Grèce

Vendredi 11 juillet 2014 5 11 /07 /Juil /2014 21:29

 

 

Source : www.agoravox.fr

 

 

par Enjeux Electriques (son site) vendredi 11 juillet 2014 

La Grèce vend à la découpe son énergie

 

 

 

Enfant terrible de la crise économique européenne, la Grèce n’en finit plus de brader son patrimoine depuis six ans, hypothéquant son avenir. Sous la pression de ses créanciers, le gouvernement hellénique a dû se résoudre à mettre en vente, morceau par morceau, la compagnie publique d’énergie, DEI

Après avoir déjà cédé une bonne part du Pirée, le port d’Athènes, l’Etat grec a reçu le 9 juillet 2014 l’autorisation du Parlement de privatiser un autre bijou de famille : le principal énergéticien du pays, DEI. La situation économique de l’entreprise publique n’est pas brillante, ses dettes sont évaluées à plus de 5 milliards de dollars, l’équivalent de son chiffre d’affaires en 2013.

Des mesures extrêmes

Imposée par la Troïka (la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international), la vente de parts de l’énergéticien hellène n’est pourtant pas une évidence économique et juridique. L’Etat grec ne détient déjà plus que 51% de DEI et sa participation va être ramenée à 20%. En comparaison, l’Etat français reste présent à hauteur de près de 85% chez EDF et de 70% chez GDF Suez, sans que la Commission européenne y trouve à y redire.

La porte-parole du gouvernement, Sophia Voultepsi, a elle-même convenu que « c'est un ordre de l'Union européenne qui est très sévère en matière de concurrence ». De plus, le coût social s’annonce élevé. Les syndicats et une partie de la classe politique ont prévenu que cette vente entraînera « une hausse des prix de l'électricité [...] et une baisse des salaires du personnel ».

Quel bénéfice pour la Grèce ?

Dans les faits, la vente telle quelle de DEI n’est pas acquise. Noyée sous les dettes et peu rentable, il semble décidé de séparer les actifs sains et toxiques de l’entreprise pour la rendre plus présentable auprès d’éventuels investisseurs. D’un côté, les activités rentables (mines de lignite, barrages hydroélectriques, réserves de gaz naturel) devraient être mises aux enchères aux alentours de 2 milliards d’euros, de l’autre, les activités non rentables devraient être conservées par l’Etat. Bref, les pertes seront assumées par les contribuables grecs (et européens via les fonds d’aide de l’UE) tandis que les profits seront privatisés.

Le cas grec est un cas extrême de la libéralisation boiteuse du secteur de l’énergie en Europe. Si une sortie de crise semble aujourd’hui envisageable pour le pays, son avenir économique semble plus qu’incertain, une bonne part des activités porteuses, dont l’énergie, ayant été bradées pour éponger les dettes.

 

 

Source : www.agoravox.fr

 

 

 

 

 


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Mercredi 9 juillet 2014 3 09 /07 /Juil /2014 23:15

 

Source : cadtm.org

 


CADTM

 

Grèce

595 femmes de ménage grecques : 11 mois de lutte acharnée contre le gouvernement et la Troïka

7 juillet par Sonia Mitralias

 


Après 11 mois d’un long et âpre combat, limogées depuis septembre, mises sous statut de "disponibilité », soit licenciées au bout de huit mois, 595 femmes de ménage de la fonction publique sont devenues l’incarnation, le symbole, l’âme, la vie-même de la résistance la plus farouche contre la politique de rigueur en Grèce ! Ces femmes sont devenues tour à tour « sujet politique » et le leadership de toute la résistance actuelle contre la politique de la Troïka, osant affronter un ennemi aussi puissant que le gouvernement grec, la Banque centrale européenne, la Commission et le FMI

Et pourtant, après ces 11 mois de combat, après avoir défié et être devenues l’ennemi principal du gouvernement et de la Troïka, après avoir court-circuité la mise en œuvre des mesures de rigueur, après une présence très médiatisée sur la scène politique, ces femmes de ménage en lutte ne sont toujours pas considérées comme sujet politique par les opposants à l’austérité.

Et pourtant, depuis le début des mesures d’austérités infligées par la Troïka, les femmes ont pris la rue en masse et leurs résistances semblent avoir une dynamique propre toute particulière et riche en leçons politiques.

Durant ces quatre ans de politiques d’austérité qui ont transformé la Grèce en un amas de ruines sociales, économiques et surtout humaines, on n’a parlé que très peu de la vie des femmes et bien sûr encore moins de leurs luttes contre les diktats de la Troïka. C’est donc avec surprise que l’opinion publique a accueilli cette lutte exemplaire faite entièrement par des femmes. Mais est-ce vraiment une surprise ?

Elles ont participé en masse aux 26 grèves générales. Dans le mouvement des indignés, elles occupaient les places, elles campaient, manifestaient. Elles se sont mobilisées en première ligne pour l’occupation et l’autogestion de l’ERT,* Exemplaires, elles étaient l’âme des assemblées des grévistes des administrateurs universitaires dans l’éducation et les universités contre la « disponibilité » c’est-à-dire le licenciement après 8 mois avec 75 % de leur salaire. 25 000 fonctionnaires de l’État, en majorité des femmes, seront concernés par le dégraissage des services publics. Elles constituent aussi l’écrasante majorité (95 %) des volontaires du Mouvement de Solidarité et des dispensaires autogérés qui essayent de faire face à la crise sanitaire et humanitaire.

La participation massive des femmes aux mouvements de résistance contre la destruction de l’État social par les politiques de l’austérité, n’est donc pas une surprise, elle n’est pas due au hasard : d’abord, et nous le savons, la condition des femmes est dans l’œil du cyclone de l’austérité. La destruction de l’État social et des services publics fait exploser leur vie : en tant qu’employées majoritaires dans la fonction publique et en tant qu’usagères principales des services publics, les femmes sont doublement impactées par les coupes de tous genres. Elles ont donc mille raisons pour ne pas accepter la régression historique de leur condition de femmes, qui équivaudrait à un véritable retour au 19e siècle !

C’est vrai que dans un premier temps elles ne se démarquaient pas en tant que « sujet politique femmes », partageant les mêmes revendications et les mêmes formes de luttes avec les hommes dans les mouvements. Elles y étaient nombreuses, c’est tout.

Mais, déjà dans la lutte pionnière contre l’extraction d’or dans la région de Skouries, à Chalkidiki au nord de la Grèce, s’opposant à la société canadienne multinationale « Eldorado », les femmes se sont très vite distinguées par leurs formes de lutte et leur radicalité. Et si la presse et l’opinion publique ignoraient l’incidence de leur identité de genre sur la façon de lutter, la police ne faisait pas autant ! En effet, la police anti-émeute avait ciblé tout particulièrement les femmes, utilisant une répression féroce et sélective pour terroriser toute la population à travers ELLES, pour anéantir toute désobéissance et tout mouvement de résistance. Criminalisées, emprisonnées, elles ont subi des violences humiliantes, aussi sexuelles et… spécifiques à leur corps et à leur…genre !

 

Dans un second temps, les femmes ont exprimé des initiatives et formes de luttes propres à elles.

Tout a commencé quand, pour imposer la partie la plus dure de son programme d’austérité et satisfaire les engagements à l’égard de ses créanciers, le gouvernement a ciblé en toute priorité les femmes de ménage du ministère des Finances, de l’administration fiscale et des douanes. Il les a placées dans le mécanisme de disponibilité déjà depuis fin août dernier, ce qui se traduit par ce qu’elles touchent les trois-quarts de leur salaire de 550 euros pendant huit mois avant qu’elles soient licenciées définitivement. Le gouvernement a suivi exactement la même stratégie qu’à Skouries. L’objectif : s’attaquer d’abord aux plus faibles et les moins susceptibles d’être soutenues…c’est-à-dire les femmes de ménage, pour ensuite faire passer le gros des employés à la trappe, c’est-à-dire aboutir au licenciement des 25 000 fonctionnaires publics !… Et cela dans un moment où les mouvements de résistances étaient saignés à blanc par l’austérité sans fin, étant atomisés, fatigués, extenués, vulnérables…

Il croyait qu’avec « cette catégorie de travailleurs », ces femmes pauvres de « basse classe » touchant des salaires d’à peine 500 euros et, croyait-il, pas très intelligentes (d’où le slogan des femmes de ménage : « Nous ne sommes pas des connasses, nous sommes des femmes de ménages »), il aurait vite fini par les écraser comme des mouches.

