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Fukushima

Mercredi 22 mai 2013 3 22 /05 /Mai /2013 16:52

 

 

Rue89

Témoignage 22/05/2013 à 12h49
Cécile Asanuma-Brice | Riveraine
Thierry Ribault | Economiste au CNRS

 

 

Les autorités vont rouvrir discrètement la zone interdite entourant la centrale nucléaire. Les réfugiés pourront retrouver leur domicile, à leurs risques et périls.

 

 


Madame Kowata devant son logement provisoire à Aizu Wakamatsu (Thierry Ribault)

Au lendemain de l’accident de Fukushima, le 12 mars 2011, les 11 500 habitants d’Okuma sont évacués. Comme les 65 000 habitants des huit autres communes situées à moins de vingt kilomètres de la centrale.

MAKING OF

Thierry Ribault est l’un des auteurs du livre « Les Sanctuaires de l’abîme - Chronique du désastre de Fukushima ». Il est chercheur au CNRS en poste à la Maison franco-japonaise de Tokyo, où Cécile Asanuma-Brice est chercheur associé.

 

Dans le cadre des enquêtes qu’ils mènent tous deux à Fukushima depuis deux ans, ils ont recueilli le témoignage d’anciens voisins de la centrale, évacués loin de chez eux. Rue89

 

Accueillis en premier lieu dans des gymnases et des abris de fortune – ces réfugiés ayant été, pour nombre d’entre eux, contaminés –, ils sont ensuite relogés dans des lotissements publics de logements dits « provisoires  ».

Et puis le provisoire est devenu durable. Aujourd’hui, après leur avoir versé une indemnité forfaitaire, les autorités départementales exigent des réfugiés qu’ils remboursement les sommes versées, afin de les redistribuer sous forme d’allocations mensuelles pour une période non définie.

Et parce qu’il faut bien susciter la reprise économique de la région, les autorités ont aussi décidé de rouvrir la zone de vingt kilomètres évacuée après l’accident.

Selon le nouveau découpage, en place dès le 28 mail, il n’y aura donc plus :

  • la zone interdite : celle qui regroupe les villages situés à moins de dix kilomètres de la centrale où on ne se rend que de temps en temps avec combinaisons et masques ;
  • et le reste de la zone évacuée.

Mais plutôt :

  • la « zone de retour indéterminé » dans laquelle les allers-retours en journée sont autorisés sur des durées courtes et contrôlées, sans date prévue d’accès libre. La contamination y est supérieure à 50 millisieverts par an et il n’y a aucun espoir d’ici cinq ans de retrouver le seuil de radioactivité de 20 millisieverts par an – seuil autorisant le « retour à la vie normale » et malgré tout vingt fois supérieur au seuil d’inadmissibilité recommandé par la CIPR (Commission internationale de protection radiologique) ;

 

  • et la « zone de préparation à l’annulation de la directive d’évacuation » où un « retour à la normale dans les deux ans est prévu ». Les réfugiés pourront y vaquer à leurs activités professionnelles et y effectuer librement des allers-retours. Puis, lorsque le taux de radioactivité situé entre 20 et 50 millisieverts par an sera ramené à moins de 20 millisieverts par an, y résider sans contrainte.

Repeupler pour relancer l’économie

A priori, pas grande différence entre l’ancien et le nouveau découpage du territoire. A ceci près que dans le nouveau, la zone interdite et dangereuse est beaucoup plus petite que dans l’ancien. Une façon comme une autre de donner un sentiment d’apaisement et de liberté de mouvement retrouvée, tout en repeuplant les alentours de la centrale de Fukushima Daïchi, employeur prometteur.

Quand les autorités ont annoncé à monsieur et madame Kowata et aux autres réfugiés d’Okuma qu’ils pourraient bientôt aller et venir comme avant, ils se sont fâchés.

Ils ont intenté un procès au maire d’Okuma, située à cinq kilomètres de la centrale : inhabitable au vu des taux de contamination constatés, leur quartier, comme la ville, doit faire partie de la « zone de retour indéterminé », et pas de celle où chacun peut vaquer à ses occupations comme si de rien n’était.

Le petit groupe de réfugiés a eu gain de cause, et faute d’autre chose, vit toujours dans un des lotissements « provisoires ». Il se situe à Aizu Wakamatsu, à une centaine de kilomètres de la centrale nucléaire.

