer », note Nikos Belavilas lors d’une réunion publique en faveur du parc métropolitain. Mais la vente de l’ancien aéroport d’Athènes à Spyros Latsis, plus grande fortune grecque, par le biais d’une « caisse des dénationalisations », nommée Taiped, s’inscrit dans un processus plus large. Pour rembourser les intérêts d’une dette jugée illégitime par une grande partie de la population grecque [1], la Troïka (Commission européenne, FMI et banque centrale européenne) oblige à vendre le patrimoine du pays (lire notre enquête).

« Le gouvernement et les promoteurs immobiliers souhaitent la construction d’une riviera pour accueillir les nouveaux riches de ce monde », s’insurge Panos Totsikas, militant et urbaniste. « Ils rêvent de milliers de logements privés, de centres commerciaux et de casinos, d’hôtels de luxe et de ports de plaisance pour les yachts. » Un sort qui n’est pas réservé uniquement à Elliniko : désormais 60 km de littoral, du cap Sounion au port d’Éleusine, sont concernés. Selon Michalis Mbourgos, ingénieur et militant écologiste, on ne peut pas comprendre ce processus sans le lier aux attaques contre les droits sociaux : « L’objectif des investisseurs est de maximiser les profits : sans réglementation et compensation environnementale, l’exploitation de certaines ressources dévient profitable. A cela il faut ajouter la baisse du coût d’une main d’œuvre très qualifiée ».

Résistances, d’Elliniko à Notre-Dame-des-Landes

Pour les résistants d’Elliniko et les quatre mairies limitrophes qui s’opposent à ce projet, les arguments ne manquent pas. Ils craignent un impact défavorable sur l’économie fragile du quartier, sur le marché immobilier qui pourrait s’effondrer comme en Espagne, ou sur l’environnement terrestre et marin déjà fortement impacté par l’urbanisation. Certains économistes inquiets face à l’ampleur du projet gouvernemental, évoquent aussi le problème de la dette qui risque d’augmenter quand l’État devra assumer les investissements colossaux nécessaires pour l’achèvement de cette riviera athénienne.

Mais pour Natassa Tsironi, riveraine, présente à Notre-Dame-des-Landes lors du Forum européen des grands projets inutiles, il ne faut pas céder à la propagande gouvernementale : « C’est toujours la même chose, que ce soit à Notre-Dame-des-Landes, à Iérissos [lieu d’une importante lutte contre des mines d’or dans le nord de la Grèce, ndlr] ou à Elliniko : on nous sert l’argument de l’emploi. Pour quelques postes précaires, mal payés et incertains, nous devrions accepter de détruire les emplois déjà existants, et de sacrifier les communs gratuits et accessibles à tous… Après, il ne nous restera rien ! »

Alternatives agricoles et sociales

Plusieurs structures de solidarité ont trouvé refuge sur cet immense espace. Le dispensaire « métropolitain » de santé et l’épicerie solidaire tentent de combler provisoirement les besoins sanitaires et alimentaires d’une population de plus en plus pauvre. Un peu plus loin, on découvre une oliveraie qui compte plus de 2 000 arbres plantés et arrosés avec le soutien de la mairie, des citoyens et des écoles des communes limitrophes. « Le but est d’occuper les terres autrement, et d’impliquer les riverains, explique Panos Totsikas. On espère pouvoir recommencer à planter des arbres, mais on manque de terres, les entreprises de sécurité nous mettent des bâtons dans les roues ».


Le « Jardin autogéré de Elliniko » que l’on découvre près d’une ancienne base militaire américaine, est encore plus ambitieux. « Nous avons voulu occuper les terres et leur donner une nouvelle fonction. Les cultiver pour retrouver nos racines paysannes. Et plus d’autonomie économique et alimentaire dans la vie citadine, dans le cadre de l’économie sociale et solidaire », explique Kostas, qui est au potager presque tous les jours. L’expérience est frappante : en poussant la porte d’entrée, c’est dans un petit paradis de légumes que l’on entre. « Ici nous travaillons sans hybrides. Enfin on essaye ! La tomate vient de l’Attique, c’est une variété d’ici, elle est très bonne et productive ».

Sur cette ancienne friche de 2 500 m2, les différentes variétés et espèces cultivées côtoient la flore sauvage et les gravats : de l’ail des ours, des herbes aromatiques, des carottes et des aubergines, des haricots verts et quelques épis de maïs. Tester les méthodes alternatives, « cela va de soi, cela fait partie du même projet politique. On fait de l’agroécologie, on teste l’empaillage et les variétés locales, sans engrais et sans pesticides », affirme Panagiota Maltezou, porte-parole du jardin autogéré et agronome de formation.

Construire un espace vert, lieu de rencontre et de créativité

Cultiver la terre, même en ville, semble être un casse-tête. Accueillir des animaux pour avoir du bon fumier, trouver des semences et des plants fiables, installer des ruches... « Il faut que quelqu’un s’en occupe tous les jours », avoue Kostas. Mais faire « paysan sans terres et sans débouché » n’est pas dans ses projets, malgré ses trois années de chômage. La situation est devenue compliquée, dans un pays où la formation et le conseil agricole se désintègrent, où le gouvernement oriente les nouveaux agriculteurs vers des projets sans lendemain, et où les circuits de proximité restent peu fiables.

Dans un ultime effort pour convaincre les pouvoirs publics, le collectif des habitants a commandité auprès d’un laboratoire de recherche de l’Ecole Polytechnique une étude pour évaluer la faisabilité du « parc métropolitain ». Avec un coût d’investissement très faible, financé par les revenus de certaines installations existantes, le parc métropolitain pourrait ouvrir ses portes immédiatement, et dans dix ou vingt ans être complètement fonctionnel.