Le but étant de privatiser le travail des femmes de ménage pour en faire cadeau aux entreprises privées de nettoyage. Ces sociétés mafieuses connues pour être des champions de la fraude fiscale, réembauchent avec des salaires de 200 euros par mois, soit 2 euros par heure, avec assurance partielle, sans aucun droit du travail, ce qui équivaut à des conditions de semi-esclavage et de galère.

Ces femmes limogées et sacrifiées sur l’autel de l’anthropophagie de la Troïka, ces femmes de 45 à 57 ans, souvent monoparentales, divorcées, veuves, endettées, ayant à leur charge des enfants ou maris chômeurs ou des personnes handicapées, se trouvant devant l’impossibilité de toucher prématurément leur retraite et cela après plus de 20 ans de travail, et dépourvues de toute possibilité de retrouver du boulot, ont alors décidé de ne pas se laisser faire. Elles ont pris leur vie en mains !

Et voilà qu’une poignée de femmes décident de bousculer les routinières formes de lutte des syndicats traditionnels. Quelques-unes prennent l’initiative de s’organiser par et pour elles-mêmes, un noyau des femmes de ménage qui avaient déjà lutté et gagné 10 ans plus tôt pour obtenir des contrats de longue durée. Elles ont travaillé comme des fourmis, tissant patiemment une toile d’araignée à l’échelle du pays…
Et comme ces servantes du ministère des Finances ont été jetées dans la rue et que faire la grève n’a plus de sens dans leur cas, elles ont décidé de faire un mur humain avec leur corps dans la rue, devant l’entrée principale du Ministère des Finances à la Place de « Syntagma », la place devant le Parlement, la place la plus emblématique du pouvoir…
Ce n’est pas un hasard que ce soient des femmes qui ont fait naître des formes de lutte pleines d’imagination. Déconsidérées à cause de leur genre et de leur classe sociale, marginalisées par les syndicats et n’ayant point de liens avec les organisations traditionnelles de la gauche grecque, elles ont dû faire du bruit pour être audibles, pour se faire entendre, elles ont dû se créer une image pour être visibles !

Aux grèves passives, aux journées d’actions éphémères et inefficaces, elles ont substitué l’action directe et collective. Elles misent sur la non-violence, l’humour et le spectaculaire. Avec des couronnes d’épines sur la tête à Pâques, avec la corde passée autour de leur cou devant le siège du parti de la Nouvelle Démocratie, avec de la musique et des danses elles réclament : la réembauche pour toutes et tout de suite ! Tout cela est inédit en Grèce…

 

 

Elles occupent et bloquent l’accès au Ministère, et surtout elles pourchassent les membres de la Troïka quand ils veulent entrer au Ministère (!) les obligeant à fuir en courant et à prendre la porte de service, ensemble avec leurs gardes du corps. Elles affrontent et se battent corps à corps avec les unités spéciales de la police. Tous les jours, elles inventent des nouvelles actions, qui sont reprises par les médias, elles alertent toute la population : en somme elles brisent l’isolement.
Et voici que, ce qui d’habitude était représenté par une statistique sans vie et sans âme, par le chiffre du record du chômage, de la pauvreté, voici que ces « abstractions » s’humanisent, acquièrent un visage, deviennent des femmes en chair et en os, qui en plus ont une personnalité et une volonté politique propre. Elles s’appellent Litsa, Despina, Georgia, Fotini, Dimitra… Et avec leur exemple, leur courage, leur persévérance, leur rage de vaincre, elles redonnent espoir à toutes les victimes de l’austérité…

 

 

Mais attention, les forces antiémeutes brutalisent presque quotidiennement ces femmes, pour l’exemple, car leurs patrons craignent la contagion. Et c’est toute la Grèce qui assiste au triste spectacle de ces femmes souvent âgées qui, jour après jour, sont piétinées, maltraitées et blessées par des Rambos de la police, qui auraient pu être leurs fils ! Et pourquoi ? Parce que c’est la Troïka elle-même qui veut les abattre, parce qu’elles sont l’exemple à imiter par tous les opprimés, parce elles sont à la pointe de la contestation anti-austérité, non seulement en Grèce mais partout en Europe. Parce que leur lutte peut devenir contagieuse…
Plus que jamais, le combat de ces 595 femmes de ménage héroïques est le nôtre. Ne les laissons pas seules. Elles se battent pour nous, battons-nous pour elles. Organisons la solidarité européenne et mondiale !

 

 

 

Source : cadtm.org

 

 

 

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Mardi 20 mai 2014 2 20 /05 /Mai /2014 23:32

 

 

Source : www.bastamag.net

 

 

 

Privatisation

Un référendum sur le droit à l’eau interdit en Grèce

par Ivan du Roy 20 mai 2014

 

 

 

Le 18 mai, Thessalonique, dont l’agglomération dépasse un million d’habitants, devait voter pour ou contre la privatisation de son eau. Ce référendum populaire consultatif devait se tenir en même temps que les élections locales. Son organisation était soutenue par onze maires de l’agglomération, dont celui de Thessalonique. Qu’importe ! Le gouvernement grec du conservateur Antònis Samaràs a déclaré la consultation illégale.

C’est la « Troïka » – FMI, Banque centrale européenne et Commission européenne – qui exige de la Grèce de privatiser la gestion de l’eau dans les deux plus grandes villes du pays, Athènes et Thessalonique. L’entreprise qui gère la distribution de l’eau à Thessalonique (EYATH) est déjà une société anonyme. Elle reste cependant contrôlée par l’Etat à 51%, qui doit donc vendre sa participation. Plusieurs municipalités de l’agglomération ont proposé de racheter les parts de l’État grec. En vain. Un collectif de syndicats et de citoyens ont tenté de participé à l’appel d’offre, via un réseau de coopératives d’usagers : chaque habitant de la ville aurait acquis une part du service de l’eau, pour un montant de 136 euros par logement connecté au réseau. D’où le nom donné à cette mobilisation, « l’initiative 136 » [1]. L’appui d’« investisseurs éthiques » internationaux et des acteurs de la finance solidaire pour aider les résidents à acquérir leur part était même envisagé. En vain.

« Right2Water » : la Commission européenne méprise les citoyens

Ce sont au contraire deux entreprises privées qui sont, pour l’instant, sur les rangs : la société israélienne Mekorot et la française Suez environnement, associée à un groupe de BTP grec. Suez détient déjà 5% des parts d’EYATH. Les entreprises sont en négociation avec l’agence spéciale en charge du programme de privatisations grecques, qui n’est soumise à aucune forme de supervision parlementaire (lire ici). « Thessalonique a des besoins en infrastructures d’eau et d’assainissement importants nécessitant des investissements chiffrés par le management de Thessalonique. Des chiffres de l’ordre de 250 millions d’euros sont évoqués », fait valoir la direction de Suez, contactée par notre Observatoire des multinationales. Par la voix de Diane d’Arras, directrice adjointe Eau Europe de Suez, l’entreprise promet la création de 2 000 à 4 000 emplois et de transformer EYATH en « opérateur de premier rang au niveau mondial ». Les opposants à la privatisation craignent une augmentation drastique de l’eau.

En attendant, comme s’il fallait justifier sa privatisation, le service de l’eau est laissé quasiment à l’abandon. Selon les syndicats, l’effectif d’EYATH serait passé de 700 à 235 employés, faute de remplacement des départs à la retraite. La compagnie ne disposerait plus aujourd’hui que de onze plombiers pour plus de 2 300 kilomètres de canalisations !

