Grèce

Jeudi 18 décembre 2014 4 18 /12 /Déc /2014 22:58

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

Grèce: la Commission fait pression pour barrer la route à Syriza

|  Par Amélie Poinssot

 

 

 

C'est la première fois que le président de la commission européenne s'invite dans une élection nationale : jeudi 11 décembre, Jean-Claude Juncker a ouvertement pris parti pour la droite de Nouvelle Démocratie actuellement à la tête de l'exécutif grec. Une ingérence qui se confirme cette semaine: le commissaire Pierre Moscovici est à Athènes lundi et mardi.

Les Grecs, qui ont déjà le sentiment d'être gouvernés par Bruxelles depuis le début de la crise, n'avaient certainement nul besoin de cela. Jeudi 11 décembre, dans une interview accordée à la chaîne de télévision autrichienne ORF III, Jean-Claude Juncker a déclaré qu'il ne souhaitait pas que « des forces extrêmes arrivent au pouvoir » en Grèce. Cette déclaration vise la gauche radicale de Syriza, premier parti d'opposition sorti victorieux des élections européennes, en mai dernier, et qui pourrait arriver en tête en cas d'élections législatives anticipées. Tout en prétendant ne pas vouloir s'exprimer sur un parti politique en particulier à l'occasion du scrutin présidentiel subitement avancé à ce mercredi, le président de la commission européenne a ajouté : « Ma préférence serait de revoir des visages familiers en janvier. »

La déclaration est explicite : le candidat à l'élection présidentielle proposé par la droite conservatrice Nouvelle Démocratie, Stavros Dimas, est un ancien commissaire européen. Vieux routard de la politique grecque, systématiquement réélu député entre 1977 et 2004 et maintes fois ministre, il fait précisément partie de ces « visages familiers » aux manettes du pays depuis bientôt une quarantaine d'années.

 

Stavros Dimas en 2009, quand il était commissaire : un "visage familier" pour ses collègues européens 
Stavros Dimas en 2009, quand il était commissaire : un "visage familier" pour ses collègues européens © Reuters

Jean-Claude Juncker, ce président qui s'était promis de politiser la commission, a donc saisi l'élection présidentielle grecque pour peser de tout son poids dans une élection nationale. La Grèce, une fois de plus, se trouve aux avant-postes en matière d'expérimentation politique... De fait, le pays a fait l'objet de toutes sortes d'ingérences ces dernières années. En parallèle des programmes d'austérité décidés depuis 2010, de multiples décisions ont été prises à Bruxelles pour mettre en œuvre de nouvelles mesures et les déclarations politiques de certains dirigeants européens n'ont cessé de considérer la Grèce comme un pays sous tutelle. 

À maintes reprises, le ministre allemand des finances Wolfgang Schäuble a ainsi fait la leçon aux Grecs, se faisant le spécialiste des déclarations humiliantes au lendemain de prises de décision difficiles, exigeant chaque fois un nouveau tour de vis. À quelques jours des élections législatives de juin 2012, c'était même… François Hollande, fraîchement élu, qui s'offrait le 20 heures le plus regardé du pays pour appeler les Grecs à voter pour les partis de la coalition gouvernementale. Autrement dit le président socialiste en appelait à soutenir... la droite conservatrice d'Antonis Samaras.

« J’ai conscience que les électeurs doivent avoir la pleine souveraineté, avait-il dit au cours de cette interview, mais je dois les prévenir parce que c’est mon devoir, parce que je suis un ami de la Grèce, que si l’impression est donnée que les Grecs veulent s’éloigner des engagements qui ont été pris et abandonner toute la perspective de redressement alors il y aura des pays dans la zone euro qui préféreront en terminer avec la présence de la Grèce dans la zone euro. » Le chantage entre vote pour le maintien de la coalition gouvernementale ou vote pour Syriza et la sortie de la zone euro était posé. Cette fois-ci, il vient d'encore plus haut : la commission européenne. C'est la première fois que l'exécutif européen se prononce aussi clairement dans une élection.

Cette intervention tombe alors que le premier ministre Antonis Samaras a subitement avancé, la semaine dernière, l'élection présidentielle initialement prévue pour février ou mars, dans une manœuvre menée de concert avec Bruxelles, destinée à couper l'herbe sous le pied de Syriza, dont la popularité ne faiblit pas depuis sa victoire aux élections européennes de mai dernier. En Grèce, le président est élu par la Vouli, le parlement, à la majorité des deux tiers, ou des trois cinquièmes après deux échecs consécutifs. La coalition gouvernementale ne dispose pas, en l'état, de cette majorité renforcée : cette manœuvre de convoquer l'élection plus tôt que prévu, à la veille des fêtes, est destinée à convaincre les députés non affiliés ou potentiellement hésitants de donner leur voix au candidat de la coalition.

L'affolement sur les marchés qui a suivi l'annonce de Samaras lui fournit l'occasion rêvée d'agiter la menace du chaos pour appeler à voter pour la « stabilité ». La bourse athénienne a connu en début de semaine dernière la plus forte baisse depuis 1987. Le risque d'une nouvelle crise financière et d'un défaut de paiement : voilà l'argument que va marteler la coalition gouvernementale pour rassembler les troupes et éviter le scénario Syriza. La porte-parole du gouvernement a d'ailleurs commencé sa tournée des médias ce lundi. Sur la chaîne de télévision Mega, elle annonçait le risque d'une « faillite » du pays en cas de victoire de Syriza si le parlement, faute d'accord sur le choix du président, convoquait des élections générales anticipées.

En Grèce, ce genre de chantage n'a rien de nouveau. En 2012, déjà, le leader de Nouvelle Démocratie agitait la menace de sortie de la zone euro en cas de victoire de Syriza aux élections. La position majoritaire au sein de Syriza, rappelons-le, n'est pas hostile à la zone euro en tant que telle. En revanche, son programme passe par l'arrêt immédiat des politiques d'austérité et l'effacement d'une partie de la dette publique, restée à un niveau insoutenable. L'alternative simpliste "stabilité versus chaos" a en outre été brandie à chaque vote crucial depuis 2010, lorsqu'il a fallu décider de nouvelles mesures d'austérité et signer des accords avec les bailleurs de fonds.

« L'argument de la peur »

Les Grecs ne sont pas dupes, et n'ont pas manqué de réagir à la déclaration de Juncker. Ses propos ont été aussitôt tournés en dérision sur Twitter, où certains se sont mis à demander l'avis du président de la commission sur toutes sortes de questions. « Si je vote pour vos politiciens grecs préférés, pourriez-vous payer mon loyer et mes dépenses alimentaires pour quelques mois ? » interroge ainsi la réalisatrice grecque Zoe Mavroudi.

Les critiques ont également fusé du côté de Syriza, où les communiqués de la direction du parti et les interventions des députés se sont multipliés ces derniers jours pour dénoncer une telle ingérence. « Le gouvernement et la Troïka, après s'être mis d'accord sur toutes les nouvelles mesures d'austérité, procèdent ensemble au chantage auprès des députés afin de lever l'obstacle de l'élection présidentielle », a déclaré ce lundi Alexis Tsipras, le leader de Syriza, dénonçant « l'argument de la peur » brandi par l'exécutif.

 

Zoe Mavroudi @zoemavroudi

If I vote for the Greek politicians you prefer, could you pay my rent and food for a couple of months? Thanks.

 

"Si je vote pour vos politiciens grecs préférés, pourriez-vous payer mon loyer et les dépenses alimentaires?"