L’idée : conserver et améliorer les installations existantes, y implanter des musées, des théâtres, des lieux artistiques et des centres de formation et de recherche, en valorisant les bâtiments administratifs existants et les équipements sportifs. Évidemment, l’objectif est d’augmenter les espaces verts arborés, et d’accueillir des cultures en privilégiant des variétés locales, et en renonçant à toute nouvelle construction. 400 000 mètres carrés sont en effet déjà bâtis dans Elliniko. Le parc, gratuit, serait un lieu de rencontre et devrait attirer plusieurs milliers de visiteurs. Lors d’une journée de présentation de ce projet, tout le monde avouait avec amertume que la seule chose qui empêchait la réalisation de ce parc était le manque de volonté politique. Les résistants vont devoir désormais affronter un nouveau problème : le promoteur immobilier grec Lamda Development vient d’acquérir un tiers des surfaces d’Elliniko et la totalité des parts de la société gestionnaire.

Roxanne Mitralias

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Photos : Oliveraie / © Dimitris V. Geronikos - Jardin autogéré / © Roxanne Mitralias

 

Notes

[1Contractée pour payer les flamboyants JO, des sous-marins qui penchent, ou tout simplement pour remplir le manque à gagner crée par les innombrables niches et exonérations fiscales...


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Source : www.bastamag.net

 

 

 

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Mercredi 9 avril 2014 3 09 /04 /Avr /2014 22:38

 

Source : www.humanite.fr

 

Ce mercredi, la Grèce était en grève générale

Mercredi, 9 Avril, 2014

 


Une grande journée de grève générale et une manifestation rassemblant plusieurs dizaines de milliers de personnes a eu lieu en Grèce à l’appel des syndicats grecs pour protester contre de nouvelles mesures austéritaires.

La Grèce s'est engagée auprès de la troïka, UE, BCE et FMI, à procéder à un nouveau plan de licenciement massif de 11.500 fonctionnaires d'ici fin 2014, via la fusion ou la suppression d'organismes publics.  En outre, un nouveau plan de chômage partiel va frapper les agents de la fonction publique. Ces dernières années, environ 20.000 agents ont déjà été mis au chômage partiel, l'objectif du gouvernement étant d'arriver à 25.000 d'ici fin 2014.

"Non aux licenciements et au chômage partiel, protection des acquis sociaux et des services publics", revendiquait l'Adedy (centrale syndicale du public) dans un communiqué. De son côté la centrale du privé GSEE a appelé les salariés à "résister à la catastrophe sociale" et "réclamer le changement des politiques". "Nous disons +non+ à la rigueur, au chômage et aux conditions de travail moyenâgeuses".

Il s'agissait ce mercredi de la première grève générale de l'année, soutenue par le parti de gauche Syriza. « Après l'écrasement des salaires et des retraites, les licenciements dans le secteur public, la liquidation des services publics et la dévastation du système de santé un protocole honteux vient déréguler le milieu de la pharmacie au profit des fonds d'assurance » dénonce le parti. La plupart des pharmacies étaient d’ailleurs en grève ce mercredi pour cette raison. Les hôpitaux fonctionnaient avec du personnel d'astreinte en raison de la participation des médecins à la grève. Syriza poursuit en listant une nouvelle série de « mesures brutales: nouvelle réduction des retraites complémentaires, nouveau démantèlement des ressources sociales, ouverture des magasins le dimanche... »

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Source : www.humanite.fr

 


 

Ce mercredi, la Grèce était en grève générale

Mercredi, 9 Avril, 2014
Une grande journée de grève générale et une manifestation rassemblant plusieurs dizaines de milliers de personnes a eu lieu en Grèce à l’appel des syndicats grecs pour protester contre de nouvelles mesures austéritaires.

La Grèce s'est engagée auprès de la troïka, UE, BCE et FMI, à procéder à un nouveau plan de licenciement massif de 11.500 fonctionnaires d'ici fin 2014, via la fusion ou la suppression d'organismes publics.  En outre, un nouveau plan de chômage partiel va frapper les agents de la fonction publique. Ces dernières années, environ 20.000 agents ont déjà été mis au chômage partiel, l'objectif du gouvernement étant d'arriver à 25.000 d'ici fin 2014.

"Non aux licenciements et au chômage partiel, protection des acquis sociaux et des services publics", revendiquait l'Adedy (centrale syndicale du public) dans un communiqué. De son côté la centrale du privé GSEE a appelé les salariés à "résister à la catastrophe sociale" et "réclamer le changement des politiques". "Nous disons +non+ à la rigueur, au chômage et aux conditions de travail moyenâgeuses".

Il s'agissait ce mercredi de la première grève générale de l'année, soutenue par le parti de gauche Syriza. « Après l'écrasement des salaires et des retraites, les licenciements dans le secteur public, la liquidation des services publics et la dévastation du système de santé un protocole honteux vient déréguler le milieu de la pharmacie au profit des fonds d'assurance » dénonce le parti. La plupart des pharmacies étaient d’ailleurs en grève ce mercredi pour cette raison. Les hôpitaux fonctionnaient avec du personnel d'astreinte en raison de la participation des médecins à la grève. Syriza poursuit en listant une nouvelle série de « mesures brutales: nouvelle réduction des retraites complémentaires, nouveau démantèlement des ressources sociales, ouverture des magasins le dimanche... »

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Mercredi 9 avril 2014 3 09 /04 /Avr /2014 00:13

 

Source : www.okeanews.fr

 

Grèce : la Cour Suprême inter­dit les camé­ras cachées

Vers un nouveau coup dur pour la liberté de la presse en Grèce ?


