Consommer et agir autrement

Vendredi 12 décembre 2014 5 12 /12 /Déc /2014 19:59

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

Permaculture web 11/12/2014 à 16h28

Le jardinier le plus fertile de YouTube, c’est Eric

Thibaut Schepman | Journaliste Rue89

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Permeric, altruiste Belge à bob, exhume dans ses vidéos les incroyables savoirs de la permaculture. Cet ex-consultant web revenu à la terre rend passionnante cette philosophie du jardin.

Connaissez-vous la permaculture ?

L’origine du mot
Le terme a été inventé en 1974 par Bill Mollison (prix Nobel alternatif en 1981) et David Holmgren. Mais sa paternité fait débat car il est la contraction d’une expression américaine vieille de plus d’un siècle : « permanent agriculture ». Et les techniques qu’elle regroupe existent souvent depuis la nuit des temps.

Cette philosophie du jardin clame qu’il ne faut pas se contenter de cultiver sa parcelle, mais créer un véritable écosystème, fertile, dont on pourra récolter les fruits. Cela peut donner des résultats incroyables : des melons en avril, des agrumes dans la « Sibérie autrichienne », d’énormes rendements sur de petites surfaces.

Depuis quelque mois, la permaculture connaît un grand engouement en France. Parce que jardiner est à la mode, parce qu’on veut manger mieux.... mais aussi un peu parce que depuis un an et demi un gentil Belge à bob en explique les rudiments sur YouTube. Son nom : Eric Barzin, alias Perméric.

 


Evolution du nombre de recherches de la « permaculture » sur Google en France entre 2004 et 2014 

Des pierres pour créer un micro-climat

La permaculture est certes très poétique, mais elle se caractérise avant tout par des techniques, parfois complexes. Le problème, c’est que ces savoir-faire épars ont longtemps été transmis entre initiés.

On en trouvait des traces dans d’obscurs ouvrages – toujours chers et souvent oubliés – ou dans des formations parfois hors de prix. Seuls de rares motivés connaissaient les bonnes associations de plantes et de légumes, savaient fabriquer une tour à pommes de terre ou encore utiliser des pierres et niveler un terrain pour créer des micro-climats. Mais ça, c’était avant Eric et ses tutoriels au délicieux accent.

 

 

Eric Barzin nous explique comment il s’occupe de son « mulch », la couverture de paille sur son sol

« On a l’impression de jardiner avec lui »

Beaucoup d’apprentis permaculteurs sont tombés sur lui en cherchant des infos sur Internet. Kevin, qui aspire à trouver un terrain à exploiter près de Dunkerque, est l’un d’entre eux :

« Quand on tape certains mots comme “permaculture” dans YouTube ; il est dans les premiers résultats. Moi, j’ai d’abord vu la vidéo où il récolte la sève des bouleaux. J’ai bien aimé son style, c’est très concret, il se filme en faisant les choses et il explique exactement ce qui va se passer.

Du coup j’ai regardé toute ses vidéos, ça permet de voir l’évolution de son travail, de voir aussi que tout ça, ça marche. On s’identifie à lui, on a presque l’impression de jardiner avec lui. J’ai même remarqué qu’il a pas mal maigri depuis qu’il a commencé. »

Grâce à Perméric, j’ai moi-même compris comment créer une butte qui reproduit en quelque sorte le fonctionnement du sol d’une forêt. On appelle ça une butte autofertile ou en « Hugelktultur » en allemand.

Depuis quelques mois, un peu grâce à cette vidéo, cette pratique ancienne et confidentielle est devenue incontournable dans nombre de jardins « naturels », dont le mien.

« J’étais l’homme qui plantait des arbres »

« Ne prend pas ton vélo, par chez moi ça monte beaucoup, on est sur le toit de Belgique »

Eric Barzin est venu me chercher en voiture au terminus de la petite gare de Spa-Géronstère, à deux heures de train de Liège. Il me conduit à travers la forêt rouge et magnifique qui entoure la cité thermale et se termine à l’arrière de sa maison. Déjà, il me parle de son prochain projet :

« J’aimerais bien creuser des “swales”, on appelle ça aussi des baissières. Ce sont des rigoles qui suivent les courbes de niveau et permettent de créer des retenues d’eau. Je ne vais pas pouvoir le faire tout de suite, pour ça il faut un gros budget, mais j’ai très envie de faire cette vidéo, ça va intéresser plein de gens et on trouve pas encore grand chose là-dessus. »


Capture d’écran d’une vidéo sur le référencement tournée en 2010 

Quand Eric expérimente quelque chose, il se filme. Un peu par réflexe. Ou parce que ça a, un temps, fait partie de son métier. Les comptes Twitter et Dailymotion de son ancienne vie de consultant en stratégie web sont encore en ligne.

Entre 2009 et la fin 2010, on le voit publier à la pelle des liens et des vidéos pour apprendre à ses clients à animer une page web ou à s’assurer un bon référencement.


Eric Barzin devant son ordinateur en novembre 2014 (Thibaut Schepman/Rue89)

 

Et puis, un jour, tout s’arrête. Il nous raconte :

« J’ai fait un burn-out. J’aimais le côté technique de mon métier mais pas du tout son sens. J’étais très fatigué, je passais beaucoup trop de temps devant mon ordinateur, je suis tombé malade. »

A cette époque, un ami lui parle de permaculture. Il quitte son travail, se plonge dans les bouquins, fait une formation de douze jours et achète avec sa compagne un terrain pour y appliquer ses nouvelles connaissances.

« Pendant plus d’un an, j’ai arraché les arbres et j’ai semé et planté, j’étais comme “l’homme qui plantait des arbres” [la très belle nouvelle de Jean Giono, qui a été ensuite animée par Frédéric Back, ndlr]. »

 

L’homme qui plantait des arbres, Frederic Back, 1987

Youtubeur et éleveur de truites

Les premiers temps, Eric reste loin d’Internet. Puis, tout doucement, il y revient.

« J’allais souvent sur YouTube, je tapais “permaculture” mais je ne trouvais rien. »

Il commence d’abord un blog pour partager ses découvertes. Sur son compte Twitter, on le voit à nouveau publier des liens dès la fin 2012, cette fois en rapport avec sa nouvelle passion. Et puis, en avril 2013, il se filme en train de construire un bac de culture et poste la vidéo sur YouTube :

« Je n’y avais pas vraiment réfléchi. J’ai posté ça parce qu’on ne trouvait rien sur le sujet sur Internet. J’ai mis des mots-clés, une description et des liens aux bons endroits, un peu par habitude, parce que je sais bien faire ça. Ensuite j’ai continué à en publier et j’ai eu rapidement pas mal de visites.

Quand on rencontre des gens ou qu’on voit des témoignages sur Internet, on se dit que beaucoup de permaculteurs sont de doux rêveurs ; moi je suis plutôt du genre pressé, j’ai envie de faire plein de choses. »


L’un des élevage en aquaponie d’Eric Barzin (Thibaut Schepman/Rue89)

Depuis, Perméric fait revivre dans ses vidéos les savoirs qu’il trouve dans des livres. Et ça marche. Certaines de ses vidéos dépassent les 100 000 vues. Parfois, dans la rue ou dans les salons écolos, on le reconnaît. Il nous explique tout ça en vidant une truite sortie de son élevage en aquaponie.