L'affaire a fait grand bruit à Bruxelles : « Ces pressions de la commission européenne sur le processus électoral d'un pays souverain sont insupportables et soulèvent de grandes questions pour l'avenir de la démocratie en Europea estimé dans un communiqué l'eurodéputé Pierre Laurent, président du parti de la Gauche européenne, dont fait partie Syriza. J'appelle tous les démocrates à s'élever contre ces pratiques autoritaires qui n'ont pas lieu d'être. Le processus doit suivre son cours, y compris jusqu'à la tenue d'élections législatives, si la coalition au pouvoir n'obtient pas la majorité nécessaire à l'élection présidentielle. »

La commission ne semble pas revenir sur cette prise de position inédite. Au contraire. Elle a décidé une visite impromptue à Athènes du commissaire aux affaires économiques et monétaires, Pierre Moscovici. Arrivé lundi 15 décembre, il doit, en deux jours, rencontrer pas moins de sept ministres ainsi que le gouverneur de la banque centrale grecque, des partenaires sociaux et des élus. Il a visité en outre lundi une station de métro en construction ayant bénéficié de fonds européens et rencontré une première fois les journalistes, avant de tenir, ce mardi, une conférence de presse dans les locaux de la représentation de la commission européenne. On aura rarement vu agenda aussi chargé pour un commissaire européen en visite.

Nul doute que le planning laisse peu de place à des discussions de fond. Le but est ailleurs : mettre en scène, sous l'œil des caméras, tout ce que l'Union européenne apporte à la Grèce. Manière d'alimenter la rhétorique de la coalition gouvernementale, qui stigmatise Syriza comme un parti anti-UE – lequel ne figure pas à l'agenda du commissaire français.

 

Voir l'image sur Twitter

Point de presse à sur les enjeux de ma visite / Press briefing in on my visit today and tomorrow

 

Premier point presse de Pierre Moscovici à Athènes lundi 15 décembre 2014

 

En amont de sa visite, Pierre Moscovici a d'ailleurs déroulé son argumentaire dans un entretien accordé au quotidien conservateur Kathimerini. Il félicite les Grecs pour l'excédent budgétaire primaire atteint en cette fin d'année et pour les prévisions de croissance de l'an prochain, ce qui lui permet d'une part de justifier la politique de la Troïka, d'autre part de continuer à exiger des mesures d'austérité. « Nous avons besoin de davantage de discussion et davantage de réformes pour renforcer l'économie grecque », déclare-t-il, tout en disant apporter « un message de soutien et d'admiration ».

Mais le vrai message de cette visite à Athènes – éviter les élections législatives anticipées, éviter une victoire de Syriza – se lit également déjà dans cette interview : « Vous savez que Jean-Claude Juncker, par la voix de son porte-parole, a envoyé un message qui dit clairement que nous voudrions que le parlement actuel élise un président, Stavros Dimas, qui était un commissaire, un homme bien. (…) Les Grecs vont choisir leur destinée. Nous n'avons pas à influencer cela, mais une fois encore, c'est logique que nous parlions avec des gens légitimes qui font et qui pensent ce que nous pensons. »

Tout est dit. Pour la commission européenne, Syriza, avec plus de 26 % des voix aux dernières élections européennes – ces élections dont est issue, précisément, cette commission Juncker – n'est pas « légitime ». Les décideurs européens préfèrent se soutenir les uns les autres plutôt que de s'ouvrir à des politiques alternatives. Ce n'est certainement pas de cette manière que Bruxelles va se réconcilier avec des Européens. Mais l'histoire n'est pas écrite : si la coalition gouvernementale ne parvient pas à faire élire son candidat à la présidence à la troisième tentative, des élections législatives seront convoquées. La commission européenne sera alors bien forcée de discuter avec Syriza.

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

 

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Grèce
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 11 décembre 2014 4 11 /12 /Déc /2014 22:49

 

 

 

Source : www.reporterre.net


 

Alternatives

Athènes, dans le café anarchiste qui construit une société nouvelle

Marie Astier (Reporterre)

jeudi 11 décembre 2014

 

 

 

En Grèce, la mobilisation en faveur du jeune anarchiste Nikos Romanos a porté ses fruits. Il pourra poursuivre ses études, à condition de porter un bracelet électronique. Il cesse donc sa grève de la faim. Ce jeune homme est le symbole de la pression de l’État sur sa population, mais aussi le représentant d’un mouvement qui tente dès aujourd’hui d’imaginer une autre Grèce pour l’après-crise et dont l’un des centres est le Café Vox, à Athènes. Visite guidée.


- Athènes, reportage

L’emplacement est idéal, à l’un des coins de la place centrale du quartier d’Exarchia, le quartier dit « anarchiste » d’Athènes.

Dans des temps plus calmes, les lieux pourraient apparaître comme un simple café. A l’ombre des arbres, dans une ruelle pavée, la terrasse est cosy. Jeunes et moins jeunes sirotent des cafés glacés. Le soir, les jeunes athéniens viennent y boire des verres à prix raisonnables, ici, la plupart des boissons sont à deux euros. L’enseigne, « Vox », est toujours celle de l’ancien cinéma.

Mais au-dessus des grandes fenêtres, des banderoles suspendues laissent deviner un lieu militant : ce bâtiment abandonné est devenu un squat anarchiste il y a deux ans.

C’est de là que sont parties plusieurs manifestations pour demander la libération du jeune militant anarchiste Nikos Romanos, accusé de vol à main armé. « Le café Vox fédère beaucoup de mouvements militants », explique Yannis Youlountas, philosophe et réalisateur franco-grec. Il était à Athènes, en plein cœur de la mobilisation ces derniers jours. « Vox permet le dialogue entre ceux qui défendent les migrants, les autonomes, les anti-autoritaires, etc. », poursuit-il.

Un « centre social occupé »

L’ex-cinéma est spacieux. Plus qu’un café, il est devenu un « centre social occupé » : il accueille une bibliothèque, un centre médical autogéré, des cours en tous genres et surtout beaucoup de réunions et assemblées porteuses de projets dans le quartier. « Au départ, on voulait juste créer un café puis quand on a vu que les lieux étaient très grands on a voulu faire plus », explique notre interlocuteur, un des membres fondateurs du squat.

On ne donnera pas de prénom, il est simplement le représentant de l’assemblée de Vox désigné pour parler à Reporterre. De même, pas de soucis pour réaliser des photos mais ici la règle c’est « pas de visages ». La police pourrait les utiliser.

Car le journaliste n’est pas malvenu, mais sa demande doit passer par l’assemblée de Vox. Tous les mercredis soirs, sa petite trentaine de membres débat de la vie du squat, des projets. C’est la règle de base : les décisions sont prises en commun, tout le monde est à égalité. Chaque activité a également sa petite assemblée.

« Montrer que c’est possible »

« Tout a commencé avec l’assemblée de soutien aux prisonniers politiques », poursuit-il. En Grèce, depuis le début de la crise, une trentaine d’anarchistes ont été arrêtés et emprisonnés. Certains pour avoir participé à des attentats contre des banques ou l’ambassade des États-Unis, d’autres pour leur appartenance au mouvement.


- En 2012, l’opération pour retirer les plaques de métal fixées par les policiers -

Les recettes du café servent à payer les frais de justice et à améliorer leur ordinaire en prison. Mais Vox est surtout devenu un centre d’expérimentation sociale anarchiste, avec un but : créer une petite société autogérée, pour « montrer que c’est possible ».

Au départ, les autorités ont bien tenté de déloger les squatteurs. « Deux jours avant l’ouverture officielle, la police est venue. Elle a bloqué tout le quartier pendant deux heures pour fermer le squat. Ils ont fixé de grandes plaques de métal à toutes les ouvertures, ils ont tout saccagé à l’intérieur. On a enlevé les plaques, on les a vendues. Ça a fait de l’argent pour les prisonniers politiques ! » Depuis, « ils coupent l’eau ou l’électricité, de temps en temps », poursuit le militant.

