Consommer et agir autrement

Lundi 15 septembre 2014 1 15 /09 /Sep /2014 19:35

 

Source : www.reporterre.net

 

 

Moins de croissance, c’est plus d’emploi

Jean Gadrey

lundi 15 septembre 2014

 

 

 

Il n’est pas d’antienne plus tenace que celle de la croissance, rabâchée en choeur par les médias perroquets. C’est qu’il s’agit là d’une croyance quasiment mystique : « Pour combattre le chômage, il faut une croissance forte. » Mais en fait, moins de croissance serait au contraire bénéfique à l’emploi.


Nous avons vécu pendant des décennies sur une croyance qui avait une (relative) validité : pour créer de l’emploi et combattre le chômage, il faut une croissance « suffisamment forte ». Pourtant, même au cours de cette période, des « Trente Glorieuses » aux années 1990, cette croyance avait plusieurs limites :

1) La qualification « suffisamment forte » dépend de plusieurs facteurs. D’abord, du niveau des gains de productivité (= produire autant de quantités avec moins de travail) qui réduisent l’emploi s’il n’y a pas de croissance du volume produit. Pour ajouter des emplois, à durée du travail identique, il faut que la croissance soit supérieure aux gains de productivité.

2) Avec un même taux de croissance, on peut créer plus d’emplois si la durée moyenne du travail diminue. C’est ce qui s’est produit, massivement, de1966 à 2002 (cf. le graphique 1). Si l’on en était resté au niveau de 1966, on aurait peut-être aujourd’hui six millions de chômeurs EN PLUS ! Ce mouvement a pris fin depuis 2002, ce qui n’est pas pour rien dans l’explosion du chômage (le taux de chômage était de 7,7 % en 2001).


- Graphique 1 -

3) Dernière raison : la forte croissance passée a signé l’entrée de l’humanité dans une crise écologique redoutable. C’est à la fin des Trente Glorieuses que le niveau des émissions de gaz à effet de serre a commencé à dépasser celui que la nature peut absorber sans dommage pour le climat. Difficile dans ces conditions de voir la quête de croissance comme un facteur de progrès.

Quoi que l’on fasse, la croissance va prendre fin

Au cours des dernières années, on a assisté à d’intéressantes « conversions » de quelques économistes de renom, admettant ce qu’une poignée de précurseurs avaient affirmé bien plus tôt : il ne faut plus trop compter désormais sur le retour d’une « belle » croissance, au moins dans les pays riches. Il faut dire que la courbe historique des taux de croissance depuis 1950 (graphique 2 pour la France) a de quoi faire réfléchir.

Pour la plupart des commentateurs « autorisés », cette tendance est effrayante. Il n’est qu’à lire le dossier du Monde du 2 septembre, avec ce gros titre en première page : « Et si la croissance ne revenait jamais… le scénario noir… ».


- Graphique 2 -

Créer des emplois sans croissance

La fin de la croissance ne sera un « scénario noir » pour l’emploi que si l’on prolonge la trajectoire productiviste du passé, car les gains de productivité détruisent l’emploi s’il n’y a pas assez de croissance. Sauf - c’est la première voie majeure - si l’on réduit la durée moyenne annuelle du travail et sa durée sur l’ensemble de la vie. Il faudra s’y engager. Mais ce n’est pas la seule piste.

En effet, rien ne nous condamne à viser toujours plus de productivité, surtout quand on mesure les dégâts humains et écologiques que cela provoque, la dégradation de la qualité dans bien des cas, notamment dans l’agriculture et l’alimentation, sans parler des dommages humains du « travail sous pression ».

Il faut s’orienter, sous l’angle de la consommation, vers une sobriété énergétique et matérielle raisonnable, et sous celui de la production, vers des gains de qualité et de durabilité (le « toujours mieux » à la place du « toujours plus »), sources majeures de création d’emplois sans croissance.

Par exemple, on a besoin d’environ 30 % d’emplois en plus dans l’agriculture biologique pour produire les mêmes quantités, donc sans croissance quantitative. On est là dans une logique vertueuse favorable aussi bien à l’environnement qu’à la santé publique, à l’emploi et au sens retrouvé du travail.

C’est vrai dans bien d’autres activités. La soutenabilité écologique n’est pas l’ennemie de l’emploi, contrairement au productivisme. Encore faut-il des politiques résolues pour cette grande bifurcation, et une réduction des inégalités (voir ce billet : La transition écologique sera sociale ou ne sera pas).


- Ecoquartier à Fribourg-en-Brisgau, Allemagne -

Quatre millions d’emplois potentiels en plus, sans croissance

Des scénarios de qualité existent (entre autres le scénario NégaWatt pour la transition énergétique et le scénario Afterres pour l’agriculture). Ils sont tous « riches en emplois ». En les combinant, je parviens à des estimations, à conforter collectivement, mais qui donnent une idée du potentiel de création d’emplois d’une transition écologique et sociale ambitieuse...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

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Lundi 8 septembre 2014 1 08 /09 /Sep /2014 16:31

 

Source : blogs.mediapart.fr/edition/vert-tige

 

 

Ferme agroécologique cherche agriculteurs

Je relaie cette information intéressante ! : 

Des petites fermes dans une grande...avec des arbres, 

Des pratiques agroécologiques productives, préservant la biodiversité et les ressources, 

Une indépendance progressive vis à vis des énergies fossiles, 

Des exploitants indépendants, travaillant côte à côte et mutualisant ce qui peut l’être, 

Une distribution 100% locale, 

Un modèle économique viable et durable, 

Un maximum d'emplois créés sur un minimum de surfaces, 

Une qualité de vie de tous les acteurs du projet. 

 

"Bienvenue à la ferme CANOPEE !"

 

"La ferme Canopée recherche des agriculteurs et agricultrices en quête d'un lieu pour installer leur activité indépendante. Les intéressés doivent partager une vision agroécologique d'une agriculture qui travaille avec l'écosystème, se passe d'intrants chimiques et limite sa dépendance aux énergies fossiles.