Cet article est en accès libre. En savoir plus sur les conditions d'utilisation.

(dernière mise à jour le 8/04/2014 - 18:28)

Après le scan­dale de la vidéo mon­trant le bras droit du pre­mier ministre A. Samaras par­lant avec le porte parole du parti néo­nazi grec Aube Dorée, le ministre de l’ordre public N. Dendias (cité dans la vidéo) aurait demandé à la cour suprême d’agir. C’est désor­mais chose faite, Euterpi Koutzamani, le pro­cu­reur de la Cour suprême a annoncé que les per­sonnes uti­li­sant des docu­ments audio­vi­suels enre­gis­trés illé­ga­le­ment feraient l’objet d’un man­dat d’arrêt d’urgence.

 

*Suite de l'article sur okeanews

 

Source : www.okeanews.fr


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Vendredi 4 avril 2014 5 04 /04 /Avr /2014 19:17

 

 

Source : www.mediapart.fr

Les privatisations s'accélèrent en Grèce

|  Par Amélie Poinssot

 

 

 

Le Taiped, le fonds de valorisation du patrimoine grec créé pour privatiser les biens publics, a tranché : le terrain de l'ancien aéroport d'Athènes, qui comprend en outre une grande partie des installations olympiques de 2004, sera vendu à une société grecque. Depuis quelques mois, le programme des privatisations voulu par la Troïka s'accélère... au risque de définitivement braquer la population.

C'est un vaste terrain de 620 hectares dans l'une des métropoles les plus urbanisées d'Europe : grand comme deux fois Central Park, il longe la côte sur trois kilomètres et demi, avec une vue imprenable sur le golfe Saronique et l'île d'Égine, celle que l'on peut rejoindre depuis Le Pirée en à peine 40 minutes... Le long de la ligne de tramway qui dessert ces quartiers huppés du sud de la métropole athénienne, un parc accueille encore les joggeurs du dimanche et quelques terrains utilisés par les clubs sportifs. Mais la plupart des installations olympiques construites pour les JO de 2004 sur ce gigantesque espace sont en déshérence, tel le circuit de canoë-kayak, à quelques encablures de là, à sec depuis bien longtemps. Au milieu des herbes folles, l'on trouve également les pistes de l'ancien aéroport de la capitale grecque, qui fonctionnait avant les Jeux, jusqu'à l'ouverture du nouveau de l'autre côté du mont Hymette... Côté nord, le terrain est bordé par la longue avenue Vouliagmenis qui conduit au cap Sounio : ici passe le métro, depuis que le rallongement de l'une des trois lignes de la métropole est entré en fonction cet hiver. Un quart d'heure de transport, et vous voilà dans le centre de la capitale.

Ce terrain, situé sur la commune d'Elliniko-Argyroupoli, faisait partie, jusqu'en 2011, du patrimoine public de l'État par l'intermédiaire de la société Elliniko SA. Lundi 31 mars, cette société est passée dans les mains du promoteur immobilier Lamda Development. « C'est un scandale ! s'exclame Fereniki Vatavali, urbaniste à la maire d'Elliniko, mobilisée depuis le début contre la vente de ces terrains. Il n'y a aucune transparence dans la procédure, on ne sait pas comment les décisions sont prises, on ne connaît ni le contenu précis du cahier des charges ni les plans d'urbanisme de l'entreprise. » Jamais les pouvoirs locaux n'ont été consultés sur la reconversion du site, encore moins conviés à la table des négociations avec les investisseurs potentiels. Fereniki Vatavali, jointe par téléphone au lendemain de l'annonce de la vente, ne décolère pas : « Cette privatisation montre l’hypocrisie totale de ce programme : il s'agissait soi-disant de faire venir les capitaux étrangers... Or avec Lamda Development, les décideurs grecs ont en réalité placé l'un des leurs ! »

 

Le terrain d'Elleniko, 620 hectares en bord de mer dans la banlieue sud de la métropole athénienne 
Le terrain d'Elleniko, 620 hectares en bord de mer dans la banlieue sud de la métropole athénienne © dr

 

La société Lamda Development n'est pas une inconnue en Grèce. C'est l'un des plus gros groupes d'investissement foncier d'Europe du Sud-Est, détenu par l'homme d'affaires Spyros Latsis, l'une des plus grandes fortunes grecques (présent aussi dans les secteurs bancaire et pétrolier). Pas de surprise, donc, de voir ce géant se jeter sur le grand marché des privatisations : en 2012, c'est lui qui remporte la première transaction du programme – la concession du centre commercial Golden Hall qu'il avait lui-même construit, dans la banlieue ouest d'Athènes (à l'origine, le bâtiment avait été conçu pour abriter le centre de presse des JO en 2004). La société, dont plusieurs opérations passées, rapportées par la presse grecque, ont été entachées d'irrégularités (dénoncées notamment par le Journal des rédacteurs), participe en outre à la compétition pour le complexe hôtelier de luxe Astir Vouliagmenis, planté sur une avancée sur la mer dans le prolongement d'Elleniko – mais il perd la mise en ce début 2014 dans la dernière phase de la compétition.