À l’intérieur, à côté du bar, un tableau affiche les permanences des serveurs, tous bénévoles. Les murs sont tapissés d’affiches qui rappellent les luttes, annoncent des projections, des débats, des appels à manifester.

Un drapeau rend hommage à Pavlos Fyssas, rappeur antifasciste poinardé en septembre 2013 par un militant du parti néonazi Aube Dorée. Une fresque représente les militants de la CNT (Confederación Nacional del Trabajo) lors de la guerre d’Espagne de 1936. Des reproductions de peintures zapatistes égayent la bibliothèque. Une affiche en turc fait référence aux rassemblements de la place Taksim à Istanbul au printemps 2013.


- Hommage au rappeur Pavlos Fyssas -

Médecine gratuite

Des contestations qui ne suffisent plus, selon le représentant de Vox : « On ne va pas t’écouter si tu ne fais que parler de la révolution. Il faut faire des projets dans la société, matérialiser ce que l’on dit maintenant. On développe des stratégies pour tous les aspects de la vie : alimentation, santé, éducation, etc. »

Avec le centre médical, par exemple. Gratuit, ouvert à tous...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Grèce
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 10 décembre 2014 3 10 /12 /Déc /2014 16:39

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

En Grèce, les capitalistes privatisent sauvagement la nature

Marie Astier (Reporterre)

mercredi 10 décembre 2014

 

 

 

En Grèce, rien n’est réglé. Le pays est dans une crise économique profonde, la « troïka » demande encore plus d’efforts financiers au gouvernement, un jeune manifestant, Nikos Romanos, est en grève de la faim en prison depuis le 10 novembre. Pendant ce temps, plages, forêts, îles, tout est à vendre aux spéculateurs et aux millionnaires qui veulent leur coin privé.


- Athènes, reportage

Qu’est-ce qui vous ferait plaisir ? Une plage sur l’île de Rhodes ? Ou une propriété en bord de mer non loin de Thessalonique, reconnue pour sa « beauté naturelle » ? A moins que vous ne préfériez ce terrain entre mer et forêt à Corfou, une île qui accueille « plus de 700.000 touristes par an » ?

Voici quelques-uns des terrains disponibles dans le catalogue du TAIPED, ou « Fonds de mise en valeur du patrimoine privé de l’Etat ». Ce fonds est une compagnie privée, créée par l’État grec. Il y transfère toutes sortes de propriétés publiques : les ports régionaux et même le Pirée d’Athènes, les compagnies d’eau d’Athènes et de Thessalonique (les deux plus grandes du pays), les autoroutes, des sites culturels tels que des châteaux ou des lieux archéologiques, les trains publics, la Poste hellénique, les équipements olympiques datant des jeux de 2004… ou encore toutes sortes de terrains à travers la Grèce, de préférence des propriétés situées en bord de mer, idéales pour la construction de complexes touristiques.


- Capture d’écran le 9 décembre 2014 -

A vendre au plus offrant

N’importe qui peut-il acheter ce qui se trouve dans ce catalogue ? « Bien sûr, si vous avez l’argent ! », s’exclame Maria Karamanov. Conseillère d’État, elle préside aussi la Chambre pour l’environnement et le développement durable, une association de protection du patrimoine grec, culturel et naturel.

« Le gouvernement a l’opinion que toute propriété gouvernementale est une propriété à vendre. Le but du fonds est de vendre aussi vite que possible tous ces biens », déplore-t-elle. Des appels à investisseurs sont lancés pour chaque bien, qui est vendu au plus offrant. L’argent ainsi récolté va directement au paiement de la dette grecque, « un trou noir » pour Maria Karamanov, qui critique également le fonctionnement peu transparent de ce fonds. Les demandes d’interviews de Reporterre aux responsables en ont d’ailleurs été refusées.

Parmi les terrains en vente, celui de l’ancien aéroport d’Hellinikon, à quelques kilomètres du centre d’Athènes. A l’abandon depuis bientôt dix ans, la zone s’étend sur 3,5 kilomètres de côtes. Avant la crise, elle devait devenir un grand parc métropolitain, alors qu’Athènes est l’une des villes comptant le moins d’espaces verts en Europe.

Désormais, le terrain va être vendu à un fonds d’investissement, Lamda Development, dont les capitaux viennent d’Abu Dabi, de Chine et d’Europe. En projet, une marina de luxe pour touristes et des centres commerciaux, peut-être même une île artificielle. Le projet va ainsi privatiser tout un littoral très fréquenté des populations alentours.


- A Stratoni, en Chalcidique -

Golf et aéroport privé

Autre exemple à Corfou, une île déjà bien grignotée par les hôtels à touristes. Là-bas c’est une zone humide, lieu de passage des oiseaux migrateurs, qui est mise en vente. Les associations de protection de l’environnement soupçonnent un projet d’hôtel « classique ».

Mais ailleurs ce sont des villas de luxe, voire des villages privés avec golf et aéroport qui sont envisagés. « C’est la nouvelle tendance du tourisme en Grèce », déplore George Chasiostis, responsable juridique au WWF Grèce. Comme à Kyparisia, dans l’ouest du Péloponnèse. Sa plage est un lieu de reproduction pour les tortues de mer. Lundi, un avis du conseil de l’Europe enjoignait même la Grèce de protéger leur habitat.

« Investissements stratégiques »

Additionnées, les superficies de tous ces terrains ne représentent pas tant que cela. « Mais ce sont des zones très précieuses, précise George Chasiostis. Beaucoup sont des aires protégées : des zones Natura 2000 [comme à Corfou - NDLR], des forêts où des littoraux. »

Ainsi, il ne s’agit pas que de vendre ces terrains. Il faut aussi y faciliter la construction, normalement limitée dans ces zones sensibles. Ce programme de ventes s’accompagne d’un programme législatif.

Première étape, la loi dite d’« accélération et de transparence des investissements stratégiques », adoptée en 2010. Elle met en place une procédure spéciale, qui oblige les autorités à examiner certains dossiers d’investissement en priorité.

« Chaque investisseur est invité à présenter un programme d’aménagement pour la zone qu’il achète, explique Maria Karamanov. Cela l’autorise à faire beaucoup plus de choses que ce qui est normalement autorisé sur ces zones. Et les permissions sont données beaucoup plus rapidement par les ministères. »

« Construire sur une plage va devenir plus facile que de construire partout ailleurs en Grèce...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 


Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Grèce
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 6 décembre 2014 6 06 /12 /Déc /2014 19:48

 

Info reçue par mail

 



URGENT : INFOS IMPORTANTES SUR LA SITUATION EN GRÈCE !

(alors que les médias européens n'en parlent pas du tout, n'hésitez pas à faire circuler, merci de votre soutien)

Texte et photos envoyés par Yannis Youlountas depuis Athènes, cette nuit (5-6 décembre 2014)

Résumé :
Les manifestations, émeutes et occupations se multiplient chaque jour à Athènes et ailleurs en Grèce, depuis fin novembre. Notamment à cause de la tyrannie du pouvoir à l'égard de Nikos Romanos, jeune prisonnier de 21 ans en grève de la faim, privé de la possibilité d'étudier et particulièrement maltraité. Nikos est, de surcroît, l'ami d'enfance d'Alexis Grigoropoulos, tué le 6 décembre 2008, à l'âge de 15 ans, par un policier dans le quartier d'Exarcheia à Athènes, ce qui avait provoqué un mois d'émeutes retentissantes dans toute la Grèce. Nikos est naturellement devenu le nouveau symbole de toutes les violences actuellement subies par la population, mais aussi du profond désir de lutter, quelle que soit la forme, et de refuser la torpeur et la résignation.