 

Construire un collectif

D'une superficie de 40 hectares à Sansan, le propriétaire souhaite créer une entreprise solidaire, un collectif de professionnels indépendants qui adhèrent aux principes d'entraide, de mutualisation et de qualité de vie. Il projette de développer le maraîchage, l'arboriculture fruitière, la production de céréales et animales à moindre emprise au sol. Le programme prévoit l'évaluation des pratiques en termes de vie des sols, de biodiversité et de consommation d'énergie et d'eau.

La propriété Canopée possède de vastes bâtiments, qui seront attribués partiellement, en fonction des besoins de chaque porteur de projet. Ces derniers seront accompagnés dans un premier temps par Patrick Adda et Pierre Pujos.

Une des premières installations est celle en 2013 de Nicolas Benard et Hélène Barbot, pour de la culture maraîchère, diversifiée sur trois hectares, en agroforesterie fruitière. Des arbres fruitiers plantés de chaque côté des planches de culture. Ils pratiquent la culture en billons, pour limiter les effets d'une pluviométrie importante et permettre la culture sur des sols très argileux à l'aide de la traction animale (un âne des Pyrénées). Un bon exemple qui symbolise le projet porté par la propriété Canopée."

Source "Sud Ouest" (22/08/14)

 

Plus de détails sur le site lafermecanopée.com

 

 

 

 

Source : blogs.mediapart.fr/edition/vert-tige

 

 

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Dimanche 7 septembre 2014 7 07 /09 /Sep /2014 18:03

 

Source : www.lemonde.fr

 

 

 

Céline Alvarez, une institutrice révolutionnaire Ils Feront Le Monde

LE MONDE | 04.09.2014 à 11h30 • Mis à jour le 06.09.2014 à 13h21 | Par Mattea Battaglia


Céline Alvarez. Céline Alvarez. | ANNABELLE LOURENÇO POUR LE MONDE

 

 

L'ancienne enseignante a démissionné de l'éducation nationale, mais n'a pas renoncé à diffuser les outils de l'école de demain

Ne dites pas d'elle qu'elle est « professeure » : cela efface son sourire, assombrit son humeur. D'abord parce que l'année scolaire qui vient de débuter se fera sans elle : Céline Alvarez n'a pas repris, ce 2 septembre, le chemin de l'école maternelle Jean-Lurçat de Gennevilliers (Hauts-de-Seine) où elle avait entrepris, en 2011, de croiser la pédagogie Montessori avec la recherche en sciences cognitives.

Faute de pouvoir élargir l'expérimentation, elle a pris la lourde décision de donner sa démission. Ensuite parce que ce n'est pas pour « professer », comme elle dit, que cette jolie trentenaire a passé en candidat libre, il y a cinq ans, le concours de l'enseignement. Et elle le justifie sans s'embarrasser de fausse modestie : « C'était pour infiltrer le système et parvenir à le changer, pas pour enseigner. Je me laissais trois ans pour proposer un environnement de classe faisant l'effet d'une bombe pédagogique, explique-t-elle, trouver les bons outils permettant de révéler spontanément tout le potentiel des enfants, et réussir à les diffuser auprès des enseignants. »

Les trois années sont passées, et le « couperet » est tombé juste avant l'été : le projet piloté par Céline Alvarez, d'autant plus inédit qu'il avait vu le jour dans la ville de naissance des premières zones d'éducation prioritaire (ZEP), et non dans les quartiers huppés de la capitale où les écoles Montessori, toutes privées, font le plein d'élèves, ne sera pas étendu.

« Manque de recul », « manque d'évaluation »...

Au rectorat de Versailles, les arguments avancés sont un peu confus : « manque de recul », « manque d'évaluation », « manque de cadre »… On y renvoie la balle, un peu gêné, à « la DGESCO », la Direction générale de l'enseignement scolaire chargée d'appliquer la politique du ministre de l'éducation. Sous la droite, celle-ci s'était enthousiasmée pour cette première classe Montessori ouverte dans le public, qui plus est en banlieue, avec le concours de l'association Agir pour l'école. Une époque semble-t-il révolue.

Et pourtant, c'est bien « l'effet d'une bombe » que l'on a pu ressentir en entrant, ce printemps, dans la classe multiniveau – mêlant petite, moyenne et grande sections – de Céline Alvarez. Pas seulement parce que les enfants savaient lire à 5 ans (parfois avant), maîtrisaient le sens des quatre opérations, comptaient jusqu'à 1 000 et même au-delà…

Pas seulement parce que la salle colorée regorgeait d'un matériel en libre accès (« lettres rugueuses », « cabinet de géographie »…) inconnu de la plupart des écoles, vers lequel les enfants pouvaient se tourner au moment précis où ils en éprouvaient l'envie, « pour ne jamais rater la fenêtre de tir permettant d'entrer dans les savoirs », expliquait la jeune femme lors de notre première rencontre. Non, c'est surtout l'entraide, l'empathie, la joie, la curiosité que manifestaient ces tout-petits qui retenaient l'attention.

Un potentiel humain gâché »

Une école où le bonheur éveillerait le désir d'apprendre ? C'est celle que Céline Alvarez aurait bien aimé fréquenter, petite, sur la dalle d'Argenteuil (Val-d'Oise) où elle a grandi. « Une ZEP bien corsée, se souvient-elle, celle que Sarkozy envisageait de passer au Kärcher. » Au collège puis au lycée, l'adolescente est frappée par le « potentiel humain gâché ». 

« Tous ces jeunes que je trouvais intelligents mais qui n'arrivaient pas à se fondre dans le moule et qui décrochaient, ça m'indignait ! », se souvient-elle. Dans son cercle familial, aussi, cette fille d'une employée de banque et d'un ouvrier tourneur-fraiseur se forge la conviction que « l'être humain possède un potentiel inné pour penser, créer, partager… et que le système scolaire l'empêche d'émerger ».

 

 

 

Céline Alvarez. Céline Alvarez. | ANNABELLE LOURENÇO POUR "LE MONDE"

 

 

 

Second déclic

Son parcours n'est pas linéaire. L'adolescente n'aime pas particulièrement l'école mais passe son baccalauréat. Hésite entre la communication et le théâtre. Cherche son chemin… et le trouve en Espagne, pays d'origine de son père, où elle donne des cours de français. « Comprendre ce qui se passe dans le cerveau des enfants bilingues, ça a été mon premier déclic. » Elle se passionne pour la linguistique et passe à distance, depuis Madrid, un master en sciences du langage.

Retour à Paris. Pour gagner sa vie, elle frappe à la porte d'une école privée Montessori, « sans savoir à quoi s'attendre », dit-elle. En visitant l'établissement, elle tombe sur des « lettres rugueuses », sorte de jeu de cartes créé il y a près d'un siècle par la pédiatre Maria Montessori (1870-1952), invitant les enfants à découvrir les lettres de façon sensorielle. Second déclic.

Céline Alvarez se rue dans une librairie pour acheter tous les ouvrages de la pédagogue italienne. Les dévore dans toutes les langues, jour et nuit.

L'école faillit à sa mission à Neuilly comme à Argenteuil ; seulement, à Neuilly, ça se voit moins. »

Le concours de l'enseignement en poche, elle passe sa première année « sur le terrain » à Neuilly (Hauts-de-Seine). « Le public n'avait rien à voir avec celui d'Argenteuil, mais le constat est tout aussi choquant : ce que les enfants savent, ils ne l'ont pas appris à l'école, observe-t-elle. L'école faillit à sa mission à Neuilly comme à Argenteuil ; seulement, à Neuilly, ça se voit moins. »

Depuis, Céline Alvarez s'est fixé un cap : actualiser l'héritage pédagogique de Maria Montessori pour faire collaborer l'école et la recherche, la pédagogie et la connaissance objective du fonctionnement de l'être humain. Et c'est auprès des scientifiques qu'elle compte ses soutiens, comme Stanislas Dehaene, professeur de psychologie cognitive au collège de France, ou Manuela Piazza, chercheure à l'Inserm. De leur rencontre doit naître un livre ; de quoi bien occuper l'année qui vient.

D'autant que la jeune femme n'a pas renoncé à son projet : elle s'apprête à diffuser sur Internet les outils développés au cours des trois années d'expérimentation à Gennevilliers pour « proposer une école plus efficace et donc plus juste ». En pariant sur une attente forte des enseignants sur le terrain.

 

 

Par Mattea Battaglia

 

Clefs

1983 : Naissance à Argenteuil, dans le Val d'Oise.

2007-2008 : Master en sciences du langage à Grenoble, puis concours de professeur des écoles.

2011 : Début De l'expérimentation Montessori à l'école maternelle Jean-Lurçat de Gennevilliers (Hauts-de-Seine).

2013 : Rencontre avec le neuroscientifique Stanislas Dehaene.

 

 

 

 

Source : www.lemonde.fr

 

 

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Vendredi 5 septembre 2014 5 05 /09 /Sep /2014 23:37

 

Source : www.bastamag.net

 

 

 

Solidarité de proximité

L’économie de partage devant sa porte : le projet Pumpipumpe

par Agnès Rousseaux 5 septembre 2014

 

 

 

 

Vous avez besoin d’une tondeuse, d’une perceuse, d’un moule à brioche ou d’une machine à coudre ? Et si plutôt que de les acheter ou les louer, vous alliez sonner chez vos voisins pour les emprunter ? Pour encourager ce type d’échange, le projet Pumpipumpe propose de coller sur sa boîte aux lettres des autocollants stylisant les objets que l’on accepte de prêter à ses voisins. Objectif : rendre ces objets visibles et faciliter la démarche. Le fonctionnement est très simple : on peut commander ces vignettes autocollantes depuis le site internet Pumpipumpe. Il suffit de sélectionner les vignettes correspondant aux objets choisis : de la pompe à vélo à l’appareil à raclette, en passant par le barbecue, les outils de cuisine ou le fer à repasser. Sans oublier les livres, des journaux ou la connexion Wifi. Pour l’envoi des vignettes, une participation au frais de 4 euros est demandée (envoi gratuit pour l’Allemagne et la Suisse).

« Nous sommes partis du constat qu’il y a souvent en ville une certaine gêne à oser sonner chez ses voisins lorsqu’on requiert leur aide », explique Sabine Hirsig, l’une des initiatrices de ce projet, lancé à Berne en Suisse il y a deux ans. Pumpipumpe signifie « prête moi ta pompe à vélo » en dialecte alémanique. Au-delà de sa dimension pratique et solidaire, le projet veut aussi amener à réfléchir sur la manière dont nous utilisons les biens de consommation. Est-il nécessaire d’acheter des objets dont on se sert peu, quand l’on peut se prêter entre voisins tout ce dont nous avons besoin ?


 


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Vendredi 5 septembre 2014 5 05 /09 /Sep /2014 23:18

 

Source : www.bastamag.net

 

 

 

Démocratie

Dans un village de la Drôme, la révolution participative est en marche !

par Lisa Giachino (L’âge de faire) 4 septembre 2014

 

 

 

 

 

A Saillans, dans la Drôme, une liste collégiale a remporté les municipales. Les habitants ont entièrement repensé le fonctionnement de la mairie, en s’appuyant sur les méthodes d’animation de l’éducation populaire. Depuis six mois, ils mettent en place des groupes action projet où se retrouvent élus et habitants, pour débattre des principales questions de la vie du village. Une petite révolution participative !

Cet article a initialement été publié dans le journal L’âge de faire.

Mardi 20 mai. Ce soir, l’ambiance est studieuse chez Joachim Hirschler. Attablés dans son salon, six villageois planchent sur un projet de réduction de l’éclairage public : pour éviter le gaspillage d’électricité et la pollution lumineuse, les lampadaires ne resteront plus allumés toute la nuit. Alain a conçu des graphiques permettant de visualiser les horaires – différents selon les saisons et les quartiers. Anne-Laure prend des notes pour l’affiche qui sera placardée dans le village. Il est décidé qu’après six mois de test, des ajustements seront possibles en fonction des retours des habitants.

  • « Et si on faisait un achat en gros de lampes de poche à manivelle, que la mairie revendrait à petit prix aux habitants ? »
  • « On pourrait le proposer, mais il faut voir le budget », commente Joachim, l’« élu référent » du Gap « éclairage public ».

Gap ? C’est le nom des « groupes action projet », l’un des maillons de la nouvelle organisation mise en place par la municipalité de Saillans. Bienvenue dans ce joli village de la Drôme, qui attise la curiosité des médias et des chercheurs : aux dernières municipales, un collectif d’habitants s’est emparé de la mairie. Depuis, il démontre que la « démocratie participative » ne se réduit pas forcément à un vague slogan. Juste deux chiffres, lâchés avec satisfaction par Joachim : sur 1 080 votants, 200 sont inscrits dans au moins une commission participative. Autant dire que la matière grise qui s’active pour faire avancer les affaires municipales dépasse largement celle des quinze conseillers élus [1].

Fonctionnement collégial plutôt qu’organisation pyramidale

« Si j’avais géré seul l’éclairage public, j’aurais choisi des horaires standards », confie Joachim avec son accent allemand. Les citoyens vont beaucoup plus loin. » C’est en vertu de ce principe que le collectif avait préparé, bien avant les élections, sa petite révolution. Désormais, les habitants sont invités à prendre part aux décisions avant que les projets ne soient ficelés. Sur chaque grand domaine fixé par les élus, une commission thématique est ouverte à tous les habitants une ou deux fois par an. C’est lors de ces commissions que naissent les Gap, qui réunissent un petit nombre de citoyens autour d’un élu pour travailler sur un sujet précis. Plusieurs fois par mois, un comité de pilotage réunit les élus et les habitants volontaires pour rendre compte des travaux en cours, prendre des décisions, et valider les propositions des Gap. Un conseil des sages, constitué de personnes non élues qui ont soutenu la démarche, veille à ce que la gestion reste participative. Et le conseil municipal dans tout ça ? Il sert essentiellement aux votes et délibérations officiels.

Cette organisation a été élaborée par le collectif avant les élections. « On a fait un travail de fond, pendant deux mois, sur ce que c’est qu’un fonctionnement collégial », indique Fernand Karagiannis. C’est finalement à grand renfort de gommettes, de collages et de redécoupages, que les participants ont construit des institutions locales correspondant à leur projet.

« Tu t’attends à une discussion PMU… Et tac tac tac, gommettes ! »

Mercredi 21 mai. J’ai rendez-vous avec Vincent Beillard. En général, quand ses concitoyens l’appellent « M. le Maire », c’est une boutade : le collectif s’en serait bien passé, de maire. Mais il en fallait un, ainsi qu’un premier adjoint, par obligation légale. « J’étais au boulot quand ils m’ont désigné comme tête de liste, raconte Vincent. La décision a été prise en fonction des disponibilités de chacun. » Vincent a 42 ans et travaille deux ou trois nuits par semaine dans un établissement pour handicapés. Il est en binôme avec la première adjointe, Annie Morin, une enseignante à la retraite. A eux deux, ils gèrent les affaires du quotidien. « Mais on n’a pas plus de délégations que les autres élus », souligne Vincent.

On est au sous-sol de L’oignon, le bar associatif qu’il a contribué à lancer il y a quelques années. Des caves comme celles-ci, humides et voutées, il y en a plein le centre-ville, sous les maisons de pierres reliées par des ruelles. Assis dans un vieux fauteuil de cinéma, Vincent raconte comment Saillans s’est pris au jeu de la réflexion collective. C’était il y a un peu plus d’un an. Quelques personnes ont commencé à parler de la gestion communale. « Au fil des réunions, on s’est retrouvés une bonne quarantaine, se souvient Vincent. On voulait que les gens s’impliquent vraiment dans les décisions, et, pour tester nos idées, on a organisé une première réunion publique en novembre. »

Soigneusement préparée, cette soirée a marqué les esprits. Quelques membres du collectif connaissaient les méthodes d’animation de l’éducation populaire, et ont formé les autres. « On a expliqué la démarche pendant 10 minutes, puis on a fait de petits groupes pour que tout le monde puisse s’exprimer, raconte Vincent. A chaque table, un animateur était là pour poser un cadre et éviter les guerres de chapelles. Les groupes désignaient ensuite un représentant pour faire remonter leurs propositions, et chaque participant disposait de gommettes à placer sur les actions qui lui semblaient prioritaires. On s’est retrouvés, un peu dépassés, avec 120 personnes… . » Joachim Hirschler en rigole encore : « Tu t’attends à une discussion PMU, et là, tac-tac-tac, gommettes ! »

« Néo » et « anciens »

L’efficacité de la démarche a séduit à la fois des « anciens » du village, et des néo-ruraux de 30-40 ans. Lassés de la politique traditionnelle, tous ont contribué au score de la liste collégiale – plus de 56 % – et on les retrouve aujourd’hui dans les commissions thématiques, que les élus continuent d’animer selon les mêmes méthodes. « C’est très bien mené, remarque Anne-Laure Mangou, institutrice venue de région parisienne, qui fait partie du Gap "éclairage public". Il n’y a pas d’engueulade. Les animateurs nous disent : "Ok, vos beaux rêves, on les écoute aussi, on fera un tri dans les idées, mais on les garde quelque part". Il y a une sorte d’exaltation à travailler ensemble. Ça rejoint nos expériences personnelles : on est venus pour construire du neuf. »

Annie Morin, la première adjointe, est née là. A 67 ans, elle connaît bien l’histoire de Saillans : l’élevage du vers à soie qui faisait autrefois affluer des bataillons de jeunes ouvrières ; les affres de la désertification à partir des années 60 ; maintenant, ce bol d’air apporté par les « néo », qui viennent souvent s’installer à la faveur du télétravail. Elle est ravie de ce mélange. « J’ai le passé du village, et eux apportent un regard neuf. Mais on se rejoint : les anciens ont envie de garder l’identité de Saillans, et les néo ont choisi la vie de village. On a tous dépassé le stade du développement forcé. »

« Il existe des lieux qu’il faut investir »

Mais si l’on veut bien comprendre ce qu’il se passe à Saillans, il faut remonter plus loin que l’année dernière. Membre du Gap « éclairage public », Maddy Royer est aussi adhérente de l’association Pays de Saillans vivant. Elle raconte comment, dès 2010, des habitants se sont questionnés sur le rôle qu’ils avaient à jouer dans les décisions locales. « Un jour, on a appris qu’il y avait un projet de supermarché sur la zone artisanale de Saillans. C’est une chevrière d’un autre village, élue à la communauté de communes, qui nous a avertis. On s’est dit que c’était de notre faute si on n’était pas informés : il existe des lieux pour savoir, et il faut les investir. »

Les membres de l’association décident de se relayer aux réunions de la communauté de communes. Ils publient un journal, Quèsaquo, dans lequel ils décortiquent le projet de supermarché et critiquent le fonctionnement de l’intercommunalité : des « élus sous-informés » qui votent les dossiers sans aucun recul. Suite à une forte mobilisation locale, le projet de supermarché est abandonné. Mais l’association poursuit son travail, publie une « grande enquête citoyenne », appelle les habitants à assister aux conseils municipaux…

Ni programme ni étiquette

Pour Fernand Karagiannis, élu et membre de Pays de Saillans vivant, l’association a joué le rôle de déclencheur. « Nous n’avons pas pris position contre les élus sortants, mais plutôt appelé les gens à se prendre en charge. Si les gens ont adhéré, c’est aussi parce que nous ne leur avons pas imposé de programme, ni d’étiquette politique : c’est la manière de faire qui montre ce qu’on est vraiment. Quand des élus acceptent de laisser du pouvoir aux citoyens, ça va plus loin que la politique. »

Jeudi 22 mai. La salle de réunion de la mairie est tout juste assez grande pour accueillir le comité de pilotage : les élus et une quinzaine d’habitants. Présenté par Joachim, le travail du Gap « éclairage public » est validé. Vincent fait le bilan de la commission « vie culturelle » qui a constaté le manque de salles disponibles, notamment pour les jeunes. Puis, la discussion s’anime autour de l’avenir d’un gîte délabré, que la commune n’a pas les moyens de rénover. Faut-il le confier à l’intercommunalité ? Une jeune femme demande la parole : pourquoi ne pas imaginer un chantier impliquant les jeunes, pour remettre le lieu en état et en faire un espace qui leur serait ouvert ?

« Avant, aller dans une réunion, c’était rébarbatif. Maintenant, les gens viennent, et c’est valorisant de les sentir prêts à travailler », se réjouit Fernand. Avant d’enfourcher son vélo, Joachim se tourne vers le perron avec un petit sourire : « Il y avait deux dames, ce soir, qui nous étaient farouchement opposées. Maintenant, elles participent. » Comme dit Maddy, « travailler ensemble sur quelque chose de précis, ça redonne de l’énergie ».

Lisa Giachino, L’âge de faire

L’âge de faire est partenaire de Basta ! Retrouvez la présentation sur notre page partenaires.

Cet article est tiré du numéro d’été de L’âge de faire. Au sommaire : plaisance populaire, pêche artisanale, aquaculture bio, initiatives de solidarité, navisport, Amap poissons… Grâce à la mer, les liens se tissent.

 

Notes

[1Douze pour la majorité, trois pour l’opposition. Une élue de l’opposition a accepté d’intégrer le fonctionnement de la liste collégiale, et travaille en binôme comme les autres.


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Source : www.bastamag.net

 

 

 

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Mercredi 3 septembre 2014 3 03 /09 /Sep /2014 16:41

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

Vies alternatives (3/6) : Tisser des liens pour agir

|  Par Sophie Dufau

 

Vidéo dans l'article

 

Comment trouver d'autres formes de vie commune afin de résister à l'accélération financière et technologique qui nous conduira à la catastrophe écologique et sociale ? Pour Mediapart, Philippe Borrel, réalisateur de L'Urgence de ralentir (Arte, ce 2 septembre à 22h40), a sélectionné dans ses rushes une quinzaine d'exemples. Aujourd'hui, diffuser les savoirs via forums et festivals.

Résister à l'accélération financière et technologique qui nous mène vers des catastrophes écologiques et sociales ; trouver d'autres façons de vivre ensemble pour façonner un autre monde : c'est ce qu'interroge le documentaire L'Urgence de ralentir (de Philippe Borrel sur une idée de Noël Mamère) diffusé ce mardi 2 septembre sur Arte, à 22h40.

Un film qui, à partir des critiques et réflexions de philosophes, sociologues et économistes tels Edgar Morin, Pierre Dardot, Douglas Rushkoff, Geneviève Azam, Rob Hopkins, Jeremy Rifkin, Alberto Acosta, Bunker Roy, Tim Jackson, etc., sillonne la planète à la recherche de « ces nouveaux rebelles contemporains vivant à contretemps du modèle dominant, ces précurseurs qui redécouvrent un rapport attentif, patient et fertile au temps », explique le réalisateur.

Pour Mediapart, Philippe Borrel a sélectionné plus d'une quinzaine de séquences, non montrées dans le film, qui donnent chair au propos du documentaire. Alternatives radicales ou plus modestes, embryons d'organisation ou système quasi fermé, nous les diffuserons tout au long de la semaine, accompagnées à chaque fois de l'entretien vidéo avec un des intellectuels rencontrés pour le film.

  • 3e volet : Tisser des liens pour agir

À Cluny, en Bourgogne, douze associations, ONG, entreprises sociales, solidaires et des banques coopératives ont lancé en 2013 le collectif citoyen pour la Transition. (2min37)


'*Vidéo visible sur Mediapart)


  • Le 27 septembre 2014, ce collectif organise une journée de la transition citoyenne partout en France. Tous les renseignements ici.


Au forum social mondial de Tunis, en mars 2013, l'assemblée plénière du groupe « Climate Justice » était consacrée aux enjeux – à court terme – de l’urgence climatique. (4min04)

 

'*Vidéo visible sur Mediapart)


Entretien avec Hélène Tordjman, économiste : « Les marchés n'aiment pas la diversité. » (7min21)

 

'*Vidéo visible sur Mediapart)


Séquences inédites du film L'Urgence de ralentir écrit, filmé et réalisé par Philippe Borrel d'après une idée originale de Noël Mamère.
Montage Marion Chataing et Morgan Le Pivert. Musique originale Piers Faccini. Assistantes réalisateur Ophélie Thomassin et Carmela Uranga. Archive film Notre Dame des luttes réalisé par Jean-François Castell. Directrice de production Marlène Vanthuyne. Assistants de production Gaëlle Cottais et Timothé Fessy.
Une coproduction Cinétévé / Arte France. Pour Cinétévé, producteur délégué Fabienne Servan Schreiber. Producteur exécutif Estelle Mauriac. Pour ARTE France, unité société et culture Martine Saada. Chargée de programmes Alex Szalat.
© Cinétévé - Arte France - Mediapart 2014

 

Voici le sommaire de cette série : 31 août, Objecteurs de croissance. 1er septembre, Génération déconnectée. 2 septembre, Tisser des liens pour agir. 3 septembre, Le temps du partage. 4 septembre, Redonner du sens. 5 septembre, Mobilisations militantes.

 

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

 


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Mardi 2 septembre 2014 2 02 /09 /Sep /2014 18:51

 

Source : www.bastamag.net

 

 

 

Doxa néolibérale

« Toujours plus vite » : ces dissidents pour qui il est urgent de ralentir

par Sophie Chapelle 2 septembre 2014

 

 

 

 

 

Toujours plus vite, toujours plus pressés. Nous sommes entrés dans l’ère de l’immédiateté, celle des profits, celle de l’information, celle de la satisfaction individuelle. Que traduit cette accélération de nos modes de vie ? Avec quels risques dans une planète aux ressources limitées ? Comment résister à cette injonction du toujours plus vite ? C’est ce qu’interroge Philippe Borrel dans son dernier film, L’urgence de ralentir, diffusé le 2 septembre sur Arte. Il est allé à la rencontre de ceux qui expérimentent des alternatives concrètes à contre-temps du modèle dominant néolibéral. Basta ! et Mediapart vous proposent des séquences inédites de son film.

L’immédiat et la vitesse sont devenus la norme. L’accélération, notre rythme quotidien. « Mais à quel prix ? Et jusqu’à quand ? » interroge le réalisateur Philippe Borrel [1] dans son dernier film, L’urgence de ralentir. « Ce que nous vivons, appuie l’économiste Geneviève Azam, c’est vraiment la colonisation du temps humain dans toutes ses dimensions – biologique, social, écologique – par le temps économique. C’est un temps vide, sans racine, sans histoire, seulement occupé par la circulation des capitaux ». Directement pointés du doigt, les milieux financiers et la logique d’actionnaires en attente d’une rentabilité immédiate.

Illustration de cette accélération financière et technologique, le trading haute fréquence dans lequel les algorithmes ont remplacé les hommes. « Le marché est un serveur mettant en relation des acheteurs et des vendeurs qui sont désormais des algorithmes, relate Alexandre Laumonier, auteur de 6. Un ordre est exécuté au New York Stock Exchange en 37 microsecondes, soit 1350 fois moins de temps qu’il n’en faut pour cligner de l’œil... » Le rythme est désormais dicté par les machines. « Celui qui compressera le temps le plus rapidement possible gagnera la partie », assène le sociologue Douglas Rushkoff. A moins que les catastrophes écologiques, économiques et sociales annoncées ne prennent les devants.

 

 

Résister à la société de consommation

Croisant les réflexions de sociologues, philosophes et économistes, le film de Philippe Borrel ne montre pas seulement les effets du néolibéralisme. Il filme celles et ceux qui tentent de faire émerger des alternatives constructives à la logique d’accélération généralisée. C’est dans le Val de Suse, en Italie, que Philippe Borrel pose d’abord sa caméra. Depuis vingt ans, la résistance s’organise face au projet de ligne à grande vitesse entre Lyon et Turin évalué à 26 milliards d’euros (voir nos articles). Outre les scandales financiers de ce projet, les militants interrogent le modèle de développement qu’il préfigure. « Si quelque chose doit s’accélérer ce sont les idées et pas les personnes ou les marchandises, confie un membre des No Tav. La modernité ce n’est pas d’aller plus vite, c’est d’avancer avec plus de sagesse. »

Passage incontournable à Notre-Dame-des-Landes, où les occupants de cette zone dénoncent « le projet d’aéroport et le monde qui va avec » (notre dossier). Dans cette zone de bocage, ils réinvestissent les terrains en plantant des vergers, des haies, en défrichant, drainant, repiquant des semis... « Rendre fertile ce qu’ils veulent rendre stérile, là est notre force », assurent les opposants au projet d’aéroport. Bien évidemment, d’une lutte à l’autre, les stratégies varient. Certains ont décidé de se couper complètement de la société de consommation. C’est le cas de la Wildroots Community, basée dans les Appalaches en Caroline du nord. Elle a été fondée par un ancien ingénieur et sa compagne. En pleine forêt, cette communauté de « survivalistes » accueille ceux qui, comme eux, veulent réapprendre à vivre en pleine autonomie au cœur de la nature.

 

 

Se réapproprier la technologie

« La réponse du capitalisme à l’urgence climatique reste uniquement technologique et ne remet jamais en cause ce qui, dans son fonctionnement, contribue au dérèglement des écosystèmes », analyse Philippe Borrel. Fort de ce constat, il est allé à la rencontre de Bunker Roy, le fondateur du Barefoot College en Inde. « Depuis quinze ans, il recrute des femmes illettrées dans les milieux ruraux d’Afrique, d’Amérique latine ou d’Asie pour les former pendant six mois à l’ingénierie solaire et à l’autonomie énergétique », relate le réalisateur. Plus de 300 ingénieures solaires auraient ainsi été formées depuis le lancement du projet. Ici, la technologie est démystifiée et réappropriée collectivement.

Aux États-Unis aussi, des systèmes d’apprentissage alternatifs se mettent en place. C’est ainsi qu’à deux pas des sièges de Google et de Facebook, au cœur de la Silicon Valley, une école interdit l’usage des ordinateurs ou des portables aux élèves jusqu’à la classe de seconde. « Nous amenons la technologie aux élèves seulement quand ils sont en mesure de la comprendre, explique une professeure. Je veux que mes élèves soient excités à l’idée d’apprendre. » Au-travers d’apprentissages concrets comme la permaculture, les enseignants espèrent développer chez les enfants des capacités d’innovation et d’adaptation à un monde en mutation accélérée. « L’éducation est la clé, c’est l’espoir de voir des êtres humains capables de penser librement ».

 

 

Un autre rapport à l’argent

Questionner notre rapport au temps conduit irrémédiablement, dans une société capitaliste, à interroger notre rapport à l’argent. Philippe Borrel s’attache notamment à rencontrer les porteurs de monnaies locales, de Romans-sur-Isère (Drôme) à Bristol (sud-ouest de l’Angleterre). Une manière de relocaliser l’économie qui essaime dans une grande diversité de territoires (nos articles). « On résiste beaucoup mieux aux chocs extérieurs lorsque l’on a une économie locale solide » confirme Lionel Astruc, auteur de (R)évolutions.

Sa caméra nous conduit à Tomkins Time Traders, la banque du temps d’Ithaca, dans l’État de New York. Ici, le temps n’est plus forcément synonyme d’argent. Des services peuvent être échangés gratuitement avec d’autres habitants du quartier, tous à égalité, que l’on soit avocat ou électricien. « Nous avons tous des savoirs-faire uniques et quelque chose à partager ou à donner aux autres », confie une membre du projet. L’enjeu est de créer un nouveau système qui revalorise le travail au cœur de l’économie. Dans cette banque, une heure d’une compétence particulière – en plomberie ou comme dentiste par exemple – équivaut à une heure de soins pour les personnes âgées ou une heure de garde pour les enfants. Un moyen de sortir du système capitalisme monétisé mettant en concurrence les uns avec les autres.

 

 

Des adeptes du mouvement de la simplicité volontaire aux villes en transition (nos articles), en passant par des expériences en permaculture telles que la Ferme du Bec Hellouin, le film de Philippe Borrel nous amène à prendre le temps de s’arrêter pour réfléchir. Il égrène d’autres façons de vivre ensemble pour façonner un autre monde. Plutôt que de suivre un rythme qui nous mène vers des catastrophes écologiques, économiques et sociales, le réalisateur nous propose de redonner du sens au temps et de reprendre le contrôle de nos vies. Une invitation à amorcer dès aujourd’hui une véritable transition écologique et sociale. Un film à voir de toute urgence.

Sophie Chapelle
@Sophie_Chapelle

L’Urgence de ralentir sera diffusé le 2 septembre sur Arte, à 22h40. 

 

 

 

Notes

[1Philippe Borrel est le réalisateur de Les Insurgés de la Terre, d’Un monde sans fous ? et d’Un monde sans humains ?


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Source : www.bastamag.net

 

 

 

 

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Lundi 1 septembre 2014 1 01 /09 /Sep /2014 18:56

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

Vies alternatives (2/6) : Génération déconnectée

|  Par Sophie Dufau

 

 

 

 

Comment trouver d'autres formes de vie commune afin de résister à l'accélération financière et technologique qui nous conduira à la catastrophe écologique et sociale ? pour Mediapart, Philippe Borrel, réalisateur de L'urgence de ralentir (Arte, 2 septembre, 22h40), a sélectionné dans ses rushes une quinzaine d'exemples. Aujourd'hui, l'éducation et la transmission.

Résister à l'accélération financière et technologique qui nous mène vers des catastrophes écologiques et sociales ; trouver d'autres façon de vivre ensemble pour façonner un autre monde : c'est ce qu'interroge le documentaire L'urgence de ralentir (de Philippe Borrel sur une idée de Noël Manère) diffusé le mardi 2 septembre sur Arte, à 22h40.

Un film qui à partir des critiques et réflexions de philosophes, sociologues et économistes tels Edgar Morin, Pierre Dardot, Douglas Rushkoff, Geneviève Azam, Rob Hopkins, Jeremy Rifkin, Alberto Acosta, Bunker Roy, Tim Jackson, etc. sillonne la planète à la recherche de « ces nouveaux rebelles contemporains vivant à contre temps du modèle dominant, ces précurseurs qui redécouvrent un rapport attentif, patient et fertile au temps », explique le réalisateur.

Pour Mediapart, Philippe Borrel a sélectionné plus d'une quinzaine de séquences, non montrées dans le film, qui donnent chair au propos du documentaire. Alternatives radicales ou plus modestes, embryons d'organisation ou système quasi fermé, nous les diffuserons tout au long de la semaine, accompagnées à chaque fois de l'entretien vidéo avec un des intellectuels rencontrés pour le film.