Devant l'attribution d'Elleniko à Lamda Development, Fereniki Vatavali dénonce de profondes modifications en cours de route de l'appel d'offres : au départ, l'opération consistait en la concession pour 99 ans d'une majorité des parts de la société d'exploitation Elliniko SA ; par la suite, l'opération s'est transformée en une concession de la totalité des parts, plus la propriété de 30 % du terrain. Autre irrégularité dénoncée par les détracteurs du projet : de nombreux travaux vont rester à la charge de l'État et des collectivités locales. Car d'incontournables aménagements sont nécessaires, en particulier pour acheminer les réseaux en eau et électricité ; et il va falloir déplacer tous les services publics encore présents sur place, notamment une école, un centre culturel, des services sociaux, les bureaux de la mairie, un commissariat de police, un centre de recherche sous-marine, des terrains de sport... Sur la vente de l'ensemble de cet espace, le conseil municipal d'Elliniko-Argyroupoli avait déjà déposé un recours au conseil d'État l'an dernier. Il en prévoit d'autres. Problème, ce genre de procédure est long, et aucune réponse n'a été donnée au premier recours avant la conclusion de la transaction...

 

Elleniko : des terrains à l'abandon et d'anciennes installations olympiques 
Elleniko : des terrains à l'abandon et d'anciennes installations olympiques © Amélie Poinssot

 

De nombreux habitants sont par ailleurs attachés au caractère public de ces espaces et ont mené plusieurs actions de sensibilisation ces deux dernières années, comme une opération plantage d'oliviers sur l'une des friches. Deux collectifs occupent également l'espace : une clinique de médecins bénévoles s'est installée dans des locaux prêtés par la mairie, et un groupe a fait pousser sur une parcelle un potager urbain.

Objectifs revus à la baisse

Qu'importe pour le gouvernement Samaras qui, depuis des mois, annonce sans ciller « la lumière au bout du tunnel », prédit le retour des investisseurs et vante la « success story » grecque : cette transaction, emblématique du programme des privatisations, est un succès. Elle va rapporter 915 millions d'euros à l'État, dont un premier versement, à hauteur de 33 %, doit être déposé dès la signature du contrat – soit 302 millions d'euros, une goutte d'eau pour la dette grecque, actuellement chiffrée à près de 322 milliards d'euros. Le restant dû sera réglé progressivement au cours des dix années qui viennent. Au-delà de la transaction financière, Lamda Development s'est en outre engagé à investir 5,7 millions d'euros pour la reconversion du vaste espace : immeubles de grand standing, bureaux, infrastructures touristiques de luxe, parc urbain et marina sont au programme. Sur son clip de promotion, Lamda affiche le « plus grand parc du monde », on y découvre la « tour résidentielle Marina », un gratte-ciel en bord de mer avec vue imprenable sur la baie. Lamda se vante d'« un nouveau standard de vie »... dans un pays où le pouvoir d'achat moyen a été divisé par deux sous l'effet des politiques d'austérité depuis quatre ans ! Mais la clientèle visée n'est probablement pas la classe moyenne grecque...

L'État grec se sépare donc de ses bijoux de famille, et la liste ne se limite pas à Elliniko. À vrai dire, elle ne cesse de s'allonger. On y trouve – sous forme de cession complète ou de prise de participation – la compagnie des eaux d'Athènes, celle de Thessalonique, les compagnies de gaz et d'électricité, l'exploitation et l'entretien des chemins de fer, l'aéroport international d'Athènes, les aéroports régionaux, des dizaines de ports de province, l'exploitation de monopoles commerciaux, mais aussi un catalogue de 900 biens fonciers et immobiliers, plus ou moins épais...

 

L'ancien aéroport d'Athènes, sur le site d'Elleniko 
L'ancien aéroport d'Athènes, sur le site d'Elleniko © Amélie Poinssot

 

C'est en 2011 que ce programme de privatisations est lancé et confié à une structure ad hoc, le Taiped – Fonds de valorisation du patrimoine de l'État grec : cette société mise en place sous la pression des créanciers du pays, la Troïka (Commission européenne, BCE, FMI), devient de facto la propriétaire d'un immense portefeuille qu'elle doit vendre petit à petit.

Sauf que la réalisation du programme est bien loin d'atteindre son objectif de départ, à savoir combler la dette abyssale du pays, et les chiffres visés sont sans cesse revus à la baisse : l'an dernier, le Taiped ne tablait plus que sur 9,5 milliards d'euros de ventes d'ici à l'an prochain, contre 19 milliards encore officiellement visés quelques mois plus tôt... Et aujourd'hui, le Taiped ne dit même plus officiellement quel est son objectif. « Nous sommes en cours d'évaluation », nous assure-t-on à Athènes. Pour rappel, la cible initiale, telle qu'annoncée en février 2011 par les représentants de la Troïka en visite à Athènes, était de 50 milliards. La nouvelle, sortie de la bouche de Poul Thomson, l'émissaire du FMI, avant même que les autorités du pays n'en touchent un mot, avait alors provoqué un tollé. Depuis cette boulette, la Troïka avait cessé de se plier à l'exercice de la conférence de presse lors de ses missions à Athènes, n'apparaissant qu'au travers de ses « hommes en noir », entrant et sortant des ministères, prenant ses décisions en toute opacité.

Le problème est que l'économie grecque est en récession continue depuis lors, que la Bourse et le marché immobilier se sont effondrés, et que les investisseurs tant attendus par le gouvernement Samaras ne se sont pas bousculés sous le Parthénon. Le contexte apparaît bien peu favorable pour vendre à bon prix les lots dont l'État veut se désengager. En réalité, la politique qui sous-tend ce programme de privatisations n'est pas tant de renflouer la dette publique – opération impossible –, que de libéraliser l'économie. Peu importe, semble-t-il, si le patrimoine est bradé...