A l’automne dernier, l’initiative citoyenne européenne sur le droit à l’eau et contre la privatisation, « Right2Water », annonçait avoir recueilli suffisamment de signatures – 1,9 million dans toute l’Union – pour obliger les institutions européennes à se saisir du dossier. C’est la première fois que cette nouvelle procédure participative, introduite par le traité de Lisbonne, est mise en œuvre avec succès (lire aussi ici). La Commission a donc été obligée de reconnaître que l’eau est un « bien public » et qu’il revient aux collectivités locales d’assumer la responsabilité ultime de ce service. En totale contradiction avec ce qui se passe aujourd’hui à Thessalonique. Malgré l’interdiction du ministère de l’Intérieur, le référendum a malgré tout été organisé, devant les bureaux de vote. Les municipalités ont fourni les listes électorales. Selon les premiers dépouillements, le résultat serait de 98% contre la privatisation de l’eau (voir les résultats ici).

Lire également notre enquête : Privatisations forcées en Grèce : Suez convoite l’eau d’Athènes et de Thessalonique.

 

Notes

[1Lire ici (en anglais).

 

 


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Source : www.bastamag.net

 

 

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Mardi 22 avril 2014 2 22 /04 /Avr /2014 13:41

 

Violences néo-nazies sur les touristes en Grèce et autres nouvelles.

 



Ante-scriptum : suite à un incident informatique, j'ai perdu quelques courriels auxquels je n'ai pu répondre. Si vous n'avez pas reçu de réponse à l'un de vos messages, merci de me le renvoyer à yannis@youlountas.net et d'ajouter en second destinataire maud@nevivonspluscommedesesclaves.net pour être sûrs de ne pas passer à côté. Avec toutes mes excuses pour le contretemps !


Salut à tou-te-s,

Un petit bonjour depuis MARINALEDA, un village en utopie entre Séville et Jerez, au sud de l'Espagne, où le film "Ne vivons plus comme des esclaves" continue son petit bonhomme de chemin et participe à la convergence et à la globalisation des luttes. Le constat est le même d'un bout à l'autre de l'Europe : on ne renversera le cours des choses qu'ensemble et on n'arrivera à étendre la mobilisation qu'en montrant partout les alternatives en marche et en multipliant les Exarcheia et les Marinaleda. La joie de nous retrouver est palpable. Les sourires s'étirent dans la nuit chaude. La résignation n'a pas sa place ici. On trinque à vous tou-te-s qui brûlez de faire de même en France et ailleurs. Viennent le temps des cerises et la fête au berceau d'un autre monde.

Pour commencer avec humour les nouvelles, voici un CANULAR "VIVONS COMME DES ESCLAVES !" qui résume bien la situation :
http://www.youtube.com/watch?v=Lk2QWl9Bq3U

Beaucoup moins drôle : les VIOLENCES NÉO-NAZIES SUR LES TOURISTES À L'AÉROPORT D'ATHÈNES se multiplient, sans que le gouvernement grec n'intervienne pour l'instant. Malgré les nombreuses lettres de protestation depuis plusieurs mois, ni l'ambassade de Grèce en France, ni le ministère français des affaires étrangères n'a daigné répondre. Une victime et sa famille ont accepté de témoigner ci-dessous (vidéo de 3mn) :
https://www.youtube.com/watch?v=n_nqIdJCaPo

Si vous voulez en savoir plus sur la nouvelle stratégie d'Aube dorée qui va bientôt s'appeler « Aube nationale », vous trouverez un article dans le numéro d'avril de SINÉ MENSUEL, ainsi qu'un entretien dans CASSANDRE/HORSCHAMP (excellent numéro sur les nouveaux rapports entre arts et politique). En résumé, le Front national fait des émules en Europe et beaucoup de mouvements néo-fascistes plongent leurs pattes dans la farine pour mieux rouler les naïfs… Ce sera également le sujet principal des débats que j'animerai après les projections spécifiques du film à PARIS (7 mai, avec les proches de Clément Méric, dans leur café à Ménilmontant, suivi d'un concert du rappeur Adam l'ancien, interprète en français du répertoire de Pavlos Fyssas alias Killah P), à ORLY (le 9 mai, avec la Ligue des Droits de l'Homme), à ORANGE (13 mai, où le sinistre Bompard a été réélu dès le premier tour), à LYON (16 mai, à la MJC Léo Ferré dans le vieux quartier St-Jean infesté d'identitaires et de néo-nazis) et à HÉNIN-BAUMONT (mi-juin, où le maire FN essaie déjà d'éliminer tout ce qui le dérange). Bref, nous ne nous laisserons pas intimider, continuerons à aller partout et comptons beaucoup sur votre présence. Détails ici :
http://nevivonspluscommedesesclaves.net/spip.php?article30&lang=fr

Objet d'étude made in Groland, « le nazillon des neiges » :
http://www.canalplus.fr/c-divertissement/pid1787-c-groland.html?vid=1021774

A l'instar de l'affaire des violences à l'aéroport d'Athènes, en France aussi, certaines plaintes ou doléances restent lettres mortes. Notamment la pétition MENACE SUR L'AGORA : DES MAIRES CONTINUENT D'INTERDIRE DE DIFFUSER DES TRACTS SUR LES MARCHÉS ! Un an après, toujours aucune réponse ni de projet de loi du gouvernement. Des maires continuent à se croire tout-puissants en privant de liberté d'expression des habitants durant les marchés. Un second dossier sera déposé prochainement sur le bureau du nouveau premier ministre. Des actions juridiques sont envisagées, jusqu'au niveau européen si nécessaire. Pour continuer à signer et faire signer la pétition en ligne :
http://www.netoyens.info/index.php/contrib/24/10/2012/menace-sur-l-agora

A Rodez, la clinique St-Louis reprise en coopérative par les anciens salariés :
http://www.frituremag.info/Home-Page/A-Rodez-la-clinique-Saint-Louis.html

Certaines projections-débats du film promettent d'être plus délirantes que d'autres, notamment notre tournée en BELGIQUE du 4 au 6 mai (Namur, Liège, Bruxelles), avec la participation de NOËL GODIN, Pape des entarteurs, et ALESSANDRO DI GIUSEPPE, Grand-prêtre de l'Eglise-de-la-Très-Sainte-Consommation. Avis aux spectateurs belges : chaud devant !
http://www.dailymotion.com/video/x14rp67_les-attentats-patissiers-par-l-entarteur-belge-noel-godin_webcam

Les mass-médias européens ne sont plus à un mensonge près quand il s'agit de la situation en Grèce : contresens, déformations, mensonges par omission… A fortiori en période électorale, surtout européenne ! Ce serait carrément risible si la réalité n'était pas si dramatique. Bien que nous ne soyons pas forcément d'accord sur tout, je ne peux que recommander la réponse cinglante de l'ami économiste Franco-Grec GABRIEL COLLETIS aux ANNONCES MENSONGÈRES CONCERNANT LA PSEUDO EMBELLIE SOCIO-ÉCONOMIQUE GRECQUE :
http://blogs.mediapart.fr/blog/gabriel-colletis/160414/la-grece-ne-veut-pas-mourir-guerie

Le nombre de YAYAS (« GRANDS-MÈRES » EN GREC) JETÉES EN PRISON pour « impayés excessifs » n'a cessé d'augmenter ces dernières semaines, jusqu'à la bronca générale de la population. Même atteintes d'Alzheimer, même après un pontage cardiaque, même avec un conjoint centenaire, elles étaient enfermées une nuit ou plus au cachot, comme n'importe quel mauvais payeur actuellement en Grèce, dès que la somme dépasse 5000 € (règles imposées par le ministère des finances sur les conseils de la troïka).

L'ancien aéroport d'Athènes vient d'être vendu pour une bouchée de pain à un consortium regroupant des hommes d'affaires grecs, chinois et d'Abou Dabi. 915 millions d'euros seulement, pour plus de 60 hectares dans l'une des zones les plus riches au sud d'Athènes avec, en prime, plus de trois kilomètres au bord de la mer, sur les emplacements désaffectés des Jeux Olympiques 2004. Le projet ? Des hypermarchés, des centres d'affaires, des hôtels de luxe… Oui, mais il y a un os ! Le lieu est devenu une zone à défendre, avec un hôpital autogéré, des jardins partagés, des squats et autres occupations ! ENCORE UNE ZAD SOLIDAIRE ET CRÉATIVE QUI DÉFIE LES INTÉRÊTS DES PUISSANTS ! Marre des utopistes, n'est-ce pas messieurs les ministres et les investisseurs ?