En compagnie d’autres personnes, âgées pour la plupart de plus de 70 ans, ils évoquent leurs conditions de vie.

« Nous n’y arrivons pas »

« Cela fait deux ans que nous vivons ici. Chaque jour, nous nous demandons comment nous allons faire. Nous avions des projets pour nous en sortir, mais rien n’a pu aboutir. »


Une artère du lotissement provisoire d’Aizu Wakamatsu (Thierry Ribault)

« Nous ne pouvons pas reconstruire. Il faudrait que nos enfants nous accueillent chez eux. Tout ceci est difficile à vivre.

Ceux d’entre nous qui pouvaient encore travailler n’ont plus de travail. Avant, nous cultivions nos propres légumes. Nous cultivions nos champs et nous mangions notre riz. Désormais, nous devons tout acheter. Notre vie est devenue beaucoup plus onéreuse. Si le problème de l’indemnisation n’est pas réglé rapidement, comment allons-nous nous sortir de cette situation ?

Sans argent, comment faire avec les jeunes enfants, pour ceux qui en ont ? Avec 100 000 yens [750 euros] par mois et par personne nous arrivons tout juste à manger. Pourtant on nous insulte parce que nous percevons ces 100 000 yens, alors qu’avec cette somme il nous faut payer l’électricité, l’eau et le reste. Nous n’y arrivons pas.

Nous sommes des “ victimes ”, perçues en tant que “ réfugiés ” et, par conséquent, rejetés. Afin de ne pas subir de discriminations, nous sommes obligés de faire changer les numéros sur les plaques d’immatriculation de nos véhicules. »

« Même les corbeaux sont partis »

« Quand nous revenons chez nous, à Okuma, nous retrouvons une réalité qui nous semble de plus en plus éloignée de nous. Bien que ce soit notre maison, nous avons l’impression de rentrer chez quelqu’un d’autre.

Les voleurs pénètrent dans les maisons. A l’intérieur, ils mangent, sortent les futons et dorment. Ils sont chez eux. Ils renversent les autels des défunts. Sans doute cherchent-ils de l’argent. On retrouve leurs traces de pas au sol. »


Monsieur et madame Kowata, nettoient leur maison à Okuma, avec masques et combinaisons (Thierry Ribault)

« L’autre jour, un groupe de quatre ou cinq personnes vidaient l’essence des véhicules. Ils cassent les voitures et tout ce qu’il y a dedans. Ils volent les télévisions. C’est insensé de penser que nous avons fui et que, derrière nous, les voleurs sont entrés pour tout prendre !

Nos maisons sont envahies par les mauvaises herbes. Les rats et les souris courent partout. Les civettes dévorent tout. Il y a des sangliers. Les hirondelles, les moineaux et les corbeaux ont disparu, parce que les poubelles des habitants ne les nourrissent plus. Les saumons, dans les rivières, ont le ventre en l’air. »

« Les chiens savent »

« Si l’administration n’avance pas plus rapidement dans la reconstruction de logements, nous ne pourrons jamais sortir de là où nous sommes. C’est comme avec la décontamination.

Le département devrait nous demander ce que nous souhaitons, sinon ils feront n’importe quoi. Ils veulent nous confiner dans des logements collectifs de cinq étages ! »


Scène de vie dans un lotissement de logements « provisoires » (Thierry Ribault)

« C’était le même problème après le tremblement de terre de Kobe. Les gens ont été relogés dans des cages à lapins de cinq ou six étages. Ils se sont sentis tellement seuls que beaucoup en sont morts. Nous sommes allés visiter des logements publics dans lesquels il est interdit d’avoir des animaux domestiques. Au moins dans les logements provisoires, nous pouvons avoir des chiens et des chats. Nous ne pouvons pas ne pas les emmener !

J’ai laissé, pour ma part, nos deux chiens chez nous, à Okuma. L’un d’entre eux est mort. Il ne restait plus que sa tête. Lorsque j’y suis retournée récemment, j’ai emmené mon chien qui était encore en vie pour une promenade, et soudain, il s’est arrêté et a poussé un long soupir. J’ai songé que, depuis que je suis née, c’était la première fois que j’entendais un chien soupirer.