Les ventes ont en effet démarré très timidement. En 2012, sur les 3 premiers milliards que l'État devait toucher de ces ventes, seulement 271 millions d'euros rentrent dans les caisses (concession du centre commercial Golden Hall et vente de la société de loterie nationale). En 2013, six transactions sont conclues, pour un montant total de 912 millions d'euros – même si cela reste en deçà des objectifs, on note le départ de la très lucrative société de paris sportifs OPAP ainsi qu'un ensemble de 28 propriétés immobilières, parmi lesquelles des bâtiments ministériels pour lesquels le gouvernement grec va désormais devoir s'acquitter d'un loyer, ainsi que l'exploitation de la baie Aghios Ioannis, grande plage touristique de Chalcidique, une des péninsules encore relativement préservées de la côte nord-est du pays.

Ces derniers mois toutefois, le programme semble passer à la vitesse supérieure. La valse des têtes au sommet de l'institution semble avoir cessé (trois présidents et deux directeurs exécutifs se sont succédé depuis sa création, en raison, notamment, de conflits d'intérêts, mais aussi de fortes pressions politiques venant de l'entourage du premier ministre Antonis Samaras). De nouveaux appels d'offres sont lancés, comme la société de paris hippiques Odie ou encore un magnifique manoir vénitien sur l'île de Corfou, niché dans une forêt de chênes et de pins : Castello Bibelli. Un autre dossier phare des privatisations passe dans sa seconde phase : le réseau ferré Trainose et la société de maintenance Rosco seront prochainement attribués. La SCNF est sur les rangs pour les chemins de fer, en concurrence avec le rail russe et le rail roumain, tandis qu'Alstom s'est positionné pour la maintenance, là aussi en concurrence avec les Russes. Idem pour deux petits ports, celui de l'île de Chios et celui de Pylos, dans le sud du pays : huit investisseurs ont été présélectionnés, la plupart étant des sociétés appartenant à des armateurs grecs déjà leaders dans le tourisme de luxe, comme TEMES SA, propriétaire de Costa Navarino – l'un des plus vastes complexes hôteliers très haut gamme du pays qui occupe une baie entière non loin de Pylos. Enfin, la vente de la compagnie des eaux de Thessalonique est elle aussi entrée dans sa dernière ligne droite. Ont été retenus le français Suez allié au leader grec du BTP Aktor (dirigé par l'incontournable Yorgos Bobolas, à la tête par ailleurs de plusieurs médias grecs), et un consortium israélo-gréco-néerlandais.

Forte mobilisation à Thessalonique

Trois transactions ont en outre été conclues depuis janvier : le luxueux complexe Astir Palace Vouliagmenis avec sa marina, dans l'une des zones les plus chères de la métropole athénienne, à un vol de mouette d'Elliniko (attribué à AGC Partners Jermyn Street, société qui opère entre Londres et le Moyen-Orient et ambitionne de faire de l'endroit un hôtel « 6 étoiles » accompagné d'une vingtaine de résidences de luxe pour la jet-set internationale) ; trois propriétés immobilières de l'État grec qui étaient situées à l'étranger ; et la cession du gazier DESFA pour 400 millions d'euros à la compagnie azerbaïdjanaise Socar. Cette dernière opération attend toutefois l'aval de la Commission européenne qui examine actuellement sa compatibilité avec les règles de concurrence de l'UE.

Si traditionnellement les investisseurs étrangers en Grèce étaient plutôt allemands, britanniques et français, des capitaux arrivent donc désormais d'Asie, de Russie et du Moyen-Orient. Les Chinois notamment se sont montrés intéressés par le rachat de l'actuel aéroport international d'Athènes. Ils avaient déjà acquis en 2008, avant que ne démarre le programme de privatisations, la concession de deux embarcadères sur les trois que compte le port de marchandises du Pirée, via le géant maritime Cosco. Alors que l'un de ces deux embarcadères fonctionne à plein depuis déjà quatre ans, l’aménagement du deuxième est sur le point d'être finalisé. Parallèlement, le Taiped a lancé, début mars, l'appel d'offres pour la gestion de l'ensemble du port – jusque-là dans les mains de l'OLP, les autorités portuaires du Pirée. Nul doute, il s'agit là de casser un bastion syndical, comme cela a déjà été fait dans la partie passée sous le contrôle de Cosco.

 

Chantier naval de Perama, dans la zone portuaire du Pirée, encore sous gestion de l'OLP. 
Chantier naval de Perama, dans la zone portuaire du Pirée, encore sous gestion de l'OLP. © Amélie Poinssot

 

Il faut dire que le Taiped ne se préoccupe guère de considérations sociales. Cette société anonyme, dotée au départ d'un capital de 30 millions d'euros issu de fonds publics, est conseillée par les banques grecques et les plus grandes banques d'investissement du monde (Rothschild, UBS, Crédit suisse, Deutsche Bank, BNP Paribas, Lazard, HSBC, Crédit agricole...) ainsi que par des cabinets juridiques grecs (Karatzas and Partners, Koutalides) et internationaux (Ernst and Young, Baker & McKenzie, Clifford Chance, Happold Consulting...). Chaque opération se fait sous la tutelle de consultants de ces institutions, qui doivent prendre au passage de coquets honoraires... Pour le conseil financier dans la vente d'Elleniko, ce sont les banques Citigroup et Piraeus Bank qui étaient aux manettes. Celles-là même qui ont bénéficié, avec les autres banques du pays, du renflouement de 50 milliards d'euros issu du mémorandum signé entre le gouvernement grec et la Troïka en février 2012...