Si de plus en plus de Grecs se séparent de leur télé depuis plusieurs mois, parfois de façon très drôle, un symbole fait néanmoins exception. C'est ERT, l'ancien groupe de radio et télévision publique qui, supprimé par le gouvernement, a non seulement migré pour résister sur Internet, en streaming, mais surtout fonctionne désormais de façon indépendante et en autogestion, avec des programmes beaucoup plus subversifs. Ce 14 avril à 16h, à la demande du public grec, Ne vivons plus comme des esclaves a d'ailleurs été diffusé pour la quinzième fois sur ERT ! Mais les circonstances restent difficiles. LE GOUVERNEMENT GREC CONTINUE DE HARCELER LES SOURCES D'INFORMATION INDÉPENDANTE : radios pirates pourchassées, serveurs de sites internet coopératifs saisis, intimidations sur des journalistes insoumis, expulsion des irréductibles d'ERT de leur locaux le 7 décembre dernier et, maintenant, suppression ce 13 avril des lettres géantes sur la façade de l'immeuble qui était le siège d'ERT depuis 1970.
http://www.ertopen.com/eidiseis/item/18769-kyriakh-twn-baiwn-xhlwsan-thn-istorikh-epigrafh-ths-ert#.U1Boa6kTFHK
Coluche disait : « La dictature, c'est ferme ta gueule, la démocratie, c'est cause toujours ». La Grèce n'est-elle pas en train de basculer ?

Déjà, durant le tournage du film, nous avions dû protéger nos rushes en raison de plusieurs tentatives d'intimidation, dont une agression. Quelques mots à ce sujet ici :
http://www.youtube.com/watch?v=VQMMY5FeMiY
D'où notre émotion de voir le film continuer à tourner en Algérie au cœur d'une situation très tendue. A ce propos, après Alger, Montréal, Turin et Buenos Aires, l'une des prochaines destinations sera le festival de Bogota en Colombie. Une tournée avec la version catalane est également prévue fin mai à Barcelone et aux environs, puis au Chiapas à l'automne. La version catalane est disponible ici (merci à Núria Mitjans et au collectif x-pressed) :
http://www.x-pressed.org/?xpd_article=lets-not-live-like-slaves&lang=ca
Voici également la version italienne, peaufinée par l'ami Sergio Ghirardi (auteur du remarquable livre Nous n'avons pas peur des ruines, éditions l'Insomniaque, 2003) qui nous a également accompagné en Italie début avril :
http://www.x-pressed.org/?xpd_article=lets-not-live-like-slaves&lang=it

Autre sujet qui nous tient à cœur : sachez que les COMPTES de Ne vivons plus comme des esclaves sont à l'équilibre. Et que NOUS AVONS DÉJÀ VERSÉ PLUS DE 4000 € EN GRÈCE (film à but non lucratif). Merci encore à tou-te-s d'avoir rendu possible cette aventure passionnante et solidaire. Tous les détails ici :
http://nevivonspluscommedesesclaves.net/IMG/pdf/Comptes_film_au_21_mars_2014_pour_site_rubrique_souscription_de_soutien.pdf

Certains d'entre vous envisagent un SÉJOUR À ATHÈNES et nous ont demandé les coordonnées de l'espace social libre Nosotros :
66, rue Themistokleous à Exarcheia (juste à côté de la place, allez-y plutôt en fin de journée et n'hésitez pas à dire que vous venez de notre part).
http://www.nosotros.gr/langswitch_lang/en/
Un hôtel pas trop cher et pas loin du tout :
Juste en face du Nosotros, au 55 de la même rue, il y a l'hôtel Exarchion, qui peut servir de point de départ avant de faire connaissance…
http://www.exarchion.com ou tél. 00 30 21 03 80 07 31 (ils parlent anglais).
Certains d'entre vous souhaitaient également savoir de quels types de MÉDICAMENTS on a surtout besoin à Exarcheia. Voici une liste détaillée qui vient d'être mise à jour :
http://nevivonspluscommedesesclaves.net/IMG/pdf/Besoin_en_me_dicaments_de_la_structure_me_dicale_autoge_re_e_d_Exarcheia.pdf
Quant à l'adresse de Mikropolis à THESSALONIQUE : 18, rue Vas. Irakleiou (au croisement de l'avenue Venizelou).
http://micropolis-socialspace.blogspot.fr/2009/04/blog-post.html
Il existe beaucoup d'autres lieux que vous découvrirez sur place, en commençant par les plus connus… Bonne route !

Un guide utile si vous partez (ou l'un de vos proches) : le livre EXARCHEIA LA NOIRE VIENT D'ÊTRE RÉÉDITÉ AVEC 20 PAGES DE PLUS ET ACTUALISÉ (seul livre en français sur le sujet). Disponible ici, toujours au profit des initiatives solidaires en Grèce :
http://nevivonspluscommedesesclaves.net/IMG/pdf/bon_de_commande_printemps_2014.pdf

Pour parler de vive voix de tout ça et de bien d'autres choses, et pour voir ou revoir le film dans des conditions « cinéma », voici nos projections-débats du mois à venir :
21/04 SEVILLE, 22/04 MARINALEDA (Espagne), 23/04 JEREZ (Espagne), 24/04 GRAMAT (46), 25/04 AMBERT (63), 26/04 LE-PUY-EN-VELAY (43), 27/04 BEAUMONT (63), 02/05 TOULOUSE, 04/05 NAMUR (Belgique), 05/05 LIÈGE (Belgique), 06/05 BRUXELLES, 07/05 PARIS, 09/05 PARIS puis ORLY (94), 10/05 PARIS, 11/05 BERRE-L-ÉTANG (13), 12/05 MARSEILLE, 13/05 ORANGE (84), 14/05 TOULOUSE, 15/05 RODEZ (12), 16/05 LYON, 17/05 ST-ETIENNE, 21/05 PONT-AUDEMER (27), 22/05 CAEN (14), 28/05 au 01/06 BARCELONE (…)
http://nevivonspluscommedesesclaves.net/spip.php?article30&lang=fr
Contact programmation : maud@nevivonspluscommedesesclaves.net
Merci de faire suivre. Le bouche à oreille, c'est mieux que le lavage de cerveau des JT ! Et les médias alternatifs, mieux que les médias de masse !

Bon, je la remets en veilleuse ! À la prochaine, QUE NO VIVAMOS COMO ESCLAVOS et BANZAÏ !

Yannis
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Vendredi 11 avril 2014 5 11 /04 /Avr /2014 00:26

 

 

Source : www.bastamag.net

 

Athènes : l’ancien aéroport transformé en un champ d’expérimentations alternatives

par Roxanne Mitralias 10 avril 2014

 

 

 

 

L’ancien aéroport d’Athènes, abandonné depuis 2001, est devenu un terrain d’expérimentations sociales et écologiques : dispensaire et épicerie solidaires, jardin autogéré, oliveraie « participative » de plus de 2 000 arbres ont trouvé refuge sur cet immense espace. Mais l’État grec vient de vendre le terrain à un promoteur immobilier. Dont le projet de luxueuse zone touristique est incompatible avec les alternatives qui ont fleuri. Devront-elles céder la place à une résidence pour nouveaux riches ?

L’ancien aéroport d’Athènes est coincé entre mer et montage. Niché parmi des quartiers résidentiels du sud de l’agglomération, il a été abandonné en mars 2001 au profit d’un aéroport plus grand et neuf installé sur la plaine fertile du Nord de la ville. Ce terrain de 623 hectares a également servi aux Jeux Olympiques de 2004. Sur cet espace, aujourd’hui entouré de barbelés et gardé par des entreprises de sécurité, se construisent depuis plusieurs années les résistances et les initiatives d’une ville en crise.