Les chiens savent. Ce sont eux qui savent le plus. Quand on en est réduit à les abandonner, c’est un comble. Le mien, quand je le mets dans la voiture, il est heureux. Il est jeune, mais il est malade. Il perd du sang. Le vétérinaire nous a dit qu’il avait été très contaminé. »

« Notre génération ne retournera pas à Okuma »

« Nous nous sommes réunis pour demander aux autorités de pouvoir accéder à la zone interdite, car nous voulions pouvoir entretenir et nettoyer nos maisons. Mais, en réalité, nous ne pouvons pas rentrer chez nous. La radioactivité est tellement élevée que personne ne peut y vivre. »


Mme Kowata (Thierry Ribault)

« Là où j’habite, elle s’est fortement accrue en deux ans. Autour des fenêtres, en quelques mois, le taux est passé de 100 à 200 microsieverts par heure, pour atteindre 300 microsieverts en mars dernier. Devant la maison, le taux a chuté à 7 microsieverts et, derrière, il est remonté à 20 microsieverts. Quant à la montagne, elle est toujours très contaminée.

Notre génération ne retournera pas à Okuma. Nos petits-enfants, qui ont été dispersés, ne se souviennent de rien : ils ont oublié leur maison.

Quand les responsables prendront-ils enfin des décisions utiles ? Sans compter qu’ils vont relâcher les eaux contaminées dans les sous-sols. Nous ne pouvons pas retourner dans un endroit pareil, c’est impossible. On nous dit que l’on pourra rentrer, mais même dans 50 ans, personne ne le pourra.

C’est bien pire qu’à Tchernobyl. Et si on nous laissait là, sans jamais nous apporter de solution ? Comment allons-nous finir ? Notre vie, désormais, c’est de creuser notre tombe. »

MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato

 

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Mardi 21 mai 2013 2 21 /05 /Mai /2013 19:17

 

 

 

Le Monde.fr

Le Monde.fr | 21.05.2013 à 17h48 • Mis à jour le 21.05.2013 à 17h48

Par Olivier Mary

 
 

Ils sont toujours plus de 3 000 "nettoyeurs" à se relayer sans cesse sur la centrale détruite de Fukushima. Deux ans après la catastrophe nucléaire, les polémiques n'en finissent pas sur les conditions de travail de ces liquidateurs qui, loin de s'améliorer, sont toujours plus alarmantes. Le 22 avril, l'Asia-Pacific Journal a publié une tribune de Sumi Hasegawa, chercheuse à l'université McGill de Montréal, qui met en évidence la pénibilité des taches confiées aux ouvriers de la centrale.

 

Protégés par une combinaison et un masque, des travailleurs tentent de décontaminer un bassin de rétention de fuel dans la centrale de Fukushima, en mars.

 

Cette lettre ouverte est adressée au premier ministre et au ministre de la santé japonais, ainsi qu'à la direction de Tepco. La compagnie d'électricité est mise en cause dans des reportages diffusés récemment au Japon et qui mettent en évidence la détérioration de la situation des employés de la centrale.

Ils reçoivent des doses de radioactivités très élevées. En trois mois, ils peuvent accumuler jusqu'à 50 mSv (millisievert). Mais c'est bien pire pour ceux qui sont embauchés pour ramasser les débris. En quelques jours, certains auraient reçu jusqu'à 100 mSv, le seuil limite en France pour cinq années consécutives. Beaucoup ne passent jamais de tests ou sont autorisés à continuer leur travail alors qu'ils ont dépassé les taux réglementaires. Face aux critiques qui s'accumulent depuis deux ans, la firme s'est décidée à réagir.

 

DES OUVRIERS SOUMIS À DES TAUX DE RADIOACTIVITÉ INQUIÉTANTS

Elle a transmis un sondage à ses ouvriers en novembre 2012, afin d'avoir une idée plus précise de leurs conditions de travail. Ils sont 3 186 à avoir répondu, mais ce questionnaire est loin de faire l'unanimité. Dans un article publié dans le mensuel japonais Sekai, on apprend que certains ouvriers ont subi des pressions pour "ne rien écrire qui sorte de l'ordinaire". L'émission de radio "Hôdô suru rajio" affirme même que d'autres ont dû  remplir le questionnaire devant leur patron ou qu'on l'a complété à leur place...