Cette technique ancestrale permet de cultiver en symbiose des poissons et des légumes. Les fientes azotées des truites nourrissent les végétaux, qui eux-mêmes épurent l’eau du bassin des poissons. Eric Barzin vend depuis quelques mois, au prix de 97 euros, une formation à l’aquaponie par Internet. 75 personnes l’ont achetée, c’est pratiquement sa seule source de revenus pour l’instant.

Dans la bibliothèque d’Eric Barzin
  • « La Révolution d’un seul brin de paille », Masanobu Fukuoka (Guy Trédaniel, 2005)
  • « Créer un jardin-forêt. Une forêt comestible de fruits, légumes, aromatiques et champignons au jardin », Patrick Whitefield (Imagine un colibri, 2011)
  • « How to Grow Perennial Vegetables », Martin Crawford (Green Books, 2012)
  • « Four-Season Harvest », Eliot Coleman (Chelsea Green Publishing, 1992)
  • « Manuel de culture sur butte », Richard Wallner (Rustica, 2012)
  • « Le Jardinier maraîcher », Jean-Martin Fortier (Ecosociété, 2012)
  • « Edible Forest Gardens », Dave Jacke (Chelsea Green Publishing Company, 2005)
  • « Permaculture - introduction et guide pratique », Laurent Schlup (Kangaroots, 2012)
  • « La Permaculture de Sepp Holzer », (Imagine un colibri, 2011)

« Je n’ai compris qu’en juillet dernier que je pouvais gagner de l’argent grâce aux pubs sur YouTube. Je touche maintenant 68 dollars par mois [55 euros, ndlr]. C’est un peu ridicule, mais c’est déjà ça.

Je ne vais pas me comparer à Cyprien ou à Norman, mais je me dis qu’ eux font des vidéos depuis beaucoup plus longtemps que moi. Si maintenant je touche 68 dollars, dans un an ou deux je saurai peut-être en gagner 350 ou 400. »

Perméric espère pouvoir bientôt « sortir de la galère financière ». Dans son jardin, il nous montre ses buttes autofertiles, ses ocas du Pérou, ses cephalotaxus – un conifère qui donne des fruits – et nous explique comment il a « designé » son terrain de près d’un hectare.

A terme, il compte commercialiser sa production, ses semences et boutures ou même la visite de son exploitation.

En attendant, Eric fait encore et toujours des vidéos gratuites. Il écrit maintenant ses textes à l’avance, utilise un prompteur et fait de plus en plus de montage.

Il vient de lancer un réseau social gratuit, Permaculteurs.com, où il invite chacun à partager ses expériences, en texte ou en vidéo.


Eric montre un oca du Pérou qui a poussé dans sa butte (Thibaut Schepman/Rue89)

 

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

 

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Consommer et agir autrement
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Jeudi 11 décembre 2014 4 11 /12 /Déc /2014 18:26

 

Source : www.bastamag.net

 

 

 

Autogestion villageoise

Trémargat, laboratoire d’alternatives et de démocratie participative à ciel ouvert

par Marion Guyonvarch 11 décembre 2014

 

 

 

 

 

 

A Trémargat, dans les Côtes d’Armor, la solidarité, l’entraide ou l’écologie ne sont pas de vains mots. La petite commune bretonne est depuis vingt ans un laboratoire à ciel ouvert de projets alternatifs. Ses habitants soutiennent l’installation de paysans, s’approvisionnent dans une épicerie de produits bio et locaux, se retrouvent au café associatif, délibèrent au sein d’un conseil municipal qui applique des principes de démocratie participative, et s’éclairent avec Enercoop. La formule fonctionne : le village qui se mourait dans les années 70 est depuis quinze ans en pleine renaissance. La preuve qu’on peut vivre autrement. Reportage.

Un samedi matin gris de novembre. Il pleut des cordes sur Trémargat, un village des Côtes d’Armor, perdu au cœur du Kreiz-Breizh (Centre Bretagne). Pourtant, sur la place centrale, une armée silencieuse a adopté le ciré pour uniforme et, bravant les gouttes, ratisse, bine et nettoie les parterres de fleurs. « On organise un chantier participatif pour terminer l’aménagement du bourg, explique Yvette Clément, la maire, une brouette à la main. Nous, on s’occupe des espaces verts, et une autre équipe, installée sous un hangar plus loin, construit six bancs en bois qui seront installés sur la place. »

L’initiative est loin d’être une première : l’an dernier, le centre du village a été totalement transformé grâce à la participation d’habitants bénévoles. « C’est une idée du précédent conseil municipal, raconte Yvette, élue en mars dernier à la tête de cette commune de 180 habitants. Un projet d’aménagement classique, bétonné, avait été proposé par un cabinet. Cela aurait coûté 120 000 euros, soit la quasi totalité du budget annuel. » La mairie choisit alors de faire appel aux bonnes volontés et de créer un théâtre de verdure, au cœur du village. « Les paysans sont venus avec leurs tracteurs, les charpentiers ont construit une pergola. C’est bien plus joli et cela n’a coûté que 12 000 euros ! »

Ce chantier est emblématique de la façon de fonctionner made in Trémargat. Ici, l’adjectif participatif n’est pas un vain mot. Il est appliqué à la lettre et décliné dans tous les domaines : politique, culturel et économique. « On pratique la politique du colibri, résume Yvette, en faisant référence à Pierre Rabhi. Chacun fait sa part ! » Tout le monde s’investit, au service de valeurs communes : l’écologie, l’entraide, et la décroissance. Plus qu’une terre, les habitants partagent une volonté de vivre ensemble, autrement.

Des agriculteurs néo-ruraux contre le modèle productiviste breton

C’est dans les années 70 que Trémargat s’est parée de ses couleurs vertes. A l’époque, le centre Bretagne se vide de ses habitants, et la commune, comme ses voisines, meurt à petit feu. Jusqu’à ce que plusieurs jeunes agriculteurs néo-ruraux s’installent dans ce village pauvre, où la terre est peu chère et disponible. Tous se revendiquent paysans et croient en une agriculture raisonnée, à mille lieues du modèle productiviste breton. Parmi eux, Yvette et son mari, qui ont repris une bergerie de 40 hectares. « On est venus car il y avait des fermes pas chères, raconte-t-elle. On a trouvé ici des agriculteurs qui étaient sensibles à ces questions, on a commencé à réfléchir et travailler ensemble à des solutions alternatives pour préserver l’environnement. »

Séduits par cet état d’esprit qui se diffuse doucement dans la bourgade, de nouveaux venus les rejoignent au fil des ans. Potier, artisans, coiffeur, restauratrice... posent leurs valises pour de bon. Résultat, l’hémorragie démographique est stoppée. Depuis le début des années 1990, la population s’est stabilisée et a considérablement rajeuni, comptant aujourd’hui une trentaine d’enfants. Preuve du dynamisme de Trémargat, la commune ne peut pas satisfaire toutes les demandes de personnes souhaitant venir s’installer !