- - - - - - -

Photos
envoyées par Yannis Youlountas depuis Athènes (Yannis est membre de l'assemblée de réoccupation de l'Ecole Polytechnique et tourne également, caméra au poing, au cœur des événements, avec l'appui des insurgés).
http://nevivonspluscommedesesclaves.net/spip.php?article54

- - - - - - -

Texte
http://nevivonspluscommedesesclaves.net/spip.php?article55

ATHÈNES SUR UN VOLCAN

Six ans après le mois de décembre 2008, l'atmosphère est à nouveau insurrectionnelle à Athènes et ailleurs en Grèce. Tous les ingrédients sont réunis pour faire du mois de décembre 2014, peut-être, un grand moment historique. Jusqu'à quel point et à quelles conditions ?

Depuis la fin du mois de novembre, les manifestations, émeutes, actions ciblées et occupations se multiplient un peu partout en Grèce (dans le silence total des medias européens, plus que jamais des merdias à boycotter ou à bloquer et occuper). La cause principale est la situation du jeune prisonnier anarchiste de 21 ans, Nikos Romanos, qui est devenu un symbole de toutes les violences actuellement subies par la population, mais aussi du profond désir de lutter, quelle que soit la forme, et de refuser la torpeur et la résignation.

Nikos, l'ami d'Alexis Grigoropoulos, symbole des émeutes de 2008

Nikos est l'ami d'enfance d'Alexis Grigoropoulos, assassiné à l'âge de 15 ans par un policier dans le quartier d'Exarcheia à Athènes. Un quartier réputé pour ses révoltes historiques et ses nombreuses initiatives autogestionnaires et solidaires. Un quartier dans lequel la liberté, l'égalité et la fraternité ne sont pas des mots jetés à l'abandon au frontispice de monuments publics glacés de marbre. Nikos a vu son ami mourir dans ses bras le soir du 6 décembre 2008. Profondément révolté, il s'est par la suite engagé dans l'anarchisme révolutionnaire et a dévalisé une banque pour financer son groupe qualifié de terroriste par le pouvoir. Après avoir été torturé, notamment au visage, lors de son arrestation, il a finalement réussi à obtenir son bac en prison, mais se voit aujourd'hui refuser la possibilité de poursuivre ses études. C'est pourquoi, depuis le 10 novembre dernier, Nikos est en grève de la faim. Son état s'est progressivement dégradé, notamment au niveau cardiaque, malgré ses 21 ans, et il a été transféré sous haute surveillance à l'hôpital Gennimatas d'Athènes devant lequel manifestent régulièrement des milliers de personnes qui parviennent parfois à dialoguer avec lui à travers les grilles de sa fenêtre (voir la première photo de l'article connexe, dans la même rubrique). En solidarité avec Nikos, un autre prisonnier politique, Yannis Michailidis, s'est mis en grève de la faim le 17 novembre au Pirée, suivi par deux autres, Andreas Dimitris Bourzoukos et Dimitris Politis, depuis le 1er décembre. Le gouvernement grec vient de confirmer son refus de permettre à Nikos de poursuivre ses études et préfère le laisser mourir, non sans faire preuve d'ironie. Des petites phrases assassines et provocatrices qui ne font qu'augmenter la colère populaire et les nombreuses protestations des organisations anarchistes et antiautoritaires jusqu'à celles de SYRIZA, principal parti de la gauche critique, qui est annoncé vainqueur des prochains élections en Grèce. Bref, le contexte politique est particulièrement tendu, à tous points de vue.

L'Ecole Polytechnique, symbole de la chute de la dictature des Colonels

Dans cette ambiance de fin de règne, parmi d'autres initiatives solidaires, l'Ecole Polytechnique est à nouveau occupée depuis le premier décembre, 41 ans après avoir défié avec succès la Dictature des Colonels en novembre 1973, au cours d'une occupation similaire pour défendre une radio libre qui s'opposait au régime autoritaire. Les CRS suréquipés viennent d'échouer par deux fois dans leurs tentatives de nous déloger, notamment le 2 décembre au soir, à la fin d'une manifestation fleuve qui s'est terminé avec plusieurs banques dégradées ou brûlées. Parmi d'autres obstacles de circonstance, un bus a même été transformé en barricade incandescente sur l'avenue Stournari, à Exarcheia (voir les photos dans l'article connexe), et les affrontements ont duré une bonne partie de la nuit. Douze insurgés arrêtés ont été violemment frappés, au point que trois d'entre eux souffrent de fractures du crâne. L'occupation de l'Ecole Polytechnique n'a pas cédé, malgré le deversement de quantités énormes de gaz lacrymogène depuis l'extérieur, tel du napalm sur toute la zone devenue une zone à défendre. Une ZAD jumelée, ces dernières heures, avec d'autres ZAD dans le monde, notamment celles de NDDL et du Testet en France qui ont rapidement transmis leur soutien fraternel, ainsi que de nombreuses personnes et organisations de France et d'ailleurs (soutiens que j'ai tous affichés sur l'un de nos murs et annoncés en assemblée à tous les compagnons et camarades).

Ce soir-là, alors que la distribution solidaire de sérum, de mallox et de citrons battait son plein, j'ai remarqué plus de filles que jamais parmi les insurgés (voir la photo de « l'autre statue de la liberté » dans l'article connexe) et une diversité à tous les niveaux qui augure d'une ampleur et d'une radicalité sans précédent. J'ai vu et ressenti une détermination et une fraternité rarement rencontrées jusqu'ici, dans mes voyages en Grèce et ailleurs, là où l'humanité ne se résoud pas à vivre à genoux et tente, diversement, de se lever. J'ai vu la vie s'organiser autrement dès le lendemain et la chaleur des barricades se transformer en chaleur des cœurs parmi les occupants de l'Ecole Polytechnique et d'ailleurs.

Rien n'est fini, tout commence !

Car durant ces dernières heures, les lieux d'occupations se sont multipliés, rappelant le processus de décembre 2008 qui avait amené la Grèce à connaître les émeutes sans doute les plus puissantes en Europe depuis plusieurs dizaines d'années (sans toutefois parvenir à renverser un pouvoir qui s'était finalement maintenu de justesse, notamment en distillant la peur et la désinformation dans les médias). Des occupations de bâtiments publics et de groupes financiers, de chaînes de télévision et de radios, d'universités et de mairies, depuis Thessalonique jusqu'à Héraklion. Des occupations toujours plus nombreuses, ainsi commentées par Yannis Michailidis dans son dernier communiqué de gréviste de la faim, très relayé sur Internet : « c'est ce qui brise la solitude de ma cellule et me fait sourire, parce que la nuit de mardi [2 décembre], je n'étais pas prisonnier, j'étais parmi vous et je sentais la chaleur des barricades brûlantes ». Avant de conclure avec une phrase rappelant le titre du dernier livre de Raoul Vaneigem : « Rien n'est fini, tout commence ! »

Une émotion immense

Parmi les événements qui m'ont également marqué ces jours-ci, certaines assemblées de collectifs ont montré à quel point la tension est à son comble. Notamment celle de l'occupation de l'Ecole Polytechnique dans la soirée puis toute la nuit du 3 au 4 décembre. Une assemblée qui a duré plus de 9 heures, jusqu'à 5h30 du matin. Certes, quelques divergences ont justifié cette durée jusqu'au consensus finalement trouvé au petit matin et je ne rentrerai évidemment pas dans les détails de ce qui s'est dit, notamment pour ce qui est des projets en cours. Mais je peux témoigner d'une atmosphère électrique ponctuée de longs silences qui en disent long. Je peux vous dire également que le grand amphi de l'Ecole Polytechnique était, une fois de plus, plein à craquer, avec des compagnons et des camarades debout et assis un peu partout, devant des murs fraichement repeints de graffitis. Je peux vous dire que la présence du papa de Nikos Romanos, assis au milieu de la salle, avec sa chevelure longue et grise et son regard profond et digne, ne pouvait que contribuer à une émotion déjà immense, alors que son fils se rapproche chaque jour d'une mort certaine.