Elliniko est un filet, comme on dit en grec pour qualifier un terrain convoité. Malgré cela, « les installations sportives, les bâtiments construits à l’occasion des Jeux Olympiques de 2004 et même des hangars construits pour accueillir des expositions, ont été sciemment laissées à l’abandon par les différents gouvernements », déplore Nikos Belavilas, professeur émérite d’urbanisme à l’Ecole Polytechnique. Les pouvoirs publics avaient pourtant promis qu’un parc « métropolitain » devait voir le jour sur cette immense friche.

Les raisons ne manquent pas : la capitale grecque est une ville tentaculaire qui compte près de la moitié de la population grecque (entre 4 et 5 millions d’habitants). Elle fut construite suite à l’énorme exode rural d’après-guerre. « Athènes compte le moins d’espaces verts par habitant au mètre carré en Europe », indique Natassa Tsironi, architecte et militante de l’Initiative pour un parc métropolitain à Elliniko. Mais, les uns après les autres, les différents gouvernements ont repoussé la réalisation de ce « poumon vert » d’Athènes, en aiguisant la convoitise des promoteurs.

Liquidation des biens publics, bradés au plus offrant

Dans le but d’augmenter ses recettes, l’État grec cherchait à se séparer des terres de Elliniko : plus de 600 hectares, avec 480 bâtiments, sans oublier la plage, le port de plaisance et les antiquités qui s’y trouvent. Le tout pour moins d’un milliard d’euros. « L’équivalent de la vente de 100 à 300 villas luxueuses avec vue sur mer », note Nikos Belavilas lors d’une réunion publique en faveur du parc métropolitain. Mais la vente de l’ancien aéroport d’Athènes à Spyros Latsis, plus grande fortune grecque, par le biais d’une « caisse des dénationalisations », nommée Taiped, s’inscrit dans un processus plus large. Pour rembourser les intérêts d’une dette jugée illégitime par une grande partie de la population grecque [1], la Troïka (Commission européenne, FMI et banque centrale européenne) oblige à vendre le patrimoine du pays (lire notre enquête).

« Le gouvernement et les promoteurs immobiliers souhaitent la construction d’une riviera pour accueillir les nouveaux riches de ce monde », s’insurge Panos Totsikas, militant et urbaniste. « Ils rêvent de milliers de logements privés, de centres commerciaux et de casinos, d’hôtels de luxe et de ports de plaisance pour les yachts. » Un sort qui n’est pas réservé uniquement à Elliniko : désormais 60 km de littoral, du cap Sounion au port d’Éleusine, sont concernés. Selon Michalis Mbourgos, ingénieur et militant écologiste, on ne peut pas comprendre ce processus sans le lier aux attaques contre les droits sociaux : « L’objectif des investisseurs est de maximiser les profits : sans réglementation et compensation environnementale, l’exploitation de certaines ressources dévient profitable. A cela il faut ajouter la baisse du coût d’une main d’œuvre très qualifiée ».

Résistances, d’Elliniko à Notre-Dame-des-Landes

Pour les résistants d’Elliniko et les quatre mairies limitrophes qui s’opposent à ce projet, les arguments ne manquent pas. Ils craignent un impact défavorable sur l’économie fragile du quartier, sur le marché immobilier qui pourrait s’effondrer comme en Espagne, ou sur l’environnement terrestre et marin déjà fortement impacté par l’urbanisation. Certains économistes inquiets face à l’ampleur du projet gouvernemental, évoquent aussi le problème de la dette qui risque d’augmenter quand l’État devra assumer les investissements colossaux nécessaires pour l’achèvement de cette riviera athénienne.

Mais pour Natassa Tsironi, riveraine, présente à Notre-Dame-des-Landes lors du Forum européen des grands projets inutiles, il ne faut pas céder à la propagande gouvernementale : « C’est toujours la même chose, que ce soit à Notre-Dame-des-Landes, à Iérissos [lieu d’une importante lutte contre des mines d’or dans le nord de la Grèce, ndlr] ou à Elliniko : on nous sert l’argument de l’emploi. Pour quelques postes précaires, mal payés et incertains, nous devrions accepter de détruire les emplois déjà existants, et de sacrifier les communs gratuits et accessibles à tous… Après, il ne nous restera rien ! »

Alternatives agricoles et sociales

Plusieurs structures de solidarité ont trouvé refuge sur cet immense espace. Le dispensaire « métropolitain » de santé et l’épicerie solidaire tentent de combler provisoirement les besoins sanitaires et alimentaires d’une population de plus en plus pauvre. Un peu plus loin, on découvre une oliveraie qui compte plus de 2 000 arbres plantés et arrosés avec le soutien de la mairie, des citoyens et des écoles des communes limitrophes. « Le but est d’occuper les terres autrement, et d’impliquer les riverains, explique Panos Totsikas. On espère pouvoir recommencer à planter des arbres, mais on manque de terres, les entreprises de sécurité nous mettent des bâtons dans les roues ».


Le « Jardin autogéré de Elliniko » que l’on découvre près d’une ancienne base militaire américaine, est encore plus ambitieux. « Nous avons voulu occuper les terres et leur donner une nouvelle fonction. Les cultiver pour retrouver nos racines paysannes. Et plus d’autonomie économique et alimentaire dans la vie citadine, dans le cadre de l’économie sociale et solidaire », explique Kostas, qui est au potager presque tous les jours. L’expérience est frappante : en poussant la porte d’entrée, c’est dans un petit paradis de légumes que l’on entre. « Ici nous travaillons sans hybrides. Enfin on essaye ! La tomate vient de l’Attique, c’est une variété d’ici, elle est très bonne et productive ».

Sur cette ancienne friche de 2 500 m2, les différentes variétés et espèces cultivées côtoient la flore sauvage et les gravats : de l’ail des ours, des herbes aromatiques, des carottes et des aubergines, des haricots verts et quelques épis de maïs. Tester les méthodes alternatives, « cela va de soi, cela fait partie du même projet politique. On fait de l’agroécologie, on teste l’empaillage et les variétés locales, sans engrais et sans pesticides », affirme Panagiota Maltezou, porte-parole du jardin autogéré et agronome de formation.

Construire un espace vert, lieu de rencontre et de créativité

Cultiver la terre, même en ville, semble être un casse-tête. Accueillir des animaux pour avoir du bon fumier, trouver des semences et des plants fiables, installer des ruches... « Il faut que quelqu’un s’en occupe tous les jours », avoue Kostas. Mais faire « paysan sans terres et sans débouché » n’est pas dans ses projets, malgré ses trois années de chômage. La situation est devenue compliquée, dans un pays où la formation et le conseil agricole se désintègrent, où le gouvernement oriente les nouveaux agriculteurs vers des projets sans lendemain, et où les circuits de proximité restent peu fiables.

Dans un ultime effort pour convaincre les pouvoirs publics, le collectif des habitants a commandité auprès d’un laboratoire de recherche de l’Ecole Polytechnique une étude pour évaluer la faisabilité du « parc métropolitain ». Avec un coût d’investissement très faible, financé par les revenus de certaines installations existantes, le parc métropolitain pourrait ouvrir ses portes immédiatement, et dans dix ou vingt ans être complètement fonctionnel.

L’idée : conserver et améliorer les installations existantes, y implanter des musées, des théâtres, des lieux artistiques et des centres de formation et de recherche, en valorisant les bâtiments administratifs existants et les équipements sportifs. Évidemment, l’objectif est d’augmenter les espaces verts arborés, et d’accueillir des cultures en privilégiant des variétés locales, et en renonçant à toute nouvelle construction. 400 000 mètres carrés sont en effet déjà bâtis dans Elliniko. Le parc, gratuit, serait un lieu de rencontre et devrait attirer plusieurs milliers de visiteurs. Lors d’une journée de présentation de ce projet, tout le monde avouait avec amertume que la seule chose qui empêchait la réalisation de ce parc était le manque de volonté politique. Les résistants vont devoir désormais affronter un nouveau problème : le promoteur immobilier grec Lamda Development vient d’acquérir un tiers des surfaces d’Elliniko et la totalité des parts de la société gestionnaire.