Malgré ces tentatives de dissimulations, les résultats sont alarmants. La moitié des travailleurs présents sur la centrale ne seraient pas employés légalement : la compagnie pour laquelle ils travaillent et celle qui verse leur salaire sont en fait différentes. Tepco profite de ce flou juridique et dément toute responsabilité dans la dégradation des conditions de travail et dans la baisse des salaires. Pour les dirigeants de la compagnie, "ces ouvriers sont engagés par des sous-traitants et nous n'avons donc pas connaissance de leur rémunération. Nous ne pouvons pas parler du fonctionnement des compagnies avec lesquelles nous n'avons pas de contrat".

Si le volume de travail a augmenté, les salaires, eux, ont baissé. Peu après la catastrophe, Tepco avait annoncé une baisse de 20 % des rémunérations et la suppression des primes de risque pour faire face aux coûts exorbitants de la catastrophe. Dans le sondage commandé par l'entreprise, 5 % des employés ont déclaré gagner moins de 837 yens de l'heure (un peu plus de 6 euros), une somme inférieure au salaire minimum en vigueur à Tokyo. La grande majorité aurait un salaire à peine supérieur pour des taches à hauts risques.

 

UNE MAIN-D'ŒUVRE SERVILE ET BON MARCHÉ


Une vue de la centrale de Fukushima, après la catastrophe du 11 mars 2011.

Déjà en 2002, Paul Jobin, sociologue spécialiste du Japon qui a travaillé sur le employés du nucléaire, avait constaté des fraudes caractérisées. Il avait rencontré le chef d'une petite entreprise qui embauchait des travailleurs en sous-traitance pour des fabricants de réacteurs comme General Electric ou Hitachi. Il utilisait un faux tampon "aucune anomalies détectées" pour falsifier les livrets médicaux des travailleurs sous sa responsabilité. Ces pratiques se sont multipliées depuis mars 2011.

Pour éviter d'avoir à faire face à des travailleurs organisés, Tepco recrute parmi les couches les plus défavorisées et les moins averties de la société japonaise. Les jeunes sont pour la plupart engagés par le biais d'annonces postées par des agences d'intérim. Ces freeters – néologisme qui désigne les employés à temps partiel ou chômeurs âgés de 15 à 34 ans – sont de jeunes précaires qui gagnent de l'argent en exerçant des emplois qui demandent peu de compétences et sont mal payés. Les ouvriers plus âgés sont souvent embauchés par la pègre dans les yosebas, des communautés de travailleurs journaliers. Ce sont couramment des sans-abri prêts à prendre n'importe quel emploi.

 

DES JOURNALIERS IGNORÉS PAR LES POUVOIRS PUBLICS

Pour attirer les plus jeunes, les petites annonces de "nettoyeur" sont souvent très vagues. En général, le texte n'indique que le lieu de travail, les horaires et les salaires, rien de plus. Pas d'informations sur les risques, les intérimaires ignorent en général les dangers encourus, d'autant qu'ils n'ont, dans la majorité des cas, aucune expérience dans la filière. "Une ignorance dont on peut se demander si elle n'est pas volontairement entretenue par Tepco et l'Etat [le ministère de la santé et du travail et le ministère de l'environnement, qui abrite la nouvelle agence de sûreté nucléaire]", dénonce M. Jobin.

Pas syndiqués, sans statut officiel, exploités par des entreprises douteuses, ces travailleurs journaliers sont ignorés par les pouvoirs publics et la Rengo, la principale confédération syndicale du pays. Les associations indépendantes Citizens Nuclear Information Center et Japan Occupational Safety and Health Resource Center sont un peu seules pour défendre cette main-d'œuvre invisible.

Olivier Mary

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Mercredi 8 mai 2013 3 08 /05 /Mai /2013 22:27

 

 

Médiapart

Lire aussi

Tepco, l’exploitant de la centrale de Fukushima, a indiqué le 7 mai que le niveau de radioactivité autour de l’installation allait dépasser la limite prévue, fixée à 1 millisievert par an, ce qui correspond à la norme admise pour la population. Selon Tepco, la radioactivité autour de la centrale pourrait atteindre en certains points 7,8 millisieverts par an.

Cette hausse est due aux opérations effectuées pour transférer dans une cuve en surface l’eau contaminée qui se trouve dans un réservoir souterrain affecté par une fuite. Début avril, Tepco avait découvert des fuites dans trois réservoirs souterrains destinés à stocker l’eau utilisée pour refroidir les réacteurs. Depuis l'accident, le 26 avril 1986, cette eau radioactive s’accumule sur le site et pose un problème de stockage. Ce sont pas moins de 280 000 tonnes d'eau radioactive que Tepco a stocké dans différents réservoirs depuis le début de la catastrophe. À quoi s'ajoutent les 400 tonnes d'eau qui, chaque jour, servent à refroidir les réacteurs.