« Agir comme si notre propre vie était en jeu… »

Le stress et la nervosité, la gravité du moment, l'importance des enjeux, faisaient fumer presque tout le monde beaucoup plus qu'à l'habitude, au point que j'en étais presque à regretter l'irritation causée par les gazs lacrymogènes dans les rues alentours. Parmi les paroles qui ont résoné : « ce n'est plus l'heure de mettre la pression, mais de rentrer en insurrection » ou encore des appels à « agir comme si notre propre vie était en jeu, car en vérité, c'est bien le cas pour nous tous qui vivons comme damnés, comme des esclaves, comme des lâches » ; « il faut retrouver pleinement confiance en nous-mêmes pour parvenir à redonner partout confiance aux gens et, en particulier, pour rassembler les laissés pour compte qui devraient être les premiers à descendre dans la rue, au lieu d'attendre que la libération vienne du ciel ». J'ai aussi parfois entendu des paroles jusqu'au boutistes que je ne préciserai pas ici, mais qui témoignent bien du ras-le-bol immense qui traverse une grande partie de la population et la conduit à tout envisager pour se libérer des tyrans du XXIème siècle.

Des tags à la mémoire de Rémi Fraisse

J'ai vu un ancien de 1973 avoir les larmes aux yeux et songer que nous vivons peut-être un autre moment historique. J'ai lu d'innombrables tags en soutien à la grève de la faim de Nikos Romanos, mais aussi à la mémoire de Rémi Fraisse, tué par le bras armé du pouvoir sur la ZAD du Testet.

Cette nuit encore, à la veille du 6 décembre très attendu, avec une grande inquiétude par les uns et avec un profond désir par les autres, le quartier d'Exarcheia est encerclé par les camions de CRS (MAT) et les voltigeurs (Delta, Dias). Plusieurs rues sont barrées. On ne peut entrer et sortir d'Exarcheia que par certaines avenues, plutôt larges et très surveillées. La situation prend des allures de guerre civile et rappelle certaines régions du monde. A l'intérieur du quartier, comme dans beaucoup d'autres coins d'Athènes, la musique résonne dans le soir qui tombe : du rock, du punk, du rap, du reggae, des vieux chants de lutte. Dans l'Ecole Polytechnique, on a même installé deux immenses enceintes du côté de l'avenue Patission et on balance ces musiques pour le plus grand bonheur des passants qui nous soutiennent et lèvent parfois le poing ou le V de la victoire tant désirée. D'autres baissent la tête et ne veulent pas y croire, ne veulent pas voir, ne veulent pas savoir, murés dans la prison d'une existence absurde et pauvre à mourir d'ennui, si ce n'est de faim.

Le spectacle d'un monde à réinventer

Ici, ça dépave, ça débat, ça écrit sur les murs et sur les corps, ça chante, ça s'organise. La fête a déjà commencé ! Certes, elle est encore modeste et incertaine, mais une nouvelle page de l'histoire des luttes est peut-être en train de s'écrire à Athènes et au-delà. Une nouvelle page qui ne pourra s'écrire qu'en sortant de chez soi, par-delà les écrans, les « j'aime » des réseaux sociaux et le spectacle d'un monde tout entier à réinventer. Une nouvelle page qui ne pourra s'écrire qu'ensemble, en se débarrassant de la peur, du pessimisme et de la résignation.

Rester assis, c'est se mettre à genoux.

Yannis Youlountas
membre de l'assemblée d'occupation de l'Ecole Polytechnique à Athènes

N'hésitez pas à faire circuler. Merci de votre soutien.
http://nevivonspluscommedesesclaves.net/spip.php?article55 (texte)
http://nevivonspluscommedesesclaves.net/spip.php?article54 (photos)
Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Grèce
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 5 septembre 2014 5 05 /09 /Sep /2014 18:27

 

 

Source : cadtm.org


 

Grèce

Au moment où la Troïka et la Grèce clôturent leurs négociations à Paris, le CADTM exige l’annulation pure et simple de la dette odieuse à l’égard de la Troïka

Communiqué de presse

5 septembre par CADTM

 

 


La Troïka, composée des représentants du Fonds monétaire international (FMI), de la Banque centrale européenne (BCE) et de la Commission européenne, a mené pour la première fois du 2 au 4 septembre des négociations avec le gouvernement grec à l’extérieur du pays. Lieu choisi : Paris, plus précisément le siège de la très libérale Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), au château de la Muette.

À croire que ces négociateurs craignent les manifestations du peuple grec qui subit depuis 2010 une cure d’austérité sans précédent et qui lutte pour sa dignité à l’image des 595 femmes de ménage du ministère des finance, licenciées abusivement et devenues le symbole de la résistance à la Troïka. Une journée internationale de mobilisation de soutien à ces 595 femmes est d’ailleurs prévue le 20 septembre prochain.

Ces négociations, qui se sont déroulées au moment où le gouvernement Valls renforce lui aussi l’austérité, représentent pour la Troïka « une évaluation de routine » des réformes en cours qui permettra, « dans le meilleur des cas » de débloquer l’ultime tranche de prêt de l’Union européenne (UE) d’environ 2 milliards d’euros à condition que le gouvernement applique de nouvelles mesures d’austérité.

Or, la cure d’austérité qui est imposée depuis quatre ans pour (officiellement) réduire une dette insoutenable, aggrave en réalité le poids de celle-ci et enfonce les Grecs dans la misère. Ces mesures d’une violence inouïe sont imposées en échange de prêts de la Troïka. Depuis 2010, cette dernière a déjà endetté le pays à hauteur de 240 milliards d’euros et c’est sans compter les intérêts que le peuple devra en plus rembourser en se saignant aux quatre veines.

Sur injonction de la Troïka, le gouvernement grec s’est engagé à licencier 6500 fonctionnaires d’ici la fin de l’année 2014 alors qu’environ 20 000 agents ont déjà été mis au chômage via la fusion ou la suppression d’organismes publics. Et ce n’est pas fini. Selon le quotidien grec Kathimerini, 600 nouvelles mesures doivent encore être adoptées. L’une d’elles pourrait bientôt permettre aux employeurs de licencier librement sans justification. Une autre mesure que la Troïka veut mettre en place pour aider les banques grecques ployant sous 70 milliards d’euros de créances douteuses est de leur permettre de saisir les biens immobiliers dans le cas de crédits non payés.

Pendant ce temps, et malgré la mascarade du plan d’allègement intervenu en 2012, la dette publique poursuit son ascension. Celle-ci s’élève aujourd’hui à 175,1% du PIB (318 milliards d’euros) contre 129,7% du PIB en 2009 avant l’arrivée de la Troïka.

La politique dictée par ses créanciers au gouvernement grec complice conduit logiquement au délabrement de la société toute entière, au chômage de masse qui stagne à 27 % de la population active (celui des jeunes a triplé depuis 2008) et à une profonde récession.
La réunion de Paris, comme chacune des missions précédentes de la Troïka, n’améliorera en rien les conditions de vie de la population. Les seuls bénéficiaires de la gestion de la crise sont les grandes entreprises multinationales et nationales qui profitent des privatisations et de la baisse des salaires et les quelques oligarques à leurs services.

Les recettes tirées des privatisations (réseau de télécoms – OTE, office des paris sportifs- OPAP, loteries nationales, compagnie de gaz, la compagnie des eaux de Thessalonique, les ports du Pirée et de Thessalonique, des aéroports régionaux, etc.) partent aussitôt en remboursement de la dette. De même, chaque prêt de la Troïka repart en grande partie en remboursement des dettes antérieures.