Le pays est à point pour les juteuses affaires. Le risque de sortie de la zone euro brandi il y a deux ans est écarté, les lois dites « fast track » pour investir plus facilement sont passées, les secteurs de l'économie sont libéralisés les uns après les autres (secteur du lait il y a dix jours ; libéralisation des pharmacies en cours)... Quant aux salaires, ils ont chuté : le Smic grec est plafonné depuis 2012 à 580 euros brut (512 pour les moins de 25 ans) et le taux de chômage dépasse les 27 %.

Si le pays apparaît comme une aubaine pour les investisseurs, de nombreux Grecs ne l'entendent pourtant pas de cette oreille. À Thessalonique, la perspective de la vente de la compagnie des eaux EYATH a suscité une forte mobilisation, à commencer par le maire lui-même, le pourtant libéral Yannis Boutaris, personnalité indépendante soutenue par le Pasok, et entrepreneur qui a fait fortune dans le vin... En octobre dernier, il nous disait : « Je ne crois pas que le secteur public puisse gérer une entreprise, ou alors c'est l'Union soviétique ! En revanche, pour certains secteurs, comme l'eau, c'est différent. L'eau est un bien public, en tant que bien public, elle ne peut pas être vendue. » Dans cette ville du nord de la Grèce, un collectif, « Save the greek water », a lancé une pétition contre la privatisation de l'eau, elle a recueilli 34 000 signatures. Et un vote consultatif sur la question de la vente d'EYATH sera organisé le 18 mai, en même temps que le premier tour des élections municipales et régionales.

 

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Source : www.mediapart.fr

 

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Mardi 1 avril 2014 2 01 /04 /Avr /2014 23:59

 

 

Source : www.okeanews.fr

 

Forte répres­sion de la police lors des mani­fes­ta­tions contre l’austérité en Grèce

Nouvelles violences de la police contre les manifestants à Athènes

 


Cet article est en accès libre. En savoir plus sur les conditions d'utilisation.

 

(dernière mise à jour le 1/04/2014 - 23:58)

 

Plusieurs mil­liers de mani­fes­tants se sont retrou­vés dans le centre d’Athènes pour pro­tes­ter contre les poli­tiques d’austérité néo-libérales du gou­ver­ne­ment, pen­dant que les ministres des finances de l’Union Européenne se retrou­vaient dans la capitale.

 

Charge de la police anti-émeute

Charge de la police anti-émeute

 

Antonis Samaras, le pre­mier ministre grec, a parlé de démo­cra­tie et de liberté dans le dis­cours aux ministres des finances qui s’est tenu au musée de l’Acropole.

Comme d’habitude, le centre d’Athènes était inter­dit aux mani­fes­ta­tions.

Comme d’habitude, des mani­fes­ta­tions ont quand même eu lieu.

Et comme d’habitude, la police anti-émeute (la MAT) et la sec­tion mobile (DELTA) ont usé de la matraque et des gaz lacrymogènes.


Lire la suite : Forte répression de la police lors des manifestations contre l'austérité en Grèce | Okeanews http://www.okeanews.fr/20140401-forte-repression-police-manifestations-contre-lausterite-en-grece#ixzz2xgGbOAnA
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Source : www.okeanews.fr

 

 

 

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Samedi 8 mars 2014 6 08 /03 /Mars /2014 23:33

 

Source : news360x.fr

 


Le Nou­veau Hobby En Grèce : L’arrestation Des Grand-Mères Pour Dettes Envers L’Etat

Par | on 06/03/2014 

 

Le minis­tère grec des finances a un nouveau passe-temps: pour­chas­ser les mamies pour dettes envers l’État ou les fonds d’assurance.

Quelques jours seule­ment après l’arres­ta­tion par la police d’une patiente de 90 ans atteinte de la mala­die d’Alzheimer pour une dette de 5000€ envers l’administration fis­cale d’Athènes, une autre grand-mère de 79 ans s’est retrou­vée dans une cel­lule de déten­tion à Chalkida, en Eubée. Elle y a passé la nuit.

 

alzheimers-patient-arrested

 

La grand-mère se remet­tait d’une opé­ra­tion de pon­tage, quand elle a perdu sa carte d’identité. Quand elle est allée au poste de police local pour deman­der une nou­velle carte, elle a été déte­nue en rai­son d’une dette de 900€ envers un fonds d’assurance. La dette avait aug­menté, pas­sant de 900€ à 5000€, sans doute en rai­son des inté­rêts et des amendes. Selon les lois impo­sées par la troïka, les débi­teurs de dettes de plus de 5000€ peuvent être arrê­tés et pas­ser au tribunal.

La femme âgée avait subi un triple pon­tage deux semaines avant l’incident et sa fille avait demandé sa libé­ra­tion afin que sa mère soit en mesure de pour­suivre son trai­te­ment, mais la police a répondu que ce n’était pas pos­sible et que c’était au pro­cu­reur de décider.

S’adressant à méga TV,  la débi­trice a déclaré que les poli­ciers ont mon­tré un bon com­por­te­ment, mais elle s’est plainte concer­nant les autorités.

«  Je ne savais rien de cette dette. J’ai fait ma décla­ra­tion de reve­nus comme chaque année, je reçois ma pen­sion nor­ma­le­ment. Ils auraient pu  me ren­sei­gner sur cette dette, non ?  » a dit la per­sonnes âgée fra­gile d’une voix faible.

Elle a passé la nuit au poste de police.