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Mercredi 10 avril 2013 3 10 /04 /Avr /2013 14:56

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 10.04.2013 à 11h40


 

 
En attendant que toute l'eau soit transvasée ailleurs, les fuites devraient être pompées au fur et à mesure pour éviter une contamination du sol.

Le patron de la compagnie d'électricité Tepco, exploitante de la centrale accidentée de Fukushima, a reconnu mercredi 10 avril la gravité de fuites d'eau contaminée constatées dernièrement et promis d'agir au plus vite pour vider les réservoirs défectueux.
 

"Nous reconnaissons que c'est une situation grave. Nous avons mis en place une cellule de crise pour traiter ce problème", a indiqué Naomi Hirose dans le centre de rassemblement des ouvriers, à une vingtaine de kilomètres du complexe atomique.  "Nous allons faire en sorte de retirer toute l'eau des réservoirs souterrains", a-t-il expliqué, indiquant qu'il espérait que cette opération serait achevée fin mai. En attendant que toute l'eau soit transvasée ailleurs, les fuites devraient être pompées au fur et à mesure pour éviter une contamination du sol.

 

TROIS RÉSERVOIRS AFFECTÉS SUR SEPT

Tokyo Electric Power (Tepco) avait fait état en fin de semaine dernière d'un premier écoulement d'eau en provenance d'un réservoir creusé dans le sol et recouvert de revêtements censés empêcher l'eau de s'infiltrer dans la terre. Las, d'autres fuites ont été constatées ensuite, portant à trois le nombre des réservoirs souterrains affectés sur les sept existants."Nous ne connaissons toujours pas la raison de ces fuites, mais nous travaillons d'arrache-pied avec l'industriel concerné pour élucider le problème", a assuré M. Hirose.

Lire : Fukushima : les fuites d'eau très radioactive toujours inexpliquées

L'eau des réservoirs sera transférée vers d'imposantes cuves posées au sol, comme c'est déjà le cas, mais cela exige des travaux pour installer ces équipements.  "Nous voulons résoudre ce problème au plus vite, mais matériellement cela ne se fait pas en une journée", a insisté le patron, promettant la construction de nouvelles cuves "le plus vite possible".

Tepco s'engage également à surveiller très étroitement par des prélèvements le terrain menant jusqu'à la mer pour s'assurer que l'eau hautement radioactive ne se répand pas dans l'océan Pacifique contigu malgré les dispositions prises.

Lire (édition abonnés) : Le stockage de l'eau contaminée de Fukushima de plus en plus problématique


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Mardi 9 avril 2013 2 09 /04 /Avr /2013 18:12

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 09.04.2013 à 10h14 • Mis à jour le 09.04.2013 à 11h27

 

 

 

Image datée du 6 mars montrant les travailleurs de l'opérateur Tepco autour d'une piscine du système de refroidissement de la centrale de Fukushima, paralysé à cause d'une panne électrique qui aurait été causée par un rat.
 

La compagnie gérante de la centrale accidentée de Fukushima, Tepco, a indiqué mardi qu'une troisième fuite toujours inexpliquée d'eau très radioactive avait été constatée autour d'un réservoir souterrain qui, à l'instar de deux autres, pourrait souffrir d'un vice de conception. Un écoulement de liquide contaminé a été repéré autour du réservoir numéro 1, après un constat similaire près des réservoirs 2 et 3. Tepco a avoué ne toujours pas connaître la raison de ces fuites qui pourraient souffrir d'un vice de conception, assurant que "des examens sont actuellement en cours".

Le PDG, Naomi Hirose, et le vice-président, Zengo Aizawa, vont se rendre dans la journée à la centrale.

Tepco avait fait état dans la nuit de vendredi à samedi d'un écoulement d'eau contaminée dans le sol depuis un réservoir de stockage souterrain. L'opérateur a évalué à 120 tonnes environ la quantité de liquide qui aurait fui. Des éléments radioactifs ont été décelés dans de l'eau accumulée entre la couche externe d'un revêtement imperméable au fond du réservoir et le sol autour, a expliqué un porte-parole de Tepco lors d'une conférence de presse nocturne. La cuve enterrée comprend trois couches censées empêcher l'eau de s'infiltrer dans le sol.