Le CADTM condamne l’ingérence de la Troïka qui viole la souveraineté du peuple grec, et exige l’annulation pure et simple de toutes les dettes odieuses, illégales et illégitimes de la Grèce. Le peuple grec rembourse depuis trop longtemps cette dette imposée par l’UE et le FMI pour l’asservir.
Pour de nombreux Grecs précarisés, affamés, en situation de survie, au bord du suicide ou sur le chemin de l’exode, les dommages sont irréversibles.

Plusieurs rapports officiels publiés en 2013 et 2014, dont celui du Commissaire européen aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe |1|, de l’Expert de l’ONU sur la dette ou encore l’opinion juridique du professeur de droit Andreas Fischer-Lescano commissionnée par la Chambre de travail de Vienne |2|, démontrent avec précision que la Troïka a violé une série de droits humains protégés par les textes internationaux.

Il est temps de poursuivre en justice la Troïka et d’exiger des réparations pour les dégâts humains et écologiques.

Enfin, le CADTM exige que soient rendues publiques les dépenses de cette fastueuse rencontre aux frais des contribuables.

Notes

|1| Rapport « Safegarding human rights in time of economic crises », publié le 3 décembre 2013

|2| Rapport « Human Rights in Times of Austerity Policy », publié le 17 février 2014

 

 

Source : cadtm.org

 

 

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Grèce
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 19 août 2014 2 19 /08 /Août /2014 18:47

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/chalouette

 

Grèce : 850.000 travailleurs ne sont pas payés depuis 1 an

 

Publié le 19 août 2014

Ecrit par folamour

 

J'en profite pour  vous rappeler les deux documentaires sur la Grèce que nous avons passé récemment : La Grèce, crise et châtiments... , et Grèce, année zéro

 Amicalement,

 

f.

 

Greek_worker_19_08_2014.jpg

La crise financière a nettement changé les vies des millions de citoyens grecs dont les salaires ont été coupés tandis que leur pouvoir d'achat est retourné 30 ans en arrière.

 

Selon le rapport annuel de l'institut de travail de la confédération générale des travailleurs grecs (INE-GSEE), le pouvoir d'achat du salaire minimum actuel s'élève au niveau des années 1980. Ceci signifie qu'avec le salaire minimum actuel, les Grecs peuvent acheter les mêmes biens et services qu'ils ont achetés au début des années 80. Le rapport a également enregistré un numéro de travailleurs impressionnant qui ne sont pas payé a temps.

Le rapport prouve qu'environ 850.000 travailleurs attendent jusqu'à 12 mois pour recevoir leur salaire. Le phénomène de l'emploi bénévole est largement étendu, particulièrement dans les magasins de détail à moins de cinq employés.

 

Selon le rapport, les caractéristiques principales du marché du travail en Grèce sont :

  •     Faibles salaires
  •     Travail non assuré
  •     Formes souples d'emploi. Tandis qu'en 2009 l'emploi souple représentait 26% de nouveaux contrats, en 2013 l'emploi souple a représenté 51%.

 

Selon des chiffres, le salaire réel moyen dans le secteur privé est de 750-800 euros comparés à 1.100 euros au début de la crise économique, enregistrant une diminution de 23%.

La crise a également eu un impact dramatique sur le salaire minimum des travailleurs plus de 25 ans : Elle a chuté à 560 euros par mois, alors qu'elle était de 751 euros (diminution de 22%). Pour des travailleurs au-dessous de 24 ans, le salaire minimum s'élève à 510 euros.

 

Source : Greece.greekreporter.com via Maître Confucius ; )

 

Traduction : ~ folamour ~

Corrections : Chalouette

 

Si vous appréciez nos tentatives de traduction et plus globalement notre petit blog, n’hésitez pas à voter pour lui sur http://info.pinterac.net/

Pour lui donner un peu plus de visibilité, (vote comptabilisé toutes les 24h donc à renouveler svp).

Merci d’avance, ; )

f.

 

Informations complémentaires :

Crashdebug.fr : La Grèce, crise et châtiments...

Crashdebug.fr : Grèce, année zéro

Crashdebug.fr : La Grèce devient médiévale – 66 % des salaires payés en troc

Crashdebug.fr : Grèce : Ils s’injectent le VIH pour 700€ d’aides sociales par mois...

Crashdebug.fr : L'austérité en Grèce a fait exploser le nombre de suicides et de meurtres

Crashdebug.fr : Grèce : privée d'électricité pour cause d'impayés, une tétraplégique décède

Crashdebug.fr : Grèce : la Commission européenne exige la saisie des logements des particuliers

Crashdebug.fr : En Grèce, privatisation et bétonnage du littoral : l’UE continue le dépeçage !

Crashdebug.fr : La Grèce malade de la rigueur

Crashdebug.fr : Grèce. 54 % des habitants ne pourront plus faire face à leurs dettes en 2013

Crashdebug.fr : Nouveau chômage record en Grèce, nouveau bénéfice record pour Goldman Sachs...

Crashdebug.fr : La Grèce, dossier noir de l'ancien VRP du hors-bilan chez Goldman ...

Crashdebug.fr : La Cour européenne de justice valide « le secret défense » pour la BCE

Crashdebug.fr : Olivier Delamarche - BFM Business 2 janvier 2014 : « Delamarche : La Grèce, c'est du Madoff fois 1000… »

Crashdebug.fr : « La Grèce était un paradis, ils en ont fait un enfer »

Crashdebug.fr : Nouvelle loi en Grèce : les opposants à l’UE risquent désormais deux ans de prison !

Crashdebug.fr : Europe : des milliers de manifestants contre l'austérité

Crashdebug.fr : Grande manifestation à Rome contre l'austérité

Crashdebug.fr : En Allemagne, les grèves se multiplient face à l’austérité

Crashdebug.fr : Espagne : manifestation contre l’austérité et la dictature des marchés

Crashdebug.fr : Spéculation : l’Espagne a déjà remboursé trois fois sa dette...

Crashdebug.fr : Nouvel Ordre Mondial : JPMorgan (Rockefeller) demande plus d’autoritarisme aux gouvernements européens

Crashdebug.fr : Comment les plans d’austérité dégradent la santé des Européens

Crashdebug.fr : Le FMI admet des erreurs dans la gestion du dossier grec

Crashdebug.fr : Le FMI le confirme : l’austérité était une erreur de calcul

Crashdebug.fr : Austérité : le grand mensonge

Crashdebug.fr : Ce soir (ou jamais) émission du 19 avril 2013 « Une simple erreur de calcul à l'origine des politiques d'austérité ? »

Crashdebug.fr : Révélations l'Humanité : le document de Bruxelles qui avoue l'échec de l'austérité

Crashdebug.fr : Quand le choix de rembourser la dette … augmente la dette ! Que la Troïka aille se faire voir !

Crashdebug.fr : Les pays qui ont appliqué l'austérité ont vu leurs dettes publiques exploser

Crashdebug.fr : Debtocracy - La gouvernance par la dette (vostfr)

Crashdebug.fr : Étienne Chouard inédit - Bonus du DVD « LA DETTE » non-censuré

Crashdebug.fr : « La Dette… » (N. Ubelmann et S. Mitrani)

Crashdebug.fr : « Lettre aux Français contre les tabous indiscutés » - Le cri d’alarme du seul prix Nobel d’économie français (1988) : Maurice Allais

Crashdebug.fr : L’éclatante faillite du nouveau credo, par Maurice Allais (1999)

Crashdebug.fr : La mondialisation, le chômage et les impératifs de l’humanisme, par Maurice Allais (2000)

Crashdebug.fr : Les fourches arrivent... Pour nous ploutocrates

 

 http://www.crashdebug.fr/index.php/international/9284-grece-850-000-travailleurs-ne-sont-pas-payes-depuis-1-an

 

 

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/chalouette

 

 

 

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Grèce
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 14 août 2014 4 14 /08 /Août /2014 18:11

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

Dix ans après, le fiasco des Jeux olympiques d'Athènes en photos

 

 

 

Abandoned: On the tenth anniversary of the 2004 Summer Olympics in Athens, Greece, the state-of-the-art sports venues lie empty, completely unused and decaying. Above, the canoeing and aquatics centre at the former Helliniko Olympic complex in southern Athens is now completely dried up and abandoned

Abandoned: On the tenth anniversary of the 2004 Summer Olympics in Athens, Greece, the state-of-the-art sports venues lie empty, completely unused and decaying. Above, the canoeing and aquatics centre at the former Helliniko Olympic complex in southern Athens is now completely dried up and abandoned

*Photo tirée de l'article du Daily Mail
                                                                *********************************

Source : www.mediapart.fr

 

Dix ans après, le fiasco des Jeux olympiques d'Athènes en photos

|  Par La rédaction de Mediapart


En plein marasme économique, la Grèce laisse les installations des Jeux olympiques à l'abandon. Le Daily Mail revient dix ans après sur ce désastre financier.