La per­sonne âgée et sa fille se demandent pour­quoi elles n’ont jamais été infor­mées de cette dette mal­gré le fait que ces don­nées étaient été connues des autorités.

La per­sonne âgée devrait être tem­po­rai­re­ment libé­rée sur ordre du pro­cu­reur mais confor­mé­ment à la loi, elle devra com­pa­raître devant le tri­bu­nal dans les 48 heures.

A par­tir de la mi-mars, les ser­vices fis­caux pour­ront sai­sir auto­ma­ti­que­ment les comptes ban­caires en rai­son de dettes envers l’État, sans pré­avis au débi­teur, ce qui ne man­quera pas de créer de nou­veaux drames un peu par­tout en Grèce.

Source : Okeanews

 

Source : news360x.fr

 

 

 

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Vendredi 28 février 2014 5 28 /02 /Fév /2014 20:07

 

Source : www.mediapart.fr

 

Grèce : des manifestations contre les licenciements publics

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

 

La Grèce s'est engagée début 2014 à procéder à 11 500 licenciements dans le secteur public pour continuer à bénéficier des tranches d'aides internationales de la “troïka” (UE, FMI, BCE).

Des centaines de fonctionnaires menacés de licenciements ont manifesté vendredi 28 février à Athènes alors que se tenait une nouvelle réunion entre les représentants des principaux bailleurs internationaux (UE, FMI, BCE) du pays.

La Grèce s'est engagée auprès de ses créanciers, UE, BCE et FMI, à procéder à environ 11 500 licenciements en 2014 dans le public. En 2013, Athènes a déjà procédé à 3 500 licenciements dans le public pour réduire les dépenses publiques et bénéficier des nouvelles tranches d'aides internationales.

« Non aux licenciements » était inscrit sur les banderoles des manifestants, rassemblés devant le ministère de la réforme de l'administration avant d'être dispersés par les forces anti-émeutes, selon les médias grecs.

 

Voir l'image sur Twitter

también hoy en Manif Syntagma empleados de la TV pública clausurada ERT .Por visita troika f @dromografos

 

Les manifestants, dont la plupart étaient des employés des ministères, des professeurs et des gardiens des écoles publiques, ont convergé vers le ministère proche des finances où se déroulait une réunion entre les représentants de la “troïka” et les ministres grecs des finances et de la réforme de l'administration.

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 


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Jeudi 13 février 2014 4 13 /02 /Fév /2014 23:28

 

Source : www.lemonde.fr

 

Nouveau record du taux de chômage en Grèce

Le Monde.fr avec Reuters | 13.02.2014 à 13h27 • Mis à jour le 13.02.2014 à 17h00

 
 

Atteignant 28 % en novembre, le taux de chômage en Grèce présente un nouveau record historique. Elstat, l'institut national des statistiques grec, a révisé à la hausse le chiffre d'octobre, alors à 27,7 %. Chez les 15-24 ans, le taux de chômage atteint 61,4 %.

Le taux de chômage grec représente plus de deux fois celui de l'ensemble de la zone euro (12,1 % en novembre). Le nombre de personnes officiellement sans emploi s'élève à 1,38 million de personnes.

Faire baisser sensiblement ce chiffre ne sera pas une tâche aisée, soulignent les économistes, même en cas de reprise économique cette année après six ans de récession. Quand l'économie grecque affichait un produit intérieur brut (PIB) en hausse de 3 % à 5 %, elle créait en moyenne 50 000 emplois par an, a noté Philippos Sachinis, ancien vice-ministre des finances.

 

Source : www.lemonde.fr

 

 


 

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Lundi 10 février 2014 1 10 /02 /Fév /2014 21:13

 

Source : www.reporterre.net

 

En Grèce, des jeunes inventent leur mode de vie

Juliette Kempf (Reporterre)

lundi 10 février 2014

 

 

 

Vivre de terre et de légèreté. C’est ce qu’ont voulu Nikos Kontonikas et Yiannis Papatheodorou. Tous deux nés dans des villes, ils ont choisi de tout quitter pour s’installer sur un terrain inhabité et cultiver la terre. Un projet qui s’est construit bien avant la crise et qui s’écarte fondamentalement de la société qui a amené celle-ci.

 


 

- Vlachia (Grèce), reportage

Nikos Kontonikas et Yiannis Papatheodorou ont chacun grandi et vécu dans des villes, mais n’ont jamais vraiment aimé cela ni pensé qu’ils y resteraient.
En août 2012, pour 20 000 euros, les deux amis achètent ensemble un hectare de terre qui n’a jamais connu d’occupation humaine. Il se situe en Grèce centrale dans le département d’Eubée, immense île séparée du continent par le détroit de l’Euripe, que l’on traverse grâce au pont routier de Chalcis. Le massif forestier dans lequel est nichée leur nouvelle vie plonge dans la mer Egée.

 

 

 

Pour y accéder, nous avons roulé trois heures depuis Athènes. Nous avons laissé Pili derrière nous, village de mille âmes aux nombreuses petites tavernes, puis Vlachia, qui compte une centaine d’habitants, pour grimper jusqu’à l’entrée du terrain de leur ami Andréas, où nous laissons la voiture.

Andréas vit ici depuis plusieurs années, désormais bien installé : deux maisonnettes en paille, une cuisine extérieure en argile, un potager qui les nourrit, lui et sa famille. À partir de là, nous avons marché pendant une vingtaine de minutes sur d’étroits chemins de terre, alternant entre l’ombre des arbres et la puissante lumière estivale de l’après-midi, entourés par une nature aux verts époustouflants. Nous sommes au mois de juillet. À chaque pas l’odeur de sève et des herbes sauvages nous emplit davantage, et fait oublier la ville d’où nous sommes venus.