Roxanne Mitralias

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Photos : Oliveraie / © Dimitris V. Geronikos - Jardin autogéré / © Roxanne Mitralias

 

Notes

[1Contractée pour payer les flamboyants JO, des sous-marins qui penchent, ou tout simplement pour remplir le manque à gagner crée par les innombrables niches et exonérations fiscales...


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Source : www.bastamag.net

 

 

 

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Mercredi 9 avril 2014 3 09 /04 /Avr /2014 22:38

 

Source : www.humanite.fr

 

Ce mercredi, la Grèce était en grève générale

Mercredi, 9 Avril, 2014

 


Une grande journée de grève générale et une manifestation rassemblant plusieurs dizaines de milliers de personnes a eu lieu en Grèce à l’appel des syndicats grecs pour protester contre de nouvelles mesures austéritaires.

La Grèce s'est engagée auprès de la troïka, UE, BCE et FMI, à procéder à un nouveau plan de licenciement massif de 11.500 fonctionnaires d'ici fin 2014, via la fusion ou la suppression d'organismes publics.  En outre, un nouveau plan de chômage partiel va frapper les agents de la fonction publique. Ces dernières années, environ 20.000 agents ont déjà été mis au chômage partiel, l'objectif du gouvernement étant d'arriver à 25.000 d'ici fin 2014.

"Non aux licenciements et au chômage partiel, protection des acquis sociaux et des services publics", revendiquait l'Adedy (centrale syndicale du public) dans un communiqué. De son côté la centrale du privé GSEE a appelé les salariés à "résister à la catastrophe sociale" et "réclamer le changement des politiques". "Nous disons +non+ à la rigueur, au chômage et aux conditions de travail moyenâgeuses".

Il s'agissait ce mercredi de la première grève générale de l'année, soutenue par le parti de gauche Syriza. « Après l'écrasement des salaires et des retraites, les licenciements dans le secteur public, la liquidation des services publics et la dévastation du système de santé un protocole honteux vient déréguler le milieu de la pharmacie au profit des fonds d'assurance » dénonce le parti. La plupart des pharmacies étaient d’ailleurs en grève ce mercredi pour cette raison. Les hôpitaux fonctionnaient avec du personnel d'astreinte en raison de la participation des médecins à la grève. Syriza poursuit en listant une nouvelle série de « mesures brutales: nouvelle réduction des retraites complémentaires, nouveau démantèlement des ressources sociales, ouverture des magasins le dimanche... »

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Source : www.humanite.fr

 


 

Ce mercredi, la Grèce était en grève générale

Mercredi, 9 Avril, 2014
Une grande journée de grève générale et une manifestation rassemblant plusieurs dizaines de milliers de personnes a eu lieu en Grèce à l’appel des syndicats grecs pour protester contre de nouvelles mesures austéritaires.

La Grèce s'est engagée auprès de la troïka, UE, BCE et FMI, à procéder à un nouveau plan de licenciement massif de 11.500 fonctionnaires d'ici fin 2014, via la fusion ou la suppression d'organismes publics.  En outre, un nouveau plan de chômage partiel va frapper les agents de la fonction publique. Ces dernières années, environ 20.000 agents ont déjà été mis au chômage partiel, l'objectif du gouvernement étant d'arriver à 25.000 d'ici fin 2014.

"Non aux licenciements et au chômage partiel, protection des acquis sociaux et des services publics", revendiquait l'Adedy (centrale syndicale du public) dans un communiqué. De son côté la centrale du privé GSEE a appelé les salariés à "résister à la catastrophe sociale" et "réclamer le changement des politiques". "Nous disons +non+ à la rigueur, au chômage et aux conditions de travail moyenâgeuses".

Il s'agissait ce mercredi de la première grève générale de l'année, soutenue par le parti de gauche Syriza. « Après l'écrasement des salaires et des retraites, les licenciements dans le secteur public, la liquidation des services publics et la dévastation du système de santé un protocole honteux vient déréguler le milieu de la pharmacie au profit des fonds d'assurance » dénonce le parti. La plupart des pharmacies étaient d’ailleurs en grève ce mercredi pour cette raison. Les hôpitaux fonctionnaient avec du personnel d'astreinte en raison de la participation des médecins à la grève. Syriza poursuit en listant une nouvelle série de « mesures brutales: nouvelle réduction des retraites complémentaires, nouveau démantèlement des ressources sociales, ouverture des magasins le dimanche... »

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Mercredi 9 avril 2014 3 09 /04 /Avr /2014 00:13

 

Source : www.okeanews.fr

 

Grèce : la Cour Suprême inter­dit les camé­ras cachées

Vers un nouveau coup dur pour la liberté de la presse en Grèce ?


Cet article est en accès libre. En savoir plus sur les conditions d'utilisation.

(dernière mise à jour le 8/04/2014 - 18:28)

Après le scan­dale de la vidéo mon­trant le bras droit du pre­mier ministre A. Samaras par­lant avec le porte parole du parti néo­nazi grec Aube Dorée, le ministre de l’ordre public N. Dendias (cité dans la vidéo) aurait demandé à la cour suprême d’agir. C’est désor­mais chose faite, Euterpi Koutzamani, le pro­cu­reur de la Cour suprême a annoncé que les per­sonnes uti­li­sant des docu­ments audio­vi­suels enre­gis­trés illé­ga­le­ment feraient l’objet d’un man­dat d’arrêt d’urgence.

 

*Suite de l'article sur okeanews

 

Source : www.okeanews.fr


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Vendredi 4 avril 2014 5 04 /04 /Avr /2014 19:17

 

 

Source : www.mediapart.fr

Les privatisations s'accélèrent en Grèce

|  Par Amélie Poinssot

 

 

 

Le Taiped, le fonds de valorisation du patrimoine grec créé pour privatiser les biens publics, a tranché : le terrain de l'ancien aéroport d'Athènes, qui comprend en outre une grande partie des installations olympiques de 2004, sera vendu à une société grecque. Depuis quelques mois, le programme des privatisations voulu par la Troïka s'accélère... au risque de définitivement braquer la population.

C'est un vaste terrain de 620 hectares dans l'une des métropoles les plus urbanisées d'Europe : grand comme deux fois Central Park, il longe la côte sur trois kilomètres et demi, avec une vue imprenable sur le golfe Saronique et l'île d'Égine, celle que l'on peut rejoindre depuis Le Pirée en à peine 40 minutes... Le long de la ligne de tramway qui dessert ces quartiers huppés du sud de la métropole athénienne, un parc accueille encore les joggeurs du dimanche et quelques terrains utilisés par les clubs sportifs. Mais la plupart des installations olympiques construites pour les JO de 2004 sur ce gigantesque espace sont en déshérence, tel le circuit de canoë-kayak, à quelques encablures de là, à sec depuis bien longtemps. Au milieu des herbes folles, l'on trouve également les pistes de l'ancien aéroport de la capitale grecque, qui fonctionnait avant les Jeux, jusqu'à l'ouverture du nouveau de l'autre côté du mont Hymette... Côté nord, le terrain est bordé par la longue avenue Vouliagmenis qui conduit au cap Sounio : ici passe le métro, depuis que le rallongement de l'une des trois lignes de la métropole est entré en fonction cet hiver. Un quart d'heure de transport, et vous voilà dans le centre de la capitale.