Ils auront coûté entre 8,6 et 13 milliards d'euros selon les sources. Dix ans jour pour jour après leur organisation, les Jeux olympiques d'Athènes prennent aujourd'hui l'allure d'un désastre financier.

Incapables de maintenir en fonction le site olympique après les crises économiques de 2008 puis 2010, l’État et la mairie d'Athènes ont laissé une partie des installations sportives à l'abandon.

Les piscines d'entraînement et les complexes aquatiques sont à sec. Les stades de beach-volley et d'haltérophilie demeurent inutiles, tandis que des herbes folles envahissent les pistes de l'aéroport desservant le site olympique au sud de la ville. 

Le Daily Mail présente ici un long portfolio de ces infrastructures devenues des fardeaux.

 

 

Source : www.mediapart.fr

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Grèce
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 4 août 2014 1 04 /08 /Août /2014 18:23

 

Source : www.mediapart.fr

 

Fausse reprise en Grèce

|  Par Amélie Poinssot

 

 

 

Deux instituts publient des chiffres encourageants pour l'économie grecque : la chute du PIB semble, enfin, enrayée. Mais après six années de récession, plus d'un tiers des Grecs vit en dessous du seuil de pauvreté. État des lieux d'une économie anémiée, alors que Jean-Claude Juncker, le président désigné de la Commission européenne, se rend ce lundi à Athènes.

C'est une nouvelle qui est passée inaperçue ce lundi 28 juillet. Dans son dernier rapport trimestriel, le bureau du budget de l’État à la Vouli, le parlement grec, indique que le pays aurait besoin d'un troisième plan « de sauvetage », c'est-à-dire un troisième accord avec ses créanciers afin de garantir de nouveaux prêts après ceux qui ont été signés en mai 2010 et en février 2012 avec la Troïka (Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international). Au total, ces mémorandums assortis d'une cure d'austérité sans précédent ont apporté 240 milliards d'euros de lignes de crédit à l’État grec, dont les versements se sont étalés dans le temps et sont toujours en cours, assortis, chaque fois, de nouvelles conditions.

« Les incertitudes demeurent », peut-on lire dans le rapport, qui montre que si « le pays est entré dans une phase de stabilisation économique » et si la fin de l'année verra « de manière presque certaine, une petite reprise », « la dynamique de cette reprise n'est pas saine malgré le confinement de la récession ». Le rapport met en évidence une situation bancaire problématique, où la proportion de crédits impayés des particuliers comme des entreprises continue à augmenter, ce qui limite les capacités des banques à accorder des prêts. Ce taux de prêts douteux sur lesquels les retards de remboursement s'accumulent fait partie des plus importants au monde, d'après le FMI. Le financement de l'économie grecque se retrouve par conséquent considérablement réduit. Autre problème soulevé par ce rapport : le retard dans les réformes, qui peut contribuer à une hausse des taux d'intérêt et freine la capacité d'emprunt du pays. « Le plus probable, écrit le rapport, est que le pays demande un nouveau crédit auprès de la Troïka ou d'un organisme international ad hoc. » D'après l'Union européenne en effet, d'ici à la fin 2015, la Grèce doit encore trouver 14,9 milliards d'euros, au risque de faire face à un défaut de paiement. Or ses capacités d'emprunt restent limitées : si le gouvernement a annoncé au printemps le grand retour sur les marchés du pays, l'emprunt est pour l'heure limité à une durée de cinq ans, et rien ne garantit que les taux d'intérêt ne vont pas à nouveau s'envoler.

Enfin, ajoute ce rapport parlementaire décidément peu encourageant, les investissements continuent de reculer, l'assainissement budgétaire est toujours une route semée d'embûches, et, last but not least, la dette publique du pays reste « une épée de Damoclès » sur l'économie grecque, pesant sur l'investissement interne comme étranger. « Jusqu'à présent et malgré les prévisions officielles optimistes, la dette continue d'augmenter. L'Union européenne prévoit que d'ici la fin 2014 la dette publique passe de 318,6 milliards d'euros à 322,3 milliards, avec comme conséquence une hausse de 175 à 177,2 % du PIB. »


Chantier naval de Perama, en banlieue d'Athènes. La plupart des ouvriers sont aujourd'hui des chômeurs de longue durée 
Chantier naval de Perama, en banlieue d'Athènes. La plupart des ouvriers sont aujourd'hui des chômeurs de longue durée © Reuters

Or l'objectif, lorsque la Troïka a administré la potion de l'austérité au pays, était de réduire le ratio de la dette à moins de 110 % du PIB pour 2022. Aujourd'hui, les économistes de tous bords admettent que cet objectif, en l'état, est impossible à atteindre, et qu'une nouvelle restructuration de la dette est nécessaire, après le « haircut » (effacement partiel) de février 2012 et le « buying back » (opération d'échange d'obligations) de novembre de la même année, qui ont tous deux permis d'alléger la dette de près de 130 milliards d'euros. Mais cette idée, si elle est partagée par l'exécutif lui-même (gouvernement de droite dirigé par Antonis Samaras, allié aux socialistes du Pasok), n'a cessé d'être remise à plus tard depuis un an et demi. D'abord repoussée après les élections allemandes de septembre 2013, tant il était évident qu'à l'aune d'un scrutin national Angela Merkel n'allait pas favoriser une décision en ce sens, si impopulaire aux yeux de son électorat, la négociation sur la dette a ensuite été retardée en raison des élections européennes et du renouvellement qui s'ensuit au sein des institutions bruxelloises. Maintenant que la nouvelle Commission est en train de se dessiner, les discussions devraient progressivement repartir.

Jean-Claude Juncker se rend d'ailleurs à Athènes ce lundi 4 août 2014 pour son premier voyage dans une capitale européenne depuis qu'il a été désigné président de la Commission – signe que la Grèce reste un dossier prioritaire pour l'UE, même si ces voyages dans les pays membres ont aussi pour objet d'attribuer les futurs postes de commissaires. Pour le gouvernement Samaras en tout cas, cette visite sera l'occasion de relancer la question de la restructuration d'une partie de la dette grecque, mais aussi de demander la fin des audits de la Troïka, dont chaque visite se traduit par de nouvelles mesures d'austérité – la prochaine étant prévue pour la deuxième quinzaine de septembre.