Nikos a 28 ans. Il me raconte comment il a arrêté d’étudier l’économie pour se consacrer à la recherche d’un mode de vie qui ferait sens pour lui. « Les perspectives que laissaient deviner ces années d’études m’inquiétaient vraiment. » Yiannis a 38 ans et travaillait comme ingénieur dans le bâtiment industriel, cultivant depuis longtemps le désir de s’installer à la campagne et d’y vivre en accord avec son éthique et son environnement. Natalia sa compagne, 28 ans, les a rejoints après avoir fini ses études d’architecture en Angleterre.

Pendant un an, les garçons ont vécu chez Andréas pour préparer leur terrain, qui est composé de parcelles de terre cultivable et de forêt, sur 10 000 mètres carrés de terrasses naturelles suivant le dénivelé de la montagne. Depuis le mois de mai, ils campent chez eux, protégés par les pins, et travaillent toute la journée pour faire émerger de la terre leur projet de vie commun.

Elle est creusée en plusieurs endroits, prête à recevoir les fondations de deux « chambres » de paille qui feront chacune vingt mètres carrés, à demi sur pilotis afin de créer des espaces de rangement. Ces constructions temporaires jetteront les bases du futur. Entre elles, il y aura une cuisine commune de trente mètres carrés, extérieure mais couverte. Un peu plus loin au détour d’un chemin, l’emplacement des toilettes sèches est déjà déterminé, abrité d’un côté, de l’autre s’ouvrant sur un panorama exceptionnel. Une douche de pierres, dont l’eau est réchauffée par le soleil, est joliment enclavée entre quelques arbres. Perchée à plusieurs mètres de hauteur dans un arbre légèrement isolé, une plateforme de méditation.

 

 

Natalia travaille essentiellement au plan des maisons. Les plantes, elle n’y connaît rien. Ce sont Nikos et Yiannis qui s’occupent de ce qu’ils ont planté : un petit verger de citronniers, d’orangers et de mandariniers, et un potager pour les légumes de saison. « Comment nous avons appris ? Grâce aux travaux que nous avons déjà faits, aux personnes que nous avons connues, et par des livres. Mais avant tout par la pratique. »

Ils vont bientôt prendre le statut d’agriculteurs pour des raisons administratives. Pour le moment, l’objectif est d’atteindre une production suffisante pour leur consommation personnelle, puis ils espèrent pouvoir en vendre une partie dans quelques années. Pour gagner un peu d’argent, ils envisagent aussi de faire de l’écotourisme à bas coût, ainsi que de construire des maisons en matériaux naturels, paille ou argile, chez d’autres particuliers. Nikos aimerait développer au maximum le troc avec leur voisinage proche.

Ils démarrent une expérience de culture sans eau, suivant une technique qui est utilisée tout autour de la Méditerranée. L’eau, ils auraient pu l’obtenir par le réseau du village, mais en très petite quantité. Alors ils ont choisi de se raccorder à une source naturelle, à deux kilomètres de là. Officiellement, ils auraient dû demander un permis légal. « On a préféré demander leur accord aux gens du coin, et ils nous l’ont donné. » Le flux qu’il tire est constant mais très faible, et ne déséquilibre pas le rythme naturel de la source. Un panneau solaire leur fournit de l’électricité. Ils envisagent d’en installer davantage, notamment pour pouvoir brancher un petit réfrigérateur à la saison chaude. « Mais rien de gros. Rien qui devrait excéder les véritables besoins. »

On ne cherche pas ici à éteindre et à faire redémarrer la société, mais à choisir consciemment dans ce qu’elle offre. Filtrer le règne de la quantité. Il leur serait notamment utile d’avoir une connexion à Internet, qui aujourd’hui ne vient pas jusqu’à eux. Le fait de « tout créer à partir de zéro » n’était pas forcément attendu dans le projet initial. Ils auraient aussi bien pu restaurer une vieille bâtisse abandonnée. Mais c’est le terrain ici qui les a choisis. Par contre, l’éloignement de la route pour automobiles est un véritable choix.

« Si tu en as une, il est facile de désirer des choses que tu peux apporter. Si tu n’en as pas, tu n’apportes que le nécessaire. »

Cela concerne les choses, mais pas les personnes. Les visiteurs sont toujours les bienvenus, et ils sont nombreux. Au fond de lui, Yiannis aimerait que ce lieu puisse devenir un exemple, un espace pédagogique pour tous ceux qui veulent changer leur mode de vie, mais ne savent pas comment faire. En ce sens leur projet, plutôt que politique, peut avoir un impact sociétal. Bien sûr il aimerait que davantage de monde fasse un choix similaire, mais ça reste rare.

« Et la crise, ou quoi que ce soit, comme Yiannis appelle le phénomène qu’il considère avec distance et une bonne dose d’ironie, ne change pas grand chose à cela. » Selon lui les villages de Grèce ne sont pas reconquis, ainsi que le laisse entendre une jolie rumeur qui court jusqu’à nos contrées occidentales, mais réhabités provisoirement par des jeunes en souffrance économique. « La plupart d’entre eux reviendront quand les choses seront redevenues normales, d’après ce que le système dominant prône comme étant normal. C’est la même histoire qui se répète. Il ne faut pas attendre que le mouvement se généralise. »

Elle est étrange, cette solution. Remettre les pieds sur la terre

 

* Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

 


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