 

 LES PROBLÈMES SE MULTIPLIENT

Un problème similaire a été constaté sur un autre réservoir du même type (de 60 mètres sur 53 et d'une profondeur de 6 mètres), sur un total de sept qui servent à stocker de l'eau hautement radioactive issue du refroidissement des réacteurs saccagés. Compte tenu de la distance séparant lesdits réservoirs de l'océan, Tepco juge peu probable que l'eau radioactive puisse s'y écouler.

Néanmoins, pour remédier à cette situation, Tepco est en train de transvaser à l'aide de pompes les milliers de tonnes d'eau des réservoirs 2 et 3 défectueux vers d'autres, une opération d'autant plus longue qu'elle est aussi émaillée d'incidents techniques.

Les problèmes se multiplient ces dernières semaines à la centrale Fukushima Daiichi, mise en péril par le séisme et le tsunami du 11 mars 2011, ce qui a conduit la compagnie à mettre en place une cellule de crise et les autorités à ordonner d'agir vite pour calmer la situation. Vendredi, Tepco avait notamment rapporté une interruption du système de refroidissement de la piscine de désactivation du combustible usé du réacteur 3, une avarie vraisemblablement provoquée par des travaux pour empêcher une récidive d'une grave panne d'électricité survenue les 18 et 19 mars.

La Russie, en raison de sa proximité avec le Japon ne cache pas son inquiétude Le chef des services sanitaires russes, Guennadi Onichtchenko, a déclaré mardi que la découverte de fuites d'eau contaminée "témoigne du fait qu'ils [les Japonais] ne peuvent régler la situation". "Etant donné que les Japonais refusent de laisser entrer (dans la centrale) des spécialistes étrangers, nous vivons mal la situation", a ajouté M. Onichtchenko.

 

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Dimanche 7 avril 2013 7 07 /04 /Avr /2013 20:40

 

Libération - Terre
7 avril 2013 à 14:59

Des employés de Fukushima sur le site de la centrale nucléaire ravagée, en mars 2011
Des employés de Fukushima sur le site de la centrale nucléaire ravagée, en mars 2011 (Photo Issei Kato. AFP)

DE NOTRE CORRESPONDANT AU JAPON L'opérateur de la centrale, Tepco, a reconnu que les écoulements à partir de deux réservoirs de stockage constituent la « plus grande quantité de substances radioactives relâchée » depuis décembre 2011.

Par ARNAUD VAULERIN correspondant à Kyoto

La série noire des incidents inquiétants est presque sans fin à Fukushima. Tokyo Electric Power Co. (Tepco) a dû à nouveau annoncer dimanche matin un écoulement d’eau radioactive sur l’un des 7 réservoirs de stockage souterrain. La veille, l’opérateur avait déjà indiqué que 120 tonnes d’eau hautement contaminée avait fuit d’un premier réservoir installé à plusieurs centaines de mètres de la mer. Ces problèmes, qui montrent les difficultés croissantes de Tepco à maîtriser des quantités considérables de liquides radioactifs, interviennent après des pannes de courant, des arrêts en cascade de systèmes de refroidissement et d’équipements depuis quinze jours. Deux ans après la crise nucléaire, la centrale ravagée est certes considérée comme stabilisée depuis décembre 2011, mais la situation sur place reste très précaire à cause des incertitudes sismiques, climatiques et techniques.

Après les pannes, ce sont les fuites qui se multiplient. Ce matin, Tepco a donc annoncé un nouvel écoulement plus petit et distinct de celui révélé samedi. Une petite quantité de strontium radioactif a été détectée juste à l’extérieur d’une triple couche de revêtements censés empêcher l’eau de s’infiltrer dans le sol. A en croire Tepco, le niveau de ce réservoir (de 60 mètres sur 53 mètres et d’une profondeur de 6 m), qui contient plus de 10 000 tonnes d’eau contaminée, n’a pas vraiment baissé. Il en va autrement pour le premier réservoir adjacent d’où 120 tonnes d’eau contaminée se sont échappées ces derniers jours pour gagner le sous-sol de la centrale. Quelque 710 milliards de becquerels de matières radioactives ont gagné le sous-sol estime Tepco. «C’est la plus grande quantité de substances radioactives relâchée» depuis l’arrêt à froid du site en décembre 2011, a expliqué, samedi, Masayuki Ono, le porte-parole de l’opérateur.