Baisses de salaire et chômage de longue durée

Néanmoins, pour la première fois depuis le début de la crise, le gouvernement grec a un atout en main : la chute de l'économie grecque semble enrayée. Dans son dernier bulletin publié jeudi 31 juillet, le KEPE – Centre de planification et de recherche économique, proche du gouvernement – indique que l'économie est revenue dans le positif au deuxième trimestre : entre avril et juin, le PIB s'est accru de 0,38 %. Une goutte d'eau, mais ce centre d'analyse juge la situation encourageante : « Ce chiffre reflète les conditions de stabilisation qui dominent aujourd'hui l'économie grecque, lit-on dans le rapport. Ces conditions proviennent principalement de la consolidation graduelle de la discipline budgétaire, de la mise en œuvre d'une série de réformes structurelles clés, ainsi que de la normalisation progressive des opérations dans le secteur du crédit. »

D'après le KEPE, la tendance devrait se renforcer d'ici à la fin de l'année, et le taux de croissance devrait ainsi atteindre 0,6 % sur l'ensemble de 2014. Des prévisions qui ne sont pas très éloignées de celles de la Banque centrale de Grèce (0,5 % pour 2014) ni de celles de l'IOBE – la Fondation pour la recherche économique et industrielle, proche du patronat – sorties une semaine plus tôt que celles du KEPE et qui tablent, elles, sur une croissance de 0,7 %. Le gouvernement se targue en outre d'avoir remis les comptes à l'équilibre : depuis fin 2013, le budget de l’État est en excédent primaire (c'est-à-dire sans les intérêts de la dette), et depuis le printemps, il a annoncé à grands renforts de communication le « retour de la Grèce sur les marchés ». Après quatre ans sans pouvoir emprunter tant les taux étaient prohibitifs, le pays peut en effet à nouveau emprunter sur les places financières, pour une durée de cinq ans. C'est la « success story » tant vantée par Antonis Samaras… Mais à quel prix ? Si ces résultats attestent que la Grèce a enrayé sa chute, pour les Grecs, la « lumière au bout du tunnel » qui ponctue régulièrement les discours du premier ministre n'est pas encore visible…

Car il ne faut pas s'y méprendre : cette stabilisation reste fragile et n'est pas, pour l'heure, créatrice d'emplois ; elle est en grande partie liée à des variations saisonnières, les professionnels du tourisme annonçant une saison spectaculaire cette année. Et même si le gouvernement obtenait gain de cause lors de la visite de Jean-Claude Juncker et si un allègement de la dette publique pourrait, à terme, faire repartir l'investissement, le mal est fait pour l'économie grecque : ces quatre dernières années, le PIB grec s'est effondré de 40 milliards d'euros, d'après Elstat, les autorités statistiques grecques, soit de près d'un quart. Le chômage continue de caracoler à près de 28 %, de plus en plus de gens s'enfoncent dans un chômage de longue durée dont ils auront toutes les peines du monde à se sortir, tandis que les actifs ayant un emploi continuent de voir leurs revenus chuter.

Car si le secteur public a été le premier touché par les cures d'austérité, en 2010, aujourd'hui ce sont les salariés du privé qui souffrent de baisses de salaire et d'importants retards de paiement : il n'est pas rare, dans les petites entreprises, de devoir attendre six mois consécutifs avant d'être payé. En 2013, le salaire moyen net dans le secteur privé grec s'élevait à 817 euros par mois… quand il était de 1 014 euros quatre ans plus tôt, selon des chiffres de la principale caisse d'assurance sociale. De leur côté, les travailleurs indépendants ont également vu leurs revenus chuter et près d'un sur deux n'est désormais plus en mesure de payer ses cotisations sociales (au total, un tiers de la population grecque n'est plus couvert par l'assurance maladie). Résultat, la Grèce affiche aujourd'hui le taux de pauvreté le plus élevé de la zone euro : en 2013, d'après Elstat, 36,4 % des citoyens grecs vivaient au-dessous du seuil de pauvreté (c'est-à-dire avec un revenu inférieur à 60 % du revenu médian national), contre une moyenne de 23,3 % au sein de la zone euro.

L'an dernier, le FMI avait déjà fait son mea culpa par la voix d'Olivier Blanchard, économiste en chef, qui avait reconnu que l'institution avait sous-estimé dans le cas de la Grèce l'effet du multiplicateur budgétaire, à savoir l'impact d'une forte baisse des dépenses publiques sur la croissance. Dans un rapport publié le 22 juillet dernier, le FMI a en outre reconnu que les gains de compétitivité réalisés en Grèce par le biais des cures d'austérité n'étaient pas « durables », dans la mesure où ils ne reposaient que sur des baisses de salaire et des licenciements et avaient donc provoqué, en retour, une baisse de la consommation intérieure et une hausse du chômage. En effet. Un peu tard, peut-être…

 

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

 

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Grèce
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 11 juillet 2014 5 11 /07 /Juil /2014 21:29

 

 

Source : www.agoravox.fr

 

 

par Enjeux Electriques (son site) vendredi 11 juillet 2014 

La Grèce vend à la découpe son énergie

 

 

 

Enfant terrible de la crise économique européenne, la Grèce n’en finit plus de brader son patrimoine depuis six ans, hypothéquant son avenir. Sous la pression de ses créanciers, le gouvernement hellénique a dû se résoudre à mettre en vente, morceau par morceau, la compagnie publique d’énergie, DEI

Après avoir déjà cédé une bonne part du Pirée, le port d’Athènes, l’Etat grec a reçu le 9 juillet 2014 l’autorisation du Parlement de privatiser un autre bijou de famille : le principal énergéticien du pays, DEI. La situation économique de l’entreprise publique n’est pas brillante, ses dettes sont évaluées à plus de 5 milliards de dollars, l’équivalent de son chiffre d’affaires en 2013.

Des mesures extrêmes

Imposée par la Troïka (la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international), la vente de parts de l’énergéticien hellène n’est pourtant pas une évidence économique et juridique. L’Etat grec ne détient déjà plus que 51% de DEI et sa participation va être ramenée à 20%. En comparaison, l’Etat français reste présent à hauteur de près de 85% chez EDF et de 70% chez GDF Suez, sans que la Commission européenne y trouve à y redire.

La porte-parole du gouvernement, Sophia Voultepsi, a elle-même convenu que « c'est un ordre de l'Union européenne qui est très sévère en matière de concurrence ». De plus, le coût social s’annonce élevé. Les syndicats et une partie de la classe politique ont prévenu que cette vente entraînera « une hausse des prix de l'électricité [...] et une baisse des salaires du personnel ».

Quel bénéfice pour la Grèce ?

Dans les faits, la vente telle quelle de DEI n’est pas acquise. Noyée sous les dettes et peu rentable, il semble décidé de séparer les actifs sains et toxiques de l’entreprise pour la rendre plus présentable auprès d’éventuels investisseurs. D’un côté, les activités rentables (mines de lignite, barrages hydroélectriques, réserves de gaz naturel) devraient être mises aux enchères aux alentours de 2 milliards d’euros, de l’autre, les activités non rentables devraient être conservées par l’Etat. Bref, les pertes seront assumées par les contribuables grecs (et européens via les fonds d’aide de l’UE) tandis que les profits seront privatisés.

Le cas grec est un cas extrême de la libéralisation boiteuse du secteur de l’énergie en Europe. Si une sortie de crise semble aujourd’hui envisageable pour le pays, son avenir économique semble plus qu’incertain, une bonne part des activités porteuses, dont l’énergie, ayant été bradées pour éponger les dettes.

 

 

Source : www.agoravox.fr

 

 

 

 

 


Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Grèce
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Texte Libre

INFO IMPORTANTE

 

DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

OVERBLOG NOUS IMPOSE ET PLACE DES PUBS

SUR NOTRE BLOG

CELA VA A L'ENCONTRE DE NOTRE ETHIQUE ET DE NOS CHOIX


NE CLIQUEZ PAS SUR CES PUBS !

Présentation

Recherche

Texte Libre

ter 

Nouvelle-image.JPG

Badge

 

          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



  Th-o indign-(1)

55

9b22

Calendrier

Décembre 2014
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31        
<< < > >>

Images Aléatoires

  • DSC00621
  • 6188798256 208fc821c2 o
  • 31
  • 25
  • 13
  • DSCF1144

Partager

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés