Consommer et agir autrement

Vendredi 23 janvier 2015 5 23 /01 /Jan /2015 23:43

 

Source : www.terraeco.net

 

20-01-2015

 

 


 
Pourquoi une pomme des années 1950 équivaut à 100 pommes d'aujourd'hui
(Crédit photo : Pixabay)
 
Avec l'augmentation des rendements agricoles, nos aliments sont devenus des coquilles vides… de nutriments. Combien de pêches, d'oranges, de brocolis faut-il ingurgiter pour retrouver les bienfaits d'il y a un demi-siècle ?
Le Baromètre de cet article

Mordre à pleines dents dans une pêche et avaler… de l’eau sucrée. Manger toujours plus, pour se nourrir de moins en moins. Tandis que, dans les pays développés, nos apports en calories augmentent, la plupart des aliments non transformés que nous consommons – fruits, légumes et céréales – deviennent des coquilles vides sur le plan nutritionnel. Une dizaine d’études d’universités canadiennes, américaines et britanniques, publiées entre 1997 et aujourd’hui, font état d’une dégringolade de la concentration en nutriments dans nos aliments. Ces travaux résumés dans l’étude « Still no free lunch » de Brian Halweil, chercheur au Worldwatch Institute confirment l’essor de la « calorie vide » : grasse, sucrée, mais inutile pour la santé. Même dans les aliments réputés sains, vitamines A et C, protéines, phosphore, calcium, fer et autres minéraux ou oligo-éléments ont été divisés par deux, par vingt-cinq, voire par cent, en un demi-siècle. Pour retrouver les qualités nutritionnelles d’un fruit ou d’un légume des années 1950, il faudrait aujourd’hui en manger une demi-cagette !

Vitamine C : une pomme hier = 100 pommes aujourd’hui

Hier, quand nos grand-parents croquaient dans une transparente de Croncel, ils avalaient 400 mg de vitamine C, indispensable à la fabrication et à la réparation de la peau et des os. Aujourd’hui, les supermarchés nous proposent des bacs de Golden standardisées, qui ne nous apportent que 4 mg de vitamine C chacune. Soit cent fois moins. « Après des décennies de croisements, l’industrie agroalimentaire a sélectionné les légumes les plus beaux et les plus résistants, mais rarement les plus riches sur le plan nutritif », déplore Philippe Desbrosses, docteur en sciences de l’environnement à l’université Paris-VII et militant pour la préservation des semences anciennes.

Vitamine A : une orange hier = 21 oranges aujourd’hui

Précieuse pour notre vue et nos défenses immunitaires, la vitamine A est en chute libre dans 17 des 25 fruits et légumes scrutés par des chercheurs canadiens dans une étude synthétisée pour CTV News. Le déclin est total pour la pomme de terre et l’oignon qui, aujourd’hui, n’en contiennent plus le moindre gramme. Il y a un demi-siècle, une seule orange couvrait la quasi-totalité de nos besoins quotidiens – les fameux AJR (apports journaliers recommandés) – en vitamine A. Aujourd’hui, il faudrait en manger 21 pour ingurgiter la même quantité de la précieuse vitamine. De même, une pêche des années 1950 équivaut à 26 pêches aujourd’hui.

Fer : la viande en contient deux fois moins

Au début de la chaîne, il y a la céréale. Blé, maïs et soja sont aujourd’hui plus pauvres en zinc, en cuivre et en fer qu’il y a cinquante ans. Appauvries par des décennies d’agriculture intensive et de sélections variétales, ces céréales réapparaissent dans l’auge de nos bêtes, qui, par répercussion, se trouvent moins bien nourries que leurs ancêtres. En bout de chaîne, l’animal devenu steak apportera moins de micronutriments dans nos assiettes. Tel est l’effet domino identifié par le chercheur américain David Thomas. Dans son étude [1] publiée dans la revue Nutrition et Health, il constate qu’à poids égal un même morceau de viande apporte deux fois moins de fer qu’un demi-siècle auparavant. Or, celui-ci sert à l’élaboration. Autre dommage collatéral : le lait « a perdu ces acides gras essentiels », déplore Philippe Desbrosses. Des acides essentiels à nos membranes cellulaires, notre système nerveux et notre cerveau. Naturellement présents dans l’organisme en très petite quantité, ils doivent nous être apportés par l’alimentation.

Calcium : quatre fois moins dans le brocoli

Mauvaise nouvelle. Si le brocoli figure sur la liste de ces légumes que vous ne consentez à avaler qu’en pensant à votre santé, vous n’avez pas fini de grimacer. Alors que ce chou venu du sud de l’Italie contenait 12,9 mg de calcium – allié de la construction osseuse et de la coagulation du sang – par gramme en 1950, ils n’en renfermait plus que 4,4 en 2003, selon une étude de l’université du Texas, soit quatre fois moins. Si vous comptiez sur lui pour compenser la carence en fer de votre steak, c’est également loupé. Il vous faudrait en mettre six fois plus dans la soupe pour obtenir les mêmes bienfaits que par le passé. Sur les 25 légumes étudiés par l’équipe de recherche canadienne, 80% ont vu leur teneur en calcium et en fer décliner.

Le bio est-il une solution ?

Les facteurs de ce déclin sont multiples. Des sols plus pauvres, des végétaux cueillis trop tôt, des traitements de conservation plus fréquents, des croissances plus rapides dopées par les engrais et une réduction du nombre de variétés, sélectionnées pour leur résistance aux parasites et leur rapidité de croissance… Autant d’éléments imputables à une quête de meilleurs rendements. Résultat, « pour le maïs, le blé et le soja, plus le rendement est important, plus le contenu en protéines est faible », note Brian Halweil, dans son étude. Même schéma pour les concentrations de vitamine C, d’antioxydants et de bêtacarotène dans la tomate : plus les rendements augmentent, plus la concentration de nutriments diminue.

A contrario, « l’agriculture biologique peut contribuer à inverser la tendance », indique Brian Halweil dans son étude. De fait, à conditions climatiques équivalentes « les aliments bios contiennent significativement plus de vitamine C, de fer, de magnésium et de phosphore que les autres ». Le chercheur met pourtant en garde : « Si les agriculteurs bios développent un système riche en intrants avec des rendements comparables aux exploitations conventionnelles, le bio verra son avantage nutritionnel s’éroder. » De même, si les produits bios sont cueillis avant maturité, ils sont finalement moins riches en nutriments que des produits mûrs de l’agriculture traditionnelle. Seule stratégie pour remettre de la vie dans son assiette : choisir des aliments mûrs, produits de manière non intensive et partir à la chasse aux variétés oubliées. Une épopée.

Retrouvez toutes les études ici :
- L’étude canadienne synthétisée pour CTV News
- L’étude « Still no free lunch », de Brian Halweil, chercheur au Worldwatch Institute
- L’étude de l’université du Texas
- L’étude américaine de l’université du Minnesota sur le blé
- L’étude du chercheur américain David Thomas publiée dans la revue Nutrition et Health
- L’étude de l’université du Texas sur les rendements

[1] David Thomas, « A Study of the Mineral Depletion of the Foods available to us as a nation over the period 1940 to 1991 », in press, Nutrition and Health ; Anne-Marie Mayer, op. cit. Note 32.

 

 

Source : www.terraeco.net

 

 

 

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Dimanche 18 janvier 2015 7 18 /01 /Jan /2015 19:02

 

Source : degooglisons-internet.org

 

 

Dégooglisons Internet

Une initiative du réseau Framasoft en faveur d'un internet libre, décentralisé, éthique et solidaire.

 

Village libriste

Au milieu des multinationales tentaculaires, quelques organisations non-lucratives continuent de lutter activement pour un Web ouvert et respectueux des internautes.

En plus de Framasoft, association loi 1901 qui mène la présente campagne, nous pouvons citer l'April, la Quadrature du Net ou encore l'Aful. Ces associations vivent de vos dons, n'oubliez pas de les soutenir !

Quel sont les enjeux ?

Ces dernières années ont vu se généraliser une concentration des acteurs d’Internet (Youtube appartient à Google, WhatsApp à Facebook, Skype à Microsoft, etc.). Cette centralisation est nuisible, non seulement parce qu’elle freine l’innovation, mais surtout parce qu'elle entraîne une perte de liberté pour les visiteurs. Les utilisateurs de ces services derniers ne contrôlent plus leur vie numérique : leurs comportements sont disséqués en permanence afin de mieux être ciblés par la publicité, et leurs données - pourtant privées (sites visités, mails échangés, vidéos regardées, etc.) - peuvent être analysées par des services gouvernementaux.

La réponse que souhaite apporter Framasoft à cette problématique est simple : mettre en valeur, pour chacun de ces services privateur de liberté, une alternative Libre, Ethique, Décentralisée et Solidaire. En savoir plus…

  Village libriste Fermetum Centralisum Espionnum Privatum NSA 595,900,80 460,1050,80 1130,780,80 920,1130,80 1190,570,80 1120,1180,80 1160,940,80 735,630,80 620,1110,80 790,1020,80 1240,410,80 730,125,80 980,745,80 1210,1430,80 375,1205,80 680,480,80 1250,1090,80 730,1300,80 835,180,80 1040,580,80 710,300,80 550,1240,80 450,910,80 810,410,80 980,940,80

 

Source : degooglisons-internet.org

 

 


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Samedi 17 janvier 2015 6 17 /01 /Jan /2015 16:07

 

 

Source : www.reporterre.net


 

EDITO - Allons enfants de la fratrie

Hervé Kempf (Reporterre)

lundi 12 janvier 2015

 

 

"Pour tous les enfants de la terre
Chantons amour et liberté.
Contre toutes les haines et les guerres
L’étendard d’espoir est levé
L’étendard de justice et de paix."


On avait réfléchi, hésité, discuté. Et puis, comme l’a dit Jean-Pierre, « On ne choisit pas toujours ses amis, fussent-ils des amis d’un jour. Il faut distinguer l’essentiel de l’accessoire ». Et on a été au rassemblement de dimanche. L’essentiel, c’était de manifester, au sens propre du terme, que la liberté est le coeur de l’existence humaine, et l’essence de cet être commun que l’on appelle la France.

Ce sentiment, on l’a senti vibrer, tout au long de l’après-midi, dans le silence et dans la gravité qui frissonnaient au long des boulevards et des places, on l’a lu sur les milliers de panonceaux, on l’a entendu dans la douceur étrange avec laquelle les gens se parlaient, dans la bonne humeur, le soir place de la Nation.

C’était gai, c’était jeune, c’était vieux, c’était tous.

Et puis, plusieurs fois, cette Marseillaise. Des mots étranges, cette musique si familière, ce symbole si puissant. Et la foule chantait, plusieurs fois, pour dire ce que les paroles du chant de 1792 ne disent pas. Pour dire que l’on veut changer d’époque.

Alors, si je voulais retenir une idée, un acte, une marque que cette journée du 11 janvier est un vrai tournant, c’est que l’on change ces paroles, que l’on abandonne les étendards sanglants aux assassins, qu’on arrête de croire qu’il peut y avoir un sang impur, que l’on ensemence les sillons de la paix dans laquelle, durant un dimanche illuminé, des millions d’êtres humains ont voulu communier.

Cette nouvelle Marseillaise, elle existe, elle a été chantée. Ecoutons :

 


la nouvelle marseillaise par makdamassakr

 

La Marseillaise

Pour tous les enfants de la terre
Chantons amour et liberté.
Contre toutes les haines et les guerres
L’étendard d’espoir est levé
L’étendard de justice et de paix.

Rassemblons nos forces, notre courage
Pour vaincre la misère et la peur...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

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Mercredi 14 janvier 2015 3 14 /01 /Jan /2015 16:27

 

Source : www.bastamag.net

 

 

Témoignages Alternative

Forêt comestible, tourisme solidaire et école alternative : une oasis d’utopies concrètes ouverte sur le monde

par Jessica Bonvoisin, Samuel Bonvoisin 14 janvier 2015

 

 

 

 

 

Et si on arrêtait d’être « contre », pour proposer des solutions concrètes ? Pour transformer l’agriculture et inventer d’autres manières d’apprendre. Et changer notre regard sur nous-même et sur le monde. C’est à ces défis que Jessica et Samuel ont voulu répondre. Ces deux trentenaires, installés dans la Drôme, se lancent dans la création d’un « Oasis en tout lieu » – un concept initié par l’agriculteur et écrivain Pierre Rabhi – qui allie ferme en permaculture, espace d’apprentissage basé sur des pédagogies alternatives et lieu d’accueil pour tourisme solidaire. Objectif : créer leur emploi et construire leur projet de vie, en lien avec un territoire et ses habitants, tout en réinventant les modes de production et d’échange. Témoignage d’un cheminement vers la construction d’une utopie concrète.

Trentenaires engagés, parents de trois jeunes enfants, nous avons quitté il y a 18 mois la ville de Lille avec cette question en tête : et si on arrêtait d’être « contre » ? Nous sentions le besoin de tourner le dos à « l’ère des problèmes » et le désir de poser notre pierre dans « le champ des solutions ». C’est ainsi qu’est né le projet de l’Oasis de Serendip.

Nous sommes ingénieurs agronomes, avec deux parcours très différents : Jessica est le rat des villes et Samuel celui des champs. Pendant sept ans, Jessica a travaillé au sein d’une association régionale de producteurs biologiques. Elle y a notamment mené un projet visant à rendre les produits bio plus accessibles à tous, et notamment aux familles à petit budget. Samuel a vécu des expériences riches dans des mouvements d’éducation populaire, il a contribué à la création de l’association Terre de Liens dans le Nord-Pas de Calais (association qui vise à faciliter l’accès au foncier agricole pour de nouvelles installations paysannes). Ces dernières années, c’est à RECit, le Réseau des Écoles de Citoyens, qu’il a pu expérimenter divers outils d’intelligence collective et découvrir des expériences liées aux pédagogies alternatives.

Inventer le modèle agricole de demain

Jusqu’à récemment, nous avons beaucoup été « contre » : la guerre en Irak, les OGM, la réforme des retraites,… C’est en lisant et en rencontrant des personnalités comme Marc Dufumier, Pierre Rabhi, Antonella Verdiani, Caroline Soost, Isabelle Peloux que nous avons réalisé qu’il est possible d’utiliser notre énergie autrement, en nous mettant au service du respect de l’humain, de la terre, et d’un partage plus équitable des ressources. Qu’il est possible de produire efficacement et en quantité sur de petites surfaces agricoles. Que chaque école devrait avoir accès à un carré de terre et à des outils d’artisanat pour permettre aux enfants d’expérimenter le jardinage, l’agriculture, la création. Que la communication non-violente et la bienveillance sont indispensables pour que l’enfant se construise sur des bases solides. Que tous peuvent apprendre dans la joie, si chacun avance à son rythme et avec les outils qui lui conviennent. Qu’il est précieux – et sans doute plus encore dans les années qui viennent – de connaître les fruits et légumes de saison et les plantes comestibles, de savoir les cultiver, et les cuisiner. Que chacun peut faire sa part pour construire un monde plus juste, sans attendre que le changement vienne d’en haut.

La création d’une ferme nous a semblé le projet le plus urgent et le plus judicieux. Mais quel modèle agricole choisir ? Les systèmes agricoles alternatifs donnent parfois peu envie : temps de travail très conséquent, faible revenu, difficulté à faire reconnaître la profession… Nous en sommes arrivés à cette conclusion : le modèle agricole de demain n’existe pas ! A l’image de ce que réalisent Charles et Perrine à la ferme du Bec Hellouin (lire le reportage de Basta !), nous croyons que c’est par la redécouverte des savoir-faire anciens – comme l’utilisation de l’arbre dans les systèmes agricoles – et en les combinant avec des techniques plus récentes, comme la forêt comestible, que nous contribuerons à inventer l’agriculture de demain.

L’éducation : une présence bienveillante pour que chacun puisse découvrir et libérer ses potentialités

Nous avons également eu la chance de visiter plusieurs classes animées avec des pédagogies dites alternatives, et avons vu les résultats sur les élèves. Nous ne parlons pas (seulement) de résultats scolaires, mais plutôt d’élèves bien dans leurs baskets, respectueux des autres et de la planète sur laquelle ils vivent. Dans une classe où chaque enfant se sent accueilli tel qu’il est, a le droit à la parole et peut s’impliquer dans ses apprentissages, les résultats académiques suivent ! Des instituteurs, des profs – comme Céline Alvarez, Caroline Sost, Isabelle Peloux – en font la démonstration dans leurs classes.

« Nous venons au monde avec le meilleur, le plus adapté et le plus incroyable des dispositifs d’apprentissage jamais inventés : le jeu. Et avec une qualité invincible : l’enthousiasme, analyse André Stern, musicien, auteur et journaliste, qui n’est jamais allé à l’école. Beaucoup croient, de nos jours encore, qu’il existe des gens bêtes et des gens intelligents et que cela est génétique, atavique et/ou fixé à la naissance. Cette croyance obsolète est bien pratique, car elle permet de répartir les uns et les autres en catégories définitives. Or, la neurobiologie moderne a démontré que le processus est aussi simple que limpide : l’enthousiasme agit comme un engrais. Là où nous nous enthousiasmons, notre cerveau se développe de manière rapide et spontanée. (…) En état d’enthousiasme, plus rien n’est inaccessible, et apprendre se "fait tout seul". »

Nos chemins mènent à l’Oasis

A partir de ces découvertes, de ces rencontres, nous avons souhaité utiliser nos compétences et connaissances pour construire un projet qui nous ressemble. Cette étape a été complexe, car il nous semblait impossible de construire un projet agricole sans y inclure un volet éducatif. Et comment envisager de transmettre des savoirs et savoir-faire sans utiliser des supports vivants ? Créer une ferme qui soit la plus autonome possible, oui, mais comment l’intégrer au territoire, et comment impliquer les habitants des environs ? Ce décloisonnement indispensable des activités et le souhait de vivre et travailler avec des individus de tous âges, nous ont vite amenés à répondre avec enthousiasme à l’appel de Pierre Rabhi pour la création d’Oasis en tous lieux. Ce manifeste, diffusé en 1997, incitait les citoyens à lutter contre la désertification économique, culturelle et sociale et des campagnes. De petits groupes locaux ont ainsi créé leur Oasis, et y expérimentent des techniques respectueuses de l’homme et de l’environnement dans des domaines aussi variés que l’habitat, l’énergie, l’alimentation, la culture…

Savez-vous qu’il existe un nom correspondant au fait de « trouver autre chose que ce qu’on cherchait » ? C’est la « sérendipité ». Un concept qui fait écho au conte des trois princes de Serendip (un ancien nom du Sri Lanka), dans lequel trois princes partis découvrir le monde se retrouvent en mauvaise posture. Leur curiosité et leur ouverture au monde qui les entoure les sauvent d’un mauvais pas. Comme dans le conte des trois princes de Serendip, nous mettons à profit la multitude de nos expériences personnelles et professionnelles pour créer l’Oasis de Serendip. Implanté selon les principes de la permaculture, c’est un lieu où l’on pourra venir apprendre à tout âge, observer, partager. Où les familles pourront venir vivre des moments de partage autour d’activités de découverte de la nature.

Lier agriculture, éducation et accueil touristique

Cet Oasis aura trois pôles d’activité interdépendants : agricole, éducatif, touristique. Une production agricole d’abord, avec la plantation d’une forêt comestible, et l’application des principes de la permaculture pour utiliser au mieux les ressources. Le concept de forêt comestible ou forêt jardin est encore peu connu en France, mais il s’agit de cultiver sur un espace restreint le plus possible d’espèces générales comestibles ou utiles à l’homme, en favorisant les synergies. On veille ainsi à mêler des grands arbres (comme des châtaigniers), des arbres fruitiers classiques des vergers (cerisiers, abricotiers), des arbustes (la plupart des petits fruits rouges), des rhizomes (carottes, betteraves), des herbacées (chou, artichaut), des plantes rampantes (fraisiers), grimpantes (vigne, haricots), et des champignons. Ce système devient stable au bout d’une quinzaine d’années. Il est autonome – pas d’intrants extérieurs, pas d’arrosage – et résilient.

Deuxième volet, nous prévoyons l’installation d’hébergements touristiques accessibles à toutes les bourses – camping autogéré, chambres d’hôtes, gîtes. Et enfin, d’une
« école » de 7 à 117 ans, pour permettre à chacun d’apprendre à son rythme et à sa manière. Les pédagogies alternatives (Montessori, Steiner, Freinet) auront leur place dans cette école, et des stages permettront d’approfondir ses connaissances en permaculture, en cuisine des produits de saison, en jardinage – pour les enfants et les adultes, pendant les vacances, et plus tard sur le temps scolaire.

Cultiver les « effets de lisière »

Nous voulons favoriser les interactions entre les différents publics – habitants, travailleurs, vacanciers, enfants, adolescents, adultes… Nous croyons que chacun peut contribuer avec ses compétences et son enthousiasme, et s’enrichir des autres. Afin de maintenir la complexité du système et cultiver cette richesse, nous misons sur ce qu’en permaculture on appelle les « effets de lisière » : des phénomènes qui ne se produisent qu’à l’interface de deux milieux différents.

Ainsi, on sait qu’une végétation spécifique se développe en zone côtière, à l’interface entre la terre et la mer. Dans l’Oasis, les élèves de l’école pourront utiliser la forêt comme un formidable terrain de jeu et d’apprentissage, plus ou moins guidé. Les vacanciers pourront contribuer à l’entretien du lieu, en apprendre plus sur la permaculture, et aller récolter les ingrédients de leur déjeuner dans la forêt. Deux exemples parmi tous les possibles que permettrait un tel lieu. Nous sommes convaincus qu’une fois l’Oasis implantée, une grande variété de nouvelles interactions se révèleront.

L’Oasis de Serendip, un « cocon » pour privilégiés ?

Nous souhaitons construire cette oasis en lien avec le territoire sur lequel nous vivons, celui de la vallée de la Drôme, la si jolie Biovallée. Nous voulons associer les habitants de cette vallée à la plantation et à l’entretien de la forêt comestible, pour qu’ils se l’approprient, et en récoltent les fruits le moment venu. Notre objectif est que chaque arbre planté ait un parrain ou une marraine, du village d’à côté ou d’un peu plus loin, pour que cette forêt comestible soit une aventure collective.

Cette ouverture de l’Oasis au monde est capitale. Nous ne voulons pas créer un lieu de vie et d’expérimentation qui resterait un cocon pour privilégiés, « protégé » du reste du monde. Toutes les bonnes volontés y seront bienvenues pour aménager le lieu, planter la forêt comestible, construire des bâtiments d’accueil… Mais aussi pour mesurer, étudier, calculer tout ce qui peut l’être, pour ensuite pouvoir partager nos résultats agricoles, énergétiques, éducatifs.

L’utopie au service du réel

Notre projet peut évidemment paraître naïf. Et de ce fait, difficilement réalisable. Mais nous croyons en la capacité collective à construire plutôt que de détruire. Les réactions chaleureuses et les propositions d’aide au montage du projet, de coups de main, de chantiers collectifs, et même d’aide au financement nous arrivent de plusieurs coins de France. Notre communication, tantôt sérieuse, tantôt humoristique – comme la campagne #adopteunarbre – nous permet de toucher des personnes plus ou moins sensibilisées à la permaculture, ou à l’écologie.

Nous avons identifié des lieux qui peuvent accueillir notre Oasis et espérons pouvoir nous y installer dans les mois à venir. Une campagne de récolte de fonds (sur KissKissBankBank) est en cours pour quelques jours encore. Quelle que soit son issue, l’aventure de l’Oasis ne fait que démarrer.

Jessica et Samuel Bonvoisin

- Pour en savoir plus et pour rester informés de la construction du projet (via une newsletter), le site de l’Oasis de Serendip : www.oasisdeserendip.net

 


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Source : www.bastamag.net

 

 

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Lundi 12 janvier 2015 1 12 /01 /Jan /2015 19:57

 

Source : multinationales.org

 

Investissement responsable ?

Ces actionnaires militants qui veulent rappeler les entreprises à leur responsabilité sociale

11 décembre 2014

 

 

 

Et si les actionnaires usaient de leur pouvoir d’influence sur les entreprises pour les forcer à adopter des pratiques plus éthiques, plus justes pour leurs employés et moins destructrices environnementalement ? Le mouvement de l’activisme actionnarial, né aux États-Unis dans les années 1970 dans le cadre de la lutte contre l’apartheid, peine à faire des émules en France. Pourra-t-il jamais devenir « le grain de sable qui enraie la machine » économique ?

La revue Projet se penche sur la question, en interrogeant la chercheuse Laurence Loubières :

[L’activisme actionnariat] est une démarche par laquelle les actionnaires cherchent à influencer les pratiques d’une entreprise par le biais de déclarations publiques, d’un dialogue régulier avec les instances de direction, du dépôt de résolutions à l’ordre du jour des assemblées générales et par l’exercice actif de leur droit de vote. L’influence est certes proportionnelle au nombre d’actions, mais l’activisme est à la disposition de tout actionnaire qui souhaite se faire entendre de l’entreprise dont il est légalement « copropriétaire ». Il peut servir des visées plus ou moins spéculatives, mais aussi faire progresser une entreprise dans la prise en compte stratégique des enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance liés à son activité. On parle aussi d’« engagement actionnarial ». Les Églises protestantes et les congrégations, qui le pratiquent depuis longtemps comme une composante de leur politique d’investissement, y voient un instrument privilégié pour dénoncer des pratiques abusives (non-respect des droits humains, pollutions…), pour faire adopter aux entreprises des comportements plus responsables et, plus largement, pour réordonner la finance au service du bien commun.

Lire l’intégralité de l’entretien sur le site de la revue Projet.

La revue revient aussi sur l’échec de la tentative du fonds d’investissement éthique PhiTrust et de deux ONG de déposer une résolution, lors de l’Assemblée générale 2011 de Total, sur l’implication de l’entreprise dans les sables bitumineux canadiens.

 

Source : multinationales.org

 

 

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Mercredi 7 janvier 2015 3 07 /01 /Jan /2015 02:11

 

Source : lien

 

 

 

 

Ajoutée le 14 mai 2013

La chronique de Nicole Ferroni

 

 

 

 

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Mercredi 7 janvier 2015 3 07 /01 /Jan /2015 01:57

 

Source : www.telerama.fr

 

 

 

Rencontre

“Nous avons dépoétisé nos sociétés”, Pierre Rabhi, en Ardèche

 

Pierre Rabhi à Montchamp, en Ardèche, en décembre 2014.
Loin des villes et de leur culture hors-sol, il a trouvé son coin de paradis. A 76 ans, le paysan et essayiste Pierre Rabhi s’émerveille toujours devant la splendeur de la nature.

Sa première rencontre avec la beauté, Pierre Rabhi l'a faite aux portes du désert, dans la petite oasis du Grand Sud algérien où il est né en 1938, dans « une nature qu'on pourrait croire désolée, dominée par le minéral, mais qui offre un silence unique et vous rapproche de l'absolu ». Quelques années plus tard, le fils de forgeron devenu pionnier de l'agroécologie et paysan poète a retrouvé ce silence perdu en Ardèche.

C'est là, dans son discret paradis de Montchamp, qu'il s'est installé avec sa femme, Michèle, précisément pour la beauté d'une ferme perdue dans la nature sauvage. Et parce que, aime-t-il à répéter, on ne devrait jamais brader « son droit à la beauté ».

Le choix de Montchamp

« Je trouve très fort de vivre sans beauté. J'ai pour ma part toujours refusé de brader mon droit à la beauté. Il y a plus de cinquante ans, ma femme et moi avons choisi notre lieu de vie, Montchamp, précisément pour son harmonie. Perdue au sommet d'une montagne de l'Ardèche, cette ferme nous comblait de silence, d'air pur, de mystère aussi, en dépit des obstacles “objectifs” : il n'y avait ni électricité ni eau courante, un chemin à peine praticable par temps de pluie, un sol sec et rocailleux...

Quand j'ai présenté mon dossier aux agents du Crédit Agricole pour obtenir un prêt, ils ont été interloqués. Selon leurs critères, il fallait de la bonne terre, de l'eau, un lieu facile d'accès. La beauté, ils s'en fichaient complètement. Il fallait souscrire à tout prix à des critères de rentabilité.

Peu de gens ont compris notre choix. En nous y installant, nous étions pauvres comme Job, mais, heureusement pour nous, nous avions une petite forêt. Un jour, je rencontre un type dans un bistrot du coin et nous décidons de nous aider mutuellement à couper du bois.

“Beauté et mystère constituent la racine, la source de notre existence.”

C'est ainsi que nous nous retrouvons, après des heures de travail harassant, devant un magnifique coucher de soleil, flamboyant, et un arbre dénudé qui se découpe sur l'horizon. En extase devant ce panorama extraordinaire, je me tourne vers mon compagnon, pour lui faire partager mon enthousiasme. Et lui me répond : “Ah oui, il y a au moins dix stères !”

Je ne dis pas qu'il faut absolument chercher des lieux sans électricité pour s'y installer. C'est l'histoire d'une quête personnelle. A Montchamp, Michèle et moi avons trouvé beauté et mystère. Ces deux éléments sont liés pour moi. Ils constituent la racine, la source de notre existence. »

La vie en boîte

« La civilisation moderne est assoiffée de beauté mais y a très peu accès. A force de construire des objets, des maisons, des immeubles sans âme, nous avons dépoétisé nos sociétés. Nous avons aussi perdu l'accessibilité à ce faste de la nature, des arbres, des animaux qui nous a pourtant été gracieusement offert. Certains font l'éloge de la beauté de la ville. Mais moi qui suis né dans le désert, ce vaste gouffre horizontal où j'avais l'impression que les caravanes s'abîmaient, j'y ai vécu de tels moments d'exaltation et de liberté que je suis devenu inapte au confinement urbain.

Les cités modernes, ces amas de matière minérale, nous condamnent à vivre “hors-sol”, avec quelques arbres qui s'ennuient ici ou là, et des habitants qui, consciemment ou pas, éprouvent une forme de frustration vis-à-vis de la nature. On compense comme on peut, on adopte des chats ou des chiens, on cherche ailleurs des compléments d'âme. Et on se “divertit” pour mieux oublier que nous sommes incarcérés.

“Les cités de mégapoles ressemblent plus à des casiers de rangement qu’à des habitats.”

Les mégapoles que nous avons créées atteignent un niveau de concentration humaine alarmant, avec des cités qui ressemblent plus à des casiers de rangement qu'à des habitats. On y stocke le matériel humain, qui est ainsi à disposition pour aller travailler. Il n'y a qu'à observer l'itinéraire d'un individu dans la modernité urbaine : de la maternelle au lycée, qu'on appelle le “bahut”, de logements souvent exigus aux “boîtes” dans lesquelles on travaille, sans oublier les “boîtes” où l'on s'amuse et où l'on va en “caisse”... On ne s'est pas préoccupé d'organiser la ville pour que la condition humaine y soit digne. Et on a oublié qu'une cité devrait aussi nous nourrir en beauté. »

Les technocrates de l’écologie

« Le discours écologique actuel est très factuel, “pratico-pratique”, scientifique, comme si on n'osait pas parler de cette beauté dont nous avons pourtant besoin pour nous épanouir. C'est peut-être l'une des raisons pour lesquelles l'écologie politique ne rallie pas tant que ça. Si on n'est pas sensible à la terre, aux végétaux, on devient un technicien de l'écologie, on emploie un langage neutre et rassurant, fait d'“environnement” et de “développement durable”. Mais il faut pouvoir parler de cette beauté spécifique de la nature qui nous enchante, nous fait vibrer. Nous avons besoin de nous nourrir de sa splendeur, de son mystère, et pas seulement de ses aspects matériels, pratiques, biologiques. »

Ode aux bricoleurs

« L'obsession pour le pratique, l'efficace, le rentable a tout envahi. Face aux “zadistes” de Sivens ou de Notre-Dame-des-Landes, qui luttent contre la destruction des biotopes mais aussi contre l'enlaidissement du monde, les autorités répondent : “vous n'êtes pas rationnels, construire un barrage, un aéroport, c'est pratique”. Comme si la beauté n'entrait pas en ligne de compte. Tout ne doit pas être bradé pour l'accroissement du produit national brut. Pourquoi veut-on absolument bétonner les alentours de Nantes avec un aéroport plutôt que de préserver un patrimoine naturel vivant qui est notre bien commun ?

Heureusement, je vois de plus en plus de signes d'espoir dans le bouillonnement actuel de la société civile, de tous ceux qu'on nomme les “bricoleurs” de la périphérie. C'est un laboratoire où s'expérimentent toutes sortes de “possibles” pour demain et qui disent : je veux éduquer autrement, construire ma maison autrement, utiliser l'énergie autrement, me nourrir autrement... C'est un territoire fertile en innovations qui cherchent à retrouver de la cohérence, à recréer un autre rapport esthétique, éthique au monde ».

A lire :

Nos voies d'espérance. Entretiens avec Dominique Méda, Erik Orsenna, Pierre Rabhi..., d'Olivier Le Naire, coéd. Actes Sud/Les liens qui libèrent, 240 p., 18 €.

 


Source : www.telerama.fr

 


 

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Mardi 6 janvier 2015 2 06 /01 /Jan /2015 20:17

 

Source : www.reporterre.net


 

Alternatives

Avec l’épicerie mobile P’tit Gibus, les paysans associent travail à la ferme et vente directe

Sophie Chapelle (Campagnes Solidaires)

mardi 6 janvier 2015

 

 

 

 

En région Centre, une forme innovante de commercialisation en circuits courts a vu le jour. Portée par des producteurs désireux de garder le contact direct avec leur clientèle, tout en se réservant du temps de travail sur leurs fermes, l’aventure de P’tit Gibus ne fait que commencer !


Le projet de P’tit Gibus remonte à 2011. Au départ, trois producteurs au Sud de la Touraine soulèvent le problème de la distribution de leurs productions. Ils contactent d’autres paysans tous soucieux de vente directe.

Parmi eux, Michel Galopin, éleveur-fromager. « Notre premier objectif était de mutualiser la commercialisation en embauchant une personne avec un roulement de producteurs », explique-t-il. « Nous voulions garder le contact direct avec nos clients tout en n’étant pas là à chaque fois. »

Leur projet de départ est une épicerie paysanne mobile. « Nous pensions à un bus qui allait vendre dans les villages où il n’y a plus d’épiceries, d’où le nom de P’tit Gibus. » Mais la crainte de devoir passer beaucoup de temps sur les routes pour pouvoir faire du chiffre les amène à faire évoluer le projet.

Constitués en association collégiale, les producteurs cherchent des lieux dans l’agglomération de Tours afin de rationaliser les déplacements. L’agglomération leur propose finalement un emplacement abrité. « Nous avons acheté un camion, fabriqué une remorque pour mettre les produits des dix producteurs et développé notre site internet pour les commandes en ligne, précise Michel Galopin. Notre gamme couvre toute l’épicerie : huile, miel, fromages de chèvres ou de vaches, lait, canards, poulets, pains, farines, madeleines... L’idée c’est que le client puisse trouver tout ce qu’il cherche. »...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 


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Lundi 5 janvier 2015 1 05 /01 /Jan /2015 17:25

 

Source : www.bastamag.net

 

 

 

Travailler autrement

Loin de l’agrobusiness, une coopérative favorise l’alimentation solidaire et l’économie locale

par Sophie Chapelle 5 janvier 2015

 

 

 

 

Structurer une filière de l’alimentation locale et biologique, depuis la transformation jusqu’à la distribution des aliments. C’est tout l’enjeu du Groupement régional alimentaire de proximité (Grap), une coopérative lyonnaise autour de laquelle gravitent des épiceries, des magasin de producteurs, des restaurants, des boulangers… Ensemble, ils mutualisent des moyens, s’entraident, se forment, le tout dans un état d’esprit d’économie solidaire. Et lancent de nouveaux projets avec la volonté que la consommation responsable change d’échelle. Reportage auprès de professionnels engagés.

Ici, pas de concurrence. Ni de célébration du self made man. On préfère la coopération et la solidarité : mutualiser un comptable, partager un logiciel informatique, se prêter un véhicule, plutôt que de se réjouir des difficultés d’autrui. Ici, c’est le « Grap ». Entendez « groupement régional alimentaire de proximité ». « Un groupement des gens qui entreprennent dans le secteur de l’alimentation biologique et locale en région Rhône-Alpes, dans un esprit social et solidaire », explique Kévin Guillermin, l’un de ses fondateurs. Le Grap est constitué en société coopérative d’intérêt collectif (Scic). « Plutôt que d’enchainer les heures, seul, on se met à plusieurs pour se sentir moins isolé, pour mutualiser les services, les moyens, se dégager du temps, et ne pas s’éparpiller. »


 

 

La coopérative regroupe déjà treize activités économiques – cinq épiceries bios, deux boulangers, deux restaurants, un magasin de producteurs, une structure de paniers bios, un agent commercial en vins naturels, une importatrice de produits méditerranéens. Leur point commun ? Un état d’esprit solidaire et coopératif, et une volonté de s’approvisionner en produits locaux et biologiques, via des filières courtes de préférence. Le groupement fédère toutes les activités du secteur de l’alimentation, à l’exception de la production agricole. Chacun paie une contribution en fonction de la richesse créée, pour accéder aux services proposés par le Grap. « Cela représente environ 15 % de la valeur ajoutée », précise Kévin Guillermin.