Problème croissant du stockage des eaux irradiées

Dans l’urgence, la compagnie électrique s’est lancée depuis vendredi dans un vaste chantier de pompage d’eau pour transférer les 14 000 tonnes d’eau contenues dans la cuve poreuse vers un conteneur étanche. Cette opération devrait être achevée d’ici à mardi, mais Tepco a prévenu que 47 tonnes d’eau fortement irradiée risquent encore de s’échapper avant que le pompage soit terminé. Il juge peu probable que l’eau radioactive puisse s’écouler dans l’océan Pacifique situé à 800 mètres des espaces de stockage souterrains. Ces fuites en série risquent de relancer les interrogations sur l’origine des taux de césium élevés dans le port devant la centrale. Deux études scientifiques sont parvenues à la conclusion que les installations de Fukushima-Daiichi continuaient très probablement de rejeter en mer des quantités importantes de matières radioactives.

Cet accident illustre également le problème croissant du stockage des eaux irradiées. Chaque jour, 400 m3 d’eau souterraine s’infiltrent dans les bâtiments des réacteurs où elle se mélange avec des débris radioactifs. L’opérateur ne parvient d’ailleurs pas à récupérer toute cette quantité. Sur le site et ses alentours, Tepco a stocké quelque 370.000 tonnes d’eau contaminée. Il doit porter cette capacité à 450.000 tonnes à l’automne et à 700.000 d’ici à 2015. Le pompage du réservoir poreux n’arrange donc pas les affaires de Tepco qui doit trouver un nouvel espace.

Pour tenter d’y remédier, la compagnie vient d’ailleurs d’entamer des essais de traitement des eaux grâce au système ALPS censé réduire de manière significative une grande partie des matières radioactives. Après cette opération, il pourrait rejeter en mer les liquides retraités. D’ici là, il devra gagner la confiance des Japonais, notamment des pêcheurs qui redoutent que la reprise de leurs activités soit à jamais compromise. Une opération hautement délicate tant Tepco est discrédité et critiqué pour ses mensonges, ses omissions et ses retards à répétition. Ainsi, on a appris que l’opérateur avait identifié la fuite sur son réservoir dès le 3 avril. Il a mis 48 heures pour prévenir le gouvernement.

 

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Dimanche 7 avril 2013 7 07 /04 /Avr /2013 18:29

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 07.04.2013 à 10h20 • Mis à jour le 07.04.2013 à 10h58


 
Vue aérienne de réservoirs de stockage sous-terrain à la centrale de Fukushima, le 6 avril.

Les incidents se multiplient ces dernières semaines à la centrale Fukushima Daiichi, mise en péril par le séisme et le tsunami du 11 mars 2011 qui ont touché la côte est du Japon. Tepco, la compagnie gérant la centrale accidentée, a fait état dimanche d'un nouvel écoulement possible d'eau contaminée dans le sol depuis un réservoir de stockage souterrain, tout en minimisant ses conséquences sur l'environnement.

Tepco avait déjà annoncé qu'environ 120 tonnes de liquide contaminé auraient fui dans la nuit de vendredi à samedi d'un réservoir – sur les sept que compte la centrale – situé à 800 mètres environ de l'océan. Des éléments radioactifs ont été décelés dans de l'eau accumulée entre le sol autour de la cuve et la couche externe d'un revêtement imperméable au fond du réservoir mais Tepco juge peu probable que l'eau radioactive puisse s'écouler dans la mer. Selon l'opérateur, des éléments radioactifs ont également été détectés autour de la seconde cuve.

 

 DU PROVISOIRE QUI DURE

Vendredi, Tepco avait rapporté une interruption du système de refroidissement de la piscine de désactivation du combustible usé du réacteur 3, une avarie vraisemblablement provoquée par des travaux pour empêcher une récidive d'une grave panne d'électricité survenue les 18 et 19 mars.Un rat avait alors fait jonction entre deux connecteurs électriques et causé un court-circuit dans les distributeurs de courant qui alimentent plusieurs systèmes de refroidissement des piscines de désactivation des assemblages de combustible usé.