Des mandats limités dans le temps

Si le terreau était depuis longtemps favorable à l’éclosion de projets alternatifs, il a fallu attendre 1995 pour qu’ils commencent à être menés à grande échelle. Cette année-là, les « nouveaux » remportent la mairie, tenue jusqu’alors par une famille « historique » du village. Ils mettent en place une vraie démocratie participative à l’échelle locale, avec la volonté de promouvoir l’écologie et la solidarité, deux valeurs qui structurent leur mode de vie. Leur première décision est de pratiquer la politique de la mairie tournante : le maire ne fait qu’un seul mandat ! Surtout, il applique un programme décidé en commun avec les habitants. « Avant les élections, quatre réunions publiques sont organisées, explique Mélanie, élue pour la première fois en mars. On y fait le bilan du mandat précédent et on définit ensemble les priorités du suivant. Ensuite, ceux qui le souhaitent se portent volontaires pour constituer la liste. »

Les grands axes du programme sont donc élaborés par les habitants eux-mêmes. L’élection passée (comme souvent dans les petites communes, il n’y a qu’une liste), ceux qui le souhaitent – et ils sont nombreux – restent impliqués, via les comités consultatifs constitués pour suivre la mise en place de chacun des thèmes du programme. Nouvelle venue dans la commune, Madeline, la vingtaine, formatrice en agro-écologie, est bluffée par cette « vraie » démocratie participative : « C’est du bon sens, c’est un fonctionnement que beaucoup de monde aimerait voir mis en place sans y arriver. Mais ici ça marche, parce que tout le monde en a envie et s’en donne les moyens. »

Mais attention, prévient Jennifer Corbeau, une jeune agricultrice élue au conseil, tout n’est pas idyllique : « Ça ne se fait pas tout seul. Il y a des clashs, des désaccords, des débats interminables, des projets qui n’aboutissent pas, des gens qui ne participent pas. Mais dans l’ensemble ça fonctionne. Car la plupart des gens vivent là, partagent un même état d’esprit et sont emportés par cette dynamique collective. Ça donne envie de s’impliquer à son tour. »

« Des combines pour ne pas être désintégrés »

Se concerter, décider et agir ensemble : à Trémargat, c’est devenu un réflexe. Avec pour leitmotiv, le refus de subir un développement dicté par d’autres, comme le résume Yvette : « On nous taxe souvent de marginaux, mais on fait partie du même système économique que tout le monde. On trouve juste des combines pour ne pas être désintégrés et garder la maîtrise.  » Ainsi, quand le café – installé dans un bâtiment racheté par la mairie – cherche un repreneur en 2008, une poignée d’habitants décide de monter un projet de café associatif alternatif. Un couple de candidats classiques se présente, mais les Trémargatois ont envie d’en faire un lieu à leur image. Aujourd’hui, on y boit et on y mange des produits bios, locaux et artisanaux. On y organise des soirées jeux, des lectures, des concerts, des projections de documentaires...

Géré par un bureau collégial de huit membres, le café associatif fonctionne avec une quinzaine de bénévoles et deux salariés à mi-temps. C’est le point de ralliement du village, son cœur. « C’est un lieu de vie fondamental, peut-être encore plus ici qu’ailleurs, car il y a un rapport et un attachement très forts au café, explique Aurélie, l’une des deux salariées. Le vendredi soir, c’est tout le temps plein. » Ce midi aussi, le Trémargat café affiche complet. Une grosse marmite de soupe attend les courageux du chantier participatif. Des gamins courent partout, pendant que leurs parents ou des habitants plus âgés discutent du chantier ou des derniers potins. Jennifer, accoudée au comptoir, sourit : « Vous voyez, toutes les générations se mélangent, c’est toujours comme ça ici. Il y a une vraie volonté de vivre ensemble. » 

80 000 euros de chiffres d’affaires pour l’épicerie du village

Au fond du bar, une porte s’ouvre sur un autre lieu clé du village : l’épicerie. Là encore, elle a été pensée par et pour les habitants. Quand elle apprend que ce bâtiment voisin du café va être mis en vente, la mairie se montre intéressée. Et le projet de rouvrir une épicerie, dix ans après la fermeture de la dernière du village, ressort des cartons. Mais pas question de se lancer à l’aveugle. Une étude de marché est menée pour déterminer ce qui est susceptible d’attirer des acheteurs. « Surprise, la majorité des personnes sondées voulaient acheter des produits bio pas trop chers et du local », se souvient Vincent Munin, adjoint à la mairie et membre du collectif gestionnaire. Le choix est donc fait : ce sera bio et local. Les horaires d’ouverture sont choisis en fonction des demandes et l’épicerie, gérée par une association, fonctionne elle aussi grâce aux bénévoles. Un système d’abonnements, qui permet d’acheter à prix coûtant, a été mis en place pour constituer une base de clients fidèles.

Et ça marche. Deux ans après son ouverture, l’épicerie, qui travaille avec trente producteurs de la région et trois grossistes pour le bio, rencontre même un succès qui dépasse toutes les attentes. Vingt-cinq familles – soit un tiers des ménages de la commune – sont abonnées ; s’y ajoutent une cinquantaine de clients plus ou moins réguliers, qui viennent de Trémargat et des communes alentour. « On tablait sur un chiffre d’affaires de 60 000 euros pour être à l’équilibre. On a fait 80 000 l’an dernier et en 2014, ce sera encore plus ! » L’épicerie renforce encore davantage le lien social. « C’est un lieu de vie supplémentaire, c’est important, analyse Vincent Munin. On y prend des nouvelles, les informations circulent. Pour ceux qui ne vont pas au café, c’est un moyen de socialiser. »

La première commune alimentée par Enercoop

Garder la maîtrise. Pour y arriver, Trémargat déploie tous les moyens à sa disposition. Elle a ainsi établi un plan local d’urbanisme (PLU), en 2006, pour imaginer le futur visage de Trémargat. Peu fréquent pour une commune de cette taille, le document a permis de protéger les zones humides et bocagères et de rendre constructibles une quarantaine de parcelles dans des hameaux, afin de pallier au manque de foncier. Surtout, il permet à la commune d’être plus autonome quant à ses choix de développement. Trémargat est aussi la première commune française à avoir choisi d’être alimentée en électricité par la coopérative de l’énergie Enercoop qui privilégie les énergies renouvelables. Du coup, la coopérative y a installé son siège social breton. Malgré l’anticléricalisme d’un bon nombre d’habitants, la commune a aussi accepté de gérer la rénovation de l’église, financée à 90% par des subventions. Mais à une condition : désacralisée, elle pourrait accueillir les associations. Un accord inédit a même été signé entre le curé, la mairie et les associations pour entériner la situation.

Mieux, Trémargat a décidé de peser sur l’orientation économique de la commune. Sur les 14 fermes que compte le village, 12 sont aujourd’hui adhérentes au Cedapa (Centre d’étude pour le développement d’une agriculture plus autonome) qui promeut une agriculture durable. Pour maintenir cet équilibre, la commune est déterminée à favoriser l’installation d’agriculteurs écolos. Oui, mais comment faire, puisqu’elle ne peut financer des projets privés ? Une solution est trouvée : une Société civile immobilière (SCI) va être constituée, afin de soutenir le projet d’installation de Jennifer et de son compagnon, originaire de la commune. « On avait repris une ferme dans le centre bourg on voulait acheter une parcelle pour faire paître nos brebis et nos vaches allaitantes », raconte Jennifer. Le couple a trouvé une parcelle idéale, sur une commune voisine, mais n’a pas les 60 000 euros nécessaires, après avoir déjà beaucoup investi dans la ferme et la création d’un laboratoire pour ses produits laitiers. La mobilisation a sonné : la SCI va réussir à regrouper une centaine d’associés, dont la commune, des particuliers, des associations. Et réunit les fonds pour acheter le terrain.

« C’est super de voir cet élan, raconte la jeune femme. On a des clients de Saint-Brieuc qui ont pris des parts. Un tel soutien, ça porte ! » Impliqué dans le projet dès sa création, Vincent Munin estime que la SCI est une arme importante : « Cela permet de pouvoir réagir rapidement et de mobiliser des fonds pour monter un projet. » La SCI pourrait prochainement racheter un local artisanal bientôt mis en vente. « On a pensé en faire une plateforme bois, explique Yvette Clément. Cela serait assez cohérent puisque un groupe d’agriculteurs de la commune lance un projet bois, destiné à voir comment protéger et valoriser au mieux cette ressource de la région. »

Vers un projet d’éco-habitat intergénérationnel ?

Assise dans le café, la maire regarde l’avenir avec confiance et fait le point sur les grands chantiers qui attendent Trémargat. « Dans le programme commun, nous avons choisi de nous concentrer sur la préservation des espaces naturels qui représentent 50% du territoire de la commune. De créer un site internet, et d’entretenir et améliorer encore le centre bourg. Nous avons aussi commencé à réfléchir à un projet d’éco-habitat intergénérationnel. » D’autres idées sont dans l’air, comme la création d’un atelier de mutualisation des services, pour effectuer des réparations en commun ou partager les outils nécessaires afin de préparer du jus de pomme.

Trémargat semble armée pour continuer à vivre comme elle l’entend. Oubliée l’époque où ses voisins regardaient la commune d’un œil circonspect. Devenue un modèle dans les cercles alternatifs, elle a peu à peu gagné le respect du plus grand nombre. « On continue d’intriguer un peu, estime Yvette. Mais on a prouvé des choses. On ne nous voit plus comme des rêveurs, mais comme un commune qui se débrouille et qui innove. » Si bien d’autres communes pouvaient rêver et innover comme eux.

Marion Guyonvarch (texte et photos)

Sur le même sujet :
- Dans un village de la Drôme, la révolution participative est en marche !
- Transition écologique : quand la France rurale revendique l’indépendance énergétique

 


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Source : www.bastamag.net

 

 

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Lundi 8 décembre 2014 1 08 /12 /Déc /2014 22:48

 

Source : www.marianne.net

 

 

Dans le laboratoire de Podemos Paris

Lundi 8 Décembre 2014 à 05:00

 

Loïc Le Clerc

 

 

Avec la crise, des milliers d'Espagnols ont dû quitter leur pays, pour pouvoir trouver du travail. Certains sont venus en France. D'ici, ils ont vu leur pays sombrer dans l'austérité. Mais ils ont également assisté à la naissance d'une nouvelle force politique, née du mouvement des indignés : Podemos. Depuis, le mouvement s'exporte et des "cercles" se créent un peu partout dans le monde, dont en France. "Marianne" est allé à la rencontre de ces indignés du cercle Podemos Paris. Découverte d'un processus démocratique naissant, avec toutes les difficultés organisationnelles et politiques que cela comporte.

 

Podemos Paris compte déjà plusieurs dizaines de membres, 250 selon les derniers décomptes. Et à chacune de ses « assemblées populaires », des visages nouveaux viennent fleurir les rangs, principalement des Espagnols, arrivés en France il y a une poignée d’années et inquiets de la situation dans leur pays. Ceux-là ont quitté l’Espagne juste avant qu’éclate la bulle immobilière et que la crise s’installe. Ils ont vu leur pays sombrer, de loin, alors, avec cette antenne parisienne de Podemos, ils pensent pouvoir faire quelque chose. Ils sont de tous les métiers, de tous les âges, déjà politisés pour certains, pas du tout pour la plupart. Une chose est sûre, ils veulent faire partie de ce mouvement Podemos, même depuis Paris. Par rapport au mouvement espagnol, qui n’a pas encore soufflé sa première bougie, Podemos Paris est loin d’être constitué. Alors, petit à petit, ses membres votent l’organisation, la répartition des rôles, etc. Mais les questions qui naissent sur leurs lèvres à tous peuvent résumées ainsi : « Concrètement, que pouvons-nous faire ? »« A quoi sert Podemos Paris ? ».
 
Indirectement, c’est vers les quatre membres du Conseil citoyen, sorte d’organe exécutif, que se tournent les regards, en attente d’une réponse. Mais pour Javier Cuesta, Pablo Lapuente, Irma Heras et Miguel Segui, ce n’est pas si facile. Irma Heras admet que pour l’instant, aucune instruction n’a été donnée de la part de Podemos Espagne. Ils savent seulement qu’ils font partie de la « 18ème autonomie », celle des Espagnols expatriés. Elle pense que l’organe central souhaiterait que Podemos Paris et ses équivalents n’aient pas d’autres vocations que de convaincre les Espagnols résidants à l’étranger qu’ils doivent voter pour Podemos aux élections générales (l'équivalent de nos législatives).

Mais elle insiste sur le pouvoir de pression dont ils disposent, en tant que citoyens espagnols : « Podemos Espagne doit comprendre pourquoi nous sommes partis ». Miguel Segui, militant au NPA de longue date et à l’impulsion de Podemos Paris, qu’il considère presque comme son enfant, pense qu’à terme, ils fonctionneront comme n’importe quel « cercle » espagnol. Pour l’instant, il dit être « dans la construction » : « Je me suis fixé de tenir jusqu’aux législatives en continuant à gueuler comme je sais faire. Après, ça va se décanter. »

Carte des cercles "Podemos" dans le monde

 

Politique en travaux
 
Podemos Paris, mouvement pour l'instant hors-radar, n’est pas encore en mesure de faire de la politique. Sa phase d’organisation devrait s’achever vers le 20 décembre. Pour l’instant, la principale difficulté que le cercle rencontre, c’est qu’il ne possède rien, et même pas de lieu pour se réunir. Ils peuvent compter sur la générosité de quelques parisiens, qui leur prêtent un local de temps en temps, mais c’est loin d’être suffisant. Et ça se complique encore lorsqu’il faut organiser de plus grands événements, comme la venue de personnalités du mouvement. Une fois de plus, c’est sur leur petit réseau et sur la sympathie qui se dégage de Podemos qu’ils arrivent à s’en sortir. Le 30 novembre, ils ont tout de même réussi à faire venir Pablo Echenique, eurodéputé Podemos. Selon Miguel Segui, ce moment avec une des figures du mouvement a permis de faire rentrer dans le cercle une trentaine de nouveaux membres. Mais surtout, le discours et le débat qui s’est ouvert a, pour la première fois, été plus structuré. « Sa venue a politisé le mouvement », nous confie Segui, qui ne cache pas que le député va revenir, de même que Lola Sanchez et Teresa Rodriguez, elles aussi eurodéputées Podemos.
 
Pour ce qui est de l’organisation, Irma Heras, membre de Podemos Paris depuis septembre dernier, admet que, pour l’instant, elle et ses camarades souffrent du fait que seulement « une dizaine de personnes s’implique réellement » dans le quotidien du cercle. Elle avoue être fatiguée de consacrer tout son temps libre à organiser les événements, à animer l’assemblée, mais elle le fait avec passion. Pour Pablo Lapuente, qui se définit comme un communiste « repolitisé par le 15-M » (le mouvement des Indignés, ndlr), la difficulté majeure tient dans ce qu’il appelle le « format assembléiste », essence même de Podemos. Entre les nouveaux arrivants qui découvrent tout, les éléments ayant déjà été votés dans une assemblée précédente qui reviennent dans le débat par manque de transmission d’informations, avec par dessus tout ça une bureaucratisation inévitable, Lapuente trouve qu’ils « perdent le fil politique » : « On passe notre temps à s’organiser », dit-il, un peu abattu par ce constat. D’autant que pour chaque petite chose, il faut consulter tout le monde. Donc, si Podemos Paris veut agir vite, il se retrouve bloquer par un processus décisionnel qui pêche par « zèle de l’excès démocratique », pour reprendre l’expression d’Irma Heras.

Mais, confiants, ils se répètent que leur mouvement est jeune et les problèmes techniques se résoudront avec le temps. Heureusement, ils peuvent compter sur les conseils et l’expérience de leurs proches résidant en Espagne, comme Alice, la sœur d’Irma, membre d’un cercle à Madrid. Elle a vu comment Podemos s’est organisé en Espagne, et a donc un regard d’avance sur ses confrères parisiens. Elle affirme que « l’assembléisme a survécu grâce au Net », instrument primordial dans le processus décisionnel et électoral pour Podemos, parfois un peu trop présent pour ceux qui ne sont pas familier avec Internet et ses outils.
 
Podemos Paris, cercle indépendant ?

Fier du chemin parcouru jusqu’ici, Segui revendique une certaine indépendance idéologique par rapport à Podemos Espagne. Il l’affirme, le cercle de Paris est très critique vis-à-vis de Pablo Iglesias. En effet, quand les membres de Podemos Paris parlent de l’élection d’Iglesias, élu sur un score soviétique à la tête de Podemos, et donc de la mise à l’écart de Pablo Echenique, dont le programme s’approchait le plus de l’esprit participatif originel de Podemos, la plupart se disent déçus. Irma Heras est encore amère « de la façon dont ça s’est fait et qu’il [Echenique] ne soit pas dans l’équipe », mais Alice tempère son propos : « Quand un modèle est élu, tu l’acceptes ». C’est exactement ce qu’ils font tous, ils acceptent la mainmise d’Iglesias sur Podemos au nom d’un pragmatisme électoral, en attendant une redistribution du pouvoir, après les générales, peut-être.

Pour autant, Segui se dit aussi « inquiet, en tant que vieux militant, que le Podemos central veuille décider à notre place avec qui l'on peut discuter ». Il craint surtout que Madrid ne leur demande de « se mettre en remorque de Mélenchon », lui qui n’arrête pas de faire des appels du pied à Podemos, comme il le fait avec les Grecs de Syriza. « “Ensemble” (ce mouvement membre du Front de gauche au sein duquel on trouve notamment Clémentine Autain, ndlrveut débattre avec nous, agir en commun, mais ça reste très flou », nous lance Segui, sans trop savoir ce que cette frange du Front de gauche leur veut. Par son origine politique, Segui a fait que Podemos Paris et le NPA sont proches, mais il l’assure, les deux mouvements n’ont pas vocation à se fondre, ni à collaborer et c’est à peine si Podemos Paris a commencé à agir, en manifestant contre la loi espagnole sur l’avortement par exemple. Ensemble, le NPA ou encore Nouvelle donne étaient présent pour la venue d’Echenique, sans grand enthousiasme de la part des membres du cercle de Paris. Leurs relations avec les partis français, tout comme leur présence dans les médias français, sont sujettes à débat. Ils craignent de se voir instrumentalisés, dans le sens où, Podemos faisant fantasmer une partie de la gauche française, il est de bon ton de s’afficher en allié.
 
Pablo Lapuente ne voit pas ces rapprochements d’un mauvais œil, pour lui, « l’assemblée est assez plurielle pour s’autocontrôler », et éviter ainsi les « conflits d’intérêts ». Une fois bien organisés et prêts politiquement, ils pourront créer des liens avec les organisations politiques françaises et ainsi se décentrer de l’Espagne. Mais de là à ce que Podemos Paris s’émancipe de Podemos et devienne un mouvement français, le chemin est long. « Les conditions socio-économiques sont loin d’être semblables pour que Podemos soit la bonne réponse en France », analyse Lapuente. Et pour Miguel Segui, c’est hors de question : « En janvier, nous ferons notre première assemblée générale politique, où nous réfléchirons à nos revendications et à notre présence dans la société française. Mais il n’y aura pas de parti Podemos France. » Mais on l'aura compris, avec Podemos, rien n'est joué d'avance tant que chacun n'a pas donné son avis...

 

Source : www.marianne.net

 

 

 


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Vendredi 5 décembre 2014 5 05 /12 /Déc /2014 18:56

 

 

Source : www.mediapart.fr/portfolios

 

Une ferme coopérative, lieu d'accueil pour enfants et adolescents en difficulté

Photographe : Patrick Artinian

 

 

 

 

Les lieux de vie et d'accueil (LVA) sont des petites structures sociales ou médico-sociales qui offrent un accueil et un accompagnement personnalisé à un petit nombre d'enfants, d'adolescents ou d'adultes en situation problématique. On en compte 467 en France. Seuls deux fonctionnent sous forme de coopérative. La Ferme aux animaux, dans l'Allier, est l'un de ceux-là.

  1. © Patrick Artinian

    Les lieux de vie et d’accueil répertoriés en France fonctionnent, pour une grande majorité, sous statut associatif (loi 1901). L'originalité de la Ferme aux animaux est de fonctionner sous forme de coopérative, un statut compliqué pour ce type d’entreprises qui n’a pas pour vocation à générer des profits. Emiliano Soldati, éducateur spécialisé, explique ce choix :

 

 

  1. © Patrick Artinian

    Milena Soldati et son conjoint ont fondé, dans les années 1990, une ferme pédagogique aujourd'hui devenue lieu de vie et d'accueil. Admirateurs de George Orwell, ils l’ont appelée La Ferme aux animaux, en référence au roman de l’écrivain anglais, Animal Farm.

  2. © Patrick Artinian

    La Ferme aux animaux est située à Treban, dans l'Allier. Elle est habilitée à recevoir six jeunes de 4 à 18 ans relevant des services d’aide sociale à l’enfance de toute la France. Les enfants sont encadrés par une équipe pluridisciplinaire dont une psychologue à plein temps. Emma Soldati explique le fonctionnement du centre :

 

 

  1. © Patrick Artinian

    2 700 places pour des jeunes en difficulté sociale ou familiale sont offertes en France par les lieux de vie et d’accueil. Ce sont généralement des lieux paisibles, à la campagne, souvent bien loin des villes.

  2. © Patrick Artinian

    Les jeunes accueillis doivent poursuivre une formation scolaire ou professionnelle. Les travaux collectifs à la ferme permettent d'apprendre à vivre ensemble, et pas seulement côte à côte.

  3. © Patrick Artinian

    Ces travaux permettent aussi d'acquérir une autonomie.

  4. © Patrick Artinian

    En ce mois d'octobre 2014, la ferme accueille cinq adolescents.

  5. © Patrick Artinian

    Emma Soldati, psychologue (à gauche), et son frère Emiliano, éducateur spécialisé (barbu au centre), sont à l'origine de la transformation de la ferme pédagogique de leurs parents en un lieu de vie et d’accueil.

  6. © Patrick Artinian

    Après le déjeuner. Les jeunes accueillis doivent participer à toute la vie collective.

  7. © Patrick Artinian

    Réunion des coopérateurs. Les salaires des sept membres sont tous de 1 700 € net sauf celui d’Emma Soldati, initiatrice du projet, qui est légèrement supérieur.

  8. © Patrick Artinian

    Lors de leurs moments de loisirs, les jeunes peuvent rester sur place mais ils ont aussi souvent la liberté de se rendre dans le village de Treban rencontrer leurs amis.

  9. © Patrick Artinian

    À l'intérieur de la ferme.

  10. © Patrick Artinian

    Aujourd'hui, on construit une palissade.

  11. © Patrick Artinian

    Afin de responsabiliser les jeunes, on leur permet, sous surveillance, d’utiliser des outils parfois relativement dangereux, scie, perceuse, etc.

  12. © Patrick Artinian

    Un des jeunes vient de se fabriquer un nunchaku, arme utilisée notamment en art martial et composée de deux branches reliées entre elles par une chaîne ou une corde.

  13. © Patrick Artinian

    Dans les jardins de la ferme.

  14. © Patrick Artinian

    La ferme est située à Treban, à une demi-heure de route au sud de Moulins.

  15. © Patrick ArtinianFin de journée d'automne, à la Ferme aux animaux.

 

 

 

Source : www.mediapart.fr/portfolios

 

 


 

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Vendredi 5 décembre 2014 5 05 /12 /Déc /2014 18:32

 

Source : www.bastamag.net

 

 

 

 

ça bouge ! Mobilisations

5000 kilomètres en vélo... et 1000 manières de soutenir le Tour Alternatiba !

par Collectif 5 décembre 2014

 

 

 

 

 

Quelques mois avant le sommet international sur le climat à Paris, fin 2015, un drôle de vélo va traverser six pays européens et parcourir 5000 kilomètres pour porter le message d’Alternatiba : non seulement les alternatives au dérèglement climatique existent, mais elles contribuent à construire un monde plus juste, plus solidaire, plus convivial. Pour préparer chaque étape de cette aventure collective, un appel à volontaires et une opération de financement participatif sont lancés. Comment donner un coup de pouce, ou de pédale ? Toutes les infos ci-dessous.

Du 5 juin au 26 septembre 2015, un vélo 4 places parcourra 5 000 kilomètres pour le climat entre Bayonne et Paris. Symbole d’Alternatiba, ce drôle de vélo traversera 180 territoires de 6 pays Européens, pour porter encore plus fort le message d’Alternatiba : non seulement les alternatives au dérèglement climatique existent, mais en plus, elles construisent un monde meilleur !

Ce tour mobilisera des milliers de collectifs locaux et des dizaines de milliers de citoyens, à quelques mois de l’important sommet mondial sur le climat qui se déroulera à Paris en décembre 2015 (COP21). Or, la solution ne peut pas venir que d’en haut, mais doit aussi être enclenchée depuis nos territoires : c’est le sens de ce Tour Alternatiba. Et pour en faire un grand événement populaire, nous avons besoin de vous dès maintenant !

Nous avons besoin de 100, 500, 1000 volontaires, répartis tout au long du parcours (et même au-delà !), pour nous aider à préparer chaque étape de cette grande aventure collective (toutes les étapes ici). Vous pouvez faire du vélo autour de chez vous pour nous aider à repérer les meilleures routes ou les lieux d’affichage les plus visibles ? Vous êtes plutôt du genre bricoleur, ou bien à l’aise sur un ordinateur pour relayer sur les réseaux sociaux ? Vous n’avez pas beaucoup de temps, mais vous pouvez héberger des cyclistes à leur passage près de chez vous ? Il y a mille et une manières pour que chacun donne un coup de pouce afin que ce Tour Alternatiba prenne le meilleur départ ! Même ceux qui n’habitent pas près d’une étape du Tour Alternatiba pourront aider.

Comme le disait Stéphane Hessel en parrainant le mouvement Alternatiba, nous pouvons relever le défi climatique en construisant un monde meilleur. Alors n’attendons plus pour développer les milliers d’alternatives qui sont déjà à notre portée. Vous aussi, participez à cette grande aventure humaine en rejoignant les volontaires du Tour Alternatiba sur www.alternatiba.eu/volontaire !

Une opération de financement participatif #coup2pouce est lancée depuis le 3 décembre : toutes les infos ici.

Tous les articles de Basta ! sur la dynamique Alternatiba.

 

 

 

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Source : www.bastamag.net

 

 

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Dimanche 30 novembre 2014 7 30 /11 /Nov /2014 22:44

 

 

Vu sur facebook

 

 

Pour les automédias et toute personnes ayant un smartphone qui ont envie de mettre leur appareils mobiles au service de tous, voici quelques #hashtags en rapport avec les grèves a venir :  #staken1dec #greve1dec #1dec (utilisé principalement sur twitter, mais aussi peut être utilisé sur FB)

 

pourquoi utiliser un #tag dans son titre/tweet/post? c'est la seule manière sur facebook, twitter, g+, instagram, vine, de sortir de son cercle d'amis et de faire en sorte que ce qu'on post/tweets etc...touche un cercle beaucoup plus vaste de personne qui suivent la mobilisation ou grève en question. 

 

apps : twitter, facebook pour mise à jour et photos autour de vous (utilisation de #tag permet de diffuser plus loin que vos amis)

 

photo uniquement : instagram,

courte vidéo : Vine/instagram

 

Live Streaming : Bambuser, Ustream, Livestream et bien utiliser les #hashtags dans votre titre pour que ce soit facile a retrouver même si on est pas tous amis les uns avec les autres. important : connecté vos profils réseaux sociaux sur votre laptop/desktop AVANT de partir de chez vous (c'est plus facile) c'est important parce que une fois que vous êtes en direct, ça puisse se diffuser sur vos pages, profils et réseaux tiers sur lesquels vous avez un profil dès que vous passez en mode "direct"

 

exemple de mobilisation citoyenne en Belgique ou ce genre de technique ont été appliquée: http://indignez-vous.be/ index-StreamLiveBelgium.html depuis 2011. un groupe spécialisé sur ces techniques en Espagne : http://peoplewitness.net/

une page de veille de "streamers" du monde entier : https://www.rebelmouse.com/ WatchingtheWatchers/

 

l'utilisation de ces techniques ont été capitale pour des pays a forte utilisation mobile : Espagne, US, HongKong et j'en passe.pour donner un exemple belge : SI à la manif du 6 novembre, on avait eu des gens sur place, et sur le devant de la scène (c'est très chaud, ne pas faire cela sans s'entourer de gens qui ont de l'expérience de ce genre de situation a haut risque) on aurait pu avoir un tout autre son de cloche.  

 

Idée:

  • faire le tour des piquets avec ces apps mobile par petit groupe et faire de courte interview avec Bambuser/ustream et permettre à tout ceux ou celle qui ne peuvent pas participer sur place de le relayer via les réseaux sociaux. 
  • interviewer les ouvriers, future chômeur, délégué, monsieur tout le monde avec le soin de relayer ses raisons perso a lui et pas seulement les opinions des grosses têtes syndicale. 
  • autant de petite chose qui met la communication entre les mains des participants et qui rend la communication même avec ceux/celle qui sont contre les grèves/piquets d'avoir une chance d'entendre un autre son de cloche que celui servi par les médias dominant. 
  • empêcher les Médias dominant d'imposer leur narrative de la situation et laisser a tout un chacun la chance de se faire sa propre opinion avec les arguments des autres. 

ps : depuis quelques minutes, le futur de cette note c'est de devenir un véritable guide qui aborderait tout les aspects de ces outils de communication 2.0 une fois dans les mains d'un citoyens. merci pour les partages, les commentaires, les suggestions !!

 

 

 

 

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Samedi 29 novembre 2014 6 29 /11 /Nov /2014 21:13

 

Source : france.attac.org

 

Pour avoir le dernier mot, faisons de Paris2015 un « Seattle des fausses
solutions » et un « Cochabamba de la transition écologique et sociale »
 
lundi 24 novembre 2014, par Maxime Combes

 

 

Que faire de la 21e conférence des parties de la Convention cadre des Nations-Unies sur le changement climatique qui se tiendra à Paris - Le Bourget en décembre 2015 ? Les ONG, mouvements sociaux et écologistes se posent toute une
série de questions essentielles dont il faut prendre le temps de débattre : que faut-il attendre des négociations ? Sur quoi est-il possible d’influer ?
Que faire pour ne pas se retrouver dans la même situation qu’après Copenhague (2009) ? Quels objectifs se donner ? Comment travailler en profondeur les exigences de transformation écologique et sociale au sein de la population ?
Quelles initiatives prendre pour imposer la lutte contre les dérèglements climatiques en haut des priorités politiques tout en évitant de donner plus de forces à ceux qui veulent imposer leurs solutions techno-scientifiques et innovations financières ? Sur quelles bases construire un mouvement pour la justice climatique qui irrigue largement la société, persiste et se renforce à travers et au-delà de la conférence Paris2015 ? Comment s’appuyer sur la réussite des manifestations du 21 septembre 2014 ? Quelle place donner aux mobilisations grandissantes visant à bloquer des projets climaticides et aux initiatives citoyennes visant à expérimenter et mettre en œuvre dès maintenant le monde soutenable et résilient qui sera nécessaire demain ?

La liste des questions et des débats en cours au sein des ONG et des mouvements sociaux et écologiques est longue.
 
Analyse et perspectives à lire ici
https://france.attac.org/se-mobiliser/vers-la-cop21/article/blockadia-et-alternatiba-les-deux

 

 

Source : france.attac.org

 

 


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Vendredi 28 novembre 2014 5 28 /11 /Nov /2014 23:26

 

Source : www.bastamag.net

 

 

Ces artisans pêcheurs qui refusent l’exploitation industrielle de la Méditerranée

par Sophie Chapelle 28 novembre 2014

 

 

 

Une prud’homie de pêche, cela vous dit quelque chose ? Ces communautés d’artisans pêcheurs, héritées du Moyen Âge, font aujourd’hui figure d’alternatives face aux dégâts écologiques et sociaux engendrés par la pêche industrielle. Sur le littoral méditerranéen, des Pyrénées-Orientales aux Alpes-Maritimes, une trentaine de prud’homies de pêche arrivent à concilier l’exercice du métier, la solidarité et le respect de la biodiversité. Mais souffrent de ne pas être vraiment reconnues par les dirigeants politiques et européens. Reportage dans le Var.

Cet article a été réalisé en partenariat avec le magazine Kaizen.

En se promenant sur le port de Sanary-sur-Mer, dans le Var, on remarque d’abord les bateaux de plaisance. En se rapprochant des étals de poissons frais, plusieurs petits bateaux de pêche font leur apparition. Il y a celui de Jean-Michel Cei. Un fort mistral l’a contraint à rester à quai. Pêcheur depuis l’âge de 17 ans, il est membre de la prud’homie de Sanary-sur-Mer. Mais qu’est-ce donc qu’une prud’homie ? Méconnues, elles existent pourtant depuis le Moyen-âge sur le littoral méditerranéen [1]. Qui en compte aujourd’hui 33, de Saint-Cyprien (Pyrénées-Orientales) à Menton (Alpes-Maritimes), en passant par la Corse (voir la carte en fin d’article).

Celle de Sanary a été créée en 1661 sous la forme de confrérie avant de se transformer en prud’homie en 1792, après la Révolution. Elles regroupent l’ensemble des artisans-pêcheurs locaux. Et ont pour mission de gérer localement l’activité de pêche ainsi que les conflits qu’elle occasionne. « Nous faisons en sorte que les pêcheurs n’agissent pas n’importe comment, qu’ils ne mettent pas des tonnes de filets », illustre Jean-Michel Cei. A l’heure où les pratiques industrielles de la pêche sont décriées et que des ressources en poissons sont menacées, constituent-elles une alternative efficace ?

Dans la pratique, il s’agit d’adopter – à la majorité – des règlements en assemblée générale. Ceux-ci précisent comment doit s’exercer le métier : les types de lignes autorisés, les temps de trempage des filets, les périodes de pêches prévues pour laisser reposer les fonds, ainsi que les zones de pêche permises. « Ce qui motive nos décisions, c’est le respect de la personne et des générations futures », insiste le pêcheur varois. « On vise à préserver le renouvellement de la ressource sur le territoire, afin d’assurer la vie de la communauté de pêcheurs dans le temps », ajoute Élisabeth Tempier, secrétaire de la prud’homie de Sanary-sur-Mer.

Les règlements limitent les engins de pêche et donc la quantité de poisson pêchée. La taille des bateaux n’excède pas 12 mètres. Des mesures spécifiques de protection sont également prises pour certaines espèces comme la langouste. Et quand le règlement ne suffit pas ? « Nous procédons à un tirage au sort entre les patrons-pêcheurs lorsqu’ils sont en compétition pour les mêmes postes », illustre Jean-Michel Cei, élu « premier prud’homme » en 2004, par sa communauté.

« On ne laisse pas mourir les pêcheurs dans leur coin »

La dimension culturelle et sociale des prud’homies est très forte. « Nous sommes attentifs à la situation individuelle de chacun des membres de la communauté, renchérit Jean-Michel. On ne laisse pas mourir les pêcheurs dans leur coin. » « L’enjeu de la prud’homie, c’est que tout nouvel arrivant puisse vivre de son métier », précise Élisabeth Tempier. Ainsi, les pratiques de pêche industrielles à grande échelle, comme le chalutage, sont interdites, ou fortement réglementées, afin de permettre aux moins fortunés de vivre de leur activité. « Ce sont ces derniers qui, au final, protègent la communauté d’une surexploitation liée aux techniques intensives. »

La polyvalence est l’autre pilier des prud’homies. « C’est la véritable richesse, souligne Jean-Michel Cei. Il faut pouvoir se reporter sur une autre espèce quand celle visée par le pêcheur commence à chuter. » Au lieu d’investir dans des bateaux très puissants, les patrons-pêcheurs s’adaptent à leur environnement, et au passage au large des différentes espèces. « La pêche, ce sont des logiques de territoires avec des milieux qui évoluent très rapidement, observe Élisabeth Tempier. C’est tout le contraire de la politique européenne qui concentre l’effort de pêche sur quelques espèces. »

« La diversité est le moyen essentiel de préserver la biodiversité et de s’adapter aux écosystèmes littoraux spécifiques », appuie Alain Le Sann, du collectif Pêche et développement de Lorient, en Bretagne. Plutôt que d’interdire drastiquement, il préconise de réglementer. « Cela n’a pas de sens d’avoir des mesures généralisées pour tout le monde. On voit certaines espèces très abondantes que l’on nous interdit de pêcher, et d’autres en danger soumises au laissez-faire, s’agace Jean-Michel Cei. Les gens qui prennent les décisions ne connaissent ni le secteur ni le métier. La prud’homie, c’est le seul moyen que l’on a de préserver la petite pêche, de se défendre. »

Résistance aux logiques productivistes

Jusque dans les années 1960, les prud’homies de patrons-pêcheurs ont été le relais reconnu par l’État pour une gestion décentralisée de la pêche méditerranéenne. Avec la mise en place de la politique européenne commune de la pêche, les prud’homies peinent à faire valoir leurs droits au niveau européen et national. « Cela fait plus de 50 ans que les prud’homies sont dans la résistance face à des politiques productivistes », constate Élisabeth Tempier. Mieux intégrées au niveau local et régional, les prud’homies participent souvent aux concertations pour la gestion littorale, et contribuent à la restauration de cours d’eau ou à la création et à la gestion de réserves naturelles.

Le travail mené par les prud’homies méditerranéennes, sans équivalent sur les autres côtes, a attiré l’attention de Michèle Mesmain de Slow Food International, une organisation qui a pour objectif de sensibiliser les citoyens à la consommation responsable. Ces derniers mois, elle a accompagné les patrons-pêcheurs de Sanary-sur-Mer dans la création d’une Sentinelle : un projet de l’ONG en faveur de la sauvegarde et la promotion du patrimoine alimentaire et de la biodiversité agricole.

« La prud’homie est un modèle de gouvernance locale qui a fait ses preuves, qui colle au territoire, qui pérennise des savoirs, des métiers et la ressource, qui permet de gérer les difficultés au cas par cas avec justesse et souplesse, tout en assurant des retombées économiques locales », explique-t-elle. Les membres de la prud’homie de Sanary-sur-Mer espèrent que le projet Sentinelle rendra visible leur institution auprès du public comme des dirigeants français et européens. En vue de faire reconnaître que la seule logique durable pour la pêche se joue à l’échelle du territoire.

Texte et photos : Sophie Chapelle
@Sophie_Chapelle sur twitter

Photo de une, port de Sanary-sur-Mer : FlickR CC / Miguel Virkkunen

Cet article est extrait du numéro 17 du magazine Kaizen, dont Basta ! est partenaire (voir la description de Kaizen sur notre page Nos partenaires médias). Pour poursuivre son développement, Kaizen fait appel aux lecteurs qui souhaiteraient soutenir financièrement le magazine.

La revue L’Encre de mer, en partenariat avec des prud’homies de Méditerranée, organise le 28 novembre 2014 des conférences-débats pour fêter la journée mondiale des pêcheurs artisans, à Sanary. Voir le programme en cliquant ici.

 

P.-S.

Pour aller plus loin : Élisabeth Tempier, Poissons, Histoires de pêcheurs, de cuisiniers et autres..., éditions Libre et Solidaire, 2014, 288 p.

Notes

[1Elles sont apparues à Marseille au 10ème siècle.


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Source : www.bastamag.net

 

 

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Mardi 25 novembre 2014 2 25 /11 /Nov /2014 19:19

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

La couture devient tranquillement tendance

Mathilde Gracia (Reporterre)

mardi 25 novembre 2014

 

 

 

À l’Atelier d’à côté, les adeptes apprennent à manier l’aiguille et le fil, retrouvant le plaisir de créer leurs propres habits. Une façon de faire artisanale, « anti-standardisation », qui conduit à prendre conscience du gaspillage de l’industrie du textile.


Maria découpe le tissu en suivant les lignes du papier craft (le patron) pour faire une petite pochette : « On m’a dit que c’était la première pièce à faire : facile et qui permet d’apprendre plusieurs choses à la fois ». A trente-deux ans, cette responsable de communication assiste à son premier cours de couture dans l’Atelier d’à côté dans le 11e arrondissement de Paris. « J’ai choisi ce cours car on peut travailler sur ses propres projets ».

Faire soi-même un vêtement unique

Comme de nombreuses apprenties couturières, Maria veut retrouver l’originalité dans ses habits : « Souvent je regarde les vêtements dans les boutiques et me dit : il manque juste un petit pli ici, il faudrait rallonger un peu de ce côté », dit-elle.

De l’autre côté de la table, Isabelle est affairée sur les derniers plis de sa jupe « crayon ». « L’idée c’est d’aller au boulot avec et quand on me demande où je l’ai achetée, de répondre : c’est moi qui l’ai faite ! », s’enthousiasme cette chargée d’études dans les cosmétiques.

Faire soi-même et original, les élèves recherchent surtout « l’anti-standardisation » dans l’Atelier, selon Yanick Couvreur, la professeure : « C’est elles qui vont choisir leurs tissus, leurs modèles, elles se personnalisent une silhouette ». Yanick propose une session de dix cours d’une heure et demie pour 260 euros.

A soixante-et-un ans, cette ancienne musicienne passionnée de couture depuis toujours gère son atelier seule : « J’avais déjà enseigné le solfège dans les écoles, et j’avais besoin de continuer à transmettre ». En 2011, elle prend le statut d’auto-entrepreneur et ouvre sa boutique, passage Saint Pierre Amelot.


- Yanick Couvreur -

Une activité qui revient à la mode

Aujourd’hui, elle réussit à en vivre grâce aux cours et à des commandes de prêt-à-porter : « Je suis ravie de cette reconversion, dit-elle, depuis mi-octobre, je suis débordée ! » Les clientes sont de plus en plus nombreuses et de plus en plus jeunes, selon elle : « Elles ont beaucoup plus souvent moins de trente ans qu’il y a trois ans », et même quelques hommes qui restent toutefois minoritaires.

Pour Isabelle, élève de Yanick, ce rajeunissement s’explique par une culture de génération : « Je pense que pour les cinquante-soixante ans, la couture était perçue comme une obligation chez les filles, les femmes de trente ans se sont affranchies de cela ».

Et les ventes de machines à coudre le laissent entendre. « Au début des années 2000, 80 % de la clientèle avait plus de cinquante ans, puis on a glissé vers les trente-quarante ans, et depuis deux ou trois ans, nous avons de plus en plus d’adolescentes », affirme Philippe Leruth, le président de l’entreprise Singer France.

Prendre du temps pour soi

Ce succès, Yanick se l’explique aussi par un besoin de ralentir : « Il s’agit aussi de prendre du temps pour soi, c’est presque comme une méditation, on ne pense à rien d’autre quand on fait de la couture ». Isabelle confirme en cousant sa jupe : « Je peux ne pas penser au rapport que je viens de rendre, je suis concentrée sur ma fermeture éclair ! » Dans le calme de l’atelier de Yanick, les femmes renouent ainsi avec le processus de fabrication : « J’ai appris à être patiente et précise », témoigne Nathalie.

Et le travail long et patient est un bon moyen de sensibiliser aux absurdités de l’industrie du textile : « Les fringues H&M qui sont vendues dix euros, moi je sais ce que ça représente comme boulot : au bout de la chaîne,il y un petit chinois, un petit pakistanais qui bosse ». Un concept qu’elle affirme avoir toujours refusé...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

 

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