Ce terrain, situé sur la commune d'Elliniko-Argyroupoli, faisait partie, jusqu'en 2011, du patrimoine public de l'État par l'intermédiaire de la société Elliniko SA. Lundi 31 mars, cette société est passée dans les mains du promoteur immobilier Lamda Development. « C'est un scandale ! s'exclame Fereniki Vatavali, urbaniste à la maire d'Elliniko, mobilisée depuis le début contre la vente de ces terrains. Il n'y a aucune transparence dans la procédure, on ne sait pas comment les décisions sont prises, on ne connaît ni le contenu précis du cahier des charges ni les plans d'urbanisme de l'entreprise. » Jamais les pouvoirs locaux n'ont été consultés sur la reconversion du site, encore moins conviés à la table des négociations avec les investisseurs potentiels. Fereniki Vatavali, jointe par téléphone au lendemain de l'annonce de la vente, ne décolère pas : « Cette privatisation montre l’hypocrisie totale de ce programme : il s'agissait soi-disant de faire venir les capitaux étrangers... Or avec Lamda Development, les décideurs grecs ont en réalité placé l'un des leurs ! »

 

Le terrain d'Elleniko, 620 hectares en bord de mer dans la banlieue sud de la métropole athénienne 
Le terrain d'Elleniko, 620 hectares en bord de mer dans la banlieue sud de la métropole athénienne © dr

 

La société Lamda Development n'est pas une inconnue en Grèce. C'est l'un des plus gros groupes d'investissement foncier d'Europe du Sud-Est, détenu par l'homme d'affaires Spyros Latsis, l'une des plus grandes fortunes grecques (présent aussi dans les secteurs bancaire et pétrolier). Pas de surprise, donc, de voir ce géant se jeter sur le grand marché des privatisations : en 2012, c'est lui qui remporte la première transaction du programme – la concession du centre commercial Golden Hall qu'il avait lui-même construit, dans la banlieue ouest d'Athènes (à l'origine, le bâtiment avait été conçu pour abriter le centre de presse des JO en 2004). La société, dont plusieurs opérations passées, rapportées par la presse grecque, ont été entachées d'irrégularités (dénoncées notamment par le Journal des rédacteurs), participe en outre à la compétition pour le complexe hôtelier de luxe Astir Vouliagmenis, planté sur une avancée sur la mer dans le prolongement d'Elleniko – mais il perd la mise en ce début 2014 dans la dernière phase de la compétition.

Devant l'attribution d'Elleniko à Lamda Development, Fereniki Vatavali dénonce de profondes modifications en cours de route de l'appel d'offres : au départ, l'opération consistait en la concession pour 99 ans d'une majorité des parts de la société d'exploitation Elliniko SA ; par la suite, l'opération s'est transformée en une concession de la totalité des parts, plus la propriété de 30 % du terrain. Autre irrégularité dénoncée par les détracteurs du projet : de nombreux travaux vont rester à la charge de l'État et des collectivités locales. Car d'incontournables aménagements sont nécessaires, en particulier pour acheminer les réseaux en eau et électricité ; et il va falloir déplacer tous les services publics encore présents sur place, notamment une école, un centre culturel, des services sociaux, les bureaux de la mairie, un commissariat de police, un centre de recherche sous-marine, des terrains de sport... Sur la vente de l'ensemble de cet espace, le conseil municipal d'Elliniko-Argyroupoli avait déjà déposé un recours au conseil d'État l'an dernier. Il en prévoit d'autres. Problème, ce genre de procédure est long, et aucune réponse n'a été donnée au premier recours avant la conclusion de la transaction...

 

Elleniko : des terrains à l'abandon et d'anciennes installations olympiques 
Elleniko : des terrains à l'abandon et d'anciennes installations olympiques © Amélie Poinssot

 

De nombreux habitants sont par ailleurs attachés au caractère public de ces espaces et ont mené plusieurs actions de sensibilisation ces deux dernières années, comme une opération plantage d'oliviers sur l'une des friches. Deux collectifs occupent également l'espace : une clinique de médecins bénévoles s'est installée dans des locaux prêtés par la mairie, et un groupe a fait pousser sur une parcelle un potager urbain.

Objectifs revus à la baisse

Qu'importe pour le gouvernement Samaras qui, depuis des mois, annonce sans ciller « la lumière au bout du tunnel », prédit le retour des investisseurs et vante la « success story » grecque : cette transaction, emblématique du programme des privatisations, est un succès. Elle va rapporter 915 millions d'euros à l'État, dont un premier versement, à hauteur de 33 %, doit être déposé dès la signature du contrat – soit 302 millions d'euros, une goutte d'eau pour la dette grecque, actuellement chiffrée à près de 322 milliards d'euros. Le restant dû sera réglé progressivement au cours des dix années qui viennent. Au-delà de la transaction financière, Lamda Development s'est en outre engagé à investir 5,7 millions d'euros pour la reconversion du vaste espace : immeubles de grand standing, bureaux, infrastructures touristiques de luxe, parc urbain et marina sont au programme. Sur son clip de promotion, Lamda affiche le « plus grand parc du monde », on y découvre la « tour résidentielle Marina », un gratte-ciel en bord de mer avec vue imprenable sur la baie. Lamda se vante d'« un nouveau standard de vie »... dans un pays où le pouvoir d'achat moyen a été divisé par deux sous l'effet des politiques d'austérité depuis quatre ans ! Mais la clientèle visée n'est probablement pas la classe moyenne grecque...

L'État grec se sépare donc de ses bijoux de famille, et la liste ne se limite pas à Elliniko. À vrai dire, elle ne cesse de s'allonger. On y trouve – sous forme de cession complète ou de prise de participation – la compagnie des eaux d'Athènes, celle de Thessalonique, les compagnies de gaz et d'électricité, l'exploitation et l'entretien des chemins de fer, l'aéroport international d'Athènes, les aéroports régionaux, des dizaines de ports de province, l'exploitation de monopoles commerciaux, mais aussi un catalogue de 900 biens fonciers et immobiliers, plus ou moins épais...

 

L'ancien aéroport d'Athènes, sur le site d'Elleniko 
L'ancien aéroport d'Athènes, sur le site d'Elleniko © Amélie Poinssot

 

C'est en 2011 que ce programme de privatisations est lancé et confié à une structure ad hoc, le Taiped – Fonds de valorisation du patrimoine de l'État grec : cette société mise en place sous la pression des créanciers du pays, la Troïka (Commission européenne, BCE, FMI), devient de facto la propriétaire d'un immense portefeuille qu'elle doit vendre petit à petit.

Sauf que la réalisation du programme est bien loin d'atteindre son objectif de départ, à savoir combler la dette abyssale du pays, et les chiffres visés sont sans cesse revus à la baisse : l'an dernier, le Taiped ne tablait plus que sur 9,5 milliards d'euros de ventes d'ici à l'an prochain, contre 19 milliards encore officiellement visés quelques mois plus tôt... Et aujourd'hui, le Taiped ne dit même plus officiellement quel est son objectif. « Nous sommes en cours d'évaluation », nous assure-t-on à Athènes. Pour rappel, la cible initiale, telle qu'annoncée en février 2011 par les représentants de la Troïka en visite à Athènes, était de 50 milliards. La nouvelle, sortie de la bouche de Poul Thomson, l'émissaire du FMI, avant même que les autorités du pays n'en touchent un mot, avait alors provoqué un tollé. Depuis cette boulette, la Troïka avait cessé de se plier à l'exercice de la conférence de presse lors de ses missions à Athènes, n'apparaissant qu'au travers de ses « hommes en noir », entrant et sortant des ministères, prenant ses décisions en toute opacité.

Le problème est que l'économie grecque est en récession continue depuis lors, que la Bourse et le marché immobilier se sont effondrés, et que les investisseurs tant attendus par le gouvernement Samaras ne se sont pas bousculés sous le Parthénon. Le contexte apparaît bien peu favorable pour vendre à bon prix les lots dont l'État veut se désengager. En réalité, la politique qui sous-tend ce programme de privatisations n'est pas tant de renflouer la dette publique – opération impossible –, que de libéraliser l'économie. Peu importe, semble-t-il, si le patrimoine est bradé...

Les ventes ont en effet démarré très timidement. En 2012, sur les 3 premiers milliards que l'État devait toucher de ces ventes, seulement 271 millions d'euros rentrent dans les caisses (concession du centre commercial Golden Hall et vente de la société de loterie nationale). En 2013, six transactions sont conclues, pour un montant total de 912 millions d'euros – même si cela reste en deçà des objectifs, on note le départ de la très lucrative société de paris sportifs OPAP ainsi qu'un ensemble de 28 propriétés immobilières, parmi lesquelles des bâtiments ministériels pour lesquels le gouvernement grec va désormais devoir s'acquitter d'un loyer, ainsi que l'exploitation de la baie Aghios Ioannis, grande plage touristique de Chalcidique, une des péninsules encore relativement préservées de la côte nord-est du pays.