Cette semaine, plusieurs autres incidents se sont produits, à cause notamment d'erreurs de manipulation d'équipements, les travailleurs œuvrant à l'extérieur dans des conditions très difficiles, en combinaisons de protection et masques intégraux. Beaucoup des moyens techniques provisoires mis en place sur le site pour éviter le pire lors de la phase aiguë de la crise sont en outre encore en service et sont de fait très vulnérables. La situation de la centrale de Fukushima est considérée comme stabilisée depuis décembre 2011, mais le site reste très fragile, notamment en cas de nouveau séisme et tsunami.

 

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Vendredi 5 avril 2013 5 05 /04 /Avr /2013 20:10

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 05.04.2013 à 08h25 • Mis à jour le 05.04.2013 à 19h40

 

 
En mars, ce système de refroidissement s'était déjà brutalement arrêté avant d'être relancé, sans que la température n'atteigne un seuil critique.

La compagnie qui gère la centrale accidentée de Fukushima a fait état dans la nuit de vendredi à samedi 6 avril d'un possible écoulement d'eau contaminée d'un réservoir de stockage souterrain dans le sol.

Des éléments radioactifs ont été décelés dans de l'eau accumulée entre le sol autour de la cuve et la couche externe d'un revêtement imperméable recouvrant le fond du réservoir, a expliqué un porte-parole de Tepco lors d'une conférence de presse nocturne. La cuve enterrée est recouverte de trois couches censées empêcher l'eau de s'infiltrer dans le sol.

 

Lire le reportage : Les blessures tenaces de Fukushima


VULNÉRABILITÉ DES INSTALLATIONS

Vendredi, Tepco avait rapporté une interruption du système de refroidissement de la piscine de désactivation du combustible usé du réacteur 3, une avarie vraisemblablement provoquée par des travaux pour empêcher une récidive d'une grave panne d'électricité survenue les 18 et 19 mars. Un rat avait alors fait jonction entre deux connecteurs électriques, ce qui avait causé un court-circuit dans les distributeurs de courant qui alimentent plusieurs systèmes de refroidissement.

Cette semaine, plusieurs autres incidents se sont produits, à cause notamment d'erreurs de manipulation d'équipement. Beaucoup des moyens techniques provisoires mis en place sur le site pour éviter le pire sont encore en service et sont de fait très vulnérables. La situation de la centrale de Fukushima est considérée comme stabilisée depuis décembre 2011, mais le site reste très fragile, notamment au cas où un nouveau séisme ou tsunami, comme ceux qui ont mis en péril ce complexe nucléaire le 11 mars 2011, se produisait.

 

Lire : Deux ans après Fukushima, où en est l'énergie nucléaire au Japon ?

 


Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Fukushima
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Jeudi 21 mars 2013 4 21 /03 /Mars /2013 21:43

 

 

Médiapart -

Un rat mort a été retrouvé près d'un tableau de commandes de la centrale de Fukushima 
Un rat mort a été retrouvé près d'un tableau de commandes de la centrale de Fukushima© Tepco/Kyodo

 

 

Selon Tepco, l’opérateur de la centrale sinistrée de Fukushima Daiichi, un rat pourrait avoir causé la panne du système de refroidissement des piscines de stockage du combustible survenue lundi 18 mars. Cet incident, qui a provoqué une vive inquiétude au Japon, s’est traduit par une coupure de courant d’une trentaine d’heures, la plus importante qui se soit produite sur le site depuis la catastrophe. La coupure a entraîné l’arrêt des systèmes de refroidissement de quatre piscines, dont la température s’est élevée de 1 à 6,3 °C avant que le courant ne soit rétabli dans la nuit du 19 au 20. La panne n’a eu que des conséquences mineures, du fait qu’il faut un laps de temps important pour qu’une piscine de stockage s’échauffe de manière dangereuse. Mais l’incident pose une nouvelle fois la question de savoir jusqu’à quel point Tepco contrôle la situation de la centrale. L’opérateur a transmis à la presse japonaise une photo montrant le cadavre en partie carbonisé d’un rat gisant près d’un tableau de commandes. Tepco suppose que le rongeur a rongé un câblage et a ainsi provoqué un court-circuit, mais il ne s’agit que d’une hypothèse et l’opérateur n’exclut pas que d’autres facteurs aient causé la coupure de courant. Tepco reconnaît n’avoir pris aucune mesure spécifique pour empêcher les petits animaux sauvages de pénétrer dans l’installation. Il s’agit pourtant d’une cause connue d’incidents nucléaires, même si elle n’est pas fréquente.

Par democratie-reelle-nimes - Publié dans : Fukushima
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