  • 2e volet : Génération déconnectée

Le temps d'un été, à Ithaca, dans l’état de New York, le Youth farm project entend former un groupe d’adolescents et lycéens aux bases de l’agriculture biologique. Ceci sous l'égide d'un agriculteur retraité qui croit aux vertus de la transmission aux jeunes générations.(4min46)


(*Vidéo visible sur Mediapart)

 

En France, dans le sud de l'Ardèche, Sophie Rabhi, fille de Pierrre Rabhi rêvait d’une éducation différente pour ses quatre enfants, une éducation en pleine nature qui ferait la part belle à la créativité et à la collaboration plutôt qu’à l’accumulation de connaissances ou à la compétition. Avec son mari Laurent Bouquet, elle a créé en 1999 La Ferme des enfants, école alternative qui allait ensuite permettre l’éclosion de l’écovillage du Hameau des Buis, habitat partagé pour permettre de créer un lien intergénérationnel.
(9min24)

 

(*Vidéo visible sur Mediapart)

 

Aux Etats-Unis, dans la Silicon Valley, à deux pas des sièges de Google et de Facebook, une école, la Waldorf School, interdit l’usage des ordinateurs ou des portables aux élèves jusqu’à la classe de seconde... Ce système essentiellement basé sur des apprentissages concrets est très prisée des cadres sup. Ils y voient une possibilité de développer chez leurs enfants les capacités d’innovation et d’adaptation à un monde en mutation accélérée. (4min58)

 

(*Vidéo visible sur Mediapart)

 

Entretien avec Caroline Solzt, ancienne directrice de ressources humaines de 43 ans a fondé à Paris Living school, une école privée alternative où l'enseignement s'articule autour du « savoir être ». (4min35)   

 

(*Vidéo visible sur Mediapart)

 

Séquences inédites du film L'urgence de ralentir écrit, filmé et réalisé par Philippe Borrel d'après une idée originale de Noël Mamère.
Montage Marion Chataing et Morgan Le Pivert. Musique originale Piers Faccini. Assistantes réalisateur Ophélie Thomassin et Carmela Uranga. Archive film Notre Dame des luttes réalisé par Jean-François Castell. Directrice de production Marlène Vanthuyne. Assistants de production Gaëlle Cottais et Timothé Fessy.
Une coproduction Cinétévé / Arte France. Pour Cinétévé, producteur délégué Fabienne Servan Schreiber. Producteur exécutif Estelle Mauriac. Pour ARTE France, unité société et culture Martine Saada. Chargée de programmes Alex Szalat.
© Cinétévé - Arte France  -  Médiapart 2014

 

Voici le sommaire de cette série : 31 août, Objecteurs de croissance. 1er septembre, Génération déconnectée. 2 septembre, Tisser des liens pour agir. 3 septembre, Le temps du partage. 4 septembre, Redonner du sens. 5 septembre, Mobilisations militantes.

 

 

 

Lire aussi

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 


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Dimanche 31 août 2014 7 31 /08 /Août /2014 15:49

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

Vies alternatives (1/6): objecteurs de croissance

|  Par Sophie Dufau

 

 

Comment trouver d'autres formes de vie commune afin de résister à l'accélération financière et technologique? Pour Mediapart, Philippe Borrel, réalisateur de L'Urgence de ralentir (Arte, 2 septembre, 22h50), a sélectionné dans ses rushes une quinzaine d'exemples. Aujourd'hui, ceux qui refusent la surconsommation.

Résister à l'accélération financière et technologique qui nous mène vers des catastrophes écologiques et sociales ; trouver d'autres façons de vivre ensemble pour façonner un autre monde : c'est ce qu'interroge le documentaire L'Urgence de ralentir (de Philippe Borrel sur une idée de Noël Mamère) diffusé le mardi 2 septembre sur Arte, à 22 h 50.

Un film qui, à partir des critiques et réflexions de philosophes, sociologues et économistes tels Edgar Morin, Pierre Dardot, Douglas Rushkoff, Geneviève Azam, Rob Hopkins, Jeremy Rifkin, Alberto Acosta, Bunker Roy, Tim Jackson, etc., sillonne la planète à la recherche de « ces nouveaux rebelles contemporains vivant à contretemps du modèle dominant, ces précurseurs qui redécouvrent un rapport attentif, patient et fertile au temps », explique le réalisateur.

Pour Mediapart, Philippe Borrel a sélectionné plus d'une quinzaine de séquences, non montrées dans le film, qui donnent chair au propos du documentaire. Alternatives radicales ou plus modestes, embryons d'organisation ou système quasi fermé, nous diffuserons ces expériences tout au long de la semaine, accompagnées à chaque fois de l'entretien vidéo avec un des intellectuels rencontrés pour le film.

  • 1er volet : Objecteurs de croissance

Dans les Appalaches en Caroline du Nord, la Wildroots Community a été fondée par un ancien ingénieur et sa compagne, tous deux la quarantaine passée. En pleine forêt, cette communauté de « survivalistes » accueille ceux et celles qui comme eux veulent réapprendre à vivre en pleine autonomie au cœur de la nature. Complètement coupés de la société de surconsommation américaine. (7min14)


(*vidéo visible sur  mediapart)


À Paris, en mai 2013, au Cabaret Sauvage, se tient la première conférence européenne sur l’économie collaborative (le OuiShare Fest) : à cette occasion, le philosophie Bernard Stiegler appelle à une transition radicale vers une économie collaborative du savoir et du partage. (3min38)


(*vidéo visible sur mediapart)


Entretien avec Paul Ariès, politologue, militant de la décroissance et auteur de Nos rêves ne tiennent pas dans les urnes. Éloge de la démocratie participative (Max Milo Éditions, 2013) : « Pour revenir à la primauté de la culture et de la politique » (5min36)


(*vidéo visible sur mediapart)

 

Séquences inédites du film L'Urgence de ralentir écrit, filmé et réalisé par Philippe Borrel d'après une idée originale de Noël Mamère.
Montage Marion Chataing et Morgan Le Pivert. Musique originale Piers Faccini. Assistantes réalisateur Ophélie Thomassin et Carmela Uranga. Archive film Notre Dame des luttes réalisé par Jean-François Castell. Directrice de production Marlène Vanthuyne. Assistants de production Gaëlle Cottais et Timothé Fessy.
Une coproduction Cinétévé / Arte France. Pour Cinétévé, producteur délégué Fabienne Servan Schreiber. Producteur exécutif Estelle Mauriac. Pour ARTE France, unité société et culture Martine Saada. Chargée de programmes Alex Szalat.
© Cinétévé - Arte France  -  Mediapart 2014

 

Voici le sommaire de cette série : 31 août, Objecteurs de croissance. 1er septembre, Génération déconnectée. 2 septembre, Tisser des liens pour agir. 3 septembre, Le temps du partage. 4 septembre, Redonner du sens. 5 septembre, Mobilisations militantes.

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

 

 

 


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