S’entraider et mutualiser, mais pas seulement

A quoi cette contribution sert-elle ? Les membres du Grap bénéficient de trois types de services. D’abord en gestion, en comptabilité ou en administration (contrats de travail, déclarations Urssaf, émission des fiches de paie...) ; ensuite une mutualisation des services informatiques (centralisation des commandes, bases de données...) ; enfin, un pôle se concentre sur l’accompagnement de l’activité (formations, stratégie, médiation). Depuis son lancement en janvier 2013, cette société coopérative d’intérêt collectif emploie quatre équivalent temps plein.

« Au delà des services que l’on propose, nous cherchons un effet vertueux, que les professionnels s’entraident », complète Kévin Guillermin. Prêt de véhicules entre adhérents, mutualisation de lieux de stockage... «  Il y a notamment un agent commercial en vin et bio. Les épiceries du groupement le consultent pour savoir comment élaborer leurs gammes de vin, illustre Kévin. Favoriser cette solidarité a du sens et les activités ont tout à y gagner. » Le périmètre de Grap est volontairement régional – 150 kilomètres autour de Lyon environ – afin de favoriser la synergie entre les différentes activités de la coopérative.

« Un supermarché en super mieux »

Marie qui gère le magasin Prairial, une épicerie coopérative bio installée à Vaulx-en-Velin, dans la banlieue lyonnaise, est régulièrement en contact avec les autres épiceries adhérentes. «  On se file les bonnes infos, on fait aussi un point toutes les six semaines pour améliorer les référencements de nos produits et le rapport qualité-prix, illustre-t-elle. Par exemple, nous commandons tous chez le même grossiste ce qui allège les coûts pour tout le monde. Et puis le fait d’aller le visiter ensemble nous donne plus de poids et de crédibilité. » Sans l’appui du Grap, il n’est pas sûr que le magasin bio, une ancienne coopérative de consommateurs créée il y a 40 ans, aurait pu se développer. « Même si nous sommes très motivés, ce n’est pas possible de tout apprendre du jour au lendemain. » L’accompagnement comptable ou juridique a été d’une grande aide. Avec ses associés, Marie a le projet de faire du magasin un lieu de vie et d’échanges, et pas seulement de consommation.

L’enjeu est aussi d’expérimenter de nouveaux projets. C’est le cas avec la super Halle de Oullins, une initiative à laquelle participe le Grap sur le plan financier, juridique et commercial. Ouvert depuis février 2014 dans le sud-est du Rhône, ce supermarché rassemble dans un même lieu un magasin de producteurs en vente directe, une épicerie de produits biologiques et un espace traiteur et restauration. « Comme un supermarché en super mieux ! », clame le slogan affiché

 

par la halle hors-norme.

Même sans expérience, c’est possible

« La super Halle, c’est un projet monté sur 18 mois au cours desquels tout est allé très vite, explique sa coordinatrice Johanne Ruyssen. Par ses compétences techniques, le Grap a mesuré les risques et réalisé un business plan. Il était là pour canaliser, réorienter, poser les bonnes questions... En bref, nous aider à lever le nez du guidon. » Avec la volonté, malgré le changement d’échelle, de préserver la qualité des aliments tout en donnant la possibilité aux producteurs de libérer du temps.

Se lancer dans un projet d’activité économique, « c’est une démarche solitaire, cela peut être anxiogène », prévient Kévin Guillermin. « Tout l’enjeu c’est de trouver des cadres qui fassent que l’entrepreneuriat soit possible et accessible. » Deux jeunes de 22 et 25 ans ont été accompagnés pour reprendre une épicerie en Haute-Loire. « Le commerce, ça ne s’improvise pas, souligne Patricia, co-gérante de l’épicerie Cœur d’Artichaud. La méthodologie proposée par le Grap rassure les nouveaux entrepreneurs. Cela permet de se connaitre aussi, de se dépasser parfois, de s’adapter, de changer aussi et puis d’avoir une meilleure estime de soi tout en participant à un changement de mentalités ». A la Halle de Oullins, deux gérantes ont été recrutées « sans avoir d’expérience dans le milieu ».

Un effet levier pour l’économie sociale

Autre défi : que chacun puisse continuer ensuite à se former. « Imaginez une personne motivée qui monte son épicerie et qui se retrouve à tenir une caisse. Quelles perspectives lui offrir ensuite en termes de mobilités professionnelles ? », pointe Kevin Guillermin. C’est la raison pour laquelle le Grap propose des formations en hygiène et sécurité alimentaire, en gestion financière et en œnologie.

D’autres formations pourraient suivre, à condition de surmonter certains obstacles, comme des frais de fonctionnement assez lourds au départ. Si son équipe parvient désormais à se rémunérer, l’objectif pour le groupement est d’être à l’équilibre d’ici fin 2016. Le GRAP perçoit notamment des financements publics pour développer le projet [1]. « Soutenir le Grap revient à aider plusieurs activités, c’est un projet levier, défend Kevin Guillermin. Nous voulons faire la démonstration de notre propre modèle avant d’envisager de l’essaimer dans d’autres secteurs. »

Texte et photo de une : @Sophie_Chapelle

- Plus d’infos : www.grap.coop, Prairial et la Super Halle

- Lire aussi notre article sur les coopératives d’activités et d’emplois

 

Notes

[1Initialement, une association, La jardinière, a été créée mi-2012 pour avoir un cadre juridique et mobiliser des financements en vue de faire l’étude de faisabilité de la création de GRAP.


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Source : www.bastamag.net

 

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