Ces derniers mois toutefois, le programme semble passer à la vitesse supérieure. La valse des têtes au sommet de l'institution semble avoir cessé (trois présidents et deux directeurs exécutifs se sont succédé depuis sa création, en raison, notamment, de conflits d'intérêts, mais aussi de fortes pressions politiques venant de l'entourage du premier ministre Antonis Samaras). De nouveaux appels d'offres sont lancés, comme la société de paris hippiques Odie ou encore un magnifique manoir vénitien sur l'île de Corfou, niché dans une forêt de chênes et de pins : Castello Bibelli. Un autre dossier phare des privatisations passe dans sa seconde phase : le réseau ferré Trainose et la société de maintenance Rosco seront prochainement attribués. La SCNF est sur les rangs pour les chemins de fer, en concurrence avec le rail russe et le rail roumain, tandis qu'Alstom s'est positionné pour la maintenance, là aussi en concurrence avec les Russes. Idem pour deux petits ports, celui de l'île de Chios et celui de Pylos, dans le sud du pays : huit investisseurs ont été présélectionnés, la plupart étant des sociétés appartenant à des armateurs grecs déjà leaders dans le tourisme de luxe, comme TEMES SA, propriétaire de Costa Navarino – l'un des plus vastes complexes hôteliers très haut gamme du pays qui occupe une baie entière non loin de Pylos. Enfin, la vente de la compagnie des eaux de Thessalonique est elle aussi entrée dans sa dernière ligne droite. Ont été retenus le français Suez allié au leader grec du BTP Aktor (dirigé par l'incontournable Yorgos Bobolas, à la tête par ailleurs de plusieurs médias grecs), et un consortium israélo-gréco-néerlandais.

Forte mobilisation à Thessalonique

Trois transactions ont en outre été conclues depuis janvier : le luxueux complexe Astir Palace Vouliagmenis avec sa marina, dans l'une des zones les plus chères de la métropole athénienne, à un vol de mouette d'Elliniko (attribué à AGC Partners Jermyn Street, société qui opère entre Londres et le Moyen-Orient et ambitionne de faire de l'endroit un hôtel « 6 étoiles » accompagné d'une vingtaine de résidences de luxe pour la jet-set internationale) ; trois propriétés immobilières de l'État grec qui étaient situées à l'étranger ; et la cession du gazier DESFA pour 400 millions d'euros à la compagnie azerbaïdjanaise Socar. Cette dernière opération attend toutefois l'aval de la Commission européenne qui examine actuellement sa compatibilité avec les règles de concurrence de l'UE.

Si traditionnellement les investisseurs étrangers en Grèce étaient plutôt allemands, britanniques et français, des capitaux arrivent donc désormais d'Asie, de Russie et du Moyen-Orient. Les Chinois notamment se sont montrés intéressés par le rachat de l'actuel aéroport international d'Athènes. Ils avaient déjà acquis en 2008, avant que ne démarre le programme de privatisations, la concession de deux embarcadères sur les trois que compte le port de marchandises du Pirée, via le géant maritime Cosco. Alors que l'un de ces deux embarcadères fonctionne à plein depuis déjà quatre ans, l’aménagement du deuxième est sur le point d'être finalisé. Parallèlement, le Taiped a lancé, début mars, l'appel d'offres pour la gestion de l'ensemble du port – jusque-là dans les mains de l'OLP, les autorités portuaires du Pirée. Nul doute, il s'agit là de casser un bastion syndical, comme cela a déjà été fait dans la partie passée sous le contrôle de Cosco.

 

Chantier naval de Perama, dans la zone portuaire du Pirée, encore sous gestion de l'OLP. 
Chantier naval de Perama, dans la zone portuaire du Pirée, encore sous gestion de l'OLP. © Amélie Poinssot

 

Il faut dire que le Taiped ne se préoccupe guère de considérations sociales. Cette société anonyme, dotée au départ d'un capital de 30 millions d'euros issu de fonds publics, est conseillée par les banques grecques et les plus grandes banques d'investissement du monde (Rothschild, UBS, Crédit suisse, Deutsche Bank, BNP Paribas, Lazard, HSBC, Crédit agricole...) ainsi que par des cabinets juridiques grecs (Karatzas and Partners, Koutalides) et internationaux (Ernst and Young, Baker & McKenzie, Clifford Chance, Happold Consulting...). Chaque opération se fait sous la tutelle de consultants de ces institutions, qui doivent prendre au passage de coquets honoraires... Pour le conseil financier dans la vente d'Elleniko, ce sont les banques Citigroup et Piraeus Bank qui étaient aux manettes. Celles-là même qui ont bénéficié, avec les autres banques du pays, du renflouement de 50 milliards d'euros issu du mémorandum signé entre le gouvernement grec et la Troïka en février 2012...

Le pays est à point pour les juteuses affaires. Le risque de sortie de la zone euro brandi il y a deux ans est écarté, les lois dites « fast track » pour investir plus facilement sont passées, les secteurs de l'économie sont libéralisés les uns après les autres (secteur du lait il y a dix jours ; libéralisation des pharmacies en cours)... Quant aux salaires, ils ont chuté : le Smic grec est plafonné depuis 2012 à 580 euros brut (512 pour les moins de 25 ans) et le taux de chômage dépasse les 27 %.

Si le pays apparaît comme une aubaine pour les investisseurs, de nombreux Grecs ne l'entendent pourtant pas de cette oreille. À Thessalonique, la perspective de la vente de la compagnie des eaux EYATH a suscité une forte mobilisation, à commencer par le maire lui-même, le pourtant libéral Yannis Boutaris, personnalité indépendante soutenue par le Pasok, et entrepreneur qui a fait fortune dans le vin... En octobre dernier, il nous disait : « Je ne crois pas que le secteur public puisse gérer une entreprise, ou alors c'est l'Union soviétique ! En revanche, pour certains secteurs, comme l'eau, c'est différent. L'eau est un bien public, en tant que bien public, elle ne peut pas être vendue. » Dans cette ville du nord de la Grèce, un collectif, « Save the greek water », a lancé une pétition contre la privatisation de l'eau, elle a recueilli 34 000 signatures. Et un vote consultatif sur la question de la vente d'EYATH sera organisé le 18 mai, en même temps que le premier tour des élections municipales et régionales.

 

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Source : www.mediapart.fr

 

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Grèce
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Mardi 1 avril 2014 2 01 /04 /Avr /2014 23:59

 

 

Source : www.okeanews.fr

 

Forte répres­sion de la police lors des mani­fes­ta­tions contre l’austérité en Grèce

Nouvelles violences de la police contre les manifestants à Athènes

 


Cet article est en accès libre. En savoir plus sur les conditions d'utilisation.

 

(dernière mise à jour le 1/04/2014 - 23:58)

 

Plusieurs mil­liers de mani­fes­tants se sont retrou­vés dans le centre d’Athènes pour pro­tes­ter contre les poli­tiques d’austérité néo-libérales du gou­ver­ne­ment, pen­dant que les ministres des finances de l’Union Européenne se retrou­vaient dans la capitale.

 

Charge de la police anti-émeute

Charge de la police anti-émeute

 

Antonis Samaras, le pre­mier ministre grec, a parlé de démo­cra­tie et de liberté dans le dis­cours aux ministres des finances qui s’est tenu au musée de l’Acropole.

Comme d’habitude, le centre d’Athènes était inter­dit aux mani­fes­ta­tions.

Comme d’habitude, des mani­fes­ta­tions ont quand même eu lieu.

Et comme d’habitude, la police anti-émeute (la MAT) et la sec­tion mobile (DELTA) ont usé de la matraque et des gaz lacrymogènes.


Lire la suite : Forte répression de la police lors des manifestations contre l'austérité en Grèce | Okeanews http://www.okeanews.fr/20140401-forte-repression-police-manifestations-contre-lausterite-en-grece#ixzz2xgGbOAnA
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Source : www.okeanews.fr

 

 

 

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